Plénière CR Centre - Région Centre-Val de Loire
La première des conséquences consiste à considérer qu'il n'appartient pas à la
Région ... Chers collègues, par rapport à ce « faire-ensemble », après cette
année de tous les .... J'ai eu l'occasion d'échanger hier à ce sujet avec un préfet
missionné sur ...... qui nous permettraient d'avoir une vision concrète de ce
schéma.
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S O M M A I R E
Séance plénière des 15 & 16 décembre 2016
Pages
TOC \f \h \z \t "CENTRE;1" HYPERLINK \l "_Toc471301383" Approbation du procès-verbal des débats relatifs à la Séance plénière du 13 et 14 octobre 2016 PAGEREF _Toc471301383 \h 4
HYPERLINK \l "_Toc471301384" Rapport - Schéma régional de développement économique, de linnovation et de linternationalisation PAGEREF _Toc471301384 \h 8
HYPERLINK \l "_Toc471301385" Amendement n° 1 présenté par le groupe Union de la Droite et du Centre PAGEREF _Toc471301385 \h 46
HYPERLINK \l "_Toc471301386" Amendement n° 2 présenté par le groupe Union de la Droite et du Centre PAGEREF _Toc471301386 \h 49
HYPERLINK \l "_Toc471301387" Amendement n° 3 présenté par le groupe Union de la Droite et du Centre PAGEREF _Toc471301387 \h 54
HYPERLINK \l "_Toc471301388" Communication - Bilan de la Stratégie régionale du tourisme 2010-2015 et les nouvelles ambitions 2016-2021 PAGEREF _Toc471301388 \h 58
HYPERLINK \l "_Toc471301389" Adoption du Budget Primitif 2017 PAGEREF _Toc471301389 \h 73
HYPERLINK \l "_Toc471301390" Amendement présenté par le groupe Écologiste PAGEREF _Toc471301390 \h 120
HYPERLINK \l "_Toc471301391" Amendement n° 1 présenté par le groupe Front National PAGEREF _Toc471301391 \h 125
HYPERLINK \l "_Toc471301392" Amendement n° 2 présenté par le groupe Front National PAGEREF _Toc471301392 \h 125
HYPERLINK \l "_Toc471301393" Amendement n° 4 présenté par le groupe Front National PAGEREF _Toc471301393 \h 125
HYPERLINK \l "_Toc471301394" Amendement n° 5 présenté par le groupe Front National PAGEREF _Toc471301394 \h 126
HYPERLINK \l "_Toc471301395" Amendement n° 6 présenté par le groupe Front National PAGEREF _Toc471301395 \h 126
HYPERLINK \l "_Toc471301396" Amendement n° 7 présenté par le groupe Front National PAGEREF _Toc471301396 \h 126
HYPERLINK \l "_Toc471301397" Amendement n° 8 présenté par le groupe Front National PAGEREF _Toc471301397 \h 126
HYPERLINK \l "_Toc471301398" Amendement n° 9 présenté par le groupe Front National PAGEREF _Toc471301398 \h 127
HYPERLINK \l "_Toc471301399" Votes sur les neuf amendements présentés par le Front National PAGEREF _Toc471301399 \h 128
HYPERLINK \l "_Toc471301400" Votes sur le budget primitif 2017 PAGEREF _Toc471301400 \h 131
HYPERLINK \l "_Toc471301401" Communication - Schéma régional de lenseignement supérieur, de la recherche et de linnovation PAGEREF _Toc471301401 \h 133
HYPERLINK \l "_Toc471301402" Rapport - Carte des formations professionnelles initiales en région Centre-Val de Loire pour 2017 PAGEREF _Toc471301402 \h 150
HYPERLINK \l "_Toc471301403" Rapport - Candidature de la Région Centre-Val de Loire à lexpérimentation nationale du relèvement à 30 ans de lâge dentrée en apprentissage PAGEREF _Toc471301403 \h 164
HYPERLINK \l "_Toc471301404" Communication - Les actions entreprises suite aux recommandations de la Chambre régionale des comptes sur la gestion par la Région Centre-Val de Loire dans le cadre de lenquête «Efficacité et coûts des lycées» PAGEREF _Toc471301404 \h 169
HYPERLINK \l "_Toc471301405" Rapport - Création dun lycée polyvalent à Loches par transformation du lycée général Alfred de Vigny et fermeture du lycée professionnel Émile Delataille - Désignation des représentants de la Région au conseil dadministration du nouvel établissement public local denseignement (EPLE) PAGEREF _Toc471301405 \h 172
HYPERLINK \l "_Toc471301406" Désignation des représentants au sein de la nouvelle agence régionale de développement économique DevUp PAGEREF _Toc471301406 \h 174
HYPERLINK \l "_Toc471301407" Vu déposé par le groupe Écologiste : «Diesel et pollution de lair» PAGEREF _Toc471301407 \h 175
HYPERLINK \l "_Toc471301408" Vu déposé par le groupe Union de la Droite et du Centre : «Lurgence dun plan santé pour lutter contre la désertification médicale» PAGEREF _Toc471301408 \h 177
HYPERLINK \l "_Toc471301409" Vu déposé par le groupe Union de la Droite et du Centre : «Pour une politique de sécurité en région Centre-Val de Loire» PAGEREF _Toc471301409 \h 180
TOC \f \h \z \t "CENTRE;1" HYPERLINK \l "_Toc470900352" Rapport - Transfert à la Région au 1er janvier 2017 de la compétence du transport interurbain, à la demande et gare routière en application de la loi n° 2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République, dite loi NOTRe PAGEREF _Toc470900352 \h 188
HYPERLINK \l "_Toc470900353" Communication - Vers un écosystème du numérique en Centre-Val de Loire : «Ma Région Numérique» PAGEREF _Toc470900353 \h 207
HYPERLINK \l "_Toc470900354" Communication - Politique régionale de santé : point détape et perspectives PAGEREF _Toc470900354 \h 225
CONSEIL RÉGIONAL
Réunion du jeudi 15 décembre 2016
Le jeudi 15 décembre 2016, sest tenue à ORLÉANS, à lHôtel régional, une réunion du Conseil régional, sous la présidence de Monsieur François BONNEAU, Madame Michèle BONTHOUX étant Secrétaire de séance.
Etaient présents : Mesdames Tania ANDRÉ, Jeanne BEAULIER, Kaltoum BENMANSOUR, Anne BESNIER, Nadine BOISGERAULT, Monsieur François BONNEAU , Madame Michèle BONTHOUX, Messieurs Christian BOULEAU (jusquà 17h45), Jean-Pierre CHARLES-GUIMPIE, Michel CHASSIER, Jacques CHEVTCHENKO, Patrick CINTRAT (jusquà 20h15), Madame Estelle COCHARD, Messieurs Matthieu COLOMBIER, Pierre COMMANDEUR, Louis COSYNS, Madame Dominique COTILLON-DUPOUX, Monsieur Jean-René COUEILLE, Madame Christelle DE CRÉMIERS, Messieurs Joël CROTTÉ, Alexandre CUIGNACHE, Christian DUMAS, Benoît FAUCHEUX, Madame Christine FAUQUET, Monsieur Nicolas FORISSIER, Madame Mélanie FORTIER (jusquà 20h30), Messieurs Philippe FOURNIÉ, Charles FOURNIER, Daniel FRACZAK, Olivier FREZOT, Madame Jalila GABORET, Monsieur Valentino GAMBUTO, Madame Isabelle GAUDRON, Messieurs Charles DE GEVIGNEY, Jean-Patrick GILLE (à partir de 15h15), Charles GIRARDIN, Gilles GODEFROY, Mesdames Christine GOIMBAULT, Annick GOMBERT, Monsieur Jean-Philippe GRAND, Madame Claude GREFF (jusquà 17h00), Monsieur Marc GRICOURT, Madame Sabrina HAMADI, Monsieur Harold HUWART, Madame Anne LECLERCQ, Monsieur Philippe LECOQ (jusquà 18h00), Madame Marie-Agnès LINGUET (jusquà 18h30), Madame Isabelle MAINCION, Messieurs Ludovic MARCHETTI, Jacques MARTINET (jusquà 18h30), Florent MONTILLOT, Mohamed MOULAY, Madame Cathy MÜNSCH-MASSET, Messieurs Gérard NICAUD, Xavier NICOLAS, Mesdames Isabelle PAIN, Mathilde PARIS, Véronique PÉAN, Constance DE PÉLICHY (jusqu'à 15h15 et à partir de 18h30), Monsieur Guillaume PELTIER, Mesdames Josette PHILIPPE, Fanny PIDOUX, Martine RAIMBAULT, Laurence RENIER (jusquà 18h30), Michelle RIVET, Messieurs Pierre-Alain ROIRON , Dominique ROULLET, Mesdames Audrey ROUSSELET (jusquà 17h00), Sylvie ROUXEL, Monsieur Stanislas DE LA RUFFIE, Mesdames Agnès SINSOULIER-BIGOT, Alix TERY-VERBE, Messieurs Pascal USSEGLIO, Fabien VERDIER ( de 10h30 à 15h15).
Etaient excusés : Messieurs Christian BOULEAU (pouvoir à Madame Josette PHILIPPE à partir de 17h45), Patrick CINTRAT (pouvoir à Monsieur Xavier NICOLAS à partir de 20h15), Gérard CORNU (pouvoir à Madame Christine GOIMBAULT), Madame Mélanie FORTIER (pouvoir à Monsieur Marc GRICOURT à partir de 20h30), Monsieur Jean-Patrick GILLE (pouvoir à Madame Cathy MÜNSCH-MASSET jusquà 15h15), Madame Claude GREFF (pouvoir à Monsieur Nicolas FORISSIER à partir de 17h00), Monsieur Philippe LECOQ (pouvoir à Madame Nadine BOISGERAULT à partir de 18h00), Madame Marie-Agnès LINGUET (pouvoir à Madame Christine FAUQUET à partir de 18h30), Messieurs Philippe LOISEAU (pouvoir à Monsieur Michel CHASSIER), Jacques MARTINET (pouvoir à Madame Constance DE PELYCHI à partir de 18h30), Serge MECHIN (pouvoir à Madame SINSOULIER-BIGOT), Mesdames Constance DE PÉLICHY (pouvoir à Monsieur Guillaume PELTIER de 15h15 à 18h30), Laurence RENIER (pouvoir à Monsieur Louis COSYNS à partir de 18h30), Audrey ROUSSELET (pouvoir à Monsieur Jean-Pierre CHARLES GUIMPIED à partir de 17h00), Monsieur Fabien VERDIER (pouvoir à Madame Michèle BOUTHOUX jusquà 10h30 à partir de 15h15).
(La séance est ouverte à 9 heures 11, sous la présidence de Monsieur François BONNEAU, Président du Conseil régional)
M. le Président - Jouvre notre session, avec lappel nominatif.
(Madame BIDAULT, Directrice du Secrétariat général, procède à lappel nominal)
M. le Président - Le quorum étant observé, nous allons pouvoir ouvrir formellement nos travaux, avec la désignation de la secrétaire de séance.
Je vous propose que Michèle BONTHOUX sacquitte de cette responsabilité.
(Madame Michèle BONTHOUX est désignée secrétaire de séance à lunanimité)
M. le Président - Il sagit maintenant daccueillir à linstant même un groupe détudiants qui est en master 2 « Droit de ladministration publique - Métiers de laccompagnement politique » de lUniversité dOrléans.
Nous sommes très heureux de vous accueillir et nous souhaitons que nos échanges contribuent à la fois à votre formation et à votre motivation pour lengagement aux côtés des collectivités territoriales.
Approbation du procès-verbal des débatsrelatifs à la Séance plénière du 13 et 14 octobre 2016
M. le Président - Y a-t-il des observations sur ce procès-verbal, tel quil vous a été transmis ? Je nen vois pas, il est donc approuvé en létat.
(Le procès-verbal des débats relatifs à la séance plénière des 13 et 14 octobre 2016 est approuvé à lunanimité)
M. le Président - De la même manière que jaccueillais à linstant les étudiants, je vous informe que, parallèlement à linvitation que nous faisons systématiquement aux présidents de Conseils départementaux pour quils assistent ou délèguent un représentant des instances départementales, nous avons décidé dassocier à nos travaux les Agglomérations de notre région.
Ainsi, jai adressé une invitation aux huit Agglomérations et je salue la présence de Daniel GUÉRET pour lAgglomération chartraine.
Nos travaux se dérouleront sur deux journées.
Nous allons les engager ce matin, vous lavez vu, avec notamment ce Schéma régional de développement économique de linnovation et de linternationalisation.
Jappelle Harold HUWART, Vice-président en charge du développement économique, pour introduire ce sujet.
Permettez-moi, chers collègues, de tenir un propos qui vaudra pour le rapport qui nous intéresse mais peut-être plus globalement pour la situation dans laquelle nous nous trouvons, juste une année après lengagement de notre responsabilité collective à servir cette région cétait le 13 décembre que le second tour des élections avait mobilisé nos concitoyens et une année pleine après la mise en uvre de ce nouveau champ de responsabilités sur lequel je souhaite attirer votre attention.
Tout au long de cette session, à travers le schéma de ce matin sur le développement économique, linternationalisation et linnovation, à travers le budget cet après-midi mais aussi à travers des sujets majeurs touchant léducation et lenseignement supérieur, le tourisme, la santé, et je pourrais poursuivre, nous allons illustrer dune certaine manière, par nos débats, nos échanges, nos votes, nos propositions, un phénomène à prendre en compte dans lévolution des responsabilités publiques à léchelle de notre pays. Si lon fait un peu dhistoire, pensant à la décentralisation, on cite le général de GAULLE, François MITTERRAND, ainsi que celles et ceux qui ont initié ou mis en uvre de manière très concrète une vision décentralisée de notre pays, laquelle était profondément en rupture avec la conception de lÉtat et du fonctionnement de la République.
Nous sommes à présent dans une étape qui sinscrit au niveau dune transformation profonde.
Je dirais aujourdhui que, si nous regardons lensemble des responsabilités publiques, notamment celles qui engagent lavenir, les responsabilités de la Région sont de niveau XXL, profondément élargies, puissantes, transformatrices, préparatrices dune nouvelle étape du développement des territoires, de notre économie, de notre rapport à la connaissance et de notre aménagement du territoire.
La Région apparaît très nettement, à travers nos débats aujourdhui, à travers notre budget, comme étant dans une position centrale pour orienter cest la notion des schémas et des stratégies mais aussi pour faire. Cette Région, longtemps exclusivement collectivité de mission, reste une collectivité de mission, cest-à-dire le lieu qui élabore, qui fait vivre la réflexion collective, mais aussi désormais, et cest un enjeu pour notre administration et pour nous-mêmes, le lieu qui met en uvre diverses priorités.
Je veux insister là-dessus au moment où nous débattons de notre budget.
Hier, cétait plutôt un budget de taille S ; aujourdhui, avec 1,3 milliard deuros, il est porté à M mais largement insuffisant par rapport à lenjeu des compétences. Nous aurons loccasion de dire à quel point il faut que cette décentralisation permette à la Région davoir les moyens de lambition économique et de laménagement du territoire ; je pense, bien évidemment, aux aspects du ferroviaire et du numérique.
Ce budget, ce schéma et ces stratégies sont majeurs. Ils appellent la clairvoyance et laffirmation de principes que nous allons retrouver tout au long de nos débats durant ces deux journées.
Là où il y a tant de tentations, du bashing permanent, quil sagisse de laction publique de lÉtat ou de laction publique locale, nous voulons, dans lensemble des rapports et je souhaite que ce soit aussi dans lensemble de nos débats aujourdhui , inscrire notre volonté sous le signe de la confiance et du courage. Cela me paraît absolument indispensable. Il nous faut toujours plus refuser ce qui anesthésie, ce qui dit que tout est égal à tout, ce qui empêche véritablement les choix et laction publique de se développer.
Il nous faut à lévidence porter, affirmer et faire partager une ambition pour notre région. Ce sera vrai dans le budget et, ce matin, dans le Schéma de développement économique et dans lapproche de lenseignement supérieur. Il nous faut dire à ceux qui se torturent tous les matins les méninges pour lister en permanence ce qui pourrait couper lélan, stopper les projets, enfouir lénergie, que cette région a de formidables acquis, de formidables atouts et de formidables acteurs. Dans ce moment où nos responsabilités sont très sensiblement accrues et convoquées pour dessiner le visage de notre région à cinq ans, à dix ans, à vingt ans, il nous faut définir une nouvelle modalité de laction publique.
Cest le « faire-ensemble » qui est aujourdhui notre ligne de conduite.
Cela constitue aussi une rupture par rapport à certaines pratiques publiques par le passé. Les vieilles politiques étaient organisées autour de Majorité/Opposition, de concurrences inutiles entre collectivités territoriales, doppositions parfois systématiques entre la volonté publique et la volonté privée. Les défis auxquels nous sommes confrontés appellent le « faire-ensemble ». Cela veut dire quelque chose pour une Région qui a en responsabilité lélaboration de tant et tant de schémas, de tant et tant de stratégies.
La première des conséquences consiste à considérer quil nappartient pas à la Région de dire, décrire et de voter ce qui est juste et bon et de le faire appliquer par dautres, sagissant de léconomie, de lenseignement supérieur, de lenvironnement ou du traitement des déchets. Il ne sagit pas de cela. Il sagit de coconstruire des politiques publiques. En les coconstruisant, nous sommes parfois amenés à rencontrer dautres points de vue, qui ne sont pas à 100 % compatibles avec la vision que nous pouvons avoir ici et là. Peu importe ! Si lobjectif est clair et si nous nous réunissons sur 70 ou 80 % des objectifs mais quils sont partagés parce quils sont co-élaborés, alors 70 à 80 % des objectifs seront portés sur le terrain et se traduiront dans lévolution et dans laction.
Si, pour avoir raison à 100 %, pour concevoir laction publique comme verticale, alors quelle doit être pour lessentiel horizontale, nous devons composer avec dautres, mais quaprès avoir composé, cest la totalité du projet qui est portée par la transformation du réel, alors nous avons gagné. Cest une conception moderne, neuve de laction publique, encore une fois en opposition avec tout ce qui peut relever de confrontation de principes.
Chers collègues, par rapport à ce « faire-ensemble », après cette année de tous les chantiers, de toutes les énergies, de toutes les mobilisations, il nous faut poursuivre et rester à fond.
En effet, le Schéma de développement économique sur lequel nous nous engageons va supposer, et Harold HUWART y reviendra largement, la mise en uvre de feuilles de route très précises dès les premières semaines et mois de lannée.
Concernant le développement de laménagement du territoire je pense au transport , dans cette année après les très belles évolutions obtenues dans le dialogue avec les Départements, il va nous falloir mettre en uvre une nouvelle conception daménagement des transports ; pas dun côté le ferroviaire et de lautre côté la route, les deux ensemble ; pas dun côté systématiquement les scolaires et de lautre côté le tout public, faire ensemble. Cest une nouvelle conception, cela demandera de lénergie.
Sagissant de la formation professionnelle et de la carte de nos formations, par le passé, nous avions dun côté lapprentissage, de lautre la formation des lycées et tant dénergie, tant de combats inutiles pour opposer lun à lautre, alors que cest une chance considérable de pouvoir faire coïncider deux systèmes qui correspondent à des secteurs professionnels divers et à des jeunes différents qui ont besoin de cette dualité pour réussir. Il va donc nous falloir conjuguer ce projet dans le concret tout au long de lannée 2017.
En ce qui concerne le tourisme, un travail considérable doit être engagé avec les autres collectivités, puisquil sagit dune responsabilité partagée. Cela devra aussi se traduire par des feuilles de route, des organisations et des structurations de nos énergies.
Par ailleurs, je ne peux pas terminer ce propos introductif sans dire un mot de ce qui semble désormais acquis pour notre région, à savoir deux métropoles :
lune ici, capitale de région, et cest bien normal et nécessaire ;
lautre de même poids, le développement économique et social, la Touraine.
Cest un acquis, cest une chance pour notre région parce quelle a besoin dune structure métropolitaine et quà partir de ces deux métropoles, une vision transversale vienne remplacer une vision verticale. Elle a besoin de travailler à lintégration économique, cest-à-dire Tours plus Orléans, plus Chartres, plus Châteauroux, plus Bourges, plus Blois, Monsieur le Maire. Cest tout cela ensemble, avec les territoires ruraux qui portent de lénergie et des services dans les domaines des services aux personnes, des services à lindustrie et des productions industrielles.
Aujourdhui, oui, cest notre rôle, nous avons le projet et la volonté de définir cette intégration économique. Cest ensemble que toutes les entités, tous les territoires dont je viens de parler marqueront des points sur le plan économique. Cest ensemble que nous réussirons, par exemple, la révolution numérique et de lénergie. Cest ensemble que nous positionnerons ces nouveaux produits et ces nouveaux services qui seront présentés dans le débat économique.
Oui, des politiques régionales très puissantes sont synonymes de croissance, déquité territoriale, de cohérence et de cohésion nationale. Jouvrai mon propos en disant : « La décentralisation, une rupture par rapport à notre histoire » mais une rupture féconde, fertile.
Je suis persuadé que les collectivités fortes, qui écrivent ensemble des perspectives, des stratégies et des modes daction pour léconomie et laménagement du territoire, servent la cohésion de lÉtat.
Dynamiser léconomie, harmoniser les territoires, sans se substituer au rôle de lÉtat : comme je lentends ici ou là, il ne sagit pas de sen prendre à lÉtat, à ses fonctions régaliennes, à son devoir de veiller toujours et de donner les moyens pour cela à ce que le développement se fasse dune manière harmonieuse et juste. Jai eu loccasion déchanger hier à ce sujet avec un préfet missionné sur laspect déconcentration/décentralisation. Il sagit de faire toujours plus, que les responsabilités de lÉtat soient articulées aux responsabilités des collectivités et non pas en redondance. Là aussi, cest une manière dengager lavenir et de le faire avec des économies dargent public.
Les thèmes à lordre du jour de nos débats aujourdhui et demain sont majeurs. Ils traduisent, jen suis persuadé, une nouvelle énergie et une nouvelle étape de développement pour la région. Cela donne encore plus de plaisir, pour toute la durée de ce mandat, Opposition et Majorité, Majorité et Opposition, de servir notre territoire et ses habitants et de faire en sorte que, dans les six ans où il nous est donné de travailler ensemble, nous puissions participer et accélérer cette transformation dont les territoires et les habitants ont besoin.
Je vous remercie de votre écoute.
Je donne maintenant la parole pour la présentation du Schéma régional de développement économique, de linnovation et de linternationalisation à Harold HUWART.
Rapport - Schéma régional de développement économique,de linnovation et de linternationalisation
(RAPPORT N°4)
M. HUWART - Sur un sujet qui a été déjà largement débattu, y compris au cours dune session commune du Conseil régional et du CESER, je serai volontairement bref. Je ne vais pas être redondant avec les présentations qui ont déjà été faites.
Je souhaite simplement dire que ce document reflète lextrême diversité et lextrême richesse des contributions qui nous ont été adressées, ainsi que des débats qui ont été lancés puisquil faisait lobjet dune volonté de coconstruction avec un très grand nombre de partenaires. En effet, plus de 2 500 ont participé à lensemble de la démarche.
De ce schéma, qui nest pas un relevé de décisions et qui na pas vocation à lêtre mais qui est un document stratégique, nous avons voulu faire un signal clair au monde économique et aux citoyens de notre volonté daller plus fermement dans laccompagnement de la transition et de linnovation, dans une volonté de simplification de nos dispositifs et dans les choix que nous avons opérés de la proximité et de la prise en compte de la spécificité de chaque territoire.
De fait, à la lecture de ce document et de sa centaine de pages, on constate quil acte un grand nombre dorientations en matière daction économique, de simplification et de diversification de laction économique de la Région, de ses dispositifs, dencouragements très forts à la démarche collective, à la démarche de responsabilité sociale et environnementale. Il y a une attente très forte de nos concitoyens et une prise de conscience de la part des acteurs économiques de la nécessité de tenir compte des limites dun modèle économique et de ses évolutions et de faire de plus en plus, non seulement des aspects sociaux mais aussi et avant tout de laspect environnemental, un levier de modernisation de notre appareil économique, un levier de construction dun nouveau modèle.
Il clarifie les responsabilités entre les collectivités. De fait, ce schéma est extrêmement précis sur la mise en place de la nouvelle organisation qui va sous-tendre la politique économique de la Région dans les cinq années qui viennent, notamment dans la construction des relations nouvelles que nous entendons mettre en place avec les réseaux consulaires et les Intercommunalités, quil sagisse de nos Agglomérations, peut-être bientôt métropoles, ou de lensemble de nos Intercommunalités, y compris les plus rurales.
Jai lu la presse ce matin et jentends bien que des interrogations existent sur lopportunité de savoir sil ny aurait pas matière à aller plus loin dans le caractère prescriptif du schéma et dans le caractère concret, opérationnel, précis et la volonté de mise en uvre, au-delà du simple document stratégique.
À ce propos, je crois devoir rappeler que nos choix ont été assez clairs.
Depuis le début, nous navons pas eu le culte du schéma pour le schéma, même si la loi nous encourage et nous oblige à en faire plusieurs dans lannée. Ce nest pas par un schéma que lon peut prétendre changer le monde et je ne crois pas quil y ait beaucoup dexemples historiques.
Notre volonté est de linscrire dans une démarche de coconstruction et de mobilisation des acteurs qui vise à faire partager les orientations de la Région, à inscrire celle-ci et le fait régional au cur dun jeu dacteurs que la loi ne ferme pas et dans lequel elle ne dit pas de façon aussi claire quon peut le penser que les prérogatives de la Région sont totalement exclusives. Nous avions cette responsabilité, non pas de clore le débat avant même quil commence, en définissant, depuis Orléans, des orientations précises et des priorités par filière et aussi par territoire ; cela nous a parfois été demandé. Cela na vraiment pas été notre conception.
Je nai pas la fibre soviétique et, même si larchitecture de cet hémicycle peut parfois le suggérer, nous ne sommes pas ici au Soviet suprême de lURSS. Personne ne va croire quune décision des élus régionaux dattribuer des filières prioritaires, décarter les autres et de les localiser par territoire, au motif que la loi nous permet de prendre un schéma prescriptif, aurait pu faire avancer les choses ; cela naurait fait que susciter un rejet de notre démarche et de laction de la Région.
Très clairement, cest consciemment, et au terme dun raisonnement extrêmement politique au sens fort du terme, que nous avons écarté tout ce qui pourrait, dans le schéma, faire croire que les élus régionaux restaient entre eux. Cest sur la base dune concertation qui a montré la complexité du monde économique et des enjeux, la richesse et la diversité non seulement des acteurs mais aussi des stratégies à mettre en uvre, que nous avons voulu avant tout faire en sorte que ce schéma soit un signal de mobilisation et dorientation à légard de tous ceux avec lesquels nous avons déjà commencé à travailler.
On va nous dire, je lai lu aussi : « On ne sait pas où on va ! » Or, nous savons très clairement où nous allons. Le choix fondamental que nous avons fait dans ce schéma, au-delà de la transition, du soutien et de la continuation dune priorité à linnovation, cest celui de la proximité et de la prise en compte de la spécificité de chaque territoire. En effet, dans notre conception des choses, la région Centre-Val de Loire est essentiellement diverse et le premier rôle du Conseil régional nest pas de fixer des orientations depuis Orléans mais darriver en appui, en partenariat avec lensemble des acteurs, notamment les Intercommunalités, pour leur donner les moyens de mettre en place les stratégies de développement, les priorités daction et, plus globalement, lensemble de la stratégie la plus adaptée à leur territoire.
Cest la véritable philosophie derrière ce schéma.
Là encore, nous ne sommes pas allés plus loin dans la démarche opérationnelle, dans le relevé de décisions, dans les choses concrètes :
dune part, parce que, sil avait fallu modifier à travers ce schéma la liasse des règlements régionaux, ce ne serait pas 100 pages qui auraient été nécessaires mais 3 000 ;
dautre part, parce que ce schéma a vocation à nous accompagner tout au long des cinq années qui viennent et on ne pouvait pas en faire un substitut à des décisions budgétaires et concrètes qui doivent se prendre au fur et à mesure.
Cest la raison pour laquelle, dès cette année, dans le budget que nous allons examiner dans le délai le plus court possible, je lespère, nous avons mis les moyens en matière de développement économique, avec des priorités très concrètes qui permettent damorcer laction et de mettre en place non seulement les partenariats nécessaires avec les Intercommunalités et les représentants consulaires mais aussi les outils nécessaires, avec lAgence économique, les fonds de financement et la SEM patrimoniale régionale. Bref, il sagit de poser tous les actes qui sont le préalable pour engager de façon sérieuse et constructive la concertation et la discussion avec les acteurs.
Ce schéma est un aboutissement mais il est aussi un point de départ.
Le vu que lon peut émettre à la fin de cette présentation est de continuer le travail avec les acteurs qui nous ont accompagnés jusquici et qui ont manifesté, dans les différents lieux de concertation mais aussi au travers de la contribution du CESER, leur satisfaction sur les orientations données et de prendre rendez-vous pour la suite du travail, notamment la déclinaison qui permettra, dans le cours du premier semestre, de préciser et de donner un contenu plus immédiat aux orientations fixées dans ce schéma.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Monsieur le Vice-président.
Nous ouvrons les débats avec les interventions des présidents de groupe pour une durée de 10 minutes au maximum par président de groupe.
Monsieur PELTIER, vous avez la parole.
M. PELTIER - Monsieur le Président, mes chers collègues, nous avons écouté avec attention vos efforts dexplication à linstant sur lidentité et la nature même du schéma que vous nous présentez.
Comme nous lavons dit précédemment, et dans le même état desprit constructif qui préside nos débats depuis un an, nous sommes à vos côtés dans les grandes orientations et les grandes lignes de ce schéma qui fixe des objectifs dintérêt général et de biens communs afin de faire de notre Région non pas simplement la Région Centre-Val de Loire mais une Région centrale dans notre pays.
Nous notons toutefois, et ce sera le sens de nos débats et des amendements que nous présenterons, la nécessité non pas simplement de tracer une orientation ni dessayer de porter un cap ou une vision, même si cela compte et cest même essentiel dans la noblesse de lengagement politique, mais aussi dapporter des réponses très concrètes à la désespérance et à la colère de nos concitoyens.
Là encore, dans notre état desprit constructif, nous proposons dapporter sur ces idées des amendements et des améliorations significatives et très concrètes à ce schéma, même si nous avons bien noté quà compter du mois de janvier, il y aurait une concrétisation des orientations qui nous sont présentées.
À travers ce schéma, la priorité des priorités est dentériner une réalité évidente, à savoir que le vieux monde des vieilles idéologies est mort. Par conséquent, il nous faut réinventer, par exemple sur les questions économiques, un nouveau modèle qui ne sera ni le modèle socialiste
qui a échoué
ni le modèle ultralibéral
qui a échoué et qui continue de faire des dégâts. Il sagit de savoir de quelle manière, à travers le pragmatisme et lenracinement des valeurs concrètes au service des PME, des TPE et du monde de lentreprise, nous pourrons inventer le monde de demain et répondre aux aspirations légitimes de nos concitoyens.
Dans notre pays, on a trop souvent considéré que le monde économique était divisé en deux catégories :
dun côté, les grands groupes du CAC40, les grands groupes financiers ;
de lautre, le monde des emplois publics.
Tout cela a sa légitimité, certes, mais je pense que le rôle des collectivités est à présent dinventer cette troisième voie fondée sur le service, le développement, laccompagnement et la promotion des PME, des TPE, des artisans et des commerçants.
Le souhait et le choix de notre groupe sont que nous puissions, sur les questions économiques par exemple, à travers la labellisation des forums de lemploi, tels que le Salon « 2000 emplois 2000 sourires », que vous accompagnez avec Alex VAGNER dans lagglomération orléanaise, ou les forums des entreprises, tels que celui que nous avons accompagné ensemble en Sologne (le Forum des entreprises de Sologne), célébrer le secteur de lentreprise privée, accompagner les entrepreneurs et bien expliquer que les collectivités doivent être aux côtés de léconomie réelle, cest-à-dire de ces hommes et de ces femmes, entrepreneurs et travailleurs, qui constituent 90 ou 95 % des emplois dans notre pays.
Deuxième grande orientation que nous devrons porter de manière très concrète, parce que cest aussi un secteur davenir, cest le tourisme, qui garantit des emplois non délocalisés et qui constitue, à travers lextraordinaire patrimoine culturel et naturel de notre région, un secteur dinvestissement. Nous avons des liens renforcés avec lÎle-de-France et de grandes coopérations interrégionales fondées sur notre identité. Nous avons la chance et lhonneur dhabiter dans une région qui est le cur historique de notre pays et nous pensons quavec la Région de Saint-Pétersbourg en Russie, les Régions de la Toscane ou du Latium en Italie, la Région du Péloponnèse en Grèce, nous avons lopportunité de créer un grand réseau international des curs des nations et de favoriser le tourisme, ici, en région Centre-Val de Loire.
Cest identique sur un sujet ô combien important pour nos concitoyens qui est celui relatif à la santé, à laccès aux soins et à loffre de soins de proximité. Même si nous saluons les efforts de la Région à travers toutes les initiatives portées depuis une dizaine dannées, nous savons que nous devrons engager une réforme beaucoup plus profonde et audacieuse que toutes les précédentes, au niveau national comme local, en repensant le dispositif de conventionnement des médecins qui sortent des écoles de médecine. Oui, nous devrons moduler les taux de conventionnement pour que sinstaller dans le monde rural nait pas les mêmes conséquences que dans les agglomérations, par exemple, du Sud où il y a déjà un grand nombre de médecins.
Ce soir, nous aurons un vu déposé en ce sens au nom de notre groupe.
De plus, sur les grandes questions européennes, à travers ce schéma, nous devrons continuer le travail de simplification pour nos concitoyens. LEurope est une très belle idée mais celle-ci a été galvaudée par la technocratie bruxelloise, par les méandres de ladministration qui ont tout compliqué et qui interdisent aux plus petits davoir accès aux mannes financières européennes. Le devoir de simplification et daccès à des guichets uniques extrêmement simples, cest aussi le devoir de nos collectivités.
En un mot, pour reprendre les propos de Benjamin DISRAELI, qui fut Premier ministre britannique, il nous faut tout à la fois réformer ce quil faut, avec un esprit révolutionnaire, et conserver ce qui vaut parce que nous devons continuer à promouvoir certaines valeurs. Nous serons aux côtés de lExécutif régional pour continuer à porter ces réformes à travers ce schéma, à la condition quil ne reste pas simplement un schéma dintentions, de bavardages, danalyses mais quil prenne racine le plus rapidement possible dans des éléments très concrets au service de nos concitoyens.
Ce sera le sens de nos amendements.
Pour conclure cette intervention, puisque vous avez cité à juste titre, Monsieur le Président, le général de GAULLE et François MITTERRAND et que Monsieur HUWART a fait un parallèle élégant avec lURSS, je me permettrai de remonter à deux siècles en arrière aux mots de DANTON à la tribune nationale qui disait : « Tout sémeut, tout sébranle, tout brûle de combattre. » Pour vaincre les ennemis de la patrie et nous connaissons ceux de notre époque, à savoir le chômage, la dette, la mondialisation, la financiarisation du monde et de léconomie, les spéculateurs prédateurs qui sen prennent aux travailleurs, aux petits et aux classes moyennes , il nous faudra « de laudace, encore de laudace, toujours de laudace » pour que la patrie, la France et notre Région soient sauvées.
M. le Président - Merci, Monsieur PELTIER.
Monsieur Charles FOURNIER a la parole.
M. Charles FOURNIER - Monsieur le Président, chers collègues, je vois quil faut rivaliser de formules ce matin ! Je ne vais pas en appeler au passé mais plutôt à notre avenir.
Je partage un point avec ce que vient de dire Guillaume PELTIER : il nous faut changer de modèle ; nous en sommes tout à fait convaincus.
Dailleurs, je vous proposerai un modèle, celui dune économie qui repose sur la transition écologique et lécologie, comme une chance pour léconomie et non pas, comme bien souvent on le commente, finalement une contrainte pour le développement de léconomie.
Auparavant, je voudrais dire quelques mots sur ce quil se passe aujourdhui devant la préfecture. Il sagit dune manifestation des agriculteurs bio. Ils viendront ensuite ici au sein de notre Hôtel régional. Ce nest pas souvent quils manifestent mais cest symptomatique dune situation très difficile dans laquelle ils se trouvent. Nous sommes tous capables de nous émouvoir quand lagriculture est en difficulté. On nous invite souvent à réconcilier toutes les agricultures et je vous invite à avoir le même esprit de solidarité à légard de lagriculture biologique, en grande difficulté dans notre région.
Pourquoi est-elle en grande difficulté ? Parce quelle se développe. Elle répond à ce changement de modèle quévoquait Guillaume PELTIER. Il y a de plus en plus de conversions depuis le début de nos engagements en matière daides économiques, notamment au travers du programme FEADER européen. En un an et demi, nous avons consommé tous les crédits daccompagnement de lagriculture bio qui étaient prévus sur cinq ans.
À ce jour, il ny a pas assez.
Par ailleurs, il ne sagit pas simplement de convertir et davoir des effets daubaine mais aussi de garantir le maintien. À ce propos, lÉtat annonce quil ny aura finalement plus de maintien, que tout sera mis sur la conversion. Ce nest pas possible ni acceptable.
Jajoute les énormes difficultés avec loutil de gestion qui sappelle OSIRIS pour les fonds européens et notamment FEADER, qui fait quaucun centime na été versé jusque-là. La situation est catastrophique et je voulais dire, à louverture de nos échanges sur le schéma économique, toute notre solidarité avec le mouvement des agriculteurs bio.
Pour revenir plus directement à ce schéma, Harold HUWART la souligné, cela a été un travail de coconstruction. Si lon parle de bavardage, jai lu dans la presse quil était question de « blabla », je pense que tous ceux qui ont participé et validé les orientations apprécieront les mots employés. Une comparaison a été faite avec le schéma Rhône-Alpes-Auvergne qui ferait 19 pages. Il faut regarder : cest la délibération qui fait 19 pages ; le schéma en fait 60. Le nôtre en fait 80, ce qui ne présente pas beaucoup décart. Je lai lu et il nest pas plus concret ni opérationnel parce que cest la base dun schéma et cela fixe une stratégie.
Pour nous, deux étapes importantes viennent derrière et nous serons extrêmement vigilants à leur sujet :
première étape : décliner ce schéma en fiches-actions opérationnelles et ce sera un moment important ;
deuxième étape : réformer les systèmes daides économiques de la Région et ce sera aussi une étape importante.
Pour nous, les Écologistes, ce seront des sujets majeurs sur lesquels nous serons mobilisés.
Nous lavons aussi été particulièrement sur ce schéma et nous avons réalisé un travail très conséquent parce que nous avons produit un cahier dacteurs. Nous le tenons à votre disposition si cela vous intéresse. Il dessine dune certaine manière un modèle économique qui repose sur lécologie. Cest un travail conséquent que nous avons fait depuis le début de la mandature et qui a largement alimenté ce schéma. Nous y retrouvons beaucoup de marqueurs et déléments qui nous semblent importants.
Pour nous, le cap est la transition écologique de léconomie. Ce nest pas léconomie verte, cest une transformation du modèle qui repose sur trois leviers qui nous semblent fondamentaux.
Le premier levier, cest la transformation progressive des activités économiques de notre région cest une transition en prenant en considération les limites planétaires, du climat et des ressources. Dailleurs, beaucoup dentreprises le comprennent bien.
Regardez ce quil sest passé lors de la COP22 à Marrakech ! Plus dune centaine de grandes entreprises ont écrit à TRUMP, pour lui dire : « Ne quittez pas les négociations du climat. » Beaucoup dentreprises comprennent bien quelles ont un enjeu pour leur propre développement, que les aléas du climat et la limitation des ressources premières étaient au détriment du développement économique.
Pour nous, cest un enjeu central.
Deuxième levier, qui est également un enjeu central : la relocalisation de notre économie.
Pour nous, une économie qui résiste dans un temps de mondialisation, cest une économie résiliente qui sinscrit dans les territoires, qui sert nos territoires et qui sappuie finalement sur des dynamiques déchanges locaux. Il existe beaucoup doutils pour cela ; le schéma en prévoit : la relocalisation de lactivité agricole, de la production dénergie et des échanges. Finalement, il faut une vraie circulation de largent issu des mouvements économiques et non pas une fuite de tous ces capitaux vers lextérieur et qui ne servent jamais. Quand on parle de préférence régionale, cest aussi cela quil faudrait avoir un peu à lesprit.
Cette relocalisation peut être tirée et notre Région a une responsabilité par rapport à cela. Nous pourrons mobiliser des instruments pour la rendre possible.
Le troisième levier de ce schéma est de replacer lhumain au cur de lentreprise. Cela a été assez peu évoqué. Quand on parle déconomie, je trouve que lon ninsiste pas assez sur cette dimension.
Pour lhumain, on peut prendre exemple sur le développement de léconomie sociale et solidaire qui porte des valeurs de démocratie, de mieux-être social et de prise en considération de lensemble de nos concitoyens. Il ne suffit pas de faire des déclarations enflammées pour soutenir les travailleurs, il faut aussi un modèle dentreprise qui se préoccupe beaucoup plus fortement des salariés.
Pour nous, léconomie sociale et solidaire mérite dêtre soutenue de manière extrêmement active.
Il faut évidemment soutenir des activités locales, comme lartisanat ou le commerce que vous avez cité mais moins dans une démarche individuelle et sans doute beaucoup plus dans des démarches collectives. La Région peut accompagner ces dynamiques collectives dans les territoires.
Remettre lhumain au cur de lentreprise, cest aussi se préoccuper de la qualité de vie dans lentreprise. Cest un sujet majeur. Il ne concerne pas uniquement la dimension sociale, cest aussi un sujet de performance économique. Regardez le grand testing effectué récemment sur les questions de diversité dans les entreprises : on saperçoit que les grandes entreprises sont épinglées très sérieusement sur le sujet. Un rapport national dit que cela entraîne une perte économique, à travers le fait de ne pas prendre en compte la diversité, légalité entre les femmes et les hommes, de ne pas prendre en considération tout ce qui fait la qualité de vie au sein dune entreprise :
qualité de vie sur les questions sociétales, face aux flux tendus et à la logique des marchés qui impriment dans lentreprise une logique de stress permanente ;
qualité de vie aussi des emplois, avec le caractère permanent et stable des emplois.
Un schéma de développement économique doit se préoccuper de tous ces enjeux.
Dans ce schéma, nous retrouvons tous ces grands éléments et nous allons le voter.
Simplement, pour nous, le travail reste à faire : comment concrétisons-nous le cap fixé par ce schéma ? Nous rejoignons le cap mais, ensuite, il faudra le mettre en uvre très concrètement.
Merci à vous.
M. le Président - Merci, Monsieur FOURNIER.
Monsieur CHASSIER a la parole.
M. CHASSIER - On vient de citer Charles de GAULLE, François MITTERRAND, DANTON !
Pour notre part, nous préférons COLBERT, RICHELIEU ou VAUBAN : de grands personnages qui avaient une haute conception du service de lÉtat et qui, eux, ont lutté contre les féodalités qui reviennent en force de nos jours.
Sans doute notre Région est-elle tenue dadopter ce schéma au nom imprononçable avant le 31 décembre mais, à la lecture de ce document, il est permis de se demander sil naurait pas mieux valu attendre le mois de janvier. En effet, lorsque vous souhaitez « un travail de qualité pour tous », vous auriez pu ajouter une bonne santé pour tous et tout le bonheur possible ; cela aurait été mieux à la période des vux.
Autant vous dire que nous sommes plutôt dubitatifs sur la forme de ce nouveau schéma : un schéma de plus dont nous doutons de la pertinence et de lefficacité.
On trouve dans ce rapport un catalogue de constats mais il reste très vague au niveau des solutions. Cest peut-être le résultat de la méthode délaboration dont le CESER avait jugé quil sagissait davantage de brainstorming que dune méthode de construction dun véritable plan.
Au final, soit on enfonce des portes ouvertes, soit on formule des intentions qui restent très générales et on énumère pas loin de 185 orientations, ce qui nécessitera, on lavoue, un bon GPS pour sy retrouver !
Globalement, ce document, qui reprend à lenvi les expressions convenues de la pensée unique et du politiquement correct, nous apparaît comme très éloigné de la réalité.
Affirmer que demain se prépare aujourdhui : quelle découverte !
Vous nous proposez « une nouvelle façon de penser léconomie » mais à chaque ligne de votre rapport transparaissent les recommandations inspirées par le néo-malthusianisme du Club de Rome, à travers le rapport Meadows « The Limits to Growth » qui date de 1972 : quelle nouveauté !
Vous évoquez en même temps la mondialisation grandissante et la nécessité de relocaliser léconomie mais avec quels moyens, avec quels leviers, dès lors que lon refuse de remettre en cause la subordination de nos politiques nationales et régionales au diktat de la troïka européenne (Commission, Banque centrale européenne, FMI) et aux règles imposées par lOCDE, dominé par les États-Unis qui font tout pour en demeurer le principal bénéficiaire ?
Vous préconisez de faire de la transition écologique et énergétique un levier de développement économique et humain. Là encore, il sagit dun lieu commun. Nous ne contestons pas lenjeu autour des questions environnementales, mais il reste à en définir en quoi consiste cette transition et à en mesurer limpact économique.
Considérer léconomie circulaire comme une solution globale ne paraît pas crédible. Autant elle peut trouver sa place, et probablement jouer un rôle plus important, autant il convient dêtre prudent sur une généralisation du concept. En effet, il faut considérer la question dans son ensemble, cest-à-dire mesurer le bénéfice écologique mais aussi la faisabilité économique. Si cette économie ne fonctionne que sur la base de subventions, en utilisant, via les entreprises dinsertion, une main-duvre à bas coûts et des emplois aidés, nous sommes loin de créer un cercle vertueux.
Comme pour la transition numérique dailleurs, nous sommes sur une évolution qui a sans doute tendance à saccélérer, mais cest le cas depuis le début de la révolution industrielle. Ce sont des évolutions qui se feront en dehors de ce plan, quon le veuille ou non.
Nous avons un exemple parfait de cette approche idéologique et réductrice qui se trouve dans votre document : cest le cas du nucléaire, tout simplement oublié ou mis de côté dans les atouts de la région. Vous citez notre troisième rang pour la production éolienne mais en oubliant volontairement notre deuxième rang pour la production électronucléaire et les milliers demplois que cela représente, emplois non subventionnés, faut-il le souligner. Or, nous considérons quil sagit dun enjeu majeur : tous les spécialistes savent que notre parc nucléaire ne sera pas remplacé par des moulins à vent, dont personne ne veut plus dailleurs dans notre région, ou des panneaux photovoltaïques qui ne peuvent constituer quune énergie dappoint.
La question qui va se poser, au-delà de la prolongation des réacteurs existants, sera leur remplacement par une génération intermédiaire type EPR pour laquelle notre région est bien placée, puisque ces installations pourraient se faire à moindre coût sur des emprises foncières existantes et quune partie des installations, en particulier les tours réfrigérantes, pourraient être réutilisées. Il sagit là dune étape indispensable dans la véritable transition vers une énergie propre ; je parle de lénergie du futur, mais il faudra un temps pour se mettre en place avec lexploitation de la fusion et le projet ITER.
Vous parlez dun dialogue étroit entre lÉtat, les pouvoirs locaux et les acteurs concernés ; nous demandons, dans ce dialogue, que la Région soutienne ces propositions qui rendent compatibles notre indépendance énergétique et la diminution de nos émissions de CO2 et, en même temps, qui préservent un domaine dexcellence pour notre industrie et la recherche. Cela aussi fait partie de lindustrie du futur.
Il serait fastidieux dénumérer toutes les thématiques. Dautres intervenants y reviendront, mais ce qui vient dêtre dit conforte un autre objectif que vous annoncez : faire de la région Centre-Val de Loire la « terre de toutes les innovations » et cela en fait partie mais cest loin dêtre le cas pour le moment, avec un investissement en recherche et développement je parle à la fois du public et du privé à hauteur de 1,6 % du PIB dans la région, contre une moyenne nationale de 2,2 %.
Nous reviendrons aussi sur les nombreux dispositifs daide aux entreprises, en redisant quils doivent être concentrés sur les PME-PMI, le commerce, lartisanat et lagriculture plutôt que sur les structures plus importantes pour lesquelles laccès aux marchés financiers ne représente pas une difficulté et qui ne profiteraient là que dun effet daubaine. Cependant, nous savons aussi à quel point toutes ces aides, dont certaines passent par des appels à projets ou manifestations dintérêts dans le cadre des programmes européens, sont soumises aux décisions prises à Bruxelles. Les agriculteurs en savent quelque chose et même Charles FOURNIER le rappelait à linstant.
Globalement, il faut également mettre les choses en perspective et admettre que la Région nous lavons souvent répété , même si elle sest vu confier la responsabilité du développement économique, est très loin de disposer pour cela de tous les leviers.
Rappelons que le PIB de la Région sélevait à 69 milliards deuros en 2013, donc aux environs de 70 milliards deuros aujourdhui, et que les aides économiques de la Région représentent moins de 0,15 % du PIB ; de même que la totalité de nos dépenses dinvestissement représentent 0,58 % du PIB régional : cest un peu juste pour parler dun effet levier de linvestissement, dans le sens keynésien du terme, même si cela conforte le secteur du BTP.
Autre exemple : vous proposez de faire du tourisme un moteur de léconomie régionale. Cest omettre le fait que la part du tourisme dans le PIB régional est seulement de 4,4 %, en dépit des atouts dont nous disposons. À titre de comparaison, signalons que, pour lancienne Région Limousin, ce chiffre est de 7,3 %. Il est tout de même étonnant que les vaches attirent davantage que nos châteaux !
Enfin, quel est le sens dune « Région entreprenante et solidaire, qui met lhumain au cur du développement de ses entreprises » ? Nous retrouvons, comme nous lavons déjà dit, une rhétorique qui nous semble quand même éloignée dun programme opérationnel.
Quant à lidentité de la Région, le changement de nom, qui ne relève même pas de notre initiative dailleurs, ne semble pas avoir apporté grand-chose.
Il y aurait donc beaucoup de choses à dire sur ce nouveau schéma mais honnêtement, nous ne voyons pas bien sur quoi on nous demande de voter, dautant plus quil est rappelé dès le départ quil fonctionnera en complémentarité avec dautres collectivités, dont les actions devront seulement être compatibles avec les orientations de ce schéma, cest-à-dire quil na pas de valeur prescriptive, ce qui laisse, à vrai dire, libre cours à des interprétations diverses et variées, tellement la formulation reste générale, pour revenir à ce que je disais en introduction et ce sera aussi ma conclusion.
Merci.
M. le Président - Merci, Monsieur CHASSIER.
Monsieur GAMBUTO a la parole.
M. GAMBUTO - Monsieur le Président, chers collègues, cest un grand plaisir pour moi dintervenir dans le cadre de ce débat, non pas pour utiliser ce moment important comme une tribune, mais parce quil sagit dun dossier essentiel pour la Région et pour les entreprises, pour les salariés, pour ceux qui veulent évoluer dans leur entreprise, pour ceux qui sont en attente, en quête dun emploi et le vivent avec souffrance, et pour les jeunes en crainte sur leur avenir.
Cest un dossier très important, tant par limpact que cela aura que par la méthode. Dailleurs, lun a une conséquence sur lautre. Non pas que je veuille revenir sur la manière dont sest construit ce projet, mais je veux rappeler à ceux qui sinquiètent du « blabla » que cela a été construit avec tous les acteurs économiques : avec les élus, les chefs dentreprise, les salariés, leurs représentants, les artisans, tous ceux qui uvrent au quotidien pour le développement économique ; jallais dire : tous ceux qui nous apportent pour le développement de lemploi.
Ici, nous avons non pas les solutions à tous les maux du développement économique mais une orientation. Cest bien le but de nos travaux : donner une orientation, un schéma qui nous permette de travailler pendant les cinq années à venir, en continuant à uvrer avec tous les acteurs du développement économique.
Ce qui est nouveau, cest cette nécessité, cette importance de le faire au niveau régional. Heureusement, la loi NOTRe est intervenue ! Cétait une évidence pour tous ceux que nous avons rencontrés. Nous savions déjà, notamment lors des états généraux, que cétait à léchelle régionale quil fallait donner des orientations, travailler et, bien sûr et nous lavons compris , avec une présence locale grâce à des antennes que lon devait mettre au niveau départemental.
Dans ces orientations, nous avons bien entendu ce qui était nécessaire et important pour le développement de lemploi.
Je veux dire au passage que, dans notre volonté dagir pardon de donner cette réponse, Monsieur CHASSIER , ce qui est important, ce nest pas le pourcentage que lon représente par rapport au PIB de la région, mais limpact de laccompagnement que nous pouvons faire aux entreprises.
Voici quelques jours, nous avons visité une entreprise que nous accompagnons. Cest avec 150 000 euros que nous sommes en train de travailler au niveau de la recherche sur un projet qui va créer une cinquantaine demplois dans la seule région Centre, plus particulièrement dans le Drouais, mais aussi qui va contribuer de façon très efficace à une évolution écologique au niveau de léconomie dénergie. Telles sont les impulsions que nous pouvons mener grâce aux investissements de la Région.
Ce nest pas en PIB et en pourcentage par rapport au PIB, cest justement en mesurant des actions concrètes que nous pouvons mener sur le terrain avec les entreprises et les porteurs de projet.
Lun des avantages de nos orientations est daccompagner linnovation et ce que lon appelle assez souvent les « projets dormants ». Vous pouvez faire confiance aux entreprises, elles sont nombreuses à avoir des idées, des projets dormants, qui sont dans leur carton et pour lesquels il y a seulement besoin dune impulsion, dune aide, dun accompagnement. Cest ce que nous faisons et cest ce que nous développerons grâce à cette nouvelle politique que nous voulons mettre en uvre.
Je vous ai parlé de la dimension régionale et de son évidence.
Je veux apporter un texte dune étude provenant du club de réflexion Terra Nova, mais nombre détudes vont en ce sens ; elle nous rappelle que léchelon régional sest progressivement affirmé ces dernières années comme le niveau stratégique de conception, danimation, de planification et de mise en uvre des politiques territorialisées, dans bien des domaines : léconomie, les infrastructures, les universités et les lycées. Cest en cela que nous nous inscrivons et cest cette politique que nous voulons accompagner.
Pour en finir sur ce point, en ce qui concerne linnovation, je voudrais encore une fois vous lire lextrait dun texte de la publication « Technologies Clés 2020 » de la Direction générale des entreprises. Peut-être est-ce tout le sens que lon veut apporter dans ce quest linnovation : « Linnovation, par définition, est imprévisible à juste titre, vous avez raison. Toutefois, lenjeu nest pas de prévoir, cest de permettre à linnovation déclore, de rencontrer un marché, de se diffuser, daccroître notre productivité, daméliorer nos modes de vie. Pour ce faire, le rôle de la puissance publique est multiple. Il faut dabord inciter les acteurs à innover, il faut ensuite fixer le bon cadre, il faut investir dans la recherche, dans la modernisation de lappareil productif, dans la formation et dans le capital humain. » Cest précisément ce que nous faisons et lorientation que nous donnons dans le capital humain.
Chers collègues, je voudrais rappeler que notre objectif, et cela a été rappelé, est surtout de développer léconomie et de mettre au cur de toutes nos politiques tout simplement la personne humaine et la possibilité davoir un emploi, de se retrouver, de recouvrer son indépendance et une certaine assurance dans la vie, et de croire en lavenir.
Mon dernier point, si vous le voulez bien, concerne la mise en place de la stratégie, notamment par notre antenne régionale ou plutôt notre agence régionale DevUp, qui répond précisément à lattente de chacun (les politiques, les chefs dentreprise, les salariés et tous les acteurs) avec, pour être au plus près, les antennes départementales qui permettront davoir un lien rapide et efficace avec cette agence.
Cest une orientation qui me semble la plus près de nos volontés, de nos ambitions et de celles de tous nos concitoyens.
Sil était besoin davoir une preuve supplémentaire, le Président a reçu un courrier du vice-président de la chambre de commerce régional et vice-président de la chambre de commerce du Cher, qui nous félicitait encore sur la méthode, lécoute et les résultats de notre schéma régional.
Je rappelle également la rapidité et lefficacité quont eues les élus, tous les acteurs et nos services pour mettre au point, en quelques mois seulement, ce Schéma régional de développement économique.
Il y a parmi nous quelquun qui aime beaucoup le proverbe disant : « Seul, on va plus vite mais ensemble, on va plus loin ».
Nous avons réussi à cumuler les deux, Monsieur le Président, à décider quune agence seule pouvait aller beaucoup plus vite et répondre aux besoins de chacun mais, grâce aux rencontres et à notre structure, ensemble, je suis convaincu que nous irons vraiment beaucoup plus loin en ce qui concerne le développement de lemploi.
Merci.
M. le Président - Merci, Monsieur GAMBUTO.
Nous abordons le débat général avec vos interventions telles que vous les avez souhaitées. Je vous rappelle quelles seront encadrées avec un maximum de 3 minutes par intervenant.
Nous commençons par lintervention de Madame GREFF.
Mme GREFF - Merci, Monsieur le Président.
Jai bien entendu votre intervention et je vous en remercie. Nous avons fait un constat commun : la loi NOTRe a confié en 2015 aux Régions la responsabilité du développement économique.
Nous avons fait le choix, au groupe UDC, de défendre lintérêt général et dappréhender cette obligation de mise en place dun Schéma régional de développement économique, dinnovation et dinternationalisation de manière positive. Nous avons accueilli avec satisfaction les initiatives de consultation opérées auprès du CESER et des entreprises car il y a urgence. En effet, la situation économique de notre pays, héritée de quatre années dune politique gouvernementale médiocre, nous oblige.
Néanmoins, au-delà de la consultation opérée lors des états généraux du développement économique, jaurais souhaité que les collectivités et acteurs institutionnels qui ont un rôle à jouer en matière de développement économique soient davantage consultés dans nos territoires.
Jai remarqué que vous ne parliez quasiment que des Intercommunalités.
Ce schéma devrait, à mon avis, mieux marquer la place des Départements qui sont, en létat, des partenaires ignorés. Il nest pas prévu quils participent à lassemblée générale de lAgence régionale de développement économique, ni même à son conseil dadministration.
Même si nous allons voter ce schéma, puisque je vous ai dit quil nous obligeait, ce que je reproche aujourdhui, cest cette littérature abondante, remplie de bonnes intentions et de grands principes. Vous y déclarez, en effet, toutes ces choses mais au travers dorientations, telles que « inscrire, identifier, encourager, donner envie, informer, poursuivre le soutien, renforcer, soutenir, favoriser, compléter la communication ».
Dans ces mots, je ne vois pas de stratégie à mettre en uvre. Jaurais préféré lire davantage « simplification, efficacité, avec une politique axée sur des résultats et sur leur évaluation, efficience en privilégiant, en subventions à fonds perdu, les appuis sous forme de prêts davance remboursables ou garantis ».
Jaurais préféré aussi entendre parler davantage de confiance, de gouvernance simplifiée, pour aider tout simplement à la relance de léconomie de notre pays. Les Français ont besoin de réponses concrètes pour les aider à trouver du travail. Les chefs dentreprise ont besoin de plus de liberté pour développer leur activité. Ce sont les entreprises qui créent lemploi et non nos collectivités.
Ce schéma est prescripteur, alors que le rôle de la Région doit être celui de facilitateur et fédérateur.
Nos entreprises ne doivent pas supporter, en plus des contraintes nationales générées par les décisions du gouvernement que vous soutenez, le poids de certaines contraintes régionales qui apparaissent justement dans vos orientations.
Jaurais voulu voir également dans ce schéma linscription noir sur blanc dun état des lieux, année après année, de lefficacité des dispositifs régionaux en matière daides financières. En fait, je préfère que lon privilégie lappui à linvestissement et aux actions plutôt quun appui au fonctionnement.
Dans la loi NOTRe, la Région a la compétence générale des transports. Cest un autre point.
Durant votre campagne électorale régionale, vous aviez promis la gratuité des transports scolaires. Si, comme vous en avez le souhait, vous laissez cette compétence aux Départements, dans un laps de temps relativement court mais quand même important, y aura-t-il véritablement un transfert des financements ? Cest la question que je me pose.
Quid du transport des enfants du primaire ?
Ce sont des questions qui concernent chacun des habitants de cette région.
Si le réseau urbain a ses transports, quid des EPCI qui, eux, nen ont pas ?
La Région a proposé aux Départements de conclure une convention de délégation provisoire. Pour autant, les uns et les autres ont une certaine inquiétude puisque les transferts de charges, visiblement, ne se feront pas.
Vous nous rappelez que la Région Centre-Val de Loire est une grande région agricole. Je métonne que le chapitre qui lui est consacré soit si petit. Cest pourtant bien la Région qui devra gérer le deuxième pilier de la PAC et le FEADER (fonds européen agricole pour le développement rural).
Bref, jentends bien les interventions des uns et des autres. Le virage écologique est louable mais il est intégré dans ce schéma et napporte malheureusement pas forcément des solutions concrètes à nos agriculteurs qui souffrent en ce moment sur le terrain et qui manquent, les uns et les autres, dun vrai calendrier de la mise en uvre de vos orientations.
La vitesse, jespère que vous allez pouvoir la prendre rapidement car y aller lentement et sûrement, cest bien, mais je crois que nos contribuables ont besoin dactions plus rapides, surtout pour quand ? Il nous est nécessaire davoir cette orientation mais elle doit être définie.
Notre Région na pas évolué dans son périmètre et vous la gérez depuis 17 ans assez tranquillement.
Monsieur le Président, jaimerais que notre Région Centre aborde une vitesse un peu supérieure quant à la réalisation concrète des projets.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Madame GREFF.
Madame GAUDRON a la parole.
Mme GAUDRON - Monsieur le Président, mes chers collègues, dans ce schéma, notre enjeu est le suivant :
placer les femmes, les hommes, lhumain au centre de nos préoccupations dans un contexte économique, social et sociétal en pleine mutation ;
apporter la cohérence des actions de notre Région dans les différents schémas et contrats dont nous avons la responsabilité directe ou partagée.
À ce titre, léducation, la formation et lorientation sont des thèmes centraux qui apparaissent dans ce schéma consacré au développement économique. Cest donc bien laffaire de tous mais aussi celle des entreprises.
Lune des grandes avancées de ce document est la prise de conscience et de responsabilité de tous les représentants économiques de limportance des ressources humaines.
Ces orientations posées et affirmées dans ce schéma trouveront leur déclinaison opérationnelle dans le Contrat de plan régional de développement des formations et de lorientation professionnelles (le CPRDFOP) et de ses fiches-actions.
Je dis cela pour quelques impatients !
Lélaboration dans le même temps de ces deux outils stratégiques nous offre une formidable opportunité de penser et dorganiser, dès maintenant et au mieux, larticulation et la cohérence entre lorientation, la formation professionnelle, le développement économique et lemploi. Cétait notre volonté et nous avons là une chance unique davoir lensemble de cette chaîne pour agir.
Je souhaite vraiment que ces démarches stratégiques produisent une synergie pour notamment renforcer ladaptation de loffre de formation en réponse aux besoins identifiés et repérés des entreprises, des territoires, des bassins de vie et des bassins demploi. Cest aussi répondre à lorientation et à laccompagnement des parcours professionnels de nos concitoyens et des habitants.
Ce futur contrat est élaboré avec les services de lÉtat et les partenaires sociaux, dans leur représentation des salariés et des entreprises. Cest le quadripartisme qui est le fondement de la démarche de ce Contrat régional de développement des formations et de lorientation professionnelle.
Nous travaillons ensemble depuis une année, peut-être plus discrètement que sur dautres sujets. Nous nous sommes appuyés sur les ateliers des états généraux du développement économique et de lemploi ; nous étions très présents. Nous avons travaillé dans le cadre des échanges des « Cordées du territoire emploi-formation » cela a été une vraie réussite et nous recommencerons et des apports des précédents contrats et de leur évaluation.
Cette année a été ponctuée de quatre ateliers thématiques sur le décrochage scolaire, sur lalternance, sur les formations sanitaires et sociales et sur la lutte contre lillettrisme.
Après avoir identifié les enjeux et les thèmes importants, nous sommes en phase décriture de ce document. En mars, nous procéderons aux ultimes consultations et sa version définitive vous sera proposée en session plénière au mois de mai prochain.
Nous navons donc pas terminé encore le sujet.
Mme MÜNSCH-MASSET - Chère collègue, je vous remercie de conclure.
Mme GAUDRON - Jen parlerai donc une autre fois.
Merci.
M. le Président - Merci, Madame GAUDRON.
Monsieur FRACZAK a la parole.
M. FRACZAK - Merci, Monsieur le Président.
Lexploit de ce rapport, élaboré notamment à la suite des états généraux du développement économique et de lemploi, est de décliner près de 190 orientations en 226 pages. Émaillé de lhabituel jargon de la novlangue, il devient un catalogue de bonnes intentions et de poncifs et une suite de vux pieux et de souhaits. Il est vrai que la période sy prête parfaitement !
Au fil de la lecture, je relève, pour lexemple : « Dans un monde en profonde mutation, lemploi reste au cur de toutes les préoccupations. »
« Reste », écrivez-vous, Monsieur le Président : encore heureux, dans un pays qui compte 6 millions de chômeurs ! Il est vrai quavec un tel rapport on pourrait perdre le fil de limportant.
Vous parlez de mutations profondes qui impactent notre développement économique et notamment, je relève, « la mondialisation grandissante ».
« Grandissante », dites-vous ? « Sauvage », devrait-on dire
mais à qui la faute ?
« Demain se prépare aujourdhui » : en clair, vous voulez parler sans doute danticipation. Il est possible que le sens même de ce mot ait échappé et devienne novateur pour ceux qui ont imposé la loi NOTRe aux forceps, sans en mesurer les véritables conséquences sur les hommes et les organisations.
Je vous fais grâce, chers collègues, de commentaires sur les souhaits dune « région ouverte, innovante, entreprenante, solidaire, attractive, accueillante » et jen passe, ainsi que des notions de « responsabilité, coconstruction, démocratie permanente », comme si la démocratie nétait que par période. Quoique, depuis quelque temps, on puisse être amené à se poser la question !
Cur de cible du développement économique, la Région déclare faire une priorité de laide aux petites et moyennes entreprises dont léconomie régionale a tant besoin, mais les remèdes proposés correspondent-ils bien aux maux de la grande malade quest notre économie ? Il est prévu pour léconomie sociale et solidaire plus daides de la Région que pour la création/reprise et le développement des très petites entreprises. Cette économie parallèle entre en concurrence déloyale directe avec les entreprises traditionnelles, bien moins subventionnées et pénalisées par les charges quelles supportent.
Les dommages collatéraux sur lartisanat des TPE/PMI sont réels et jen veux pour preuve le dépôt de bilan dartisans dans mon secteur, victimes des pertes de marchés publics passés par les mairies à des associations relevant de cette économie.
Dune main, la Région aide les TPE et les PME, et de lautre elle favorise un système associatif concurrentiel, avec des emplois subventionnés : quelle incohérence !
Nous posons la question de lefficacité et proposons de faire le choix daider plus massivement les créations demploi de léconomie réelle, des TPE et PME, plutôt que dalimenter un système aux effets pervers qui utilisent et le mot nest pas trop fort socialement des emplois précaires.
Le dispositif CAPAsso, lui, est reconduit toujours sans changement de ses modes de financement. Nous rappelons à ce sujet que, pour la seule année 2015, 679 postes dont 495 en renouvellement ont bénéficié de subvention, lannée 2015 était celle de mise en place des troisièmes renouvellements. Initialement, ces renouvellements étaient normalement limités à un et devaient être exceptionnels. Combien de postes au total la Région tient-elle à bout de bras depuis la mise en place de ce dispositif ? Nous posons la question.
Bien que le développement économique relève de la responsabilité de la Région, certains de vos choix politiques, Monsieur le Président, faits de subventions mal placées et de saupoudrage dargent public, nous ne les partageons pas.
Incohérence de nouveau : vous semblez vous apercevoir des méfaits de la mondialisation et tenter de lutter en promouvant le « made in Centre-Val de Loire », les circuits courts ou en modifiant les clauses dappel doffres, ce que nous approuvons, mais, dans le même temps, vous soutenez la majorité gouvernementale qui approuve la signature du CETA, traité de libre-échange avec le Canada. Les conséquences de ce traité seront désastreuses, tant pour lemploi que pour la survie de nombre de TPE/PME et de notre agriculture.
Mme MÜNSCH-MASSET - Je vous remercie de conclure, sil vous plaît !
M. FRACZAK - Je pense là plus particulièrement à nos filières bovine et porcine déjà en grande difficulté.
Cette concurrence déloyale reléguera définitivement toute aide de la Région à ces filières à lefficacité dun cautère sur une jambe de bois.
Pour lutter contre cette concurrence sauvage, linnovation est une opportunité et un gage de bonne santé des entreprises, mais elle ne sera bientôt plus une priorité pour celles de plus en plus nombreuses qui lutteront pour leur survie.
Vous évoquez dans la partie « diagnostic » du SRDEII de profondes mutations économiques, environnementales et sociétales. Ce diagnostic est sans concession : fracture industrielle qui a provoqué la perte de 1 emploi sur 5 en dix ans, affectant particulièrement les filières du caoutchouc et de la pharmacie, devenus des pôles dexcellence pour notre région.
Fracture économique, fracture sociale, fracture médicale, fracture numérique : combien dautres plaies encore dans ce pays fracturé et polytraumatisé quest devenue la France après dix ans de gestion désastreuse des couples SARKOZY/FILLON et HOLLANDE/VALLS ?
En conclusion, nous proposons une autre politique que celle issue de lidéologie mondialiste et européiste, redonnant les marges de manuvre manquant à notre économie régionale, une politique qui consiste à accompagner les entreprises, avec un État stratège
M. GRICOURT - Je vous remercie de conclure, cher collègue !
M. FRACZAK - ... qui instaure un patriotisme économique permettant aux entreprises françaises de bénéficier notamment de la commande publique en priorité, État qui pratique un protectionnisme intelligent à nos frontières pour lutter contre cette concurrence déloyale.
Là, janticipe car cette France-là, ce sera pour 2017 !
Merci.
M. le Président - Merci, Monsieur FRACZAK.
Monsieur GIRARDIN a la parole.
M. GIRARDIN - Monsieur le Président, chers collègues, je vais intervenir plus particulièrement sur la transition écologique et sur le développement économique, sujets particulièrement concrets, contrairement à ce que jai entendu. Nous avons un cadre (la COP21 et la COP22), ainsi quune loi sur la transition énergétique pour la croissance verte, avec des chiffres très concrets sur lesquels je ne reviendrai pas.
La Région a fixé des objectifs très clairs sur lemploi, le développement économique, la transition écologique, la solidarité, etc.
Jaimerais revenir de manière très rapide sur trois grandes orientations essentielles qui montrent bien à nouveau que ce sujet est très concret :
la création du Service Public Régional de lÉnergie ;
la planification territoriale ambitieuse concernant la prévention et la gestion des déchets, conformément à la loi NOTRe ;
la future mise en place de lAgence régionale de la biodiversité qui sappuiera vraisemblablement sur lEcopôle.
Sagissant du rapprochement entre le développement économique et la transition écologique, encore une fois :
premièrement, il est concret ;
deuxièmement, il est indispensable et nécessaire.
Lagro-écologie est un sujet très important qui montre bien son impact sur léconomie, avec ses corollaires notamment sur la transition énergétique et léconomie circulaire.
Les priorités du projet agro-écologique, qui vise à faire de lenvironnement un atout de compétitivité, constitue pour la Région, dans ce cadre, un axe structurant, donc davenir.
Lagro-écologie a un triple objectif de performances à la fois économiques, sociales et environnementales, notamment à travers des domaines comme lapiculture ou les semences. La Région accompagnera les exploitations agricoles, afin quelles deviennent pionnières en la matière.
Les énergies renouvelables sont créatrices demploi, contrairement à ce que jai entendu, et cest également du concret à travers le Schéma régional climat-air-énergie et le Plan régional climat-énergie. La Région va accentuer ses efforts et nous avons matière, avec lénergie solaire et dautres sources dactivité, comme le couvert forestier, les éoliennes et la méthanisation, cette dernière restant encore malheureusement assez limitée.
Mon dernier point portera sur léconomie sociale et solidaire. Charles FOURNIER en a dit un mot : cest un axe important sur lequel nous devons nous appuyer puisque léconomie sociale et solidaire a pour objectif notamment de développer léconomie verte, le tourisme et les circuits courts alimentaire. Cest un secteur en plein développement.
Merci.
M. le Président - Merci, Monsieur GIRARDIN.
Madame RIVET a la parole.
Mme RIVET - Merci, Monsieur le Président.
Chers collègues, jinterviendrai à mon tour sur linnovation et la gouvernance de lAgence économique régionale qui sont, pour les Écologistes, des sujets centraux dans ce débat, de même que la nécessité absolue de la transition écologique qui vient dêtre évoquée et que développera Benoît FAUCHEUX pour notre groupe.
Le concept dinnovation renvoie plus souvent à une approche techniciste du développement économique et à vision que lon sait dépassée dun progrès sans fin, alors que la technique et la technologie ne doivent être que des moyens au service dune vision partagée.
Innover pour quoi faire ? Innovation au service de quoi ?
Lorsque jentends dans les rangs de la Droite affirmer quil faut limiter, voire supprimer le principe de précaution, je me remémore pardonnez-moi de parler du domaine que je connais le mieux la défense des farines animales par un président de la FNSEA en 1996, au nom de la modernité !
Quatre ans après, nous avons vécu le pire désastre sanitaire de la décennie, voire plus, dont lélevage ne sest jamais complètement remis.
Je le dis puisque lon a évoqué lagriculture biologique, dans la même période, lagriculture biologique française perdait sa place dexportatrice dans toute lEurope du Nord, faute de soutien public équivalant à ce que mettaient en place ces pays pour leur propre agriculture.
Bref, je reviens à linnovation : de notre point de vue de conseillers régionaux, le Conseil régional doit affirmer des finalités sociales et environnementales dans ses politiques économiques et dans lensemble de ses outils.
Linnovation doit être en cohérence avec le respect des biens communs. Elle doit servir ladaptation des activités économiques aux enjeux de notre époque. Dans ce cadre, nous devons penser à promouvoir la participation et lexpertise citoyenne pour permettre lacceptabilité de ces innovations et la soutenabilité sociale des activités économiques.
Sagissant de la gouvernance, cela a été évoqué à plusieurs reprises et nous sommes satisfaits du cadre de pilotage imaginé par notre Région. À léchelle régionale comme dans la proximité, et au-delà, nous prônons que, quels que soient larchitecture et les outils de dialogue mis en place, ils garantissent non seulement la bonne irrigation des territoires mais également le pluralisme des acteurs intervenants.
Je conclurai sur ces sujets de linnovation et de la gouvernance en ajoutant la question de laccès des porteurs de projet aux informations et aux aides via le guichet unique.
Lenjeu majeur pour léconomie régionale sera de détecter et accompagner des innovations, y compris dans des domaines peu ou pas référencé ; Valentino GAMBUTO la évoqué. La clef pour réussir nous semble louverture de nos outils à une très grande diversité dacteurs.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Madame RIVET.
Madame BENMANSOUR a la parole.
Mme BENMANSOUR - Avant de commencer mon propos, je souhaite rappeler que ce schéma na pas été élaboré par la Région seule, même si je peux féliciter les services et tous les acteurs qui ont participé à son élaboration : il a été élaboré avec les experts de léconomie, à savoir les acteurs économiques.
Parmi les attentes unanimes exprimées à loccasion des forums, celle de lanimation économique territoriale a été prise en compte. Ainsi, dans chacun des six départements de la région, des rencontres DevUp se tiendront régulièrement, permettant à tous les chefs dentreprise dun département de se rencontrer et déchanger.
La Région a bien entendu quil était important de faciliter laccès aux aides, de simplifier, dagir au plus près du territoire par la proximité et dêtre réactif pour répondre aux attentes et aux besoins des entreprises, mais aussi à lemploi qui est lenjeu majeur de notre territoire.
Toutes les phases de lentreprise seront soutenues : la création, le développement, la recherche, linnovation, la formation, la transmission et lexport. Tous les secteurs de notre économie seront couverts par les dispositifs régionaux. Pour plus de réactivité et de proximité, la Région permettra aussi aux établissements publics de compléter ses aides, notamment en direction du commerce et de lartisanat. Les chambres consulaires de la région pourront coconstruire des services cohérents et complémentaires. Un portail régional dentrée unique pour les entreprises et les actifs facilitera laccès aux aides.
La Région veut une gouvernance fondée sur le dialogue. Des fiches-actions dorientation seront mises en uvre, avec la mobilisation de tous les acteurs socio-économiques. Le dialogue se fera par la mobilisation des acteurs économiques autour dune conférence annuelle qui sera régionale ou des conférences spécialisées qui se dérouleront, par exemple, sur lagriculture, léconomie sociale et solidaire, le tourisme ou lindustrie. La Région conventionnera avec les territoires pour mettre en uvre une action économique commune et adapter les politiques économiques à leurs besoins.
Les chambres consulaires et le CRESS seront sollicités pour leur connaissance du monde économique au niveau du territoire. Elles pourront mettre en uvre les politiques régionales au plus près du territoire. Elles pourront conventionner sur la création et la transmission, laccompagnement des entreprises, notamment concernant la transition écologique.
Les acteurs associatifs ne seront pas oubliés : ils seront notamment sollicités sur léconomie sociale et solidaire.
Les Départements pourront aussi poursuivre leurs aides en faveur des filières agricoles, en complétant celles de la Région.
Les antennes départementales ouvriront dici fin février 2017. Elles relaieront laction régionale au plus près par la simplification et lefficacité, et avec plus de lisibilité et de réactivité dans laction économique de la Région.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Madame BENMANSOUR.
Monsieur MARTINET a la parole.
M. MARTINET - Merci, Monsieur le Président.
Mes chers collègues, je comprends tous les propos sur ce schéma et limpatience dêtre dans lopérationnel, mais jai limpression que cela sappelle Schéma régional de développement, cela ne sappelle pas « document stratégique et opérationnel ». Un schéma est fait, je pense, pour expliquer une orientation et des décisions qui vont être prises par la suite.
Un monde nous sépare dans lentreprise, dans les discussions que nous avons tous autour de la table. Lentreprise a un besoin réel, sincèrement, de lisibilité, déquilibre et surtout de prévoyance sur ces carnets de commandes et sur lensemble des choses. Jemploie souvent un terme dans ma collectivité : « léquilibre ». On ne peut pas opposer le transfert écologique de lartisan et du commerçant, ni lactivité du CAC40, de la PME et de lETI. On aurait tort, tout un chacun, ici dans la Région Centre, de déséquilibrer en fin de compte ce pacte de confiance que lon doit créer avec les entreprises du secteur, quil soit économique, social ou solidaire et quil soit dans toutes les chambres de commerce et toutes les chambres dagriculture.
Nous avons trouvé cette confiance je le dis sincèrement avec la concertation mise en place depuis un an, que ce soient par les états généraux ou par la lecture de ces 113 pages que jai lues, ou des autres pages que jai lues aussi des autres schémas des autres Régions.
Monsieur le Président, je me pose la question suivante : quest-ce qui va nous différencier ? Où va atterrir une entreprise qui a envie de sinstaller dans le territoire français ? Pourquoi en région Centre-Val de Loire ? Et pourquoi pas ?
Notre travail, tous en commun, sera de trouver le meilleur équilibre, la meilleure alchimie pour que lentreprise qui veut sinstaller vienne dans notre territoire. Je le dis chaque fois en développement économique à lAgglo dOrléans : quune entreprise sinstalle à Tours, à Nogent-le-Rotrou ou à Orléans, cela me fait autant plaisir puisque cest dans notre territoire et cest créateur demplois.
Ou à Blois, excuse-moi, Marc ! (Rires)
Concernant le « faire-ensemble », Monsieur le Président, je suis complètement daccord avec les propos de votre intervention en début de session. Le « faire-ensemble », cest écouter les autres et les entendre.
Jaimerais, à cette occasion du schéma territorial, remercier lensemble des services de la Région de tout le travail quils ont accompli depuis un an. À cet égard, jai demandé à la présidente de la Commission dy assister et de rencontrer toutes ces personnes qui travaillent pour nous mais que lon ne connaît pas obligatoirement. Cest une demande renouvelée.
Monsieur le Président, mes chers collègues, un défi nous attend : celui du système bancaire. Notre économie peine de sa frilosité et nous sommes obligés de pallier ce manque de confiance et de courage avec de largent public.
Avec léconomie, cest ainsi : les entreprises établissent un bilan, quil soit bon ou mauvais. Certaines déposent le bilan et dautres gagnent de largent.
Je souhaite, selon un vu que je formule auprès de la Région Centre et auprès de vous, lExécutif, que, dans un an jour pour jour, nous puissions nous revoir dans cet hémicycle et que nous fassions le bilan de cette structure opérationnelle, de cette structure stratégique. Pour moi, la politique, dans le sens noble du terme, cest améliorer le quotidien des gens.
Or, aujourdhui, mes chers collègues, ce quotidien des gens, cest lemploi, cest largent et cest surtout le vivre que lon doit faire tous ensemble dans sa famille.
Dans la mesure où cest la seule intervention que je ferai pendant cette session, je vous souhaite à tous une bonne année 2017 : quelle soit propice à léconomie, à la santé et surtout à toutes vos familles.
Je vous remercie.
M. le Président - Nous attendons un peu pour vous souhaiter de bonnes fêtes.
Merci, Monsieur MARTINET.
La parole est à Monsieur GRICOURT.
M. GRICOURT - Merci, Monsieur le Président.
Mon intervention sera plutôt celle, comme dautres collègues, du témoignage dun élu de territoire, dun élu dune agglomération moyenne avec certes une ville préfecture, mais une réalité rurale forte.
Mon expérience de responsabilité au sein de cette agglomération pendant un peu plus de deux ans sur la stratégie économique, ma permis de mieux comprendre, dans le cadre de ma responsabilité municipale depuis 2008, les richesses économiques de nos territoires. Il faut en parler et ne pas toujours être dans un discours défaitiste et pessimiste. Nous avons des richesses dans tous les domaines de lactivité économique dans nos territoires et nous devons le rappeler et les mettre en avant.
Quattendent nos acteurs économiques ? Cela a été dit :
de lécoute : cest important, nous devons être à lécoute de nos partenaires ;
de la simplification ;
de la réactivité ;
de la proximité.
Cest le rôle de nos collectivités, la Région comme chef de file, ainsi que les EPCI qui, dans la redéfinition de leur périmètre, sont la nouvelle proximité dans les territoires en capacité dapporter jen suis convaincu des réponses plus fortes en matière dégalité et daménagement du territoire, notamment du point de vue économique.
Cest une entrée unique : ce sera le cas avec notre agence et les chargés de mission qui seront dans des espaces régionaux. Il sagit de faciliter le contact avec les responsables dentreprise et tous les porteurs de projet. À partir de cette entrée unique, cest la capacité à aiguiller plus facilement vers les autres partenaires : les EPCI, lorsque ce sont les compétences quils portent, mais aussi les consulaires à travers leurs missions.
Un outil est essentiel dans laménagement économique et le portage de bâtiments industriels et tertiaires : je veux parler de nos SEM territoriales. De ce point de vue, je salue lengagement de François BONNEAU dimaginer une SEM patrimoniale régionale qui sera, selon moi, un outil supplémentaire defficacité renforcée, pour une meilleure garantie dégalité daménagement dans nos territoires. Je pense à nos territoires ruraux pour lesquels il est souvent plus difficile de porter ou daccompagner des projets.
Concernant ce schéma, qui fixe les grandes lignes dintervention et dorganisation, puisque cest bien un « schéma », comme la rappelé notre collègue Jacques MARTINET, nous avons déjà un bon écho auprès des acteurs des territoires, quils soient élus, chargés de mission économique dans nos agglomérations, par exemple, ou dans les chambres consulaires, ou les chefs dentreprise eux-mêmes. Ils ont cette attente dans leurs aspirations, que jai rappelée, et ils considèrent que cette nouvelle organisation est une réponse à leurs questions.
Je suis surpris des propos de notre collègue Madame GREFF. Je crois que lon peut reconnaître objectivement que, de toutes les mesures des gouvernements successifs depuis 2012, il na pas été autant fait pour le monde économique et pour les entreprises. Ce sont quand même 50 milliards deuros daides à léconomie. Les chiffres parlent deux-mêmes, il faut être en capacité de le reconnaître.
Quant aux collectivités, elles ont toutes été consultées et écoutées, à travers les états généraux, mais aussi dans les relations directes que le Président, le Vice-président à léconomie et dautres élus ont eues avec les responsables des Départements, des Agglomérations et des Communautés de communes. Cest bien une responsabilité partagée. Dailleurs, les Départements sont membres associés de la nouvelle agence, avec deux élus, certes qui auront une voix consultative mais, personnellement, je considère que cest normal car ils nont plus de compétences dans le domaine économique.
À partir de ce schéma, il nous faudra, et je partage lapproche de Charles FOURNIER, avoir une réponse mieux adaptée aux attentes et aux réalités des entreprises dans tous les domaines, répondre par des déclinaisons claires avec les priorités politiques de la Majorité de cette assemblée, qui seront largement partagées, jespère.
Le budget primitif 2017, sur lequel nous allons débattre tout à lheure, propose plus dinterventions pour linnovation et la recherche, ainsi que pour lagriculture cest déjà annoncé, vous le savez , pour lartisanat. À travers ses représentants, le CESER a salué ces nouveaux engagements plus forts dans ces domaines.
Nous serons en capacité, dès ce début dannée 2017, de mesurer dans nos territoires le positif de lévolution de cette nouvelle organisation, lintérêt de nos territoires et du monde économique, donc de lemploi, en tenant compte demain plus fortement de ce que sont leur réalité et leurs besoins, à partir de cette démarche partenariale simplifiée et dans une relation de confiance quil nous incombe dinstaurer, dans nos responsabilités locales, avec le monde économique.
La mise en place de cette nouvelle organisation peut sappuyer sur des démarches très simples. Jen donne un exemple : depuis déjà un mois et demi, dans les visites dentreprise que jeffectue de façon régulière dans mon territoire local du Blésois, jassocie les chargés de mission de développement économique de lAgglomération de Blois et ceux de la Région. Nous avons déjà constaté le gain de temps parfois pour les porteurs de projet. Pour les entreprises qui ont des démarches dinnovation, de développement et de relocalisation, cest un gain de temps. Nos acteurs et nos agents chargés de mission sont là pour répondre immédiatement aux attentes de ces entreprises.
Je suis convaincu que cette nouvelle démarche sera un atout pour nos territoires dans toute la région.
Merci.
M. le Président - Merci, Monsieur GRICOURT.
Madame FAUQUET a la parole.
Mme FAUQUET - Merci, Monsieur le Président.
Il est vraiment dommage, Monsieur le Président, que nous nayons pas à notre disposition les fiches-actions on en revient toujours au même ! qui nous permettraient davoir une vision concrète de ce schéma.
Le CESER, dans son avis sur son rapport, insiste sur la prise en compte indispensable du rôle de lenseignement supérieur et de la recherche.
Dans la Région Normandie, parce quenseignement supérieur, recherche et économie sont étroitement liés, il leur a paru comme une évidence délaborer les deux schémas conjointement, garantissant ainsi une plus grande cohérence et une véritable continuité entre les deux textes.
Il est dommage que nous nayons pas envisagé la même démarche. Il nous faudra prendre en compte cette complémentarité évidente lors de la rédaction du Schéma régional de lenseignement supérieur, de la recherche et de linnovation, pour un vote en décembre 2017. Noublions pas que les deux schémas ont dans leur intitulé « linnovation » et cest cette innovation qui nous rendra plus performants, dynamiques et attractifs.
Les fiches-actions pourront peut-être conforter cette vision, en ne se juxtaposant pas mais en se complétant, tant au niveau du diagnostic territorial que pour lélaboration dune réelle stratégie de développement.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Madame FAUQUET.
Madame PIDOUX a la parole.
Mme PIDOUX - Bonjour à toutes et à tous.
En préambule, Monsieur le Président, vous avez rappelé que les défis auxquels nous devions faire face étaient bien trop graves, essentiels et stratégiques pour que nous pratiquions une politique à lancienne. Ce constat est visiblement partagé par lunanimité des groupes, moins un, mais cest plutôt réconfortant sur létat de nos échanges.
Avec le groupe UDC, on partage sans doute le constat que nous sommes face à un changement de société. En revanche cest dommage, il nest pas là , nous ne partageons pas du tout les raisons des échecs passés et nous dirons que la fixation dune stratégie et dun but partagé, ce nest pas du bavardage. En cela, le schéma est un moment essentiel pour la vie de notre collectivité, au regard de nos compétences nouvellement dévolues.
Ce schéma se veut innovant dans son contenu mais également dans sa méthode délaboration. Il est profondément ancré vers lavenir et les mutations de demain. Cest en cela également que nous pensons à la transition, en tout cas au changement de société auquel nous devons faire face.
Aujourdhui, quand vous avez 30 ans, on vous dit comme une fatalité que vous vivrez moins bien que vos parents. De ce fait, il nous faut, au travers des compétences régionales, fixer des axes forts pour repositionner le progrès humain comme un enjeu et pour que notre génération ne soit pas face à cette fatalité de moins bien vivre que la génération précédente.
Ce schéma doit se faire au service des hommes et des femmes, des jeunes et des moins jeunes, des précaires et des publics les moins favorisés. Il prend en compte linnovation économique qui se veut, et cest essentiel, au service de linnovation sociale.
Là, je rejoins Jacques MARTINET quand il nous parle déquilibre : léquilibre est là, cest linnovation économique au service de linnovation sociale, sociétale et environnementale.
Quelle société voulons-nous demain ? Pourquoi le progrès économique ? Peut-être pour que nous vivions bien ensemble. Des vux ont été transmis. Effectivement, nous devons avoir comme envie de vivre dans une société apaisée et bienveillante. Il y a un enjeu. Ce qui est rassurant dans notre démarche, cest quavec 2 500 personnes, cet enjeu a été retranscrit. Ces 2 500 personnes qui se sentent considérées et qui savent que ce changement de société nous impose un changement de fonctionnement dans nos pratiques et nos démarches.
Je reviens sur un point qui mest très cher : ce schéma, qui aurait pu ne se valoir quéconomique et innovateur, se fixe également dautres caps sur le plan de légalité. La loi nous impose de travailler sur légalité femmes/hommes mais il met en perspective un plan dégalité essentiel quand on sait quune entreprise sur trois discrimine. Au regard des derniers chiffres du ministère du Travail, les personnes en situation de handicap ont des difficultés liées à la formation. Mettre en perspective ce plan dégalité est, pour nous, un véritable oxygène.
On a très rarement cité des femmes dans cet hémicycle. Pour autant, cela fait un an que nous sommes là, donc je voudrais citer Simone de BEAUVOIR qui disait : « Noubliez pas quil suffira dune crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis, vous devez rester vigilantes votre vie durant. » Cette phrase vaut pour tous les précaires et ce schéma prend en compte lhumain et le repositionne sur le champ de léquilibre entre léconomie et le social.
Par conséquent, ce schéma ancré vers lavenir est pour nous une bouffée doxygène.
Merci.
M. le Président - Merci, Madame PIDOUX.
Monsieur GODEFROY a la parole.
M. GODEFROY - Monsieur le Président, chers collègues, Monsieur le Président, je voudrais mintéresser plus spécifiquement aux politiques de protection de lenvironnement.
Nous avons déjà eu loccasion de signaler que ce SRDEII sapparente plus à une longue liste de bonnes intentions quà un réel programme politique. Son analyse comparée avec le budget primitif 2017 nous en donne un exemple flagrant.
Ainsi, ce nouveau schéma souvre sur la transition énergétique qui doit être « un atout pour le développement des entreprises ». Pourtant, cette ligne budgétaire voit ses crédits de paiement fondre de 4,4 millions deuros à 3,7 millions deuros, pour lexercice 2017 uniquement.
En baisse également : la gestion de leau, la préservation du patrimoine naturel et le Plan Loire Grandeur Nature. Je métonne dailleurs que vos alliés Écologistes aient laissé passer une baisse de crédits conséquente de 1,3 million deuros pour ces quatre politiques que je viens de citer, surtout après la suppression de lexonération de carte grise pour les véhicules propres, lors de la session précédente, couleuvre de taille conséquente, il faut le dire !
Avec si peu de moyens, comment peut-on écrire que « la promotion de lenvironnement et la transition écologique seront les leviers du développement économique » ?! Archimède a dit en parlant de levier : « Donnez-moi un point dappui et je soulèverai le monde. » Il navait pas pensé que le levier serait si petit.
Léconomie circulaire, elle, voit son budget de fonctionnements multiplié par 2,5. Sorte de CAPAsso du bricolage, les subventions accordées pour soutenir la création demplois dans des ressourceries sont intéressantes, certes, mais ce nest pas cela qui va devenir un nouveau pan de léconomie de la région Centre-Val de Loire. Cela ne sera jamais quun appoint, pas un appui.
Je voudrais, enfin, faire un détour par la Sologne, présentée comme « zone humide dintérêt international » et un atout majeur pour favoriser le développement dune activité économique de nature.
Nous partageons ce constat. En revanche, il nous semble totalement contradictoire avec la promotion de la ligne à grande vitesse POCL, plus particulièrement dans sa variante tracé Ouest. Jen veux pour preuve le retour dexpérience de la LGV Tours-Bordeaux et la récente condamnation du maître douvrage Cosea, piloté par Vinci, pour « les atteintes multiples et répétées à lenvironnement, notamment en Touraine ». Ceci est un jugement, je vous le rappelle.
En effet, Monsieur le Président, comment croire que percer une tranchée pouvant atteindre 500 mètres de large, à travers un espace naturel protégé, pourra se faire sans laffecter de manière irréversible ?
Nous trouvons pour le moins amusant que ceux qui ont pris fermement position contre le passage du POCL dans la zone humide de Sologne soient les mêmes que ceux qui ont défendu le grand projet daéroport dans la zone humide de Notre-Dame-des-Landes. Il faut croire que toutes les zones humides ne sont pas égales !
Pour résumer, je dirai que suite au catalogue de bonnes intentions en préambule, on reste sur sa fin quant aux moyens employés et leur cohérence.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Monsieur GODEFROY.
Monsieur COMMANDEUR a la parole.
M. COMMANDEUR - Merci, Monsieur le Président.
Mes chers collègues, je suis un peu étonné par certains propos que jai entendus. Je me demande si nous avons lu le même document. Le Front National nous parle dun document de 236 pages, alors que je rappelle quil fait 130 pages, dont une bonne trentaine sur les diagnostics et 1,5 page sur chacun des domaines. LOpposition nous parle de « blabla » et de verbiage, mais il me semble quavec 1,5 page sur chaque domaine pour définir la stratégie on est bien sur la stratégie et les orientations et non sur laction , on peut difficilement parler de « blabla ». Cest quand même le résumé dun an de travail avec les collectivités locales et les EPCI. Je me demande parfois si nous voyons le même document.
Je voudrais revenir sur un autre aspect : jai le sentiment, dans les interventions de lOpposition, dune certaine crainte ou peur et dun manque de confiance dans la capacité de notre Région à répondre aux défis de la mondialisation, de la révolution numérique et de la transition énergétique. Je trouve cela regrettable. Jai confiance et je pense que lune des caractéristiques de la Majorité est davoir confiance dans la capacité de notre Région à répondre à ces défis.
Monsieur le Président, en introduction générale de la session, a utilisé ces mots mais je vais les reprendre pour ce schéma : il nous a dit que nous travaillions sous le signe de la confiance, de la volonté et du courage.
Il faut avoir confiance dans la capacité de nos entreprises, des habitants et de nos formations à répondre à ces défis.
Je voudrais faire un petit zoom assez rapide sur linnovation et la recherche, puisque cela a été évoqué par plusieurs personnes, déjà pour répondre à Madame FAUQUET sur les différents schémas : pourquoi ne faisons-nous pas les deux schémas en même temps ? Tout simplement parce que les universités et les écoles, en 2007, vont renouveler leur schéma pour cinq ans. Nous avons donc tout intérêt à travailler, la Région, les universités et tous les organismes de recherche, ensemble au renouvellement du SRESRI (Schéma régional de lenseignement supérieur, de la recherche et de linnovation). Nous en parlerons dailleurs ce soir, ce doit être le dernier rapport.
Cest la raison pour laquelle les deux nont pas été élaborés en même temps, mais vous trouverez dans le SRDEII plusieurs pages qui évoquent le sujet de linnovation et de lenseignement supérieur.
Jai entendu le Front National sexprimer sur le poids de cet engagement dans le PIB de la Région. Si on ramène tout au PIB de la Région, cela va être compliqué. Le budget de notre Conseil régional est de 1,3 milliard deuros ; le PIB de la Région est de 70 millions deuros environ.
Chaque fois que lon va ramener nimporte quelle politique de la Région, on arrivera toujours à un zéro virgule quelque chose pour cent. Ce nest pas une manière intelligente de regarder la façon dont on nous a investi sur ces sujets.
Concernant lenseignement supérieur, la recherche et linnovation, au-delà des orientations prises depuis longtemps, je rappelle que nous avons une confortation de notre politique. Nous avons un appel à projets « Innovation » qui a été lancé cette année et qui sera renouvelé : cest inscrit noir sur blanc dans le schéma. Nous avons une politique de soutien à la recherche extrêmement volontaire, avec des bourses doctorales, avec le programme « Ambition Recherche-Développement », avec les appels à projets de recherche dintérêt régional, de recherche dintérêt économique, où le Conseil régional Centre-Val de Loire fait de linnovation une priorité, tout simplement parce que, et cela a été dit, linnovation et la recherche, ce sont des emplois et cest léconomie de demain.
Merci.
M. le Président - Merci, Monsieur COMMANDEUR.
Monsieur FAUCHEUX a la parole.
M. FAUCHEUX - Je vous remercie, Monsieur le Président, de me donner la parole.
Chers collègues, le groupe Écologiste se réjouit que la politique économique de la Région soit orientée avec ce schéma vers la transition écologique et sociale de léconomie. Avec ce schéma, la Région fait le choix de se tourner vers lavenir, daider les acteurs économiques à abandonner les modèles de production du passé, pour inventer léconomie de demain.
Cest à linverse de la Région Normandie, citée par Madame FAUQUET, où Hervé MORIN a refusé le renouvellement de la subvention au réseau GRANDDE qui conseillait les entreprises souhaitant ancrer la transition écologique, énergétique et démocratique dans leur stratégie dentreprise.
Jaimerais revenir quelques secondes sur la question soulevée par le Front National qui nous affirme que le nucléaire est une énergie non subventionnée et que cest lénergie de lavenir. Vous savez peut-être que cette filière est à la recherche de 100 milliards deuros environ pour prolonger la durée de vie de ses centrales et gérer ses déchets. Quest-ce que cela veut dire ? Tout simplement que, depuis 50 ans, EDF a vendu de lélectricité sans facturer ce qui permettra de renouveler son parc de production et sans organiser sérieusement la gestion des déchets ni le démantèlement des centrales.
Oui, cest vrai, le nucléaire nest pas subventionné directement, même si, quand on regarde bien toute la politique de recherche, il y a quand même des subventions à ce type dénergie, mais il sagit bien dune filière qui a fait le choix du court terme et qui reporte le coût et les impacts environnementaux sur les générations futures.
Cest le propre du modèle du passé, le modèle que la stratégie de développement économique de la Région propose de dépasser.
Quant à la fusion, puisque cela a été cité, je voudrais simplement rappeler que cest ainsi que fonctionne notre soleil. Le rêve de maîtriser ce phénomène physique relève pour le moment de la science-fiction et ce nest pas là-dessus que lon doit baser des politiques publiques.
Pour notre schéma, simplement pour revenir un peu sur la volonté et lorientation de transition écologique, pour aboutir à cela, nous pensons que toute aide régionale économique doit être compatible avec cette orientation. Par exemple, nous nous réjouissons que les aides économiques à la rénovation ou à la construction de zones dactivité, plus généralement dimmobilier dentreprise, devront obéir à des conditions environnementales ambitieuses, quil sagisse de la performance énergétique, de la consommation de foncier agricole ou de la destruction de zones naturelles.
Léconomie circulaire sera au cur de la transformation des filières économiques. Il sagit, effectivement, de développer des ressourceries, comme le disait Monsieur GODEFROY, mais aussi et surtout daccompagner le mouvement des entreprises pour quelles consomment moins de matières premières et limitent leur consommation deau et dénergie, et ainsi que lon participe à la réduction de limpact environnemental de ces activités et à laugmentation de leur compétitivité. Cela permettra aux acteurs économiques de se positionner sur de nouveaux produits pour lesquels des marchés existent et se développent. Globalement, cela nous permettra dentrer dans le XXIe siècle.
(Monsieur François BONNEAU, Président du Conseil régional, cède le fauteuil de la présidence à Monsieur Marc GRICOURT, Premier Vice-président)
La responsabilité sociétale des entreprises est finalement le concept clé, le fil conducteur du SRDEII. Cela constitue une ambition forte que le groupe Écologiste a appelée de ses vux dès lorigine de la réflexion. Les acteurs économiques sont et seront les principaux acteurs de la transition écologique et sociale. La Région ne sera pas là pour les contraindre mais bien pour les accompagner et pour les stimuler.
Stimuler la responsabilité sociétale des entreprises, cest les accompagner dans la diminution de leur empreinte écologique, dans lamélioration de leurs conditions de travail et dans la formation de leurs salariés. Cest aussi les aider à maximiser leur impact territorial.
Dans ce processus de changement, les structures du développement économique, lAgence DevUp en tête mais aussi les chambres consulaires et les Intercommunalités, sont appelées à jouer un rôle clé. Là aussi, nous sommes conscients car la CRCI, la CRMA et plusieurs Intercommunalités sont déjà très engagées dans le développement de léconomie circulaire et dans une démarche vers le développement durable. Cela samplifiera avec la mise en uvre du SRDEII.
Je vous remercie.
M. GRICOURT, président de séance - Merci.
Mohamed MOULAY, vous avez la parole.
M. MOULAY - Merci, Monsieur le Président.
Chers collègues, les activités de léconomie sociale et solidaire restent un important levier pour le développement de notre territoire. Elles conjuguent développement économique, progrès social, progrès humains et une relation territoire en proximité. Notre action a permis le développement de léconomie sociale et solidaire. La Région est, avec lÉtat, le premier investisseur public dans le territoire et le premier partenaire de léconomie sociale et solidaire.
Notre action sinscrit pleinement dans vos engagements, Monsieur le Président : soutenir les nouveaux modèles de développement des entreprises, contribuer à élever la qualité de lemploi associatif. Le rôle de chef de file du développement économique de la Région a permis de nous mettre au travail avec nos partenaires, pour mieux ancrer léconomie sociale et solidaire dans lécosystème économique. Dans ce schéma, nous avons mis en place de nombreux outils pour permettre un écosystème favorable à lémergence et au développement de nouveaux projets, notamment en direction de linsertion par lactivité économique pour les personnes en difficulté.
Dans ce schéma, la Région confirme toujours son rôle de pilote en veillant au bon fonctionnement des activités de léconomie sociale et solidaire : soutenir, coordonner et mettre en réseau toutes les structures pour simplifier, faire de meilleures économies, gagner en efficacité et en efficience pour gérer mieux encore largent public tout en apportant des outils performants aux associations, aux entreprises, aux salariés en voie dinsertion et à tous ceux qui contribuent de près ou de loin à cette économie réelle dans notre territoire.
Notre cap est toujours le même, il est clair : favoriser la création avec des outils soutenus par la Région, tels que les couveuses dentreprise, les coopératives dactivité et demploi, les incubateurs à projets collectifs, la reprise-transmission dentreprise et les actions pour encourager lesprit dentreprendre, notamment chez les jeunes et chez les femmes.
Dans ce schéma, dans cette stratégie globale daccompagnement dans la proximité, nous continuons à soutenir lemploi associatif, les SCOP, les actions de lutte contre lexclusion, les réseaux dentreprises coopératives et jen passe. Nos finalités sont les mêmes : elles restent lemploi, lesprit dentreprendre et mettre léconomie au service de lhomme.
Merci.
M. GRICOURT, président de séance - Merci.
Nicolas FORISSIER, vous avez la parole.
M. FORISSIER - Merci, Monsieur le Président.
Jai bien regardé le schéma, jai écouté beaucoup de nos collègues : il y a un certain nombre de bonnes intentions. Je souscris à lidée générale que nous avons désormais, à la suite de la loi NOTRe, un couple qui est celui de la Région et de la Communauté de communes ou de la Communauté dagglomérations qui doit pouvoir fonctionner de façon assez efficace. Jen ai moi-même déjà fait lexpérience, en tant que président de Communauté de communes, dans le partenariat mis en place avec le Conseil régional pour relancer un site industriel.
Je ne vais pas revenir dans le détail, même si ce schéma reprend les termes qui rassurent, les mots-clés importants pour certains de nos collègues de lactuelle Majorité et je ne vais pas parler de paroles un peu trop lénifiantes. Même sil y a ces quelques défauts, je ne vais pas revenir dessus.
En revanche, je suis très surpris, et je veux y insister, Monsieur le Président, mes chers collègues, par le fait que la loi NOTRe prévoit que le SRDEII doit permettre un développement économique « équilibré » des territoires. Or, jobserve quil ny a pratiquement pas un mot sur les disparités de développement économique territorial de notre territoire régional.
(Monsieur Marc GRICOURT, Premier Vice-président, rend le fauteuil de la présidence à Monsieur François BONNEAU, Président du Conseil régional)
À la fin, dans les derniers paragraphes du document, il est vaguement dit : « Oui, nous allons faire quelque chose sur la solidarité territoriale
le Sud, etc. »
Je ne vais pas faire selon les vieilles traditions, et je mexprimerai notamment au nom de Laurence RENIER, mais celui qui parle du Sud et qui explique : « Nous sommes les pauvres, il faut nous aider », cest une vieille tradition bien connue dans notre hémicycle. Je voudrais quand même souligner que cest important, notamment en matière de développement économique.
Monsieur le Président, vous venez de revenir. Jévoquais récemment un dossier sur lequel nous avons travaillé ensemble. Jai été extrêmement reconnaissant, je le redis publiquement, de limplication de la Région, de ses services et de vous-même. Cependant, il faut que lon comprenne bien que, dans un schéma de développement économique régional, il doit aussi y avoir cette dimension déquilibre territorial.
Laxe ligérien a une capacité endogène de développement. Cest beaucoup plus difficile quand vous êtes dans le Sud de lIndre, dans le Sud du Cher, voire dans la Sologne des Étangs, mon cher Guillaume.
À mon avis, le gros défaut de ce schéma, mais peut-être pourrez-vous le corriger dans une fiche daction un peu musclée, est quil devrait apporter une réponse à la nécessité de la solidarité territoriale ; sinon, vous aurez forcément une partie de la Région qui ne vous comprendra pas, y compris les acteurs économiques.
Personnellement, je ne suis pas très enclin à le voter en létat parce que je trouve quil manque cette dimension. Il a été proposé par les Conseils départementaux du Cher et de lIndre davoir des mesures qui permettent ce rééquilibrage, par exemple sur limmobilier dentreprise, en retrouvant une mesure comparable à ce qui se faisait autrefois avec le FERI* et qui nous permette daller plus loin ; sinon, nous aurons toujours un retard, toujours !
Monsieur le Président, je voudrais vous dire quil y a besoin de plus dambition sur la solidarité à légard des départements ou des zones de notre région manifestement beaucoup plus défavorisés. Je vous le dis avec force.
Jaurais voulu vous parler de lagriculture et de linternational. Nous le verrons à loccasion des fiches-actions, il y a aussi beaucoup de choses à dire mais je voulais insister sur cette nécessité de réintroduire dans ce schéma en tout cas, jespère que vous pourrez le corriger dune autre façon la notion, à mon avis traitée de manière tout à fait secondaire, de solidarité avec les territoires du Sud.
M. le Président - Jaurais envie de participer en direct à cet échange fondamental : je le ferai au terme des interventions.
Monsieur ROIRON, vous avez la parole.
M. ROIRON - Monsieur le Président, quand on parle déconomie, cest-à-dire demploi, cest-à-dire de la vie de tous les jours, certains ont évoqué le fait quil fallait parler de façon équilibrée : je dirai quil faut parler de façon raisonnable et efficace.
Ce que lon évoque ce matin regroupe trois aspects : la loi NOTRe, le dialogue et lefficacité.
La loi NOTRe a été, il faut le dire, approuvée très largement au Parlement à la fois par la Majorité parlementaire et par lOpposition.
Quest-ce que la loi NOTRe ? Cest tout simplement ce que nous, les acteurs économiques, nous réclamions depuis un certain temps, à savoir le fait quil y ait deux portes dentrée : lIntercommunalité et la Région. Cest fondamental et ce matin, je regrette que peu dentre nous lait évoquée, mais cest un moment décisif pour nos territoires.
Il y a donc la loi NOTRe mais également la méthode employée pour travailler sur cet aspect dans notre région. Des centaines de personnes ont été rencontrées car elles sont venues participer aux six états généraux tenus en un an : il me semble important de le noter. Cela na pas été élaboré entre élus dans un coin, mais avec les industriels, avec des PME et de grandes entreprises. Nopposons pas les grandes et les petites entreprises, tout le monde a besoin de développement économique et de tracer des perspectives.
Or, il faut les tracer pour tout le monde. Il a été évoqué le fait que, si une entreprise venait dans un territoire ou dans un autre, cétait le bien de notre région. Oui, cest bien davoir des entreprises sur des axes plus forts, tels laxe ligérien et le nord de lEure-et-Loir, mais ce nest pas parce que certains iraient moins bien que dautres iraient mieux ; il faut le dire. Nopposons pas lurbain au rural ni les petites entreprises aux grandes entreprises. À travers ce schéma, nous avons coécrit lavenir de notre développement économique dans notre territoire.
Un troisième aspect me semble important. Je suis élu dune Intercommunalité et je sais que nous attendons depuis longtemps une SEM patrimoniale mais, malheureusement, des territoires nen ont pas. Cest un aspect très attendu par tous les collègues élus dans les départements, notamment dans des parties qui ne sont pas agglomérées. Oui, nous avons besoin dune SEM patrimoniale régionale qui nous aide à construire, à investir et à faire venir des entreprises.
Il a été évoqué les manques. Il y en a toujours, nimporte où : il ne faut jamais loublier et nous devons rester modestes sur ce plan. Noublions pas la possibilité financière quamène la Région sur le développement numérique. En tant quélu, je sais ce que cela représente pour mon territoire.
Merci à vous.
M. le Président - Merci, Monsieur ROIRON.
Monsieur COLOMBIER a la parole.
M. COLOMBIER - Merci, Monsieur le Président.
Nous avons déjà abordé ce schéma régional lors de la réunion avec le CESER. À lépoque, nous vous disions quil était difficile de se prononcer car rien de concret ne ressortait du document que vous nous aviez fourni. Aujourdhui, pour une grande part, cette remarque tient toujours. En fait, vous voulez faire du neuf avec du vieux et rien de bien nouveau napparaît dans ce schéma régional.
On note quand même ici ou là déventuelles évolutions futures dans vos procédés dactions, mais sans que tout cela ne soit clairement développé.
En réalité, on na vraiment pas limpression que ce schéma soit le reflet dune nouvelle politique ; il sagit plutôt dun document vendant lillusion dune nouvelle politique ambitieuse. Par exemple, dans le plan initial de votre document, on peut lire que « dans les grands principes daction et de pilotage, il est prévu de diversifier des outils dingénierie financière ». Sur le principe, cest intéressant, et nous appelons régulièrement à ce que les collectivités se placent aux côtés des entreprises, notamment des PME, pour les aider autrement que par le strict subventionnement.
Il est primordial pour une entreprise, surtout sil sagit dune petite structure en début de vie et évoluant dans un contexte économique complexe, davoir des capitaux propres sains. Sur ce point, il est évident que le Conseil régional peut avoir un véritable rôle à jouer, dautant que les banques sont particulièrement frileuses à proposer des prêts, notamment à ces structures. Toutefois, en lisant ce que vous nous proposez, on ne peut quêtre déçu : à part les grands principes de lingénierie financière, vous ne proposez rien de concret.
Or, si ces mécanismes peuvent avoir une grande utilité et une grande efficacité, ils peuvent aussi être particulièrement risqués et il faut pouvoir mesurer ce risque : il faut savoir ce que lon veut faire, de quelle manière et surtout avec qui. Les mauvaises expériences dans ce domaine ne manquent pas, que ce soit en France, en Europe ou dans dautres pays du monde dailleurs. Il ne faudrait pas que, sous couvert dexpertise, le Conseil régional du Centre-Val de Loire se retrouve à jouer les apprentis sorciers.
Encore une fois, nous ne disons pas que ces mécanismes ne doivent pas être exploités et utilisés, mais simplement quils demandent une certaine prudence, du fait de leur complexité. Or, à lheure actuelle, nous regrettons de ne pas avoir plus dinformations sur ce que vous appelez « la diversification de lingénierie financière » que la Région utiliserait potentiellement dans le cadre de ce nouveau schéma régional.
Là encore, rien de nouveau, parce que nous avions ces informations auparavant au compte-gouttes et il semblerait quavec ce nouveau schéma, ce soit malheureusement toujours le cas.
Je vous remercie beaucoup.
M. le Président - Merci, Monsieur COLOMBIER.
Madame GOMBERT a la parole.
Mme GOMBERT - Merci, Monsieur le Président.
Chers collègues, je me réjouis de noter dans les grands principes daction et de pilotage que la spécificité des territoires sera tout particulièrement prise en compte, avec une attention marquée pour les territoires du Sud de la région. En effet, ceci est essentiel, vital pour ces territoires du Sud qui ont su être novateurs, qui ont mis en place des actions et des expérimentations novatrices ; cest le cas du PNR de la Brenne qui, dès 1992, a créé la Maison des entreprises, a su accompagner la création et le développement de toutes les actions économiques du PNR.
Cette Maison des entreprises a mis en place la première plateforme dinitiatives locales du département de lIndre, ainsi que des ateliers de gestion qui ont permis, au début du boom de linformatique, de former à ces outils tous les entrepreneurs au plus près de chez eux et de les accompagner dans la gestion, en partenariat avec les chambres consulaires qui venaient y tenir des permanences.
Le PNR, précurseur et novateur, avait déjà réalisé cette intégration, y compris léconomie sociale et solidaire que ce Schéma régional prône.
En lien avec les services économiques de la Région, je veux donc insister sur la nécessité absolue de conforter la plateforme « Initiative Brenne » qui joue un rôle économique et social vital pour ce territoire confronté à de gros problèmes de mobilité. Pour continuer à être un levier de modernisation et de développement économique, il faut effectivement prendre en compte la formation initiale et continue au plus près des territoires. Il est essentiel dêtre toujours très réactif, comme vous lêtes, en mettant en place des formations, en prévision des évolutions et des spécificités de chaque territoire.
Je me félicite des orientations rappelées en préambule par Harold HUWART et je suis persuadée que ce schéma permettra de continuer à soutenir les expérimentations et les actions, du PNR en particulier, pour la qualité de vie, du développement économique et de la formation. Ce schéma permettra de soutenir léconomie du territoire en prenant en compte les gros problèmes de mobilité qui ne peuvent être comblés que par le très haut débit que nous accompagnons mais surtout et aussi par des services et des formations au plus près des habitants.
Je vous remercie vivement, Monsieur le Président, et, comme mes collègues, je remercie très sincèrement tous les services qui ont uvré à ce schéma depuis un an.
Merci.
M. le Président - Merci, Madame GOMBERT.
Madame de CRÉMIERS a la parole.
Mme de CRÉMIERS - Merci, Monsieur le Président.
Le tourisme et lalimentation sont deux politiques économiques qui participent à part entière à lobjectif général de ce schéma qui est celui de la transition écologique de léconomie.
La stratégie du tourisme doit soutenir un modèle de développement durable des territoires de manière immédiate parce que le tourisme participe à la valorisation et à la préservation des patrimoines historiques, culturels et naturels et surtout parce quil participe à lamélioration de la qualité de vie des habitants de la région grâce au développement économique local et à lenrichissement culturel. Il favorise la création et le maintien demplois non délocalisables et cest par la fidélisation des visiteurs que le tourisme visera la stabilité économique qui permettra doffrir des emplois durables et stables.
Cest la raison pour laquelle la Région, dans le cadre de lélaboration de ce schéma et plus particulièrement sur le tourisme, sest coordonnée et se coordonnera avec lensemble des partenaires institutionnels qui partagent cette compétence, afin de créer un contexte économique local favorable à la stabilisation dun nombre croissant demplois dans le secteur du tourisme.
Pour cela, lensemble des orientations visera à créer les conditions nécessaires à la fidélisation. Il sagit daugmenter la qualité de laccueil, daméliorer loffre touristique sur tout ce qui permet de fidéliser les touristes, au premier rang desquels se situe la restauration.
Enfin, loffre dhébergement doit continuer à se développer dans quasiment tous les territoires, notamment dédiés aux jeunes et aux familles. De son côté, la stratégie alimentaire vise aussi à cette transition écologique en rapprochant les producteurs des consommateurs, afin de relocaliser lactivité liée à lalimentation.
Il sagit aussi de permettre aux consommateurs de se réapproprier leur alimentation, soit directement au sein des familles, soit à travers les cantines scolaires, au premier lieu desquelles celles des lycées.
Se réapproprier son alimentation, quest-ce que cela signifie ? Cela veut dire de savoir avant tout ce que lon mange. Le Forum agriculture a mis en avant la nécessité de mieux informer les consommateurs sur la provenance et la composition exacte des produits.
Cela veut dire aussi avoir le pouvoir de choisir des aliments issus de lagriculture paysanne, de lagriculture biologique, transformés sans additifs, sans OGM et à un prix accessible. Cela passe par plusieurs processus dévolution volontaire, qui peuvent concerner les artisans et les PME ou PMI de lagroalimentaire qui souhaitent évoluer vers des transformations à zéro additif et des approvisionnements de proximité. Cela concerne des consommateurs qui souhaitent la diversification de leur régime alimentaire et une augmentation des repas préparés à partir de produits bruts. Enfin, cela entraîne le soutien de la multiplication actuelle, que lon observe, des initiatives collectives et citoyennes en matière dalimentation.
Merci beaucoup.
M. le Président - Merci, Madame de CRÉMIERS.
Monsieur de GEVIGNEY a la parole.
M. de GEVIGNEY - Merci, Monsieur le Président.
Je reviens sur le regret davoir vu un vu déposé par le Front National refusé, pour un motif dhoraires. Je prends acte du respect des règles. Néanmoins, on peut se demander si cest réellement un motif dhoraires ou si lon peut y voir peut-être un certain embarras de lExécutif et tout particulièrement du groupe Écologiste par rapport au texte de ce vu, qui tombe sous le sens de la logique et de la réalité.
En un mot, lors de la Commission permanente du 8 juillet 2016, le Front National avait déposé un amendement, rejeté car jugé hors de propos et protectionniste, visant à instaurer des critères démission de CO2 pour les projets de centrales photovoltaïques, auxquelles la Région Centre-Val de Loire apporte son concours financier.
Un mois après, le ministère de lÉcologie, via la Commission de régulation de lénergie, publiait le cahier des charges de son appel doffres « autoconsommation photovoltaïque » dans lequel on peut lire page 8 que « les projets retenus devront avoir un impact carbone inférieur à 750 kilogrammes CO2 par kilowatt-crête », soit exactement le même indicateur que nous proposions dinstaurer un mois avant.
En effet, cette clause a été clairement identifiée par les professionnels du secteur comme une mesure de protection visant à favoriser la production française de cellules photovoltaïques. Cest dailleurs également linterprétation quen fait Bloomberg New Energy Finance dans son analyse du marché photovoltaïque au troisième trimestre 2016.
On peut aussi noter quaprès avoir laissé lindustrie européenne du photovoltaïque mourir à petit feu pendant de nombreuses années face au dumping chinois, la Commission européenne sest finalement décidée à mettre en place en 2013 un prix plancher sur les panneaux en provenance de Chine, annulant ainsi la quasi-totalité de lécart de prix qui pouvait exister avec notre production.
Le magazine Photon International de juillet 2016 révèle même quen Allemagne, les modules « from Europe » sont passés sous le prix des modules « from China ».
Ainsi, Monsieur le Président, il ne faut pas confondre le prix du devis de linstallateur EDF Énergies nouvelles pour une centrale complète, comme a pu le laisser entendre Monsieur Jean-Philippe GRAND dans un entretien accordé à La République du Centre, avec le prix des panneaux fabriqués en France que nimporte quel professionnel peut acheter, à condition quon lui en fasse la demande. Car, là encore et contrairement à ce qui a pu être dit dans la presse, les panneaux du fabricant français Photowatt ne sont absolument pas réservés à EDF Énergies nouvelles. On retrouve même des cellules Photowatt dans les panneaux de marque Sillia assemblés en France.
Au regard de tous ces éléments, nous considérons que notre collectivité ne peut plus se permettre de distribuer des subventions de façon erratique, au risque de contribuer au financement de projets dont limpact carbone serait carrément négatif.
Nous renouvelons donc, Monsieur le Président, notre volonté de voir retenir le même critère que le ministère de lEnvironnement pour tous les projets de centrales photovoltaïques que nous serions amenés à subventionner, soit 750 kilogrammes CO2/kilowatt-crête, selon la méthode de lévaluation de carbone simplifiée.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Monsieur de GEVIGNEY.
Monsieur ROULLET a la parole.
M. ROULLET - Merci, Monsieur le Président.
Je regrette que Monsieur PELTIER ne soit pas là parce que cest un peu un commentaire sur son intervention mais je pense que mes propos lui seront répétés fidèlement.
Monsieur PELTIER a effectivement critiqué ce quil appelle « le vieux monde ». Il a sans doute raison en disant que le modèle ultralibéral et le modèle socialiste sont dépassés. En même temps, je crois que nos concitoyens souhaitent de la constance et ne veulent plus de double discours. Là, on est effectivement dans un double discours parce que les propos tenus par Monsieur PELTIER à Paris, en particulier dans le cadre de la campagne des primaires, et les propos tenus ici ne sont pas les mêmes.
Ici, il nous parle de pragmatisme, de coconstruction. Au niveau national, il parle de tout autre chose en contradiction avec la coconstruction et le pragmatisme.
Il défend encore le vieux monde, puisque les réformes quil soutient, cest la retraite à 65 ans, la fin des 35 heures, la suppression dun nombre très important demplois dans la Fonction publique ; cela fait partie du vieux monde. Il ne peut pas prétendre ici être en rupture avec le vieux monde et le défendre nationalement.
M. le Président - Merci, nous en avons donc terminé avec les prises de parole dans le cadre de ce débat.
Jinvite le Vice-président en charge de léconomie à apporter quelques éléments de réponse. Ensuite, je dirai un mot, puis nous aborderons les amendements déposés.
M. HUWART - Merci, Monsieur le Président.
Dans les différentes interventions, deux points méritent une petite clarification de notre part.
Le premier, cest que ce texte ne serait quun catalogue de bonnes intentions. À écouter certaines interventions, lExécutif régional se serait réuni pour écrire un texte de 100 pages avec bien des généralités et tout ce qui serait passé par la tête des uns et des autres.
Nous navons pas tout à fait forcément lu le même document. En tout cas, celui que nous avons élaboré a fait lobjet dun vrai travail de coécriture avec les partenaires. Tout le monde a bien compris quil servira de socle et de base aux conventions qui seront conclues avec les Intercommunalités de la région et les partenaires économiques, principalement les réseaux consulaires et lensemble de nos acteurs, y compris bancaires, avec lesquels la Région va globaliser et modifier ses conventions.
Tout ce qui a été écrit, même si un degré de généralité est parfois rendu nécessaire par lobligation dinscrire notre action dans le temps et de prendre en compte le maximum de réalités derrière le choix des mots que nous avons opéré, ce sont bien des mots qui ont été pesés, des phrases qui ont été négociées. Ici, peut-être quelles ne vous parlent pas, à vous, mais elles parlent très concrètement aux partenaires et aux acteurs avec lesquels nous travaillons. Ils y ont vu le point de départ du conventionnement, du partenariat qui va être écrit et complété avec le Conseil régional.
Il ny a pas rien dans ce schéma, il y a énormément de choses extrêmement précises, des orientations qui définissent des axes extrêmement lisibles pour qui connaît laction du Conseil régional, et qui donnent une orientation extrêmement claire.
Certains points méritent dêtre rappelés. Jai été très sensible aux questions de Monsieur FORISSIER et de Madame GOMBERT sur la solidarité territoriale. Nous avons signalé le rôle du Fonds Sud à lintérieur du schéma mais, plus globalement, je voudrais rappeler quune fois de plus, le Fonds Sud, même dans son acception la plus large, cest 4 millions deuros par an. La politique de solidarité territoriale de la Région, cest 80 millions deuros par an. À lintérieur de notre politique économique régionale, lessentiel du choix que nous avons fait est dabord de passer par des conventionnements avec les différents territoires. Le but que nous poursuivons dans cette politique est de faire du sur-mesure, de conclure des conventions, de donner des moyens qui ne seront pas les mêmes, de poursuivre des priorités qui ne seront pas les mêmes, selon que lon discutera avec lAgglomération dOrléans ou avec celle dArgenton-sur-Creuse.
Tout nest pas marqué à lavance dans ce schéma, mais il faut être conscient que notre volonté est de donner plus de moyens, notamment aux plus petites Intercommunalités, à celles qui sont pour linstant les plus marginales dans le champ du développement économique. Aller visiter les entreprises, suivre leurs projets, discuter pour leur compte avec les banques et avec les chambres, cest généralement le travail du maire ou du vice-président à léconomie dans la communauté de communes, qui ne peut pas, lui, se reposer sur une armada de chargés de développement économique, comme dans certaines grandes agglomérations.
Là, cest notre préoccupation fondamentale, que nous allons traduire très concrètement en matière danimation, dévénementiels économiques, de construction de réseaux locaux, en matière de moyens mis à la disposition des Intercommunalités pour le recrutement, la formation et lanimation de chargés de développement économique chez vous, dans les Intercommunalités. Cest vraiment notre philosophie.
Cest ce que nous poursuivons, parce que lobjectif est le développement de lensemble du territoire et laccès à un réseau coordonné de développement économique et danimation économique de lensemble des partenaires, y compris les plus petits. Cest un point fondamental.
Jacques MARTINET a demandé ce qui différencierait la région Centre-Val de Loire des autres pour un entrepreneur qui aura un projet à localiser en France. Cest une question fondamentale à laquelle nous avons voulu répondre. À ce sujet, le schéma est dune clarté totale : ce que nous voulons, le but que nous poursuivons, cest avoir un accompagnement unique structuré des chefs dentreprise dès le premier appel. Lobjectif est la cohérence et la réactivité. Il est évident que notre Région nest pas la plus grosse et nest, de toute manière, pas celle qui mettra le plus de moyens sur lensemble des projets économiques, même si je conteste certains chiffres sur le rôle des aides économiques de la Région qui seraient de 0,15 % du PIB ; cela ne fonctionne pas ainsi, sauf si lon voit les choses dune façon très soviétique, pour le coup, même si vous dites keynésienne. Le véritable rôle qui doit être le nôtre, la plus-value qui doit être celle de la Région, celle qui fait quun chef dentreprise préférera être chez nous, cest que nous serons en capacité de répondre plus rapidement et de donner tout de suite une réponse parce que nous parlons entre nous, parce que les chambres, les Intercommunalités, la Région ont lhabitude de se parler, de se connaître et de mobiliser les acteurs bancaires et les acteurs de formation et du recrutement.
Dailleurs, dans les cas que nous traitons et où nous obtenons chaque fois des résultats, Monsieur FORISSIER pourrait en témoigner, quest-ce qui fait que nous parvenons à convaincre, comme cela a été le cas chez vous, un groupement de chefs dentreprise de venir sinstaller chez nous ? Cest quà un moment donné, nous nous parlons et nous donnons une réponse claire : oui pour le bâtiment, oui pour la formation, non pour autre chose. Au moins, tout de suite, sans quil soit nécessaire de revenir 50 fois dessus avec des acteurs différents qui ne disent pas toujours la même chose, la réponse est là, claire et nette, sur des projets où nous devons répondre avant les autres parce que nous serons plus unis, plus cohérents et plus rapides.
Cest laspect essentiel.
Le deuxième point qui ma un peu fait sourire, cest la présentation faite de ce schéma : maintenant, merci davoir réfléchi, il est temps de passer à laction.
Le débat budgétaire qui va commencer dans une heure témoigne largement du fait que nous avons pris le temps nécessaire découter, de discuter, de prendre en compte la pluralité des projets, des stratégies, des idées des uns et des autres. Pour ma part, je ne regrette aucune des 150 réunions auxquelles, avec François BONNEAU, nous avons participé, aucune des centaines dheures que nous avons passées à cette affaire. Cela nous a permis de prendre en compte non seulement les spécificités de chacun mais également la complexité de lensemble de nos partenaires et de leurs actions. Nous navons pas attendu la conclusion de ce schéma, comme nous lavions dailleurs dit, pour engager des actions.
Au 1er janvier, lagence sera opérationnelle. Tout le travail de ressources humaines et de recherche dimplantation immobilière, et le travail juridique sont bouclés. Les conventions avec les Intercommunalités et les réseaux consulaires sont en cours de discussion et aboutiront au tout début de lannée. Ce nest pas un travail que nous allons engager, il lest déjà largement. Dailleurs, le schéma de développement économique présente la liste des chapitres qui structureront toutes ces conventions avec leurs aspects animation, immobilier et aide aux petites entreprises, aux commerces et à lartisanat.
Monsieur COLOMBIER, vous vous interrogiez au sujet de lingénierie financière pour savoir où nous allions dans ce domaine. La réponse est extrêmement claire : nous avons ici en Région Centre une volonté de structurer des fonds de financement avec des partenaires bancaires publics (BPI, Caisse des Dépôts et Consignations) mais aussi de plus en plus systématiquement avec des partenaires bancaires privés.
Nous lavons fait avec le fonds French Tech cet été : 21 millions deuros au service de start-ups innovantes. Nous lavons fait avec le fonds damorçage technologique de capital-risque, le deuxième que nous avons mis en place et sur lequel nous sommes en train de sélectionner le porteur de projet : 20 millions deuros mobilisés. Nous le ferons dès janvier, si vous votez le budget, avec un fonds de croissance TPE, puisque cétait lun des points qui nétaient pas présents dans notre offre de fonds de financement : les TPE, le commerce et lartisanat, ce sera 5 millions deuros, avec la BPI pour financer la création, la transmission et le développement de projets de commerces et dartisanats de centre-bourg et de centre-ville. Nous allons aussi le faire avec un fonds FEDER Innovation qui mobilisera des fonds européens au service de linnovation.
Quelle est la philosophie derrière ? Quel est notre objet ? Cest que nous souhaitons sortir dune culture de la subvention publique, de laide directe pour entrer dans une culture de linvestissement public, où largent de la Région, à parité avec celui des grands acteurs institutionnels que nous entraînons avec nous, sert à mobiliser plus de fonds privés. Cest le cas chaque fois. Sur des fonds, comme le fonds French Tech, nous mobilisons 3 millions deuros de crédits régionaux, voire de fonds européens. Derrière, la BPI, la Caisse des Dépôts et Consignations mettent des sommes équivalentes.
Lensemble de ces sommes publiques permettent de lever au total 21 millions deuros dargent privé. Ce sont des sommes qui ne sont pas simplement attribuées sous forme de subventions à des entreprises mais qui servent dinvestissement, de prise de capital et qui restent la propriété de la Région. Elles reviendront au sein du fonds un jour et continueront à porter leurs effets.
Nous pratiquons de la même manière avec la SEM patrimoniale. Dans le budget que nous allons voter, nous aurons les moyens de mettre 5 millions deuros supplémentaires pour structurer la SEM patrimoniale, la mettre en rapport avec les SEM existantes, donc avoir un outil. À vue de nez, son capital pourrait aller à 50 millions deuros, ce qui ne sest jamais vu en région Centre. Ce sera très important pour les Intercommunalités, notamment les plus petites, celles qui nont pas spontanément 5 millions deuros ou 3 millions deuros à mettre cash ni à emprunter auprès de la Caisse des Dépôts pour un projet immobilier dentreprise.
Tout ce travail est en cours. Nous avons mis les moyens pour lobtenir.
Dans le budget qui sera voté, nous avons dit non seulement que nous allions compenser lintégralité des désengagements des Conseils départementaux, quils soient dus à la décision de certains ou aux effets de la loi NOTRe, mais en plus que nous mettions en avant certaines priorités : le doublement du budget agricole, le doublement du budget commerce et artisanat, le doublement des aides à linnovation. Nous lavons déjà fait.
Ce travail est en cours. La dynamique est là, nous mobilisons des moyens considérables, en tout cas sans commune mesure avec ceux que la Région avait réussi à mobiliser par le passé.
Le véritable enjeu derrière est que ce schéma nest pas simplement un document dintentions mais bel et bien le cadre dans lequel sinscrit une action qui a déjà commencé, qui a déjà mobilisé avec nous lensemble des acteurs économiques. Ils ont tous donné leur accord et je salue limplication notamment des Agglomérations et des Intercommunalités qui, réunies deux fois de suite en CTAP dans cet hémicycle même, ont donné leur accord pour travailler avec la Région et participer à laction de lagence.
Le coup de départ est donné.
Je prends rendez-vous avec Jacques MARTINET lannée prochaine pour faire le bilan. Je pense quil sera tout à fait à lhonneur de la Région.
M. le Président - Avant de proposer lexamen des amendements et sans en ajouter beaucoup sur lessentiel du débat, sur les réponses très précises qui viennent dêtre apportées par Harold HUWART, je peux vous dire que ce que nous faisons ce matin, parce que cela a été lobjet de très larges concertations, est suivi de très près par les acteurs économiques de cette région.
Je pense à ceux qui structurent léconomie régionale, aux pôles de compétitivité avec lesquels nous travaillons et aux entreprises et laboratoires quils fédèrent. Je pense aux clusters qui constituent manifestement des organisations extrêmement puissantes et qui donnent de lénergie à chacune des entreprises. Je pense à cette économie résidentielle, par rapport à laquelle lartisanat est une ressource tout à fait centrale. Je pense aux services.
Ce qui est aujourdhui en débat, ce cadre dont vient de parler Harold HUWART, constitue à lévidence un préalable à la mise en uvre très concrète des plans dactions qui seront présentés dans les toutes prochaines semaines dans les commissions permanentes. Cela avance.
La méthode de concertation nest pas « one shot ». Cest dans le document : nous avons créé une Conférence régionale du développement économique. Elle se réunira régulièrement et annuellement, nous pourrons faire le point sur les objectifs à préciser pour la période qui souvre et sur le bilan.
Pour terminer, je voudrais évoquer deux éléments.
Dune part, nous avons très bien travaillé avec les chambres consulaires. Ce nétait pas évident. Il y avait des renouvellements des chambres consulaires. On aurait pu, au mauvais sens du terme, voir notre travail politisé, tiré à hue et à dia. Cela na jamais été le cas dans les débats internes et cela montre lintérêt de faire partager nos objectifs. Je pense à lensemble des organismes structurés pour porter le développement économique.
Dautre part, par rapport à la question du Nord/Sud, ce schéma est très attentif à la différence de capacité des territoires à porter le devenir économique. La logique Nord/Sud nest pas celle qui rend compte de toutes les différences. Très franchement, peut-on dire à Dreux quil y a une logique Nord/Sud pour le développement économique ? Peut-on dire à lAgglomération montargoise quil y a une logique Nord/Sud dans le développement économique ? Non, ils sont parmi les territoires les plus impactés par le chômage ; ils sont des territoires qui ont connu leffet de la désindustrialisation dans lélectronique et des évolutions dans le domaine de la pharmacie. Il y a bien cette réalité, il faut y répondre en mettant de lénergie sur les secteurs qui ont véritablement des enjeux et des défis plus forts quailleurs, et qui ont la volonté davancer.
Je sais que ce nest pas du tout lesprit de Nicolas FORISSIER, donc ce nest surtout pas un procès dintention, mais une logique Nord/Sud qui dirait « on subventionne, on met plus dargent parce que là-bas, ils en ont besoin » risquerait, au contraire, de stériliser ces territoires.
Une logique de soutien aux pôles qui connaissent plus de difficultés à avancer serait, par exemple, sur des situations que nous avons connues. Cela avait été débattu ici, avec lappel à projets « Innovation ». Quand nous avions quatre, cinq ou six fois plus de projets présentés par des territoires dIndre-et-Loire ou du Loiret que de lIndre, cétait un vrai sujet. La logique est daider et les moyens que nous mettons dans lagence contribueront à ce développement équilibré du territoire.
Nous sommes destinataires de trois amendements portés par lUDC. Le premier concerne lorientation, page 45.
Par qui est-il présenté ?
M. Charles FOURNIER - Je voudrais demander une petite interruption de séance pour notre positionnement sur ces trois amendements.
M. le Président - Trois minutes.
Je vous donnerai la parole dès que nous reprendrons.
(La séance, suspendue à 11 heures 54, est reprise à 12 heures 02)
M. le Président - Nous en étions à la présentation des amendements et je proposais au groupe UDC, par la voix de son Président, de procéder à la présentation de lamendement page 45, touchant à lorientation.
Amendement n° 1 présenté par le groupeUnion de la Droite et du Centre
M. PELTIER - Merci, Monsieur le Président.
Il sagit pour notre groupe de soumettre au débat et à votre vote une proposition très concrète. Nous lavons testée en Sologne, pour notre part. Nous savons aussi quil existe ce type dapplication dans lensemble de la région et du territoire national.
Charles FOURNIER, avec qui jéchangeais à linstant, méclairait aussi sur des initiatives récentes portées par de jeunes entrepreneurs.
Lidée est toute simple : il sagit de sadapter à la réalité du terrain. Nous savons que les vieux modèles sont très abîmés. Nous ne prétendons pas avec ce type dapplication numérique apporter évidemment une solution complète à la faillite économique que nous connaissons dans notre pays. Lenjeu est de rapprocher loffre et la demande, les entrepreneurs qui cherchent activement à recruter et les demandeurs demploi qui cherchent activement à retrouver le chemin de lemploi.
Je prends lexemple que je connais le mieux : voici un an, pour la Communauté de communes et, au sens plus large, pour lensemble des Sologne réunies, nous avons développé pour tous les citoyens une application gratuite et téléchargeable sur iPhone, iPad ou ordinateur, sur laquelle lentrepreneur entre en temps réel son offre demploi. À lheure où je vous parle, 3 722 offres demploi y sont disponibles pour les Solognots dans un rayon de 40 minutes en voiture autour du lieu central. Cela permet chaque semaine à des dizaines et des dizaines de personnes de retrouver le chemin de lemploi par cette application concrète ; nous avons plusieurs témoignages.
Cela ne remplace pas tout, cela napporte pas une solution à tous les problèmes mais il nous semblerait opportun, dans le schéma dorientation, que la Région sengage à coordonner les différentes initiatives. Pour être très franc, je ne connaissais pas celle que mévoquait Charles FOURNIER, probablement pas plus que certains dentre vous navaient connaissance de lapplication que nous avons développée en Sologne. Lidée est que la Région puisse créer un portail régional unique daccès sur le plan numérique à toutes les offres demploi disponibles dans le territoire.
Tel est le sens de lamendement que nous présentons et que nous soumettons à vos suffrages.
M. le Président - Merci de cette présentation.
Qui souhaite prendre la parole ?
Monsieur Charles FOURNIER, vous avez la parole.
M. Charles FOURNIER - Merci, Monsieur le Président.
Nous navons pas dopposition de fond sur lidée dapplications qui pourraient venir en complément au service de lemploi mais jénoncerai au moins cinq points qui font que nous ne soutiendrons pas cet amendement.
Premièrement, nous ne sommes pas encore en charge de lemploi dans notre Région. Là, il sagit dun Schéma régional de développement économique qui me paraît être un sujet assez différent de cette application que vous souhaiteriez y insérer.
Deuxièmement, effectivement, il existe une application « Bob Emploi » qui vient dêtre lancée par Paul DUAN, un jeune entrepreneur, et qui a été montée en partenariat avec Pôle Emploi. Elle est déjà déclinée partout puisque, dans toutes les agences Pôle Emploi, il faut passer par la case « Bob Emploi ». Cest une sorte de coaching en ligne, de rapprochement des offres et de la demande, de la formation.
Chaque fois que lon invente des outils numériques, on pose des problèmes dinteropérabilité entre les outils. Pour moi, cest donc tout à fait précipité.
Troisièmement, il faut raison garder quant à ce que peut produire une application numérique : vous lavez un peu dit en fin de votre intervention, Guillaume PELTIER, cela ne remplace pas laccompagnement humain. Lenjeu est donc, par ailleurs, de ne pas détruire le nombre de fonctionnaires ni les emplois daccompagnement ; sinon, on fait prendre un risque.
Quatrièmement, une application ne crée pas demplois, même si celle-ci se rapprocherait peut-être des offres et des demandes. Notre sujet est au-delà de cette question de rapprocher offres et demandes.
Cinquièmement, la qualité des emplois me paraît être un sujet important. Il faudrait regarder, dans les 3 000 offres pour les Solognots, ce qui relève demplois précaires ou demplois vers lesquels on poussera des personnes dont le profil nest pas du tout celui-là.
Pour conclure, je ne suis pas contre les applications ni les algorithmes mais il faut un débat éthique autour de tout cela. Autour du caractère un peu prédictif qui risque denfermer des personnes dans des profils, il y a beaucoup de limites.
Même si lidée en soi pourrait être étudiée, à mon avis, elle nest pas dans le sujet.
Pour toutes les raisons que jai évoquées, notre groupe votera contre cet amendement.
M. le Président - Merci, Monsieur FOURNIER.
Madame GAUDRON, vous avez la parole.
Mme GAUDRON - Je comprends tout à fait que cela vous tienne à cur, comme nous tous dailleurs, car nous avons bien conscience de la nécessité davoir des applications et des outils numériques pour aider nos concitoyens.
En fait, vous lavez dit vous-mêmes, tous, beaucoup dapplications fleurissent en ce moment : au niveau national « Emploi Store », « Bob Emploi » et même « Le bon coin » qui reste un outil où beaucoup de personnes trouvent un emploi, y compris en géolocalisant. Au niveau local, lapplication « 2000 emplois 2000 sourires » fonctionne. À Tour(s)plus, une autre sappelle « Agglojob », pour la Sologne des Étangs aussi. Il existe ainsi beaucoup dapplications.
Je suis moi-même sollicitée par des start-ups et des organismes nationaux nous proposent des développements sur la recherche demploi, des produits assez intéressants dailleurs. Je souhaite que nous puissions y réfléchir, dans le cadre du CPRDFOP (le Contrat de plan régional de développement des formations et de lorientation professionnelles) et dans les fiches-actions ; cela a vraiment un intérêt.
Cest à ce niveau que cette proposition a sa place plutôt que dans ce schéma stratégique. Cette proposition nest pas bien positionnée, même si elle a un réel intérêt.
Je confirme ce que dit Charles FOURNIER : ce nest pas magique ni mécanique, ce nest pas simplement une adéquation entre quelquun qui cherche un emploi et une entreprise qui lattend. On constate souvent le besoin daccompagner par de la formation plus ou moins longue. À ce titre, il faut bien réfléchir ensemble au cahier des charges qui portera cette application, qui me semble néanmoins importante et intéressante.
Cependant, nous ne voterons pas cet amendement puisquil na pas sa place pour linstant dans ce schéma.
M. le Président - Merci, Madame GAUDRON.
Monsieur CHASSIER, vous avez la parole.
M. CHASSIER - Monsieur le Président, plusieurs arguments ont été avancés.
Je dirais aussi que nous sommes dans un schéma dorientations : il y en a déjà 185 ; en faut-il une 186ème, si tant est que cela puisse être considéré comme une orientation.
Il ne faut pas transformer ce débat en concours Lépine des petites inventions ou propositions, dautant que ce type doutil existe déjà, comme cela a été dit. Il ne faut pas une concurrence dapplications, nous ne résoudrons pas tout de cette façon. Nous ne devons pas non plus, et cest un peu le sens de ce qui a été dit, aboutir à une « ubérisation » de Pôle Emploi, en quelque sorte.
Cest notre position et nous ne voterons pas cet amendement.
M. le Président - Merci.
Avant de mettre aux voix, je voudrais faire part dune réflexion : le numérique doit être présenté comme une opportunité cest le sens de ce qui est proposé et non comme « la » solution. Il est complètement légitime de se poser la question de tenter de résoudre, de réduire lécart existant entre les démarches faites par des demandeurs demploi et loffre demploi qui ne trouve pas réponse ; cest essentiel.
Cest la raison pour laquelle, par rapport à la responsabilité économique et à la responsabilité « emploi », il ne sagit absolument pas de régionaliser Pôle Emploi. Cette démarche vers lemploi, cette efficacité de laccompagnement vers lemploi doivent revenir à la responsabilité des Régions. Jai parlé précédemment des évolutions institutionnelles et de compétences. Nous ne pouvons pas avoir la responsabilité de lensemble de la formation initiale, continue, etc., la responsabilité du développement économique et ne pas accompagner cette jonction à travers les ressources humaines et cette jonction entre formation et développement économique. Je le revendique.
Je place lintention de cet amendement dans ce cadre pour dire que nous ne devons pas nous précipiter à poser aujourdhui quelque chose qui apparaîtrait comme un petit morceau, une petite pièce de puzzle à ce qui doit être véritablement structuré.
Je donne un exemple. Avec Isabelle GAUDRON, lorsque nous avons fait toutes ces démarches dans le territoire, les « Cordées des territoires », des chiffres nous étaient produits sagissant du besoin de main-duvre. Jen ai souvent discuté avec les responsables de lÉtat et de Pôle Emploi : cela ne reflétait pas la réalité des attentes des entreprises. On nous disait « voilà les besoins de main-duvre » et le panel de chefs dentreprise qui étaient présents nous portait des éléments fiables qui nétaient pas de même nature.
Il faut vraiment que nous ayons là-dessus une responsabilité, comme cela a été dit, et que nous puissions non pas « ubériser » Pôle Emploi, je ne pense pas quil sagisse de cela, mais faire un ensemble cohérent avec ce que nous faisons aujourdhui sur le GIP, dans la construction de ces rencontres dans le territoire, avec Pôle Emploi, pour obtenir un système beaucoup plus cohérent.
Je ne suis pas favorable à ce que lon ajoute une pièce qui accroîtrait. En revanche, il a été cité ici le CPRDFOP à linstant, dans le travail que pilote Isabelle GAUDRON, il y a une absolue nécessité à pousser cela très fort je sais que cest fait pour que nous puissions avoir une meilleure synergie, y compris territoriale, même si ce nest pas la seule, entre loffre et la demande.
Lesprit de cet amendement sintègre à lesprit qui nous anime en matière de développement économique et demploi. La réponse ne me paraît pas adaptée sous cette forme, mais la priorité est largement partagée.
Je mets aux voix.
(Mis aux voix, lamendement est rejeté)
Contre : Socialistes, Radicaux et Démocrates / Écologiste / Front National
Pour : Union de la Droite et du Centre
M. le Président - Nous passons au deuxième amendement qui porte également sur lorientation, page 46. Il est présenté de nouveau par Guillaume PELTIER.
Amendement n° 2 présenté par le groupeUnion de la Droite et du Centre
M. PELTIER - Merci, Monsieur le Président.
Nous considérons que la lutte contre le chômage et toute nouvelle politique de lemploi doivent marcher sur deux jambes :
celle du numérique, comme cela a été évoqué ;
celle de lenracinement, de la proximité avec les territoires et de notre capacité à nous appuyer sur les talents humains et les réussites.
Tout le monde le sait : Alex VAGNER a lancé dans lOrléanais une réussite que lon peut considérer ou qualifier dexceptionnelle dans le rayonnement que cette initiative a trouvé avec laccompagnement et le soutien de notre Région. Au nom de ce pragmatisme, nous avons tenté, ici ou là dans le monde rural, en Sologne en particulier, de multiplier ce genre dinitiative.
Pour le Forum des entreprises de Sologne, avec Constance de PÉLICHY et dautres élus, ce fut en cumulé pour les deux premières éditions près de 30 000 visiteurs dans le monde rural :
la première année, 182 Solognots ont retrouvé un emploi ou un apprentissage grâce à cet événement ;
la deuxième, 284 Solognots.
Près de 510 petites et moyennes entreprises en Sologne sur trois départements (le Loiret, le Cher et le Loir-et-Cher) sont fédérées. Cest un moyen quil nous semble opportun de développer dans lensemble du territoire régional, en mélangeant les styles et la nature même des événements. On na évidemment pas totalement la même approche quand on est à Orléans ou au cur de la Sologne, mais tout cela participe à cette politique de lemploi.
À travers cet amendement, nous aimerions que la Région adopte une politique cohérente et de constance dans lensemble du territoire, cest-à-dire que nous puissions savoir chaque année, à travers une dizaine de forums très bien répartis en fonction des bassins de vie et des bassins demploi, labellisés par la Région, quil existe une organisation cohérente de coordination de toutes les politiques de lemploi et de toutes les initiatives publiques et privées. En effet, tel est lesprit de ces forums que de savoir, en vallée du Cher, dans le Berry, dans le Perche, dans lOrléanais ou en Touraine, quun grand événement fédère chaque année lensemble des acteurs de léconomie et permet aux demandeurs demploi, aux acteurs de léconomie et aux entrepreneurs de se rencontrer et doffrir une dynamique.
Pour le coup, là où lapplication ne fait que mettre en relation loffre et la demande, ces forums de lemploi permettent de créer de lemploi, de la croissance et de la richesse. On a énormément dexemples concrets pour le Forum des entreprises de Sologne et on sait que cest similaire pour le salon « 2000 emplois 2000 sourires ». Il nous semblerait original, en 2017 puis 2018, dêtre la première Région de France à avoir une couverture cohérente dans lensemble du territoire de ce type de forums et dévénements labellisés de manière unique par la Région Centre-Val de Loire.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci.
Sur cet amendement, Madame GAUDRON vous avez la parole.
Mme GAUDRON - Nous pouvons nous satisfaire des deux amendements sur lorientation : on sent toute limportance de ce sujet, souvent au cur de problématiques identifiées. Je le trouve intéressant à ce titre, ainsi que le fait de reconnaître que la Région a un vrai rôle à jouer et quelle est en première ligne pour apporter des réponses.
Depuis longtemps, nous nous sommes engagés dans le cadre du Service public régional de lorientation. Cest lune des missions que nous avons dans ce SPRO avec les partenaires qui y participent dans lensemble du territoire régional, y compris dans les milieux les plus ruraux. Nous devons nous appuyer vraiment sur ce grand réseau.
Évidemment, je lai dit, le rapprochement des entreprises sur ces enjeux de formation et dorientation est une nécessité ; cest un enjeu, un vrai progrès. Pour beaucoup de nos concitoyens, jeunes ou adultes, le moment de la rencontre est crucial.
À ce titre, nous avons proposé - François BONNEAU et son Exécutif, nous nous sommes engagés et nous le mettrons en place de faire en sorte de déployer ces forums sous limpulsion et limage de « 2000 emplois 2000 sourires », en gardant cet esprit dun forum avec une entrée « entreprises ». Cest vraiment important et complémentaire des forums de lorientation qui existent par ailleurs.
Je lai dit en Commission permanente, nous sommes en réflexion pour réorganiser les forums de lorientation. À un moment donné, ces deux aspects devront être travaillés ensemble, il ne peut pas y avoir dun côté des forums de lorientation et de lautre des forums de lentreprise. Nous avons un travail commun à effectuer ensemble et nous devons le marquer dans nos intentions. Je suis très satisfaite de voir que nos propositions sont complètement appuyées par votre amendement.
Néanmoins, jai une petite remarque : je trouve cet amendement un peu personnalisé ; il existe des forums des entreprises ailleurs, dans dautres bassins, éventuellement plus discrets ou moins portés. Jen ai notamment un en tête qui a été une vraie réussite dans le bassin de Château-Renault.
Je souhaiterais sous-amender cet amendement en enlevant la notion de Sologne et en laissant simplement le titre « Les forums des entreprises » sans en citer un en particulier. Nous sommes dans le cadre dun schéma et il faut rester dans des aspects généraux.
Sur ce principe, nous pouvons accepter cet amendement sous-amendé.
M. le Président - Merci, Madame GAUDRON.
Monsieur FOURNIER, vous avez la parole.
M. Charles FOURNIER - Merci, Monsieur le Président.
Notre position sera un peu plus nuancée, même sil fait partie de nos projets de réfléchir plus globalement aux forums de lemploi et aux forums de lorientation. En même temps, pour nous, le schéma reste un temps qui donne le cap. Ensuite, nous aurons des fiches-actions dans lesquelles ils trouveraient sans doute leur place, pour peu que lon vérifie toutes les conditions de leur efficacité. À mon sens, le nombre de visiteurs nest pas le seul indicateur permettant de dire que cest une forme moderne qui fonctionne. Dautres éléments doivent être vérifiés : quest-ce que cela produit très concrètement ? La formule est-elle toujours autant dactualité ? Selon nous, cest un point quil faut vérifier.
Nous partageons lidée que cela couvre les territoires ruraux ; cest un point daccord.
En même temps, ce type de proposition de label est un peu léger ; il ne suffit pas dêtre labellisé. Il est normal que nous travaillions à une cohérence générale, mais le label parce que cest porté par Alex VAGNER nous paraît un peu « gadget » ; je dis « gadget » car ce mot a parfois été employé dans vos rangs pour dautres sujets.
Pour nous, ce sera une position dabstention pour attendre le travail qui doit sengager sur ces sujets et qui permettra de définir une perspective, au-delà de la question dun label ou non, de ce que peuvent devenir nos forums de lemploi et nos forums de lorientation.
M. le Président - Merci, Monsieur FOURNIER.
Monsieur CHASSIER, vous avez la parole.
M. CHASSIER - Monsieur le Président, je comprends lintérêt pour la Région dinitier, dencourager ce genre de forums, de multiplier ces initiatives dans tous les territoires pour quaucun dentre eux ne soit oublié, de les aider, le cas échéant, ce qui est déjà le cas ; des actions de ce type ont déjà lieu. Nous pouvons tous souhaiter que cela se généralise. Faut-il passer par un label ? Pourquoi pas.
Je voudrais tout de même souligner que lexemple choisi, à savoir le salon « 2000 emplois 2000 sourires », nest peut-être pas le plus pertinent. Nous avons déjà eu loccasion en Commission permanente de comparer les coûts dorganisation de ces différents forums, notamment entre celui qui se tient à Tours, et que la Région soutient, et celui dOrléans, pour constater un écart extrêmement important.
Monsieur VAGNER a été plusieurs fois cité par Guillaume PELTIER. Jai eu loccasion de le rencontrer à Neung-sur-Beuvron et de lui en parler. Il est vrai que son métier est dorganiser des événements, cest son gagne-pain. Pour autant, je ne vois pas pourquoi on utiliserait ce label pour des actions qui seraient du niveau de la Région.
Nous hésitons : nous serons plutôt sur une position dabstention.
Si lon parle de sous-amendement retirant la référence Sologne, nous serions plutôt pour que soit retirée également la référence « 2000 emplois 2000 sourires » car cest le label dune manifestation particulière et je ne vois pas pour quelle raison la Région le reprendrait.
M. le Président - Monsieur MONTILLOT, normalement cest une seule intervention et notamment du groupe qui porte lamendement.
Je ferai une entorse pour quelques mots.
M. MONTILLOT - Cest vraiment pour quelques mots et pour rectifier simplement un propos qui vient dêtre tenu par Monsieur CHASSIER. Je précise, dans cette affaire, que les interventions de Monsieur VAGNER sur lopération du Forum « 2000 emplois 2000 sourires » se fait sans quil soit rémunéré ; cest une action bénévole de sa part.
Je veux quand même que, dans cette enceinte, on ne puisse pas rapporter des propos qui tiendraient à confondre une action de type bénévolat avec une action qui serait celle dune mission qui lui serait confiée.
Japporte cette précision qui me semble importante, dautant quil intervient dans dautres domaines de façon bénévole.
M. le Président - Je vais dire quelques mots après avoir entendu les positions des différents groupes.
Premièrement, vous me permettrez de le dire, « 2000 emplois 2000 sourires » est une initiative voulue et portée depuis son initiative par la Région, à partir dune réflexion de Monsieur VAGNER mais essentiellement à partir de la mobilisation dun très grand nombre dacteurs institutionnels (lemploi, mais pas uniquement, et les chambres) et dun très grand nombre dacteurs économiques, et tout cela de manière très largement bénévole. Il est très important de le redire.
Deuxièmement, si cela doit être inscrit dans le schéma pour marquer notre intention et notre priorité en la matière, ce nest pas illégitime. Il est vrai que si lon commence à citer des opérations, pourquoi citer lune et pas Tours, etc., on arriverait dans une longue liste.
Je vais mettre aux voix le sous-amendement dIsabelle GAUDRON.
Souhaitez-vous, Monsieur CHASSIER, que nous mettions votre sous-amendement également aux voix ? Non.
Je vais mettre aux voix le sous-amendement dIsabelle GAUDRON. Je vais lui demander pour cela de le reformuler. Ensuite, nous prendrons le vote pour lamendement sous-amendé ou non.
En matière de précisions, Madame GAUDRON, vous avez la parole.
Mme GAUDRON - Tout simplement écrire : « [...] tels que les forums des entreprises pour le monde rural [...].» Il sagit denlever « de Sologne ».
M. le Président - Daccord, donc nous ne faisons pas référence très directement.
Je mets aux voix ce sous-amendement dabord.
Qui vote ce sous-amendement ?
M. Charles FOURNIER - Non-participation au vote puisque nous allons nous abstenir sur lamendement.
(Mis aux voix, le sous-amendement est adopté)
Pour : Socialistes, Radicaux et Démocrates / Union de la Droite et du Centre
Non-participation au vote : Écologiste / Front National
M. le Président - Je mets aux voix lamendement sous-amendé.
(Mis aux voix, lamendement sous-amendé est adopté)
Pour : Socialistes, Radicaux et Démocrates / Union de la Droite et du Centre
Abstention : Écologiste / Front National
M. le Président - Pour le troisième amendement, page 71, présenté par lUDC, cest Monsieur PELTIER qui a la parole.
Amendement n° 3 présenté par le groupeUnion de la Droite et du Centre
M. PELTIER - Merci, Monsieur le Président.
Concernant léconomie et lemploi mais plus spécifiquement le tourisme, il sagit de préciser un peu plus les grandes orientations de ce schéma, dans le prolongement de ce que nous avons dit depuis plusieurs mois, y compris pendant la précédente campagne électorale.
Si nous souhaitons développer ensemble et réinventer en permanence le tourisme à léchelon régional, national et international, si nous voulons à la fois nous adapter aux attentes des 12 millions de Franciliens qui optent pour des séjours de plus courte durée et de plus courte distance et répondre aux angoisses légitimes des touristes internationaux, compte tenu des crises géopolitiques qui se succèdent en France comme ailleurs, nous considérons opportun dannoncer de manière un peu plus précise la vision de la Région vis-à-vis du tourisme. Comme je le disais en introduction de nos débats, cest une vision internationale, une capacité à placer la France, et plus particulièrement la région Centre-Val de Loire, au cur dun grand dispositif international.
Quelle est notre identité ? Nous navons ni la mer ni la montagne en région Centre-Val de Loire. En revanche, nous avons une opportunité bien plus grande : celle davoir le patrimoine naturel et culturel le plus magnifique de France. À ce titre, nous pourrions nous appuyer, dans un réseau international, sur ce qui fonde notre identité, avec dautres : jai cité les exemples italien, grec et russe mais ils senracinent dans les pays du monde qui ont leur cur historique propre. Loriginalité et lidentité de la région Centre-Val de Loire sont cette capacité à incarner le cur historique de la nation française.
Ainsi, nous souhaitons imaginer ensemble un jumelage avec tous les curs historiques des nations du monde. Pour la vision internationale à vocation universelle de la France, cest la partie aérienne « des racines et des ailes », donc les ailes.
Pour les racines, nous souhaitons que la Région puisse sengager sur le temps long, pas demain, mais à travers sa vision sur la nécessité de créer un grand spectacle populaire à rayonnement international et à vocation historique. Nous nous répétons mais cela nous semble extrêmement important. On sait combien lhistoire fascine nos concitoyens et intéresse les touristes du monde entier. Si nous pouvions imaginer la région Centre-Val de Loire de demain sur le plan touristique avec, dun côté, un grand spectacle populaire à vocation historique et, de lautre, un vrai lien international fondé sur les jumelages internationaux, il nous semble que nous aurions une vision encore plus précise de ce que la Région porterait sur le plan touristique dans les mois, les années et les décennies qui viennent.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci.
Par rapport à cet amendement, quels sont les souhaits dintervention ?
Nous commençons par Madame de CRÉMIERS qui a la parole.
Mme de CRÉMIERS - Cet amendement permet de poser un débat intéressant. Cest dabord celui dune confusion possible, en tout cas assez répandue, entre les destinations touristiques et les territoires administratifs, quils soient des Pays, des Communautés de communes ou des Départements.
Sur le principe de la coopération et du jumelage, au sein desquels on discute de tourisme, cest déjà le cas. Concernant les jumelages entre deux villes, la Région ne peut que les observer et non les susciter. Pour ce qui est de la coopération dune Région à une autre, il est déjà question de tourisme de manière systématique.
Cependant, sagissant du cur du sujet, je le dis par rapport au nom Sologne qui a été beaucoup employé, effectivement, la Sologne est une destination touristique et elle ne représente pas une appartenance administrative qui serait représentée par une assemblée élue. La séparation des deux est importante parce que particulièrement notre Région Centre-Val de Loire a choisi de promouvoir ce sera développé par la suite des destinations, des marques touristiques, parmi lesquelles on retrouve la Sologne mais qui ne correspondent pas à une communication touristique sur un territoire administratif, notamment celui de la Région elle-même.
Sur le point concernant le grand spectacle populaire, il est très intéressant que nous voulions faire du tourisme un outil de développement équilibré des territoires. Cela a été dit abondamment pendant le discours sur le SRDEII. Cependant, cette politique de rééquilibrage nest pas celle de créer, en tout cas de manière volontaire dans le schéma, un grand spectacle qui serait extrêmement localisé à la fois géographiquement par la force des choses et dans le temps.
Au contraire, nous souhaitons utiliser loutil du tourisme dans un but de rééquilibrage territorial. Sil faut avoir un volontarisme politique, cest pour développer lensemble des territoires avec beaucoup de petites initiatives renouvelées et attrayantes plutôt que refaire un événement très fort mais dont la portée territoriale, notamment en termes de développement local, serait totalement concentrée sur des endroits qui bénéficient déjà a priori de grandes qualités.
Cest la raison pour laquelle nous ne soutiendrons pas cet amendement.
M. le Président - Merci.
Madame SINSOULIER-BIGOT, vous avez la parole.
Mme SINSOULIER-BIGOT - Monsieur le Président, chers collègues, en 1946, Jeanne LAURENT, haute fonctionnaire au ministère de lÉducation nationale, met en uvre la décentralisation culturelle, en particulier dans le domaine du théâtre. Cest sur son impulsion que Christian ZERVOS invite Jean VILAR à Avignon et quils créent ensemble une « Semaine dArt en Avignon » en 1947. Ainsi, nous fêterons lan prochain les 70 ans du célébrissime Festival dAvignon.
Jai voulu rappeler et donner ce premier exemple parce que nous voulons faire exactement cela ici en région Centre : accompagner la rencontre entre un territoire, des habitants et un artiste.
Avec le Président François BONNEAU, nous croyons à la rencontre de ce trio. En effet, dans le domaine de la culture, nous navons pas à être dans une prescription, dans la commande dun grand spectacle mais nous sommes dans une incitation et dans un accompagnement à la fois des acteurs, du territoire, des citoyens et des artistes.
Nous ne cautionnerons donc pas la création ex nihilo dun grand spectacle, tel que celui du Puy du Fou mis en exergue par Philippe de VILLIERS.
Je voudrais vraiment revenir sur cette notion daccompagnement parce que cest au cur de notre méthode. En effet, avec les états généraux de la culture que nous menons depuis le mois de juin, nous sommes vraiment dans cet esprit dun accompagnement des territoires, des acteurs et des artistes. Nous sommes allés à la rencontre de toutes ces personnes, plus de 2 000 depuis le mois de juin, pour recueillir leur avis, des informations et établir ensemble notre nouvelle feuille de route. Notre ambition est de nous appuyer sur les talents et les potentiels de notre territoire afin de mener à bien cette politique culturelle.
On peut parler du Domaine de Chaumont qui est un lieu dart paysager et de château. Je rappelle limportance du réseau des jardins et des PNR qui sont la marque de spécificité de notre région. Notre collectivité est dans ce rôle daccompagnement de velléités.
Je voudrais citer les 72 PACT (projets artistiques et culturels de territoire) qui auront réuni 976 509 habitants en 2016, cest précis ! Ce sont des manifestations importantes et intéressantes parce quelles situent le citoyen au cur de laction. Dans ces projets, nous accordons une attention particulière à la présence dartistes qui impulsent, qui sont moteurs dune ambition auprès des citoyens et des artistes amateurs.
Je voudrais rappeler laccompagnement très fort en 2015 de la Région Centre-Val de Loire sur « lannée François 1er » qui a permis daccompagner des manifestations culturelles et historiques très importantes dans notre région. Je le répète : cétait en nous appuyant sur des talents de notre région et sur des motivations locales.
Pour terminer, je voudrais dire que cette idée de créer un grand spectacle est une inadéquation totale avec la pensée actuelle dans le secteur culturel, où le citoyen occupe une place centrale dans la politique culturelle. Cest le sens de lun des éléments forts de la loi LCAP (liberté, création, architecture et patrimoine) qui a été votée cet été : elle rappelle cette liaison actuellement à luvre entre le citoyen et lartiste et souligne, dans la loi, limportance des droits culturels, léquité entre les territoires dans le domaine de la politique culturelle et surtout la prise en compte de tous les habitants.
Je vous remercie de votre attention.
M. le Président - Merci, Madame SINSOULIER-BIGOT.
Madame PARIS, vous avez la parole.
Mme PARIS - Merci, Monsieur le Président.
Je ferai un commentaire plus bref que mes prédécesseurs sur cet amendement.
Pour le premier point, nous considérons que ces jumelages internationaux ressemblent plutôt à des sortes de coquilles vides, puisquon ne nous dit à aucun moment de quelle manière cela va se faire. On ne sait même pas si les acteurs concernés seraient daccord pour le faire.
Je pense que si nous avons des moyens internationaux de développer le tourisme en Centre-Val de Loire, il y a dautres pistes que ces jumelages.
Concernant le deuxième point, nous avons tous compris que la référence de ce grand spectacle était faite à la cinéscénie du Puy du Fou. Il faut rappeler que spectacle fonctionne grâce à des bénévoles ; cest là son succès. Cela métonnerait que lon arrive à agir de même ici. Il a été créé dans un territoire qui était un désert touristique et culturel, alors que nous sommes dans la région des « Châteaux de la Loire » qui a une renommée internationale. Je trouve cela un peu insultant vis-à-vis des locomotives touristiques que nous avons déjà, que sont les châteaux de Chambord et de Chenonceau, avec un peu plus de 800 000 visiteurs, ou le Zoo de Beauval avec 1,3 million de visiteurs.
Nous avons beaucoup à faire pour soutenir ces acteurs et les autres présents dans le territoire plutôt que créer ex nihilo un spectacle qui me semble utopique et irréaliste.
Merci.
M. le Président - Merci, Madame PARIS.
Il ne faut pas oublier que le classement au Patrimoine mondial de lHumanité par lUNESCO est au titre du patrimoine culturel « vivant » ; ce nest pas que de la conservation.
La force dont nous avons besoin, plus encore en matière de tourisme, cest de faire vivre en réseau, ensemble, avec une image globale, un patrimoine culturel et naturel dexception. La centralisation dune part très importante des efforts sur un grand spectacle ne mapparaît pas aujourdhui correspondre à la physionomie de notre région, donc souhaitable. Ce qui est absolument nécessaire, cest que lénorme travail engagé, par exemple par tous nos lieux de culture, soit véritablement globalisé, fasse image et puisse être porté vers lextérieur pour attirer.
Il faut que les saisons culturelles qui habitent lessentiel de nos châteaux, de nos parcs et de nos jardins puissent être perçues très fortement à lextérieur comme porteuses dune vraie identité. Sagissant des éléments de la nature, nous avons assez bien réussi avec ce que nous avons fait sur « Loire à Vélo » et ce que nous développons autour des itinérances douces. Cest cela qui doit être globalisé et projeté vers lextérieur pour lattractivité touristique cela doit être au cur du Schéma de développement touristique dont vous allez débattre après , plus que la création dun événement unique qui diminuerait, dune certaine manière.
Je termine par cet exemple : ce que nous faisons sur le plan de la création contemporaine et de lart contemporain, si cétait uniquement le FRAC, ce ne serait pas bien, ce ne serait pas juste. Quand cest le FRAC, plus le CCCOD, plus la Fondation du Doute à Blois, Monsieur le Maire, plus le Transpalette à Bourges, plus les Tanneries à Amilly, nous avons là un ensemble qui constitue une armature.
Il faut que nous renforcions cette image globale, je suis mille fois daccord, mais amener un événement qui appauvrirait lanimation du reste ne me paraît pas de nature à évoluer.
Je mets aux voix.
(Mis aux voix, lamendement est rejeté)
Contre : Socialistes, Radicaux et Démocrates / Écologiste / Front National
Pour : Union de la Droite et du Centre
M. le Président - Le rapport est donc amendé de la proposition qui a été faite, à savoir lamendement sous-amendé, page 46.
Je mets aux voix le rapport ainsi amendé.
(Mis aux voix, le rapport est adopté)
Pour : Union de la Droite et du Centre / Socialistes, Radicaux et Démocrates / Écologiste
Contre : Front National
M. le Président - Je vous remercie pour lintérêt du débat que nous avons partagé.
Nous allons ouvrir sur une communication du bilan de la stratégie régionale du tourisme 2010-2015 et de nouvelles ambitions 2016-2021.
Cela va être présenté par Christelle de CRÉMIERS. Il sagit dune communication qui sinscrit dans le travail de préparation du Schéma de développement touristique que nous effectuons.
(Monsieur François BONNEAU, Président du Conseil régional, cède le fauteuil de la présidence à Monsieur Marc GRICOURT, Premier Vice-président)
Communication - Bilan de la Stratégie régionaledu tourisme 2010-2015et les nouvelles ambitions 2016-2021
(COMMUNICATION N°7)
Mme de CRÉMIERS - Mes chers collègues, 2016 a été une année de concertation intense, entre autres, pour lélaboration du SRDEII qui, conformément à la loi NOTRe, vient dêtre voté à linstant.
Le tourisme est une activité économique à part entière et, à ce titre, les grandes orientations du tourisme régional figurent au SRDEII. De plus, comme vous le savez, une nouvelle stratégie régionale pour les années 2016-2021 est en cours délaboration. Le rapport qui va détailler la nouvelle stratégie de tourisme sera présenté lors de la prochaine session régionale les 2 et 3 mars.
Cette communication aujourdhui vise donc, dune part, à présenter le bilan de la stratégie régionale qui vient de sachever pour la période 2011-2016 et dautre part, à présenter les objectifs des nouvelles ambitions.
Je tiens à bien préciser que les déclinaisons thématiques de la nouvelle stratégie, par exemple la mise en valeur du patrimoine naturel ou culturel, ou le développement de la gastronomie, seront exposées lors de la présentation du rapport à la session de mars 2017 et ne seront donc pas détaillés dans la communication de ce jour.
Aujourdhui, la communication sur le tourisme est lobjet de deux thèmes : celui du bilan et celui de la présentation des prochaines ambitions.
Avant dentrer dans le détail des nouvelles ambitions, permettez-moi de vous lister très rapidement les démarches de concertation qui ont eu lieu. Le tourisme est une mission partagée et, à ce titre, la concertation revêt une importance tout à fait centrale.
Elle a commencé par le Forum de léconomie et de lemploi dédié au tourisme le 30 mars dernier.
Par ailleurs, lensemble des élus en charge du tourisme des six Départements ont été rencontrés deux fois afin délaborer ensemble cette stratégie ; il en va de même pour les élus en charge du tourisme dans les Agglomérations.
Deux réunions du groupe de la CTAP tourisme ont eu lieu ; comme vous le savez, notre Région a choisi davoir un groupe spécifique pour préparer la CTAP. La gouvernance liée aux missions partagées du tourisme, ainsi que les grands axes de la nouvelle stratégie ont été présentés respectivement à la CTAP du 8 juillet et à celle du 7 novembre.
En parallèle, plus de 150 professionnels et acteurs du tourisme ont été rencontrés sur le terrain, dans lensemble des départements, dans un but déchange sur la prospective. En parallèle, les quatre réunions de bilan avec les acteurs ont eu lieu concernant les quatre filières de la stratégie 2011-2015 qui étaient les suivantes :
les itinérances douces et le tourisme dans la nature ;
le patrimoine culturel avec les châteaux et les jardins ;
lart de vivre et la gastronomie ;
lhébergement.
Si je détaille autant cette concertation, ce nest pas seulement dans un but descriptif, cest parce que la concertation sera bien la marque de fabrique non seulement de la conception de la nouvelle stratégie mais aussi de sa mise en uvre tout au long des prochaines années. En effet, la loi NOTRe stipule que le tourisme est une compétence partagée. Nous avons, avec vous, voulu donner un sens et vraiment de la chair à cette disposition.
Le fait que ce soit une compétence partagée est assez pertinent. Le patrimoine culturel et naturel nous est donné et il nous appartient collectivement de le conserver, de le valoriser et de le transmettre, en particulier dans notre région où se produit une rencontre exceptionnelle entre culture et nature. Il ne faut donc pas que le tourisme relève dune seule collectivité ni que chacune dentre elles puisse, de manière séparée, sen occuper un peu.
Nous considérons que nous avons enfin un cadre propice je madresse autant à mes collègues régionaux quaux élus ayant un mandat local pour réussir une belle synergie entre les différentes collectivités, afin de promouvoir et renforcer les destinations touristiques de notre région.
Vous le savez bien, les touristes ne connaissent pas les frontières administratives. Cest une hérésie de confondre une destination touristique avec un territoire administratif.
Je suis confiante à lissue des nombreux entretiens que jai eus avec les différents élus en charge du tourisme dans les Départements, les Agglomérations, les EPCI et les Communautés de commune, car nous avons la possibilité davoir cette même volonté de travailler ensemble pour renforcer les destinations actuelles et en créer de nouvelles, tout cela dans un esprit doptimisation de largent public.
Il nest pas difficile dimaginer le risque de cacophonie quil pourrait y avoir dans un schéma où chacun mènerait sa propre stratégie de manière séparée.
Je peux vous assurer que cette concertation est portée avec conviction par la Région :
pour un tourisme pertinent sur le plan de la variété des offres ;
pour un tourisme fort et créateur demplois ;
enfin, pour un tourisme économe qui optimise largent public de toutes les collectivités concernées.
2016 a été une année qui doit nous interroger sur le plan du tourisme. Elle a été marquée par de nombreuses perturbations dans le secteur du tourisme. Aux attentats terroristes, aux agressions médiatisées de touristes désemparés, se sont ajoutées des inondations paralysantes, précisément dans le Val de Loire. À Paris et sur la Côte dAzur, léconomie touristique a payé comptant par la diminution quasi immédiate du nombre demplois, comme conséquence de lannulation massive de la clientèle étrangère. Notre région sen est mieux sorti que la moyenne nationale. Le nombre de nuitées provenant de la clientèle nationale, qui a augmenté de 7 %, a plus que compensé la baisse de 13 % de la clientèle étrangère.
Ces perturbations extérieures se reproduiront certainement. Dans une économie mondialisée, les chocs samplifient et le secteur du tourisme est particulièrement vulnérable ; il faut le partager.
La grande ambition régionale, que je pense avoir partagée et être partagée par les différents acteurs institutionnels, professionnels et associatifs, est de faire du tourisme une locomotive du développement local. Peu doutils sont ainsi, comme le tourisme, autant à la portée des décideurs, à la fois pour le développement local et pour le rééquilibrage territorial. Or, le réalisme élémentaire nous impose de reconnaître la vulnérabilité du secteur du tourisme aux crises extérieures. Limage de milliards de touristes qui, sillonnant le ciel en 2050 à la recherche dun lieu toujours nouveau et toujours excitant, relève sans doute plus du rêve éveillé que dune réalité sur laquelle on puisse bâtir une politique touristique solide.
La responsabilité collective est dancrer dans nos territoires un tourisme qui perdure au-delà des différentes crises qui pourraient laffecter, cest-à-dire que, malgré les nombreuses perturbations du climat, de possibles attentats et de probables crises économiques, les emplois induits par lactivité touristique doivent être préservés. Les territoires, dont léconomie locale dépend avant tout du tourisme, doivent être confortés et les acteurs entreprises et associations doivent pouvoir bénéficier dune activité stable.
Le terme pour désigner tout cela sappelle la « résilience ». Il provient de la physique des matériaux, a été récupéré par un sociologue mais veut simplement dire la capacité à traverser des périodes de crise sans seffondrer. Cest ce que nous souhaitons pour notre secteur du tourisme et pour son développement.
Que serait un tourisme résilient dans notre région ? Un tourisme qui transforme les territoires de notre région en destinations préférées, qui deviennent uniques aux yeux des touristes et qui sortent de ce marché, de la concurrence et de linterchangeabilité des territoires entre eux. Même sil pleut beaucoup et sil y a de nombreuses perturbations, cest un tourisme qui permet aux gens de revenir encore et encore parce quils ont trouvé leurs repères et sy sont attachés et surtout parce quils ont la certitude dêtre bien accueillis dans les territoires de notre région. Vouloir la fidélisation de nos visiteurs est une ambition très exigeante, car on nattire pas les mouches avec du vinaigre ; on les attire encore moins une deuxième fois.
Tout découle de cette volonté de fidéliser nos clientèles.
Le premier défi, le plus grand à relever est celui de la qualité de laccueil, des prestations, de lexpérience du visiteur. Les Français, vous le savez, sont réputés pour dire « bonjour » avec une grimace. Dans notre région, nous ne sommes pas une exception. La mobilisation des acteurs et du personnel des offices de tourisme doit être accompagnée à travers une formation.
Des stratégies de tourisme de masse privilégient la publicité. Nous avons choisi une stratégie de fidélisation qui privilégie lhumain. Lhumain y est au centre par sa formation, sa qualification, sa motivation et la qualité en matière de tourisme sappelle « lemploi » :
lemploi dans des secteurs traditionnels de lhôtellerie et de la restauration ;
mais aussi de nouveaux emplois dans le développement des services de conciergerie et de logistique des visites grâce au numérique augmenté dans les sites de visite, notamment tous les services à destination des touristes non motorisés.
Par ailleurs, lorganisation territoriale pour le déploiement de la stratégie tourisme devra permettre lémulation entre les acteurs pour mettre en lumière limportance de la qualité de la prestation que chaque acteur peut avoir dans le cadre du réseau économique local auquel il appartient.
Le deuxième défi posé par la fidélisation, après celui de la qualité, est celui du renouvellement. Les châteaux, les pierres, le paysage ne vont pas changer ; ce qui va changer, cest ce que lon peut apporter en matière de mise en lumière et de créativité. Là aussi, lorganisation territoriale que nous souhaitons mettre en place pour le déploiement devra permettre la rencontre régulière des acteurs, afin de faire émerger des projets transversaux de valorisation de nos destinations.
Concrètement, je voudrais faire ici référence à lopération régionale menée conjointement par la Région et le CRT pour allonger la période touristique à la fin de lannée. Vous en avez peut-être déjà entendu parler : elle est en ce moment affichée dans le métro parisien et passe à la radio et sur Internet ; je veux parler de lopération « Féeries de Noël en région Centre-Val de Loire ».
Les destinations Berry, Touraine, Sologne et le Val de Loire sont représentées, ainsi que le château de Maintenon, dans cette opération hautement qualitative et qui peut déjà avoir un accueil assez intéressant. Le site Internet qui a ouvert la semaine dernière pour la première fois enregistre déjà 8 000 visiteurs et 16 000 pages visitées.
Je voudrais insister ici sur le fait quen matière de tourisme, quand il y en a pour tous, il y en a plus pour chacun.
Une telle opération est exemplaire de la démarche de la nouvelle stratégie.
Les grands sites comme Chambord ou Amboise savent que cette association collective et avec de plus petits sites bénéficiera plus à leur fréquentation que sils avaient fait leur promotion de manière séparée. Cela a été compris par de grands sites ; on dit souvent que les grands et petits sites sont en concurrence les uns avec les autres. Or, cette opération des « Féeries de Noël » a permis de montrer que les coopérations étaient possibles.
Un troisième défi est plus subjectif. Pour jouer sur la fidélisation, il faut de la qualité, du renouvellement des offres mais le temps joue également.
Cest la raison pour laquelle les rencontres régionales du tourisme, en clin dil à Marcel PROUST, se sont appelées « Le temps retrouvé en région Centre-Val de Loire ». Il sagit ici de prendre son temps, de prendre le temps de découvrir car pour pouvoir sattacher, il faut avoir le temps de faire des rencontres et de découvrir de nouveaux lieux.
En anglais, on appelle cela le « slow tourism ». Vous savez que je napprécie pas les anglicismes. Si parmi vous, quelquun trouve une meilleure expression, cest ouvert !
En tout état de cause, le temps et la lenteur sont les éléments essentiels dun tourisme qui aspire à faire revenir durablement ses visiteurs.
Lambition touristique pour les territoires de notre région pourrait donc sénoncer ainsi : devenir une référence au niveau national du tourisme de lart de vivre ensemble pour tous et pour tous les territoires.
Notre région a déjà heureusement de nombreux atouts pour envisager répondre avec succès à cette ambition et en devenir une référence nationale. Ces atouts ont été construits et renforcés au cours de la stratégie 2011-2015, portée de concert par Pascale ROSSLER, en tant que Vice-présidente déléguée au tourisme, et par Alain BEIGNET, en tant que président du CRT. Tous deux nous ont laissé de bonnes fondations.
Leffort déquipement en quantité et en qualité des hébergements a représenté plus de 6 millions deuros dinvestissements pendant la période 2010-2015. La durée moyenne de séjour na cessé daugmenter pour atteindre 5,6 nuitées en 2015. Louverture et la fréquentation des nouveaux sites de visite de châteaux, dexpositions dart, notamment contemporain, ont progressé grâce à un travail de réseau, comme « la démarche dexcellence des grands sites » et « les saisons culturelles » qui représentent vraiment un acquis culturel et touristique pour notre région.
Grande réussite aussi de la stratégie précédente : la région Centre-Val de Loire peut désormais safficher comme la première région française du tourisme à vélo. Or, le vélo, comme les itinérances douces en général, est un vecteur clé de la pratique du tourisme doux. Le vélo participe vraiment à lappropriation dun territoire par le visiteur, car il permet les pauses spontanées et les rencontres.
Il faut aussi saluer la création du « Train Vélo Loire » dont la fréquentation par le cyclotouriste augmente chaque année.
La Région se distingue aussi par son tourisme de nature, à travers ses trois parcs naturels régionaux mais aussi ses quatre Maisons de Loire et son Observatoire de Loire à Blois.
Enfin, la stratégie de marque territoriale, menée dans le cadre de la stratégie qui sachève, a doté la région de véritables atouts en matière de destinations touristiques. Le Berry, la Touraine, la Sologne et le Val de Loire font désormais partie des « Destinations France » qui ont donné lieu à un contrat de destination avec la Région Pays de la Loire et avec lÉtat.
Je voudrais conclure par un dernier point abordé dans le SRDEII et qui prend une importance spécifique au niveau de lambition de tourisme.
À partir du moment où lon affirme que le tourisme peut être un outil extrêmement pertinent et utile pour le développement local et pour le rééquilibrage des territoires, il ne faut pas cantonner ses bénéfices à quelques territoires ou à un certain type de clientèle. Bien sûr, des territoires sont plus dotés en patrimoine naturel et culturel que dautres mais nous avons la conviction, pour lavoir vu à luvre à plusieurs reprises, que le développement dune offre touristique est avant tout une affaire de créativité et dimagination.
Cest la raison pour laquelle nous misons résolument sur lorganisation de la formation pour les acteurs et pour le personnel des offices de tourisme, ainsi que sur une organisation en réseau de lensemble des acteurs institutionnels, du CRT, des ADT et des offices de tourisme, pour réussir la promotion de tous les projets touristiques territoriaux.
La stratégie précédente a fortement misé sur laxe ligérien et il fallait le faire.
Cest le moment maintenant de passer à létape suivante et de développer le tourisme dans tous les territoires de notre région.
Je vous remercie.
M. GRICOURT, président de séance - Merci, Madame la Vice-présidente.
Pour les groupes, qui souhaitent intervenir ?
Monsieur PELTIER, vous avez la parole.
M. PELTIER - Monsieur le Président, chacun le sait, nous avons eu loccasion de parler précédemment de notre position sur le tourisme dans cet hémicycle et lors des commissions : notre vision est quil ny a pas de croissance économique et touristique sans fierté identitaire. Nous lexprimons avec force encore à cet instant.
Chacun connaissant la position de notre groupe sur la vision touristique, nous utiliserons de manière très ramassée notre temps de parole et je marrête là.
M. GRICOURT, président de séance - Merci.
Monsieur NICAUD, vous avez la parole.
M. NICAUD - Monsieur le Président, chers collègues, Madame la Vice-présidente, je rejoins les propos de Monsieur PELTIER, puisque le tourisme est un axe très fort de développement.
Je prendrai un peu plus de temps que vous !
Madame la Vice-présidente, vous venez de nous présenter ce qui va guider notre Région et les acteurs du tourisme durant les cinq années à venir. Jy ai noté les éléments forts dune démarche concertée, dune ambition partagée et dun positionnement affirmé ; jy reviendrai dans quelque temps.
Vous avez pris du temps aussi pour nous dresser le bilan de la mise en place effectuée dans les années précédentes. Pas de grands soirs, pas de grands matins mais on y distingue tout de même certaines formes qui vont faire évoluer la politique touristique. Cest par les efforts déployés dans les années précédentes que nous pouvons asseoir maintenant celle-ci.
Sappuyant sur la marque très forte quest le Val de Loire, la stratégie 2011-2015 a inscrit ses actions autour des points forts qui caractérisent notre région, à savoir le patrimoine, le tourisme de nature, les itinérances douces et lart de vivre. On y a vu lémergence des marques régionales locales : Berry-Touraine, Châteaux de la Loire, Sologne, Loire à Vélo.
Je veux le rappeler, notre région attire près de 10 millions de visiteurs par an. Cest un point économique très important, qui est un atout très fort pour nos territoires.
À ce stade de mon propos, je ne voudrais pas oublier lensemble des acteurs de la réussite de cette stratégie, tant sur le terrain quau niveau régional ; jentends par cela les équipes du CRT mais également celles de la direction régionale qui ont beaucoup uvré également dans la nouvelle stratégie, sans oublier les Départements qui, au travers de leurs ADT ou autres structures, collaborent très fortement à cette politique touristique.
Madame la Vice-présidente, vous lavez dit, la politique que vous proposez pour les cinq ans à venir entend capitaliser sur cette expérience qui a effectivement produit des résultats efficaces. Vous avez concerté cette démarche avec les acteurs de tourisme (institutionnels, professionnels, associatifs) et vous avez largement décrit les différentes étapes de cette démarche.
Notre Région entend faire du tourisme un véritable outil de développement local qui contribuera à la vie des territoires.
Vous avez dit quil fallait dépasser laxe ligérien et que tous nos territoires devaient profiter du tourisme.
Aussi, cette ambition est largement partagée.
Madame la Vice-présidente, vous avez suscité des attentes très fortes que nous devrons assumer. Les territoires nous attendent et il faudra notamment leur apporter un soutien fort pour réussir à maintenir à niveau leur patrimoine, leurs équipements, les hébergements, tous ces points qui font du tourisme un élément fort.
Jai noté, dans la présentation, la proposition de quatre axes très forts qui tournent autour de la mise en uvre de cette stratégie dont la séduction, point très important, et la fidélisation. Cest aussi très fort car il ne suffit pas, comme vous lavez évoqué, de faire venir une fois mais il faut donner lenvie aux touristes de venir plusieurs fois. Je reprendrai les propos dun maire proche de lendroit où jhabite, à savoir Gil AVEROUS à Châteauroux, qui entend faire de la métropole de Châteauroux un axe dentrée de la Brenne et y faire participer et reparticiper les habitants de la métropole. Cette fidélisation est un point très important.
Vous avez cité également la mise en valeur de la qualité. Elle passe par lhumain, vous lavez dit, et doit être mise en jeu dans toute cette politique. Cette mise en qualité ne pourra pas se faire sans une implication plus forte des acteurs. En effet, il ne faut pas voir dans le visiteur une tirelire, quelquun qui laisserait en passant quelques euros dans nos territoires, mais il faudra professionnaliser nos aspects touristiques.
Il ne sagit pas non plus de développer de la formation à tour de bras, comme on peut le voir, quelle soit initiale ou continue. On peut sinterroger dans certains domaines du nombre de formations dispensées et de la difficulté des partenaires à recruter des collaborateurs ; je pense notamment à la partie service en salle dans la restauration.
Cest un point important sur lequel, Madame la Vice-présidente, nous devrons nous pencher, avec laide de vos collègues.
Sagissant dun axe fort de développement touristique, il faudra aussi travailler sur les hébergements. Je ne parle pas de laxe ligérien qui doit être bien doté déquipements hôteliers mais nous souffrons dans nos territoires ruraux déquipements, de chambres, etc., pour accueillir dignement les touristes. Quelques hôtels, à lheure actuelle, au gré des difficultés de mises en place des normes, se transforment par exemple en chambres dhôte mais il ny a pas uniquement cela ; il faudra vraiment revoir notre politique dhébergement.
On me fait signe que mon temps va bientôt être terminé.
Pour conclure, je voudrais souligner quil faut absolument rendre nos territoires accessibles à tous et faire vivre notre patrimoine culturel et naturel.
Puisque vous évoquiez le fait que la gastronomie sera traitée ultérieurement, lheure de la pause repas approchant, je marrêterai là.
M. GRICOURT, président de séance - Merci, cher collègue.
Pierre-Alain ROIRON, vous avez la parole.
M. ROIRON - Monsieur le Président, il faut saluer le fait que désormais nous avons bien pris conscience que le tourisme était une activité économique majeure à travers tous nos territoires.
Le Val de Loire est souvent évoqué : patrimoine « vivant » mondial de lUNESCO, comme le rappelait voici quelques instants le Président BONNEAU. Cest un atout pour une région mais cet atout doit aller sur tous les territoires. À partir de ce territoire, à travers les grandes cathédrales, les grands châteaux, nous devons être capables dessaimer. Cest ce qui a été fait durant la période des cinq dernières années.
Je voudrais remercier tous les acteurs qui ont fait que nous soyons fiers, comme lévoquait notre collègue Monsieur PELTIER, de ce que je pourrais appeler « une identité heureuse » dans notre territoire du Val de Loire. Il faut le dire aussi ce jour.
Toutefois, évoquer nos atouts : nos châteaux, les vins, lnologie si importante, la politique menée sur la Loire à Vélo et ce qui fait la nature même de notre territoire, à savoir la nature et la culture. Beaucoup de choses ont été faites. Le tourisme représente près de 35 000 emplois à travers toute notre région.
Des choses sont à réaliser mais nous ne devons jamais oublier ce que nous navons pas fait dans le passé. Cest à partir du passé et de lactualité que nous devons construire les bases de lavenir, cest-à-dire structurer de nouvelles offres, accroître nos aides sur les offres actuelles, avoir une professionnalisation partout, dans tous nos territoires. Cest vrai que la qualification, la montée en gamme est une demande qui nous est faite régulièrement.
Lhébergement a été évoqué mais je ne suis pas tout à fait daccord avec ce qui a été dit : partout dans notre région, nous avons une question sur la qualité de lhébergement. On le voit bien dans beaucoup dendroits, y compris dans les milieux urbains, la qualification de lhébergement est un aspect que nous devons continuer à travailler et je sais que la Région le fera.
Travailler sur la fidélisation, oui, nous avons besoin de travailler sur les fêtes. Au lieu davoir de grands moments, nous devons avoir régulièrement des moments importants. Cest notamment ce qui sera fait dans le cadre du Patrimoine mondial de lUNESCO avec la Mission Loire en 2017 sur les jardins. Parler de la région Centre-Val de Loire, qui est la région même des jardins de la France, cest parler de nos territoires et de ce que nous faisons dans chacun de nos châteaux et de nos jardins remarquables de cette région.
Beaucoup datouts existent : la proximité de lÎle-de-France, celle que nous avons grâce à des moyens rapides, que ce soit le train, le TGV ou les avions dans nos aéroports. Cest une vraie question. Nous devons être une Région à lavant-garde. Cest tout lobjet de ce qui a été fait et ce doit être tout lobjet de la stratégie que nous devons mener ensemble, en concertation pour créer un avenir sur ce territoire qui existe déjà et avoir la fierté dêtre des habitants de la région Centre-Val de Loire.
Merci à vous.
M. GRICOURT, président de séance - Merci.
Madame PARIS, vous avez la parole.
Mme PARIS - Merci, Monsieur le Président.
Mes chers collègues, si la notoriété des Châteaux de la Loire est le premier moteur des séjours touristiques dans notre région, plus profondément, ce qui attire les touristes, cest le désir de voyager à travers les siècles, se plonger le temps dune visite dans la peau de François 1er ou de la princesse de Broglie, sentir encore latmosphère de lépoque immortalisée dans les murs de ces joyaux de pierre. La clientèle étrangère, qui vient séjourner dans notre belle région, est attirée par une image de la France au charme et à la splendeur inouïs. Cette vieille France éternelle de BALZAC, PROUST, Victor HUGO, Alexandre DUMAS et tant dautres ; une France dont la culture a rayonné à travers le monde ; une France symbole du luxe et de la gastronomie ; une France qui fait encore rêver le monde.
Mais pour combien de temps, alors que notre pays est terriblement menacé par le terrorisme, la dégradation de la sécurité et une immigration incontrôlée ?
Rappelons-nous la cinglante lettre ouverte adressée au président François HOLLANDE par la European Federation for Chinese Tourism : cette lettre de 2013 mettait déjà au grand jour la multiplication des agressions, parfois très violentes, à lencontre des touristes étrangers.
Je prends le temps de vous lire quelques lignes de cette lettre qui, je lespère, vous interpelleront. Je cite : « Pendant combien de temps ce comportement barbare, absolument incompatible avec les principes dun État civilisé et respectant les lois sera-t-il encore toléré ? Jai du mal à croire que vous et la population française puissiez tolérer un tel comportement malveillant, lésant limage de la France. »
Oui, combien de temps encore laisserons-nous notre si beau pays se faire détruire ? Aucune de ces considérations, pourtant essentielles, nest véritablement prise en compte dans vos nouvelles ambitions pour les cinq prochaines années.
Nous apprenons dans ce rapport que vous êtes persuadés que ce qui va attirer demain les touristes en Val de Loire est le « slow tourism » ou, encore mieux, la qualité de vivre-ensemble.
Permettez-moi de vous dire que vous êtes complètement à côté de la plaque !
(Brouhaha)
Quelles dérives idéologiques, quel éloignement des attentes des touristes !
À qui voulez-vous faire croire que le « slow tourism » va allonger la saison touristique ? Quoique, peut-être que le remplacement des voitures par des roulottes, moyen de transport très slow, fera que les touristes auront désormais besoin dune saison pour atteindre leur destination !
Ne nous trompons pas, lavenir du tourisme en Centre-Val de Loire, cest le développement de la clientèle étrangère en faisant valoir les atouts de notre région et non pas une philosophie « slow tourism », praticable partout ailleurs.
Lors de la précédente session, nous vous avions déjà sensibilisés sur lurgence de mettre en place des dispositifs de sécurité à lentrée des sites touristiques mais nous prêchons visiblement dans le désert. Si les touristes ne se sentent pas en sécurité, ils ne viendront pas.
Plutôt que chercher à devenir une référence nationale du tourisme et de lart de vivre ensemble, cherchons plutôt à faire de notre région une référence nationale de sécurité touristique, grâce à la mise en place de dispositifs innovants, tels que le système de détection Ramsès nouvelle génération de lONERA.
Plutôt que le « slow tourism », les touristes ont besoin de « safe tourism » associé à la revalorisation de notre art de vivre tout court, qui réside dans notre mode de vie au calme, dans la richesse architecturale et naturelle de notre territoire, dans la qualité de nos produits locaux qui méritent dêtre mis davantage en valeur par les restaurateurs et, enfin, dans la qualité de loffre culturelle à rapprocher de loffre touristique pour redonner vie à nos sites, villages et monuments.
Mettons les moyens pour restaurer notre patrimoine bâti, nos parcs et jardins, pour revaloriser nos centres-bourgs qui en ont tant besoin, pour enrichir la collection de nos châteaux et musées. Investissons dans la réalité augmentée pour redonner vie aux heures de gloire de ce patrimoine inestimable.
Enfin, investissons dans de lhébergement haut de gamme, pour répondre aux exigences de la clientèle internationale et qui nous fait tant défaut et mettre en valeur nos filières dexcellence.
Merci.
M. GRICOURT, président de séance - Joël CROTTÉ, vous avez la parole.
M. CROTTÉ - Monsieur le Président, chers collègues, ce bilan de la stratégie régionale du tourisme retrace une dynamique incontournable, reconnue par lensemble des professionnels du tourisme de France.
La région est le leader du tourisme à vélo, avec des objectifs largement dépassés, avec 4 140 kilomètres de pistes cyclables, auxquelles il faut ajouter les boucles à vélo, qui représentent 2 707 kilomètres et ont permis aux habitants de se réapproprier leur territoire.
Sachez que jai croisé cet été un couple qui faisait toutes les « Échappées à vélo » de la région. Cétaient leurs vacances dans toute la région.
Représentant de la Région au Club des villes et territoires cyclables, en relation avec mon collègue Philippe FOURNIÉ, je reste convaincu que la mobilité active et son intermodalité sont le ferment, le nouveau mode de déplacement à venir pour la région. Si le tourisme est lun des atouts indéniables de la Région, il nen reste pas moins pour nous de rester vigilant sur des projets à venir.
Je souhaite attirer votre attention sur le « Canal de Berry à vélo ». Ce projet va débuter en 2017 pour sa première tranche. Lagitation de certains dans le département du Cher suscite mon inquiétude. La Région Centre-Val de Loire est lun des acteurs principaux du financement de ce projet, mais la maîtrise duvre nous échappe.
Jattire votre attention sur le fait que ce nest pas uniquement la pose dun enrobé qui crée un axe cyclable et que les enjeux environnementaux et paysagers, ainsi que la revalorisation du patrimoine industriel bâti grâce à ce canal, ne doivent pas être oubliés.
Le Conseil départemental prévoit linstallation de modules daccueil identiques sur ce linéaire du « Canal à vélo » et en faisant abstraction de son histoire patrimoniale.
Autre élément dinquiétude : lexclusion des habitants dans cette réalisation. Il faut arrêter de faire pour, il faut faire avec, notamment dans la gestion des accueils touristiques, des commerces et des services au passage de ces cyclistes. Il faut faire en sorte quils soient acteurs de cette économie et non pas consommateurs de produits touristiques élaborés en dehors de leur territoire.
Je mattacherai, avec mon collègue Serge MECHIN, à faire en sorte que léconomie dégagée profite pleinement aux habitants du territoire. Alors, prenons le temps de faire en sorte que ce « Canal de Berry à vélo » soit un axe supplémentaire pour le rayonnement de la région.
Merci.
M. GRICOURT, président de séance - Merci.
Madame PAIN, vous avez la parole.
Mme PAIN - Merci, Monsieur le Vice-président.
Mes chers collègues, jai assisté aux rencontres, aux états généraux du tourisme et jai pu rencontrer et discuter avec de nombreux acteurs de cette filière. Ces réunions ont permis de fédérer lensemble des professionnels.
Un point relevé qui napparaît pas dans les nouvelles ambitions 2016-2021 et qui a été souvent évoqué dans les tables rondes concerne lidentité de notre région Centre-Val de Loire. Nous avons ajouté au nom de notre région la mention Val de Loire. Par cet acte, nous avons souhaité renforcer son ancrage historique, géographique et culturel. Nous avons la chance davoir une identité régionale qui nest pas une simple agrégation administrative de territoires très différents. Nous devons défendre et valoriser cette cohérence. La stratégie de nos six marques régionales auxquels jadhère et qui fonctionnent bien, nest pas assez reliée à notre région Centre-Val de Loire. Il faudrait renforcer son identité.
Enfin, venant du département de RABELAIS, je préfère, pour ma part, que nous devenions une région du tourisme de lart de vivre que celle du « slow tourism » car, après le « slow food », qui ne concerne quune minorité et qui est un phénomène de mode, il ne faudrait pas que ce terme soit réducteur pour le tourisme de notre région.
Je pense également que notre langue et notre littérature nous permettent dinventer notre propre concept, sans aller chercher chez nos voisins anglo-saxons des termes pour désigner notre art de vivre. Cest sans doute là aussi le meilleur moyen de défendre et valoriser lidentité de notre région.
Merci.
M. GRICOURT, président de séance - Merci, Madame.
Madame RAIMBAULT, vous avez la parole.
Mme RAIMBAULT - Merci, Monsieur le Vice-présidente.
Chers collègues, nous prenons acte de cette communication. Néanmoins, nous souhaiterions soulever deux difficultés, au-delà du contexte particulier de cette année 2016, avec les inondations et les attentats qui nont pas empêché la hausse de la clientèle française, au point quelle ait globalement compensé la diminution de la clientèle internationale.
La première difficulté relève du budget dédié au tourisme. Il est prévu une baisse de 380 000 euros, principalement sur lanimation et la promotion touristique, compétence qui relèvera des Intercommunalités en 2017.
Au passage, nous rappelons que la nouvelle Région Bourgogne-Franche-Comté, dotée dun budget global de 1,3 milliard deuros en 2016, donc sensiblement identique au nôtre à strates de population équivalente, consacre pourtant 13,7 millions deuros au développement touristique de son territoire, soit pratiquement le double du nôtre.
Nous déplorons que chez nous, le tourisme fasse office de parent pauvre des compétences régionales.
Nous espérions quà la suite des états généraux qui se sont déroulés au printemps, la valorisation que vous présentez des atouts de notre patrimoine, ses châteaux, ses cours deau, sa Loire à Vélo, son tourisme équestre et sa gastronomie ne soient pas uniquement un motif de satisfaction mais constituent une véritable ambition.
En dépit des contraintes budgétaires que nous connaissons, nous lavons dit lors de lexamen de nos amendements, nous souhaitons que les efforts entrepris ces dernières années en matière doffre dhébergement soient poursuivis, puisquils constituent un frein non négligeable au développement et à lharmonisation du tourisme dans notre territoire.
Enfin, la deuxième difficulté, et non des moindres, est ce fameux millefeuille territorial : une problématique épineuse soulevée à demi-mot dans la communication tourisme, détournée sous les termes « dambitions partagées ». Lors du vote de la loi NOTRe, lAssemblée nationale et le Sénat nont jamais réussi à trouver un accord sur le rôle de la Région. Au même titre que le développement économique, il était initialement prévu que la collectivité régionale en soit le chef de file et rien naurait empêché quelle en délègue certaines missions.
Pour une fois, nous naurions pas remis en cause laspect rationnel de cette loi dont la logique vise initialement à réduire ce millefeuille territorial.
Avec les Intercommunalités, qui assureront la gestion des offices de tourisme, nous pouvons donc nous interroger quant à la part quil restera au Département, au sein de cette compétence partagée avec les Régions et lÉtat.
Chacun peut donc sinterroger quant à la collectivité qui aura la lourde responsabilité de coordonner et mailler les besoins sur un territoire où deux futures métropoles, constituantes de laxe ligérien, pourraient se faire la part belle, toujours au détriment des espaces dont le potentiel touristique na encore été que trop peu exploité ; je pense en particulier au Berry.
Compte tenu de ces difficultés, il est difficile daffirmer que les crédits alloués au développement touristique corroborent aux ambitions affichées par la Région et encore moins que leur maintien à la baisse contribuera à rendre efficaces lanimation et la gestion de nos territoires.
Je vous remercie.
M. GRICOURT, président de séance - Madame SINSOULIER-BIGOT, vous avez la parole.
Mme SINSOULIER-BIGOT - Monsieur le Vice-président, chers collègues, comme la très bien expliqué ma collègue Vice-présidente, cette stratégie touristique sinscrit sous langle du tourisme de lenteur.
Durant ces dernières années, un travail considérable a été effectué pour donner une grande lisibilité à la destination de notre région Centre-Val de Loire partout en France et à linternational, avec deux aspects particulièrement, à savoir la Loire à Vélo et les cinq marques touristiques.
Dans mon propos, je vais développer un peu plus laspect culturel.
Je commencerai en rappelant que les sites et les monuments sont les premières motivations de visite pour venir dans notre région, pour choisir cette destination. Nous avons eu un travail très important assez en amont avec la reconnaissance du Val de Loire, classé par lUNESCO en 2000. Dans le vote de la loi LCAP de cet été, je vois une reconnaissance pleine et entière de ce travail car toute cette zone de protection de lUNESCO est entrée pleinement dans la législation française.
Toujours au titre de cet item « nature et culture », il faut souligner les trois parcs naturels régionaux qui existent dans notre territoire.
Le deuxième aspect extrêmement important dans le domaine du tourisme et de la culture est notre volonté affichée, et désormais en bonne voie dêtre achevée, de la création dun réseau sur lart contemporain. Nous avons Chaumont, qui a effectué un travail très important sur le Land Art, le FRAC, le CCCOD qui va ouvrir dans quelques semaines, le Transpalette à Bourges, les Tanneries à Amilly : tout ceci a permis de créer un réseau dart contemporain très important qui nous place en seconde position par rapport à lÎle-de-France.
Dans ce réseau, lidée nest pas davoir une ville, un lieu qui va cannibaliser le reste de la région ; il sagit dinviter nos visiteurs, les touristes à prendre leur temps pour visiter ces différents endroits. Nous nous inscrivons donc bien dans cette stratégie du tourisme de lenteur.
Chaumont est dores et déjà une grande réussite sur le thème « art et nature », « culture et nature ». En droite ligne de la stratégie déclinée par Madame de CRÉMIERS, nous allons développer dans le château de Chaumont une nouvelle offre pour rester dans cette dynamique qui existe depuis de nombreuses années : nous allons entreprendre un allongement de la saison touristique en ayant une offre plus importante pour étoffer la durée de visite sur le site. Parallèlement, nous aurons des offres en intérieur pour travailler quand il ne fait pas très beau, quand on a éventuellement des inondations, quand cest lhiver. Le fait dallonger cette période de visite dans lannée et de proposer des visites sur une journée nous permettra daccroître notre zone de chalandise et de rester dans un équipement extrêmement dynamique qui trouve une part dautofinancement très importante.
Tout ce travail effectué ces dernières années nous a permis en 2015 dêtre désignés comme « Destination France », ce qui fait de notre région une destination majeure parmi les grands sites de notre pays. Cest la reconnaissance du travail réalisé jusquà présent ; il se concrétise par la présence de 9 millions de visiteurs par an dans notre territoire et va se poursuivre.
Je vous remercie de votre attention.
M. GRICOURT, président de séance - Merci.
Monsieur Charles FOURNIER, vous avez la parole.
M. Charles FOURNIER - Je souhaiterais dire quelques mots en complément, mais je nai pas entendu toutes les interventions. Par conséquent, des éléments ont peut-être déjà été dits. Cest plutôt pour préparer le travail concernant la future stratégie, en amenant des sujets de réflexion.
Pour moi, lun des enjeux forts, au-delà de la politique de grands sites, est que nous ayons une économie touristique qui irrigue les territoires. Les retombées de léconomie touristique doivent pouvoir être partagées dans un territoire et servir toute une chaîne dacteurs et une dynamique de coopération. Le tourisme est laffaire de tous et non uniquement celle dopérateurs touristiques ; cest laffaire des citoyens dans les territoires, ils sont les acteurs de la promesse de qualité daccueil dans les territoires. Cela me semble être un enjeu extrêmement important.
Nous avons de grands sites qui sont des locomotives, mais tous ne jouent peut-être pas le jeu collectif que cela implique. Pour donner quelques exemples, je pense à certains grands lieux daccueil, comme Center Parcs, qui internalisent à peu près toutes leurs activités, sont insuffisamment connectés au territoire et ne le font pas assez vivre. Cest un enjeu extrêmement important.
Le deuxième élément que je veux souligner concerne les enjeux du tourisme à vocation sociale : 40 % de nos concitoyens ne partent pas en vacances, nont pas accès au tourisme. Un schéma doit prendre en considération cette dimension. Dans la région, lUNAT réunit les acteurs du tourisme associatif à vocation sociale.
Je rappelle que 35 % de ces structures sont implantées dans les territoires ruraux, dans des communes de moins de 2 000 habitants. Elles participent à laccueil des familles en difficulté et au développement local dans les territoires. Dailleurs, ce sont des structures qui fonctionnent le plus souvent toute lannée et apportent de nombreux services au territoire. La stratégie devra laisser une place à ces acteurs majeurs dun autre tourisme, mais je sais que cest dans lesprit et dores et déjà cité dans la communication,
Le troisième élément que je veux souligner porte sur lallongement des saisons. Cela a été évoqué pendant les états généraux du tourisme à Blois. Cela mavait frappé : lenjeu est de ne plus être sur des saisons touristiques courtes mais davoir des opportunités toute lannée. Un travail est à accomplir.
Le tourisme « nature et culture » a une carte à jouer dans cet allongement des saisons et dans une offre touristique qui sinsère tout au long de lannée dans nos territoires.
Mon dernier point, que lon met souvent de côté quand on parle de tourisme, consiste à dire que nous sommes aussi une région de départ vers dautres destinations.
(Monsieur Marc GRICOURT, Premier Vice-président, rend le fauteuil de la présidence à Monsieur François BONNEAU, Président du Conseil régional)
À mon avis, un travail doit également être mené sur la dimension éthique, responsable et équitable du tourisme. Des labels existent dans ce domaine. Dans notre stratégie, nous pourrions travailler au départ, à la manière dont on envisage le tourisme, à la responsabilité environnementale et sociale du tourisme. Nous nous honorerions à réfléchir sur cette dimension.
Je clôturerai sur le fait que le tourisme est laffaire de tous.
Il existe des initiatives en la matière, je pense aux « greeters », par exemple, mais aussi au dispositif « À vos ID » qui soutient des dynamiques citoyennes dans les territoires. Noublions pas dans cette stratégie, mais je sais que ce ne sera pas le cas, la dimension citoyenne, les dynamiques ascendantes qui participent à la valeur des marques de notre région.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci.
Lensemble des interventions ayant été portées dans le cadre de ce débat sur la communication, Madame la Vice-présidente, voulez-vous nous apporter quelques éléments de précision ?
Mme de CRÉMIERS - Merci, Monsieur le Président.
Jai bien noté les éléments portés à cette communication, qui permettront denrichir le prochain rapport sur la stratégie du tourisme présenté à la session régionale de mars. Il portera, comme je vous le disais en préambule, sur le contenu de loffre touristique et les différents développements de loffre que nous devons réaliser.
Cest présenté dans le bilan et les nouvelles ambitions, mais jai noté limportance du développement à la fois quantitatif et qualitatif des infrastructures dhébergement dans quasiment tous les territoires de notre région et de manière très variée, cest-à-dire en hôtels, en gîtes et en hébergements de plein air, pour tous types de publics mais particulièrement pour les familles et les jeunes.
Jai noté le rôle de lUNAT qui représente lexpertise en matière de tourisme solidaire et social. Quand on a lambition que nous venons de partager ce matin, dun tourisme pour tous et dans tous les territoires, cela passe aussi par des démarches comme celles que peut porter lUNAT et que lon peut imaginer de généraliser afin quil ne soit pas cantonné dans une spécificité touristique mais quil soit plus partagé.
Concernant limportance de lhistoire, dans notre région où sexerce cette exceptionnelle rencontre entre culture et nature, cela a été rappelé à plusieurs reprises, les sites et les châteaux représentent la première raison de visites dans notre région. Elle nest cependant pas la seule. Loffre touristique et ce sera lun des axes, lune des démarches proposée pour la prochaine ambition est une alchimie entre la culture et lhistoire mais sinscrit aussi dans un paysage et dans un terroir. Cest la même démarche que nous avons entre les différentes strates institutionnelles et les acteurs institutionnels du tourisme dans la concertation : elle doit se retrouver avec les acteurs du tourisme, cest-à-dire que doivent être autour de la table les hébergeurs, les restaurateurs, les vignerons, les sites de visite. Cest de cette rencontre que naîtront des offres touristiques à la fois renouvelées, créatives et qui permettent de continuer à fidéliser de plus en plus de clientèle.
Un mot sur la relation entre identité, fierté du territoire et développement du tourisme : le touriste ne connaît pas les frontières administratives, il se crée lui-même ses propres repères. La première fois quil vient, quand il nen a pas encore, cest dans son imagination et dans ce quil peut projeter en termes de rêve par rapport à une destination. Ensuite, lorsquil décide de revenir, ce que nous souhaitons de plus en plus nombreux, il sest déjà créé sa propre identité, son propre relationnel avec les territoires et surtout avec les personnes, les professionnels qui lont accueilli et avec qui il est entré en contact.
Il nest pas nécessaire de se servir dune certaine fierté identitaire pour développer le tourisme dans notre région.
Concernant le mot « slow », je vous lai dit dans mon intervention, je nen raffole pas ; cest plus une béquille de langage. Jai vu que le « tourisme de lart de vivre ensemble » a été repris par plusieurs interventions. Finalement, ce sera certainement le terme qui prévaudra pour désigner cette nouvelle ambition régionale.
En tout cas, je vous remercie de vos multiples remarques.
M. le Président - Je vous remercie de vos contributions à ce débat et à lenrichissement de ce qui sera un rapport sur la stratégie en matière de tourisme.
Nous en avons terminé avec nos travaux de la matinée. Nous allons rejoindre la salle de restaurant, si vous le souhaitez. Nous nous retrouverons dans une heure quinze, cest-à-dire à 15 heures ici pour le débat budgétaire.
Merci.
(La séance, suspendue à 13 heures 43, est reprise à 15 heures 16)
M. le Président - Nous reprenons nos travaux avec le rapport portant sur la présentation et le vote du budget primitif pour lannée 2017. Nous procéderons tout dabord à la présentation du budget par Mélanie FORTIER, Rapporteure générale du budget. Nous aurons ensuite lintervention du Vice-président, puis un débat avec les interventions des présidents de groupe et dautres interventions. Enfin, nous procéderons à la présentation et au vote sur les dix amendements dont jai été destinataire, avant le vote global du budget.
Mélanie FORTIER va assurer la présentation de ce budget.
Adoption du Budget Primitif 2017
(RAPPORT N°1)
Mme FORTIER - Cette année budgétaire marquera un tournant décisif dans laffirmation du rôle des Régions ; désormais, cette collectivité remplit une mission majeure dans lorganisation territoriale française. Le budget primitif 2017 traduit les nouvelles compétences régionales prévues par la loi NOTRe, dont le transport interurbain et scolaire, laction économique et la planification des déchets.
Parallèlement à cette évolution importante, la Région connaîtra, dès 2017, une évolution sensible de ses recettes puisquelle disposera de ressources dynamiques lui permettant de faire face à ses responsabilités. Cette évolution des ressources est une marque de confiance vis-à-vis de léchelon régional.
Le budget primitif sétablit à 1,3 milliard deuros, comme la rappelé le Président, dont 311 millions deuros pour linvestissement régional, hors remboursement de la dette en capital.
Hors fonds européens, ce budget est en augmentation de 18 % du fait du transfert des compétences.
Hors transfert de compétence, les dépenses de fonctionnement sont contenues à plus 1,9 %, hors fonds européens. Lévolution et leffort dinvestissement sur les politiques régionales sont augmentés de 5,8 %, afin de soutenir lactivité économique notamment ; nous en avons débattu ce matin.
Larchitecture par politique régionale répartit les principaux postes de dépenses de la manière suivante :
pour les stratégies et solidarités régionales et la transition écologique : 9 % ;
pour le développement économique de la recherche, de linnovation et de la formation professionnelle : 18 % ;
pour les transports et mobilités durables : 35 % ;
pour la formation initiale, lapprentissage, la vie citoyenne et participative : 31 % ;
pour lEurope : 7 %.
Je vais maintenant développer les politiques régionales déclinées dans ce budget qui traduit les priorités politiques de la majorité régionale.
Tout dabord, linnovation, la transition écologique et la révolution numérique au service des emplois de demain à travers plusieurs mesures : la création de lAgence de développement économique de la Région (DevUp), laccompagnement et la transformation du monde agricole, le soutien à léconomie sociale et solidaire (CAPAsso, SCIC et SCOP), la phase 2 des programmes « Ambition, Recherche, Développement », la mise en place de lagence régionale de la biodiversité, la concrétisation du Service public régional de lénergie, la réalisation dun schéma ambitieux de planification des déchets.
La volonté de sécuriser et toujours mieux former les salariés Isabelle GAUDRON en a parlé avec les mesures importantes suivantes : dans le prolongement du plan « 500 000 formations supplémentaires », garantir laccès à une formation qualifiante pour tous les demandeurs demploi et approfondir la démarche lancée avec les entreprises par bassins demploi.
Pour le corps de notre action qui vise à améliorer la mobilité et la solidarité territoriale, quelques mesures emblématiques :
la mise en uvre des investissements prévus au Contrat de plan État-région sur le ferroviaire, lenseignement supérieur, la lutte contre la désertification médicale nous y revenons et le développement du très haut débit, que nous ne lâchons pas, évidemment ;
la mise en uvre du transfert des compétences transports interurbains et scolaires qui fait partie des mesures emblématiques que nous allons devoir assumer.
Pour la volonté dune Région qui se veut attentive à sa jeunesse et à ses aînés, nous noublions personne, linsertion durable des jeunes dans la société nécessite une éducation et une formation adaptée. Les mesures qui suivent illustrent cette volonté :
linvestissement soutenu dans les lycées et les CFA ;
la mise en uvre des budgets participatifs dans les lycées et les CFA ;
lengagement de la création de 100 MSP dici 2020 ;
le déploiement doutils de télémédecine qui sont, on le sait, lavenir de ces pratiques.
Enfin, une Région attractive et reconnue pour sa qualité de vie : nous en avons parlé à propos de la politique et de la stratégie touristique que nous développons. Cette fois-ci, nous nallons pas doucement ; les quelques exemples qui suivent nous le montrent :
le développement du tourisme qui se porte notamment sur lamélioration de loffre dhébergement et de restauration, et le développement des formations pour un accueil renforcé ; nous avons commencé ce travail depuis plusieurs années et il porte ses fruits puisque la qualité de laccueil touristique est quand même lun de nos atouts principaux ;
la préservation et la valorisation du patrimoine naturel, avec la valorisation de « la Loire patrimoine mondial », nous en avons parlé ce matin ;
le soutien à la vie associative, la culture et le sport ; nous y reviendrons.
Enfin, une Région participative et citoyenne : cest lune de nos politiques importantes puisque nous avons annoncé ce travail et que Charles y reviendra. En effet, nous considérons que le citoyen doit être positionné au centre de la construction des politiques publiques régionales et nous lavons développé à travers toutes nos thématiques. Quelques exemples de mesures qui sadditionnent : lactualisation de la politique de coopération internationale et le lancement dun plan en faveur de linégalité.
Enfin, une Région qui maintient ses grands équilibres grâce à une gestion financière maîtrisée. Nous y revenons tous les ans mais cest sans doute un truisme ici. Simplement, cest aussi une vérité : des dépenses courantes contenues et optimisées pour dégager des moyens au service de linvestissement. Nous lavons soutenu depuis le début et nous continuons dans cette voie.
Alors que le modèle financier est fragilisé, nous le savons depuis 2010 et cest aussi une réalité avec laquelle nous devons vivre, la Région Centre-Val de Loire a décidé, à loccasion des orientations budgétaires 2016, dajuster ses objectifs financiers pour le mandat. Cela comprend :
un taux dépargne brute supérieur à 15 %, cest-à-dire 18,6 % ;
un taux dépargne nette supérieur à 35 %, car nous atteignons les 42,6 % ;
une capacité de désendettement inférieure à 5 ans, cest-à-dire 3,37 années.
Ces nouveaux objectifs sont plus performants que la moyenne actuelle des Régions. Le recours à lemprunt prévisionnel est accru (118 millions deuros) mais de manière maîtrisée. Il représente seulement 9,6 % des ressources régionales. Le taux moyen pondéré de la dette reste remarquablement faible (1,7 %) et 46 % de lencours est en taux fixe : pas de risque sur lemprunt.
Lemprunt contracté auprès de la Banque européenne dinvestissement permet de sécuriser le financement des investissements à des conditions très performantes.
Les dépenses de fonctionnement sont donc contenues à 1,9 %, hors transfert de compétences, ce qui était aussi un challenge important. Cet effort dinvestissement est préservé en faveur du territoire régional.
Les dépenses dinterventions directes de la Région, fonctionnement et investissement confondus, représentent 82 % du budget régional et, hors réaménagement de la dette et fonds européens, la partie investissement sélève à 311 millions deuros, soit 17,2 millions deuros de plus quen 2016. Là encore, nous tenons le tempo, ce qui nest pas un hasard.
Enfin, la modification de la répartition des ressources régionales qui, dans un contexte de crise, nous fait dire que les collectivités participent à leffort de redressement des comptes publics, cest leffort de solidarité que nous devons remplir. Ainsi, les dotations de lÉtat diminueront en 2017 de 18 millions deuros.
La part des dotations et participations de lÉtat recule de 5 points par rapport à lannée 2016, en raison de la diminution de ces dotations.
La part de fiscalité directe et indirecte augmente de 8 points sous leffet du doublement du produit de la CVAE, résultant du transfert de la compétence transport et de laugmentation du tarif des cartes grises.
Au global, les dotations et compensations de lÉtat représentent 34 % des recettes, la fiscalité directe et indirecte 48 %, les fonds européens 6 % et lemprunt 9 % seulement.
Lautonomie financière progresse fortement à 67,85 %, même si lautonomie fiscale demeure stable à 14,12 %.
Je vais finir par les ouvertures dautorisations de programme et dautorisations dengagement qui sont la mise en acte de nos décisions budgétaires.
Le montant total des autorisations de programme ouvertes en 2017 sélève à :
399,5 millions deuros, dont 149,8 millions deuros pour les transports et la mobilité durable ;
116,2 millions deuros pour les stratégies, les solidarités territoriales et la transition énergétique ;
86,7 millions deuros pour le développement économique, de la recherche, de linnovation et de la formation professionnelle ;
39,8 millions deuros pour la formation initiale, les lycéens, lapprentissage, la vie citoyenne et participative.
Le montant des autorisations dengagement ouvertes en 2017 sélève à :
547,67 millions deuros, dont 425,4 millions deuros pour le transport et la mobilité durable ;
57,48 millions deuros pour la formation initiale, les lycées, lapprentissage, la vie citoyenne et participative ;
52,3 millions deuros pour le développement économique, de la recherche, de linnovation et de la formation professionnelle ;
2 millions deuros pour les stratégies et solidarités territoriales et la transition écologique.
Pour conclure, je dirai que ces évolutions favorables ne peuvent occulter le fait que le renforcement des compétences de notre Région dans la vie des habitants se fait dans un contexte budgétaire contraint. Le programme national de réduction des déficits de la France impacte notre budget 2017 et impose à notre collectivité de dégager des priorités et de réaliser des économies, afin de conserver un haut niveau dinvestissement.
Les ambitions fortes concernent léducation, les transports, laménagement dynamique du territoire et les politiques liées à lenvironnement et à la transition énergétique. Elles sont consolidées.
Ce budget sera donc un budget daction, de décisions fortes, de choix cruciaux pour mener un projet ambitieux, courageux et qui reste solidaire, qui portera la mise en uvre de plus de la moitié des engagements pris devant nos concitoyens au bout dun an, puisque cest une date anniversaire.
Dans ce budget, nous pouvons dire que nous faisons rimer ambition avec raison et cest ce qui fait que nous pouvons continuer à dérouler notre projet.
Merci.
M. le Président - Avant de prendre les demandes de parole, je vais insister sur la présentation qui vient dêtre faite des caractéristiques de ce budget 2017.
Cest un budget en rupture centralement parce que nous voyons les compétences des Régions, comme cela a été souligné ce matin, évoluer très sensiblement dans le sens de la clarification et du renforcement des compétences régionales dans léconomie, ainsi que dans le domaine des transports avec la prise de responsabilité du transport routier, public, interurbain et scolaire.
Ce ne sera pas sans modifier à terme les ratios que nous connaissons, puisquil sagit là de compétences de fonctionnement. Ainsi, léquilibre fonctionnement/investissement se trouvera très sensiblement modifié pour toutes les Régions. Nous devrons redéfinir nos propres objectifs en fonction de cela.
Cest un budget sur lequel, si nous nous satisfaisons très directement de laugmentation des compétences dès lors que cela participe de la clarification de la performance de laction publique, nous devons dire quen termes de recettes, certaines contraintes sont extrêmement fortes.
Il faut dire et redire que la participation à leffort national pour équilibrer les comptes publics, participation avec une baisse de plus de 18 millions deuros de DGF, baisse observée pour la troisième année consécutive, constitue véritablement un élément central dans lévolution de notre capacité à agir.
Au moment où nous prenons en compte la responsabilité de léconomie, pour les seules responsabilités qui nous sont données du niveau départemental vers le niveau régional, nous observons un manque à gagner important, de plus de 6 millions deuros. Si nous prenons les dépenses réelles, cest plus autour de 9 millions deuros.
En même temps, nous observons une régulation qui sopère avec la péréquation, le fonds de compensation, la taxe professionnelle et, même si ce nest pas définitivement voté à lAssemblée, les Régions se mobilisent contre une perspective de baisse qui pourrait être de lordre de 4 à 5 millions deuros, qui viendraient sajouter.
Retenons que 30 millions deuros sont actuellement en baisse dans nos ressources, pour faire face à lensemble de nos responsabilités et pour assurer les nouvelles.
Si nous prenons nos engagements par rapport à la convention avec la SNCF, lorsquil sagit de mettre en uvre, à destination du personnel de la Région, les évolutions du point dindice, etc., cest pas loin de 40 millions deuros quil nous a fallu trouver pour avoir un budget équilibré cela va de soi mais également dynamique et qui serve véritablement les priorités, tel que cela vient dêtre souligné.
Ce budget est cependant à saluer au regard de sa composition. Le fait que notre part de CVAE (contribution à la valeur ajoutée des entreprises) soit augmentée du double nous passons de 25 % à 50 % constitue en soi une très bonne nouvelle, pour nous qui avons dénoncé le fait que notre Région était sous perfusion des dotations de lÉtat et ne disposait daucune sécurité ni daucun dynamisme. Le fait quil y ait un engagement du Premier ministre, rappelé à Reims, sur la TVA qui viendra prendre la place des dotations dÉtat est aussi un élément majeur, même si nous pensons les dernières discussions à lAssemblée nationale ne modifieront certainement pas cet ordre des choses que ce remplacement des dotations par la TVA aurait dû intervenir dès 2017, au moment où nous prenons en charge les responsabilités économiques.
Cest donc un budget qui amorce lextension des responsabilités, une meilleure assise budgétaire mais un gap important. Vous le savez, pour ne pas mettre en cale sèche léconomie régionale, nous avons dû priver les entreprises des moyens de linnovation, daller à linternational et de leur développement ; nous avons dû rechercher par nous-mêmes des recettes complémentaires.
Pour avoir une politique très active en faveur des territoires et du très haut débit, nous avons dû rechercher des moyens par nous-mêmes.
Pour engager toujours plus un programme en faveur de lenseignement supérieur, de léducation et de la formation, nous avons dû rechercher des moyens par nous-mêmes.
Cest la raison pour laquelle, au-delà des 12 millions deuros déconomies que nous avons faites sur nos propres budgets et sur nos politiques dans cette Région je remercie les Vice-présidents qui ont dû, ligne par ligne, travailler avec le Premier Vice-président en charge des finances, pour trouver ces marges financières , nous avons dû demander un effort supplémentaire à nos concitoyens. Cest un effort mesuré au regard de ce qui est porté comme politique daide au pouvoir dachat par ailleurs mais effort tout de même en matière de cartes grises.
Ce budget ouvre avec beaucoup de détermination sur les nouvelles politiques.
Nous souhaitons véritablement que la mise en uvre inscrite là-dedans puisse démarrer dès le 1er janvier. Cest la raison pour laquelle, fidèles à nos habitudes ici et malgré quelques incertitudes encore jen citais sagissant du vote du budget de lÉtat , nous avons souhaité que ce budget se vote au mois de décembre avec les orientations en octobre, telles que nous les avons faites.
Je souhaite vraiment que le projet de budget soit largement débattu.
Jai observé, dans ce que je vous disais précédemment, que le Front National a fait des propositions damendements qui seront débattus ; il ny en a pas du côté de lUDC.
Je souhaite que nous soyons véritablement sur une manière de faire vivre ce budget par rapport à ce qui est attendu par nos concitoyens, au-delà de disputes vaines ou inutiles.
Je vous remercie de votre attention.
Je prends les demandes de parole :
pour le groupe Front National, sagissant du président de groupe, ce sera Monsieur CHASSIER ;
pour le groupe Écologiste, ce sera Monsieur Charles FOURNIER ;
pour le groupe SRD, ce sera Monsieur Jean-Patrick GILLE, qui nous a rejoints après avoir voté ce matin une loi importante pour les métropoles.
Je prends ensuite le nom de celles et ceux qui voudront intervenir dans le débat.
Nous louvrons avec lintervention de Monsieur PELTIER qui a la parole.
M. PELTIER - Monsieur le Président, nous avons écouté avec attention vos explications, ainsi que celles de Madame FORTIER sur les différents éléments.
Ce que nous jugeons sur ce budget 2017, cest quil est à la fois contraint et contrit.
Contraint parce quil est sous la contrainte de labsence complète deffort de la part de lÉtat, dont nous payons les conséquences. Il nest évidemment pas de notre responsabilité ni de notre volonté den accuser la Région elle-même, mais il est vrai que nous avons tendance à penser que les efforts de décentralisation accordés par lÉtat, et pour lesquels nous nous réjouissons, ne sont que la conséquence dune incapacité de lÉtat lui-même à se réformer, à se réinventer et à avoir maîtrisé les dépenses publiques et la dette depuis plusieurs décennies. Cela vaut dailleurs pour tout le monde.
En 1976 lannée de ma naissance ! , il ny avait quasiment pas de dette ni de déficit public. Aujourdhui, nous laissons aux générations futures, et cest la faute de lensemble des responsables politiques depuis 40 ans,
M. le Président - Ce nest pas lié à votre naissance ?! (Rires)
M. PELTIER - Non, mais vous aurez tout de même noté que cétait en 1976.
Pourquoi ai-je parlé de cette date ? Il faut voir toute une génération sacrifiée. En 40 ans, on a totalement inversé la logique de lÉtat, cher François BONNEAU.
Autrement dit, pendant des décennies, lobjectif dune collectivité, encore plus de la communauté nationale, était de parvenir à un budget déquilibre ; cétait porté par le général de GAULLE, ainsi que par tous les prédécesseurs et vous lavez vous-même évoqué pour notre propre budget.
Les responsables publics, quels quils soient, des collectivités locales comme au niveau national, ont considéré pendant très longtemps que la question de la dette nétait pas fondamentale et même que, dans un grand nombre de cas, la dette et les déficits publics pouvaient savérer quasiment sains. Or, quelle est la réalité dont les responsables politiques prennent conscience très tardivement et dont les premières victimes sont nos concitoyens et, entre autres, les futures générations ? Cest que la dette ce nest pas simplement un mot utilisé par les politiques ou les commentateurs nous prive de notre souveraineté, cest-à-dire de la maîtrise de notre destin.
On le voit bien dailleurs aujourdhui dans la présentation dans notre budget : si lÉtat avait été mieux géré ces 40 dernières années, nous ne serions pas là, comme vous lavez évoqué, à devoir chercher des dizaines de millions deuros de compensation.
Nous sommes sous la contrainte de 40 années je ny peux rien, cela a commencé en 1976 ! avec Valérie GISCARD DESTAING puis François MITTERRAND, Jacques CHIRAC, Nicolas SARKOZY, François HOLLANDE, avec pour les uns et les autres sans doute des responsabilités différentes en fonction du contexte national et international, certes, mais la situation est celle-ci à ce jour.
Notre Région en paie les conséquences.
On voit bien, concernant le rapport à la dépense publique, que les efforts que nous menons et portons sont insuffisants parce que le modèle et le nouveau monde sont à réinventer.
Cest identique sur la fiscalité et cest la raison pour laquelle je parle de contraintes. Compte tenu de labsence de ces efforts, nous sommes obligés, ici ou là, daugmenter les impôts et ce sont toujours les mêmes (les travailleurs et les classes moyennes) qui paient. Certaines évolutions sont positives, par exemple, sur le développement économique, comme vous lavez évoqué, mais nous soulignons sur laménagement du territoire, linvestissement pour le monde rural ou encore la question clé et centrale de lapprentissage, que nous avons des baisses dinvestissement considérables et dangereuses pour lavenir, selon nous.
Je prends lexemple de la ruralité. Les technocrates qui nous dirigent ont tendance à oublier que 51 % de nos concitoyens vivent en 2016 dans une commune de moins de 10 000 habitants, quelle soit rurale ou périurbaine.
51 % des Français, cest-à-dire plus dun Français sur deux qui vit dans une commune considérée par lÉtat comme petite ou moyenne !
Une fois de plus, ce sont les habitants de ces territoires, la fameuse France oubliée, la fameuse France périphérique, qui sont les grands oubliés ou les grands perdants de la mondialisation et des investissements de lÉtat ou de nos territoires.
À la suite des deux raisons principales que jévoque (budget contraint, budget contrit), nous sommes dans lobligation, par lévidence des chiffres et la réalité face à nous, au nom du groupe UDC, de voter contre ce budget 2017.
M. le Président - Merci, Monsieur PELTIER.
Monsieur Charles FOURNIER a la parole.
M. Charles FOURNIER - Merci, Monsieur le Président.
Chers collègues, Guillaume PELTIER a fait un long développement sur la notion de dette. Évidemment, elle peut atteindre à lheure actuelle un niveau inquiétant. En même temps, il ne faut pas laisser avancer que la dette est, par essence, quelque chose de mauvais. Cest aussi une répartition de la charge de nombreux investissements sur plusieurs générations ; cela fait partie de lexercice.
Pour autant, quand elle atteint un niveau et rend difficile son remboursement, elle est à interroger, évidemment.
En même temps, la dette nest pas quen raison de la dépense publique, cest aussi en raison de la perte ou de labsence de recettes : lévasion fiscale, la fraude fiscale. Il faut mettre tout cela sur la table. La dette vient dun déséquilibre entre recettes et dépenses. Ce nest pas exclusivement parce que la dépense publique serait de la mauvaise dépense.
À mon sens, il y a de mauvaises et de bonnes dépenses dinvestissement, comme il y a de mauvaises et de bonnes dépenses de fonctionnement. Il faut sortir dune vision un peu binaire sur ce sujet que lon entend assez souvent.
Au-delà de cette intervention, je dirai quelques mots sur notre budget.
Finalement, cest le premier vrai budget de cette mandature, celui de lannée dernière ayant été fait tout de suite après lélection, dans les conditions que vous connaissez. Cest le premier qui traduit la mise en uvre de la loi NOTRe. Il change de périmètre, de dimension. Pour autant, il nest pas marqué par la fin de laustérité. Cest un point où je rejoindrai ce qua dit Guillaume PELTIER, les baisses de dotations de lÉtat ont commencé depuis fort longtemps.
Pour nous, lun des problèmes majeurs est que nous aurons peut-être une autonomie financière plus grande mais nous navons pas dautonomie fiscale. La part de fiscalité augmente de manière apparente dans notre budget mais, en réalité, sur une fiscalité que lon ne maîtrise absolument pas. Nous continuons de navoir comme possibilité que le taux des cartes grises : ce nest pas nous qui décidons des taux de la CVAE et nous ne fixerons pas plus les taux de la TVA qui viendra demain remplacer les dotations de lÉtat.
Cela ne sappelle donc pas lautonomie fiscale. Effectivement, nous avons un problème de décentralisation non aboutie et cest un véritable sujet.
Nous avons dailleurs été suspendus à la décision du Premier ministre pour savoir si nous étions capables détablir notre budget. Nous avons attendu de savoir si les 600 millions deuros prévus à léchelle nationale allaient descendre vers les Régions. Finalement, cest 450 millions deuros. Heureusement ! Sinon, nous aurions eu énormément de difficultés à faire notre budget.
La loi NOTRe, cest aussi le transfert de la compétence économie et les millions deuros qui étaient dépensés par les Départements. Nous nous retrouvons avec une responsabilité sans avoir le transfert de moyens correspondant.
Tout cela a conduit à préparer ce budget dans des conditions tout à fait difficiles.
Pour autant, nous tenons à saluer dans ce budget :
le fait davoir fait le choix, et nous lavions décidé dès le premier budget, de desserrer certains outils de gestion, en tout cas dobjectifs de gestion ;
la capacité de désendettement, le taux dépargne brute ou lépargne nette, ce qui nous permet de retrouver quelques marges et de faire tous les efforts indispensables mais peut-être moins que nécessaire si nous ne nous étions pas donné cette possibilité.
Ce budget est un bon compromis et nous permet dabsorber de nouvelles responsabilités :
le transport qui pèse sur notre budget puisque ce sont 374 millions deuros de crédits de paiement qui sinscrivent dans le budget 2017 ;
léconomie.
Il permet de maintenir des engagements en faveur de lenvironnement, de la transition énergétique, du développement de lagriculture bio, de la culture, de la coopération et de lemploi associatif. Nous navons pas à rougir lorsque nous regardons ce quil se passe dans dautres Régions. La revue Alternatives Économiques a fait une étude des budgets depuis lalternance : moins 30 % en matière denvironnement en Normandie et en Région Île-de-France ; de la même manière, la Région Rhône-Alpes-Auvergne a divisé par deux le soutien aux associations de lenvironnement.
Pour nous, cest à contresens du contexte dans lequel nous sommes, qui invite à faire plus dans ce domaine.
Le climat nest pas un sujet dont on peut parler de temps en temps, quand il y a une COP chez nous ; cest un sujet en permanence qui contraint notre avenir. On ne peut pas se dire Écologiste à 9 heures le matin et faire exactement le contraire à 10 heures. À un moment donné, cest un enjeu de cohérence et il nous semble quil en manque profondément dans ce domaine.
Je suis fier dêtre dans une Région qui maintient ses engagements en la matière. Je suis fier que ce budget intègre tous ces enjeux.
En même temps, jai dit « compromis ». Si nous avions été en responsabilité, si nous étions le groupe principal de la Majorité, ce budget aurait été quelque peu différent : nous serions évidemment allés plus loin sur certains points.
En matière déconomie sociale et solidaire, jai déjà eu loccasion de le dire, il nous semble, au moment où ce secteur élabore sa stratégie régionale, quil nous faut aller plus loin dans laccompagnement ; peut-être que cette année va nous permettre de définir des ambitions en la matière.
Il nous faut également aller plus loin dans laccompagnement de la transition écologique de léconomie. On en a parlé, notre SRDEII ce matin fixait un cap mais il faudra laccompagner, par exemple avec des contrats de conversion écologique : comment inciter les entreprises à évoluer dans le sens nécessaire pour avoir des activités soutenables et les accompagner. Benoît FAUCHEUX aura loccasion dintervenir sur ces aspects.
Finalement, nous avons plus daccords que de désaccords.
Néanmoins, Benoît FAUCHEUX reviendra par voie damendement sur ce qui nous semble être des dépenses anti-écologiques ; je pense, et vous nen serez pas étonnés, au soutien aux aéroports mais jaurais pu citer aussi le soutien à une manifestation comme Open Agrifood ou les sports motorisés ou diverses dépenses qui ne vont pas dans le sens de ce que nous défendons.
Je voudrais terminer mon intervention sur la délégation dont jai la responsabilité. Finalement, il va se passer pas mal de choses en 2017.
La première est la mise en uvre concrète du dispositif « À vos ID ». Nous avons une augmentation significative du nombre de dossiers déposés ; jen suis très heureux. Cest une manière de porter le développement rural et ce dossier a été adopté non pas à lunanimité mais assez largement lors dune de nos précédentes sessions.
Ce sera la mise en uvre dune mission autour de la ruralité, avec des sujets qui découlent de cette délibération. Ce sera le moyen de donner encore plus de sens au développement rural et davoir ce débat un peu complet sur ce quil est.
En 2017, ce sera lévaluation de notre politique de coopération qui a été annoncée, avec de nouvelles directions. Elle sera conduite avec Olivier FREZOT, conseiller délégué régional, à mes côtés, pour travailler à la réaffirmation de certaines valeurs en matière de coopération et à linternationalisation de nos politiques publiques ; on la vu en matière de tourisme, mais on pourrait le faire en matière denvironnement et de transition. Ce sont aussi des sujets sur lesquels nous avons intérêt à travailler avec dautres zones du monde.
La stratégie Europe sera complémentaire.
Nous attachons une attention particulière à deux sujets :
le lancement de la démarche « démocratie permanente » qui permettra daller plus loin, de faire système sur toutes les démarches de concertation que nous avons engagées et dapporter du progrès démocratique dans notre région. Certains avaient évoqué que cétait un gadget ; jai présenté la démarche dans le comité de pilotage que jai ouvert à tout le monde et chacun a pu mesurer notre volonté forte daller dans les territoires à la rencontre des habitants et de les associer au devenir de notre région, y compris en matière de démocratie. Cest un sujet aussi urgent que dautres.
La stratégie régionale autour des questions dégalité, qui sera construite avec Fanny PIDOUX, conseillère régionale déléguée à mes côtés aussi, avec les enjeux majeurs de légalité entre les femmes et les hommes, du handicap et de la lutte contre les discriminations.
Voilà une année qui, à travers une délégation, mais je crois que cela vaut pour toutes les délégations, montre que nous ne sommes pas dans le repli ni dans la restriction mais bien dans une année dengagements ; tout cela dans des conditions par ailleurs très contraintes.
Je voudrais dire que notre inquiétude vient un peu de tous les débats autour de lélection présidentielle dans lesquels le climat est un sujet absent ; jespère que demain il reviendra au cur des débats. Quand on entend que 500 000 postes de fonctionnaires pourraient être supprimés, que les restrictions seront encore plus grandes, tout cela est de nature à rendre notre exercice de plus en plus compliqué demain et il y a de quoi sinquiéter.
Il nous semble quun nouveau monde peut se dessiner, qui nous offre des perceptives dun plus grand bonheur. Pour cela, il faut oser limaginer, sortir dune forme de tyrannie de la réalité qui empêche toute vision de lavenir.
Dans cette Région, osons préparer cet avenir soutenable, solidaire et citoyen.
M. le Président - Merci, Monsieur FOURNIER.
Monsieur CHASSIER a la parole.
M. CHASSIER - Merci, Monsieur le Président.
Mes chers collègues, lors du débat dorientations, nous évoquions le contexte particulier de la préparation du budget, en raison non seulement des transferts de compétences mais aussi des incertitudes liées au contexte national et européen.
Nous sommes coutumiers en France du fait de revenir sur les décisions prises, en particulier dans le domaine de lorganisation du territoire. Nous voyons déjà plusieurs candidats faire des propositions en ce sens.
On se souvient que la réforme territoriale de 2010, avec la fusion Région/Départements, avait été annulée après lélection de François HOLLANDE en 2012. La loi MAPTAM a suivi en 2014, la loi NOTRe en 2015, qui pourrait à nouveau être remise en cause en 2017 puisque lon entend certains promettre de réduire encore le nombre déchelons territoriaux de 4 à 2, en les plaçant de surcroît sous la tutelle budgétaire de lÉtat.
Cette instabilité institutionnelle nous rend tout de même sceptiques sur laffirmation de léchelon régional en tant que niveau de collectivité mature et cohérent, pour mener des politiques publiques structurantes et ambitieuses. Qui plus est, la volonté de certains à vouloir réduire encore les dépenses de lÉtat après tout, lÉtat prend ses décisions mais aussi de les imposer aux collectivités territoriales en diminuant leurs recettes, nest pas de nature à nous rassurer, dautant plus que lÉtat peut également réviser à tout moment le contrat de plan qui ne nous engage que de façon unilatérale.
Monsieur le Président, vous parliez au début de lannée dambition et de confiance dans lavenir.
Il est question aujourdhui dun budget courageux et chacun comprend que cela signifie nécessairement des arbitrages parfois difficiles.
Dailleurs, si lon prend les cinq grandes politiques régionales telles quelles sont présentées dans ce rapport, nous voyons que, dans trois domaines, les crédits dintervention sont en diminution ; les deux seuls domaines où ils sont en augmentation, cest du fait des transferts de compétences.
Sur ce point, nous pouvons constater que les 17,25 millions deuros anticipés au titre de la compensation partielle des nouvelles responsabilités économiques sont déjà totalement effacés par la nouvelle baisse de la DGF, qui sera de 18,76 millions deuros, ce qui vous conduit à une nouvelle augmentation de la taxe sur les cartes grises.
Pour le transport routier de voyageurs, la compensation assurée pour 2017, en ce qui concerne le montant des interventions régionales avec le transfert dune part supplémentaire de 25 % de la CVAE, ce qui représente un peu plus de 149 millions deuros, est à comparer aux 149,3 millions deuros inscrits en crédits de paiement pour ce chapitre. Attention, la charge des personnels transférés nest pas entièrement comprise et on peut regretter que les Commissions locales pour lévaluation des charges et des recettes ne se soient pas réunies plus tôt et que les dernières conclusions ne nous aient été transmises que mardi lors de la Commission des Finances. Les documents ont suivi dans la soirée, ce qui fait à peine 48 heures avant le débat budgétaire.
Cette situation vous a conduits à diminuer les crédits sur dautres politiques.
Pris dans son ensemble, le bloc « stratégies et solidarités territoriales, transition écologique » voit son enveloppe réduite de 16,71 %, en incluant les fonds européens. Vous lexpliquez en partie par lévolution des contrats territoriaux mais la diminution constatée sur les contrats régionaux de pays est compensée, à peu près à lidentique, par la hausse des CRST (nouveaux Contrats régionaux de solidarité territorial). Cela nempêche pas une baisse de 6,5 %, tous contrats confondus.
Pour la transition écologique qui a été évoquée ce matin, cest une baisse de 6,8 %, pour les technologies de linformation et la communication, moins 30,7 %.
Nous le constatons également pour le bloc « formation initiale, lycées, apprentissage, vie citoyenne et participative », avec une baisse globale de 1,3 %.
Je ne vais pas décliner toutes les politiques, dautres intervenants auront loccasion de le faire. Je signalerai quand même une baisse globale de 7 % pour la culture, 7,4 % pour le sport. Alors que vous annonciez la semaine dernière à Blois que notre Région consacrait 3,45 % de son budget à la culture, nous relevons que le chiffre exact était de 2,95 % en 2016 et 2,32 % en 2017.
Cest probablement ce que vous appelez un budget courageux ; nous y voyons plutôt un budget contraint.
Toutefois, nous devons également porter un regard plus général sur cette évolution de la structure du budget qui traduit une évolution du rôle de la Région, cela a été dit.
Nous lavons souvent répété, le rôle de la Région, hérité de la DATAR, cest laménagement, au sens large, équilibré du territoire : nous insistons particulièrement sur la dimension déquilibre, remise en cause par le retour à la concentration urbaine qui aboutit aux projets de métropole, dont vous semblez vous réjouir mais qui va remettre en cause certains schémas élaborés.
Au lieu de cela, nous voyons de plus en plus la Région devenir une autorité de gestion, ce qui nest pas son rôle puisquil existe déjà des échelons territoriaux de proximité mieux placés pour le faire. De fait, la part du fonctionnement va encore augmenter dans le budget régional, en même temps que les dépenses incompressibles, alors que nous venons de souligner le degré dincertitudes qui pèsent sur nos recettes.
Votre présentation politique est intéressante mais si lon revient à la présentation par fonction, on constate que laction économique proprement dite, noyée dans un ensemble, ne représente que 8 % du budget, laménagement des territoires 7 %, la culture et les sports 3 % ; cest la présentation fonctionnelle. Pour lenvironnement, dont il est question pratiquement à toutes les pages de ce rapport, cest seulement 1 % du budget de la Région. Ce nest même pas le score des Écologistes !
(Rires)
Comme nous lavions observé au moment des orientations, nous voyons lensemble des indicateurs financiers se dégrader, quil sagisse de lépargne, de lautofinancement ou de lendettement.
Concernant lendettement, je répondrai rapidement au discours de Guillaume PELTIER sur la dette. Chacun sait que le problème fondamental de la dette part avec la loi de janvier 1973, interdisant à la Banque de France de financer le budget de lÉtat, situation aggravée par la perte de notre souveraineté monétaire qui fait que lon privatise la dette. LÉtat et les collectivités deviennent, de ce fait, dépendant de leurs créanciers, ce qui aurait pu être évité, bien entendu.
Malheureusement, si les auteurs de cette loi étaient encore en vie, ils devraient être poursuivis pour crime de haute trahison !
(Applaudissements)
Enfin, nous devons également être attentifs à la pression fiscale subie par nos concitoyens. Nous avons entendu vos arguments sur limpact relativement minime quaurait la hausse des cartes grises sur le budget des ménages. Cela représente un peu plus de 44 euros daugmentation pour un véhicule de 6 chevaux. On ne le change pas tous les ans, bien sûr, mais les automobilistes subissent en même temps une hausse des primes dassurance, une nouvelle hausse de la taxe carbone à partir de janvier, une nouvelle augmentation du tarif des autoroutes, etc. Ce sont toujours les mêmes qui paient et on voit pourquoi dans la région : notamment pour financer le ferroviaire.
Pour être cohérent et courageux, nous avons aussi des propositions.
Nous allons donc déposer quelques amendements afin de compenser, de proposer cette diminution des cartes grises. Le temps nous a manqué et les moyens aussi pour arriver à lobjectif mais il serait possible dépargner aux contribuables cette hausse de 15 millions deuros. Nous en parlerons en les défendant.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Monsieur CHASSIER.
Monsieur GILLE a la parole.
M. GILLE - Merci, Monsieur le Président.
Tout dabord, jaurai une petite remarque liminaire.
Vous lavez souligné mais je crois quil est important de dire que cest bien de voter le budget en décembre. Toutes les collectivités ne le font pas.
Pourquoi est-ce bien ? Parce que cela permet de ne pas perdre de temps sur le lancement des dépenses de linvestissement. Cest important parce que nous sommes, je pense, le premier investisseur de la région, ce qui est normal, plus de 300 millions deuros ; jy reviendrai. Cela va de soi aussi avec notre compétence économique qui nest pas de tout gérer mais de donner une impulsion. Je voulais souligner ce point pour commencer.
Je lai dit au moment du débat dorientations et je repars de ce point-là pour nous féliciter davoir un budget en augmentation de plus de 16 %, ce qui veut dire, pour être très précis, plus de 183 millions deuros supplémentaires dans ce budget primitif.
Pour autant, le paradoxe est que nous sommes confrontés à une baisse des dotations de 18 millions deuros, mais nous avons su la gérer en équilibrant bien.
Évidemment, cette augmentation importante du budget correspond à la prise en main de nouvelles compétences ; je le rappelle : économie, transport et plan régional des déchets. Cest une affirmation du fait régional. Je men réjouis parce que cest un acte supplémentaire de la décentralisation qui avait un peu marqué le pas ; cest une manière daller plus loin.
Lannonce peut-être tardive, vous lavez dit, Monsieur le Président, que le financement passera par une partie de la TVA à une recette dynamique, est aussi un signe intéressant, même sil nest pas encore tout à fait réalisé.
Par ailleurs, ce budget nous permettra de mettre en uvre nos priorités, que nous avons évoquées voici un an, pendant la campagne électorale.
Dans le cadre de la préparation de ce budget, je veux aussi souligner la mobilisation, lengagement et la qualité du travail des agents de la collectivité. Dans un contexte où jai limpression que lon a un peu rouvert la chasse aux fonctionnaires, nous indiquons clairement que nous nous posons en défenseurs du service public et de ses agents, dont il a besoin pour fonctionner.
Venons-en maintenant plus directement au budget pour le qualifier en quelques termes. Il se qualifie assez facilement.
Cest un beau budget. Pourquoi ? Parce quil y a une maîtrise des dépenses et nous avons réussi à gérer la diminution des dotations. Il y a même certaines baisses, symboliquement, comme pour la communication. À la Région, cest souvent mis en cause. Maintenant, cest fait.
La dette est en augmentation parce que nous faisons un choix offensif mais plus facile à faire quand les taux sont bas. En même temps, elle est totalement sous contrôle et nous assumons ce choix. Vous vous rappelez que lannée dernière, nous avons fixé des bornes pour les cinq ans à venir et nous sommes tout à fait dans le respect de ces objectifs.
De plus, je le disais, cest important, un haut niveau dinvestissement de plus de 300 millions deuros.
Jinsisterai un peu sur la méthode, même si Charles FOURNIER en a parlé, avec la participation et la coconstruction à tous les niveaux.
Je ne vais pas reprendre tous les éléments, je voudrais seulement insister sur un point. La linéarité du document écrit masque le caractère systémique, au bon sens du terme, la cohérence de notre budget qui vise dabord à créer et soutenir un écosystème favorable à léconomie et à lemploi, puisque cest notre priorité. Il est favorable également, et je voudrais insister sur ce point, au soutien à linitiative publique cest en partie nous mais pas seulement , à linitiative privée et à linitiative associative. Une priorité a été posée en direction de la jeunesse : cest une préparation de lavenir.
Notre budget est caractérisé par le fait quil na pas deffets dannonce et nest pas à court terme. Il engage profondément la Région pour les années à venir. Il est sérieux de ce point de vue parce quil nest ni politicien ni court-termiste, mais il reflète une vraie politique qui sappuie sur une méthode participative.
Charles FOURNIER parle de « démocratie permanente », on pourrait parler dempowerment, mais nous faisons le choix que toutes nos politiques publiques fassent lobjet dune élaboration, dune mise en uvre et dune évaluation partagée par les acteurs de cette politique.
Je voudrais insister quelques instants sur cet effet cohérent, sur cette présentation que lon narrive pas à faire systémique du budget, qui sappuie sur les grandes compétences, à savoir la formation, le développement économique maintenant, la mobilité, laménagement et lattractivité des territoires. Ce sur quoi je voudrais attirer votre attention, cest que nous navons pas une organisation en tuyaux dorgue, comme cest souvent le cas dans les collectivités publiques ; je ne vous parle pas de lÉtat. Leffort est réalisé dans le sens que les politiques de chaque secteur soutiennent les autres.
Ce sera certainement lun des objets de lagence de développement que nous allons mettre en place. Nous avions un engagement déjà très fort dans la formation. Dois-je rappeler, par exemple, les 95 millions deuros dinvestissement que nous mettons encore dans les lycées et les CFA ? Il serait intéressant de faire une sorte de consolidation des crédits pour lapprentissage : les primes, le fonctionnement et linvestissement des CFA.
Nous sommes une Région très engagée dans lapprentissage, de longue date, de façon identique lorsque cétait la droite ou la gauche qui la gérait. Nous continuons cet effort parce quil illustre ce que jessaie de décrire, cest-à-dire une réponse immédiate mais aussi une préparation de lavenir.
De manière transversale, nous avons les deux engagements que nous avons pris sur la transition numérique, qui vient soutenir léconomie de demain, en tout cas nous lespérons, et la transition énergétique.
Jinsisterai sur les deux autres piliers, qui sont la mobilité et le transport. Je ne vais pas dire que notre budget « Transport » explose parce que cela ferait peur mais il est en augmentation très conséquente.
Toutes les politiques que nous menons sont diversifiées mais contribuent à laménagement et à lattractivité de notre territoire, que ce soit la culture, où nous maintenons lengagement de stabilité que nous avions pris, le sport, tout ce qui tourne autour de la protection de lenvironnement, la qualité de vie ou la santé ; nous aurons un débat à ce propos tout à lheure. Tout cela crée lattractivité de notre territoire, cest-à-dire le bien-vivre pour ceux qui y sont et une sorte dattractivité pour ceux qui veulent y investir.
Je ne reviens pas sur le débat de ce matin, dautant plus que je nai pas pu y assister, mais le tourisme est un enjeu majeur.
Un point na pas été soulevé : notre ouverture à lEurope qui sera renforcée par le fait que nous pourrons vraisemblablement bénéficier de deux métropoles et qui permettra davoir une plus grande lisibilité de laxe ligérien entre les deux gros pôles économiques : laxe ligérien, la Ville et lAgglomération de Blois au milieu. À une région devenue, par le biais des découpages où nous avons été un peu oubliés, plus petite à léchelle de lHexagone, cela donne une visibilité européenne qui me paraît très importante.
Nous sommes profondément européens quand nous faisons le choix de préparer et daider les jeunes générations sur cette question européenne. Une manière de le faire est de les aider à découvrir lEurope.
En ce sens, cest très bien et je nhésite pas à dire que nous sommes les vrais patriotes de ce point de vue, cest-à-dire ceux qui aiment et défendent leur territoire
(Réaction sur les bancs du Front National)
Je savais que cela vous plairait !
par rapport à ceux qui préfèrent les opposer aux autres.
Nous, nous sommes patriotes de notre territoire mais pour avoir développé les solidarités et les complémentarités avec les autres.
Je vais conclure sur ce point car je crois avoir épuisé mon temps. Jentendais Monsieur CHASSIER exprimer ses craintes sur la montée en puissance de la Région en nous disant : « Finalement, nous allons devenir une autorité de gestion. »
Pour faire un mot, je serai tenté de dire que ce qui caractérise notre démarche profondément et qui prépare lavenir, cest justement que nous serions plutôt une autorité de cogestion, cest-à-dire avec des moyens importants que nous mettons à disposition des autres pour travailler avec eux, avec les territoires qui composent la région, avec le secteur privé ou associatif.
En tout cas, cest la lecture que je fais de ce bon budget. Cest notre premier vrai budget, comme le disait Charles FOURNIER. Il soutient des politiques de fond pour accompagner la reprise, qui est encore timide mais se fait jour nous avons reçu hier les chiffres , et la renforcer, en faisant le pari de la confiance à tous les acteurs.
Cest ce qui caractérise notre démarche.
M. le Président - Merci, Monsieur GILLE.
Monsieur FORISSIER a la parole.
M. FORISSIER - Merci, Monsieur le Président.
Monsieur le Président, vous avez dit, et nous le comprenons, que le budget avait été élaboré avec des incertitudes car le gouvernement a été très tardif à donner les bons chiffres. 40 millions deuros manquent, dont 18 millions deuros de baisse de la DGF.
Face à cela, évidemment, ce nest pas facile ; nous pouvons le comprendre, nous lavons déjà évoqué à loccasion du débat dorientations budgétaires : il est difficile pour la Majorité de justifier la violence des baisses de dotations de lÉtat et leurs conséquences sur lélaboration de ce budget ; évidemment, je ne vous en veux pas.
Jobserve que vous avez essayé, face à cette contrainte, sous cette contrainte, dopérer des choix qui se répartissent par-ci par-là. On augmente un peu le volume demprunt : ce sont 4,2 millions deuros de plus, à 118 millions deuros, par rapport à lannée dernière. On fait des économies, vous avez parlé de 12 millions deuros, mais il reste tout de même 18 millions deuros à trouver, si je me base sur les chiffres que vous nous avez communiqués.
Des choix sont discutables. Cela a été dit avant moi, notamment par Guillaume PELTIER : jobserve que, pour ce qui touche aux solidarités territoriales, cest 14,5 millions deuros de moins. Cela impacte beaucoup la nouvelle génération des contrats de Pays mais il faut aussi rappeler que, parallèlement, nous avons certaines politiques qui étaient payées en plus et qui sont maintenant incluses vous nous donnerez peut-être des détails dans ces mêmes contrats de Pays. Ceci signifie que leffort est encore plus intense pour les territoires.
Cela a été évoqué et le CESER le note, il se produit un effondrement des crédits sur lapprentissage, dont on sait pourtant quils sont essentiels et que cest un sujet majeur pour lutter contre lemploi. On passe de 20 millions deuros en 2010 à 6,9 millions deuros en 2017, alors même que le CESER rappelle que la Région dispose de 51 % du reversement de la taxe dapprentissage. Je ne peux pas ne pas citer le CESER.
Globalement, nous pouvons discuter sur les autres politiques.
Je voudrais dire que tout cela risque de nous conduire à une certaine dérive budgétaire, sans entrer dans le détail. Ce risque peut se révéler assez prégnant dans les années qui viennent. Lorsque lon regarde lévolution du taux net dautofinancement, il se dégrade, tel quil est prévu aujourdhui, cest-à-dire que vous anticipez bien des difficultés.
Vous avez vous-même rappelé, ainsi que dautres parmi notre assemblée, que nous avions des incertitudes sur lattitude de lÉtat, sa compensation aux contraintes quil fait peser sur les collectivités locales.
Au fond, ce que lon observe, cest que lon essaie de sen tirer : je ne dis pas que cest facile, je ne suis pas dans une critique systématique mais je dis « attention ». Le risque est grand, et vous lavez prouvé dès ce budget, de ne pas aller vraiment au fond des choses, de ne pas prendre les vraies mesures, de ne pas faire le travail que javais appelé de mes vux, y compris en y associant lOpposition lors du débat dorientations budgétaires. À quoi cela vous conduit-il ? À quelque chose qui pourrait être génétique : à limpôt.
Vous avez aujourdhui annoncé officiellement et inscrit dans ce budget une augmentation de 17 % sur le taux de la carte grise, cest-à-dire 25 millions deuros de recettes escomptés. Au passage, le CESER note, et il a raison, la suppression de lexonération sur les cartes grises pour les véhicules propres. Cela doit plaire à Monsieur FOURNIER et à nos amis du groupe Écologiste mais en gros, ce sont les familles, les gens qui travaillent et qui ont besoin de leur voiture, notamment en zone rurale, qui sont pénalisés.
On va me dire : « Ce nest pas très cher, ce sont quelques euros, cela ne va pas loin. » Cependant, cest une question de principe. Il ne faut pas oublier que cet impôt, puisquil sagit bien dune augmentation dimpôt, sajoute à de nombreuses autres augmentations dimpôt.
Jai proposé, au nom du groupe et de Guillaume PELTIER, que lon puisse travailler pour aller plus loin encore dans la recherche déconomies structurelles. Je sais bien que cest difficile et, honnêtement, je ne vous jette pas la pierre, ni à la Majorité.
Excusez-moi de le rappeler, en tant que maire, je dois trouver 10 % déconomies structurelles sur le budget de ma Ville parce que lÉtat ma violemment supprimé 10 % de ce budget. Je nai pas augmenté les impôts, nous avons trouvé les 10 % ensemble, y compris avec lOpposition.
Je regrette que ce travail nait pas été conduit avant toute chose. Même si je comprends bien que ce nest pas facile et que lon garde des politiques souvent pour des raisons politiques, il eut été utile de leffectuer et daller beaucoup plus loin. Vous avez fait le choix daugmenter limpôt, après avoir saupoudré un peu demprunt en plus et un peu déconomies ici ou là. Ce choix est porteur dun vrai risque de dérive. A fortiori, si les Régions retrouvent encore un peu plus dautonomie budgétaire, comme cela a été annoncé, la tentation sera grande de faire encore plus dautonomie fiscale, au sens où je viens de lexpliquer.
Monsieur le Président, mes chers collègues, voilà les raisons profondes qui me conduisent, comme la dit Guillaume PELTIER, à ne pas accepter ni voter ce budget. Même si nous comprenons bien la difficulté de son élaboration, il se pose des questions de principe, essentielles pour lavenir et la construction budgétaire.
Dans une situation de contraintes comme celle qui nous est imposée, il faut prendre des mesures qui vont jusquau bout et pas simplement à mi-parcours, car il existe un vrai risque.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Monsieur FORISSIER.
Monsieur HUWART a la parole.
M. HUWART - Merci, Monsieur le Président. Dans un contexte où lon parle beaucoup de baisses budgétaires, de restrictions, je voudrais saluer le choix clair opéré notamment par vous et par la Majorité en matière de développement économique. Nous sommes sur des chiffres extrêmement significatifs, avec une augmentation du budget de plus de 40 %, soit 22 millions deuros de moyens en plus. Cela nous permet non seulement de compenser le désengagement des Départements mais également de donner un coup de pouce très significatif à des secteurs qui nous tenaient particulièrement à cur, comme le commerce de proximité, ainsi que lartisanat et lagriculture dont les budgets vont doubler. Cela nous permettra dengager des actions nouvelles. Cela nous donne maintenant les moyens de mettre en place dès le 1er janvier lensemble des outils dont nous avons parlé ce matin et que les acteurs économiques attendent.
Très simplement et très brièvement, je voudrais souligner que ce choix nétait pas évident. Il est fondamental, si nous voulons placer la Région comme un acteur central dans lemploi, dans lévolution du modèle économique et dans le développement du territoire.
Nous naurons, ni les uns ni les autres, à regretter le choix opéré, même si, par ailleurs, il nous engage à accélérer et continuer de travailler de façon efficace.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Monsieur HUWART.
Monsieur de GEVIGNEY a la parole.
M. de GEVIGNEY - Merci, Monsieur le Président.
Jémettrai quatre remarques concernant le transport.
Sagissant du ferroviaire, les modalités dachat de trois Régio2N pour la ligne Interloire nous interpellent, tant notre collectivité semble être à la remorque des Pays de la Loire dans ce dossier. La Région abonde, un peu en urgence, à hauteur de 45 millions deuros, dont 22,5 millions deuros de crédits de paiement, pour suivre une décision que notre voisine semble avoir opérée depuis 2013. Le pilotage stratégique de cette ligne nous paraît manquer de « coconstruction » ; cest le mot à la mode !
En ce qui concerne la ligne Orléans-Châteauneuf, le choix des Régio2N semble lui aussi marqué par le sceau de la précipitation au travers dun risque de surdimensionnement. Modestement baptisé « lA380 du rail », le Régio2N, qui est certes très capacitaire, sera fortement bridé sur une ligne de sept dessertes parcourues en 32 minutes, à une vitesse maximale de 100 kilomètres/heure ; il nest pas possible daller plus vite. Cest loin des 140 kilomètres/heure que cette machine est capable datteindre dans sa version la moins rapide et 200 kilomètres/heure dans la version la plus rapide. Je ne sais pas laquelle sera choisie.
Le Régio2N reste un matériel lourd, plus long à lancer et à freiner quun tram-train, à linstar de celui qui parcourt Nantes-Clisson, par exemple, une ligne qui comporte 8 arrêts, effectués en 29 minutes, également à 100 kilomètres/heure, soit une configuration très proche de celle dOrléans-Châteauneuf.
Par ailleurs, louverture prochaine du lycée à Châteauneuf-sur-Loire fera baisser le besoin de déplacements des populations vers Orléans et il sera donc sûrement plus difficile de remplir autant de trains à étage.
Concernant le POCL et plus particulièrement le débat autour de son tracé, nous découvrons avec surprise dans lavenant du CPER, annexes 1 et 2, que désormais « 2 plus 2 égalent 6 ». En effet, létude pour la nouvelle ligne définie OSM1 est budgétisée - vous le vérifierez pour un montant total de 6 millions deuros qui se décomposent à hauteur de 2 millions deuros pour lÉtat, 2 millions deuros pour SNCF Réseau et 0 pour la Région. Il est dommageable de constater, sur un document aussi officiel que le CPER, des totaux qui ne correspondent pas, pour des montants aussi conséquents. Il manque quand même 2 millions deuros.
Toujours dans lavenant au CPER, nous voulons tempérer ici les ardeurs de lExécutif qui sest félicité du chèque de 10 millions deuros de lÉtat lors de la visite du ministre de lAménagement du territoire, dont 2,3 millions deuros pour la ligne POLT. En vérité, le montant total consacré au POLT, après lavenant au CPER, reste identique à 40,25 millions deuros et labondement conjoint de lÉtat, de la Région et de SNCF Réseau pour maintenir ce budget est dû à la disparition des fonds européens, pourtant budgétisés jusque-là.
Nous nous interrogeons donc sur la capacité de la Région à mobiliser ces fonds européens, pour lesquels je vous rappelle que la contribution de notre pays est très supérieure à ce que nous recevons en retour ; nous versons 22 milliards deuros et nous récupérons 13 milliards deuros.
Le travail effectué par SNCF Réseau en charge de linstruction du dossier auprès des autorités européennes mérite également dêtre étudié en profondeur.
Par ailleurs, pour ce qui est de laéroport de Châteauroux, jémettrai une seule remarque : nous voulons rappeler ici notre réserve sur un projet qui semble comporter de nombreuses zones dombre, à linstar des clients un peu mystères que lon nous demande de prendre pour argent comptant, pour justifier la construction de ce gigantesque hangar. Notre collectivité a déjà connu un désengagement de la part dacteurs privés sur ce dossier, qui la obligé à reprendre la main.
Cela nous amène aujourdhui à abonder à hauteur de 13 millions deuros mais, en réalité, 16 millions deuros si lon ajoute la tour de contrôle. Nous appelons donc à une extrême vigilance, même si nous soutenons la perspective de voir se développer une activité industrielle pérenne, adossée à cette infrastructure.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Monsieur de GEVIGNEY.
Monsieur FAUCHEUX a la parole.
M. FAUCHEUX - Merci, Monsieur le Président, de me donner la parole.
Effectivement, ce budget 2017 est marqué par la montée en puissance des politiques de transition énergétique et de protection de lenvironnement. Si lon compte le budget environnement au sens strict et le budget aménagement du territoire, on parvient à 24 millions deuros sur lannée en crédits de paiement, à peu près moitié-moitié car 20 % des investissements sur laménagement du territoire relèvent du champ de lenvironnement.
Monsieur CHASSIER a relevé, dans la mesure où il épluche bien les budgets, un peu de variations entre 2016 et 2017 concernant linvestissement. Cependant, sur ce plan, il ne faut pas avoir une approche de budget à budget mais bien regarder ce quil se passe durant lensemble dune période de contractualisation avec lÉtat, la Région et les fonds européens. Ce nest pas parce quil y a un peu moins dinvestissement une année quil ny en aura pas plus lannée suivante.
Regardons les choses sur plusieurs années, parce que cest le rythme des projets de linvestissement. La comparaison année par année nest pas pertinente, de mon point de vue. Nous verrons en 2018, 2019 et 2020 en ce qui concerne la mise en place de ces politiques.
Lannée 2017 est aussi marquée par des évolutions législatives importantes, apportées par la loi NOTRe et la loi de transition énergétique dans le secteur. Les Régions sont maintenant chefs de file pour la biodiversité et pour la transition énergétique. Elles ont la compétence en planification des déchets ; celle-ci a été transférée des Départements aux Régions. Tout cela a une incidence sur le budget.
Dans le cadre du chef de filat « biodiversité », la Région va prendre linitiative dorganiser une concertation avec les différents acteurs pour élaborer une stratégie régionale en faveur de la biodiversité. Il faut rappeler que la biodiversité et le patrimoine naturel sont des facteurs de qualité de vie pour les habitants de la région, dattractivité du territoire en particulier pour les touristes, dans une région qui a misé une partie de son tourisme sur la Loire et la Loire à Vélo. Ils sont aussi supports dactivités :
économiques, comme lagriculture ou la pisciculture ;
ou de loisirs, comme la randonnée, le kayak, la chasse ou la pêche.
Cette stratégie devra viser la protection de ce bien commun quest la biodiversité de notre territoire avec sa mise en valeur. Elle devra être complétée par un accord entre les principaux financeurs qui financent la reconquête de la biodiversité, à savoir lÉtat, les Agences de lEau, la Région et les fonds européens quelle gère, et les Départements qui le souhaiteront. Il sagit de mettre en synergie ces différents financements pour une meilleure gestion de largent public et une dynamisation des projets.
De plus, dans lannée 2017, une réflexion sur lopportunité de la création dune Agence régionale de biodiversité sera lancée et lensemble des partenaires y seront associés.
Dans le cadre de la transition énergétique, les investissements des collectivités pour isoler leur patrimoine bâti vont continuer à sintensifier avec la montée en puissance des CRST, de nouveaux projets citoyens de production dénergie renouvelable seront soutenus et lannée 2017 verra aussi la création dun Service public régional de lénergie qui est à létude, service public qui sinscrira dans lidée quà terme chaque habitant de la région devrait pouvoir habiter dans un logement bien isolé, plus confortable et plus économique.
Dans le domaine des déchets et de léconomie circulaire, la Région est maintenant compétente pour la planification des déchets. Elle doit produire, à ce titre, un Plan régional de prévention et de gestion des déchets qui doit décliner les objectifs nationaux de réduction des déchets. Elle se situera résolument dans une approche « zéro déchets, zéro gaspillage », avec un plan de développement de léconomie circulaire, compétence nouvelle et primordiale pour réduire lempreinte écologique de notre territoire dont la mise en uvre devra se faire conjointement avec lexercice de la compétence en matière de développement économique.
À cette addition de budgets, on pourrait évidemment ajouter les fonds européens gérés par la Région, dont une bonne partie est consacrée à la transition énergétique, avec les 15 millions deuros par an consacrés à la rénovation énergétique des lycées, une politique économique tournée vers la transition écologique.
Bref, tout cela illustre bien que, lorsque lon parle de transition écologique, que notre collectivité a déjà bien entamée, il faut regarder lensemble des budgets de la collectivité mobilisés et pas seulement celui de lenvironnement. Cest ainsi que lon participe à la réduction globale de lempreinte écologique dune collectivité.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Monsieur FAUCHEUX.
Madame ROUSSELET a la parole.
Mme ROUSSELET - Merci, Monsieur le Président.
Je voudrais aborder les dépenses de personnel.
Pour 2017, leur budget se monte à 123,845 millions deuros contre 118 millions lannée dernière, ce qui fait une augmentation de 4,8 millions deuros qui sexplique par le transfert des personnels, le CRESS, les transports et la gestion des déchets. Elle sexplique également par le GVT (le glissement vieillesse technicité) pour les agents et par des mesures liées à des décisions nationales, à savoir la revalorisation du point dindice, les « parcours professionnels, carrières et rémunérations » et une augmentation des cotisations patronales.
Nous avons, malgré tout, une gestion sérieuse de ces dépenses de personnel. La moyenne de la masse salariale pour la Région Centre-Val de Loire reste inférieure à la moyenne de celles des autres Régions. Sur le terrain, on entend et on ressent jimagine ne pas être la seule un besoin de plus en plus fort, de plus en plus pressant pour davantage de services publics, en milieu tant rural quurbain.
De ce fait, je minterroge : comment répondre à ces besoins avec moins de fonctionnaires ?
Il faut faire attention au discours ambiant de diminution du nombre de fonctionnaires. Par exemple, pour faire le budget cette année, si nous avions voulu être à budget constant, il aurait fallu supprimer 120 postes : cela veut dire supprimer du service public. Je pense aux agents qui entendent ces intentions et qui pourraient se sentir dévalorisés dans leur mission, alors quils nous ont démontré tout au long de lannée 2016, encore une fois, leur implication et leur réactivité. Ils ont assuré à moyens constants toutes nos nouvelles actions, que ce soient les états généraux de léconomie ou les assises de la culture ; ils ont préparé le transfert de la compétence transport et bien dautres, et tout cela à moyens constants, je le redis.
Il ne faut pas oublier limportance sur le terrain des agents dans nos lycées et leur implication. Jen veux pour exemple le lycée Jeannette Verdier à Montargis, au moment de la période des inondations, où ils ont vraiment été irréprochables, et même exemplaires.
Notre vision pour les dépenses de personnel pour 2017 est axée sur deux priorités :
une gestion rigoureuse ;
en même temps, faire en sorte que nos agents travaillent dans de bonnes conditions afin de pouvoir réaliser au mieux les demandes de service public sur le terrain.
Merci.
M. le Président - Merci, Madame ROUSSELET.
Monsieur COUEILLE a la parole.
M. COUEILLE - Merci, Monsieur le Président.
Chers collègues, le budget primitif 2017 que lon nous soumet aujourdhui est apparemment en augmentation, en matière agricole, de 5,175 millions deuros par rapport à celui de 2016, ce dont nous pourrions nous réjouir. Cependant, cette augmentation est en trompe-lil car la Région doit, dans le cadre de la pleine application de la loi NOTRe en 2017, prendre en compte le désengagement des Départements pour un total de 3,513 millions deuros sur les lignes de la promotion de lagriculture régionale, de lalimentation, de linstallation/transmission, du développement de lagriculture biologique et celles des CAPFilières.
Il ne reste donc que 1,662 million deuros daugmentation nette, ce qui correspond à peine à 60 % des 2,5 millions deuros daides annoncées à destination des exploitations en difficulté, à la suite de la désastreuse campagne 2016.
On peut aussi se poser la question de savoir par quelles nouvelles ressources de la Région seront compensées les pertes de dotation des Conseils départementaux au profit de la filière agricole, si ce nest par laugmentation dimpôt qui a déjà été abordée.
Si lon reprend thème par thème les orientations de ce budget primitif, nous faisons les observations suivantes.
La priorité donnée dans le SRDEII à linstallation/transmission, que nous soutenons sur le principe, ne se traduit pas par un effort financier à la hauteur de lenjeu puisque laugmentation de 930 000 euros correspond, pour 910 000 euros, à la compensation de la disparition des financements départementaux : laugmentation en valeur absolue est donc de 20 000 euros.
De plus, la ligne « repérage des cédants exploitants » de certaines exploitations agricoles ne fait état daucun crédit de paiement pour 2017.
Le développement de lagriculture biologique, en particulier le CAPConversion qui permet de participer au financement de la certification bio et à la sécurisation de la période de conversion, a toujours reçu notre soutien. Néanmoins, là encore, laugmentation de 105 000 euros nest que la compensation des défuntes subventions départementales.
Nous espérons aussi que la Région saura suppléer au retard des paiements européens en faveur des agriculteurs biologiques, qui ont motivé leur action devant notre hémicycle ce matin.
Nous rappelons une nouvelle fois, à cette occasion, que lagriculture conventionnelle génère les trois quarts de la valeur agricole produite en région Centre et quelle seule est en mesure de couvrir les besoins alimentaires et industriels de produits agricoles à des prix de revient compétitifs.
Les deux types dagriculture sont pour nous complémentaires et non antagonistes.
Les CAPFilières, que nous soutenons aussi systématiquement, voient leurs dotations augmenter de 3,132 millions deuros, dont 450 000 euros viennent compenser là aussi le désengagement des Départements. Cette augmentation est malheureusement bien inférieure aux besoins des filières en difficulté, pour lesquelles les conséquences de cette année 2016 catastrophique se feront sentir toute lannée prochaine et au-delà.
Nous notons cependant avec satisfaction la poursuite du cofinancement Région/FEADER, de laide à la modernisation des entreprises de travaux forestiers et des scieries, dont la mise à niveau technique, indispensable à leur compétitivité et à la valorisation de la filière bois régionale, implique de gros investissements.
Dans le domaine de lalimentation, qui vise à soutenir à juste titre les productions régionales, les circuits courts et les métiers de bouche, laugmentation du budget de 130 000 euros nest que la compensation de la fin des aides départementales.
En conclusion, les orientations générales et les objectifs de ce budget primitif pour les filières agricoles constituent un catalogue de bonnes intentions mais, une fois encore, les moyens mis en uvre ne sont pas à la hauteur des enjeux, alors que 20 % des exploitations de la région sont menacées de disparition et que nombre de nos territoires ruraux sont déjà en survie.
Je vous remercie de votre attention.
M. le Président - Merci, Monsieur COUEILLE.
Philippe FOURNIÉ a la parole.
M. Philippe FOURNIÉ - Monsieur le Président, chers collègues, avant de vous donner mon avis sur lévolution du budget « Transports » et des politiques de transports en 2017, japporterai quelques réponses par rapport à mon collègue Monsieur de GEVIGNEY.
Premièrement, concernant les Interloire et les fameux « Jumbo Vélo », politique que nous avons décidée depuis de nombreuses années avec Pays de la Loire, dans un premier temps, nous étions convenus avec lancienne Majorité que cétait Pays de la Loire qui achetait et nous louait. Comme le président RETAILLEAU semble moins charitable que le président AUXIETTE, nous avons vu quen fonction des derniers éléments de location, il était préférable dacheter trois Interloire « Jumbo Vélo » et nous les aurions rentabilisés en trois ans, puisque cétait une location de lordre de 6 millions deuros par an ; nous avons fait le calcul et nous avons préféré acheter ces trois rames.
Par rapport aux Régio2N à Châteauneuf, nous avons lambition, au-delà de la fréquence mais nous pourrons en reparler, des études ont été menées sur la fréquence dOrléans-Châteauneuf , dhomogénéiser petit à petit notre flotte de rames. Dans le cadre du marché que nous avons à la Région, nous avons déjà des Régio2N sur Paris-Chartres. Si un accord se conclut demain avec lÉtat dans les transferts de TET, il y aura la possibilité quil nous achète des rames ; ce seront des Régio2N Premium, adaptées aux lignes TET.
À un moment où lon pense acquérir un centre de maintenance dans la région orléanaise et le mettre à la disposition dun opérateur pour quil gère le parc de Régio2N, il est intéressant que ce soit très homogène, en dehors des capacités dOrléans-Châteauneuf ; nous pourrons en parler.
Sagissant des qualités des Régio2N, comme pour les Régiolis, jentends bien vos commentaires qui sont quasiment les mêmes que ceux de certains conducteurs CGT que lon voit sur les comptes Twitter et autres, et qui remettent en cause le matériel. Néanmoins, il nous fait réaliser un bond technologique assez important. Cest même à lopérateur de travailler sur lévolution et le fait que ce matériel arrive à maturité dans quelques années, puisque cest ce quil se passe au niveau ferroviaire.
Concernant le POLT et les 40 millions deuros de fonds européens, qui étaient dus aux IPCS (installations provisoires de contresens), cest lÉtat qui a commis une faute puisque cette politique nétait pas éligible aux fonds européens. De ce fait, ils nous ont demandé de payer à leur place. Nous leur avons dit « non », donc ils vont payer leur partie. Cétait un peu étonnant : ils font une faute, ils perdent des fonds européens, ils nous demandent de payer et nous avons refusé, ce qui était normal.
Au sujet du POCL, les études inscrites dans le CPER sont extrêmement élevées. Lors de la relance du débat public, il a été donné des chiffres qui étaient, pour notre collectivité, ceux dune étude se montant à 500 000 euros. On nous demandait, on nous demande et on nous demandera peut-être de participer à hauteur de 50 000 euros. Nous avons émis un immense doute sur la neutralité de létude puisque nous souhaitons, pourquoi pas, financer mais à condition quil y ait une vraie neutralité sur le tracé, que lon ne nous explique pas que ce soit le tracé médian qui sera choisi et « vous aurez à dire "oui" ou "oui". » Ce nest pas possible pour nous.
Comme je le disais récemment, le cabinet détudes « Trafalgare » semble indépendant mais il faut savoir de quel côté de la bataille on se place.
Par rapport aux politiques de transport, vous lavez dit, cest un immense chemin qui arrive devant nous. Des compétences arrivent le 1er janvier en termes dautorités administratives et juridiques ; nous en parlerons demain. Il sagit des transports interurbains, des transports scolaires et, peut-être en 2018, quelques lignes de train supplémentaires. Nous travaillons dessus avec le gouvernement.
Nous sommes la dernière Région à ne pas avoir signé avec le gouvernement mais nous aurons certainement le meilleur accord, ce qui est quand même important.
Pour faire court et caricatural, je vais vous dire que nous avons trois défis :
un schéma de mobilité sur lequel nous allons travailler avec trois enjeux : les territoires dont aucun ne doit être oublié, les usages et les comportements ;
une charte de services associés, cest-à-dire quels services on veut dans les transports en commun, quelle lutte contre la fraude et quelle sécurité ;
la proximité, qui est une évolution essentielle en termes de défi. Nous devrons, à partir du 1er janvier mais surtout du 1er septembre, passer dun service stratège à un service de proximité. Je dis souvent aux Conseils départementaux : « La proximité ne se décrète pas, elle se construit et se vit. » Notre collectivité fera aussi bien, voire mieux, que nos collègues des Départements, sans jugement de valeur.
Enfin, notamment à propos de lévolution de la convention TER, nous avons trois ambitions : je lai toujours dit, il faudra quelle soit plus lisible, moins chère et plus efficace.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Monsieur FOURNIÉ.
Monsieur COSYNS a la parole.
M. COSYNS - Merci, Monsieur le Président.
Sans entrer dans le cur du budget primitif de lannée 2017, Guillaume PELTIER et Nicolas FORISSIER layant fait, je voudrais exprimer quelques remarques et poser quelques questions.
Premièrement, dans le paquet de transferts de la loi NOTRe, le Schéma de planification des déchets incombe désormais aux Régions à partir du 1er janvier 2017. Dans le cadre du SRDEII 2016-2021, il est mentionné que vous voulez « favoriser une gestion rationnelle des déchets et les utiliser comme ressources ». Cest une bonne intention ; encore faudrait-il que cette compétence soit évaluée et inscrite dans le budget 2017, ce que je nai pas vu. Par conséquent, nous déplorons cette inscription et nous sommes inquiets pour le retard que cela peut engendrer en direction des EPCI et des syndicats, dont la compétence leur est dédiée ; peut-être avez-vous des informations à nous donner.
Deuxièmement, jaimerais que notre collègue Vice-président Philippe FOURNIÉ nous apporte des précisions. Il a évoqué le POLT mais je voudrais que vous nous parliez des trains déquilibre, notamment Paris-Orléans-Bourges-Montluçon. Que ce soit lun ou lautre, nous y sommes très attentifs.
Des interventions de la part de notre collègue Gérard CORNU ont eu lieu en cours de Commission permanente. Jai relevé deux passages dans la discussion dont celle de Charles FOURNIER qui dit « sujet dimportance sur le fond [...] favorable [...] tout à fait [...] qui peut permettre le report modal de la route vers le train [...]».
Je vous cite, Monsieur le Président : « Nous devons revenir sur ce sujet essentiel par rapport à nos compétences. »
Dans un article de lANR du 29 novembre dernier, vous dites « attendre une compensation durable du déficit des trois lignes Intercités ». Dans les attendus du budget 2017, pas un mot sur le sujet. Il faudra donc attendre et attendre encore.
Je veux simplement vous signifier que ce retard pénalise le développement de notre territoire, la mobilité des habitants et le dynamisme de la Région.
Les Régions Normandie et Hauts-de-France ont franchi le pas et ont bien compris toute limportance du maillage du territoire. Mieux encore, Monsieur Christophe DEGRUELLE, président PS dAgglopolys de Blois, est favorable à son transfert et précise que vous, Monsieur BONNEAU, ne le suivez pas forcément.
Face à ces contradictions, Monsieur le Président, nous vous demandons solennellement de penser à nos territoires du Sud ; nous avons besoin de ces lignes. Imaginez tous ces cadres des usines darmement et des sites militaires de Bourges ne pas pouvoir se déplacer vers Paris dune manière rapide ! Refuser, cest mettre le Sud de la région encore un peu plus en difficulté. Nous vous demandons de chercher toutes les solutions avec la SNCF afin de régler cette compétence ô combien importante pour nos territoires, je lai dit.
Toujours dans le domaine du transport et toujours mon collègue Gérard CORNU a dénoncé le laisser-à-charge dans le cadre de Mobillico, cest-à-dire la prise en charge partielle du coût mensuel du transport des salariés. Ce laisser-à-charge a été augmenté de 20 %, passant de 75 à 90 euros. Certes, il y a une augmentation de la TVA de 7 à 10 % ; malgré tout, nous aurions aimé un geste envers ces travailleurs, dautant que vous allez proposer la gratuité des transports scolaires.
Nous constatons que la solidarité est, dans ce cas, à deux vitesses.
Chacun appréciera !
Enfin, dans le cadre de la gratuité du transport scolaire, pouvez-vous nous dire combien cela représente en termes budgétaires par rapport aux 150 millions deuros et comment allez-vous compenser cette somme ?
Merci.
M. le Président - Je vais donner la parole à Fanny PIDOUX.
Monsieur COSYNS, je vous invitais ce matin à ne pas faire de « région bashing ». Je me permets à ce moment de nos débats de le rappeler. Citer en exemple la négociation de Normandie sur les TET, cest ou mépriser les intérêts de la Région Centre-Val de Loire et je ne pense pas que vous le faites, ou vous avancer vraiment assez imprudemment.
Pourquoi ? La Région Normandie a signé avec le ministre des Transports, Monsieur VIDALIES, quelle reprenait certaines lignes sans demander un euro à lÉtat pour compenser la charge que lÉtat porte aujourdhui sur le déficit.
Dans le cadre des réunions de lAssociation des Régions de France, jai fait partager à mes collègues présidents de Région que cétait inacceptable. Nous avons acté cette position. Nous nous sommes battus, les uns et les autres, pour dire au ministre quil ne pouvait pas y avoir de transfert de compétences sans transfert des ressources. Nous faisons valoir cela.
Notre Région était très concernée par cela, avec un enjeu de 49 millions deuros. Jai refusé par cinq fois la proposition du ministre et on vous annoncera demain que lon sort avec une prise en charge qui est la plus élevée des Régions de France. Très franchement, oui, pied à pied, jai défendu les intérêts de la Région. Je me suis battu pied à pied contre la jurisprudence de Normandie qui était vraiment un affront fait aux responsabilités des collectivités territoriales.
Attention donc avant de porter un jugement sur les politiques régionales ! Ne laissez pas un instant entendre que nous navons pas défendu les intérêts de la Région. Ils sont très défendus sur un sujet majeur, alors que dautres collègues sétaient satisfaits du matériel.
Nous aurons le matériel, on vous annoncera le nombre de rames demain, et la compensation financière.
Je donne la parole à Fanny PIDOUX.
Mme PIDOUX - Monsieur le Président, mes chers collègues, moi aussi à linstant je viens de voir des chiffres : un sondage vient de sortir sur la jeunesse, dont 90 % ne croient plus en leurs hommes politiques. Il couvre un panel de 20 000 jeunes de 18 à 34 ans.
34 ans, cela signifie dêtre né en 1982. Je suis désolée, cela exclut 1976 mais il faut bien que la jeunesse sarrête à un moment !
(Rires)
Quand on voit cela, on se dit que la jeunesse perd pied. Elle na plus confiance en ses politiques et ne sait pas ce que la politique peut lui apporter.
Quand on lit le budget, pourtant, quelque chose transparaît et respire : il y a un pacte pour notre jeunesse. On parlait de pacte économique, mais il y a un véritable pacte de confiance envers notre jeunesse dans notre budget régional. Dedans, on trouve la carte de formation initiale et linvestissement sur les lycées. Nous sommes tous dans les conseils dadministration : les avancées sont vraiment extraordinaires entre les lycées dix ans en arrière et ceux daujourdhui. Concernant le budget participatif, nous cherchons à faire de nos lycéens des citoyens, notamment avec dautres projets sur le parcours de citoyenneté, le manuel scolaire gratuit, laide à lacquisition des matériels, la prévention santé. Tout cela infuse les territoires et nourrit notre jeunesse.
Ce ne sont pas des gadgets comme on peut lentendre parfois. Tout cela correspond à un pacte qui fait du jeune un citoyen. Pour autant, ce pacte doit le nourrir et il doit se lapproprier. Quand on voit la défiance que peut avoir la jeunesse vis-à-vis du politique, il faut que les jeunes sapproprient ce budget et ses mesures précises.
Avec TransEurope, quand on donne les brevets, on voit quils se les approprient. Quand on leur explique, quand ils vivent les choses, ils se les approprient. On en fait des citoyens engagés et responsables, des citoyens européens.
Bien sûr, il ny a pas que le lycée, il y a aussi la mobilité pour la jeunesse et la culture.
Concernant la mobilité, vous avez des cartes TER+. Nous favorisons la mobilité du jeune et sa culture, par conséquent son enrichissement personnel pour louvrir sur le monde. Ce pacte doit être véritablement une chance pour notre jeunesse, il doit être porté. Le Président la rappelé, nous ne devons pas être dans le « région bashing » ni dans le « politique bashing », nous devons valoriser notre politique. Ce budget a des politiques ambitieuses pour les jeunes : nous devons les porter avec fierté.
Léo LAGRANGE disait pour les jeunes : « Ne leur traçons pas un seul chemin, ouvrons-leur toutes les routes. »
Cest le sens de ce pacte. Notre jeunesse est au cur de notre budget et, en cela, nous devons le porter haut et fort sur le territoire régional.
M. le Président - Merci, Fanny PIDOUX.
Je donne la parole à Christelle de CRÉMIERS.
Mme de CRÉMIERS - Merci, Monsieur le Président.
Le budget du tourisme 2017 participe de trois manières différentes à la contribution deffort de baisse du budget pour cette année :
il na pas confirmé les investissements dans le cadre des contrats Région-Département : soit ils sont abandonnés soit ils savèrent non prévus pour lannée prochaine ;
il a fait participer le CRT en lui demandant une contribution de 2,3 % de son budget ;
il a misé sur une organisation qui permette, comme cela a été exposé ce matin, doptimiser lutilisation de largent public par une meilleure coordination entre les différents échelons territoriaux concernés par la politique du tourisme.
Un effort est réalisé aussi du côté de lhébergement. Je tiens à préciser, par rapport aux remarques émises, que le budget « hébergement » na pas été consommé en totalité dans les deux années précédentes. Il a légèrement baissé pour sy ajuster. Cest un pilotage qui se fait de manière très volontariste, dans la mesure où le développement en rénovation et en construction dhébergements fait partie des points principaux et prioritaires pour la politique touristique de lannée prochaine.
Le soutien à lUNAT est maintenu ; cest la référence du tourisme social et solidaire.
Enfin, je suis heureuse de vous présenter le premier budget « alimentation ». Il reprend ceux dédiés à la promotion des produits agricoles auprès du public, comme les salons de la gastronomie, de même quil traite de la promotion des initiatives citoyennes en matière dalimentation, par exemple les associations pour le maintien des agricultures paysannes. Il porte également la démarche « C du Centre » qui sera réalisée au sein de lAgence régionale pour léconomie, la filière alimentation des artisans et la filière agroalimentaires des PME-PMI régionales, qui sont dans le cluster de lARIAC.
Dans ce budget, nous avons le soutien aux initiatives dans le sens de lévolution de la restauration scolaire en matière de proximité et de qualité, ainsi que tout le volet correspondant à une véritable mobilisation des restaurateurs de notre région pour le tourisme.
Merci beaucoup.
M. le Président - Merci, Madame de CRÉMIERS.
Madame PARIS a la parole.
Mme PARIS - Dans ce budget primitif 2017, nous regrettons que la ventilation du budget alloué à la culture soit très faible en ce qui concerne les acquisitions du FRAM et du FRAD, avec une enveloppe de 450 000 euros seulement, alors que lon peut sétonner que le FRAC, lui, dispose dune enveloppe de 390 000 euros pour ses seules acquisitions duvres.
Comme je le disais ce matin, nous devons faire un effort véritable concernant lenrichissement des collections de nos châteaux et musées. Cest là un vecteur essentiel dattractivité de ceux-ci, aussi bien dun point de vue national quinternational. Cest particulièrement vrai lorsquil sagit de trésors nationaux ou dautres uvres remarquables.
Par ailleurs, nous avons également manifesté à plusieurs reprises notre volonté de rapprocher culture et tourisme.
Le soutien de la Région aux institutions et réseaux du spectacle vivant est important pour 2017, avec 3,44 millions deuros. Pour autant, nous constatons que de nombreux acteurs culturels se plaignent cela sest confirmé à loccasion des états généraux de la culture du manque de structuration de loffre et de la demande en matière culturelle dans notre région.
Cest un constat que nous partageons : cest la raison pour laquelle nous proposons, au sein de la Région, la création de postes de VRP culturels, qui pourraient être occupés par les salariés de Culture O Centre qui ont rejoint les effectifs de la Région. Ces VRP, spécialisés par discipline artistique, ayant une parfaite connaissance du territoire, auraient pour mission de faire le lien humain indispensable entre les acteurs culturels régionaux et les sites des monuments qui peuvent les accueillir dans la région. En complément de ce rôle dambassadeur, ces VRP auraient également un rôle de conseil auprès des acteurs culturels sur les moyens de réaliser leurs projets grâce :
à la recherche, dune part, de financements publics et, dautre part, de financements privés, notamment avec le mécénat ;
au développement de ressources propres qui leur sont indispensables.
Ces missions nous semblent essentielles à lessor culturel de notre région. Les acteurs culturels ont besoin dêtre accompagnés concrètement et pas seulement financièrement sous la forme de subventions.
(Monsieur François BONNEAU, Président du Conseil régional, cède le fauteuil de la présidence à Monsieur Marc GRICOURT, Premier Vice-président)
Nous devons changer de modèle économique et innover, si nous souhaitons que la culture ne soit pas menacée par les baisses de dotations de lÉtat.
Merci.
M. GRICOURT, président de séance - Merci.
Agnès SINSOULIER-BIGOT, vous avez la parole.
Mme SINSOULIER-BIGOT - Monsieur le Vice-président, chers collègues, je souhaite dire quelques mots au sujet de la culture dans cette préparation budgétaire.
En Région Centre-Val de Loire, la culture nest pas une ornementation. Nous considérons quelle est une part entière de la politique de notre collectivité régionale. Au même titre que la santé et laménagement du territoire, la culture doit être présente pour nos concitoyens, quel que soit lendroit où ils vivent dans ce territoire.
Pour concrétiser cette ambition, nous mettons en place des moyens et une méthode.
Les moyens : cest la sanctuarisation du budget sur lensemble de cette mandature, tel que sy était engagé le candidat, futur président, François BONNEAU. 3,4 % de notre budget est consacré à la culture alors quen moyenne, pour les collectivités régionales, cette somme représente 2,4 %.
Une méthode : ce sont les états généraux de la culture que nous menons depuis le mois de juin dans les six départements de notre territoire. Jen ai déjà parlé ce matin, nous y recueillons informations, envies, idées afin de mettre au point notre nouvelle feuille de route sur ce mandat politique. Dores et déjà, avant même quelle soit rédigée, selon ce qui apparaît dans ce budget, plusieurs points sont à mettre en exergue sur cet exercice 2017.
Premièrement, jai parlé ce matin de la mise en place dun réseau des arts plastiques, avec des structures existantes, dautres qui viennent douvrir et dautres encore qui ouvriront dans quelques semaines, comme le CCCOD. Nous allons renforcer ce travail en réseau des arts plastiques. En effet, à partir de 2017, le FRAC organisera une biennale darts contemporains. De plus, nous entreprendrons un programme de développement pour Chaumont, ce que lon appelle « Chaumont 2 », pour lasseoir davantage dans le domaine de lart plastique et réhabiliter une partie du château.
Pour rejoindre les propos de Madame PARIS et y répondre, nous allons continuer à travailler sur la sécurisation des parcours. Une étude très intéressante menée par lInsee à la demande du CESER a conclu récemment à lexistence de 16 000 emplois dans le secteur culturel pour notre territoire. Cest donc un secteur économique primordial, peu visible du fait dune fragmentation fréquente de ces emplois et très souvent de postes extrêmement précaires et fragiles.
Nous allons donc continuer de travailler avec ma collègue Isabelle GAUDRON sur cette sécurisation des parcours, avec une participation au CPRDFOP.
Deuxièmement, je voudrais parler du GIP Cafés Cultures qui permet de sécuriser le parcours des musiciens. Ceux-ci peuvent être employés dans des cafés mais pas uniquement, et avoir une feuille de paie. Il a rencontré un grand succès, alors que cétait la première année de sa création ; nous allons donc pouvoir continuer la promotion de cet outil.
Nous poursuivons également le soutien à léconomie sociale et solidaire qui se met en place dans le secteur de la culture, afin daccompagner les artistes et les créateurs afin quils aient un véritable parcours professionnel.
Troisièmement, un point que je voulais mettre en exergue concerne léquité dans les territoires du point de vue de la culture. Je rappelle le développement des PACT : nous en avons eu 72 en 2016. En 2017, ce sera leur sixième année dexistence et il faudra accompagner ce dispositif de projets artistiques et culturels de territoire (PACT), en lien avec la fusion des Communautés de communes qui intervient à partir du 1er janvier 2017. 3,12 millions deuros sont consacrés aux PACT et nous continuerons de les déployer dans lensemble de la région.
En 2017, nous achèterons un nouveau Cinémobile, cest-à-dire un camion, pour continuer de promouvoir la création cinématographique dans les territoires.
De nouveau pour compléter les propos et répondre à Madame PARIS, ce que vous appelez « VRP de la culture », sachez que cela existe déjà. Parmi les quatre personnes qui étaient auparavant employées à Culture O Centre et qui ont été embauchées au sein de la direction Culture, trois se sont vues assigner un travail dans les territoires. Elles ont chacune deux départements ; de ce fait, elles ont un regard sur le territoire.
Je crois beaucoup à cette vision de travailler à léchelle dun département. Vous évoquez des thématiques cinéma, livre et autres : cela sest beaucoup fait, mais la demande des acteurs est davantage de travailler à présent sur un ensemble de territoires.
Au-delà du budget de la culture, je voudrais rappeler lexistence des CAPAsso et dun engagement sur laménagement du territoire, ainsi que la présence de la culture dans le domaine de la formation et de la coopération internationale.
En 2017, nous trouverons une nouvelle ambition pour la culture avec la création dune autre gouvernance dans le cadre de la loi NOTRe.
Merci.
M. GRICOURT, président de séance - Merci.
Jean-Philippe GRAND, vous avez la parole.
M. GRAND - Je souhaite pointer le maintien de leffort de la Région en matière dinvestissement dans nos lycées.
La qualité de vie des lycéens, des enseignants, de nos agents et des équipes de direction a toujours été et demeurera une préoccupation constante pour notre Majorité.
Nous avons souhaité y ajouter une valeur dexemplarité, aussi bien dans le mode constructif pour atteindre les objectifs Bpos (les bâtiments à énergie positive) que pour aider les entreprises régionales à monter en compétence et donc à être en mesure de proposer ces nouvelles compétences à dautres collectivités ou entreprises privées.
Laccessibilité, la mise en sécurité, lentretien des réseaux souterrains restent des priorités pour nous, afin de maintenir notre patrimoine dans le respect des normes. Vous vous doutez que mon propos ne passera pas sous silence notre politique en faveur de lenvironnement, de la réduction de la production de gaz à effet de serre et donc de lefficacité énergétique. Que ce soit le raccordement au réseau de chaleur ou le développement de la production des énergies renouvelables, tous les aspects de la réduction de limpact sur lenvironnement seront traités.
En ce qui concerne notre engagement à construire de nouveaux lycées dans notre région, je tiens à préciser quelques points. Nous lancerons dès cette année la procédure de construction de ces nouveaux lycées qui seront exemplaires :
des lycées du futur qui tiendront compte du travail que nous menons avec Cathy MÜNSCH-MASSET et les acteurs de léducation ;
des lycées qui seront à énergie positive pour conforter nos efforts dans le domaine de la protection de notre environnement ;
des lycées qui seront modulables afin de sadapter aux évolutions des enseignements.
Vous laurez compris, la gestion du patrimoine régional et de nos lycées est une tâche complexe mais passionnante dont je macquitte dans le souci permanent de la satisfaction des utilisateurs, de la bonne utilisation de largent public et du respect des règles édictées par le législateur.
Jen profite pour dire au Front National que limpact environnemental des panneaux photovoltaïques que nous avons achetés en Allemagne, pour le dossier qui remonte à trois ans, ont dégagé moins de 600 kilogrammes CO2/kilowatt-crête pour la fabrication, ce qui est donc bien en dessous des 750 kilogrammes CO2/kilowatt-crête maximum préconisés dans le cahier des charges du ministère de lÉcologie.
Cest une preuve supplémentaire que nous allions respect des règles dattribution des marchés qui nous interdisent de choisir une entreprise du seul fait quelle est française et notre préoccupation de limiter notre impact sur lenvironnement.
Je vous remercie.
M. GRICOURT, président de séance - Merci.
Monsieur CINTRAT, vous avez la parole.
M. CINTRAT - Merci, Monsieur le Président.
Nous vivons un moment important dans la vie de notre collectivité : celui du débat sur le budget et de son vote. Cest lexpression de la volonté de la collectivité et, derrière, celle des élus.
Je voudrais émettre quelques remarques, en particulier concernant la solidarité, car on en entend beaucoup parler dans cet hémicycle, notamment de celle des territoires pour laquelle je vais vous faire part de quelques surprises à la vue du budget qui nous est proposé aujourdhui. Les éléments budgétaires nous montrent une baisse dintervention de la Région qui dépasse les 13 % dans ce domaine.
À ce jour, la situation du secteur rural est compliquée. Cela a été évoqué ce matin par lactivité agricole activité importante dans le secteur rural qui vit des moments extrêmement difficiles : vous savez que, pour la « Ferme France », ce sont près de 5,5 milliards deuros de pertes qua subies lagriculture cette année. Ce nest pas le moment de réduire lintervention des collectivités pour accompagner le secteur rural et agricole.
Par ailleurs, je suis surpris de voir que lon affiche un budget avec une baisse des fonds européens, en particulier sur la ligne budgétaire de la solidarité des territoires. Derrière cet affichage, cela montre le peu dambition que peut avoir notre collectivité régionale à mobiliser les financements européens. Je sais que cest compliqué, que tout est difficile à ce niveau. Cela étant, je préférerais que la Région se donne les moyens daller chercher les financements dont nous avons besoin pour aider au développement des régions, des départements et des territoires ruraux de façon harmonieuse dans lensemble du territoire régional.
Nous avons le sentiment que ce budget affiche un manque dambition dans plusieurs domaines et je voudrais insister sur la solidarité des territoires, où il est tout à fait flagrant.
M. GRICOURT, président de séance - Merci, Monsieur CINTRAT.
Dominique ROULLET, vous avez la parole.
M. ROULLET - Monsieur le Président, merci.
Je vais répondre à la question des solidarités territoriales et de lengagement de la Région.
Quand nous avons une conférence budgétaire, je nai jamais dinquiétudes. Pourquoi ? Parce que les contrats de Pays et les contrats dAgglo engagent des signatures - dans la mesure où ce sont des contrats et produisent des effets mécaniques qui vont au rythme des territoires.
Les prévisions faites dans ce budget par les services tiennent compte de ce quils observent et des engagements que nous devrons honorer. Cela permet à la fin de lannée, quelquefois et même très souvent, un abondement du budget en fonction de ce qui nest pas consommé dans dautres secteurs parce que les territoires ont avancé plus vite que prévu.
Il est absolument faux de dire que la Région a décidé de manière délibérée de baisser les budgets en direction des territoires. Je vais vous donner quelques exemples sur certains sujets, mais sil y a moins de crédits, cest que les prévisions montrent un ralentissement dans certains secteurs de la politique daménagement du territoire.
Je le dis franchement je suis du Sud donc jy suis attaché , il faut que le Sud arrête de se plaindre ! Je dis au Sud : « Bougez-vous ! »
Si vous voulez, on peut prendre les montants des conventions Région-Département, les 1 million deuros pour les contrats dAgglo et les contrats de Pays, les 2 millions deuros consacrés par le fonds Sud aux équipements structurants. Ces dernières années, quavons-nous observé ? Que lenveloppe des 2 millions deuros était loin dêtre consommée, faute de projets. Je parle pour lIndre qui a un handicap : celui davoir un Conseil départemental qui a choisi de ne pas investir. Je voudrais bien que lon me cite dans cette assemblée quel est le gros projet porté depuis des années par le Conseil départemental de lIndre. Il ny en a pas !
On a des atouts dans ce département. Je suis allé lautre jour voir Monsieur COSYNS pour « les 30 ans du Saint-Amandois ». Je lui ai dit : « Vous avez les Bains Douches, Noirlac, le Pôle du cheval : ce sont des atouts considérables avec un patrimoine architectural et naturel tout à fait conséquent. »
Je pense que lon a des atouts. Quand on parle dattractivité des territoires nous en parlerons demain lors du sujet concernant la santé -, elle ne se décrète pas. Elle se construit et cest le grand enjeu en ce qui concerne le Sud de la région qui a autant datouts que le Nord, peut-être un peu moins que laxe de la Loire en raison de linscription au Patrimoine mondial et lexistence de gros pôles urbains, mais on a des atouts dans ces territoires. Or, lattractivité fait défaut.
Nous en parlerons demain plus longuement concernant la santé : si les médecins ne viennent pas, cest quils considèrent que lon est un peu dans des déserts.
M. FORISSIER - Les équipements routiers que lon attend depuis des années !
M. ROULLET - Comme le disait Michel SAPIN, il y a des routes nationales, cest lÉtat, des routes départementales, cest le Département mais il ny a pas de routes régionales.
(Brouhaha.)
Lorsque nous avons fait, par exemple, le Blanc-Argent dans le Nord de la région qui a coûté 4,5 millions deuros, nous navons pas demandé 1 euro au Département. Il faut arrêter ce type de débat !
Je vais vous donner quelques chiffres.
Le total des contrats, hors dispositif « À vos ID », se monte à 57,4 millions deuros au BP 2016, contre 54 millions deuros en 2017, soit une baisse de 3,4 millions deuros dont 2,8 millions deuros concernent le très haut débit. Par exemple, pour le Département de lIndre, nous avons fait de lavance de trésorerie : lan dernier, cétaient 2 millions deuros, doù un impact très important du très haut débit, ce qui veut dire quil y a, à la marge, 600 000 euros de moins en ce qui concerne les contrats.
Pour les Agglos 3G, la baisse est lente car la plupart des contrats régionaux 3G sont encore actifs.
Pour les Pays, la baisse est significative avec la fin de nombreux contrats. En 2017, précisément 22 contrats 3G seront terminés et 5 seront actifs.
En ce qui concerne les villes moyennes, la baisse est normale car un seul contrat est actuellement actif.
En ce qui concerne les CRST, la hausse de 10 millions deuros est significative mais en retrait par rapport à ce que lon pourrait attendre, compte tenu du nombre de contrats signés. En effet, 20 ont été signés ou sont à linstruction et 4 sont en perspective pour 2017, mais avec le constat de rythme dengagement et de mandatement par contrats plutôt faible.
Sagissant des « Cur de village », cest une extinction du programme puisque les derniers engagements étaient en 2012.
Pour ce qui est de lhébergement, cest moins 3,2 millions deuros, avec une forte baisse des crédits, notamment pour les EHPAD, ce qui est normal : 47 millions deuros ont été contractualisés en direction des EHPAD sur 2007-2013 et 27,2 millions deuros sur la période 2015-2020, doù moins dengagements à venir, donc moins de paiements.
Dire que la Région a décidé de baisser les dotations en direction des territoires est absolument faux.
M. CINTRAT - 109 millions deuros lan dernier et 92 millions deuros cette année, cest un simple constat !
M. ROULLET - Sur la totalité des contrats, 54 millions deuros sont inscrits. Si demain, 65 millions deuros sont nécessaires, nous les honorerons.
Les services, et je veux leur rendre hommage, ont fait un budget que je qualifierai de sincère par rapport aux engagements quils observent dans les territoires.
Je rappelle que, comparés avec les autres Régions, nous sommes sans aucun doute la première en matière daménagement du territoire.
Je ferai une parenthèse en disant que le fait de rester dans notre périmètre est une chance. Si nous avions été rattachés ou mariés à dautres, les politiques territoriales, qui sont plutôt exemplaires, auraient sûrement été remises en cause.
Jen viens à un deuxième point important : lévolution de ces politiques.
Actuellement, nous travaillons sur ce que jappellerai une « simplification des dispositifs ». Tout le monde dit quils sont compliqués, quils soient ceux de la Région, de lÉtat, des Départements ou encore plus de lEurope. Par conséquent, nous allons les simplifier.
Dernièrement, jai rencontré plusieurs Pays : jai cité le Saint-Amandois ; hier, jétais dans le Pays de Valençay ; jai rencontré Monsieur NOVELLI dans le Chinonais ; dans le mois qui vient de passer, jai rencontré le Pays castelroussin, Loire Beauce, Sologne Val Sud et Forêt dOrléans. Le climat entre la Région et les territoires est tout à fait positif.
(Monsieur Marc GRICOURT, Premier Vice-président, rend le fauteuil de la présidence à Monsieur François BONNEAU, Président du Conseil régional)
Nous travaillons donc sur une simplification, avec la volonté de répondre à des demandes, en particulier en ce qui concerne les 20 % de subventions pour certaines communes. Cela paraît assez élevé puisque cela voudrait dire 20 000 euros pour 100 000 euros de travaux, mais nous pouvons apporter des réponses à cela.
Un élément est également à prendre en compte : celui de lIntercommunalité. Tout le monde sentend pour dire quune Intercommunalité étendue sur deux Pays pose un problème. Jai déjà engagé la discussion avec des territoires impactés par la réforme de la coopération intercommunale, pour voir de quelle manière nous pouvions faire évoluer les périmètres.
Ce sera librement consenti : la Région nimposera pas de nouveaux périmètres. Lobjectif idéal serait de se rapprocher des bassins de vie. Je ne sais pas si lon peut y parvenir, mais avec des réunions dans le respect de chacun, on peut faire évoluer ces politiques territoriales, avec la prise en considération des pôles territoriaux qui permettent de bénéficier de contrats de ruralité.
Tout en sachant quil y aura des élections, je ne sais pas de quoi lavenir sera fait, mais la Région a pris dans ce budget ses responsabilités par rapport aux solidarités territoriales.
Si les arguments que jai donnés ne vous semblent pas suffisants, je suis à votre disposition pour aller devant les membres de votre comité syndical pour présenter le sujet. Nous verrons qui aura raison.
Merci.
M. le Président - Merci, Monsieur ROULLET.
Monsieur LECOQ a la parole.
M. LECOQ - Merci, Monsieur le Président.
Chers collègues, jinterviendrais tout particulièrement sur les lycées, lapprentissage et la formation sanitaire et sociale qui demeurent lune des priorités et doivent être « la priorité » de lannée 2017.
Notre Région est face à un nouveau défi : celui de la formation des jeunes qui sont les emplois de demain.
Notre priorité reste plus que jamais la bataille de la formation, donc de lemploi, à travers le soutien à léconomie et la sécurisation des parcours professionnels.
Dans un contexte très dégradé du marché du travail, il est clair que la voie de lapprentissage et de la formation professionnelle reste la solution la plus adaptée, en somme le plus court chemin vers lemploi.
En ce qui concerne la construction de deux nouveaux lycées en région, nous réaffirmons notre satisfaction de la décision prise. Cela reste satisfaisant pour les jeunes du secteur qui sont les premiers affectés dans leur choix de scolarité par le manque de capacités daccueil. Néanmoins, pour le lycée de lEst orléanais, le choix de limplantation nest pas défini et surtout, nous sommes étonnés de ne pas voir la moindre inscription budgétaire, ne serait-ce que par peur des études ? Je pose la question.
Différents points ont retenu toute notre attention, Monsieur le Président, dans ce rapport.
La prime de 1 000 euros versée aux entreprises de moins de 11 salariés recrutant un apprenti pour une formation de niveau CAP ou Bac pro, venant sajouter aux aides nationales, nous paraît une très bonne mesure et est reconduite avec une enveloppe de 15,5 millions deuros qui lui est consacrée, ce qui est très bien.
Le secteur de la formation professionnelle se mobilise partout dans notre territoire pour répondre aux enjeux de lemploi.
Lapprentissage souffre encore de préjugés. Il savère pourtant être une voie efficace pour notre jeunesse désirant accéder à son premier poste. Alors quelle est perçue comme une voie par défaut par beaucoup, cette filière de formation a démontré son efficacité en termes daccès à lemploi.
Concernant le volet numérique éducatif, nous prenons acte de la suspension des crédits alloués à Ordi-Centre mais nous restons vigilants quant à la refonte du Schéma régional de lenseignement supérieur.
En matière de financement des lycées, daides accordées aux élèves étudiants, ainsi que de bourses sanitaires et sociales pour les élèves étudiants inscrits dans les instituts, tous ces dispositifs ont pour but dassurer les meilleures conditions de santé.
En France, Monsieur le Président, notre système se décline au niveau national et régional.
À notre niveau, Monsieur le Président, notre rôle est de participer à lorganisation du système de santé, ce qui doit répondre aux demandes des usagers. À lavenir, vous serez peut-être amené à accompagner davantage et plus efficacement les apprenants dans leur parcours de formation.
Je souhaite que nous puissions favoriser et développer davantage laccès aux formations et aux métiers du secteur, notamment par la revalorisation du dispositif dattribution aux bourses détudes.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Monsieur LECOQ.
Madame GAUDRON a la parole.
Mme GAUDRON - Monsieur le Président, mes chers collègues, je dirai quelques mots sur le budget « formation professionnelle ». Il est maintenu et contient des ambitions renouvelées au service des habitants et de léconomie régionale.
Avec ce budget, nous faisons le pari dêtre réactifs, à lécoute des besoins de compétence des entreprises et des territoires de la région, ainsi que de coller au plus près des attentes de nos concitoyens.
Cest un budget consacré à la formation professionnelle et à lacquisition des savoirs de base. Il est maintenu avec un seul objectif : une formation pour un emploi.
Lannée 2017, vous le savez, est marquée par une nouvelle commande de formations pour la période 2017-2020. Elle répond aux aspirations de nos concitoyens, aux besoins de compétences des entreprises et aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux de notre territoire régional.
Vous le savez, cette commande repose sur des principes dachats plus souples afin de sadapter en continu aux évolutions des besoins des entreprises. Elle répond aussi à notre volonté de proposer des formations de qualité partout dans le territoire régional. Évidemment, nous nous laissons la possibilité de lancer des consultations complémentaires pour répondre à des besoins nouveaux, qui seraient identifiés et que nous ne connaissons pas encore aujourdhui.
Cest bien le socle de lengagement de notre mandature : garantir laccès à la formation qualifiante pour tous les demandeurs demploi.
Nous proposons donc à nos concitoyens, aux femmes et aux hommes de ce territoire, des formations aux parcours métiers, pour quils puissent obtenir les premiers niveaux de qualification attendus par les entreprises et accéder durablement à lemploi. Nous leur proposons des « Visas libres savoirs » pour répondre à leurs besoins. Jattire votre attention, parmi les nouveautés, sur le « Visa compétences professionnelles » qui permettra de répondre mieux aux codes de lentreprise, souvent appelés les « savoir-être ». Nous répondons ainsi à une remarque revenue assez souvent dans les « Cordées du territoire ».
Il y a toujours les chèques formation qui répondent à des demandes individuelles de formation.
Le budget du fonds réActif pour lemploi et la formation est pérennisé et a atteint une somme de 10 millions deuros pour répondre aux urgences des territoires et des entreprises.
Cette offre se veut une réponse aux défis des filières davenir pour notre région : la transition énergétique, le numérique, lindustrie, le bâtiment, les services et les soins à la personne, ainsi que le tourisme, comme cela a été évoqué précédemment.
Nous faisons aussi le pari de la réactivité dans des entrées plus rapides en formation pour les demandeurs demploi. Il faut faciliter les entrées en formation et accroître les chances des personnes à sinsérer durablement dans lemploi. La Région demandera à Pôle Emploi, et plus largement aux acteurs du service public Pôle Emploi, daccélérer ce processus dentrée en formation.
Par ailleurs, vous le savez, la Région maintient son effort pour favoriser linsertion professionnelle des publics fragilisés et des jeunes, à travers les missions locales et des formations qui leur permettent de construire leur propre projet professionnel.
Nous poursuivons nos engagements pour le Service public régional de lorientation ; je ny reviens pas, nous en avons beaucoup parlé ce matin et limportance de lorientation nest plus à démontrer.
Dans cette optique, diverses manifestations existent dans le territoire régional : les Forums de lorientation nous sommes en plein dedans et le soutien à lopération « 2000 emplois 2000 sourires ».
Je termine avec une bonne nouvelle supplémentaire, à savoir la poursuite du plan « 500 000 formations supplémentaires ». Nous avons obtenu, de la part de la ministre de lEmploi, lannonce de la poursuite pour 2017. Nous nous y engageons dès à présent puisque nous avons, pas plus tard que demain après-midi, un bureau du CREFOP durant lequel nous travaillerons à sa mise en place.
Le pari de la réactivité pour lemploi, cest cela.
M. le Président - Merci, Madame GAUDRON.
Monsieur MONTILLOT a la parole.
M. MONTILLOT - Monsieur le Président, mes chers collègues, le budget est le moment où lon passe de la parole aux actes.
Précisément sur les actes, je voudrais dabord me retourner vers notre ami Jean-Patrick GILLE. Il a eu raison de dire que nous avions un budget en forte augmentation, à savoir de 16 %. Cependant, cela se traduit mécaniquement par une chose : leffondrement de la part des investissements puisque 100 % de cette hausse est consacrée au fonctionnement.
Cest malheureusement ce qui ne se fait pas dans les autres Régions. Je vais prendre deux exemples.
LOccitanie, dirigée par le Parti Socialiste, vient de décider de porter la part de ses investissements à 1 milliard deuros par an mais ce qui compte, ce nest pas la valeur, bien naturellement, mais le pourcentage et cette part représente 35 % des investissements jusquen 2020. En ce qui nous concerne, elle ne pèse plus que 24 % sur le total du budget.
Dans le même temps, en Île-de-France, pour augmenter les investissements, la Région, dirigée par la présidente des Républicains, fait baisser le budget de fonctionnement de 200 millions deuros, soit 200 millions deuros déconomies sur le seul exercice 2017.
Je reprendrai à mon compte ce que disait à cet égard sur linvestissement le CESER dans son rapport : « La Région confirme un objectif dinvestissement de 1,8 milliard deuros sur la mandature. Compte tenu de laugmentation de la fiscalité décidée par la Région [...], le CESER propose que cet objectif tende plutôt vers 2 milliards deuros dinvestissements cumulés. » Ceci représenterait entre 33 et 40 millions deuros supplémentaires par an pour la Région Centre-Val de Loire. Cest linvestissement, rappelons-le, qui prépare lavenir et surtout qui crée les emplois pérennes.
Jémettrai trois critiques sur ce budget, avant une proposition et une question.
Madame SINSOULIER-BIGOT a évoqué la part de la culture de 3 % pour la région, en rappelant quelle était de 2,4 % en moyenne pour les collectivités territoriales. Je précise que, pour la capitale régionale, le budget de la culture en fonctionnement et investissement représente très précisément 11 % de son budget total.
Cela me permet une adresse à légard de Marc GRICOURT, notre Vice-président préféré, sur un sujet quil connaît bien et que nous connaissons bien tous les deux, celui de la Scène nationale de la capitale régionale.
Vous avez eu lamabilité de mexpliquer, lors de deux précédentes réunions, que la part de la Région était la plus faible pour la Scène nationale de la capitale régionale mais que cétait finalement le parallèle avec lun des engagements de la Ville. Je voudrais faire également le parallèle entre notre chère Ville de Blois et notre chère Ville dOrléans :
à Blois, le budget total sélève à 1,7 million deuros, avec une contribution de la Région de 5,08 %, le poids de la Ville dans la subvention étant de 39,7 % (697 000 euros) ;
en ce qui concerne la capitale régionale, sur un budget de 3,5 millions deuros, la dotation de la Région se monte à 74 000 euros, inférieure à celle de Blois, et représente 2,1 %, la Ville dOrléans étant à 44 % sur le total de cette opération.
Autrement dit, la Ville dOrléans met 4 % de plus, Monsieur GRICOURT, que la Ville de Blois. Sil y a désengagement de la Ville dOrléans, quen est-il de la Ville de Blois ?
Cest la raison pour laquelle nous attendons, en passant de la parole aux actes, que la Scène nationale de la capitale régionale soit traitée au rang qui doit être le sien.
En ce qui concerne la formation professionnelle, jai une critique particulière sur un point qui nest pas de détail, selon moi : il sagit du désengagement et de la faiblesse des dotations sur le CRIA (centre de ressources illettrisme et analphabétisme).
Vous savez que je copréside au niveau national, avec le sénateur socialiste Gaëtan GORCE, lAssociation nationale des clubs Coup de Pouce Clé (Club Lecture Écriture). Je rappelle que la faiblesse de ces actions sur lillettrisme est une erreur grossière. Aujourdhui, on préfère guérir que prévenir, alors quil vaudrait mieux prévenir que guérir et consacrer plus dargent à cette lutte contre lanalphabétisme et lillettrisme. Cela me paraît être véritablement lessence même de ce que nous devrions faire au niveau de nos orientations.
Madame Fanny PIDOUX évoquait, et elle sen félicitait, de tout le domaine lié à la jeunesse. Bien naturellement, il y a des actions, et heureusement, en faveur de la jeunesse mais il y en a deux sur lesquelles la Région est en décalage par rapport aux réalités et aux besoins.
Premièrement, il sagit du retrait et de la suppression de 100 000 euros sur le poste de ce que lon appelle le « fonds daide au BAFA ». Je rappelle que nous sommes quasiment tous ici des élus de territoires communaux et que nous savons que nous devons faire face à une problématique énorme : celle du recrutement danimateurs diplômés de BAFA. Avec la réforme des TAPs (temps dactivité périscolaire), nous devons véritablement nous engager là-dessus. Force est de reconnaître que, dans le même temps, la Région se désengage sur laide au BAFA.
Deuxièmement, pour lapprentissage, nous y reviendrons plus tard avec certains de mes collègues, on passe de 20 millions deuros au compte administratif de 2010 à moins de 7 millions deuros en 2017. Dans le même temps, les lycées professionnels et les CFA sont en grande souffrance, comme jai pu le constater hier soir lors dun conseil dadministration dun lycée professionnel.
Ma proposition concerne lagriculture durable et lalimentation durable.
Cela a été évoqué à plusieurs reprises ce matin par des collègues, je voudrais faire référence à la signature que je vais passer lundi avec le président du Conseil départemental du Loiret sur la convention de coopération concernant la restauration collective : 3 millions de repas sur 2017 avec les circuits de proximité et les circuits courts.
Chère Madame, je sais que nous uvrons dici le mois de janvier sur le fait que des lycées de lagglomération orléanaise pourront travailler avec la légumerie que nous allons construire à Orléans. Toutefois, mon ambition ne sarrête pas à cette légumerie. Il sagit de faire en sorte que la Région puisse porter et dynamiser, notamment par limplantation de légumeries dans tout le territoire régional, pour faire en sorte que ces conventions de coopération puissent se faire avec les six départements de la région. Nous passerions alors des 4 millions de repas produits bientôt dans le département du Loiret par notre opération à 40 millions. À ce moment-là, ce sera une véritable organisation de la filière agricole durable dans la région Centre-Val de Loire.
Je pose maintenant une question technique concernant les fonds européens : nous nous sommes rendu compte de la présence dun décalage entre les recettes et les dépenses dans ce domaine, notamment lié aux fonds FEDER. On est à peu près à moins 3,8 millions deuros, du fait de dépenses supérieures aux recettes. Nous aimerions avoir une réponse plus précise à ce sujet.
Merci à vous.
M. le Président - Merci, Monsieur MONTILLOT.
Jai une demande de Madame TERY-VERBE mais aussi de Monsieur FAUCHEUX.
Le total disponible pour votre groupe, Monsieur FAUCHEUX étant en deuxième intervention, est de 4 minutes donc, Benoît FAUCHEUX pour une minute, je crois que cest en réponse, et ensuite Madame TERY-VERBE ?
M. FAUCHEUX - Ce sera extrêmement rapide.
En fait, je souhaite répondre à la question que vous avez posée, Monsieur COSYNS. Je vous remercie dailleurs de la soumettre dans le débat public, sagissant de lintervention de la Région et du budget sur la planification des déchets.
La loi confie aux Régions la compétence en planification des déchets. Nous avons démarré lélaboration dun plan et la commission consultative sera réunie mi-janvier. Un bureau détudes sera choisi pour accompagner la Région dans ce travail. Cest inscrit au budget 2017.
La loi ne prévoit pas que la Région finance les investissements des collectivités responsables de la collecte et du traitement ; celles-ci ont une fiscalité pour le faire. En revanche, nous avons un appel à projets « économie circulaire » qui peut être activé par les syndicats intercommunaux qui le souhaitent. Nous le menons conjointement avec lADEME et son montant a été plus que doublé cette année.
Cétait simplement pour vous apporter ces éléments.
M. le Président - Merci, Monsieur FAUCHEUX.
Madame TERY-VERBE, vous avez la parole.
Mme TERY-VERBE - Merci, Monsieur le Président.
Chers collègues, dans le cadre de légalité des chances des lycéens, de laccompagnement éducatif et de son programme de prévention et de promotion de la santé en direction des lycéens et des apprentis, la Région Centre-Val de Loire sengage résolument depuis 2010 dans la prévention de la santé des jeunes. Cest un programme à présent visible et bien identifié par les équipes des professionnels des lycées. Promouvoir la santé des jeunes, cest prémunir les adultes de demain contre des pathologies chroniques évitables. Nous devons donner les clés aux jeunes pour quils puissent mener leurs propres réflexions sur les choix quils souhaitent faire pour leur avenir.
Le dispositif dédié spécifiquement à la promotion de la santé en faveur des jeunes lycéens et apprentis a été voté en septembre 2011, doté dun budget dédié qui a déjà participé à leffort collectif, en passant de 500 000 euros à 480 000 euros. Ce dispositif a été mené dans le cadre dun comité de pilotage représentatif des acteurs, permettant ainsi la mobilisation des partenaires institutionnels (Rectorat, DRAAF, ARS, Universités, fédérations de parents délèves et des responsables détablissement), articulé avec le Schéma régional de prévention de lARS sous la forme dun conventionnement pluriannuel. Il est mené également dans le cadre dune démarche partenariale en lien avec les acteurs du terrain.
Les objectifs du dispositif sont de développer une approche globale de la santé des jeunes, de les considérer comme acteurs de la prévention de la promotion à la santé, dagir sur plusieurs dimensions (lalimentation, les conduites à risques, la santé environnementale), dinscrire les projets à léchelle de létablissement et de construire une politique dynamique et évolutive en lien avec les associations de territoire.
La Région Centre-Val de Loire a mis en place un dispositif global. Il y a lappel à projets, comprenant également un accompagnement méthodologique par la FRAPS. Associée à ce premier point, il y a la valorisation des projets dans lensemble du territoire, des journées dinformation et déchanges thématiques, la mise en réseau des acteurs, des lieux « Espace Écoute » et un axe contraception depuis 2013, en partenariat avec lARS.
Lun des éléments phares du dispositif est lappel à projets « Lycéens, apprentis - bien dans son corps, bien dans sa tête ». En 2016-2017, 88 projets de promotion de la santé, issus de 53 % des lycées publics et privés sous contrat, ont été soutenus et vont lêtre, au bénéfice de 32 000 jeunes au travers de 500 actions. Une attention particulière a été portée aux projets qui mettaient en action les pairs : un film pour soutenir ces actions et motiver de nouveaux jeunes à sinvestir a dailleurs été réalisé cette année.
En 2017, dans le cadre du partenariat avec lARS sur la contraception, des kits conçus par lassociation Générations Cobayes seront mis à disposition des élèves pour apprendre à mener une réflexion plus large dans les « choix à faire dans sa vie quotidienne », sur « comment se protéger et comment protéger sa santé », « sexualité » mais également « déplacements, consommation et alimentation ».
Les professionnels de léducation se sont approprié les différents outils. Le bilan de ces dernières années est largement positif, avec :
laugmentation du nombre de projets portés par les établissements dans le cadre du dispositif ;
la mise en synergie des équipes et des projets en articulation avec le champ pédagogique ;
une légitimation des actions inscrites dans les projets détablissement ;
un renforcement des partenariats avec les associations et les structures de soin ;
une amélioration du climat scolaire et de lestime de soi des jeunes impliqués.
Le programme « prévention et promotion de la santé » est un pilier de la politique déducation portée par la Région. Le bilan prouve à lévidence quil a vocation à le rester.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Madame TERY-VERBE.
Madame Anne BESNIER a la parole.
Mme BESNIER - Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, chers collègues, je souhaite dire quelques mots sur le budget « enseignement supérieur et recherche » proposé pour 2017 qui, je vous le rappelle, est une année délaboration du SRESRI.
Comme je vous lavais annoncé lors du débat dorientations budgétaires, cest un budget entièrement tourné vers lavenir puisquil permet à la recherche de continuer son développement, avec un effort de crédits supplémentaires sur les « ARD 2020 » de 25 millions deuros, ce qui permettra de lancer leur phase 2 très attendue par les laboratoires, les organismes de recherche et les entreprises qui sy sont associées.
En outre, la mobilisation du CPER Recherche se monte à 3 millions deuros.
Les bourses doctorales sont importantes à la fois pour maintenir et attirer les cerveaux et les chercheurs de demain. Le budget présenté leur donne toute leur place. En plus, nous travaillons pour développer fortement les bourses CIFRE.
Nous assurons un effort important sur les projets de recherche dintérêt régional, dont je salue la dynamique. Nous avons reçu, pour le début dannée 2017, 99 projets tout aussi intéressants les uns que les autres.
Leffort est maintenu cette année sur les projets de rénovation et dextension des locaux de lenseignement supérieur, pour un budget de 5,8 millions deuros.
Nen déplaise à Monsieur de GEVIGNEY, je souligne au passage lavenant que nous avons obtenu de 10 millions deuros sur le CPER, ce qui porte son montant global pour lenseignement supérieur à 113 millions deuros, dont 34 millions deuros de crédits régionaux, autant de lÉtat et le complément via les collectivités infrarégionales.
Ces efforts sur la recherche doivent se concrétiser en innovations et un important travail de valorisation sera effectué en 2017.
Les besoins de nos étudiants ne sont plus les mêmes et ils sont nombreux à me le dire. Le SRESRI, dont je vous présenterai la démarche tout à lheure, nous permettra de définir précisément les besoins actuels. Cest la raison pour laquelle nous navons pas voulu engager en 2017 des actions qui ne correspondraient pas ou plus à la vie de campus du moment.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Madame BESNIER.
Monsieur FORISSIER souhaite compléter son intervention. Vous avez la parole.
M. FORISSIER - Merci, Monsieur le Président.
Trois petites précisions pour rebondir sur ce qua dit Monsieur Dominique ROULLET.
Premièrement, Monsieur ROULLET, vous nous dites : « Cest normal, la baisse de 14,5 millions deuros sur les crédits de solidarité urbaine est liée à lévolution de la consommation pour faire court des contrats de Pays. »
Nous sommes bien daccord, je lavais bien compris ; dailleurs, je lai évoqué. Néanmoins, ce que vous dites souligne le risque que jai pointé : le budget se fait cette année avec une augmentation dimpôts, avec un peu plus demprunts et avec moins 14,5 millions deuros de consommation, pour ne prendre que cet exemple. Je voulais vous dire que, si nous étions en année normale de consommation et en honorant les contrats, comme vous lavez souligné, cela rendrait la réalisation de ce budget beaucoup plus complexe. En théorie, cela signifierait 14,5 millions deuros de plus à prévoir dans les prochains budgets, voire plus.
Deuxièmement, si vous me le permettez, je veux vous dire quil nest pas très correct ou en tout cas pas gentil de parler de la politique de vos collègues, fussent-ils du Conseil départemental de lIndre. Il y a eu des choix dinvestissement et jai ma propre opinion à leur sujet.
Jobserve simplement que le Conseil départemental a lancé un programme dinvestissement extrêmement ambitieux et je ne doute pas que le Conseil régional va laccompagner.
Troisièmement, bien sûr, des contrats de Pays sont peut-être un peu moins en avance mais jen connais, notamment dans le Sud de lIndre, si vous voyez ce que je veux dire, qui ont de nombreux projets. Nous sommes en train de préparer le contrat de quatrième génération. Avec lenveloppe que nous donne la Région, dans laquelle 1,6 million deuros sont déjà prévus pour le très haut débit, plus les frais de fonctionnement, etc., vous connaissez cela comme moi, le résultat est que nous serons obligés de couper aux trois-quarts les demandes de projet liées à la vitalité de ce territoire et à tous les projets prévus par les différents maîtres douvrage.
Si vous voulez nous proposer de faire plus, parce quil y a beaucoup de projets, je dis « banco » et je vous propose de venir en discuter à La Châtre très prochainement.
M. le Président - Merci, Monsieur FORISSIER.
Monsieur de LA RUFFIE a la parole.
M. de LA RUFFIE - Merci, Monsieur le Président.
Je voudrais revenir sur laménagement du territoire et ce qui a été dit, tant par Monsieur CINTRAT que par Monsieur ROULLET.
Vous évoquez un budget courageux avec des politiques ambitieuses pour un aménagement je cite « dynamique et équilibré du territoire ».
Face au sentiment dabandon et déloignement éprouvé par nombre de nos concitoyens, vous affirmez encore que je cite « la Région va inscrire le développement et la solidarité au cur de ses priorités ».
Je ne partage pas ce point de vue. Face à ces belles paroles, jai envie que lon se concentre uniquement sur les chiffres, qui parlent deux-mêmes et qui suffisent à démontrer que, malheureusement, laménagement du territoire nest absolument pas une priorité de votre Majorité.
Certes, il y a de nouveaux dispositifs avec de jolis noms, de jolis acronymes : cest le cas de « À vos ID ». Cela étant, force est de constater que le budget alloué pour ce dispositif a largement diminué, ne serait-ce quen matière dinvestissement (500 000 euros), alors même quen matière de fonctionnement, il atteint des chiffres colossaux puisque nous sommes à 860 000 euros.
Si lon additionne les budgets consacrés à tous les contrats (les contrats dAgglo, de Villes moyennes, de Pays, les CRCT), il apparaît bien nettement que le budget alloué, qui était de 62 millions deuros en 2016, est passé à 57 millions deuros pour le budget 2017, ce qui fait une large baisse de plus de 4 millions deuros, soit environ 6,5 %.
Il sagit là dune bien mauvaise nouvelle pour les territoires qui ont besoin de cette aide régionale, surtout pour les plus reculés, les plus éloignés dentre eux qui ne disposent plus de service public, dont la population vieillit inexorablement et dont la disparition est dores et déjà programmée.
À lheure où certains barons locaux, main dans la main (Républicains, Socialistes, Centristes) sont prêts à tout pour obtenir le Graal de ce fameux label de statut de métropole pour Tours et Orléans, il aurait été opportun de ne pas diluer les aides de la Région pour les territoires les plus éloignés de ces deux agglomérations. Ce nest pas le cas et cest bien dommage.
Autre observation sur lexpertise mutualisée : jai observé quil sagissait dune nouvelle ligne budgétaire dun montant de 240 000 euros. Cette mutualisation semble réelle et nécessaire pour des prestations de conseil, comme lassistance à maîtrise douvrage ou le conseil au profit de petites collectivités pour des travaux disolation. En revanche, ce terme mapparaît totalement galvaudé pour la subvention de certaines associations, dont par exemple cette fameuse association « Villes au carré ». Je ne parle pas des milliards deuros dépensés depuis des années au titre de la politique de la ville, mais il me semble totalement éhonté dinvoquer un soutien à lingénierie mutualisée pour le financement de cette association qui est, certes, présidée par lun de nos éminents collègues membres de cette Majorité mais dont le véritable objet est une relation entre un réseau délus locaux amis, du même bord bien sûr, avec lorganisation de séminaires, de formations et de rencontres. Je ne suis pas sûr que ce soit la vocation de la Région, au titre de cette expertise mutualisée, que de financer ce genre dassociation, surtout lorsquil sagit de 70 000 euros dargent public !
Enfin, ma dernière observation portera sur la sensibilisation et la préservation des ressources.
Jobserve quil est prévu un budget de fonctionnement encore ! de 1,1 million deuros pour « les financements dactions déducation à lenvironnement et de connaissance de la biodiversité dans le cadre des conventions vertes ».
1,1 million deuros, cest énorme !
Il aurait été de bon aloi de donner des précisions sur les modalités de ces actions éducatives. Surtout, à quelles associations profite cette manne financière ? Cela est très flou et des précisions auraient été nécessaires.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Monsieur de LA RUFFIE.
Monsieur MOULAY est le dernier orateur inscrit. Il y aura un complément de réponse apporté par Mélanie FORTIER, avant des éléments fournis par Monsieur le Vice-président en charge des Finances.
Monsieur MOULAY, vous avez la parole.
M. MOULAY - Merci, Monsieur le Président.
Quelques mots sur le budget « sport ».
Vous le savez, 2017 sera lannée dun choix qui aura des conséquences très importantes pour notre Région : celui de la ville hôte des Jeux Olympiques de 2024. Nous sommes tous mobilisés en faveur de Paris. La proximité avec lÎle-de-France est vécue, selon les territoires, soit comme une chance, soit comme une difficulté mais, en matière de sport et dolympisme, il sagit avant tout dune opportunité à ne pas laisser passer.
Cest dans cet objectif que nous abordons cette année 2017 avec une motivation supplémentaire. Les bénéfices pour notre région seraient très importants. Vous le savez, les délégations internationales viennent, durant les années précédant les Jeux Olympiques, en stage à proximité pour effectuer leur préparation. Le CREPS sera au centre de notre dispositif pour les accueillir.
Cest lune des grandes nouveautés de lannée 2017, le CREPS sera dorénavant entretenu par les agents régionaux.
Je profite de cette intervention pour saluer les agents qui nous rejoindront au 1er janvier prochain.
Avec la loi NOTRe, le CREPS devient un outil régional que nous souhaitons valoriser plus encore, doté dune nouvelle présidente que nous avons désignée encore récemment en la personne dEmmeline NDONGUE, ancienne internationale de basket et figure du sport régional. Ensemble, nous allons à la fois promouvoir loutil auprès des fédérations pour des stages de très haut niveau et contractualiser avec les ligues et les comités régionaux pour quils aient dans leurs objectifs lutilisation du CREPS pour leurs stages régionaux.
Le soutien au haut niveau reste très important dans ce budget, avec un nombre conséquent de clubs qui ont accédé à des divisions supérieures. Nous avons travaillé sur lharmonisation des subventions entre clubs de disciplines équivalentes, en étant attentifs plus particulièrement au sport féminin. Dans un souci defficacité, nous avons souhaité travailler plutôt sur les subventions versées.
Nous souhaitons également que notre région demeure une terre daccueil pour les événements sportifs de tous niveaux. Je veux saluer lobtention des Championnats dEurope U16 féminin de basket au CREPS ou lorganisation du congrès de la Fédération française de rugby à Bourges qui seront parmi les temps forts de lannée à venir.
Un mot sur linvestissement.
Vous aurez remarqué que nous avons fait le choix de reporter sur les contrats de solidarité territoriale le soutien aux petits équipements sportifs, pour nous concentrer sur des équipements structurants. Vous verrez, dans les mois qui viennent, le Plan piscines régional avec, pour outil de diagnostic, une cartographie de lexistant et lobjectif dassurer un accès à un bassin dapprentissage de la natation pour tous les jeunes de notre région.
Enfin, pour répondre à Monsieur MONTILLOT sur le BAFA, qui a été effectivement arrêté cette année, les résultats que nous avons, à savoir une baisse de candidats pour ce diplôme de 20 %, à peu près 400 en moins depuis 2014, tendent à montrer que notre dispositif navait pas deffet levier prononcé et a permis, avant tout, de répondre aux besoins nouveaux créés par la réforme des rythmes scolaires.
Pour autant, prenons acte que la session de perfectionnement de février 2017 était déjà très avancée. Nous avons donc fait le choix de la financer pour ne pas mettre en difficulté les organismes de léducation populaire ni les jeunes concernés. Dans le cadre des travaux sur la carte Jeunes que nous avons et que nous aurons en 2017, ce dispositif sera réinterrogé et nous travaillerons avec les associations de léducation populaire sur les mesures à mettre en place en faveur des jeunes dans ce nouveau cadre, plus simple dutilisation, qui permettra de toucher plus de jeunes dans tous les territoires.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Monsieur MOULAY.
Madame FORTIER, vous avez la parole.
Mme FORTIER - Merci, Monsieur le Président.
Je voudrais donner quelques éléments de réponse à deux questions principales.
La première à Monsieur Patrick CINTRAT : je vous répondrai sur la question des fonds européens. Vous nous parliez dune baisse budgétaire dans le budget 2017. En réalité, je crois que cest une méprise. Du côté des recettes, nous avons une augmentation du volume des crédits européens en 2017, puisque nous passons de 8,1 millions deuros en 2016 à 10,4 millions deuros en 2017. Dans ce que vous pointiez, il sagit en fait du rythme dengagement de nos dépenses qui baissent. Nous avons provisionné moins cette année du fait du rythme de réalisation des projets par les porteurs de projet des fonds européens.
Rassurez-vous, nous allons bien dépenser les 640 millions deuros de crédits européens sur la mandature sans aucun problème, comme nous lavons fait la dernière fois sur le plan précédent.
Japporte la deuxième réponse à Madame PARIS, qui nous parlait de la culture et des collections du FRAC. En tant que présidente du FRAC, je vais vous répondre.
Vous disiez que largent investi dans les collections du FRAC était trop important par rapport à ce que vous considériez être plus légitime, qui était de soutenir les collections notamment des châteaux et de ce que vous avez associé à la culture patrimoniale. Vous savez quà la Renaissance, sil ny avait pas eu des mécènes comme François 1er, entre autres, nous naurions pas pu garder les uvres de Léonard de VINCI.
Vous disiez également quil fallait innover en matière de culture. Linnovation, cest se dire que lart contemporain daujourdhui, cest le patrimoine de demain. De plus, cest peut-être notre histoire simplement que nous conservons dans les collections du FRAC.
M. le Président - Merci, Madame FORTIER.
En réponse à plusieurs interrogations, le Premier Vice-président en charge des finances a la parole.
M. GRICOURT - Merci, Monsieur le Président.
Chers collègues, je ne vais pas revenir dans le détail des chiffres qui ont été partagés car le rapport est suffisamment précis, autant dans le volet recettes que dans le volet dépenses.
Je rappelle la réalité de la contrainte budgétaire, dont tout le monde a conscience. Elle est liée non seulement à la baisse de dotations encore cette année, pour répondre à leffort national demandé, à raison de près de 19 millions deuros, mais aussi aux compétences nouvelles. Dans leur ensemble, elles se montent à 170 millions deuros, entre léconomie et les transports.
Concernant les déchets, pour répondre à une question, nous avons inscrit au budget « ressources humaines » un équivalent temps plein. À ce jour, nous navons aucun retour, aucune compensation puisque lÉtat considère que ce nest pas un transfert de compétences. Là aussi, cest un combat que le Président mène avec les collègues des Régions, pour faire en sorte dobtenir une compensation financière.
Nous sommes dans un contexte contraint. Sur le plan de la compétence économique, notre collègue ce matin, et cet après-midi encore, a été suffisamment clair pour rappeler lengagement fort de la Région, alors que nous avons un manque à gagner sur cette compétence autour de 4 millions deuros, du fait destimations entre 21 et 23 millions deuros, ce qui démontre lengagement de la Région.
Si nos engagements sont tenus, si nous assumons les compétences nouvelles, cest par des efforts aussi sur les dépenses de gestion.
Au final, nous sommes parvenus à 12,6 millions deuros déconomies de gestion, à partir dune lettre de cadrage adressée cet été aux services, aux directions et aux élus en délégation. Elle a permis, dès lété dernier, de travailler de façon très intensive et précise sur chacune des politiques publiques, pour faire en sorte que chaque euro dépensé soit justifié et quune évaluation sur la durée des politiques publiques soit prise en compte. Cela a été lobjet dajustements.
Cela a été aussi, jai eu loccasion de vous le dire, comme nous lavions commencé au début de cette mandature à travers le budget 2016, de travailler sur le consommé de lannée précédente. Cela a été des propositions des Vice-présidents sur leur délégation de suppression de certains dispositifs ; vous les avez sans doute en tête. Bref, cest un travail très important. Précisément 7,4 millions deuros déconomies sur les politiques publiques et 5,2 millions deuros sur la convention TER ont été obtenus. Ce sont de réels efforts de gestion.
Je ne vais pas revenir sur le volet « ressources humaines » car Audrey ROUSSELET la abordé.
Il faut savoir quen dehors du transfert de compétences et de limpact de décisions réglementaires ou législatives, nous serions sur une faible augmentation des dépenses de personnel à effectif permanent constant. Cest un engagement que nous avons pris, avec une réalité de tension dans certains services, dans nos lycées et ici au siège, une réelle tension qui nous amène dailleurs, avec les organisations syndicales, à partager tout un travail sur lorganisation du travail et le sens donné aux missions des agents.
En réponse à vos questions, je vais commencer par les recettes, avec linterrogation du Front National à nouveau sur les cartes grises. Nous nallons pas refaire le débat que nous avons eu lors des orientations budgétaires. Laugmentation revient, en effet, à une moyenne par véhicule de 4 euros par an sur le cheval fiscal.
Quand on parle dun impôt, je vais redire que, pour moi, cest véritablement une taxe. Un impôt est récurrent. Nos impôts locaux sont récurrents dannée en année, ainsi que les impôts sur le revenu, pour celles et ceux qui ont la chance dêtre imposés sur le revenu. La TVA est un impôt permanent puisquil sappuie sur la consommation et que nous consommons quotidiennement.
Sagissant de la carte grise, je vais rappeler que la durée moyenne de vie dun véhicule est de 8 ans et que sa moyenne de changement est tous les cinq ans. Par conséquent, nous sommes bien sur une taxe et non pas un impôt.
On peut comparer avec les décisions de certains Départements qui ont effectué, vous le savez et il faut être objectif, un matraquage fiscal, notamment sur laugmentation des taxes sur le foncier. Pour certains, cela représente jusquà 25 %. On a mesuré à lautomne, à la réception des feuilles dimposition, limpact à la fois pour les ménages et pour les entreprises. Dans les visites dentreprise que jeffectue, je me rends compte que, pour certaines PME-PMI dans le Blésois, ce sont des dizaines de milliers deuros en plus. Là, oui, nous sommes sur un matraquage fiscal.
Quand on parle de préservation du pouvoir dachat des familles, il faut avoir en tête toutes les politiques publiques de la Région qui, depuis de nombreuses années, interviennent sur la préservation, voire laugmentation du pouvoir dachat des familles.
Voici maintenant de nombreuses années, cela a été cette grande mesure de la gratuité des livres scolaires. Cest sur la restauration scolaire où nous avons un reste à charge parmi les plus faibles dans les Régions de France. Cest le chéquier CLARC, laide au transport ferroviaire des salariés, la gratuité des transports scolaires que nous allons mettre en place en dehors du forfait correspondant aux frais dinscription et de dossier, comme cela existe dans certains départements. Sur ce point précis, vous serez en capacité de mesurer, de même que les familles évidemment, limpact très positif sur leur pouvoir dachat, notamment dans des départements comme le Loiret où ce sera au minimum entre 100 et 120 euros de gains par enfant par an.
Ce sont des décisions qui impactent vraiment positivement le pouvoir dachat des familles.
Concernant les investissements, nous avons un maintien de nos engagements puisque lengagement du Président, vous le savez, est de tout faire pour maintenir un niveau dinvestissement à 300 millions deuros par an sur la mandature. En effet, dans son avis, le CESER préconise datteindre 2 milliards deuros sur la mandature, contre 1,8 milliard deuros prévus. Cela voudrait dire investir 30 millions deuros en plus par an. Il faudrait donc trouver chaque année la même somme en économies en fonctionnement ou alors laisser filer la dette.
Il faut avoir à lesprit ce que jai eu loccasion de dire au moment du budget 2016. Les chiffres sont la preuve dune efficacité de travail de nos services. Notre taux de réalisation est pratiquement de 100 %, ce qui est assez exceptionnel. Ce qui compte, ce nest pas seulement linscription dun niveau dinvestissement, cest le taux de réalisation. De ce point de vue, la Région remplit son contrat et contribue à lactivité économique, donc au soutien à lemploi.
Je rappelle aussi, concernant les dépenses dinvestissement, que les évolutions 2014-2015 ont représenté en moyenne en France pour les collectivités moins 10 % dinvestissement, à raison de moins 16 % pour les communes, moins 5 % pour les EPCI et moins 16 % pour les Conseils départementaux. Seules les Régions ont augmenté leur part dinvestissement dans leur budget et nous en faisons partie en cette année 2017. Nous sommes sur une dynamique positive qui répond aux attentes du territoire.
Concernant lapprentissage, là aussi, je crois que vous navez pas eu une lecture correcte des documents. Lavis du CESER, qui a été rappelé, a été modulé à loccasion de la Commission des finances cette semaine.
Monsieur FORISSIER, vous ny étiez pas mais votre collègue pourra vous le confirmer : le Rapporteur du budget du CESER a convenu, au lendemain des précisions que nous lui avons apportées, quil y avait bien maintien de lengagement de la Région sur lapprentissage.
Sur ce point, nous sommes sur des ajustements de crédits aux dépenses réalisées lannée dernière. Cela diminue de budget primitif à budget primitif mais nous ne baissons pas la rémunération des employeurs. Lengagement reste plus fort puisque nous avons plus dapprentis dans la région ; cette reprise à la hausse du nombre dapprentis est une bonne nouvelle. Sur ce plan, lengagement de la Région est confirmé.
En matière dinvestissement sur lapprentissage, il est également confirmé. Avec ma collègue Vice-présidente Cathy MÜNSCH-MASSET, nous lavons confirmé auprès des responsables du CFA Interprofessionnel du Loir-et-Cher qui sera le grand investissement de la mandature, avec sa reconstruction. La Région tient donc ses engagements sur lapprentissage.
Sagissant de la culture, je constate également un problème de réalité de lecture. Le budget global est en baisse mais pas celui de fonctionnement puisque lengagement est tenu par la Région sur le soutien à la culture en fonctionnement ; notre collègue Vice-présidente la bien rappelé. Les baisses que vous observez sont sur linvestissement, en effet, mais ce nest pas lié aux investissements directs de la Région, cest lié aux interventions de la Région auprès de partenaires, notamment des collectivités qui, pour certaines, ont décalé dans le temps leur projet dinvestissement.
Pour résumer et conclure sur toutes ces questions, dans ce contexte contraint, la preuve est faite que nous gardons le cap de nos engagements et de nos priorités, le cap de nos objectifs financiers notamment en termes de ratios et le cap, dans un souci dégalité, de solidarité entre les territoires, pour nos concitoyens avec une préoccupation renforcée sur les questions environnementales et de participation. Nous en avons suffisamment débattu et nous avons eu ce bel exemple des états généraux de léconomie ou de la culture, avec le maintien dun haut niveau dinvestissement.
Nous avons de votre part des souhaits souvent exprimés ; traditionnellement, vous réclamez :
une meilleure maîtrise des dépenses de gestion : cest le cas ;
un niveau dinvestissement élevé : je viens de le confirmer, ce sera le cas de façon un peu plus importante quen 2016 ;
une attention de tous les territoires et notamment ruraux : la réalité a été reconfirmée par notre collègue Vice-président Dominique ROULLET ;
un soutien toujours plus fort à léconomie : Harold HUWART a été suffisamment clair dans la présentation des objectifs de la Région à travers le schéma ;
un soutien plus fort à lapprentissage : nous restons la première Région de France à soutenir lapprentissage.
Au final, il y a quelques problématiques parce que vous êtes les partenaires de Droite, les groupes de lOpposition, à être une partie qui réclame, particulièrement dans le groupe de Droite et du Centre qui veut toujours plus de dépenses. Vous lavez exprimé pour certains sur laménagement, sur la culture avec la Scène nationale, sur les lycées, sur la jeunesse. Une autre partie dentre vous réclame plus déconomies, donc des coupes budgétaires. Ce qui mintéresserait, cest de savoir pour nos concitoyens soient éclairés, quelles coupes budgétaires vous préconisez, sur quelles politiques publiques et à quelle hauteur.
Jai de la difficulté à avoir une lecture de votre position.
De ce fait, je suis inquiet : comment pouvez-vous, à lintérieur de votre groupe, envisager les choses pour notre collectivité régionale, comme pour dautres dailleurs, après cette échéance de 2017, si votre candidat à la présidence de la République devient président de la République, avec un engagement déconomies encore à hauteur de 100 milliards deuros, avec la poursuite des baisses de dotations et des efforts demandés aux collectivités ? Nos concitoyens doivent aussi être éclairés sur cette hypothèse et connaître vos positions en matière de choix politiques.
Vous soulignez, en tout cas le groupe de Droite, contrairement au Front National, que vous navez présenté aucun amendement budgétaire : devons-nous en déduire que cest le constat pour vous de notre gestion sérieuse dorientations qui répondent aux besoins de nos territoires ? Personnellement, je crois en effet que la réalité de ce budget primitif 2017 confirme notre ambition pour notre région. Cest un budget sérieux, de responsabilité et qui répond aux attentes de nos territoires en matière daménagement et en matière économique. Cest une mobilisation maintenue pour la jeunesse, ainsi quen faveur de lenvironnement et de la participation.
Je conclurai simplement en confirmant que ce budget, pour moi et cest lavis de notre Majorité, est ambitieux, sérieux, responsable, pour plus de réactivité, à partir des nouvelles compétences qui nous sont confiées et pour plus daccompagnement de nos territoires et de tous les partenaires, quils soient institutionnels, privés, dans le monde économique ou associatifs.
Voilà ce qui motive les choix et les arbitrages de notre Majorité et le vote qui sera en faveur de ce budget.
M. le Président - Merci, Monsieur le Premier Vice-président.
Je vous remercie de tous de ces échanges.
Avant de mettre aux voix ce budget, nous devons examiner les amendements qui ont été déposés : le premier la été par le groupe Écologiste et est présenté par Monsieur FAUCHEUX.
Monsieur FAUCHEUX, vous avez la parole.
Amendement présenté par le groupe Écologiste
M. FAUCHEUX - Notre Majorité régionale a souhaité que le budget de la collectivité soit placé sous le signe de la transition écologique mais certaines dépenses sont clairement en contradiction avec cet objectif. Ainsi, en est-il du financement de laéroport de Tours ; la contribution au syndicat mixte, qui sélève à 960 000 euros, doit permettre au final de subventionner les activités de Ryanair.
Depuis toujours, Europe Écologie - Les Verts et ses élus se sont opposés et sopposent au financement public de laéroport, pour des raisons environnementales, éthiques et de priorités politiques de largent public.
Les raisons environnementales semblent assez évidentes : cest le mode de transport qui génère le plus de gaz à effet de serre.
Pour ce qui est des raisons éthiques, Ryanair est une compagnie qui a été condamnée de plusieurs manières, notamment pour travail dissimulé et emploi illicite de personnels navigants.
Sagissant des questions de priorités politiques, cest une société qui fait des bénéfices que lon peut qualifier dastronomiques puisquils correspondent à peu près au budget de notre collectivité régionale, à savoir 1,2 milliard deuros de bénéfices après taxes en 2015. Ses bénéfices ont progressé de 43 %.
Cest un financement qui est censé stimuler léconomie touristique du Val de Loire en fournissant un point dentrée aux touristes étrangers. Toutefois, lorsque lon analyse les résultats fournis par le délégataire SNC-Lavalin et quon le compare au financement public qui se monte à 3 millions deuros, selon les modes de calcul, on aboutit à un résultat tout juste positif, voire un peu négatif. Autrement dit, la question de leffet levier de cet argent public sur léconomie du territoire est clairement posée ; elle le sera dautant plus que lÉcole de chasse de Tours a annoncé son déménagement et que cela générerait 2 millions deuros dargent de dépenses publiques supplémentaires pour les opérations de contrôle aérien. Si lon considère donc que cela portera à 5 millions deuros par an le financement public, on peut craindre, pour le coup, que leffet levier soit négatif, cest-à-dire que cela coûte plus dargent public que cela nen génère.
Dans cet amendement, laéroport de Châteauroux constitue un cas différent puisque la Région en est, depuis à peu près une décennie, à la fois propriétaire et gestionnaire. Si nous avons pu y soutenir des opérations de maintenance aéronautique, nous nous étonnons du volontarisme manifesté par notre collègue Dominique ROULLET pour y développer de nouvelles liaisons aériennes.
Nous avions contesté dès 2015 la charge tout à fait anormale supportée par les collectivités, pour la mise en place de la ligne Châteauroux-Nice par la compagnie low cost polonaise SkyTaxi. Malheureusement, le bilan de lexploitation de la première année ne fait que confirmer : pour un total de 1 178 voyages, la Région et lAgglo de Châteauroux avaient dû débourser 175 000 euros, ce qui représente 150 euros par passager. En 2016, 190 000 euros de fonds publics auront été nécessaires au maintien de cette liaison, dont 140 000 euros qui viennent de la Région. Est-ce bien raisonnable ?
Au passage, je me permets de souligner le fait que, lorsque lon additionne ces deux budgets, on arrive à 1,1 million deuros, ce qui correspond au montant des conventions vertes mises en cause par Monsieur de LA RUFFIE.
Jen profite pour dire quil me semble important que, dans une assemblée où chaque élu est indemnisé à plus dun SMIC et demi par mois, chacun consacre le temps nécessaire pour travailler ses dossiers. Les conventions vertes sont un dispositif dont le règlement dintervention a été voté en session par les élus. Cest donc un règlement dintervention public. Chaque intervention est décidée par la Commission permanente, dans laquelle des élus du Front National siègent, et chaque décision de financement est associée dun plan dactions assez précis.
Sil vous plaît, arrêtez de faire des procès dintentions sur ces types dassociation !
Cétait en dehors de lamendement, mais cela me tenait à cur de le souligner.
Merci.
(Applaudissements)
Je pense que vous avez compris les raisons qui motivent notre amendement.
Nous proposons à lassemblée régionale de supprimer les dépenses de 1,1 million deuros, qui correspondent au soutien financier apporté par la Région aux vols low cost des deux aéroports de Châteauroux et de Tours, et dajouter en dépense 1,1 million deuros pour la rénovation énergétique des lycées. Cest un investissement sur lequel notre collectivité est déjà tout à fait exemplaire mais qui implique encore beaucoup de besoins.
Je tiens dailleurs à souligner linvestissement important de la Vice-présidente aux lycées et du conseiller régional délégué sur le sujet.
Il nous semble nécessaire daller encore un peu plus loin, ce qui revient à privilégier non seulement la transition énergétique par rapport à la pollution mais aussi une compétence régionale que sont les lycées par rapport à un sujet sur lequel nous ne sommes pas compétents, cest-à-dire le développement des liaisons aériennes.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci.
Qui répond pour le groupe SRD ? Monsieur Philippe FOURNIÉ.
Pas dautres réponses portées ?
Monsieur CHEVTCHENKO, vous avez la parole.
M. CHEVTCHENKO - Le groupe Écologiste naura de cesse de sopposer aux contributions de la Région au low cost et nous naurons de cesse de nous y opposer nous aussi.
En revanche, je nopposerai pas les aéroports de Châteauroux et de Tours, ceux-ci nayant pas les mêmes objectifs, en principe.
Pour ce qui est de Tours, le low cost porte son activité essentielle au tourisme et on ne peut pas nier lintérêt quand on voit quà ce jour, le trafic a encore augmenté de 12 000 passagers en 2016. En comparaison, Châteauroux-Nice a transporté entre 5 et 6 000 voyageurs pour lensemble de ses activités, me semble-t-il.
Je ne rappellerai pas tout limpact et limportance de laéroport de Tours dans le domaine de la santé, je lai fait lannée dernière, et du CHRU.
Cependant, jajouterai un point que je nai pas évoqué lannée dernière.
Sans présenter un scénario catastrophe mais un scénario plausible sur le TRI (territoire à risque important) dinondation du val de Tours, dans le cadre dune crue exceptionnelle Monsieur, vous êtes bien au courant qui impacterait plus de 130 000 habitants, 60 000 logements et des milliers dentreprises, nous sommes dans une utilité patente en tant que base pour le transport aérien de matériels divers et de moyens pour une résilience plus rapide du territoire, alors que lon peut visiblement envisager à ce moment-là un encombrement ou une coupure des routes.
Merci.
M. le Président - Merci.
Une réponse castelroussine, je vous en prie, Monsieur FORISSIER, vous avez la parole.
M. FORISSIER - Merci, Monsieur le Président.
Je voudrais rebondir sur ce que disait Monsieur GRICOURT.
Premièrement, il faut être bienveillant, Monsieur le Vice-président : il ny a pas eu damendement de notre groupe sur le budget. Simultanément, et nous lavons déjà fait à loccasion du débat dorientations budgétaires, nous avions proposé de travailler avec vous dans un groupe de travail, de nous engager pour essayer de faire plus déconomies encore.
Je nai pas dit que cétait compliqué. Nous avons tous été extrêmement bienveillants vis-à-vis de la difficulté de la Majorité à construire ce budget.
Nous avons proposé dêtre constructifs, nous navons pas eu de retour. Cest simplement ce que je voulais préciser.
Deuxièmement, quant au débat sur la présidentielle, il faut que tout le monde soit méfiant. On peut aussi parler des candidats de la primaire socialiste, par exemple, et des propositions qui commencent à fleurir, qui vont en avant en matière de dépenses publiques, alors que nous navons plus un sou. Si nous nous engageons sur ce débat, cela va se terminer très tard cette nuit.
Troisièmement, je dirai un mot sur lamendement du groupe Écologiste concernant laéroport de Châteauroux.
On ne peut pas continuer à nous dire que cela coûte tant par passager, alors que nous narrêtons pas, et pour le coup je rejoins le président ROULLET, dexpliquer, y compris au groupe Socialiste, que nous sommes là sur un équipement majeur pour la région, notamment pour les départements de lIndre, du Cher et du Loir-et-Cher. De plus, un travail de communication est contenu dans ce soutien à certaines lignes. Encore faut-il dailleurs préciser que ce soutien est conduit de façon extrêmement exigeante.
Évidemment, on ne peut pas accepter à nouveau un amendement qui remet en cause, pour une nouvelle fois, une politique dinvestissement importante sur cet aéroport.
M. le Président - Monsieur FOURNIÉ, vous avez la parole.
M. Philippe FOURNIÉ - Monsieur le Président, notre groupe ne soutiendra pas cet amendement.
Je vais faire les deux territoires à la fois en essayant dêtre concis.
Une politique aéroportuaire se définit de manière globale, autant sur Tours que sur Châteauroux.
Pour Tours, nous avons à redéfinir léquilibre économique et les enjeux divers que nous pouvons cumuler avec léventualité du départ de lÉcole de chasse que nous devons prendre en compte. Nous travaillerons sur ce sujet dans la durée.
Concernant laéroport de Châteauroux, le travail global de stratégie a été fait et la dimension passagers est lun des éléments du développement de cet aéroport, même si dautres aspects vont arriver rapidement, notamment en termes de fret sensible.
Il est important que nous ayons un équilibre sur ces deux zones aéroportuaires essentielles : lune pour le développement dune métropole, lautre pour le développement dun territoire beaucoup plus important quune métropole, cest-à-dire le Berry.
M. le Président - Merci, Monsieur FOURNIÉ.
Monsieur CHASSIER, vous avez la parole.
M. CHASSIER - Monsieur le Président.
Sur cette question, nous sommes également attentifs à lutilisation des deniers publics et à lefficacité des politiques, donc des subventions qui peuvent être attribuées à telle ou telle opération, à tel ou tel dispositif ; nous en parlons assez régulièrement. Il est vrai que nous pouvons être partagés ; nous navons pas forcément une réponse automatique et univoque sur ce genre de débat.
Il y a effectivement lieu à débat. Nous estimons, et cétait notre position jusquici dans les votes que nous avons exprimés les années précédentes, quil est nécessaire, en létat actuel, de maintenir ces aides pour le développement de ces lignes, à partir de Tours comme à partir de Châteauroux. La question peut se poser à long terme de la pérennité de ces aides, comme de toutes les aides économiques ou autres. Nous lévoquons dans dautres domaines, pour savoir si ces aides devront toujours être reconduites ou si une montée en puissance permettrait quelles soient dégressives.
Cest une question qui pourrait être posée mais, dans limmédiat, nous ne voterons pas cet amendement.
M. le Président - Merci.
Je mets donc aux voix lamendement du groupe des Écologistes.
(Mis aux voix, lamendement est rejeté)
Contre : Socialistes, Radicaux et Démocrates / Union de la Droite et du Centre / Front National
Pour : Écologiste
M. le Président - Le deuxième amendement émane du groupe Front National et sera présenté par Monsieur CHASSIER.
Monsieur CHASSIER, vous avez la parole.
M. CHASSIER - Monsieur le Président, je vais essayer dêtre assez rapide.
Ce sont des amendements dans lesprit de ce que nous avons dit au cours du débat et nous avons déjà eu loccasion de nous exprimer sur ce sujet.
M. le Président - Monsieur CHASSIER, excusez-moi de vous couper. Simplement, en termes de méthode, si vous en êtes daccord, vous pourriez présenter, puisquils concourent tous au même objectif, successivement vos amendements et ensuite nous verrons sil y a à différencier le vote.
Cela nous permettrait de gagner du temps dans nos débats, si vous en êtes daccord.
M. CHASSIER - Je suis daccord.
Amendement n° 1 présenté par le groupe Front National
M. CHASSIER - Notre premier amendement concerne le dispositif CAPAsso. Lidée générale est que nous faisons une comparaison des budgets, par exemple, avec lancienne Région Bourgogne-Franche-Comté : on voit le différentiel de budget entre ces deux Régions.
Nous proposons une réduction, dautant plus que des engagements très importants ont été pris fin 2015 et en 2016 pour trois ans. Pour toutes ces associations bénéficiaires, cest déjà une sécurité sur trois ans.
La question des renouvellements que nous avons déjà abordée se posera alors, mais si lon diminue le nombre de renouvellements et surtout, comme nous le proposons, si nous naccordons plus de renouvellement 2, renouvellement 3, etc., nous devrions avoir un volume dengagements moins important. Nous avons constaté dailleurs au cours de lannée 2016 que beaucoup moins de dossiers avaient été présentés que lannée précédente.
Nous proposons une diminution de 2 millions deuros sur ce programme. La contrepartie est une diminution de la hausse des cartes grises ; nous sommes sur de la fiscalité indirecte.
Cest ma collègue qui va défendre le deuxième amendement.
Amendement n° 2 présenté par le groupe Front National
Mme PARIS - Il concerne lhébergement touristique. Le nombre de nuitées dans le territoire augmente de 7 % entre 2010 et 2015. Pour autant, les capacités existantes sont en baisse de 4 % sur les dix dernières années. Cela paraît un peu paradoxal.
Quant au budget consacré au niveau des crédits de paiement 2017, on a moins 2,7 %. Si jai bien compris, Christelle de CRÉMIERS a dit quil y avait un report de crédits de lannée précédente qui navaient pas été consommés. Je ne sais pas si cest le cas. En tous les cas, cela nous paraît un peu surprenant quil y ait une baisse, alors que lon nous annonce clairement une volonté de la Région de soutenir lhébergement touristique.
Pour cette raison, nous proposons un amendement qui augmente de 500 000 euros lenveloppe consacrée à lhébergement de tourisme.
Amendement n° 4 présenté par le groupe Front National
M. CHASSIER - Je reprends la suite des amendements.
Notre troisième amendement est traditionnel et concerne le financement des organisations syndicales de salariés.
Nous considérons quelles sont partenaires avec la Région via leurs représentants au CESER. Pour les autres cas où elles seraient amenées à participer à des réunions, à siéger dans des instances régionales ou consultatives, les intéressés peuvent être défrayés selon la procédure commune et sur justificatif. En revanche, nous napprouvons pas lidée de ce qui est en fait une subvention de fonctionnement ordinaire à des organisations syndicales.
Là aussi, ce serait en déduction de laugmentation sur les cartes grises.
Amendement n° 5 présenté par le groupe Front National
M. CHASSIER - Je peux présenter notre quatrième amendement avec le suivant. Nous avons distingué en deux amendements parce quil y a une ligne fonctionnement et une ligne investissement.
On voit en deux ans un doublement des crédits de paiement pour le financement des têtes de réseau de léconomie sociale et solidaire. Cela qui nous semble beaucoup. Autant nous pouvons financer des actions quand elles sont justifiées, identifiées et ciblées, mais là encore, le financement de têtes de réseau entre dans une logique de financer le fonctionnement de ces structures.
Nous proposons une diminution de 480 000 euros sur la ligne fonctionnement, ce qui ramène à peu près au niveau de ce que nous avions voici deux ans.
Amendement n° 6 présenté par le groupe Front National
M. CHASSIER - Nous proposons une diminution de 50 000 euros sur la ligne investissement, là aussi pour ramener à 100 000 euros : cest ce que nous avions voici deux ans. Le tout est en déduction de laugmentation sur les cartes grises.
Amendement n° 7 présenté par le groupe Front National
M. CHASSIER - Il concerne la démocratie participative inscrite dans un domaine qui ne nous paraît pas être le sien. Nous demandons que les frais engagés dans le cadre de ces réunions consultatives et autres forums, concertations dans le cadre de la démocratie participative, soient pris dans le budget des moyens généraux sur lenveloppe des frais dassemblée tout simplement, là aussi avec une déduction sur lenveloppe des cartes grises.
Amendement n° 8 présenté par le groupe Front National
M. CHASSIER - Il concerne les dépenses dans le chapitre de lenvironnement, le programme « sensibilisation et préservation des ressources ». Autant nous soutenons, et nous lavons redit tout à lheure lors du débat budgétaire, certaines initiatives, y compris les conversions, le maintien à lagriculture bio, etc., autant avec le saupoudrage de crédits pour les « Éco festivals », pour la ligne « économie circulaire » et pour les « conventions vertes » qui augmentent encore, nous proposons simplement de garder lenveloppe, de même que sur les Agendas 21 locaux dont nous avons toujours contesté la pertinence.
Cela fait plusieurs lignes détaillées dans la proposition pour un total de 250 000 euros, là aussi en déduction de laugmentation des cartes grises.
Amendement n° 9 présenté par le groupe Front National
M. CHASSIER - Il concerne le soutien aux télévisions locales qui est inscrit dailleurs dans le domaine « formation initiale, lycées et vie citoyenne » ; nous ne voyons pas très bien le rapport direct.
Nous avons parfois de la difficulté et nous avons pu faire quelques erreurs dans le libellé des domaines et des programmes parce que des rattachements ont changé, dune part, et, dautre part, ne sont pas toujours très logiques.
Là aussi, nous disons que le soutien aux télévisions locales ne relève pas de léducation à limage. Il sagit bien de subventions de fonctionnement. Si cest le cas, elles devraient figurer au titre du développement économique. Nous ne voyons pas à quel titre se pourrait être le cas : pourquoi subventionner spécialement ces médias et pas dautres ?
Si ces médias sont des partenaires de la Région, il vaudrait mieux travailler avec eux dans le cadre de conventions dûment établies en contrepartie de prestations effectuées pour le compte de la Région. Les lignes budgétaires sont indiquées. Sur la ligne 40433 « audiovisuel », 320 000 euros seraient à déduire sur laugmentation des cartes grises.
Nous avons présenté quelques exemples damendements, car nous avons manqué de temps pour en faire davantage.
Cest pour montrer que, sans remettre en cause le fond des politiques régionales, des aménagements sont possibles. Dans quelques domaines, certaines dépenses pourraient être réduites, ce qui aurait permis déviter cette augmentation de la taxe que jai indiquée.
Je vous remercie.
M. le Président - Je vous remercie de cette présentation.
Nous allons procéder par ordre.
Au sujet de lamendement qui porte sur les CAPAsso, pages 40 et 109, sagissant de la baisse des cartes grises, qui souhaite intervenir pour justifier une position de groupe ?
Je nen vois pas du côté de lUDC.
Monsieur HUWART, vous avez la parole.
M. HUWART - Cest un débat bien connu. Cest toujours le même amendement : vous dites quil faut le baisser, alors que nous estimons que cest une politique importante, un marqueur de la Région et une politique utile.
Jobserve que vous en êtes maintenant à lépaisseur du trait, puisque vous comparez la Région Centre avec une autre qui a un peu plus de population et qui met un peu moins de moyens sur les CAPAsso.
Dans la logique de ce que nous disons, la Région a pris des engagements et jestime quil est absolument indispensable de maintenir le budget tel quil est parce que cest à léquilibre.
M. le Président - Autre intervention pour le groupe des Écologistes : Monsieur Charles FOURNIER, vous avez la parole.
M. Charles FOURNIER - Je propose de faire une réponse un peu globale sur lensemble des amendements.
Le raisonnement part de la question des cartes grises. Vous contestez le fait que nous puissions nous appuyer sur le peu de marge fiscale que nous avons.
Nous avons dit que nous assumions cette position et quelle avait un impact tout à fait relatif.
Cest à partir de là que vous coupez dans ce qui vous paraît mineur, à savoir des emplois associatifs, léconomie sociale et solidaire, les conventions vertes avec des associations qui interviennent sur la biodiversité dans tous les territoires. Ce qui vous paraît mineur et pas de notre responsabilité, cest ce que lon appelle la coopération décentralisée. Or, elle sappelle « décentralisée » parce que justement elle ne se vit pas uniquement à léchelle nationale mais aussi à léchelle des territoires, quelle est porteuse déchanges avec dautres territoires en matière de développement économique, de recherche, duniversités et de tourisme dont nous avons beaucoup parlé ce matin. Elle est porteuse aussi de valeurs dhumanisme, de citoyenneté, de paix et tout cela vous paraît évidemment mineur.
Pour toutes ces raisons, et je pourrais passer tous vos amendements, finalement, nous nen voterons aucun. Avec votre raisonnement, on est un peu dans la course à léchalote : vouloir réduire les dépenses publiques, cest sans doute une nécessité ou un moyen mais ce nest pas un projet et ce nest pas ainsi que lon convainc de manière permanente nos concitoyens.
M. le Président - Nous avons bien compris que ce nétaient pas des échalotes bio !
(Rires)
Votes sur les neuf amendementsprésentés par le Front National
M. le Président - Nous prenons en compte lexplication de vote sur lensemble des amendements, portée par Charles FOURNIER pour le groupe des Écologistes.
Sil ny a pas dautres souhaits dintervention sur cet amendement de la page 40, je le mets aux voix.
(Mis aux voix, lamendement n° 1 est rejeté)
Contre : Union de la Droite et du Centre / Socialistes, Radicaux et Démocrates / Écologiste
Pour : Front National
M. le Président - Nous abordons lamendement de la page 53 et des pages 30 à 32 tel quil a été présenté. Y a-t-il une intervention complémentaire ? Je nen vois pas.
Je le mets aux voix.
(Mis aux voix, lamendement n° 2 est rejeté)
Contre : Union de la Droite et du Centre / Socialistes, Radicaux et Démocrates / Écologiste
Pour : Front National
M. le Président - Je mets aux voix lamendement de la page 53 avec sa répercussion sur les pages 30 à 32, qui porte sur loffre dhébergement. Nous avons entendu le point de vue du groupe des Écologistes. Y a-t-il une demande complémentaire dintervention ?
Madame de CRÉMIERS, vous avez la parole.
Mme de CRÉMIERS - Très brièvement, je précise le montant de la ligne « hébergement » : il est de près de 300 000 euros au-dessus du consommé de cette année.
En fait, nous navons pas un souci de financement mais de porteurs de projet. Jai consacré tous les déplacements et la communication, et jen profite dailleurs pour le refaire pendant cette session, à lancer des appels à porteurs de projet. À partir du moment où il y a des projets de création ou de rénovation pour créer des structures dhébergement et de restauration, la Région est prête à accompagner non seulement sur le plan financier mais aussi en termes de formation.
M. le Président - Je vous remercie de cette précision.
Je mets aux voix.
(Mis aux voix, lamendement n° 3 est rejeté)
Contre : Union de la Droite et du Centre / Socialistes, Radicaux et Démocrates / Écologiste
Pour : Front National
M. le Président - Je mets aux voix lamendement portant sur la page 43 et la page 109. Il sagit des organisations syndicales.
Y a-t-il des demandes complémentaires dintervention ?
Monsieur PELTIER, je vous en prie.
M. PELTIER - Dans le prolongement de ce que nous avons voté en Commission permanente, je vais faire un peu comme Charles FOURNIER, notre groupe votera contre tous les amendements, sauf celui relatif aux organisations syndicales qui bénéficient déjà, quelles soient patronales ou de défense des salariés, de subsides de lÉtat beaucoup trop lourds. Compte tenu de leur représentativité, les collectivités nont pas à pourvoir à leurs dépenses, particulièrement de fonctionnement.
Notre groupe votera donc pour cet amendement et contre tous les autres.
M. le Président - Je mets donc aux voix, sil ny a pas dautres demandes.
Je nen vois pas.
(Mis aux voix, lamendement n° 4 est rejeté)
Contre : Socialistes, Radicaux et Démocrates / Écologiste
Pour : Front National / Union de la Droite et du Centre
M. le Président - Je mets aux voix lamendement des pages 40 et 41, avec leur incidence en page 109, portant sur léconomie sociale et solidaire.
Y a-t-il des demandes complémentaires dintervention ? Je nen vois pas.
(Mis aux voix, lamendement n° 5 est rejeté)
Contre : Union de la Droite et du Centre / Socialistes, Radicaux et Démocrates / Écologiste
Pour : Front National
M. le Président - Je mets aux voix lamendement des pages 40 et 41, avec leur contrepartie en page 109, portant également sur léconomie sociale et solidaire. Cest la partie investissement tel que cela avait été présenté par Monsieur CHASSIER.
(Mis aux voix, lamendement n° 6 est rejeté)
Contre : Union de la Droite et du Centre / Socialistes, Radicaux et Démocrates / Écologiste
Pour : Front National
M. le Président - Je mets aux voix lamendement des pages 40 et 41, avec leur contrepartie en page 109, toujours sur léconomie sociale et solidaire, tel quil a été présenté. Il sagit de la démocratie participative.
(Mis aux voix, lamendement n° 7 est rejeté)
Contre : Union de la Droite et du Centre / Socialistes, Radicaux et Démocrates / Écologiste
Pour : Front National
M. le Président - Je mets aux voix lamendement des pages 27 et 28, avec leur incidence en page 109, portant sur la sensibilisation et la présentation des ressources dans le domaine de lenvironnement.
Pas dautres demandes de prise de parole ? (Réponse négative.)
(Mis aux voix, lamendement n° 8 est rejeté)
Contre : Union de la Droite et du Centre / Socialistes, Radicaux et Démocrates / Écologiste
Pour : Front National
M. le Président - Je mets aux voix lamendement de la page 89, avec son incidence en page 109, portant sur les industries culturelles et notamment sur laudiovisuel, en précisant que la classification à cet endroit est liée à notre nomenclature.
Il y a une demande dintervention là-dessus, des précisions sont apportées par Agnès SINSOULIER-BIGOT qui a la parole.
Mme SINSOULIER-BIGOT - Je fais une explication de vote.
Je vous invite à faire un travelling arrière sur ce sujet de laudiovisuel et du cinéma : notre soutien aux télévisions locales sinscrit dans un plan beaucoup plus large de soutien à la filière audiovisuelle et cinématographique. Cest dailleurs pour cette raison que cest page 89.
Monsieur CHASSIER semblait étonné de lendroit de linscription. Jai vérifié, cest bien page 89 dans le chapitre « industries culturelles ». Ce soutien aux télévisions locales sinscrit dans ce cadre de soutien à la création cinématographique audiovisuelle, un soutien à la filière économique. Nous entendons également soutenir la pluralité des expressions grâce aux télévisions locales et mettre en valeur toutes les initiatives locales que toutes ces télévisions relaient.
En 2017, nous aurons une nouvelle convention avec le CNC, dans le cadre de laide au cinéma et sur les télévisions locales, preuve sil en était que cette aide aux télévisions locales sinscrit bien dans un cadre officiel et réglementaire.
Dans le cadre de cette convention CNC, nous espérons, pour la première fois, puisque le CNC le propose, obtenir un soutien de cet établissement public auprès des télévisions locales, ce qui viendra finalement récompenser le travail effectué depuis plusieurs années.
Pour toutes ces raisons, nous rejetterons cet amendement.
M. le Président - En précisant, Monsieur CHASSIER, que nous sommes bien sur ce que vous avez souhaité, à savoir un contrat dobjectifs et de moyens très précisément défini à la fois dans son ampleur et dans sa nature.
Je mets donc aux voix ce dernier amendement du groupe Front National.
(Mis aux voix, lamendement n° 9 est rejeté)
Contre : Union de la Droite et du Centre / Socialistes, Radicaux et Démocrates / Écologiste
Pour : Front National
Votes sur le budget primitif 2017
M. le Président - Aucun des amendements présentés nayant reçu une majorité de vote favorable, il convient désormais de procéder au vote de notre budget.
Tout dabord, la balance générale au chapitre en autorisations de programme, autorisations dengagement, crédits de paiement, AP et AE par fonction et par politique régionale : il sagit des votes qui concernent les pages 125 à 130 du document budgétaire.
Je prends le vote sur cette balance générale.
(Mise aux voix, la balance générale est adoptée)
Pour : Socialistes, Radicaux et Démocrates / Écologiste
Contre : Union de la Droite et du Centre / Front National
M. le Président - Je mets aux voix larchitecture par politique régionale telle que présentée en page 131, qui doit faire lobjet dun vote spécifique.
(Mise aux voix, larchitecture par politique régionale est adoptée)
Pour : Socialistes, Radicaux et Démocrates / Écologiste
Contre : Union de la Droite et du Centre / Front National
M. le Président - Cest donc un vote positif, avec enthousiasme pour Jean-Patrick GILLE !
Je mets aux voix les modifications des délégations de compétence au président du Conseil régional en matière de dette et de trésorerie, telles que présentées en page 132 à 135.
Il sagit de la délégation de pouvoir au président ; cela peut être une abstention mais contre la délégation de pouvoir, cela laisse entendre
!
(Rires)
M. FORISSIER - Nous votons pour.
M. le Président - Je vous en remercie, jy suis sensible.
(Mises aux voix, les modifications des délégations de compétence au président du Conseil régional en matière de dette et de trésorerie sont adoptées à lunanimité)
Pour : Socialistes, Radicaux et Démocrates / Écologiste / Union de la Droite et du Centre / Front National
M. le Président - Je mets aux voix les dispositions diverses (approbation des barèmes 2017 pour lapprentissage, coûts standards de formations sanitaires et sociales 2017, admissions en non-valeurs, participation des familles à la rémunération du personnel de service dhébergement des établissements publics denseignement, autorisations de virements de crédits entre chapitres, subvention 2017 au COS et approbation de la convention afférente, modification des dates limites daffectation pour les autorisations de programme et dengagement, annulations-clôture des AP/AE, modification de libellés des AP/AE), telles que présentées dans les pages 135 à 142.
Je prends le vote.
(Mises aux voix, les dispositions diverses sont adoptées)
Pour : Socialistes, Radicaux et Démocrates / Écologiste
Contre : Union de la Droite et du Centre / Front National
M. le Président - Dans ces conditions, lensemble est adopté.
Je remercie les uns et les autres pour la qualité des débats. On a vraiment évité la caricature. Chacun a fait valoir, et cest bien normal, sa position mais également ses convictions. Tout cela permet à notre Région de poursuivre son travail et nous le ferons ensemble.
Je men voudrais de ne pas le faire : je dois, à ce moment particulier, remercier Laure GÉRARD qui a accompli pour la Région un travail de quatre années dans la Direction des finances et du budget. Elle va partir vers la Chambre régionale des Comptes des Pays de la Loire dans le cadre de sa carrière.
Cest une carrière qui a marqué extrêmement positivement notre travail de Majorité, avec une très belle assistance, une très grande confiance et un très grand professionnalisme.
Je veux vous souhaiter bonne chance.
(Applaudissements)
De la même manière, jai le plaisir de présenter pour la première fois Monsieur DERVAUX qui vient ici en qualité de directeur général délégué sur les aspects notamment de finances mais sur le spectre également du juridique, etc., en remplacement de Monsieur ROCHAS, parti pour une autre collectivité. Nous lui souhaitons la bienvenue.
(Applaudissements)
Nous abordons la communication concernant le Schéma régional de lenseignement supérieur, de la recherche et de linnovation.
Jappelle à la tribune Anne BESNIER qui va nous présenter ce dossier.
Communication - Schéma régional de lenseignement supérieur,de la recherche et de linnovation
(COMMUNICATION N°3)
Mme BESNIER - Mesdames et Messieurs, jai lhonneur de vous présenter la manière dont nous allons élaborer le Schéma régional de lenseignement supérieur, de la recherche et de linnovation.
Pour commencer, je voudrais vous faire remarquer que la Région a souhaité élaborer ce schéma et non pas lintégrer comme un simple chapitre dans le SRDEII, comme le font certaines Régions, car nous accordons une importance toute particulière à lenseignement supérieur et à la recherche.
La Région na pas attendu ce schéma pour avancer. Depuis 2007, puis en 2013 avec le Schéma de la vie étudiante et le Schéma de linnovation, plusieurs procédés et dispositions ont été mis en place : les pôles de recherche, le soutien prioritaire aux projets de recherche qui contribuent au développement socio-économique de la région, des dispositifs sur les bourses doctorales, le CPER.
En matière dinnovation, nous avons depuis longtemps fait le lien entre la formation supérieure, la recherche et le développement économique. Nous avons également la mise en place de domaines de spécialisation intelligente, sans oublier la culture scientifique, technique et industrielle et la diffusion faite dans notre région grâce à 350 acteurs autour du centre ressources quest CentreSciences.
Notez que, dans ce même sujet, nous avons 50 musées, trois lieux de Maisons pour la science, deux Universités du temps libre et de très nombreuses actions.
Quelle est la situation en région à ce jour ?
À la rentrée de septembre 2016, nous avons eu en enseignement supérieur plus de 60 000 étudiants. Il faut noter que 70,2 % de nos bacheliers continuent en enseignement supérieur, ce qui est un taux plus élevé quau niveau national. Nous avons 2 700 diplômés de master, 5 000 apprentis en enseignement supérieur, ce qui est le taux daugmentation dapprentissage le plus important, et 9 % des étudiants inscrits dans des formations sanitaires et sociales.
Les activités de recherche sont effectuées par les laboratoires de nos deux universités, par lINSA Centre-Val de Loire et par les grands organismes de recherche que nous avons la chance davoir dans notre territoire (le BRGM, le CEA, le CNRS, lINRA, lINSERM, lIRSTEA). Nous avons aussi la possibilité davoir 247 docteurs. Ce sont les chiffres de 2014, ils sont un peu supérieurs à ce jour.
La recherche régionale est reconnue au niveau national, puisque nous avons 8 Labex et 18 Equipex. Le CNRS a distribué deux médailles à des chercheurs de la région et 4 scientifiques ont été mis en valeur par le Conseil européen de la recherche.
Nous noublions pas, dans ce paysage, les 4 pôles de compétitivité et les brevets déposés par nos chercheurs qui représentent 3 % des brevets nationaux.
Que devons-nous faire encore ? Bien évidemment, rien nest figé.
Nous avons des dispositifs en faveur des étudiants. Pour autant, il faut se poser les questions suivantes : de quoi ont-ils besoin maintenant ? À quel moment de leurs études en ont-ils besoin ?
Nous avons structuré loffre denseignement supérieur avec lINSA Centre-Val de Loire et Polytech à Chartres, mais nous devons nous poser la question : quelles structures de lenseignement supérieur dans lensemble du territoire devons-nous mettre en place pour aujourdhui et pour demain ?
Nous avons mis en place un système dentreprenariat étudiants avec le diplôme détudiants-entrepreneurs. Il faut le continuer et lamplifier afin daugmenter le nombre de ces derniers, de même quil faut amplifier la mobilisation sans faille pour les professions du secteur de la santé, avec des dispositifs innovants.
Je tiens à noter, dans la mise en place des succès, linstallation et la création du Bio3 (Biocube) Institute, seul projet en France qui porte exclusivement sur la formation en termes de bioproduction, biocontrôle et bioréglementation. Il faut utiliser cet outil.
Enfin, nous avons les ARD. Je lai dit : en budget, nous allons pouvoir démarrer la phase 2, mais il faut aussi préparer laprès-phase 2.
Concernant le CPER et limmobilier de lenseignement supérieur, il faut aller vite, préparer le CPER de demain et continuer la mobilisation pour le maintien des laboratoires ou des organismes comme le CEA et lIRSTEA.
Pour cela, nous pourrons utiliser des outils mis en place par le SRESVE (Schéma régional de lenseignement supérieur et de la vie étudiante) :
lObservatoire régional de lenseignement supérieur ;
les comités territoriaux qui existent dans quatre départements sur six.
Nous avons ainsi de quoi travailler.
Je voudrais vous signaler que nous avons une fenêtre de tir que nous navons jamais eue en région. En effet, lannée 2017 représente linstallation de notre SRESRI mais aussi la révision des contrats quinquennaux des Universités dOrléans et de Tours et de lINSA Centre-Val de Loire. Il est très important, grâce à la synergie de ces contrats et de ce schéma, délaborer ensemble cest ce que nous avons déjà commencé à faire une réelle stratégie. Une fois quelle sera définie, elle pourra sappuyer sur un édifice et une communauté de projets et dacteurs : la COMUE Centre-Val de Loire qui sera non seulement avec les universités et lINSA mais aussi avec les grands organismes de recherche sur une stratégie commune.
Cette stratégie commune, que nous élaborerons grâce aux schémas quinquennaux et au SRESRI, permettra un rapprochement de plus en plus fort de nos deux universités.
Nous allons pouvoir aborder toutes les thématiques dans ce schéma : de quelle manière ? Trois grands thèmes ou trois grandes thématiques seront abordés.
La première a déjà commencé au mois de novembre : la culture scientifique, technique et industrielle.
La deuxième est une thématique autour de la recherche et nous occupera en janvier, février et mars. Vous avez les thèmes :
le chercheur ;
la politique de recherche régionale ;
la recherche socle de linnovation.
La troisième est la thématique de lenseignement supérieur et de la vie étudiante qui nous prendra en mars, avril et mai avec des ateliers sur :
lenseignement supérieur et le monde ;
loffre denseignement supérieur en région ;
la vie de campus, atelier très attendu de nos étudiants.
Ce schéma sera écrit et élaboré. Tout au long du schéma et plus particulièrement en juin et juillet, une séquence aura lieu avec les collectivités territoriales sur ces questions pour enfin lécrire et il vous sera présenté en session régionale en décembre 2017.
Je vous remercie.
M. le Président - Nous allons ouvrir le débat sur cette communication, en sachant quenseignement supérieur, recherche et innovation, il ne sagit pas de lépaisseur du trait. Il sagit de lessentiel. Anne BESNIER a très bien fait dinsister sur létendue du spectre mais aussi sur lincidence de chacun des segments sur le développement de notre région.
La responsabilité de la Région existe dans les textes, mais il faut que nous la fassions particulièrement partager.
Il nest pas évident dans les milieux de lenseignement supérieur de faire partager la responsabilité dune collectivité territoriale.
Lenseignement supérieur sest développé dans notre pays avec une mission détat et une certaine indépendance, voire une certaine concurrence entre les universités.
À un moment où nous ouvrons grand les portes de la société de la connaissance, de la performance économique par la connaissance, cela ne peut pas être quun sujet de diplomation, denseignement supérieur, de transmission du savoir et délaboration de la connaissance. Cest aussi un sujet essentiel pour le développement économique et le rayonnement dune région.
Historiquement, vous le savez, notre région a connu un fort retard en matière denseignement supérieur, puisque peu dannées en arrière, nous étions encore à guère plus de 50 000 étudiants dans cette région. Nous avons fixé le cap de 70 000. Ce nest pas un cap pour la nuit des temps, cest un cap détape. Pour y parvenir, il faut faire partager aux universités mais aussi aux lycées et aux familles le fait quil faut engager une sensibilisation pour un autre regard sur lenseignement supérieur, afin que cela se connecte avec le monde économique et celui de la recherche et de linnovation.
Il nous faut, et cest tout le travail conduit dans toutes ces instances qui viennent dêtre présentées par la Vice-présidente, véritablement être dans un dialogue avec les universitaires, leurs représentants ou présidents duniversité, le Rectorat et les lycées. Cest essentiel. Il nous faut être aussi dans le dialogue avec lapprentissage qui prend désormais une part importante de lévolution de lenseignement supérieur.
Nous voulons donc que ce qui a pu apparaître par le passé comme des rivalités entre les pôles déconcentrés et ceux dOrléans et de Tours, rivalités entre Tours et Orléans, appartiennent résolument au passé. Nous voulons que la responsabilité en matière danimation et denseignement supérieur soit à la maille de notre région et non pas dans une maille confuse, qui mêle désormais plusieurs responsabilités dentités régionales.
Il nous faut donc faire évoluer la vision et faire partager cette volonté de développement.
Il nous faut aussi cest tout lintérêt cela a été très bien présenté à linstant dire que recherche et enseignement supérieur sont les deux termes dun même mouvement et dune même ambition. Nous avons une réalité de lenseignement supérieur encore modeste, même si nous avons réussi à développer des écoles dingénieur et si nous avons des filières en progression. Par conséquent, nous devons atteindre les 70 000 étudiants.
Parallèlement, nous avons des pôles de recherche exemplaires qui, pour une région de notre taille, constituent un atout formidable et sont remarqués à lextérieur ; je pense au BRGM, au CNRS, à lINRA, aux CEA et je pourrais continuer la liste. Nous avons de très beaux laboratoires privés et publics dans cette région.
Cest cet ensemble que nous devons mettre en boucle. Nous devons penser aux étudiants : leur qualité de vie, leur capacité à accepter des principes de mobilité pour aller vers la formation qui leur convient le mieux. Ce nest pas marginal, cest central et je souhaite, dans nos débats comme dans laffirmation qui sera portée au terme de ce schéma, que nous puissions véritablement réunir lensemble des collectivités pour les financements, pour la vie des étudiants, pour laffirmation du développement économique et social, et que nous puissions aussi être en phase avec la jeunesse de notre région et avec les familles.
À ce sujet, quelles interventions sont souhaitées ?
Pour les groupes, la durée de parole est de 5 minutes.
Madame PÉAN, vous avez la parole.
Mme PÉAN - Monsieur le Président, chers collègues, ce Schéma régional de lenseignement supérieur, de la recherche et de linnovation ne suscitera de notre part aucun commentaire totalement négatif car il a le mérite dexister. Toutefois, en le lisant, jai pensé à paraphraser une ancienne formule : « On peut sauter sur sa chaise comme un cabri, en disant : "enseignement supérieur, enseignement supérieur", mais cela ne signifie rien ! »
De fait, le schéma proposé ne choisit pas et ne hiérarchise pas les études, les recherches, les voies à explorer. Tous les enseignements supérieurs nauront pas le même impact sur le développement de notre région. Ainsi, augmenter par principe le nombre des étudiants sera peut-être une étape obligée pour constituer une société de la connaissance mais soyons précis, il ne sagit pas pour nous de construire une société dérudits mais dassurer le développement de la région Centre-Val de Loire.
Ambitionner datteindre une certaine masse détudiants sans avoir réfléchi à la typologie des études que nous voulons soutenir me paraît ressortir plus dune incantation politiquement correcte que dun choix raisonné.
Vous mettez en place de nombreux partenariats très pertinents avec les universités, les écoles, les instituts, les chambres consulaires, les clusters, etc. Des comités territoriaux sont censés regrouper tous ces acteurs impliqués, sans que soient prévus ni leur gouvernance ni leur mode de fonctionnement. Nous vous suggérons den confier le pilotage à la Région, seule autorité à avoir une vue densemble de toutes les problématiques à traiter.
Parmi tous ces partenaires, les seuls que la Région ne reconnaît pas en tant que tels sont, de façon très paradoxale, les étudiants eux-mêmes.
Alors que notre Région accepte daller au-delà de ses missions et compétences légales, il nous semblerait normal quen retour les étudiants aussi sengagent vis-à-vis de la Région à valoriser les efforts que nous consentons dans leur intérêt, par la qualité de leur travail pendant, voire après leurs études.
Pour les études de médecine, vous nous rappelez cette mobilisation sans faille ayant abouti à laugmentation et la régionalisation du numerus clausus. Cest effectivement une excellente chose mais, pour quelle serve vraiment les intérêts de la Région, il conviendrait que cette mobilisation sans faille se fasse maintenant pour obtenir quune fois diplômé, létudiant ou lancien étudiant soit engagé à travailler, à exercer un instant donné dans la région.
Ce partenariat pourrait aussi se matérialiser dans dautres disciplines et nous proposons, à ce titre, la création de prix : prix dexcellence, prix dhonneur. Ils seraient décernés aux meilleurs étudiants dans les disciplines que la Région aura choisi de privilégier pour atteindre ses objectifs. Selon nous, ces prix constitueraient, sur le chemin de lexcellence, des balises un peu plus utiles que la distribution de matériels informatiques obsolètes ou inutiles, ou encore le financement de ces événements sur « la citoyenneté étudiante » ou « le vivre-ensemble dans mon campus » qui apparaissent surtout comme des marqueurs politiques destinés à servir la visibilité de votre Majorité.
Concernant la recherche, enfin, nous approuvons totalement le soutien au grand programme PIVOTS, Biomédicaments ou Cosmétosciences et lIntelligence du patrimoine. En revanche, concernant Lavoisier, nous vous recommanderons la plus grande prudence dans le choix des projets de la phase 2. La Région nest pas un financeur aveugle mais un acteur pragmatique, capable danticiper. Vous navez aucun moyen de pression sur le CEA, à part de lagitation politico-médiatique sans effet réel, comme jai pu le vérifier dans ma commune à Joué-lès-Tours lorsque Michelin a décidé de la quitter.
Nous disons que les projets de recherche qui seront retenus dans la phase 2 devront être exclusivement ceux qui impliquent des entreprises de notre région.
Cest lessentiel de ce que je voulais vous dire sur le schéma de lenseignement supérieur.
Je vous remercie.
M. le Président - Je vous remercie.
Pour le groupe Écologiste, Madame TERY-VERBE ?
Mme TERY-VERBE - Merci, Monsieur le Président.
Chers collègues, nous souhaitons aborder plusieurs axes qui nous semblent particulièrement importants dans lélaboration du Schéma régional de lenseignement supérieur, de la recherche et de linnovation :
la vie étudiante ;
lavenir de la communauté duniversités et détablissements ;
les partenariats chercheurs/citoyens.
Pour aborder le premier point de la vie étudiante, rappelons que, précédemment au SRESRI, la Région a élaboré en 2013 un Schéma régional de lenseignement supérieur et de la vie étudiante. Il serait intéressant de pouvoir en établir un bilan.
Dans la dénomination du nouveau schéma, « la vie étudiante » a donc été remplacée par « la recherche et linnovation ». Les Écologistes tiennent à ce que lélaboration du nouveau schéma ne fasse pas limpasse sur les étudiants, leurs besoins et leurs attentes. Nous apprécions que le calendrier qui nous est proposé prévoie bien une séquence qui leur est consacrée. Ce schéma doit, en effet, dabord être conçu pour nos étudiants et la réussite du plus grand nombre dans lenseignement supérieur, facteur de justice sociale, condition de lémergence dune société durable.
La réussite éducative va au-delà des notes et des diplômes. Elle doit intégrer des questions de logement, de soins, dalimentation et de transport notamment. Cest la raison pour laquelle les Écologistes pensent luniversité dans des éco-campus intégrés à la cité. Le développement et la rénovation du bâti social universitaire dans le respect de normes écologiques élevées (consommation dénergie, proximité des transports urbains) doivent être une priorité.
Rappelons que la Région a élaboré un contrat de construction durable dans le cadre de ses bâtiments. Ce qui vaut pour nos lycées doit valoir aussi pour la réalisation immobilière que finance la Région : logements et bâtiments universitaires.
Pour le deuxième point portant sur la communauté duniversités et détablissements, alors quen octobre 2015, une communication voulait renforcer la COMUE Léonard de Vinci à léchelle des Régions Centre-Val de Loire, Limousin et Poitou-Charentes, celle daujourdhui propose de bâtir un édifice solide autour dune communauté de projets dacteurs dans une COMUE Centre-Val de Loire. En effet, lélaboration du SRESRI intervient au moment où la COMUE Léonard de Vinci, regroupant les Universités de La Rochelle, Poitiers/Limoges, Tours et Orléans, est en train dexploser en vol.
Rappelons le contexte national de la création des COMUE : la loi Fioraso de juillet 2013, qui est malheureusement restée dans la ligne de la loi LRU du gouvernement FILLON, a imposé des regroupements et fusions sous la forme de COMUE, lidée étant que lÉtat contractualise désormais directement avec les communes et non plus avec les universités.
Notre groupe sétait donc demandé en 2015 quel pourrait être le bénéfice réel de la COMUE Léonard de Vinci sur un territoire aussi étendu et ne tenant pas compte du nouveau découpage régional. Nous partagions les craintes exprimées par le milieu universitaire dans notre région ; nous serions donc certainement plus à laise avec lidée dune COMUE sans le Val de Loire, de périmètre régional, rapprochant nos deux universités et lINSA.
Toutefois, tout cela reste encore bien flou et nous attendons à présent de lÉtat, qui nous avait quelque part contraints à entrer dans la COMUE Léonard de Vinci, quil stabilise rapidement le cadre de la nouvelle COMUE Centre-Val de Loire, afin que notre schéma ne se construise pas sur du sable.
Le troisième point qui nous paraît primordial concerne les partenariats chercheurs/citoyens.
Même si ces partenariats sont une évidence pour lavancée de lenseignement supérieur, de la recherche et particulièrement de linnovation, il est important que ceux-ci soient notés en toutes lettres, notamment dans les différents documents de communication. Le renouvellement des relations entre sciences et société impose de reconnaître la compétence de la société civile à participer aux décisions sur les orientations de la recherche. « Recherche participative » veut dire que les non-chercheurs collaborent avec les chercheurs académiques tout au long du projet de recherche, dès la formulation de la problématique jusquà lanalyse des résultats, la valorisation et leur diffusion.
Les Régions Île-de-France et Nord - Pas-de-Calais ont instauré des partenariats intéressants au cours du mandat précédent et nous souhaitons que notre Région sen inspire.
Pour finir, cette communication me donne loccasion dévoquer le rapport des Écologistes au progrès, à la recherche et à linnovation, qui fait parfois lobjet de caricatures grossières. Si nous sommes des progressistes acharnés sur les enjeux sociaux et sociétaux, nous ne cantonnons pas le progrès aux progrès technologiques.
Loin des banalités simplistes et réductrices, dès le début et tout au long de son histoire, lécologie politique est traversée par la pensée scientifique. En France, la figure de René DUMONT, ingénieur agronome, incarne cette communauté scientifique sachant reconnaître les limites comme les forces de toute innovation technologique. Parmi les militants, les élus, les penseurs écologistes, combien dingénieurs venus du nucléaire, combien de biologistes, combien de chercheurs et médecins qui, ayant vu au plus près les dérives de la sacralisation du progrès technologique, le défendent dautant mieux quils le défendent dans sa juste mesure.
Notre société a parfois tendance à oublier ce vers quoi elle veut aller. Grisée de progrès techniques et prisonnière de puissantes logiques financières, elle continue de foncer dans la surproduction, la surconsommation et le gaspillage. Cela se traduit par toujours plus de déchets, toujours plus de mal-être et toujours plus dinégalités.
Comble de cynisme : le progrès se résume parfois à lobsolescence programmée des produits !
Nous ne sommes pas contre la technologie, bien au contraire, mais nous la souhaitons au service de lhumain, de lépanouissement individuel et collectif. Nous ne sommes pas contre linnovation, bien au contraire, mais nous privilégions celle qui est au service de la préservation de lenvironnement et de la transition énergétique. Nous appelons aussi de nos vux une innovation sociale et sociétale qui induit dautres comportements, dautres modèles de partage de richesses entre les individus, une innovation ouverte et partagée dans les entreprises où le savoir-faire et la créativité de tous les salariés (collaborateurs, cadres comme ouvriers) puisse être sollicité.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci.
Monsieur CHEVTCHENKO, vous avez la parole, je vous en prie.
M. CHEVTCHENKO - Merci, Monsieur le Président.
« Renforcer lenseignement supérieur », « accroître son impact socio-économique », « mettre en place des pôles de recherche », etc. : qui pourrait être contre ces belles intentions, qui, en elles-mêmes, nont rien doriginal dans ce Schéma régional de lenseignement supérieur, de la recherche et de linnovation, si on le compare avec ceux dautres Régions ?
Aussi, jai quelques remarques et questions.
Il ne suffit pas de dire que la Région veut atteindre, surtout si cest une étape, 70 000 étudiants en 2020 en développant lattractivité, ce que toutes les autres Régions font mais en étant peut-être non handicapées par leur taille et leur budget. Si nous pouvons nous féliciter que la poursuite des études post-Baccalauréat est en nette progression, cest effectivement une opportunité mais à la seule condition dêtre anticipée et bien accompagnée, sans oublier de favoriser la démocratisation de lenseignement supérieur et la réussite doit lêtre à tous les âges de la vie.
Nous aimerions quun état des lieux soit présenté sur les 5 000 apprentis de lenseignement supérieur, pour mieux apprécier les domaines où ils se forment et en parfaire lévolution positive. Sur ce point, je réitérerai la proposition daide de la Région aux grandes collectivités territoriales qui, dans le secteur public, sont les seules en capacité doffrir des formations de niveau supérieur et pourraient faire plus si elles en avaient les moyens. La Région pourrait innover et être exemplaire en ce sens.
Une question sur les 247 docteurs diplômés en 2014 : où sont-ils aujourdhui ? Quel est leur devenir en Centre-Val de Loire ? Cest un point important et un suivi de ces diplômés permettrait de mesurer relativement lattractivité de la région et ses capacités à les maintenir sur notre territoire, autrement que par des chiffres et des mots.
Dans les divers domaines liés aux transitions numérique, technologique, écologique et cosmétologique, aux bâtiments durables, à lénergie, aux médicaments et autres, il nous semble nécessaire de développer plus encore une politique partenariale avec les entreprises, en lien avec les ressources de notre territoire, et de définir mieux des domaines thématiques prioritaires dont certains sont absents ou insuffisamment développés, malgré les potentiels existants, comme les agrosciences, les sciences de la vigne et du vin, le nucléaire même si cela déplaît , etc.
Par ailleurs, à propos de nos deux universités, la disparition de la COMUE dhier, à la suite du découpage des Régions, montre là encore les limites du Centre-Val de Loire comparativement à ses grandes voisines. Une nouvelle COMUE Centre-Val de Loire est certes à envisager mais, malgré la valeur et la richesse des nombreux établissements et des enseignants qui la composeraient, elle porte le risque dêtre centrée sur le seul Centre-Val de Loire. Il sera peut-être plus difficile de capter les meilleurs étudiants et chercheurs.
Une étude des demandes et des places offertes reste à mener pour apprécier lattractivité de la région dans une compétition qui se joue sur les financements et limage que lui apportera peut-être la transformation de Tours et dOrléans en métropoles.
À propos des antennes délocalisées (décentralisées), même si elles sont lun des aspects de laccès démocratique aux études supérieures et du maillage territorial, au moins jusquau niveau licence où la proximité doit rester le critère principal de recrutement, la disproportion entre les deux universités mères interroge. Pour valider la pertinence de ces sites délocalisés, ceux-ci devraient faire lobjet dune étude approfondie pour une véritable consolidation ou la constitution de spécialités en adéquation avec le tissu économique et les besoins du territoire, en portant les étudiants vers la réussite, tout en gardant bien à lesprit que les territoires qui présentent un cumul de fragilités économiques, familiales et culturelles, cest-à-dire lorsque convergent certaines conditions de vie, sont ceux où se reproduisent les inégalités sociales et, par conséquent, les inégalités daccès à lenseignement supérieur et aux possibilités demploi.
Souhaitons donc que lélaboration du schéma régional, synchronisée avec le renouvellement des contrats quinquennaux Université-État-Région et État-INSA au 1er janvier 2008, au-delà de la simple démarche participative, répondent véritablement aux défis de lavenir de cette région.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Monsieur CHEVTCHENKO.
Monsieur COMMANDEUR a la parole.
M. COMMANDEUR - Merci, Monsieur le Président.
Je commencerai par rappeler le contexte qui prévaut à ce travail.
Premièrement, nous avons le constat dune mondialisation ; elle a été beaucoup évoquée cette journée. On peut penser que lon peut la combattre, en tout cas elle est existante et est valable dans les domaines : économique, culturel mais également scientifique et de la recherche. Il est évident maintenant que la recherche se fait de manière internationale et que nous avons besoin davoir des pôles internationaux.
Deuxièmement, la révolution numérique, que nous sommes en train de vivre, change fondamentalement notre société. Elle cache un peu une disruption dans dautres domaines, comme les matériaux, les nanotechnologies et les biotechnologies. Cest une sorte de bouillonnement scientifique international.
Troisièmement, le défi environnemental et énergétique : je rejoins les propos dAlix TERY-VERBE sur le fait que lon a trop souvent tendance à caricaturer lécologie politique. Évidemment, la réponse aux enjeux environnementaux et énergétiques passe par la recherche et linnovation. Le développement de nouvelles énergies et leur stockage, parce que la plupart des énergies renouvelables sont intermittentes, sont liés à linnovation et à la recherche.
Quatrièmement, lexistence dune politique très volontaire dans la Région : ce nest pas nouveau. Depuis longtemps, la Région sest lancée dans une politique extrêmement volontaire en matière de recherche et dinnovation.
Quels sont les objectifs que nous nous fixons ?
Le premier est lexcellence dans le domaine de la recherche plutôt que la dispersion. On comprend bien que, dans ce contexte de compétition internationale, nous avons besoin davoir des pôles de recherche et des pôles scientifiques de très haut niveau. Ce nest certainement pas en dispersant les moyens que nous réussirons à les avoir. Cela se voit déjà dans la politique de soutien à la recherche, par exemple avec les programmes « Ambition Recherche Développement » qui ont ciblé différents domaines. Il faut également sappuyer sur lécosystème économique local. Nous avons des entreprises qui ont elles-mêmes des domaines dexcellence et il faut sappuyer dessus, ainsi que sur les pôles de compétitivité et les clusters.
Le deuxième objectif est le développement du nombre dentreprises innovantes. Nous en avons parlé ce matin dans le cadre du SRDEII, puisque lavant-dernier « I » est pour « innovation », donc il est logique de se fixer lobjectif datteindre 1 500 entreprises innovantes et davoir de lentreprenariat innovant.
Le troisième objectif est laugmentation du nombre détudiants, pour parvenir à 70 000 à assez court terme et un peu plus après. Cela permet une plus grande implantation des étudiants sur le territoire et le développement de lapprentissage. Lidée est dattirer des jeunes dans le territoire. Je voudrais illustrer ce concept avec une statistique de lINSA Centre-Val de Loire où uniquement 14 % des étudiants viennent de la région, mais une fois le cursus atteint, une fois diplômés, 17 % restent en région. On voit bien quavoir un enseignement supérieur performant permet dattirer des cerveaux, des étudiants et quils restent plus dans la région que le vivier que nous avions initialement.
Le quatrième objectif est le développement de la culture scientifique ; cela a été évoqué par Anne BESNIER. Nous avons besoin daméliorer le socle de connaissances scientifiques de la population, au moment où lon commence à parler de « concept de post-vérité » et où nous avons un retour des superstitions. La culture scientifique de tous permet de répondre à cela.
Comment allons-nous y parvenir ?
1) Avec la démarche participative, ce que je vais qualifier, Monsieur le Président, si je peux, la « méthode BONNEAU » qui a été appliquée sur léconomie, la culture et le numérique : cest la même logique davoir une participation et une coconstruction de ce schéma avec lÉtat, les entreprises, les laboratoires, les organismes denseignement supérieur et les étudiants, bien entendu.
Je souhaite ajouter un propos particulier sur les agglomérations. Les étudiants sont transportés dans la région et, au final, vivent dans nos agglomérations. Il faut une coopération extrêmement importante entre la politique régionale et la politique des agglomérations en termes daccueil des étudiants.
2) Avec la synchronisation des contrats pluriannuels, Madame BESNIER en a parlé : il sagit de pérenniser les nombreux dispositifs de soutien existants et dinventer de nouveaux moyens, notamment daméliorer la vie des étudiants en rendant les études plus accessibles. On a des difficultés de mixité sociale dans certains enseignements mais la Région a la volonté de laméliorer dans lenseignement supérieur, de même que le coût économique et le cadre de vie des étudiants ; je pense aux transports, à laccès aux soins et à la lutte contre les discriminations.
3) Avec le renforcement de la coopération internationale sur tous les sujets : on entend régulièrement, de la part dune certaine partie de lOpposition, une volonté de se renfermer sur soi, de nous renfermer sur la région. Au contraire, si nous voulons être performants en matière denseignement supérieur et de recherche, il faut développer la coopération internationale.
4) Avec la coopération avec les entreprises : elles sont des acteurs essentiels de lenseignement supérieur et de la recherche.
Merci.
M. le Président - Merci, Pierre COMMANDEUR.
Monsieur MONTILLOT a la parole.
M. MONTILLOT - Monsieur le Président, mes chers collègues, je voudrais partager la tonalité enthousiaste du Président BONNEAU sur ce sujet.
Bien sûr, il ne sagit que dun projet et nous verrons dans un an, puisque nous aurons rendez-vous, je lai bien compris, au mois de décembre 2017, pour présenter et débattre du futur Schéma régional de lenseignement supérieur, de la recherche et de linnovation. Il ne peut y avoir ni développement économique, ni attractivité des territoires, ni multiplication de créations dentreprises, ni nouvelles implantations dentreprises, sil ny a pas un écosystème de lenseignement supérieur et de la recherche dans notre région Centre-Val de Loire.
Nous avons besoin de lécosystème dun enseignement supérieur à la fois performant, puissant, lisible et visible, mais tout cela répond à une gageure à laquelle nous devrons être en capacité de porter les réponses car la forte attractivité, qui aimante, de la région Île-de-France, de ses grandes écoles et de ses grandes universités porte une concurrence terrible à notre territoire.
Pour ce qui concerne la forme de ce qui nous est proposé aujourdhui, la méthode me paraît la bonne, ainsi que le calendrier puisque vous lévoquez du mois de janvier jusquau mois de novembre prochain.
Sur le fond, nous devons avoir deux objectifs : quantitatif et qualitatif.
Sur le plan quantitatif, nous gagnerons cette bataille de lenseignement supérieur et de la recherche performants, si nous avons cette fertilisation croisée entre luniversité, la recherche publique et la recherche privée. Nous avons des atouts qui ont été évoqués, mais je les rappelle : BRGM, CNRS, INSERM, INRA, CEA, etc. Nous avons également nos nouveaux incubateurs ; je pense au Labo à Orléans et au site Mame à Tours. Nous avons nos pôles de compétitivité : DREAM, Elastopôle ou encore la Cosmetic Valley.
Nous devons appuyer tout cela sur des orientations dont lune dans le domaine du management, du commerce et autres, pour éviter les fuites vers la région Île-de-France mais également ailleurs. Nous aurons besoin de soutenir ce grand projet décole de management publique, que nous appelons de nos vux. Cela pourra se faire également avec les projets portés dans le domaine privé, et non pas public comme à Orléans, dans le secteur de Tours.
Nous devrons travailler beaucoup sur le développement des filières scientifiques. Nous avons lINSA et Polytech, mais sur le plan quantitatif, nous devrons développer beaucoup plus la présence détudiants dans ces sites, dans la mesure où nous avons un véritable déficit délèves ingénieurs en France globalement, en Europe même et singulièrement dans la région Centre-Val de Loire. Nous devrons appuyer, assister et utiliser les formidables opportunités des nouvelles technologies sur de nouveaux modes denseignement : les MOOCs qui nous permettront de travailler plus facilement avec les antennes décentralisées, les dispositifs de type Fablabs et la visioconférence.
Il faut favoriser lenseignement supérieur en alternance. Au-delà de la question posée par Jacques CHEVTCHENKO, je suis bien placé pour mesurer le fait que les étudiants qui font leur master en alternance ont dix fois plus de chances de trouver un emploi immédiatement à la sortie de luniversité. Je dis bien « immédiatement » et non pas dans les six, dix-huit mois ou deux ans.
Il faut également favoriser les accords de coopération internationale, comme cela se déroule actuellement dans les grandes écoles ou dans les grandes universités ; je pense, par exemple, à Paris Dauphine.
Sur le plan quantitatif, il va falloir véritablement se poser la question de la coopération entre les deux Universités de Tours et dOrléans. Ma vision, dont jai longuement discuté avec la Rectrice précédente Madame RENIER, est que nous aboutissions à un regroupement entre les deux, si nous voulons peser sur le plan national et international ; je pense au classement de Shanghai mais également à la pression parisienne. Si nous voulons changer de paradigme, cest-à-dire non pas simplement être effrayés par lattraction parisienne mais, au contraire, attirer de Paris vers la région Centre-Val de Loire, nous avons cette impérieuse nécessité de favoriser ce regroupement.
Pour quelle raison ? Parce que les universités parisiennes sont saturées ; parce que les problématiques de foncier en région parisienne sont terribles ; parce que nous avons des opportunités, singulièrement le plateau de Saclay qui se situe à une demi-heure de Chartres et à une heure dOrléans. Nous savons que nous pouvons accélérer cette fertilisation croisée entre le Sud du bassin parisien, le Sud de la région parisienne et le Centre-Val de Loire.
De mon point de vue, ce sont les défis que nous aurons à emporter et à enlever sur ce schéma régional. Comptez sur notre coopération pour travailler avec la plus grande efficacité dans lintérêt du rayonnement de notre région et de notre jeunesse.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Monsieur MONTILLOT.
La parole est à Monsieur FREZOT.
M. FREZOT - Monsieur le Président, chers collègues, jinterviendrai sur le regard de linnovation dans ce rapport parce quil sagit de lemploi ici et demain.
Lobjet du Schéma régional de lenseignement supérieur, de la recherche et de linnovation est de consolider tout ce qui a été fait dans cette Région et de lamplifier par un schéma qui porte une visibilité nécessaire aux acteurs de linnovation et à tous les usagers de services proposés en région Centre-Val de Loire. Il est loutil de linterconnexion de toutes les entités de recherche, avec les lieux dinnovation et notamment les usagers et leurs familles.
Je reviens un instant sur lhistorique : la Région a déjà fait beaucoup pour linnovation. Sagissant des fondations posées au cours des dernières années pour permettre au SRESRI de voir le jour, il y a eu dabord le Schéma régional de développement économique, dinnovation et dinternationalisation, qui a rappelé, dans le monde en compétition dans lequel nous sommes, que notre réponse doit passer par la coopération.
Je tiens à réagir aux propos tenus aujourdhui au sujet de la coopération : elle nest pas uniquement dans le domaine touristique. Elle est dans tous les domaines et on ne doit pas avoir un prisme de lecture de la coopération seulement par langle touristique.
Fin 2013, le Schéma régional de lenseignement supérieur et de la vie étudiante, en lien avec le Rectorat et les instituts supérieurs, a formalisé la stratégie de la Région Centre dans ce domaine essentiel pour lavenir de ses habitants, des entreprises et des territoires.
Précédemment, dès 2007, la Région a mis en place, en sappuyant sur les travaux et recommandations du CoRIT, un processus de concertation avec les acteurs de la recherche pour élaborer une stratégie dont la mise en uvre sest traduite par le déploiement de dispositifs complémentaires très importants pour les acteurs de linnovation dans notre région : appels à projets, CPER, bourses doctorales qui ont été autant dactions fondamentales pour dynamiser le réseau de linnovation dans notre région.
La Stratégie régionale de linnovation a affirmé et reconnu le lien entre les formations supérieures, le capital humain, la recherche et le développement économique. Elle a identifié les domaines de spécialisation intelligente, sur lesquels construire à moyen terme les avantages concurrentiels à développer pour créer de la valeur ajoutée et des emplois dans notre territoire demain.
Aujourdhui, les nouvelles compétences des Régions en matière de développement économique, dinnovation et dinternationalisation viennent réinterroger les principes et priorités de laction régionale en matière denseignement supérieur, de recherche et dinnovation et nous invitent à une nouvelle structuration. Il sagit justement de mettre lemploi au cur de notre stratégie ; je réagis à la dernière intervention. Cest justement dans lesprit de cette intervention-là que nous travaillons depuis de nombreuses années. Aujourdhui, pour mettre lemploi au cur de notre stratégie, nous reconnaissons justement que les collectivités territoriales et les pouvoirs publics ont lobligation de faire converger leurs efforts pour créer un contexte propice à linnovation, la créativité et la performance.
Je tiens aussi, en réaction à des propos tenus précédemment, à dire que la place de lHumain est fondamentale. Ce ne sont ni les process ni linnovation qui vont trancher sur ces questions. Cest parce que nous faisons société tous ensemble et que lHumain nest jamais réductible à sa dimension économique que nous devons permettre lémancipation de tous et de chacun par le savoir, la connaissance et léducation.
Ce nest donc pas une érudition au service de la technologie qui doit déshumaniser mais linnovation ou la recherche doivent intervenir dans tous les domaines, y compris dans les sciences sociales.
Je voudrais terminer, puisque mon temps est passé, en disant un mot sur la méthode par laquelle nous invitons à mieux coopérer dans lavenir. Elle est justement autoportante, cest-à-dire quelle propose plusieurs itérations avec les différents partenaires je nai plus le temps de les énumérer pour déboucher à plusieurs reprises en faisant, comme la dit Pierre COMMANDEUR, participer tous les acteurs du milieu de linnovation et aboutir à la session régionale de décembre 2017 qui sera celle du vote du SRESRI.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Olivier FREZOT.
Monsieur COUEILLE a la parole.
M. COUEILLE - Monsieur le Président, chers collègues, nous avons bien pris connaissance de votre communication sur le Schéma régional de lenseignement supérieur, de la recherche et de linnovation mais, si nous avons bien conscience que nous ne sommes là quau début de lélaboration de ce processus, nous ne voyons pas bien pourquoi vous avez tenu à communiquer sur ce sujet, puisque ce rapport napporte que peu déléments concrets.
En effet, la réalité de lenseignement supérieur en région Centre-Val de Loire montre une profonde disparité entre les différents territoires régionaux, lIndre-et-Loire et le Loiret regroupant 80 % des étudiants du territoire. À titre dexemple, lIndre arrive en queue de peloton avec seulement 1 500 étudiants en 2014, quand lIndre-et-Loire en comptait 29 000 et le Loiret 17 000. Bien entendu, ces chiffres sont à ramener au nombre dhabitants pour chaque département mais, même en valeur relative, on saperçoit que le compte ny est pas.
Cest la résultante de la volonté de votre Exécutif de concentrer les offres de formation les plus longues dans les villes de Tours et Orléans, au détriment des autres territoires de la région.
Linégalité territoriale en matière doffre régionale de formations est un problème que nous avons déjà soulevé par le passé, notamment lors de lélaboration du SRADDT, qui est malheureusement toujours dactualité. Bien sûr, la proximité géographique avec Paris et lÎle-de-France concurrence lattractivité du Centre-Val de Loire. Celle-ci propose une offre de formations difficilement égalable mais, en prenant le contre-pied de ce constat, il est possible de considérer que la proximité avec Paris puisse être un point fort de développement de lenseignement supérieur régional.
Il est louable que la Région cherche à attirer à elle les étudiants de régions voisines, mais nous sommes contraints de constater que, pour le moment, cest plutôt linverse qui se produit : ce sont les jeunes du Centre-Val de Loire qui, faute de trouver les formations recherchées, quittent la région dès quils le peuvent pour étudier ailleurs, notamment en Île-de-France ou, par exemple, dans le Limousin en ce qui concerne le département de lIndre.
Nous croyons quil sagit là dun axe de développement majeur qui ne nous semble pas apparaître assez clairement dans le préambule de ce schéma régional et auquel la Région devra apporter des réponses au cours de son élaboration.
Je vous remercie de votre attention.
M. le Président - Merci, Monsieur COUEILLE.
Nous poursuivons avec lintervention de Monsieur GRAND.
M. GRAND - En complément de lintervention dAlix TERY-VERBE, je voudrais souligner que même si, à la différence des lycées, il ne sagit pas directement de notre compétence ni de notre patrimoine, notre Majorité régionale a fait le choix dinvestir fortement pour offrir de bonnes conditions détudes dans des locaux de qualité à nos étudiants. En témoignent les importants efforts financiers inscrits dans le cadre du volet « enseignement supérieur » du Contrat de Plan État-Région 2015-2020 : 113 millions deuros dont 34 millions deuros de la Région pour la réalisation des locaux denseignement supérieur.
Comme pour les lycées, il sagit, selon les cas, de réhabiliter des bâtiments, comme le site des Tanneurs à Tours ou encore les IUT de Bourges et dOrléans, de restructurer notamment les amphis de lUFR de Sciences à Orléans ou daménager un pôle universitaire à Chartres.
Le groupe Écologiste insiste pour que laspect transition énergétique de tous ces importants travaux soit identifié plus clairement, que les préconisations du contrat de construction durable de nos lycées soient aussi suivies pour les bâtiments de lenseignement supérieur. Il sagit de faire de limmobilier universitaire un levier de la transition écologique par le développement dEco-campus incluant non seulement la rénovation du bâti universitaire mais aussi lamélioration de loffre de transports en commun, ainsi quune offre dalimentation bio et durable pour les étudiants. Ce ne sont que quelques exemples de ce qui peut et doit être fait pour nos étudiants.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Monsieur GRAND.
Monsieur Xavier NICOLAS, vous avez la parole.
M. NICOLAS - Merci, Monsieur le Président.
Mes chers collègues, très brièvement, je voudrais faire remarquer que, si nous pouvons nous réjouir de laugmentation du nombre de places au numerus clausus à la fin de la PACES, qui est la première année commune aux études de santé en médecine-pharmacie- dentaire-maïeutique, pour les futurs étudiants en médecine, comme on vient de lentendre, hélas, celle-ci ne sert à rien car toutes les cartes sont redistribuées au plan national en fin de sixième année dans le cadre dun autre concours qui sappelle les ECN, à savoir les « épreuves classantes nationales ».
Si nous voulons vraiment, en Centre-Val de Loire, et nous en avons besoin, profiter de cette augmentation du nombre détudiants en médecine, il faudrait, Monsieur le Président, que les ECN, que lon appelle aussi le concours de linternat, soient régionalisées et non plus nationales.
Certes, nous savons bien que ce nest pas une compétence de la Région, néanmoins elle pourrait lexprimer auprès du ministère de la Santé ; sinon, chaque augmentation du numerus clausus sera vaine.
M. le Président - Merci, Monsieur NICOLAS.
Benoît FAUCHEUX, vous avez la parole.
M. FAUCHEUX - Merci, Monsieur le Président.
Je remercie Anne BESNIER de cette communication qui ouvre lorganisation de débats sur un secteur essentiel pour lavenir de notre région qui est lenseignement supérieur et la recherche.
Avant tout, je veux dire que, dans ce pays, il y a eu une avalanche de réformes. Malgré cela, les faiblesses historiques de lenseignement supérieur français perdurent, quand elles ne se sont pas accrues au cours de la dernière décennie, avec un clivage entre les écoles et les universités, un manque de moyens global, de fortes inégalités entre les filières et les disciplines, une orientation par défaut vers luniversité qui aboutit trop souvent à léchec.
La loi Fioraso 2013 na pas vraiment répondu à ces enjeux de lenseignement supérieur. Au contraire, elle a contribué à amplifier la polarisation des moyens vers des pôles de prestige via la poursuite du Plan campus et des initiatives dexcellence.
Dans ce contexte, les Écologistes réaffirment la possibilité pour chacun de se former au meilleur niveau. Le développement de lesprit critique, la diffusion des connaissances et des savoir-faire, y compris les plus récents, sont indispensables à un développement soutenable. Cela implique de faire une vraie priorité de linvestissement dans lintelligence collective.
Justement, la transition écologique suppose de faire le pari de lintelligence collective. Cela passe non seulement par une recherche publique indépendante des intérêts économiques mais également par un lien renforcé avec la société capable de créer ou de co-créer de la connaissance dans de nombreux domaines. Cela suppose de retrouver un juste équilibre entre confiance et contrôle des laboratoires, afin de les remettre en situation de coopération plutôt que de concurrence.
Lindépendance de la recherche publique doit être garantie, en réaffirmant notamment la liberté académique et lévaluation par les pairs, tout en veillant à léquilibre entre les disciplines. Si certains axes méritent dêtre particulièrement soutenus, la décision doit faire lobjet dun large débat associant lensemble de la société. Les grands choix en matière scientifique doivent pouvoir être discutés. Les instances élues, comme la nôtre, qui financent de la recherche doivent pouvoir sappuyer sur des processus dévaluation strictement quantitative.
Enfin, pour compléter un aspect déjà évoqué par Alix TERY-VERBE, il faut mettre en place une véritable démocratie scientifique qui bénéficiera autant aux chercheurs quà la société. Cela veut dire développer les recherches basées sur une collaboration entre les laboratoires de recherche publics et les organisations de la société. Cela veut dire aussi augmenter la transparence, mettre en place des exceptions au droit de propriété intellectuelle tenant compte de lintérêt général, etc.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Monsieur FAUCHEUX.
Madame LECLERCQ a la parole.
Mme LECLERCQ - Monsieur le Président, mes chers collègues, je voudrais intervenir modestement, car nous aurons demain un débat sur la santé et par rapport à ce qui a été évoqué précédemment, sur les formations des étudiants, notamment en médecine.
Je souligne, comme cela a déjà été dit, linvestissement important de la Région sur la Faculté de médecine située à Tours mais aussi tous les efforts consentis pour faciliter les stages. Nous partons du principe que cest en connaissant les territoires et lexercice de la médecine libérale par ces stages que les étudiants seront amenés à sinstaller plus facilement dans notre région. Cest un axe sur lequel nous insistons.
Il faut savoir que les étudiants de la Faculté de médecine de la région Centre-Val de Loire ont, dès la quatrième année, un stage en médecine libérale. Cela fait partie des efforts réalisés pour améliorer lattractivité de la région pour des installations. De cette manière, à travers les conventionnements des maisons de santé pluridisciplinaires, nous demandons quil y ait non seulement des maîtres de stage qui puissent les accueillir, leur donner envie dexercer et de connaître notre territoire, mais également des logements pour les héberger. Nous avons des mesures incitatives pour les étudiants qui acceptent de séloigner de Tours pour faire leur stage. Cest à travers ces différentes actions, cette volonté que, globalement, nous voulons garder ces étudiants et, pourquoi pas, en attirer dautres.
Cest donc un travail précis et, en même temps, global sur lattractivité de nos territoires.
Quelques mots aussi sur luniversitarisation des formations sanitaires et sociales : cest un travail en cours. Il se réfléchit de manière commune au niveau des Régions de France. Nous lavons entamé avec lensemble des acteurs sur le sujet, à travers le « Collegium Santé ». En tant que Région, nous sommes attentifs :
à la qualité professionnelle de ces formations, autant pour les infirmiers que pour les masseurs-kinésithérapeutes, pour les ergothérapeutes et autres ;
à un maillage territorial parce que cest tout le territoire qui aura besoin de ces professionnels. Nous serons attentifs que ce maillage territorial soit préservé dans ce processus duniversitarisation des professions, notamment pour les infirmières.
Cela se fera en essayant de conjuguer tout cela avec un statut détudiant. Cest parfois difficile mais il nous faudra réaliser les efforts nécessaires aux besoins afférents à ce statut.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci.
Je crois avoir pris toutes les demandes dintervention.
Madame la Vice-présidente, vous avez la parole.
Mme BESNIER - Merci, Monsieur le Président.
Ce soir, je suis une Vice-présidente heureuse. Dans les interventions de mes collègues, jai entendu de nombreuses idées et propositions, donc ils seront nombreux à venir assister aux ateliers et participer à ce schéma. Avec le monde de lenseignement, les établissements, les étudiants, le monde de la recherche et les collectivités territoriales qui ont déjà signifié leur intérêt, je pense que nous aurons des ateliers très intéressants et très constructifs pour réellement faire un schéma qui sera utile.
Lensemble de ces ateliers, selon le domaine, commencera par les diagnostics, quils soient sur lapprentissage, les mouvements de nos étudiants, les comités territoriaux ou les offres de formation. Jaimerais tout de même rappeler que ces dernières ne dépendent pas uniquement de la Région Centre-Val de Loire mais tout de même beaucoup des universités.
En revanche, je suis un peu déçue dentendre trop souvent je lai entendu aujourdhui mais ce nest pas uniquement dans cet hémicycle que nos universités sont trop petites, donc ne pourront pas rayonner. On nous dit toujours : « 25 000 étudiants dun côté, 17 000 de lautre, on ny arrivera jamais ! »
Je conseille de regarder certaines universités européennes plus petites et qui rayonnent de manière internationale. Nous avons des pépites dans nos laboratoires et dans nos enseignements. Je rappelle que lINSA Centre-Val de Loire a été classée dans les vingt premières écoles dingénieurs françaises et que la qualité de recherche est connue dans certains domaines, par exemple les résultats obtenus sur lhépatite C. Nous avons des fleurons et une université qui peut rayonner.
Arrêtons de dire que nos universités et la région Centre-Val de Loire sont trop petites. Pour ne pas attirer les étudiants, cest un bon moyen !
Or, pour les attirer, nous avons ce quil faut. Nous sommes proches de lÎle-de-France mais cela peut être un fort atout. Jai discuté avec beaucoup détudiants ; quils soient à Chartres, à Orléans ou même un peu plus loin, ils me disent : « Je suis venu en région Centre-Val de Loire pour la qualité de vie. »
Nous avons des agglomérations plus petites que celles dÎle-de-France. « Nous avons la proximité entre nous », nous disent les étudiants. Cette qualité de vie que nous pouvons leur offrir, avec la qualité de notre enseignement font que nos universités vont rayonner aux niveaux national et international. Cest bien en le faisant et en le disant que nous y arriverons.
Merci.
M. le Président - Je vous remercie, Anne BESNIER, de ces conclusions dynamiques.
Nous abordons le rapport de la carte des formations professionnelles initiales en région Centre-Val de Loire. Qui dit formation initiale dit à la fois formation en lycée professionnel et en CFA.
Madame la Vice-présidente, vous avez la parole pour la présentation du rapport.
Rapport - Carte des formations professionnelles initialesen région Centre-Val de Loire pour 2017
(RAPPORT N°3)
Mme MÜNSCH-MASSET - Lélaboration de cette carte de formation professionnelle est un exercice aussi habituel que fondamental et qui doit conjuguer plusieurs exigences.
Il sagit davoir des réponses adaptées aux enjeux démographiques et aux aménagements de notre territoire ; il en a été beaucoup question aujourdhui. Cette carte doit apporter des réponses permettant de construire des parcours de qualification en formation initiale à tous les niveaux de qualification, avec le double enjeu que nous rappelons régulièrement, mais il faut le rappeler, de garantir laccès à une première qualification pour tous les jeunes de ce territoire et de pousser ce niveau de qualification le plus loin possible dans chacun des domaines.
Cette carte doit apporter des réponses qui anticipent les besoins de qualification dans les domaines et secteurs porteurs dinsertion professionnelle. Je ne vais pas vous les décliner, vous avez pris connaissance du rapport, mais je veux insister sur la création, dans cette carte de formation pour la rentrée 2017, dun réseau doffres de formation dans le secteur de laéronautique, avec un triptyque Vierzon-Loches-Châteauroux. Cest une grande innovation pensée en complémentarité à la fois dune offre qui apporte un potentiel fort de formations pour linsertion professionnelle qui nous manquaient jusque-là et un fonctionnement en réseau et en complémentarité de notre territoire.
Ces enjeux différents ont été travaillés de façon concertée et coordonnée avec de nombreux acteurs : lÉtat, lÉducation nationale, lagriculture, les partenaires sociaux, les acteurs économiques, toutes les chambres consulaires et 18 branches professionnelles, donc un travail de concertation approfondi. Ils ont été articulés étroitement avec la préparation du Schéma de développement économique dont nous avons parlé ce matin et avec les « Cordées du territoire » qui ont permis davoir une lecture plus fine des besoins à court terme mais aussi à moyen terme sur chacun des 23 bassins de vie de notre région.
Les nouvelles compétences de la Région en matière économique donnent une responsabilité accrue de travailler en cohérence et en complémentarité les sujets de formation initiale, de formation tout au long de la vie, de recherche et denseignement supérieur, dinnovation, de développement économique et daménagement du territoire.
Cette politique de carte dynamique, associée à nos actions volontaristes, notamment pour le développement de lapprentissage, portent leurs fruits. Je tiens à le souligner à loccasion de ce rapport. Pour la deuxième année consécutive après une période difficile, les chiffres presque consolidés de cette rentrée 2016 en apprentissage sont à la hausse de plus de 2,2 %, y compris pour les premiers niveaux de qualification ; ma collègue reviendra dessus. Cest un point extrêmement positif.
Cette carte pour la rentrée 2017 représente :
pour les formations sous statut dapprentissage : 27 projets douverture pour 371 places ;
pour les formations sous statut scolaire : 26 projets douverture pour 278 places.
Je voudrais souligner que ces réflexions, quel que soit le statut, ont été conduites de façon à ne former quune seule offre de formation initiale, dans la diversité des statuts, apprentissage et scolaire, de façon conjointe avec lÉducation nationale et lagriculture. Il est important de le rappeler car il ny a pas de place dans cet exercice pour les concurrences stériles entre les chapelles et nous continuerons dy veiller.
Cet état desprit et cette méthode sont positifs, même si certaines dimensions peuvent encore être améliorées pour garantir une vitalité de notre exercice de carte pour les années à venir, notamment pour promouvoir encore plus précisément les secteurs porteurs et avoir une approche plus fine encore sur la dynamique démographique, en particulier les territoires où la pression démographique est forte pour les années à venir. À linverse, cela ne signifie pas que, dans les territoires connaissant une moindre progression démographique, nous avons eu un raisonnement mathématique qui consisterait à fermer. Ce nest pas le choix opéré car nous avons voulu conserver une diversité, un choix et des parcours ; je pense notamment aux départements du Sud de la région.
Cette carte des formations est ambitieuse à tous les niveaux de qualification. Elle sinscrit en cohérence avec les dynamiques et les atouts économiques de notre territoire pour offrir à chaque jeune de notre région un parcours de formation dans lequel il sépanouisse cest la première ambition et à lissue duquel son insertion professionnelle est possible. Cest vraiment dans cette direction que nous travaillons la carte.
Au-delà de la qualité et de la quantité de loffre, cette carte doit vivre. Je veux dire par là que ces formations doivent être accessibles aux jeunes. Pour ce faire, trois conditions, trois axes doivent accompagner fortement le strict sujet de loffre de la carte que nous allons voter aujourdhui.
La première condition, le premier axe est celui de lorientation. Nous lavons évoqué à plusieurs reprises : il nous faut poursuivre lamélioration de lorientation durant le parcours scolaire et à tous les moments (en 3ème, au lycée et ensuite) pour donner à chaque jeune une vision des possibilités offertes. Nous avons encore une marge de progrès sur ce sujet. Il faut que ces jeunes soient en mesure de faire un choix positif, un choix denvie, un choix dadhésion. Nous traitons le décrochage scolaire lorsque nous travaillons sur ladhésion des choix de parcours de formation.
Cest un sujet sur lequel nous pouvons encore avancer pour faire évoluer notamment les représentations des métiers ; je pense en particulier aux métiers de lindustrie ou du tourisme. Ces parcours, que ce soit par la voie scolaire ou par lapprentissage, sont des voies de réussite et non des plans B. Nous devons le marteler et poursuivre une communication et des témoignages pour montrer que ce sont des voies dexcellence.
Jai passé quelques jours en Suède vous le savez puisque nous lavons voté en Commission permanente avec léquipe de France des Métiers : trois jeunes représentaient la région Centre. Cétaient les meilleurs dans leur catégorie. La France est arrivée troisième sur 27 pays : cest dire la qualité de notre système dapprentissage et le savoir-faire de ces jeunes. Je tiens à partager avec vous le fait quils sont impressionnants de maîtrise du geste professionnel bien sûr, ils sont arrivés premiers dans leur catégorie mais aussi de motivation, denvie et de maturité. Il nous faut encore plus le faire connaître et le faire partager à dautres jeunes qui pourraient exercer leur choix dans ces voies.
Isabelle GAUDRON la dit, nous travaillons à refondre et moderniser les forums de lorientation pour mieux intégrer cest indispensable la notion de patrimoine économique et dimage des métiers.
La première condition est donc lorientation pour accompagner cette carte des formations.
La deuxième condition daccessibilité de cette carte et de cette richesse de loffre concerne le logement ; nous lavons évoqué à plusieurs reprises. Nous travaillons sans relâche cette dimension qui peut être un frein au choix ou un facteur dabandon en cours de formation. Cest dire si cet axe est important, notamment pour lapprentissage.
Concernant le travail sur cette offre de logements, je veux partager avec vous les progrès considérables réalisés en un an. Entre 2015 et 2016, sur la plateforme « e-logement », nous avons doublé le nombre de lieux de possibilités de logement, notamment dans des zones rurales, ce qui était une préoccupation, si je me souviens bien, partagée dans cet hémicycle. À présent, 12 000 lits sont disponibles toute lannée et occupés par intermittence. Par conséquent, loffre sest considérable accrue. Il faut poursuivre ce travail pour augmenter le nombre de réponses et réussir à mailler lensemble du territoire régional.
La troisième condition de laccessibilité de nos formations porte sur les transports. Ce sujet est vraiment une condition associée. Il viendra sintégrer à notre réflexion sur le Schéma régional des transports dont il sera question demain. La responsabilité de la Région, comme autorité organisatrice des transports, des TER, bien évidemment, mais demain des transports interurbains et des transports scolaires, nous donne de bonnes conditions pour réfléchir aux différents modes de transport, en complémentarité et en intermodalité. Laccès au lieu de formation y prendra une place importante.
Enfin, cette offre de formation doit se conjuguer avec un effort constant de ladaptation des contenus de ces formations. Jai pris avec intérêt la remarque du CESER sur les pratiques managériales trop peu explorées dans de nombreuses formations ; nous y veillerons.
Je veux souligner également, comme la porté le CESER, lindispensable qualité du lien avec lemployeur dans les formations en alternance ; cest un sujet qui doit être un effort constant de la part des CFA mais, dans ce cadre, la mise en place du réseau des 29 développeurs de lalternance, que jai réunis assez récemment, doit nous permettre non seulement délargir les possibilités daccueil des alternants mais aussi de mieux préparer cet accueil et mieux le suivre pour éviter les ruptures.
Je conclus en disant que ce rapport sur la carte des formations est ambitieux dans son contenu et quil sinscrit fortement en lien avec les autres actions portées par la Région en matière dorientation, de logement, de transport, de développement économique et daménagement du territoire.
Je vous remercie.
M. le Président - Je vous remercie de cette présentation à la fois ambitieuse et très concrète.
Je prends les demandes dintervention.
Madame de PÉLICHY, vous avez la parole.
Mme de PÉLICHY - Je vous remercie, Monsieur le Président.
Je fais partie des très rares conseillers régionaux, puisquil me semble que nous nétions que deux, voire trois avec Jacques MARTINET qui représentait la Mission locale, à avoir assisté aux discussions sur la carte des formations professionnelles initiales lors du CREFOP. Jaimerais souligner la démarche quadripartite qui préside à cette carte. En effet, jai pu observer que les chambres consulaires, ainsi que les syndicats du patronat, étaient bien représentées aux côtés des services de lÉtat, de Pôle Emploi, de lÉducation nationale ou des syndicats de travailleurs.
Lintégration des représentants du monde de lentreprise permet de sassurer que les filières que nous ouvrons à la formation répondent à des besoins réels dans le monde de lentreprise. Lenjeu est non seulement de permettre aux personnes formées, aux apprentis, davoir des perspectives dembauche mais aussi de sassurer que les entreprises peuvent recruter des personnes compétentes qui seront en capacité de soutenir leur développement.
En tant quélue locale, et je pense que je ne suis pas la seule, jai trop souvent entendu les chefs dentreprise nous interpeller sur leurs difficultés à recruter du personnel compétent, alors même que le chômage atteint des sommets. À ce titre, on ne peut que soutenir louverture de nouvelles filières et de nouvelles places, ainsi que la prise en compte des métiers en tension. Nous saluons donc la création dune filière aéronautique en lycée professionnel.
Nous avons cependant quelques points de vigilance dont vous avez fait en partie état.
1) Limage de lapprentissage.
Nous sommes daccord sur le fait quil faut que nos jeunes ne choisissent plus lapprentissage par défaut car on leur refuse la filière générale ; nos jeunes doivent voir lapprentissage et les filières professionnelles comme des voies dexcellence.
Cest la raison pour laquelle nous vous proposons à nouveau de mettre à lhonneur des ambassadeurs de lapprentissage, des jeunes issus du monde de lapprentissage, qui sont les mieux placés pour vanter les mérites de ces filières. Nous avons tous rencontré un apprenti qui aurait pu faire toutes les études quil voulait mais qui a choisi une filière dapprentissage et qui sy épanouit pleinement, qui excelle dans un domaine qui le passionne. Ce sont ces expériences quil faut valoriser à tout prix.
2) Le logement.
On le sait, et nous le répétons chaque fois depuis un an dans cette enceinte, lune des problématiques des apprentis est le logement, en particulier lorsque les entreprises qui les accueillent sont éloignées des centres de formation.
Nous vous demandons donc de continuer et daccélérer la structuration de loffre de logements que nos communes rurales peuvent proposer pour les apprentis. De la même manière, quen est-il de la mise à disposition des logements de fonction appartenant à la Région ? Cet élément est déterminant pour limiter une fracture monde rural/monde urbain, pourtant grandissante. Garantir des logements en milieu rural pour les apprentis, cest aussi permettre aux entreprises du monde rural de les accueillir.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Madame de PÉLICHY.
Madame COCHARD a la parole.
Mme COCHARD - Monsieur le Président, chers collègues, lélaboration conjointe des stratégies régionales du développement économique et de la formation témoigne de la volonté darticuler les orientations.
Lobjectif affiché de la transition écologique, énergétique et numérique constitue une formidable opportunité pour mettre en place et anticiper les formations répondant aux métiers de demain.
Cette carte arrive à un moment où le périmètre des compétences évolue. La Région se voit confortée dans son rôle de financeur et de coordination en matière de formation professionnelle. La Région, désormais au cur des dispositifs, doit assurer la complémentarité de la chaîne de la formation, en concertation étroite et permanente avec ses partenaires institutionnels, sociaux et associatifs.
Globalement, bien que cette carte de formation soit très structurée, les Écologistes sont réservés sur ce rapport, et ce, à plusieurs égards. Globalement, nous ne voyons pas de vraies priorités sectorielles mais une logique encore adéquationniste trop présente, nous concernant.
Pour reprendre ce que disait Madame de PÉLICHY, certes, il faut que la formation serve les métiers et les entreprises mais elle doit aussi former des jeunes à avoir des compétences sociales. Les compétences ne sont pas uniquement techniques mais doivent aussi porter sur la capacité à vivre dans une société et à évoluer avec elle.
Les priorités du SRESRI, notamment la transition écologique, napparaissent pas de manière suffisamment marquée. Bien que cela soit identifié comme une priorité, leur positionnement ne reflète pas le volontarisme affiché dans ce schéma. Lagro-écologie, par exemple, nest absolument pas mentionnée. Il existe très peu douvertures de filières autour de la transition écologique. Il faut pourtant, à un moment ou à un autre, enclencher une dynamique pour que ce schéma prenne forme pleinement.
Nous sommes également dubitatifs sur certaines formations, notamment celle du lycée professionnel Henri Brisson à Vierzon concernant laéronautique, qui vise à répondre aux besoins des entreprises locales et régionales du secteur : nest-ce pas un peu réducteur comme objectif de formation ?
Lenjeu pour la Région est de veiller à léquilibre entre acquisition dun savoir-faire et des savoirs fondamentaux, afin que chaque apprenant soit en capacité dactualiser sa pratique et de sadapter aux évolutions de la société. Il sagit également dintégrer la transversalité de la notion de transition écologique, afin quelle sinscrive au cur des enseignements et des savoir-faire.
Il nous semble aussi important délargir la concertation et de linscrire de manière permanente. Elle a été engagée, cétait un mouvement absolument indispensable et lapproche territorialisée du processus de concertation qui a eu lieu, par exemple, dans les « Cordées du territoire », reste intéressante et constructive mais doit aller plus loin. Bien que celle-ci ne concerne pas spécifiquement la formation initiale, cette formule aurait vocation à sinscrire de manière permanente dans lidée dun réseau de conférences territoriales.
Il nous semble quun tel processus de concertations oui, à nouveau la concertation régulières pourrait être élargi au secteur associatif, notamment à lUnion des employeurs de léconomie sociale et solidaire mais aussi aux parents délèves, ou encore à des instances comme la Conférence régionale de la jeunesse, afin dinterroger aussi les usagers eux-mêmes.
Cette concertation dans les territoires permettrait un débat effectif et non une juxtaposition des considérations de chacun qui ne fondent pas nécessairement lintérêt général.
Quel sens donne-t-on à loffre de formation ?
Je crois que jai atteint le temps de parole !
Le débat ne doit pas porter sur la nature ni sur la quantité des formations à offrir, il faut aussi débattre :
du sens que lon veut donner à loffre de formation en région Centre-Val de Loire ;
des ambitions qui doivent être celles du Conseil régional, au-delà du court terme ;
des moyens que lon veut y consacrer ;
de la prise en compte de la compatibilité des apprentissages avec les enjeux du changement climatique.
Je vais conclure ici : vous avez compris limportance pour nous, les Écologistes, que cette transition écologique transparaisse encore plus et de façon concertée dans cette carte des formations.
Merci.
M. le Président - Merci, Madame COCHARD.
Madame BEAULIER pour le groupe Front National.
Mme BEAULIER - Monsieur le Président, chers collègues, vous le rappelez dès lintroduction du rapport, le rôle de la Région sest accru en matière de formation professionnelle initiale.
La formation professionnelle, quelle soit initiale ou tout au long de la vie, vise le même objectif, à savoir « répondre aux enjeux de léconomie régionale et anticiper les métiers de demain ». La carte de formation professionnelle initiale a donc évolué en fonction des métiers davenir ou en tension.
De plus, lélaboration doutils stratégiques, tels que le SRDEII et le Contrat de plan régional de développement de la formation et de lorientation professionnelle, devait en théorie poser des jalons dune meilleure articulation entre lorientation, la formation professionnelle, le développement économique et lemploi. De ce fait, nous en déduisons que ce qui vaut pour un type de formation professionnelle devrait valoir pour lautre.
Nous devons donc étudier les deux conjointement.
Or, un exemple, probablement parmi tant dautres, démontre une incohérence de taille entre les intentions sur papier et la réalité des faits. En effet, page 12 de lannexe, nous constatons que les 16 places de formation « conseillers à distance » sont supprimées à la demande de létablissement, en raison dun recrutement délèves insuffisant. Or, à linverse, dans le rapport 16.09.20.67 voté en CP le 25 novembre 2016, de nouveaux crédits pour 42 places supplémentaires ont été affectés pour les formations professionnelles « se former au métier de conseiller et/ou superviseur de relation client à distance », ce qui revient à peu près au même.
Vous en conviendrez, cela questionne.
Nous pouvons même nous demander si le fait que la Commission « Éducation, Apprentissage, Formations sanitaires et sociales » et la Commission « Formation professionnelle » soient distinctes en région Centre nest pas intentionnel, car létude simultanée des deux permettrait probablement de mettre en lumière plus aisément de nombreux exemples de ce genre.
La manne financière de 32 milliards deuros par an de la formation professionnelle en France attire les convoitises. Tout un système, dont les CARIF OREF et donc le GIP Alfa Centre, a été mis en place pour falsifier les financements de lensemble de la formation professionnelle. La question nest donc pas « à qui profite le crime ? » mais « à qui profite la subvention ? ». Quelle collusion dintérêts existe-t-il entre les organismes de formation professionnelle, lÉducation nationale, les collectivités locales et les syndicats ?
Notre conclusion est que la formation professionnelle initiale et continue est dévoyée. Nous y retrouverons des dysfonctionnements similaires à ceux de lÉducation nationale. Les trois sont trop souvent utilisés comme un outil de traitement des problèmes sociaux pour les personnes en difficulté et non comme un dispositif dacquisition et de valorisation des compétences. Le constat est certes amer mais la formation professionnelle est devenue un dispositif de plus pour gérer léchec de lÉducation nationale, voire les effets collatéraux de limmigration et la déstructuration de la société française voulue par lUMPS et lEurope.
Ce sont donc, une fois de plus, les PME et les salariés qui sortent perdants de ce système et, par ricochets, nos jeunes apprentis et autres bénéficiaires de la formation professionnelle. Les cotisations formation viennent augmenter linsupportable pression fiscale dont nos PME sont victimes, avec plus de 153 taxes et 62 % de prélèvements obligatoires.
Quant à lapprentissage, victime de la dépréciation du travail manuel, du prolongement de la scolarité et du millefeuille législatif, il est souvent perçu par lentreprise comme une charge supplémentaire. Le choix du maître dapprentissage, la revalorisation des métiers et le retour à une logique de liberté concernant un financement qui doit profiter aux centres de formation des apprentis, constituent des axes de progrès.
Pour finir, le groupe Front National renouvelle son soutien sans faille à lapprentissage mais exige que ce système soit tourné vers lapprenant et son avenir et non vers dautres intérêts.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Madame BEAULIER.
Madame GABORET a la parole.
Mme GABORET - Monsieur le Président, chers collègues, le rapport présenté par Madame la Vice-présidente déléguée à la formation et à lapprentissage traduit les engagements de notre mandat quant à la réussite éducative de nos jeunes.
Vous mexcuserez, jai une angine !
La carte des formations professionnelles initiales pour la rentrée 2017 cible les évolutions démographiques et une offre de formation appropriée à notre territoire. En partenariat avec le Rectorat, la Direction régionale de lalimentation, de lagriculture et de la forêt du Centre-Val de Loire et les partenaires sociaux et économiques, nous souhaitons montrer à quel niveau nous situons la problématique de la formation et de la qualification des jeunes, en lien avec le développement économique.
Les métiers se transforment. Dans notre région, nous avons des possibilités de développement important de lemploi dans laéronautique, lindustrie, le secteur agricole, le tourisme, les services aux personnes, les services du tertiaire, la cosmétique et le bâtiment.
Cette carte relève le défi que la qualification des jeunes soit au bon niveau et en lien avec les secteurs en développement pour leur permettre de les conduire vers linsertion professionnelle. Il sagit ici de permettre à notre jeunesse, y compris à ceux qui ont des difficultés scolaires, daller vers lemploi par la qualification.
Saluons la méthode de construction de cette carte qui, par une concertation élargie, met en avant à la fois une approche sectorielle et une approche territoriale par bassin de vie. Par le biais des « Cordées du territoire » initiées par notre collectivité en partenariat avec lÉtat, nous avons pu identifier les besoins par bassin en mobilisant les entreprises, les chambres consulaires et tous les acteurs du Service public régional de lorientation. Jai participé aux « cordées » de Montargis le 13 mai 2016 et les entreprises ont apprécié ce moment de concertation, déchanges et de débat.
Madame la Vice-présidente a rappelé la hausse du nombre dapprentis dans notre territoire. Je laisserai Christian DUMAS nous apporter des précisions sur le volet « apprentissage », mais sachez que les formations de niveau V, cest-à-dire les CAP, repartent à la hausse de près de 2 %, après une baisse depuis plusieurs années.
Pour les formations professionnelles sous statut scolaire, ce sont 262 nouvelles places pour lensemble des lycées professionnels et agricoles, correspondant à 20 projets de nouvelles ouvertures et 6 projets daugmentation de capacité.
Dans les projets douverture, permettez-moi un zoom sur celles de niveau III, correspondant aux formations de brevet de technicien supérieur, et plus précisément les bassins concernés. Les jeunes vont pouvoir accéder à une formation post-Bac dans des villes de taille moyenne : Vierzon, Dreux, Luisant, Argenton-sur-Creuse, Amboise, Romorantin, Châlette-sur-Loing, Villemandeur, soit des villes non universitaires. Étant native du Gâtinais, je suis particulièrement attentive à la poursuite détudes des bacheliers professionnels dans le Montargois, car de nombreux jeunes ne poursuivent pas détudes post-Bac, pour des raisons sociales liées au pouvoir dachat de leur famille ou encore des freins liés à la mobilité.
Par exemple, louverture dun BTS dans le secteur sanitaire et social au lycée professionnel Château-Blanc à Châlette-sur-Loing, permettra aux élèves du Bac pro « accompagnement soins et services à la personne » dobtenir une qualification élevée dans un secteur de plus en plus exigeant et porteur demplois. Louverture de ces formations niveau III permet de désenclaver les territoires en matière déducation, en permettant laccès à un haut niveau de qualification par la formation initiale professionnelle.
Comme je vous lai dit, notre groupe est soucieux que les formations suivies et les diplômes obtenus par les jeunes soient en phase avec lemploi. Linsertion professionnelle est la condition de leur autonomie et de leur intégration dans notre société.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Madame GABORET.
Madame HAMADI a la parole.
Mme HAMADI - Monsieur le Président, mes chers collègues, le SRDEII fixe la transition écologique, énergétique et démocratique au cur de la Stratégie de développement économique de la Région. Le rapport invite à considérer fortement les métiers de la transition énergétique et écologique dans le cadre de la formation initiale et professionnelle. Si les secteurs de lécoconstruction, des énergies renouvelables, du génie climatique et de lagriculture biologique commencent à trouver une réponse dans loffre de formation, nous regrettons encore le peu douvertures de filières dans la transition écologique.
La Région doit absolument créer une dynamique. Les métiers de notre monde évoluent et nécessitent de nouvelles compétences dans les territoires et dans le secteur professionnel, à légard de la transition énergétique et écologique. Pour cela, nous devons avoir un accompagnement particulier, quil sagisse dactions spécifiques en direct des chefs dentreprise ou de formation à certaines compétences clés stratégiques, et une meilleure structuration des processus dorientation vers les métiers contribuant à la transition énergétique.
Nous devons intégrer les besoins en évolution dans ce secteur en matière demploi et de compétence dans les territoires car tout lenjeu est dans la transformation écologique des filières, des systèmes de production et des pratiques professionnelles.
Je vais me permettre de mattacher à lécoconstruction. Celle-ci fait le choix dutiliser des matériaux alternatifs, durables et locaux, qui consomment peu dénergie à leur fabrication et ont le plus faible impact sur lenvironnement.
Dans un contexte de monopolisation des ressources et de dégradation de lenvironnement, lécoconstruction propose des solutions concrètes avec une vision globale du bâtiment (le concept bioclimatique) et montre limportance davoir plusieurs compétences. Lécoconstruction planifie le chantier et sait concevoir les différents systèmes constructifs, du gros uvre au second uvre.
Nous avons des talents en région, par exemple dans le département dIndre-et-Loire : je pense au pôle écoconstruction de Beaulieu-lès-Loches qui va être inauguré demain mais également du côté de Nazelles-Négron autour du greeter qui utilise des matériaux biosourcés (chanvre, liège, argile) ou encore le recyclage de papier pour lisolation.
Nous devons absolument nous appuyer sur ces initiatives pour les centres de formation car les formations sur lécoconstruction contribuent aux mutations économiques et constituent un levier pour la transformation écologique de léconomie. Pour cela, nous devons rechercher un élargissement de loffre mais aussi de la transformation des contenus de formation. Même si cela nest pas de notre ressort, rien ne nous empêche dêtre force de proposition au sein du CREFOP.
Soyons ambitieux : structurons des pôles comme ceux de Nazelles-Négron ou de Beaulieu-lès-Loches ! Nous contribuerons ainsi à la transition écologique et économique mais nous établirons aussi de nouvelles solidarités, car lensemble de ces compétences interagissent. Nous devons, en effet, tenir compte des territoires et des enjeux, car tous les acteurs, même les établissements de formation, contribuent au développement dun territoire et sont acteurs dune économie locale. La Région doit mettre en relation les acteurs présents dans les territoires et soutenir les initiatives locales.
Soyons avant-gardistes sur les formations de la transition écologique !
Je vous remercie.
M. le Président - Merci.
Madame ROUXEL a la parole.
Mme ROUXEL - Monsieur le Président, chers collègues, dans ce rapport portant sur la carte des formations professionnelles initiales, vous notez plusieurs défis majeurs à relever.
Le premier est daméliorer lorientation professionnelle : reconnaître là que le Service public régional de lorientation peut se substituer au rôle immédiat de lÉtat, cest aussi reconnaître que la Région utilise largent de ses contribuables pour pallier les manques dinvestissement de lÉtat.
Le deuxième défi est de faire évoluer lappel à projets pour les futures cartes : encore une fois, nous remarquons que ce vu est de nouveau formulé. Or, pour ce vu, vous narrivez pas à trouver de solutions.
On peut trouver des solutions !
Garantir le droit au retour à la formation pour les jeunes entre 16 et 25 ans sortis du système scolaire, nest-ce pas une nouvelle fois se substituer à la défaillance de lÉducation nationale qui préfère laisser sortir ces jeunes de son système sans objectifs davenir plutôt que les assurer dès leur entrée en formation initiale de bénéficier dune formation de qualité et prometteuse demploi ? Comme le mentionne le rapport, avec 95 % de fréquentation initiale actuelle, comment intégrer ces jeunes en formation initiale puisque le système actuel ne le permet pas ?
Avant de se porter candidat à une nouvelle expérimentation nationale du relèvement à 30 ans de lâge dentrée en apprentissage (le rapport 16.05.11), il serait peut-être opportun de mettre le focus pour trouver des solutions à nos jeunes de 15 à 25 ans avant quils ne deviennent comme beaucoup des demandeurs demploi.
Concernant la formation professionnelle des demandeurs demploi, les « Cordées du territoire » et les états généraux de léconomie et de lemploi ont mis laccent sur la nécessité de mieux anticiper par la formation les évolutions de lemploi dans les secteurs structurants et innovants. Les formations non qualifiantes, type « savoirs de base » qui représente en nombre, donc en financement, une part importante des formations, ont pour seul effet de faire passer temporairement les stagiaires en catégorie D mais sans aucun bénéfice pour les intéresser. En quoi ces formations répondent-elles aux demandes des secteurs structurants et innovants ? Elles ne servent quà alimenter en financements publics certains organismes issus de léducation populaire ou qui sont des émanations de lÉducation nationale, largement responsable des problèmes de décrochage des jeunes.
Comme déjà dit en Commission permanente, le Front National est pour un système scolaire qui fasse son travail, à savoir donner les bases aux jeunes afin quils naient pas besoin plus tard de les acquérir en passant par les prestataires de la formation professionnelle qui se développent autour dune clientèle que votre système a produite.
Le Front National le dit à nouveau, largent de la formation professionnelle doit servir à qualifier les individus, pour quils puissent trouver un emploi qualifié qui réponde aux besoins des entreprises de la région.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci.
Je prends lintervention de Monsieur DUMAS.
M. DUMAS - Monsieur le Président, chers collègues, « la formation au cur des préoccupations régionales », cela pourrait résumer limplication de notre Région dans ce domaine.
Si cette volonté sest traduite par la mise en place du Contrat de plan régional de développement des formations professionnelles, ce sont près de 170 nouvelles formations qui, depuis 2011, ont été créées dans les CFA et les lycées professionnels de la région Centre-Val de Loire, ce qui représente plus de 2 500 places nouvelles de formation. On y trouve la formation en alternance et lapprentissage qui occupent, vous le savez et nous le savons tous, une place prépondérante.
Depuis plusieurs années, la Région mène une politique volontariste de développement et de modernisation de lapprentissage.
Si lapprentissage a longtemps concentré ses formations sur la préparation des diplômes de niveau V, lélévation des niveaux de qualification et la diversification de loffre de formation ont profondément modifié son paysage, sans pour autant porter préjudice aux formations de niveau V. Comme la dit notre collègue Jalila GABORET, le nombre dapprentis des formations de niveau V a enregistré une hausse de 2 %.
À ce jour, près de 30 % des apprentis préparent une formation du supérieur. 765 formations sont ainsi offertes, qui concernent la grande majorité des secteurs professionnels répartis dans 117 sites, regroupés au sein de 41 CFA qui ont enregistré lannée dernière des taux de réussite de plus de 80 %. Près de 18 000 apprentis sont en contrat dapprentissage en 2016. La mobilisation régionale se poursuit avec 27 nouvelles formations qui seront projetées pour la rentrée 2017, ce qui représente plus de 370 places supplémentaires. Ces ouvertures, je le rappelle, toucheront la grande majorité des départements mais aussi des niveaux de formation confondus.
Ces résultats sont la résultante dune mobilisation de tous les partenaires, mais aussi une mobilisation forte de la Région qui, je le rappelle, a consacré plus de 620 millions deuros au cours des cinq dernières années.
Au-delà de cette implication financière, il sagit bien :
danticiper les enjeux de formation ;
de permettre à tous les jeunes daccéder à une formation ;
de contribuer à lélévation des niveaux de qualification ;
mais aussi, bien sûr, de sadapter et danticiper les besoins en formation et en compétences exprimés dans les territoires. Je citerai pour exemple le développement de la filière aéronautique.
Pour illustrer ce propos, permettez-moi de vous donner quelques éléments sur un CFA que je connais un peu : celui de lAFTEC. Jai participé voici quelques jours seulement à son conseil de perfectionnement. La rentrée 2016 a accueilli 1 424 apprentis, ils nétaient que 1 214 en 2014. Vous constatez quen deux années, ce sont plus de 210 nouveaux apprentis qui suivent cette formation à Orléans mais aussi dans les antennes départementales. Pour la prochaine rentrée de septembre, trois nouvelles formations pourraient ouvrir.
Je vais vous raconter une anecdote que jai vécue lors des dernières journées portes ouvertes, au mois de mai dernier. Plusieurs jeunes étaient présents, accompagnés de leurs parents qui sinquiétaient du nombre de places offertes dans ce CFA de lAFTEC pour la prochaine rentrée. Évidemment, ils avaient aussi postulé, via lapplicatif post-Bac, pour suivre cette même formation « communication » dans les deux lycées dOrléans qui la dispensent. Pour autant, dans lun des deux lycées, il y avait 800 candidats, 800 candidatures pour seulement 25 à 30 places. Cest vous dire, chers collègues, le niveau de sélection sur dossier et linquiétude de ces jeunes et de leurs parents.
Lorsque la question a été posée au responsable du CFA, il a répondu très clairement que, pour le CFA de lAFTEC, il ny avait pas de contingent, pas de nombre de places limité ; la seule limitation était de trouver un maître dapprentissage. Dès linstant où les jeunes en trouvaient un, la Région Centre sétait engagée, comme elle la toujours fait, à financer le nombre de places. Si 30 jeunes trouvent un contrat dapprentissage, il y aura une classe ; sils sont 60, il y aura deux classes. Je dois vous dire le grand étonnement de ces jeunes et de leurs parents que de savoir pouvoir compter sur le soutien de la Région Centre.
Aujourdhui, plébisciter lapprentissage est une priorité daction forte en faveur de la formation, de la jeunesse et, par voie de conséquence, de lemploi.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Monsieur DUMAS.
Pour le groupe les Écologistes, il reste 2 minutes et jai linscription de Monsieur NICAUD et de Monsieur FOURNIER. Vous répartissez-vous le temps de parole ?
M. Charles FOURNIER - Ce sera bref, cela sadresse à Madame BEAULIER : il nest pas possible de dire tout et nimporte quoi.
Vous avez évoqué le GIP Alfa Centre et son rôle opaque : vous avez assisté à une présentation du GIP Alfa Centre et vous avez pu voir combien cétait opaque ! Même vous, vous y étiez !
Je rappelle que ce sont des structures qui existent partout en France : cest ce que lon appelle les CARIF OREF. Elles mènent un travail fondamental qui permet délaborer les cartes à partir du travail dobservation des territoires. Elles font un travail dinformation auprès de nos concitoyens sur toute loffre de formation.
On ne peut pas dire tout et nimporte quoi juste pour faire des effets ici dans lhémicycle.
M. le Président - Monsieur NICAUD, vous avez la parole.
M. NICAUD - Monsieur le Président, merci.
Sur le peu de temps quil me reste, je souhaite dire que le travail important mené par toutes les équipes aboutit à une carte qui a été présentée. Les propositions que jai notées portent sur des points importants à régler : ce sont ceux de lorientation qui ne doivent pas être sous-estimés.
Il ne faut surtout pas opposer les deux types de formation, que lon soit dans les lycées professionnels ou dans lapprentissage. À lheure actuelle, lorientation ne joue pas pleinement son rôle dans ce cadre.
Aider les centres dapprentissage, comme le fait la Région, mais aussi offrir aux apprentis des possibilités dhébergement dans les milieux ruraux, cest primordial.
Jai également noté la volonté de la Région de ne pas se plier uniquement aux lois de la démographie et de maintenir des formations sur des lieux comme dans nos territoires du Sud où lon pourrait penser quelquefois quil est difficile de remplir des classes de lycée professionnel. Il est même très intéressant de maintenir des formations dans le Sud de notre département ; je pense à lIndre et au Cher. Les jeunes peuvent ainsi se déplacer puisquon leur offre là des capacités dhébergement intéressantes.
Il faudrait peut-être insister sur la partie développement durable et tous les points de la transition écologique et peut-être mieux anticiper les différents plans que la Région met en uvre. Ceux-ci vont impacter cette carte qui sera mise en place à la rentrée.
Bien entendu, nous la voterons.
M. le Président - Merci, Monsieur NICAUD.
Il reste lintervention de Philippe FOURNIÉ qui a la parole.
M. Philippe FOURNIÉ - Mes chers collègues, quelques mots sur le sujet déjà abordé des formations en aéronautique qui débuteront dès la rentrée 2017.
La carte des formations accompagne, anticipe et répond aux besoins de ce secteur en pleine évolution, notamment dans le Sud de la région. Je vous rappelle que cela concerne 320 entreprises, 19 000 emplois. Aérocentre nous a dit que 300 emplois à peu près étaient non pourvus.
M. le Président - 478.
M. Philippe FOURNIÉ - En effet.
Des leaders mondiaux sont dans le Sud de la région, et pas nimporte qui : Thalès, MBDA et Zodiac Seat France. Il est important, dans le cadre dun réseau de lycées, que lon puisse répondre à cette demande et apporter des réponses extrêmement adaptées et précises à ces emplois et à ces entreprises.
Je nen citerai que deux :
louverture dun Bac pro « systèmes numériques » à Delataille à Loches ;
un Bac pro aéronautique option systèmes au lycée Henri Brisson à Vierzon ; jen suis ravi.
Lannée prochaine, il y aura un projet à Châteauroux et nous aurons ce spectre, selon la demande des entreprises, pour répondre véritablement à cet enjeu important et dans la durée.
Voilà ce que je voulais vous dire.
M. le Président - Je vous remercie de ces interventions, nous en avons terminé.
Des précisions vont vous être apportées par la Vice-présidente.
Mme MÜNSCH-MASSET - Quelques éléments en réponse à vos interventions.
Je rappelle quune carte des formations représente des ouvertures. Cependant, qui réfléchit à loffre, réfléchit aussi à lexistant, cest-à-dire au fait que les offres de formation sont toujours adaptées et doivent être transformées, voire supprimées. Cest ce qui se déroule tous les ans à la demande des établissements de formation, qui argumentent ces demandes de fermeture.
Pour le centre dappels à distance, la réponse très simple au sujet que vous évoquez et qui vous faisait opposer les réponses de formation initiale et de formation continue, est que cette formation noccasionnait pas de demandes. Leffectif était de plus en plus faible. Ce qui explique que lon ouvre en formation continue, cest que ce sont des formations beaucoup plus courtes et que loffre économique existe sur ce sujet mais avec une exigence de formation très courte.
Cest lexplication pour ce sujet.
Nous partageons les points de vigilance que vous évoquez sur limage de lapprentissage, Madame de PÉLICHY.
Le sujet des ambassadeurs est déjà en route. Dans le département du Loiret, nous avons lancé une expérimentation par laquelle chacun des CFA sest mobilisé pour constituer des binômes. Nous travaillons actuellement au déploiement des actions de communication et déchanges que vont conduire ces ambassadeurs ; nous pourrons vous donner plus de précisions dans les semaines qui viennent pour quelles puissent se dérouler au printemps prochain, moment de choix de lorientation.
Sur le logement, une revalorisation de 100 000 euros de la plateforme « e-logement » a été apportée dans le BP 2017. Elle vient encore conforter notre détermination à densifier encore le réseau doffres. Une expérimentation de captation en milieu rural est en cours actuellement dans des secteurs comme le Perche, le Pithiverais, la vallée du Cher et du Romorantinais, le Chinonais, le Sancerrois et le Val de Creuse. Progressivement, ce maillage sétoffe en donnant une priorité là où il y a des trous dans la raclette, cest-à-dire dans le secteur rural.
Lappel à projets pour les futures cartes doit être amélioré : cest une vigilance qui a été régulièrement le cas et cest heureux. Ce nest pas un aveu dimpuissance. Le sens de mon propos était de dire quil fallait lÉducation nationale et le ministère de lAgriculture en conviennent avec nous que notre note de cadrage pour la carte de formations 2018 soit plus directive et plus affûtée :
sur ses orientations ; notre prise de compétence économique va nous aider à cela ;
sur les besoins de territorialisation de ces offres nouvelles : cette année, par exemple, en Eure-et-Loir, il y avait très peu doffres douvertures de formation, alors que la pression démographique était forte ;
sur les secteurs porteurs dinsertion et dinnovation : par exemple, nous pouvons promouvoir encore davantage les sujets de transition énergétique dans cette note de cadrage mais pas seulement.
Concernant ladéquationnisme, dans un exercice de carte de formation professionnelle, nous disons souvent ici que nos lieux de formation initiale sont dabord des lieux déducation. La dimension de lintervention de la Région pour promouvoir la citoyenneté, la santé, la culture, le sport et la mobilité internationale nest plus à prouver.
Madame COCHARD, vous nêtes pas sans savoir, en tant que présidente de la 3ème Commission, que cest un sujet de préoccupation constant et massif dans cette Région.
Nous considérons quau lycée et au CFA, on prépare un diplôme, certes, mais quand on a 15 ans, 16 ans, 17 ans, dabord on grandit. Cela veut dire que lon construit sa représentation du monde et son esprit critique. Néanmoins, quand on parle de carte de formation professionnelle, il sagit bien dune formation qui doit mener à un parcours professionnel. Nous serions irresponsables de construire nos offres de formation hors sol, sans nous préoccuper des perspectives que ces formations et ces diplômes leur donnent pour la suite.
Pour terminer, je donnerai une réponse à laccès à lapprentissage et au caractère indispensable de trouver lemployeur, ce contrat dapprentissage sans lequel rien nest possible. Je rappelle que 29 développeurs de lapprentissage sont désormais au travail et fonctionnent en réseau, ce qui est nouveau. Ces développeurs de lapprentissage auront des objectifs chiffrés à atteindre pour étendre le réseau demployeurs. Ils devront aussi partager leurs offres et leurs contacts ; cest une culture un peu différente de ce que nous avions lhabitude de faire. Cela permet de démultiplier et de déployer en réseau une faculté de réponse à tous les jeunes qui chercheront demain un employeur pour sengager dans la belle voie de lapprentissage.
Je vous remercie.
M. le Président - Je vous remercie de ce débat.
Je mets donc aux voix le rapport « carte des formations professionnelles ».
(Mis aux voix, le rapport est adopté à lunanimité)
Pour : Socialistes, Radicaux et Démocrates / Écologiste / Union de la Droite et du Centre / Front National
M. le Président - Nous abordons le rapport concernant lexpérimentation régionale pour lapprentissage à 30 ans. Cest également Cathy MÜNSCH-MASSET qui le présente.
Rapport - Candidature de la Région Centre-Val de Loire à lexpérimentation nationale du relèvement à 30 ans de lâge dentrée en apprentissage
(RAPPORT N°11)
Mme MÜNSCH-MASSET - Vous le savez, lâge limite est actuellement de 25 ans, sauf dans certains cas de figure ; je pense aux publics en situation de handicap et dautres énumérés dans le rapport.
Vous vous en souvenez, la plateforme « ensemble pour lemploi », signée par le Premier ministre et lARF le 30 mars 2016, avait ouvert des pistes pour soutenir lemploi, parmi lesquelles un bloc de mesures nouvelles autour de la promotion de lapprentissage.
Nous avons annoncé dès le mois de juin, dans notre précédente session, la mise en place immédiate des titres professionnels en apprentissage avec cinq ouvertures en septembre dans notre région, qui permettaient délargir laccès à lapprentissage à de nouveaux publics. Dans le présent rapport, lobjectif poursuivi est aussi de favoriser laccès à lapprentissage le plus large possible et à de nouveaux publics, donc à de jeunes gens jusquà lâge de 30 ans.
On la dit à maintes reprises, les parcours ne sont pas linéaires et les besoins des publics sont différents ; que de jeunes gens bénéficient, au-delà de 25 ans, dun accompagnement pédagogique dans le cadre de lapprentissage nous semble être bonne opportunité dont il nous faut nous doter.
Ce nouveau cadre peut répondre notamment à un constat dallongement des études, combiné à une forte augmentation de lapprentissage dans le niveau supérieur. Il est dommage de se dire quen butant sur la limite dâge, on est obligé de changer de format. Il est plus compliqué de passer dun système en apprentissage en revenant à la voie scolaire que le contraire parce quil y a une autonomie financière. Il peut également répondre à un souhait de spécialisation des apprentis, notamment en mention complémentaire. Bien entendu, il peut constituer un cadre supplémentaire mobilisable pour des jeunes en reconversion professionnelle, quand leur choix initial ne leur a pas permis de trouver un emploi.
Deux Régions seront retenues pour cette expérimentation qui donnera lieu à une évaluation et à un bilan fin 2019, pour en mesurer les apports et les limites, le cas échéant.
Il vous est donc proposé dapprouver la candidature de notre Région à cette expérimentation.
Je vous remercie.
M. le Président - Pour le débat sur ce rapport, je prends les demandes de parole.
Je donne la parole à Monsieur PELTIER.
M. PELTIER - Monsieur le Président, Constance de PÉLICHY a rappelé dans lintervention précédente le soutien que nous apportions à lapprentissage. De plus, nous ne pouvons que souscrire à tout ce que vous venez de présenter, donc soutenir cette candidature.
Ainsi, nous voterons favorablement à la proposition que vous nous faites, en espérant être retenus dans les prochains jours ou prochaines semaines.
M. le Président - Merci, Monsieur PELTIER.
Je donne la parole à Monsieur Charles FOURNIER.
M. Charles FOURNIER - Merci, Monsieur le Président.
Nous aussi, nous soutiendrons cette expérimentation mais peut-être est-il intéressant de poser un peu les questions évaluatives qui permettront de mesurer que lexpérimentation aura fonctionné.
Nous sommes là devant un sujet intéressant. La plupart des dispositifs en direction de la jeunesse dans notre pays sont limités à 26 ans. Cest un vieux découpage qui correspondait sans doute à une époque où lon passait de la jeunesse à linsertion sociale et professionnelle réussie à 26 ans, ce qui est beaucoup moins le cas de nos jours.
Une étude de la DARES a montré récemment que le temps de la jeunesse se découpait en trois temps, trois âges : 15-19 ans, 20-24 ans et 25-29 ans. Si lon regarde du côté européen et la catégorisation vue par lEurope depuis fort longtemps, la jeunesse va jusquà 29 ans, notamment la catégorie de ce que lon appelle les NEET, sans emploi et sans formation. Cette catégorie augmente. Quand on la rapporte sur ces temps de la vie des jeunes, on se rend compte que ce sont les 25-29 ans les plus touchés par le chômage et linactivité. 20,6 % des NEET sont dans cette tranche dâge. Cela prouve que linsertion sociale et professionnelle sallonge dans le temps.
De ce fait, nous devons revisiter nos dispositifs, donc revisiter lapprentissage en lallongeant jusquà 30 ans est une bonne idée.
Une fois que lon a dit cela, je voudrais mettre en question cinq points.
Le premier est de vérifier que tout cela naura pas un impact négatif sur des embauches qui pourraient exister par ailleurs et que cet apprentissage ne sera pas prétexte à un effet daubaine, dans la mesure où lon peut aller jusquà 30 ans et que lon recrutera des apprentis de bon niveau dâge mature, dun point de vue professionnel. Il ne faut pas que cela vienne remplacer des embauches fermes. Cest un premier sujet, je ne sais pas de quelle manière il est possible de le vérifier mais cela pose question, pour moi.
Deuxième point : quel public cible ? Nous avons les NEET que je viens de nommer mais aussi des jeunes en reconversion pour lesquels cest totalement adapté. Concernant les NEET, il faudra vérifier laccompagnement et la manière de leur permettre de reprendre un pied dans des dispositifs dapprentissage et de trouver un patron. Toutes ces questions se poseront et il faudra avoir une attention un peu particulière.
Troisième point : les rémunérations. De 25 à 30 ans, on na pas tout à fait la même histoire de vie. Si on est en reconversion, on avait une rémunération. Là, on va descendre à 78 % du SMIC, donc cela pose question. Je ne sais pas de quelle façon y répondre mais je voulais la mettre sur la table.
Quatrième point : il ne faudrait pas non plus que le fait détendre cette période rende plus difficile laccès à lapprentissage pour des plus jeunes, cest-à-dire quils aient des difficultés à trouver un maître dapprentissage. Il nous faudra réussir à élargir la possibilité et le nombre de maîtres dapprentissage disponibles, pour que toute la tranche dâge élargie trouve des réponses.
Enfin, cinquième point : cela aura un impact sur les CFA. Jimagine quil faudra ouvrir des places supplémentaires et intégrer des jeunes un peu plus âgés. Cest déjà le cas mais sans doute faudra-t-il avoir une réflexion avec nos CFA en matière de pédagogie, de places, daccompagnement pour ces jeunes.
Pour conclure, tout cela nous semble être plutôt une bonne idée, avec toutes les questions que nous soulevons et auxquelles lexpérimentation devra répondre. Pour moi, cest une étape : il faudra regarder dautres dispositifs ; je pense, par exemple, à laccompagnement des Missions locales qui sarrêtent à 26 ans. Là aussi, un accompagnement sera nécessaire. Est-ce le conseil en évolution professionnelle qui permettra ?
Pour moi, toutes ces questions sont sur la table. Si cest une expérimentation, il faudra intégrer ces sujets.
Évidemment, nous voterons favorablement à cette demande dexpérimentation.
M. le Président - Merci, Monsieur FOURNIER.
Madame BOISGERAULT a la parole.
Mme BOISGERAULT - Monsieur le Président, chers collègues, la Région est candidate à lexpérimentation du relèvement à 30 ans de lâge limite pour lentrée en apprentissage. Depuis la loi du 8 août dernier, chaque Région a la faculté de proposer lapprentissage jusquaux 30 ans du postulant.
Dordinaire réservée aux 16-26 ans, lalternance peut bénéficier aux adultes sous certaines conditions :
demandeurs demploi de 26 ans ou plus, inscrits à Pôle Emploi ;
adultes handicapés ;
bénéficiaires aux minima sociaux.
Faire de lalternance après 26 ans est un peu plus compliqué quentre 16 et 25 ans révolus. En effet, un candidat na pas la même contrainte à 30 ans quà 20 ans. La situation personnelle et familiale est un facteur à prendre en compte. Elle peut être plus délicate à gérer. Les faibles mobilités et les contraintes financières sont plus importantes à 30 ans. De plus, un employeur naura pas le même relationnel avec un jeune de 16 ans à former quavec un adulte qui a déjà toutes ses bases, sans oublier la concurrence générée entre les alternants de facto rémunérés au niveau inférieur par rapport aux néo-diplômés, à niveau de compétences égal.
Par ailleurs, on saperçoit que le système dapprentissages français souffre dun manque de pilotage. Le transfert de la compétence de lÉtat vers les Régions en matière dapprentissage ne sest pas accompagné dune clarification des rôles des différents acteurs car le gouvernement reste, à nos yeux, le responsable des performances de lapprentissage.
À la lecture de ce rapport, je ne vois pas en quoi le relèvement à lâge de 30 ans pour entrer en apprentissage contribue activement à la constitution dune société de la connaissance et des savoirs ni de quelle manière cela constituerait un levier pour la construction dun parcours professionnel. En outre, le parcours détudes étant plus chaotique, donc plus long avec des césures et des réorientations, certains jeunes ne trouvant pas de travail pourraient se retourner vers un apprentissage. Cest une façon de masquer le chômage des jeunes qui, sans emploi, se reporteront vers une formation supplémentaire, à défaut dobtenir un emploi stable.
Pour les élus de ce groupe, nous pensons quil serait plus utile que la Région soutienne davantage les initiatives pédagogiques des CFA visant à accompagner des apprentis vers leur parcours de formation et développe de nouveaux programmes visant à accompagner des jeunes en difficulté dans laccès aux savoirs de base et la lutte contre les abandons en cours de formation.
Rendez-vous dans quelques mois, avant le 31 décembre 2019, pour le bilan de ce dispositif novateur qui sera intégré dans la loi Travail : nous aurons alors un aperçu plus précis du dispositif, avec le taux de réussite aux diplômes visés et létat du nombre dapprentis concernés par cette mesure.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Madame BOISGERAULT.
Madame GABORET a la parole.
Mme GABORET - Monsieur le Président, chers collègues, aujourdhui, une grande partie des jeunes de 25 à 29 ans nont pas terminé leurs démarches dinsertion professionnelle. Certains dentre eux auraient un grand besoin dêtre accompagnés, alors que les missions locales ne sont plus mandatées pour le faire au lendemain du 26ème anniversaire.
Avec un nombre de demandeurs demploi important en France ayant un niveau inférieur au Baccalauréat, diversifier loffre de formation et ouvrir la possibilité dune reconversion professionnelle jusquà 30 ans peut représenter une véritable opportunité.
Opportunité formidable dans le cadre de notre politique régionale dégalité des chances, notamment dans son volet de retour à la formation pour les publics en situation de décrochage ou pour les jeunes en situation de réorientation, de reconversion professionnelle. Cette expérimentation, associée à la mise en place de titres professionnels du ministère du Travail et de la Formation professionnelle par la voie de lapprentissage, constituerait une réponse particulièrement bien adaptée pour ces publics.
En complément des contrats de professionnalisation, financés par les partenaires sociaux et encore trop peu mobilisés dans notre région, le contrat dapprentissage peut constituer une très bonne réponse pour les entreprises qui connaissent davantage cette modalité de formation et sen saisissent plus facilement.
Pour les personnes très éloignées de lemploi, et peu ou pas qualifiées, lapprentissage peut constituer une modalité complémentaire pour se former et, dans le même temps, bénéficier peut-être enfin de leur premier contrat de travail.
Cest une expérimentation intéressante en termes de parcours de formation et de mixité de publics jeunes et moins jeunes.
Louverture de lapprentissage à des publics jusquà 30 ans sinscrit dans cette dynamique des parcours adaptés pour des publics plus âgés. 107 apprentis âgés de 24 ans et plus préparent un CAP et 215 un Bac professionnel ou un Brevet professionnel. On constate donc une réelle demande de publics plus âgés souhaitant préparer des premiers niveaux de qualification.
La Région et lÉtat veilleront à ce quil ny ait pas de transfert de charges entre des contrats de professionnalisation et lapprentissage mais une complémentarité.
Comme il a été précisé, il sagit ici dapprouver la candidature de notre collectivité à lexpérimentation nationale du relèvement à 30 ans de lâge limite dentrée en apprentissage. À ce jour, dix Régions sont candidates à cette expérimentation : Auvergne-Rhône-Alpes, Bretagne, Île-de-France, Pays de la Loire, Occitanie, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est, Nouvelle Aquitaine et Hauts-de-France. Seules deux Régions seront retenues.
Cela fait une primaire régionale, on a besoin dun parrainage !
Approuver notre candidature par un vote de lensemble des composantes de notre assemblée sera un signe fort pour valider notre participation à cette expérimentation.
Je vous remercie.
M. le Président - Madame la Vice-présidente ?
Mme MÜNSCH-MASSET - Très rapidement, puisque lheure est déjà avancée, en réponse, je dirai que les questions évaluatives et les points de vigilance seront effectivement pris en considération, si nous étions retenus pour mener cette expérimentation. Nous serions vigilants à tous ces sujets exprimés.
Je veux réagir à laccusation faite autour de cette candidature à cette expérimentation, disant que cest une façon de masquer le chômage des jeunes. Les bras men tombent, je dois vous le dire !
Cest peut-être une réponse à la situation de ces jeunes au chômage, donc nous pourrions être daccord.
Jajouterai que cest une possibilité supplémentaire qui ne sera peut-être pas une solution adaptée pour tous, on la vu avec les cibles particulières de public, mais qui sera, sans conteste, une solution de plus. Dans la situation que nous traversons pour laccès à lemploi des jeunes, nous ferions la fine bouche que de nous en priver.
M. le Président - Après ce débat, je mets aux voix le rapport portant expérimentation régionale pour lapprentissage à 30 ans.
(Mis aux voix, le rapport est adopté à lunanimité)
Pour : Socialistes, Radicaux et Démocrates / Écologiste / Union de la Droite et du Centre / Front National
M. le Président - Nous avons maintenant une communication qui porte sur les observations définitives de la Chambre régionale des Comptes sur lefficacité et le coût des lycées.
Nous avons une présentation par la Vice-présidente, Madame MÜNSCH-MASSET.
Communication - Les actions entreprises suiteaux recommandations de la Chambre régionale des comptessur la gestion par la Région Centre-Val de Loiredans le cadre de lenquête « Efficacité et coûts des lycées »
(COMMUNICATION N°10)
Mme MÜNSCH-MASSET - Cest une communication sur les actions entreprises par la collectivité régionale suite aux recommandations de la Chambre régionale des comptes formulées en mai 2015 sur « lefficacité et le coût des lycées ». Cétait le sujet de lintervention de la CRC.
Ce rapport avait dabord relevé que la gestion par notre collectivité était maîtrisée et rationnelle ; il est important de le souligner. La Chambre régionale des comptes avait formulé trois préconisations et une orientation pour lesquelles cette communication rend compte à la collectivité des actions entreprises.
La première préconisation est celle de la connaissance du patrimoine, notamment le travail sur la régularisation des titres de propriété, avec un avancement de 57 % de notre parc immobilier.
La deuxième est celle du suivi des données et de leur lien de transmission avec les lycées. Une convention de mise à disposition de données a été élaborée avec le Rectorat pour avoir un accès et un reporting plus complet, notamment autour des sujets relatifs aux effectifs délèves et des sujets dorientation.
La troisième préconisation concerne le sujet de lévaluation. Or, en matière dévaluation, nos actions se sont concentrées sur trois axes :
les manuels scolaires et ladaptation de notre politique de renouvellement aux besoins des établissements, avec des durées et des modalités de renouvellement mises en lien notamment avec lémergence du numérique éducatif ;
la restauration collective ; nous en avons déjà parlé avec deux démarches complémentaires en cours ;
lutte contre le gaspillage alimentaire, avec la mise en uvre de circuits de proximité et un gros travail de référencement des producteurs en cours de finalisation ; dix lycées pilotes travaillent actuellement dans des groupes de travail pour préparer un système dinformation ;
une formation daccompagnement des équipes qui nous permettra de déployer cette démarche dans lensemble des lycées dans les deux années qui viennent.
lefficacité énergétique, avec des résultats déconomies dénergie de 11 % réalisées en dix ans de politique énergétique et dune baisse des émissions de CO2 de 35 %.
Ces actions de politique énergétique sappuient à la fois sur la mutualisation des équipes et sur une montée en compétences des EREEL (équipes régionales pour lefficacité énergétique des lycées) dans 19 lycées et, de façon complémentaire, sur la mise en place dun contrat de performance énergétique dans 18 lycées.
Enfin, la Chambre régionale des comptes a formulé une orientation concernant leffort de mutualisation pour optimiser la gestion des établissements.
La Région sinscrit dans cette dynamique chaque fois que cest possible et lorsque cest pertinent. Jai cité lEREEL à linstant, qui est une bonne illustration, dans le domaine de lefficacité énergétique, de cette dynamique de mutualisation.
On peut évidemment parler de la mutualisation des achats, avec la construction dune offre de service pour les lycées, qui nous a permis de faire des économies importantes sur les prix du gaz puis le prix de lélectricité. Elle sest poursuivie avec des accords-cadres pour lachat des tarifs négociés de matériels informatiques, des contrats de vérification périodique, etc.
Cette politique achats se poursuit avec la fusion des deux centrales dachats (CentrAchats et Approlys) à partir de janvier 2017. Elle doit nous permettre de réaliser encore des gains et des économies sur le budget des lycées.
Enfin, la mutualisation des moyens prend également la forme nous en aurons une illustration juste après de fusions de lycées généraux et technologiques avec des lycées professionnels, quand la configuration lautorise. Lensemble de ces actions permet doptimiser la gestion des lycées.
Je ferai un petit écho très rapide à nos échanges qui viennent de se dérouler au sujet du budget primitif. Il sagit bien, dans ces démarches, de notre détermination à accroître lefficacité de la dépense publique ; nous lavons constaté vis-à-vis des dépenses de fonctionnement de nombreux budgets des différentes délégations. Cela signifie concrètement que nous portons avec force lambition de nos politiques et de nos actions nouvelles, en nous donnant des marges de manuvre par une gestion efficiente et sans dégrader la qualité de service.
La Chambre régionale des comptes qualifiait la gestion de notre collectivité de « maîtrisée » et de « rationnelle ». Nous pouvons y associer les qualificatifs « responsable » et « ambitieuse ».
M. le Président - Je vous remercie de cette communication qui, au regard des textes, nappelle pas de vote ni dinterventions particulières, sauf demande expresse.
Monsieur MONTILLOT, vous avez la parole.
M. MONTILLOT - Je souhaiterais faire une suggestion et émettre une interrogation sur ce rapport.
Jai déjà exprimé une remarque ce matin, avec Madame MÜNSCH-MASSET concernant les circuits de proximité : cest une excellente chose que tout puisse maintenant se développer.
Je souhaiterais malgré tout, comme je lai indiqué, que la Région impulse, au-delà des lycées, un travail partenarial et de mutualisation avec les autres collectivités territoriales, si nous voulons favoriser non seulement les circuits de proximité, donc lagriculture locale, mais également les circuits courts pour éviter les intermédiaires, ce qui nous fait gagner en qualité et en prix, en favorisant limplantation de légumeries. Jinsiste sur ce point qui est un élément complémentaire de ce qui a été dit par Cathy MÜNSCH-MASSET.
Avec mon interrogation, je rejoins la remarque du CESER sur le fait que vous ayez décidé de proposer en urgence à la dernière CP les dossiers concernant limplantation de deux nouveaux lycées en région Centre-Val de Loire, alors que pas un seul centime nest inscrit, même pas en étude, dans le budget 2017.
M. le Président - Je vous remercie.
Pas de vote à prendre par rapport à cela, mais nous avons entendu lintervention de Monsieur MONTILLOT.
Monsieur de GEVIGNEY, vous souhaitez également intervenir : vous avez la parole.
M. de GEVIGNEY - Merci, Monsieur le Président.
Vous nous soumettez cette communication à la suite de la publication dun rapport de la Chambre régionale des comptes et je vous en remercie.
Nous avons consulté loriginal et constaté deux éléments qui auraient mérité dapparaître dans le document qui nous a été transmis.
Vous navez pas retranscrit dans ce rapport une recommandation de la Chambre régionale des Comptes qui est la fermeture du lycée professionnel Beauregard de Château-Renault. Jai cherché et trouvé des articles de presse qui font état de votre visite sur place, Monsieur le Président, lors de louverture dune nouvelle formation en 2015. Vous aviez alors promis un nouveau gymnase en 2016-2017 pour cet établissement. Nous aimerions connaître votre position sur ce sujet de la préconisation de la Chambre régionale des comptes et létat davancement du nouveau gymnase promis lannée dernière lors de votre visite sur place.
Le deuxième élément est le contrat de performance énergétique établi avec Eifficentre qui est une émanation dEiffage. Ce contrat, dans lequel la Région possède encore un engagement de plus de 30 millions deuros, concerne directement lefficacité énergétique des lycées mais présente des dysfonctionnements que nous aurions aimé voir plus détaillés dans cette communication. La Commission consultative des services publics locaux, qui sest réunie le 4 octobre dernier, a soulevé de nombreux écueils au sujet de ce programme, dont une explosion des demandes de dépannage pour des installations qui ont moins de six ans, je vous le rappelle, et un objectif déconomies dénergie qui na pas été atteint.
Nous souhaiterions connaître la position de la Région vis-à-vis de son partenaire Eifficentre et savoir si les installations, notamment de chaufferie bois, sont bien adaptées et conformes au service quelles sont supposées rendre, ou bien sil va falloir réaliser des investissements compensatoires.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci.
Il sagit bien de la communication sur les observations définitives de la Chambre régionale des comptes et sur lefficacité et les coûts des lycées.
Les sujets abordés pour partie par Monsieur MONTILLOT ne relèvent pas directement de cela, non plus que les observations que vous portez, Monsieur de GEVIGNEY.
Restons-en, si vous le voulez bien, à cette communication.
Les sujets des circuits courts et de proximité ont été abordés. Jai engagé avec les Départements des échanges pour trouver les termes des mutualisations. Nous le ferons de la même manière par rapport aux Agglomérations et aux Communautés de communes qui peuvent être concernées.
Sagissant du débat sur les investissements, il y sera répondu dans le cadre de la commission : je pense à la question que vous posez sur le lancement du gymnase sur lequel la Région est engagée. Nous vous donnerons toutes ces informations mais je souhaite que nous en restions à la communication. Si nous rouvrons un débat sur la politique des lycées en matière dimmobilier, cela pourrait nous conduire assez loin puisque, vous le savez, cest lun des principaux secteurs de linvestissement de la Région.
Sujet suivant : il est 20 heures 15, nous avons une petite heure de dépassement mais nous devrions tenir à peu près dans nos débats pour ne pas aller dîner trop tard. Nous avons le rapport « fusion des lycées Alfred de Vigny et Jean Delataille à Loches, avec désignation des représentants au nouveau Conseil dadministration ».
Jai une proposition à faire.
Cathy MÜNSCH-MASSET va nous présenter ce rapport.
Rapport - Création dun lycée polyvalent à Lochespar transformation du lycée général Alfred de Vignyet fermeture du lycée professionnel Émile Delataille - Désignation des représentants de la Régionau conseil dadministrationdu nouvel établissement public local denseignement (EPLE)
(RAPPORT N°9)
Mme MÜNSCH-MASSET - Nous avons évoqué à linstant les démarches de mutualisation et leur enjeu defficacité. Lutilisation de nos moyens est lun des enjeux mais une mutualisation de lycées a pour objectif premier lintérêt pédagogique et celui de la mixité des publics et de la lisibilité des parcours.
Les lycées de Loches, que je connais bien, sont installés côte à côte. Depuis la rentrée, ils ont une demi-pension neuve mutualisée et un seul chef détablissement. Cest dire que létape de rapprochement juridique est laboutissement dune démarche engagée depuis plusieurs années.
Cette phase finale a conduit la proviseure à engager tous les acteurs (élèves, enseignants, personnels administratifs, personnels Région et parents délèves) dans une démarche de choix dun nom pour ce nouvel établissement.
Je veux ici saluer cette initiative qui a permis à chacun de se projeter dans le nouveau lycée et dans un nouveau sentiment dappartenance. Il faut le saluer dans la dynamique que nous soutenons des démarches participatives.
Des propositions ont été formulées, des votes ont eu lieu parmi la communauté éducative puis au sein des deux conseils dadministration. Le maire de Loches a été consulté et a donné un avis favorable à la nouvelle dénomination.
Jen viens à ce nouveau nom qui est proposé : il sagit de Thérèse PLANIOL, une personnalité au parcours exceptionnel. Enfant de lAssistance publique, née en 1914, elle a dû lutter pour avoir le droit de faire des études et surtout pour devenir médecin, métier réservé exclusivement aux hommes avant la Seconde Guerre mondiale. Elle devient professeure agrégée à Paris puis à Tours, où elle sera chef de service spécialiste en médecine nucléaire et en ultrasons. Elle est mondialement connue en tant que pionnière de la médecine nucléaire. Thérèse PLANIOL a vécu dans le Lochois et est restée jusquà sa mort, en 2014, une Tourangelle de cur.
Je suis très heureuse de vous proposer de voter cette nouvelle dénomination pour le lycée polyvalent de Loches et les désignations du nouveau conseil dadministration. Dautant plus que seuls 11 lycées de la région portent un nom de femme.
(Applaudissements)
Je suis convaincue que nous serons tous, dans cet hémicycle, fiers de faire progresser cette sous-représentation féminine dans les grands noms que portent nos lycées.
Je vous remercie.
M. le Président - Nous devons approuver ce rapport portant sur la fusion des deux lycées avec le nouveau nom.
Je crois, Cathy, quil sagit également du nom donné à la Fondation de lUniversité de Tours, qui vient en écho sur ce lycée. Cest très bien.
Je précise, après discussion avec les différents groupes, que les représentants dans ce lycée seront :
Madame MÜNSCH-MASSET et Monsieur NICAUD en tant que titulaires ;
Madame FAUQUET et Madame PÉAN en tant que suppléantes.
Cest ce qui ma été communiqué.
Mme FAUQUET - Jai Monsieur FRACZAK sur la mienne.
M. le Président - Cela a changé à la demande du groupe Front National. Je le précise pour que ce soit clair.
Je mets ce rapport aux voix.
(Mis aux voix, le rapport est adopté à lunanimité)
Pour : Socialistes, Radicaux et Démocrates / Écologiste / Union de la Droite et du Centre / Front National
M. le Président - Nous avons maintenant à valider des désignations des représentants au sein de la nouvelle agence régionale de développement économique DevUp.
Désignation des représentants au sein de la nouvelle agence régionale de développement économique DevUp
(RAPPORT N°12)
M. le Président - Les groupes ont été sollicités par mail. Ils ont proposé des représentants sur les quotas qui les concernaient.
Je vous propose donc de valider :
la présidence et vice-présidence : François BONNEAU et Harold HUWART ;
pour le groupe SRD, quatre représentants : Fabien VERDIER, Pierre COMMANDEUR, Tania ANDRÉ et Anne BESNIER ;
pour le groupe Écologiste : Christelle de CRÉMIERS et Michelle RIVET ;
pour le groupe UDC : Laurence RENIER, Jacques MARTINET et Isabelle MAINCION ;
pour le groupe Front National : Michel CHASSIER, Daniel FRACZAK et Jean-René COUEILLE.
Pour le Conseil dadministration, nous aurons :
le président et le vice-président ;
pour le groupe SRD : Fabien VERDIER et Pierre COMMANDEUR ;
pour le groupe Écologiste : Michelle RIVET ;
pour le groupe UDC : Laurence RENIER et Jacques MARTINET ;
pour le groupe Front National : Daniel FRACZAK.
Je précise, selon ce qui a été vu avant-hier dans le travail sur les statuts, que des comités spécialisés, complètement intégrés et touchant aux problématiques de linnovation, du numérique, de la croissance de nos entreprises (start-ups et PME), etc., seront créés à la demande des acteurs. Nous mettrons en responsabilité des vice-présidents ; je pense notamment au groupe sur linnovation et la recherche.
Par rapport à ces désignations qui se sont faites en plein accord avec les groupes, en totale transparence, y a-t-il des remarques ? Je nen vois pas.
(Mis aux voix, le rapport est adopté à lunanimité)
Pour : Socialistes, Radicaux et Démocrates / Écologiste / Union de la Droite et du Centre / Front National
M. le Président - Le moment est venu dexaminer les vux. Jen ai réceptionné trois, en conformité avec les dispositions de larticle 12 du règlement intérieur. Ils sont relatifs respectivement :
au diesel et à la pollution de lair, proposé par le groupe Écologiste ;
à la santé, proposé par le groupe UDC ;
à la politique de sécurité en région Centre-Val de Loire, présenté par le groupe UDC.
Jinvite le représentant du groupe Écologiste à présenter le vu « diesel et pollution de lair ». Ce sera lintervention de Monsieur FAUCHEUX.
Les vux vous ont été remis.
Monsieur FAUCHEUX, vous avez la parole.
Vu déposé par le groupe Écologiste :« Diesel et pollution de lair »
M. FAUCHEUX - Je vous remercie, Monsieur le Président, de me donner la parole.
Je pense que vous avez le vu sous les yeux, donc je vais vous en faire une présentation rapide.
Il sagit dun vu relatif au diesel et à la pollution de lair, à la suite du scandale du « Dieselgate » de 2015.
Nous demandons dans ce vu :
quen labsence de plans daméliorations proposés par les constructeurs automobiles, et ce, malgré quelques promesses, lÉtat exige de ces derniers, sans plus tarder, labaissement des niveaux de pollution des véhicules en circulation ;
que les investigations techniques et judiciaires, demandées lors de la réunion de la « Commission ROYAL » du 22 septembre 2016, soient accélérées afin déclaircir la nature des stratégies doptimisation employées par les constructeurs automobiles ;
que lavantage fiscal accordé au diesel sur la TICPE soit supprimé, progressivement mais fermement, avec un calendrier affiché ;
de défendre vigoureusement la mise en place au niveau européen de nouveaux mécanismes de contrôle et de sanctions des constructeurs automobile. Pour cela, les autorités dhomologation devraient être placées sous la surveillance dune autorité européenne, afin déviter que le scandale du dépassement des normes ne se répète. Évidemment, les clauses de sauvegarde qui ont permis linstallation de logiciels truqueurs doivent être supprimées.
M. le Président - Je vous remercie de cette présentation.
Je prends les demandes de parole.
Monsieur de LA RUFFIE, vous avez la parole.
M. de LA RUFFIE - Merci, Monsieur le Président.
Je suis étonné, Monsieur FAUCHEUX, que le groupe Écologiste présente un tel vu, sauf à essayer de faire du buzz à 21 heures 18 devant la presse qui nest plus là
Si, qui est revenue !
(Rires - applaudissements)
Je suis un peu étonné de ce vu qui savérera vain, je le crains. Il restera dans le fond dun tiroir parce que vous vous souvenez sans doute : voici deux mois, vous avez voté à deux mains, avec le groupe Socialiste et avec la Majorité, la suppression de lexonération de la taxe sur les certificats dimmatriculation pour les véhicules propres ou du moins les véhicules moins polluants. Je sais que la nuance est importante pour vous. Il sagissait de véhicules à énergie de gaz, à énergie électrique et, comme par hasard, étonnamment, vous avez voté pour cette suppression de lexonération qui aurait pourtant été beaucoup plus efficace pour lutter contre la pollution, du diesel notamment, plutôt que ce vu qui restera dans le fond dun tiroir.
Bien évidemment, nous voterons contre.
M. le Président - Monsieur PELTIER, vous avez la parole.
M. PELTIER - En quelques mots, la position de notre groupe est assez simple et Charles FOURNIER la connaît, dailleurs :
lutter contre toutes les pollutions, oui ;
faire pression sur toutes les instances nationales et européennes pour imposer des critères très stricts, équitables et équivalents dans tous les pays de lUnion européenne, oui ;
mais prendre cette question fondamentale quest la protection de la biodiversité, de la nature et de lenvironnement, qui nous concerne et nous rassemble tous, par langle uniquement du diesel, cest-à-dire des travailleurs, des classes moyennes, de celles et ceux qui seraient les premiers pénalisés, me semble être un mauvais chemin.
Lobjectif est louable et nous le partageons tous ensemble, mais que les institutions, les grands groupes financiers, les spéculateurs et les financiers fassent leur travail et montrent lexemple !
Les travailleurs, les classes moyennes, les petits pourront se mettre en conformité, dès lors que les grands et les puissants auront montré lexemple.
M. le Président - Merci, Monsieur PELTIER.
Monsieur GILLE, vous avez la parole.
M. GILLE - Monsieur le Président, cest un vu qui tombe en plein dans lactualité avec la pollution de lair en région parisienne et dans dautres agglomérations.
Je crains dailleurs que cela ne vienne jusquà nous, eu égard à toutes les personnes qui semblent malades dans cette assemblée et qui toussent !
Demain, il y aura de nouveau la circulation alternée à Paris et en région parisienne.
Par ailleurs, nous partageons ce qui est indiqué dans ce vu au sujet du diesel et de la fraude qui avait été organisée.
Néanmoins, nous voterons contre, fidèles à la jurisprudence que nous essayons de mettre en place, cest-à-dire que les vux présentés correspondent à des compétences qui relèvent de la Région. Sinon, cest le risque de pouvoir présenter des vux sur toute une série de sujets qui nous entraîneraient dans des débats qui peuvent être intéressants et honorables, peut-être pas toujours faciles à maîtriser, mais qui ne relèvent pas de cette enceinte.
Chaque niveau de collectivité doit rester aux débats qui lintéressent directement.
Il nest pas toujours facile de faire la part des choses. En loccurrence, il est assez clair quà part lappel au gouvernement de la part de notre assemblée, nous sommes loin des sujets que nous sommes en mesure de régler ou de discuter ou de réglementer dans cette instance.
Pour cette raison, même si nous partageons sur le fond largement ce quexpose ce vu porté par nos amis Écologistes, nous voterons contre.
M. le Président - Je prends donc le vote sur ce vu.
(Mis aux voix, le vu du groupe Écologiste est rejeté)
Contre : Socialistes, Radicaux et Démocrates / Front National / Union de la Droite et du Centre
Pour : Écologiste
M. le Président - Le deuxième vu émane du groupe de lUDC : lurgence dun plan santé pour lutter contre la désertification médicale.
Il sera présenté par Madame COTILLON-DUPOUX qui a la parole.
Vu déposé par le groupe Union de la Droite et du Centre :« Lurgence dun plan santépour lutter contre la désertification médicale »
Mme COTILLON-DUPOUX - Chaque jour, chacun dentre nous, élus du monde urbain comme rural, faisons lexpérience en matière de désertification médicale, enjeu qui nous concerne en premier chef.
Nous appelons de nos vux, à léchelle de la Région, une mobilisation totale car, si le phénomène est national, il est chez nous endémique : la région Centre-Val de Loire était en 2006 lavant-dernière région métropolitaine de France pour le nombre de médecins actifs pour 100 000 habitants et aujourdhui, sagissant des médecins généralistes, elle est en dernière position avec 79 médecins pour 100 000 habitants dont 54 % âgés de plus de 55 ans.
Malgré la politique quelle a mise en place (création de maisons de santé pluridisciplinaires, investissements en faveur de la télémédecine,...), la Région doit aller plus loin.
En conséquence, le Conseil régional Centre-Val de Loire réuni à Orléans les 15 et 16 décembre 2016, soucieux de la désertification médicale dans nos territoires :
sengage à favoriser louverture des stages auprès du praticien aux structures libérales de prises en charge des soins non programmés de médecine générale, comme SOS Médecins, ceci en collaboration avec lUniversité de médecine Centre-Val de Loire, afin de mobiliser toutes les forces vives et faire découvrir tous les aspects de la médecine générale ;
sengage à favoriser la collaboration public/privé avec une préférence régionale en incitant les centres hospitaliers régionaux à travailler au plus près de leur territoire avec les structures privées et à favoriser la collaboration avec le centre hospitalier universitaire régional ;
demande à lÉtat, en lien avec les organismes et professionnels de la santé, la mise en uvre de la modulation du conventionnement des médecins généralistes en fonction du lieu dimplantation, en limitant le conventionnement dans les zones normalement dotées ou surdotées, afin de favoriser linstallation de praticiens dans les zones déficitaires (à linstar de la convention mise en place en septembre 2008 entre lAssurance maladie et les syndicats dinfirmiers libéraux et qui a été étendue aux sages-femmes et chirurgiens-dentistes).
M. le Président - Je vous remercie de cette présentation.
Monsieur CHASSIER, vous avez la parole.
M. CHASSIER - Monsieur le Président, tout le monde est daccord à la fois sur le constat et sur la nécessité de trouver des solutions. Je pense, malgré tout, que ce nest pas à travers un vu que nous allons résoudre ce problème dont nous débattons longuement. Demain, nous allons débattre du Plan santé et nous aurons loccasion dy revenir.
Certaines des solutions proposées ne nous paraissent pas adaptées et ne répondent pas à lensemble des questions posées.
M. le Président - Merci.
Je donne la parole à Madame RIVET.
Mme RIVET - Merci, Monsieur le Président.
Si nous pouvons nous accorder sur le constat, je rappelle quand même quil nest pas de session dans laquelle nous névoquions pas la désertification médicale. Le fait dappeler à une mobilisation totale, ce qui est déjà le fait de la Région, me paraît quasi injurieux pour le travail que nous menons, nous élus dans cette Région. Celle-ci est extrêmement engagée, alors que ce nest pas sa compétence, sur les maisons de santé pluridisciplinaires. Dans les contrats passés avec les Pays, il existe des contrats locaux de santé ; les présidents de Pays présents ici le savent parfaitement.
La mobilisation est là.
Quant aux propositions, nous navons pas très bien compris la première.
Sagissant de la collaboration public/privé, dans la plupart du temps, elle est déjà effective dans le territoire. Sil sagit de favoriser le privé aux dépens du public, nous ne sommes absolument pas daccord parce que lun des enjeux fondamentaux est bien le maintien du service public dans le territoire. Or, cest à cela que nous sommes attachés.
Quant à la troisième proposition, pourquoi pas, mais il y en a bien dautres, dont peut-être des mesures plus coercitives, pour avoir des médecins et qui demandent une réflexion un peu élargie, nous semble-t-il.
Cest surtout pour ces raisons de mobilisation déjà présente dans notre collectivité que nous ne voterons pas ce vu.
M. le Président - Merci, Madame RIVET.
Madame LECLERCQ, vous avez la parole.
Mme LECLERCQ - Monsieur le Président, chers collègues, je vais être peut-être un peu redondante avec les expressions précédentes, mais il est évident que nous sommes mobilisés. Il me semble que, comme vient de le dire Michelle RIVET, nous en parlons régulièrement lors de nos sessions. Cest un travail de fond et dune grande ambition pour nous de répondre à ces difficultés de désertification médicale.
Cest un énorme engagement en termes de formation, ainsi que pour les médecins lors des stages, mais aussi pour les autres praticiens paramédicaux ; je pense notamment aux masseurs-kinésithérapeutes. Cest un travail permanent avec la Faculté de médecine.
Nous travaillons dans le cadre du « Collegium Santé ». Suite au dernier séminaire, il sera mis en place des unités denseignement pour découvrir la région dès la deuxième année auprès des étudiants, donc cest tout un travail de fond.
Un travail de fond est mené également :
sur les stages et les logements dans les maisons de santé pour accueillir les stagiaires ;
sur les universitarisations de certaines maisons de santé pluridisciplinaires ; lobjectif serait den avoir une par département ;
sur la prise en charge des frais de déplacements, dont jai déjà parlé précédemment.
En ce qui concerne SOS Médecins, il y a déjà une convention entre la Fédération des internes de médecine générale et la Fédération SOS Médecins France pour quune partie des stages ambulatoires en fin détudes médicales se fassent au sein de ces associations. Cest leur travail et nous navons pas été saisis de difficultés.
On pourrait prendre lexemple de la maison de santé pluridisciplinaire du Val dAuron qui a déjà été créée à lorigine de SOS Médecins et qui va aussi accueillir des stagiaires.
Concernant la collaboration public/privé, effectivement, cest déjà ce qui se fait : dans les maisons de santé pluridisciplinaires, ce sont des libéraux et un travail est mené avec eux.
Le travail daccueil détudiants en odontologie sur le CHRO est un partenariat entre le public et le privé, le CHRO et des praticiens libéraux.
Jémets une réserve : le travail doit être équilibré, il ne sagit pas de favoriser plus le privé que le public.
Pour ce qui est de la modulation du conventionnement des médecins généralistes, il faut se référer au rapport dont nous parlerons demain et à notre souhait douvrir un large débat sur toutes les incitations possibles et, au besoin, coercitives pour que lensemble de notre territoire profite des étudiants et des futurs médecins.
Par conséquent, nous ne voterons pas ce vu.
M. le Président - Je mets aux voix ce vu.
(Mis aux voix, le vu du groupe de lUnion de la Droite et du Centre est rejeté)
Contre : Socialistes, Radicaux et Démocrates / Front National / Écologiste
Pour : Union de la Droite et du Centre
M. le Président - Le second vu du groupe UDC « pour une politique de sécurité en région Centre-Val de Loire » est présenté par Monsieur PELTIER.
Vu déposé par le groupe Union de la Droite et du Centre :« Pour une politique de sécuritéen région Centre-Val de Loire »
M. PELTIER - Je rappellerai, tout dabord, à Jean-Patrick GILLE que les vux nappartiennent pas obligatoirement aux compétences directes de la Région. Cest justement létat desprit de nos institutions, à lissue des débats dans un Conseil régional, par exemple, comme le font régulièrement Charles FOURNIER, Michel CHASSIER ou dautres, que de présenter des thématiques et de lancer des débats qui transcendent les strictes compétences mais qui nous concernent tous.
Or, la sécurité, la lutte contre la délinquance et contre le terrorisme nous concernent tous, quels que soient la place ou léchelon des élus que nous sommes.
Dans cette perspective, dans le prolongement de ce que portait voici encore quelques jours Manuel VALLS et, plus récemment, Monsieur CAZENEUVE, dans le prolongement annoncé de létat durgence, la Région des Hauts-de-France autour de Xavier BERTRAND, prenant exemple sur la tragédie évitée du Thalys, a initié cette proposition qui a été instaurée dans sa région, pour commencer, et a été suivie des faits dans dautres Régions, telles Provence-Alpes-Côte dAzur ou Auvergne-Rhône-Alpes. Il sagit de permettre, pendant le temps que durerait létat durgence, laccès gratuit aux transports en commun de lensemble des forces de lordre dans notre région Centre-Val de Loire. Chacun sen doute, cest un facteur de sécurité et de dissuasion supplémentaire que doptimiser et de multiplier la présence des forces de sécurité dans nos transports en commun, dautant plus que létat durgence leur permet de continuer à porter leur arme de service en dehors de leurs heures de travail.
Sur une perspective que nous espérons de plus long terme, parce que la lutte contre le terrorisme est indispensable et urgente, tout un travail doit être mené et porté dans la lutte contre la délinquance et les cambriolages. En sappuyant sur les différents rapports des inspections générales et des administrations, tout démontre que linstallation dans nos communes de la vidéoprotection, si elle ne fait pas forcément baisser la délinquance, en limite les effets et la hausse qui, hélas, gangrène le pacte républicain et lensemble de nos territoires depuis trop longtemps. Nous souhaitons anticiper la baisse annoncée des dotations de lÉtat à lendroit des communes dont, entre autres, les communes rurales. On sait quen 2016, cest encore possible, quen 2017 il restera quelques fonds dÉtat mais que, à partir du deuxième semestre 2017, puis 2018, lÉtat a annoncé son désengagement pour soutenir les communes qui feraient le choix de la vidéoprotection.
De manière non partisane, parce que toutes les municipalités, quelle que soit leur couleur politique, lont mis en uvre, du Nord au Sud et de lEst à lOuest, nous souhaitons anticiper ce désengagement annoncé par lÉtat et confirmé par les différents préfets dans le territoire.
Je vous remercie.
M. le Président - Je vous remercie de la présentation de ce vu.
Pour le groupe Front National, Monsieur CHASSIER, vous avez la parole.
M. CHASSIER - Monsieur le Président, il y a deux parties différentes dans ce vu.
La première concerne la gratuité dans les transports en commun pour lensemble des forces de lordre. Cela dépasse notre périmètre. La Région est autorité organisatrice de transport pour le TER. Le transport scolaire nest pas concerné, même si cela va venir. Pour ce qui est des autres modes de transport en commun, je ne vois pas de quelle manière la Région pourrait intervenir dans lobjectif dobtenir la gratuité ; il faut demander aux transports urbains à Orléans, à Tours ou ailleurs de laccorder.
Sagissant du TER, je ne sais pas si un nombre important dindividus faisant partie des forces de lordre sont concernés par le fait de rentrer chez eux en prenant ce moyen de transport ; cela me semble assez anecdotique.
En revanche, nous avions soutenu une autre mesure, qui rejoint la vidéosurveillance : je veux parler de léquipement des rames, surtout que celles de nouvelle génération sont souvent pré-équipées. Ce sont peut-être des options mais je sais notamment que nous avons acheté des rames doccasion pré-câblées en vidéosurveillance. On peut avoir un double intérêt dans ces rames TER, à savoir à la fois la prévention contre les agressions ou ce type dévénement et la sécurité. Certaines lignes véhiculent parfois peu de contrôleurs, le chauffeur du train est seul à bord et, pour la sécurité aux arrêts, le fait de disposer dune vidéosurveillance à lintérieur des rames serait un élément de sécurité supplémentaire pour les voyageurs.
Nous sommes là dans notre domaine de compétences.
Pour ce qui est de subventionner les communes, ce nest pas à la Région de remplacer lÉtat. Elle subit aussi la baisse des dotations, au même titre que les communes, même davantage puisque celle des communes a été légèrement atténuée, pour la dernière année. La Région ne peut pas se substituer à lÉtat pour subventionner les communes. En revanche, ce genre dinvestissement peut être pris en compte dans les contrats territoriaux, au même titre que dautres. On peut poser la question.
Néanmoins, dans limmédiat, nous ne voterons pas le vu en létat.
M. le Président - Merci, Monsieur CHASSIER.
Monsieur Charles FOURNIER, vous avez la parole.
M. Charles FOURNIER - Merci, Monsieur le Président.
Avec ce vu, on inaugure une nouvelle forme, à savoir deux vux en un. Finalement, nous en avons deux pour le prix dun et cela me donne des idées pour nos prochains vux. Ainsi, cela aura un peu bousculé la jurisprudence
socialiste parce que jai compris quelle nétait que socialiste !
Au-delà de la plaisanterie, concernant le premier sujet, très honnêtement, vous avez dabord une vision un peu étendue des forces de lordre parce que vous y intégrez les policiers municipaux, les gendarmes militaires, les pompiers, les volontaires. Vous avez pris lexemple du Thalys, donc il faudrait certainement y intégrer les militaires américains car, dans ce train-là, en loccurrence, cétaient eux. Pourquoi pas les militaires de toute la planète ? Ils auraient tous la gratuité dans les transports.
Il me semble que vous avez transposé un vu, qui avait peut-être une quelconque explication dans une région très dense comme lÎle-de-France, mais qui prend chez nous un sens un peu limité.
Cela crée une ambiguïté sur le sujet suivant : quand le temps de travail sarrête-t-il ? On laisse entendre que lon va rendre les transports en commun gratuits pour que les forces de lordre soient là afin dassurer leur mission au-delà de leur temps de travail. Cela crée une ambiguïté, y compris pour elles : si elles nintervenaient pas, elles se retrouveraient possiblement fautives de ne pas être intervenues. Cela crée une ambiguïté tout à fait discutable.
Concernant la vidéosurveillance, que vous appelez vidéoprotection, nous sommes hors champ de compétences. Tous ceux qui ont été pour la suppression de la clause de compétence générale auraient peut-être dû sinterroger à ce moment-là.
Par ailleurs, plusieurs études démontrent la faible efficacité de la vidéosurveillance, malgré un coût extrêmement important. Dans les lieux ouverts, elle est quasiment inefficace. Je vous rappellerai malheureusement les attentats à Nice, la ville la plus dotée en vidéosurveillance, où cela na, en aucun cas, empêché quoi que ce soit dans ce territoire.
Les auteurs de délinquance savent bien où sont situées les caméras, donc il faut toujours en ajouter. Cela se fait au détriment des hommes, puisquil y a moins de forces de lordre de proximité. Avant de miser sur la vidéosurveillance, qui représente un coût extrêmement important, noublions pas la présence humaine de proximité et ne croyons pas en la magie de la vidéoprotection.
Nous voterons contre, vous lavez compris.
M. le Président - Merci, Monsieur FOURNIER.
Pierre-Alain ROIRON, vous avez la parole.
M. ROIRON - Comme la évoqué mon collègue Charles FOURNIER, cest deux vux en un, comprenant deux sujets importants.
Dans le transport, jaurais tendance à dire quil y a un peu plus de forces de lordre que quelques années en arrière, si lon prend votre cas avec pas mal de suppressions de postes de police et de gendarmerie.
Il a été évoqué la différence entre des endroits très intenses, qui peuvent être le Nord - Pas-de-Calais ou les Hauts-de-France, et dautres plus relâchés où lon demande un certain casernement aux gendarmes et à la police, cest-à-dire dêtre proches de leur lieu dintervention. Or, je ne vois pas toujours cet aspect.
Jindique ici que la Région finance la police ferroviaire. Dans une charte de qualité que nous allons mettre en place, il y aura de la vidéosurveillance dans les trains.
Je pourrais vous parler en tant que maire. Je sais que vous lêtes aussi, Monsieur PELTIER. Je pense que vous étiez en vacances le 24 août dernier, quand Bernard CAZENEUVE a annoncé 50 millions deuros de plus pour ce que lon appelle le FIPD (le fonds interministériel de prévention de la délinquance) qui permet
Cest pour 2016.
M. PELTIER - Oui, mais il sarrête.
M. ROIRON - Il va sarrêter : je nai pas regardé ce quil était voici quelques années mais ce FIPD est passé de 70 millions deuros à 120 millions deuros. Il y a un budget qui nest pas encore voté à lAssemblée nationale.
On verra à quel niveau il sera tout le temps : je le dis tranquillement parce quon ne peut pas toujours avoir des baisses au niveau du budget de lÉtat et demander aux collectivités locales. Cest un aspect régalien de lÉtat, ce nest pas un aspect de la Région.
De plus, je veux vous faire remarquer que les pouvoirs de police appartiennent aux municipalités et non aux intercommunalités, comme vous venez de le dire.
Nous nous opposerons à cet aspect parce que nous pensons que ce nest pas là que la Région doit investir. Elle doit le faire dans des domaines prépondérants, par exemple la formation avec le vivre-ensemble. Cest beaucoup plus important pour nous que travailler simplement sur le fait de donner quelques moyens supplémentaires pour de la vidéoprotection qui a certes une qualité mais qui ne règle pas toutes les affaires.
Merci.
M. le Président - Je mets aux voix ce vu.
(Mis aux voix, le vu du groupe de lUnion de la Droite et du Centre est rejeté)
Contre : Socialistes, Radicaux et Démocrates / Front National / Écologiste
Pour : Union de la Droite et du Centre
M. le Président - Nous en avons terminé. Nous reprendrons demain matin dès 9 heures.
(La séance est suspendue à 21 heures 45)
CONSEIL RÉGIONAL
Réunion du vendredi 16 décembre 2016
Le vendredi 16 décembre 2016, sest tenue à ORLÉANS, à lHôtel régional, une réunion du Conseil régional, sous la présidence de Monsieur François BONNEAU, Madame Michèle BONTHOUX étant Secrétaire de séance.
Etaient présents : Mesdames Jeanne BEAULIER, Kaltoum BENMANSOUR, Nadine BOISGERAULT, Monsieur François BONNEAU, Madame Michèle BONTHOUX, Messieurs Christian BOULEAU , Jean-Pierre CHARLES-GUIMPIE, Michel CHASSIER, Jacques CHEVTCHENKO, Patrick CINTRAT, Madame Estelle COCHARD, Messieurs, Pierre COMMANDEUR, Louis COSYNS, Madame Dominique COTILLON-DUPOUX, Monsieur Jean-René COUEILLE, Madame Christelle DE CRÉMIERS, Messieurs Joël CROTTÉ, Alexandre CUIGNACHE, Christian DUMAS, Benoît FAUCHEUX, Madame Christine FAUQUET , Monsieur Nicolas FORISSIER, Madame Mélanie FORTIER, Messieurs Philippe FOURNIÉ, Charles FOURNIER, Daniel FRACZAK, Olivier FREZOT, Madame Jalila GABORET, Monsieur Valentino GAMBUTO, Madame Isabelle GAUDRON, Messieurs Charles DE GEVIGNEY, Jean-Patrick GILLE, Charles GIRARDIN, Gilles GODEFROY, Madame Christine GOIMBAULT, Monsieur Jean-Philippe GRAND, Madame Claude GREFF, Monsieur Marc GRICOURT, Mesdames Sabrina HAMADI, Anne LECLERCQ, Monsieur Philippe LECOQ, Mesdames Marie-Agnès LINGUET , Isabelle MAINCION, Messieurs Ludovic MARCHETTI, Jacques MARTINET (à partir de 9h45), Florent MONTILLOT, Mohamed MOULAY, Madame Cathy MÜNSCH-MASSET, Messieurs Gérard NICAUD, Xavier NICOLAS, Mesdames Isabelle PAIN, Mathilde PARIS, Véronique PÉAN, Constance DE PÉLICHY, Monsieur Guillaume PELTIER, Mesdames Josette PHILIPPE, Fanny PIDOUX, Martine RAIMBAULT, Laurence RENIER, Michelle RIVET, Monsieur Dominique ROULLET, Mesdames Audrey ROUSSELET, Sylvie ROUXEL, Agnès SINSOULIER-BIGOT, Alix TERY-VERBE, Monsieur Pascal USSEGLIO.
Etaient excusés : Mesdames Tania ANDRÉ (pouvoir à Monsieur Jean-Pierre CHARLES GUIMPIED),
Anne BESNIER (pouvoir à Madame Anne LECLRECQ), Messieurs Matthieu COLOMBIER (pouvoir à Monsieur Jean-René COUEILLE), Gérard CORNU (pouvoir à Madame Christine GOIMBAULT), Madame Annick GOMBERT (pouvoir à Monsieur Dominique ROULLET), Messieurs Philippe LOISEAU (pouvoir à Monsieur Michel CHASSIER), Harold HUWART (pouvoir à Monsieur Mohamed MOULAY), Jacques MARTINET (pouvoir à Madame Constance DE PELYCHI jusquà 9h45), Serge MECHIN (pouvoir à Madame SINSOULIER-BIGOT), Pierre-Alain ROIRON (pouvoir à Madame Isabelle GAUDRON), Stanislas DE LA RUFFIE (pouvoir à Monsieur Charles DE GEVIGNEY), Fabien VERDIER (pouvoir à Madame Michèle BOUTHOUX).
(La séance est ouverte à 9 heures 14, sous la présidence de Monsieur François BONNEAU, Président du Conseil régional)
M. le Président - Nous reprenons notre séance. Il va être procédé à lappel nominatif.
(Madame BIDAULT, Directrice du Secrétariat général, procède à lappel nominal)
M. le Président - Le quorum étant constaté, nous allons commencer les travaux, avec un rapport sagissant du transfert à la Région au 1er janvier 2017, tel que le prévoit la loi NOTRe, de la compétence du transport interurbain à la demande et des gares routières, en application de la loi 2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République.
Avant dentrer dans ce sujet, jai annoncé hier que nous vous donnerions des informations précises sur un dossier qui touche à la mobilité ; il sagit de celui qui concerne le transfert dune partie des responsabilités TET vers les TER, tel que cela a été engagé par le gouvernement, en loccurrence par le ministre Alain VIDALIES.
Il est important de le dire maintenant car ce que nous allons débattre, cest-à-dire la responsabilité routière interurbaine et transports scolaires, plus ce que je vais vous présenter rapidement en introduction, ajoutée aux responsabilités TER, TER rail et TER route, constitue désormais un ensemble considérable. Nous avons vu hier que, sans que la problématique TET-TER soit prise en compte, puisque cest à lhorizon 2018, le budget de la mobilité était dores et déjà le premier de la collectivité régionale et il sera le tout premier budget de la collectivité régionale lorsquen 2018, nous aurons la responsabilité des lignes TET qui nous seront déléguées.
Quelle est la genèse de cette affaire ?
Le gouvernement observe, année après année, et cela ne date pas dhier, que le rôle dautorité organisatrice quil est amené à exercer sur les TET est extrêmement difficile à exercer sur la maille nationale car il a avec la SNCF un rapport dautorité organisatrice à une structure chargée de porter et dexécuter une mission de service public. Cest complexe parce quil existe concrètement deux types de ligne TET :
les vraies lignes TET sur lesquelles vous avez essentiellement de la moyenne et longue distance ;
les lignes TET sur lesquelles il sopère essentiellement du cabotage, cest-à-dire de petites distances, de petits trajets qui font quelles ressemblent à des TER.
Par rapport à ce que les Régions ont fait durant lexpérimentation notre Région était en expérimentation sur la prise de responsabilité TER , globalement, par la suite et il est juste de le dire, il est convenu de considérer quelles sacquittent sensiblement mieux de leur rôle dautorité organisatrice en étant dans la proximité de lopérateur que ne parvient à le faire lÉtat. Celui-ci avait des charges qui augmentaient dannée en année avec une qualité de service très largement discutable et discutée.
Nous avons donc engagé avec les Régions, en premier avec la Région Normandie, des discussions pour voir quelles seraient les lignes TET qui pourraient être demain des lignes TET-TER confiées aux Régions. Pour les définir, il a été observé une distinction entre celles de la moyenne et longue distance conservées par lÉtat et celles de cabotage, pour lessentiel confiées aux Régions.
Lorsquest arrivé le tour de la Région Centre-Val de Loire, le ministre nous a proposé, après des discussions, ce que jappelle la « jurisprudence normande », cest-à-dire : « Vous reprenez quelques lignes et lÉtat vous apportera une compensation en matériels mais en aucun cas une compensation pour couvrir le déficit de ces lignes. » Nous avons refusé, parce que cétait juste, quil en soit ainsi.
Pourquoi avons-nous refusé ? Parce que notre Région est concernée par un nombre important de lignes, si lon prend la distinction TET/TER.
La ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse doit rester dans le périmètre des TET en responsabilité de lÉtat parce quelle est à la fois interrégionale et concernée essentiellement par des moyennes et longues distances. La ligne Nantes-Lyon, la transversale sur laquelle nous avons dailleurs participé à linvestissement de lélectrification à hauteur de près de 100 millions deuros, me semble-t-il, correspond à une logique de TET de moyenne et longue distance.
En revanche, il est observé que, sur les lignes Paris-Bourges-Montluçon, Paris-Nevers et Paris-Orléans-Blois-Tours, cest pour lessentiel du domicile-travail, du cabotage, cest-à-dire de la petite ou de la moyenne distance, même sil y a du déplacement occasionnel de moyenne ou longue distance quand il sagit de loisirs ou dactivités ponctuelles professionnelles. LÉtat nous a donc proposé de réfléchir à la reprise en responsabilité de Paris-Bourges-Montluçon, de Paris-Nevers et de Paris-Orléans-Blois-Tours.
Deux autres lignes sont concernées par ce transfert : Paris-Dreux-Granville et Paris-Le Mans-Caen. Dans la mesure où notre collègue normand avait acté avec lÉtat quil reprenait ces lignes et quil en assurait le déficit, bien évidemment, elles nont pas été dans le périmètre de notre discussion. Mon collègue Bruno RETAILLEAU et moi-même, nous avons fait connaître à notre collègue MORIN de Normandie que, puisquil avait topé avec lÉtat sans contreparties financières, il assumerait cette charge financière pour la totalité du trajet.
Paris-Bourges-Montluçon, Paris-Nevers et Paris-Orléans-Blois-Tours sont des lignes très importantes et même complètement structurantes pour notre région, sur lesquelles notre attention est très régulièrement attirée par des dysfonctionnements et pour lesquelles je ne peux qualerter la SNCF et lÉtat en disant : « Cest une ligne État ». On le sait, les résultats sont très mitigés dans la prise en compte des préoccupations de nos concitoyens.
On peut considérer que Paris-Bourges-Montluçon, Paris-Nevers et Paris-Orléans-Blois-Tours constituent pour lÉtat chaque année une charge de lordre de 49 millions deuros. Cest la part couverte par lintervention publique pour arriver à léquilibre de ces lignes. Cest donc le delta, une fois les recettes passagers encaissées, qui reste à payer lorsque ces lignes fonctionnent. Il ny a pas les pénalités et les systèmes que nous avons mis en place sur nos lignes TER, donc cela représente 49 millions deuros, quelle que soit la nature du service rendu.
Le gouvernement nous a proposé dans un premier temps, pour ces trois lignes, de nous fournir du matériel et de ne pas compenser. Nous avons refusé et notre refus obstiné nous a conduits à ne pas signer ce qui nous était proposé et à maintenir la discussion.
Aujourdhui, au bout du bout cela a duré de nombreux mois, puisque cette affaire a commencé avant lété , lÉtat nous propose de reprendre ces lignes, avec une dotation en matériels neufs de 39 rames Régio2N, dont des bi-modes et autres, qui nous seront fournies. Elles correspondent aux matériels nécessaires pour remplacer la totalité du matériel roulant sur ces lignes. En effet, nous savons quil y a nécessité de le remplacer et que, parmi les critiques des usagers, il y a cet aspect.
Jai demandé quau-delà de cet investissement matériel, un centre de maintenance nécessaire pour le bon fonctionnement de ces lignes soit créé, soit 20 millions deuros qui seront à la charge de lÉtat en totalité. Jai demandé que la prise en compte du déficit de ces lignes soit assurée dans des conditions équitables par lÉtat. Quelles sont les conditions équitables ? La mise en uvre de cette réforme sera au 1er janvier 2018 sur la totalité du territoire national. Pour lannée 2018 comme pour lannée 2019, lÉtat couvrira la totalité du déficit ; pour lannée 2020, lÉtat couvrira 90 % du déficit ; pour lannée 2021, ce sera 70 % du déficit ; à partir de 2022, nous serons durablement sur le fonctionnement de ces lignes avec 50 % du déficit couvert par lÉtat.
50 % du déficit, cest très supérieur à ce qui a été obtenu par la plupart des Régions, telle la Normandie. Certaines nont pas obtenu de financement pérenne au-delà de la partie baisse tendancielle ; dautres ont obtenu mais jamais au-dessus de 40 %, peut-être 43 % pour Grand Est qui était concernée également par un volume important.
Pourquoi avons-nous obtenu cela ? Parce que nous étions la Région la plus concernée avec 49 millions deuros. Notre responsabilité, à Philippe FOURNIÉ et à moi-même, était de nous saisir de cette possibilité de décentralisation nous avons fait la preuve de son efficacité, même si ce nest pas toujours rose, on le sait, sagissant du TER , den faire un outil de proximité pour agir en autorité organisatrice en direction de la SNCF et mutualiser divers éléments. Sur une même ligne, quand vous avez des trajets TET en responsabilité de lÉtat et dautres en responsabilité de la Région, les harmonisations et parfois les mutualisations, qui permettent de mieux travailler, sont extrêmement difficiles.
Demain, nous allons gérer dans la proximité, avec une épure budgétaire soutenable et tenable pour nous, avec du matériel neuf ; cest extrêmement important. Nous allons gérer un ensemble nous allons parler de la responsabilité interurbaine juste après de mobilités qui pourront se connecter pour dégager des marges financières, de la réactivité, de la souplesse et de la complémentarité.
Notre Région peut se réjouir que nous ayons obtenu une prise en compte tout à fait significative de la charge financière et la totalité de la couverture matérielle. Ce nétait pas donné au début de la négociation ; nous nétions pas à 39 rames. Pour obtenir le centre de maintenance, il a fallu tenir bon et résister.
Oui, jai fait le choix, en lucidité, dêtre le dernier à signer parce que je savais que lÉtat ne pourrait pas conclure un grand projet national en laissant au milieu du territoire national une tache blanche dans laquelle la réforme ne se ferait pas et que cela nous donnait de la force pour obtenir les pourcentages de prise en charge, les matériels nécessaires et ce centre de maintenance.
Je me devais de vous donner cette information. Nous devrons signer très officiellement cela. Nous avons eu au courrier dhier lofficialisation de la position du ministre VIDALIES. Un travail administratif va se nouer entre ladministration du ministère et la nôtre pour préparer les bases de laccord et ses signatures. Cela devrait passer dans une Commission permanente mais je souhaitais, sagissant dun sujet important, que chacun ici puisse partager cette information.
On voit bien que le spectre de la mobilité est désormais une responsabilité essentielle. À un moment où elle est un élément fondamental de la performance économique et sociale dun territoire, où elle donne à la ruralité une dynamique qui sarticule véritablement avec celle de nos Agglomérations, et parce que nous sommes très proches de lÎle-de-France quand on parle de Paris-Orléans-Blois-Tours, cela veut dire quelque chose, cest très important , nous voulons véritablement faire de cette mobilité un élément qui donne toute la vitalité nécessaire à notre territoire et qui soit maîtrisé au plan financier. Les enjeux sont considérables : cest le premier budget de la Région.
Après vous avoir détaillé cette information, je propose que Philippe FOURNIÉ vienne à ce transfert que nous opérons entre les Départements et la Région.
Dans le débat général, si vous souhaitez des précisions par rapport à linformation que je viens de vous donner, nous y reviendrons, bien évidemment.
Rapport - Transfert à la Région au 1er janvier 2017de la compétence du transport interurbain,à la demande et gare routièreen application de la loi n° 2015-991 du 7 août 2015portant nouvelle organisation territoriale de la République, dite loi NOTRe
(RAPPORT N°5)
M. Philippe FOURNIÉ - Le Président vient de le dire, je présente ce rapport dans un contexte qui évolue et qui est passionnant mais sur lequel nous allons devoir débattre pendant des mois et des mois, pour aboutir dans un premier temps, en 2019, à un schéma de mobilité ; jy reviendrai.
Le contexte de la loi NOTRe, qui transfère la compétence interurbaine et la compétence transports scolaires à la Région, est un peu particulier puisque cest un transfert de compétences entre deux collectivités territoriales. Nous avons dû travailler ensemble avec les Départements, avec deux objectifs mais jy reviendrai.
Monsieur le Président, sans langue de bois, je voudrais remercier véritablement la Direction générale et les services de la Direction des transports qui, en très peu de temps, avec un renfort seulement, sont parvenus à trouver un accord, grâce à un travail extrêmement minutieux, précis et compliqué ; il faut savoir que le transfert de compétences comprend aussi des transferts de charges et chacun défend son institution et ses positions. Je souhaite vraiment les remercier parce que, lorsque nous arrivions à la CLECRT, nous, Région, nous avions toujours la même multitude dagents en face mais nous étions bien préparés.
Nous avons souhaité faire ce transfert de compétences de manière apaisée pour trouver un accord. Lorsque nous sommes allés rencontrer les agents des Départements ou lorsque nous avons discuté avec nos collègues des Départements, nous avions deux objectifs partagés.
Le premier était que le 1er janvier et le 1er septembre, le service rendu soit le même que celui qui existait avant. Nous avons pris la décision que le service, dans un premier temps, serait rendu de la même manière par la Région que par les Départements et avec les mêmes tarifs. Il ny aura pas dévolution tarifaire dans lannée 2017 ni au début de lannée 2018. Il ny aura aucun changement, notamment en ce qui concerne les transports scolaires et interurbains.
Le deuxième objectif était daccueillir je dis bien « accueillir » plusieurs dizaines dagents des Départements qui, à juste titre parfois, se posaient des questions sur un choix quils navaient pas fait et qui leur tombait dessus, avec une appréhension dune collectivité quils ne connaissaient pas ou peu et avec cette crainte de dire : « Nous qui travaillons dans les territoires quotidiennement, nous allons être obligés de venir travailler à Orléans. » Nous avons souhaité, ensemble avec les Départements, les rassurer sur notre volonté de proximité ; je vous lai dit hier et jy reviendrai.
Il y avait ces deux enjeux partagés : un transfert serein des agents et le même service rendu quavant.
Nous avons travaillé avec ces deux objectifs au niveau des commissions locales pour lévaluation des charges et des ressources transférées, les fameuses CLECRT. Avec les Départements, nous sommes parvenus à un accord avec quelques petits points, vraiment à la marge, qui restent à la justice de la présidente de la Chambre régionale des comptes qui proposera des avis et qui engendreront des arrêtés préfectoraux. Dans limmense majorité (à 99 %), nous sommes daccord avec les Départements
Cela concerne des dizaines de millions deuros, doù la longueur des discussions. Ainsi, les avis ne sont pas pris, donc les arrêtés non plus et nous vous proposerons en début dannée de voter sur ces arrêtés.
Le deuxième élément sur lequel nous avons souhaité nous entendre avec les Départements concernait le fait que lautorité juridique des transports interurbains nous revenait le 1er janvier. Que ce soit dans certains Départements, où il y a une délégation de service public unique entre linterurbain et le scolaire, ou dans dautres où les agents travaillent deux jours sur linterurbain et trois jours sur le scolaire, il nous semblait opportun de proposer aux Départements une redélégation pendant huit mois, afin que nous puissions exercer pleinement la compétence des transports interurbains à partir du 1er janvier et celle des transports scolaires à partir du 1er septembre.
Nous avons travaillé avec les Départements. Nous avons abouti dernièrement à un accord global et individuel avec chaque Département.
Nous vous proposons aujourdhui ces conventions de redélégation pendant huit mois, tout en sachant que, pour nous, ces accords ne sont pas la fin de la fin. Je vais essayer de vous donner en quelques mots, pour être concis et rapide, notre objectif de travail en trois étapes.
La première est de réussir le transfert mais nous nallons pas nous arrêter là.
La première étape sur laquelle nous allons travailler est une grande concertation à la fin de lautomne 2017 auprès de tous les parents délèves au niveau des transports scolaires pour savoir quel niveau de service ils veulent car il existe actuellement une différence entre les services proposés dans les Départements. Certains proposent des accompagnements, dautres ont des systèmes dalerte pour les parents pour savoir si lenfant est entré dans le bus. Pour aller vers le haut et proposer plus de services aux enfants et aux parents, nous devons organiser cette grande consultation qui nous amènera à faire évoluer le niveau de services dans les transports scolaires.
La deuxième phase concernera lensemble des moyens de transport. Le Président BONNEAU le disait, avec les responsabilités que nous aurons, avec les TET que nous avons, avec les TER, bus, cars et fer, avec les transports interurbains que nous aurons demain, nous allons faire un premier toilettage de certaines lignes où des types de transport se superposent. Dans un premier temps, dans une certaine rationalité et peut-être une efficacité, nous ferons ce premier toilettage qui ne sera surtout pas lessentiel de ce que nous voulons faire.
Lessentiel de ce que nous voulons faire va arriver très rapidement. Nous viendrons sur lensemble des territoires co-élaborer un schéma de mobilité. Cela se fera avec les autorités organisatrices de transports urbains mais aussi avec deux éléments qui me tiennent à cur :
les transporteurs qui ont une vraie expertise ; il ne faut jamais les oublier, même sils sont prestataires de services ;
les usagers comme je les appelle encore mais dautres les appellent les clients ; on va les appeler « les voyageurs » pour réunir tout le monde.
Il est indispensable, au XXIe siècle, de ne plus imposer une politique publique à des personnes, si ce nest pas accepté, compris, travaillé ensemble. Nous aurons cette phase de co-élaboration du schéma de mobilité qui, je le rappelle, sera prescriptif dans le cadre du SRADDET.
Nous prendrons ce schéma de mobilité avec les enjeux territoriaux et il ne faudra oublier aucun territoire, notamment les territoires ruraux. Pour autant, nous ne resterons pas sur les territoires les uns à côté des autres, nous prendrons aussi lévolution des usages et des comportements des voyageurs et de nos concitoyens.
La « charte de service », comme je lappelle, sera associée à ce schéma. Peut-être sappellera-t-elle différemment. De toute manière, elle contiendra quatre éléments.
Le premier élément sera, le président le disait, quel service on veut dans les transports en commun de la région Centre-Val de Loire : veut-on uniquement des personnes qui accompagnent, qui contrôlent, etc. ? Nous aurons une discussion sur le niveau de service.
Le deuxième élément de cette charte de service sera la lutte contre la fraude qui est un aspect essentiel du modèle économique que nous voulons bâtir. Il ny aura pas de réel modèle économique viable sil ny a pas une réelle lutte contre la fraude, donc nous commençons à le faire. Nous en avons déjà parlé en Commission permanente puisque nous faisons des études de flux pour mettre des systèmes de contrôle dans les grandes gares. Nous aurons toute une réflexion pour la lutte contre la fraude.
Le troisième élément est central : cest la sécurité. On ne peut plus aborder la sécurité des voyageurs, la sécurité des personnes comme cinq ou dix ans en arrière. Avec des moyens humains et matériels, nous avons besoin davoir une vraie réflexion sur la sécurité dans les transports.
Le quatrième élément est lessentiel de lessentiel : quelle relation avons-nous à lusager ou au voyageur ? Actuellement, linformation est descendante. Vous le voyez, nous avons créé un compte Twitter avec SNCF/Région Centre-Val de Loire pour que les gens nous informent et se plaignent. Cest normal et nous leur répondons, mais lavenir est différent. Avec Charles FOURNIER, nous allons travailler sur un nouveau concept de relation à lusager qui soit plus de la coconstruction que de linformation et du ronchonnement. Lintérêt est là.
Voilà les perspectives que nous portons aujourdhui devant vous à partir de ce rapport technique, de relations que nous avons eues et du travail réalisé. Nous avons souhaité ouvrir des perspectives politiques pour dire quil ne fallait surtout pas que nos compétences sempilent les unes sur les autres. Nous devons retravailler, par rapport à ce nouveau schéma et à cette nouvelle charte, à une manière différente de se déplacer dans la région, notamment en y associant aussi les modes doux de déplacements et les modes partagés.
Voilà ce que je voulais vous dire en introduction, Monsieur le Président.
M. le Président - Merci, Monsieur le Vice-président.
Pour les présidents de groupe, Monsieur PELTIER, vous avez la parole.
M. PELTIER - Merci, Monsieur le Président, de cette double présentation : la vôtre et celle de Philippe FOURNIÉ. Cela trace le cap et la perspective.
Premièrement, les transports, comme vous lavez évoqué, sont un principe fondamental. Cest la liberté, entre autres pour les habitants du monde rural dans nos territoires. Avoir une vision cohérente de lensemble de la région, département par département, et progressivement une entité unique, ce sera révolutionnaire. Cela apportera légitimement et logiquement beaucoup defficacité.
Deuxièmement, nous avons bien noté les deux points que vous évoquiez sur la lutte contre la fraude et la nécessaire protection des usagers en permanence. Nous serons toujours à vos côtés pour améliorer et optimiser, avec un esprit de justice, tous les dispositifs et les systèmes de lutte contre la fraude. On a parlé hier de la fraude fiscale qui est insupportable et, à égalité, tout ce qui relève des fraudes sociales pénalise celles et ceux qui font leffort, en permanence malgré des fins de mois difficiles, de rester dans lhonnêteté publique.
Cest identique concernant la sécurité. Nous avons eu souvent ce débat, particulièrement au moment des inondations : comment la Région conçoit-elle son rôle sur la question centrale des transports, dans laffirmation de lautorité vis-à-vis de la SNCF ? Il y a une exaspération considérable et légitime chez nos concitoyens. Je reprends lexemple des inondations : vous vous en souvenez, même si la Région a produit des efforts à cette occasion, des abonnés nont pas pu utiliser le train ou les transports et la SNCF a opposé une fin de non-recevoir, refusant même tout débat sur la question et utilisant toujours des prétextes ou des arguties juridiques.
Si nous voulons moderniser encore le rapport entre nos concitoyens et lensemble de la politique des transports, et cest là que la Région aura un rôle clé, il sagit de trouver un dispositif de fermeté et dautorité pour imposer à la SNCF beaucoup plus de démocratie, beaucoup plus de transparence et beaucoup plus de réponses concrètes aux attentes de nos concitoyens.
Je ne veux pas faire un parallèle excessif mais nous en parlions hier avec Charles FOURNIER sur le rapport aux banques. Vous savez que lun des grands drames chez nos concitoyens, cest quune vingtaine dannées en arrière, on avait un contact direct avec un conseiller bancaire. À présent, on se retrouve avec un 0800 ou un 0900, on passe de service en service et personne ne comprend rien à notre problème.
Que ce soit dans les agglomérations ou dans le monde rural, le ressenti du rapport avec la SNCF est que lon parle à un mur. Nous devons imaginer ensemble des dispositifs très clairs et très précis pour que la SNCF redevienne une entité de proximité avec laquelle nous pouvons débattre et échanger et quelle apporte des réponses concrètes à nos enjeux.
Sur tous les points, nous sommes daccord. Nous voterons dailleurs pour ce rapport, mais dans le rapport à la SNCF, nous avons beaucoup de travail à effectuer et cest lune de notre priorité. Jaimerais vous entendre sur ce sujet.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Monsieur PELTIER. Nous y reviendrons dans les éléments de réponse pour poursuivre cet échange.
Monsieur CHASSIER, vous avez la parole.
M. CHASSIER - Monsieur le Président, mes chers collègues, ce rapport rend parfaitement compte de la complexité de lorganisation de cette nouvelle compétence dont la Région devient lautorité organisatrice mais devra continuer à fonctionner jusquau 31 août 2017 à périmètre constant, en conventionnant avec les Départements pour cette période transitoire. Cest ce quil nous est demandé dacter aujourdhui et, bien sûr, nous le ferons.
M. le Président - Monsieur CHASSIER, ce sera le 31/8 car cest le 1er septembre que nous reprendrons.
M. CHASSIER - Oui, le 31 août.
M. le Président - Jai compris 31/12, excusez-moi !
M. CHASSIER - Nous regrettons, par ailleurs, que les dernières signatures des départements soient intervenues dans la journée du 13 décembre. Deux Départements ont traîné un peu pour apporter leur signature à la convention, ce qui fait que les élus ont été destinataires des documents définitifs moins de 48 heures avant cette session. Ce nest pas de votre fait, bien entendu, mais cela dénote une certaine précipitation dans la démarche parce que nous étions proches de la date butoir pour signer tous ces documents avant le 31 décembre.
Nous déplorons également que les commissions locales dévaluation des charges et des ressources transférées naient pas été constituées plus tôt et naient pas pu travailler en amont, ce qui nous a conduits à présenter un budget qui comporte quelques zones dincertitudes.
Au niveau des charges inscrites pour lannée prochaine, pour 2017, à hauteur de 149,3 millions deuros, notamment la question des transferts de personnels nest pas entièrement finalisée : il reste quelques points à régler.
En contrepartie, nous enregistrons une recette de 149,7 millions deuros ; le transfert semble donc équilibré, sauf quil sagit pour les charges dune première évaluation sur laquelle les commissions devront travailler. Il se peut que lon trouve quelques points de déséquilibre en cours dannée.
Cela dit, à ce stade, nous ne pouvons que prendre acte du transfert et approuver les conventions.
Des questions se posent néanmoins pour lavenir.
Concernant nos rapports avec les autorités organisatrices de deuxième niveau, qui nous paraissent devoir rester au cur de lopérationnel pour des raisons defficacité et de proximité, et en raison aussi de létendue du dispositif puisque lon compte 360 autorités de deuxième niveau, des AO2 pour reprendre la terminologie abrégée, le tableau de la page 3 nous donne une idée du nombre de lignes et de services gérés soit en DSP, soit par le biais de marchés publics.
Nous avons compris, sauf erreur, que les 659 DSP et 1 397 marchés seraient gérés par les autorités de deuxième niveau, ce qui nous semble une solution raisonnable pour traiter un tel volume mais aussi pour éviter un risque quil faut anticiper, même si je sais que vous y avez pensé : celui du regroupement des offres qui aboutiraient à une captation des marchés par les grands groupes que nous connaissons et qui opèrent déjà dans nos territoires. Cela se ferait au détriment de transporteurs locaux très présents dans toute cette organisation des transports scolaires et interurbains dans la région.
Une autre question, pour la suite également, porte sur le problème de la gratuité des transports scolaires, à laquelle vous vous êtes engagés pendant la campagne. Je sais que vous avez lintention de tenir cet engagement et je ne vous en fais surtout pas le procès. Il paraît logique, dans la mesure où la Région est maintenant lautorité organisatrice, davoir une offre homogène et doffrir le même service dans tout le territoire, harmonisation de loffre qui va dailleurs au-delà des tarifs ; vous lavez évoqué, cest une harmonisation aussi au niveau du service rendu à tous les usagers/voyageurs.
Nous partons dune situation dans laquelle ce nest pas le cas, donc avec des différences tarifaires et de services entre les départements. La mise à niveau de cette offre, notamment lapplication de la gratuité, va nous imposer de trouver de nouvelles recettes dont il nest pas certain quelles soient compensées et dont lévaluation reste imprécise.
Dans le cadre dun budget qui restera contraint en 2018, cest une question qui mérite dêtre posée, dautant plus quà terme, le transfert préalable des TET, que le Président a évoqué en préambule, va entraîner de nouvelles charges. Cest aussi notre interrogation pour lavenir.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Monsieur CHASSIER.
Monsieur FAUCHEUX a la parole.
M. FAUCHEUX - Monsieur le Président, je vous remercie de me donner la parole.
En matière de transports collectifs, il y avait jusquà présent trois niveaux de compétences :
le niveau local, la Région qui gère le transport ferroviaire ;
le Département qui a la responsabilité des transports interurbains ;
les Communes ou Intercommunalités qui soccupent des transports urbains.
Pour les Écologistes, cette situation était jugée particulièrement contre-productive : trois autorités organisatrices, cétait une source de complexité. Cela naidait pas vraiment à renforcer lintermodalité, le report modal. Exprimé avec des mots simples, cest le fait que les gens puissent avoir une alternative réelle et sérieuse à lutilisation de leur voiture, donc puissent améliorer leur quotidien et diminuer, au passage, leurs émissions de gaz à effet de serre.
La loi NOTRe réorganise les choses et nous nous en réjouissons, de ce point de vue. Au 1er janvier 2017, pour les transports interurbains, ce sera un transfert aux Régions, cest-à-dire les lignes régulières dautocars qui existent dans les départements sous des noms différents. Au 1er septembre 2017, ce sera pour les transports scolaires.
Sajoute à cela ce dont le Président nous a fait la présentation, à savoir le transfert des trains déquilibre du territoire : les lignes Paris-Orléans-Blois-Tours, Paris-Nevers, Paris-Bourges-Montluçon. On peut saluer au passage lexcellente négociation quont conduite le Président et le Vice-président, qui nous permet daborder ce transfert dans de très bonnes conditions.
Il nous semble que cest loccasion de préciser le projet interrégional que nous portons pour ces lignes. Dans le travail de réflexion réalisé sur une alternative à la ligne LGV Paris-Orléans-Clermont-Lyon, ce sont des lignes essentielles pour construire une alternative efficace et crédible. Nous continuerons à explorer cette possibilité.
Il subsiste quelques inquiétudes sur létat des infrastructures parce quelles sont négligées depuis trop longtemps. Le transfert des lignes sur des voies en mauvais état ne réglera pas tout et il faudra bien traiter cette question.
Si lon revient sur ce qui est dans le rapport, il faut bien mesurer de quoi lon parle : les transports interurbains et scolaires recouvrent 35 millions de voyages annuels, donc 35 millions de personnes transportées à léchelle de la région :
un peu plus de 32 millions de voyages dans les transports scolaires, avec 12 300 points darrêt ;
environ 2,6 millions dans les transports interurbains, avec 2 700 points darrêt.
Nous absorbons effectivement une compétence énorme pour le quotidien de nos habitants.
Il est fondamental de bien assurer le service et daméliorer le niveau de service, comme le propose Philippe FOURNIÉ. Le groupe Écologiste est tout à fait daccord avec cette idée.
Il est également extrêmement important de profiter de ce transfert pour faire évoluer et repenser le modèle afin quil soit encore plus performant et permette à de plus en plus dhabitants de notre région de se passer de leur voiture et dutiliser les transports en commun.
Cest donc une formidable opportunité pour lIntercommunalité.
Avec la réorganisation de loffre de transport et lhomogénéisation des tarifications, cest un chantier considérable. Lidée ne sera pas de tout recentraliser dans la capitale régionale ; au contraire, notamment sagissant du transport scolaire, il faudra sappuyer sur les acteurs de proximité, à savoir les communes, les intercommunalités ou les associations de parents délèves. Nous avons une grande confiance car le Vice-président a présenté cela comme étant la méthode de travail, donc nous savons que la concertation sera au rendez-vous et nous nous en réjouissons.
En même temps, avec ce transfert de lignes dautocars départementales, qui viennent sajouter aux lignes dautocars régionales, cest le moment de se poser sérieusement la question du mode de gestion des transports régionaux par autocar. Léventualité de la création dune société publique locale ou dune régie régionale nous paraît devoir être étudiée. Cest le moment où lon peut étudier cet aspect.
La Région va élaborer en 2017 son Schéma de dessertes et de mobilités qui sera articulé avec le SRADDET (le Schéma régional pour laménagement, le développement durable et légalité du territoire). Les nouvelles compétences liées au transport interurbain et au transport scolaire auront toute leur place dans cette réflexion.
Nous pensons :
à tout ce qui peut contribuer à minimiser la durée des trajets en autocar, avec des accès à des voies réservées en entrées dagglomération pour éviter les bouchons, des dessertes de centre-bourg et des aménagements de zones de rencontre ;
à la refonte de la gamme tarifaire des autocars ; actuellement, les dessertes TER par autocar sont beaucoup plus chères que celles des réseaux départementaux ; il faudra bien harmoniser tout cela ;
à la mise en cohérence des grilles horaires pour favoriser les correspondances et, plus globalement, pour améliorer la complémentarité avec les autres modes de déplacements, y compris les déplacements doux ;
à la réorganisation des lignes de transport par autocar, notamment pour résoudre déventuels problèmes liés aux trajets départementaux, au transfert des vélos par les autocars ; selon nous, les marchés devront le prévoir ;
au type de carburants consommés par les autocars qui pourraient, par exemple, utiliser du méthane produit en région Centre ; nous serions là dans un circuit court qui pourrait être tout à fait intéressant.
Tout cela sest soldé par des discussions avec les Départements qui, comme la dit Philippe FOURNIÉ, ont été constructives et ont permis de conclure, au moins sur les très grandes lignes.
Afin de tenir compte des conventions en cours, le Conseil régional a proposé aux Départements de leur déléguer la compétence sur les transports routiers interurbains entre le 1er janvier et le 31 août 2017. De cette manière, quoi quil en soit, nous savons quil ny aura aucun bug au 1er janvier prochain et que le service rendu sera identique en janvier 2017.
Rappelons enfin, pour terminer, que ce nest pas le seul transfert de compétence des Départements vers les Régions : la planification des déchets, dont nous avons parlé hier, en fait également lobjet, ainsi que lévaluation des charges. Nous serons attentifs à ce que ce transfert se fasse dans daussi bonnes conditions que pour le transport.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Monsieur FAUCHEUX.
Monsieur DUMAS a la parole.
M. DUMAS - Monsieur le Président, chers collègues, nous avons aujourdhui à nous prononcer, à travers cette délibération, à la fois sur les conventions de délégation provisoire et sur les transferts de contrats des Départements à la Région Centre-Val de Loire.
Lorigine de ces conventions, de ces transferts, vous le savez et cela nous a été rappelé par Philippe FOURNIÉ, cest le transfert de compétence des transports interurbains de voyageurs aux Régions à compter du 1er janvier 2017 et les transferts en conséquence de la loi NOTRe de 2015.
La Région succédera aux Départements dans lensemble de ses droits et obligations dès le 1er janvier pour les services non urbains et au 1er septembre pour tout ce qui touche au fonctionnement des transports scolaires, ce qui signifie que la Région aura désormais la responsabilité pleine et totale de cette nouvelle compétence.
Monsieur le Président, si cette nouvelle compétence peut être une chance pour notre région, parallèlement, elle nous oblige et nous engage. Près de 120 lignes régulières, plus de 2 000 voyages scolaires, 8 millions de voyageurs, 10 millions de kilomètres parcourus : ces quelques données chiffrées permettent de prendre la mesure de loffre de transport existante. Les transports et la mobilité sont aujourdhui plus quhier des sujets importants qui impactent nos territoires, tout comme ils ont une incidence forte sur le quotidien de nos concitoyens.
Lorsque lon parle études, formation, développement économique, emploi et bien dautres sujets encore, on se doit de parler de mobilités. Cest en cela que cette nouvelle compétence peut être une chance pour la région et ses habitants, au-delà dun simple transfert de responsabilités je mesure mes propos lorsque je dis « simple transfert de responsabilités » car cela ne signifie pas que la chose est simple , à travers la prise en compte des attentes et des besoins des usagers, avec une volonté de placer le voyageur au cur du dispositif, des questions daménagement du territoire et des territoires, des sujets environnementaux ou encore de la tarification.
Le Schéma régional dintermodalité sera loccasion de travailler sur loffre de transport, sur linformation des usagers, avec notamment la place de plus en plus importante du numérique ou encore de la billettique. Ce processus délaboration sous-entend un dialogue nécessaire avec tous les acteurs, afin daborder tous les aspects du réseau qui se devrait dêtre articulé avec notre offre TER pour optimiser les trajets. La territorialisation de cette nouvelle organisation sera réaffirmée, la proximité étant lune des clés de la réussite.
Depuis plusieurs mois, les services de la Région travaillent sur ces sujets de transfert, tout en assurant le suivi de la convention TER. Cest un gros chantier et je tiens à les en remercier. Ils sont aidés par les services des Départements, avec lesquels le transfert sorganise dans un climat serein et de confiance.
Ce travail a donné lieu à des prolongations de certains marchés pour une année, ce qui a permis de rassurer les entreprises de transport en leur donnant une certaine lisibilité.
Enfin, et comme nous nous y étions engagés, la gratuité des transports scolaires sera effective, ce qui permettra dalléger le budget des familles, tout en rétablissant une réelle équité territoriale, mise à mal selon que lon réside dans tel ou tel département.
Ce chantier, chers collègues, nous le menons et le mènerons en 2017. Je vous le rappelle, ce sera une année importante en termes de politique des transports, avec notamment la réouverture de la ligne aux voyageurs Chartres-Voves mais aussi lengagement dun chantier majeur en matière de mobilité régionale ; je veux parler, bien entendu, de la ligne Orléans-Châteauneuf.
Je vous en remercie.
M. le Président - Merci, Monsieur DUMAS.
Nous ouvrons le débat général avec Monsieur NICOLAS.
M. NICOLAS - Monsieur le Président, mes chers collègues, je souhaite vous demander quelques petites précisions concernant la gratuité des transports scolaires.
Cest intéressant pour les familles, bien sûr, mais nous savons tous que la gratuité nexiste pas et quil y a toujours quelquun qui paie, que ce soit lusager ou le contribuable, tout en sachant que cest parfois le même. Cest un éternel débat que lon rencontre dans bien des domaines.
Dans notre responsabilité, au-delà de la gratuité, il sagit aussi de veiller à des comportements vertueux. Lidée que vous proposez dun abonnement paraît louable, car il devrait permettre de responsabiliser les familles et déviter des élèves fantômes que lon voit dans nos collectivités. Ils sinscrivent sans utiliser les transports et génèrent parfois des surdimensionnements de véhicules ou des véhicules qui circulent à vide, ce qui nous est reproché.
Ma question est la suivante : de quels outils souhaitez-vous vous doter pour mesurer que ces objectifs sont atteints, afin doptimiser ce fonctionnement des transports scolaires ?
M. le Président - Merci, Monsieur NICOLAS.
Monsieur NICAUD a la parole.
M. NICAUD - Merci, Monsieur le Président.
Chers collègues, nous nous réjouissons du travail mené par les équipes de la Région, sous légide du Vice-président. Selon les contacts que jai au niveau du Département, les personnes se félicitent de la façon dont la concertation est actuellement menée.
Tout ce travail aboutira au schéma de mobilité dont Philippe FOURNIÉ a parlé. Nous pensons, le groupe Écologiste, que ce sera loccasion de réfléchir à la mutualisation de dessertes, à lexamen du besoin de déplacement de nos citoyens dans les territoires. Originaire dun territoire rural, je serai très attaché à la façon dont on continuera à desservir nos campagnes.
Nous serons également très attachés à lévolution du parc, dont Benoît FAUCHEUX a un peu parlé, sagissant de véhicules routiers. Hier, nous avons présenté un vu en demandant que les véhicules de type diesel soient bannis de nos villes et dailleurs. Ici, dans la plupart des cas, ce sont des dessertes de véhicules routiers diesel dont certains sont très vieillissants, nous le savons. Nous collaborerons avec vous à lévolution de la réflexion sur ce parc.
Un point nous paraît également important : celui que la Région puisse assumer en toute sérénité lensemble du déplacement de ses concitoyens.
Vous le disiez, Monsieur le Président, le fait de transférer les trains déquilibre du territoire en 2018 à la Région sera aussi loccasion de réfléchir à lensemble de nos dessertes.
Il me paraîtra important de veiller sur un aspect : même si vous avez dit que lÉtat collaborerait très largement à ce transfert par la dotation de rames et par lattribution dune subvention, létat du réseau, que lon connaît et dont on parle très fréquemment je ne rappellerai pas ce quil sest passé à Brétigny-sur-Orge voici quelques années , devra être un point de vigilance de notre part afin que nous ne nous retrouvions pas avec un réseau délabré qui serait à notre charge demain.
Le groupe Écologiste est très favorable à ce transfert dactivité et félicite à nouveau le travail mené jusquà ce jour.
M. le Président - Merci, Monsieur NICAUD.
Monsieur CHASSIER, vous avez la parole à nouveau.
M. CHASSIER - Monsieur le Président, puisque vous nous en avez donné la possibilité, je souhaite intervenir sur le sujet plus général du ferroviaire que vous avez évoqué en préambule. Jen aurais parlé de toute façon dans ce rapport, puisque les aspects sont liés.
La Région est autorité organisatrice de transport de façon plus large, puisquelle reprend le routier de voyageurs interurbains et scolaires. Cependant, à ce transfert acté par la loi NOTRe, vient sajouter celui de plusieurs lignes de TET ; ce nest pas dans la loi NOTRe mais cest une décision de lÉtat où nous nous trouvons en quelque sorte devant le fait accompli.
Vous dites avoir négocié avec la SNCF pour obtenir les meilleures conditions et que la Région a obtenu des conditions plus favorables, de ce fait, que dautres. Cest très bien, de notre point de vue, mais cela pose quand même un problème dans la notion de laction de lÉtat. Il est étonnant de le voir traiter différemment les territoires. Nous avons une notion de lÉtat et de légalité de traitement des territoires qui nest pas dans cette logique de négociation de marchands de tapis entre Régions, État et peut-être demain avec lEurope.
Le problème de ces transferts, vous lavez dit, est la charge dexploitation qui sera compensée au début mais pas sur le long terme, ou à moitié seulement. Cela signifie que la trajectoire budgétaire évoquée lors des orientations va forcément dévier.
Encore ces charges dexploitation ne représentent-elles pas la totalité des charges ! Derrière tout cela mais ce sujet a été évoqué par dautres intervenants , se posera le problème de la maintenance des infrastructures : comment lÉtat garantira-t-il cette maintenance, voire cette modernisation parfois nécessaire des infrastructures quand on voit que ce nest même pas le cas dans le CPER pour le POLT ?
Le POLT est hors périmètre puisquil reste une ligne dintérêt national mais, dans le CPER, on trouve simplement pour le POLT des crédits pour leffacement des passages à niveau, alors quune intervention densemble serait nécessaire sur cette ligne.
Je rappelle quen 1960, le Capitole reliait Paris à Toulouse en 6 heures 13. De nos jours, les meilleurs horaires, cest 6 heures 25 ou 6 heures 26. Cela signifie que lon ne réussit pas à rendre le même service quen 1960. On sait, pour cela, quil faudra de lourds travaux dinfrastructures : la ligne POLT présente des caractéristiques techniques particulières qui impliquent la nécessité de travaux importants.
Je névoquerai pas les rails à double champignon, mais cest une problématique !
LÉtat nest même pas engagé sur ce domaine dans le CPER. Comment le sera-t-il dans les lignes qui seront transférées ?
Ces questions se posent, ainsi que celle annexe de la compétence transport routier. Puisque nous avons cette compétence, quid des lignes à bas coûts, ce que lon appelle « les cars Macron » ? Nous sommes maintenant lautorité organisatrice. Quid de ces lignes qui viennent, dans certains cas, concurrencer des liaisons TER dont nous finançons le fonctionnement ? La Région reprendra-t-elle position sur certaines de ces liaisons ?
Ce sont quelques questions rapidement que je voulais poser notamment sur le ferroviaire.
Merci.
M. le Président - Merci, Monsieur CHASSIER.
Madame MAINCION a la parole.
Mme MAINCION - Monsieur le Président, chers collègues, je vous remercie de me donner la parole. Je souhaite aborder deux points un peu techniques financiers et un autre un peu plus général.
Premièrement, concernant lévaluation des charges, je sais quelle na pas posé de problème avec les Départements, mais il restait le point un peu difficile de la redélégation, avec la prise en compte de la CVAE ; cest très technique, je suis désolée. Je désirerais savoir si vous aviez un désaccord entre celle qui était prévisionnelle et celle qui était constatée. Nayant pas les éléments, je voudrais que vous me disiez de quelle manière vous vous êtes mis daccord.
Deuxièmement, les transports scolaires sont à lheure actuelle un sujet de grande inquiétude chez les parents délèves, surtout dans le secteur primaire, et chez les élus. Je voudrais ici me faire un peu leur avocat. Vous avez prévu de consulter les parents délèves, cest bien, mais il me semble quil serait vraiment utile et, à mon avis, nécessaire de consulter les élus ; je rappelle quils sont cofinanceurs dans beaucoup de départements. Il est très facile de consulter les associations départementales de maires qui existent. Dailleurs, lorsque les Départements ont des sujets, ils viennent souvent les présenter devant ces associations.
Si jai une proposition à vous faire, ce serait de venir leur expliquer de quelle manière vous envisagez, ou il serait envisageable, dévaluer ces transferts.
Il est certain que vous allez devoir harmoniser dans lensemble de la région, cela est dit et souhaité. Je vais me faire lavocat de lenfant gâtée que je suis dans ma commune : je bénéficie dun transport quasiment gratuit, ainsi que les autres communes de milieu rural pour les points les plus isolés. En plus, cest un transport en petites unités, un transporteur très local, qui ne coûte pas cher par rapport aux grands bus, même souvent beaucoup moins cher. Quen sera-t-il de ce transport ?
Cest une inquiétude, sil doit y avoir harmonisation. Les maires ruraux autour de ma commune sont très inquiets, dans la mesure où cest vital pour le maintien des familles en milieu rural. Des familles avec enfants acceptent de sinstaller en milieu très rural justement parce quil ny a pas de difficulté pour cette mobilité dans le cadre de la scolarité.
Je le redis, cest une très grande inquiétude chez les maires en ce moment, notamment en Loir-et-Cher.
Je vais à présent me faire lécho de Benoît FAUCHEUX. Des unités de méthanisation se mettent en place. Cest une aide très importante au maintien de lélevage dans nos secteurs délevage en région Centre. Les difficultés sont lutilisation du méthane quil nest pas toujours aisé de réinjecter dans les circuits existants. Une grande filière pourrait se mettre en place, avec la transformation de nombreux transports en commun pour pouvoir rouler avec ce méthane. Cest une demande déleveurs quil serait bien de prendre en compte.
Merci.
M. le Président - Merci, Madame MAINCION.
Madame RIVET, vous avez la parole.
Mme RIVET - Merci, Monsieur le Président. Cest une réaction à votre annonce à propos de la ligne Paris-Bourges-Montluçon.
Jespère que cest une bonne nouvelle. Pour notre région, la dernière gare est Saint-Amand-Montrond qui suscite beaucoup dinquiétudes à la population localement, car nous avons de moins en moins de trains. Elle est essentielle pour le désenclavement du territoire puisquelle est à proximité de lhôpital en particulier et peut-être de la future MSP.
Cest une bonne nouvelle, à condition que nous puissions continuer les discussions et que nous enclenchions une réflexion sur lorganisation de lintermodalité et sur la mise en complémentarité des bus et des trains dans ce territoire. Jai échangé avec le directeur de la Mission locale : de son côté, il a abandonné le train pour les jeunes, du fait de la différence de coûts.
Bref, cest un ensemble de réflexions à mener sur lesquelles jai entendu que tout était ouvert et je vous en remercie.
M. le Président - Merci, Madame RIVET.
Monsieur Charles FOURNIER, vous souhaitez également dire un mot, me semble-t-il.
M. Charles FOURNIER - Je vais reprendre ce que vient dexprimer Isabelle MAINCION. Philippe FOURNIÉ a évoqué dans son introduction la mobilité en milieu rural et les enjeux dans les territoires ruraux. Forcément, en tant quélu Vice-président en charge du développement rural, je ne peux quy être sensible.
Dans la démarche de démocratie permanente qui souvre, nous avons prévu daller, comme Philippe FOURNIÉ la évoqué, dans tous les territoires et tous les bassins de vie, et de mettre un sujet, parmi dautres, au cur des échanges, à savoir celui des déplacements, de se déplacer.
Lidée de la démarche de démocratie permanente est dencourager à des réflexions pour améliorer le fonctionnement de la démocratie mais aussi de sappuyer sur des sujets très concrets de la vie quotidienne : manger, se déplacer, se former, vivre en milieu rural ou dans les territoires urbains, etc. Ce sera loccasion daller entendre nos concitoyens dans les territoires.
Parallèlement à cela, nous prenons lattache de lAssociation des maires ruraux. Jai sollicité un rendez-vous.
Mme MAINCION - LAssociation des maires représente à la fois
(Inaudible hors micro).
M. Charles FOURNIER - Oui, mais quel est le problème ? Cest ce que jévoque.
Mme MAINCION - ... (Inaudible hors micro).
M. le Président - Monsieur Charles FOURNIER, poursuivez !
M. Charles FOURNIER - Peu importe, nous allons rencontrer lAssociation des maires ruraux pour avoir un échange et entendre les inquiétudes que vous évoquez, Isabelle MAINCION. Tout cela est pris en considération et sera loccasion dun travail avec eux.
M. le Président - Je vous remercie de cette précision.
Dernier orateur inscrit, Monsieur USSEGLIO, vous avez la parole.
M. USSEGLIO - Merci, Monsieur le Président.
Chers collègues, tout le monde a évoqué le terme de « révolution ». Je crois que cest effectivement le cas : moins dacteurs, plus de compétences pour la Région, cela nous permettra de nous saisir dun sujet complexe pour le simplifier, non pas pour faire moins mais pour faire plus et mieux.
Comme dautres orateurs avant moi, je veux saluer le travail immense engagé par le Vice-président dans un délai contraint mais aussi par les agents de notre collectivité. Nous sommes dans une période où lon peut parfois critiquer les fonctionnaires mais leur engagement est sans faille et les heures nont pas été comptées pour que ce soit prêt dans les temps.
Je veux saluer le fait que lon assure la continuité des services dès début 2017 et que lon ne perde pas une année pour commencer à penser lavenir. Lobjectif de concertation, tel quil est proposé par le Vice-président, est essentiel parce quil va falloir partir des besoins, des attentes et des préoccupations. Bref, notre projet est de mettre le voyageur au centre.
Jai entendu une question de Monsieur NICOLAS que je trouve très intéressante sur « qui paie ? ». Les Régions, les Agglomérations et certaines Intercommunalités ont ce sujet et jai lu, dans certains programmes présidentiels, lannonce de la suppression du « Versement transport ».
Je peux vous dire que, dans le territoire doù je viens, si la suppression du « Versement transport » se produisait, elle poserait de façon très aiguë la question de « qui paie ? ». Sil ny a pas de réponse en face, et je ne suis pas sûr que les finances des Agglomérations et des Intercommunalités permettent de compenser, elle posera elle la question de la suppression de services à ces échelles.
Nous devons tous être collectivement porteurs dun enjeu du maintien du « Versement transport ».
Nous avançons avec une vision de transition énergétique : pouvoir se déplacer est vecteur dégalité et de liberté comme le disait notre collègue Guillaume PELTIER , vecteur de cohésion sociale et territoriale. Je veux reprendre les mots dIsabelle MAINCION et de Charles FOURNIER : cest vital pour la vie en milieu rural.
Bref, plus quharmoniser, notre objectif et je veux saluer ce que portent le Vice-président et notre Majorité est de transformer pour mieux transporter et mieux se déplacer.
Merci.
M. le Président - Tous les orateurs qui le souhaitaient ont pu sexprimer là-dessus.
Je vais inviter le Vice-président à apporter des éléments de réponse ou de réflexion.
M. Philippe FOURNIÉ - Merci.
Je vais fournir quelques éléments de réponse. Je vais essayer de ne pas en oublier mais je finirai par la relation avec la SNCF. En effet, cest le morceau de choix qui, depuis 12 mois, non pas mempêche de dormir mais me fait
vibrer ? Je ne suis pas sûr. En tout cas, eux, cela les fait vibrer !
(Rires)
Premièrement, sagissant du travail accompli, la redélégation et la CVAE, Monsieur CHASSIER a parlé de précipitation mais il ny en a pas eu. Cela a été un travail de fourmi, extrêmement précis. Quand il y a des millions deuros en jeu, il vaut mieux prendre son temps quavoir un désaccord. Nous avons souhaité, nous, avoir un accord avec chaque Département, très clairement.
Beaucoup de Régions, de Droite et de Gauche, ont des accords avec certains Départements et pas dautres. Il ny a pas de rapport politique, cest seulement financier. Nous avons souhaité travailler, retravailler, rediscuter ; nous nétions pas daccord puis nous sommes tombés daccord, etc., tout cela pour aboutir à un point déquilibre.
Une partie de ma famille est maquignonne : cest vraiment à la fin de la foire que lon réussit à trouver laccord.
(Rires)
Cela a peut-être été long mais nous avons trouvé un accord avec lensemble des Départements. On trouve toujours un accord !
Deuxièmement, Madame MAINCION a parlé de la CVAE. Très clairement, nous aurions pu proposer aux Départements la CVAE 2016. Dans le cadre de notre grande bonté, nous leur avons proposé, parce quils vont travailler en 2017 et que cétait moralement juste, la CVAE telle quelle nous a été notifiée aujourdhui.
Dans un premier temps, beaucoup de Départements lont accepté, puis lun deux a dit : « Non, il faudrait la CVAE finale qui vous sera notifiée en mars, avec une clause de revoyure. » Vous comprenez bien que, si on commence les clauses de revoyure dans les conventions, on ny arrive pas. Notamment avec lÉtat, on na pas fini !
Nous avions une position claire, de bon sens et positive.
Je vais vous dire un chiffre : le dynamisme de la CVAE, telle quelle nous a été notifiée, a permis, par rapport à ce que nous aurions pu faire, de reverser 5,1 millions deuros à lensemble des six Départements. Ce nest pas un cadeau : je le répète, cest moralement juste mais nous aurions pu ne pas le faire et le garder pour notre budget. Vous savez quil est contraint, avec la baisse des dotations, etc. Je ne vais pas vous le refaire !
Je vais prendre lexemple du Département du Cher, que je connais bien : cela représente 546 000 euros. Sil ny avait pas eu daccord et si nous avions pris la compétence le 1er janvier, ils avaient dans leur budget 546 000 euros en moins. Pour le Loiret, cest 2,5 millions deuros.
Certains Départements ont essayé de jouer en disant : « Si nacceptez pas laccord, nous ne le ferons pas le 1er janvier. »
Rassurez-vous, vous savez que nous sommes des personnes assez prévoyantes. Nous avions un plan B. Quand ils ont appelé les transporteurs pour leur demander : « Est-il vrai que la Région vous a contactés pour mettre en place dès le 1er janvier sil ny avait pas accord ? », ils se sont aperçus que cétait vrai. Nous avions travaillé en parallèle sur un plan B, au cas où, parce quil est bien évident que nous nallions pas négocier dans les CLECRT avec le fusil sur la table en disant : « Si vous nêtes pas daccord, nous ne mettrons pas en uvre la redélégation au 1er janvier. »
Nous avons trouvé un équilibre global. Nous sommes à présent sur la CVAE telle quelle nous a été notifiée. Je le dis, cest moralement juste et cohérent. Cela permettra davoir des relations totalement apaisées pour préparer la rentrée 2017, parce que ce sera lun des sujets sur lesquels les services vont travailler.
Pour ce qui est des transports scolaires, il est bien évident que nous allons garder les AO2. Je vais en citer trois : Transdev, Keolis et RATP Dev. De cette manière, je naurai pas de problème !
Si on les écoute, ils nous disent : « Pourquoi vous embêtez-vous pour tout ? Déchargez-vous, donnez-nous une DSP globale, comme nous le faisons dans tel territoire. Nous savons tout faire : le ferroviaire même la SNCF nous le dit ! , le routier, etc. Ne vous embêtez pas, déresponsabilisez-vous ! »
Sauf que nous avons une autre logique : nous sommes autorité administrative de transport, qui contient le mot « autorité ». Nous devons assumer notre autorité et encore plus.
Ainsi, nous garderons les AO2 parce quil est essentiel pour les territoires que nous ayons des syndicats, oui, mais aussi des transporteurs locaux. Je vais vous dire : quand on aura besoin demmener des personnes âgées pour aller à un cabaret ou ailleurs, ce ne sont pas les grands transporteurs qui le feront ; quand on aura besoin de véhiculer le club de foot qui va jouer le dimanche après-midi à 17 kilomètres, cest un transporteur local qui le fera et qui nous fera des prix. Si nous ne les avons plus, beaucoup dactions nous coûteront beaucoup plus cher et certaines ne se feront plus.
Nous souhaitons, au niveau du transport scolaire, garder lensemble des AO2 et faire évoluer le niveau de service.
Pour les AO2, cest une belle proposition que vous nous avez faite mais, avec le Président BONNEAU, nous avons déjà un planning en constitution. Des réunions sont prévues avec lensemble des AO2 pour les rassurer et leur expliquer notre dispositif et nos projections. Il ny a donc pas de souci. Ce sera en début dannée, en février-mars. Je suivrai mon agenda.
Cétait le sujet des AO2 et des transports scolaires.
Au sujet de la gratuité, nous mettrons en uvre deux éléments pour éviter le surdimensionnement.
un droit de dossier : les familles éviteront de dépenser de largent à sinscrire pour rien ; je ne citerai pas de chiffres ;
un élément technique sur lequel nous avons commencé à travailler avec des transporteurs, à savoir quune liste est établie, puis un comptage est assuré au bout de quinze jours. Les familles qui nempruntent pas les transports scolaires reçoivent une première lettre davertissement. Au bout dun mois, pour le dire rapidement, elles sont radiées.
À mon avis, il faut combiner les deux pour éviter davoir trop dinvestissement pour rien. Je suis daccord avec vous et je le dis toujours : lobjectif est véritablement lefficacité.
Tout le monde a parlé des véhicules. Nous avons commencé à le faire et à en discuter : il existe une charte écoresponsable pour les transporteurs, que nous portons avec lADEME et la DREAL, cest-à-dire un engagement des transporteurs routiers mais cela ne nous concerne pas puisque nous navons pas encore la compétence transports routiers et des transporteurs de passagers dans une charte comprenant des objectifs très précis de renouvellement des véhicules, de conduite écoresponsable, de formation, etc.
Il ny a quun transporteur de Touraine, que je ne citerai pas mais cest un groupe, qui sest engagé dans cette charte.
Sur certains marchés, il faudra dans cette charte des conditionnalités portant sur le gaz. Nous avons déjà mené des réflexions avec des transporteurs mais aussi avec GRDF et il faudra associer lensemble des opérateurs. Dans un premier temps, ce sera en fonction de ce que la DREAL permettra comme installation de distributeurs de point de gaz. Ce nest pas simple. Nous devrons avoir une expérimentation dans chaque département dici 2018 pour quun transporteur sengage à lévolution de son parc. Cest un enjeu essentiel.
Des transporteurs semblent déjà intéressés pour cette évolution. Nous avons cette réflexion et nous travaillerons sur ce sujet.
Concernant les TET, pour résumer vis-à-vis de la ligne que je connais un peu et à laquelle je suis attaché comme dautres élus, tel Louis COSYNS qui nest pas là , cest-à-dire Paris-Bourges-Montluçon, sil ny a pas la reprise en 2018, il ny aura plus rien entre Bourges et Montluçon. Il y aura toujours des TER mais plus de TET. Dans le rapport Duron, cest la fin, car ce nétait plus la ligne Paris-Bourges-Montluçon, cétait Paris-Bourges.
Nous nous engageons à maintenir cette ligne sur laquelle léquation est multiple. Si les habitants de Montluçon et de Saint-Amand-Montrond veulent aller très rapidement à Paris, ils peuvent passer directement par Vierzon, qui est une très belle ville, en plus ; cest un enjeu.
Létat de la ligne est tel quelle est en travaux. Depuis quelques semaines et pendant encore plusieurs semaines, il y a des cars de remplacement. Cest une ligne sur laquelle, ne loubliez pas, même si certaines personnes de la SNCF nous disaient : « Ce sera très compliqué de lélectrifier », nous nous sommes battus pour létude et la rénovation de lélectrification.
Nous verrons au prochain CPER si nous avons des crédits sur lélectrification ; cest un véritable enjeu.
Globalement, si nous navions pas repris les autres lignes, il y aurait une baisse du service. Nous sommes en discussion, pas quotidienne mais quasiment, avec la Région Bourgogne-Franche-Comté sur le devenir de la ligne Paris-Nevers pour laquelle nous payons déjà une partie de la subvention déquilibre, alors que nous navons aucune autorité.
Voici quelques années, on nous a demandé de payer et le service se dégradait. Ce nétait plus possible et nous avons dit à ce moment-là : « Quand on paie, il faut avoir lautorité. »
Au sujet des cars Macron, Monsieur CHASSIER, il est bien évident que nous avons toujours dit « non » sils sont en concurrence avec nos autres moyens de déplacement régionaux. Cependant, certains peuvent être complémentaires de ceux qui existent. Je vais donner le seul exemple qui existe en région : une entreprise de Montargis affrète un car Macron le week-end entre Montargis et Tours pour emmener les étudiants et les ramener.
Jai dit au transporteur quil serait intégré dans le schéma de mobilité. Nous nallons pas créer quelque chose qui va nous coûter et qui existe déjà. Il faut être pragmatique, nous lavons dit, le transport en commun est partagé. Il y aura aussi une réflexion avec les systèmes partagés et les relations avec la SNCF.
Pour résumer, voici un mois et demi, jai été convié par SNCF Région Centre-Val de Loire à parler devant les cadres et techniciens de la région. Cela a été long, ils mont écouté durant 40 minutes. Je vais vous raconter une anecdote qui résume un peu. Le directeur régional de la SNCF, qui est très sympathique, me donne le micro en expliquant : « Je donne la parole à Philippe FOURNIÉ qui est notre premier client. »
Avant de lui dire bonjour, je lui ai dit : « Non, vous vous trompez : je suis donneur dordre et vous êtes notre prestataire de services. » Cela résume tout le changement que nous devons avoir.
Je peux vous donner des éléments techniques. Une gare qui est dans la convention TER est fermée parce que lagent de la SNCF est en arrêt maladie ; cest en totale contradiction. Nous leur avons écrit, ils nous ont répondu : « Nous navons personne pour le remplacer. » Nous nous sommes aperçus que, dans la convention TER, il ny avait pas de pénalités. Je leur ai envoyé un courrier leur signalant que nous allions la renégocier, en leur écrivant officiellement : « Lannée prochaine, nous vous enlèverons 250 000 euros. »
Cest la somme que lon nous fait payer pour la reprise dun guichet à Saint-Pierre-des-Corps. Pour moi, dans une autre gare, cela coûte pareil, donc un guichet : 250 000 euros.
(Rires)
Je vous ai raconté en Commission permanente lhistoire de lamiante. Pour les rames que nous achetons, nous payons lamortissement, la maintenance, etc., pendant des lustres mais elles ne nous appartiennent plus pendant 40 ans. Au bout de cette durée, elles sont parquées et nous payons le parking. Après, elles sont démantelées. A priori, la SNCF garde le résultat du démantèlement. En outre, ils nous ont écrit que nous devions payer paie 960 000 euros de désamiantage. Nous leur avons répondu « non », en disant quen plus, ils auraient pu ajouter les centaines deuros pour la casquette du chef de gare !
(Rires)
Non, il faut arrêter ! Jai encore évoqué trois éléments vendredi dernier à la SNCF, pour parler de la production du mois doctobre.
Le premier est la lisibilité dans les comptes. Il nest pas possible que nous ne sachions pas tous les euros dépensés. Toutes les Régions sont sur cette ligne.
Le deuxième élément est lefficacité. Nous avons des ratios importants mais qui baissent parfois. Nous devons véritablement parvenir à des performances defficacité importantes.
Je nétais pas présent la fois dernière en début de Commission permanente. Vous avez voté ou non lun de mes voyages ils ne sont pas nombreux à Birmingham : vous voyez que ce nest pas un voyage dagrément, je ne suis pas parti à Java !
(Brouhaha)
À Birmingham, je suis allé visiter un centre de maintenance privé fait par Bombardier puisque nous sommes amenés à en avoir un nouveau aux Aubrais. En effet, nous avons pris la décision : il nous appartiendra ; nous achèterons le foncier et nous monterons latelier. Je suis donc allé voir ce centre de maintenance géré par un constructeur privé. Il a des avancées technologiques de dix ans par rapport à ce quil se passe partout en France. Ce nest pas de lexpérimental. De plus, les conditions de travail et de production, de même que les objectifs, sont bien meilleures quen France.
Bien sûr, la SNCF la su dès le lendemain et elle ma dit : « Ah ? Vous êtes allé à Birmingham voir le centre de maintenance de Bombardier ? »
Oui, en revanche, aujourdhui, jai visité Saint-Pierre-des-Corps : jen suis ressorti vivant !
(Rires)
Non, ils ne mont pas séquestré !
Je ne suis pas un fanatique de la mise en concurrence, mais il faut que la parabole soit la même et quelle soit vertueuse. Techniquement, en termes de production et dobjectifs, nous devons aller vers cette évolution.
Le troisième élément, après la lisibilité et lefficacité, est le coût. Il est bien évident, vous lavez vu, vous avez voté le budget, que la convention TER a baissé de 5 millions deuros, alors quelle devait augmenter de plusieurs millions deuros. On ne peut pas partir sur un coût sans commune mesure avec le service que les gens reçoivent.
Cest ce que je voulais répondre sur les relations avec la SNCF. Je nai pas dintérêts à la SNCF, vous laurez compris, je nen suis pas issu mais cela me surprend. Pour autant, tous les jours, elle amène 55 000 personnes dans notre région et fait circuler 300 trains, ce qui est extrêmement compliqué mais il faut toujours faire mieux et nous devons changer nos relations avec eux et les objectifs.
M. le Président - Je vous remercie de ces échanges et de ces réponses.
Trois points très rapidement.
Premièrement, concernant les « cars Macron », vous avez regardé hier la manifestation des véhicules et de leurs chauffeurs, surtout Uber. Prenons garde à des structures émergentes qui peuvent casser des organisations publiques, privées, etc., avec un dumping pas possible et qui ensuite sont contraintes de se retirer en laissant un grand vide. Je ne dis pas cela globalement pour tous les circuits mais, franchement, nous savons très bien quil y a eu des fonctionnements à perte pour obtenir des marchés et casser des systèmes. Quand on parle daménagement du territoire équilibré, on doit avoir cela en tête.
Il ne sagit pas de dire que lon ne connaît pas mais de regarder cela dans une perspective économique durable, pour avoir un aménagement du territoire.
Deuxièmement, par rapport à ce que disait Madame MAINCION, il faut bien prendre en compte ces aspects de proximité. Philippe FOURNIÉ la très bien illustré, il ne faut surtout pas laisser penser que, depuis Orléans, une administration ou un Vice-président vont tout organiser beaucoup mieux que tout ce qui se faisait avant dans la proximité.
Le principe est de garder ces autorités organisatrices de niveau 2. Bien évidemment, elles font un travail de proximité extraordinaire : « les lieux darrêt, combien denfants ? », « il ny en a plus dans ce hameau donc il vaut mieux déplacer ici » ; ce nest pas depuis Orléans que nous allons définir tout cela. Vous avez mille fois raison, cest prévu, nous allons nous réunir pour définir cela et ils garderont cette responsabilité en commun avec nous.
Un élément na pas été précisé : nous installerons à partir du 1er janvier ces antennes départementales dont jai parlé.
Concernant les niveaux de responsabilité qui doivent se jouer dans la proximité, nous avons beaucoup parlé de léconomie hier, des transports aujourdhui, de laccompagnement des lycées et de la formation professionnelle. Nous voulons avoir des points avancés, organisés et structurés qui travailleront ensemble, à léchelle de chacun des espaces départementaux pour nourrir cette proximité.
Je souhaitais le préciser.
Troisièmement, un service public et une gratuité, ce nest pas un portefeuille ouvert : « vous vous inscrivez ou non, vous montez ou non ». Il y a un exercice de responsabilité. Parce que cela engage, nous mettrons en place des frais de dossier.
Pour être certain quaucun arrêt ne soit inutile et quil ny ait pas de désorganisation, cela se fait dans le cadre de la responsabilité.
En ce qui concerne la SNCF, oui, dans cette région et partout en France, il nous appartient daffirmer, sur la propriété du matériel, sur les centres de maintenance, sur la posture de la collectivité responsable, un rapport de donneur dordre véritablement. La SNCF doit nous apporter des éléments qui concourent à la mise en uvre de décisions qualitatives, mais il ne faut pas inverser les rôles ; nous y travaillons.
Après ce débat riche et fécond qui nous a permis à la fois déchanger une information et de venir au rapport qui nous intéresse très directement aujourdhui, à savoir le transfert de compétences transports scolaires et interurbains, je prends le vote.
(Mis aux voix, le rapport est adopté à lunanimité)
Pour : Socialistes, Radicaux et Démocrates / Écologiste / Union de la Droite et du Centre / Front National
M. le Président - Il sagit maintenant dune communication vers un écosystème du numérique en Centre-Val de Loire : « Ma Région Numérique ».
Jappelle le conseiller délégué en la matière : Pierre COMMANDEUR qui va présenter ce rapport.
Communication - Vers un écosystème du numérique en Centre-Val de Loire : « Ma Région Numérique »
(COMMUNICATION N°8)
M. COMMANDEUR - Il sagit aujourdhui de faire un point détape sur la démarche participative initiée au deuxième trimestre par les états généraux du numérique et qui aboutira à la fin du premier semestre sur le vote dun schéma des usages.
Je vais faire un très rapide rappel historique : notre collectivité ne débarque pas dans le sujet du numérique car il a déjà été abordé, notamment via des infrastructures, avec volonté et dynamisme puisque nous investissons 170 millions deuros dans le déploiement du très haut débit. Nous avons également investi :
dans le déploiement des EPN, des « tiers lieux », de la « French Tech », notamment avec la création du fonds dinvestissement voté lors de la dernière Commission permanente ;
dans lémergence et le soutien décosystèmes numériques.
Avant daborder le contenu du rapport, je souhaite donner quelques exemples et illustrer ce quest la transformation numérique dans notre pays et à léchelle mondiale.
Dans notre pays, sagissant de léconomie, les PME représentent 99 % des entreprises en France, mais elles ne sont que 16 % en 2015 à avoir amorcé le virage de la vente en ligne, ce qui fait que la France en la matière est 13ème au rang européen. Cest assez représentatif du retard que nous avons en la matière.
Nous avons un cabinet qui prédit pour la France, à lhorizon 2025, la suppression de 3 millions demplois par les gains de productivité apportés par le numérique.
En matière déconomie, le Président la évoqué, je voulais vous parler un peu de lactualité avec Uber mais aussi avec Airbnb : on voit bien que la puissance publique est à la traîne sur ces sujets. Nous navons pas pris conscience de ce quil se passait et nous nous retrouvons dans un mode de réaction. Par exemple, à Londres, les contrats de prestations Uber ont été transformés en contrat de travail ; cest un mode de réaction. Si nous ne prenons pas conscience de cette transformation numérique, nous allons nous retrouver dans une situation de réaction et de création de monopole privé, ce qui est le cas de Airbnb, dUber ou de Booking qui sont des monopoles privés de fait sur lesquels la puissance publique na plus beaucoup daction.
Cest un risque pour léconomie mais cest aussi une formidable opportunité.
Je citerai trois exemples.
Le premier concerne la restauration. Heureusement, nous mangeons encore des produits physiques et concrets et non numériques, mais des restaurateurs commencent à utiliser le numérique pour faire des précommandes et éviter de jeter trop de nourriture tous les jours. Il est difficile pour les restaurateurs de savoir par avance sils vont faire 30, 40, 50 ou 60 couverts. Avec la précommande numérique, ils ont la possibilité dajuster leur commande de nourriture.
Le deuxième sappuie sur lartisanat. On imagine lartisanat loin de ce monde-là. Pourtant, dans la région, nous avons un charpentier qui utilise la modélisation 3D et des machines à commande numérique pour produire les éléments de charpente. Cela lui donne un avantage concurrentiel extrêmement important par rapport aux artisans qui ne sadaptent pas à cette transition numérique.
Le troisième exemple est dans la matière du droit : on assiste à une ubérisation progressive, puisque cest le terme utilisé, du droit avec des plateformes qui permettent de se faire assister et davoir des courriers automatiques en fonction des problèmes que lon peut avoir.
Dans le domaine du savoir, jamais lHumanité na eu un accès aussi facile et large à la connaissance ; ce nest jamais arrivé. La première fois que lon a fait un bond dans ce domaine, cétait au moment du développement de limprimerie, ce qui a provoqué des freins : je rappelle quà cette époque, lÉglise catholique a inventé lIndex librorum prohibitorum qui condamnait à mort tout chrétien, tout catholique qui lisait certains livres. On a un peu tendance à avoir la même réaction face à cette économie, une réaction dopposition et non dadaptation ; je pense, par exemple, à Wikipédia et aux plateformes de partage en ligne qui permettent de partager de linformation.
Le numérique est un outil qui permet daccéder au meilleur de linformation avec des transformations assez importantes. Cest concret, cest déjà en place ; pour vous donner un exemple, je pense à luniversité virtuelle qui est développée par lUnion africaine, le Cameroun et lInde ; elle délivre des masters, donc permet de suivre un cursus intégralement en trois ans par Internet. Cest une université francophone, on peut tout à fait imaginer que des étudiants, de jeunes Français sinscrivent à ce type duniversité pour un master financier ou en management.
Cest maintenant ! Si nos universités ne sadaptent pas à cette transformation, on risque davoir une concurrence qui sinstalle.
Dans le domaine de la santé, de la prévention et des soins, des outils peuvent être connectés à des téléphones ou des montres connectées qui permettent de faire de la prévention. Cest aussi une opportunité en termes de désertification médicale ; on ne remplacera jamais le médecin en tant que tel dans la relation humaine, mais on peut faire appel, avec des systèmes de médecine à distance, à des spécialistes beaucoup plus facilement. Cela représente une opportunité mais également des risques en matière dintimité et de protection des données de santé.
En termes de culture, on a des formes dexpression numérique et de transmission des uvres mais aussi le développement de la virtualisation des visites et des musées qui, à mon avis, va changer assez fortement notre relation à la culture et au tourisme. Cela se développe, on pourra visiter le Louvre comme si on était seul, donc passer le temps que lon voudra devant les uvres et les voir de la manière que lon souhaite.
Cest identique dans le tourisme. On en a parlé hier et on lévoque assez régulièrement : il a un atout dans la région avec notamment la visite des châteaux. Or, la visite virtuelle des châteaux est en train de se développer et on pourra explorer ainsi des lieux que lon ne pourrait pas visiter physiquement. Par exemple, on voit Chambord comme si on était un oiseau, donc on admire les toits et les terrasses. De fortes concurrences se créent en matière de tourisme. Si notre Région ne sadapte pas, nous risquons davoir une baisse de la fréquentation touristique.
De même, dans le transport, on constate le développement du covoiturage. Le Président a parlé dUber mais on a le développement des véhicules autonomes. On a la location de vélos qui a été rendue possible par les plateformes numériques de réservation. On a la création de lutilisation du véhicule à la demande, développée dans plusieurs villes, par exemple, à Tours. On a une transformation de la propriété du moyen de transport à lusage. De la même manière, il faut que dans nos schémas, nous soyons capables de nous adapter à cette transformation.
En termes daménagement du territoire, avec la dématérialisation de lactivité parce que des emplois disparaissent mais de nouveaux se créent, souvent avec un travail dématérialisé et virtuel , on a une possibilité de recréer plus facilement de lemploi dans les zones rurales, dans la mesure où lon na pas besoin davoir du matériel ni laccès à certaines infrastructures.
Dans le domaine du sport, le « e-sport » se développe de manière extrêmement important. À léchelle mondiale, il représente 7 millions dheures de diffusion de matches regardées par jour. Cest un phénomène extrêmement important. À mon avis, la Région doit accompagner. LÉtat commence à sengager avec la création dune fédération et réfléchit au statut de joueur professionnel.
Je voulais vous donner quelques illustrations ; nous sommes dans un phénomène assez profond qui est le passage dun fonctionnement vertical, en silo, hiérarchique, avec des secteurs isolés les uns des autres, avec un décideur et après, cela descend toute la chaîne de la hiérarchie, vers un fonctionnement beaucoup plus horizontal, de pair à pair et en réseau. Cela a un impact en termes de démocratie locale, avec un citoyen qui veut être bien plus impliqué dans les décisions.
Cest le développement de ce que lon appelle les « civic tech ». La semaine dernière, il y avait un grand forum sur lOpen Government à Paris. À ce sujet, lÉtat est assez à la pointe, avec la coconstruction de la loi LEMAIRE pour une République numérique qui a utilisé des outils de démocratie participative.
Dans la Région, nous sommes assez exemplaires dans ce domaine, entre les démarches suivies avec les différents états généraux et ce qui a été lancé par le Vice-président Charles FOURNIER, mais il faut aller plus loin sur le sujet.
Ce passage du vertical à lhorizontal aura également un impact à lintérieur du fonctionnement des entreprises, dans leurs relations hiérarchiques.
Cest un propos introductif un peu long mais je vais venir sur le rapport.
Je rappelle que nous avons engagé une démarche, de juin à octobre, avec les états généraux du numérique. Cela a été un succès, nous avons eu beaucoup de participations, beaucoup de présents, beaucoup de contributions dassociations et par Internet. Nous avons eu une démarche, comme chaque fois, telle que nous sommes allés partout sur le terrain dans les départements. De plus, cette fois-ci, nous étions dans les entreprises puisque les rencontres y ont eu lieu.
Que nous a démontré cette concertation ?
Premièrement, une forte attente des entreprises et des citoyens vis-à-vis des pouvoirs publics : ils sont extrêmement demandeurs daccompagnement.
Deuxièmement, la nécessité de mettre en place des démarches collectives : il y a moins besoin daccompagnements individuels que de soutien à des démarches collectives et de pair à pair. Jai lhabitude de dire que la meilleure personne pour sensibiliser un chef dentreprise à la transformation numérique de son activité, cest un autre chef dentreprise qui la vécue et mise en place. Ce ne sont pas des élus, même pas les chambres consulaires qui vont expliquer la démarche, cest bien un chef dentreprise qui en a tiré le bénéfice qui peut lexpliquer.
Troisièmement, le besoin dinclusion numérique sociale et économique : on a besoin de réparer une fracture numérique qui sest installée et surtout de ne pas en créer de nouvelles.
Quatrièmement, lutilité et la demande doutils numériques pour améliorer la participation citoyenne mais aussi laccessibilité à linformation.
Cinquièmement, je lai déjà évoqué, le fait que toutes les filières, toutes les activités, toutes les politiques publiques sont concernées : ce nest pas une politique du numérique, cest du numérique dans toutes les politiques publiques.
On voit bien que la réponse que nous devons apporter est globale et transverse ; elle nest pas verticale. Nous souhaitons développer un écosystème régional du numérique. Il se traduira par la numérisation des politiques publiques de la Région sous trois angles :
en interne, nous-mêmes en améliorant et numérisant nos processus et en utilisant le numérique comme un levier de relation avec les usagers de la politique régionale ;
en développant de nouvelles formes de concertation ;
en adaptant le contenu de nos politiques à la numérisation ; jai parlé un peu du contenu de toutes nos politiques jusquà présent.
On voit bien que cest une démarche assez transversale, donc elle implique la mise en place dune gouvernance politique transversale.
Nous voulons suivre ce que lon a appelé un « cadre éthique », puisquil ne sagit pas de faire du numérique pour du numérique mais bien de suivre les valeurs que notre Majorité veut défendre.
Le premier élément de ce cadre éthique est le fait que le numérique doit être un facteur dégalité daccès. Actuellement, on a des difficultés. On entend la population nous dire : « Linscription Pôle Emploi, cest par Internet. » La déclaration dimpôts sera par Internet. Cest certainement le rôle de notre Région de ne pas créer de nouvelles fractures avec ces éléments de transformation de déclaration physique en numérique, donc dêtre un facteur dégalité daccès.
Le deuxième élément du cadre éthique que nous nous sommes fixé est que cela doit être un outil de liberté dexpression et daccès à linformation avec la plus grande neutralité possible.
Le troisième élément est que nous voulons avoir un numérique au service de la solidarité entre générations et entre territoires. En réalité, nous voulons un numérique au service du progrès social et environnemental. Ce nest pas le numérique pour le numérique mais dans le cadre dune politique sociale de la Région.
Enfin, le numérique ne doit pas créer de nouveaux risques. On a bien compris que beaucoup étaient associés au numérique mais on doit pouvoir respecter lintimité des personnes.
Je voudrais rappeler un principe essentiel de lInternet et de lère numérique : chaque fois que vous accédez à des services gratuits, vous êtes le produit. Cest le cas dans le cadre de loffre privée. Le seul moyen de contourner et de donner tort à cette maxime, cest la puissance publique, capable de faire du gratuit pour lusager sans monétiser, donc sans transformer lusager en produit. De ce fait, nous avons un rôle assez important et il faut fixer ce cadre éthique pour la Région.
Je vais évoquer quelques objectifs assez généraux :
continuer le développement des tuyaux, cest-à-dire de laccès à Internet aussi bien par le fixe que par le mobile ;
mettre des données à la disposition des associations de léconomie sociale et solidaire et des entreprises : cest ce que lon appelle lOpen Data ; cest une question de transparence démocratique et de fourniture des données pour que le citoyen puisse sen emparer, directement ou indirectement, afin de mieux comprendre ce que sont nos politiques publiques et mieux les contrôler ;
adapter la démarche du Conseil national du numérique, mis en place par le gouvernement actuel : cest un organe de consultation et de proposition dans le cadre des politiques numériques, constitué dacteurs et dusagers du numérique ; nous voulons le décliner à léchelle régionale afin quil nous propose des éléments politiques et que nous soyons consultés sur les choix que nous opérerons ;
moderniser notre politique aussi bien sur la forme que sur le fond.
Voilà en quelques mots le point détape que nous vous présentons en vous rappelant quil reste du travail à accomplir dici à la rédaction, pour un vote du rapport probablement à la fin du premier semestre.
M. le Président - Je vous remercie, Pierre COMMANDEUR, de cette présentation des enjeux considérables. Si je dis quils recouvrent 360 degrés, cela ne rendra pas vraiment compte car on reste dans une seule dimension, a priori. Je vais donc dire que cest 360 degrés dans les trois dimensions.
La volonté publique est de faire en sorte quil y ait ce développement au bénéfice de tous les territoires et que ce soit globalement un plus pour tous les domaines qui ont été cités.
À propos de cette communication, jappelle les demandes dintervention.
Je demanderai aux intervenants de groupe de ne pas dépasser 5 minutes de manière que Cathy MÜNSCH-MASSET, qui doit se déplacer vers la Touraine pour une visite ministérielle, puisse intervenir.
Madame RENIER, vous avez la parole.
Mme RENIER - Merci, Monsieur le Président.
Nous sommes tous daccord pour affirmer que le développement du numérique est stratégique pour les territoires, les citoyens et les entreprises. Lintervention publique doit :
favoriser la desserte en très haut débit ;
faciliter laccès à des services de qualité ;
accompagner lintégration du numérique dans léconomie ;
renforcer la performance dans léducation, la formation et la santé ;
permettre à la région dêtre performante et attractive.
La Région doit jouer pleinement son rôle dans lévolution numérique de son territoire, tant pour laccès aux infrastructures et aux services que pour le développement des nouveaux usages.
Pour répondre à lexplosion de ces usages numériques, nous devons veiller à offrir laccès à une infrastructure performante dans lensemble du territoire, notamment par le déploiement du très haut débit fixe mais aussi mobile, la 4G et la 5G. Laménagement numérique des territoires répond à des enjeux considérables en termes dattractivité, de cohésion sociale et dinnovation. La Région est bien léchelon pertinent pour développer cette stratégie numérique.
Pour notre part, nous regrettons que les Départements soient partis en ordre dispersé dans la question essentielle du déploiement. Nous aurions préféré que la Région ait une démarche plus collective au service de ce déploiement. Cela aurait sans doute permis la réalisation déconomies, mais cela aurait surtout évité que des territoires prennent un retard considérable.
Je ne reviendrai pas sur mes inquiétudes délue du Cher, car je les ai déjà évoquées ici à la dernière session.
En outre, il nous semblerait pertinent davoir accès à létat davancement du déploiement dans lensemble du territoire régional. Je madresse à Monsieur ROULLET : cela peut être fait en Commission daménagement du territoire.
Néanmoins, le numérique ne se résume pas aux seules infrastructures, loin de là.
Le numérique, cest avant tout un atout pour répondre aux défis de notre société, quils soient environnementaux, économiques, sociaux ou éthiques. La Région doit accompagner les citoyens et les professionnels dans laccès aux nouveaux outils, aux données et aux services numériques : la télémédecine, le-administration et la relation citoyenne, le-tourisme vous en avez parlé avec la réalité augmentée mais aussi lorientation. Je voudrais citer une jeune start-up de Bourges qui numérise les forums dorientation. Elle était présente au Forum de Bourges et le sera au Forum de Tours.
Le numérique fait partie de notre quotidien et transforme en profondeur notre société et nos modes de vie. Cest bien en favorisant la mutualisation et le partage dexercice que la Région facilitera linnovation numérique pour et surtout avec les habitants du Centre-Val de Loire, au bénéfice du développement de leur territoire.
Le numérique est porteur dune nouvelle économie et de nouveaux emplois. Il génère des changements dans lorganisation du travail et les compétences attendues. La Région devra mobiliser lensemble de ses missions en développement économique, formation, transport, pour faire du numérique une véritable opportunité pour lemploi et linnovation, en avant pour « Une Région Numérique ».
Jai bien dit « en avant », je nai pas dit « en marche » !
(Brouhaha)
M. le Président - Merci, Madame RENIER.
Monsieur Charles FOURNIER a la parole.
M. Charles FOURNIER - Merci, Monsieur le Président.
Chers collègues, je vous remercie douvrir ce débat moins sur les infrastructures, puisque nous avons eu largement loccasion déchanger à leur sujet, même sil reste beaucoup à faire, que sur les usages sur desquels se centre cette stratégie et qui sont un enjeu essentiel.
Cest bien louverture dun débat, même si le conseiller délégué a déjà largement identifié des points de ce que pourrait être une feuille de route ; jen partage beaucoup. En même temps, pour nous, il est toujours utile davoir une approche équilibrée, sans peur ni sans vision magique du numérique. Il sagit davoir une approche raisonnable qui identifie à la fois tous les bénéfices et tous les risques.
Nous sommes daccord pour dire quil y a une révolution numérique, quelle est porteuse despoir mais quelle pose aussi de nombreuses questions. Il ne faudrait pas que le temps que nous cherchons à répondre à ces questions impacte le côté merveilleux.
Je reviendrai sur quelques sujets qui nous semblent centraux dans la réflexion que nous devons avoir pour cette stratégie des usages numériques.
Je reviens encore une fois sur la concertation qui a été de qualité. On voit que cest un sujet qui intéresse chacun et dans lequel tout le monde se sent concerné en tant que citoyen, acteur, administration ou entreprise. Derrière cela, cest une vraie opportunité davoir une vision collective du numérique. Nous apprécions que, dès à présent, dans la communication, soit évoqué un cadre de valeurs et déthique qui nous semble essentiel mais quil faudra faire vivre. Cest un sujet fondamental.
Nous sommes heureux didentifier que nous allons travailler un écosystème, que la Région ne sera pas seulement un financeur au-dessus mais quelle sera intégrée dans cet écosystème, à côté des innovateurs et des acteurs du numérique. Pour nous, cela va tout à fait dans le bon sens.
Je voudrais revenir sur cinq défis essentiels.
1) La liberté et la protection numérique.
On entend souvent que la première des libertés serait la sécurité, cela sapplique aussi au numérique.
Sagissant de la protection des données, nous vivons actuellement dans la concentration et la volatilité des données, avec une intrusion dans nos vies quotidiennes. Nos choix de consommation sont parfois dictés par notre inscription dans de nombreux fichiers vendus et revendus. Cest un enjeu et cela ne génère pas uniquement des avantages, mais également des peurs et de très fortes interrogations concernant la protection des données personnelles et le sentiment dêtre un peu en insécurité par rapport à leur gestion.
Jen veux pour preuve que cela ne touche pas uniquement les citoyens mais également les administrations et les entreprises. Le ministre de la Défense veut mettre en place une « cyber-armée » pour résister à toutes les attaques numériques.
Autour de cela, gravitent des enjeux majeurs de liberté et de protection. À notre avis, ils ne peuvent pas être mis de côté.
2) Le libéralisme.
Il faut lappliquer au numérique. Il y a une forme de libéralisme numérique, un capitalisme numérique ; je pense aux GAFA, à savoir Google, Apple, Facebook et Amazon. Si lon veut combattre le libéralisme et que ce ne soient pas seulement des mots parfois mis dans cette assemblée, lenjeu fondamental est de résister à cette emprise totale des GAFA, à cette dépendance où le citoyen, et même ladministration, nont plus dautre choix que rester dans le Pack Office.
Autour de tout cela, les enjeux sont substantiels. Jinsiste sur celui du rééquilibrage par rapport à la vision exclusivement positive qui pourrait être donnée du numérique.
3) Léconomie collaborative, avec la transformation des métiers et des manières de travailler.
Cest une formidable opportunité et, en même temps, un enjeu de régulation, de règles. Vous avez évoqué lubérisation ; évidemment, cest important. 30 % des métiers seront impactés : certains seront détruits mais il nest pas sûr quautant soient recréés. En tout cas, une nouvelle manière de travailler sinvente et il faut être très sensible sur ces sujets.
4) La sobriété numérique.
Pour linstant, elle est oubliée dans la communication mais je suis bien certain que, dans la stratégie, elle trouvera sa place. Christelle de CRÉMIERS reviendra sur ce sujet. Lénergie, le recyclage du matériel, les matériaux rares utilisés pour le numérique sont un enjeu majeur pour lavenir.
5) Les enjeux sociétaux.
Ils sont nombreux : vous avez évoqué la fracture numérique. Je parlerai dun illettrisme numérique sur lequel il nous faut veiller. Beaucoup de nos concitoyens sont parfois exaspérés de ne plus avoir de relations avec des humains mais exclusivement numériques, avec la banque et ladministration. Nous devons être très vigilants à ce sujet.
Nous avons un enjeu autour de la démocratie. Les perspectives sont extrêmement intéressantes mais il ne faut pas que ce soit la somme des opinions individuelles, limmédiat, le trolling, le hacking qui viennent bousculer.
Cette démocratie peut exister par le numérique si elle est vivante dans lespace physique. Le numérique doit être au service dune démocratie qui se vit aussi par le contact et léchange réel.
Nous avons des enjeux déducation. Il ne faut pas que les objets connectés remplacent le travail de médiation avec les savoirs, le rôle des enseignants. Ils ont toute leur place là-dedans mais il faut rester vigilant pour que cela ne vienne pas complètement modifier la relation pédagogique. Lobjet connecté nest pas en soi un médiateur de savoirs mais cest un outil qui peut servir laccès aux savoirs.
Nous avons lenjeu majeur de légalité des territoires et de leur aménagement ; cela a été évoqué pour les territoires ruraux. Nous avons là une opportunité intéressante en redéfinissant le rôle de nos espaces publics numériques et celui des lieux dexpérimentation (« tiers lieux », Fablabs, etc.) dans les territoires ruraux. Nous devons avoir une vision davenir à ce sujet.
Pour la santé, cela a été évoqué.
Je terminerai en disant que, pour nous, il y a un enjeu majeur déducation populaire au numérique. Il faut que ce soit un axe extrêmement fort pour que la question du cadre éthique et des valeurs trouve réponse.
Vous le comprenez, cest un sujet sur lequel nous nous impliquerons fortement car il est déterminant et participe à la définition dun nouveau modèle mais, pour nous, pas à nimporte quel prix.
Merci.
M. le Président - Un point dordre : si vous le voulez bien, je solliciterai, même si elle est ponctuelle, lintervention maintenant de la Vice-présidente en charge de lÉducation. Son point de vue dans ce débat est important et elle doit partir à 11 heures 30. Après, nous reprendrons avec les interventions de Monsieur CUIGNACHE au nom du groupe Front National et de Monsieur FRÉZOT pour le groupe SRD.
Madame Cathy MÜNSCH-MASSET, vous avez la parole.
Mme MÜNSCH-MASSET - Monsieur le Président, chers collègues, je souhaite évoquer les enjeux majeurs du numérique dans léducation.
Plus quune transition, nous devons être bien conscients quil sagit dune réelle révolution et quil nous faut, par conséquent, lanticiper et laccompagner. À la clef, il y a nos stratégies déquipements matériels pour les lycées et les CFA, mais surtout, et nous en faisons un préalable, il est fondamental de travailler les enjeux, de définir le potentiel de ces évolutions sur les pratiques pédagogiques mais plus globalement sur les enjeux déducation.
Le potentiel pédagogique est fort car le numérique modifie le champ des possibles, avec cette omni-accessibilité des informations et des ressources qui modifie sans doute le rapport entre le maître et lélève dans ce que lon connaît traditionnellement et qui permet de travailler je veux insister sur ce point une plus grande individualisation du suivi des élèves et des apprentis ; je nentrerai pas dans le détail mais je pense notamment aux pratiques de pédagogie inversée et aux outils adaptés aux jeunes en situation de handicap qui permettent leur inclusion en milieu scolaire ordinaire. Cela veut dire que loutil numérique est un levier pour travailler toujours plus légalité des chances.
Cest également un potentiel éducatif : lagilité de nos jeunes avec les outils numériques, que lon constate par le temps quils y passent, est une sorte de trompe-lil ; il nous faut en être conscients. Nous devons accompagner lacquisition par nos jeunes de réelles compétences et il faut créer les conditions pour :
quils tirent le meilleur profit de ces outils dans le cadre de leur formation initiale dans les lycées, les CFA et les établissements de formation sanitaire et sociale ;
quils investissent les formidables possibilités des pratiques collaboratives qui ont été évoquées et quoffrent ces outils ;
quils soient éduqués aux risques ; cest important aussi ;
enfin, quils apportent ces compétences dans leur future insertion professionnelle, quel que soit le domaine professionnel quils vont investir, parce que cet enjeu déducation est un levier fort pour prévenir la fracture numérique, notamment dans les plus petites entreprises.
Pour projeter lensemble de ces réflexions et définir notre stratégie déquipements dans ces lycées et ces CFA du futur, nous avons mis en place, à la suite des états généraux du numérique, un « EducLab », lieu de réflexion et de partage qui réunit les acteurs éducatifs, ceux du numérique et des architectes. Ce cadre nous permettra de définir pour lavenir nos interventions afin de faire de ces outils numériques, qui ne sont en effet pas une fin en eux-mêmes, des leviers pour légalité des chances, pour la qualité des parcours de formation et pour léducation à la citoyenneté des jeunes de notre région, en somme des leviers pour une éducation augmentée.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Madame la Vice-présidente.
Nous reprenons dans lordre avec Monsieur CUIGNACHE qui a la parole.
M. CUIGNACHE - Merci, Monsieur le Président.
Vous nous faites une communication sur la stratégie numérique de la Région vers un écosystème du numérique. Cest très bien, cest louable mais nous y voyons plus de communication que de stratégie.
Par définition, une stratégie est claire, lisible et doit sincarner dans le réel. Sinon, ce nest quun catalogue de bonnes intentions et, malheureusement, nous avons limpression que cest souvent le cas ici.
Je rappelle tout de go et pour évacuer le débat que, bien évidemment, nous souscrivons :
depuis lorigine au vu de développer le numérique et les infrastructures daccès au haut débit partout dans le territoire national mais particulièrement celui de la région ;
au vu de lutter contre les zones blanches ;
au rôle dévolu à notre collectivité dassurer la mission daménageur numérique du territoire.
Le développement du haut débit est une nécessité. Personne ne le conteste. Il nous ouvre des perspectives de développement indéniables.
Cela étant dit, la seule et véritable stratégie que nous aurions dû mettre en place en la matière est précisément et justement de nous saisir de notre rôle daménageur, de stratège, cest-à-dire de développer les infrastructures permettant laccès au numérique. Le reste nest pas de notre ressort.
Pourtant, quen est-il de votre communication ?
Nous apprenons certes quil y a eu concertation et consultation.
Nous apprenons que le « grand public » cest le mot utilisé dans votre communication sest massivement exprimé via un site Internet spécialement dédié : « 100 contributions », dites-vous. Cest un énorme succès mais quel coût ?
Nous apprenons également quune table ronde a permis de dessiner une ambition partagée. Cest très bien également mais quelle stratégie derrière ?
Nous apprenons encore quune rencontre a eu lieu avec la Wild Code School (en bon français !) je cite « qui a montré [...] que lautonomie de lapprenant peut être facilitée par les outils numériques dans un rapport nouveau à lenseignement ». Cétait lobjet notamment de lintervention de Madame la Vice-présidente.
Quand les études PISA notamment démontrent leffondrement du niveau des élèves français, nous pensons que la véritable égalité des chances nest pas forcément laccès aux outils numériques pour les élèves mais laccès aux savoirs fondamentaux : la lecture, lécriture, le calcul, lhistoire, etc. Cest par ces outils-là que les futurs citoyens vont acquérir leur autonomie et non pas par laccès aux outils numériques, qui est le plus répandu, en tout cas parmi les jeunes générations.
Ici, comme ailleurs, vos erreurs - pardon ! sont toujours les mêmes : vous confondez loutil et sa destination, la forme et le fond.
Notre mission serait de donner laccès au numérique et au haut débit à lensemble de nos concitoyens. Déjà, vous voulez en contrôler lusage et le contenu.
Vous nous dites que je cite encore « la Région doit intégrer un socle de valeurs et déthique qui vise à réguler et sécuriser des pratiques et des usages ». De quelles valeurs parlez-vous ? De quelle éthique ? De quelles pratiques ? Et de quels usages ?
La Région stratège devrait développer une infrastructure mais nous devinons entre vos mots, toujours bien intentionnés évidemment, la volonté dimposer une idéologie et, pourquoi pas, demain de censurer !
Je voudrais prendre à mon compte la jurisprudence GILLE évoquée hier sur le rôle de la Région. Laccord était que nos vux devaient rester dans notre domaine de compétences mais est-il du domaine de compétences de la Région de contrôler les contenus ? De contrôler les usages ? Sommes-nous un fournisseur daccès ? Ces questions méritent dêtre posées. Elles ne le sont pas dans la stratégie que vous ébauchez.
On pourrait continuer longtemps le catalogue de ressassements de votre novlangue : je note, entre autres, que les échanges se font dans une démarche citoyenne, que la participation est également citoyenne et que « les réponses sont durables et cohérentes aux enjeux permettant dimaginer des territoires numériques et citoyens ». Nous avons découvert votre nouvelle utopie du XXIe siècle : « les territoires numériques et citoyens ».
Derrière ces mots, quelle est votre stratégie concrète ? Vous lécrivez en toutes lettres je cite encore : « Lobjectif stratégique de la Région est de construire et danimer un écosystème régional du numérique, sappuyant sur un socle de valeurs encore nos fameuses valeurs et un cadre éthique [...].» Vous précisez ensuite : « Lécosystème proposé dans la stratégie ne se limite donc pas seulement à un cadre de gouvernance. Il sagit de créer un nouvel espace de concertation, de veille et dexpérimentation. »
Nous y sommes : votre stratégie est donc de créer un nouveau « machin » pour encore consulter et encore concerter. Il y aura donc je cite « un Région Lab ». Comprenez : un laboratoire régional qui va proposer encore citation « une forme et un mode de concertation nouveaux [...] qui permettent de conserver le processus engagé lors des états généraux du numérique [...]».
À quoi aboutit donc toute cette concertation ? À la stratégie suivante : on va continuer à se concerter !
Un mystère demeure : combien la concertation coûtera-t-elle ? Il est vrai que cela ne coûte rien, cest la Région qui paie !
Merci.
M. le Président - Merci.
Monsieur FRÉZOT a la parole.
M. FRÉZOT - Merci, Monsieur le Président.
Je vais avoir loccasion de répondre précisément aux interventions précédentes sur des faits et des actions mis en uvre et qui démentent ce qui vient dêtre dit. En tout cas, nous sommes sur une communication en vue dun rapport en 2017. Cest donc bien un point détape aujourdhui et on ne peut pas reprocher à la Région Centre-Val de Loire dêtre transparente sur ce quelle est en train de faire et de rendre compte par étapes en vue dun rapport.
La transformation ou la révolution numérique dans laquelle nous sommes engagés a des conséquences immenses dans les relations entre les individus, dans notre vision du monde, dans la nature des informations que nous échangeons, dans la capacité dapprentissage et déducation, dans notre relation à la vérité je reviens sur les récentes élections américaines , dans notre capacité à repérer et analyser ce qui est vrai et ce qui lest moins. Le numérique fait disparaître lespace et relativise le temps. Il modifie les métiers, le travail et le lien social. Il apporte dimmenses gains dans notre capacité à gérer les informations et à nous mettre en relation mais nous devons aussi appréhender ce que sont les algorithmes et lintelligence artificielle.
Nous ne devons pas méconnaître la puissance des entreprises qui semblent nous offrir gratuitement des services séduisants et addictifs. Nous sommes souvent « le produit commercial » parce que nous donnons beaucoup dinformations sur nos habitudes de vie, nos passions, nos contacts, notre intimité. Nous sommes parfois « le produit ».
La liberté et légalité sont impérieuses, sauf à considérer quil ny aurait plus de questions à poser ni à se poser devant lattractivité de ces outils et de ces services numériques. La loi pour une République numérique propose de privilégier les logiciels libres : ce nest pas un gadget ni un mot vain.
Le numérique va détruire des emplois et permettre den créer dautres. Cela se fera au prix dune immense adaptation. Justement, les outils numériques sont formidables pour lindividualisation, ladaptation à celui qui apprend, mais aussi pour leur capacité à faire coopérer et à diffuser.
Nous devrons prendre ce que peut apporter le numérique en positif, en efficacité et en possibilités daccéder immédiatement à linformation. Ce sont là des enjeux formidables :
pour la santé ;
pour léducation : cela vient dêtre dit par Madame MÜNSCH-MASSET ;
pour la concertation citoyenne : cela vient dêtre évoqué par Monsieur Charles FOURNIER.
Nous devons tous nous poser des questions fortes face aux enjeux de perte de liberté, de souveraineté et dindépendance. Il existe de forts risques pour quune partie de nos populations soient de fait exclues de cette transformation numérique. Nous devons donc les accompagner, les former et les aider. Ce sera notamment le rôle des futurs espaces publics numériques WebOCentre ce nest pas un gadget qui devraient être présents dans tout le territoire de la région Centre.
Je vais vous répondre maintenant précisément sur ce qui fait lavance de la Région Centre-Val de Loire par rapport aux autres Régions et ce qui nous a fait récemment solliciter par lARCEP et par Axelle LEMAIRE en matière de transformation numérique des entreprises, comme une preuve de concept à reprendre.
Si jinterviens en tant quélu régional, je suis aussi président du GIP RECIA.
Je rappelle que le GIP RECIA est une initiative commune de lÉtat et de la Région. Il a été créé en 2003. Il associe trois Départements, deux Universités, lINSA, le GCS e-Santé Val de Loire, le CROUS, CICLIC, une vingtaine de communes et de communautés de communes. Par définition, le GIP est le prolongement de chacun de ses membres qui cherche une mutualisation ; il est donc un outil et un centre de ressources sur le numérique au service de tous ses membres, en particulier de la Région.
Je rappelle notamment que la Région confie au GIP RECIA non pas des commissions ou de la réflexion, mais en pratique, le fait de mutualiser les liens Internet des lycées et des CFA. Au-delà de la Région, le GIP achète les liens Internet pour les hôpitaux et les universités. La Région confie au GIP RECIA la gestion des systèmes dinformation des lycées, CFA, EFSS, la gestion des espaces numériques de travail pour les lycées, la mise en uvre de la plateforme géomatique Géo-Centre. Le GIP est en support de la Région sur le suivi des travaux des SMO départementaux qui soccupent du fibrage de la région.
Tout cela est spécifique à la Région Centre.
Le GIP RECIA a la responsabilité décrire la SCoRAN (stratégie de cohérence régionale daménagement du numérique) puis de lanimer. Lessentiel de cette SCoRAN était consacré aux usages numériques dans les domaines de la santé, de léducation, de ladministration et du développement économique. Cette SCoRAN, votée par le Conseil régional en décembre 2014, a servi de socle à la discussion du PO FEDER.
Dans cette très belle séquence des états généraux du numérique, le GIP a rédigé le cahier des enjeux qui a servi de base de questionnements aux rencontres. Il a aussi organisé la réunion sur le numérique et lenvironnement, qui sest déroulée au BRGM, ou encore la rencontre au sein du Datacenter dAdista à Bourges.
Je souhaite être précis dans les faits et vous montrer que nous ne sommes pas dans les déclarations : début janvier, en tant que président du GIP, jinterviendrai devant lARCEP afin de mettre en valeur le travail que le GIP RECIA a réalisé, à la demande de lÉtat, pour accompagner les très petites entreprises et les PME, afin quelles entrent plus résolument dans lère numérique. Nous avons créé un site web, le « Digital PME », qui permet de mettre en relation les petites entreprises avec les sociétés locales qui peuvent leur proposer des services numériques : cest une première nationale.
Tout à lheure, nous avions un conseil dadministration et une assemblée générale, au cours de laquelle une vingtaine de communes et de communautés de communes, ainsi que lAgglomération de Châteauroux, ont rejoint le GIP qui leur offre désormais des services de-administration, à des tarifs mutualisés ; toutes ces petites communes de notre région pourront désormais répondre aux exigences de télétransmission des actes, de comptabilité et de factures. Elles ont accès au parapheur électronique.
Que ce soient les habitants avec le réseau WebOCentre dont je parlais, les communes avec loffre Solaere de-administration ou les petites entreprises avec le programme de transition numérique, le GIP RECIA accompagne tous les territoires de la région dans leur appropriation du numérique. Il continuera à être un support de la Région dans le cadre de la stratégie qui va se définir, lune de ses grandes forces par son avance dans le domaine de la transformation numérique.
Là aussi, ce nest pas nous qui le déclarons, je vous renvoie à lARCEP et à la sollicitation dAxelle LEMAIRE qui constate quen région Centre-Val de Loire, nous avons, grâce à linstillation de la Région Centre, une preuve de concept de ce qui doit être la transformation numérique dans toutes les régions.
Outre les actions significatives que je ne vais pas énumérer mais qui ont été présentées et qui sont dores et déjà engagées précisément afin de poursuivre la dynamique impulsée lors des états généraux du numérique, cette communication est un point détape qui sera intermédiaire avant la rédaction dun rapport au printemps 2017.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Monsieur FRÉZOT.
Madame de CRÉMIERS a la parole.
Mme de CRÉMIERS - Merci, Monsieur le Président.
Mes chers collègues, il nest pas nécessaire de revenir sur les immenses perspectives que le numérique peut apporter ; la communication en ce sens que Pierre COMMANDEUR vient de nous commenter est assez complète. Néanmoins, en matière de numérique, il convient aussi danticiper et de prévoir. Pour pouvoir le faire, il faut être, sans jeu de mots, « connectés à la réalité ».
La réalité est celle de vouloir observer et considérer, non pas balayer du revers de la main de manière condescendante pour certains ou indifférente pour dautres, que le numérique est ancré dans la matérialité. Des foyers sont maintenant connectés 24 heures sur 24 et cela représente, pour un pays comme la France, la production délectricité de 30 barrages à pleine puissance non-stop. Or, nous ne les avons pas.
Certains matériaux actuels qui composent les tablettes ont une durée de vie entre un an et dix-huit mois ; ces tablettes, téléphones et toute la déclinaison renferment des matériaux, sans parler des matériaux rares, prévus pour disparaître au bout de huit à dix ans. Il faut anticiper cela. Cela ne concerne pas uniquement notre Région mais elle peut avoir la responsabilité de prévoir et de trouver des dispositifs qui permettront que notre population ne soit pas mise devant le fait accompli.
Concernant les matériaux rares et leur recyclage, 60 terres rares composent chacun de vos outils, de vos téléphones, de vos tablettes. Sur ces 60, seuls 2 ou 3 peuvent être extraites ; les autres demandent beaucoup trop dénergie pour être recyclées, ce qui veut dire, concrètement, que le recyclage en matière de numérique nexiste pas. On reconditionne mais il faut anticiper et mettre en place des circuits déconomie pour le reconditionnement des appareils.
Nous avons le souci de la programmation concernant les déchets.
Pour le problème de santé publique lié à lexposition aux ondes, il faut également anticiper. Laugmentation des ondes agit sur la santé, cest reconnu par lOMS. Cest vis-à-vis de ce que nous sommes en train de construire que la Région doit prendre un temps davance et anticiper en faisant plus de filaire et en ne laissant pas tout de suite le court-termisme du wifi sinstaller, notamment dans les espaces publics et en direction des jeunes.
Beaucoup de thèmes problématiques ont été abordés, donc je vais me concentrer sur ceux qui ne lont pas été, notamment la capacité des bandes passantes. Cest largent public qui va investir pour les déployer. Savez-vous quentre la moitié et les deux tiers dune bande passante sont utilisés par une seule entreprise qui est une plateforme de distribution de films. Jusquoù ira-t-on ? Cela signifie que les profits sont concentrés sur un seul acteur économique, alors que cest largent public qui a été investi pour construire toutes ces infrastructures. Cest un problème de partage économique qui touche la bonne utilisation de linvestissement.
Pour toutes ces raisons, en matière déconomie, dergonomie et de santé au travail, de démocratie par rapport à toute la base de données, denvironnement et de gaz à effet de serre concernant lénergie, les matériaux et la pollution du recyclage, de santé publique des ondes, la Région a un rôle central à jouer. Elle doit être parfaitement connectée à la réalité et être celle qui peut préserver, anticiper et protéger la population des risques non pas dirigés vers la génération qui vient mais bien immédiats, devant nous.
Merci beaucoup.
M. le Président - Merci, Madame de CRÉMIERS.
Dernier orateur inscrit, Monsieur ROULLET.
M. ROULLET - Merci, Monsieur le Président.
Je reviendrai, même si le sujet a déjà été abordé, sur les infrastructures. Pour quil y ait des usages, il faut des infrastructures. Je répondrai aussi à quelques questionnements ou remarques concernant limplication de la Région.
Je rappelle que celle-ci va investir, alors quelle nétait pas obligée de le faire, 174 millions deuros, ce qui est léquivalent de ce quinvestiront lensemble des Départements. Quand on regarde ce quil sest passé ces derniers mois, il est vrai que les situations dans les départements étaient très différentes quant aux approches : par exemple, faut-il une concession ou un affermage ? Des mariages ont été tentés, mais des divorces prématurés se sont produits, ainsi que des frictions très importantes entre certains départements, voire à lintérieur de départements entre les présidences de Conseil départemental et les présidents de SMO. Tout cela était mal engagé.
La Région a fait offre de bons services en proposant, par exemple, de faire un SMO. Son implication et sa volonté dapaiser et de trouver des solutions ont permis des avancées. Dans les six départements, diverses solutions ont été adoptées : par exemple, le Cher, lIndre et lEure-et-Loir ont opté pour laffermage et lIndre-et-Loire, le Loir-et-Cher et le Loiret pour la concession. Ce sont des systèmes stabilisés, sauf que les Départements ne vont pas forcément à la même vitesse.
Cela signifie quil faut à tout prix éviter des fractures territoriales entre les départements, mais aussi à lintérieur. On sait que les opérateurs ont toujours eu cette position extrême de dire : « Nous allons là où nous gagnons de largent et la puissance publique réglera le problème de fracture territoriale, en investissant massivement en direction notamment des territoires ruraux. »
Je regrette quil ny ait pas eu à ce moment-là, mais cest le passé, une discussion nationale avec les opérateurs en leur disant : « Il faut un système de péréquation, de régulation », parce que ce fonctionnement est assez critiquable.
Charles FOURNIER a parlé de révolution. Le numérique est véritablement une révolution, comme larrivée du téléphone ou du chemin de fer. Concernant limpact, Pierre COMMANDEUR a parlé des usages. En termes de santé, demploi, de développement économique, déducation et de formation, de télétravail, il faudra que nous ayons un débat, ainsi que sur lusage des particuliers.
Les situations étaient donc très différentes entre les départements.
Brièvement, je vais faire un point sur lengagement de la Région et de lÉtat dans ces départements. Il est prévu :
de réduire la contribution 2017 à laide davenants à la convention de financement ; je fais la même remarque que pour les contrats de Pays : si lon réduit le financement régional, cest en prenant en compte le rythme davancement dans les différents départements.
afin doptimiser la mobilisation du FEDER et permettre de limiter la constitution de trésorerie importante dans les SMO. Je prends lexemple du département de lIndre que je connais bien : lavance de trésorerie lannée passée était de 2 millions deuros. Cela signifie un retard important concernant les travaux et la Région nest pas là pour nourrir de la trésorerie.
Cest la raison pour laquelle le retard est non négligeable, différent peut-être dun département à lautre en ce qui concerne le déploiement.
Nous notons que la Commission européenne a enfin pu valider le dispositif du Plan France très haut débit, une validation qui autorise désormais la mobilisation des financements européens gérés par la Région. Cela représente 10 millions deuros de FEADER pour les opérations de montée en débit et 30 millions deuros de FEDER pour le redéploiement de la fibre optique à labonné.
Le point pour chaque département risque dêtre assez long, donc je ne détaillerai pas.
La conclusion que lon peut tirer par rapport à cela : si les modalités des projets sont désormais arrêtées sur les territoires des six départements, les délais annoncés semblent globalement très optimistes, au regard des premiers retours dexpérience, notamment ceux des calendriers effectifs qui ont été construits en Eure-et-Loir et dans le Loiret.
Chaque département a une responsabilité particulière puisque cétaient eux qui devaient construire un SDAN (Schéma départemental daménagement numérique).
Je lai dit dans le département de lIndre. Il a connu la phase de montée en débit : dorénavant, ce sera la phase de la fibre optique. Il faut absolument un calendrier très précis de déploiement de la fibre optique et une priorisation territoriale. Je veux savoir pourquoi on commence par tel endroit plutôt quun autre : des équipements sont prioritaires par rapport à dautres. La Région peut veiller à cela puisque nous sommes représentants dans lensemble des structures départementales.
Je terminerai sur un commentaire pour les usages des particuliers. Jai cité le télétravail mais nous devons avoir une discussion, un débat sur limpact social et sociétal, collectif ou individuel, du numérique. Cela impacte la vie de chacun de nous positivement mais cela peut être parfois négativement.
Il serait intéressant davoir un échange non seulement avec des spécialistes du numérique et de ses usages, mais aussi avec des sociologues, des ethnologues, des médecins, des historiens et tout un ensemble de personnes qui peuvent apporter une contribution pour maîtriser les usages, en encourager certains et peut-être mettre des garde-fous à certains autres qui sont, on le sait, particulièrement dangereux.
Merci.
M. le Président - Merci, Monsieur ROULLET.
Monsieur GAMBUTO, vous souhaitez la parole ?
M. GAMBUTO - Monsieur le Président, chers collègues, je souhaite faire deux remarques en ce qui concerne cette nécessité de développement, notamment la possibilité déchanges de données importantes, pour plus dégalité entre les entreprises et entre les citoyens.
Il faut savoir que le nombre dinformations échangées pour un artisan est de plus en plus important. Demain, dans nos communes, nous aurons des artisans équipés, par exemple, dimprimante 3D avec des besoins déchanges de fichiers énormes. Pour maintenir des entreprises, des petites entreprises et des artisans dans chaque commune, il faut absolument avoir cette démarche de leur donner du haut débit et que nous accompagnions ce déploiement.
Je vais vous raconter brièvement une anecdote, si vous me le permettez, en ce qui concerne les citoyens. En Eure-et-Loir, le développement du haut débit fonctionne très bien. Je suis allé inaugurer une armoire à haut débit. Une dame est venue me voir en me demandant si la coupure allait durer longtemps. Elle durait quelques heures, le temps du branchement. Je pensais quelle sinquiétait, au même titre que dautres habitants, sur le fait quil allait y avoir une coupure de télévision. En réalité, elle ma expliqué que son véritable problème, alors quelle avait plus de 90 ans, était quelle naurait plus Facebook et quelle serait coupée de sa famille, de ses enfants qui étaient partis loin. Pour elle, cétait nécessaire et même vital. Dailleurs, elle me disait que, grâce au haut débit, elle allait pouvoir recevoir ses petits-enfants, plus à même de venir en vacances chez elles, à partir du moment où ils avaient une possibilité daccès au haut débit. Ce sont des réalités actuelles.
Le problème nest pas de savoir si cest bien : il faut accompagner cette démarche, évidemment, et réfléchir. Comme se posait la question à une époque, au niveau de cette égalité républicaine, fallait-il que le facteur passe partout ? Fallait-il quil y ait le téléphone partout ?
À notre époque, le haut débit est nécessaire et indispensable dans le cadre de légalité des territoires et des citoyens. Il est indispensable que chacun y ait accès. Il sagit maintenant de savoir comment.
À chaque Département de nous accompagner et aux autres de faire aussi bien que lEure-et-Loir, par exemple !
M. le Président - Merci, Monsieur GAMBUTO.
Quelques précisions et éléments de réponse de Pierre COMMANDEUR.
M. COMMANDEUR - Je ne reviendrai pas sur lorganisation du très haut débit, le Président lévoquera.
Je souhaite répondre à la question de Madame RENIER concernant létat davancement du déploiement du très haut débit dans le territoire régional : nous avons les éléments au sein du GIP RECIA, donc il est tout à fait possible que Dominique ROULLET organise une présentation assez régulière au sein de la Commission sur ce thème. Nous avons une concentration des données au niveau du GIP RECIA, chacun des syndicats mixtes remontant les informations régulièrement.
Je voudrais revenir sur les propos des élus écologistes. Je ne lavais pas abordé dans la présentation, mais je partage une sorte dobjectif de « sobriété numérique ». Je reprends le terme parce que les propos sont recyclables aussi !
« Sobriété numérique », recyclage, notion dénergie, nous avons un concept de « green IT » qui existe mais qui est souvent du « greenwashing ». Dans les enjeux du numérique, aussi bien au niveau matériel quénergétique, de nombreux efforts sont nécessaires mais ne sont pas encore beaucoup commencés. Nous serons confrontés à une raréfaction de certaines ressources qui nous obligeront à retravailler la longévité des tablettes, des smartphones et de tous les outils numériques.
Il faut savoir aussi que cest chaque comportement individuel qui agit dessus : on peut garder un smartphone ou un téléphone pendant quatre, cinq ou six ans. Ce nest pas impossible, cela fonctionne très bien. Cest mon cas !
Je voudrais revenir sur la communication et les prises de position du groupe FN. Je suis toujours sidéré. Parfois, je me demande si vous lisez les rapports ! Il est écrit « communication » en haut du rapport et non stratégie. Nous faisons leffort de faire un point de communication sur un travail réalisé pour échanger politiquement sur le sujet et vous nous dites quil ny a pas de stratégie. En effet, nous avons commencé à la construire et nous allons continuer à le faire ensemble.
Je suis également un peu sidéré de voir votre position sur la politique régionale. Vous nous dites que notre seule préoccupation devrait être linfrastructure. Je pensais vous avoir démontré dans mon propos à quel point les politiques régionales étaient impactées par la numérisation.
En même temps, dans le même propos, comme dhabitude, vous êtes capable de dire tout et son contraire. Vous nous dites quil ne faut faire que de linfrastructure mais après, vous nous parlez des écoles, de PISA, etc. Vous avez donc bien une position aussi en termes des usages.
Vous parlez de censure, mais je vais reprendre exactement ce que je vous ai dit en introduction parce que je lai écrit : « Le numérique doit faciliter la liberté dexpression et laccès à linformation et présenter la plus grande neutralité possible. » Je ne vois pas où, dans le rapport, dans mes propos ou dans ceux des conseillers de la Région, vous avez pu trouver un élément de censure ou dappropriation ou de contrôle des propos qui seraient tenus sur notre politique.
Vous nous parlez de valeurs. Oui, excusez-nous, nous avons des valeurs. Nous avons reçu un mandat de la part de la population sur un programme, sur une présentation des valeurs et nous souhaitons défendre nos valeurs de lien social aussi sur le numérique.
Nous avons bien compris que vous aviez aussi des valeurs, ce ne sont pas les mêmes et nous ne les partageons pas. Laissez-nous défendre les nôtres, nous avons été élus pour cela.
Dernier point sur lequel je voudrais revenir : le numérique est éminemment libéral avec des avantages et des inconvénients, mais il donne le pouvoir à lutilisateur et au citoyen. Nous avons bien vu ces dernières années, au Moyen-Orient, que le numérique avait facilité la prise de contrôle par les citoyens. À certains endroits, cela a mal fini mais à dautres, cela sest mieux terminé. La liberté apportée par le numérique permet à des opposants en Chine de communiquer.
On ne peut pas vouloir la liberté quapporte le numérique et, en même temps, imposer des systèmes aux utilisateurs.
Cest ce que je voulais dire en quelques mots, Monsieur le Président.
M. le Président - Je vous remercie de cet échange.
La question du déploiement a été à nouveau évoquée. Oui, depuis le départ, et ce nétait pas le très haut débit, cétait simplement le débit, la Région a voulu que nous travaillions pour un déploiement organisé, structuré et fédéré à léchelle de la région. Nous lavons proposé mais cela na pas été retenu par les Départements.
Oui, mille fois oui, nous avons fait en sorte, mais pas simplement la Région car lÉtat y a pris sa part aussi, que les Départements sorganisent pour le déploiement de la fibre et travaillent ensemble.
Vous savez ce quil sest passé, cela a été rappelé. Des mouvements ont été extrêmement disparates. Il nous a fallu, de manière constante, faciliter le rapprochement des points de vue et des approches départementales. Tout était planté à un moment mais nous y sommes parvenus partiellement, avec SMO, avec 41 et 37, avec 18 et 36. Des zones restent incertaines face à la montée en puissance et la capacité des opérateurs à répondre aux consultations.
Un modèle plus convergent aurait pu être choisi, cest ce que nous avions proposé. La meilleure preuve de notre engagement en la matière est ce qui a été rappelé par Dominique ROULLET, à savoir 174 millions deuros. La Région est peut-être la plus petite mais de très loin la plus engagée financièrement pour aider les Départements dans leur responsabilité et pour faire en sorte que nous nayons pas trop décarts dans la mise à disposition du très haut débit, notamment dans les territoires ruraux.
La Région a vraiment fait en la matière tout ce quelle souhaitait porter comme volonté unificatrice. Nous ny sommes parvenus quen partie.
Concernant la stratégie, nous souhaitons que le travail que nous avons réalisé, à savoir laccompagnement du GIP et le travail dans les territoires, permette non pas dopposer les uns aux autres mais de les réunir. Cest tout le travail que nous accomplissons sur « French Tech ».
Vous vous souvenez, Orléans/Tours, pas de connexion, nous avons favorisé la connexion avec « French Tech ». Cela fonctionne maintenant mais nous disons aujourdhui quil ne sagit pas simplement de Tours et Orléans mais de lessentiel du territoire. Pierre COMMANDEUR était récemment à une réunion à ce sujet, nous sommes en train de connecter lensemble des agglomérations et des territoires porteurs de projets ; ils auront beaucoup plus de force ensemble.
Sagissant du numérique, il faut partir des thématiques et des domaines dapplication. Il ny a pas de problème de distance a priori parce que nous sommes dans le numérique et cela se prête très bien à une vraie animation régionale.
Jai entendu les informations données à linstant par Olivier FRÉZOT : nous souhaitons véritablement que de plus en plus de collectivités rejoignent ce groupement dintérêt public dans lequel nous sommes engagés avec lÉtat, afin que nous ayons à la fois la convergence et la capacité dagir efficacement.
Voilà les compléments.
Cétait une communication intéressante.
Merci à Pierre COMMANDEUR.
Nous avons une seconde communication qui porte sur la politique régionale de santé : point détape et perspectives.
Jappelle Anne LECLERCQ, Vice-présidente, à nous rejoindre pour la présenter.
Communication - Politique régionale de santé :point détape et perspectives
(COMMUNICATION N°6)
Mme LECLERCQ - Monsieur le Président, chers collègues, quest-ce que cette communication ? Cest un point détape sur des engagements forts que nous avions pris dans les mandats précédents au service de la santé de notre territoire : engagements hors des compétences obligatoires des Conseils régionaux, engagements et réalisations dictés par lurgence ressentie quotidiennement par nos concitoyens, préoccupés de ne plus trouver de médecins généralistes ni de spécialistes près de chez eux, dans des délais raisonnables.
La situation de la région Centre-Val de Loire était préoccupante, nous avons répondu « présent ». Tout nest pas réglé, bien entendu : je pense à lIndre qui connaît une situation difficile, mais aussi au Cher, à lEure-et-Loir et à bien dautres petits territoires.
Des élus se mobilisent dans ces territoires ; je pense notamment à Gil AVEROUS à Châteauroux, à Michel DESCOUT dans lIndre, à Gérard HAMEL à Dreux ou à Jean-Pierre GORGES à Chartres. La Région Centre-Val de Loire est à leurs côtés dans ce quils entreprennent. Jai dailleurs dressé des courriers en ce sens à des présidents de Conseil départemental. La mobilisation doit être totale, au-delà des clivages habituels.
Par ailleurs, nous articulons nos actions avec celles du ministère de la Santé et de lAgence régionale de santé. La Région est ainsi associée à lélaboration par lARS du Projet Régional de Santé n° 2 (le PRS 2) qui sera adopté en décembre 2017.
Lobjet de cette communication est de tracer quelques perspectives dactions pour lavenir à partir des enseignements du terrain. Les principaux enjeux sont les suivants :
Comment garantir à chacun laccès à une offre de soins de premier recours ?
Nous pensons que les maisons de santé pluridisciplinaires sont lun des éléments de réponse, car elles permettent un exercice regroupé de plusieurs disciplines et de plusieurs praticiens. Cest la raison pour laquelle nous nous engageons à en déployer 100 dans le territoire régional dici la fin du mandat, sans réponse dogmatique, sans modèle duplicable partout mais à partir des forces vives dun territoire et autour dun projet de santé parce que cest ce qui motive les professionnels.
Il nous faut désormais agir dans lensemble du territoire, réfléchir pour attirer et ancrer des spécialistes et encourager les cabinets secondaires ou satellites et toutes les formes innovantes qui sappuient sur lengagement des professionnels.
Comment décloisonner les différentes professions et les différentes structures pour construire une réponse autour des besoins de chacun ?
Évidemment, les MSP dont je viens de parler sont des lieux exemplaires de coopération mais nous pensons également que cela se joue dès la formation initiale et nous misons sur la formation des professionnels paramédicaux partout dans le territoire. Nous leur apportons une attention particulière et notre ambition est grande en ce domaine. Nous uvrons pour mutualiser les enseignements et les supports pédagogiques dans nos instituts ; cétait aussi un clin dil à la communication précédente parce que les outils numériques sont importants pour la formation de nos professionnels. Nous agissons massivement dans lenseignement supérieur : cétait aussi le sens de notre soutien actif aux travaux du « Collegium Santé ».
Il faut préparer dès aujourdhui le mouvement enclenché vers la délégation de tâches pour dégager du temps médecin en faisant évoluer les missions dévolues aux infirmiers ou aux orthoptistes, par exemple, mais nous pensons aussi que cela se joue en articulant les énergies à léchelle des bassins de vie. Tel est le sens de notre soutien aux contrats locaux de santé.
Ce mouvement sinscrit dans les importantes réformes engagées par le ministère de la Santé sur la modernisation de loffre de soins, les groupements hospitaliers de territoire, pour mettre en commun loffre publique, ou les communautés professionnelles de territoire de santé, pour articuler les acteurs libéraux.
Comment mobiliser les nouvelles technologies ?
Nous pensons que le patient ou laccompagnant daujourdhui na plus rien à voir avec celui de vingt ans en arrière et que les professionnels de santé, surtout les plus jeunes dentre eux, sont prêts à basculer vers de nouvelles pratiques, pour peu quon les accompagne dans ce changement radical.
Pour les professionnels et dans les instituts de formation paramédicaux, nous investissons dans la télémédecine et dans les nouveaux usages. Nous soutenons les infrastructures, de même que les usages.
Un point de vigilance sur ce que cela signifie : jai rencontré à Blois la semaine dernière le directeur du GCS (groupement de coopération sanitaire) Télésanté Centre. Il ma expliqué que 1 euro investi dans loutil appelle 10 euros dans laccompagnement des utilisateurs.
Comment penser global ?
Le soin, cest seulement 10 % de la santé ; la santé est bien plus que le soin. Cest tout le sens des contrats locaux de santé que nous accompagnons et de lengagement des acteurs de terrain. Penser global en matière de santé, cest penser santé dans lensemble de nos politiques régionales. Nos politiques daménagement du territoire et de la mobilité interviennent sur laccès aux soins. Cest penser que léducation et la prévention sont des leviers extrêmement puissants, et nous les activons en lien avec nos compétences : les actions santé dans les lycées, les efforts portés sur la restauration, les mesures pour améliorer la qualité de lair, la qualité de leau et la gestion des déchets. Les pics récents de pollution de lair à Paris le montrent : à long terme, cela déclenche des maladies chroniques dont la prise en charge engorge nos systèmes.
Nos mesures de soutien à lagro-écologie et à lagriculture biologique, nos engagements dans les domaines du sport et de la culture participent également à la « bonne santé ». Nous agissons là encore et ces actions devront être amplifiées car nous savons désormais quil existe des inégalités environnementales qui se cumulent à des inégalités sociales et territoriales.
Avant de nous engager dans le débat, je voudrais vous dire ce qui me frappe après une première année de plein exercice de cette délégation : cest la prégnance des questions de santé dans tous les échanges sur le terrain.
Ce qui me frappe aussi, cest lenthousiasme des acteurs de terrain. Ils sont mobilisés et personne ne baisse les bras. Nous sommes à un moment clé où dimportants acteurs prennent des enjeux et sadaptent ; je pense en particulier au doyen de la Faculté de médecine de la région Centre-Val de Loire, le professeur Patrice DIOT, qui a initié le « Collegium Santé » et qui a récemment axé un séminaire sur le thème suivant : « La responsabilité sociale et territoriale de la Faculté de médecine ».
Désormais, des unités denseignement pour découvrir les différentes facettes de notre territoire seront intégrées dans le cursus des futurs médecins dès la deuxième année. Ce nest quun exemple.
La prise de conscience est réelle et je crois que nos efforts vont se conjuguer.
Ce qui me frappe enfin, cest la recherche systématique de linnovation. La gravité de la situation engage chacun des acteurs et oblige à sortir des lignes et des postures. Ce que nous allons faire à Tours, qui a déjà été engagé à Orléans pour lontologie, est unique en France : dès la formation initiale, nous allons réunir lhôpital, luniversité, les collectivités territoriales et le monde libéral. Cest exemplaire.
Les acteurs savent compter sur lExécutif régional et sur le Président BONNEAU pour proposer des solutions impossibles ailleurs. La confiance est la clef de tout, jen suis persuadée, et nous travaillons ici avec tout le monde au service de la population.
Un dernier mot : partout dans le territoire je rencontre des habitants, des professionnels de santé, des médecins, des élus très attachés à notre système de soins et de santé. Les échéances de 2017 seront propices à la surenchère, à la recherche de boucs émissaires et à la facilité.
Nous proposons, pour notre part, douvrir un débat national sur le conventionnement des médecins. Il sagit bien dun débat. Il nous faut trouver les leviers nécessaires pour une répartition équilibrée des médecins dans notre territoire. Cest un enjeu de société qui doit se régler sur la place publique et non dans les couloirs ni les cénacles. Cest notre méthode, cest notre engagement. Il faut bouger pour que la santé reste au cur de notre pacte social.
Laction régionale présentée dans la communication et le débat daujourdhui le prouve : là où il y a une volonté, il existe un chemin.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Anne LECLERCQ.
Madame BOISGERAULT, vous avez la parole.
Mme BOISGERAULT - Monsieur le Président, chers collègues, alors que le principe de la pensée est un droit fondamental et doit être accessible à chacun, quels que soient ses moyens, son âge et son territoire de résidence, la fracture sanitaire reste dactualité dans notre région : les Français ne sont pas égaux devant la santé. Trouver dans certaines communes un médecin traitant ou un spécialiste relève du parcours du combattant.
Cependant, la Région et les collectivités territoriales ne restent pas sans rien faire. Pour autant, les mesures financières et les dispositifs incitatifs financés par lÉtat ne se sont pas montrés très efficaces. Les actions mises en uvre par la Région, pourtant si nombreuses, ne changent pas la tendance. Les jeunes médecins, dont les études ont été financées, préfèrent encore rembourser les aides pour se soustraire à lengagement quils avaient signé. Les hôpitaux de proximité en difficulté financière ferment des lits, voire des services, faute de médecins spécialisés dans notre région où la population est aussi la plus âgée comparativement au niveau national.
Une étude sur les inégalités sociales des territoires de notre région met en évidence un déficit criant de tous les professionnels de santé, induit aussi par la pyramide des âges de nombreuses spécialités, et une accélération de ce déficit pour les années à venir. Limplantation de ces professionnels est inégalement répartie, accentuant ainsi linéquation entre les besoins de la population et loffre sur leur lieu de vie. Certains médecins de ville, aujourdhui à la retraite, se voient contraints de poursuivre leur activité, afin de ne pas laisser leurs patients à labandon.
Les économies imposées à la Sécurité Sociale, près de 10 milliards deuros en trois ans, contribuent à un désengagement sur les dépenses de santé, notamment auprès des populations les plus fragiles. De plus en plus de médicaments ne sont plus remboursés et les délais sont très longs pour consulter un spécialiste ; les aides pour bénéficier de la CMUC, ainsi que les complémentaires de santé sont compliquées à obtenir et donc peu sollicitées par les Français qui y ont droit, dautant que les complémentaires de santé remboursent de moins en moins les soins. Le reste à charge devient de plus en plus important et une partie de nos concitoyens renoncent aux soins dabord pour des raisons financières.
Nous avons ce phénomène marquant dans notre région de la surmortalité par le suicide.
Les mesures déconomies demandées aux hôpitaux, au détriment des malades comme des personnels soignants, aboutissent parfois à un résultat inattendu : cest ainsi que le nouvel hôpital dOrléans accuse, en cette fin dannée, un déficit de 13 millions deuros. Cest le résultat dune politique qui vise à limiter la durée des séjours.
Autant dire que lalternative à cette paupérisation de notre système de santé ne se trouve certainement pas dans une nouvelle diminution de la prise en charge par la Sécurité Sociale au profit des mutuelles, défendue par certains candidats aux élections présidentielles.
Les quelques actions mises en uvre par la Région, que nous venons dévoquer, auront très peu deffets en cas de remise en cause du principe fondamental de la Sécurité Sociale, à savoir la solidarité entre Français, au bénéfice exclusif dintérêts particuliers contre lintérêt général.
Enfin, le maintien dune Sécurité Sociale digne de ce nom est possible en engageant la lutte active contre la fraude et limmigration sanitaire et en privilégiant linnovation : autant de pistes pour réaliser les économies nécessaires permettant de pérenniser le financement public de la Sécurité Sociale et laccès aux soins, et même de laméliorer à léchelle nationale comme régionale.
Merci.
M. le Président - Merci.
Madame COTILLON-DUPOUX, vous avez la parole.
Mme COTILLON-DUPOUX - Merci, Monsieur le Président.
Chers collègues, cest avec plaisir que je constate que la Région, passant outre ses compétences propres, décide de poursuivre son effort pour lutter contre la désertification médicale qui pénalise lourdement notre région, plus particulièrement lIndre et le Cher, ainsi quune partie de lEure-et-Loir.
Ce point détape du plan « Ambitions Santé 2020 », assorti de sa projection vers lavenir pour lhorizon 2020, amène toutefois quelques commentaires.
Les deux axes prioritaires que sont les maisons de santé pluridisciplinaires et les contrats locaux de santé, fers de lance de laction régionale en matière de désertification médicale, montrent actuellement leur limite.
Limplantation de maisons de santé pluridisciplinaires, même régulée, nattire que peu de nouveaux médecins en zones rurales. Ces regroupements professionnels sont indispensables, puisque ce mode dexercice pluridisciplinaire est plébiscité par les jeunes médecins, mais ne nous berçons pas dillusions : cest insuffisant.
Quant aux contrats locaux de santé, pour lessentiel, ils sont voués à la coordination des réseaux professionnels ou associatifs sous la tutelle de lARS. Ils sont le plus souvent méconnus et peu accessibles par leur complexité. Jen ai la modeste expérience puisque nous venons den signer la version 2 à Châteauroux, sans pour cela endiguer la baisse inéluctable des médecins en exercice.
Si lapproche transversale de la problématique santé, ainsi que le volet prévention sont intéressants, ils ne sont en aucun cas une réponse à lurgence extrême de notre situation. En outre, la lourdeur administrative de ces deux dispositifs est décourageante et cest souvent lénergie du désespoir qui nous conduit à emprunter les arcanes de leur mise en place.
Non, le plan « Ambitions Santé 2020 », tel quil est, ne répondra pas à lobjectif de garantir à chaque habitant de la région un accès aux soins de premier recours.
En ce qui concerne les innovations en matière de formation, menées de front avec le professeur DIOT, doyen de la Faculté de médecine Centre-Val de Loire, ce sont de réelles avancées ; ma collègue en a parlé. Elles mettent en lumière deux éléments :
dune part, la volonté de mettre les étudiants en situation dans nos territoires éloignés de Tours, afin de leur donner lenvie de construire leur projet professionnel dans notre belle région dont les atouts divers, souvent méconnus, ouvrent des conditions dexercice, ainsi quune qualité de vie, exceptionnelles. Cest le but de la venue de chefs de cliniques assistants dans nos départements, qui viendront délivrer lenseignement aux futurs médecins en fin de cursus, au cur de nos territoires.
dautre part, la nécessaire transversalité et louverture des professions de santé aux autres formations ne sont plus à démontrer.
La création du « Collegium Santé » dont la dernière réunion, le 30 novembre, à laquelle je participais et qui avait pour thème « Responsabilité sociale et territoriale de la Faculté de médecine, au sein du Collegium Santé de la région Centre-Val de Loire », montre bien la mobilisation de tous.
Cela montre également la volonté dimplication de la Région sur cette problématique mais les effets seront positifs à moyen terme. Or, cest aujourdhui quil faut agir, car je veux souligner lextrême épuisement de nos médecins en zones rurales qui, croulant sous les tâches administratives et sous la pression dune attente démesurée des patients, cessent parfois de façon anticipée leur activité professionnelle pour une retraite bien méritée ou pour des exercices moins contraignants. La nouvelle génération, également rebutée par la gestion de plus en plus administrative du métier, tarde à sinstaller et multiplie les bonnes raisons de surseoir avec, entre autres, la pratique du remplacement.
Posons-nous les bonnes questions !
Pour apporter les réponses adaptées, est-ce lattractivité de notre territoire ou celle de la pratique de la profession qui est mise en cause ?
En prenant en compte la nécessaire évolution des pratiques professionnelles, qui va de pair avec lévolution numérique de notre monde, je me demande comment nous allons pouvoir, pendant quelques années, pallier le manque de professionnels de santé. Dans nos campagnes, si le manque cruel de médecins est déjà effectif, la télémédecine ne sera pas demain la solution puisque le très haut débit, indispensable préalable, sarrête en général aux portes du bourg principal, comme la laissé dailleurs entendre Monsieur ROULLET.
Cest ainsi que nous justifions un peu tardivement le vu déposé par notre groupe hier, soutenu par le CESER et qui vient moduler et appuyer votre proposition en vous mettant toutefois en garde contre leffet tout à fait contre-productif dune volonté de contrainte à linstallation.
Non, Monsieur le Président, sinstaller en Centre-Val de Loire ne doit pas être une punition. À nous de développer nos atouts !
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Madame COTILLON-DUPOUX.
Madame TERY-VERBE a la parole.
Mme TERY-VERBE - Merci, Monsieur le Président.
Chers collègues, nous sommes toutes et tous concernés dans notre quotidien par la santé : la nôtre ou celle de nos proches ; cela nous renvoie à de complexes questions existentielles. Les progrès des sciences et des techniques nous ont permis, avec une médecine de plus en plus pointue, de mieux soigner et mieux lutter contre certaines maladies. Le paradoxe est que ces mêmes progrès, accaparés par une économie sans scrupule et lobsession de croissance, ont produit une nocivité de nos environnements et de nos modes de vie.
Avec le dérèglement climatique et la perte de biodiversité, la crise sanitaire constitue un volet majeur de la crise écologique. Les principales causes de mortalité et de souffrances modernes sont dues à des maladies corrélées au mode de vie et à lenvironnement.
LOrganisation mondiale de la santé signale que les maladies infectieuses régressent depuis plusieurs décennies, tandis que se développent les maladies chroniques non transmissibles, les maladies dites de civilisation (diabète, obésité, cancers, asthme, allergies, maladies neurologiques, souffrance au travail, souffrances psychiques), et ce, alors que la connaissance des facteurs de risque indique que la plupart seraient évitables.
Pour les Écologistes, une politique de santé au XXIe siècle ne peut plus être centrée sur le médical. Il nous faut passer dune logique de soins à une logique de santé. Il faut agir sur les causes de nos maladies et nos afflictions. La prévention fondée sur la protection de lenvironnement, sur léducation et la promotion de la santé est une réponse à développer dans nos systèmes de santé.
Les Écologistes proposent donc de repenser laction publique sanitaire, non seulement à partir de la connaissance de la maladie et de la médecine mais en priorité à partir de la protection du bien-être et de lamélioration de la qualité de vie.
La crise de notre système de santé est structurelle et ne se résoudra pas uniquement par la mobilisation de nouvelles ressources financières en direction des soins.
Jai lhonneur de vous représenter, Monsieur le Président, au sein du groupe régional « Santé Environnement ». Je profite de cette intervention pour rappeler quil existe actuellement, et jusquau 31 décembre, une consultation sur le troisième plan « Santé Environnement 3 ». Lapprobation de ce PSE 3 arrivera en début dannée 2017. En région Centre-Val de Loire, lexpérience des deux premiers PSE montre que, pour répondre aux problématiques sanitaires et environnementales locales, limplication des collectivités et des associations est indispensable.
Le PSE a le mérite dexister mais, au-delà, cest un changement de société que nous devons prescrire car réduire les inégalités sociales de santé suppose, à la vérité, de sattaquer aux causes profondes qui touchent inégalement les habitants de notre région.
Si lon veut aborder sérieusement la santé par le biais environnemental, il faut aussi être conscient des obstacles qui existent, notamment des lobbys qui agissent pour préserver les intérêts financiers au détriment de la santé, comme celui de lindustrie pharmaceutique, celui de lindustrie agroalimentaire ou encore celui de lindustrie des pesticides qui asservit les agriculteurs en leur imposant un usage excessif de pesticides, sans se préoccuper ni de la santé de ceux qui sont chargés de les épandre, ni de la santé des consommateurs, ni de la qualité des nappes phréatiques, ni mêmes de celle de lair.
Je tiens à souligner aussi la tribune signée par une centaine de scientifiques, parue dans Le Monde daté du 30 novembre concernant les dangers des perturbateurs endocriniens et pointant du doigt le retard de Bruxelles à sévir et à réguler lutilisation de ces produits qui pourraient être considérés comme de véritables poisons pour la santé.
Heureusement, il y a aussi, face aux lobbys, des mobilisations citoyennes, comme celle du mouvement « Générations Cobaye, non merci », ce collectif dindividus et dassociations réunis autour dun « Appel de la jeunesse » depuis 2009, parce quon ne peut pas vivre en bonne santé sur une planète malade.
En définitive, si le groupe Écologiste partage lambition régionale, présentée dans cette communication, dagir avec nos leviers contre la désertification médicale et, plus généralement, contre les inégalités de santé, nous insistons pour que lon essaie de ne plus raisonner par catégories séparées. De même que les politiques de biodiversité ou les politiques climatiques traversent tous les champs de la politique publique, la politique de santé a des implications dans toutes les autres politiques, comme le disait Anne LECLERCQ.
Avoir une ambition en matière de santé, cest aussi veiller à la qualité de lair. LigAir, dont la Région est le principal financeur, donne lalerte lors des dépassements de seuil du taux de particules dans lair ou de la concentration doxydes dazote, également dangereux pour les voies respiratoires, comme lors des épisodes de ces derniers jours qui nétaient pas seulement à Paris : ils étaient également en région Centre. Limpact sanitaire prépondérant est attribuable à lexposition répétée à des niveaux modérés et non aux pics de pollution.
Cest donc à nous tous quil revient de faire baisser ces taux, en particulier en diminuant la circulation des poids lourds, qui sont les plus gros producteurs, et des transports inutiles. Le transfert vers le rail nest pas seulement un objectif climatique, cest un impératif de santé publique.
Avoir une ambition en matière de santé, cest travailler aussi sur la qualité de lair intérieur, étant entendu que nous passons lessentiel de notre vie dans ces espaces clos.
Avoir une ambition en matière de santé, cest veiller à la qualité de notre alimentation, en favorisant les aliments non transformés issus de lagriculture biologique et de proximité.
Avoir une ambition en matière de santé, cest encore veiller au principe de précaution dans le cadre notamment du développement technologique, en noccultant pas, par exemple, les risques, dans le cadre du développement numérique, de la nocivité du cumul des ondes et en favorisant au maximum les techniques qui savèrent moins dangereuses, comme les réseaux filaires.
Avoir une ambition en matière de santé, cest aussi préserver la qualité de leau et des systèmes aquatiques, soutenir les projets « zéro phyto », refuser les OGM, avoir une politique de prévention des déchets dangereux, développer les énergies renouvelables pour entamer la transition « sans nucléaire », développer les mobilités douces et encourager les pratiques sportives pour enrayer la sédentarisation des populations, avoir une politique de développement économique qui limite lutilisation de produits connus ou susceptibles davoir des effets sur la santé (les perturbateurs endocriniens mais aussi les nanomatériaux), élargir loffre des MSP avec lencouragement à lintégration des médecines alternatives en complément de la médecine traditionnelle pour permettre aux populations davoir le choix.
Pour conclure, permettez-moi de souligner que les systèmes de santé les moins performants sont ceux qui font le moins de prévention et qui interviennent trop tard, donc de manière plus coûteuse. La prévention, ce nest pas seulement diagnostiquer précocement les pathologies, cest dabord éviter la maladie en en éliminant les causes. Cest ainsi quune politique de santé sera vraiment complète.
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Madame TERY-VERBE.
Monsieur USSEGLIO a la parole.
M. USSEGLIO - Merci, Monsieur le Président.
Chers collègues, je veux dabord saluer la communication qui nous est faite par notre Vice-présidente Anne LECLERCQ et qui témoigne de lengagement fort de notre collectivité sur ce sujet.
« La santé est une question durgence, pas de compétence » : cest un élément central et jaimerais commencer par ce qui me semble partagé sur lensemble de nos bancs. Le constat durgence dans nos territoires ruraux mais aussi, il faut le dire, dans certains quartiers urbains sur laccès à la santé me semble partagé.
Il me semble partagé aussi, on le voit quotidiennement dans les projets et les mobilisations des élus à tous les étages, que les élus locaux sont mobilisés et sortent de leurs compétences habituelles pour essayer dintervenir sur ces sujets. Les premiers à sêtre mobilisés sont les maires. Cela sentend de façon partagée.
Il semble aussi partagé quagissant au-delà de nos compétences, on ne peut pas éviter la dimension nationale de ce débat. Même si nous agissons, même si nous essayons décoper dans une situation difficile, des réponses nous échappent et laction régionale, comme celle des autres collectivités, ne permettra pas de traiter lensemble du sujet et renvoie à des débats nationaux ; jy reviendrai à la fin de mon propos.
Un autre aspect me semble partagé. Cest une nouveauté, pas tellement récente mais je me souviens quen 2012, sous limpulsion de François BONNEAU et de son Vice-président Philippe FOURNIÉ, la Majorité régionale a fait le choix de basculer dune approche par la mise en uvre des compétences à une stratégie globale avec le Plan urgence santé, puis la stratégie « Ambitions Santé 2020 ». Jentends aujourdhui que lon ne discute plus, alors que ce pouvait être le cas, sur : est-il pertinent que la Région aille au-delà de son rôle et que nous nous retrouvions tous dans cette action ?
Jai entendu chez le groupe UDC que le débat se situait autour de la modulation, de la régulation du niveau dintervention et de la nature des projets. Cest une discussion intéressante qui renvoie, selon ce quavançait Anne LECLERCQ et qui est indiqué dans le rapport, à lidée quil faut que ce plan évolue, nourrisse, sappuie sur des évaluations et des contributions. Cest intéressant.
2012, puis 2014, et nous voilà à un point détape 2016 : on peut souligner que les engagements sont tenus, et même dépassés. On a fait plus de MSP, en tout cas dans un calendrier plus resserré quannoncé. Lapproche partenariale est au cur de la démarche. On sappuie sur la proximité et linnovation. La stratégie sappuie sur une mobilisation transversale de nos compétences on le retrouve dans laménagement du territoire et dans les formations sanitaires et sociales mais aussi sur notre capacité à nous dépasser et à essayer dinfluer.
On parlait de la présence des étudiants en médecine dans lensemble du territoire ; je pense aux aides au stage, à lengagement sur les chefs de clinique et aux logements prévus dans les MSP. On parle également de laction déterminée pour influer sur le numerus clausus. Je me souviens que, dix ans en arrière, il était 23 % plus faible. En dix ans, nous avons donc obtenu une augmentation de 23 % quand celle du numerus clausus au niveau du territoire national est de 7 %. Cela a été aussi permis par la Région quand nous avons fait le choix, au-delà de nos compétences, de nous engager sur lextension de la Faculté de médecine, quand nous avons conduit de façon permanente des discussions avec lÉtat au niveau de lARS et au niveau national ou quand nous avons soutenu le CHRO sur une résidence et sur le projet des chefs de clinique assistants, ce qui a permis davoir 80 externes.
Les perspectives sont nombreuses. Nous devons continuer dagir sur tous les leviers, dirriguer le territoire par les contrats locaux de santé, les maisons de santé pluridisciplinaires.
Je veux dire un mot : il faudra évaluer mais je constate en Vendômois que les maisons de santé pluridisciplinaires fonctionnent. Pas plus tard que quelques semaines en arrière, Serge LEPAGE, le maire de Saint-Amand-Longpré, venait vers nous en disant : « Je suis embêté, il va falloir que je négocie une extension de ma maison de santé. » On voit à Cheverny que lon accueille des internes, à Sancoins que 25 professionnels sont présents, donc cela fonctionne. Sans doute le bilan est-il contrasté, il faudrait évaluer. En même temps, il est important de tenir lobjectif de 100 maisons de santé. Pourquoi ? Parce quil sagit du maillage de notre territoire, derrière.
Renoncer à quelques maisons de santé, sous de nouvelles formes ou des formes adaptées car il ne faut pas un seul modèle, comme Anne LECLERCQ lindiquait , cest revenir à se demander sur quel territoire on fait une croix. De part et dautre, nous ny sommes pas prêts et cela veut dire que nous devons partager collectivement cette ambition de 100 MSP.
M. GRICOURT - Je vous remercie de conclure, cher collègue.
M. USSEGLIO - Jy arrive : agir sur les spécialistes, poursuivre leffort et linvestissement pour la formation.
Sur le débat national, je dirai deux mots : il y a un enjeu sur les frais de santé. Jai entendu, mais la proposition a disparu, donc cest rassurant, que la question de ce qui était pris en charge ou non par lAssurance Maladie pouvait être posée par un éminent candidat à la présidentielle. Il faut se dire que, si lAssurance Maladie nassurait plus le quotidien dans nos territoires je pense au Nord du Vendômois mais vous lavez dans tous vos territoires , ce serait dramatique concernant laccès aux soins. Cela pose la question de linstallation des professionnels.
Que lon aille sur un grand débat sur le conventionnement, que lon parle de liberté dinstallation, cest une mesure centrale mais sur laquelle il ne faut pas avoir deffets de manche.
Pour conclure, un député qui siégeait auparavant dans nos rangs avait présenté une proposition de loi sur ce sujet, du temps où la Droite était majoritaire. Les députés de Droite avaient voté contre, ceux de Gauche avaient voté pour. La proposition avait été rejetée. Il a présenté de nouveau deux ans plus tard la même proposition : les votes ont été inversés. Les députés de Gauche avaient voté contre et ceux de Droite pour. La réforme de la médecine, on la vu avec le tiers payant, est toujours pleine de tensions.
Plusieurs dentre nous assureront dans quelques mois déminentes responsabilités à lAssemblée nationale ou au Sénat. Il serait bien que, tous collectivement, nous ayons une identité Région Centre à lAssemblée nationale et que nous votions tous en faveur dun texte de loi et non en fonction des consignes de notre gouvernement, quil soit de Gauche ou de Droite, ou de notre groupe.
M. le Président - Merci, Monsieur USSEGLIO.
Monsieur Philippe FOURNIÉ a la parole.
M. Philippe FOURNIÉ - Merci, Monsieur le Président.
Mes chers collègues, je souhaite rappeler que linégalité territoriale est regrettable et nous y travaillons, mais linégalité sociale de laccès aux soins est terrible. Il ne faut jamais loublier car, lorsquune personne ne peut pas, pour des raisons financières, avoir accès aux soins, cest extrêmement problématique.
Ce nest pourtant pas le sens de mon propos ce matin.
Je rappelle le travail accompli sur les instituts de formation et la territorialisation de laction de formation que nous poursuivons, avec un élément que je vous dévoilerai tout à lheure. Nous avons fait le choix, pour des raisons daménagement du territoire et de réponse aux employeurs territoriaux, de maintenir lensemble des instituts de formation, alors que dautres Régions décident de regrouper notamment les instituts infirmiers.
Une étude vient de sortir, concernant les instituts de formation et le niveau moyen daccès au diplôme dinfirmier et aux concours dinfirmiers. On sest aperçu que les candidats à Montargis, Dreux et Vierzon avaient un niveau plus faible de 1 point par rapport à celui de lensemble des autres instituts de formation. Néanmoins, à la fin de la formation, ils ont rattrapé le niveau, grâce à un accompagnement, à mon avis, un peu plus important dans ces instituts de taille moyenne et ils ont le diplôme comme les autres.
Cela veut dire aussi que, si nous navions pas ces instituts, les jeunes de ces territoires auraient peu de chances davoir le concours dans dautres instituts.
Il en va de notre responsabilité dégalité territoriale et dégalité daccès à la formation de continuer ce maillage et de faire progresser les instituts de taille moyenne pour quils puissent, avec les instituts plus importants, proposer toujours des formations plus adaptées et plus évolutives.
Je rappelle également le travail accompli sur la territorialisation et la déconcentration des formations daides-soignants. Quasiment chacun en a une dans son territoire : Aubigny, Briare, Bourgueil, Nogent-le-Rotrou, etc., à un moment donné, a ou a eu des besoins repérés par rapport aux employeurs mais aussi par rapport aux personnes. Nous avons réussi à déconcentrer ces formations. Cela donne détonnants résultats et de très beaux parcours de vie de personnes souvent en réorientation professionnelle qui voient leur avenir séclaircir car, dans limmense majorité des cas, elles ont un emploi en sortant.
Voilà ce que je voulais dire ce matin.
M. le Président - Merci, Monsieur FOURNIÉ.
Madame MAINCION a la parole.
Mme MAINCION - Merci, Monsieur le Président.
Chers collègues, merci davoir accepté de diffuser la cartographie de linstallation des jeunes. Cette carte est récente elle date de 2015 et a été présentée lors du Congrès national de lOrdre des médecins lan passé, réunion à laquelle javais été invitée et qui mavait permis den prendre connaissance.
Celle-ci fait un peu froid dans le dos. Quand on regarde notre pauvre région Centre, on voit bien que tous les efforts conjugués que nous avons menés conjointement nont pas abouti pour linstant. Il va falloir essayer de trouver dautres leviers et de les accompagner.
Dans notre groupe, nous nous situons en proposition parce que nous établissons tous le constat mais il faudra compléter le dispositif.
La santé est une compétence régalienne, vous lavez rappelé. Cependant, si toutes les collectivités, que ce soient les communes, les Communautés de communes, les Départements, dont certains ont un rôle essentiel, ou la Région, ne sétaient pas impliquées et navaient pas financé nombre de mesures aux côtés de lÉtat, on voit bien que les inégalités seraient encore plus criantes.
Nous sommes la dernière Région en termes de démographie médicale. Je suis daccord avec le CESER qui déplore lancienneté des cartes mais vous pouvez très bien vous rapprocher de latlas démographique consultable en ligne du Conseil national de lOrdre des médecins. Il est réactualisé tous les ans et détaillé région par région. Nous sommes pratiquement derniers en tout. Cela ne nous réjouit pas, cest un désespoir.
Il ne faut pas sétonner que, lors des dernières élections départementales et régionales, lorsque lon interrogeait les Français, le point n° 1 était la démographie médicale : pourra-t-on se faire soigner demain ?
Quand on regarde la carte dinstallation des jeunes médecins, cela reprend tous les territoires que nous avons énumérés. Regardez Paris qui néchappe pas à la non-installation de jeunes médecins, contrairement à ce que lon pourrait penser.
Je voudrais rappeler le rôle essentiel que jouent les universités ; je citerai en exemple celle que je connais peut-être maintenant mieux que celle de Tours, à savoir celle de Toulouse qui a eu un rôle majeur dans linstallation des médecins. Elle se targue notamment davoir installé assez récemment en Aveyron dix jeunes médecins. Cest luniversité qui a poussé et a fait découvrir ce territoire, qui nest pas forcément gagné. Ce que lUniversité de Tours est en train denclencher est de bon augure, à mon avis, et il faut vraiment laccompagner.
Dautres projets sont émergents, comme le souhait de certaines maisons de santé, pluridisciplinaires ou non, cest-à-dire quelles peuvent être privées, de devenir des antennes de luniversité et daccueillir des internes. Pour celles qui existent déjà en France il y a dautres exemples que je pourrai vous donner, si vous le souhaitez , cela donne la possibilité aux internes de continuer à faire de la recherche. Cela fait partie de lattractivité du métier. La recherche en milieu rural est tout à fait possible mais encore faut-il les accompagner.
La télémédecine est un outil daccompagnement, mais sil ny a plus de médecins, ni de praticiens, ni de personnels de santé pour laccompagner, ce nest pas réalisable. Je sais quil existe déjà des expériences mais ce nest pas généralisé. Le fait que le très haut débit ne soit pas encore généralisé en est un frein, mais cest une piste quil ne faut pas abandonner et quil faut même intensifier.
Je voudrais insister sur le rôle des hôpitaux locaux, ceux des villes moyennes. Pascal USSEGLIO a cité lexemple de Serge LEPAGE à Saint-Amand-Longpré, que notre Vice-présidente connaît. Lhôpital reprend le rôle quil avait dans les années 1970-1980 daccueillir de nombreux internes pour leur faire découvrir les territoires.
Concernant lhôpital de Vendôme, Monsieur le Président, vous étiez présent lorsque cela nous a été présenté : il est central dans les actions daccompagnement dinstallation des jeunes confrères.
Sagissant du numerus clausus, il faudra encore laugmenter parce que le temps disponible des médecins nest plus le même que vingt ans en arrière : cest une nécessité. 20 % des diplômes ne sont pas exercés, donc disparaissent dans la nature.
En matière de méthodes coercitives, je voudrais rappeler quil est inutile dêtre coercitif. On peut être incitatif mais pas uniquement. Dans la dernière loi de santé de 2016, un article est très intéressant et il serait bon que lAssociation des Régions de France le rappelle régulièrement aux différentes ARS. Il sagit de larticle L.1434-4 qui dit : « Le directeur général de lAgence régionale de santé détermine par arrêté, après concertation avec les représentants des professionnels de santé concernés, les zones caractérisées pour une offre de soins insuffisante ou par les difficultés dans laccès aux soins, mais aussi les zones dans lesquelles le niveau de loffre de soins est particulièrement élevé, sagissant des professions de santé pour lesquelles les conventions mentionnées au Code de la Sécurité Sociale peuvent ne pas être accordées. »
Il y a donc des régions surdotées. Pour linstant, aucun directeur dARS, que jai eu le plaisir de rencontrer récemment au sein de lAssociation des Maires de France, na osé lappliquer. Puisque loutil existe, il sagirait tout simplement dinciter les directeurs dARS à demander que les conventionnements ne soient pas accordés quand il y a surpopulation médicale.
Nous avons rappelé hier dans le vu que ce qui a été pratiqué au niveau des infirmières et des sages-femmes fonctionne. Cest un peu différent pour ces dernières puisquelles sont en surpopulation un peu partout, dans la mesure où il en est formé énormément en Belgique. Les outils existent, donc ce nest peut-être pas la peine den créer dautres pour le moment.
Nous pourrions travailler sur un élément que certaines collectivités accompagnent : cest tout simplement la recherche de travail du conjoint. Nous avons le même problème pour les cadres dans nos entreprises en milieu rural. Là aussi, la Région peut accompagner les collectivités.
Je vous invite à lire le document complet dont est issue la carte. Vous avez une partie des éléments et de ce que souhaitent les jeunes médecins pour venir sinstaller chez nous.
Merci.
M. le Président - Merci, Madame MAINCION.
Monsieur ROULLET a la parole.
M. ROULLET - Monsieur le Président, merci.
Concernant la santé, je veux tout dabord saluer le travail effectué par ma collègue et par les différentes équipes. Je note aussi que la Région sest totalement impliquée dans ce sujet de la santé, même si elle ny était pas obligée, avec les objectifs de maisons de santé pluridisciplinaires, ce dont a très bien parlé ma collègue, et concernant les formations. Nous avons joué la partition.
Je lévoquais hier : quand on prend des territoires en région, en particulier lIndre que je connais bien ou le Cher mais sans oublier dautres départements, il se produit effectivement une désertification. En même temps, cela ne frappe pas seulement le milieu rural : la périphérie des villes ou des villes moyennes est atteinte et cela va se poursuivre.
On pourra répondre à cette situation dans le temps. Le problème est quil y a urgence. Comment fait-on aujourdhui pour remédier à cela ? Une réunion a eu lieu voici une dizaine de jours avec le Département de lIndre et lARS : quand on fait des projections dans certains territoires, cela va samplifier. Cest limité dans dautres territoires parce que nous avons fait des maisons de santé pluridisciplinaires.
En même temps, sur le constat, nous sommes tous daccord mais jai limpression que nous tournons un peu en rond. Je dis clairement que la profession a une responsabilité, que lOrdre des médecins connaissait la catastrophe annoncée. Il faut leur dire aujourdhui davoir des actions dinformation et de communication auprès des gens relevant de lOrdre des médecins pour les inciter à venir dans des territoires subissant un manque.
La question fondamentale est celle de lattractivité. On peut tourner comme on veut, je peux vous sortir depuis quinze jours cinq pages de La Nouvelle République dans lIndre où cest la catastrophe : « Il ny a plus de médecins. Cest la pénurie, etc. » On se plaint sur tous les sujets, alors que la directrice de lARS qui était à la réunion disait : « Vous avez des atouts, mettez-les en avant. » Par exemple, il semblerait que nous soyons le premier département à avoir des médecins possédant le diplôme ou le label pour accueillir de futurs médecins en stage. Elle sest engagée à contacter les doyens, car beaucoup de jeunes de lIndre suivent leurs études à Limoges, pour quils contactent Limoges afin dinviter les jeunes à venir dans le département de lIndre, et à faire de même sur Tours.
Cela peut être une piste mais cest véritablement la question de lattractivité pour ces territoires.
Si on leur raconte tous les jours quil ne se passe rien dans ces départements, dans ces territoires, que lon est pauvre et malheureux, cela ne les fera pas venir ! Il faut arrêter de se faire du mal.
Un autre élément concerne les pratiques : il faut faire de léducation à la santé. Pour un oui, pour un non, un certain nombre de nos concitoyens sont demandeurs et veulent aller chez le médecin ou chez le spécialiste. Ce sont des pratiques développées.
Dans lurgence, il faut trouver des modalités, même modestes. Heureusement que les maisons de santé pluridisciplinaires ont été initiées par la Région avec laide de lÉtat.
Il y a des anomalies : jai reçu voici trois jours un médecin algérien. Il a un diplôme de médecin algérien et il ne peut pas exercer. Il me dit : « Je veux bien être infirmier. » Je ne suis pas un spécialiste mais je ne comprends pas : il est capable de soigner des gens en Algérie mais pas en France ?
Nous sommes les meilleurs, nous sommes toujours les meilleurs et eux, ils ne sont pas bons ! Attendez ! Il soigne des gens en Algérie. Pourquoi ne pourrait-il pas soigner des gens en France ? Cest un médecin de seconde zone ? Je ne comprends pas cela.
Jen terminerai pour dire que, dans le temps, on va régler le problème dune seule façon. Des mesures peuvent être prises aujourdhui dans le sens des médecins salariés, sauf que lon butte toujours sur la même problématique de lattractivité. Ce nest même plus une question dargent : la directrice de lARS a développé tous les dispositifs, nous payons tout mais ils ne viennent pas ! Dans certaines villes, ils viennent sinstaller, ils mettent leur plaque et ce sont les rois du pétrole. Pour autant, nous ne réussissons pas à les faire venir.
Il ny a quune seule solution dans le temps : cest celle dimposer. Je ne vois pas pourquoi les médecins seraient les seuls travailleurs à choisir là où ils veulent aller. Je regrette, quand quelquun cherche du travail, il va là où il y en a.
Nous devons à tout prix prendre nos responsabilités. Or, les gouvernements successifs ne les ont pas prises.
M. le Président - Merci, Monsieur ROULLET.
Madame BEAULIER a la parole.
Mme BEAULIER - Monsieur le Président, chers collègues, en un an de mandature et après létude de divers rapports et communications, nous avons bien compris à quel point la santé, bien que hors champ de compétences obligatoires de la Région, fait partie de vos priorités et à quel point cette assemblée est mobilisée en ce sens. Nous ne pouvons que le saluer.
Nous nous permettrons cependant de relever quelques imprécisions techniques dans cette communication.
Première imprécision : la densité médicale de la région est annoncée à 83 médecins pour 100 000 habitants en 2015 mais ce chiffre na pas attendu lhorizon 2030 pour chuter. Avec 2 070 médecins généralistes au 2 décembre, selon lARS, la densité médicale en région Centre nest déjà plus que de 77 médecins pour 100 000.
Deuxième imprécision : le nombre de MSP sur la carte, page 6, est supérieur à celui annoncé dans le rapport. Si cest le cas, nous nous en réjouissons mais sur quelle donnée devons-nous nous baser ?
Troisième imprécision : pour illustrer votre communication santé, vous nous avez fourni une carte. Celle-ci nous a également laissés perplexes. Loin de moi lidée de remettre en cause les compétences de mes collègues cartographes, nous avons très vraisemblablement suivi les mêmes cours avec les mêmes professeurs dans la même université. Pourtant, les données trop datées et non appropriées de cette carte sont trop nombreuses pour ne pas être volontaires. La commande de cette carte avait-elle pour but de présenter un élément de communication positif au détriment dun portrait plus réaliste ?
Premièrement, sur cette carte, il est évoqué plusieurs fois dans le rapport que le travail dimplantation des MSP est fait avec lARS. Or, lARS, dans le cadre des zonages professionnels, utilise comme unité territoriale de référence le bassin de vie. La carte de Madame MAINCION le montre encore. La carte présentée dans la communication est, quant à elle, basée sur les anciens cantons. Puisque lunité territoriale de référence utilisée nest pas la bonne ici, un premier biais est introduit pour la prise de décision ou tout au moins dans sa proposition de retranscription.
Deuxièmement, en bas à droite de la carte, il apparaît que les zones de carence seraient celles de novembre 2016, alors quil est noté, dans les sources en bas à gauche et dans le cartouche en haut à droite, que la démocratie médicale est issue du RPPS 2013. Les données sont-elles celles de 2013 ou de 2016 ?
Par ces éléments, la carte fournie en page 6 est contestable.
Troisièmement, aucune distinction nest faite entre les zones de carence, alors quen réalité, certaines nen sont plus au stade de la carence mais de lanémie. Puisque nous navons pas obtenu de vos services les bases de données utilisées pour cette carte, nous en avons trouvé dautres plus récentes. Notre résultat est le suivant : nous constatons que 17 MSP sont implantées en zones carencées, alors que 55 MSP sont implantées dans 41 zones non carencées. Nous ne disposons pas des données nécessaires pour savoir quelle est linfluence réelle des MSP existantes sur létat de carence dune zone ou non. Malgré tout, il apparaît nettement que des efforts particuliers ont été faits pour le Sud de lIndre-et-Loire, du Loir-et-Cher et quà linverse, des zones entières et contiguës ne sont pas pourvues en MSP, alors que létat de carence de ces bassins de vie est avéré.
Nous prendrons comme exemple la partie septentrionale du Cher : les six bassins de vie limitrophes de Châteaumeillant, Dun-sur-Auron, Le Châtelet, Lignières, Saint-Amand-Montrond et Saint-Florent-sur-Cher ont en tout 31 médecins pour près de 62 000 habitants, ce qui représente une densité médicale de seulement 0,5 médecin pour 1 000 habitants. Ces bassins de vie nont pas droit à une MSP, et ce, alors même que la population y est vieillissante.
À lopposé, le bassin de vie de Chinon compte 25 médecins
mais pour 23 000 habitants : sa densité médicale est donc de 1,1 médecin pour 1 000 habitants. Nous ne pouvons que nous en réjouir. Le souci est quune MSP a été implantée alors quaucune ne la été dans le Sud du Cher.
La question nest pas dopposer lurbain et le rural ni le Nord et le Sud de la région, elle est de réduire les déséquilibres territoriaux. Qui peut encore parler ici dégalité daccès aux soins ?
Enfin, Monsieur le Président, les maisons de santé, même si nous pensions, comme vous en 2012, que cétait une bonne solution, la réalité montre que cela ne fonctionne pas, ou pas toujours, ou pas partout. Le cas de la MSP de Maintenon en est une illustration.
Cependant, sagissant des zones rurales sacrifiées, il est vrai, Monsieur le Président, comme vous le dites en dautres termes en dernière page du rapport, quinvestir pour la construction dune MSP dans un bassin de vie où les entreprises ont fermé et ont fui, puis les jeunes, puis les commerces, les services publics, lécole et La Poste, nest pas chose aisée ! Quel médecin osera sy installer et, sil le fait, pour combien de temps ?
Je vous remercie.
M. le Président - Merci, Madame BEAULIER.
Dernière intervention, Madame COCHARD.
Mme COCHARD - Monsieur le Président, mes chers collègues, je voudrais insister sur les enjeux déducation en matière de santé et de bien-être.
Léducation pour la santé est un concept défini par lOMS. Lidée est que chaque citoyen acquiert tout au long de sa vie les compétences et les moyens lui permettant de promouvoir sa propre santé, sa propre qualité de vie, ainsi que celle de la collectivité tout entière.
Les Écologistes prônent le développement de cette éducation pour la santé, et ce, tout au long des parcours de formation, de manière progressive et adaptée, par des personnels de santé et de prévention traitant de lensemble des risques pour la santé et de la sécurité, tels que lalimentation, les maladies infectieuses, les allergies, la santé sexuelle et reproductive, et le rapport au corps et au plaisir, les comportements vis-à-vis de lalcool, du tabac et des stupéfiants.
Cest le sens de la politique régionale de prévention et de promotion de la santé en direction des lycéens et des apprentis, dont Alix TERY-VERBE a la charge en tant que conseillère régionale déléguée, qui constitue un pilier des actions éducatives de la Région. Il ne sagit pas de dire aux jeunes ce quil faut faire mais de les considérer comme acteurs de la prévention et de la promotion de la santé.
Alix TERY-VERBE nous rappelait hier, lors de lexamen du budget, quen 2016-2017, cela représente 88 projets qui ont été soutenus au bénéfice de 32 000 jeunes à travers 500 actions, cest-à-dire déjà une action régionale conséquente en la matière.
Permettez-moi dinsister sur un point particulier : alors quil y a actuellement en France un climat culturel qui tend à culpabiliser les femmes souhaitant avorter souvent, elles nont pas le choix , à restreindre laccès à la contraception, à remoraliser la sexualité des jeunes, à censurer les campagnes dinformation contre le Sida, nous revendiquons tout ce qui est fait par la Région en matière déducation à la santé sexuelle, en prenant en compte toutes les sexualités, en lien notamment avec le Planning familial dont nous tenons à saluer laction. La mise à disposition des jeunes de toute linformation sur ces sujets, sur la contraception, sur lavortement ou encore sur les infections sexuellement transmissibles et le Sida sont absolument nécessaires.
Merci.
M. le Président - Merci.
Dernier intervenant, Jean-Patrick GILLE, vous avez la parole.
M. GILLE - Rapidement, Monsieur le Président, pour féliciter du débat sur un sujet difficile : je pense particulièrement aux échanges sur la démographie médicale.
Finalement, il ny a pas eu didées nouvelles, donc je serais tenté de dire, pour résumer le débat : plutôt que nous acharner sur le symptôme, cest-à-dire la difficulté de notre Région nous navons pas intérêt à le répéter car cela narrange pas notre problème dattractivité , il faudrait valoriser le traitement de fond que nous avons mis en place et qui sappuie fortement sur les maisons de santé pluridisciplinaires, avec éventuellement des logements à côté et le travail avec la Faculté de médecine.
Je me félicite de la convergence de vue à ce sujet, même si cela va prendre du temps, on le sait. De grâce, arrêtons de nous retrouver dans cette situation qui est un peu réelle. On voit sur la carte que nous sommes la région la plus en difficulté dans ce domaine. Plus nous le répéterons, moins nous attirerons de monde, donc faisons connaître la politique que nous mettons en place.
Il a été évoqué, et je voudrais y revenir, un débat récurrent à ce sujet à lAssemblée. Il a été porté par notre ex-collègue Philippe VIGIER qui a été courageux, il faut le dire, puisquil a pris un peu ses amis à revers, ou à rebours, en arrivant avec une proposition de loi qui a dailleurs été rejetée par tout le monde, Jean-Pierre DOOR en tête, parce quil portait la question difficile de la contrainte. Philippe VIGIER disait : « Non, il faut prendre le taureau par les cornes et contraindre. » Il ne sest pas fait que des amis !
En même temps, la question de la contrainte est complexe. On sait que, dans les pays où cela commence à être pratiqué, cela génère un effet pervers qui est une baisse de lattraction des études de médecine parce quil y a larticulation entre lattraction du territoire et lattraction de la profession.
Je ne citerai quun chiffre : on va augmenter le numerus clausus, jy ai contribué, on continue à le faire, on met en place lAlter-PACES pour que des étudiants de sciences puissent venir sur ces sujets. Néanmoins, un chiffre est terrible : seulement un étudiant sur dix qui fait ses études en médecine sinstalle comme généraliste. Cest là que nous avons une difficulté centrale.
Cest la perspective dune implantation, notamment à travers les MSP que nous leur offrons, qui peut nous aider à nous sortir de cette difficulté, lautre étant la proposition mais là, je sors du débat de cette assemblée non pas de contraindre, ce que nous avions réussi à faire voter en première lecture puis le gouvernement est revenu, mais de dire quil nest plus possible de simplanter dans les secteurs que lon peut considérer comme bien pourvus.
Évidemment, personne ne se trouve vraiment bien pourvu mais nous avons vu que les cartographies étaient difficiles parfois. Cela pourrait être une mesure déquilibre de dire que des secteurs sont pourvus, que lon noblige pas à simplanter quelque part il ny a pas dassignation à simplanter mais que, dans certains secteurs, on ne peut plus vraiment sinstaller, comme cela a été pratiqué dans dautres professions.
Jai bien vu, sans sombrer dans la polémique, que dans certains programmes électoraux, on réaffirmait fortement la dimension libérale de la médecine. Ce sont des contradictions mais cest un débat qui nous échappe. Peut-être sera-t-il tranché dans la présidentielle, je nen suis pas sûr.
Je veux me féliciter collectivement de la qualité du débat que nous avons eu ce matin car, souvent, il suscite beaucoup plus de passion. On voit bien quun travail de fond est engagé et que nous le partageons sur lensemble de ces bancs.
M. le Président - Chers collègues, je vous remercie de vos participations à ces échanges sur les communications cétait nécessaire et sur les rapports. Beaucoup déléments ont été échangés. Des décisions ont été prises, parfois à lunanimité et je men réjouis, parfois à la majorité : cest le jeu de la démocratie.
En tous les cas, nous terminons 2016 avec une véritable dynamique et beaucoup de projets pour lannée qui vient.
Pour arroser cela, nous allons nous retrouver en bas dans la salle de restaurant.
Très bonnes fêtes à vous.
(La séance est levée à 13 heures 11)
La Secrétaire de Séance, Le Président du Conseil régional,
Michèle BONTHOUX François BONNEAU
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