Danse ta santé
Rencontres, dans le cadre d'une enquête de santé publique, ..... les mutations de
notre système de santé et ses différentes réformes ainsi que le contexte .... sont
aujourd'hui menées pour appréhender le champ des possibles d'un corps. ..... Si
l'erreur n'est pas corrigée malgré des efforts, ce type de régulation conduit à un ...
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EN PARTENARIAT ENTRE
U.F.R. de Psychologie et des Sciences de l Education Institut de formation des Cadres de Santé
Département des Sciences de l éducation section rééducation
Université de Provence CHU Bellevue
Aix :è Marseille 1 Montpellier
MASTER professionnel Education et Formation 1ère année
et
Diplôme de Cadre de Santé
Année universitaire 2007- 2008
« Danse ta santé »
Rencontres, dans le cadre dune enquête de santé publique,
de danseurs sur les thèmes de la prévention et
de léducation à la santé
Maguelone Rouvarel
Sous la direction de Monsieur GATTO Franck
Professeur associé H.D.R
Je voudrais, exprimer ici tous mes remerciements à
Monsieur F. Gatto ainsi quà toute léquipe de la faculté dAix Marseille 1 pour la qualité de leurs enseignements et laccompagnement personnalisé quils nous ont proposé cette année,
Monsieur E. Pastor, directeur de lIFCS pour la qualité de son accueil et de ses conseils,
Monsieur le Professeur Y. Allieu pour laccueil quil ma toujours réservé au sein de ses équipes,
Monsieur J.C. Rouzaud qui depuis le début de ma formation initiale ma toujours conseillée et accompagnée,
Monsieur J.L. Gerardi et son équipe qui mont accueillie en stage à lIFMK de Limoges,
Anne Marie Porras et Yann Lheureux, danseurs, formateurs et chorégraphes, Tristan (culture salsa), Maria Belem (Buenos Aires) et Lorenzo (compagnie Y Lheureux) mes professeurs ainsi que lensemble des danseurs qui ont participé à cette aventure,
Alexandra Gilbert pour sa gentillesse et sa disponibilité,
Pretty, Shania, Nath et son père,
mais aussi tous ce qui, de façon anonyme, mont soutenue et encouragée et qui jespère, se reconnaitrons.
Je souhaiterai terminer ces remerciements en disant juste ceci « Merci Maurice 2007/2008 ».
SOMMAIRE
page
1. Présentation
.
..... 5
1.1. Mon parcours professionnel
. 5
1.2. Mon projet professionnel
..
.
... 6
1.3. Mon travail recherche
... 6
2. Danse, danser, danseur
.
... 8
2.1. Danse
.... 8
2.2. Danser
.
.. 10
2.3. Danseur
..
... 11
2.4. La santé
. 12
2.5. Problématique pratique
..... 12
3. Premiers contacts avec lunivers de la danse : enquête exploratoire. .......
..13
3.1. Question denquête exploratoire
..
.13
3.2. Population
. 13
3.3 Critères dinclusion et dexclusion
................ 13
3.4. Outil denquête : le questionnaire non théorisé
........ 13
3.5. Protocole denquête
.. 15
3. 6. Traitement des données
.. 15
3.7. Résultats
.. 15
3.8. Réponse à la question denquête
..... 18
4 Théories et modèles convoqués
20
4.1. Théories de lapprentissage
. 20
4.1.1. Le behaviorisme
.20
4.1.2. Leconstructivisme, socio et néo-socio- constructivisme
...... 22
4.2. Modèles de lévaluation.
.
..... 24
4.2.1. Lévaluation contrôle
.... 25
4.2.2. Lévaluation questionnement
.. 26
4.3. Modèle de la postur.
......................... 27
4.3.1. La posture dauteur
.27
4.3.2. La posture dagent
..... 27
4.4. Modèle de la posture du danseur
...28
4.4.1. La posture du sportif
...... 28
4.4.2. La posture de lartiste
............ 29
4.5. Modèle de la santé
.... 29
4.5.1. Le modèle de santé biomédical
......29
4.5.2. Modèle de santé global non positiviste
...... 30
5. Matrice théorique
.
.... 32
5.1. Tableau 1 : les théories de lapprentissage
..
. 32
5.2. Tableau 2 : Modèle de lévaluation
.. 35
5.3. Tableau 3 : Modèles de la posture
37
5.4. Tableau 4 : Modèles de la posture du danseur
....... 39
5.5. Tableau 5 : Modèles de la santé
40
6. Méthodologie
... 45
6.1. Problématique théorique
... 45
6.2. Méthodologie de la recherche
... 46
6.3. Question de recherche
... 46
7. Dispositif de recherche
.... 47
7.1. Population
..... 47
7.1.1. Critères dinclusion
.... 47
7.1.2. Critères dexclusion
.
.. 47
7.2. Outil : le questionnaire théorisé en tête à tête
... 47
7.2.1. Présentation
.... 47
7.2.2. Test de loutil
. 48
7.2.3 Protocole
.
.... 48
7.2.4. Questionnaire théorisé
... 48
8. traitement de résultats
.. 55
8.1. Les questions relatives à létat civil
.. 55
8.2. Questions relatives à la posture
..
.. 59
8.3. Questions relatives à la posture du danseur
.. 61
8.4. Questions relatives aux théories de lapprentissage
..63
8.5. Questions relatives aux modèles de lévaluation
.
..... 65
8.6. Questions relatives au modèle de la santé
.... 68
9 Résultats
.
........... 70
10 Discussion
.
.. 72
Conclusion
... 74
Références bibliographiques
........ 76
Annexe 1
.......... 78
Annexe 2.................................................................................................................. 79
Annexe 3.................................................................................................................. 84
Annexe 4.................................................................................................................. 85
Annexe 5.................................................................................................................. 88
Présentation.
Daussi loin que je me souvienne, la médecine, lenseignement et la danse ont toujours fait partie de mon univers.
Enfant, je dansais, je soignais, jenseignais à un public attentif dours en peluche et de poupées.
Jai grandi et jai construi mon histoire professionnelle fidèle à mes rêves et constante dans mes idées.
1.1. Mon parcours professionnel.
Mon père mimaginait avocate, ma mère professeur de musique, moi je me sentais lâme dune soignante, dune infirmière et cest ce que je fus en attendant... .
Cest le hasard qui ma conduite moi, étudiante en première année de masso-kinésithérapie, dans le bureau de Monsieur le Professeur Y. Allieu, chef du service dorthopédie II à lhôpital Lapeyronie de Montpellier. Cest là, en les admirant lui et «son kiné», que jai su ce que je voulais faire parce que, pour la première fois, je me sentais exister professionnellement.
Ma voie était tracée, je devais simplement travailler, apprendre et me former.
Très vite conviée à observer puis à participer à quelques congrès sur la main du musicien et la Médecine des Arts, jai découvert lunivers de la recherche et de la production scientifique.
Diplôme en poche, jai continué sur ma lancée cheminant sur les traces du magicien rééducation, multipliant les expériences professionnelles, les contacts nationaux et internationaux avec ce désir viscéral délargir le champ de mes connaissances, de mes compétences et la qualité de mes prises en charges.
Puis, la vie ma fait mal. A lâge où on va par deux, je me suis retrouvée seule, et, mécanique et inconsolable, jai essayé de continuer à avancer.
Cest un pas de danse dans une salle de mécanothérapie qui ma secouée, la vie revenait et toutes mes espérances professionnelles se réveillaient.
Ma carrière repartait, évoluait. Mon intérêt pour la Médecine des Arts, les mutations de notre système de santé et ses différentes réformes ainsi que le contexte économique et social, tout reprenait du sens et mamenait à réfléchir sur la pertinence de mon positionnement en tant que rééducateur dans la société, sur mon désir de progresser dans ma profession et sur mon souhait denseigner.
Et cest naturellement que la formation de cadre de santé couplée au Master 1 en sciences de léducation sest imposée dans mon parcours professionnel.
1.2. Mon projet professionnel.
Après une légère phase deuphorie, période où je reprenais en main mon projet professionnel, jai commencé à me poser quelques questions.
Linstitut de formation des cadres de santé (IFCS), cest du temps, de largent et du travail personnel. Comment my prendre? Suis-je vraiment capable?
La formation de lIFCS sadresse à des professionnels possédant une expérience technique confirmée et des aptitudes à la prise de responsabilités, dencadrement et de formation. Alors oui, cette formation rentre dans le cadre de mon projet professionnel car elle va me permettre dassumer les responsabilités de mes futures fonctions de formateur en me procurant les outils nécessaires.
Me restait à résoudre mon questionnement de future pédagogue: comment acquérir les compétences quil me manquait dans le domaine des sciences de léducation?
LIFCS de Montpellier couple son enseignement avec celui dun Master 1 en science de léducation.
Cest dans les propositions pédagogiques de ce master que jai trouvé mes réponses. Il sagit dune formation qui se caractérise dune part par les liens quelle fait entre lencadrement, la formation, lévaluation, la recherche, la médiation, la communication et léducation à la santé au niveau des problématiques, des réflexions épistémologique et méthodiques et, dautre part, par lapproche inter disciplinaire des modèles théoriques de référence.
Plus sereine, maintenant, je peux aller au delà de mes espérances de formatrice et plus que transmettre, je peux accompagner des étudiants dans lappropriation de leurs propres connaissances.
1.3. Mon travail recherche
Mon rôle en tant quétudiant chercheur ne sera pas de critiquer les pratiques existantes ni de porter un jugement sur les comportements des différents professionnels que je serais amenée à rencontrer mais, de me positionner en tant que simple observateur qui au moyen de ce travail tentera dalimenter de façon constructive un questionnement.
Cette posture innovante pour moi, va, je lespère, me permettre de prendre le recul nécessaire au bon fonctionnement de mon questionnement.
Jespère également, au moyen de ce travail, faire évoluer et murir ma réflexion dans le domaine des sciences de léducation et ce grâce aux théories et concepts que jai choisi de convoquer dans cette étude.
2. Danse, danser, danseur
« La danse permet détablir un contact vraiment profond avec toutes les races, toutes les cultures, toutes les langues. » (Béjart, 2006)
2.1. Danse.
« La danse est le premier-né des arts. La musique et la poésie s'écoulent dans le temps; les arts plastiques et l'architecture modèlent l'espace. Mais la danse vit à la fois dans l'espace et le temps. Avant de confier ses émotions à la pierre, au verbe, au son, l'homme se sert de son propre corps pour organiser l'espace et pour rythmer le temps » (Curt Sachs, 1938)
La danse peut être un art, un rituel ou un divertissement. Elle exprime des idées et des émotions ou raconte une histoire. La danse a en général un rapport direct dans l'histoire avec les autres arts (musique, peinture, sculpture, etc.). « Le mot [danse], dans son sens premier et principal, a des connotations très différentes selon des contextes: dune part chorégraphie (danse classique entrainant un vocabulaire propre à la chorégraphie), danses propre à chaque civilisation (antique et moderne, européennes et exotiques, «orientale» etc) danse professionnelle moderne liée au spectacle (music hall, etc). » (Rey, 2004)
Origines de la danse
Les premières indications sur l'exécution de danses datent de la Préhistoire, au HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Pal%C3%A9olithique" \o "Paléolithique"paléolithique, où des peintures rupestres attestent de l'existence de danses primitives.
Il s'agit avant tout d'un acte cérémoniel et rituel, adressé à une entité supérieure afin de:
conjurer le sort (danse de la pluie)
donner du courage (danse de la guerre ou de la chasse)
plaire aux dieux (Antiquité égyptienne, grecque et romaine)
La danse primitive, couplée aux chants et à la musique, avait aussi probablement la capacité de faire entrer les participants dans un état de transe.
Dans lantiquité, lacte rituel devient distraction: l'esthétisme et la communion deviennent prépondérants lors des spectacles et des rassemblements. La danse devient un art dont les codes évolueront avec les sociétés qui la pratiquent.
Les danses médiévales sont relativement mal connues, ayant laissé peu de traces écrites. Si quelques chroniques du temps en parlent, aucune ne les décrit, de sorte qu'il est aujourd'hui quasiment impossible de savoir comment elles se dansaient.
Héritières, pour quelques-unes, des HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Danse_m%C3%A9di%C3%A9vale" \o "Danse médiévale"danses médiévales, les danses de la HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Renaissance_artistique" \o "Renaissance artistique"Renaissance se diversifient dès le début du HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/XVe_si%C3%A8cle" \o "XVe siècle"XVe siècle et atteignent très vite un nombre important de danses de cour et de HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Bal" \o "Bal"bal, tant pour couples que collectives.
C'est en HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Italie" \o "Italie"Italie que se forgent un premier vocabulaire chorégraphique et les premières théories de cet art.
Le XVII siècle est le siècle du HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Ballet_de_cour" \o "Ballet de cour"ballet de cour par excellence, puis de l'HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ra-ballet" \o "Opéra-ballet"opéra-ballet et de la HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Com%C3%A9die-ballet" \o "Comédie-ballet"comédie-ballet initiés par HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Lully" \o "Jean-Baptiste Lully"Lully et HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Moli%C3%A8re" \o "Molière"Molière.
Le XVIII siècle quant à lui est le siècle de la HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Danse_baroque" \o "Danse baroque"danse baroque, appelée à l'époque la «Belle danse».
Le premier théoricien de la danse, HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Georges_Noverre" \o "Jean-Georges Noverre"Jean-Georges Noverre (1727-1810) considéré comme le créateur du ballet moderne, préconise une danse exprimant les sentiments de l'âme, dépouillée de tout artifice, et réforme le ballet en édictant les règles du HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Ballet_d%27action" \o "Ballet d'action"ballet d'action.
Avec HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Sylphide" \o "La Sylphide"La Sylphide apparaît au XIX siècle le HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Ballet_romantique" \o "Ballet romantique"ballet romantique et la prééminence de la danseuse légère, éthérée, aérienne.
A cette période, la HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Ballet" \o "Ballet"danse classique se codifie mais on assiste en parallèle au déclin du ballet en France et au développement des grands ballets classiques en HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Russie" \o "Russie"Russie, en HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Scandinavie" \o "Scandinavie"Scandinavie et en HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Italie" \o "Italie"Italie.
Au XX siècle, le genre se renouvelle avec les HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Ballets_russes" \o "Ballets russes"Ballets Russes de HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_de_Diaghilev" \o "Serge de Diaghilev"Serge de Diaghilev et l'apparition de la HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Danse_moderne" \o "Danse moderne"danse moderne en HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Allemagne" \o "Allemagne"Allemagne et aux HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tats-Unis" \o "États-Unis"États-Unis.
La danse s'éloigne de la virtuosité pour rejoindre le rang d'art polémique en plaçant le corps comme principal médium d'expression. C'est le temps de la HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Art_performance" \o "Art performance"performance.
La recherche instaurée par HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Vaslav_Nijinski" \o "Vaslav Nijinski"Vaslav Nijinski, ou par HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Isadora_Duncan" \o "Isadora Duncan"Isadora Duncan, semble continuer de dévoiler d'autres modes d'expression via le corps.
La danse au XXe siècle, cest aussi la naissance du jazz décrit pour la première fois en 1917 au Etats Unis.
Cest également la naissance de la HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Danse_contemporaine" \o "Danse contemporaine"danse contemporaine. Héritière de HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Merce_Cunningham" \o "Merce Cunningham"Merce Cunningham, cette HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Danse_contemporaine" \o "Danse contemporaine"danse qui met en avant un désir de se renouveler sans cesse, prend son essor à la fin des HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Ann%C3%A9es_1970" \o "Années 1970"années 1970 pour se développer jusqu'à aujourd'hui.
Actuellement, « la danse, par le singulier quelle désigne, renvoie à une unité de sens qui nest pas dévidence perceptible dans lobservation dune réalité en fait polymorphe ; et la description de cette diversité, si exhaustive quelle puisse être ne définira jamais loriginalité sociale de son objet. » (Cadopi 1990)
La danse rejoint de ce fait et sur leurs propres avant-gardes, la littérature, la peinture, la sculpture et parfois même la politique et la philosophie. De nombreuses expérimentations sont aujourd'hui menées pour appréhender le champ des possibles d'un corps.
2.2. Danser
« Danser, cest avant tout communiquer, sunir, rejoindre, parler à lautre dans les profondeurs de son être. La danse est union, union de lhomme avec lhomme, de lhomme avec le cosmos, de lhomme avec Dieu. » (Béjart, 2006)
« Danser, en français, signifie dés le XIIe siècle « exécuter une suite réglée des pas suivant un rythme musical ». Il est également employé à propos dune chose au sens de « faire une série de mouvements rythmés » avec de nombreux contextes sociaux différents selon les époques » (Rey, 2004).
Danser, cest aussi concevoir et réaliser des actions à visée artistique, esthétique ou expressive et proposer une réponse à la question suivante : comment communiquer corporellement une émotion à un spectateur ?
Danser, cest également prendre du plaisir à se mouvoir, à jouer avec son corps, à sexprimer autrement quavec des mots, à communiquer avec sa propre gestuelle. Cest une façon différente daborder lespace et le temps.
Cest enfin proposer une intention, explorer de nouvelles possibilités que le philosophe José Gil (1989 in Cadopi, 1990)) nous explique comme suit : « Ce que voit le spectateur, cest une sorte de dramaturgie de forces, de tensions, de brisure, de lenteurs, de vitesses, daccroissements et de modulations dintensités, de déploiements, de chocs et de conjonctions despace
» et la traduire en mouvement, en enrichissant son vocabulaire kinesthésique jusquaux limites du possible.
2.3. Danseur.
« Lartiste est dabord quelquun qui vit une réalité transcendantale pour en donner ensuite une version à ses frères. » (Béjart, 2006)
Le mot danseur « concerne à la fois les professionnels de la danse classique (avec les syntagmes danseur, euse étoile, premier danseur, etc), de la danse folklorique et du music hall. » (Rey, 2004).
Le danseur est celui qui danse par plaisir ou par profession, celui qui laisse jaillir de son âme des mouvements mettant son corps dans un état proche de la transe, de la plénitude ou de la rupture physiologique pour nous offrir du beau, de la performance physique et de lart.
« On sait que lapprentissage des mouvements, chez le danseur, doit aboutir à la formation dans la conscience, dune sorte de carte des circuits dénergie. En faisant correspondre limage du corps vue de lextérieur avec des sensations kinesthésiques, cette carte permet au danseur dexécuter le mouvement exact, sans avoir à contrôler son image : à telle sensation de tension correspondra telle position précise
En même temps que le danseur prend conscience de telle sensation de tension
il se laisse tout entier pénétrer par cette sensation, devenant tout entier sensation du corps
Il faut que la sensation coïncide avec la conscience, quelle se transforme en sensation de conscience
» (Gil 1989)
Si lon sintéresse à la motricité du danseur et ceci dans toutes les formes pratiques de cet art, on découvrira quil « est devenu en quelque sorte une pure incarnation de représentations kinesthésiques » (Cadopi 1990). Son corps peut donc réaliser toutes sortes d'actions, comme tourner, se courber, s'étirer, ou sauter. En les combinant selon des dynamiques variées, des lignes variées, il peut inventer une infinité de mouvements différents. Son corps passe à l'état d'objet, il sert à exprimer ses émotions à travers ses mouvements, l'art devient le maître du corps.
2.4. La santé
Lorganisation mondiale de la santé (OMS) définit la santé comme « un état de complet bien être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou dinfirmité ». (annexe 1)
La santé implique donc que tous les besoins fondamentaux de la personne soient satisfaits quils soient affectifs, sanitaires, nutritionnels, sociaux, culturels ou professionnels.
Mais la santé, cest aussi un « état physique et mental relativement exempt de gènes et de souffrances qui permet à lindividu de fonctionner aussi longtemps que possible dans le milieu où le hasard ou le choix lont placé » (René Dubos, 1957).
2.5. Problématique pratique.
De la réflexion sur les thèmes de la danse et de la santé, je retiendrais deux grands items qui seront à lorigine de ma recherche et de mon questionnement :
la santé implique que tous les besoins fondamentaux de la personne soient satisfaits,
la danse implique que tous les besoins artistiques de la personne soient satisfaits.
Parfois, il existe une incompatibilité entre ces deux courants de pensées, voire une incohérence, qui à ce jour et selon moi est encore mal individualisée.
Que connaissons-nous en tant que soignant de la réalité du monde de la danse ?
Que connaissent les danseurs interprètes et formateurs du monde du soin et de la santé, déducation à la santé et de prévention ?
Mon objectif, au travers de cette recherche est donc :
denquêter et de savoir sil existe dans la population des danseurs un manque dinformation et de formation des danseurs en termes de prévention et déducation à la santé,
de mettre en place une stratégie de contact permettant de sensibiliser les danseurs à ma démarche,
de savoir et comprendre si, lorsquil est pris en charge, le danseur bénéficie dune prise en charge correctement adaptée à la pratique de son art,
de chercher à améliorer si possible le quotidien de vie des danseurs professionnels en leur proposant une meilleure gestion de leur corps en tant quoutil de travail.
3. Premiers contacts avec lunivers de la danse : enquête exploratoire.
Cette enquête exploratoire va me permette de préciser et constater par un premier contact avec le terrain, la pertinence de mon questionnement, de confirmer ou dinfirmer la validité de lobjet de ma recherche, de légitimer la viabilité de mon travail de recherche.
3.1. Question denquête exploratoire
Au travers de cette enquête, nous allons recueillir auprès de danseurs des informations susceptibles de répondre à la question suivante :
quelle évaluation portent les danseurs sur les soins et léducation prodigués par les differents professionnels de santé?
3.2. Population
Cette enquête va questionner des danseurs professionnels et ce, afin de mieux cerner leurs besoins et dessayer de leur apporter une aide concrète dans leur pratique professionnelle.
Dans le cadre de cette enquête, 6 danseurs ont été contactés.
3.3 Critères dinclusion et dexclusion
Seront inclus dans cette étude tous les danseurs professionnels pouvant justifier à ce jour dune pratique régulière et dau moins 2 ans dexpérience.
Seront exclus de cette étude les danseurs de moins de 18 ans à ce jour
3.4. Outil denquête : le questionnaire non théorisé
Loutil utilisé pour la réalisation de cette enquête exploratoire est un questionnaire non théorisé.
Ce choix sexplique par le fait que les danseurs sont très occupés par leurs spectacles, leurs tournées et lensemble de leurs activités
Les questionnaires, composés de 5 questions fermées et 3 questions mixtes semi ouvertes,
Questionnaire non théorisé
1: quel est votre âge
.votre sexe
...
2: quel est votre nombre dannée de pratique
..
3: quelle est la frequence de votre pratique
.
4: aprés un temps de travail important, résidence, souffrez vous de douleurs : - oui ...
- non ...
si oui ce sont - des douleurs musculaires
- des douleurs articulaires
- autres (précisez)
.
5: prenez-vous des traitements spécifiques lors de la pratique intensive de votre art. - oui... - non...
- si oui, est-ce - sous contrôle médical
- par automédication
précisez quel type de médicamentsvous utilisez
.
- si non, que faites vous?.........................................................................................................
6: êtes vous suivi par un professionnel de santé -régulièrement
-en cas de douleurs
-exceptionnellement
à quelle catégorie de soignant faites vous appel -médecin
-ostéo
-kiné
-ostéo-kiné
-autre, (présisez)
.
7: laccompagnement thérapeutique vous parait-il suffisant
pour éviter les complications
pour éviter les récidives
pour comprendre vos pathologies
8: est-ce que votre professionnel vous a permis
- dacquérir de nouvelles connaissances : oui.... non....
si oui, lesquelles
- dacquérir de nouveaux comportements : oui non
si oui, lesquels
...
- de mieux connaitre votre corps : oui non
si oui, comment
.
3.5. Protocole denquête
Les professionnels ont été contactés sur leur lieu de travail
Les questionnaires ont été déposés, en précisant que lanonymat était garanti, directement dans les studio de danse. Une date butoir avait été indiquée.
Parmis les 6 professionnels sollicités pour cette pré-enquête, 5 ont répondu, le 6° en tournée na pu répondre dans les délais.
3. 6. Traitement des données
Le traitement des données se fera selon le protocole suivant:
- dépouillement des questionnaires,
saisie des données sur un outil de traitement des données conçu à lavance: le tableur Excel,
analyse des données : une representation graphique permet davoir une vue densemble de la repartition des caractères observés et de comparer les differentes observations. Leffectif de la population étant inférieur à 100, on utilisera comme méthode de travail.pour lanalyse descriptive des données, la somme et les catégorisations par unité de sens
3.7. Résultats
Les questions 1, 2 et 3 ont été mises en rapport pour traiter les résultats.
Parmis les 5 questionaires renseignés, 3 sujets étaient des femmes, les 2 autres étaient des hommes.
Lanalyse ne portant pas sur une recherche de relation entre les résultats et le genre, cette information nest donnée quà titre indicatif.
Tableau 1 : rapport entre lâge et le nombre dannées de pratique des danseurs
Ce premier tableau montre que tous les danseurs interrogés ont un nombre dannées de pratique supérieur ou égal à 10 ans et ce quelque soit leur âge; on peut donc en déduire quils ont une bonne expérience professionnelle et un solide vecu corporel.
Il nexiste par ailleurs pas de corrélation entre lâge et le nombre dannées de pratique.
A litem fréquence de votre pratique, les réponses trés disparates nont pas pu être exploitées ; cela m amène à refléchir sur la façon dont je devais reformuler, dans mon questionnaire théorisé, certaines de façon à obtenir des réponses exploitables.
La question 4 traite de la douleur après un effort physique important.
2a 2b
Tableau 2 : la douleur
Seule une danseuse, la plus jeune, ne se plaint pas de douleurs.
Parmi les 80% de danseurs qui ont mal, nous remarquons quil sagit essentiellement de douleurs articulaires et musculaires.
A litem autre : précisez, les réponses nont pas pu être exploitées car elles nous renseignaient sur une région douloureuse et non sur un type de douleur.
La question 5 sinteresse au type de prise en charge médicale ou autre, des danseurs en période de travail physique intense.
3a 3b
Tableau 3 : type de traitements utilisés par les danseurs
80% des danseurs ne changent pas leur comportement vis-à-vis des différents traitements quils peuvent poursuivre.
En ce qui concerne les 20% restant, 20% sautomédiquent, 40% suivent les conseils de leur médecin et 60% choisissent une autre alternative thérapeutique.
La somme ce ces différents pourcentages est supérieure à 100% car certains sujets combinent les possibilités.
La question 6 fait référence à la fréquence du suivi thérapeutique et au choix du thérapeute
4a 4b
Tableau 4 : suivi des danseurs par les professionnels de santé
Seulement 20% des sujets ont un suivi régulier.
Cette observation permet de conforter lidée que la prévention et la prise en charge doivent être améliorées.
En effet, une prise en charge en cas de douleur ou exceptinnelle est mise en place à la suite dun facteur déclenchant. Ceci tend à démontrer limportance de la mise en place de programme de prévention et déducation à la santé.
NB : le petit nombre de sujets interrogés na pas permis de mettre en évidence un type de prise en charge par rapport à un autre.
La question 7 et 8 sinteressent à laccompagnement thérapeutique
Tableau 5 : accompagnement thérapeutique
En ce qui concerne la compréhension des pathologies par la population des danseurs, 60% considèrent que laccompagnement thérapeutique est suffisant.
Pourtant, 40% seulement pensent quil est suffisant pour éviter les complications et 60% les récidives.
En tant que soignante, ces réponses minterpellent.Si le danseur comprend sa pathologie, les complications et les récidives devraient, à défaut dêtre éliminées, être mieux comprises.
Notre travail en tant que formateur, pourvoyeur de prévention et déducation à la santé doit être repensé et mis en place en collaboration plus étroite avec la population des danseurs.
Tableau 6: relation thérapeute danseur
Ce dernier tableau confirme lhypothèse de collaboration plus étroite entre danseurs et thérapeutes.
Si 60% déclarent que leur thérapeute leur a permis dacquérir de nouvelles connaissances, seulement 40% ont modifié leurs comportements et 40% connaissent mieux leur corps.
NB : Il est par contre interéssant de souligner que linfluence du thérapeute sur le comportement du danseur qui est plus efficiente avec lâge.
Notre travail dinformation est donc plus que nécessaire et cela dautant plus avec les jeunes générations encore peu sensibles aux réalités de la mécanique humaine.
3.8. Réponse à la question denquête
Cette enquête préalable ma permis de découvrir et de me familiariser avec le monde de la danse.
Après analyse, il en ressort les éléments suivants :
les danseurs interrogés ont un solide vécu corporel et une bonne expérience professionnelle,
la majorité des danseurs souffrent de douleurs,
face à une activité physique, leur attitude en terme de traitement et de prévention ne change pas ou peu,
leur suivi régulier par des professionnels de santé est encore trop faible,
laccompagnement thérapeutique doit être repensé,
la formation des formateurs semble insuffisante.
Pour faire le lien entre ces notions, il semblerait judicieux denrichir et de compléter cette recherche par lapproche des théories de lapprentissage et des modèles théoriques tels que le modèle de la posture, de lévaluation, de la santé et la conceptualisation dun modèle de la posture du danseur.
Lensemble de ces concepts seront convoqués dans la suite de ce travail danalyse.
4 Théories et modèles convoqués
4.1. Théories de lapprentissage
Les théories de lapprentissage tirent leurs origines de deux concepts antagonistes, le behaviorisme et le constructivisme, socio et néo-socio- constructivisme.
4.1.1. Le behaviorisme
Le philosophe Jean Jacques Rousseau (1755) a écrit quen autre « différence de lhomme et de lanimal, il y a une autre qualité très spécifique qui les distingue, et sur laquelle il ne peut y avoir contestation, cest la faculté de se perfectionner ».
Cette notion de perfection conditionne lidée essentielle dapprentissage de lHomme (homo sapiens) tout au long de sa vie. Lhomme naissant foncièrement bon, léducation constitue lensemble des moyens nécessaires pour laider à développer ses potentialités.
« Ce sont Skinner, Pavlov et Watson qui au début du XX° ont produit le béhaviorisme et ont développé des pratiques pédagogiques. Selon cette théorie comportementaliste, lapprentissage peut être obtenu par lutilisation de récompenses appelées « renforcements positifs » (exemples : nourriture pour le rat de laboratoire, bonnes notes pour lélève, félicitations au patient) et de punitions appelées « renforcements négatifs » (exemples : chocs électriques chez le rat, mauvaises notes chez lélève, reproches au patient).» GATTO.F, (2007.)
Le béhaviorisme, ou comportement opérant était né. Cette théorie est à lorigine de lenseignement programmé et a conduit à des pratiques appelées pédagogies traditionnelles ou pédagogies frontales.
Les limites de cette théorie sont :
La crise dapprentissage, est le risque majeur de cet apprentissage. « Lorsque le savoir du sujet ne correspond pas aux propositions de lenseignant, il y a donc un conflit, une « crise ». » (Gatto, 2005). un nouveau savoir avec un choc affectivo-cognitif trop important est contre productif. « Et cela conduit souvent à des échecs dapprentissage » (Gatto, 2005).
Les savoirs pré existants ne sont pas pris en compte et peuvent se constituer en obstacles à lapprentissage. Bachelard. G., (1938) prend comme image que « les professeurs de sciences imaginent que lesprit commence comme une leçon, quon peut toujours refaire une culture nonchalante en redoublant une classe, quon peut faire comprendre une démonstration en la répétant point par point. Ils nont pas réfléchi au fait que ladolescent arrive en classe de physique avec des connaissances empiriques déjà constituées : il sagit alors, non pas dacquérir une culture expérimentale, mais bien de changer de culture expérimentale, de renverser les obstacles déjà amoncelées par la vie quotidienne. ».
Il faut se méfier de ces savoirs obstacles, indûment renforcés dans cet apprentissage frontal. Lapprenant nest pas une table rase cirée sans empreinte.
Le renforcement négatif conduit à la culpabilité, au sentiment dinfériorité et conduit lapprenant à cacher, masquer ses savoirs pré existants.
Et enfin, le programme (éducation thérapeutique, formation) est pré établi à lavance, externe au sujet et ne peut pas être modifié. « En admettant même quune tête bien faite échappe au narcissisme intellectuel si fréquent dans la culture littéraire, dans ladhésion passionnée aux jugements du goût, on peut sûrement dire quune tête bien faite est malheureusement une tête fermée. Cest un produit décole. » (Bachelard. G, 1938.)
Nonobstant ces limites, laspect positif néchappe pas, puisque lutilisation du renforcement positif est très bénéfique et aide à apprendre, et ce, par la valorisation des réussites.
En santé il sagit de la logique positiviste selon le modèle curatif ou global positiviste, et cest la théorie béhavioriste qui a produit le modèle de lévaluation contrôle précise « les professionnels de santé sont dans une logique positiviste à la fois dans les soins et dans les évaluations. » (Gatto, 2005)
4.1.2. Le constructivisme, socio et néo-socio- constructivisme
Cest à partir des années 60 quil est admis que lapprenant ne se contente pas dassimiler des données brutes mais quil les sélectionne.
Piaget (1925) est le fondateur du constructivisme. Pour lui deux actions contribuent à lapprentissage, lassimilation et laccommodation Cest ainsi que pour Piaget, la connaissance est « une construction qui procède du développement du sujet, de ses structures mentales et de son activité dans lenvironnement. » (Piaget, in Gatto, 2007).
Lapprentissage procède par schématisation, lapprenant est mis dans des situations problèmes seul, et cest par le biais de tâtonnements, de la technique dessais-erreurs quil va pouvoir construire la réponse adaptée et ses nouveaux savoirs.
Vygotski (1934) est selon F. Gatto (2007) un « psychologue russe, contemporain de Piaget, il a élaboré un théorie interactionniste de lapprentissage, mais qui insiste surtout sur la composante sociale ». Il développa ainsi la voie socio constructiviste des théories de lapprentissage.
Car enfin, si cest deux chercheurs que sont Piaget et Vygotski sont globalement daccord sur le principe de la pédagogie et de lapprentissage par la construction, lévaluation des savoirs préexistants est néanmoins indispensable pour proposer des activités productrices dapprentissage.
« Chez Piaget, lémergence de nouveaux possibles fait référence à une créativité endogène au sujet qui produit de nouveaux objets cognitifs, alors que pour Vygotski, cest linteraction qui conduit à lactualisation des possibles, qui sont en quelque sorte préformés (...) Le constructivisme et le socioconstructivisme ont construit la pédagogie active. » (Gatto. F.2007.) Celle-ci est fondée sur les demandes, les projets et les initiatives des apprenants et sur lappropriation des savoirs qui seffectue au sein des pratiques sociales.
Alors, le cours magistral laisse place au travail de groupe ou au travail individualisé à partir doutils, textes, vidéo, jeux de rôle.
Lapprentissage ne se fait pas par conditionnement mais par construction des activités mentales en interaction avec lenvironnement. Il doit il y avoir une évaluation des savoirs préexistants, tout autant quune évaluation des demandes et une construction de projet. Il faut savoir, et pouvoir organiser, modifier, réorienter les objectifs si la situation le nécessite.
Les théories constructiviste et socio-constructiviste ont produit la logique de lévaluation questionnement.
Cest en 1975, que la neuro-pédagogie, science apparentée à la neurobiologie, voit le jour.
Cette pédagogie fait la synthèse des indicateurs dapprentissages, des indicateurs pédagogiques et psychologiques.
Certains chercheurs commencent à démontrer les possibilités de plasticité du cerveau, donc « la neuro-plasticité est définie comme la capacité du système nerveux à se modifier lui-même
.une telle adaptation ninterviendra que par une sollicitation répétée de la fonction à travers un processus de reconfiguration de lensemble de ses éléments. Celle-ci suppose un apprentissage, cest-à-dire une rééducation, basée sur des sollicitations répétées et dirigées de la fonction. » (Didier. J.P, 2004)
De ces recherches, on peut déduire que le langage procède « dune fonction sociale pour communiquer avec les autres, dune fonction régulatrice par le sujet, sur le contrôle de ses comportements. C'est-à-dire quentre la pensée et le langage, on ne sait pas lequel engendre lautre ». (Gatto 2005). Or, cest avec des mots que lon pense.
Le langage constitue un indicateur intermédiaire des pensées et des comportements.
Donc, en évaluant les savoirs de lautre à travers le langage, cela permet dévaluer ses pensées et donc ses comportements. En évaluant et en aidant la personne à modifier son langage, cela conduit à modifier ses pensées et son comportement.
Les émotions ont également une influence sur nos prises de décisions. Comme nous lexplique le neurophysiologiste Damasio.A.R (2000), « les pulsions biologiques et les émotions peuvent réellement influencer les processus de prise de décisions » en mettant à mal les pensées cartésiennes, les choix de la raison.
Comme corollaire de cette information, on comprend bien que pour quun apprentissage puisse se faire il ne doit pas se placer aux antipodes du possible.
On parle de la dissonance cognitive. On réalise que les acquis ne peuvent se faire quaux bornes des pré-acquis. Une différence insoutenable, entraine immanquablement un sentiment déchec, qui corticalisé infligera un état émotionnel négatif pratiquant, leffet inverse de celui escompté.
« La neurobiologie de lémotion et du sentiment nous apprend que la joie et ses variantes sont préférables à la tristesse et aux affects associés, et quelle favorise la santé et lépanouissement créatif de notre être.» (Damasio.A.R, 2000)
Cest en réalisant linfluence de lintervention de lémotion, et de la manière dont la personne se positionne pour accueillir et traiter une information qui vient de son monde intérieur et de son monde extérieur que la théorie a évolué. Elle sest imprégnée de ce facteur cognitif, et la intégré dans le socio constructivisme, pour le traduire en néo socio constructivisme (Gatto, 2005).
Le néo-socio-constructivisme est identifié tant lors des apprentissages de létudiant au cours de sa formation, que lors des apprentissages du patient lors de sa rééducation. On y voit une approche globale non positiviste de la santé, dont le paradigme de pensée phénoménologique articulé avec le positivisme conduit à lévaluation complexe.
4.2. Modèles de lévaluation
« Evaluer cest comprendre, éclairer laction de façon à pouvoir décider avec justesse de la suite des évènements.» (Legendre 1993)
« Lévaluation est étymologiquement, une réflexion sur le rapport au valeurs ». (Bonniol et Vial 1997 in Gatto, 2005)
« Elle confronte deux visions du monde, deux attitudes et modèles de pensée différents, non seulement qui sopposent, se confrontent, mais aussi se complètent, et lorsque lon utilise un modèle de lévaluation, on sinscrit dans le paradigme qui le sous-entend. » (Eymard, 2003).
Dans la littérature, il existe deux modèles dévaluation qui sopposent
- le modèle de lévaluation contrôle
- le modèle de lévaluation questionnement ou problématique du sens.
« Ces deux attitudes ne sont pas une alternative. Lévaluation assume deux fonctions sociales :
vérifier la conformité selon un référentiel préétabli
promouvoir le changement. » (Vial, 2000)
4.2.1. Lévaluation contrôle
Lévaluation contrôle sert à mesurer, à étalonner, à compter, à distinguer, à balancer, à gérer, mais aussi à justifier, ou envisager.
Elle peut se décliner en sous ensembles comme la régulation cybernétique et qui se développe selon trois axes
« - anticiper ce que lon va devoir faire,
contrôler si cest bien fait,
ajuster ce que lon veut faire. » (Vial, 1997 in Gatto, 2005)
« La boucle de régulation est au service du programme prévu. Si lerreur nest pas corrigée malgré des efforts, ce type de régulation conduit à un échec dapprentissage
Les outils pédagogiques utilisés sont souvent basés sur un fondement de culpabilité et le moyen souvent utilisé pour obtenir ladhésion est la peur. » (Gatto, 2005). Les émotions sont décriées, on se réclame de lobjectivité.
Il existe des procédures qui donnent pour lobjectif son mouvement, sa dynamique. Cest aussi cette évaluation qui inspire les économistes, on y trouve la rationalité, les tests et les notations hiérarchisées. Cest la mesure du goniomètre, celle du bilan sanguin, ou encore des amplitudes articulaires. Nous avons des tables référentielles qui servent à juger de la validité de lévaluation.
Cest ainsi que nous identifions une évaluation mesure ou gestion dont lobjectif est de quantifier un produit. On recherche par celle-ci la conformité à la norme.
4.2.2. Lévaluation questionnement
Lévaluation questionnement est placée dans la systémie, elle est dite aussi régulation divergente. Elle est ouverte « sur limprévu, sur un imprévisible négocié ». (Gatto, 2005)
« La régulation dans le systémisme permet de distinguer trois niveaux de régulation :
au niveau du programme, cest la régulation cybernétique.
puis au niveau du référentiel que lon se donne, dont le programme est issu (le référentiel est plus large que le programme.)
et enfin, encore plus large, au niveau du projet dans lequel sont embarqués lapprenant et lenseignant. » (Vial 1997 in Gatto2005)
Tournée vers le processus, cette évaluation divergente « autorise lidée que faire autrement permet peut-être de faire mieux » (Gatto, 2005).
Plutôt que considérer lerreur comme une faute, elle devient lécart à lattendu et sa richesse est valorisée. Cest dans le questionnement que lévaluation se pose. On y écoute lincertitude et le soupçon, on cultive la subjectivité, on propose le cheminement au dialogue. Le questionnement entraine la créativité, et lui donne ses lettres de noblesse.
Dans ce paradigme de pensée, et dans la logique de la formation, « lacte évaluatif doit vérifier la conformité selon un référentiel préétabli, socialiser et dautre part promouvoir le changement, émanciper ». (Vial, 2007)
Au-delà de ce découpage dialogique, il existe un troisième volet plus créatif, qui est finalement lévaluation complexe. Celle-ci conjugue lévaluation mesure et lévaluation questionnement. Elle articule ces logiques contradictoires, « en fonction du projet, du moment, et de la situation didactique, de la réaction des élèves.. » (Gatto, 2005).
En effet cest larticulation des ces deux modes qui permet ladaptation sans jamais en privilégier lune au dépend de lautre.
Cette évaluation dite complexe est lassociation des ces deux modes qui sans les isoler, ni les écarter, les combinent, et ce sans les opposer.
4.3. Modèle de la posture
Pour comprendre les modèles de la posture il faut opposer deux concepts antagonistes qui sont la posture de lauteur et celle de lagent.
4.3.1. La posture dauteur
Lauteur est un décideur, cest celui qui choisit, celui qui est autorisé à et qui sautorise à, et enfin celui qui peut créer.
Il lui faut chercher cette autorisation, sinon personne ne la lui donne.
Au sein dune structure hospitalière, le directeur, ou le médecin, qui ordonne, qui dirige, qui gère sont dans une posture dauteur.
Au sein dune école de danse, dune compagnie, le chorégraphe, le directeur de compagnie ou les formateurs sont dans une posture dauteur.
« Lauteur est celui qui réussit à se situer lui-même comme étant à lorigine, à la source de son propre avenir » (Ardoino, 2000 in Gatto, 2007)
4.3.2. La posture dagent
Au bout de la chaine, il y a celui qui exécute, qui obtempère, qui obéit, voire parfois se soumet aux ordres.
Cela peut sembler esclavagiste, mais sans forcer autant le trait, il y a des consignes bien peu discutables, la discussion nexiste pas.
Cela peut se produire lors de lurgence, même le docteur se soumet à lurgence. Et face au risque vital, il procède comme un simple agent de cette urgence.
Au sein dune école de danse, dune compagnie, lensemble des interprètes peuvent être assimilés à des agents dans la mesure ou ils participent à une formation ou à une chorégraphie pré-écrite.
NB : le danseur interprète peut selon les cas se positionner comme auteur ou comme agent. En effet, dans certains cas comme limprovisation, dagent, le danseur interprète va devenir co-auteur de la chorégraphie.
« Lagent subit, il est spectateur. Il na pas de pouvoir sur les règles du jeu qui déterminent son action. ». (Ardoino, 2000 in Gatto, 2007)
4.5. Modèle de la posture du danseur
« Le corps dansant produit des signes qui ne naissent pas ex nihilo, mais sont émis par un individu spécifique avec sa marque, son style. Le corps dansant danse une histoire : lhistoire de son art depuis les origines et la traversée des cultures, et lhistoire dun corps multiple. Le danseur met en scène son corps physique, son corps érogène et fantastique qui construisent limage corporelle quil a de lui-même et qui est renvoyée par le regard de lautre » (Danou, 1993).
Pour imaginer la posture du danseur, il faut donc mettre en parallèle deux dimensions indissociables et antagonistes dans la pratique de la danse qui sont le sport et lart de la danse.
4.5.1. La posture du sportif
« Le corps machine du danseur est soumis à rude épreuve. Sa mise en scène exige un long apprentissage pour une maîtrise qui passe par la violence [
]. Le corps machine est loutil et lobstacle du danseur » (Danou, 1993)
Le danseur obéit aux règles communes à tous les sportifs professionnels (annexe 2). Il recherche le meilleur rapport entre la gestion de leffort et la performance du mouvement. Il est conforme à une commande, une technique. Il peut répéter un mouvement identique plusieurs fois de suite. « De façon générale, cependant, on peut dire que chaque danseur doit atteindre un degré suffisant de force, de souplesse articulaire et dendurance musculaire et cardio vasculaire » (Arnheim, 1982)
« La danse peut être considérée comme un sport de haut niveau » (Thiesce, 1993)
4.5.2. La posture de lartiste
« Dance, is motion art. », voilà un des points commun de la pratique de lart de la danse selon le chorégraphe américain Nicolaïs (1986 1987). Cette phrase sexplique comme suit : « Le mouvement est le changement de position et le mot « motion »signifie la manière dont le mouvement se produit. Il définit litinéraire, le trajet, la nature de laction qui se produit entre deux points extrêmes dun parcours » (Cadopi, 1990)
Le danseur est un artiste. Il recherche la beauté dun geste, le meilleur rapport entre la beauté et la gestuelle. Il conceptualise, modélise, sautorise à créer du beau. Il écoute son sens artistique.
Même sil se conforme à une commande (diplôme détat de professeur de danse), il reste à lécoute de son sens et de ses expressions artistiques et donc reste unique dans toutes ses prestations
« Le corps qui danse est auto-création, poïésis, il ne fait référence quà lui-même [
]. Seul le danseur écrit sa danse en dansant» (Danou, 1993)
4.6. Modèle de la santé
4.6.1. Le modèle de santé biomédical.
Ce modèle est intimement lié au concept que lOMS (1946) défendait lorsquelle définissait la santé comme « un état complet de bien-être physique, mental et social, et pas seulement comme labsence de maladie et dinfirmité ».
Le professionnel de santé apparaît comme lexpert ayant le savoir indiscutable. Dans cette logique« le modèle bio-médical infère que la maladie provient principalement dun problème organique. Il véhicule lidée selon laquelle toute maladie a une cause biologique qui peut-être guérie. Le modèle médical est essentiellement centré que une approche curative comportant des investigations diagnostiques et des actions thérapeutiques. Le médecin est le seul référent dans cette approche. » (DIvernois et Gagnayre, 1995, in Gatto, 2007).
Ce système de pensée traduit la personne malade en organe malade, la santé en état complet de bonne santé, et par conséquent un système curatif axé sur les centres spécialisés, organisés autour du savoir savant du médecin soignant. Il est recherché à expliquer de manière linéaire la relation dune cause à un effet, qui induit quil suffit dagir sur la cause pour modifier leffet.
Dans ce schéma, nous décelons aisément que le béhaviorisme se décline tel que le patient est, tout comme lélève, le danseur, dominé, en posture dagent. Le thérapeute est le maitre-expert délivrant une information minimaliste et dogmatique. Lélève, le danseur, se retrouve balloté, sans connaissances vérifiables et compréhensibles, à la merci du sachant.
4.6.2. Modèle de santé global non positiviste
A lopposé de ce modèle de santé, le modèle global non positiviste révèle une approche phénoménologique. La pensée philosophique bascule de lexplicatif à la compréhension. Dans ce modèle, la maladie est comprise comme la résultante de facteurs complexes, organiques, certes, mais aussi, psychiques, sociaux, économique et environnementaux. « Elle affecte lindividu, sa famille et son environnement, elle demande une approche continue qui tienne compte des facteurs organiques, psychologiques et sociaux avec des professionnels de la santé travaillant en collaboration avec d'autres professionnels, notamment sociaux et éducatifs » (Girardi, 2005.)
La maladie nest pas vue du petit bout de la lorgnette, mais au contraire sur écran géant : cest la globalité qui est étudiée, le centre et son pourtour, le malade et ses composantes connexes.
Le professionnel nest pas le seul référent, il place le patient en qualité de co-auteur, co-décideur, co-prescripteur, co-programmateur du programme thérapeutique.
Le geste thérapeutique est alors, indissociable de la responsabilisation des patients, des danseurs.
Cette responsabilité sorganise dans une concertation mutuelle et mutualisante, puisque les savoirs et les expériences de chaque membre du groupe thérapeutique et éducatif sont pris en compte. « Cest ensemble dans le dialogue, dans léchange, linteraction, la relation quils devront construire de nouveaux objectifs et un nouveau programme. Ils deviennent coauteur du soin en changeant de posture. » (Gatto, 2007)
Le professionnel reste dans lhumilité au cours du soin, il a conscience des incertitudes apparues dans le domaine des sciences physiques et biologiques. Il adopte une lecture critique des savoirs scientifiques et des recommandations de bonnes pratiques. Il éduque le patient à sa santé, qui est invité à la compréhension de sa maladie. Ses connaissances personnelles et / ou antérieures sont prises en compte.
Dans ce modèle de santé le professionnel construit le soin en cheminant avec le patient. Il accompagne le patient et sa famille dans lapprentissage de la gestion de la maladie.
Cest à travers ce projet éducatif que le patient, mais aussi lélève, le danseur, se placent en posture de co-auteur, dont la subjectivité est aussi déterminante que le vécu. Alors le programme de soin se définit.
La santé nest plus synonyme dabsence de la maladie, réservée aux experts, mais la gestion dun bien être physique, mental et social, au profit de tout à chacun.
5. Matrice théorique
5.1. Tableau 1 : Théories de lapprentissage
modèlecritèresindicateursindices
Behaviorisme
Pavlov
Watson
Skinner
Taylor
Bruner
Ardoino
Gatto
Giordan
Conditionnement appropriation par répétition
But= restitution conditionnement répondant= stimulus réponse conditionnement opérant= récompense punition
renforcement positif, récompense renforcement négatif, punition
essais erreur défaut de conformité
Pédagogie traditionnelle élève en posture dagent
Pédagogie externe au sujet
Cours magistral
Savoir au centre savoirs cumulatifs, hiérarchises
savoirs préexistants non pris en compte
Non prise en compte des émotions
Logique positiviste de la théorie vers la pratique
Evaluation contrôle mesureComportement adapté aux erreurs culpabilité, frustration faute
Danseur exécutant
Connaissance transmise
Pédagogie par objectif
Programme préétabli
instruction affirmation des connaissances généralisation abusive
normalisation correction idées reçues
Toujours jamais il faut on doitRéponses attendues
Danseur = agent
Je dois en tant que danseur interprète suivre les indications pour apprendre
Jécoute japprends ce quon me dit
Je suis les objectifs fixés par mon chorégraphe (danseur agent, chorégraphe = formateur auteur)
Jinterprète fidèlement le livret imaginé par mon chorégraphe
Danseur = auteur
Je ne laisse pas de place à limprovisation
Je dois donner des indication en tant que formateur qui doivent êtres suivies
Constructivisme
Piaget
Bruner
Ardoino
Gatto
Giordan
Skinner
Apprentissage par activité
Pédagogie interne au sujet
Activité apprenant par conflit cognitif sollicitation de lenvironnement maturation biologique préalable
Apprentissage seul avec lobjet
De lindividu vers le social
Assimilation
Accommodation
Pédagogie active pédagogie par construction
élève en posture dauteur
Développement
Expérimentation
Savoir préexistants pris en compte
Elève au centre
erreurs travaillée de la pratique vers la théorie
Evaluation questionnementLe formé travaille seul avec lobjet
Situation proposées multiples
Auto-structuration, apprenant au centre
Besoins du danseur
Possibilité du danseur
Jeux études de cas erreur= outil
Analyse des pratiques
pas de généralisation explication plutôt quaffirmation, éducation, développement personnel
Usage du contre exemple
Je, il se peut que, il semble
Tâche selon le niveau de développement
Réponses attendues
Danseur = agent
Débriefing, contrôle vidéo erreur travaillée
Commentaires des performances par autrui
Danseur interprète, centre dintérêt du danseur formateur
Danseur = auteur
Participation à des temps de recherche, à des résidences
Propositions dimprovisations, de créations
Travail personnel centré sur soi-même
Socio-constructivisme
et néo-socio-constructivisme
Vygotski
Ardoino
Gatto
Giordan
Apprentissage par le groupe
Pédagogie interne au sujet
Activité apprenant par conflit socio cognitif
Sollicitation de lenvironnement
Zone proximale de développement individu préformé apprentissage par confrontation
Du social vers lindividu
Pédagogie active
Pédagogie par construction
élève en posture dauteur
développement, expérimentation
savoirs préexistants pris en compte
élève au centre
erreur travaillée
de la pratique vers la théorie
Le social conditionne la maturation
évaluation questionnement complexeInteraction entre pairs
Groupe de travail
Jeux de rôle
ensemble, groupe de parole, ateliers,
programme selon les besoins
Négociation
Analyse des pratiques
Pas de généralisation
Explication plutôt quaffirmation éducation
Développement personnel
Usage du contre-exemple
Je, il se peut, il semble que....
Prise de conscience par le groupe
Autorégulation par le groupe
Tâche proche de lacquisRéponses attendues
Danseur = agent
Participation à un atelier de groupe guidé par un danseur formateur
Danseur = auteur
Proposition dimprovisation au sein dun atelier
Essai erreur dans un temps de recherche chorégraphique, construction dune uvre
5.2. Tableau 2 : Modèle de lévaluation
modèlecritèresindicateursindicesEvaluation contrôle
Evaluation mesure
Ardoino,
Eymard,
Gatto,
Vial
1. Evaluation du produit
2. Evaluation discontinue, triée, hiérarchisée
3. Lécart, lerreur doivent être régularisés
Cest le cliché instantané, le bilan,
Obtenue par la mesure, les tests, les notations
Se fait pour vérifier / à lattendu afin de corriger, de régulariser
Il y a une recherche de conformité à la norme.
Se réclame de lobjectivité
On ny trouve pas lémotion, ne se situe pas dans la relation humaine Réponses attendues
Danseur = agent
Passage des examens
Passage des auditions
Correction, vérification des compétences par un tiers
Danseur = auteur
Relation employeur (danseur formateur = chorégraphe)/ employéEvaluation contrôle
Evaluation gestion
Ardoino,
Eymard,
Gatto,
Vial
1. Evaluation des procédures
2 Evaluation des objectifs avec régulation (agent) des tâches avec évaluation formative (auteur) par projets
Lévaluation entraine la régulation dans lécart à la norme
De laction, du mouvement, il est dynamique
Evaluation des fonctions des liens entre, de lobjectif, du déroulement de laction
Comment faire pour atteindre lobjectif
Protocole
pour l économieRéponses attendues
Danseur = agent
Danseur évalué dans la gestion de son mouvement
Danseur = auteur
Evaluation par le danseur formateur de lefficience du geste demandéÉvaluation questionnement
Ardoino,
Bonniol,
Eymard,
Gatto,
Ravestein,
Vial
1. Lévaluation se passe en continu
2. Lécart à lattendu est riche denseignements, il est questionné
Il réorienteExistence,
reconnaissance, écoute de lincertitude, du soupçon comme questionnement du sens
Recherche de sens imprévu, cheminement écoute, dialogue, échange, intersubjectivité, créativité
Il y a notion de remédiassions
auto questionnement
Réponses attendues
Danseur = agent
Ecoute de son corps, « je te propose maintenant de tinterroger sur.... »
Danseur = auteur
Travail de recherche personnel lors des résidences
Travail de recherche en groupe, écoute de lautre lors des résidencesEvaluation questionnement :
Évaluation complexe
Ardoino,
Bonniol,
Eymard,
Gatto,
Ravestein
Vial.
1. Utilisation des différents modèles sans privilègesCest larticulation des diffèrent modèles
Pas de sur valorisation, juste des balises qui jalonnent qui orientent
5.3. Tableau 3 : Modèles de la posture
modèleCritères Indicateurs indicesAgent
Ardoino
Gatto
Il est prescrit
Cest un exécutant
Lerreur est une faute
La réussite est reconnue
Mécanisme technicismeApplication de protocoles, procédures, pas de modification, pas de décision, pas davis
Valorisation récompense, punition reconduction action
Mesure instrument répétition
Pas déchange avec le thérapeute
Le thérapeute est un exécutant, il applique des techniques, des protocoles
Pas de réflexivité, pas dadaptabilité à lindividualité du sujet Danseur interprète
Thérapeute exécutantAuteur
Ardoino
Gatto
Questionnement
Recherche du sens
Ecoute
Pouvoir
SavoirConceptualise, crée, modélise, sautorise, projette, programme
Régule ou modifie un contenu
Utilise, recrute, possède un savoir, une expérience, évalue
Le chorégraphe : danseur formateur est à lécoute
Les savoirs savants sont relativisés, adaptés, questionnés
Le danseur interprète est pris en considération dans sa globalité
Le chorégraphe est un passeur/accompagnateur
Le danseur interprète est réflexif, ses savoirs expérimentaux, son vécu et ses projets de vie lui permettre de faire des choix, dêtre codécideurDanseur formateur
Danseur chorégraphe
Danseur interprète en tant que codécideur
Thérapeute et danseur coauteurs et codécideurs dun projet de soin
5.4. Tableau 4 : Modèles de la posture du danseur
modèleCritères Indicateurs indicesSportif
Ardoino
Kapendji
Bejart
Cadopi
Arnheim
Le danseur est un sportif
Il obéit aux règles communes à tous les sportifs professionnels
Meilleur rapport gestion de leffort/ mouvementil applique des techniques, des gestes, des mouvements
Il est conforme à une commande, une technique
Il peut répéter un mouvement identique plusieurs fois de suite
Il recherche la meilleure efficacité, la meilleure gestion de son effort
Je pratique une activité physique
Je suis un sportif et je suis endurant
Je me fatigue beaucoup
Je me fais mal
Pour fonctionner de façon optimale il nous faudrait un kiné en permanence avec nous comme les sportifs Artiste
Ardoino
Kapendji
Bejart
Cadopi
Arnheim
Le danseur est un artiste
Il recherche la beauté dun geste, écoute son sens artistique
Meilleur rapport beauté/ mouvementIl conceptualise, modélise sautorise à créer du beau
Il est conforme à une commande, une expression artistique
A lécoute de son expression artistique, il est unique dans chacune de ses prestations
Il recherche la meilleure expression artistique de sa prestationJe pratique un art
Danser, cest plus quun sport
Je suis résistant
Je peux dépasser mes limites pour danser
Jai mal
5.5. Tableau 5 : Modèles de la santé
modèlecritèreindicateurindiceModèle de santé biomédical curatif
OMS,
Gatto
1. Conception de la sa Modèle de santé biomédical curatif
2. Conception de la médecine
3. Comportement du professionnel de santé
4. positionnement du discours du professionnel de santé et aptitude à communiquerLa santé est labsence de maladie
La médecine est une science centrée sur la maladie
Modèle cybernétique
Logique positiviste
Le professionnel de santé est le seul référent
Il existe un risque de rupture de communication avec le danseur en tant que patient
Le discours est dogmatique
Le mode de formulation est implicite
Ladministration de la preuve se fait par généralisation abusive
Il y a une attitude projective sans réflexivité, niant les émotions
Il existe un risque de rupture de communicationUn danseur présentant des troubles, des lésions des déficits liés à sa pratique professionnelle ne peut se considérer en bonne santé
Le traitement a pour unique objet de corriger la déficience
Les notions de prévention et déducation sont séparées du soin
La médecine est le lieu de centralisation des savoirs
Le professionnel de santé détient la vérité et les solutions aux problèmes rencontrés
Lui seul détient la vérité et le pouvoir pour modifier le traitement
Le professionnel se distancie il emploie le « on »
Il exprime des idées reçues, figées de croyance ou dopinion. Il emploie des verbes détat (être) et le « il faut »
Il généralise ses propos par lutilisation de « toujours », « jamais ». Le contre exemple nest pas utilisé.
Pas dutilisation du, « je » dans les propos.
Pas dexpression ni démotion ni de sentiment
Modèle de santé global non positiviste
OMS
Gatto
1. concept de la santé
2. conception de la médecine
3. Comportement du professionnel de santé
4. Positionnement du discours du professionnel de santé et aptitude à communiquerLa santé est un bien physique mental et social
La santé est déterminée par léquilibre dynamique et évolutif entre lindividu et son environnement
La médecine est une pratique humaine avec une approche centrée du malade
Les soins curatifs ne constituent quun déterminant de santé parmi dautres
La médecine donne aux individus davantage de maîtrise de leur santé et davantage de moyens de les améliorer
La logique phénoménologique nest pas exclue
Le professionnel de santé nest pas le seul référent, il place le danseur en qualité de co-auteur, codécideur, Co prescripteur, co-programmateur du programme thérapeutique
Le discours est scientifique non dogmatique
Le professionnel de santé exprime des hypothèses, il considère ses connaissances comme évolutives et éphémères.
Le mode de formulation est explicite
Il évite les généralisations et la validité de ses propos est circoncise
Il a des attitudes réflexives, ses émotions sont présentes
La communication est facilitéeLe danseur peut se considérer en bonne santé
Les notions de prévention et déducation font partie intégrante du soin
La médecine souvre, les réseaux de soins naissent
Intégration des médecines alternatives
Le professionnel reste dans la nécessaire humilité au cours du soin
Il adopte une lecture critique des savoirs scientifiques et des recommandations de bonnes pratiques
Il a conscience des incertitudes apparues dans le domaine des sciences physiques et biologiques
Il utilise le « peut être » le « il semble que »
Il simplique et emploie le « je »
Il présente les information en fonction du contexte et de la personne, il utilise des contre exemple.
Il reconnaît une action des émotions et des sentiments sur le comportement
3 Comportement du professionnel de santé
4 Positionnement du discours du professionnel de santé et aptitude à communiquer
La logique phénoménologique nest pas exclue
Le professionnel de santé nest pas le seul référent, il place le danseur en qualité de co-auteur, co-décideur, co-prescripteur, co-programmateur du programme thérapeutique
Le discours est scientifique non dogmatique
Le professionnel de santé exprime des hypothèses, il considère ses connaissance comme évolutives et éphémères
Le mode de formulation est explicite
Il évite les généralisations et la validité de ses propos est circoncise
Il a des attitudes réflexives, ses émotions sont présentes
La communication est facilitée
Le professionnel reste dans la nécessaire humilité au cours du soin
Il adopte une lecture critique des savoirs scientifiques et des recommandations de bonne pratique
Il a conscience des incertitudes apparues dans le domaine des sciences physiques et biologiques
Il utilise le « peut-être », le « il semble que »
Il implique et emploie le « je »
Il présente les informations en fonction du contexte et de la personne, il utilise des contre-exemples
Il reconnait une action des émotions et des sentiments sur le comportement
6. Méthodologie
« Problématiser est une des caractéristiques de toute activité scientifique. Lévi-Strauss rappelait toujours : « Le savant nest pas celui qui donne les bonnes réponses, mais celui qui pose les bonnes questions » ». (Gatto, 2008).
6.1. Problématique théorique
« Les savoirs théoriques scientifiques ne relèvent pas du dogme ni de lactivité définitoire mais sont le produit dune production sociale par la recherche. Cette production nest plus individuelle mais collégiale, via une méthode rigoureuse » (Gatto, 2008).
Au regard des pratiques professionnelles des danseurs, il serait souhaitable que lensemble de ce milieu soriente plus vers une approche éducative de la santé publique appliquée et applicable à lensemble de leur corps professionnel.
Sans imaginer que cette approche remplace lapproche artistique et sportive, les accidents que nous traitons, nous thérapeutes, nous obligent à réfléchir à cette question en terme de santé publique et déducation à la santé.
Mais, « Comprendre la danse ce nest pas conjuguer au présent de ses différents modes ; cest le détour obligé par son histoire et les contours dessinés par son environnement socioculturel qui doivent nous aider à mieux saisir comment cette activité se situe dans une évolution des mentalités » (Cadopi, 1990).
Depuis les années 1970, période dessor de la danse contemporaine, de nouvelles expériences chorégraphiques voient le jour, de nouveaux champs disciplinaires sont conviés dans lunivers de la danse alors, cest peut-être le moment pour nous de nous faire inviter dans cette mouvance et dans lévolution de cette profession.
Cest pourquoi, il serait intéressant de chercher à définir les critères les plus conformes des attentes des danseurs, leurs connaissances et leurs savoirs faire dans le domaine qui est le notre : celui de la santé et de la prévention.
6.2. Méthodologie de la recherche
« La problématique théorique donne son sens au mémoire et en constitue la clé de voute. Elle oriente souvent le choix des méthodes » (Gatto, 2008). La méthodologie est donc définie comme létude des méthodes adaptées à une science donnée
Le choix de ma méthode de recherche se portera sur la méthode différentielle au moyen dentretiens directifs.
Cest une méthode qui sintéresse aux facteurs de différenciation des individus, les danseurs. Elle étudie les variations des sujets sur un phénomène. Elle nous permet didentifier les caractéristiques individuelles explicatives des variations comportementales des sujets danseurs ainsi que lexistence ou non de corrélation entre ces caractéristiques. Elle sintéresse également aux conditions dobservation de ces différences.
6.3. Question de recherche
« La problématisation théorique peut déboucher sur la formulation dhypothèses. Une hypothèse nest pas une question, cest une affirmation » (Gatto, 2008)
Lors de mon enquête exploratoire, il est apparu que les danseurs, lors de leur pratique professionnelle, mériteraient un accompagnement thérapeutique dans le domaine de la prévention, de la gestuelle et de léducation à la santé plus adapté.
En suivant, lhypothèse de recherche a été formulée de la façon suivante :
Il est cherché à repérer les connaissances et les savoirs faire des danseurs interprète et/ou formateurs en éducation à la santé et leurs connaissances et savoirs faire sur la gestion de leur corps.
7. Dispositif de recherche
7.1. Population
Cette recherche sadresse à un certain nombre de danseurs pris au hasard contactés sur le lieu de travail : les studios de danse ou pour ceux qui nétaient pas sur la ville de Montpellier, par téléphone.
7.1.1. Critères dinclusion
Tous les danseurs désirant maccorder un peu de leur temps quils soient chorégraphes, formateurs ou danseurs interprètes.
7.1.2. Critères dexclusion
Par contre, les danseurs ne pouvant pas justifier dune pratique régulière de la danse ainsi quune expérience dau moins 2 ans nont pas été retenus.
Les danseurs de moins de 18 ans révolus ont été exclus et ce pour des raisons de croissance pas encore terminée.
7.2. Outil : le questionnaire théorisé en tête à tête
« Il [le chercheur]est ainsi aidé dans son entreprise par lutilisation doutils de recueil de données qui sont bien connus, parfois standardisés et en tout cas reconnus comme valide par la communauté scientifique de la discipline » (Gatto, 2008)
7.2.1. Présentation
Le choix de mon outil sest porté sur le questionnaire en tête à tête, construit sur le modèle dun entretien directif ouvert mais plus directif. Ici les réponses sont proposées par lenquêteur.
Lintérêt pour moi de son mode de renseignement était le contrôle immédiat du renseignement dune part et dautre part, la certitude davoir mes réponses dans les délais fixés par létude.
7.2.2. Test de loutil
Mon questionnaire a été testé auprès de deux personnes, un danseur et une danseuse.
Après le premier test, quelques termes ont été modifiés de façon à lever toute ambigüité de terminologie.
Lors du second test, jai plus testé mon « relationnel » et ma technique de passation de lentretien en améliorant la présentation de mon projet et de mes objectifs.
7.2.3 Protocole
Les enquêtés, dont le nombre a été fixé arbitrairement à 20, ont été sélectionnés au hasard et contactés au mois davril et de mai sur leur lieu de travail, à savoir les studios de danse.
Lanonymat a été garanti.
7.2.4. Questionnaire théorisé
Questionnaire théorisé
Questions relatives à létat civil
1. Quel est votre âge .........
2. Quel est votre sexe ..........
3. Quel est
votre nombre dannée de pratique de la danse ..........
votre nombre dheures dansées par semaine ..........
le style de danse que vous pratiquez..........................
4. Quelle est votre situation familiale
Célibataire ( en couple ( séparé (
avec des enfants ( si oui combien.........
5. Quelle est votre situation professionnelle
danseur interprète ( danseur formateur ( danseur créateur (chorégraphe) (
6. Avez-vous déjà du arrêter votre activité professionnelle à cause dun accident
Non ( oui (
si oui, lequel
si oui, combien de temps
Questions relatives à la posture
choisir deux réponses
7. Au cours dune pratique intensive de danse, tout danseur
Est en capacité de sautogérer AU (
Acquiert de nouvelles techniques AG (
A besoin du conditionnement dun chorégraphe pour progresser AG (
Met en pratique ses connaissances de danseur et les adapte à la commande du chorégraphe/ danseur formateur AU (
choisir deux réponses
8. Selon vous, le danseur idéal doit
- se prendre en charge au niveau de sa santé AU (
- se conformer à la commande du chorégraphe AG (
- se conformer à ses acquis de danseur AG (
- écouter son corps et sa créativité pour danser AU (
choisir deux réponses
9. En cas de blessure après un exercice intensif
- vous vous soignez seul en allant chercher les informations qui vous aident AU (
- vous consultez un médecin compétent pour vous soigner AG (
- vous suivez les conseils de votre directeur/ formateur AG (
- vous décidez du traitement à donner à votre corps (repos...), qui vous convient AU (
choisir deux réponses
10. Lorsquun professionnel de santé vous donne un traitement ou une conduite à tenir
- vous lui faite confiance AG (
- vous vous conformez strictement à la prescription quoi quil arrive AG (
- vous cherchez des renseignements avant de prendre votre décision (internet, article, autre praticien) AU (
- vs discutez avec le thérapeute pour construire un traitement ou une conduite possible AU (
choisir deux réponses
11. En ce qui concerne vos connaissances dans le domaine de la santé
- vous savez peu de choses sur votre pathologie et vous faite confiance à votre thérapeute AG (
- vous ne voulez pas connaitre les détails de votre problème de santé, cela ne sert à rien AG (
- vous discutez de votre maladie avec tous les professionnels de santé pour mieux comprendre AU (
- vous cherchez des renseignements partout, cela vous permet de mieux gérer votre pathologie AU (
Questions relatives à la posture du danseur
choisir deux réponses
12. vous êtes plus fatigué que dhabitude en cas deffort important
- vous vous automédiquez AU/AR (
- vous téléphonez à votre soignant pour lui demander un conseil AG/SP (
- vous prenez rapidement RDV chez un thérapeute AG/ SP (
- vous arrêtez tout effort (repos) pour observer comment votre corps réagit et décider AU/AR (
choisir deux réponses
13. Dans le cadre de votre pratique professionnelle, en cas de survenue de douleurs
- vous dépassez les limites de la douleur et vous continuez quand même à danser AU/AR (
- vous choisissez le thérapeute avec lequel vous pourrez co-décider de votre traitement, de vos thérapies AG/SP (
- vous stoppez votre pratique, vous nêtes plus performant AU/SP (
- vous culpabilisez et vous vous conformez à la décision du chorégraphe AG/AR (
choisir deux réponses
14. dans lorganisation de votre parcours professionnel, vous pensez que
- vous irez voir régulièrement votre thérapeute AG/SP (
- vous envisagez de téléphoner à votre thérapeute de temps en temps pour avoir des conseils sur vos choix de prise en charge AU/AR (
- vous avez prévu de rencontrer votre thérapeute en fonction de vos envies et au cours de vos activités professionnelles AU/AR (
- la séance suivante est déjà programmée par votre thérapeute AG/SP (
choisir une seule réponse
15. Quand on vous demande de définir votre profession, vous dites
- je suis un artiste qui danse AR (
- je suis un sportif qui pratique la danse SP (
- je suis un danseur qui pratique une activité physique SP (
- je recherche la beauté du geste, son sens artistique AR (
Questions relatives au théories de lapprentissage
choisir deux réponses
16. Le danseur et sa pratique : pour vous, laquelle de ces affirmations est la plus valide
- je dois, en tant que danseur interprète suivre les indications de mon formateur/ chorégraphe B (
- je laisse autrui faire le commentaire de ma performance dans le but de laméliorer C/SC/NSC (
- je participe à latelier de groupe pour améliorer ma performance C/SC/NSC (
- jai acquis ma bonne pratique professionnelle de danseur lors de mon apprentissage B (
choisir deux réponses
17. Pensez vous que lors dun atelier un chorégraphe / formateur
- doit donner des indications qui seront suivies telles quelles B (
- ne doit pas laisser de place à limprovisation B (
- doit proposer au danseur de participer au temps dimprovisation chorégraphique C/SC/NSC (
- doit initier une démarche personnelle au sein du groupe C/SC/NSC (
choisir deux réponses
18. Comment pensez vous que vos compétences peuvent être améliorées
- en sanctionnant vos erreurs B (
- en utilisant les erreurs comme outil non sanctionnant C/SC/NSC (
- en ayant un formateur plus attentif B (
-en vous autorisant, par autocritiques, à accéder à de nouvelles techniques de danse C/SC/NSC (
choisir deux réponses
19. Pour vous, apprendre à danser, cest :
- assimiler un savoir et développer vos compétences en le pratiquant C/SC/NSC (
- oublier des connaissances erronées B (
- chercher à améliorer vos propres connaissances en tâtonnant C/SC/NSC (
- accumuler différentes techniques de danse B (
Questions relatives au modèle de lévaluation
choisir deux réponses
20. Lorsquun danseur se présente à une audition, il doit
- séchauffer dans son coin. C/M (
- observer le déroulement général de laudition C/G (
- tout en se présentant, engager le dialogue pour connaitre les attentes du jury Q (
- découvrir les objectifs du jury compatibles avec ses connaissances, ses pratiques Q (
choisir deux réponses
21. Lors dune audition pour un ballet, quel sont à votre avis les critères valorisés par le jury
- une attitude conforme au style chorégraphique du jury C/M (
- de laction, du mouvement, de la performance dans la technique de danse C/G (
- de limprévu, du dialogue, de léchange, de la créativité Q (
- une combinaison des 3 réponses. citées ci-dessus Q/CO (
choisir deux réponses.
22. Daprès vous, tous les danseurs doivent
- avoir des connaissances en anatomophysiologie ( N CONF
- sinterroger sur le fonctionnement de leur corps ( CONF
- se mettre en rapport avec des thérapeutes qualifiés qui vont évaluer leur état de santé ( CON
- rester à lécoute de leur corps, le découvrir et le comprendre ( N CONF
choisir deux réponses
23. Daprès vous, tout danseur doit
- boire un litre deau par jour ( N CONF
- avoir une bonne hygiène alimentaire ( CONF
- réfléchir pour personnaliser ses besoins ( CONF
- ne pas se poser de question ( N CONF
choisir une ou deux réponses
24. Pour vous, un bon thérapeute est
- celui qui vous fait des tests, des examens ( N CONF
- celui qui vous évalue et vous conseille pour atteindre votre objectif ( CONF
- celui avec qui vous dialoguez, qui sait créer un échange, une complicité avec vous ( N CONF
- celui qui pourra adapter sa prise en charge à votre demande ( CONF
Questions relatives au modèle de la santé
choisir deux réponses
25. Votre conception de la médecine est :
- une pratique humaine avec une approche centrée de la maladie G (
- une science qui soigne une pathologie B (
- une science ou le thérapeute est le seul référent B (
- une science qui vous donne davantage de maîtrise de votre santé G (
choisir 2 réponses
26. La santé est pour vous
- labsence de maladie B (
- un bien être physique, mental et social G (
- lorsque vous vous considérez en bonne santé G (
- lorsque vous navez pas de troubles liés à votre pratique professionnelle B (
choisir 2 réponses
27. Un thérapeute vous interroge sur la connaissance que vous avez sur votre pathologie, cela vous parait
- indispensable : le traitement sera décidé à partir de ces seuls éléments G (
- une perte de temps, le traitement sera décidé à partir de lexamen clinique du thérapeute B (
- peu utile : vous navez pas de connaissances médicales B (
- important et à associer à lexamen clinique G (
8. Traitement des résultats
Au terme de cette enquête, 23 questionnaires correctement renseignés ont été récupérés.
En effet, intéressés par ma recherche, tous les danseurs sélectionnés ont participés sans difficultés.
Une danseuse trop jeune (17 ans) na pas été retenue et remplacée par une autre
Trois candidatures spontanées ont également été enregistrées, donc mon nombre total denquêtés est de 23 danseurs.
Néanmoins, avec un quota de 23 questionnaires renseignés, je nai pas pu utiliser de formule statistique, léchantillon se révélait trop petit.
Jai donc réalisé le traitement de mes données au moyen du tableau Excel 2007. Jai, dans un premier temps, achalandé les cases de mon tableau ; jai ensuite effectué des calculs de sommes et de pourcentages ; jai enfin utilisé la fonction graphique afin de réaliser un tri à plat de mes données et lutilisation de statistiques uni variées. (annexe)
8.1. Les questions relatives à létat civil
Les questions 1 à 6 (annexe 3) traitent de létat civil de la population étudiée et permettent de proposer une cartographie de la population étudiée
Tableau 7 : Répartition par âge, années de pratique et nombre dheures travaillées par semaine de la population étudiée
Les items âge nombre dannée de pratique et nombre dheures dansées par semaine ont été étudiés en parallèle par le calcul de trois indices de tendance centrale :
le mode, à savoir la valeur qui apparait le plus souvent, nous a permis de mettre en évidence :
quun maximum de danseurs ont 21 ans,
quun maximum de danseurs pratiquent la danse depuis 10 ans,
quun maximum de danseurs a un pratique de la danse très importante, 30 heures par semaine,
la médiane, à savoir la valeur qui partage la distribution en deux, nous a permis de mettre en évidence :
quil y a autant de danseur qui ont moins de 21 ans que de danseurs qui sont plus âgés,
quil y a autant de danseurs qui font moins de 10 ans de pratique que de danseurs qui en ont plus,
quil y a autant de danseurs qui dansent moins de 10 heures par semaine que de danseurs qui en font plus.
la moyenne, à savoir la somme des valeurs divisée par le nombre dindividus, nous a permis de mettre en évidence :
la moyenne dâge est de 24 ans,
la moyenne dannées de pratique est de 11 ans,
la moyenne dheures travaillées par semaine est de 23 heures.
Ces trois indices nous donne une idée correcte de la distribution. En effet, plus ces trois indices sont proches, plus léchantillon se rapproche de la norme.
On peut en déduire que notre échantillon de population est représentatif de la normalité de la profession.
A litem style de danse, les réponses ont été très variées et peuvent se regrouper majoritairement comme suit : classique, jazz, contemporain, hip hop et danses de salon dans des combinaisons differentes. Ce qui ne nous a pas permis dutiliser cette variable.
8a 8b
Tableau 8 : répartition par sexe et situation familiale de la population étudiée
Aucun lien na pu être mis en évidence entre le sexe, la situation familiale et les autres variables.
Tableau 9 : répartition par fonction occupées de la population étudiée
La plus part des danseurs nont pas de fonction type définie, en fonction de la commande à laquelle ils doivent répondre, ils peuvent changer de posture et par exemple de chorégraphe devenir interprète ou formateur.
Tableau 10 : pourcentage des danseurs accidentés
35% de la population interrogée a été victime dun accident, ce qui est une proportion importante vu « le jeune âge » de la population étudiée.
Existe-t-il un raprochement possible entre la notion daccident et la carrière des danseurs ?
Tableau 11 : moyennes, DA = danseurs accidentés, DNA = danseurs non accidentés.
Lâge des danseurs accidentés (27.25ans) est plus élevé que lâge total des danseurs. Cela est dautant plus vrai que « cest entre 26 et 30 ans, aussi bien chez les hommes que chez les femmes que le plus grand nombre de danseurs accidentés est observé » (Plat.E, Peres.E, 1990)
Même si leur nombre dannées de pratique reste inférieur (12.37) à la moyenne, il est intéressant de remarquer que leur nombre dheures dansées par semaine (20.13 heures) est inférieurs au total des danseurs.
Lors de cette enquête, je mettrai donc en relation dune part le groupe total ( total) des danseurs et les deux sous groupes, danseurs accidentés (DA) et danseurs non accidentés (DNA) et dautre parts de differentes théories et les differents modèle convoqués.
8.2. Questions relatives à la posture
11a
11b
11c
11d
11e
Tableau 11 : réponses des danseurs aux questions relatives au modèle de la posture
Le modèle de la posture est évoqué de la question 7 à la question11 (annexe 4).
Le tableau 11a relatif à la pratique intensive de la danse, place le danseur dans les postures dagent et dauteur avec une prédominance de lattitude dauteur pour les danseurs accidentés.
Le tableau 11b traitant de lidéal type du danseur, place le danseur en position dauteur et ce quil est été accidenté ou pas.
Le tableau 11 c relatif aux accidents, place le danseur en position dagent avec une prédominance de lattitude dagent pour les danseurs non accidentés.
Le tableau 11 d relatif à un traitement, place le danseur en position dauteur quelque soient ses antécédents.
Le tableau 11e relatif aux connaissances dans le domaine de la santé, place le danseur en position dauteur avec une prédominance de lattitude dauteur pour les danseurs non accidentés.
Donc en ce qui concerne le modèle de la posture
- le danseur a une posture dauteur par rapport à son idéal type, aux différents traitements et à ses connaissances dans le domaine de la santé,
- le danseur a une posture dagent face aux accidents,
- le danseur est à la fois auteur et agent face à la pratique intensive de son art.
8.3. Questions relatives à la posture du danseur
12a
12b
12c
12d
Tableau 12 : réponses des danseurs aux questions relatives au modèle de la posture du danseur
Le modèle de la posture du danseur est évoqué de la question 12 à la question15 (annexe 4)
Le tableau 12a relatif à la fatigue et à leffort, place le danseur en situation dauteur artiste et cela de façon légèrement majoritaire chez le danseur accidenté.
Le tableau 12b relatif à la douleur, place le danseur de façon indifferentiée dans les posture dagent, sportif, auteur et artiste et ce quelque soient ses antécedents.
Le tableau 12c relatif au parcours professionnel, place le danseur dans la posture dauteur artiste et ce la majoritairement chez les danseurs accidentés.
Le tableau 12d relatif à la définition du danseur, la posture dartiste prévaut très majoritairement sur la posture de sportif.
Donc, en ce qui concerne le modèle de la posture du danseur :
- le modèle de lartiste apparait dans chaque question de façon significative.
Le modèle de lartiste croisé avec celui de lauteur fonctionne bien dans la perception que les danseurs se font deux-mêmes alors que si je le croise avec le modèle du sportif, les résultats sont moins probants.
8.4. Questions relatives aux théories de lapprentissage
13a
13b
13c
13d
Tableau 13 : réponses des danseurs aux questions relatives aux théories de lapprentissage
Les théories de lapprentissage sont évoquées de la question 16 à la question19 (annexe 4).
Le tableau 13a relatif à la pratique de la danse, place le danseur dans une posture behavioriste et cela de façon plus marquée chez les danseurs accidentés.
Le tableau 13b relatif à lattitude lors des ateliers, place le danseur dans100% des cas dans une démarche socio-contructiviste. Il y a donc sur cette question un concensus parfait ou les termes dinitier et de proposer trouvent toute leur dimension pédagogique.
Le tableau 13c relatif à lamélioration des compétences, place le danseur dans une démarche pédagogique socio-constructiviste et cela de façon plus marquée chez les danseurs accidentés.
Le tableau 13d relatif à lapprentissage de la danse, place le danseur également dans une démarche pédagogique socio-constructiviste même si litem : accumuler differentes techniques de danse, semble une notion behavioriste importante importante pour les danseurs.
Donc, en ce qui concerne les théories de lapprentissage chez le danseur :
- le modèle construciviste, socio-contructiviste et néo-socio-constructiviste prédominent lors des ateliers, dans lapprentissage de la danse et lamélioration des compétences
-le modèle behavioriste perdure dans la pratique quotidienne de la danse.
8.5.Questions relatives au modèle de lévaluation
14a
14b
Tableau 14 : réponses des danseurs aux questions relatives au modèle de lévaluation/1
Le modèle de lévaluation est évoqué par les questions 20 et question 21 (annexe 4).
Le tableau 14a relatif au comportement lors dune audition, place le danseur dans le modèle des évaluations mesure/complexe avec un certain concensus dans les réponses.
Le tableau 14b relatif aux critères dévaluation dun jury lors dune audition, place le danseur presque essentiellement dans le modèle de lévaluation questionnement et de lévaluation complexe qui sont des modèles de la même famille.
Donc, en ce qui concerne le modèle de lévaluation chez le danseur :
- si lon se place dans la posture de lévalué, le modèle retenu est celui de lévalation mesure ou complexe qui est un mélange des trois autres modèles de lévaluation,
- si lon se place dans la posture de lévaluateur, le modèle retenu est celui de lévaluation questionnement.
15a
15b
15c
Tableau 15 : réponses des danseurs aux questions relatives au modèle de lévaluation/2
Le modèle de lévaluation est évoqué dans les questions 22 à 24 selon le concept suivant :
conforme à la pensée scientifique,
non conforme à la pensée scientifique (annexe 4).
Le tableau 15a relatif à lévaluation de son comportement, place le danseur dans un concept plutôt non conforme à la pensée scientifique des thérapeutes même si les danseurs accidentés sont plus prudents quant au fonctionnement de leur corps et se posent des questions.
Le tableau 15b relatif à lhygiène de vie, place le danseur dans un concept conforme à la pensée scientifique des thérapeutes.
Par contre, il est interessant de remarquer que 48% des danseurs (dont 38% de DA et 53% de DNA) nont pas vu le piège de litem : boire 1 litre deau/jour et lont compris comme boire dans la journée.
Le tableau 15c relatif à leur vision du thérapeute, place le danseur dans un concept conforme à la pensée scientifique, chez les danseurs accidentés, par contre, le concept de dialogue, déchange et de complicité semble prépondérant même sil nest pas conforme à la pensée scientifique.
Donc, en ce qui concerne le modèle de lévaluation chez le danseur, les danseurs ont leur propre concept de la pensée scientifique qui diffère de celui des thérapeutes et qui pose la question suivante :
ne devrait-on pas dialoguer et créer des liens suplémentaires entre ces deux professions que sont les thérapeutes et les danseurs et ce, en vue dharmoniser nos discours et dadapter nos prises en charge ?
8.6. Questions relatives au modèle de la santé
16a
16b
16c
Tableau 16 : : réponses des danseurs aux questions relatives au modèle de la santé
Le modèle de la santé est évoqué par les questions 25 et question 27 (annexe 4).
Le tableau 16a relatif à leur vision de la médecine, place le danseur dans un modèle global non positiviste et cela de façon encore plus marquée chez les danseurs accidentés.
Le tableau 16b relatif à leur définition de la santé, place le danseur dans un modèle global non positiviste.
Le tableau 16c relatif à leurs connaissances en clinique, place le danseur ici aussi dans un modèle global non positiviste et cela dautant plus quil sagit de danseurs accidentés.
Donc, en ce qui concerne le modèle de la santé chez le danseur, le modèle global non positiviste est très majoritaire surtout chez les danseurs accidentés.
Cela nous laisse à penser que les danseurs ont déjà mené une réflexion dans le domaine de leur santé et que leurs attentes, dans ce domaine en termes de prestations thérapeutiques, semblent construites et en partie abouties.
9 Résultats
Par cette étude, jai cherché à repérer les connaissances et les savoirs faire des danseurs dans le domaine de la santé et plus spécifiquement celui de léducation à la santé et de la prévention.
La juxtaposition des différents modèles étudiés mamène donc à mieux comprendre qui est cet artiste, que connait-il réellement et quels sont ses savoirs faire en éducation à la santé et dans le domaine de la gestion de son corps.
Le danseur a une posture dauteur qui conceptualise, modélise, sautorise à relativise et questionne les savoirs savants. Ses savoirs expérimentaux et son vécu lui permettent de faire des choix, dêtre co-décideur et, face à la santé, il sinterroge, simplique et mobilise ses connaissances. Face à limprévu, il se positionne en tant quagent laissant aux thérapeutes (compétents pour) le soin de gérer la situation.
La posture du danseur est celle dun artiste. Il est très à lécoute de son expression artistique et perpétuellement à la recherche du beau à nimporte quel prix. Le danseur nest pas un sportif comme les autres, son activité bien que physique, va parfois au-delà de la recherche de la performance et des conseils en matière de santé. Cette posture dartiste quil revendique se marie bien avec la posture dauteur.
Le danseur en tant quapprenant est dabord behavioriste, cest un exécutant qui reçoit et transmet des connaissances. Son programme est préétabli selon des codes, des enseignements et des positions de référence. Mais, rapidement, par lanalyse de ses pratiques, par lauto structuration de sa personnalité et de son corps de danseur, il passe dans une posture dauteur, se socialise, se développe se pose des questions. Il appréhende ainsi le constructivisme. Par les travaux de groupe, les ateliers, lanalyse artistique de ses performances et son développement personnel, il évolue vers le socioconstructivisme et le néo-socio-constructivisme. Il ne travaille plus avec son corps mais sur son corps dans une gestion qui lui est personnelle.
Quand le danseur est évalué, il est dans la mesure, dans linstantané obtenu lors de daudition, cest la reconnaissance par la régularisation de son talent qui se mesure par les « jai été choisi » qui jalonnent sa carrière.
Quand le danseur est évaluateur, il est à lécoute de lincertitude du soupçon comme questionnement du sens. Intersubjectivité, échange et gestion de lexpression corporelle ainsi que créativité sont ses maîtres-mots. Il est dans le questionnement perpétuel, évoluant en parallèle de monde de la santé sans parfois même, ne jamais ni le croiser ni le comprendre.
Alors, que dire du rapport du danseur avec le monde de la santé ?
Pour le danseur, la santé est un bien physique, mental, social et culturel. Cest un modèle global mais aussi le point déquilibre entre lindividu et son environnement. Les soins préventifs et curatifs ne constituent quun déterminant parmi dautres de son mode de fonctionnement.
Le professionnel de santé nest pas le seul référent, le danseur est co-auteur du programme thérapeutique. Pour lui, le thérapeute exprime des hypothèses, des connaissances évolutives et éphémères. La communication doit être facilitée, le risque étant quelle ne devienne trop facile et envahissante au détriment de la qualité du soin.
Ainsi se dessine limage théorique dun « idéal type » du danseur, image quil nous faudra maintenant discuter et confronte à lart de la médecine.
10. Discussion
Lentretien directif ou questionnaire en tête à tête est un outil standardisé permettant de comparer les réponses des sujets.
La formulation des questions ainsi que les réponses sont sous le contrôle de lenquêteur qui propose des choix.
Même si lenquêteur et lenquêté sont face à face, nous ne découvrons par cette technique que ce que les enquêtés ont souhaité ou pu faire apparaitre dans ce contexte limité et très cadré.
Effectivement, comme nous lont fait remarquer plusieurs danseurs, ces réponses ne sont pas leur reflet fidèle de ce quils pensent être ni de ce quils sont car elles sont très stéréotypées. Dans ce type dapproche, les danseurs interrogés, bien que ravis de se positionner dans une recherche scientifique, ont donc laissé sous-entendre leur besoin de commentaires et dexplications.
Il est vrai quà ce stade de ma réflexion, il aurait été passionnant de connaître leur opinion plus personnelle afin de compléter et approfondir mes résultats.
Les notions de stress et de troubles musculo-squelettiques dans la posture du danseur auraient permis daborder une autre facette de leur personnalité et de leur réaction en terme déducation à la santé de gestion de leur corps et de prévention.
La notion de trac. « Mécanisme dautodéfense, processus de dépassement de soi, si le trac peut se révéler un atout précieux facilitant lacquisition dapprentissages nouveaux, sous-tendant divers processus dadaptation, permettant une amélioration des performances, parfois le trac peu devenir non seulement stérile mais néfaste [ et] va entrainer des troubles divers, psychologiques, somatiques et bien entendu moteurs » (Arcié, 1995)
Rencontre informelle avec Monsieur le Professeur Y. Allieu et ses collaborateurs dans le cadre du projet de Médecine des Arts (annexe 5).
La posture du corps médical, dans le domaine de la Médecine des Arts, comme dans le domaine de la médecine en général, est à la base celle dun expert. Car comment se positionner face à un patient si nous ne possédons pas dexpertise ?
Mais ce concept biomédical curatif de la santé est en train dévoluer de se transformer : « jexpertise, je propose, jexplique et après accord, je soigne » et cela en consensus avec la loi du 4 mars 2002 et son article L.1111-2 relative à léducation en santé au cours des soins.
Donc, face à un choix thérapeutique difficile, nous argumentons, nous mettons en garde et repositionnons le patient, le danseur, face aux réalités de son état de santé dans lespoir de prendre la meilleure décision possible pour tous.
Cette démarche, initiée lors des premières rencontres internationales de médecine des Arts de Montpellier (octobre 1994) dans le domaine de la pathologie des musiciens sétend maintenant au monde de la danse, monde où rien nest encore fait où tout est à construire.
Actuellement, nous pouvons dire que, bien entendu, la prise en charge thérapeutique des danseurs en tant que population dartiste est une prise en charge capitale.
Le monde du sport de haut niveau reçoit des budgets en matière de santé, dans le domaine artistique, nous sommes conscients de la demande, conscients des risques mais bénévoles avec les limites que cela implique.
Laction de prévention et déducation à la santé sur le terrain est plus que nécessaire et pour conclure, il serait intéressant de conceptualiser quil « est préférable de faire de la prévention chez les jeunes que de traiter les adultes ». (Rouzaud, 2008)
Conclusion
Le danseur, par sa personnalité dégage un besoin de communiquer, de sextérioriser, daller vers les autres et de partager son univers. Il est celui qui offre par la gestion de son corps et au moyen dune gestuelle une uvre dart.
Le thérapeute quant à lui, dans le domaine de la prévention, de léducation à la santé, de la biomécanique, de la physiologie appliquée à la gestuelle, est celui qui possède le savoir.
En tant que rééducateur, dés la fin de ma formation initiale, je me suis interrogée sur lintérêt de créer des contacts entre ces deux professions.
Durant ma formation de cadre de santé, grâce à léclairage nouveau que les différents concepts travaillés pendant lannée et mes premiers contacts avec la méthodologie de la recherche mont apporté, je me suis questionnée sur la pertinence de ma réflexion et mon choix de la poursuivre au travers de ce travail.
Un état des lieux réalisé auprès de danseurs ainsi que leurs témoignages spontanés associés à ma pratique professionnelle faisaient état dun manque réel de prévention, déducation à la santé et de conseils sur la gestuelle qui soient adaptés à la profession de danseur.
Cest confortée dans ma démarche que jai choisi de poursuivre ma recherche.
Après une formation adaptée aux sciences de léducation, et en tenant compte des réponses obtenues lors de ce travail, je peux maintenant mieux appréhender cette prévention, cette éducation à la santé et mieux conceptualiser lidée que les danseurs se font de leur gestuelle, de leur amplitudes de mouvement et espérer proposer quelques réponses
Premier lien entre deux monde, prémices dun pont quil est urgent de construire, cest maintenant ensemble que nous devons progresser dans notre art qui est celui de la santé sans pour cela entraver ou réduire par nos conseils lexpression de leur art : la danse.
Cest donc une réflexion qui, à mon avis, mériterait dêtre poursuivie, complétée et améliorée bien au-delà de ce travail et, pour terminer, cest en toute humilité que je vous dirais quen allant ensembles nous créerons le « pas de deux du partenariat de la danse et la santé ».
Références bibliographiques
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http://www.cnd.fr/formation_professionnelle/formation diplomante/index_html :
Diplôme détat de professeur de danse, organisation des études
Article de lois :
Loi no 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé (1) NOR : MESX0100092L
Annexe 1 : définition de la santé selon lOrganisation Mondiale de la Santé
Annexe 2 : FEDERATION FRANCAISE DE DANSE
20 rue Saint-Lazare 75009 Paris
REGLEMENT NATIONAL DE LA COMMISSION MEDICALE
Adopté lors de lAssemblée Générale Ordinaire du 27 novembre 2004.
Chapitre I Commission médicale
Article 1 :
Conformément au Règlement Intérieur de la FFD (art. 10-1), la Commission Médicale Nationale de la FFD a pour objet :
- dassurer lapplication au sein de la FFD de la législation médicale édictée par le Ministère de la jeunesse et des sports,
- de promouvoir toute action dans le domaine de la recherche, de la prévention ou de la formation dans le secteur médical,
- dassurer lencadrement médical des stages nationaux de haut niveau.
Article 2 :
La commission médicale de la FFD est composée de sept (7) membres, dont le Président. La majorité de ses membres (dont le président) devra être titulaire du Certificat dEtudes Supérieures, ou de la Capacité, de biologie et Médecine du sport. Les membres devront répondre aux mêmes conditions que celles prévues pour léligibilité au comité directeur de la FFD. Le Président de la commission peut, avec laccord du Bureau Fédéral, faire appel à des personnalités dont la compétence particulière est susceptible de faciliter les travaux de la commission, et ces personnalités pourront ne pas répondre aux qualifications exigées ci-dessus : elles ne peuvent pas voter.
Article 3 :
La Commission Médicale Nationale se réunira au moins deux fois (2) par an (et) sur convocation du Président qui fixe lordre du jour et avise le Président de la Fédération et le D.T.N.
Article 4 :
Des Commissions Médicales Régionales pourront être crées après accord des Comités Directeurs Régionaux, et sous la responsabilité du médecin membre de ce Comité Régional.
Article 5 :
Tout membre de la Commission Médicale ne pourra faire état de sa fonction et publier les résultats de ses travaux sans laccord des autres membres de la commission.
Article 6 :
Les missions et statuts des différentes catégories de médecins ayant des activités professionnelles au sein de la Fédération : médecin fédéral national, médecin régional, médecin déquipe sont fixées par le règlement interne.
Chapitre II Règlement Médical
Article 7 :
Conformément à larticle 3622-1 du nouveau code de la santé publique, la première délivrance dune licence sportive est subordonnée à la production dun certificat médical attestant labsence de contre-indication à la pratique des activités physiques et sportives.
Pour les disciplines, ou un certain niveau de discipline, nécessitant un examen plus approfondi et/ou spécifique préalable à la délivrance du certificat mentionné à lalinéa précédent (arrêté du 28 avril 2000) les qualifications reconnues par lOrdre, ainsi que les diplômes nationaux ou dUniversité que doivent posséder les médecins amenés à réaliser cet examen sont ceux adoptés par la Commission Médicale Nationale.
Article 8 :
Conformément à larticle 3622-2 du nouveau code de la santé publique, la participation aux compétitions est subordonnée à la présentation dune licence sportive portant attestation de la délivrance dun certificat médical mentionnant labsence de contre-indication à la pratique sportive en compétition daté de moins dun an.
Article 9 :
Lobtention du certificat médical mentionné aux articles 6 et 7 est la conclusion dun examen médical qui peut être réalisé par tout médecin titulaire du doctorat dEtat. Cependant, la commission médicale de la FFD :
1/ rappelle que lexamen médical permettant de délivrer ce certificat :
- engage la responsabilité du médecin signataire de ce certificat, seul juge de la nécessité éventuelle dexamens complémentaires, et seul responsable de lobligation de moyens,
- ne doit jamais être pratiqué à limproviste, sur le terrain ou dans les vestiaires, avant une compétition.
2/ précise que le contenu et la rigueur de lexamen doit tenir compte de lâge et du niveau du compétiteur.
3/ Conseille :
- de tenir compte des pathologies dites « de croissance » et des pathologies antérieures liées à la pratique de la discipline,
- de réaliser un test de Ruffier-Dickson,
- de consulter le carnet de santé,
- de constituer un dossier médico-sportif.
4/ Insiste sur le fait que les contre-indications à la pratique de la discipline :
- insuffisance staturo-pondérale,
- maladies cardio-vasculaires à lorigine de troubles à léjection ventriculaire gauche et/ou des troubles du rythme à leffort ou lors de la récupération,
- les lésions pleuro-pulmonaires évolutives,
- les affections morphologiques statiques ou dynamiques sévères, en particulier du rachis dorso-lombaire, avec risque de pathologie aiguë ou dusure accélérée,
- épilepsie, pertes de connaissance, vertiges, troubles de léquilibre,
sont absolues, la compétition entraînant une prise de risque et une intensité deffort non contrôlable.
5/ Préconise :
- une épreuve cardio-vasculaire deffort à partir de 35 ans,
- une mise à jour des vaccinations, 3
- une surveillance biologique élémentaire.
6/ Impose dans tous les cas de demande de surclassement, la réalisation :
- dun électrocardiogramme
- dun examen radiologique du rachis dorso-lombaire (face et profil).
Article 10 :
Tout médecin a la possibilité détablir un certificat dinaptitude temporaire à la pratique de la discipline en compétition à tout sujet examiné lui paraissant en mauvaise condition physique. Ce certificat sera transmis par le sujet examiné au médecin fédéral national, qui en contrôlera lapplication.
Article 11 :
Tout licencié qui se soustraira à la vérification de sa situation en regard des obligations du contrôle médico-sportif sera considéré comme contrevenant aux dispositions de règlements de la FFD, et sera suspendu jusquà régularisation de sa situation.
Article 12 :
Toute prise de licence à la FFD implique lacceptation de lintégralité du Règlement Médical, du Règlement Intérieur de la FFD , et de la réglementation anti-dopage.(cf. annexes).
Chapitre III Surveillance médicale des sportifs de haut niveau
Article 13 :
La FFD ayant reçu délégation, en application de larticle 9 de la loi n° 2000-627 du 6 juillet 2000, assure lorganisation de la surveillance médicale particulière à laquelle sont soumis ses licenciés inscrits sur la liste des sportifs de haut niveau mentionnée à larticle 23 de cette loi, ainsi que, dans des conditions définies par décret en Conseil dEtat, des licenciés inscrits dans les filières daccès au sport de haut niveau.
Article 14 :
Conformément à larrêté du 28 avril 2000 fixant la nature et la périodicité des examens médicaux assurés dans le cadre de la surveillance médicale des sportifs de haut niveau, le contenu des examens permettant la surveillance médicale particulière des sportifs cités à larticle 1er du présent arrêté doit comporter au minimum :
1/Un examen clinique de repos comprenant en particulier :
- données anthropométriques,
- entretien diététique,
- évaluation psychologique.
2/Un examen biologique dont le détail est donné en annexe,
3/ Un examen électrocardiographique de repos,
4/ Un examen dentaire complété par un « panoramique »,
5/ Une épreuve fonctionnelle respiratoire comprenant au moins une courbe débit/volume,
6/ Un examen de dépistage des troubles visuels, 4
7/ Un examen de dépistage des troubles auditifs et vestibulaires,
8/ Une recherche de glycosurie et protéinurie,
9/ Une épreuve deffort maximale avec profil tensionnel et mesure des échanges gazeux,
10/ Une échocardiographie de repos.
Article 15 :
les résultats des examens prévus à larticle 14 sont transmis au médecin fédéral et à un autre médecin précisé, par le sportif, dans le livret médical prévu à larticle 3621-3 du nouveau code de la santé publique.
Article 16 :
La fréquence des examens prévus aux 1) et2) de larticle 14 est au minimum de trois fois par an.
Article 17 :
Lévaluation psychologique et les examens prévus aux 3) et 9) sont au minimum annuels.
Article 18 :
Léchocardiographie de repos doit être réalisée au moins une fois lors de la première année qui suit linscription sur la liste des sportifs de haut niveau.
Chapitre IV Modification du Règlement Médical
Article 19 :
Toute modification du règlement médical fédéral devra être transmis pour approbation au Ministre chargé des sports.
Fait à Paris, le 27 novembre 2004
Alain LECIGNE
Président de la Fédération Française de DanseAnnexe 3
âge4138352521222021181919 années dansées2322101017591410411h par sem2515151110252430273030 00010111111en couple11101000000séparé00000000000enfants 10000000000si oui combien100000000005 interprète00010110110interprète, formateur00interprète, formateur, chorégraphe11formateur 01101000000chorégraphe000000000016 accident oui11110000101combien e temps mois60,7530,2530,5accident non0001111010
modemédianemoyenne192024202422182521184621212124,21 145331441014161578101010,782608725253030262882024242026302530 sommes% 1001111111111774%011000000000626%000000000000000000000000010000000000001 1011111011111565%1129%29%000010010000522%00000000000014% 4 001000100000835%30,751101110111111565%
Annexe 4
totalDADNAâge2427,2523 nbre année de danse2112,3710nbre H dansées par sem23 20,13 24 TotalDADNA celibataire74%50%87%en couple26%50%3% séparé0%0enfants 0si oui combien0 totalDADNA interprète 65%50%73%interprète formateur9%0%13%interprète formateur chorégraphe9%25%7%formateur 22%25%20%chorégraphe4%13%0% 6 accident oui35%100%combien e temps moisaccident non65%100% totalDADNAAUcapacité à s'autogérer30%50%20%AGacquiert des nvelles techniques74%63%80%AGbesoin de conditionnement26%0%40%AUmise en pratique des connaissances de danseur65%88%60% totalDADNAAUse prendre en charge74%88%67%AGse conformer à la commande30%25%33%AGse conformer à ses acquis4%0%7%AUécouter son corps91%88%93% totalDADNAAUsoigne seul13%25%7%AGconsulte un médecin96%100%93%AGconseil du formateur/chorégraphe39%38%40%AUdécide du TTT52%38%60% totalDADNAAGconfiance dans le professionnel57%63%53%AGse conformer à la prescription13%0%20%AUrechercher des renseignements39%38%40%AUdiscussion thérapeute91%100%87% totalDADNAAGsavoir peu de chose/faire confiance26%13%33%AGne pas vouloir connaitre0%0%0%AUdiscuter pour comprendre91%100%87%AUchercher des renseignement pour mieux gérer83%88%80% totalDADNAAU/ARautomédication65%75%60%AG/SPconseil téléphonique39%25%47%AG/SPRDV rapide17%25%13%AU/ARarrêt et repos78%75%80% totalDADNAAU/ARdépasser ses limites87%75%93%AG/SPco-décideur78%100%67%AU/SPstop de la pratique9%13%7%AG/ARculpabilité26%13%33% totalDADNAAG/SPvisites régulières chez le thérapeute65%75%60%AU/ARsuivi par contact téléphonique43%38%47%AU/ARrencontre selon besoin87%75%93%AG/SPprogrammation de séances4%13%0% totalDADNAARartiste qui danse61%50%67%SPsportif qui pratique la danse0%0%0%SPdanseur qui pratique une activité physique22%25%20%ARrecherche de la beauté, du sens artistique17%25%13% totalDADNABje dois suivre les indications70%63%73%Cje laisse faire le commentaire par autrui43%38%47%Cje participe à l'atelier de groupe43%38%47%Bacquisition d'une bonne pratique/apprentissage43%63%33% totalDADNABdonner des indications0%0%0Bdoit laisser faire0%0%0Cdoit proposer100%100%1Cdoit initier100%100%1 totalDADNABsanction30%38%27%Cerreurs non sanctionnantes57%63%53%Bformateur plus attentif35%25%40%Cautocritiques78%75%80% totalDADNACassimiler83%88%80%Boublier4%13%0%Cchercher43%38%47%Baccumuler70%63%73% totalDADNAMéchauffer seul78%75%80%Gobserver26%25%27%Qengager le dialogue24%25%20%Qdécouvrir74%75%73% totalDADNAMattitude9%13%7%Gaction30%38%27%Qimprévu78%88%73%Qcombinaison83%63%93% totalDADNANCavoir des connaissances26%25%27%Cs'interroger57%75%47%Cse mettre en rapport30%13%40%NCrester à l'écoute87%88%87% totalDADNANCboire48%38%53%Cbonne hygiène91%88%93%Créfléchir61%75%53%NCpas de questions0%0%0% totalDADNANCtests17%13%20%Cévalue et conseille74%63%80%NCdialogue43%75%27%Cadapter65%50%73% totalDADNAGpratique humaine74%100%60%Bscience qui soigne30%0%47%Bthérapeute référent4%0%7%Gdavantage de maitrise91%187% totalDADNABabsence de maladie17%25%13%Gbien être91%100%87%Gbonne santé39%38%47%Bpas de troubles52%38%53% totalDADNAGindispensable61%88%47%Bperte de temps26%13%33%Bpeu utile22%0%33%Gimportant91%100%87%
Annexe 5
Résumé
Le milieu de la danse est un univers artistique et sportif unique ou lHomme dans son entité originelle est au service de son art. Ni invincible, ni parfait, il côtoie, il subit, il utilise le monde de la santé dans sa pratique quotidienne.
Mais quelles sont réellement les connaissances des danseurs en matière de santé et surtout en matière de prévention et déducation à la santé ? Quel est le positionnement du danseur quil soit interprète, formateur ou chorégraphe par rapport à la gestion de son corps comme outil de travail ?
Par ce travail, réalisé au moyen des différents modèles théoriques que sont le modèle de la posture et celui de la posture des danseurs, les théories de lapprentissage, les modèles de lévaluation et de la santé, il a été cherché à connaitre le point de vue des danseurs.
La méthode différentielle, le questionnaire théorisé utilisé comme outil de recherche, lanalyse des résultats ont permis de mettre en évidence un « idéal type » du danseur, auteur dans sa posture de danseur mais encore en questionnement face à la prévention à léducation à la santé et à la gestion de son corps et en demande vis-à-vis du thérapeute.
Le vrai chalenge offert par cette étude est que ces deux mondes se découvrent, sécoutent, se rencontrent et travaillent dans le même sens pour créer des liens et améliorer les acquis de chacun.
Mots clés : danse, santé, prévention, éducation, gestuelle du danseur.
Summary
Dance environment bears a unique artistic and athletic realm where the dancer within his original entity serves his art. Neither invincible nor perfect, he has to border with, or, is subjected to, the world of health which he uses in his everyday practice.
But what is the dancers real knowledge regarding health especially concerning prevention and education to health? What is the dancers attitude as a performer, trainer, or choreographer, with regards to the management of his body as work instrument?
Through this workpiece, carried out by means of different theoretical models which implies that of posture and the dancers posture, training theories, evaluation and health models, ²there was need to find the standpoint of dancers.
The differential method ,the theorized questionnaire used as research worktool, the result analysis have led to highlight an ideal type of the dancer , creator in his dancers posture but nevertheless still in questioning mode concerning prevention to education to health and body management and querry towards the therapist.
This study presents a true challenge, that of two world, one of Dance and the other of Health, which get to know and.ìî, D ¤ ¬ Ú ú
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