rapport - Portfolio de Fabrice Peutot
?la santé, l'alimentation, les biotechnologies .... suivants: les spécialités
médicales, l'anesthésie-réanimation, la biologie médicale, ... fondamentales qui
seront ensuite utilisées au sein des travaux dirigés (TD). ... Enfin, le TEF est le
test de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris et prend la forme d'un
QCM, d'une ...
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Fabrice PEUTOT
N° Etudiant : 5040705
Directeur
détablissement
culturel et linguistique
français à létranger
Rapport danalyse et
rapport de mission
Rapport de stage professionnel - Université Lumière Lyon 2 - Année 2004-2005
2ème année de Master de Didactique du FLES : Interventions et expertise
Sommaire
Préambule p. 2
Chapitre 1 - Contexte Général
Construction de projet de stage long p. 3
Fiche de mission p. 4
Le contexte actuel de la ville de Bangalore p. 6
Chapitre 2 - Rapport danalyse
Principaux objectifs depuis 2003 p. 9
Chiffres 2005 : commentaires et suggestions personnelles p. 11
Membres du comité p. 11
Participants p. 11
Conditions salariales p. 11
Offre de cours p. 12
Composition de léquipe et organigramme p. 14
Activité culturelle p. 17
Finances de lAlliance p. 18
La cellule de traduction et dinterprétariat p. 20
Orientation linguistique et éducative depuis 2003 p. 21
Projet phonétique p. 22
Projet expérimental p. 22
Projet nouveaux publics p. 23
Enjeux principaux pour 2005 p. 25
Chapitre 3 - Rapport de mission
Découverte des responsabilités du Directeur
détablissement culturel et linguistique français à létranger p. 27
Gestion des affaires courantes p. 28
Cours de préparation à luniversité française p. 30
Enseignement p. 30
Communication p. 32
Formation continue des enseignants p. 34
Formation mise en place p. 35
Les cours en entreprises :
vers une perspective co-actionnelle p. 36
Nécessité du développement de loffre de cours p. 36
La formation des enseignants :
vers une perspective co-actionnelle p. 37
Projet phonétique : propositions de travail p. 39
Autres missions p. 42
Conclusion - Quelle image de la France ? p. 44
Annexes p. 46
Préambule
Je tiens à remercier le personnel de lAlliance Française de Bangalore qui a joué le jeu et ma considéré tout au long du stage comme Directeur stagiaire me permettant ainsi dêtre en situation de gestionnaire et de chef détablissement culturel et linguistique français à létranger. Certes ma position de stagiaire ne ma pas conduit à vivre complètement la pression inhérente aux fonctions dun directeur. Jai cependant très concrètement perçu et analysé cette réalité puisque jai eu accès à toutes les données essentielles à une prise de conscience du métier, que le Directeur de lAlliance ma fait part de son analyse sur les différents dossiers traités en ma présence, que jai pu partager avec lui mes propres positions et enfin parce que jai été en responsabilité sur les missions quil ma confiées pendant son absence. Aussi, je tiens à remercier tout particulièrement Monsieur Eric Rousseau, Inspecteur de lEducation Nationale en France et Directeur actuel de lAlliance Française de Bangalore, davoir accepté ce tutorat qui est inhabituel dans la profession : lintroduction en fonctions se fait généralement de manière officielle et administrative mais il est rare quun temps de formation soit organisé avant une prise de fonctions.
Fabrice Peutot,
Bangalore, le 27 août 2005
Chapitre 1
Contexte Général
1. Construction de projet de stage long
Professeur des Ecoles de lEducation Nationale en France, jai exercé dans différentes classes ordinaires puis en classe spécialisée (classe dA.I.S. cest-à-dire dAdaptation et dIntégration Scolaire) travaillant à réconcilier des élèves avec lécole. Puis je me suis intéressé à lenseignement du français aux étrangers en France. Jai donc enseigné trois années en classe dinitiation (ou CLIN, structure accueillant les Elèves Nouvellement Arrivés en France dits ENAF dans le 1er degré). Par le passé, je me suis aussi fortement engagé dans léducation populaire, animateur et directeur de centres de vacances, puis formateur danimateurs. En tant quacteur associatif, jai aussi découvert les réalités dadministrateur et de gestionnaire dune organisation, jai appris à concevoir, programmer et réaliser des événements éducatifs et/ou culturels. Cette année, un de mes stages courts a consisté à monter et réaliser un cours de FLE pour des réfugiés et un cours dalphabétisation pour des retraités maghrébins dans un foyer de résidents, confortant ainsi mon expérience dans la formation et lenseignement aux adultes étrangers. Mon deuxième stage court au Centre Michel Delay à Lyon ma donné la possibilité de participer à la formation denseignants accueillant des ENAF dans leurs classes.
Dans le cadre de ce Master, jai voulu donner une double perspective à ma formation répondant ainsi à mon désir dévolution professionnelle :
dune part évoluer au sein de lEducation Nationale, de lenseignement aux enfants à la formation des enseignants (conseiller pédagogique, formateur ou chargé de mission),
et dautre part me donner les capacités et la qualification pour des métiers de la coopération éducative et culturelle, de la diffusion du français (je postule pour les métiers de directeur et de directeur-adjoint dAlliances Françaises, et pour les métiers dAttaché de coopération pour le français dans le cadre des transparences organisées par le Ministère des Affaires Etrangères).
Aussi jai souhaité pour mon stage long une activité qui me prépare aux futures fonctions que je projette dexercer. Jai donc présenté des candidatures spontanées de demande de stage de directeur et dattaché auprès dorganismes de diffusion du français à létranger : Instituts, CCF, SCAC, AF. Etant donné mon service denseignement en France jusquà fin juin, ma période de stage était restreinte aux 2 mois dété. Javais ciblé au départ le pourtour du bassin méditerranéen car je suis aussi intéressé par des pays arabophones. Cela na pas abouti étant donné que beaucoup détablissements ferment en août.
Je me suis ensuite tourné vers lAsie qui est aussi un secteur géographique et linguistique qui mintéresse. LAlliance Française de Bangalore en Inde a répondu positivement à ma demande après une période de discussion et déchanges de renseignements. Désirant me donner la possibilité dappréhender au plus près la réalité de la position dun directeur dAlliance Française, étant donné la confidentialité de certains dossiers traités notamment parce que lAlliance de Bangalore possède des missions consulaires du fait quelle est la seule représentation de la diplomatie française de létat du Karnataka, le directeur a souhaité obtenir des références me concernant, qui ont été données par mon inspecteur et supérieur hiérarchique à lEducation Nationale en France. Jai dû signer, en arrivant, un engagement à respecter la plus entière confidentialité sur les informations mises à ma disposition et à faire preuve de la prudence et de la discrétion nécessaires à un cadre en situation de responsabilité.
Lors de mes échanges de courrier avec le directeur, nous avions convenu de différents éléments sur lesquels je pourrais plus particulièrement travailler en lien avec lactualité et les besoins de lAlliance, afin de donner aussi un contenu à mon analyse et mon expertise du fonctionnement de lAlliance, notamment :
contribuer à la formation des professeurs de lAlliance,
et préparer des étudiants indiens au départ à luniversité en France.
Dun point de vue matériel, le directeur mavait annoncé avant tout engagement que lAlliance ne mindemniserait pas mais quelle sengageait à me fournir un logement pour la durée de mon stage. Le directeur na pas répondu favorablement à ma demande de prise en charge du billet davion qui représente effectivement une somme considérable au regard du budget dune Alliance Française en Inde.
2. Fiche de mission
A mon arrivée, nous avons rédigé ensemble une fiche de mission. Cest une pratique courante à lEducation Nationale où les cadres reçoivent de leur supérieur une lettre de mission qui leur permet dajuster/réajuster leur pratique en fonction de nouveaux objectifs. Ce fonctionnement responsabilise et implique les individus dans les tâches quils ont à accomplir, en fixant des objectifs à réaliser selon un principe dobligation de moyens ou de résultats selon la fonction.
Le directeur de lAlliance Française de Bangalore, par ailleurs Inspecteur de lEducation Nationale en France, a choisi dutiliser cet outil de manière contractuelle avec le personnel. Il propose à lagent sa mission qui émet son avis, des objections, apporte des ajouts. Il sagit donc dun accord, dun engagement et les deux parties signent le document signifiant ainsi leur accord mutuel. Ces fiches de mission sajoutent aux descriptifs des postes (« Duties and Responsibilities ») de chaque agent de lAlliance. Convaincu, je me suis volontiers prêté à cette pratique.
Ma fiche de mission (cf. annexe 1) définit mon implication et mon engagement envers lAlliance, et, reprend et actualise les éléments que nous avions définis par avance pour la durée de mon stage. Je les énumère ci-dessous :
respect de confidentialité au regard de certaines informations mises à ma disposition,
prudence et discrétion dans le cadre des relations avec le personnel,
accès aux dossiers du directeur et à toute information utile à ma compréhension du fonctionnement de lAlliance et à ma compréhension des responsabilités de Directeur dAlliance Française à létranger,
contribution à la formation des professeurs dans le domaine interculturel et de culture française,
visibilité de la France Contemporaine à la médiathèque,
suivi du montage de la tournée Thierry Grégoire en Inde,
communication du programme de préparation à luniversité française pour étudiants indiens,
adaptation de loffre de cours aux potentialités de Bangalore,
préparation spécifique des étudiants au départ en France,
conception de cours de français,
réflexion sur les outils dauto-apprentissage, de remédiation,
suivi du courrier et des messages pendant labsence du directeur (5 semaines) et contact avec le directeur,
remplacement officieux du directeur sous la responsabilité officielle de ladjointe de direction.
Oralement nous avons convenu queffectivement cétait un programme un peu chargé mais que cétait la réalité dun responsable de structure que davoir à gérer en simultanéité une multitude de dossiers. Aussi nous sommes restés sur cette proposition exhaustive, étant donné que je souhaite mobiliser tout le temps qui mest imparti pour faire le tour du fonctionnement dune Alliance, appréhender les responsabilités dun directeur dAF et saisir la complexité dune telle structure et notamment ses enjeux politiques.
3. Le contexte actuel de la ville de Bangalore
Analyse de Monsieur Eric Rousseau, Directeur de lAlliance Française de Bangalore.
« Avec désormais huit millions et demi dhabitants, Bangalore a gagné en une année, selon les études réalisées par le cabinet durbanisme français SCE CREOCEAN, environ 185 000 habitants. Tous les quartiers de la ville sont en chantier. Une demi-douzaine de centres commerciaux, « malls » à laméricaine ont été construits ou sont actuellement en construction. Les plus importants dentre eux (« Forum » à Koramangala par exemple), sont équipés de galeries marchandes, de lieux danimation, despaces de restauration de « multi-cuisine », de salles de cinéma multiplexe et de librairies semblables aux grandes chaînes internationales franchisées. »
« La ville a confirmé sa décision de séquiper dun deuxième aéroport international. « Air France » ouvre une ligne Paris-Bangalore à lautomne 2005, ce qui est excellent pour lAlliance qui devrait gagner un mécène (partenariat en cours délaboration). Cet aéroport sera situé dans une couronne en développement intense, à une trentaine de kilomètres au nord de la ville, sur une large ceinture où se situent désormais lessentiel des implantations de nouvelles activités économiques. Les autorités locales réfléchissent aussi à la construction dun métro. »
« Les hôtels de Bangalore sont chroniquement pleins pour les nombreuses manifestations de la ville : congrès IT (Information Technologies), salon aérien etc. peu enclins à consentir des réductions, en raison de leur fréquentation, certains ont doublé leurs prix en un an. »
« Loffre culturelle augmente également. De nouvelles galeries dart (« Time and Space », « Hatworks », « Masters » par exemple) visant en particulier les nouveaux publics « yuppies » indiens, naissent. Dautres entreprennent une rénovation importante (« Sumukha »). Au moins trois nouveaux théâtres poussent actuellement : deux dentre eux, dont limpressionnant « Rangashankara », sont situés aux portes de la ville dans la couronne de très fort développement à plus dune heure de route de lAlliance. Dautres partenaires potentiels de lAlliance (des concurrents, aussi
) apparaissent : « cafés branchés » (« Opus »), restaurants à thème (« Taika »), boites de nuit (« Zero Gravity »), parfois avec un parfum international, à mi-chemin entre le commerce, le divertissement et la culture. La plupart de ces établissements disposent de moyens financiers importants et jouent résolument la carte de la « modernité », du luxe, visant la jeunesse aisée et les nouveaux citadins liés à linformatique et aux centres dappels. LAlliance doit pouvoir se maintenir dans cette compétition. »
« A un rythme soutenu, des Français et francophones, plutôt jeunes, viennent remplacer les expatriés qui partent. De nouvelles entreprises arrivent ou se développent fortement (« Airbus », ou « SG Software » par exemple). Certains arrivent à Bangalore avec des projets qui pourraient offrir une complémentarité à ceux de lAlliance française : chaîne de boulangerie-pâtisserie à la française, brasserie, boutique de produits de la Méditerranée, restaurant à la française etc. Beaucoup dentre eux cependant se heurtent à des difficultés inattendues, au manque de qualité de certains services ou infrastructures, à la complexité ou « lopacité » des procédures administratives... »
« Le signe plus visible de laccélération de cette évolution, qui bouleverse en particulier les habitudes des usagers de lAlliance française, public de nos spectacles ou usagers de nos cours, est laccroissement considérable, en un an, du nombre des véhicules (+10 % pour les quatre roues et +20% pour les deux roues). Les embouteillages, quasi permanents six jours sur sept, denses même en pleine journée, augmentent désormais considérablement le temps de transport nécessaire pour aller dun lieu à un autre de Bangalore. « La ville des jardins », jadis attrayante pour sa qualité de vie, sencombre et se pollue : il faut souvent deux heures, dans des conditions difficiles, sur des routes inadaptées, du centre-nord (où se trouve lAlliance) au Sud (Electronic City par exemple) ou dEst (limportante zone informatique de Whitefield) en Ouest (le quartier très éduqué de Malleshwaram). »
« Pour se rendre à un spectacle ou à un cours de français, en particulier sur la tranche horaire du début de soirée, de 18H00 à 22H00, on doit compter le double du temps qui était nécessaire en 2003. Pour éviter ce désagrément, certains commencent donc à y renoncer. Prenant acte, lAlliance doit se confronter à ces difficultés. »
« Les entreprises françaises (presque cinquante aujourdhui), internationales (Hewlett-packard ou Bosch par exemple) et indiennes (Infosys, Wipro et de nombreuses autres moins connues) ont continué leur développement exponentiel en termes dactivités et de recettes. Ceci, malgré les craintes, réelles ou simulées, de certains dirigeants : « Les salaires à Bangalore augmentent trop vite (sic) » « Les infrastructures - eau, électricité, voies de communication ne suivent pas lévolution de nos besoins. » etc. Ces entreprises ont souvent renforcé, par ailleurs, leurs activités entre lInde et lEurope, ou envisagent de le faire, dans le domaine aéronautique par exemple (Airbus), ou dans le domaine bancaire. »
« Afin daccompagner ce mouvement vers linternational, certaines entreprises ont répondu à loffre de cours de lAlliance, diversifiée de façon importante depuis peu : cours délocalisés au sein même des entreprises, cours « sur mesure », séminaires de préparation interculturelle, cours de Français des Affaires, fascicule mis à la disposition des professeurs pour linformation demployés partants en France. Signe inquiétant, dautres entreprises, parmi les plus importantes, ont fait un choix différent qui nous préoccupe. Avec des moyens financiers privés (incomparables à ceux dune association sans but lucratif), offrant des salaires supérieurs au marché, elles tentent dimplanter, au sein de leurs services de ressources humaines et de formation (Centre de « transformation des talents » chez Wipro »), des centres de langue équipés en technologies de pointe. Et elles embauchent parfois pour cela certains des meilleurs étudiants et professeurs de lAlliance, attirés par des salaires attractifs (plus du double), ou même des experts directement recrutés de létranger (en français, et autres langues). »
Pour un complément dinformations concernant Bangalore, lire larticle Les Indiens jouent la carte de la matière grise de D. Bari paru dans LHumanité le 5 juin 2004 (cf. annexe 2).
Pour un complément dinformations sur lInde, lire larticle LInde une nouvelle Chine ? de R. De Rochebrune paru dans Jeune Afrique le 26 décembre 2004 (cf. annexe 3).
Chapitre 2
Rapport danalyse
1. Principaux objectifs depuis 2003
Ma découverte du fonctionnement de lAlliance Française de Bangalore est passé par une lecture approfondie des rapports et dossiers du directeur depuis 2003 qui est la date de son entrée en fonction. Pour des raisons évidentes de temps, je me suis limité à cette période, ce qui ma permis dailleurs de prendre conscience de ce que peut concrètement réaliser un directeur pendant la durée minimale de son mandat (2 ans, la durée maximale étant de 4 ans). La prise de fonction est un moment dintense observation (rédaction dun état des lieux) mais en même temps il faut être opérationnel et être en mesure de prendre des décisions importantes rapidement car les affaires courantes envahissent le quotidien. Le directeur dune Alliance Française en tant que secrétaire exécutif de lassociation doit rendre des comptes à ses membres (lors des réunions du conseil dadministration nommé comité et des assemblées générales, et chaque fois que cela relève dune décision collégiale), et à ses tutelles françaises, lAlliance Française de Paris via la Direction Générale de lAlliance Française (DGAF) quand elle existe au niveau local, et lAmbassade de France locale (nombreux contacts, projets et rapports réguliers). Ce pourquoi les documents écrits sont nombreux.
La synthèse que je présente ci-dessous se base sur :
les nombreuses lectures des différents rapports, outils de gestion, descriptifs de fonctionnement, dossiers du directeur
(cf. liste en annexe 4), jai pu avoir accès à toutes les données mêmes les plus confidentielles,
mes observations au quotidien (dans les locaux, dans les classes, dans les différents services, sur les différents chantiers),
et mes entretiens et moments de travail avec différents responsables de service.
Jai consigné des données dans des tableaux (cf. annexes 5 et 6) dans le but de mettre en évidence lévolution des objectifs du directeur sur la période de 2003 à 2005. Je précise les intentions cest-à-dire ce qui était prévu de faire (objectifs et besoins) et les réalisations cest-à-dire ce qui a été fait (bilan). Les indicateurs de ligne sont les rubriques traditionnellement utilisées en management dAlliance Française comme cela est demandé par la DGAF en Inde.
Souhaitant pointer les éléments récurrents dans les présentations des objectifs de lAlliance, jai procédé à une recherche par mots clefs. Les mots formation, développer, partenariat et rénovation sont fréquemment employés, avec très forte occurrence pour le mot formation. De mon côté, jutiliserais volontiers des verbes daction qui me semblent traduire assez justement le besoin et le désir de lAlliance Française de Bangalore depuis 3 ans.
MODERNISER
- la charte du personnel, les statuts, les locaux, le matériel, limage de lAlliance, les pratiques administratives, la cellule de traduction
AGIR/REAGIR
- nombreux projets pilotes sur différents dossiers, stagiaires de différents domaines (marketing, sciences politiques, FLE), diversité culturelle, auto-financement des projets sans attente de subventions
DEVELOPPER
- la médiathèque, un centre de ressources dauto-apprentissage, loffre de cours, les supports de communication, la vitrine et la lisibilité de lAlliance sur la ville, les investissements, les TIC, projets de cafétéria, de librairie française
SADAPTER/ADAPTER
- nouveaux partenariats, implantation dans les zones technologiques de la ville, enquête marketing, amélioration des locaux
Les objectifs de lAlliance suivent effectivement la ligne directrice qui vient dêtre présentée, montrant une permanence dans le temps. Cependant, leur définition est le fruit de réajustements fréquents : leur formulation évolue en se précisant. Certains objectifs sont abandonnés, réorientés ou reportés à la lumière des événements. Le projet de librairie plusieurs fois mentionné nobtient pas actuellement la faveur du comité à la différence de celui du développement de la cafétéria qui a été accepté. Les membres sont pour leur majorité des personnes notables, plutôt âgées, plus soucieuses dun petit privilège et de lhonorabilité que leur conférerait leur état de membre de lAlliance que motrices didées nouvelles. La patience et la force de persuasion du directeur sont nécessaires pour développer et moderniser le centre. La force de propositions de lAlliance de Bangalore tient plus au dynamisme du directeur et de son équipe quaux objectifs et convictions des membres (peu) actifs. Lors de lAssemblée Générale Annuelle, le 9 juillet 2005, le directeur de lAlliance concluait ainsi : « Many more cultural and educational institutions are either budding or improving in the city. AFB has, for these very reasons, spent every day in 2004-2005 to adjust to the new situation and be prepared for the challenge. In doing this, it does need the support of each of its Members and Friends to flourish. We need Doers. We need Door openers
and, I must say, we could also make do with Donors ! » Cela me semble un bon équilibre à atteindre dans le collège des membres : des personnes qui agissent, en plus des membres du Comité, des personnes qui par leur respectabilité et leur position sociale ou professionnelle permettent à lAlliance Française davoir une place reconnue dans lespace public et de faciliter certaines démarches, et des financeurs. Je soutiens complètement loption actuelle du directeur qui recherche de nouveaux membres parmi les anciens élèves de lAlliance pour rajeunir et gonfler les rangs des actifs (« more Doers »).
2. Chiffres 2005 : commentaires et suggestions
Dans ce chapitre je me propose de faire une lecture de quelques chiffres de lAlliance en y apportant une analyse personnelle. Jai dailleurs construit lorganigramme des emplois et la trame hiérarchique tel que jai pu lobserver.
Membres de lAlliance Participants
EMBED Excel.Chart.8 \s EMBED Excel.Chart.8 \s
Conditions salariales
Augmentation des salaires de 10% en 2004, de 15% prévue en 2005
Bonus « de fidélité » attribué pour la 1ère fois en 2004 pour les professeurs
Bonus attribué au personnel administratif : 1 mois de salaire
Nombre de jours de congés pour le personnel : 10 jours fériés + 28 jours de « earned leave » + 14 jours de « casual leave ».
Comme nous lavons précisé, le besoin de rajeunir les membres, particulièrement le Comité, et de solliciter davantage sa participation se fait sentir. La direction dun centre linguistique et culturel a besoin des appuis et des idées des membres ce qui manque un peu à lAlliance de Bangalore. Cette situation est cependant plus confortable que celle dun directeur avec un Comité trop présent. Le directeur de Bangalore arrive à tenir la ligne quil sest fixé, augmentant progressivement les salaires et développant les avantages salariaux type protection sociale, fond daide mutuel. Le Comité affichait jusquà présent des réticences à cette dynamique mais les perspectives pourraient peut-être évoluer étant donné larrivée dun nouveau président. Lors dun entretien avec ce dernier, jai pu mesurer son amour du français, de la littérature, et sa volonté de faire avancer lAlliance, pour une meilleure qualité rendue aux usagers. Le nombre de membres, de participants aux activités culturelles et de partenariats peut effectivement croître, contrairement au nombre détudiants car les contingences matérielles ne le permettraient pas. Il faut veiller aussi à renouveler et augmenter léquipe des enseignants : la révision des salaires devrait y contribuer.
Offre de cours
22 cours intra-muros (sessions de 80h, Forum 1-2-3, préparation du Diplôme de langue et du Diplôme supérieur de lAF de Paris)
centre dexamen (AF, TEF, DELF-DALF, CPT)
5 cours extra-muros en entreprise (Wipro, SNECMA, SG Software, Philips, Infosys)
2 antennes extérieures (Koramangala et Basavangudi)
4 cours créés en 2004 : préparation à luniversité française, traduction (CPT), affaires (DFA1) et interculturel
pyramide des cours : 837 au niveau 1A / 12 au diplôme supérieur 10 au Certificat Pratique de Traducteur / 10 au cours de préparation à lUniversité
taux de réussite aux examens : environ 90%
prix des cours : environ 24 Rs=0,5¬ de l heure (augmentation de 3 Rs en 2004)
L offre de cours de l Alliance est plutôt diversifiée, elle s élargit vers des besoins et des demandes nouvelles, il faut poursuivre dans cette voie. LAlliance a notamment été pilote de lélaboration et de la mise en place dun cours pour étudiants indiens se préparant à luniversité française (cf. plus loin). Pour pallier à la difficulté grandissante pour se rendre à lAlliance aux heures de cours, il est effectivement nécessaire de rechercher des antennes supplémentaires de celles existantes. Les cours ont lieu le matin et le soir étant donné que le public visé est en grande majorité composé dactifs et détudiants. Les distances entre les différents lieux dactivités (universités et entreprises) et lAlliance sont importantes. Il nest pas possible de déplacer les horaires. On pourrait bien attendre le métro qui est en projet : un chauffeur de rickshaw ma affirmé quil serait construit dici 5 ans mais un manager dentreprise ma certifié quen terme de projet public 5 ans signifient 15 ans ! Le développement dune offre de cours dun autre type mi-présentiel / mi-distance peut-elle être une solution intéressante ?
La pyramide des cours interroge : trop détudiants arrêtent les cours après les premiers niveaux. Loffre de cours se cantonne donc dans ces niveaux. Conséquence, ce nest pas très motivant pour les professeurs et la diffusion du français se limite à du saupoudrage. Il faudrait étudier les raisons. Lenquête marketing effectuée en mars 2005 (voir plus loin) pointe la qualité de lenseignement, la reconnaissance internationale des diplômes, limage de marque de lAlliance, et lambiance du lieu. Cest peut-être du côté de la fidélisation des étudiants quil faut chercher. Dun côté ils disent vouloir être plus associés aux autres activités de lAlliance et dun autre côté le public de lactivité culturelle nest justement pas celui qui suit des cours. Dans leurs fiches de mission 2005, les responsables médiathèque, culture et pédagogie ont été invités à travailler davantage ensemble pour harmoniser leurs actions. Il sagit effectivement de faire en sorte par la mise en place dactivités communes de créer une vie détablissement et un afflux des étudiants vers dautres activités de lAlliance. Les professeurs doivent être partie prenante de cette dynamique. Cette piste est à conforter mais je pense que le temps est le problème principal des étudiants. Bien évidemment il ny pas une seule réponse à apporter, cest la conjonction dactions poursuivant le même but qui permettra de résoudre le problème. Même remarque que précédemment : pourquoi pas développer une offre plus souple comme un mélange présentiel / distance pour apporter une réponse aux étudiants motivés en manque de temps.
Pour continuer à bénéficier dune image de marque, lAlliance de Bangalore doit montrer la plus grande rigueur et la plus grande précision dans les intitulés de ses cours comme dans leurs contenus. Le cours intitulé cours interculturel est un nom abusif pour une formation dune journée consistant en une sensibilisation à la France, son histoire, sa géographie, sa gastronomie, son art de la table, ses comportements typiques (pour une analyse complète voir mon mémoire interculturel, Le management interculturel, et plus loin formation continue des professeurs). Cette formation ne vise que des connaissances de faits culturels français ce qui est bien peu pour un tel intitulé. La quantité dinformations données me semble trop importante, je reste perplexe quant à leur assimilation. Par ailleurs un des supports utilisés « How to do business in France » présente une vision absolutiste du monde de lentreprise et des relations en son sein, basé sur un type dentreprise qui nest pas le modèle dans lequel travaillent les employés dentreprises IT (culture dentreprise informatique américaine). Jai lancé un travail damélioration de loffre avec la coordinatrice des cours pour éviter quune telle approche ne nuise à long terme à limage de lAlliance et aille à lencontre des objectifs de présentation de la diversité culturelle française.
Les chiffres ci-dessus font état dun taux de réussite de 90%. Malheureusement, concours de circonstance, les taux de réussite du Diplôme supérieur et du Certificat pratique de traduction du cru 2005 sont mauvais et surprennent les professeurs qui nauraient pas du tout fait ce pronostic. Cette tendance dure depuis 2004 et une réflexion est nécessaire. Des réajustements avaient été faits par les professeurs, la coordinatrice et le directeur pour cibler exactement lexamen après les échecs de 2004. Ces épreuves sont globalement centrées sur la compétence linguistique (structure de la langue) et les candidats ont le niveau requis de lavis des professeurs. Aussi lAF sest tournée du côté de la correction envisageant la possibilité dun problème de barème. Pour ma part, jai conseillé de constituer un dossier à ce sujet consignant les différentes remarques et constatations, et surtout les réflexions sur ces épreuves qui selon moi auraient peut-être besoin dêtre dépoussiérées à la lumière des travaux du Conseil de lEurope. Puis, il convient de communiquer toutes les réflexions à la DGAF. Juste avant la fin de mon stage, les copies ont été reçues et il semblerait que ce soit un problème méthodologique. Les étudiants ne maîtriseraient pas assez les types décrits demandés à lexamen.
Composition de léquipe et organigramme
Le directeur est le seul expatrié français pour lAlliance. Mais dans les locaux on trouve aussi deux autres expatriés hébergés par lAlliance : lAttaché commercial et lAttaché scientifique pour le sud de lInde. LAttaché commercial rechigne à travailler avec lAlliance ; un programme en partenariat nommé « Cercle des entreprises françaises » va cependant voir le jour grâce à toute la persuasion du directeur fort de son réseau dexpatriés français sur Bangalore, expatriés qui sont justement les entrepreneurs français. Avec lattaché scientifique, une collaboration se met petit à petit en marche via EduFrance, et aussi avec le programme annuel French Science Today (conférences duniversitaires français en Inde) et une exposition sur les fractals. Ces initiatives me semblent pertinentes dans la mesure où elles permettent dapporter une image de la France plus contemporaine et moins stéréotypée.
Seul aux commandes de lAlliance, le directeur souhaite pouvoir déléguer davantage. Il ne possède pas de véritable secrétariat de direction, ni de véritable collaborateur direct type directeur-adjoint. A sa prise de fonctions, il a demandé un V.I. (volontaire international, statut moins cher quun expatrié). De V.I. Culturel il a évolué en V.I. Assistant de direction et devrait finir par évoluer en V.I. Pédagogique dici 2006. Devant recruter un coordinateur culturel en 2004, il a créé un poste double, mi-temps coordination culturelle, mi-temps assistant de direction, ce qui est bien précisé dans la fiche du poste et la fiche de mission. Cest cette personne qui assure la responsabilité de la direction pendant les vacances du directeur. Son activité sest vue surchargée subitement ce qui lui a valu des moments de pression importante.
De manière générale, selon le modèle français, la position de cadre dans une institution implique une flexibilité plus grande et un dépassement des horaires. Dans le contexte franco-indien de lAlliance, deux fonctionnements différents sont observables : des cadres se limitant strictement à leurs horaires et des cadres dépassant très largement. Le travail dune personne ne mesure pas non plus à la seule quantité du travail effectué : de nombreux paramètres entrent en ligne de compte comme lefficacité, la rapidité dexécution des taches confiées, la capacité de partage et de délégation, la prise dinitiative, la qualité du travail. Par ailleurs, les tâches de chacun ne sont pas forcément quantifiables de manière à les comparer. Avec le directeur, jai analysé le cas de certains employés, analyse que je ne transmets pas dans ce rapport étant donné leur confidentialité. Nous avons tenté de répondre à des questions telle que « Lemployé x a-t-il suffisamment de travail ? Travaille-t-il assez vite ? Sait-il déléguer ? Est-il suffisamment organisé ? etc. » Mon travail a consisté à évaluer le travail effectué au regard de la fiche de poste et de mission de chacun.
Le poste de coordinateur des cours me semble pour le coup présenter une charge de travail trop importante si lon souhaite quil puisse se consacrer à une tâche de type réflexion didactique, suivi des recherches en cours etc., toute cette partie qui incombe selon moi au directeur et à lexpert pédagogique du centre cest-à-dire le coordinateur des cours à lAFB. Bien évidemment les professeurs participent à cette actualisation des savoirs mais cest le rôle du responsable de secteur pédagogique que de maintenir un haut niveau de connaissances et de pratiques, et de prendre du recul sur celles-ci, ce qui exige du temps pour la réflexion. A loccasion du départ à la retraite de lagent daccueil, lemploi dune personne recrutée sur des besoins spécifiques (accueil, informatique, secrétariat) et linformatisation du secrétariat pédagogique (base de données gérant les inscriptions, les paiements, etc.) devraient permettre de réduire la charge de travail du coordinateur des cours.
Le caractère restreint dune équipe comme cest le cas à Bangalore amène le directeur à une grande prudence dans sa gestion du personnel. En effet, une petite équipe a un équilibre beaucoup fragile. Par conséquent, tous les réajustements, aussi nécessaires soient-ils (remaniements, remises en cause personnelles, remontrances, rappels à lordre, augmentation de charge de travail etc.) ne peuvent se faire en même temps de risque de menacer léquilibre fragile de léquipe. Cette régulation prend du temps, demande au directeur de traiter au cas par cas et implique dêtre pragmatique cest-à-dire dadopter parfois une position moyenne et réaliste même si intellectuellement la position peut être plus tranchée et ambitieuse.
Mes observations mamènent à un organigramme (voir plus haut) où la coordinatrice culturelle et la chef comptable constituent deux collaborateurs particuliers autour du directeur : la coordinatrice culturelle de par sa fonction dassistante de direction et la chef comptable de par la spécificité de lactivité financière, notamment la connaissance quelle a de la réalité du financement de lAF. Dans sa gestion déquipe, le directeur laisse la place aux initiatives et les sollicitent. Il souhaite pouvoir compter sur ses cadres et pouvoir leur déléguer une part décisionnel dans leur champ de compétences. Cependant, certaines personnes sexcluent volontairement par leur position trop arrêtée sur un modèle hiérarchisé verticalement (dans lequel le directeur doit proposer et décider, et les collaborateurs ne sont que des exécutants). Les choix conscients ou inconscients dune conception du travail, des relations à lautorité, des relations entre collègues tiennent à la personnalité des individus, leur culture personnelle, parfois à la différence dâge et bien sûr à de nombreux facteurs culturellement marqués (système des castes en Inde par exemple). Les conséquences peuvent parfois être assez importantes comme par exemple limpossibilité de deux personnes de travailler ensemble qui induira sur un plan institutionnel un hermétisme entre les secteurs dactivité dont ils sont responsables.
Malgré les difficultés de quelques personnes à évoluer dans le fonctionnement souhaité par le directeur (transversalité des secteurs dactivités), je pense quil faut continuer à faire des appels réguliers à des initiatives collégiales lors des réunions déquipe, ce qui est complémentaire avec la mise en place des fiches de mission qui contractualise les gens. Laide à linitiative se fait aussi de manière informelle en suivant individuellement le travail de chacun et en valorisant les projets en collaboration.
Pour pallier ces manques, une évolution intéressante consisterait à instituer une équipe de direction à trois : le directeur et les coordonnateurs des activités langue et culture. Cela passe par une redéfinition des postes qui peut stratégiquement se faire lors du départ dun des agents (qui devrait avoir lieu en 2006). Le directeur pourrait ainsi impliquer officiellement ces collaborateurs directs dans l organe décisionnel et déléguer davantage encore.
Activité culturelle
Nombres d activités culturelles en 2004 : 105 (94 en 2003)
Budget culturel : 18 lakhs soit 36 000¬ (7 lakhs en 2003)
L activité culturelle est la plus grande réussite de lAlliance Française de Bangalore avec une activité tous les 3 jours en moyenne. Les nouvelles propositions arrivent quotidiennement et cest un vrai casse-tête pour arriver à caser tous les événements. Les programmes français sont la plupart du temps gratuits de manière à attirer un maximum de personnes parfois réticentes à un spectacle en français (pour la musique, ça va mais dès quil sagit de théâtre, de poésie, cest plus difficile dattirer les non francophones). La programmation par lintermédiaire de lAmbassade et du service culturel ne représente que 10% de lactivité. Il sagit la plupart du temps de groupes musicaux français dont la venue très coûteuse est subventionnée par lAmbassade et qui font une tournée dans toutes les Alliances du pays. Lessentiel de lactivité est dun autre ordre : il sagit de productions locales, nationales ou internationales, totalement indiennes, parfois franco-indiennes mais qui ont un caractère bien moins franco-français. Le domaine artistique est très varié : peinture, sculpture, musique, théâtre, danse, cinéma, science, gastronomie, poésie
Les locaux de lAF offrent une capacité intéressante : une salle de danse, un auditorium, un atrium, une galerie dexposition, deux terrasses et un jardin très vert. Ils sont loués à des prestataires extérieurs qui les utilisent pour leurs activités (danse, yoga, karaté etc.). En outre lAlliance sassocie à des événements dans la ville, entre autres le plus grand festival local « Bangalore Habba ». Pour la fête de la musique 2005, trois scènes ont été installées pour une fréquentation dépassant 1000 personnes. LAlliance de Bangalore est à la fois organisatrice dactivité culturelle, co-partenaire dévénements dans dautres lieux et hébergeuse dactivités extérieures. Elle joue pleinement son rôle de diffusion de la diversité des cultures françaises (avec aussi du Molière joué en kannada la langue locale), de découvreuse de talents (étudiants indiens boursiers en France aux beaux-arts), de coopération culturelle et de garante de la diversité et de la pluralité. Le budget de lactivité est complètement équilibré principalement grâce au mécénat.
Ce foisonnement doit attirer la vigilance du directeur et de la coordinatrice culturelle sur la programmation. Il convient en effet de ne pas laisser se produire nimporte quoi, lexigence de qualité doit être de rigueur, or, avec une activité aussi importante il convient dêtre vigilant. Le directeur a toujours refusé une quelconque programmation le dimanche pour préserver son personnel, je trouve cette mesure engagée très pertinente si lon souhaite conserver une équipe disponible et motivée pour gérer tous les événements et accueillir convenablement les artistes. Une augmentation dactivité ne serait pas judicieuse sans embauche préalable ou remaniement. Aussi lAlliance est engagée dans un pari de la qualité quil convient de contrôler.
Finances de lAlliance
Budget : Recettes : 178 156 ¬ en 2004
Budget : Dépenses : 162 113 ¬ en 2004
Budget : Excédent : 16 043 ¬ (report de travaux de rénovation)
6,17% de subvention du département (11 000 ¬ )
Réserve en jours de fonctionnement : 45 jours (au moins) en Fixed Deposits d un montant de 1 750 000 Rs
LAlliance a toujours besoin de fonds et elle nattend pas que les aides de létat français arrivent pour agir (ce qui est judicieux vu la période de restriction budgétaire). Elle sest autofinancée à 93,83% en 2004 : les cours sont sa principale ressource. La subvention du département (le M.A.E.) couvre les tournées des groupes français qui ont un coût exorbitant pour les prix locaux. Trois demandes successives au FICRE (Fonds dintervention pour centres de ressources sur la France contemporaine) nont pas découragé le directeur à commencer la transformation de la bibliothèque en centre de ressources. Une subvention a enfin été accordée et permettra dachever le projet. La rénovation de lauditorium sest elle fait sur fonds propres. La « chance » de lAlliance de Bangalore cest dêtre propriétaire de ses locaux. Les Alliances Françaises dans le monde qui louent leurs locaux sont actuellement en grande difficulté vu linflation immobilière. Létat français pousse les centres culturels vers lautofinancement, comptant sur les fonds locaux pour financer la politique culturelle de la France. Heureusement que dun autre côté certains projets de coopération naissent pour financer localement des projets. Par exemple, la coopération décentralisée, de région à région (de Rhônes-Alpes vers le Karnataka) amènera un peu dargent et permettra peut-être lémergence de projets franco-indiens. Le président de la région Rhône-Alpes Jean-Jacques Queyranne se rend à Bangalore à lautomne à ce sujet. Autre exemple, les fonds de coopération franco-allemande qui proposent de financer les meilleurs projets envoyés.
Le rôle dun directeur de centre culturel avant dêtre pédagogue et/ou artiste est dêtre manager, comptable, commercial, gestionnaire
La recherche de fonds va prendre une part de plus en plus grande dans le temps de travail dun directeur. Tisser des relations, entretenir les partenariats, concevoir des projets qui pourraient intéresser des mécènes
A titre dexemple, le directeur de lAlliance de Bangalore pour monter un festival de cinéma a choisi de proposer une thématique sur la beauté et a ainsi démarché linstitut de beauté français Decléor installé dans la ville. De façon générale, il faut chercher à associer des partenaires potentiellement intéressés par une problématique particulière (thématique, cause à défendre, domaine) en faisant miroiter en retour de financement une publicité ou laccès à un réseau de connaissances. La presque cinquantaine dentreprises françaises installées dans la région sont un filon de mécénat intéressant mais ambivalent. Les entreprises succursales cest-à-dire qui sont implantés pour le marché local sont susceptibles dêtre intéressées. Par contre, les entreprises qui ont délocalisées leur site de production, faisant fabriquer moins cher des produits pour le marché européen, elles, nont pas du tout envie de se montrer, aussi les partenariats sont quasi impossibles. Ce rôle du directeur va bien évidemment de pair avec le démarchage de nouveaux sites, de nouveaux contrats de cours extra-muros, avec le développement de la visibilité de lAlliance dans lespace culturel et pédagogique de la ville. Aussi il faut toujours être à laffût des nouveaux lieux qui poussent comme des champignons dans cette « silicon valley » de lInde. Le Forum (voir plus haut) en est un exemple. Cest par excellence un lieu où lAlliance doit se montrer : une piste consisterait à associer le nom de lAlliance à lorganisation dune exposition dun artiste local. On peut aussi envisager un stand de découverte de terroirs français, une présentation dEduFrance sur les études en France etc.
En terme purement gestionnaire, le rôle du directeur consiste à effectuer la gestion financière de létablissement avec le trésorier et le comptable sous le contrôle du conseil dadministration. Je ne rentrerai pas dans les détails. Le principe de base est celui dune gestion dassociation à but non lucratif comme en France avec les spécificités locales concernant les enregistrements, acquittements de taxes, bilans etc. Le directeur effectue chaque année le compte de résultat (recettes/dépenses) quil met en perspective avec le budget prévisionnel N et les résultats N-1. Le bilan financier actif/passif est un autre outil comptable qui permet de mesurer le patrimoine de lassociation. Par mon expérience de trésorier dassociation, jai pu effectivement mesurer les avantages dun tel outil mais aussi sa complexité. Il pourrait être intéressant de le mettre en place ce qui nest pas le cas à lAFB à ma connaissance.
3. La cellule de traduction et dinterprétariat
Dès le début de mon stage, la cellule de traduction a éveillé mon attention tellement son fonctionnement est particulier au sein de lAlliance. La traduction en tant que telle est une activité commerciale, incompatible avec lobjet « non profit » des associations type AF. Il faut donc lever cette ambiguïté en liant lactivité aux objectifs et aux besoins de lAlliance. Ce qua réussi à faire le directeur actuel malgré les objections affirmées du personnel concerné.
Le responsable de la cellule de traduction et dinterprétariat est un ancien étudiant de lAlliance devenu professeur puis traducteur et interprète depuis plus de vingt ans. Il a un contrat particulier puisquil ne reçoit pas de salaire fixe : il est rémunéré sur son volume dactivité à hauteur des deux tiers des sommes perçues. La cellule de traduction est comme hébergée en contre partie de la provision du tiers des recettes. LAlliance met à sa disposition des locaux, et elle profite de la réputation de lAlliance ce qui justifie tout à fait la part reversée à lAlliance.
En traduction, il faut être capable de répondre dans des délais très courts aux sollicitations du marché local devenu très concurrentiel. Beaucoup de traducteurs travaillent en free-lance ou dans des agences qui proposent selon les indications du traducteur des prix plus bas que lAlliance. Certains professeurs de lAlliance mais surtout danciens étudiants proposent leurs services avec des tarifs parfois moins chers, travaillant à domicile sans avoir à reverser de part à qui que ce soit. Cependant ils ne bénéficient pas de laura et du réseau de lAlliance.
Lobjectif pour lAlliance nest pas temps de rester compétitif mais plus de présenter une situation réfléchie et justifiée de cette activité. La traduction dans une école de langues peut servir à maintenir un haut niveau de qualité de français de ses professeurs notamment parce que les opportunités de sexercer sont rares. Cela peut être aussi un formidable outil de formation des professeurs. Cest par ailleurs un besoin administratif pour la traduction des documents officiels. Linterprétariat est nécessaire aussi dans lactivité de lAlliance avec les personnes non anglicistes. Lactivité de traduction et dinterprétariat est défendable, la cellule telle quelle fonctionnait létait beaucoup moins. Aussi le directeur a souhaité impliquer les professeurs dans lactivité. Le traducteur doit donc partager le volume de traduction : 25% à distribuer, 75% pour lui. Lactivité étant source de rémunération non négligeable, lévolution na été acceptée que parce quelle a été imposée.
On pourrait imaginer daller encore plus loin en considérant la traduction comme une activité de lAlliance et pas dans lAlliance, que le responsable de la cellule ne soit plus seulement traducteur, comptable et gestionnaire dun volume de traduction mais quil évolue vers un poste dencadrant dune équipe de traducteurs. Aussi il ne serait plus rémunéré au volume mais comme les autres membres permanents de léquipe. Le responsable de la cellule rejette complètement ma proposition qui lui semble financièrement impossible. Pour ma part, il sagit dun choix politique et donc budgétaire.
Si jai autant développé ce cas, cest pour montrer combien la gestion du personnel peut-être un exercice délicat notamment dans un établissement où le personnel voit parfois défiler les directeurs successifs avec des politiques parfois divergentes avec des engagements « bombes à retardement ». Dans le cas présent, la situation actuelle où le directeur est arrivé petit à petit à imposer le nouveau fonctionnement ne convient pas du tout au traducteur mais est une vraie nécessité pour lAlliance.
4. Orientation linguistique et éducative depuis 2003
A lautomne 2003, le responsable du BCLE (Bureau de Coopération Linguistique et Educative) en Inde proposait dorienter le travail selon trois axes particuliers en regard de la conjoncture et en fonction de lactivité pédagogique existante. :
Animation dun stage de formation continue sur les techniques de correction phonétique et réalisation dun matériel didactique réutilisable dans les classes
Montage dun cours expérimental pour des étudiants se préparant pour un départ en université en France
Exploration de la problématique du français pour les nouveaux publics repérés et à repérer sur Bangalore
Ces trois chantiers de travail ont été mis en marche et en sont à des degrés davancement différents comme jai pu men rendre compte directement ou au travers de la lecture de différents rapports dactivités.
Projet phonétique
Ce projet est celui qui est le moins avancé. Le stage de formation continue a été mis en place avec lensemble de léquipe pédagogique. Le directeur de lAlliance en a assuré la coordination. Puis certains stagiaires français de lAlliance ont assuré quelques cours dans les classes ponctuellement ou de manière suivie en utilisant les outils traditionnels type Au plaisir des sons mais aucun matériel spécifique aux besoins de lAlliance de Bangalore na été réalisé. De leur côté, les professeurs indiens (et la coordinatrice des cours, indienne elle aussi) ne se sentent pas dêtre spontanément porteurs de ce genre denseignement.
Le projet de manuel ne se met pas en place car les réflexions ne convergent pas vers cette seule solution. Plusieurs pistes sont à élaborer. Nous présenterons plus loin les propositions que nous avons soumises à la coordinatrice. Cette dernière par ailleurs sinterroge sur une telle importance accordée à la phonétique et à juste titre : elle na pas observé de différence avec les étudiants qui ont suivi un enseignement particulier (160h avec le matériel Au plaisir des sons) et ceux qui nen ont pas suivi.
Projet expérimental
Ce cours est une initiative conjointe des Alliances de Bangalore et de Pune, du bureau EduFrance et de lAmbassade de France à Delhi. Ce nest plus un projet pilote puisquil en est à sa deuxième réalisation, quune troisième session démarre en septembre 2005, que les autres Alliances dInde ont assisté à une présentation du programme et quelles sont invitées à le mettre en place. Le gouvernement français accorde des bourses détudes à des étrangers et les Alliances Françaises jouent un rôle important dans la préparation des étudiants au départ. Loriginalité du projet réside dans le choix de proposer un cours de français pour débutants. Il sagit dun programme complet en quatre niveaux comportant un enseignement du français général, un enseignement du français spécifique propre à chaque étudiant, un enseignement des tâches universitaires françaises et une préparation à la vie dexpatrié en France.
La première année, le cours a fonctionné avec un groupe conséquent attiré par lengagement de lAmbassade de donner quatre bourses détudes. La seconde année, sans cette « carotte », malgré une communication acharnée de la responsable du bureau EduFrance de Bangalore, « du porte à porte » dit-elle, le cours sest terminé fin août 2005 avec cinq étudiants dont trois seulement partent en septembre 2005 et parmi eux deux suivront un enseignement en anglais. Tout ceci est loin de satisfaire lAlliance, notamment dun point de vue rentabilité du cours.
Nous reviendrons sur ce cours étant donné que dans nos missions de stagiaire nous avions à travailler à ce sujet en collaboration avec la coordinatrice des cours et la responsable du bureau EduFrance.
Projet nouveaux publics
Face à lévolution exponentielle de Bangalore et de ses nouveaux enjeux, lAlliance Française se devait de réagir en conséquence. A la lecture des différents rapports et dossiers de la direction, voilà un florilège des termes fréquemment usités : développer, enrichir, rénover, créer, former, étudier, améliorer, élargir, renouveler, dynamiser, moderniser, investir
Tout ceci témoigne dune réelle prise de conscience de la nécessité dune dynamique dexpansion et dadaptation au marché et aux situations qui sest confirmé dans le dynamisme de léquipe, dans les actions entreprises et dans les propos du directeur.
Ce dernier ma permis de prendre conscience de ces enjeux par les lectures quil ma proposées mais surtout par les rencontres auxquelles jai pu participer (avec des partenaires potentiels, entrepreneurs, institutions culturelles, sponsors etc.). La visite de quelques lieux de Bangalore où lAlliance doit réfléchir à la place quelle peut avoir ont été dun grand intérêt pour moi car elles mont permis dappréhender une facette inconnu des fonctions dun responsable de centre culturel : le développement des partenariats, la communication, limplantation dans un marché et dans un territoire.
Mon implication sest limitée à une participation et à un partage de réflexions avec le directeur dans un premier temps. Puis, pendant labsence du directeur, jai pu occasionnellement « vendre » lAlliance auprès de différents visiteurs et poser les premiers jalons dun partenariat avec certains dentre eux (par exemple le nouveau Directeur Général de Lafarges Roofing installé à Bangalore depuis début juillet 2005).
La demande de cours des étudiants de lAlliance de Bangalore évolue. Aussi il faut sadapter pour y répondre. Il sagit, et cela nenlève rien à la noblesse de lactivité denseignement, bien au contraire, de répondre à un besoin particulier, de sadapter en vue de se développer, et donc de proposer aux étudiants dapprendre une langue, non pas uniquement (comme cela la longtemps été dans les AF) par plaisir, pour sa beauté ou pour son prestige, mais à des fins utilitaires. Cest la demande explicite formulée par les « étudiants clients » de lAlliance qui souhaitent apprendre le français pour des raisons professionnelles ou pour envisager des études universitaires en France. LAlliance Française doit peut-être développer une image de la France spécifique répondant à ces demandes, nous y reviendrons au chapitre consacré à nos missions. Le programme de cours de préparation à luniversité française va dans ce sens ; et cest une position officielle de la France puisque linitiative en est de lAmbassade.
Cette analyse concerne lactivité pédagogique et non lactivité culturelle. En effet, les participants aux événements culturels de lAlliance ne viennent pas poussés par des besoins utilitaires mais pour un intérêt culturel. Ce ne sont dailleurs pas les mêmes personnes ; un des objectifs actuels de lAlliance est dattirer ses étudiants vers lactivité culturelle. Car bien souvent les étudiants qui viennent en classe vont fréquenter la cafétéria, la médiathèque pour certains, mais ne participent pas aux activités culturelles dont certaines leur sont accessibles au sortir de la salle de classe (spectacles, club vidéo) et qui répondent à leur demande comme on peut le voir dans les résultats de lenquête marketing présentée plus bas.
Pour analyser finement les rouages de la structure dans laquelle il travaille, le directeur a réalisé en septembre 2004 une chaîne de valeurs. La chaîne de valeurs est un outil pour évaluer le fonctionnement dune organisation. Traduit de langlais « value Chain », terme usité en mercatique, la chaîne de valeurs décrit la séquence de toutes les actions permettant de servir le client en bout de chaîne. A partir de cet outil, le directeur a pointé en novembre 2004 les valeurs sur lesquelles lAlliance devait travailler :
Valeurs fournies à lusager :
Accueil : localisation et orientation
Information : actualités européennes, information aux francophones
Diffusion dévénements culturels : nouvelles idées
Ouverture : relations avec les universités françaises
Convivialité : boutique française (?), librairie (?)
Compétences clefs de linstitution :
Equipe pédagogique : attirer les professeurs, conseiller, tutorer, rémunérer
Etudiants : orienter, suivi tout au long du parcours, conseil oral, conseil écrit
Salles de classes : réparer, repeindre
Domaine culturel : identifier et motiver les mécènes et partenaires
Pour approfondir ladaptation de loffre de cours de lAlliance aux nouveaux publics, le directeur a bénéficié des services dune stagiaire « marketing » de lAmbassade de France de Delhi pour réaliser une enquête auprès des différents étudiants de lAlliance. Lexploitation des questionnaires a abouti à une analyse quantitative et qualitative assez représentative. La démarche mise en place sur Bangalore a fait lobjet dune communication orale et écrite auprès des différentes Alliances dInde qui ont été invitées à la mettre en uvre. Poursuivant un même but, lharmonisation et la mutualisation au sein du réseau indien, le programme de cours de préparation à luniversité française a été diffusé, un guide de formation de laccueil a été conçu et un projet duniformisation des certifications est en cours. Nous proposons en annexe 7 les éléments les plus importants de lanalyse effectuée auprès des étudiants de lAlliance de Bangalore dans laquelle on peut voir que ladaptation aux nouveaux publics est donc bien lancée. LAlliance a défini des objectifs opérationnels quil faut continuer dessayer datteindre.
5. Enjeux principaux pour 2005
Les analyses précédentes permettent de dégager les enjeux actuels de lAlliance. Je reprends la présentation qui en faite par le directeur. « Lobjectif principal est daméliorer loffre dans le but de mieux cibler la demande, daméliorer la renommée et la visibilité de lAlliance, daugmenter la rentabilité de lAlliance, et ainsi les conditions de travail de ses employés. Rien ne peut être effectué si dans un premier temps de meilleures conditions de travail ne sont pas offertes aux professeurs, si les conditions et le cadre denseignement ne correspondent pas à ce que devrait être une Alliance et si lAlliance ne se donne pas les moyens de résister à la concurrence. »
Investissements de rénovations
« Si lAlliance veut augmenter le prix de ses cours, elle doit avoir un niveau de qualité qui justifie cette augmentation de prix. Lenquête « marketing » indique que les étudiants ne sont pas prêts à payer plus cher une même offre. LAlliance doit donc améliorer son standing : finir la rénovation de lauditorium, améliorer lhygiène de la cafétéria et la qualité de la nourriture, rénover les toilettes, réorganiser lentrée et le système dinformation etc. »
Adapter loffre de cours
« Certains profils doivent plus particulièrement être étudiés :
les faux débutants,
le Fast-Track : ceux qui veulent partir en France et apprendre beaucoup en peu de temps,
les étudiants à distance,
les employés des entreprises de nouvelles technologies,
les étudiants en Français des Affaires.
Ces cibles sont prêtes à payer plus pour avoir des cours sur mesure pour lesquels les professeurs se déplaceraient et non linverse. »
Modifier les termes de communication
« LAlliance bénéficie dune bonne image et est considéré comme un endroit de détente. Les étudiants apprécient à lAlliance la bonne qualité de lenseignement, la réputation de linstitution, la reconnaissance internationale des certifications et loccasion dapprendre une langue et une culture attirante. LAlliance doit mettre en valeur ces points forts et faire une stratégie de promotion forte et cohérente. »
Animer la bibliothèque
« Engager un stagiaire qui pourra redonner vie à la bibliothèque et attirer les étudiants à utiliser les ressources qui sont à leur disposition. »
Chapitre 3
Rapport de mission
1. Découverte des responsabilités du Directeur détablissement culturel et linguistique français à l'étranger
Lobjet principal de mon stage était dappréhender les responsabilités et les tâches dun directeur détablissement culturel français à létranger. Le directeur ma introduit comme un futur directeur auprès du personnel. Nous avons convenu ensemble que je me positionne avec les employés de lAlliance comme tel non pas comme supérieur hiérarchique mais comme apprenant stagiaire de direction et donc je me suis imposé la distance nécessaire dans mes comportements verbaux et non verbaux. Avec les employés francophones et le directeur, jai opté pour le vouvoiement pour suivre la pratique du directeur mais aussi parce que cest un choix personnel de ne pas tomber dans le tutoiement générationnel, corporatiste et/ou professionnel.
Matériellement, je me suis installé dans le bureau du directeur pendant toute la durée de mon stage. Pendant son absence (5 semaines), il ma confié les clefs du bureau, de lAlliance et notamment du coffre-fort. Me plaçant ainsi comme co-interlocuteur et co-décideur avec la coordinatrice culturelle par ailleurs assistante de direction, jai pu être en situation de comprendre et participer à lorganisation du travail, interagir quotidiennement dans les choix et dans certaines décisions pour lesquelles javais reçu laval du directeur, en bref être en situation de saisir des responsabilités et des tâches qui incombent à un directeur dAlliance Française. Cette position parfois réelle, parfois virtuelle a été intéressante pour observer et comprendre les fonctions dun directeur de centre culturel.
Cette compréhension est passé par la lecture des rapports et dossiers de direction, des observations, des entretiens, et ma participation quotidienne au fonctionnement de lAlliance. Elle a abouti à lécriture dune analyse du fonctionnement de lAlliance et de ma perception du rôle de directeur dans les situations décrites : cela a été lobjet du chapitre 2. Par ailleurs nous avions fixé quelques dossiers spécifiques que je devais plus particulièrement traités ce que je vais présenter maintenant.
2. Gestion des affaires courantes
En présence du directeur (en tout 3 semaines), jai assisté et participé à son quotidien : recevoir les visiteurs (étudiants, partenaires, visiteurs de lAlliance, français de Bangalore, artistes
), réunions déquipe, gestion/mise au point des affaires courantes, petits problèmes ou décisions à prendre sur des questions administratives, techniques, pédagogiques, culturelles, gestion de petites tensions (jalousie de personnes, vol dans les locaux), répondre au téléphone, aux mails, aux courriers, ouvrir et répartir le courrier entre les services, entretiens pour les visas étudiants, cas critique détudiants ayant échoués au diplôme supérieur etc.
Bien entendu il nétait pas question que je puisse remplacer complètement le directeur pendant son absence. Informés de cette absence, les personnes cherchant à le contacter ont été peu nombreuses. Nous avons donc reçu les visiteurs avec la coordinatrice culturelle ensemble ou séparément suivant lobjet de la visite (objet culturel et administratif pour elle, objet commercial et politique pour moi). Jai donc continué à suivre et gérer quelques affaires courantes et à recevoir des visiteurs au bureau (des étudiants, le nouveau président de lAFB, des Français en mal de France, le nouveau DGS de Lafarges Roofing etc.).
Il mavait été confié plus particulièrement la gestion et le suivi du courrier et du courriel, tâche à laquelle je me suis soumis chaque jour. Dans lessentiel, il sest agi de trier les courriers et courriels entrants, les faire suivre aux services compétents et traiter ceux qui relevaient de ma compétence ou de mes missions.
Cette fonction incombe logiquement au secrétariat, seulement lAlliance Française ayant une position particulière du fait de la double tutelle locale et française, le directeur souhaite être le récipiendaire de toutes les informations adressées à létablissement. En tant que seul représentation française dans le Karnataka, lAlliance possède par ailleurs des missions consulaires notamment celle détudier les demandes de visas et celle plus délicate dêtre un îlot consulaire. A ce titre, lAlliance assure une fonction de protection de la communauté française en cas de situation grave (catastrophe naturelle par exemple). Le directeur de lAlliance en tant que chef dîlot est responsable des ressortissants français de Bangalore, il assure leur recensement et met en place le dispositif de lîlotage ou plan de sécurité sous la tutelle du Consulat (communique linformation, applique les consignes etc.). De nombreux dossiers confidentiels comme la liste des entreprises françaises, la liste des ressortissants français ne doivent pas être communiqués.
Le directeur souhaite donc limiter et surtout maîtriser les éléments portés à la connaissance de ses collaborateurs indiens. Cette position me paraît justifiée compte tenu de ce contexte particulier. Cependant, lassistant de direction doit pouvoir être la personne de confiance que le directeur a souhaité que je sois durant mon stage, mengageant à respecter la plus entière discrétion sur les dossiers confidentiels portés à ma connaissance. Limplication de lassistant de direction pourrait augmenter en lengageant petit à petit sur des dossiers de plus en plus confidentiels, lui déléguant une part de responsabilité croissante, lexhortant à respecter la confidentialité des dossiers traités. Cest lorientation choisie par le directeur à son retour de congés dété.
En ce qui concerne la gestion administrative, jai pu prendre connaissance de quelques outils de gestion utilisés à lAlliance. Mais surtout jai eu ma part dexpérience de la lourdeur dune administration indienne. En juillet, les membres de léquipe (et moi-même) avons eu à nous saisir collectivement dun problème particulier. Les organismes comme lAlliance Française doivent être inscrits à la « Registrar of Societies » (léquivalent de la Préfecture pour les associations en France), sacquitter annuellement dun impôt et communiquer les procès-verbaux dAssemblée Générale. Depuis la date denregistrement, lAFB naurait pas suivi toutes ces procédures scrupuleusement aussi elle a été mise en demeure de régulariser sa situation. On lui a demandé dapporter la preuve quelle sest bien acquittée de limpôt depuis sa création. Ladministration de la Registrar of Societies nest bien sûr pas encore informatisée (et les archives le seront-elles un jour ?). La recherche pouvait donc se faire dans leurs dossiers ou dans ceux de lAlliance ce qui a été préféré. Mais il a fallu plusieurs semaines pour une recherche de documents qui nétait jamais suffisante (aucune requête bien claire nétait formulée par une administration qui cherchait à tout prix à récupérer de largent) et pour arriver à bout dun problème administratif qui ressort à épisode régulier dans lhistoire de lAFB. La lourdeur administrative locale quand elle existe doit imposer une rigueur dans la gestion quotidienne des données et des relations administratives, et dans la gestion des archivages. Dans cette histoire, aucune trace bancaire ne pouvait être fournie car les paiements avaient été réalisés en espèces et certains des justificatifs manquaient ou étaient insuffisants : ladministration réclamait la totalité des pièces quand bien même les éléments fournis attestaient devant la loi du paiement effectif.
3. Cours de préparation à luniversité française
Le nom du cours (qui fonctionnait pour la deuxième année) a souvent changé : cours de français pour étudiants indiens visant les formations universitaires non formatées au préalable pour les étudiants anglophones, programme pré boursiers, cours de français pour les étudiants indiens visant des programmes dapprentissage dans les universités françaises conçus pour un public francophone. LAmbassade ne souhaite plus entendre parler de programme pré boursiers pour des raisons budgétaires évidentes. Début août, la rentrée du programme 2005-2006 approchant, il fallait sarrêter sur un nom (communications du cours à faire par voie de presse et affichage). Aussi, après discussion, nous avons arrêté le nom de cours de préparation à luniversité française (« Preparatory Course for French University ») qui nest pas trop long et assez explicite.
Les deux premières années, il a fonctionné sur 7 mois de février à août à raison de 4h par jour ouvrable de 16h à 20h. Souhaitant ouvrir ce cours au maximum de personnes, faisant le bilan dune charge horaire quotidienne trop importante, le choix a été fait détaler le programme de septembre à juin pour ramener la charge quotidienne de 4h à 2h30 (en comptant les semaines de congés). Le programme ne change pas, il est simplement lissé sur lannée.
Dans mes missions, javais à travailler à deux niveaux sur ce projet :
lenseignement du français sur objectifs spécifiques (le niveau 4 et dernier niveau du programme), en collaboration la directrice des cours,
et la communication du cours pour la session suivante, en collaboration avec la responsable EduFrance.
Enseignement
Le public de ce cours est de type étudiants débutants ou non décidés à entreprendre des études en France. Une sélection rigoureuse est mise en place pour choisir des candidats potentiellement aptes : sur présentation des certificats scolaires, et sur présentation dun projet sérieux détudes en France et qui rentre dans les choix politiques français). Les trois premiers niveaux du curriculum utilisent le manuel Forum 1, 2 et 3. Le 4ème et dernier niveau correspond au niveau B2 du Cadre Européen Commun de Référence. La moitié des heures soit 80h termine Forum 3 avec une pratique intensive de lexposé. Lautre moitié est consacré à un travail sur :
les tâches universitaires : prise de notes, exposé, dissertation, synthèse, compte-rendu
le français spécifique aux objectifs personnels des étudiants (scientifique, juridique, relations internationales etc.)
des données pratiques sur les actes de la vie quotidienne et universitaire (faire face aux procédures administratives propres à linstallation en France pour un étranger, connaissance du système éducatif et surtout universitaire, trouver un petit boulot)
Lévaluation est uniquement formative. Les étudiants ont eu la possibilité de passer le DELF A1, A2 etA3 lors des sessions organisées sur lAlliance. Il était prévu de faire passer le DELF A4 cependant aucune cession dexamen na été programmée. Aussi les étudiants nont pas pu valider de manière normative leur fin de cursus avant leur départ.
Le travail à mon arrivée a consisté à programmer le niveau 4. Pour cela, jai mené des entretiens individuels (cf. annexe 8) afin de :
Permettre aux étudiants de re-préciser leur projet (curriculum, organisation de la scolarité, vie étudiante etc.) et le porter à notre connaissance
Recenser les thématiques (disciplines des cours), le type de travail attendu (tâches universitaires), le type dévaluation (dominante orale/écrite, type décrit/doral, la langue denseignement, la langue de lexamen etc.)
Recouper les besoins des étudiants du groupe, dégager les perspectives communes et individuelles
A lissue des entretiens, jai élaboré les parcours de formation individuels (cf. annexe 9) et jai ajusté le programme collectif en fonctions des besoins des étudiants (cf. annexe 10). Chaque étudiant a donc bénéficié de 2h de tutorat par semaine environ avec moi (soit un total de 10h entretien compris). Pour tous les étudiants, ce moment a été loccasion détudier plus en profondeur lenvironnement local du lieu de destination en France. Il sagissait de répondre aux interrogations portées par létudiant ou pressenties lors de lentretien, et plus généralement de se faire une représentation et une connaissance plus fine de lenvironnement en question. Contenus (liste non exhaustive) : espaces naturels, qualité de vie, social, solidarité, santé, loisirs, sports, économie, finances, bassins demplois, entreprises, transports, infrastructures, logement, culture, patrimoine, terroir, vie étudiante, scolarité
En outre, il a été travaillé les compétences spécifiques repérées lors de lentretien : oral/écrit, production/compréhension, savoir/savoir-faire, remédiation/découverte etc. A lissue du parcours, les étudiants ont fait une présentation orale en français sous la forme dun exposé construit autour dun sujet de leur choix en rapport avec la spécialité qui sera exercée en France. Ce travail sil aboutit à une forme unique ne poursuit pas les mêmes objectifs. Ce peut être :
de développer une compétence linguistique orale,
dapprofondir/acquérir le français de sa spécialité,
de sexercer à une forme de discours attendu aux examens de la formation visée,
de présenter le résultat dun travail de recherche, de lecture.
De façon générale, dans ce dernier niveau, le contenu doit se construire avec les étudiants et non pas être imposé par lenseignant. On a veillé à répondre à leurs attentes, celles formulées en entretien et celles émergentes en cours de module.
Sur le programme collectif, la plupart des cours a été assurée par la coordinatrice pédagogique seule professeure de lAlliance compétente sur le français des tâches scolaires (techniques et pratiques). Jai cependant donné quelques cours à sa demande : techniques de la note de synthèse, du rapport de stage et du mémoire, pratique de la dissertation. Jai par ailleurs participé à la séance où nous avons comparé les deux systèmes éducatifs français et indiens afin dobserver au fil des années quels types de compétences on construit chez les étudiants. Ce travail a été mené avec les étudiants indiens de retour de France qui ont contribué de manière intensive à motiver leurs cadets et surtout à pointer les difficultés dun Indien en contexte universitaire en France. Moment déchanges riche et fructueux.
Conçu à lorigine par une stagiaire FLE, il est prévu que le cours sappuie sur les stagiaires français présents à lAlliance ce qui nest pas une solution stable. Des outils ont été proposés dans le projet, de manière et en quantité insuffisante, et peu de trace a été laissée sur lAlliance du contenu réalisé les années précédentes. Aussi jai conseillé à la directrice des cours de compiler tous les différents supports utilisés pour permettre une base de travail ou un réemploi la session suivante. A ce dossier ont été ajoutés mes différents outils de travail et les différents supports utilisés en tutorat et en collectif. Deux séances que jai proposées ont été filmées de manière à être réutilisées dune manière ou dune autre : en analyse du discours de la classe, en formation des professeurs ou en vidéocours. Cela me semble être une nécessité que de toujours avoir une trace du matériel construit par les uns et les autres, pour des raisons évidentes de temps et dénergie, mais aussi pour pouvoir transmettre, former dautres personnes ou tout simplement mutualiser. Cest le rôle dun coordinateur pédagogique de recenser et darchiver le matériel didactique conçu par les professeurs quand il ne sappuie pas sur un manuel.
Communication
Cette année le cours a commencé avec une quinzaine détudiants pour finir à cinq à mon arrivée puis à trois fin août : un élève au départ anticipé et un autre qui sest évaporé ! Certains étudiants ont été admis dans ce cours sans quune véritable enquête ne soit menée. Pour payer la scolarité à lAlliance Française, le père dun élève a même contracté un prêt, à perte puisque celui-ci a échoué aux examens entre niveaux. La coordinatrice des cours explique que ce désagréable épisode aurait pu être évité avec un recrutement plus documenté : lexamen de la scolarité indienne de létudiant a montré après coup quil nétait pas en mesure de réussir lapprentissage dune autre langue ni de poursuivre des études plus poussées à luniversité. Aussi il a été décidé pour la 3ème session de recruter les étudiants en examinant leur parcours scolaire et en exigeant un pré projet détudes en France.
Ces propos nous amènent à la nécessité davoir une communication adéquate sur le cours, mission du responsable EduFrance. Pour son lancement, lAmbassade avait promis 4 bourses détudes au centre de Bangalore ce qui facilita grandement le recrutement. Pour la suite, nous lavons dit, lAmbassade ne souhaite plus sengager sur un nombre de bourses, certainement pour des raisons budgétaires. Aussi une stratégie est nécessaire.
Avec la responsable dEduFrance, nous avons donc réfléchi, en lien avec la coordinatrice des cours, à une stratégie de communication. Les pistes explorées ont été les suivantes :
Sarrêter sur un nom de cours pas trop long et assez explicite
Définir un synoptique
Publier un ou plusieurs articles de presse sur le cours (le dernier datant un peu) et notamment profiter des témoignages des étudiants boursiers de la promo précédente
Présenter EduFrance et le cours dans les universités (College) et les écoles (Institut) de Bangalore fournisseurs détudiants potentiels
Informer systématiquement le service des relations internationales de ces universités
Contacter les professeurs de français des écoles et universités de Bangalore et en faire des personnes relais (envisager visites de lAlliance et/ou présentation dans les classes)
Informer systématiquement le service des relations internationales des universités françaises (qui ne travaillent pas beaucoup avec EduFrance à la différence des grandes écoles qui recrutent beaucoup à létranger déjà pour les MBA notamment) en leur proposant de venir présenter leurs programmes à Bangalore
Enrichir la connaissance du bureau EduFrance sur la vie universitaire, sur les possibilités de cours de français sur place (Centre dauto-apprentissage, Centre de langues)
Programmer une présentation du cours à lAlliance (environ 1 mois avant) dont le contenu serait : lAFB, EduFrance et les aspects administratifs, le cours et son programme
Faire un affichage spécifique de présentation du cours dans les écoles et universités de Bangalore (à coupler avec la publicité sur la présentation à lAlliance)
Et toute autre idée survenant en cours de communication
Mon rôle a consisté à réfléchir avec la responsable EduFrance à la stratégie de communication du cours, à suivre sa mise en place (et réajuster au besoin) et à exposer les activités de lAlliance lors de la réunion de présentation dans les locaux. La mise en uvre de la stratégie a été de la responsabilité du bureau EduFrance.
Tout au long de mon stage, jai pu prendre connaissance et participer au fonctionnement du Desk EduFrance. La responsable ma tenu informé de lavancé de tous ses projets. Jai pu donné mon avis sur certains. Cette mission créée en 1998 relève directement de lAttaché de coopération universitaire de lAmbassade. Par contre, les bureaux EduFrance hébergent les Alliances Françaises et ont un budget propre. Dans le cas du Desk de Bangalore, la responsable est une professeure de lAlliance qui considère son travail en étroite collaboration avec le directeur avec qui elle partage ses décisions qui engagent par ailleurs souvent lAlliance. Elle travaille aussi beaucoup avec lattaché scientifique. Jai pu vraiment assisté à une collaboration réussie entre les missions de coopération linguistique, scientifique et universitaire. En fédérant autour delles les autres missions de coopération, les Alliances trouvent ainsi des moyens dune plus grande visibilité, dune image renouvelée (la France universitaire et scientifique), montrant une autre image de la France, plus dynamique et contemporaine.
4. Formation continue des professeurs
Conformément aux demandes institutionnelles, lAlliance de Bangalore a mis en place un plan de formation continue. Dans la version 2005, on retrouve différents éléments qui tiennent compte des analyses effectuées au fil du temps depuis les orientations définies en 2003 :
la problématique du français adapté aux nouveaux publics repérés,
la remise à niveau des professeurs en ce qui concerne la diversité culturelle de la France contemporaine,
le besoin dapprendre à construire des cours spécifiques pour élargir la palette doffre de cours,
la formation de traducteurs,
la formation à la rencontre interculturelle,
le projet phonétique
Trois axes prioritaires sont définis par le directeur : linterculturel, les nouveaux médias / nouveaux publics et le développement de la palette de cours.
Ma participation sest concentrée sur deux points en lien avec les besoins définis par la coordinatrice des cours : le cours en entreprises et le projet phonétique. Pour le cours en entreprises, je présente les séances de formation mises en place puis je donne une analyse plus globale du développement de nouveaux services et de la formation des professeurs liés dans une « perspective co-actionnelle ». Pour le projet phonétique, je pars dune analyse globale toujours en terme de développement pour lAlliance pour ensuite faire une proposition de travail avec les professeurs.
Formation mise en place
Faisant suite à lenquête et à lanalyse réalisées dans le cadre de mon mémoire sur le management interculturel, jai mis en place un temps de formation pour les professeurs intervenant sur les cours en entreprises de lAlliance. Le sujet de mon étude avait été défini par anticipation de besoins de lAlliance de Bangalore (demande du directeur) et par choix personnel dune problématique liée à la gestion et au management en contexte multiculturel puisque je souhaite par la suite travailler en tant que cadre dans la coopération.
Mon intervention dans la formation continue des professeurs sest inscrite dans la suite du travail déjà réalisé par le directeur et une stagiaire de maîtrise FLE :
formation aux descripteurs culturels traditionnellement utilisés en management interculturel,
formation à lapproche interculturelle (de lethnocentrisme à lethnorelativisme).
Les professeurs présents avaient tous une expérience du cours en entreprise, soit en tant quacteur, soit en tant quobservateur. Le matériel élaboré est conséquent et présente des perspectives très différentes :
de type épiculturel avec des exposés de données,
et de type interculturel avec des activités sur les représentations croisées, sur les actes langagiers de survie.
Le travail que jai mis en place a donc consisté à :
faire le point sur les pratiques des uns et des autres sur la base du programme de cours de SG Software (cf. annexe 11),
prendre conscience du type dapproche mise en place en fonction du matériel utilisé et des effets visés à partir du modèle théorique élaboré par Puren, ce qui a permis de situer chaque pratique en fonction des actions sociales de référence visées,
recenser et améliorer le matériel existant, notamment le dossier distribué aux stagiaires
dégager des perspectives nouvelles.
Lanalyse collective a mis en évidence les points suivants :
ladéquation ou linadéquation des différentes entrées didactiques retenues pour chaque cas de cours dentreprise,
le piège du feedback immédiat qui amène les entreprises à demander des réajustements immédiats selon les désirs de leurs employés, preuve dune méconnaissance de la formation, dun manque de définition dobjectifs clairs et opérationnels,
le retour quasi systématique à une présentation édulcorée de la France ou centrée sur un contenu trop caricatural,
lAlliance devrait inscrire à terme son action dans une « perspective co-actionnelle »1,
la nécessité pour les professeurs denrichir leurs connaissances des entreprises internationales présentes à Bangalore.
Les cours en entreprises : vers une perspective co-actionnelle
Selon moi, lAlliance Française est bien placée pour démontrer aux entreprises de Bangalore avec lesquelles elle travaille quil existe de meilleures réponses pour leurs problèmes de management interculturel. Les apports sur lart de la table en France et les manières de shabiller sont utiles mais ne sont pas efficaces si lobjectif est davoir des employés performants dans leurs relations professionnelles avec des étrangers. LAlliance doit être claire avec les entreprises sur lefficacité des moyens choisis. Elle doit cependant répondre à la demande (principe du décideur payeur) tout en indiquant que dautres solutions seraient plus intéressantes sur le long terme. Elle doit se placer dans ce marché en expansion comme intervenante et comme force de propositions. Par contre elle ne doit pas se laisser aller à une présentation stéréotypée de la France risque encouru avec certains supports trop peu contextualisés qui sont utilisés (cf. plus haut mon commentaire sur loffre de cours).
De façon globale, il est indispensable pour lAlliance Française de mettre en avant son expertise dans le domaine en développant des réponses plus adaptées aux besoins très hétérogènes des entreprises :
analyse de pratiques,
enquête sur les cultures des entreprises,
accompagnement des employés dans leurs déplacements en France,
rencontres interculturelles,
élaboration de procédures adaptées aux contextes de travail etc.
Tout est à développer en fonction des demandes et des contextes. Il sagit donc dintroduire une approche contextualisée daccompagnement des agents en situation, dans leurs réalités (formation permanente et individualisée) dans une perspective co-actionnelle cest-à-dire en agissant avec lautre. Lorientation à choisir nest pas forcément celle dune préparation au départ : cela peut aussi être un accompagnement pendant la réalisation du projet à létranger et/ou une analyse des situations vécues au retour.
Nécessité du développement de loffre de cours
Pour développer des solutions performantes, il faut connaître parfaitement le contexte. Un temps denquête est donc nécessaire avant la proposition dune solution. Habituellement, plusieurs temps de rencontre avec des responsables de lentreprise sont organisés avant le début dun cours mais généralement tout se fait très vite. Je parie quune entreprise serait prête à payer plus cher un service rigoureux, ambitieux, engageant une recherche de résultats.
Ce service comme tous ceux qui pourraient être élaborés doivent faire lobjet dune tarification et dune communication spécifiques. LAlliance pourrait mettre en place un premier service qui sappellerait par exemple « service dexpertise » (Consulting Service) qui correspondrait à un package dheures passées dans lentreprise pour analyser le contexte, déterminer les besoins spécifiques et concevoir des réponses appropriées (cf. annexe 13). Ces réponses se traduiraient en une offre de plusieurs services tarifés que lAlliance pourrait effectuer : analyse de pratiques (Supervision), offre de cours (French Cultural Course, Cross Cultural Course), accompagnement (Coaching) etc. Les situations seraient ainsi sériées pour offrir une efficacité, une qualité et un confort de travail.
Lidée dun accompagnement me semble une solution intéressante dans le cas de SG Software. A première vue, cest une solution coûteuse puisquil faut payer un séjour en France à un professeur (mais est-ce un coût si important pour une telle entreprise ?). Quoi quil en soit lanalyse du contexte peut permettre de trouver dautres solutions : en effet, la même perspective de préparation culturelle se met en place en France. Le responsable des ressources humaines de SG Software de Bangalore a notamment réalisé un séjour à Paris pour lancer la première session de formation des français qui se préparent à une mission à Bangalore. Dans ce cas, le service daccompagnement des français à Bangalore pourrait être assuré par un professeur de lAlliance à Bangalore, et un professeur de lAlliance de Paris où autre structure partenaire à trouver pourrait assurer laccompagnement des indiens à Paris.
Les problèmes matériels sont facilement solvables à partir du moment où lon est convaincu de lefficacité à long terme dune telle perspective.
La formation des enseignants : vers une perspective co-actionnelle
Ces réflexions portées à la suite des échanges avec les professeurs trouvent leur place dans ce chapitre étant donné que les acteurs dun tel projet doivent être selon moi les professeurs de lAlliance. Cette adaptation de loffre de services (et non simplement de cours) aux nouveaux publics (clients) et besoins de Bangalore (entreprises internationales) implique de la part des professeurs une formation spécifique. Les demandes sont parfois assez précises (par exemple, les relations de travail dans une entreprise dinformatique en France). Cela renvoie les professeurs à leurs propres limites (méconnaissance des différentes entreprises, du management etc.). On retrouve une réflexion propre au FOS : spécialiste de la discipline vs spécialiste de lenseignement ? Certaines agences de consulting ne se posent pas cette question : leurs spécialistes dentreprise simprovisent spécialistes de lenseignement ce qui a pour conséquence une profusion dapproches culturalistes totalement inadaptées. Il ne sagit pas que lAlliance Française tombe dans le même piège mais quelles sentourent des personnes compétentes comme elle le fait déjà et que son personnel se forme. On peut considérer que lidéal consiste à réunir les deux spécialistes sur le cours. Cette solution est cependant coûteuse. Je pense que la formation des enseignants doit de toute façon se développer dans ce sens à lAlliance.
Une formation en amont est nécessaire avec laide du poste sur la conception de curricula selon une démarche FOS puis sur les contenus propres au secteur professionnel de Bangalore concerné (informatique essentiellement). Il ne sagit pas de former des experts mais plus de donner des connaissances générales aux professeurs sur les secteurs concernés. Il faut renforcer leur connaissance de léconomie française, de la diversité des secteurs professionnels de pointe en France et du droit des entreprises. Cette formation est à faire en comparaison avec lInde et Bangalore. Elle peut être réalisée dans le cadre de la transformation de la médiathèque en centre de ressources sur la France contemporaine.
En outre, on peut ne rien comprendre aux objets techniques réalisés par des personnes et être à même de les faire travailler sur un synoptique, sur un protocole de communication et déchanges dinformation. A lopposé, lanalyse de pratiques est ce qui a priori pose le moins de difficulté pour un professeur, cependant lart de questionner et danalyser des situations sapprend aussi. Une formation peut être envisagé pour chaque service proposé pour les entreprises.
Le développement de ces nouveaux services aux entreprises doit être le fruit dune dynamique de recherche collective des professeurs, de formation interne (en utilisant les ressources des uns et des autres), dautoformation par des lectures à proposer et de formation externe (dans les domaines manquants). Il ne sagit pas de faire appel selon moi à des spécialistes qui viendraient exposer leurs savoirs mais que les professeurs se forment ensemble en développant les services. La coordinatrice des cours et le directeur en seraient les maîtres duvre. La finalité même du projet consiste à avoir des professeurs capables de réaliser les enquêtes dans les entreprises et à proposer des solutions. Autant travailler en formation continue de la même manière. Comme dit le forgeron : « Cest en lisant quon devient liseron. » Il sagit en formation continue des professeurs comme avec les entreprises davoir une approche co-actionnelle. Le développement de loffre est en même temps lobjet et le moyen de formation : les professeurs vont se former en enquêtant dans les entreprises. Loffre de formation continue doit les y préparer et compléter leur formation.
Projet phonétique : propositions de travail
Ce projet de travail a été souhaité par le BCLE dans les orientations linguistiques définies en 2003 (cf. chapitre 2). Le constat depuis na pas changé : trop détudiants fossilisent des erreurs de prononciation. Plusieurs positions existent à ce sujet. Tant que les erreurs ne gênent pas la communication, toutes les prononciations et tous les accents sont acceptables : ils colorent agréablement la langue et sont un indice que la langue est un objet vivant. Luniformisation signifierait la mort de la langue. Cependant de nombreuses erreurs de prononciation perdurent voire se fossilisent alors quelles pourraient être évitées. A un niveau avancé on considère souvent quil faut sexprimer dans un français en ayant le moins de trace possible de la langue première. Dans une méthodologie maintenant dépassée ( ?) on considérait que lapprenant de LE ne pouvait sexprimer quà partir du moment où il maîtrisait parfaitement la prononciation académique. En outre, une question se pose : Peut-on en faire une condition de passage dans un niveau supérieur ? En faire un critère dévaluation dans un examen oral ?
Dautres considérations nous semblent intéressantes dans les perspectives de développement de lAlliance. Lexternalisation de services par téléphone en Inde (les « Call Centers » de Bangalore en fonctionnement 24h/24) sest accompagnée dun enseignement de différents accents de langlais pour donner limpression au client quil téléphone à sa banque au coin de la rue. Les employés sont formés à jouer avec ces accents et les apprennent dans des formations intensives en quelques heures. Les centres dappel en français quant à eux sinstallent plutôt en pays francophone africain comme cest le cas à Madagascar. LAlliance Française a été approchée par une société qui cherche à embaucher un traducteur pour traduire les procédures de « Call Center » de Bangalore pour Madagascar. Le cas du français en Inde pourrait cependant devenir réalité dans des délais assez rapides. Aussi pour lAlliance il peut être intéressant de faire en sorte dêtre prêt le jour où le besoin sera réel parce quelle sera le premier centre sollicité. Il convient cependant davoir laval des tutelles françaises avant de se lancer à lassaut dun marché politiquement délicat (le BPO ou Business Process Outsourcing est une délocalisation des emplois).
En outre, il est intéressant de se questionner sur les moyens à mettre en uvre pour enseigner une langue parlée avec une prononciation moins marquée par laccent de la langue locale notamment lorsque quau fil du temps on retrouve les mêmes erreurs. Certains enseignants ont un accent indien très fortement prononcé quils transmettent peut-être par mimétisme à leurs élèves. Aussi, il apparaît important de régler la question.
Pour avoir repérer les erreurs au fil du temps, le directeur commence à avoir une analyse précise des besoins. Dans le cadre de la formation continue, il a fait une présentation de la phonétique dun point de vue théorique et analytique : approches correctives notamment verbo-tonale, type dexercisation ludique pour aborder les aspects mélodiques etc. Il est temps selon lui de passer à une phase suivante. Le BCLE proposait en 2003 lidée dun manuel à lintention des professeurs. La coordinatrice pédagogique propose quune personne travaille sur ce sujet, élabore un programme et assure lenseignement de la phonétique dans toutes les classes. Pour ma part, je crois que cest plus complexe, quil faut étudier la situation avec tous les enseignants et pas confier le projet à une seule personne parce quil est nécessaire de poursuivre plusieurs pistes conjointement. Etant donné linsistance de la coordinatrice, jai accepté de mettre par écrit mes réflexions.
Il ma été très difficile de proposer une approche ciblée étant donné le manque déléments à ma disposition. La phase danalyse doit se faire rigoureusement sur la base dobservations notées par les professeurs, le directeur, la coordinatrice, les élèves (?) par exemple à partir dune grille dobservations à remplir quélaborerait le directeur (personne la mieux placée pour ce travail). Mes propositions à moi ne peuvent donc être que des idées livrées en vrac et non une réflexion mûrie et argumentée. Jai notamment des questions sans réponses qui méritent dêtre réglées avant de se lancer plus avant dans une élaboration de matériel didactique :
Est-ce un problème doutils ?
Faut-il chercher du côté des professeurs qui enseignent leurs propres erreurs ? Dans ce cas il faut commencer par une remédiation avec les professeurs.
Est-ce un problème de mauvaise utilisation voire de non utilisation du matériel existant ?
Je vais expliquer ma position, guide du travail que je propose ensuite pour lélaboration en formation continue (cf. annexe 14). Il faudrait étayer cette position sur un plan théorique, chose que je ne peux matériellement pas faire (manque de temps).
Dun point de vue méthodologique, je pense quil faut à la fois un travail global et un travail analytique, en écoute et en production, et donc que cet apprentissage nécessite plusieurs médiations comme :
les exercices de discrimination, de répétition, de repérage des sons et des mots,
le travail sur la mélodie : repérer et imiter des intonations, accents toniques, intensité, liaisons, groupes de souffle, rythme, hauteur, timbre,
les jeux de langue sous forme dexercices ou de jeux de rôles : repérer et imiter les différents accents, répéter une même phrase selon des consignes différentes, jouer des personnages selon un critère (parlé pointu, nasal), virelangues, joutes verbales, registres de langues, de prononciation, jeux sur lintensité, la hauteur, le rythme,
le théâtre : voir des pièces et pratiquer le jeu théâtral,
le chant : écouter et chanter, modifier une mélodie, inventer une chanson etc.
Une approche complète doit aborder les différents niveaux suivants :
le son et le mot avec un travail de conscientisation phonologique,
la phrase avec le travail sur la mélodie,
le texte avec une pratique du chant (et pas danalyse de textes de chansons qui sert un autre objectif),
le contexte dénonciation qui se caractérise par un ou plusieurs registres de langue, états desprit, accents, humeurs, intonations, hauteurs, intensités etc.
Les trois premiers niveaux sappuient sur une exercisation assez scolaire, facile à mettre en uvre dans le cadre de la classe traditionnelle, et, à la maison ou au coin écoute du centre de ressources pour un travail en autonomie. Un matériel abondant existe. LAlliance peut effectivement élaborer un manuel selon une progression adaptée incluant des exercices sur les sons, la mélodie, des jeux de langue, des chants, un ensemble cohérent dactivités ludiques, que lon peut concevoir pour une utilisation en auto-apprentissage. Pour une approche corrective, le cadre de la classe semble quand même à un moment donné incontournable.
Si lon souhaite introduire le niveau du contexte dénonciation, ce qui selon moi constitue une piste indispensable, il faut forcément revenir dans le cadre dun travail de groupe. Le manuel peut inclure des jeux des rôles présentant des situations centrées sur un travail mélodique cest-à-dire sur les attitudes para-verbales et non-verbales. Par ailleurs je trouve intéressant de proposer aux étudiants de travailler sous une forme différente qui ne mette pas laccent sur la difficulté mais sur un projet à réaliser ensemble. La mise en place dune chorale, le montage dune pièce de théâtre, le tournage dun court métrage en français sont des médiations motivantes et formatrices qui provoquent des acquisitions de manière inconsciente. Elles ne peuvent cependant être envisagées quen parallèle de la classe telle quelle existe à lAlliance. Seuls des professeurs motivés peuvent travailler ainsi. Ces activités extra-scolaires peuvent par exemple être réalisées comme activités de médiathèque (lecture hebdomadaire à haute voix de textes littéraires, joutes verbales de virelangues etc.). Toutes ces activités qui font la vie dun établissement contribuent plus quon ne le croie à rendre capable les étudiants dune bonne prononciation.
Je propose donc de mettre tout le monde au travail dans le cadre de la formation continue en programmant des étapes de valeur de temps et de modalité différentes (cf. annexe 14).
5. Autres missions
Parmi les dossiers proposés par le directeur, certains nont pas nécessité de ma part un investissement important en temps et énergie. Cest le cas de la préparation de la tournée Thierry Grégoire. Son organisation pour toute lInde était de la responsabilité de lAlliance de Bangalore. A mon arrivée, il sest agi de définir un synoptique de travail, de programmer la rotation en Inde, dobtenir lassentiment des autres AF dInde et enfin de diffuser linformation. Le programme a été calé sur la solution pratique la moins fatigante pour la troupe (plan de vols adéquat) et ensuite linformation a été diffusée. Jai fait des mises au point régulières avec la coordinatrice culturelle surtout mais cest elle qui a organisé concrètement la tournée. Les questions que nous avons réglées ensemble ont permis de définir la manière de travailler (le choix de demander lavis des AF ou de faire une proposition ferme par exemple) et dajuster au fur et à mesure. Pour la suite, je ny ai pas assisté puisque la tournée a lieu en décembre.
Des propositions dévénements culturels arrivent presque quotidiennement. Tout au long du stage, avec le directeur et/ou la coordinatrice, nous avons discuté des choix nouveaux qui soffraient. Je ressens pour ma part la nécessité dune meilleure visibilité densemble mais sans avoir eu le temps de travailler sur les moyens de sa mise en place. Aussi ma contribution a été détudier et commenter les propositions en fonction de léthique et létiquette maison à tenir sans vision précise et cohérence densemble, que peut-être une personne qui travaille sur ce poste peut avoir sans outil particulier. Cependant il me semble que cest nécessaire étant donné la masse dévénements (110 en 2004). Par ailleurs, pour travailler avec les partenaires, un outil intéressant pourrait consister en un mode demploi décrivant les tâches de chacun.
Jai été beaucoup impliqué dans le secteur pédagogique parce que cétait une actualité de lAlliance, que javais les compétences pour répondre aux demandes et que lun des cours correspondait à un terrain denquête pour mon mémoire interculturel. Aussi le pédagogique est surreprésenté dans mon activité et mon rapport de stage. Cependant, par rapport aux missions prévues, le cours de français de lhôtellerie au Taj na pas nécessité ma collaboration. Cétait une demande de la directrice des cours à mon arrivée parce quelle ne trouvait pas de professeur mais finalement quelquun sest proposé, a conçu le cours et la mis en place. La réflexion sur la place de lauto-apprentissage dans loffre de cours de lAlliance na pas pu avancer beaucoup faute de temps et je le regrette. Ma contribution a consisté en des échanges de point de vue avec la coordinatrice des cours, le médiathécaire ou le directeur.
Avec le médiathécaire, nous avons réfléchi au projet de transformation de la médiathèque en centre de ressources pour lequel lAFB reçoit enfin une subvention. Ne connaissant ni le montant, ni les éléments dévolution financés, nous navons pu émettre que des idées :
réaménagement de la salle pédagogique, en la dotant notamment dun ordinateur pour les professeurs,
création dun bureau pour accueillir les stagiaires,
aménagement dune salle réservée uniquement au stockage (à ce jour, deux lieux existent dont la salle pédagogique qui gêne lutilisation du lieu par les professeurs),
création dun accès spécifique pour la salle audio-visuelle qui sert aussi de salle de classe (laccès actuel se fait par la médiathèque, ce qui pose des problèmes pendant les horaires de fermeture du lieu),
nécessité dun règlement intérieur rigoureusement respecté,
mise en valeur et utilisation des ressources existantes sous-exploitées (par exemple, programmation hebdomadaire démissions de TV5),
acquisition dordinateurs et développement de laide à la recherche, dutilisation de ressources en ligne (France contemporaine, pédagogie).
Dans cette perspective de développement du centre de ressources, jai proposé un portail de la médiathèque en ciblant les usagers du lieu. Une première réalisation à améliorer donne la possibilité davoir accès à différentes ressources dInternet en français et/ou en anglais. Mon choix a consisté à cibler quelques ressources pour quelques usagers, préférant la qualité à lexhaustivité. Le médiathécaire doit encore travailler un peu sur la base que jai proposée et obtenir avant laval de certaines instances (dont le bureau du CEDUST, le bureau dEduFrance etc. pour les autorisations dutilisation de logos). Pour réaliser ce portail, jai établi un cahier des charges convaincu de limportance de cibler les ressources et le public visé. En outre, je me suis inspiré du principe de portail des parcours pédagogiques de franc-parler.org (conçu par le CIEP).
Conclusion
Quelle image de la France ?
Parfois, limage de la France projetée à létranger se trouve en décalage avec la réalité. Sappuyant sur ses acquis traditionnels (tourisme, gastronomie, cosmétique, mode, aéronautique
), les diffuseurs de diversité culturelle française devraient évoluer dans une optique de réactualisation et de révélation de ce qui est méconnu de la France (biotechnologie, énergie, universités publiques, informatique, santé, infrastructures, protection sociale
). Cest ce quindique un rapport commandité par la Maison de la France en 2000 qui propose en conséquence un cadre dorientation pour action :
« Inverser la perspective du passé vers le futur »
« Retourner le repli sur lexception en avancée à explorer à plusieurs »
« Passer du rôle de défenseur isolé et incompris dun monde menacé de disparition à celui de promoteur et co-inventeur dun modèle du futur amendé et amendable »
A lheure où certains font lanalyse dune « société mécontemporaine », il est important de définir des stratégies de communication de limage de la France et surtout les contenus de cette image. Les perspectives dégagées par le rapport cité précédemment me semblent incontournables pour qui souhaite proposer une France contemporaine en mouvement. Diffuseuse de la France à Bangalore, lAlliance Française sinscrit dans ce mouvement : dynamique de projet, développement de ses potentialités, adaptation au contexte, réaction aux événements. La coopération entre missions linguistique, culturelle, universitaire et scientifique prend une forme réelle et devrait samplifier. La mission économique devrait pouvoir sintégrer dans cette entreprise qui permettrait justement dallier la force historique de la langue et de la culture avec la vigueur de léconomie française.
Le rôle dun établissement culturel et linguistique français est certes de diffuser la diversité linguistique et culturelle française et francophone. Il sinscrit cependant dans une mission plus large de coopération et de développement. Le réseau des établissements culturels et linguistiques sera certainement amené dans un futur proche à assumer des missions de coopération de plus en plus importantes, de dimensions élargies, notamment européennes. Certes, ils ne sont pas les seuls diffuseurs mais létendue de leur réseau les place en première ligne.
Mon expérience à lAlliance Française de Bangalore a confirmé mon désir dêtre partie prenante de laction de coopération et de développement de la France que je conçois comme complémentaire de mon service en France à lEducation Nationale. Deux mois est une durée bien courte pour percevoir la complexité de la vie dun établissement compte tenu du synoptique annuel du directeur. Dans mon analyse de lAlliance Française de Bangalore, jai essayé de tenir compte du contexte, mais jai aussi voulu donner à mon propos une dimension plus générale, parfois idéaliste. A lissue de cette expérience, jai acquis la conviction (et ce serait le point fort de mon stage sil en fallait un) que lexercice de la direction dun établissement exige un sens aigu des réalités et un dosage savant de pragmatisme et dambition.
Annexes
Annexe 1 : Fiche de mission personnelle
Annexe 2 : Les Indiens jouent la carte de la matière grise, D. Bari, LHumanité
Annexe 3 : LInde une nouvelle Chine ?, R. de Rochebrune, Jeune Afrique
Annexe 4 : Liste de dossiers mis à ma disposition
Annexe 5 : Evolution des objectifs de lAlliance de Bangalore entre 2003 et 2004
Annexe 6 : Evolution des objectifs de lAlliance de Bangalore entre 2004 et 2005
Annexe 7 : Résultats des questionnaires de lenquête marketing 2005
Annexe 8 : Entretiens avec les étudiants - Cours de préparation à luniversité française
Annexe 9 : Parcours de formation individuel - Cours de préparation à luniversité française
Annexe 10 : Programmation du travail collectif - Cours de préparation à luniversité française
Annexe 11 : Programme « French Cultural Course de SG Software »
Annexe 12 : Les composantes dune compétence culturelle
Annexe 13 : Proposition de service dexpertise en entreprise
Annexe 14 : Formation continue en phonétique
Annexe 1
Fiche de mission de Fabrice PEUTOT
à lAlliance française de Bangalore
Cf. convention de stage du 1er juillet au 30 août 2005
Principes du stage :
Le stagiaire sengage à adopter les positionnements personnel et professionnel correspondant aux fonctions quil souhaite exercer à lavenir, qui sont, selon sa lettre de motivation, lobjet de son stage à lAFB. Il sengage donc à respecter la plus entière confidentialité sur toutes les informations orales et écrites qui seront mises à sa disposition. Il sengage également, dans le cadre de ses relations avec lensemble des personnels de lAlliance française, les membres et les partenaires pédagogiques et culturels, à faire preuve de la prudence et de la discrétion nécessaires à un cadre en situation de responsabilité.
Le stagiaire nest pas autorisé à prendre de décision hors du domaine précis des responsabilités qui lui sont confiées ou, dans ses domaines de responsabilité, sans autorisation du directeur de lAlliance.
Objectifs du stage :
- Découverte du fonctionnement dune Alliance française dans les différentes dimensions de son activité en tant quassociation et au sein du réseau culturel français en Inde : activités pédagogiques, culturelles, institutionnelles.
- Découverte des responsabilités du Directeur d'établissement culturel français à l'étranger de type Alliance Française (apports théoriques) : gestion, gestion des ressources humaines, impulsion, représentation, animation culturelle, animation pédagogique etc.
- Plusieurs dossiers dans ce domaine, prévus dans le plan de travail de létablissement, seront plus particulièrement confiés au stagiaire, en particulier pendant l'absence du Directeur pour congés annuels, du 15 juillet au 18 août 2005 :
Le développement et lanimation de la formation continue des professeurs, dans le domaine interculturel et de culture française, selon le plan de formation élaboré pour 2005 (en collaboration avec Mme Anuradha Narayan, coordinatrice pédagogique
Le rayonnement de la langue et de la culture françaises, dans lAlliance française, par le moyen de la médiathèque (en collaboration avec M. Rahul PUTTY, médiathécaire)
Le montage dune tournée culturelle pour le réseau des Alliances françaises en Inde : Thierry Grégoire et les Ambassadeurs, en collaboration avec la coordinatrice culturelle de lAlliance française, Mlle Priyamvada Majumdar
La préparation dune stratégie de communication pour le lancement dun cours de Préparation à lUniversité française pour étudiants indiens (en collaboration avec Mme Vidya Suresh, responsable du Bureau Edufrance à Bangalore.
Le stagiaire soutiendra en outre la coordinatrice des cours de l'Alliance dans l'adaptation de l'offre de cours de l'Alliance française aux riches potentialités de la ville de Bangalore, actuellement en pleine évolution:
- Enseignement du français sur objectifs spécifiques à des étudiants se préparant à entrer à luniversité française.
- Conception dun cours de français sur objectifs spécifiques pour la chaîne hôtelière Taj.
- Réflexion sur les outils dauto-apprentissage mis à la disposition des étudiants (pour lapprentissage individualisé en autonomie et pour la remédiation.
Le stagiaire assurera également les affaires courantes (suivi du courrier et des messages électroniques etc.) suivant les principes évoqués plus haut. Il assurera les contacts avec le Directeur pendant sa période de congés en France, sous la responsabilité de la coordinatrice culturelle de lAlliance, remplaçante officielle du Directeur.
Le stagiaire ne touchera aucune rémunération.
Lu et approuvé
Le stagiaire Le Directeur
Annexe 2
Les Indiens jouent la carte de la matière grise
Le pays est devenu un poids lourd dans le secteur des technologies de l'information. La ville de Bangalore concentre 35 % de cette industrie.
Article paru dans LHumanité, édition du 5 juin 2004de Bangalore, par Dominique Bari, envoyée spécialeLes lieux peuvent évoquer dans notre imaginaire les jardins d'Eden.Electronic City, à 20 kilomètres de la ville de Bangalore, capitale duKarnataka au sud de l'Inde, sur le plateau du Deccan, s'étend sur 200hectares de verdure. Gazon vert gourmand, flamboyants, banians, agrémententl'environnement du pole technologique le plus célèbre du pays. La SiliconValley indienne y jette tous ses feux. Nous sommes dans le sanctuaire de l'Inde qui brille et qui gagne. Celle que vantait le BJP, le parti de l'ex-premier ministre Vajpayee, dans son slogan de campagne avant d'êtrebrutalement rappelé par les résultats électoraux à la terrible réalité dupays profond. Pourtant, Bangalore n'est pas un mirage, ou tout au moins pasencore à moins que la bulle informatique n'éclate sous les aléas d'uneglobalisation toujours plus avide de profit.Electronic City abrite 75 sociétés de services et d'ingénierie informatiques (SSII), sans oublier des multinationales comme Texas Instruments,Hewlett-Packard ou IBM. Bangalore a également vu naître une industrieindienne du logiciel, incarnée par des géants comme Infosys et Wipro, quiemploient des dizaines de milliers de personnes et qui ont annoncé enfanfare en début d'année un chiffre d'affaires dépassant le milliard dedollars chacun. En cinq ans, la cité-jardin a conquis 15,2 % du marchémondial de logiciels fabriqués à la demande.Avec près de 700 000 employés dans ce secteur, l'Inde est devenue un poidslourd des technologies de l'information (IT) et Bangalore concentre 35 % decette industrie. Pour recruter les ingénieurs dont elle a besoin pour sesrecherches, les chasseurs de tête d'Infosys n'ont qu'une rue à traverser.Face au siège de l'entreprise est venu s'installer l'Indian Institute ofInformation Technology (IIIT), conduit d'une main de maître par leprofesseur Sadagopan à la fois centre de formation de haut niveau et pole derecherche et de développement. " Nous avons pour objectif prioritaire dedévelopper la marque Inde dans le monde ", assure le directeur. " Quand vousdites IT vous devez obligatoirement penser Inde. " Les buts sont semblablesdans cette autre pépinière qu'est l'université de l'Indian Institute ofSciences (IIS). Chaque année, elle publie 1 500 articles de recherchefondamentale. Ses laboratoires, parmi les mieux équipés du pays, luipermettent de participer à plus de 200 programmes de recherche appliquéeavec des entreprises publiques et privées dans des domaines aussi pointusque l'énergie atomique ou les biotechnologies. Mais les choses ont changéces dernières années : ces cerveaux sont désormais happés sur place par lesfirmes internationales. Auparavant ils recevaient quasi simultanément leursdiplômes et leurs billets d'avion pour la Californie. Ils sont désormaisembauchés au pays par ces mêmes firmes à un salaire de cinq à six foismoindre que leurs confrères américains ou européens.La délocalisation des services (outsourcing) est la cause de ce phénomènedont bénéficie l'Inde qui compte plus de 3 000 SSII. Au début des annéesquatre-vingt-dix, bon nombre de grandes entreprises américaines, pousséespar la rentabilité, ont transféré leurs centres d'appel ou de saisie dedonnées, des activités d'infogérance, à savoir des opérations pouvant êtreeffectuées à distance via les réseaux informatiques et télécoms en Inde. Qu'elles soient internes à l'entreprise (comptabilité, maintenanceinformatique) ou externes (traitements d'assurances, transactions bancaires,relevés de cartes de crédit, etc.). " Mêmes des hôpitaux et laboratoires d'analyses médicales britanniques ont recours à leurs collègues indiens. Lesprélèvements sont apportés par vols spéciaux et les résultats sont renvoyéssur le Net ", confie ce consultant de Bangalore.Au fil des années, les multinationales ont poussé plus loin le phénomène ditde l'" offshore " et ont misé sur les centres de recherche locaux pour ydévelopper des nouveaux produits comme des puces, trouvant en Inde desdiplômés qualifiés pour le high-tech et anglophones. Des parcs detechnologie des logiciels ont fleuri dans dix-huit villes du pays. Mumbai,Bangalore, Delhi et ses environs, Hyderabad et Chennai sont toutes devenuesd'importants centres de l'informatique où se côtoient sinon s'enchevêtrentdes entreprises d'origine nationale devenues multinationales telles queInfosys, Satyam, Wipro Technologies ou Tata et les filiales indiennes desociétés multinationales." Des équipes sur plusieurs sites travaillent sur le même projet en Europe,en Inde ou aux États-Unis, explique un ingénieur d'une firme américaine quipréfère garder l'anonymat. Avec le décalage horaire, le projet est à l'étude24 heures sur 24, c'est un gain de temps inestimable. "Une visite de Bangalore et de ses parcs technologiques revient quasiment àfaire l'inventaire de toutes les grandes firmes qui existent. Principalementaméricaines, IBM, Oracle, Intel, Microsoft, Hewlett-Pakard, GeneralElectric, Honeywell, Texas Instruments, Yahoo, Google. Une implantationtelle, facilitée par la maîtrise de l'anglais, qu'on s'émeut aujourd'hui auxÉtats-Unis en pleine campagne électorale sur les pertes d'emplois. On parlede 800 000 dans le cadre de l'outsourcing. Au point que le Sénat a proposéune loi restreignant la délocalisation des opérations du gouvernementfédéral à l'étranger.Plus discrètes mais aussi efficaces, les sociétés françaises ont aussi prispied dans ce système. " Faute d'études précises, le poids réel de l'"offshore programming" en France est évalué à moins de 5 % des contrats deprestations informatiques, déclarait l'an passé le MUNCI (Mouvement pour uneunion nationale des consultants en informatique). Ce qui nous place encoreloin des 40 % affichés aux États-Unis. La tendance serait toutefois aurattrapage. " Propos que ne tempère pas Philip J. Jennings, secrétairegénéral du syndicat United Network International, pour qui il est acquis quel'industrie financière européenne va délocaliser un million d'emplois à plusou moins brève échéance. Pour sa part, Cap Gémini Ernst & Young (CGEY), quiemployait déjà 1 500 personnes à Mumbai, a annoncé un nouveau site de 500salariés à Bangalore. Mais si son président Paul Hermelin clame ouvertementque " les SSII connaîtront un scénario de délocalisation comparable à celuides entreprises textiles ", l'ensemble des entreprises répugnent à dévoilerl'étendue de leurs activités indiennes. Les informations tombent par bribes.La Société générale a créé une filiale, SG Software Asia, qui a mis en placeun centre de logiciels de 200 employés à Bangalore. Schneider Electric et laSNECMA ont installé des centres de recherche, Thomson a racheté 45 % desparts de son sous-traitant indien, Celstream. Décathlon, Volvo ont recours àl'infogérance. Selon la revue francophone Indes publiée en France, AtosOrigin, partenaire IT pour les jeux Olympiques, devrait en trois ansaugmenter le nombre de ses salariés. Sa filiale à Mumbai emploie déjà 600personnes. Quant à Axa, sa filiale Axa Business Service aurait pour projetde délocaliser le développement informatique de même que les processusfinanciers et comptables de toutes les sociétés du groupe. " À l'origine,son bureau de Bangalore ne comptait que quelques dizaines de salariés. Ilssont aujourd'hui plus de mille ", confirme un syndicaliste du groupe.De leur côté, les sociétés indiennes ont pris en compte le marché françaisLes sociétés de IT, Infosys, Wipro ou Tata Consultancy Services (TCS) ontpris pied dans l'Hexagone. Tata a déjà décroché des clients clés comme laBNP-Paribas et Wipro multiplie des alliances avec des sociétés françaises ouen achetant des sociétés de petite taille fournissant déjà les servicesinformatiques aux banques ou aux assurances. Infosys possède aussi un groscarnet d'adresses - qu'il ne divulgue pas - de clients français sur diversmarchés allant de la création, la maintenance. La firme surmonte l'obstaclede la langue en faisant appel à des ingénieurs indiens parlant français etla société a établi une filiale à l'île Maurice où se recrute un personnelfrancophone.À juste titre, l'Inde attend beaucoup de son développement technologique. "L'exportation des services devrait générer 24 millions d'emplois d'ici 2020", dit-on officiellement à New Delhi. Mais dans le cadre de la globalisationlibérale, la stratégie a ses risques que l'on mesure en écoutant levice-président d'Infosys. " Nous travaillons sur de gros projets au niveaumondial et européen de manière à atteindre le meilleur pourcentage detravail offshore pour des avantages de coûts ". Il dévoile en même temps quesa compagnie se tourne déjà vers la Chine et l'Europe de l'Est pour ydéplacer, éventuellement, certains emplois.À la question de savoir si Bangalore était un modèle pour l'avenir de l'Inde, les électeurs indiens ont surtout répondu qu'un tel modèle incarnaitle fossé grandissant entre une élite urbaine confortablement pourvue et despauvres misérables paysannes. Les inégalités sociales et géographiques sesont creusées. Le vote sanction des législatives ne visait pas seulement unparti mais une politique économique. Les dirigeants des deux États phares duhigh-tech indien, le Karnataka et l'Andra Pradesh, en ont fait les frais. L'un appartenait au Congrès, l'autre à une formation alliée du BJP. Sur quelsmoteurs de croissance va s'appuyer le nouveau gouvernement sorti des urnes ?Dans la ouateuse prospérité des parcs technologiques, on a tendance àoublier l'environnement ambiant. Des routes insuffisantes, une fourniture d'eau aléatoire, des coupures d'électricité quotidiennes. Bangalore ne peutcouvrir qu'à 60 % les besoins d'électricité, obligeant toutes les firmes àposséder leur propre centrale.
Annexe 3
LInde une nouvelle Chine ?
Article paru dans Jeune Afrique, édition du 26 décembre 2004
par Renaud DE ROCHEBRUNE
Croissance tous azimuts, net recul de la pauvreté, triplement du commerce extérieur, excellence des services informatiques. En dix ans, le pays de Nehru a accompli des progrès fulgurants. Au point que certains le voient supplanter à terme l'empire du Milieu. Quand, dans la Silicon Valley, aux États-Unis, un informaticien perd son emploi, le formule désormais consacrée pour évoquer l'événement, c'est : « On lui a fait le coup de Bangalore. » En d'autres termes, quand une entreprise licencie des employés en Californie, on pense qu'elle vient de décider de sous-traiter ses activités informatiques à une société de la grande cité high-tech de l'Inde, jugée plus compétitive. Assurément, l'image du deuxième pays le plus peuplé de la planète, avec 1,1 milliard d'habitants, a totalement changé en l'espace de quelques années. On ne parle plus de vaches sacrées et de bidonvilles géants pour le définir, mais de succès économiques, d'excellence high-tech et d'avenir radieux. Même si cela ne lui a pas porté chance dans les urnes, personne n'a trouvé indécent que le parti au pouvoir à New Delhi jusqu'en mai dernier, le Bharatiya Janata Party (BJP), ait choisi pour slogan lors des dernières législatives Shining India. Et quand, comme il y a quelques semaines, Rohit Panday, 23 ans, un jeune ingénieur qui a commencé à travailler après ses études dans une société de télécommunications à Bombay, affirme sans détour à un journaliste du New York Times que « d'ici à cinquante ans l'Inde sera la première puissance mondiale », son interlocuteur le prend au sérieux. Tout au plus passe-t-il pour un homme trop pressé aux yeux des sceptiques, de moins en moins nombreux d'ailleurs.
Cette récente mais immense confiance dans l'avenir de l'Inde est en effet perceptible aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays. Quand l'Association France-Union indienne (Afui) organise une journée d'études sur « les perspectives de la mutation indienne » à la fin de novembre, à Paris, elle fait salle comble, à l'étonnement même de ses dirigeants habitués aux affluences plus modestes. Et à New Delhi, l'expression à la mode aujourd'hui, c'est le feel-good factor, une formule qui évoque la certitude de nombreux Indiens de vivre une époque exaltante, celle de la fin de la pauvreté, du décollage économique, du retour de leur pays, après une longue léthargie, à l'avant-garde de la communauté des nations. Une certitude que ne risquent pas d'ébranler la plupart des commentaires des spécialistes de la prospective, comme l'Américain Clyde Prestowitz, président de l'Economic Strategy Institute, qui affirme déjà que « la seconde moitié du XXIe siècle sera celle du géant indien ».
Depuis peu, il est ainsi devenu presque trivial de présenter l'Inde comme la nouvelle grande puissance émergente qui va suivre l'exemple partout célébré de la Chine sur la voie du développement accéléré. Alors, l'Inde, une nouvelle Chine ? C'est encore trop peu pour certains qui, tout comme Rohit Panday, voient New Delhi bientôt l'emporter sur Pékin et devenir ainsi, en valeur absolue, la première puissance économique mondiale dans quelques décennies. « L'Inde peut-elle rattraper la Chine d'ici à vingt ans ? » s'interrogeaient récemment, dans la revue Foreign Policy, deux chercheurs du MIT (Massachusetts Institute of Technology) et de la Harvard Business School, l'un chinois l'autre indien, avant de répondre par l'affirmative. Tout en admettant qu'on pourrait discuter le délai nécessaire pour combler le retard, ils assuraient que les atouts de la péninsule, à terme, se révéleront supérieurs à ceux de son voisin du Nord, que tous les spécialistes voient détrôner les États-Unis au classement mondial des PNB dans les années 2020 ou 2030.
Les performances de l'Inde depuis le début des années 1990 donnent, il est vrai, du crédit aux pronostics optimistes. Jusque-là, le pays de Nehru, allié indéfectible de l'URSS, malgré son régime politique différent, semblait se contenter d'une croissance lente, de 3 % les bonnes années, à peine supérieure en moyenne à celle de la population. À tel point qu'on parlait communément de hindu rate of growth pour caractériser ce quasi-immobilisme économique. Or, depuis plus de dix ans, plus exactement depuis le changement radical de politique économique en 1991, le revenu national augmente de 6 % par an en moyenne, soit le double de la période antérieure. Tous les économistes indiens estiment même que ces 6 % représentent désormais un « socle de croissance » stable, quels que soient les aléas climatiques, et que l'objectif des 7 % ou 8 % est devenu normal pour les années où les circonstances sont favorables. L'excellent résultat de l'année 2003-2004, où l'on a atteint 8 %, semble confirmer qu'il ne s'agit pas là de wishful thinking, même si l'on craint déjà de ne pas dépasser 6,5 % en 2004-2005 en raison du manque de pluie et, à un degré moindre, de la facture pétrolière (plus du quart des importations).
L'évolution récente de la plupart des indicateurs est du même type. Le revenu annuel moyen par habitant, bien qu'encore faible (il n'a dépassé 500 dollars qu'en 2004), a doublé depuis le milieu des années 1980. Le commerce extérieur a vu son volume tripler au cours des dix dernières années. Les exportations de marchandises atteignent aujourd'hui plus de 50 milliards de dollars, contre 18,3 milliards en 1992. Celles de services ont augmenté encore plus vite, surtout dans le domaine des technologies de l'information et de la communication, où les ventes annuelles dépassent désormais 10 milliards de dollars. Les réserves de devises accumulées grâce à l'essor des ventes à l'extérieur - 118 milliards de dollars - permettent au pays de ne plus risquer l'insolvabilité comme autrefois (les réserves ne permettaient d'assurer que trois semaines d'importations fin 1990). Quant aux investissements étrangers, quasiment inexistants il y a peu, ils ont représenté près de 6 milliards de dollars en 2003. Plus parlant : grâce à la croissance, le nombre d'Indiens vivant en dessous du « seuil de pauvreté » aurait diminué de 100 millions depuis 1993. Un résultat impressionnant et crédible puisque, d'après une étude portant sur la période 1987-2000, la pauvreté aurait fortement reculé à la fois dans les zones urbaines (de 39,1 % à 24,1 % de la population) et rurales (de 39,4 % à 26,8 %).
Les Indiens « riches », avec un revenu mensuel de 1 000 euros par mois au minimum, seraient déjà 30 millions. La classe « aisée » en Inde, celle qui regroupe les « ménages » qui ont rejoint la « société de consommation » grâce à des revenus supérieurs à 6 000 dollars par an, représente aujourd'hui, assure un spécialiste de la Banque mondiale, environ 100 millions de personnes. Et si on évalue, en se fiant à un économiste indien, à plus de 50 millions de foyers, soit 250 millions de personnes, ceux qui disposent d'un revenu mensuel de 7 500 roupies (150 euros), on peut admettre que la classe moyenne est désormais très importante dans le pays. Rien d'étonnant, donc, si se développe rapidement un mode de consommation à l'occidentale, dont le symbole est peut-être le téléphone portable, de plus en plus répandu : déjà 30 millions d'appareils en circulation et, surtout, 2 millions de plus vendus chaque mois en 2004.
Que l'on vive donc beaucoup mieux en moyenne aujourd'hui en Inde qu'avant les années 1990 est une évidence que semblent corroborer les indicateurs « sociaux » ou de niveau de vie calculés par les Nations unies : la mortalité infantile a beaucoup reculé (de 127 ä dans les années 1970 à 67 ä en 2001), le taux d'alphabétisation des adultes progresse rapidement (de 49 % en 1990 à 58 % en 2001), la consommation d'électricité par habitant explose (multipliée par trois entre 1980 et 2000), ainsi que le nombre de lignes téléphoniques (6 abonnés pour 1 000 habitants en 1990, 38 en 2001).
Toutes ces données, et quelques autres, expliquent pourquoi il est devenu si banal de croire à l'existence d'un « miracle économique indien » et à sa pérennité. Elles ne justifient pas pour autant, a priori, de mettre sur un pied d'égalité l'Inde et la Chine. Pour deux raisons majeures : les performances économiques et sociales de l'une et de l'autre ne sont nullement similaires ; les modèles de développement sont très différents, et donc peu comparables.
Quand on regarde les statistiques qui permettent d'évaluer le parcours et la puissance économiques des pays, on ne peut qu'être frappé par l'énorme écart qui subsiste entre l'Inde et la Chine. Que ce soit en valeur absolue ou relative. Ainsi, alors que les deux pays avaient un PNB équivalent en 1980 (environ 3 % du PNB mondial pour chacun), celui des Indiens est aujourd'hui très inférieur à celui de leurs voisins : près de 2,5 fois moins ! La différence est moins nette, évidemment, si l'on compare les richesses au niveau individuel puisque les Chinois sont toujours nettement plus nombreux (près de 1,3 milliard). Le revenu annuel d'un Indien reste pourtant encore deux fois moins important que celui d'un Chinois : quand, en 2003, les Indiens ont enfin réussi à dépasser le seuil des 500 dollars de revenu annuel, les Chinois ont franchi celui des 1 000 dollars. Résultat : si Pékin peut revendiquer aujourd'hui nettement plus de 10 % du PNB mondial, New Delhi tente encore de passer la barre des 5 %.
Cet écart imposant ne doit rien au hasard. La Chine a changé de politique sous l'impulsion de Deng Xiaoping dès 1978, alors que l'Inde a érigé la croissance économique au rang de priorité treize ans plus tard. Et la croissance annuelle de la Chine depuis un quart de siècle avoisine 10 % en moyenne - 8 % semblant constituer le palier en deçà duquel on ne descend jamais -, alors que celle de l'Inde, on l'a vu, ne dépasse guère 6 %, avec pour objectif au mieux de tendre vers 8 %. Il est donc probable que, dans l'avenir proche en tout cas, le fossé entre les deux pays va s'élargir. D'autant que l'inégal développement et la différence de compétitivité reposent pour une bonne part sur des facteurs non directement économiques qui jouent eux aussi en majorité en faveur de Pékin. L'espérance de vie à la naissance ? 71 ans pour la Chine, 63 pour l'Inde. Le pourcentage de la population souffrant de malnutrition ? 24 % en Inde, 9 % en Chine. Les dépenses de santé par habitant ? 45 dollars en Chine, 23 en Inde. Et même si l'Inde, on le sait, progresse rapidement dans des domaines comme l'alphabétisation ou la lutte contre la mortalité infantile, elle reste à la traîne face à son voisin (86 % des adultes alphabétisés en Chine et un taux de mortalité infantile de 32 ä).
On ne peut relever que peu de domaines qui échappent à cette domination économique et sociale à sens unique. Citons-en deux. L'Inde possède une puissante industrie pharmaceutique, ce qui lui a permis de devenir le premier producteur et exportateur mondial de génériques. Elle se révèle surtout sans rival dans le Sud en matière de maîtrise des technologies informatiques, plus précisément du software. À tel point que le monde entier, même là où il n'est pas encore question de risquer de pâtir du « coup de Bangalore », a déjà les yeux tournés vers la péninsule dès qu'il est question de ce secteur. Les exportations indiennes de produits liés aux technologies de l'information, on l'a vu, atteignent déjà 10 milliards de dollars, contre 1,5 milliard seulement pour la Chine.
Mais il ne s'agit que d'exceptions à la règle. Les experts qui disent croire plus en l'avenir de l'Inde qu'en celui de la Chine ne sont-ils donc que des rêveurs ? Pour partie sans doute. Mais ils fondent surtout leurs pronostics à long terme sur la spécificité du « modèle » indien, fort éloigné de celui de son voisin. Si leur proximité géographique, leur immense population, leur conscience d'être de grandes nations les rapprochent, tout le reste, ou presque, les différencie. La Chine, où règne un régime autoritaire, a décidé de se lancer à corps perdu dans une course à la croissance selon les méthodes capitalistes. S'ouvrant à l'extérieur pour attirer des investisseurs tentés surtout par une main-d'oeuvre très bon marché et des « règles du jeu » très souples (pas de syndicalisme, peu d'assurances sociales, peu d'impôts sur les sociétés, etc.), elle s'est transformée petit à petit en « usine du monde », inondant la planète de produits industriels à bas prix. D'abord soutenu essentiellement par les puissants entrepreneurs de la diaspora chinoise - ceux de Taiwan et de Hong Kong en tête -, Pékin a petit à petit bénéficié aussi de l'apport des capitaux occidentaux pour mettre en oeuvre sa politique de développement économique. Ce « modèle » a si bien réussi que, progressivement, une partie de plus en plus importante de la population a commencé à disposer d'un pouvoir d'achat substantiel, et la croissance repose désormais aussi sur la vitalité du marché intérieur. Le succès est patent, même si bien des « experts » continuent à penser que l'aspect radical des choix économiques et sociaux de Pékin a pour corollaire des déséquilibres et des fragilités qui peuvent conduire un jour à une grave crise, voire à un effondrement du système en vigueur, fondé sur une sorte de fuite en avant. L'explosion des inégalités, la montée du chômage qui accompagne les privatisations des grandes entreprises d'État, l'accumulation des créances douteuses dans un système bancaire encore étatique pour l'essentiel, sans oublier bien sûr les aspirations de la population à la liberté, constituent autant de bombes à retardement. L'incontestable fierté des Chinois devant la réussite économique du pays, l'espoir généralisé d'un avenir meilleur pour soi-même ou ses enfants, le savoir-faire incontestable des dirigeants cooptés par le Parti pour créer les conditions du développement suffiront-ils à les désamorcer indéfiniment ?
La situation est tout autre en Inde. Nous sommes là dans la plus grande démocratie du monde, une démocratie stable et authentique comme le prouvent les alternances politiques désormais régulières, la puissance traditionnelle des syndicats, le règne ininterrompu de l'État de droit. La politique de développement du pays, d'inspiration socialiste jusqu'aux réformes de 1991, a fortement changé, devenant beaucoup plus libérale au sens économique du terme. Mais il n'y a pas eu de rupture aussi radicale qu'en Chine : il y avait déjà auparavant des groupes capitalistes puissants en Inde (qui n'a entendu parler des groupes Tata ou Birla ?), et la privatisation progressive de sociétés publiques n'a donc pas pris l'allure d'un processus révolutionnaire ; les inégalités, très affirmées dans la péninsule, où règne traditionnellement le système des castes, ne se sont pas aggravées avec l'accélération de la croissance, car elles ont toujours été considérées par les gouvernements successifs comme un handicap à combattre ; l'élite politique et administrative, mais aussi « technique » est depuis toujours considérée comme compétente et responsable ; l'économie du pays était déjà fondée avant les réformes sur l'importance du secteur tertiaire ; la croissance n'a pas explosé tout à coup, mais est simplement devenue progressivement plus rapide et mieux acceptée en tant que priorité nationale, d'autant que les deux grands partis politiques indiens - le Congrès (la gauche sociale-démocrate) et le BJP (un mouvement nationaliste hindou, plutôt de droite) - sont désormais d'accord sur ce point ; le choix de l'ouverture vers l'extérieur est réel - la baisse des droits de douane moyens sur les importations de 53 % en 1988 à 18 % en 2002 en témoigne -, mais elle n'a pas empêché l'économie de rester très autocentrée, plus tournée vers la consommation intérieure que vers les ventes à l'étranger (60 milliards d'exportations en 2002, contre 318 milliards pour la Chine).
De plus, la structure même de l'économie indienne est aujourd'hui très originale pour un pays en plein décollage. Si l'agriculture (22 % du PNB) reste de loin l'activité qui emploie la majorité des travailleurs (60 %) comme dans tout le sud de la planète, la richesse nationale est fondée beaucoup plus sur les services - plus de la moitié du PNB - que sur l'industrie - dont la contribution au PNB (27 %) est inférieure de 50 % à ce qu'elle est en Chine. Et loin de fabriquer et d'exporter surtout des produits à bas prix, l'Inde, puissance spatiale et leader de l'informatique, joue sur sa spécialisation dans les technologies et les services haut de gamme (produits financiers, etc.) pour développer l'activité et son rayonnement international. En profitant plus que tout autre pays des propensions des entreprises occidentales à délocaliser leurs productions dans ces domaines. Cette spécificité de l'économie indienne, très axée sur le tertiaire, constitue indéniablement un atout dans une économie mondiale elle-même de plus en plus « tirée » par les services.
En raison même des particularités de son économie et de son système sociopolitique, il est donc peu pertinent de vouloir comparer terme à terme l'Inde avec sa voisine, qui, jusqu'à nouvel ordre, a, répétons-le, de bonnes chances de continuer, sauf accident, à croître plus vite que l'Inde. En revanche, on peut considérer le cas chinois comme un cas à part et se demander plutôt si l'on ne doit pas louer pour lui-même le « modèle indien » et simplement croire à son avenir, c'est-à-dire, pour reprendre les mots de l'économiste spécialiste de l'Inde au Quai d'Orsay Philippe Humbert, « à sa capacité à générer sur la longue durée un développement rapide et de plus en plus équilibré dans un environnement démocratique ». Ce qui conduit, en oubliant la Chine, à partager l'optimisme déjà évoqué de la plupart des observateurs. Mais aussi à considérer différemment l'équation indienne en analysant les principaux facteurs qui décideront de l'avenir.
Pour que le « miracle indien » se poursuive et prenne de l'ampleur, il faudrait en effet que New Delhi réussisse à tirer le meilleur parti de ses points forts et à corriger ses principales faiblesses. En plus de ceux déjà cités, le principal atout de l'Inde de la première moitié du XXIe siècle sera son dynamisme démographique, qui la conduira à posséder la population la plus importante de la planète vers le milieu du siècle prochain avec 1,5 milliard d'habitants. Alors que la Chine, pénalisée à cet égard par sa politique de l'enfant unique, va voir sa population active se stabiliser, puis baisser légèrement, son voisin bénéficiera d'un apport de 120 millions d'actifs supplémentaires d'ici à 2020. Il faudra donc, sans cesser de progresser dans le secteur porteur des services, donner une impulsion à l'industrialisation du pays, très insuffisante on le sait, afin de créer les emplois nécessaires. Pour atteindre cet objectif, en raison d'une propension à l'épargne relativement faible des Indiens, il sera nécessaire de faire appel beaucoup plus qu'aujourd'hui aux investissements étrangers. Ces derniers seront également bienvenus pour aider le pays à combler son important retard en matière d'infrastructures. Les autorités indiennes sont conscientes de cet enjeu, comme le prouve le lancement de l'énorme projet de la Golden Quadrilateral, cette autoroute de 5 850 kilomètres qui permettra bientôt de relier Bombay, Delhi, Calcutta et Madras. Mais beaucoup reste à faire - non seulement pour les routes, mais aussi pour les ports et les aéroports, ou le réseau électrique -, et il sera difficile de se passer de l'appui international dans ce domaine crucial. Dans le secteur de l'éducation, malgré des progrès encourageants, la lutte contre l'analphabétisme reste en grande partie à mener. Enfin, il sera difficile de maintenir un rythme de développement satisfaisant sans réformer profondément le système réglementaire et la culture bureaucratique du pays.
La récente victoire du Parti du Congrès aux élections générales n'a pas fait craindre longtemps qu'on prêterait moins d'attention à toutes ces priorités. On s'est vite souvenu que les réformes économiques libérales de 1991 avaient été mises en oeuvre non par le BJP mais par le gouvernement congressiste de Rajiv Gandhi et conçues par son ministre de l'Économie et des Finances, un certain Manmohan Singh, qui n'est autre que le Premier ministre actuel, choisi par Sonia Gandhi après son succès électoral. Tout au plus peut-on imaginer que, conformément à leurs promesses de campagne, les nouveaux gouvernants prêteront plus d'attention que leurs prédécesseurs à une répartition moins inégale des fruits de la croissance. Il n'est pas certain du tout qu'une telle politique pénalise la croissance de l'Inde. Un pays - ce n'est pas la moindre de ses vertus - en passe de prouver aux admirateurs de la Chine et de sa dictature éclairée qu'il peut exister aussi, pour un pays déshérité, une voie démocratique vers le développement accéléré.
Annexe 4
Liste des dossiers mis à ma disposition
Rapport de prise de fonctions 2003
Rapport dactivités 2003, 2004
Rapport détape 2004, 2005
Rapport du responsable du BCLE (Bureau de Coopération Linguistique et Educative) dInde 2003 fixant les missions de lAFB (Alliance Française de Bangalore) pour le mandat du directeur (2003-2005-2007)
Fiches de synthèse pour la DGAF (Direction Générale de lAlliance Française) 2003, 2004
Recensement 2004
Procès-verbaux des Assemblées Générales Annuelles depuis 2003
Procès-verbaux des réunions du Bureau depuis 2003
Revue de presse 2003, 2004
Convention de partenariat 2005 entre le MAE (Ministère des Affaires Etrangères) et lAFB
Nouveaux statuts de lAFB
Enquête marketing 2005 (questionnaire, données analysées, synthèse, projections)
Calendrier des rapports à envoyer à la DGAF
Programmation Inde des AF
Mission de la DGAF de Paris en Inde
Instructions sur les établissements culturels et sur les relations du département (le MAE) et des Ambassades avec les AF
Demandes de subventions au FICRE (Fonds dIntervention aux Centres de Ressources sur la France contemporaine) depuis 2003
Demande de subvention au poste 2005 (rénovation des locaux)
Listes de lAFB (membres, bureau, personnels, boursiers et stagiaires indiens ayant étudiés en France, professeurs etc.)
Rapport de stagiaire 2004 sur les archives de lAFB
Rapport de stagiaire 2005 sur la programmation culturelle de lAFB
Outils de présentation et de communication de lAFB (site, newsletter, prospectus, affiches, CD-Roms)
Programme dactivités (cours et culture)
Curricula des différents cours, matériel didactique de salle des profs + matériel personnel de la coordinatrice des cours
Fonctionnement de la cellule de traduction
Rapports financiers depuis 2003
Chaîne des valeurs de lAFB
Dossiers sur lInde, le Karnataka et Bangalore (articles de journaux, études statistiques de la mission économique de Delhi et de Bangalore)
Vade-mecum du directeur dAF 2004
Rapport de la Maison de La France 2000 « Etat des lieux et orientations pour action »
Fiches de mission des cadres 2005
Fiches de poste du personnel
Charte du personnel actuelle
Projet de charte du personnel 2006
Grille des salaires et outil de calcul des augmentations
Programme de formation continue
Compte-rendu demploi de subvention MAE
Courriers de correspondance administrative avec le poste (lAmbassade de France en Inde)
Dossiers responsabilités de Chef dIlot/Consulat (hygiène sanitaire, recensement des français)
Tous Dossiers administratifs en cours (rénovation, enregistrement Registrar of Societies, carnet de bord du directeur etc.)
Annexe 5
Evolution des objectifs de lAlliance Française de Bangalore entre 2003 et 2004
Objectifs et besoins prioritaires pour 2003Bilan de lannée 2003Objectifs et besoins nouveaux et/ou à poursuivre pour 2004Pilotage
Association
Ressources humaines
Encadrement
Poursuite de la mise en place de la charte du personnel
Définir des modalités dévaluation du personnel
Professionnalisation de la fonction de secrétariat administratif
Création dun poste de secrétaire général trilingue
Formation dun responsable informatique autonome
Formation continue de la coordinatrice culturelle
Création de poste de VI culturel
Elaboration de lettres de mission pour les coordinatrices culturelle et pédagogique
Elaboration dun contrat à durée déterminé pour des professeurs vacataires locaux et natifs (conjoints dexpatriés)Election dun nouveau président au comité
Difficultés du personnel au niveau du secrétariat anglophone, non francophone et peu formé
Demande de VI assistant de direction bilingue
Recherche de solutions pour lélargissement de la cellule de traduction
Poursuivre lélaboration dun contrat demploi permanent
Poursuivre la professionnalisation du secrétariat administratif
Former un responsable informatique
Continuer la formation de la coordinatrice culturelle
Continuer lélaboration des lettres de missionGestion matérielle et financièreDépenses plus importantes du fonds de réserve compte DGAF
Augmentation des salaires des collaborateurs puis des enseignants en contrepartie dun engagement fort renouvelé envers lAF
Construction doutils de gestion
Augmentation des prix de certains services (location de locaux, traduction)
Rénovation de lauditorium (rafraîchir, moderniser et sécuriser)
Achat de matériel de sonorisation
Rénovation de lespace daccueil (rendre plus convivial et créer un lieu dinformation)Contrat de maintenance informatique
Travaux acoustiques de lauditorium
Acquisition dun système de sonorisation
Travaux acoustiques dans les salles de classe
Ré-examen des tarifs des services de lAF notamment des locations lié à une taxation nouvelle
Augmentation des salaires administrateurs et professeursInvestissement dun matériel de projection cinéma
Amélioration de la cafétéria
Dotation dun lieu de gastronomie française
Demande au poste dun maintien de subvention
Poursuivre la construction doutils de gestion
Poursuivre la rénovation et la sécurisation des locaux
Poursuivre la rénovation de lespace daccueilAction culturelleEvaluer la pertinence de la qualité de loffre en quantité très importante au regard des missions culturelles
Développer des actions culturelles transversales (franco-indiennes) et des actions de création dans un cadre interculturel aussi
Développer le rôle déditeur culturel (ex. publier une expo photo réalisé au sein de lAF)
Harmoniser loffre culturelle de lAFB avec le centre culturel allemand, développer des actions communes
Ré-amorcer les pistes de coopération décentralisée avec la région Rhône-Alpes
Poursuite des collaborations avec le SCAC
Développer des partenariats avec des institutions culturelles de Bangalore (Max Müller Bhawan)Association symbolique avec le festival de Bangalore « Bangalore Habba »
Montage du Misanthrope de Molière en kannada
Implication des étudiants francophones (Maroc, Sénégal, Côte dIvoire et Maurice) de Bangalore dans le programme culturel
Partenariat avec lEcole de Musique de Bangalore Donner aussi une dimension française à la fête de la musique, événement devenu mondial (projet avec des étudiantes de lAF)
Mise en place dune pièce française jouée en kannada pour satisfaire des demandes en français, anglais et kannada
Prévoir une double projection des films à la Suchitra Film Society et à lAF
Redonner un nouveau souffle au club vidéo de lAF
Enrichir le fonds de films de fiction destinés au prêt
Rendre plus accessible et motiver les étudiants à participer aux événements culturels de lAF
Diversifier les lieux dexposition (jardins de lAF)
Développer encore les partenariats au titre de la culture scientifique et technique (notamment sciences humaines)
Mise en place dun partenariat avec lEcole de Design Shristi, lEcole de danse moderne Body Language
Formation continue de la coordinatrice culturelle à la gestion et le montage dévénements culturels, accueil dune stagiaire DESS Arts et spectacles
Ré-engager le partenariat avec le Max Müller Bhawan
Action pédagogiqueDéveloppement des ressources et supports (médiathèque, coin-écoute francophone)
Formation des professeurs (culture francophone, rencontres interculturelles professeurs indiens de français / expatriés)
Recrutement de stagiaires FLE natifs pour développer le FOS et le français des affaires, lapprentissage en ligne, et les compétences de la cellule de traduction
Stages de remise à niveau en FLE en France
Contrôle de cohérence de loffre de cours de lAF (enquête interne, auprès des étudiants)
Aménager une salle de professeurs
Animations pédagogiques sur les ressources de lAF
Améliorer le journal des étudiants
Partenariat pédagogique avec dautres centres culturels (Rabat et Istanbul)Enrichissement des ressources pédagogiques (salle des profs, coin écoute et fonds francophone)
Réalisation du Journal des étudiants avec lAF de Chennai
Conception dun cours de français des affaires
Mise en place de soutien scolaire pour des élèves francophones scolarisés dans différentes écoles internationales
Mise en place dun plan de formation continue des professeurs (interculturel dans lentreprise, enseignement assisté par les médias et internet, apprentissage en ligne)
Préparation dun document de promotion des cours en entreprise permettant deffectuer des conférences promotionnelles au sein des entreprises
Développement des cours en entreprise
Fidélisation insuffisante des étudiants
Changement de méthodes dans les niveaux avancés
Formation continue de 3 professeurs en stage dété à la CCIP et à Grenoble
Stage de phonétique
Rencontres interculturelles entre professeurs de lAF et francophones de Bangalore (travail, famille, éducation)
Formations individuelles (grammaire en situation de communication, traduction)
Mise en place dune vie détablissement pour les étudiants (concours de cuisine, soirée à thème)
Ouverture dun cours de traduction
Partenariat pédagogique dans le domaine de
lapprentissage en ligne avec la société Wipro
Développer lauto-apprentissage par lintermédiaire du tutorat, une rubrique pédagogique du site de lAF
Renforcer lutilisation des TICE par les professeurs
Elargir loffre de cours
Aligner les niveaux de cours sur les compétences du DELF/DALF et sur le cadre européen, formation interne de ces outils à prévoir
Mise en place dun cercle littéraire, dun club-théâtre et dun club de gastronomie
Poursuite du plan de formation des enseignants
Réalisation dune enquête auprès des étudiants pour améliorer loffre de cours
Poursuivre les partenariats avec les autres AF
Médiathèque Centre de ressourcesDévelopper le centre de ressources (à destination des élèves et des enseignants)
Améliorer et développer le réseau interne et externe (Internet, réception RFI)
Contrat de maintenance de linformatiqueContrat de maintenance informatique
Projet de financement non accordé par le FICRE
Mise en réseau de 3 ordinateurs connectés
Rénovation provisoire dune salle ressources multimédia pour les professeurs
Création dun espace propre de médiathèque pédagogique à lintention des professeurs
Amélioration provisoire de la convivialité du lieu et de sa fonctionnalité (rangement, signalétique, délimitation despaces
Développement du coin écoute francophone et du fonds documentaire France contemporaineRenouvellement de la demande de financement auprès du FICRE pour la création dun véritable centre de ressources sur Internet
Conseil et expertise pour la mise en place de médiathèques dentreprises pour des cadres
Poursuivre les aménagements sur fonds propres
Formation du médiathécaire à la maintenance informatique
Formation du médiathécaire aux techniques de création et de gestion de portail pour lapprentissage en ligne et aux techniques danimation de médiathèqueCommunication et image de lAFMettre à jour et développer le site de lAFB, le rattacher au label « France in India »
Créer un outil multimédia de promotion de lAFB
Renforcer et développer la visibilité de lAF sur Bangalore par une publicité adaptée aux institutions susceptibles de fournir un public à lAFMise en conformité de la charte graphique de lAF avec le réseau des AF dans le monde
Réflexion sur la nouvelle lettre culturelle et le site de lAF
Réalisation dune présentation multimédia de lAFPoursuivre la réalisation du site et lenrichirDesk EdufranceCréer une rubrique spécifique sur le site de lAFB
Développer linterface Edufrance par un point web permanent
Renforcer la documentation sur lenseignement supérieur français
Cours de préparation au départFormation des responsables Edufrance du réseau indien
Réalisation dun forum, dune journée portes ouvertes (relatif echec)
Plan de contact systématique avec les « Junior Colleges » de Bangalore
Accueil des représentants décoles françaises (HEC, Ecole de Management de Lyon)
Amélioration du stand Edufrance
Création dun cours à destination de pré-boursiers en collaboration avec lAF de Poona et le BLCEMise en place du cours expérimental pré-boursiers pour la promotion des études supérieures en France (projet avec le SCAC et lAF de Poona)
Mettre en place une représentation (physique, vidéo-conférence) des écoles et des universités lors des journées de présentation
Poursuivre lutilisation du site
Renforcer la documentation
Cellule de traduction et dinterprétariatRecrutement de stagiaires FLE natifs pour développer les compétences de la cellule de traduction
Développement de linterprétariat
Léger recul de lactivité de traductionAssocier les professeurs à la traduction pour maintenir un haut niveau de compétence
Réorganiser lactivité
Mise en place dun cours de traductionAnnexe 6
Evolution des objectifs de lAlliance Française de Bangalore entre 2004 et 2005
Objectifs et besoins nouveaux et/ou à poursuivre pour 2004Bilan de lannée 2004Objectifs et besoins nouveaux et/ou à poursuivre pour 2005Pilotage
Association
Ressources humaines
Encadrement
Poursuivre lélaboration dun contrat demploi permanent
Poursuivre la professionnalisation du secrétariat administratif
Former un responsable informatique
Continuer la formation de la coordinatrice culturelle
Continuer lélaboration des lettres de missionRenforcement de la collaboration et des échanges entre la mission économique et lattaché de coopération scientifique
Proposition dun meilleur statut aux professeurs et augmentation des rémunérations
Etude de la simplification de la charte du personnel
Début de révision des statuts
Changement de coordinatrice culturelle, de responsable Edufrance, dagent daccueil secrétariat
Création dun poste dassistant de direction
Réorganisation du fonctionnement de la cellule de traduction
Implication inégale des membres du comité
Réélection du président malgré une menace de démissionAmplifier limplication de lassistant
Finaliser la réorganisation de la cellule de traduction
Poursuite de la simplification de la charte du personnelGestion matérielle et financièreInvestissement dun matériel de projection cinéma
Amélioration de la cafétéria
Dotation dun lieu de gastronomie française
Demande au poste dun maintien de subvention
Poursuivre la construction doutils de gestion
Poursuivre la rénovation et la sécurisation des locaux
Poursuivre la rénovation de lespace daccueilAttente des permis de transformer lauditorium (construction de vestiaires, aménagement de scènes etc.)
Rénovations provisoires diverses (toit, toilettes, logement AF)
Equipement dun point internet clos pour les professeurs
Début de rénovation de la réception et du hall
Acquisition dun projecteur vidéo PC
Equipement dun enregistreur sonore et dun graveur de Cdroms pour la coordination pédagogique
Mise en réseau complète
Echec provisoire de montage de restaurant français, dune librairie internationale
Hausse de la charge salariale de certains cours
Découverte dune irrégularité doccupation dune partie du terrain source de difficulté de relation avec les services urbainsTravaux dans lauditorium
Proposition dimplantation dun four à pain de fabrication de baguettes françaises et construction dun terrain de pelote basque
Action culturelleDonner aussi une dimension française à la fête de la musique, événement devenu mondial (projet avec des étudiantes de lAF)
Mise en place dune pièce française jouée en kannada pour satisfaire des demandes en français, anglais et kannada
Prévoir une double projection des films à la Suchitra Film Society et à lAF
Redonner un nouveau souffle au club vidéo de lAF
Enrichir le fonds de films de fiction destinés au prêt
Rendre plus accessible et motiver les étudiants à participer aux événements culturels de lAF
Diversifier les lieux dexposition (jardins de lAF)
Développer encore les partenariats au titre de la culture scientifique et technique (notamment sciences humaines)
Mise en place dun partenariat avec lEcole de Design Shristi, lEcole de danse moderne Body Language
Formation continue de la coordinatrice culturelle à la gestion et le montage dévénements culturels, accueil dune stagiaire DESS Arts et spectacles
Ré-engager le partenariat avec le Max Müller Bhawan
Nouveaux partenariats (boîte de nuit Zero Gravity, festival Bangalore Habba)
Plus grande représentation de la musique française
Montage de pièce de théâtre en kannada et en hindi
Etude dun festival Sartre-Camus en anglais avec deux troupes de Bangalore
Rencontres interculturelles entre francophones de Bangalore, professeurs et étudiants de lAF
Stagiaire culturelleProjet de réalisation de la fête de la musique dans les parcs de la villeAction pédagogiqueOuverture dun cours de traduction
Partenariat pédagogique dans le domaine de
lapprentissage en ligne avec la société Wipro
Développer lauto-apprentissage par lintermédiaire du tutorat, une rubrique pédagogique du site de lAF
Renforcer lutilisation des TICE par les professeurs
Elargir loffre de cours
Aligner les niveaux de cours sur les compétences du DELF/DALF et sur le cadre européen, formation interne de ces outils à prévoir
Mise en place dun cercle littéraire, dun club-théâtre et dun club de gastronomie
Poursuite du plan de formation des enseignants
Réalisation dune enquête auprès des étudiants pour améliorer loffre de cours
Poursuivre les partenariats avec les autres AF
Conception et montage expérimental du cours de préparation à luniversité française
Adoption dune nouvelle méthode de français (Forum)
Mise en place dun service de conseil pédagogique pré-inscription
Création dun document support pour une préparation interculturelle par des employés dentreprises indiennes
Montage dun cours de préparation/sensibilisation interculturelle
Baisse de fréquentation des cours de fin daprès-midi
Hausse de fréquentation des cours de week-end
Mise en place dun cours de français des affaires (FDA 1)
Ouverture dun cours de traduction, résultats décevants
Montage de cours de conversation niv 1-2
Augmentation très progressive des tarifs de cours de lAF
Cours de soutien scolaireMise en place dun cours de français des affaires (FDA 2)
Réalisation dun cours de conversation culturelle entre le Diplôme de Langues et le Diplôme SupérieurMédiathèque Centre de ressourcesRenouvellement de la demande de financement auprès du FICRE pour la création dun véritable centre de ressources sur Internet
Conseil et expertise pour la mise en place de médiathèques dentreprises pour des cadres
Poursuivre les aménagements sur fonds propres
Formation du médiathécaire à la maintenance informatique
Formation du médiathécaire aux techniques de création et de gestion de portail pour lapprentissage en ligne et aux techniques danimation de médiathèqueDéveloppement trop lent
Equipement en matériel audio-visuel, en documents pédagogiques
Informatisation des collections au détriment de lanimation du lieu
Poursuite des équipements sur fonds propres
Obtention dune aide du plan médiathèque (FICRE)Animation de la médiathèque conçue comme un outil complémentaire des activités pédagogiques et culturelles
Solliciter laide dun stagiaire pour développer lactivité médiathèque et rendre encore plus convivial le lieu
Communication et image de lAFPoursuivre la réalisation du site et lenrichir
Comprendre lévolution de Bangalore pour sy adapter
Répondre aux opportunités
Renforcer la présence de lAF dans les nouveaux lieux de Bangalore
Recherche de nouveaux partenariats avec des mécènesLancement dune démarche marketing dans le cadre du plan Nouveaux Publics du Français du MAE (enquête interne et externe, formation du staff)
Délocalisation de lactivité cinéma à Jayanagar en partenariat avec la Suchitra Film Society
Recherche dadaptation à lévolution de Bangalore
Echec de partenariat avec les entreprises françaises (production délocalisée) ne souhaitant pas être visibles
Réalisation de posters et de document multimédia rendant visible lactivité de lAF
Simplification de la lettre culturelle des membres
Mise en conformité de la charte graphique avec celle du réseau des AF
Passage sur afindia.orgUtiliser les résultats de lenquête marketing
Adapter loffre de cours aux attentes (contenus et prix sur mesure)
Développer la promotion des cours
Reconsidérer la stratégie dimage de lAlliance en sappuyant sur les forces (reconnaissance des diplômes, atout professionnel du français, la culture française)
Desk EdufranceMise en place du cours expérimental pré-boursiers pour la promotion des études supérieures en France (projet avec le SCAC et lAF de Poona)
Mettre en place une représentation (physique, vidéo-conférence) des écoles et des universités lors des journées de présentation
Poursuivre lutilisation du site
Renforcer la documentation
Création dun cours de préparation à lentrée à luniversité française
Visite et prise de contacts avec des écoles de Manipal (centre universitaire de la côte du Karnataka)
Présentation systématique de Edufrance aux étudiants de lAF
Forum de présentation de lactivité Edufrance (relatif echec)
Rencontre avec des écoles et universités françaises
Présence du stand Edufrance au salon Bangalore Bio
Collaboration avec lattaché scientifiqueMultiplier la présence dEdufrance dans les salons de la villeCellule de traduction et dinterprétariatAssocier les professeurs à la traduction dans le but de maintenir un haut niveau de compétence
Réorganiser lactivité
Mise en place dun cours de traductionOuverture insuffisante de la cellule aux professeurs de lAF
Difficultés relationnelles du traducteur
Augmentation du volume de traduction
Deux grands travaux dinterprétariat
Régler la question du statut de la cellule de traduction au sein de lAF
Ouverture de 25% de lactivité de la cellule aux professeurs
Interprétariat en Corée
Annexe 7
Résultats des questionnaires : enquête marketing 2005
Constats/Réponses aux questionsObjectifs formulés par le directeurCibles et racines de la population Age : entre 22 et 30 ans
Population à moitié estudiantine
La moitié des actifs issus dentreprises de softwareMultiplier les actions dans les colleges et schools, dans les entreprises de software
Utiliser de nouveaux termes de communication (intérêt du français pour la vie professionnelle), de nouvelles méthodes de promotionDiffusion et interfaceDans lordre dimportance : bouche-à-oreille, médias dont journaux, école, lieu de travail
Contact à la réception ou par téléphone très utiliséConserver la qualité de lenseignement
Diffuser davantage dans les journaux
Reconfigurer laccueil pour une plus grande convivialitéSite non mis à jour
Sous-utilisation des brochures
Développer et mettre à jour régulièrement le site web
Mettre en valeur les brochuresCe que représente lAllianceQualité de lenseignement
Institution de renom
Reconnaissance internationale des diplômes
Atmosphère familiale
Par contre la flexibilité de loffre (sur les horaires) et le rapport qualité-prix ne sont pas significatifsConserver la qualité de lenseignement
Mettre en avant lutilité du français pour des professionnels et les étudiants, la reconnaissance des diplômes, lhistoire et létendue des Alliances dans le monde
Cultiver la convivialitéPoints faibles de lAllianceLocalisation
Exposition insuffisante à la culture française
Manque de support audio-visuel
Pauvreté du fonds de bibliothèque
Conditions de prêts compliquées
Système dinformation très critiqué
Délocalisation des cours
Attirer les étudiants vers lactivité culturelle
Inclure des films et chansons dans les cours et distribuer les cassettes audio aux élèves
Mettre à jour le site, reconfigurer laccueil et les panneaux dinformations
Annexe 8
Entretiens avec les étudiants - Cours de préparation à luniversité française
NomParcoursProjetDateDomaines spécifiquesBesoins spécifiquesAngeli Diplômé de lEcole de journalisme de DehliEtudiant à lInstitut des Etudes Politiques de Lille (Sc Po Lille) en 4e année : relations internationalesSept. 2005Relations internationales : droit, justice, histoire, sociologie, économie
Organisations internationales (ONU, OTAN, UE
)
Analyse et gestion des crises : aspects militaires et diplomatiques
Humanitaire, droits de lhomme, protection des individus, droit international de la responsabilitéSuivra un programme cours de français et méthodologie en septembre à lIEP
Besoins spécifiques : méthodologie grand oral, dissertation, culture
Besoins selon létudiante : travail de lécrit
Supports en français : cours déconomie de lycée, section STT (ressources web), cours de droit et économie de BTSAshish Diplômé dun Master De Science de la Brasserie et de la distillerie (Angleterre)Etudiant à lInstitut universitaire de la Vigne et du vin de Dijon
Diplôme dnologie
Sept. 2006Transformation du raisin en vin
Composition du vin
Pratiques nologiques
Analyse et contrôle
Economie et droit vitinicole
Management, comptabilité et gestionDifficultés personnelles selon létudiant : linguistiques, CE (notamment lecture sélective)
Points forts : QCM, textes explicatifs, textes prescriptifs
A travailler : exposé, prise de notes, interactions orales sur un sujet
Supports en français : sites web sur lnologie, livres sur le vin (ressources médiathèque)HemilBacchelor en électricité
Ingénieur
Consultant en cryptographieIngénieur chez Thales entreprise française à Brest (projet en attente)Oct. 2005Ingénierie de la cryptographie
Cryptage/décryptage des communications
Sécurité des communications
Systèmes électromagnétiques
Communication et électronique
Etude de réception, démission et de propagation des ondesTravail quotidien à loral en anglais et en français (avec des techniciens et des ingénieurs), et à lécrit en anglais
Besoin communicationnel en français Langue spécifique défense, cryptographie
RakeshBacchelor
Master of Science BusinessMBA à lINSEAD à Fontainebleau pendant 6 mois puis Singapour Scolarité en anglais Sept. 2005Finances, marketing, comptabilité
Besoins spécifiques oral de communication, CO, PO et culturel : conversations et interactions sur un sujet
A lécrit : préparation du test de français de lINSEADVaniIngénieur
Stage en informatique en Inde pendant 5 moisMaster of Science en négociations internationales à Sup de Co Rennes
Scolarité en anglais
Stage à effectuer en France ou en EuropeSept. 2005Finances
Marketing
Management
Négociations internationalesBesoins spécifiques oral de communication, CO, PO et culture
A travailler : méthodologie exposé, rapports ou synthèse, dissertationAnnexe 9
Parcours de formation individuel
Cours de préparation à luniversité française
NomSéancesTâches Travail en autonomieAngeliS2Principe de base du plan type Sc. Po.
Méthodologie et pratique du grand oral : construire un plan type, rédaction dintroduction et de conclusion sur différents sujetsLecture de Cours déconomie de lycée, section STT (1 manuel à la médiathèque), cours de droit, économie de BTS/licence (ressources web)
Si besoin plus technique : ouvrages théoriques en anglais (ressources British Council)S3
+VaniPratique de la dissertation : construire un plan type, rédaction dintroduction et de conclusionAshishS2Recherche et présentation orale sur lnologie : définir les intitulés des cours
Réagir à des interactionsSites webS3Lecture/échanges à partir dune revue de presse sur la question des vins du nouveau monde et la politique française à cet égard HemilS2Correction phonétique : lecture, oralisation de textes, correction de type verbo-tonaleTextes littéraires, poétiques ; virelangues, chansons etc. ressources médiathèque et web
Sites webS3Conversations sur les sujets spécifiques liées à la cryptographie (cf. compte-rendu dentretien), réagir à des interactionsRakeshS2Préparation du test de français à lentrée à lécole, révisions appropriées grammaire, vocabulaire etc.Entraînement systématique aux exercices de type test de lINSEAD
S3Conversations sur la culture et la vie française (thème à fixer ensemble)VaniS2Conversations sur la culture et la vie française (thème à fixer ensemble)Ressources webS3
+AngeliPratique de la dissertation : construire un plan type, rédaction dintroduction et de conclusion La séance S1 aura comme objectif lapprofondissement de la découverte de lenvironnement local en interaction avec un professeur. Demander aux étudiants de venir avec le maximum dinformations (notamment adresses de lécole et de lhébergement). On utilisera la « vitrine en ligne » des régions ex. pour Rennes HYPERLINK "http://www.ville-rennes.fr" www.ville-rennes.fr pour les infos locales, HYPERLINK "http://www.mappy.fr" www.mappy.fr pour se déplacer virtuellement + yahoo images ou HYPERLINK "http://www.freefoto.com" http://www.freefoto.com. La séance S4 sera un travail avec lélève sur sa présentation : formes, plan, argumentation, illustrations.
Annexe 10
Programmation du travail collectif
Cours de préparation à luniversité française
ActivitésSupportsSourcesPrise de notes (1ère partie) : technique et pratique (4 séances)Vidéocours
Cours de méthode sur le mémoire et le rapport
Emissions de radio, documentairesSites RFI, Les amphis de France 5
TV5, MédiathèqueTechnique du mémoire et du rapport de master (1 séance)Exposé
TémoignageEtude comparée des profils détudiants indiens et français ( 1 séance)Echanges entre étudiants du groupe, étudiants indo-français, français natifsBilan sous forme de rédaction dun rapport (1 séance)Technique de la fiche de lecture (3 séances) dont un travail sur la bibliographieA partir de fiches de lecture dans les disciplines de chacun récupérées sur les banques de données des universitésWebTechnique et pratique de la note de synthèse (3 séances)Documents étudiés pour le compte-rendu + dautres sur même thème pour constituer des dossiers de 3 articlesSites web de la presse du web, MédiathèqueTechnique et pratique de la dissertation (5 séances)Exposé des différents types de dissertation, de la technique enseignée en France
A partir de dissertations récupérées sur le netWeb + sujets inventés à partir des articles et contenus abordés dans le modulePrise de notes (2ème partie) : pratique (4 séances)Cours à luniversité en FranceRFI, Les amphis de France 5
TV5, Médiathèque
Exposés individuels (3 séances)Ouvrages traitant de sujets spécifiques de manière simple cest-à-dire légèrement vulgariséLivres de la médiathèqueLa programmation des activités suit lordre du tableau. Cela représente presque 60h à quelques séances près qui permettraient de réajuster selon les besoins : séance avec des étudiants indiens déjà en université en France, préparatifs de dernière minute fin août (administratif ou autre), moments plus récréatifs sur la gastronomie française, préparations des exposés
Annexe 11
Programme du
French Cultural Course de SG Software
Matinée : 10h-13h
Accueil/Programme/Renseignements matériels/Distribution du dossier/Expliquer le principe de la formation (cf. dossier stagiaires p.2)
Enseignement de quelques rudiments de français (par un tour de table ou en répétition collective) : « Bonjour, Je mappelle, Jhabite, Oui/Non (verbal et gestuel)
»
Identification de pages de magazines selon le critère « Français ? Oui/Non. »
Le but de cette tâche (et de la suivante) est de dynamiser le groupe pour la journée. Il sagit de pages en différentes langues européennes que tout le monde ou presque associe généralement au français. Possibilité pour le professeur de pointer des différences.
Brainstorming des représentations sur la France (les volontaires viennent écrire au tableau) puis lecture collective avec commentaires et discussions (cela permet de répondre tout de suite aux questions qui se posent, ce qui sera un principe tout au long de la journée)
Production réalisée : démocratie, Tour Eiffel, Marseille, Notre Dame, Louvre, Sephora, magasins de mode, Nice, révolution française, Tour de France, Lyon, Chirac, Rolland Garros, recherche, Paris, Vin, La défense, Disney land, parfums, défilés de mode.
Diaporama sur lhistoire de France (projection + commentaires du professeur). Laisser les questions pour la fin de la présentation.
Diaporama sur la France et le français
des clichés : le café français, la Tour Eiffel, lArc de Triomphe, les Champs-Elysées, La Défense, Le Louvre, la Statue de la Liberté sur la Seine, Paris plage, la gastronomie
des symboles : Marianne, le drapeau français, la prise de la Bastille, Liberté Egalité Fraternité, J. Chirac, drapeau européen
un peu de géographie : Airbus, TGV, la France dans lEurope, les différents climats, le relief
des portraits sur la mixité française : Zidane, Astérix, Patricia Kaas, Isabelle Adjani, Yannick Noah, François Chang, Pierre Gilles de Gênes
quelques données socio-démographiques : population, densité
de la diversité des régions : photos dIle de France, de Provence, des Alpes, de Bretagne
la Francophonie et les différents accents
la place de la France dans le monde
Quizz collectif sur la France : situation, forme, capitale, monnaie, couleurs de drapeau, population, superficie, mers et océans, nombre de régions, cinq villes principales, type de gouvernement, président actuel, pays francophones, date de la révolution française, hommes politiques, prix Nobel, designers, sportifs, industries, inventions technologiques, termes culinaires, mots français utilisés en anglais, mots de survie
Diaporama/quizz sur les comportements à table : position des bras, du corps, saisie du verre, du pain, des aliments avec la fourchette, dun verre, dune tasse
Après-midi : 14h-17h
Remise en route en début daprès-midi : retour sur certains éléments de la matinée de manière rapide
Identifier les symboles de la France (cf. dossier p.3)
Retrouver les symboles français dans un ensemble : une gare, une casquette américaine, Perrier, Lacoste, Amora, une baguette, une moto Honda, un scooter, la pizza, une Renault Clio (cf. dossier p.4)
Questionnaire ouvert sur les choses à faire ou ne pas faire lors dune invitation à une soirée :
A quelle heure arriver ? Plutôt après lheure indiquée, pas avant.
Quapporter ? Un truc typiquement indien pour un français : de lencens, des épices, un petit objet artisanal
Comment shabiller ? Cela dépend du type de soirée (avec des amis, des collègues, son supérieur hiérarchique). Ne pas hésiter à demander avant : « Comment faut-il se mettre en tenue de soirée ? ».
Faut-il enlever ses chaussures ? Non.
Faut-il se rendre directement à table ? Non.
Comment refuser un alcool ? Poliment. Expliquer. Demander une boisson non alcoolisée. De plus en plus de français ne boivent pas dalcool. Ils devraient vous proposer autre chose normalement. Si on porte un toast, prendre le verre, porter le toast et reposer le verre sans boire.
Et après le repas ? Généralement on mange tôt alors on sort de table pour discuter ou prendre un digestif.
De manière générale, lorsque vous avez un doute, ou ne comprenez pas, nhésitez pas à demander.
Enseigner les rudiments de français non abordés en début de matinée : lecture et explication collective, faire répéter, proposer des jeux de rôle, par ex. :
« Bonjour !
Bonjour !
Je mappelle
Enchanté !
Vous parlez anglais ? etc.»
Enseigner les chiffres et lalphabet, faire épeler son nom.
Diaporama sur la culture française en milieu professionnelle : goûts intellectuels des français, culture française selon les descripteurs de Hofstede, style de management intégrant le rapport au temps (Hall), premiers contacts professionnels, réunions de travail, distance interpersonnelle (Hall), heures de travail, habillement au travail, conversation à table, dîner de travail,
Approche trop culturaliste selon moi (et selon un des participants qui sest manifesté lors de la session à laquelle jai assisté). Faire une proposition dapproche plus réflexive à partir des critères et des questionnaires. Ou alors vu le temps imparti présenter les données comparées et discuter.
Il est obligé de nuancer et de faire appel au contexte social, professionnel. Ou NUMPAGES \* MERGEFORMAT 79 NUMPAGES \* MERGEFORMAT 79alors mettez en discussion les éléments présentés.
Quizz sur léconomie et le monde de lentreprise française, du travail : rapport entre lentreprise et létat, heures de travail, économie française, produit intérieur et inflation, habit de travail, réunions de travail, prendre une décision, compagnies françaises
Diaporama de photos sur le langage des mains, faire deviner le sens des gestes et donner si nécessaire lexplication ou lexpression associée : je men fiche, moi ?, mon il, je tappelle, viens voir, il est fou, cest fini, victoire, se tourner les pousses, couci-couça, OK, zéro, et oh cest lheure
Projection du début du film « Ressources Humaines » de Laurent Cantet
Eléments mis en évidence : les retrouvailles avec la famille et la bise, la famille rapprochée liée au contexte de la campagne, le rapport fils/père sur les conseils professionnels, les attitudes de la mère à la tenue de son fils, les différences de comportement dun jeune et dun employé depuis 30 ans face à lagressivité dun supérieur, les rapports hiérarchiques, les 35h »
Annexe 12
Les composantes dune compétence culturelle
Objectif social de référenceActions sociales de référenceTâches scolaires de référenceComposante privilégiée de la compétence culturelleConstructions
didactiques correspondantes1. capacité à entretenir sa formation dhonnête homme dans les textes classiques en se replongeant dans le « fonds commun dhumanité » (É. Durkheim)liretraduireles valeurs universelles
=
Composante universaliste ou transculturelleméthodologie traditionnelle (XIXe siècle)2. capacité à découvrir et mobiliser les spécificités de la culture étrangère tout en sentraînant en languelire /
parler sur
ensemble de tâches à partir et à propos dun document de langue-culture, dites d« explication de textes » : paraphraser, analyser, interpréter, extrapoler, comparer et transposerles connaissances
=
Composante
culturelle ou épiculturelleméthodologies directe (années 1900-1910) et active (années 1920-1960)3. capacité à échanger ponctuellement des informations avec des étrangersparler avecsimulations et jeux de rôlesles représentations
=
Composante
interculturelleméthodologie audiovisuelle (années 1960-1970) et approche communicative (années 1980-1990)agir suractes de parole4. capacité à cohabiter avec des étrangers ou des français de cultures différentes, capacité à gérer son propre métissage culturelvivre avecactivités de médiation entre des langues et des cultures différentes : interprétation, reformulation, résumés, périphrases, équivalences, etc.les comportements
=
Composante multiculturelle
propositions dune « didactique du plurilinguisme »
(années 1990- ?)5. capacité à travailler en langue étrangère dans la durée avec des allophones et des francophonesagir avecactions collectives à dimension collective (activités de type « pédagogie du projet)les conceptions, les valeurs contextuelles
=
Composante
co-culturelle ou co-actionnelleébauche dune « perspective actionnelle » » dans le Cadre européen commun de référence (années 2000- ?)
Années 2000- ?
Enfin, la perspective actionnelle du Cadre européen commun de référence de 2001 amorce simultanément la prise en compte dun nouvel objectif social lié aux progrès de lintégration européenne, celui qui consiste à préparer les apprenants à travailler, dans leur propre pays ou dans un pays étranger, avec des natifs de différentes langues-cultures étrangères, comme cest déjà le cas par exemple dans des entreprises multinationales, ou dans des Universités où des étudiants de tous pays étudient ensemble dans la langue du pays daccueil. Il ne sagit plus seulement de communiquer avec lAutre (de sinformer et dinformer) mais dagir avec lAutre en langue étrangère ; ce qui implique non plus seulement davoir une bonne image de lui (des représentations positives), comme dans lapproche interculturelle liée à lapproche communicative, mais de partager avec lui les mêmes conceptions de laction commune, cest-à-dire les mêmes objectifs, principes, normes et méthodes, et les valeurs qui les fondent. Contrairement aux valeurs humanistes, celles-ci ne sont pas considérées comme universelles, mais reliées au contexte de laction commune.
Daprès Christian PUREN, « Perspectives actionnelles et perspectives culturelles en didactique des langues-cultures : vers une perspective co-actionnelle co-culturelle », Les Langues modernes n° 3/2002, juil.-août-sept. 2002, Paris, APLV.
Annexe 13
Proposition dun service dexpertise en entreprise
Lidée est de proposer un service dexpertise des situations pour les entreprises qui sont amenées à envoyer du personnel en France, et ne plus proposer un package tout ficelé de cours : il nexiste pas de solution passe partout.
Pourquoi ?
Parce que dans la réalité toutes les situations sont très contextualisées et ne conduisent pas aux mêmes solutions (1er départ vs 2ème 3ème départ, employés expérimentés vs débutants, culture dentreprise forte ou pas, culture de métier, procédures de gestion, de travail harmonisées ou non, coopération ou sous-traitance, pouvoir décisionnel partagé ou non etc.).
Par conséquent toutes solutions à offrir aux entreprises doivent être le résultat dune enquête minutieuse quil faut offrir comme un service payant.
Objectifs
Etudier les différentes situations auxquelles les personnes à former vont être confrontées et pour lesquelles lexpertise de lAlliance est sollicitée
( Afin de proposer des solutions adaptées et performantes
avec pour lentreprise un gain defficacité à court terme
un gain financier à moyen terme
et pour lAlliance un moyen de formation des professeurs
une dynamique et une image renouvelée
une adaptation aux nouveaux publics
Contenus de lexpertise
Durée : une cinquantaine dheures dans les locaux de lentreprise
Agents : une ou deux personnes (implication systématique du directeur ou de la coordinatrice, tout au moins au début)
Tâches : observer, questionner, collecter, comprendre, analyser
Contenus : trois niveaux sont à analyser : lentreprise
les individus
la mission
qui doivent permettre de répondre à la question suivante :
EST-IL POSSIBLE DE SAPPUYER SUR UNE CULTUREDENTREPRISE ?
de métier ?
de projet ?
Pistes pour lenquête :
analyser lentreprise avec des modèles dorganisation (Hofstede, Mintzberg, Trompenaars),
récupérer les outils de présentation du fonctionnement de lentreprise, de son objet, son organigramme, les liens hiérarchiques, létendue du marché, les difficultés, les perspectives etc. (site, documentation interne/externe),
récupérer les outils de gestion harmonisés sils existent sinon les définitions de la mission comme elle est formulée par chaque entreprise, le contrat, la convention, etc.
examiner les rapports entretenus avec la société partenaire en France ou le contexte dans lequel les rencontres sont envisagées (maison-mère, succursale, prestataire etc.),
examiner les types de relations et communication : asymétrie vs symétrie
expériences et profils des futurs expatriés, durée dexpatriation, contexte de mission en France, conditions matérielles etc.
Il faut obtenir de la part des entreprises toutes les informations qui permettent de comprendre le contexte de mission des personnes quil faut former.
Outils : se référer aux travaux sur le management interculturel (rapports, livres et sites),
modèles dorganisation, de coordination des organisations,
questionnaires et/ou entretiens avec les employés (représentations de la mission, des relations, des difficultés, appréhensions, expériences vécues positives/négatives, importance accordée aux relations, au rapport à lespace, au temps, au partage de linformation, besoins de préparation souhaités, formation personnelle envisagée
)
entretiens avec les managers, avec les ordonnateurs du projet de formation, avec les ordonnateurs du projet de mission,
grille dobservations de lentreprise : organisation, étiquette, relations entre collègues, avec le supérieur,
brochures, sites, documents communiqués etc.
Résultat de lexpertise
Les services proposés doivent être accompagnés dune programmation et dune tarification. Plusieurs propositions doivent permettre de laisser une part de choix à lentreprise et surtout permettre denvisager plusieurs solutions à des prix différents : ex. un programme in situ est coûteux car il implique le déplacement dun professeur en France mais on peut chercher un professeur dun partenaire en France (Alliance Française de Paris) ou si le projet implique plusieurs groupes successifs proposer un professeur expatrié à demeure et non pas sur une courte durée.
Annexe 14
Formation continue en phonétique
Propositions synoptique, pistes de travail
Recherche de matériel
1 mois
(travail individuel de chaque professeur)Recenser le matériel existant sur lAlliance (ouvrages théoriques, pratiques, enregistrements, exercices des méthodes etc.)
Prévoir un lieu de stockage
Demander de regarder dans la documentation les différentes manières de faire de la phonétique et notamment dans Forum
Demander de mettre en commun les ressources personnelles, de chercher sur le netDépister les erreursRecenser les erreurs les plus fréquentes, celles fossilisées chez les professeurs (repérées par le directeur) et celles repérées chez leurs élèves au fil du temps dans les classes
Le directeur pourrait proposer un document des éléments à observer sur la base de sa présentation.
Proposer à quelques professeurs danalyser les erreurs sur des enregistrements vidéo dexposés (cf. banque de films réalisée par mes soins)
Demander à chacun de noter sur fichier Word et mailer à la coordinatrice Compilation des analyses de chacunà préparer par la coordinatricePréparer une mise en commun des repérages qui servira de base de travail collectifClasser les erreurs1h
(travail collectif)
animé par le directeurEchanges sur la base du repérage mis en commun avec deux objectifs : obtenir une liste de difficultés ou points à travailler, classer les erreurs par ordre de difficultéRechercher des solutions1h
(travail collectif)
animé par le directeurRechercher différentes pistes : exercices, manuels, jeux de rôles, atelier chant, théâtre, tournage de film etc.
Demander de proposer toutes les activités qui contribuent de près ou de loin à un meilleur phrasé, à une meilleure prononciation
Ne pas censurer les propositionsChoisir des solutionscollectif?
choix du directeur
avec la coordinatrice?A partir des propositions (cf. aussi ci-dessous), retenir des pistes réalisables, se répartir par intérêt sur lélaboration des projets. Si manuel, faire travailler en ateliers : progression, discrimination, mélodie, jeux de rôles
Autres propositions :
étudier la phonétique de Forum 1, 2 et 3 pour voir dans quelle mesure elle est inadaptée, si larchitecture densemble peut être reprise ou simplement quelques exercices, pour comprendre comment peut sélaborer un manuel (alternance dactivités, principe de progression etc.)
si la phonétique de Forum est inadaptée (à voir par rapport au repérage des erreurs) : proposer de réaliser un manuel en 3 niveaux incluant conscientisation phonologique, musicalité du français, jeux langagiers et jeux de rôles,
si la phonétique de Forum est adaptée : analyser avec les professeurs les difficultés de son utilisation, remédier peut-être par mise en place dune formation à la pratique de lexercisation spécifique phonétique,
créer un test de dépistage systématique à la fin du niveau IIb ou IIIa, et créer des activités de remédiation (exercisation, atelier corps et voix, théâtre etc.)
organiser des activités de lecture à voix haute, des joutes verbales (cf. initiative médiathécaire début juillet) à la médiathèque, dans les couloirs, à la cafétaria,
monter une pièce de théâtre, tourner un film, monter une chorale,
évaluer la quantité de jeux de rôles dans les classes et introduire des jeux de rôles comportant des consignes dattitudes para-verbales et non verbales,
faire une simulation globale « call center » avec des accents québecois, suisse, belge, parisien, marseillais,
etc.
Christian PUREN, « Perspectives actionnelles et perspectives culturelles en didactique des langues-cultures : vers une perspective co-actionnelle co-culturelle », Les Langues modernes n° 3/2002, juil.-août-sept. 2002, Paris, APLV. (cf. extraits en annexe 12)
Mermet G., Francoscopie 2005, Pour comprendre les Français, Larousse, 2004.
Voir page suivante lettre de motivation envoyée.
Billiez Jacqueline (dir.), De la didactique des langues à la didactique du plurilinguisme. Hommage à Louise Dabène, Grenoble, CDL-LIDILEM.
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Rapport de stage Master FLES Fabrice Peutot
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EMBED OrgPlusWOPX.4
Analyse qualitative du contexte
Descriptions des entreprises
Rapports entre entreprises
Profils des individus
Profils des relations
Contextes de la mission
Culture dominante : pratique de métier, valeurs dentreprise, valeurs nationales
(
)
Propositions de services
Sensibilisation culturelle
Formation interculturelle
Analyse de pratiques a posteriori
Analyse de pratiques in situ
Accompagnement de mission
Rencontres interculturelles
Elaboration conjointe franco-indienne doutils de travail
(
)
Recherche de stage 2ème année de Master
A lattention du directeur de lAlliance Française de Bangalore
Monsieur,
Professeur des écoles titulaire de lEducation Nationale, je me suis intéressé à lenseignement du FLE en France. Jai enseigné trois années en classe dinitiation (ou CLIN, structure accueillant les élèves étrangers non francophones dans le 1er degré). Cette année, jai monté un cours de FLE pour des réfugiés et un cours dalphabétisation pour des retraités maghrébins. Intéressé par les métiers de la diffusion du FLE à létranger, je participe aux mouvements des postes ou transparences organisées par le Ministère des Affaires Etrangères. Je postule pour les métiers de directeur et de directeur-adjoint dalliances françaises. Afin daffiner mon profil de candidat à ces postes, jai repris des études en 2ème année de Master « Diffusion du FLE : interventions et expertise » (ex-DESS de Coopération éducative et langue française) dispensé par la faculté des Sciences du Langage de Lyon 2 sous la direction de M. Bouchard.
Dans ce cadre universitaire, je suis à la recherche dun lieu de stage (convention à établir avec lUniversité Lyon 2) pour les mois de juillet et août 2005. En lien avec mon désir de carrière dans un poste du MAE, je souhaite découvrir concrètement les tâches qui mattendent. Je ne recherche pas un stage denseignement mais bien un stage où je pourrais mexercer aux différentes fonctions dun directeur dalliance française.
Je vous sollicite donc aujourdhui afin de déterminer si la perspective dun stage dans votre structure est envisageable.
La période indiquée, juillet et août 2005, qui correspond aux vacances scolaires dété, nest pas négociable étant donné que je suis actuellement en poste enseignant en France.
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