soins infirmiers - Free
L'Institut de Formation en Soins Infirmiers (IFSI) de BRABOIS créé en 1978, ......
Les cours magistraux sont organisés en alternance avec des TD et TPG. .... Le
corrigé type de chaque évaluation est affiché dans les 48 heures suivant l'
épreuve. ..... UE 3.2 S2. Dr VAROQUI Claude. Praticien hospitalier. Directeur
médical du ...
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SOINS INFIRMIERS
AUX PERSONNES SOUFFRANT
DALCOOLISME.
« Cette visite fut très courte mais elle plongea le Petit Prince dans une profonde mélancolie :
- Que fais-tu là ? demanda-t-il au buveur, quil trouva installé en silence devant une collection de bouteilles vides et une collection de bouteilles pleines.
- Je bois dit le buveur dun air lugubre.
- Pourquoi bois-tu ? Lui demanda le Petit Prince.
- Pour oublier, répondit le buveur.
- Pour oublier quoi ? Senquit le Petit Prince qui déjà le plaignait.
- Pour oublier que jai honte, avoua le buveur en baissant la tête.
- Honte de quoi sinforma le Petit Prince qui désirait le secourir.
-Honte de boire ! Acheva le buveur qui senferma définitivement dans le silence.
Et le Petit Prince sen fut, perplexe « les grandes personnes sont décidemment très très bizarre », se disait-il en lui-même durant le voyage. »
(Le Petit Prince Saint-Exupery (1943) Chap.XII)
SOMMAIRE
1.Introduction
.p 5
Où rencontrerez-vous des patients avec problème alcool ?............................p 6
Représentations ?............................................................................................p 6
2. Définitions de lalcoolisme
.........p 7
Le produit
p 7
Les usagers
..p 8
Lalcoolisme
..p 10
Les classifications
.p 11
2.4.1 Selon la CIM 10.
.p 11
2.4.2 Selon le DSM IV.
p 11
2.4.3 Selon Jellinek.
.p 14
2.4.4 Selon Fouquet
.p 14
2.4.5 Les alcoolisations compulsives...
p 14
Lintoxication alcoolique
p 16
3.1 Le déni
.
p 16
3.2 Linfirmière et la question de la demande.
.p 18
3.3 Livresse alcoolique
p 19
Baudelaire
...p 20
3.4 Lalcoolisme chronique...........................................................................p 21
3.5 Biologie de lalcoolisme que doit savoir linfirmière ?..........................p 21
3.5.1 Les enzymes hépatiques ALAT et ASAT
...p 21
3.5.2 Les Gamma GT
...p 21
3.5.3 Le Volume Globulaire Moyen
p 22
3.5.4 Lalcoolémie
...p 22
3.5.5 La Carboxy Desoxy Transferine CDT
p 22
4. Prise en soins infirmiers
...p 23
4.1 Le sevrage médicalement assisté « la cure de sevrage »
...p 23
4.1.1 Quand rencontre-t-on des patients en sevrage dalcool ?...............p 25
4.1.2 Prise en charge psycho-sociale au cours du sevrage
...
p 26
4.1.3 Le contrat de soin ou contrat thérapeutique en milieu hospitalier
..p 27
4.1.4 Les traitements médicamenteux
..p 27
4.1.5 Et quand lalcoolodépendance est associée à dautres dépendances
..p 29
4.1.6 Et si lalcoolisme est associé à dautres pathologies
..p 30
4.1.7 Traitement des accidents de sevrage
...p 32
4.1.8 Et le cas particulier du syndrome dalcoolisme ftal
.p 33
4.2 Laccompagnement du patient alcoolodépendant après sevrage
..p 34
4.2.1 Les moyens daccompagner le patient alcoolodépendant
..p 34
4.2.2 Lorganisation de laccompagnement du patient alcoolodépendant après sevrage..
..............p 44
4.2.3 Comment évaluer laccompagnement du patient alcoolodépendant après sevrage ?.........................................................................................p 45
4.3 Ce dont dispose linfirmier pour prendre en charge un patient alcoolodépendant
.p 46
4.3.1 Le premier outil du soin en psychiatrie : Cest soi !.......................p 46
4.3.2 Les autres outils du soin en psychiatrie
..p 47
Les traitements biologiques les médicaments
..
p 47
Le champ des psychothérapies la place de linfirmier
.p 49
Les entretiens infirmiers
..p 50
5. En Conclusion et pour ne pas en finir avec lalcoolisme
.p 64
Annexes :
Sacrée bouteille : Graeme Allwright p 70
Vendanges Paul Verlaine p 72
Questionnaire Short MAST p 73
Grille de Le Gô p 74
Echelle de Cushman p 75
Quelques alcooliques célèbres :
Haddock dans Tintin
Gainsbourg
Renaud
Introduction
Prendre en soins une personne alcoolodépendante nécessite davoir mené une réflexion sur ses propres représentations de lalcoolisme. Afin de rester professionnel, au regard dune certaine éthique infirmière, avoir pris une certaine distance avec ses représentations négatives de lalcoolisme est primordial. Il en est de même pour dautres problématiques que les soignants sont amenés à rencontrer telles les situations où il leur faudra apporter leurs soins à des tueurs, des violeurs, en prison, dans la rue ou encore bien dautres situations scabreuses.
La souffrance de lalcoolique nest pas perceptible à tous les moments de la maladie. Et cest bien de maladie quil sagit. Linfirmière doit avoir à lesprit cette souffrance et cette maladie. Dautant que le malade, lentourage et les soignants sont confrontés au déni. Que ce soit celui du patient « alcoolique » ou celui de la société où culture et traditions accompagnent le bien boire ensemble et le « à votre santé ! ». Notre regard peut aller de lindulgence envers les conduites dalcoolisation en référence à notre culture à un rejet lié à la fatalité de lalcoolodépendance. Aussi, soyons empathique et nous serons soignants dune maladie qui touche le corps, le psychisme et les relations sociales. « Lalcool brûle tout ce quil touche » et ses effets sur le trajet quil suit dans le corps sont tous destructeurs.
Accompagner un patient alcoolodépendant demande une certaine abnégation car les rechutes sont fréquentes et nombreuses, les abstinences difficiles et les soignants risquent de baisser les bras devant labsence de réussite. Soyons aussi courageux que celui qui demande à sortir de « la sacrée bouteille ».
Il y a 2.5 millions de consommateurs à risque en France et 1.5 millions de personnes sont alcoolodépendantes.
La dépendance nécessite un processus de soins continu : le sevrage.
Où rencontrerez-vous des patients avec problèmes alcool ?
En pédiatrie : enfants souffrant des complications du SAF.
En maternité les mères SAF.
En médecine dans tous les services, en particuliers Gastro, en Neuro.
En service dalcoologie ou en psychiatrie pour des consultations, des sevrages des cures.
En postcure.
En gérontologie et Gérontopsychiatrie.
En consultation en CMP.
Représentations ?
Alcoolique ! Poivrot ! Ethylique ! Pochtron ! Arsouille ! Piccolo ! Saoulard ! Vineux ! Ivrogne !
2. Définitions de lalcoolisme :
En 1990, GOODMAN définit les conduites addictives comme le processus par lequel un comportement est susceptible de permettre à la fois la production de plaisir et le soulagement dune situation de malaise sorganisant selon des modalités qui incluent une perte de contrôle et la poursuite de ce comportement malgré les troubles.
(Addictus vient du latin esclave pour dettes).
2.1 Le produit :
Formule chimique : Alcool CH3 CH2OH dont le composé le plus toxique est lacétaldéhyde.
Lalcool a un effet toxique direct. Son oxydation hépatique est lente : 0.2 à 0.3 g/heure.
La densité de lalcool est de 0.8.
Prenons 1 litre de vin à 10° :
1000 ml x 0.8 = 80 grammes dalcool
Le taux dalcoolémie est :
La quantité dalcool en g / Poids du sujet x 0.6 femme ou 0.7 (homme)
Au cours d un repas diminuer le taux dalcool dans le sang dun tiers.
Lélimination de lalcool se fait à vitesse de 0.150 g/heure, mais grande variation selon les sujets que ce soit pour lalcoolémie ou pour lélimination de lalcool.
Exemple :
Sujet masculin de 75 Kg buvant 1 litre de vin à 10° !
Pic dalcoolémie : 80 g dalcool / 75 x 0.7 soit 1.52 g/l.
Elimination en 5 heures 30.
Lalcool a des effets stimulateurs et inhibiteurs.
La dépendance est la sujétion à la prise de boissons alcoolisées dont la suppression engendre un malaise psychique et/ou des troubles physiques. Le stade précédent est la tolérance.
2.2 Les usagers
La soif : Se retrouve dans la zone hypothalamique, le noyau hydra-optique. Lalcool a un effet osmotique qui freine lADH et entraîne une polyurie, une hypernatrémie puis une hyponatrémie Ce qui amène des complications hydro-électrolytiques.
Le désir de boire est lié à des effets plaisants : sur le système GABA qui libère des Béta endorphine. Beaucoup de neurotransmetteurs sont impliqués dans les mécanismes de dépendance et dappétence (la dopamine, la serotonine).
Usagers à risque et usage nocif :
LOMS a défini des seuils de consommation au-delà desquels il y a un risque potentiel pour la santé:
Chez lhomme 21 verres par semaine : 3/jour
Chez la femme 14 verres par semaine : 2/jour
Lusager à risque a une consommation au-dessus des seuils de lOMS, sans traduction clinique.
Lusage nocif correspond à une consommation supérieure au seuil de lOMS avec des traductions cliniques de lalcoolisme.
2.3 Lalcoolisme :
Lalcoolisme est labus de boissons alcooliques. Ensemble des troubles physiques et psychiques résultant dune consommation habituelle et abusive dalcool. « Cest une maladie progressive et irréversible dont il est néanmoins possible darrêter lévolution. » disent les Alcooliques Anonymes.
Pour JELLINEK (1948) est alcoolique toute personne dont la consommation de boissons alcooliques peut nuire à lui-même, à la société ou aux deux.
Pour P. FOUQUET (1951) « Il y a alcoolisme lorsquun individu a en fait perdu la liberté de sabstenir dalcool. » Lalcoolodépendance peut être définie comme létat de sujétion qui subordonne lhomme à lalcool et le prive de la liberté de sabstenir déthanol.
Pour lOrganisation Mondiale de la Santé en 1951, « Les alcooliques sont des buveurs excessifs dont la dépendance à légard de lalcool est telle quils présentent soit un trouble mental décelable, soit des manifestations affectant leur santé physique ou mentale, leur relation avec autrui, leur bon comportement social et économique, soit des prodromes, des troubles de ce genre ; ils doivent être soumis à un traitement. »
Pour lAgence Nationale de Prévention de lAlcoolisme « Est considérée comme alcoolique la personne qui boit au point dêtre dépendante cest-à-dire qui ne peut se passer dalcool pendant 7 jours sans souffrance. »
Plus récemment RAYNAUD M. définit lalcoolisme comme « Le recours à lalcoolisation continue ou discontinue établissant sa prévalence sur tous les autres modes de relations du sujet et ce quelque soit la cause, la pathogénie et les conséquences. »
2.4 Les classifications :
2.4.1 Selon la CIM 10 (OMS)
Lalcoolisme est un trouble mental (Alcool : F10)
2.4.2 Selon le DSM IV :
Labus dalcool :
Conduite dalcoolisation excessive, variable dans ses modalités mais sans alcoolodépendance (Continuum de symptôme entre abus et dépendance. Le diagnostic nest pas facile).
Lalcoolodépendance :
Très souvent un syndrome de sevrage
Impact psychique : Le Craving : désir compulsif de boire de lalcool
Impact comportemental : la recherche dalcool est la principale préoccupation quotidienne.
Conduite dévitement du syndrome de sevrage en prenant de lalcool dès le matin, souvent de la bière qui « remplit bien »
Une augmentation de la tolérance à lalcool
Le DSM IV classification américaine parle dabus et de dépendance 5tableau 9.III de la DSM IV.
Abus dune substance selon le DSM-IV
Mode dutilisation inadéquat dune substance conduisant à une présence dau moins une des manifestations
suivantes au cours dune période de douze mois :
1. utilisation répétée dune substance conduisant à lincapacité de remplir des obligations majeures, au travail,
à lécole ou à la maison.
2. utilisation répétée dune substance dans des situations où cela peut être physiquement dangereux.
3. problèmes judiciaires répétés liés à lutilisation dune substance.
4. utilisation de la substance malgré des problèmes interpersonnels ou sociaux, persistants ou récurrents.
Dépendance à une substance selon le DSM-IV
Présence de trois (ou plus) des manifestations suivantes, à un moment quelconque dune période continue de douze mois :
1. tolérance (quantité ou effet).
2. sevrage (syndrome).
3. substance souvent prise en quantité plus importante ou prolongée.
4. désir persistant.
5. beaucoup de temps passé à des activités nécessaires pour obtenir la substance.
6. activités sociales, professionnelles ou de loisirs importantes abandonnées.
7. utilisation de la substance poursuivie bien que la personne sache avoir un problème psychologique ou physique persistant ou récurrent.
2.4.3 Selon Jellinek :
Classification de Jellinek (1952)Alcoolique ±Boit pour soulager un malaise physiqueAlcoolique ²Présente des symptômes somatiques de dépendancesAlcoolique ³Perte de contrôle et CravingAlcoolique ´Dans l impossibilité de s abstenirAlcoolique µBoit jusqu à livresse : Dipsomanie
2.4.4 Selon Fouquet :
FOUQUET propose trois types dalcooliques :
Les alcoolites : présentent un alcoolisme dentraînement, des hommes qui ont une consommation quotidienne
Les alcooloses présentent un alcoolisme intermittent et impulsif
Les somalcooloses : les somalcooloses concernent un groupe plus restreint, composé de 5% dhommes et 10 % de femmes qui sont des psychotiques avec alcoolisation pathologique, et des consommateurs compulsionnels.
2.4.5 Les alcoolisations compulsives :
Formes dalcoolisation qui saccompagnent parfois dune dépendance psychique.
2.5 Quelques données épidémiologiques :
Il existe en France un million et demi de personnes alcoolodépendantes, cinq millions de buveurs à risque, vingt-cinq millions de buveurs à faible risque, les autres sont les abstinents, qui peuvent bénéficier du plaisir de boire.
La France est le premier consommateur européen dalcool (1997) :
60 litres de vin par habitant par an
37.5 l de bière
2.4 l de spiritueux
Les consommations de spiritueux sont en hausse. Celles de vin diminuent.
Le Portugal et le Luxembourg ont des consommations plus élevées mais il sagit dachat pour exportation.
Les enquêtes épidémiologiques rapportent que 65% des hommes et 30% des femmes en France, déclarent consommer de lalcool. Ces consommations sont variables régulières ou irrégulières -, en moindres quantités chez les femmes que chez les hommes, différentes selon les régions et selon les professions. On rencontre souvent une polyconsommation de substances psychoactives tabac, café, médicaments psychoactifs.
Décès directement liés à lalcool (1998) 9000 (Cirrhose) 2300 (Psychose)
Décès indirectement lié à lalcool : Cancers 10000 Suicides 4000 Accidents de la circulation 4000 Morts violentes 2000.
3. Lintoxication alcoolique :
3.1 Le déni :
Mécanisme de défense par lequel le sujet refuse de reconnaître la réalité effective. (Freud) Processus psychique protecteur et inconscient permettant aux individus de nier des faits évènementiels ou relationnels irrecevables pour eux.
Il faut travailler avec et en alcoologie il ny a donc pas toujours de demande de soin explicitement prononcée.
FOUQUET parle dapsychognosie : perte de la vision de soi.
Le défi est une conduite relationnelle et sociale qui consiste à démontrer à dautres leur incompétence. « Il paraît que vous avez des résultats.. » « Personne ne veut me comprendre »
Dans la relation soignant-soigné le déni engendre des contre attitudes positives et négatives :
Contre attitudes positivesContre attitudes négativesFascination ColèreConnivenceHaineBesoin irrépressible de guérir autruiPitiéMéprisDépressionBurn-Out
Confrontée au déni, linfirmière doit se débattre avec ses contre attitudes et parvenir à se (re)trouver en posture soignante. Il ne doit pas oublier que lempathie est une marque de sympathie du soignant, base dune relation de confiance. Elle doit bien avoir à lesprit que le déni nest ni volontaire ni conscient. Il lui faut composer avec et cest alors un art que dentrer en relation avec le patient. « Je ne bois que de leau », alors que vous savez pertinemment avec 190 de gamma GT, un VGM perturbé et un faciès érythématié que votre patient ne « suce pas que la glace ». Devant un tel discours linfirmière doit prendre de la distance avec ses affects et ne pas répondre systématiquement en miroir « allons, monsieur, à dautres, nous savons que vous buvez et beaucoup, vos gamma GT le prouvent ». Laisser couler la parole du patient, rebondir sur les contenus éventuellement mais laisser aller le patient à la forme de son discours. En cheminant dans les soins, son déni évoluera. Le jour où il pourra dire : « je bois », « je bois beaucoup », « je suis un alcoolique », alors la partie vers labstinence sera bien avancée.
Echelle de déni alcoolique :Niveau 1 Pas de problèmeNiveau 2 Un problèmeNiveau 3 Lalcool est un problèmeNiveau 4Labstinence peut aider mais « je contrôle »Niveau 5 Labstinence aideraNiveau 6 Labstinence est facileNiveau 6 Labstinence est difficileNiveau 8 La vie est difficile.
3.2 Linfirmière et la question de la demande :
Quelle est la demande de soins du patient qui se présente en consultation (infirmière) ?
Cette demande est-elle un symptôme ou un énoncé de problème ?
Est-elle lexpression dune souffrance ou la formulation dune plainte ?
Est-elle une allégation ou la réalisation dune démarche en alcoologie ?
La demande peut être formulée par un tiers :
Proches familiaux ou sociaux (Pression des proches angoissés par le déni et le défi.
Professionnels sanitaires et du social déroutés du fait de leur impuissance
Pressions judiciaires ou policières
3.3 Livresse alcoolique :
Intoxication aigue allant de livresse simple, pathologique au coma éthylique. Entraîne des troubles métaboliques avec une hypoglycémie, une acidocétose et une hyponatrémie. Des crises comitiales peuvent survenir et des risques dAVC.
La consommation et lintoxication aiguë alcoolique ou ivresse alcoolique est caractérisée par la succession de trois phases : excitation, ébriété et dépression.
La phase dexcitation psychomotrice est caractérisée par une impression de facilité intellectuelle et relationnelle, une hyperexpansivité, une libération et une désinhibition
La phase débriété est caractérisée par une démarche instable, des gestes incoordonnées et dysmétriques, une parole bredouillante, des signes végétatifs nausées, vomissements, diarrhée.
La phase de dépression se caractérise par une grande fatigue avec endormissement fréquent, quelquefois avec une évolution comateuse.
Le traitement se résume à une surveillance attentive des fonctions vitales, visant à prévenir les traumatismes ou les crises comitiales. Bien sûr accueillir un patient en état divresse aigue nest pas toujours simple. Il faut rester calme, parlementer, ne pas sopposer mais rester ferme. Il faut parvenir à instaurer un climat de confiance pour engager une relation suffisamment confiante pour que le patient finisse par sendormir. Si les soignants présents ny parviennent pas, létat dagitation du patient est alors traité comme un état dagitation en psychiatrie par un isolement (Chambre de dégrisement aux urgences) et parfois contention, jusquà apaisement de la personne. Cest une situation de soin difficile. Il faut prendre soin du patient mais aussi de soi. Le mieux est dêtre plusieurs. Pas forcément nombreux de front mais disponible. Puis, le patient dort et à son réveil il est plus accessible. « Larmée rouge défile dans sa tête ». Dune façon générale il est préférable de sentretenir avec un patient alcoolodépendant tôt dans sa journée dalcoolisation. La tension est moins importante et la souffrance du manque se présente comme un levier à saisir pour entrer en relation avec lui.
« Il faut toujours être ivre. Tout est là, cest lunique question. Pour ne pas sentir lhorrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve. Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez vous ! »
Baudelaire
3.4 Lalcoolisme chronique :
Lalcoolisme chronique est caractérisé par des tremblements dattitude, des troubles du sommeil, des troubles psychiques, des réflexes vifs. Un risque de Delirium Tremens, de crises dépilepsie (ivresse convulsivante, épilepsie de sevrage, épilepsie alcoolique).
3.5 Biologie de lalcoolisme que doit savoir linfirmière ?
3.5.1 Les enzymes hépatiques ALAT et ASAT :
Les transaminases sont des enzymes importants de l'organisme dont le rôle est de transférer un groupe amine lors des nombreux processus chimiques qui se déroulent au niveau hépatique.
Les organes les plus riches sont le foie pour les ALAT (Alanine Amino Transférase ou Glutamate Pyruvate transaminase) et les muscles, y compris le cur, pour les ASAT (Aspartate Amino Transférase ou Glutamate Oxaloacétique Transaminase).
Toute altération de ces organes va libérer des transaminases.
Les ASAT sont comprises entre 20 et 40 UI/l (unités internationales)
Les ALAT sont comprises entre 20 et 40 UI/l (unités internationales)
3.5.2 Les Gamma GT :
Les Gamma GT sont des enzymes qui participent au métabolisme des acides aminés. Les Gamma GT sont présents dans le foie, le rein et le pancréas.
Les Gamma GT sont inférieures à 35 UI/l (unités internationales).
Ils baissent à raison de moitié tous les mois.
3.5.3 Le Volume Globulaire Moyen :
Le volume globulaire moyen ou VGM est une valeur biologique rendant compte de la taille des globules rouges. Il se mesure lors d'une prise de sang sur l' HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9mogramme" \o "Hémogramme" hémogramme ou numération sanguine. La valeur du VGM permet souvent de poser le diagnostic étiologique de l' HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/An%C3%A9mie" \o "Anémie" anémie.
VGM = Hématocrite / Nombre de Globule Rouge
Sa valeur moyenne est d'environ 82 à 98 f/L (de 74 à 91 f/L chez l'enfant)
VGM > 100 f/L : caractère HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Macrocytose" \o "Macrocytose" macrocytaire : HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89rythrocyte" \o "Érythrocyte" Érythrocytes de grande taille
3.5.4 Lalcoolémie :
Le dosage de l'alcool éthylique dans le sang (alcoolémie) évalue le niveau d'une intoxication alcoolique aiguë, soit dans un contexte médical (perte de connaissance, agitation), soit dans un contexte médico-légal (ébriété sur la voie publique, conduite en état d'ivresse, actes délictueux...), chez des sujets dont l'interrogatoire est souvent difficile.
Ce dosage est une urgence. L'imprégnation alcoolique sera d'autant mieux évaluée que le délai entre le prélèvement et l'intoxication est court.
En France, le seuil délictuel pour les automobilistes est fixé, depuis le 15 septembre 1995 (décret du 29 août 1995), à 0,5 g/l dans le sang.
3.5.5 La Carboxy Desoxy Transferase :
Labsorption dalcool interfère avec le métabolisme de nombreuses glycoprotéines. Au niveau de la transferrine glycoprotéine synthétisée par le foie, il sagit dune désialylation partielle. La CDT augmente de façon notable lorsque la consommation dalcool est supérieure à 50-80 g dalcool par jour pendant au moins 8 jours.
Elle signe donc un alcoolisme récent de plusieurs jours.
Lassociation Gamma GT élevés et VGM élevé est un bon marqueur dun alcoolisme chronique. Lalcoolémie positive montre une alcoolisation récente pouvant sinscrire dans un alcoolisme chronique. Les hausses des transaminases ASAT et ALAT ne sont pas uniquement liées à lalcoolisme
Prise en soins infirmiers
VACHONFRANCE psychiatre alcoologue décrit cinq stades de litinéraire thérapeutique de lalcoolodépendant :
La dénégation
Des réactions dépressives
La narration complaisante
Les interdits
Lacceptation, la guérison.
4.1 Le sevrage médicalement assisté : « la cure de désintoxication »
Le sevrage est larrêt de la consommation dalcool, quil soit accidentel, à linitiative du sujet ou quil sinscrive dans une perspective thérapeutique chez lalcoolodépendant.
Linfirmière doit être vigilante à la survenue de phénomènes liés au sevrage lorsquelle connaît une intoxication éthylique chez une personne et que celle-ci stoppe sa prise dalcool.
Le syndrome de sevrage : Ce sont des manifestations somatiques survenant dans les suites immédiates ou différées jusquau dixième jour suivant larrêt de prise dalcool. Ces manifestations traduisent un état de manque psychique, comportemental et physique.
Description du sevrage :
Des troubles subjectifs : anxiété, agitation, irritabilité, insomnies, cauchemars.
Des troubles végétatifs : sueurs, tremblements, tachycardie, Hypertension Artérielle.
Des troubles digestifs : anorexie, vomissements, nausées.
Au bout de quelques heures : Hallucinations, délirium, convulsions, hyperthermie.
Syndrome résolutif : 2 à 5 jours.
Objectif dun syndrome de sevrage : Entrer dans un processus dabstention complète et durable dalcool.
Devant tous signes de sevrage, linfirmier doit observer le patient, signaler en urgence au médecin et prendre en charge le patient.
4.1.1 Quand rencontre-t-on des patients en sevrage dalcool ?
Les sevrages préparés :
Bien mettre en évidence les origines de la demande. Le patient ? Lentourage ? Lemployeur ? La justice ?
Attente ? Quels sont les projets thérapeutiques et de vie (Elaboration, aide, motivation, Techniques de TCC)
Dans un espace thérapeutique adapté
Les moments et le contexte sont-ils favorables ?
Les sevrages non programmés : Contraints ou dans lurgence.
Sevrage contraints : Jugement dobligation de soins. Milieu carcéral
Sevrage dans lurgence : A loccasion dhospitalisation, de chirurgie
découverte de la dépendance après lintervention.
Les sevrages multiples :
Maturation de la motivation, accompagnement sur du long terme.
Les modalités de sevrage :
Le sevrage ambulatoire : Pourrait permettre de poursuivre lactivité professionnelle, le maintien des relations familiales et sociales. Demande une participation active du patient.
Contre-indication : Alcoologique : dépendance physique sévère. Antécédents de DT, échec dun essai sincère de sevrage ambulatoire.
Somatique : affection somatique sévère.
Psychiatrique : Syndrome dépressif ou autre pathologie psy.
Socio-environnementale : Demande familiale ou professionnelle. (Opposition famille. Désocialisation.)
Le sevrage institutionnel :
Soustrait le patient à son environnement et permet une surveillance continue.
En général 10 jours. Avec projet social et alcoologique.
4.1.2 Prise en charge psychosociale au cours du sevrage :
Informer, soutenir, réconforter dans une ambiance calme.
Relaxation
Mise en place et renforcement dune relation psychothérapeutique
Réappropriation corporelle
Revalorisation de limage de soi
Restauration narcissique
Accompagnement social.
Groupes de parole
Groupes dinformations sur lalcool
4.1.3 Le contrat de soin ou contrat thérapeutique en milieu hospitalier :
Le rôle de linfirmière est important dans ce domaine puisquelle participe à lexplication et au rappel éventuel de ce contrat.
Il sagit de lengagement que le patient prend pour une cure de soin ou sevrage auprès dune équipe soignante, en milieu hospitalier et quil formalise par un contrat signé par les deux parties. Ce contrat prévoit une durée de soins allant de 10 jours à 21 jours suivant les structures.
Certains lieux de soin proposent des carnets de soin, des lettres de sortie avec des adresses de groupe néphalistes.
4.1.4 Les traitements médicamenteux :
Benzodiazépines : Ex : Seresta (Oxazepam), Valium (Diazépam), Temesta (Lorazepam), Xanax (Alprazelam).
(Valium 10 1 cp/6h Seresta 50mg jusquà 8 cps/jr)
Ce sont les médicaments de première intention du sevrage. Ils réduisent lincidence et la sévérité du syndrome de sevrage, des crises comitiales et du DT.
Autres traitements : Equanil (meprobamate), parfois des neuroleptiques (Tiapridal) mais présentent un risque épileptogène.
Le rôle de linfirmière est important dans la délivrance et laccompagnement à la prise du traitement :
Préparation, commande et ordonnancement de la pharmacie
Etre sûre que la prise est effective. (Stockage / Tentative de suicide, trafic)
Surveillance et transmission des effets positifs
Surveillance et transmission des effets indésirables : Par ex : Risque accru daccumulation surtout si le patient est insuffisant hépatique.
Education du patient à la prise du traitement (Tous les traitements mais aussi lEsperal que vous pouvez encore trouver prescrit).
Les traitements associés :
Les Béta-bloquants, hypotenseurs et ayant une action sur les tremblements.
Magnésium (Mag 2) si hypokaliémie
Hydratation suffisante avec
Thiamine Vit B1 per os ou en IV (500mg/jour)
Pyridoxine Vit. B6 réduit le risque de crises convulsives
(Vit. PP, cofacteur associé des B1 et B6)
Lacide folique réduit le risque de SAF chez la femme enceinte.
4.1.5 Et quand lalcoolodépendance est associé à dautres dépendances à des substances psycho-actives ?
Quand il y a polydépendance, le sevrage seffectue en milieu hospitalier. Les sevrages polydépendants sont lassociation des sevrages aux différents produits. Avec un accompagnement psychothérapeutique et un soutien socio-éducatif.
Alcool et tabac : 80 à 95 % des patients qui boivent, fument. Il y a un risque néoplasique des voies aériennes supérieures. Le sevrage est couplé. La motivation et la confiance en soi sont importantes.
Alcool et BZD : La prise concomitante des deux produits, aggravée par la durée et les fortes doses, peut apporter de graves troubles du comportement à type dagressivité, dagitation psychomotrice et jusquà la violence. Pas de sevrage brutal mais il seffectue en deux temps.
Alcool et opiacés : On parle alors de polytoxicomanie. Ex : alcool et héroïne. Les soins passent alors par alcoolodépendance et traitement de substitutions.
Alcool et cocaïne : Association fréquente.
4.1.6 Et si lalcoolisme est associé à dautres pathologies ?
Troubles psychiatriques associés et sevrage :
Lanxiété est spécifique ou relève dun trouble induit par la dépendance et/ou une pathologie psychiatrique.
La dépression : dans 80% des cas, il y a une dépression associée à lalcoolodépendance. Mélancoliforme avec risque suicidaire.
Alcoolodépendances et troubles psychotiques :
15 à 35 % des schizophrènes sont alcoolodépendants.
Les psychoses alcooliques : idées fixes post-oniriques ; états délirants (hallucinations de Wernicke) et délire chronique paranoïaque.
Les troubles de la personnalité.
Pathologies somatiques associées au sevrage :
La maladie hépatique alcoolique : MAH.
La stéatose (foie gras) se diagnostique à léchographie. Ce sont des lésions irréversibles. Il y a de grosses vésicules de triglycérides dans le cytoplasme des hépatocytes. Les enzymes hépatiques ASAT et ALAT sont augmentées ;
La cirrhose alcoolique est une fibrose qui isole les hépatocytes et entraîne une insuffisance hépatique
Les virus des hépatites B et C augmentent la sévérité des liaisons qui évoluent vers des cirrhoses. Ictère, fièvre ; complications oedemo-ascétique, encéphalopathie, hémorragies digestives par hypertension portale.
Le sevrage a un effet positif sur la MAH.
Pancréatite chronique alcoolique
Désordres nutritionnels et neuropathies :
Malnutrition. Encéphalopathies carentielles, Syndrome de Gayet-Wernicke (urgence métabolique donner 1 g de Vit. B1 par jour), syndrome de Korsakoff (irréversible).
Dégénérescence cérébrale par hyponatrémie sévère qui serait resalée trop brusquement.
Myélinolyse Centro-Pontine : Le syndrome des buveurs de bière ou dilution (antidiurèse inappropriée).
Atteintes neurologiques et musculaires : Polynévrites et myopathies.
Complications cardio-vasculaires : HTA, Béri-Béri (Carence en vitamine B1)
Complications infectieuses : Tuberculoses et pneumopathies
Interactions médicamenteuses : Larrêt de lalcool diminue linduction enzymatique ce qui entraîne une accumulation des médicaments.
Accidents traumatologiques qui entraînent un sevrage contraint.
4.1.7 Traitements des accidents de sevrage :
Le delirium tremens :
Apparaît dans les 48-96 heures après le dernier verre chez les personnes dont le niveau d'alcoolo-dépendance est très élevé. Il s'exprime typiquement par au moins deux des manifestations suivantes, signes d'une altération importante du système nerveux : confusion mentale, anomalies de la perception (erreur d'interprétation, hallucinations), perturbation du rythme veille-sommeil avec insomnie ou somnolence diurne, augmentation ou diminution de l'activité psychomotrice, désorientation temporo-spatiale, non reconnaissance des personnes de l'entourage, troubles de la mémoire, épilepsie, crise convulsive généralisée.
Traitements psychotropes :
BZD en IV (Valium) Sédation importante si pose dune sonde intra-nasale.
Haldol si hallucinations associé à un anticonvulsivant.
Traitement des troubles neuro-végétatifs du DT : HTA par Clonidine ou béta-bloquants.
Apports hydro-électriques en rééquilibration : G5% iso avec Na Cl, KCl, et Mg suivi par ionogramme, glycémie, Créatininémie, CPK, NFS et hémostase.
Soins de nursing, détection et traitement du décubitus
Les crises convulsives :
Diagnostic différentiel des autres crises comitiales. Lobservation infirmière sera déterminante : Les crises convulsives peuvent être dues à :
Des troubles métaboliques (HypoGlycémie, Hyponatrémie et hypoxie).
A un traumat cranien
Une infection cérébro-méningée
Un AVC ischémique ou hémorragique
Une intoxication médicamenteuse
Une épilepsie alcoolique.
Caractéristiques des convulsions de sevrage :
Dans la population à risque et à antécédents de crises convulsives ou/et de DT, des psychotropes sont utilisés de façon préventive.
Les convulsions de sevrage sont précoces de type « grand mal », récidivantes et ne montrant pas danomalie à lEEG. Le traitement se fait avec le Valium et sil le faut en réa.
Conclusion sur le sevrage :
Il faut intégrer le sevrage dans un processus de soin au long cours, processus dabstention complète et durable dalcool. Le personnel prenant en charge des patients alcoolodépendants et en sevrage doit se former.
4.1.8 Et le cas particulier du Syndrome dAlcoolisme Ftal, SAF?
Définition : Trouble qui apparaît chez les enfants nés de mères alcooliques qui continuent á boire beaucoup pendant la grossesse. Parmi les anomalies fréquentes : le défaut de croissance (prénatal ou postnatal), la morphogenèse altérée (anomalie crânio-faciale : microcéphalies, rétrécissement des fentes palpébrales, philtrum indiscret, hypoplasie de la mâchoire inférieure) Une atteinte du système nerveux central avec des troubles auditifs, un retard du développement, la déficience mentale et le faciès caractéristique petits yeux et base aplatie du nez. Une fine dysfonction motrice et tremblements sont observés chez le nouveau né. Donne des enfants avec des anomalies congénitales et une mortalité périnatale.
4.2 Laccompagnement du patient alcoolodépendant après sevrage :
Lobjectif de labstinence complète nest pas forcément un but en soi. Il se discute avec le patient. Pourtant, ne peut-on pas penser que continuer à consommer de lalcool même modérément est un risque avéré de rechute ? La bienveillance clinique des soignants infirmiers nous permet de penser que lessentiel pour le patient est que sa vie « nouvelle » le satisfasse. Le lien thérapeutique passe surtout par le sujet demandeur. Lalcoolodépendance est une maladie de la relation et de la responsabilité.
4.2.1 Les moyens daccompagner le patient alcoolodépendant :
Le soutien psychologique :
Lécoute
La relation daide : regard positif, empathie, congruence
Lattitude de soutien psychologique
La psychothérapie de soutien
La psychanalyse et les Psychothérapies dInspiration Psychanalytique PIP :
Avec avance de la parole par le thérapeute. La personne alcoolodépendante supporte mal dans les premiers temps de ses soins de ne pas avoir de réponse du thérapeute.
Linfirmier participe à des groupes de paroles dinspiration psychanalytique. Lanalyse dans ce groupe est effectuée par un thérapeute en général psychologue, psychanalyste.
Les groupes de parole :
Thérapie de groupe où le /les thérapeutes doivent être formés (Alcoologie, psychologie).
Les ateliers thérapeutiques : Ergothérapie et activités corporelles.
Les moyens socio-éducatifs :
Adhésion et contrat de soin
Accompagnement par un travailleur social
Les mouvements dentraide : Groupes néphalistes ou groupes danciens buveurs, identifiés et créant des relations :
Alcooliques anonymes (AAnon), Croix dOr, Vie Libre, Croix Bleu
Laccompagnement de lentourage : Prévention chez lenfant, prise en charge familiale.
Les interventions en milieu carcéral
Thérapies conjugales et familiales :
Intervention thérapeutique qui envisage la famille comme un ensemble et utilise chacun des membres à la fois comme agent et objet thérapeutique. La thérapie familiale est une méthode élaborée aux Etats-Unis et arrivée en France à la fin des années cinquante. On identifie divers courants tels la thérapie familiale systémique, la thérapie familiale psychanalytique, la thérapie familiale comportementaliste .... En alcoologie, elles consistent à travailler le cheminement de lalcoolique à travers lanalyse du système familial ou conjugal.
Elles se pratiquent avec deux intervenants :
Lanimateur : En relation directe avec le couple ou la famille. Il cherche à définir avec eux létat de crise dans lequel ils se trouvent et les amener à effectuer une démarche.
Le méta intervenant : Ne communique quavec lanimateur. Il lui fait part de sa perception de la relation qui est en train de se développer entre lui et la famille. Il linterroge sur le pourquoi et le comment de ses possibilités à aider la famille.
Les moyens médicamenteux : Il sagit des médicaments visant à réduire lappétence :
Aotal (Acamprozate)
Revia (Naltrexone)
Esperal : médicament à effet antabuse mais traitement risqué.
Les Thérapies Cognitivo Comportementales :
Ses techniques nécessitent dêtre formé.
Entretiens motivationnels : Les entretiens motivationnels (EM), thérapie née aux États-Unis, basés sur la théorie du changement, cette forme de thérapie brève a pour objectif principal d'aider le patient à prendre une décision sur le changement de ses habitudes pathologiques
Stratégie de coping : Stratégies d'ajustement, ou encore coping : Cest un concept relativement récent, qui a été élaboré en 1978 par LAZARUS et LAUNIER. To cope with » signifie faire face à. Ce concept désigne « lensemble des processus quun individu interpose entre lui et un événement perçu comme menaçant, pour maîtriser, tolérer ou diminuer limpact de cet événement, sur son bien être physique et psychologique. » Cette riposte qui est nommée coping stratégy par les Anglo-saxons, est connu sous le nom de stratégie dajustement dans la littérature française.
Expositions au stimulus
Renforcement de labstinence : Méthode de Prochaska et Di Clemente : On distingue une phase de pré-contemplation, durant laquelle le patient ne perçoit aucun problème et donc na pas de raison de changer ses comportements, suivi dune phase dite de contemplation, durant laquelle le patient entre dans le dilemme «changer ou ne pas changer?». Il est en train de vivre sa propre ambivalence face à un problème donné. Troisièmement la phase de préparation est caractérisée par la mise en place des stratégies pour changer. Avant la phase appelée action, durant laquelle le patient met en acte ce quil a décidé de faire. Enfin, la phase de maintien, sert à adapter le style de vie de manière durable et à pouvoir continuer de répondre à ses besoins sans avoir recours à ses vieilles habitudes.
Linfirmière et les techniques cognitivo-comportementales :
Les TCC permettent de palier au symptôme. Elles ne traitent en rien la « cause » dune maladie. En alcoologie, elles sont utiles pour palier aux désirs compulsifs ou non de boire.
A partir des théories de lapprentissage et du conditionnement positif Pavlovien et Skinerien, modèle dapprentissage par récompense, les thérapies congitivo-comportementales, TCC se sont élaborées.
Le cognitif concerne les règles de traitement de linformation automatiques qui ont une influence arbitraire (concluent sans preuves) et procèdent par abstraction sélective (parasites comme les chagrins quotidiens), par globalisation (Tout va mal), aboutissant à une dépersonnalisation (le soignant pense que cest sa faute). Elles peuvent aussi apporter une pensée dichotimique (« tout blanc et tout noir »).
Le principe des TCC est en lien avec un modèle intégratif bio-psycho-social prenant en compte autour dune interprétation de lenvironnement, les cognitions :
des facteurs socio-culturels
des évènements de la vie
avec
la vulnérabilité génétique
les émotions
le comportement de lalcoolique
la dépendance physique
les complications somatiques
Ce modèle convoque des renforcements positifs et négatifs pour le patient alcoolodépendant.
PELC (Belge) a proposé des facteurs dalcoolisation :
facteur gustatif et dhabitude
facteur social
facteur de pharmaco-dépendance
facteur sédatif ou anxyo-dépressif
facteur stimulant
Dans les TCC la motivation est prise en compte de façon primordiale. Un bilan est pratiqué autour :
de la pression de lenvironnement
dune étape de la vie
dune décision personnelle
de latteinte efficace de lobjectif
Les thérapies émotionnelles :
Empathie
Ecoute bienveillante
Conseils
Eviter laffrontement
Bilan des troubles du comportement de lalcoolique :
Autoévaluation
Identification des situations pièges ou à risque
Choix de lobjectif
Sevrage alcoolique
Développement de stratégie de contrôle comportemental
Administration de renforcements
Anticipation dun éventuel échec.
Développement de stratégie de contrôle comportemental :
Contrôle externe :
Eviter le stimulus
Sassurer de la participation dun tiers
Chimiothérapies éthyldictolitiques : Aotal, anti-embrasement : Revia
Contrôle interne :
Reformulation quotidienne de la décision
Déclenchement dun comportement inhabituel : Respiration, relaxation, changement de lieu
Technique du stop
Une fois
Stop !
Antoine sort de post-cure où il était hospitalisé depuis un mois. Souvent encore des pensées saugrenues lui viennent à lesprit. Il se souvient de ces fameuses pintes de bière bien fraîche quil vidait en soirée avec ces potes au OMaleys
Cétait le bon temps, celui du plaisir, des plaisirs. Mais le lendemain, déplaisir ! Des maux de têtes inquiétants et un mal être que seul une nouvelle prise dalcool pouvait calmer. Pourtant aujourdhui, cest le souvenir de plaisirs et de joyeuses bordées qui lui revient à lesprit. Et ce goût amer, frais et blond comme les prés. Une furieuse envie de prendre une bière assiège son esprit. Heureusement lors de sa post-cure, les séances de thérapies comportementales lui ont appris à se sortir de ce piège. Le Dr Tientoiben lui avait dit et redit : « une envie ça passe ». Il se rappelle ces temps ou confronté aux images et photos de bière, de demis, de pintes, il avait appris la technique du « stop ». Alors là, il se lance le « stop ! ». Se le dit à lui seul. « Stop ». Et le voici qui se souvient quil préférait sen tenir au « stop » plutôt quutiliser les techniques de relaxation à mettre en place dans ces moments difficiles. Stop, dautres pensées sont à son esprit. Son envie de bière est passée.
Techniques daffirmation de soi ; entraînement aux habiletés sociales par des jeux de rôle
Technique de décentrage
Demande daide (Groupes néphalistes, référents soignants)
Administration de renforcements : Satisfaction dun autre besoin.
Il nest pas nécessaire dêtre formé aux TCC pour en parler avec le patient alcoolodépendant. A loccasion dun entretien, linfirmier échanger sur ce sujet avec le patient. Déjà lui expliquer que ces techniques existent. Ensuite les lui évoquer. Ainsi, ces actions de soin participent du rôle éducatif de linfirmière et participe aussi à lorientation du patient.
Paul sinstalle à la terrasse du Marseillais avec ses amis Jef et Eric. Le serveur vient prendre leur commande. Jef demande un demi, Eric aussi. Paul sinquiète. Il se sent mal. Lidée de boire une bière bien fraîche en ce jour de beau soleil et de grande chaleur vient lui humidifier les papilles gustatives. Que va-t-il commander ?
Un demi sans faux colle ? Il a craqué. Passer commande juste après ses amis la confronté à une situation insupportable. Il leur avait pourtant parlé de son abstinence. Le voici confronté à son échec. Ce faux pas qui de plus est une récidive lui renvoie « une violation du serment dabstinence ». Il avait promis, juré, craché à sa femme et ses enfants quil ne boirait plus
Et cest lengrenage
Le demi appelle le suivant. Les amis de Paul rentrent chez eux. Il entre dans un nouveau Pub. Le goût de la bière est là. Cest parti. La cloche sonne
La nuit descend, une bière deux bières une barrique, lengrenage infernal !
Il commande un pamplemousse rose ! Il tient bon. Il est fixé à son objectif. Il avait choisi le pamplemousse rose quand le Docteur Elie GUANE lui avait prescrit une série de « piqûres chauffantes ». Florence son infirmière référente lui administrait le produit. Limpression de chaleur du produit qui montait dans son bras lui apportait grande soif. Il buvait alors du pamplemousse rose. Longtemps ils avaient échangé sur le choix de cette boisson. Finalement le pamplemousse avait été choisi par Paul car son goût légèrement amer et acide lui « révolutionnait le palais comme le sky » quil senfilait à même la bouteille à son réveil, à nimporte quelle heure du jour ou de la nuit pour ne pas souffrir de manque, pour rallumer le réchaud
».
« Je vais arriver dans un bar avec mes amis » se dit Paul. « Ne pas me retrouver en difficultés. Oui, je me souviens. La technique que le Docteur Savacesser mavait enseignée. En allant dans un débit de boisson, toujours commander en premier afin de ne pas être inquiété et influencé par des commandes alcooliques potentielles des personnes qui maccompagnent ». Alors, Paul commande en premier un Perrier rondelle
Ses amis réfléchissent alors à leur commande mais sil leur arrive de commander de lalcool, la situation les questionne alors et peut devenir le sujet de conversation du groupe.
4.2.2 Lorganisation de laccompagnement des patients alcoolodépendants :
Le patient est sujet acteur de ses soins pour palier à sa maladie. Son consentement éclairé est nécessaire. Lélaboration dun livret de la maladie est utile et intéressante (histoire de la maladie, sevrages, accompagnements, intérêts, annuaire).
La place des médecins généralistes : Ce sont des personnes ressources. Laccent commence à être mis sur leur formation initiale et continue en alcoologie. Il doive prendre en compte le déni social.
Le dispositif ambulatoire spécialisé : Le CCAA Centre Communal dAlcoologie Ambulatoire.
Evalue et répartie les actions, oriente les patients.
Lhospitalisation temps plein ou partielle
Léquipe de liaison en alcoologie : Elle intervient dans lhôpital dans tous les services, des urgences à la réanimation, en passant par la médecine et la chirurgie.
Les dispositifs de réinsertion professionnelle :
La réinsertion professionnelle : Association avec la médecine du travail. Réduit lintolérance du monde du travail.
La réinsertion sociale : Lalcoolisme a un impact désorganisateur auquel il faut remédier.
4.2.3. Comment évaluer laccompagnement du patient alcoolodépendant après sevrage ?
Linfirmière participe avec le reste de léquipe disciplinaire et avec le patient à une réflexion sur sa prise en charge et les projets le concernant : Projet de vie, projet professionnelle, de vie privée, de formation
Il faut chercher à:
comprendre et à savoir si le patient sera abstinent ou aura une consommation contrôlée occasionnelle
évaluer le malade dans sa globalité (Médico-sociale)
réfléchir avec le patient sur sa qualité de vie, son bien-être (sans et avec lalcool si on se sent de supporter le sujet : faire la part du bon et du mauvais dans sa consommation).
repérer létat psychologique du patient (Dépression, humeur
)
repérer son état physique (Comorbidités)
repérer la consommation dalcool hors période de sevrage, dabstinence et dhospitalisation (Hospitalisation ne va pas nécessairement dire sevrage car lalcool circule dans les institutions de soins, apporté par la famille, les amis, le trafic
)
Consommation dalcool en :
Données quantitatives (En jour, en jour/semaine, % de jours dabstinence)
Données qualitatives (Repères temporaux : matin, soir, solitude ou craving)
Dosages biologiques : VGM, Gamma GT, CDT.
4.3 Ce dont dispose linfirmier pour prendre en charge un patient alcoolodépendant :
Comme pour toutes les maladies et troubles de la relation, maladies psychiatriques et addiction, linfirmier exerçant en psychiatrie est un des acteurs soignants principaux de la mise en uvre dune démarche thérapeutique pour le patient (Thérapeutique : du grec soigner). Le professionnel en soins infirmiers qui travaille en psychiatrie sengage dans son travail de relations avec ce quil est en tant que sujet.
4.3.1 Le premier « outil » du soin en psy. Cest soi !
La souffrance est un appel au lien. Le soignant utilise son propre appareil psychique pour soigner et cet engagement psychique peut mettre à mal chaque soignant en le sollicitant dans ce quil est.
Linfirmier se sert du réel, de laction pour générer du sens, de la parole. Cest aussi un travail sur le désir, le besoin, le manque. Le patient se sent soutenu, se reconstruit. Le soin infirmier autonome a pour cible les réactions du patient à sa maladie, à ses problèmes de santé, aux évènements de sa vie. Linfirmier en psychiatrie conçoit le soin dans une perspective holistique, prenant en compte la personne comme un ensemble dynamique de processus physiques, émotifs, psychiques et spirituels.
Les pathologies sont souvent au long cours. Les rechutes sont fréquentes. Le soignant peut ressentir des moments de lassitude, de découragement, de désillusion. Il lui appartient de prendre de la distance, du recul, de se distancier de limpression de complexité.
Nous nous centrons sur la personne et non sur la maladie. Cette personne est prise en charge au travers de laccueil, de la toilette, des repas, des entretiens, par lécoute de sa demande en entretien afin dinstaurer une relation de confiance.
4.3.2 Les autres outils du soin infirmier en psychiatrie
Les meilleurs résultats thérapeutiques obtenus en institution associent chimiothérapie, psychothérapie et sociothérapies. Ces trois axes se retrouvent dans la dynamique proposée par la sectorisation. Ces trois modes thérapeutiques répondent bien au fait que le malade est un être bio-psycho-social. Ce qui est important au travers de lassociation de ces trois modes est la cohérence de ceux qui les utilisent au travers du travail déquipe et encore au travers de léquipe de secteur et des liens que les professionnels de chaque structure entretiennent entre-eux autour du malade.
Les traitements biologiques les médicaments :
Dispensation Que fait linfirmière ?
Il est bien sûr important de bien connaître les médicaments aussi profitez de vos stages pour déjà demander aux soignants quils vous expliquent à quelle classe appartiennent les médicaments quils préparent. Plus tard lorsque vous aurez situé les classes de médicaments : neuroleptiques, antidépresseurs, normo-thymiques (régulateurs de lhumeur = thymorégulateurs). Vous pourrez essayer dapprendre leurs effets secondaires qui sont souvent corrigés par des adjuvants appelés correcteurs.
En intra-hospitalier, les équipes de soins organisent la préparation et dispensation des médicaments dans les services suivant les rythmes des repas et couchers et les différents horaires des personnels dans lunité. LESI les pratique sous la responsabilité de linfirmière présente.
Education du patient :
A la prise régulière de son traitement. A la connaissance de son traitement.
Dans le domaine de léducation à la prise du traitement les échanges entre le patient et linfirmière sont très importants.
Surveillance des effets secondaires ( Prises des constantes
TA assis puis debout dans la foulée( effets dhypotension orthostatique.
Pulsations ( pour surveiller les arythmies.
Températures ( car une hyperthermie peut être due aux neuroleptiques et alors il faut que le médecin interrompe le traitement.
Bien sûr ne jamais donner de traitement sans prescription pourtant dans la pratique, il arrive que ce soit compliqué pour une infirmière dappeler linterne de garde. La loi est intransigeante et par notre décret de compétence elle ne nous permet pas de prescrire ni de donner sans prescription écrite.
Le champ des psychothérapies la place de linfirmier
On dénombre 400 différentes psychothérapies à lheure actuelle.
Définition dune psychothérapie : Cest une intervention clinique qui revêt quatre exigences :
Un cadre théorique scientifique (question du sens)
Des normes de pratiques : pour la sécurité des soins et le respect des règles techniques, juridiques et éthiques.
Lappartenance à un groupe de référence qui garantit une réflexion permanente, une confrontation de sa pratique, un enrichissement des connaissances et un partage des expériences.
Vous verrez à votre niveau quand vous irez en formation continue et que vous rencontrerez des professionnels de la même spécialité mais venant dhorizons différents comme cest riche.
La possibilité de participer à des supervisions groupes danalyse de pratique pour permettre lindispensable distanciation.
Les psychothérapies se distinguent par la nature :
Du média : thérapies verbales ou non.
Du nombre de protagonistes : thérapies individuelles, de groupes et familiales.
De la théorie : thérapies analytiques, systémiques, comportementalistes, cognitives
Les entretiens infirmiers :
DEFINITION : Cest en 1458 que le mot « entretien » prend sa valeur moderne, cest-à-dire, « échange de parole », sujet dont on sentretient », ou encore « conférence entre spécialiste ».
Le Petit Robert reprend la valeur moderne de la définition de lentretien, à savoir :
«Cest laction déchanger des paroles avec une ou plusieurs personnes ».
(Cest-à-dire, donner et recevoir dans une action réciproque, adresser et recevoir en retour).
Lentretien serait alors un moment particulier où des morceaux dhistoire, dexpériences ou de vécus divers pourraient se réunir par la parole. Ainsi, ce qui a été séparé, disséminé ou en passe de se défaire retrouve dans lacte de parole (de lentretien), un espace potentiel de réunion (et dans le cadre des soins de reconstruction).
Bien plus quun simple échange face à face, lentretien représente aussi la mise en uvre de liens : liens entre deux personnes, liens dans le discours, liens avec lhistoire du patient
Lentretien est une technique de recueil de linformation qui se déroule dans une relation de face à face.
Lentretien infirmier est un dispositif de soin par lequel un soignant répond à la demande de soin, explicite ou non, dun patient. Pour cela, le soignant favorise lexpression, verbale ou non, du patient, de telle sorte que ce dernier produise, dans le cadre relationnel créé, un discours qui permette à chacun deux dagir sur la problématique subjective du patient.
Ni conversation, ni interrogatoire, lentretien infirmier sapparente à une interview dont lobjectif nest pas seulement dextraire de linformation, mais surtout de créer le cadre nécessaire pour que cette information soit intégrée et mise en travail psychique par chacun des partenaires.
On distingue :
Lentretien non-directif : Il repose sur une expression libre de lenquêté à partir dun thème qui lui a été soumis par lenquêteur. Lenquêteur se contente alors de suivre et de noter la pensée de lenquêté sans poser de questions.
Lentretien directif : Ce type dentretien sapparente sensiblement au questionnaire si ce nest que la transmission se fait verbalement plutôt que par écrit.
Lentretien semi-directif : Il porte sur un certain nombre de thèmes qui sont identifiés dans un guide dentretien préparé par lenquêteur.
Cest le type dentretien qui est le plus utilisé car il est le mieux adapté à létude des phénomènes et problématiques liés au travail, à la santé ainsi quaux missions dorganisation.
Finalité : Obtenir des informations, perceptions, sentiments, attitudes ou opinions de la part de lenquêté
Comprendre ce que les personnes pensent ou peuvent penser sur un sujet
Approfondir des points importants
Initialiser une démarche participative
Domaine dapplication : Recueil dinformations dans tous les domaines
LE CADRE LEGISLATIF :
En référence au décret n° 93-345 du 15 mars 1993, repris par le décret 2004-802 du 29 juillet 2004 relatif aux actes professionnels et à lexercice de la profession dinfirmier :
Article 3 :
« dans le cadre de son rôle propre, linfirmier accomplit les actes ou dispense les soins infirmiers suivants, visant à assurer le confort du patient et comprenant, en tant que de besoin, son éducation et celle de son entourage :
aide et soutien psychologique.
relation daide thérapeutique.
entretien daccueil et dorientation. »
Article 4 :
« Linfirmier est habilité à accomplir sur prescription médicale, qui sauf urgence, doit être écrite, qualitative et quantitative, datée et signée, les actes ou soins infirmiers suivants :
entretien individuel à visée psychothérapique. »
Par conséquent, suivant les termes du décret, nous sommes habilités à pratiquer trois types dentretien :
Lentretien daccueil :
Il sagit «du dialogue entre linfirmier, deux infirmiers et le soigné dans les heures qui suivent ladmission en service hospitalier ou dès la première rencontre en service extra- hospitalier. Les buts sont :
dentrer en relation avec la personne ;
de répondre à ses questions ;
de recueillir des informations (cf. p 99, le recueil dinformations) permettant didentifier ses besoins en soins infirmiers et détablir le plan de soins infirmiers. »
A travers ce processus, linfirmier vise à sécuriser la personne de manière à créer un climat de confiance qui favorisera, par la suite une relation daide.
Cette rencontre sinscrit dans le moment présent, lors de la prise en charge du patient. Linfirmier accueille et oriente la personne dans le service, la renseigne sur les lieux et lenvironnement (le fonctionnement du service, les activités proposées
). Il lui remet le livret daccueil et linforme du règlement intérieur du service et de létablissement.
Avec Chalifour, nous reconnaissons sept variables à lentretien :
le contexte de lentretien, nous ninsisterons pas davantage sur cet aspect de lentretien sinon pour rappeler une fois encore combien il est central pour décrire et comprendre ce qui se passe au cours de cette séquence de soin ;
les caractéristiques du patient, âge, sexe, profession, mode dhospitalisation, références culturelles, goûts, ressources psychiques, état clinique, qualité de sa relation avec le ou les soignants, etc
;
les caractéristiques de linfirmière, âge, sexe, références culturelles, qualité de la relation établie avec le patient, disponibilité psychique de linfirmière, qualité de sa relation avec sa collègue si deux infirmières laniment, etc
;
le but de lentretien, lentretien étant un soin, il est essentiel que lentretien ait un but. Chacun des deux partenaires a des attentes différentes, il convient donc de sentendre sur le but de lentretien. Si deux soignants mènent lentretien, il est évident quils doivent être daccord sur les buts de lentretien ;
le contenu traité, léchange porte sur des contenus conceptuels et affectifs. Ces contenus influent sur la rencontre. Il est des thèmes que linfirmier peut ne pas souhaiter voir aborder : la mort, la sexualité, etc
Plutôt que de faire comme si certains mots navaient pas été prononcés, linfirmier peut verbaliser sa difficulté à traiter ces problématiques en proposant au patient de les reprendre en entretien médical ou en psychothérapie. Le contenu de lentretien sélabore pour lessentiel après lentretien en en faisant un compte-rendu, en transmettant au médecin et à ses collègues au moment des régulations ;
la durée et la fréquence des entretiens, ils sont évidement très variable, de vingt minutes à une heure selon le contexte. Il est essentiel de ne pas « vider psychiquement » le patient. Lentretien aurait alors un effet négatif.
Le lieu de lentretien, chaque endroit a des caractéristiques qui favorisent ou non lentretien. Quel que soit ce lieu, linfirmier doit faire en sorte doptimiser les conditions déchange et surtout de repérer comment les caractéristiques du lieu affectent le contenu de léchange.
Ces sept éléments permettent de décrire lentretien et son cadre. Ils constituent la base de la transmission infirmière.
Aspects techniques de lentretien.
Lentretien implique la maîtrise relative dun certain nombre de techniques. Porter (Introduction to therapeutic conselling, 1950) a identifié six façons de réagir dans le cadre dun entretien aux messages apportés par le patient :
la solution, on nécoute pas ce que dit le patient, mais on cherche immédiatement une solution, on voit évidemment tout de suite la réponse que lon apporterait soi-même au problème ;
le soutien, on nécoute pas davantage, on encourage, on compatît, on estime surtout que le patient ne doit pas dramatiser ;
lévaluation, on nécoute toujours pas, on pose un jugement de valeur, on approuve ou lon critique, on se pose en censeur moral ;
la question, on pose des questions, on cherche à en savoir davantage mais on oriente lentretien vers ce qui nous paraît essentiel ou vers ce qui ne nous implique pas (lamour plutôt que la sexualité, le deuil plutôt que la mort, etc.) ;
linterprétation, on exprime comment le patient devrait se représenter la situation, on risque ainsi de ne comprendre que ce que lon veut comprendre. Si interprétation il doit y avoir cest au patient de la poser pas au soignant ;
la reformulation, on essaye de sintroduire dans le problème à partir des paroles du patient, on cherche avec lui à comprendre, cela dit, il est des situations dentretien où reformuler ne suffit pas.
Dune façon générale, en entretien moins on parle mieux cest. Il est difficile de faire deux choses à la fois : soit on parle, soit on écoute. Reformuler implique une telle attention quil vaut, la plupart du temps, mieux se taire. Notre présence et notre disponibilité sont le meilleur soutien que nous puissions offrir au patient et pour cela il nest pas besoin de mots. Il nest pire juge que le patient lui-même, il ne sert donc à rien den rajouter.
Le recueil dinformations recouvre les aspects suivants :
Les informations dordre administratif.
La présentation de la personne :
Lapparence.
Le discours.
La mimique.
Le comportement.
Les mouvements.
Le type de relation que la personne établit spontanément (avec le soignant, sa famille, les autres patients, léquipe
.).
Les symptômes :
Ce dont se plaint le patient.
Ce que le soignant observe.
Lhistoire de la maladie :
Période dapparition et mode de début des troubles. Réactions de la personne vis-à-vis de ces troubles.
Démarches thérapeutiques entreprises auparavant et leurs résultats.
Effets sur la vie familiale, professionnelle et sociale.
Les éléments biologiques :
Les grandes lignes du développement (enfance, adolescence et vie sexuelle).
Les évènements vitaux (traumatismes affectifs, remaniements existentiels tels que lémigration, le chômage, la retraite
, les antécédents pathologiques personnels.).
La dynamique de lexistence (enfants, réseau et liens familiaux, dépendance aux parents, à une institution, pôle dintérêt, vie relationnelle.).
Lentretien daide ou la relation daide :
Selon Carl ROGERS, « la relation daide psychologique est une relation dans laquelle la chaleur de lacceptation et labsence de toute contrainte ou de pression personnelle de la part de laidant permet à la personne aidée dexprimer au maximum ses sentiments, ses attitudes et ses problèmes. »
En fait, la relation daide fait partie intégrante des soins infirmiers. La relation daide sappuie sur des moments privilégiés, notamment dans le cadre des soins et de la relation au corps (toilette, alimentation, application de thérapeutique médicamenteuse, installation au lit, aide à la marche
). De même, les activités psycho-socio-culturelles et occupationnelles peuvent servir de médiateur à la relation. Cependant, toute relation nest pas forcément une relation daide.
Les objectifs de la relation daide visent à permettre à la personne soignée de cheminer elle-même vers la compréhension ou la clarification de ses problèmes, dexprimer ses difficultés.
Dans la relation daide, le rôle du soignant est dobserver, découter, de prendre en compte les difficultés du patient ainsi que sa capacité à les comprendre et les verbaliser.
(Pour mener à bien une relation daide, il est nécessaire de se former.)
Lentretien à visée psychothérapique :
« La psychothérapie nest pas la simple sympathie ou le soutien humanitaire à légard de lêtre faible et souffrant. Il sagit dinterventions calculées pour lesquelles une formation est nécessaire. »
Lindication dentretiens à visée psychothérapique est posée à partir dune évaluation sémiologique et doit sinscrire dans le projet de soins du patient. La psychothérapie repose sur la confiance que le malade développe dans son traitement et envers le soignant, ainsi quau lien qui sétablit entre eux (lien grâce auquel le patient pourra évoquer tous ses problèmes).
Il existe différentes méthodes psychothérapiques qui possèdent, cependant quelques caractéristiques communes :
Lentretien ne se fait pas nimporte où, mais dans un espace « neutre » réservé à cet effet.
Un temps est également réservé à laction psychothérapique. En dehors de ce temps défini, les soignants et les soignés ne doivent pas essayer de poursuivre lentretien à visée psychothérapique.
Les objectifs de laction sont définis en accord avec le patient et léquipe soignante, en fonction de la demande plus ou moins explicite du soigné.
Le cadre de lentretien infirmier :
Lunité de lieu :
Tous les lieux peuvent servir de cadre à des entretiens qui vont être lamorce dune prise en charge et/ou des moments privilégiés pour aider le patient à verbaliser.
Exemples : un bureau infirmier, la salle de soins, la chambre du patient, la voiture de secteur, au domicile du patient, lors dun accompagnement
(Cependant, les entretiens seront différents en fonction de lenvironnement qui influencera le patient.)
Lunité de temps :
En fonction du type dentretien proposé, la durée peut être variable.
Exemples :
Lentretien daccueil na pas de durée pré-établie.
Lentretien à visée psychothérapique sinscrit dans un cadre précis de lieu et de temps
Les personnes en présence :
De qui émane la demande ? (Patient, infirmier, médecin)
La genèse dun entretien infirmier influe sur le déroulement de lentretien.
Linfirmier demandeur :
Outre lexpression de la parole du patient (et de sa souffrance), lentretien favorise le recueil des paramètres dobservation.
Lorsque le patient sisole linfirmier peut, à tout moment le solliciter pour un entretien. Le but est alors de comprendre et dentendre les raisons qui poussent le patient à sisoler.
Linfirmier peut également proposer un entretien dinformation sur les activités du service
Le patient demandeur :
Le patient sollicite parfois linfirmier pour un entretien. Cette demande peut avoir plusieurs significations.
Tout dabord le patient se sent un peu seul, « oublié » et il réclame un peu de temps pour exprimer ses craintes par rapport aux soins, un projet de permission ou de sortie
(Expression des idées délirantes parfois
).
Ensuite, à lissue dun entretien médical, certains patients ont besoin de reprendre avec le soignant le contenu de la consultation. (La durée du traitement, ses effets, sa durée
, les complications, le projet de soins et de sortie
).
Enfin, certains patients ont besoin, de manière systématique, dexprimer les mêmes propos, les mêmes plaintes lors dentretiens duels. (Patients consommateurs dentretiens sans but thérapeutique défini.)
Le médecin demandeur :
Cf. lentretien à visée thérapeutique.
Les transmissions (lutilisation du contenu de lentretien).
Autres formes dentretiens :
Entretien informel dinformation ou de réassurance, lentretien médico-infirmier, lentretien infirmier structuré et lentretien à plusieurs infirmiers.
Entretien de consultation infirmière
Entretien daccueil
Entretien téléphonique
Entretien de crise
Entretien de suivi
Entretien à visée psychothérapeutique
Entretien avec la famille
Entretien de relation daide
Entretien de médiation
Entretien mère- enfant
Entretien par le cadre infirmier
La relation soignant- soigné :
A noter limportance de la relation thérapeutique dans le processus de soin. Si pas de communication, pas de relation, pas de soin.
Importance de la parole dans le travail relationnel :
écoute de la parole du patient, de sa demande
le soin infirmier doit être verbalisé, la parole sera vectrice, explicative du soin
Elle permet :
la réassurance
Elle a des vertus cathartiques : Cest une extrajection. Elle libère en mettant au dehors le conflit.
Elle permet la distanciation et la transitionnalisation des conflits
En plaçant léchange dans un entre-deux, entre le Moi et lautre, elle positionne le message quelle porte dans un espace intermédiaire lespace transitionnel. Ce qui permet la distanciation.
Elle est support délaboration (liaison). Elle nourrit le travail de mise en sens qui fonde la contenance du soin.
La rencontre
Une relation basée sur des mouvements transférentiels et contre-transférentiels
Une relation portée par le projet.
Un rôle plus ou moins maternant
Le soutien psychologique et la relation daide
La relation daide thérapeutique
La psychothérapie
La pratique des activités médiatisées
Lergothérapie
Les ateliers sociothérapiques
La réadaptation par le travail.
En conclusion et pour ne pas en finir avec lalcoolique :
Parvenir entrer en relation et développer de la confiance avec un patient alcoolodépendant demande une capacité dabnégation importante. Cette maladie représente un fléau pour notre société. Linfirmier et linfirmière doivent faire preuve déthique et dans le champ de la santé publique apporter leurs compétences soignantes pour faire évoluer le regard de la société sur le phénomène culturel que représente la consommation dalcool en France et sur le regard, emprunt dun lâche déni social quelle porte à ses malades alcooliques. Les soignants en prenant en charge les patients alcooliques ne doivent pas oublier que leurs soins sintègrent dans un long processus dabstinence et de rechutes. Aider un alcoolique en lhospitalisant, le sevrant cest comme « sortir un cornichon dun bocal, quand vous le replongez il simprègne à nouveau du vinaigre ». Si vous laissez sortir votre patient sevré sans lobjectif de modifier des éléments dans sa vie (comportement vis-à-vis de lalcool, meilleure appréhension des moments difficiles etc.) les risques de rechute seront conséquents. Le programme de soin du patient alcoolique doit être rythmé de votre empathie afin de lui permettre dévoluer vers un meilleur regard quil porterait à sa personne.
Merci de votre aide pour ces patients.
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(Attention cette bibliographie na rien dexhaustive).
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Sacrée bouteille
Graeme Allwright.
Jolie bouteille, sacrée bouteilleVeux-tu me laisser tranquille ?Je veux te quitter, je veux m'en allerJe veux recommencer ma vieJ'ai traînéDans tous les cafésJ'ai fait la manche bien des soirsLes temps sont dursEt j'suis même pas sûrDe me payer un coup à boireJolie bouteille, sacrée bouteilleVeux-tu me laisser tranquille ?Je veux te quitter, je veux m'en allerJe veux recommencer ma vieJ'ai mal à la têteEt les punaises me guettentMais que faire dans un cas pareilJe demande souventAux passantsDe me payer une bouteille
Jolie bouteille, sacrée bouteilleVeux-tu me laisser tranquille ?Je veux te quitter, je veux m'en allerJe veux recommencer ma vieDans la nuitJ'écoute la pluieUn journal autour des oreillesMon vieux completEst tout mouilléMais j'ai toujours ma bouteilleJolie bouteille, sacrée bouteilleVeux-tu me laisser tranquille ?Je veux te quitter, je veux m'en allerJe veux recommencer ma vieChacun faitCe qui lui plaîtTout l'monde veut sa place au soleilMais moi j'm'en fousJ'n'ai rien du toutRien qu'une jolie bouteilleJolie bouteille, sacrée bouteilleVeux-tu me laisser tranquille ?Je veux te quitter, je veux m'en allerJe veux recommencer ma vie
Vendanges
Les choses qui chantent dans la têteAlors que la mémoire est absente,Ecoutez, c'est notre sang qui chante...O musique lointaine et discrète !Ecoutez ! Cest notre sang qui pleureAlors que notre âme s'est enfuie,D'une voix jusqu'alors inouïeEt qui va se taire tout à l'heure.Frère du sang de la vigne rose,Frère du vin de la veine noire,O vin, ô sang, c'est l'apothéose !Chantez, pleurez ! Chassez la mémoireEt chassez l'âme, et jusqu'aux ténèbresMagnétisez nos pauvres vertèbres,
HYPERLINK "http://poesie.webnet.fr/auteurs/verlaine.html" Paul VERLAINE (1844-1896) INCLUDEPICTURE "http://poesie.webnet.fr/images/vide.gif" \* MERGEFORMATINET (Recueil : Jadis et naguère)
Dépendance alcoolique: questionnaire Short Mast :
"1-Pensez-vous que vous consommez de l'alcool en quantité plus que la normale?" : Oui-Non
"2-Vos proches vous ont-ils déjà fait des reproches au sujet de votre consommation d'alcool?" : Oui-Non
"3-Vous-êtes vous déjà senti coupable au sujet de votre consommation d'alcool?" : Oui-Non
"4-Est-ce que vos amis pensent que vous êtes un buveur normal?" : Oui-Non
"5-Arrivez-vous toujours à stopper votre consommation d'alcool quand vous le voulez?" : Oui-Non
"6-Avez-vous assisté à une réunion d'anciens buveurs pour un problème personnel d'alcool?" : Oui-Non
"7-Est-ce que l'alcool a déjà créé des problèmes entre vous et votre conjoint?" : Oui-Non
"8-Avez-vous déjà eu des problèmes professionnels à cause de votre consommation d'alcool?" : Oui-Non
"9-Avez-vous déjà négligé vos obligations, votre famille ou votre travail pendant 2 jours de suite ou plus en raison de votre consommation d'alcool?" : Oui-Non
"10-Avez-vous demandé de l'aide ou des conseils à autrui au sujet de votre consommation d'alcool" : Oui-Non
"11-Avez-vous déjà été hospitalisé en raison de votre consommation d'alcool?" : Oui-Non
"12-Avez-vous déjà été arrêté, ne serait-ce que quelques heures, en raison d'un état d'ivresse?" : Oui-Non"13-Avez-vous déjà été inculpé d'ivresse au volant" : Oui-Non TOTAL = ? RESULTATS : Si le score est supérieur à 3 oui, une alcoolodépendance est probable dans 80%
GRILLE DE LE GÔ
SCOREAspectdu visage des conjonctives de la langue Tremblementde la bouche de la langue des extrêmités
Chacun de ces 6 éléments est côté de 0 à 5 selon le degré d'altération.
A partir d'un score de 3 à 5 on parle de consommateur à problème probable. Cette grille ne permet pas un diagnostic de dépendance.
Echelle de Cushman
Points 0 1 2 3 Fréquence cardiaque < 80 81 à 100 101 à 120 > 120 Pression artérielle systolique
18 à 30 ans
31 à 50 ans
> 50 ans
< 125
< 135
< 145
126 - 135
136 - 145
146 - 155
136 - 145
146 - 155
156 - 165
> 145
> 155
> 165 Fréquence respiratiore < 16 16 à 25 26 à 35 > 35 Tremblements 0 Main Membre supérieur Généralisés Sueurs 0 Paumes Paumes et front Généralisées Agitation 0 Discrète Généralisée et contrôlable Généralisée et incontrôlable Troubles sensoriels 0Phonophobie
Photophobie
Prurit Hallucinations critiquées Hallucinations non critiquéeScore < 7 : état clinique contrôlé
Score 7 à 14 : sevrage modéré
Score > 14 : sevrage sévère
Voir en annexe la chanson de Graeme Allwright « Sacrée Bouteille ».
Anti Diurétique Hormone.
JELLINEK (1940-1970)
Lire partout Diagnostic and Statistic Manual révision 4.
Lire partout Accident Vasculaire Cérébral.
La dénégation est une façon de prendre connaissance du refoulé, c'est déjà, à proprement parler, une levée du refoulement, mais ce n'est assurément pas une acceptation du refoulé (FREUD, 1925).
Thérapie Cognitivo Comportementale.
Lire partout Delirium Tremens.
Lire partout Syndrome dAlcoolisme Ftal.
Lire partout Benzodiazépines : Nom générique de diverses substances employées comme tranquillisant et possédant d'autre part des propriétés sédatives, hypnotiques (facilitant en théorie le sommeil) anticonvulsivantes ou amnésiantes (inhibant la mémoire).
Lire partout Hyper tension artérielle.
Lire partout Accident Vasculaire Cérébral
LALDH saccumule dans le sang. Il y a des nausées, des vomissements et une tachycardie ; une baisse de la vasoplégie (vasodilatation généralisée), un flush : érythème de la face antérieure du thorax et des troubles de la repolarisation (ECG).
Stratégies dajustement ou encore coping : Cest un concept relativement récent, qui a été élaboré en 1978 par LAZARUS et LAUNIER. To cope with » signifie faire face à. Ce concept désigne « lensemble des processus quun individu interpose entre lui et un événement perçu comme menaçant, pour maîtriser, tolérer ou diminuer limpact de cet événement, sur son bien être physique et psychologique. » Cette riposte qui est nommée coping stratégy par les Anglo-saxons, est connu sous le nom de stratégie dajustement dans la littérature française.
Lire partout Thérapie Cognitivo Comportementale
Dans le cadre dune cure de Champeau et Lainé, la « piqûre chauffante » associe un soutien à la relation psychothérapique, demande des règles strictes dutilisation pour éviter de très nombreuses erreurs rencontrées comme « piqûres punition » par exemple. Sulfate de Magnésie à 15 %, 5 à 10 ml. Les conditions préalables sont : la collaboration du malade, qui est informé sur la méthode et à la libre choix de laccepter ou non, sa pratique lors dexpérience dabstinence et pour le piqueur, soit le thérapeute prescripteur, soit un auxiliaire médical. Une bonne connaissance de la méthode, disponibilité et écoute. Linjection des trois ou cinq premiers cc entraîne une brusque sensation de forte chaleur corporelle, de sensation de bien-être, de détente. On y associe une incitation à boire de leau fraîche ou autre boisson non alcoolisée. Cette technique peut être un instant privilégié dans la relation thérapeutique. Elle peut donc sinscrire dans un processus daccompagnement global.
Terme usité pour Whisky.
Pulsion brutale dappétence à lalcool. Le craving est une expression traduite de l'américain qui signifie «désir ardent» et peut se définir comme un comportement obsédant, tourné vers le produit qui le provoque. Un appétit insatiable, un désir irrépressible d'utiliser une drogue. Attention il faut bien distinguer le «craving» et le manque. Lorsqu'il y a craving, c'est-à-dire appétence insatiable il n'y a plus de discussion possible tant que le besoin n'est pas satisfait.
Gamma Clutamyl Transpeptidase
Carboxy Desoxy Transferine
Soigner vient « dêtre préoccupé », « soccuper de », «veiller au bien-être » ou « à la santé » de quelquun.
Voir page 19.
C. ROGERS : La relation daide et la psychothérapie, ESF, 1977, p. 118.
H. EY : Manuel de psychiatrie, Ed. Masson, 1988, p. 1072.
A noter que le vinaigre nest pas de lalcool, cest de lacide ascétique.
Michigan alcoholism Screening Test.
Soins infirmiers aux patients souffrant dalcoolisme
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ESNAULT O.
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