LECTURE RAPIDE DU CORPUS
1. LE LYRISME : corrigé ... épanode ?, anacoluthe, ellipse, style parataxique,
hyperbole, figure de la comparaison, du déplacement) .... du Mal », Dix études
réunies en hommage à Georges Blin, José Corti, 2002, pages 119 à 147 ) .... 50
et 56 ). Traitement de la modernité : chocs stylistiques entre les archaïsmes ( «
déjà le ...
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onctions conative et expressive, apostrophe, exclamation, interrogation oratoire, prédilection pour les figures de la répétition mimant le cri : anaphore, épizeuxe, épanode
, anacoluthe, ellipse, style parataxique, hyperbole, figure de la comparaison, du déplacement)
Une esthétique : innutrition ( Ronsard ), imitation ( Aragon ) dans le pétrarquisme, dépassement ou parodie ( Baudelaire )
Le poète sinterroge sur la création elle- même
Une rhétorique : léloge hyperbolique de la femme aimée
Une oralité dans le chant : énonciation où le TU est plus important que le JE parce quil le construit en tant que poète
Aspect performatif des textes : en même temps que le poète cherche la gloire de la dame, il établit la sienne par sa création ( poiein )
Pierre de RONSARD
Schéma centré sur le vers 8 : « Je vous fais un présent de cette Sempervive » ( Immortalité de la dame et du poème
plante vivace ( joubarbe ) cf. « Je vous envoie un bouquet » ( Continuation des Amours ) tradition pétrarquiste métaphore de la dame « sa jeune verdeur » ( vers 8 et comparaison vers 9 )
nom latin ( objectif de la Brigade, Défense et illustration ) : toujours vivante ( polyptote « vive, Sempervive, vit, revivre, vivrez, vivront » qui reprend le V du VOUS de la dame ( le poète offre limmortalité à la dame + INSISTANCE SUR LE TEMPS expolition du vers 1, du vers 5 et du dernier vers, imparfait- présent- futur
jeu sur « présent »
élucidation par « docte soin » ( vers 11 ) et « les plumes et le livre » ( vers 14 )
rimes « revivre/livre » pouvoir donné au poème et au poète qui se cite au vers 2 ( énallage )
aspect musical : allitération en V/F, P, S, coupe régulière
Références du genre lyrique à lui- même et à son passé
A travers la poésie amoureuse du XVIeme siècle, le lecteur se trouve confronté à de véritables codes de langage amoureux. Deux traditions ont marqué le poète :
la finamor, Pierre de Ronsard, ici, ne donne de la dame que quelques marques : « votre beauté » ( vers 3 ), « votre figure » ( vers 6 ) et donne à lhomme- poète une position inférieure à celle de la dame en utilisant une polyptote du verbe « servir », caractéristique de cette situation symbolique : « un gentil serviteur » (vers 11 ), « en vous servant » ( vers 12 ) qui le qualifie en lui attribuant toutes les qualités de lhyperbole : « toutes vertus »( vers 12 ), « parfaite amitié » ( vers 2 ). A la dame daccepter ou pas ce service, nous ne connaissons pas la position dHélène.
le pétrarquisme : dans son recueil de sonnets, Pétrarque raconte quil rencontre, le 6 avril 1527, à Avignon, Laure, une femme mystérieuse sur laquelle il reste discret mais qui marque son uvre. Il raconte son amour pour elle ( inauguration de la confession intime ), se peint dans un état de tristesse, dincertitude dont il ne cherche pas à sortir et qui inspire son uvre. Son influence fut importante : état malheureux mais recherché par le serviteur dune dame, langue précieuse ( comparaisons, périphrases, hyperboles, antithèses ), métaphore de la prison ( obscurité ) dont la dame ( lumière ) peut le tirer, souffrance et blessure de la flèche damour. « Pétrarquiser » finit par désigner lexpression précieuse et affectée de sentiments factices. Ici, référence à Laure ( comparaison du vers 13 ), pointe brillante du dernier vers ( épanorthose : « au moins tant que vivront les plumes et le livre » ), sonnet à la construction complexe sur le mode binaire, sonnet italien ( abba, abba, cdc, dcd ), métaphore de la prison au vers 4 : insistance avec le participe passé passif « captive » latin qui redouble « enchaîner » .
Ronsard utilise les deux codes dans un recueil de commande : en 1578, il a 54 ans et est en demi- disgrâce depuis la mort de Charles IX Henri III la confirmé dans sa rente mais a donné son poste de poète officiel à Philippe Desportes quand Catherine de Médicis lui demande de célébrer la douleur dune des dames de sa suite, Hélène de Surgères, affligée par la mort de son fiancé, le capitaine Jacques de La Rivière.
Énonciation
Mélange JE/VOUS( chiasme des vers 6 et 7 ) = amour et échange
NOUS vers 5 « nos neveux »
Allitération en V qui sature le poème ( la dame au centre
Échange : la dame le fait vivre aujourdhui, il la fera vivre plus tard
Aspect oral : dialogue de JE avec VOUS ( vers 8 « Je vous fais », vers 13 « Croyez- moi » + césure 3/3/6
Charles BAUDELAIRE
Reprise de Ronsard
Vers 1 « Je te donne ces vers »
Sonnet / mètre régulier
Références à lAntiquité
Expression du temps : « lointaines », « un soir », « mémoire »
« afin que »
statut oral « je te donne », découpage vers 10 et 11
cest le poète qui acquiert la gloire et peut en faire profiter la dame
Mais
passage du VOUS au TU
inversion du schéma et complexification ( hyperhypotaxe ) : phrase unique : principale + subordonnée CC de but + subordonnée hypothétique
développement considérable du dialogue qui devient prise à partie : « O toi » ( apostrophe sublime )
schéma des rimes : abba baab aac dcd
pas de pétrarquisme mais au contraire dévalorisation de la dame : portrait ambigu ( cf. « La Beauté » et « Hymne à la beauté » ). Rappel des théories symboliques et mystiques
figure féminine : femme ou beauté ou muse
( la Muse est traitée ironiquement par les décalages : « favorisé par un grand aquilon », comparaison du nom avec un bateau ( métaphore filée de la traversée : « aborde, vaisseau, grand aquilon » et de la Muse avec une ancre, « fatigue le lecteur ainsi quun tympanon » ( ironie sur la lyre ? )
( posture de Baudelaire face au langage
( lutilisation de lhypotexte ronsardien participe de la définition du beau pour Baudelaire : le beau appartient à léternel et au transitoire, larchaïsme dénonce laspect transitoire et rend possible la construction dune esthétique moderne ( ici la superposition des sens )
( larchaïsme dénonce la difficulté de lire le monde moderne conçu comme aporie ( Patrick Labarthe, « De lusage des archaïsmes dans Les Fleurs du Mal », Dix études réunies en hommage à Georges Blin, José Corti, 2002, pages 119 à 147 )
( en dernière analyse, ironie à son égard, seul admirateur de la Muse et difficulté à lutter contre le spleen : le poète est pris entre les oppositions : « ange / être maudit, haut du ciel / abyme, ombre / trace »
ARAGON, Les Yeux dElsa, « Cantique à Elsa »
Ce nest pas la première fois avec la poésie de la Résistance, ni la dernière, quAragon utilise à profusion les références culturelles et littéraires diverses car son écriture poétique comme romanesque est essentiellement une écriture intertextuelle. Cest ce quil expliquera vers la fin de sa vie dans un seul essai critique, écrit pour éclairer la genèse des romans mais qui vaut aussi pour la poésie : Je nai jamais appris à écrire ou Les Incipit (Skira, 1969). Ce quil appelle " lincipit " dont la force générative va orienter lécriture jusquà sa clôture, ce nest pas seulement la première phrase (celle qui restera comme début du roman ou du poème), mais aussi la première phrase écrite (qui risque de ne plus rester la première) et plus encore la phrase lue ou entendue (qui vient dailleurs donc et quon peut assimiler à un intertexte) qui va servir dembrayeur, d" échangeur "selon la métaphore quemploie Aragon lui-même. Ainsi écrivant des romans ou des poèmes, Aragon a toujours besoin du « trésor des fables pour en partir ». On comprend alors mieux la formule de la préface aux Yeux dElsa (1942) « Arma virumque cano »: « Je nécris jamais un poème qui ne soit la suite de réflexions portant sur chaque point de ce poème et qui ne tienne compte de tous les poèmes que jai précédemment écrits, ni de tous les poèmes que jai précédemment lus ». Louis Aragon est un grand lecteur
Deux raisons à cette intertextualité : valorisation surréaliste de la femme et affirmation de la virilité en dehors de la violence, preuve fasciste de la virilité, de la valeur de la France face à lennemi.
Madame de Pompadour par Maurice Quentin de la Tour
Maurice Quentin de la Tour est le portraitiste de Louis XV. Il est lauteur de portraits brillants et plein de verve de personnages de la Cour et des milieux intellectuels. On conserve son portrait de Voltaire. Myope, il avait adopté la technique du pastel. Son dessin vif et léger lui assura un immense succès.
En 1755, il a cinquante et un ans. Cest lapogée du règne de Louis XV.
Son tableau est un grand portrait en pied, prouesse technique pour le pastel qui nécessite plusieurs feuilles et provoque des difficultés de raccordement . Maurice Quentin de la Tour voulait rivaliser avec les grands portraitistes de lépoque comme Hyacinthe Rigaud.
Madame de Pompadour nest plus la maîtresse du roi mais elle garde sa place à la Cour. Pour conserver son pouvoir, elle se rend indispensable au roi par les spectacles et les fêtes quelle organise, par les conseils en architecture et en politique quelle lui donne.
A sa demande, Maurice Quentin de la Tour cadre bas le portrait pour donner de limportance à son modèle. Labsence de bijoux, la coiffure simple mettent en valeur sil en était besoin la robe magnifique. Celle- ci éloigne les yeux des défauts physiques de la marquise : un cou trop long, des cuisses trop fortes et une poitrine assez plate. Un nud sur le corsage étoffe celui- ci.
Dans le cadre somptueux, chaque objet a un sens : les livres rappellent que Madame de Pompadour a protégé les philosophes et les nouveaux penseurs, quelle aime le théâtre, les sciences naturelles et la politique la partition et la guitare, quelle chante et joue de la musique le recueil de gravures, quelle grave la carton à dessin, quelle dessine mais aucune trace de son goût pour les bâtiments et les arts décoratifs pour lesquels Louis XV jugeait la marquise trop dépensière.
Dans sa plaquette Maurice Quentin Delatour, La Marquise de Pompadour, Solo 19, R.M.N, 2002, Jean- François Mejanes considère que les livres adressent un message politique et font de la marquise une pré- révolutionnaire.
( Le tableau est donc un hommage à une femme qui veut garder le pouvoir et à une technique, le pastel qui veut rivaliser avec la peinture.
PROBLEMATIQUE : Comment le lyrisme arrive- t- il à la fois à se perpétuer dans la tradition et à sexprimer dans la modernité ?
OU Comment la tradition lyrique permet- elle lexpression de soi ?
INTRODUCTION
La poésie lyrique na pas été définie par Platon et Aristote. Ce vide ne peut être comblé que par comparaison avec ce quelle nest pas ( dramatique, épique ) ou par compilations ( les Alexandrins, Horace ).
Association avec la lyre
Propension à se référer à son passé, à inventer une tradition, à la défendre ( intertextualité
Présentation du corpus pour marquer sa forte cohérence générique ( un genre : la poésie, un registre : le lyrique ), sa cohérence thématique ( célébration hyperbolique de la femme aimée, perception douloureuse du temps, concordance des situations dénonciation : un « je » construit par « tu », caractère oral et performatif ), sa cohérence formelle ( formes anciennes et fixes, « formes- mères du lyrisme » pour J.M. Maulpoix )
Ordre des textes peu pertinent en raison de leur connivence : Charles Baudelaire parodie Pierre de Ronsard, Louis Aragon pétrarquise
Réflexion sur la création elle- même et son pouvoir de mémoire : le poète supérieur aux hommes mais soumis à la femme, la présence indispensable du lecteur
Modalités : Intertextualité ( imitation, innutrition, parodie ) , tradition poétique ( Orphée, chant lyrique, éloge de la femme/ éloge de la poésie, expression de soi à travers lautre ), histoire littéraire, étude dun registre
Pré- requis : acquis du collège et de la seconde
Début dannée après une séquence sur lObjet dÉtude « Le biographique »
PLAN DE LA SEQUENCE
Séance 1 ( Une heure ) : De la Tour
Séance 2 ( Deux heures ) Ronsard
Le sonnet
Linnutrition - Références à la tradition poétique
Temps et immortalité
Léchange des gloires
Énonciation qui associe les eux premières personnes
Étude de la langue : étude des sonorités [ v ] et [ l ] dans lénonciation
Invention argumentative : Envoi dune lettre qui justifie le présent dun poème ou dune uvre dart en éclaircissant la relation de la dame et de luvre.
Autre possibilitéCommentaire comparé : sonnet « Quand vous serez bien vieille
» avec « Afin quà tout jamais
» ( réinvestissement du cours )
Séance 3 ( deux heures ) Aragon
Éloge hyperbolique dElsa ( comparaison aux Belles, dernier quintil )
Les Belles ( Shéhérazade et les Mille et une nuits, Francesca de Rimini de Dante, Bérénice de Racine pièce préférée dAragon, Juliette de Shakespeare, Hélène de Ronsard, Laure de Pétrarque, Elvire de Lamartine, Lili de Maïakovski et sur dElsa )
( Lyrisme comme une participation à une tradition
( Pour être soi : part autobiographique ( expression de lémoi ( vv.61 à 65 ), de lamour pour Elsa, présence de Lili )
Énonciation : est-ce lamoureux ou le poète qui parle ? Le poème nest pas adressé à Elsa ( envoi, Sharriar ). Aragon recourt à la tradition littéraire à travers les Belles et les allusions à Chrétien de Troyes, André Breton et Arthur Rimbaud ( polyphonie ). Caractère oral et performatif ( vv. 50 et 56 ).
Traitement de la modernité : chocs stylistiques entre les archaïsmes ( « déjà le sol lui faut » v.2, « labsence essayée » v.7, « quil ne se peut forclore » v.68 lenvoi ) et lactualité de la guerre ( « dernière cigarette » v.3, « chanson secrète », « léchafaud » vv. 4 et 5 ) ou le quotidien ( vers 3, 28, 31, 33, 42 , 44, 53, 63 ), entre archaïsme et modernité ( recherche de décalage entre la syntaxe et la prosodie, de discordance entre les sonorités et la thématique ), entre les registres épique, lyrique et pathétique, chocs sémantiques entre lamour et la guerre
Hommage à la poésie et hommage à Elsa
Séance 4 ( Une heure ) Aragon Étude de la langue : les figures de la répétition
Séance 5 ( Deux heures ) Évaluation formative Commentaire des sept dernières strophes. On peut attendre un travail sur les formes de lhommage, la thématique de lamour et lentrelacement des réseaux de langue qui fonde lacte poétique même
Séance ( Deux heures ) Baudelaire
Réécriture de Ronsard
Relecture de Ronsard
Situation dénonciation énigmatique
Exercice : « Quest- ce que le beau pour Charles Baudelaire ? »
Séance 7 ( Trois heures ) Évaluation sommative Dissertation sur les formes fixes, leurs contraintes et loriginalité de lécrivain.
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