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Cadre de référence stratégique national - Ministère du Travail

Les conditions topographiques ou géologiques locales (en particulier les terrains ...... (Documents techniques unifiés « Règles de calcul définissant les effets de la ...... L'examen préventif des projets de barrages est réalisé par le service de ...... en fonction des matériaux exploités, des gisements et des modes d'exploitation.




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CADRE DE REFERENCE
STRATEGIQUE NATIONAL




Version 2



Préparation des programmes de la politique européenne de cohésion économique et sociale
2007-2013

FRANCE


(Partie IV et V non finalisées)
Cadre de Référence Stratégique National

SOMMAIRE

 TOC \o "1-2" \h \z \t "Titre 3;3;Style Titre 3 + Avant : 0 pt Après : 6 pt;3;Titre 1 CRSN;1;Titre 2 CRSN;2;Titre 3 CRSN;3;Titre 4 CRSN;4;Style Titre 4 CRSN + Rouge;3;Style Style Titre 4 CRSN + Rouge + Automatique;3"  HYPERLINK \l "_Toc127868194" Introduction  PAGEREF _Toc127868194 \h 4
 HYPERLINK \l "_Toc127868195" 1 - Le Cadre communautaire et national  PAGEREF _Toc127868195 \h 4
 HYPERLINK \l "_Toc127868196" 2 - L’approche méthodologique retenue  PAGEREF _Toc127868196 \h 6
 HYPERLINK \l "_Toc127868197" 3 - La logique du document :  PAGEREF _Toc127868197 \h 8
 HYPERLINK \l "_Toc127868198" I - Diagnostic : Dynamiques et diversité des territoires français  PAGEREF _Toc127868198 \h 9
 HYPERLINK \l "_Toc127868199" I.1 - Régions d’outre-mer  PAGEREF _Toc127868199 \h 9
 HYPERLINK \l "_Toc127868200" A. Compétitivité, innovation, croissance  PAGEREF _Toc127868200 \h 10
 HYPERLINK \l "_Toc127868201" B. Emploi et inclusion sociale  PAGEREF _Toc127868201 \h 12
 HYPERLINK \l "_Toc127868202" C. Des potentialités à valoriser  PAGEREF _Toc127868202 \h 14
 HYPERLINK \l "_Toc127868203" I.2 Dynamique et diversité des territoires métropolitains en Europe  PAGEREF _Toc127868203 \h 17
 HYPERLINK \l "_Toc127868204" A. Compétitivité, innovation, croissance  PAGEREF _Toc127868204 \h 17
 HYPERLINK \l "_Toc127868205" B. Emploi et inclusion sociale  PAGEREF _Toc127868205 \h 22
 HYPERLINK \l "_Toc127868206" C - Cohésion territoriale  PAGEREF _Toc127868206 \h 28
 HYPERLINK \l "_Toc127868207" II - Les politiques nationales dans le cadre communautaire  PAGEREF _Toc127868207 \h 35
 HYPERLINK \l "_Toc127868208" II-1 Les politiques nationales pour l’emploi, l’inclusion sociale et le développement du capital humain  PAGEREF _Toc127868208 \h 35
 HYPERLINK \l "_Toc127868209" A. Un objectif général : développer l’emploi  PAGEREF _Toc127868209 \h 35
 HYPERLINK \l "_Toc127868210" B. Encourager l’accès ou le retour à l’emploi.  PAGEREF _Toc127868210 \h 36
 HYPERLINK \l "_Toc127868211" C. Améliorer le fonctionnement du marché du travail  PAGEREF _Toc127868211 \h 36
 HYPERLINK \l "_Toc127868212" D. Investir dans le capital humain en améliorant l’efficacité de la formation et en veillant notamment à l’insertion des jeunes  PAGEREF _Toc127868212 \h 37
 HYPERLINK \l "_Toc127868213" E - Travailler plus pour plus de croissance  PAGEREF _Toc127868213 \h 38
 HYPERLINK \l "_Toc127868214" II-2 Les politiques nationales au service de la compétitivité, de la cohésion et du développement durable des territoires  PAGEREF _Toc127868214 \h 41
 HYPERLINK \l "_Toc127868215" A - Construire l’économie de la connaissance  PAGEREF _Toc127868215 \h 41
 HYPERLINK \l "_Toc127868216" 1. Stimuler la recherche et l’innovation  PAGEREF _Toc127868216 \h 41
 HYPERLINK \l "_Toc127868217" 2. Développer la recherche sur projet et l’efficacité du co-financement privé-public  PAGEREF _Toc127868217 \h 42
 HYPERLINK \l "_Toc127868218" 3. Renouveler et redynamiser la politique industrielle, en la conjuguant avec la logique territoriale  PAGEREF _Toc127868218 \h 42
 HYPERLINK \l "_Toc127868219" B - Les Politiques contractuelles  PAGEREF _Toc127868219 \h 43
 HYPERLINK \l "_Toc127868220" C - Le développement urbain et rural  PAGEREF _Toc127868220 \h 43
 HYPERLINK \l "_Toc127868221" 1. Le développement urbain :  PAGEREF _Toc127868221 \h 43
 HYPERLINK \l "_Toc127868222" 2. Le développement rural  PAGEREF _Toc127868222 \h 44
 HYPERLINK \l "_Toc127868223" D – L’essor de la société de l’information  PAGEREF _Toc127868223 \h 44
 HYPERLINK \l "_Toc127868224" E – L’accessibilité aux transports  PAGEREF _Toc127868224 \h 46
 HYPERLINK \l "_Toc127868225" F – S’engager en faveur d’une croissance durable  PAGEREF _Toc127868225 \h 46
 HYPERLINK \l "_Toc127868226" G – La loi de Programme pour l’Outre-mer du 21 juillet 2003  PAGEREF _Toc127868226 \h 47
 HYPERLINK \l "_Toc127868227" III– Les orientations stratégiques francaises pour les 3 objectifs de cohesion économique et sociale  PAGEREF _Toc127868227 \h 48
 HYPERLINK \l "_Toc127868228" III-1 Convergence pour les régions d’outre-mer  PAGEREF _Toc127868228 \h 49
 HYPERLINK \l "_Toc127868229" A – Améliorer les conditions générales de compétitivité : les orientations stratégiques du FEDER  PAGEREF _Toc127868229 \h 49
 HYPERLINK \l "_Toc127868230" Priorité 1 : Promouvoir la compétitivité et l’attractivité des territoires  PAGEREF _Toc127868230 \h 50
 HYPERLINK \l "_Toc127868231" Priorité 2 : Préserver l’environnement pour un développement durable  PAGEREF _Toc127868231 \h 51
 HYPERLINK \l "_Toc127868232" Priorité 3 : Promouvoir la cohésion sociale et territoriale  PAGEREF _Toc127868232 \h 52
 HYPERLINK \l "_Toc127868233" Priorité 4 : Compenser les contraintes particulières des régions doutre-mer  PAGEREF _Toc127868233 \h 53
 HYPERLINK \l "_Toc127868234" B. Promouvoir l’emploi, le capital humain et l’inclusion sociale : les orientations stratégiques pour le fonds social européen  PAGEREF _Toc127868234 \h 54
 HYPERLINK \l "_Toc127868235" Priorité 1 : Adapter les travailleurs et les entreprises  PAGEREF _Toc127868235 \h 54
 HYPERLINK \l "_Toc127868236" Priorité 2 : Prévenir le chômage  PAGEREF _Toc127868236 \h 55
 HYPERLINK \l "_Toc127868237" Priorité 3 : Favoriser l’inclusion et lutter contre les discriminations  PAGEREF _Toc127868237 \h 55
 HYPERLINK \l "_Toc127868238" Priorité 4 : Promouvoir le partenariat et la mise en réseau en faveur de l’emploi et de l’inclusion sociale  PAGEREF _Toc127868238 \h 56
 HYPERLINK \l "_Toc127868239" Priorité 5 : Investir dans le capital humain  PAGEREF _Toc127868239 \h 56
 HYPERLINK \l "_Toc127868240" Priorité 6 : Renforcer les capacités institutionnelles et administratives  PAGEREF _Toc127868240 \h 57
 HYPERLINK \l "_Toc127868241" Priorité 7 : Développer des actions innovantes transnationales ou interrégionales pour l’emploi et l’inclusion sociale  PAGEREF _Toc127868241 \h 57
 HYPERLINK \l "_Toc127868242" III-2 Compétitivité régionale et emploi pour la France métropolitaine  PAGEREF _Toc127868242 \h 58
 HYPERLINK \l "_Toc127868243" A - Dans les régions, promouvoir l’attractivité et l’excellence territoriale : les orientations stratégiques pour le FEDER  PAGEREF _Toc127868243 \h 58
 HYPERLINK \l "_Toc127868244" Priorité 1 : Promouvoir l’innovation et l’économie de la connaissance  PAGEREF _Toc127868244 \h 59
 HYPERLINK \l "_Toc127868245" Priorité 2 : Développer les TIC au service de l’économie et de la société de l’information  PAGEREF _Toc127868245 \h 60
 HYPERLINK \l "_Toc127868246" Priorité 3 : Soutenir les entreprises dans une démarche de développement territorial  PAGEREF _Toc127868246 \h 61
 HYPERLINK \l "_Toc127868247" Priorité 4 : Protéger l’environnement et prévenir les risques dans une perspective de développement durable  PAGEREF _Toc127868247 \h 62
 HYPERLINK \l "_Toc127868248" Priorité 5 : Développer les modes de transports alternatifs pour les particuliers et les activités économiques  PAGEREF _Toc127868248 \h 63
 HYPERLINK \l "_Toc127868249" B - Soutenir l’emploi, valoriser le capital humain et assurer l’inclusion sociale : les orientations stratégiques pour le fonds social européen  PAGEREF _Toc127868249 \h 65
 HYPERLINK \l "_Toc127868250" Priorité 1 : Contribuer à l’adaptation des travailleurs et des entreprises aux mutations économiques  PAGEREF _Toc127868250 \h 65
 HYPERLINK \l "_Toc127868251" Priorité 2 : Améliorer l'accès à l'emploi des demandeurs d'emploi  PAGEREF _Toc127868251 \h 67
 HYPERLINK \l "_Toc127868252" Priorité 3 : Promouvoir l’inclusion sociale et lutter contre les discriminations  PAGEREF _Toc127868252 \h 68
 HYPERLINK \l "_Toc127868253" Priorité 4 : Investir dans le capital humain  PAGEREF _Toc127868253 \h 69
 HYPERLINK \l "_Toc127868254" Priorité 5 : Développer les partenariats et la mise en réseau pour l’emploi et l’inclusion  PAGEREF _Toc127868254 \h 69
 HYPERLINK \l "_Toc127868255" Priorité 6 : Soutenir les actions innovantes transnationales ou interrégionales pour l’emploi et l’inclusion sociale  PAGEREF _Toc127868255 \h 70
 HYPERLINK \l "_Toc127868256" C - La dimension territoriale de la cohésion et du développement durable  PAGEREF _Toc127868256 \h 72
 HYPERLINK \l "_Toc127868257" 1. Définir des stratégies d’intervention au sein de territoires de projet  PAGEREF _Toc127868257 \h 72
 HYPERLINK \l "_Toc127868258" 2. Des espaces urbains porteurs de dynamisme économique, social et culturel  PAGEREF _Toc127868258 \h 72
 HYPERLINK \l "_Toc127868259" 3. Un soutien spécifique nécessaire pour les zones rurales et les zones dépendantes de la pêche  PAGEREF _Toc127868259 \h 74
 HYPERLINK \l "_Toc127868260" 4. Espaces interrégionaux et zones à handicaps géographiques et naturels  PAGEREF _Toc127868260 \h 75
 HYPERLINK \l "_Toc127868261" III - 3 Priorités pour les coopérations européennes : les orientations stratégiques pour le FEDER  PAGEREF _Toc127868261 \h 76
 HYPERLINK \l "_Toc127868262" A - La coopération sur le territoire métropolitain  PAGEREF _Toc127868262 \h 76
 HYPERLINK \l "_Toc127868263" 1. La coopération transfrontalière  PAGEREF _Toc127868263 \h 77
 HYPERLINK \l "_Toc127868264" 2. La coopération transnationale sur le territoire métropolitain  PAGEREF _Toc127868264 \h 78
 HYPERLINK \l "_Toc127868265" B - L’intégration régionale des régions d’outre-mer dans leur environnement  PAGEREF _Toc127868265 \h 79
 HYPERLINK \l "_Toc127868266" 1. les coopérations transfrontalières et transnationales de la future politique de cohésion  PAGEREF _Toc127868266 \h 79
 HYPERLINK \l "_Toc127868267" 2. l’insertion économique des régions d’outre-mer  PAGEREF _Toc127868267 \h 79
 HYPERLINK \l "_Toc127868268" C - La coopération interrégionale  PAGEREF _Toc127868268 \h 80
 HYPERLINK \l "_Toc127868269" IV- LA COORDINATION ET LE PILOTAGE DES INSTRUMENTS D’INTERVENTION  PAGEREF _Toc127868269 \h 81
 HYPERLINK \l "_Toc127868270" 1 - Modalités de coordination entre les fonds structurel (FSE, FEDER) et les autres fonds européens (FEADER, FEP)  PAGEREF _Toc127868270 \h 81
 HYPERLINK \l "_Toc127868271" 2 - La gouvernance des programmes et des projets  PAGEREF _Toc127868271 \h 83
 HYPERLINK \l "_Toc127868272" a) Modalités de gestion des programmes  PAGEREF _Toc127868272 \h 83
 HYPERLINK \l "_Toc127868273" b) Presage  PAGEREF _Toc127868273 \h 83
 HYPERLINK \l "_Toc127868274" 3 - L’évaluation et le suivi stratégique  PAGEREF _Toc127868274 \h 84
 HYPERLINK \l "_Toc127868275" 4 - Additionnalité pour les régions de la convergence  PAGEREF _Toc127868275 \h 85
 HYPERLINK \l "_Toc127868276" V- Les programmes opérationnels de la politique de cohésion  PAGEREF _Toc127868276 \h 86
 HYPERLINK \l "_Toc127868277" 1 – Des programmes ciblés sur la stratégie de Lisbonne et resserrés sur un nombre limité de priorités  PAGEREF _Toc127868277 \h 86
 HYPERLINK \l "_Toc127868278" 2 – Une exigence de sélectivité des opérations dans les programmes opérationnels  PAGEREF _Toc127868278 \h 87
 HYPERLINK \l "_Toc127868279" 3 - Cadrage des programmes opérationnels  PAGEREF _Toc127868279 \h 88
 HYPERLINK \l "_Toc127868280" a) Convergence  PAGEREF _Toc127868280 \h 88
 HYPERLINK \l "_Toc127868281" b) Compétitivité régionale et emploi  PAGEREF _Toc127868281 \h 88
 HYPERLINK \l "_Toc127868282" c) Coopérations européennes  PAGEREF _Toc127868282 \h 89
 HYPERLINK \l "_Toc127868283" 4 – Contenu des programmes opérationnels  PAGEREF _Toc127868283 \h 90
 HYPERLINK \l "_Toc127868284" Annexes  PAGEREF _Toc127868284 \h 91

Introduction

Pour la période 2007-2013, un cadre de référence stratégique national pour l'intervention des Fonds structurels (FEDER et FSE) doit être élaboré par les autorités françaises et transmis pour approbation par la Commission européenne. Ce cadre doit définir des orientations stratégiques pour contribuer à la politique de cohésion économique et sociale et constituer un instrument de référence pour la préparation de la programmation des Fonds.
Les orientations stratégiques retenues pour la France dans le Cadre de référence stratégique national, à partir desquelles seront élaborés les programmes opérationnels nationaux et régionaux, sont définies dans le présent document en tenant compte des obligations communautaires ainsi que des politiques nationales, régionales et locales.
Ces orientations ont été élaborées sur la base d’une vaste concertation conduite par le Délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires, la Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle et le Ministère de l’Outre-mer tout au long de l’année 2005, avec l’ensemble des acteurs français impliqué dans la mise en œuvre de chacun des Fonds structurels.
Le Cadre de référence stratégique national est établi sur la base des contributions de l’ensemble de ces partenaires en mettant en cohérence les priorités communautaires, nationales et régionales, ainsi que le programme national de réforme pour la croissance et l’emploi.
Les fonds européens prévus pour la prochaine période de programmation s’inscrivent dans le cadre précis élaboré par l’Union européenne en fonction des enjeux économiques et sociaux identifiés comme fondamentaux pour les années à venir. Ils viennent compléter un ensemble de dispositifs en vigueur aux échelles nationales et territoriales sur lesquels l’ensemble des acteurs locaux régionaux et nationaux peuvent s’appuyer.
1 - Le Cadre communautaire et national
Le processus de Lisbonne-Göteborg et le Programme national de réforme
Avec les Conseils européens de Lisbonne (2000) puis de Göteborg (2001), l’Union européenne s’est fixé des orientations politiques visant à dynamiser la compétitivité européenne tout en assurant la cohésion sociale et le développement durable. Cependant, le Conseil européen de Bruxelles des 22 et 23 mars 2005 a dressé un bilan mitigé des avancées réalisées vers les objectifs de Lisbonne ; en conséquence, il a adopté une stratégie recentrée sur les priorités de compétitivité, d’innovation, de croissance et d’emploi, tout en réaffirmant l’équilibre à respecter entre les trois piliers –économique, social et environnemental- de la stratégie de Lisbonne. Il a également affirmé la nécessité de mobiliser tous les moyens nationaux et communautaires appropriés, y compris la politique de cohésion, avec la participation active de tous les acteurs concernés – Parlements, instances régionales et locales, partenaires sociaux et société civile.
Le Conseil européen des 16 et 17 juin 2005 a confirmé les objectifs de développement durable qui doivent présider à l’ensemble des politiques de l’Union : prospérité économique, équité sociale et cohésion, protection de l’environnement. Il a approuvé en particulier les lignes directrices intégrées pour la croissance et l'emploi 2005-2008 .
Sur cette base, chaque Etat membre a été invité à rédiger un Programme national de réforme (PNR). Le PNR se fonde sur 3 principes : celui de subsidiarité et de diversité, celui de réconciliation du projet européen avec la croissance et l’emploi, et celui de l’appropriation par les français de l’Europe des avancées concrètes. Le PNR intègre en particulier l’objectif de cohésion sociale et de développement durable des territoires.
La France a ainsi décliné ses orientations pour une croissance sociale, au travers d’une politique économique volontariste en faveur de la croissance ; ses 4 axes sont l’emploi, la compétitivité des entreprises, le volontarisme de l’Etat dans le domaine industriel et la recherche, et une politique budgétaire rigoureuse (Cf. Chapitre II)
Enfin, le Conseil des 16 et 17 décembre 2005 a adopté des perspectives financière de l’Union pour 2007-2013 accompagnées d’un ciblage sur la réalisation des objectifs de la stratégie de Lisbonne révisée. Selon cette démarche de ciblage, au moins 60% des priorités de la convergence et 75% des priorités pour la compétitivité et l’emploi (FEDER et FSE) devront contribuer directement à la mise en œuvre de la stratégie de Lisbonne révisée.
La réforme de la politique de cohésion :
Avec l’élargissement de l’Union européenne, la politique de cohésion est confrontée à un défi sans précédent, tant les disparités de développement se sont accrues avec l’entrée de dix nouveaux Etats membres au 1er mai 2004. Celles-ci seront plus fortes encore avec l’adhésion prochaine de la Bulgarie et de la Roumanie. Pour autant, des disparités importantes subsistent encore entre les territoires de l’UE-15 et légitiment le maintien d’une intervention communautaire substantielle pour assurer une croissance durable et favoriser la compétitivité et l’emploi.
C’est dans ce cadre que s’inscrit la réforme de la politique de cohésion pour la période 2007-2013, que la Commission a dessinée dans le troisième rapport sur la cohésion (février 2004) et traduit en propositions législatives et budgétaires (juillet 2004).
Architecture 2007 – 2013
La stratégie et les ressources de la politique de cohésion sont réorganisées autour des trois nouveaux objectifs prioritaires pour les actions structurelles : «Convergence», «Compétitivité régionale et emploi», «Coopération transfrontalière et interrégionale».
- L’objectif « Convergence » concerne, en France, les seuls Départements d’Outre – Mer, il est cofinancé par le Fonds européen de développement régional et le Fonds social européen (Objectif 1 de la programmation 2000-2006).
- L’objectif « Compétitivité régionale et Emploi » couvre l’ensemble des 22 régions métropolitaines, il est cofinancé par le Fonds européen de développement régional et le Fonds social européen.(Objectifs 2 et 3 ainsi que les programmes d’initiative communautaires Urban et Equal de la programmation 2000-2006).
- L’objectif « Coopération transfrontalière », cofinancé par le Fonds européen de développement régional s’inscrit dans la continuité des programmes Interreg. de la programmation 2000-2006.
Dans cette perspective, chaque Etat membre doit élaborer un cadre de référence stratégique national commun à tous les « Objectifs » pour définir les grandes orientations à privilégier pour la nouvelle période de programmation.
La Commission a proposé que la dimension stratégique de la politique de cohésion soit renforcée afin d’assurer une meilleure intégration des priorités communautaires dans les programmes de développement nationaux et régionaux. Cette approche stratégique, que la France a fortement soutenue dans les négociations communautaires, se décline au niveau européen (Orientations stratégiques communautaires) et national (Cadre de référence stratégique national) et doit favoriser l’élaboration de programmes opérationnels, recentrés par rapport aux actuels DOCUP (documents uniques de programmation) sur un nombre limité de priorités : l’effet de levier de l’intervention communautaire sur le développement économique et social doit être renforcé et mesuré.
Dans sa communication du 5 juillet 2005 « Une politique de cohésion pour soutenir la croissance et l’emploi », la Commission a fait une proposition de ses orientations stratégiques communautaires pour la période 2007-2013.
Afin d’assurer une réduction effective des disparités régionales, la politique de cohésion doit se concentrer sur la promotion d’une croissance durable, de la compétitivité et de l’emploi. C’est le sens de la stratégie de Lisbonne renouvelée. C’est à cette condition que l’Europe pourra renouveler les bases de sa compétitivité, augmenter son potentiel de croissance ainsi que sa productivité et renforcer la cohésion économique et sociale, en misant principalement sur la connaissance, l’innovation et la valorisation du capital humain.
Ces orientations stratégiques identifient les priorités communautaires en vue de renforcer les synergies avec la stratégie de Lisbonne et de permettre sa mise en œuvre conformément aux lignes directrices intégrées 2005-2008 pour la croissance et l’emploi adoptées par le Conseil européen des 16 et 17 juin 2005.
Un cadre de cohérence national
Le Cadre de référence stratégique national, expose les choix opérés par la France pour la mise en œuvre au plan national des orientations stratégiques communautaires et constitue le cadre commun pour l'ensemble des acteurs qui concourent à la mise en œuvre de la politique de cohésion pour 2007-2013. Il doit aussi, dans le champ de la politique de cohésion, donner corps aux ambitions et objectifs déclinés dans le Programme national de réforme, il constitue un cadre de cohérence national pour l’intervention des fonds communautaire. Les Règlements définissent des champs d’intervention possibles et il appartient à chaque Etat membre de déterminer les thèmes pertinents sur lesquels la programmation des crédits interviendra concrètement.
Pour les RUP, la recherche d’une cohérence entre toutes les régions d’un même objectif a conduit naturellement les autorités françaises à articuler la réflexion sur les priorités stratégiques 2007-2013 de l’objectif convergence en se fondant sur la Communication de la Commission du 26 Mai 2004 «  Un partenariat renforcé pour les régions ultrapériphériques ».
L’objet de ce document, établi après concertation entre les différents acteurs impliqués tant au niveau national qu’à l’échelon régional et local, est donc de préciser les orientations stratégiques retenues par la France pour les trois objectifs de la cohésion économique et sociale pour 2007-2013 : Convergence, Compétitivité régionale et emploi et Coopération européenne.
2 - L’approche méthodologique retenue
L’articulation des Orientations Stratégiques Communautaires (OSC), du Cadre de Référence Stratégique National (CRSN) et des Programmes Opérationnels (PO)
La cohérence entre OSC, CRSN et les futurs programmes opérationnels est une obligation fixée par les règlements et une nécessité pour assurer la pertinence de l’intervention communautaire sur le territoire national.
Le cadre de référence stratégique national doit constituer le point d’équilibre entre la marge nécessaire aux partenariats pour que les crédits européens servent des stratégies différenciées en fonction des contextes régionaux et une volonté communautaire et nationale de concentrer de l’intervention communautaire sur un nombre limité de priorités en matière de développement et de cohésion économique et social.
Le CRSN ne restreint donc pas les thèmes possibles proposés par les OSC, même s’il traduit une sélection de priorités et cherche avant tout à en exposer la cohérence avec les politiques conduites au plan national et l’appui que celles-ci peuvent apporter aux politiques régionales et locales. Parallèlement, il propose un mode opératoire pour concentrer les interventions dans les programmes opérationnels (Chap V). Le CRSN est en effet, la première des étapes de préparation de la programmation.
De plus, en raison de la limitation des montants de fonds européens alloués et pour rechercher le meilleur effet de levier communautaire, les partenaires sont invités à sélectionner, dans les programmes opérationnels, leurs priorités dans les thématiques proposées par le CRSN. Ces choix opérés, il conviendra également, à l’intérieur de chacune des priorités retenues, de veiller à ce que les opérations sélectionnées aient un réel impact sur le développement économique et social et la réduction des disparités.
La sélection des thématiques prioritaires du programme opérationnel d’une région peut être conduite sur la base de critères de nature différente mais doit nécessairement s’appuyer sur une connaissance approfondie de la singularité du territoire concerné.
En effet, les études relatives à la mise en œuvre des DOCUP 2000-2006 (rapports annuels d’exécution, évaluations) révèlent que l’efficacité d’un programme tient tout autant à la nature des opérations retenues qu’à la pertinence de leur application au contexte singulier de la région. Ce constat est tout particulièrement vrai pour ce qui concerne la recherche et l’innovation, thèmes phares de la prochaine génération pour les régions de la compétitivité et emploi. L’identification de bonnes pratiques n’a de sens que si elle s’accompagne d’une connaissance du territoire spécifique qui en permettra la mise en œuvre efficace.
b) L’importance de diagnostics régionaux préalables
Le CRSN n’est qu’une des étapes de préparation de la programmation. Pour le FEDER, les éléments de diagnostic territorial devront être affinés pour appréhender la situation propre à chaque territoire et faire émerger, sur cette base, le choix des priorités et des opérations pertinentes retenues au sein du large éventail thématique proposé à ce stade.
De ce point de vue, les documents de stratégies régionales en cours, établis par l’Etat ou par la Région, ont une importance décisive, de même que l’évaluation ex ante des programmes opérationnels 2007-2013. Il conviendra de les valoriser au mieux pour l’établissement de ces programmes. De même la dynamique de concertation et de réflexion engendrée par l’élaboration des contributions régionales au CRSN trouvera là un prolongement fructueux, alors que, par nature, le CRSN n’a pu les intégrer que partiellement.
c) Les modalités et les critères de choix
Dans ce contexte, les critères de choix des opérations à inscrire dans les programmes opérationnels peuvent être de natures diverses :
- ils tiendront compte de règles à définir dans le cadre de référence stratégique national une fois les perspectives financières adoptées et les enveloppes disponibles ainsi clarifiées : ces règles privilégieront les actions réellement structurantes en termes de développement régional et susceptibles de servir la réduction des disparités régionales, qui constitue le fondement même de l’intervention communautaire
- ils peuvent être liés au mode de gouvernance choisi : le lien avec les CPER, le rôle des territoires de projet dans la mise en œuvre du programme, la quantité et la nature des structures d’interfaces, etc.
- ils peuvent être liés à des considérations relatives aux caractéristiques propres des thématiques en jeu. Les partenaires régionaux pourront à cet égard s’appuyer dès le début de l’année 2006 sur les travaux des groupes de travail sectoriels mis en place par la Commission européenne et la DIACT dans les domaines de l’innovation, des TIC et de la gestion des risques. Ils sont invités également à tirer le meilleur profit des résultats des évaluations et plus particulièrement des évaluations finales en cours d’achèvement.
Pour le Fonds social européen, ils seront bien évidemment articulés avec les orientations du Programme national de réforme pour la croissance et l’emploi.



3 - La logique du document :
Le présent cadre de référence stratégique comprend:
un diagnostic de la situation françaises : dynamiques de compétitivité et d’emploi des territoires en France (régions d’outre-mer et régions métropolitaines), associé à un tableau présentant forces, faiblesses, atouts, menaces pour chacun des programmes l’articulation des politiques nationales avec le cadre communautaire tant en matière d’emploi, d’inclusion sociale et de développement du capital humain qu’en matière de compétitivité, de cohésion territoriale et de développement durable.
les orientations stratégiques du FEDER et du FSE pour l’objectif de convergence dans les régions d’outre-mer
les orientations stratégiques du FEDER et du FSE pour l’objectif de compétitivité régionale et d’emploi dans la France métropolitaine
la dimension territoriale de la cohésion et du développement durable dans la France métropolitaine
les orientations stratégiques du FEDER pour les coopérations européennes
la présentation des modalités de coordination et de pilotage des instruments de d’intervention ainsi que les questions liées à la gouvernance des programmes et celles concernant l’évaluation et le suivi stratégique
les éléments de cadrage et de contenu des programmes opérationnels


I - Diagnostic : Dynamiques et diversité des territoires français
Les politiques nationales ainsi que les priorités stratégiques retenues dans le CRSN visent à répondre à un ensemble d’enjeux économiques et sociaux posés sur l’ensemble du territoire national.
Le diagnostic des dynamiques et diversités des territoires français vise à mettre en évidence ces enjeux en distinguant à la fois ce qui relève des disparités régionales et territoriales et ce qui à trait aux grands axes transversaux d’intervention sur lesquels des actions volontaristes doivent être poursuivies sur l’ensemble du territoire.
Ce diagnostic rejoint largement les constatations effectuées à l’échelle européenne lors des Conseils de Lisbonne et de Göteborg. Sur la base des règlements européens, il distingue les territoires relevant de l’objectif « Convergence » (les régions d’outre-mer) et les territoires relevant de l’objectif « compétitivité régionale et emploi » (les régions métropolitaines).
I.1 - Régions d’outre-mer
Classées régions ultrapériphériques par le Traité, en raison de leurs handicaps, les régions et départements d’outre-mer se caractérisent par de fortes spécificités qui les distinguent des enjeux principaux identifiés dans les régions métropolitaines.
Les activités économiques sont marquées par l’éloignement du continent européen, qui entraîne des surcoûts de transport et des biens manufacturés, la concurrence des pays de la zone, les difficultés du financement de l’investissement, la fragilité financière des collectivités locales et l’étroitesse des marchés locaux. A contrario, les taux de croissance sont supérieurs à la métropole et traduisent un réel dynamisme.
La démographie se caractérise par une forte population de jeunes de moins de 19 ans (36 % en moyenne contre 25,9 % en métropole). S’ajoute une pression migratoire très significative sur certains territoires. Ces pressions impliquent des politiques d’équipements publics, d’emploi, et de coopération internationale adaptée.
D’un point de vue social on trouve dans ces régions proportionnellement six fois plus de RMIstes que dans l’Hexagone, le taux de chômage y est plus de deux fois supérieur à celui de la métropole (22,4%). Se pose notamment la question de l’intégration des jeunes au marché du travail et du renforcement de la cohésion sociale.
Si les régions ultrapériphériques se caractérisent par de fortes similitudes entre elles et par un contraste global important par rapport à la métropole, elles présentent toutefois de grandes différences les unes par rapport aux autres.
Face à ces contraintes et ce potentiel, il s’agit, d’une part, d’accorder une attention continue aux efforts engagés pour développer les infrastructures socio économiques et, d’autre part, de permettre à ces territoires de valoriser leurs atouts dans un environnement régional concurrentiel (cf. tableau FFOM en fin de chapitre).




A. Compétitivité, innovation, croissance
a) Un développement fortement contraint par les handicaps structurels permanents de l’ultrapériphéricité
Du fait d’un relief difficile et de nombreuses contraintes naturelles, les surfaces utiles de ces régions sont limitées et posent des problèmes d’occupation de l’espace pour les habitants et les entreprises. On constate ainsi, en Martinique, une densité soutenue 358 hab./km² (recensement 2004). La population a cru de plus de 11 000 personnes entre 1999 et 2004. Cette poussée démographique n’est pas sans créer une pression foncière face à une topographie accidentée.
Compte tenu de l’exiguïté des superficies accessibles et valorisables, les surcoûts sont importants pour le développement des activités, qu’il s’agisse d’implantations d’entreprises ou de réalisation d’infrastructures publiques intégrant les enjeux de développement durable (intégration environnementale et paysagère, protection des espaces naturels sensibles notamment sur les littoraux).
Les ressources naturelles exceptionnelles doivent être valorisées dans le respect des principes du développement durable. A titre d’exemple, le projet de cœur du Parc National couvre 40% de la superficie de La Réunion.
La seconde contrainte tient aux aléas naturels dont l’intensité et la fréquence génèrent des surcoûts importants dans la conception, la réalisation et la mise à niveau des investissements publics et privés. Deux régions d’outre-mer sont classées en zone sismique de niveau III. Ces territoires sont en outre sujets aux risques cycloniques, aux mouvements de terrain, à l’érosion côtière et aux éruptions volcaniques. Cette caractéristique commune à l’ensemble des régions ultrapériphériques françaises induit également des efforts constants en matière de prévention des risques naturels.
Dans ce contexte, l’aménagement du territoire, la maîtrise des déplacements et la gestion rationnelle des ressources naturelles, leur préservation contre les nuisances, constituent des enjeux transversaux du développement durable.
b) Une croissance profitant insuffisamment à l’économie productive locale en raison des handicaps structurels de l’ultrapériphéricité
Pour l’ensemble des régions françaises de l’objectif « Convergence », le solde des échanges est fortement déséquilibré avec un taux de couverture des importations par les exportations qui tend à diminuer.
Ces quatre régions partagent un déficit d’accessibilité qui pèse sur la compétitivité de leurs entreprises pour deux raisons principales :
La première est le grand éloignement de ces territoires par rapport au territoire continental communautaire européen ;
La seconde est l’isolement, lié d’une part à l’insularité et d’autre part à leur localisation au sein d’une région en voie de développement, peu solvable dans l’ensemble, pas toujours très stable politiquement mais très compétitive au niveau des coûts de production. Ces caractéristiques induisent des contraintes structurelles.
L’éloignement implique un accès difficile aux marchés européens, l’absence de sources d’approvisionnement locales ou proches en biens de consommation ou intermédiaires, en ressources énergétiques, en matériaux... La distance vis à vis de la métropole et de l’Europe continentale entraîne des surcoûts de transport des personnes et des biens manufacturés, et de l’ensemble des liaisons en général, y compris des télécommunications. Cette distance se traduit également par des coûts d’approche élevés qui dissuadent souvent les grandes entreprises nationales ou européennes de se positionner sur des marchés aussi excentrés et de fait peu attractifs. Cette situation limite donc sérieusement l’impact bénéfique du grand marché dans ces régions de l’UE.
A l’insularité et à l’isolement s’ajoute une limitation de la taille du marché local dont les dimensions ne facilitent pas le développement de l’industrie et où les investissements lourds ne peuvent être rentabilisés. La difficulté à réaliser des économies d’échelle induit un renchérissement des coûts de la production locale. Dans le domaine industriel, le seuil d’1 million d’habitants (qu’aucune des 4 régions françaises n’atteint) est habituellement cité pour permettre d’optimiser la rentabilité d’un investissement industriel dans de nombreux secteurs d’activité.
c) Une compétitivité qui nécessite des efforts soutenus de rattrapage et de modernisation des infrastructures de développement ainsi qu’une prise en compte de l’environnement régional
- Des infrastructures de développement au service de la compétitivité
Grâce à l’apport des fonds européens, le niveau général d’équipement des quatre régions d’outre-mer françaises a progressé de manière significative mais ce processus doit être poursuivi et amplifié afin de faire face aux besoins économiques et sociaux croissants et afin de corriger les retards initiaux.
De ce fait, les besoins en infrastructures et équipements restent encore considérables notamment en matière de désenclavement et d’échanges, de télécommunications, d’aménagement du territoire, d’équipements éducatifs et socio-culturels, sanitaires et sociaux ou encore dans le domaine de l’environnement.
La mise en œuvre d’une économie de la connaissance passe également par le renforcement des capacités de recherche encore insuffisamment positionnées dans les régions ultrapériphériques.
- Des espaces urbains sous tension
Ces spécificités sociales, économiques et démographiques ont une incidence sur les modes de développement urbain. Dans les départements à forte croissance démographique comme La Réunion et la Guyane, les politiques urbaines menées ne suffisent pas à endiguer la production de quartiers d’habitat spontané sous équipés et même insalubres.
Les politiques volontaristes de l’Etat portant sur la résorption de l’habitat insalubre, sur la construction d’un parc locatif social de plus 7.000 logements par an et sur la réhabilitation du parc privé à vocation sociale de 3000 logements par an contribue à répondre à la forte demande en logement social (25.000). L’effort des partenaires Région, Département, Etat et Europe, de rattrapage en équipements primaires et secondaires (FRAFU, CPER, DOCUP) contribue à combler le retard.
Il doit toutefois être constaté que cet effort porte essentiellement sur les grandes infrastructures et très peu sur l’aménagement urbain. Ainsi, les politiques d’aménagement urbain faiblement portées par les communes économiquement fragiles ne répondent pas aux besoins de terrains à bâtir en extension urbaine et aux besoins de requalification et de densification des zones urbaines agglomérées. Dans l’ensemble des départements, ce manque se traduit par un mitage urbain situé dans les espaces naturels et agricoles malgré la mise en place de documents de planification.
- Une nécessaire prise en compte de l’environnement régional
La proximité des systèmes économiques situés à des niveaux de développement inférieurs représente une source de concurrence supplémentaire sur les marchés locaux mais aussi européens. En outre, pour les régions et départements d’outre-mer, l’impact de l’immigration insuffisamment contrôlée en provenance des pays tiers est particulièrement préoccupant.
Ce constat sont particulièrement valable pour les pays bénéficiaires des accords Afrique-Caraïbes-Pacifique (ACP) et des principes de non-réciprocité qui leurs sont liés. De plus, les pays de la Caraïbe, de l’Amérique du Sud et de la Zone Sud de l'Océan Indien sont particulièrement attractifs en termes de (dé)localisation des entreprises (coûts de la main d’œuvre, systèmes fiscaux intéressants, normes en matière de respect de l’environnement, législation sociale...).
Ces éléments appellent à l’ouverture des économies des Régions d’outre-mer vers de nouveaux marchés et à une politique de co-développement avec les pays des zones géographiques respectives (Caraïbes, Amérique du Sud et Océan Indien). C’est dans ce cadre que l’association des quatre régions d’outre-mer aux futurs APE dans des conditions particulières apparaît comme indispensable.
B. Emploi et inclusion sociale
a) De fortes contraintes démographiques
Deux facteurs singularisent les régions françaises de l’objectif « Convergence »:
La jeunesse de leur population avec un poids des moins de 20 ans représentant entre 29% (Martinique) et 43 % (Guyane) dans les régions d’outre-mer contre 26% seulement en métropole ;
Une croissance démographique encore soutenue notamment en Guyane et à La Réunion (+ 6,1% en Martinique, + 9,2% en Guadeloupe, + 18,2% à La Réunion et + 37,1% en Guyane entre les recensements de 1990 et 1999) qui contraste avec les tendances démographiques perceptibles en France métropolitaine (+ 3,4% sur la même période).
Cette croissance diffère également totalement de la situation rencontrée dans les 10 nouveaux Etats membres.
A titre d’illustration, à La Réunion, la projection centrale de population réalisée par l’INSEE aboutit à une prévision de 830 000 habitants en 2010 (contre 760 000 habitants en 2004), dans l’hypothèse d'une décroissance de la fécondité des jeunes femmes, de la poursuite des gains d'espérance de vie, et du maintien des flux migratoires.
Cette dynamique démographique induit nécessairement une demande sociale importante en termes d’investissements publics en matière d’équipements et de services d’autant plus que la croissance de la population active est encore plus élevée. Le poids de la jeunesse pose également la question de l’accessibilité des citoyens et notamment des plus jeunes aux gisements d’emplois des grandes capitales continentales et aux pôles d’enseignement et de recherche.
b) Un contexte difficile en matière d’emploi et d’inclusion sociale
Certains facteurs sont particulièrement marquants (retraçant une évolution divergente comme la démographie ou une intensité plus forte comme le chômage), que ce soit par rapport à la situation française ou européenne.
La spécificité démographique pèse fortement sur la situation de l’emploi sur un marché du travail de taille réduite : marquée, à l’horizon d’une à deux générations, par l’irruption chaque année sur le marché du travail de très nombreux jeunes (36 % de jeunes de moins de 20 ans à La Réunion par exemple contre 26% en métropole). En dépit du dynamisme des économies locales, elles ne peuvent absorber un tel afflux de jeunes. A titre d’exemple, selon l’enquête emploi INSEE 2000, à La Réunion, le nombre d’actifs supplémentaires est en moyenne annuelle supérieur d’environ 4 000 au nombre d’emplois offerts. Les conséquences de cette situation sont multiples :
Malgré une création d'emploi deux fois plus dynamique qu'en métropole de 1993 à 2003, les régions ultrapériphériques continuent à connaître un chômage plus de deux fois supérieur à la moyenne nationale. Fin avril 2005 il est de 23,9% en Guadeloupe, 20,8% en Guyane, 23,1% à la Martinique et 21,6 % à La Réunion, contre à peine plus de 9% en France et dans l’UE 25. Les femmes sont plus touchées par le chômage que les hommes et le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans est particulièrement élevé.
De nombreux jeunes sans qualification en grande difficulté d’insertion,
mais aussi de jeunes diplômés qui ne trouvent pas d’emploi à l’issue de leur formation.
L’approche comparative ci-après illustre parfaitement les disparités entre la situation très dégradée de l’emploi dans les régions d’outre-mer de l’objectif convergence et celles qui prévalent au plan national et communautaire.
Taux de chômage ROM objectif convergenceTaux de chômage moyen FranceTaux de chômage moyen UE 25Guadeloupe : 23,9%
Guyane : 20,8%
La Réunion : 21,6%
Martinique : 23,1%9,5%8,7%Données Eurostat 2005

A ce paramètre important s’ajoute la forte pression migratoire qui pèse sur le marché du travail, principalement dans les secteurs du bâtiment et de l’agriculture, surtout en Guyane mais aussi en Guadeloupe et à La Réunion.
Des niveaux de qualification en progrès mais encore inférieurs à la moyenne métropolitaine surtout en Guyane et à La Réunion. Les difficultés scolaires des jeunes restent importantes : en Guyane beaucoup de jeunes quittent le collège avant d’avoir atteint 16 ans, à La Réunion, 18% des élèves quittent le système scolaire sans qualification. A cela, il faut ajouter le poids de l’illettrisme, facteur supplémentaire d’exclusion économique et sociale.

Taux d’accès d’une classe d’âge au Bac
Régions d’outre-mer (rentrée scolaire 2003)Taux d’accès d’une classe d’âge au Bac Métropole (2002)De 37% (Guyane) à 69,1% (Guadeloupe)69,1%
Une précarité sociale : le pourcentage de la population qui bénéficie du RMI est proportionnellement près de 6 fois supérieur à celui constaté en métropole et nécessite de ce fait un effort d’accompagnement et d’insertion qui doit être démultiplié par rapport à l’effort métropolitain ;
Une plus grande sensibilité de l’économie aux conflits sociaux compte tenu de la dépendance vis à vis d’un nombre limité d’établissements/secteurs stratégiques (port, aéroport, unité de production électrique, transport …) ;
De réelles avancées dans l’égalité des genres qui se traduisent dans l’ensemble des régions par une progression constante du taux d’emploi féminin au cours de la dernière décennie.


C. Des potentialités à valoriser
a) Une croissance supérieure à celle de la métropole
Les économies des régions de l’objectif convergence ont connu un taux de croissance supérieur à celui de la métropole. Pour La Réunion par exemple, les comptes économiques régionaux publiés par l’INSEE font état d’une croissance annuelle du PIB de 3,3% par an entre 1993 et 2000 en termes réels, supérieure à la croissance nationale et européenne avec un très fort accroissement de la productivité dans le secteur marchand.
Cette croissance a été fortement soutenue par la consommation des ménages. C’est aussi le cas dans les autres départements d’outre-mer et notamment en Guadeloupe qui a été durant la décennie 1990 la région française qui a connu la plus forte croissance par habitant.
b) Une vitrine du savoir-faire européen
La structuration progressive de pôles d’excellence fondés notamment sur l’enseignement et la recherche devrait permettre de positionner les régions d’outre-mer comme des bases avancées de coopération avec les pays voisins. L’enjeu est de structurer progressivement des pôles d’excellence qui permettent un rayonnement des différents territoires concernés dans leur environnement régional et plus largement au plan international.
c) Un potentiel dans le domaine du développement durable
Secteur en développement au plan mondial, le tourisme constitue incontestablement un gisement d’emplois commun aux quatre régions ultrapériphériques sur la base d’une valorisation durable des richesses naturelles qui offre à la France une biodiversité exceptionnelle qu’il appartient à la nation de protéger et mettre en valeur, comme patrimoine mondial de l’humanité.
Ce potentiel est renforcé par la richesse de la biodiversité ultramarine qui offre un terrain potentiel d’investigation en termes de recherche voire de développement de biotechnologies.
Enfin, le développement des énergies renouvelables constitue également un vecteur de développement commun aux quatre régions de la convergence.
d) Des ressources dans le domaine de la pêche et de l’agriculture
L’existence de ressources et d’un savoir-faire ancien dans ces domaines d’activité traditionnels constituent toujours une opportunité de maintien et développement d’activités rémunératrices qui contribuent à employer des effectifs non négligeables. De plus, la consolidation de ces secteurs d’activité traditionnels constitue également parfois une condition nécessaire au développement de pôles d’expérimentation et de recherche. A La Réunion, la protection des terres agricoles et la réalisation d’équipements d’irrigation sont des priorités clairement affichées et partagées.
e) Un effet induit positif de la politique de rattrapage des équipements en termes d’emplois
La réalisation de chantiers importants avec le soutien de la politique régionale permet, tout en répondant aux besoins du territoire, de consolider le secteur du BTP dont l’effet d’entraînement sur l’emploi et sur des secteurs d’activité connexes est certain.



f) Une ressource humaine qualifiée et disponible
Sur le plan des ressources humaines, citons notamment :
Le rythme de création d’emplois qui reste dynamique et globalement supérieur à la moyenne métropolitaine ;
La vitalité de l'esprit d'entreprise caractérise tous les DOM et se singularise par une sur représentation des inactifs et des chômeurs de longue durée. A population égale, il se crée 50% de plus d'entreprises dans les DOM qu'en moyenne nationale, avec un effectif annuel en augmentation globale de 42 % en 12 ans soit le double de l'évolution nationale ;
Les différences régionales sont assez marquées en termes de survie des entreprises à 3 ans, plus élevée qu'en métropole dans les DFA tandis que peut être notée une moindre viabilité des créations d'entreprises réunionnaises ;
L’existence d’un vivier en progression de jeunes qualifiés et diplômés. Sur ce plan, le dynamisme démographique, perçu comme un handicap structurel de l’outre-mer, peut se révéler un atout, compte tenu de la stagnation démographique européenne ;
Le infrastructures de formation et d’éducation de qualité bien qu’insuffisantes compte tenu de la pression démographique.
g) Un désenclavement numérique possible
Avec les câbles sous-marins le transfert de volumes importants de données est assuré à des coûts réduits. Ces câbles permettent de ramener le prix du haut débit à un niveau voisin de celui de métropole moyennant une intervention publique modeste.



Analyse des forces, faiblesses, opportunités et menaces pour les régions d’outre-merForcesFaiblessesExistence d’une ressource humaine qualifiée et disponible
Progression du taux d’activité féminin
Patrimoine naturel et culturel de grande qualité 
Seule forêt équatoriale de l’UE
Dynamique de création d’entreprises
Zones maritimes (ZEE) importantes
Caractère ultra-périphérique et déficit d’accessibilité
Etendue du territoire (parfois archipélagique), situation de double insularité
Ressources naturelles limitées
Contraintes physiques majeures (exiguïté des superficies valorisables avec forte pression foncière)
Développement inégal des activités sur le territoire
Extrême faiblesse du tissu des PME et prépondérance des TPE
Capacités de production limitées à des productions traditionnelles peu valorisées
Forte croissance démographique (Réunion, Guyane)
Flux régulier et très élevé de jeunes entrant sur le marché du travail (21% en Guyane contre 9,9% en métropole)
Pénurie de main d’œuvre qualifiée
Grand nombre d’allocataires du RMI
Manque de moyens par rapport aux besoins notamment en équipements éducatifs
Besoins importants en terme d’éducation, de formation professionnelle nécessaire au développement de l’emploi et de l’inclusion sociale
Besoin de développement du transport collectif
Besoin de réhabilitation urbaine
Besoins en terme de TIC afin de favoriser le désenclavement des territoires
Retard en terme d’infrastructures de santé
Enclavement et continuité territoriale mal assurée, potentiel fiscal nulOpportunitésMenacesCroissance supérieure à la métropole
Vitrine du savoir-faire européen
Potentiel dans le domaine du développement durable
Potentialités dans le domaine de la recherche (spatial, biodiversité)
Ressources dans le domaine de la pêche et de l’agriculture
Importance des risques naturels et des aléas climatiques
Economies essentiellement basées sur le commerce d’importation
Coûts de production élevés, sous capitalisation des entreprises, appui sur la commande publique 
Forte immigration (le plus souvent mal contrôlée et maîtrisée)
Répartition inégale de la population = forte pression foncière et saturation des équipements collectifs
Dépendance énergétique
Situation financière des collectivités locales parfois très dégradée
Forte concurrence de pays à faible niveau de normes sociales et environnementales

I.2 Dynamique et diversité des territoires métropolitains en Europe
Comme le précise la stratégie de Lisbonne renouvelée, l’Europe doit faire face à un environnement international très concurrentiel et accroître sensiblement son potentiel d’innovation, sa productivité, tout en respectant les objectifs de cohésion économique, et sociale assignés par le Traité. Les défis à relever demeurent cependant considérables au regard des disparités que l’on peut constater entre les personnes et entre les territoires.
D’une part, les logiques concurrentielles et les évolutions socioéconomiques structurelles modifient les critères de localisation des activités et des individus. D’autre part persistent des espaces d’isolement, de pauvreté et d’exclusion qui nécessitent une attention soutenue de la part des pouvoirs publics. Ce diagnostic vise à mettre en évidence ces différents aspects en dégageant les enjeux principaux à partir desquels ont été définies les priorités stratégiques retenues dans le CRSN.
Les tableaux des forces, faiblesses, opportunités et menaces (FFOM) des régions métropolitaines se trouvent à la fin de ce chapitre.
A. Compétitivité, innovation, croissance
a) Rebond de l’économie française
En 2004, le PIB par habitant de la France se situe au dixième rang des pays de l'Union européenne à 25 (indice 109,2), devant l'Allemagne (108,8), l'Italie (103,0) et l'Espagne (97,7), mais derrière la Finlande (112,4), le Royaume-Uni (116,4) et la Suède (117,5). Par rapport à 1999, la France a perdu du terrain puisqu’elle figurait au huitième rang à égalité avec l'Allemagne.
Après le creux conjoncturel amorcé en 2001 et qui a vu la croissance se réduire jusqu’à +0,8 % en 2003, le mouvement de reprise de l’économie française a été réel mais fragile : +2,3 % en 2004, mais +1,4 % seulement en 2005. Après avoir rejoint le taux de croissance moyenne de l’Union Européenne, la France se situe en 2005 un peu en dessous (1,3 % contre 1,5).
Fait préoccupant, ce manque de dynamisme relatif tient plus aux échanges extérieurs qu’à la demande interne. La consommation des ménages est en effet restée porteuse au cours des deux dernières année, et l’investissement des entreprises a repris en 2004, quoique de façon irrégulière. Mais la contribution des échanges extérieurs a été quant à elle négative, même si le rythme des exportations s’est amélioré en cours d’année dernière.
Ces évolutions font craindre un recul de compétitivité, qui tient surtout à une distribution sectorielle et géographique de nos échanges peu en phase avec la dynamique actuelle de l’économie mondiale. Presque tous les postes d’exportation, en particulier les biens d’équipement, ont marqué le pas, tandis que les importations de produits manufacturés (hors énergie) ont accéléré. Les analyses concordent sur le fait qu’il faut chercher l’origine de ce déficit croissant non dans les coûts unitaires de production, qui restent contenus, mais dans un défaut de spécialisation. Cette situation plaide fortement en faveur d’une politique d’innovation renforcée et d’un soutien aux acteurs économiques engagés dans des logiques concurrentielles fortes.
b) Une économie qui reste géographiquement concentrée
La production française reste caractérisée par la place prépondérante de l’Île-de-France, quasiment stable depuis 10 ans (28,3% du PIB de la France entière en 2003 ; 28,5% en 1990). Suivent deux régions dont la croissance est légèrement supérieure à la moyenne nationale : Rhône-Alpes (9,4% du total national en 2003 ; 9,5% en 1990) et Provence-Alpes-Côte d’Azur (7,1% et 6,8%). Avec le Nord-Pas-de-Calais, au rythme de croissance légèrement inférieur (5,1% en 2003 ; 5,4% en 1990), les quatre premières régions assurent à elles seules la moitié de la production nationale.
Viennent ensuite trois régions, situées à l’Ouest, pesant entre 4 et 5 % du total national : Pays de la Loire, Aquitaine, Bretagne. Cette prépondérance est encore plus marquée pour les activités les plus qualifiées : 45% des dépenses de recherche ou encore des emplois les plus liés à l’économie du savoir, de l’innovation et de la décision, sont en Île-de-France, environ les deux tiers dans les quatre premières régions. Pourtant cette concentration géographique de l’activité économique en France n’est pas une exception : elle reste proche de la moyenne des pays de l’OCDE, un peu plus accentuée qu’en Allemagne ou en Italie, mais moins qu’au Royaume-Uni, en Espagne ou au Japon.
c) Une croissance mieux répartie au profit des régions périphériques
En dynamique, au-delà de la concentration des activités en Ile de France, les évolutions de production depuis une dizaine d’années vont dans le sens d’une réduction des écarts au profit des régions périphériques, dont la croissance économique est nettement plus forte. Les régions des façades Ouest et Sud en métropole font preuve d’un dynamisme remarquable sur cette même période : les Pays de la Loire, la Bretagne, le Languedoc-Roussillon, l’Aquitaine, Midi-Pyrénées, Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Corse cumulent toutes des taux de croissance de production, mais aussi de population, nettement plus élevés que la moyenne.
Certaines, comme la Bretagne, les Pays de la Loire et Provence-Alpes-Côte d’Azur bénéficient d’une démographie soutenue à la fois par les excédents naturels et migratoires. D’autres compensent leur déficit naturel par une forte attractivité, comme le Languedoc-Roussillon, l’Aquitaine, Midi-Pyrénées, et la Corse. Là encore, comparée aux autres pays de l’OCDE, la croissance en France apparaît plutôt mieux répartie, à l’inverse du Royaume-Uni ou de l’Espagne, où les écarts entre régions se sont accentués.
Voir graphique sur l’évolution de la population et du PIB en annexe … du dossier annexé.
d) L’impact des migrations sur la démographie des régions
L’impact croissant des migrations sur les évolutions démographiques régionales est confirmé par les résultats les plus récents, avec un mouvement qui oppose de plus en plus nettement le Nord, l’Est et l’Île-de-France, régions globalement déficitaires, à l’Ouest et au Sud, où toutes les régions sont excédentaires. L’Île-de-France joue un rôle central dans ces mouvements, en étant l’origine ou la destination de 40 % des flux migratoires interrégionaux entre 1999 et 2003, mais avec d’importantes variations selon les âges : l’Île-de-France, ainsi que l’Alsace, autre région globalement déficitaire, continuent d’attirer fortement les jeunes pour des études ou un premier emploi. Inversement, dans les régions excédentaires de l’Ouest, le solde reste négatif pour les jeunes adultes.
Au sud, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Rhône-Alpes sont excédentaires pour les jeunes de 20 à 29 ans. D’une façon plus générale, les interactions entre régions, entre territoires frontaliers se multiplient, comme en témoignent aussi les flux de plus en plus nombreux de déplacements quotidiens ou hebdomadaires à l’échelle interrégionale. La capacité d’attirer de nouvelles populations avec les emplois que cela induit sur les marchés locaux du travail, cette dimension résidentielle de l’économie, constitue l’une des composantes majeures des trajectoires de croissance et des nouveaux équilibres du développement local en France.
Les logiques de désertification doivent donc être relativisées en considérant la forte évolution des pratiques de mobilité que les individus entretiennent au sein et entre les espaces régionaux. La recherche de services innovants et l’adaptation des modalités d’accueil des populations doivent pouvoir satisfaire des populations plus mobiles et moins ancrées géographiquement.
Quelques régions restent toutefois à l’écart de ce mouvement de rattrapage.
Parmi la dizaine de régions les moins dynamiques en termes de population et de production entre 1990 et 1999, les régions du centre comme le Limousin et l’Auvergne, dont la population avait baissé depuis 20 ans, semblent bénéficier à leur tour depuis 1999 d’une attractivité suffisante pour inverser la tendance. Entre 1999 et 2005, la croissance de la population dans le Nord-Pas-de-Calais est supérieure à la moyenne nationale.
Aujourd’hui, seules les régions qui entourent l’agglomération parisienne comme la Picardie, Champagne-Ardenne, la Bourgogne, auxquelles il convient d’ajouter la Lorraine, ont des taux de croissance de production et de population nettement inférieurs à la moyenne nationale et à celui de l’Île-de-France.
e) Le rôle moteur des métropoles régionales et des grandes agglomérations
Le dynamisme des métropoles régionales, des grandes agglomérations ou de leurs réseaux permet d’atteindre les tailles critiques suffisantes pour entrer plus avant dans l’économie de la connaissance, constituer des pôles capables d’agréger des compétences, des activités à forte valeur ajoutée et des capitaux de plus en plus mobiles.
Les aires urbaines rassemblent une part toujours croissante de la population (77% en 1999 contre 73% en 1990), grâce à un solde naturel très supérieur au déficit migratoire. Elles concentrent 81,3% des emplois, et davantage encore les emplois les plus qualifiés : 92,8% des 1,8 million d’emplois dits « métropolitains supérieurs », cadres, ingénieurs, professions libérales, intellectuelles et artistiques y sont implantés. Ces emplois qui se sont accru de 15% entre 1990 et 1999, représentent à eux seuls un tiers de la hausse de l’emploi total. Ils constituent avec ceux, moins qualifiés, des services aux personnes, un des principaux moteurs de la croissance de l’emploi total (+ 3,3% sur la période).
Cette dynamique des métropoles et de l’emploi qualifié constitue aussi un levier de plus en plus efficace du rééquilibrage entre les régions : les taux de croissance les plus élevés se trouvent dans les aires de Rennes, Montpellier, Toulouse, Nantes et Le Mans, très supérieurs à ceux de l’Île-de-France, les quelques exceptions concernant Rouen, Le Havre ou Mulhouse.
Voir graphique sur la variation de l’emploi et des emplois métropolitains supérieurs des régions en annexe … du dossier annexé.
f) La recherche et l’innovation : un rééquilibrage amorcé
Les activités de recherche et d’innovation restent très concentrées dans un petit nombre de régions : l’Ile-de-France avec 44,5% du total des dépenses en 2002, puis Rhône-Alpes (12,1%), Midi-Pyrénées et PACA (un peu plus de 6% chacune). Il faut toutefois noter qu’un rééquilibrage s’est opéré sur l’ensemble de la période 1992-2002, notamment sous l’impulsion des politiques publiques : par exemple, la part de l’Île-de-France dans les publications scientifiques nationales est passée de 35,9% en 1993 à 29,2% en 2001, tandis que la proportion de chercheurs du secteur public au sein de la région se réduisait également passant de 47,4% en 1992 à 42,7% en 2001 (source OST rapport 2004).
Ces évolutions traduisent des efforts de déconcentration, notamment de la part des grands organismes de recherche (CNRS – INRA – CEA). La part des dépenses publiques varie très fortement d’une région à l’autre : inférieure à un tiers, taux moyen national, en Île-de-France et Rhône-Alpes, elle dépasse 70% dans la région Languedoc-Roussillon où sont implantés la plupart des organismes publics de recherche (source Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche-DEPB3). Voir le tableau sur les contributions des régions aux dépenses intérieures totales de R&D (DIRD) en annexe 6.
En 2001, selon l’Observatoire des Sciences et Techniques, la France se situe au troisième rang des pays de l’UE-15 pour les compétences scientifiques (nombre de publications scientifiques) et au second rang pour les compétences techniques (brevets déposés). Si l’on s’intéresse aux compétences scientifiques et techniques réunies, la France se hisse au second rang des pays de l’UE-15, juste derrière l’Allemagne et devant la Grande-Bretagne.
Cependant, bien que la France conserve sa place dans le classement des pays de l’UE entre 1995 et 2001, sa part dans la production européenne d’articles scientifiques passe de 17,0% à 15,6%, soit une baise de 8,5%. Pour ce qui concerne l’indicateur de compétences techniques, elle n’est plus en 2001 à l’origine que de 17,4% des brevets déposés auprès de l’OEB, contre 20,5% en 1995, soit une baisse de 15,3 %. A l’inverse, l’Allemagne connaît une progression de 0,9% et de 24,7% et conforte ainsi sa première place tandis que l’Espagne connaît une hausse de 29,3% et de 54,2%, se rapprochant petit à petit de la Suède et des Pays-Bas.
A l’échelle des régions européennes, l’Île-de-France se situe en tête pour chacun des trois indices, mais elle enregistre une chute de 19,9% du niveau de l’indicateur agrégé, tandis que les régions d’Oberbayern et de Stuttgart, respectivement deuxième et troisième au classement de l’indice agrégé, connaissent une progression de 25,3% et 22,6%. Par ailleurs, quatre régions françaises seulement (dans l’ordre l’Île-de-France, Rhône-Alpes, PACA et Midi-Pyrénées) font partie des cinquante premières, contre dix-huit (sur quarante et une) pour l’Allemagne. De plus, alors que Rhône-Alpes perd trois places et Midi-Pyrénées cinq places, d’autres régions européennes, telles que la Catalogne (qui gagne quatorze places et se classe 29ème, juste devant Midi-Pyrénées), font preuve d’un dynamisme important.
Cette évolution indique qu’un effort particulier doit être entrepris dans le domaine de la recherche et de l’innovation en sachant que si l’Europe progresse globalement dans ce domaine, la répartition des retombées économiques face à la concurrence mondiale ne sera pas équivalente entre les pays de l’Union.
Voir le tableau sur les parts prises par les régions françaises dans le positionnement européen de la France en 1995 et 2001 - Tous champs scientifiques et technologiques confondus en annexe….
g) L’accessibilité aux grands réseaux de transports et la connectivité
- accessibilité et réseaux de transport
A l’échelle métropolitaine, le développement des réseaux rapides, le perfectionnement des moyens de transport, la croissance des vitesses de circulation ont considérablement transformé et amélioré l’accessibilité des territoires français au cours des 20 dernières années. Face à ce constat positif, la croissance non maîtrisée des flux de transport, routier en particulier, contribue à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, contrairement aux objectifs définis par le protocole de Kyoto et inscrits notamment dans le Plan Climat et la loi d’orientation sur l’énergie du 13 juillet 2005.
En janvier 2004, 98,4% de la population résidait à moins de 45 minutes de l’accès à l’un des trois grands réseaux (autoroutier, ferré, aérien). Cette desserte a continué de s’améliorer au cours des dernières années, en particulier dans le centre de la France avec les mises en services ou connexions de nouvelles autoroutes (A89 et A20).
A l’échelle européenne, lorsque l’on prend en compte l’ensemble des modes de transport disponibles en 2001, les territoires présentant les niveaux d’accessibilité potentielle les plus élevés se situent encore le long de l’arc qui va de Liverpool et Londres vers l’Allemagne rhénane et le nord de l’Italie, en passant par le Benelux, et englobant Paris et Lyon. Restent au sein de la plupart des grands pays, des territoires relativement plus « éloignés » de l’espace des ressources européennes.
En France cela concerne certains départements situés au centre ou au sein de régions de l’ouest. Les niveaux les moins favorables en France métropolitaine restent cependant très supérieurs à ceux des régions les plus périphériques au Sud, au Nord et à l’Est de l’Europe.
Considérant d’une part les problèmes de congestion rencontrés dans les principales agglomérations et sur les axes les plus fréquentés, considérant ensuite les enjeux liés à la protection de l’environnement, la question de l’accessibilité doit aujourd’hui être reconsidérée autour de la mise en œuvre de nouvelles modalités déplacement et de transport. La multimodalité, la promotion des transports collectifs et le développement de carburants peu polluants constituent des enjeux essentiels à cet égard.
La connectivité aux réseaux de communication électronique
Fin juillet 2004, le réseau de téléphonie mobile déployé en France permet l’accès à 98,7% de la population métropolitaine. Les 3073 communes (sur un total de 36 565) restant à couvrir sont situées dans les régions comportant des zones de très faible densité.
Fin 2005, 57,6 millions de personnes (96% de la population nationale) disposent d’une possibilité d’accès à Internet à haut débit. Cette faculté s’accompagne également d’un développement de la concurrence en France métropolitaine : plus de la moitié de la population a accès à plusieurs offres et 3 millions ont accès à des services dégroupés. Il existe toutefois des disparités territoriales sachant que l’on passe de plus de 99% de couverture à haut débit dans les départements du centre de l’Île-de-France (Paris et sa proche couronne) à moins de 70% dans certains départements peu peuplés du centre de la France (Lozère, Cantal, Gers …).
Fin 2005, seulement quelques zones industrielles et milliers d’immeubles résidentiels avaient un accès à très haut débit, par fibre optique jusque chez l’abonné. La Télévision numérique terrestre était accessible à 50% de la population.
Cependant, si le taux de couverture indique que la très grande majorité de la population peut avoir accès aux réseaux de communication électronique, des efforts importants restent à faire concernant l’usage réel de ces réseaux. Il s’agit notamment d’informer, de former, de développer les services électroniques et de favoriser leur utilisation à la fois par les particuliers et par les entreprises.



B. Emploi et inclusion sociale
a) L’emploi total a progressé en 2005
En 2004, en dépit d’une activité économique relativement soutenue (+2,3% de croissance du PIB), l’ensemble des secteurs marchands non agricole n’a créé que 5000 emplois. L’ajustement de l’emploi à l’activité se faisant toujours avec retard, les créations de postes interviennent au cours de l’année 2005 : sur les trois premiers trimestres, 42.000 nouveaux emplois on été crées. Cette progression devrait se poursuivre au quatrième trimestre 2005 et au début de l’année 2006.
Depuis la mi-2001, l’industrie subit des destructions nettes d’emplois. En 2004, plus de 90.000 postes y ont été supprimés, et plus de 60 000 sur les trois premiers trimestres de 2005. La baisse devrait cependant s’atténuer à la fin de l’année 2005 et se stabiliser au cours de 2006. En 2005, l’emploi dans la construction confirme son dynamisme. Sur l’année, près de 35.000 postes devraient être crées dans ce secteur.
Le secteur tertiaire constitue le principal moteur des créations d’emplois. Il devrait créer environ 120.000 emplois en 2005.
L’emploi salarié non marchand devrait également augmenter en 2005, sous l’effet d’une hausse de l’emploi marchand non aidé. L’emploi marchand aidé devrait encore diminuer en 2005. Mais 2005 est une année de transition : après avoir été négative au premier semestre, l’évolution du nombre de bénéficiaires d’un contrat aidé du secteur non marchand redeviendrait positive au second semestre.
Après avoir légèrement diminué en 2004, l’emploi total progresserait de près de 117 000 personnes sur l’ensemble de l’année 2005 et atteindrait 24,8 millions de personnes en fin d’année (24,7 millions fin 2004). Cette progression de l’emploi total s’accompagne de gains de productivité qui restent élevés (+1,7% dans le secteur marchand non agricole au troisième trimestre 2005) et supérieurs à leur moyenne sur la période 1994-2004 (+1,0%).
En 2004 (dernières données disponibles), le taux de temps partiel dans l’emploi total s’établissait à 16,6% (30,1% pour les femmes et 5,3% pour les hommes) ; l’intérim représentait 2% de l’emploi total, les stagiaires et contrats aidés 1,9%, et les contrats à durée déterminée, 6,8%. Ces formes d’emploi touchent principalement les jeunes : en 2004, 5,2% des jeunes de 15 à 24 ans en emploi étaient en intérim, 5,1% étaient stagiaires ou en contrats aidés, et 16,3% bénéficiaient d’un contrat à durée déterminée.
b) Des taux d’emploi comparativement faibles pour les plus âgés et les plus jeunes.
En 2004, le taux d’emploi globaux des personnes âgées de 15 à 64 ans atteignait 63,1% en France. Ce taux est légèrement inférieur au taux moyen de l’Union Européenne (UE 25) qui atteint 63,3%. En 2004, le taux d’emploi a été supérieur à 70% au Danemark, aux Pays-Bas, en Suède et au Royaume-Uni. En Allemagne, il atteignait 65%.
Le Danemark et la Suède ont enregistré les taux d’emploi féminin les plus élevés en 2004, supérieurs à 70%. La France se situe au-dessus de la moyenne de l’Union Européenne (57,4% contre 55,7%) et de pays comme l’Espagne et l’Italie, mais en dessous de l’Allemagne.
Le taux d’emploi des personnes âgées atteignait 37,3% en France, soit un niveau particulièrement faible (la moyenne dans l’Union Européenne était de 41%). Alors qu’il est supérieur à la moyenne européenne pour les femmes (33,8% contre 31,7%), il lui est nettement inférieur pour les hommes (41% contre 50,7%).
En France, le taux d’emploi des jeunes de 15 à 24 ans (30,4%) était inférieur à la moyenne de l’Union Européenne (36,7%) en 2004. Il était aussi nettement inférieur au taux constaté en Allemagne (41,9%) et en Espagne (34,2%). Ce taux dépassait 50% aux Pays-Bas, au Danemark, au Royaume-Uni et en Autriche.
Les régions métropolitaines dont les taux d’emploi sont les plus faibles (inférieurs à 60%) connaissent également des taux de chômage élevés, dépassant en 2003 les 12%, mais avec des dynamiques très différentes : au sud, des régions attractives (Corse, Languedoc-Roussillon, dans une moindre mesure PACA) où la création d’emplois ne parvient pas à suivre la démographie ; au nord, des régions plus jeunes comme le Nord-Pas-de-Calais où faibles taux d’activité et forts taux de chômage vont de pair.
A l’opposé, une région comme l’Alsace est la seule à associer des taux élevés d’activité et d’emploi à un chômage relativement plus faible en 2003 (7%).
c) Le chômage : situations très contrastées
En décembre 2005, le taux de chômage au sens du BIT atteignait 9,5%, en diminution constante depuis mai 2005. A cette date, il atteignait 10,2%. Il s'établit à 22,7% pour les jeunes de moins de 25 ans présents sur le marché du travail, 8,6% pour les actifs âgés de 25 à 49 ans et 6,8% pour les actifs de 50 ans et plus. Sur un an, le taux de chômage a diminué pour toutes les catégories d’âge et de sexe, hormis les hommes de moins de 25 ans où il est resté stable.
Les jeunes sont plus sensibles que leurs aînés aux fluctuations conjoncturelles du marché du travail. Ainsi, la remontée du chômage des jeunes est intervenue plus tôt que pour les autres classes d’âge ; en avril 2001 et depuis cette date, la hausse du chômage des jeunes a été continue. Le taux de chômage des non-diplômés est deux fois plus élevé que celui des diplômés de l’enseignement supérieur (au moins égal à Bac + 2) et le taux de chômage des jeunes sans qualification des quartiers difficiles est passé de 28% à 50%.
Fin 2005, le taux de chômage des jeunes femmes (23,9%) est supérieur à celui des jeunes hommes (21,7%). Depuis que les statistiques sont disponibles (1967), cela a toujours été le cas. De plus de 10 points en 1995, l’écart entre ces deux taux s’est ensuite progressivement réduit pour se stabiliser autour de 2,5 points depuis la fin 2002.
Fin 2005, le taux de chômage des plus de 50 ans s’élève à 6,8%. Le chômage des 50 ans et plus, est en baisse, essentiellement pour les hommes. Cette baisse est à relier à la montée en charge du dispositif de retraite pour carrières longues, qui permet, sous certaines conditions, un départ anticipé. Parmi les chômeurs de plus de 50 ans, deux sur cinq sont sans emploi depuis au moins deux ans. Leur niveau de diplôme étant souvent plus faible que celui des autres classes d’âge (près d’un chômeur de plus de 50 ans sur deux est sans diplôme), le retour à l’emploi est d’autant plus difficile.
Le taux de chômage en France reste supérieur à celui de l’Union Européenne (8,4% en décembre 2005). Les taux de chômages les plus faibles (inférieurs à 5%) sont enregistrés en Irlande, au Danemark, au Pays-Bas et au Royaume-Uni ; les plus élevés ont été observés en Pologne, en Slovaquie, en Grèce, en Allemagne et en France.
En termes d’évolution, la France apparaît coupée en deux. Exception faite de l’Île-de-France, la moitié nord voit son chômage augmenter, alors que ce dernier stagne ou même diminue dans le sud. En un an, plus de la moitié des régions métropolitaines (13 régions) ont enregistré une progression de leur taux de chômage. Les plus touchées sont : l’Alsace (+0,5 point), la Lorraine (+0,4 point), la Picardie (+0,3 point) et la Franche-Comté (+0,3 point). A l’inverse, seules cinq régions ont connu une baisse du taux de chômage. La Corse et l’Île-de-France se distinguent en affichant les baisses les plus importantes, respectivement 0,3 point et 0,2 point.
La géographie du chômage en France reste très contrastée, révélant un double effet régional et local :
- A l’échelle régionale (septembre 2005), des taux nettement plus élevés que la moyenne et depuis longtemps dans les régions du Nord de la France (Nord-Pas-de-Calais, avec 13,3%, Picardie avec 10,9%) et de la façade méditerranéenne (Languedoc-Roussillon avec 13,6% et PACA avec 11,7%) ; à l’inverse des taux inférieurs à 9% dans certaines régions du centre (Limousin, 7,7% et Auvergne, 8,4%) et de l’Ouest (Bretagne, 8,0% et Pays de la Loire, 8,1%)
- A l’échelle locale, des disparités parfois très importantes entre zones d’emploi d’une même région : en Bretagne entre la zone de Vitré dans la périphérie Est de Rennes qui présente un des taux les plus bas de France (4,9%) et Lannion où le taux atteint 8,9% ; en Languedoc-Roussillon entre la Lozère (5,8%) et la zone de Béziers où le chômage est un des plus élevé en France métropolitaine (14,9%). Les oppositions sont parfois très marquées entre zones voisines, comme par exemple : la partie est de la Vendée (5,4%) et la partie ouest (10,0%).
d) Chômage et tensions sur le marché du travail
En dépit d’un niveau de chômage qui demeure élevé, les difficultés de recrutement subsistent dans certains secteurs. Les tensions sur le marché du travail augmentent depuis fin 2003 : D’avril à septembre 2005, les flux d’offres d’emplois déposées à l’ANPE par les employeurs se sont accrus de 8% (par rapport au même semestre de l’année précédente) et atteignent un niveau jamais égalé depuis 1997. Dans le même temps, les flux de nouveaux demandeurs régressent nettement (-6% sur le semestre).
La montée des tensions reste plus sensible dans des domaines où la part des emplois qualifiés est forte (informatique, banques et assurances, électricité-électronique, etc.). Les domaines professionnels où les tensions sont les plus fortes sont : l’hotellerie-restauration-alimentation, l’électricité-électronique, le bâtiment, les banques et les assurances, etc.
e) Hausse du nombre de bénéficiaires de minima sociaux et du taux de sous emploi en 2004
A la fin 2004, 3,4 millions de personnes étaient allocataires de l'un des neuf dispositifs nationaux (ou du Revenu de solidarité –RSO- dispositif spécifique aux DOM). Ceci correspond à une augmentation de 3,4% du nombre d'allocataires en 2004, en accélération par rapport à 2003 (+1,6%) suite à la diminution observée entre 2000 et 2002. En incluant les ayants droit (conjoints et enfants de bénéficiaires), un peu plus de 6 millions de personnes étaient couvertes par les minima sociaux, dont 5,6 millions en métropole.
Le RMI regroupe un peu plus d'un tiers des bénéficiaires de minima sociaux en France métropolitaine. Au 31 décembre 2004, il était versé à 1 083 9002 personnes en métropole. Le nombre d'allocataires du RMI a augmenté fortement en 2004 (+ 8,5 %), après une hausse déjà soutenue en 2003 (+ 5,0 %). Cette forte croissance semble devoir s’expliquer par les difficultés du marché du travail et la diminution du taux de couverture de l'assurance chômage (due à la fois à la modification de la structure du chômage et aux conséquences de la réforme intervenue fin 2002). Depuis 2003, l'augmentation du nombre d'allocataires du RMI concerne à nouveau toutes les tranches d'âge, atteignant en 2004 + 11,7 % pour les moins de 30 ans contre + 8,2 % pour les allocataires âgés d'au moins 50 ans.
En moyenne en 2004, 1 197 000 personnes sont en situation de sous-emploi, soit 4,8%des actifs en emploi. Le taux de sous-emploi n’a cessé d’augmenter entre 1990 et 1998, passant de 3,6 % en 1990 à 6,6 % en 1998. Il a ensuite diminué jusqu’au début de 2002, parallèlement à la décrue du chômage. Depuis 2002, il est en légère reprise, passant de 4,6 % en 2002 à 4,8 % en 2004.
Cette situation de sous-emploi concerne plus particulièrement les femmes (les femmes ont un taux de sous-emploi de 8,4% contre 1,9 % chez les hommes), les jeunes (9,5% des actifs occupés de 20 à 24 ans sont en sous-emploi), les non diplômés (les deux tiers des personnes en sous-emploi ont un diplôme inférieur au baccalauréat), les étrangers (les étrangers sont beaucoup plus souvent sous-employés que les Français : 7,6 % contre 4,7 %).
Aux caractéristiques individuelles qui pèsent sur la probabilité de se trouver en situation de sous-emploi, s’ajoutent celles du type d’emploi occupé. Le sous-emploi sévit essentiellement chez les salariés et presque exclusivement dans le tertiaire (93 % des personnes sous-employées) où le taux de sous emploi est de 6,2 %. Les personnes sous-employées sont bien plus fréquemment que les autres sur des contrats « temporaires » de type contrat à durée déterminée (CDD) ou contrat saisonnier : 7 % de l’ensemble des actifs occupés sont en CDD ou en contrat saisonnier mais cette part est de 32 % pour les personnes en sous emploi.
f) L’accès à la formation des salariés
Le taux d’accès à la formation des salariés a connu un rythme relativement soutenu jusqu’en 1998 (où il a atteint 37 ,7%), date à partir de laquelle il a amorcé une baisse pour atteindre 35,3% en 2003. La baisse de la durée des stages (32 heures en moyenne en 2003) et le fléchissement du taux d’accès expliquent sur la période l’essentiel de la décélération du taux de participation.
L’accès à la formation continue en entreprise n’est pas également réparti. Des différences sensibles existent selon la catégorie socioprofessionnelle des salariés (en 2002 le taux d’accès à la formation d’un ouvrier non qualifié est de 15% contre 45% au sein des entreprises de plus de 500 salariés). Ceci peut s’expliquer par le fait que l’obligation de dépense n’a été introduite dans les petites entreprises (moins de 10 salariés) qu’au tout début des années 90, mais aussi parce que, dans les petites unités, la formation se réalise souvent en situation de travail.
g) Perspectives d’évolution
A partir de 2006, l’arrivée à l’âge de 60 ans des premières générations nombreuses du baby boom devrait entraîner une baisse de la population active limitant les ressources en main d’œuvre et exacerbant les tensions sur le marché du travail. Cette diminution ne résoudra pas spontanément le problème du chômage : des besoins de main d’œuvre pourront subsister dans certains métiers ou secteurs en même temps que des chômeurs pourraient demeurer sans emploi sans une action volontariste des pouvoirs publics.





Analyse des forces, faiblesses, opportunités et menaces pour les régions métropolitainesForcesFaiblessesEconomie diversifiée des régions particulièrement dynamiques
Dynamisme des grandes métropoles qui s’appuient sur l’économie de la connaissance
Polarisation des emplois les plus qualifiés, exposés à la mondialisation
Accessibilité des populations aux grands réseaux de transport améliorée
Dynamisme de l’emploi tertiaireDiversification économique insuffisante des anciennes régions industrielles
Eloignement des ressources européennes (accessibilité potentielle)
Ecarts importants pour l’accès au haut débit
Recherche et innovation concentrées dans quelques régions
Faiblesse du taux d’emploi (seniors)
Fort taux de chômage des jeunesOpportunitésMenacesCroissance répartie entre régions
Evolutions démographiques dynamiques
Montée des qualifications
Diffusion du potentiel d’innovation
Nouvelles opportunités offertes au monde rural Impact des déficits migratoires sur les évolutions démographiques dans le Nord et l’Est
Réduction de l’avance Ile de France en Europe
Baisse des compétences scientifiques et techniques relativement à certaines régions européennes
Proportion importante de non diplômés en milieu rural
Accroissement de la population sous le seuil de pauvreté












C - Cohésion territoriale
a) Les disparités locales : un enjeu de cohésion territoriale
Les contrastes sont aujourd’hui plus marqués au niveau local qu’entre régions au niveau métropolitain : la diversité de la démographie et de l’organisation spatiale des activités à l’échelle des territoires locaux conduit à des écarts parfois considérables de situation ou d’évolution entre zones d’emploi. Ainsi, les écarts de densité démographique vont de moins de 30 habitants par km2 dans une cinquantaine de zones d’emploi qui regroupait, en 1999, environ 2,4 millions d’habitants, à plus de 5000 dans les zones de Paris et de sa première couronne. Les évolutions démographiques entre 1990 et 1999 sont également très contrastées.
Certains bassins d’emploi ou bassins de vie peuvent ainsi se trouver fragilisés, même à proximité de zones dynamiques :
des zones d’emplois rendues particulièrement vulnérables aux chocs venus de l’extérieur par des spécialisations trop marquées dans les secteurs les plus exposés à la concurrence, souvent caractérisées aussi par une main-d’œuvre insuffisamment qualifiée ;
des bassins de vie ruraux encore trop à l’écart de dynamiques résidentielles pour enrayer le vieillissement de la population, le départ des jeunes et maintenir des services de qualité ;
à une échelle géographique encore plus fine, celle des quartiers urbains, qui cumulent les indicateurs d’exclusion (chômage, forte population émigrée, pauvreté faible niveau d’éducation, logements dégradés..). Dans ces espaces des phénomènes de ségrégation spatiale persistent, et s’accentuent parfois.
Si le taux de ménages à bas revenus n’a que faiblement augmenté en France entre 1996 et 2002 (passant de 8,5 à 8,8%), il tend à se concentrer dans certains espaces spécifiques : au cœur des pôles urbains, dans les zones urbaines sensibles (où il est passé de 13,9 à 17,6%), mais également dans les communes aux franges des aires urbaines (de 7,5 à 9,4%) et dans les pôles ruraux (de 8,9 à 11%). Par contre, il régresse dans les couronnes périurbaines.
b) Un regain confirmé des territoires ruraux
Ce regain entretenu par l’aspiration des Français à plus d’espace et de qualité du cadre de vie, renforce d’abord les périphéries des grandes agglomérations, les petites villes et les communes « multipolarisées », à la charnière de l’urbain et du rural, ainsi que les couronnes des pôles ruraux. L’accroissement de population des espaces ruraux (18% de la population sur 59% du territoire en 1999), qui remonte à la fin de l’exode rural autour de 1975, s’accélère. Il est désormais soutenu par un excédent migratoire de plus en plus important y compris dans le rural « isolé », comme le confirment les premiers résultats de l’enquête annuelle de recensement de 2004. Les flux croisés de populations très différentes entretiennent une spécialisation fonctionnelle de la plupart des espaces locaux, très marquée par les choix résidentiels aux différentes étapes de la vie et les niveaux de qualifications :
- départ des jeunes ruraux vers les centres urbains pour achever des études ou trouver un emploi ;
- arrivée de retraités en milieu rural venant renforcer le vieillissement naturel ;
- mais aussi de plus en plus, arrivée d’actifs souvent avec enfants dans des proportions suffisantes pour contribuer de façon significative au renouvellement de la population active des espaces ruraux. Parmi les 1,8 million de nouveaux résidents ayant quitté un pôle urbain pour la campagne entre 1990 et 1999, plus de 800000 sont des actifs qui représentent environ 14% de la population active présente en 1999 dans les espaces ruraux. Ces arrivées représentent près de 21% des professions intermédiaires et 30% des cadres vivant à la campagne en 1999. Néanmoins, c’est en milieu rural que l’on compte les proportions les plus élevées de non diplômés et d’ouvriers.
Sous les effets conjugués de cette poussée de l’économie résidentielle, du maintien d’activités industrielles, de l’obligation pour les populations les moins favorisés de s’éloigner des villes centres du fait notamment de la pression immobilière et foncière urbaine nn maîtrisée, du fait du maintien d’une agriculture intensive comme secteur stratégique pour l’économie nationale et comme facteur d’évolution des paysages, le monde rural change, se diversifie et offre de nouvelles opportunités en même temps qu’il génère de nouvelles contraintes environnementales.
Dans ce contexte, les évolutions des villes moyennes (aires urbaines de 30 à 200 000 habitants) à l’interface entre ces deux dynamiques, sont plus incertaines et fortement marquées par leur position géographique, plus favorables dans le Grand Ouest ou le quart Sud-Est de la France que dans le Nord et l’Est. Globalement, même si leur solde migratoire est devenu négatif à partir de 1990, elles gardent des atouts : l’emploi et les revenus s’y maintiennent, car les créations d’emplois de services aux personnes, en particulier en direction des personnes âgées développent suffisamment pour compenser le retrait des petites activités industrielles.
Néanmoins, ce dynamisme ne concerne pas toutes les zones rurales. En particulier, les « campagnes les plus fragiles » qui couvrent 1/3 du territoire national connaissent des difficultés structurelles importantes (étude prospective DIACT menée en 2003).

Concernant le littoral, cet espace de plus en plus attractif, est caractérisé par des enjeux particuliers :
- La France est une des principales régions maritimes de l'Union par son linéaire côtier.
- Le littoral représente un atout de premier plan dans la concurrence que se livrent les territoires : il est synonyme de qualité de vie, est le siège d'activités économiques structurelles telles que la pêche et la culture marine et il est porteur de novations et de perspectives d’avenir aux plan économique, scientifique, culturel…
- Les atouts du littoral se traduisent par son attractivité croissante : un scénario tendanciel conduit ainsi à prévoir 3,4 millions d’habitants nouveaux dans les trente ans sur les départements littoraux au plan national.
L’attractivité du littoral entraîne en effet dès à présent des conséquences au plan économique (risque de déséquilibre entre les activités économiques productives, les activités de services, les activités économiques traditionnelles, et l’économie de transfert), au plan social (impact du coût du foncier sur l’équilibre générationnel et la mixité sociale), au plan environnemental (risque de déséquilibre entre protection et développement, impact des pollutions telluriques sur la qualité des eaux marines), l’ensemble se traduisant par des tensions, conflits d’usage qu'il convient de prévenir.

Les massifs de montagne qui couvrent 30% du territoire sont caractérisés par un enjeu de même nature : espaces fragiles, convoités sur des stratégies souvent opposées, d’attractivité croissante, ils constituent des territoires spécifiques qu’il convient de développer et de préserver à la fois selon des méthodes et moyens adaptés à leur échelle.

c) L’environnement et l’énergie
- les risques naturels
Le risque d’inondation concerne une commune sur trois à des degrés divers dont 300 grandes agglomérations. Pour 160 000 km de cours d'eau, une surface de 22 000 km2 est reconnue particulièrement inondable : deux millions de riverains sont concernés. Les dégâts causés par les inondations représentent environ 80% du coût des dommages imputables aux risques naturels, soit en moyenne 250 M¬ par an.
Avec quinze millions d'hectares de forêts, soit un peu plus du quart du territoire national, la France se place au troisième rang des pays les plus boisés de l'Union européenne, mais cette richesse naturelle rend le territoire plus vulnérable aux incendies. Les quatre millions d'hectares de maquis et de garrigue de la région méditerranéenne, ainsi que le million d'hectares de pins de la forêt des Landes sont tout particulièrement concernés. De même, les zones de montagnes et les zones côtières présentent des particularités (soumises à plusieurs types de risques) qui les rendent particulièrement vulnérables.
Environ 7 000 communes françaises sont menacées par un risque de mouvements de terrain dont un tiers avec un niveau de gravité fort vis-à-vis des populations. La plupart, situées en montagne, sont exposées à divers phénomènes dus à l’instabilité des versants et falaises (éboulements, chute de blocs, glissements). D’autres, localisées en plaine ou sur des plateaux, connaissent des mouvements liés à l’exploitation ou à la dissolution du sol et du sous-sol.
En métropole, 37 départements sont classés, en tout ou partie, en zone de sismicité (a, (b, ou ((. Huit d'entre eux sont concernés dans leur intégralité : Alpes de Hautes Provence, Alpes Maritimes, Pyrénées Orientales, Haut-Rhin, Savoie, Haute-Savoie, Vaucluse, Territoire de Belfort. Deux régions d’outre-mer (Martinique et Guadeloupe) sont classées en zone (((.
En ce qui concerne la sécheresse en métropole, le large croissant des 21 départements, allant des Pays de Loire jusqu’à la région Provence Alpes Côte d’Azur, fortement déficitaire depuis septembre 2004, est toujours marqué. Si l’on prend pour référence les 60 dernières années, les pluies efficaces (permettant de recharger les nappes phréatiques et les cours d’eau) connaissent un déficit.
- Les risques technologiques
La loi de 1976 sur les Installations Classées pour la Protection de l'Environnement (I.C.P.E) distingue : les installations, assez dangereuses, soumises à déclaration (on en dénombre 500 000 en France) ; les installations, plus dangereuses, soumises à autorisation (on en compte 50 000) et les installations devant faire l'objet d'études d'impact et de dangers ; parmi elles 3000 sont considérées prioritaires ; les plus dangereuses, dites "installations Seveso", au nombre de 400, sont assujetties à une réglementation spécifique (loi de juillet 1987). Les régions Haute-Normandie, PACA, Rhône-Alpes et Nord-Pas-de-Calais concentrent une grande partie de ces dernières installations.
c - Le risque climatique et énergétique :
Le réchauffement global se situera entre 1,4° C à 5,8° C en 2100 selon les scénarios. Ce réchauffement est très largement imputé aux rejets de Gaz à Effet de Serre (GES) par les activités humaines. Entre 1860 et 2000, la population a ainsi été multipliée par 4 et la consommation énergétique par 18 (pour 85 %, des énergies fossiles dans la consommation énergétique mondiale).
Avec l’hypothèse d’une concentration de CO2 multipliée par deux entre 1850 et 2100, la température globale augmenterait de 3 degrés par rapport à la température de 1975. En 2200 ou 2300, les températures pourraient avoir augmenté de 5 degrés dans le monde. Pour stabiliser le climat à +2°C, il est impératif de réduire de 50% (facteur 2) nos émissions de GES d’ici 2050 pour l’ensemble du monde, ce qui correspond à – 80% (facteur 4) pour les pays les plus développés.
Aujourd’hui, la France est plutôt bien placée pour se préparer à ce changement de paradigme aux conséquences économiques gigantesques. La France est à 6,3 Tonnes de CO2 par habitant par an, comparé à l’ensemble de l’UE, qui globalement est à 8,5. L’effort a entreprendre sera donc moindre et l’impact sur notre compétitivité meilleur également.
Il apparaît donc essentiel de prendre en considération la vulnérabilité des territoires face aux évolutions énergétiques et climatiques à venir, et de prendre en compte les démarches « d’éco-innovation » dans les politiques de développement. Celles-ci sont essentielles pour adapter les activités humaines aux contraintes énergétiques et environnementales. Elles constituent également une source importante de création d’emplois.
d) Les disparités et les dynamiques régionales :
- Des écarts importants de PIB par habitant qui globalement se maintiennent
Les disparités régionales de création de richesses par habitant restent très significatives : le Produit intérieur brut par habitant varie, par rapport à une base 100 pour la France entière en 2003, de plus de 156 en Île-de-France à moins de 80 pour la Corse, le Nord-Pas-de-Calais ou le Languedoc-Roussillon. L’Île-de-France est la seule région au-dessus de la moyenne métropolitaine, tant les différences sont marquées avec les régions qui suivent immédiatement, Rhône-Alpes et Alsace.
Ces écarts, qui globalement se maintiennent depuis 1990, renvoient d’abord à une grande variété de situations : ils proviennent pour l’essentiel de la diversité des structures sectorielles des économies régionales. Ainsi, l’écart entre l’Île-de-France et le Limousin est d’abord une question de spécialisations, secteurs des services aux entreprises à forte productivité d’un côté, agriculture plutôt extensive de l’autre. Outre l’Île-de-France, Provence Alpes-Côte-d’Azur, la Haute-Normandie et Rhône-Alpes bénéficient ainsi d’un effet positif de leurs spécialisations. A l’inverse, ces spécialisations jouent négativement pour la Corse, la Bretagne, le Poitou-Charentes et le Limousin.
Dans d’autres cas, les différences s’expliquent par une plus ou moins grande capacité à utiliser au mieux les ressources disponibles, dans des contextes géographiques et démographiques très variables. Le maintien d’un faible PIB par habitant dans le Languedoc-Roussillon illustre plutôt la difficulté, dans une région particulièrement attractive pour la population plus que pour les entreprises, à faire croître l’emploi au rythme de la population : les taux d’activité ou d’emploi y demeurent relativement plus faibles et le niveau du chômage nettement plus élevé. La diversification progressive des anciennes régions industrielles du Nord et de l’Est, malgré des investissements et des créations d’emplois dans des secteurs innovants, reste encore insuffisante pour entraîner une diminution significative du chômage sans le complément d’un secteur d’économie résidentielle fort que l’on sait plus porteur d’emplois.
Trois régions cependant améliorent nettement leur position relative, la Bretagne, les Pays de la Loire et l’Aquitaine. Elles ont en effet trouvé des trajectoires de croissance où dynamiques productives et démographiques semblent s’équilibrer et se renforcer mutuellement. Des écarts parfois importants ont pu ainsi se creuser entre régions de niveaux voisins il y a dix ans, comme la Bretagne et la Picardie, les Pays de la Loire et la Basse-Normandie.
Cette tendance pourrait cependant connaître une inflexion compte tenu des mutations lourdes qui devraient caractériser des secteurs d’activité importants comme l’agriculture, l’agro-alimentaire (réforme de la PAC et négociation dans le cadre de l’OMC), la pêche, la construction et la réparation navale.
- Des disparités régionales de revenu par habitant très atténuées par les dispositifs nationaux de redistribution
Les disparités régionales sont très atténuées lorsque l’on passe de la création de richesse par habitant au revenu disponible des résidents. Ainsi en 2003, pour une moyenne France métropolitaine de 100, les écarts de PIB par habitant vont de 78 (en Corse) à 154 (en Île-de-France) et, pour le revenu disponible par habitant en 2001, de 82 (Nord-Pas-de-Calais) à 123 (Île-de-France). Dans ce mouvement général de convergence, même si des écarts significatifs demeurent entre situations extrêmes, toutes les régions se rapprochent de la moyenne. Certaines régions améliorent fortement leur position relative comme la Corse, le Languedoc-Roussillon, la Picardie, le Limousin, l’Auvergne, le Centre et la Bourgogne. Par contre, le Nord-Pas-de-Calais bénéficie relativement moins de ce mouvement avec un indice relatif de 82 nettement inférieur à ceux de la Corse (88) ou du Languedoc-Roussillon (90) ou de la Picardie (93).
Cette réduction des disparités régionales provient essentiellement de l’importance des transferts dans la formation des revenus disponibles de la population de certaines régions : pensions et retraites, allocations, minima sociaux, dont la part varie ainsi de 24,4 % en Île-de-France à plus de 35 % en Limousin ou Languedoc-Roussillon
e) Une compétition de plus en plus vive entre régions à l’échelle internationale
Dans un contexte où la concurrence entre régions s’avive toujours plus à l’échelle internationale, le bilan économique des régions françaises en Europe apparaît mitigé.
L’Île-de-France reste de loin la première région européenne, par sa démographie, le montant de sa production, le nombre de ses chercheurs, son attractivité et son rayonnement culturel. Mais elle a progressé ces dernières années nettement moins vite (+40,5 % entre 1995 et 2002 pour le PIB) que certaines régions particulièrement dynamiques du Royaume-Uni comme Londres (+91 %), ou d’Espagne, comme Madrid (+61 %) ou la Catalogne (+50 %). Elle continue cependant de faire mieux que les plus grandes régions de l’Allemagne ou du Nord de l’Italie. Le même constat vaut pour les six autres régions françaises classées dans les 50 premières par rapport aux régions européennes de taille équivalente.
Lorsque l’on rapporte la production au nombre d’habitants, les positions relatives sont moins favorables : l’Île-de-France arrive en 5ème position (indice 176 pour une base 100 de l’UE à 25), Rhône-Alpes et l’Alsace respectivement au 56ème et 59ème rangs (indices 114). Seules les 10 premières régions françaises présentent un taux supérieur à la moyenne communautaire.
Dans le domaine de l’innovation, les conclusions vont également dans le même sens : l’Île-de-France reste la première région en Europe, mais seules 4 régions françaises figurent parmi les 50 premières (outre l’Île-de-France, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Midi-Pyrénées) au lieu de 18 sur 41 pour l’Allemagne. Les parts prises dans la production scientifique et technique par l’Île-de-France et Rhône-Alpes se sont réduites depuis 1995 face au dynamisme de régions allemandes comme la Bavière, la région de Stuttgart ou en Espagne, la Catalogne.


f) Une grande diversité de situations et de trajectoires ; de nouveaux enjeux de spécialisations pour les économies régionales
Dans le mouvement général de tertiarisation et d’ouverture de l’économie qui voit se développer à la fois une économie résidentielle tirée par les secteur des services aux personnes et des bases productives orientées vers les marchés mondiaux et les secteurs d’activités les plus innovants, la mutation progressive des spécialisations des économies régionales constitue un nouvel enjeu déterminant pour les performances futures de la France en Europe et dans le monde. Fortes d’une grande diversité de situations et de dynamiques, les régions françaises empruntent des trajectoires très variées. Certaines accroissent leur spécificité : l’Île-de-France de plus en plus tournée vers les autres métropoles de dimension mondiale se spécialise dans les services et les activités financières à forte valeur ajoutée. D’autres comme la Bretagne, l’Aquitaine ou Poitou-Charentes se rapprochent du profil de l’économie nationale en accueillant de nouvelles populations et de nouvelles activités. Les anciennes régions plus industrielles et frontalières du Nord et de l’Est ont engagé la diversification de leurs bases productives mais sans inverser leur solde migratoire toujours déficitaire. A l’intérieur de certains grands ensembles, les profils sont assez proches :
- au Sud, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes se ressemblent par l’importance relative de leur secteur tertiaire marchand, tandis que le Languedoc- Roussillon, plus rural et touristique, accentue ses spécificités ;
- à l’Ouest, Bretagne, Pays de la Loire, Basse Normandie présentent des profils voisins, de régions relativement plus spécialisées dans les activités agricoles, la pêche et les industries associées.
Peu de régions restent à l’écart des différentes dynamiques : tandis que la « diagonale du vide » de la Champagne au Piémont pyrénéen se comble désormais progressivement au Sud et aux marges du Massif Central, ce sont les territoires les moins denses situés au pourtour Est, Nord et Sud du Bassin Parisien qui constituent aujourd’hui l’ensemble géographique qui bénéficie le moins de « vents portants ».
g) L’enjeu des territoires transfrontaliers
Un quart de l’espace français métropolitain est frontalier de 6 pays de l’Union Européenne (en incluant la frontière maritime avec le Royaume Uni), de la Suisse et des Principautés de Monaco et d’Andorre. Véritables laboratoires de la construction et de l’intégration européenne, certains de ces territoires transfrontaliers constituent des bassins de vie originaux, à cheval sur 2 voire 3 états et sillonnés par des flux très nombreux et de nature diversifiée : loisirs, commerce, éducation, santé, culture et surtout emploi : en 2005, 271 000 résidents côté français franchissaient quotidiennement la frontière pour travailler dans un pays voisin, 11000 personnes faisaient le trajet dans l’autre sens.
Ces espaces concernent 11 régions et 23 départements métropolitains, correspondent parfois à de grandes agglomérations françaises (Lille, Strasbourg, Nice-Côte d’Azur, Côte basque) ou aux périphéries urbaines de grandes métropoles européennes : Luxembourg, Sarrebruck, Bâle ou Genève. Les difficultés au sein de ces espaces cohérents mais coupés en deux par la frontière sont de tous ordres : problèmes de coordination administrative, en particulier dans la gestion de la plupart des services d’intérêt général, saturation des axes de transports transfrontaliers, marchés immobiliers et fonciers sous tension.
L’analyse des interdépendances économiques et sociales doit être approfondie à la lumière de diagnostics communs conduits sur les espaces transfrontaliers.


Analyse territorialisée des forces, faiblesses, opportunités et menaces pour les régions métropolitainesForcesFaiblessesDiversité économique des territoires
Regain de certains territoires ruraux
Mécanismes nationaux de redistribution atténuant les disparités de revenus par habitant
Renforcement de la téléphonie mobileDisparités intrarégionales plus fortes qu’entre régions (démographie, densité, vieillissement, taux d’emploi, taux de chômage)
Ségrégation spatiale de quartiers urbains (liée notamment à la hausse du prix de l’immobilier)
Territoires les moins denses (Est, Nord et Sud du bassin parisien) les plus à l’écart des dynamiques productives et démographiques
OpportunitésMenacesCréations d’emplois dans les régions à économies résidentielles accueillant de nouvelles populations (services à la personne)
Créations d’emploi dans de nouvelles activités liées au développement des démarches environnementales
Mutation progressive des spécialisations économiques régionales
Zones d’emplois très spécialisées dans des secteurs exposés à la concurrence
Ralentissement relatif des régions les plus en pointe
Risques naturels : inondations, incendies, glissements de terrain
Vulnérabilité des territoires face aux évolutions énergétiques et climatiques
Concentration dans quelques régions des installations à risques technologiques



II - Les politiques nationales dans le cadre communautaire
Afin de mettre en œuvre les objectifs d’emploi, de croissance, de compétitivité, de cohésion économique et sociale et de développement durable, fixés par le Traité, la stratégie française, telle qu’elle s’exprime en particulier dans le programme national de réforme présenté par le Gouvernement, s’inscrit dans le cadre fixé par la stratégie de Lisbonne-Göteborg renouvelée. Cette stratégie vise à soutenir la création de richesses tout en veillant à assurer l’égalité des chances entre les personnes et les territoires et en préservant le patrimoine naturel, culturel et bâti. Les politiques nationales qui concrétisent cette stratégie englobent aussi bien les politiques mises en œuvre par l’Etat que celles soutenues par les collectivités aux niveaux régionaux et locaux.
Ainsi, les politiques françaises, adossées aux politiques européennes, doivent mettre à la disposition des acteurs nationaux, régionaux et locaux un ensemble d’outils techniques et financiers à même de répondre aux besoins et aux priorités des populations et des territoires.
Les fonds européens n’ayant pas vocation à couvrir l’ensemble des champs composant les politiques publiques d’aménagement et de développement économique et social, les acteurs locaux doivent être en mesure d’articuler ces fonds avec les ressources disponibles au titre des nombreux dispositifs mis en place par l’Etat et les collectivités au service du développement économique et social du pays et de ses régions.
II-1 Les politiques nationales pour l’emploi, l’inclusion sociale et le développement du capital humain
Le programme national de réforme (PNR) pour une croissance sociale inscrit l’emploi au premier axe de la politique de développement économique et sociale pour renouer avec une croissance durablement élevé. La Bataille pour l’emploi au service de la croissance sociale , exposée dans le PNR, s’inscrit pleinement dans les priorités, identifiées au niveau européen, concernant le renforcement de la cohésion économique et sociale et l’accroissement qualitatif et quantitatif de l’emploi. Mobiliser davantage la force de travail est à la fois la condition de notre cohésion sociale et d’une croissance forte.
Les politiques nationales en matière d’emploi de formation et d’insertion professionnelle que viendra soutenir le Fonds social européen de 2007 à 2013 s’articulent à la fois avec les priorités du Programme national de réforme et les champs d’intervention prévus par le projet de règlement FSE.
A. Un objectif général : développer l’emploi
L’économie française souffre d’une insuffisante mobilisation de ses ressources en travail, que traduit un taux d’emploi parmi les plus faibles des pays industrialisés. Développer l’emploi suppose (voir points suivants) d’encourager la participation de l’ensemble de la population active, et notamment les jeunes et les seniors, d’améliorer le fonctionnement du marché du travail et d’investir dans la formation de capital humain. Mais cette politique signifie aussi :
soutenir la création d’entreprises, notamment innovantes, en facilitant la mobilité des chercheurs vers l’entreprise, en attribuant des fonds d’amorçage, en encourageant les partenariats entre la recherche publique et les entreprises ainsi que l’accompagnement des créateurs d'entreprises par des réseaux d'appui et de conseil.
aider à la création d’emplois par les demandeurs d'emploi 
Il s'agit aujourd'hui d'exploiter le gisement d’emplois potentiels du secteur des services et de renforcer l’accompagnement des demandeurs d’emploi créateurs d’entreprises.
rendre le travail rémunérateur en revalorisant le travail suppose, en outre, d'augmenter le différentiel entre les minima sociaux et les revenus du travail pour éviter les dangers de « trappes à inactivité » et de renforcer les incitations à l'activité pour intégrer les secteurs en difficultés de recrutement (secteurs en tension)
B. Encourager l’accès ou le retour à l’emploi.
L’amélioration de l'accès à l'emploi passe par un effort collectif accru en faveur des demandeurs d’emploi, notamment en renforçant la coordination des services de l’emploi, en favorisant la création d’emplois et l’esprit d’entreprise, tout en agissant sur l’attractivité du travail et la sécurisation des trajectoires professionnelles. De plus les prévisions de diminution de la population en âge de travailler conduisent à une nouvelle approche intergénérationnelle, pour remédier aux faibles taux d’emploi des travailleurs âgés et des jeunes.
Aussi, pour relever les taux d’emploi, il s'agit à la fois d’encourager de manière active le recrutement et le maintien dans l’emploi des seniors et de dynamiser la politique en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes, en particulier les moins qualifiés.
Les politiques publiques conduites dans ces domaines visent à moderniser le service public de l’emploi pour mieux accompagner vers l’activité. En effet, le principe d’activation de la demande d’emploi et de prévention du chômage de longue durée s’incarne notamment dans le « Plan d’action personnalisé pour un nouveau départ vers l’emploi », qui a dores et déjà permis d’améliorer la coordination entre l’ANPE et l’assurance chômage. Cette collaboration du service public de l’emploi est améliorée par la création des « maisons de l’emploi », qui ont pour double fonction de proposer un guichet unique pour les demandeurs d’emploi les plus en difficulté et d’être un lieu d’analyse de la situation du marché du travail local.
C. Améliorer le fonctionnement du marché du travail
Les politiques publiques engagées, en matière d’adaptation des travailleurs et des entreprises aux évolutions de l’environnement économique par la formation visent à :
Mettre en réseau des centres de recherches, universités et entreprises : une partie significative des moyens des dispositifs d'aide au conseil pour la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences et de la politique contractuelle sera destinée à accompagner les politiques de développement des ressources humaines liées à la mise en place des pôles de compétitivités et d'excellence.
Anticiper et accompagner les mutations économiques sur les territoires par la mise en place de dispositifs d’anticipation, d’observation, de coordination et de prévention des risques de suppressions d’emploi. L’anticipation passe par exemple par l’identification des tensions sectorielles et des emplois vacants. L’accompagnement des restructurations a été amélioré, pour les salariés victimes d’un licenciement économique, par le nouveau dispositif de convention de reclassement personnalisé (CRP). la réforme de la politique contractuelle par un dispositif unique, les engagements de développement de l'emploi et des compétences, à partir de 2005.
Rationaliser les dispositifs d’insertion, en tenant compte des logiques territoriales : les diagnostics locaux conduits dans le cadre des projets de Pays et d'agglomérations, comme les démarches de « plans d'actions locaux » élaborées par les équipes locales du service public de l'emploi, témoignent d'une différenciation croissante des situations entre territoires. Les dispositifs nationaux et communautaires ont impulsé des stratégies afin de promouvoir les échelons locaux et leurs dispositifs d’appui comme des éléments structurants des territoires régionaux et infra régionaux tenant compte de toutes les spécificités de leur périmètre d’action (territoires ruraux éloignés des centres économiques ou administratifs, zones enclavées, sites urbains en difficulté…). Dans ce nouveau contexte, il devient essentiel de mieux prendre en compte les territoires dans leur diversité et, pour ce faire, d'impliquer davantage les acteurs locaux, publics et privés, dans la conception et la mise en œuvre des politiques d'emploi.
Renforcer le dialogue social, notamment dans les domaines de la formation tout au long de la vie, (loi du 4 mai 2004 issue de l’accord national interprofessionnel du septembre 2003), ainsi que l’égalité professionnelle (loi du 9 mai 2001, transposition de négociations de branches), la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences et aux licenciements économiques (loi du 18 janvier 2005 de programmation pour la cohésion sociale).
D. Investir dans le capital humain en améliorant l’efficacité de la formation et en veillant notamment à l’insertion des jeunes
Par la qualité du système scolaire et de l’enseignement supérieur, par la lutte contre l’échec scolaire et l’illettrisme mieux intégrer les jeunes à la société et au monde moderne
La loi d'orientation sur l'avenir de l'école se donne pour objectif de conduire 50% d'une classe d'âge à un diplôme de l'enseignement supérieur d'ici 10 ans. A cette fin, différentes actions visent à mieux accompagner les élèves pour favoriser la réussite de tous.
La prévention de l’échec scolaire passe notamment par des ‘dispositifs d’alternance au collège » et par des « dispositifs relais » créés pour accueillir temporairement des collégiens en voie de décrochage scolaire.
Préparer et améliorer la transition de la vie scolaire à la vie professionnelle et répondre aux besoins en matière de compétence
Il s’agit en particulier de :
Développer l’apprentissage. La réforme de l’apprentissage, initiées par la loi du 18 janvier 2005 de programmation pour la cohésion sociale, et relayée par les engagements inscrits dans les contrats d’objectifs et de moyens conclus entre l’Etat et les Régions, vise à faire passer de 370 000 à 500 000 le nombre d’apprenti(e)s en cinq ans,.La réforme vise d’une part à mobiliser les entreprises, d’autre part à accroître l’attrait de l’apprentissage auprès des jeunes, en revalorisant le statut et la rémunération des apprentis. De son côté, le système éducatif participera au développement de l'apprentissage avec un objectif d'augmenter d'ici 2010 de 50% le nombre d'apprentis dans les formations d'apprentissage.
Rendre la formation professionnelle plus efficace par sa décentralisation aux Régions. La loi du 13 août 2004 relative aux libertés et aux responsabilités locales confie aux Régions la définition et la mise en œuvre de la politique régionale d'apprentissage des jeunes et des adultes à la recherche d'un emploi ou d'une nouvelle orientation professionnelle. Les Plans régionaux de développement des formations professionnelles adoptés et mis en œuvre par les Régions contribuent, à ce titre, à la définition commune à moyen terme des actions de formation professionnelle des jeunes et des adultes.
Promouvoir la formation tout au long de la vie
Appuyer la réforme de la formation professionnelle. La « loi relative à la formation professionnelle tout au long de la vie et au dialogue social », votée en 2004, a notamment mis en place un nouveau « droit individuel à la formation ». L’encouragement à la formation professionnelle a pour ambition, notamment de : sécuriser des parcours professionnels pour tous, favoriser le développement de carrière, atténuer les effets des ruptures, permettre aux personnes de se préparer à des reconversions lorsqu’elles sont nécessaires ou désirées par les salariés.
Développer la validation des acquis de l’expérience (VAE) et la rénovation du système de certification professionnelle, entreprise en 2002, qui vise à rendre plus lisible le paysage de la certification professionnelle en France, et à créer un droit à la validation des acquis de l’expérience. La VAE est la réponse française concrète à la problématique européenne de reconnaissance des apprentissages non formels et informels. La VAE reconnaît l’entreprise comme terrain de formation et permet à des professionnels d’obtenir un diplôme sur la base de leur expérience.
Accompagner les démarches individuelles de formation et de qualification des salariés par le renforcement du congé individuel de formation et l’activation du droit individuel à la formation (loi du 4 mai 2004) ou la validation des acquis de l’expérience (loi du 17 janvier 2002).
E - Travailler plus pour plus de croissance
Il s’agit de permettre à tous ceux qui le souhaitent de travailler, ou de travailler plus longtemps, quels que soient leur âge, leur situation familiale, ou les problèmes particuliers qu’ils ont à surmonter.
- Favoriser l’emploi des seniors. Cet axe constitue une des priorités des politiques publiques de l’emploi. Elle passe par l’incitation à allonger la vie active : réforme des retraites menée en 2003 et révision de tous les dispositifs de retraite anticipé. Elle passe aussi le développement des compétences et de la formation tout au long du cycle de la vie professionnelle (réforme de la formation professionnelle, en 2004), la réduction de la pénibilité au travail (plan santé au travail adopté en février 2005), une mobilisation croissante des emplois aidés en faveur des seniors. Une négociation est engagée par les partenaires sociaux sur la pénibilité et la gestion des âges et devraient aboutir en 2006.
- Améliorer la situation de l'emploi des femmes : le gouvernement entend mener une action déterminée pour supprimer les écarts persistants entre hommes et femmes dans le domaine de l’emploi : difficulté de retour à l’emploi après une interruption, trajectoires professionnelles moins valorisantes, écarts de rémunération, pénalisation du temps partiel à l’égard des carrières, des rémunérations et du montant des retraites et difficultés à concilier la vie professionnelle et familiale. Or la promotion de l’emploi des femmes obéit à deux nécessités : un souci d’égalité et de cohésion sociale d’une part, une logique économique d’autre part. En effet, une participation élevée des femmes au marché du travail constitue un facteur de croissance. Le modèle social français est fondé sur taux relativement fort d’activité des femmes (qui soutient le taux d’activité global) et sur un taux de natalité élevé.
- Favoriser la conciliation entre vie familiale et professionnelle : la mise en place d'une politique globale d'articulation des temps de vie permet d'agir, d'une part, sur l'offre de travail en rendant possible des déroulements de carrière plus fluide avec la mise en place d'outils de gestion des temps professionnels et, d'autre part, sur le demande d'emploi en développant les services aux personnes, qu'il s'agisse du développement des modes d'accueil de la petite enfance comme de la prise en charge des personnes âgées ou dépendantes.
Favoriser le retour à l’emploi de tous et Lutter contre toutes les formes de discriminations : La lutte contre l’exclusion fait l’objet, en effet, d’une impulsion nouvelle avec la décentralisation et l’implication des collectivités locales. Il s’agit de: prévenir l’exclusion en favorisant l’accès de tous aux droits fondamentaux, appuyés par une intervention sociale de qualité ; d’apporter une aide complémentaire aux populations les plus fragiles visant leur (ré)insertion, à la valorisation de leur compétences sociales et de leur autonomie ; de mobiliser l’ensemble des acteurs de la lutte contre l’exclusion, dont les associations. En effet, dans un contexte de chômage élevé, les difficultés d'accès au marché du travail sont renforcées pour certaines personnes (absence de qualifications, discriminations, handicaps physiques ou sociaux, ruptures dans un parcours personnel ou professionnel). L’inégalité des territoires peut se révéler être, à cet égard, un facteur aggravant de l’exclusion et suppose l’élaboration de diagnostics territoriaux afin d'élaborer des stratégies communes adaptées à tous les acteurs en vue d’accompagner et de consolider une offre d’insertion de qualité.
Les politiques publiques interviennent dans plusieurs domaines :
- L'insertion professionnelle des personnes durablement exclues du marché du travail  avec :
l’individualisation de l’accompagnement des demandeurs d’emploi vers l’emploi, à travers une ingénierie territoriale renforcée (conception et mise en place d’actions et de dispositifs favorisant le retour à l’emploi, accompagnement des employeurs d’utilité sociale par des réseaux spécialisés, des créateurs d’entreprise bénéficiaires de minima,…), et le développement de partenariats locaux ;
l’implication forte des collectivités locales et des territoires dans la mise en œuvre des politiques de retour à l’emploi, Les communes avec le développement des Plans locaux pour l'insertion et l'emploi, mobilisent l'ensemble des dispositifs en faveur de l'insertion afin d'organiser des parcours individualisés vers l'emploi. On compte aujourd’hui 205 PLIE auxquels adhèrent plus de 5 000 communes soit un territoire de 24 millions d’habitants. Il s'agira, à l'avenir, de renforcer leur partenariat avec les services publics de l'emploi et développer de nouvelles coopérations entre les acteurs économiques et les acteurs de l'insertion. Les Conseils généraux avec l’extension des compétences sociales des départements (lois du 18 décembre 2003, du 18 janvier 2005, et du 11 février 2005) jouent un rôle majeur en faveur des politiques d’inclusion sociale. Le Plan départemental d’insertion est amené à évoluer et à connaître des publics au-delà des bénéficiaires du RMI et devient le lieu central de diagnostic, de concertation et d’élaboration des réponses collectives en matière d’inclusion sociale. Il est le lieu où seront configurés des partenariats renouvelés : commission de coordination Préfet/PCG, Maisons de l’emploi, Maisons du handicap, au service des personnes exclues et victimes de discriminations. Il peut ainsi diversifier son offre d’insertion et contribuer à l’amélioration de parcours structurés vers l’emploi.
un effort budgétaire accru, notamment pour soutenir une offre d’insertion de qualité,
un ciblage renforcé des outils subventionnés de la politique de l’emploi sur les chômeurs de longue durée et bénéficiaires de minima sociaux,
la lutte contre toutes les formes de discriminations :
La société française n’avance pas au même rythme dans le combat contre tous les motifs de discriminations : avancées sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, creusement des inégalités pour les personnes issues de l’immigration, prise de conscience récente pour les travailleurs âgés et les travailleurs handicapés. Pour renforcer l'égalité des chances entre les personnes de toutes origines et en s’appuyant sur la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE), il s'agira de rénover les outils de lutte contre le racisme, d’inciter à la diversification des canaux de recrutement des entreprises, de soutenir les initiatives des partenaires sociaux en matière de lutte contre les discriminations, sur la base de la relance de la négociation collective au niveau des branches et de promouvoir la diversité dans les entreprises.
La politique de lutte contre les discriminations sur le marché du travail s’inscrit au niveau du territoire à travers deux dispositifs importants : les plans territoriaux de lutte contre les discriminations qui sont des programmes d’action concertés entre l’Etat et les collectivités territoriales, inscrits dans le volet emploi du contrat de ville, visant à aider et accompagner les acteurs locaux (institutionnels, associatifs, intermédiaires de l’emploi, etc.) à élaborer, mettre en œuvre et animer sur un même territoire un plan de lutte contre les discriminations et les commissions pour la promotion et l’égalité des chances et la citoyenneté (COPEC) qui ont notamment pour missions la mobilisation permanente des institutions et de la société civile, l’insertion professionnelle et la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Par ailleurs, les Départements agissent également pour lutter contre les discriminations, dans le cadre de stratégies concertées, en faveur des publics particulièrement exposés au risque d'exclusion sociale ou professionnelle, en raison de leur âge, de leur sexe, de leur absence de qualification, de leur handicap ou de leur origine, de publics fragiles.

Il s’agit également de faciliter l’intégration :
- des travailleurs migrants : la politique d’intégration est à renforcer autour de trois grands axes : l’accueil des nouveaux arrivants appelés à s’installer durablement en France par la construction d’un service public de l’accueil, le développement de contrats d’accueil et d’intégration, ainsi que la promotion sociale et professionnelle des étrangers et des personnes issues de l’immigration et la lutte contre les discrimination
- des travailleurs handicapés : le bas niveau de qualification et l’âge élevé des personnes handicapées constituent les principaux facteurs aggravants qui, associés au handicap, expliquent la surexposition de ce public aux difficultés d’emploi, que ce soit pour l’embauche, le maintien dans l’emploi ou pour l’adaptation aux mutations économiques. L’objectif principal en matière d’emploi des personnes handicapées est leur accès à l’emploi ordinaire.
Dans les domaines de la lutte contre les discriminations sur le marché du travail, les projets mis en œuvre dans le cadre du programme Equal, actuellement conduits au niveau national et régional font ressortir l'avancée des actions menées à la fois par l'Etat, les acteurs privés et les partenaires sociaux sur la question.
II-2 Les politiques nationales au service de la compétitivité, de la cohésion et du développement durable des territoires
Conformément aux orientations de la stratégie de Lisbonne-Göteborg, le gouvernement français a défini de nouvelles orientations pour la politique d’aménagement du territoire lors du Comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire (CIADT) du 13/12/2002. Depuis lors, les CIADT successifs ont décliné ces nouvelles orientations, complétées depuis le 3 juin 2003 par les objectifs de la Stratégie Nationale de Développement Durable (SNDD).
Ils ont redéfini la stratégie de l’Etat relativement aux politiques sectorielles et à leur contribution à l’aménagement des territoires : innovation et économie de la connaissance, accessibilité aux transports et aux TIC, environnement et développement durable. Ils répondent ainsi aux deux premières priorités des OSC (Faire de l’Europe et de ses régions un lieu plus attractif pour les investissements et l’emploi, Améliorer la connaissance et l’innovation, facteurs de croissance), et font écho aux objectifs de parité d’accès aux infrastructures et au savoir, et de gestion prudente de la nature et du patrimoine culturel, qui figurent dans le Schéma de développement de l’espace communautaire (SDEC, 1999).
Par ailleurs, cette stratégie a été complétée en 2003 par des politiques à dimension territoriale, en faveur des métropoles et du développement rural durable. Les CIADT répondent ainsi à l’axe des OSC consacré à la dimension territoriale de la cohésion, ainsi qu’au principe de développement polycentrique et de nouvelle relation ville-campagne, retenu par le SDEC.
Enfin, le 14 octobre 2005 a été installé le nouveau Comité Interministériel d’Aménagement et de Compétitivité des Territoires (CIACT) qui doit veiller à l’unification des stratégies industrielles et d’aménagement du territoire pour renforcer la compétitivité et la cohésion du pays et de ses territoires.
Ces nouvelles orientations pour l’aménagement du territoire sont reprises par le Programme national de réforme (PNR) présenté par le gouvernement. Parmi les axes prioritaires, la volonté de construire l’économie de la connaissance est clairement identifiée. Le PNR insiste également beaucoup sur la nécessité de favoriser le dynamisme des entreprises et de renouveler la politique industrielle. En effet, pour mieux affronter la mondialisation, il s’agit à la fois de rassembler nos forces au niveau français (c’est la logique des pôles de compétitivité et des campus) et au niveau européen (c’est l’agenda de Lisbonne et des ambitions industrielles comme ITER et Galileo.
A - Construire l’économie de la connaissance
1. Stimuler la recherche et l’innovation
La politique du gouvernement s’appuie sur une réforme ambitieuse de la recherche. Celle-ci donnera les moyens aux universités, aux laboratoires de recherche, aux instituts, aux grandes écoles, aux entreprises de travailler ensemble. C’est la logique des pôles d’enseignement supérieur et de recherche et des campus. En matière d’enseignement supérieur, le projet de loi d’orientation et de programmation de 2005 propose la formation de Pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES). A côté des PRES, il annonce également la mise en place d’une quinzaine de Campus de recherche et d’enseignement supérieur (CRES). Ces CRES devront permettre à des partenaires d’entrer dans des formes de coopération plus intégrées par la création de fondations reconnues d’utilité publique. Les actions de partenariat public privées (PPP) constituent des moyens d’intervention à privilégier à cet égard.
2. Développer la recherche sur projet et l’efficacité du co-financement privé-public
Le Gouvernement français mettra plus de moyens dans la recherche et l’innovation. Il s’est engagé dans le développement du financement de projets avec l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) qui doit favoriser la recherche d’excellence fondamentale et appliquée. L’une de ses priorités est d’appuyer les projets collaboratifs des Réseaux de recherche et d’innovation technologique (RRIT), qui regroupent autour d’une thématique d’avenir laboratoires publics et privés.
Le gouvernement a également décidé de relancer les grands projets d’innovation industrielle avec l’Agence pour l’Innovation Industrielle (AII). Cet établissement a pour mission de soutenir, sur appels à projets, en co-financement avec des industriels et dans le respect de la réglementation européenne, de grands programmes industriels de moyen terme nécessitant un effort de recherche développement.
Dans le but d’améliorer principalement le soutien aux PME, le groupe Oséo a également été lancé début 2005. A la différence de l’ANR qui appuie des projets coopératifs, Oséo-Anvar vient en appui de projets individuels d’entreprises de montants relativement modestes, mais très innovants. Les différentes sociétés su groupe Oséo poursuivent leurs missions de financement et d’accompagnement des PME : l’aide à l’innovation, le cofinancement et la garantie du risque en partenariat avec les établissements bancaires et financiers, les services en ligne et les études sur les PME.
3. Renouveler et redynamiser la politique industrielle, en la conjuguant avec la logique territoriale 
La France ne fait pas le choix de l’hyper-spécialisation dans la finance ou les services. Elle a choisi de préserver une base industrielle tout en étant un des pays les plus ouverts du monde. Le Gouvernement français a dans ce but décidé de remettre la politique industrielle et technologique au cœur du développement économique de la France. A cet égard, la politique industrielle est profondément renouvelée par la montée en puissance des « pôles de compétitivité ». Ceux-ci visent à accroître la compétitivité de l’industrie en mobilisant en réseau les entreprises, les centres de recherche publics et privés et les organismes de formation, autour de projets communs à fort contenu en valeur ajoutée et en innovation.
Le Président de la République, dans ses vœux aux forces vives de la nation a fait du numérique et de l’énergie les deux priorités de la politique industrielle.
Le CIADT de septembre 2004 a lancé l’appel à projets « pôles de compétitivité ». Parmi les 105 candidatures recueillies au printemps 2005, le CIADT du 12 juillet a labellisé 66 (dans le PNR, il y en a 67) pôles et a distingué parmi ceux-ci 6 projets mondiaux et 9 projets à vocation mondiale. Les premiers contrats de pôles ont été validés à l’occasion du Comité interministériel d’aménagement et de compétitivité des territoires (CIACT) du 14 octobre 2005. D’autres candidatures de pôles seront examinées dans les prochains mois pour accompagner les initiatives émergentes.
La politique industrielle et d’innovation ne se limite pas au souci de favoriser le progrès scientifique, elle concerne également la volonté d’anticiper les crises et les évolutions économiques internationales. Cette politique prend en compte les mutations industrielles en cours et la reconversion des sites.

B - Les Politiques contractuelles
Les politiques contractuelles entre l’Etat et les collectivités locales couvrent aujourd’hui l’ensemble du territoire national allant des contrats de ville au Contrats de Plan Etat/Région en passant par les contrats d’agglomération ou les contrats de pays.
Ces dispositifs permettent d’associer les partenaires locaux et nationaux à la mise en œuvre de politiques concertées aux différentes échelles territoriales. Les territoires urbains, ruraux et régionaux qui sous tendent ces dispositifs constituent des relais essentiel pour l’utilisation des fonds structurels européens et doivent être associés étroitement au actions de programmation.
Dans les régions d’outre-mer, les orientations en termes de contenu pour la prochaine génération de contrats de plan prévoient un resserrement des champs d’action autour d’un petit nombre de priorités nationales (compétitivité et attractivité des territoires, développement durable, cohésion sociale et territoriale), et la réalisation de projets d’investissements de grande ampleur et rapidement envisageables.
Les régions ultramarines sont concernées de manière spécifique par le futur dispositif contractuel, dans la mesure où les crédits affectés aux contrats de plan en faveur de ces collectivités devraient intervenir en tant que contreparties nationales aux fonds structurels mis en œuvre dans le cadre des futurs programmes opérationnels européens.
C - Le développement urbain et rural
1. Le développement urbain :
Les villes et les agglomérations sont au cœur du projet que l’Union européenne s’est fixé à Lisbonne et Göteborg. C’est en effet dans les villes et les agglomérations que se concentrent les enjeux relevant de la compétitivité avec l’émergence d’une économie européenne de la connaissance, du développement durable avec la lutte contre les émissions polluantes, et de la cohésion sociale avec le traitement des processus d’exclusion à grande échelle.
Au niveau national, un ensemble de politiques et de dispositifs s’inscrivent dans cette logique et pourront être mobilisés lors de la mise en œuvre des programmes européens par les acteurs locaux et régionaux à travers :
La politique de cohésion sociale mise en œuvre à travers le Plan de Cohésion sociale (PCS) et le Pacte national de relance pour le logement (PNL),
Des politiques de régénération urbaine avec des actions en faveur des quartiers en difficulté –opérations de rénovation urbaine conduites par l’ANRU), mixité sociale et urbaine (loi SRU), lutte contre l’étalement urbain (loi SRU), développement économique et emploi (ZFU, lutte contre l’échec scolaire,
Les politiques en faveur de l’aménagement et du développement durable des territoires : de la politique des villes moyennes, de l’appel à coopération métropolitaine et des contrats d’agglomération ; avec l’appui aux démarches de planification urbaine (SCOT notamment), la promotion de l’habitat durable (Plan national Habitat – construction et développement durable), les politiques de transports urbains, les politiques de prévention des risques et les « grandes opérations d’urbanisme » soutenues par l’Etat,
La péréquation entre villes (DSU) et des actions d’aménagement urbain dans les départements d’outre-mer.
Le CIADT du 18/12/03 a adopté une stratégie nationale de renforcement de l’offre métropolitaine de la France en Europe. L’appel à coopération métropolitaine a révélé 15 espaces à même d’allier des capacités de coopération locale et de compétitivité européenne, la moitié d’entre eux étant transfrontaliers.
Dans la période actuelle le programme URBAN a permis d’offrir aux agglomérations l’opportunité d’expérimenter des « stratégies intégrées et participatives » de « réhabilitation urbaine » et permet d’envisager un travail plus approfondi sur l’articulation entre revitalisation des quartiers souffrant de problèmes économiques, sociaux et environnementaux et développement global de l’aire urbaine. La création d’un réseau des sites « URBAN » s’est révélée très porteuse pour de nouvelles pratiques.
2. Le développement rural
L’importance des mobilités de la population et l'évolution démographique tendent à estomper progressivement en France la distinction traditionnelle entre le rural et l'urbain. Dans ce contexte, les politiques de développement rural menées en France poursuivent quatre objectifs : encourager le développement des activités économiques, notamment avec l’accueil de nouvelles populations, et dans certains cas favoriser le rattrapage économique des régions fragiles ; développer l’offre de services, notamment dans le domaine des transports, des TIC, de la santé, de l’habitat, de la culture ; assurer une gestion concertée d’espaces, aujourd’hui convoités et disputés par de multiples usages ; lutter contre l’étalement urbain anarchique et par périurbanisation par une gestion économique du territoire, conformément à l’article L121-1 du code de l’urbanisme.
Les CIADT, en particulier le CIADT du 3 septembre 2003, et la loi du 23 janvier 2005 relative au développement des territoires ruraux (LDTR) ont marqué l’actualité politique récente.
Plus spécifiquement la politique forestière française, qui intéresse de nombreuses régions, doit permettre de répondre au double défi de compétitivité économique de la filière bois et de gestion durable de la forêt. De même, le projet de loi d’orientation agricole vise à promouvoir la compétitivité du secteur agricole, favoriser l’emploi et mieux répondre aux attentes des citoyens.
Il s'agit donc d'établir la continuité et la complémentarité entre les dispositifs de toutes ces politiques nationales et ceux définis d’une part dans le cadre du règlement de développement rural et d’autre part dans le cadre de la politique de cohésion économique et sociale, en intervenant notamment sur les infrastructures (transports, télécommunications), sur les services, sur les compétences, sur les capacités d’accueil et sur la qualité de l’environnement (constitution de pôles ruraux attractifs).
D – L’essor de la société de l’information
Dans le cadre de la stratégie de Lisbonne, le plan e-Europe 2005 a fixé des objectifs précis dans le domaine des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC). Le plan « e-2010 – Une société de l’information pour la croissance et l’emploi » annoncé en juin 2005 doit le poursuivre. En France, le plan RESO 2007 s’inscrit dans la même perspective.
Un citoyen actif doit non seulement maîtriser l’utilisation des TIC, mais aussi être un consommateur critique et un co-producteur d’informations et de savoirs. Il doit être capable, dans sa vie sociale et professionnelle, d’interagir en réseau avec des interlocuteurs d’horizons sociaux, culturels, et professionnels variés et être à même de se former tout au long de sa vie. Les administrations, pour leur part, doivent répondre aux besoins de leurs usagers plus efficacement dans un contexte budgétaire tendu. Les entreprises, enfin, doivent accroître leur réactivité et leur productivité. Elles doivent utiliser les TIC pour mieux se positionner sur leurs marchés, à l’échelle européenne et mondiale, et améliorer leurs approvisionnements, leur logistique, leurs échanges financiers ou leurs relations administratives.
Pour y parvenir, le potentiel humain d’un territoire constitue un facteur clé. Les TIC doivent donc contribuer à la fois à augmenter le niveau des compétences disponibles sur un territoire et à les mettre en réseau. Elles doivent finalement augmenter la compétitivité des territoires et l’emploi induit, tout en le rendant moins vulnérable face aux changements brutaux qu’impose l’économie mondialisée.
Face à ces enjeux et au constat que le seul jeu du marché ne permettait pas d’y faire face, les pouvoirs publics ont acquis une légitimité pour intervenir tant au niveau local que national ou européen.
Les infrastructures
L’action publique vise d’abord la cohésion territoriale en complétant celle des opérateurs de communications dans le développement des réseaux à haut débit, en particulier vers les zones rurales, enclavées ou en difficultés. Elle doit également veillé à stimuler la concurrence afin de réduite les inégalités entre territoires en matière de coût d’accès au haut débit et de prestations associées, pour les particuliers et plus encore pour les entreprises, fortement corrélées au nombre d’opérateurs présents. Elle doit enfin développer la concurrence dans les zones d’activités économiques pour l’accès aux réseaux à haut et très haut débit et aux services associés.
L’intervention publique s’est accélérée à partir de 2004 avec l’adoption de mesures législatives autorisant les collectivités territoriales à agir dans ce domaine comme opérateur de gros et organisatrices de services publics locaux de télécommunications. Depuis, plus de 60 projets ont vu le jour représentant près de 1,5 milliard d’euros mais qui ne couvrent encore qu’un tiers du territoire français. La Commission a déjà qualifié deux d’entre eux de SIEG. Cet effort doit se poursuivre en veillant particulièrement aux territoires les plus défavorisés qui n’ont pas les moyens financiers ou humains d’intervenir, alors que ce sont précisément ceux où l’intervention publique serait la plus pertinente et aux territoires les plus actifs où les infrastructures ouvertes sont un gage de compétitivité.
Les services et le développement des usages
L’action publique doit également inciter à la création de nouveaux services et permettre l’appropriation des outils technologiques.
Ainsi, des plates-formes nées d’appels à projets nationaux ou régionaux sont actuellement en cours de déploiement à différentes échelles : européenne (projets e-Ten,…), nationale (programme ADELE, FAST,…), régionale (e-Bourgogne,…), départementale et locale.
Des acteurs publics pionniers existent dans tous les domaines d’action (éducation, développement économique, transports, flux budgétaires,…), mais ce mouvement demeure encore limité aux grandes entreprises, aux acteurs de la filière TIC et aux grandes administrations. La fiabilisation, la généralisation, l’articulation des systèmes d’informations publics devient prioritaire.
Les projets de développement des usages des TIC ont été nombreux au cours de la période 2000-2006. L’utilisation du Fonds social européen (FSE) a souvent constitué un levier déterminant pour ces projets, qui concernent la création d’observatoires régionaux ou sectoriels, la facilitation de l’appropriation des TIC par le grand public, notamment avec les espaces publics numériques (EPN), la sensibilisation - formation des salariés et des entreprises, en particulier vers les PME, des élus et des agents des administrations.
Ces actions doivent être pérennisées et développées.
E – L’accessibilité aux transports
Dans la logique de la stratégie de Lisbonne, la France porte une attention spéciale à la l’accessibilité et en particulier à l’amélioration des moyens de transport. Ainsi, le CIADT du 18 décembre 2003 fixe des orientations en matière de transports qui participent d’une politique plus générale tendant à favoriser le développement économique, l’attractivité des territoires et la prise en compte des enjeux environnementaux globaux et locaux. Ces orientations rappellent que, ainsi qu’en dispose la loi, le système de transports intérieurs doit satisfaire les besoins des usagers dans les conditions économiques, sociales et environnementales les plus avantageuses pour la collectivité.
A cette fin, le Gouvernement a fixé quatre priorités de politique des transports :
la qualité du service rendu à l’usager, notamment par une meilleure utilisation et un meilleur entretien des infrastructures existantes et l’amélioration du niveau de service offert par les opérateurs,
le report des trafics vers les modes alternatifs à la route, là où ils sont pertinents,
l’impératif de la sécurité routière,
la lutte contre les pollutions locales et globales, notamment en matière de bruit.
Il a également approuvé des objectifs territoriaux de développement des réseaux d’infrastructures et des cartes figurant les infrastructures routières, ferroviaires et fluviales majeures à l’horizon 2025.
L’inscription du « facteur 4 » dans la loi sur l’énergie a renforcé la nécessité d’accompagner une mutation inéluctable du système de transport. Elle impose un vigoureux effort de recherche sur les technologies, mais aussi sur les organisations génératrices de transport.
La politique du Gouvernement s’appuie également sur une politique de relance des investissements publics pour développer de nouvelles infrastructures, notamment ferroviaires. Cette politique d’avenir sera financée par la maîtrise des dépenses courantes de l’Etat et les recettes de privatisation. Un établissement public a ainsi été créé : l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF) dont la mission est d’apporter les subventions publiques nécessaires à la réalisation de ce programme. Cette politique sera dynamisée par la mise en place de financements innovants comme les partenariats publics privés qui permettent de donner à l’effort public un véritable effet de levier.
F – S’engager en faveur d’une croissance durable
Le CIADT du 13/12/2002 a affirmé que le développement durable est une ambition que doivent porter les territoires. L’engagement de la France en faveur du développement durable se traduit notamment par :
La définition d’une nouvelle stratégie nationale de développement durable en juin 2003. Cette stratégie est la déclinaison nationale de la stratégie européenne de développement durable (stratégie de Göteborg). Elle comprend notamment des objectifs, un plan d’actions et des indicateurs associés pour l’ensemble des territoires, qui doivent notamment constituer le cadre de cohérence pour l’utilisation des fonds structurels.
L’élaboration d’un plan climat, en juillet 2004, et l’adoption d’une loi sur l’énergie le 12 Juillet 2005, qui engagent la France dans le respect du protocole de Kyoto. Des réflexions sont en cours afin de diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre à échéance de 2050.
Une stratégie nationale de biodiversité adoptée en février 2004 et qui sera déclinée en plans d’action sectoriels ainsi qu’une stratégie nationale d’adaptation aux changements climatiques en cours d’élaboration.
L’adoption le 28 février 2005 d’une charte de l’environnement, intégrée à la constitution française.
G – La loi de Programme pour l’Outre-mer du 21 juillet 2003
Les principales dispositions concernent des mesures qui s’inscrivent dans le long terme (15 ans) et qui visent à promouvoir un développement économique durable fondé sur une logique d’activité et de responsabilité; elles s’articulent autour de trois idées fortes :
Encourager la création d’emploi afin que les économies ultramarines soient en mesure d’offrir, notamment aux jeunes, de vrais emplois durables.
- Il s’agit d’une part, dans la continuité de l’effort engagé depuis 1994 avec la loi PERBEN, d’alléger les charges des entreprises pour accroître leur compétitivité (articles 1 ,2, 3 et 6). Les mesures portent notamment sur l’allègement des charges d’exploitation des entreprises de transport aérien, maritime et fluvial pour qu’une offre adaptée en termes de capacité et de coût puisse se développer (article 1).
- Il s’agit d’autre part de créer les conditions d’un emploi durable des jeunes par les entreprises. L’insertion des jeunes passe par un soutien à la formation professionnelle et par une simplification des modalités d’embauches. Elle repose également sur les initiatives tendant à aider les jeunes à choisir une orientation professionnelle (service militaire adapté…).
Favoriser la relance de l’investissement privé grâce à un dispositif de défiscalisation rénové qui suscite véritablement l’initiative.
- Il est nécessaire de prendre davantage en compte l’objectif de promotion, sur le long terme, des investissements outre-mer. Favoriser l’investissement implique d’introduire plus de transparence dans le traitement administratif des dossiers ainsi qu’une déconcentration accrue du processus d’octroi des agréments lorsqu’ils sont nécessaires.
- Ces objectifs nécessitent d’apporter un soutien particulier à certains secteurs stratégiques et notamment au tourisme, au logement, aux énergies renouvelables et au financement des entreprises.
Renforcer la continuité territoriale entre les collectivités d’outre-mer et la métropole.
- Après un premier pas franchi en septembre 2002, avec l’instauration du « passeport mobilité », il s’agit de susciter une offre de transport aérien suffisante et adaptée, en termes de capacité et de tarifs, aux besoins des collectivités d’outre-mer.
- Dans ce sens il est essentiel de renforcer les capacités financières des collectivités locales, en adaptant les modes de calcul de leurs dotations aux spécificités de l’outre-mer.
III– Les orientations stratégiques francaises pour les 3 objectifs de cohesion économique et sociale

Sur la base des orientations stratégiques communautaires et des objectifs de la politique de cohésion, la consultation conduite auprès des principaux partenaires au niveau national et en région a permis d’identifier des axes stratégiques distinguant les priorités thématiques pour chacun de programmes et chacun des fonds ainsi que des priorités territoriales pour 2007-2013.
Les priorités stratégiques susceptibles de constituer le cœur de cible des futurs programmes concernent quatre grands domaines :
- L’environnement économique et le soutien aux entreprises incluant l’innovation
et l’excellence territoriale ;
- La formation, l’emploi, la gestion des ressources humaines
et l’inclusion sociale ;
- L’environnement et la prévention des risques ;
- Le développement durable des territoires
A ces domaines s’ajoutent dans les ROM, l’amélioration de l’accessibilité et la compensation de contraintes spécifiques.
Le cadre de référence stratégique national doit constituer le point d’équilibre entre :
- la nécessaire marge de manœuvre à donner au partenariat régional pour que les crédits européens servent des stratégies différenciées en fonction du contexte régional, des besoins et des objectifs des différents partenaires ;
- et une volonté communautaire et nationale d’assurer la concentration des interventions du FEDER et du FSE sur les thèmes des stratégies de Lisbonne-Göteborg et de favoriser des opérations structurantes en termes de développement économique et social.
Pour répondre à ce double impératif, le cadre de référence stratégique national :
- propose plusieurs priorités parmi lesquelles un nombre limité sera sélectionné pour l’élaboration de chacun des programmes opérationnels en fonction de la stratégie de développement régional retenue ; ces priorités pourront être élargies dans les régions d’outre-mer relevant de l’objectif « convergence » (III-1) ;
- fixe les conditions d’une utilisation optimale des crédits européens.  Elles font l’objet de la partie V consacrée aux modalités d’élaboration des programmes opérationnels.


Le présent chapitre dresse donc, successivement, pour l’objectif « convergence » et pour l’objectif « compétitivité régionale et emploi », les orientations prioritaires retenues, s’agissant des programmes FEDER et FSE. Enfin, sont également détaillées les priorités retenues relatives à l’objectif « coopération interrégionale » financé par le FEDER.
III-1 Convergence pour les régions d’outre-mer
Les régions ultrapériphériques doivent faire face à des contraintes spécifiques rappelées par le Traité - éloignement, insularité, faible superficie, relief et climat difficiles, dépendance économique vis-à-vis d’un petit nombre de produits - qui constituent autant de facteurs dont la permanence et la combinaison nuisent gravement à leur développement. Elles possèdent des caractéristiques communes qui accentuent leur isolement et fragilisent les conditions socio-économiques de leur développement.
Suite au mandat du Conseil européen de Séville en juin 2002 relayé par la communication de la Commission sur un partenariat renforcé pour les régions ultrapériphériques du 26 mai 2004, la Commission a fixé les grandes priorités d’action pour les RUP prenant en compte une déclinaison adaptée à leurs situations de la stratégie de Lisbonne et de Göteborg. Ces priorités sont axées notamment sur la valorisation de leurs atouts parmi lesquels figure leur position au sein de leurs espaces économiques. Il s’agira pour les départements d’outre-mer de pouvoir développer une compétitivité durable, d’assurer l’intégration sociale et professionnelle des populations fragilisées, d’assurer leur accessibilité, d’adapter l’offre de services et d’équipements de base, d’investir dans le capital humain et de soutenir leur intégration dans l’économie régionale.
Le Conseil des 15 et 16 décembre 2005 a fixé à 60% la part des dépenses de l’Objectif Convergence qui devront être affectées à des actions contribuant directement à la mise en œuvre de la stratégie de Lisbonne, ce pourcentage constituant une moyenne pour l’ensemble de la période. Ces priorités devront faire l’objet d’une quantification précise dans les programmes opérationnels sur la base des lignes directrices fixées par la Commission européenne.
A – Améliorer les conditions générales de compétitivité : les orientations stratégiques du FEDER
Dans l’esprit de la stratégie de Lisbonne et de Göteborg, l’environnement économique des entreprises devra être optimisé. Compte tenu de la nécessité d’adaptation des entreprises afin de rompre l’isolement et mieux faire face aux pressions exercées sur les marchés, il conviendra d’encourager leurs efforts d’investissement en agissant à la fois sur les outils de travail, sur leur environnement et sur leurs ressources humaines.
La réalisation d’équipements structurants et le renforcement des capacités régionales de recherche et d’innovation, la protection et la valorisation de l’espace naturel et culturel et la mise à disposition de services essentiels tant aux entreprises qu’aux populations constituent des priorités transversales à soutenir.
Il s’agit donc de poursuivre la mise à niveau des équipements structurants et de créer les conditions d’un développement durable à travers quatre grandes priorités :
Soutenir la compétitivité
Promouvoir le développement durable
Renforcer la cohésion sociale
Assurer la compensation des surcoûts
En fonction des besoins et de la situation spécifiques à chacune des régions, ces priorités sont déclinées dans le cadre d’une stratégie régionale commune aux programmes opérationnels et aux autres outils contractuels de développement économique (tels que les CPER) afin de rechercher la plus grande complémentarité et d’accroître leur efficacité, selon les domaines d’intervention.
Priorité 1 : Promouvoir la compétitivité et l’attractivité des territoires
a) Soutenir le développement économique par l’innovation, la recherche, la mise en réseau des entreprises
Pour pallier les difficultés structurelles inhérentes à leur situation ultrapériphérique, les départements d’outre-mer doivent accorder une attention particulière à leurs capacités, d’investissement, d’innovation et au développement de leurs entreprises. Cela passe par :
Le renforcement des capacités régionales de recherche, d’innovation et de développement technologique
Un soutien appuyé à la création et à la transmission reprise des entreprises, à la consolidation et à la modernisation des outils de travail afin d’encourager notamment les efforts de diversification dans les secteurs porteurs d’emploi (anticipation de nouveaux besoins, adaptation technologique, mise en réseau, ouverture vers de nouveaux marchés…). Une attention particulière doit être apportée à l’environnement des entreprises (accueil, actions d’ingénierie et d’accompagnement du financement, valorisation des ressources humaines, dialogue social)
La promotion de réseaux et la mise en place de démarches partenariales avec les universités et les institutions de recherche (partenariat public privé) pour la valorisation du capital humain et scientifique. Sur ce point le développement de pôles d’excellences, des pôles de compétitivité et la promotion de systèmes productifs locaux doivent être encouragés (exemple du pôle de compétitivité Agronutrition en milieu tropical à La Réunion) ainsi que le recours aux méthodes de travail collaboratif ;
b) Améliorer l’accessibilité et les infrastructures de transports
Du fait de leur isolement et des contraintes naturelles auxquelles ils sont confrontés, les régions et départements d’outre-mer doivent poursuivre des investissements en infrastructures de transport et de communication.
Il s’agit notamment d’assurer le désenclavement et la continuité territoriale, d’améliorer l’accès aux services de passagers et de marchandises. Le développement de lignes maritimes de desserte inter îles et de cabotage pour les régions d’outre-mer insulaires pourront également être privilégiées.
Les régions ultrapériphériques sont les seules régions de l’Union où le transport aérien est indispensable pour les échanges avec le reste du monde. L’exigence de qualité des plateformes et des moyens aériens disponibles est à ce titre prioritaire
Au niveau local, il s’agit de promouvoir des moyens de transport respectueux de l’environnement naturel (pollution, emprise), et notamment soucieux de la qualité de vie des habitants en milieu urbain (pollution, bruit, trafic) en favorisant les transports en commun et en poursuivant les efforts de structuration du réseau routier et la professionnalisation des transporteurs
c) Améliorer l’accessibilité et développer les TIC
L’accès aux réseaux à haut débit dans les conditions de qualité et de tarifs voisines de celles de la métropole, sont essentielles au développement économique et social ultramarin.
Les régions ultrapériphériques doivent en effet participer à la société numérique mondiale qui se met en place. Le nombre des informations échangées nécessite des moyens de communications connectés à ces réseaux mondiaux avec une taille et une sécurisation suffisantes pour éviter une nouvelle rupture. Ces infrastructures doivent être constamment anticipées et développées dans le souci de diminuer l'isolement des départements français particulièrement éloignés du continent européen.
d) Soutenir le développement touristique
Sur le plan du tourisme il s’agit également d’encourager une politique de réalisation d’aménagements et d’équipements de qualité intégrés à l’environnement, valorisant les ressources locales et répondant aux clientèles locales et externes.
Priorité 2 : Préserver l’environnement pour un développement durable
a) Prendre en compte les risques naturels et technologiques, lutter contre la pollution et protéger l’environnement
La protection de l’environnement, la protection de la biodiversité, la lutte contre les pollutions et la prévention des risques constituent des aspects essentiels d’une politique de développement durable. Dans les départements d’outre-mer, ces préoccupations sont d’autant plus importantes que l’on se trouve face à un environnement à la fois contraint et porteur de richesses considérables.
En matière de biodiversité, il s’agit d’une manière générale d’engager une gestion durable de la biodiversité : inventorier, étudier, conserver et valoriser une biodiversité particulièrement riche en espèces animales et végétales.
Au titre du développement durable, il s’agit de renforcer les infrastructures de gestion des déchets en les combinant avec la promotion d’énergies renouvelables.
Les activités humaines et économiques nécessitent en outre de prendre en considération les risques naturels et technologiques ce qui passe par la mise à niveau des équipements, l’information, des mesures de prévention et une amélioration des capacités d’intervention : mise en œuvre de programmes d’information, d’alerte, de protection et d’évacuation des populations.
Dans les régions ultramarines, la gestion de ces risques revêt un aspect particulier du fait de l’insularité de certains territoires, et requiert de mentionner la prévention des pollutions d’origine marine et le renforcement de la sécurité maritime comme des priorités.
b) Améliorer la gestion de l’eau et l’assainissement
La connaissance et la gestion de nouvelles ressources en eau constituent des enjeux spécifiques qui nécessitent d’adapter les comportements et les infrastructures (approvisionnement des particuliers, sensibilisation, traitement, assainissement, développement des activités agricoles)
Ces actions doivent pouvoir s’appuyer sur des démarches préventives visant à limiter les sources de pollution. Celles-ci concernent aussi bien les entreprises que la population qui doivent être encouragées à adopter des méthodes de production et de consommation respectueuses de l’environnement. Il sera également possible de soutenir le traitement des sites contaminés qui limitent les possibilités d’aménagement et menacent l’environnement.
c) Développer les énergies renouvelables
La gestion économe des énergies et la promotion des énergies renouvelables constituent dès à présent un défi pour les populations ultramarines qui sont confrontées au renchérissement de l’énergie fossile et des carburants. Assurer une autonomie de l’approvisionnement énergétique tout en intégrant les considérations environnementales constituera un enjeu de premier ordre.
Priorité 3 : Promouvoir la cohésion sociale et territoriale
a) Renforcer les stratégies locales et régionales de développement urbain
Afin de mener durablement une politique équilibrée d’occupation des sols préservant les espaces naturels et agricoles, il s’agit pour les départements d’outre-mer de maîtriser le développement urbain et de privilégier des politiques de revitalisation urbaine intégrées.
A ce titre, l’attractivité des zones urbaines constitue un enjeu majeur en lien avec les actions de développement économique, le développement social et le développement durable des régions.
Un partenariat doit être favorisé afin de soutenir la mise en œuvre des politiques d’aménagement urbain des communes. A ce titre, des moyens pourront être accordés à l’ingénierie de projet. Sur la base d’un projet de développement local, les moyens de l’Etat, des collectivités locales et de l’Europe pourraient être mutualisés et concentrés autour de priorités identifiées.
b) Promouvoir la cohésion sociale par les infrastructures d’éducation et de formation, la santé et la culture
Dans les départements d’outre-mer, la croissance démographique, les difficultés sociales et la stratégie de développement économique nécessitent d’adapter et de moderniser certains services essentiels à la population.
Les constructions, les équipements scolaires, universitaires doivent être développés et modernisés en les adaptant notamment aux risques naturels. Ils doivent contribuer aussi à l’insertion professionnelle des jeunes en difficultés (organismes du service militaire adapté) où à promouvoir l’excellence scientifique et territoriale. Parallèlement, les infrastructures d’éducation doivent être utilement complétées par le développement d’équipements culturels (bibliothèques - médiathèques, musées …) au service de l’ensemble de la population.
Dans le domaine de la santé publique, en dépit des importants progrès réalisés pour améliorer l'offre hospitalière et médico-sociale, il reste un effort considérable à accomplir pour moderniser et mettre aux normes les structures. En effet, le taux de vétusté élevé des équipements situées dans des espaces géographiques à risques (notamment sismiques), l'augmentation des besoins de prise en charge des personnes âgées, l’exclusion sociale, les maladies tropicales spécifiques, les risques naturels et le déficit d'offre  pour les personnes handicapées  nécessitent autant la réalisation d’investissements en équipements médicaux que par la mise en place de services adaptés aux malades et aux personnes en situation précaire.
La culture est à la fois facteur de développement économique, d’innovation et d’intégration sociale à travers notamment : la mise en valeur du patrimoine naturel et culturel la valorisation des savoir-faire l’innovation dans les techniques de préservation du patrimoine.
Priorité 4 : Compenser les contraintes particulières des régions doutre-mer
L’amélioration des conditions générales de compétitivité indispensable à la poursuite du processus de rattrapage des économies et au développement soutenu des emplois du secteur marchand exige de mettre les opérateurs économiques des Régions d’outre-mer à égalité de chances et de possibilités d’activité avec ceux du continent européen, tout particulièrement dans le contexte de la concurrence accrue des productions des pays à bas salaire de leurs zones géographiques respectives.
L’intervention reposera sur une compensation ciblée, bien intégrée à la stratégie régionale de développement durable de manière à neutraliser divers coûts supplémentaires qui alourdissent les charges de fonctionnement de entreprises et accroissent la vulnérabilité de ces économies. S’agissant en particulier du fret , la recherche de moindres coûts sera une exigence.

L’allocation de compensation spécifique devra permettre d’alléger les coûts résultant d’un cycle d'exploitation plus long avec des stocks accrus tant de matières premières que de pièces détachées. Elle devra également contribuer à la mise à niveau technologique des équipements indispensable au simple maintien en l’état de l’appareil productif, dont la diversification par l’innovation et la création de nouveaux produits et débouchés peut requérir la mise en place de garanties financières renforcées.
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B. Promouvoir l’emploi, le capital humain et l’inclusion sociale : les orientations stratégiques pour le fonds social européen
Les départements d’outre-mer, malgré une forte croissance, sont confrontés à des difficultés économiques et sociales qui nécessitent des efforts particuliers en matière d’emploi et de lutte contre l’exclusion. Le soutien aux jeunes et aux populations en difficulté, les actions de formation, les démarches d’insertion professionnelle et la concertation constituent dans ce contexte des priorités incontournables.
Une différence fondamentale entre les RUP françaises et le reste de l’Europe réside dans les perspectives démographiques et leur poids à venir sur l’emploi et l’inclusion sociale. Sur cette base, le Fonds social européen pourra permettre d’une part de poursuivre l’effort de rattrapage des régions d’outre-mer en matière d’emploi, d’éducation et de formation, et d’autre part d’anticiper et de gérer les changements économiques et sociaux à venir.
Priorité 1 : Adapter les travailleurs et les entreprises
Le développement de l’emploi dans les départements d’outre-mer nécessite une politique volontariste en faveur de la création, de la pérennisation et de la transmission des entreprises. Il convient de stimuler l’entreprenariat grâce aux dispositifs d’aide et d’accompagnement amont et aval des projets de créations d’entreprises et d’assurer leur pérennisation.
L’augmentation du potentiel de création d’emplois passe par la recherche des gisements d’emplois existants, comme les services aux personnes ou aux entreprises, dans le secteur concurrentiel ou non et le soutien à la création d’emplois grâce à un appui aux entreprises par le renforcement de l’encadrement et le développement de l’emploi salarié.
L’adaptation des entreprises doit permettre d’anticiper et d’accompagner les mutations économiques qui nécessitent de faire face à un environnement de plus en plus sélectif, novateur et concurrentiel. Les entreprises devront être en mesure d’adapter leurs compétences en matière de stratégie de développement, de prospection, de communication, de gestion financière, de droit, de logistique et de commercialisation. L’adaptation des moyens de production et des produits devra se faire dans le respect des règles environnementales.
L’emploi peut être valorisé par la promotion du dialogue social, la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), et de manière générale par l’amélioration de l’organisation du travail et des conditions de travail. Des actions de prévention et d’accompagnement pourront être conduites en accordant une attention particulière à la sécurisation des trajectoires individuelles.
En matière de formation des salarié(e)s et des chefs d’entreprise, il faut assurer le respect du droit individuel à la formation et encourager l’amélioration des qualification et des compétences. Ces objectifs passent par le renforcement des actions collectives en faveur des entreprises (TPE notamment), par la formation ouverte à distance (FOAD), le développement de la validation des acquis de l’expérience (VAE), la formation en alternance ainsi que les démarches de formation tout au long de la vie. Ces actions doivent être menées de façon à pouvoir concilier vie familiale et vie professionnelle. L’implication des partenaires sociaux dans ces démarches doit être encouragée.
Priorité 2 : Prévenir le chômage
La lutte contre le chômage passe par la promotion de politiques actives du marché du travail, et notamment par la qualification des jeunes et des actifs. Le soutien à la mobilité géographique doit permettre d’offrir aux jeunes des passerelles entre système de formation et activité professionnelle. Les partenariats entre école et entreprises seront fortement soutenus afin de renforcer l’esprit d’entreprise et de valoriser les métiers en déficit d’image.
Les politiques d’accès au marché du travail doivent par ailleurs assurer l’égalité des chances par des actions de développement de l’employabilité ou de renforcement de l’accompagnement à l’emploi des personnes en difficulté d’insertion sociale et professionnelle, par le développement de l’apprentissage des langues ou les transferts des savoir-faire (dont les savoir-faire traditionnels).
Elles doivent également encourager la participation des femmes au marché du travail en agissant sur l’aide à la création d’activité, la formation, l’augmentation des qualifications et la validation des acquis de l’expérience, mais également par l’information des femmes sur les choix professionnels et celle en direction des entreprises en faveur de la mixité. La conciliation entre vie familiale et vie professionnelle devra être encouragée au même titre.
Priorité 3 : Favoriser l’inclusion et lutter contre les discriminations
L’amélioration de la capacité d’insertion des publics les plus éloignés de l’emploi, dans un objectif de cohésion sociale, passe par l’accompagnement, la formation et les parcours d’insertion des publics fragilisés
Il est nécessaire d’encourager les politiques d’inclusion visent à aider les plus éloignés de l’emploi en répondant aux besoins économiques et sociaux : la lutte contre l’illettrisme à tous les âges de la vie (dans le système scolaire et au-delà) doit être intensifiée à tous les niveaux. L’observation et l’amélioration des connaissances relatives à la déscolarisation doivent être soutenues en vue d’adapter les systèmes de formation au contexte propre à chaque territoire. L’amélioration du soutien scolaire et de l’orientation des élèves de 3ème constituent des outils actifs de lutte contre la déscolarisation.
La prévention du chômage de longue durée est une autre priorité qui exige la mise en œuvre d’actions de soutien à la recherche active d’emploi et de remise à niveau des compétences professionnelles. Les nouveaux dispositifs d’insertion intégrant un volet formation professionnelle et l’insertion par l’activité économique devront également concourir au soutien de ces priorités au même titre que l’économie solidaire.
La prévention du chômage et de l’exclusion nécessite en outre de sécuriser les parcours d’insertion auprès des personnes en difficulté. La réussite des politiques d’insertion au niveau territorial passe par la mobilisation des instruments de cohérence tel que les PLIE. Le développement d’emplois de qualité et leur attractivité nécessite d’améliorer la connaissance et l’image des métiers ainsi que la représentation des secteurs.
La lutte contre les discriminations et les approches stigmatisantes nécessite de mettre en œuvre des actions spécifiques en faveur de l’accès au marché du travail et du maintien dans l’emploi. Les efforts engagés en faveur de l’intégration sociale et professionnelle des personnes handicapées devront être poursuivis, notamment par le développement d’initiatives visant réduire la « fracture numérique » en favorisant l’accès de tous aux technologies de l’information et de la communication.
Priorité 4 : Promouvoir le partenariat et la mise en réseau en faveur de l’emploi et de l’inclusion sociale
L’accélération du rythme des mutations économiques et technologiques incite les partenaires sociaux, les collectivités et l’Etat à privilégier une approche collective et prospective.
Afin d’accompagner l’évolution de l’emploi sur les territoires et d’assurer un bonne gouvernance, ces partenaires sont amenés à renforcer les démarches en réseau en matière d’emploi et de formation (observation, recueils statistiques, échanges de données, coordination des actions, création de guichets uniques). La mise en réseau doit également permettre de réduire les inégalités d’accès à l’emploi et à la formation pour les particuliers (développement des accueils à distance, renforcement du partenariat entre les organisations socioprofessionnelles).
Dans cet état d’esprit, le développement du dialogue social doit permettre de favoriser les pratiques de négociation mais aussi l’émergence de structures pérennes, de lieux de concertation et de négociation, le rapprochement et la formation des acteurs sociaux, la structuration des branches professionnelles.
Le développement de pôles d’excellence fait partie des démarches partenariales à privilégier pour stimuler le développement économique et l’emploi. Ces pôles doivent favoriser l’ouverture des régions ultrapériphériques sur leur espace géographique d’influence socio-économique et culturel et doivent permettre d’affronter les nouveaux enjeux de l’internationalisation des marchés. Cette ouverture sera également encouragée en facilitant la mobilité des stagiaires dans les pays voisins ainsi que les échanges entre les entreprises et les salariés pour assurer la mise en commun de savoir-faire.
Priorité 5 : Investir dans le capital humain
A travers des dispositifs comme celui du service militaire adapté qui a vocation à resocialiser des jeunes ultramarins, l’acquisition des savoirs de base, la prévention et la lutte contre l’illettrisme, l’individualisation des parcours de formation qui constituent les prérequis nécessaires à l’éducation et à la formation tout au long de la vie doivent être facilitées pour stimuler l’emploi et lutter contre le chômage.
Dans cette perspective, il est essentiel de soutenir les innovations et les adaptations pédagogiques, d’améliorer la qualité des systèmes de formations en aidant à leur adaptation aux réalités ultramarines.
Il convient de favoriser l’accès à la qualification pour anticiper les évolutions économiques en valorisant les différents gisements d’activité et d’emploi. Dans ce cadre, le bilan de compétences et la validation des acquis de l’expérience ont un rôle capital à jouer.
Le soutien aux jeunes sans qualification constitue une priorité. L’amélioration de leur employabilité nécessite de renforcer l’alternance dans la formation initiale et post-initiale. Une meilleure information, une densification du réseau d’offre de formation en matière d’apprentissage, une attractivité renforcée, un accès plus simple et plus large aux contrats de professionnalisation et d’apprentissage doit faciliter leur insertion professionnelle (Service Militaire Adapté). Au même titre, il est nécessaire de renforcer la densification territoriale du réseau d’offre en matière d’apprentissage.
Les dispositifs de mobilité peuvent également permettre aux jeunes ultramarins de se former, de se qualifier ou d’accéder à l’insertion professionnelle hors de leur région d’origine s’ils le souhaitent.
Au niveau de l’enseignement supérieur, l’enjeu consiste à faciliter les activités en réseau des établissements d’enseignement et de recherche avec les entreprises. L’enseignement supérieur et la recherche apportent leur contribution au développement du potentiel humain et à la recherche d’excellence à vocation internationale, notamment par le développement des nouvelles technologies, l’innovation, l’adaptation des formations aux besoins des entreprises et la mise en réseau avec les entreprises.
Priorité 6 : Renforcer les capacités institutionnelles et administratives
L’efficacité des administrations et services publics sera recherchée par l’amélioration des capacités d’ingénierie, par le développement de leurs capacités d’accompagnement et de mise en œuvre des politiques. Il convient de développer les compétences des agents publics en matière d’ingénierie, d’expérimentation, d’expertise et d’évaluation pour anticiper les besoins en main d’œuvre nécessaires aux grands projets existant sur place et dans la zone géographique.
Il s’agit, par ailleurs, de développer les capacités de mise en œuvre des politiques et des programmes par la formation de l’encadrement et du personnel et le soutien aux acteurs socio-économiques, notamment les partenaires sociaux et le milieu associatif.
Priorité 7 : Développer des actions innovantes transnationales ou interrégionales pour l’emploi et l’inclusion sociale
Au même titre que les régions de métropole, les régions d’outre-mer pourront bénéficier du soutien du FSE pour des actions innovantes, transnationale ou interrégionales en faveur de l’emploi et de l’inclusion sociale.
Ces actions innovantes pourront être mises en œuvre dans le cadre de thématiques clairement identifiées portant notamment sur la formation des jeunes et des publics en difficulté, la lutte contre les discriminations et la mobilité nationale et internationale des jeunes.

III-2 Compétitivité régionale et emploi pour la France métropolitaine
Face au défi de l’accélération de la mondialisation et des restructurations induites qui bouleversent le cadre économique et fragilisent les territoires, le Conseil européen des 22 et 23 mars 2005 a rappelé la nécessité d’engager l’Europe dans une politique plus volontariste en faveur de l’innovation, de la compétitivité, de la croissance et de l’emploi. A ce titre, la politique de cohésion, à travers les Orientations stratégiques communautaires (OSC), invite les Etats et les collectivités à valoriser leurs ressources économiques, humaines et organisationnelles.
Dans un contexte international en mutation rapide, les objectifs fondamentaux de création d’emplois et de cohésion sociale requièrent un engagement tout aussi significatif pour amortir les chocs économiques et assurer la participation active de tous à la dynamique des régions et des territoires.
Pour atteindre ces objectifs, un effort de concentration des stratégies et des priorités sur l’activité et la création des entreprises, le capital humain, la recherche et l’innovation, l’accès aux TIC, la préservation de l’environnement et la prévention des risques, est nécessaire.
A cet effet le Conseil européen des 15 et 16 décembre 2005 a fixé à 75% la part des dépenses de l’Objectif Compétitivité régionale et Emploi qui devra être affectée à des actions contribuant directement à la mise en œuvre de la stratégie de Lisbonne. Cette proportion devra être assurée globalement pour la totalité des dépenses publiques de cet objectif sur l’ensemble de la période de programmation 2007-2013.
Le cadre de référence stratégique national présente des priorités parmi lesquelles les programmes opérationnels sélectionneront leurs propres priorités stratégiques. Il sera nécessaire, comme il a été dit plus haut, de concentrer les moyens sur un nombre limité de priorités capables d’apporter leur contribution à la valeur ajoutée communautaire et de répondre à l’objectif de 75% fixé par le Conseil. De manière transversale, les porteurs de projets accorderont une attention particulière au développement durable, à la protection de l’environnement et au respect de la parité hommes/femmes.
Les programmes opérationnels devront se construire autour de stratégies intégrées. L’approche par fonds ne doit pas amener à traiter séparément les orientations du FEDER, du FSE et du FEADER mais assurer la cohérence stratégique des programmes et des projets aux échelles territoriales requises.
A - Dans les régions, promouvoir l’attractivité et l’excellence territoriale : les orientations stratégiques pour le FEDER
Les trois principaux thèmes qui apparaissent dans le règlement FEDER pour l’objectif « Compétitivité régionale et emploi » correspondent aux grandes politiques sectorielles communautaires et nationales ayant un fort impact territorial. Remis en perspective avec les priorités énumérées par les régions françaises, ces trois thèmes font apparaître des orientations stratégiques fortes.
Le soutien aux PME et TPE, à l’innovation et à la valorisation du capital humain constituent des aspects incontournables des actions à promouvoir. La recherche d’excellence territoriale doit s’inscrire dans une démarche de renforcement des réseaux d’acteurs (institutions, entreprises, universités, associations) et de logiques partenariales public-privé, que l’on se trouve en milieu urbain ou dans des espaces ruraux plus reculés. De manière transversale, il est impératif de promouvoir des dynamiques économiques respectueuses de l’environnement et adaptées aux conditions naturelles ou technologiques (gestion de risques). Enfin, le renforcement des accès aux services et aux réseaux haut débit doit contribuer de façon significative à l’attractivité des territoires.
Priorité 1 : Promouvoir l’innovation et l’économie de la connaissance
Définir une stratégie régionale d’innovation basée sur un diagnostic territorial approfondi
La définition de la stratégie régionale d’innovation est un préalable indispensable pour apprécier les priorités et les actions les mieux adaptées aux spécificités de chaque territoire et aboutir à une sélectivité efficace. L’élaboration du plan stratégique, sa diffusion ainsi que la coordination entre acteurs (gouvernance de l’innovation) sont donc incontournables.
Les interventions pourront porter sur l’accompagnement des acteurs institutionnels dans leur démarche, sur la gestion des compétences, la formation, l’acquisition d’outils, de conseils, de méthodes et de benchmark. Elles peuvent également concerner la prospective technologique, l’évaluation des politiques à l’œuvre… La dimension européenne et internationale (échanges d’expériences) est essentielle sur ces différentes questions et doit être encouragée.
L’innovation doit être appréhendée au sens large en intégrant les champs économique, social, institutionnel et organisationnel (management, commercialisation…). Elle concerne non seulement la diffusion des technologies et des savoir faire mais aussi (et surtout) la mise en place des conditions favorables à leur émergence.Développer les capacités d’innovation et de R&D régionales. Assurer le financement de l’innovation
La politique d’offre et de demande en matière d’innovation et de R&D passe par le renforcement des moyens existants dont les régions disposent pour mettre en œuvre leur stratégie. Il s’agit également d’encourager l’ingénierie de projet et la qualification à l’innovation, notamment par la création de structures d’interface utiles là où les moyens sont encore faibles.
Les interventions pourront notamment porter sur : les fondations pour la recherche, les réseaux universitaires ou réseaux de recherche, les pôles régionaux d’enseignement supérieur et de recherche (PRES). Les pôles de compétitivité constituent des espaces d’innovation à fort potentiel de croissance sur lesquels pourront s’appuyer les partenariats locaux. Ils n’excluent pas le soutien aux autres dispositifs existants comme les pôles d’excellence régionaux, les filières d’excellence, les plateformes technologiques ou les Centres régionaux d’innovation et de transfert de technologie (CRITT).
Par ailleurs, les aides pourront concerner l’abondement des financements de R&D (Fonds de compétitivité des entreprises, et agences : Agence de l’innovation industrielle (AII), Agence nationale de la recherche (ANR), OSEO), l’accompagnement des équipes de recherche aux programmes européens de type PCRD et PCCI ainsi que la promotion de nouvelles technologies auprès d’un large public.
Grâce aux réseaux de communications électroniques, une attention pourra être accordée au développement de l’intelligence collective comportant notamment la veille technologique internationale, la mise en commun des informations recueillies, la valorisation des savoir faire, la recherche commune de solutions nouvelles aux problèmes de mondialisation de l’économie et de compétitivité des territoires. Pour ce faire, il est essentiel de soutenir l’ingénierie de projet. Toutes ces évolutions s’appuient sur des démarches continues d’innovation qui doivent être soutenues, que ce soit au niveau des technologies de réseaux et des produits logiciels ou au niveau des projets issus de la convergence technologique.
Enfin, le financement de l’innovation constitue un outil majeur du développement. Toutefois les financements portant sur l’innovation s’adressent actuellement moins au démarrage de l’innovation qu’aux opérations matures. Pour pallier ce déficit, des montages financiers doivent être envisagés avec le concours des fonds structurels et du partenariat public-privé, notamment avec le Fonds européen d’investissement, dans le cadre, en particulier, des dispositifs JEREMIE et JESSICA en milieu urbain, proposés par la Commission européenne.
Priorité 2 : Développer les TIC au service de l’économie et de la société de l’information
La période 2000-2006 a permis de mettre en place certaines bases indispensables à l’intégration des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans la société : développement d’infrastructures à haut débit, équipements importants en terminaux reliés aux réseaux, déploiement de services en ligne, travail de conviction auprès des citoyens et des entreprises. Cette approche a ouvert la voie à des initiatives sans toutefois les inscrire dans une réelle cohérence d’ensemble.
Ces projets doivent être achevés, mais la période 2007-2013 doit également être l’occasion d’œuvrer à une appropriation à la fois plus importante et plus fine des TIC et à la concrétisation de leur potentiel pour la compétitivité et l’attractivité des territoires. Il s’agit également de réduire les inégalités géographiques et sociales de cette appropriation ainsi que le décalage temporel, encore trop important, entre l’apparition des innovations liées aux TIC et la mise en œuvre de leurs bénéfices.
Parmi les thèmes suivants, les programmes opérationnels pourront retenir de :
Favoriser la gouvernance pour la cohérence des projets territoriaux et la mise en réseau des acteurs locaux pour plus d’efficacité collective. Il s’agira d’intégrer la dimension des TIC au niveau adéquat dans chacune des actions publiques territoriales et de garantir la cohérence d’ensemble de cette dimension
Améliorer l’accessibilité aux infrastructures à haut débit, et l’appropriation des TIC par les PME, les TPE, les entreprises artisanales et les particuliers dans les zones rurales ou périurbaines en conformité avec les schémas de cohérence régionaux
Améliorer l’accessibilité aux infrastructures ouvertes à très haut débit pour les entreprises et les particuliers situées dans les métropoles et les grandes zones d’activité économiques
Généraliser le déploiement des plates-formes de services mutualisés en ligne pour de meilleurs services au public au meilleur prix
Favoriser la prise en compte des TIC pour l’innovation dans les secteurs publics et privés, ce qui implique notamment que tous les projets d’ampleur devraient comporter un volet TIC explicite dont la qualité pourrait à terme constituer une condition ou au moins un critère de soutien des fonds européens
Priorité 3 : Soutenir les entreprises dans une démarche de développement territorial
Cette priorité doit focaliser l’ensemble des autres priorités dans la mesure où l’entreprise constitue le facteur principal de développement de l’emploi et des territoires. A ce titre, ce qui a trait à l’innovation, aux TIC et à l’économie de la connaissance la concerne au premier chef.
a) Soutenir le développement des PME, des TPE, des entreprises artisanales et des JEI (jeunes entreprises innovantes)
Pour améliorer la compétitivité des territoires et dynamiser le tissu économique, il est nécessaire de favoriser la création, la reprise et la transmission d’entreprises. L’accent doit être mis sur les entreprises innovantes en assurant notamment leur accompagnement en phase de démarrage, la formation à l’entreprenariat et la valorisation de la recherche.
Les interventions pourront viser l’abondement de fonds de capital-risque régionaux avec l’appui de dispositifs tels que JEREMIE et JESSICA mis en place avec la BEI, le soutien aux incubateurs, aux pépinières et à l’immobilier d’entreprise, les démarches d’essaimage, le développement des actions de rapprochement entre grands groupes et PME, l’accompagnement des PME aux programmes européens de type PCRD.
b) Améliorer la compétitivité et soutenir les réseaux d’entreprises
Les fonds européens accompagneront les projets innovants, que ceux-ci soient portés par des pôles de compétitivité ou par des pôles de compétence de dimension régionale ou locale. Il est également essentiel de soutenir les systèmes productifs locaux et les réseaux d’entreprises dans leur recherche de compétitivité, d’innovation et d’adaptation aux contraintes économiques nationales et internationales. Ces actions intègrent les initiatives de création, de reprise et de transmission d’entreprises.
Parmi les thèmes suivants, les programmes opérationnels pourront retenir de porter sur le transfert et la diffusion de technologie, le soutien à l’innovation technologique et non technologique, le soutien aux démarches stratégiques et commerciales, l’accompagnement à la propriété intellectuelle, les actions de veille et d’intelligence économique, la diffusion des TIC et la gestion des compétences.
c) Favoriser la prise en compte du développement durable dans les actions d’innovation des entreprises
Toute stratégie en faveur de l’innovation doit s’inscrire dans une logique de développement durable. Elle doit favoriser la promotion de technologies non polluantes ou axées sur la protection de l’environnement.
Les interventions pourront porter sur l’incitation à l’adoption de technologies innovantes plus respectueuses de l’environnement, le soutien aux pôles d’excellence dans la recherche de nouvelles technologies et efficacité énergétique, la promotion des énergies renouvelables, l’accompagnement des PME dans une stratégie globale en faveur de l’environnement.
Les entreprises devraient pouvoir s’approprier plus facilement les démarches de gestion environnementale les outils et concepts du développement durable : management environnemental, référentiel développement durable, démarche Hygiène, sécurité, environnement.
d) Anticiper les mutations économiques et soutenir la reconversion des territoires en crise
Concernant les territoires en crise, une logique d’innovation élargie impliquera des interventions conjointes sur l’environnement physique (rénovation, dépollution, gestion foncière), social (association FEDER-FSE) et économique (friches industrielles, bassins miniers, sidérurgiques et textiles).
Les actions pourront concerner l’ingénierie financière, le financement de la création et de la post-création des PME, des TPE et entreprises artisanales. Peuvent être mobilisés les outils de transmission d’entreprises et les dispositifs de soutien à la création d’emploi. Une importance particulière sera accordée à l’intelligence économique (veille, sensibilisation, prévention), aux actions de formation et à la promotion de l’entreprenariat sur ces territoires.
Par ailleurs, l’anticipation des mutations technologiques et industrielles nécessite de soutenir les dispositifs innovants facilitant la reconversion professionnelle des salariés ainsi que la création de nouvelles activités. Doivent notamment être soutenues les activités fortement créatrices d’emplois (économie sociale, démarches coopératives, services domestiques, transports de proximité, …).
Priorité 4 : Protéger l’environnement et prévenir les risques dans une perspective de développement durable
En matière d’environnement, deux objectifs sont fixés : d’une part la réduction en amont des retombées négatives causées par la croissance d’une activité compétitive et d’autre part, la gestion économe des ressources naturelles, en particulier les matières premières et les énergies, la réhabilitation et la préservation d’un environnement urbain et naturel sans risque.
Ces objectifs nécessitent d’adapter les activités de production et de transport, de soutenir les innovations dans le domaine environnemental, de protéger les sites naturels et patrimoniaux, de protéger les ressources et de privilégier des politiques énergétiques qui réduisent la vulnérabilité de la France dans un contexte de tension croissante.
a) Limiter l’impact négatif des activités sur l’environnement et prévenir les risques
Avec pour objectif d’amener les entreprises à se doter de technologies innovantes plus respectueuses de l’environnement, il s’agit en amont de soutenir la constitution de pôles d’excellence. Les entreprises engagées dans une politique d’éco-conception de produits participent de cette démarche et doivent être soutenues.
Parmi les thèmes suivants, il s’agira, eu égard au montant limité des crédits de :
Promouvoir la recherche en matière d’efficacité énergétique et dans le domaine des énergies renouvelable, question cruciale tant du point de vue économique (promotion de l’innovation et du marché des économies renouvelables) que du point de vue environnemental (lutte contre le réchauffement climatique).
Promouvoir les dispositifs de Haute Qualité Environnementale ou HPE dans la construction (logements, bâtiments, équipements publics)
Adapter les transports urbains aux énergies propres. En matière d’environnement et de qualité de vie, il s’agit de promouvoir les énergies moins polluantes (biocarburants, gaz) et les pratiques multimodales (transports publics, modes doux).
Avec l’extension de l’urbanisation et le développement des activités économiques, poser les bases d’alertes et de préventions contre les risques majeurs.
Dans les régions les plus exposées, une priorité absolue doit être donnée aux politiques d’expertise et d’évaluation des risques (dispositifs de veille, indicateurs). Doivent être également privilégiés la formation, l’information des populations et le choix d’options d’aménagement à travers les plans locaux et les plans de prévention des risques (PPR). Les efforts de prévention et moyens d’interventions doivent notamment être améliorés en privilégiant les démarches de coopération interrégionale. Les TIC pourront être mis à profit pour le déploiement de systèmes d’alerte et la mutualisation de bases de données.
b) Assurer une gestion économe des ressources et préserver l’environnement
Dans ce domaine il s’agira notamment de :
Garantir la protection des sites naturels et remarquables avec la mise en place des infrastructures liées à la biodiversité et à Natura 2000, contribuant au développement économique durable et à la diversification des zones rurales et des espaces littoraux. Sensibiliser et informer le grand public sur les enjeux environnementaux.
Assurer la connaissance, la préservation, la restauration et la valorisation de milieux présentant un intérêt écologique et paysager remarquable ainsi que la nature ordinaire conformément à la Stratégie Nationale de Biodiversité. Assurer la protection du littoral contre l’érosion et la pression des activités humaines.
Promouvoir sur les espaces concernés par des conflits d’usage (grands corridors, grandes métropoles, grandes régions littorales, espaces périurbains), une maîtrise de la ressource foncière contribuant à améliorer la qualité de vie des habitants et à préserver la biodiversité.
Encourager l’économie des ressources en eau pour anticiper notamment le réchauffement climatique, mobiliser de nouvelles ressources pérennes et assurer un approvisionnement de qualité et de proximité. Les efforts doivent être tournés vers l’adaptation des modes de consommation (agriculture, industrie) afin de prévenir les conflits d’usage, l’information du grand public et la mise en œuvre de la directive cadre sur l’eau.
Priorité 5 : Développer les modes de transports alternatifs pour les particuliers et les activités économiques
Les options d’aménagement retenues en matière de transports doivent concilier les objectifs de développement économique, d’attractivité des territoires, de qualité de vie et de lutte contre les pollutions et de réduction par 4 des émissions de gaz à effet de serre, conformément à la loi. Alors qu’une ligne budgétaire spécifique est destinée aux projets prioritaires du réseau Trans-Européen de Transport, les financements limités du FEDER doivent se focaliser sur des projets structurants au niveau local, régional ou interrégional visant à renforcer l’accessibilité aux services de transport collectifs et particuliers et à renforcer le maillage du territoire notamment par la promotion de politiques de transport multimodales.
Parmi les thèmes suivants, les Programmes opérationnels pourront retenir, en tenant compte du caractère limité des crédits eu égard au coût de ces opérations, de :
a) Soutenir les transports collectifs urbains et périurbains
Développer les réseaux de transports en site propre (bus en site propre, tramways, tram-trains,…), les investissements dans les nouveaux matériels, en particulier ceux qui ont recours aux énergies propres.
Privilégier les interventions sur l’organisation des transports, sur les lieux d’interconnexions (parking relais, accès handicapés), sur l’évolution des techniques favorables à l’intermodalité et aux connexions entre différents systèmes (développement de centres multimodaux d’information et de réservation, billettique).
Développer les transports ferroviaires régionaux de voyageurs, avec l’amélioration des infrastructures et du matériel roulant, en particulier autour des grandes agglomérations
b) Contribuer au développement du fret ferroviaire et fluvial, ainsi que du cabotage maritime, notamment sur les axes où le trafic peut être massifié et au débouché des ports maritimes.
Il pourra s’agir, toujours en tenant compte du caractère limité du montant des fonds de :
Soutenir la remise à niveau et la modernisation des infrastructures portuaires, ferroviaires et fluviales.
Adapter les équipements portuaires, les chantiers rail-route, les plateformes logistiques multimodales.
c) Développer la multimodalité pour améliorer l’accessibilité des territoires isolés
Il pourra s’agir, eu égard des crédits limités disponibles de :
Améliorer les liaisons ferroviaires de raccordement des territoires aux lignes à grande vitesse.
Améliorer la desserte aérienne des régions par la modernisation des équipements aéroportuaires en veillant à leur insertion dans le milieu local.
Accompagner des projets intégrés, notamment portant sur des territoires isolés, par le renforcement de réseaux de transport ou d’équipements secondaires.

B - Soutenir l’emploi, valoriser le capital humain et assurer l’inclusion sociale : les orientations stratégiques pour le fonds social européen
Les orientations stratégiques françaises pour l’intervention du Fonds social européen, de 2007 à 2013, sont établies en réponse aux recommandations du Conseil à la France de 2004 (C. Rappel en annexe) concernant la mise en œuvre des politiques de l’emploi et correspondent aux orientations stratégiques communautaires (CF. Annexe : cadre de cohérence stratégique 2007-2013). Elles devront contribuer, à hauteur de 75 %, à la réalisation des objectifs de la stratégie de Lisbonne révisée. L’intervention du FSE sera concentrée sur des priorités déterminées, en fonction du contexte régional, parmi les thématiques proposées, dans le cadre de programme(s) opérationnel(s).
Au regard des évolutions démographiques, il sera nécessaire de renforcer la prise en compte de la problématique de la gestion de tous les âges, en particulier des jeunes dont le taux de chômage reste élevé et des seniors, et de promouvoir la diversité dans toutes les composantes du monde du travail. Le principe de l’égalité femme/homme devra être intégré dans les actions conduites dans les domaines de l’emploi et de la formation et sera combiné à des actions spécifiques. A ces fins, au sein du volet emploi de l’objectif « Compétitivité régionale et emploi », un volume significatif de projets, comportant des objectifs de progression et de résultats, devra concerner les travailleurs expérimentés, l’accès des jeunes au marché de l’emploi et l’égalité entre les femmes et les hommes.
La mise en œuvre de ces orientations implique de valoriser les approches territoriales et devra s’appuyer sur des partenariats renforcés afin de garantir une meilleure mise en cohérence des politiques d’emploi, de formation et d’inclusion. Les orientations françaises se déclinent en six thèmes prioritaires déterminés par les champs d’application de l’intervention prévus dans le projet de règlement FSE (en date du 21 décembre 2005).
Priorité 1 : Contribuer à l’adaptation des travailleurs et des entreprises aux mutations économiques
Cette priorité s’inscrit dans les recommandations du Conseil européen à la France en 2004. Elle a pour objectif de contribuer à mettre en place un système plus efficace d’anticipation et de gestion des restructurations sur les territoires. Elle doit participer du maintien des travailleurs âgés dans l’emploi mais aussi développer un meilleur accès à la formation pour les travailleurs peu qualifiés et les salariés des PME et TPE et à l’amélioration de l’accès aux apprentissages.
Pour accroître sa visibilité, renforcer sa valeur ajoutée et augmenter son effet levier, l'intervention du Fonds social européen en matière d’adaptation des travailleurs et des entreprises sera concentrée en fonction des montants qui seront alloués pour 2007-2013 et du contexte régional, selon des priorités à déterminer sur les thèmes suivants :
a) Anticiper et gérer les mutations économiques :
l’accélération du rythme des mutations dans l’ensemble des secteurs d’activité et leur impact sur les entreprises et les personnes incitent à concentrer les efforts sur l’anticipation de ces changements économiques et sociaux et sur l’accompagnement au reclassement des salariés notamment vers les secteurs en tension, selon une approche territorialisée de l’action publique.

b) Agir sur le développement des compétences par :
des pratiques innovantes de gestion des ressources humaines en privilégiant notamment l’enrichissement du travail à tout âge, les organisations du travail apprenantes, la mobilité professionnelle, la gestion des ressources humaines fondées sur la diversité  ainsi que la mise en place de nouvelles formes d’organisation du travail ;
la construction de parcours de formation notamment pour les travailleurs peu qualifiés et en particulier les femmes, adaptée aux besoins des territoires, via des dispositifs permettant de développer les plans de formation des entreprises, notamment dans les PME et les TPE... ;
la sécurisation des trajectoires individuelles des salariés : formations individuelles, reconnaissance et validation des compétences, notamment transférables, bilan de compétences et transmissions des savoir-faire, accompagnement des ruptures professionnelles, appui à la mobilité … ;
la mise en œuvre de stratégies globales de vieillissement actif pour enclencher une dynamique nouvelle en faveur de l’emploi des seniors : bilans de compétence à mi-carrière, tutorat, mesures d'accompagnement, adaptation de l’organisation du travail, aide au conseil, soutien à des actions favorisant les liens intergénérationnels et à des approches intégrées sur l’ensemble du cycle de la vie professionnelle.
c) Soutenir le développement de la formation tout au long de la vie par :
le développement de l'apprentissage et de l'alternance, notamment par le soutien à la qualité, à l’individualisation des parcours, à la professionnalisation des acteurs, au développement de la mixité dans les filières de formation, à l'ouverture de nouvelles sections d'apprentissage et à la prévention des abandons et des échecs en cours de formation. Les actions de revalorisation de l'apprentissage devront également être confortées ;
les actions de formations en faveur de publics cibles, qui permettront de répondre aux enjeux d’une maîtrise des savoirs généraux nécessaires pour assurer un maintien dans l’emploi et s’appuieront particulièrement sur des dispositifs de formation individualisée ;
la validation des acquis de l'expérience. Il s'agira notamment d’étendre la validation des acquis à des secteurs professionnels encore peu concernés, d'améliorer l'accès des salarié(e) s des PME et des personnes employées dans les métiers des services à ce dispositif ainsi que et de renforcer l'utilisation des TIC, en particulier pour les TPE.
d) Soutenir la création d'activité et promouvoir l’esprit d’entreprise
Il s’agit de répondre à l’enjeu démographique de transmission des entreprises par un accompagnement et un soutien au conseil pour la création, la transmission et la reprise d’activités ainsi qu'un appui aux démarches d’essaimage de TPE sur les territoires. Une attention particulière pourra être portée à la création par les demandeurs d’emplois, à l'accompagnement et à la formation des créatrices et re-preneuses d'entreprises. Les actions visant l’accompagnement à l’auto-création d’activité par les plus démunis qui n’ont généralement pas accès aux dispositifs classiques de création d’entreprise ou d’activité seront également à renforcer.


Priorité 2 : Améliorer l'accès à l'emploi des demandeurs d'emploi
Cette priorité vise à augmenter le taux d’emploi, en participant à la résorption du chômage grâce à une meilleure efficacité du service public de l’emploi et à l’amélioration de la formation des jeunes et des adultes. Elle contribue de plus au retour à l‘emploi des femmes et des chômeurs de plus de 50 ans.
Pour accroître sa visibilité, renforcer sa valeur ajoutée et augmenter son effet levier, l'intervention du Fonds social européen en matière d'accès à l'emploi des demandeurs d'emploi sera concentrée en fonction des montants qui seront alloués pour 2007-2013 et du contexte régional, selon des priorités à déterminer sur les thèmes suivants :
a) Soutenir la modernisation du service public de l'emploi pour une meilleure efficacité du fonctionnement du marché du travail. Il s’agit de soutenir et coordonner les actions conduites pour prévenir et résorber le chômage en privilégiant l'amélioration du suivi personnalisé et l’accompagnement des demandeurs d’emploi, en particulier les plus en difficulté, grâce notamment aux techniques innovantes de détection des risques de chômage de longue durée. Il s’agit également de favoriser la coordination des différents partenaires du service public de l’emploi : services de l’État, UNEDIC, ANPE et structures d’accueil et d’orientation pour les jeunes ainsi que les collectivités territoriales… C’est dans ce cadre que seront soutenues les Maisons de l’emploi qui offrent, désormais, aux demandeurs d’emploi, un service de proximité clarifié et décloisonné et instaurent des passerelles vers l’emploi et la formation.
b) Contribuer au développement des politiques actives du marché du travail pour faciliter l’accès et le retour à l'emploi des demandeurs d’emploi et le développement de leur mobilité Il s’agira de :
Soutenir le développement de la formation professionnelle à l’attention des demandeurs d’emploi jeunes et adultes et notamment les actions de formations qualifiantes mises en œuvre par les Conseils régionaux pour répondre rapidement aux évolutions du marché du travail, renforcer les qualifications et sécuriser les parcours professionnels, en lien avec les Plans régionaux de développement de la formation professionnelle.
Appuyer le développement du partenariat territorial permettant de définir des stratégies d’accès à l’emploi et de les mettre en œuvre au plus près des besoins des acteurs. Une attention particulière sera portée aux demandeurs d’emploi de plus de 50 ans, en veillant à la mise en cohérence au niveau régional.
c) Améliorer et développer l’accès et la participation durable des femmes au marché du travail
La prise en compte de l’égalité entre les hommes et les femmes devra notamment favoriser la mixité des emplois, l’accès des femmes aux postes à responsabilité et s’attaquer aux causes des écarts de rémunérations entre les hommes et les femmes. De surcroît il s’agira de promouvoir des mesures facilitant l’articulation des temps de vie, notamment le développement de modes de garde d’enfants et l’aide à domicile pour les personnes dépendantes.



Priorité 3 : Promouvoir l’inclusion sociale et lutter contre les discriminations

Cette priorité vise à la réduction des inégalités territoriales face à l’emploi, à l’intégration des migrants et à l’insertion de personnes handicapées ainsi qu’à la réduction de l’échec scolaire. Elle contribue à la cohésion sociale, notamment dans les quartiers, et participe à la lutte contre les discriminations, pour la diversité.
Pour accroître sa visibilité, renforcer sa valeur ajoutée et augmenter son effet levier, l'intervention du Fonds social européen en matière d’inclusion sociale et de lutte contre les discriminations sera concentrée en fonction des montants qui seront alloués pour 2007-2013 et du contexte régional, selon des priorités à déterminer sur les thèmes suivants :
a) Favoriser le retour à l’emploi des jeunes et des adultes rencontrant des difficultés sociales et professionnelles ainsi que des personnes bénéficiaires des minima sociaux par des actions d’accompagnement social, de formation, d’adaptation aux postes de travail et/ou de parcours d’insertion. Il s’agira notamment de soutenir le secteur de l’insertion par l’activité économique et de l’économie sociale.
b) Appuyer les publics confrontés à des difficultés particulières d’insertion, en soutenant les dispositifs de sensibilisation, d'insertion et de formation en vue de leur accès ou de leur maintien dans l'emploi pour :
- les personnes handicapées, notamment en milieu ordinaire,
- les publics fragilisés de la justice, les jeunes et les adultes sous main de justice ainsi que l’accompagnement et l’élaboration de parcours d’insertion sociale et professionnelle envisagés dans le milieu carcéral,
- les personnes confrontées à des situations d’illettrisme ou d’analphabétisme (jeunes, chômeurs et salariés) en lien avec les politiques en faveur du litterisme notamment avec les entreprises.
c) Contribuer à la cohésion sociale par des actions en faveur des habitants des zones urbaines sensibles qui connaissent des difficultés sociales et économiques, en particulier pour l’intégration des populations immigrées résidant en France, afin de faciliter leurs accès à l’emploi.
La mise en œuvre de ces thématiques requiert une action conjuguée de l’Etat et des collectivités territoriales en faveur de l’insertion dans l'emploi. Il s’agira en particulier de s’appuyer sur les politiques des collectivités locales notamment à travers les Plans locaux pour l’insertion et l’emploi, les Programmes départementaux d’insertion…
d) Agir pour la diversité et contre les discriminations : sexe, âge, handicap, origine ethnique, minorités, orientation sexuelle, religion,… et contre le cumul des discriminations, par des actions de sensibilisation et de formation des acteurs, tant dans le monde de l’entreprise, avec l’implication des services de ressources humaines, qu'avec les partenaires sociaux et le secteur public.
e) Lutter contre le décrochage et l'abandon scolaire précoce par la mise en place de dispositifs de soutien aux élèves en difficulté tels que la prévention de l’illettrisme, les politiques d’éducation prioritaire, les dispositifs relais et d'orientation ainsi que les actions visant à faciliter la scolarisation des élèves handicapés. Il s'agira également de contribuer à l'adaptation des établissements d'enseignement et de formation, par des actions d'ingénierie pour l'accueil des publics les plus fragilisés.

Priorité 4 : Investir dans le capital humain
Cette priorité vise essentiellement à améliorer les systèmes de formation en vue de contribuer à la qualité des emplois et la mise en réseau des acteurs sur les territoires.
Pour accroître sa visibilité, renforcer sa valeur ajoutée et augmenter son effet levier, l'intervention du Fonds social européen en matière d’investissement dans le capital humain sera concentrée en fonction des montants qui seront alloués pour 2007-2013 et du contexte régional, selon des priorités à déterminer sur les thèmes suivants :
a) Soutenir les innovations et les adaptations pédagogiques afin d’améliorer la qualité du système d’éducation, d’orientation et de formation pour aller dans le sens d’une économie fondée sur la connaissance. Il s’agira également de contribuer à l’évolution des pratiques pédagogiques et organisationnelles, notamment en promouvant l’individualisation des parcours de formation. Une attention particulière pourra être accordée aux projets de formation innovants et aux dispositifs de formation à distance en facilitant les partenariats entreprises/recherche/formation.
b) Développer les mesures d'ingénierie en matière de formation, d'expérimentation ainsi que de formation de formateurs permettant le transfert de compétences, d’innovation et de technologies. Il s’agira également de contribuer au développement de mises en réseaux, au niveau territorial approprié, par une contractualisation des objectifs, pour mixer les voies de formation et les publics de tous les âges entre différentes composantes telles que : les branches, les entreprises, le secteur associatif, les partenaires sociaux, les structures éducatives de prévention et d’insertion, les centres de formation et les centres de recherches et de technologies.
Priorité 5 : Développer les partenariats et la mise en réseau pour l’emploi et l’inclusion
Pour accroître sa visibilité, renforcer sa valeur ajoutée et augmenter son effet levier, l'intervention du Fonds social européen en matière de partenariats et de mise en réseau sera concentrée en fonction des montants qui seront alloués pour 2007-2013 et du contexte régional, selon des priorités à déterminer sur les thèmes suivants :
a) Promouvoir la bonne gouvernance territoriale pour favoriser la mise en place de démarches coordonnées et interactives entre les différents acteurs de l’emploi sur un territoire. Dans ce cadre, il s’agit notamment de promouvoir les pratiques d’intégration effectives de l’égalité des chances entre les femmes et les hommes. Il s’agira également de favoriser le dialogue social par des actions de diagnostic, de conseil, d’accompagnement des processus de négociation touchant la modernisation de l’organisation du travail et des ressources humaines et des actions de formation destinées aux acteurs du dialogue social.
b) Soutenir l’ingénierie de projet pour le développement et l’animation des réseaux de création d’activité, d’insertion, l’expérimentation et le développement d’une offre d’insertion de qualité. Dans le cadre des territoires, l’accent doit être mis également sur l’extension du partenariat avec les entreprises, afin de recueillir des potentiels d’emploi susceptibles de convenir aux personnes fragilisées dans l’accès ou le retour au marché du travail. Enfin la lutte contre les disparités sociales, contre les inégalités entre hommes et femmes, la promotion de l’insertion et de l’économie sociale, le soutien aux services publics de proximité et aux activités d'utilité sociale doit pouvoir s’appuyer notamment sur des réseaux spécialisés et sur l’élaboration de Plans locaux d’action pour l’emploi à l’échelle des bassins d’emploi.
c) Faciliter l’accès aux financements européens des petits porteurs de projets, notamment associatifs, dans le champ de l’emploi et de l’inclusion, primo demandeurs, travaillant sur les territoires isolés ou en difficulté (sites urbains, sites en reconversion, zones rurales). Il s’agira de plus de favoriser l’accès à l’emploi et la formation des travailleurs expérimentés, des travailleurs handicapés, des jeunes et des personnes victimes de discrimination raciale, dans le cadre de petits projets locaux de développement économique ou social.
d) Promouvoir l'utilisation des Technologies de l’information et de la communication dans les zones susceptibles de subir la fracture numérique (zones rurales, zones enclavées, sites urbains sensibles).
Priorité 6 : Soutenir les actions innovantes transnationales ou interrégionales pour l’emploi et l’inclusion sociale
Plusieurs enjeux peuvent être identifiés à l’horizon 2007-2013 pour l'intervention du Fonds social européen en matière d'innovation et de coopération transnationale ou interrégionale, dans le prolongement du programme Equal, selon des logiques complémentaires :
- la poursuite des innovations et des expérimentations destinées à avancer dans la résolution des nombreuses difficultés en matière d'emploi qui restent à surmonter tant en France que dans les autres pays d'Europe ;
- le développement des partenariats d’acteurs, locaux, régionaux, nationaux permettant des économies de moyens et d’échelle ainsi que des synergies de compétences et de savoir-faire ;
- le renforcement des coopérations transnationales ou interrégionales, incluant la mobilité des personnes, visant à donner à l’Europe une meilleure visibilité.
a) Poursuivre les innovations et les expérimentations sur des problèmes concrets
Des priorités thématiques pour l'innovation, finalisées sur des problèmes concrets à résoudre, pourront être déterminées dans les domaines d'intervention du Fonds social européen, tels que :
- l’accès à la formation tout au long de la vie ou à l’emploi des personnes les plus en difficulté,
- la lutte contre les discriminations (sexe, âge, origine, religion, handicap…) et pour la diversité,
- le traitement de questions liées à l’élargissement et à la mobilité des jeunes et des travailleurs,
- l’articulation des temps sociaux…
b) Développer des partenariats pour l’innovation
Par ailleurs des partenariats établis à l’échelle interrégionale ou dans le cadre de coopérations décentralisées, à cibler sur l’innovation et l’esprit d’entreprises, pourront permettre la construction de projets et l’échange d’expériences, aux plans national et européen.
c) Renforcer les coopérations transnationales pour la mobilité
L’apport des échanges transnationaux se caractérise, la plupart du temps, par la mise en œuvre de solutions, non envisagées ou non envisageables dans le contexte national, et qui permettent de renouveler les pratiques. Le soutien à l’innovation et à la transnationalité devra permettre de favoriser, notamment, la transparence des qualifications en Europe par des actions de formation, en particulier la formation en alternance, la reconnaissance des qualifications et des certifications ainsi que la validation des acquis de l'expérience, pour permettre une meilleure mobilité des jeunes et des salarié(e) s en Europe.
Ces actions innovantes, interrégionales et/ou transnationale, en s’appuyant sur les acquis du programme Equal, seront accompagnées de projets visant à partager les informations, à capitaliser, puis diffuser les résultats des expérimentations ainsi que l’élaboration d’approches complémentaires et d’actions coordonnées. Il s’agit alors de garder la mémoire des résultats les plus prometteurs, les « bonnes pratiques », mais aussi des obstacles qui ont été surmontés, afin que cela puisse avoir des effets systémiques.

C - La dimension territoriale de la cohésion et du développement durable
L’approche territoriale consiste à rendre cohérentes dans leurs interactions spatiales les politiques sectorielles évoquées dans les chapitres précédents. Elle s’appuie prioritairement sur le FEDER et doit favoriser une utilisation coordonnée des différents fonds structurels (FEDER, FSE, FEADER, FEP) en assurant qu’ils soient associés de la façon la plus appropriée possible aux politiques territoriales à l’œuvre au niveau local et régional (voir modalités de coordination entre les fonds au chapitre IV).
1. Définir des stratégies d’intervention au sein de territoires de projet
A l’échelle régionale, les OSC invitent les régions à se doter « de véritables stratégies régionales de développement durable ». La structure des règlements amène par ailleurs à croiser pour chaque région les différentes politiques sectorielles avec ses spécificités territoriales (territoires urbains, ruraux, territoires à handicaps géographiques et naturels…).
Les stratégies régionales pourront s’appuyer sur un ensemble de dispositifs de référence tels que les schémas régionaux d’aménagement et de développement territorial (SRADT), les schémas régionaux de développement économique (SRDE), le Plan d’aménagement et de développement durable de la Corse (PADUC), les schémas d’aménagement régionaux dans les régions d’outre-mer ou les Projets d’action stratégique de l’Etat en région (PASER). Dans le domaine de la formation, elles seront articulées avec les Plans régionaux de développement de la formation professionnelle, conçus et mis en œuvre par les Conseils régionaux.
Au niveau territorial, la mobilisation des fonds structurels doit s’opérer en étroite relation avec les outils d’intervention élaborés en faveur des espaces urbains et ruraux. Parmi ces outils, les contrats de ville et contrats d’agglomération, les schémas de cohérence territoriale (SCOT), les contrats métropolitains et les contrats de pays constituent des références essentielles.
Sur des territoires présentant des caractéristiques géographiques et naturelles spécifiques, d’autres dispositifs (parfois interrégionaux ou internationaux) doivent être pris en compte pour définir l’utilisation des fonds structurels. Il s’agit notamment des parcs naturels nationaux et régionaux, des contrats et conventions de massifs, des littoraux, des plans relatifs aux bassins fluviaux, etc. Parallèlement, de nombreux territoires transfrontaliers et transnationaux se sont dotés d’outils de planification indicatifs communs qu’il convient de prendre en compte.
Quel que soit le dispositif et l’échelle concernée, l’intervention des fonds structurels devra se faire en étroite relation avec les partenariats et les projets de territoires à l’œuvre, de façon à garantir la portée stratégique des interventions et assurer la meilleure mise en cohérence possible des différents moyens dont disposent les acteurs locaux et régionaux. L’approche territoriale invite notamment à retenir en priorité des projets intégrés ayant un effet levier avéré pour le développement des territoires.
2. Des espaces urbains porteurs de dynamisme économique, social et culturel
Alors que 77 % de la population française habite en zone urbaine, les villes sont à la fois des pôles de prospérité et d’excellence, et des lieux où se concentrent des phénomènes d’exclusion et de pauvreté.
Durant la période 2000-2006, les Fonds structurels ont très largement bénéficié aux villes françaises. Sur 15 milliards d’euros, tous programmes confondus, 10 milliards au moins auront été dépensés en faveur des territoires urbains et de leurs populations.
L’intégration du PIC URBAN parmi les thématiques des « spécificités territoriales » de la politique de cohésion, la suppression du zonage et les priorités de Lisbonne, obligent à combiner plus que par le passé les deux approches « compétitivité régionale » et « solidarité de zones fragiles » en particulier dans les quartiers en crise.
L’excellence territoriale ne peut être confortée sans une prise en compte de l’attractivité des territoires urbanisés (qualité de vie, qualité architecturale, environnement, services) et une meilleure intégration de l’ensemble de la population à la dynamique économique (jeunes, personnes âgées, chômeurs, handicapés).
Ils favoriseront une approche régionale intégrant la dimension urbaine y compris sous l’angle « politique de la ville » afin de préserver une stratégie territoriale intégrée, qui ne compartimente pas le territoire par politiques sectorielles mais favorise le dialogue des acteurs régionaux et locaux.
Pour assurer cette intégration, les actions doivent être articulées avec les démarches partenariales déjà engagées sur les territoires (appel à coopération métropolitaine, pôles de compétitivité, politique des villes moyennes, contrats de ville, contrats d’agglomération, pays urbains, chartes territoriales de cohésion sociale, schémas de cohérence territoriale). A cet effet, elles pourront s’appuyer localement sur l’action des Centres de ressources pour la politique de la ville.
La nécessaire sélectivité des actions à soutenir conduira à accorder la priorité aux démarches ayant valeur d’innovation ou d’exemplarité. Les acteurs locaux doivent s’efforcer de définir le plus en amont possible les opérations qui auront un impact significatif sur le développement social, culturel et économique des villes.
Sur les questions urbaines, la France poursuit deux grandes politiques :
Une politique de développement urbain qui tient compte à la fois des objectifs de développement et d’aménagement urbain durable et de ceux de la compétitivité des villes européennes à l’échelle mondiale ;
Une politique en faveur des populations et des quartiers en difficulté pour les réintroduire dans un fonctionnement socioéconomique et urbain normal ;
L’intervention du FEDER ainsi que les nouveaux contrats entre l’État et les collectivités territoriales appuieront ces deux politiques sur la base des priorités précédemment énoncées dans le champ du FEDER et dans celui du FSE.
L’objectif est d’offrir aux espaces urbains l’opportunité d’expérimenter des « stratégies intégrées et participatives » de revitalisation urbaine selon les termes de l’article 8 du projet de règlement FEDER sur le développement urbain durable. Ces projets viseront non pas à financer les opérations lourdes de restructuration ou de développement mais à favoriser la régénération des quartiers souffrant de problèmes économiques, sociaux et environnementaux avec le développement global de l’aire urbaine.
Dans ce contexte, les espaces en reconversion et les friches industrielles devront faire l’objet d’une attention particulière dans la perspective d’un renouvellement du tissu économique et d’une amélioration du niveau d’attractivité des espaces urbains.
Pour ces différents territoires, il s’agit moins de prédéfinir le contenu ou le périmètre des projets, qui doit être laissé au choix du partenariat local (autorités urbaines et région en premier lieu) que de leur assigner un objectif général : lier la revitalisation des quartiers en difficulté à la dynamique de développement de l’agglomération, et, pour les départements d’outre-mer, lier la revitalisation des capitales régionales à la dynamique globale de développement des régions.
Quelques points de méthode relatifs à l’élaboration de l’axe urbain des programmes :
Au sein de chaque programme régional,  un axe pourra être dédié à la revitalisation urbaine ; il pourra prendre la forme d’un axe intégré territorial thématique dans l’esprit de l’ancien Programme d’initiative communautaire URBAN ;
Un cahier des charges des projets financés au titre de cet axe sera élaboré au niveau régional pour garantir un accord sur l’objectif général ; il déclinera selon les spécificités du territoire les modalités pratiques de mise en œuvre de l’article 8 du règlement FEDER et des orientations nationales ;
Un appel à projets régional pourra être lancé par l’autorité de gestion du programme pour sélectionner le(s) projet(s) éligible(s) ;
Une subvention globale pourra être allouée aux villes et aux agglomérations pour la réalisation de l’ensemble de l’axe.
La mise en réseau au niveau national des acteurs de ces projets dans le cadre du programme national d’assistance technique évoqué plus loin, permettra la formation réciproque et l’échange d’expérience, la capitalisation du savoir-faire acquis et sa dissémination auprès de l’ensemble des acteurs des politiques urbaines.
3. Un soutien spécifique nécessaire pour les zones rurales et les zones dépendantes de la pêche
Les territoires ruraux sont aujourd’hui, pour leur grande majorité, structurés et organisés. La quasi-totalité du territoire est couverte en EPCI (établissements publics de coopération intercommunale), de nombreux pays se sont constitués et 44 Parcs Naturels Régionaux émaillent le territoire. Beaucoup ont conçu une stratégie de développement pluri-annuelle s’appuyant sur une variété d’atouts (ressources naturelles, patrimoniales, tissu socio-économique diversifié) et dont l’élaboration a impliqué la population locale (notamment le tissu associatif).
Les critères de programmation et de mise en œuvre des projets dans le cadre des programmes opérationnels devront répondre aux mêmes exigences d’intégration. Les interventions entreront dans une logique territoriale identifiée associant un large partenariat et inscrite dans une vision prospective du développement.
Si les résultats des derniers recensements de la population se caractérisent par une inflexion démographique confirmée en faveur des territoires ruraux, la situation reste complexe, marquée par des écarts importants entre les territoires connaissant un regain de croissance et d’emplois et ceux dont la fragilité s’accroît. Compte tenu de cette diversité, les programmes s’attacheront à cibler leurs interventions en soutenant les territoires les plus dynamiques afin de renforcer leur rôle moteur et s’attacheront à un objectif de cohésion territoriale nécessitant une approche particulière des territoires fragiles.
Les critères de sélection des projets mettront systématiquement l’accent sur toutes les dimensions du développement durable (environnement, égalité des chances, potentiel économique) et une priorité sera accordée aux territoires organisés disposant d’une stratégie de développement s’appuyant sur un diagnostic de territoire mettant en valeur les forces, les faiblesses, les opportunités et les menaces propres au territoire à moyen terme.
Comme le spécifient les priorités stratégiques précédemment énoncées, les interventions en milieu rural devront :
favoriser la croissance et l’emploi en mettant l’accent sur la diversification de l’économie rurale (artisanat, petite industrie, services, tourisme durable) et le soutien aux entreprises innovantes; l’accès généralisé et le soutien à l’utilisation des TIC ;
veiller à l’adaptation des filières locales en difficulté,
stimuler l’attractivité des territoires concernés en participant à la création de services innovants en milieu rural (transports à la demande, services de proximité, services liés à l’accueil et à l’intégration des nouvelles populations) et au soutien aux commerces de proximité,
contribuer à la qualité de la vie et conforter l’image positive des territoires ruraux par le développement de l’offre culturelle et de loisirs qui contribue à fixer les populations en milieu rural et constituent un facteur d’attractivité.
Ces interventions prendront en compte la dimension transfrontalière lorsqu’elle est possible.
L’articulation entre FEDER, FSE, FEADER et FEP devra être recherchée pour générer le plus d’effet multiplicateur. Les territoires ruraux pourront bénéficier d’un soutien à l’ingénierie de projet pour accompagner la conception et la mise en œuvre de stratégies de développement intégrées. Ces stratégies locales seront appréciées par la prise en compte de la participation d’acteurs locaux publics et privés à son élaboration.
Les « pays », territoires de référence pour mettre en œuvre les projets de développement soutenus par les fonds structurels, ne sont cependant pas exclusifs d’autres formes de partenariat et de programmation : les pôles d’excellence rurale, les parcs naturels nationaux et régionaux, les bassins… sont autant d’espaces susceptibles de porter des projets de territoires intégrés.
L’articulation entre les fonds (FEDER-FEADER) nécessite de suivre les recommandations spécifiées dans la partie IV et demande que des critères clairs soient précisés lors de la rédaction des programmes opérationnels.
4. Espaces interrégionaux et zones à handicaps géographiques et naturels 
Les caractéristiques géographiques et naturelles du territoire national permettent de distinguer des espaces confrontés à des contraintes et à des opportunités de développement très spécifiques aux échelles infrarégionale, régionale ou suprarégionale. Il s’agit d’une part des zones à handicaps naturels qui requièrent une organisation et des moyens renforcés pour compenser ou surmonter les difficultés liées à ces handicaps (montagne, bassin fluvial, littoral, îles, péninsules) et d’autre part, des territoires présentant des enjeux de développement comparables à grande échelle (massifs, littoraux…) qui justifient la mise en place de politiques et de moyens d’actions coordonnés au niveau interrégional voire transfrontalier ou transnational.
Tout en cumulant des difficultés d’accessibilité et une exposition importante aux risques naturels, les zones à risques constituent bien souvent des ressources majeures pour la nation tant sur le plan culturel que sur le plan écologique (biodiversité) et énergétique (eau, air, forêt).
A l’échelle infrarégionale, les zones dites à handicaps naturels nécessitent des interventions spécifiques orientées vers la préservation de l’environnement naturel et la prévention des risques, leur accessibilité et le développement économique respectueux des conditions naturelles. Compte tenu de la sensibilité des actions à conduire, celles-ci pourront bénéficier, sur des périmètres territoriaux identifiés (îles, zones humides…), de taux d’interventions publiques majorés dans la mesure où le plafond d’intervention des fonds structurels reste, au niveau de chaque programme, à 50 % de la dépense publique totale.
A une échelle régionale et interrégionale, les zones à risques nécessitent un soutien tout aussi spécifique. Il s’agira notamment :
d’assurer une action coordonnée et intégrée des acteurs en associant le cas échéant des partenaires de pays voisins ;
de soutenir le développement économique ;
de développer les réseaux et promouvoir le respect de l’environnement.
Hormis l’approche strictement liée aux risques, les collectivités qui composent ces territoires interrégionaux partagent souvent un sentiment d’appartenance et d’identité qui favorise les approches intégrées et partenariales.
En France, du fait de particularités et d’enjeux communs clairement identifiés, des démarches de coopération se sont mises en place depuis plusieurs décennies à l’échelle des massifs (conventions interrégionales et schémas interrégionaux de massif). De même, les bassins fluviaux peuvent être confrontés à des défis spécifiques en termes de lutte contre les inondations, d’irrigation, de protection de l’environnement naturel, d’urbanisation qui requièrent des actions de coopération intégrées entre régions, voire avec des régions d’Etats limitrophes pour les bassins transfrontaliers.
III - 3 Priorités pour les coopérations européennes : les orientations stratégiques pour le FEDER
Les actions et réseaux de coopération européenne soutenus par les fonds structurels se sont intensifiés lors de la période de programmation 2000-2006, et cela tant sur le plan spatial que sur un éventail très large de thèmes. La coopération européenne est ainsi devenue une composante incontournable de la compétitivité, de la cohésion et du développement durable des territoires, et un ferment d’intégration entre pays.
Ce foisonnement nécessite de tirer parti des enseignements passés et, sur la base d’un effort accru de capitalisation et de valorisation des acquis, d’aller vers des stratégies et des priorités d’intervention plus ciblées. C’est pourquoi il a été décidé, alors qu’il ne s’agit pas d’une obligation mais d’une simple opportunité ouverte par les règlements, d’inclure dans le cadre de référence stratégique national un volet relatif aux coopérations territoriales européennes. Ce volet est naturellement conditionné par les choix qui seront faits par nos partenaires européens dans la conception des programmes de coopération à conduire.
L’effort de cadrage doit à la fois porter sur les thèmes d’intervention, les territoires et leur sphère d’action et d’influence. Ce saut qualitatif ne pourra se faire sans une forte évolution des modalités et méthodes de travail qui conditionnent la bonne gouvernance des programmes et des espaces de coopération.
Pour les régions ultrapériphériques, il s’agira de s’inscrire dans les objectifs de coopération territoriale en privilégiant une politique de développement articulée avec les pays des zones géographiques respectives (Caraïbes et Océan Indien).
A - La coopération sur le territoire métropolitain
Qu’il s’agisse de coopération transfrontalière, transnationale ou interrégionale il est impératif d’intégrer dans la mise en œuvre des programmes, à côté de l’assistance technique, des dispositifs d’ingénierie territoriale, qui interviennent en amont pour susciter et aider à construire des projets à fort impact territorial et forte valeur ajoutée européenne. Le renforcement des stratégies d’intervention l’exige pour permettre d’entraîner des acteurs et publics cibles dont le rôle est déterminant mais qui sont souvent absents des processus actuels (par exemple en matière de développement économique au profit des réseaux de PME et d’innovation – RDT).
Par ailleurs il convient de rechercher une meilleure articulation entre les coopérations transfrontalières et transnationales notamment dans des domaines où l’échelle d’intervention dépasse les actions de proximité : c’est notamment le cas pour les actions dans le domaine maritime, dans celui de la prévention des risques naturels et technologiques, ou bien encore en matière de réseaux de RDT. Cette articulation suppose également de veiller à la cohérence entre les politiques et outils d’intervention nationaux, régionaux et locaux (par exemple en matière de projets métropolitains ou de massifs). Elle nécessite l’élaboration de stratégies territoriales communes entre les acteurs, préalables indispensables à l’identification de projets à forte valeur ajoutée européenne et à fort impact territorial.
La question des transports et de la mobilité renvoie également à une demande forte du partenariat français. En terme de réalisation, le réalisme s’impose du fait de l’enveloppe financière des programmes, mais dans tous les cas les programmes favoriseront des réflexions communes alimentant les stratégies à conduire  (études et gestion des flux, rapprochement et amélioration de dispositifs existants, prise en compte des impacts territoriaux, sécurisation etc.,..).
La valorisation et l’utilisation appropriée des TIC, tous types d’actions confondus, sont des éléments transversaux qui semblent maintenant bien intégrés dans les priorités d’intervention.
Enfin, d’une manière générale, un effort important en terme de communication et de valorisation des stratégies d’intervention doit être réalisé. Il doit s’accompagner d’actions de capitalisation afin de tirer partie des démarches les plus significatives.
En lien avec les stratégies de communication, le partenariat devra rechercher toutes les voies pour améliorer les dispositifs de gestion et de simplification pour les porteurs de projet. Ainsi la constitution de structures uniques de gestion sur la base d’instruments juridiques de coopération territoriale, soit issus de traités bilatéraux, soit dans le cadre du règlement GECT (groupement européen de coopération territoriale), constitue une évolution positive. Dans tous les cas des efforts sont à réaliser pour améliorer, développer ou constituer réellement les secrétariats techniques communs, chevilles ouvrières des programmes.
1. La coopération transfrontalière
Les 10 programmes actuels présentent une grande variété de situations géographiques et économiques, et certains vont évoluer soit du fait d’un élargissement de l’espace concerné (cas franco-britannique) soit d’une fusion (frontière franco-allemande, frontière France/Belgique/Luxembourg/Allemagne) susceptible de renforcer les synergies de part et d’autre de la frontière (cf. liste au chapitre IV ).
Au delà des priorités d’intervention qui découlent notamment des caractéristiques géographiques et du potentiel propre à chaque espace de coopération : territoires urbanisés, massifs, espaces maritimes et littoraux, bassins fluviaux, il est impératif d’optimiser les conditions d’un développement économique et social transfrontalier équilibré au bénéfice du marché du travail et des populations considérées.
Dans cet objectif, les partenaires rechercheront dans quelles conditions les projets de territoire à fort potentiel d’intégration (par exemple les agglomérations transfrontalières, les réseaux métropolitains, les communautés de montagne constituées en réseaux à l’échelle d’un massif) peuvent faire l’objet d’une attention particulière dans la future programmation. Ils constituent notamment un laboratoire pour des actions innovantes en matière de services à la population.
Pour l’ensemble des frontières la volonté de poursuivre et d’approfondir les actions en matière de coopération économique (innovation, aide aux PME transfrontalières, capital risque, développement des marchés du travail transfrontaliers), d’accessibilité, d’enseignement, d’éducation, d’échanges artistiques et culturels, de valorisation des ressources naturelles et du patrimoine culturel en lien avec l’économie touristique, s’exprime fortement. Toutefois il conviendra de rechercher là encore des actions ayant un impact significatif et de long terme plutôt que des actions ponctuelles. En la matière l’optimisation de réseaux existants par l’élargissement du partenariat, la capitalisation des expériences antérieures peut constituer une économie d’échelle pour une plus grande efficacité : ne pas refaire ce qui a déjà été fait, mais rebondir et progresser sur les acquis.
2. La coopération transnationale sur le territoire métropolitain
L’efficacité et la lisibilité des coopérations transnationales passent incontestablement par un effort accru de ciblage des priorités et la capacité du partenariat à s’entendre sur un petit nombre de projets à impact structurant et fédérateur. Cela reste un défi et dans cet perspective le recours à l’ingénierie territoriale (émergence de l’idée au sein du partenariat transnational, étude de faisabilité, repérage des acteurs et opérateurs clés, mise en réseau des compétences ad hoc, communication, faisabilité opérationnelle) constitue une voie de progrès.
Pour les cinq espaces de coopération considérés, un large consensus se dégage pour approfondir les thèmes prioritaires suivants :
l’innovation et la compétitivité par le soutien à la création et au développement de réseaux scientifiques et technologiques en optimisant pleinement le potentiel existant dans chaque zone, pour lesquels un effort considérable devra être réalisé eu égard aux faiblesses des programmes actuels ;
l’environnement et la gestion/prévention des risques naturels et technologiques pour lesquels le cadre transnational offre une réelle valeur ajoutée en lien avec les réalités géographiques (sécurité maritime sur les grands arcs maritimes, protection du trait côtier, gestion de l’eau et préventions des inondations à l’échelle de grands bassins fluviaux, gestion et prévention des risques naturels, cas particuliers des massifs, feux de forêts,…) ;
l’accessibilité et les transports qui demeurent des éléments clés pour aborder les stratégies territoriales à l’échelle des grands ensembles géographiques, notamment en matière d’inter modalité et d’inter opérabilité (corridors de développement, développement de la filière logistique,…). Si les moyens font défaut pour les investissements lourds, le travail de réflexion en commun sur l’accompagnement des grands réseaux (étude, prospective, observation, expérimentation) s’avère indispensable ;
de manière transversale le besoin s’exprime de croiser cette approche thématique par la poursuite et l’approfondissement des coopérations territoriales en réseau : villes, agglomérations, métropoles, réseaux universitaires, espaces ruraux et de faible densité. Un tel maillage constitue la toile de fond qui donne du sens à l’approche thématique prioritaire et permet d’inscrire des réalités telles que la maîtrise et la gestion des flux touristiques dans les espaces de montagne, le lien entre les pôles ruraux de développement, etc.
Enfin, bien que cette question relève d’un autre cadre réglementaire, la France reste attachée à ce qu’une bonne articulation soit trouvée avec l’instrument de voisinage et de partenariat (IEVP) destiné, notamment à favoriser les coopérations avec les rives Sud de la Méditerranée.
B - L’intégration régionale des régions d’outre-mer dans leur environnement
L’objectif poursuivi consiste à mieux intégrer les régions d’outre-mer dans leur espace géographique en réduisant les barrières qui limitent les possibilités d’échanges avec les pays de leur environnement. Ces régions sont situées à proximité de nombreux pays ACP et PMA en phase d’intégration, au sein de regroupements favorisés par la communauté internationale.
L’intégration régionale recouvre donc un champ large qui va de la coopération régionale bilatérale ou multilatérale à la promotion de secteurs économiques compétitifs en vue de favoriser et développer les échanges.
1. les coopérations transfrontalières et transnationales de la future politique de cohésion
Les deux espaces actuels de coopération « Caraïbes » et « Océan indien », ainsi que le nouvel espace « Guyane-Brésil Surinam » ont des caractéristiques communes qui les différencient des autres espaces : excentrés par rapport à leur continent d’appartenance.
Au-delà de la coopération transnationale, ces espaces bénéficient pour la première fois d’une éligibilité à la coopération transfrontalière pour encourager des coopérations en matière de protection conjointe des ressources naturelles, de prévention des risques ou encore d’accès aux réseaux de transport ou de gestion des déchets.
Le choix a été fait, pour les régions d’outre-mer, d’une fusion au sein d’un même programme des volets de coopération transfrontalière et transnationale dans les espaces Caraïbes et Océan indien, l’espace Guyane-Brésil-Surinam ayant seulement une vocation transfrontalière .
2. l’insertion économique des régions d’outre-mer
Elle constitue l’un des principaux enjeux de la coopération régionale entre les régions d’outre-mer et leurs partenaires d’une même zone et s'inscrit dans un cadre qui sera amené à évoluer dans les prochaines années. Il s’agit d’anticiper et d’accompagner ces évolutions.
Au terme de l’accord de Cotonou du 23 juin 2000, l’union européenne et les pays ACP ont convenu de conclure à l’horizon 2007, des accords de partenariat économique (APE) fondés sur un principe de réciprocité de la libéralisation des échanges et un principe d’asymétrie dans la mise en œuvre de cette réciprocité à partir du 1er janvier 2008. Toutefois, une certaine flexibilité sera recherchée pour ne pas déstabiliser les économies locales, à travers l’instauration d’un régime spécifique d’exonération des droits de douane et des taxes équivalentes dans les relations RUP et pays ACP ou la création d’un certificat de circulation ad hoc avec la mise en place de conventions régionales en matière de règles d’origine.
La coopération régionale s’inscrira dans un cadre global identifiant les domaines de coopération à privilégier ainsi que la stratégie à conduire.
La coopération régionale pourrait permettre d’encourager des priorités telles que :
Identifier et apporter un soutien aux projets de développement économique à vocation régionale dans les espaces géographiques d’appartenance, par exemple par des connexions de réseaux d’énergie ou de télécommunications, la promotion des entreprises des régions d’outre-mer dans l’espace régional.
Favoriser les échanges commerciaux par le recensement exhaustif des obstacles commerciaux, l’identification des complémentarités en matière de produits et de services en développant le partenariat d’entreprises ainsi que la valorisation des résultats obtenus dans un cadre régional.
Aider à la mise en place d’une complémentarité dans des domaines de coopération ciblés : formation dans les domaines techniques, recherche appliquée à des domaines spécialisés comme la biodiversité, les technologies de l’information et de la télécommunication, amélioration ou création des moyens de communication (infrastructures), la santé, la réservation des ressources la culture, la lutte contre les grands trafics, et la gestion des grands risques naturels.

Les initiatives devront être développées afin d’élargir l’espace naturel d’influence socio-économique et culturel des régions d’outre-mer. Elles ont en effet vocation à devenir les « têtes de pont » de l’Europe dans leur zone en s’appuyant sur les secteurs qui valorisent leurs atouts et leurs savoir-faire.
C - La coopération interrégionale
Cette coopération ouverte sur tout le territoire de l’UE, et qui sera possible tant en ce qui concerne les objectifs « Convergence » et « Compétitivité régionale et emploi » que le volet interrégional de l’objectif « Coopération territoriale européenne », répond à une demande forte des partenaires régionaux et locaux, tous thèmes confondus, en lien avec le développement et la compétitivité territoriale. Elle est conçue et envisagée pour enrichir les démarches et politiques territoriales, notamment en relation avec les pays de l’élargissement.
La coopération interrégionale européenne, dès lors qu’elle vise à l’amélioration et l’efficacité des politiques à finalité régionale, devrait beaucoup plus que par le passé jouer la capitalisation des résultats, les échanges d’expériences, l’élargissement des réseaux à l’œuvre, la pérennisation et le suivi des actions pour renforcer la diffusion et l’appropriation des bonnes pratiques.
A ce titre la participation active de la France dans la poursuite des réseaux européens tels que URBACT, INTERACT, et ORATE permet de tirer des enseignements des expériences et échanges européens et contribue à l’évolution des politiques territoriales.



IV- LA COORDINATION ET LE PILOTAGE DES INSTRUMENTS D’INTERVENTION
1 - Modalités de coordination entre les fonds structurel (FSE, FEDER) et les autres fonds européens (FEADER, FEP)
Chaque programme opérationnel ne bénéficie du financement que d’un seul fonds (FEDER ou FSE), dès lors il convient d’assurer leur articulation. Aussi au terme de l’article 33 du règlement général, « le FEDER et le FSE peuvent financer de façon complémentaire et dans la limite de 10% de chaque axe prioritaire d’un PO, les actions relevant du champ d’intervention de l’autre fonds pour autant qu’elles soient nécessaires au bon déroulement de l’opération ».
En ce qui concerne les projets intégrés de revitalisation urbaine financés au titre de l’article 8 du règlement FEDER, la possibilité d’intervenir jusqu’à hauteur de 15 % de l’enveloppe globale dans le champ d’éligibilité du FSE impose là aussi une bonne coordination entre les interventions des deux fonds et la recherche de synergies entre la déclinaison territoriale du volet « emploi » des programmes et ces projets de revitalisation urbaine. De même, le règlement FSE permet une intervention jusqu’à hauteur de 15% de l’enveloppe globale d’un axe d’un PO dans le champ d’éligibilité du FEDER pour ce qui concerne l’inclusion sociale.
Le FEADER interviendra dans le domaine du développement rural et notamment sur la formation, la diversification économique, l’environnement et la prévention des risques. Il est donc nécessaire de trouver des critères de démarcation entre les actions susceptibles de bénéficier du FEADER et celles qui pourront être financées par le FEDER et le FSE. La ligne de partage peut être réalisée en fonction de critères financiers (FEDER pour les projets structurants, par exemple), territoriaux (FEDER pour les zones périurbaines ou petites villes et FEADER pour les zones rurales), ou sectoriels…. Il s’agit cependant d’une compétence nationale que de fixer ces critères de démarcation.
Dans les régions ultrapériphériques, compte tenu de la particularité des enjeux, de la forte complémentarité entre les différents fonds et du faible nombre d’acteurs publics concernés, la réalisation d’une stratégie régionale intégrée commune à chaque programme sera encouragée. La coordination entre les fonds se traduira également par un souci d’intégration au niveau de la mise en œuvre effective des programmes (comités de programmation, comités de suivi, recours à Presage comme outil informatique unique, évaluation …).
Les interventions des différents fonds seront tout d’abord précisées au regard de la définition des mesures dans les règlements, des cadres stratégiques retenus pour chaque fond, et de la nécessaire valeur ajoutée communautaire.
Les programmes de développement rural et les programmes opérationnels pour les fonds structurels indiqueront clairement les champs de recouvrement existant. Ils préciseront les critères permettant de flécher les projets vers un fonds ou un autre.
Les éléments suivants pourront contribuer à définir une ligne de partage entre le FEDER et le FEADER :
Taille critique des projets ;
Caractère innovant du projet
Impact territorial du projet présenté (de niveau régional, départemental, intercommunal, local) ;
Type d’investissement ou type de bénéficiaire ;
Apport à l’objectif de cohésion territoriale au regard de situations particulières (par exemple zones périurbaines soumises à fortes pressions foncières, en particulier dans les métropoles régionales), compte tenu du ciblage stratégique du FEDER sur l’innovation et l’environnement.

Au moment de l’élaboration des programmes, une collaboration étroite entre les partenaires régionaux et locaux est particulièrement importante sur ce sujet, afin que les solutions retenues soient simples et opérationnelles et correspondent aux besoins spécifiques de développement de la région. Cette concertation préalable sera également nécessaire en vue de coordonner l’élaboration des stratégies régionales appuyées par chaque fonds.
Mécanismes et moyens de coordination
Une fois les critères de démarcation définis, un suivi sera nécessaire pour assurer une bonne gestion. Des échanges fréquents seront également nécessaires pour valoriser au mieux les complémentarités entre fonds.
Sur la base de l’expérience acquise dans les comités de suivi des DOCUP pluri fonds 2000-2006 et pour permettre un suivi global des programmes européens 2007-2013 au niveau de chaque région, il est proposé de constituer un comité régional de suivi commun pour le FEADER, le FEDER, le FSE.
Ce comité assurerait les fonctions des comités de suivi prévus par les règlements pour chacun des trois fonds, dans le respect des niveaux décisionnels liés à l’architecture de la programmation de chaque Fonds. Il permettrait de plus de :
présenter dans leur ensemble les interventions des différents Fonds européens pour le développement de la région (la gestion spécifique de chaque fonds étant examinée préalablement en comité technique) ;
débattre de la complémentarité et des lignes de partage entre les Fonds, pour adapter le cas échéant les documents de programmation validés par la Commission ;
mettre en lumière les approches innovantes (notamment en terme de partenariat ou de mise en œuvre) et des exemples de projets en vue d’échanges de bonnes pratiques.
Sur la base des critères prévus dans les documents de programmation, les services instructeurs établiront de quel fonds relève chaque projet. En cas de doute, ils se consulteront mutuellement.
L’articulation entre le volet compétitivité et le volet emploi est indispensable. La formation au service de la recherche et de l’innovation, la gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences dans l’entreprise, l’organisation du poste de travail, l’accueil dans l’entreprises de salariés « prioritaires », le développement de compétences dans le domaine du développement durable et des TIC, sont autant de pistes de travail à explorer pour un meilleure articulation FEDER/FSE. L’angle d’entrée peut être ici soit le territoire, soit le secteur ou la filière.
Le souci d’échanges d’information sur les différents Fonds sera également pris en compte dans la mise en œuvre des outils informatiques dédiées à la gestion des Fonds, en vue de permettre des synthèses sur les opérations soutenues dans la région et vérifier les risques de recoupement entre plusieurs Fonds.
2 - La gouvernance des programmes et des projets
Le partenariat avec les collectivités territoriales revêt une importance capitale et doit être poursuivi dans le cadre des nouvelles responsabilités qui leur incombent. Le partenariat porte sur la préparation et le suivi du cadre de référence stratégique national ainsi que sur la préparation, la mise en oeuvre, le suivi et l’évaluation des programmes opérationnels. Il nécessite d’associer chacun des partenaires appropriés, et notamment les régions, aux différents stades de la programmation.
Au niveau régional, une animation émanant des principaux partenaires du programme, notamment l’Etat et la Région, avec des relais de terrain, visera à appuyer l’ingénierie de projets. A la suite du diagnostic et des objectifs du programme opérationnel, les principaux projets soutenus seront si possible identifiés dès le démarrage du programme. Le soutien aux programmes et projets sera assuré dans une logique de coproduction. S’agissant des politiques urbaines, les agglomérations bénéficiaires seront sélectionnées par le partenariat régional au début du programme.
a) Modalités de gestion des programmes
La gestion actuelle des programmes régionaux de l’objectif 1 et 2 est assurée majoritairement par les préfets de région. Pour ce qui concerne le Fonds social européen deux programmes, Objectif 3 et Equal, sont actuellement gérés au plan national par le ministère de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement et sont largement déconcentrés (près de 80 % des montants). Par ailleurs plusieurs collectivités, en plus de l’Alsace pour l’objectif 2, sont autorités de gestion pour les programmes INTERREG et URBAN.
Au plan national, l’extension de la décentralisation des fonds structurels est conditionnée par l’article 44 de la loi du 13 août 2004 sur les libertés et responsabilités locales. Cet article précise qu’au vu du bilan de l’expérimentation établi au 31 décembre 2005 par les régions et les autres collectivités ayant la fonction d’autorité de gestion des fonds structurels des programmes 2000-2006, « le Gouvernement adresse au cours du premier semestre 2006 un rapport au Parlement portant sur l’ensemble des expérimentations afin de lui préciser les conditions législatives dans lesquelles la décentralisation de la gestion des fonds structurels européens sera pérennisée dans le cadre de prochaines perspectives financières de l’Union européenne ».
Le gouvernement a anticipé les échéances de la loi du 13 août 2004, en prévoyant une remontée des bilans du Conseil régional d’Alsace (qui est autorité de gestion pour l’objectif 2) et des autorités de gestion INTERREG et URBAN, en novembre 2005. Sur cette base sera préparé le rapport du gouvernement au Parlement, pour discussion au plus tard début 2006.
b) Presage
Les autorités françaises préparent d’ores et déjà l’évolution du dispositif PRESAGE, afin de pouvoir disposer d’un outil qui soit opérationnel dès le début de la nouvelle programmation.
A cette fin, une étude est actuellement en cours, avec pour but de définir le périmètre de PRESAGE pour la future génération de programmes.
L’objectif est d’avoir un outil unique de suivi intégrant l’ensemble des fonds. Les principes généraux de l’instrument sont reconduits pour la prochaine période, avec une évolution technique pour permettre une meilleure accessibilité du service.
Quelle que soient les modalités de mise en œuvre des fonds européens en région, PRESAGE pourra être utilisé par l’ensemble des autorités de gestion, de façon à pouvoir disposer de consolidations nationales. Ceci suppose préalablement de procéder aux adaptations nécessaires en fonction des besoins des autorités de gestion désignées, ceci en particulier pour le FSE.
Cet outil sera également utilisé pour les Contrats de plan, ce qui permettra de disposer de données communes entre les politiques française et européenne.
3 - L’évaluation et le suivi stratégique
a) Le suivi des PO et du CRSN
Comme pour l’actuelle génération de programmes, Présage sera l’outil de suivi des PO. Des travaux sont en cours pour améliorer la qualité des indicateurs de suivi et d’évaluation qu’il contient. L’enjeu est de définir un socle minimal d’indicateurs communs à toutes les régions, rendant possible un suivi régional efficace et une vision nationale de la mise en œuvre.
La qualité des indicateurs dépend de :
- leur pertinence au regard des priorités du programme
- la qualité de leur renseignement par les agents
- leur capacité à être exploité pour l’analyse
Une part des recommandations est fournie par les résultats de l’évaluation, situant ainsi la définition des indicateurs dans la logique de leurs utilisateurs finaux : les résultats de l’évaluation intermédiaire des actuels programmes mais également ceux de l’évaluation ex ante des futurs programmes, moment clé de la quantification et de la qualification des objectifs par des indicateurs pertinents.
Une autre source d’indicateurs est fournie par le ciblage des opérations prioritaires au regard de la stratégie de Lisbonne, établi par la Commission européenne (« earmarking »).
Enfin fixer des objectifs quantifiés de suivi de la mise en œuvre du CRSN à travers les PO sera un moyen de suivre les dépenses à consacrer à la stratégie de Lisbonne ou encore la part respective des priorités thématiques et territoriales.
Ces indicateurs de suivi plus spécifiques au suivi du CRSN se fonderont sur les recommandations du groupe de travail sur la territorialisation des indicateurs de développement durable et notamment les indicateurs de développement durable du processus de Lisbonne-Göteborg, y compris leur déclinaison régionale et territoriale. S’agissant des thématiques traitées par le FSE, ils comprendront les indicateurs en matière d’emploi et d’inclusion liés à la stratégie européenne de Lisbonne révisée et à sa déclinaison nationale.
Le suivi du CRSN sera articulé avec les rapports tous les 3 ans de l’Observatoire des territoires mis en œuvre par la DIACT, et avec les travaux de l’observatoire européen ORATE, afin de contribuer, au travers du rapport annuel sur le Plan national de réforme, et du rapport triennal sur la politique de cohésion, au suivi de cette politique par le Conseil européen.
Des recommandations et des aides seront fournies aux partenaires nationaux et régionaux courant 2006 pour les accompagner dans le paramétrage de l’outil Présage.
b) L’évaluation des PO
Les PO seront également évalués régulièrement, selon le rythme prévu par les projets de règlements communautaires.
Le premier exercice sera l’évaluation ex ante des PO. Il vise à établir si le projet de stratégie en cours d’élaboration pour le PO répond aux constats faits dans le diagnostic territorial préalable. Il constitue un moyen d’améliorer la qualité des programmes pendant leur phase de rédaction.
Chaque PO fait l’objet d’une évaluation ex ante. Les éléments à prendre en compte en phase d’évaluation ex ante du PO sont les suivants : les résultats des évaluations des programmes précédents au moment de la rédaction du nouveau programme, la qualité du diagnostic stratégique, la pertinence et la cohérence du programme, les effets attendus, les dispositions prises pour piloter, animer, évaluer le programme.
4 - Additionnalité pour les régions de la convergence
En ce qui concerne le respect du principe d'additionnalité pour les régions de la convergence, les autorités françaises s'engagent à transmettre les éléments permettant sa vérification, au plus tard lors de la transmission des programmes opérationnels aux services de la Commission européenne.
V- Les programmes opérationnels de la politique de cohésion
1 – Des programmes ciblés sur la stratégie de Lisbonne et resserrés sur un nombre limité de priorités
Le cadre de référence stratégique national doit laisser ouverte une liste de priorités de manière à permettre au partenariat régional d’opérer les choix les mieux adaptés à des stratégies de développement différenciées entre les régions.
Néanmoins, les dépenses de cohésion contribuant à la stratégie de Lisbonne doivent être clairement identifiées à travers l’introduction d’une proportion minimale à affecter dans chaque programme opérationnel.
Ainsi 60% des montants inscrits sur les programmes « convergence » et 75% des montants inscrits sur les programmes « compétitivité régionale et emploi » devront être affectées à des actions contribuant directement à la mise en œuvre de la stratégie de Lisbonne. Le ciblage s’effectuera sur la base des montants moyens par programme sur 2007-2013 et fera l’objet d’un suivi spécifique, à travers le renseignement, dans l’exercice du rapport annuel d’exécution, des catégories de dépenses déterminées par le règlement de la Commission relatif à l’exécution des programmes.
De plus, le suivi par programme opérationnel permettra, au niveau national, de rendre compte de l’état d’avancement du ciblage dans le cadre du programme national de réforme, objet d’un examen annuel de la Commission en vue de l’élaboration de son rapport de progrès au Conseil européen de printemps et au Parlement.
Dans ce contexte, il est de la responsabilité du cadre de référence stratégique national de fixer des orientations nationales afin de cibler les crédits européens vers les priorités définies par les Etats membres de l’Union européenne. Aussi, les lignes directrices intégrées portant sur l’innovation et la recherche, la promotion des énergies renouvelables et des technologies propres, le développement d’un environnement favorable aux entreprises, l’investissement dans le capital humain, doivent être au centre des priorités des futurs programmes opérationnels.
Ces orientations s’appuient sur les trois types de modalités suivantes :
Les thématiques d’action et d’objectifs renvoyant à la stratégie de Lisbonne, aux orientations stratégiques communautaires pour la cohésion et aux règlements
Le caractère intégré, structurant et porteur de développement local des projets qui laisse plus de liberté dans la nature des actions éligibles et doit répondre aux préoccupations des territoires « cœur de cible » de la politique de cohésion, cumulant les handicaps géographiques et socio-économiques les plus importants (ZUS, ZRR…). En effet l’approche thématique sous-tendue par les fonds communautaires doit pouvoir s’appliquer aux volets d’intervention territoriaux. Les projets de territoires devraient être basés sur des diagnostics comprenant une analyse des politiques publiques, la définition d’échelles territoriales pertinentes, la définition du potentiel d’un territoire à maintenir ou développer des activités génératrices d’emplois durables et de qualité.
La recherche d’une concentration thématique accrue qui conduit à financer plus fortement un nombre de projets limités.

S’agissant du « Volet emploi », l’intervention du Fonds social européen devra être concentrée sur les priorités retenues par la présente stratégie, en prenant en compte les contextes socio-économiques des territoires et les besoins recensés par les partenaires de l’emploi et de la formation aux plans national, régional et local.
2 – Une exigence de sélectivité des opérations dans les programmes opérationnels
Dans un contexte de maîtrise des dépenses publiques aux plans communautaire comme national, et face à la nécessité d’optimiser l’utilisation des fonds et leur contribution aux objectifs de Lisbonne-Göteborg, les partenaires doivent fixer dans leurs programmes opérationnels des critères et des objectifs communs pour sélectionner les projets.
Ces critères et objectifs de sélectivité seront définis sur la base des orientations et du mode opératoire fixés par le cadre de référence stratégique national (cf. supra), à partir des priorités stratégiques qui constitueront le cœur de cible des futurs programmes.
Le principe de « valeur ajoutée communautaire » auquel tout projet doit répondre, vise à retenir des projets dont le soutien communautaire constitue une condition d’éclosion et de réalisation. Les fonds européens ne peuvent pas se substituer aux fonds nationaux existants, et n’ont pas vocation, par exemple, à assurer des financements récurrents et habituels de fonctionnement de structure.
La procédure des appels à projets devra ainsi être privilégiée, dans certains domaines, par exemple sur la thématique urbaine. De même, dans les domaines tels que la recherche et l’innovation, il est important de veiller à la concrétisation des idées par « l’injection » d’expertise, d’ingénierie et d’animation.
Dans le champ des interventions que définiront les programmes opérationnels, les critères de sélectivité qui devront figurer dans les programmes opérationnels s’appuieront sur les points suivants :
a) sur la valeur ajoutée communautaire :
La logique de projet (stratégie, objectifs, moyens, résultats), la capacité d’animation et le partenariat réuni autour du projet.
L’effet levier du projet, sa capacité à attirer d’autres sources de financement. A ce titre, les actions collectives seront à privilégier par leur capacité à mutualiser des petits projets et à éviter le saupoudrage.
Le caractère innovant et transférable du projet, assis sur des évaluations environnementales
L’articulation des fonds FEDER, FSE, FEADER
La dimension réellement transfrontalière ou transnationale dans le cas de la coopération européenne
b) sur le caractère intégré des objectifs :
L’équité et les solidarités territoriales.
L’effet levier pour l’emploi et la cohésion sociale.
Le caractère anticipatif des opérations sur les problématiques de mutations économiques, sociales, et environnementales
Le développement durable : les actions financées par les Fonds Structurels doivent s’inscrire dans une perspective de développement durable, en considérant notamment la SNDD comme une référence. Les entités territoriales dotées des instruments stratégiques appropriés et répondant aux exigences du cadre de référence pour les projets territoriaux de développement durable en cours de validation interministérielle (par exemple agendas 21, chartes de pays, chartes de parcs naturels régionaux, plans climats territoriaux, projets d’agglomération, contrats de ville…) accéderont prioritairement aux fonds.
Il conviendra en outre de fixer des seuils d’intervention notamment en ce qui concerne le volet urbain et d’identifier les territoires « cœur de cible » pour certaines thématiques jugées prioritaires par le partenariat.
Dans les départements d’outre-mer un appel à projet à l’échelle régionale sera lancé afin de sélectionner des projets de développement urbain porté par les maires. Le projet urbain aura pour objectifs prioritaires :
lutte contre les quartiers spontanés, insalubres et le mitage urbain
recherche de densification des zones agglomérées
création de quartier de mixité sociale et urbaine
lutte contre les risques majeurs, les risques sismiques et cycloniques
3 - Cadrage des programmes opérationnels
Au sujet des programmes opérationnels concernant uniquement la France, les autorités françaises envisagent de proposer les programmes suivants :
a) Convergence
Pour la Convergence, 8 programmes opérationnels régionaux sont proposés : 4 programmes pour le FEDER et 4 programmes pour le FSE.
b) Compétitivité régionale et emploi
Pour la Compétitivité régionale et l’emploi, sont proposés 22 programmes opérationnels régionaux FEDER et au moins 1 programme opérationnel national pour le FSE.
En outre, 2 programmes nationaux sont prévus au titre de l’assistance technique nationale
1 Programme opérationnel national FSE intégrant l’animation du « volet emploi » des programmes Convergence et Compétitivité régionale et emploi ainsi que celle des actions innovantes, transnationales et interrégionales
1 Programme opérationnel national FEDER coordonnant l’animation des 3 objectifs et le développement de la gestion informatique (PRESAGE)
A l’échelle interrégionale, quelques programmes plurirégionaux FEDER sont prévus pour les massifs de montagne.

c) Coopérations européennes
Pour ce qui est de la coopération territoriale européenne, les autorités françaises proposent, sous réserve de l’accord de leurs partenaires, les programmes suivants :
Coopération transfrontalière :
France / Espagne, en incluant la Principauté d’Andorre
France / Italie, en incluant la Principauté de Monaco
France / Suisse
France / Allemagne : Rhin supérieur (fusion de PAMINA et Centre Sud – Rhin Supérieur)
France / Allemagne / Belgique / Luxembourg : Grande Région (fusion Sarre/Lorraine/Rhénanie/Palatinat et Wallonie/Luxembour/Lorraine)
France / Belgique
France / Italie
France / Italie / îles

Programme en cours d’élargissement :
France/Royaume Uni, élargissement à 2 régions et 5 départements : soit maintien d’un seul programme, soit séparation en deux si les Flandres, les provinces néerlandaises et les comtés de l’Est anglais intègrent dans un nouveau programme le Nord Pas de Calais.

Coopération transnationale :
Cinq programmes :
Europe du Nord Ouest
Espace Atlantique
Sud Ouest européen
Espace Alpin
Méditerranée

Coopération dans les zones Caraïbes et Océan Indien
Espace Caraïbes (Antilles, Guyane)
Espace océan indien (La Réunion)
Pour ces deux espaces il est proposé de fusionner les volets de coopération
Espace Amazonie (Guyane, Brésil Surinam)
Cet espace de coopération transfrontalière fait encore l’objet d’une concertation



4 – Contenu des programmes opérationnels

Annexes
1 Evolutions de la population et du PIB des régions métropolitaines de 1990 à 2003 3
2 Evolution de la population (90-04) et de la production (93-01) des régions d’outre-mer et de la métropole (Source : INSEE) 4
3 Variation de l’emploi et des emplois métropolitains supérieurs des régions 5
4 Population et emploi par type de territoire (1990-1999). 6
5 Taux d’activité d’emploi et taux de chômage des régions 7
6 Contributions des régions aux dépenses intérieures totales de R&D (DIRD) 8
7 Parts prises par les régions françaises dans le positionnement européen de la France en 1995 et 2001 - Tous champs scientifiques et technologiques confondus. 9
8 Evolution relative du PIB par habitant de 1993 à 2001 10
9 PIB par habitant et le revenu brut (RDB) des ménages par habitant en 2000 11
10 Modalité de la concertation pour l’élaboration du cadre de référence stratégique national
12
11 Modalités de la concertation pour l’élaboration du « volet emploi » du Cadre stratégique de référence national 13
12 Principales références pour l’intervention du Fonds social européen 2007-2013 14
13 L’articulation des fonds structurels avec le FEADER et le FP (extraits du PSN pour le développement rural) 18
14 Contributions régionales au cadre de référence stratégiques national 23
Document 1 Thèmes issus des contributions
Document 2 Analyse des régions ultrapériphériques
Document 3 Synthèse des contributions relatives aux massifs
Document 4 Correspondance OSC / contributions régionales / politiques nationales
Document 5 Synthèse des contributions relatives à la coopération territoriale européenne
Document 6 correspondance OSC / FSE / FEDER
Document 7 OSC / Volet Emploi du CRSN


Faire référence au document de travail sur la mobilisation des fonds structurels européens pour la compétitivité des territoires par les technologies de l’information
Faire référence aux rapports des Groupes de travail nationaux
Cadre de cohérences stratégiques pour 2007-2013

Stratégie de Lisbonne révisée et
Lignes directrices 2005-2008Programme national de réformeRecommandations à la France
du Conseil au Pnae 2004Règlement 2007-2013
Fonds social européen
Axes du CRSN « Emploi »Orientations stratégiques communautaires 2007-2013LD 17 : Appliquer des politiques de l’emploi visant à atteindre le plein emploi, la qualité et la productivité au travail et à renforcer la cohésion sociale et territorialePriorité 2 
Améliorer la capacité d’adaptation des travailleurs et des entreprises
- LD 21 : Concilier flexibilité et sécurité de l’emploi et réduire la segmentation du marché du travail, tenant compte du rôle des partenaires sociaux
- LD 22 : Assurer une évolution des salaires et des autres coûts du travail qui soit favorable à l’emploi
Améliorer le
Fonctionnement du marché du travail (2.3)1 - Améliorer l'adaptation des travailleurs et des entreprises
- faciliter la transition vers l'emploi permanent ; rester et progresser sur le marché du travail;
- système d'anticipation et de gestion des restructurations;
- + de création de PME et évaluation du nombre de nouvelles entreprises.Axe 1
Augmenter la capacité d’adaptation des travailleurs et des entreprisesOrientation 3 : Des emplois plus nombreux et de meilleure qualité
Améliorer la capacité des travailleurs et des entreprises et accroître la flexibilité sur le marché du travail
Orientation 2 : Améliorer la connaissance et l’innovation, facteurs de croissance
Faciliter l’innovation et encourager la création d’entreprises
France : anticipation et gestion des restructurations, création d’entreprise et vieillissement actifPriorité 1
Attirer un plus grand nombre de personnes sur le marché du travail et moderniser les systèmes de protection sociale
- LD 18 : Promouvoir une approche fondée sur le cycle de vie au travail
- LD 19  : Créer des marchés du travail inclusifs qui favorisent l’insertion des demandeurs d’emploi et des personnes défavorisées
- L- LD 20 : Améliorer la réponse aux besoins du marché du travail
Favoriser le retour à l'emploi (2.2.)
Travailler pour plus de croissance (2.5)
Développer l'emploi (2.1)2 – Davantage de personnes sur le marché du travail et faire du travail une véritable option pour tous
- Stratégie globale de vieillissement actif : adaptation des conditions de travail, meilleur accès à la formation, et réduction résolue des retraites anticipées ;
- Coordination des services de l’emploi pour une offre personnalisée ; passerelles vers l’emploi et la formation pour les jeunes au chômage et les immigrants, notamment les femmes
- Evaluation de la réforme du système d’assurance chômage accompagnée d’une procédure efficace de recherche d’emploi Axe 2
Améliorer l’accès à l’emploi des demandeurs d’emploi, la prévention du chômage, le prolongement de la vie active, la participation des femmes et des migrants au marché du travail
Axe 3
Renforcer l’inclusion sociale et lutter contre la discriminationOrientation 3 : Des emplois plus nombreux et de meilleure qualité
Attirer et retenir un plus grand nombre de personnes sur le marché du travail
France : efficacité du SPE, réduction de l’échec scolaire et amélioration de l’accès aux apprentissages
Orientation 2 : Améliorer la connaissance et l’innovation, facteurs de croissance
Améliorer l’accès aux financements
France : réduction des inégalités territoriales, intégration des migrants et insertion des handicapésPriorité 3
Investir davantage dans le capital humain par l’amélioration de l’éducation et des compétences
- LD 23  : Améliorer et accroître l’investissement dans le capital humain
- LD 24 : Adapter les systèmes d’éducation et de formation aux nouveaux besoins en matière d’emploi
Veiller à l'insertion professionnelle des jeunes (2.4)3 - Investir dans le capital humain et l'éducation et la formation tout au long de la vie
- augmentation de la population participant aux actions de formation, en particulier les travailleurs peu qualifiés et au personnel des PME;
- réduire les sorties précoces du système scolaire; faciliter un accès plus large à l'apprentissage.Axe 4
Investir dans le capital humain

Orientation 3 : Des emplois plus nombreux et de meilleure qualité
Investir dans le capital humain en améliorant l’éducation et les compétencesBonne gouvernanceBonne gouvernanceAxe 5
Promouvoir les partenariats et la mise en réseau d’acteurs à tous les niveaux pour l’emploi et l’inclusion
Axe 6
Poursuivre innovations, transnationalités et interrégionalités

 Les régions d’outre-mer désignent dans ce document les RUP françaises au sens de l’article 299-2 du traité.
 Indicateur du chômage et non taux de chômage au sens du BIT
 Pour une analyse plus détaillée, se référer au rapport de l’Observatoire des Territoires ; les analyses utilisées ici pour rendre compte des dynamiques et des disparités régionales proviennent pour l’essentiel de ce rapport.

 Les compétences scientifiques et techniques  en lien avec les technologies à l’horizon 2005 Observatoire des sciences et techniques - octobre 2003
 ORATE-2004 (Transport services and networks: territorial trends and basic supply of infrastructure for territorial cohesion, University of Tours, ESPON project 1.2.1, September 2004 : www.espon.lu).
 Insee, Note de conjoncture, décembre 2005.
 Eurostat, Enquête européenne sur les forces de travail. Principaux résultats 2004, septembre 2005.
 Dares, Le marché du travail en décembre 2005, PIPS n°06.1, février 2006.
 Eurostat, Euro-indicateurs, Communiqué de presse, 1er février 2006. Les taux de chômage des pays européens calculés selon la définition du BIT sont fondés sur les données de l'enquête communautaire annuelle sur les forces de travail. Ces résultats sont extrapolés en données mensuelles à partir d'enquêtes trimestrielles nationales sur le chômage enregistré. Les taux estimés par les organismes internationaux peuvent différer des taux de chômage nationaux, du fait de différences dans les méthodes de calcul. Pour la France, la différence par rapport au taux publié en première page s'explique par la différence de champ (DOM) et par une différence de définition.
 Dares, Les tensions sur le marché du travail entre avril 2005 et septembre 2005, n°02.1, janvier 2006.
 Drees, Les allocataires de minima sociaux en 2004, Études et Résultats n°447, novembre 2005.
 Arnault S., « Le sous emploi concerne 1,2 million de personnes », Insee Première n°1046, octobre 2005. Le sous-emploi, tel que défini ici, regroupe l’ensemble des personnes travaillant à temps partiel, souhaitant travailler davantage, disponibles pour le faire, et cherchant ou non un autre travail.
 Voir graphiques sur le population et emploi par type de territoire (1990-1999) en annexe 4.

 Voir graphique sur l’évolution relative du PIB par habitant de 1993 à 2001 en annexe 8
 Communication de la Commission COM(2004) 343 du 26 mai 2004
 Programme-cadre pour la recherche et le développement technologique et Programme-cadre pour la compétitivité et l'innovation.









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