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DOC. N°1 : La révolution industrielle et ses ... - Enseignons.be

D'un Avis administratif pour l'ouverture d'une usine, Document de la Société ..... non contente de livrer l'individu à la misère, le ravale au rang d'instrument, .... Avant de rentrer directement dans le sujet, je voulais d'abord donner un petit ...




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Séquence d’apprentissage et d’intégration d’une des 4 compétences







Classe : 5ème année

Vision panoramique : La révolution industrielle (fin XVIIIème – XIXème siècle)

Thème : Les causes, les conditions et les conséquences sociales de la première révolution industrielle.

Compétence : critiquer

7 Leçons
















Description de la séquence


La compétence critiquer mise en œuvre ci-dessous prend appui sur une phase d'installation de ressources et de connaissances nécessaires à la réalisation de la compétence. S’étalant sur 7 leçons, cette séquence est construite sur une double enquête introduite par la leçon de démarrage : La recherche des causes et des conditions qui permirent l’éclosion et la progression de la révolution industrielle, la découverte ensuite des conséquences de cette révolution sur la stratification sociale du XIXème siècle.


En vue d'expliciter ma démarche, j'ai détaillé ci-dessous le scénario didactique aboutissant à l'exercice de la compétence. J'y expose l'enchaînement des étapes de l'enquête menée avec les élèves, ainsi que les moyens mis en œuvre avec ceux-ci en vue de l'intégration des ressources et connaissances nécessaires à la compétence critiquer.

En annexe, j’ai rajouté les documents et les consignes distribuées aux élèves.

































B) Description de la démarche


1. Phase d’apprentissage initiale et d’installation des ressources

1ère leçon : le démarrage

Découverte de la nature et de l’ampleur des transformations qui s’opèrent dans l’économie et la société à la fin du XVIIIème siècle en Anglettre.

a) Rappel par le professeur de la situation économique et sociale de l'Ancien Régime

b) Découverte et interrogation à partir de plusieurs documents sur la nature de la première révolution industrielle au départ :

d’un texte de Friedrich Engels, La situation des classes laborieuses en Angleterre, 1845. Retiré de J.-.L JADOULLE et A. TIHON, Racines du futur, t. III, nouv. Ed. Bruxelles, Didier Hatier, 2000, p.98.
d’une carte de la géographie industrielle anglaise au XVIIIème siècle et vers 1850, adaptée de LEFEVRE (J.) et GEORGES (J.), Les temps contemporains vus par leurs témoins. Textes et documents (1776-1945), Tournai, 1974, p.7. D’après J.-.L JADOULLE et A. TIHON, Racines du futur, t. III, nouv. Ed. Bruxelles, Didier Hatier, 2000, p.72.
d’une gravure du XIXème siècle représentant Le Crystal Palace à Londres (1851), extraite de Histoire 2ème. Les fondements du monde contemporain, J. MARSEILLE, Paris, Nathan, 2001, p. 249.

Activités
• Sur l’ensemble du corpus documentaire

réaliser la carte d’identité des documents
distinguer traces du passé des travaux postérieurs.

repérer les principales transformations apparues en Angleterre à la fin du XVIIIème et au XIXème siècles.
classer ses transformations en trois grands domaines et tenter de repérer les liens qui existent entre elles.

• A partir du texte de Friedrich Engels la classe est ensuite amenée à s’interroger sur le fond du texte : l’auteur affirme que l’introduction du machinisme en Angleterre a divisé la société anglaise en deux grandes classes antagonistes : les capitalistes et le prolétariat, les exploitants et les exploités.
Comment vérifier cette affirmation ?
En tentant de découvrir ces nouvelles machines qui ont permis la révolution industrielle. Leur origine, mais aussi les conditions dans lesquelles elles se sont développées et grâce auxquelles elles se sont multipliées.
En tentant de découvrir la nouvelle stratification sociale apparue au XIXème siècle suite à la révolution industrielle.

2ème leçon : Découverte des causes de la première révolution industrielle

L’objet de cette leçon est de découvrir et de mettre en liens les différents facteurs qui ont permis le boum industriel de la fin du XVIIIème à partir :

- d’un schéma présentant les mutations dans les campagnes au XVIIIème siècle en Angleterre. Extrait de J.-.L JADOULLE et A. TIHON, Racines du futur, t. III, nouv. Ed. Bruxelles, Didier Hatier, 2000, p.73.
- de notices expliquant chacune des innovations importantes apparues à le fin du XVIIIème siècle extraites du site de "l'Université du Québec à Montréal" consacré à la révolution industrielle;  HYPERLINK "http://www.er.uqam.ca/nobel/m174774/page_1.htm" http://www.er.uqam.ca/nobel/m174774/page_1.htm.
- d’un schéma du système industriel au XIXème siècle. Extrait de J.-.L JADOULLE et A. TIHON, Racines du futur, t. III, nouv. Ed. Bruxelles, Didier Hatier, 2000, p.80.

Après l’explication à partir du premier schéma de l’influence des progrès dans l’agriculture sur l’émergence de la révolution industrielle. Les élèves seront amenés à découvrir par eux même les innovations techniques de la fin du XVIIIème siècle.

Activités :

- A partir des documents, repérer, mettre en lien et synthétiser en un tableau la source d’énergie, le matériau et l’invention technologique qui constituent la base du nouveau système industriel. Pour chacun de ceux-ci, relever leurs principales utilités.


3ème leçon : Les conditions du développement de la révolution industrielle : concentration industrielle, mobilisation de l’épargne, libéralisme économique et capitalisme.

Le but premier de cette leçon est d’installer les concepts de libéralisme économique et de capitalisme à partir :

- d'un texte de Adam Smith, extrait de Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776. Retiré de Histoire 2ème. Les fondements du monde contemporain, op. cit., p. 244.
- d’un texte David Ricardo extrait de On the principles of Political Economy and Taxation, Londres, 1817. Retiré de J.-.L JADOULLE et A. TIHON, Racines du futur… op. cit., p.82.
- d’un texte de Jeremy Bentham, extrait de An Introduction to the Principles of Morals and Legislation, Londres, 1789. Retiré de J.-.L JADOULLE et A. TIHON, Racines du futur… op. cit., p.82.
- d’un schéma sur le libéralisme et le capitalisme. Retiré de J.-.L JADOULLE et A. TIHON, Racines du futur… op. cit., p.82.

En fonction de notre objet de recherche, il s’agit de s’informer sur les conditions dans lesquelles s’est développée la révolution industrielle. Avant d’attaquer les exercices, les élèves sont informés sur la concentration industrielle et la mobilisation qu’à entraîner l’apparition des innovations techniques.

Activités :
- Distinguer les rôles qu’assigne Adam Smith à l’Etat. Les domaines aussi dans lesquels l’Etat ne doit pas intervenir.

- Repérer et résumer les 3 conditions nécessaires au bon fonctionnement économique, mis en avant par les trois théoriciens du libéralisme économique.

- Sur base du schéma, et de ce qu’ils ont appris sur la concentration industrielle et la mobilisation de l’épargne, tenter de trouver deux raisons pour lesquelles les principes du libéralisme économique dans leur application aboutissent au capitalisme.



4ème leçon : La condition ouvrière au XIXème siècle

Après avoir répondu à la première enquête, on s’attaque à présent à la deuxième question posée par la leçon de démarrage, c'est-à-dire aux conséquences de la révolution industrielle sur l’organisation sociale. L’élève est placé ici encore dans une logique d’enquête, il s’agit pour lui de se renseigner sur les conditions de vie et de travail des ouvriers, en vue d'étudier la stratification sociale au XIXème siècle et de vérifier la théorie de Friedrich Engels.

En vue de l’intégration des ressources nécessaires à l’intégration de la compétence critiquer, nous profiterons de cette leçon pour mettre en œuvre les fiches méthodologiques « distinguer les documents pertinents et non pertinents » et « critiquer une trace du passé ». A partir d’un corpus documentaire, les élèves devront repérer les documents pertinents quant à leur recherche. Ensuite, ils devront énoncer les raisons de faire confiance ou de se méfier des traces du passé pertinentes qu’ils ont sélectionnées.

Cet exercice se fera au départ de cet ensemble documentaire :

- d’un extrait de White Ch., Révolution belge de 1830, Bruxelles, 1836, t. II, p. 11.
- d’un extrait de REYNEBEAU (Marc), L’histoire de la Belgique en mots et en images, Bruxelles, 2005.
- D’un tableau de Constantin Meunier, La coulée à Ougrée, vers 1880, (Liège, musée d'art wallon).
- D’un Avis administratif pour l’ouverture d’une usine, Document de la Société anonyme « Denain-Anzin », 1834, in La Documentation Photographique, n°5-296/297, Paris, 1969).
- D’un extrait de René Louis Villermé, Tableau physique et moral des ouvriers, 1840
- D’un extrait de DEGROTTE Annie, Les silences du maître Drapier, Paris, 2002, p.215.


Activités :

Mise en œuvre des fiches méthodologiques :
« Distinguer des documents pertinents et non pertinents »
« Critiquer une trace du passé »

















5ème leçon : Quelle stratification sociale au XIXème siècle

Suite à une première enquête sur la condition des ouvriers, l’élève est amené à s’interroger sur les autres classes sociales qui existent au XIXème siècle. N’y a-t-il que des patrons et des ouvriers ? N’existe-t-il pas d’autres classes sociales ? Et qu’est ce qui distingue ces classes sociales l’une de l’autre ? Quelles sont les inégalités entre elles ? Quels sont les liens aussi entre celles-ci ?

Pour répondre à cette question, l’élève, à partir d’un corpus documentaire, est amené à réaliser un tableau représentant la stratification sociale du XIXème siècle. Après avoir repérer les trois grandes classes sociales de l’époque, il doit les distinguer l’une de l’autre selon les critères appropriés, puis relever ensuite les inégalités qui existent entre elles.

Documents à disposition de l'élève :

une enquête sur la condition ouvrière de Louis René Villermé, Tableau physique et moral des ouvriers, 1840, tiré de
une peinture de Constantin Meunier, La coulée à Ougrée, vers 1880, (Liège,
musée d'art wallon).
un texte historique sur le livret de travail tiré de REYNEBEAU (Marc), L’histoire de la Belgique en mots et en images, Bruxelles, 2005
un extrait d'un entretien avec Eugène Weber sur la classe moyenne au XIXème siècle, tiré de  HYPERLINK "http://hypo.ge.ch/www/cliotexte/" http://hypo.ge.ch/www/cliotexte/
une biographie d'un industriel liégeois dans la seconde moitié du XIXème siècle ; tiré de REYNEBEAU (Marc), L’histoire de la Belgique en mots et en images, Bruxelles, 2005
un extrait du témoignage d'un grand bourgeois de province au XIXème siècle.

Activités :

En se basant sur les documents distribués et sur le concept de stratification sociale, repérer d’une part selon quels critères ces classes sociales se distinguent l’une de l’autre, souligner d’autre part les inégalités qui existent entre celles-ci.



















6ème leçon : La question sociale et les courants politiques

Les élèves, au cours des leçons précédentes, se sont rendus compte des problèmes sociaux liés à la classe ouvrière. Pour prolonger cette enquête, il s'agit maintenant de s'intéresser au débat politique qui existait autour de la question sociale. En fonction des courants politiques ou idéologiques comment considérait-on alors le problème?

Activités :

La leçon se fera sous forme de jeux de rôle. La classe est divisée en plusieurs groupes représentant chacun un courant politique. Les groupes prennent connaissance, à l'aide de documents, des idées inhérentes au mouvement politique qu'ils représentent, un débat est organisé en classe, dirigé par le professeur.

Sur plusieurs thèmes liés à la question sociale, chacun des groupes de la classe doit défendre les idées du mouvement politique qu'il représente. De cette manière chacun s'oppose ou s'accorde avec les autres groupes participants au débat.

Ainsi, les élèves, par l'intermédiaire du débat, découvrent les autres mouvements politiques qui existaient alors au XIXème siècle.

Après 15 minutes de débat, la classe peut réaliser ensemble un travail de synthèse sur la question sociale du XIXème siècle.
Ce travail se fera au départ de :

5 fiches synthétiques reprenant les caractéristiques des mouvements politiques
- Un ensemble documentaire pour chacun des groupes (voir préparation de la leçon).



7ème leçon (non indispensable) : Phase de bilan :

Ces six premières leçons devraient déboucher sur une phase de bilan sur le plan informatif :

Il s'agit de savoir si les élèves ont bien intégré ce qui a été vu précédemment : les causes, et les conditions du développement de la révolution industrielle, le libéralisme économique et le capitalisme, la stratification sociale du XIXème siècle, le débat politique autour de la question sociale.














2. Situation d’intégration de la compétence

Compétence Les villes industrielle en Angleterre au
« critiquer » XIXème siècle
(2 leçon) Tâches et consignes
Tu es historien(ne) et tu as été contacté(e) pour réaliser une exposition sur le climat social des grandes villes industrielles anglaises au milieu du XIXème siècle.

Tu as déjà étudié les causes de la révolution industrielle, et les conséquences de celles-ci sur l’organisation sociale. Tu cherches donc à présent à te renseigner sur les grandes villes anglaises au XIXème siècle, et particulièrement sur l’influence qu’a pu avoir la révolution industrielle sur le milieu urbain. Comment cohabitaient en effet les classes sociales dans une ville anglaise ? Quelle était la qualité de vie des habitants ? Quelle était l’apparence de la ville ?

Pour t’aidez dans ta recherche, ton professeur d'histoire te donne un premier ensemble documentaire.

Après avoir distingué les traces du passé des travaux postérieurs, identifiez en fonction de la question de recherche les documents pertinents.

Justifiez chaque fois explicitement votre réponse : quels sont les éléments qui vous permettent de dire qu'il s'agit d'une trace du passé ou d'un travail postérieur, quels sont ceux qui vous permettent d'avancer que ce document est pertinent ou non pertinent.

Une fois ce premier travail étant fait, renseigne toi auprès de ton professeur, pour avoir davantage d'information sur la (ou les) traces du passé que tu as identifiées comme pertinente(s). Enonce ensuite, pour celles-ci, la (ou les) raisons de lui (leur) faire confiance ou de s'en méfier.

Pour réaliser cette deuxième tâche, rappelle toi les cinq questions préalables à la critique d'un document.
Ressources







Un ensemble documentaire
Un extrait d’une enquête sociale au début du XIXème siècle, citée par E. ROYSTON PIKE, Human documents of the Industrial Revolution in Britzin, Allen and Urwin, Londres, 1966.
Un extrait de Fernand Braudel, Grammaire des civilisations, Paris, 1963.
Flora Tristan, Promenade dans Londres ou l’aristocratie et les prolétaires anglais, Paris, 1840.
Une gravure de Lavielle vers 1850.
Faujas de Saint-Fond , Voyage en Angleterre, en Ecosse, et aux Hébrides, Paris, 1797

Des connaissances susceptibles d'être mobilisées

L'impact de la première révolution industrielle
La stratification sociale au XIXème siècle
Les courants politiques au XIXème siècle

Des savoir-faire préalablement appris

Dresser la carte d'identité d'une trace du passé
Distinguer une Trace du passé et un travail postérieur
Analyser une trace écrite
Critiquer une trace du passé

























Documents pour la situation d’intégration

Document 1

"Je me suis mariée à vingt-trois ans, et c'est seulement après que je suis descendue à la mine; je ne sais ni lire, ni écrire. Je travaille pour Andrew Knowles, de Little Bolton (Lancashire). Je tire les wagonnets de charbon, et je travaille de six heures du matin à six heures du soir. Il y a une pause d'environ une heure, à midi, pour déjeuner, pour cela on me donne du pain et du beurre, mais rien à boire. J'ai deux enfants, mais ils sont trop jeunes pour travailler. J'ai tiré les wagonnets quand j'étais enceinte. Je connais une femme qui est rentrée chez elle, s'est lavée, s'est mise au lit, a accouché, et à repris le travail moins d'une semaine après."

Extrait d'une enquête réalisée au début du XIXème siècle, citée par E. ROYSTON PIKE, Human docuements of the Industrial Revolution in Britzin, Allen and Urwin, Londres, 1966.




Document 2 :

"Le mérite de l'Occident est d'avoir cherché avec véhémence une riposte sociale, humaine, assez efficace et valable, aux duretés multiples de l'industrialisation. Il a fabriqué un humanisme social, dirions-nous, si nous n'avions abusé déjà de ce mot commode. Cette élaboration s'est faite au cours du triste, dramatique et génial XIXe siècle - triste, si l'on songe à la laideur de sa vie quotidienne; dramatique, si l'on considère sa séquence de troubles et de guerres ; génial, si l'on veut récapituler ses progrès scientifiques et techniques, et même, à un moindre degré, sociaux. En tout cas, le point d'aboutissement est clair: aujourd'hui, bien au-delà du XXe siècle, une législation sociale tranquille, perfectible, essaie d'assurer un sort meilleur à des masses d'hommes de plus en plus considérables et de désamorcer la revendication révolutionnaire. Cette multiple et imparfaite conquête ne s'est pas accomplie avec facilité, comme l'opération nécessaire qu'exige une morale ou une science impartiale. Elle se présente au contraire comme un combat très dur, où trois phases au moins se distinguent, en Occident (nous reviendrons sur l'évolution russe et soviétique, qui reste à part) :
a) La phase révolutionnaire et idéologique, celle des réformateurs sociaux, des prophètes (pour reprendre un mot de leurs nombreux ennemis). Elle va de 1815 à 1871, de la chute de Napoléon Ier à la Commune. La vraie coupure est peut-être 1848, l'année des révolutions en chaîne.
b) La phase des luttes ouvrières organisées (syndicats et partis ouvriers). Commencée dès avant le drame parisien du printemps 1871, elle se situe, pour l'essentiel, entre cette date et 1914.
c) La phase politique ou mieux étatique. l'État prend en main la réalisation des programmes sociaux, au-delà de 1919, ou mieux de 1929, et plus encore, la prospérité matérielle aidant, de 1945-1950 à nos jours. »
F. Braudel, Grammaire des civilisations , Paris, 1963, réédition : Paris, 1987, pp. 420-421.



Document 3


La ville de Londres en 1839 vue par Flora Tristan


« Londres, centre des capitaux et des affaires de l’Empire britannique, attire incessamment des nouveaux habitants ; mais les avantages que, sous ce rapport, il offre à l’industrie sont balancés par les inconvénients qui résultent de l’énormité des distances : cette ville est la réunion de plusieurs villes ; son étendue est devenue trop grande pour qu’on puisse se fréquenter ou se connaître. […]
Londres a trois divisions bien distinctes : la Cité, le West End et les faubourgs. La Cité est l’ancienne ville qui, malgré l’incendie arrivé sous le règne de Charles II, a conservé grand nombre de rues étroites, mal alignées, mal bâties, et les abords de la Tamise obstrués par des maisons dont la rivière baigne les fondements. On retrouve donc, indépendamment de ses splendeurs nouvelles, quantité de vestiges des temps antérieurs à la restauration, et le règne de Guillaume III s’y lit en entier. On y voit une multitude d’églises et de chapelles appartenant à toutes les religions, à toutes les sectes.
Les habitants de cette division […] sont, pour la plupart, de braves marchands qui se méprennent rarement sur les intérêts de leur commerce et que rien n’affecte, excepté ces mêmes intérêts. Les boutiques, où beaucoup d’entre eux ont fait de grandes fortunes, sont si sombres, si froides, si humides, que l’aristocratie du West End dédaignerait de semblables salles pour loger ses chevaux. […]
Le West End est habité par la cour, la haute aristocratie, le commerce élégant, les artistes, la noblesse de province et les étrangers de tous pays ; cette partie de la ville est superbe ; les maisons sont bien construites, les rues bien alignées mais extrêmement monotones ; c’est là que l’on rencontre les brillants équipages, les dames magnifiquement parées, les dandys caracolant sur les chevaux de la plus grande beauté, et une foule de valets couverts de riches livrées et amés de longues cannes à pommes d’or ou d’argent.
Certains quartiers, dans le nord-est et le sud, sont, en raison du bon marché des loyers, principalement habités par des ouvriers, des filles publiques et cette tourbe d’hommes sans aveu que le manque d’ouvrage et les vices de toutes sortes livrent au vagabondage, ou que la misère et la faim forcent à devenir mendiants, voleurs, assassins.
Le contraste que représentent les trois divisions de cette ville est celui que la civilisation offre dans toutes les grandes capitales ; mais il est plus heurté à Londres que nulle autre part. On passe de cette active population de la Cité qui a pour unique mobile le désir du gain à cette aristocratie hautaine, méprisante, qui vient à Londres deux mois chaque année, pour échapper à son ennui de faire étalage d’un luxe effréné, ou pour y jouir du sentiment de sa grandeur par le spectacle de la misère du peuple !...
Dans les lieux où habite les pauvres, on retrouve des masses d’ouvriers maigres, pâles, et dont les enfants, sales et déguenillés, ont des mines piteuses ; puis des essaims de prostituées à la démarche éhontée, aux regards lubriques, et ces brigades d’hommes voleurs de profession ; enfin ces troupes d’enfants qui, comme des oiseaux de proie, sortent chaque soir de leurs tanières pour s’élancer sur la ville, où ils pillent sans crainte, se livrent au crime, assurés de se dérober aux poursuites de la police qui est insuffisante pour les atteindre dans cette immense étendue. »

Flora Tristan, Promenade dans Londres ou l’aristocratie et les prolétaires anglais, Paris, 1840.

Document 4



























Document 5

Birmingham en 1784 : une ville industrielle


« Birmingham est une ville les plus curieuses de l’Angleterre par l’activité de ses manufactures et de son commerce. Je sais que quelques voyageurs ont désapprouvé la plupart de ces établissements d’industrie (…). C’est qu’ils n’avaient pas daigné porter leurs regards sur ces vastes ateliers où l’on fabrique les pommes à vapeur, ces machines étonnantes dont le perfectionnement fait tant honneur aux talents et aux connaissances de M. Watt, ni sur les lamineries de cuivre sans cesse en activité pour le doublage des vaisseaux, ni sur celles de rôle et de fer qui rendent la France tributaire de l’Angleterre, ni sur cette partie si étendue, si variée, de quincaillerie qui occupe (…) plus de trente mille bras et oblige l’Europe entière et une partie du Nouveau Monde à s’approvisionner ici.
C’est l’abondance du charbon de terre qui a fait ce nouveau miracle et a produit au milieu d’un désert aride une ville de quarante mille habitants, qui vivent au sein de l’aisance et de toutes commodités de la vie.
La population a pris un tel essor dans cette ville que, pendant la guerre avec les Etats-Unis, s’élevaient chaque année à Birmingham au moins trois cents maisons, et que ce nombre double aussitôt que la paix est conclue. »

B. Faujas de Saint-Fond , Voyage en Angleterre, en Ecosse, et aux Hébrides, Paris, 1797.
Nom :
Prénom

Tableau à compléter pour répondre à la première tâche demandée
Une fois celui-ci complété, rend le au professeur qui te donnera de l'information sur les traces du passées pertinentes.

Doc. 1Trace du passétravail postérieurjustification :


pertinentnon pertinentjustification :


Doc. 2Trace du passétravail postérieurjustification :


pertinentnon pertinentjustification :


Doc. 3Trace du passétravail postérieurjustification :


pertinentnon pertinentjustification :


Doc. 4Trace du passétravail postérieurjustification :


pertinentnon pertinentjustification :


Doc. 5Trace du passétravail postérieurjustification :


pertinentnon pertinentjustification :





Information sur les traces du passé pertinentes.
Document 3 : deux sources d'information sur Flora Tristan
a) Sur sa vie
Flora Tristan eu une vie agitée et passionnée. Fille d’un noble et riche Péruvien marié et d’une Française elle eu une éducation très bourgeoise. Toutefois, le mariage de ses parents ayant été considéré comme nul, (car ayant été béni par un prêtre en exil), Flora Tristan, après la mort de son père ne pu obtenir la moindre part d’héritage. Suite à cette mort, elle vivra à Paris dans des conditions précaires, tantôt dames de compagnies, tantôt ouvrière d’art. Elle se marie ensuite avec un de ses patrons ; très vite ce mariage dégénère en violence conjugale. Le poumon percé d’un coup de pistolet en 1838, elle moura six ans plus tard.
Assez proche du peuple pour en subir et en sentir les misères, et assez lettrées pour connapitre le monde des artistes, écrivains et théoriciens politiques des années 30 et 40, Flora Tristan fut l’une des plus authentique et des plus complète figure du socialisme dit « utopique ». Elle mènera une enquête sévère en Angleterre, dans le pays phare du capitalisme industriel.

www.culture.gouv.fr/culture/ actualites/celebrations2003/tristan.htm

b) Sur Promenades dans Londres
Le succès de promenade dans Londres, en particulier dans les milieux socialistes et ouvriers français, signale son évidente originalité. En premier lieu, l'observatrice est une femme. Et cette condition de femme, dont la liberté est alors limitée par les conditions sociales de l’époque, n’entrave pas son enquête. Ce serait bien mal connaître Flora Tristan que de le craindre. Au contraire, par un renversement dont l'enquêtrice est coutumière, sa condition de femme lui permet d’avoir une solidarité élémentaire avec les opprimés dont elle décrit le sort. (…)

Flora Tristan en écrivant cette enquête veut défendre les intérêts de l’humanité. Flora Tristan se fait le champion de l'homme contre la domination de l'argent et de la machine. Son discours s'élève contre la perversion du capitalisme qui, non contente de livrer l'individu à la misère, le ravale au rang d'instrument, le monnaie comme machine à produire.
Si le style littéraire de Flora Tristan est inégal, il tire sa plus grande force de l'observation. La femme écrivain, s’est toutefois bien documentée. Mais là où elle est maître, c'est dans le combat qu'elle livre les mains nues contre le capitalisme, un système auxquels les pauvres se sentent obligés de participer. Pour appuyer son discours, elle utilise les ressources imaginaires de la langue et de la rhétorique — les symboles (la ville-monstre), les images (l'enfer) etc. — pour que le scandale de l’économie capitaliste crie jusqu'au ciel.

www.mfo.ac.uk/Publications/actes1/michaud.htm



Document 4 :
Une source d’information sur Barthélemy FAUJAS de SAINT-FOND (1741-1819)
Né le 17 mai 1741, mort le 18 juillet 1819, FAUJAS de SAINT-FOND fut un des premiers en France à présenter des observations neuves sur les volcans et les roches éruptives ; il occupa la première chaire de géologie créée au Muséum.

Après avoir fait des études d'avocat au Parlement, cet aristocrate fut nommé président de la cour du sénéchal à Montélimar (1765). Toutefois, son goût pour la nature l'amena à faire des randonnées dans les Alpes et dans le Massif Central. En 1776, il quitte définitivement le Droit et est nommé assistant (aide-naturaliste) au Muséum (Jardin du Roi). Il fait des recherches sur les volcans du Velay et du Vivaray, qui paraissent en 1778. Il fit des voyages notamment en Angleterre, Ecosse, Hebrides. Si ceux-ci relèvent au départ d'un intérêt scientifique (une analyse de la roche volcanique en Ecosse), émerveillé par la révolution industrielle anglaise, il décide aussi de tenir un carnet de voyage dans lequel il explique sa visite du pays. En tant que scientifique, il y applaudit les progrès techniques dus à la révolution industrielle. Il veut en réalité que son témoignage soit un encouragement pour mener la France sur les voies de l'industrialisation.
Il fut ensuite nommé en 1793 professeur au Muséum, poste qu'il occupa jusqu'en 1818. Il termine enfin sa vie dans sa propriété de Saint-Fond, dans le Dauphiné.(…)

Citation de la Notice historique sur l'Ecole des mines de Paris, Louis Aguillon, 1889, retirée du site : http://www.annales.org/archives/x/faujas.html














Evaluation formative

Grille d’autoévaluation de la compétence

CritèresIndicateurs(1)(2)Analyse de la documentation- L’élève a correctement distingué traces du passé et travaux postérieurs ; ses justifications sont correctes
(0,5 point par réponse correcte)

- L’élève a correctement distingué les documents pertinents des documents non pertinents ; ses justifications sont correctes
(1 point par réponse correcte)
(- 0,5 quand justification non complète)





Total 

/2,5




/5


/7,5

/2,5




/5


/7,5Critique des traces du passé pertinentesFlora Tristan
Raisons de lui faire confiance : (au moins deux)
•Elle a mené une enquête détaillée dans la ville de Londres
•D’origine bourgeoise, elle s’intéresse pourtant en détail aux conditions d’habitat de toutes les couches sociales, principalement celles des opprimés, qu’elle a côtoyés. 
• Son enquête n’est pas limitée par son statut de femme.

Raison de s’en méfier :
• Militante, Flora Tristan est animée des valeurs socialistes. Son but est de montré les conséquences négatives de l’industrialisation en Angleterre, le contraste entre la misère du peuple et la richesse des grands bourgeois. Il est possible que son portrait de la ville ne soit donc pas tout à fait objectif.
• Elle utilise une symbolique et des images, pour donner plus de force à son discours. Ainsi, elle peut donner une image tronquée de la réalité.

(- 0,5 point quand raison pas assez précisée)

- Barthélemy Faujas de Saint-Fond

Raisons de lui faire confiance : ( une au moins)
• Il a observé la ville de Birmingham, en visitant notamment certaines installations industrielles.
• En tant que scientifique, il est capable de comprendre et de souligner les progrès industriels.

Raisons de s’en méfier
• En voulant donner une image positive de l’industrialisation aux Français, l’auteur passe peut-être sous silence les côtés négatifs de la révolution industrielle (pollution, misère ouvrière…)

• N’ayant pas réalisé une enquête, proprement dite, l’auteur n’a peut-être pas observé en détail la ville, notamment la condition des ouvriers. D’origine aristocratique, il n’a peut-être côtoyé que les couches sociales privilégiées.

Total








/3








/3









/1,5








/3
/10,5
/ 9,5







/3








/3









/1,5








/3
/10,5
/ 9,5Organisation des informationsPour chaque document les raisons de se fier et/ou de se méfier sont distinctes les unes des autres
(- 1 point quand ce n’est pas distinct.) 

/2

/2LangueL’orthographe est correcte
Le lexique adéquat
/1
/1
TOTAL
/20
/20

(1) Auto évaluation (2) Evaluation formative





























Correction et grille intermédiaire à compléter par l’élève

Doc. 1Trace du passétravail postérieurjustification : Il s’agit du témoignage d’une jeune fille travaillant à la mine, extrait d’une enquête réalisée au XIXème siècle.

Pertinentnon pertinentjustification : Ce document ne nous renseigne pas sur les modifications du paysage urbain suite à l’industrialisation, mais sur les conditions de travail à la mine.

Doc. 2Trace du passétravail postérieurjustification : Il s’agit d’une étude historique écrite en 1963 mettant en perspective les conquêtes sociales du XIXème siècle.
Pertinentnon pertinentjustification : (au moins une des trois)

- Ce document traite de la portée des combats sociaux du XIXème siècle, et non pas des villes en Angleterre.

Doc. 3Trace du passétravail postérieurjustification : Il s’agit d’un extrait d’une enquête publiée en 1840.

Pertinentnon pertinentjustification :

Le document est une enquête réalisée en 1839, au lendemain de l’industrialisation.

Cette enquête est réalisée à Londres, en Angleterre.

Cette enquête traite des conséquences de l’industrialisation sur le tissu urbain.

Doc. 4trace du passétravail postérieurjustification : Il s’agit d’une gravure datant du XIXème siècle.

Pertinentnon pertinentjustification :
Ce document représente l’habitat urbain à Paris et non pas en Angleterre



Doc. 5trace du passétravail postérieurjustification :
Il s’agit d’un témoignage publié en 1797.

Pertinentnon pertinentjustification :

L’auteur a fait ses observations en 1784, c'est-à-dire au cours de la révolution industrielle en Angleterre

L’auteur a observé une ville d’Angleterre.

L’auteur témoignage d’une ville métamorphosée par l’industrialisation.





































C) Annexes : détail des leçons


Première leçon

Avant de rentrer directement dans le sujet, je voulais d’abord donner un petit tableau de ce qu’était « l’économie d’Ancien Régime », appelée aussi traditionnelle ou préindustrielle, et qui prévalait en Europe au début du 18ème siècle.

Les économies d’Ancien Régime

L’agriculture est partout dominante : 75% de la population vit à la campagne et y travaille ; le pain est l’essentiel de l’alimentation et la terre reste le signe de la fortune et de la puissance.
La faiblesse des rendements agricole laisse peser la menace de graves disettes quand de graves accidents météorologiques compromettent la récolte.
En Europe, de manière générale la population est clairsemée et les villes peu nombreuses. Vers 1700, une douzaine de villes européennes dépassent les 100.000 habitants. Londres et Paris, avec de 500 000 habitants, apparaissent comme des villes géantes. Et si la natalité est forte (40 naissances pour mille habitants par an), la mortalité l’est tout autant, la peste, la dysenterie et la variole frappant toujours les plus fragiles.
L’activité industrielle est surtout tournée vers la fabrication de biens de consommation et le bâtiment. Les productions lourdes de biens d’équipement, issus de la mine, de la forge et de la verrerie, restent marginales. Hormis quelques manufactures, qui rassemblent plusieurs centaines d’ouvriers, le travail industriel est exercé par des paysans et des artisans, qui utilisent les outils simples, le plus souvent en bois, comme le rouet ou le métier à tisser.
Ces économies traditionnelles sont quasi « immobiles ». Hommes, marchandises et capitaux circulent peu. Pour les transports à longue distance, la voie d’eau reste le moyen le plus sûr. Sur terre, malgré le progrès des routes, le transport des marchandises ne dépasse guère 20 kilomètres par jour.
Un seul secteur est en évolution rapide : le grand commerce maritime. Il permet à une partie de l’Europe d’accumuler les richesses, grâce notamment à la traite des Noirs, à laquelle se livrent les négociants et armateurs des grands ports.





Par la suite, les élèves devront se rendre compte eux même à partir de documents de quelques-unes des manifestations de la révolution industrielle, pour pouvoir dégager ensemble l'enquête La lecture des documents sera également l’occasion de leur rappeler la méthode pour effectuer la carte d’identité de ceux-ci, pour distinguer aussi les traces du passé des travaux postérieurs. Pour réaliser la carte d’identité du document, je fournirais aux élèves une fiche méthodologique qui devrait les aider dans leur démarche.

Documents distribués aux élèves :
DOC. N°1 : La révolution industrielle et ses conséquences sociales en Angleterre
« Il y a soixante ou quatre-vingts ans, l’Angleterre était un pays comme tous les autres, avec de petites villes, une industrie importante et élémentaire, une population rurale clairsemée, mais relativement importante ; et c’est maintenant un pays sans pareil avec une capitale de deux millions et demi d’habitants, des villes industrielles colossales, une industrie qui alimente le monde entier, et qui fabrique presque tout à l’aide des machines les plus complexes, une population dense, laborieuse et intelligente, dont les deux tiers sont employés par l’industrie, et qui se compose de classes toutes différentes de celles d’autrefois, qui, même, constitue une tout autre nation, avec d’autres mœurs et même d’autres besoins qu’autrefois.
La révolution industrielle a, pour l’Angleterre, la signification qu’a pour la France la révolution politique (…), et l’écart existant entre l’Angleterre de 1760 et celle de 1844 est au moins aussi grand qui celui qui sépare la France de l’Ancien Régime de celle de la révolution de Juillet (…).
Le fruit le plus important de cette révolution industrielle c’est le prolétariat anglais(…) né de l’introduction du machinisme ; la rapide expansion de l’industrie exigeait des bras ; le salaire monta en conséquence, des troupes compactes de travailleurs venus des régions agricoles émigrèrent vers les villes (…).
La nouvelle industrie n’a pas pris de l’importance que du jour où elle a transformé les outils en machines, les ateliers en usines, et par là, la classe moyenne en prolétariat ouvrier, les négociants d’autrefois en industriels. (…) Et la population ramenée à la seule opposition entre capitalistes et ouvriers. »
F. ENGELS, La Situation des classes laborieuses en Angleterre, 1845.


Note : Ce document est extrait d’un essai publiée en 1845 par le philosophe allemand Friederich Engles(1820-1895). Celui-ci dirige alors la filature de son père à Manchester, une des plus grande ville industrielle d’Angleterre. Ses observations lui permettent de rédiger La situation des classes laborieuses en Angleterre. A cette époque, le Royaume-Uni est le seul pays qui ait achevé sa phase de décollage économique. Engels l’a connu sur la période 1780-1830.

Doc n°2 : Carte de la géographie industrielle anglaise au XVIIIème siècle et vers 1850
Voir dans Racine du futur, 72/2.




Doc n°3 :











Le Crystal Palace à Londres, à l’exposition universelle de Londres, gravure du XIXème siècle.
Consignes de travail :


a) Dressez la carte d’identité des documents
Distingué les traces du passé des travaux postérieurs

( A réaliser à l’aide des fiches méthodologiques distribuées au début du cours)

Document 1Document 2Document 3Quoi ?

Qui ?

Où ? 

A qui ?

Pourquoi ? 

Trace du passé ou travail postérieur ?



B) Repérez à partir des trois documents les principales transformations qui ont frappé l’Angleterre à la fin du XVIIIème siècle.





C) D’après le document 1 (texte de Friedrich Engels) quelle est l’origine principale de la révolution industrielle ? Et quelle en est la conséquence majeure ?



D) Enoncez les points à approfondir par une enquête pour vérifier la théorie de Friedrich Engels.






Deuxième leçon

Introduction :

À partir du schéma de racine du futur : p. 73/6.

La révolution agricole

Apparue pour la première fois dans les années 1820, l’expression « révolution industrielle » exprime l’ampleur des bouleversements qu’ont eu le sentiment de vivre les contemporains en un demi siècle. Elle désigne, à leur yeux, une autre façon de produire marquée par l’usage de sources d’énergies autres que le vent, l’eau la force humaine ou animale. Les machines se substituent aux mains de l’artisan, de nouveaux moyens de transports se développent, les moyens de production et les travailleurs se concentrent dans des usines qu’on appelle alors « fabriques ».

Pour les contemporains comme pour les historiens aujourd’hui, nul doute aussi que cette révolution industrielle est née en Angleterre. Vers 1780-1790, elle est parvenue à un niveau économique et technique jamais atteint par aucun pays de n’importe quelle civilisation. Se succédant à un rythme accéléré, les innovations techniques se traduisent par une étonnante ascension du nombre de brevets déposés.

La mécanisation de la filature est à l’origine du développement fulgurant de l’industrie cotonnière. La substitution du coke au charbon comme combustible dans les hauts fourneaux et le procédé de puddlage, qui permet de transformer la fonte en fer, par élimination du carbone, stimulent la métallurgie. Surtout les perfectionnements apportés par James Watt à la machine à vapeur ouvrent la voie à son utilisation massive dans l’industrie et les transports.

Coton, fer, charbon, vapeur sont les piliers de la puissance britannique au milieu du XXème siècle. En 1851, organisée au Crystal Palace de Londres, l’Exposition universelle montre avec éclat la supériorité industrielle de la Grande-Bretagne.

Avec seulement un peu plus de 2% de la population mondiale, elle assure plus de la moitié des exportations mondiales de fonte. La puissance de son industrie cotonnière est environ triple des pays qui suivent. Sa production de charbon représente près de 70% de celle de l’Europe. Enfin, la Grande-Bretagne est de très loin la première puissance commerciale du monde, sa flotte représentant plus du tiers de la flotte mondiale.

Pourquoi la grande Bretagne a-t-elle été le berceau de la révolution industrielle ? On a avancé plusieurs facteurs : l’austérité du mode de vie des protestants favorable à l’esprit d’initiative et à l’investissement ; les libertés politiques plus importantes qu’ailleurs ; la richesse en charbon, une navigation fluviale facile ; la présence, avec Londres d’un grand marché urbain ; un esprit inventif, autant d’élément dont la combinaison aurait été plus réussie qu’ailleurs.

On a aussi mis en avant l’antériorité de la révolution agricole sur le décollage de l’industrie. En effet, la révolution agricole s’est amorcée au début du XVIIIème siècle avec la culture des plantes fourragères, le recul de la jachère et la pratique des enclosures, qui a renforcé la grande propriété au détriment des vieilles pratiques communautaires. Elle a permis de nourrir une population qui passe de 7,5 millions d’habitants en 1780 à 15,9 millions en 1840. La révolution agricole a ainsi stimulé la révolution industrielle car elle a accru la consommation de fer pour les outillages agricoles divers, accumulé une épargne qui a fourni une partie du capital nécessaire à l’essor industriel et libéré de la main-d’œuvre qui est partie travailler dans les usines nouvelles.

Suite à cette introduction, les élèves seront amené à découvrir eux même les innovations technologiques qui ont permis la révolution industrielle. Ils devront décortiquer des documents et mettre ceux-ci en lien afin de comprendre le boum industriel

Traitement des documents distribués aux élèves :

Première série de documents:

Lisez attentivement les petites notices sur les innovations apparues au cours du XIXème siècle en Angleterre. Pour chacune d’entre-elles repérez bien leur utilité.









Document 2 :

Repérez les titres reproduits dans les cases grisées du schéma :



En lisant le schéma du bas vers le haut, et en vous aidant de ce que vous appris grâce au document 1 :

Relever les différentes utilités du charbon et de la machine à vapeur :






Examinez le rôle joué par le secteur de la sidérurgie







En fonction de ce que vous avez découvert dans les documents, retrouver la source d’énergie, le matériau, et l’invention technologique qui constitue la base du nouveau système industriel au XIXème siècle. Relever leur utilité et mettez les en lien dans un tableau.






Troisième leçon :

Introduction
1. De l’atelier à l’entreprise : synthèse

Voir Racine du futur : 81/28.

Les premières usines

Dans les premiers temps de la révolution industrielle, les entreprises sont restées familiales et petites, le faible coût des premières machines ne nécessitant pas d’investissements considérables. Vers 1845, en Belgique, la taille moyenne des entreprises sidérurgiques est de 26 personnes.
Les créateurs d’entreprise proviennent de tous les horizons de la société, la grande majorité d’entre eux étant issue du commerce et de l’artisanat. Les fondateurs des filatures de coton sont originaires du négoce de tissus pour plus de la moitié. Dans la construction mécanique, on trouve de nombreux fils d’artisans passés par l’enseignement technique.
Progressivement toutefois, l’utilisation de la machine à vapeur, encombrante et chère, exige le développement de la grande usine, dans la sidérurgie et la filature de coton surtout. A Manchester, au milieu du XIXème siècle, deux entreprises emploient plus de 1000 ouvriers. Les forges du Carron, en Ecosse, rassemblent 2000 travailleurs.
Déracinant le travailleur de son milieu familial, l’obligeant à une discipline et une ponctualité rythmée par le son des cloches et des sonneries, instituant un système d’amendes en cas de défaillances, l’usine devient le « bagne » dans l’argot ouvrier. Autant de contraintes qui expliquent certaines irruptions de violences, comme les bris de machines effectués par des artisans qui se révoltent contre la tyrannie des « mécaniques ».

B. La mobilisation de l’épargne.

Dans un premier temps, l’autofinancement, permis par le réinvestissement systématique des profits, a suffi à financer la révolution industrielle. Puis les grandes entreprises exigent plus d’argent pour produire en plus grande quantité, acheter des matières premières et un outillage plus compliqué et lutter contre les concurrents. Elles doivent alors investir. C’est particulièrement vrai à partir de 1840, avec le développement des chemins de fer qui exigent des capitaux énormes.

C’est alors que vont se développer davantage la bourse et les banques.
Les banques de dépôt cherchent à mobiliser une épargne, un capital financier, jusqu’alors inemployé pour l’investir dans l’industrie et en tirer des bénéfices.
La bourse est le lieu d’échange où des particuliers peuvent acheter et revendre les actions des entreprises. Elle se développe au même rythme que les lignes de chemin de fer.
Avec l’usine, le capital devient l’autre symbole de la révolution industrielle.
A la recherche du profit, les actionnaires investissent leur capital dans les entreprises.





2. Le libéralisme économique et le capitalisme


Documents A.

La limitation du rôle de l’Etat :

« Tout homme, tant qu’il n’enfreint pas les lois de la justice, demeure pleinement libre de suivre la route qui lui montre son intérêt, et de porter où il plaît son industrie et son capital, concurremment avec ceux de toute autres classes d’hommes. Le souverain se trouve entièrement débarrassé d’une charge (…) : la charge d’être le surintendant de l’industrie des particuliers, de la diriger vers les emplois les mieux assortis à l’intérêt général de la société.
Dans le système de la liberté naturelle, le souverain n’a que trois devoirs à remplir. Le premier, c’est le devoir de défendre la société contre tout acte de violence ou d’invasion de la part des autres sociétés indépendantes. Le second, c’est le devoir de protéger, autant qu’il est possible, chaque membre de la société contre l’injustice ou l’oppression de tout autre membre, ou bien le devoir d’établir une administration exacte de la justice. Et le troisième, c’est le devoir d’ériger et d’entretenir certains ouvrages publics et certaines institutions que l’intérêt privé d’un particulier, ou de quelques particuliers, ne pourrait jamais parvenir à entretenir, parce que jamais le profit n’en rembourserait la dépense à un particulier ou à quelques particuliers. »

Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776.

Renseignement sur l’auteur
Economiste anglais, fils d’un contrôleur des douanes, Adam Smith (1723-1790), publie en 1776, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations. Ce livre présente la doctrine philosophique et économique qui fait de la division du travail la source de la richesse. Cette œuvre est considérée, comme la première théorie politique classique et libérale. Les théories d’Adam Smith influence toujours aujourd’hui la pensée économique.


Document B. Le libre échange dans Racine du futur, 82/31

Renseignement sur l’auteur :

Né le 18 avril 1772 à Londres, David Ricardo est le troisième des dix-sept enfants d’une famille bourgeoise aisée de financiers juifs. A l’âge de 14 ans, David Ricardo rejoint son père à la bourse de Londres, où il commence à apprendre le fonctionnement de la finance. Mais c’est en 1799, qu’il commencera réellement à s’intéresser à l’économie après la lecture de Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776) d’Adam Smith. Il deviendra ensuite agent de change et économiste. Auteur de nombreux ouvrages, il sera considéré comme un des fondateurs de l’école classique anglaise d’économie politique. Député en 1819, il défendra au Parlement l’idée de libre-échange. Il meurt en 1823.


Document C : L’apologie du profit dans Racine du futur, 82/30.

Document D : Libéralisme économique et capitalisme dans Racine du futur, 83/35.




Tâches


Distinguez dans le document A, les rôles qu’assigne Adam Smith à l’Etat. Les domaines aussi dans lesquels l’Etat ne doit pas intervenir.





Repérez et résumez les 3 conditions nécessaires au bon fonctionnement économique, mis en avant par les auteurs des documents A, B, et C.





Sur base du document D, et de ce que vous avez appris sur la concentration industrielle et la mobilisation de l’épargne, tentez de trouver deux raisons pour lesquelles pour lesquelles les principes du libéralisme économique dans leur application aboutissent au capitalisme.






























Quatrième leçon

Le cours de la leçon :

Après la lecture des fiches méthodologiques essentielles liées à la compétences critiquer, les élèves se lancerons par deux dans le travail durent 30 minutes. Le professeur est là pour les guider dans leur travail. Ensuite, nous mettrons en commun les réponses trouvées.

Consignes de travail pour les élèves

Après avoir étudié les causes et les conditions de la révolution industrielle, tu voudrais t'intéresser davantage sur les conséquences sociales de celle-ci. Depuis le départ, tu sais que la révolution industrielle a divisé la société en deux grandes classes opposées les bourgeois et les ouvriers. Cependant tu n'en sais pas davantage à ce sujet.
Pour prendre connaissance des conséquences sociales de la révolution, tu désires tout d'abord t'intéresser au sort des ouvriers. Tu as trouvé une farde de documents dont certains sont censés porter sur le sujet. Mais avant de les utiliser, tu dois, après avoir distingué les traces du passé des travaux postérieurs, vérifier si ceux-ci sont pertinents quant à ta recherche. Par la suite, il s'agira aussi d'examiner la fiabilité des documents pertinents. En bref, tu dois critiquer les documents qui te sont fournis, pour pouvoir ensuite traiter leurs informations.

Pour réaliser ton travail tu peux t'aider des fiches méthodologiques (dresser la carte d'identité d'un document, distingué les travaux postérieures des traces du passé, distingués les documents pertinents et non pertinents, critiquer une trace du passé) que ton professeur t'a distribuées.

Document 1

Aux armes !

« Le cri général ‘’aux armes ! ‘’ était répété partout. Les volontaires affluaient à Bruxelles de tous les points de la Belgique ; les intrépides Wallons avec ce caractère d’audace aventureuse que l’histoire leur reconnaît abandonnaient leurs travaux pour marcher, armés de piques et de fusils, vers le centre de commotion ; les Borains, comme des esprits infernaux sortaient de leurs mines souterraines et s’élançaient en foule vers la capitale. »

White Ch., Révolution belge de 1830, Bruxelles, 1836, t. II, p. 11.









Document 2

Le livret de travail

"Contrairement à ce qui se passe dans le secteur de l'agriculture, les salariés ne sont pas liés à une exploitation propre. Cette situation compliqua le contrôle social de cette nouvelle catégorie. Déjà durant le régime français furent promulguées une série de lois visant à discipliner les ouvriers d'usine. Il y eut notamment la loi Le Chapelier, qui interdisait la création de syndicats. Les ouvriers devaient aussi disposer d'un livret. A l'époque hollandaise, ce document, délivré par l'administration communale, tomba en désuétude, mais il fut à nouveau rendu obligatoire pour tous les ouvriers d'usine. Dans ce livret était noté la "carrière" de l'ouvrier. Cela n'était pas toujours un avantage quand il s'agissait de trouver un nouvel emploi. En outre, ce livret était détenu non pas par l'ouvrier, mais par son employeur. Parfois, celui-ci refusait de le restituer, de sorte qu'il était impossible à l'ouvrier de changer d'emploi.
Le livret de travail fut parfois appelé "brevet d'esclavage". Il resta en vigueur jusqu'en 1883."

REYNEBEAU (Marc), L’histoire de la Belgique en mots et en images, Bruxelles, 2005.



Document 3

 INCLUDEPICTURE "http://www.hemes.be/esas/mapage/images/meunier.jpg" \* MERGEFORMATINET 
Constantin Meunier, La coulée à Ougrée, vers 1880, (Liège, musée d'art wallon).


Document 4 : Voir Racine du futur : 82/32 Document 5 :

« En général un homme seul gagne assez pour faire des épargnes ; mais c’est à peine si la femme est suffisamment rétribuée pour subsister et si l’enfant au-dessus de douze ans gagne sa nourriture. Quant aux ouvriers en ménage, dont l’unique ressource est également dans le prix de leur main-d’œuvre, beaucoup d’entre-eux sont dans l’impossibilité de faire des économies, même en recevant de bonnes journées. (…) Supposez un troisième enfant, un chômage, une maladie, le manque d’économie, ou seulement une occasion fortuite d’intempérance et cette famille se trouve dans la plus grande gêne, dans une misère affreuse : il faut venir à son secours. (… ) Afin de mieux faire sentir combien est trop longue la journée des enfants dans les ateliers, rappellerai-je ici que l'usage et les règlements fixent pour tous les travaux, même pour ceux des forçats, la journée de présence à 12 heures, réduite à 10 heures par les temps de repos; tandis que pour les ouvriers qui nous occupent sa durée est de quinze heures à quinze heures et demie sur laquelle il y en a 13 à 13 et demi de travail effectif. Quelles différences !  »

Louis René Villermé, Tableau physique et moral des ouvriers, 1840.







Document 6 :

Une scène à Lille en 1729, lors des fêtes en l'honneur de la naissance du dauphin
"(Guillaume) sursauta à l'apparition inopinée et brutale d'un individu, face à lui. Vêtu de tissus rêches et sans couleur, il tendait la main. Ce n'était pourtant pas un vagabond. Il portait le brassard rouge à fleur de lys des indigents respectables, inscrits comme tels, et domiciliés dans une paroisse. Quoique interdite, la mendicité prenait une ampleur considérable. Guillaume se sentait de la tendresse pour ces malheureux, privés du nécessaire par accident, infirmité, vieillesse, veuvage ou abandon. Il remit une pièce à l'homme. Celui-ci ôta son chapeau, s'inclina et s'évapora dans la nuit. Son signe de reconnaissance lui avait sans doute permis d'être invité au grand banquet des pauvres. "Comme ils sont nombreux!" avait murmuré Guillaume en les voyant alignés tout au long d'une impressionnante tablée, devant la façade du siège du gouvernement."
DEGROTTE Annie, Les silences du maître Drapier, Paris, 2002, p.215.












Avant de vérifier la fiabilité des documents, tu dois d'abord distinguer s'il s'agit d'une trace du passé ou d'un travail postérieur. Ensuite, vérifier si le document concerne bien ce que tu recherches : La condition ouvrière dans la révolution industrielle qui frappera l'Europe et les Etats-Unis au cours du XIXème siècle. Le tableau ci-dessous doit t'aider à structurer tes réponses, celles-ci devant être chaque fois justifiée.

Doc. 1Trace du passétravail postérieurjustification :

Pertinentnon pertinentjustification :

Doc. 2Trace du passétravail postérieurjustification :

Pertinentnon pertinentjustification :

Doc. 3Trace du passétravail postérieurjustification :

Pertinentnon pertinentjustification :

Doc. 5trace du passétravail postérieurjustification :

Pertinentnon pertinentjustification :

Doc. 6trace du passétravail postérieurjustification :

Pertinentnon pertinentjustification :














Informations pour vérifier la fiabilité des documents 3 et 5 :



Informations pour le document 3 :

Constantin Meunier, peintre et sculpteur belge (Etterbeek, Bruxelles 1831 - Ixelles 1905). Après des études à l’académie Saint-Luc avec De Groux, des visites aux cristalleries de Val-Saint-Lambert et dans les mines de charbon lui révélèrent les conditions de la vie ouvrière ; il s’en fit dès lors l’interprète dans de sombres et tragiques tableaux exécutés entre 1857 et 1884 et surtout dans des sculptures en bronze. Si ses préoccupations sociales le rattachent au mouvement naturaliste, la conception et le traitement de ses figures l’en éloignent ; en effet éliminant le rendu minutieux des détails, il rechercha les effets de masse, la simplification des volumes, voulant accéder au type.

Informations pour le document 5 :

Villermé (Louis René). Médecin et sociologue français (Paris 1782 – 1863). Chirurgien de la Grande Armée jusqu’en 1814, puis médecin civil jusqu’en 1830, il fit ensuite des études économiques et sociales. Auteur d’ouvrages d’économie politique et sociale, il est surtout connu pour son Tableau de l’état physique et moral des ouvriers dans les fabriques de coton, de laine et de soie (1840), résultat d’une enquête menée principalement dans les régions de Lille et Rouen. Cet ouvrage devait contribuer à l’adoption de la loi sociale sur la limitation du travail des enfants.



























Les seuls documents qui correspondent à ta recherche sont les documents 2, 3 et 5

Sur base des informations que tu a reçus sur la feuille 5, essaye de répondre pour les document 3 et 5 (qui sont des traces du passé) aux questions qui figurent dans le tableau ci-dessous.

Document 3Document 51. D'où l'auteur du document tire-t-il ses informations2. Quels sont ses objectifs, ses intentions…
Influencent-ils sont témoignages? 

3. Sa nationalité, son origine sociale, ses croyances… influencent-elles son témoignage. Est-il plutôt exact, précis… ou plutôt inexact, fantaisiste… ?
Peux tu faire confiance à ces deux témoignages ? Sur base des informations que tu as notées dans le tableau ci-dessus, énumère dans le tableau ci-dessous les raisons de lui faire confiance et les raisons de s'en méfier.

Raisons de lui faire confianceRaisons de s'en méfier Document 3






Document 5





Cinquième leçon : la stratification sociale, documents distribués aux élèves

La révolution industrielle va entraîner l’apparition de nouvelles classes sociales : la classe ouvrière, la classe moyenne, la classe bourgeoise. En te basant sur les documents que je t’ai distribués, repère d’une part selon quels critères ces classes sociales se distinguent l’une de l’autre, souligne d’autre part les inégalités qui existent entre celles-ci.

Pour t’aider à classer tes informations, utilise le tableau ci-dessous. Pour remplir la première colonne, choisi parmi la liste de critères ceux qui te semblent pertinents pour distinguer les groupes sociaux qui apparaissent à l’époque industrielle. Il n’est pas nécessaire de remplir toutes les cases du tableau

Groupes
CritèresClasse ouvrièreClasse moyenne Grande bourgeoisie 

 SHAPE \* MERGEFORMAT .




















Patrimoine (biens mobiliers et immobiliers) et revenusIdées, valeursPouvoir politiqueMode de vie (loisirs, habillement…)DroitsType de profession Devoirs et obligationsNationalitéEducation des enfantsReligion

Document 1


La condition ouvrière en France en 1840

« En général un homme seul gagne assez pour faire des épargnes ; mais c’est à peine si la femme est suffisamment rétribuée pour subsister et si l’enfant au-dessus de douze ans gagne sa nourriture. Quant aux ouvriers en ménage, dont l’unique ressource est également dans le prix de leur main-d’œuvre, beaucoup d’entre eux sont dans l’impossibilité de faire des économies, même en recevant de bonnes journées. (…) Supposez un troisième enfant, un chômage, une maladie, le manque d’économie, ou seulement une occasion fortuite d’intempérance et cette famille se trouve dans la plus grande gêne, dans une misère affreuse : il faut venir à son secours. (… ) Afin de mieux faire sentir combien est trop longue la journée des enfants dans les ateliers, rappellerai-je ici que l'usage et les règlements fixent pour tous les travaux, même pour ceux des forçats, la journée de présence à 12 heures, réduite à 10 heures par les temps de repos; tandis que pour les ouvriers qui nous occupent, sa durée est de quinze heures à quinze heures et demie sur laquelle il y en a 13 à 13 et demi de travail effectif. Quelles différences !  »

Louis René Villermé, Tableau physique et moral des ouvriers, 1840.

Document 2
 INCLUDEPICTURE "http://www.hemes.be/esas/mapage/images/meunier.jpg" \* MERGEFORMATINET 
Constantin Meunier, La coulée à Ougrée, vers 1880, (Liège, musée d'art wallon).
















Document 3

Le livret de travail

"Contrairement à ce qui se passe dans le secteur de l'agriculture, les salariés ne sont pas liés à une exploitation propre. Cette situation compliqua le contrôle social de cette nouvelle catégorie. Déjà durant le régime français furent promulguées une série de lois visant à discipliner les ouvriers d'usine. Il y eut notamment la loi Le Chapelier, qui interdisait la création de syndicats. Les ouvriers devaient aussi disposer d'un livret. A l'époque hollandaise, ce document, délivré par l'administration communale, tomba en désuétude, mais il fut à nouveau rendu obligatoire pour tous les ouvriers d'usine. Dans ce livret était noté la "carrière" de l'ouvrier. Cela n'était pas toujours un avantage quand il s'agissait de trouver un nouvel emploi. En outre, ce livret était détenu non pas par l'ouvrier, mais par son employeur. Parfois, celui-ci refusait de le restituer, de sorte qu'il était impossible à l'ouvrier de changer d'emploi.
Le livret de travail fut parfois appelé "brevet d'esclavage". Il resta en vigueur jusqu'en 1883."

REYNEBEAU (Marc), L’histoire de la Belgique en mots et en images, Bruxelles, 2005.

Document 4

Entretien avec Eugen Weber sur la classe moyenne issue de la révolution industrielle
La misère est-elle une des phases incontournables de la révolution industrielle ?
Les conditions de vie de cette époque sont horribles, mais seulement un peu plus dures que ce que l'on a toujours connu. La matière première de la révolution industrielle, c'est d'abord l'homme, dont le dénuement et le revenu de subsistance assurent la première phase d'accumulation du capital. Ensuite commencera, lentement, la naissance d'un plus large marché intérieur, avec l'accès progressif d'une nouvelle classe moyenne à des produits industriels de consommation. (…)On remplace l'écuelle par un peu de vaisselle, avant d'accéder au summum : l'achat de l'armoire à glace, qui représente la réussite sociale de la classe moyenne française.
Comment naît cette classe moyenne urbaine ?
On quitte la ferme pour s'installer dans le petit bourg voisin, y ouvrir un commerce, un pub ; en France, un débit de tabac, si l'on est en bons termes avec le maire ou le député. De là, un des fils peut devenir médecin, et plus souvent ingénieur en Angleterre. L'amélioration du système scolaire dans la seconde moitié du XIXe ouvre, en Angleterre, en Allemagne ou en France, des ponts entre les classes sociales. Les transports modernes rétrécissent les pays et favorisent les contacts entre communautés. En France et en Prusse, pays plus étatisés, l'essor des effectifs de la fonction publique - policiers, instituteurs ou cantonniers municipaux - offre des dizaines de milliers d'emplois. Le réseau de chemins de fer amène celui des routes, des commerces, et l'extraordinaire croissance du bâtiment garantit aussi du travail et, à son tour, de nouvelles possibilités de consommation.
Cette classe aspire-t-elle au progrès social ?
Elle aspire d'abord à sa propre promotion sociale, à se distinguer des rustres des campagnes par un plus grand raffinement, reflet de sa meilleure éducation, de ses « sentiments » et de sa « sensibilité ». La petite bourgeoisie reste pourtant partagée entre ses propres ambitions nobiliaires et l'idée, héritée de 1789, d'un devoir envers la populace. Le portefeuille est à droite mais le coeur à gauche. (…)
Extraits d'un entretien avec Eugen Weber, in L'Express du 09/08/2001.
Propos recueillis par Philippe Coste

Document 5

Un industriel liégeois dans la seconde moitié du XIXème siècle

« Le chef d’entreprise liégeois Frédéric Braconnier (1826-1912) fit fortune dans le charbon, l’industrie métallurgique et la banque. En 1861, il ajouta à ces activités un complément tout à fait logique : un mandat politique. Braconnier devint député du parti libéral.
La bourgeoisie active en politique, dont Braconnier était l’émanation parfaite, pratiquait un programme politique simple, basé sur la liberté économique et le conservatisme social. Bien qu’appartenant au parti libéral, Braconnier ne vit donc aucun obstacle à épouser Joséphine ‘’Phina’’ Lamarche, la fille de Gilles Antoine Lamarche, un chef d’entreprise catholique bon teint de la région d’Ougrée. Lamarche avait débuté sa carrière à l’époque française comme marchand de café, de vin et de tabac, mais il allait conquérir une place en vue dans la production de zinc et de fer. (…)
L’union de Braconnier avec la fille Lamarche est un exemple de la politique systématique de mariages par laquelle bon nombre de familles défendirent leurs intérêts économiques et amassèrent des fortunes colossales. Le statut de société anonyme leur offrait le moyen adéquat de maintenir ces fortunes intactes. En cas de succession, les biens familiaux n’étaient pas dispersés entre les héritiers. Seules les actions des sociétés étaient réparties entre eux.
Quand Frédéric Braconnier réussit grâce à sa puissance financière, à se faire élire conseiller communal à Liège, puis député, il se révéla comme un avocat des intérêts économiques liégeois. Selon la Gazette de Liège, les libéraux comme lui n’appartenaient pas à un groupe idéologique, mais étaient « des gens pour qui l’intérêt personnel était tout ». (…) Sa carrière politique fut prospère. Il devint sénateur et termina comme bourgmestre de Modave, où il possédait un château du XVIIème, hérité de son beau père. »

REYNEBEAU (Marc), L’histoire de la Belgique en mots et en images, Bruxelles, 2005, p.88.


Document 6

La vie d’un grand bourgeois français de province dans la première moitié du XIXème siècle

« Je m’occupais d’affaires de commerce du mardi au samedi, passant le reste du temps à Bardouville où je trouvais un magnifique pays, une chasse comme on n’en rencontre guère, une vie de château délicieuse à cette distance de la ville qui permettait de recevoir des hommes aimables et de renouveler au besoin ce personnel de visiteurs. (…)
Nous allions, ma femme et moi, assez souvent à Paris. Nous aimions les arts, il s’y trouvait en même temps de si belles choses que les malheurs de la guerre ont fait disparaître depuis ; jamais nous ne manquions une exposition de peinture ou autre de quelque intérêt. Au nombre des maisons que nous fréquentions dans la capitale, celle de M. et Mme Coutan, chez lesquels vivait Mme Hauguet leur mère et belle-mère, me mit en rapport avec des hommes éminents, artistes et hommes de lettres. »

Cité dans P. Chaline, Deux bourgeois en leur temps : Documents sur la société rouennaise du XIXème siècle, Rouen, 1977.






Document 7

Le 3 novembre 1830, 46.099 «Belges» sont appelés par le gouvernement provisoire à élire le Congrès national chargé d’élaborer la  HYPERLINK "http://www.carhop.be/suffrage/def2.html" Constitution. Le vote n’étant pas obligatoire, seuls 30.000 électeurs se présentent aux urnes. Ces électeurs, qui représentent seulement 1% de la population, doivent leur droit de vote à leurs revenus élevés et à l’importance de leur contribution fiscale :  HYPERLINK "http://www.carhop.be/suffrage/def3.html" le cens. Vu l’importance de l’élection du Congrès, le suffrage est étendu aux  HYPERLINK "http://www.carhop.be/suffrage/definitio.html" capacitaires, c’est-à-dire à ceux qui disposent d’un diplôme d’études supérieures. (…)Une fois élu, le Congrès, quant à lui, va opter pour le  HYPERLINK "http://www.carhop.be/suffrage/def3.html" suffrage censitaire: la fortune étant censée garantir l’indépendance de l’électeur et son intérêt pour la prospérité de l’État, la nouvelle Constitution et la loi électorale n’accordent le droit de vote qu’aux seuls censitaires. (…)
Le peuple, qui a fait la révolution, est exclu du pouvoir. Quant aux femmes, elles ne sont même pas évoquées. Les électeurs appartiennent donc majoritairement à l’aristocratie et à la bourgeoisie, mais on trouve également de nombreux agriculteurs et des cabaretiers.

« 1830, le prix du vote », in Aux urnes citoyen(nes), Histoire du droit de vote en Belgique, exposition en ligne du Carhop, Bruxelles, 2006. http://www.carhop.be/suffrage/urne.html



























Sixième leçon :

Introduction à la question sociale

Définition La situation dramatique qui donna lieu à la question sociale se développa dès le début du 19e siècle mais on refusa longtemps d'admettre qu'elle constituât un sujet de préoccupations sur lequel la société et le monde politique devaient se pencher. Pas de problème, pas de question donc. Rien que des cas individuels, malheureux certes, mais la plupart du temps, résultat d'une conduite irresponsable de gens sans éducation et sans moralité. La question sociale n'apparut qu'à la suite d'évènements tragiques, de mouvements populaires importants, lorsqu'il devint impossible de nier le problème. Nous sommes autour de 1886. Le législateur va devoir se pencher sur la condition ouvrière... mais pour décider quoi ? Telle est bien la question

Les origines Le tournant des 18e-19e siècles a vu se mettre en place un nouveau mode de travail et triompher des règles économiques nouvelles. La  HYPERLINK "http://www.hemes.be/esas/mapage/dossiers/metal.html" "révolution industrielle" a rapidement exercé ses effets non seulement sur la production et les échanges mais aussi sur les conditions de travail et par là, sur la vie quotidienne de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants. La mécanisation a permis une extraordinaire augmentation de la production. Des bénéfices élevés réalisés alors, les patrons réinvestissent la plus grande partie dans l'équipement de leurs usines. Ces nouvelles machines, permettant une production encore accrue, entretiennent le cercle, "vertueux" ou "vicieux" selon les points de vue, de la croissance.
D'autre part, en France comme en Angleterre ou dans la toute jeune Belgique, le  HYPERLINK "http://www.hemes.be/esas/mapage/dossiers/libe1800.html" libéralisme dans toutes ses acceptions, qu'elles soient philosophique, sociale, intellectuelle ou économique, règne sans partage. Les gouvernements ont retenu des principes de la révolution Française surtout le premier maître-mot : LIBERTE. On y trouve donc un régime parlementaire, au suffrage généralement censitaire, entièrement dominé par une bourgeoisie industrieuse et dynamique pour laquelle la liberté d'entreprendre est essentielle. Comme le proclame alors l'éditorialiste de l'Economiste belge : "Sauvegarder la vie et la propriété des citoyens, préserver des atteintes des meurtriers et des voleurs au-dedans, des conquérants au dehors, tel est le rôle de l'Etat(...) Qu'est-ce qu'un gouvernement ? un appareil à produire de la sécurité, rien de plus, rien de moins".
Prélude à cette liberté d'entreprendre, la Loi le Chapelier de 1791 a aboli les corporations en interdisant toute association professionnelle. L'ouvrier n'est donc plus membre d'une fraternité qui lui donne ses règles, définit son travail et son salaire mais aussi lui assure emploi ou assistance en cas d'incapacité. Qui est en fait ce travailleur ? L'ouvrier est un paysan que la terre ne nourrit plus; il a quitté les champs, son village, ses liens familiaux et sociaux. Il s'en va en ville où il sera effectivement embauché rapidement s'il accepte les conditions, non discutables, qui lui sont imposées. Il pourra être tout aussi rapidement débauché lorsqu'une conjoncture moins favorable nécessitera de réduire la production.
Au pied de son usine ou en périphérie dans des quartiers qui se construisent et se peuplent sans arrêt, il vit au rythme de son travail, souvent 15 heures par jour.
Les parlementaires prennent bien soin de repousser toute idée d'intervention de l'Etat dans leur chasse gardée, l'économie : que ce soit la durée du travail journalier, le rythme hebdomadaire, le salaire, les limites d'âge ou de sexe, l'attitude à avoir en cas de vieillesse, d'accident, de décès du travailleur. Rien n'est règlementé. Une seule loi, celle de l'offre et de la demande; un seul objectif, vaincre la concurrence. Dès leur plus jeune âge, les  HYPERLINK "http://www.hemes.be/esas/mapage/apropos/travenf.html" enfants sont donc mis au travail, les femmes aussi, chaque contribution, si petite soit-elle, étant nécessaire à la survie de la famille d'autant plus qu'il y a encore les  HYPERLINK "http://www.hemes.be/esas/mapage/dossiers/vieux.html" vieillards qu'il faut prendre en charge.
Le résultat est catastrophique : mortalité élevée, défaut de croissance, épidémie, malnutrition, lourdes séquelles des accidents de travail... Différentes enquêtes sont menées en Belgique dès les années 1840, mais à côté de quelques rares critiques à l'égard de la politique patronale, on y trouve surtout une stigmatisation de la conduite des ouvriers : l'alcoolisme, la dépravation des moeurs, le laisser-aller dans la tenue du ménage, le manque d'hygiène, l'égoïsme du père de famille qui envoie, librement, ses enfants en bas-âge travailler dans des conditions nuisibles à leur santé... Rien n'est épargné pour rendre l'ouvrier et sa famille responsables de leur condition. Et puisque le problème appartient au travailleur, qui doit se ressaisir, retrouver dignité, moralité et courage, aucune solution collective n'est à envisager, aucun fond public ne peut être sollicité

























Les fiches distribuées aux différents groupes pour la leçon 6

La classe dirigeante :

Qui êtes-vous : Le pouvoir politique, les milieux capitalistes (patrons, banquiers) les autorités de l’Eglise de Belgique, la police, l’armée. Vous êtes soit des libéraux conservateurs ou encore des catholiques paternalistes.


Etat d’esprit :

En tant que classe dirigeante vous tentez de préserver votre position dominante. Vous niez la réalité des problèmes sociaux et réprimez les émeutes ouvrières par la force. . Vous justifiez les inégalités sociales : elles sont nécessaires au bon fonctionnement de la société, et donc voulue par Dieu.
Pour vous, il s’agit de défendre l’ordre établit.

Vous militez pour une démocratie parlementaire qui vous assurera une plus grande influence politique. Vous croyez tout de même en la possibilité d’ascension sociale pour chacun, puisque vous, vous avez réussi. Vous exaltez la doctrine du libéralisme économique, qui affirme que la croissance nécessite le respect de l’initiative privée et des lois du marché.

Rejetant toute intervention économique et sociale de l’Etat qui doit se contenter de maintenir l’ordre et de veiller à équilibrer son budget, vous estimez que c’est aux employeurs de fixer les conditions de travail et de se préoccupez du sort des ouvriers.


Certains d’entre vous, inquiet par la menace que représente la classe ouvrière (nombreuse et peu éduquée), se sont lancés sur la voie du paternalisme. Dans le cadre de leur usine vous mettez à disposition de l’ouvrier tout un ensemble d’œuvres sociales : mutualités, caisse d’épargne, écoles, hospices…. Cette action patronale se double d’un discours invitant l’ouvrier à se résigner à son sort. L’amélioration de sa situation dépend uniquement de la charité patronale : le travailleur n’a aucune initiative. L’Etat se voit interdire toute forme d’intervention. Aucune réforme en profondeur du système économique n’est proposée.


Trois documents pour illustrer vos idées :

Racine du futur : 132/2
Racine du futur : 134/7
Racine du futur : 135/9








Les libéraux progressistes :

Qui êtes vous ? : Vous êtes des personnes issues surtout de la classe moyenne, un peu de la bourgeoisie. On peut trouver parmi vous des avocats, des médecins, des fonctionnaires, des industriels rarement.

Etat d’esprit et revendications :

Vos motivations sont multiples. Vous désirez œuvrer à une amélioration du sort de la classe ouvrière. Vous vous inquiétez des conditions de vie des travailleurs, conditions désastreuses qui entraînent des manifestations violentes qui entravent l’ordre public et l’économie.
Pour vous, la misère de la classe ouvrière est due à la mauvaise application des principes du libéralisme. La solution réside dans la mise en œuvre correcte du programme libéral : liberté, égalité, fraternité. Les fondements du libéralisme économique, comme la propriété privée, vous ne les remettez donc pas en cause.
Vous revendiquez le suffrage universel, l’amélioration des conditions de vie et de travail de la classe ouvrière, la suppression du livret ouvrier, la liberté d’association, la généralisation de l’instruction.

Vous n’êtes pas d’accord avec les socialistes qui menacent l’ordre politique et économique libéral auquel vous êtes attachés.

Ressources documentaires qui illustrent vos idées :

Racine du futur : 147/40
Racine du futur : 133/5


Les démocrates chrétiens :

Vous êtes des intellectuels catholiques. Issus soit de la bourgeoisie, soit de la classe moyenne. Certains d’entre-vous sont des religieux.


Etat d’esprit et revendication :

Vous êtes les premiers catholiques à prendre conscience du caractère structurel de la misère ouvrière, produit selon vous d’une organisation sociale fondamentalement injuste.
Vos revendications (lois sociales, liberté d’association, élargissement du droit de vote, instruction pour tous, …) se heurtent à la hiérarchie ecclésiastique et à la majorité des catholiques qui les estimes révolutionnaires.

Toutefois, vous êtes opposés aux socialistes. Pourquoi ? D’une part, parce que certains sont athées et d’autre part car pour vous, le capitalisme libéral n’est pas en lui-même la cause de la misère ouvrière. S’il l’a causée, c’est parce qu’il l’a appliqué au mépris des principes chrétiens. La question sociale est donc née, pour vous, de l’individualisme et de l’oubli de la religion. Elle ne se résoudra qu’en rechristianisant la société. C’est votre projet fondamental.



Ressources documentaires qui illustrent vos idées :

Racine du futur : p. 133/4
Racine du futur : p. 148/43


Les premiers socialistes :

Qui êtes vous : Les premiers socialistes viennent, pour la plupart de la classe moyenne ou encore de la bourgeoisie. Certains sont aristocrates. Plusieurs sont originaires de milieux chrétiens.

Votre Etat d’esprit et vos revendications :

Vous avez mis en place la doctrine socialiste pour mettre fin à une situation douloureuse, celle de la classe ouvrière. Vous avez déduit que les bases de la société libérale – concurrence, propriété privée, initiative privée – ne sont peut-être pas les bonnes. Vous avez constaté que l’économie capitaliste entraîne des crises économiques constantes : fermetures d’usines, précarité. Vous pensez donc qu’il s’agit d’un système non efficace.

L’exploitation de la masse ouvrière par le capitalisme est selon vous la cause de la misère des ouvriers.

Pour vous le bonheur commun ne consiste pas dans l’addition de réussites individuelles, mais bien dans une construction collective où l’intérêt collectif sera le garant du bonheur de chacun.
L’individualisme bourgeois doit faire place à la fraternité et à l’égalité. La société doit être réorganisée autour de multiples communautés de vie et/ou de travail, plus ou moins réduites, où les moyens de production sont collectifs et la répartition des biens égalitaires. L’essentiel est donc d’améliorer les conditions de vie et de travail de la masse ouvrière.

Pour parvenir à ce nouvel ordre social, vous essayer de convaincre la classe bourgeoise au pouvoir. Pourtant la majorité des politiciens ne vous écoutent pas.

Vous essayez aussi de rassembler les ouvriers entre eux, d’organiser la classe ouvrière afin de faire pression sur le pouvoir en place.


Ressources documentaires :

Racine du futur : 138/16
Racine du futur : 137/14












Les marxistes ou communistes :

Qui êtes vous ? Vous êtes principalement issus de la bourgeoisie. Mais vous vous inquiétez sérieusement du sort de la classe ouvrière.


Votre Etat d’esprit :
Vous vous inspirez des principes de base du socialisme, spécialement dans tout ce qui concerne la collectivisation du travail, et la mise en place d’un ordre social égalitaire.
Cependant vous vous opposez aux socialistes quant aux moyens pour parvenir à renverser l’économie capitaliste. Si les socialistes tentent de le faire en essayant d’influencer la classe politique, vous vous désirez le réaliser en faisant la révolution.
Pour vous l’Histoire, n'est en fait qu'une longue série de luttes entre deux classes sociales : les dominants et les dominés. A chaque époque, la classe dirigeante a cherché à imposer des rapports de production - maître/esclave d'abord, patron/ouvrier ensuite - qui lui soient favorables. Etant le seul bénéficiaire du profit qu'il tire du travail de l'ouvrier - la plus-value- , le capitaliste accroît sans cesse ses moyens de production et sa richesse. A long terme, le capitalisme doit, selon vous, disparaître : l'ouvrier produisant de plus en plus et gagnant de moins en moins, le pouvoir d'achat ne cessera de diminuer, la production excédentaire s'accroîtra et des crises économiques mortelles s'en suivront.
Vous n’avez toutefois pas l'intention d'attendre ce moment. Il faut faire la révolution, une révolution universelle, la solidarité de classe transcendant les Etats et les frontières.
"Prolétaires de tous pays, unissez-vous" La mobilisation de la classe ouvrière doit mener à l’élimination de la bourgeoisie comme classe dominante et à la prise du pouvoir politique par le prolétariat et l’installation du communisme. La suppression des rapports de production capitalistes et la collectivisation imposent l’installation d’un gouvernement prolétarien autoritaire, la dictature du prolétariat. Ce processus débouchera sur l’avènement d’une société sans classe. La disparition des classes mènera à la disparition de l’Etat devenu inutile.

Ressources documentaires
Racine du futur : 139/20
Racine du futur : 138/19
Racine du futur : 142/28



Questionnaire :

Selon vos conceptions quels sont les causes de la misère ouvrière ?







Quels moyens faut-il mettre en oeuvre pour y remédier ?






Positionnez-vous vis-à-vis du capitalisme !





























TABLES DES MATIERES


A) Description de la séquence ……………………………………………………...p. 2

B) Description de la démarche …………………………………………………......p. 3

1. Phase d’apprentissage et d’installations des ressources ………………..p. 3
2. Situation d’intégration de la compétence …………….……………………p. 8
- Tâches et consignes ………………………………………………………..…...p. 8
- Documents pour la situation d’intégration………………………………….....p. 10
- Grille d’autoévaluation de la compétence ……………………………………..p. 16

C) Annexes : Détails des leçons …………………………………………………....p. 20

- Première leçon …………………………………………………………...……p. 20

- Deuxième leçon ………………………………………………………………..p. 23

- Troisième leçon ………………………………………………………………..p. 25

- Quatrième leçon ……………………………………………………………….p. 28

- Cinquième leçon …………………………………………………………...….p. 34

- Sixième leçon …………………………………………………………………..p. 39

Tables des matières …………………………………………………………………..p. 46
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