Dérivés halogénés des alcanes
Il existe de nombreux mécanismes de substitution nucléophile, notés SN, on
étudiera seulement deux mécanismes, qui rendent assez bien compte des
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Dérivés halogénés des alcanes
Généralités
Dérivé halogéné
Les dérivés halogénés sont des composés qui possèdent une liaison carbone-halogène. L'halogène pouvant être le fluor, le chlore, le brome ou l'iode. Les dérivés fluorés sont très peu réactifs. Les dérivés halogénés sont très rares à létat naturel. Ils sont utilisés comme agents de synthèse et comme solvants.
Plus on descend dans la classification périodique et plus l'atome d'halogène est gros. Plus l'atome d'halogène est gros et plus la liaison carbone-halogène est faible et donc facile à rompre. La liaison carbone-halogène est polarisée selon :
EMBED ChemDraw.Document.6.0 Il est à noter que de façon générale, en chimie organique, la lettre X représente un halogène quelconque à savoir le fluor, le chlore, le brome ou l'iode.Classe dun dérivé halogéné
Elle dépend de latome de carbone tétragonal lié à lhalogène.
Latome de carbone est ditOn le notesil est lié àhalogénoalcanePrimaireI1 seul atome de carboneR-CH2-X
Secondaire
II
2 atomes de carbone EMBED ChemDraw.Document.6.0
Tertiaire
III
3 atomes de carbone EMBED ChemDraw.Document.6.0 Nomenclature
H3C-Cl : chlorométhane ; H3C-CH2-CH2-Br : 1-bromopropane ; H3C-CHCl-CH3 : 2-chloropropane ; (CH3)3C-Br : 2-bromo-2-méthylpropane ; CCl4 : tétrachlorométhane
Exemples de polyhalogénoalcanes
CHCl3
Chloroforme ou trichlorométhane
Solvant courant anciennement utilisé comme anesthésiqueCH2Cl2
Dichlorométhane, solvant courant en raison dune toxicité faibleCF2BrCl
BromoChlorodifluorométhane, utilisé dans les extincteurs EMBED ChemDraw.Document.6.0
Fréon 114, réfrigérant EMBED ChemDraw.Document.6.0
Halothane, anestésique-(CF2-CF2)n- n > 100
Téfon, propriétés antiadhésives, et très grande résistance à la chaleurPropriétés physiques
Evolution des températures débullition
composéCH4CH3CH3CH3CH2CH3Et-ClEt-BrEt-IPr-ClPr-BrTeb (°C)- 161- 89- 4212,338,442,446,671Plus un atome ou un composé est riche en électron plus sa polarisabilité ± est élevée et plus les forces de van der Waal augmentent. Ainsi on observe une augmentation de la température d ébullition quand on passe de Et-Cl à Et-Br puis Et-I. De même pour Et-Cl et Pr-Cl ainsi que Pr-Cl et Pr-Br.
Quand on compare les RX aux alcanes, ces derniers ont des constantes physiques encore plus faibles : les alcanes ont un ± plus faible et sont quasiment apolaires; Les forces de VDW sont donc très faibles.
Dans les conditions ordinaires de température sous un bar, seuls le fluorométhane, le chlorométhane et le bromométhane sont gazeux, les autres termes sont liquides.
Ils ne sont pas miscibles à leau. Ils sont par contre miscibles à la plupart des composés organiques et constituent donc de bons solvants.
La liaison C-X
LiaisonLongueur (pm)Çp (pauling)¼(Debye)Eliaison (kj.mol-1)±relatif = EMBED Equation.3 C-F1354,01,514851,19C-Cl1773,21,573274,92C-Br1943,01,482857,0C-I2142,71,2921310,9C-H1092,20,44101,29C-C1542,503451D= 1/3.10-29 C.m
La liaison C-F est très forte, plus quune liaison C-C ou C-H , beaucoup plus courte que les autres liaisons C-X et très peu polarisable. Les dérivés fluorés sont donc très peu réactifs et donc quasiment jamais utilisés.
On remarque que le moment dipolaire varie peu quand on passe de C-F à C-I : Çp diminue et donc les charges partielles diminuent mais la longueur de liaison augmente et ¼ reste donc à peu près constant. La liaison C-X est polarisée
Une liaison est d autant plus polarisable que la déformation du nuage électronique du doublet de liaison est importante sous laction dun champ électrique. Ainsi, la polarisabilité de la liaison C-X croît de C-F à C-I en accord avec le sens croissant de la taille de latome dhalogène. (une liaison longue est plus polarisable quune courte)
C-F >k1)
SN1 : S pour substitution, N pour nucléophile, 1 pour monomoléculaire. Létape (1) impose sa vitesse v = k1[R-X].
A quelle condition sur létape (-1) a-t-on une cinétique dordre 1 par rapport au dérivé halogéné ? (Montrer que k2[HO-] >>k-1[Cl-])
Profil réactionnel :
On a un intermédiaire de réaction peu stable, et deux états de transition. Lénergie dactivation de la première étape Ep1 est beaucoup plus grande que celle de la deuxième. (étape 1 cinétiquement limitante). Dans létat de transition, de la première étape, la liaison C-Br est presque rompue et les charges partielles (+ et (- sont beaucoup plus importantes que dans la liaison covalente C-Br du dérivé halogéné.
Stéréochimie
Le passage par un carbocation plan explique la formation dun mélange racémique :
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On part dun dérivé halogéné de configuration R, et on obtient deux alcools énantiomères, dans les mêmes proportions compte tenu de léquiprobabilité de lattaque dun côté ou de lautre du plan contenant le carbocation.
Influence du groupe R de R-X
La vitesse dune transformation chimique obéissant à un mécanisme SN1 augmente des dérivés halogénés primaires, aux secondaires, puis aux tertiaires. Les halogénures primaires réagissent généralement selon le mécanisme SN2 que nous verrons ensuite.
Létape (1) étant cinétiquement limitante, lutilisation du postulat de Hammond, selon lequel tout ce qui stabilise lintermédiaire réactionnel, stabilise létat de transition et donc augmente la vitesse de la transformation. (EP1 diminue), permet dexpliquer cette constatation. En effet, les carbocations tertiaires sont plus stables que les secondaires, eux même beaucoup plus stables que les primaires.
Influence du nucléophile
Le nucléophile nintervient pas dans létape cinétiquement limitante, sa force ou sa concentration nont donc aucune influence.
Influence du solvant
Polarité du solvant
La vitesse dune transformation se produisant selon un mécanisme SN1 augmente si la polarité du solvant augmente c'est-à-dire si le moment dipolaire ( et la constante diélectrique (r sont élevées. ((r est une fonction croissante de ( et de la polarisabilité du solvant). On raisonne à nouveau en utilisant le postulat de Hammond sur létape 1 du mécanisme SN1.
Une augmentation de la polarité du solvant, stabilise très peu lhalogénoalcane de départ qui est neutre.
Une augmentation de la polarité du solvant, stabilise lintermédiaire réactionnel et lanion halogénure. (espèces chargés dont la charge est très localisées)
Solvant polaire et protique
Un solvant protique est susceptible de donner des liaisons H qui stabilise X-, la vitesse de la réaction augmente donc avec le caractère protique.
Influence du nucléofuge
La vitesse de rupture de la liaison C-X augmente avec la polarisabilité de la liaison, la vitesse augmente donc de R-F à R-I.
Catalyse par des acides de Lewis
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Le complexe, appelé encore adduit de Lewis formé va évoluer vers la formation dun carbocation R+ car AgX est un meilleur groupe partant que X- et on aura une SN1 quelque soit la classe de lhalogénure, la réactivité sera cependant dautant plus importante que la carbocation formé sera plus stable, ce qui justifie les conditions opératoires du test qualitatif de la classe des halogénure.
En effet, lexpérience montre quune solution de nitrate dargent donne un précipité de chlorure dargent et lalcool correspondant :
instantanément avec un chlorure dalkyle tertiaire,
lentement et à température ambiante avec un chlorure dalkyle secondaire,
lentement et à chaud avec un chlorure dalkyle primaire.
Réactions singulières liées au passage par un carbocation
Réarrangement par mésomérie :
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On en déduit la formation possible de deux dérivés halogénés.
Transposition de Wagner Meerwein :
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On en déduit, là encore, la formation possible de deux dérivés halogénés.
Le mécanisme SN2
Données expérimentales
Soit laction des ions iodure sur le (R)-2-bromobutane :
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La réaction est exothermique.
La cinétique est dordre global 2 : dordre partiel 1 par rapport au dérivé halogéné, de même pour le nucléophile I- . On a v = k.[R-X].[I-]
Si lon part dun dérivé halogéné chiral de configuration (R), on observe la formation dun produit de configuration (S) exclusivement, on parle dinversion de Walden.
Mécanisme
Etapes élémentaires
Cest un mécanisme en une seule étape bimoléculaire :
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Cela est donc bien en accord avec la loi de vitesse, v = k.[R-X].[I-] puiquil sagit dune étape élémentaire.
SN2 : S pour substitution, N pour nucléophile, et 2 pour bimoléculaire.
Profil réactionnel
EMBED ChemDraw.Document.6.0
Stéréochimie
Le mécanisme admis rend compte de lobservation stéréochimique dune inversion de configuration relative. La réaction est dite stéréospécifique à 100%.
Définition dune réaction stéréosélective
Une réaction chimique notée R est stéréosélective si, donnant a priori deux ou plusieurs produits distinct par leur stéréochimie, elle conduit préférentiellement ou exclusivement à lun dentre eux. :
A1 EMBED Equation.3 B1, (B EMBED Equation.3 ), produit(s) majoritaire(s) ou exclusif(s) parmi plusieurs stéréoisomères
Définition dune réaction stéréospécifique.
Une réaction chimique notée R est stéréospécifique si des substrats, qui ne différent que par leur stéréoisomérie (énantiomères ou diastéréoisomères), sont transformés préférentiellement ou exclusivement en produits stéréochimiquement différents (énantiomères ou diastéréoisomères) :
A1 EMBED Equation.3 B1, (B EMBED Equation.3 ), produit(s) majoritaire(s) ou exclusif(s) parmi plusieurs stéréoisomères
A2 EMBED Equation.3 B2, (B EMBED Equation.3 ), produit(s) majoritaire(s) ou exclusif(s) parmi plusieurs stéréoisomères
A1 stéréoisomère de A2 ; B1 énantiomère de B2, ou le couple B1 et B EMBED Equation.3 diastéréoisomère du couple B2 et B EMBED Equation.3 .
Remarque :
si B1 énantiomère de B2, la réaction est énantiospécifique
si le couple B1 et B EMBED Equation.3 diastéréoisomère du couple B2 et B EMBED Equation.3 la réaction est diastéréospécifique.
Conclusion : la substitution nucléophile SN2 est énantiospécifique à 100 %.
Influence du groupe R de R-X
La réactivité diminue lorsque lencombrement stérique au niveau de latome de carbone porteur de lhalogène. La vitesse de la SN2 diminue donc des halogénures primaires aux secondaires puis aux tertiaires qui dailleurs préfèrent réagir selon un mécanisme SN1
R-X(primaire) > R-X(secondaire)>>R-X(tertiaire)
On interprète cet ordre de réactivité par la désabilisation apportée à létat de transition pentacoordiné lorsque les groupements sur le carbone lié à lhalogène sont volumineux.
Influence du réactif nucléophile
On a vu que la vitesse de la réaction est proportionnelle à la concentration du nucléophile. Elle dépend aussi de sa nature. La mesure de constante de vitesse dune réaction SN2 sur un même substrat, permet dailleurs de classer entre eux différents nucléophiles selon leur pouvoir nucléophile.
Evaluation du pouvoir nucléophile
La nucléophilie augmente avec la charge de Nu- et la basicité (RO- est plus basique et plus nucléophile que ROH)
La nucléophilie augmente avec la polarisabilité. (I- est une base indifférente dans leau mais cest un bon nucléophile souvent meilleur que HO- pourtant base plus forte, car lion iodure est gros et le doublet responsable de sa nucléophilie est plus déformable que celui de HO- à lapproche du substrat)
La nucléophilie diminue avec lencombrement (HO- est un meilleur nucléophile que (CH3)3CO- bien que cet ion soit plus basique que HO-)
Cependant, la nucléophilie des anions est entravée par la solvatation dans un solvant polaire. En effet, plus le nucléophile Nu- est polarisant c'est-à-dire petit et chargé plus la couche de solvant est développée. Par suite sa nucléophilie diminue. On constate donc souvent que la nucléophilie augmente dans un solvant polaire quand on descend dans une colonne. Cette remarque est dautant plus vrai dans un solvant protique (polaire et générateur de liaisons hydrogène) si le nucléophile est susceptible de réaliser des liaisons hydrogène avec le solvant.
Influence du solvant
Si le nucléophile nest pas chargé, la polarité du solvant influe peu sur la vitesse de la transformation selon le mécanisme SN2
Si par contre il est chargé, compte tenu du paragraphe précédent, la vitesse de la transformation selon le mécanisme SN2, diminue lorsque la polarité du solvant augmente. (le moment dipolaire ( et la constante diélectrique (r augmentent)
Dans un solvant protique, si le nucléophile est susceptible de réaliser des liaisons hydrogène avec le solvant alors la vitesse de la réaction diminue.
Un solvant classiquement utilisé pour favoriser une SN2 est lacétone, solvant polaire aprotique.
Influence de la nature du nucléofuge
La liaison C-X se romp dautant plus vite quelle est plus polarisable, et donc que X est gros. La vitesse augmente donc de R-F à R-I.
Réactions délimination
On étudiera seulement les deux mécanismes limites E1 et E2. Le départ dune petite molécule minérale telle que H2O, HX, NH3 sappelle une élimination. Dans ce paragraphe seule lélimination de HX en présence dune base forte est considérée. Elles sont favorisées par rapport aux substitutions nucléophiles par une élévation de température.
Le mécanisme E1
Données expérimentales
On sintéresse à laction de léthanolate de sodium à chaud sur le 2-chloro-2-méthylbutane.
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La réaction est exthermique.
La cinétique est dordre 1 par rapport au dérivé halogéné, et dordre 0 par rapport à la base. V = k.[R-X]
Lalcène majoritairement obtenu est le plus stable.
Mécanisme
Etapes
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Profil énergétique
SHAPE \* MERGEFORMAT
Stéréochimie
La réaction peut être partiellement stéréosélective lorsquil y a possibilité dobtention dun alcène Z ou E, le E étant majoritaire.
Régiosélectivité
Une réaction chimique notée R est régiosélective si, donnant a priori deux ou plusieurs isomères de constitution, elle conduit préférentiellement ou exclusivement à lun dentre eux. : A1 EMBED Equation.3 B1, (B EMBED Equation.3 ), produit(s) majoritaire(s) ou exclusif(s) parmi plusieurs isomères de constitution.
La réaction délimination est régiosélective, les alcènes formés en plus grande proportion sont les plus stables en accord avec le contrôle thermodynamique de la réaction lié à un chauffage important. Cest la règle de Zaïtsev.
Influence du groupe R de R-X
La vitesse croît des halogénures primaires aux secondaires, puis aux tertiaires en accord avec le postulat de Hammond, plus lintermédiaire réactionnel est stabilisé, puis lénergie de létat de transition est abaissée, la réaction en est ainsi accélérée.
Influence du solvant
Le raisonnement établi pour les SN1 peut être appliqué aux E1 car létape cinétiquement limitante est la même. Donc les conclusions sont les mêmes. (Favorisées par des solvants polaires protiques)
Influence du nucléofuge
Le raisonnement établi pour les SN1 peut être appliqué aux E1 car létape cinétiquement limitante est la même. Donc les conclusions sont les mêmes. ( I- > Br- > Cl- > F-)
En pratique on observe un mécanisme E1 en présence de base faible ou forte en faible concentration.
Remarque
L élimination E1 est peu courante, mais on le rencontre dans le cas très intéressant des isomérisations :
EMBED ChemDraw.Document.6.0
Cette isomérisation est favorisée car on obtient une ± énone stabilisée par mésomérie.
Le mécanisme E2
Données expérimentales
On sintéresse à la déshydrobromation du 2-bromo-3-méthyl pentane en présence de HO-. On considère le mélange des énantiomères (2R,3S) et (2S,3R)
SHAPE \* MERGEFORMAT
La réaction est exothermique
La cinétique est dordre global 2 : v = k.[RX]. [HO-]
On observe une stéréochimie déterminée des produits formés. Le (Z)-3-méthylpent-2-ène est formé à plus de 99 % le produit minoritaire étant le 3-méthylpent-1-ène.
Si lon part des énantiomères (2R,3R) et (2S,3S), le (E)-3-méthyl pent-2-ène est formé de façon ultra majoritaire devant le 3-méthylpent-1-ène.
Mécanisme
Etapes
Cest un mécanisme concerté, bimoléculaire.
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Létape élémentaire présentée ci-dessus, justifie bien une cinétique dordre 2, mais ne peut expliquer ni la stéréochimie, ni la régiosélectivité observée.
Stéréochimie
Le profil réactionnel est le même que pour une SN2, puisque le mécanisme est en une seule étape. Donc tout ce qui minimise lénergie de létat de transition favorise la transformation. Il savère que pour minimiser la répulsion des charges (- qui apparaissent sur lhalogène et sur loxygène, il faut que O- attaque lhydrogène en position décalée anti par rapport à Br.
EMBED ChemDraw.Document.6.0
On peut aussi invoquer une interprétation orbitalaire. Lélimination anti, permet les recouvrements orbitalaires les meilleurs.
SHAPE \* MERGEFORMAT
En conformation éclipsée ou décalée gauche, les recouvrements sont moins favorables :
SHAPE \* MERGEFORMAT
Il est fondamental de retenir que lélimination E2 est anti stéréospécifique.
Régiosélectivité
On applique toujours la règle de Zaitsev, ou Saytzev et on forme donc le produit le plus stable dans des conditions de contrôle thermodynamique, ce qui est généralement le cas puisque lon chauffe pour favoriser lélimination par rapport à la substitution.
Attention : la règle de Zaïtsev est parfois mise en défaut :
si latome dhydrogène à éliminer selon cette règle ne peut se placer en position décalée anti par rapport à lhalogène. stéréochimie anti lemporte sur la régiosélectivité. (Cas des cycles)
Remarque : lalcène le plus substitué nest pas toujours le plus stable, notamment en cas de formation dalcène conjugué
EMBED ChemDraw.Document.6.0
Remarque :
Si la réaction seffectue avec une base très encombrée, on observe leffet anti Zaïtsev, c'est-à-dire attaque de lhydrogène porté sur le carbone en ( le moins encombré.
EMBED ChemDraw.Document.6.0
Influence du groupe R de R-X
Les groupes alkyles stabilisent la double liaison, or dans létat de transition celle-ci est partiellement formée, par suite plus la classe du dérivé halogéné est importante plus létat de transition a une énergie basse et la transformation est donc plus rapide.
Dérivé tertiaire > dérivés secondaire > dérivé primaire
Cela dit, linfluence du groupe R sur la vitesse est peu importante pour un mécanisme E2.
Influence de la base
La vitesse croît avec la force de la base : -NH2 > Et-O- > HO-
Influence du solvant
La polarité du solvant influe peu, une augmentation de polarité du solvant diminue légèrement la vitesse de la réaction. Un solvant polaire stabilise plus létat de départ que létat de transition dans lequel la charge est plus dispersée.
Influence du nucléofuge
La liaison C-X se romp dautant plus vite quelle est plus polarisable, et donc que X est gros. La vitesse augmente donc de R-F à R-I.
Conclusion : Choix entre un mécanisme E1 et E2
On doit examiner les points suivants :
Une base forte, concentrée et encombrée (donc pas bon nucléophile) favorise une E2
Une base faible ou forte diluée favorise E1
Les E2 sont beaucoup plus fréquentes
Compétition E/SN
Lorsque la température augmente (70°C-80°C), les réactions délimination deviennent favorisées conduisant, sauf cas dexception au produit délimination le plus stable thermodynamiquement.
Il y a compétition entre E et SN quà condition que le réactif possède à la fois un caractère basique et nucléophile important :
CH3COO-, CN-, X- sont des bon nucléophiles mais des bases faibles ou indifférentes : pas compétition, les substitutions lemportent
HO-, CH3O- sont des bons nucléophiles et des bases fortes : compétition
CH3CH2O-, tButO-, NH2-, LDA ont un pouvoir nucléophile masqué par une basicité très forte qui lemporte sur la nucléophilie, lélimination est à envisager.
Dérivés halogénés primaires compétition SN2/E2. E2 privilégiée par une base forte et encombrée et chauffage.
Dérivés tertiaires, on peut envisager une compétition E1/SN1 mais si la base est très forte cest plutôt lélimination E2 quil faut envisager car arracher un proton est généralement plus facile que la formation du carbocation.
Dérivés secondaires, les 4 mécanismes sont a priori possibles. Le solvant permet parfois de départager :
Solvant protique polaire : compétition E1/SN1
Solvant peu polaire et aprotique : compétition E2/SN2
Attention donc aux énoncés qui sous entendent les produits formés !!
Résumé des facteurs influençant les mécanismes limites
InfluenceClasse de RXNucléofugeNucléophile : SN
Base : ESolvantSN1III >II > I
I seulement si le carbocation stabilisé par mésomérieI > Br > ClPas dinfluence du nucléophile car nintervient pas dans létape cinétiquement déterminanteProtique
Polaire
Ex : leauSN2I > II
I si pas de mésomérie et peu dencombrement en ²I > Br > ClMeilleur est le nucléophile plus la réaction est facilePeu polaire
Aprotique
Ex : acétone, DMSO
E1III >II > I
I seulement si le carbocation stabilisé par mésomérieI > Br > ClPeu d influence de la base car la formation du C+se fait dans lECDProtique
Polaire
Ex : leauE2Peu dinfluence, cependant
III >II > I
Caractère anti stéréospécifique de la réaction est fondamentalI > Br > ClPlus la base est forte plus E2 est favorisée ou encore une base peu nucléophile donc encombréeDMSO, acétone. Ces solvants solvatent bien le cation associé à la base qui ainsi est plus disponible
Applications substitutions nucléophiles, éliminations
Exercice
Déterminer dans chaque cas si, a priori, il sagit dune substitution nucléophile monomoléculaire ou bimoléculaire en justifiant, puis donner le mécanisme et le ou (les) produit(s) obtenu(s) ainsi que son (leur) noms.
EMBED ChemDraw.Document.6.0
Exercice
Donner la définition dun réactif nucléophile et comparer ou interpréter le pouvoir nucléophile des molécules ou ions suivants :
1) a) H2O et HO- dans leau ; b) ROH et RO- dans ROH ; c) NH3 et NH2- dans NH3 ;
d) RSH et RS- dans RSH ; e) RCOOH et RCOO- dans ETOH
2) H2O, HO-, CH3O- et CH3COO- dans CH3OH
3) Les espèces sont envisagées dans un solvant où seule leur polarisabilité est à considérer.
a) F-, Cl-, I- et Br- b) ROH et RSH c) HO- et HS- d) PH3 et NH3
4) Lion HO- est un meilleur nucléophile que lion tert-butylate (CH3)3CO-. Justifier
Exercice
Donner la formule des bases suivantes, proposer une classification de la force de celles-ci et justifier :
a) hydroxyde de sodium dans leau ; d) hydroxyde de potassium dans léthanol ;
b) éthanolate de sodium dans léthanol e) diisopropylamidure de lithium (L.D.A.) dans la
c) eau ; diisopropylamine.
Exercice
Ecrire les formules semi-développées des composés suivants, puis les classer par ordre de réactivité décroissante lorsquils réagissent selon un mécanisme SN1 :
1) a) 2-chloropropane ; b) 2-chloro-2-méthylpropane ; c) 2-bromopopane ; d) 2-bromo-2-méthylpropane
2) a) 2-iodo-2-méthylpropane ; b) 1-chloro-2-méthylpropane ; c) iodure de benzyle
d) iodure de 2-méthoxybenzyle ; e) 2-chloropropane
Exercice
Ecrire les formules semi-développées des composés suivants, puis les classer par ordre de réactivité croissante lorsquils réagissent selon un mécanisme SN2 :
1) a) 1-bromobutane ; b) 1-bromo-2,2-diméthylbutane ; c) 1-bromo-2-méthylbutane ; d) 1-bromo-3-méthylbutane
2) a) 1-iodo-2-méthylbutane ; b) 1-chloro-2-méthylbutane ; c) 1-iodopropane
d) 1-bromo-2-méthylpropane
Exercice
Le (R) -1-bromo-1-phényléthane traité par le méthanolate de sodium en solution diluée dans le méthanol, donne par substitution nucléophile un mélange de 77,5% dun isomère (S) et 22,5% dun isomère (R).
Représenter le (R) -1-bromo-1-phényléthane.
Que peut-on dire du point de vue du mécanisme de la réaction ?
Chiffrer limportance relative des processus réactionnels impliqués dans cette réaction.
Exercice
Le (Z)-3-chloro-1-phénylbut-1-ène (A) en présence de soude en milieu eau alcool conduit à un mélange de (Z) -4-phénylbut-3-èn-2-ol (B) et de (Z) -1-phénylbut-2-èn-1-ol (C). Proposer une interprétation. Obtient-on un produit optiquement actif ?
Exercice
On réalise deux séries dexpériences :
Expérience (a) : on place 10 mL dune solution diodure de sodium dans la propanone (solution à 15 %) dans deux tubes à essai. On ajoute 10 gouttes de 1- bromobutane dans un tube, et dans lautre tube 10 gouttes de 2-bromobutane. Dans le premier tube, du bromure de sodium précipite au bout de trois minutes alors quil faut plus de trente minutes pour le second.
Expérience (b) : on reprend le même protocole en utilisant une solution de nitrate dargent dans léthanol à la place de liodure de sodium. Les composés halogénés sont maintenant le 2-bromobutane et le 2-méthyl-2-bromopropane. Dans le tube contenant le 2-bromobutane, le bromure dargent se forme au bout de 15 secondes alors quil ne faut que quelques secondes dans le tube contenant 2-méthyl-2-bromopropane.
A propos de lexpérience (a) :
Ecrire les équations des réactions des deux réactions. De quels type(s) de mécanisme(s) peut-il sagir ?
Que penser de la force du nucléophile ?
Quelle est la nature du solvant ?
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