Expression et participation des usagers dans les établissements ...
MARTINEZ RAVEL Catherine. ..... Vu le cas d'Oscar Pistorius notre société n'est
pas évidemment prête à accueillir les sportifs .... personnelle familiale (présence
par exemple d'un sujet en situation de handicap dans la famille), ...... La
correction auditive permise par les contours auditifs bilatéraux n'est totale ni en
intensité, ...
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Conduites violentes dans les établissements accueillant
des adolescents : prévention et réponses
Les conduites violentes dans les établissements accueillant des adolescents ont donné lieu ces dernières années à de nombreux travaux, recherches et journées détude, tant sur le plan de leur prévention que sur celui des réponses apportées. Ces recommandations trouvent ainsi leur origine dans la prise en compte des préoccupations actuelles des professionnels. Elles ont pour ambition de mutualiser des réponses et doffrir une structuration, une vision densemble qui relie prévention et traitement. Les établissements concernés sont diversifiés dans leurs missions et leurs objectifs
au regard des besoins spécifiques des adolescents quils accompagnent. Cependant, ces recommandations dégagent des repères pour la réflexion et laction qui leur sont communs.
Ces repères sont destinés à lensemble des acteurs. Ils ont pour finalité de développer une culture de la prévention de la violence et daider les professionnels à construire leurs réponses en fonction de leur réalité propre, dans le respect des actuelles dispositions législatives et réglementaires.
Contribuant à accompagner les établissements dans leurs évolutions, la mise en uvre de ces recommandations repose sur lidentification de priorités et sur un processus dappropriation progressif.
Didier Charlanne Directeur de lANESM
Présentation générale
1. La méthode de travail
2. Le champ des recommandations
3. Les objectifs généraux
4. Les principes directeurs
5. Éléments pour lappropriation des recommandations
Première partie - Identifier, observer, analyser la violence
1. Identifier la violence
1.1 Mettre en place des réunions de travail, destinées à réfléchir ensemble et à identifier
ce qui est qualifié de violence, avec les professionnels de létablissement
1.2 Mettre en place des groupes déchanges avec les adolescents, destinés à réfléchir ensemble et à identifier ce qui est qualifié de violence
1.3 Conduire cette réflexion avec les équipes dautres établissements
1.4 Associer les partenaires à ce travail didentification
1.5 Informer les autorités de contrôle des fruits de ce travail
2. Observer, analyser la violence
2.1 Identifier les risques propres à létablissement
2.2 Être attentif au climat socio-émotionnel et aux indices de détérioration
2.3 Distinguer et qualifier les situations de violence
2.4 Installer un dispositif dobservation et danalyse en continu des événements précurseurs de violence
2.5 Repérer des solutions et les inscrire dans un plan daction évaluable
3. Prévoir des protocoles dinformation interne et externe
3.1 Élaborer des protocoles internes de traitement des situations de violence et de diffusion de linformation
3.2 Prévoir des protocoles dinformation externe
3.3 Veiller à la réactualisation et à la révision régulière des protocoles pour permettre leur évolution selon les situations et leur appropriation par les équipes
3.4 Associer selon des modalités adaptées les personnels, les adolescents, les familles, les partenaires à lélaboration des protocoles et procédures internes
3.5 Informer, selon des modalités diverses, les différents acteurs concernés
Deuxième partie - Procurer une sécurité de base
1. Procurer une sécurité de base à travers lorganisation et le fonctionnement
de létablissement
1.1 Étayer les professionnels
1.2 Identifier et mettre en oeuvre des modalités dorganisation et de fonctionnement
de létablissement qui contribuent à la prévention de la violence
2. Procurer une sécurité de base à travers laccompagnement individualisé
2.1 Préparer laccueil
2.2 Préparer la sortie
2.3 Veiller à la sécurité de base à travers la prise en compte de lenvironnement familial
2.4 Veiller à la prise en compte de lenvironnement social pour prévenir la violence
Troisième partie - Mettre en oeuvre une prévention
et des interventions ciblées
1. Élaborer, partager des références et coordonner les interventions
1.1 Élaborer et partager les références théoriques et pratiques
1.2 Travailler à la cohérence des interventions
2. Mettre en oeuvre des actions psycho-socio-éducatives pour la prévention
et le traitement de la violence
2.1 Favoriser lutilisation par ladolescent dun vocabulaire élargi
2.2 Aider ladolescent à comprendre ce qui se joue pour lui dans les relations et à travers ses réussites et ses échecs
2.3 Proposer si nécessaire un accompagnement psychothérapeutique
2.4 Mettre en place des groupes de parole où les adolescents peuvent évoquer leurs difficultés et résoudre en commun des situations
2.5 Viser, par les interventions, le changement : acquisition de nouvelles compétences sociales, modification des représentations, des comportements
2.6 Entraîner individuellement les adolescents à la résolution de problème
2.7 Entraîner à la responsabilité et placer ladolescent en face de décisions à prendre qui ne lui soient pas imposées
3. Aménager des conditions de participation et de médiation pour prévenir et traiter la violence
3.1 Favoriser un fonctionnement participatif de létablissement
3.2 Associer les adolescents à lélaboration et à la révision du règlement de fonctionnement
3.3 Favoriser lapprentissage de la représentation et installer les conditions de bon fonctionnement du Conseil de la vie sociale
3.4 Organiser des groupes de discussion avec les adolescents sur des dilemmes sociaux
3.5 Favoriser une analyse collective des actes violents par les adolescents
3.6 Mettre en place des instances de médiation
3.7 Proposer des activités artistiques, sportives et relatives aux nouvelles technologies
Quatrième partie - Traiter une situation de violence
1. Traiter la crise
1.1 Repérer les différentes phases dune crise pour ajuster les attitudes professionnelles successives
1.2 Évaluer la gravité de la situation
1.3 Assumer lautorité selon les places de chacun
1.4 Utiliser les protocoles de traitement de la violence et dinformation
1.5 Contenir pour protéger et apaiser
1.6 De façon exceptionnelle, isoler temporairement ladolescent du groupe de vie
1.7 Accompagner et soutenir physiquement et psychologiquement les personnes victimes dagression
1.8 Prendre en compte les effets sur les autres adolescents, mettre en place des actions de protection
2. Traiter la situation de violence au-delà du moment de crise
2.1 Réaliser une analyse de lacte violent par les adolescents entre eux ou entre les professionnels et les adolescents
2.2 Conduire des actions de « débriefing » et de restauration
2.3 Favoriser des actions de réparation
2.4 Recourir à des sanctions proportionnelles, sensées et respectant lintégrité des usagers
2.5 Encadrer les mesures de réorientation
2.6 Conduire une analyse de la situation participe à la prévention du renouvellement de cet enchaînement
Annexe - Bibliographie
Présentation générale
Les travaux sur les recommandations de bonnes pratiques professionnelles relatives aux conduites violentes, à la prévention et aux réponses, au sein détablissements accueillant des adolescents, ont été engagés par le Conseil national de lévaluation sociale et médico-sociale (CNESMS), en partenariat avec lObservatoire national de lenfant en danger (ONED). Ils ont été poursuivis et finalisés par lAgence nationale de lévaluation et de la qualité des établissements
et services sociaux et médico-sociaux (ANESM).
La violence des adolescents fait actuellement lobjet dune forte préoccupation sociétale. Sil est difficile de déterminer si les comportements violents sont plus nombreux et plus graves quauparavant ou si cest le seuil de tolérance à leur égard qui sest réduit, il apparaît que cette problématique est aussi au coeur des interrogations des établissements sociaux et médicosociaux qui accueillent des adolescents.
Prévenir et traiter les violences dans ces établissements représente une des voies essentielles pour assurer le bien être des adolescents ainsi que les conditions favorables à leur développement et à leur protection. Cest une condition pour garantir les droits et libertés énoncés à larticle L. 311-3 du Code de laction sociale et des familles, notamment ceux relatifs au respect de lintégrité des usagers et de leur sécurité.
Ces recommandations concernent les établissements accueillant des adolescents, relevant en totalité ou en partie de la protection de lenfance : Maisons denfants à caractère social (MECS), Foyers, Établissements de placement éducatif publics et du secteur associatif habilités par la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), Centres éducatifs fermés (CEF), Instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques (ITEP).
Elles sadressent à lensemble des professionnels de ces établissements. Cependant certaines de ces recommandations sadressent plus directement aux responsables détablissements. Elles concernent également les usagers adolescents de ces établissements, en ce quelles visent à garantir leur intégrité et leur sécurité et quelles cherchent à les associer à la prévention et au traitement des situations de violence. Par adolescent, on englobera ici la population des adolescents, mineurs et jeunes majeurs. Enfin, indirectement, elles concernent les organismes gestionnaires. Ces recommandations sont cadrées par les dispositions législatives et réglementaires en vigueur, tant les dispositions spécifiques aux établissements sociaux et médico-sociaux en matière de prévention et de traitement de la violence que celles du régime juridique général relatives aux atteintes aux biens et aux personnes.
1. La méthode de travail
La méthode retenue est celle du « consensus formalisé », qui permet de mobiliser une pluralité dacteurs intervenant aux différentes phases. La méthode consiste à recueillir et à valider des bonnes pratiques professionnelles en sappuyant sur lavis dun groupe de cotation qui indique son degré daccord et de désaccord selon une échelle graduée.
Un groupe de pilotage a coordonné lensemble des travaux. La première phase a consisté en une recherche bibliographique, réalisée par une équipe universitaire ; lanalyse de cette bibliographie a fait lobjet dun rapport de synthèse. Puis une première série de propositions de recommandations a été rédigée sur la base de largumentaire bibliographique, de lexpérience pratique et de lexpertise des membres du groupe de pilotage. Ce projet de recommandations a été soumis à un groupe de cotation composé de dix-sept personnes qualifiées représentant la diversité des acteurs concernés par ce sujet. Les recommandations validées font lobjet du présent document.
2. Le champ des recommandations
Le choix a été fait de ne pas donner de définition de la violence, pour privilégier une approche dynamique dans la pratique quotidienne. La violence est appréhendée sous langle du vécu, du ressenti, avec un travail sur les représentations partagées de la violence. Trois types de violence liées entre elles par des effets de synergies et dinteractions sont pris en compte : celles des usagers entre eux, des usagers à légard de professionnels et de linstitution envers les usagers. Il sagit donc des situations de violence produites par les adolescents ainsi que des violences produites par linstitution. La clé dentrée est le passage à lacte mais le rapport entre les « micro-violences » et le passage à lacte a été également pris en compte. Les atteintes volontaires à soi-même (automutilation, tentative de suicide
) nentrent pas dans le champ.
Quelles que soient ses significations et les pistes de compréhension individuelle (violence « fondamentale », « stratégie de lutte contre la dépendance », moyen pour « se sentir exister »
), la violence est abordée ici dans le contexte de laccompagnement éducatif et des pratiques développées par les professionnels en charge au quotidien des adolescents. Les approches sociétales, centrées sur le milieu et lenvironnement, nentrent pas dans le champ de ces recommandations.
3. Les objectifs généraux
Ces recommandations visent à porter la réflexion sur les situations de passages à lacte et à réintroduire à leur propos la capacité de penser. En effet, il y a risque de passage à lacte quand on ne peut pas dire les choses ou être entendu ou bien encore lorsquune situation résonne avec un traumatisme antérieur. En cas dimpossibilité ponctuelle ou permanente de mentaliser certaines situations, sopère une forme de court-circuit de la pensée. Ces recommandations visent donc à restaurer la pensée et lélaboration dans les situations de violences, à donner du sens à ce qui sest passé afin de dégager des perspectives daction. Elles incitent également à instaurer un état de veille institutionnelle sur les questions de violence.
Ces recommandations de bonnes pratiques professionnelles relatives à la prévention et au traitement de la violence nont pas vocation à prendre position en faveur dune des théories développées à propos de la violence. Lambition est de proposer des points de repère sur les conduites à tenir et les pratiques à développer dans une double perspective :
permettre aux institutions de construire leurs propres réponses en fonction de fondamentaux présentés dans les recommandations et ceci dans le cadre de la mission spécifique quelles assument ;
développer une culture de la prévention et du traitement des phénomènes de violence à tous les niveaux de lorganisation et pour tous les acteurs.
4. Les principes directeurs
Deux principes fondent lesprit de ces recommandations :
la violence nest pas considérée comme un acte individuel et isolé ; en conséquence, la prévention est centrée sur lacte situé dans son contexte ;
le traitement na pas pour finalité dempêcher toutes violences, mais déviter la reproduction des conditions qui ont conduit à une situation de violence. En cela le traitement participe aussi à la prévention, car il permet danalyser et de comprendre la situation de violence afin de dégager des perspectives daction.
Les principes directeurs et les objectifs retenus dans le cadre de ces recommandations trouvent leur traduction dans lorganisation du document en quatre parties. La première est centrée sur lappropriation du thème par létablissement, la deuxième concerne les aspects préventifs « généralistes », les parties suivantes sont consacrées à la prévention ciblée de la violence et au traitement des situations de violence.
5. Éléments pour lappropriation des recommandations
Ces recommandations constituent des points dappui, des repères pour chaque établissement et sont destinées à une mise en oeuvre adaptée selon les besoins et le contexte, notamment selon les mesures éducatives et les décisions de justice, le cas échéant. Elles ne sont pas une liste exhaustive dexigences, mais représentent des outils de dialogue et de responsabilité au service de la réflexion, de laction et de lévaluation.
Leur appropriation repose sur la définition de priorités au regard des réalités de létablissement. Afin de garantir les complémentarités et les interactions entre les registres de travail induits par les recommandations, il est pertinent que ces priorités se réfèrent à chacune des quatre parties présentées ci-après.
Cette démarche sera loccasion de définir le suivi et les moyens dévaluer le chemin parcouru dannée en année au regard de ces recommandations.
Première partie
Identifier, observer, analyser la violence
Cette première partie sadresse en particulier aux responsables des établissements et recommande dorganiser au sein de léquipe de professionnels une réflexion sur le thème de la violence. Lidentification de la violence constitue un préalable. Il sagit de confronter les représentations des faits ou des situations qualifiés de violents, et dinstaurer la capacité de pensée, la capacité déchange. Une telle approche vise à favoriser une confiance dans léchange et à construire des représentations partagées qui participent à la mise en oeuvre dune organisation préventive.
Cette étape préalable conditionne autant lobservation et lanalyse de la violence que la construction de protocoles de prévention, de traitement et dinformation.
1. Identifier la violence
Prévenir et traiter la violence implique au préalable didentifier ce qui est qualifié de violence. Il est recommandé de mener une réflexion sur la définition de la violence et didentifier les types de violence en présence, leurs causes et leurs processus. Pour cela les pratiques suivantes sont recommandées :
1.1 Mettre en place des réunions de travail, destinées à réfléchir ensemble et à identifier ce qui est qualifié de violence, avec les professionnels de létablissement
Ces réunions amènent les professionnels de létablissement à identifier en commun ce qui est qualifié de violence à partir dun travail sur leurs représentations, sur leurs ressentis, sur les définitions théoriques et juridiques. Ce travail permet de développer une compréhension partagée de la violence au sein de létablissement, en ayant à lesprit de ne pas la banaliser et de construire une réflexion sur le rapport à la loi.
1.2 Mettre en place des groupes déchanges avec les adolescents, destinés à réfléchir ensemble et à identifier ce qui est qualifié de violence
Il sagit damener les adolescents de létablissement, au sein de groupes déchanges, à réfléchir et identifier en commun ce qui est perçu comme violent à partir dun travail sur leurs ressentis, sur lanalyse dévénements violents et précurseurs de violence. Cela permet de mobiliser les adolescents sur ce sujet et de comprendre leurs préoccupations et les différences éventuelles avec celles des professionnels.
1.3 Conduire cette réflexion avec les équipes dautres établissements
Cette modalité de travail permet de confronter les expériences, les représentations sur la violence et les « seuils de tolérance » implicites dans les différents établissements.
1.4 Associer les partenaires à ce travail didentification
Cette démarche offre la possibilité de développer, au-delà de létablissement, un langage commun, une culture partagée sur la violence et participe de lélaboration du travail partenarial. Partenariat qui, construit en temps ordinaire, peut être réactivé en temps de crise.
1.5 Informer les autorités de contrôle des fruits de ce travail
Cette pratique permet déchanger sur ce qui est qualifié de violence et de mieux cerner les attentes réciproques sur ces questions sensibles.
2. Observer, analyser la violence
Lobservation et lanalyse de la violence participent à la prévention et conduisent à lélaboration doutils de suivi. Elles permettent de restaurer, après des actes violents, le travail délaboration en équipe et de prévenir la répétition de ces actes en identifiant les facteurs de risque.
2.1 Identifier les risques propres à létablissement
Il est recommandé que lidentification des facteurs de risque propres à létablissement soit conduite avec le personnel et révisée régulièrement. Cette démarche participe à la prévention. Il est notamment nécessaire didentifier les risques de maltraitance institutionnelle liés à la vulnérabilité, à la pathologie éventuelle, aux situations des adolescents accueillis, à lorganisation de laccompagnement. Il sagit ainsi didentifier aussi bien des facteurs de risque a priori et les facteurs de risque de répétition.
2.2 Être attentif au climat socio-émotionnel et aux indices de détérioration
Lobservation régulière du climat socio-émotionnel, cest-à-dire de la nature et de la qualité des relations au sein de létablissement, en prêtant attention aux indices de détérioration de ce climat, maintient une vigilance.
2.3 Distinguer et qualifier les situations de violence
Distinguer les situations de violence permet une prévention et des réponses différenciées. Différents modes de repérage sont possibles. Par exemple, on peut distinguer les « situations durables et chroniques de violences » - « les violences endémiques » « qui participent à la quotidienneté de la vie des résidents » - des « surgissements brutaux et exceptionnels de violences physiques, sexuelles ou psychologiques ». Il est important de porter attention aux violences non visibles, introverties, aux violences du jeune dirigées contre lui-même, ainsi quaux micro-violences.
2.4 Installer un dispositif dobservation et danalyse en continu des événements précurseurs de violence
Lobservation et lanalyse des incidents et événements critiques au sein de létablissement par un groupe de travail participent à la prévention. Elles sont utilement documentées par la production de tableaux de bord et de bilans réguliers.
Les méthodes danalyse peuvent notamment privilégier la compréhension de la série de faits, lanalyse de leur enchaînement. Il sagit alors dobserver la nature des événements consignés, leur fréquence, leurs liens, les facteurs de risques. Cette observation porte également sur les modifications de pratiques et dorganisation induites. Ces bilans réguliers conduisent à réinterroger lorganisation et éventuellement les procédures, à retenir des pistes damélioration.
2.5 Repérer des solutions et les inscrire dans un plan daction évaluable
Il est recommandé que les solutions envisagées pour répondre aux causes de violence et faire diminuer les facteurs de risque soient expérimentées. Létablissement apprécie alors en fonction des résultats de cette expérimentation lopportunité de les intégrer dans un plan daction de lutte contre la violence et de linscrire dans le projet détablissement.
3. Prévoir des protocoles dinformation interne et externe
3.1 Élaborer des protocoles internes de traitement des situations de violence et de diffusion de linformation
Différents types de protocoles internes peuvent être élaborés : ceux ayant pour but de porter les actes de violence à la connaissance de léquipe de direction, les protocoles de gestion de crise, les protocoles de sortie de crise. Ces protocoles définissent les conduites à tenir, individuellement et collectivement, face à une situation de violence. Ils rappellent notamment les réponses juridiques en termes de droit du travail et de pénalisation et donnent des points de repère en matière de responsabilité civile, pénale, administrative et dassurance. Ces protocoles propres à létablissement nécessitent une appropriation collective et sont élaborés avec lensemble du personnel au sein de létablissement. Cette élaboration participative a un caractère préventif.
3.2 Prévoir des protocoles dinformation externe
Ces protocoles ont pour fonction de fixer les modalités de transmission des faits au responsable de lorganisme gestionnaire et aux autorités administratives et judiciaires, dans le cadre des obligations définies par la réglementation en vigueur. Des protocoles externes préexistants peuvent être utilisés.
3.3 Veiller à la réactualisation et à la révision régulière des protocoles pour permettre leur évolution selon les situations et leur appropriation par les équipes
Il sagit ici de poursuivre la réflexion collective et de sassurer de lappropriation des protocoles afin de maintenir la vigilance à légard des risques de violence.
3.4 Associer selon des modalités adaptées les personnels, les adolescents, les familles, les partenaires à lélaboration des protocoles et procédures internes
Limplication des acteurs et lélaboration participative ont en elles-mêmes des effets de prévention.
3.5 Informer, selon des modalités diverses, les différents acteurs concernés
Les adolescents accueillis, les familles, les partenaires sont informés de lexistence de protocoles
de saisine des autorités administratives et judiciaires. Cette information a un caractère préventif.
Un peu court ! Ces dernières recommandations deviennent catalogue sans problématisation. Il en est de même par la suite. Chaque recommandation en elle-même est pertinente mais elle ne fait que reprendre ce qui est déjà proposé ou mis en uvre. Il ny a pas de mise en lien (pour le coup « darticulation» dans une analyse densemble qui donne sens aux préconisations.
Deuxième partie
Procurer une sécurité de base
Une démarche de prévention de la violence sinscrit nécessairement dans une dynamique générale de linstitution et est reliée à la notion de bientraitance (3). Cette partie porte sur ce qui, dans lorganisation et les modalités daccueil, produit un sentiment de sécurité tant
chez les adolescents accompagnés que chez les professionnels.
1. Procurer une sécurité de base à travers lorganisation et le fonctionnement de létablissement
1.1 Étayer les professionnels
Létayage et la sécurisation des professionnels, une responsabilité de linstitution, participent à la prévention de la violence. Cet étayage peut prendre plusieurs formes. Pour cela, les pratiques suivantes sont recommandées :
Créer les conditions de sécurisation des postures des professionnels
Cette recommandation est fondée sur le constat quun cadre institutionnel instable génère une insécurisation des professionnels, source potentielle de violence. Oui, et alors !
Positionner clairement léquipe de direction dans la gestion des situations de crise et de conflit
Léquipe de direction a pour rôle de reconnaître et darbitrer les conflits ; elle participe à la résolution des situations de crise. Elle est là aussi pour se positionner comme autorité et notamment soutien des professionnels. Cest mou comme positionnement !
Promouvoir des pratiques de médiation entre professionnels
Les différends éducatifs ou organisationnels entre les professionnels sont des facteurs de risque.
À ce titre, il est recommandé de mettre en oeuvre des pratiques de médiation en cas de conflit ou de désaccord durable entre professionnels. La médiation porte sur la manière de gérer une crise, une situation de violence ou une situation éducative.
Proposer une analyse régulière des pratiques
Lanalyse des pratiques permet aux professionnels de se distancier du quotidien, de ne pas vivre
isolément les situations de violence, de construire une réflexion collective sur celles-ci et sur ladéquation des réactions.
Proposer des formations continues sur lidentification, la compréhension de la circulation de la violence, la prévention et le traitement de la violence
Cela permet aux professionnels dadapter leurs réponses, voire de modifier leur stratégie, et délaborer en commun le sens de leur action.
Proposer des formations spécifiques visant à faciliter ladoption dattitudes sécurisantes à légard des adolescents
Lobjectif est alors de développer le sentiment de sécurité des professionnels. Les attitudes de distance physique adéquate, de contenance sans violence sont favorables à ce sentiment de sécurité et évitent les risques d« escalade ». Des formations pour lapprentissage par les personnels des actes techniques de contrôle et de leur utilisation peuvent le cas échéant être organisées.
Prévoir une organisation du travail qui évite linstallation dune situation dalerte continue
Les situations dalerte continue sont sources de tension, de perte de vigilance et de fatigue. Il est recommandé dorganiser le travail de manière à réduire ces situations dalerte, notamment en prévoyant :
- le travail en binôme qui permet le partage des rôles et le contrôle réciproque des attitudes professionnelles ; (Quelle contradiction entre la recommandation du travail en binôme et les restrictions budgétaires induites par le niveau du taux directeur ! Par ailleurs, la recommandation va dans le sens dune habitude professionnelle dont les effets sont loin dêtre tous positifs (déresponsabilisation, temps passés entre professionnels plus quavec le public, sur-présence des adultes auprès des enfants)
- le recours en cas de situation de violence à un personnel non directement impliqué dans le conflit.
Créer des dispositifs dappel à laide
Il est recommandé de créer des dispositifs dappel à laide fonctionnels, connus et respectés de tous, activables en cas de crise, afin de sécuriser les professionnels.
1.2 Identifier et mettre en oeuvre des modalités dorganisation et de fonctionnement de létablissement qui contribuent à la prévention de la violence
Lorganisation même de létablissement a un impact sur le climat socio-émotionnel au sein de létablissement. La qualité de ce climat influe sur la qualité des relations. A contrario labsence dorganisation ou une organisation floue et instable peut amplifier les tensions.
% % Organiser la prise en charge en petites unités&
Une organisation en « petites » unités permet un accueil en groupes restreints. Les petites unités
sont davantage « contenantes ». Elles évitent l amplification des phénomènes de groupes et facilitent l investissement de leur environnement par les adolescents (lieux chaleureux& ).
% % Les petites unités peuvent prendre différentes formes&
Il peut s agir de petites unités au sein d un établissement plus grand, de maisons ou d appartements collectifs, en tenant compte des obligations inhérentes à une éventuelle mesure judiciaire ou administrative et des besoins de prise en charge de l adolescent.
% % & tout en veillant à la composition des groupes
Sur la base d une évaluation de la situation de chacun des adolescents accueillis (connaissance de leur vulnérabilité, du mode dexpression des troubles, du mode relationnel
), il est recommandé de veiller à la composition des groupes en prêtant attention aux risques de « cohabitation » difficile dans un même groupe. Des bilans réguliers permettent de recomposer le groupe si besoin.
% % Porter attention à la qualité des repas et de l hébergement
La qualité des repas et de l hébergement (aménagement, organisation des chambres& ) contribue à développer de la chaleur et de la convivialité. C est aussi une marque d attention aux usagers accueillis qui a un effet sur le climat socio-émotionnel.
% % Porter attention au cadre architectural avec des espaces d intimité et des lieux d apaisement
Un cadre architectural de l unité de vie avec une possibilité de lieu d apaisement, de lieu de rassemblement, de lieux intimes, d espaces intermédiaires, d autres pour recevoir, et qui prête attention au confort, à la décoration& favorise la création d un climat avec moindre tension.
% % Développer la pluralité des lieux et espaces d intervention tout en garantissant la sécurité
Des interventions sur des sites différents permettent aux adolescents de se mouvoir dans un espace diversifié, de différencier plus aisément les lieux et temps des interventions dispensées ainsi que déchapper au sentiment de « captation ».
Garantir la permanence et la continuité des intervenants
Dans lorganisation du travail, il est recommandé de sassurer de la continuité de la relation de ladolescent avec les éducateurs. Celui-ci peut ainsi faire lexpérience de la permanence et de la prévisibilité ainsi que de la fiabilité des liens, ce qui favorise un sentiment de sécurité.
% % Faire connaître aux adolescents les temps de présence et de disponibilité de chacun
des intervenants
Il est recommandé que chaque adolescent puisse connaître les temps de présence de chacun des intervenants ; cela lui permet de savoir quand et à qui il peut s adresser. Il développe lui-même
ainsi une capacité à anticiper et à différer.
% % Construire des partenariats
Des liens inter institutionnels en particulier avec lÉducation nationale, la pédopsychiatrie, dautres établissements (pour des séjours temporaires et des relais
) permettent de garantir la continuité et la cohérence des actions.
Dans les situations de violence, des coopérations de prévention des maltraitances sont à rechercher avec les autorités de contrôle, la médecine du travail, la psychiatrie, les autorités de police et de gendarmerie, les partenaires de linsertion, les partenaires de la formation.
% % Favoriser l ouverture des adolescents vers l extérieur
Il est recommandé de favoriser l ouverture des adolescents sur l extérieur (4), sur des lieux de culture et de loisirs, sur des lieux ordinaires de socialisation, sur le quartier, ce qui leur permet de développer une pluralité de lieux d investissements.
% % Favoriser l ouverture de la structure vers l extérieur
Il s agit, en ouvrant la structure par des formations, des intervenants extérieurs, l accueil de stagiaires, l association avec des groupes de recherches universitaires, par exemple, de donner la possibilité aux professionnels de bénéficier dun regard extérieur sur le fonctionnement de la structure.
2. Procurer une sécurité de base à travers laccompagnement individualisé
2.1 Préparer laccueil
La préparation de laccueil même dans les situations dimmédiateté favorise ladhésion de ladolescent au projet et prévient les risques de violence. Le but de la préparation est de permettre à ladolescent de comprendre les objectifs de la prise en charge pour lui donner la possibilité de se projeter. Il est nécessaire de tenir compte de lexpression du point de vue de ladolescent. La qualité de laccueil et de sa préparation influe sur la qualité des relations futures. Les contraintes de fonctionnement de létablissement ne justifient pas un accueil non préparé. ( !!! Et alors, on jette les contraintes par-dessus bord ?!)
% % Favoriser le relais entre les différents acteurs présents et passés de l accompagnement
Il s agit de permettre à l adolescent et sa famille de faire les liens entre les personnes précédemment rencontrées durant la prise en charge et la nouvelle institution.
% % Évaluer lors de l accueil les risques de passage à l acte et les risques de violences institutionnelles
Dès l accueil, il est nécessaire d évaluer de manière pluridisciplinaire la situation de l adolescent, son parcours, en intégrant les risques de comportements violents et de passage à lacte, afin de définir des méthodes adaptées pour les prévenir et dajuster la prise en charge. Une attention particulière doit être portée à la transmission des informations et à la connaissance du dossier de ladolescent.
% % Clarifier avec l adolescent et avec sa famille les objectifs de l accompagnement
L objectif fait référence aux éléments présents dans le contrat de séjour ou le document individuel de prise en charge et dans le « projet pour l enfant » et la mesure, le cas échéant. Lobjectif de la prise en charge doit être rediscuté avec ladolescent et sa famille afin de prendre en compte leur perception et leur compréhension du problème identifié ainsi que de la mesure. Cela afin de définir en commun, dans une perspective de « co-intervention », des objectifs précis engageant ladolescent, sa famille et létablissement. Il est important de définir des objectifs clairs sur les évolutions demandées à ladolescent et de tenter de faire respecter des engagements réciproques. (Avec cependant le risque d une injonction comportementaliste sur les manifestations symptomatiques) Des objectifs trop flous peuvent être facteurs d incompréhension voire de violences.
% % Expliquer la durée de l accompagnement et les possibilités d orientation à la sortie
Il est recommandé dexpliquer à ladolescent et sa famille la durée prévue de la prise en charge afin de ne pas donner limpression dun accompagnement sans limite temporelle. Cependant ladolescent ne doit pas ressentir léchéance de la fin de laccompagnement comme un rejet ou un abandon. Aussi il est nécessaire que les possibilités dorientation à la sortie ou de prolongation de la prise en charge lui soient présentées.
% % Permettre à l adolescent et à sa famille, ensemble ou séparément, de visiter l établissement avant le jour d entrée (Item d évidence ! Cela fait un peu catalogue de micro-dispositions pas nécessairement contenante de la violence. Idem pour l item suivant. )
Ladolescent peut avoir connu dans sa famille des situations de changements brusques sans explication. Il est recommandé que linstitution ne répète pas ces situations en permettant à ladolescent de se faire une image à lavance de lendroit où il va vivre pour un temps. De même, il est important pour la famille de pouvoir se représenter le lieu de vie de ladolescent, dans le respect des décisions de justice. Cette recommandation trouve naturellement ses limites lors de placements en urgence dans le cadre de mesures de justice.
% % Éviter de préparer l accueil devant l adolescent
Il est recommandé d éviter toute préparation de cet accueil devant l adolescent, afin au contraire que celui-ci ait le sentiment d être « attendu » par l encadrement et par ses pairs.
% % Préparer l accueil avec les autres adolescents, favoriser l accueil par les pairs&
Cette préparation par les adolescents déjà présents favorise l émulation entre pairs et le développement de compétences que cette émulation génère. Pour les adolescents en position d accueil, c est l occasion d une réflexion sur le chemin parcouru depuis leur arrivée dans établissement. (Un peu idéaliste, voire irréaliste !) Cette recommandation est à adapter au regard des contraintes des éventuelles mesures.
% % & tout en encadrant l implication des autres adolescents
Il est recommandé que cette implication des autres adolescents soit encadrée car elle peut donner une trop grande responsabilité aux adolescents, voire favoriser le caïdat, le risque d emprise sur des plus faibles, risque quil importe dévaluer avec une grande vigilance.
2.2 Préparer la sortie
Les changements brusques pour ladolescent sont source dinsécurité et ont des conséquences néfastes. Ils peuvent générer des passages à lacte. Aussi laccompagnement de ces changements est à inscrire comme priorité afin de ne pas perdre tout le bénéfice de la prise en charge. (redondant avec un item précédent)
% % La fin de l accompagnement est anticipée et préparée avec l adolescent afin d éviter un sentiment d insécurité
% % Les contraintes de fonctionnement de l établissement ne peuvent pas justifier une sortie non préparée, voire précipitée Item d évidence ! Fallait-il énoncer de pratiques qui relèvent dun bon fonctionnement minimal ?
Il est essentiel que, dans tous les cas, ladolescent ait le temps nécessaire pour « dire au revoir » à son référent ou aux professionnels qui lont accompagné de manière privilégiée.
2.3 Veiller à la sécurité de base à travers la prise en compte de lenvironnement familial
Pour comprendre et prendre en charge ladolescent, il est nécessaire de connaître son contexte familial de vie et de travailler en relation avec sa famille. La prise en compte de ce contexte, des conséquences de la séparation, le cas échéant, et du remaniement des liens familiaux sont nécessaires à laccompagnement de ladolescent et à la prévention de la violence.
Les recommandations suivantes sont à apprécier au regard du type daccompagnement mis en place, des mesures éducatives et des décisions de justice, le cas échéant.
% % Utiliser un vocabulaire non stigmatisant pour l adolescent et sa famille
Il est important de ne pas disqualifier sa famille aux yeux de l adolescent.
% % Instaurer un dispositif d échanges avec la famille
Ce dispositif suppose des temps formalisés et réguliers entre l établissement et la famille. Il est connu de tous, dans le but de favoriser la participation de la famille à la co-construction des actions en temps réel.
% % Faciliter l expression directe des parents
Il s agit de développer tous moyens internes et/ou externes visant à faciliter l expression directe des parents, par exemple, sous forme de groupes de parole structurés et animés par des professionnels formés. (Un peu idéaliste, voire irréaliste !)
% % Favoriser l ouverture de l établissement aux parents et leur accueil tout en encadrant
les visites de la famille dans létablissement
Louverture de létablissement à la famille et le développement despaces chaleureux dédiés aux visites peuvent permettre de réduire les tensions liées à léventuelle séparation. Cependant, les rencontres et la venue libre de la famille peuvent être déstabilisantes pour ladolescent, pour les autres adolescents et pour les professionnels. Aussi les visites sont encadrées et la venue des parents dans létablissement répond à un cadre précis, contenant.
% % Veiller à la pertinence de l organisation de la suppléance aux fonctions familiales, le cas échéant
La qualité de l accueil et de l accompagnement est aussi liée à la pertinence de l organisation de la suppléance aux fonctions familiales. Celle-ci est fonction de la répartition des tâches entre les professionnels au sein de létablissement mais aussi de la répartition des fonctions éducatives entre les professionnels et les parents. Il convient à cet égard de repérer celles qui peuvent être exercées par les parents, ce qui est expliqué à ladolescent et à ses parents en vue de clarifier les rôles de chacun.
% % Porter une attention particulière à l organisation des week-ends et des visites des parents en tenant compte des besoins et des souhaits de l adolescent
L adolescent participe à l élaboration du planning des week-ends de retour en famille et des visites. Son accord est recherché, tout en se référant à la nature de l orientation ou au cadre de la mesure.
% % Porter attention, le cas échéant, à l organisation des contacts avec la fratrie
L adolescent peut avoir besoin pour se construire de partager des moments avec ses frères et soeurs. A contrario les contacts avec sa fratrie peuvent rappeler à ladolescent des événements traumatisants et donner lieu à la répétition dun mode de communication basé sur la violence. Aussi selon la problématique de ladolescent (et en fonction des obligations de la mesure, le cas échéant) létablissement peut proposer aux parents ou au magistrat un aménagement des contacts avec la fratrie pour les favoriser ou au contraire pour les encadrer ou les suspendre temporairement.
% % Favoriser la permanence des liens avec les personnes qui comptent pour l adolescent
Repérer et favoriser le maintien des liens entre l adolescent et les personnes extérieures qui comptent pour lui contribue à développer la continuité et la stabilité des relations, alors que les discontinuités risquent de développer un sentiment d isolement et d insécurité. Cette recommandation est examinée en fonction des obligations de la mesure.
% % Ménager des temps de réflexion et d élaboration avec l adolescent à propos de sa situation familiale
Avant et après les visites, ou après le week-end, ladolescent a la possibilité dexprimer ses impressions, ses émotions afin de pouvoir réfléchir avec un professionnel autour de ces expériences. Tout au long de la prise en charge, ladolescent se voit réserver des temps individuels ; cet espace réflexif lui permet délaborer avec léducateur sur sa situation familiale.
% % Organiser un espace de réflexion pour l adolescent et sa famille, ensemble ou séparément
Prévoir des temps avec la famille, en présence ou non de l adolescent, pour travailler autour de la problématique familiale et du sens de la prise en charge, en veillant à une co-construction de sens et non à une imposition de sens par le professionnel.
% % Évaluer, le cas échéant, si une séparation est nécessaire (dans le cas des établissements hors protection de l enfance)
Dans le cas des établissements hors protection de lenfance, comme les ITEP, il est évalué si une séparation temporaire davec la famille apparaît nécessaire et un accueil en continu utile. Les séparations et laccueil en internat ne sont pas motivés par labsence de structure adaptée proche.
2.4 Veiller à la prise en compte de lenvironnement social pour prévenir la violence
Plus globalement, il est recommandé de prendre en compte le contexte social et environnemental de ladolescent et de sa famille pour adapter la prise en charge et prévenir les risques de violence. Ces risques peuvent être liés soit à la rupture de l adolescent d avec son environnement soit à l intrusion de ce dernier dans l établissement alors que l adolescent aurait besoin d en être protégé.
% % Connaître le contexte social de la famille et de l adolescent
Connaître le contexte de vie de l adolescent, la culture, les valeurs& permet de mieux le comprendre et lui donne le sentiment d être respecté, prévenant ainsi les tensions.
% % Être à l écoute des aspirations et convictions personnelles de l adolescent au regard de son environnement
Il s agit de favoriser, chez l adolescent, l identification et l expression de ses propres références et par là, de développer sa capacité de pensée personnelle et son autonomie.
% % Repérer les réseaux sociaux d appartenance de l adolescent
Le repérage des liens de sociabilité, des liens familiaux et amicaux permet d évaluer s ils sont bénéfiques pour l adolescent ou s il apparaît préférable de les éviter.
% % Prendre en compte la situation socio-économique de la famille de ladolescent
Il sagit, notamment par la connaissance de la situation par rapport à lemploi et de la situation financière, dévaluer et de faciliter les conditions matérielles concrètes de travail avec létablissement (par exemple bons de transport
).
Troisième partie
Mettre en uvre une prévention et des interventions ciblées
Travailler sur la problématique de la violence en établissement comporte une double nécessité : être suffisamment en prise avec les questions pratiques que posent les situations de violence, et être à bonne distance de ces réalités sensibles. Sappuyer sur des repères conceptuels et méthodologiques rend possible le travail collectif et ladaptation des pratiques.
Trois volets complémentaires développent, dans cette partie, les recommandations relatives à lappropriation de ces repères théoriques et la mise en oeuvre concrète de stratégies socio-éducatives plus spécifiquement dédiées à la problématique de la violence.
1. Élaborer, partager des références et coordonner les interventions
Cette partie porte sur les références théoriques, larticulation des interventions et les stratégies psycho-socio-éducatives en vue de prévenir et de traiter la violence. Il sagit en particulier de favoriser, chez les professionnels, la compréhension des situations et des repères pour la pratique, et chez les adolescents, une compréhension de leur situation de vie ainsi quun changement dans leur fonctionnement en matière dinteractions sociales, de communication.
1.1 Élaborer et partager les références théoriques et pratiques
% % Des stratégies éducatives connues, partagées, élaborées par les professionnels concernés participent tant à la qualité des interventions qu à la prévention et au traitement de la violence
L incohérence des réponses éducatives, labsence de fiabilité et de prévisibilité des réactions des adultes favorise les risques démergence de réactions violentes. Des stratégies éducatives explicites, expliquées, écrites et communiquées sécurisent les professionnels, les parents et les adolescents et sont un facteur dapaisement des relations.
% % Installer les conditions d un débat sur la pertinence des pratiques
Des échanges au sein de l institution entre tous les acteurs permettent la mise en question et l amélioration de la qualité des pratiques. Ils stimulent l élaboration autour du thème de la violence.
% % Être attentif à l intégration de nouvelles connaissances et outils adaptés aux évolutions des besoins et des pratiques, sans que les références théoriques (psychodynamiques, cognitivo-comportementales, cognitivo-développementales) ne soient exclusives les unes des autres
% % Les références théoriques psychodynamiques constituent des outils au service des professionnels pour comprendre et analyser les situations d émergence et de résolution des violences ainsi que leur prévention. Les approches psychodynamiques sont également présentes pour assurer les soins psychiques aux usagers.
% % Les références théoriques et pratiques cognitivo-comportementales et cognitivo-développementales privilégient des projets d action adaptés à chaque adolescent. Elles visent à faire évoluer la situation en travaillant sur les comportements et en sappuyant sur les fonctions cognitives et émotionnelles de la personne. Ces différentes références théoriques ne sont pas exclusives les unes des autres. Il est recommandé que les professionnels soient attentifs à lintégration de nouvelles connaissances et outils, adaptés aux évolutions des besoins et des pratiques, tout en veillant expressément à la cohérence densemble.
1.2 Travailler à la cohérence des interventions
Les interventions se réfèrent à différentes dimensions : éducative, pédagogique, thérapeutique et sociale. La complémentarité et la cohérence entre toutes ces dimensions ainsi que la cohésion au sein de léquipe sont indispensables, comme facteurs de stabilité tant pour les adolescents que pour le personnel. Cette cohérence participe à la prévention de la violence. La dimension «thérapeutique » de linstitution fait référence ici à sa fonction « contenante ». Cette fonction est sous-tendue notamment par la circulation de la parole, par la capacité danalyse constante, par le réajustement permanent des actions, par la dimension collective de la réflexion et de lélaboration des projets. Les interventions éducatives sinscrivent pleinement dans cette dimension de létablissement.
% % Coordonner les interventions éducatives avec les autres dimensions de la prise en charge
Les interventions éducatives se nourrissent des autres interventions (pédagogiques, thérapeutiques et sociales) et les rendent plus efficaces. Les interventions éducatives facilitent l accès ou les aménagements nécessaires à une scolarisation ou une formation. Elles visent à faciliter l accès à d éventuels soins psychiques ou somatiques.
% % Veiller à l articulation des interventions délivrées individuellement avec celles délivrées collectivement, dans le cadre du projet d accompagnement de l adolescent
% % Proposer des temps de prise en charge individuelle
Les besoins de prise en charge éducative individuelle sont considérés comme essentiels et sont assurés ; ils contribuent à la construction de laltérité et à la sécurisation personnelle. Les adolescents en difficulté dans les situations de groupe bénéficient dun accompagnement qui prenne en compte ces difficultés, en privilégiant si nécessaire la relation individuelle.
% % Proposer des temps de prise en charge collective
Les temps de prise en charge collective sont un levier des stratégies éducatives. Les dimensions du groupe et de la confrontation aux exigences d une vie collective sont des facteurs indispensables à l apprentissage de la socialisation et à l intégration des règles.
% % Assurer la continuité et l adaptation de la prise en charge
L organisation de l institution permet une continuité et une adaptation de la prise en charge aux besoins individuels des adolescents. Cette continuité est assurée notamment par lalternance dactivités. Ladolescent qui nest plus en mesure de se maintenir dans une activité peut se voir proposer un temps éducatif individuel ou collectif. Les adolescents déscolarisés sont accueillis la journée et des activités ou un accompagnement leur sont proposés.
% % Planifier et évaluer les interventions
La planification des interventions et leur évaluation régulière participent à la prévention de la violence dans le sens où elles permettent aux usagers de connaître les objectifs et le cadre de l action et d avoir la garantie de voir évoluer les interventions si elles savèrent, suite à lévaluation, inadaptées.
Aussi il est recommandé dorganiser les interventions au sein dun projet daction qui précise des priorités et de prévoir lévaluation de limpact des mesures et de laccompagnement. Cette évaluation permet ladaptation si nécessaire de la prise en charge.
2. Mettre en oeuvre des actions psycho-socio-éducatives pour la prévention et le traitement de la violence
Les actions psycho-socio-éducatives permettent aux adolescents de travailler de manière réflexive sur leurs schémas cognitifs et sur leurs comportements et participent ainsi à la prévention et au traitement de la violence. Elles peuvent prendre différentes formes.
Un peu courts les items suivants ! De lordre du catalogue sans problématisation densemble.
2.1 Favoriser lutilisation par ladolescent dun vocabulaire élargi
La faiblesse des ressources langagières peut entraver la mise en place et la qualité des relations, et les difficultés de verbalisation peuvent susciter le passage à lacte chez ladolescent.
2.2 Aider ladolescent à comprendre ce qui se joue pour lui dans les relations et à travers ses réussites et ses échecs
Un des objectifs principaux de laction éducative est de favoriser chez ladolescent la capacité de penser les ressorts de ses conduites et attitudes.
2.3 Proposer si nécessaire un accompagnement psychothérapeutique
Laccompagnement comprend des soins psychothérapeutiques si besoin. Ils sont alors dispensés régulièrement au sein ou à lextérieur de létablissement. Ils soutiennent ladolescent dans lélaboration psychique à propos de sa situation de vie, de son histoire.
2.4 Mettre en place des groupes de parole où les adolescents peuvent évoquer leurs difficultés et résoudre en commun des situations
Organisés et animés par des professionnels formés à cet effet, les groupes de parole réunissant les adolescents favorisent lexpression et la recherche de solutions en commun. En cela, ils permettent dapaiser des tensions.
2.5 Viser, par les interventions, le changement : acquisition de nouvelles compétences sociales, modification des représentations, des comportements
La compréhension de son fonctionnement psychique est nécessaire mais pas suffisante dans la mobilisation de ladolescent pour modifier ses attitudes et comportements. Des interventions peuvent viser en priorité le changement (acquérir de nouvelles compétences sociales, modifier les représentations, les comportements) et favoriser le vivre ensemble.
2.6 Entraîner individuellement les adolescents à la résolution de problème
Il sagit de faire prendre conscience à ladolescent de ses « pensées limitantes » et des pensées automatiques liées à lévénement pour pouvoir substituer dautres modes de raisonnement et une solution applicable à la situation concrète.
2.7 Entraîner à la responsabilité et placer ladolescent en face de décisions à prendre qui ne lui soient pas imposées
Cest ainsi que lors de la préparation de sa sortie, ladolescent peut être soutenu dans sa démarche de recherche de travail ou de logement.
3. Aménager des conditions de participation et de médiation pour prévenir et traiter la violence
La participation des adolescents et la médiation permettent de prévenir les conflits et la violence. Il sagit de leur donner la possibilité dexprimer leur point de vue pour apaiser les tensions et développer le sentiment de responsabilité partagée.
3.1 Favoriser un fonctionnement participatif de létablissement
Il sagit de créer un fonctionnement participatif, basé sur un principe déquité, où chacun contribue à lappropriation, voire à la création des règles de vie communes et des mécanismes qui les font respecter. Ceci place les adolescents dans la position de négocier avec leurs pairs dans une prise
de responsabilité réelle.
3.2 Associer les adolescents à lélaboration et à la révision du règlement de fonctionnement
La participation à lélaboration du règlement de fonctionnement, la réflexion sur les droits, les devoirs et obligations de chacun favorisent le développement du raisonnement moral et de la responsabilité.
3.3 Favoriser lapprentissage de la représentation et installer les conditions de bon fonctionnement du conseil de la vie sociale
Permettre à ladolescent de participer à la vie de létablissement, en lui donnant la possibilité dexprimer son point de vue, dans le cadre du conseil de la vie sociale peut apaiser les tensions, si
ce point de vue est dûment pris en compte dans le cadre déchanges réflexifs avec les professionnels. Cette action conduit à lapprentissage de la représentation et de la responsabilité.
3.4 Organiser des groupes de discussion avec les adolescents sur des dilemmes sociaux
Les actions et réflexions avec les adolescents favorisant leur mobilisation sont à privilégier. Pour ce faire des groupes de discussion avec les pairs sur des dilemmes sociaux peuvent être suggérés pour développer le raisonnement moral. Ces groupes peuvent être animés par un intervenant extérieur pour faciliter la liberté de parole des adolescents. Pour que ceux-ci puissent percevoir lintérêt de ces groupes de discussion, il est nécessaire quils puissent expérimenter des règles démocratiques au sein de létablissement (par exemple à loccasion de la mise en place du conseil
de la vie sociale, avec lapprentissage de la représentation, ou lors de groupes dexpression).
3.5 Favoriser une analyse collective des actes violents par les adolescents
Lanalyse collective par le groupe dadolescents des actes violents avec une possibilité de graduation des actes en référence au règlement de fonctionnement est intéressante.
3.6 Mettre en place des instances de médiation
La mise en place des instances de médiation régulières et accessibles entre les adolescents, entre les adolescents et les professionnels permet de prévenir et traiter la violence.
3.7 Proposer des activités artistiques, sportives et relatives aux nouvelles technologies
La mise en place adaptée de telles activités favorise le déplacement de la violence vers des objets socialement valorisés, et qui participent à la construction de lestime de soi. Elle sinscrit dans le projet personnalisé.
Quatrième partie
Traiter une situation de violence
Ces recommandations soulignent linteraction étroite entre la prévention et le traitement de la violence. Elles sont organisées en deux sous parties : dune part, le traitement proprement dit de la situation de violence dans ses différentes étapes et, dautre part, le travail à visée préventive autour de la situation de violence traitée.
1. Traiter la crise
Dans le traitement de la situation de violence et de crise, plusieurs étapes peuvent être distinguées.
1.1 Repérer les différentes phases dune crise pour ajuster les attitudes professionnelles successives
Différentes phases sont observables dans le déroulement dune crise ; on peut notamment identifier la succession suivante : apparition, développement, désorganisation, décompression, récupération. Ce repérage savère opérationnel car chaque phase donne lieu à un traitement spécifique concomitamment à une anticipation de la suivante.
1.2 Évaluer la gravité de la situation
Il est recommandé à cet effet de construire des indicateurs en commun pour évaluer la gravité des situations (urgence, micro incident, incident grave) et donc des réponses à apporter (intervention éducative de recadrage, relais, direction).
1.3 Assumer lautorité selon les places de chacun
Dans la gestion de la violence, chaque intervenant doit, à sa place propre, assumer lautorité. Les niveaux dautorité sont différenciés et légitimés suivant les fonctions.
1.4 Utiliser les protocoles de traitement de la violence et dinformation
Il sagit de se référer aux protocoles de traitement de la violence élaborés collectivement, et si nécessaire aux protocoles dinformation aux autorités, conformément aux obligations définies par la réglementation en vigueur pour la saisine des autorités judiciaires, administratives et de police ou de gendarmerie.
1.5 Contenir pour protéger et apaiser
Dans les situations durgence, il est nécessaire de contenir celui qui commet le passage à lacte. Lacte de contenance sera réalisé dans un esprit non de domination mais dapaisement, en évitant la brutalité, lhumiliation, lérotisation. Bonjour la morale à lintention des professionnels ! Cet acte de contenance est suivi dune verbalisation et dune réflexion.
1.6 De façon exceptionnelle, isoler temporairement ladolescent du groupe de vie
De façon exceptionnelle, il est nécessaire disoler temporairement celui qui commet un acte grave dans un lieu dapaisement particulier, lisolement nétant pas compris comme une sanction mais comme un temps dapaisement. Les modalités de prise de décision et disolement sont explicitées dans des protocoles de gestion de crise.
Lisolement est dune durée courte et ladolescent est accompagné durant ce temps. Une trace écrite est laissée. Il en sera ensuite reparlé. En dehors de ces situations et conditions, lisolement est à proscrire.
1.7 Accompagner et soutenir physiquement et psychologiquement les personnes victimes dagression
Il sagit dapporter les premiers soins, de prévenir la famille, de désigner un référent pour accompagner la personne tout au long de la procédure (constatation médicale, dépôt de plainte) et de proposer un accompagnement et un soutien psychologique aux personnes victimes dagression quil sagisse de professionnels ou dusagers.
1.8 Prendre en compte les effets sur les autres adolescents, mettre en place des actions de protection (éloignement
)
En cas de violence entre adolescents, des mesures de protection peuvent être indispensables comme le changement temporaire ou durable dunité de vie ou détablissement. Des mesures de protection pour linformateur et les tiers concernés sont prévues. Elles permettent le cas échéant déviter la propagation de la violence.
2. Traiter la situation de violence au-delà du moment de crise
2.1 Réaliser une analyse de lacte violent par les adolescents entre eux ou entre les professionnels et les adolescents
Lanalyse des actes de violence est primordiale. Plusieurs méthodes peuvent être utilisées dont le recours à la description écrite (circonstances, causes, ressentis) par les personnes concernées (professionnel et adolescent, ou adolescents entre eux) avec les témoignages de lauteur de lacte, de la victime, des témoins. Description et analyse sont cadrées et recentrées, le cas échéant, par la direction ou léquipe éducative.
2.2 Conduire des actions de « débriefing » et de restauration
Les actions de restauration doivent amener la personne ayant commis un acte grave à prendre en compte le vécu et la représentation de la victime, puis à réparer son acte pour le collectif dadolescents dune part, et léquipe de professionnels dautre part.
2.3 Favoriser des actions de réparation
Les actions de réparation matérielle et sociale nécessitent dêtre soutenues et favorisées. Après des dégâts matériels, laccès à des ateliers de réparation (par exemple, un atelier dentretien de services généraux) est à encourager. Après des attaques envers des personnes, des actions de réparation sont également à encourager.
2.4 Recourir à des sanctions proportionnelles, sensées et respectant lintégrité des usagers
Elles sont évaluées en équipe et décidées par lautorité légitime, en référence aux règles élémentaires de la vie en commun et au règlement de fonctionnement (notamment aux dispositions prévues dans ce cadre relatives au droit à la défense et au débat contradictoire). Les sanctions sont proportionnelles à lacte ; il est recommandé quelles prennent du sens au regard de lacte sanctionné. Les sanctions respectent lintégrité et la sécurité des personnes et ne peuvent porter atteinte aux libertés fondamentales. (Etait-ce bien nécessaire de le dire ?)
2.5 Encadrer les mesures de réorientation
Les changements détablissement sont organisés en assurant la continuité de la prise en charge. Ils répondent à une indication de réorientation. Il nest pas souhaitable dutiliser ces mesures comme sanctions, au risque de provoquer des ruptures dans la prise en charge sinscrivant souvent dans la répétition.
2.6 Conduire une analyse de la situation participe à la prévention du renouvellement de cet enchaînement
Lobjectif est de produire une analyse partagée de la situation et de son contexte (appuyée sur des auditions et des écrits). Cette analyse conduit à linterrogation des pratiques, des attitudes éducatives, des procédures et protocoles, de leur degré de connaissance et dappropriation par les professionnels. Il sensuit la formulation de points dattention et la construction dun plan dactions. Ce traitement de la situation participe ainsi à la prévention de nouvelles situations de violence.
Annexes
Bibliographie
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2. Ouvrages et articles par thèmes
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5. Colloques Congrès Conférences Journées détudes
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ANESM
Expression et participation des usagers dans les établissements relevant du secteur de linclusion sociale
Installée en mai 2007, lAgence nationale de lévaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux a succédé au Conseil national de lévaluation sociale et médico-sociale. Elle contribue notamment à accompagner les établissements et services dans leurs évolutions au moyen de recommandations de bonnes pratiques professionnelles, répondant aux attentes des personnes et de leur entourage.
La thématique de lexpression et de la participation des usagers répond à lune des priorités de la loi 2002-2 rénovant laction sociale et médico-sociale, qui a réaffirmé la place et les droits des usagers. Aider les professionnels dans leur pratique au regard de cette priorité est lun des objectifs de ce document qui a reçu lavis favorable du conseil scientifique de lagence.
Ce document se veut très concret et permet dexpliciter les pratiques reconnues pour lexpression et la participation des usagers. Ces recommandations ne constituent pas une liste exhaustive dexigences mais un outil de dialogue, de responsabilité, destiné à une mise en uvre adaptée selon les besoins et le contexte.
Didier Charlanne Directeur de lANESM
Les recommandations de bonnes pratiques professionnelles pour lexpression et la participation des usagers dans les établissements relevant du secteur de linclusion sociale résultent des travaux des participants suivants :
COORDINATION
Jean-Bernard DUMORTIER, COPAS
Mireille BERBESSON, COPAS
Claude COQUELLE, COPAS
Aubry PRIEUR, COPAS
Claudine PARAYRE, DGAS
GROUPE DE PILOTAGE
Magloire Cheri BIANDA, CNESMS, représentant des usagers
Jean Louis BELVAL, Directeur CHAT, Carrières sous Poissy
Armelle DE GUIBERT, CNESMS, Représentante D3S, directrice CHRS et CHU, Paris
Jean Louis GILLES, CNESMS, Représentant des usagers, UNAFAM
Jean Pierre GILLE, CNESMS, Représentant FNARS
Denis LE BAILLIF, Groupe dappui national Usagers de la FNARS, Paris
Hugues MONTFORT, Directeur Pôle hébergement, Rouen
Philippe ROELENS, Directeur CHRS, association « le Home des Flandres » Roubaix
GROUPE DE COTATION
Laurent BARBE, Consultant cabinet CRESS, PARIS
Maryse BASTIN, Directrice CHRS, Lyon
Hélène CHAPPEY-RAULET, Groupe dappui national Usagers de la FNARS, Paris
Didier DETOEUF, Directeur ADNSEA-ARAS, Lille
Catherine ETIENNE, Groupe dappui national Usagers de la FNARS, personne qualifiée
Pascale LAFOSSE, Conseillère en économie sociale et familiale
Véronique LAY, France Terre dAsile, Paris
Giacomina LUCCHINI, Psychologue, CHRS, Paris
Luc MONTI, Directeur CHRS, ex Directeur CHU Secours catholique, responsable FNARS IDF
Olivier MARGUERY, Groupe dappui national Usagers de la FNARS
COMITE DE LECTURE
Jean-Luc BRIERE, Directeur départemental, DDASS de Seine-Maritime
Peter BURGHOFF, Groupe dappui national Usagers de la FNARS, cadre CHRS, Drôme
Jean Pierre COGNE, Directeur CHRS et CHU, Val-d'Oise
Philippe CROGNIER, Directeur projet recherche Sauvegarde du Nord
Eric DELHAYE, Groupe dappui national Usagers de la FNARS, Fondation Armée du Salut, Lille
Marie Hélène DECHAUX, Inspectrice de laction sanitaire et sociale, DGAS
Laurent DESMARESCAUX, Directeur CHRS et CHU, Armée du Salut, Paris
Xavier DULUC, Groupe dappui national Usagers de la FNARS, CAIO, Bordeaux
Lyob ESKENDER, Usager, CHRS, Paris
Ludovic FOURCROY, Inspecteur principal des affaires sanitaires et sociales, DGAS
Emmanuel JOVELIN, Maître de conférences, Directeur adjoint, ISLV, Univ. Catholique de Lille
Isabelle KAUCIC, Directrice générale AIEM, Lorraine
Yannick LENOBLE, Directeur adjoint structure dhébergement, FNARS PACA
Jean Louis MAGOGA, Directeur centre de formation CAFDES et CAFERUIS, Toulouse
Alain MERCUEL, Psychiatre, responsable réseau santé mentale précarité, Paris
Véronique MARCIQUET, Directrice régionale, FNARS PACA
Véronique MARQUIS, Assistante de service social
Sylvie PATTE, Chef de service CHRS, Loire
Patrick PELATAN, Directeur CHRS
Henri PELTIER, FNARS, Nord Pas de Calais
Eric PLIEZ, Directeur général association Aurore, Paris
Richard POTEL, Usager, groupe dappui national Usagers de la FNARS, Chartres
Valérie TETU, Assistante de direction, AFTAM
Malika THOMAS, Cadre administratif, AFTAM
Hervé VAUCLAIR, Directeur CHRS, Reims
Jean Raymond WATTIEZ, Directeur du CHRS ASDAHC, Cambrai
Les travaux détude ont été menés avec le soutien financier de la Direction générale de laction sociale
1ère partie - Définitions et cadrage théorique retenu
1. Élaboration et usage des recommandations de bonnes pratiques professionnelles pour lexpression et la participation des usagers dans les établissements relevant du secteur de linclusion sociale
1.1 Méthode de travail
1.2 A qui sadressent les recommandations de bonnes pratiques professionnelles ?
2. Champ et enjeux de la participation des usagers
2 .1 Lexpression et de la participation dans les structures dinclusion sociale : quels risques ? quelles limites ?
2 .2 Participation et personnalisation des projets daccompagnement : quelle articulation ?
3. Les raisons justifiant le bien-fondé des pratiques participatives
3.1 Les notions de participation et dexpression
3.2 Les choix retenus pour définir expression et participation dans le cadre des recommandations de bonnes pratiques professionnelles
3.3 Les quatre formes et les quatre registres de la participation
3.4 La participation et lexpression des usagers sont des leviers puissants pour linsertion
3.5 Les quatre formes dexpression et de participation sont complémentaires
3.6 Il est cependant possible de privilégier une forme de participation parmi les quatre proposées
3.7 La participation par mode de délégation et de représentation est une dimension essentielle de la citoyenneté
3.8 La participation ne relève pas dune obligation, mais de lexercice dun droit
Deuxième partie - Les modalités de mise en uvre
1. Les conditions préalables à la mise en place de dispositifs participatifs
1.1 Organiser une formation et une réflexion générale de léquipe sur les questions de participation
1.2 Former si nécessaire les équipes à un nouveau positionnement
1.3 Inscrire les compétences correspondant à la participation dans les fiches de poste des salariés
1.4 Expliciter aux salariés et administrateurs bénévoles les finalités et la portée opérationnelle de chaque instance de participation
1.5 Assurer la transmission des conclusions des réunions par les représentants des salariés à lensemble de léquipe
1.6 Réguler cet aspect de lactivité dans le cadre de lanalyse des pratiques, lorsquelle est mise en uvre
1.7 Inscrire la participation dans la durée car il sagit dune démarche stratégique
1.8 Accompagner la mise en uvre des outils de participation, quels quils soient, par une volonté institutionnelle forte
1.9 Privilégier le niveau de létablissement pour mettre en place des instances dexpression et de participation
1.10 Favoriser des échanges entre établissements voisins ou semblables sur les modalités de participation des usagers
2. Les modalités de fonctionnement du conseil de vie sociale (CVS)
2 .1 Sassurer de la compréhension des écrits par les résidents
2.2 Accompagner les résidents dans la compréhension de la démarche de participation représentative
2 .3 Accompagner les résidents dans le processus de représentation
2 .4 Garantir les conditions du fonctionnement démocratique du CVS
2.5 Accompagner et former si nécessaire les représentants des usagers à la fonction représentative
2 .6 Faciliter les modalités concrètes de fonctionnement du CVS
2 .7 Ouvrir le CVS sur lextérieur
2 .8 Les dérives possibles, les pratiques à éviter
3. Les modalités de fonctionnement des groupes dexpression
3.1 La forme de participation par expression directe est complémentaire du système de délégation (comme dans le CVS)
3.2 Identifier et stabiliser le statut et le rôle de ces groupes dexpression
3.3 Faciliter le fonctionnement de ces groupes
3.4 Enrichir autant que possible le contenu de ces groupes dexpression
4. Le fonctionnement des groupes dinitiatives et des groupes-projets
4.1 Mettre en place des modalités de recueil de propositions dactivités
4.2 Privilégier les activités ouvertes sur lextérieur
4.3 Favoriser les pratiques dauto-organisation
4.4 Attribuer aux groupes projets les moyens matériels de fonctionner
4.5 Proposer une aide à la mise en uvre des projets
4.6 Sassurer de compétences professionnelles pour laccompagnement des projets
5. Les dispositifs de recueil dopinion (enquêtes de satisfaction et autres modalités)
5.1 Dans le cadre des démarches qualité, sassurer que lopinion des résidents est prise en compte
5.2 Cibler les questionnaires sur des questions précises et concrètes
5.3 Faciliter la lisibilité des questionnaires
5.4 Intégrer au questionnaire des questions ouvertes
5.5 Accompagner la démarche de réponse au questionnaire
5.6 Garantir lanonymat des questionnaires
5.7 Utiliser les moments forts pour demander leur avis aux usagers
5.8 Assurer le retour des informations recueillies auprès des usagers
5.9 Apporter des solutions concrètes aux problèmes évoqués, en y associant les résidents
Troisième partie - Eléments pour lappropriation et lévaluation des recommandations
Annexes
Annexe 1 - Les aspects réglementaires relatifs à la participation dans les CHRS / CHU / CADA
Annexe 2 - Bibliographie
Définitions et cadrage théorique retenu
Les recommandations ont été recueillies et formalisées à la demande initiale du Conseil national de lévaluation sociale et médico-sociale (CNESMS) auquel succède désormais lAgence National de lévaluation sociale et médico-sociale (CNESMS) auquel succède désormais lAgence Nationale de lévaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux.
La thématique de lexpression et de la participation des usagers répond à lune des priorités de la loi 2002-2 rénovant laction sociale et médico-sociale, qui a voulu affirmer davantage la place et les droits des usagers. Aider les professionnels dans leur pratique au regard de cette priorité est lun des objectifs de ce document, qui constitue un outil pour la réflexion, laction et lévaluation. Le champ des recommandations, celui des établissements relevant du secteur de linclusion sociale a été déterminé dans le cadre du programme de travail du CNESMS.
Le document est scindé en trois parties : en premier lieu, les définitions, la méthodologie et le cadrage théorique retenus, en seconde partie, les modalités de mise en uvre. Une brève troisième partie donne des indications destinées à aider les établissements dans leur démarche dévaluation sur la thématique spécifique de cette recommandation.
1. ÉLABORATION ET USAGE DES RECOMMANDATIONS DE BONNES PRATIQUES PROFESSIONNELLES POUR LEXPRESSION ET LA PARTICIPATION DES USAGERS DANS LES ETABLISSEMENTS RELEVANT DU SECTEUR DE LINCLUSION SOCIALE
1.1 Méthode de travail
Pour mener à bien ces travaux, une approche méthodologique validée par la Haute Autorité de Santé, celle du consensus formalisé (site de la HAS : www.has-s ante.fr) a été utilisée. Transférable dans le champ social et médico-social, elle a néanmoins nécessité quelques adaptations liées aux spécificités du sujet.
Compte tenu des critères à prendre en compte dans le choix dune méthode délaboration de recommandations de bonnes pratiques, cet te méthode a été choisie par le promoteur (CNESMS) et reprise à son compte par le groupe de pilotage. Elle permet de modéliser lavis des professionnels, usagers, personnes qualifiées, en fonction de leur expérience pratique, en explicitant et quantifiant laccord ou le désaccord entre des utilisateurs ayant une pratique régulière dans ce domaine.
Le groupe de pilotage a en premier lieu coordonné
% l analyse de la bibliographie existante et qui en l occurrence était peu abondante sur le sujet (c f annexe 2)
% une étude permet tant le recueil des pratiques jugées « bonnes » par les professionnels de terrain eux-mêmes (212 structures ont répondu au questionnaire réalisé à cet effet sur environ 1 300 structures concernées).
Une première version des recommandations a pu ainsi être élaborée, qui définit le cadre retenu puis propose un guide pour la pratique à par tir de lexpérience des professionnels recueillie par létude et partagée lors des réunions du groupe de pilotage avec lensemble des membres, professionnels et représentants des usagers.
Cette version a été soumise à un groupe de cotation ; ce dernier a rendu un premier avis par courrier. Les résultats de cet te première cotation ont été discutés lors dune réunion de travail du groupe de cotation, en présence du groupe de pilotage.
Les résultats de cet te première cotation ont fait apparaître une difficulté dans lexploitation des cotations pour aller vers un accord des participants ; plusieurs facteurs se sont conjugués : pour un certain nombre de ces propositions, la formulation manquait de clarté, ce qui avait induit des cotations sur lesquelles les cotateurs souhaitaient revenir ; par ailleurs malgré une note explicative sur lutilisation de léchelle numérique, un certain nombre derreurs matérielles de cotation ont eu lieu.
Aussi, à lissue de cette réunion de travail, plus de 85% des propositions ont pu être validées, sous réserve pour certaines dun argumentaire qui explicite davantage la recommandation. Une nouvelle version intégrant ces argumentaires et reformulant certaines des propositions a fait lobjet dune seconde cotation.
Le résultat de la seconde cotation a été discuté et avalisé par le groupe de pilotage, aboutissant à une version plus littéraire qui a été transmise à un groupe de lecture.
Ce groupe de lecture a été interrogé sur la pertinence, la cohérence et la lisibilité du projet de recommandations ; les avis ont tous été convergents sur la pertinence et la cohérence et nont pas entraîné de modification des recommandations ; ils ont permis des améliorations pour une meilleure compréhension.
1.2 À qui sadressent les recommandations de bonnes pratiques professionnelles ?
Les recommandations contenues dans ce guide concernent explicitement et directement les établissements relevant du secteur de linclusion sociale : centres dhébergement et de réinsertion sociale (CHRS), les centres daccueil pour demandeurs dasile (CADA), les centres dhébergement durgence (CHU), pour ces derniers, lorsquils sont autorisés dans le cadre de la loi 2002-2 rénovant laction sociale et médico-sociale, et à ce titre soumis aux évaluations internes et externes, au regard de références, procédures et recommandations de bonnes pratiques professionnelles. Toutefois les établissements qui nentrent pas dans ce cadre dautorisation peuvent aussi sappuyer sur ces recommandations à titre volontaire.
Les recommandations de bonnes pratiques sadressent en premier lieu aux professionnels des institutions concernées. Mais ces recommandations de bonnes pratiques professionnelles renvoient à des pratiques institutionnelles, et ne doivent pas se confondre avec des guides méthodologiques ou déontologiques sadressant à telle ou telle profession.
Elles sadressent ensuite aux organismes gestionnaires (Conseil dadministration des associations, organismes publics) qui pourront examiner les projets détablissements et leurs orientations au regard des orientations proposées par les recommandations de bonnes pratiques professionnelles. Elles sadressent également aux usagers, car elles peuvent devenir un outil de débat et de proposition, par exemple pour les membres des Conseils de Vie Sociale. Elles sadressent enfin aux évaluateurs, qui trouveront là un support pour l évaluation, légitimé par le secteur professionnel dont il est issu.
2. CHAMP ET ENJEUX DE LA PARTICIPATION DES USAGERS
% La participation et l expression des usagers sont des principes affirmés par la loi 2002-2 rénovant laction sociale et médico-sociale. Il y est en effet précisé que sont assurés à la personne bénéficiaire :
Art L 311-3 - (
) « La participation directe (
) à la conception et à la mise en oeuvre du projet d'accueil et d'accompagnement qui la concerne».
Art. L. 311-6. « Afin d'associer les personnes bénéficiaires des prestations au fonctionnement de l'établissement ou du service, il est institué soit un conseil de la vie sociale, soit d'autres formes de participation. Les catégories d'établissements ou de services qui doivent mettre en oeuvre obligatoirement le conseil de la vie sociale sont précisées par décret. Ce décret précise I Expression et participation des usagers dans les établissements relevant du secteur de linclusion sociale également, d'une part, la composition et les compétences de ce conseil et, d'autre part, les autres formes de participation possibles. » Il y a donc deux niveaux de participation. Le présent document de recommandations de bonnes pratiques professionnelles vise uniquement le deuxième niveau, à savoir la participation au fonctionnement de l établissement.
%L idée que la participation des usagers est bénéfique « en soi » fait partie de ces évidences qu il s agit de soumettre à la critique, ne serait-ce que pour les refonder en élucidant les hypothèses de travail sur lesquelles elles reposent. Il y a en effet toujours lieu dêtre prudent à légard des idées toutes faites et des évidences qui ne reflètent parfois que les a priori dune profession, dune époque, dune catégorie dinstitutions. Cest lesprit dans lequel sont formulées un certain nombre d interrogations pour éviter de faire « comme si » la seule question était, à travers la mise en évidence des bonnes pratiques professionnelles, dorganiser au mieux la participation des usagers, sans se demander quel en est le sens, quels en sont les enjeux et les limites, et en quoi elle interfère avec les évolutions actuelles du travail social.
2.1 Lexpression et la participation dans les structures dinclusion sociale : quels risques ? Quelles limites ?
Si lon voit bien, en général, lintérêt de faire participer les personnes accueillies en CHU / CHRS / CADA à leur propre projet et plus largement aux orientations et au fonctionnement de linstitution qui les accueille, plusieurs questions cependant se posent d emblée :
% N y a-t-il pas un risque, à travers la proposition d expression et de participation, de mettre en place de nouvelles injonctions normatives ? La participation et l expression seraient lécho « civique » de linjonction de (ré)insertion économique par le travail, dont on sait par ailleurs le peu deffectivité ? « Participer » risquerait dêtre un nouveau mot dordre, pour satisfaire davantage aux attentes des institutions et des professionnels, quà celles des usagers.
% N y a-t-il pas une certaine illusion à proposer des instances de participation à des personnes souvent déstructurées, dont le lien social avec les autres est abîmé, voire rompu ?
La participation et l expression supposent une aptitude à communiquer, à trouver intérêt à exprimer son point de vue devant d autres. Or, la grande exclusion est hautement liée à des phénomènes de retrait social, d indifférence au monde et de dépression grave, peu propices à la communication.
% Enfin, avant de s inquiéter des questions dexpression et de participation, la priorité nest-elle pas de répondre aux besoins des usagers en termes de sécurité, dintimité, de soins et de respect ? Les structures sociales sont souvent, pour de nombreuses raisons, des lieux dinsécurité (dont la plus immédiate est lincertitude du lendemain : « où irai-je demain, après-demain, dans 6 mois ? ») et de manque dintimité. Comme le dit un responsable de structure : « La question du fonctionnement institutionnel se pose moins aux usagers que celle de leur bien-être psychique, physique et de leur devenir social ».
2.2 Participation et personnalisation des projets daccompagnement : quelle articulation ?
Les pratiques sociales en établissement sorientent de plus en plus vers la mise en place de projets personnalisés daccompagnement ou de prise en charge.
% L établissement est de moins en moins le référent central dans la prise en charge et l accompagnement des individus, avec ses règles, sa vie en collectivité, ses pratiques identiques pour chaque usager. Plus qu auparavant, la « colonne vertébrale » de la prise en charge est laccompagnement individualisé, à travers un « projet personnalisé ».
Dans ces conditions, la participation au fonctionnement de létablissement ne va-t-elle pas à contresens des évolutions actuelles ? Ne faut-il pas plutôt centrer les énergies sur une prise en charge individuelle et un travail daccompagnement personnalisé ?
% Comme l écrit d ailleurs un responsable d établissement : « notre projet est orienté vers la prise en charge individualisée, et les usagers bénéficient d un logement individuel. Il n y a donc pas lieu de mettre en place un dispositif de participation collectif ».
% Autrement dit, le « collectif » n est-il pas devenu une simple contrainte, contre-productive par rapport aux dynamiques individuelles, incarnées par le projet personnalisé ?
%Peut-on encore parler de « proximité de situations » lorsque l on sait que les histoires personnelles aboutissant à lexclusion et aux structures dhébergement sont disparates ? Faire se rencontrer et débattre des personnes qui nont en commun que davoir traversé des « galères » peut « tirer vers le bas » des personnes déjà en difficulté. Le partage dexpériences ne peut-il pas avoir un effet de « contamination » peu propice à la dynamisation des personnes ?
% D ailleurs, la logique développée dans la loi autour de la notion de « prestation » ne va-t-elle pas dans le sens d un service individuel à rendre aux usagers ? Dans ce cas, les enquêtes de satisfaction ou les autres formes de recueils d opinions individuelles sur le service rendu ne sont-elles pas la forme achevée du nouveau rapport à établir entre les structures et leurs usagers / clients ?
Ces questions ne doivent pas être prises à la légère, et elles doivent trouver une réponse claire, avant même de se demander quelles sont les « bonnes pratiques professionnelles » pour mettre en place des dispositifs de participation.
Autrement dit, la participation elle-même relève-t-elle dune « bonne pratique » eu égard aux conditions concrètes dans lesquelles vivent les personnes concernées, et eu égard aux évolutions « personnalisantes » de laccompagnement social ?
Quelles que soient les réponses apportées à ces interrogations préalables, il est essentiel de se rappeler que la participation et lexpression ne peuvent en aucun cas relever dune injonction quelconque, et que le droit de lusager comporte aussi le droit de ne pas participer. Ce rappel est essentiel pour éviter quune nouvelle norme ne simpose.
Autrement dit, mettre en place des conditions acceptables dexpression et de participation relève des « bonnes pratiques » professionnelles, mais la participation elle-même ne saurait en aucun cas relever dune « bonne pratique » exigible de lusager.
3. LES RAISONS JUSTIFIANT LE BIEN-FONDE DES PRATIQUES PARTICIPATIVES
3.1 Les notions de participation et dexpression
Il est classique danalyser les termes dexpression et de participation en distinguant plusieurs niveaux dimplication.
Reprenant ici les analyses notamment de Philippe Garraut sur la participation et les propos de Marion Brunet, on peut retenir les définitions suivantes :
Plusieurs niveaux de participation peuvent être distingués, par ordre croissant d implication des usagers :
% L expression et la communication : s exprimer c est faire connaître quelque chose par le langage. Il s agit donc de l affirmation de soi par la prise de parole, sans préjuger de la portée de cette action sur son environnement.
% La consultation a pour objet de susciter des discussions à travers la participation des personnes au processus, donc d obtenir de leur part des éléments avant d effectuer des choix, la décision prise n étant toutefois pas obligatoirement liée aux points de vue émis.
%La concertation est le fait d associer les personnes participant dans la recherche de solutions communes.
% La co-décision enfin, vise le partage de la décision entre les intervenants. Elle implique la négociation pour parvenir à un accord, à une résolution commune.
Cette source bibliographique note par ailleurs que, « lorsque la question de lexclusion apparaît dans les politiques sociales, le problème nest plus la consultation des groupes sociaux organisés, mais la démarche dinsertion de ces « non forces sociales » au sein de la communauté. La participation perd donc son sens originel de partage des pouvoirs par les administrés. Elle na plus le sens dune consultation, mais celui dune recherche dinsertion, dimplication dans la société à laquelle ces personnes apparaissent étrangères ».
Cet objectif dinsertion dans les pratiques de participation des usagers se retrouve dans les structures sociales comme les CHRS, avec là aussi des contenus très divers au sens de participation.
3.2 Les choix retenus pour définir expression et participation dans le cadre des recommandations de bonnes pratiques professionnelles
En fonction de lensemble de ces éléments, la définition retenue de la participation et de lexpression des usagers est la suivante :
Expression dune opinion, dune préférence dans le cadre de linstitution
Participation à la prise de décision qui me / nous concerne (allant de la consultation à la co-décision)
Ces définitions permettent d exclure
% La « participation aux tâches » ou la « participation financière », qui sont une manière de parler de la contribution des bénéficiaires à leur prise en charge ; cependant les processus de décision aboutissant à ces modes de « participation » seront pris en compte dans l analyse.
% L expression, au sens de la « manifestation de soi », que l on peut trouver dans des ateliers de créativité, dexpression corporelle ou artistique, etc. Mais de même les processus de décision aboutissant à la mise en place ou à la participation à de tels ateliers seront pris en compte dans lanalyse.
3.3 Les quatre formes et les quatre registres de la participation
À la lumière de la littérature spécialisée, de la réglementation et des questionnaires recueillis, on peut déterminer quatre formes principales illustratives de lexpression et de la participation des usagers :
% La mise en place d un Conseil de la vie sociale (CVS), qui est une forme de démocratie représentative, vise plus particulièrement l apprentissage de la citoyenneté à travers la formalisation des mandats et la pratique de la délégation : il s agit d être en mesure d exercer ses droits
%Les groupes d expression, groupes de parole, groupes de maison, sont une forme de participation directe, et visent l apprentissage des débats, de la vie de groupe, de la prise de parole, etc., à travers le « collectif » institutionnel.
% Les groupes-projets, groupes d initiative, etc. favorisant le pouvoir d initiative, visent à renforcer la capacité d agir et d influer sur son propre environnement.
% Les enquêtes de satisfaction ou autres formes de recueil d opinions des usagers visent à positionner les résidents comme des « usagers - clients» dun service.
À noter que ces quatre formes ne sont pas exclusives lune de lautre car elles ne visent pas le même objet.
On peut donc faire correspondre ces formes concrètes dexpression et de participation indiquées par le législateur (CVS, groupes de parole, groupes projets, enquêtes de satisfaction) à quatre registres théoriques de laction dans les institutions sociales :
% Le registre de la démocratie représentative, notamment à travers le Conseil de Vie Sociale,
% Le registre de la participation collective, à travers des groupes d expression ouverts à tous les résidents,
% Le registre relatif au pouvoir d initiative, à travers des groupes d organisation d activités, internes ou externes,
% Le registre de la participation et de l expression individuelle, notamment à travers des enquêtes de satisfaction.
3.4 La participation et l expression des usagers sont des leviers puissants pour l insertion
La participation et l expression des usagers, sous les diverses formes identifiées ci-dessus, sont des outils qui favorisent les échanges autour des quatre registres essentiels de la vie en société :
% la citoyenneté, par la pratique de la délégation et de la démocratie représentative, notamment par la participation au CVS,
% la capacité à prendre la parole, à débattre, à se confronter au collectif,
% le pouvoir de prendre des initiatives, d agir, et d influer sur son propre environnement,
% le pouvoir de revendiquer une qualité de service, en tant qu usager - client.
À ces divers titres, la participation est en prise directe avec les pratiques d insertion, comprises au sens large de retissage du lien social. Le lien social est une métaphore qui doit se nourrir de pratiques concrètes et dexpériences du « vivre ensemble ».
Sans être exclusive dautres lieux, linstitution CHRS / CADA / CHU est un lieu dexpérimentation de ce vivre ensemble, avec toutes ses difficultés, ses contraintes, et ses richesses.
Lexpression et la participation font donc partie intégrante des « outils » à disposition des professionnels pour viser linsertion des usagers dans la vie sociale.
Cette position indique également que leffet de ces outils réside davantage dans les processus, les échanges et les apprentissages à loeuvre que dans les résultats ou même la simple conformité aux textes réglementaires.
Autrement dit, il est nécessaire de relier chacune des pratiques recommandées à ce qui la sous-tend, et à ce qui lui donne sens et consistance. En effet, une lecture « à plat » des recommandations pour leur mise en oeuvre pourrait, si lon ny prend garde, conduire à la mise en place dun simple catalogue de dispositifs, de procédures et de normes.
Il est donc essentiel de rappeler que la finalité ultime du bien fondé de la participation est le pouvoir que le résident acquiert sur sa propre vie et sur son environnement, et que les pratiques de participation doivent être « nourries » de lintérieur par cette finalité, sur le plan du management, sur le plan des principes posés dans le projet détablissement, etc.
3.5 Les quatre formes dexpression et de participation sont complémentaires
Il est recommandé que les quatre formes organisationnelles dexpression et de participation
(CVS, groupes dexpression, groupes-projets, enquêtes de satisfaction) répondant à des objectifs différents, soient mises en oeuvre dans chaque institution, car elles sont complémentaires et se nourrissent lune lautre.
3.6 Il est cependant possible de privilégier une forme de participation parmi les quatre proposées
Cependant, bien que complémentaires, les quatre formes organisationnelles dexpression et de participation, ainsi que les processus et les apprentissages qui leur sont associés, renvoient évidemment à des modèles et des valeurs plus ou moins explicites structurant chaque institution.
Tout en ayant conscience des liens existant entre les modèles daction développés par chaque institution et les formes dexpression et de participation qui leur sont associés, il est recommandé que toutes les formes de participation soient activées dans chaque structure, car elles ne visent pas le même objet, même si laccent peut être mis sur telle ou telle forme, en fonction des présupposés théoriques et techniques de linstitution, quil est toujours possible de justifier.
3.7 La participation par mode de délégation et de représentation est une dimension essentielle de la citoyenneté
Les pratiques diverses des professionnels montrent que la mise en place dinstances de participation par délégation et représentation, sur le modèle du CVS, est toujours recommandée, même si les durées de séjour, les prestations individualisées, les appartements dispersés, le public très désinséré, etc., rendent lexercice délicat et difficile.
La volonté institutionnelle est à cet égard le premier facteur de réussite.
Il y a toujours également des risques de dérive : apparition de « leaders » peu démocrates, perte dintérêt des participants, instrumentalisation du CVS par quelques-uns dans une logique de contre-pouvoir, etc., mais ces dérives potentielles ne justifient pas que lon sexonère de lapprentissage collectif de la démocratie.
Il y a certes lieu dadapter dans certains cas le formalisme du CVS, ce que prévoit dailleurs la loi, mais il ny a pas de « bonnes raisons » de sexonérer de cette dimension «démocratique» de la participation.
3.8 La participation ne relève pas dune obligation, mais de lexercice dun droit.
Il est rappelé que la participation nest en aucun cas exigible de lusager. Il sagit de lexercice dun droit, non dune obligation.
En particulier, il est possible que létablissement rende obligatoire la présence des résidents à telle ou telle réunion (pour se répartir les tâches communes, pour régler des dysfonctionnements par exemple). Il ne sagit pas alors de participation, au sens où la loi lentend, mais de contraintes éventuellement nécessaires, liées à la vie en collectivité.
En conséquence, la recommandation consiste pour les professionnels à mettre en oeuvre les moyens nécessaires pour faciliter lexpression et la participation de tous les résidents qui les souhaitent.
Les modalités de mise en oeuvre
Résultant principalement de lexploitation de létude des pratiques, la description des étapes, des préalables, des repères dans lorganisation, les acquisitions de compétences utiles, les points dappui constituent le second volet des recommandations ; là encore, lobjectif est dexpliciter les pratiques reconnues comme optimales pour lexpression et la participation des usagers.
Cette partie est destinée à servir de socle commun ; son utilisation doit être adaptée à chaque établissement et les propositions de recommandations ne sauraient être figées dans une liste exhaustive ditems à mettre en oeuvre. Il est de la responsabilité de chaque équipe de choisir et de sapproprier ces recommandations.
1. LES CONDITIONS PREALABLES A LA MISE EN PLACE DE DISPOSITIFS PARTICIPATIFS
Pour que les dispositifs participatifs deviennent réellement un outil dinsertion dans la vie sociale, il faut nécessairement que lensemble des acteurs professionnels de linstitution se les approprie et quune véritable politique institutionnelle nourrisse de lintérieur, par le rappel des finalités de la participation, les pratiques professionnelles.
Les pratiques décrites ci-dessous ne sont donc que les traductions opérationnelles dune volonté institutionnelle qui doit les sous-tendre et tout particulièrement dune attention des responsables des établissements à porter et développer une politique de participation des usagers.
Pour cela, les pratiques suivantes sont recommandées :
1.1 Organiser une formation et une réflexion générale de léquipe sur les questions de participation
Cette phase permet de construire et de valider en commun des pratiques participatives. En effet, la participation résulte dune attitude et dune volonté de la part de lensemble des membres salariés de linstitution. Il sagit ainsi denraciner les instances de participation dans une culture institutionnelle donnant toute sa place à la participation.
1.2 Former si nécessaire les équipes à un nouveau positionnement
Cette recommandation a pour but de former si nécessaire les intervenants sociaux afin quils soient en capacité de trouver leur place dans les instances collectives (Conseil de la vie sociale, groupes dexpression, groupes projets). Plus particulièrement, il sagit de former les professionnels à trouver leur place dans des groupes quils nont pas pour mission danimer, encore moins de « diriger ».
Ce changement de posture (« co-construire » avec dautres) nécessite un réaménagement des compétences et des attitudes quil est souhaitable daccompagner par une formation.
1.3 Inscrire les compétences correspondant à la participation dans les « fiches de poste » des salariés
II sagit dasseoir les pratiques participatives dans le projet détablissement, et dans les attentes institutionnelles à légard des salariés. À noter que lon parle de lensemble des salariés, et pas seulement des éducateurs.
Dans le même esprit, le temps de présence aux divers dispositifs de participation (CVS, etc.) est identifié et fait partie des modalités dorganisation du travail.
1.4 Expliciter aux salariés et administrateurs bénévoles les finalités et la portée opérationnelle de chaque instance de participation
Sont susceptibles dêtre abordés : apport général attendu, type dinformations échangées, quel pouvoir sur quelles décisions : information, consultation, co-décision
Cette explicitation permet de cadrer lintervention des uns et des autres dans les instances de participation.
1.5 Assurer la transmission des conclusions des réunions à lensemble de léquipe
Par cette pratique, on permet à lensemble de léquipe de sapproprier les débats et les conclusions des instances de participation.
À noter quil est souhaitable déviter que ce « débriefing » ne prenne une allure de réunion éducative, où les attitudes, comportements, prises de position des représentants des usagers sont analysés dans une perspective éducative (et non participative).
1.6 Réguler cet aspect de lactivité dans le cadre de lanalyse des pratiques, lorsquelle est mise en oeuvre
Il est rappelé, par cette recommandation, que tout le travail daccompagnement nécessaire pour faciliter la participation des résidents fait partie intégrante du travail éducatif, et quil y a lieu que cet aspect de lactivité professionnelle soit régulé dans le cadre de lanalyse des pratiques, lorsquil existe.
1.7 Inscrire la participation dans la durée car il sagit dune démarche stratégique
Il est recommandé également dinscrire les démarches participatives dans une démarche stratégique à moyen terme. En effet, la vie des instances de participation et dexpression est dépendante de nombreux facteurs qui la rendent souvent imprévisible. Il peut arriver que ces instances, à certains moments, apparaissent purement formelles (manque dinvestissement des résidents, ou des salariés, crises dans létablissement, etc.). Il est alors nécessaire de resituer ces instances dans une stratégie à moyen terme, sans se décourager ou en tirer des conséquences définitives.
1.8 Accompagner la mise en oeuvre des outils de participation, quels quils soient, par une volonté institutionnelle forte
Autrement dit, la participation et lexpression relèvent dune politique détablissement, et ne peuvent être réduites à de simples outils formels, sous peine dêtre désinvesties et de perdre rapidement tout intérêt. Il en va de lenquête de satisfaction comme des groupes dexpression et du CVS : il est recommandé que tous ces outils fassent lobjet dun accompagnement technique et dune volonté institutionnelle forts.
1.9 Privilégier le niveau de létablissement pour mettre en place des instances dexpression et de participation
Même si la réglementation (Code de laction sociale et des familles, art. D. 311-3) permet à un organisme gestionnaire de mettre en place une instance de participation commune à une même catégorie détablissement, il est recommandé que cette instance « centrale » ne se substitue pas à la mise en place dune forme dexpression et de participation pour chacun des établissements gérés par lorganisme gestionnaire.
1.10 Favoriser des échanges entre établissements voisins ou semblables sur les modalités de participation des usagers
Devant les difficultés inhérentes à la mise en place des dispositifs de participation, il est recommandé de favoriser les échanges dexpériences entre équipes appartenant à des structures voisines ou semblables ainsi que de participer aux réflexions des réseaux professionnels et institutionnels sur la question de la participation.
Cette dynamique permet de sortir de « lentre-soi » et de confronter les pratiques participatives à dautres institutions et professionnels.
2. LES MODALITES DE FONCTIONNEMENT DU CONSEIL DE VIE SOCIALE
« Il ne peut y avoir de conseil de vie sociale sans vie sociale » (CHRS Le Pont). Cette phrase en exergue signifie que les recommandations de bonnes pratiques professionnelles visent toutes à dépasser le simple formalisme réglementaire et que la participation a besoin de senraciner dans un ensemble de pratiques bien en amont du Conseil de la vie sociale lui-même.
En tout état de cause, la participation et lexpression des résidents requièrent de sappuyer sur des pré requis institutionnels quil sagit didentifier et de mettre en oeuvre. Ces pré-requis peuvent se regrouper en sept thèmes complémentaires.
2.1 Sassurer de la compréhension des écrits par les résidents
Dans la mesure où le Conseil de la vie sociale nécessite la consultation et la production de documents écrits, la question de la compréhension de ces documents est centrale : il y a donc lieu den faciliter la compréhension par tous moyens appropriés, entre autres :
% Rendre accessible l ensemble des documents par la reformulation et l adaptation
Il est recommandé de formuler en langage accessible (selon le type de public accueilli) les différents documents relatifs au fonctionnement des instances de participation (utilisation de diaporamas, de documents imagés, etc.).
% Assurer si nécessaire la traduction des textes et des débats
Il est recommandé également de s assurer de la traduction des écrits et des débats, lorsque l établissement reçoit des personnes ne maîtrisant pas la langue française (les CADA en particulier). A noter que cette recommandation vaut pour tous les textes, quel que soit le mode de participation adopté.
2.2 Accompagner les résidents dans la compréhension de la démarche de participation représentative
% Informer les résidents sur le CVS
Informer les résidents sur l objet du CVS, sur son mode de fonctionnement et d organisation.
Cette information peut se faire individuellement, en particulier lors de l admission, et collectivement, en particulier lors de la préparation des élections.
Selon les mots dun responsable : « Il nous paraît souhaitable que pour toute personne nouvellement arrivée au sein de la structure, il lui soit expliqué sa place de votant et les mécanismes engendrés par celle-ci. » Cette information permet aux résidents de pouvoir utiliser lensemble des possibilités ouvertes par le CVS, tout en cadrant lexercice du pouvoir.
Elle permet aussi déviter le « détournement » du CVS pour régler des conflits inter-personnels.
% Mettre en place des mesures d accompagnement des résidents, préalablement à l appel à candidature
Il est recommandé de mettre en place des mesures d accompagnement des résidents, sur le
plan de l estime de soi ou l affirmation de soi, préalablement à lappel à candidature des représentants. Ces mesures daccompagnement peuvent prendre des formes diverses (formation, groupes dexpression, ateliers destime de soi, etc.). Il sagit de faciliter un processus qui peut mettre en difficulté des personnes vulnérables : se dévoiler, risquer de ne pas être élu, saffirmer devant les autres, prendre des responsabilités, etc.
% Faire intervenir des anciens représentants des usagers pour expliquer leur mandat
Cette pratique permet d assurer une continuité dans le mode de représentation et de transmettre une « culture participative » portée par les usagers.
2.3 Accompagner les résidents dans le processus de représentation
Il est recommandé de formaliser le processus de désignation des délégués selon un mode similaire à celui des élections dans un cadre citoyen.
% Organiser une « campagne électorale »
Il peut s agir par exemple d organiser une « campagne électorale » (tracts, affiches, réunions de présentation des candidats), avec appui technique de l équipe salariée.
% Permettre aux candidats de se faire connaître
On privilégiera par exemple la possibilité pour les candidats de se présenter aux électeurs avec photos, âge, temps de présence, activités professionnelles ou d insertion, lettre de motivation. Il s agit de permettre aux résidents de voter en connaissance de cause.
% Mettre en place des élections à bulletins secrets en vue de la désignation des représentants des usagers. Même si la réglementation ne rend pas obligatoire le vote à bulletins secrets dans les CHRS / CHU / CADA, il est recommandé de tenir les élections à bulletins secrets, avec garantie dautonomie des choix (isoloir
) et avec une aide éventuelle pour les personnes maîtrisant mal lécriture.
2.4 Garantir les conditions du fonctionnement démocratique du CVS
Il est recommandé de mettre en place des dispositifs garantissant lexercice démocratique de la représentation au sein du CVS.
% Formaliser le règlement intérieur du CVS
Établir au cours de la séance d installation et formaliser le règlement intérieur du CVS. Y rappeler les éléments spécifiques à l établissement (référence au projet d établissement, etc.) ainsi que tous les aspects susceptibles d enrichir les aspects purement formels du règlement.
% Proposer des élections pour désigner les représentants du personnel au CVS
En ce qui concerne les salariés, la règlementation implique de passer par les instances représentatives du personnel, habilitées à désigner les délégués salariés parmi lensemble des catégories de salariés. Il est recommandé de proposer aux membres des instances représentatives du personnel dorganiser des élections ouvertes à tous les membres du personnel pour désigner les membres du personnel siégeant au CVS. On respecterait ainsi une symétrie souhaitable dans la désignation des membres du CVS, quils soient usagers ou professionnels.
% Prévoir un nombre suffisant de représentants d usagers
Cette proposition à pour but de pouvoir faire face aux cas de départ, de défection ou de baisse de motivation de certains. Cette précaution permet d éviter les « pannes » préjudiciables à la continuité du dispositif.
% Assurer la publicité des comptes-rendus
Il est recommandé que toutes les réunions du CVS donnent lieu à un compte-rendu largement diffusé à l ensemble des usagers, dans un délai raisonnable. Ce compte-rendu est réalisé par les usagers, avec le soutien éventuel d un salarié ressource.
% Assurer le suivi des conclusions des débats
Tout en gardant présent à l esprit que le CVS a un rôle consultatif et non décisionnel, il est recommandé que tous les avis du CVS soient repris de manière décisionnelle (positive ou négative) par la direction de la structure. Une formalisation de « plans daction » semble pertinente lorsque les décisions portent sur des améliorations de la vie quotidienne ou de la prise en charge.
2.5 Accompagner et former si nécessaire les représentants des usagers à la fonction représentative
Il est recommandé daccompagner et de former les représentants des usagers à la fonction représentative, lorsque cest utile pour quils puissent exercer normalement leur mandat.
Il sagit moins de formations techniques (du type prise de parole en public, hiérarchisation des questions, relations avec les mandants, organisation des débats, prise de note, etc.) que dune formation-action, accompagnant les représentants des usagers dans lapprentissage de lexercice du mandat.
% Soutenir si nécessaire l animation des débats par l usager
Il est recommandé de soutenir professionnellement l animation réalisée par les représentants des usagers. Ce soutien doit être proposé et non imposé. Il peut prendre la forme d une aide à l établissement de l ordre du jour, à la conduite des débats, à la formulation d une conclusion, etc. Il est souhaitable que ce soutien professionnel soit réalisé par un intervenant formé au travail de groupe.
% Organiser une réunion ouverte à tous les usagers pour préparer les réunions de CVS
Il est recommandé d organiser une réunion ouverte à tous les usagers pour préparer les réunions de CVS. Éventuellement, fractionner le collectif en petits groupes, pour faciliter la prise de parole de tous.
% Préparer et rendre public lordre du jour, avant les réunions de CVS
Dans le même ordre didée, il est souhaitable que lordre du jour soit préalablement validé par le président du CVS, et rendu public avant la réunion de CVS.
2.6 Faciliter les modalités concrètes de fonctionnement du CVS
Au -delà de la garantie dun fonctionnement démocratique, il est recommandé de mettre en place les conditions permettant au CVS de fonctionner avec des moyens adaptés, sur le plan de lorganisation concrète et du mode relationnel avec l ensemble des acteurs concernés.
% Tenir compte du planning de tous les représentants pour permettre leur présence effective.
En effet, les horaires de présence des usagers ne sont pas nécessairement faciles à faire coïncider avec ceux des salariés, des administrateurs, etc.
% Désigner une personne ressource (salarié ou représentant de la structure gestionnaire) pour faciliter le fonctionnement du CVS.
Selon la taille de l établissement, il peut être souhaitable de désigner une personne ressource pour faciliter concrètement la vie du CVS. Cette personne est chargée notamment d apporter soutien et conseil aux usagers, d assurer la médiation, de rester en contact avec les usagers dans l intervalle entre les rencontres, etc.
% Dédier un lieu d expression spécifique au CVS.
Il est recommandé qu un panneau d affichage soit dédié aux informations du CVS (comptes rendus, noms des représentants des usagers, affichage des décisions, etc.).
% S engager à traiter toutes les questions entrant dans le champ de compétence du CVS.
Il est recommandé que la direction de létablissement sengage à traiter toutes les questions entrant dans le champ de compétence du CVS (cest-à-dire hors questions personnelles). Il y a lieu de ne pas « filtrer » les questions à partir du moment où elles concernent le fonctionnement de létablissement.
% Donner au CVS un rôle effectif dans le fonctionnement de la structure et son environnement
Autrement dit, il y a lieu de permettre au CVS, tout en rappelant le rôle consultatif de cette instance, de s investir dans le fonctionnement de la structure et les relations avec l environnement, à travers la mise en place de commissions diverses, de réflexions sur la prise en charge, de résolutions de problèmes concrets, etc.
% Donner au CVS la responsabilité de revoir le règlement de fonctionnement suffisamment fréquemment
Donner au CVS la responsabilité de revoir le règlement de fonctionnement est la stricte application de la réglementation. Il s agit donc d inciter à une révision périodique et adaptée à la rapidité du turn-over de l établissement.
% Organiser des réunions ou des commissions de travail pour préparer le CVS
Afin de diversifier les thèmes abordés et de rendre plus intéressants les débats du CVS, mettre en place des commissions préparatoires rendant compte au CVS en réunion plénière.
% Prévoir les moyens matériels de fonctionnement du CVS
Il est recommandé de veiller à la question des moyens matériels du CVS, sous forme de dotation budgétaire, ou à défaut de facilités daccès au secrétariat, aux photocopieuses, à lordinateur, au téléphone, aux salles de réunion, voire aux moyens de transport, pour participation à des réunions extérieures à létablissement (colloques, réunions inter-établissements).
% Faciliter la convivialité (entre les membres du CVS)
Enfin, il est souhaitable de prévoir par exemple un repas commun en fin de réunion, ou un CVS pendant le petit déjeuner au restaurant de la structure. Prévoir un lieu convivial pour les réunions du CVS.
2.7 Ouvrir le CVS sur lextérieur
Le CVS est également un levier permettant « dancrer » les usagers dans lenvironnement social et institutionnel, et de sortir du face à face professionnels/usagers au sein dune institution fermée.
Il est recommandé de développer toutes les pratiques facilitant louverture sur lenvironnement, et de :
% Favoriser concrètement la présence de partenaires extérieurs à l établissement
Inviter des représentants des organismes gestionnaires (administrateurs associatifs, bénévoles, élus locaux et départementaux, instances de contrôle et de tarification, associations de voisinage, équipements de proximité, etc.), et s assurer concrètement des conditions à réunir pour qu ils puissent être présents (gestion des plannings, horaires, anticipation des contraintes d emploi du temps, etc.).
% Organiser des échanges d expériences inter-établissements
Ces échanges d expériences peuvent notamment porter sur l organisation de la vie sociale et la dimension citoyenne entre les usagers ou représentants des usagers d établissement différents.
% S assurer de la présence effective de la direction et dun administrateur de lorganisme gestionnaire
La présence du directeur ou de son représentant est prévue par la réglementation ; cette présence effective peut permettre dapporter des réponses rapides et légitimes aux questions posées et de donner des signes de reconnaissance aux usagers. De la même façon, et conformément à la réglementation, la présence dun représentant de lorganisme gestionnaire est particulièrement utile lorsque les débats dépassent le simple fonctionnement interne.
% Inviter des usagers récemment sortis de l établissement
Il s agit, toujours dans le même esprit, d ouvrir le CVS sur l extérieur, et ici, sur l histoire de l établissement, en invitant ponctuellement des usagers récemment sortis de l établissement, pour permettre une vision plus distanciée des problèmes de fonctionnement.
2.8 Les dérives possibles, les pratiques à éviter
Sans que ces préconisations nentrent à proprement parler dans le cadre des « bonnes pratiques professionnelles », il nest pas superflu de rappeler que le CVS nest
% ni un lieu de gestion des cas individuels : ce n est en aucun cas une sorte de comité paritaire gérant les problèmes de comportement de tel ou tel, ou l application du règlement intérieur,
% ni un lieu où traiter uniquement des dysfonctionnements de la structure. Même si le CVS a pour compétence de donner un avis sur lensemble des questions se posant à létablissement, ce nest pas un « bureau des plaintes », quelles viennent des usagers ou du personnel. La participation suppose une autre posture que celle de la présentation dun cahier de doléances.
% ni une tribune politique, ou un lieu de prosélytisme ; cette remarque est particulièrement pertinente dans les structures où des groupes de pression de toute sorte peuvent être tentés d instrumentaliser le CVS.
3. LES MODALITES DE FONCTIONNEMENT DES GROUPES DEXPRESSION
3.1 La forme de participation par expression directe est complémentaire du système de délégation (comme dans le CVS)
Les groupes dexpression ne sont pas quune simple alternative aux systèmes plus formels de délégation. Ils leur sont complémentaires : chacun peut sexprimer librement sur ses voeux, ses réflexions, etc. (table ronde), ce qui vient enrichir le système de la délégation, et ce qui permet à chacun de se positionner dans un collectif. Il est donc souhaitable de développer également cette forme de participation
Lorsque la structure met en place à la place ou en complément des CVS des groupes dexpression, il est recommandé de sassurer dun certain nombre de conditions pour que lexpression de ces groupes soit autant que possible représentative de lavis des usagers. Ces conditions sont explicitées dans les recommandations ci-après.
3.2 Identifier et stabiliser le statut et le rôle de ces groupes dexpression
% Distinguer réunions de fonctionnement (éventuellement obligatoires) et instances de participation (volontaires)
Il faut rappeler que la participation ne peut faire l objet d obligation. Les réunions fonctionnelles obligatoires (qui peuvent être justifiées sur le plan du fonctionnement de l établissement) ne peuvent être assimilées à des instances de participation et d expression.
% Assurer la régularité et la pérennité des réunions
Cette recommandation a pour but de faciliter le repérage de ces instances par les résidents.
Lorsque les dispositifs de participation sont trop occasionnels, ou dictés par l événementiel, ils risquent vite d apparaître comme des dispositifs opportunistes, à la discrétion de la direction.
% Inviter l ensemble des usagers aux réunions et groupes dexpression.
Il est recommandé dinviter formellement lensemble des usagers aux réunions. Il sagit dune invitation, non dune convocation (même si cette invitation doit être réellement « accompagnée » par léquipe, pour éviter un formalisme démotivant).
% Clarifier le mode de décision après concertation
Même si ces réunions sont par définition consultatives, et visent en premier lieu à organiser du débat, il est essentiel de clarifier le mode de décision après concertation avec les usagers : quelles règles ? quelles contraintes ? quelles procédures ?
3.3 Faciliter le fonctionnement de ces groupes
Il est recommandé, dans la perspective de rendre ces groupes productifs quant à l apprentissage du « vivre ensemble », de
% Nommer (ou faire désigner par le groupe) une personne parmi les usagers pour donner la parole et pour organiser les débats
Il est recommandé dorganiser les débats, en donnant aux usagers un rôle dorganisation, de régulation. Un salarié peut en outre soutenir cette personne désignée dans cette fonction fondamentale au bon fonctionnement du groupe.
% Faciliter la prise de parole
Ce peut être solliciter les usagers qui ne s expriment pas (en les plaçant par exemple près des animateurs) ou en organisant un tour de table (sans pour autant « imposer » la prise de parole).
% Utiliser des supports pour faciliter l expression
% Adapter la fréquence de réunion des groupes d expression au rythme du « turn-over » des résidents
Dans le cas où le CVS n est pas adapté à la réalité de la vie de la structure en raison de la rapidité du turn-over des résidents, il est essentiel d adapter le rythme des groupes d expression au turn-over. Une réunion au moins mensuelle semble nécessaire.
% Programmer suffisamment à l avance ces réunions
Il peut aussi s agir de les instituer à date fixe. Dans tous les cas, il est recommandé de donner un planning aux résidents.
% Prévoir plusieurs types et plusieurs niveaux de groupes d expression
En fonction du nombre de résidents, il est souhaitable de prévoir plusieurs « dimensions » de réunions : par étage, par groupe de vie, commissions thématiques, assemblées générales.
En effet, lexpression est dautant plus facilitée que la taille du groupe permet de gérer des interactions dun nombre peu élevé. Le chiffre de 12 à 15 personnes par réunion semble un maximum pour quil y ait réellement partage et débat.
% Favoriser la convivialité
On peut par exemple prévoir un repas commun en fin de réunion, ou des réunions pendant le petit-déjeuner, ou au restaurant de la structure. Il est souhaitable de prévoir un lieu convivial pour les réunions.
3.4 Enrichir autant que possible le contenu de ces groupes d expression
Pour cela, il est recommandé de
% Permettre l organisation rapide de réunions en réponse à des événements d actualité
Il s agit de permettre une souplesse d organisation en réponse à des événements dactualité, ou à des questions qui se posent de manière urgente. Cette recommandation se conjugue cependant avec la recommandation 3.2, préconisant la régularité et la pérennité des réunions.
Autrement dit, cette réactivité souhaitable à lévénement sinscrit dans un dispositif pérenne.
% Préparer ensemble l ordre du jour
Cette préparation s effectue avec les résidents et les salariés concernés.
% Laisser l ordre du jour ouvert aux questions diverses
Pour cela, combiner une partie de la réunion autour d un ordre du jour pré-établi et laisser un temps important aux questions diverses.
% Apporter des réponses aux questions posées
Dans la mesure du possible, l objectif poursuivi est d apporter des réponses aux questions posées en cours de réunion.
% Permettre l expression des conflits liés à la vie en groupe
Cette recommandation a pour but en permettant lexpression des conflits liés à la vie en groupe, de laisser aux intéressés la responsabilité de trouver des solutions. Éviter en revanche lexpression des conflits interpersonnels.
% Organiser des débats thématiques avec des intervenants extérieurs
Cette ouverture permet d inclure des sujets de société qui élargissent la participation à une dimension citoyenne, culturelle, etc.
4. LE FONCTIONNEMENT DES GROUPES D INITIATIVES ET DES GROUPES-PROJETS
Les groupes-projets ont pour objectif de permettre aux résidents de (re)prendre du « pouvoir dagir»3 sur leur propre vie et leur environnement. Les pratiques suivantes sont recommandées, afin de rendre ces modalités de travail aussi riches et productives que possible :
4.1 Mettre en place des modalités de recueil de propositions dactivités
On peut par exemple recueillir les propositions dactivités à travers des commissions thématiques, à travers des groupes dintérêt, etc.
4.2 Privilégier les activités ouvertes sur lextérieur
Il est recommandé de privilégier ce type dactivités afin de créer des lieux de socialisation dans la cité.
4.3 Favoriser les pratiques dauto-organisation
Chaque fois que possible, il est recommandé de favoriser les pratiques dauto-organisation.
La capacité de sorganiser est en effet un élément essentiel de la prise de pouvoir sur son propre environnement.
4.4 Prévoir les moyens matériels de fonctionnement des groupes projets
Il est recommandé de considérer ces « groupes-projets » comme partie intégrante de la vie de létablissement. En conséquence, il est souhaitable de veiller à ce que ces groupes aient les moyens matériels de fonctionner, sous forme de dotation budgétaire, de « subvention », ou à défaut de facilités daccès au secrétariat, aux photocopieuses, à lordinateur, au téléphone, aux salles de réunion, etc.
4.5 Proposer une aide à la mise en oeuvre des projets
À la demande des usagers, la structure pourra mettre à disposition une aide en terme daccompagnement de projet : montage de dossiers, guidance administrative, relations avec lextérieur, etc. Les travailleurs sociaux sont alors dans une posture de facilitateurs et non de promoteurs.
4.6 Sassurer de compétences professionnelles pour laccompagnement des projets
Cette posture professionnelle de facilitateur et non de promoteur suppose une véritable acquisition de compétences qui peut faire lobjet de formation. En tout état de cause, il est recommandé de sassurer de compétences professionnelles pour laccompagnement des projets, quil sagisse des salariés de létablissement ou de ressources extérieures.
5. LES DISPOSITIFS DE RECUEIL DOPINION (ENQUETES DE SATISFACTION ET AUTRES MODALITES)
Il est recommandé de mettre en place des enquêtes de satisfaction qui permettent réellement aux résidents de se situer comme « citoyens clients », bénéficiaires dune prestation de service dont ils soient en mesure den juger la qualité.
Il y a lieu de prévoir des modes délaboration et de formalisation de lopinion de lusager qui rendent pertinentes et utiles du point de vue du résident les enquêtes proposées.
5.1 Dans le cadre des démarches qualité, sassurer que lopinion des résidents est prise en compte
Il sagit de sassurer que lévaluation ou la mesure de la qualité ne court-circuite pas le point de vue de lusager résident.
5.2 Cibler les questionnaires sur des questions précises et concrètes
Les professionnels constatent que les enquêtes de satisfaction portant sur des questions générales ne sont pas remplies. Cest pourquoi il est recommandé de cibler les questions sur des aspects pratiques et concrets, liés à des « prestations » identifiables.
5.3 Faciliter la lisibilité des questionnaires
Il y a plusieurs manières de faciliter cette lisibilité et cette compréhension :
- en utilisant des mots simples pour formuler les questions
- en assurant éventuellement une traduction des questions dans les langues usuelles.
5.4 Intégrer au questionnaire des questions ouvertes
Malgré la difficulté probable pour certains à remplir des questions semi-ouvertes, il est préférable de ne pas utiliser de questionnaires à choix multiples, trop standardisés et fonctionnels.
La possibilité de répondre à des questions ouvertes permet dinstaurer un dialogue quant au sens même de la démarche de recueil dopinion.
Sur ce dernier point, un groupe de réflexion de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale a proposé des formulations de questions ouvertes. Par exemple : décrivez tel ou tel aspect de létablissement, quauriez-vous aimé voir en arrivant dans létablissement en matière de
, quels sont vos désirs ?
5.5 Accompagner la démarche de réponse au questionnaire
Tout en respectant la liberté de réponse et lanonymat du questionnaire, il est souhaitable que les personnes soient à leur demande accompagnées dans la compréhension du questionnaire, de ses enjeux, et aidées dans la formulation adéquate des réponses.
5.6 Garantir lanonymat des questionnaires
Lanonymat des réponses est garanti, comme cela se pratique en général dans toute enquête de satisfaction.
5.7 Utiliser les moments forts pour demander leur avis aux usagers
Ces moments forts pour demander leur avis aux usagers peuvent être celui de la rédaction du projet individualisé, lentrée, la sortie de létablissement, etc.
5.8 Assurer le retour des informations recueillies auprès des usagers
Le retour des informations recueillies auprès des usagers seffectue soit vers le CVS lorsquil existe, soit vers lensemble des résidents.
5.9 Apporter des solutions concrètes aux problèmes évoqués, en y associant les résidents
Il sagit dapporter des solutions concrètes aux problèmes évoqués, soit directement, soit par lintermédiaire du CVS lorsquil existe. Il importe ensuite de rendre publiques ces réponses. Il est dailleurs souhaitable dassocier les résidents à la recherche des solutions aux problèmes posés.
Eléments pour lappropriation et lévaluation des recommandations
Les recommandations validées ci-dessus ont valeur de proposition et ne constituent pas une liste exhaustive dexigences.
Elles constituent un outil de dialogue, de responsabilité, destiné à une mise en oeuvre adaptée selon les besoins et le contexte.
Ce travail dappropriation devra en même temps être loccasion de définir le suivi et les moyens dapprécier le chemin parcouru dannée en année au regard de cette recommandation, et dans la perspective des évaluations à venir.
Il sagit en particulier de déterminer les critères et éléments dobservation qui seront utiles au regard des objectifs fixés.
Toutefois ce guide de bonnes pratiques professionnelles ne doit pas servir à établir une liste ditems simplifiés à cocher dans une grille standard.
On évitera ainsi de réduire les bonnes pratiques au remplissage dune simple « grille », voire au «scoring» qui aurait pour but, là encore, de mesurer le degré de conformité de létablissement à une nouvelle norme pratique.
En conséquence, la méthodologie dévaluation à suivre, à partir de ce document, pourrait reposer sur un processus en quatre étapes :
% Choisir d un commun accord (établissement / évaluateur) quelques items (6 par exemple) qui font suffisamment sens pour l établissement, dont la moitié réellement mis en oeuvre, et l autre moitié qui n a pas été mis en oeuvre.
% Déterminer, pour chacun de ces items, le sens que lui attribue l équipe de direction.
% Identifier les effets de ces pratiques mises ou non en oeuvre, sur la mission de l établissement, en termes d efficience, de cohérence, d adéquation aux problématiques du public.
% Identifier les « pistes de progression » relatives à ces items.
ANNEXES
Annexe 1 : Les aspects réglementaires relatifs à la participation dans les CHRS / CHU / CADA Extraits du Code de laction sociale et des familles
1. La réglementation relative à la mise en place du CVS
Les CHRS, les CADA et les CHU, pour ces derniers sils sont autorisés dans le cadre de la loi 2002-2, sont soumis à lapplication du décret 2005-1367 du 2 novembre 2005 repris dans le Code de laction sociale et de la famille.
Art. D 311-3 - « Le conseil de la vie sociale est mis en place lorsque l'établissement ou le service assure un hébergement ou un accueil de jour continu (
).
Lorsque le conseil de la vie sociale n'est pas mis en place, il est institué un groupe d'expression ou toute autre forme de participation.
Lorsque plusieurs établissements ou services sociaux ou médico-sociaux sont gérés par une même personne publique ou privée, une instance commune de participation peut être instituée pour une même catégorie d'établissements ou de services, au sens de l'article L. 312-1.
Dans les établissements et services relevant des 8°, 9° et 13° de l'article L. 312-1, lorsque les durées de la prise en charge sont inférieures à la durée minimum du mandat telle que prévue à l'article D. 311-8, il peut être procédé à la mise en oeuvre de l'une des autres formes de participation prévues aux articles D. 311-21 et suivants. Il peut également être procédé à la mise en oeuvre de ces autres formes de participation lorsque ces établissements et services accueillent majoritairement des personnes pouvant recourir à l'organisme mentionné à l'article D. 311-32. »
2. Les dérogations réglementaires à lobligation de mettre en place un Conseil de vie sociale
Conformément à l article D 311-3 cité ci-dessus, les établissements exonérés de l obligation de mettre en place un CVS sont :
% les CHRS / CHU dont la durée de prise en charge est inférieure à 1 an (cf. : Art. D 311-8 « Les membres du conseil sont élus pour une durée d'un an au moins et de trois ans au plus, renouvelable. »
% les CADA, lorsqu ils accueillent majoritairement des personnes pouvant recourir à l organisme mentionné à l article D311-32 : « Les représentants des personnes accueillies peuvent en tant que de besoin se faire assister d'une tierce personne ou d'un organisme aidant à la traduction afin de permettre la compréhension de leurs interventions ».
3. Les alternatives réglementaires au CVS
Dans le cas où létablissement est exonéré de lobligation de mettre en place un CVS, la participation peut prendre les formes suivantes :
Article. D 311-21 - « 1° l'institution de groupes d'expression institués au niveau de l'ensemble de létablissement, (
) ;
2° l'organisation de consultations de l'ensemble des personnes accueillies ou prises en charge (
) sur toutes questions concernant l'organisation ou le fonctionnement de l'établissement, du service ou du lieu de vie ou d'accueil ;
3° la mise en oeuvre d'enquêtes de satisfaction. (
) »
4. La réglementation concernant le fonctionnement du CVS
% Composition (art D 311-4 art D311-6 art. D 311-7)
Article D 311-4 - « La décision instituant le conseil de vie sociale fixe le nombre et la répartition des membres titulaires et suppléants de ce conseil. »
Article D 311-5 - « Le conseil de la vie sociale comprend au moins :
1° Deux représentants des personnes accueillies ou prises en charge ;
2° S'il y a lieu, un représentant des familles ou des représentants légaux ;
3° Un représentant du personnel ;
4° Un représentant de l'organisme gestionnaire.
Le nombre des représentants des personnes accueillies (
) doit être supérieur à la moitié du nombre total des membres du conseil. »
À noter que :
Article D 311-6 - « L'absence de désignation de titulaires et suppléants ne fait pas obstacle à la mise en place du conseil sous réserve que le nombre de représentants des personnes accueillies (
) soit supérieur à la moitié du nombre total des membres du conseil désignés.»
Article D 311-8 - « (
) Lorsque les sièges (
) des personnes accueillies ne peuvent être pourvus, en raison notamment des difficultés de représentation, un constat de carence est dressé par le directeur, son représentant ou le représentant qualifié de l'organisme gestionnaire. »
% Durée du mandat
Article D 311-8 - « Les membres du conseil sont élus pour une durée d'un an au moins et de trois ans au plus, renouvelable.
Lorsqu'un membre cesse sa fonction en cours de mandat, notamment en raison de la fin de la prise en charge dont il était bénéficiaire, il est remplacé par son suppléant ou un autre bénéficiaire élu ou désigné dans les mêmes formes qui devient titulaire du mandat. Il est ensuite procédé à la désignation d'un autre suppléant pour la durée restante du mandat.
Article D 311-9 - « Dans les établissements et services relevant des 8º, 9º et 13° de l'article L. 312-1, le remplacement pour la durée du mandat restante des membres représentant les personnes accueillies peut être assuré par une procédure de désignation. L'accord des personnes désignées est requis. Les modalités de désignation sont précisées par l'instance ou la personne mentionnée à l'article D. 311-27. »
% Mode de désignation des représentants des personnes accueillies
Article. D 311-10 - « les représentants des personnes accueillies (
) sont élus par vote à bulletin secret à la majorité des votants respectivement par l'ensemble des personnes accueillies ou prises en charge (
). Des suppléants sont élus dans les mêmes conditions.
Sont élus le ou les candidats ayant obtenu le plus grand nombre de voix. À égalité de voix, il est procédé par tirage au sort entre les intéressés. »
« Dans les établissements et services relevant des 8°, 9° et 13° de l'article L. 312-1, les représentants des personnes accueillies peuvent être désignés avec leur accord sans qu'il y ait lieu de procéder à des élections. Les modalités de désignation sont précisées par le règlement de fonctionnement. »
% Mode de désignation des représentants des salariés
Article. D 311-12 - « Les personnels des établissements et services de droit privé soit salariés, soit salariés mis à la disposition de ceux-ci sont représentés au conseil de la vie sociale :
1° Dans ceux occupant moins de onze salariés, par des représentants élus par l'ensemble des personnels ci-dessus définis ;
2° Dans ceux occupant onze salariés ou plus, par des représentants élus, parmi l'ensemble des personnels, par les membres du comité d'entreprise ou, à défaut, par les délégués du personnel ou, s'il n'existe pas d'institution représentative du personnel, par les personnels eux-mêmes. Ces représentants sont élus au scrutin secret. »
Article D 311-13 - Cet article précise le mode de désignation des représentants salariés dans les organismes de droit public.
% Fonctionnement du conseil de vie sociale
Article D 311-9 - « Le président du conseil est élu au scrutin secret et à la majorité des votants par et parmi les membres représentant les personnes accueillies (
). Le président suppléant est élu selon les mêmes modalités parmi les membres représentant (
) les personnes accueillies (
). Le directeur ou son représentant siège avec voix consultative. »
Article D 311-15 - « Le conseil donne son avis et peut faire des propositions sur toute question intéressant le fonctionnement de l'établissement ou du service notamment sur l'organisation intérieure et la vie quotidienne, les activités, l'animation socio-culturelle et les services thérapeutiques, les projets de travaux et d'équipements, la nature et le prix des services rendus, l'affectation des locaux collectifs, l'entretien des locaux, les relogements prévus en cas de travaux ou de fermeture, l'animation de la vie institutionnelle et les mesures prises pour favoriser les relations entre ces participants ainsi que les modifications substantielles touchant aux conditions de prises en charge. »
Article D 311-2 - Les instances de participation prévues à larticle D. 311-3 sont obligatoirement consultées sur lélaboration et la modification du règlement de fonctionnement et du projet détablissement et de service prévus aux articles L .311-7 et L.311-8. Lenquête de satisfaction mentionnée au 3° de larticle D. 311-21 porte notamment sur le règlement et le projet détablissement ou de service
Article D 311-16 - « Le conseil se réunit au moins trois fois par an sur convocation du président (
) qui fixe l'ordre du jour des séances. Celui-ci doit être communiqué au moins huit jours avant la tenue du conseil et être accompagné des informations nécessaires. En outre, (
) le conseil est réuni de plein droit à la demande, selon le cas, des deux tiers de ses membres ou de la personne gestionnaire.»
Article D 311-17 - Les avis ne sont valablement émis que si le nombre des représentants des personnes accueillies (
) présents est supérieur à la moitié des membres.
Dans le cas contraire, l'examen de la question est inscrit à une séance ultérieure. Si lors de cette séance, ce nombre n'est pas atteint, la délibération est prise à la majorité des membres présents.
Article D 311-18 - Le conseil peut appeler toute personne à participer à ses réunions à titre consultatif en fonction de l'ordre du jour. Un représentant élu de la commune d'implantation de l'activité ou un représentant élu d'un groupement de coopération intercommunal peut être invité par le conseil de la vie sociale à assister aux débats.
Article D 311-19 - Le conseil établit son règlement intérieur dès sa première réunion.
Article D 311-20 - Le relevé de conclusions de chaque séance est établi par le secrétaire de séance, désigné par et parmi les personnes accueillies (
), assisté en tant que de besoin par l'administration de l'établissement, (
). Il est signé par le président. Il est transmis en même temps que l'ordre du jour mentionné à l'article D. 311-16 en vue de son adoption par le conseil. Il est ensuite transmis à l'instance compétente de l'organisme gestionnaire. »
Annexe 2 : Bibliographie
1. Concernant lexpression et la participation des usagers dans les CHRS / CADA / CHU
1.1 Etudes - Monographies :
- AFTAM, « Rapport dactivité du CHRS de lAFTAM Résidence des Coteaux », 2004.
- AFTAM, COPAS, « Construction dun outil dauto-évaluation », COPAS
- Alcaraz-Onoratini M-C, « Un outil dévaluation des compétences sociales au service du management de la qualité dans un CHRS mères/enfants », ENSP, 2004.
- Amadou J-F, « Les droits de la personne, un outil au service de la bientraitance institutionnelle en CHRS », Mémoire, ENSP, 1998.
-Brunet B., « La participation et la représentation des usagers dans le dispositif départemental dinsertion par le logement : un enjeu social, une exigence démocratique », Mémoire, ENSP, 2001
- Etienne C., « Les travailleurs sociaux et le Conseil de vie sociale en CHRS : vers des approches collectives favorisant l "empowerment" des usagers », Mémoire DEA, CNAM, Novembre 2004.
- Lallemand D., « Guide des CHRS », FNARS/ASH, 2002.
- Le Duc Y., « Déontologie de la relation à lusager », Dunod, 2000.
- Pelège P., « Hébergement et réinsertion sociale : les CHRS », Dunod, 2004.
- Sarhy P-P., « Le CHRS, un outil en évolution, au service de la citoyenneté des personnes en difficultés sociales », Mémoire ENSP, 1995.
- Strasman M., « Le droit des usagers au coeur du renouvellement de laction sociale lexemple des CHRS aubois », ENSP, 2005.
1.2. Articles :
- Etienne C., « Le CVS dans les CHRS », in Direction(s), Mars 2005, n° 17.
- FNARS, « La participation des usagers : un droit en marche », in Magazine de la FEANTSA,
Automne 2006.
- FNARS, « CVS et autres formes de participation des usagers : comment les établissements sapproprient les dispositions de la loi 2002-2 », in La Gazette de la FNARS, Juillet 2005, annexe.
- FNARS, « Les usagers partenaires dans les établissements », in la Gazette de la FNARS, Juillet 2006, n° 49.
- FNARS « Lusager sinvite aux débats du social », in La gazette de la FNARS, Juillet 2006, n° 10.
- Gargoly C. « Les CHRS en danger ? », in ASH, 2001, n° 2241.
-Helfter C., « Vers une « sanitarisation » du travail social ? » in ASH, Janvier 2004, n° 2340.
- Kohler R., LE PAGE E., FREVAL C., STRICKLERM-J., IRIBARNE P., « Expression et participation, les hébergés en CHRS » Cahiers de la FNARS, Mai 1998, n° 04.
- UNIOPSS, « Les droits des usagers », Cahiers de lUNIOPSS, 2006, n° 18.
- Vanovermeir S., « Les établissements accueillant des adultes et des familles en difficulté sociale. Premiers résultats de lenquête ES 2004 », in Etudes et Résultats, 2006, n° 507.
2. Concernant la conception, le repérage et lévaluation des « bonnes pratiques »
- « Journal du CVS » ANDSEA, Printemps 2006, n° 4.
- « De linfluence dun conseil de vie sociale en 2005 » Bilan dactivités 15 mars 2005 de la Cité Saint Martin (75) Paris
3. Concernant la question de la participation/expression des usagers en général
3.1. Etudes - Monographies :
- ANDESI, UNAPEI, « La participation des usagers dans les établissements et services médicosociaux : enjeux et méthodes » UNAPEI, Mai 2005.
- ANPF, « Le placement familial, conflits de légitimités ? Droit des usagers, autorité parentale, protection de l'enfance », L'Harmattan, 2003.
- Barbe L., « Une autre place pour les usagers ? Intervenir dans les services sociaux et médicosociaux », La Découverte, Paris, 2006.
-Chauvière M., Godbout J-T., « Les usagers entre marché et citoyenneté », LHarmattan, 1992.
- FEANTSA, « La participation des personnes sans domicile dans les processus de prise de décision ayant un impact sur les services quelles utilisent : Vue densemble sur les pratiques de participation des usagers mises en oeuvre par les prestataires de services en Europe », FEANTSA, Octobre 2005
- Humbert C., « Les usagers de laction sociale : sujets, clients ou bénéficiaires ? » Paris :
LHarmattan, 2000.
- IGAS, « Les institutions sociales face aux usagers- Rapport annuel », IGAS, 2001.
- Janvier R., Matho Y., « Mettre en oeuvre le droit des usagers dans les établissements daction sociale », Paris : Dunod, 2004.
- Lhuillier J-M., « Le droit des usagers dans les établissements et services sociaux et médicosociaux », ENSP, 2004.
- Mahey P., « Pour une culture de la participation », Editions Adels, 2005.
- Maillard Desgrees du Loü D., « Droit des relations de l'administration avec ses usagers », PUF, 2000.
- Mathieux C., Bouchard J-M., « Règlements de fonctionnement des établissements et services sociaux et médico-sociaux : modèle commenté », 2e édition, Editions Bouchard-Mathieux, 2003.
- Rogier F., « Du travail social à léconomie sociale ou de lidéal de la liberté à lentreprise de liberté », Mémoire de DEA, CNAM
3.2. Articles :
- « Les plus pauvres sont-ils représentés ? », Quart-Monde, 1990, n° 137.
- « Quelle représentation pour les plus pauvres ? » Quart Monde, 1995, n° 154.
- « Actions innovantes 2004 - Mise en oeuvre, accompagnement et évaluation des changements en institution découlant de la loi 2002-2 relative aux droits des usagers. », Recueil et documents, FNARS, Mars 2006, n° 36.
- « Droits des usagers : le chemin enfin balisé », Direction(s), Janvier 2004, n° 4
- « Le droit des usagers se dessine peu à peu », ASH ,23/11/2003.
- « Comment organiser la parole des usagers ? » ONRS, 1999.
- « Le conseil de la vie sociale est réformé », ASH, Novembre 2005, n° 2428.
- Barbe L., « Do you speak 2002-2 ? », Copas, Juin 2004, n° 33.
- Brizais R., « Citoyens en institution, institution citoyenne », Conférence-débat IRTS Rennes, 05 Juin 1998
- Charlot J-L., « La mise en oeuvre de la loi 2002-2 à l'épreuve de la délibération », Avril 2005, ASH n° 2404.
- Coquelle C., « Citoyens, encore un effort », Copas, Janvier 2004, n° 32.
- Coquelle C., « Nimporte quoi », Copas, Juin 1999, n° 20.
- Defontaine J., Sarazin I., « Loi 2002-2 : Logique de marché et/ou de promotion de la citoyenneté ? », Juin 2005, ASH n° 2411.
- Donzelot, J., « Participer, le concept » Informations sociales, 1995, n° 43.
- Dumortier J-B., « Droits et devoirs : de la contrepartie à la réciprocité », Copas, Avril 2005, n° 35.
- Jaeger M., « Le droit des usagers dans le secteur social et médico-social : une notion qui échappe aux évidences », Travail Social Actualités, 18 Novembre 1994, n° 524.
- Ladsous J., « Droits et place des usagers », Vie sociale, 2002, n° 4.
- Lhuillier J-M., « Le droit des usagers contre les usagers », Les cahiers de lActif, 2003, n° 331.
- Miekuz N., « Les plus pauvres et la citoyenneté : ni représentés, ni représentants », ASH, 1999, n° 2119.
- Pageau S., « Participation des usagers : redonner confiance en responsabilisant », ASH, 10 Janvier 2003, n° 2293.
- Paquet M., « Premiers résultats en demi-teinte sur l'application du droit des usagers », ASH
Avril 2005, n° 2404.
- Plantet J., « La place des usagers : une question centrale depuis la loi 2002-2 » Lien social, 24 Février 2005, n° 42.
- Sanchez J-L., Verley R., Norymberg P., « Participation autrement : peut-on croire au Père Noël ? » Journal de lAction Sociale et du développement social, Juillet 2002, n° 72.
- Trémintin J., « Lusager sait-il ce qui est bien pour lui ? », Lien social, 28 Octobre 2004, n° 727.
- Vachon J., « La représentation des usagers peine à simposer » ASH magazine, Avril 2004, n° 2.
- Verdier P. « Des nouveaux droits à promouvoir, de nouveaux outils à mettre en oeuvre : les décrets dapplication de la loi 2002-2 » Journal du droit des jeunes, Juin 2003, n° 226.
- Viard A., « La question des droits des usagers des institutions sociales et médico-sociales.
Quels effets sur les pratiques des professionnels ? », CREAI Rhône Alpes, Octobre 2002, n° 129.
3.3. Conférences Colloques :
- Rencontre territoriale pour la prévention et la lutte contre les exclusions en Rhône-Alpes,
Colloque, 28 Mars 2006, Rhône-Alpes.
- Barbe L., « Accompagnement et droits des usagers : quelles évolutions ? » : Colloque
« Accompagnement et droits des usagers : quelles évolutions ? ». Argelès sur Mer, 13 Octobre 2006.
4. Concernant des questions plus générales de méthode et dévaluation
4.1. Etudes-Monographies :
- CNESMS, « Lévaluation interne Guide pour les établissements et services sociaux et médico-sociaux » , Version 1, CNESMS, 2006.
- CTNERHI, « Évaluation des démarches et outils dévaluation de la qualité » : Paris, CTNERHI, 2002.
- Hacourt G., Horemans L., « Projet européen dindicateurs de pauvreté à partir de lexpérience des personnes vivant en pauvreté », EAPN, Septembre 2003.
- HAS, « Bases méthodologiques pour lélaboration de recommandations professionnelles par consensus formalisé », HAS, Janvier 2006.
http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/base_methodo_CFE.pdf
- Rosenberg S., « Les groupes de qualification mutuelle », 2003.
4.2. Articles :
- « Les pistes de la DGAS pour améliorer la qualité dans les établissements sociaux et médicosociaux », ASH, 2 Avril 2004, n° 2353.
- « Le Conseil national de l'évaluation sociale et médico-sociale se penche sur le concept d'évaluation » ASH, Novembre 2005, n° 2430.
- « Les personnes en difficulté jugent la loi de lutte contre les exclusions », ASH, Mars 2000, n° 2159.
- Savignat P., « Évaluation dans les institutions sociales et médico-sociales : de quelques questions de méthode », ASH, 25 Février 2005, n° 2396.
- Warin P., « Vers une évaluation des services publics par les usagers ? », Sociologie du Travail, 1993, n° 3.
4.3. Réglementation :
- Note dinformation DGAS/5B n°2004-96 du 03/03 /2004 relative aux actions favorisant lévaluation et lamélioration continue de la qualité dans les établissements sociaux et médico-sociaux.
- « Procédures, références et recommandations de bonnes pratiques professionnelles », CNESMS, Janvier 2006, Note dorientation n° 2.
4.4. Colloques-Conférences :
- « Autrement dit » Conférence de consensus sur la participation juin 2003 Lille synthèse
- « Proposition dassistance méthodologique pour la mise en place dun système de mesure de limpact des dispositifs de lutte contre lexclusion sur les usagers » IDRH.
Ouverture de létablissement à et sur son environnement
Louverture des établissements sur leur environnement est devenue indispensable pour permettre aux personnes accueillies de maintenir ou de restaurer leurs liens familiaux et sociaux, et dexercer leur citoyenneté. Pratiquer louverture, cest aussi contribuer au décloisonnement du secteur social et médico-social, questionner lorganisation interne, faciliter laccès des personnes aux ressources du territoire. Et offrir une transparence qui participe de la prévention des risques de maltraitance. Pratiquer louverture, cest encore permettre aux équipes denrichir leurs analyses et de renouveler leurs modalités dintervention au contact de méthodes et de pratiques différentes. Si lintérêt dune démarche globale douverture des établissements nest pas contesté, il sagit dans ce document de fixer des repères auxquels ils puissent se référer dans la pratique pour que celle-ci soit effective.
Construite avec des professionnels pour les professionnels, cette recommandation est illustrée par des exemples concrets qui témoignent de la richesse des initiatives de terrain et constituent autant de pistes à explorer. Elle devrait permettre aux équipes de partager des expériences réussies. Et les inciter à développer des stratégies qui savèrent incontournables si lon tient compte de la recomposition du paysage de laction sociale et médico-sociale dans un proche avenir.
Didier Charlanne Directeur
Équipe projet de lAnesm
Mireille BERBESSON, chef de projet
Servane MARTIN, chef de projet junior
Patricia MARIE, documentaliste
Sous la responsabilité de Claudine PARAYRE, responsable du service « Pratiques Professionnelles »
Groupe de travail
Anne-Marie de BELLEVILLE, chargée de mission, Agence régionale de lhospitalisation (ARH), Aquitaine
Alain DARBAS, directeur, Association de lieux de vie (Alve), Le Chêne à Quatre Oreilles, Essonne
MyriamDEMOLDER, directrice régionale, Association des paralysés de France (APF), Bretagne
Laurent DESMARESCAUX, directeur, CHRS «Cité Refuge-Espoir», Armée du salut, Paris
Mustapha DJELLOULI, éducateur spécialisé/psychologue clinicien, centre dhébergement durgence George Sand, Paris
Jean-Louis GILLES, administrateur national, Union nationale pour les amis et familles de malades psychiques (Unafam) délégué régional, Unafam, Champagne-Ardenne, membre du Comité dorientation stratégique (Cos) de lAnesm
Catherine HASCOET, chef du pôle de laction éducative, Bureau des méthodes et de laction éducative, Direction de la protection judiciaire de la jeunesse (DPJJ), Paris, membre du Cos de lAnesm
Sylvie LE FEVRE, chargée détudes, direction des personnes âgées et adultes handicapés, conseil général de Seine-et-Marne
Claude LE PRESLE, coordinateur du département personnes âgées, réseau de santé Paris Nord responsable du Centre détudes gérontologiques Ville-Hôpital, Hôpital Bretonneau, Paris
Yves MASSON, directeur, maison denfants à caractère social (Mecs) « Clair Logis », Paris
Gérard MICHELITZ, représentant le Groupe national des établissements et services publics sociaux, Paris (Gepso) directeur, établissement public médico-social départemental (EPMSD), Coutras, Gironde, membre du Cos de lAnesm
Nelly MILLAN, membre représentant la Fédération hospitalière de France (FHF), Paris directrice, hôpital local Loire et Sillon, Savenay, Loire-Atlantique
Alain REBOH, directeur, Association illkirchoise des parents et amis des personnes handicapées mentales (AIPAHM), Illkirch Graffenstaden, Bas-Rhin
Pierre TUAUDEN, président, Association des directeurs détablissements sanitaires et sociaux, sociaux et médico-sociaux (D3S), Paris directeur, centre maternel « Nationale », Paris, membre du Cos de lAnesm
Thierry VERGNAUD, conseiller technique, Union régionale interfédérale des organismes privés sanitaires et sociaux (Uriopss) Rhône, représentant lUnion nationale interfédérale des oeuvres et organismes privés sanitaires et sociaux (Uniopss)
Groupe de lecture
Didier BACHELEY, directeur, centre daccueil Le Haut de Versac, Jura
Laurent BARBE, consultant, Centre de recherches et détudes en sciences sociales (Cress), Grenoble
Isabelle BARGES, directrice qualité de vie, Fédération nationale avenir et qualité de vie des personnes âgées (Fnaqpa), Rhône, membre du bureau du Cos de lAnesm
Martine BARRÈS, conseiller technique sur les questions relatives aux personnes handicapées, Direction générale de laction sociale (DGAS) SD3, Paris
Christine BERTHELOT, chef de service, service de formation professionnelle adaptée, Association familiale de lIsère pour enfants et adultes handicapés (Afipaeim), Isère
Olivier CHABOT, conseiller technique, Centre régional pour lenfance et ladolescence inadaptées (Creai) Midi-Pyrénées
Marine DARNAULT, directrice du secteur social et médico-social, Fédération des établissements hospitaliers et daide à la personne non lucratifs (Fehap), Paris, membre du Cos de lAnesm
Grégoire DUPONT, directeur, Association angevine de parents dadultes inadaptés (AAPAI)Saint-Barthélemy-dAnjou
Annie FOURNIER, représentante des usagers, Pyrénées-Orientales responsable de la commission nationale des parents, Association des paralysés de France (APF), Paris
Jean-Marie GOURVIL, directeur des formations, Institut régional du travail social (IRTS) de Basse-Normandie
Catherine HUBLIN, directrice adjointe, Esat Le Colombier, Montmagny /Villiers le Bel, Val dOise
Jean-Claude LEFEVRE, vice-président, Collectif inter associatif sur la santé (Ciss) Champagne-Ardenne
Jean-Pierre MONIER, Comité départemental des retraités et personnes âgées (Coderpa) du Doubs
Alain PEYRONNET, directeur, Association Olga Spitzer, Paris
Yann ROLLIER, secrétaire général, Association nationale des centres régionaux pour lenfance et ladolescence inadaptée (Ancreai), Rennes, membre du Cos de lAnesm
David SÉGUÉLA, animateur, établissement dhébergement pour personnes âgées et dépendantes (Ehpad) de Feytiat, Haute-Vienne
Evelyne SYLVAIN, directrice, direction des établissements et services médico-sociaux, Caisse nationale de solidarité pour lautonomie (CNSA), Paris, membre du Cos de lAnesm
Présentation générale
1. La méthode de production de la recommandation
2. Délimitation du champ de la recommandation
2.1 Louverture
2.2 Lenvironnement
3. Les objectifs de la recommandation
4. Les principes de louverture
5. Plan du document
I. La stratégie douverture
1. Positionner létablissement dans le territoire
1.1 Procéder à une analyse du territoire
1.2 Repérer les ressources de létablissement
1.3 Construire une stratégie douverture
1.4 Pour une création, choisir un territoire dimplantation porteur
2. Dégager les principaux axes de louverture
2.1 Construire lancrage territorial de létablissement
2.2 Étudier lopportunité dune ouverture sur dautres publics
2.3 Interroger les prestations et les activités
2.4 Interroger lorganisation interne des groupes de vie
2.5 Être attentif aux acteurs du territoire
2.6 Anticiper lévolution des fonctions professionnelles
2.7 Questionner la tension entre autonomie et protection
II. Les leviers de louverture
1. Développer les liens sociaux et de citoyenneté des personnes accueillies
1.1 Faciliter les liens des personnes avec leurs proches
1.2 Ouvrir létablissement à lentourage des personnes accueillies
1.3 Développer les liens de citoyenneté
2. Interagir avec le territoire
2.1 Participer aux actions initiées par lenvironnement qui concourent au « vivre ensemble »
2.2 Être un lieu-ressource pour lenvironnement
2.3 Rapprocher du secteur social et médico-social le monde de lentreprise et de la formation
2.4 Rapprocher le monde de la culture du secteur social et médico-social
2.5 Faciliter laccès aux nouvelles technologies de linformation et de la communication (NTIC)
2.6 Encourager lintervention des bénévoles
3. Développer le caractère accueillant de létablissement
3.1 Mener une réflexion approfondie sur la fonction daccueil
3.2 Questionner la pertinence de larchitecture
3.3 Améliorer la communication
4. Soutenir les professionnels dans la mise en place de louverture
4.1 Diversifier les compétences
4.2 Renforcer les compétences
Annexes
Annexe 1 - Éléments pour lappropriation de la recommandation
Annexe 2 - Liste des sigles et acronymes
Annexe 3 - Liste des établissements, organismes et personnes qualifiées, sollicités pour lanalyse qualitative
Annexe 4 Bibliographie
Présentation générale
Depuis le début des années 2000, plusieurs textes juridiques ont posé et réaffirmé le principe dun établissement ouvert sur son environnement, garantissant aux usagers une participation à la vie sociale et un accès aux services présents dans la cité. Ce droit dêtre des habitants et des citoyens « comme les autres» se traduit autant par une plus grande ouverture des établissements spécialisés eux-mêmes que par des initiatives de la cité pour se rendre plus accueillante vis-à-vis des personnes fragilisées par la vieillesse, une situation de handicap, un accident de la vie
Cette recommandation sattache à concrétiser le principe douverture et à préciser les conditions de son effectivité. Elle ne se situe pas dans le cadre dune réflexion sur de nouveaux dispositifs, mais cherche à promouvoir les bonnes pratiques dans les établissements, en suscitant réflexion et débats entre acteurs.
Le contenu du cahier des charges de lévaluation externe des établissements sociaux et médico-sociaux réaffirme limportance de cette thématique de louverture en la positionnant en tant quobjectif direct de lévaluation.
Cette recommandation concerne lensemble des établissements sociaux et médico-sociaux. Elle est centrée sur les établissements et non les services, car pour ces derniers, la thématique de louverture nécessite une déclinaison spécifique à propos des interventions à domicile.
Lutilisation de cette recommandation doit être adaptée à chaque établissement et ces propositions ne sauraient être figées dans une liste exhaustive ditems à mettre en oeuvre. Il est de la responsabilité de chaque équipe de choisir et de sapproprier ces propositions. Cette recommandation sadresse en premier lieu aux responsables et aux professionnels des établissements, car la problématique de louverture se situe à un double niveau, stratégique et technique. Pour cette raison, elle concerne aussi les organismes gestionnaires. Louverture constitue une orientation majeure à intégrer au projet détablissement, et impacte fortement les pratiques. Les prestations sen trouvent modifiées et les accompagnements personnalisés enrichis.
La recommandation concerne également les personnes accueillies et leurs représentants légaux, et peut constituer une base de débats et de propositions, par exemple pour les membres des conseils de la vie sociale.
Enfin, elle intéresse les évaluateurs, qui trouveront là des éléments pour lévaluation, ainsi quaux autorités de tarification et de contrôle, et aux financeurs en général, qui pourront y trouver une base de dialogue avec les structures.
1. La méthode de production de la recommandation
La méthode retenue a été celle du « consensus simple ». La première phase a consisté en une recherche bibliographique et documentaire qui a permis daffiner le champ de la recommandation et de repérer des établissements ayant développé des pratiques douverture.
Ce travail préparatoire a été soumis à un groupe de travail composé de professionnels du secteur social et médico-social et de représentants dusagers. Le groupe de travail a lui-même enrichi tant la problématique que la liste des sites à étudier.
Une première version de la recommandation a alors été établie à partir dune synthèse des entretiens et visites sur sites, qui a été améliorée par le groupe de travail puis soumise à un groupe de lecteurs, dont les remarques ont été prises en compte dans la version finale.
La conformité juridique de ce document a été validée par Me Olivier Poinsot, agissant au nom de la SCP Grandjean.
Note aux lecteurs
Pour répondre à la variété des contextes, la forme de cette recommandation sappuie largement sur des illustrations concrètes couvrant lensemble du secteur et permettant de faire partager quelques-unes des expériences existantes. Ces exemples sont uniquement là pour éclairer le propos ; ils nont pas de caractère exhaustif, et ne constituent pas des recommandations. Sils ne sont pas transférables en létat, ils peuvent inspirer des initiatives dans les établissements de même type, et souvent dans les autres.
2. Délimitation du champ de la recommandation
2.1 Louverture
Louverture est entendue comme un double mouvement, à et sur lenvironnement, cest-à-dire avec lidée :
% de faciliter la venue à l intérieur de l établissement : des familles, des bénévoles, des partenaires, des visiteurs& L établissement est alors une ressource pour l environnement;
% d aller vers l extérieur de l établissement afin d intégrer les personnes accueillies dans la ville ou le village, sensibiliser cet environnement social à laccueil des personnes et créer les conditions dun enrichissement mutuel. Létablissement sappuie sur les ressources de lenvironnement.
Si la thématique de louverture évoque les réseaux et le partenariat, il convient de préciser que :
" toute pratique d ouverture ne débouche pas automatiquement sur la formalisation d un partenariat ;
" tout partenariat n est pas automatiquement relié à une pratique d ouverture (cf. les phénomènes de « filière » dans lesquels certains publics sont enfermés).
Dans cette recommandation, le partenariat est évoqué au regard de la thématique de louverture, sachant que la question des « Réseaux et partenariats » fera lobjet dune autre recommandation de lAnesm.
2.2 Lenvironnement
Lenvironnement recouvre deux niveaux dans la recommandation :
% le territoire dans lequel s inscrivent l établissement et les professionnels, avec ses caractéristiques géographiques, historiques, économiques, sociales, culturelles. Ce territoire est une terre d hommes et de femmes, d acteurs multiples ;
% l environnement familial et social des personnes accueillies, que cet entourage se situe sur le territoire géographique de létablissement ou pas.
Cet environnement (territorial, familial, social) nest pas statique, mais en évolution, nécessitant une adaptation continue des actions douverture.
Louverture sur lenvironnement est comprise comme une dynamique impliquant les professionnels de létablissement, les personnes accueillies, leurs proches et les acteurs du territoire
Les actions douverture ont en retour des effets sur toutes les personnes concernées, pouvant alors susciter de nouvelles formes douverture dans les projets des personnes, les actions mises en place, les accueils et les accompagnements proposés. Larrivée dun établissement ou louverture des pratiques dun établissement existant peut se révéler un facteur dynamisant pour un territoire.
Dans cette recommandation, le terme de territoire sera utilisé pour parler de lenvironnement de létablissement, et celui dentourage pour évoquer lenvironnement des personnes accueillies (les familles, les proches en général, les relations amicales et sociales
). Le terme denvironnement est conservé pour son caractère général qui permet daborder des domaines différents de ceux couverts par les notions de territoire ou dentourage.
3. Les objectifs de la recommandation
Cette recommandation consiste à identifier et mettre en valeur les bonnes pratiques douverture des établissements à et sur leur environnement. Il sagit également didentifier les conditions de réussite, les bénéfices et les limites de ces pratiques. En effet, létablissement offre aussi aux personnes accueillies un cadre sécurisant, indispensable dans une mission daccueil de personnes fragilisées. Louverture de la structure doit sélaborer en respectant cette mission de protection des personnes, et ce besoin de repères structurants présent chez un grand nombre de personnes accueillies.
La stratégie douverture a pour objectif de développer ou de maintenir le lien social des personnes tout en leur assurant un cadre de vie rassurant et structurant.
Les pratiques d ouverture se déclinent de façon très différente en fonction :
" de la typologie des situations ;
" des compétences et capacités des personnes, de leurs difficultés et de l implication de leur entourage ;
" des missions de l établissement ;
" des caractéristiques du territoire.
4. Les principes de l ouverture
Trois principes fondent l esprit de cette recommandation :
% Les interactions entre l établissement et ses environnements s effectuent dans les deux sens :
" toute action a tendance à produire une réciprocité ; cette réciprocité doit être entretenue et recherchée pour établir des interactions équilibrées dans lesquelles chacun trouve son compte ;
" l environnement est aussi susceptible de pouvoir être plus ouvert et plus accueillant aux publics des établissements ; les actions de sensibilisation et de communication, mais aussi les modalités dintervention des professionnels peuvent avoir des effets bénéfiques sur la qualité du « vivre ensemble » dans la cité.
% La stratégie d ouverture est un compromis entre :
" les ressources du territoire : c est notamment pour cette raison que les illustrations utilisées dans la recommandation ne peuvent être transférées automatiquement d un établissement à un autre ;
" les caractéristiques des situations des publics accueillis (besoins et attentes, capacités sociales, vulnérabilités, décisions judiciaires& ) qui fixent un cadre et nécessitent des précautions dans la mise en oeuvre des décisions d ouverture ;
" les missions de l établissement qui fournissent le fil conducteur des questions d ouverture.
La construction de ce compromis nécessite une approche pragmatique de la question de l ouverture.
% La mise en oeuvre de l ouverture au niveau des projets personnalisés respectera la volonté des personnes, se fera dans leur intérêt et dans une vigilance à leurs difficultés spécifiques qui se traduira par un accompagnement adapté. Elle seffectuera dans les limites instaurées par déventuelles décisions judiciaires.
La thématique de louverture est à la fois un moyen daméliorer la qualité des prestations fournies et un principe de structuration des pratiques professionnelles. Elle contribue avec la mise en place des projets personnalisés à construire les nouveaux rapports entre personnes accueillies, établissements et équipes professionnelles.
5. Plan du document
La recommandation se présente en deux grandes parties :
" la première traite de la construction d une stratégie d ouverture, et aborde successivement la phase d analyse, les principaux axes de la stratégie et l articulation avec le projet d établissement ;
" la seconde aborde les principaux leviers pour mettre en oeuvre la stratégie d ouverture. Ces leviers, directement reliés aux axes stratégiques, concernent successivement les liens sociaux et de citoyenneté des personnes accueillies, les interactions de létablissement avec le territoire et le développement du caractère accueillant de létablissement. Le quatrième et dernier chapitre de cette partie traite du soutien aux professionnels dans la mise en place de louverture.
En annexe, figurent successivement des éléments pour lappropriation de la recommandation, la liste des sigles utilisés, puis celle des établissements, organismes et personnes qualifiées, sollicités pour lanalyse qualitative. Le document se clôt sur une bibliographie. Une autre bibliographie, plus détaillée, est disponible sur le site de lAnesm ( HYPERLINK "http://www.anesm.sante.gouv.fr" www.anesm.sante.gouv.fr).
I. La stratégie douverture
La stratégie douverture est différente selon que létablissement :
% est en cours de création. L ouverture peut alors être une dimension transversale à l ensemble des questions liées à la création d un établissement ex nihilo ;
% a une histoire. La détermination de la stratégie sera fonction d une analyse tant du territoire que de l établissement, au regard de la problématique de l ouverture.
Mais quel que soit le moment de son histoire, l établissement aura intérêt à :
" fonder sa stratégie sur une analyse préalable (chapitre 1)
" définir les principaux axes de l ouverture (chapitre 2) ;
" intégrer cette stratégie dans le projet d établissement (conclusion de la partie I).
Dans cette optique, il est recommandé de :
1. Positionner l établissement dans le territoire
2. Dégager les principaux axes de l ouverture
Il s agit d analyser les interactions possibles de létablissement et du territoire, puis de construire une stratégie fondée sur cette analyse.
1. Positionner létablissement dans le territoire
1.1 Procéder à une analyse du territoire
Cette analyse, effectuée au regard des missions de létablissement, permettra de repérer :
" la « zone d influence » de l établissement sur le territoire. En fonction de ses missions et de ses activités, il s agit de délimiter le territoire avec lequel l établissement interagit ou pourrait interagir : la ville, la communauté de communes, le département, le bassin de vie&
" les besoins des personnes résidant sur le territoire, au regard des missions de l établissement ;
" les points forts/faibles du territoire sur les plans économique, social, de la vie quotidienne,
du dynamisme local (notamment associatif) ;
" les ressources partenariales indispensables et les autres ressources du territoire sur lequel est implanté ou serait implanté l établissement ;
" le positionnement de l établissement en tant qu acteur local : rôle économique, social, institutionnel et technique ;
" la pertinence de la localisation pour le public cible (proximité de la résidence initiale des personnes accueillies, transports accessibles& ).
1.2 Repérer les ressources de l établissement
L établissement possède des ressources internes qui peuvent être utiles aux autres acteurs du territoire et quil convient de repérer. Il peut sagir de ressources humaines, matérielles, déquipements à partager
1.3 Construire une stratégie douverture
Lanalyse du territoire fait souvent apparaître des points dappui possibles dans lenvironnement et/ou des points faibles. Ces derniers peuvent devenir des atouts si les missions de létablissement sont élargies, ou bien leur faiblesse peut être atténuée, par exemple, par des rapprochements envisagés avec dautres structures.
Ce « complexe détablissements » qui accueille des personnes handicapées, à lorigine totalement autarcique, a attiré chez lui une activité artisanale, touristique et commerçante. Le développement de cette activité économique a permis de donner une nouvelle impulsion au travail des personnes handicapées en établissements et services daide par le travail (Esat), qui vendent maintenant leur production agricole. Petit à petit sinstalle un esprit de village, où se côtoient personnes handicapées et valides.
Cette maison denfants à caractère social, située dans un château à la campagne, sest transformée en centre éducatif et lycée agricole préparant à deux certificats daptitude professionnelle (CAP). Le nouveau projet prévoit daccueillir aussi des élèves en difficultés scolaires hors du dispositif protection de lenfance et dexploiter le château à des fins de tourisme culturel, tandis quun nouveau CAP « tourisme » serait proposé aux jeunes.
Un positionnement pragmatique sera recherché, par définition variable selon les territoires.
Parfois, certaines implantations détablissements rendent difficiles, voire impossibles, certaines missions de létablissement. Des maisons denfants à caractère social implantées dans des endroits sans réelles ressources sociales, des foyers dhébergement pour personnes handicapées loin de toute vie sociale, sont conduits à reconsidérer leur projet détablissement.
1.4 Pour une création, choisir un territoire dimplantation porteur
Quand une création d établissement est décidée, il s agit de localiser une implantation sur un territoire :
" « vivant », où il existe une dynamique locale (que ce lieu soit urbain ou rural), latente ou manifeste ;
" proche du lieu de vie naturel des personnes accueillies, pour éviter les ruptures inutiles (sauf situation particulière nécessitant un éloignement), accessible en transports en commun afin que les personnes accueillies puissent se déplacer ou recevoir leurs proches ;
" où les partenaires indispensables à la vie du public accueilli soient accessibles. Par exemple, une école, un centre de formation, un cabinet de soins&
" où les ressources sont suffisantes pour permettre à l établissement d évoluer.
L actualisation du projet d établissement et l évaluation des prestations et actions de létablissement seront des occasions pour les responsables et les équipes danalyser les évolutions territoriales et dopérer les ajustements nécessaires.
2. Dégager les principaux axes de louverture
2.1 Construire lancrage territorial de létablissement
% Être attentif aux divers projets sur le territoire
L établissement étudiera les propositions des mairies et autres acteurs du territoire qui peuvent être à l origine d initiatives favorisant l ouverture de la structure. Il peut exister par exemple un projet de développement social ou économique, qui pourra valablement sarticuler avec le projet de létablissement, et aboutir à la création de nouvelles activités. Un tel projet peut émaner du service social dune mairie, dune association désireuse de diversifier ses missions
Par exemple, ce centre communal daction sociale (CCAS) a créé un atelier informatique dans une résidence de personnes âgées, ouvert à lensemble des habitants du quartier
Létablissement peut également répondre à des demandes des autorités locales qui lui permettent de proposer des prestations supplémentaires aux personnes accueillies, ou plus largement à dautres publics.
Cest ainsi que cet établissement dhébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) a répondu à une demande du conseil général de simpliquer dans la gestion de laccueil familial et sest groupé avec dautres établissements publics pour créer un service de gérance de tutelles. Ces initiatives ont permis au directeur de proposer une plus grande palette de prestations aux familles et des opportunités de mobilité à certains professionnels.
% Sensibiliser l environnement au projet de l établissement
Avant toute implantation d établissement, surtout si celui-ci accueille des situations pour lesquelles des problèmes de voisinage sont susceptibles démerger, il est nécessaire de mener un travail dexplication et de dialogue formel et informel avec les habitants comme avec les élus locaux.
Plus le public accueilli pose des problèmes « sensibles» de cohabitation, plus le travail de sensibilisation doit être adapté et répondre aux attentes et préoccupations des habitants et acteurs de proximité.
Ce dialogue sera ensuite poursuivi, pour entretenir à la fois des relations de bon voisinage et susciter des actions partenariales.
% Étudier l intérêt d opérer des rapprochements entre établissements
Dans le cas d établissements présents sur un même territoire, des rapprochements pourront être opérés, permettant de mutualiser des ressources et de partager des activités. Ce type de rapprochement peut offrir aux établissements des opportunités en termes de formation, échanges de savoir-faire, partage de systèmes dinformation, représentation au sein des réseaux et instances territoriales
Cette possibilité constitue un atout très important, notamment quand létablissement souhaite diversifier ses prestations et rencontre des difficultés de recrutement.
Le rapprochement de cet Ehpad avec cinq autres établissements accueillant des personnes âgées sur le territoire lui a permis de bénéficier des services dun ergothérapeute, dun pédicure, dun préparateur physique
Le travail fourni par léquipe a permis de réduire le niveau de dépendance moyenne, permettant ainsi à des personnes de retrouver ou de maintenir une partie de leurs capacités
2.2 Étudier lopportunité dune ouverture sur dautres publics
Louverture sur lenvironnement passe par lanalyse des besoins du territoire, et notamment des besoins sociaux et médico-sociaux. Ces besoins peuvent se traduire par une demande institutionnelle daccueillir des publics différents, qui peut être une opportunité pour létablissement de souvrir sur dautres publics et de repenser ses prestations au regard de ces nouveaux publics.
Louverture sur des publics différents peut seffectuer à plusieurs niveaux, du plus modeste au plus ambitieux :
" l ouverture de certaines prestations ou actions à des personnes extérieures à l établissement ;
" l extension de la prise en charge à d autres publics ressortissant du même secteur : par exemple, un centre d accueil d urgence qui accueille plutôt des hommes isolés étend son accueil aux femmes et familles, une autre structure élargit ses limites d âge, le niveau de dépendance des publics...
" l extension de la prise en charge à des publics ressortissant de secteurs différents, cette extension nécessitant la plupart du temps la création de nouvelles structures et des demandes dautorisation.
Cet Ehpad ouvre certaines de ses prestations aux personnes âgées vivant à domicile sur son territoire : restaurant, activités physiques et animation culturelle...
Pour éviter linstallation dune simple cohabitation entre ces publics et faire vivre la mixité, il convient de :
% Créer des espaces de rencontre et réunir des conditions facilitatrices
L architecture peut aider à faciliter les rencontres, avec des points de passage obligés. Des activités communes peuvent être organisées, des espaces de convivialité prévus. Le bar (sans alcool)/restaurant de cette structure accueille aussi bien des vacanciers en hôtellerie, que les résidents dun CHRS, les résidents dun Ehpad, ceux dune résidence services, et bien sûr les visiteurs et familles. Laccueil se situe dans un grand hall qui est aussi un salon pour les personnes âgées, qui participent ainsi à lanimation de cet accueil très ouvert sur lextérieur.
% Veiller au respect et à la valorisation des rôles sociaux
La mixité s effectue dans l intérêt de l ensemble des publics, en veillant à ce que chacun puisse en tirer bénéfice. Il est important de maintenir une certaine forme de vigilance pour que cette mixité ne se réalise pas au détriment dune certaine catégorie de public, notamment au regard de son rôle social. Par exemple, laccueil intergénérationnel doit permettre que les enfants, leurs parents et les personnes âgées trouvent un bénéfice éducatif, sur le plan du lien social et relationnel, voire un soutien parental
Cette rencontre des publics nimplique pas une proximité permanente. Il arrive que certaines activités fonctionnent mieux avec des publics relativement proches, aux compétences et centres d intérêt comparables. Là encore, il est pertinent de faire preuve de pragmatisme et d effectuer des essais, des expériences que l on évalue et pérennise si les effets sont bénéfiques.
2.3 Interroger les prestations et les activités
% Analyser et différencier les services rendus
Létablissement a un «coeur de métier », une raison dêtre : cest ce quil apporte de spécifique au public accueilli. Il lui arrive aussi de rendre des services importants au public, mais secondaires au regard des missions principales, et parfois mêmes mal identifiés par les professionnels eux-mêmes.
Différencier les services rendus (prestations et activités) cest-à-dire les décrire précisément permet de mieux repérer ce qui peut être laissé à linitiative des personnes accueillies ou de leurs proches, ou faire lobjet dun partenariat, ou encore ce qui doit être réalisé directement par les professionnels de létablissement.
Cet Ehpad confie son programme danimation à un prestataire externe, en raison des avantages suivants :
des liens facilités avec les services présents dans la cité ;
une mixité des publics plus aisée à organiser dans les activités ;
une réactivité plus grande.
Les prestations et activités ainsi différenciées permettront de se poser la question de lopportunité de leur ouverture, en termes :
" de respect et/ou développement du lien social des personnes accueillies : par exemple, comment permettre aux personnes accueillies en Ehpad de continuer à s appuyer sur le médecin traitant, les commerçants de proximité ?
" d appui sur les ressources locales, notamment pour les services complémentaires.
Enfin, dans certains cas, cette analyse pourra être complétée par une réflexion sur le cadre administratif des missions de l établissement : qu impose le cadre institué par lautorité administrative et lhabilitation, par la définition de la mission dintérêt général et dutilité sociale ? Quelles marges de manoeuvre autorise-t-il ?
Lexpérience montre que souvent les équipes ont une lecture maximaliste de ces limites, et quelles disposent en fait souvent de marges dadaptation plus nombreuses quelles ne le croient.
% Mettre en oeuvre les prestations et activités au regard de l ouverture
L enjeu consiste à développer des modalités qui respectent les liens sociaux des personnes accueillies, valorisent leurs rôles sociaux, les aidant à maintenir ou construire leur place auprès de leurs proches et dans la société.
Respecter les liens et rôles sociaux existants
Lentrée en établissement ne devrait pas être synonyme de rupture des liens structurant la vie affective et quotidienne des personnes accueillies. Les missions de létablissement seront remplies de manière à leur permettre de maintenir tous les liens et rôles sociaux, dans le respect des éventuelles décisions judiciaires.
Que ce soient :
" les liens familiaux et amicaux, l entourage ;
" les liens de voisinage, le recours à ses fournisseurs habituels (commerçants& ), et personnes-ressources de proximité (médecins& ) ;
" le maintien des activités quotidiennes (l école, les loisirs& ) ;
" le respect des pratiques religieuses ;
" l exercice du droit citoyen (suivi des débats politiques, vote& ) ;
" d une manière générale, l ensemble des liens et rôles qui permettent aux personnes d habiter pleinement dans leur communauté de vie (la ville, le quartier, le village, le hameau).
Développer des actions sur le territoire
Les équipes chercheront des modalités de mise en oeuvre permettant l interaction la plus étroite avec le milieu ordinaire :
" utilisation des transports publics en tant que ressource de l environnement vecteur d intégration ;
" intégration des enfants handicapés dans les établissements scolaires ;
" multiplication des places d Esat à l intérieur des entreprises ;
" ateliers de réinsertion sociale en prise avec une activité économique ;
" activités externes à visée sociale, éducative, de loisirs, de sports
(chantiers, centres de loisirs, vacances
)...
Dans cette structure qui gère un Ehpad, une résidence services pour personnes âgées et un CHRS, lorganisation du déjeuner a été confiée à une entreprise privée qui propose des stages et des emplois dans la restauration aux résidents du CHRS.
Créer du lien dans une optique dinsertion sociale ou déducation
Il est souhaitable de proposer des activités qui :
" permettent un réel échange de services : un groupe de jeunes du centre éducatif fermé va nettoyer les berges d une rivière en échange de l accès à des équipements publics&
" procurent une valeur sociale ajoutée. Ces jeunes en stage de CAP d horticulture élaborent un projet paysager qui sera utilisé par la promotion suivante, et non détruit ;
" permettent de porter un autre regard sur les personnes accueillies : activités sportives de bon ou même de haut niveau, participation à des représentations culturelles reconnues et valorisantes&
" développent une connaissance mutuelle : participation à la vente de produits d un Esat sur des marchés, exposition de tableaux à la mairie&
" permettent aux personnes qui ne se déplacent pas aisément hors de l établissement de participer à des activités d animation et de loisirs ouvertes sur des publics externes à l établissement ;
" sont susceptibles de faire partager le vécu des personnes accueillies : réseaux d écoute, d appui et d accompagnement des parents (REAAP)(6) qui permettent aux parents déchanger autour de leurs difficultés éducatives
Favoriser chez la personne une prise de distance
Louverture sur dautres manières de penser permet aux personnes accueillies de se poser des nouvelles questions sur leur situation ou de se les poser différemment. Cette prise de distance favorise la compréhension de lenvironnement dans lequel on vit. La personne peut mieux construire sa place au milieu des siens et dans sa vie sociale. Cette prise de distance savère cruciale dans les situations où la réflexion est entravée par des difficultés personnelles envahissantes ou des fragilités angoissantes. Les professionnels peuvent aider les personnes concernées à se situer dans leur environnement et leur trajectoire, en leur proposant des activités qui mettent en perspective parcours personnel et approche historique et sociétale.
Pour le directeur de ce centre éducatif fermé qui accueille de jeunes délinquants, louverture principale, cest celle qui se passe dans la tête des jeunes, le « déclic psychologique » qui se produit. Une des activités favorisant ce déclic est lactivité scolaire, structurée comme activité de pensée à partir de sa situation personnelle, permettant à la fois au jeune de :
comprendre sa situation (la gravité des faits, les enjeux, les liens avec sa famille, la
justice, le sens de la sanction, etc.) mais aussi la situer dans un contexte plus large ;
mesurer lopportunité qui lui est proposée et se représenter un avenir différent de
celui quil était en train de se construire.
% Envisager une activité économique
De nombreux opérateurs du secteur social et médico-social se sont lancés dans une ouverture au monde économique, en créant des activités économiques. Il est intéressant de constater que ces exemples sont présents sur lensemble du secteur social et médico-social : Ehpad et CHRS qui sassocient à un hébergement de tourisme, centre éducatif et de formation agricole (lycée agricole) qui ouvre son patrimoine au tourisme culturel et vend sa production de fleurs, de fruits et de légumes
Tous témoignent des effets en termes de redynamisation des personnes accueillies et de changement de posture des professionnels, qui passent plus aisément dun positionnement dassistance à celui dun accompagnement de projet.
2.4 Interroger lorganisation interne des groupes de vie
Lorganisation interne de létablissement peut être également interrogée au regard de louverture, notamment la pertinence de certains cloisonnements. Souvent, les établissements organisent laccueil en « groupes » : groupes de vie dans les foyers dhébergement pour personnes handicapées, unités de vie dans les Ehpad
Les critères de cette organisation peuvent être dordre très différent : lâge, le genre, le niveau de dépendance, le développement intellectuel&
L interrogation peut se situer à un double niveau :
" la pertinence de la clé de répartition dans ces groupes : intérêt/inconvénients de groupes d âge&
" les relations entre les différents groupes : même s il peut être pertinent de répartir les personnes accueillies, il est important de veiller à ce que cela ne crée pas un cloisonnement entre les groupes de vie, voire lisolement dun groupe de personnes.
Cet Ehpad rassemble les personnes les plus désorientées dans une unité de vie spécialisée mais elles sortent régulièrement dans la journée pour des activités quelles partagent avec dautres.
2.5 Être attentif aux acteurs du territoire
% Apprendre à travailler avec les autres acteurs du territoire
Travailler avec des personnes des professionnels ou des bénévoles venant d autres horizons est une tâche difficile, qui se heurte à de nombreux obstacles. Les difficultés à construire des ouvertures vers « les autres» sont souvent issues de représentations figées que lon a et de lautre et de sa propre mission. Mettre à plat ses représentations, expliciter le cadre dintervention de chacun facilitent le dialogue et la compréhension mutuelle.
Lanalyse des situations et des besoins du public peut être très différente selon les acteurs. Pour progresser sur ces questions, il est recommandé aux professionnels de privilégier une approche pragmatique, basée sur lexplicitation des hypothèses de travail et la construction concrète des actions à mettre en oeuvre.
% Associer opportunités et démarche volontariste
Il convient de repérer les endroits et instances de dialogue et de citoyenneté sur le territoire, pour faire connaître le projet d ouverture et prendre connaissance des propositions des autres acteurs.
Il sagit aussi dêtre réactif aux signaux des partenaires et de saisir les opportunités de travailler ensemble. On peut commencer par quelques actions modestes, qui permettent à chacun de mieux se connaître et danalyser les avantages et inconvénients pour chacun.
- Pour les acteurs repérés comme des partenaires essentiels, une démarche volontariste sera mise en place pour les approcher et construire la collaboration.
Il y a quelques années, cet externat médico-pédagogique (EMP) a commencé dintégrer quelques jeunes handicapés dans une école maternelle publique et dans un lycée privé, qui ont bien voulu se lancer dans cette expérience. Aujourdhui, les enfants de lEMP sont présents dans une soixantaine de classes.
- Pour les acteurs avec lesquels la collaboration ne sinscrit pas dans une obligation légale, il est souhaitable dutiliser les possibilités dintégration avec discernement.
Quand un acteur (une entreprise, par exemple
) nest pas favorable au partenariat proposé, il est préférable de ne pas insister, au moins dans un premier temps. Et quand un partenariat est bien installé, il est recommandé déviter de saturer le partenaire et de trop compter sur ses capacités dintégration. Lobjectif est de respecter les règles de lacteur qui accueille, et éventuellement de les faire évoluer pour faciliter lintégration. Lors de sorties culturelles ou de loisirs on veillera, autant que faire se peut, à éviter la stigmatisation des personnes et les effets de groupe trop manifestes.
% Construire une réciprocité entre les partenaires
Les acteurs s accordent à dire que le partenariat s installe vraiment dans la réciprocité, quand chacun a quelque chose à gagner à faire avec l autre, à ouvrir sa prestation à dautres publics, à accueillir telle action
Ensuite, les bénéfices vont pouvoir croître de part et dautre, et le partenariat en sera facilité.
Cet institut médico-éducatif (IME) pratique quasiment pour tous les enfants handicapés le principe de lintégration dans les crèches, centres de loisirs et milieu scolaire, que ce soit à titre individuel ou dans des classes intégrées. Parallèlement, il a développé des prestations dévaluation de situations délèves qui posent des problèmes éducatifs aux enseignants. Et ceux-ci apprécient par ailleurs davoir un adulte de plus dans leur classe
Lon repère maintenant des influences mutuelles : une plus grande prise en compte de lenvironnement familial et social des élèves par les enseignants, et du côté des équipes de léducation spécialisée, une plus grande tolérance vis-à-vis de certains comportements. En termes deffets sur les publics, il est constaté un meilleur niveau scolaire des élèves handicapés, des comportements attentifs et tolérants de la part des autres élèves.
2.6 Anticiper lévolution des fonctions professionnelles
Louverture peut offrir des opportunités tout à fait positives pour les professionnels : possibilités dévolution vers des fonctions différentes ou nouvelles, accession à des responsabilités renforcées, variété plus grande des tâches, acquisition de nouvelles compétences, atténuation de lusure professionnelle
Sur un plan collectif, louverture peut avoir des effets dans le sens dune plus grande maturité des équipes, et donner aux professionnels davantage d aisance dans la prise de parole, en fournissant des occasions à l extérieur de présenter les situations ou les pratiques.
Mais il convient aussi :
% de soutenir les professionnels dans leur positionnement
Accompagner des personnes dans différents lieux, travailler dans des contextes institutionnels variés, articuler son intervention à celle déquipes diverses : ces nouvelles modalités de lintervention sociale et éducative nécessitent une adaptation des pratiques qui doit être soutenue et guidée.
La tâche des équipes sera facilitée si elles peuvent structurer ces modalités dintervention à partir de principes clairs, et trouver un appui pour les situations particulièrement délicates.
% d analyser l impact de l ouverture sur les fonctions professionnelles
L ouverture des structures peut « impacter » fortement les fonctions professionnelles :
" les spécificités du territoire peuvent amener à créer certaines fonctions pour améliorer la complémentarité des prestations, ou à l inverse en supprimer pour s appuyer sur les ressources existantes. La coordination est ainsi une fonction majeure étroitement liée à la nouvelle organisation des prestations « en réseau ».
" l accompagnement physique des personnes à l extérieur peut mobiliser des catégories de professionnels, par exemple les aides-médico-psychologiques (AMP), sur des tâches nouvelles.
" l ouverture de l établissement à l environnement permet aussi de réaffirmer l importance de la fonction d accueil, et de l organiser pour en assurer la qualité et la permanence (cf chapitre 3 de la partie II de la recommandation).
% de repérer les compétences spécifiques des professionnels
Des personnes identifiées parce qu elles connaissent telle situation, telle méthode, tel secteur dintervention, pourront devenir « fonction ressource » sur la base de cette connaissance spécifique, et leurs connaissances être ainsi utilisées par les collègues comme par les partenaires.
En sens inverse, les équipes nhésiteront pas à solliciter les compétences des autres équipes pour les aider dans leur réflexion et leurs actions : aide au montage dactivité, soutien pour accompagner des situations difficiles, participation à lévaluation des prestations
2.7 Questionner la tension entre autonomie et protection
La prise de risques est inhérente à la vie en général, et à la prise en charge de personnes vulnérables en particulier. Il existe une tension irréductible entre la liberté de la personne accueillie, la mission dinsertion sociale et dintégration portée par les structures, la recherche dautonomie par les personnes et la protection que les établissements leur doivent.
Que létablissement soit peu ou très ouvert sur lenvironnement, les risques existent toujours, mais sont de nature différente.
Louverture de létablissement supprime ou atténue certains écueils le repli sur soi, létiolement des compétences, la désinsertion sociale et professionnelle et en crée de nouveaux se perdre sur son chemin, développer des angoisses face à des situations nouvelles
.
Il convient danticiper les effets de la stratégie douverture et de mettre en place des modalités spécifiques de protection selon les situations, afin de limiter ces écueils.
Par exemple, certaines personnes handicapées psychiques sont particulièrement angoissées
par tout type de changement. Si les effets attendus de prestations plus ouvertes sont positifs, notamment en matière de lien social, dintégration et de gestion des imprévus, il convient danticiper les difficultés et dadapter laccompagnement en conséquence.
Cette adaptation nécessite de la part des professionnels une connaissance pointue des fragilités des personnes, comme de leurs compétences.
% S interroger sur la liberté d aller et venir dans l établissement
Cette interrogation poursuit plusieurs objectifs :
" protéger l établissement, et plus spécifiquement les personnes les plus vulnérables, des intrusions émanant de l extérieur ;
" protéger les personnes accueillies entre elles, certaines étant susceptibles d avoir des comportements dangereux pour les autres ;
" éviter que les personnes elles-mêmes ne se mettent en danger.
Cette interrogation présente une dimension éthique : il s agit de parvenir à un juste équilibre entre la promotion dune autonomie réelle pour les personnes et la nécessaire prise en compte des risques inhérents à lexercice de cette autonomie. Ainsi, limiter lexistence des espaces fermés, saisir chaque occasion pour décloisonner les espaces au sein des établissements et par là-même travailler à une réelle possibilité de liberté pour les usagers, appelle en contrepoint une vigilance soutenue sur les risques que cette liberté fait peser sur la sécurité physique ou psychique des personnes accueillies.
Promouvoir louverture revient ici pour un établissement à accepter de conserver la tension inhérente entre la liberté et la sécurité, et de ne pas lévacuer une fois pour toutes à loccasion dune décision (architecturale, organisationnelle, ou autre).
Ce dernier point est dautant plus important quand les publics ont des capacités et des types de vulnérabilité très divers. Les règles pourront alors être adaptées aux situations individuelles, et un travail dexplication sera mené auprès des personnes accueillies, notamment au travers du conseil de la vie sociale. La mixité des publics permet aussi quune surveillance informelle se mette en place, et que les personnes accueillies veillent les unes sur les autres.
Les équipes de cet Ehpad, confrontées à ces problèmes de manière habituelle, ont mis en place des procédures basées sur le partage de linformation autour des risques liés à des situations précises. Cette vigilance particulière permet doptimiser laide à la décision en cas d incidents.
La formalisation de ces points de vigilance, selon leur nature individuelle ou collective, apparaîtra sur des supports adéquats : contrat de séjour, projet personnalisé, règlement de fonctionnement&
% Sécuriser les trajets et assurer une surveillance
Quand les personnes accueillies présentent des difficultés d orientation et que leurs activités se situent hors de l établissement, il convient de :
" sécuriser les trajets, tout en respectant et développant l autonomie des personnes ;
" être informé des absences par les partenaires.
Cest ainsi que cet IME entretient des relations avec les commerçants de proximité susceptibles daider les jeunes handicapés et, le cas échéant, de signaler les difficultés. Il a également développé les compétences des enfants pour se repérer, décrire les lieux où ils se trouvent, connaître les alternatives au moyen de transport habituel, et
savoir utiliser un téléphone portable.
% Partager la prise de risques avec les représentants légaux
C est par le dialogue et le croisement des avis des personnes elles-mêmes, de leur entourage et des professionnels (internes à l établissement, libéraux intervenant dans la structure et partenaires) que sont prises les décisions liées aux risques à courir en terme douverture. Ces décisions font partie de la réflexion générale autour du projet personnalisé, et figurent dans le document support du projet personnalisé, afin de pouvoir suivre les actions et les évaluer, le moment venu.
Ouverture et projet détablissement
Louverture est une question transversale au projet détablissement, cest-à-dire quelle concerne lensemble de ses volets. À ce titre, elle doit être intégrée dans la stratégie de létablissement.
Louverture impacte en effet la définition des missions et des prestations, la catégorisation des publics accueillis, les modalités des actions et interventions proposées aux personnes, le choix dimplantation de la structure, son organisation et les pratiques managériales.
Il est recommandé, dans la démarche délaboration du projet détablissement :
" de traiter cette question d emblée de manière transversale lors d un premier projet ;
" d intégrer cette transversalité peu à peu en se fixant des objectifs précis à l occasion
des actualisations du projet d établissement.
Sur la base de l analyse du territoire et de la connaissance des ressources, létablissement définira ainsi les objectifs et les modalités de mise en oeuvre.
Selon les missions et lhistoire de létablissement, les axes du projet pourront sappuyer sur les théories des chercheurs qui ont étudié les bases du développement social local, les réflexions sur la valorisation des rôles sociaux, lempowerment et les approches communautaires en vigueur aux Etats-Unis et au Canada, les expériences européennes
ou encore les approches qui ont remis en cause les pratiques denfermement psychiatrique.
Lobjectif est dexpliciter le sens de cette ouverture au regard de la culture de létablissement, et den montrer les avantages attendus pour la progression de la qualité des prestations. La réflexion, couplée à une recherche de la qualité des prestations et de linsertion des personnes, mobilisera les équipes pour la concrétisation des nouvelles orientations. Les questions éthiques autour de la tension entre lautonomie des personnes et leur protection seront abordées et, de manière générale, les pratiques douverture seront questionnées au regard de la dimension éthique.
La thématique de louverture impacte également la démarche même de construction du projet détablissement. La participation de lensemble des acteurs concernés (ou potentiellement concernés) par louverture sur le territoire sera sollicitée.
Les équipes mettront ainsi plus facilement en oeuvre ces orientations douverture en se représentant leurs liens avec les évolutions de létablissement.
II. Les leviers de louverture
Cette partie développe de manière plus opérationnelle les pistes stratégiques précédentes. Successivement seront abordés le développement des liens sociaux et de citoyenneté des personnes accueillies (chapitre 1), les interactions de létablissement avec son environnement territorial (chapitre 2), puis le développement du caractère accueillant de létablissement (chapitre 3), dans sa dimension humaine, architecturale, organisationnelle et de communication et enfin, le soutien des professionnels dans la mise en oeuvre de louverture (chapitre 4).
Ces propositions constituent une base de réflexion pour les responsables et les équipes. Elles nécessitent dêtre adaptées aux situations accueillies et de dégager des priorités conformes aux choix stratégiques de létablissement.
1. Développer les liens sociaux et de citoyenneté des personnes accueillies
1.1 Faciliter les liens des personnes avec leurs proches
Chaque personne accompagnée développe des liens spécifiques avec ses proches. Certains peuvent souhaiter distendre ou suspendre ces liens, dautres doivent en être protégés. Lobjectif, au travers du dialogue instauré à loccasion du projet personnalisé, est daborder la question, de permettre aux personnes concernées de faire leurs choix, de comprendre et prendre en compte les causes des éventuels replis sur soi.
Entretenir les liens existants
Il convient de faciliter et rendre agréable la visite de lentourage et de garantir une certaine intimité. La chambre dun résident devrait offrir un minimum despace et de mobilier pour recevoir ses proches.
Les équipes aideront les résidents qui le souhaitent à conserver des liens avec les personnes de leur entourage qui les ont aidés avant leur entrée dans létablissement : auxiliaire de vie sociale, voisins
Ces Ehpad proposent une large amplitude horaire pour les repas, de manière à ce que chaque résident puisse inviter son entourage avec une certaine souplesse horaire.
Plusieurs Ehpad témoignent de ce que linformatique et Internet facilitent un lien vivant entre grands-parents et petits-enfants, plus riche parfois quen face-à-face et, surtout, plus facile à activer.
Quand une décision de placement impose la séparation provisoire dun enfant ou dun adolescent et de sa famille, il convient de :
" faciliter l exercice de l autorité parentale dans les limites décidées par le magistrat;
" permettre à l enfant de conserver tous les liens non interdits dans les attendus de l ordonnance : liens avec la fratrie, les membres de la famille élargie, les camarades, les adultes importants (enseignants, moniteurs des activités sportives et de loisirs& ) ;
" permettre à l enfant de continuer ses activités scolaires, culturelles, de loisirs&
Renouer des liens distendus
Dans le cadre de l insertion, les professionnels, sous réserve de laccord des personnes et des éventuelles décisions judiciaires, inviteront les personnes à renouer des liens avec leurs proches, et les accompagneront dans cette démarche. Ces proches pouvant être, outre conjoint et enfants, les amis, les collègues, les connaissances, sous réserve que lactivation de ces réseaux ne soit pas préjudiciable à linsertion sociale durable (par exemple, lentourage de certaines personnes souffrant daddictions qui peut savérer peu aidant pour linsertion).
Créer un réseau relationnel
Il est recommandé de mettre en place des rencontres régulières inter-institutions, spécialisées ou pas, afin de proposer des espaces de rencontre aux personnes accueillies qui leur permettent de développer des opportunités plus étendues, pour leur vie amicale, affective et sexuelle.
La participation des personnes à des groupes de paroles (au sens large du terme), déchanges de savoirs, dentraide mutuelle, dont lobjectif est le développement de liens et de relations sur le territoire de vie, sera encouragée.
1.2 Ouvrir létablissement à lentourage des personnes accueillies
Cette question du lien entre les professionnels et lentourage des personnes accueillies, centrale dans la prise en charge des personnes, nest traitée ici que sous langle de louverture de létablissement à lentourage des personnes accueillies.
Les rapports entre établissement et entourage se présentent différemment selon les types de situations (protection de lenfance
) et selon les situations individuelles. Mais dune manière générale, la famille constitue un appui important, voire vital pour les personnes accueillies. Létablissement est encouragé à se montrer accueillant envers les familles et dune manière plus générale, envers lentourage des personnes quil accueille et à développer des coopérations avec cet entourage.
% Intéresser les proches à la vie de l établissement
L ensemble des paragraphes qui suivent s adresse particulièrement aux établissements accueillant des personnes âgées ou handicapées. Mais il peut aussi concerner d autres types d établissements, en veillant au respect déventuelles décisions judiciaires.
Il est important doffrir un accès le plus libre possible aux familles dans le respect de lintimité des personnes et de leur volonté et denvoyer le message global que les personnes accueillies sont « chez elles » et peuvent recevoir les visites au moment où elles le souhaitent. Les horaires susceptibles de gêner les personnes elles-mêmes (moment de la toilette, du coucher
) pourront être expliqués dans le cadre dun dialogue où les positions de chacun pourront sexprimer.
Parfois, les familles qui rendent visite aux résidents de certains établissements participent de facto à la convivialité des lieux. Les aidants qui souhaitent sinvestir bénévolement dans des activités et des animations doivent pouvoir le faire, si cela ninterfère pas négativement avec le projet personnalisé du résident.
% Respecter la place et le rôle des proches
Les familles sont associées au projet personnalisé, dans un rôle différent selon les situations et le statut des personnes accueillies. Leur représentation et participation au conseil de la vie sociale seront proposées, encouragées et facilitées par les professionnels. En dehors des temps de rencontre réguliers liés au projet personnalisé de la personne accueillie, il est important que les familles puissent être reçues et écoutées par le responsable détablissement à la demande et que leurs propositions et remarques soient prises en compte. Les parents délèves seront invités à ce titre aux différentes instances liées à la scolarité de leur enfant.
Les parents de jeunes handicapés seront aidés par les professionnels lors du passage de leur enfant dans une structure daccueil pour adultes. Ce passage nécessite en effet pour le jeune et ses parents un positionnement différent, dans lequel les parents poursuivent une fonction de protection, mais auprès dun adulte dont lautonomie doit être respectée.
Dans cet IME qui développe des pratiques dintégration très poussées, les professionnels adoptent aussi une posture très ouverte aux attentes des familles en matière éducative. Les parents sont qualifiés de partenaires et cest une véritable co-éducation qui se met en place.
Cette posture très respectueuse de la place des parents entraîne une modification de la place de lenfant dans la famille. Lintégration de leur enfant à lécole, la manière étroite dont ils sont associés au déroulement du projet personnalisé de leur enfant, sont autant de facteurs qui diminuent considérablement la pression sur les parents. Léquilibre familial tend à se modifier positivement.
1.3 Développer les liens de citoyenneté
% La personne accueillie en tant que sujet de droits civiques
Il est recommandé d encourager les adultes accueillis à connaître et exercer leurs droits de citoyen, notamment en les invitant à voter(14) et à participer aux réunions d information et aux débats. Les accompagnements adéquats seront mis en oeuvre pour leur permettre dexercer concrètement ces droits. Des débats seront également organisés au sein même des établissements pour les personnes qui le souhaitent et qui ne peuvent pas se déplacer hors de létablissement. Le conseil de la vie sociale pourra aussi rassembler les suggestions liées à lamélioration de la vie à lintérieur de la cité, et les faire connaître aux élus ou candidats.
Pour les enfants et les jeunes, lenjeu consiste à les sensibiliser aux questions de société et de citoyenneté, notamment au moyen de débats. Il est important que ces échanges soient loccasion daborder des thèmes sensibles, suscitant la réflexion et permettant dinterroger les liens dappartenance des jeunes et leurs convictions.
Quand il existe, le conseil municipal des jeunes est par exemple un lieu stimulant pour évoquer les questions liées aux projets des jeunes, aux difficultés rencontrées et, dune façon générale, pour sexercer à la citoyenneté.
% La personne accueillie exerçant sa citoyenneté
Les projets collectifs et actions permettant aux personnes accueillies de s investir pour une cause citoyenne seront encouragés. On sait combien ce type de projets est mobilisateur pour les jeunes comme pour les personnes en insertion. La citoyenneté abordée ici se présente sous deux angles :
% une citoyenneté de solidarité, avec des actions permettant d exprimer sa solidarité avec d autres personnes ou populations en difficulté. Cette solidarité peut s adresser à son environnement proche (solidarité de proximité) ou plus lointain.
C est ainsi que ce CHRS travaille en collaboration avec un lycée pour l envoi d objets
de récupération au Bénin.
% une citoyenneté d ouverture culturelle, qui permet aux personnes concernées de sortir de leur monde et de leurs repères habituels, pour rencontrer dautres formes dexpression culturelle et dorganisation sociale. Les projets permettant des contacts avec des pays étrangers et des cultures différentes seront ainsi soutenus.
Par exemple, cet Ehpad qui accueille des personnes dorigines variées ou qui ont séjourné au cours de leur vie dans des pays différents, propose des animations et des menus valorisant la culture et la gastronomie de ces pays.
% La personne accueillie en tant qu habitant d une ville/d un village
Résidant dans une ville ou un village, les personnes accueillies auront accès à l ensemble des services et prestations organisés sur le bassin de vie.
Il est du ressort de l établissement de permettre cet accès :
" en facilitant les déplacements ;
" et en laissant la gestion directe de leur argent aux personnes (sauf décision judiciaire contraire), pour leur permettre d exercer leurs droits de consommateur.
Pour les personnes qui ne peuvent pas du tout se déplacer, la venue de commerçants et prestataires de services pourra être organisée à l intérieur de la structure, en respectant les règles de la concurrence.
% La personne accueillie, en tant que citoyen d un établissement et bénéficiaire dune prestation sociale
Limplication citoyenne des personnes accueillies sexprime particulièrement dans le conseil de la vie sociale (CVS), outil dexpression collective prévu dans la loi du 2 janvier 2002. Il est recommandé de favoriser les rapprochements entre représentants des CVS de différents établissements ; les représentants des personnes accueillies et éventuellement des familles ont ainsi accès à la connaissance dautres modalités daccueil et daccompagnement, dautres prestations, dautres formes dorganisation
Louverture des CVS à des personnalités représentant la société civile (élus locaux, responsables associatifs, personnes-ressources
) et plus spécifiquement à des associations dusagers, peut savérer une ouverture intéressante. La participation des familles daccueil qui travaillent en lien avec létablissement pourra être envisagée.
Participer à des instances de consultation initiées par les pouvoirs publics ou les fédérations pour construire et suivre les politiques sociales, peut s avérer un investissement intéressant, créateur d un réseau pour les personnes concernées.
Par exemple, ces personnes accueillies en CHRS participent aux travaux d une « commission usagers » au sein d une instance départementale autour de l insertion.
% La personne accueillie pouvant sengager dans la vie associative
Il est stimulant pour lexercice de la citoyenneté des personnes accueillies dencourager leur participation dans les conseils dadministration et de manière plus générale, de soutenir celles qui le souhaitent à sinvestir dans des actions bénévoles.
Il est recommandé aux professionnels de se mobiliser pour faciliter cet engagement citoyen, en repérant les souhaits et potentialités des personnes et les freins éventuels dans lenvironnement.
2. Interagir avec le territoire
2.1 Participer aux actions initiées par lenvironnement qui concourent au « vivre ensemble »
On privilégiera les actions qui développent les liens avec lenvironnement, font connaître la structure aux « voisins » et font connaître aux personnes accueillies et aux professionnels la vie du voisinage : fête des voisins, journées du patrimoine, fête de la musique, fêtes du quartier
Quand des réunions locales sont organisées pour mobiliser les initiatives des habitants ou réguler leurs différends, il est recommandé que létablissement y participe et invite les personnes accueillies à y participer.
2.2 Être un lieu-ressource pour lenvironnement
Faire profiter lenvironnement des services et des équipements de létablissement
Il sagit là de faire profiter le voisinage de certaines actions menées dans létablissement qui peuvent être accessibles à tous publics et de ressources générales de type : locaux à prêter à la mairie, aux associations, parcs à ouvrir au public, manifestations médiatiques partagées
Ces services et ces échanges de bons procédés créent la confiance nécessaire pour développer des actions communes.
Cet Ehpad a ouvert certaines activités danimation à des habitants du quartier. Cela permet dattirer lextérieur, ce qui est important pour les personnes les plus dépendantes qui ont moins doccasions que les autres de sortir. Ou encore cet établissement de protection de lenfance a ouvert aux familles du quartier les groupes de paroles organisés pour « ses » parents.
Tel établissement prête sa salle de réunion aux associations du village, tel autre loue à des particuliers le soir le restaurant, pour des réceptions ; cet autre permet le dimanche au public daccéder à son parcours de santé construit par les jeunes dans le parc du centre éducatif
Être un lieu ressource pour les autres professionnels
Les équipes peuvent faire profiter de leurs compétences dautres professionnels, du même domaine ou dautres spécialités.
Cette équipe déducateurs spécialisés dans les questions de handicap fait profiter des enseignants de son savoir-faire en termes de relations avec les parents ; cette équipe de protection de lenfance organise régulièrement des conférences/débats ouverts aux travailleurs sociaux du quartier
Rapprocher du secteur social et médico-social l 2.3 e monde de lentreprise et de la formation
Les missions des Esat et des CHRS les incitent à un rapprochement avec le monde de lentreprise, mais celui-ci nest pas facile à mettre en oeuvre. Ces mondes sont encore largement étanches et la formation des intervenants sociaux ne les prépare pas toujours à prospecter du côté du milieu ordinaire de travail et de la formation.
Les difficultés des personnes sont mises en avant comme un obstacle majeur. Cependant plusieurs initiatives témoignent à la fois des bénéfices que les personnes retirent de ce rapprochement et du caractère surmontable de ces obstacles réels, par exemple :
" en repérant le type de soutien dont l entourage professionnel pourrait avoir besoin pour accueillir la personne, les conditions qui faciliteraient cet accueil ;
" en mettant en place un système de tutorat dans l entreprise ;
" en recherchant l appui d un spécialiste du monde de lentreprise prospecteur commercial, conseiller dorientation et de placement susceptible de faire évoluer aussi bien les interlocuteurs de lentreprise que les personnes elles-mêmes dans leur projet dinsertion professionnelle et ainsi de rapprocher la demande de loffre demploi.
Les personnes accueillies ont des capacités et des compétences, notamment sociales. Lutilisation de la validation des acquis de lexpérience (VAE) et, dune manière générale, des bilans de compétences peut savérer pertinente pour positionner les personnes sur le marché du travail, en révélant notamment les compétences cachées ou peu exploitées.
Les réponses des travailleurs handicapés de cet Esat hors les murs à une enquête de satisfaction mettent en avant les avantages suivants par rapport à lEsat interne :
cest avant tout une promotion en matière de citoyenneté et dimage sociale : les personnes se sentent plus « normales» et davantage « travailleurs» qu« handicapées» ;
il y a une reconnaissance de leurs compétences ; on leur fait faire des choses nouvelles et il faut sadapter ;
cela déclenche une remise en question des modalités de vie et des envies nouvelles, dues à une confiance en soi plus grande : souhait de quitter les parents, de prendre un appartement, de vivre en couple, de fonder une famille
Les personnes ont limpression davoir un « vrai » travail, qui les rend à la fois moins « différentes » et plus adultes, ce qui nétait pas le cas quand elles ne côtoyaient que des collègues rencontrant le même type de difficultés.
Du coup, les demandes des personnes en termes daccompagnement social évoluent et alors que la préparation était axée sur laccompagnement en entreprise, cest surtout un accompagnement vers louverture sociale que les personnes attendent, notamment sur le plan des loisirs, de la culture, de la vie relationnelle et affective.
Rapprocher le monde de la culture du secteur 2.4 social et médico-social
Une grande partie des publics du secteur na pas ou peu accès à la culture. Pourtant, outre qu il s agit d un droit constitutionnel(15), l accès concret à des actions culturelles reste un volet parfois insuffisamment exploité par les établissements.
Les initiatives les plus intéressantes :
" suivent les goûts des personnes. Les choix culturels ne peuvent pas être imposés, mais suivront les centres d intérêt des personnes, ainsi que leurs talents ;
" les positionnent en tant qu actrices autant que consommatrices, notamment par le biais de la technique et de la logistique autour dévénements culturels.
Ainsi ce CHRS expose des créations réalisées par des femmes accueillies. En sappuyant sur cette exposition, des visites dans des musées ont été organisées, pour travailler la technique du dessin.
Cet établissement de la protection de lenfance a proposé aux organisateurs dun festival de soccuper de la billetterie et du transport des artistes. Les jeunes, accompagnés des éducateurs, réalisent ces prestations. En échange, ils ont lautorisation dassister gratuitement aux manifestations ou spectacles. Cest aussi loccasion de créer, entre léducateur et le jeune, une relation différente de la relation« aidant/aidé ». Ils forment à deux une équipe de bénévoles au service dautres personnes.
Cet Esat a formé une troupe dartistes ayant le statut de travailleurs handicapés dont les trois secteurs dactivités sont la création musicale, les arts plastiques et la création de spectacles. Dans le prolongement, lEsat a ouvert un espace déchanges culturels. Cette salle de spectacles-galerie, devenue aujourdhui un acteur culturel à part entière de la ville, permet à une équipe de personnes handicapées de travailler dans les domaines de la création artistique, de la technique, de laccueil et de la communication.
2.5 Faciliter laccès aux nouvelles technologies de linformation et de la communication (NTIC)
Les NTIC pourront donner loccasion aux personnes délargir leur horizon, que ce soit dans les CHRS où linsertion sociale et professionnelle sen trouvera dynamisée, les foyers pour personnes handicapées, ou encore lesMecs, où ces outils pourront, par exemple, être utilisés collectivement pour alimenter des débats. Les professionnels aideront les personnes à sen servir, avec lappui éventuel de ressources bénévoles qualifiées sur ce champ.
De nouveaux équipements et progiciels pallient aujourdhui des incapacités ou de manière plus générale, des situations de mobilité réduite ou léloignement de lentourage des personnes accueillies.
Cet Ehpad a équipé les espaces collectifs et envisage peu à peu déquiper les chambres. Il utilise un progiciel et des écrans tactiles faciles dutilisation pour multiplier les contacts des résidents : une fois les données entrées, on peut accéder à des photos de membres de sa famille, on clique pour ouvrir sur une page que lon peut envoyer au destinataire
Le résident peut aussi choisir des achats chez ses commerçants habituels, ou encore sinscrire à une sortie. Il est prévu que le choix des menus ou de lanimation puisse aussi se faire par ce moyen.
2.6 Encourager lintervention des bénévoles
Les interventions de bénévoles, complémentaires de celles des professionnels, participent du lien social et de lexercice concret de la solidarité envers les personnes accueillies. Celles-ci profitent de la présence de ces bénévoles qui concourent à diversifier leurs liens sociaux.
Les bénévoles se révèlent aussi des relais de communication vis-à-vis de lenvironnement, en contribuant à la reconnaissance de létablissement.
Il existe aussi un bénévolat « discret », auquel participent les personnes accueillies elles-mêmes
quand elles sentraident, les familles quand la solidarité les portent au-delà des liens personnels, et parfois les professionnels eux-mêmes, susceptibles de sinvestir au-delà de leur contrat de travail.
En aucun cas les bénévoles ne seront utilisés pour pallier des manques éventuels de personnels qualifiés. Mais les frontières entre les différents acteurs courent le risque de se retrouver brouillées, ce qui nuit à la lisibilité des interventions, introduit un flottement dans les responsabilités, et peut générer des conflits interpersonnels.
D où l utilité de :
% Construire un cadre pour l action des bénévoles
La loi prévoit que les associations qui organisent l intervention de bénévoles doivent conclure une convention avec létablissement, qui précise le cadre de cette intervention. Pour les établissements dont la taille et les ressources propres ne permettent pas lencadrement des bénévoles, il est recommandé de faire appel à des associations plutôt quà des bénévoles isolés.
Il est recommandé de préciser le cadre dintervention des bénévoles, en mentionnant :
" le type d activités ;
" les compétences attendues ou souhaitées ;
" les engagements des bénévoles : la période, le rythme, les formations éventuelles à suivre, les réunions éventuelles&
" les engagements de l établissement vis-à-vis des bénévoles ;
" les modalités d assurance ;
" le respect des règles de discrétion et de confidentialité.
Le positionnement des bénévoles sera facilité s ils peuvent s adresser à un interlocuteur repéré au sein des équipes professionnelles.
% Faire participer les bénévoles au projet détablissement
Selon le nombre et la nature de lengagement des bénévoles dans létablissement, il pourra être intéressant de les associer aux groupes de travail sur la construction ou lactualisation du projet détablissement. Ils seront informés des procédures liées au signalement des faits de maltraitance et seront associés aux actions de prévention de la maltraitance.
% Élargir le bénévolat
Les établissements peuvent, en lien avec l analyse du territoire et selon les projets et besoins des personnes accueillies :
" monter des actions nouvelles de bénévolat
Cet établissement de la protection de l enfance a sollicité des familles soigneusement sélectionnées, formées et encadrées par l équipe, pour devenir « familles d hôtes » qui accueillent ponctuellement certains jeunes pour des week-ends, séjours de rupture&
" diversifier le type d engagement
C est ainsi que ce CHRS a étoffé le groupe de résidents encadrant l activité « brocante » en renforçant leur équipe avec des résidents du centre d accueil des demandeurs d asile voisin. Ceux-ci améliorent ainsi leur pratique du français par cet accueil bénévole.
% Soutenir les bénévoles
Dans les situations disolement notamment, il est important de soutenir leur engagement, en encourageant par exemple le rapprochement des bénévoles intervenant dans un même établissement, et en créant des espaces de paroles où ils peuvent exprimer leur ressenti. Des périodes dintégration « tuteurées» par un bénévole expérimenté, sont également possibles.
Dans la mesure du possible, le bénévolat de proximité sera préféré à un éloignement géographique trop important, qui risque de décourager le bénévole.
Tout au long de cette recommandation on a utilisé le terme de « personnes accueillies ». De fait, la première mission des établissements est daccueillir. Au fil du temps, celle-ci a pu être oubliée et la thématique de louverture permet den questionner la qualité de mise en oeuvre.
3.1 Mener une réflexion approfondie sur la fonction daccueil
La qualité de laccueil est un enjeu important pour létablissement. Lon sait combien les premiers contacts avec les nouveaux arrivés impriment durablement les relations entre équipes et personnes accueillies.
Ouvrir létablissement sur lextérieur accentue encore la nécessité de construire les conditions dun accueil convivial : la qualité de laccueil des visiteurs et familles impacte la relation avec les professionnels. Il est courant que les personnes indisposées par le premier accueil soient tentées de porter un jugement négatif sur lensemble des prestations.
Laccueil est à la fois une fonction susceptible dêtre portée par des professionnels identifiés et une posture commune à lensemble des intervenants. Quand létablissement est ainsi un lieu de vie ouvert sur lextérieur, il est important que chaque professionnel, quelle que soit la place quil occupe, se sente investi de laccueil tant des personnes elles-mêmes que des familles et des visiteurs.
Ce résident dun Ehpad disait, après mûre réflexion, que la plus grande qualité des professionnels quil côtoyait était la gentillesse.
Les personnes accueillies elles-mêmes, sont susceptibles de participer à cette « qualité de laccueil ».
Laccueil peut aussi correspondre à une fonction repérée (agent daccueil, secrétaire...), qui sera alors valorisée, quil sagisse de laccueil physique ou téléphonique. Les professionnels qui occupent cette fonction seront formés et soutenus pour procurer un accueil professionnel et convivial (disponibilité, caractère chaleureux des premiers échanges, capacité de présentation de la structure, de renseignement et dorientation...).
Le livret daccueil témoignera, dans sa forme comme dans son contenu, de louverture de la structure et de son caractère accueillant.
Il est recommandé de mener une réflexion sur létendue et le sens de la notion daccueil à loccasion de lactualisation du projet détablissement. Il importe alors que lensemble des personnels soit impliqué dans cette réflexion.
3.2 Questionner la pertinence de larchitecture
Larchitecture traduit le double caractère de protection et douverture de létablissement.
% Le rapport au patrimoine
Certains établissements occupent des bâtiments qui ont à la fois une histoire et une esthétique. Cette histoire fait partie de leur inscription sur le territoire, et ils contribuent à façonner l identité d un village ou d un quartier.
Lesthétique des lieux peut être un atout important, notamment dans la perspective de mailler les missions de la structure avec une activité touristique, ou tout simplement pour provoquer une attractivité des promeneurs vers létablissement.
Mais le principe du respect du patrimoine doit être confronté à la mission dinsertion sociale de létablissement, et celle-ci sera privilégiée.
% La situation de l établissement
L établissement peut se présenter concrètement sous la forme d un bâtiment centralisé ou de lieux dispersés dans la ville.
Pour les lieux d habitation, en règle générale, les petites structures intégrées seront privilégiées, afin de faciliter linscription sociale des personnes, laccueil de leurs proches et lexercice de leurs activités quotidiennes.
Cet établissement de la protection de lenfance a opté pour des lieux disséminés sur la ville, choisis selon lactivité et les objectifs poursuivis : lieux ouverts à tous situés en pleine ville, lieux semi-ouverts situés dans une zone dactivités (activité professionnelle ou de formation), lieu réservé en périphérie de la ville, permettant de se ressourcer
Il a également choisi d en être locataire pour pouvoir plus facilement changer de local.
Quelle que soit la formule ou la combinaison de formules choisie, les lieux seront banalisés s il y a un risque de stigmatisation pour le public accueilli.
% L agencement des lieux
La distribution des lieux répondra à plusieurs niveaux d ouverture :
" l espace vital des personnes accueillies. C est l espace de chaque personne accueillie, qui doit pouvoir être fermé afin de préserver l intimité de chacun ;
Au sein de ce CHRS, les actes agressifs ont beaucoup diminué lorsque chaque résident a disposé d une chambre suffisamment spacieuse et que son espace vital a été ainsi respecté.
" des espaces de convivialité restreints, où les personnes peuvent se retrouver en petits groupes pour des activités ou du repos ;
" dans le cadre de structures de grande taille, des espaces de convivialité plus larges : le hall d accueil, le restaurant& qui gagnent à être à la fois largement ouverts pour faciliter la mixité tout en permettant de s isoler avec l un ou lautre.
Cest le cas dans cette structure qui accueille en fait plusieurs types détablissements et de publics, mais qui a un grand hall daccueil de type hôtel ouvrant sur un self-service utilisable par tous.
Dans le hall daccueil de cet Ehpad, des jeux pour enfants, une boîte aux lettres de la Poste, ont été installés et les résidents qui le souhaitent profitent et participent de lanimation de ce lieu de passage.
" un agencement des prestations en fonction des spécificités.
Les chambres de ce CHRS sont disséminées au milieu des studios de l Ehpad, avec les locaux médicaux au centre. Les personnes y ayant recours régulièrement profitent des chambres les plus proches de léquipe soignante.
3.3 Améliorer la communication
Dans le secteur social et médico-social, lidée même de communication est parfois mal considérée, ce qui a conduit à rendre certains établissements particulièrement opaques et à susciter de fait un réflexe de méfiance dans lenvironnement.
Lenjeu dune communication de qualité avec lenvironnement répond à un triple objectif :
" modifier les représentations du public, le regard porté sur les personnes accueillies ;
" améliorer la visibilité des services rendus aux personnes et à l environnement ;
" mettre en valeur la qualité du travail effectué.
% Construire une communication continue
Il s agit essentiellement :
" de faire connaître et valoriser les actions d ouverture ;
" d attirer le voisinage et les partenaires vers l établissement, les amener à se renseigner ;
" d aider les professionnels, stagiaires, bénévoles à transmettre le projet de la structure.
Diriger un établissement social et médico-social, accueillir et accompagner des personnes vulnérables ou en difficulté, vivre tous ensemble au sein de la structure, est une tâche complexe. Des choix difficiles sont faits, des expériences sont tentées, des risques sont pris, dans un contexte humain particulièrement sensible. Pour que létablissement prenne et tienne sa place sur le territoire, il est recommandé quil ne cache pas les difficultés et quil communique sur lensemble de son projet de structure pour faire comprendre ses principes d intervention et ses objectifs.
% Utiliser les NTIC pour faire connaître la structure et multiplier les interactions
La création d un site Internet ouvre également de multiples possibilités déchanges et de diffusion dinformations sur létablissement. Les personnes accueillies elles-mêmes peuvent être sollicitées pour participer à alimenter le site. Elles peuvent également utiliser les reportages et les informations comme supports à leurs échanges avec leur famille. Un espace réservé aux professionnels peut également permettre un partage dinformations sécurisé.
% Intégrer l établissement aux actions de communication locales
Toujours dans l objectif de renforcer son inscription sur le territoire, ou sa place dans le paysage partenarial, les professionnels seront encouragés à participer aux actions de communication initiées par dautres ou à utiliser les supports locaux.
Cet établissement de protection de lenfance participe à des tables rondes et des rencontres avec des étudiants en travail social. Il a été à lorigine :
darticles dans la presse locale et spécialisée sur les questions qui concernent les adolescents en difficulté ou les réussites de jeunes (actions solidaires, etc.) ;
démissions de radio locales sur la protection de lenfance, la délinquance ou la maltraitance des jeunes ;
de lorganisation de colloques et conférences ouvertes à tous.
% Organiser des événements propres à faire connaître la structure
Des actions à vocation directe d information pourront être menées : journées « portes ouvertes », participation à des émissions de télévision ou de radio permettant de présenter l établissement&
% Sensibiliser les professionnels à l importance de la communication
Les actions d ouverture présentent toutes un caractère de communication. En ouvrant des activités internes à d autres publics comme en utilisant les ressources dun partenaire, en créant un accueil de jour, en développant des accueils temporaires, en accueillant des stagiaires et des bénévoles, létablissement « se montre », et linformation circule. Les professionnels sont ainsi les premiers à renvoyer une image de létablissement par leurs interventions.
4.1 Soutenir les professionnels dans la mise en place de louverture
Pour mettre en oeuvre la politique douverture, les responsables de létablissement peuvent sappuyer sur différents leviers.
4.1 Diversifier les compétences
% Privilégier la diversité
La diversité des formations de base et des parcours professionnels dans les équipes présente plusieurs avantages :
" une plus grande richesse des observations et de l écoute ;
" une plus grande capacité d adaptation pour accueillir et accompagner des publics nouveaux ;
" une compétence collective plus importante dans le travail partenarial, pour élaborer de nouvelles actions et modalités d accompagnement.
% Développer des liens avec les centres de formation aux métiers du secteur social
et médico-social
Ces liens peuvent être de plusieurs ordres :
l accueil de stagiaires
L intérêt d être « terrain de stage » se situe à plusieurs niveaux :
" pour les personnes accueillies, à qui la présence de stagiaires apporte de nouvelles occasions d échanges. Il faut néanmoins veiller à ce que la rotation des stagiaires ne devienne pas intrusive et mal vécue ;
" pour les professionnels, qui peuvent valoriser leurs compétences, tester leurs hypothèses, profiter des apports de ces observateurs souvent très attentifs, « curieux» et interrogateurs ;
" pour les responsables qui peuvent se constituer un vivier pour leurs futurs recrutements ;
" pour l établissement dans son ensemble. Les stagiaires sont aussi des intermédiaires qui diffusent des informations sur létablissement et contribuent à son image.
limplication des professionnels dans un rôle de formateur. Il est toujours stimulant pour les professionnels de coupler une dimension de formateur à leurs interventions auprès du public.
limplication des personnes accueillies dans certaines actions de formation. Les personnes accueillies ont un savoir propre sur leur situation que certaines peuvent partager avec des professionnels et des stagiaires dans un objectif de formation. Ces personnes seront choisies sur la base du volontariat et leur participation se fera dans le respect de leur projet personnalisé.
% Repérer et utiliser les compétences latentes
Les professionnels sont recrutés sur une fonction principale et pour des compétences précises liées à l exercice de cette fonction. Il est intéressant de vérifier si d autres centres d intérêt et d autres compétences ne permettraient pas d enrichir leurs activités au sein de la structure.
% Organiser l accès des professionnels à dautres approches
Des échanges avec des établissements similaires ou comparables dans dautres pays permettront aux professionnels de découvrir dautres approches du public et dautres modalités dintervention. Ils seront aussi loccasion pour eux de présenter leurs pratiques et den expliciter les fondements.
Les professionnels peuvent en attendre une connaissance renouvelée de leurs propres pratiques et la possibilité de les enrichir. Ils pourront organiser léquivalent dune veille technologique, afin de les repérer rapidement.
Dune manière générale, il est important de développer chez les professionnels une curiosité intellectuelle pour les méthodes émergentes en termes de prise en charge et daccompagnement, de leur permettre de tenter des expériences en accord avec les personnes et leur éventuel représentant légal et den évaluer les effets.
Les expériences qui permettent aux professionnels une connaissance plus intime du vécu des personnes au sein de leurs environnements établissement et hors de létablissement seront encouragées.
Dans cet Ehpad, les professionnels chargés daccueillir les futurs résidents, vont leur rendre visite quand ils sont encore à leur domicile, pour mettre en place un projet personnalisé respectueux de leurs liens sociaux.
4.2 Renforcer les compétences
% Repositionner l analyse des pratiques et la formation
La mise en oeuvre de la politique d ouverture modifie les pratiques, et le soutien aux professionnels doit s adapter à l évolution de leurs besoins. Il est recommandé de définir précisément, en fonction des missions de l établissement et de la stratégie d ouverture adoptée :
" les contenus de l analyse des pratiques ;
" le profil et les compétences attendues des intervenants ;
" les fonctions concernées par l analyse des pratiques.
Il peut également être pertinent de susciter des occasions de prendre un plus grand recul par rapport au travail quotidien, en organisant des journées de réflexion animées par un intervenant apportant un regard décalé : sociologue, philosophe, architecte
La formation permettra denrichir les connaissances et dadapter les pratiques professionnelles, notamment dans les situations daccueil de nouveaux publics(17), et laptitude à connaître le territoire et utiliser ses ressources. Quand elle est organisée à léchelle de plusieurs établissements, elle fournit loccasion déchanges plus riches. Les professionnels seront aussi encouragés à se former aux nouvelles technologies de linformation et de la communication (NTIC) pour mieux les utiliser tant dans leurs échanges entre pairs (mise en réseau des établissements
) quavec les personnes accueillies (par exemple, émissions de télévision utilisées pour lanimation des CVS
).
% Repérer et approfondir l expertise de l établissement
L établissement peut avoir développé au cours de son histoire une expertise collective sur des situations particulières ou des pratiques spécifiques. Selon les cas, dans un objectif de diffusion d expériences, de pérennisation de cette expertise et de valorisation des professionnels et de létablissement dans son ensemble, il pourra être intéressant dapprofondir cette expertise en mettant en place un partenariat avec une université, en facilitant une recherche-action, en organisant des séminaires, etc.
% Favoriser les rencontres entre professionnels
Il y a de multiples manières de favoriser ces rencontres : en organisant par exemple des journées d études formelles, des rencontres plus informelles entre établissements& Ces occasions permettent aux professionnels de se créer un réseau, de monter des partenariats, de créer ensemble des ateliers et de stimuler leurs capacités dinnovation. Pour faciliter au sein dun même établissement les échanges entre professionnels, laccueil des nouveaux professionnels sera organisé. Selon les cas, des systèmes de parrainage peuvent être mis en place et des visites, voire des « stages» dans les différents services seront systématisés.
Annexes
Annexe 1 - Éléments pour lappropriation de la recommandation
Les recommandations de bonnes pratiques professionnelles constituent des points dappui et des repères pour chaque établissement et sont destinées à une mise en oeuvre adaptée selon les publics accueillis et les missions des structures. Lappropriation pourrait sappuyer sur le fil de questionnement suivant :
% le territoire où est implanté l établissement est-il connu des professionnels ? Ses ressources
et points faibles ? Actuels et potentiels ?
% quels sont les points forts et faibles de l établissement en termes d ouverture
" sur l environnement ?
" à l environnement ?
" au sein même de l établissement (cloisonnement interne de certaines équipes, de groupes de vie& ) ?
% quels objectifs se fixer en termes d ouverture ?
% quels sont les leviers possibles à actionner
" concernant les liens sociaux et de citoyenneté des publics accueillis ?
" liés aux modalités de mise en place des services rendus ?
" concernant de nouveaux services ou de nouveaux publics ?
% quelles sont les précautions à prendre pour la mise en oeuvre ?
% quel soutien aux professionnels pour mettre en oeuvre cette ouverture ?
% quelle place pour les bénévoles au sein de l ouverture ?
Annexe 2 - Liste des sigles et acronymes
AMP : Aide médico-psychologique
Cada : Centre d accueil des demandeurs d asile
CAP : Certificat d aptitude professionnelle
CCAS : Centre communal daction sociale
CEF : Centre éducatif fermé
CHRS : Centre dhébergement et de réinsertion sociale
CVS : Conseil de la vie sociale
Ehpad : Établissement dhébergement pour personnes âgées dépendantes
EMP : Externat médico-pédagogique
Esat : Établissement et service daide par le travail
IME : Institut médico-éducatif
MARPA : Maison daccueil rurale pour personnes âgées
MECS : Maison denfants à caractère social
NTIC : Nouvelles technologies de linformation et de la communication
Reaap : Réseaux découte, dappui et daccompagnement des parents
VAE : Validation des acquis de lexpérience
Ouverture de létablissement à et sur son environnement I 45
Annexe 3 - Liste des établissements, organismes et personnes qualifiées, sollicités pour lanalyse qualitative
Association Ellipse 78, La Celle Saint-Cloud, Yvelines
CCAS de Saintes, Charente-Maritime
Centre de vie, association Passe R Aile Association pour léducation thérapeutique et la réadaptation des enfants infirmes moteurs cérébraux (APETREIMC), Magny-le-Hongre, Seine-et-Marne
Centre éducatif et de formation professionnelle, association le Moulin Vert, Le Mesnil-Théribus, Oise
CEF, PJJ, Beauvais, Oise
Cité de Clairvivre, Salagnac, Dordogne
Dispositif dappui à la périnatalité et aux soins ambulatoires (Dapsa), Paris
Esat « hors les murs », association départementale des Amis et parents de personnes handicapées mentales (Adapei) Loire-Atlantique
Esat « Lévasion », association des Amis et parents denfants inadaptés (APEI) CentreAlsace, Sélestat, Bas-Rhin
Ehpad « les Jardins », association Rester au village, Saint-Quentin-la-Poterie, Corrèze
Ehpad Enclos Saint-Léon, association Notre-Dame des Douleurs, Salon-de-Provence, Bouches-du-Rhône
Etablissement Reliances, Thonon-les-Bains, Haute-Savoie
CHRS de Maromme, Armée du Salut, Seine-Maritime
Pôle Enfance IME le Breuil, association départementale des Amis et parents de personnes handicapées mentales (Adapei) Charente-Maritime
Institut le Val Mandé, Saint-Mandé,Val-de-Marne
Les Villageoises de Cergy, association pour un urbanisme intégré (APUI),Val-dOise
Direction Retraités et personnes âgées, service Animation et vie sociale, mairie de Saint- Denis, Seine-Saint-Denis
Maison de retraite Pougny, Doulaincourt, Haute-Marne
Maison daccueil rurale pour personnes âgées (Marpa), Bréval, Yvelines
Résidence du Parc de Nesle, Nesle, Somme
Résidence Santé Cousin de Méricourt,Val-de-Marne
Service daccompagnement social, scolaire et éducatif Le Kiosque, association Oeuvre des villages denfants (OVE), Fontaine, Isère
Villa Saint Camille, association Villa Saint Camille, Théoule-sur-Mer, Alpes-Maritimes
Maryse AÏO, directrice générale, Coopérative déchanges de ressources et ingénierie sociale, Bagnolet, Seine-Saint-Denis
Gérard ZRIBI, directeur général, association Afaser, Champigny-sur-Marne, Val-de-Marne, président de lAssociation nationale des directeurs et cadres de centres daide par le travail
(Andicat), membre du Cos de lAnesm
Annexe 4 - Bibliographie
1. Textes juridiques
" Loi n° 2002-2 du 2 janvier 2002 rénovant l action sociale et médico-sociale.
" Loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l égalité des droits et des chances, pour la participation et pour la citoyenneté des personnes handicapées.
" Décret n° 2007-975 du 15 mai 2007 fixant le contenu du cahier des charges pour l évaluation des activités et de la qualité des prestations des établissements et services sociaux et médico-sociaux.
2. Rapports et documents officiels
" BRIET R., de MONTALEMBERT M. La société intergénérationnelle au service de la famille : conférence de la famille 2006. Rapport et propositions remis à Philippe Bas. Paris : La Documentation française, 2006. 126 p.
" CHOSSY J.-F. La mise en application de la loi n° 2005-102du11février2005pour l égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Rapport n° 2758. Paris : Assemblée Nationale, 2006. 153 p.
" Conseil national de l évaluation sociale et médico-sociale. L évaluation interne. Guide pour les établissements sociaux et médico-sociaux. Paris : Ministère de la Santé et des Solidarités, septembre 2006. 40 p.
" DGAS, Conseil supérieur du travail social. L usager au centre du travail social. Rapport au ministre chargé des affaires sociales. Rennes : ENSP, 2007. 15 p.
" FNARS, Sortir de la rue. Conférence de consensus Rapport du jury d audition, Décembre 2007. 51 p.
" JUILHARD J.-M., BLANC P. Maltraitance envers les personnes handicapées : briser la loi du silence. Rapport de commission d enquête n° 339, Tome 1. Paris : Sénat, 2003. 244 p.
" PICARD R. Usage des TIC par les patients et les citoyens en situation de fragilité dans leurs lieux de vie. Rapport n° I-2.2-2007. Paris : Ministère de l économie, des finances et de l emploi, 2007. 41 p.
3. Ouvrages
" ARVEILLER J.-P. Guide du bénévole social. Toulouse : Erès, 2007. 192 p.
" BESSON Geneviève. Le développement social local. Significations, complexité et exigences. L Harmattan, Coll. Le travail du social, 2008, 264 p.
" Conseil national de l évaluation sociale et médico-sociale. L évaluation interne. Guide pour les établissements sociaux et médico-sociaux. Paris : Ministère de la Santé et des Solidarités, septembre 2006. 40 p.
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" DENIEUIL P.-N. Le développement social local et la question des territoires, L Harmattan, Coll. Logiques sociales, 2005, 271 p.
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GAUCHETM., SWAIN G. La pratique de l esprit humain. L institution asilaire et la révolution démocratique. Paris : Gallimard, 1997. Coll. Bibliothèque Des Sciences Humaines.
" GEPSO. La mise en réseau des établissements et services publics sociaux et médico-sociaux. Saint-Mandé : GEPSO, 2001. 40 p.
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" PAUGAM S. Repenser la solidarité. L apport des sciences sociales. Paris : PUF, 2007. 980 p. Coll. Le lien social.
" PRIOU J. Les nouveaux enjeux des politiques d action sociale et médico-sociale : Projet de vie et participation sociale. Paris : Dunod, 2007. 336 p. Coll. Action sociale.
" WOLFENSBERGER W. La valorisation des rôles sociaux. Genève : Éditions des Deux Continents, 1997. 107 p. Collection du La Fayette.
" ZRIBI G., SARFATY J. Construction du soi et handicapmental. L enfant et l adulte dans leur environnement familial et institutionnel. Rennes : ENSP, 2000. 223 p.
4. Articles
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" DURIBREUX M. Une maison de retraite toutes portes ouvertes. Direction(s), 2005, n° 25, pp. 14-15.
" Fondation nationale de gérontologie. Citoyenneté, gérontologie et société, mars 2007, n° 120, 277 p.
" HADRI K. Principes et réalités de la coopération en action sociale et médico-sociale. Les cahiers de l Actif, mars-avril 2007, n° 370-371, pp. 7-182.
" LAUX A., HARDY L., LECLERC P. Grand âge et citoyenneté. S exprimer, choisir, décider... le plus longtemps possible. Doc animation, 2007, n° 16, pp. 53-62.
" LETOURMY A. Environnement, vie sociale et citoyenneté : approche transversale. Revue française des affaires sociales, 2003, n° 1-2, pp. 287-305.
" REICHHART F. Le lien social des personnes handicapées orientées en C.A.T. Les cahiers de l Actif, novembre-décembre 2004, n° 342-343, pp. 111-118.
" RICHARDA., CAZALS P. Un centre d aide par le travail intégré et intégrant : le CAT« SITES » Informations CREAI Languedoc-Roussillon, 1991, n° 85.
" SANCHEZ J. La dignité et la citoyenneté comme fondements des droits des usagers et l évolution des politiques sociales. Empan, 2006, n° 64, pp. 13-22
" VILLEZA. Éthique, droit et choix, droit au risque et responsabilité dans les Ehpad. Les cahiers de l Actif, novembre-décembre 2002, n° 318/319, pp.149-165.
" WOLFENSBERGW (1991), La Valorisation des Rôles Sociaux. Introduction à un concept de référence pour l organisation des services. Genève : Editions des Deux Continents (C.P.507, 1211 Genève 24, Suisse).
" ZIMMERMAN M.-A. Taking aim on empowerment research : on the distinction between individual and psychological concepts. American Journal Psychology, 1990, n° 18, pp.169-177.
5. Mémoires
" CHOTARD E. Favoriser la socialisation des enfants et adolescents accueillis en IME : rompre avec une logique d enfermement. Mobiliser l environnement pour accompagner des jeunes atteints de troubles envahissants du développement. 86 p. Mémoire CAFDES : Rennes : ENSP, 2006.
" DUFOUR-RENOUF F. Développer un projet d animation en EHPAD au service de la vie sociale des résidents. 76 p. Mémoire CAFDES. Rennes : ENSP, 2006.
6. Congrès Colloques
" FHF. (Conférence de consensus, Paris, 24-25/11/2004). Liberté d aller et venir dans les établissements sanitaires et médico-sociaux, et obligations de soins et de sécurité. Paris : FHF, 2004. 32 p.
" ZRIBI G., THOMAS L., EBERSOLD S. Intégration des personnes en situation de handicap : des initiatives, des réalisations. Marseille, 3 juin 2003, CREAI PACA et Corse. Intégration des personnes en situation de handicap : des initiatives, des réalisations. Marseille : CRAI PACA et Corse, 2006, 91 p.
7. Mots-clés
Accompagnement Bénévolat/Bénévole Citoyen Développement social local Environnement Établissement social et médico-social Extérieur Famille Fermeture Horizon Insertion sociale Intégration Isolement Lien social Ouverture Partenariat Projet individuel (personnel
) Référentiel Relation intergénérationnelle Réseau Rôle social Socialisation Subsidiarité Territoire Vie sociale Visite
8. Sources
" Base de données Santé Publique (BDSP) Disponible sur : www.bdsp.ehesp.fr/
" Base de données du Centre européen en travail social (CERTS) Disponible sur : www.certs-europe.com/
" Base de données Promotion et rationalisation de l information sociale, médico-psychologique et éducative (PRISME) Disponible sur : HYPERLINK "http://bases.documentation-sociale.org/recherche/bibliographique" http://bases.documentation-sociale.org/recherche/bibliographique. php
" Base de données du Réseau santé social en administration centrale (RESSAC) Disponible sur : http://194.199.119.234/ressac.htm
" Bases de données de l université de Montréal au Québec (UQUAM) Disponible sur : www.manitou.uqam.ca/
Les attentes de la personne et le projet personnalisé
La vision portée par le législateur dans différents textes insérés au code de laction sociale conduit les personnes destinataires des prestations des établissements et services sociaux et médico-sociaux à participer à leur propre projet. Ces personnes sont, pour la plupart, en situation de vulnérabilité lors de leur rencontre avec les professionnels. Ces derniers doivent donc être à leur écoute pour rechercher, susciter, et accompagner cette participation afin quelle soit effective.
Chaque personne accompagnée a des attentes et des besoins singuliers, que le professionnel semploie à intégrer dans le projet. Le processus à mobiliser pour cela véritable apprentissage dune co-construction patiente entre la personne et laccompagnant représente la meilleure réponse que peuvent apporter les professionnels face au risque dune approche standardisée qui sopposerait à lobjectif de personnalisation. Aussi cette démarche est-elle un facteur-clé pour la réussite des projets.
Les travaux préparatoires ont toutefois révélé lexistence de pratiques controversées en la matière, ce qui a conduit lAgence à adopter la méthode du consensus formalisé. Plus dune centaine de personnes ont été mobilisées pour produire ces recommandations qui concernent lensemble du secteur et viennent soutenir lobjectif des acteurs de terrain : répondre au mieux à la singularité de chaque situation.
Cette recommandation propose ainsi aux professionnels des principes, des repères et des modalités pratiques pour associer étroitement les personnes, étape par étape, à la construction de leur projet, à sa mise en oeuvre, et enfin à son évaluation.
Didier Charlanne, Directeur
Équipe projet de lAnesm
Mireille BERBESSON, chef de projet
Maud MOREL, chef de projet junior
Patricia MARIE, documentaliste
Carole AUBRY, chargée détudes
Sous la responsabilité de Claudine PARAYRE, responsable du service Pratiques professionnelles
Groupe de pilotage
Guillaume BOUSQUIE, directeur des Accueils éducatifs en Val dOise La Vie au grand air
Jean-Louis GARNIER, responsable de service des tutelles et de médiation familiale, Union départementale des associations familiales (Udaf 37) Indre-et-Loire
Marie-José GAVIGNET, psychologue, association Soutien Dordogne (ASD) Périgueux
Jean-Louis GILLES, administrateur de lUnion nationale des amis et familles de malades psychiques (Unafam), membre du Comité dorientation stratégique (Cos) de lAnesm
Patrick GUYOT, conseiller technique au Centre régional détudes et dactions sur les handicaps et inadaptations (Creai Bourgogne)
Etienne HERVIEUX, directeur de lassociation des Petits frères des pauvres Île-de-France
Bernard HERVY, président du Groupement des animateurs en gérontologie (Gag) Orly (Val-de-Marne)
Line LARTIGUE, chargée de mission « évaluation » à lUnion nationale de laide, des soins et des services aux domiciles (Una) Paris
Benjamin LILLIER, conseiller technique à lUnion régionale interfédérale des uvres et organismes privés sanitaires et sociaux (Uriopss) Languedoc-Roussillon
Hélène MARIE, adjointe du département Gestion de la Fédération nationale des associations de parents et amis employeurs et gestionnaires détablissements et services pour personnes handicapées mentales (Fegapei) Paris, membre du Cos de lAnesm
Norbert NAVARRO, directeur dun établissement dhébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad- Auvergne), administrateur de lAssociation des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), membre du Cos de lAnesm
Dominique RAVEL, administrateur formateur à lUnion nationale des associations de parents et des amis des personnes handicapées mentales (Unapei)
Jean-Louis REYNAL, directeur dun centre dhébergement et de réinsertion sociale (CHRS) Dordogne, représentant de la Fédération nationale des associations daccueil et de réinsertion sociale (Fnars), membre du Cos de lAnesm Guillaume SCHOTTE, directeur général adjoint de lassociation Les papillons blancs de Lille Nord
Léonor SAUVAGE, directrice à la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), direction de la PJJ (Bureau des méthodes et de laction éducative) Paris, membre du Cos de lAnesm
Bernard SEGUIER, formateur chercheur à lAssociation internationale de formation et de recherche en instruction spécialisée, santé, social (Aifrisss) Aquitaine
Richard VERCAUTEREN, directeur de lInstitut de gérontologie de lOuest, président de lInstitut projet de vie, enseignant au Conservatoire national des arts métiers Unité de santé publique (Cnam USP) Loire-Atlantique
Groupe de cotation
Jean-Yves BARREYRE, sociologue, directeur du Centre détude, de documentation, dinformation et daction sociale (Cedias), membre de la délégation de lAssociation nationale des centres régionaux pour lenfance et ladolescence inadaptée (Ancreai) Île-de-France
Stéphanie BERTRAND, responsable département Développement de la fédération Aide à domicile en milieu rural (ADMR), membre du Cos de lAnesm
Huguette BOISSONNAT-PELSY, administratrice et responsable département santé du mouvement Aide à toute détresse (ATD) Quart Monde, membre du Cos de lAnesm
Akim BOUDAOUD, psychologue, conseiller technique au Centre régional détudes et dactions sur les handicaps et les inadaptations (Creahi) Champagne-Ardenne
Georges BRES, éducateur spécialisé en établissement et service daide par le travail (Esat), représentant Confédération générale du travail (CGT), membre du Cos de lAnesm
Annie COLETTA, directrice de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) du Calvados
Anne-Valérie DOMMANGET, responsable département Gestion Évaluation Financement, Fegapei, membre du Cos de lAnesm
Norbert DUQUET, vice-président du Comité départemental des retraités et personnes âgées (Coderpa) du Doubs
Pascale GILBERT, médecin de santé publique à la direction de la Compensation de la Caisse nationale de solidarité pour lautonomie (CNSA) Paris
Laetitia HOMÉ-IHRY, coordinatrice, association Casa (Collectif dactions des sans abri) Vaucluse
Fabien HUCHOT, responsable qualité à Seniors Santé Paris
Evelyne MARION, conseiller réseau «Adulte » à lAssociation des paralysés de France (APF)
Ludovic NICCOLI, chef de service à lAssociation départementale pour la sauvegarde de lenfant à ladulte (ADSEA 44) Loire-Atlantique
Jean-François PIERRE, ministère du Travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité direction générale de laction sociale (DGAS), sous-direction des Âges de la vie bureau de la Protection des personnes suivi du dispositif de protection juridique des majeurs Paris
Christel PRADO, administratrice à lUnapei, Paris
Groupe de lecture
Catherine BRIAND, DGAS, adjointe au chef de bureau, sous direction Âges de la vie enfance et Famille
Chantal ERAULT, DGAS, chef de bureau, sous direction Personnes handicapées Vie autonome
Anne OUI, attachée principale, chargée de mission auprès de lObservatoire national de lenfance en danger (Oned) Paris, membre du Cos de lAnesm
Séverine RAGON, responsable du secteur Gestion et organisation établissements sociaux et médico-sociaux à lUnapei, membre du Cos de lAnesm
Yann ROLLIER, directeur du Centre régional pour lenfance et ladolescence inadaptées Bretagne, membre du Cos de lAnesm
Olivier WARY, chargé de mission à lassociation Carrefour (inclusion sociale) Moselle
Présentation générale
1. Introduction
2. La méthode de travail
3. Le contexte et les enjeux
3.1 Le renforcement des droits des usagers
3.2 Lévolution de la structuration de loffre de prestations
3.3 Une confusion sémantique
4. Les objectifs de la recommandation
5. Le plan du document
I. Repères et principes
1. Les repères
1.1 Au-delà de lusager, la personne et ses attentes
1.2 Un droit, pas une obligation
1.3 Projet personnalisé et contrat de séjour
2. Les principes retenus
2.1 La co-construction du projet personnalisé est issue dun dialogue régulier
2.2 La participation la plus forte de la personne est recherchée
2.3 La dynamique du projet est souple et adaptée au rythme de la personne
2.4 Lensemble des professionnels est concerné par les projets personnalisés
2.5 Plus les parties prenantes sont nombreuses, plus il faut veiller à lexpression de la personne
II. La participation de la personne tout au long de la démarche
1. Les premiers contacts
1.1 Être attentif aux premiers contacts
1.2 Réunir les conditions pour lexpression des attentes
1.3 Utiliser des supports facilitant lexpression des personnes
2. Lanalyse de la situation
2.1 Donner à la personne linformation utile
2.2 Recueillir les seules informations nécessaires
2.3 Associer la personne au travail de recueil dinformations auprès des partenaires
2.4 Solliciter lentourage de la personne
2.5 Repérer les habitudes de vie
2.6 Créer ou adapter des supports pour faciliter la réflexion
2.7 Faciliter lexpression de la personne
2.8 Produire une analyse partagée
2.8.1 En facilitant lexpression de tous les professionnels concernés
2.8.2 En utilisant lexpertise de la personne
3. La phase de co-construction du projet personnalisé
3.1 Se placer en position de reconnaissance mutuelle
3.2 Faire émerger des propositions nouvelles
3.3 Oser aborder les questions « sensibles »
3.4 Intégrer au mieux les habitudes de vie
3.5 Encourager des essais
4. La phase de décision
4.1 Inviter systématiquement les personnes à participer à la prise de décision
4.2 Dégager des objectifs issus du dialogue
4.3 Dans les situations encadrées par une décision de justice
4.3.1 Expliquer les décisions de justice prises« dans lintérêt de la personne »
4.3.2 Laisser le maximum dautonomie à la personne
4.4 En cas de déficit de loffre ou dune attente prolongée, prévoir des aménagements spécifiques
4.5 Repérer des zones de vigilance
5. La mise en oeuvre du projet personnalisé
5.1 Être attentif à la mise en place
5.2 Encourager un rôle actif des personnes dans la mise en oeuvre
5.3 Coordonner le projet et garantir la mise en oeuvre
5.4 Suivre le projet personnalisé
5.5 Accompagner les propositions dinterruption
6. La co-évaluation du projet personnalisé
6.1 Être attentif à la périodicité de lévaluation
6.2 Organiser un cadre facilitant la réflexion de la personne
6.3 Permettre à la personne de formuler ses nouvelles attentes
7. La rédaction du projet personnalisé
7.1 Séparer clairement les faits de leur analyse
7.2 Écrire dans le respect des personnes
7.3 Ne pas transformer le projet en injonction
7.4 Inviter la personne à conserver un exemplaire du projet personnalisé
III. La contribution des projets personnalisés au projet détablissement ou de service
1. Se doter de principes dintervention communs
2. Analyser les évaluations des projets personnalisés
3. Utiliser les résultats des enquêtes de satisfaction
4. Mener une réflexion autour des informations
5. Mobiliser le conseil de la vie sociale
Annexes
Annexe 1 - Éléments pour lappropriation de la recommandation
Annexe 2 - Entretiens effectués et sites visités
Bibliographie
Présentation générale
1. Introduction
La prise en compte des attentes de la personne dans la démarche de projet personnalisé se réfère directement à la recommandation-cadre de lAnesm sur la Bientraitance et sinscrit dans le droit fil des principes de la loi n° 2002-2 du 2 janvier 2002 rénovant laction sociale et médico-sociale. Cette recommandation de bonnes pratiques professionnelles vise à favoriser lexpression et la participation de lusager dans la conception et la mise en oeuvre du projet qui le concerne.
Elle a vocation à éclairer la pratique quotidienne des professionnels et à servir de point dappui pour le dialogue et les échanges avec les usagers. Elle vise également à interroger lorganisation et le fonctionnement des établissements et services pour favoriser cette dimension de la personnalisation de laccompagnement.
Cette recommandation concerne lensemble des établissements et services sociaux et médico-sociaux (CASF, art. L.312-1 et L.313-1-1). Elle nécessite dêtre adaptée par chaque équipe professionnelle à la spécificité des situations des personnes accompagnées et aux missions des établissements/services.
Elle sadresse dabord à lensemble des professionnels qui interviennent auprès des personnes accueillies et accompagnées.
Elle concerne également les usagers et leurs représentants, et de manière plus globale, lentourage des usagers.
Elle intéresse aussi les organismes gestionnaires quant à leurs orientations et projets institutionnels, et les partenairesconcernés par la thématique du projet personnalisé.
2. La méthode de travail
La méthode du consensus formalisé a été retenue pour cette recommandation :
1. un groupe de pilotage a produit un projet de recommandation, à lissue dune analyse documentaire et dune étude qualitative réalisées par léquipe projet de lAnesm;
2. cette production a été soumise à un groupe de cotation, qui a donné son avis sur chaque proposition en précisant son degré daccord ou de désaccord sur une échelle graduée ;
3. en fonction de cette cotation, une seconde version du projet de recommandation a été proposée à un groupe de lecteurs, chargés de vérifier la lisibilité et la cohérence du document.
La conformité juridique de ce document a été validée par Me Olivier Poinsot, agissant au nom de la SCP Grandjean.
Le projet de recommandation ainsi finalisé a ensuite été soumis aux instances de lAnesm.
Les différents groupes (groupe de pilotage, de cotation, de lecteurs) étaient composés de professionnels, de représentants des usagers et dautres personnes ressources représentatives
du secteur social et médico-social.
Lensemble des travaux a été coordonné par léquipe projet du service Pratiques professionnelles de lAnesm.
3. Le contexte et les enjeux
Les professionnels du secteur ont défini depuis de nombreuses années des principes dintervention associant les personnes accompagnées aux décisions les concernant. Mais des évolutions sociales et législatives importantes donnent une nouvelle actualité à ce thème :
3.1 Le renforcement des droits des usagers
Et plus spécifiquement :
% le droit à un accompagnement adapté aux spécificités de la personne, à ses aspirations et à ses besoins (y compris de protection), à l évolution de sa situation (âge, pathologie, parcours, environnement relationnel& ), respectant son consentement éclairé (ou, à défaut, celui de son représentant légal) ;
% le droit d exercer un choix dans ces prestations adaptées (dans le respect de l éventuel cadre judiciaire) ;
% le droit de participation directe de l usager ou de son représentant légal à la conception et à la mise en oeuvre du projet daccueil et daccompagnement qui le concerne.
La personne accueillie et/ou accompagnée peut faire appel à une personne qualifiée pour laider à faire valoir ses droits.
Ces droits, centraux dans la loi n° 2002-2 rénovant laction sociale et médico-sociale, sont réaffirmés et complétés dans plusieurs textes législatifs, notamment dans le champ du handicap où le plan personnalisé de compensation prend en considération les besoins et les aspirations formulés par écrit par la personne (et/ou son représentant légal).
La réforme de la protection juridique des majeurs propose une gradation de mesures facilitant lindividualisation de la protection, et renforce les droits de la personne protégée. Elle impose une meilleure prise en compte de sa volonté ainsi que de celle de ses proches.
La réforme de la protection de lenfance insiste sur laudition du mineur par le magistrat pour entendre son point de vue, lui expliquer les décisions prises, recueillir si possible son avis et affiner la notion de son « intérêt ». Le rôle des parents et laccompagnement de la famille dans lexercice de sa fonction parentale sont renforcés.
3.2 Lévolution de la structuration de loffre de prestations
De plus en plus souvent, lusager accède à des services portés par un réseau dintervenants et non plus par un seul établissement. Il sensuit une difficulté potentielle pour lui à faire entendre son point de vue lorsquil sadresse à des équipes pluridisciplinaires, rattachées à plusieurs établissements ou services.
Chaque établissement/service étant tenu délaborer un projet par personne accueillie/ accompagnée, celle-ci est susceptible davoir plusieurs projets qui la concernent : par exemple, pour une personne handicapée, un projet au sein du foyer qui lhéberge et un projet au sein de lEsat où elle travaille. Il sensuit un risque dincohérence des interventions, dincompréhension par la personne et, parfois, dune suractivité nuisible au confort de vie des personnes.
3.3 Une confusion sémantique
Selon les missions de létablissement/service, le projet qui concerne la personne a différentes appellations : projet éducatif, projet dinsertion, projet personnalisé daccompagnement, projet individualisé de prise en charge et daccompagnement... Sur le terrain, ce sont encore dautres appellations qui peuvent être utilisées : projet individuel, projet individualisé, projet personnalisé daccompagnement
Le terme de projet daccueil et daccompagnement, introduit par la loi du 2 janvier 2002, présente lintérêt dêtre commun à lensemble du secteur social et médico-social. Toutefois cette appellation est peu utilisée sur le terrain.
Le terme de « projet personnalisé » a été retenu dans cette recommandation pour qualifier la démarche de co-construction du projet entre la personne accueillie/ accompagnée (et son représentant légal) et les équipes professionnelles.
En effet le terme de « projet personnalisé » :
% témoigne explicitement de la prise en compte des attentes de la personne (et/ou de son représentant légal) ;
% englobe la question de l individualisation. Le projet personnalisé peut s appuyer sur des activités et prestations individuelles et/ou collectives ;
% permet d inclure différents volets plus spécifiques dont il organise l articulation (volet éducatif, pédagogique, de soins& ) ;
% est déjà largement utilisé sur le terrain ;
% convient à l ensemble du secteur social et médico-social ;
% est celui qui figure dans le cahier des charges de lévaluation externe.
4. Les objectifs de la recommandation
Ces évolutions appellent les professionnels du secteur social et médico-social à porter un regard nouveau sur les rapports quils entretiennent avec les usagers et leur entourage. La recommandation sinscrit dans cette finalité en proposant dadopter une posture dalliance, supposant« un croisement des savoirs et des pratiques qui, sans supprimer les statuts, permette à chacun une reconnaissance ».
Cette posture nest évidemment pas sans poser des difficultés dans ses applications concrètes, et le but général de cette recommandation est déclairer les professionnels pour réaliser ce croisement des savoirs et des pratiques avec les usagers, tout au long de la démarche de projet personnalisé.
Plus précisément, la recommandation a pour objectifs de :
% faciliter la participation des personnes accueillies et accompagnées tout au long de la démarche du projet les concernant ;
% soutenir les professionnels dans leurs pratiques quotidiennes et les aider à mettre en oeuvre ce droit des personnes à participer à leur projet ;
% contribuer à la clarification des termes utilisés et proposer des repères communs utiles au dialogue entre les différentes parties prenantes.
La perspective adoptée dans cette recommandation est celle de la personne accueillie et/ ou accompagnée, tout au long de la démarche du projet qui la concerne. Ce choix de perspective a pour conséquence que certaines questions techniques de méthodologie de projet qui concernent avant tout les professionnels ny sont pas traitées.
5. Le plan du document
La première partie pose les bases de la recommandation : les repères utilisés et les principes retenus. La deuxième partie décline la prise en compte des attentes de la personne tout au long de la démarche de projet personnalisé. La troisième partie traite de la contribution du projet personnalisé au projet détablissement/de service. En annexe, figurent quelques pistes pour faciliter lappropriation de la recommandation par les professionnels (annexe 1), puis la liste des entretiens effectués et des sites visités (annexe 2) et enfin, une bibliographie (annexe 3).
I. Repères et principes
1. Les repères
1.1 Au-delà de lusager, la personne et ses attentes
Il est désormais courant de se référer à la notion d« usager» dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux pour définir le bénéficiaire daide et daccompagnement, sujet de droits. Mais, au regard du thème traité, il sera ici préféré une notion plus large, celle de personne : une personne en situation de fragilité certes, mais dotée également de capacités, un être social aux multiples appartenances (environnement, parcours
), un proche mais aussi un « autre » avec sa part de mystère
Cette personne :
% est le bénéficiaire direct des accompagnements et des prestations. Elle se différencie de son représentant légal ou de ses proches, quel que soit son statut ou sa situation. Le travail des professionnels consiste à créer un cadre facilitant une expression différenciée des attentes : celles de la personne, celles des proches, celles du représentant légal ;
% a des attentes vis-à-vis des professionnels. Ces attentes correspondent aux souhaits, désirs, envies, éléments de projets que les personnes forment elles-mêmes et proposent aux professionnels. Ces attentes peuvent être latentes, simplement ressenties, explicites ou implicites,mais elles existent toujours ;
% a souvent une représentation de ses propres besoins d aide et d accompagnement. La personne (éventuellement aidée par des tiers), au-delà de la formulation dune attente, ou préalablement à celle-ci, peut produire une analyse de ses besoins.
Le travail des professionnels consiste à aider la personne à affiner sa compréhension de sa situation, exprimer ses attentes et construire avec elle le cadre dun accueil et dun
accompagnement personnalisés.
1.2 Un droit, pas une obligation
La participation de la personne à son propre projet nest en aucune façon une obligation pour elle. Les dispositions de la loi n° 2002-2 évoquent clairement quil sagit dun droit. Les professionnels encouragent les personnes à participer et facilitent leur expression, mais ils ne peuvent pas les obliger à participer.
1.3 Projet personnalisé et contrat de séjour
La loi n° 2002-2 :
% oblige les établissements et services à rédiger, selon les cas, un contrat de séjour ou un
document individuel de prise en charge (DIPC);
% fait obligation aux professionnels d établir un projet d accueil et d accompagnement, mais
elle n en détaille pas le contenu ni ne précise s il doit être écrit.
Les liens que la loi établit entre le projet d accueil et d accompagnement et le contrat de séjour (ou DIPC) sont les suivants :
% le contrat de séjour (ou DIPC) conclu entre l établissement/service et la personne/son représentant légal définit les objectifs de la prise en charge, les prestations offertes ainsi que les conditions de la participation financière du bénéficiaire ;
% un avenant doit préciser, dans un délai de six mois suivant l admission(19), les objectifs et prestations adaptées à la personne, à réactualiser annuellement ;
% le décret relatif au contrat de séjour(20) ne fait pas explicitement référence au projet d accueil et d accompagnement.
Projet personnalisé et contrat de séjour se chevauchent, mais ne se recouvrent pas :
% le projet personnalisé est avant tout une démarche, répondant à des principes développés plus loin ;
% le projet personnalisé a son propre rythme, différent selon les personnes accompagnées, et pour certains projets, le réajustement des objectifs pourra être plus intensif que le rythme annuel de révision du contrat de séjour/DIPC ;
% le contrat de séjour/DIPC mentionne les objectifs et les prestations adaptées, ce qui signifie que les autres éléments du projet personnalisé (analyse préalable de la situation, modalités de mise en oeuvre
) ny figurent pas automatiquement. Contrat de séjour/DIPC et projet personnalisé sont deux modalités dengagement différenciées et articulées. Il est recommandé de mentionner dans le contrat de séjour/DIPC lexistence du projet personnalisé.
2. Les principes retenus
Le projet personnalisé est une démarche dynamique, une co-construction qui tente de trouver un équilibre entre différentes sources de tension, par exemple entre :
% les personnes et leur entourage, qui peuvent avoir des attentes contradictoires ou des analyses différentes ;
% les personnes/leur entourage et les professionnels, qui ne partagent pas automatiquement la même analyse de la situation ou les mêmes objectifs ;
% les professionnels d établissements/services différents.
C est la raison pour laquelle cette démarche de co-construction aboutit souvent à un compromis.
2.1 La co-construction du projet personnalisé est issue d un dialogue régulier
La situation des personnes est en constante évolution, que ce soit en raison des modifications de leurs attentes, de leur potentiel, de leur maturité, de leur état de santé
que des changements de contexte. La pertinence du projet personnalisé sera réinterrogée régulièrement, pour vérifier quil va toujours dans le sens souhaité et procéder aux réajustements nécessaires.
Le dialogue autour du projet personnalisé est crucial lors de parcours de longue durée dans une même structure. Cest ce dialogue qui permet aux professionnels de respecter les souhaits des personnes et de leurs proches, dêtre au plus près des évolutions des situations et de construire les ajustements propres à relancer une dynamique susceptible de senliser dans la routine de la vie quotidienne.
Les décisions qui ont un impact important sur la vie des personnes changement de lieu dhabitation, de mode de vie, détablissement scolaire, dactivité professionnelle, modifications des soins nécessitent de nourrir ce dialogue entre la personne, ses proches et les professionnels concernés. Ce dialogue est nécessaire pour réussir techniquement la coordination ou le passage de relais entre intervenants et assurer la cohérence globale du parcours de la personne.
2.2 La participation la plus forte de la personne est recherchée
Concrètement, la participation de la personne au projet personnalisé :
% nécessite une information préalable et adaptée. En effet, aucune participation de qualité ne peut être mise en oeuvre si la personne, et le cas échéant, son représentant légal, ne sont pas informés, tant du cadre institutionnel qui structure l intervention des professionnels que de l offre de services sur le territoire ;
% nécessite de rechercher des formes de communication diversifiées, dès lors que les capacités d expression et/ou d élaboration intellectuelle des personnes sont limitées : communication gestuelle, sensorielle, visuelle (pictogrammes, photos, langage simplifié...) ;
% est fonction de la situation spécifique de la personne. L entourage, notamment familial ou les bénévoles, les intervenants à domicile, les représentants légaux, peuvent jouer un rôle important dans la mise en place concrète de la participation ;
% nécessite un questionnement régulier. Toute participation n est pas synonyme d autonomie, d expression de soi. Elle peut cacher une soumission au désir de l autre, une simple adaptation à une demande institutionnelle, et finalement constituer une dépendance plus quune manifestation dautonomie.
Dune manière générale, lexpression la plus grande sera laissée aux personnes au cours de lélaboration du projet personnalisé, puis de sa mise en oeuvre, sachant que :
% la déclinaison concrète de ce principe nécessite des adaptations dès lors que les capacités d expression et/ou d élaboration intellectuelle des personnes sont limitées. La complexité et/ou la gravité des situations doit d autant plus stimuler la capacité créatrice des équipes pour favoriser cette participation, dans le respect de l éthique professionnelle. Ces initiatives seront alors évaluées régulièrement.
% dans la situation spécifique des mineurs, outre le respect des éventuelles décisions de justice, il est recommandé que les équipes mettent en place des modalités de participation adaptées à leur maturité.
2.3 La dynamique du projet est souple et adaptée au rythme de la personne
Le projet personnalisé est ouvert aux événements : lintervention qui se déroule et ses effets, la vie qui sécoule, les rencontres, peuvent produire de nouvelles attentes et des opportunités qui influent sur le projet personnalisé et parfois contribuent à le démarrer vraiment. Le processus du projet aura suffisamment de souplesse pour permettre dintégrer ces « incidents de parcours ».
Cette dynamique na dintérêt que si elle améliore la situation de la personne, ou va dans le sens dun mieux-être ; pour autant, elle nest pas forcément synonyme de progrès. Il y a aussi des situations dinvolution, où la dynamique dintervention peut au mieux contenir et/ou accompagner la dégradation de la situation. Il existe aussi des situations où lobjectif sera le maintien des acquis.
Une grande attention sera portée au rythme de la personne ; le projet personnalisé ne peut conserver ou acquérir un sens pour elle que si le rythme des actions est adapté à son propre rythme de pensée et daction. La dynamique dun projet personnalisé peut être rapide à certains moments, puis nécessiter des pauses.
Cest pourquoi laccompagnement du projet personnalisé nécessitera des pratiques diverses : écoute, stimulation, recadrage, attente, « être là ». Pour certaines situations qui nécessitent simplement « dêtre à côté », les professionnels veilleront à ce que cette présence bienveillante ne se transforme pas en indifférence pour le sort de la personne.
2.4 Lensemble des professionnels est concerné par les projets personnalisés
Au sein dun établissement/service, lensemble des professionnels qui, dune manière ou dune autre, travaillent autour de la situation de la personne accueillie et/ou accompagnée, sont concernés par lélaboration des projets personnalisés. Si le responsable et le personnel dencadrement sont garants de la démarche générale, les propositions et analyses de chaque professionnel en lien avec les personnes, doivent être prises en compte et valorisées, quelle que soit la qualification des professionnels.
Dans le respect des différentes fonctions et positionnements, notamment dans les équipes pluridisciplinaires, il est recommandé de :
% faciliter l expression de chaque professionnel, notamment au cours de réunions d équipe où la circulation de la parole sera encouragée ;
% solliciter systématiquement l expression des professionnels de proximité.
2.5 Plus les parties prenantes sont nombreuses, plus il faut veiller à l expression de la personne
Le projet est un processus complexe qui implique le plus souvent plusieurs parties prenantes :
% l entourage de la personne accueillie et/ou accompagnée : le représentant légal est un acteur primordial du projet de la personne mineure ou protégée, en raison de son pouvoir décisionnel sur les orientations et objectifs proposés, dans le cadre du projet personnalisé.
% Au-delà du plan légal, les proches de la personne représentent souvent un point d appui très fort, un soutien affectif et une ressource, parfois tout au long de la vie ;
% d autres parties prenantes sont extrêmement importantes tant dans la construction du projet que dans sa mise en oeuvre : magistrats, médecins, prescripteurs&
% les équipes, souvent pluridisciplinaires, sur la base de leurs bilans et de leurs analyses, ont un poids déterminant dans les décisions.
Quand un grand nombre de parties prenantes intervient dans le projet :
% la parole de la personne court le risque d être moins entendue, et sa situation risque de lui paraître compliquée et immaîtrisable ;
% le confort de vie des personnes risque d être affecté par un nombre trop grand d interventions.
Même quand ils pensent bien faire, les proches peuvent inhiber l expression de la personne ou mal percevoir la réalité de sa situation.
Lorsque les professionnels mettent en place des collaborations pour mieux articuler leurs prestations, ainsi que la loi les incite à le faire, une tension peut surgir entre lexigence de coordination des parties prenantes et la liberté des personnes qui ont le droit de cloisonner les divers secteurs de leur vie.
Il est recommandé que les équipes concernées veillent à ce que :
% la personne comprenne bien le rôle de chaque partie prenante ;
% sa parole soit entendue dans les instances et auprès des autres parties prenantes ;
% la cohérence des prestations, et éventuellement, leur continuité, se fasse dans le respect de la confidentialité des informations souhaitée par la personne dans les limites données par les éventuelles dispositions légales et décisions judiciaires ;
% l ensemble des interventions et actions respecte le confort de vie et les attentes principales des personnes dans le respect des éventuelles décisions judiciaires.
II. La participation de la personne tout au long de la démarche
La démarche d un projet personnalisé respectueux des attentes de la personne nécessite plusieurs phases :
" premiers contacts et premier recueil des attentes de la personne ;
" analyse de la situation avec objectivation des éléments d analyse ;
" co-construction du projet personnalisé avec les différentes parties prenantes ;
" décision : fixation d objectifs et d une programmation d activités et de prestations, moyens alloués au projet ;
" mise en oeuvre, bilan(s) intermédiaire(s) et ajustements pour répondre aux évolutions ;
" évaluation pour procéder à une réactualisation du projet personnalisé.
Ces différentes phases sont toutes indispensables à la dynamique du projet personnalisé. Elles sont susceptibles dans la réalité de se chevaucher : par exemple, des prestations et accompagnements sont souvent mis en place avant que lanalyse de la situation ne soit terminée.
Il convient de différencier au mieux chaque phase, en prenant soin que la personne, ses proches et, le cas échéant, son représentant légal, aient bien intégré les enseignements dune phase avant daborder la suivante. Lidée nest pas de morceler la démarche artificiellement, mais daider la personne à la comprendre et à lassimiler.
1. Les premiers contacts
Lenjeu de cette phase est important : il sagit de construire les bases dune alliance dynamique de la personne avec les professionnels dans un projet commun, alliance qui favorise « le partage, léchange et modifie le rapport dominant-dominé souvent à luvre en institution, plus par habitude et facilité que par volonté réelle de puissance ».
La construction de lalliance autour du projet trouve un équilibre entre diverses tensions, par exemple :
% le souhait de connaître les attentes précises de la personne et la nécessité de ne pas être intrusif ;
% le souci de mettre en perspective les différents éléments des projets personnels et le risque d avoir sur la vie des personnes une vision totalisante qui, par sa prétention à lexhaustivité, peut devenir enfermante pour les personnes concernées.
Ce processus peut être long, mais il serait hasardeux dinterpréter les éventuels refus des personnes comme des absences dattentes. Charge aux professionnels détablir la relation de confiance qui permettra à la personne de sappuyer sur eux ou sur dautres pour trouver les mots.
1.1 Être attentif aux premiers contacts
Les premiers contacts sont importants pour la suite du projet. Cest dans ces moments que la confiance commence à sétablir, que la personne peut être rassurée, quelle peut sentir quil y a une chance que sa situation saméliore, ou tout simplement que cela va bien se passer.
1.2 Réunir les conditions pour lexpression des attentes
Ce qui crée la rencontre de la personne avec les équipes sociales et médico-sociales, cest bien une difficulté, quelle soit accidentelle ou pas, conjoncturelle ou plus durable, renforcée par le contexte socio-économique ou pas. Cette situation nécessite de la part des personnes des changements de perspective et, souvent, une réorganisation de leur vie. Les professionnels sont là pour les y aider et leur proposer des réponses et des soutiens. La première aide consiste à accompagner la personne dans cette phase de remaniement, pour que puissent émerger ses attentes. Les professionnels sinterrogeront sur le moment approprié pour soutenir ce travail délaboration des attentes. Cette phase de maturation est indispensable pour éviter que les parties prenantes du futur projet personnalisé ne soient par la suite en déphasage persistant.
Le projet personnalisé, parfois, ne peut reprendre les attentes des personnes « telles quelles » ou intégralement ; celles-ci font alors lobjet dun dialogue qui permet à la personne de les repenser, et aux professionnels dajuster les propositions.
Il est recommandé :
% de repérer et respecter le temps dont la personne a éventuellement besoin pour se poser et entamer un dialogue avec les professionnels ;
% d alterner temps d échanges avec les professionnels et temps de réflexion personnelle, afin de permettre à la personne de se forger une opinion.
1.3 Utiliser des supports facilitant lexpression des personnes
Pour aider les personnes et leurs représentants légaux à exprimer leurs attentes, des supports adaptés peuvent leur être proposés, à utiliser éventuellement avec leurs proches, selon les situations. Lobjectif de ces supports est de permettre à la personne de dégager et hiérarchiser ses attentes.
2. Lanalyse de la situation
À partir du recueil des attentes, lenjeu de cette phase est daboutir à une analyse partagée qui pourra déboucher sur la co-construction dun projet réaliste. Cette analyse partagée, qui prend le temps de lexplicitation et de la maturation de la réflexion, est une condition facilitatrice de la suite de la démarche.
Dans cette phase, le soutien mis en place par les professionnels va :
% essayer de dégager avec les personnes et leurs proches une vision prospective de l évolution de la situation (atouts et difficultés). Par exemple, pour des personnes en insertion, l enjeu sera de repérer et valoriser les compétences sociales et professionnelles, souvent passées au second plan en raison de leurs difficultés. Pour certaines personnes âgées, les professionnels éclaireront les personnes et/ou leurs proches sur les conséquences du vieillissement et les moyens disponibles pour pouvoir ensemble anticiper, préparer, prévenir
;
% construire les bases d un projet ouvert, prêt à intégrer des opportunités que l on ne connaît pas toutes à l avance ;
% préparer le choix des objectifs et des modalités d action. L analyse aidera les parties prenantes à effectuer des choix, et à gérer les inévitables frustrations.
2.1 Donner à la personne l information utile
L information utile qui sera donnée à la personne et à son représentant légal porte notamment sur :
% le cadre institutionnel de l aide proposée ;
% l offre de prestations ;
% le type daccompagnement.
Laccès à cette information permet à la personne daffiner elle-même lanalyse de ses besoins, et de ses projets personnels.
Les professionnels sefforceront de donner aux personnes une information claire, intelligible et qui tienne compte de leur situation affective. Il est recommandé que ces informations soient données à la personne/son représentant légal selon des modalités favorisant la représentation concrète de ce qui est possible et accessible.
2.2 Recueillir les seules informations nécessaires
Cette question de l information nécessaire à l analyse de la situation se situe dans une tension entre des exigences contradictoires et des risques divers :
% la nécessité de respecter l intimité des personnes, qui pousse à ne pas leur demander systématiquement de « raconter leur vie », et à respecter leur droit à une certaine réserve ;
% le risque, par une interrogation sur leur biographie, de produire des éléments de compréhension hâtifs et d enfermer les personnes dans des répétitions de discours et d actes ;
% l intérêt de permettre aux personnes de repartir sur de nouvelles bases, ou de parler de leur situation de manière différente, avec de nouveaux interlocuteurs ;
% la nécessité de disposer des informations permettant d ajuster les prestations et laccompagnement.
2.3 Associer la personne au travail de recueil dinformations auprès des partenaires
Laccord de la personne et/ou de son représentant légal est nécessaire pour tout partage dinformations qui la concernent.
La personne, dans le respect des décisions judiciaires, est consultée au moins sur le choix et létendue du recueil dinformations utiles. Cette consultation lui permet dexprimer si elle veut travailler dans la continuité de laccompagnement précédent ou parallèle, ou bien si elle préfère travailler sur des bases nouvelles.
Autant que faire se peut, la personne est elle-même le vecteur de ces informations émanant des partenaires. Si elle ne peut ou ne souhaite pas lêtre directement, elle est associée le plus étroitement possible (téléphoner en sa présence au partenaire
).
Ce positionnement permet de placer la personne dans une position plus active que si elle est seulement « lobjet » de cette information transmise.
Quand une décision de justice indique que certaines informations ne doivent pas être communiquées à la personne ou son représentant légal, lensemble des autres informations lui sera fourni.
2.4 Solliciter lentourage de la personne
Un point dappui possible pour aider les personnes à percevoir comment elles peuvent conserver ou reprendre de la maîtrise sur leur vie peut résider dans le dialogue avec leur entourage, dans le respect des décisions de justice quand elles existent à cet endroit. Il faut entendre par entourage lenvironnement relationnel : la famille élargie, les amis, les pairs (associations, groupes dentraide, groupes de pairs)... Cette possibilité sera présentée à la personne et concrétisée si la personne en est daccord. La personne peut utilement choisir quelquun susceptible de laider dans des choix difficiles ou tout simplement laccompagner dans les échanges avec les professionnels. Selon les cas, les professionnels proposeront à la personne dautres soutiens que son représentant légal : dans son entourage ou encore auprès de bénévoles intervenant dans létablissement/service...
2.5 Repérer les habitudes de vie
Quel que soit le lieu de cette phase danalyse le domicile des personnes, un rendez-vous dans létablissement ou le service, dans la rue ou dans des permanences les équipes seront attentives à repérer les habitudes et le cadre de vie des personnes, ce qui fait quelles «tiennent» ou pas, ce qui a du sens pour elles ou une importance affective.
2.6 Créer ou adapter des supports pour faciliter la réflexion
Il peut être facilitant pour la personne d être aidée dans sa réflexion par des supports, à utiliser éventuellement avec ses proches, pour qu elle :
% analyse les appuis sur lesquels elle pourra compter, les atouts, les ressources personnelles, familiales, sociales dans son entourage ;
% repère les faiblesses de sa situation, les zones de difficultés, les incertitudes ;
% mesure les avantages et inconvénients de telle réponse, au regard de ses attentes, de ses appuis propres et de ce qui pourrait être aménagé.
Des supports spécifiques seront prévus pour les représentants légaux.
2.7 Faciliter l expression de la personne
Il est recommandé d organiser les entretiens de manière à faciliter l expression de la personne, en choisissant :
% le moment le plus favorable ;
% la durée optimale pour ces entretiens ;
% le nombre maximum de participants ;
% l organisation de l espace propice à faciliter l expression.
2.8 Produire une analyse partagée
2.8.1 En facilitant l expression de tous les professionnels concernés
L objectif de cette phase est de parvenir à une analyse partagée également au sein des équipes.
Les réunions d équipe, sans la présence de la personne, mais à son sujet, sont utiles si elles permettent :
% à chaque professionnel, quelle que soit sa fonction, d exprimer son point de vue ;
% de distinguer dans les propos l exposé des faits ou des observations et l interprétation qui en est faite ;
% d approfondir les échanges pour que le consensus entre les professionnels soit réel et non de façade ;
% de dégager des lignes directrices claires, facilitant le positionnement des professionnels et la compréhension pour la personne.
2.8.2 En utilisant lexpertise de la personne
Les besoins repérés par les personnes ne sont pas forcément les mêmes, loin sen faut, que ceux repérés par les professionnels ; des points qui paraissent importants aux yeux des professionnels sont mineurs pour la personne et vice versa.
La personne possède une connaissance intime de sa situation, dont il est à la fois illégitime et contre-productif de se passer.
La personne possède des compétences danalyse que les professionnels pourront repérer et dont ils faciliteront lexpression. Dans certains cas, ces derniers aideront la personne à construire une distanciation suffisante avec son vécu, afin de laider à sortir dune analyse figée de son histoire et de sa situation.
Pour les personnes qui nont pas accès au langage, les proches seront particulièrement mobilisés. Des espaces et des temps dobservation permettront aux professionnels dapprocher cette « connaissance intime » que possède la personne sur sa situation.
3. La phase de construction du projet personnalisé
À partir de cette analyse partagée, la personne et les professionnels accompagnants vont pouvoir construire le projet personnalisé.
3.1 Se placer en position de reconnaissance mutuelle
Les personnes sont susceptibles dadopter un discours de conformisme ou de généralité quand on leur parle « projet ». Si, de son côté, le professionnel est enfermé dans ses propres représentations, ou cherche à faire rentrer la personne dans ses propres codes et convictions, le dialogue risque dêtre faussé.
Lorganisation de la co-construction du projet personnalisé se fonde sur une reconnaissance mutuelle de la personne/de son représentant légal et des professionnels.
3.2 Faire émerger des propositions nouvelles
Les professionnels sappuieront sur leurs compétences, leur créativité et leur empathie, pour faire émerger des propositions nouvelles, fruit de ce dialogue avec la personne.
Lorsque les attentes ou propositions des personnes, ou les suggestions des professionnels, débordent de la mission de létablissement, les équipes seront amenées à chercher des réponses auprès dautres structures ou avec dautres dispositifs.
Il est recommandé que les professionnels recherchent ainsi toutes les réponses possibles pour être au plus près des attentes des personnes et de leur représentant légal dans le respect des décisions judiciaires.
3.3 Oser aborder les questions « sensibles »
Il revient au professionnel accompagnant de susciter le dialogue quand la personne souhaite aborder des questions délicates, mais hésite à le faire : par exemple sur la sexualité, ou des relations difficiles avec les parents, la vie affective en général, la croyance religieuse (notamment lors de risques sectaires ou de dérive mystique)
Le périmètre de ces questions est difficile à délimiter, car très variable selon les individus. Lanalyse des pratiques peut aider chaque professionnel à ajuster son positionnement et à utiliser au cours de ces dialogues le savoir-faire construit collectivement.
3.4 Intégrer au mieux les habitudes de vie
Il est recommandé de respecter les habitudes de vie dont les manifestations ne portent ni préjudice à la personne elle-même, ni à son environnement.
Par exemple, lentrée dans un établissement pour personnes âgées ou lintervention à domicile saccompagneront du respect des modes de vie pour limiter les perturbations, dommageables au bien-être des personnes. Dans le cas dhabitudes de vie plus problématiques (personnes vivant dans la rue, personnes toxicomanes marginalisées
), lexpérience montre quen acceptant provisoirement des modes de vie ou des comportements inaccoutumés, on peut établir un premier lien susceptible par la suite de faire évoluer ces modes de vie.
3.5 Encourager des essais
La meilleure manière de permettre aux personnes de jouer un rôle actif dans le projet personnalisé est encore de leur permettre de faire leurs propres expériences. Aussi les mises en situation seront recherchées pour permettre aux personnes daffiner leurs analyses, et de réajuster des représentations (sur elles-mêmes, sur les activités proposées, sur laccompagnement, sur lenvironnement
). Insister sur le caractère dessai relativise léchec éventuel, qui devient un « problème à résoudre ensemble », et non pas léchec de la personne malgré toute laide apportée. Cet essai sinscrit alors dans la mise en oeuvre des objectifs du projet personnalisé.
4. La phase de décision
Le projet personnalisé prend place dans un cadre réglementaire qui autorise et limite le champ des actions possibles. Le dialogue entre les personnes accueillies/accompagnées et les professionnels se situe dans un environnement institutionnel qui infléchit largement les décisions prises.
Lexistence et les contraintes de ce cadre ce quil permet et ce quil limite, voire interdit seront clairement expliquées aux personnes par les professionnels.
4.1 Inviter systématiquement les personnes à participer à la prise de décision
Cette invitation est systématique, quel que soit le niveau des décisions à prendre. Mais plus les décisions « impactent » la vie de la personne, plus celle-ci, et son représentant légal sil y a lieu, sera associée de près à la prise de décision (orientation, changement détablissement ou de secteur au sein de létablissement
), hors certains cas de décisions dans le cadre judiciaire.
Il est recommandé :
% de toujours associer le plus étroitement possible les personnes aux décisions prises, dès lors qu elles acceptent cette participation et dans le respect du cadre judiciaire ;
% quand il y a divergence entre l avis de la personne et celle des équipes, d aménager des « périodes dessai », de proposer des alternances, pour comprendre lorigine de ce désaccord et réduire peu à peu la distance entre les projets de la personne et les avis des professionnels.
4.2 Dégager des objectifs issus du dialogue
Ce sont ces objectifs qui témoignent concrètement de lengagement des professionnels auprès de la personne et, le cas échéant de son représentant légal, pour laccueillir et/ou laccompagner. Les objectifs retenus seront :
% adaptés aux situations des personnes, de manière à restaurer le sentiment de compétence et la prise d initiative ;
% concrets, de manière à ancrer le projet personnalisé dans la vie de la personne, et contribuer
au sentiment d avancée.
La présence d objectifs permettant de restaurer lestime de soi, centrale pour beaucoup de personnes, sera priorisée.
Lintimité des personnes est à respecter et privilégier : les professionnels veilleront à ce que les objectifs soient en harmonie avec ce principe.
4.3 Dans les situations encadrées par une décision de justice
4.3.1 Expliquer les décisions de justice prises« dans lintérêt de la personne »
Dans un cadre où lintérêt de la personne est défini par dautres quelle-même ou son représentant légal et où des décisions importantes sont prises, celles-ci seront expliquées précisément au cours des entretiens entre les professionnels, la personne, son représentant légal.
Le cadre dans lequel ces décisions interviennent sera clarifié, les fonctions de chaque partie prenante précisées et ce qui est attendu de chacun bien identifié.
Si des propositions de la personne ou de son représentant légal ne peuvent pas être retenues, ou ne le sont que partiellement, cette modification leur sera expliquée. Si des attentes sont susceptibles dêtre simplement reportées, date sera prise pour le réexamen de la situation.
4.3.2 Laisser le maximum dautonomie à la personne
À lintérieur de ce cadre, lautonomie de la personne doit pouvoir sexprimer et se développer : il sagit de permettre aux personnes et à leurs représentants légaux de prendre le maximum dinitiatives, de mobiliser leurs réseaux et appuis, de maintenir leur cadre de vie, de mener à bien leurs projets personnels.
Les professionnels éviteront de renforcer la contrainte au cours de la mise en uvre du projet personnalisé. La contrainte sera « seulement » intégrée au projet personnalisé, et non pas renforcée par les modalités daccompagnement.
4.4 En cas de déficit de loffre ou dune attente prolongée, prévoir des aménagements spécifiques
Il peut arriver que les décisions soient prises « faute de mieux » : loffre de services ou de places daccueil peut ne pas être à la hauteur des besoins sur le territoire, le partenariat ne pas être encore suffisamment développé, létablissement se trouver en phase de restructuration ou en cours de recrutement
Autant de cas de figure qui viennent diminuer les choix possibles pour un projet personnalisé.
Quand des décisions sont prises « faute de mieux », il est recommandé de formaliser aux différentes parties prenantes les raisons de cette décision, de manière à ce que la personne ne la ressente pas comme un échec de sa part ou une erreur des professionnels accompagnants.
Des aménagements transitoires pourront alors être prévus, pour que la période dattente ou les actions décidées aient un caractère stimulant, afin de donner à cette période un intérêt pour la personne.
4.5 Repérer des zones de vigilance
Les décisions prises nécessitent de la part des parties prenantes de repérer des zones de vigilance moments, actions, microprojets qui réclameront une attention particulière, susceptible de modifier le projet personnalisé, si le déroulement ne produit pas les effets positifs voulus.
5. La mise en oeuvre du projet personnalisé
Il est normal que cette phase de concrétisation révèle des incohérences dans le projet personnalisé, ou que des actions prévues ne se mettent pas en place, ou encore que des coopérations se révèlent plus délicates que prévu.
Entre ce que lon a échafaudé ensemble et la réalité de la mise en oeuvre, les différences peuvent savérer importantes et la mise en oeuvre demander des ajustements assez rapides.
5.1 Être attentif à la mise en place
Les professionnels seront attentifs lors de ces premiers temps et solliciteront la personne, notamment sur les zones de vigilance qui auront été repérées, particulièrement si elles ont fait lobjet dune inquiétude de la personne ou dun désaccord entre les différentes parties prenantes.
5.2 Encourager un rôle actif des personnes dans la mise en oeuvre
Les actions proposées sont au service du projet personnalisé. Les professionnels se garderont de tomber dans un activisme contraire aux intérêts de la personne et à son autonomie. Le confort de vie des personnes est recherché et les professionnels veilleront à ce que lintervention déquipes pluridisciplinaires respecte ce principe.
Mais parfois le positionnement actif des personnes, la prise en main de leur propre projet sont susceptibles de se ralentir au fil de la mise en oeuvre. Certaines personnes donnent limpression de se replier sur elles-mêmes, de déléguer de plus en plus aux professionnels, voire de régresser.
Il est recommandé aux professionnels de repérer puis dinterroger ce repli, qui peut être dû à de multiples facteurs : psychologiques, médicaux, mais aussi institutionnels (position demprise des professionnels, accompagnement trop intensif laissant peu de place à linitiative
) Il convient de ne pas confondre les pauses nécessaires au rythme des personnes et ce qui ressort dun problème à résoudre.
5.3 Coordonner le projet et garantir la mise en oeuvre
Les organisations des professionnels prévoient souvent quun (ou parfois deux) dentre eux soit le coordinateur du projet personnalisé, signifiant par là quil est linterlocuteur privilégié des parties prenantes, quil veille au déroulement des différentes phases du projet personnalisé et à la cohérence des interventions.
Cette fonction de coordination est particulièrement importante quand le projet personnalisé est suspendu du fait dune hospitalisation, dun incident de parcours involontaire, etc. Le coordinateur de projet et les équipes analysent avec la personne elle-même (et son représentant légal) les conséquences sur le projet personnalisé.
Le coordinateur porte une attention particulière aux professionnels intervenant à temps partiel, ou ne participant pas aux réunions liées aux projets personnalisés, afin de les associer aux différentes étapes.
La désignation dun coordinateur de projet nexonère pas lensemble des professionnels qui interviennent autour de la personne de maintenir un lien attentif et respectueux avec elle. La personne est dailleurs susceptible de choisir un moment et un professionnel pour exprimer son avis ou montrer satisfaction ou malaise, qui ne sont ni les moments officiels de bilan, ni le coordinateur désigné.
5.4 Suivre le projet personnalisé
La mise en oeuvre du projet personnalisé sera suivie, cest-à-dire que les principales parties prenantes vérifieront lavancée des objectifs et la cohérence de laccompagnement et des prestations avec lévolution de la situation. Les modalités de suivi du projet personnalisé sont prévues dès sa mise en place, et les entretiens de suivi programmés.
Cette programmation nexclut pas une souplesse permettant à la personne, à ses proches ou aux professionnels, de demander une réunion quand lévolution de la situation le requiert. Cest ainsi que les expériences ou essais faits sur un temps limité feront lobjet dun bilan par les principaux professionnels concernés avec la personne, bilan susceptible de modifier des objectifs ou des actions du projet.
Dans la phase de suivi du projet personnalisé :
% la personne (et son représentant légal) participe aux temps de suivi du projet personnalisé ;
% la réflexion de la personne et de son représentant légal est facilitée par tous moyens adaptés ;
% la personne, à sa demande ou avec son accord, est éventuellement soutenue par des tiers lors de ces bilans.
5.5 Accompagner les propositions dinterruption
Les professionnels sont parfois amenés à proposer linterruption dun accueil et/ou dun accompagnement. Cette proposition remet en question les modalités du projet personnalisé, et peut signifier un changement de stratégie et dintervenants.
Lors de ces situations, il est recommandé :
% d organiser une rencontre avec la personne concernée ;
% d analyser avec la personne et son représentant légal les conséquences sur le projet personnalisé ;
% de rechercher les solutions alternatives possibles et de les expliquer en s assurant de la compréhension par la personne ;
% d aider la personne ou son représentant légal dans la recherche d une solution, ou de l orienter vers un lieu-ressource.
6. La co-évaluation du projet personnalisé
L évaluation du projet personnalisé fait partie intégrante de la démarche du projet. Elle est à distinguer de lévaluation des activités et de la qualité des prestations prévue par la loi n° 2002-2 et ses décrets, même si elle y participe.
Le projet personnalisé est co-évalué par la personne elle-même et son représentant légal, les professionnels et les partenaires concernés. Si la personne le souhaite, ses proches peuvent être associés à cette co-évaluation.
Des objectifs ayant été fixés, un plan dactions et des modalités daccompagnement ayant été mis en oeuvre, les parties prenantes du projet personnalisé échangent sur la réalisation des objectifs, repèrent les effets, produisent une analyse et réinterrogent les hypothèses. Les résultats de la co-évaluation permettront délaborer de nouveaux objectifs, de modifier les actions proposées, dajuster les types daccompagnement (voire de proposer une nouvelle orientation) et de réinvestir le projet personnalisé afin de lactualiser.
6.1 Être attentif à la périodicité de lévaluation
Le rythme de lévaluation du projet personnalisé est fonction de la nature de ses objectifs et des modalités de sa mise en oeuvre. Chaque projet personnalisé a ainsi son propre rythme et sa périodicité propre dévaluation.
Les personnes seront informées dès la construction du projet des modalités de son évaluation,
et de la finalité de cette évaluation. Le projet personnalisé sera évalué au moins une fois par an.
6.2 Organiser un cadre facilitant la réflexion de la personne
La phase dévaluation du projet personnalisé doit permettre à la personne de connaître et comprendre les points de vue des différentes parties prenantes, et dy confronter ses propres analyses.
Il est recommandé de proposer à la personne et à ses proches des supports de questionnement et danalyse évaluative (supports écrits ou autres), lui permettant dévaluer si les actions menées, le séjour passé, les accompagnements conduits, aboutissent à du mieux pour elle, et dans quels domaines.
Le débat permet à la personne et éventuellement à ses proches :
% d enrichir sa propre analyse ;
% de formuler des propositions en connaissance de cause ;
% de contribuer ainsi à fixer de nouveaux objectifs ;
% de proposer ou accepter de nouvelles orientations.
6.3 Permettre à la personne de formuler ses nouvelles attentes
Les professionnels accompagnants veilleront à ce que les personnes, et éventuellement leurs représentants légaux, puissent formuler de nouvelles attentes, sur la base des enseignements de cette co-évaluation.
Si la personne reste dans létablissement/service, ces attentes permettront de fonder une actualisation du projet, avec des objectifs actualisés et des modalités de mise en uvre adaptées à la nouvelle situation.
Dans le cas de personnes orientées vers un nouvel établissement/service, les professionnels repèreront chez les personnes « ce à quoi elles tiennent » dans la prise en charge de létablissement/service quelles quittent, et quelles aimeraient retrouver là où elles sont orientées.
Sous réserve de laccord des personnes elles-mêmes, et le cas échéant de leur représentant légal, ces attentes figureront dans les dossiers dorientation et la nouvelle équipe en tiendra compte dans lorganisation des prestations et de laccompagnement.
7. La rédaction du projet personnalisé
La loi n° 2002-2 ne précise pas si la formalisation du projet doit être écrite. Seuls les objectifs et les prestations adaptées à la personne figurent obligatoirement dans le contrat de séjour ou le document individuel de prise en charge.
Mais rédiger lensemble du projet permet de produire un document qui :
% constitue une base commune ;
% fait trace tant du cheminement que des décisions prises ;
% facilite le suivi puis l évaluation du projet personnalisé.
Les personnes, éventuellement avec l aide de leurs proches, pourront être invitées à formaliser par écrit leurs attentes et contributions, si elles le souhaitent et le peuvent. Dans le cas contraire, les attentes et analyses exprimées seront recueillies par écrit par un professionnel, sous réserve de laccord de la personne. Cet écrit sera lu à la personne pour validation.
Si la personne qui en aurait la possibilité ne souhaite en aucune manière que ses attentes et analyses soient écrites, ce souhait sera respecté et mentionné dans le document. Les représentants légaux seront invités, de leur côté, à écrire leurs attentes et analyses. Il est recommandé aux professionnels de veiller à ce que le projet personnalisé soit rédigé, en conservant la trace des différentes phases de la co-construction. Le document mentionne ainsi, au fur et à mesure des phases de la démarche, les éléments principaux permettant le suivi de la progression du projet. La contribution des différentes parties prenantes apparaît de manière clairement différenciée.
7.1 Séparer clairement les faits de leur analyse
La rédaction du projet personnalisé permettra de séparer les faits de leur compréhension par les différentes parties prenantes. Cette précaution permet, au moment des temps de suivi/évaluation, de vérifier si lanalyse des faits était bonne et les hypothèses de travail pertinentes. Elle facilite lévaluation et permet de progresser, dans une plus grande clarté pour lensemble des parties prenantes.
7.2 Écrire dans le respect des personnes
Il est recommandé aux professionnels de prendre garde au choix des mots. Ceux-ci valoriseront la dynamique et ne seront pas blessants, notamment dans lanalyse de la situation ou dans la formalisation des objectifs.
7.3 Ne pas transformer le projet en injonction
Dans la forme, les professionnels éviteront un style trop administratif, ou un vocabulaire trop technique, ou encore de transformer les objectifs en injonction. Le projet écrit est un support pour les parties prenantes, et à ce titre, il a vocation à engager et non pas à obliger.
7.4 Inviter la personne à conserver un exemplaire du projet personnalisé
Les professionnels remettent à la personne un exemplaire actualisé du projet personnalisé, en attirant son attention sur la discrétion nécessaire qui doit entourer le document, notamment quand la personne vit en collectivité. Si la personne se sent plus rassurée en confiant son exemplaire à létablissement/service, les professionnels veilleront à réunir les conditions pour lui en faciliter laccès.
III. La contribution des projets personnalisés
au projet détablissement ou de service
Projets personnalisés et projet détablissement/de service entretiennent une relation denrichissement mutuel. Les projets personnalisés nourrissent la réflexion sur le fonctionnement des structures, les pratiques daccueil et daccompagnement et lorganisation collective. De son côté, le projet détablissement/de service intègre la démarche de projet personnalisé, en définit les principes et les modalités de mise en place.
Les projets personnalisés sont également liés aux autres outils dinformation, dexpression et de participation des usagers prévus dans la loi n° 2002-2 et plus spécifiquement : livret daccueil, règlement de fonctionnement, et conseil de vie sociale. Le projet détablissement/de service organise la cohérence de ces différents outils.
1. Se doter de principes dintervention communs
Il est recommandé dintégrer dans le projet détablissement/service une réflexion des équipes sur leurs principes dintervention auprès des personnes.
Ces principes traduisent la manière concrète dont les professionnels sapproprient les droits des usagers, et plus spécifiquement le droit de la personne à participer activement au projet qui la concerne, ainsi que les droits des représentants légaux. Cette reflexion sera loccasion pour les professionnels de définir précisément la fonction de coordinateur de projet/référent. Le sens général de la démarche du projet personnalisé, le rôle général de chaque partie prenante et la procédure seront expliqués dans le livret daccueil.
2. Analyser les évaluations des projets personnalisés
Les résultats des évaluations pourront être rapprochés de manière à ce que les informations récurrentes enrichissent la réflexion des professionnels sur les améliorations à apporter à leurs pratiques, leurs prestations, leur organisation
Dans le cadre de cette analyse, il est recommandé de réaliser un bilan des attentes non satisfaites. Les équipes pourront ainsi déterminer les actions à promouvoir pour construire les réponses aux attentes non satisfaites récurrentes. Les responsables et les équipes feront la part entre les attentes à faire remonter au niveau des décideurs locaux (autorités locales concernées, de contrôle
) et celles à prendre en compte lors de la réactualisation du projet détablissement/service.
3. Utiliser les résultats des enquêtes de satisfaction
À loccasion des enquêtes de satisfaction menées auprès des personnes et de leur entourage :
% des pistes pourront être repérées et utilisées pour améliorer globalement la dynamique
ou l organisation des projets personnalisés ;
% des questions pourront être posées sur l intérêt des supports utilisés pour faciliter la réflexion des personnes et de leurs représentants légaux.
4. Mener une réflexion autour des informations
Il est recommandé de mener une réflexion sur les questions liées au recueil, à la circulation et à la conservation des informations contenues dans le projet personnalisé.
Les équipes pourront valablement se donner un cadre conforme au droit et à léthique en répondant aux questions suivantes :
% de quelles informations avons-nous besoin pour les projets personnalisés ?
% comment se procure-t-on l information avec le maximum de participation des personnes ? Quels sont les droits des personnes et de leurs proches ?
% avons-nous les moyens de distinguer l information objective et les analyses plus subjectives ?
% quelles sont les règles du partage d informations au sein de la structure et avec les partenaires, susceptibles « d impacter » les projets personnalisés ? Sont-elles conformes aux droits des usagers ? Posent-elles des questions éthiques ?
% quelles sont les règles pour préserver la discrétion autour des informations liées aux projets personnalisés ?
5. Mobiliser le conseil de la vie sociale
Le conseil de la vie sociale (CVS) ou le groupe d expression qui en tient lieu pourra utilement être associé à la réflexion pour améliorer la qualité du dialogue entre la personne, ses proches et les professionnels.
Deux thèmes pourront particulièrement mobiliser cette réflexion :
% le bilan global des attentes non satisfaites. Les échanges au sein du CVS peuvent donner des pistes aux équipes pour améliorer leurs réponses ;
% les supports d aide à la formulation des attentes, d aide à l analyse de la situation, à l évaluation du projet personnalisé et d une manière générale tous les supports daides à lauto-questionnement des personnes.
Les membres du CVS gagneront à être associés à la conception, ladaptation et lexpérimentation de ces supports ; les associations représentant les usagers, et en labsence, celles représentant les familles et les bénévoles proches des usagers, pourront également être consultées et associées aux travaux.
Les professionnels pourront également sappuyer sur des travaux de recherche éclairant cette problématique.
Annexes
Annexe 1 - Éléments pour lappropriation de la recommandation
Les recommandations de bonnes pratiques professionnelles constituent des points dappui et des repères pour chaque établissement/service et sont destinées à une mise en uvre adaptée selon les publics accueillis et les missions des structures.
Lappropriation de cette recommandation pourrait sappuyer sur le fil de questionnement suivant :
+ le projet de lorganisme gestionnaire et le projet détablissement/service mentionnent-ils des principes dintervention qui concernent le projet personnalisé ?
+ ces principes sont-ils connus des professionnels et partagés par eux ? La recommandation peut-elle être loccasion dune actualisation ou dun approfondissement à ce niveau ?
+ où en sont les professionnels dans la mise en place des projets personnalisés ?
+ y a-t-il des responsables clairement reconnus par tous les professionnels dans leur capacité à rappeler, réactiver, actualiser le projet personnalisé ?
+ se sont-ils organisés pour prendre en compte la parole de la personne (et/ou son représentant légal) tout au long des phases délaboration ?
+ pourrait-on améliorer les outils de recueil et daide à lanalyse et à lélaboration du projet personnalisé ?
+ comment impliquer lensemble des parties prenantes ?
+ quelles sont les modalités de soutien aux professionnels dans lélaboration et le suivi des projets personnalisés ?
+ pour la diffusion de la recommandation au CVS, aux personnes elles-mêmes, à leurs proches et aux représentants légaux :
% quelles sont les formes et/ou les modalités les plus adaptées ?
% à quel moment, à quelle occasion ?
% comment organiser le retour des réactions ?
% quelles sont les priorités que se fixent les équipes ?
Annexe 2 - Entretiens effectués et sites visités
Étude qualitative réalisée par l équipe projet Anesm (binôme chef de projet/chef de projet junior), de mai à juin 2008 :
% 19 visites sur sites (avec entretiens auprès de professionnels et/ou d usagers) ;
% 13 entretiens hors site, avec des professionnels, des usagers et dautres personnes ressources.
Approche transversale
Johan PRIOU
Directeur Uriopss Centre, chercheur associé Auteur dun ouvrage de référence sur les nouveaux enjeux des politiques daction sociale et médicosociale : « Projet de vie et participation sociale » (Dunod, 2007).
Patrick LEPAULT Médecin, chef de service unité de soins palliatifs(dont une équipe mobile) Président de Pallia + (bénévoles et équipe de formateurs) Vice-président du Réseau de soins palliatifs Lestey (Gironde) Personne-ressource sur laccompagnement des personnes en fin de vie et sur la notion de projet.
Réseau les Invités Au Festin (Doubs) Maison-relais accueillant des personnes aux parcours variés.
Service déducation spéciale et de soins à domicile (Sessad) lEstancade (Saint-Sever)
Centre expérimental pour jeunes en rupture institutionnelle.
Fondation Caisse dÉpargne (Paris) Réflexion institutionnelle en 2008 sur la mise en place des projets personnalisés dans ses ESMS pour personnes âgées et handicapées.
Personnes handicapées
Henri FAIVRE Président du Comité de liaison et daction des parents denfants et dadultes atteints de handicaps (Clapeah) Expert auprès du Conseil de lEurope en matière de handicap Membre du Comité national consultatif des personnes handicapées (CNCPH). Notamment au regard de sa participation au groupe de travail DGAS sur la réforme de la protection juridique des majeurs de 2007.
Valérie MEUROU Personne qualifiée Conciliation-Conseils Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH 22), Côtes-dArmor MembreAPF Personne-ressource sur la prise en compte des projets et attentes de la personne en situation de handicap par les MDPH et ES-SMS.
MDPH 93 Maison départementale pour les personnes handicapées (loi du 11 février 2005).
Service spécialisé pour une vie autonome à domicile Sesvad de lAPF, Saint-Brieuc
Service à domicile pour adultes en situation de handicap (SAVS), service daccompagnement médico-social des adultes handicapés (Samsah), service daide et daccompagnement à domicile (Saad).
Sessad et SAVS de lUnion des aveugles et handicapés de la vue (UAHV), Montpellier
Services spécialisés dans laccompagnement de personnes en situation de handicap sensoriel.
Association pour adultes et jeunes handicapés (Apajh 34) Plate-forme Henri Wallon, Montpellier
Association spécialisée dans laccompagnement de personnes en situation de handicap psychique.
Les Papillons Blancs de Lille Esat (Livret de parcours et projet personnalisé)
Les Papillons Blancs de Roubaix-Tourcoing Foyer daccueil médicalisé (Projet daccompagnement personnalisé).
Personnes âgées
Michel PERSONNE Docteur dÉtat, formateur, conférencier, auteur, chargé de recherche et maître de conférences
Louis PLOTON Professeur en gérontologie Laboratoire« Santé Individu Société » (Institut de PsychologieUniv. Lyon 2)
Personnes ressources en gérontologie
Annie MACIAZEK Conseillère technique Conseil général DoubsDirection des solidarités
Journée Régionale AD-PA, Paris « Notre défi pour demain : domicile, Ehpad, projet de vie personnalisé
Quelles réponses apporter aux attentes et nouveaux besoins des personnes âgées et à leurs aidants ? »
Ehpad Bellevaux, Besançon Ehpad non lucratif
Ehpad Magenta (Groupe KORIAN), Paris Ehpad privé lucratif
Association de soins et de services à domicile (Assad), Besançon Service à domicile en milieu rural
Accompagnement, soins et services à domicile (personnes âgées, handicapées, familles
)
Protection de lenfance
Catherine SELLENET Professeur en sciences de léducation Directrice du Centre de recherche Éducation Culture, La Roche-sur-Yon Personne-ressource en protection de lenfance.
Maison denfants à caractère social (Mecs) « La Providence », Nîmes
Service de placement en milieu naturel (SAPMN) : « passerelle» entre laction éducative en milieu ouvert (Aemo) et le placement en internat.
Conseil général du Gard, Nîmes Équipe de placement familial
1) Équipe de coordination, chargée notamment de la sélection des assistants familiaux en fonction du projet pour lenfant.
2) Couple dassistants familiaux.
Conseil général du Gard, Nîmes Équipe centrale ASE Adjoints techniques auprès des attachés en charge du suivi des enfants placés en SAPMN.
Association ESSOR 93, Gagny Accompagnement des jeunes majeurs et notions de projet/contrat.
Insertion Addictologie
Nicolas DUVOUX Doctorant à lÉcole des hautes études en sciences sociales (EHESS) Sociologue, auteur dune thèse sur les liens entre contrats / projets dans le champ de linsertion (2004).
Jean-Pierre COUTERON Président de lAssociation nationale des intervenants en toxicomanie et addictologie (Anitea) Psychologue clinicien, responsable de la consultation en addictologie (Centre départemental daide aux toxicomanesCedat, Mantes-la-Jolie) Auteur dun ouvrage de référence sur les conduites addictives, abordant notamment les notions de projet de soin et dalliance thérapeutique (Dunod, 2008).
CHRS Le Cabestan, La Rochelle Accompagnement de personnes en situation dexclusion.
Cité A. Jacomet, Paris Centre dhébergement de stabilisation (statut CHRS).
Organisme de gestion des foyers Amitié (OGFA), Jurançon Résidence accueil, CHRS, Centre daccueil pour demandeurs dasile (Cada), Foyers familles protection de lenfance.
SOS Habitat et soins, Saint-Denis Centre daccueil et daccompagnement à la réduction des risques des usagers de drogues (Caarud) et Centre de soins, daccompagnement et de prévention en addictologie (Csapa).
Annexe 3 Bibliographie
1. Ouvrages
" BARBE L. Une autre place pour les usagers ? Intervenir dans le secteur social et médico-social. Paris : Éditions de La Découverte, 2006. 201 p. Coll.Alternatives sociales.
" BOUTINET J.-P. Anthropologie du projet. Réédition. Paris : PUF, 2007. 432 p. Coll. Quadrige ?
" CHAVAROCHE P. Leprojetindividuel.Repèrespourunepratiqueaveclespersonnesgravement handicapées mentales. Toulouse : éditions Érès, 2006, 134 p. Coll. Trames
" CSTS. L usager au centre du travail social. De l énoncé des droits de la personne à lexercice de la citoyenneté. Conditions démergence de pratiques professionnelles novatrices, Rapport du groupe de travail sur « Lusager au centre du travail social, représentation et participation des usagers ». Rennes : Presse de lEHESP, Juin 2006. 114 p. Coll. Rapports du Conseil supérieur du travail social.
" CSTS. L intervention sociale d aide à la personne. Rennes : Presse de l EHESP, 1998. 174 p. Coll. Politiques et Interventions sociales.
" DANANCIER J. Le projet individualisé dans l accompagnement éducatif. Paris : Dunod, 2004. 208 p. Coll. Action sociale.
" DELAMARRE C. Démence et projet de vie. Accompagner les personnes atteintes de la maladie d Alzheimer ou apparentée. Paris : Dunod, 2007. 240 p. Coll. Action sociale.
" DUBREUIL B. Accompagner le projet des parents en éducation spécialisée. Paris : Dunod, 2006, 192 p. Coll. Enfance.
" GRANVAL D. Le projet individualisé en travail social. Paris : L Harmattan, 2000. 211 p.
" d HALLUIN A. Le projet des adolescents placés : de la place d acteur dans la contrainte du placement. Grenoble : Mémoire DSTS : IEP Grenoble, 2005. 123 p.
" HERVY B., VERCAUTEREN R., SCHAFF J.-L. Le projet de vie personnalisé des personnes âgées. Enjeux et méthode. Toulouse : ÉRES, 2008, 176 p. Coll. Pratiques Gérontologies.
" JANVIER R., MATHO Y. Mettre en oeuvre le droit des usagers dans les établissements d action sociale. 3e éd. Paris : Dunod, 2004. 344 p. Coll. Action Sociale.
" LHUILLIER J.-M. Le droit des usagers dans les établissements et services sociaux et médicosociaux. 3e éd. Rennes : Presse de l EHESP, 2007. 239 p.
" LOUBAT J.-R. Promouvoir la relation de service en action sociale et médico-sociale. 2e édition. Paris : Dunod, 2007. 368 p. Coll. Action Sociale.
" MORELA., COUTERON J.-P. Les conduites addictives. Comprendre, prévenir, soigner. Paris : Dunod, 2008. pp. 243-266. Coll. Psychothérapies humanistes.
" PRIOU J. Les nouveaux enjeux des politiques d action sociale et médico-sociale : Projet de vie et participation sociale. Paris : Dunod, 2007. 336 p. Coll. Action sociale.
2. Articles
" BOUKELAL A. La qualité par la personnalisation des accompagnements et des prises en charge. Cahiers de l ACTIF : Évaluation Interne et Qualité, Novembre / Décembre 2006, n° 366/367, pp. 211-278.
" GUYOT P. Le projet personnalisé dans les établissements et services pour personnes handicapées. Sa place dans le nouveau dispositif de la politique du handicap et son élaboration. Bulletin duCREAI de Bourgogne, Juillet 2008, n° 283, Juillet, pp. 4-14. Disponible sur : http://ww.creaibourgogne.org/04_02_articles_open.php?lien=04%2Farchives%2F2008%2F283-07-1.pdf
" LADSOUS J. L usager au centre du travail social. Empan, 2006, n° 64. pp. 36-45. 42 I Les attentes de la personne et le projet personnalisé
LOUBAT J.-R. Pour une personnalisation des prestations " dans les établissements. Lien social, 16 janvier 2003, n° 649, pp. 4-12. Disponible sur : http://www.lien-social.com/spip.php?article644&id_groupe=11
" MAEREL M.-J. Passer de la culture de l octroi à celle de la participation. Questions à Marie-Sophie Desaulle. ASH, 9 juin 2006, n° 2459.
" TAGLIONE C. Le droit au libre choix de la personne handicapée majeure usager d un établissement social ou médico-social :mythe ou réalité ? Bulletin d informations CREAI Bourgogne, 2006, n° 258, pp. 4-19.
" VIARDA. Contrat de séjour et document individuel de prise en charge. CREAI Rhône-Alpes. 2005. 5 p. Disponible sur : HYPERLINK "http://www.creai-ra.org/creai/juridique.html" http://www.creai-ra.org/creai/juridique.html
3. Autres documents
" L ACTIF. Du projet institutionnel au projet personnalisé& ou comment accompagner le changement dans la complexité. Les Cahiers de l ACTIF, Mai Août 2007, n° 372/373-374/375, 319 p.
" ATD Quart-Monde (Ateliers du Croisement des savoirs et des pratiques), Charte du Croisement des Savoirs et des Pratiques avec des personnes en situation de pauvreté et d exclusion sociale, 2006, 4 p. Disponible sur : http://www.atd-quartmonde.org/IMG/pdf/Charte_ACSP-2.pdf
" DGAS, Le dossier de la personne accueillie ou accompagnée. Guide pour les établissements sociaux et médico-sociaux, 2007, 60 p.
" UNAPEI. La participation de la personne handicapée intellectuelle à son projet de vie et aux décisions qui la concernent : livre blanc. Les cahiers de lUNAPEI, 2002, 48 p.
4. Mots-clés utilisés
Accompagnement Autodétermination Avenir Besoin Centre dhébergement Choix de vie Contrat de séjour Dignité Document individuel de prise en charge Enfant Éthique Évaluation des besoins Exclusion sociale Insertion Intégration sociale Loi 2002-2 Personne âgée Personne handicapée Personne en situation d exclusion Projet individuel Projet personnel Projet personnalisé Projet de vie Usager.
5. Sources interrogées
Bases de données :
" Base de données santé publique (BDSP) Disponible sur : www.bdsp.ehesp.fr/
" Base de données du Centre européen en travail social (CERTS) Disponible sur : www.certs-europe.com/
" Base de données CEDIAS Musée social Disponible sur : www.cedias.org/dossiers/dossiers.php?id_dossier=94
" Base de données Promotion et rationalisation de l information sociale, médico-psychologique et éducative (PRISME) Disponible sur : http://bases.documentation-sociale.org/recherche/bibliographique.php
" Base de données du Réseau Santé Social en Administration centrale (RESSAC) Disponible sur : http://194.199.119.234/ressac.htm
" Base de données du Centre technique national d études et de recherches sur les handicaps et les inadaptations (SAPHIR-CTNERHI) Disponible sur : www.ctnerhi.com.fr/pages/saphir.htm
Les attentes de la personne et le projet personnalisé I 43 Bases de données de l université de " Montréal au Québec (UQUAM) Disponible sur : www.manitou.uqam.ca/
Principaux sites Internet utilisés :
" ATD QUART MONDE : http://atd-quartmonde.org
" EUROPA : http://europa.eu/index_fr.htm
" CAIRN : www.cairn.info
" CNSA : www.cnsa.fr
" CREAI Bourgogne : www.creaibourgogne.org/#
" CREAI Rhône-Alpes : www.creai-ra.org
" LEGIFRANCE : www.legifrance.gouv.fr/
" LIEN SOCIAL : www.lien-social.com
Mission du responsable d établissement et rôle de l encadrement
dans la prévention et le traitement de la maltraitance
Les professionnels qui contribuent, au sein ou hors des instances de travail de lAnesm à ses travaux, se sont mobilisés depuis plus dun an autour de la thématique de la maltraitance dans les établissements sociaux et médico-sociaux. Cette mobilisation traduit clairement la volonté de lAgence, de ses partenaires professionnels et institutionnels et des pouvoirs publics de répondre à une préoccupation majeure, en écho aux attentes des usagers et de leurs proches. De nombreux acteurs ont, par ailleurs, engagé des démarches de prévention et de sensibilisation sur le terrain. Nombre doutils ont également été mis à disposition des professionnels pour les aider à prévenir les risques de maltraitance, et à réagir avec davantage de rapidité et defficacité.
Lobjectif de cette recommandation est dapporter une contribution spécifique sur un aspect particulièrement stratégique : le rôle essentiel que joue lencadrement au quotidien dans la prévention et le traitement de la maltraitance en établissement. Conscients que les procédures et protocoles mis en place ne sauraient tenir lieu dune véritable démarche de prévention, conscients aussi de la difficulté pour les usagers et leurs proches dévoquer les abus dont ils peuvent avoir connaissance ou être lobjet, les professionnels qui ont contribué à ces travaux ont eu à coeur de détailler des pratiques concrètes susceptibles de diffuser une réelle culture de vigilance parmi les membres de lencadrement et leurs équipes.
Les personnes en situation de responsabilité dans les établissements sociaux et médico-sociaux disposent ainsi de repères identifiés qui sinscrivent dans le cadre plus général de la recommandation de lAnesm sur la bientraitance.
La recommandation de bonnes pratiques professionnelles concernant la mission du responsable détablissement et le rôle de lencadrement dans la prévention et le traitement de la maltraitance résulte des travaux des participants suivants :
Équipe projet Anesm
Alice CASAGRANDE, chef de projet
Oriane DELIVRÉ, chef de projet junior
Patricia MARIE, documentaliste
Sous la responsabilité de Claudine PARAYRE, responsable du service « Pratiques Professionnelles »
Groupe de travail
Isabelle BARGÈS, directrice qualité de vie FNAQPA (Fédération nationale avenir et qualité de vie des personnes âgées), Lyon
Bernard BAS, directeur Santé, Social, Insertion, conseil général de lAube
Catherine BRAUN, cadre socio-éducatif, centre maternel de laVille de Paris
Bernadette BURNIER, éducatrice spécialisée et représentante CFDT, Besançon
Dominique DUSIGNE, conseiller sur le droit des usagers et des structures, APF (Association des paralysés de France)
Patrick ENOT, directeur général, ADAPEI de Haute-Loire (Association départementale des associations de parents de personnes handicapées mentales et de leurs amis)
Éric GARCIA, formateur et consultant en gestion des risques, laboratoire IFROSS, Lyon
Jean-Marc GILBON, responsable de la filière CAFDES de lEHESP (École des hautes études en santé publique), Rennes
Jean-Michel GODET, directeur de lInstitut régional de travail social, Basse-Normandie
Armelle de GUIBERT, directrice de CHU et CHRS, D3S, Paris
Anne-Marie ILLERA, psychologue clinicienne, chargée de mission au conseil général des Deux-Sèvres (Réseau Idéal)
Philippe JOURDY, directeur général de lASEI (Association pour la sauvegarde des enfants invalides)
Christian JUNCKER, directeur général, ARIMC (Association régionale des infirmes moteurs cérébraux) Rhônes-Alpes
Valérie LÖCHEN, directrice veille et stratégie, Fondation dAuteuil
Leïla MINVIELLE, directrice régionale adjointe Sud-Est, groupe KORIAN,Aix-en-Provence
Christine MOLINA, responsable du programme CAFERUIS, collège coopératif Rhônes-Alpes, Lyon
Norbert NAVARRO, directeur détablissement pour personnes âgées dépendantes, AD-PA
Frédéric PHAURE, directeur, bureau des méthodes et de laction éducative, Direction de la protection judiciaire de la jeunesse
Stéphane RACZ, directeur général adjoint, SNASEA (Syndicat national au service des associations du secteur social et médico-social)
Jean-Marie SIMON, directeur de service AEMO-ARSEA de Colmar, secrétaire ADC-EHESP (Association de directeurs, cadres de direction et certifiés de lEHESP)
Groupe de lecture
Roselyne BATTUT, chef de service de centre dhébergement et de réinsertion sociale, Association Relais, Villeneuve-sur-Lot
Emmanuel BON, directeur national qualité, APF
Nathalie CHEVALLIER, Fédération nationale de la mutualité française
Séverine DEMOUSTIER, Centre régional pour lenfance et ladolescence inadaptée, région Centre
Bruno DESWAENE, CREAI Champagne-Ardenne
Anne-Valérie DOMMANGET, FEGAPEI (Fédération nationales des associations de parents et amis employeurs et gestionnaires détablissements et services pour personnes handicapées mentales)
Anne GARREC, DGAS
Marcel HÉRAULT, président de Sésame Autisme
Robert MOULIAS, président dALMA-France (Allo-Maltraitance personnes âgées personnes handicapées)
Bernard JUST, président du conseil de la vie sociale de la résidence Sainte-Anne, Heimsbrunn, Haut-Rhin
Philippe LEMAIRE, responsable France Terre dAsile pour les Hauts-de-Seine
Guy PATRIARCA, conseil général de lArdèche (Réseau Idéal, Club Enfance)
Chantal RÉGNIER, médecin coordonnateur de létablissement dhébergement pour personnes âgées dépendantes Sainte-Anne dAuray (Châtillon)
Zaynab RIET, directrice de létablissement public de gérontologie Jean-Baptiste Catry
Annie RIGAUT, directrice du GIP-REQUASS (Groupement dintérêt public Réseau qualité sanitaire et social)
Yann ROLLIER, ANCREAI (Association nationale des centres régionaux pour lenfance et ladolescence inadaptée)
Christelle SAUREL, agent de service hospitalier, centre de moyen et long séjour Pech dAlcy, centre hospitalier de Narbonne
Françoise TOURSIÈRE, FNADEPA (Fédération nationale des associations de directeurs détablissements et services pour personnes âgées)
Gérard ZRIBI, président dANDICAT (Association nationale des directeurs et cadres de CAT)
1. Introduction
2. La vocation de la recommandation « Mission du responsable détablissement et rôle de lencadrement dans la prévention et le traitement de la maltraitance »
3. Les cibles de la recommandation
4. Repères pour lutilisation de la recommandation dans les établissements
5. Définition de la maltraitance retenue
6. Principes éthiques et positionnements du management
6.1 Lengagement.
6.2 La responsabilité
6.3 La justice
I. Développer une conscience et une connaissance des risques de maltraitance
1. Conscience et connaissance des risques par léquipe dencadrement
1.1 Définir le rôle de lencadrement en matière de prévention et de traitement de la maltraitance
1.2 Promouvoir conscience et connaissance des risques par léquipe dencadrement
1.3 Conduire au sein de léquipe dencadrement une réflexion sur les signaux dalerte
1.4 Conduire au sein de léquipe dencadrement une réflexion sur linterférence de la dimension personnelle dans les comportements professionnels
1.5 Prévoir le recours quand le dysfonctionnement concerne la direction de létablissement
2. Conscience et connaissance des risques par les professionnels
2.1 Sensibiliser les stagiaires et les nouveaux professionnels
2.2 Mettre en place des formations pluri-professionnelles
2.3 Amener les professionnels à réfléchir sur les risques spécifiques à leur établissement
3. Conscience et connaissance des risques de maltraitance par les usagers et leurs proches
3.1 Informer les usagers et leurs représentants légaux de leurs droits et des bonnes pratiques et leur traduction concrète dans létablissement
3.2 Associer les usagers à lamélioration continue des pratiques et à la lutte contre la maltraitance
4. Mission du responsable détablissement et rôle de lencadrement dans la prévention et le traitement de la maltraitance
II. Mettre en place une organisation et des pratiques dencadrement conformes aux objectifs de prévention de la maltraitance
1. Démarche institutionnelle de prévention
1.1 Fixer des responsabilités précises à tous les professionnels.
1.2 Aménager des rythmes et une organisation du travail permettant un accompagnement continu et fiable des usagers
1.3 Définir des modalités déchange et de coordination entre les métiers
1.4 Veiller à ce que le règlement de fonctionnement soit garant des libertés fondamentales
1.5 Aménager le cadre de vie
1.6 Mettre en place des dispositifs danalyse des pratiques
1.7 Promouvoir un dispositif qui permette un regard extérieur sur létablissement
2. Des outils à lappui de la démarche de prévention
2.1 Élaborer un dossier avec les informations essentielles concernant chaque usager
2.2 Formaliser avec les professionnels les conduites à tenir en cas de maltraitance constatée ou relatée
2.3 Formaliser avec les professionnels les outils de recueil et de traitement des plaintes, des réclamations et des événements indésirables
2.4 Formaliser avec les professionnels la procédure de gestion de crise
3. Un accompagnement qui met en valeur les ressources des professionnels
3.1 Recruter les professionnels dans une logique de prévention
3.2 Rappeler régulièrement lobjectif de travail vis-à-vis de lusager
3.3 Reconnaître et promouvoir les ressources des professionnels
3.4 Valoriser et développer la compétence individuelle et collective par la formation continue
3.5 Prendre en compte le risque dusure professionnelle
3.6 Informer lencadrement des recours et personnes ressources auxquels adresser les professionnels rencontrant des difficultés personnelles
3.7 Adopter une démarche danalyse et déchange autour des conduites violentes éventuelles des usagers à légard des professionnels
3.8 Mettre à profit le regard et les interrogations des stagiaires pour questionner les pratiques des professionnels
4. Un encadrement présent et engagé
4.1 Veiller à la présence régulière et impliquée de lencadrement pour déployer une vigilance au quotidien
4.2 Mettre en oeuvre un encadrement qui fasse référence en matière de respect du droit et des personnes
4.3 Garantir la réactivité de lencadrement
4.4 Positionner lencadrement au regard des violences entre les usagers
4.5 Mettre en place des démarches de formation continue de lencadrement.
III. Organiser un traitement systématique des faits de maltraitance
1. Un traitement adapté à la gravité des faits
1.1 Être réactif à chaque fait de maltraitance
1.2 En cas dénonciation de maltraitance grave, avérée ou supposée, recueillir les faits, protéger et accompagner la victime présumée
1.3 Signaler les faits aux autorités de contrôle et à la justice
1.4 Mettre en place des mesures disciplinaires
2. Communiquer autour des faits de maltraitance avérés
2.1 Informer le représentant légal des faits de maltraitance
2.2 Informer lusager victime et/ou son représentant légal
2.3 Mettre en place une information ciblée auprès des autres usagers et un dispositif daide
3. Suivi et pédagogie auprès des professionnels
3.1 Resituer lénonciation du fait de maltraitance dans le cadre de la loi, du projet détablissement et/ou du projet de lorganisme gestionnaire
3.2 Mettre en place une communication et un accompagnement adaptés
3.3 Solliciter éventuellement une aide extérieure pour accompagner le déploiement dune nouvelle dynamique
3.4 Réunir les professionnels pour procéder à une analyse à distance
Annexes
Annexe 1 - Liste des établissements sollicités pour les travaux préparatoires et pour lenquête qualitative
Annexe 2 Bibliographie
Introduction
1. Introduction
Le thème du rôle de lencadrement dans la prévention et le traitement de la maltraitance figure au premier plan du programme de lAgence nationale de lévaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (Anesm) pour lannée 2008. Il sagit dun thème central qui concerne lensemble des établissements du secteur social et médico-social.
Ce thème est central au regard des enjeux considérables quil recouvre. La maltraitance, sous toutes ses formes, représente en effet latteinte la plus grave à la dignité des personnes accueillies. La prévention et la lutte contre la maltraitance doivent à ce titre mobiliser les professionnels et au premier chef, les responsables détablissement et lensemble des équipes dencadrement.
Ce thème est également central au sein du secteur social et médico-social au regard dévénements graves, souvent très médiatisés, qui sont venus rappeler aux professionnels la réalité de la maltraitance et la nécessité de mesures de prévention et de traitement intransigeantes.
La recommandation trouve aussi sa source dans lindispensable prise de conscience du risque de banalisation des phénomènes de maltraitance et de la nécessité dune grande vigilance à leur égard. En effet, la maltraitance par intention nest pas seule en cause. Des maltraitances par omission, par négation de la personne, ou liées à des logiques institutionnelles, peuvent sinstaurer de manière insidieuse sans que personne nen soit réellement conscient.
Ce thème de la maltraitance est central également au regard de la nature même des métiers du secteur social et médico-social. Métiers de la relation et du lien à plusieurs titres et sur plusieurs registres, ils sont par nature à risque.
La maltraitance nest pas un risque hypothétique et lointain mais bien un risque incontournable, consubstantiel des pratiques pour tous les professionnels au contact des personnes vulnérables, quel que soit leur métier. Lexercice de leur mission appelle donc la conscience de ce risque et la vigilance quelle induit.
A cet égard, il importe de souligner que le regroupement de populations vulnérables au sein dun établissement génère de facto un risque de maltraitance supplémentaire ; la logique institutionnelle et léloignement de la vie «ordinaire» peuvent faciliter les rapports de domination, voire de violence, entre des professionnels en capacité de maîtriser la situation et des usagers en position de dépendance.
Enfin, ce thème est important au regard de la difficulté et de la complexité des situations de maltraitance, dont les sources peuvent être individuelles ou institutionnelles au sein dun établissement, et pour lesquelles un positionnement rigoureux et repérable de lencadrement est indispensable pour bâtir une prévention efficace.
Les pratiques professionnelles déclinées dans ces recommandations prennent également leur sens dans un horizon plus large : celui du droit international, et en particulier de principes maltraitance énoncés par lONU et par lUnion Européenne. Cet horizon est aussi celui de tout le droit pénal qui protège les citoyens contre les actes portant atteinte aux droits des personnes, avec des circonstances aggravantes lorsque les personnes sont vulnérables.
Au regard des connaissances actuelles, les recomman`abcv
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Méthode de travail
La méthode du consensus simple a été retenue. Elle sappuie sur un groupe de travail et un groupe de lecture. Le groupe de travail est composé de personnes qualifiées, professionnels, représentants des professionnels et des employeurs. Les données disponibles ont été recueillies selon deux modalités :
une revue de littérature française et internationale : recommandations de bonnes pratiques émises par des instances travaillant dans des champs proches de ceux de lAgence, investigation des concepts (voir la bibliographie en Annexe) ;
une enquête qualitative réalisée auprès de directeurs et cadres intermédiaires détablissements du secteur social et médico-social (voir la liste des établissements visités en Annexe).
A partir de lensemble de ces données et de leur expérience, les membres du groupe de travail se sont accordés sur les pratiques professionnelles quils considèrent comme suffisamment bonnes pour faire lobjet dune recommandation. Un groupe de lecture a ensuite examiné la lisibilité et la cohérence du document et léquipe projet en charge de la recommandation en a rédigé la dernière version à la lumière de ces remarques.
La conformité juridique de ce document a été validée par Me Olivier Poinsot, agissant au nom de la SCP Grandjean.
2. La vocation de la recommandation « Mission du responsable détablissement et rôle de lencadrement dans la prévention et le traitement de la maltraitance »
Cette recommandation a pour vocation de proposer des points de repère sur les conduites à tenir et les pratiques à développer dans une double perspective :
permettre aux institutions et aux équipes dencadrement de construire leurs propres démarches en fonction de principes fondamentaux présentés dans les recommandations et ceci dans le cadre de la mission spécifique quelles assument ;
développer une culture de la prévention et du traitement des phénomènes de maltraitance à tous les niveaux de lorganisation et pour tous les acteurs.
3. Les cibles de la recommandation
La recommandation « Mission du responsable détablissement et rôle de lencadrement dans la prévention et le traitement de la maltraitance » sadresse à lensemble des professionnels en situation de responsabilité et dencadrement, quils soient cadres ou non cadres, qui exercent au sein des établissements du secteur social et médico-social. Ils seront nommés dans le texte « équipes dencadrement ».
Ils sont privilégiés en raison des missions quils exercent, dans la limite des définitions de fonctions et des délégations de compétences fixées par lorganisme gestionnaire auxquels ils sont rattachés. Ils sont également privilégiés dans le cadre de la responsabilité pénale qui est la leur en matière de maltraitance. Ils sont privilégiés enfin en raison de limpact décisif quun management défaillant peut avoir en matière de maltraitance institutionnelle.
Pour autant, il importe de rappeler que tous les professionnels dun établissement sont susceptibles dassumer une responsabilité pénale, civile et professionnelle envers les usagers quils accompagnent. Ils assument également une responsabilité morale à part entière envers lusager. En conséquence, linsistance de la recommandation sur le rôle des équipes dencadrement va de pair avec la nécessaire responsabilisation de lensemble des professionnels en contact avec les usagers.
La recommandation sadresse également aux équipes dencadrement et aux dirigeants des organismes gestionnaires auxquels les établissements peuvent être rattachés.
Enfin, la recommandation peut utilement servir aux usagers et à leurs représentants, aux associations dusagers, à leurs familles et à leurs proches, à travers sa communication sur un support adapté.
4. Repères pour lutilisation de la recommandation dans les établissements
La recommandation « Mission du responsable détablissement et rôle de lencadrement dans la prévention et le traitement de la maltraitance» sinscrit en complémentarité de la recommandation « La bientraitance : définition et repères pour la mise en oeuvre ». Elle sinscrit également dans la continuité du guide de la Gestion des risques en établissement élaboré sous légide du Comité national de vigilance contre la maltraitance, ce qui explique pourquoi lensemble des dispositifs relevant de la gestion des risques ne sont pas repris. Cette recommandation a vocation à permettre aux membres des organismes gestionnaires, aux responsables et cadres des établissements et aux autres professionnels de partager une réflexion enrichie sur les prestations et laccompagnement quils proposent aux usagers, et non à décliner une série de normes à appliquer automatiquement. Elle nécessite une appropriation réfléchie et mûrie au sein même de létablissement.
5. Définition de la maltraitance retenue
Tout au long des recommandations, mention sera faite du terme de «maltraitance » sans quil soit systématiquement donné davantage de précision sur la forme de maltraitance concernée. La définition retenue par lAnesm est celle du Conseil de lEurope de 1987, à savoir une violence se caractérisant « par tout acte ou omission commis par une personne sil porte atteinte à la vie, à lintégrité corporelle ou psychique ou à la liberté dune autre personne, ou compromet gravement le développement de sa personnalité et/ou nuit à sa sécurité financière ». Cette définition est complétée par la classification que le Conseil de lEurope a établie en 1992. La maltraitance y est détaillée sous ses différentes formes, comme :
violences physiques : coups, brûlures, ligotages, soins brusques sans information ou préparation, non-satisfaction des demandes pour des besoins physiologiques, violences sexuelles, meurtres (dont euthanasie) ;
violences psychiques ou morales : langage irrespectueux ou dévalorisant, absence de considération, chantages, abus dautorité, comportements dinfantilisation, non-respect de lintimité, injonctions paradoxales ;
violences médicales ou médicamenteuses :manque de soins de base, non-information sur les traitements ou les soins, abus de traitements sédatifs ou neuroleptiques, défaut de soins de rééducation, non prise en compte de la douleur
négligences actives : toutes formes de sévices, abus, abandons, manquements pratiqués avec la conscience de nuire ;
négligences passives : négligences relevant de lignorance, de linattention de lentourage ;
privation ou violation de droits : limitation de la liberté de la personne, privation de lexercice des droits civiques, dune pratique religieuse ;
violences matérielles et financières : vols, exigence de pourboires, escroqueries diverses, locaux inadaptés.
La notion de maltraitance retenue comme objet de la recommandation est donc plus large que celui de la maltraitance justifiant la réalisation dun signalement au sens des articles 226-3, 226-13, 226-14, 434-1, 434-3 du code pénal et 40 du code de procédure pénale. Le terme de «maltraitance » est envisagé dans la recommandation comme recouvrant lensemble des violences, abus ou négligences commis par les professionnels envers les usagers, mais non par les usagers envers les professionnels, qui seront, eux, qualifiés de « violences ». Cette perspective a été retenue au vu dun aspect essentiel : la maltraitance sentend ici comme une situation de violence, dabus, de privation ou de négligence survenant dans une configuration de dépendance dune personne vulnérableà légard dune personne en situation de pouvoir, dautorité ou dautonomie plus grande.
De cette définition découle que des faits de maltraitance peuvent être commis par un ou plusieurs usagers sur un autre usager plus fragile queux. Un usager peut aussi être victime de maltraitance de la part dun membre de sa famille ou de lun de ses proches. Ces deux aspectsmaltraitance dun usager sur un autre, et maltraitance dun usager par un proche , ne feront pas néanmoins lobjet de développements détaillés.
En outre, dans le cadre de leur mission, les professionnels peuvent être lobjet de violences verbales ou physiques de la part des usagers. Elles ne seront pas évoquées dans la recommandation comme des formes de maltraitance, et ne feront pas lobjet de développements détaillés.
Ceci sexplique dabord par le fait que le degré de vulnérabilité des professionnels ne peut être comparé à celui des personnes accueillies. Ceci sexplique également par le fait que les professionnels rencontrent éventuellement la violence des usagers au cours de lexercice de leur mission, alors que les usagers y sont soumis sur leur lieu de vie ponctuel ou durable.
La violence des usagers ne doit pas être passée sous silence, acceptée ou banalisée, ni les professionnels être contraints de la subir sans réagir ni être protégés ou accompagnés à cet effet. Néanmoins, il ne saurait être question de niveler ces deux réalités en utilisant le même mot à leur égard.
Le mot de maltraitance sera donc utilisé de manière restrictive dans les présentes recommandations, pour désigner la maltraitance exercée de manière individuelle et collective par un ou des professionnels envers un ou plusieurs usagers.
6. Principes éthiques et positionnements du management
Conformément aux principes évoqués dans la recommandation « La bientraitance : définition et repères pour la mise enoeuvre », laction de lencadrement prend son sens au regard de trois dimensions éthiques cardinales sans lesquelles la lutte contre la maltraitance ne peut se déployer. Chacun de ces trois principes se traduit par un positionnement managérial.
6.1 Lengagement
La première dimension de lencadrement en matière de maltraitance est le principe éthique de lengagement. Ce principe est le socle de toutes les actions déclinées ultérieurement.
En matière de lutte contre la maltraitance, le principe de lengagement se traduit par le fait que les convictions de léquipe de lencadrement ne doivent faire aucun doute pour les professionnels. Elles doivent donc être rappelées à chaque moment de communication institutionnelle opportun, et incarnées dans des attitudes et des décisions concrètes chaque fois que les circonstances lexigent.
Lengagement de lencadrement est également le moteur de celui des professionnels. Cela induit une animation déquipe visant explicitement à encourager la réflexion sur les pratiques quotidiennes et à développer son autonomie. Cela signifie que lencadrement sache transmettre le sens de la mission et en conséquence, encourager un exercice professionnel réfléchi, distancié et donc, responsable.
6.2 La responsabilité
Le principe éthique de la responsabilité est le second pilier dun positionnement managérial. Lorganisation quotidienne et la gestion des ressources humaines ne peuvent construire une prévention et un traitement efficaces en matière de maltraitance que si chaque membre de lencadrement prend la pleine mesure de ses responsabilités en la matière. Ceci implique que, au préalable, le pouvoir de décision de la direction de létablissement en matière de prévention et de traitement de la maltraitance ait été précisé par lorganisme gestionnaire sil existe. Ceci suppose aussi que les membres de léquipe dencadrement soient positionnés clairement dans leur rôle de garants en matière de non maltraitance des usagers.
En outre, en termes éthiques, il nexiste de responsabilité de ses actes que si lon est responsable devant un tiers. Autrement dit, il nest pas de responsabilité sans lexistence dune personne ou dune instance devant qui lon répond de ses actes. En conséquence :
Le principe de la responsabilité implique que les équipes dencadrement soient amenées de façon régulière à répondre de leurs actions en matière de prévention et de traitement de la maltraitance. Il est important que les professionnels soient informés de lexistence de ce dispositif de contrôle, afin de savoir que, comme eux, les membres de lencadrement sont amenés à se positionner clairement.
Le principe de responsabilité dont il sagit ici concerne lexercice professionnel dans sa dimension éthique. Il ne se résume pas à lexercice de la responsabilité pénale (ne pas faire ce que proscrit le droit pénal) ni à lexercice de la responsabilité civile (assumer la réparation dun dommage).
6.3 La justice
Troisième et dernier principe éthique indispensable au fonctionnement des institutions, la justice implique deux exigences distinctes pour les équipes dencadrement : un positionnement équilibré en termes dexercice de lautorité, et distancié à légard des professionnels.
Définie comme juste milieu entre lexcès dautorité et la permissivité, la justice appelle un positionnement équilibré de lencadrement correspondant à la volonté de rendre à chacun ce qui lui est dû.
En matière de lutte contre la maltraitance, il est nécessaire que les réactions et mesures de lencadrement soient réfléchies en ce sens. Le principe de justice pose en effet les bases des félicitations adaptées face à ce qui est bien fait, tout autant que la critique claire de ce qui ne lest pas. De même, lhonnêteté et lacceptation dune réalité, même dérangeante, sont donc des exercices justes.
Tout aussi bien, la sanction peut être prise en respect du principe de justice, car elle « rend justice » en offrant au sujet responsable le moyen de réparer lacte délictueux. Il est ainsi restauré dans sa dignité et peut reprendre sa place au sein de léquipe. Refuser la médisance, lhumiliation, contribuer à restaurer limage dune équipe ou dune personne, sont autant de formes de respect du principe de justice. Ainsi, ce sont ici la graduation, la proportionnalité et léquité des décisions dencadrement qui sont en jeu.
Définie comme la capacité à prendre des décisions rationnelles, et non arbitraires, la justice induit un positionnement rigoureux de lencadrement à légard des professionnels. Il sagit dun positionnement distancié et donc crédible pour poser des règles du jeu et les faire appliquer sereinement.
Il est indispensable que la conduite quotidienne de tous les membres de lencadrement soit inspirée par ce souci de distanciation et de constante neutralité dans la prise de décision et que des temps de réflexion collectifs aident à pérenniser ce positionnement.
Ces trois principes éthiques fondent et animent lensemble des préconisations contenues dans cette recommandation.
Le document est organisé en trois parties. La première est centrée sur la nécessaire prise de conscience du risque. La seconde concerne lorganisation à mettre en oeuvre pour traduire concrètement que ce risque est connu et fait lobjet dune prévention active. La troisième est consacrée au traitement des situations de maltraitance, et notamment aux dimensions de signalement.
I. Développer une conscience et une connaissance
des risques de maltraitance
Le positionnement de lencadrement et des équipes de direction est crucial pour la diffusion dune juste appréciation des risques de maltraitance par les professionnels. Le positionnement décrit dans les recommandations relève dune démarche densemble, fondée par un corpus de réflexions notamment référé aux sciences humaines et qui ne peut se résumer à la création et lusage dune série doutils.
Les recommandations qui suivent visent donc à détailler les fondements et les étapes susceptibles de contribuer à la construction collective et continue dun processus de vigilance qui ne saurait se résumer à la simple production de documents formalisés une fois pour toutes.
En matière de maltraitance en particulier, les procédures et protocoles élaborés ne suffisent pas à attester dune dynamique institutionnelle à la hauteur des enjeux. Ils peuvent même devenir un obstacle à une prévention réelle si lencadrement les met en place sans leur donner un sens et sans suivi.
1. Conscience et connaissance des risques par léquipe dencadrement
1.1 Définir le rôle de lencadrement en matière de prévention et de traitement de la maltraitance
% Informer, dès leur prise de fonction, la direction et l encadrement intermédiaire des missions qui leur incombent en matière de prévention, de repérage, de traitement et de signalement de la maltraitance
Il est recommandé que, dès leur prise de fonction, tous les membres de léquipe dencadrement et de direction soient positionnés sur les questions de maltraitance, grâce à une information précise sur leur rôle propre et celui de chacun des autres membres de lencadrement. Le cas échéant, cette information est formalisée dans une « fiche de poste » afin que le nouveau cadre puisse sy référer ultérieurement.
Il est préconisé également quune formation spécifique destinée à lencadrement soit mise en place par lorganisme gestionnaire afin daider les membres de l encadrement à mieux assumer l ensemble des missions préalablement définies.
% Informer l encadrement intermédiaire de sa mission propre en matière de prévention de la maltraitance
Le positionnement de l encadrement intermédiaire nécessite une communication claire de la part de léquipe de direction. Ceci permet quil assume dès sa prise de poste les dimensions daccompagnement et de soutien des professionnels, ainsi que de correction des pratiques inadéquates et éventuellement de sanction, qui sont le propre de sa mission en termes de prévention de la maltraitance.
% Informer ou former les membres de l encadrement sur les obligations de signalement
Il est recommandé que l ensemble des obligations de signalement (à la justice et aux autorités de contrôle) fasse l objet d une information et le cas échéant, d une formation interne, afin que tous les membres de lencadrement soient dans une connaissance et un positionnement identiques et conformes à la législation en vigueur en matière de maltraitance.
1.2 Promouvoir conscience et connaissance des risques par léquipe dencadrement
% Informer et sensibiliser les cadres des établissements sur la maltraitance dès leur recrutement
Dès leur recrutement, il est recommandé que les cadres des établissements soient informés et sensibilisés à la question de la maltraitance par le responsable de la structure ou une personne de lorganisme gestionnaire. Une attention particulière est préconisée dans les explications données au sujet des formes de maltraitance passives possibles, des négligences constituant des maltraitances, et des risques de maltraitance institutionnelle.
% Conduire au sein de l équipe d encadrement une réflexion sur les risques spécifiques de l établissement
Cette réflexion doit porter aussi bien sur les risques liés à la structuration et à l organisation de l offre de service, aux professionnels en poste (composition socioprofessionnelle et/ou qualification des équipes, usure professionnelle éventuelle, par exemple) que sur les risques liés aux populations accompagnées.
% Appréhender les questions d organisation et de climat social au regard des risques de maltraitance éventuels
Il est recommandé que léquipe dencadrement soit sensibilisée à analyser certains faits ou événements survenant au sein de létablissement et à en tirer des points de vigilance particuliers en matière de risque de maltraitance. Les phénomènes de turn-over importants, labsentéisme de dernière minute ou répété, les conflits ouverts entre les professionnels ou encore la communication altérée entre des professionnels et leur cadre de proximité, doivent être ainsi des occasions pour lencadrement de sinterroger sur leur propre management et sur lorganisation et de questionner la qualité du lien entre les professionnels et les usagers.
1.3 Conduire au sein de léquipe dencadrement une réflexion sur les signaux dalerte
A partir de leur expérience, il est recommandé que les équipes dencadrement formalisent les «événements sentinelles» ou «clignotants» susceptibles dattirer lattention de lencadrement sur une situation particulièrement à risque en matière de maltraitance. Ceci permet dentretenir au sein de lencadrement un niveau de conscience et de vigilance élevé et une cohésion déquipe.
1.4 Conduire au sein de léquipe dencadrement une réflexion sur linterférence de la dimension personnelle dans les comportements professionnels
Il est recommandé quune réflexion soit menée au sein de lencadrement sur la manière de réagir face à laltération de conduites professionnelles du fait dune situation personnelle. Léquipe dencadrement ne doit pas intervenir dans la vie personnelle des professionnels. Elle doit néanmoins réfléchir collégialement à des modes de régulation de ce type de problématiques.
1.5 Prévoir le recours quand le dysfonctionnement concerne la direction de létablissement
Il est recommandé que le responsable détablissement, en lien avec lorganisme gestionnaire le cas échéant, identifie linterlocuteur pertinent (instances associatives, direction générale
) et les possibilités daction lorsque les actes de maltraitance sont commis par la direction détablissement. Lencadrement intermédiaire doit ensuite en être informé. A travers cette démarche, deux objectifs sont en jeu. Il sagit de faire prendre conscience aux équipes dencadrement quelles peuvent, par leur mode de management, être sources de maltraitance. Elles doivent donc être vigilantes en la matière.
Il sagit aussi dinscrire les équipes dencadrement dans un horizon plus large que celui de létablissement celui de lorganisme gestionnaire, par exemple. Ceci permettra à chaque cadre de ne pas rester seul en cas de problème, de pouvoir trouver un recours en cas de difficulté, et de se référer à des principes inscrits dans le projet de lorganisme gestionnaire.
2. Conscience et connaissance des risques par les professionnels
2.1 Sensibiliser les stagiaires et les nouveaux professionnels
Il est recommandé que la démarche daccueil des professionnels ou des stagiaires comporte un moment de communication consacré à la question de la maltraitance. Ce moment fait une large place à la sensibilisation concernant les risques de maltraitance passive. Il est en outre articulé à un recueil des connaissances et représentations du professionnel concerné, afin dapporter toutes les informations nécessaires pour compléter ses connaissances. Ceci permet daccroître à la fois sa vigilance personnelle et sa conscience des situations quil risque de rencontrer en choisissant de travailler auprès de personnes vulnérables. Ceci permet également de situer clairement ses obligations professionnelles en matière de signalement.
A cet effet, les modalités de laccompagnement du nouvel arrivant parmi les professionnels sont à réfléchir au regard de la recommandation de lAnesm sur la « Mise en uvre dune stratégie dadaptation à lemploi des personnels au regard des populations accompagnées ».
2.2 Mettre en place des formations pluri-professionnelles
% Faire de la thématique de la maltraitance l objet d une formation spécifique pour les professionnels et associer les bénévoles et les intervenants libéraux à la réflexion
Il est recommandé que la thématique de la maltraitance figure au sein des plans de formation des établissements. Il est préconisé quelle soit abordée dans un temps de formation spécifique où les professionnels aient le temps et loccasion dexprimer leurs interrogations et, le cas échéant, leurs idées pour réduire les risques de maltraitance dans létablissement. Ceci permet de mieux tenir compte de leurs questionnements et réactions défensives éventuelles.
Il est préconisé enfin que les bénévoles et les intervenants libéraux soient informés de cette démarche et y soient associés, soit sous forme d une participation effective aux formations, soit sous forme d une information écrite résumant les points principaux de la formation.
% Conduire cette formation de façon pluri-professionnelle
Cela suppose d organiser les échanges à un moment où des représentants de plusieurs corps de métier sont présents dans létablissement et peuvent être associés à la réflexion. Cela suppose également, dans lanimation des échanges, quun temps de parole équilibré soit réservé à tous les participants, et non simplement aux plus qualifiés dentre eux, par exemple.
Il est ainsi rappelé que le risque de maltraitance concerne lensemble des équipes et non pas seulement certains professionnels. Cette approche permet également que des sensibilités variées se rencontrent, et que tous les professionnels entendent ce quun autre corps de métier peut considérer comme «maltraitance » là où eux nont plus le recul nécessaire pour le voir, ou bien là où leur spécialité professionnelle ne les conduit pas à une appréciation du même ordre.
2.3 Amener les professionnels à réfléchir sur les risques spécifiques à leur établissement
Une réflexion institutionnelle formalisée est recommandée, animée par lencadrement, référée au projet détablissement et au projet de lorganisme gestionnaire le cas échéant, autour des risques liés aux populations accompagnées dans létablissement. Cette réflexion a pour objectif damener les professionnels à prendre conscience, le cas échéant, du caractère maltraitant de certaines orientations de travail, de certains actes ou manières de faire qui sont éventuellement banalisés. Elle peut également contribuer à faire naître une conscience plus aiguë de lexistence de certaines périodes ou situations particulièrement à risque dans létablissement.
Elle a également pour but de recueillir leurs réflexions et suggestions concernant la conception du travail institutionnel et lorganisation quotidienne de travail la plus à même de prévenir les risques de maltraitance, une fois ces risques identifiés.
Cette réflexion peut être utilement complétée par des réunions ponctuelles ou des groupes de parole permettant aux professionnels de sexprimer sur les situations de travail, à la fois au sujet des populations quils accompagnent et de latmosphère qui règne au sein de l établissement.
3.1 Informer les usagers et leurs représentants légaux de leurs droits et des bonnes pratiques et leur traduction concrète dans l établissement
% Informer l usager de ses droits au moment de l accueil dans l établissement
Il est recommandé que la direction de létablissement expose de manière explicite le positionnement et lengagement de létablissement et de lorganisme gestionnaire le cas échéant en matière de prévention de la maltraitance, afin que lusager et ses représentants légaux sachent quils trouveront en elle un recours en cas de problème de cette nature. En la matière, lutilisation du livret daccueil de létablissement est préconisée pour que les informations et engagements transmis soient formalisés. Parmi ces informations, il est recommandé que les recours dont dispose l usager en cas de maltraitance soient identifiés.
% Rappeler cet engagement en matière de maltraitance tout au long du séjour
Il est recommandé que cette information sur les droits en vigueur et la possibilité dun recours en cas de maltraitance soit rappelée ensuite, de manière adaptée, tout au long du séjour de lusager, par les relais de la direction sur le terrain, afin que le message soit porté par lensemble de linstitution et que lusager se sente soutenu de manière effective.
% Compléter cette démarche par une information sur les bonnes pratiques
Il est recommandé que l information concernant les droits de l usager soit complétée, de manière adaptée, par une information spécifique au sujet des bonnes pratiques en vigueur dans létablissement. De la sorte, cest une plus grande conscience des égards qui lui sont dus qui est communiquée à lusager, à travers des exemples quotidiens et concrets.
3.2 Associer les usagers à lamélioration continue des pratiques et à la lutte contre la maltraitance
% Aborder ouvertement le sujet de la maltraitance au sein du conseil de la vie sociale
Il est recommandé que le sujet de la maltraitance soit évoqué périodiquement au sein du CVS ou de toute autre forme ou instance de participation, afin que les représentants des usagers puissent évoquer librement les difficultés éventuelles quils rencontrent en la matière, et que le sujet ne soit pas tabou. Ceci permet dassocier les usagers de manière régulière et formalisée à la lutte contre la maltraitance. Il est recommandé néanmoins que la communication en question ici concerne des situations générales, et que les cas particuliers ne soient pas évoqués de manière collective, notamment au regard des dispositions sur le secret contenues dans les articles 226-13 et 226-14 du code pénal.
% Mettre en oeuvre des consultations spécifiques des usagers
D autres formes de consultation sur le sujet de la maltraitance peuvent être mises en Suvre par les professionnels et l encadrement pour solliciter l expression des usagers, par exemple sous la forme de questionnement ponctuel et restreint par un professionnel extérieur, ou par voie de questionnaires anonymes. De la sorte, cest un engagement authentique de létablissement qui doit se manifester, et une prise en compte fine des difficultés dexpression des usagers. A cet effet, des supports de communication adaptés sont à mettre en place.
II. Mettre en place une organisation
et des pratiques dencadrement conformes
aux objectifs de prévention de la maltraitance
Le rôle de léquipe dencadrement dans un établissement recouvre classiquement un certain nombre dactions relevant de la communication, de lorganisation et de la gestion des ressources humaines. Positionner léquipe dencadrement face au risque de maltraitance, cest en premier lieu réfléchir et exercer lensemble de ces missions au regard des risques de maltraitance.
Il est important également que le projet détablissement intègre lobjectif de prévention de la maltraitance et en décline les principales actions et modalités de mise en oeuvre, ceci afin de marquer un engagement institutionnel incontestable en la matière.
1. Démarche institutionnelle de prévention
1.1 Fixer des responsabilités précises à tous les professionnels
% Formaliser des missions précises pour tous les professionnels
Il est recommandé que les professionnels trouvent une définition précise de leurs missions et responsabilités quotidiennes formalisée au sein dune « fiche de poste » remise à leur arrivée dans la structure. Ceci permet déviter la maltraitance non intentionnelle des professionnels due à une mauvaise compréhension de leur rôle propre. Ces responsabilités formalisées font en outre lobjet dun rappel régulier lors des échanges collectifs, pour garantir quelles ne restent pas théoriques.
% Accompagner les professionnels dans l exercice de leurs responsabilités
Il est recommandé que l encadrement de proximité saisisse régulièrement l occasion d accompagner les professionnels dans l exercice de leurs tâches quotidiennes, afin d observer et de comprendre la manière dont ces tâches sont accomplies et dapporter, le cas échéant, les correctifs nécessaires. Ceci leur permet de préserver les professionnels dun exercice erroné, trop étendu ou trop restrictif au regard de leur mission.
1.2 Aménager des rythmes et une organisation du travail permettant un accompagnement continu et fiable des usagers
% Aménager l organisation du travail pour ajuster le mieux possible les rythmes des professionnels à ceux des usagers
Il s agit de rythmes professionnels garantissant un mode de vie normal pour les usagers, et une qualité de présence réelle des professionnels auprès des usagers. Les successions et alternances déquipes auprès dun même usager doivent permettre linstauration dun lien de confiance et éviter des modalités relationnelles trop techniques et anonymes. Dans ce contexte, lorsque la démographie professionnelle dun territoire rend le recrutement difficile, et que le responsable détablissement identifie en conséquence un risque pour les usagers par défaut de professionnels qualifiés, il est recommandé quil alerte les autorités compétentes (organisme gestionnaire et éventuellement pouvoirs publics). Il est recommandé également que ce risque fasse l objet d une vigilance particulière du responsable d établissement.
% Structurer la mobilité des professionnels autour de la qualité de l accompagnement
Deux impératifs président à la structuration de cette mobilité :
" d une part, la nécessité d un lien de confiance déjà évoquée qui suppose une stabilité relative des professionnels auprès de l usager ;
" d autre part, le risque de routine, d une relation trop fusionnelle, ou de lépuisement éventuel du professionnel, qui nécessite de changer laffectation des professionnels.
1.3 Définir des modalités déchange et de coordination entre les métiers
Il est recommandé que les coordinations entre les métiers et entre les professionnels soient formalisées, organisées et périodiquement vérifiées. Des échanges réguliers sont également préconisés pour créer une réelle complémentarité entre les disciplines et les approches proposées à lusager. Ceci permet de limiter limpact des relations interpersonnelles et des conflits personnels éventuels dans la manière dont les professionnels articulent leurs actions et de limiter les risques domission ou de contradiction entre les approches adoptées.
1.4 Veiller à ce que le règlement de fonctionnement soit garant des libertés fondamentales
Les modalités des interactions quotidiennes entre les professionnels et les usagers figurent au sein du règlement de fonctionnement des établissements. Ce document devant servir de référence commune à toutes les parties en présence en termes de droits et dobligations, il doit être élaboré dans le respect des libertés individuelles fondamentales et de manière compréhensible. Plus spécifiquement, aucune obligation contraire à ces mêmes libertés ne peut être imposée aux usagers par lintermédiaire de ce document.
1.5 Aménager le cadre de vie
% Aménager les locaux pour favoriser la convivialité et permettre les moments d intimité
L attention au cadre de vie apporte le bénéfice de changer le regard posé par les professionnels sur les usagers accueillis dans le sens d un plus grand respect de leur intimité et dune meilleure prise en compte de leur singularité. Les établissements étant en outre le lieu de vie des usagers de manière ponctuelle ou durable, ces derniers doivent en effet y trouver sécurité, liberté, confort et intimité. A linverse, il sagit déviter autant que possible les risques de violence, denfermement et danonymat qui sont les premières formes de maltraitance institutionnelle.
% Aménager les locaux pour permettre à l usager d habiter un espace personnalisé
Il est recommandé que les locaux soient pensés et aménagés pour que chaque usager puisse bénéficier d un espace personnalisé, en y disposant les objets et les décorations comme il lentend, dans le respect du règlement de fonctionnement, et notamment des dispositions quil contient en matière de sécurité.
1.6 Mettre en place des dispositifs danalyse des pratiques
Il est recommandé quun dispositif danalyse des pratiques vienne compléter les autres moments de communication interne et de transmission dinformations, afin daider les professionnels dans leur mise à distance et leur réflexion critique sur les pratiques quotidiennes. Ce dispositif prend tout son sens si les échanges ont lieu hors présence de la hiérarchie, afin que la prise de parole soit facilitée. Ce sont ainsi des dysfonctionnements ancrés et non repérés ou des pistes damélioration nouvelles qui peuvent être identifiés, grâce le cas échéant à une contribution extérieure.
1.7 Promouvoir un dispositif qui permette un regard extérieur sur létablissement
Il est recommandé que les établissements mettent en place des dispositifs permettant de soumettre leur fonctionnement à un regard extérieur. Ces dispositifs, qui peuvent sorganiser entre différents établissements au sein dun organisme gestionnaire, ou à la faveur dun dispositif inter-associatif spécifique, permettent dalimenter le questionnement des professionnels sur leurs pratiques et de mieux détecter des dysfonctionnements éventuels.
Cette démarche peut anticiper lun des bénéfices attendus de lévaluation externe visée à larticle L312-8 du CASF, à savoir contribuer à dynamiser le questionnement collectif. La mise en oeuvre de lévaluation interne peut être un support intéressant pour favoriser ce type de dispositif.
2. Des outils à lappui de la démarche de prévention
2.1 Élaborer un dossier avec les informations essentielles concernant chaque usager
Il est recommandé quun dossier concernant chaque usager soit formalisé pour permettre aux nouveaux professionnels de se familiariser avec ses habitudes et besoins spécifiques. Ceci doit permettre un accompagnement au plus près des besoins et attentes dès la prise de poste. La mise en oeuvre de ce dossier est néanmoins subordonnée, dune part à ce que lusager ou ses représentants aient formellement autorisé le partage des informations quil contient et dautre part, au respect des dispositions légales et réglementaires applicables aux données à caractère personnel.
2.2 Formaliser avec les professionnels les conduites à tenir en cas de maltraitance constatée ou relatée
% Sensibiliser l encadrement à la difficulté pour les professionnels de transmettre des informations sur la maltraitance
Il est recommandé que l encadrement des établissements soit sensibilisé à la nécessité d évoquer le sujet de la maltraitance régulièrement, et de sa propre initiative, au sein des réunions déquipe. Il sagit ici de prendre en compte la difficulté pour les professionnels de transmettre les informations sur un acte de maltraitance connu.
Fréquemment en effet, ces derniers sont en difficulté pour savoir ce quils doivent faire ou dire lorsquils ont connaissance dun acte de maltraitance. La nécessité de transmettre linformation peut rentrer directement en conflit avec leur sentiment de loyauté envers leur équipe. La peur de représailles ou d un traitement disciplinaire décalé (trop sévère ou trop indulgent) peut également interférer avec leur sollicitude envers l usager.
% Favoriser les échanges avec les professionnels sur les situations de maltraitance, et réfléchir avec eux aux conduites à tenir lorsquils en sont témoins
Il est recommandé que la direction sattache à faire en sorte que les situations de maltraitance soient parlées dans les lieux institués (réunions déquipe notamment) afin de donner à ces échanges la dimension professionnelle qui doit être la leur, dans le respect des dispositions relatives au secret professionnel et au respect du droit des personnes. De la sorte, cest une information partagée, de proximité, réaliste et non culpabilisante, qui est recherchée, au sujet des situations de maltraitance institutionnelle.
Il est recommandé également, pour que les professionnels sachent mieux réagir, quune réflexion soit menée avec eux au sujet des conduites à tenir sils sont témoins dun acte de maltraitance, ou si un usager les en informe. Il sagit ainsi que les professionnels aient conscience que leur loyauté et leur solidarité déquipe ne doivent pas occulter la protection quils doivent à lusager.
2.3 Formaliser avec les professionnels les outils de recueil et de traitement des plaintes, des réclamations et des événements indésirables
% Formaliser avec les professionnels les outils les plus efficaces pour permettre la circulation de l information sur la maltraitance
Il est recommandé que les professionnels eux-mêmes soient amenés à formaliser les outils les plus pertinents pour le recueil et le suivi des plaintes, des réclamations et événements indésirables. Il est en effet important que, par leur complexité ou leur éloignement, les outils najoutent pas à la difficulté de transmettre les informations. Ces outils doivent dans tous les cas répondre aux obligations relatives au respect de la confidentialité et au respect de lintimité des usagers.
% Organiser avec les professionnels un retour d expérience sur les outils mis en place
Une fois les outils mis en place, un retour d expérience et un échange en équipe à leur sujet doit permettre aux professionnels d en constater l utilité ou les limites et ainsi, de les améliorer et de favoriser leur usage.
2.4 Formaliser avec les professionnels la procédure de gestion de crise
% Réfléchir en amont à une procédure de gestion de crise
Cette réflexion entre les professionnels a pour but d identifier de manière dédramatisée la conduite à tenir en cas de maltraitance particulièrement grave et ainsi, de mieux préparer la réaction institutionnelle à mettre en oeuvre dans une telle situation.
% Intégrer la question de la communication extérieure au sein de cette réflexion
Lors de la réflexion sur la gestion dune crise éventuelle, il est recommandé quun moment soit consacré à réfléchir en équipe à la communication extérieure à adopter dans ce contexte (le cas échéant à légard des médias). Cette communication est pensée en amont et anticipée, éventuellement avec laide dun service ou dun conseil extérieur en communication. Elle est ainsi plus facile à mettre en place et plus appropriée le moment venu.
3. Un accompagnement qui met en valeur les ressources des professionnels
La prévention de la maltraitance individuelle et collective est fortement corrélée à la possibilité pour les professionnels de trouver un sens à leur mission. Lensemble des dispositifs et outils mis en place par lencadrement dans le cadre de la gestion des ressources humaines a donc notamment pour objet de cultiver chez les professionnels le sens quils trouvent à lexercice de leur métier. Cette démarche de valorisation doit en outre être reconnue et mise en valeur dans le projet détablissement.
3.1 Recruter les professionnels dans une logique de prévention
% Éclairer la décision de recrutement par la contribution de plusieurs membres de l encadrement
Il est recommandé que, au sein du processus de recrutement d un professionnel, le responsable détablissement prenne plusieurs avis au sein de léquipe dencadrement avant de prendre une décision définitive. Il est donc intéressant que le futur professionnel rencontre différents membres de lencadrement. Ce sont ainsi des analyses complémentaires à celle du responsable détablissement qui pourront être mises à profit pour mieux cerner les aptitudes ou les fragilités du professionnel au regard des populations accueillies et accompagnées.
% Effectuer le recrutement dans une logique pluri-professionnelle
Il est recommandé de veiller à un équilibre au sein des équipes entre les différents types d expertises et de bénéfices que les professionnels peuvent apporter à l usager. A cet effet, un recrutement permettant une complémentarité des compétences est préconisé.
3.2 Rappeler régulièrement lobjectif de travail vis-à-vis de lusager
Il sagit de rappeler régulièrement à lensemble du personnel, y compris aux professionnels qui ne travaillent pas directement avec les usagers, que lobjectif premier de tout travail en établissement social ou médico-social est le bien-être de lusager, son épanouissement et son autonomie. Ce rappel permet de maintenir une vigilance collective envers les usagers, au-delà d une posture professionnelle technique et d une tâche spécifique.
3.3 Reconnaître et promouvoir les ressources des professionnels
% Mettre à profit une observation quotidienne des pratiques et des rencontres individuelles avec les professionnels pour identifier leurs compétences spécifiques
Cette observation peut sappuyer tout aussi bien sur des dimensions ordinaires de laccompagnement (accompagnement éducatif, soin, repas
) que sur des occasions exceptionnelles (activité exceptionnelle, événement spécifique). Elle peut aussi sappuyer sur des supports formalisés, comme des appréciations écrites recueillies auprès des usagers. Un questionnement formalisé sur les dimensions que les professionnels souhaitent privilégier dans lexercice de leur mission est aussi préconisé à cet effet.
% Mettre en valeur les talents et compétences spécifiques
Cette identification est en effet un mode de reconnaissance important des professionnels au sein des établissements, qui permet de cultiver leur sentiment d utilité et de plaisir au travail, et de tirer tous les bénéfices de leur créativité. Lentretien annuel individuel, du type de lentretien individuel dévaluation, peut être un moment privilégié pour cette valorisation.
3.4 Valoriser et développer la compétence individuelle et collective par la formation continue
Des programmes de formation continue diversifiés dont lensemble des professionnels de létablissement puisse bénéficier permettent de développer et denrichir les compétences individuelles et collectives des professionnels. Cette démarche sinscrit dans la logique des bonnes pratiques inscrites au sein de la recommandation « Mise en oeuvre dune stratégie dadaptation à lemploi des personnels au regard des populations accompagnées » de lAnesm.
3.5 Prendre en compte le risque dusure professionnelle
% Engager des actions de prévention
Toutes les initiatives visant à repérer chez les professionnels des capacités et compétences qu ils n ont pas eues antérieurement l occasion d exprimer, et à développer ces compétences, sont ici préconisées. Une politique de ressources humaines favorisant le plus possible la mobilité au sein ou le cas échéant à l extérieur de la structure est également recommandée à cet effet.
% Mettre en oeuvre des actions correctives
Celles-ci consistent par exemple à diversifier le rythme, les modes et les lieux dintervention des professionnels, à ajuster les demandes qui leur sont adressées en fonction de leur itinéraire professionnel passé, et à leur ouvrir des perspectives dévolution interne valorisant ou diversifiant leur expérience.
3.6 Informer lencadrement des recours et personnes ressources auxquels adresser les professionnels rencontrant des difficultés personnelles
Cette information consiste à permettre à lencadrement didentifier les interlocuteurs pertinents à qui adresser un professionnel en difficulté suivant le type de problème rencontré (santé, alcool ou logement, par exemple). Ceci permet ainsi à lencadrement de ne pas se trouver démuni ou conduit à adopter une réponse uniquement disciplinaire face aux conduites altérées du ou des professionnels, là où cette mesure disciplinaire pourrait être évitée ou complétée par un accompagnement ou un recours extérieur.
3.7 Adopter une démarche danalyse et déchange autour des conduites violentes éventuelles des usagers à l égard des professionnels
% Mettre en place une démarche volontariste d encadrement des professionnels
Il est recommandé que les professionnels soient formés et encadrés pour mieux prévenir les passages à l acte violents des usagers. Ces démarches peuvent utilement s inspirer de la recommandation de l Anesm «Conduites violentes dans les établissements accueillant des adolescents :prévention et réponses », en veillant à son adaptation au regard des populations accueillies.
% Positionner l encadrement en régulateur des conflits
Ce positionnement clair lui permet de ne pas laisser le professionnel seul dans sa difficulté et didentifier, avec les autres professionnels, les modifications dapproche ou daccompagnement susceptibles déviter que la violence ne se reproduise.
% Protéger les professionnels des atteintes à leurs droits fondamentaux
Il est recommandé que l encadrement se positionne de manière claire pour rappeler les droits fondamentaux des professionnels toutes les fois où ils sont mis à cause, afin que l exercice de leur mission ne les expose pas impunément à une atteinte à leur dignité (par exemple, dans le cas de propos racistes).
3.8 Mettre à profit le regard et les interrogations des stagiaires pour questionner les pratiques des professionnels
Par le fait même de leur expérience limitée dans leur métier et dans létablissement, les stagiaires accueillis ont souvent des questionnements sur les pratiques sensiblement différents de ceux des professionnels en poste. Il est recommandé que lencadrement intermédiaire veille à valoriser le questionnement des stagiaires, afin de donner aux professionnels loccasion de croiser leurs pratiques avec les interrogations des jeunes professionnels. Il est recommandé également que, dans le cadre dun entretien de fin de stage, léchange entre lencadrement et le stagiaire soit une occasion de recueillir des interrogations qui nauraient pas eu loccasion dêtre exprimées devant les autres professionnels, faute dune stimulation directe ou dune atmosphère de travail suffisamment propice à cet échange. Il est recommandé enfin que léquipe dencadrement formalise des outils de recueil écrits des perceptions des stagiaires après un certain délai, afin que leur témoignage se trouve entièrement dégagé des contraintes dues à la notation. Dans tous les cas, il est recommandé que le questionnement des stagiaires ne donne pas lieu à une confrontation directe qui mettrait en difficulté les parties en présence.
4. Un encadrement présent et engagé
4.1 Veiller à la présence régulière et impliquée de l encadrement pour déployer une vigilance au quotidien
% Veiller à une présence régulière de l encadrement auprès des professionnels
Cette présence donne d abord l occasion d observer les pratiques quotidiennes, de conforter les bonnes pratiques et dapporter des correctifs lorsque celles-ci ne sont pas conformes au respect de la personne. Elle donne aussi la possibilité dapporter un soutien dans la résolution des difficultés quotidiennes que les professionnels peuvent rencontrer afin de minimiser les risques de conflit ou dépuisement.
En effet, le phénomène de la maltraitance, avant datteindre des proportions graves, se manifeste sous des formes diffuses et facilement banalisées : intonations agressives, humiliantes ou infantilisantes, gestes déplacés ou rudes, négligences répétées, par exemple. Ces formes de maltraitance appellent une prévention quotidienne, faute de quoi, si elles passent inaperçues, elles se trouvent cautionnées de fait au sein de linstitution et risquent de prendre des proportions plus grandes.
% Garantir un temps de disponibilité de l encadrement
La fonction de régulation évoquée appelle un temps de disponibilité repéré et régulier de la part de l encadrement à l égard des professionnels. Elle appelle également un rythme de présence délibérément organisé pour que labsence dencadrement ne soit pas constamment prévisible à certains moments récurrents (notamment le week-end ou la nuit), cette absence systématique pouvant générer des dysfonctionnements.
4.2 Mettre en oeuvre un encadrement qui fasse référence en matière de respect du droit et des personnes
Il est recommandé que les professionnels puissent trouver dans les conduites adoptées par les membres de lencadrement, quel que soit leur niveau de responsabilité, une référence en matière de respect du droit. Il est préconisé également que les exigences en matière de respect des usagers sappliquent tout aussi bien à lensemble des professionnels quaux membres de lencadrement. Lefficacité du management se trouve en effet renforcé lorsque ses conduites sont cohérentes avec les messages quil diffuse auprès des professionnels. Une prévention efficace de la maltraitance appelle donc des conduites cohérentes avec les exigences de respect du droit et des personnes que lencadrement adresse à ses équipes.
4.3 Garantir la réactivité de l encadrement
% Exercer quotidiennement une fonction de régulation
Il s agit pour cela de se montrer disponible et réactif face aux difficultés quotidiennes évoquées par les professionnels. La maltraitance peut en effet apparaître et se diffuser au sein des équipes en réaction à des dysfonctionnements non corrigés. Lexposition durable dun professionnel ou dun groupe de professionnels aux comportements éprouvants dusagers, les conflits interpersonnels qui se dégradent au sein des équipes et altèrent la diffusion de linformation, lescalade de lagressivité à loccasion des demandes pressantes de la famille dun usager, en sont quelques exemples.
% Traiter rapidement l ensemble des dysfonctionnements
Un positionnement attentif de l ensemble de l équipe d encadrement est préconisé. Les dysfonctionnements concernant l organisation ou le matériel par exemple, mêmes minimes, sont enregistrés, analysés et traités. Lensemble de la démarche doit être portée par la conviction quaucun problème rencontré par les professionnels nest trop mineur pour être traité, et quune réponse rapide est la meilleure prévention de la maltraitance.
4.4 Positionner lencadrement au regard des violences entre les usagers
Il est recommandé que lencadrement soit suffisamment présent auprès des usagers et suffisamment sensibilisé sur le risque de violence entre eux pour le repérer et y mettre un terme très rapidement, avec le concours des professionnels les plus en contact avec les usagers. La première forme de maltraitance institutionnelle consiste en effet à laisser le champ libre aux violences exercées par un usager sur un autre plus vulnérable que lui, ou par un groupe dusagers lorsque lun deux sert de « bouc-émissaire ».
4.5 Mettre en place des démarches de formation continue de lencadrement
Il est recommandé que des démarches de formation continue sur ce thème soient mises en place à destination des équipes de direction et dencadrement. Ces démarches leur donnent loccasion dévoquer de manière distanciée les problématiques rencontrées dans leur établissement, et de mutualiser les connaissances et expériences en la matière. Ces démarches permettent en outre aux responsables détablissement et aux cadres dêtre moins isolés et donc, de consolider leur conscience des problématiques de maltraitance et la rigueur de leur positionnement.
Léquipe dencadrement et les professionnels peuvent sappuyer, pour mener ce type de réflexion, sur un certain nombre doutils existants. En effet, fédérations,associations,ou encore conseils généraux mettent à la disposition des professionnels des outils de prévention de la maltraitance. Ces derniers peuvent aussi forger leurs propres outils. Il appartient aux responsables détablissement de savoir apprécier leur valeur et leur pertinence au regard des objectifs recherchés. LAnesm propose des éléments pour lanalyse doutils pour la prévention de la maltraitance, ayant le double objectif de permettre lappréciation des outils à proprement parler, mais aussi damener la discussion et la confrontation des idées sur ce sujet. Toujours dans le but de développer conscience et connaissance des risques de maltraitance, lAnesm propose également ci-dessous un exercice, sous forme de situations, permettant aux équipes de mettre en commun leur réflexion sur la maltraitance.
Mises en situation pour réfléchir ensemble sur la prévention de la maltraitance
Les huit cas pratiques suivants sont des « situations-type » élaborées à partir des propos des personnes interrogées lors de lenquête qualitative préparatoire de la recommandation. Ils ont une vocation pédagogique : celle de stimuler les échanges au sein de léquipe dencadrement (et éventuellement des équipes) au sujet de la maltraitance.
Les équipes dencadrement des établissements sont invitées à les examiner et à réfléchir ensemble à la manière dont elles se saisiraient du problème et y répondraient. Cet exercice a pour vocation de les aider à échanger de façon distanciée sur la thématique de la maltraitance et à mieux préparer un positionnement commun et cohérent lors de difficultés ultérieures éventuelles. En ce sens, ces situations nont aucune prétention à lexhaustivité.
En pratique, la méthodologie dutilisation de ces exercices est la suivante :
1/ choix dune situation qui sera examinée par léquipe dencadrement lors dune réunion spécifique sur ce thème ;
2/ un temps de réflexion et de préparation est utile pour que chaque membre de lencadrement réfléchisse à la manière dont il traiterait le cas en question ;
3/ les membres de léquipe dencadrement présentent chacun à leur tour lors dune réunion la manière dont ils envisagent la résolution du problème. Ils font le cas échéant des liens avec des situations vécues. Après la prise de parole de lensemble des cadres, et la mise en débat de toutes les positions évoquées, quelques points incontournables dans la gestion de la situation sont identifiés ;
4/ ces points sont formalisés dans un document écrit qui est ensuite remis à chacun des participants.
% Situation n° 1
Un usager transmet à un professionnel de l équipe d accompagnement présente durant la journée qu il a été maltraité par un de ses collègues présent la nuit. L établissement n a pas d encadrement présent la nuit.
% Situation n° 2
Le turn-over de personnel atteint des proportions importantes dans cette équipe. Les nouveaux professionnels se découragent rapidement et démissionnent dans des délais courts. L équipe en poste les décrit comme inefficaces ou trop lents. L un des professionnels démissionnaires expose à l encadrement, en donnant sa démission, que l équipe exerce collectivement une maltraitance institutionnelle envers les usagers. C est, dit-il, la raison de son départ.
% Situation n° 3
Létablissement accueille des usagers dont les troubles de comportement sont parfois importants. Les professionnels ont pris lhabitude dutiliser des mesures sécuritaires nombreuses : usagers enfermés dans leur chambre, attachés, ou encore mis sous médication sans prescription médicale. Linterdiction de ces pratiques par léquipe dencadrement, qui vient de prendre son poste, semble navoir aucun impact.
% Situation n° 4
Un professionnel confie à un membre de l encadrement intermédiaire que plusieurs usagers se sont plaints de mauvais traitements de la part de la direction de l établissement. Ce professionnel ne s en est ouvert à personne, et ne souhaite pas être mis en danger par le témoignage qu il apporte.
% Situation n° 5
Un professionnel signale à son encadrement la conduite maltraitante d un professionnel très ancien dans l équipe. Ce récit est corroboré par plusieurs témoignages d usagers et, au vu de la gravité des faits, le professionnel mis en cause est licencié. Suite à cet événement, le professionnel ayant témoigné se retrouve isolé dans léquipe : les transmissions dinformations ne lui sont plus confiées, des remarques désobligeantes
ou ironiques lui sont adressées régulièrement par les autres membres de léquipe.
% Situation n° 6
Un professionnel sollicite un entretien avec sa direction. Lors de cet entretien, il accuse un autre professionnel de l établissement d actes de maltraitance envers les usagers, qu il décrit précisément. Il demande cependant à ce que ses propos ne soient pas utilisés contre le professionnel mis en cause, et à ce que la direction garde le secret à propos de son témoignage.
% Situation n° 7
Un usager impose des règles de fonctionnement aux autres usagers et fait subir à un autre usager précis des violences verbales et des vexations quotidiennes. Le professionnel référent du service concerné n intervient pas. La direction a connaissance de la situation par le récit d un professionnel qui intervient occasionnellement dans ce service.
% Situation n° 8
La famille dun usager signale un fait de maltraitance verbale répétée à légard de lusager. Lencadrement lui-même nen a jamais été témoin. La famille est décrite comme « difficile » et lusager comme « jamais satisfait » par les professionnels, qui récusent collectivement la mise en cause dont ils sont lobjet.
III. Organiser un traitement systématique des faits de maltraitance
Les situations de maltraitance sont des situations complexes qui mettent en jeu des responsabilités souvent diffuses au sein de linstitution et génèrent, chez toutes les parties en présence, des réactions émotionnelles fortes, allant de la condamnation précipitée au déni du caractère «maltraitant » dun acte ou dune réaction. Dans ce contexte, une démarche rigoureuse est indispensable pour que le traitement des faits soit juste et compréhensible. Cette démarche suppose :
% Une transmission aux professionnels de documents écrits (charte des droits et libertés de la personne accueillie mentionnée à l article L311-4 du CASF, « fiches de poste », compte-rendu de réunion, règlement de fonctionnement, règlement intérieur, par exemple) permettant de les informer sur les conduites qualifiées de «maltraitantes » et de leur faire prendre conscience, en particulier, que des pratiques qui ne relèvent pas seulement d une violence active peuvent être maltraitantes.
% Une démarche de traçabilité de l encadrement concernant les faits qu il constate et les démarches qu il entreprend chaque fois qu il est confronté à une situation de maltraitance, fût-elle minime.
% La mise en place de formations ponctuelles et d occasions formalisées de prise de recul sur les pratiques.
Le traitement disciplinaire atteste conjointement que nul dans létablissement ne peut impunément mettre à mal la dignité et lintégrité des personnes et, plus précisément, les droits des usagers qui en découlent.
Enfin, lensemble des préconisations qui suivent doivent être comprises et mises en uvre au regard dun impératif : celui du respect de la confidentialité et de la préservation de lintimité de la personne victime de maltraitance.
1. Un traitement adapté à la gravité des faits
Lensemble des recommandations qui suivent doivent être appréhendées à la lumière de la différence entre la définition dun acte de maltraitance donnée dans ce document et sa définition pénale. Lorsque les professionnels sont confrontés à un acte de maltraitance au sens pénal du terme, ils ne disposent daucune faculté de procéder à des investigations préalables et nont aucune marge dappréciation. Cette obligation est absolue. Elle porte tant sur la connaissance dun fait avéré que sur sa possibilité de réalisation.
1.1 Être réactif à chaque fait de maltraitance
% Réagir rapidement dès que l encadrement a connaissance d un fait de maltraitance
Il est recommandé que, lorsqu il constate un fait de maltraitance ou un fait pouvant conduire à une maltraitance, ou qu il en a connaissance par un tiers, l encadrement réagisse rapidement. Cette action consiste le cas échéant en un rappel de la règle transgressée aux professionnels concernés.
% Effectuer le rappel à la règle dans une logique pédagogique
Il sagit en effet de rappeler outre les principes fondamentaux de respect des personnes le cadre dans lequel exercent les professionnels, les règles de fonctionnement que ce cadre implique, et les conséquences en termes de bonnes pratiques. Il sagit également de faire comprendre aux professionnels le sens des règles en vigueur, la raison de leur existence et les conséquences négatives que les actes de maltraitance (y compris les négligences) peuvent avoir sur lusager, sur son bien-être, sur sa santé, sur sa dignité, ou sur son développement.
1.2 En cas d énonciation de maltraitance grave, avérée ou supposée, recueillir les faits, protéger et accompagner la victime présumée
% Recueillir les faits, protéger et accompagner la victime présumée
Lorsqu un fait de maltraitance est rapporté oralement à lencadrement par un usager, un professionnel ou un proche de lusager, lencadrement doit, sans attendre, protéger la victime présumée dune réitération des faits.
Cette protection doit sinscrire dans la durée et un accompagnement spécifique à légard de la victime est ici préconisé. Les modalités de la protection de lusager sont à identifier au regard des spécificités de létablissement. Mais en tout état de cause, il est recommandé de retenir trois principes a minima :
1. Mettre en place de nouvelles modalités daccompagnement de lusager pour quil ne soit plus en contact rapproché avec le professionnel mis en cause.
2. Prévoir plusieurs échanges individuels, voire un suivi psychologique, avec lusager ou les usagers concernés.
3. Sensibiliser les professionnels amenés à accompagner lusager à lobjectif de rétablir le lien de confiance dans les équipes et à conforter lusager dans ses droits à travers un accompagnement particulièrement attentif et des paroles rassurantes chaque fois que l usager exprime une inquiétude sur les faits ou une crainte de représailles.
% Suivre la procédure de traitement de la maltraitance en gardant un positionnement distancié
Il est recommandé que le recueil des faits soit effectué rapidement, avec rigueur et en usant dune grande prudence. Lencadrement sassure ainsi que toute la procédure est suivie en demeurant le plus possible distancié des faits et en évitant jugements et actions précipitées.
1.3 Signaler les faits aux autorités de contrôle et à la justice
Conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur, les faits de maltraitance doivent être signalés au Procureur de la République. En tenant compte notamment des protocoles locaux signés avec les autorités de tarification, les responsables détablissement doivent également signaler les faits de maltraitance à lautorité compétente selon les cas (hiérarchique et, le cas échéant, administrative).
Il est recommandé que les modalités de ce signalement soient prévues et accompagnées par une procédure au niveau de lorganisme gestionnaire le cas échéant, dans le respect des droits des professionnels. Cette procédure peut utilement prévoir, entre autres, les modalités de signalement des faits du responsable détablissement à un interlocuteur identifié au sein de lorganisme gestionnaire. Il faut rappeler en outre que les obligations de signalement sinscrivent également dans les obligations légales concernant tous les citoyens, conséquence notamment de larticle 434-3 du code pénal, et des obligations applicables spécifiquement aux fonctionnaires et agents des services de lÉtat énoncées dans larticle 40 alinéa 2 du code de procédure pénale.
1.4 Mettre en place des mesures disciplinaires
% Mettre en place un traitement systématique et proportionnel à la gravité de l acte
Aucun acte de maltraitance ne doit être minimisé ou passé sous silence, et a minima, un entretien doit être organisé par l encadrement avec le professionnel concerné. Le traitement disciplinaire est proportionnel à la gravité de l acte, conformément aux règles juridiques en vigueur.
% Garder une trace écrite de l action disciplinaire mise en oeuvre
Quel que soit le traitement de l événement adopté suivant l importance des faits, il fait lobjet dune traçabilité écrite, afin que, le cas échéant, un suivi disciplinaire et des mesures ultérieures puissent intégrer la trace de lévénement. Cette traçabilité sexerce dans le respect des règles juridiques en vigueur applicables aux salariés et aux agents en fonction de leur statut en matière de prescription des faits fautifs et de tenue du dossier individuel.
% Compléter la sanction disciplinaire par une action d accompagnement du ou des professionnels
Si le professionnel concerné reste au sein de l équipe, il est recommandé que la sanction disciplinaire soit assortie à une ou à des actions spécifiques d accompagnement afin de laider à éviter la répétition de la situation ayant entraîné la sanction. Cette ou ces actions sont mises en oeuvre avec lassentiment exprès de lintéressé. Il est recommandé que léquipe soit aussi accompagnée spécifiquement, afin notamment que les relations professionnelles ne soient pas altérées.
% Veiller à garantir la présomption d innocence
Il est recommandé que, dans l attente des suites de la procédure pénale éventuelle, l encadrement conduise la procédure institutionnelle de traitement de la maltraitance sans se substituer aux autorités judiciaires. En particulier, il est recommandé que lencadrement garantisse la présomption dinnocence du ou des professionnels mis en cause, à la fois auprès des usagers et des autres professionnels.
A linverse, ceci ne doit pas conduire à une quelconque permissivité ou amnésie institutionnelle, en cas de faits de maltraitance avérés. Il est notamment préconisé que le professionnel concerné soit lobjet dun accompagnement étroit de lencadrement afin de veiller à ce que de nouveaux faits de maltraitance éventuels ne se produisent pas.
2. Communiquer autour des faits de maltraitance avérés
2.1 Informer le représentant légal des faits de maltraitance
Lorsque lusager est mineur ou lorsque lusager a un représentant légal, ce représentant doit être informé sans délai des faits de maltraitance constatés sur lusager. Si en outre lusager est une personne faisant lobjet dune protection judiciaire (par exemple un mineur placé, un majeur protégé, etc.), les faits doivent être rapportés sans délai au magistrat concerné.
2.2 Informer lusager victime et/ou son représentant légal
Les suites données à lacte de maltraitance doivent être transmises à lusager ou aux usagers victimes qui ont été directement concernés, ainsi quà leur représentant légal, dans le respect de lobligation de confidentialité qui pèse sur lemployeur. Il est recommandé que cette information permette aux usagers de se sentir soutenus et accompagnés à cette occasion. Cette information est loccasion de confirmer que la direction de létablissement prend la pleine mesure de la gravité de lacte de maltraitance, et le traite en conséquence.
2.3 Mettre en place une information ciblée auprès des autres usagers et un dispositif daide
Si le fait de maltraitance est connu des autres usagers, il est recommandé que des lieux de parole existants soient utilisés pour permettre des échanges sur lévénement. Lorsque la gravité de lévénement le nécessite, une aide spécifique est mise en place pour aider les usagers à exprimer et à apaiser les émotions suscitées par l événement.
3. Suivi et pédagogie auprès des professionnels
3.1 Resituer l énonciation du fait de maltraitance dans le cadre de la loi, du projet d établissement et/ou du projet de l organisme gestionnaire
% Rappeler aux professionnels la nécessité dénoncer la maltraitance
Ce rappel permet de répondre aux réflexes défensifs forts qui peuvent survenir dans une équipe où un acte de maltraitance a été signalé. Il permet également de prévenir ou de lutter contre une mise à lécart éventuelle de la personne qui a révélé ce fait de maltraitance.
% Donner à ce rappel une vocation pédagogique
A cet effet, il est préconisé que l énonciation du fait de maltraitance soit resituée dans le cadre moral et légal du respect des personnes et de leur dignité, que rappellent les droits des usagers. Ce rappel se fait également au regard du projet d établissement et du projet de l organisme gestionnaire le cas échéant, pour en rappeler l importance et la légitimité.
3.2 Mettre en place une communication et un accompagnement adaptés
% Veiller à une présence renforcée de lencadrement auprès des professionnels
Après un événement de maltraitance, il importe que lencadrement sattache à être particulièrement présent pour que les professionnels puissent reconstruire un nouveau fonctionnement le plus sereinement possible. Il est recommandé en particulier que les temps de réunion soient mis à profit pour remobiliser lensemble du personnel autour du projet pour les usagers.
En effet, même si le traitement du fait de maltraitance est effectué rapidement et de manière efficace par l encadrement, une équipe dans laquelle est survenu un acte de maltraitance ne sort pas indemne de l événement. Par exemple :
% les professionnels peuvent être divisés au sujet de l acte lui-même, de son caractère maltraitant ou non, et de la légitimité d un éventuel traitement disciplinaire dont ils auraient eu connaissance ou qu ils supposeraient ;
% ils peuvent également mettre à l écart la personne qui a signalé l acte de maltraitance, ou encore la personne qui en a été l auteur ;
% ils peuvent aussi, dans certains cas, être fortement éprouvés de ne pas avoir vu ou su prévenir les actes de maltraitance qui ont eu lieu dans leur établissement ;
% ils peuvent encore être collectivement en difficulté pour avoir eu connaissance de la situation et ne pas l avoir néanmoins signalée, même si cette maltraitance était grave. Ce sont toutes ces réactions que l encadrement doit détecter, reprendre et faire évoluer.
% Protéger l usager ou le professionnel qui a signalé de toutes les formes de représailles
Il est recommandé que tous les actes ou communications qui constitueraient des formes de représailles envers lusager ou le professionnel qui a signalé la maltraitance, ainsi que toutes les formes de mise à lécart, soient repris très rapidement, évoqués demanière directe pour rappeler le cadre professionnel incontournable, et le cas échéant sanctionnés. De la sorte, cest une protection effective de la personne qui a énoncé le fait de maltraitance qui est recherchée, afin quelle ne se sente pas isolée ou désavouée dans sa démarche de signalement.
3.3 Solliciter éventuellement une aide extérieure pour accompagner le déploiement dune nouvelle dynamique
Dans les cas où le traitement de la situation de maltraitance induit des dysfonctionnements graves, ou des remises en question très profondes de linstitution sur le plan éthique, il est recommandé que les responsables détablissement et les équipes dencadrement sollicitent une aide extérieure pour accompagner le déploiement dune nouvelle dynamique au sein de létablissement. Le ou les tiers qui interviendront à cette occasion pourront être placés en position daccompagnateurs des équipes dans leur compréhension et leur acceptation de lévénement et dans la construction de nouvelles modalités de fonctionnement. Ils pourront également apporter un soutien à léquipe de direction et dencadrement, dont il ne faut pas supposer quelle est moins affectée que les autres par la crise que traverse létablissement.
3.4 Réunir les professionnels pour procéder à une analyse à distance
% Permettre aux professionnels d identifier les causes de l événement
Il est recommandé que, lorsque l émotion collective est apaisée après le traitement de l événement lui-même, les professionnels soient accompagnés pour réfléchir à nouveau à l événement et identifier les éléments qui ont pu y conduire.
% Renforcer la démarche de prévention en identifiant les signes avant-coureurs de maltraitance
Il est recommandé également que cette réflexion collective soit l occasion de repérer les signes avant-coureurs qui auraient pu permettre de prévenir cet acte de maltraitance. De la sorte, c est un renforcement de la démarche de prévention, et éventuellement la formalisation d un nouvel outil qui y contribue, qui peut être obtenue.
% Donner une occasion à léquipe dencadrement danalyser les faits et de renforcer sa démarche de prévention
Il est recommandé enfin que, à distance de lévénement, léquipe dencadrement prenne le temps danalyser les faits pour construire collectivement une culture de la prévention renforcée. Cette analyse doit également contribuer à corriger les dysfonctionnements dorganisation éventuels. Elle vient ainsi en appui dune dynamique institutionnelle globale.
Annexes
Annexe 1 Liste des établissements sollicités - pour les travaux préparatoires
et pour lenquête qualitative
1. Travaux préparatoires
MAS Les deux marronniers, Paris (10e arrondissement),
Esat de lassociation Les Amis de lAtelier,Vitry-sur-Seine (94),
Résidence La Guérinière, Morsang-sur-Orge (91).
2. Enquête qualitative
Établissement dhébergement pour personnes âgées dépendantes La Grande Maison, Sainte-Savine (10)
Établissement dhébergement pour personnes âgées dépendantes Les Landiers, Bron (69)
Foyer de vie APF Les Salines, Saint-Pol-sur-Mer (59)
Institut médico-pédagogique Judith Surgot, Francheville (69)
Maison daccueil spécialisée de la Fontaine du Roc, Centre Hospitalier de la Rochelle (17)
Maison denfants LErmitage, Mulhouse (68)
Établissement daide par le travail de lAssociation AFASER, Champigny-sur-Marne (94)
ITEP et centre médico-psycho-pédagogique, Collectif Saint-Simon, Association ARSEAA, Toulouse (31)
Centre dhébergement et de réinsertion sociale La Poterne, Paris (75)
Centre dhébergement et de réinsertion sociale de lAssociation PAGODE, Nevers (58)
Maison denfants à caractère social de la Sauvegarde de lenfance de la Marne (Bezannes) (51)
Aemo de la Sauvegarde de lenfance de la Marne (Reims) (51)
Pôle Adolescent de la Sauvegarde de lEnfance de la Marne (Reims) (51)
M. Boissinot, directeur du Centre dAilhaud Castelet ITEP et SESSAD (Périgueux) (24), également été entendu dans le cadre de cette enquête.
Annexe 2 - Bibliographie
1. Bibliographie sur la maltraitance
" AMYOT J.-J. Pratiques professionnelles en gérontologie, Paris, Dunod, 2007.
" BAUER M. « Le respect de la personne âgée dépendante en institution », Vie sociale et traitements, n° 86, février 2005, pp. 166-134.
" CANALI M., FAVARD A.-M. « Maltraitance et bientraitance. Entre carence et blessure narcissique », Empan, n° 54, mars 2004, pp. 158-164.
" CASAGRANDE A. « Le cadre de santé, garant de la culture de la bientraitance », Soins gérontologie, n° 65, mai-juin 2007, pp. 16-19.
" CFDT. Audition de la Fédération CFDT santé/sociaux par la commission d enquête du Sénat sur la maltraitance envers les personnes handicapées accueillies en établissements et services sociaux et médico-sociaux et les moyens de la prévenir, 2003.
" CHOSSY J.-F. La situation des personnes autistes en France. Besoins et perspectives, rapport remis au Premier ministre, septembre 2003.
" CORBET E. « Pour une prévention des violences et maltraitance institutionnelles ou pour la promotion de la bientraitance : que signifient ces glissements sémantiques ? » Dossier CREAI Rhône-Alpes, n° 134, juin 2004, pp.14-19.
" CORBET E. « Les concepts de violence et de maltraitance », Actualités et Dossiers en Santé Publique, n° 31, 2000, pp. 19-25.
" CROZAT B. « Prévenir la maltraitance en MAS », Lien social, n° 858, octobre 2007, pp. 8-11.
" DEBOUT M. Prévenir la maltraitance envers les personnes âgées, Rennes, Éditions ENSP, 2003.
" DURNINGP.«Toute institution accueillant et soignant des enfants est-elle potentiellement maltraitante ? » in Gabel, M., Jésu, F. et Manciaux, M. Maltraitances institutionnelles, Paris, Fleurus, 1998, pp. 71-87
" ERLINGSSON C. L., SAVEMAN B.-I., and BERGA.C. Perceptions of ElderAbuse in Sweden: Voices of Older Persons Brief Treatment and Crisis Intervention, n° 5, 2005, pp. 231-227.
" GOFFMAN E. Asiles. Études sur la condition sociale des malades mentaux, Paris, Les éditions de Minuit, 1968.
" HUGONOT R. Violences invisibles. Reconnaître les situations de maltraitance envers les personnes âgées, Paris, Dunod, 2007.
" JUILHARD J.-M., BLANC P. Rapport de la commission denquête sur la maltraitance envers les personnes handicapées accueillies en établissements et services sociaux et médico-sociaux, et les moyens de la prévenir créée en vertu dune résolution adoptée par le Sénat le 12 décembre 2002, rapport du Sénat n° 339, Juin 2003
" LACHS M. S. and PILLEMER K. Elder Abuse , Lancet, n° 364, 2004, pp. 1263-1272.
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