lacartographie - Enseignons.be
Calcul de pente, en %, sur carte topographique ..... Le terme de gisement est
quant à lui, plutôt utilisé en navigation pour désigner l'angle que fait la direction
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L A C A R T O G R A P H I E
S U I T E E T F I N D U D O S S I E R
PARTIE I :
..LHISTOIRE DES CARTES
(« Des cartes
depuis quand ? »)
PARTIE II :
.LES TECHNIQUES DE CARTOGRAPHIE
(« Comment réalise-t-on une carte ? »)
PARTIE III :
CARTES DU MONDE : LES PROJECTIONS CARTOGRAPHIQUES
(« Comment réaliser une carte du Monde entier ? »
PARTIE IV :
TYPES DE CARTES
(« une carte, pour qui et pour faire quoi ? » )
PARTIE V :
.EXERCICES DAPPLICATION
PARTIE VI :
ANNEXES PEDAGOGIQUES
PARTIE IV : une carte, pour qui et
pour faire quoi ?
Les réponses à cette question sont multiples et leur contenu révèle souvent des intentions
pas toujours très
avouables.
Rappelons-nous que les cartes nexistèrent dabord quen nombre (très) limité et furent réservées à lusage exclusif de lélite qui dirigeait le pays.
Une première réponse possible est donc :
a) DES CARTES POUR
MARQUER SON TERRITOIRE
Notre cours dhistoire nous montre à satiété que les êtres humains se sont continuellement livrés à des batailles dont le but final était de sapproprier le territoire du voisin.
Et après la victoire, il fallait mettre en évidence les nouvelles limites du territoire agrandi.
Le tracé des frontières a donc fourni un travail important (car sans cesse recommencé) aux cartographes des siècles passés.
INCLUDEPICTURE "http://storage.canalblog.com/54/29/351412/17849593_p.jpg" \* MERGEFORMATINET INCLUDEPICTURE "http://2.bp.blogspot.com/_4i1DLYvJoeQ/SGfnuo2uk4I/AAAAAAAABck/f9umjWK-daA/s400/vacances+d+%C3%A9t%C3%A9+108.jpg" \* MERGEFORMATINET
Sur le terrain, les frontières sont matérialisées par un objet, le plus souvent une borne de pierre gravée : dune fleur de lys pour le Royaume de France, par exemple ; et la position de toutes ces bornes est consciencieusement reportée sur les cartes.
Mais la frontière peut prendre une allure beaucoup plus austère ; comme celle qui sépare les deux Corée (elle na rien à envier au « rideau de fer » qui séparait, il y a à peine plus de 20 ans, les deux Allemagne) :
INCLUDEPICTURE "http://www.tdg.ch/files/imagecache/468x312/newsdesk/25052010/e33d9c2.JPG" \* MERGEFORMATINET INCLUDEPICTURE "http://www.baronbaron.com/coree/nd-Frontiere-2.jpg" \* MERGEFORMATINET
b) DES CARTES POUR
FAIRE LA GUERRE
INCLUDEPICTURE "http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/784/Fouquescourt.gif" \* MERGEFORMATINET
Voici un extrait de carte, datant de la guerre 14-18 : elle montre, en bleu les tranchées britanniques et, en rouge, les tranchées allemandes.
Y figurent aussi les noms des bataillons en présence.
La flèche indique la direction dun assaut allemand et les deux traits noirs les limites latérales de ce dernier : on devinera aisément que lobjectif de lattaque est la conquête du village.
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INCLUDEPICTURE "http://omahabeach.vierville.free.fr/6juin44Viervil4/Photos11-611-21-31/1847-SB_CarteAllemande.jpg" \* MERGEFORMATINET
Cet autre document date lui du second conflit mondial.
Il montre une partie des défenses du célèbre « mur de lAtlantique », le long de la côte normande.
Les ronds jaunes donnent la position des nids de mitrailleuses et les arcs de cercle rouges indiquent le secteur placé à portée de tir dune batterie dartillerie, basée dans larrière-pays.
c) DES CARTES POUR
ETABLIR LA DECOUVERTE DE « NOUVELLES TERRES »
Le but paraît plus noble mais lexploration ne fut-elle pas aussi une forme de conquête ?
Christophe Colomb na-t-il pas traversé lAtlantique et pris possession de nouvelles terres
« au nom du Roi dEspagne » ?
Citons ici lexemple de lexplorateur anglais James Cook INCLUDEPICTURE "http://img.over-blog.com/244x330/0/46/56/78/cook.jpg" \* MERGEFORMATINET
qui, grâce à ses trois voyages autour du monde, contribua à une meilleure connaissance de lOcéan Pacifique :
INCLUDEPICTURE "http://www.voyage-australie-nz.com/media/images/divers/normal/cook-3-voyage.png" \* MERGEFORMATINET
La carte quil dressa de la Nouvelle-Zélande était si parfaite quelle servit, telle quelle, pendant plus dun siècle :
INCLUDEPICTURE "http://libweb5.princeton.edu/visual_materials/maps/websites/pacific/cook1/map-new%20zealand-cook-1784-thumb.jpg" \* MERGEFORMATINET
Mais venons-en à des aspects plus positifs et constructifs des cartes
d) DES CARTES POUR
LOCALISER
Toute carte représente une portion despace géographique, ainsi que son « contenu », pour lequel on marque un certain intérêt, une certaine curiosité
Il est question ici de localiser, cest-à-dire davoir la position géographique exacte dun élément qui mérite dêtre étudié.
La géographie mathématique joue ici à plein son rôle puisque localiser ne se fera que par rapport à des repères pré-établis.
Dans notre exemple, il sagira dun réseau (bien serré) de méridiens et de parallèles.
INCLUDEPICTURE "http://www.ec.gc.ca/glaces-ice/2E32310A-CD6B-4530-A0D3-ACE1C2ACD27B/Untitled-1%20copy.jpg" \* MERGEFORMATINET
Voici donc une carte dont lobjectif est la localisation des icebergs dans lAtlantique Nord, au large du Labrador.
Elle est destinée à tous les bateaux, cargos, chalutiers
qui naviguent dans cette région du monde (et qui nont pas envie dy finir comme le Titanic).
Le trait plein et noir encercle létendue estimée de la « population » dicebergs, en fonction de la reconnaissance la plus récente.
Les chiffres représentent le nombre total dicebergs repérés à lintérieur dune région de un degré de latitude par un degré de longitude.
e) DES CARTES POUR
COMMUNIQUER
Voici loccasion dexpliquer ce quest une anamorphose.
Notre carte apparaît à première vue très déformée : cela ne devrait pourtant pas nous choquer outre mesure puisque nous savons déjà quaucune carte nest parfaite.
Il sagit ici de montrer les principales villes de France, non plus selon leur position géographique exacte mais plutôt en fonction dun autre critère qui est ici le temps de parcours : voyez léchelle, qui ne sexprime pas en kilomètres mais bien en heures !
Deux villes peuvent être très éloignées lune de lautre dans lespace mais, si lon établit entre elles une communication telle quune ligne de TGV, ce ne sont plus vraiment les distances quil faudra considérer en premier, mais bien plutôt les durées de parcours.
INCLUDEPICTURE "http://1ber.free.fr/Ensgmnt/Cartes/SNCF.jpg" \* MERGEFORMATINET
Limpact du réseau TGV est ici manifeste : voyez comme Lille, Lyon et même Marseille sont devenues « proches » de Paris.
Pour la SNCF, il sagit ici de communiquer à ses clients une nouvelle « vision » de la France et cette anamorphose constitue en outre une véritable affiche publicitaire pour le réseau TGV.
f) DES CARTES POUR
COMPRENDRE
INCLUDEPICTURE "http://www.astrosurf.com/luxorion/Physique/meteo-synopique-25avril86-12z-europe.gif" \* MERGEFORMATINET
Le 26 avril 1986, lEurope tremble : elle vient dapprendre la terrible catastrophe qui a frappé Tchernobyl.
LEurope tremble car on sait maintenant quun nuage radioactif sest échappé de la centrale nucléaire et menace de sétendre sur tout le continent.
Ce jour-là (et les suivants aussi !) les cartes météorologiques nont pas servi à situer les zones de beau ou de mauvais temps : tout le monde sest focalisé sur la direction et la vitesse des vents afin de comprendre qui (et pourquoi ) allait « déguster » de liode radioactif.
Car cest uniquement la position et la « puissance » respective des cyclones et anticyclones qui ont décidé du sort du nuage.
Ce sont les vents qui ont assuré la dispersion des particules radioactives : ils soufflent en effet depuis les hautes pressions vers les basses pressions et ce dautant plus rapidement que le gradient de pression est important.
g) DES CARTES POUR
AGIR
Dans un petit pays comme la Belgique, on ne peut plus parler despace (réellement) naturel, voire même « sauvage », même si lon continue duser dexpressions telles que « réserve naturelle » ou « parc naturel ».
Ceci pour la simple raison que notre territoire a connu (et subi !) des millénaires doccupation humaine et que, par conséquent, aucune parcelle na échappé depuis au déboisement, à la construction, à la mise en culture, à lexploitation du sous-sol
Aujourdhui, il est plutôt question de gérer au mieux ce patrimoine territorial : cest ici quinterviennent les plans de secteur.
INCLUDEPICTURE "http://users.skynet.be/fb179055/plandesecteur.jpg" \* MERGEFORMATINET
Un Plan de Secteur est un document cartographique reprenant toutes les parcelles de terrain, spécialement légendées, en fonction de leur affectation.
Les affectations destinées à lurbanisation (les espaces bâtis) sont :
INCLUDEPICTURE "http://developpement-territorial.wallonie.be/Images/PDS/Affectations_habitat.gif" \* MERGEFORMATINET la zone dhabitat
INCLUDEPICTURE "http://developpement-territorial.wallonie.be/Images/PDS/Affectations_habitat_rural.gif" \* MERGEFORMATINET la zone dhabitat, mais à caractère rural
INCLUDEPICTURE "http://developpement-territorial.wallonie.be/Images/PDS/Affectations_services_publi.gif" \* MERGEFORMATINET la zone de services publics et déquipements communautaires
INCLUDEPICTURE "http://developpement-territorial.wallonie.be/Images/PDS/Affectations_CET.gif" \* MERGEFORMATINET la zone de centre d'enfouissement technique
INCLUDEPICTURE "http://developpement-territorial.wallonie.be/Images/PDS/Affectations_loisirs.gif" \* MERGEFORMATINET la zone de loisirs
INCLUDEPICTURE "http://developpement-territorial.wallonie.be/Images/PDS/Affectations_act_eco_mixte.gif" \* MERGEFORMATINET les zones dactivité économique mixte
INCLUDEPICTURE "http://developpement-territorial.wallonie.be/Images/PDS/Affectations_act_eco_indus.gif" \* MERGEFORMATINET les zones dactivité économique industrielle
INCLUDEPICTURE "http://developpement-territorial.wallonie.be/Images/PDS/Affectations_AE.gif" \* MERGEFORMATINET les zones dactivité économique spécifique, de type agro économique
INCLUDEPICTURE "http://developpement-territorial.wallonie.be/Images/PDS/Affectations_GD.gif" \* MERGEFORMATINET les zones dactivité économique spécifique, de type grande distribution
INCLUDEPICTURE "http://developpement-territorial.wallonie.be/Images/PDS/Affectations_extraction.gif" \* MERGEFORMATINET la zone dextraction
INCLUDEPICTURE "http://developpement-territorial.wallonie.be/Images/PDS/Affectations_amen_diff_indu.gif" \* MERGEFORMATINET la zone daménagement différé, mais à caractère industriel
Les affectations non destinées à lurbanisation sont :
INCLUDEPICTURE "http://developpement-territorial.wallonie.be/Images/PDS/Affectations_agricole.gif" \* MERGEFORMATINET la zone agricole
INCLUDEPICTURE "http://developpement-territorial.wallonie.be/Images/PDS/Affectations_forestiere.gif" \* MERGEFORMATINET la zone forestière
INCLUDEPICTURE "http://developpement-territorial.wallonie.be/Images/PDS/Affectations_espaces_verts.gif" \* MERGEFORMATINET la zone despaces verts
INCLUDEPICTURE "http://developpement-territorial.wallonie.be/Images/PDS/Affectations_naturelle.gif" \* MERGEFORMATINET la zone naturelle
INCLUDEPICTURE "http://developpement-territorial.wallonie.be/Images/PDS/Affectations_parc.gif" \* MERGEFORMATINET la zone de parc
Citons encore:
INCLUDEPICTURE "http://developpement-territorial.wallonie.be/Images/PDS/Affectations_zacc.gif" \* MERGEFORMATINET La zone daménagement communal concerté
Les terrains non affectés sont :
INCLUDEPICTURE "http://developpement-territorial.wallonie.be/Images/PDS/Affectations_blanc.gif" \* MERGEFORMATINET les domaines d infrastructures ferroviaires ou aéroportuaires et des ports autonomes
INCLUDEPICTURE "http://developpement-territorial.wallonie.be/Images/PDS/Affectations_gris.gif" \* MERGEFORMATINET les terrains ayant fait l'objet d'une annulation partielle du plan de secteur initial et pour
lesquels le plan de secteur n'a pas (encore) été rétabli
La Région wallonne est ainsi couverte par 23 plans de secteur, adoptés entre 1977 et 1987, dont les limites correspondent approximativement à celles des arrondissements.
Le document de base est une carte topographique, réalisée à léchelle 1 :10.000.
Là où une protection particulière se justifie, le plan de secteur peut en outre définir les périmètres suivants, en surimpression :
INCLUDEPICTURE "http://developpement-territorial.wallonie.be/Images/PDS/Perimetre_Point_de_vue.gif" \* MERGEFORMATINET point de vue remarquable
INCLUDEPICTURE "http://developpement-territorial.wallonie.be/Images/PDS/Perimetre_Liaison_ecologiqu.gif" \* MERGEFORMATINET liaison écologique
INCLUDEPICTURE "http://developpement-territorial.wallonie.be/Images/PDS/Perimetre_Interet_paysager.gif" \* MERGEFORMATINET intérêt paysager
INCLUDEPICTURE "http://developpement-territorial.wallonie.be/Images/PDS/Perimetre_Interet_culturel_.gif" \* MERGEFORMATINET dintérêt culturel, historique ou esthétique
INCLUDEPICTURE "http://developpement-territorial.wallonie.be/Images/PDS/Perimetre_Risque_naturel.gif" \* MERGEFORMATINET risque naturel prévisible ou de contrainte géotechnique majeure
INCLUDEPICTURE "http://developpement-territorial.wallonie.be/Images/PDS/Perimetre_Reservation.gif" \* MERGEFORMATINET réservation
INCLUDEPICTURE "http://developpement-territorial.wallonie.be/Images/PDS/Perimetre_Extension_extract.gif" \* MERGEFORMATINET extension (possible) de zones dextraction
L'objet principal dun plan de secteur est de définir les affectations du sol, afin d'assurer le développement des activités humaines de manière harmonieuse et d'éviter ainsi la consommation abusive d'espace.
Les plans de secteur ont valeur réglementaire : on ne peut y déroger que selon les procédures prévues par le Code wallon de l'Aménagement du territoire, de l'urbanisme et du patrimoine (CWATUP).
Depuis leur adoption, ils ont néanmoins fait lobjet de nombreuses révisions : le Gouvernement Wallon a en effet estimé nécessaire de les adapter pour y inscrire de nouveaux projets tels que routes, autoroutes, lignes électriques à haute tension, tracé de TGV, nouvelles zones d'activité économique, zones dextraction, etc
Les plans de secteur constituent donc un excellent outil danalyse, permettant de réfléchir avant dagir, dans le domaine de laménagement du territoire.
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PARTIE V : quelques exercices dapplication
EXERCICE 1
Détermination précise de la latitude (ou de la longitude) :
en degrés, minutes et secondes
Rappel préliminaire :
Lorsque nous devons partager un segment quelconque AB en n parties égales, nous procédons comme suit :
à partir dune extrémité du segment, on trace une droite quelconque : AC
on porte sur cette droite n unités de longueur ; soit AD = n unités
à partir du point D, on trace la droite DB
à partir des (n-1) autres points du segment AD, on trace des parallèles à DB
Toutes ces parallèles donnent avec AB des points dintersection régulièrement espacés : AB est bien divisé en n parties égales.
Nous pouvons appliquer cette méthode sur une carte, lorsquil faut par exemple, tracer un méridien (ou un parallèle) bien particulier, qui se situe entre deux autres.
Car, pour ne pas surcharger les cartes, les méridiens (ou parallèles) sont généralement tracés tous les 10, 15 ou même 20°.
Imaginons les méridiens de 25 et 30° Ouest qui apparaissant sur une carte comme deux traits verticaux et parallèles (projection de Mercator).
Sil fallait tracer le méridien de 27° ouest, il suffirait dappliquer la méthode décrite ci-dessus :
La méthode reste valable pour dautres échelles : il suffit de se rappeler que chaque degré de latitude (ou longitude) est divisé en 60 minutes et que chaque minute est elle-même divisée en 60 secondes.
Remarque :
Si maintenant la projection cartographique est conique et que, par conséquent, les deux méridiens sont obliques, il faudra appliquer deux fois la même méthode, sur deux parallèles AB voisins.
EXERCICE 2
Calcul de pente, en %, sur carte topographique
Soit une carte dressée à léchelle 1 : 75.000 où lon mesure un segment AB de 9mm entre la courbe de niveau des 260m et celle des 280m daltitude.
Que vaut la pente le long de ce segment AB ?
il faut tout dabord rechercher la distance (dite « cartographique ») qui sépare les points A et B : 9 x 75.000 = 675.000mm ou 675m
il faut ensuite calculer la dénivellation entre A et B, par une simple soustraction de leurs altitudes respectives: 280 260 = 20m
enfin, il faut, à laide dune règle de trois, ramener la dénivellation à une distance cartographique « standard » de 100 mètres, ce qui permettra dexprimer la réponse en % :
pour 675m de distance, la dénivellation est de 20m
pour 1m de distance, la dénivellation est 675 fois plus petite soit
20 : 675 = 0,0296296m
pour 100m de distance, la dénivellation est 100 fois plus grande que pour 1m, soit 0,0296296 x 100 = 2,96m
La pente vaut donc 3 % (en général, on arrondit la réponse finale)
EXERCICE 3
Conversion dunités de pente : degrés pourcents
Une pente sexprime en % : plus précisément, elle donne la dénivellation rapportée à une distance horizontale de 100 mètres.
Dire « une pente de 8% » revient donc à dire que lon monte (ou descend) de 8m au bout dune distance horizontale de 100m.
EMBED PBrush Remarquons donc :
a) que lon va en réalité parcourir AB, et non AC.
b) que AB fait avec AC un angle µ qui sera
dautant plus important que la pente sera
forte.
Nous gardons (trop) souvent à lesprit que 100% est un maximum, autrement dit, quil sagit dune valeur qui ne peut pas être dépassée.
Mais en fait, cela est faux ! Des valeurs supérieures à 100 % sont possibles, la preuve :
Dabord, que vaudrait une pente à 100% ? Appliquons la définition :
EMBED PBrush
Une pente à 100 % correspond à une montée (ou descente) BC de 100m, pour une distance horizontale AC de 100m.
On voit sur le schéma quil sagit dune pente bien raide, mais non dun précipice, cependant
Par définition, le triangle ABC est rectangle en C, mais également isocèle : AC = AB et par conséquent langle µ vaut (seulement) 45°.Une pente de 100% correspond à un chemin (AB) qui fait un angle de 45° avec lhorizontale (AC).
Dès lors, à partir de µ > 45° et jusquà µ = 90° (qui correspondrait à une paroi verticale), les pentes sexprimeront avec une valeur supérieure à 100% !
Pour établir une conversion entre degrés et pourcents, il suffit dappliquer les formules de trigonométrie, propres aux triangles rectangles :
Ainsi, dans le triangle rectangle ABC ci-dessus, on a : BC = AC x Tg(µ)
Sachant que, par définition, AC vaut toujours 100m, la dénivellation BC nest fonction que de langle µ :
pour passer des degrés aux pourcents : BC = AC x Tg(µ) = 100m x Tg(µ) =
m ou %
pour passer des pourcents aux degrés : Tg(µ) = (BC / AC) donc µ = ArcTg(BC / 100)
EXERCICE 4
Différence entre distance cartographique et distance réelle
Rappelons-nous que les (tous) les points qui figurent sur une carte sont en fait la projection de ces mêmes points sur le géoïde (ou mieux, sur lellipsoïde).
Dans les exercices 3 et 4 précédents, nous avons déjà rappelé que lon considérait toujours une distance horizontale de 100m pour exprimer les pentes.
Comparons donc une pente forte avec une pente forte
Figure 1 : la pente AB est forte, langle µ est important
Figure 2 : la pente AB est faible, langle µ est petit
Figures 1 et 2 : A est confondu avec A (soit sur lellipsoïde), la projection de B est B
Sur la carte, et dans les deux cas, la distance (réelle) AB devient AB (en projection).
Dans le cas dune pente faible (figure 2), on voit directement sur le schéma que ça ne fera pas grande différence : AB = AC est presque égal à AB
Par contre, dans le cas dune pente forte (figure 1), on voit que AB = AC mais surtout que AB
est nettement plus petit que AB
Pour nous en convaincre, résolvons deux exemples chiffrés.
Soit µ = 30° dans la figure 1 et µ = 5° dans la figure 2, posons également que AB = AC = 100m
Dans les deux cas, le triangle ABB est rectangle en B et lon peut y appliquer la relation
AB (projection) = AB(réel) x Cos(µ)
Figure 1 : AB = AB x Cos(30°) = 100 x 0,86602 = 86,60 m soit une différence (non négligeable)
de 13,40m !
Figure 2 : AB = AB x Cos(5°) = 100 x 0,99619 = 99,61 m soit une différence dà peine 39cm
Conclusion : plus une pente est forte entre deux points et plus la distance cartographique (que lon va calculer, comme dhabitude, à laide de léchelle) se différencie davec la distance que lon va réellement parcourir sur le terrain : plus langle de pente µ augmente et plus la distance cartographique diminue.
Imaginons-nous en montagne avec un angle µ de 81° : AB = AB x Cos(81°) = 100 x 0,156434 = 15,64m, soit cette fois une différence de 84,36m !
EXERCICE 5
Calcul de distance, avec un « outil » autre que léchelle
La Terre est un globe, légèrement aplati aux pôles, donc renflé à léquateur.
Soit 12.756 Km le diamètre équatorial et 12.712 Km le diamètre polaire : cela nous donne un diamètre moyen de 12.734 Km, donc un rayon de 6.367 Km.
Imaginons une sphère parfaite, avec ce rayon moyen : sa circonférence vaudrait
2 x 3,1416 x 6.367Km = 40.005,134Km, que nous avons pris lhabitude darrondir à 40.000 Km.
En parcourant léquateur, on bouclerait donc 360° de longitude ou 40.000 Km.
Soit 40.000 : 360° = 111,111 Km par degré de longitude (équatoriale).
Mais, si lon se décale par rapport à léquateur, les parallèles voient leur circonférence diminuer de plus en plus, pour finalement sannuler aux pôles.
Trouvons la formule qui donne la longueur des parallèles, en fonction de leur latitude :
EMBED PBrush
A léquateur, le rayon vaut BC, soit 6.367 Km.
Pour le parallèle qui passe au point A, de latitude µ, il ne vaut plus que EA.
Considérons le triangle CEA :il est rectangle en E
On y retrouve langle µ puisque les angles BCA et EAC ont des côtés parallèles.
Donc EA = AC x Cos(µ) ou BC x Cos(µ)
De manière générale :
Rayon (à la lat. µ) = rayon équat. x Cos(µ)
Nous pouvons donc dresser le tableau suivant :
(A vous de le compléter, pour les valeurs intermédiaires des latitudes)
Latitude µ (en °)Circonférence (en Km)1° de longitude y vaut (en m)040.005111.1251039.397109.4372037.592104.4233034.64596.2374030.64585.1275025.71471.4306020.00255.5637013.68238.007806.94619.2979000
Exemple :
A 21° de latitude, la circonférence vaut 37.347,923 Km et le degré de longitude 103,744 Km.
Imaginons deux villes situées à cette latitude et écartées de 14° en longitude, lune de lautre.
La distance qui les sépare, mesurée sur leur parallèle commun, est de 14 x 103,744 Km
soit 1.452,416 Km.
Nous avons résolu ce problème, sans utiliser léchelle : noublions pas que cette dernière nest de toute façon pas exacte partout sur la carte, surtout si cette dernière représente un vaste territoire.
EXERCICE 6
Distance de lhorizon, en fonction de la hauteur dobservation
Lorsque nous sommes en bord de mer et que nous regardons vers le large, il nest pas sûr que lon puisse apercevoir les navires qui y croisent car ils sont cachés par la courbure de la Terre et nos yeux ne sont même pas à 2m au-dessus du sol.
Par contre, ceux qui observent le large, depuis le balcon de leur appartement, au 20ème étage de leur building, ont une vue beaucoup plus étendue que la nôtre.
Bref, leur horizon nest pas le même que le nôtre
Analysons :
Un observateur placé en B se trouve à une hauteur AB = h, à la verticale du point A de la surface terrestre.
Sa vue porte jusquau point D, sur une droite tangente au cercle (terrestre) abaissée depuis le point B.
Cette distance de visibilité BD sera dautant plus grande que la hauteur h sera élevée.
Le rayon terrestre CD est perpendiculaire à BD (rayon aboutissant en un point de tangence) donc le triangle CBD est rectangle en D.
Ce triangle CBD obéit dès lors au théorème de Pythagore qui dit que :
(CB)2 = (BD)2 + (CD)2 = (Rayon + h)2 = (BD)2 + (Rayon)2 où BD est la distance recherchée.
Développons: (Rayon)2 + (2 x Rayon x h) + h2 = (BD)2 + (Rayon)2
Simplifions : (2 x Rayon x h) + h2 = (BD)2
Mettons h en évidence dans le premier membre de léquation : h x (2 x Rayon + h) = (BD)2
Nous y avons : 2 x Rayon = Diamètre de la Terre mais disons aussi que, comme la hauteur h est très petite (pour ne pas dire négligeable) vis-à-vis de ce diamètre terrestre, en première approximation (2 x Rayon + h) sera pratiquement égal au diamètre terrestre.
Ce replacement donne : Diamètre x h = (BD)2 d où nous tirons : BD = "(Diamètre x h)
Ainsi, calculons la distance de l horizon& (toutes distances exprimées en Km et considérant le Rayon = 6.367 Km) :
au bord de la mer, nos yeux à 2m (soit 0,002 Km) au-dessus du sol
BD = "(2 x 6.367 x 0,002) = "25,468 = 5,046 Km (seulement)
au sommet de l Everest, nos yeux à l altitude de 8.850 m soit 8,850 Km
BD = "(2 x 6.367 x 8,85) = " 112.695,9 = 335 Km
EXERCICE 7
Déformations de la projection de Mercator
Considérons une projection cylindrique de Mercator, avec le cylindre tangent à l équateur et le point de visée au centre de la sphère terrestre.
Sur le globe, considérons les points A, B, C et D
également répartis en latitude :
A sur léquateur donc latitude 0°
B à la latitude de 30°
C à la latitude de 60°
D au pôle nord, donc latitude 90°
Sur la carte, les points A, B, C et D
deviennent respectivement A, B, C et D.
Remarquons de suite que A est confondu
avec A tandis que Dest rejeté à linfini.
EMBED PBrush
Observons :
Sur le globe, les distances (courbes) AB, BC et CD sont égales et valent 1/12 de la circonférence terrestre soit environ 3.333 Km en vraie grandeur.
Par contre, sur la carte, on voit nettement que si pour AB il y a peu de différence avec AB, il nen va pas de même pour BC qui devient BC sensiblement plus grande que BC.
LA PROJECTION DE MERCATOR DEFORME DONC BIEN, AU FUR ET A MESURE QUE LES LATITUDES AUGMENTENT
mais calculons de combien, par curiosité.
Considérons le rayon terrestre (OA = OB = OC = OD) comme unitaire pour simplifier les calculs : Rayon = 1
Les arcs AB, BC et CD sont égaux : (2 x Pi x Rayon) / 12 ou (Pi x Rayon) / 6 = 0,5235986
La droite AB vaut (en considérant le triangle rectangle OAB)
AB = Rayon x Tg(µ) = 1 x Tg(30°) = 0,5773502 soit donc un (petit) peu plus que AB.
La droite BC représente quant à elle larc BC (qui vaut toujours 0,5235986) :
Dans le triangle rectangle OAC on a
AC = (AB + BC) = Rayon x Tg(2µ) = (0,5773502 + BC) = 1 x Tg(60°) = 1,7320508
Donc BC = 1,7320508 0,5773502 = 1,1547006 (2,2 fois plus grand que larc BC).
EXERCICE 8
Se situer par azimut
Rappelons que prendre un azimut cest déterminer langle que fait la direction de notre observation avec une direction de référence (fixe), celle de la boussole par exemple.
Le terme de gisement est quant à lui, plutôt utilisé en navigation pour désigner langle que fait la direction de lobservation (dun amer) avec laxe du bateau (ou ligne de foi).
En prenant deux azimuts, on peut déterminer notre position sur une carte.
ETAPE 1 :
Sur le terrain, boussole en main, on détermine lazimut dun élément bien visible du paysage : ici une usine.
Dans notre exemple, on voit que lusine se situe (grosso modo) vers le Nord-Ouest.
Cela signifie donc que nous sommes au Sud-Est de lusine.
ETAPE 2
Sur la carte, on repère le symbole de notre usine et on y trace la direction du Nord (magnétique puisque ici on a utilisé une boussole)
On y reporte également lazimut mesuré (soit langle µ) mais vers le Sud-Est puisque cest là que nous nous trouvons.
Nous sommes « quelque part » le long de la ligne que lon vient de tracer.
ETAPE 3
Sur le terrain, on repère un second élément bien visible et reconnaissable (un moulin par exemple) et on détermine son azimut X.
Le moulin se trouve cette fois, plutôt vers le
Nord-Est : cest donc que nous nous trouvons au Sud-ouest de lui.
ETAPE 4
Sur la carte, on repère le symbole du moulin en question.
On y trace, de nouveau, la direction du Nord magnétique et puis on reporte lazimut mesuré X, vers le Sud-Ouest.
Nous sommes « quelque part » sur la ligne que nous venons de tracer, mais aussi sur la première : nous nous trouvons donc à leur point dintersection.
EXERCICE 9
Se situer : méthode des arcs capables
Pour se situer en navigation (côtière), les marins utilisent une technique bien particulière, appelée « méthode des arcs capables ».
Ils ont besoin pour cela de 3 points de repères bien distincts, situés sur la côte, et quils nomment « amers » dans leur jargon de métier.
Etape 1 :
Vous êtes au large d'une côte sur laquelle vous voyez 3 amers A, B, C, que vous identifiez parfaitement sur votre carte marine.
A l'aide de votre sextant (tenu horizontalement), vous mesurez exactement l'angle entre A et B puis l'angle entre B et C : INCLUDEPICTURE "http://navastro.free.fr/arcs01.gif" \* MERGEFORMATINET Etape 2 :
Sur votre carte (ou sur un calque posé dessus), tracez les droites joignant les amers : AB et BC. INCLUDEPICTURE "http://navastro.free.fr/arcs02.gif" \* MERGEFORMATINET Etape 3 :
Par le point A, tracez la perpendiculaire à AB, et par le point C, tracez la perpendiculaire à BC. INCLUDEPICTURE "http://navastro.free.fr/arcs03.gif" \* MERGEFORMATINET Etape 4 :
Calculez la valeur de l'angle
± = (90° angle AB) puis calculez la valeur de l angle ² = (90° angle BC).
(Les angles AB et BC ont été mesurés à l'étape 1).
Par B, tracez la droite Bx faisant un angle ± avec la droite AB, et puis la droite By faisant un angle ² avec la droite BC : vous obtenez ainsi les points x et y. INCLUDEPICTURE "http://navastro.free.fr/arcs04.gif" \* MERGEFORMATINET Etape 5 :
Tracez la droite passant par x et y. INCLUDEPICTURE "http://navastro.free.fr/arcs05.gif" \* MERGEFORMATINET Etape 6 :
A partir du point B, abaissez la perpendiculaire à la droite xy que vous venez juste de tracer. INCLUDEPICTURE "http://navastro.free.fr/arcs06.gif" \* MERGEFORMATINET Etape 7 :
Le point dintersection de la droite perpendiculaire avec la droite xy est votre position. INCLUDEPICTURE "http://navastro.free.fr/arcs07.gif" \* MERGEFORMATINET
EXERCICE 10
Une prouesse antique : le tunnel dEupalinos
Le tunnel d'Eupalinos est un aqueduc souterrain, creusé au VIème siècle av. J-C, il est situé dans l'île de HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Samos" \o "Samos" Samos, en HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ce" \o "Grèce" Grèce.
Sous les ordres de l'ingénieur HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Eupalinos_de_M%C3%A9gare" \o "Eupalinos de Mégare" Eupalinos de Mégare, deux équipes de travail creusèrent cet HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Aqueduc" \o "Aqueduc" aqueduc sous le mont Kastro en vue d'alimenter en eau douce l'ancienne capitale de lîle (aujourd'hui appelée Pythagorion).
Creusé dans la roche calcaire, louvrage demanda près de dix années de labeur aux esclaves.
INCLUDEPICTURE "http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQZYiGkdReREmOB_CCzTR7g6EGvtsVMoTUCmrjqq9gx_L4f4lTxDOheCU8KKQ" \* MERGEFORMATINET INCLUDEPICTURE "http://www.abettergreece.com/images/Samos/Pythagoras/eu%20tunnel.jpg" \* MERGEFORMATINET
Creusé sans aucun puits intermédiaire, ses galeries sont aussi larges que hautes (soit 1,75 m), sa longueur est de 1.265 m.
Le défi technique consistait à creuser simultanément des deux côtés tout en respectant une légère pente pour permettre l'écoulement de l'eau, les deux équipes devant se retrouver au milieu de la montagne.
La rencontre eut bien lieu comme prévu, et avec une très faible différence de niveau et l'aqueduc fut utilisé pendant un millier d'années, comme le prouvent les découvertes archéologiques.
Comment y parvinrent-ils ?
Conscient que des erreurs de mesures successives pourraient faire manquer le point de rencontre des deux équipes, Eupalinos appliqua dans ses plans des principes de HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9om%C3%A9trie" \o "Géométrie" géométrie qui ne furent codifiés que plusieurs siècles plus tard par HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Euclide" \o "Euclide" Euclide.
Suivant le principe que « deux lignes parallèles ne se rencontrent jamais », HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Eupalinos" \o "Eupalinos" Eupalinos reconnut qu'une erreur de plus de deux mètres, en largeur, lui ferait manquer le point de rencontre.
Lorsque le chantier parvint au voisinage du point de jonction, il fit modifier la direction des deux HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Tunnel" \o "Tunnel" tunnels, de sorte qu'un point de rencontre puisse être garanti, même si les deux directions jusqu'alors suivies étaient parallèles.
HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Eupalinos_horizontal.JPG" INCLUDEPICTURE "http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/4/47/Eupalinos_horizontal.JPG/220px-Eupalinos_horizontal.JPG" \* MERGEFORMATINET
Section horizontale de l'aqueduc d'Eupalinos (vu du dessus)
De même, il fallait aussi envisager une possible déviation, dans le plan vertical cette fois, malgré tous les soins prodigués pour l'éviter.
Eupalinos, là encore, prit toutes les précautions possibles en augmentant, en sens contraire, la hauteur de chacune des extrémités des sections.
La section « nord » vit donc sa hauteur accrue, tandis que la section « sud » fut au contraire surcreusée.
HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Eupalinos_vertical.JPG" INCLUDEPICTURE "http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/4/49/Eupalinos_vertical.JPG/220px-Eupalinos_vertical.JPG" \* MERGEFORMATINET
Section verticale de l'aqueduc d'Eupalinos (vu de profil)
Au final, toutes ces précautions se sont avérées inutiles car le tunnel ne présenta pratiquement aucune erreur dans le sens vertical : on y a relevé une différence inférieure
à 4 cm !
Mais la question reste posée : comment cette prouesse fut-elle réalisée ?
Le point A se situe à lentrée Nord du tunnel et le point B à son entrée Sud.
Ces deux points ont la particularité dêtre à peu près à la même altitude mais sont invisibles lun par rapport à lautre, mutuellement cachés par le sommet du mont Kastro.
La principale difficulté est de fournir lorientation correcte du segment AB, à chaque entrée du tunnel.
On va donc, en partant de A, rejoindre B en contournant le sommet, et passer par toute une série de points intermédiaires (D, F, H, J et L sur le schéma) qui ne seront toutefois pas quelconques.
En effet, ils auront en commun les deux propriétés suivantes :
ils seront à la même altitude que A et B
ils constitueront les hypoténuses (AD, DF, FH, HJ, JL et LB) de toute une série de triangles rectangles:
A lépoque de la construction du tunnel, on ne connaît pas les courbes de niveau mais on sait parfaitement :
tracer une ligne droite
tracer un angle droit
vérifier lhorizontalité
Au lieu dêtre creusé en ligne droite, directement entre A et B, le tunnel aurait pu avoir une portion rigoureusement « Nord-Sud » (section AN), suivie dune portion tout aussi rigoureusement « Est-Ouest » (section NB).
Ce tracé hypothétique (A-N-B) ainsi que le tracé réel (A-B) dessinent, sous le Mont Kastro, un triangle ANB, rectangle en N : cest lui qui détient la clef du problème !
Remarquons que, dans la démarche « en crabe » qui a été adoptée entre A et B, les sections AC, DE, FG, HI, JK et LM sont toutes parallèles et orientées Est-Ouest.
Les sections CD, EF, GH, IJ, KL et MB, tout aussi parallèles entre elles, ont été volontairement tracées à angle droit vis-à-vis des autres, donc elles sont orientées dans le sens Nord-Sud.
Il a fallu dabord séloigner vers louest (de A à F) pour ensuite revenir vers lest (de F à M).
De même, on est descendu suffisamment vers le sud (de C à K) pour ensuite remonter vers le nord (de K à B), et tout cela pour contourner lobstacle que constitue le sommet du mont.
Cette manière de procéder va permettre de « résoudre » le triangle ANB, cest-à-dire den connaître la mesure des côtés et des angles :
le côté AN est la somme algébrique des segments CD, EF, GH, IJ, KL et MB ; somme algébrique car on comptera comme positifs les segments Nord -> Sud et comme négatifs les segments Sud -> Nord
le côté NB est la somme algébrique des segments AC, DE, FG, HI, JK et LM : les segments Est- Ouest étant comptés positifs et les segments Ouest -> Est, négatifs
AN = CD + EF + GH + IJ KL MB
NB = AC + DE FG HI JK - LM
Le triangle rectangle ANB étant maintenant résolu, on va utiliser les propriétés des triangles semblables pour poursuivre les opérations.
Aux deux extrémités A et B du futur tunnel, on va tracer deux triangles AOP et BQR, qui seront semblables au triangle ANB : pour cela, les côtés BQ et OA seront tracés, proportionnels à AN tandis que les côtés QR et OP seront tracés, proportionnels à NB.
Ces triangles seront bien sûr rectangles : AOP en O et BQR en Q.
Ce sont les hypoténuses de ces deux triangles qui sont particulièrement intéressantes : en effet, elles fournissent lorientation du segment AB, direction quil faudra rigoureusement suivre pour creuser les deux galeries du tunnel.
PARTIE VI : annexes à caractère pédagogique
Il nest pas question ici décrire un manuel de pédagogie de la géographie mais plutôt dinsister au risque dêtre répétitif sur quelques principes à ne pas perdre de vue.
Tout dabord, il convient de ne jamais oublier que les cartes sont les outils propres à la Géographie, au même titre que la truelle du maçon ou la clef anglaise du mécanicien.
Il sera donc impossible dimaginer un cours de géographie sans cartes, et encore moins que ces dernières ny jouent quun simple rôle décoratif !
En dautres termes, les cartes qui interviennent dans le cours constitueront une base de travail, fournie par le professeur, et sur laquelle les élèves devront concrètement intervenir :
mesurer
tracer (des droites, des cercles, des arcs, des angles
)
colorier (en respectant des consignes)
compléter (légender, encadrer, surligner, flécher
)
etc
Les pages précédentes nous ont montré les faiblesses, les imperfections des cartes, mais ce nest pas pour autant quil faut les jeter aux orties.
Il conviendra, au contraire, de les aborder, chacune à leur tour, en mettant en place une espèce de « cérémonial » où se répèteraient sans cesse les mêmes bons réflexes.
En voici une liste, non limitative :
Un coup dil à léchelle, suivi dun rapide calcul mental, pour se prononcer à soi-même : « Un centimètre sur cette carte, cest...mètres (ou kilomètres) en réalité ».
Repérer lun ou lautre méridien et parallèle, afin de se faire une idée de la position sur le globe terrestre.
Un coup dil à la rose des vents pour orienter correctement la carte.
Un regard sur la légende, pour faire connaissance avec les symboles et leur signification.
rechercher la date de réalisation, afin de se rendre compte de lancienneté ou de la
modernité du document
etc
Lobjectif poursuivi ressemble à celui dun professeur de Français qui aborderait les compétences de lecture : il veut faire progresser ses élèves, depuis le stade de « déchiffreurs » à celui de (bons) lecteurs
de textes.
En Géographie, la carte restera au centre de la démarche de recherche :
QUESTION
PROCESSUS DE RESOLUTION
CARTE
(choisie
La carte (utilisée est-elle celle qui convient le mieux pour résoudre la question posée ?
(fournie
OUI NON
Identifier le(s) défaut(s) : type de projection ?
échelle mal adaptée ?
incomplète ?
/
RECHERCHER UNE AUTRE CARTE, MIEUX ADAPTEE
POURSUIVRE LA RESOLUTION
SOLUTION FINALE
Elle sera en outre « porteuse » de savoirs autant que de savoir-faire, simples ou complexes :
- Position relative dun élément par
rapport à dautres (repères spatiaux) - se situer
- sorienter
- analyser (limites, contraintes
)
- Existence dun élément (source, puits artésien
) - se déplacer
-
etc
/
TROIS EXEMPLES DE DEMARCHES
EXEMPLE 1
La carte joue ici un rôle purement documentaire : elle constitue une source dinformations qui sont nécessaires !$%'>STUWf{Èæ: k É Ø 5
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Inclue dans la démarche, la carte constitue ici un moyen et non un objectif.
SHAPE \* MERGEFORMAT
EXEMPLE 2
La carte joue ici un rôle de support : elle devient dépositaire de savoirs.
Placée en fin de démarche, la carte (complétée) constitue donc ici un objectif.
Dûment annotée, coloriée, légendée
, la carte devient une synthèse à étudier.
SHAPE \* MERGEFORMAT
EXEMPLE 3
Les deux cartes fournies ici, le sont en vue dune comparaison, elles reprennent donc leur rôle de sources dinformations.
Rappelons que faire une comparaison ne consiste pas uniquement à rechercher les différences : cest aussi à rechercher les points communs.
Si les 2 documents sont réalisés à la même échelle, lusage dun papier calque peut ici se révéler très intéressant !
SHAPE \* MERGEFORMAT
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© BISIAU Jean-Paul - Cartographie- page PAGE 60
question
Carte(s)
infos
Traitement
éventuel
Solution
à
mémoriser
Carte
(muette)
consignes
Carte
complétée
Carte / plan
ancien
Carte / plan
moderne
Consignes
de
comparaison
Synthèse,
conclusion