LE JEU
Enfin, sur un plan, didactique et pédagogique, le recours aux jeux de simulation
est .... La revue « Économie et management », pilotée par l'inspection générale
et publiée par .... En aucun cas la référence à la théorie de la contingence ne
sera abordée. ...... Et c'est ainsi que Kellie va passer son été 2006 à potasser le
sujet.
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CAPA-SH Option D Session 2006
Sylviane MOUSSARIE
LE JEU
Support pour le savoir-être
le savoir-faire
et le savoir
« Si nous ne croyions pas que nos élèves peuvent réussir, nous abandonnerions toute recherche pédagogique ; nous nous contenterions dattribuer leurs échecs à des causes sur lesquelles nous navons pas de pouvoir : le milieu social..., léquipement génétique insuffisant. »
Ph. Meirieu
SOMMAIRE
INTRODUCTION
3
1/ OBSERVATION DUN DISPOSITIF DE SCOLARISATION DES ELEVES HANDICAPES A LECOLE
. 4
1.1 La CLIS : dispositif dintégration collective
..
. 4
1.2 Diversités des CLIS et leur fonctionnement
4
1.2.1 Les particularités dune CLIS
..
. 5
1.2.2 Profil des enfants de CLIS
. 5
1.2.3 Les objectifs de la CLIS
.. 6
2/ Présentation de la classe 6
2.1 Le cadre
..
6
2.2 Le groupe
7
2.3 Ses besoins
..
. 8
2.4 Projet de groupe
.
10
3/ Pourquoi jai choisi le jeu en tant que futur maître d ?.......
11
4/ Le jeu
12
4.1 Définition(s)
.. 12
4.2 Approche théorique
.. 13
4.3 Le jeu : oui, mais
.. 14
5/ Quest-ce quapprendre ?
. 16
5.1 Définition(s)
16
5.2 Présentation de théories sur les stratégies dapprentissage pour
les enfants aux besoins spécifiques ...
..
16
6/ Quels jeux pour quels apprentissages ?
19
6.1 Modalités de mise en place
19
6.2 Le jeu facteur de socialisation
.. 19
6.3 Développement des compétences transversales
21
6.4 Développement des compétences linguistiques
.. 22
6.5 Développement des compétences mathématiques
23
7/ Jeu et médiation
. 23
8/ Jeu et évaluation
. 25
9/ Bilan de laction
26
9.1 Constat
.
.. 26
9.2 Perspectives
. 27
CONCLUSION
29
Bibliographie
. 30
Annexes
INTRODUCTION
Jai fait le choix, depuis deux années, denseigner en CLIS 1 auprès denfants présentant des troubles importants des fonctions cognitives. Enseignante en école élémentaire, cycles II et III, jai toujours été interpellée, comme nombre de mes collègues, par les enfants en difficulté dans lacquisition et la maîtrise des apprentissages. Chaque année, jai essayé de leur venir en aide en mettant en uvre, selon les caractéristiques du groupe - classe, des groupes de soutien, des groupes de besoin, des ateliers variés
Ensuite, ayant pris la direction dune école, jai été amenée à diriger des équipes éducatives. Lors de ces rencontres, jai ressenti plus encore, devant les parcours multiples et délicats de ces élèves, le besoin de pousser plus loin mes réflexions et mes actions pédagogiques.
Ma préoccupation principale est de pouvoir mettre en place des activités qui permettent aux élèves de dépasser leurs difficultés, de maîtriser leurs méthodes et leurs techniques de travail, de restaurer leur image et de prendre conscience de leurs progrès.
Durant ces deux années, les enfants qui mont été confiés, outre leur besoin daide pour entrer dans les apprentissages de la lecture, du langage oral et écrit, ou des mathématiques ont pour la plupart un point commun : celui déprouver de nombreuses difficultés à stabiliser ou à acquérir les nombreuses compétences du savoir-faire et du savoir-être. Jai donc repris un outil déjà utilisé dans mes classes antérieures : le jeu.
Ma réflexion sest portée plus précisément sur la question suivante :
« Comment le maître D peut-il envisager le jeu comme outil médiationnel afin daider les enfants à mettre en place des compétences qui pourraient leur permettre dentrer plus facilement dans les apprentissages et ce faisant, les aider à consolider leur statut délève, dapprenant ? »
A partir de cette réflexion, je fais lhypothèse que le jeu, par son essence ludique, va permettre à lenfant de construire et dexercer des compétences méthodologiques et ainsi lui permettre de résoudre certaines difficultés aux niveaux cognitif, psychomoteur et psychoaffectif.
1/ OBSERVATION DUN DISPOSITIF DE SCOLARISATION DES ELEVES HANDICAPES
1.1 La CLIS : dispositif dintégration collective
En 1991 sont créées les CLIS (1) « pour organiser la scolarité adaptée des élèves qui ne peuvent dans limmédiat être accueillis dans une classe ordinaire et pour lesquels ladmission dans un établissement spécialisé ne simpose pas.»
La circulaire de 2002 (2) précise « une intégration dans un dispositif collectif, la classe dintégration scolaire sera proposée dès lors que les besoins de lélève sont tels que des aménagements substantiels doivent être apportés au moins sur certains aspects de la scolarité. »
La loi du 11/02/0/2005 (3) donne lobligation de scolariser chaque enfant en situation de handicap à lécole de son quartier. La notion de scolarisation prévaut désormais sur le terme de dintégration.
1.2 Diversités des CLIS et leur fonctionnement
Il existe 4 types de CLIS ; toutes apparaissent comme une structure intermédiaire entre létablissement spécialisé et la classe ordinaire.
a) les CLIS 1 : Classe dintégration scolaire pour enfants présentant des troubles importants
des fonctions cognitives
b) les CLIS 2 : Classe dintégration scolaire pour enfants présentant un handicap auditif.
c) les CLIS 3 : Classe dintégration scolaire pour enfants présentant un handicap visuel.
d) les CLIS 4 : Classe dintégration scolaire pour enfants présentant un handicap moteur.
«Ces classes ont un point commun primordial : la cohérence du projet pédagogique.
La CLIS est une classe de lécole et son projet intégratif est inscrit dans le projet décole. Elle a pour mission daccueillir de façon différenciée dans certaines écoles élémentaires ou exceptionnellement maternelles, des élèves en situation de handicaps afin de leur permettre de suivre totalement ou partiellement un cursus scolaire ordinaire.
Leffectif de ces classes est limité à 12 élèves, mais, dans certains cas (exemple : troubles graves du développement), leffectif envisagé doit être très sensiblement inférieur.
Leffectif des élèves de CLIS est comptabilisé séparément de leffectif des autres classes de lécole en ce qui concerne les mesures de carte scolaire.
La CLIS est une classe ouverte, elle constitue dans lécole un dispositif dintégration, non une classe fermée sur elle-même. Parce que lenseignant de la CLIS ne peut réussir seul le pari de la scolarisation des enfants qui lui sont confiés, en gérant simultanément son projet collectif de classe et les projets nécessairement individualisés pour chaque élève, chaque CLIS se caractérise par un projet dorganisation et de fonctionnement élaboré par le maître de la classe en association étroite avec lensemble de léquipe éducative. Cette équipe est constituée des parents, partie prenante essentielle du projet, et y sont inclus évidemment le médecin de lEducation Nationale et le psychologue scolaire, sous la responsabilité du directeur décole et en liaison avec linspecteur de la circonscription. La participation de lAVS (Auxiliaire de Vie Scolaire) à cette organisation contribue très souvent aussi à la réussite de ce processus.» (ibid 2).
Ladmission en CLIS dun élève est subordonnée à la décision dune commission déducation spéciale nouvellement appelée (réf : loi du 11/02/05) : commission des droits et de lautonomie des personnes handicapées (CDAPH)
Extrait de l Art. L.-241-6. : La commission des droits et de lautonomie des personnes handicapées est compétente pour :
1° Se prononcer sur lorientation de la personne handicapée et les mesures propres à assurer son insertion scolaire ou professionnelle et sociale ;
2° Désigner les établissements ou les services correspondant aux besoins de lenfant ou de ladolescent ou concourant à la rééducation, à léducation, au reclassement et à laccueil de ladulte handicapé et en mesure de laccueillir. (ibid 3)
____________________
(1) Circulaire 91-304 du 18/11/1991
(2) Circulaire 2002-113 du 30/04/2002
(3) Loi du 11 février 2005
1.2.1 Les particularités de fonctionnement dune CLIS 1
Enseignante dans une CLIS 1, je me permets dapporter quelques précisions sur ce type de classe qui me semblent utiles pour la suite de cette réflexion engagée.
Les CLIS 1 ont pour vocation à accueillir des enfants présentant des troubles importants des fonctions cognitives qui peuvent avoir des origines et des manifestations très diverses : retard mental global, difficultés cognitives électives, troubles psychiques graves, troubles graves du développement
Cela conduit à souligner la nécessité dattacher une attention particulière à la composition de chaque classe de manière à assurer la compatibilité des projets individualisés avec le fonctionnement collectif du groupe. La constitution du groupe doit impérativement être effectuée en ayant le souci dun projet pédagogique cohérent, condition indispensable de progrès pour les élèves. Il ne sagit évidemment pas de rechercher lhomogénéité qui serait vide de sens, mais une compatibilité des besoins des élèves et objectifs dapprentissages, qui rende possible une véritable dynamique pédagogique.
Cela vaut pour tous les types de CLIS, mais revêt une importance particulière pour la CLIS 1.
Les élèves de CLIS 1, qui constituent une population denfants aux besoins très divers, doivent également bénéficier, en fonction de leurs possibilités et de leurs intérêts, de plages dintégration que les encouragent à progresser, à dépasser leurs difficultés. Les expériences conduites en ce domaine confirment que lintégration dans des classes ordinaires, pour des activités précises, est un puissant facteur de socialisation et de progrès sur le plan cognitif, pour les élèves qui en bénéficient.
Inversement, inclure des enfants de classes ordinaires qui viennent dans la CLIS pendant les temps dintégration ou dans le cadre dun décloisonnement, ne présente que des avantages. La participation à des activités communes sous la responsabilité du maître, favorise des échanges cognitifs et améliore les relations de camaraderie au sein de lécole. Ces démarches doivent être prévues dans le projet décole. Il importe, pour la réussite du processus intégratif, que le maître de la CLIS soit perçu par tous les élèves de lécole, non comme un maître « à part », mais comme un maître « à part entière »
1.2.2 Profil dun enfant de CLIS 1
Cette synthèse est extraite des AIS de lIUFM de Saint-Brieuc :
« - Lélève de CLIS est un enfant dont la structure mentale est rigide. Or apprendre, cest oser se déstabiliser pour se recomposer à un niveau supérieur. Beaucoup denfant de CLIS refusent de changer leur représentation et se réfugient derrière « je ne sais pas », « ça ne sert à rien. ».
Lélève de CLIS a des problèmes à se représenter les données. Il change difficilement de cadre, de point de vue. Ses stratégies utilisées sont erronées, inadaptées car trop lourdes.
Lélève de CLIS se contente de laction, il ne modélise pas cest à dire que tout ce quil connaît est fragmentaire, il ny a pas de lien, dorganisation de ses connaissances. La phase dinstitutionnalisation des connaissances est difficile voire souvent impossible, il ny a pas spontanément de décontextualisation.
Lélève de CLIS se contente de répétitions, dexercices répétitifs.
Lélève de CLIS a des problèmes de structuration du temps et de lespace : or pour réutiliser un apprentissage dans une autre situation, il faut se projeter dans le temps.
Lélève de CLIS a perdu toute confiance en lui. Or, si lon veut produire soi-même pour traiter une situation nouvelle, il faut avoir confiance en soi, avoir de soi une image positive.
Lélève de CLIS a des difficultés de langage. La langue ne lui sert à parler que dun objet présent. Laction et le langage sont alors redondants. Il y a aussi un fort déficit dans le schéma narratif (pas de chronologie des actions, pas de hiérarchisation des évènements, des données.)
- Lélève de CLIS vit, sest exilé dans un monde de non-sens. »
1.2.3 Les objectifs de la CLIS :
Développer chez les enfants des capacités cognitives, de la sensibilité, du sens, de la coopération, de la solidarité, de civisme.
Favoriser la prise de conscience par lenfant de ses possibilités, permettre à lenfant de révéler ses capacités dans les domaines des savoirs, des savoir-faire, des savoir-être.
Avant de poursuivre, je souhaite apporter des précisions sur ces 3 derniers termes :
Les savoirs (ou connaissances déclaratives) qui relèvent généralement de compétences à caractère transversal et qui sappliquent à la culture dite « générale », soit aux différents domaines de la connaissance. Ces savoirs sont par conséquent variés et de lordre de lacquis ; ils permettent dagir efficacement dans une diversité de situations ; ils favorisent la compréhension de lenvironnement professionnel et de ses mécanismes dévolution ; ils mobilisent des aptitudes à lanalyse critique et à la synthèse, une approche raisonnée et méthodologique des processus et des comportements de travail.
Les « savoir-faire »(ou connaissances procédurales) sont dordre technique ou pratique et dits « spécifiques car liés à un contexte donné de travail ; ils relèvent de la mise en uvre des procédures, des capacités à produire et à reproduire, à réaliser efficacement la tâche ou la mission confiées. Ces compétences mobilisées sont par nature observables et peuvent à ce titre être plus sûrement évaluées.
Les « savoir-être », qui correspondent à la composante humaine et comportementale de lindividu. Ces qualités sont plus particulièrement mobilisables dans le cadre de la médiation.
Pour permettre lacquisition de ces compétences, il me paraît indispensable de stimuler lestime de soi, une estime que ces enfants ont souvent perdue.
Lestime de soi est une donnée fondamentale de la personnalité. Une des premières fonctions concerne la capacité à sengager efficacement dans laction. Et cest bien le contraire qui se passe chez les élèves de CLIS.
Lélève à basse « estime de soi » entreprend très peu de choses par peur déchouer. Il doute de plus en plus et est victime, inconsciemment, de phénomènes cognitifs dautoévaluation, à la manière de J. RENARD, qui notait dans son Journal :
« Dexpérience en expérience, jen arrive à la certitude que je ne suis fait pour rien. »
Lélève à basse « estime de soi » est souvent dépressif. Il faut donc laider à développer de la confiance en privilégiant les projets de classe qui font émerger un sentiment dappartenance, qui favorise la prise de conscience de son identité, de ces capacités dappropriation de compétences.
Il faut laider à recréer les conditions du désir, et pour cela définir, un projet individualisé qui prend en compte lélève dans sa globalité (anamnèse de lenfant, comportement en classe et les apprentissages)
Enfin, il pourra acquérir de nouvelles compétences (définies dans son projet individuel) quil souhaitera pouvoir auto - évaluer.
De cette pyramide de lestime de soi va naître lautonomie. Gagner en autonomie, cest grandir, et grandir, cest aller vers lavant.
Stimuler lestime de soi, cest permettre à lélève davancer dans la spirale de la réussite.
2/ PRESENTATION DE LA CLASSE
2.1 - Le cadre
Cette classe dintégration scolaire fait partie dune école élémentaire de 9 classes, située dans un cadre privilégié tant au niveau géographique que social.
Son ouverture sest faite à la rentrée scolaire 2004/2005. Tous les enseignants de lécole ont reçu une formation, sous forme de stage de circonscription, afin quils aient un aperçu à la fois plus large et plus précis sur ce type de classe.
Avoir une CLIS dans une école sous-entend la volonté de chacun à vouloir intégrer, dans lécole et dans les classes, des enfants déficients intellectuels. Chaque enseignant a été très vite partie prenante de linstallation de la CLIS dans lécole.
Selon les compétences et les besoins spécifiques des élèves de nombreuses intégrations ont été mises en place dans les classes. Tous les élèves de la CLIS bénéficient dune intégration en musique et en EPS. Certains des élèves profitent dintégration dans des domaines variés (lecture, découverte du monde...) Un élève de la classe est même parti, cette année, en classe de découverte avec 3 classes de cycle III, dont le thème principal était lastronomie.
Léquipe pédagogique ayant pris soin de réfléchir à ces intégrations, a retenu les formes suivantes :
- intégrations continues sur lannée si lenfant se montre capable et volontaire et si les réponses de cette mise en place lui permettent dasseoir ses compétences, de cheminer vers les apprentissages plus larges. Des synthèses régulières avec le maître accueillant sont nécessaires pour une évaluation régulière des progrès ou des difficultés rencontrées soit par lenfant soit par le maître. Elles permettent dans un même temps dadapter les méthodes et dajuster les contenus.
- intégrations sur un court terme : lenfant sera accueilli pour travailler sur un thème ou une notion étudiés par la classe dintégration. Cette intégration se déroulera sur un temps pouvant aller de 1 à 3 semaines.
Un décloisonnement a été mis en place avec une classe de CE1 en arts plastiques, 1 samedi matin sur 2.
La classe bénéficie dune Auxiliaire de Vie Scolaire Co, nouvelle cette année. Elle est présente 18 heures dans la semaine.
2.2 - Le groupe
La classe accueille 12 élèves.
Nés en 1997 (2 élèves), en 1995 (3élèves) et en 1994 (7 élèves), ces enfants relèvent donc pour la plupart du cycle des approfondissements (cycle III). Cependant, les évaluations de leurs compétences les inscrivent dans le cycle des apprentissages fondamentaux (cycle II). Leurs principales difficultés se situent, en effet, dans les domaines de la langue et des mathématiques.
Ces enfants, habitant des villes ou villages divers des alentours, mais réunis là pour leurs besoins scolaires, ont des cursus très différents et font lobjet dun projet individualisé établi et réajusté une fois par trimestre, par léquipe éducative dans le cadre de leur PPS (Projet Personnel de Scolarisation).
Vu le nombre délèves, je ne présenterai que les 4 élèves qui minterpellent tant leur comportement varie de la majorité des élèves de la classe.
1)Kévin (1994) vit depuis 4 ans en foyer. Sa vie est semée de déboires familiaux et judiciaires. Sa scolarisation sétait faite, jusquà son entrée en CLIS dans la classe interne du foyer où les apprentissages navaient pu dépasser ceux de la GS/CP. Kévin est suivi en libéral en orthophonie.
Le projet de Kévin est axé sur une transformation de son rôle délève ; trouver une motivation personnelle à apprendre en sinvestissant davantage ; ainsi que sur un travail de compréhension de lécrit, et de verbalisation.
2)Alexandru (1997) est scolarisé à mi- temps à lécole. Tous les après-midi, il est pris en charge en hôpital de jour. Il éprouve dimportantes difficultés de mémorisation, à court et à long terme. Lacquisition de ses compétences sont lentes et peu sûres. Sa peur de léchec et du regard de ses pairs, des autres enfants et des adultes en général me permet de penser que sa fréquentation scolaire est de lordre du phobique.
Les parents, ne pouvant que constater de nombreux cauchemars, des cris et des pleurs fréquents, sont démunis devant tant dangoisse. Conseillés par léquipe éducative, notamment par la psychologue scolaire, ils ont accepté linscription dAlexandru dans cette « structure ».
Le projet individuel de Alexandru sarticule autour de trois points principaux :
développer sa confiance en lui, aux autres et en ladulte
trouver sa place dans le groupe-classe
modifier son comportement dapprenant en lamenant à la mémorisation et à la verbalisation
3) Antonin (1994), tout comme Alexandru, est pris en charge en hôpital de jour à 50% du temps scolaire. Il présente des troubles profonds du comportement. Il est continuellement en retrait des activités de classe, et décole. Il est en perpétuel mouvement, souvent très occupé à triturer différents objets individuels ou collectifs, dont il fait la sélection le matin en arrivant en classe. Il naccepte aucun dialogue, aucun contrat. Parfois devant mon refus à le laisser dans ses stéréotypies et mes sollicitations à la participation aux activités, il se réfugie sous un meuble de la classe, doù il mest très difficile de le faire sortir. Antonin nentre pas dans lécrit, il ne veut pas laisser de traces. Si un échange verbal réussit à être établi avec ladulte, cet échange ne se fait que sur sollicitation de ce dernier et est toujours de très brève durée. Son comportement déroute souvent, car son esprit semble « ailleurs », il est tout de même capable, par instants, de fournir des réflexions ou des réponses pertinentes.
Le projet de Antonin est axé sur son implication dans les apprentissages et dans le groupe. Laide doit lamener à verbaliser, à mettre du sens dans ses démarches, à devenir « acteur de ses propres apprentissages ».
4) Pierrick (1997) est le plus jeune de la classe. Après un CP « blanc », il a été directement orienté en CLIS. Son principal problème est un manque certain de maturité (dernier enfant dun fratrie de 4, avec de sérieux problèmes familiaux, sociaux) Pierrick est dans la classe depuis lan passé, les apprentissages en lecture progressent lentement, ses capacités sont meilleures en mathématiques où il sait faire preuve dune bonne logique.
Le projet de Pierrick est de lamener à acquérir un statut délève, dentrer dans les apprentissages. Une action psychologique et éducative a été mise en place, cette année, par un SSESAD. Cette prise en charge est bien investie par Pierrick.
Quant à Alexis, Anthony, Bastien, Benjamin, Boubakar, Caroline, Jean-Raphaël et Melvin, ils ont tous été maintenus en cours préparatoire où ils ne sont pas parvenus, au bout de 2 années à une certaine maîtrise de la lecture. Tous ont un suivi thérapeutique (psychologie, orthophonie ou psychomotricité).
2.3 - Les besoins
En tenant compte des projets individuels poursuivis, jai établi un projet de groupe qui intègre les besoins spécifiques de chaque enfant et qui tente de répondre aux besoins collectifs de la classe.
Difficultés de concentration et dattention : les enfants ont du mal à entrer dans les activités en début de séance et sagitent beaucoup au moment des changements dactivités.
Tendance à agir plutôt quà réfléchir : les enfants en situation ont du mal à contrôler leur impulsivité (laction à tout prix, laction avant la réflexion, quelquefois seulement, lerreur leur fait faire demi-tour).
Difficultés dordre linguistique : les enfants éprouvent des difficultés à exprimer leur pensée de manière compréhensible, à mettre de lordre dans leurs idées pour expliquer leurs stratégies, leurs opinions... Les enfants restent le plus souvent mutiques, les explications sollicitées par moi-même sont le plus souvent gestuelles.
Difficultés de compréhension et de mémorisation : il faut répéter et expliquer plusieurs fois.
Difficultés danticipation de leurs actions, de celles de leurs camarades. Les enfants éprouvent des difficultés à imaginer des stratégies, doù un investissement souvent limité.
Difficultés danalyse de situations : Les enfants témoignent des difficultés à prendre du recul par rapport à certaines situations, à faire le point.
Difficultés de synthèse : Je propose très souvent à la fin de séances ou dactivités de faire un bilan oral sur ce qui vient dêtre fait. Mais les discussions se limitent très souvent aux problèmes relationnels (ex : transgressions) ; les enfants ne parviennent que très rarement à exprimer de manière cohérente et logique les différentes phases de lactivité. Ils ne parviennent pas à dégager lessentiel.
Lécoute réelle nexiste que chez peu dentre eux et encore de manière très irrégulière.
Linvestissement, individuel ou dans un groupe, dans les activités est difficile à obtenir. Les enfants de cette classe, groupe très hétérogène par les comportements et les savoirs, ne sont pas de grande connivence entre eux. Ce sont des enfants très tournés vers eux-mêmes et qui éprouvent beaucoup de mal à être confrontés aux autres. Ce manque dunité dans les types de difficultés vient du fait que chacun essaie souvent de dissimuler son handicap personnel. Léventuel jugement de lautre est perçu comme un affront et génère une agressivité latente. Ces comportements tendent à satténuer au fil du temps ; jose espérer que cela est dû au climat de confiance que jessaie chaque jour de développer.
De plus, ces enfants ont la particularité de présenter une maturité « décalée » par rapport à leur groupe dâge. Ce manque de maturité mest apparu comme un acte inconscient de la peur dapprendre. Pour la plupart, ces enfants me donnent limpression de ne pas oser « risquer » : risquer dévoluer, de grandir, de renoncer au confort de la petite enfance. Une certaine peur dapprendre se dégage de leurs actions et de leurs paroles.
« Je sais déjà » leur évite de rencontrer ceux ou celles qui sont susceptibles den savoir plus queux et qui risquent de souligner leur incompétence.
Je fais ici référence à S. Boimare pour qui la difficulté dapprendre est souvent expliquée par les troubles du comportement des enfants à lécole. On a tendance à mettre ces troubles en avant comme des manques (manque dattention, de mémoire, de motivation...). Si nous constatons en effet cela, nous pouvons penser que ces traits, ne sont que des effets secondaires de la peur dapprendre.
« Il ne sagit pas plus darmes mises en place parfois très tôt, faisant partie dune stratégie danti-pensée pour éviter les apprentissages, pour éviter ce qui semble faire peur. » S. Boimare la peur dapprendre- Dunod -1998 » (4)
2.4 - Projet de groupe
Enseignante de cette classe, jai mis en place, cette année, le projet « jeux de table et de règles », soit des jeux de société traditionnels.
Cette activité apparaît dans lemploi du temps, le jeudi matin après la récréation, matinée où tous les enfants sont tous présents, où il ny a de suivis thérapeutiques pour aucun deux. LAVS est aussi présente ce matin là et intervient auprès des groupes selon mes directives pédagogiques.
( A retrouver confiance en leurs possibilités
Affirmer leur personnalité,
Retrouver lestime de soi et la confiance en soi,
Exprimer leurs difficultés au sein dun petit groupe.
( A acquérir des compétences méthodologiques et devenir plus autonome dans leur travail
Apprendre à fixer son attention, à se concentrer,
Apprendre à observer et à mémoriser,
Apprendre à écouter les autres,
Apprendre à raisonner, à analyser et à corriger ses erreurs,
Apprendre à rechercher des informations,
Apprendre à faire des choix, émettre des hypothèses, expliquer sa démarche.
( A résoudre certaines difficultés et combler certaines lacunes dans les apprentissages mathématiques
les activités logiques (tri, classement, résolution de problèmes),
découverte du nombre (mise en place de la bande numérique, prise de conscience des régularités de la suite orale, des règles de fonctionnement de la numération de position ainsi que des règles de fonctionnement de la numération orale et son lien avec la numération chiffrée,
structuration de lespace.
Le domaine de la « découverte du monde » dans lesquels les nouveaux programmes du Cycle II classent désormais les mathématiques, conserve 4 directions : les activités logiques (tris, classements, résolution de problèmes), la découverte du nombre, la structuration de lespace et la découverte de la mesure.
Pour le projet de cette classe, jai retenu les trois premières directions des Instructions Officielles et pour ce faire, jai mis en place les jeux suivants : le jeu Uno, Puissance 4, le Mikado, les dominos, la bataille (jeu de cartes traditionnelles), jeux de 7 familles, jeux de dés (double-six), loto 15 et le jeu du Zanzi.
_____________________________________
(4) Boimare S. « La peur dapprendre » Ed. Dunod 1998
Jai basé ma démarche sur lactivité des enfants : leur permettre dexercer leurs responsabilités dans lélaboration dun projet qui tiendrait compte des difficultés rencontrées. Je me suis attachée à proposer des situations volontairement dépouillées de consignes trop précises afin de privilégier la prise en charge de lorganisation de lactivité par les enfants eux-mêmes. La démarche que jai adoptée peut-être résumée de la manière suivante :
Phase 1 : Mise en place de la situation de départ en donnant le minimum de consignes pour jouer rapidement.
Phase 2 : Exploration de la situation par les enfants et mise en évidence de certains problèmes à résoudre pour continuer le jeu.
Phase 3 : Situation de recherche pour modifier les règles, les stratégies ; en inventer dautres.
Phase 1 bis : Mise en place de la seconde situation après modification...
Schéma du déroulement dune séance de jeu
3/ POURQUOI JAI CHOISI LE JEU EN TANT QUE FUTUR MAÎTRE D ?
Selon les modalités dintervention :
La médiation sexerce tout autant dans le jeu des institutions que dans la résolution des conflits cognitifs.
Elle sadresse à des enfants à qui on peut proposer une éducation cognitive qui va du social à lindividuel.
La médiation est loutil du partenariat qui lie les différentes institutions médicale, sociale, familiale, éducative, scolaire-.
Mais elle est aussi la position du maître D comme médiateur dans le groupe-classe.
Selon les objectifs :
Le maître D est le garant des apprentissages fondamentaux pour les élèves qui lui sont confiés.
Ces élèves présentent des difficultés diverses qui les mettent en échec lorsquils sont confrontés à la mise en
uvre commune des objectifs de lEcole.
Sur le plan pédagogique, il y a lieu dentreprendre un travail daccompagnement à lélaboration des processus
cognitifs pour aider à « sortir » de la spirale de léchec.
Le maître doit donc veiller à lamélioration de la maîtrise des contenants de pensée archaïques en sappuyant sur
les habiletés sociales.
Mes finalités sont donc les suivantes pour lélève :
travailler en partenariat, en réseau, en équipe pluridisciplinaire autour du projet de lenfant et dans son intérêt.
Aborder les objectifs de cycles, adaptés aux capacités de chacun et inscrits dans le projet individuel, en conduisant lélève, selon son propre rythme, à :
Découvrir et construire son identité (sujet pensant, acteur)
Découvrir le plaisir de penser, de connaître et de faire
Développer son autonomie
Séveiller au désir dapprendre soutenir et susciter le désir dapprendre
Construire des repères spatio-temporels
Construire sa citoyenneté (apprentissages des règles sociales)
Acquérir les notions de bases de lécole
Agir dans le monde de façon autonome (sujet social)
Accepter les règles du groupe
Mes sous-objectifs mapparaissent, dès lors, comme tels :
comprendre et accompagner la « démarche apprenante » de lélève en difficulté
dédramatiser léchec
proposer des situations pédagogiques différentes de celles de la classe
permettre à lélève de consolider certaines bases, de prendre conscience de ses acquisitions lui donnant loccasion de réussir
faire retrouver à lélève la signification des apprentissages
Actions et objectifs de la re-médiation ainsi définis, il conviendra denvisager lutilisation du jeu comme « outil médiationnel » nécessaire et efficace.
4/ LE JEU
Pour poursuivre cette étude, il conviendra de définir les mots « jouer » et «jeu » et de se poser les questions relatives à lacte de jouer. Quelles fonctions sont attribuées au jeu ?
De même, il conviendra aussi de définir ce quest un apprentissage. Quelles capacités, quelles conduites sont requises pour la mise en place de processus mentaux face aux apprentissages ?
4.1 - Définition(s)
Jouer : (du latin jocare), sadonner à un divertissement, samuser (Larousse)
Jouer : [du latin jocari (badiner) et jocus (jeu)], se récréer, se divertir (Quillet)
Jeu : (latin jocus), activité physique ou intellectuelle visant au plaisir, à la distraction de soi ou des autres, récréation, divertissement. (Larousse)
Jeu : Divertissement, récréation, activité intellectuelle ou gestuelle qui na dautre fin que lamusement de la personne qui sy livre. (Hachette) ou bien encore :
Jeu : activité de loisir soumise à des règles conventionnelles comportant gagnant et perdant et où interviennent de façon variable les qualités physiques ou intellectuelles, ladresse, lhabileté ou le hasard (Office québécois de la langue française)
Notons aussi, que le terme « ludique » a une racine latine et que le mot « ludus » se réfère au temps libre, aux loisirs.
4.2 - Approche théorique
Quelque soit lorigine des définitions, il est évident que celles-ci restent succinctes et lacunaires face à labondance des études et propos que le sujet a suscité. Bien quil existe quelques tentatives considérables effectuées dans le passé par des théoriciens tels que Platon et Schiller, ce sont bien des penseurs de ce dernier siècle qui ont donné un statut privilégié au jeu dans la réflexion humaine. Outre les grandes monographies sur le rôle du jeu dans la culture (cf. J. Huizinga, Caillois) presque chaque discipline des sciences humaines a contribué à léclaircissement des différents aspects du jeu. Ainsi trouve-t-on des exemples en philosophie, psychologie, en pédagogie, en psychanalyse (Alain, Château S.Freud, M. Klein, J .Piaget, Winnicott, Wallon, Ph Gutton, Ph Meirieu
) et en sociologie (Brougère
). La liste de ses précurseurs/penseurs est loin dêtre exhaustive, aussi, je ne citerai dans mon analyse que les écrits semblant aller dans le sens de mon propos.
Si jai choisi le jeu un peu par tâtonnement dans ma pédagogie exercée jusqualors, la lecture de quelques théories ma confortée dans lutilisation du jeu en re-médiation. Cette lecture ma permis de faire ressortir les caractéristiques du jeu.
Le jeu est universel : il traverse les siècles, parcourt le monde, se transmet au travers des cultures.
Le jeu est éthologiquement naturel et instinctuel, pulsionnel. Notons cependant que deux conditions doivent être réunies pour que le jeu apparaisse chez lanimal. La première condition est lexistence dun temps disponible, temps où le sujet est libéré du besoin de satisfaction de linstinct sexuel, du besoin de nourriture, du besoin de protection. Lorsque ce temps existe (souvent chez les jeunes sujets ou chez les sujets captifs) les actes de linstinct se produisent à vide : exemple du jeu avec un os ou une balle.
La deuxième condition, découlant immédiatement de la première, est laffaiblissement de linstinct. Linstinct nobéit plus à son urgente nécessité, mais programmé génétiquement, il continue à se manifester plus discrètement, avec moins dintensité, moins de pression intérieure. Laction de jeu devient alors une simple activité exutoire qui libère le trop plein dénergie.
A cette notion de nécessité, se succède une notion de plaisir, qui appelle la répétition qui crée lapprentissage.
« Le jeu issu de linstinct est aussi constituant social. Ce qui nous conduit à postuler que le jeu sert à transformer
de linstinct en du social
du naturel en du culturel.
Il est avec léducation et, avant elle, le moyen dutiliser des forces vitales en forces socialisées qui renforce le groupe et donne à lindividu son identité » (J. Barat La rééducation dans lécole -1990. (5)
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(5) BARAT JC. : « La rééducation à lécole » - Ed. Colin 19904
4.3 - Le jeu : oui, mais
Avant de poursuivre, je voudrais lever une équivoque par rapport à lutilisation du jeu. Il nest pas dans mon intention de baser toute ma pédagogie médiationnelle sur le jeu, de le substituer au travail.
Cependant, notons que si lenfant ne sentraîne pas, dans le jeu, à une tâche définie, il acquiert grâce à lui, une capacité plus étendue à surmonter les obstacles ou à faire face aux difficultés. Le jeu exerce très souvent des aptitudes semblables à celle dune démarche scolaire, à savoir : prélever des indices, anticiper, formuler une hypothèse, la vérifier.
Cette démarche se retrouve aussi bien dans le jeu de Mikado ou celui des dominos que dans la lecture de texte ou la résolution de problème.
Les compétences attribuées au jeu sont multiples : culturelles, sociales, motrices, affectives, anticipatrices, stratégiques... celles qui doivent être privilégiées par le maître D sont celles qui vont permettre à lélève de sapproprier des savoir-être, des savoir-faire et des connaissances. Le jeu est une modalité essentielle de la construction de lintelligence. Il permet de passer du domaine de laction à celui de la pensée. Mis en place, il doit permettre laccommodation, lassimilation et les rencontres qui créent des découvertes à travers des conflits socio-cognitifs.
Le jeu savère un allié précieux pour un enseignant spécialisé, cest un outil qui aide à jeter un pont entre la notion de « jouer » et la notion d« apprendre » : le tout étant pour lenseignant de trouver larticulation entre le jeu et les activités construites (travail), à faire en sorte que lenfant deviendra un écolier qui aime apprendre.
Je rejoins, ici, la théorie de Jacques Henriot (6), chercheur en psychopédagogie. Pour lui, jouer, cest vraiment sobliger, simposer la réalisation dun projet conformément à des règles. ..
Il insiste aussi sur laspect fondamental du jeu : il nest pas question de dire aujourdhui que le jeu nest une activité sérieuse
Le jeu est probablement le moins insignifiant des actes et pourtant jouer, ce nest jamais ne rien faire, et parfois cest même travailler plus intensément que dans des situations banalement appelées « situations de travail ».
Lors de la mise en place des jeux, les enfants se sont révélés deux-mêmes très loquaces sur leur future activité.
« Cest super bien ! On ne va pas travailler !
«Tu rigoles ou quoi.... Quand on joue on apprend des choses, évidemment cest pas comme avec la maîtresse, on na pas à écrire, mais notre cerveau, il travaille
»
« Bon tu te mets avec moi, tous les deux, on sera plus fort. »
« Je ne sais pas jouer, je peux me mettre avec toi ? »
« Moi, je sais bien y jouer, je vais tapprendre... »
Le jeu fournit, à loccasion dun plaisir partagé, la satisfaction de la découverte des codes de communication et amène lenfant à en acquérir la maîtrise au cours des échanges. Par son essence, lactivité ludique est plaisante, non contraignante, gratuite et développe un sentiment de confiance, de contrôle interne.
Après le jeu, chez les vainqueurs, on ressent bien la fierté davoir gagner sans cependant redouter davoir à remettre leur titre en jeu, et chez les perdants, après un court temps de frustration, lenvie de recommencer prend le dessus, comme si un besoin irrépressible de faire mieux lemporte.
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(6) Henriot J. : « Le jeu » P.U.F . Rééd. 1983
Lors du jeu en remédiation, les objectifs doivent être clairement définis. Les jeux susceptibles de remédier aux « carences » de lenfant devront être bien ciblés, en sachant quil existe différents types de jeux dont les objectifs sont différents. La classification qui suit sappuie sur les travaux de Piaget (J. Piaget La formation du symbole Delachaux et Niestlé- 1935) (7)
Les jeux symboliques : ce sont des jeux de rôle et les jeux dimitation ; ils se passent souvent en labsence de ladulte, mais on peut aussi « apprendre » à être la marchande, le bricoleur, le conducteur... Ils doivent être accompagnés de verbalisation et de gestuel
Les jeux de construction de soi : ils permettent à lenfant de se poser en individu face à un groupe (jeux dexpression corporelle, jeux de prise de parole, danse, théâtre, jeux de traitement de linformation. Ils permettent laffirmation de lidentité et de la différence de lautre.
Les jeux dexercice : ce sont essentiellement des jeux fonctionnels sensori-moteurs. On les retrouve surtout en activités corporelles, scientifiques et langagières : jeux de découvertes des objets, constructions, manipulations, jeux de découverts sensorielles (toucher, vue, ouïe, odorat, goût)
Les jeux de motivation : ce sont les jeux de mots et de langage qui doivent permettre de développer la socialisation et la communication et de maîtriser les angoisses : jeux de devinettes, jeux de questions/réponses, jeux de dialogue, jeux de construction de récit.
Ces jeux sont souvent liés à un projet de ladulte (jeux de classe ou décole)
Les jeux éducatifs : ils permettent les conflits socio-cognitifs et favorisent ladaptabilité : problèmes mathématiques, jeux langagiers de construction et dassemblage de mots. Ils permettent des apprentissages ciblés et la valorisation des démarches. Ils servent à sentraîner à réfléchir, à confronter des avis et à transférer des acquis.
Les jeux de règles : ce sont des jeux de coopération ; ils sont souvent mathématiques mais aussi langagiers (jeux numériques, jeux logiques, jeux spatio-temporels, jeux poétiques, etc...). Ils permettent à lenfant de se socialiser en respectant lautre, de communiquer et dapprofondir des connaissances.
Tous ces jeux peuvent être mis en place par le maître D puisquils aident à développer lattention, limagination, lintuition, la mémorisation et la compréhension, jai retenu les jeux éducatifs et les jeux de règles pour ce groupe car ils répondaient véritablement aux besoins de celui-ci.
La tâche qui m« incombe » alors est de faire prendre conscience à lenfant des aptitudes quil peut acquérir par et durant le jeu, et qui sont transférables au travail de classe.
Le travail du maître D est de faciliter lexpression de lélève en linterrogeant sur la démarche mise en uvre pour atteindre le résultat en donnant loccasion de confronter sa démarche à celles proposées par dautres élèves. Lenseignant napprend pas, ne juge pas, il aide à la formulation, à la formalisation. Cette oralisation se fera après le jeu pour ne pas faire dévier un des objectifs premiers : jouer pour jouer ; dans mon projet, il nétait pas question de dénaturer le jeu lors de sa mise en uvre.
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(7) Piaget.J « La formation du symbole par lenfant » Ed. Delachaux et Niestlé 1935
5/ QUEST-CE QUAPPRENDRE ?
5.1 Définitions
Apprendre vient du latin populaire « apprendere »
Apprendre vient du latin classique « apprehendere », saisir par lesprit.
Ce qui signifie :
Acquérir quelque connaissance (japprends langlais)
Acquérir des savoir-faire (apprendre un métier)
Fixer une chose dans sa mémoire pour la retenir et pouvoir la répéter (rôle appris par un acteur )
Contracter une habitude (apprendre à se taire)
Etre informé (Japprends que vous partez)
Enseigner (apprendre à)
Apprentissage : Processus dacquisition par un animal ou un humain de connaissances ou de comportements nouveaux sous leffet des interactions (Larousse 2002).
On étend aujourdhui le mot « apprentissage » à toute activité qui consiste à apprendre. Or, « Japprends que vous connaissez langlais » nest pas un apprentissage. Dans le domaine qui nous intéresse, seul le verbe apprendre suivi de la préposition « à » qui introduit une proposition infinitive (« Japprends à nager ») doit nous interpeller.
A titre personnel, je définis lapprentissage comme lacquisition dun savoir-faire, et non dun comportement quelconque. Le sujet apprend une conduite qui lui est utile et quil peut reproduire à volonté si la situation sy prête. Notons aussi que lintelligence dun savoir-faire ne tient pas seulement à savoir reproduire des conduites acquises, mais à savoir les adapter, les modifier en fonction des situations.
5.2 Présentation des théories sur les stratégies dapprentissage pour les enfants aux besoins spécifiques :
Dans le passé, plusieurs courants de pensées ont nourri le paradigme de lenseignement et lui ont servi par la suite de balises. Ainsi pendant longtemps on le concevait comme un idéal à poursuivre. Puis, peu à peu, influencé par le béhaviorisme, lenseignement a graduellement intégré le développement des habiletés. Depuis, les recherches en sciences de léducation se sont intensifiées et de nouveaux courants de pensées ont vu le jour.
Le constructivisme met plutôt laccent sur lactivité de lapprenant qui devient le premier agent de ses apprentissages. Selon cette approche on considère que les nouveaux savoirs se développent progressivement, à la manière dune véritable construction, à partir des connaissances antérieures comme assise, en établissant des réseaux de liens entre les diverses réalités avec lesquelles on entre en contact.
Le cognitivisme est le résultat des préoccupations relatives à la façon dont lapprenant (lélève) acquiert et utilise les connaissances et les savoir-faire. Il repose sur le traitement de linformation et vise lapprentissage des connaissances déclaratives (quoi ?), procédurales (comment ?) et conditionnelles (quand et où ?)
Le socioconstructivisme, issu du constructivisme, ajoute la dimension des relations humaines, des interactions et des questionnements mutuels dans la construction et le développement des compétences. Lapprentissage coopératif est une application concrète de ce courant de pensée.
Comme on le constate, les modèles pédagogiques nés des sciences cognitives permettent de décrire, dexpliquer et daméliorer les différents processus dapprentissage.
Des pédagogues (au sens large) nous donnent aussi des définitions différentes par la forme, non par le fond :
« Construire des compétences transférables à de nouvelles situations ; cest permettre à lindividu dapprendre à apprendre » Ph. Meirieu « Apprendre, oui...mais comment » p 47 Paris ESF 1998 (8)
« Apprendre cest comprendre, cest-à-dire prendre avec moi des parcelles de ce monde extérieur, les intégrer à mon univers et construire ainsi des systèmes de représentation de plus en plus performants, cest-à-dire qui moffrent de plus en plus de possibilités daction sur ce monde » Ph. Meirieu (ibid8).
« Apprendre, cest sopposer aux autres, se confronter (confronter des documents, se confronter entre pairs) A. Giordan « Apprendre », collection Débats Belin 1998 (9)
« Apprendre, cest se confronter à la réalité en expérimentant, en testant, en soupesant...Apprendre, cest sexprimer, cest argumenter, cest mettre en réseau, faire des liens entre ses propres connaissances, ses apprentissages » A. Giordan (ibid9)
Comment apprend-on un savoir-faire ? « en faisant ». Lapprentissage implique lactivité de la personne et nest possible que par elle.
Alors, me direz-vous : il faut faire ce quon ne sait pas faire pour apprendre à le faire ? Cest en forgeant que lon devient forgeron, dit le proverbe.
« Cest en jouant que lon apprend à jouer » serais-je tentée dajouter.
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(8) Meirieu.Ph. « Apprendre, oui
mais comment ? » Ed. E.S.F. - 1998
(9) Giordan.A. « Apprendre » Ed. Belin - 1998
Pour lancer le projet, lors des 2 premières séances, je me suis inscrite comme joueuse. Ma participation fut présentée aux élèves comme une manière de faire connaissance et puis comme un moyen de mieux leur faire comprendre la règle.
« Oui, mais toi, tu sais jouer, tu vas gagner et nous, on va perdre !
« Tu as raison Alexandru. Je vous propose de faire quelques tours « pour de faux », pour que vous compreniez la règle. Puis ensuite, je suis sûre que vous serez vite prêts à me battre. Je sais que vous pouvez être très rusés et me tendre des pièges.
Lobjectif de ma participation éclairci, les enfants furent rapidement prêts mentalement à jouer le jeu. Les séances qui suivirent se déroulèrent sans participation effective de ma part. Jassistais aux parties et nintervenais en tant que médiateur que par nécessité lors dun conflit « socio-cognitif » (éclaircissement dun point de la règle du jeu, dactions qui pouvaient mettre en déséquilibre la partie : départ dans un mauvais sens, passage dun joueur...)
Cest lors de cette pratique que jai pris conscience de la théorie interactionniste de lapprentissage de L.S Vygotsky (10) qui insiste surtout sur la composante sociale :
« Dans notre conception, dit-il, la vraie direction de la pensée ne va pas de lindividuel au social, mais du social à lindividuel »
Selon lui, la pensée et la conscience sont déterminées par les activités réalisées avec des congénères dans un environnement déterminé.
Il considère que chaque fonction supérieure apparaît au cours du développement de lenfant : tout dabord dans une activité collective soutenue par ladulte et le groupe social ; dans un deuxième temps, lors dune activité individuelle, et elle devient alors une propriété intériorisée de lenfant. Le rôle de lenseignant est important puisque « ce que lenfant est en mesure de faire aujourdhui à laide des adultes, il pourra laccomplir seul demain » (ibid. L.S.Vygotsky ). La distance entre ce que lenfant peut effectuer seul et ce quil peut faire avec laide dun adulte est la « zone proximale de développement », espace sur lequel lapprentissage doit seffectuer.
Je pris la décision dintroduire toujours ainsi les nouveaux jeux, à savoir : présence éminente de ladulte puis effacement progressif de celui-ci. La théorie de L.S.Vygotsky se confirma pour la plupart des élèves, seuls, deux enfants firent exception : Alexandru et Antonin.
Dans les projets individuels, ces deux élèves étaient ceux qui avaient le plus de difficultés relationnelles. La fonction socialisante du jeu ne semblait avoir aucun effet sur eux. Alexandru continuait à se montrer exubérant et trouvait un malin plaisir à bouleverser les parties en parlant à tort et à travers.
Antonin était incapable de prendre place dans le jeu, ni physiquement, ni mentalement. Il restait très individualiste et visiblement ne prenait aucun plaisir à partager du temps avec les autres.
Au cours du projet, jai essayé de comprendre leurs réactions en parlant avec eux, individuellement. Lors de ces discussions, chacun massurait quil souhaitait poursuivre ce projet parce quil était avec les autres, quil aimait jouer, quil aimait bien pour lun les dominos et pour lautre, le jeu du Puissance 4.
A lissue de ce projet, Antonin resta le seul élève pour lequel laction savéra quasiment nulle. Si des effets positifs de cette action ne sont pas apparus lors du projet, jose espérer quaprès un temps de maturation interne, cet élève saura réinvestir quelques données lors dun nouveau projet de classe ou daide.
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(10) Vygotsky.L.S. « Pensée et langage » - Ed. sociales 1992
6/ QUELS JEUX POUR QUELS APPRENTISSAGES ?
6.1 - Modalités de mise en place
Jai proposé des jeux à deux et des jeux collectifs en équipes ou non : la difficulté consistant à résoudre le problème rapidement et efficacement face à ladversaire, mais aussi à lui tendre des pièges, déjouer les siens (analyse, synthèse, réversibilité).
Jai veillé à ce que le jeu se déroule dans une situation protégée. Celle-ci devait permettre :
- dapprendre à combattre loyalement, à triompher sans vanité, à prendre des décisions sans crainte de
sanctions, de rancune ni culpabilité, à respecter lautre et à reconnaître sa supériorité, apprendre à sévaluer à
sa juste mesure sans se surestimer ni se mésestimer.
déviter que lenfant pris par le jeu ne tombe dans lexcès et quil ne trouve dans celui-ci quun moyen de
sétourdir au lieu de se construire.
Je nai retenu aucun classement par âges pour les jeux. Tous les jeux devant être accessibles à tous ; ce qui, selon moi permet des retours en arrière, les fixations et inversement laccès aux jeux « pour les grands ». Lenfant peut ainsi tester et confirmer ses capacités sans autre jugement que celui de se faire à la règle quil a acceptée pour jouer.
Jai mis en place des ateliers (ateliers de 2,3 ou 4 élèves). Jai choisi des jeux où les règles seraient à la fois simples et complexes afin de permettre à chacun dentrer dans la réflexion et dêtre acteur.
6.2 - Le jeu : facteur de socialisation
Sans reprendre dans la totalité la théorie de Huizinga (11) qui affirme que le jeu est le fondement même de la culture et qui le considère comme étant à lorigine de toutes les institutions sociales (pouvoir politique, commerce, guerre,...), il me semble indéniable quil soit, par essence, un facteur de socialisation porteur de culture et, par emploi, un auxiliaire permettant de renforcer le comportement scolaire.
Il est facteur de socialisation puisquil oblige :
Le respect de lautre : pour jouer, il faut, le plus souvent, être au moins deux ; lautre est alors un adversaire quil convient de battre, mais il est également le partenaire qui nous permet de jouer. Cette dualité de lautre, et également de soi, rend possible la construction des personnalités en tenant compte de celle de lautre.
Le respect de la règle : le jeu qui sorganise entre les adversaires (ou partenaires) est régi par une règle quil convient daccepter (contrat librement consenti), de connaître et surtout de respecter. Transgresser la règle finit par tuer le jeu ; les joueurs doivent donc apprendre à fonctionner avec une loi (la règle du jeu) qui leur est imposée mais quils peuvent modifier par consentement mutuel.
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(11) Huizinga.J « Homo ludens - Essai sur la fonction sociale du jeu » Ed. Gallimard 1938 rééd. En 1951 et 1988.
Dans ses recherches, J. Château (12) reprend cela sous le terme de coopération et lui accorde une importance de choix. « La règle... permet la coopération ».
La coercition du jeu a ceci de commun avec la vie en société : celui qui ne respecte pas la règle se voit exclu du groupe de joueurs, définitivement ou temporairement, comme au hockey où le fautif se voit attribuer une « peine de prison » de deux minutes, ou fait lobjet dune menace (carton jaune), dune pénalité (coup franc), ou dune rétrogradation (points en moins).
Il est également facteur de socialisation puisquil permet à lenfant de sinitier aux conduites de ladulte (jeux symboliques suivis des jeux de règles).
Outre ce développement des conduites sociales, des aptitudes verbales, intellectuelles ou physiques, il est un moyen de communication , plus large que le langage verbal : le jeu ouvre le dialogue.
Porteur de culture : il lest par exemple quand il sappuie sur des représentations typiques de la culture (cest le cas du jeu de 7 familles qui représentent la cellule familiale) ou quand il fait appel à des connaissances livresques (cas du Trivial Pursuit qui mobilise des savoirs en Histoire, Géographie..).
Il peut être employé comme renforcement du comportement scolaire puisquil mobilise des aptitudes similaires à celles de lécolier. Pour que le jeu soit possible, il faut savoir renoncer au plaisir immédiat et accepter les échecs, il en va de même pour les apprentissages :
renoncer au plaisir immédiat : tous les jeux sont régis par le principe de plaisir (plaisir de leffort, de la victoire, de laffrontement). Pour arriver au plaisir du gain de la partie, il faut savoir renoncer celui plus immédiat du jeu, cest à dire être capable de laisser les autres jouer à leur tour.
A travers le jeu et en montrant quil nest possible quà condition que chacun respecte les autres, on doit pouvoir aider les enfants à lutter contre limpulsivité, les amener à plus de patience, facteur indispensable à lentrée dans les apprentissages :
accepter les échecs : cest-à-dire admettre que lon puisse être battu nombre de fois, surtout quand on débute, que cest en se confrontant à la difficulté et à plus fort que soi que lon progresse. On pourra sans nul doute aider les enfants à en prendre conscience et à établir le lien qui peut exister entre le mauvais joueur qui envoie tout « balader » quand il est en passe de perdre et le mauvais élève qui renonce à travailler et perturbe les autres dès quil se sent submergé par une difficulté.
Outre ces deux vertus, le jeu peut sûrement être employé pour aider un enfant en difficulté à restaurer limage quil a de lui-même, en lui offrant la possibilité de sadonner à des activités dont la rentabilité est plus immédiate que le travail scolaire, dans lesquelles le poids des erreurs est moins lourd puisquil est normal déchouer et de recommencer de nombreuses parties.
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(12) Château J. « Le jeu de lenfant après 3 ans, sa nature, sa discipline » Introduction à la discipline Vrin - 1956
6.3 - Développement des compétences transversales
Les jeux de société (réglés, de table) contribuent incontestablement à lenrichissement des compétences transversales puisquils requièrent et favorisent la perception visuelle, les aptitudes intellectuelles comme lobservation, la classification, la comparaison, la déduction, lesprit de synthèse, lélaboration et la mise en place de stratégies, lesprit danalyse, le maniement de labstraction, laptitude à former des images mentales...
Loin de vouloir établir le guide du parfait petit joueur « JEU 2006 », je vais montrer, le plus brièvement possible, comment les compétences susmentionnées sont requises dans certains jeux, et donc comment, par leur intermédiaire, elles peuvent être exploitées et développées :
Puissance 4 : pour gagner, il faut aligner 4 pions horizontalement, verticalement ou en diagonale. Pour avoir une chance de gagner à ce jeu, il faut pouvoir développer une stratégie qui tient compte des forces en présence et celle élaborée par ladversaire et que lon doit déduire du déploiement des jetons.
Par ce jeu, on pourra donc travailler lobservation, lesprit danalyse, de déduction et le développement des images mentales si nécessaires à lanticipation. (()
Le jeu des 7 familles : pour regrouper le plus rapidement possible toutes les cartes dun même famille, il faut pouvoir se rendre compte quil manque une carte, donc mobiliser son esprit dobservation et être capable de penser labsence, et, du jeu des autres (de leurs demandes) déduire ce quils peuvent « avoir en main ». (()
Les dominos : une fois tous les dominos de la pioche (du pot) retournés, il faut savoir observer son propre jeu et de celui développé sur la table, en déduire ce qui reste à ladversaire pour ainsi amener la configuration du jeu à nous permettre de finir le premier. (()
Le Mikado : ramasser une baguette isolée cest facile, mais lextraire dun tas sans provoquer le moindre mouvement des autres pièces constituant le jeu nécessite outre une maîtrise fine des gestes de préhension, de la concentration, et laptitude à mentaliser les relations qui les lient entre elles. (()
Uno : Le principe de ce jeu reprend celui du Huit américain ou Rami suédois. Les cartes traditionnelles ont été remplacées par des cartes de couleur numérotées. La part de hasard est forte, cependant lintroduction de cartes spéciales qui créent des pénalités pour le joueur suivant, qui changent le sens du jeu oblige les joueurs à créer une stratégie pour pouvoir être le premier à sêtre débarrassé de toutes ses cartes. (()
Toutes les aptitudes nécessaires au jeu sont enrichies et développées par la fréquence de leur emploi ; le rôle de lenseignant est damener les enfants à prendre conscience de ce quils mettent en uvre quand ils jouent, en leur demandant de lexpliquer, et en commentant avec eux le déroulement de la partie.
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(() Annexes n°1 et 1bis : règles du jeu
6.4 - Développement des compétences linguistiques
Les jeux, en général, participent au développement des compétences linguistiques dans la mesure où ils génèrent un recours à loral et où ils nécessitent la pratique de la lecture.
Loral : par ma pratique en classe ordinaire, je savais que la part du langage oral dans le développement de lenfant était dune importance capitale. Cependant, lors de la mise en place, bien quen ayant intégré les compétences de cette « discipline » lors de la rédaction du projet, je me suis rendue compte que jy avais accordée une part trop restreinte.
Ma priorité était daider les enfants à intérioriser leurs apprentissages, à gérer leur spontanéité ou leur impulsivité durant le jeu même. Je pensais naïvement que jarriverais à leur faire prendre conscience que les paroles nétaient pas nécessaires pour une réussite, quil valait mieux garder son énergie pour le mental.
Jai dû rapidement revoir une partie du projet car il sest avéré, que la majorité des enfants, même les moins « bavards », était dans limpossibilité de ne pas joindre une parole à laction. Jai accordé une place plus importante aux compétences orales durant le jeu même.
Les enfants ont librement et deux-mêmes recours à cette situation de communication, pour saccorder sur ce à quoi ils vont jouer, sur la règle à adopter, pour expliquer cette dernière à un nouveau joueur ou commenter des actions ou des phases du jeu.
Lors des discussions spontanées des enfants durant le jeu, on peut retrouver des composantes essentielles de la communication humaine et des activités langagières. Langage et jeu sont des moyens de communication sociale, dexpression et de compréhension ; ils sont très souvent en interaction au sein de lactivité :
Confirmer leur action par des paroles : « Je pose une carte jaune »
Se conforter : « Jespère que je joue bien »
Appuyer une action ludique : « Tiens voilà ! », «Tu vas voir...Voilà... »
Jeu et langage sont indissociables pour les enfants. On apprenait à jouer à des jeux, nous nen étions pas encore à la subtilité que peuvent utiliser les adultes lors dun jeu, à savoir « jouer avec le silence, laisser parler le silence ».
Les jeux sont largement accompagnés chez les enfants de vocalisations puis de verbalisations, ils peuvent constituer des situations de communication avec lentourage particulièrement riches. De même que le langage mest apparu, pour reprendre les termes de Piaget comme une nécessité pour laccommodation (action de lindividu sur les objets qui lentourent en fonction de ses connaissances et des aptitudes acquises par le sujet) ainsi quà lassimilation.
La lecture : elle est pratiquée pour prendre connaissance dune règle de jeu, pour lever un doute ou confirmer les dires dun joueur en cours de partie ; lhabitude du recours à la règle, de sa lecture, relecture, nest pas celles des enfants, sans doute y renoncent-ils à cause de sa complexité, sa compacité ou sa longueur.
Lenseignant qui veut profiter de la présentation dun nouveau jeu aux enfants ou dun désaccord de ceux-ci sur un point de règle, pour les amener à lire, à prendre conscience de limportance de cet acte, pourra avoir réécrit la règle pour quelle soit à leur portée (brève, claire et concise). Cette façon de faire sest avérée efficace pour les lecteurs de cette classe qui trouvaient là, une motivation supplémentaire de lire.
6.5 - Développement des compétences mathématiques
Les jeux de règles, de société en usage dans la majorité des classes sont pour la plupart fondés sur 4 notions mathématiques citées plus haut (logique, nombre, structuration de lespace et mesure) et constituent un moyen privilégié pour les aborder et les approfondir. Pour peu que lenseignant se donne la peine dy jouer avec les enfants afin que ceux-ci simprègnent suffisamment de la règle pour pouvoir par la suite commencer à élaborer des stratégies. Rappelons ici que je nai retenu pour le projet que les 3 premières notions, dont les compétences correspondaient aux besoins des élèves. Jai essayé de synthétiser ces compétences par un tableau (cf. Annexe 2).
7/ JEU ET MEDIATION
En début de projet, le point fort de la médiation devait se dérouler en fin de séance, en groupe. Le contexte étant ce quil était, cette médiation sest faite le plus souvent lors du déroulement du jeu individuellement ou collectivement mais aussi en feed-back, lors des activités de classe.
La médiation mise en place se rapprochait de la théorie de J. Bruner (13).
Pour J. Bruner, la médiation sociale lors des conduites denseignement - apprentissage (interaction de tutelle) sexerce sur un mode communicationnel (dialogique). Il introduit deux concepts clefs rendant compte des processus de régulation dans ces interactions de tutelle, celui détayage et de format.
Interaction de tutelle
Ce sont les interactions entre un adulte et un enfant grâce auxquelles ladulte essaie damener lenfant à résoudre un problème quil ne sait pas résoudre seul. Les processus détayage permettent la mise en place de formats (formes régulatrices des échanges) et l adulte guide lenfant pour quil se conforme à ces formes standardisées. Cest à lintérieur de ces formes que lenfant grâce à létayage de ladulte, pourra sautonomiser vers des conduites de résolution.
Etayage
Lié au concept de ZPD, il désigne lensemble des interactions dassistance de ladulte permettant à lenfant dapprendre à organiser ses conduites afin de pouvoir résoudre seul un problème quil ne savait pas résoudre au départ. Ladulte prend en charge les éléments de la tâche que lenfant ne peut réaliser seul.
J. Bruner repère 6 fonctions :
( Lenrôlement : engager lintérêt et ladhésion de lapprenant dans la tâche.
( La réduction des degrés de liberté : simplification de la tâche par réduction du nombre des actes constitutifs requis pour résoudre le problème : aménagement de la tâche, adaptation pédagogique.
( Le maintien de lorientation : maintenir lapprenant à la poursuite dun objectif défini sans pour cela induire un fonctionnement routinier
( La signalisation des caractéristiques déterminantes : mise en avant des procédures opérantes, attirer lattention sur un point particulier à prendre en compte...
( Le contrôle de la frustration : veiller à ce que la tâche soit bien dans la ZPD et que les efforts fournis soient gratifiants et non frustrants, décourageants, permettant ainsi une autonomie progressive par rapport au tuteur.
( La démonstration : Accompagnement verbal lors de la présentation dun modèle de solution.
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13) Bruner J. « Savoir faire, savoir dire » Ed. P.U.F. 1983 Paris
Si jai réussi à mettre en place cette médiation sociale, jai surtout utilisé létayage dialogique.
Selon J. Bruner, le langage de ladulte (en particulier la mère) est très important pour le tout-petit. Le facteur primordial du développement de la pensée enfantine est que lexpérience de lenfant nest jamais purement sensori-motrice. Elle est mise en forme, demblée, par le langage de ladulte. La construction de laction et la construction de la pensée se font de paire. En effet, elles sont dès lorigine portées dans lespace du langage et de la parole. Cest létayage langagier ou dialogique.
Le maître spécialisé, en mettant du sens sur la situation à un moment donné, peut le faire par le biais dun étayage dialogique. Il sagit dune mise en mots qui peut permettre à lenfant de transformer la situation. Il me semble que cet étayage langagier contribue en même temps à létayage narcissique. Accompagnant la situation et laction, il aide lenfant à prendre confiance en lui.
Alexandru. et le UNO
La médiation mise en place durant les séances de jeux sest avérée positive. Alexandru qui manque de confiance en lui et en ladulte et qui a besoin trouver sa place dans le groupe sest révélé dans le jeu du UNO. Pourtant la 1ére étape de létayage, base de la médiation de Bruner, et quil nomme « enrôlement », ne me paraissait pas acquise tout au long des 2 premières séances. Je ne sentais pas de motivation, et Alexandru restait malgré mes sollicitations et mes encouragements recroquevillé sur lui-même et sur ses cartes.
Lors de la 3ème séance, dès la distribution des cartes, il sest déclaré très content du nombre de « méchantes cartes » (cartes de pénalités) quon lui avait distribuées. Tous les regards se sont tournés vers lui, Alexandru avait parlé et ses paroles concernaient tous les joueurs. Il était en train de devenir un joueur à part entière. Sa satisfaction était voyante, cependant, il me demanda tout bas : « Tu restes encore près de moi quand même ? Jai encore besoin de toi pour être plus fort. Maintenant je veux gagner. »
Mon engagement auprès de lui, mon soutien qui me semblait de plus en plus vain avait fait son chemin et se poursuivit tout au long des séances. Désormais, Alexandru souriait et était lun de ceux qui savait le mieux gérer la frustration. (le nombre de parties gagnantes resta très limité). (Cf. Annexe 3).
Antonin
Je resterai nettement plus réservée sur la médiation entreprise avec Antonin. Celui-ci nest jamais entré véritablement dans le projet. Antonin a cependant toujours pris place dans un groupe de joueurs, mais na jamais réussi à mener à bien une partie. Le contenu des discussions engagées avec lui était très pauvre ; Antonin était en permanence dans lévitement. Il semblait quAntonin sinscrivait dans les projets parce que cela était la loi de lécole mais quil ne sy impliquait jamais. Il subissait lécole plutôt quil ne la vivait. Il « vivait » dans 2 mondes distincts : le monde familial et le monde scolaire. Antonin ne faisait aucun lien entre eux et nétait apparemment acteur dans aucun des deux.
(Antonin est en souffrance évidente. La seule réponse possible du moment est daccueillir Antonin dans les meilleures conditions possibles en espérant que les actions faites auprès de lui auront un impact sur lui dans le futur).
Si lon sen tient à la définition de la fonction de médiation énoncée par M. Perraudeau (14) :
« Lenseignant qui occupe lespace de la médiation est un guide, au sens donné de haute montagne, sa présence évite des difficultés insurmontables.... il est attentif à venir en aide chaque fois que nécessaire, seffaçant toujours devant lactivité de lélève...il laccompagne dans la construction de sens sans agir à sa place...il fabrique du lien pour faire du sens. ».
Je peux affirmer que jai échoué avec Antonin, que je suis même dans limpossibilité de donner les raisons exactes de cet échec. Navoir jamais agi contre cet enfant restera le point positif de ma démarche. Je lui ai toujours parlé en termes de confiance et de réussite (cf. Annexe 3)
8/ JEU ET EVALUATIONS
Toute action pédagogique entraîne obligatoirement une évaluation. On parle dévaluation formative quand elle permet à lapprenant daméliorer ses démarches dapprentissages et de renforcer ses connaissances et ses compétences.
Lévaluation formative présentée ci-après et mise en place lors de la pratique de ce stage pourrait navoir de formative que le nom. En effet, lors de lécriture du projet, javais prévu une grille dauto-évaluation. Celle-ci devait être complétée au cours de séance, et devait aider chaque élève à repérer, analyser et comprendre ses manques afin de les combler au fur et à mesure des séances.
Cependant, lévaluation de ce type implique toujours, dune certaine façon, un arrêt (même bref) dans le mouvement de réalisation dun projet. Devant limplication quasi unanime des élèves et de la concentration dont ils faisaient preuve dans le déroulement dans des parties, je nai pas trouvé opportun de marquer le jeu par des ruptures, au risque dune déstabilisation trop importante. De ce fait, je fus la seule évaluatrice. Lors des parties, je repérais chez chaque enfant les compétences visées et complétait la grille de chaque enfant, que je leur transmettais ensuite. (cf. Annexes 4 et 5)
Puis, je proposais souvent des moments danalyse réflexive qui se veut dune portée plus large que sur le plan cognitif : cest le moment de faire le point par rapport à soi. Ces moments étaient proposés individuellement ou collectivement, dans un souci de solidarité ou de coopération. Lanalyse réflexive porte sur tout ce qui a pu se passer sur le plan personnel : soit en rapport avec le contenu qui vient dêtre exploré, soit sur le plan de lapprentissage, soit encore sur dautres plans tels que les relations dans le groupe, les questions existentielles qui peuvent surgir
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(14) Perraudeau M. « Echanger pour apprendre Entretien critique » Ed. A.Colin 1998
Concernant les processus dapprentissage, le but de lévaluation est de guider lélève, de lui permettre de reconnaître, de comprendre et de corriger lui-même ses erreurs (fonction corrective), de linformer sur les étapes franchies ou non. Je fais ici référence à la métacognition qui est une activité mentale qui permet de percevoir et de comprendre comment nous exerçons notre pensée. Cela procure éventuellement davantage de pouvoir pour mieux comprendre et gérer notre façon dapprendre quelque chose.
Cette forme dévaluation ne mest pas apparue satisfaisante pour deux raisons :
les enfants nétaient pas acteurs de lévaluation.
elle napportait pas de réponse pour une régulation efficace.
9/ BILAN DE LACTION
9.1 Constat
Ce que jai pu constater à lissue de cette action :
A/ Les points positifs :
( Compétences transversales
Changement dans le rôle dapprenant,
Renforcement de la confiance en soi,
Plaisir à penser, à réfléchir,
Prise de conscience de sa compétence.
( Compétences linguistiques orales et écrites
Inscription dans des situations déchange verbal,
Verbalisation des actions,
Découverte de certaines fonctions sociales de lécrit,
Compréhension des mots écrits dans le contexte verbal (textes) et non verbal (supports).
( Compétences mathématiques
Trie, ordonne, compare,
Ajoute,
Correspondance terme à terme,
Raisonnement par déduction.
B/ Les points négatifs
trop de jeux proposés en parallèle,
facteur temps mal évalué,
évaluation : les enfants nétaient quacteurs véritablement de leur évaluation
Y a-t-il transfert de ces savoir-faire au niveau des contenus cognitifs ?
Si je devais refaire un projet « jeu »... je le referais. Je changerais impérativement quelques facteurs de mise en place.
Je proposerais, dentrée, moins de jeux. Voulant conserver la motivation des enfants dans leur plaisir dapprendre autrement, jai proposé trop de jeux différents en même temps. Certains enfants ont su gérer cela en ne passant dun jeu à lautre que lorsque le jeu proposé était investi, mais la majorité des enfants très tentés par les jeux dà côté avaient tendance à séparpiller et avaient du mal à canaliser leur attention.
Cette limitation du nombre de jeux me permettrait de mieux gérer le temps de séances. Les 45 minutes instaurées ont fait que jai eu tendance à négliger un peu les phases collectives. Les échanges entre les enfants, le conflit socio-cognitif, ont souvent dû être abrégés faute de temps suffisant.
Si je changeais mon système dévaluation, jinstaurerais obligatoirement un système dauto-évaluation des compétences requises sous forme de grille complétée au fil des séances. Je pense que ce travail de réflexion régulier et commun, sous forme de rituel, permet à lenfant de prendre plus rapidement conscience de ses progrès.
En ce qui concerne les évaluations, je proposerais par ailleurs des situations - problèmes faisant ressortir les compétences abordées dans le jeu afin dessayer de voir le transfert, sil existe, et les progrès.
Je suis consciente que le principal problème lié à ce type dactivité reste celui du transfert. Quoi quil en soit, je pense que cette activité a été positive : elle a permis à ces élèves de restaurer leur image, de prendre conscience de leur sentiment de compétence, de faire reculer voire annuler lappréhension dapprendre. Elle leur a apporté du plaisir, le plaisir de penser, le plaisir de réfléchir et cela est précieux en terme de réussite, dans la mesure où le plaisir est source de motivation et dimplication à apprendre.
Ce travail a donné loccasion aux élèves de se réconcilier avec une activité délaboration mentale et il leur permettra, je lespère, de réinvestir le scolaire avec plus de confiance.
Pour mon activité future de maître D, jenvisage de réutiliser ce genre dactivité en insérant des ruptures dans le déroulement (activités nayant apparemment pas de liens avec les précédentes) de façon à inciter les élèves à mobiliser leur stratégies et à les transférer dun contenu à lautre ; lidée étant de favoriser le transfert des savoir-faire et des savoir-être aux contenus scolaires.
9.2 Perspectives
Avant de conclure, je voudrais préciser que dans la reconduction, le prolongement de ce projet, jy introduirais des jeux éducatifs sur logiciels. Ces jeux mapparaissent comme dexcellents compléments dans les compétences que jai souhaité mettre en place lors de ce projet sur les jeux traditionnels. En effet, lordinateur mapparaît comme un puissant médiateur dapprentissage dont les enfants handicapés et ici, en particulier, les enfants déficients intellectuels, peuvent tirer profit.
Lordinateur est un outil qui permet de sadapter à chaque élève en lui faisant retrouver les chemins de lapprentissage. Il motive les élèves, car il sintègre aisément dans leur vécu. Il offre un espace de représentation structuré.
Il entraîne aussi des changements positifs dans le statut de lerreur, qui nest plus vécu comme un échec, mais comme un savoir provisoire. Lordinateur permet un travail pluridisciplinaire et facilite la construction du sens dans les apprentissages et à terme le transfert de compétences.
En facilitant les liens entre les différentes connaissances, en donnant du sens aux activités, en aidant lenfant à sapproprier ce quil a produit, lordinateur permet à lenfant de mettre en place un véritable fonctionnement mental et lentraîne dans une dynamique dapprentissage, qui suscite un remise en route de ses facultés cognitives. Et cest bien la stimulation des facultés cognitives qui est en jeu dans lintégration des élèves déficients intellectuels.
Pour finir, jajouterai que lordinateur, outil moderne de communication, est une fenêtre ouverte sur les autres, sur le monde, fenêtre qui souvre en classe et facilite activement lintégration de ces enfants, en leur permettant de participer, chacun à leur niveau, à la société daujourdhui.
Charge à lenseignant de former de futurs citoyens responsables en utilisant les potentialités de la machine pour former lesprit critique de ses élèves et leur permettre de construire des savoirs sans surfer indéfiniment dans les sphères du monde virtuel qui rendent tout utilisateur de loutil informatique consommateur et non acteur, «dautant que lillusion de la culture toute faite est toujours prégnante».
CONCLUSION
Vis à vis des jeux, et en tant que futur maître D, jadopterai volontiers le proverbe africain Peul suivant :
« Un village où ne conduit quun seul chemin est un mauvais village. Ny va pas »
Suite à létude présentée précédemment, je pense que les pratiques ludiques ont un rôle déterminant dans le développement des capacités et la construction des savoirs, mais quelles ne se suffisent pas à elles-mêmes.
Jai proposé des activités ludiques qui doivent être plutôt considérées comme un point dancrage, un départ possible pour entraîner la pensée et pour aborder quelques notions fondamentales.
Les jeux permettent indéniablement une interaction des processus cognitifs, moteurs et affectifs.
Incitateurs de la découverte, de la quête de connaissance et de la volonté de maîtriser le monde, les jeux renforcent et aiguisent incontestablement lexercice intellectuel. Ils créent une dynamique dapprentissage ; ils placent lélève en activité cognitive. Les interactions au sein du groupe créées par la mise en place des jeux sont une aide efficace au niveau de lintégration sociale.
Cependant, il ny a pas dintérêt à mettre en place des activités jeux, si le maître ne les intègre pas dans une perspective éducative où laménagement et lespace seront transformés selon les observations et les objectifs pédagogiques. Le maître doit sinscrire dans le jeu comme médiateur. Il doit y être un guide pour amener les élèves à prendre conscience de leurs progrès et de leur réussite, et les aider à transférer leurs compétences acquises durant le jeu aux apprentissages scolaires.
BIBLIOGRAPHIE
Textes officiels :
1/ Bulletin officiel : Circulaire 91-304 du 18 novembre 1991
2/ Bulletin officiel : Circulaire 2002-113 du 30 avril
3/ Bulletin officiel : Loi du 11 février 2005
4/ Boimare S « Lenfant et la peur dapprendre » Ed. Dunod 1998 Paris
5/ Barat J.C « La rééducation à lécole » Ed. Colin - 1990, Paris
6/ Henriot J. «Le jeu » P.U.F . Rééd. 1983
7/ Piaget J. « La formation du symbole par lenfant ». Ed. Delachaux et Niestlé - 1946 Paris
8/ Meirieu Ph. « Apprendre, oui... mais comment ? » E.S.F, 1998, Paris
9/ Giordan A. « Apprendre » Ed. Belin - 1998, Paris
10/ Vytgotsky L.S « Pensée et langage » Editions sociales, 1992
11/ Huizinga J. « Homo ludens Essai sur la fonction sociale du jeu » Ed. Gallimard, 1938, Rééd. en 1951 et1988 Paris
12/ Chateau J. « Le jeu de lenfant après 3 ans, sa nature, sa discipline » Introduction à la discipline Vrin, 1956
13/ Bruner J. « Savoir faire, savoir dire » P.U.F, 1983, Paris
14/ Perraudeau M. « Echanger pour apprendre- Entretien critique » Ed. Colin, 1998
Séance n° 3
Date : 11/03/06
Groupe : n°2 Antonin, Alexandru, Pierrick, Kévin Durée : 45 min.
Ecole : élém. (CLIS.)Jean Piaget
Objectifs spécifiques :
- Appropriation de la règle, mémorisation de celle-ci (réinvestissement)
Expression orale : communication verbale renforcement du langage
Savoir écouter, observer, prendre la parole
Lecture : Savoir prendre des indices, savoir lire une règle de jeu
Déroulement et supports :
Lors de cette séance le jeu UNO sera mis en place pour la 3ème fois, en fin de séance le jeu de puissance 4 sera introduit.
Le maître sera observateur guidant (ne sinscrira plus en temps que joueur)
1er temps : partie de Uno
1ère phase : mise en place du jeu par les élèves, les élèves joueront seuls (groupe de 4)
2ème phase : à mi-chemin de la partie ou lorsque la situation le demande, arrêt de jeu pour faire le point sur le déroulement du jeu, de la partie.
3ème phase : Si nécessaire, faire établir et mettre en place les modifications décidées par le groupe
4ème phase : Mise en place de la seconde situation si changée en phase 3, poursuite de la partie.
Si dautres arrêts semblaient utiles, les respecter, les traiter pour mener à bien la partie.
2ème temps :UNO et Puissance 4
Présentation succincte du jeu Puissance 4 (par un élève du groupe si possible)
Mise en place de 2 « ateliers » (un de UNO, un de Puissance 4), groupes de 2, 3 élèves.
Choix de latelier par les élèves. Début de partie avec rotation du ou des groupes si possible au niveau du temps
Observations:
Pierrick, le plus jeune, prend linitiative de la distribution des cartes. TB : Sait établir un processus.
Kévin surveille, mais német pas davis, semble satisfait de la technique de son camarade. Quant à Antonin et Alexandru, ils ne vérifient pas cette phase et se concentrent sur les cartes qui leur sont imparties, en critiquant leur camarade mais en faisant abstraction de la notion de hasard.
Analyse de la séance :
Bonnes relations à lintérieur du groupe.
Groupe motivé cependant Antonin qui sinscrit dans les parties, nentre pas dans le jeu, agit convenablement vis à vis de la règle dUno, mais nest jamais prêt à jouer quand vient son tour . Nadopte pas de stratégie, nen ressent pas le besoin). Bonne communication orale au sein du groupe.
Pierrick, Kévin : TB. Entrée dans la réflexion et la logique. Nhésitent pas à sexprimer, à expliquer. Mettent en place des stratégies.
Alexandru : Plus de participation orale. A découvert les cartes de pénalités (appelées par lui, les « méchantes cartes »)
A construit du coup des débuts de statégies, mais a demandé confirmation, au maître avant de jouer la carte, et ce à chaque tour. Concentré sur les cartes de pénalités, na pas tenu son jeu régulièrement en main, mais les a souvent étalées sur la table comme pour une mise en évidence de ses cartes.(doù 2 ou 3 arrêts de partie demandés par les enfants pour demander à Alexandru de ne pas montrer ses cartes, (lecture passage de la règle du jeu), malgré la compréhension dAlexandru et son envie de bien faire, cela lui a été difficile lors de cette séance, de poursuivre la modification demandée.
Perpectives pour la séance suivante :
Même groupe.Mise en confiance+++ de Alexandru, le guider pour acquisition dune plus grande habileté. Accentuer le cadre contenant dAntonin (donner forme + sens, par le dialogue).
Objectifs maintenus pour la prochaine séance (vérification de lassimilation).
(Annexe 5)
Grille récapitulative dévaluation de la séance n° Date :
Prénoms
CompétencesSAVOIR ETREA été capable de respecter ses camarades A employé les locuteurs de politesse A été capable dattendre son tourA été content de jouer A été capable dapprécier ses propres performancesEst fier davoir progressé SAVOIR FAIREA « joué le jeu », a investi son rôleA été capable de respecter le matériel A été capable de respecter lensemble des règles du jeu matériel A été capable de reformuler la règle du jeuA été capable de raconter le déroulement du jeuA su planifier ses actions dans le tempsSAVOIRSA employé le vocabulaire adéquatEst parvenu à faire des phrases avec une syntaxe correcteExploration exhaustive dun support, dune situationMise en uvre des situations mentales (tri, classement, ordre, catégorie)Effectue des relations (cause à effet, inférences)Sait symboliserTransfère ses compétences en classe + acquis * en cours dacquisition ° non acquis
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Référentiel des compétences du maître D :
Réf. 3.2.1.1 Apprenne à observer les conduites de lenfant et sache évaluer les acquis dans différents domaines.
Situation de recherche pour
déventuelles
modifications
Mise en place de la seconde situation de départ
si modification
Mise en place de la situation de départ
Exploration de la situation
Observe
Le maître
Observe
Jouent
Les enfants
Jouent