exercice medical a l'hopital - APMnews
DSCG session 2008 UE1 Gestion juridique, fiscale et sociale Corrigé indicatif .....
direct du franchisé et correspondant à l'assistance technique et commerciale .....
autrement dit les supports susceptibles de revêtir une valeur probatoire sont ...
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EXERCICE MEDICAL A LHOPITAL
Un système de santé recomposé,
Un hôpital public en mouvement,
Des citoyens mieux soignés,
Des praticiens plus reconnus.
Docteur François AUBART
Didier DELMOTTE
Docteur Alain JACOB
Professeur Jean-Pierre PRUVO
Docteur Olivier VERAN
Mission nationale coordonnée par Danielle TOUPILLIER,
Avec la participation de la DGOS,
en particulier du docteur Marie-Ange DESAILLY-CHANSON
et de Martine LABORDE-CHIOCCHIA
et de léquipe du CNG,
en particulier le Professeur Dominique BERTRAND,
Odile ROMAIN et Pierre LAURENT, statisticiens-démographes,
Richard CHEN, ingénieur informatique
Sylvie JOINTRE-ROUSSEL et Patricia BUCKENS, assistantes de direction
et Jean-François CABON, conseiller technique
Dans une rédaction « médicale », la Mission a souhaité poser un diagnostic, léclairer par des examens complémentaires et proposer un chemin thérapeutique capable de fonder un exercice médical renouvelé à lhôpital public.
Juillet 2011
SOMMAIRE
1 TOC \o "1-3" \h \z \u HYPERLINK \l "_Toc296461655"UN DIAGNOSTIC MEDICAL ECLAIRE
HYPERLINK \l "_Toc296461656"2 DES EXAMENS COMPLEMENTAIRES INTERESSANTS
HYPERLINK \l "_Toc296461657"2.1 Un dossier médical initial bien documenté à prendre en compte
HYPERLINK \l "_Toc296461658"2.2 Trois examens complémentaires pour éclairer la décision
HYPERLINK \l "_Toc296461659"2.2.1 Lenquête dopinion
HYPERLINK \l "_Toc296461660"2.2.2 Les auditions
HYPERLINK \l "_Toc296461661"2.2.3 Les débats interrégionaux
HYPERLINK \l "_Toc296461662"3 POUR UNE THERAPEUTIQUE URGENTE ET COORDONNEE
HYPERLINK \l "_Toc296461663"3.1 Identifier,organiser et valoriser des « équipes médicales ».
HYPERLINK \l "_Toc296461664"3.1.1 Identifier
3.1.2 Organiser
3.1.3 Valoriser
HYPERLINK \l "_Toc296461674"3.2 Choisir, construire et adapter sa carrière médicale à lhôpital
HYPERLINK \l "_Toc296461675"3.2.1 Une carrière modulable pour les praticiens titulaires ou probatoires gérée nationalement pour la sécuriser
HYPERLINK \l "_Toc296461676"3.2.2 Une unification des statuts de praticiens contractuels, gérés localement
HYPERLINK \l "_Toc296461677"3.2.3 Une adaptation du temps de travail à organiser
HYPERLINK \l "_Toc296461678"3.2.4 Une contractualisation locale pour intégrer le projet individuel du praticien dans le projet déquipe
HYPERLINK \l "_Toc296461666"3.3 Repenser la valorisation financière de lactivité médicale
3.4 Améliorer les conditions de vie au travail, promouvoir la prévention des risques médicaux et des conflits, améliorer le dialogue social
3.5 Assurer une mise en uvre rapide des mesures proposées par un protocole-cadre autour dobjectifs explicites
HYPERLINK \l "_Toc296461681"4 AVEC DES ETAPES THERAPEUTIQUES CONFIRMEES
HYPERLINK \l "_Toc296461683"4.1 Donner envie dune carrière à lhôpital
HYPERLINK \l "_Toc296461684"4.2 Assurer la cohérence entre le projet individuel et le projet collectif àlhôpital
HYPERLINK \l "_Toc296461685"4.3 Promouvoir les missions et les conditions dexercice médical à lhôpital
HYPERLINK \l "_Toc296461686"4.4 Sinscrire dans une approche métiers, compétences et qualifications
HYPERLINK \l "_Toc296461687"4.5 Faciliter lévolution des modes dexercice, du temps de travail et valoriser la carrière et la rémunération
HYPERLINK \l "_Toc296461688"ANNEXES
HYPERLINK \l "_Toc296461689"Annexe I - Lettre de mission ministérielle du 2 novembre 2010
Annexe II - Composition de la Mission nationale
Annexe III - Protocole daccord du 6 juillet 2010
Annexe IV - Enquête nationale sous la forme dun sondage auprès de praticiens exerçant à lhôpital (02 à 06/2011) : formulaire du sondage et résultats obtenus
Annexe V Compte- rendus des débats inter-régionaux et des auditions nationales
Annexe VI Bibliographie
HYPERLINK \l "_Toc296461656"1. UN DIAGNOSTIC MEDICAL ECLAIRE
Né il y a près de 70 ans, le système de santé français, appuyé sur lhôpital, reste lun des meilleurs au monde.
Héritier des hospices du XVIIème siècle, refondé par la Loi de 1958, lhôpital est et demeurera le socle de la médecine, de la distribution des soins et donc de la santé. Il demeurera le lieu principal de formation des médecins, le recours pour les problèmes de santé les plus graves, le développement des techniques interventionnelles, de la recherche clinique, parce quil est le lieu essentiel du compagnonnage, de la concentration des expériences les plus pointues et du travail en équipe.
Au cur du système de santé, lhôpital en assure la continuité et la permanence. Avec son fonctionnement 24 heures sur 24, 365 jours par an, il constitue un enjeu majeur au plan national parce quil doit répondre aux besoins dune population de plus en plus consommatrice de soins et de plus en plus exigeante. Fondé sur les principes de spécialité et dadaptation comme tout service public, il est toujours allé, comme quelques autres, bien au-delà. Garant de laccessibilité à tous et à toute heure, il a toujours soutenu et accompagné lévolution de loffre de soins. Il doit sadapter en permanence et optimiser continuellement sa performance pour garantir des soins de qualité et au meilleur coût.
Fort de ses professionnels de santé, il doit répondre à des obligations croissantes et parfois divergentes. Il demeurera donc, même avec le développement des soins à domicile, des thérapies moins invasives, de la télémédecine et de la dissémination libérale, la « racine » du système de santé français.
Ce système de santé a connu des infléchissements décisifs, les Lois réformant lhôpital (1970, 1991 et 2009) et la modification des financements, avec le passage du « tout assurances sociales » à la prise de contrôle par lEtat, avec les ordonnances de 1996, la contribution sociale généralisée (CSG), lobjectif national des dépenses dAssurance maladie (ONDAM). Désormais, les dépenses de santé passent par un vote a priori du Parlement, avec une maîtrise qui encadre les ressources et principalement celles des établissements de santé mais aussi celles de la médecine de ville et de la pharmacie. Dans le même temps, la décentralisation du pouvoir décisionnel sest établie au niveau régional, renforcée par linstauration des conférences régionales de santé et la mise en place des agences régionales de lhospitalisation devenues agences régionales de santé (ARS) depuis 2009.
Alors que légalité demeure posée en grand principe constitutionnel, les inégalités en matière de santé confirment une défaillance grave du système :
Inégalité entre hommes et femmes : lespérance de vie qui sest accrue de plus de 10 ans en moins de 50 ans, nest cependant que de 77 ans pour les hommes et 84 pour les femmes.
Inégalités géographiques et environnementales : le taux de mortalité peut varier de 1 à 15 dun canton à lautre.
Inégalité sociale : il y a un taux de surmortalité non négligeable chez les ouvriers et dans les populations fragilisées ou exclues.
Reste enfin, bien que moins quantifiée, linégalité en matière dinformation. Elle est probablement lune des grandes explications de toutes les autres, restreignant laccès aux soins, laccès à la prévention, à la « connaissance » de la Santé.
Et puis disons-le, à lhôpital, la qualité est parfois imprévisible, trop souvent dépendante dun étage à lautre des « sherpas » qui évitent les ruptures et les manques.
Dire cela, cest témoigner dune situation qui ne marque ni déclin ni retrait mais dune « crisis » qui connaîtra une issue positive. Il faut aujourdhui recombiner , recomposer, comme on le ferait dun système complexe - dans lequel nous sommes bien - la nécessité dun égal accès aux soins et lobligation de maîtrise de la dépense publique, dans un système socialisé.
Dans le même temps, comme le démontrent notamment les travaux de projection jusquen 2050 de lINSEE, les besoins de la population augmentent du fait de son vieillissement. Nous serons dix millions dhabitants de plus dici 30 ans et nous enregistrerons une majoration des dépenses de 40% du seul fait du vieillissement de nos concitoyens et de laccélération connexe des maladies chroniques. Lavenir des retraites (qui est une des composantes de la solvabilité) reste pour cette même raison en question (deux cotisants pour un retraité aujourdhui, trois pour deux en 2050), alors même que la France connaît le taux de natalité le plus fort dEurope
Sans oublier que la démographie des professionnels de santé est déclinante à court et moyen terme.
Cela induit une mutation profonde de la nature même de la médecine, de sa dispensation et de son organisation. Lhôpital public doit faire face à tous ces enjeux. Il doit sinscrire dans une performance toujours plus exigeante pour garantir des soins de qualité, en continu. Institution autrefois centrée sur elle-même avec ses mandarins, lhôpital est aujourdhui ouvert sur son territoire et centré sur le patient, et même le patient citoyen.
Ses professionnels de santé, et en particulier ses praticiens, formés et qualifiés, doivent ainsi répondre positivement aux obligations de plus en plus grandes et parfois contradictoires que les nombreuses réformes voulues par nos concitoyens, ont accentué au fil du temps : gouvernance interne, mode de financement avec les Ordonnances de 2005 et la Loi de 2009, système dassurance qualité avec laccréditation, la certification et lévaluation de la qualité des soins (Ordonnances de 1996, Lois de 1984, 1991 et 2009) et Droits des patients (Loi de 2002).
Alors que la démographie médicale en France est inquiétante, et même si certains établissements ou territoires de santé connaissent de réelles difficultés de recrutement médical, lhôpital, en général, a connu un regain médical global. On observe une croissance des effectifs de praticiens hospitaliers titulaires ou probatoires temps plein et temps partiel de 38% en 9 ans, passant de 29.600 en 2002 à près de 40.900 en 2011. Certes, la mise en place de laménagement et de la réduction du temps de travail a contribué, pour partie, à cet essor entre 2002 et 2004. Les recrutements, en grand nombre, de gériatres et durgentistes, lintégration denviron 8.000 praticiens à diplôme étranger constituent autant de facteurs qui ont participé à cette évolution du nombre de praticiens exerçant à lhôpital. Mais cette croissance sest développée sans véritable recherche dadéquation qualitative et quantitative avec lévolution des pratiques, des pathologies et des organisations. Il y a des services et des activités en sureffectifs et dautres en sous-effectifs. Si lattractivité notamment des jeunes pour lhôpital public se confirme, linadaptation de lexercice nen est pas moins patente comme en témoignent le désenchantement et parfois le désengagement perçu dans les commissions médicales détablissement (CME).
Cette fragilité justifie aujourdhui des mesures adaptées et motivantes pour réussir le double pari de demain, attirer les jeunes praticiens et fidéliser ceux qui sont déjà engagés dans le service public hospitalier.
Pour maintenir le haut niveau de soins et dactivités médico-techniques que les français attendent de leur hôpital public - et lui reconnaissent encore aujourdhui -, lévolution des connaissances et des techniques médicales, pharmaceutiques et odontologiques doit également être prise en compte. Pour ce faire, on doit enfin revisiter la dualité public/privé, souvrir aux coopérations inter-établissements, aux filières et réseaux pluridisciplinaires et à la télémédecine.
Ce rapport ne se veut pas un énième constat de ce qui a été fait et de ce quil faudrait faire. Sa méthodologie a inclus un interrogatoire du praticien sous la forme dun sondage et de débats. Le véritable sondage dopinion réalisé sur un échantillon de 305 établissements publics de santé, auprès de praticiens de toutes disciplines et de tous statuts, fournit de nombreux éléments de diagnostic sur lesquels la Mission sest appuyée pour mesurer les attentes et les insatisfactions. Complétée par les débats en inter-régions et les auditions nationales que la Mission a menés, pendant six mois, la présente étude dresse une suite de propositions au Politique. Elles ont été classées dans un ordre favorisant des décisions rapides parce quelles ne nécessitent pas une nouvelle loi mais une volonté de changements, déterminants et pressants.
Il y a en effet urgence à accompagner la mutation de la médecine et de la vie médicale daujourdhui.
HYPERLINK \l "_Toc296461656"2. DES EXAMENS COMPLEMENTAIRES INTERESSANTS
Lexercice médical à lhôpital révèle des symptômes face auxquels les pouvoirs publics nont pas tardé à réagir en appelant au chevet de lhôpital les spécialistes concernés. Ces dernières années, quatre rapports relatifs à la situation du corps médical, à son environnement et à ses attentes ont ainsi été remis aux Ministres de la Santé. Ils posent des diagnostics concordants et envisagent des prescriptions adaptées. A ce jour, ces derniers ne trouvent pas encore de traduction concrète dans le droit ou dans les faits.
2.1 Un dossier médical initial bien documenté à prendre en compte
Dans un contexte sanitaire en mutation, notamment marqué par la volonté de faire converger les secteurs public et privé, ces rapports successifs ont mis en exergue linadéquation de la nature et du niveau de revenus des praticiens exerçant à lhôpital avec la réalité du travail accompli, comme avec leur degré de responsabilité et de compétence.
Dans son rapport « Quels modes de rémunération pour les chirurgiens ? Situation actuelle et perspectives », remis au Ministre de la Santé en mars 2008, le Conseil national de la chirurgie (CNC) proposait la création dun contrat dexercice global de la chirurgie établi entre le chirurgien, lARS et létablissement de santé. Le praticien percevrait une part de rémunération contractuelle majoritaire liée à lactivité et à sa qualité, ainsi quune part fixe indexée sur son investissement dans les missions connexes (formation, évaluation, recherche
) et sur la pénibilité. De ce contrat dexercice global, potentiellement transposable à dautres spécialités, résulterait une véritable évolutivité de la carrière. Les temps cliniques et administratifs seraient ainsi articulés et valorisés en fonction des aspirations individuelles comme des besoins collectifs.
En juillet de la même année, la Haute Autorité de Santé (HAS) faisait apparaître, dans une étude relative à la rémunération à la performance des professionnels de santé, linsatisfaction des praticiens hospitaliers sur leurs modalités de rémunération au regard du travail accompli. Aussi légitime soit-elle, lincitation permanente des pouvoirs publics pour lamélioration de la qualité des soins paraissait alors de nature à accroître linsatisfaction du corps médical. Dans un tel contexte, la part complémentaire variable (PCV) était jugée suffisante. Un système de rémunération reconnaissant les qualités médicales des meilleurs, valorisant ainsi leffort comme le résultat, apparaissait plus apte à tirer vers le haut à la fois lindividu comme son équipe.
Lenquête de linspection générale des Affaires sociales (IGAS) relative à la rémunération des médecins et des chirurgiens-dentistes, parue en janvier 2009, relevait cette même inadéquation entre la rémunération dun côté et lactivité et les résultats de lautre. Il soulignait par ailleurs que le système de rémunération nencourageait ni la mobilité, ni la gestion dynamique des parcours de carrière, altérant ainsi lattractivité et la performance des établissements. LIGAS invitait à refonder les modalités de rémunération des équipes médicales par la mise en place dun contrat dactivité pour chaque praticien. Elle préconisait enfin la refonte et lextension du mécanisme de PCV.
Enfin, le rapport de la Mission relative à la promotion et la modernisation des recrutements médicaux à lhôpital public, remis en juillet 2009 à la Ministre chargée de la santé, exposait dix propositions parmi lesquelles figuraient : la reconnaissance de léquipe médicale comme unité de base de lorganisation sur un territoire, le développement dune modularité de la carrière, la modernisation des modes de rémunération médicale à lhôpital sans se priver dune approche par la performance.
Dans le cadre de la production du présent rapport, cette littérature a constitué une base utile de réflexion. Si elle révèle notamment les attentes des praticiens autour de la question de la rémunération, elle permet surtout dapprécier quil ne sagit pas là dune position de principe ou dune approche quantitative de la question. Au contraire, ces rapports successifs et complémentaires mettent en lumière lindispensable corrélation entre niveau de compétence, niveau de responsabilité, articulation et durée des temps de travail , dune part et rémunération, dautre part. Tous soulignent lattachement du corps médical à un haut niveau de compétence et dinvestissement. La valorisation institutionnelle de la profession relève donc nécessairement de léquilibre entre performance et rémunération, donc dune vision très qualitative des traitements.
2.2 HYPERLINK \l "_Toc296461658"Trois examens complémentaires pour éclairer la décision
Commandé par la Ministre de la Santé dans le cadre du suivi du protocole du 6 juillet 2010, le présent rapport doit donc ouvrir la voie de laction, comme en témoigne lobjectif « didentification et de propositions des transformations souhaitables pour promouvoir demain lexercice médical à lhôpital » assigné par la lettre de mission.
Les membres de la Mission, quils soient personnels enseignants et hospitaliers, praticiens hospitaliers et internes, représentants du Centre National de Gestion (CNG) ou de la Direction générale de loffre de soins (DGOS), ont souhaité, dès octobre 2010, approfondir le constat dressé par les rapports préalablement cités dans un souci constant :
dobjectivation de la qualité du travail médical effectué,
de reconnaissance de lengagement de ceux qui sinvestissent dans des projets difficiles,
de clarification des perspectives de parcours professionnels des jeunes praticiens,
de diversification des formes dexercice, damélioration de la carrière hospitalière.
Pour relever ce défi et parvenir à leurs conclusions, la Mission a mené une étude quantitative et qualitative déclinée en trois étapes dinvestigation :
Réalisation dune enquête dopinion auprès de 305 établissements hospitaliers ;
Audition de personnalités représentatives des organisations du champ de la santé ;
Organisation de débats en inter-régions.
2.2.1 Lenquête dopinion
La méthodologie
Le versant quantitatif de cette étude a été réalisé sur la base dun questionnaire denquête, élaboré par la Mission, avec lappui du service statistique du CNG.
Il a pour objectif de mesurer la sensibilité et la satisfaction des praticiens vis-à-vis dindicateurs relatifs à lexercice médical à lhôpital, répartis autour des thèmes suivants :
Faire envie dune carrière à lhôpital ;
Assurer la cohérence entre le projet individuel et le projet collectif à lhôpital ;
Promouvoir les missions et les conditions dexercice médical à lhôpital ;
Sinscrire dans une approche métiers, compétences et qualifications ;
Faciliter lévolution des modes et des temps dexercice et valoriser les carrières et les rémunérations.
Létude a porté sur un échantillon représentatif de 305 établissements hospitaliers publics (centres hospitaliers universitaires, centres hospitaliers, centres hospitaliers spécialisés, et ex-hôpitaux locaux). Il a été défini afin dassurer la diffusion de ce sondage auprès de praticiens de tous statuts (interne, chef de clinique-assistant des hôpitaux, assistant, Praticien hospitalier, praticien attaché, praticien hospitalier contractuel, maître de conférences des universités-praticien hospitalier, professeur des universités-praticien hospitalier..), toutes spécialités et toutes tranches dâge, choisis par les présidents de commission médicale détablissement, conformément à une clé de répartition qui a tenu compte de la structure des emplois au plan national, tout en garantissant lanonymat de chacun.
Et cinq enseignements
Dune manière générale, il convient de souligner lexceptionnel taux de participation à ce questionnaire denquête. Avec 1975 répondants sur un objectif fixé à 2401, il sélève à 82%. Il faut lire dans ce chiffre ladhésion des professionnels à cette démarche denquête mais surtout leur forte attente vis-à-vis des conclusions des travaux de la Mission. Plus globalement, il témoigne du besoin découte des praticiens exerçant à lhôpital, comme de leur volonté dêtre entendus.
Les éléments qui en ressortent (Cf. Annexe IV grille du questionnaire en ligne et résultats de lenquête nationale par sondage auprès de praticiens tous statuts confondus) confortent et consolident les résultats détudes préexistantes et font émerger de nouveaux axes de réflexion.
Faire envie dune carrière médicale à lhôpital
Parmi les onze facteurs identifiés par le groupe de travail comme susceptibles de « faire envie de travailler à lhôpital », six sont considérés comme importants par plus de 90% des répondants et majoritairement source de satisfaction dans le cadre de leur exercice professionnel :
La qualité du travail en équipe (98,8% de taux dimportance TI / 74,6% de taux de satisfaction TS) ;
La qualité de lexercice clinique auprès du patient (97% TI / 69,4% TS) ;
La qualité du plateau technique (95,3% TI / 69,8% TS) ;
La prise de responsabilité professionnelle (93,4% TI / 77,4% TS) ;
Lengagement dans le service public (92,4% TI / 62,8% TS) ;
Lappartenance à une équipe médicale par spécialité (90,5% TI / 77,8% TS).
Également considérés comme importants, lattractivité des emplois, des fonctions et des carrières (88%) et la recherche clinique et les publications scientifiques (70,5%) sont, en revanche, une source notable dinsatisfaction avec des taux respectifs de 60,3% et 46,8%. Un effort semble donc très nettement attendu en la matière.
Assurer la cohérence entre le projet individuel et le projet collectif à lhôpital
Avec 68 à 96,3% des répondants qui qualifient dimportants 8 des 10 indicateurs de cohérence entre les projets individuel et collectif, leur pertinence est confirmée. Sur ce thème, il convient toutefois de souligner les taux médiocres de satisfaction enregistrés. Il apparaît ainsi très fortement que la cohérence entre le projet individuel du praticien et le projet collectif de lhôpital doit être renforcée :
La valorisation de votre activité individuelle (91,4% TI / 54,6% TS) ;
L'adaptation de votre projet personnel au projet collectif (90% TI / 50,8% TS) ;
L'acceptation par l'équipe soignante (praticiens et paramédicaux) dune adaptation aux besoins du service (89,1% TI / 51,3% TS) ;
L'exercice de votre spécialité dans une équipe et dans le cadre d'un territoire de santé (84,8% TI / 51,4% TS).
En termes de valorisation collective de léquipe médicale et de reconnaissance de limplication dans la vie institutionnelle, items considérés comme importants à 96,3% et 75,3%, linsatisfaction prend très largement le pas sur la satisfaction avec des taux dinsatisfaction de 52,4% et 47,3%, avec un écart de 7,5% par rapport au taux de satisfaction. Par ailleurs, la possibilité dun exercice conjoint public et privé à lhôpital est considérée comme le critère le moins attractif par les répondants
Promouvoir les missions et les conditions dexercice médical à lhôpital
Parmi les dix indicateurs relatifs aux missions et aux conditions de lexercice médical à lhôpital, tous sont considérés comme importants par les répondants. Cinq se distinguent avec des taux dimportance supérieurs à 80 % :
Les conditions de vie au travail ;
La continuité des soins et la permanence médicale et pharmaceutique ;
La prévention et la gestion des conflits ;
Le dialogue social ;
La prévention des autres risques professionnels.
Sur ces cinq items identifiés comme les plus importants, il convient de souligner que seule la continuité des soins/permanence médicale est considérée satisfaisante (64,2%) par les praticiens interrogés. La prévention et la gestion des conflits emporte le taux dinsatisfaction le plus significatif, puisquil sélève à 57,6%, avec un écart de plus de 25% par rapport au taux de satisfaction.
Considérées comme importantes à 79,7 et 77 ,7%, la charge des activités administratives et la prévention des risques psycho-sociaux méritent dêtre soulignées. Le premier indicateur rassemble en effet 71,8% dinsatisfaits, soit un écart de 48,1% par rapport au taux de satisfaction. Le taux dinsatisfaits sélève à 51% pour le second indicateur, avec un écart très significatif de 21,1% par rapport au taux de satisfaction.
Sinscrire dans une approche métiers, compétences, qualifications et rémunérations
En la matière, quatre des sept indicateurs proposés se distinguent avec un niveau dimportance supérieur à 94%. Parmi eux, deux sont jugés particulièrement satisfaisants :
Lacquisition de nouvelles qualifications médicales et professionnelles (97,4% TI / 63,5% TS) ;
La coopération entre professionnels de santé (94,2% TI / 62,8% TS).
Considérée comme importante par 96,5% des répondants, la formation médicale continue (FMC) / développement professionnel continu (DPC) ne satisfait que 52,4% dentre eux.
Enfin, la prise en compte de lévolution des disciplines, des spécialités et des modes dexercice, jugée importante à 95,6%, est source dinsatisfaction pour plus de 50% des praticiens interrogés.
Si elle est considérée comme légèrement moins importante (78%), la gestion prévisionnelle des emplois, des métiers et des compétences recueille 56,8% de taux dinsatisfaction, soit un écart de 36,5% par rapport au taux de satisfaction.
Faciliter lévolution des modes dexercice, du temps de travail et valoriser la carrière et la rémunération
La modularité des modes dexercice et du temps de travail tout au long de la carrière sont véritablement plébiscités, avec 91,6% de répondants favorables. Dans une même dynamique, 70,7% des praticiens interrogés déclarent préférer lévolution en fonction du temps de travail, des activités et des projets convenus et évalués plutôt que de lévolution à lancienneté.
Parmi les critères dévolution des modes dexercice et de valorisation de la carrière, lévolution des retraites et le développement professionnel continu sont jugés essentiels, avec des taux dimportance supérieurs à 90%.
En ce qui concerne la rémunération, les répondants souhaiteraient majoritairement la voir évoluer sur lensemble de leur carrière (66,9%), même si un effort particulier est attendu au début de leur parcours professionnel.
HYPERLINK \l "_Toc296461660"2.2.2 Les auditions
La méthodologie
Sans prétendre à lexhaustivité, la Mission a souhaité compléter les résultats quantitatifs de létude nationale sur lexercice médical à lhôpital par une approche qualitative. Elle sest naturellement engagée dans laudition de personnalités qualifiées (voir leur liste en annexe V) afin de recueillir leur expertise. Ces personnalités qualifiées ont été entendues le plus souvent en collectif restreint lors de séances de travail de la Mission, élargi pour la circonstance. En inscrivant laudition dans un cadre collectif, la Mission nourrissait un double objectif :
de recueil dune parole complètement libre (non encadrée par un protocole dentretien directif ou semi-directif) ;
démulation et de brainstorming afin de favoriser lémergence des idées.
Ces auditions ont été programmées les 11 et 25 mai, le 8 juin et le 11 juillet 2011.
Les enseignements
Les auditions ont permis de mettre en exergue des idées-clés structurantes sur lexercice médical à lhôpital eu égard au profil du public consulté (Cf. Annexe V - comptes rendus des auditions et des débats inter-régionaux), telles que :
lamélioration nécessaire de laccueil des jeunes internes dans lhôpital, le besoin de mieux coordonner le post internat (clinicat notamment) et la prise de fonction en qualité de PH en veillant à fluidifier et à sécuriser les parcours professionnels :
en évitant la baisse de rémunération réelle par une revalorisation des bas de grilles salariales qui constitueraient le socle de rémunération,
en contractualisant au bon niveau (léquipe, le pôle, le territoire
) afin doffrir souplesse, modularité et une réponse adaptée aux besoins de santé (notamment au regard de la permanence des soins, en articulation avec les champs privé salarié et libéral).
la recherche dune meilleure articulation entre vie professionnelle et vie privée/familiale, en raison notamment de la féminisation de la profession de praticien ;
lintérêt à susciter le plus tôt possible la vocation de praticiens pour une participation à la gestion administrative et au management ;
la prise en compte de la spécificité de lexercice médical à lhôpital en permettant une représentation des praticiens dans les CHSCT et un volet propre aux personnels médicaux dans le projet social de létablissement.
2.2.3 Les débats interrégionaux
La méthodologie
En complément des démarches denquête qualitative et dauditions de personnalités qualifiées, la Mission a enfin organisé des débats en inter-régions. Cet exercice a utilement complété les auditions en se fondant sur une participation libre et volontaire des participants et sur la recherche, non plus dune expertise, mais de témoignages.
Quatre zones inter-régionales ont été définies afin de structurer ces débats qui ont eu lieu le 18 mai 2011 à Lille, le 1er juin 2011 à Bordeaux, le 15 juin 2011 à Paris et le 22 juin 2011 à Lyon. (Cf. Annexe V détaillant les régions regroupées). Ils ont réuni près de 300 professionnels fortement impliqués dans lhôpital aujourdhui, et soucieux de son avenir. Les débats se sont appuyés sur les travaux menés par les membres de la Mission autour de trois thématiques :
Léquipe médicale et lorganisation de la prise en charge ;
La carrière et le parcours professionnel ;
La reconnaissance et la valorisation de lexercice médical.
Les enseignements
Dune manière générale, les débats ont permis de conforter les tendances observées dans le cadre de lanalyse des résultats du sondage. La diversité et la richesse des interventions ont pointé plus précisément de fortes aspirations sur les points suivants.
Léquipe médicale et lorganisation de la prise en charge
Léquipe
Avec 98,8% de taux dimportance et 74,6% de taux de satisfaction, la qualité du travail en équipe avait été identifiée comme facteur clé de lenvie des praticiens dexercer à lhôpital public. Les comptes rendus de débats apportent des explications essentielles à cet attachement.
Elle apparaît comme une ressource sociale en ce quelle favorise léchange et évite les replis catégoriels. De ce fait, elle atténuerait les risques psycho-sociaux (notamment burn-out). Elle est également perçue comme une ressource professionnelle, les échanges qui sy construisent participant de la transmission des savoirs. Sa structure, hors ligne hiérarchique, la rend source de motivation en ce quelle favorise la prise de responsabilité. Lambiance de léquipe est un facteur clé dattractivité.
Le pôle
Lenquête dopinion a fait apparaître un faible attachement à la notion de pôle. Lappartenance à une équipe médicale dans un pôle dactivité nétait considérée importante en termes dattractivité que par 57,7% des répondants, avec un taux de satisfaction de 46,9%. Sur ce point, les débats complètent utilement les connaissances :
Le pôle est ainsi le cadre et surtout le niveau de la gestion médico-administrative, avec la nécessaire articulation entre la lourdeur de cette tâche et lexercice médical ;
Sil est nécessairement hiérarchisé, le pôle semble tout de même pouvoir ménager lexpression de la démocratie interne. Il offre ainsi au jeune praticien la possibilité dy trouver sa place.
Le territoire
La territorialisation de loffre de soin, notamment par lorganisation en communauté hospitalière de territoire apparaissait peu dans le sondage dopinion. Les débats permettent de les faire émerger comme facteur dattractivité, et surtout comme un cadre sécurisant du déroulement dune carrière, dune part et comme un nouvel espace de développement de léquipe médicale (dans le cadre des temps médicaux partagés), dautre part.
La carrière et le parcours professionnel
Le besoin de lisibilité des parcours professionnels est réaffirmé. A ce jour, la possibilité de se projeter tant en termes de responsabilité que daffectation semble inexistante, quelle que soit létape dans la carrière du praticien.
La modularité est plébiscitée. Elle doit être mise en uvre dès le début de la carrière. Alors que la gestion prévisionnelle des emplois, des métiers et des compétences est une source dinsatisfaction pour 56,8% des praticiens, les débats font apparaître que de fortes attentes pèsent sur elle.
La reconnaissance et la valorisation de lexercice médical
On retrouve, dans les comptes rendus des débats, lexigence des praticiens pour un haut niveau de compétence.
Il existe une demande appuyée, voire une certaine frustration, en termes dorganisation et de financement de la formation, tant médicale que managériale. Alors que lenquête dopinion révélait que lacquisition de compétences managériales nétait considérée comme importante que par 68,2% des répondants, la formation au management des praticiens est régulièrement revenue dans les débats. Elle doit clairement être renforcée.
Lexigence dun haut niveau de compétence sexprime également par un attachement aux pratiques dévaluation et dentretien professionnels qui doivent être développés.
Enfin, ces débats recroisent les conclusions des différents rapports sur la rémunération, comme celles de lenquête dopinion conduite par la Mission. La modularité et la contractualisation des carrières doivent favoriser un intéressement à la performance dans un cadre sécurisé, interdisant le favoritisme ou la sanction voilée.
3. POUR UNE THERAPEUTIQUE URGENTE ET COORDONNEE
Identifier, organiser et valoriser des « équipes » médicales
Identifier
"L'équipe médicale" unité de base de l'organisation hospitalière constitue le fondement de l'identité hospitalière. Sans remettre en question lorganisation « polaire » des hôpitaux, ni revenir aux « services patrimoniaux », il sagit de permettre aux médecins, pharmaciens et odontologistes de retrouver leur place au sein dun groupe à taille humaine, et, par la mutualisation de compétences, de servir des objectifs communs. Léquipe ne vise pas le seul regroupement formel de praticiens, mais doit permettre de leur donner une véritable synergie. Une équipe peut être définie, indifféremment, autour dune spécialité, dune discipline, dun organe ou dune pathologie. Elle peut se développer à lintérieur dun pôle, dun établissement, mais aussi hors les murs, dans un territoire de santé (réseau, filière, secteur
).
Lenjeu et la méthode ne peuvent pas être les mêmes selon quon se situe dans un gros établissement de santé urbain ou au sein dun petit hôpital dans un territoire de santé rural. Dans le premier cas, léquipe peut vraisemblablement être comparée aux services, sans en reprendre le mode de fonctionnement obsolète. Dans le cas dhôpitaux de taille moyenne, la mise en place des Communautés Hospitalières de Territoires (CHT) doit tenir compte de limpératif de constituer des équipes territoriales avec des pôles inter-établissements. De lavis de la Mission, cest le projet de léquipe qui doit être le moteur des CHT. Une équipe nest alors plus la simple somme des praticiens qui la composent. Elle doit permettre de concevoir lorganisation des soins, notamment la permanence et la continuité, de manière à ce que léquipe puisse à la fois offrir des soins de qualité dans le temps et lespace, tout en assurant aux praticiens des conditions de travail attractives.
Cest pourquoi il est important que toutes les équipes médicales soient réunies au moins une fois par an pour faire le bilan de l'activité de l'année écoulée et échanger sur les grands projets et sur les perspectives à court et moyen terme de l'établissement, dans la démarche territoriale.
Organiser
Les missions et activités de léquipe sont définies par types de structure. Le nombre de praticiens qualifiés nécessaires pour y faire face doit être quantifié en tenant compte de lensemble des activités contractualisées (soins, enseignement, recherche, expertise, tutorat, missions dintérêt général, coordination, management
) et du temps nécessaire à lexécution sereine et efficace de chacune de ces activités, en priorisant le soin. Léquipe peut intégrer tout praticien, quel que soit le statut (public/privé) et le mode dexercice (salarié/libéral), pour répartir lobligation de continuité et de permanence des soins et renforcer la cohésion des équipes et la solidarité entre professionnels de santé. Une attention particulière doit être apportée à laccueil des nouveaux praticiens, afin de garantir la pérennisation et le renouvellement des effectifs. Chaque intégration dans léquipe saccompagne dune contractualisation qui laisse clairement apparaître les droits et devoirs du professionnel.
Un fonctionnement contractuel
Lorganisation du travail au sein de léquipe médicale est fondée sur des règles simples, actualisées et optimisées par une contractualisation visible de tous et évaluée, sur la base dune part, dun contrat collectif déquipe intégré au contrat de pôle et dautre part, dun contrat individuel dengagement pour chaque professionnel de léquipe. La mise en uvre du contrat dengagement collectif de léquipe procède, en déclinaison, du contrat de pôle.
Le contrat individuel dengagement du professionnel médical au sein de léquipe formalise ses devoirs en matière de soins, de prévention et d'éducation thérapeutique, de missions d'intérêt général internes ou externes, denseignement, de recherche clinique, dinvestissement institutionnel, de participation à la permanence des soins, mais aussi ses droits en matière de congés, de formations, de projets personnels, de missions ou de stages dans d'autres équipes françaises, européennes ou internationales. Les missions hors soins qui auront été contractualisées sont intégralement prises en compte dans lorganisation du travail du professionnel et de léquipe. Il constitue loutil structurant de la modularité pour le professionnel, au travers du tableau annuel prévisionnel dactivité (TAPA).
Un chef déquipe
Un chef déquipe est choisi par ses pairs, sans discrimination de statut, pour une période définie et en favorisant le renouvellement. Il est mandaté pour représenter les intérêts de léquipe auprès du bureau et du chef de pôle. Comme le chef de pôle, il dispose régulièrement de tableaux de bord dans le domaine des activités médicales, à la fois simples et clairs, pour lui permettre d'établir des comparaisons utiles à activités et moyens comparables. Il est délégué, lorsque cela est possible, pour représenter léquipe auprès de linstitution, des réseaux ou du territoire. Il participe avec le chef de pôle et la direction détablissement au choix des praticiens affectés dans la structure quil anime et coordonne. Il est le garant des engagements contractualisés entre léquipe médicale et les praticiens qui la composent. A linstar de la révision annuelle du contrat de pôle entre le directeur détablissement, le chef de pôle et le président de la CME, une révision du contrat dengagement collectif de léquipe a lieu annuellement, entre le chef de pôle et le chef déquipe puis entre le chef déquipe et les praticiens, sagissant de son éventuel impact sur les contrats dengagement individuel. Les postes médicaux sont définis, quant à eux, sur la base dun profil précis, avec évaluation annuelle dans le cadre dune révision générale des effectifs médicaux.
Un référent médical pour les personnels médicaux
Un référent médical est identifié au sein de chaque pôle pour les personnels médicaux (médecins, pharmaciens, odontologistes). Il est chargé de veiller, en relation avec la médecine du travail et toute instance utile au sein de létablissement ou du territoire ainsi que, le cas échéant, avec lARS et le CNG, à ce que les conditions de vie au travail soient réunies pour permettre à chaque praticien de saccomplir dans son exercice. Il sagit de mieux prendre en compte les attentes majeures en matière de conditions de vie au travail, de dialogue social, de prévention des risques psycho-sociaux. La prévention et la gestion des conflits doivent également trouver un sens au sein des équipes.
Toutefois, il paraît utile de recommander qu'une démarche ou qu'une instance de médiation ou de conciliation soit organisée autour du président de CME, du directeur des affaires médicales et du médecin du travail qui bénéficieront à ce titre d'une formation adaptée. Au-delà, la commission paritaire régionale assurera le soutien et l'accompagnement à cette démarche et le directeur général de lARS se substituera aux acteurs locaux, en cas de nécessité. Une voie de recours au niveau national (CNG) doit être ouverte afin darbitrer les conflits qui n'auront pas pu être réglés au niveau régional.
Il est ainsi recommandé que la CME élabore un code de bonne conduite pour soutenir la solidarité entre praticiens au travers d'un programme d'actions pluriannuel, évalué chaque année, pour instaurer ou restaurer la dynamique et la confiance entre pairs professionnels.
Pour soutenir cette approche, des indicateurs sociaux prioritaires permettant d'anticiper ou de repérer les situations à risque seront mis à disposition des établissements de santé par la direction générale de lOffre de soins du ministère de la Santé, en lien avec le CNG.
Dans le prolongement, un programme d'actions pluriannuel sur la prévention des risques professionnels des praticiens devra être développé dans le cadre des travaux réalisés par un CHSCT mis en place spécifiquement pour les praticiens.
Enfin, léquipe sera un lieu de réflexion et de développement de larticulation interprofessionnelle, en étroite concertation avec les cadres des équipes paramédicales concernées. Il sagit dencourager les initiatives de développement de la coopération entre professionnels de santé pour valoriser lexercice professionnel des praticiens et des paramédicaux, développer, en confiance, la cohésion de léquipe soignante et assurer un enrichissement professionnel pour chacun.
Valoriser
Un projet de schéma organisationnel et des principes de fonctionnement général sont proposés par le chef déquipe, en lien avec les praticiens concernés. Ces projets, une fois validés par le chef de pôle dans la dynamique du projet de pôle, sinscrivent dans le contrat de pôle et dans le projet médical et le projet détablissement.
Cest dans ce cadre que la valorisation collective des équipes va permettre le développement de projets collectifs (praticiens et paramédicaux notamment),en lien avec la CME, en favorisant la promotion dun intéressement collectif sur résultats (amélioration des conditions de vie au travail, participation à des travaux de recherche ou à des programmes dinnovation, colloques, séminaires ou missions, y compris à létranger, systèmes dinformation
.). Elle se traduira par lattribution de crédits spécifiques par létablissement visant à améliorer lorganisation des soins portée collectivement par léquipe. Cest elle qui décidera de lutilisation des crédits ainsi alloués. Par contre, les incidences financières à caractère individuel sinscriront dans la part variable de la rémunération du praticien concerné.
Dans le cadre de la démarche de qualité recherchée de lorganisation, une labellisation des équipes médicales pourrait être promue par la Haute Autorité en Santé (HAS) pour attirer et fidéliser les praticiens à lhôpital.
De même, des distinctions hospitalières pourraient être délivrées, chaque année, par le Ministère de la Santé aux équipes dont lengagement et la performance collective seraient reconnus ainsi qu'à des praticiens très impliqués dans le domaine des soins et de leur organisation.
Choisir, construire et adapter sa carrière médicale à lhôpital
En préambule, la Mission considère que la mise en uvre opérationnelle dune gestion prévisionnelle des emplois et des compétences médicales constitue un impératif national, régional et territorial.
La carrière dun médecin, dun pharmacien ou dun odontologiste hospitalier sétale sur environ 35 ans. Elle évolue à lancienneté. Les mutations sont rares et les changements ou ajouts dactivités ou de responsabilités se font au fil de leau, en mille-feuilles, sans projet explicite. Si les profils de poste, récemment élaborés, éclairent initialement le praticien et linstitution sur les conditions du recrutement, rien ne permet ensuite, pendant 3 ou 4 décennies, de connaître, daccompagner ni de réguler les changements de projets du praticien, dintégrer les besoins et/ou les souhaits dévolution de ses compétences et encore moins de les harmoniser avec les choix stratégiques de lhôpital dans lequel il exerce ou de ceux des hôpitaux voisins avec lesquels il coopère.
Une thérapie forte doit donc être proposée pour construire une carrière motivante, évaluée et sécurisée à lhôpital public. Il sagit dentreprendre une action déterminée afin dassurer la promotion des métiers et des carrières dans le secteur public hospitalier. Cette action est construite autour dune carrière modulable sécurisée et une contractualisation interne négociée qui doivent sarticuler et se combiner. Une telle évolution doit saccompagner dune formation initiale des étudiants et des internes visant lacquisition dune vision globale du système de santé, dans une véritable approche de léthique et des sciences humaines pour bien appréhender leur futur environnement professionnel.
Cette double action se synthétise en quatre points :
Une carrière modulable des praticiens titulaires ou probatoires gérée nationalement pour la sécuriser ;
Une unification des statuts de praticiens contractuels gérés localement à engager ;
Une contractualisation locale pour intégrer le projet individuel du praticien dans le projet déquipe ;
Une adaptation des temps de travail aux différentes périodes pour concilier la vie professionnelle, familiale et personnelle.
3.2.1 Une carrière modulable des praticiens titulaires ou probatoires gérée nationalement pour la sécuriser.
Un statut pérenne et suffisamment souple doit sécuriser la carrière. Le praticien - qui portera le titre de « médecin, chirurgien, anesthésiste-réanimateur, psychiatre, radiologue, biologiste, pharmacien ou odontologiste » selon son statut dappartenance - dispose dun socle statutaire commun pour les praticiens à temps plein et à temps partiel titulaires ou probatoires, gérés par le CNG. Conditions générales dexercice, droits sociaux et organisation globale de la carrière constituent le cadre de ce statut commun. A ce titre, le praticien est rémunéré selon une grille comportant six échelons et correspondant à la plus grande partie de la rémunération statutaire actuelle.
Le CNG assure le pilotage et laccompagnement des praticiens dans le cadre de parcours professionnels individualisés à l'occasion de la constitution d'un vivier national de praticiens pour répondre à des besoins spécifiques notamment institutionnels, au plan national ou régional. Il coordonne la création de passerelles professionnelles pour faciliter la mobilité fonctionnelle des praticiens, en lien avec les ministères chargés de la Santé et de lEnseignement supérieur et les ordres professionnels nationaux. En outre, il développe une bourse de l'emploi sur la base de profils de postes valorisant les postes vacants ou susceptibles de l'être pour éclairer les jeunes praticiens voulant intégrer le service public hospitalier ou faciliter la mutation de ceux qui y sont déjà engagés. De même, une « CV thèque » devra être intégrée dans la bourse de l'emploi pour promouvoir la candidature de praticiens, en rapprochant l'offre de la demande.
Il est également proposé de segmenter la carrière des praticiens en « modules » dune durée de trois à dix ans. Une carrière type serait ainsi constituée dau minimum trois modules. Chaque module est précédé dun bilan rétrospectif et dun partage de projets pour le module à venir. Une évaluation des acquis et des évolutions des compétences est réalisée. Cette évaluation est médicalisée et associe selon les besoins le CNG, la HAS et les sociétés savantes.
A chaque entrée dans un module, le praticien choisit son quota de temps de travail (de 50 à 110%) dans le cadre de la gestion nationale confiée au CNG. Une fois le bilan personnel réalisé, et la détermination du temps de travail effective, le praticien sintègre contractuellement dans une ou plusieurs équipes territoriales.
La contractualisation des fonctions et des activités selon les compétences, les rythmes, les investissements dans les différents domaines dactivité, individuels et collectifs, ainsi que des besoins des établissements est une nécessité. Cette modularité et cette contractualisation doivent permettre au praticien hospitalier, resté maître in fine des bases de son temps de travail, dalterner des années plus centrées sur le soin et dautres sur la formation, lenseignement, la recherche, la prise de responsabilité, lexpertise, le tutorat/compagnonnage ou le projet personnel.
Une action particulière doit être menée sur le premier et le dernier module de la carrière. Durant le premier module, le projet de carrière pourra être éclairé par le partage des activités et par la capacité à effectuer des remplacements ponctuels ainsi que par la mise à disposition par le CNG, des postes disponibles. Il est en effet souhaitable dintégrer le post internat et éventuellement la deuxième partie du troisième cycle des études médicales dans le premier module de la carrière en favorisant un accompagnement adapté du jeune praticien par le biais du tutorat.
Il sagit de donner un signal fort aux jeunes médecins, pharmaciens et odontologistes en les intégrant de facto dans les carrières hospitalières, même sils continuent à être gérés localement dans le premier module de la carrière de praticien.
Le troisième cycle doit être le temps fort de formation vis-à-vis du projet personnel de linterne mais aussi celui de la formation intégrante à léquipe hospitalière et à son projet collectif. Bien que non limité au premier module de la carrière, le soutien aux conditions dexercice notamment pour les femmes praticiens, de plus en plus nombreuses à lhôpital, (accompagnement pour laccès des enfants en crèche ou en garderie, restauration collective, lieux de repos
) constitue une attente majeure encore trop souvent peu satisfaite.
Le dernier module de la carrière doit permettre de conserver le dynamisme et lengagement du praticien. Pour ce faire, le statut de consultant devra être modernisé en CHU, tout comme le cumul emploi-retraite. Partout, la participation à lévaluation et la transmission de savoirs doivent être encouragées et valorisées, sous réserve d'une aptitude médicale et d'une évaluation professionnelle positive. De même, la prolongation volontaire et contractuelle dactivité sera soutenue. Lévolution, bien quactuellement contrôlée du régime général de retraite et du régime complémentaire de lIRCANTEC, est à lorigine de discussions, voire dinquiétudes, des praticiens hospitaliers, jeunes et moins jeunes.
Les propositions les plus souvent avancées portent sur un élargissement de lassiette de cotisations IRCANTEC (totalité des primes et indemnisation des astreintes), la possibilité dun régime de complément partiellement financé par une participation de lemployeur ou une défiscalisation et la possibilité dune transformation du compte épargne temps en compte épargne retraite, permettant le rachat de points.
Par ailleurs, la prise en compte de la pénibilité (travail de nuit) pourra être effective dans ce dernier module.
Enfin, une part importante doit être donnée à la promotion de la recherche clinique. Il est proposé à ce titre la mise en place dun contrat dengagement individuel dans un projet de recherche clinique pour la durée du programme, avec prise en compte intégrale de ces travaux sur le temps de travail, participation aux publications scientifiques et financement des déplacements ou missions pour valoriser et promouvoir les travaux réalisés et participer aux échanges professionnels sur le sujet au plan national, européen et international. Ce contrat pourra sintégrer en souplesse aux différents modules de carrière.
3.2.2 Une unification des statuts de praticiens contractuels gérés localement
Les praticiens contractuels sont, quant à eux, recrutés localement par les directeurs chefs détablissement sur des statuts hétérogènes (praticiens hospitaliers contractuels, praticiens adjoints contractuels, praticiens attachés
). Or, à lexception des praticiens associés, ils ont une même plénitude dexercice dans leur spécialité, selon des règles et des quotités de travail souvent comparables.
Cest pourquoi il paraît, aujourdhui plus quhier, nécessaire dunifier ces différents statuts de praticiens contractuels pour rapprocher les droits et devoirs de tous les praticiens exerçant à lhôpital et ainsi définir un temps médical disponible complet pour assurer la totalité des activités, quel que soit le statut dappartenance.
Un tel dispositif est dautant plus justifié que lhôpital souvre résolument au partenariat territorial, public et privé, quil convient dencourager par de nouvelles règles de fonctionnement de lexercice médical, à la fois simples et claires.
Toutefois, les statuts spécifiques aux praticiens en post-internat (chefs de clinique-assistants des hôpitaux, assistants des hôpitaux..), sous gestion locale mais en lien avec le CNG pour les perspectives professionnelles de praticien hospitalier, doivent être revisités et optimisés indépendamment de lunification des statuts de praticiens contractuels.
De même, lharmonisation des obligations de permanence des soins entre les secteurs sanitaires, public et privé, salarié et libéral, reste une question essentielle si lon veut faire émerger un système de santé véritablement articulé, complémentaire, solidaire et responsable pour prendre en charge de manière optimale les besoins en forte évolution de nos concitoyens.
Une unification des statuts de praticiens contractuels gérés localement, selon des principes de rémunération et de protection sociale proches de ceux des praticiens titulaires ou probatoires, doit être particulièrement considérée.
3.2.3 Une adaptation du temps de travail à organiser
Lévolution de la législation européenne, ladaptation de la RTT et le sujet de la permanence des soins justifient de revoir les modalités dorganisation journalière du travail médical à lhôpital que la Mission propose de clarifier. Les travaux en cours sur la permanence de nuit engagés par les ARS vont dans ce sens.
Il est donc proposé que chaque journée de 24 heures soit divisée en 5 quartiers :
De 8h30 à 18h30, les jours de semaine (LMMJV et S matin) la journée est divisée en deux quartiers de jour denviron cinq heures. Ces quartiers doivent rester souples pour permettre la continuité des activités dans le cadre des tableaux annuels prévisionnels dactivité.
De 18h30 à 22h30, un quartier de soirée devra être créé. Evidemment, ce temps de soirée ne serait éventuellement déclenché que dans un cadre contractuel entre létablissement et lARS et décliné ensuite dans le contrat de pôle. Le financement contractualisé de ce quartier de soirée devra tenir compte de la pénibilité particulière induite.
Enfin de 22h30 à 8h30, deux quartiers de nuit correspondraient à la permanence de nuit dès lors quelle est reconnue comme telle dans le projet détablissement ou de territoire.
Cette présentation permettrait de réduire à dix heures le temps de permanence de nuit et simplifierait la mise en uvre de la législation européenne.
Le sondage confirme en effet que majoritairement ,39% de praticiens, souhaitent que le temps de travail soit décompté en demi-journées. Une proportion, également importante (36%) notamment dans les CHU, souhaite que le temps de travail soit modulé. Sur ces deux constats, il apparait que lidentification en cinq quartiers répond aux attentes dacceptabilité, de reconnaissance, de souplesse et dadaptation institutionnelle.
Au-delà, et comme évoqué précédemment, le choix volontaire du praticien de travailler par modules de 50 à 110% des 208 jours de travail du temps de référence (en monétisant volontairement et contractuellement tout ou partie des jours de RTT), ainsi que laffectation contractuelle du temps de travail dans le tableau annuel prévisionnel dactivité de léquipe, constituent des propositions majeures de la Mission.
3.2.4 Une contractualisation locale pour intégrer le projet individuel du praticien dans le projet déquipe
Le praticien, léquipe et linstitution ont besoin de disposer dun descriptif clair des organisations des activités médicales à lhôpital. Cest au niveau de léquipe médicale (service, unité
) que doit être établi le projet médical de léquipe et le tableau annuel prévisionnel dactivité (TAPA) actuellement fixés par la réglementation au niveau du pôle. Celui-ci précise, a priori, le temps médical nécessaire à la réalisation des objectifs de léquipe. Par journées et demi-journées de travail (ou quartier), voire dans certains cas par décompte horaire, le TAPA doit définir le temps nécessaire à lactivité professionnelle et médicale de chaque praticien, dans six domaines principaux :
Le soin : diagnostic et traitement, continuité et permanence, incluant les activités de télémédecine ;
La santé : prévention, éducation;
La qualité et la sécurité : gestion des risques, vigilance, évaluation ;
La formation, lenseignement, la recherche et notamment la recherche clinique ;
Les responsabilités institutionnelles et lengagement dans la gestion médico-économique ;
Le projet personnel dont il est en effet important de conserver une partie (action humanitaire, éthique ou santé publique ; action syndicale
), essentielle à la motivation.
Dans un exercice médical rénové autour dune équipe contractualisant ses activités dans un tableau prévisionnel annuel dactivité, la pérennité de lactivité libérale à lhôpital se pose.
Par ailleurs, la charge de travail administratif, considérée comme la première cause dinsatisfaction dans le sondage, justifie que des mesures spécifiques soient proposées. Une aide par des assistants ou des techniciens spécialisés dans le traitement de linformation et dans la gestion administrative et logistique serait probablement une réponse adaptée. Parallèlement, une expertise pourrait être menée sur la pertinence et lutilité des études, enquêtes, statistiques et remontées dinformation demandées aux hôpitaux, tant au plan administratif que médical et scientifique.
La question de la pénibilité au travail des praticiens exerçant à lhôpital doit être aussi abordée.
Cette pénibilité est de nature polymorphe : stress, agression psychique voire physique, isolement, poste difficile à pourvoir, spécificité d'exercice, productivisme, constituent quelques uns des aspects les plus fréquents de la pénibilité ressentie. Le travail de nuit, les dimanches et les jours fériés, représente aussi un élément central de pénibilité. Il en est ainsi de la permanence des soins pour le praticien qui constitue, au-delà dun certain seuil, également une pénibilité reconnue. La définition dun seuil qui pourrait être retenu pour un nombre de permanences sur place ou dastreintes déplacées par an, paraît utile pour reconnaitre cette charge spécifique. Au-delà de ce seuil, reconnu et validé par un tableau annuel prévisionnel dactivité, la pénibilité exercée pourrait faire lobjet daménagements, y compris pour létablissement des droits à la retraite. Afin que cette contrainte soit partagée entre tous les praticiens, quel que soit leur mode d'exercice (public et/ou privé), elle doit s'organiser à léchelle du territoire.
Enfin, le praticien pourrait être autorisé à utiliser tout ou partie de son compte épargne temps pour réaliser un projet professionnel ou personnel particulier sans lien avec l'établissement, si le tableau annuel prévisionnel dactivité le permet.
3.3 Repenser la valorisation financière de lactivité médicale
La reconnaissance professionnelle et institutionnelle de lactivité du praticien hospitalier au sein de son équipe et de son institution hospitalière constitue une clé de management indispensable. Elle doit sétablir dans le respect de la politique d'évaluation de la qualité des soins définie par la commission médicale détablissement (CME). Rémunérée comme telle, cette reconnaissance est un corollaire à celle du praticien qui la réalise. La prise en compte des mutations environnementales, technologiques et juridiques serviront à l'évaluation du programme réalisé et à ladaptation de ses évolutions.
Le temps de lintégration du praticien dans lhôpital au cours de son premier module de carrière constitue à ce titre une étape importante. Lexistence dun profil de poste détaillé équivaut probablement au premier contrat dengagement individuel passé entre le praticien et son équipe, entre le praticien et linstitution.
Laccueil et une information claire sur le projet de territoire, détablissement, du pôle et de léquipe sont des éléments essentiels à une bonne visibilité du praticien et à une intégration réussie. En miroir, il est important que le praticien puisse formuler ses envies, attentes et engagements professionnels :
Les soins, la permanence et la continuité des soins ;
La prévention et l'éducation thérapeutique individuelle et collective ;
La recherche clinique et la production scientifique ;
Lenseignement et le tutorat des praticiens et des paramédicaux, très fortement demandés, y compris dans les établissements non universitaires ;
Lactivité dexpertise scientifique pour les agences et structures publiques, ou pour le système judiciaire ;
La participation au développement professionnel continu, aux évaluations professionnelles, certification, accréditation et, au-delà, lengagement dans la qualité.
Cest de cet échange dinformations et dobjectifs que peut naître une véritable reconnaissance professionnelle du praticien au sein de léquipe et de létablissement. Le contrat vient ensuite formaliser les droits et devoirs respectifs de chacun, dans le cadre des objectifs institutionnels et préciser les indicateurs sur lesquels sera appréciée latteinte ou non des objectifs convenus.
La valorisation financière est sans aucun doute un facteur dattractivité de lexercice médical à lhôpital. Elle doit être mise en perspective avec celle des carrières libérales. Les revenus de lexercice libéral croissent très rapidement en début de carrière et restent élevés jusquà 55 ans en moyenne, âge au cours duquel les revenus commencent à décroitre. Au contraire à lhôpital, laugmentation des revenus sur la grille statutaire sont progressifs et lents. Cest à partir de 55 ans que les revenus deviennent et restent plus importants. Il existe une différence moyenne de 40% entre les deux modes dexercice en surface de rémunération sur la carrière.
Il est tout aussi vrai quà lintérieur du secteur public, de grandes inégalités se confirment selon que le praticien exerce une spécialité avec essentiellement des actes cliniques ou, au contraire, avec peu dactes techniques. Alors que le statut de praticien hospitalier - pour ne citer que celui-ci - est juridiquement le même pour toutes les spécialités, il dissimule, derrière une apparente grille unique de rémunération, des différences de revenus qui, toutes choses égales par ailleurs, peuvent atteindre 40%.
Dès lors, un rapprochement des rémunérations entre les praticiens du secteur public et ceux du secteur privé doit, à activités et responsabilités comparables, être recherché car les différences peuvent être, comme la montré lIGAS, considérables.
Les raisons de ces différences tiennent à la diversité des primes et rémunérations complémentaires souvent peu transparentes :
Primes dexercice multi-sites, prime dactivité sectorielle et de liaison, prime dexercice public exclusif uniquement applicable aux praticiens hospitaliers à temps plein ;
Rémunération liée à la permanence des soins ;
Activités dintérêt général extérieurs à lhôpital ;
Expertises médicales ;
Activité libérale hospitalière qui peut, dans certaines activités médico-techniques, générer des gains supérieurs à la rémunération statutaire.
Cest pourquoi, la valorisation financière doit permettre la reconnaissance transparente et contractuelle de lensemble des activités exercées : activités de soins dabord et, au-delà, activités indirectement liées aux soins.
La valorisation financière comprend une part fixe statutaire et une part variable, contractualisée conservant sa nature publique.
Une part fixe, selon un socle commun :
assurant la sécurisation du parcours professionnel,
améliorant notablement le début de carrière,
peu évolutive à lancienneté,
portant sur une part importante de lactuelle rémunération statutaire.
Une part variable établie dans le projet déquipe :
établie dans la transparence,
contractualisée avec un objet, une durée, une évaluation et une reconduction éventuelle et en cohérence avec le projet détablissement,
collective à effet individuel,
portant sur un maximum de 30% de la rémunération.
Sagissant du développement professionnel continu, les montants alloués pourront être relevés en fonction de l'atteinte des objectifs convenus, après évaluation. La Mission reprend fortement à son compte des propositions déjà exprimées dans plusieurs rapports officiels.
3.4 Améliorer les conditions de vie au travail, promouvoir la prévention des risques médicaux et des conflits, améliorer le dialogue social
Outre les propositions déjà exprimées et notamment la présence dun référent médical des ressources humaines au sein du pôle, simpose également un volet social spécifique aux praticiens pour améliorer leurs conditions dexercice et la prévention des risques médicaux et psycho-sociaux dans le cadre dune organisation, notamment régionale, de la médecine du travail.
La Mission recommande la création dun CHSCT propre aux praticiens pour identifier les situations à risque, et en lien avec la CME, assurer lélaboration et le suivi dun programme local pluriannuel dactions pour promouvoir la cohésion des équipes et la résolution des conflits. Il sagit principalement de prévenir et de gérer les conflits avec, comme maîtres mots, lanticipation et la médiation-conciliation, localement au niveau de léquipe ou de létablissement et régionalement, par le biais des commissions régionales paritaires.
Dans les conflits les plus difficiles, le niveau national (CNG) pourra être sollicité.
Pour améliorer le dialogue social (cest-à-dire principalement les conditions de lexercice syndical des praticiens au plan local, régional et national) les commissions régionales paritaires devront être fortement et régulièrement sollicitées.
3.5 Assurer une mise en uvre rapide des mesures proposées par un protocole-cadre autour dobjectifs explicites
En conclusion, la Mission attire lattention sur limportance de la méthode permettant la mise en uvre de ses propositions.
Une évolution purement statutaire a linconvénient de sa lenteur et son absence de caractère incitatif. Le temps nécessaire à son aboutissement risque daggraver une démographie hospitalière délicate, dévolution défavorable et mal contrôlée.
Lutilisation de textes existants serait plus rapide mais naurait que des effets limités.
Il est donc proposé de retenir une solution ouverte pouvant aboutir à la signature dun protocole- cadre autour dobjectifs explicites.
Par ailleurs, la démographie médicale déclinante va entrainer le départ à la retraite de 31 % de praticiens en dix ans quil faut aussi prendre en compte.
La Mission propose que la masse salariale médicale fixée au 1er janvier 2012 serve de base de référence à la mise en uvre du protocole cadre.
Enfin, elle recommande qu'un travail complémentaire soit engagé par le Ministère de lEnseignement Supérieur et de la Recherche et le Ministère de la Santé pour apprécier les mesures d'adaptation au champ hospitalo-universitaire des actions proposées, et en particulier celles relatives au post-internat, au consultanat et à la retraite, en sappuyant sur les études et les travaux récents ou en cours sur ces sujets.
4. AVEC DES ETAPES THERAPEUTIQUES CONFIRMEES
4.1 Donner envie dune carrière à lhôpital
Promotion des fonctions et des carrières des praticiens notamment auprès des jeunes arrivants
Accompagnement des jeunes praticiens dans le cadre du post-internat (tutorat/compagnonnage) par une formation complémentaire.
Instauration dune procédure spécifique daccueil des nouveaux arrivants (présentation de létablissement dans le territoire, désignation de tuteurs pour les étudiants/internes et de référents pour les nouveaux praticiens, brochure spécifique, guide
).
Pilotage et accompagnement dans des parcours professionnels individualisés.
Soutien aux conditions de travail (accès des enfants en crèche ou en garderie, restauration collective, lieux de repos
).
Organisation dune rencontre annuelle avec lensemble des praticiens de létablissement pour faire le bilan de lactivité de lannée écoulée, les informer et échanger sur les grands projets et sur les perspectives à court et moyen terme de létablissement dans le cadre territorial ou régional.
Promotion de la qualité de lexercice clinique auprès du patient
Optimisation de la répartition des activités médicales pour centrer, autant que possible, le praticien sur une activité dans la durée en lui laissant un temps suffisant pour linformation, lécoute et léchange avec le patient ou avec son environnement professionnel, avec stabilité de lengagement individuel, même en cas de changement de chef déquipe, sauf situations particulières.
Organisation et pilotage de la politique de qualité des soins par le président de la CME et par le coordonnateur des soins/directeur des soins, avec mise à disposition doutils et dindicateurs de performance, dévaluation et de suivi (HAS, ANAP).
Mise en place dun contrat dengagement individuel dans un projet de recherche clinique pour la durée du programme, avec prise en compte intégrale de ces travaux sur le temps de travail, participation aux publications scientifiques et financement des déplacements ou missions pour valoriser et promouvoir les travaux réalisés et participer aux échanges professionnels sur le sujet au plan national, européen et/ou international.
Engagement dans les missions dintérêt général
Possibilité dun engagement contractuel individuel dans une mission dintérêt général interne à létablissement et/ou dans le territoire de santé, pour une période de 3 ans renouvelable, avec évaluation dans le bilan annuel dactivité de léquipe.
Création de passerelles professionnelles pour faciliter la mobilité fonctionnelle.
Engagement dans le service public
Reconnaissance de lengagement particulier de praticiens dans lactivité ou lorganisation des soins par lattribution de distinctions spécifiques et par la généralisation au sein de létablissement ou dans le cadre du territoire de santé, dune cérémonie annuelle notamment pour les départs à la retraite.
Assurer la cohérence entre le projet individuel et le projet collectif à lhôpital
Adaptation du projet personnel au projet collectif et valorisation de lactivité individuelle
Généralisation dans le contrat de pôle et dans le contrat collectif de léquipe du tableau annuel prévisionnel dactivité.
Mise en place dun contrat individuel dengagement dans le cadre du contrat collectif de léquipe, portant notamment sur la nature des missions et les objectifs attendus de chaque praticien, avec répartition du temps de travail entre les différentes activités confiées, avec compensation pour léquipe du temps médical clinique ou médico-technique si lactivité le justifie et si leffectif existant le nécessite (contrat de pôle), sur la base de référentiels définis par le ministère chargé de la Santé avec lATIH, lANAP et le CNG, en particulier pour les responsabilités confiées aux chefs de pôle et aux chefs déquipe.
Définition des postes sur la base dun profil précis, avec évaluation tous les ans dans le cadre dune révision générale des effectifs médicaux.
Soutien financier de létablissement pour promouvoir des actions dintérêt général et des démarches innovantes en vue daméliorer la prise en charge des patients (système dinformation, guides
) ou pour optimiser le management des équipes et des projets (missions en France ou à létranger
).
Accès renforcé aux crédits du Développement professionnel continu (DPC) pour valoriser léquipe, sur la base dune évaluation favorable de latteinte des objectifs convenus.
Acceptation par léquipe soignante (praticiens et paramédicaux) dune adaptation aux besoins du service
Amélioration du dispositif spécifique relatif au temps supplémentaire réalisé par un praticien pour répondre à la continuité et à la permanence des soins et aux autres besoins du service.
Valorisation collective de léquipe et promotion de lexercice dans la spécialité
Participation du chef déquipe avec le chef de pôle au choix de ses praticiens.
Mise en uvre dun contrat dengagement collectif de léquipe en déclinaison du contrat de pôle, avec majoration des crédits consacrés au DPC, possibilité de financement de séjours professionnels en France ou à létranger, émargement sur des crédits dédiés à ce titre par létablissement à la performance sur engagement
).
Promotion dun intéressement collectif sur objectifs contractualisés et évalués.
Création de pôles inter-établissements pour toutes formes de coopération, dont les communautés hospitalières de territoire.
Organisation et financement de missions ou stages dans dautres équipes françaises, européennes ou internationales pour réfléchir notamment sur les évolutions scientifiques et technologiques et optimiser lexercice médical.
Promotion du prix national de management médical mis en place par lANAP.
Repérage régional (DGARS) des praticiens les plus engagés et les plus performants pour accompagner le CNG dans la constitution dun vivier national ayant pour objectif de valoriser leurs parcours professionnels auprès dorganismes régionaux ou nationaux ou dans tous autres milieux professionnels, en lien notamment avec la santé.
Promouvoir les missions et les conditions dexercice médical à lhôpital
Amélioration des conditions de vie au travail
Définition précise des missions et des activités par types de structure, en précisant le nombre de praticiens qualifiés nécessaires pour y faire face, en tenant compte de lensemble des activités contractualisées (soins, enseignement, recherche, expertise, tutorat, missions dintérêt général, coordination, management
) et en priorisant le soin, ainsi que les durées définies pour que ces activités puissent être assurées de manière efficace et sereine.
Possibilité dutiliser son compte épargne temps en continu pour réaliser un projet professionnel ou personnel particulier, sans lien avec le projet détablissement, si le tableau annuel prévisionnel dactivité le permet.
Elaboration dun code de « bonne conduite » par la CME pour soutenir la solidarité entre praticiens au travers dun programme local pluriannuel dactions, évalué chaque année, permettant dinstaurer ou de restaurer la dynamique et la confiance entre les pairs de même spécialité ou entre spécialités différentes, voire avec les professionnels paramédicaux, en lien avec le directeur chef détablissement et l équipe de direction.
Adaptation de lARTT aux modes dexercice médical
Moduler la gestion du temps de repos après une période de « gardes » ou dintense activité en fonction de lorganisation du travail mise en place.
Soutien à la continuité des soins et à la permanence médicale et pharmaceutique (gardes et astreintes) dans une logique de territoire de santé
Amélioration du système de gardes et astreintes des praticiens sur le territoire de santé, quels que soit leur statut et/ou leur mode dexercice (salarié public/salarié privé/libéral) pour répartir lobligation de permanence et de continuité des soins et renforcer la cohésion des équipes médicales et la solidarité entre professionnels de santé.
Développement du dialogue social avec les praticiens
Intégration dun volet spécifique aux praticiens dans le projet social de létablissement.
Instauration dun véritable droit syndical pour les praticiens, en consolidant le régime des autorisations dabsence et en accordant certaines décharges dactivité au plan national aux organisations syndicales les plus représentatives.
Création dun espace de dialogue social organisé et régulier au niveau régional et national, en sappuyant notamment sur les missions confiées aux commissions paritaires régionales, et en assurant des remontées régulières dinformation à la DGOS et au CNG pour faciliter le travail du comité consultatif national paritaire des praticiens.
Facilitation daccès à la médecine du travail
Optimisation de lintégration du suivi médical des praticiens par le service de médecine du travail de létablissement ou création dun service de médecine du travail par territoire de santé, au plan régional ou interrégional, et mise en place dun comité médical au niveau régional, interrégional, voire national.
Allègement des charges administratives des praticiens
Développement de postes dassistants ou de techniciens/ingénieurs spécialisés dans le traitement de linformation, la gestion administrative ou la logistique pour recentrer les praticiens sur leur cur de métier, tel quil est défini dans le cadre des activités prévues dans leur contrat individuel dengagement.
Elaboration de tableaux de bord dans le domaine des activités médicales simples et clairs, avec retour dinformations rapides, notamment pour donner aux chefs de pôle et aux chefs déquipe des comparaisons utiles, à activités et moyens comparables.
Prévention et gestion des conflits
Développement autour du président de la CME, du directeur en charge des affaires médicales et du médecin du travail dune démarche ou dune instance de médiation et de conciliation, avec à ce titre participation de ses membres à une formation régionale adaptée.
Optimisation au sein de lARS de la commission paritaire régionale pour soutenir et accompagner cette démarche ou se substituer aux acteurs locaux en cas de nécessité.
Instauration dune voie de recours au plan national (CNG) en cas dimpossibilité de gérer les conflits au niveau régional.
Prévention des risques psycho-sociaux
Mise au point dindicateurs sociaux prioritaires permettant lanticipation ou le repérage des situations à risque, par le Ministère chargé de la santé (DGOS), en lien avec le CNG.
Insertion dun programme local pluriannuel dactions sur la prévention des risques professionnels dans le cadre des travaux dun CHSCT dédié aux praticiens exerçant à lhôpital, avec présentation dun bilan annuel au directoire, au conseil de surveillance et à la CME.
Prévention et gestion des autres risques professionnels
Intégration dune réflexion sur la prévention et la gestion des risques professionnels et suivi du programme pluriannuel dactions arrêté dans le cadre de ce même CHSCT et dans les mêmes conditions de diffusion de ses travaux.
4.4 Sinscrire dans une approche métiers, compétences et qualifications
Développement de la connaissance des jeunes praticiens durant la formation initiale sur le système de santé dans une approche des sciences humaines et de la dimension éthique pour mieux appréhender leur futur environnement professionnel
Intégration dans les études médicales, pharmaceutiques et odontologiques de modules, notamment sur ces trois champs de connaissances, avec une actualisation et une accentuation du programme en fin détudes (Universités/Doyens).
Prise en compte de lévolution des disciplines, des spécialités et / ou des modes dexercice
Réflexion à mener chaque année par le directoire et la CME avec présentation au conseil de surveillance, au CTE et aux CHSCT (lun pour les personnels de la fonction publique hospitalière et lautre pour les praticiens) pour étudier et, le cas échéant, prendre en compte les évolutions environnementales, juridiques et/ou technologiques nécessitant des adaptations rapides (structures, disciplines, modes de prise en charge des patients ou des personnes accueillies, équipements, formations pluridisciplinaires ou interprofessionnelles
).
Révision annuelle du contrat de pôle entre le directeur détablissement et le chef de pôle, en lien avec le président de la CME ainsi que du contrat dengagement collectif de léquipe entre le chef de pôle et le chef déquipe puis entre le chef déquipe et les praticiens de son équipe.
Dynamisation du développement professionnel continu (formation médicale)
Actualisation régulière des connaissances dans la spécialité dexercice.
Développement de lacquisition de nouvelles qualifications médicales et/ou professionnelles.
Promotion des compétences médico-économiques et/ou managériales par des actions de formation organisées au niveau régional, interrégional ou national.
Pilotage dune véritable gestion prévisionnelle des emplois, des métiers et des compétences
Mise à disposition du directeur détablissement, du président de la CME et des chefs de pôle des données démographiques nationales, voire européennes (DGOS, DREES, Observatoires nationaux, ordres professionnels, CNG), régionales (ARS), et locales (Direction de létablissement) pour leur permettre de mener une réflexion utile sur les adaptations à envisager localement.
Accès à des données comparées dactivités et de moyens pour faciliter ladaptation des moyens aux besoins sur le territoire (DGOS, en lien avec lATIH, lANAP et le CNG).
Engagement dans lévolution des pratiques professionnelles
Création des outils nécessaires aux présidents et membres de la CME pour faciliter leur mission dévaluation des pratiques professionnelles (Ministère chargé de la Santé, HAS, ANAP, EHESP ou autres organismes agréés).
Valorisation de la coopération entre professionnels de santé (répartition et/ou partage de compétences entre médicaux et paramédicaux)
Information à donner sur les règles et modes opératoires dans les pays européens pour encourager les initiatives et le développement de la coopération entre professionnels de santé et/ou le partage des compétences pour valoriser lexercice professionnel des praticiens et des paramédicaux, pour renforcer, en confiance, la cohésion de léquipe soignante et assurer un enrichissement professionnel de chacun de ses membres.
4.5 Faciliter lévolution des modes dexercice, du temps de travail et valoriser la carrière et la rémunération
Accompagnement à lorganisation et à la gestion du temps de travail
Organisation du travail fondée sur des règles de base simples, actualisées et optimisées par une contractualisation convenue et évaluée, sur la base dune part, dun contrat collectif déquipe intégré au contrat de pôle et dautre part, dun contrat individuel dengagement pour chaque praticien de léquipe.
Modularité de la gestion du temps de travail tout au long de la carrière par le chef déquipe pour chaque praticien, au travers du tableau annuel prévisionnel dactivité.
Développement de la gestion des carrières et appui au développement professionnel continu
Evolution en fonction du temps de travail, de la nature des activités et des projets convenus et évalués.
Mobilisation de crédits de développement professionnel continu, au-delà des pourcentages minimaux actuels (0,75% de la marge salariale pour les CH et 0,50% pour les CHU/CHR) ou émargement sur des fonds spécifiques qui pourrait être ultérieurement constitués, dans le cadre de latteinte des objectifs fixés au contrat de pôle pour chaque structure interne.
Soutien à lévolution du mode de rémunération des praticiens (part fixe et part variable)
Modification du mode de rémunération des praticiens pour passer à une rémunération constituée dune part fixe (socle statutaire commun) et dune part variable en fonction des activités et du temps de travail (socle individuel contractualisé et évalué annuellement), avec recours possible en cas de litige à lARS (commission paritaire régionale) et, par voie dappel national , au CNG.
Engagement dans une démarche dintéressement collectif de léquipe soignante
Optimisation de la délégation de gestion aux chefs de pôle pour notamment encourager et généraliser les démarches dintéressement collectif.
Développement de projets collectifs déquipe (praticiens et paramédicaux notamment), avec promotion dun intéressement collectif sur résultats (amélioration des conditions de vie au travail, participation à des travaux de recherche ou à des programmes dinnovation, colloques, séminaires ou missions, y compris à létranger).
Evolution de la prise en compte déléments pour la retraite
Possibilité de versement des jours de CET pour la retraite de lIRCANTEC par les praticiens à temps plein et à temps partiel.
Prise en compte de lensemble des éléments de rémunération (dont primes et indemnités) pour la retraite de lIRCANTEC des praticiens exerçant à temps partiel, quel que soit leur statut.
Adaptation de cumul emploi-retraite
Extension du droit à cumul emploi-retraite pour les praticiens volontaires, si les besoins le justifient, si leur aptitude médicale le permet et si lévaluation de leur exercice professionnel est positive.
Liste des sigles.
ANAP : Agence nationale dappui à la performance,
ATIH : Agence technique de linformation hospitalière,
ARS : Agence régionale de santé,
CET : Compte épargne temps,
CH : Centre hospitalier,
CHSCT : Comité dhygiène, de sécurité et des conditions de travail,
CHT : Communauté hospitalière de territoire,
CHR CHU : Centre hospitalier régional Centre hospitalier Universitaire,
CME : Commission médicale détablissement,
CNC : Conseil national de la chirurgie,
CNG : Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière,
CSG : contribution sociale généralisée,
CTE : Comité technique détablissement,
DGARS : directeur général dagence régionale de santé,
DGOS : Direction générale de loffre de soins,
DPC : développement professionnel continu,
DREES : Direction des recherches, enquêtes, études et statistiques,
FMC : Formation professionnelle continue,
HAS : Haute autorité de santé,
IGAS : Inspection générale des affaires sociales,
IRCANTEC : Institution de Retraite Complémentaire des Agents Non Titulaires de l'État et des collectivités publiques,
LMMJVS : lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi et samedi,
ONDAM : Objectif national de dépenses dassurance maladie,
PVC : Part variable complémentaire,
RTT : réduction du temps de travail,
TAPA : tableau annuel prévisionnel dactivité
TI /TS : taux dimportance/Taux de satisfaction,
ANNEXES
ANNEXES
Rapport dactivité 2010 du CNG
Enquête du syndicat des chefs de clinique-assistants des hôpitaux de mai 2010
La notion déquipe médicale figure déjà dans larticle L. 6146-1 CSP. Laffirmation de son rôle suppose la formalisation de son articulation avec lorganisation interne des EPS (pôles, structures internes). Son intervention dans les formules de coopération (GCS, CHT) suppose une disposition législative. Par ailleurs, comme son nom lindique léquipe médicale est limitée aux personnels médicaux. Ses modalités dorganisation et de fonctionnement ne sont donc pas susceptibles dimpacter le champ des droits et obligations des fonctionnaires hospitaliers.
Articulation du contrat collectif et du contrat individuel avec le contrat de pôle prévu à larticle L. 6146-1 CSP et les dispositions de larticle L. 6143-3-2 et du 5° de larticle L. 6143-6 CSP.
Le contrat individuel dengagement est à formaliser dans les statuts au regard des articles R.6152-26 à R. 6152-33.
Son articulation avec le chef de pôle est prévue par les articles L. 6146-1 et R. 6146-4 du CSP.
Son articulation avec les collaborateurs des chefs de pôle est prévue à larticle L. 6146-1 CSP.
Contrat dengagement individuel unique par praticien répartissant son activité entre une ou plusieurs activités pendant une période convenue avec le chef déquipe
Contractualisation interne déclinée à trois niveaux :
1er niveau : contrat entre le directeur de létablissement et le chef de pôle (contrat de pôle)
2ème niveau : contrat entre le chef de pôle et le chef de léquipe (contrat collectif de léquipe)
3ème niveau : contrat entre chaque praticien et le chef de léquipe (contrat dengagement individuel)
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