Baccaauréat professionnel - Académie de Clermont-Ferrand
Ces sujets ainsi que leur analyse sont reproduits en annexe 1 de ce courrier. ... Il
s'agit de montrer pourquoi ces textes ont été réunis en utilisant les questions de
guidance. .... Pour faciliter votre travail, vous trouverez en annexe 3, quatre fiches
... se faire enfumer s'enhardit la femme précédemment soulevée en triomphe.
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EMBED MSPhotoEd.3
Baccalauréat professionnel
Modalités dévaluation du français et de lhistoire, géographie, éducation civique en formation professionnelle continue
Evaluation par contrôle en cours de formation
I - Évaluation du FRANÇAIS (B.O n°20 du 20 Mai 2010)
Deux situations dévaluation, toutes les deux notées sur 20.
Ces deux situations dévaluation correspondent aux deux parties de lépreuve ponctuelle : la première situation dévaluation du contrôle en cours de formation correspond à la première partie de lépreuve ponctuelle ; la seconde situation dévaluation du contrôle en cours de formation correspond à la seconde partie de lépreuve ponctuelle. Les sujets « zéro » élaborés pour lépreuve ponctuelle doivent donc être des références pour construire les deux situations de contrôle en cours de formation. Ces sujets ainsi que leur analyse sont reproduits en annexe 1 de ce courrier.
A - Première situation dévaluation : évaluation des compétences de lecture
Durée : 1 heure
Le support
Un corpus de textes et documents (2 à 3 documents) référé à lun des trois objets détude de la dernière année de formation.
1.1 Recommandations pour construire le corpus
La référence à lobjet détude dans lequel sinscrit le sujet est toujours explicitement indiquée.
Le corpus peut comporter deux ou trois textes (littéraires ou non littéraires), un texte et une image, deux textes et une image voire un texte et deux images.
Les longueurs des textes peuvent être très différentes : de quelques lignes (citation) à une quarantaine de lignes.
Le corpus peut réunir des textes et images de sources différentes ou constituer un ensemble dextraits appartenant à une seule uvre.
Les supports constituant un corpus ont un lien entre eux outre l'objet d'étude auquel ils sont référés. Ces liens peuvent être thématiques et/ou formels.
Ces supports peuvent se compléter ou sopposer.
Conformément à lesprit des programmes et à la logique des questions qui accompagnent chacun des objets détude, les corpus sont construits de manière à permettre aux candidats de se confronter aux questionnements, « aux idées, aux valeurs, aux sentiments qui ont marqué la pensée humaine » à travers la lecture de textes et uvres iconographiques littéraires et non littéraires. Ils font ainsi dialoguer des uvres référées aux champs littéraires inscrits dans les objets détude avec dautres uvres plus anciennes ou très contemporaines.
Le questionnaire
Il doit comporter :
Une question portant sur le corpus : « Présentation du corpus »
Le candidat rédige quelques lignes (de 3 à 6 environ) pour présenter les relations que les documents proposés dans le corpus entretiennent entre eux. Cette question est notée sur 6 points.
Une ou deux question(s) portant sur un ou des documents du corpus : « Analyse et interprétation »
Le candidat analyse un ou deux effets d'écriture (inscrits dans le libellé de la ou des deux questions) et en propose une interprétation. Cette ou ces questions sont notées sur 14 points.
2.2 Recommandations pour construire le questionnaire
Question portant sur la présentation du corpus
Lexercice de présentation de corpus nexiste pas. De ce ce fait, Il ny a pas de règles de présentation : le candidat doit sadapter à la consigne. Ce type de question est un premier élément vers la synthèse de documents demandée deux ans plus tard au BTS. Il sagit de montrer pourquoi ces textes ont été réunis en utilisant les questions de guidance.
On attend du candidat quil sache dégager lunité, les dissonances ou les échos présents dans les supports en lien avec lobjet détude auquel ils sont référés ainsi quavec les trois interrogations qui orientent la réflexion.
Il ne sagit donc pas que le candidat décrive le corpus en énumérant la nature des documents, le genre auquel ils appartiennent, le nom des auteurs mais quil en fasse saillir la problématique (au sens étymologique du verbe « présenter » : mettre en présence, en avant) et quil lexplicite.
Cette question est toujours guidée pour aider le candidat dans sa lecture et orienter sa réflexion et éviter quil ne sattache à un inventaire. Elle vise à faire émerger :
lunité du corpus («Présenter le corpus en montrant sur quoi se fonde son unité..»),
les échos entre les différents supports (« Présenter le corpus en mettant en relation les textes 1 et 2.» ou « Présenter le corpus en identifiant les points communs et les différences dans la réflexion des auteurs. »)
sa cohérence, sa continuité (« Présenter le projet décriture de lauteur dans ce roman.»),
la réflexion suscitée par le corpus («Présenter le corpus en dégageant leur unité de réflexion. » ou «Présenter le corpus en distinguant quel type de réaction chacun des auteurs prône. »)
Question(s) danalyse et dinterprétation
On proposera deux questions au candidat : une seule question sur 14 points serait trop pénalisante ou difficile.
Ces questions peuvent porter sur lensemble des textes et documents ou sur un seul de ces textes et documents.
Ces questions doivent amener le candidat à mobiliser des connaissances ; connaissances dont les programmes font état et qui sont de nature différente.
Il ny a pas de questions demandant un relevé.
Cette évaluation sinscrit dans une logique de formation qui fait suite au BEP : les réponses attendues doivent donc être rédigées et les plus développées possibles pour montrer une compréhension et une explication globales.
Ces questions portent sur le « comment » mais demandent aussi une réflexion sur ce que dit lauteur.
Les éléments à mobiliser, pour traiter ces questions, peuvent renvoyer au programme de terminale ou des autres années.
La guidance nest pas obligatoire, elle est présente si la question est difficile pour lélève.
B - Seconde situation dévaluation : évaluation des compétences décriture
Durée : 1heure 30
Modalités de lévaluation
Un corpus de textes et documents (2 à 3) référé à un autre des trois objets détude de la dernière de formation. Ce corpus est étudié en classe dans les jours quoi précèdent la situation dévaluation.
Lors de lévaluation, un sujet est proposé aux candidats ; ce sujet indique une question explicitement posée ne lien avec le corpus et lobjet détude.
Le candidat répond à cette question en une quarantaine de lignes et de façon argumentée
Recommandations
Le corpus, support, de la consigne décriture doit avoir été étudié en amont.
Le libellé du sujet commencera par une formule qui interpelle le candidat de type « Selon vous » ou « Pensez-vous ». En effet, il sagit de faire appel à la réflexion personnelle du candidat sur une question contemporaine dans un cadre donné en référence à lobjet détude et aux questions qui laccompagnent (Voir le programme, Bulletin officiel n° 2, 19 février 2009).
Cette réflexion sappuie sur les textes du corpus, y puise des références mais prend aussi du recul. Autrement dit, appui sur le corpus mais aussi référence à lobjet détude cest-à-dire aux lectures de lannée (groupement de textes, uvre intégrale, etc.), aux questions qui accompagnent lobjet détude et aux connaissances personnelles.
Il sagit de mesurer en fin de formation la capacité du candidat à délibérer. Cette compétence argumentative est préparée progressivement sur lensemble du cycle : de lexpression dune émotion (2nde) à celle dune pensée organisée dans un débat didées ( Terminale), de la prise en compte du point de vue de lautre et de sa reformulation ( 1ère) à la rédaction dune argumentation de type délibératif (Terminale) ;
Délibérer cest argumenter, donc être capable de convaincre en choisissant des arguments et stratégies qui soutiennent son point de vue (1ère /Tem), tirés de lencyclopédie personnelle du candidat.
Délibérer suppose de savoir mobiliser certains outils de la langue en fonction du sujet posé : le lexique abstrait (du comportement, du jugement et des valeurs dans les sujets), la grammaire (procédés de reformulation, de citation, procédés de la concession, ) ainsi les moyens que la langue met à la disposition pour exprimer une prise de position personnelle et simpliquer dans son texte ( modalisation).
Le candidat doit répondre à la question posée dans un « développement argumenté » cest-à-dire que la réponse doit obligatoirement être construite et rédigée (inutile de le préciser sur le sujet). On attend donc du candidat la production dun texte organisé et respectant les règles de la langue écrite.
Lévaluation se fera en fonction de trois grands critères :
Invention : richesse et consistance du propos DONC lintérêt du lecteur est sollicité
Argumentation : la pensée est organisée, elle progresse, il y a un point de vue DONC le lecteur suit le déroulement et la construction de la pensée.
Expression : structure des phrases et orthographe grammaticale globalement correctes, lexique précis et approprié DONC le lecteur comprend le texte produit sans effort particulier.
II EVALUATION DE LHISTOIRE-GEOGRAPHIE-EDUCATION CIVIQUE
Deux situations dévaluation qui peuvent être proposées en même temps ou qui peuvent faire lobjet de deux passations à des moments différents dans lannée. Ainsi, soit on propose aux candidats une épreuve de deux heures ou deux épreuves de 1 heure chacune.
Ces deux situations dévaluation correspondent à la première et troisième partie de lépreuve ponctuelle. Les sujets « zéro » élaborés pour lépreuve ponctuelle peuvent être des références pour construire les deux situations de contrôle en cours de formation. Ces sujets sont reproduits en annexe 2 de ce courrier.
Par contre, à la différence de lépreuve ponctuelle, il ny a pas le choix entre deux sujets. On propose aux candidats un seul sujet pour chacune des situations dévaluation.
A - Première situation dévaluation
Durée : 1 heure
Nombre de points affectés : 12 points
Modalités de lévaluation
Elle porte sur les sujets détude du programme de terminale soit dhistoire soit de géographie. Elle est composée de plusieurs questions et peut comporter un support documentaire. Une des questions doit avoir une connotation civique en rapport avec le programme d'éducation civique.
Ces questions doivent conduire le candidat à faire état des connaissances acquises sur le sujet détude.
( Voir en annexe la première partie des sujets « zéro »
Recommandations
Les questions posées dans les sujets « zéro » peuvent être des guides pour élaborer cette première situation dévaluation (Annexe 3 p.22 à 27).
Toutefois, à la différence de lépreuve ponctuelle, le questionnaire comportera non pas une question mais, au moins deux puisque lune doit permettre de vérifier les acquis en éducation civique.
On pourra demander aux candidats :
de justifier une affirmation,
dexpliquer le rôle dun acteur, dun événement
,
de décrire une situation historique, géographique,
de dresser un tableau dune situation,
de définir une notion
B Seconde situation dévaluation
Durée : 1 heure
Nombre de points affectés : 8 points
Modalités de lévaluation
Elle porte sur la discipline qui n'a pas été l'objet de la première épreuve. Elle consiste en une analyse de document(s). Elle porte sur les situations d'un des sujets d'étude inscrites au programme de terminale. Lanalyse de documents sera guidée par des questions.
Ces questions doivent permettre de vérifier la capacité du candidat à :
comprendre un document,
en saisir son enjeu, son intérêt mais aussi ses limites (distance critique),
maitriser des connaissances.
( Voir en annexe la troisième partie des sujets « zéro »
III Mise en uvre du CCF
Les programmes denseignement et les modalités dévaluation étant nouvelles et différentes des pratiques antérieures, chacune des situations dévaluation construite par le formateur sera envoyée en amont de sa passation à linspecteur pour validation. Cette procédure permettra daider chacun à définir des situations dévaluation conformes aux Instructions officielles et à lesprit dans lequel elles ont été définies. Par ailleurs, cela favorisera la constitution dune banque de ressources dans laquelle chaque formateur pourra alimenter ses propres pratiques et sa réflexion pédagogique.
Pour faciliter votre travail, vous trouverez en annexe 3, quatre fiches correspondant à chacune des situations dévaluation. Ce sont ces documents qui devront être envoyés à linspecteur afin quil puisse prendre connaissance des situations dévaluation que vous proposez et quil les valide.
ANNEXE 1 Baccalauréat professionnel Français - Exemples de sujets « zéro »
SUJET N° 1 - Objet détude : La parole en spectacle
Texte 1
Georges Diderot est le responsable de la construction dun pont gigantesque sur le site dEdgefront Tower. Après quelques semaines de travaux, les ouvriers cessent le travail pour réclamer une augmentation.
Larrivée de Diderot sur le site d'Edgefront Tower provoque un silence impressionné, mixte de réticence et de curiosité. On connaît par coeur sa silhouette, on s'écarte pour le laisser passer. Qui est porte-parole ? A ces mots le silence se leste davantage puis Seamus O'Shaughnessy sort du rang, les lèvres si crispées qu'elles ne sont plus qu'une encoche sur sa face inquiétante : moi. Les deux hommes se jaugent. Seamus reformule la revendication - toujours ce même phrasé heurté, les lèvres qui se retroussent découvrant les gencives : une augmentation des salaires d'une heure par jour de travail. Diderot observe les gars, déclare on ny arrivera pas : une heure par jour c'est six par semaine, vingt-quatre par mois etc., multiplié par le nombre de salaires, pas la peine de vous faire un dessin, c'est injouable. Ah ouais, comment ça injouable ? Seamus se tend, son corps n'exprime qu'un poing serré au fond d'une poche et Diderot, sec, vous n'obtiendrez jamais cela, alors Seamus de pivoter vers les autres, ok alors on va mettre la grève au vote : si on n'est pas augmentés, on arrête de bosser. Les gars autour s'échauffent, évoluent doucement en collectif - c'est assez beau à voir -, et maintenant certains s'adressent directement à Diderot sans plus de protocole, quelques-uns le tutoient - Diderot n'a pas de superpouvoirs mais deux bras et deux jambes, un casque sur la tête et lui aussi les mains dans la merde à cet instant -, ils répètent on veut le paiement du temps de transport sur site, sans quoi on arrête, leurs voix se recouvrent et se confortent, un type renchérit, ouais, et on occupe le site. Se raniment dans les regards la courte gamme de la colère, la certitude d'une force, ouais, on reste, le pont c'est nous. Sanche est monté sur une caisse, on est entré dans un rapport de force, il frémit, excité, observe Diderot évaluer la situation, soupeser l'ampleur de la crise, sait qu'il doit formuler quelque chose au plus vite, trouver la solution. Diderot déclare avec une lenteur presque solennelle : sur le principe, je suis d'accord. Quelques types hurlent, applaudissent, on soulève une femme par la taille, on se pousse les uns les autres, Seamus leur lance un regard courroucé, qu'est-ce qui leur prend à ceux-là ? On n'est pas là pour célébrer la générosité du Père Noël mais pour faire pression sur un patron. Diderot refroidit l'assemblée en annonçant illico d'un geste de la main, attendez, maintenant va falloir chiffrer ça. Risée de silence et reflux de l'allégresse chez ceux qui lui font face, pas question d'avoir trois miettes en plus, pas question de se faire enfumer s'enhardit la femme précédemment soulevée en triomphe.
Maylis De Kerangal, Naissance dun pont (2010)Texte n° 3
Les ouvriers dune mine décident de se mettre en grève. Etienne Lantier, leur porte-parole, expose au directeur, Monsieur Hennebeau, les revendications des mineurs.
Enfin, M. Hennebeau entra, boutonné militairement, portant à sa redingote le petit nud correct de sa décoration. Il parla le premier.
- Ah ! vous voilà !... Vous vous révoltez, à ce qu'il paraît...
Et il s'interrompit, pour ajouter avec une raideur polie :
- Asseyez-vous, je ne demande pas mieux que de causer.
Les mineurs se tournèrent, cherchèrent des sièges du regard. Quelques-uns se risquèrent sur les chaises ; tandis que les autres, inquiétés par les soies brodées, préféraient se tenir debout.
Il y eut un silence.
M. Hennebeau, qui avait roulé son fauteuil devant la cheminée, les dénombrait vivement, tâchait de se rappeler leurs visages. Il venait de reconnaître Pierron, caché au dernier rang ; et ses yeux s'étaient arrêtés sur Étienne, assis en face de lui.
- Voyons, demanda-t-il, qu'avez-vous à me dire ?
Il s'attendait à entendre le jeune homme prendre la parole, et il fut tellement surpris de voir Maheu s'avancer, qu'il ne put s'empêcher d'ajouter encore :
- Comment ! C'est vous, un bon ouvrier qui s'est toujours montré si raisonnable, un ancien de Montsou dont la famille travaille au fond depuis le premier coup de pioche !... Ah ! C'est mal, ça me chagrine que vous soyez à la tête des mécontents !
Maheu écoutait, les yeux baissés. Puis, il commença, la voix hésitante et sourde d'abord.
- Monsieur le directeur, c'est Justement parce que je suis un homme tranquille, auquel on n'a rien à reprocher, que les camarades m'ont choisi. Cela doit vous prouver qu'il ne s'agit pas d'une révolte de tapageurs, de mauvaises têtes cherchant à faire du désordre. Nous voulons seulement la justice, nous sommes las de crever de faim, et il nous semble qu'il serait temps de s'arranger, pour que nous ayons au moins du pain tous les jours.
Sa voix se raffermissait. Il leva les yeux, il continua, en regardant le directeur :
- Vous savez bien que nous ne pouvons accepter votre nouveau système. On nous accuse de mal boiser. C'est vrai, nous ne donnons pas à ce travail le temps nécessaire. Mais, si nous le donnions, notre journée se trouverait réduite encore, et comme elle n'arrive déjà pas à nous nourrir, ce serait donc la fin de tout, le coup de torchon qui nettoierait vos hommes. Payez-nous davantage, nous boiserons mieux, nous mettrons aux bois les heures voulues, au lieu de nous acharner à l'abattage, la seule besogne productive. Il n'y a pas d'autre arrangement possible, il faut que le travail soit payé pour être fait... [
]
- Oui, oui, c'est la vérité, murmurèrent les autres délégués, en voyant M. Hennebeau faire un geste violent, comme pour interrompre.
Du reste, Maheu coupa la parole au directeur. Maintenant, il était lancé, les mots venaient tous seuls.
Émile Zola, Germinal (1885)
Document 2
Willy Ronis, Grève chez Citroën, 1938
Évaluation des compétences de lecture (10 points)
Présentation du corpus
Question n° 1 - Présentez le corpus, en trois à six lignes, en montrant sur quoi se fonde son unité. (3 points)
Analyse et interprétation
Question n° 2 - En vous appuyant sur des exemples précis, empruntés à chacun des textes et à la photographie, analysez comment les attitudes physiques accompagnent la parole des personnages et en soulignent la portée. (3 points)
Question n° 3 : Les textes 1 et 3 abordent le même sujet à cent vingt cinq ans dintervalle.
Démontrez que les deux écrivains ont utilisé des procédés différents pour restituer de manière réaliste les paroles des personnages. (4 points)
Évaluation des compétences décriture (10 points)
Selon vous, celui qui prend la parole pour défendre une cause doit-il nécessairement mettre en scène son discours ? Vous répondrez à cette question dans un développement argumenté dune quarantaine de lignes en vous appuyant sur les textes du corpus, sur vos lectures de lannée, et sur vos connaissances personnelles.
SUJET N° 2 - Objet détude : La parole en spectacle
Texte 1
Franck Frommer, spécialiste de la communication en entreprise, analyse les conséquences de lutilisation du logiciel de présentation Powerpoint.
Powerpoint est un logiciel ingénieux et particulièrement ludique, qui permet de produire des présentations multimédias de façon simple et rapide. On peut intégrer des images, des photos, des sons, des diagrammes, des vidéos, des liens Internet et même des transitions rigolotes, avec une voiture de course, par exemple, qui transporte le texte par en haut ou par en bas, dans un bruit pétaradant.
On ne peut pas évoquer des sujets très précis, scientifiques, articulés, avec Powerpoint. C'est du cinéma. La transformation de la parole en un spectacle où la raison n'a plus cours. Pour faire entrer ce que l'on veut dire dans le cadre très contraignant de la dizaine de maquettes proposées, il faut couper, recouper les phrases, éliminer tous les liens logiques. Bref, à être sur la forme, en superficie, davantage que sur le fond. À mobiliser un système de connaissances tout à fait différent de celui qu'ils mobiliseraient pour rédiger une note. Il faut séduire, capter. On est dans une dynamique de vente.
Chaque slide1 doit avoir un titre court, comme un slogan publicitaire, pioché dans quelques dizaines de mots de la novlangue2 économico-financière. Cela donne des libellés elliptiques, des formules passe-partout, d'une grande pauvreté sémantique ("Des fondamentaux solides", "Un environnement tendu"
). On abuse des verbes à l'infinitif ("rationaliser", "déployer"
) à forte puissance d'injonction
On donne à voir, c'est tout. Dans le noir, tout le monde regarde l'écran lumineux, ces slides projetées en gros qui s'imposent d'elles-mêmes, interdisant toute discussion sur la véracité des informations qu'elles présentent. L'animateur parle à l'écran, sans toujours regarder son public. Il a toute autorité puisque c'est lui qui maîtrise l'apparition, la disparition des slides.
Propos de Franck Frommer recueillis par Pascale Krémer,
Le Monde Magazine (17 octobre 2010)
1. Slide : diapositive du logiciel
2. Novlangue : terme inventé par le romancier George Orwell dans 1984 : langue appauvrie
Texte 2
Georges Diderot est le responsable de la construction dun pont gigantesque sur le site dEdgefront Tower. Il dirige une réunion de chantier pour les principaux techniciens.
Il se racle la gorge puis commence à voix forte. Ok, on y va. Feuille de route : un, creuser la terre- il lève le pouce ; deux, draguer et aménager le fleuve - il lève l'index ; trois, démarrer le béton - il lève le majeur. Se tourne pour abaisser un écran mural, met en route un ordinateur portable, se retourne, regarde lentement l'assistance, puis les premiers mots claquent.
Creuser la terre, donc. Il se tourne vers la carte géomorphologique affichée sur l'écran, sort une zappette de la poche arrière de son pantalon : ici coexistent deux types de sols. Un un point rouge lumineux se pose sur la carte, parfaitement synchrone : Rive Coca. Le causse de la haute plaine. Aride en surface, fracturé en profondeur - dur au cur tendre, c'est le coup de la frangipane, on connaît, on n'aime pas beaucoup, mais on aime mieux ça que l'inverse, hein !
La salle acquiesce, des rires fusent, doux et connivents1 Problème - Diderot pivote vers l'auditoire sans sourire -, on a des roches calcaires qui reposent sur des argiles marneuses capables de provoquer des glissements de terrain. Faire très attention. Deux même chorégraphie de Diderot : Rive Edgefront. Sol humide et habité, racines à arracher, trouer la glèbe et descendre chercher le mistral, pour s'y appuyer, pour y faire socle. Donc deux types de sol d'où deux types de matériel, mais une seule compétence : le geste néolithique ! Autrement dit entailler la terre - et toujours il joint le geste à la parole, le tranchant de sa main fend l'espace au-devant de lui, il joue la scène, il aime le théâtre. Enfin, il récapitule à voix haute en pointant l'une après l'autre deux taches rouges sur la carte : on va commencer par faire deux trous pour ancrer le pont. C'est bon ? Bon. Je continue. Draguer le fleuve Diderot enchaîne tandis qu'un changement de carte s'opère sur l'écran : on procède comme d'habitude on fait passer la drague, on nettoie, on désenvase, on stocke les matériaux biodégradables dans les clairières défrichées ici, et là - deux coups de zappette consécutifs dans le massif forestier -, et les matériaux pollués sur une barge qui redescendra tout le fleuve et ira me foutre ce merdier par deux mille mètres de fond dans l'océan. Voilà. On a passé des accords avec la municipalité, il faut le faire. Et derrière ce n'est pas fini, on aménage le fleuve, on recreuse le chenal, on l'élargit jusqu'à hauteur du futur port autonome, ensuite on consolide, on érige les digues qui recevront les métaux, et on creuse, on creuse le fleuve pour y enfoncer les tours. [
]
Et maintenant, le béton. Votre pré carré, Diamantis ! - il s'oriente vers Summer, leurs yeux se croisent, la fille se redresse d'un coup sur sa chaise, Diderot étend les bras et fait des cercles dans l'atmosphère, il ajoute d'une voix blanche : vous avez la responsabilité d'alimenter le chantier, Diamantis, vous êtes en charge du mouvement perpétuel. Puis il remonte l'écran d'un geste sec, comme on tire sur un store, éteint l'ordinateur, des feuillets polycopiés détaillant la phase 1 du chantier se mettent à circuler. Personne n'ayant formulé de questions à voix haute, on se penche sur les documents, on échange sur les données techniques, puis le métreur confirme les quantitatifs de la construction, l'intendant présente les menus de la première quinzaine, on évoque le vin à midi - 25 centilitres par ouvrier -, et Diderot tranche net, blanc de rage. Sortez tous. Terminé.
Maylis De Kerangal, Naissance dun pont (2010)
1. Connivents : complices
Évaluation des compétences de lecture (10 points)
Présentation du corpus
Question n° 1 - Présentez le corpus, en trois à six lignes, en mettant en relation les textes 1 et 2. (3 points)
Analyse et interprétation
Question n° 2 - Comment lauteur traduit-il lautorité de Georges Diderot dans sa façon de parler. (3 points)
Question n° 3 - Comment la parole est-elle mise en spectacle dans le texte 2. (4 points)
Évaluation des compétences décriture (10 points)
Êtes-vous sensible aux gestes qui accompagnent la parole, ou pensez-vous qu'une parole seule vous touche autant ? Vous répondrez à cette question dans un développement argumenté dune quarantaine de lignes en vous appuyant sur les textes du corpus, sur vos lectures de lannée, et sur vos connaissances personnelles.
SUJET N° 3 - Objet détude : Identité et diversité
Texte 1
Cest une entreprise difficile. Pour moi, ma mère na pas dhistoire. Elle a toujours été là. Mon premier mouvement, en parlant delle, cest de la fixer dans des images sans notion de temps : « elle était violente », « cétait une femme qui brûlait tout », et dévoquer en désordre des scènes, où elle apparaît. Je ne retrouve ainsi que la femme de mon imaginaire, la même que, depuis quelques jours, dans mes rêves, je vois à nouveau vivante, sans âge précis, dans une atmosphère de tension semblable à celle des films dangoisse. Je voudrais saisir aussi la femme qui a existé en dehors de moi, la femme réelle, née dans le quartier rural dune petite ville de Normandie et morte dans le service gériatrie dun hôpital de la région parisienne. Ce que jespère écrire se situe sans doute à la jointure du familial et du social, du mythe et de lhistoire. Mon projet est de nature littéraire, puisquil sagit de chercher une vérité sur ma mère qui ne peut être atteinte que par des mots. (Cest-à-dire que ni les photos, ni mes souvenirs, ni les témoignages de la famille ne peuvent me donner cette vérité.) Mais je souhaite rester, dune certaine façon, au-dessous de la littérature. [
]
Ceci nest pas une biographie, ni un roman naturellement, peut-être quelque chose entre la littérature, la sociologie et lhistoire. Il fallait que ma mère, née dans un milieu dominé, dont elle a voulu sortir, devienne histoire, pour que je me sente moins seule et factice dans le monde dominant des mots et des idées où, selon son désir, je suis passée. Je nentendrai plus sa voix. Cest elle, et ses paroles, ses mains, ses gestes, sa manière de rire et de marcher, qui unissaient la femme que je suis à lenfant que jai été. Jai perdu le dernier lien avec le monde dont je suis issue.
Annie Ernaux, Une femme (1987)
Texte 2
Avec le mouvement dindustrialisation des années vingt, il sest monté une grande corderie qui a drainé toute la jeunesse de la région. Ma mère, comme ses surs et ses deux frères, a été embauchée. Pour plus de commodité, ma grand-mère a déménagé, louant une petite maison à cent mètres de lusine, dont elle faisait le ménage le soir, avec ses filles. Ma mère sest plu dans ces ateliers propres et secs, où lon ninterdisait pas de parler et de rire en travaillant. Fière dêtre ouvrière dans une grande usine : quelque chose comme être civilisée par rapport aux sauvages, aux filles de la campagne restées derrière les vaches, et libre au regard des esclaves, les bonnes des maisons bourgeoises obligées de « servir le cul des maîtres ». Mais sentant tout ce qui la séparait, de manière indéfinissable, de son rêve : la demoiselle de magasin.
Comme beaucoup de familles nombreuses, la famille de ma mère était une tribu, cest-à-dire que ma grand-mère et ses enfants avaient la même façon de se comporter et de vivre leur condition douvriers à demi-ruraux, ce qui permettait de les reconnaître, « les D
». Ils criaient tous, hommes et femmes, en toutes circonstances. Dune gaieté exubérante, mais ombrageux, ils se fâchaient vite et « nenvoyaient pas dire » ce quils avaient à dire. Pardessus tout, lorgueil de leur force de travail. Ils admettaient difficilement quon soit plus courageux queux. Continuellement, aux limites qui les entouraient, ils opposaient la certitude dêtre « quelquun ». Doù, peut-être, cette fureur qui les faisait se jeter sur tout, le travail, la nourriture, rire aux larmes et annoncer une heure après, « je vais me mettre dans la citerne. »
De tous, cest ma mère qui avait le plus de violence et dorgueil, une clairvoyance révoltée de sa position dinférieure dans la société et le refus dêtre seulement jugée sur celle-ci. Lune de ses réflexions fréquentes à propos des gens riches, « on les vaut bien ». Cétait une belle blonde assez forte (« on maurait acheté ma santé ! »), aux yeux gris. Elle aimait lire tout ce qui lui tombait sous la main, chanter des chansons nouvelles, se farder, sortir en bande au cinéma, au théâtre voir jouer Roger la honte et Le Maître de forges. Toujours prête à « sen payer ».
Mais à une époque et dans une petite ville où lessentiel de la vie sociale consistait à en apprendre le plus possible sur les gens, où sexerçait une surveillance constante et naturelle sur la conduite des femmes, on ne pouvait être prise quentre le désir de « profiter de sa jeunesse », et lobsession dêtre « montrée du doigt ». Ma mère sest efforcée de se conformer au jugement le plus favorable porté sur les filles travaillant en usine : « ouvrière mais sérieuse », pratiquant la messe et les sacrements, le pain bénit, brodant son trousseau chez les surs de lorphelinat, nallant jamais au bois seule avec un garçon. Ignorant que ses jupes raccourcies, ses cheveux à la garçonne, ses yeux « hardis », le fait surtout quelle travaille avec des hommes, suffisaient à empêcher quon la considère comme ce quelle aspirait à être, « une jeune fille comme il faut ».
La jeunesse de ma mère, cela en partie : un effort pour échapper au destin le plus probable, la pauvreté sûrement, lalcool peut-être. À tout ce qui arrive à une ouvrière quand elle « se laisse aller » (fumer, par exemple, traîner le soir dans la rue, sortir avec des taches sur soi) et que plus aucun « jeune homme sérieux » ne veut delle. [
] Elle désirait apprendre : les règles du savoir-vivre (tant de crainte dy manquer, dincertitude continuelle sur les usages), ce qui se fait, les nouveautés, les noms des grands écrivains, les films sortant sur les écrans (mais elle nallait pas au cinéma, faute de temps), les noms des fleurs dans les jardins. Elle écoutait avec attention tous les gens qui parlaient de ce quelle ignorait, par curiosité, par envie de montrer quelle était ouverte aux connaissances. Sélever, pour elle, cétait dabord apprendre (elle disait «, « il faut meubler son esprit ») et rien nétait plus beau que le savoir. Les livres étaient les seuls objets quelle manipulait avec précaution. Elle se lavait les mains avant de les toucher.
Elle a poursuivi son désir dapprendre à travers moi. Le soir, à table, elle me faisait parler de mon école, de ce quon menseignait, des professeurs. Elle avait plaisir à employer mes expressions, la « récré », les « compos » ou la « gym ». Il lui semblait normal que je la « reprenne » quand elle avait dit « un mot de travers ». Elle ne me demandait plus si je voulais « faire collation », mais « goûter ». Elle memmenait voir à Rouen des monuments historiques et le musée, à Villequier les tombes de la famille Hugo. Toujours prête à admirer.
Annie Ernaux, Une femme (1987)
Évaluation des compétences de lecture (10 points)
Présentation du corpus
Question n° 1 - A partir de ces deux textes, présentez en trois à six lignes le projet décriture dAnnie Ernaux dans ce livre quelle consacre à sa mère. (3 points)
Analyse et interprétation
Question n°2 - Par quels procédés décriture (rôle du « je », construction des phrases, rôle des paroles rapportées, utilisation des temps verbaux) lauteur donne-t-elle limpression au lecteur de chercher une vérité sur sa mère ? (4 points)
Question n° 3 - Expliquez en quoi le livre dAnnie Ernaux met en relation des expériences individuelles avec des questions collectives. (3 points)
Évaluation des compétences décriture (10 points)
Pensez-vous que les uvres dans lesquelles les auteurs racontent leur vie et celle de leurs proches nont dintérêt que pour leur entourage ou quelles peuvent concerner tous les lecteurs ? Vous répondrez à cette question dans un développement argumenté dune quarantaine de lignes en vous appuyant sur les textes du corpus, sur vos lectures de lannée et sur vos connaissances personnelles.
SUJET N° 4 - Objet détude : identité et diversité
Texte 1
Depuis que jai quitté le Liban en 1976, pour minstaller en France, que de fois ma-t-on demandé, avec les meilleures intentions du monde, si je me sentais « plutôt français » ou « plutôt libanais ». Je réponds invariablement : « Lun et lautre ! » Non par quelque souci déquilibre ou déquité, mais parce quen répondant différemment, je mentirais. Ce qui fait que je suis moi même et pas un autre, cest que je suis ainsi à la lisière de deux pays, de deux ou trois langues, de plusieurs traditions culturelles. Cest précisément cela qui définit mon identité. Serais-je plus authentique si je mamputais dune partie de moi-même ?
A ceux qui me posent la question, jexplique donc, patiemment, que je suis né au Liban, que jy ai vécu jusquà lâge de vingt-sept ans, que larabe est ma langue maternelle et que cest dabord en traduction arabe que jai découvert Dumas et Dickens et Les Voyages de Gulliver, et que cest dans mon village de la montagne, le village de mes ancêtres, que jai connu mes premières joies denfant et entendu certaines histoires dont jallais minspirer plus tard dans mes romans. Comment pourrais-je loublier ? Comment pourrais-je men détacher ? Mais, dun autre côté, je vis depuis vingt-deux ans sur la terre de France, je bois son eau et son vin, mes mains caressent chaque jour ses vieilles pierres, jécris mes livres dans sa langue, jamais plus elle ne sera pour moi une terre étrangère.
Moitié français, donc, et moitié libanais ? Pas du tout ! Lidentité ne se compartimente pas, elle ne se répartit ni par moitiés, ni par tiers, ni par pages cloisonnées. Je nai pas plusieurs identités, jen ai une seule, faite de tous les éléments qui lont façonnée, selon un « dosage » particulier qui nest jamais le même dune personne à lautre.
Parfois, lorsque jai fini dexpliquer, avec mille détails, pour quelles raisons précises je revendique pleinement lensemble de mes appartenances, quelquun sapproche de moi pour murmurer, la main sur mon épaule : « Vous avez eu raison de parler ainsi, mais au fin fond de vous-mêmes, quest-ce que vous vous sentez ? »
Cette interrogation insistante ma longtemps fait sourire. Aujourdhui, je nen souris plus. Cest quelle est révélatrice dune vision des hommes fort répandue et, à mes yeux, dangereuse. Lorsquon me demande ce que je suis « au fin fond de moi-même », cela suppose quil y a « au fin fond » de chacun, une seule appartenance qui compte, sa « vérité profonde » en quelque sorte, son « essence », déterminée une fois pour toutes à la naissance et qui ne changera plus ; comme si le reste, tout le reste - sa trajectoire dhomme libre, ses convictions acquises, ses préférences, sa sensibilité propre, ses affinités, sa vie, en somme -, ne comptait pour rien. Et lorsquon incite nos contemporains à « affirmer leur identité » comme on le fait si souvent aujourdhui, ce quon leur dit par là, cest quils doivent retrouver au fond deux-mêmes cette prétendue appartenance fondamentale, qui est souvent religieuse ou nationale ou raciale ou ethnique, et la brandir fièrement à la face des autres. Quiconque revendique une identité plus complexe se retrouve marginalisé.
Amin Maalouf (écrivain franco-libanais), Les Identités meurtrières (1998)
Texte 2
Née en Bretagne, Mona Ozouf sinterroge sur ce qui réunit ses identités bretonne et française.
Que serait un individu sans déterminations1 ? Nous naissons au milieu delles, demblée héritiers dune nation, dune région, dune famille, dune race, dune langue, dune culture. Ce sont elles qui constituent et nourrissent notre individualité. Nul ne peut se former sans se référer à elles, et linnovation elle-même comme la création doivent y trouver leur point dappui. [
].
Chacun doit composer son identité en empruntant à des fidélités différentes.
Reconnaître la pluralité de ces identités, croisées, complexes, hétérogènes, variables, a plusieurs conséquences de grande importance. Pour commencer, la multiplicité s'inscrit en faux contre l'enfermement et la sécession identitaires. Dans un paysage aussi mouvant, l'identité ne peut plus être ce qu'on nous décrit comme une assignation à résidence dans une communauté culturelle immuable, une prison sans levée d'écrou. Rien ne serait plus néfaste, en effet, que devoir se considérer en toutes circonstances, et exclusivement, comme juif, breton, catholique, ou tout ce qu'on voudra, mais une telle contracture ne correspond en rien désormais à la réalité de nos vies.
La multiplicité, par ailleurs, nous interdit de considérer les identités comme passivement reçues. Certes, bien des groupes auxquels nous appartenons n'ont pas été volontairement élus par nous. Mais précisément : leur foisonnement même nous invite à ne pas les essentialiser2, nous entraîne à les comparer, ménage pour chacun de nous la possibilité de la déprise3 ; car cette part non choisie de l'existence, nous pouvons la cultiver, l'approfondir, la chérir ; mais nous pouvons aussi nous en déprendre, la refuser, l'oublier. Même le moi qui s'engage conserve l'image du moi dégagé qu'il a été, qu'il pourrait redevenir : la possibilité du divorce est après tout la condition nécessaire du mariage heureux. L'appartenance alors n'a plus tout uniment4 le visage de la contrainte, elle n'est plus la marque autoritaire du collectif sur l'individu. Elle peut même être la signature de l'individu sur sa vie.
Si tel est bien le cas, il n'est pas interdit d'espérer réconcilier les leçons disparates prodiguées par la vie : l'école de mon enfance ne demandait d'autre appartenance qu'à la patrie française, objet d'un choix et d'une volonté. La maison exigeait de cultiver l'appartenance bretonne, mais celle-ci, bien que reçue dès le berceau en partage, n'en était pas moins objet de choix et de volonté : une revendication assumée de nos droits culturels. Si bien quil nétait pas impossible de prêter loreille aux deux leçons à la fois, à la seule condition de rester libres de les entendre comme de les refuser. [
]
Entre les appartenances qui lient et la liberté qui délie il ny a pas dincompatibilité absolue. Toute émancipation suppose une appartenance.
Mona Ozouf, Composition Française (2009)
1. Déterminations : caractéristiques dont on hérite à la naissance
2. Essentialiser : en faire le fondement de son identité
3. Déprise : libération, choix
4. Uniment : simplement
Évaluation des compétences de lecture (10 points)
Présentation du corpus
Question n° 1 Présentez le corpus, en trois à six lignes, en montrant les points communs et les différences dans la réflexion des deux auteurs. (3 points)
Analyse et interprétation
Question n° 2 : En quoi l'identité culturelle est-elle, pour les deux auteurs, avant tout une question de choix ? (3 points)
Question n° 3 : En vous appuyant sur la construction du texte et les choix d'écriture (types de phrases, procédés d'interpellation et de persuasion, lexique, connecteurs
) montrez que Mona Ozouf (texte 2) justifie un point de vue et cherche à convaincre. (4 points)
Évaluation des compétences décriture (10 points)
Selon vous, le fait dêtre au contact de plusieurs cultures est-il plutôt un obstacle ou plutôt une richesse pour construire sa propre identité ? Vous répondrez à cette question dans un développement argumenté dune quarantaine de lignes en vous appuyant sur les textes du corpus, sur vos lectures de lannée, et sur vos connaissances personnelles.
SUJET N°5 - Objet détude : Au XX° siècle, lhomme et son rapport au monde
Texte 1
PREAMBULE
Pourquoi je réunis quelques anecdotes et souvenirs de ma vie ? Suis-je donc arrivé au port ? Ma vie active est-elle finie ? Je ne le pense pas, car la guerre, en brisant tous mes efforts, a profondément entamé les quelques sous que javais mis de côté pour mes vieux jours. Aussi me faudra-t-il reprendre le harnais1. Je mets donc à profit les loisirs forcés que le déchaînement des événements me laisse pour me raconter un peu.
Ma vie offre-t-elle un intérêt qui vaille la peine de la fixer sur le papier ? Les modestes fonctions publiques que jai remplies et les faits dont jai été témoin ou acteur ne sont pas suffisamment saillants pour retenir lattention du lecteur.
Aussi nest-ce pas pour le public que jécris mais pour mes enfants, pour mes neveux et mes nièces, pour quelques rares amis qui, ne me connaissant que très superficiellement, ont peut-être une vision fausse ou par trop incomplète de moi.
Je pense aussi quil ny a pas que les grands événements qui méritent de passer à la postérité car, sil en était ainsi, seuls les grands de la terre, ceux qui tiennent en main les leviers de commande mettant les peuples en mouvement, seraient qualifiés pour laisser des mémoires dignes des historiens de demain.
Tous les faits, même les plus modestes, offrent un intérêt ; et ceux qui me touchent, moi ou les miens, ont leur répercussion sur la destinée familiale. Je souhaite donc que mes arrière-petits-enfants trouvent un jour ces lignes et quils les lisent avec la curiosité sympathique et lémotion avec lesquelles jaurais accueilli moi-même le journal de la vie dun de mes aïeux.
R.S. 2
Megève, en résidence « conseillée »3, septembre 1942
Robert Servan-Schreiber, Journal (publié en 2009)
1. Reprendre le harnais : se remettre à quelque chose
2. Loriginal de ce manuscrit est signé Robert Schreiber. Ce nest quen 1953, que ce patronyme fut modifié en Servan-Schreiber.
3. En mai 1941, Robert Schreiber fut invité par le préfet du Gard à quitter le département, il sinstalle donc à Megève, chez son frère.
Texte 2
Robert Servan-Schreiber doit organiser dans la commune de Montfrin (Gard) dont il est maire, laccueil des réfugiés qui fuient lavancée des armées allemandes. Il raconte cet épisode dans son journal.
Mon frère Emile était donc resté à Paris ; après avoir quitté la Censure1, il avait été affecté au cabinet du ministère des Colonies ; mais peu de temps avant larmistice, il avait été reversé à son régiment dartillerie. Sa femme et ses enfants ainsi que notre mère, malade et âgée de 85 ans, sétaient retirés dabord dans la villa que mon frère possédait à Veulettes, en Seine- Inférieure, puis à Rennes. Bientôt, dailleurs, tous se réfugièrent à Capbreton, près dHossegor, où mon frère Georges, qui était médecin chef dun hôpital, possédait une villa et avait envoyé sa famille.
Pendant ce temps, ma femme avait ordonné le transfert à Montfrin des services du Centre national dInformations sociales. Elle sy rendit elle aussi avec nos deux filles. Moi-même, depuis le 10 mai, javais abandonné complètement nos affaires pour me consacrer à ma mairie. Bientôt de graves problèmes réclamaient des solutions urgentes. Cest ainsi que je dus recevoir à Montfrin presque un millier de réfugiés belges et les répartir parmi les habitants.
Jen logeai plus dune centaine au château, en plus des quatre-vingts enfants que javais déjà depuis dix mois.
Mais des problèmes plus angoissants encore allaient se poser. De tous les coins de France nous arrivaient des télégrammes annonçant larrivée prochaine à Montfrin denfants évacués des autres centres, au fur et à mesure que les Allemands pénétraient davantage dans le pays.
Il fallait à tout prix éviter cette catastrophe dune trop grande concentration denfants à Montfrin, déjà surpeuplé, et où je manquais de tout, surtout de lait pour les tout petits dont on mannonçait larrivée.
Ma femme et moi, nous nous rendîmes alors à Nîmes pour voir le préfet et lui demander son aide, de façon à diriger les enfants qui allaient arriver soit sur Nîmes, soit sur un autre point du territoire. Mais cette opération dépassait les attributions dun préfet et était de compétence gouvernementale. Aussi le préfet nous engagea-t-il à nous rendre à Bordeaux pour prendre les instructions du ministre de la Santé publique. En cette période troublée, nous ne voulions pas partir sans emmener avec nous nos deux fillettes ou moi-même ne voulus quitter Montfrin quavec un ordre de mission de mon préfet, quil me remit aussitôt, et après avoir régulièrement passé mes services à mon premier adjoint, M Trébillon ; je lui laissai, en outre, des fonds nécessaires pour pouvoir répondre aux demandes éventuelles de lassistante sociale qui dirigeait le centre denfants du château de Montfrin.
Robert Servan-Schreiber, Journal (publié en 2009)
1. La Censure : pendant la guerre, autorité qui avait pour mission dindiquer aux directeurs de journaux ce quils devaient imprimer ou non.
Texte 3
Dans ce roman, Albert Camus imagine que la peste sabat sur une ville. Les personnages illustrent toutes les réactions humaines face à un cataclysme : stupeur, indifférence, conscience de la nécessité de lutter
De manière symbolique, le récit conduit le lecteur à réfléchir sur la manière dont on peut enrayer le mal toujours prêt à frapper, quil prenne la forme dune guerre, dune épidémie ou du nazisme.
Quand une guerre éclate, les gens disent : « Ça ne durera pas, cest trop bête ». Et sans doute une guerre est certainement trop bête, mais cela ne lempêche pas de durer. La bêtise insiste toujours, on sen apercevrait si on ne pensait pas toujours à soi. Nos concitoyens à cet égard étaient comme tout le monde. Ils pensaient à eux-mêmes, autrement dit ils étaient humanistes : ils ne croyaient pas aux fléaux. Le fléau1 nest pas à la mesure de lhomme, on se dit donc que le fléau est irréel, cest un mauvais rêve qui va passer. Mais il ne passe pas toujours et, de mauvais rêves en mauvais rêves, ce sont les hommes qui passent, et les humanistes, en premier lieu, parce quils nont pas pris leurs précautions. Nos concitoyens nétaient pas plus coupables que dautres, ils oubliaient dêtre modestes, voilà tout, et ils pensaient que tout était encore possible pour eux, ce qui supposait les fléaux impossibles. Ils continuaient de faire des affaires, ils préparaient des voyages et ils avaient des opinions. Comment auraient-ils pensé à la peste qui supprime lavenir, les déplacements et les discussions ? Ils se croyaient libres et personne ne sera jamais libre tant quil y aura des fléaux.
Albert Camus, La Peste, chapitre 1 (1947)
1. fléau : cataclysme, catastrophe
Évaluation des compétences de lecture (10 points)
Présentation du corpus
Question n° 1 - Présentez le corpus, en trois à six lignes, en montrant leur unité de réflexion et denseignement. (3 points)
Analyse et interprétation
Question n° 2 - Textes 1 et 2 : Comment lauteur invite-t-il à se comporter face aux difficultés ? (4 points)
Question n° 3 Texte 3 : Que nous apprend cet extrait de la relation que les hommes du XX° siècle entretiennent avec le monde dans lequel ils vivent. (3 points)
Évaluation des compétences décriture (10 points)
Selon vous, en quoi les uvres artistiques et littéraires du XXème siècle peuvent-elles aider le lecteur que vous êtes à trouver des réponses à la question de la responsabilité et de lengagement ? Vous répondrez à cette question, dans un développement argumenté dune quarantaine de lignes, en vous appuyant sur les textes du corpus, sur vos lectures de lannée, et sur vos connaissances personnelles.
SUJET N° 6 - Objet détude : Au XX° siècle, lhomme et son rapport au monde
Texte 1
Le motif de base de la Résistance était lindignation. Nous, vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, lhéritage de la Résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et lensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par lactuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.
Je vous souhaite à tous, à chacun dentre vous, davoir votre motif dindignation. Cest précieux. Quand quelque chose vous indigne comme jai été indigné par le nazisme, alors on devient militant, fort et engagé. On rejoint ce courant de lhistoire et le grand courant de lhistoire doit se poursuivre grâce à chacun. Et ce courant va vers plus de justice, plus de liberté mais pas cette liberté incontrôlée du renard dans le poulailler. Ces droits, dont la Déclaration universelle a rédigé le programme en 1948, sont universels. Si vous rencontrez quelquun qui nen bénéficie pas, plaignez-le, aidez-le à les conquérir. [
]
Cest vrai, les raisons de sindigner peuvent paraître aujourdhui moins nettes ou le monde trop complexe. Qui commande, qui décide ? Il nest pas toujours facile de distinguer entre tous les courants qui nous gouvernent. Nous navons plus affaire à une petite élite dont nous comprenons clairement les agissements. Cest à un vaste monde, dont nous sentons bien quil est interdépendant. Nous vivons dans une interconnectivité comme jamais encore il nen a existé. Mais dans ce monde, il y a des choses insupportables. Pour le voir, il faut bien regarder, chercher. Je dis aux jeunes : cherchez un peu, vous allez trouver. La pire des attitudes est lindifférence, dire « je ny peux rien, je me débrouille ». En vous comportant ainsi, vous perdez lune des composantes essentielles qui fait lhumain. Une des composantes indispensables : la faculté dindignation et lengagement qui en est la conséquence. [
]
Comment conclure cet appel à sindigner ? En rappelant encore que, à loccasion du soixantième anniversaire du Programme du Conseil national de la Résistance, nous disions le 8 mars 2004, nous vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France libre (1940-1945), que certes(,) « le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et soeurs de la Résistance et des Nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace na pas totalement disparu et notre colère contre linjustice est toujours intacte ».
Non, cette menace na pas totalement disparu. Aussi, appelons-nous toujours à une « véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation de masse, le mépris des plus faibles et de la culture, lamnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. »
À ceux et celles qui feront le XXIe siècle, nous disons avec notre affection :
« CRÉER, CEST RÉSISTER.
RÉSISTER, CEST CRÉER. »
Stéphane Hessel, Indignez-vous ! (2010)
Texte 2
Qu'est-ce qu'un homme révolté ? Un homme qui dit non. Mais s'il refuse, il ne renonce pas : c'est aussi un homme qui dit oui, dès son premier mouvement. Un esclave, qui a reçu des ordres toute sa vie, juge soudain inacceptable un nouveau commandement. Quel est le contenu de ce « non » ?
Il signifie, par exemple, « les choses ont trop duré », « jusque-là oui, au-delà non », « vous allez trop loin », et encore, « il y a une limite que vous ne dépasserez pas ». En somme, ce non affirme l'existence d'une frontière. On retrouve la même idée de limite dans ce sentiment du révolté que l'autre « exagère », qu'il étend son droit au-delà d'une frontière à partir de laquelle un autre droit lui fait face et le limite. Ainsi, le mouvement de révolte s'appuie, en même temps, sur le refus catégorique d'une intrusion jugée intolérable et sur la certitude confuse d'un bon droit, plus exactement l'impression, chez le révolté, qu'il est « en droit de... ». La révolte ne va pas sans le sentiment d'avoir soi-même, en quelque façon, et quelque part, raison. C'est en cela que l'esclave révolté dit à la fois oui et non. Il affirme, en même temps que la frontière, tout ce qu'il soupçonne et veut préserver en deçà de la frontière. Il démontre, avec entêtement, qu'il y a en lui quelque chose qui « vaut la peine de... », qui demande qu'on y prenne garde. D'une certaine manière, il oppose à l'ordre qui l'opprime une sorte de droit à ne pas être opprimé au-delà de ce qu'il peut admettre.
En même temps que la répulsion à l'égard de l'intrus, il y a dans toute révolte une adhésion entière et instantanée de l'homme à une certaine part de lui-même. Il fait donc intervenir implicitement un jugement de valeur, et si peu gratuit, qu'il le maintient au milieu des périls. Jusque-là, il se taisait au moins, abandonné à ce désespoir où une condition, même si on la juge injuste, est acceptée. Se taire, c'est laisser croire qu'on ne juge et ne désire rien et, dans certains cas, c'est ne désirer rien en effet. Le désespoir, comme l'absurde, juge et désire tout, en général, et rien, en particulier. Le silence le traduit bien. Mais à partir du moment où il parle, même en disant non, il désire et juge. Le révolté, au sens étymologique, fait volte-face. Il marchait sous le fouet du maître. Le voilà qui fait face. Il oppose ce qui est préférable à ce qui ne l'est pas. Toute valeur n'entraîne pas la révolte, mais tout mouvement de révolte invoque tacitement une valeur.
Albert Camus, LHomme révolté (1951)
Texte 3
J'ai beaucoup de tendresse, d'admiration, pour Stéphane Hessel avec qui j'ai beaucoup de concordances de vue mais je m'indigne qu'on nous demande de nous indigner parce que l'indignation est le premier temps de l'engagement aveugle. Il faut nous demander de raisonner et non de nous indigner.
Boris Cyrulnik, « Et vous, qu'est-ce qui vous indigne ? », Le Monde (1er janvier 2011)
Évaluation des compétences de lecture (10 points)
Présentation du corpus
Question n°1 - Présentez le corpus, en trois à six lignes, en distinguant quel type de réaction chacun des auteurs prône. (3 points)
Analyse et interprétation
Question n°2 - Comment Stéphane Hessel et Albert Camus recourent à des écritures très différentes pour convaincre. (5 points)
Question n°3 texte 3 : Comment comprenez-vous le rapport entre la réflexion et lindignation ? (2 points)
Évaluation des compétences décriture (10 points)
Selon vous, lindignation est-elle une manière efficace de sopposer à une situation qui vous semble scandaleuse ? Vous répondrez à cette question, dans un développement argumenté dune quarantaine de lignes, en vous appuyant sur les textes du corpus, sur vos lectures de lannée, et sur vos connaissances personnelles.
ANNEXE 1 Bis Baccalauréat professionnel Français Analyse des sujets « zéro »
Présentation sujet 1
Le premier sujet est référé à lobjet détude « La parole en spectacle ». Il propose deux textes un extrait de Naissance dun pont de Maylis de Kerangal publié en 2010 et un autre tiré de Germinal dÉmile Zola (1885) - mis en relation avec une photographie de Willy Ronis de 1938. Tous trois abordent la mise en spectacle de la parole dans une situation de conflit social.
Il sagit dun exemple de la manière dont sont constitués les supports de sujets de bac tels que la définit le bulletin officiel « textes et documents (2 à 3) référé à l'un des objets d'étude de l'année de terminale. » La référence à lobjet détude dans lequel sinscrit le sujet est toujours explicitement indiquée. Le corpus peut comporter deux ou trois textes (littéraires ou non littéraires), un texte et une image, deux textes et une image voire un texte et deux images. Les longueurs peuvent être très différentes : quelques lignes pour la citation de Boris Cyrulnik dans le sujet 6, une quarantaine de lignes pour lextrait dAmin Maalouf dans le sujet 4.
Le corpus peut réunir des textes et images de sources différentes ou constituer un ensemble dextraits appartenant à une seule uvre. Cest par exemple le cas du sujet sappuyant sur Une femme dAnnie Ernaux qui propose deux extraits de cette seule uvre. Il sagit de rappeler que la préparation au baccalauréat ne se limite pas à un apprentissage du travail sur des groupements de textes mais implique également létude de trois uvres sous forme intégrale ou à travers un parcours de lecture.
Les supports constituant un corpus ont un lien entre eux outre l'objet d'étude auquel ils sont référés. Ces liens peuvent être thématiques (la grève, donc, pour ce sujet 1, la relation aux origines dans le sujet 4) et/ou formels (textes réalistes dans le sujet 1, extraits dune seule uvre dans le sujet 3). Ces supports peuvent se compléter ou sopposer.
Conformément à lesprit des programmes et à la logique des questions qui accompagnent chacun des objets détude, les corpus sont construits de manière à permettre aux candidats de se confronter aux questionnements, « aux idées, aux valeurs, aux sentiments qui ont marqué la pensée humaine » à travers la lecture de textes et uvres iconographiques littéraires et non littéraires. Ils font ainsi dialoguer des uvres référées aux champs littéraires inscrits dans les objets détude avec dautres uvres plus anciennes ou très contemporaines. Dans le sujet 1, par exemple, le texte extrait de Naissance dun pont, qui sinscrit dans limmédiat contemporain, est mis en relation avec un texte dEmile Zola du XIXè siècle afin de sinterroger sur les continuités et les ruptures dans la manière de mettre en spectacle la parole dans une grève mais aussi sur les outils littéraires propres à leur époque par lesquels les auteurs sinscrivent dans un registre réaliste.
Le corpus étant un des éléments à partir duquel le candidat est invité à développer sa réflexion dans le développement argumenté final, la dimension de la littérature et des autres formes dexpression comme « creuset dune réflexion essentielle sur le monde et sur soi » est fortement affirmée.
Présentation sujet 2
Ce deuxième sujet est également référé à lobjet détude « La parole en spectacle » et propose deux supports textuels : un article de presse et un extrait de roman contemporain le même que dans le précédent sujet. Ces deux textes, de longueur moyenne (une soixantaine de lignes au total) présentent un lien thématique. Ils abordent tous la mise en spectacle de la parole lors dune réunion de travail et montrent comment cette parole, appuyée par les outils de communication quelle emploie (ordinateur, diaporama, écran mural, cartes, zappette
) sinscrit dans une démarche defficacité et de persuasion.
On fait donc aisément le lien avec les trois interrogations du programme qui guident lobjet détude :
La première question est une question récurrente à chaque sujet et fait directement référence au BO : « Présentation du corpus ». Le candidat rédige quelques lignes (de 3 à 6 environ) pour présenter les relations que les documents proposés dans le corpus entretiennent entre eux. »
On attend du candidat quil sache dégager lunité, les dissonances ou les échos présents dans les supports en lien avec lobjet détude auquel ils sont référés ainsi quavec les trois interrogations qui orientent la réflexion : pour ce sujet 2, « Dans le dialogue, utilisons-nous seulement des mots ? » ; « Comment la mise en spectacle de la parole fait-elle naître des émotions (jusquà la manipulation) ? » ; « Qu apporte à l homme, d hier et d aujourd hui, la dimension collective de la mise en spectacle de la parole ? »
Comment cette question est-elle rédigée ?
présentez `" décrire ou énumérer
corpus : prise en compte de l ensemble des supports
3 à 6 lignes : concision
en mettant en relation les textes 1 et 2 : guidance pour la présentation : que sagit-il de faire ressortir ?
Dans le sujet n°2 :
la mise en spectacle dune parole réalisée dans le cadre professionnel
appuyée par un/des outil(s) qui contribuent à la mise en spectacle de la parole
qui produit un effet sur lauditoire : catharsis et autorité et qui conduit à une réflexion en lien avec lobjet détude et les capacités, connaissances et attitudes quil développe (Capacités : comprendre comment la mise en scène de la parole contribue à son efficacité ; situer la visée dune parole dans son contexte ; analyser une scène (de théâtre) en saisissant sa dimension scénique / Connaissances : lexique de la parole et des discours ; les procédés de léloquence ; les procédés de soulignement et deffacement du discours / Attitudes : Être conscient des codes culturels et des usages sociaux du langage. Mesurer les pouvoirs de la parole.)
Présentation du sujet 3
Les supports : loriginalité de ce sujet est dêtre composé de deux textes extraits du même ouvrage, Une femme, dAnnie Ernaux qui constituent une sorte de parcours de lecture. Lunité du corpus apparaît dans ce cas, très clairement, le second extrait illustrant et développant le projet exposé dans le premier
Les extraits - comme louvrage dailleurs trouvent parfaitement leur place dans lobjet détude « identité-diversité ». Dans ce livre, Annie Ernaux tente de retrouver le lien qui lunissait à sa mère et de la faire revivre. Louvrage peut donc être considéré comme un récit de filiation. Et les récits de filiation ne sétudient pas uniquement sous langle du biographique (entendu de manière très étroite).
Présentation du sujet 4
Les supports : 2 textes : des extraits d'uvres différentes : 1er texte dAmin Maalouf, écrivain franco-libanais, Les Identités meurtrières, 1998 (36 lignes) ; 2ème texte de Mona Ozouf, Composition Française, 2009 (33 lignes)
Choix des textes qui correspond à plusieurs objectifs : participer d'un objet d'étude, proposer des textes qui présentent une véritable réflexion et qui exposent des points de vue différents, et qui permettent à l'élève de réfléchir et de construire un point de vue personnel. Il s'agit de mettre en regard les deux textes.
À travers ces deux extraits, on aborde la question de l'identité culturelle. Dans le choix des deux extraits il y a une volonté de souligner que la question de l'identité culturelle se pose à de nombreuses personnes, de toutes les origines, ici France et Liban ou Bretagne. Ne pas hésiter à voir quà travers le choix de ces extraits, il y a une volonté de souligner que l'objet d'étude ne se réduit pas aux questions liées aux migrations.
Lévaluation des compétences de lecture à travers les questions les questions danalyse et dinterprétation.
Si vous parcourez lensemble des sujets « zéro » qui vous ont été proposés, vous vous apercevrez que deux questions (danalyse et dinterprétation) sont toujours posées. Bien entendu, cela ninterdit pas un sujet ne proposant quune question danalyse et dinterprétation même si ce nest pas le cas dans ce que vous avez sous les yeux.
Des questions qui portent sur lensemble des textes et documents ou sur un seul de ces textes et documents
Par exemple dans ce sujet 3, les questions 2 et 3 portent sur lensemble du corpus. Il en est de même pour la question 2 du sujet 1 (qui porte sur les deux textes et sur la photographie) ; dans le sujet 6 la question 2 porte sur deux des trois textes.
Présentation sujet 5
Le cinquième sujet est référé à lobjet détude « Au xxè siècle, lhomme et son rapport au monde à travers la littérature et les autres arts ». Il propose trois textes deux extraits dun même ouvrage de Robert Servan-Schreiber, journal (publié en 2009) et un extrait (plus court) de La peste dAlbert Camus. Tous trois abordent la notion dengagement dans un contexte difficile, les deux premiers, sous la forme de lautobiographie, pendant la seconde guerre mondiale ; le troisième sous la forme romanesque et fictive quand un « fléau » frappe une ville.
Nous nous attacherons essentiellement à la question décriture la présentation des autres questions ayant fait lobjet des interventions précédentes.
Le B.O définit la question décriture ainsi : « Dans le libellé du sujet une question est posée en lien avec le corpus proposé en première partie. Le candidat répond à cette question en une quarantaine de lignes et de façon argumentée. ».
Dans les propositions dannales « zéro », le sujet est libellé de la même manière et commence souvent par selon vous : cest une interpellation, il sagit de faire appel à la réflexion personnelle de lélève sur une question contemporaine, cette réflexion sappuie sur les textes du corpus, y puise des références mais prend aussi du recul.
Par exemple dans le sujet 5 cest bien la question de la responsabilité et de lengagement qui est posée, dans le sujet 6 cest celle de lindignation comme mode argumentatif, dans le sujet 1 cest sur la mise en scène du discours que lélève est invité à réfléchir, etc
Mais cette réflexion sinscrit dans un cadre, par exemple, je cite, sujet 5 « en quoi les uvres artistiques et littéraires du XXème siècle peuvent-elles aider le lecteur que vous êtes à trouver des réponses
», sujet 4 cest la confrontation entre deux points de vue qui donne le cadre à la réflexion (« le fait dêtre au contact de plusieurs cultures est-il plutôt un obstacle ou plutôt une richesse pour construire sa propre identité ? ».
Autrement dit, appui sur le corpus mais aussi référence à lobjet détude cest-à-dire aux lectures de lannée (groupement de textes, uvre intégrale etc.
) et aux questions qui accompagnent lobjet détude (pour le sujet 5 : « Comment la lecture duvres littéraires permet-elle de sinterroger sur le rapport de lhomme au monde ? »).
La deuxième partie du sujet est toujours formulée de la même manière : « Vous répondrez à cette question dans un développement argumenté dune quarantaine de lignes en vous appuyant sur les textes du corpus, sur vos lectures de lannée et sur vos connaissances personnelles ». Il faut donc répondre à la question posée dans un « développement argumenté » cest-à-dire que la réponse doit obligatoirement être construite et rédigée (inutile de le préciser sur le sujet). Elle se fonde sur le corpus, les lectures de lannée (déjà dit ci-dessus) et sur les connaissances personnelles qui peuvent être diversifiées.
Lensemble doit permettre au candidat de montrer quil est capable de donner un point de vue personnel, un avis ou de faire des choix. Bref de construire son identité culturelle.
Présentation du sujet 6
Ce sujet, comme le précédent et conformément au texte du BO, est référé à lobjet détude « Lhomme et son rapport au monde à travers la littérature et les autres arts ». Il est composé de trois textes sur lesquels nous pouvons faire les observations suivantes :
La question de lindignation fonde lunité du corpus et renvoie explicitement à une des interrogations qui orientent lapproche de cet objet détude, « Comment la lecture duvres littéraires permet-elle de sinterroger sur le rapport de lhomme au monde? ». Et à lobjectif visé : par cette question lélève est conduit à « sinterroger sur laction collective dans le but de participer à une prise de conscience, à un questionnement, à des prises de position politiques, morales, sociales, philosophiques
et à sinterroger sur les valeurs qui fondent son action, son rapport au monde » ( je cite le document Ressources à paraître). On reconnaîtra une des attitudes de cet OE « sinterroger sur le sens à donner à sa vie »
Dans cet objectif, ici évalué, lessai de S.Hessel (2010) et larticle de B.Cyrulnik (2011) qui appartiennent à limmédiat contemporain et sont en prise avec lactualité, sont mis à distance de la réflexion par lextrait de « Lhomme révolté » dA.Camus.
Ces trois textes sopposent par leur longueur : une trentaine de lignes pour les textes 1 et 2 et 4 lignes pour le texte 3 qui apparaît comme le contre-point provoquant le débat.
Les questions de lecture suivent la démarche et la progression qui vous ont été présentées précédemment :
La question 1 (présentation du corpus) cherche à évaluer la lecture cursive des extraits et la capacité du candidat à saisir ce qui les réunit : une réflexion sur la révolte et des prises de position opposées. Le candidat est guidé par la formulation « quel type de réaction ? ». Et on retrouve dans cette question une des capacités travaillée dans lOE et ici évaluée « mettre en regard des essais, des uvres littéraires et artistiques et les questions posées au moment de leur création sur le rapport de lindividu au monde ».
Les questions 2 et 3 évaluent les capacités danalyse et dinterprétation.
En confrontant les textes 1 et 2, la question 2 vise à vérifier des connaissances de la classe de Terminale, le lexique de la révolte, les valeurs du « je, du nous » mais aussi de la classe de 1ère , les procédés dinterpellation ou les valeurs du « on ». Connaissances qui nont dintérêt que si elles mènent à une interprétation du sens des textes, ce que précise le libellé : « écritures très différentes pour convaincre ».donc largumentation par les mots, dans les mots.
La question 3 interroge le candidat sur « le rapport entre la réflexion et lindignation ». On retrouve ici un des apprentissages fondamentaux du programme de français en Baccalauréat professionnel, le lexique. En effet, le détour par le lexique usuel permet de comprendre que lindignation, est un sentiment de colère, un étonnement mêlé de colère face à une action jugée mauvaise, terme appartenant au domaine des affects et sopposant à celui de « réflexion », vocabulaire des idées, qui invite à suspendre lémotion par le raisonnement et lanalyse. Là encore lobservation de lécriture permet de dégager le sens du texte.
La compétence décriture
La consigne reproduit la formulation qui vient de vous être exposée. : selon vous + question + définition du texte attendu (contenu, longueur).
Il sagit, dans cette proposition n°6, comme dans les autres sujets qui constituent ces annales zéro, dévaluer la capacité du candidat à « construire un jugement personnel sur des questions liées à lobjet détude. On nattend pas de lui de bonnes ou de mauvaises réponses mais une réflexion, un discours fondé en raison sur un problème de société », lexpression à lécrit d « une prise de position, dun choix personnel, la défense cohérente de ce point de vue sans passer sous silence le point de vue dautrui ».
Comme le précise le document Ressources « Ecrire », il sagit donc de mesurer en fin de formation la capacité du candidat à délibérer. Cette compétence argumentative est préparée progressivement sur lensemble du cycle : de lexpression dune émotion (2nde) à celle dune pensée organisée dans un débat didées (Terminale), de la prise en compte du point de vue de lautre et de sa reformulation (1ère) à la rédaction dune argumentation de type délibératif (Terminale),
ANNEXE 3 - Baccalauréat professionnel Histoire, géographie, éducation civique Extraits des sujets « zéro » (Parties 1 et 3)
Les documents qui suivent sont des exemples extraits des sujets « zéro ». Ne sont reproduites que les parties 1 et 3 de ces sujets qui peuvent servir de « modèle pour les deux situations dévaluation en cours de formation (Première partie : situation 1 en CCF / Seconde partie : situation 2 en CCF)
SUJET 1
Première partie : Sujet détude - Le candidat a le choix entre les deux sujets suivants.
1. La puissance des Etats-Unis dans le monde et ses limites de 1941 à 1989.
Vous présenterez le rôle des États-Unis dans le second conflit mondial, puis dans la Guerre froide en évoquant les aspects militaires, politiques et économiques.
2. Laccession de lInde à lindépendance.
Vous évoquerez le contexte international dans lequel sinscrit la marche vers lindépendance de lInde, le rôle des principaux acteurs qui y participèrent, les circonstances et les conséquences de cette indépendance.
Seconde partie : Analyse de document (s) - Le candidat a le choix entre les deux sujets suivants.
Sujet 1 - Paris, ville mondiale.
Document : Les atouts de Paris
Par son histoire, son poids politique et le rayonnement de son patrimoine architectural et artistique, Paris est une marque exceptionnelle et la première destination touristique au monde. Au-delà de cet héritage culturel, Paris et lIle-de-France représentent un des premiers pôles économiques de lUnion européenne :
La ville au monde, après Tokyo, qui accueille le plus de quartiers généraux des 500 plus grandes entreprises mondiales : 38 (Fortune Global 500, 2009).
La 1ère région économique dEurope, avec un PIB de 553 Milliards deuros (ARD IdF, 2010).
Lune des premières régions au monde pour les rencontres et événements professionnels, avec 400 salons et 900 congrès en 2008 (ARD IdF, 2008). [
]
Un vivier de jeunes talents exceptionnel : 600 000 étudiants ; 5 des 12 premières grandes écoles de commerce et de gestion en Europe (Financial Times, 2009).
Une vie culturelle et artistique intense, avec 130 salles de théâtre, 56 musées (136 en Ile-de-France), 3 opéras, bientôt un auditorium symphonique de 2 400 places.
Des réseaux routiers et ferroviaires et de grands équipements, notamment aéroportuaires, qui mettent Paris au cur des échanges mondiaux : laéroport de Roissy-Charles de Gaulle se situe au 2ème rang européen pour le trafic de passagers, et au 1er rang pour le fret ; les liaisons TGV placent Paris à 2h15 de Londres, et à 1h25 de Bruxelles.
Un tissu économique dynamique, avec des pôles dexcellence dans des domaines aussi variés que la mode, laéronautique, les biotechnologies, la finance, lautomobile ou laudiovisuel. La région parisienne concentre aujourdhui 40% de la recherche française. [
]
Forte de ses nombreux atouts, Paris est prête à entamer une nouvelle phase de son développement en souvrant sur le territoire de sa métropole. Dans la compétition des "villes-monde" qui attirent les échanges du commerce et du savoir, Paris a toutes les cartes en main pour doper sa croissance et simposer comme une grande capitale mondiale attirant matière grise et investissements.
Pour cela, il faut sortir des limites historiques de la ville et travailler à léchelle du Grand Paris: Paris a besoin de sa banlieue pour progresser.
Source : Le Grand Paris, exemple de la France qui investit pour lavenir, Agence française pour les investissements internationaux (placée sous la tutelle du ministère de lEconomie, des Finances et de lIndustrie), Juin 2010.
QUESTIONS
Quel est lauteur de ce document ? Quel est son objectif ?
Quels sont les secteurs dactivité qui permettent à Paris, selon le document, de figurer parmi les villes mondiales ?
« Paris est une marque exceptionnelle » affirme lauteur au début du texte. Sur quels arguments repose cette affirmation ? Précisez chacun deux à laide dexemples.
Quelles sont les faiblesses de Paris vis-à-vis dautres villes mondiales ? Pourquoi ne sont-elles pas toutes évoquées dans ce document ?
Sujet 2 : L'Outre-mer et la puissance française.
Document : La situation de lOutre-mer français dans le monde
* ZEE : La Zone Economique Exclusive est un espace maritime sur lequel un État côtier exerce des droits souverains en matière économique.
Source : HYPERLINK "http://www.shom.fr/fr_page/fr_shom/monde1_800.gif" http://www.shom.fr/ - Service Hydrographique et Océanographique de la Marine
QUESTIONS
A partir de cette carte, présentez les spécificités géographiques des territoires dOutre-mer et leur rôle dans louverture de la France sur le monde.
Dans quelle mesure cette carte illustre-t-elle le poids de loutre-mer dans la puissance économique, géopolitique et culturelle de la France ?
De quelles difficultés cette carte rend-elle compte ?
En quoi lOutre-mer contribue-t-il à faire de la France une puissance mondiale ?
SUJET 2
Première partie : Sujet détude - Le candidat a le choix entre les deux sujets suivants.
La littoralisation en France
Proposez une définition de la littoralisation.
Expliquez, à partir dexemples précis, pour quelles raisons on parle aujourdhui de littoralisation des hommes et des activités sur le territoire français.
Précisez quels problèmes cette littoralisation peut poser à léchelle locale.
Les acteurs de laménagement du territoire en France
Quels sont les différents acteurs de laménagement des territoires ?
Expliquez, à partir dexemples choisis à différentes échelles, quel rôle ils peuvent jouer.
Seconde partie : Analyse de document (s) - Le candidat a le choix entre les deux sujets suivants.
Sujet 1 - Le plan Schuman
Document : Déclaration solennelle de Robert Schuman, Ministre des Affaires étrangères, le 9 mai 1950 à Paris.
La paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent.
La contribution quune Europe organisée et vivante peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien des relations pacifiques. En se faisant depuis plus de 20 ans le champion dune Europe unie, la France a toujours eu pour objet essentiel de servir la paix. LEurope na pas été faite, nous avons eu la guerre.
LEurope ne se fera pas dun coup, ni dans une construction densemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant dabord une solidarité de fait. Le rassemblement des nations européennes exige que lopposition séculairede la France et de lAllemagne soit éliminée : laction entreprise doit toucher au premier chef la France et lAllemagne.
Dans ce but, le Gouvernement français propose de porter immédiatement laction sur un point limité mais décisif :
Le Gouvernement français propose de placer lensemble de la production franco-allemande de charbon et dacier, sous une Haute Autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays dEurope.
La mise en commun des productions de charbon et dacier assurera immédiatement létablissement de bases communes de développement économique, première étape de la Fédération européenne, et changera le destin de ces régions longtemps vouées à la fabrication des armes dont elles ont été les plus constantes victimes.
La solidarité de production qui sera ainsi nouée manifestera que toute guerre entre la France et lAllemagne devient non seulement impensable, mais matériellement impossible. Létablissement de cette unité puissante de production ouverte à tous les pays qui voudront y participer, aboutissant à fournir à tous les pays quelle rassemblera les éléments fondamentaux de la production industrielle aux mêmes conditions, jettera les fondements réels de leur unification économique. [...]
Par la mise en commun de productions de base et linstitution dune Haute Autorité nouvelle, dont les décisions lieront la France, lAllemagne et les pays qui y adhéreront, cette proposition réalisera les premières assises concrètes dune Fédération européenne indispensable à la préservation de la paix.
Source : Europa.eu, site web officiel de lUnion européenne
- Séculaire : qui existe depuis un ou plusieurs siècles
QUESTIONS
En quoi la fonction de Robert Schuman et la nature du texte quil produit sont-ils importants ?
Quel objectif principal Robert Schuman poursuit-il ? Quel moyen propose-t-il pour latteindre ?
Quel contexte européen et mondial a rendu cet objectif nécessaire ? Relevez les passages du texte qui lévoquent et précisez les événements auxquels ils font référence.
Ce texte est considéré comme le texte fondateur de la construction européenne. Pourquoi ?
Sujet 2 - Kohl-Mitterrand et lEurope
Document 1 : Commémoration du 70ème anniversaire du début de la Première Guerre mondiale, le 22 septembre 1984 à Verdun.
Document 2 : Conférence de presse conjointe de M. François Mitterrand, président de la République, et de M. Helmut Kohl, chancelier de la RFA, le 26 avril 1990.
LE PRESIDENT MITTERRAND : Les entretiens que j'ai eus avec le Chancelier Helmut Kohl, nous ont permis de traiter les grandes questions qui se posent à l'Europe et à l'Allemagne. Nous avons continué de préparer le prochain Sommet européen de la Communauté, qui aura lieu à la fin de cette semaine sur l'ensemble des questions touchant à l'unité politique, à l'union économique et monétaire, mais aussi à la situation de l'Alliance atlantique, aux problèmes de défense, aux problèmes militaires et au devenir conjugué de l'unité allemande et de l'unité européenne ; nous avons constaté une grande unité de vues. [
]
LE CHANCELIER KOHL : C'est à juste titre que le Président Mitterrand a souligné le caractère particulièrement attentif et amical de nos discussions et le climat excellent de cette réunion et dans les nombreuses discussions bilatérales qui ont eu lieu entre les membres du gouvernement fédéral et du gouvernement français qui se sont réunis ici. [
]. Pour moi, en tant qu'Allemand, et en tant que Chancelier allemand, bien entendu, il est particulièrement heureux que nous puissions aujourd'hui vivre deux choses à la fois. D'une part, l'unité de ma patrie, l'unité de l'Allemagne et également, une percée décisive vers l'intégration européenne.
Source : Retranscription de la conférence de presse donnée à lissue des 55èmes consultations franco-allemandes au Palais de lÉlysée, www.ena-lu.fr
QUESTIONS
Présentez les deux personnages présents sur la photographie. Pourquoi dit-on que cette scène est symbolique ?
Quelle évolution majeure lAllemagne connaît-elle durant la période?
Quels sont les sujets de discussion de ces 55èmesconsultations franco-allemandes ? En quoi annoncent-elles une évolution dans la construction européenne ?
SUJET 3
Première partie : Sujet détude - Le candidat a le choix entre les deux sujets suivants.
1. Quels sont les éléments qui font de la France une puissance mondiale ?
Vous évoquerez le poids de la France dans léconomie mondiale, son rayonnement culturel, son rôle diplomatique et militaire.
2. Les transformations de lespace productif et décisionnel
a) Quelles fonctions de commandement une métropole rassemble-t-elle ?
b) Quels sont les différents éléments, économiques, financiers, politiques et culturels qui caractérisent une métropole mondiale ?
c) Présentez un exemple de transformation dun espace productif en France.
Seconde partie : Analyse de document (s) - Le candidat a le choix entre les deux sujets suivants.
Sujet 1 Les 14 points du président Wilson
Document : Thomas Woodrow Wilson, Discours sur létat de lUnion1 8 janvier 1918
« Ce que nous voulons, c'est que le monde devienne un lieu où tous puissent vivre en sécurité, ... [un lieu sûr] pour toute nation qui désire vivre sa propre vie en toute liberté, décider de ses propres institutions, et être assurée que les autres nations la traitent en toute justice et loyauté, au lieu de se voir exposée à la violence et aux agressions égoïstes de jadis....C'est donc le programme de paix dans le monde qui constitue notre programme. Et ce programme, le seul que nous croyons possible, est le suivant :
1. Des conventions de paix préparées et conclues publiquement; par la suite, il n'y aura plus d'accords secrets entre les nations, mais une diplomatie qui procédera toujours franchement et ouvertement, à la vue de tous. (
)
5. Arrangement librement débattu, dans un esprit large et tout à fait impartial, de toutes les revendications coloniales et fondé sur l'observation stricte du principe selon lequel, dans le règlement de toutes les questions de souveraineté, les intérêts des populations intéressées pèseront d'un même poids que les revendications équitables dont il faut déterminer le titre.(
)
8. Le territoire français tout entier devra être libéré et les régions envahies devront lui être remises. Le tort causé à la France par la Prusse en 1871 en ce qui concerne l'Alsace-Lorraine et qui a troublé la paix du monde pendant près de cinquante ans devra être réparé afin que la paix puisse de nouveau être assurée dans l'intérêt de tous.(
)
14. Il faudra constituer une association générale des nations en vertu de conventions formelles visant à offrir des garanties mutuelles d'indépendance politique et d'intégralité territoriale aux grands comme aux petits États.
Source : www. Ladocumentationfrancaise.fr, juillet 2008
1. Le discours sur létat de lUnion est un événement annuel, au cours duquel le président présente son programme pour lannée en cours devant le Congrès.
QUESTIONS
1. Présentez le président Wilson et ses objectifs en janvier 1918.
2. Quelle est la situation de lEurope quand il prononce ce discours sur « létat de lUnion » ?
3. Pourquoi consacre-t-il lun de ses 14 points à la France ?
4. Sur quels principes et avec quelle organisation lauteur veut-il que soient fondés désormais les relations entre les différent Etats ?
Sujet 2 Les 14
Document 1 : Discours de George Marshall, Secrétaire dEtat américain, à luniversité dHarvard, le 5 juin 1947
Je n'ai pas besoin de vous dire, Messieurs, que la situation mondiale est très grave. [
]
Lorsqu'on a étudié les besoins de la reconstruction de l'Europe, les pertes en vies humaines, les destructions de villages, d'usines, de mines et de voies ferrées ont été estimées de façon assez exacte, mais il est devenu évident au cours des mois qui viennent de s'écouler que ces destructions visibles sont probablement moins graves que la dislocation de toute la structure de l'économie européenne. [
]
La vérité, c'est que les besoins de l'Europe pendant les trois ou quatre prochaines années en vivres et en autres produits essentiels importés de l'étranger - notamment d'Amérique - sont tellement plus grands que sa capacité actuelle de paiement qu'elle devra recevoir une aide supplémentaire très importante ou s'exposer à une dislocation économique, sociale et politique très grave. [
]
Source : Churchill Winston, Marshall Georges C, Points de repères, Centre de recherches européennes, 1973.
Document 2
QUESTIONS
Expliquez la première phrase prononcée par Georges Marshall.
Quels sont les objectifs du plan Marshall?
Après avoir présenté le document 2, vous en expliciterez le message.
Quelles sont les réactions des pays européens au Plan Marshall ?
ANNEXE 3 Fiches de suivi des situations dévaluation
Chaque fiche est à envoyer avant la passation de la situation dévaluation pour validation à D. Jouannet IEN Lettres- Histoire 3 avenue Vercingétorix 63033 Clermont-Ferrand Cedex 1.
SHAPE \* MERGEFORMAT
SHAPE \* MERGEFORMAT
SHAPE \* MERGEFORMAT
- PAGE 22/ NUMPAGES 31
Source : Les relations franco-allemandes depuis 1963, La documentation française, 2001
ZEE*
EMBED MSPhotoEd.3 SITUATION DÉVALUATION 1
Histoire-Géographie-Éducation civique
Année 20-- / 20--
GRETA : ---------------------------------------------------------------------------------------------------
Formateur (identité et adresse mail) : ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Date ou période prévue pour la passation de la situation dévaluation : ------------------------------
Discipline évaluée :
( Histoire
( Géographie
Sujet détude (libellé à indiquer) : ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Présence dun support documentaire :
( Oui - Joindre le support à la fiche -
( Non
Questions posées et barème pour chaque question
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--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
EMBED MSPhotoEd.3 SITUATION DÉVALUATION 2
Histoire-Géographie-Éducation civique
Année 20-- / 2O--
GRETA : ----------------------------------------------------------------------------------------------------
Formateur (identité et adresse mail) : ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Date ou période prévue pour la passation de la situation dévaluation : ----------------------------
Discipline évaluée :
( Histoire
( Géographie
Situation choisie (libellé à indiquer) : ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Document(s) choisis : Joindre les supports à la fiche -
Questions posées et barème pour chaque question
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EMBED MSPhotoEd.3 SITUATION DÉVALUATION 1
Compétences de lecture - Français
Année 20-- / 2O--
GRETA : ---------------------------------------------------------------------------------------------------
Formateur (identité et adresse mail) : -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Date ou période prévue pour la passation de la situation dévaluation : ---------------------
Corpus choisis Joindre le corpus à la fiche
Objet détude de référence :
------------------------------------------------------------------------------
Lien(s) identifiés entre les éléments du corpus (explicitation par le formateur de la logique du corpus) :
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- .
Questionnaire proposé :
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EMBED MSPhotoEd.3 SITUATION DÉVALUATION 2
Compétences décriture - Français
Année 20-- / 2O--
GRETA : ------------------------------------------------------------------------------------------------------
Formateur (identité et adresse mail) : --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Date ou période prévue pour la passation de la situation dévaluation : ---------------------
Objet détude auquel se réfère le corpus, support de la compétence décriture :
-------------------------------------------------------------------------------
Corpus, support de la compétence décriture Joindre le corpus à la fiche
Sujet décriture proposé au candidat :
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