2. L'école Estienne - HAL-SHS
Mais c'est surtout son statut de première école professionnelle publique qui nous
a ...... L'apparition de la « crise de l'apprentissage » en tant que sujet politique
...... L'école Diderot fut suivie par l'École de physique et de chimie industrielle ......
aux syndicats patronaux et ouvriers de participer aux jurys d'examen : à partir de
...
part of the document
ÉCOLE NATIONALE DES CHARTES
Marie-Cécile Bouju
diplomée détudes approfondies
LÉcole Estienne
1889-1949
La question de Lapprentissage
dans les industries du Livre
Thèse
pour le diplôme darchiviste paléographe
1998
Lécole Estienne
1889-1949
La question de lenseignement professionnel
dans les industrie du Livre
Introduction
Une discipline peu exploitée : lhistoire de lenseignement technique
Limprimerie au XXe siècle : labsence détudes
Lapprentissage dans limprimerie : un sujet révélateur de lévolution économique, sociale et technique de limprimerie
Lécole Estienne : un bon miroir pour une histoire professionnelle ?
Les problèmes de sources
Sources et bibliographies
Les industries du Livre et la « Crise de lapprentissage »
Lapprentissage dans les métiers du Livre au XIXe siècle
La genèse de lenseignement technique
Former les « officiers de larmée industrielle »
Le travail des enfants (1841-1892)
De la réglementation de lapprentissage à lenseignement technique (1851-1880)
Les industries du Livre au XIXe siècle
Un marché en croissance
Les innovations technologiques
Le cadre réglementaire
L apprentissage en atelier
Lhéritage de lAncien Régime
Lapprentissage au XIXe siècle
Les écoles datelier
La question de lapprentissage dans lImprimerie après 1880
Les maîtres imprimeurs
Lorganisation syndicale du patronat
Le discours patronal sur la « crise de lapprentissage »
Lassociation Gutenberg
Relieurs et lithographes
Les relieurs
Les lithographes
La Fédération Française des Travailleurs du Livre
La création de la Fédération
Lapprentissage au coeur de laction syndicale
1883- 1891 : Lécole du Livre
La création dune « école du Livre »
1883-1887 : Le Conseil municipal de Paris
Le statut parisien
La politique municipale denseignement
Abel Hovelacque et lécole du Livre
1887 : Lécole du Livre selon ses créateurs
Lorganisation de lécole du Livre
Former des ouvriers
Relever lart du Livre français
Les débats
Le patronat parisien
...
Les imprimeurs typographes et lithographes
Les ouvriers
Les typographes
Les lithographes
Une minorité : le groupe du Réveil typographique
1889-1891 : de la défiance au scandale
La rentrée scolaire de 1889
La Commission de patronage
Enseignants et enseignements
Les élèves
Genèse dun scandale
Mésaventures architecturales
....
Les ouvriers lithographes
Le scandale
Lenquête administrative
La campagne de presse
...
1892-1913 : ...
1892-1897 : La reconstruction de lécole
La remise en ordre
Le conseil municipal
Les « réformes »
Les premières promotions
...
La presse professionnelle
La croisade de Victor Breton
Ecoles et cours professionnels
Lécole Gutenberg
Les Cours de la FFTL
1897-1913 : la direction d Hippolyte Fontaine
Lécole et les édiles
Fontaine : un militant de lenseignement technique
Le nouveau conseil municipal (1900-1904)
Réformes et modernisations
Promotions et enseignants
Les élèves :analyse quantitative
Les professeurs datelier
Les « stéphanois » dans lindustrie
Les éditions de lécole Estienne
Les relations avec la profession
Les maîtres imprimeurs
Les ouvriers
Le congrès de Roubaix
1914-1934 : Une école prestigieuse et marginale
La guerre
Georges Lecomte : au service de la profession
Georges Lecomte
Le plan de bataille de 1913
1914 : à laide des apprentis parisiens
1917-1919 : Le Congrès national du Livre
Assaut manqué contre lécole Estienne
Les travaux de 1917-1919
La loi Astier et ses effets dans lindustrie du Livre
La loi Astier
Les origines
Les réactions des métiers du Livre
1920-1923 : Le second règlement sur lapprentissage
1920 : Les enjeux
Le règlement de 1923
1923-1928 : Le nouveau souffle de lapprentissage
Préapprentissage et cours professionnels
La taxe et les contrat dapprentissage
1918-1934 : lécole Estienne, lindustrie et lEtat
Une institution dans lombre
Les cours dapprentis
LAssociation des anciens élèves
Les premiers CAP
Lécole Estienne : lécole du bel ouvrage
Tradition et création
La situation matérielle
Lécole Estienne et la profession
Elèves et professeurs
Les élèves
Les professeurs
1934-1949 : Lambition sans les moyens
LInstitut national des industries et des arts graphiques
Une alliance entre les maîtres imprimeurs et lEtat
Les origines
LINIAG : statut, but et structure
La FFTL et lINIAG
La FFTL pendant le Front populaire
1937-1939 : les négociations
1934-1948 : Sylvain Sauvage, un directeur malchanceux
Sylvain Sauvage : pour lart du Livre ?
Sylvain Sauvage, artiste du livre
Le réalisme comme politique denseignement
Les « nouveaux bâtiments »
Lécole Estienne et la profession
LINIAG
La FFTL
Loccupation
Le centre dapprentissage
1940-1944 : Diriger Estienne...
Lindustrie du Livre et lapprentissage : la « continuité »
1948-1949 : Robert Ranc et la stratégie industrielle
La politique de Robert Ranc : une hypothèse
Les relations avec la profession
Les « nouveaux bâtiments »
Elèves et professeurs
Les professeurs
Les élèves
Les métiers du Livre face à lEducation nationale
La « reconstitution » de lINIAG
Les accords de 1949
Des écoles du Livre
Conclusion
Les enjeux de la formation professionnelle dans les industries du Livre
Art et Industrie : une division de plus en plus forte
Lécole Estienne : un miroir déformant
Formation et enseignement professionnels dans les industrie du Livre depuis 1949
Lécole Estienne, école d « ingénieurs » : une légimité toujours précaire
Index
Annexes
Introduction
Lhistoire dun établissement scolaire est un objet détude a priori précis, qui ne pose pas de problème de méthode particulier. Lorsquil sagit dune école professionnelle, les sources souvent disparates et la pauvreté des recherches sur lenseignement technique rendent la tâche plus difficile. Travailler sur lécole Estienne présente bon nombre de ces difficultés.
Pour reprendre lexpression utilisée par Pierre Caspard, lhistoire de lenseignement technique est « un chantier déserté ». En effet, lhistoire de lenseignement, en tant que tel ou en tant que domaine détude plus vaste, connut une fortune dont lenseignement technique a bien peu profité.
Les historiens laissèrent lhistoire de lenseignement technique aux sociologues dont les travaux constituent le socle de la bibliographie existante. Les historiens ont plutôt porté leur attention sur lenseignement primaire et sur lenseignement supérieur. Lenseignement intermédiaire, cest-à-dire la formation des futurs ouvriers qualifiés, les a peu intéressés. Thérèse Charmasson propose une explication sur ce désintérêt : « Malgré limportance des polémiques quil a suscités, lenseignement technique est toujours resté le parent pauvre au sein du système éducatif. Le petit nombre des recherches historiques qui lui sont consacrées témoigne de cette situation. Actuellement encore, les orientations des élèves vers lenseignement technique court sont le plus souvent la sanction dun échec dans lenseignement général que la reconnaissance daptitude spécifique. »
Ce désintérêt serait culturel, dans un pays qui a ennobli les belles lettres et les sciences, et dont les sujets de recherche historique refléteraient ces schémas mentaux. Lhistoriographie française des cinquante dernières années dans lhistoire sociale dune part et lhistoire économique dautre part a effectivement laissé lenseignement technique de côté.
Lhistoire sociale a mis en lumière les processus délaboration didentités, de pratiques, de représentations, de résistances aux changements socio-économiques pour de multiples catégories sociales au sens le plus large. Lenseignement fut largement pris en compte mais comme un vecteur parmi dautres. Lhistoire sociale des classes ouvrières aurait dû logiquement donner à la formation professionnelle une place plus grande, mais lenseignement technique en tant quinstitution na pas entraîné détudes approfondies.
Lhistoire du mouvement ouvrier naborde également ce thème que de manière très générale. Il est vrai que létude du discours des militants ouvriers sur la formation professionnelle nest pas aisée. Ces discours mêlent la formation politique et/ou syndicale des militants à la formation propre des individus dispensées par différentes institutions. Labsence détudes véritables sur le discours syndicaliste ouvrier sur la formation professionnelle a conduit les chercheurs travaillant sur lenseignement technique à supposer, voire affirmer, un peu trop rapidement que le mouvement ouvrier français ne sy est pas intéressé avant 1945.
Lhistoire économique sintéressa dabord et surtout à la formation des élites, dirigeants, ingénieurs, issus parfois des « grandes écoles », études qui abordent donc lhistoire de lenseignement technique par le haut. Ces études évaluent leur rôle et limportance de leur formation initiale dans lhistoire des entreprises industrielles ou bancaires, et donc dans lévolution technique et économique de la France. Cependant, les monographies dentreprises comportent en règle générale des études sur le monde des salariés, col bleu ou col blanc. Les ouvriers et employés sont étudiés de manière quantitative mais également qualitative, ce qui permet de dessiner notamment une politique patronale de la main duvre et lévolution des qualifications et de la hiérarchie interne des entreprises.
En tant quinstitution, lenseignement technique est donc ignoré, mais ses corollaires que sont lévolution des qualifications, lidentité professionnelle, la transmission des savoir-faire sont des questionnements relativement courants dans la recherche en histoire économique et sociale. Il est regrettable néanmoins que ces démarches naient pas jusquà présent englobé lhistoire des écoles professionnelles au sens large. Lhistoire de lenseignement technique reste donc un « chantier » peu exploité, situation qui sexplique également par la complexité de cette histoire et par dimportants problèmes de sources.
Jusquen 1945, les établissements français chargés de la formation professionnelle ont des statuts extrêmement divers, ce qui a entraîné un éclatement des sources. Dans de nombreux cas, il faut espérer que les écoles professionnelles aient conservé leurs archives pour pouvoir les étudier. Elles sont bien souvent des établissements créés initialement pour des besoins locaux et particuliers, ce qui oblige le chercheur à tenir compte de la spécificité des acteurs (élus et notables principalement) et des secteurs dactivité concernés. La monographie reste donc une approche indispensable.
Les études transversales nen sont pas moins légitimes, comme par exemple les études de catégories détablissement ou de diplômes. Elles permettent notamment de saisir les grandes étapes législatives et réglementaires, dont la ligne de force est la substitution progressive de lÉtat à ces différents acteurs, locaux et privés, qui a conduit à unifier ces établissements et leur programme denseignement dans la deuxième moitié du xxe siècle.
Lanalyse institutionnelle de lenseignement technique est indispensable mais conduit à prendre comme postulat que lapprentissage traditionnel était en crise. La « crise de lapprentissage », incontestable, est peu analysée en elle-même. Seule une approche par branche permettrait de mesurer limportance de cette crise, les raisons pour lesquelles les contemporains crurent quil fallait remplacer lapprentissage par un enseignement professionnel hors de lentreprise, et surtout le moment de son apparition, qui ne fut sans doute pas le même pour les différents métiers.
Lenseignement technique est, comme les autres champs de recherches, susceptible dapproches multiples et légitimes. Il touche au social, à léconomique, au culturel. Travailler sur lhistoire de lécole Estienne, école des métiers du Livre, impliquait dès le départ davoir conscience de la multiplicité de ces approches.
Lhistoire de cette école nous obligeait à tenir compte dune part de celle des industries du Livre au xxe siècle et dautre part de lorganisation de lapprentissage de ses métiers. Or lune et lautre ont été relativement peu traitées.
Lhistoire économique des industries du Livre au xxe siècle est mal connue. Elle est en règle générale traitée par le prisme de lhistoire technique, fondamentale pour saisir les grandes étapes de lévolution de cette branche, mais insatisfaisante sur bien des points. Le dernier volume de lHistoire de lédition française traite de limprimerie uniquement par ce biais. Il est vrai que lhistoire des industries graphiques depuis la fin du xviiie siècle ne font lobjet de recherches que depuis une vingtaine dannées. Outre des monographies dentreprises importantes, des études de grande qualité sur des groupes dindustries au xixe siècle ont été menées : Sophie Malavieille sur lindustrie de la reliure, Corinne Bouquin-Chupeau sur limprimerie lithographique et Évelyne Peloille sur limprimerie à Paris de 1881 à 1914. Mais après la Première Guerre mondiale, les études de ce type sont inexistantes.
Lhistoire du syndicalisme ouvrier pour toute la période qui nous intéresse est bien connue grâce aux ouvrages de Paul Chauvet, de Yves Blondeau et de Madeleine Rebérioux. En revanche, une seule étude a abordé lhistoire du syndicalisme patronal dans le Livre.
Dans tous ces travaux, lapprentissage a une place plus ou moins importante, dont il ressort quil fut un enjeu considérable dans la vie de la profession. Comme dans dautres secteurs de léconomie, la fin des règlements de lAncien Régime et la révolution industrielle ont bel et bien perturbé en profondeur la transmission des savoir-faire. Loriginalité a priori des industries du Livre par rapport à dautres branches ne se situe probablement pas dans limportance de la « crise de lapprentissage » ni dans ses conséquences. Lapprentissage est le signe de la pérennité dune qualification. Mais il est aussi un rite de passage, nécessaire à lintégration dans une communauté professionnelle avec sa culture propre qui en fait sa distinction (dans les deux sens du terme), et le moyen de sélectionner les individus qui veulent entrer dans le métier. Il en découle un niveau de salaire qui distingue ces hommes de métier des ouvriers peu ou pas qualifiés, manuvres, journaliers. Si cette main duvre est coûteuse, elle est restée indispensable et recherchée pendant la révolution industrielle.
Limportance accordée à lapprentissage nest donc pas propre aux métiers du Livre. Des historiens de lenseignement technique se sont étonnés toutefois de la précocité avec laquelle les syndicats patronaux et ouvriers du Livre se sont entendus sur un règlement de lapprentissage, que lon ne retrouve dans aucune autre branche industrielle.
Sil nexiste pas de réels travaux sur lapprentissage des métiers du Livre, les grandes étapes de son organisation sont toutefois connus. Au xixe siècle, la dénonciation constante de la crise de lapprentissage et de la décadence du métier a conduit à lélaboration du premier règlement corporatif sur lapprentissage en 1900, ratifié par les syndicats ouvriers et patronaux, dont laspect le plus spectaculaire était la limitation du nombre des apprentis. Il fut suivi par deux autres règlements en 1923 et en 1949. En 1937, la profession créa un Institut national des industries et arts graphiques, chargé de contrôler et dorganiser lapprentissage dans le Livre. Cette uvre réglementaire surprend par sa constance et fut en général analysée comme le signe de lattachement viscéral de la profession, et notamment des ouvriers, à la préservation dun niveau de qualification.
Cette permanence dune réglementation de lapprentissage dans le Livre par ses propres représentants était cependant parallèle à lingérence de plus en plus grande de lÉtat dans la formation professionnelle en France. Or, les relations entre lÉtat et la corporation, patrons comme ouvriers, furent toujours difficiles. Comment la profession avait-elle vécue cette extension des compétences des autorités publiques ? Les travaux consacrés à lhistoire des industries du Livre restaient généralement muets sur ce point.
De fait lhistoire de lécole Estienne nest pas simplement celle dune école professionnelle. Elle nétait pas le premier établissement public à former aux métiers du Livre. Il y eut avant elle lécole des sourds et muets, émanant de linstitution fondée par labbé de lÉpée à la fin du xviiie siècle, et lécole dAlembert dirigée par lAssistance publique. Dans ces deux établissements, la finalité était essentiellement charitable. Bien que peu appréciés, ils ne furent pas complètement condamnés par la corporation du Livre, en raison de cette finalité. La création de lécole Estienne en 1887, qui ouvrit ses portes en 1889, par le conseil municipal de Paris, était radicalement différente dans lesprit. Les autorités publiques se substituaient aux acteurs privés pour organiser un apprentissage hors de latelier. Son statut nous obligeait donc à tenir compte des débats sur lapprentissage qui agitaient alors la profession.
Cet axe de recherche sest dautant plus imposé que létat des sources nous y obligeait. Les archives de lécole ont disparu en très grande partie. Lécole Estienne étant un établissement municipal, elles auraient dû logiquement se trouver aux Archives de Paris. Quelques pièces sy trouvent en effet, mais si peu ! Les Archives nationales ne nous furent pas dun plus grand secours. Contrairement à Yves Legoux sur lhistoire de lécole Diderot et à Stéphane Laurent sur celle de lécole Boulle, nous navons pas retrouvé dans létablissement ce qui constituait la source principale de son histoire, les procès-verbaux du comité de surveillance. Nous nous sommes donc reportée sur la lecture de la presse professionnelle des métiers du Livre, qui constitue lessentiel des sources que nous avons utilisées.
De fait, les travaux de Yves Legoux, de Stéphane Laurent et le nôtre sont distincts dans leur problématique. La finalité et lévolution de la formation ne constituent pas notre principal objet. À linverse, ces deux thèses nabordent pas ou peu les relations entre une école professionnelle publique et les organisations professionnelles. Par ailleurs, dans le cas de lécole Diderot comme de lécole Boulle, il ne semble pas que les organisation syndicales ont eu une influence vraiment forte dans lhistoire de ces établissements.
Si cette étude sur lhistoire de lécole Estienne a été rendue difficile par la rareté des sources, cette école est comme, dautres établissements, marquée par une mémoire collective dont il faut tenir compte. Pour bon nombre de ses anciens élèves et enseignants, lhistoire de lécole Estienne commence en réalité en 1948, année de la nomination de Robert Ranc à sa tête, dont la direction fait figure dâge dor. Il est supposé être lacteur de la modernisation et de la suprématie de lécole. Il est vrai que ce fut une personnalité exceptionnelle, quoique difficilement saisissable.
Lignorance sur la période précédente sexplique aussi par la quasi absence douvrages historiques, y compris hagiographiques, sur lhistoire de lécole. Le seul document qui traite de son histoire est un ouvrage de 1900, imprimé par lécole Estienne pour lexposition universelle de Paris. Lors de la célébration du centenaire de lécole, Anouk Seng, la bibliothécaire de lécole, avait entrepris des recherches mais faute de temps et de moyens elle navait pu les mettre en valeur. Cette célébration na donc pas véritablement conduit létablissement à une réflexion sur son passé. On savait que lécole avait été fondée en 1887 par le conseil municipal de Paris, quelle avait connu quelques difficultés dans ses premières années et que sa fondation avait été mal accueillie par la profession. Puis rien, ou presque, jusquen 1948, et on véhicula lidée que pendant cette longue période lécole privilégia une formation artisanale jusquà larrivée de Robert Ranc où lécole dispensa une formation industrielle de grande qualité qui en fit son renom.
De fait, lorsquil fallut déterminer les bornes chronologiques de ce travail, pour beaucoup dinterlocuteurs ce fut la perplexité. Soumise comme tout autre chercheur à la contrainte du temps, nous ne pouvions aller au-delà de 1948. Il est vrai que la rupture la plus manifeste et brutale dans lhistoire de lécole est celle du début des années 1970. À cette époque, Robert Ranc quitte la direction de lécole, mais surtout une crise économique et technique qui entraîna un changement profond dans les qualifications et donc les enseignements de lécole. Nous avons choisi de nous arrêter précisement en 1949, année où fut ratifié le quatrième accord paritaire sur lorganisation de lapprentissage dans les industries du Livre. Cet accord était tout à fait novateur en raison non de son contenu mais des circonstances de son élaboration.
Nous avons choisi de dadopter un plan extrêmement classique, chronologique, reprenant les directions successives de létablissement. Ceci ne signifie pas que les directeurs de lécole Estienne étaient tout puissants, les contraintes auxquelles ils étaient soumis altérant considérablement leur marge de manuvre. Mais ce sont en loccurrence ces contraintes qui évoluèrent donnant à chacune de ces directions leur singularité. Parmi ces contraintes se trouvent les relations entre lécole et la profession, extrêment fortes et ambivallentes, qui furent déterminantes dans lhistoire de létablissement.
Lhistoire de lécole Estienne stricto sensu nous posa de nombreux problèmes quant à laccès aux sources et à leur analyse.
Comme nous lavons expliqué précédemment, il reste bien peu de choses des archives de lécole. Heureusement, lessentiel a été préservé, à savoir les registres des élèves et du personnel de lécole. Ces registres furent relativement bien tenus pendant ces soixante années. Les registres des élèves sont cependant peu précis sur les causes dabandon en cours de scolarité. Ceux du personnel sont plus laconiques à partir des années 1930 et indiquent malheureusement rarement lappartenance syndicale des professeurs datelier. Nous les avons utilisés de manière surtout quantitative. Les registres du personnel ont été analysés de manière volontairement partielle. Une des grandes lacunes de notre travail est de navoir pas analysé lorigine et le travail du corps des professeurs denseignement général. Le fait que nous nous sommes cantonnée à lanalyse des professeurs datelier est dû uniquement à un problème de temps. De fait, notre travail est imparfait, puisque une des originalités de cet établissement était la part de lenseignement général dans la formation des élèves. Cette lacune est particulière dommageable pour ce qui concerne les professeurs de dessin qui avaient un rôle important et particulier dans cette formation.
De fait, nous avons conscience que notre analyse des élèves et des professeurs est assez primaire dans son approche. Elle aurait mérité dêtre affinée, ce que faute de temps nous navons pas pu faire. Néanmoins, lobjectif essentiel du traitement de ces registres était de dessiner, même globalement, la figure type de lélève et du professeur datelier et son évolution.
Certaines de nos hypothèses de travail peuvent également paraître assez empiriques. Elles ont été inspirées en très grande partie par les témoignages des anciens élèves. Faute darchives, il nous fallait bien interroger les anciens élèves pour juger de lévolution de la formation dispensée par lécole et de son rôle dans leur carrière professionnelle ultérieure. Nous avons ainsi retrouvé 74 anciens élèves. Nous avons eu un entretien, qui durait entre une à deux heures et demi, avec 50 dentre eux, et envoyé un questionnaire à 24 autres. La plupart ont été élève à lécole Estienne pendant les années trente et quarante.
Le questionnaire que nous avons utilisé avait la même structure, quil sagisse de lentretien ou du questionnaire. Notre enquête aborda cinq thèmes : la raison de leur entrée à lécole; les motifs du choix de leur atelier; la qualité de lenseignement générale; la qualité de la formation technique; la vie quotidienne dans létablissement; leur carrière professionnelle.
Lexploitation de cette enquête nous a surtout aidé à confirmer ou infirmer un certain nombre dhypothèses de travail : sur les abandons, dont les motifs nétaient pas systématiquement et clairement indiqués dans les registres; sur les raisons pour lesquels ces élèves sont entrés à lécole Estienne; sur les hiérarchies entre ateliers; sur lévolution des carrières et laccès à des postes dencadrement. Ces témoignages ont été également précieux pour létude de la période de lOccupation. Leur exploitation aurait été beaucoup plus contestable pour le jugement porté sur la direction de lécole, puisque la plupart des anciens élèves navaient aucun contact avec elle. De fait, pratiquement tous affirment que le poste de directeur était « purement honorifique »... sauf en ce qui concerne Robert Ranc avec qui un certain nombre dentre eux avaient travaillé à titre professionnel.
Les sources imprimées, outre la presse professionnelle, nous ont été dun grand secours. Elle furent de trois ordres : les publications du conseil municipal de Paris; les publications ministérielles et dorganismes officiels divers; les publications dassociations. Elles furent relativement abondantes jusquà la Première Guerre mondiale, mais malheureusement beaucoup moins importantes ensuite. La Bibliothèque administrative de la Ville de Paris et la Bibliothèque de lInstitut national de recherche pédagogique possèdent des fonds dune grande richesse. Les publications de lécole Estienne furent également essentielles dans ce travail, notamment pour les discours officiels et les programmes. Outre les deux bibliothèques précédentes, la bibliothèque de lécole Estienne, la Bibliothèque des Arts graphiques et la bibliothèque Forney nous ont permis de retrouver de nombreux ouvrages. Cependant le catalogue que nous avons essayé de reconstituer est fatalement incomplet, ces publications nayant pas été soumises au dépôt légal. Nous navons pas seulement accompli une analyse de contenu. En effet, létude graphique de ces ouvrages, livres, brochures et travaux de ville, permet également de mesurer lévolution de la formation dispensée par lécole. Ce travail nous a posé des problèmes de méthode. Certes, il existe des études sur lédition, livres de luxe et ouvrages courants. Mais pour ce qui est de la production imprimée dans son ensemble les études de ce type sont rares.
Labsence de travaux sur lhistoire économique de limprimerie au xxe siècle a rendu plus difficile lanalyse des relations entre lécole Estienne et la profession. En particulier, il nous a manqué des études prosoprographiques sur les patrons et ouvriers du Livre. Le fichier biographique élaboré par Edmond Morin, qui se trouve à la Bibliothèque des arts graphiques, nous a été très utile. Par ailleurs, la presse professionnelle fut moins riche de renseignements après la Première Guerre mondiale. Dune part, la conservation de ces périodiques est plus aléatoire et dautre part, lécole Estienne semble faire plus rarement lobjet darticles. Faute de temps, nous navons pas exploité les archives des syndicats. Ils auraient pu éventuellement se trouver en possession dextraits de procès-verbaux de séances du comité de surveillance de lécole, certains de leurs délégués en étant membres. Enfin, les archives de lInstitut national des arts et industries graphiques semblent avoir disparu.
Dautres écoles formant aux métiers du Livre, comme lécole Baggio, mériteraient dêtre étudiées. Mais lécole Estienne a indéniablement une place à part dans les industries du Livre. Certes, sa réputation en fait un objet détudes tout à fait pertinent. Mais cest surtout son statut de première école professionnelle publique qui nous a semblé présenter le plus dintérêt.
Dans quelle mesure lécole Estienne a-t-elle influencée la corporation dans sa manière de considérer lapprentissage ? Cette question fait a priori de lécole Estienne un miroir de la profession. En voulant rendre compte de lhistoire de lécole Estienne dans son contexte politique, syndical, économique et technique, elle simposait delle-même. En effet, elle est le symbole de lingérence des pouvoirs publics dans la formation professionnelle dans une branche avare de son autonomie en la matière. Elle forme à des métiers qui ont connu dimportantes évolutions techniques. Enfin, elle « impose » un modèle de formation radicalement différent de ce qui existait couramment dans lindustrie, cest-à-dire une formation dans un cadre scolaire contre un apprentissage à latelier. De fait, ses élèves échappaient à tout contrôle syndical.
Lhistoire de lécole Estienne impliquait une relative bonne connaissance de lhistoire de lenseignement professionnel dans les industries du Livre. Or labsence détudes antérieures nous a obligé à retracer parallèlement lhistoire de lorganisation de cet apprentissage, au risque de nous écarter de notre objet principal. Selon nous, il était impossible de faire autrement, compte tenu des sources dont nous disposions et surtout du fait que cette école fut un modèle de formation atypique dans les industries du Livre. Cette position nest évidemment pas propre à lécole Estienne. Mais lintensité des débats professionnels sur lapprentissage faisait de lécole Estienne un établissement dont il fallait mesurer limportance corporative et symbolique.
Nous remercions madame le proviseur Christiane Loisel pour la confiance quelle nous a accordée. Nous tenons à remercier Anouk Seng, bibliothécaire de lécole Estienne, qui nous a grandement facilité laccès aux archives, aux registres et au fonds de la bibliothèque, lAssociation amicale des personnels et lAssociation des anciens élèves de lécole Estienne pour leurs encouragements et leur aide. Nous pensons en particulier à Roger Bonnemye, Cédric Faivre, Marc Guillon, Roland Lefèvre et Marie-Ange Tillier. Nous remercions tous les anciens élèves qui ont bien voulu nous recevoir et accepter de collaborer à notre travail.
Que soient remerciés également ceux qui nous ont aidé dune manière ou dune autre dans nos recherches : le personnel de la Bibliothèque des Arts graphiques, dont nous voulons signaler la gentillesse et la compétence, Espérance Bagge, Paule Cretté-Lobstein, Dominique François, Colette Mangeot-Leclerc, Colette Kiénast, Évelyne de Raveton, Sylvie Roy-Lebreton, Monique Roy-Gaubert, Suzie Vergez, madame Gane et Michel Ponce de la Chambre syndicale typographique parisienne, et Jean Bellier du Syndicat général du Livre et industries connexes.
Nous tenons à remercier pour leur aide et conseils Jean-Michel Chapoulie, Thérèse Charmasson, Madeleine Rebérioux et Elisabeth Parinet, dont les encouragements nous furent précieux.
Nous remercions enfin Solange Bouriau davoir accepté de relire notre manuscrit.
Sources et bibliographie
I - Les archives
Nous avons retrouvé des pièces concernant directement et indirectement lécole Estienne, mais elles furent relativement peu nombreuses.
Archives de lécole Estienne
Les archives les plus anciennes sont gérées par la bibliothécaire de lécole Estienne, madame Anouk Seng. Il semble quune grande partie des archives de lécole a probablement été détruite au début des années 1970. La perte la plus grave est celle qui a touché les procès-verbaux du comité de surveillance de lécole.
Lessentiel de la « mémoire » de lécole a été cependant préservé à savoir les registres des élèves et du personnel :.
Les élèves : Dans ces registres sont répertoriés les élèves de létablissement, avec mention détat civil et relevés de notes, ainsi que les remarques des enseignants. La tenue de ces registres est variables suivant les époques, notamment en ce qui concerne les raisons des abandons en cours de scolarité. Malheureusement, les élèves libres sont irrégulièrement mentionnés et pas toujours de manière très claire. Plus dommageable encore est labsence de registres concernant les élèves des cours professionnels (adultes et apprentis) et ceux du Centre dapprentissage à partir de 1940.
Le personnel : Ces registres nexistaient pas jusquà larrivée de Hippolyte Fontaine en 1897. Sous la direction de ce dernier, létat du personnel depuis 1889 fut reconstitué sommairement, doù des lacunes importantes. On y répertorie les enseignants et le personnel administratifs.
Nous avons retrouvé un carton darchives, concernant les années trente et surtout les années 1940. Les pièces les plus intéressantes sont des statistiques adressées à ladministration préfectorale pour les années trente et des documents concernant les relations entre lécole et lInstitut national des industries et des arts graphiques pendant la Seconde Guerre mondiale.
Ces pièces sont indiquées par la mention « Archives de lécole Estienne ».
Archives nationales
Aux Archives nationales, nous avons retrouvé peu de choses concernant lécole Estienne. Son statut administratif (école professionnelle de la Ville de Paris) explique sans doute cette pauvreté. Il est possible que des pièces relativement anciennes aient été déposées au Centre darchives contemporaines à Fontainebleau. Nous avons consulté linventaire général des archives qui y sont déposées sans trouver déléments concernant notre période détude.
Les cartons consultés et effectivement utilisés sont les suivant :
F17 14364 : Écoles municipales professionnelles de la Ville de Paris (1890-1900). Il sagit des dossiers transférés au ministère de Commerce et de lindustrie, lorsque les établissements denseignement techniques ont été placés sous sa tutelle en 1900.
F17 40253 : dossier personnel de Marcel Magnuski (jusquen 1891).
F17 23415: dossier personnel de Marcel Magnuski.
F17 2986 B : mission de Marcel Magnuski à létranger.
F17 22195 : dossier personnel de Pierre Frayssinet.
F17 26149 : dossier personnel dHippolyte Fontaine.
F17 26456 : dossier personnel de Félix Roy dit Sylvain Sauvage.
F17 17910 : taxe dapprentissage. Historique. Généralité.
F17 17913 : taxe dapprentissage.
Archives de Paris
Nous avons pu trouver aux Archives de Paris des pièces intéressantes, mais en nombre insuffisant pour compenser la perte des archives de lécole.
VM72 : Construction dun groupe scolaire et de lécole Estienne (1881-1888).
VK3 104 : Inauguration de lécole Estienne (1896).
D1T1 98 : dossier personnel de Marcel Magnuski.
D1T1 389 : dossier personnel de Pierre Frayssinet.
D1T1 389 : dossier personnel dHippolyte Fontaine.
D1T1 700 : dossier personnel de Georges Lecomte.
D1T1 708 : dossier personnel de Félix Roy dit Sylvain Sauvage.
D1T1 93 : dossier personnel de Louis Félix Bouché.
D1T1 95 : dossier personnel de Gustave Dubouchet.
W 40125/79/1/15 : mémoires. Ecole Estienne (1931-1935; 1950).
W 40125/79/1/22 : personnel de lécole Estienne (1945-1949).
W 40125/79/1/80 : collège Estienne (agrandissement).
Divers
Les archives du musée Galliera
À partir de 1905, le musée Galliera, musée appartenant à la Ville de Paris, accueillit régulièrement des expositions sur les écoles professionnelles de la Ville. Nous avons consulté ses archives et dossiers de presse.
La Bibliothèque des Arts graphiques
Cette bibliothèque fut constituée à lorigine par Edmond Morin, qui légua ce fonds à la Ville de Paris en 1925. Nous avons consulté ce qui reste de sa correspondance. Il y a peu de choses concernant lécole Estienne. En revanche, E. Morin a constitué un ficher biographique qui nous a été très utile.
Archives personnelles
Madame Paule Cretté-Lobstein nous a communiqué deux procès-verbaux du comité de surveillance de lécole de 1913 (séances du 13 et 27 juin) et six lettres dEdmond Rocher à Henri Marius-Michel, de 1906 à 1913. Ces documents proviennent des archives de H. Marius-Michel, membre du comité à cette époque. H. Marius-Michel avait légué son atelier à Georges Cretté.
Le musée de lImprimerie et de la Banque (Lyon)
Nous navons pas consulté le fonds darchives du musée. Mais, récemment, le musée de lImprimerie sest enrichi des archives personnelles dAlain Bargilliat, animateur très important de lOffice technique de limprimerie puis de lInstitut national des industries et arts graphiques, que nous navons malheureusement pas eu le temps de consulter.
II Les sources imprimees
Ces sources ont été fondamentales dans notre travail. Elles ont compensé, dans certaines limites, la quasi absence darchives directes. Nous avons consulté ces ouvrages, livres et brochures, à la Bibliothèque des Arts graphiques, la Bibliothèque de lInstitut national de recherche pédagogique, à la Bibliothèque administrative de la Ville de Paris à la bibliothèque Forney et à lInstitut Mémoire de lédition contemporaine.
Les publications de lécole Estienne
Voir le volume des Annexes.
La presse professionnelle
Nous navons pas dépouillé systématiquement tous les titres de la presse professionnelle des industries du Livre. Nous avons essentiellement travaillé au département des périodiques de la Bibliothèque nationale de France (notamment à lannexe de Versailles dont les fonds ont été transférés depuis mars 1997 à la Bibliothèque nationale de France François-Mitterrand). Le dépôt légal a été respecté avant 1914. Les numéros de périodiques parus pendant lentre-deux-guerres ont été irrégulièrement déposés et relativement mal conservés. Nous avons essayé de compenser ces lacunes par les collections conservées par la Bibliothèque des Arts graphiques et, dans la mesure du possible, par celles de la Chambre syndicale typographique parisienne.
Nous navons pas eu le temps de dépouiller les périodiques spécialisés dans les arts décoratifs.
La plupart des titres, dont nous dressons ici la liste par ordre chronologique de parution, ont été dépouillé systématiquement, sauf mention contraire :
Bulletin de limprimerie, fondé en 1876, devenu en 1900 Bulletin officiel de lUnion syndicale des maîtres imprimeurs de France, 1880-1939. A fusionné avec Bulletin de lUnion des maîtres imprimeurs de France, 1896-1899. En 1921, devient le Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maître imprimeurs de France.
LImprimerie, journal de la typographie et de la lithographie, fondé en 1864, 1883-1914.
La Typographie française devenue en 1920 LImprimerie française, 1881-1940 et 1945-1949.
Gutenberg-journal, fondé en 1877, devenu en 1887 Revue des Arts graphiques, 1880-1914.
Le Réveil typographique, organe du Cercle détudes sociales, 1884-[1895].
LIntermédiaire des imprimeurs, organe des intérêt typographiques et lithographiques des départements, publié à Lyon, 1886-1916.
La Compositrice, organe des travailleuses du Livre, 1887-1895 (collection très lacunaire).
La Fédération lithographique, organe officiel de la corporation lithographique, 1890-1916.
Revue de la reliure française, de la papeterie et de limprimerie, 1890-1892.
La Reliure, organe et propriété de la Chambre syndicale patronale des relieurs, brocheurs, cartonniers, doreurs sur cuirs, doreurs sur tranches et marbreurs, 1890-1949 (série très lacunaire).
Bulletin de la Chambre syndicale des Imprimeurs typographes, devenu en 1910 Bulletin du Syndicat patronal des imprimeurs typographes. 1891-19[?]. (série très lacunaire).
Le Siècle typographique, technique, littéraire, artistique, illustré, 1891-1910.
Le Relieur, organe de la Chambre syndicale ouvrière, 1891-1904.
La Gravure sur bois, organe de la Chambre syndicale corporative française de la gravure appliquée à lillustration, devenue en 1898 LImage, 1894-1899.
Revue des industries du Livre, 1894-1915 et 1919-1937.
La Circulaire des protes, bulletin de la Société des protes de province, puis en 1897 bulletin mensuel de la Société amicale des protes et correcteurs dimprimerie de province, puis en 1946 revue du Syndicat national des cadres et maîtrise du Livre, de la presse et industries graphiques, 1895-1916, 1919-1941 et 1946-1949.
La Lithographie, organe mensuel des artistes lithographes, 1897-1901.
Le Courrier du Livre, 1899-1940 (périodique dinspiration catholique).
La Fonderie typographique, organe de la Chambre syndicale des maîtres fondeurs, 1899-1910.
Le Procédé, revue mensuelle des applications de la photographie aux reproductions industrielles et aux impressions en noir et en couleurs, 1902-1914 et 1919-[1939]. Dépouillement non systématique.
Bulletin officiel des cours professionnels de la Chambre syndicale typographique parisienne, 1904-1956. Non dépouillé.
Bulletin officiel de la Chambre syndicale typographique parisienne (21e section de la Fédération du Livre), 1906-1949.
LUnion typographique, organe du Groupe amical des imprimeurs typographes parisiens et à façon, devenu en 1908 Journal de lImprimerie, technique et bimensuel, devenu en 1909 Journal des imprimeurs typographes et lithographes, organe de défense corporatif, publié sous les auspices du Groupe amical des imprimeurs parisiens, puis publié en 1920 par le Syndicat régional des patrons imprimeurs de Paris et de la région parisienne (Groupe amical et études), 1907-1914 et 1920-[1932].
Bulletin de la maison du Livre française, 1920-[1931]
La Tribune des imprimeurs, organe corporatif mensuel, puis Tribune des imprimerie de Paris, devenue en 1931 Tribune des industries graphiques et la tribune des Imprimeurs réunis, 1923-1940.
LAffiche française, bulletin officiel de lUnion de laffiche française, devenue en 1929 LAffiche et les arts de la publicité, [1925-1935].
Arts et métiers graphiques, 1927-1939.
Prôtos, organe officiel de la Société fraternelle et de lAssociation professionnelle des protes des imprimeries typographiques de Paris et de la région parisienne, 1933-[1939] et 1949-1950.
Technologie de limprimerie, cahiers mensuels de la diffusion publiés par lOffice technique de lImprimerie, puis en 1937 organe officiel de lINIAG, 1933-1939.
Bulletin officiel de la Chambre syndicale patronale des imprimeurs lithographes, 1936-1940.
Le Courrier graphique, revue des arts graphiques et des industries qui sy rattachent, 1936-1939.
Typo-informations, organe du Syndicat patronal des maîtres imprimeurs typographes de Paris et de la Seine, 1937-1939.
France graphique, revue mensuelle des arts et industries du Livre (nouvelle série), 1947-1950.
Bulletin dinformations de la Fédération française des syndicats patronaux de limprimerie et des industries graphiques, 1947-1950.
Industries et techniques graphiques, 1947-1949.
Caractère, organe des industries papetière et graphiques françaises, 1949-1950.
Bulletin de lINIAG, cahiers dinformations pour lenseignement professionnel dans les industries graphiques, 1954-1956.
Publications professionnelles
Congrès des maîtres imprimeurs de France, Évreux, Charles Hérissey et fils, 1907, p.
Premier congrès des maîtres imprimeurs, 6 au 8 septembre 1894, Lyon, Lyon, Imprimerie A. H. Storck, 1894, 282 p.
Deuxième congrès des maîtres imprimeurs, 12 - 14 septembre 1895, Marseille, Marseille, Imprimerie Barthelet et Cie, 1895, 303 p.
Troisième congrès des maîtres imprimeurs, 3 - 5 août 1896, Lille, Lille, Imprimerie L. Danel, 1896, 256 p.
Quatrième congrès des maîtres imprimeurs, 17 - 20 mai 1897, Paris, Cercle de la Librairie, Paris, Imprimerie Chamerot et Renouard, 1897, 308 p.
Cinquième congrès des maîtres imprimeurs, 25 - 27 juillet 1898, Limoges, Paris, Imprimerie Henri-Charles Lavauzelle, 502 p.
Sixième congrès des maîtres imprimeurs, Bordeaux, 17 - 18 - 19 juillet 1899, Bordeaux, Imprimerie G. Gounouilhou, 1900, 254 p.
Septième congrès des maîtres imprimeurs, 18-22 juin 1900, Paris, Paris, Imprimerie Chamerot et Renouard, 1900, 402 p.
Huitième congrès des maîtres imprimeurs, 17 - 20 juin 1901, Dijon, Dijon, Imprimerie Jobard, 1901, 359 p.
Neuvième congrès des maîtres imprimeurs, 10 -13 juillet 1902, Rennes, Rennes, Imprimerie Oberthur, 1902, 166 p.
Onzième congrès des maîtres imprimeurs, 20 -22 juillet 1905, Rouen, Réunion plénière extraordinaire du 3 février 1906 et Assemblée générale, 15 - 17 octobre 1906, Évreux, Imprimerie Ch. Hérissey et fils, 1907, 235 p.
Douzième congrès des maîtres imprimeurs, 17 - 21 juin 1907, Bordeaux, Bordeaux, Imprimerie, G. Delmas, 1908, 373 p.
Seizième congrès de lUnion syndicale des maîtres imprimeurs de France, tenu à Lille (Hôtel de la Société industrielle) du 5 au 7 juillet 1921. Comte rendu, Paris, Union syndicale des maîtres imprimeurs de France, 1921, 166 p.
xxiie Congrès national de lImprimerie et des arts graphiques, Lyon, les 23 et 24 juin 1955, Grenoble, 25 juin, s.l., s.d., 40 p.
Annuaire de limprimerie, Paris, Imprimerie Motteroz et May. Il sagit dune publication annuelle parue de 1891 à 1939, qui permet davoir une liste plus ou moins complète des cours et écoles professionnelles. De plus, elle donne les principaux événements concernant la profession du Livre.
Gabriel Jousset, 1829 -1896, Paris, Imprimerie Jousset, s.d., 31 p.
Chambre des imprimeurs lithographes, Procès verbal ... Rapport sur les travaux de lannée, Paris. Nous navons retrouvé cette collection que pour la période antérieure à 1914.
Chambre des imprimeurs typographes, Rapport et compte rendu financier, Paris. Nous navons retrouvé cette collection que pour la période antérieure à 1914.
Chambre des imprimeurs typographes, Rapport sur les travaux de lannée, Paris. Nous navons retrouvé cette collection que pour la période antérieure à 1914.
Chambre syndicale patronal des lithographes, Rapport de la commission, Paris, Imprimerie P. Collemant, [1904 ou 1905], 16 p.
Fédération française des travailleurs du Livre,
Fédération française des travailleurs du Livre, Septième congrès national tenu à Marseille du 9 au 15 septembre 1895, Paris, Imprimerie nouvelle, 1895, 208 p.
Fédération française des travailleurs du Livre, Huitième congrès national tenu à Paris du 27 août au 1er septembre 1900, Paris, Imprimerie nouvelle, 1900, 224 p.
Fédération française des travailleurs du Livre, Neuvième congrès national tenu à Lyon du 5 au 10 juin 1905, Paris, Imprimerie nouvelle, 366 p.
Fédération française des travailleurs du Livre, Dixième congrès national tenu à Bordeaux du 18 au 23 juillet 1910, Paris, Imprimerie nouvelle, 1910, 543 p.
Fédération française des travailleurs du Livre, Onzième congrès national tenu à Nancy du 8 au 13 septembre 1919, Paris, Imprimerie nouvelle, 1919, 383 p.
Fédération française des travailleurs du Livre, Douzième congrès national tenu à Lille du 4 au 9 août 1924, Paris, LÉmancipatrice, Paris, 1924, 430 p.
Fédération française des travailleurs du Livre, Treizième congrès national tenu à Toulouse du 12 au 17 août 1929, Paris, LÉmancipatrice, 358 p.
Fédération française des travailleurs du Livre, Quatorzième congrès national tenu à Strasbourg du 6 au 11 août 1934, Paris, LÉmancipatrice, 1934, 387 p.
Fédération française des travailleurs du Livre, Seizième congrès national tenu à Saint-Etienne du 2 au 5 avril 1946, Paris, LÉmancipatrice, 1946, 312 p.
Fédération française des travailleurs du Livre, Dix-septième congrès national tenu à Bordeaux du 15 au 18 avril 1949, Paris, Imprimerie centrale de la Presse, 296 p.
Fédération française des travailleurs du Livre, Dix-huitième congrès national tenu à Nice du 19 au 22 mai 1952, Paris, Imprimerie centrale de la Presse,
Institut national des industries et arts graphiques, Règlement général concernant la formation professionnelle et lapprentissage dans les industries du livre, juin 1940 (homologation de lEnseignement technique le 24 mars 1941), Paris, 1941-1944, 16 fascicules.
Institut national des industries et arts graphiques, Statut modifié par les assemblées générales extraordinaires du 25 avril 1939 et du 16 décembre 1947, Paris, 1947, 14 p.
Billoux (René), Encyclopédie chronologique des arts graphiques, Paris, Imp. Orphelins-apprentis dAuteuil, 1943, 307 p.
Billoux (René), Encyclopédie chronologique des arts graphiques. Créateurs, innovateurs, faits historiques, Paris, Imprimerie G. de Malherbe et Cie, 1919, 32 p.
Billoux (René) Encyclopédie chronologique des arts graphiques. Mille dates et faits primordiaux. Créateurs et célébrités, Paris, Imprimerie Lang, Blanchong et Cie, 1935, 56 p.
Bonard (Maurice), Le développement de lenseignement technique dans les industries du Livre. LÉcole Estienne, son rôle dans lavenir. Rapport présenté à la Direction générale de lEnseignement technique et à la 4e commission de la Ville de Paris, février 1934, s.l., s.d., 16 p. Nous avons retrouvé cette brochure dans le fonds de la Bibliothèque du Cercle de la Librairie, Institut Mémoire de lédition contemporaine.
Laporte (Antoine), Les Estienne magnuskisés ou lécole municipale Estienne des arts et industries du Livre slavée par Magnuski et Cie. 243,650 francs des contribuables parisiens, affectés, sous prétexte denseignement du livre, à lenseignement du bois, du fer, de la gymnastique, détudes scientifiques, littéraires, grammaticales, historiques, etc., aux appointements dun directeur et dun personnel, en grande partie, étrangers, même aux connaissances essentielles du métier du livre. Observations adressées au conseil municipal de Paris, Paris, Imprimerie Henri Noirot, 1890, 31 p.
Maulde (Émile), Institut national des industries et arts graphiques, s.l., s.d., 4 p. Cette plaquette date de la fin des années quarante. Nous avons retrouvé cette brochure dans le fonds de la Bibliothèque du Cercle de la Librairie, Institut Mémoire de lédition contemporaine.
Documents sur les cours et écoles professionnelles
Compte rendu de la distribution des prix aux élèves de lécole professionnelle Gutenberg pour lannée 1887. Distribution du 15 janvier 1888, Paris, École professionnelle Gutenberg, s.d., 29 p.
Compte rendu de la distribution des prix aux élèves de lécole professionnelle Gutenberg pour lannée 1889. Distribution du 24 août 1890, Paris, École professionnelle Gutenberg, s.d., 39 p.
Notice sur lécole Gutenberg fondée sous le patronage de la Chambre des imprimeurs le 1er janvier 1886, Paris, École professionnelle Gutenberg, 77, rue Denfert-Rochereau, 1893, 40 p.
Union des syndicats du papier, École Jean-de-Tournes fondée en 1894. Historique, Lyon, Imprimerie de lécole, 1900, 38 p.
Delmas (Gabriel), Comment est organisé à Bordeaux lapprentissage dans lIndustrie du Livre, année 1930-1931, Bordeaux, s.d., 77 p.
Sanier (Gustave), École professionnelle dapprentissage de dessinateurs-lithographes appliquée aux arts et à lindustrie, 4, rue Restaut (place Gerson, Sorbonne). Rapport adressé à M. Pierre Legrand, ministre du Commerce et de lindustrie, en réponse au questionnaire pour ladmission des écoles professionnelles à lexposition de 1889, 10 juin 1888, Paris, E. de Soye et fils imprimeurs, 1888, 16 p.
Documentations sur lenseignement (publications administratives nationales et municipales, congrès, associations)
Collections, livres et brochures
Budget de la Ville de Paris, Paris.
Compte de la Ville de Paris, Paris. Nous avons utilisé cette collection de préférence à celle du Budget.
Congrès national du Livre. Comte rendu des travaux du comité exécutif du congrès, 1917 - 1919, Paris, Cercle de la Librairie, 1919, 79 p.
Congrès national du Livre, Paris, 11-17 mars 1917, tome 1 : Rapports et vux, tome 2 : Compte rendu des travaux du Congrès, Paris, Cercle de la Librairie, 1917, 490 et 467 p.
Deuxième Congrès national du Livre, Paris, 13-18 juin 1921, Paris, Imprimerie J. Dumoulin - Cercle de la Librairie, 1922, 223 p.
Enquête sur lenseignement professionnel ou recueil des dépositions faites en 1863 et 1864 devant la commission de lenseignement professionnel, sous la présidence de son excellence M. Béhic ministre de lAgriculture, du commerce et des travaux publics, 2 volumes, Paris, Imprimerie impériale, 1864, 806 p.
LEnseignement professionnel à Paris, écoles dapprentissage, enseignement du dessin, enseignement commercial, encouragement aux associations libres denseignement professionnel, cours pour les adultes et les apprentis, recueil établi et annoté par Lucien Lambeau, 5 volumes, Paris, Imprimerie municipale, 1898-1900. Cette collection est absolument incontournable pour une étude sur lhistoire de lEnseignement technique à Paris à la fin du xxe siècle.
Association française pour le développement de lEnseignement technique (A.F.D.E.T.), Congrès national de lapprentissage, Roubaix, 1911, au cours de lexposition internationale du nord de la France, 2, 3, 4 et 5 octobre. Rapport des sections de la commission dorganisation, Paris, s.d., 14 fascicules. À notre connaissance, ces fascicules ne sont consultables quà la Bibliothèque de lInstitut national de recherche pédagogique.
Conseil municipal de Paris, Rapports et documents, Paris. Outil de travail indispensable qui évite davoir recours au Bulletin municipal officiel, peu commode dutilisation.
Conseil municipal de Paris, Rapport présenté par MM. Desmoulins et Dreyfus, au nom de la commission chargée, par le Conseil, douvrir une enquête sur la crise industrielle. Annexe au procès verbal de la séance du 2 novembre 1883, s.l., s.d., imprimé n°94, 94bis, 94ter, 25, 126 et 50 p.
Ministère de linformation. Direction de la documentation, Des comités dorganisation aux offices professionnels, n°28, série française VI, Notes documentaires et études, 7 mars 1945, 4 p.
Ministère de linformation. Direction de la documentation, Les organes de léconomie dirigée. Les offices professionnels, n°208, série française LX, Notes documentaires et études, 27 décembre 1945, 9 p.
Ministère du Commerce et de lIndustrie, des postes et des télégraphes. Direction de lEnseignement technique, Cours professionnels. Subventions pour lannée 1914, Paris, Imprimerie nationale, s.d., 112 p.
Ministère du Commerce et de lindustrie, des postes et des télégraphes. Direction du travail. Office du Travail, LApprentissage industriel. Rapport sur lapprentissage dans limprimerie, 1899-1901, Paris, Imprimerie nationale, 1902, 320 p.
Présidence du Conseil. Conseil national économique, La situation des principales branches de léconomie nationale. Industrie. 8e série de rapports. Limprimerie et les industries du Livre, extrait du Journal officiel de la République française, 27 mai 1934, 32 p.
Présidence du Conseil. Secrétariat général du gouvernement. Direction de la Documentation, LEnseignement technique, La Documentation française, Notes documentaires et études, 21 octobre 1948, 19 feuillets dactylographiés.
Beaulieu (Avis), LEnseignement technique en France, en particulier dans la région parisienne, Paris, PUF, 1939, 171 p.
Briat, Conseil supérieur du Travail, Lenseignement professionnel, rapport de M. Briat au nom de la commission permanente. Procès verbaux des séances de la commission. Enquête récente sur lenseignement professionnel en France, Paris, Imprimerie nationale, 1905, 159 p.
Briat, Conseil supérieur du Travail. Session 1902. Apprentissage. Rapport de M. Briat au nom de la commission permanente. Enquête et documents, Paris, Imprimerie nationale, 1902, 489 p.
Durassier, Léon, Lenseignement professionnel à lécole municipale Estienne, Extrait du Bulletin de la Société de protection des apprentis et des enfants employés dans les manufactures, Paris, Au siège de la Société, 1894, 39 p.
Gaucher (G) et Mortier (R), Code de lEnseignement technique, Paris, 1936, 331 p.
Gréard (Octave), LInstruction primaire à Paris et dans le département de la Seine (1871-1872). Notes, mémoires et rapports, Paris, Imprimerie de la préfecture de la Seine, 1872, 308 p.
Guinot (Jean-Pierre), Formation professionnelle et travailleurs qualifiés depuis 1789, Paris, Domat - Montchrétien, 1946, 292 p. Cette thèse de doctorat de droit est un outil de travail précieux : son auteur a répertorié les principaux textes législatifs sur le sujet.
Spuller (Eugène), Procès verbaux de la commission chargée de faire une enquête sur la situation des ouvriers de lindustrie et de lagriculture en France et de présenter un premier rapport sur la crise industrielle à Paris. Rapport, Paris, Imprimerie du Journal officiel, 1885, 418 p.
Spuller (Eugène), Rapport présenté à la commission denquête parlementaire sur la situation des ouvriers de lagriculture et de lindustrie en France et sur la crise parisienne, par [...], Chambre des députés, 3e législature, session de 1884, n°2695, Annexe au procès verbal de la séance du 11 mars 1884, Paris, Imprimerie de la Chambre des députés - A. Quantin, 1885, 220 p.
Périodiques
Bulletin de lenseignement technique, 1898-1920.
Bulletin municipal officiel. Peu commode dutilisation, malgré lexistence dun index, nous y avons parfois recouru.
Note dinformation du Comité dorganisation des industries, arts et commerces du Livre (n°1, 25 septembre 1941), puis Circulaire du ... (n°2, 25 novembre 1941), puis Office professionnel des arts et commerces du Livre (n°1, 15 janvier 1945; n°8, 15 février 1946).
Technique, arts, sciences, revue de lenseignement technique, 1946-1950.
Les expositions
La bibliographie que nous présentons ici nest pas exhaustive. Nous nous sommes plutôt attachée aux ouvrages officiels. Il faut signaler que lécole Estienne est généralement présentée dans la section réservées à la Ville de Paris et à son ministère de tutelle. Les cours et écoles organisés par des entreprises et des syndicats sont couramment présentés dans les sections industrielles.
Comité dorganisation des industries, arts et commerces du Livre. Exposition des artistes du livre et de limprimerie. Livres, estampes, typographie, publicité, photographie, gravure, reliure réalisés de 1937 à 1944. Catalogue. Du 5 décembre 1944 au 24 janvier 1945. Musée des Arts décoratifs, pavillon de Marsan, Paris, 1944, p..
Les Écoles professionnelles de la Ville de Paris à lexposition internationale de Gand. Catalogue, 1913, s.l., s.d., 20 p.
LEnseignement technique en France. Étude publiée à loccasion de lexposition de 1900, Paris, Imprimerie nationale, 1900, 3 volumes.
Exposition de Bruxelles en 1910. Catalogue de lexposition spéciale de la Ville de Paris et du département de la Seine, Paris, Chaix, 1910, 105 p.
Exposition de la gravure sur bois à lÉcole nationale des Beaux-Arts, mai 1902. Catalogue avec notices historique et critiques par MM. Henri Bouchet, G. Claudin, J. Masson, Henri Béraldi et S. Bing, Paris, Librairie de lart ancien et moderne, s.d., 72 et 8 p.
Exposition internationale des arts et techniques dans la vie moderne, Paris, 1937, Paris, Imprimerie Déchaux, s.d., 495 p.
Exposition internationale du Livre et des arts graphiques. Leipzig, 1914. Catalogue officiel de la section française, Paris, Syndicat patronal des imprimeurs typographes - Cercle de la Librairie, 1914, 298 p.
Exposition internationale, Paris, 1937. Arts et techniques dans la vie moderne. Groupe X, classe 51 ter. Imprimerie, Paris, Imprimerie Ducros et Colas, 1936, 30 p.
Exposition universelle de Paris en 1900. Catalogue de lexposition spéciale de Paris et du département de la Seine, Paris, Chaix, 1900, 180 p.
Exposition universelle et internationale de Bruxelles, 1910. Rapport général de la section française par G.-Roger Sandoz et Léo Clarétie, 2 volumes, Paris, Comité français des expositions à létranger, Paris, s.d., 392 et 441 p.
Musée Galliera. Exposition de reliures modernes, 1902, Paris, Imprimerie Devambez, s.d., 24 p.
Musée Galliera. Exposition des arts du Livre français. Section rétrospective. Section enseignement, 1925, Paris, Prieur & Dubois et Cie, 1925, 31 p.
Musée Galliera. La reliure, le livre et lillustration. Exposition de mai à octobre 1935. Catalogue, Argenteuil, Imprimerie Coulouma, s.d., 55 p.
Béraldi (Henri), Exposition de la reliure moderne au musée Galliera (mai-juin 1902). Rapport général présenté au nom du jury, Paris, Librairies-Imprimeries réunies, 1902, 19 p.
Boinet (Amédée), Le Livre et les arts graphiques à lexposition internationale de Paris, Firenze, Léo S. Olschki, 1938, 46 p.
Jacquemart (Paul), Exposition internationale de 1900 à Paris. Rapport du jury international. Groupe 1. Éducation et enseignement. 5e partie, classe 6. tome 1 : Enseignement technique, Paris, Imprimerie nationale, 1903.
Jacquemart (Paul), Ministère du Commerce, de lindustrie et des colonies. Exposition universelle de 1889 à Paris. Rapport du jury international, publié sous la direction de M. Alfred Picard. Groupe 2, 2e partie. Éducation et enseignement. Classe 6, 7, 8, Paris, Imprimerie nationale, 1891, 834 p.
Labbé (Edmond), Ministère du Commerce et de lindustrie. Exposition internationale des arts et techniques, Paris, 1937. Rapport général, tome 5 : La section française : les groupes et les classes, groupe 1 à 5, Paris, Imprimerie nationale, 1939, 566 p.
Leblanc (René), Ministère du Commerce, de lindustrie, des postes et des télégraphes. Exposition universelle internationale de 1900 à Paris. Rapport du jury internationale. Classe 1. Éducation de lenfant. Enseignement primaire. Enseignement des adultes. Rapport, Paris, Imprimerie nationale, 1902, 1032 p.
Léon (Paul), Ministère du Commerce, de lindustrie, des postes et des télégraphes. Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes, Paris, 1925, tome 12 : Enseignement, Paris, Imprimerie nationale, 1931, 115 p.
Weiss, René, La Participation de la Ville de Paris à lexposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes, Paris, Imprimerie nationale, 1925, 180 p.
Wellhoff (Ed.), Ministère du Commerce, de lindustrie, des postes et des télégraphes. Exposition universelle internationale à Saint-Louis. Rapport sur lenseignement technique commercial et industriel. Département A. Éducation et enseignement. Groupe VI, Levallois-Perret, Imprimerie Wellhoff et Roche, 1905, 550 p.
Divers
Radiguer (Louis), Maîtres imprimeurs et ouvriers typographes, Paris, Société nouvelle de librairie et dédition, 1903, 569 p.
Strauss (Paul), Paris ignoré, 500 dessins inédits daprès nature, Paris, Ancienne maison Quantin, Librairies-Imprimeries réunies, 1892, 486 p. Source iconographique importante.
III Archives Orales
En raison de la quasi absence darchives directes, interroger les anciens élèves simposaient. Je remercie chaleureusement toutes les personnes qui ont bien voulu nous rencontrer.
Les anciens élèves
Roger Lapalue, 1920-1924, gravure en relief.
Daniel Mangeot, 1923-1927, composition typographique.
Henri Mercher, 1925-1929, dorure. Questionnaire rempli par son fils.
Léon Martin, 1925-1929, photogravure.
Julien Guérin, 1926-1930, clicherie.
Roger Bove, 1926-1930, photogravure. Questionnaire.
Raymond Lenzi, 1927-1931, clicheur. Questionnaire.
Pierre Le Pont, 1928-1932, composition typographique.
André Brunel, 1928-1932, écriture lithographique.
Pierre Séguy, 1930-1934, dessin lithographique.
Raymond Bockler, 1931-1935, impression typographique. Questionnaire.
Jean Pernet, 1931-1935, reliure. Questionnaire.
Etienne Paraire, 1932-1936, impression lithographique.
Lucien Blin, 1934-1938, composition typographique. Questionnaire.
Edmond Desrue, 1934-1938, photogravure. Questionnaire.
Georges Leclerc, 1935-1939, composition typographique. Questionnaire.
Marcel Sauty, 1935-1939, composition typographique.
Pierre Hauchecorne, 1935-1939, impression typographique.
Pierre Lécuyer, 1935-1939, reliure.
Jacques Givert, 1937-1941, impression typographique.
Robert Bauchet, 1937-1941, photogravure.
Roger Huguet, 1938-1942, clicherie. Questionnaire.
René Artis, 1938-1942, composition typographique.
Roger Jauneau, 1938-1942, composition typographique.
René Zuretti, 1938-1942, écriture lithographique. Questionnaire.
André Thalouarn, 1938-1942, gravure lithographique. Questionnaire
Edouard Boubat, 1938-1942, photogravure. Questionnaire.
Robert Bourquin, 1939-1945, composition typographique.
André Delord, 1939-1943, écriture lithographique.
Pierre Papon, 1939-1943, gravure lithographique. Questionnaire.
Jean Baillais, 1939-1943, photogravure.
Arame Sarkissian, 1939-1943, photogravure.
André Burdon, 1940-1944, composition typographique.
Christian Guisnet, 1940-1944, composition typographique.
Eugène de Verbizier, 1940-1944, dorure.
René Jeanne, 1940-1944, imprimerie typographique.
André Cressot, 1941-1945, clicherie.
Pierre Rinchard, 1941-1945, composition typographique.
Jean Waroquier, 1941-1945, composition typographique.
Georges Bonnemaison, 1941-1945, doreur.
Paul Lainé, 1941-1945, impression typographique.
Pierre Cordin, 1941-1945, reliure.
Maurice Carbonnier, 1942-1946, clicherie.
Christian Delorme, 1942-1946, écriture lithographique. Questionnaire.
Emile Fradin, 1942-1946, gravure lithographique. Questionnaire.
Maurice Sinet, 1942-1946, gravure lithographique. Questionnaire.
Georges Collet, 1943-1947, composition typographique.
Georges Renaudie, 1943-1947, composition typographique. Questionnaire.
Michel Schefer, 1943-1947, composition typographique.
Jean Sénépart, 1943-1947, composition typographique.
Camille Berthaux, 1943-1947, dorure. Questionnaire.
Bernard Douard, 1944-1948, composition typographique.
Jean Grangeon, 1945-1949, composition typographique.
Jacques Fisitzsky, 1945-1949, impression lithographique. Questionnaire.
Georges Deslandes, 1945-1949, dorure. Questionnaire.
Pierre Breton, 1945-1949, gravure en taille-douce.
Jean Knoll, 1946-1950, dorure.
Jacques Bracquemond, 1946-1950, gravure en taille-douce. Questionnaire.
Alain Adam, 1946-1950, photogravure.
Jacques Amen, 1947-1951, clicherie.
Roger Dédame, 1947-1951, clicherie.
Serge Mazurok, 1947-1951, clicherie.
Raymond Dissard, 1947-1951, impression typographique. Questionnaire.
Roger Bonnemye, 1948-1952, composition typographique.
Jacques Daix, 1948-1952, écriture lithographique. Questionnaire.
Gérard Finel; 1948-1952, écriture lithographique.
Jacques Martinet, 1948-1952, photogravure. Questionnaire.
Albert Simoni, 1949-1953, composition typographique.
Michel Joly, 1949-1953, dessin lithographique.
Les élèves libres
Henri Liébert, 1929-1930, dessin lithographique. Questionnaire.
Claude Grandry, 1930-1931, typographie.
Edgard Dérouet, 1933. Questionnaire
Henri Lebhar, 1939, typographie.
Hugo Peller, 1948-1949, dorure. Questionnaire.
Les élèves du centre dapprentissage, des cours dapprentissage et apprentis
Maurice Ruffin, 1925-1928, composition typographique. Questionnaire.
Jean-Paul Miguet, 1940-1944, reliure. Centre dapprentissage.
Pangloss Guérin, 1944-1948, composition typographique. Cours dapprentissage. Questionnaire.
Maurice Dias, 1946-1950, impression typographique. Cours dapprentissage. Questionnaire
Jacques Roulet, 1947-1950, composition typographique. Cours dapprentissage. Questionnaire.
Autres témoignages
Espérance Bagge.
Paule Cretté-Lobstein
Colette Kiénast.
Colette Mangeot-Leclerc. Questionnaire.
Evelyne de Raveton.
Monique Roy-Gaubert.
Sylvie Roy-Lebreton.
IV Bibliographie
Ouvrages généraux
Histoire politique
Azéma (Jean-Pierre), De Munich à la Libération, 1938-1944, Paris, Le Seuil, coll. « Nouvelle histoire contemporaine », 1979, 412 p.
Becker (Jean-Jacques) et Berstein (Serge), Victoire et frustrations, 1914 - 1929, Paris, Le Seuil, coll. « Nouvelle histoire contemporaine », 1990, 455 p.
Borne ( Dominique) et dubief (Henri), La Crise des années trente, 1929 - 1938, Paris, Le Seuil, coll. « Nouvelle histoire contemporaine », 1989, 322 p.
George (Jacqueline) et Mollier (Jean-Yves), La plus longue des république, 1870-1940, Paris, Fayard, 1994, 872 p.
Mayeur (Jean-Marie), Les Débuts de la IIIe République, 1871-1898, Paris, Le Seuil, coll. « Nouvelle histoire contemporaine », 1973, 254 p.
Mayeur (Jean-Marie), La Vie politique sous la Troisième République, 1870 - 1940, Paris, Le Seuil, coll. « Point histoire », 1984, 449 p.
Rebérioux (Madeleine), La République radicale ? 1898 - 1914, Paris, Le Seuil, coll. « Nouvelle histoire de la France contemporaine », 1975, 259 p.
Rémond (René), Histoire de France, tome 6 : Notre siècle, Paris, Fayard, 1991, 1044 p.
Histoire économique
Bergeron (Louis), Les Capitalistes en France (1780-1914), Paris, Gallimard - Julliard, coll. « Archives », 1978, 233 p.
Caron (François), Entreprises et entrepreneurs, xixe - xxe siècle, Paris, Presses universitaires de Paris - Sorbonne, 1983, 387 p.
Caron (François), Histoire économique de la France, xixe - xxe siècle, Paris, Armand Colin, coll. « U », 1996, rééd., 452 p.
Margairaz (Michel) et Rousso (Henry), « Vichy, la guerre et les entreprises », Histoire, Economie et Société, 11e année, n°3, 1992, p. 337-368.
Verley (Patrice), Entreprises et entrepreneurs au xviiie siècle au début du xxe siècle, Paris, Hachette, coll. « Carré histoire », 1994, 225 p.
Woronoff (Denis), Histoire de lindustrie en France du xvie siècle à nos jours, Paris, Le Seuil, 1994, 671 p.
Histoire sociale et culturelle
Cinquantenaire de lexposition de 1925, musée des Arts décoratifs, Paris, 15 octobre 1976 - 2 février 1977, organisé par lUnion centrale des arts décoratifs, Catalogue, Paris, Presses de la connaissance, 1976, 165 p.
Histoire des jeunes en occident. tome 2 : Lépoque contemporaine, sous la direction de Giovanni Levi et Jean-Claude Schmitt, Paris, Le Seuil, coll. « LUnivers historique », 409 p.
Charle (Christophe), Histoire sociale de la France au xixe siècle, Paris, Le Seuil, 1991, 398 p.
Dewerpe (Alain), Le Monde du travail en France, 1800-1950, Paris, Armand Colin, coll. « Cursus », 1989, 187 p.
Le Crom (Jean-Pierre), Syndicats, nous voilà ! Vichy et le corporatisme, Paris, éditions de lAtelier, 1995, 410 p.
Ory (Pascal), Les Exposition universelles de Paris, Paris, Ramsay, 1982, 158 p.
Noiriel (Gérard), Les Ouvriers dans la société française, xixe - xxe siècle, Paris, Le Seuil, coll. « Point histoire », 1986, 321 p.
Prost (Antoine), « Quest-il arrivé à la sociologie du travail française ? », Le Mouvement social, n°171, avril-juin 1995, p. 79-95.
Schweitzer (Sylvie), « Industrialisation, hiérarchies au travail et hiérarchies sociales au 20e siècle », Vingtième Siècle - revue dhistoire, n°54, avril-juin 1997, p.103-115.
Dictionnaires biographiques
Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, sous la direction de Jean Maitron, 43 volumes, Paris, Editions ouvrières - éditions de lAtelier, 1964-1993.
Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie, sous la direction de Daniel Ligou, Paris, PUF, 1991, x1322 p.
Dictionnaire des parlementaires français, sous la direction de Jean Jolly, 10 volumes, Paris, PUF, 1960-1977.
Dictionnaire par noms darchitectes des constructions élevées à Paris aux xixe et xxe siècle. 1876-1899, sous la direction de Michel Fleury, Paris, Service des Travaux historique, 1993.
Les Directeurs de ministères en France aux xixe et xxe siècle, Genève, Droz, 1976, 173 p.
Les Préfets en France (1800-1940), Genève, Droz, 1878, 181 p.
Barbier (Frédéric), Le patronat du Nord sous le Second Empire : une approche prosoprographique, Genève, Droz, 1989, VIII-409 p.
Barjot (Dominique) Les Patrons du Second Empire, 3 volumes, Paris, Picard - éditions Cénomane, 1991-1994.
Histoire de lapprentissage et de lenseignement technique
Généralités
Encyclopédie générale de léducation française. tome 3 : Lenseignement technique et la formation professionnelle, Paris, éditions Rombaldi, 1954, VII-432 p.
« Lenseignement technique et professionnel. Repères dans lhistoire (1830-1960) », Formation-Emploi, n°27-28, juillet-décembre 1989.
Histoire générale de lenseignement et de léducation en France, tome 3 : De la Révolution à lécole républicaine, sous la direction de F. Mayeur, et tome 4 : Lécole et la famille dans une société en mutation, sous la direction dAntoine Prost, Paris, G.-V. Labat, 1981, 683 et 729 p.
Histoire mondiale de léducation, sous la direction de Gaston Mialaret et Jean Vial, tome 3 : de 1815 à 1945, Paris, PUF, 1981, p. 356.
Briand (Jean-Pierre), Chapoulie (Jean-Michel), LEnseignement primaire et ses extensions, 19e - 20e siècles. Annuaire statistique. Écoles maternelles, primaires, primaires supérieures et professionnelles, Paris, INRP - Économica, 1987, 277 p.
Charlot (Bernard) et Figeat (Madeleine), Histoire de la formation des ouvriers, 1789-1984, Paris, Minerve, 1985, 619 p.
Charmasson (Thérèse), Lelorrain (Anne-Marie) et Ripa (Yannick), LEnseignement technique de la Révolution à nos jours. tome 1 : 1789-1926, Paris, INRP - Économica, 1987, 783 p. Cette ouvrage est fondamental pour mener une recherche sur lhistoire de lenseignement technique. Leurs auteurs présentent en introduction un résumé rigoureux de lhistoire de cet enseignement, ont élaboré un guide des sources, manuscrites et imprimées, et édité les textes législatifs sur lenseignement technique.
Dommanget (Maurice), Les Grands Socialistes et léducation, Paris, Armand Colin, coll. « U », 1970, 471 p.
Duveau (Georges), La Pensée ouvrière sur léducation pendant la Seconde République et le Second Empire, Paris, Domat-Montchrétien, 1948, 351 p.
Lelièvre (Claude), Histoire des institutions scolaires (1789-1989), Paris, Nathan, 1990, 238 p.
Lelièvre (Claude) et Nique (Christian), Bâtisseurs décoles. Histoire biographique de lenseignement en France, Paris, Nathan, coll. « Repères pédagogique », 1994, 494 p.
Léon (Antoine), Histoire de léducation technique, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1968, 128 p.
Pelpel (Patrice) et Troger (Vincent), Histoire de lenseignement technique, préfacé par Claude Lelièvre, Paris, Hachette, coll. « Pédagogie pour demain », 1993, 320 p.
Pierrard (Pierre), Enfants et jeunes ouvriers en France (xixe - xxe siècle), Paris, Éditions ouvrières, 1987, 225 p.
Prost (Antoine), Histoire de lenseignement en France, 1800-1967, Paris, Armand Colin, coll. « U », 524 p. Cet ouvrage ancien reste la référence pour tout ce qui touche à lhistoire de lenseignement.
Troger (Vincent), « Lhistoire de lenseignement technique : entre les entreprises et létat, la recherche dune identité », Histoire, Économie et Société, 8e année, 4e trimestre 1989, n°4, p. 593-611.
Études particulières
LÉcole primaire à Paris, 1970 - 1914, Paris, Délégation à laction artistique de la Ville de Paris, 1985, 104 p. Catalogue dexposition sur larchitecture des bâtiments scolaires.
Barreau (Jean-Michel), « Abel Bonnard, ministre de lEducation nationale sous Vichy, ou léducation impossible », Revue dhistoire moderne et contemporaine, t. 43, n°3, juillet-septembre 1996, p. 464-478.
Barreau (Jean-Michel), « Vichy, idéologue de lécole », Revue dhistoire moderne et contemporaine, t. 38, octobre-décembre 1991, p. 590-616.
Briand (Jean-Pierre) et Chapoulie (Jean-Michel), Les Collèges du peuple : lenseignement primaire supérieur et le développement de la scolarisation prolongé sous la Troisième République, Paris, INRP - CNRS, 1992, 544 p.
Brucy (Guy), « Histoire des diplômes de lenseignement technique (1880-1965) », Thèse de doctorat dhistoire, sous la direction dAntoine Prost, Paris-I, 1993, 2 volumes, 443 p.
Chapoulie (Jean-Michel), « LEnseignement primaire supérieur, de la loi Guizot aux écoles de la IIIe République », Revue dhistoire moderne et contemporaine, t. XXXVI, octobre-décembre 1989, p. 413-437.
Jacquet-Francillon (François), Naissances de lécole du peuple, 1815-1870, Paris, éditions de lAtelier, coll. « Patrimoine », 1995, 319 p.
Monnier (Gérard), LArt et ses institutions en France, de la Révolution à nos jours, Paris, Gallimard, coll. « Folio histoire », 1995, 462 p. Cet ouvrage apporte des éléments très intéressant sur les cours de dessin qui furent souvent la base de la formation professionnelle au xixe siècle.
Troger (Vincent), « Histoire des Centres dapprentissage, 1939-1959. Les enjeux économiques, politiques et culturelles de la constitution de lenseignement technique court », thèse de doctorat dhistoire, sous la direction de François Caron, Paris-IV-Sorbonne, 1990, 383 p.
Troger (Vincent), « Naissance et développement des centres de formation professionnelle, 1940-1944 », maîtrise dhistoire, sous la direction de François Caron, Paris-IV, 1983, 286 p.
Monographie détablissements
100 années de créations : Ecole Boulle, 1886-1986, Paris, Syros - Alternatives, 1988, 273 p.
1882-1982, centenaire de lécole dAlembert, Montévrain, École dAlembert, 1882, 28 p.
Centenaire du lycée Dorian, 1887-1987, Paris, 1987, 111 p.
Legoux (Yves), Du compagnon au technicien. Lécole Diderot et lévolution des qualifications, 1871-1971, Lille, Service de reproduction des thèse - Lille-III, 1973, 743 p.
Laurent (Stéphane); « Art et industrie. La question de lenseignement des arts appliqués (1851-1940). Le cas de lécole Boulle », thèse de doctorat dhistoire de lart, sous la direction de Gérard Monnier, Paris-I, 1996. Cette thèse a été publiée et élargie : Lécole Boulle, Paris, Gérard Klopp éditeur, 1997, 300 p.
Histoire de Paris
Le 13e arrondissement, une ville dans Paris, sous la direction de Béatrice de Andia, Paris, Délégation artistique de la Ville de Paris, 1993, 253 p.
Centenaire de la reconstruction de lHôtel de Ville, 1882-1982, Paris, Bibliothèque administrative de la Ville de Paris, 1982, 230 p.
Nouvelle histoire de Paris
Gaillard (Jeanne), « Le Conseil municipal et le municipalisme parisien (1871-1890) », Bulletin de la Société dhistoire moderne, XVIe série, 81e année, n°13, 1982, p. 7-16.
Gaillard (Jeanne), Paris, la ville. 1852-1870, Lille, Service de reproduction des thèses - Lille-III, 1976, 676 p.
Marchand (Bernard), Paris, histoire dune ville xixe - xxe siècle, Paris, Le Seuil, coll. « Point histoire », 1993, 443 p.
Marie (Anne-Laure), « La politique culturelle du conseil municipal de Paris au début de la Troisième République, 1874-1884 », maîtrise dhistoire, sous la direction dAlain Plessis, Paris-X-Nanterre, 1991, 147 p.
Nivet (Philippe), Les Assemblées parisiennes de la déclaration de la guerre à la libération de Paris (1939-1944), Paris, Fédération des sociétés historiques et archéologiques de Paris et de lIle-de-France, coll. « Études et Documents », vol. 3, 1996, 293 p.
Nivet (Philippe), Le Conseil municipal de Paris de 1944 à 1977, Paris, Publications de la Sorbonne, coll. « Histoire de la France aux xixe et xxe siècles », volume 34, 1994, 397 p.
Szylowicz (Valérie), « Le Conseil municipal de Paris de 1900 à 1904 », mémoire de maîtrise dhistoire, sous la direction de Ronald Hubscher et Jean El Gammal, Paris-X-Nanterre, 1992, 240 p.
Histoire de limprimerie à lépoque contemporaine
Généralités
Histoire de lédition française, sous la direction de Roger Chartier et Henri-Jean Martin, tome 2 : Le Livre triomphant, 1660-1830, tome 3 : Le Temps des éditeurs. Du romantisme à la Belle Epoque, tome 4 : Le Livre concurrencé, 1900-1950, Paris, Fayard - Cercle de la Librairie; 1990-1991, 909, 669 et 724 p.
Histoire générale de la presse française, sous la direction de Claude Bellanger et Jacques Godechot, tome 3 : de 1871 à 1940, tome 4 : de 1940 à 1958, , Paris, PUF, 1972-1975, 687 et 486 p.
Barbier (Frédéric), LEmpire du Livre. Le livre imprimé et la construction de lAllemagne contemporaine (1815-1914), Paris, Éditions du Cerf, 1995, 612 p.
Belnard (Sylvie), « Limprimerie Chaix (1845-1881). Étude économique, politique et sociale », maîtrise dhistoire sous la direction de Philippe Vigier et Jean-Yves Mollier, Paris-X-Nanterre, 1989, 147 p.
Bouquin-Chupeau (Corinne), « Recherches sur limprimerie lithographique à Paris au xixe s. : limprimerie Lemercier (1803-1901) », thèse de doctorat dhistoire de lart, sous la direction dHenri-Jean Martin, 2 volumes, Paris-I, 1993, 572 p.
Bouffange (Serge), Pro deo et patria. Casterman : librairie, imprimerie, édition (1776-1919), Genève, Droz, 1996, 350 p.
Brezet (Bénédicte); « Librairie et édition à Toulouse au xixe s. La maison Privat (1849-1914) », thèse pour le diplôme darchiviste paléographe, 1991, 202 p.
Fouché (Pascal), LEdition française sous loccupation, 1940-1944, 2 volumes, Paris, Bibliothèque de littérature française contemporaine de luniversité Paris-VII, 453 et 447 p.
Peloille (Évelyne), « LImprimerie parisienne de 1881 à 1914. Aspects des mutations dans lorganisation de la production », thèse de doctorat dhistoire, sous la direction dAlain Plessis, Paris-I, 1994.
Histoire sociale et syndicale
Mémoire de la Chambre syndicale nationale de la reliure-brochure-dorure, 1891-1991, Paris, Association du Centenaire de la Chambre syndicale nationale de la reliure-brochure-dorure, 1991, 457 p.
Barbier (Frédéric), « Les ouvriers du Livre et la révolution industrielle en France au xixe siècle », Revue du Nord, t. LXIII, n°248, janvier-mars 1981, p. 189-205.
Blondeau (Yves), Le Syndicat des correcteurs de Paris et de la région parisienne (1881-1973), préfacé par Fernand Bernier et Jean Maintron, Paris, Bourse du Travail, 1973, 411 p.
Chauvet (Paul), Les Ouvriers du livre en France, de 1789 à la Constitution de la Fédération du livre, Paris, Marcel Rivière, 1964, 717 p.
Chauvet (Paul), Les Ouvriers du livre et du journal : la Fédération française des travailleurs du Livre, Paris, Éditions ouvrières, 1971, 346 p.
Chauvet (Paul), La Résistance chez les fils de Gutenberg dans la Deuxième Guerre mondiale. Témoignages, préfacé par Jacques Debû-Bridel, Paris, à compte dauteur, 1979, 500 p.
Chauvet (Paul), Un Centenaire historique dans le Livre, 1981, Syndicat général du Livre, 186 p.
Devriendt (Elisabeth), « La Chambre syndicale typographique parisienne de 1919 à 1939 », maîtrise dhistoire, sous la direction de Droz et Jacques Girault, Paris-I, 1979, 349 p.
Miquel (Annick), « Recherches sur les typographes parisiens, 1881-1914 », maîtrise dhistoire, sous la direction de Philippe Vigier, Paris-X-Nanterre, 1977, 130 p.
Rebérioux (Madeleine), Les Ouvriers du livre et leur fédération, 1881-1981, préfacé par Georges Séguy et Jacques Piot, Paris, Temps actuels - Messidor, 1981, 241 p.
Sales, Hubert, Les Relations industrielles dans limprimerie française, Paris, éditions Cujas, 1967, 210 p. Cest à notre connaissance le seul ouvrage qui donne des éléments précis sur le syndicalisme patronal dans le Livre.
Arts graphiques
50 ans de la Reliure originale à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, Paris, Société des amis de la Reliure originale, 1995, 83 p.
Art & Publicité, 1890-1900, Paris, Centre Georges-Pompidou, 1990, 562 p. Catalogue dexposition.
« Arts et Métiers graphiques », Art & Métiers du Livre, n°188, novembre-décembre 1994.
Paris-Paris : créations en France, 1937-1957, Paris, Centre Georges-Pompidou, 1981, 527 p.
Bartha, (Georges de) et Ducan, (Alastair), La Reliure en France, Art nouveau - Art déco, 1880-1940, Paris, éditions de lAmateur, 1989, 200 p.
Chapon (François), Le peintre et le livre : lâge dor du livre illustré en France, 1870-1970, Paris, Flammarion, 1987, 319 p.
Devauchelle (Roger), La Reliure en France de ses origines à nos jours. tome 3 : Depuis 1850, Paris, J. Rousseau-Girard, 1961, 289 p.
Devauchelle (Roger), La Reliure, recherches historiques, techniques et biographiques sur la reliure française, préfacé par André Labarre, Paris, Filigranes, 1995, 319 p.
Diehl (Edith), Bookbinging. Ist baskground and technique, tome 1, New-York, Rinehart & Company inc., 1946, 251 p.
Hollis (Richard), Le Graphisme au xxe siècle, Paris, Thames & Hudson, coll. «LUnivers de lart », 1997, 224 p.
Malavieille (Sophie), Reliures et cartonnages déditeurs en France au xixe siècle (1815-1865), Paris, Promodis, 1985, 253 p.
Martin (Marc), Trois siècle de publicité, Paris, éditions Odile Jacob, 1992, 430 p.
Melot (Michel), LIllustration, histoire dun art, Genève, Skira, 1984, 271 p.
Meyer-Noirel (Germaine); LEx-libris, histoire, art, technique, Paris, Picard, 1989, 261 p.
Weill (Alain), Affiche et art publicitaire, Paris, Mayer, 1987, 368 p.
Dictionnaires biographiques, biographies, autobiographies
« Ma rien, et ma tout appris, entretien avec Robert Doisneau et Edouard Boubat », propos recueillis par James Boutet et Raphaël Douin, Contact Estienne, juin 1986, p. 20-27.
Paul Bonet, Carnets 1924-1971. Répertoire complet, descriptif et bibliographique de toutes ses reliure, préfacé par Julien Gracq, Paris, Librairie Auguste Blaizot, 1981.
Pierre Faucheux, le magicien du livre, préfacé par François Catadec, propos, textes et témoignages recueillis par Marie-Christine Marquat, Paris, Cercle de la Librairie, 1995, 272 p.
Association des Compagnons de Lure, Dossier Vox, préparé par Fernand Baudin, Andenne, Ed. Rémy Magermans, 1975, 324 p.
Bibliothèque des Arts graphiques, Maximilien Vox, un homme de lettre, Paris, Agent culturel de Paris, 151 p.
Bénézit (Emmanuel), Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays par un groupe décrivains spécialistes français et étrangers, en 10 volumes, Paris, Gründ, réimp., 1976.
Bouisse (Henri), « Lhéritage dHenri Bouisse », Chronique de la photogravure et de la clicherie, 1981, p. 73-77.
Fields (Amond), Georges Auriol, Leyton, Utah, Gibbs M. Smith inc., Pellegrine Smith Books, 1985, 173 p.
Fléty (Julien), Dictionnaire des relieurs français ayant exercé de 1800 à nos jours, Paris, Technorama, 1988, LX-225 p.
Garrigou, (Marcel), Georges Cretté, Toulouse, Arts et Formes, coll. « Les Maîtres de la reliure », 1984, 265 p.
Hamilton (Peter), Robert Doisneau, la vie dun photographe, Paris, Hoebeke, 1995, 381 p.
Lecomte (Georges), Ma traversée, Paris, Robert Laffont, 1949, 606 p.
Martin (Pierre Lucien), « Notes & souvenirs sur la création en reliure », Bulletin de la librairie ancienne et moderne, n°159, décembre 1973, p. 189-193.
Morgan (Claude), Les Don Quichotte et les autres, Paris, éditions Roblot, 1979, 231 p. Claude Morgan est le fils de Georges Lecomte.
Osterwalder (M), Dictionnaire des illustrateurs de 1800 à 1914, Paris-Neuchâtel, Ides et Calendes, 1989.
Osterwalder (M), Dictionnaire des illustrateurs de 1890 à 1945, Paris-Neuchâtel, Ides et Calendes, 1992.
première partie
Lindustrie du Livre
et
la « Crise de lapprentissage » au xixe siècle
La « crise de lapprentissage » est au xixe siècle lexpression consacrée pour décrire la situation de la formation professionnellz des enfants et des adolescents. Cette expression fait supposer a priori que lapprentissage, tel quon se le représentait, avait connu un âge dor. Les contemporains expliquaient cette « crise » par les méfaits de la révolution industrielle qui avait bouleversé les modes de production et donc les méthodes « traditionnelles » dacquisition dun savoir professionnel. Ils accusaient également les familles, poussées par lappât du gain, de placer inconsidérément leur progéniture sans se soucier de leur apprentissage.
Dans les industries du Livre, on tint un discours identique. Nous navons pas pour ambition détudier ce discours, mais plutôt dessayer de déterminer lévolution de lapprentissage dans ces industries et son enjeu. À nos yeux, les années 1880 constituent une indéniable rupture car cette période obligea les patrons et ouvriers du Livre à revoir leur conception de lapprentissage.
A - Lapprentissage dans les métiers du Livre jusquen 1880
Pendant toute la période qui nous intéresse, la phrase « On ne fait plus de bons ouvriers » fut le leitmotiv de la profession. Mais, outre ses enjeux sociaux, et en particuliers salariaux, lapprentissage en crise risquait de remettre en cause une culture professionnelle. Cette « crise » apparaît évidemment plus violente lorsque la conjoncture économique est défavorable. Les années 1880, liant crise économique et libéralisation du régime de la librairie et la presse, placèrent plus que jamais cette question au centre de la vie syndicale. Désirant agir, les professionnels, patrons et ouvriers, tâtonnent : il sagissait de trouver de nouveaux modes de transmission dun savoir technique sans altérer des pratiques sur lesquelles reposait la culture du métier. Cette crise fut largement partagée par dautres secteurs transformés par les techniques modernes de production. De fait, lapprentissage devint progressivement une préoccupation nationale, que lÉtat finit par partager.
I - Les industries du Livre au xixe siècle
Bien que les industries du Livre connaissent les mêmes mécanismes économiques que les autres secteurs, la production dimprimés est soumise à des facteurs socio-économiques qui lui sont propres, et ce pour deux raisons : limprimé est un produit de consommation particulier; il est traditionnellement sujet à la suspicion du pouvoir politique. Lintégration des industries du Livre dans une économie française en mouvement et ses singularités expliquent la complexité de cet univers professionnel, pourtant uni dans une même culture et des représentations sociales quil entretient.
1 - Un marché en croissance
Limprimé connaît au xixe siècle une croissance à la fois quantitative et qualitative. Bien que ses industries se définissent jusquà aujourdhui par la production de livres, qui incarnent la noblesse du métier, le livre ne représentait quune part de la production imprimée au xixe siècle.
Limprimé fut le principal vecteur de la communication de ce siècle. Il était devenu indispensable à laction de tous les acteurs de la vie politique et économique. En particulier, la croissance de ladministration centrale et locale saccompagna dune demande accrue en imprimés. Les entreprises devinrent dans la seconde moitié du xixe siècle des clients importants pour ce type de produits. Lavènement du monde des bureaux et plus généralement le développement du secteur tertiaire ont entraîné une augmentation des besoins en imprimés : registres, lettres à en-tête, formulaires... Par la suite, la publicité prit son essor, dabord grâce à la presse, sous la forme dannonces, de placards et daffiches. Cette extension de lusage de limprimé a concerné également les particuliers. Il fit désormais partie de la vie quotidienne et des représentations sociales. Le marché des « travaux de ville » (cartes de visite, faire-part, menus...), qui existait sous lAncien Régime, se développa lui aussi à cette époque.
Il nexiste pas de chiffres qui permettraient de mesurer la croissance de cette part du marché de limprimerie : les seules données fiables dont on dispose concernent lédition et la presse.
A la veille de la Révolution, après un siècle de croissance, lédition française produisait annuellement environ 2000 titres. De 1789 à la monarchie de Juillet, la production crût lentement, atteignant environ 6000 titres. Cette croissance saccéléra à partir du Second Empire pour atteindre 15000 titres en 1889 et près de 25000 à la veille de la Première Guerre mondiale. Ce dernier chiffre peut même être rectifié à la hausse : si on tient compte dune partie des « travaux de ville » soumis au dépôt légal, il serait de 33000 à cette date. Les tirages ont suivi plus ou moins la même évolution. On est passé ainsi dun tirage moyen de 2000 exemplaires sous la monarchie de Juillet à plus de 10000 en 1914.
La presse périodique connut une croissance plus forte encore, gagnant progressivement un lectorat dans les différentes strates de la société. Labaissement du prix de vente, symbolisé par La Presse fondée en 1848 par Emile de Girardin, permit de dépasser des tirages denviron 10000 exemplaires. Là encore, le Second Empire fut la grande période dextension de la presse périodique, avec la naissance des grands journaux populaires comme le Petit Journal. La IIIe République fut lâge dor des quotidiens. Le tirage moyen à la veille de la Grande Guerre atteignait près dun million et demi dexemplaires.
Ainsi, le nombre de lecteurs a sensiblement augmenté. Les ventes ont profité à la fois de laugmentation du niveau de vie et de labaissement des prix de vente, et donc des coûts de production. Pour répondre à un tel changement déchelle, il fallait que les industries du Livre remettent en cause les techniques de production qui avaient peu changé depuis le xve siècle.
2 - Les innovations technologiques
Comme pour lindustrie textile et métallurgique, les premières innovations apparurent dans la seconde moitié du xviiie siècle. Elles sétalèrent pendant le siècle suivant, touchant progressivement chaque maillon de la chaîne de production graphique, modifiant la productivité, les savoir-faire et donc les qualifications et la gestion de la main-duvre.
La première phase de la révolution industrielle toucha lindustrie papetière, qui passa en trois décennies de lartisanat à lindustrie. Lindustrialisation commença en France en 1801 avec lintroduction de la machine à papier en continu, qui fut suivie en 1806 par les techniques de blanchiment du papier au chlore et dans les années 1820 par celles de lencollage. Le remplacement de la chiffe par la pâte à bois date de 1867. Le papier était devenu au début du siècle relativement aisé à obtenir en grande quantité.
Parallèlement commençait ce quon appela la « seconde révolution du Livre ». Elle concerna dabord les techniques dimpression. Depuis les années 1770, les presses avaient bénéficié de plusieurs améliorations dont le remplacement du bois par le métal, avec la presse Stanhope en 1808. La plus importante fut la mise au point dune presse mécanique par Friedrich Knig en 1812, avec une technique dimpression par cylindre et un système dencrage automatique. Cette presse donna naissance en 1816 à la rotative. Le passage de limpression à plat à celle par cylindre nécessita une adaptation de la forme. La stéréotypie ou galvanoplastie, introduite en France dans les années 1860, résolut la difficulté. Les journaux sous le Second Empire pouvaient donc connaître des tirages inconnus jusqualors. On passa ainsi dune capacité de 150 feuilles par heure avec la presse Stanhope à 500 avec la presse de F. Knig puis à 10000 avec la rotative à la fin du siècle.
La capacité de tirage ayant été considérablement augmentée, la production se trouvait ralentie en amont : la composition des textes restait manuelle. Afin de suivre la productivité à limpression, les effectifs des ateliers de composition devenaient de plus en plus importants. Les « typos » faisaient dailleurs partie des ouvriers du Livre les mieux payés. Ce goulot détranglement, technique et économique, poussa à des recherches qui aboutirent à la composition mécanique à la fin du siècle, avec la Linotype en 1884 et la Monotype en 1887.
La révolution industrielle toucha également la reliure et la brochure grâce à lapparition dune clientèle « populaire ». Le cartonnage déditeurs fut une reliure à moindre prix et donc à moindre coût. Cette production, symbolisée par la maison Jean Engel XE "Engel, Jean (1811-1892)" commença dans les années 1840. Les techniques de coupe (avec le massicot), le rognage puis les matériaux utilisés pour la reliure elle-même (la percaline et les décors imprimés par le balancier) modifièrent profondément cette branche.
Le xixe siècle fut aussi celui de limage. Différents procédés existaient : la gravure sur bois, la lithographie (pour une clientèle « populaire ») et la gravure sur métal (pour la production de luxe). Lindustrie lithographique se distinguait car elle constituait une des branches les plus prospères des industries du Livre, produisant illustrations et couvertures de livre, estampes et affiches. Mais aucun de ces trois procédés navait deux qualités techniques recherchées par lédition et la presse : la possibilité dimprimer en in-texte et la résistance à de forts tirages. La naissance des procédés dits photomécaniques devait résoudre cette difficulté mais les recherches furent longues. De nouveaux procédés, la phototypie et lhéliogravure, apparurent mais ce fut à la fin du siècle que les procédés basés sur les techniques par trame devinrent opératoires. LIllustration reproduisit des photographies à partir de 1890 et des photographies en couleurs en 1907. Les autres procédés perdirent de fait lessentiel de leur part de marché. Cependant les graveurs sur bois connaissaient une crise ancienne; les taille-douciers, spécialisés dans le livre de luxe, furent moins atteints. Ce changement technique altéra profondément et définitivement lindustrie lithographique à partir des années 1870.
Ces changements et bouleversements techniques eurent un impact différent selon la taille de lentreprise, limportance de son capital, le type de marché et son implantation géographique. Limprimerie au xixe siècle est encore largement dominée par les petites unités de production à caractère familial. Souvent implantées en province, leur clientèle est locale. Lobstacle principal dans lacquisition de ces nouveaux équipements est dabord le manque de capitaux et une clientèle suffisamment importante pour amortir ces investissements. La révolution industrielle est donc, comme dans dautres secteurs, nuancée en raison de la diversité de la structure des industries du Livre. Cependant, toutes ces entreprises subissaient les rigueurs de la loi, qui fit de ces industries une branche à part dans léconomie française.
3 - Le cadre réglementaire
Si le marché de limprimé se développa tout au long du xixe siècle, si les innovations permirent de répondre à laccroissement de la demande, les industries du Livre restaient sous contrôle du pouvoir.
Le retour rapide après la Révolution française à un contrôle de la production et de la diffusion des imprimés passa tout dabord par la limitation du nombre dimprimeurs et de libraires, qui devaient être pourvus dun brevet obtenu après enquête administrative. Le système du brevet, institué en 1811, provoqua lhostilité de la profession sur un point : le droit dexercer le métier dimprimeur nétait pas soumis à la connaissance réelle de ce métier. Sous lAncien Régime, le pouvoir royal avait également opté pour cette politique malthusienne mais il laissait aux maîtres imprimeurs le pouvoir de choisir qui pouvait accéder à la maîtrise. Ce ne fut plus le cas au xixe siècle et ce fut ressenti comme une intrusion brutale de lÉtat dans la profession. Le nombre dimprimeurs fut limité à 80 à Paris et 2 dans les autres départements, ce qui rassura la profession qui avait connu une multiplication des ateliers sous la Révolution : les nouveaux venus étaient alors accusés de « gâcher » le métier. On ne revint pas au système de la censure préalable. Limprimeur devint responsable devant la loi de ce qui sortait de ses presses, avec des conséquences économiques particulièrement lourdes. Les industries du Livre sadaptèrent bon gré mal gré à cette nouvelle situation.
Dans ce régime contraignant, les industries du Livre connaissaient de fait un marché qui échappait aux règles de libre concurrence stricto sensu, jusquen 1870. Mais cette protection ambiguë de la loi ne les empêcha pas de sadapter aux nouveaux besoins du marché. Le régime de la librairie avait sciemment et depuis longtemps favorisé un petit nombre dimprimeurs en particulier parisiens. Ce furent ceux-là qui investirent dans les nouvelles techniques de production, confirmant la détention de part de marché importante. En 1861, les imprimeries françaises employaient en moyenne 24 personnes; à Paris ce chiffre était de 75. Dans cette hiérarchie économique, en terme de concentration et déquipement, la région du Nord-Pas-de-Calais était en deuxième position par rapport à la région parisienne, en raison de sa densité urbaine et industrielle et donc de son accès à des marchés importants.
La suppression du régime du brevet en 1870 puis la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse furent mal vécues par la profession, du moins si lon sen tient aux discours. Le métier dimprimeur était accessible à tous, cest-à-dire pour les patrons et ouvriers du livre, à nimporte qui.
Cette ouverture à une libre concurrence réelle na pourtant pas été brutale et immédiate. En 1861, la France comptait 1031 imprimeries et en 1879 1511. La conjoncture des années 1870 nétait en effet par très favorable pour le marché de limprimerie. Ce nest quà partir de la fin du siècle que laugmentation du nombre dateliers fut spectaculaire, puisque lon répertoriait plus de 4000 imprimeries en 1911. Un facteur technique a sans doute joué un rôle dans cette croissance, du moins dans la branche typographique. Les constructeurs de presses typographiques mirent au point des presses de petite taille, légères et peu coûteuses, qui rendirent plus aisée la création de petites entreprises.
Limprimerie dans la révolution industrielle est symbolisée par les « usines à livres » que sont devenues les imprimeries Chaix, Mame, Firmin-Didot. Mais ces changements techniques et économiques nentraînèrent pourtant pas de rupture totale avec le passé. Lesprit corporatif a résisté à ces changements et à leurs conséquences (processus de déqualification, apparition de nouveaux métiers, nouvelle organisation des structures de production). Limprimé, même en devenant un produit de consommation de masse, doit rester le résultat dun savoir-faire, lui-même ciment de lidentité corporative. Mais, cette identité, entretenue avec force, nempêcha pas lapprentissage de se dégrader.
II - Un apprentissage en crise ?
Sur quelles réalités reposaient les lamentations sur la dégradation de lapprentissage dans les industries du Livre ? On peut légitimement se poser la question car le thème des « gâcheurs » de métier est aussi ancien que limprimerie elle-même. Il faut saisir les différents aspects de lapprentissage dans ces industries pour bien comprendre pourquoi dans les années 1880 cette question prit de lampleur. Certes, la mécanisation est considérée comme le facteur premier de la dégradation de la transmission des savoir-faire. Mais il y a également une question déchelle : il y avait en France en 1865 plus de 18500 ouvriers du Livre; en 1896 limprimerie employait 56000 personnes (patrons et ouvriers). Enfin, lapprentissage et plus généralement le travail des enfants était devenu un thème politique et social, mobilisant hommes politiques, militants ouvriers, patrons, notables.
1 - Lhéritage de lAncien Régime
Comme dans dautres secteurs dactivité, patrons et ouvriers du Livre firent de cette période un âge dor de limprimerie française. Elle fut le berceau de la culture professionnelle, avec son vocabulaire, ses pratiques, sa sociabilité. Elle leur paraissait être également celle où lapprentissage nétait pas bâclé.
Dès le xvie siècle, lapprentissage fut un motif de conflit entre les maîtres et les compagnons. Jusquà la déclaration royale du 10 septembre 1572, il nexistait pas de règles écrites sur lorganisation de lapprentissage dans limprimerie, notamment sur les conditions de réception, la durée et les rapports entre le maître et lapprenti. Lapprentissage concernait dabord et surtout la famille de lapprenti et le maître, liés par un contrat oral ou écrit relatif aux conditions dexercice et aux modes de rétribution.
Le caractère privé de lapprentissage fut dune certaine manière remis en cause par la grève des compagnons parisiens en 1539, qui réclamaient la diminution du nombre dapprentis dans les ateliers. Les apprentis étaient en effet devenus une main duvre à bon marché pour les maîtres, en particulier lorsque la conjoncture économique était défavorable. Lédit du 30 août 1539 rejeta cette demande en soulignant que « les dicts maistres puissent faire et prendre autant dapprentifs que bon leur sembleroit ». Obstinés et procéduriers, les compagnons obtinrent cependant satisfaction avec la déclaration du 10 septembre 1572 qui précisait que les maîtres ne pouvaient employer plus de deux apprentis par presse.
Le pouvoir royal était sans doute sensible à certains abus en la matière, mais la motivation essentielle de cette politique était de contrôler la profession. Limiter le nombre dapprentis signifiait à terme contrôler le nombre de maîtres et donc dateliers. Cette politique fut confirmée dans la seconde moitié du xviie siècle. Ainsi lédit de décembre 1649 exigea que les apprentis connussent le grec et le latin, à la satisfaction des compagnons. En 1644, dans la typographie parisienne, les apprentis représentaient 26 % des effectifs des ateliers; en 1701, ce chiffre tomba à 12 %. Mais si le nombre de maîtres imprimeurs était limité, la demande dimprimés augmentait. Larrêt du conseil du 28 février 1723 interdit lemploi de nouveaux apprentis (mesure qui prit fin en 1761) mais autorisa lemploi dalloués, cest-à-dire douvriers qui ne pouvaient accéder à la maîtrise contrairement aux compagnons. Le second volet de cette mesure révolta les compagnons qui y voyaient à juste titre un moyen pour les maîtres de recourir à une main duvre à moindre coût.
Cependant, il semblerait que le recours à un acte notarié pour lapprentissage se soit étendu, en particulier chez les typographes, les taille-douciers et les relieurs, ce qui signifierait que parmi les maîtres on se souciait de définir par cet usage des règles en la matière.
Lorganisation corporative, les communautés de métier et les règlements auxquels elles étaient soumises, disparurent sous la Révolution française avec le décret dAllarde du 2 mars 1790 qui supprimait les privilèges économiques. Même si ces quelques règles sur lapprentissage ont eu des effets limités, la disparition des structures corporatives entraîna une anarchie dans les pratiques. À nouveau, lapprentissage ne concernait plus que le chef de famille et le maître à qui il confiait son enfant.
Même si les trois premiers siècles de limprimerie furent loin dêtre un âge dor pour les apprentis du Livre, il en reste néanmoins des constantes à lépoque contemporaine : les ouvriers du Livre restaient viscéralement attachés à lexistence dun contrat écrit et à une limitation du nombre des apprentis.
2 - Lapprentissage au xixe siècle
Les ouvriers du Livre dénoncèrent tout au long de ce siècle le nombre pléthorique dapprentis dans les ateliers. Ce sentiment denvahissement était-il légitime ?
La chambre de commerce de Paris mena en 1847 et 1848 une enquête sur les employés des industries du Livre. Les imprimeries typographiques parisiennes employaient alors plus de 4500 ouvriers, les apprentis représentant 3 % des effectifs. La Chambre de commerce mena une nouvelle enquête en 1860. Les ouvriers du Livre étaient plus de 6100 et les apprentis représentaient toujours 3 % des effectifs totaux. LOffice du travail enquêta de 1899 à 1901 sur lapprentissage dans les industries du Livre : daprès les réponses reçues, il y avait près de 6700 ouvriers du Livre à Paris et les apprentis représentaient près de 10 % des effectifs. Apparemment le caractère « pléthorique » du nombre dapprentis apparaît tardivement dans lindustrie typographique et serait dû surtout à la libéralisation des industries du Livre sous la IIIe République.
Mais lOffice du travail, contrairement aux deux précédentes enquêtes, sintéressait à lensemble du territoire national. Daprès les réponses obtenues, il apparaît que les apprentis représentaient 20 % des effectifs dans les villes grandes et moyennes, à lexception de Paris, et plus de 30 % dans les villes de moins de 500 habitants. Ceci signifie quil est fort probable que cétaient les imprimeries de taille moyenne et modeste qui recouraient le plus à ce qui nétait quune main duvre bon marché.
Les enquêtes de 1847-1848 et de 1860 sintéressaient également aux autres branches des industries du Livre. Limprimerie typographique, qui symbolisait le mieux le métier, fut sans doute la branche où il y avait le moins dapprentis. En 1848, la branche qui en accueillait le plus était lindustrie lithographique, avec 31 % des effectifs des ateliers composés dapprentis écrivains et dessinateurs lithographes. En 1860, elle est dépassée par les graveurs en taille-douce avec 33 %. Il faudrait étudier en détail lévolution économique de chacune de ces branches pour comprendre limportance de ces chiffres. Ainsi, lindustrie lithographique a connu pendant ces années une situation économique relativement favorable, alors que celle des taille-douciers fut plus difficile. Il est également possible que la capacité dorganisation des ouvriers lithographes et taille-douciers ait joué un rôle.
De façon générale, on ne peut nier que les conditions dapprentissage se soient dégradées. En labsence de réglementation professionnelle interne ou nationale, la diversité la plus grande régnait dans lapprentissage (durée de lapprentissage, bagage scolaire initial, âge, entretien et salaire, existence dun contrat). En 1848 à Paris, sur les 125 apprentis compositeurs recensés, 18 étaient munis dun contrat écrit.
La part de responsabilité de la mécanisation des ateliers dans la « crise » de lapprentissage doit être nuancée. Les « usines à livres » nétaient peut-être pas les entreprises qui en employaient le plus. En revanche, elles ont donné naissance à des emplois ne donnant lieu quà une formation rapide. Il est possible quelles employaient des enfants pour ces tâches répétitives : peut-on les considérer comme des apprentis ? Ce phénomène fut vécu comme une menace par les ouvriers du Livre, car il menaçait un savoir-faire et les solidarités professionnelles qui en découlaient.
Les ouvriers du Livre adoptèrent deux stratégies vis-à-vis de la dégradation de lapprentissage. En 1848, dans un contexte de crise économique, les ouvriers avec la Société typographique parisienne tentèrent dobtenir un règlement de lapprentissage avec les maîtres imprimeurs, sans résultat. Cette démarche fut renouvelée en 1868 et 1878, là encore sans aboutir. La principale exigence était la limitation du nombre dapprentis et lexistence dun contrat écrit. La seconde stratégie est parfaitement résumée par Paul Chauvet : « Il est certain quil ne devait guère être possible à un apprenti de se maintenir dans un atelier, si lensemble du personnel avait décidé de ne pas le tolérer. » Il y a une véritable ambiguïté du discours ouvrier qui dénonce la « misère de lapprenti » et un apprentissage vide de sens où lenfant sert surtout à faire les courses et balayer latelier mais qui place la limitation du nombre au dessus de toutes autres exigences. Au nom de la sauvegarde du métier, il faut que celui-ci soit ouvert à un petit nombre qui en sera digne. Il faut défendre les salaires des ouvriers qui seront altérés par larrivée massive douvriers forcement incompétents et sans conscience corporative et syndicale. Les apprentis étaient des sarrasins en puissance.
La « crise de lapprentissage » nétait donc pas un mythe, mais sa vigueur variait probablement selon la taille de lentreprise, sa branche et sa situation géographique. Elle est de nature différente si lon considère un atelier familial où lapprenti fait office dhomme à tout faire ou une « usine à livres » où il est attaché à une tâche précise et répétitive. Le sort divers de lapprenti, qui reste peu enviable, rend de fait complexe la recherche dune solution globale.
3 - Les écoles dateliers
Lévolution technique et économique de limprimerie poussa le patronat à recourir à deux types de main duvre : des ouvriers spécialisés qui nexigent quune formation rudimentaire et sont peu payés et des ouvriers qualifiés capables de suivre les évolutions techniques et dencadrer les premiers. Les ouvriers spécialisés sont faciles à trouver et à remplacer, pas les ouvriers qualifiés. Le problème de la qualification de la main duvre sest trouvé renforcé par la mobilité traditionnelle des ouvriers du Livre, elle-même accrue par la différence de salaire entre Paris et la province. Cette différence attirait vers la capitale des ouvriers accusés dêtre moins qualifiés mais qui réclamaient des salaires équivalents à ceux de leurs confrères parisiens. Ce phénomène qui touchait également les autres secteurs se généralisa sous le Second Empire.
Dans ces conditions, le patronat ne pouvait quêtre préoccupé lui aussi par la crise de lapprentissage. En témoigne une résolution de la Chambre patronale des imprimeurs de Paris en 1839 où ses membres décidèrent de ne plus employer que des ouvriers ayant accompli leurs quatre années dapprentissage. Ils accusaient les maîtres imprimeurs de province de bâcler lapprentissage de leurs ouvriers qui se précipitaient ensuite vers Paris. Outre un discours sur la difficulté de trouver de bons ouvriers, les patrons prirent parfois des initiatives en réponse à ce problème, se plaçant dans un courant paternaliste courant à lépoque.
Ce mouvement était issu dun courant philanthropique de la fin du xviiie siècle animé par des notables. Le patronat de la révolution industrielle commença à agir en tant que tel dans la seconde moitié du xixe siècle, en réponse aux premières lois sur le travail des enfants qui étaient en réalité peu contraignantes mais qui symbolisaient une préoccupation nouvelle sur le sort des enfants ouvriers. Cest ainsi quapparurent les premières écoles de fabriques ou de manufactures. Elles étaient censées dispenser une instruction élémentaire aux enfants travaillant dans lentreprise, permettant de surcroît dattacher des familles à lentreprise. Les écoles dentreprises textiles étaient les plus nombreuses, soutenues par un patronat alsacien et mulhousien particulière actif. À leur sujet, on dispose de trois enquêtes menées entre 1841 et 1878. En ce qui concerne les industries du Livre, les papetiers semblent avoir été les premiers à avoir mis en place de telles structures. Les imprimeurs apparaissent dans les années 1860. Daprès ces enquêtes administratives, ont organisé des écoles les imprimeries suivantes : imprimerie Firmin-Didot (Mesnil-sur-Estrée, Eure); imprimerie Mame (Tours XE "Tours" ); imprimerie Dupré XE "Imprimerie Dupré" (Poitiers XE "Poitiers" ); imprimerie Oberthur XE "Imprimerie Oberthur" et fils (Rennes XE "Rennes" ); imprimerie Gras XE "Imprimerie Gras" (Montpellier XE "Montpellier" ); imprimerie Chaix (Paris); imprimerie Paul-Dupont (Paris); imprimerie Godchaux XE "Imprimerie Godchaux et Cie" et Cie (Paris); imprimerie Claye XE "Imprimerie Claye" (Paris); imprimerie Lahure (Paris).
Lécole Chaix, ainsi quon lappelle couramment dans la profession, est la mieux connue. Elle fut créée en 1863 par Alban Chaix XE "Chaix, Alban" ; il compléta lenseignement professionnel par des cours denseignement général en 1866. Les apprentis devaient suivre ces cours pendant la journée de travail, ce qui était peu courant. Ils étaient répartis en deux groupes : le premier groupe regroupait les apprentis compositeurs, graveurs et lithographes; le second regroupait les futurs conducteurs de machine, margeurs et receveurs. Le premier était plus élitiste que le second : la durée de lapprentissage était plus longue (quatre années contre trois); la part de lenseignement général était plus importante (deux heures par jour contre une); son recrutement social était légèrement supérieur au second. Ce traitement inégal de ces deux groupes dapprentis correspondait à la hiérarchie socioprofessionnelle interne aux métiers du Livre, en terme de niveau de qualification, de salaire et donc de prestige social. Cette école formait 20 apprentis en 1871-1872. En 1903, elle en accueillait 130. Lécole Chaix fut une indéniable réussite, reconnue tant par les maîtres imprimeurs que par les ouvriers du Livre et ce pendant toute notre période.
Mais cette réussite ne transforma pas ces écoles en modèle. Pourtant elles permettaient une organisation relativement rationnelle de lapprentissage tout en donnant à lapprenti la possibilité de travailler au sein dun atelier au contact avec les ouvriers et les protes. La faiblesse, de taille, de ces structures était dêtre patronale. Pour les ouvriers, qui leur reconnaissaient parfois une réelle utilité professionnelle, ce caractère était particulièrement intolérable. De plus, ces écoles ne profitaient en théorie quaux seuls patrons qui les organisaient, puisquelles leur permettaient dobtenir et de sattacher une main duvre qualifiée.
Or, après la guerre de 1870, cétait toute la nation qui souffrait de labsence de cette main duvre et donc cétait à lÉtat dagir.
III - La genèse de lenseignement technique
Les initiatives paternalistes des maîtres imprimeurs font partie intégrante de lhistoire de lenseignement technique dans le sens où jusquen 1880, lÉtat était absent de lorganisation de la formation professionnelle des ouvriers qualifiés : la politique sociale des pouvoirs publics reposait sur les initiatives privées et locales. Plus grave fut sa volonté de ne pas intervenir dans lorganisation du travail des enfants. Le début de la IIIe République souvrit sur une crise morale : comment redonner au pays son prestige international sil ne forme pas correctement ses citoyens ? Par ailleurs, la IIIe République, répondant aux préoccupations de la population, mena une véritable politique sociale, ce qui remettait en cause à terme le rôle des notables en la matière.
1 - Former les « officiers de larmée industrielle »
Cette métaphore militaire désignait ce quon appellerait aujourdhui les cadres et apparut dans les années 1840. Elle était le symbole de deux politiques : offrir aux classes moyennes un enseignement intermédiaire entre le primaire et le secondaire, sans risque de déclassement et sans créer de lien entre elles et les couches plus populaires; offrir aux industriels un personnel dencadrement de qualité.
Des écoles à vocation professionnelle existaient depuis longtemps : lÉcole des ponts et chaussées (1747); lÉcole des mines (1783); lÉcole polytechnique (1794); lÉcole centrale des arts et manufactures (1829). Mais, par glissement et en raison du petit nombre de personnes formées par eux, ces établissements étaient devenus de facto au xixe siècle des centres de formation supérieure. Or les entreprises manquaient de plus en plus de cadres moyens. Les écoles darts et métiers (la première fut créée en 1788) devaient y pourvoir, mais leur nombre savéra insuffisant.
La loi Guizot du 28 juin 1833 est surtout connue pour avoir posé les bases de lenseignement primaire : chaque commune devait entretenir une école de garçons et chaque département devait avoir une école normale dinstituteurs. Mais cette loi fondait également les écoles primaires supérieures (E.P.S.), établissements intermédiaires entre lenseignement primaire et secondaire, dont devaient se charger les communes de plus de 6000 habitants. Cest dans ce cadre que furent créées les E.P.S. Turgot (1839) et Chaptal (1844).
Des cours spéciaux avaient été créés en 1829. Ces cours étaient axés sur les sciences appliquées à lindustrie, ce qui les distinguaient fortement des études classiques des collèges. Cette initiative fut reprise et transformée par le ministre Salvandy en 1847. En 1863, Victor Duruy réforma ces cours : baptisés « enseignement secondaire spécial », ils comportaient un enseignement à part entière et parallèle à lenseignement secondaire classique. Le succès des E.P.S. et de lenseignement secondaire spécial correspondait, comme cétait le vu de leurs fondateurs, à une demande croissante des classes moyennes, désirant une ascension sociale pour leurs fils sans les engager dans des études classiques longues et sans contenu professionnel exploitable immédiatement.
Néanmoins, ces établissements ne réglaient pas le fond du problème. Si les E.P.S. et les autres écoles à finalité professionnelle fournissaient ces « officiers », ces cadres que réclamait lindustrie, le développement de lindustrialisation avait déplacé la demande du patronat, qui avait de plus de plus besoin dune main duvre qualifiée. Le cas de limprimerie que nous avons développé précédemment est parfaitement représentatif de ce phénomène. Cest dans ce contexte que la « crise de lapprentissage » mobilisa quelques notables et industriels. Mais la situation générale des enfants ouvriers souffrait en particulier de labsence de cadre législatif efficace. Le désir de non-intervention des pouvoirs publics dans le marché du travail commençait à avoir des conséquences importantes sur la formation des ouvriers, et donc sur léconomie française.
2 - 1841-1892 : Le travail des enfants
La création dun troisième degré dans lenseignement professionnel destiné aux ouvriers qualifiés fut particulièrement difficile et longue. Les débats mêlaient deux préoccupations : organiser un enseignement populaire sans fragiliser lordre social; déterminer qui devait se charger de cet enseignement et donc en quel lieu (lécole ou lentreprise ?). La première question était déjà présente dans les débats qui aboutirent à la création des E.P.S. et de lenseignement secondaire spécial : le thème du déclassé, des « diplômés aigris et sans avenir, recrues potentielles des mouvements révolutionnaires », est omniprésent dans les débats sur la formation des ouvriers.
Il faut noter que les militants syndicalistes et socialistes avaient eux aussi une position ambiguë. Ils mettaient en avant la nécessaire formation politique des ouvriers. Elle devait à la fois passer par lexpérience réfléchie de la vie en usine ou en atelier et par une instruction élémentaire nourrie ou complétée par des lectures proposées par les bibliothèques ouvrières. Les ouvriers du Livre auraient partagé en partie ce point de vue. En tant quouvriers de métier, la détention et la transmission du savoir professionnel étaient un des fondements de la solidarité professionnelle. De fait, devenir ouvrier ne peut se faire quà latelier où on acquiert une maîtrise technique et adhère aux codes, représentations et pratiques professionnelles. Mais, pour les ouvriers du Livre, cela ne suffit pas : louvrier doit aussi sinstruire tout au long de sa vie professionnelle doù limportance de la lecture de livres, de brochures et de la presse professionnelle. Cependant, le seul lieu légitime pour former des ouvriers reste latelier. Or, la crise de lapprentissage nen finit pas de sétendre, touchant tous les secteurs, quel que soit leur niveau de mécanisation.
La déficience de la formation en atelier ou en usine ne fut pas abordée de front par les pouvoirs publics. On choisit dabord, et sans réelle conviction, de sattaquer à une réglementation du travail des enfants. La loi du 22 mars 1841 tranchait momentanément le débat sur ce sujet : les uns (notamment dans les milieux catholiques) dénonçaient le rôle corrupteur physique et moral de lusine sur lenfant; les autres le rôle positif et moralisateur du travail précoce. La loi de 1841, dinspiration philanthropique, interdisait lembauche denfants de moins de 8 ans et exigeait que lenfant fréquentât une école de 8 à 12 ans. Cette loi avait deux faiblesses. Dune part, il nexistait aucun réel pouvoir de contrôle et de sanction. Dautre part, il était physiquement impossible à lenfant ou à lapprenti de suivre des cours après au moins huit heures de travail. Il faut attendre la loi du 19 mai 1874 pour que lon sattache à réguler au mieux le temps de travail et le temps scolaire. Il était interdit demployer un enfant de moins de douze ans sans certificat de linstituteur garantissant quil avait suivi une instruction élémentaire; en labsence de ce certificat, lemployeur devait faire en sorte que lenfant fréquente une école jusquà lâge de 15 ans. La durée journalière du travail, fixée par la loi, devait en théorie le permettre. Mais la loi de 1874 ne put sappliquer de manière satisfaisante quà partir du vote des lois Ferry du 16 juin 1881 et du 28 mars 1882. Une troisième loi sur le travail des enfants fut votée le 2 novembre 1892 : on ne pouvait embaucher un enfant de moins de 13 ans, ou 12 ans sil navait pas son certificat détudes primaires.
Lapprentissage fait pleinement partie des débats sur le travail des enfants, mais il ne se confond pas avec celui-ci. Dès 1841, le législateur liait le travail des enfants à lexistence dune instruction élémentaire préalable. Jusquau vote des lois Ferry on peut considérer que ce fut un vu pieux. Mais aucune de ses lois ne se préoccupait véritablement de la formation professionnelle sur le lieu de travail. Jusquen 1880, elle resta de lordre du privé : le sort de lenfant dépendait du bon vouloir du patron et du chef de famille.
3 - 1851-1880 : De la réglementation de lapprentissage à lenseignement technique
Il ne restait rien des règlements sur lapprentissage élaborés sous lAncien Régime. La loi du 22 Germinal an XI (12 avril 1803) ne consacra que quelques articles à lapprentissage : lemployeur devait se comporter en bon père de famille et le contrat nétait pas obligatoire.
Lapparition de la « crise de lapprentissage » en tant que sujet politique apparut dans les années 1840 parallèlement aux débats sur le travail des enfants. La première loi consacrée uniquement à lapprentissage date du 22 février 1851. Elle fut loin de répondre aux problèmes du temps. Pierre Pierrard la présente comme « archaïque, paternaliste, non adaptée aux besoins et aux contraintes de lindustrie moderne ». Le contrat peut être oral ou écrit; le patron doit se comporter en bon père de famille; aucun contrôle nest prévu.
Cette loi fut un échec patent. Les acteurs politiques et sociaux dénoncent alors lirresponsabilité du patronat, tant dun point de vue moral quau nom de lefficacité économique. Mais ils placent également les parents sur le banc des accusés, qui ne se soucient que du salaire de lenfant et sont les principaux responsables des apprentissages bâclés et interrompus.
La loi de 1851 est néanmoins révélatrice des idées des contemporains pour qui il ny a dapprentissage que « sur le tas ». Même en ce qui concerne les E.P.S. et lenseignement secondaire spécial, la finalité professionnelle nétait appréhendée que de manière générale : la formation professionnelle pratique de lindividu ne pouvait se faire quau sein de lentreprise.
Lorganisation empirique de lapprentissage savérant inefficace, des structures apparurent, nées dinitiatives diverses. Les premières étaient dinspiration « charitable » et en particulier religieuse. Certaines dentre elles formaient aux métiers du Livre. Lécole des sourds et muets fut fondée en 1760 par labbé de lEpée. Prise en charge par la Convention en 1791, lécole forma des imprimeurs typographes à partir de 1792 et des ouvriers lithographes à partir de 1896. Il y eut également lInstitut Saint-Nicolas, fondé en 1827 par les frères des écoles chrétiennes, particulièrement actifs en matière de formation professionnelle, et lécole des orphelins-apprentis de Notre-Dame dAuteuil, fondée en 1868. Ces institutions étaient peu appréciées par les patrons et ouvriers du Livre, car elles étaient accusées de faire travailler leurs apprentis pour une clientèle extérieure, donc de concurrencer lindustrie. La première école financée et organisée par les pouvoirs publics formant à ces métiers fut lécole dAlembert XE "École dAlembert" à Montévrain. Elle était à lorigine une colonie pénitentiaire et agricole née en 1856. Linstitution fut rachetée par le département de la Seine en 1882 et dépendit de lAssistance publique XE "Assistance publique" de la Seine qui y envoyait les pupilles du département.
Les cours et écoles professionnelles sont apparus dans les années 1830, mais ils sadressaient souvent indifféremment aux adultes et aux enfants. Bon nombre de ces cours étaient des cours de dessin, savoir dessiner étant la base de nombreux métiers au xixe siècle. Le principal reproche adressé à ces cours étaient dêtre trop généraux et théoriques. Certains cours et écoles professionnelles avaient été créés et/ou financés tout ou partie par les communes. Lécole qui marqua en particulier les contemporains fut lécole professionnelle du Havre XE "Le Havre" fondée en 1867 par la ville. Elle fit forte impression sur Octave Gréard XE "Gréard, Octave (1828-1904)" , inspecteur chargé de lInstruction primaire à Paris de 1866 à 1870, puis directeur de lenseignement primaire dans la Seine de 1870 à 1872 et de 1873 à 1879.
Léchec de la loi de 1851 encouragea sans doute ces nombreuses initiatives particulières qui naissaient de leffondrement de lapprentissage traditionnel et démontraient par leur succès lexistence dune demande sociale en matière denseignement professionnel initial ou complémentaire. Une commission de lenseignement professionnel fut créée par lÉtat en 1863, chargée détudier la situation de cet enseignement en France. Ses conclusions, que lon retrouve dans un projet de loi de 1867, ne sont pas novatrices. LÉtat reconnaît et légitime la diversité de lorganisation de cet enseignement. Il doit encourager toutes les initiatives privées et locales, notamment par une politique de subventions. Cette approche « conservatrice » sexplique par deux présupposés largement admis à lépoque : seuls les élus locaux et les professionnels savent ce quil convient de créer comme structures de formation; les deniers publics doivent être dépensés raisonnablement. Cependant, lattribution de subventions obligeait lÉtat à contrôler lusage qui en serait fait, donc à avoir un droit de regard sur ces cours et écoles.
La IIIe République continua les réflexions engagées par le régime précédent et hérita de ces réticences à engager une action directe de lÉtat. Pourtant, la politique de la fin du xixe siècle fut une intervention accrue des pouvoirs publics. La politique des subventions fut confirmée, mais ce fut surtout par le vote de la loi du 11 décembre 1880 sur les écoles manuelles dapprentissage que lengagement direct de lEtat devint sensible. Désormais, les écoles à vocation professionnelles étaient soumises à une loi. La loi de 1880 est considérée aujourdhui comme lacte de naissance de lenseignement technique en France. Mais elle était imparfaite car elle ne tranchait pas entre deux approches de ce sujet : la première défendue par le ministère du Commerce et de lindustrie voulait quon laissât au privé la plus grande marge de manuvre possible; la seconde défendue par le ministère de lInstruction publique consistait à rappeler quon ne devait pas se contenter de former des ouvriers mais aussi des citoyens doù limportance de lenseignement général dans la formation.
Cette longue gestation de lenseignement technique en tant que champ reconnu de lenseignement sexplique dabord par la volonté de lÉtat de ne pas intervenir sur le marché du travail, qui appartient à la seule sphère industrielle. Lapprentissage en crise pâtit de cette attitude. Cependant, cet absence de lEtat en tant quacteur na pas empêché, et a peut-être encouragé, le foisonnement des initiatives privées et locales. Cette diversité structurelle handicapa pendant longtemps une mise en forme dune politique nationale de lenseignement professionnel.
Cet engagement contraint de lEtat fut diversement accueilli. Notables, religieux, élus locaux, groupements professionnels furent autant de groupes de pression pour obtenir et les subventions et la liberté daction.
Létude de lattitude des professionnels du Livre vis-à-vis de la « crise de lapprentissage » permet de montrer concrètement la source des particularismes professionnels des institutions de formation qui se créèrent par la suite. Elle permet également de comprendre les réticences des pouvoirs publics à intervenir dans un domaine où ils étaient presque sûrs dêtre mal accueillis. Pour les industries du Livre, comme pour dautres branches et secteurs, la formation professionnelle était une question interne au métier.
Les années 1880 furent une période de changements pour les industries du Livre. La loi du 29 juillet 1881 entérinait la libéralisation du marché de limprimé qui existait de facto depuis 1870, et ce dans un contexte économique un peu difficile. La loi Waldeck-Rousseau du 21 mars 1884 reconnaissant la liberté dassociation professionnelle fit (ré)apparaître au grand jour les luttes sociales et une culture de solidarité professionnelle relativement vigoureuse. La loi du 11 décembre 1880 légitimait une action de lÉtat dans lorganisation de la formation professionnelle. Or, lapprentissage était pratiquement depuis le début de limprimerie une pomme de discorde au sein de la profession. Si lon tient compte de la méfiance viscérale des ouvriers et patrons du Livre vis-à-vis de lÉtat et de ses agents, le règlement de la crise de lapprentissage gagnait en complexité.
B - Lapprentissage dans les métiers du Livre après 1880
Ces années 1880-1890 sont dabord laboutissement de presque un siècle de changements techniques et économiques. Les innovations furent vécues différemment suivant les branches. Lindustrie typographique se porte relativement bien jusquà larrivée des procédés de composition mécanique; lindustrie lithographique entame un déclin durable avec le développement des procédés photomécaniques; la gravure sur bois et sur métal voyant leur marché se rétrécir se limitent à lédition bibliophilique; la reliure-brochure se scinde de plus en plus entre une production industrielle de masse et un artisanat de luxe et demi-luxe. Ces années furent donc une période de crise structurelle, économique et sociale.
Lapprentissage, sujet essentiel de luttes et de débats corporatifs, devenait dans ce contexte une question à régler rapidement. Patronat et ouvriers se trouvant organisés en syndicats et groupements professionnels, elle devenait officiellement matière à négociations.
I - Les maîtres imprimeurs
Lambivalence des positions patronales sur les causes de la crise de lapprentissage et donc sur les remèdes à y apporter tenait à lattachement à une culture corporative forte et aussi à un libéralisme économique sans entrave. Entre la morale et les intérêts économiques immédiats, lorganisation de lapprentissage était loin dêtre simple, dautant que le patronat des industries du Livre était loin dêtre homogène.
1 - Lorganisation syndicale du patronat
La loi Le Chapelier du 14 juin 1791 interdisait toute association professionnelle de salariés ou demployeurs. La disparition de la communauté des libraires imprimeurs de Paris ne fut pas compensée par le régime de la librairie institué en 1811. Certes, laccès au métier était limité mais le patronat pouvait difficilement défendre ses intérêts corporatifs auprès des autorités. Ainsi, il navait pu obtenir du législateur que lobtention du brevet soit conditionnée à une capacité technique, en dépit de ses pressions.
En 1839, lagitation ouvrière poussa les maîtres imprimeurs parisiens à fonder leur propre organisation professionnelle, en dépit de la loi. Le risque nétait évidemment pas bien grand, mais lenjeu était de taille. Ne comptant pas, à juste titre, sur le pouvoir pour résoudre cette crise, les maîtres imprimeurs préféraient négocier plutôt que de voir leurs affaires souffrir de cette crise. En 1843, la Chambre syndicale des maîtres imprimeurs de Paris signa ainsi le premier tarif de lhistoire de limprimerie. Sa représentativité était limitée : elle accueillait 50 membres sur les 80 imprimeurs brevetés de Paris. Organisme illégal en droit, elle fut cependant reconnue officieusement par le gouvernement et habilitée à délivrer des certificats de capacité pour le brevet. Les imprimeurs lithographes fondèrent leur propre chambre syndicale en 1844. En 1847, fut fondé le Cercle de la Librairie, groupement amical des libraires et imprimeurs de livres.
Ces associations et groupements amicaux se transformèrent en véritables syndicats professionnels à la suite de la loi Waldeck-Rousseau en 1884. La Chambre des imprimeurs typographes de Paris souvrit alors à tous les maîtres imprimeurs. Dautres syndicats patronaux apparurent comme le Syndicat patronal de la reliure-brochure en 1889. Mais la solidarité patronale était pourtant loin de devenir effective : « Lunion patronale est difficile à mettre en uvre, en ce quil y a autant de méthodes de production que de processus techniques, et autant dindustries que des catégories de produits, chacun ayant des intérêts différents. » Le principal fossé que devait combler le patronat était celui qui séparait Paris et la province. Ce fut à linitiative des provinciaux que fut organisé le premiers congrès national des imprimeurs de France en 1894 à Lyon XE "Lyon" . Lobjectif premier était dadopter une stratégie nationale face aux revendications ouvrières. En 1895, naquit lUnion syndicale des maîtres imprimeurs de France, mais son importance et sa représentativité furent limitées par la faiblesse numérique de ses membres et par lindividualisme des maîtres imprimeurs dans lapproche des conflits sociaux.
La faiblesse de la solidarité professionnelle due à ses divisions internes (Paris / province; ateliers / « usines à livres ») rendit le règlement de la question de lapprentissage particulièrement difficile à traiter. Si tous les maîtres imprimeurs saccordent dans leur discours sur quelques déclarations de principe, les effets pratiques furent limités.
2 - Le discours patronal sur lapprentissage
La presse patronale aborda largement ce sujet, mais il faut préciser que cette presse était largement dominée par le point de vue parisien dune part et par les grands patrons dimprimerie typographique et lithographique dautre part.
Les rédacteurs combattirent dabord les tentatives de réglementation de lÉtat sur le travail des enfants. Or, paradoxalement, la loi de 1874 qui interdisait lembauche denfants de moins de 12 ans, leur était intolérable, alors quils admettaient quon ne pouvait embaucher des enfants non munis de leur certificat détudes primaires. Ainsi, ils applaudirent le vote des lois Ferry de 1881-1882 sur linstruction élémentaire.
La préparation de la loi de 1880 sur les écoles manuelles professionnelles puis son vote furent suivis avec un grand intérêt. Cela sexplique par le caractère libéral de la loi. En effet, les maîtres imprimeurs considèrent que cette loi leur offre un cadre réglementaire mais surtout des possibilité de dobtenir des subventions. Elle fut approuvée car elle était incitative.
Pour quelques maîtres imprimeurs, en général propriétaires dentreprise importante, il nest plus question de défendre lapprentissage traditionnel, dont on estime quil nest plus capable de former des ouvriers qualifiés. Cette entorse à la culture corporative sexplique par linfluence de modèles de formation étrangers. Les patrons des industries du Livre, comme dautres industriels sans doute, ont été frappés par lessor économique et technique de certaines nations européennes. Les expositions universelles depuis 1851 furent autant doccasions pour mesurer cette évolution. Comme pour le reste de la nation et de ses élites, la guerre de 1870 a confirmé la supériorité de la Prusse. Les débuts de la IIIe République sillustrèrent par des références de plus en plus nombreuses à la supériorité de la formation des ouvriers à létranger et donc à lorganisation de lapprentissage. Les maîtres imprimeurs sintéressèrent dabord et surtout à lorganisation allemande de la formation professionnelle. : « Tandis que les Allemands se préparent à Berlin et à Vienne de bons ouvriers dans des écoles spéciales soutenues et patronnées, léducation de nos apprentis est livrée comme par le passé au hasard. »; « [...] lAutriche et lAllemagne ont fondé des écoles professionnelles qui ne donnent peut-être pas encore tous les résultats désirables, mais qui ont apportés dheureuses modifications dans la situation générale. » Ce qui fascinait les maîtres imprimeurs dans ces « écoles » cétait leur caractère corporatif pur, pourrait-on dire : ces écoles étaient en fait des cours du soir ou cours en alternance avec le travail en atelier organisés uniquement par les groupements professionnels. Ces références aux expériences étrangères furent constantes jusquen 1914 et sétendirent à dautres pays : la Belgique avec lécole typographique de Bruxelles XE "École typographique de Bruxelles" XE "Bruxelles" ; lAngleterre avec la Saint Bride Foundation XE "Saint Bride Foundation" à Londres XE "Londres" ; lItalie avec les écoles de Turin XE "Turin" et de Milan XE "Milan" . Dans la presse professionnelle, sinstalle un discours qui fait de l « école » le symbole de la modernité. Or, toutes ces « écoles » émanaient dorganisations syndicales patronales qui étaient suffisamment fortes pour créer et surtout financer leur propre structure de formation. Ce regard insistant voir envieux sur ces pays voisins explique en grande partie le bon accueil fait à la loi de 1880, dont les effets ne pourraient être que positifs pour lindustrie française à condition « de voir [...] les imprimeurs savoir sunir pour profiter des avantages que leur présente cette excellente loi. ».
Cet intérêt ne porta cependant pas ombrage aux expériences françaises, notamment à lexistence des écoles dateliers. En premier lieu, la presse patronale relatait largement les distributions des prix organisées par lécole Chaix XE "École Chaix" . Sur la supériorité de sa maison en la matière, Alban Chaix XE "Chaix, Alban" déclara lors de cette cérémonie en 1883 que son école « est, dans lindustrie, ce quest lécole de Saint-Cyr, au point de vue militaire. » Lécole Chaix est devenue aux yeux de la presse « une école modèle dapprentis ». Les années 1880-1890 vit la multiplication de ces écoles. Ainsi, la maison Berger-Levrault créa sa propre école dapprentis à Nancy XE "Nancy" . Mais aux yeux de certains maîtres imprimeurs, ces écoles dateliers ne pouvaient régler à elles seules la crise de lapprentissage : « [...] sous couvert de philanthropie, elles permettent à ceux qui les organisent dexploiter légalement, mais grossièrement, des enfants qui napprennent quà exécuter des travaux ordinaires réalisés dans lentreprise, et, de ce fait, ne connaissent rien des principes et des règles de la technique industrielle. » Néanmoins la réussite de lécole Chaix fait que ces écoles ne sont pas totalement condamnées, comme le montre de discours de Gabriel Jousset XE "Jousset, Gabriel (1829-1896)" , président de la Chambre syndicale des maîtres imprimeurs de Paris : elles permettent parfois de former des ouvriers complets qui peuvent « comprendre la tâche du patron, sy associer, y apporter leur concours, et recueillir ainsi les fruits proportionnels à leffort. » Il poursuit : « Nous espérons que cette nécessité dun enseignement professionnel normal sera comprise par tous les patrons et que de leur entente naîtra prochainement la création décoles pareilles à celles quil nous est donné dadmirer aujourdhui. »
Laffabilité du discours de G. Jousset XE "Jousset, Gabriel (1829-1896)" est cependant un peu trompeuse, puisquil fut le principal défenseur dun projet décole patronale syndicale, plus ou moins calqué sur le modèle allemand : lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" .
3 - Lassociation Gutenberg
En 1881, Charles Noblet XE "Noblet, Charles" , président de la Chambre des maître imprimeurs de Paris, dans un rapport sur lactivité de la Chambre en 1880, estimait que le modèle de lécole Chaix XE "École Chaix" était en fait imparfait : « [...] ces écoles, fondées du reste en vue du recrutement de leurs seuls ateliers, sont impuissantes à guérir le mal. Cest à des institutions dun caractère plus général quil faut demander le remède. »
G. Jousset XE "Jousset, Gabriel (1829-1896)" , successeur de Charles Noblet XE "Noblet, Charles" en 1881, présenta à la Chambre un projet d« école typographique » dun type nouveau en 1881. La Chambre patronale nayant pas les moyens financiers de fonder cette école, G. Jousset proposa de créer une association rassemblant des donateurs qui, en échange de leur contribution financière, obtiendraient le droit exclusif dembaucher les élèves formés par cette école. Si la nécessité de créer une telle école est partagée par beaucoup, lorganisation proposée est fortement critiquée. En 1883, G. Jousset lança avec lassentiment de la Chambre syndicale une souscription et en 1884 obtint du ministère du Commerce et de lindustrie la promesse dune subvention de 3000 francs. Finalement lassociation est fondée le 23 octobre 1885 sous le nom d « association des écoles Gutenberg », car on espérait créer un réseau décoles en France calquées sur le modèle parisien. Lécole Gutenberg installée au 41, rue Denfert-Rochereau à Paris ouvrit ses portes en 1886. Elle devait accueillir tous les apprentis envoyés par les maîtres imprimeurs.
Dans les autres branches de lindustrie du Livre, si les difficultés sont similaires, les solutions diffèrent de celle adoptée par les maîtres imprimeurs.
II - Relieurs et lithographes
Lhétérogénéité de lindustrie du Livre se retrouve également dans les autres approches pour organiser au mieux lapprentissage. Nous avons choisi de mettre en avant les initiatives prises par les patrons relieurs et brocheurs et les maîtres imprimeurs lithographes, car ils furent les seuls à propos desquels nous avons trouvé des éléments sur cette question. Ils adoptèrent des solutions différentes lune de lautre et également distinctes de celle des maîtres imprimeurs typographes.
1 - Les relieurs
Lindustrie de la reliure-brochure sest profondément transformée depuis le milieu du xixe siècle. : lavènement de la reliure industrielle a transformé les qualifications bien que certaines phases de la production naient pu être mécanisées. Cette industrie se caractérise également par limportance des femmes dans la main duvre. En outre, les apprentis constituaient 10 % des employés dans la reliure-brochure en 1860; chez les doreurs ils étaient 30 %.
A partir des années 1880, la profession estimait que la qualité de la formation professionnelle des ouvriers était en baisse. Du côté du patronat, largumentation nétait guère originale : lapprentissage était menacé par la division du travail et le machinisme, mais la reliure artisanale (encore importante économiquement) avait toujours besoin dune main duvre qualifiée. Le besoin dun apprentissage de qualité et accompli avec sérieux fut inscrit dans les statuts définitifs du syndicat patronal de la reliure-brochure en 1891. Mais loriginalité de cette branche est davoir su organiser lapprentissage avant même la constitution définitive du syndicat. À la demande de certains patrons, lAssociation philotechnique organisa des cours pour apprentis à partir de 1887. LAssociation philotechnique était née en 1848 dune scission avec lAssociation polytechnique, créée en 1830. Elle dispensait essentiellement des cours du soir à finalité professionnelle pour les adultes. Cest Jean Engel XE "Engel, Jean (1811-1892)" , considéré comme le « père de la reliure industrielle », alors à la retraite, qui se chargea de ces cours. À sa mort en 1892, Jules Lemale XE "Lemale, Jules (1853-1933)" prit sa succession. En fait, ces cours étaient devenus les cours du syndicat patronal, et se tenaient au 17, rue Coëtlogon, siège du syndicat.
Les relieurs ont donc fait un choix relativement précoce. Le caractère exceptionnel de ces cours vient du fait que le syndicat patronal les a maintenus pendant toute la période que nous avons étudiée. De même, il semble ny avoir eu aucun débat interne sur les modes dapprentissage : dès ces années, les relieurs ont clairement opté pour un apprentissage en alternance alliant cours et travail en atelier, et sy sont tenus.
2 - Les lithographes
Lattitude des maîtres imprimeurs lithographes contraste avec celle des relieurs-brocheurs. Elle fut peu active et peu novatrice alors que lindustrie lithographique commençait à décliner. Ils sintéressèrent tardivement à la formation professionnelle. Or, lindustrie lithographique était une des branches où il y avait le plus dapprentis.
Le projet de constitution de lassociation Gutenberg XE "Association Gutenberg" na ainsi pas provoqué denthousiasme particulier de leur part, comme le montre le compte rendu de la séance du 13 juin 1883 de la Chambre patronale des lithographes de Paris : « M. Champenois rend compte dune entrevue quil a eue avec M. Lahure, secrétaire de la Chambre des imprimeurs typographes, au sujet de la création dune école professionnelle dapprentis. M. Champenois XE "Champenois, Ferdinand" dit que jusquà ce moment rien na été conclu; il continuera à suivre ce que feront les imprimeurs typographes. » Deux ans plus tard, les négociations entre les deux chambres navaient toujours pas abouti.
La seule structure de formation existante pour les métiers de la lithographie était lécole professionnelle de la Chambre syndicale du papier et des industries qui le transforme, appelée couramment école de la rue de Lancry. Fondée en 1868, elle se contentait pour la lithographie dorganiser des concours annuels dapprentis en écriture et en dessin lithographique depuis 1876, concours fort prisés dans lindustrie.
Tandis que la chambre patronale choisissait lattentisme, un ouvrier chromolithographe, Gustave Sanier XE "Sanier, Gustave (1827-1890)" , tentait de créer une école pour apprentis dessinateurs lithographes depuis 1881. Dans une brochure quil fit publier en 1888, G. Sanier expliquait que son ambition première était de redonner à la lithographie le lustre que lui avait fait perdre la concurrence étrangère et en particulier allemande. Il multiplia les démarches auprès dhommes politiques et finit par obtenir le soutien dun député, Antonin Proust. Grâce à celui-ci, le conseil municipal de Paris lui accorda une subvention de 6500 francs et lui prêta un local, place Gerson. Lécole des dessinateurs lithographes ouvrit ses portes en 1886 et accueillit une quinzaine délèves. Lidée de former des dessinateurs plutôt que des écrivains ou imprimeurs lithographes était révélatrice de la crise de la profession, qui essayait de retrouver en prestige ce quelle avait perdu en chiffre daffaire, comme lexplique Corinne Bouquin-Chupeau : « [...] le principal reproche fait à la lithographie à cette époque est dêtre une activité industrielle plus quartistique. » G. Sanier avait bien sûr recherché un appui auprès de la chambre patronale, mais en 1884 cet appui fut uniquement moral : « Le Conseil, tout en sintéressant vivement à la communication du projet, na pu sengager à prêter un concours effectif à létablissement dune école qui ne pourrait sétendre à toute les branches de la lithographie. Cette proposition na donc pu être agrée par le conseil de notre chambre. »
Après léchec des négociations avec lassociation Gutenberg XE "Association Gutenberg" , la Chambre tenta de créer une école professionnelle mais dans un état desprit qui rendait la réalisation bien improbable. Une initiative de Ferdinand Champenois XE "Champenois, Ferdinand" nous paraît très révélatrice du peu de sérieux avec lequel le projet fut mené : en 1884, il demanda à lAssistance publique XE "Assistance publique" sil était possible de recruter des élèves parmi les enfants assistés « et cela en raison de la difficulté que nous avons à attirer des enfants voulant apprendre le métier, sans quon soit obligé de les payer pendant leur apprentissage. » LAssistance publique refusa. En 1888, on en revint au modèle plus raisonnable mais plus coûteux de lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" mais sans véritable enthousiasme.
Pour la lithographie, le seul projet qui fut réalisé fut celui dun particulier, G. Sanier XE "Sanier, Gustave (1827-1890)" . La crise qui frappait cette industrie explique en partie les hésitations de la chambre patronale à sengager dans des projets coûteux. Mais, ce qui est intéressant, cest labsence totale de réflexion sur lorganisation de lapprentissage. Il sagit dun discours à courte vue, où selon les années on a besoin de tel ou tel type douvrier qualifié. De fait, aucune réflexion sur lapprentissage en alternance ou dans le cadre de cours ne fut menée, contrairement aux relieurs-brocheurs et aux maîtres imprimeurs typographes.
Cependant, lidée dun apprentissage effectué dans une cadre scolaire nallait pas de soi. Pour limmense majorité des professionnels du Livre, patrons comme ouvriers, lapprentissage en atelier restait la norme. La crise de lapprentissage nétait due quà des patrons qui déshonoraient le métier par leur comportement irresponsable et à des parents indignes.
III - La Fédération française des travailleurs du Livre
Lattitude des ouvriers syndiqués vis-à-vis de lapprentissage eut dimportantes conséquences dans son organisation. On peut légitimement parler de conservatisme à propos des positions ouvrières, qui sexplique dailleurs aisément. La Fédération française des travailleurs du Livre (F.F.T.L.), fondée en 1881, reprit à son compte des revendications anciennes. Mais elle fut aussi un lieu de débat.
1 . La création de la Fédération française des travailleurs du Livre
Lhistoire du syndicalisme ouvrier dans le Livre est marquée par la conviction que les métiers du Livre ne sont pas des métiers « comme les autres ». Le savoir-faire technique, fait de dextérité manuelle, du sens du « bon goût » et dune bonne connaissance de la langue, singularise lhomme de métier, quil soit ouvrier ou patron.
La solidarité professionnelle nallait cependant pas de soi. Les particularismes au sein de la communauté ouvrière du Livre étaient relativement nombreux. La division du travail sest développée au xixe siècle au rythme des innovations technologiques, faisant disparaître des métiers et en apparaître de nouveaux, comme les pressiers remplacés par les conducteurs typographes. La concentration des industries du Livre à Paris aggrava également ces divisions, creusant davantage lécart de salaire entre Paris et la province. Enfin, lessor des journaux et revues sous le Second Empire créa deux mondes ouvriers relativement différents, ceux du Labeur et ceux de la Presse. Les conditions de travail, les niveaux de salaires, limportance de la mécanisation, la taille des ateliers ont entraîné et/ou confirmé les différences entre branches (typographie, lithographie, gravure, reliure-brochure et bientôt industrie photomécanique), et même au sein de ces mêmes branches.
Les typographes furent le fer de lance du mouvement syndical et de son organisation. Les compositeurs typographes étaient un des groupes professionnels les plus importants par leur nombre, leur qualification et leur salaire. Guy de Maupassant décrivit les « typos » en notant « la blouse de toile tachée dencre laissant voir un col de chemise bien blanc et un pantalon de drap pareil à celui des gens du monde ».
Ce fut sous la monarchie de Juillet quémergèrent les premières sociétés ouvrières, bien que sous lAncien Régime les compagnons démontraient déjà de grandes capacités dorganisation. Les années 1830 furent marquées par la crise économique, la naissance du « mouvement ouvrier » et lintroduction de la modernité technique avec de développement des presses mécaniques. Les ouvriers du Livre sorganisèrent dabord au sein de sociétés dentraide matérielle, de sociétés de secours mutuel, mais la loi leur interdisait de se regrouper par profession. Cependant, certaines de ces sociétés eurent un recrutement spécifiquement corporatif. Cette période de crise économique amena les ouvriers du Livre et en premier lieu les typographes à réclamer la fixation dun tarif. La répression gouvernementale fit disparaître les premières organisations syndicales mais cette revendication se maintint. Afin déviter une aggravation du conflit, les maîtres imprimeurs engagèrent des négociations avec la Société ouvrière constituée dans la clandestinité, ce qui se solda par la ratification du premier tarif de la typographie en 1843. Ce succès illustrait la préférence de la profession pour des négociations paritaires. Après les désillusions de 1848, le mouvement syndical reprit dans les années 1860 en se basant à la fois sur la vieille expérience mutualiste et sur la Société typographique. En 1868 fut créée la Chambre syndicale typographique parisienne.
La défense dune organisation syndicale forte sexplique chez les « typos » par leur souci de défendre le tarif, menacé par des patrons qui emploient des individus accusés de « sarrasinage » : les femmes, les « mauvais ouvriers », les apprentis. La défense du métier passe donc par lextension du tarif à tout le territoire et donc à lextension de lorganisation syndicale. Dans les années 1860-1870, les chambres syndicales se créèrent, bien quelles fussent illégales jusquen 1884. En 1881, les chambres syndicales typographiques se regroupèrent en une Fédération nationale, qui se transforma en 1885 en une fédération syndicale étendue à tous les ouvriers du Livre : la Fédération française des travailleurs du Livre. Mais le regroupement des différents métiers au sein de la F.F.T.L. fut longue. Elle resta longtemps dominée par les typographes, et notamment par sa 21e section, la Chambre syndicale typographique parisienne. Par ailleurs, les divisions internes, politiques et syndicales, liées ou non à des particularismes professionnels ou géographiques, continuaient dêtre le quotidien de la Fédération.
La F.F.T.L., tout en adhérant au syndicalisme ouvrier dans son ensemble, est dabord un syndicat corporatif défendant des ouvriers de métier. De fait, la qualification faisant louvrier du Livre et donc le militant syndical, la question de lapprentissage fut centrale dans la politique de la Fédération.
2 - Lapprentissage au cur de laction syndicale
Avec la question de lemploi des femmes dans limprimerie, lapprentissage fut une des grandes batailles de la Fédération. Comme pour une partie du patronat, la décennie 1880 a amené à des réflexions sur les nouveaux modes de formation (cours ou école). Cependant, la priorité syndicale était autre. Larticle 1 des statuts de la Fédération typographique en 1881 donnait pour objectif « le relèvement du niveau de lart typographique par une limitation du nombre des apprentis, cest-à-dire un apprenti au maximum pour dix ouvriers, par le relèvement de la limite dâge à 12 ans et par la surveillance de léducation professionnelle. »
Lâge dadmission de lapprenti et son niveau scolaire (le certificat détudes primaires) furent les conditions sur lesquelles patrons (à lexception peut-être des lithographes) et ouvriers saccordèrent le plus facilement, du moins dans les discours. Mais il ny avait point daccord sur le reste, dautant quune partie des patrons avaient fini par considérer que la crise de lapprentissage pouvait être réglée par ladoption dun système de formation par cours.
Du côté de la Fédération, il ny avait pas véritablement de ligne officielle mais des débats sur les priorités : Fallait-il dabord limiter le nombre des apprentis ou améliorer leur formation ? Dans le second cas, qui se devait sen charger ? les ouvriers mais avec quels moyens ? On comprendra que lannonce de la création prochaine de la future école Gutenberg agita les esprits. Si des militants comme Jacques Alary XE "Alary, Jacques" ou E. J. Jacob XE "Jacob, E. J." essayèrent de défendre une position moyenne, Auguste Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" , membre du comité central de la Fédération, formula une position largement partagée par les ouvriers : « [...] les écoles professionnelles de Paris [...] ne sont destinées quà jeter, au bout de quelques années, un nombre considérable douvriers sur la place de Paris et à assurer aux patrons un personnel moins exigeant, dautant que les ouvriers seront plus nombreux. Il ne faut pas croire que les apprentis des écoles professionnelles actuelles sont bien meilleurs que les autres. Quelques uns réussissent, et on les cite; mais la masse de ces élèves na pas une si grande valeur professionnelle et encore moins de sentiment social. » Cependant cette hostilité clairement argumentée nempêcha pas le débat de se poursuivre lors du deuxième congrès de la Fédération en août 1883. Si tous les délégués partageaient les idées de A. Keufer, une partie dentre eux réclamait toutefois que parallèlement à la limitation du nombre dapprentis, les syndicats ouvriers sattachent à mieux organiser la formation de ces enfants, et même de rendre possible pour les ouvriers adultes de développer leur qualification. Ainsi, le congrès appela à la création de « cours professionnels de perfectionnement pour tous les syndiqués ». Cependant aucune mise à lindex ne fut prise à lencontre des futurs ouvriers sortis de lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" . La Fédération suivit avec intérêt la mise en place de cette école et envoya un délégué la représenter officiellement à la distribution des prix en 1888.
Les ouvriers lithographes eurent une position particulière. Ils étaient parmi les plus grands défenseurs dune limitation radicale du nombre dapprentis. Or, G. Sanier XE "Sanier, Gustave (1827-1890)" trouva chez eux un soutien solide. Lécole des dessinateurs lithographes présentait selon eux des garanties syndicales : « La corporation lithographique [...] naura quà se féliciter des élèves qui sortiront de cette école, non seulement comme des artistes, mais encore comme collègues soucieux de la défense de leurs droits, de la pratique de leur devoir de travailleur et prêts à seconder les efforts de ceux qui luttent déjà pour leur émancipation. »
Si la Fédération avait déterminé clairement ses objectifs sur la limitation du nombre dapprentis, le principe des cours professionnels posait problème. Le congrès national de 1895 est très révélateur à cet égard. La création dun cours professionnel à Toulouse XE "Toulouse" en 1895 par des ouvriers sans lassentiment de la section syndicale fut dénoncée par un délégué qui y voyait un encouragement à la multiplication des apprentis. Par ailleurs une partie des ouvriers de Paris, Lyon XE "Lyon" et Toulouse poussaient à ce que ces cours fussent institués rapidement. Une polémique eut lieu et on aboutit enfin à la définition dun cadre général : des cours professionnels ne pouvaient être institués « quavec lapprobation et sous légide des sections » et seraient « exclusivement destinés à parachever léducation technique des apprentis et des fédérés. » La question des cours étant désormais réglée dans leurs principes, la F.F.T.L. pouvait désormais se consacrer aux négociations paritaires sur la limitation du nombre dapprentis qui commencèrent en 1895.
Comme pour les syndicats patronaux, lapprentissage était un sujet central mais également difficile à traiter. Lhétérogénéité de lindustrie du Livre se retrouvant dans les organisations syndicales, les approches sur le sujet ne pouvaient être que diverses. Le discours syndical ouvrier sur lapprentissage fut dabord celui des typographes, qui nétaient pas encore menacés par la mécanisation de la production. Tout autre fut lapproche des ouvriers lithographes qui voyaient dans lécole fondée par G. Sanier XE "Sanier, Gustave (1827-1890)" une possibilité de redonner à lapprentissage de la lithographie un véritable sens alors que la profession était frappée par la crise et la concurrence des procédés photomécaniques. La limitation du nombre des apprentis fut une revendication très largement partagée par les ouvriers syndiqués. Cependant, une partie dentre eux amenèrent un débat plus constructif à terme : quel que fût leur nombre, il fallait bien que lapprentissage se fasse, et latelier nétait plus suffisant pour cela. La création de cours professionnels était aussi sans doute un symbole. Les ouvriers du Livre voulaient préserver lessentiel : contrôler leur formation initiale et à venir dans une industrie où les techniques de production avaient sensiblement évolué en un siècle.
La crise de lapprentissage dans le Livre serait réglée par des accords paritaires entre syndicats patronaux et ouvriers. Latelier resterait le lieu où se fait le véritable ouvrier, mais linstitution de cours ne serait pas à exclure, pour peu que les organisations syndicales en aient les moyens ou que lEtat les aide en ce sens. Telle était la conviction de chacune des parties dans les années 1880. Le patronat avait besoin douvriers qualifiés, les ouvriers défendaient ardemment la reconnaissance de leur qualification. Un accord nétait donc pas irréalisable.
Pourtant, cette logique corporative fut remise en cause en 1887, presque accidentellement. En annonçant la création dune école formant au métier du Livre, le conseil municipal de Paris provoqua une réaction violente dans la profession : comment une école pourrait-elle remplacer latelier ? Les pouvoirs publics ne devaient-ils pas seulement se borner à soutenir les initiatives des organisations professionnelles ? En 1887, les pouvoirs publics osa se substituer à la corporation dans la formation de ses ouvriers.
Deuxième partie
1883-1891
Naissance de lÉcole du Livre
Si lon sen tient à une histoire administrative et institutionnelle de lenseignement technique, la création de lécole Estienne en 1887 navait rien de surprenante. Elle était révélatrice de lintervention graduelle des pouvoirs publics, locaux ou nationaux, dans lorganisation de la formation professionnelle. LÉtat et les municipalités cherchaient ainsi à compenser labsence de structures de formation et à répondre à une véritable demande sociale.
En ce qui concerne la Ville de Paris, la politique municipale sinsérait dans cette perspective qui se mêlait à dautres préoccupations : affirmer lautonomie du conseil municipal contre le pouvoir central et mettre en valeur ce municipalisme dans une politique à la fois de prestige et marquée par un certain paternalisme.
Or, les groupements professionnels étaient peu préparés à lidée quon puisse former des ouvriers qualifiés uniquement dans un cadre scolaire. Comme lécole Diderot ou lécole Boulle, lécole Estienne ne pouvait que provoquer des réserves. Or, les réactions dans les industries du Livre furent dune grande violence. Le conseil municipal de Paris, par naïveté ou aveuglement, a heurté de plein fouet un monde professionnel avare de son autonomie corporative, cachant mal son mépris pour la classe politique et violemment hostile à toute intervention de lÉtat dans ce quil considèrait comme étant de son seul ressort. Dune certaine manière, lécole Estienne fut dabord une bonne idée apparue au mauvais moment, présentée avec maladresse.
A - Une création municipale
Lidée de créer une école professionnelle municipale consacrée aux arts et industries du Livre est dabord de nature politique. Nous navons pas réussi à trouver lorigine du projet. Toutefois, elle est laboutissement logique dun discours professionnel largement relayé par les hommes politiques, au moment où linstruction devenait un champ dinterventions des pouvoirs publics.
I - 1883-1887 : le conseil municipal de Paris
Bien que la Ville de Paris soit soumise à un régime particulier qui réduisait le pouvoir de ses élus par rapport aux autres conseils et conseillers municipaux de France, la capitale était devenue un exemple important de la politique publique denseignement professionnel au début de la IIIe République. Or Paris était, depuis longtemps, la capitale de limprimerie. De fait, la « crise de lapprentissage » dans le Livre ne pouvait laisser le Conseil municipal indifférent.
1 - Le statut parisien
Paris était soumise depuis la Révolution française à un régime distinct des autres communes, traduisant la méfiance de tous les régimes vis-à-vis dune ville prompte à la sédition. Dès 1793, le pouvoir municipal était limité à des tâches purement administratives. La loi du 28 pluviose an VIII (17 février 1800) fit de Paris à la fois une ville et un département, la Seine, placés sous la tutelle du préfet de la Seine et du préfet de Police. À leurs côtés, un conseil général du département avait été institué avec vingt-quatre membres nommés par le 1er consul. Les douze arrondissements avaient chacun un maire et deux adjoints dont les compétences étaient strictement administratives.
Le Conseil municipal ne réapparut quavec la loi du 28 avril 1834. Il était composé de trente-six conseillers municipaux élus dans les arrondissements au suffrage censitaire. Le principe électif des conseillers municipaux était appliqué à Paris trois ans après la loi du 21 mars 1831 sur les conseils municipaux. Mais le pouvoir du Conseil municipal était limité : ses président et vice-président étaient nommés; le Conseil devait être convoqué par le préfet de la Seine pour se réunir et délibérait selon un ordre du jour établi par ce dernier. La loi du 18 juillet 1837 sur les conseils municipaux ne concernait pas Paris, toujours placée par le pouvoir central sous un régime particulier.
La révolution de 1848 confirma à nouveau les craintes des défenseurs de lordre publique. Dès 1849, on en revint au principe des conseillers nommés et non élus. Le décret du 8 septembre 1849 fut maintenu par Napoléon III alors que la ville sétendait en annexant des communes autour de Paris. Le Conseil municipal se contenta denregistrer les décisions du préfet Haussmann XE "Haussmann, Georges, baron (1809-1891)" .
La Commune fit échouer les projets des républicains sur une nouvelle organisation municipale similaire aux autres communes. Le gouvernement fit voter une nouvelle loi sur les communes de France , le 14 avril 1871, qui comportait deux titres : le régime municipal; le régime municipal de Paris. La Ville de Paris navait pas de maire et les maires darrondissement et leurs adjoints étaient nommés. Le Conseil municipal était composé de conseillers élus au suffrage universel. Mais la tutelle du préfet de la Seine et du préfet de Police demeuraient. Il était surtout interdit aux conseillers daborder des sujets politiques.
En réalité, et quelle que fut la couleur politique des élus, les conseillers municipaux neurent de cesse de réclamer une révision du statut parisien et de cultiver un esprit frondeur à légard des gouvernements successifs. De fait, la politique fut bien au cur des délibérations du Conseil municipal.
Lorganisation de lenseignement, général et professionnel, à Paris fut un champ politique particulière exploité par les édiles parisiens. Le caractère politique de cette action nest pas franc, pourtant elle fut tout à fait exemplaire de laffirmation dun pouvoir municipal auquel lÉtat refusait de reconnaître le désir dautonomie politique.
2 - La politique municipale denseignement
Lhéritage du baron Haussmann XE "Haussmann, Georges, baron (1809-1891)" , préfet de la Seine de 1853 à 1870, fut assez ambivalent. Le préfet de la Seine avait eu une conception très conservatrice de linstruction (à chaque milieu social, son école) laissant aux personnes privées (notables, groupements religieux, patronages) linitiative en ce domaine. Les écoles de fabriques, les écoles religieuses, les cours du soir nétaient cependant plus suffisants pour répondre aux besoins : leurs méthodes pédagogiques et leur conception moralisatrice correspondaient de moins en moins aux aspirations des milieux ouvriers. De surcroît, les transformations urbaines avaient rejeté à la périphérie de la ville les couches populaires, éloignant dautant les apprentis et jeunes ouvriers des écoles et cours qui auraient pu leur être utiles. On constata ainsi une corrélation entre les arrondissements où il y avait le plus dapprentis et ceux où le taux dillétrisme était le plus élevé dans la capitale.
Parallèlement et paradoxalement, au sein de ladministration préfectorale, la direction de lenseignement primaire de la Seine prépara la politique du Conseil municipal du début de la IIIe République. Octave Gréard XE "Gréard, Octave (1828-1904)" incarna cette continuité. Inspecteur de lacadémie de Paris en 1865 puis inspecteur chargé de linstruction primaire en 1866, il fut nommé directeur de lenseignement primaire du département en 1870. Républicain, il sétait préoccupé de linstruction populaire et avait la conviction que lapprentissage en atelier était inefficace et moralement dégradant. À la demande du préfet Léon Say XE "Say, Léon" , il rédigea plusieurs mémoires sur linstruction primaire à Paris, dont un sur les écoles dapprentis remis en 1872. La visite quil fit à lécole professionnelle municipale du Havre XE "Le Havre" , fondée en 1867, lui fit forte impression et lui inspira lidée selon laquelle Paris devait prendre modèle sur Le Havre. Il fut ainsi à lorigine de la première école professionnelle municipale de Paris, lécole Diderot, qui fut créée en 1873, consacrée aux métiers du fer et du bois.
Le Conseil municipal fit sienne cette politique. Lécole Diderot fut suivie par lÉcole de physique et de chimie industrielle (1882), lécole Germain-Pilon (1883), lécole Bernard-Palissy (1883) et lécole Boulle (1886). Pendant cette même période, le conseil municipal de Paris créa également cinq écoles professionnelles de filles, formant au dessin, à la couture et aux techniques commerciales. Cette politique était inspirée par des motivations diverses : limportance économique de la Ville nécessitait une politique denseignement professionnel à sa mesure; les élus municipaux, à linstar des agents de lÉtat, devaient tenir leur rôle dans la vie sociale jusquà se substituer aux acteurs sociaux traditionnels. Le Conseil municipal devenait ainsi un acteur important de léconomie et un « bienfaiteur » presque paternaliste pour les Parisiens.
Cependant, le statut particulier de Paris se retrouvait dans le cadre administratif de ces écoles, qui étaient placées sous une double tutelle : la direction de lenseignement primaire de la Seine, dont le directeur était nommé par le ministre de lInstruction publique, et le Conseil municipal. Au Conseil municipal, les travaux, rapports et projets émanaient principalement de la 4e commission chargée de linstruction et des beaux-arts. La répartition des travaux du Conseil en commissions était pourtant illégale, et ce jusquen 1939, mais les édiles sattribuèrent le droit den constituer dès 1871.
Le statut de ces écoles était particulier. La loi du 11 décembre 1880 reconnaissait et distinguait deux types décoles professionnelles : les écoles manuelles dapprentissage placées sous la tutelle du ministère du Commerce et de lindustrie; les E.P.S. et les écoles nationales professionnelles placées sous la tutelle du ministère de lInstruction publique. Les écoles municipales parisiennes étaient assimilées en théorie à la seconde catégorie; en fait leur statut demeura fort imprécis jusquen 1900.
Cette singularité administrative nourrit les ambitions dindépendance du Conseil municipal vis-à-vis de lÉtat. Sa politique denseignement répondait à la volonté de devenir un modèle pour les autres communes dans la lutte contre la crise de lapprentissage. Malgré les réticences voire lhostilité des groupements professionnels, les conseillers, portés par un optimisme sans faille, étaient convaincus de la légitimité de cette action.
3 - Abel Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" et lécole du Livre
Dans ce mouvement de création décoles professionnelles municipales, celle dune école du Livre paraît logique. Mais nous navons pas pu reconstituer la genèse de cette idée, qui est présentée en général dans les brochures de lépoque comme suit : « Lidée de la fondation dune école où seraient enseignées la théorie et la pratique des industries du Livre paraît appartenir à M. Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" qui, dès 1883, sen serait ouvert à M. Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" . » Abel Hovelacque était conseiller municipal de Paris depuis 1878. Professeur danthropologie, il était franc-maçon, républicain et ami de Léon Gambetta XE "Gambetta, Léon (1838-1882)" . Lorsque Marcel Magnuski rencontra A. Hovelacque, il était professeur de mathématiques à lE.P.S. Chaptal à Paris. A. Hovelacque lui aurait parlé de son idée de fonder une école du Livre au tout début des années 1880, en 1883 semble-t-il, et M. Magnuski se serait alors proposé pour mener une enquête auprès des patrons des industries du Livre sur leur besoin en matière de formation professionnelle. En mars 1884, un premier projet est mis au point. M. Magnuski demanda alors à un ouvrier typographe, Broin XE "Broin" , travaillant à limprimerie coopérative lImprimerie nouvelle, de présenter ce projet devant la « Commission des 44 ». Cette « Commission des 44 » était la commission parlementaire, présidée par Eugène Spuller XE "Spuller, Eugène (1835-1896)" , ami de Léon Gambetta, chargée denquêter sur la crise industrielle à Paris. Comme M. Magnuski le lui avait demandé, Broin qui déposait devant la commission le 7 avril 1884, en profita pour présenter un projet décole du Livre quil fit passer pour son idée, école qui « pourrait être fondée par lÉtat ou la Ville de Paris, ou lÉtat et la Ville. »
Parallèlement ou peu avant, A. Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" déposa ce même projet à la direction de lenseignement primaire de la Seine de manière officieuse, cest-à-dire en ne le présentant quen son nom propre et non comme un projet municipal. Or, la direction devait se prononcer sur laide financière que le Conseil municipal sollicitait pour lÉcole des dessinateurs lithographes XE "École des dessinateurs lithographes" de G. Sanier XE "Sanier, Gustave (1827-1890)" . A la fin de lannée 1884, la direction de lenseignement primaire donna son aval pour laide accordée à G. Sanier mais rejeta le projet de A. Hovelacque pour la raison suivante : « La création dune école professionnelle telle que lavait comprise M. Hovelacque rendrait évidemment de grands services à lune des branches les plus élevées de lindustrie parisienne; mais, en présence des frais considérables quentraîneraient sa création et son entretien [...], en présence surtout de projets antérieurs dont la réalisation simpose dune manière plus pressante, je vous prierai, messieurs, de retenir le projet de M. Sanier, relatif à une école spéciale de dessinateurs lithographes. ».
Nous navons plus trouvé de traces de ce projet jusquau 3 juin 1887, où au cours dune séance du Conseil municipal, A. Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" , alors président du Conseil municipal, et seize autres conseillers déposèrent une pétition demandant à ce quun terrain communal, situé à langle du boulevard dItalie et de la rue de Gentilly dans le XIIIe arrondissement, fût utilisé pour construire un « école professionnelle du Livre ». Cette pétition fut renvoyée pour étude à la 4e commission, dont A. Hovelacque était membre. La 4e commission rendit ses conclusions, rapportées par Hector Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" le 22 juillet 1887.
H. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" , utilisa dabord des arguments éloignés du traditionnel thème de la crise de lapprentissage. La création de la future école Estienne semblait dabord être un moyen dutiliser au mieux des terrains communaux, qui avaient été destinés pendant un temps à la construction dun groupe scolaire. Ensuite, la 4e commission par la bouche de H. Depasse aborda la question de lutilité intrinsèque du projet, en falsifiant sans vergogne certains faits. H. Depasse démontra avec force que les industries du Livre désiraient la fondation de cette école, apportant pour preuve la déposition de Broin XE "Broin" devant la « commission des 44 » trois ans plus tôt... Ensuite, il utilisa un extrait dun article du Gutenberg-journal dont il déforma le propos en le tronquant et en le sortant de son contexte. Le projet fut adopté sans aucune réserve par les conseillers.
Suite à ladoption du rapport de H. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" , le Conseil municipal, sur proposition de A. Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" , nomma une commission, dite commission du Livre, composée de conseillers chargés dorganiser lécole dans tous ses détails, de larchitecte Charles Lucas XE "Lucas, Charles (1838-1905)" et de M. Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" .
Nous ignorons la raison pour laquelle A. Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" tenait tant à cette école. Néanmoins, le contenu du projet ne manquait pas de cohérence.
II - Lécole du Livre selon ses créateurs
Pour comprendre les premières années dexistence de lécole Estienne, il faut analyser la déposition de Broin XE "Broin" et le rapport de H. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" . Cette analyse permet évidemment de saisir les grands principes de lorganisation de lécole et son enseignement. Mais ces textes sont aussi très révélateurs sur la manière dont A. Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" et M. Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" appréhendaient les industries du Livre.
1 - Lorganisation de lécole du Livre
Lécole Estienne devait dispenser un enseignement théorique et pratique pour tous les métiers du Livre. Daprès la déposition de Broin XE "Broin" , on prévoyait neuf ateliers : typographie; lithographie; fonderie de caractères; clicherie et galvanoplastie; gravure sur bois; gravure sur pierre; brochage, reliure et dorure. H. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" ajouta au projet un atelier de fabrication du papier, bien quil admît que cela poserait dimportants problèmes pratiques : une alimentation en eau conséquente et la nécessité de disposer dun vaste local. Il proposa alors que ceci fût « un simple atelier dexpérimentation théorique produisant du papier tel quel. »
Le nombre délèves que lécole pourrait accueillir serait de 300, sans que soit précisé le pourquoi de ce nombre. Mais H. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" précisa dans son rapport quil sagissait là dun maximum : « [...] il conviendra de tenir la main énergiquement à ce que le nombre de ces élèves délite soit plutôt au-dessous quau-dessus des besoins de lindustrie correspondante. Il ne faut pas déprécier le prix de la main duvre des bons ouvriers en augmentant dune manière inconsidérée le nombre des ouvriers de chaque spécialité. » H. Depasse estimait alors le nombre douvriers du Livre à Paris à 25500, femmes et enfants inclus. Nous navons pas de chiffre précis sur le nombre dapprentis à cette époque, mais il devait être probablement de lordre de 10 à 20 % de la main duvre parisienne. Ces éléments signifiaient que lécole du Livre devait former entre 5 et 10 % du nombre dapprentis du Livre à Paris.
La durée de lapprentissage navait pas été précisée dans la déposition de Broin XE "Broin" . H. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" proposait quelle fût de trois années, sans justifier là encore ce choix. Dans lindustrie, la durée de lapprentissage était extrêmement variable dune entreprise à lautre, pouvant aller de deux à cinq années. À lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" , elle était fixée à trois années. Par ailleurs, cétait également la durée proposée et adoptée en 1885 lors du troisième congrès national de la F.F.T.L. En outre, cette durée de formation était celle communément adoptée dans les autres écoles municipales professionnelles.
Lâge dadmission proposé était de 12 ans au moins et de 16 ans au plus, les candidats devant être titulaires du certificat détudes primaires. Ceci correspondait à peu près aux desiderata des syndicats ouvriers.
Les fondateurs de lécole Estienne désiraient également créer des « cours de perfectionnement », qui sadresseraient aux « autres apprentis » et aux « ouvriers insuffisamment instruits dans leur métier », cours qui auraient lieu le soir de 8 à 10 heures. Cette initiative navait rien de surprenante : les cours du soir étaient toujours considérés comme la structure de base de la formation professionnelle et la F.F.T.L. avait décidé den promouvoir le développement.
Lorganisation des différents ateliers nétait cependant pas encore définie et en particulier la manière dont se seraient répartis les élèves : « Tout en spécialisant les élèves, on fera en sorte de les faire passer, suivant leur aptitude, par plusieurs ateliers. » La question était en effet délicate. Dans les discours, le mot « spécialisation » était devenu péjoratif, car symbole de lindustrialisation et lié à la crise de lapprentissage. Pourtant, il fallait bien former ces enfants à un métier. Ceci explique également la description vague qui fut faite de lorganisation de lenseignement général, sensé compenser une spécialisation fatalement nuisible. Ainsi, dans la déposition de Broin XE "Broin" , on parle dun « enseignement théorique sagement pondéré » et d « idées générales sur lensemble des matières ».
Les auteurs du projet connaissaient sans doute les débats et revendications de la profession à propos de lapprentissage, mais superficiellement. Le conseil municipal a voté la création dune école dont seuls de grands principes ont été fixés.
2 - Former des ouvriers
Comme les autres écoles professionnelles de la Ville de Paris, lécole Estienne devait être à la fois populaire et élitiste.
Son caractère populaire, comme lindiqua le rapport de H. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" , apparaît avec la politique daides financières que la Ville pourrait octroyer aux familles. Ces aides avaient un but à la fois pratique et moralisateur. Elles avaient pour fonction de « combattre la tendance naturelle quont les parents à vouloir que leurs enfants gagnent de suite. » Labandon en cours dapprentissage était extrêmement fréquent, en atelier comme au sein des écoles professionnelles. Ce fut dailleurs un des principaux problèmes des écoles professionnelles de la Ville pendant toute la période que nous avons étudiée. Les parents en étaient traditionnellement tenus pour responsables. Par ces aides charitables, le Conseil municipal sattendait visiblement à un recrutement dans les milieux modestes.
Lécole Estienne devait être également élitiste, linstauration dun concours pour y entrer en étant le symbole. Ce concours était le lot des écoles parisiennes depuis longtemps. Mais cet élitisme scolaire est intéressant en ce quil rencontre lélitisme des ouvriers du Livre et notamment celui des « typos ». Dans la déposition de Broin XE "Broin" , on parle de « véritables artistes dans leur partie » et, dans le rapport de H. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" , on espère « former des ouvriers artistes ». Si lécole Estienne doit former à tous les métiers du Livre, largumentation tourne toujours autour de « lart typographique ».
Cependant, lélitisme prôné par le conseil municipal de Paris nest pas celui des ouvriers et patrons du Livre. Le rapport de H. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" est clair sur ce point : « [...] le but de lécole est de former avant tout des ouvriers délite dans chaque spécialité, capables de diriger un atelier, de propager par leur exemple, leur esprit dinitiative et de recherche, les bonnes méthodes de travail. » Au sujet des cours du soir, cet élitisme, que nous qualifierons de radical, apparaît crûment : on parle des « autres apprentis » par rapport aux élèves de lécole qui seraient des « apprentis privilégiés », et des ouvriers « insuffisamment instruits ». Si les patrons et ouvriers du Livre parlaient volontiers de la décadence du métier, le discours municipal pouvait savérer blessant. Dune part ces propos venaient de gens qui nétaient pas du métier, ce qui dans le Livre les rend nuls et non avenus. Dautre part, la profession pouvait difficilement accepter que des hommes politiques se présentent comme les sauveurs de lapprentissage, qui restait son domaine réservé. Enfin, les fondateurs de lécole Estienne justifiaient son existence par sa mission de former des cadres. Or, le sujet de la formation des cadres ne sera pas abordé par la profession avant les années vingt.
Lambition de lécole Estienne nétait pas seulement de former des ouvriers, mais aussi lélite de cette corporation : comment pouvait-on former lélite dune élite... ? De plus, les conseillers municipaux déclaraient vouloir réussir là où les patrons et les ouvriers du Livre avaient, selon eux, échoué. Lécole Estienne était destinée en toute logique à sauver lart du Livre français à elle seule ...
3 - Sauver lart du Livre français
Le rapport de H. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" reprit limage légendaire de limprimerie depuis ses origines. Il est vrai que dans la profession, la propension à narrer la geste des imprimeurs sous lAncien Régime était forte. Ce texte en reprit les poncifs en flattant lorgueil des édiles parisiens : « Lindustrie du Livre a été une des gloires artistiques de Paris. » Ne létait-elle plus ? Or, en 1887, Paris restait plus que jamais la capitale de limprimerie française. Le rapport de H. Depasse dresse un tableau particulièrement sombre de létat de limprimerie parisienne. Deux causes à cette décadence : la concurrence étrangère et la baisse de qualité des productions. La deuxième cause est considérée comme la plus importante puisquelle est mise en relation directe avec le niveau de formation des ouvriers : « Dans ces conditions louvrier, ne connaissant quune partie de son métier, ne peut avoir cette souplesse, cette ingéniosité qui, jointe à lélégance native de louvrier parisien, permet de le considérer comme le premier ouvrier du monde. » La déposition de Broin XE "Broin" était moins lyrique mais identique dans le propos: « La création de cette école du Livre [...] sera le plus sûr remède pour conjurer la crise économique, et pour lutter, par la perfection des produits, contre la concurrence étrangère. »
La désignation de la concurrence étrangère, et dabord allemande, comme étant la principale cause de la crise dans la profession nest pas une invention des créateurs de lécole Estienne. Les professionnels du Livre ont largement défendu cette thèse dans leurs revues et auprès des hommes politiques. Les élus en ont été informés en particulier à deux reprises : lors de la commission denquête chargée par le conseil municipal de Paris détudier les conséquences de la crise à Paris en 1883 et lors des audiences de la « commission des 44 » en 1884.
Lintérêt économique de lécole Estienne est affirmé mais non développé : ce « nationalisme industriel » défend la thèse selon laquelle la production française ne triompherait sur les marchés que par sa qualité. La fonction de lécole est de devenir une école des arts du Livre. Ceci est évoqué dans la déposition de Broin XE "Broin" mais souligné dans le rapport de H. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" . De fait la formation industrielle dispensée par lécole est peu évoquée, comme si les techniques de production de masse étaient contradictoires avec la qualité dexécution et navaient pas leur place dans une école. Il nest pas question de la presse, de travaux de ville, daffiches, demballage. Il est surtout question du Livre, objet imprimé par excellence. Les grandes imprimeries, les grandes maisons de reliure-brochure, de la lithographie, de la gravure contemporaines ne sont pas citées. Lart du Livre est un art du passé que la Ville de Paris se doit de faire renaître.
Si de 1884 à 1887 le projet gagna en précision, lorganisation de lécole était encore vague, ce qui ouvrait à de multiples interprétations. Il y a peu de différences entre ces propos et les discours que lon trouve dans la presse professionnelle. Il est possible que les auteurs de ces deux textes en aient eu connaissance. Mais linterprétation qui en est faite est primaire, sans doute pour les besoins de la cause : il fallait convaincre un auditoire qui nappartenait pas à la corporation. Or ce fut par ces textes que la profession apprit lexistence dun projet décole du Livre.
B - Les réactions de la profession
Lannonce de la création dune école municipale du Livre provoqua une vive émotion, allant de la perplexité à lhostilité la plus farouche. La diversité des réactions ne coïncide pas avec lopposition syndicat patronal / syndicat ouvrier. Nous avons choisi néanmoins de les analyser en reprenant cette opposition : en effet, les motifs de ces réactions sexpliquent par la politique dapprentissage adoptée par ces groupes, dont le point commun est de navoir jamais envisagé une formation professionnelle accomplie uniquement dans un cadre scolaire. Signe de limportance de lévénement, les articles sur lapprentissage finirent par se confondre avec ceux traitant de lécole Estienne, et ce presque jusquen 1914. À partir de 1884 et surtout de 1887, la profession suivit pas à pas lévolution du projet et tenta de se faire entendre du Conseil municipal, en ordre dispersé.
I - Le patronat
Lannonce de la création de lécole Estienne intervint un an et demi après louverture de lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" . De fait, les réactions des différentes chambres patronales recoupent plus ou moins celles qui avaient suivi linitiative de G. Jousset XE "Jousset, Gabriel (1829-1896)" de la Chambre des maîtres imprimeurs de Paris. Le patronat, dont les besoins en main duvre étaient réels, se trouva divisé entre ceux qui avaient suivi G. Jousset, ceux qui avaient trouvé une autre solution comme les écoles dateliers et ceux qui manquaient de moyens financiers pour créer leurs propres cours.
1 - École professionnelle ou école municipale ?
Un point doit tout dabord être précisé : il existait un contentieux entre le patronat parisien du Livre et le Conseil municipal, antérieur à lannonce de la création de lécole Estienne. Il avait pour objet lexistence de lImprimerie municipale, qui ôtait des parts de marché aux maîtres imprimeurs parisiens. Se posant comme défenseurs de la libre concurrence, les attaques contre le Conseil furent vives.
Ce conflit illustre parfaitement le discours patronal sur le rôle de lÉtat dans léconomie. Dans le domaine de lapprentissage, son rôle devait être celui de dispensateur de subventions. Ainsi, le patronat parisien remercia le ministère du Commerce et de lindustrie pour son aide à légard de lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" et le conseil municipal de Paris pour celle accordée à lÉcole des dessinateurs lithographes XE "École des dessinateurs lithographes" de G. Sanier XE "Sanier, Gustave (1827-1890)" .
Ceci explique les premières réactions apparues lorsque le projet décole du Livre fut connu en 1884. Se référant à ce qui existait déjà, les rédacteurs du Gutenberg-journal applaudirent cette initiative, croyant quil sagissait dune école de typographie, cousine de lécole de G. Sanier XE "Sanier, Gustave (1827-1890)" . Doù ces objections surprenantes : « Pourquoi le Conseil municipal songe-t-il à créer deux établissements dapprentissage distincts ? La lithographie et la typographie se touchent dassez près pour quon les réunisse. »; « En outre, la fusion des deux écoles permettrait de réaliser, sur le local, sur ladministration, etc., une petite économie que lon pourrait consacrer à une augmentation des deux crédits, fondus en un seul ! » En effet, lexpression « école professionnelle » était utilisée couramment pour parler de cours professionnels de jour ou du soir, créés et dirigés par des particuliers ou des groupements professionnels.
Le vote de la création de lécole Estienne fut dabord relativement bien accueilli. Dans le rapport de H. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" , on avait cherché à ménager certaines susceptibilités : « Des efforts généreux ont été tentés, depuis longtemps, pour donner aux jeunes typographes une sérieuse éducation technique. Certaines situations acquises devront êtres respectées et ménagées. » Cette déclaration, qui se voulait rassurante, ne sadressait pas aux syndicats ouvriers dont la création de cours du soir était balbutiante, mais aux patrons. Dans la presse patronale, on lentendait bien ainsi. On y suivit pas à pas lévolution de lorganisation de lécole Estienne. Le Gutenberg-journal et le Journal de limprimerie continuèrent cette attitude bienveillante. Pourtant, de 1887 à 1889, date de louverture de lécole, certains signes dagacement apparurent. Trois faits ébranlèrent peu à peu cette confiance relative accordée aux conseillers municipaux.
La réalisation matérielle de lécole connut dimportantes difficultés. Pour A. Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" , ce projet quil défendait depuis longtemps devait se réaliser rapidement. On crut pouvoir inaugurer lécole en 1889 boulevard dItalie pour lexposition universelle. En fait, la lenteur des travaux obligea le Conseil municipal à décider en 1888 dinstaller lécole Estienne dans un local provisoire, lancien collège Rollin, 14, rue Vauquelin, dans le Ve arrondissement, quil fallut réaménager pour la rentrée de 1889. Le coût des travaux fut de 10 000 francs. Cette dépense supplémentaire parut bien exagérée, car la même année, aucune subvention ne fut accordée à lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" : « Les 10 000 francs quil [le conseil municipal de Paris] jette dans une école du Livre provisoire [...], il les eût plus sagement employés sous forme de subventions pour un an [...]. Au lieu douvrir lécole temporaire de la rue Vauquelin, naurait-on pas pu accorder quelques allocations à ces écoles privées, en y plaçant jusquà lachèvement des bâtiments [...] les élèves qui sont déjà inscrits peut-être ? ».
En 1888, le Conseil municipal décida dorganiser un concours de poinçons, afin de doter lécole Estienne de poinçons originaux, pour des motifs de prestige. Ce fut du plus mauvais effet : « Encore quelques milliers de francs jetés dans la Seine. Il eût beaucoup mieux valu commander aux fonderies parisiennes, propriétaires dun type de poinçons bien déterminé. Les élèves auraient appris à connaître davance les caractères quils sont appelés à manipuler plus tard dans les imprimeries particulières. »
Enfin, toujours en 1888, une rumeur courrait sur la nomination de M. Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" au poste de directeur. La fierté corporative en fut blessée : « Sans mettre en doute les connaissances et le talent de M. Magnuski, neût-il pas été plus rationnel de voir à la tête de lécole du Livre un typographe parisien ? Les praticiens et les théoriciens recommandables ne manquent pas dans notre profession. »
Ces susceptibilités blessées se succédèrent confirmant le scepticisme poli dune profession à légard de la prétention de ces hommes politiques à vouloir créer et diriger une école professionnelle du Livre. Mais au sein du patronat, les réactions ne furent pas uniformes. Cette diversité répondait à la multiplicité des approches des maîtres imprimeurs sur lorganisation de lapprentissage.
2 - Maîtres imprimeurs typographes et lithographes
Parmi toutes les revues patronales, une fit silence sur cet événement : le Bulletin de limprimerie. La raison en était simple : elle avait choisi le parti de lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" .
La Chambre des maîtres imprimeurs parisiens napprécia pas du tout linitiative municipale. Elle ne put cependant pas critiquer trop fortement les conseillers parisiens : la subvention qui pouvait être accordée à lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" était en jeu. Cependant, cette inquiétude apparût clairement par des détails significatifs. Le rapport de H. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" remis le 22 juillet 1887 proposa que lon baptisât lécole du Livre du nom dun imprimeur prestigieux, Estienne ou Gutenberg... G. Jousset XE "Jousset, Gabriel (1829-1896)" , visiblement piqué au vif, envoya une lettre datée du 26 juillet à A. Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" , qui était alors président du Conseil municipal :
Monsieur le président,
Japprends par linsertion du rapport de M. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" au Bulletin municipal officiel, que le Conseil est dans lintention de fonder une École dapprentissage, comme répondant à un besoin universel.
Je crois devoir informer le Conseil que, grâce à linitiative de la Chambre syndicale des Imprimeurs, dont jai lhonneur dêtre le président, ce besoin a déjà reçu satisfaction, et que depuis lannée dernière, nous avons déjà installé rue Denfert-Rochereau n°41, dans des proportions modestes, une école qui sous le nom décole Gutenberg, donne gratuitement aux enfants :
1° Un supplément dinstruction primaire complétant lensemble de lenseignement.
2° Linstruction technique spéciale quexige la profession de compositeur typographe et dimprimeur.
Un matériel très complet est mis pour cet objet à la disposition des élèves.
Je vois également dans le rapport de M. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" que la commission se demandant quel nom il conviendrait de donner à lécole projetée, hésitait entre celui de Gutenberg et celui dHenri Estienne.
Jai lhonneur de vous informer, monsieur le président, que cest sous le patronage du premier de ces grands hommes que nous avons placé notre école qui, je le répète, porte le nom décole Gutenberg, sous lequel elle est déjà connue.
Jai donc lhonneur de réclamer de la courtoisie du Conseil, de vouloir bien nous laisser un nom que nous avons adopté les premiers. Notre profession en comporte heureusement assez dautres, non moins illustres, tels que ceux de Plantin, Estienne, Elzevier, pour que le Conseil municipal nait que lembarras du choix de celui que devra porter son école. »
La réponse de A. Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" fut maladroite : son choix se portait de toute façon sur celui dEstienne, dont lavantage sur celui de Gutenberg était dêtre français, et de surcroît parisien. En ces temps troublés par lesprit de revanche, la réponse pouvait être blessante.
Le Bulletin de limprimerie considéra la réalisation de lécole Estienne avec dédain, préférant informer ses lecteurs sur les autres structures de formation et surtout sur lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" .
Mais nul doute que le vote du budget municipal pour lannée 1888 eut un effet déplorable. En 1887, lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" avait bénéficié de 2 500 francs de subventions de la part du ministère du Commerce et lindustrie, son budget global étant de 7 000 francs. Le conseil municipal de Paris vota en septembre 1887 un crédit de 900 000 francs pour la construction des bâtiments de lécole Estienne boulevard dItalie. En mars 1888, les seuls cours professionnels qui avaient bénéficié de laide municipale furent ceux de la Chambre syndicale du papier XE "École professionelle de la Chambre syndicale du papier et des industries qui le transforme" (2 000 francs) et lÉcole des dessinateurs lithographes XE "École des dessinateurs lithographes" (6 500 francs). Et les rédacteurs du Gutenberg-journal de sindigner : « Lécole Gutenberg est luvre de la Chambre des imprimeurs parisiens : elle ne doit rien à personne et peut vivre delle-même. Cela nempêche pas que spontanément, par la voix de son rapporteur, le Conseil municipal aurait pu témoigner à lécole de la typographie une part de cette sollicitude dorée quil prodigue à lécole du Livre. »
Bien différente fut lattitude des maîtres imprimeurs lithographes, que lon peut qualifier, sans jugement de valeur, dopportuniste. Après léchec des négociations entre leur chambre et lassociation Gutenberg XE "Association Gutenberg" , puis avec G. Sanier XE "Sanier, Gustave (1827-1890)" , ils envisagèrent à nouveau de créer une école afin de former des tireurs dépreuves et des reporteurs « dont la pénurie se fait de plus en plus sentir ».Le coût envisagé (12 500 francs) les fit-il reculer ? En tout cas le projet fit long feu, du fait de la rencontre entre M. Magnuski et F. Champenois, président de la Chambre. M. Magnuski, visiblement désireux dobtenir des appuis autres que municipaux, obtint de la Chambre des maîtres imprimeurs lithographes un soutien. F. Champenois XE "Champenois, Ferdinand" fit de ce dernier un portrait élogieux, un homme « qui accuse en toute occasion le meilleur désir de suivre nos indications pour la direction de cette partie de cette école. » Il est probable que cette alliance informelle avait dautant plus de chance de se conclure quelle ne coûtait financièrement rien aux maîtres imprimeurs.
Leur attitude comme celle des maîtres imprimeurs typographes parisiens ne peut cependant être étendue à lensemble du patronat des industries du Livre. Lattitude la plus commune fut sans doute médiane. Il semble que lon soit passé dun intérêt quoique sceptique à linquiétude : et si lécole Estienne portait ombrage aux autres cours professionnels existants ? En ce qui concerne les syndicats ouvriers on a moins tergiversé.
II - Les ouvriers
Comme les syndicats patronaux, la Fédération française des travailleurs du Livre neut pas une position univoque, mais les positions furent plus radicales et surtout plus politiques. La question de lintervention de lÉtat comme aide au paternalisme patronal ne sest évidemment pas posée. Pour les ouvriers du Livre, le débat sappuyait sur une problématique beaucoup plus fondamentale : les pouvoirs publics pouvaient-ils légitimement se substituer à la profession dans son ensemble pour former ses ouvriers ? Le caractère municipal de lécole Estienne nempêcha pas sa création de donner lieu à un débat presque national, compte tenu du poids de Paris dans les industries du Livre et donc dans la F.F.T.L.
1 - Les typographes
Les compositeurs typographes étaient en première ligne de laction syndicale et dans la lutte contre les abus dans lapprentissage. Il furent logiquement les plus prompts à réagir lors de lannonce de la création de lécole Estienne.
A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" participa lui aussi aux dépositions faites devant la « Commission de 44 ». Après que Broin XE "Broin" eut déposé devant la commission, il intervint immédiatement auprès delle pour donner son avis sur ce projet : « On a proposé la création décoles professionnelles avec laide de lÉtat, des patrons et des ouvriers : sans doute il en pourrait résulter quelques avantages; mais à cet égard je crois que lÉtat ne devrait pas prendre dinitiatives : les chambres syndicales sont meilleur juge en la matière. » A. Keufer, tout au long de sa vie syndicale fut un des plus ardents défenseurs de lapprentissage traditionnel. Lidée dinstituer des cours du soir ne lenthousiasmait guère; celle de former des apprentis uniquement dans un cadre scolaire encore moins tant cela lui semblait professionnellement et syndicalement totalement inadaptée et incongrue. La position de A. Keufer, qui fut secrétaire général de la F.F.T.L.de 1884 à 1920, a peut-être influé sur celle de la Fédération, mais nous sommes persuadée que son opinion était largement partagée, au moins à propos des écoles professionnelles.
Lannonce de la création de lécole Estienne en 1887 fut particulièrement mal accueillie, car la F.F.T.L, contrairement au patronat, prit lexacte mesure de ce que ceci signifiait : le Conseil municipal voulait créer une école qui ne serait contrôlée ni par les patrons ni par les ouvriers. Elle se situait hors champ de la profession, et surtout hors de tout contrôle syndical alors que la principale revendication de la F.F.T.L. était que lapprentissage fît lobjet de négociations exclusivement paritaires. La Typographie française, organe de la Fédération, proféra une menace à lencontre des conseillers municipaux : « [...] nous ne négligerons rien pour que le directeur de cette école si elle se crée soit un praticien excellent et en même temps animé de sentiment favorable au syndicat, à lorganisation ouvrière. » Sinon, « nous nhésiterions pas à repousser la fondation de cette école, car elle ne serait destinée quà former des sujets pleins de prétentions, prêts à faire toutes les concessions aux patrons, au détriment de leurs camarades de travail, afin de sassurer une position avantageuse. »
La Fédération nen resta pas aux seuls discours. En novembre 1887, Jean Allemane XE "Allemane, Jean (1843-1935)" , membre du Comité central, et A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" rencontrèrent A. Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" et obtinrent de celui-ci trois promesses : « 1° Adjonction de fédérés à la commission communale de lécole du Livre; 2° Consultation des intéressés ouvriers pour lorganisation de lécole du Livre; 3° Choix des professeurs sur une liste présentée par les divers syndicats. » A. Hovelacque tint en partie cette promesse, puisquil demanda au Conseil municipal le 7 décembre 1887 dadjoindre à la commission du Livre, créée le 22 juillet, des représentants du « syndicat des travailleurs du Livre (rue de Savoie) » cest-à-dire de la Chambre syndicale typographique parisienne. Or le Conseil ne le suivit pas.
Mais la stratégie de la Fédération rencontrait un obstacle : sa revendication première en matière dapprentissage était de limiter le nombre des apprentis. Comment pouvait-on faire avec une école dont les fondateurs disaient quelle formerait une centaine dapprentis par promotion ? Si elle réussissait à sinsérer dans la direction de lécole, il était improbable quelle convainquît le Conseil municipal de financer une école qui nen formerait quune poignée. Parmi les syndiqués, cette contradiction était telle quil semblait plus logique de réclamer purement et simplement la suppression de cette école, comme le déclara E. Bories. Non seulement il nétait pas sûr que ces élèves eussent une vraie « éducation sociale » mais il était aussi certain quelle augmenterait sensiblement les nombres dapprentis : « Ah ! si, par impossible, la limitation des apprentis était imposée aux patrons peu scrupuleux, je verrais, jencouragerais même les écoles professionnelles; mais en attendant, cest avec une certaine appréhension que je les vois se créer. » Par ailleurs, le recrutement par concours et les déclarations sur le caractère élitiste du futur établissement fut sévèrement apprécié. Pour les uns, cette école « ne pourr[a] se défaire de ce reproche très justifié, qu[elle] ser[a] un moyen de recrutement des cadres industriels, sans grand profit pour les travailleurs. » Pour les autres, les plus nombreux, cette école délite ne formera que des « ratés », comme lexposa ce syndiqué : « Certes, je crois que cette école donnera quelques bons produits, mais la majorité de ceux qui en sortiront seront des fruits secs [...] et il est probable que ce ne sera pas encore avec ceux-là que nous pourrons lutter victorieusement avec la concurrence étrangère, les femmes et les nouvelles machines à composer. » Quant aux ambitions du Conseil municipal denrayer la crise de lapprentissage, on en doute fort : « Les écoles professionnelles ne suffiront pas à enrayer ce mal, car, toujours les imprimeurs, pour se faire concurrence, nuisible à tous, emploieront quand même des enfants. »
Un véritable dilemme se posait à la Fédération. La majorité était convaincue, et A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" le premier, que la future école Estienne serait nuisible et inefficace. Or, fallait-il pour autant laisser le champ libre aux patrons en leur laissant la possibilité davoir un rôle dans la direction de lécole. Les négociations informelles entre M. Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" et F. Champenois XE "Champenois, Ferdinand" montrent que cette inquiétude nétait pas complètement infondée. Dune certaine manière, la F.F.T.L. était obligée de devenir partie prenante dans la mise en place de cette école.
Ce procès dintention sur le favoritisme dont pouvait bénéficier le patronat du Livre mit le Conseil municipal dans lembarras. A. Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" , pourtant proche des socialistes, ne sattendait apparemment pas à ce que cette école quil avait pour ainsi dire créée puisse cristalliser autant denjeux. Ceci prouve à quel point les auteurs du projet avaient fait une lecture superficielle des déclarations professionnelles sur lapprentissage dans le Livre et avaient ignoré son importance syndicale. Cette polémique autour de la neutralité de létablissement était pourtant prévisible comme le souligna la revue lyonnaise lIntermédiaire des imprimeurs : « Le vent est donc aux écoles professionnelles, celle que songe à fonder le Conseil municipal de Paris va être lobjet des convoitises de toutes sortes. Les uns, les patrons, voudraient lui voir donner une impulsion en dehors de tout esprit de groupement; les membres du Syndicat typographique, au contraire, demandent que la direction de cette école soit confiée à un des leurs, et leurs professeurs pris en son sein. On le voit il y a deux courants opposés. » Et de noter quelques mois plus tard avec ironie : « La création de lécole du Livre passionne au plus haut point la typographie parisienne. Cest à qui dira son mot et à qui tirera la couverture. » Cette attitude pouvait devenir parfois caricaturale comme celle de ce syndiqué : « Nallez pas croire que je sois ennemi de cette institution, au contraire, et la preuve, cest quune fois que cette école sera bien organisée, jespère bien que nous trouverons là en sy prenant adroitement, un local tout agencé pour les cours théoriques et pratiques des adultes puisque décidément, il ny a pas moyen de les obtenir au Syndicat. »
Pourtant il y eut des ouvriers du Livre qui défendirent la future école du Livre. Minoritaires, ils participèrent activement au débat.
2 - Le groupe du Réveil typographique
Cette revue professionnelle émanait du Cercle détude sociale créé en 1884 par J. Allemane XE "Allemane, Jean (1843-1935)" , dinspiration socialiste. De fait, elle mêlait étroitement préoccupations syndicales et débats politiques. La revue accueillait des syndiqués qui, sur lapprentissage, ont adopté des positions très originales par rapport à celles défendues dans la Typographie française. Les rédacteurs de la revue défendaient lidée que lenseignement professionnel était lexacte continuité de linstruction primaire : « [...] nous estimons que lapprenti ne devant pas, pour apprendre son métier, gagner de largent, il est juste que les parents ne supportent pas cette charge à eux seuls. Cest la société toute entière qui doit en faire les frais. » Deux hommes se distinguaient : Victor Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" et Edmond Morin XE "Morin, Edmond (1859-1937)" , qui appartenaient tous les deux à la Chambre syndicale typographique parisienne.
Victor Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" était un publiciste particulièrement prolixe, écrivant dans bon nombre de revues professionnelles. Passionné par son métier, il avait fait vocation de professeur pour ses confrères par ses articles techniques. Désolé, lui aussi, par la décadence du métier, il écrivit de nombreux articles sur la formation professionnelle, gage de la transmission de lart typographique et de la solidarité syndicale. Mais, à lopposé de A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" dont il semblerait quil fût lami, il estimait que lapprentissage traditionnel était bien mort de son inefficacité dans lère industrielle.
Lors de lannonce de création de lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" , il fut un des rares à approuver la démarche de G. Jousset XE "Jousset, Gabriel (1829-1896)" , avec quelques réserves quil exposa de vive voix au président de la Chambre des maître imprimeurs parisiens. Il justifia sa position de la façon suivante : « Lintérêt général commande que MM. les patrons, une fois assurés par les écoles, davoir une pépinière douvriers, sabstinssent dadmettre individuellement des apprentis dans leurs ateliers, ou au moins nen aient que peu, de façon à maintenir, sans surcroît intempestif, le roulement dune génération à lautre. » Il était impératif à ses yeux que les écoles remplacent latelier : « Lenfant qui reçoit linstruction ne fait que toucher une créance due par la société toute entière; cest là le motif qui me f[ait] dire quil serait désirable que les écoles typographiques ne fussent ni patronales, ni ouvrières, mais sociales. » Sur la limitation des apprentis, il était donc de ceux qui lestimaient nécessaire mais non suffisante, le principal problème nétant pas le trop grand nombre dapprentis mais la rareté des bons ouvriers.
Edmond Morin XE "Morin, Edmond (1859-1937)" partageait avec V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" le même amour du métier mais étendait ses intérêts professionnels à toutes les branches des industries du Livre. Il défendait une position aussi politique que corporative, estimant que cétait à la société tout entière de supporter la charge de la formation professionnelle des enfants.
Le bon accueil réservé à linitiative municipale nempêchait pas que les rédacteurs de la revue émirent de fortes réserves sur son organisation pratique. V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" craignait que lécole Estienne devint « une de ces officines à théorie », et pour léviter il fallait que les enseignants fussent « des hommes du métiers » et le directeur eut « une connaissance parfaite de limprimerie ». Quant à la neutralité de létablissement, elle ne devait pas empêcher quon fût à même quinculquer aux élèves leur « devoir social » : les rédacteurs approuvèrent ainsi totalement la démarche de J. Allemane XE "Allemane, Jean (1843-1935)" et A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" auprès de A. Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" sur ladmission de la Chambre syndicale typographique parisienne dans la direction de la future école.
Ces réactions positives nentraînaient donc pas un oubli des préoccupations syndicales les plus courantes. Elles eurent peu dinfluence sur la majorité des syndiqués, mais elles paraissent cependant révélatrice dune préoccupation accrue sur la formation professionnelle en elle-même : les cours du soir que les syndiqués réclamaient tardaient à être mis en place. Il était de plus en plus admis, notamment pour les « typos », que la formation pouvait se passer en partie de lambiance de latelier. Peu dentre eux poussèrent cette logique jusquà juger quelle pouvait se faire uniquement dans un cadre scolaire. Pourtant, parmi les ouvriers du Livre, ce nétait pas les typographes les plus hostiles et les plus déterminés.
3 - Les lithographes
La position des ouvriers lithographes se situait exactement aux antipodes de celle des maîtres imprimeurs. Déjà, en mars 1887, le syndicat ouvrier des lithographes, la Fédération lithographique, avait accordé à lécole de G. Sanier XE "Sanier, Gustave (1827-1890)" un soutien certes moral mais entier, alors que la chambre patronale ne lui avait accordé quun intérêt très limité.
Les ouvriers lithographes étaient parmi les plus ardents défenseur dune limitation drastique du nombre dapprentis. Ce radicalisme sexpliquait dautant plus que labus des maîtres imprimeurs dans lemploi des apprentis était ancien et important et quil nétait pas destiné à disparaître. Lindustrie lithographique traversant une crise économique et structurelle, les maîtres semblaient bien décidés à se défendre de la concurrence étrangère en abaissant le coût de la main-duvre. De plus, la chambre patronale semblait vouloir sen remettre aux pouvoirs publics, et ici au Conseil municipal de Paris, pour former les ouvriers qualifiés, dautant quelle avait obtenu de M. Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" un droit de regard sur la formation dispensée par lécole Estienne.
Aux yeux des ouvriers lithographes, lintérêt syndical de lÉcole des dessinateurs lithographes XE "École des dessinateurs lithographes" était dû à son indépendance. Lécole fonctionnait avec des subventions municipales et ministérielles et la chambre patronale ne lui avait délivré aucune aide matérielle. De plus, G. Sanier XE "Sanier, Gustave (1827-1890)" était un ouvrier.
Or, la création de lécole Estienne remettait en cause son existence. Alors quau début des années 1880, le soutien de la préfecture de la Seine et du Conseil municipal allait à G. Sanier XE "Sanier, Gustave (1827-1890)" plutôt quau projet de A. Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" , sitôt votée la création de lécole Estienne, des conseillers municipaux sinterrogèrent sur lemploi des finances municipales : aider lécole de G. Sanier était désormais inutile puisque lécole du Livre allait être fondée. Cette question trouva une « solution » quand la préfecture et le Conseil municipal durent aider G. Sanier à trouver un autre local, celui que lécole occupait jusqualors devant être détruit. Le 27 juillet 1888, on décida dinstaller lÉcole des dessinateurs lithographes XE "École des dessinateurs lithographes" dans lancien Collège Rollin, rue Vauquelin, avec lintention de lagréger à lécole Estienne. Linstallation provisoire de lécole Estienne dans ce même bâtiment en attendant lachèvement des travaux boulevard dItalie allait dans ce sens. Le décès de G. Sanier le 7 janvier 1890 précipita les événements. Huit jours plus tard son école était définitivement absorbée par lécole Estienne qui avait ouvert ses portes deux mois plus tôt.
Le syndicat des ouvriers lithographes avait eu vent de cette rumeur dannexion et déplorait alors que G. Sanier XE "Sanier, Gustave (1827-1890)" « navait plus à compter sur lappui du Conseil municipal. » Ses revendications durent alors inclure lexistence de lécole Estienne, et les contestations de sa légitimité ne manquèrent pas. Ainsi, à propos du recrutement par concours, on peut lire : « Il ne peut entrer dans lesprit de personne que le droit à lapprentissage soit le privilège dun certain nombre; ce droit appartient à tous. ». Les propos des ouvriers lithographes se sont nourris darguments plus courants : « Quant au résultat, nous aurons dans notre industrie, tous les trois ou quatre ans - en plus des apprentis élevés dans les ateliers - un nombre assez respectable délèves qui obligés de travailler pour vivre, trop jeunes pour défendre leurs droits de travailleurs, seront les victimes du patronat comme nous lavons été. »
La décision du Conseil municipal sur lavenir de lÉcole des dessinateurs lithographes XE "École des dessinateurs lithographes" , quoique logique, eut un effet déplorable.
Partisans et détracteurs ne réussirent cependant pas à faire fléchir la position du Comité central de la F.F.T.L.qui est dailleurs difficile à définir. Lors de son cinquième congrès national, aucune position ne fut prise à lencontre des écoles professionnelles existantes et à venir, alors que lécole Estienne allait ouvrir ses portes quelques semaines plus tard et que bon nombre de syndiqués avait fait pression pour quil en fût autrement. La Fédération, tout en accordant une extrême importance à lécole municipale, adopta au niveau national une stratégie qui ne lincluait pas directement : la limitation des apprentis et la promotion des cours du soir.
Lors de sa première rentrée en novembre 1889, aucun des groupements professionnels les plus importants ne savaient si lécole Estienne était vraiment nuisible ou bénéfique pour ses intérêts particuliers. Si le Conseil municipal était convaincu dagir dans le sens du Progrès, il avait involontairement et naïvement placé sa nouvelle école au cur dun objet de lutte corporative plus que centenaire. Pendant un temps, les patrons et ouvriers du Livre firent de lécole Estienne le catalyseur du conflit syndical sur lapprentissage. Cétait lui donner une importance flatteuse mais aussi lui rendre le plus mauvais des services.
C - 1889-1891 : De la défiance au scandale
À qui appartenait donc lécole Estienne ? Si le Conseil municipal connaissait la réponse, la profession mit deux ans à la trouver. Établissement atypique dans ce monde professionnel, elle fut victime de lincompréhension mutuelle et définitive qui existait entre ces élus et les hommes du métier. La première rentrée scolaire se passa pourtant sans heurts, mais les responsables de lécole Estienne accumulèrent les impairs qui entraînèrent un scandale que ni le Conseil municipal ni la direction de lécole navait vu venir.
I - La rentrée scolaire de 1889
De 1887 à 1889, dans la presse professionnelle on avait posé de nombreuses questions sur lorganisation de cette école : Qui la dirigerait ? Quelle serait la part des professionnels dans sa direction ? Comment seraient recrutés les professeurs datelier et sur quels critères ? Combien y aurait-il délèves ? À quoi les formerait-on ? Les conseillers municipaux, qui prirent peu à peu conscience des conséquences de cette création dans un monde professionnel quil connaissait mal, tentèrent de contenter chaque partie.
1 - Le comité de surveillance
Dans les écoles professionnelles de la Ville de Paris, la direction était composée du directeur qui gérait les affaires courantes et dun comité de surveillance. Le comité était chargé de contrôler laction du directeur, qui en faisait partie mais qui en son sein navait quun rôle consultatif. Le comité de surveillance navait en lui même aucun pouvoir de décision. Ses avis et requêtes étaient adressés au Conseil municipal, en particulier à la 4e commission. Dans les faits, les avis des comités de surveillance étaient fortement pris en compte par le Conseil, la principale contrainte étant dordre budgétaire.
Les comités de surveillance étaient composés de conseillers municipaux et éventuellement de « personnes notables » désignés par le Conseil municipal. Dès le vote de la création de lécole Estienne le 22 juillet 1887, une commission dite du Livre fut constituée. Elle fut en fait un comité de surveillance provisoire. Il était composé de A. Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" , H. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" , Navarre, Rousselle et Simon Soëns, conseillers municipaux, et Sauton et Cernesson, architectes du XIIIe arrondissement. Le 25 juillet, A. Hovelacque obtint quy soient adjoints deux conseillers Bassinet et Joseph Cusset XE "Cusset, Joseph" « en raison de leur compétence spéciale ». Nous ignorons la profession de Bassinet; J. Cusset était quant à lui typographe devenu maître imprimeur en 1873 et conseiller municipal de Paris en 1877. De plus, les architectes darrondissement furent remplacés par Charles Lucas XE "Lucas, Charles (1838-1905)" , architecte de la Ville de Paris. Le 27 juillet, A. Hovelacque fut nommé président de la commission du Livre, et H. Depasse, journaliste de profession, secrétaire.
La F.F.T.L.avait obtenu de A. Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" la promesse que la Chambre syndicale typographique parisienne serait représentée au sein de la Commission. A. Hovelacque le proposa au Conseil municipal le 7 décembre 1887, qui renvoya le dossier pour étude à la 4e commission. Les personnes notables, les industriels quelle désigna furent : F. Champenois XE "Champenois, Ferdinand" , président de la Chambre des maîtres imprimeurs lithographes et Lortic XE "Lortic" , membre du conseil syndical de la Chambre patronale de la reliure-brochure. Quant au représentant des ouvriers typographes, elle se heurta à la complexité de la vie syndicale. Ce fut J. Cusset XE "Cusset, Joseph" qui avait préparé cette nomination en proposant à la 4e commission de choisir entre les deux syndicats parisiens : la Chambre syndicale typographique parisienne et le syndicat dit « de la rue de Bailleul ». Ce syndicat avait été créé en 1886 par des dissidents de la Chambre syndicale typographique parisienne. Or, J. Cusset était favorable à la désignation dun représentant du syndicat dissident, cest-à-dire Broin XE "Broin" , sans doute en raison de services rendus à la cause de lécole du Livre et probablement de sa volonté de ne pas laisser participer la F.F.T.L. à sa gestion. Cette attitude provoqua un véritable tollé du côté ouvrier. Ce conflit syndical empêcha toute nomination de représentant ouvrier, les conseillers municipaux refusant de choisir entre les deux camps. À la satisfaction de J. Cusset et des syndicats patronaux ? Sans doute... Le fait que F. Champenois fut nommé au sein du comité de surveillance nétait pas le fait du hasard : on le remerciait ainsi de son soutien. À linverse, aucun représentant de la Chambre des maître imprimeurs de Paris ne fut désigné : lexistence de lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" en était la cause.
Le comité de surveillance fut remanié à plusieurs reprises, les changements concernant principalement les conseillers municipaux. Le 23 avril 1890, on y adjoint de nouveaux représentants de la profession : Davanne, XE "Davanne" membre de la Société française de photographie; Tilly XE "Tilly" , graveur sur bois; Claude Motteroz XE "Motteroz, Claude" , maître imprimeur. De toute évidence, les « personnes notables » du comité étaient des chefs dentreprise. Les élections municipales de 1890 modifièrent la composition de ce comité. Les débats au sein du Conseil municipal furent âpres. Un certain nombre de conseillers appartenant aux professions du Livre revendiquait une place dans le comité de surveillance de lécole Estienne. Le 23 juillet, le nouveau comité fut constitué, avec A. Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" , H. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" , Collin, Navarre, L. Delhomme et Prudent-Dervillers. A. Hovelacque nétait pourtant plus conseiller mais député, et H. Depasse avait été battu aux élections, mais il fut maintenu dans le comité en raison de son métier de typographe. Les conseillers municipaux désignés en raison de leur profession étaient les suivants : Morane XE "Morane" , constructeur de machines à imprimer; Lampué XE "Lampué" , photograveur; Chauvière XE "Chauvière" , correcteur; Patenne XE "Patenne" , graveur.
La nomination officielle du directeur eut lieu le 30 décembre 1889, cest-à-dire deux mois après la rentrée. M. Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" était en fait directeur officieux avant dêtre nommé directeur provisoire. Outre M. Magnuski, il y avait deux autres candidats à ce poste et non des moindre : Monet, directeur de lImprimerie des publications périodiques (qui appartenait à la maison Dalloz) et Louis Guernier XE "Guernier, Louis" , directeur technique de lécole Chaix XE "École Chaix" . La nomination de M. Magnuski était tout à fait prévisible.
Marcel Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" , soutenu par A. Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" qui lavait chargé de préparer avec lui le projet de lécole du Livre en 1883, était devenu aux yeux du Conseil municipal et notamment du comité de surveillance, lhomme indispensable dans la mise en place de lécole Estienne. Dorigine polonaise, il était né le 13 juillet 1841 à Noyen, dans la Sarthe. Bachelier ès sciences en 1859, puis licencié en 1864, il suivit des cours à lécole des Mines dont il sortit en 1866. Après avoir travaillé dans des laboratoires, il commença à enseigner les mathématiques en 1874 à lE.P.S. Lavoisier puis à lE.P.S. Jean-Baptiste-Say. Au début des années 1880, il souhaitait obtenir une place de directeur dans une E.P.S. ou une école professionnelle. Or, à cette époque, « on » lui aurait demandé de soccuper de « lorganisation dune école dArt et Métier à Paris ». Le 17 décembre 1888, il fut mis en congé de ses fonctions de professeur pour soccuper uniquement de lorganisation de lécole Estienne à la demande du comité de surveillance. En mars 1889, il fut nommé directeur provisoire. Entre temps, il avait accompli pendant lhiver 1888-1889 un voyage détude en Europe et aux États-Unis pour étudier les « différentes écoles dapprentissage se rapportant aux industries du Livre ».
La confiance du comité de surveillance à son endroit était totale, comme le montre cet extrait dun procès-verbal du 8 juin 1889 : « Ce fonctionnaire a montré un dévouement absolu, une habilité et une énergie des plus grandes dans lorganisation de lécole. »
2 - Enseignements et enseignants
Nous ignorons quelles furent les conclusions que M. Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" tira de son voyage à létranger. La première trace que nous avons retrouvée sur lorganisation des enseignements de lécole du Livre est une brochure imprimée en 1891 et le rapport dactivité remis à ladministration de 21 janvier de cette même année. Lécole Estienne était portée par une grande ambition : former à tous les métiers du Livre en quatre ans. Lécole comportait ainsi huit sections avec leurs spécialités et options :
- Typographie : composition, impression, fonderie;
- Lithographie : dessin et chromolithographie; écriture; impression; gravure sur pierre. Options : crayon lithographique; autographie;
- Gravure : gravure sur bois; gravure en relief; gravure en taille-douce; écriture en taille-douce; impression en taille-douce;
- Reliure : reliure; dorure. Options : marbrure; dorure sur tranche;
- Clicherie-galvanoplastie;
- Photographie : photographie et procédés photomécaniques;
- Papeterie;
- Options : travail du bois et du fer.
Les cours denseignement général avaient lieu le matin, comportant principalement du français, des mathématiques et du dessin. Lécole Estienne devait former des ouvriers parfaits, citoyens et hommes de lart. Lexistence des options visaient clairement à rendre les élèves de lécole aptes à tous les travaux dans une même profession. Celle du travail du bois et du fer est symptomatique du malaise que provoquait à lépoque toute réflexion sur la spécialisation de louvrier, qui était immédiatement assimilée à une spécialisation à outrance : on justifiait ce type de formation en déclarant que le futur ouvrier pouvait ainsi mieux connaître ses instruments de travail et réparer les machines si besoin était. Les ateliers de bois et de fer étaient les plus répandus dans les cours denseignement professionnels destinés aux enfants.
En réalité ces ateliers ne fonctionnèrent pas tous en novembre 1889, date de lentrée des premiers élèves. Les concours pour les postes de professeur furent ouverts à partir du 5 mai 1888, mais la plupart de ces postes ne fut définitivement attribuée quentre lété 1889 et janvier 1890.
Pour les postes de professeurs datelier, lenjeu syndical était de taille, en particulier pour les syndicats ouvriers qui navaient pas réussi à obtenir une représentation au sein du comité de surveillance. Le Conseil municipal dut se résoudre à accepter des conditions très particulières dans la mise en uvre de ces concours, comme le montre le mode de composition des jurys : « Les candidats aux fonctions de professeurs avaient été convoqués pour désigner le jury chargé de classer leurs épreuves de concours et choisir leur professeur. » Nulle contestation nétait donc possible, ou plutôt recevable. Ainsi, le jury pour ladmission du professeur de composition typographique, dont limportance syndicale était primordiale, fut composé de quatre personnalités dont A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" , Alexis Mangeot XE "Mangeot, Alexis" et Lanier XE "Lanier" . Pour le poste de professeur dimpression typographique, le jury était composé de C. Motteroz XE "Motteroz, Claude" , Masson XE "Masson" et Declerq. Pour certains ateliers, les candidats avaient subi une sélection syndicale préalable. Le cas de la composition typographie est le plus spectaculaire : à lannonce de louverture du concours, le Comité central de la F.F.T.L. invita « tous les confrères qui voudraient se porter comme professeur à en faire la déclaration au siège social [du syndicat], 15, rue de Savoie, jusquau dimanche 7 avril [1889] avant midi. » Victor Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" devint ainsi le candidat officiel de la F.F.T.L. avant même que le concours proprement dit commençât. Il obtint le poste et fut un des professeurs les plus marquants de lhistoire de lécole Estienne. Un second professeur bénéficia de cette logique syndicale : Louis Bouché XE "Bouché, Louis (1837-1891)" , qui était devenu professeur de fonderie à lécole Estienne, était également président de la Chambre syndicale ouvrière des fondeurs. Le bureau de cette Chambre lavait préalablement désigné comme son candidat officiel et présenté ainsi dans son dossier de candidature à la préfecture de la Seine. Cette procédure syndicale ne provoqua pas de contestation patronale, même si les patrons ne lapprouvaient sans doute pas.
Mais elle nétait pas systématique. La désignation du professeur de dessin lithographique et de chromolithographie scandalisa les ouvriers lithographes, prompts par ailleurs à voir dans cet établissement la main du patronat un peu partout. Or, le jury était composé de trois ouvriers, dun patron et de J. Cusset XE "Cusset, Joseph" . Le candidat reçu était Eugène Mauler XE "Mauler, Eugène (1850-1906)" , un ancien ouvrier chromolithographe qui sétait mis à son compte. Si les ouvriers lithographes avaient une attitude légèrement paranoïaque concernant lécole Estienne, elle était parfois justifiée. Ainsi, la nomination du professeur dimpression lithographique, Alexandre Plurdau XE "Plurdau, Alexandre" , fut des plus curieuse : A. Plurdau, ouvrier, était professeur à lAssociation philotechnique. La Chambre patronale fut ravie cette nomination, comme en témoigne F. Champenois XE "Champenois, Ferdinand" : « Nous avons présenté [à M. Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" ] le maître ouvrier lithographe auquel nous pensions nous-mêmes confier lapprentissage de nos jeunes gens. Après examen de six candidats dont on mavait prié de faire de partie, il a été reconnu présenter les meilleures garanties et a été agréé comme professeur dimpression lithographie à lécole du Livre. » Il y a en effet des hasards assez troublants.
Lappartenance syndicale des professeurs datelier nétait pas systématique. Elle dépendait de limportance de certaines professions dans lindustrie et de leur degré de syndicalisation. Apparemment, lappartenance du professeur de composition typographique à la Chambre syndicale était admise par le comité de surveillance mais pas officiellement. En 1899, A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" demanda au comité « de naccepter au concours pour les emplois de professeurs que des candidats appartenant à un syndicat » ce quon lui refusa. Une telle appartenance navait rien de symbolique : un professeur datelier pouvait ainsi se charger de « léducation sociale » des élèves et jouer sur les effectifs de latelier, donc participer à la limitation du nombre dapprentis.
Parmi les 23 professeurs dateliers ainsi choisis, 13 ont une fiche biographique plus ou moins détaillée dans le registre du personnel. La plupart de ces 13 enseignants était des ouvriers qui avaient une trentaine dannées dexpérience professionnelle derrière eux, si on estime quils avaient commencé à travailler vers 12 ans. Lâge moyen était de 42 ans. Il est difficile de dire ce qui les a conduit à se présenter à ce concours. Néanmoins nous nous permettons de formuler lhypothèse suivante : pour les ouvriers qui travaillaient dans les branches plus fragiles économiquement, ces postes étaient un moyen de gagner leur vie. Pour dautres les motivations pouvaient être syndicales, comme V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" ou L. Bouché XE "Bouché, Louis (1837-1891)" . Selon nous, il est certain que passer de létat douvrier à celui de professeur dans un établissement public nétait pas chose facile et admise, comme le montre un poème publié en 1890 « célébrant » la nomination de V. Breton. Devenir professeur cétait prendre le risque de devenir un bourgeois, renier sa classe dorigine, comme le montre cette strophe :
Enfin pour finir, adieu les amis,
Je suis professeur à lécole Estienne,
Et je nvous parlrai plus, je srai trop bien mis
Et de vous fréquenter y faut que je mabstienne
Il y avait parmi les professeurs ceux chargés particulièrement des cours du soir. Nous avons peu déléments sur eux. Le principal témoignage vient de Gaston Da Costa XE "Da Costa, Gaston (1850-1909)" , un correcteur, ancien communard et syndicaliste. Il était proche du groupe du Réveil typographique et, parallèlement à son métier de correcteur chez Motteroz, fut nommé responsable du cours de grammaire dans le cadre des cours du soir. Ces cours commencèrent le 15 novembre 1889. Lambition était de dispenser des cours équivalents à ceux des cours du jour, y compris pour lenseignement général : grammaire; histoire du Livre; dessin dornement; composition typographique; impression typographique; fonderie; clicherie-galvanoplastie; impression lithographique; gravure sur bois; photographie et procédés photomécaniques; reliure-dorure. La direction de lécole espérait accueillir une centaine dauditeurs, enfants et adultes.
La constitution du corps des professeurs datelier se passa relativement bien, compte tenu des ambitions de chaque groupement professionnel. Linconnu concernait plutôt les élèves et lorganisation de leur apprentissage proprement dit.
3 - Les élèves
Le concours dentrée eut lieu le 7 octobre 1889. Il y eu 150 candidats dont 106 admissibles, le nombre dadmis ayant été fixé à 70. Pouvaient sy présenter tous les enfants habitant Paris ou le département de la Seine, âgés de 12 à 15 ans et titulaires du certificat détudes primaires. En réalité on admit 96 élèves auxquels il faut ajouter les dix élèves qui appartenaient à lÉcole des dessinateurs lithographes XE "École des dessinateurs lithographes" , agrégée à lécole Estienne le 15 janvier 1890. Nous ignorons la raison pour laquelle on augmenta les effectifs. Il est vrai que les ambitions de départ étaient davoir des promotions dune centaine dindividus.
Parmi ces 116 élèves, 11 % avait un père ou une mère qui travaillait dans le Livre. En ce qui concerne les autres, le recrutement socioprofessionnel peut-être qualifié de populaire, avec un fort encrage dans la petite classe moyenne : 23,5 % des chefs de familles étaient des ouvriers qualifiés, 28,4 % des petits commerçants et artisans, 28,4 % étaient des employés de bureau ou de commerce, 12,7 % étaient des ouvriers peu ou non qualifiés. Ce constat confirme en gros celui quavait fait Évelyne Peloille sur lorigine sociale des apprentis dans limprimerie parisienne à cette période : « Le recrutement est plébéien et ouvrier; pourtant, limprimerie est considérée comme la plus distinguée des entreprises manuelles, les bourgeois instruits mais peu aisés vont y introduire leur progéniture de plus en plus largement. »
Lorigine géographique des élèves confirme ce caractère populaire mais non exclusivement ouvrier du recrutement de lécole : 53 % des élèves habitaient les VIe, Ve et XIIIe arrondissements. 17,7 % des élèves provenaient du XIIIe arrondissement, qui était de loin le plus important. Ce recrutement concernait tous les arrondissements doù un éparpillement, sauf dans ce triangle formé par ces trois arrondissements les plus importants. Ces origines géographiques sexpliquent par la conjonction de deux éléments. Le quartier latin était traditionnellement le quartier de prédilection des imprimeries, bien quà lépoque les maisons les plus importantes commençaient à sinstaller en banlieue. De ce fait, les familles qui y habitaient connaissaient de près ou de loin les métiers du Livre. Limportance du XIIIe arrondissement est plus surprenante dans la mesure où lécole ny sera définitivement installée quà partir de 1895. En fait, la rue Vauquelin se situe presque à la frontière des Ve et XIIIe arrondissements et donc nest pas trop éloignée de la résidence dune partie des élèves.
On admit des élèves plus vieux et plus jeunes que ne le prévoyait le règlement : 3 avaient 11 ans et 5 plus de 16 ans. Lâge moyen des élèves en entrant à lécole Estienne était de 13 ans; 38 % avaient cet âge. Sauf quelques exceptions, tous sortaient de lécole communale. Donc la plupart dentre eux navaient eu aucune expérience de la profession qui allait leur être enseignée. La première année fut une découverte pour tous, élèves, professeurs datelier, direction.
La durée de la formation avait été fixée à quatre ans, alors quinitialement on envisageait trois années. En fait, on navait pas fondamentalement modifié ce choix : il était question de spécialiser les élèves mais sans excès; donc, on préféra consacrer cette première année à la découverte de tous les ateliers par un système de roulement. Ceci donna naissance aux premiers mots du jargon stéphanois, le « circulus », qui désigne de passage par tous les ateliers, et « culus », surnom attribué aux élèves de première année. Laffectation définitive de lélève à un atelier devait se faire en fonction de ses résultats, les aptitudes au dessin étant un des principaux critères dorientation, du désir de lélève (cest-à-dire en réalité celui des parents) et de lavis des professeurs datelier.
Cette première année fut une véritable épreuve pour les professeurs datelier qui navaient jamais été confrontés à une classe dapprentis. Afin de leur faciliter la tâche on scinda la centaine délèves en deux groupes, A et B. Malgré la difficulté du nombre, ce fut au terme de cette première année scolaire que lécole Estienne publia son premier ouvrage. Dans lavant-propos, V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" écrit : « Comme toutes les institutions qui nont pas de précédents à consulter pour leur organisation, les débuts de lécole Estienne ont été semés de difficultés. » Cet ouvrage, qui est un résumé des cours de V. Breton faits pendant cette année, a été élaboré par des élèves qui avaient suivi huit heures de cours de composition typographique par mois, à raison de quatre heures tous les quinze jours, « par fournée de cinquante élèves à la fois ».
Pour V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , cette première année fut un réussite : les élèves de lécole Estienne « deviendront des ouvriers délites, ils seront des citoyens utiles, sachant remplir leurs devoirs envers la Famille, la Patrie, lHumanité. » J. Cusset XE "Cusset, Joseph" ne se montra pas moins optimiste dans son discours de fin dannée en juillet 1890. Mais il ne fit pas silence sur lexistence dune certaine hostilité de membres de la profession à légard du directeur, et souhaitait que ce dernier continuât à y « répondre par un silence dédaigneux ». Le dédain nétant pas toujours la meilleure méthode de gérer les conflits, J. Cusset tenta de ménager les susceptibilités : le Conseil municipal, qui « a voulu donner satisfaction à tous les intérêts en créant une école du Livre », restera « soucieux des intérêts des travailleurs ». Mais lannée suivante, plaire à tous devint une gageure.
II - Genèse dun « scandale »
Les critiques apparues dans la presse professionnelle sur lécole de 1887 à 1890 allaient rarement jusquà réclamer la disparition pure et simple de létablissement. Le « scandale » fut donc aussi brutal quinattendu. Il fut le fruit dune réaction en chaîne qui transforma rancoeurs en cabales, divergences en conflits ouverts et intérêts particuliers en cause collective. Il fut surtout le résultat de la conjonction de groupements totalement opposés qui se sont rejoints sur un point, leur hostilité à lencontre de lécole Estienne, école unique au monde comme le Conseil municipal se plaisait à la présenter.
1 - Mésaventures architecturales
La principale difficulté à laquelle les membres du comité de surveillance durent trouver remède fut lavancement des travaux de la construction de lécole boulevard dItalie. Ce sujet fît paraître les autres bien anodines.
Le projet initial de A. Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" reposait sur la possibilité de construire cette école sur un terrain rue Oudinot, dans le VIIe arrondissement. Or limmeuble quil convoitait était occupé par les frères de la Doctrine chrétienne, et il neut de cesse de réclamer leur expulsion, en vain. Laffaire traînant en longueur, A. Hovelacque jeta alors son dévolu sur un terrain récemment acquis, à langle du boulevard dItalie et de la rue de Gentilly, par la municipalité dans le XIIIe arrondissement. Acheté en 1882, ce terrain était au départ destiné à accueillir un groupe scolaire important : trois écoles primaires et deux écoles professionnelles. Charles Lucas XE "Lucas, Charles (1838-1905)" , inspecteur des services darchitecture de la Ville de Paris, avait été chargé en 1883 délaborer un projet architectural pour ce groupe scolaire que lon envisageait de construire sur ce terrain. Le 25 juillet 1887, A. Hovelacque obtint quil devint larchitecte de la future école du Livre.
Le Conseil municipal désirant que lécole Estienne fût achevée pour lexposition universelle de 1889, C. Lucas XE "Lucas, Charles (1838-1905)" dut aller vite. Les services darchitecture de la préfecture de la Seine émirent des réserves sur son travail, dont les lacunes étaient, reconnaissaient-ils, dues essentiellement à la précipitation avec laquelle le Conseil mena cette affaire. Dune surface de 5600 mètres carrés environ, le bâtiment était constitué en quatre ailes avec une cour centrale, en briques et pierres. Le bâtiment central était réservé à ladministration et au logement de fonction du directeur. C. Lucas décida de laisser vide les 2300 mètres carrés entre la façade et le boulevard dItalie, car on envisageait encore de réserver cette partie de terrain à la construction dune école professionnelle de filles. De fait, la mixité nétant pas à lordre du jour, les élèves de lécole Estienne devaient accéder à lécole par une voie longeant lécole au nord partant de la rue de Gentilly.
Ladjudication des travaux fut ralentie et compliquée par des conflits sociaux. Il fut dès lors impossible dinaugurer les bâtiments pour lexposition universelle de 1889. Mais le retard dans lavancement des travaux saggrava. Le site présentait dimportants problèmes : il était en pente vers lancien lit de la Bièvre et était placé sur danciennes carrières comme le reste du quartier. Ces contraintes et la précipitation avec laquelle C. Lucas XE "Lucas, Charles (1838-1905)" dut travailler entraîna de nombreuses malfaçons dans les fondations. En 1889, C. Lucas fut considéré comme responsable, congédié et remplacé par Samuel Menjot de Dammartin XE "Menjot de Dammartin, Samuel (1836-1920)" . S. Menjot de Dammartin a modifié les plans de C. Lucas mais a en repris les grandes lignes. Le Conseil municipal fut obligé de voter un crédit supplémentaire de 68 000 francs.
Les élèves sinstallèrent dans lécole à la fin de lannée 1895. Linauguration eut lieu le 1er juillet 1896 en présence du président de la République Félix Faure XE "Faure, Félix (1841-1899)" . La surface bâtie était de 3200 mètres carrés. Les ateliers qui nécessitaient dimportants équipements en machines étaient situés dans le hall des machines à louest, au fond de lécole, sur deux niveaux dont un en sous-sol, la partie supérieure étant recouverte dune verrière. Les ailes nord et sud, avec deux étages, étaient réservées aux autres ateliers, aux cours de dessin et à lenseignement général. De lextérieur, lécole Estienne ne se distingue pas des autres bâtiments scolaires parisiens construits à la même époque. Sa singularité vient du hall des machines mais surtout de ce terrain vacant entre la façade et le boulevard. Sans doute pour ne pas reprendre à zéro le plan de lécole, le Conseil municipal décida de conserver cette partie du terrain tel quel en le transformant en jardin dit « cour dhonneur ». De fait, on conserva aussi lentrée réservée aux élèves au nord. Pendant toute la période que nous avons étudiée, il leur était interdit dentrer par le portail principal.
Estimé au départ à 18 millions de francs (en francs constants), la construction de lécole coûta en définitive 20 millions. Ce dépassement et surtout le retard de six ans par rapport au projet initial émoussa sensiblement lenthousiasme des conseillers municipaux, et certains de se demander si leffort financier de la Ville valait vraiment un tel résultat. Du côté des professionnels du Livre, il y avait longtemps que ces dépenses étaient synonymes de gaspillage.
2 - Les maîtres imprimeurs
Le 21 juillet 1890 fut ouvert le second concours dentrée de lécole : 471 candidats sy pressèrent. Le succès du concours ne convainquit pourtant pas les hommes de métier pour qui les critiques exprimées jusqualors restaient toujours dactualité.
Le Gutenberg-journal qui fut le seul organe patronal à défendre la légitimité de lécole Estienne seffraya peu à peu des dépenses dont elle faisait lobjet. Signe de cette désaffection, la revue se réjouit de la défaite de J. Cusset XE "Cusset, Joseph" aux élections municipales de 1890, « qui navait pas fait un grand effort pour la défense de nos intérêts corporatifs à lHôtel de Ville ». La principale raison de ce revirement est la confirmation que les subventions municipales à légard des cours professionnels privés ne seraient pas à la hauteur des espérances. La Chambre des maîtres imprimeurs de Paris pouvait dès lors élargir le clan des détracteurs.
Le 5 mai 1890, la Chambre patronale tint son assemblée annuelle au Cercle de la librairie. G. Jousset XE "Jousset, Gabriel (1829-1896)" , président de lassociation Gutenberg XE "Association Gutenberg" gérante de lécole du même nom, dressa un bilan financier inquiétant de létablissement patronal. Il conclut : « Luvre périclite entre nos mains. » Le déficit se montait alors à 2 000 francs; il manquait à lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" 800 francs pour fonctionner normalement... G. Jousset constata donc que la gestion de lécole par une association avait échoué et quil fallait pour la sauvegarder que la Chambre en devint propriétaire. Cette proposition fut adoptée. Mais les rancurs à légard des conseillers municipaux arrivèrent à leur paroxysme : « Autrement, que resterait-il à faire ? lit-on dans le Gutenberg-journal. À baisser pavillon devant lécole du Livre, fondée par la Ville, cest-à-dire à liquider; Or, si lon en croit les gens du métiers, son enseignement laisse beaucoup à désirer et ne produira pas, croyons-nous, les fruits que lon semblerait en attendre. » Cette revue défendit alors, plus quelle ne lavait jamais fait, lécole Gutenberg : « sans méconnaître les service pourra rendre plus tard lécole Estienne, elle ne saurait remplacer son aînée, dont le programme, moins chargé, est plus pratique et plus propre à donner satisfaction à tous les desiderata. » La position de la revue se raidit davantage en apprenant que le Conseil municipal envisageait de faire réaliser un certain nombre de travaux par lécole Estienne, sujet sensible si len est pour les maîtres imprimeurs qui fit écrire dans la revue : « Limprimerie privée est définitivement condamnée. »
3 - Les ouvriers
Du côté des « typos », on mêla lexpectative à une hostilité de principe. La principale inquiétude des ouvriers était de voir sortir de lécole une nuée de jeunes ouvriers, idée que combattit énergiquement V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" : « [...] quel parallèle pourra-t-on établir entre ces apprentis sortant de lécole, sachant travailler, instruits, syndiqués de cur, avec ces envois journaliers des boites de province qui nous lâchent journellement à Paris le trop plein de leurs apprentis. » Lélitisme affiché de lécole Estienne finit par agacer des ouvriers pour qui lapprentissage était la chasse gardée de la corporation. Le Conseil municipal était accusé davoir fondé une école pour privilégiés : « Un tel, soit parce quil aura quelque fortune ou bien parce quil voudra en faire un bon ouvrier ne regarda pas si son fils lui rapportera pendant trois ou quatre ans dapprentissage; mais combien sont plus nombreux ceux qui sont dans une situation différente. »
La présence de V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" dans le corps des professeurs datelier a sans doute empêcher que la F.F.T.L.attaque de front létablissement. V. Breton se considéra dailleurs comme un médiateur. Il était en outre épaulé dans cette défense par E. Morin XE "Morin, Edmond (1859-1937)" et G. Da Costa XE "Da Costa, Gaston (1850-1909)" par le biais du Réveil typographique.
En 1890, Antoine Laporte XE "Laporte, Antoine" , libraire, rédigea et fit publier un pamphlet dune grande violence contre lécole, dont nous reproduisons le titre in extenso : Les Estienne magnuskisés ou lécole municipale Estienne des arts et industries du Livre slavée [sic] par Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" et Cie. 243,650 francs des contribuables parisiens, affectés, sous prétexte denseignement du livre, à lenseignement du bois, du fer, de la gymnastique, détudes scientifiques, littéraires, grammaticales, historiques, etc., aux appointements dun directeur et dun personnel, en grande partie, étrangers, même aux connaissances essentielles du métier du livre. Observations adressées au conseil municipal de Paris. Ce pamphlet est remarquable en ce quil synthétise tous les reproches, même contradictoires, à lencontre de lécole : dépenses considérables; trop de spécialisation; faible spécialisation; enseignement trop technique; enseignement trop général. A. Laporte porta des accusions contre M. Magnuski et réclama une enquête sur sa gestion. Cette brochure eut un faible écho dans la profession. Le seul groupement à y porter foi fut celui des ouvriers lithographes.
Ulcérés par la disparition de lÉcole des dessinateurs lithographes XE "École des dessinateurs lithographes" , les syndicalistes de cette profession menèrent une campagne de presse acharnée contre lécole Estienne. La Fédération lithographique reprit à son compte lessentiel de largumentation de la presse syndicale ouvrière : lécole Estienne formera trop dapprentis et nest pas ouvrière. M. Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" devint leur cible privilégiée : « ambitieux et dune incompétence notoire », il est accusé davoir tout fait pour faire disparaître lÉcole des dessinateurs lithographes qui lui aurait fait ombrage et davoir abréger la vie de G. Sanier XE "Sanier, Gustave (1827-1890)" en le persécutant. Son attitude aurait été dénoncée par G. Sanier peu de temps avant sa mort auprès du préfet de la Seine, qui aurait diligenté une enquête le 7 janvier 1890.
Cette véhémence à légard de cette école présentée comme un repaire de misérables incompétents ne les empêcha pas de réclamer en novembre 1890 au Conseil municipal la nomination dun membre de la Fédération lithographique au comité de surveillance de lécole. Cette demande fut repoussée au motif que le comité était constitué et quil fallait attendre la prochaine vacance. Leur frustration était à son comble. Le rapport annuel de lactivité de la Fédération lithographique réclama alors « le droit des travailleurs au contrôle des écoles publiques ».
Cette attitude illustra parfaitement les contradictions des détracteurs de lécole Estienne. Mais si les opinions divergaient sur la légitimité de létablissement en fonction dintérêts particuliers, la frustration gagna du terrain dans lensemble de la profession. En effet, la nomination de « personnes notables » dans le comité de surveillance nétait pas motivée par la volonté de représenter la profession : ces membres ne représentaient queux-mêmes et la présence de F. Champenois XE "Champenois, Ferdinand" au sein du comité nétait rien dautre quune alliance entre la Chambre des maîtres imprimeurs lithographes et le directeur. De fait, les groupements professionels navaient aucun moyen de se faire entendre.
III - Le « scandale »
Cette représentation plus quinformelle de la profession auprès de la direction de lécole Estienne a probablement entretenu un certain aveuglement du Conseil municipal à son égard. Il a très probablement été dans lincapacité de prendre la mesure de la capacité daction de ces patrons et ouvriers du Livre qui savaient unir leur force malgré leurs divisions. Ceci aboutit à lannée 1891, celle du « scandale de lécole du Livre ».
1 - Lenquête administrative
Pour comprendre comment ces conflits ont dégénéré, il nous faut reprendre cette histoire chronologiquement. M. Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" ne fut nommé officiellement directeur par le Conseil municipal que le 30 décembre 1889 et confirmé dans cette fonction par arrêté du 26 avril 1890 du ministère de lInstruction publique. De même, jusquen juillet 1890, le comité de surveillance, établi en juillet 1887, avait toujours un statut provisoire. Le premier comité officiel ne fut constitué quen juillet 1890. Il se réunit pour la première fois le 25 juillet 1890 mais ne « commença réellement ses travaux quà partir du mois doctobre ». Par ailleurs, A. Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" avait eu un rôle décisif dans le projet de lécole et le vote de sa création et cest lui qui avait soutenu M. Magnuski jusquà sa nomination. Or, A. Hovelacque, qui nétait plus conseiller municipal mais restait membre du comité de surveillance, semble avoir été de moins en moins présent dans les affaires de lécole. En juillet 1890, ce sont des hommes nouveaux qui siégeaient au comité.
Déjà particulièrement échaudés par les dépenses occasionnées par la construction de lécole boulevard dItalie, les conseillers municipaux regardèrent son budget dun il neuf. Il est vrai que la majorité radicale du Conseil fut ébranlée par loffensive boulangiste aux élections partielles de 1889 et quune meilleure gestion des deniers publics est toujours un bon moyen de conserver son électorat. Lors de son vote en décembre 1890, le budget de lécole Estienne en fit les frais : « Le conseil de surveillance décide de supprimer un adjudant, les professeurs dallemand, dhistoire de lart, de lhistoire du Livre, les professeurs dautographie, de cartonnage, de marbrure, de photogravure en creux, en relief, de phototypie, le professeur du travail du fer, quatre gagistes, lindemnité du préparateur de physique, les encouragements au personnel technique. Le conseil de surveillance décide en outre de diminuer les traitements des concierges. » Pour ce qui était des cours du soir, on décida de supprimer « les trois cours de dessin, dhistoire et de grammaire typographique ». En novembre 1891, Lampué XE "Lampué" , membre du comité de surveillance, déclara lors de son entrée en fonction quil « fut épouvanté par le nombre des professeurs et par lexagération des dépenses ».
Plusieurs membres du comité eurent la même réaction. Les relations avec M. Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" furent de plus en plus tendues, les conseillers narrivaient pas à obtenir de sa part des éclaircissements sur sa gestion qui leur paraissait bien opaque. Le 23 mars 1891, le comité décida « de demander au Conseil municipal de reporter au budget de lécole Estienne, pour lexercice de 1891, le reliquat des crédits de cette école non employés sur le budget de 1890, pour pouvoir acheter loutillage indispensable à cette école et régler les dépenses engagées par lancien conseil de surveillance. » Cette procédure confirmait les irrégularités comptables du directeur et attira lattention du délégué du ministre de lInstruction publique qui siégeait obligatoirement, avec son collègue du ministère du Commerce, au comité de surveillance de lécole depuis juillet 1890. Une enquête administrative fut diligentée peu après. Le 19 mai 1891, H. Carriot XE "Carriot, H." , directeur de lenseignement primaire de la Seine, communiqua au ministre de lInstruction publique les conclusions provisoires de lenquête : on ne pouvait nier que M. Magnuski avaitt commis de graves erreurs dans sa gestion du budget de lécole, mais on ne pouvait mettre en doute sa probité : il ny avait pas de détournement de fonds mais « seulement » incompétence.
Lenquête cependant continuait auditionnant les personnes, fort nombreuses, accusant M. Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" de malhonnêteté, de corruption, etc. La lecture du dossier de lenquête confirmait cependant les premières conclusions de H. Carriot XE "Carriot, H." : les fautes étaient graves mais non criminelles ou déshonorantes pour son auteur. Le reste ressemblait fort à des ragots.
Tout se passait dans la discrétion jusquau moment où la presse sen empara.
2 - La campagne de presse
Cela faisait longtemps que la Fédération lithographique menait une campagne de presse contre le directeur de lécole, mais sans succès. Le vote du budget de 1891 provoqua involontairement une campagne autrement plus puissante.
En supprimant de nombreux cours, le Conseil municipal avait décidé de supprimer celui de Gaston Da Costa XE "Da Costa, Gaston (1850-1909)" un des partisans de létablissement, partisans qui nétaient pas légion dans les syndicats ouvriers. Furieux, G. Da Costa décida de ne pas attendre le non renouvellement de son poste et donna sa démission en avril 1891. Le 27 mars 1891, le journal La Justice publia un article dénonçant labsence impardonnable de professionnels dans le comité de surveillance de lécole. Repris dans le Réveil typographique, cet article fut commenté par E. Morin XE "Morin, Edmond (1859-1937)" qui défendait à son tour cette thèse avec une violence inaccoutumée. Mais surtout il annonça à ses lecteurs quune enquête était en cours portant sur les « nombreuses erreurs de comptabilité », et que, sans vouloir « empiéter sur lenquête », il dénonçait la politique déquipement hasardeuse menée par la direction de lécole et des nominations de professeurs faites dans des circonstances douteuses. G. Da Costa et E. Morin avaient désormais changé de camp. V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , isolé, donna sa démission au comité de rédaction du Réveil typographique le 17 avril : il déclara quil refusait « la situation fausse dans laquelle [il se] placer[ait] en semblant [se] rendre solidaire de critiques formulées contre une institution qu[il a], dans la mesure de [ses] moyens, mission de faire prospérer. » Le 10 mai, la revue publiait lannonce suivante :
Nous prions toutes les personnes qui auraient à se plaindre des agissements de la direction et, daprès ce que nous savons déjà, elles sont nombreuses de nous faire connaître leurs motifs, par lettre adressée au Réveil, ou en nous assignant un rendez-vous, le jour quil leur plaira, avant cinq heures du soir.
Pour le Gutenberg-journal, loccasion était trop belle. Le 6 mai, il publia un article sur ces « racontars » qui lintéressaient « médiocrement ». La gestion et lutilité sociale de lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" étaient dautant plus faciles à citer à exemple. La Chambre des maîtres imprimeurs profita naturellement pour délivrer un blâme au Conseil municipal : « En présence de ces faits, ne serait-on en droit dexprimer le vu de voir le Conseil municipal intervenir par lui-même dans la création des écoles professionnelles, pour en laisser linitiative aux chambres syndicales, en bornant son rôle à seconder linitiative de ces chambres par lattribution de subventions largement et intelligemment accordées ? » De son côté, la rédaction du Gutenberg-journal souhaitait voir le budget de lécole Estienne sensiblement allégé, « dans le seul intérêt de la Typographie ».
Dans le reste de la presse professionnelle, on ne suivit pourtant pas ces confrères : on attendait apparemment que le résultat de lenquête fut remis officiellement, ce qui arriva le 11 août 1891. Les conclusions étaient les mêmes que celles établies au mois de mai. H. Carriot XE "Carriot, H." jugeait le programme de lécole « intelligent » mais les querelles du directeur avec certains membres du personnel avaient altéré lautorité de sa fonction. Il proposa donc quun blâme lui fût adressé et quil fût muté. Lenquête et le rapport qui en a suivi fut donc connu et la presse nationale sempara du « scandale de lécole du Livre », sujet dont lintérêt principal était de mettre au pilori la gestion de la majorité municipale. Cette campagne de presse dura jusquen novembre 1891.
La mise en congé de M. Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" en août puis sa mutation le 24 septembre 1891 au collège Chaptal comme professeur de mathématiques ne calma pas les esprits.
3 - Épilogue
La sanction dont M. Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" fut la victime navait rien que de très légitime. H. Carriot XE "Carriot, H." fit preuve dune réelle pertinence dans ses analyses : « M. Magnuski avait eu la première conception de lécole du Livre. Il voyait dans cette conception un légitime sujet orgueil. Il a écarté tout ce qui lui paraissait faire obstacle à ce que le développement de lécole fût aussi rapide quil le désirait. Lobservation des règles administratives lui a semblé à un moment donné pouvoir entraver les progrès de son uvre; il les a résolument écartées. »
Or cette sanction administrative ne pouvait calmer les esprits. À lannonce de cette décision, ce fut lensemble de la presse professionnelle qui accusa le Conseil municipal de tous les maux. Au sein du Conseil, la crise était aiguë : lopposition trouva là une magnifique occasion pour mettre en cause la majorité. Au sein de la majorité, on tenta de rejeter la responsabilité de cette affaire au comité de surveillance. Le comité de surveillance accusa le précédent comité davoir fait une confiance aveugle et coupable à M. Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" . Dans ces circonstance, M. Magnuski faisait bel et bien unanimité contre lui. La direction de lenseignement primaire de la Seine et le préfet qui assistaient aux séances du Conseil ne purent cacher une certaine satisfaction : les conseillers municipaux si prompts à réclamer lindépendance du Conseil sétaient lourdement fourvoyés.
Pour sortir de cette crise, la majorité municipale dut trouver au plus vite le coupable idéal contre qui tous sentendraient : ce fut évidemment M. Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" . Loccasion se présenta lorsquun conseiller, Georges Villain XE "Villain, Georges" , laccusa à la séance du Conseil le 16 novembre davoir menti sur ses titres universitaires : il navait jamais été licencié et de fait ne pouvait devenir directeur détablissement scolaire. La direction de lenseignement mena à nouveau une enquête qui confirma les dires de G. Villain. M. Magnuski fut révoqué le 22 novembre 1891. Mis en quarantaine par ses collègues du Collège Chaptal, connaissant lexistence de cette deuxième enquête, M. Magnuski donna sa démission le 21 novembre. Sa chute fut rude, il ne sen remit jamais, malgré sa réintégration discrète à lInstruction publique en 1894.
Restait lavenir de lécole Estienne. Sur 24 professeurs dateliers, dix nétaient plus présents à la rentrée de 1891 : 2 étaient décédés, 2 avaient été renvoyés; 6 autres avaient donné leur démission. Si lavenir de lécole était compromis, il était en revanche impossible de la supprimer. Elle avait été reconnue officiellement par le ministère de lInstruction publique par arrêté du 15 mars 1890, ce qui obligeait le Conseil municipal à la maintenir en fonction pendant cinq ans. La Chambre des maîtres imprimeurs parisiens pouvait seulement se consoler avec le discrédit qui la frappait. Mais les revendications ouvrières, celles des lithographes en tête, étaient autres. Le 29 septembre, à linitiative de ces derniers, fut organisée une réunion à la Bourse du travail dont le thème était : « Direction et enseignement de lécole Estienne - lélément ouvrier est-il indispensable dans la commission de surveillance ? » La réponse était sans surprise : « La corporation du Livre [...] émet le vu de voir une commission de surveillance composée exclusivement de délégués des chambres syndicales ouvrières. » Les chambres syndicales étaient invitées à nommer trois délégués afin « délaborer un programme technique et social » pour lécole Estienne. Ce programme fut discuté le 17 novembre. Huit syndicats ouvriers étaient représentés. Lenthousiasme des lithographes retomba rapidement. Le délégué de la Fédération lithographique sétonna « de voir deux professeurs de lécole Estienne mandatés comme délégués »; surtout, il apparut quil était impossible de dicter une réforme au Conseil municipal compte tenu du statut de lécole. On se résigna à réclamer seulement une audience auprès de la 4e commission.
Si la crise que venait de subir lécole est explicable, son ampleur lest moins. De surcroît, comme le montre cette réunion des syndicats ouvriers, fondamentalement personne navait une position claire vis-à-vis de lécole. La chambre des maîtres imprimeurs voulait surtout obtenir des subventions municipales; les ouvriers lithographes voulaient à la fois la tête du directeur et faire de lécole un établissement sous contrôle ouvrier exclusif; les autres groupes professionnels auraient toléré cette école sils avaient obtenu du Conseil municipal une place dans le comité de surveillance. Le scandale vint dune conjonction presque accidentelle de frustrations. Au terme de lannée 1891, la profession était obligée de vivre avec une école quelle navait pas réclamée et sur laquelle elle navait légalement aucun contrôle.
En fait, lécole Estienne venait de payer le prix dune absence de véritable réglementation de lapprentissage dans le Livre. Certes, syndicats patronaux et ouvriers avaient des positions tranchées. Les premiers contacts sur la question ninterviendraient quà partir de 1895. Mais, dans chaque camp, on élaborait une nouvelle organisation de lapprentissage qui devait se substituer à lapprentissage traditionnel, dont la base commune était lexistence de cours du soir. Le Conseil municipal leur avait involontairement imposé un modèle totalement inédit, une formation professionnelle effectuée dans le cadre scolaire : lécole Estienne arrivait trop tôt.
Troisième partie
1892-1913
De La reconstruction À la stratÉgie
de lÉcole-type
Bien quil eût été difficile au Conseil municipal de faire disparaître lécole Estienne, il nen fallait pas moins « reconstruire » létablissement dont limage dans la presse nationale avait été particulièrement ternie. Deux directeurs ont uvré en ce sens, chacun à leur manière, en fonction de leur personnalité et du contexte dans lequel ils durent travailler. Pour le premier, Pierre Frayssinet XE "frayssinet, Pierre" , limpératif était de redorer le blason singulièrement terni par le scandale de 1891 sans heurter de front les susceptibilités professionnelles et syndicales. Pour le second, Hippolyte Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" , lécole Estienne devait non seulement devenir irréprochable mais aussi un modèle pour la formation dans les industries du Livre.
Si P. Frayssinet XE "frayssinet, Pierre" a en partie atteint son objectif en adoptant un profil bas de circonstance, les ambitions de H. Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" ravivèrent les conflits. Mais ce relatif ostracisme professionnel pesait dun poids égal avec une politique municipale denseignement de plus en plus incertaine.
A - 1892-1897 : La reconstruction de lécole Estienne
Lorsque Pierre Frayssinet XE "frayssinet, Pierre" fut nommé directeur, il ne fut pas accueilli comme lhomme providentiel mais par lindifférence dun conseil municipal éreinté par plusieurs mois de campagne de presse. Il le fut pourtant, malgré des ambitions fort limitées.
Sa situation était en effet difficile. Le Conseil municipal considérait lécole Estienne comme un échec complet. Elle était devenue le mouton noir de sa politique denseignement professionnel et avait un budget difficile à défendre. P. Frayssinet XE "frayssinet, Pierre" put néanmoins sappuyer sur une poignée de conseillers municipaux, prêts à assumer lhéritage de leurs prédécesseurs. Il trouva également un soutien inestimable en la personne de V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" qui sut jouer les intermédiaires entre lécole et la profession.
Après la crise de 1891, les syndicats patronaux et ouvriers se firent relativement plus discrets. En matière dapprentissage, tout restait à faire ce qui mobilisa leur attention, laissant lécole Estienne dans langle mort de leurs préoccupations immédiates.
I - La remise en ordre
Après le pugilat dont lécole fit lobjet, une réforme était indispensable, au moins politiquement. Or, si cela était symboliquement important, dans les faits cela navait pas grand sens. La campagne de presse navait proposé que la disparition de létablissement ou des coupes sévères de son budget, ce qui revenait pratiquement au même. Par ailleurs, lenthousiasme des débuts nétait plus de mise et les conseillers municipaux peu enclins à réfléchir sur les enseignements dune école dont la vocation première était de former à tous les métiers des arts et industries du Livre.
1 - Le Conseil municipal
Jusquen 1891, peu de voix sétaient élevées dans cette assemblée pour contester la direction de lécole. Linquiétude avait grandi avec les problèmes rencontrés dans la construction des bâtiments. Mais cest à partir de la crise de lété et de lautomne de 1891 que les attaques devinrent systématiques. Lécole Estienne était devenue un cas exemplaire pour lopposition de la dilapidation des deniers publiques.
Cependant, le vote du budget de lécole de 1891, qui avait eu lieu en décembre 1890, avait déjà été placé sous le signe des économies. Mais une politique de restriction navait pas grand sens. Lécole ne devait atteindre sa « vitesse de croisière » quen 1892, lorsquelle accueillerait un effectif complet délèves pour les quatre années denseignement. Par ailleurs, la construction des bâtiments nétait toujours pas achevée. Le comité de surveillance dut en outre dévoiler les dettes laissées par M. Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" : 800 000 francs (en francs constants) de matériels commandés de son propre chef et non payés que le Conseil municipal fut obligée de payer.
Dès lors tout ce qui touchait à cette école entraînait de vifs débats. Le choix du nouveau directeur fut une occasion pour lopposition de montrer sa force, à défaut de défendre des idées constructives. En septembre 1891, ladministration préfectorale nomma directeur intérimaire Hersent XE "Hersent" , surveillant général de lE.P.S. Colbert. Il sacquitta de sa charge avec soin. Le choix du titulaire fut difficile pour les conseillers qui étaient bien décidés à ne pas renouveler lerreur précédente. Lors de la séance du 11 mars 1892, lensemble des élus exprimèrent le désir de nommer un directeur apte techniquement à diriger une école comme lécole Estienne. Les aptitudes exigées étaient précisées dans le décret du 17 mars 1888, mais il sagissait essentiellement de la possession dun certain nombre de titres universitaires. Il était donc impossible de trouver un homme connaissant les industries du Livre et répondant à ces critères. Lampué XE "Lampué" , membre du comité de surveillance, essaya de consoler ses confrères : il était de tout façon vain de chercher un directeur connaissant les dix-sept professions enseignées dans lécole. P. Frayssinet XE "frayssinet, Pierre" fut donc choisit, sans enthousiasme.
Né en 1849 à Toulouse XE "Toulouse" , P. Frayssinet XE "frayssinet, Pierre" était un professeur de lettres cherchant à faire carrière. Après avoir enseigné dans deux collèges de Haute-Garonne, il devint directeur de lécole professionnelle de Limoges XE "Limoges" qui venait dêtre créée par la ville en 1880. Dix ans plus tard, il ambitionnait de « monter à Paris » en présentant sa candidature à la direction dune E.P.S. Après avoir échoué au concours de directeur pour lE.P.S. Colbert, il dut rabattre ses ambitions en se présentant à celui de lécole Estienne. Jusquà sa nomination à la tête de lE.P.S. Arago en 1897, il demanda tous les deux ans sa mutation dans des établissements de ce type, plus prestigieux. À ses yeux, lécole Estienne ne devait être quune étape dans son ascension professionnelle et la première pour son implantation dans la capitale. Sa tâche fut rude : il réussit néanmoins à rétablir le crédit de lécole Estienne, et avec lui celui de la politique municipale. Mais il ne fut pas seul dans cette tâche.
En juillet 1893, le comité de surveillance fut à nouveau remanié mais les changements furent limités. Parmi ses membres, Lampué XE "Lampué" , photographe de profession, se distingua. Nommé à ce poste en juillet 1890, il succéda à Collin comme président du comité et ce jusquen 1902. Il simpliqua dans la vie de létablissement et surtout fut le principal conseiller à le défendre auprès de lassemblée municipale. Quant aux « personnes notables », la représentation non pas de professionnels mais de groupements syndicaux nétait toujours pas possible. Le 10 juillet 1893, la Chambre syndicale typographique parisienne proposa la nomination de E. Morin XE "Morin, Edmond (1859-1937)" . Lampué leur répondit : « Il y a dix-sept professions différentes enseignées à lécole Estienne; le nombre de membres du conseil de surveillance étant limité, nous ne pourrions contenter tout le monde. » Les seuls membres appartenant à des organisations syndicales restaient F. Champenois XE "Champenois, Ferdinand" et Lortic XE "Lortic" . Ce dernier, qui représentait la Chambre patronale de la reliure-brochure, décéda en 1893 : le syndicat le remplaça par Henri Marius-Michel XE "Michel, Victor-Paul" , qui siégea au comité jusquà sa mort jusquen 1925.
Il faut attendre le renouvellement du comité en 1896 pour que les syndicats ouvriers y entrent : ce fut E. Morin XE "Morin, Edmond (1859-1937)" , représentant la Chambre syndicale typographique parisienne, mais il y resta peu de temps. En conflit avec la Chambre sur la question importante de ladmission des femmes dans limprimerie et dans le syndicat, il dut démissionner de linstance syndical. Il fut remplacé dans le comité de surveillance par Jean-Baptiste Angelé XE "Angelé, Jean-Baptiste" en 1897. Pourquoi ce revirement alors que la déclaration de Lampué XE "Lampué" en 1893 laissait peu despoir ? Il semble que des deux côtés on fit des efforts : la F.F.T.L. accepta le jeu municipal, comme elle lavait annoncé lors de la réunion à la Bourse du travail en 1891, sans cesser de réclamer sa représentation dans le comité. Prenant note de cette persévérance, la direction de lécole admit progressivement que des organisations syndicales ouvrières puissent jouer un rôle officiel dans la vie de lécole. Le nombre des membres du comité de surveillance nétant pas extensible, on détourna la difficulté en proposant aux syndicats patronaux et ouvriers de participer aux jurys dexamen : à partir de juillet 1897, la profession était représentée par un patron et un ouvrier dans chaque jury.
Lampué XE "Lampué" et P. Frayssinet XE "frayssinet, Pierre" neurent de cesse de défendre le statut de lécole qui restait municipal. Ils invitèrent les syndicats à participer à la vie de lécole. Après la crise de 1891, la tentation était grande de céder aux pressions de la corporation. La direction de lécole choisit de prendre son temps en faisant comprendre que lécole Estienne ne devait pas être le jouet des syndicats, sans rompre totalement les relations avec la profession. En 1897, on peut dire que ces relations étaient en partie normalisées.
2. - La continuité
Ne fut-ce quà titre symbolique, le comité de surveillance se devait de réformer lécole. Or il choisit le statu quo en dépit des pressions des conseillers municipaux.
Dune manière abrupte, le comité de surveillance, mis en place en juillet 1890, avait déjà commencé à réformer les enseignements. En décembre 1890, il avait décidé de supprimer dix cours du jour et cinq cours du soir. Lors du vote du budget de 1892, un an plus tard, on dut sarrêter là : on ne pouvait supprimer dautres cours sans modifier sensiblement la mission de cette école dite du Livre...
Pourtant les pressions au sein du Conseil municipal étaient fortes. Les déclarations de Alphonse Humbert XE "Humbert, Alphonse (1844-1922)" , un ancien communard, radical, appartenant à la majorité, sont tout à fait représentatives. Membre du comité de surveillance de lécole Estienne, il estima quil ne pouvait y faire entendre ses positions et choisit den démissionner. Il présenta son propre projet de réforme de létablissement au Conseil municipal le 11 mars 1892. Pour lui, il était inutile denseigner certaines professions alors que dans lindustrie lapprentissage traditionnel était largement suffisant; les branches menacées de décadence devaient seules bénéficier dun enseignement dans cette école : il sagissait de la composition et limpression typographique et de la clicherie. Il accusa ainsi les membres du comité dengager « la Ville de Paris dans une voie onéreuse » à la grande joie de lopposition.
Les membres du comité de surveillance devaient à chaque mois de décembre, lors du vote du budget municipal, développer tout leur talent rhétorique pour défendre le budget de lécole qui de toute façon était condamné à augmenter. Lampué XE "Lampué" notamment le défendit âprement en flattant lorgueil municipal : lécole Estienne était une école unique au monde que tous les voisins européens leur enviaient; il énumérait les prix remportés dans différents concours, salons et expositions par lécole ou ses élèves et anciens élèves. On ne pouvait décemment supprimer des cours sans remettre en cause lexcellence de lenseignement. Quand il sagissait de demander des crédits supplémentaires pour des acquisitions de matériels, Lampué savait utiliser des arguments imparables : « Vous ne nous les refuserez pas, parce que vous voudrez achever luvre commencée. »
Il y eut cependant quelques changements dans lorganisation des enseignements. À la fin de lannée 1891 ou au début de 1892, Blondel XE "Blondel" , membre du comité, avait été chargé de proposer une réforme de létablissement, mais nous nen avons retrouvé aucune trace imprimée ou manuscrite. La principale modification intervint sur la durée du « circulus », période pendant laquelle lélève devait passer dans tous les ateliers avant dintégrer celui de son choix. Elle passa de un an à six mois puis à cinq, puis à quatre en 1896. Lorganisation de lemploi du temps ne fut pas modifié. A lorigine on avait réparti les élèves en deux groupes afin de faciliter le travail des enseignants. Ensuite, cette division prit un sens plus pédagogique. En première et deuxième année, les élèves étaient toujours repartis en deux groupes sans distinction de spécialité. En troisième et quatrième année, il y eut trois sections (A, B et C) qui distinguaient les élèves selon les spécialisations dans lenseignement général : le dessin pour les graveurs, dessinateurs lithographes et doreurs (A); le français pour les compositeurs, clicheurs, photograveurs et relieurs (B); les sciences pour les imprimeurs et les fondeurs (C). Limportance de lenseignement général était la principale originalité de lécole aux yeux des contemporains. Ses détracteurs laccusaient de vouloir faire des élèves des puits de sciences. Ce fut en partie justifié du temps de la direction de M. Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" . Par la suite, cela eut moins déchos. La direction justifia cet enseignement de la façon suivante : « Lenseignement, tel quil est donné, est des plus démocratiques, car il permet aux enfants douvriers de continuer leur instruction primaire jusquà lâge de 17 ou 18 ans, tout en apprenant complètement un métier. »
Les ambitions pédagogiques étaient grandes : lélève devait dans sa spécialité au terme de ces quatre années maîtriser tous les procédés et tous les types de travaux demandés dans lindustrie. Les compositeurs devaient ainsi savoir composer du grec en deuxième année; les clicheurs maîtriser la galvanoplastie et la stéréotypie; les imprimeurs typographes savoir travailler sur des machines à bras, mécaniques, rotatives, en blanc et à retiration. Le plus spectaculaire est lenseignement de la photographie et procédés photomécaniques puisque la direction avait décidé dans la même logique que lélève devait maîtriser tous les procédés existants, qui étaient fort nombreux à lépoque puisque lon était encore dans une période de tâtonnement : photographie, photogravure sur zinc, sur cuivre, en relief, de trait, en creux, tramée, en couleurs, photolithographie, héliogravure et phototypie. Ce fut latelier qui donna les moins bons résultats. La nouvelle direction ne modifia pas les objectifs de lécole : elle devait former des ouvriers. Ce choix avait particulièrement influencé la manière dont on forma les élèves de la section A, dominée par le dessin. Outre la maîtrise des techniques et procédés, les cours ninvitaient pas au développement de ce que lon appellerait aujourdhui la créativité de lélève. Le dessin était un simple exercice de copie. On formait des exécutants. Très vraisemblablement, ceci correspondait aux besoins de lindustrie. Cela se justifiait également par une conception de lart du Livre très traditionaliste. Ce fut frappant en reliure et en dorure : lenseignement comportait peu déléments sur lexécution des reliures courantes et sur les décors au balancier; la reliure industrielle en était totalement absente.
Les critiques sur lencyclopédisme de lenseignement étaient en partie justifiées, mais à la lecture des programmes dans les brochures imprimées par lécole, lenseignement des ateliers était bien le miroir de la profession ou de limage que les professionnels projetaient dans lopinion. Malgré les pressions, les changements furent peu importants sous la nouvelle direction, ce qui montre que lorganisation des enseignements par M. Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" et A. Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" était cohérent et pas si contestable que cela.
3 - Les premières promotions
Les élèves entrés en 1889 nétaient pas tous des « enfants douvriers » comme se plaisait à le dire la direction. Lanalyse que nous avons faite sur la première promotion se confirme pour les années suivantes avec une nuance : le scandale de 1891, largement diffusé dans la presse, eut dimportantes conséquences sur ce recrutement pendant quelques temps.
La majorité des élèves venait de la petite classe moyenne, constituée de fils douvriers qualifiés, artisans, petits commerçants et employés. Ce groupe représentait les deux tiers des effectifs en 1889 et en 1890; il nen représenta plus que la moitié environ en 1891 et 1892, cette baisse profita aux milieux moins favorisés. À partir de 1893, on en revint à la structure socioprofessionnelle de 1889, qui se modifia ensuite par laugmentation de la part des fils demployés qui était du tiers en 1896 au lieu du quart pendant les années précédentes. Le discrédit dont lécole fut temporairement frappée a également modifié la part des fils de professionnels du Livre parmi les élèves, en tombant à 3 % en 1891 au lieu des 11 % de 1889. Le niveau de 1889 fut retrouvé en 1894 pour atteindre 17 % en 1896.
La crise de 1891 avait également modifié pendant un temps le nombre de candidats au concours dentrée et le nombre dadmis. En 1889, 150 enfants sétaient présentés au concours; en 1890, 471; en 1893, 254. Le nombre dadmis suivit la même évolution : 106 en 1889, 109 en 1890, 105 en 1891, 70 en 1892. Le nombre dadmis remonta progressivement ensuite pour atteindre le nombre de 83 en 1896. M. Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" avait semblé considérer quune centaine délèves par promotion devait être la règle, sans doute pour affirmer limportance de son établissement. P. Frayssinet XE "frayssinet, Pierre" ne le suivit pas dans cette logique. Il dut probablement sadapter à la désaffection des parents pour cette école sans pour autant voir le niveau scolaire baisser. De tout évidence, on décida de maintenir un certain niveau scolaire : sur 83 admis en 1896, 65 avaient suivi le cours supérieur dune école primaire.
Les élèves venant des villes du département de la Seine, autres que Paris, représentaient 3 % des effectifs en 1889; ils passèrent à 25 lannée suivante. On en revint au niveau de 1889 quen 1894. Cette hausse spectaculaire sexplique en partie par la crise du recrutement, car lécole admettait en priorité les élèves parisiens, ce qui signifie que la direction dut admettre des élèves de banlieue faute de mieux. Les élèves parisiens venaient pour la moitié dentre eux de la rive gauche, et pour 25 à 50 % du triangle formé par les Ve, XIIIe et XIVe arrondissements.
La répartition des élèves par atelier nest pas facile à analyser : nous ignorons ce qui a amené un élève à choisir tel ou tel atelier; par ailleurs une analyse quantitative systématique nest pas très parlante puisque un atelier peut comporter de deux à une quinzaine délèves. Cependant certains ateliers se distinguent : le dessin lithographique (entre 10 et 15 % dune promotion), la composition typographique (de 10 à 11 %) et limpression lithographique (environ de 10 %). Même si les effectifs de ces ateliers ne comportaient quune dizaine délèves, limportance des deux ateliers de lithographie peut surprendre en raison de la crise que traversait cette industrie. Celle de latelier de composition typographique lest moins : limage du « typo » dans la société est celle dun ouvrier bien payé et auréolé dun certain prestige social, et ce en dépit de la crise et de lavènement de la composition mécanique.
Le placement des élèves est toujours décrit comme très satisfaisant dans les documents fournis par la direction et le comité de surveillance. Au terme de leur quatre années détudes, les anciens élèves âgés entre 16 et 20 ans auraient trouvé du travail dans les deux mois qui ont suivi leur sortie de lécole. En 1893, sur 57 élèves diplômés, 52 auraient trouvé du travail immédiatement avec un salaire moyen de 4 francs par jour : les compositeurs étaient les mieux rétribués avec un salaire 6 à 7 francs, suivis par les imprimeurs lithographes et typographes (4,50 francs à 5 francs); les salaires les plus bas obtenus étaient de 3 francs. Cette autosatisfaction exprimée dans les documents et brochures élude cependant laccueil fait à ces ouvriers dun type nouveau dans les ateliers... E. Morin XE "Morin, Edmond (1859-1937)" enquêta en 1894 sur lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" et recueillit le témoignage dun maître imprimeur sur un ancien élève : « Le personnel de limprimerie où nous travaillons ensemble lui avait fait subir milles petites vexations qui attendent presque partout les jeunes gens venant des écoles. » Les ouvriers les surnommaient alors les « produits ». Un ancien élève de lécole Estienne parle de « lantipathie absolument générale, tant de la part des ouvriers que des patrons. »
Ces documents cachaient également un problème important : les abandons en cours de scolarité. Ils représentaient environ 50 % des promotions. Les motifs de ces départs ne sont pas faciles à analyser car ils ne sont pas indiqués systématiquement dans les registres. Cette tendance était suffisamment inquiétant pour que P. Frayssinet XE "frayssinet, Pierre" fit paraître chaque été dans la presse professionnelle des annonces indiquant que ne pouvaient se présenter comme anciens élèves de lécole que ceux qui avaient accompli leur quatre années complètes de formation. Sur ce point au moins, lapprentissage dans un cadre scolaire nétait pas très différent de lapprentissage traditionnel.
Le rétablissement du crédit de lécole auprès de la population fut indéniable, et cest sans doute à P. Frayssinet XE "frayssinet, Pierre" et à Lampué XE "Lampué" que létablissement le devait. Mais ce crédit restait fragile. Lenthousiasme des conseillers municipaux avait été fortement émoussé : le prestige de la Ville valait-il vraiment tous ces sacrifices financiers ? Du côté de la profession, la stabilisation de lécole avait été perçue, comme dhabitude, de manière inégale.
II - Relations avec la profession : le modus vivendi
Le statut de lécole Estienne et sa mission la plaçaient dans une situation inconfortable : elle devait servir le prestige de la capitale et servir la profession. Le désir de la voir disparaître ou den prendre le contrôle avait échoué. Lépisode de 1891 avait démontré quil était vain dattaquer létablissement de front. La profession continua dagir en ordre dispersé, naviguant entre le détachement, lhostilité et la défense dintérêts immédiats. Elle fut également influencée ou bridée par la personnalité de Victor Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" qui, professeur de composition typographique, avait fait de la défense de lécole une affaire personnelle.
1 - La presse professionnelle
Limage de lécole Estienne demeure ambiguë. La presse professionnelle suivait son évolution pas à pas, annonçait les concours dentrée, dressait la liste des élèves ayant achevé leur formation, narrait les distributions des prix de fin dannée auxquelles étaient conviés les délégués syndicaux de tous bords. Mais elle restait municipale.
Les ennemis dhier étaient toujours présents. La Chambre syndicale des maîtres imprimeurs essaya de prolonger le plus longtemps les effets du scandale de 1891. De fait, dès quil sagissait de défendre lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" , on illustrait sa réussite en agitant les oripeaux de cette affaire et en faisant de lécole Estienne une institution dénuée dintérêt, comme le montre cette déclaration de 1892 : « Lécole Gutenberg et lécole Estienne sont examinées dans le rapport au point de vue de leur fonctionnement et de lavenir réservé à lenseignement professionnel donné par chacune delles. Le rapport constate la situation excellente de lécole Gutenberg et souhaite quelle continue à rencontrer parmi les membres de la Chambre le même concours efficace. » Cette appel déguisé était le signe dune inquiétude : les patrons allaient-ils préférer embaucher des anciens élèves dEstienne ? Les maîtres imprimeurs lithographes continuèrent daccorder leur confiance à lécole Estienne : en 1894, la chambre patronale invita les confrères à employer de préférence ces anciens élèves.
Le Gutenberg-journal, qui fut un des soutiens de lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" , évolua à nouveau dans ses positions. En 1892, elle servit de tribune à G. Jousset XE "Jousset, Gabriel (1829-1896)" qui annonçait lapparition « parmi les ouvriers du Livre des ratés dune espèce particulière qui seront les élèves de lécole Estienne. » Quatre ans plus tard, la revue adopta un tout autre point de vue : « Nous avons depuis longtemps renoncé à toute hostilité contre cette école, parce quil nous semble quelle est bien dirigée et que les professeurs y donnent, en gens instruits et dévoués, un bon enseignement. Nous souhaitons quelle continue de prospérer et dêtre un établissement modèle, faisant honneur à la ville de Paris. » Ce revirement, quoique toujours critique, est sans doute à mettre au profit de la direction de P. Frayssinet XE "frayssinet, Pierre" . Mais surtout, on peut penser que le patronat a vu finalement tout lintérêt dune école qui ne lui coûtait rien et qui lui fournissait une main duvre qualifiée.
Du côté ouvrier, comme par le passé, lécole Estienne continue dêtre un problème parce que lapprentissage dans son ensemble nest toujours pas organisé. Dans la presse syndicale ouvrière, qualifier les anciens élèves de « déclassés », de « ratés » à linstar de G. Jousset XE "Jousset, Gabriel (1829-1896)" , ou de « sarrasins » est dune grande banalité. Ce discours est à la fois très courant et légèrement différent des discours syndicaux officiels.
La réunion de novembre 1891 à la Bouse du travail avait montré que les typographes étaient prêts à respecter le jeu municipal tandis que les lithographes étaient favorables à une attaque frontale. De 1892 à 1896, les ouvriers lithographes se trouvèrent de plus en plus isolés, de même que les graveurs sur bois, en raison du radicalisme de leur position. La Fédération lithographique continuait de considérer que lenseignement professionnel des écoles était inférieur à celui de latelier car « la vie en commun dans nos ateliers initie bien lenfant aux luttes » et les écoles formaient des prétentieux plein de « fatuité », sans « un atome de sentiment qui fait vibrer le cur à la vue dune infortune ». Peu originale, cette position manquait cependant de logique : la Fédération lithographique neut de cesse de réclamer son admission au comité de surveillance de lécole Estienne et soffusqua des refus systématiques du Conseil municipal. En 1898, elle fut finalement admise à y envoyer un délégué, Jules Duchêne XE "Duchêne, Jules (1839-1913)" , pour y siéger. Lors du second congrès national des ouvriers lithographes, la question des écoles professionnelles fut réglée ainsi : « Considérant que les écoles professionnelles telles quelles existent actuellement nont pas donné les résultats quon attendait delles, émet le vu : que les conseils municipaux qui subventionnent ces écoles sen rapportent aux décisions de Congrès et suppriment celles qui existent; mais admet leur réorganisation sous le patronage exclusif des syndicats et conseils de prudhommes ouvriers. » Suppression ? Réformes ? Les ouvriers lithographes étaient incapables davoir une position claire sur lapprentissage scolarisé en tant que tel. Cette décision contradictoire était due à une division interne : les ouvriers lithographes lyonnais XE "Lyon" avaient une position beaucoup plus nuancée que leurs confrères parisiens. Arthur Valette XE "Valette, Arthur (18..-1912)" , militant ouvrier à Lyon qui fit beaucoup pour lorganisation de lapprentissage dans cette ville et fut professeur à lécole Jean-de-Tournes, nhésita pas à défendre les école professionnelles. Il fit dailleurs une visite à lécole Estienne en 1896 dont il fit un compte rendu enthousiaste. La Fédération lithographique commença à adopter une attitude moins agressive lorsque lécole Estienne linvita en 1897 à envoyer des délégués dans les jurys de fin dannée : « [...] cest avec un vrai plaisir que nous constatons que nos conseils ont été demandés et écoutés. »
Cette ouverture des jurys aux organisations professionnelles eut un impact symbolique très fort comme le nota les rédacteurs de lImprimerie, « les organisations corporatives [...] verront là, certainement, une marque destime qui leur est due. »
Du côté des typographes, les discours sur la prétention des anciens élèves étaient dune égale violence. Mais la différence était dans lattitude du sommet des organisations syndicales, principalement la F.F.T.L.et la Chambre typographique parisienne. Personnellement hostile, le secrétaire général de la Fédération, A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" , avait estimé quil était vain de combattre lécole Estienne sur laquelle on navait en réalité aucun moyen de pression. Par ailleurs, contrairement aux lithographes, la Chambre typographique avait réussi dès 1889 à faire nommer parmi les professeurs des syndiqués. Lécole Estienne, sans être sous contrôle syndical, présentait ainsi certaines garanties. En 1895, lors du congrès national de la Fédération, A. Keufer déclara : « Elle fonctionne dans des conditions satisfaisantes et rassurantes pour les syndiqués, attendu que ses professeurs, dont notre ami Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , sont ou des militants ou tous dévoués à notre cause. Avec de tels éducateurs, les jeunes gens qui en sortent ne font pas seulement de bons ouvriers, mais de bons confrères qui, à leur sortie, vont se faire inscrire au syndicat parisien. Dailleurs il est peu probable quil se crée ailleurs de semblables écoles, attendu que cela nécessite une mise de fonds considérable. » Cette dernière remarque était en effet une bonne nouvelle : contrairement à ce quon avait craint en 1887, lÉtat ne simmiscerait pas dans lapprentissage des métiers du Livre. Lécole Estienne navait quune importance locale et ne concernait que les syndicats parisiens. Cette attitude officielle discrète fut payante, puisque la Chambre syndicale typographique parisienne fut la première organisation syndicale ouvrière à être représentée au comité de surveillance.
Les déclarations du comité central de la Fédération nétaient cependant pas suivies par les ouvriers du Livre, et les typographes en particulier. Lécole Estienne restait toujours un foyer de prétentieux et de sarrasins. Il est à noter que A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" , pour qui lapprentissage traditionnel restait la panacée, ne contredit jamais directement les auteurs de ces propos, laissant cette charge à V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" .
2 - La croisade de Victor Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)"
Il fut le seul à répondre à ces ouvriers qui craignaient pour le tarif et la solidarité ouvrière, menacés par ces « ouvriers délites ». E. Morin XE "Morin, Edmond (1859-1937)" fut plus discret même sil fit léloge de lécole en 1893, puisque « lhomme néfaste nest plus là », et de la direction de P. Frayssinet XE "frayssinet, Pierre" .
Pour V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , son appartenance à la 21e section de la F.F.T.L.et au corps enseignant de lécole Estienne ne semble pas lavoir gêné si ce nest en 1891. Qui plus est, il fut également membre du comité central de la F.F.T.L. de 1889 à 1905. Dans un programme de lécole publié en 1896, il précise : « [Le professeur] les initiera également à leurs droits et devoirs dans les ateliers, à la tenue quils devront y avoir; il les mettra en garde contre les dangers et les inconvénients qui peuvent résulter de la paresse, dun mauvais caractère, du défaut de solidarité, etc. » Il fut le seul enseignant à indiquer un tel enseignement dans cette brochure. Pour lui, enseigner était un devoir social totalement lié à son action syndicale. À ses yeux, être professeur à lécole Estienne ne devait pas être considéré « comme seulement une place stable à laquelle peuvent être rattachés certains avantages personnels, nayant dautres obligations que celle dêtre tenue ponctuellement et en ne sécartant pas des données dun programme accepté. Non, cest une véritable fonction sociale que dassurer lenseignement professionnel en même temps que léducation aux jeunes gens, fonction qui impose à celui qui veut la remplir dignement de sy adonner tout entier. » Et cest ce quil fit de 1889 à 1908, année de son départ à la retraite, et même au-delà.
E. Morin XE "Morin, Edmond (1859-1937)" lui rendit hommage en écrivant que « cette école lui doit son existence même ». La Revue des arts graphiques déclara à son propos : « Ce dernier est cause, tant par son enseignement que par ses écrits, quun courant de sympathie sest formée vers lécole où il professe. » Le terme « sympathie » est sans doute exagéré mais le rôle de V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" dans le rétablissement du crédit de lécole fut appréciable. Sil était persuadé que ses élèves, ses « gosses » comme il les appelait, étaient destinés à devenir des ouvriers délite, il militait pour laccès pour tous à une formation professionnelle. Ce nest pas un hasard si le premier livre publié par lécole fut un manuel de composition, synthèse des cours quil dispensait à lécole Estienne. Diffuser son savoir professionnel, en enseignant directement, ou par ses articles dans la presse, ou en publiant des manuels, allait de soit. Le premier ouvrage synthétisant les quatre années de cours de V. Breton parut en 1893, à la sortie de la première promotion de lécole Estienne. Cet ouvrage ne pouvant être commercialisé, ce manuel fut repris sous le titre Manuel pratique de composition typographique connu pendant lentre-deux-guerres sous le nom de « Manuel Breton » publié par la Chambre syndicale typographique parisienne.
En sus de cette diffusion de son savoir professionnel, V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" combattit vigoureusement et parfois avec mauvaise foi les critiques de ses confrères sur lécole Estienne. Toutes critiques à lencontre de lécole avait le don de le mettre hors de lui, alors quil avait la réputation dêtre un homme affable. Selon lui, on ne pouvait reprocher à létablissement de former de futurs ouvriers sans conscience syndicale, puisque « les ateliers de typo (fonderie, composition, clicherie, impression ) sont dirigés par des syndiqués », et demander à ces professeur de quitter cette école serait prendre le risque de la laisser à de mauvaises mains. Les attaques des ouvriers lithographes furent combattues avec une agressivité égale à celle de ces détracteurs : il affirma ainsi que les seuls mauvais éléments sortis de lécole étaient les anciens élèves de lécole de G. Sanier XE "Sanier, Gustave (1827-1890)" . Il usa de la même violence lorsque Georges Chamerot XE "Chamerot, Georges." , président de la Chambre des maîtres imprimeurs typographes, successeur de G. Jousset XE "Jousset, Gabriel (1829-1896)" , affirma que lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" était supérieure à lécole Estienne. V. Breton ne lui fit aucun quartier, même sil conclut : « M. Chamerot a raison de vanter lenseignement de son école, mais, à mon avis, il aurait pu se borner à cela. » Cette vigoureuse défense fit grand bruit, mais blessa surtout le directeur de lécole, Emile Desormes XE "Desormes, Emile (1850-1923)" , typographe respecté par lensemble de la profession. A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" dut intervenir pour que V. Breton sexcusât, ce quil fit avec mauvaise grâce.
Les positions brutales et subjectives de V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" ont cependant conduit un certain nombre de ses confrères « typos » à se montrer moins vindicatifs. Mais sil navait pas été membre du syndicat, il est certain que ses articles nauraient eu aucun effet. V. Breton représenta lécole Estienne, beaucoup plus que le directeur, au yeux de la profession : elle était devenue son école. À son départ à la retraite, il parla de « cette école du Livre que jai tant aimée et que jaimerai jusquà mon dernier jour. » Mais, son attachement pour lécole Estienne nempêchait pas quil portât son attention à tout ce qui se faisait en matière dapprentissage, quil sagisse de manuels ou de cours du soir.
III - Écoles et cours professionnels
Le scandale de 1891 passé, la profession reprit ses lamentations sur la décadence de lapprentissage. Pour des raisons diverses, aucun des syndicats professionnels ne crurent à lexemplarité de lécole Estienne. La profession reprit ses discussions sur létablissement et le développement de cours du soir, appelés parfois « écoles ». Ces cours se sont multipliés dans les années 1890, généralement à linitiative des syndicats ouvriers. Ces cours ont-ils été inspirés par lexemple de lécole Estienne ? Dans la presse professionnelle, on nia toute paternité.
1 - Lécole Gutenberg
Lors du décès de G. Jousset XE "Jousset, Gabriel (1829-1896)" , fondateur de cette école, en 1896, G. Chamerot XE "Chamerot, Georges." déclara à propos de son uvre scolaire : « Lexemple a été suivi, avec des ressources autrement vastes. Lécole Estienne a été créée. Des cours professionnels ont été ouverts de différents côtés. Mais lidée première, lidée féconde, cest Jousset qui la eue, il ne faut pas que nous loublions. »
Cet hommage au ton désabusé était parfaitement justifié à lépoque. Le conseil dadministration de lécole eut beau être composé de noms prestigieux comme Alban Chaix XE "Chaix, Alban" , Charles Lorilleux XE "Lorilleux, Charles" ou Eugène Plon XE "Plon, Eugène" , les maîtres imprimeurs ne semblaient pas avoir accordé à létablissement la même importance que G. Jousset XE "Jousset, Gabriel (1829-1896)" lui donnait. Le principe dadmission était que les élèves de lécole devaient être dabord placés comme apprentis chez des patrons membres de la Chambre; les apprentis étaient alors envoyés par ces patrons à lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" afin de suivre des cours techniques complémentaires en fin de journée. Or les vingt places disponibles à lécole étaient rarement toutes occupées. Le budget de lécole ne permettait pas cette situation. En 1892, on décida dadmettre des élèves libres, dont certains devaient payer leur scolarité. Les problèmes financiers de lécole Gutenberg étaient dautant plus mal vécus que le budget de lécole Estienne paraissait spectaculaire : il était de 200 000 francs par an alors que lécole Gutenberg tentait de survivre avec 6 000 francs. Et que dire des 4 000 francs de crédits supplémentaires votés par le Conseil municipal pour linauguration de lécole boulevard dItalie en 1896...
La pérennité de lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" dépendait de deux facteurs : les subventions du ministère du Commerce et des effectifs complets. Afin de « rentabiliser » lécole, les administrateurs furent obligés en novembre 1891 de faire une entorse à la vocation non lucrative de létablissement : lécole fut chargée dimprimer le bulletin de la Chambre patronale. Cette décision fut dautant plus grave et difficile à prendre que le principal reproche fait aux écoles patronales et que la Chambre dénonçait était lexploitation économique des apprentis dont elles avaient la charge.
Lhostilité à légard de lécole Estienne grandit avec son rétablissement progressif. À mesure que cette dernière réussissait à sassurer une certaine réputation, le recrutement devint de plus en plus difficile pour lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" : soit les parents préféraient envoyer leur enfant dans lécole municipale, soit les patrons préféraient employer des ouvriers dont ils navaient pas eu à prendre en charge la formation et surtout le salaire. En 1896, la Chambre décida de faire sa publicité auprès des écoles communales par voie daffiches, mais la direction de lenseignement primaire de la Seine le lui interdit. Le modèle de lécole Estienne devint envahissant, poussant les administrateurs à revoir lenseignement de lécole Gutenberg : les cours du soir furent ainsi remplacés par des cours de jour. Le recrutement devint de plus en plus difficile : « Lécole Estienne est plus tentante pour bien des familles, déclara G. Chamerot XE "Chamerot, Georges." en 1899. Cest lécole officielle de la Ville, presque du gouvernement ! Tout y est plus vaste, plus somptuaire, bâtiments et programmes. »
Philippe Renouard XE "Renouard, Philippe (1862-1934)" , successeur de G. Chamerot XE "Chamerot, Georges." à la présidence la Chambre des maîtres imprimeurs typographes, décida de liquider lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" en septembre 1901. Cette décision indigna une partie de la presse professionnelle. Elle laissait « la typographie parisienne dépourvue des leçons dun apprentissage qui, donné sous légide des maîtres imprimeurs, pouvait être dirigé par ceux-ci selon la perception quils ont des besoins et des transformations de leur industrie. » La liquidation fut effective au terme de lannée 1902.
Cet échec sexplique par un manque de ressources financières, mais aussi par un manque de volonté corporative. Ainsi, la Chambre patronale des relieurs continuait activement les cours professionnels quelle avait institués alors que son budget était chroniquement déficitaire. On avait fondée lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" comme structure devant remplacer les écoles dateliers, comme lécole Chaix XE "École Chaix" . Sa disparition était en fait moins léchec dune idée que le symptôme de la faible cohésion syndicale des maîtres imprimeurs. Cette disparition était en outre intervenue au mauvais moment, cest-à-dire au moment où les cours des syndicats ouvriers se multipliaient.
2 - Les cours de la Fédération française des travailleurs du Livre
Depuis 1883, la création de cours du soir contrôlés par les sections était inscrite au programme de la F.F.T.L. En 1894, la Fédération lithographique se rallia à cette politique de formation. Mais le chemin des réalisations fut assez chaotique. Contrairement aux maîtres imprimeurs ce nétait pas le manque de moyens financiers qui fut le principal obstacle. Il fallait trouver un local, du matériel et surtout des ouvriers suffisamment dévoués et motivés pour assurer ces cours, qui avaient lieu après la journée de travail et qui nétaient pas rémunérés.
Dresser la liste de ces cours nest pas aisé. Bon nombre dentre eux ont fonctionné peu de temps ou par intermittence en raison de ces difficultés. Les villes dont les cours professionnels ont réussi à simplanter durablement furent Paris, Toulouse XE "Toulouse" et Lyon XE "Lyon" . Limportance de Paris dans les industries du Livre rend a priori logique leur existence dans cette ville. Cela lest moins à Toulouse. Pourtant, les militants toulousains furent particulièrement actifs dans le domaine de la formation professionnelle, aussi volontaires pour une limitation du nombre des apprentis que décidés à organiser leur propre structure de formation sous contrôle syndical. Ils furent dailleurs à lorigine de la clarification du statut syndical de ces cours et de leur finalité : « développer les sentiments de solidarité de lapprenti, en même temps que ses connaissances techniques. » La section toulousaine organisa ses premiers cours en 1895.
Les cours de la Chambre syndicale typographique parisienne, installés rue de Savoie puis rue Séguier, furent inaugurés le 23 février 1896. Ces cours bénéficièrent entre autres du soutien et de lenseignement de V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , pour qui ils étaient lheureux complément des cours du soir de lécole Estienne. Et de retrouver côte à côte A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" et P. Frayssinet XE "frayssinet, Pierre" à la cérémonie dinauguration dans un appel à la lutte contre la décadence de la profession. Si les cours de la section parisienne nétaient pas les premiers, ils servirent néanmoins de modèle pour les autres sections. Après des débuts difficiles, les cours parisiens réussirent à se stabiliser. En 1904, ils publièrent un bulletin annuel, contenant des cours qui y avaient été dispensés, afin daider les professeurs des autres cours mais surtout les ouvriers et apprentis qui pour une raison ou une autre ny avaient pas accès.
Les typographes nantais XE "Nantes" ont mis des cours en place en 1892, mais leur organisation définitive datait de 1899. Au début du xxe siècle, on trouve des cours au Havre XE "Le Havre" (1898), à Limoges XE "Limoges" (1902), à Bordeaux XE "Bordeaux" (1903), à Tours XE "Tours" (1913), à Lille XE "Lille" et à Besançon XE "Besançon" avant 1914. Les ouvriers lithographes se sont également organisés à Grenoble XE "Grenoble" (1899) et à Marseille XE "Marseille" (vers 1900). Bon nombre de ces cours étaient organisés dans des locaux mis à la disposition des sections par les Bourses du travail.
Le cas lyonnais est relativement singulier. Latypisme de la création et de lorganisation de ces cours montre que le cadre syndical défini entre 1883 et 1895 nétait pas rigide. En 1894, la principale école professionnelle de Lyon XE "Lyon" , La Martinière, envisageait douvrir des cours de formation de composition typographique pour les jeunes filles. Pour la section lyonnaise, il fallait réagir au plus vite : « Il ny avait pas de temps à perdre, et nous fîmes échouer ce projet, grâce à la résistance qui y a été opposée et à la rapidité de la création de notre cours. » Placés sous lautorité de la Chambre syndicale des ouvriers typographes de Lyon, les cours commencèrent le 15 octobre 1894 et furent baptisés école Jean-de-Tournes. En fait, la Chambre syndicale lyonnaise avait été aidée par des subventions municipales, cas relativement courant, mais surtout par les maîtres imprimeurs lyonnais et lUnion syndicale du papier. En 1896, probablement suite à différents accords avec les chambres patronales et ouvrières, lécole Jean-de-Tournes dispensa également une formation pour les apprentis lithographes, relieurs et doreurs. En 1900, elle dispensait quinze cours différents. Personne ne critiqua cette coopération entre patrons et ouvriers, qui avait en effet permis le développement rapide de lécole et assuré sa viabilité.
On comprendra que dans ce contexte, lécole Estienne ait de moins en moins nourri de polémiques. De même, on parla peu de lécole dAlembert XE "École dAlembert" , appartenant à lAssistance publique XE "Assistance publique" . Plus étonnant fut le silence sur la création dune troisième école formant aux métiers du Livre en 1899 : lécole Baggio XE "École Baggio" . Une majorité de patrons et douvriers semblait avoir adopté le point de vue de A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" : lécole Estienne est un cas unique condamné à le rester; elle fait partie des centres de formation professionnelle mais elle ne peut en aucun cas devenir un modèle. En matière dapprentissage tout restait donc à faire, et cétait à la corporation de sen préoccuper et non aux pouvoirs publics.
Dune certaine manière, la direction de P. Frayssinet XE "frayssinet, Pierre" encouragea ces attitudes, en évitant tout conflit inutile et en confortant les professionnels dans lidée que lécole était un cas particulier. Seul V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" réussit de son propre chef à maintenir des relations entre la profession et létablissement. Le successeur de P. Frayssinet hérita donc dune maison calme et sans éclats. Ses idées allaient ébranler ce fragile équilibre.
B - 1897-1913 : lécole Estienne, un modèle ?
La direction dHippolyte Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" fut aussi agitée que celle de son prédécesseur fut discrète. Il eut à affronter des événements sur lesquels il ne pouvait avoir que peu de prise. Mais, il lui manqua un sens aigu de la diplomatie pour faire triompher ses idées.
Lattitude du Conseil municipal, symbolisée par la majorité nationaliste qui triompha aux élections en 1900, vis-à-vis de lécole Estienne confirma le désintérêt constaté antérieurement. La volonté des syndicats ouvriers de définir un cadre général dapplication de lapprentissage porta ses fruits en 1900. Or, lécole Estienne navait pas sa place dans ce règlement.
I - Lécole Estienne et le Conseil municipal
La victoire nationaliste de 1900 rendit plus difficile les relations entre lécole et le Conseil municipal. Mais elle ne fut pas une simple parenthèse : elle confirmait lengagement de plus en plus lointain des conseillers à légard de lhéritage de la politique municipale denseignement précédente, qui acceptaient de moins en moins son poids budgétaire.
1 - Hippolyte Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" , un militant de lenseignement technique
H. Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" est né en 1852 à Avignon. Simple bachelier, il devint enseignant en 1872 au lycée dAvignon, à Orange puis à Saint-Etienne. En 1875, il commença une carrière parisienne, maître répétiteur au lycée Henri-IV, puis professeur à lécole Lavoisier en 1877. En outre, il fonda une école professionnelle privée en 1879 à Neuilly-Plaisance quil dirigea jusquen 1886.
Son dossier administratif donne de lui une image moins lisse que P. Frayssinet XE "frayssinet, Pierre" . En 1891, linspecteur général écrivait à son sujet : « En somme professeur honnête et consciencieux, plein de bon vouloir qui fait, je crois, tout ce quil peut, mais qui restera toujours, je le crains, un maître ordinaire. » En 1893, sa carrière semble être peu prometteuse. Linspecteur général note : « Tout pesé, M. Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" est un professeur [illisible], laborieux, de petite envergure, mais soigneux et écouté. » Cette image terne contraste avec celle dun homme qui créa une école professionnelle. Sans doute conscient que sa carrière était bloquée, il passa son certificat daptitude au professorat des écoles normales en 1891. En dépit des avis de linspection générale, il obtint le poste de directeur de lécole professionnelle Dorian où contre toute attente il savèra être un directeur remarquable. En 1896, la direction de lenseignement primaire nota à son sujet : « En 1894, il a été appelé à la direction de lécole municipale Dorian, internat où il a organisé lenseignement supérieur et professionnel. Il a rétabli et assuré lordre et la discipline dans cet établissement dont la précédente direction avait compromis ladministration. »
Ce succès lui permit de nourrir quelques espoirs pour la suite de sa carrière. Il posa alors sa candidature pour la direction des E.P.S. Lavoisier, Turgot et Arago, ce qui montre que les écoles professionnelles étaient des établissements moins prestigieux. En 1897, il dut rabattre ses prétentions en acceptant la direction de lécole Estienne. Mais, contrairement à P. Frayssinet XE "frayssinet, Pierre" , on ne trouve nul trace de demande de mutation ultérieure. En fait, lécole Estienne était le sommet de sa carrière, dont la direction fut son dernier poste avant sa mise à la retraite en 1913, alors que pour P. Frayssinet elle nétait quune étape.
H. Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" avait par ailleurs des responsabilités associatives autrement plus vastes que son prédécesseur. Outre ses responsabilités à la tête de lécole de Neuilly-Plaisance, il était membre du conseil dadministration de la Société pour linstruction élémentaire et appartenait à lAssociation des membres de lenseignement. Il fut surtout le trésorier de lAssociation française pour le développement de lEnseignement technique XE "Association française pour le développement de lEnseignement technique" (A.F.D.E.T.). LA.F.D.E.T. fut créée en 1902 et défendait une conception de lenseignement technique proche de celle du ministère du Commerce : la formation des jeunes gens devait dabord servir léconomie nationale et ses acteurs, et donc lenseignement technique devait sadapter à leurs besoins. Cette association gagna rapidement en importance au point dagir comme groupe de pression auprès des autorités concernées. H. Fontaine pensait que la seule alternative à lapprentissage traditionnel était la formation scolarisée qui, par une pédagogie adaptée et une spécialisation modérée, permettrait la formation d « ouvriers habiles et instruits ». Mais il estimait surtout, comme tous les militants de lenseignement technique, que lécole était le lieu idéal pour la formation professionnelle et que lÉtat avait un rôle primordial à tenir. Ceci ne devait pas conduire à une rupture totale avec les milieux professionnels, bien au contraire : lindustrie et le commerce devaient être les principaux interlocuteurs des pouvoirs publics afin dadapter la formation à la réalité économique. Néanmoins, cétait bien lÉtat et les autorités locales qui devaient avoir la haute main sur lorganisation de la formation.
La nomination de H. Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" à la tête de lécole Estienne ne provoqua pas de débats particuliers au sein du Conseil municipal. La direction précédente avait montré que cette école professionnelle pouvait parfaitement être dirigée par un fonctionnaire, un profane des métiers du Livre. Cette absence de polémiques était aussi peut-être le signe dune indifférence croissante des conseillers à légard de cette école.
2 - 1900-1904 : Le nouveau Conseil municipal
Depuis 1891, la politique du Conseil municipal se limitait de plus en plus à une approche strictement budgétaire. La vie de lécole nintervenait dans celle du Conseil que lorsquon annonçait les prix quelle avait remportés, les promotions sortantes et le vote de son budget.
Sous la majorité nationaliste de 1900 à 1904, il y eut un regain dintérêt pour les écoles professionnelles. Il y avait deux raisons à cela. Depuis 1898, lÉtat essayait de donner un statut clair aux écoles professionnelles de la Ville de Paris en les plaçant sous la tutelle du ministère du Commerce et de lindustrie. Un des principaux arguments électoraux que défendirent les nationalistes était la gestion déplorable du budget municipal par la majorité sortante.
La loi du 11 décembre 1880 avait placé lenseignement technique sous la double tutelle du ministère de lInstruction publique et du ministère du Commerce et de lindustrie. Or le second navait pas bénéficié dun apport budgétaire pour assumer la charge de ces établissements; par ailleurs on y défendait une approche autre de lenseignement technique, plus concrète. Afin dobtenir les moyens de sa politique et un partage des établissements plus cohérent, les deux ministères durent négocier, de 1886 à 1892. La loi du 1er juin 1892 attribuait au seul ministère du Commerce les « écoles primaires supérieures et professionnelles dont lenseignement est principalement industriel et commercial. » Lenseignement technique lui revenait donc entièrement. Pour le Conseil municipal, cétait inadmissible : la loi de 1880 avait laissé ses écoles professionnelles dans un flou statutaire fort commode, donnant dans les faits à lassemblée municipale une marge de manuvre appréciable. Il fallut attendre la loi du 27 décembre 1900 pour que le gouvernement décide le rattachement réel des écoles professionnelles de la Ville de Paris au ministère du Commerce et de lindustrie. Ceci heurta évidemment la susceptibilité des édiles parisiens et raviva, si cela était nécessaire, la lutte traditionnelle entre le Conseil et lÉtat. Ce fut dautant plus mal ressenti que cette loi émanait dun gouvernement radical. Largument principal utilisé par les conseillers fut de déclarer que les écoles professionnelles de la Ville étaient plus artistiques quindustrielles. La loi de 1900 plaçait ces écoles sous lautorité du préfet de la Seine; les comités de surveillance ne seraient plus majoritairement composés de conseillers municipaux et nauraient que voix consultatives dans les décisions à prendre. Cependant, la loi exigeait que le Conseil municipal soit dans lobligation de proposer un programme spécifique à chaque école qui serait remis au préfet et au ministère du Commerce.
La nouvelle majorité municipale se trouvait dans une situation inconfortable. Les conseillers nationalistes défendaient vigoureusement les droits de la ville sur ses écoles, ce qui les obligeaient à faire leur la politique denseignement accusée dêtre dispendieuse un an plus tôt. En outre, les problèmes financiers de la Ville nétaient pas un simple argument électoraliste. Les dettes laissées par la gestion du baron Haussmann XE "Haussmann, Georges, baron (1809-1891)" pesaient encore sur le budget parisien, et depuis, les dépenses avaient augmenté plus vite que les recettes. En particulier, les dépenses sociales avaient été multipliées par trois, dont les dépenses denseignement qui étaient passées de 9 à 28 millions de francs de 1876 à 1899. Les programmes demandés par la loi de 1900 étaient donc loccasion pour la majorité de démontrer son savoir-faire en matière budgétaire.
Or, si lécole Diderot était à ses yeux le symbole de la réussite de la politique denseignement du Conseil, lécole Estienne faisait office de mouton noir. Sabrer son budget était politiquement logique. Dans ce contexte, nous pensons que les relations avec H. Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" furent assez difficiles. Outre ses responsabilités à lécole Estienne, il approuvait probablement la nouvelle loi, en raison de ses liens avec lA.F.D.E.T. XE "Association française pour le développement de lEnseignement technique" De plus, il était franc-maçon, radical et anticlérical.
Les premières joutes municipales au sujet de lécole Estienne furent précoces. Le 31 mai 1900, la 4e commission, chargée de lenseignement et donc des écoles professionnelles, passa sous le contrôle des nationalistes, comme quatre autres commissions. En juillet, ce fut le tour des comités de surveillance. Louis Dausset XE "Dausset, Louis" , président de la 4e commission et secrétaire général de la Ligue de la patrie française, présenta la liste de leurs nouveaux membres. La séance fut très agitée. Jules Hénaffe XE "Hénaffe, Jules (1897-1921)" , graveur et fondeur reconnu dans la profession, mena quasiment seul la bataille contre L. Dausset. Argumentant sur la nécessaire représentation professionnelle dans le comité et sur lignorance des nouveaux élus, il obtint le retour de J.-B. Angelé et la nomination de Jacques Alary XE "Alary, Jacques" . Le nombre de « personnes notables » étaient ainsi passé de quatre à douze. Les professionnels constituaient donc la moitié du comité, mais seuls trois étaient des représentants ouvriers. Ce fut ce nouveau comité qui fut chargé de « préparer durgence, dentente avec ladministration, un projet de programme ».
3 - Réformes et modernisations
En ouvrant largement le comité de surveillance aux professionnels, L. Dausset XE "Dausset, Louis" voulait aller au-delà de lesprit de la loi de 1900 et sans doute sattacher le soutien de la corporation dans les réformes quil voulait mener. Leffet fut inverse. Patrons et ouvriers refusèrent de servir de caution morale à des hommes politiques, quelle que fut leur appartenance politique, dont ils contestaient la compétence dans ce domaine. De surcroît, ils étaient dautant moins prêts à suivre la majorité municipale que la profession venait de se doter pour la première fois dun règlement national sur lapprentissage.
Dès 1900, lopinion de la nouvelle majorité au sujet de lécole Estienne était faite : « Nous avons constaté que la dépense consentie par la Ville de Paris est relativement considérable en comparaison des résultats obtenus. » Le critère dévaluation était fort simple : calculer le coût moyen dun élève ayant accompli ses quatre années détude, coût qui était très élevé compte tenu du taux dabandon. Camille Rousset XE "Rousset, Camille" , président du comité de surveillance, dressa en 1901 un bilan apocalyptique : Les anciens élèves de lécole Estienne étaient incompétents et prétentieux; ils nétaient pas assez spécialisés; la formation artistique était inutile et léquipement insuffisant. Donc, il fallait transformer lécole en centre de formation pour adultes, dont la durée des études serait de un voire deux ans avec un enseignement général réduit au minimum. Le Conseil municipal ferait ainsi dutiles économies et pourrait octroyer des subventions aux cours des chambres syndicales.
C. Rousset XE "Rousset, Camille" comme une partie de ses amis politiques pensait dune part que lenseignement professionnel devait revenir au privé et dautre part espérait par ses promesses de subventions sattirer le soutien de la profession. Mal lui en prit. Du côté du patronat, ce fut un tollé. Lécole, affirme-t-on, coûte bien cher : « Sans doute, mais le Ville gaspille bien autrement notre argent ! Et il ne fallait pas commencer après tout ! ». Lécole Estienne avait bien des défauts mais elle avait au moins le mérite dexister. Si peu délèves diplômés en sortent, ces derniers sont au moins de bon ouvriers. Le corps des enseignants est remarquable. Par ailleurs, former des adultes nest pas le priorité de la profession. Les patrons du Livre défendaient là leurs intérêts : les difficultés de lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" prouvaient que lécole Estienne leur faisait économiser de largent, du temps et de lénergie. Et sans doute les promesses de subventions arrivaient trop tard. Par ailleurs, nous supposons quils espéraient voir lécole Estienne échapper au règlement de 1900 sur lapprentissage notamment en ce qui concernait le nombre des apprentis.
Marius-Michel XE "Michel, Victor-Paul" témoigna des très mauvaises relations entre les conseillers municipaux, quil qualifia de « bûcherons aux yeux bandés », et les professionnels au sein du comité de surveillance : « Les uns demandèrent la suppression des ateliers dart, gravure sur bois, gravure sur cuivre, etc.; les autres, des ateliers de fonderie, de gravure typographique; cela dans une école fondée pour grouper lensemble de lenseignement du Livre ! » Après avoir froissé le patronat industriel, les conseillers heurtèrent le monde de la bibliophilie en la personne de Henri Béraldi XE "Béraldi, Henri" , un de ses représentants les plus illustres. À loccasion de lexposition sur la reliure moderne au musée municipal Galliera en 1902, il interpella le Conseil municipal : « La Ville de Paris qui, par son exposition dans cet exquis local de Galliera, vient de rendre un signalé service à la reliure, peut bien en rendre un autre ailleurs, non moins signalé et permanent. Soigner lenseignement de lécole Estienne, y maintenir, pour le dire incidemment, lenseignement de la gravure sur bois : le supprimer serait un véritable méfait. »
La majorité municipale dut ainsi renoncer à ses projets de réformes radicales. L. Dausset XE "Dausset, Louis" déclara : « Il nest [...] pas possible de trop sattaquer au passé quand le personnel est prêt, avec juste raison, dailleurs, à défendre ses droits et quand, dautre part, les élèves et les familles suivent docilement des traditions quil ny a pas de raison majeure de renverser. » Cette déclaration semble montrer que lécole Estienne au bout de seulement quinze ans dexistence avait fini par avoir sa propre culture et identité, sa propre « tradition ». Elle nappartenait pas seulement au conseil municipal de Paris et à un ministère; elle appartenait désormais aussi et surtout à ses enseignants, dont une partie de syndiqués, et à ses élèves. Finalement, une commission interne à lécole fut mise en place le 7 novembre 1902, chargée de revoir le programme denseignement, composée de linspecteur du ministère du Commerce, de Marius-Michel XE "Michel, Victor-Paul" et de H. Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" .
Le programme proposé navait aucun rapport avec celui de C. Rousset XE "Rousset, Camille" . Les enseignements professionnels seraient resserrés, le reproche le plus courant à légard de lécole étant son encyclopédisme. On supprimerait des options (marbrure, autographie), mais on garderait lenseignement du grec et du latin pour les compositeurs et la dorure sur tranche pour les doreurs. Les heures denseignement général devaient être augmentées en 1e et 2e année et diminuées en 3e année. Lâge dadmission serait de 14 ans. On songea, mais de manière assez vague, à fixer la durée de la formation à trois années. Enfin, pour faire des économies, la cantine serait désormais payante et des élèves libres seraient admis sans concours à lécole contre une rétribution annuelle.
Seule une partie de ces propositions fut appliquée, démontrant peut-être la capacité de lécole à résister aux changements trop brutaux. La durée des études resta de quatre années, et lâge dadmission ne changea pas. En 1904, linfluence des nationalistes baissa au sein du Conseil municipal qui fut désormais aux mains de la droite classique. Mais ces quatre années laissèrent une trace profonde dans lhistoire de lécole : les nationalistes avaient réussi à réduire son budget. De 1900 à 1904, il baissa pour la première fois, passant de 3,65 millions de francs (en francs constants) à 3,5 soit une baisse de 4 %. Le poste « matériel », qui représentait le tiers du budget de lécole, baissa quant à lui de 13 %. Or, bien que combattue par lopposition, cette politique de rigueur ne sinterrompit pas en 1904. En 1913, le budget avait baissé de 10 % par rapport à sa valeur en 1900; le poste « matériel » dans le même temps avait diminué de 57 % ...
Lampué XE "Lampué" reprit sa place au comité de surveillance en 1904. On y admit pour la première fois un représentant de lAssociation des anciens élèves XE "Association des anciens élèves de lécole Estienne" , Alfred Damy XE "Damy, Alfred" . Lannée suivante, un représentant de la Chambre des maîtres imprimeurs de Paris devint membre du comité, en la personne de Philippe Renouard XE "Renouard, Philippe (1862-1934)" . La disparition de lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" avait clos le conflit entre la Chambre et lécole.
Lampué XE "Lampué" reprit un projet qui lui tenait à cur depuis 1896 : revoir complètement lenseignement des procédés photomécaniques. Ce projet, ralenti par le refus du Conseil municipal de voter de nouveaux crédits, par la victoire des nationalistes et par des problèmes techniques, naboutit quen 1908. Le coût des travaux et des équipements pour le nouvel atelier fut dau moins 2 millions de francs (en francs constants). De fait, le projet ne put se réaliser quavec une aide de lÉtat. En 1905, la composition mécanique fit son entrée à lécole Estienne, par lacquisition de trois machines, une Behrens, une Linotype et une Typograph. Les difficultés budgétaires furent en partie compensées par le fait que la plupart des nouveaux équipements furent des dons de constructeurs et dimprimeurs. À partie de 1910, on envisagea de faire fonctionner les machines à lélectricité.
La modernisation de lécole pour les branches dont les procédés avaient sensiblement évolué se réalisa, mais par à-coups. Lampué XE "Lampué" eut sans aucun doute un rôle majeur dans lattribution de crédits supplémentaires, mais la direction de lécole ne pouvait plus compter sur le soutien du Conseil municipal. Les arguments des nationalistes avaient fortement influencé les discours des conseillers municipaux à légard de lécole : tout projet provoquerait désormais des débats sur son budget. Le prestige de la Ville par ses écoles laissa la place à des lieux communs qui justifiaient son désengagement. Néanmoins les conflits avec le Conseil en 1900-1904 permit de faire apparaître une véritable identité stéphanoise qui permettait à létablissement dy résister.
II - Elèves et enseignants : une culture décole
Les nationalistes voyaient en lécole Estienne des dépenses scandaleuses. Ils dénoncèrent le nombre dabandons sans analyser leur cause : il nétait que le symptôme de léchec de la formation. Or, les abandons étaient courants dans les autres écoles professionnelles de la Ville, représentant entre 20 à 60 % des effectifs. Le Conseil municipal navait aucune idée précise sur lécole si ce nest budgétaire. Or, léchec du projet de C. Rousset XE "Rousset, Camille" montrait que cette école était bien autre chose.
1 - Les élèves
Le portrait type de lélève de lécole Estienne que nous avions dessiné continua dévoluer. La petite classe moyenne resta le milieu social privilégié du recrutement de lécole, mais il fut de plus en plus marqué par les fils demployés. Les cols blancs (entre 30 et 40 % des effectifs) dominaient désormais les cols bleus (entre 20 et 30 %). Les « enfants de la balle » étaient toujours présents dans lécole mais avec une part irrégulière (entre 5 et 10 %).
Le recrutement géographique confirma la part des élèves venant de la banlieue parisienne. Elle représentait à la veille de la Première Guerre mondiale environ 30 % des effectifs. Dans la moitié ou les deux tiers des cas, ces élèves venaient du sud de Paris.
Les effectifs restèrent relativement faibles, on atteignait à peine 70 admis par an. La raison invoquée par les responsables de lécole parait assez vraisemblable : les enfants désirant poursuivre leur scolarité passaient de nombreux concours des écoles de la Ville, E.P.S. ou école professionnelles, doù des désistements nombreux lors des rentrées scolaires.
Les ateliers dominants ne furent plus les mêmes. Les ateliers de lithographie semblaient attirer de moins en moins délèves et représentaient chacun moins de 10 % des effectifs. Les ateliers les plus importants étaient désormais la composition et limpression typographique. On pourrait penser à juste titre que la baisse des effectifs en lithographie fut le résultat de la campagne des ouvriers lithographes contre lécole. Or, pourquoi nen aurait-il pas été de même pour la typographie où les syndicats étaient autrement plus puissants ? En fait, nous pensons le discours syndical na eu quune faible influence sur les familles : elles avaient désormais pris conscience de la profondeur de la crise que traversait la lithographie et, malgré lintroduction de la composition mécanique, laura des « typos » restait entière. Par ailleurs, nous pensons le maintien relatif deffectifs en lithographie, notamment en écriture et dessin, était dû à la volonté des parents de voir leur fils faire un métier artistique, afin de ne pas ressembler à louvrier en bleu de travail avec de lencre sur les mains. Cette séparation entre artistes et manuels se concrétisait avec la séparation entre les A et les B, entre les élèves qui portaient la blouse grise et ceux qui portaient le bleu.
50 % environ des élèves abandonnaient en cour de scolarité. À partir de 1906, ce taux augmenta jusquà 70 %. Les abandons sont en général liés à lévolution de la conjoncture économique et donc à lespoir dobtenir un salaire intéressant. Mais à cette époque, il y eut un motif supplémentaire de départ précoce : la fin de la gratuité de la cantine en 1905. Ces abandons étaient dûs en général aux modestes ressources des familles, même si, nous le verrons, il faut se méfier dune analyse misérabiliste. Très souvent, les changements brutaux dans la vie de la famille, décès ou maladie du chef de famille, entraînaient le départ de lenfant « pour gagner de suite », selon lexpression consacrée. Mais si la scolarité prolongée est souvent considérée comme un luxe, pour lélève elle est aussi vécue comme une contrainte. Latelier paraissait parfois préférable à ses yeux car il hâtait son passage à lâge adulte et à lautonomie, alors que lécole prolongeait son état de mineur et de dépendance vis-à-vis de la famille.
Nous bénéficions du témoignage de Henri Bouisse XE "Bouisse, Henri" , promotion 1896-1900, qui était élève clicheur. Son père était typographe, sa famille était modeste mais point pauvre. Il quitta lécole de son propre chef en 1898 :
Je décidais de démissionner au bout de deux ans.
Cest incompréhensible si lon sait que, à cette école technique, il y avait une grande majorité délèves fils de milieux aisés, de classes moyennes, de commerçants, douvriers qualifiés ou de ménages où la mère travaillait avec un salaire moyen et même de petits industriels ou maîtres imprimeurs.
Naturellement, ma vie à côté de ces jeunes-là me posait des problèmes pour partager leurs loisirs : leurs moyens pécuniaires leur permettaient de temps en temps daller au bois de Vincennes faire un peu de canotage et même de goûter au buffet. Ils me racontaient le lendemain leur journée; cela faisait naître en moi le désir légitime de pouvoir y participer sans être à leurs crochets.
Mais comment aurais-je pu faire avec les trois ou quatre sous que ma mère maccordait le dimanche pour suivre mes camarades ?
Hélas, cette situation me pesait; aussi, lors des grandes vacances, après ma deuxième année, jai voulu travailler [...].
La première raison fut ma volonté daider ma mère et la seconde pour avoir un peu plus de loisir; jai donc pressé mon père pour quil me trouve du travail.
[...]
Pris à lessai pendant une semaine, on maccorda 3 francs par jour, puis la semaine suivante 4 francs. Jétais fou de joie. Quelle fut ma fierté lorsque japportais 24 francs à ma brave mère. Son bonheur navait dégal que le mien : elle me donna 4 francs toutes les semaines.
Pensez ! Des quatre sous que javais étant élève, passer à 4 francs pour mes loisirs ! Je nai plus voulu retourner aux études.
Il était ainsi courant de voir les élèves démissionner après les vacances dété ou de Pâques, périodes mises à profit pour travailler dans lindustrie. Lexpérience de H. Bouisse XE "Bouisse, Henri" est assez caractéristique. Un élève imprimeur typographe, promotion 1900-1904, abandonna ainsi en 1903 pour les motifs suivants : « A trouvé une place pendant les vacances et a été sollicité dy rester. » Et le surveillant général Francisque Decour XE "Decour, Francisque" dajouter rageusement : « Élève qui aimait peu lécole et nattendait que dêtre assez fait pour entrer dans un atelier. » Ce type de commentaire était assez fréquent. De plus, beaucoup dabandons étaient des exclusions déguisées. On notait alors dans les registres que lélève était « invité à donner sa démission ». La cause était souvent lindiscipline : la discipline de lécole semblait avoir été un peu martiale, bien quelle ne fut sans doute pas plus rigoureuse que dans dautres établissements scolaires. Mais pour des adolescents qui attendaient avec impatience le moment de gagner leur vie et donc dêtre reconnus comme adulte, cette « invitation » était souvent une bonne nouvelle.
Cette importance des abandons avait justifié le projet de réduire la durée des études à trois ans. Le fait que lon ait gardé lancienne durée prouverait quil était admis quelle permît une réelle formation de lenfant. Mais, quelle fût de deux ou trois années, cette scolarisation au-delà de lâge légal, qui était de 13 ans, était loin dêtre passée dans les murs, pour les familles comme pour leurs fils.
2 - Les enseignants
Le profil des professeurs datelier se modifie sensiblement pendant cette période. Du fait de la loi du 27 décembre 1900, ne peuvent être habilité à passer le concours que les professeurs âgés de moins de 41 ans, pour des motifs sans doute financiers, cest-à-dire le paiement des pensions de retraite. La moyenne dâge des professeurs qui furent admis à enseigner à lécole Estienne de 1893 à 1913 passa de 41 à 35 ans.
Le deuxième changement concerne leur formation. Dune part, labaissement de lâge a réduit dautant la durée de leur expérience professionnelle antérieure. Dautre part, sur les trente nouveaux enseignants entrés à lécole, huit étaient des anciens élèves. Le premier dentre eux fut Alfred Damy XE "Damy, Alfred" , promotion 1889-1893, graveur en relief qui effectua un remplacement pendant six mois. Il était alors propriétaire dun atelier et président de lAssociation des anciens élèves XE "Association des anciens élèves de lécole Estienne" . Cest un ancien élève, Georges Valette XE "Valette, Georges" , promotion 1893-1897, qui succéda à Victor Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" en 1908.
Dans la presse professionnelle, on fut un peu gêné par ces professeurs qui revenaient ainsi dans le lieu de leur formation. Il est vrai que les concours de professeurs étaient particulièrement suivis. Deux dentre eux firent lobjet de polémiques. En 1902, le concours pour le poste de correcteur donna lieu à un affrontement au sein du jury dadmission entre le délégué de la Chambre syndicale typographique parisienne et celui du syndicat des correcteurs : le délégué typographe exigeait que lexamen comportât une épreuve de correction sur le plomb, ce qui signifiait que le professeur choisi soit obligatoirement un typographe. Ce choix, qui était en fait un sujet de litige ancien entre les deux professions, fut vivement critiqué par les correcteurs. Plus âpre encore fut le concours pour le poste de graveur sur bois, après la mise à la retraite de Stéphane Pannemaker XE "Pannemaker, Stéphane (1847-1930)" en 1912. La polémique, qui dura plusieurs mois, fit saffronter le directeur de lécole à la Société artistique de la gravure sur bois. Sur sept candidats, six étaient des anciens élèves de lécole. En effet, depuis une vingtaine dannéee les graveurs sur bois avaient choisi de ne plus former dapprentis. Du fait de la limite dâge exigée par ladministration, peu de graveurs pouvaient se présenter à ce concours. Par un hasard heureux, le candidat victorieux, Léon Jouenne XE "Jouenne, Léon" , fut le seul à navoir pas été formé par létablissement.
Un changement symboliquement important eut lieu en 1908 sur lequel la presse professionnelle fit silence. Une femme, Séraphine Adam, fut recrutée dans le corps des enseignants, en tant quadjoint de latelier de reliure, au titre de couturière-relieuse, métier traditionnellement dévolu aux femmes. Le motif de ce recrutement est tout à fait parlant : « Ces travaux de couture, qui ne leur sont daucune utilité, font perdre aux élèves relieurs beaucoup de temps quils pourraient utiliser plus fructueusement quà exécuter ces besognes féminines. »
Il est difficile encore une fois de connaître la part de syndiqués parmi ces nouveaux enseignants. Grâce à V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , lIntermédiaire des imprimeurs publia une série darticles sur les professeurs de lécole de 1899 à 1900. Ces textes donnent limpression que ces enseignants avaient une identité extrêmement forte dans lécole, plus proches des élèves que de ladministration et faisant souvent le lien entre lécole et leur branche dactivité. Ils semblent avoir pris un soin particulier à mettre en avant leur identité douvrier. Leur situation particulière se traduit surtout dans les commentaires quils écrivaient dans le registre des élèves, notes qui étaient en règle générale à lexact opposé des commentaires de Francisque Decour XE "Decour, Francisque" , professeur de français et surveillant général. Les professeurs datelier se sentaient responsables des enfants dont ils avaient la charge, de la même manière que si ces enfants avaient été placés sous leur autorité dans lindustrie privée. Il nous semble également que ces professeurs prenaient un soin particulier à placer leurs élèves à leur départ de lécole. V. Breton nous dépeint ainsi Alexandre Plurdau XE "Plurdau, Alexandre" , professeur dimpression lithographique de 1889 à 1905 : ses collègues savaient que le jour où A. Plurdau se coiffait dun chapeau claque, au lieu de sa casquette, et se mettait à fumer des cigarettes, au lieu de sa pipe, cest quil allait trouver un patron pour placer un élève.
3 - Les stéphanois dans lindustrie
Une part des élèves qui abandonnaient en cours de scolarité le faisait lorsquils avaient trouvé une place dans lindustrie du Livre. Ceci nuance fortement les propos des conseillers municipaux qui faisaient de ces abandons une perte sèche pour lindustrie. Ceci prouve également que ces élèves, malgré une formation écourtée, avaient quelques valeurs professionnelles. Ainsi, Henri Bouisse XE "Bouisse, Henri" fut embauché non pas dans un petit atelier mais chez Victor-Michel XE "Michel, Victor-Paul" , maison fort réputée. Daprès un ancien élève, ceux qui navaient pas achevé leur scolarité pouvaient malgré tout obtenir un salaire de 4 à 5 francs par jour, ce qui était respectable à lépoque. Les anciens élèves semblent tous, à leur sortie ou plus tard, avoir obtenu un salaire douvrier qualifié, équivalent ou supérieur au tarif. Marius-Michel, membre du comité de surveillance, recrutait des ouvriers à lécole même, les payant au début 3,50 francs par jour. En 1905, la direction déclarait que les anciens élèves étaient payés entre 3,50 francs et 6,50 francs; les compositeur, les imprimeurs typographes et les clicheurs auraient obtenu une salaire de 7,50 francs. En 1913, le salaire aurait été de 3,50 francsà 8 francs.
Il est probable que laccueil dans lindustrie par les confrères fut toujours un peu réticent voire hostile. Un texte écrit par un élève à sa sortie de lécole en 1899 donne des conseils sur lattitude à adopter lors de son entrée dans latelier. Il montre que cet accueil nallait pas de soi :
Vis à vis de ses nombreux camarades, il devra certainement sattendre à quelques plaisanteries, mais il se montrera bon caractère jusquau bout et surtout il ne devra pas sen froisser.
Il ne faudrait pas non plus quil se crût capable den montrer aux autres; car, peut-être, au point de vue intellectuel, il pourrait être assez avancé, sil a su profiter de linstruction quil a reçue.
[...].
Sil peut aider un ouvrier dans son travail, il le fera avec plaisir. Il devra se familiariser le plus quil pourra avec ses nouveaux collègues datelier, en restant toujours poli et aimable avec eux.
[...].
Une chose qui arrive trop souvent à louvrier, surtout en sortant dapprentissage, cest daller au cabaret. Il doit léviter, afin de ne pas arriver en retard à son atelier, de ne pas être quelques fois en état débriété plus ou moins accentué; il pourrait alors, et ce serait très fâcheux, être malade, fournir un mauvais travail, peut-être provoquer son remplacement.
En résumé, il faut, dans un atelier, afin déviter tous les ennuis et les discussions qui pourraient y surgir, garder entre tous un bon esprit de camaraderie et de solidarité, saider les uns les autres et partager les mêmes idées.
Enfin, louvrier doit éviter surtout de faire du zèle excessif, ce qui pourrait le conduire à la médisance envers ses camarades, qui eux-mêmes, de leur côté, pourraient lui porter un grand préjudice.
Ce texte montre que les anciens élèves à leur sortie hésitaient entre un sentiment de supériorité vis-à-vis des ouvriers formés par un apprentissage traditionnel et une appréhension certaine sur leur capacité à intégrer la culture datelier. Laccusation de prétention nétait donc peut-être pas totalement dénuée de fondement, mais surtout ce qui semblait avoir géné les ouvriers était cette instruction générale supplémentaire.
Le soupçon dêtre des « sarrasins » en puissance navait pas disparu. Il est impossible de dire si les anciens élèves ont massivement adhéré à un syndicat. Nous ne pouvons donner que quelques noms, comme Pierre Larivière XE "Larivière, Pierre" , dessinateur lithographe, Fortuné Champflour, correcteur ou Henri Bouisse XE "Bouisse, Henri" . V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" semble avoir beaucoup uvré pour la cause syndicale comme en témoigne ses anciens élèves : « Pendant tout son professorat à lécole Estienne (18 années) Breton a, tous les ans, amené ses apprentis devenus ouvriers au syndicat », quitte à payer lui même la première cotisation.
Lappartenance syndicale des anciens élèves dépendait surtout, selon nous, de la profession et des entreprises dans lesquelles ils travaillaient. Au risque dêtre caricaturale, nous dirons quun ancien élève avait plus de chance de se syndicaliser en travaillant dans la presse comme clicheur quen faisant de la reliure dart. Néanmoins, les entreprises embauchaient des jeunes gens qui avaient « fait Estienne » : ce fut probablement autant un fardeau quune carte de visite.
4 - Les éditions de lécole Estienne
La production imprimée est pratiquement le seul moyen de se faire une idée un peu précise de la formation dispensée par lécole. Cette production se partage en ouvrages commandés par la Ville, en travaux purement administratifs et en « créations » éditoriales. Elle était constituée essentiellement de brochures sur lécole et de publications de cours. Le premier livre à vocation bibliophilique fut Le Livre, appréciations quen font les écrivains et les philosophes, au format in-16. Il se distingue par la nature du texte et par le soin apporté au décor et à limpression en couleurs.
La volonté de former des exécutants et non des créateurs se confirme en étudiant ces ouvrages. De 1889 à 1900, ils sont marqués par un style historiciste. En typographie, on joue sur les polices, les graisses et les corps. La mise en page est invariablement symétrique. Les bandeaux, cul-de-lampe et vignettes sont des imitations du passé. Les impressions en couleurs étaient fréquentes mais se résumaient souvent à un texte imprimé en noir encadré de filets rouges. Le plus souvent les décors étaient typographiques, ce qui mettait en valeur le travail des élèves compositeurs dans lart des filets. Le symbole en fut la Façade principale de lécole Estienne, exécuté en filets par deux élèves Lucien Mangeot et Henri Werklé en 1895.
Les livres illustrés étaient moins courants, et lillustration se résumait souvent à un frontispice en chromolithographie. Il vaut mieux parler jusque vers 1900 de livres décorés plutôt quillustrés. Une édition de fables de Jean de La Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" en 1900 est tout à fait révélatrice de ce souci du décor.
À partir de la fin des années 1890, le style des ouvrages évolua lentement vers lart nouveau. Il se traduisit par une évolution des quelques illustrations placées en frontispice, notamment avec la Cérémonie dinauguration en 1898. Ce style se développa sagement, sans excès, si ce nest avec La Mer de Jules Michelet, imprimée en 1914 pour lexposition internationale des arts graphiques de Leipzig XE "Leipzig" , qui fit sensation. Pendant cette période on imprima plus douvrages illustrés, mais les illustrations demeuraient en hors-texte. Il semble que lon considérait quun « beau livre » devait encore être illustré de lithographies et non de photogravures. La gravure sur bois est peu présente si ce nest pour les bandeaux et les vignettes. En reliure, lévolution esthétique fut identique, mais il est probable que larrivée de Marius-Michel XE "Michel, Victor-Paul" au sein de comité de surveillance accéléra lévolution des styles.
Lintroduction de lart nouveau en typographie fut plus tardive. Il apparaît vers 1905. Pourquoi ce retard ? Dune part, il y avait depuis les années 1890 des débats au sein de la profession sur ce quon appelait « le style moderne en typographie » auquel Victor Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" était peu sensible. Dautre part, il fallait pour adopter ce style nouveau acquérir de nouveaux caractères, ce qui, compte tenu des difficultés budgétaires, ne put se faire quen 1905-1906.
Lécole Estienne nétait en aucun cas un foyer de création graphique. Elle était légèrement en retard sur les modes, et les assimilait en les assagissant. En revanche, son retard était plus grave en ce qui concernait la publicité et notamment laffiche publicitaire. Il est vrai quune affiche est difficilement publiable sous forme douvrage. Lart publicitaire se résumait en fait à des annonces élaborées par les seuls typographes.
Lécole Estienne avait donc pour vocation de former de simples exécutants, maîtrisant une technique et donc une tradition. Mais cette tradition, ce souci de transmettre un savoir-faire ne faisait pas pour autant de lécole Estienne un établissement appartenant à la famille du Livre. Les accords de 1900 avaient renforcé sa marginalité corporative, et la politique de H. Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" plus encore.
III - Relations avec la profession
Lannée 1900 a vu lentrée dun grand nombre de professionnels dans le comité de surveillance. Elle a vu aussi la réalisation du premier accord paritaire sur lapprentissage, accord qui nexistait dans aucun autre secteur de léconomie française. Il fut ratifié par la Fédération française des travailleurs du Livre et lUnion des maîtres imprimeurs de France. Le règlement national exigeait que lapprentissage fût de trois années, suivies de deux années probatoires où ladolescent serait considéré et rétribué comme « petit ouvrier »; le contrat dapprentissage était obligatoire; le nombre dapprentis ne devait pas être supérieur à un sur cinq ouvriers; la fin de la formation devait être validée par un certificat de fin dapprentissage.
Dans ce contexte, latypisme de lécole Estienne posait une nouvelle fois problème. Or lattachement de H. Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" à lEnseignement technique en tant quinstitution et son désir de collaboration avec la corporation plaçait une nouvelle fois lécole dans une impasse.
1 - Les maîtres imprimeurs
Les patrons du Livre étaient devenus largement majoritaires parmi les « personnes notables » du comité de surveillance. Depuis 1895, les maîtres imprimeurs sétaient dotés dune union syndicale nationale, et ce fut lUnion des maîtres imprimeurs de France, malgré sa représentativité limitée, qui ratifia avec la F.F.T.L. le règlement national sur lapprentissage.
Lattitude des maîtres imprimeurs devant la politique de la municipalité nationaliste fait supposer que les relations avec lécole Estienne furent relativement cordiales. La disparition de lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" a en particulier considérablement amélioré les relations entre la Chambre des maîtres imprimeurs typographes et la direction de lécole. Nous sommes même tentée de parler de relations privilégiées car dès sa nomination à la tête de lécole Estienne, H. Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" adhéra à lUnion des maîtres imprimeurs. Cette adhésion peut surprendre si lon ne tient pas compte des idées du directeur de lécole : lEnseignement technique doit dabord servir léconomie nationale donc les employeurs.
Les communications de H. Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" dans lorgane de lUnion, le Bulletin officiel des maîtres imprimeurs de France, furent nombreuses. Afin de contrecarrer le projet de réforme de C. Rousset XE "Rousset, Camille" et de confirmer ses bonnes relations avec lUnion, H. Fontaine soutint le projet de Edmond Barthelet XE "Barthelet, Edmond" , membre de lUnion, qui proposa en 1900 la création dune « école supérieure de lIndustrie du livre », réservée aux futurs patrons et cadres, et en particulier aux fils des patrons du Livre.
Ce projet naboutit pas mais la possibilité dadmettre des élèves libres à lécole Estienne appartenait à cette logique. H. Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" voulait ainsi que les maîtres imprimeurs envoient leur fils à lécole Estienne, ce qui lui aurait donner un prestige certain. En 1905, H. Fontaine participa au congrès des maîtres imprimeurs et présenta un « rapport sur lécole Estienne ». Dans ce rapport, il se félicita des bonnes relations avec les maîtres imprimeurs dautant, soulignait-t-il, que la « corporation na plus son école spéciale ». En 1911, H. Fontaine reprit à son compte le projet de E. Barthelet XE "Barthelet, Edmond" en annonçant son intention de créer des sections supérieures pour les élèves plus doués, qui « prépareraient réellement un état-major des chefs de lindustrie ou de véritables artistes industriels ». Cette section supérieure serait payante, donc en fait réservée aux fils des patrons.
Mais aux yeux de lUnion, lécole Estienne nétait pas lécole des maîtres imprimeurs. Les écoles patronales étrangères, comme la Saint Bride Foundation XE "Saint Bride Foundation" à Londres XE "Londres" , continuaient de fasciner les maîtres imprimeurs français, doù un certain sentiment de frustration à légard de la situation française et en particulier de lécole Estienne. Leur place privilégiée, en regard des délégués ouvriers, ne leur suffisait pas comme en témoigne ce vu du congrès patronal de 1902 où lon désirait que « le Comité central de lUnion sentende avec les pouvoirs publics à leffet de réserver à lUnion une participation à lélection des professeurs de lécole Estienne ». Par ailleurs, ces bonnes relations mises en avant par le directeur de lécole étaient superficielles. En effet, pour les maîtres imprimeurs de province, lexistence de lécole Estienne ne résolvait en rien leur problème de main duvre qualifiée. Les anciens élèves, en raison des différences de salaire entre Paris et la province, restaient dans la capitale. Cest sans doute la raison pour laquelle ils furent les plus hostiles à une formation professionnelle scolarisée et attachés à lapprentissage traditionnel.
À partir de 1905, les travaux de lUnion concernèrent exclusivement linstauration de cours professionnels sur tout le territoire. Trois ans après la disparition de lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" , cet intérêt était logique. Le patronat du Livre avait laissé ce champ daction à la F.F.T.L. et le ministère du Commerce était en train de préparer un projet de loi sur les statuts des cours professionnels afin de favoriser linitiative privée. Un maître imprimeur joua un rôle considérable dans ces travaux, et on peut même considérer quil fut un des acteurs majeurs dans lhistoire de la formation professionnelle dans le Livre jusquaux années trente. Gabriel Delmas XE "Delmas, Gabriel" , maître imprimeur bordelais, devint président de lUnion des maîtres imprimeurs de France en 1907 : il était très attaché à une organisation forte du patronat et en même temps au dialogue avec les organisations ouvrières. Sil ne put résoudre la faiblesse structurelle de lorganisation patronale, la formation professionnelle resta un de ses champs daction privilégiés. Il fut sans doute à lorigine dune décision du congrès de 1907, voulant « que tous ses membres provoquent, dans les groupements régionaux dimprimeurs, létude de la création décoles ou de cours techniques se rapportant à toutes les branches de notre profession ». Ce regain dintérêt pour une organisation rationnelle de lapprentissage remit au goût du jour le vieux débat sur le temps de travail des apprentis : les cours devaient-ils avoir lieu pendant la journée de travail ou après ? Les membres de lUnion sefforçaient davoir une position claire afin de se faire mieux entendre de la commission parlementaire en charge de la préparation de la loi sur lapprentissage voulue par le ministère du Commerce.
Dans ce contexte, lintérêt de lUnion pour lécole Estienne fut décroissant. Les tentatives de H. Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" dentretenir des relations privilégiées avec les employeurs obtinrent des effets très limités. Certes, lUnion reconnaissait à son établissement une réelle valeur, mais il formait trop peu douvriers et navait donc quune importance locale, alors que H. Fontaine voulait en faire un modèle national. Les maîtres imprimeurs rejoignaient ainsi la position de A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" : lécole Estienne ne réglait en rien la crise de lapprentissage.
2 - Les ouvriers
Laccueil réservé aux anciens élèves dans les ateliers montre que les préventions ouvrières à légard de lécole avaient la vie dure.
Malgré ladmission dun délégué de la Fédération lithographique dans le comité de surveillance en 1898, les ouvriers lithographes restaient les principaux ennemis de létablissement. J. Duchêne XE "Duchêne, Jules (1839-1913)" , membre du comité, contestait la direction et la mission de lécole à tout moment, lors des jurys de fin dannée, dadmission des élèves et des concours de professeurs. À toute occasion, la Fédération lithographique réaffirmait le droit de contrôle exclusif de lécole par les ouvriers et surtout une limitation drastique du nombre délèves : « Il nest pas admissible que les ouvriers lithographes contribuables au même titre que tous les autres citoyens continuent à payer des impôts pour faire vivre une institution qui jette tous les ans une quinzaine de jeunes gens, plus ou moins ouvriers, sur le pavé parisien, à la merci de tout industriel lithographe désireux déchapper au minimum de salaire syndical. » Doù des actions totalement paradoxales, où le syndicat exigeait sa représentation dans le comité et les différents jurys et contestait en même temps leur légitimité. Ainsi, en 1907, la Fédération lithographique envoya un délégué au concours dadmission du professeur de dessin et chromolithographie, comme le lui demandait la direction de lécole. La Fédération lithographique avait décider de se faire représenter par un délégué qui devait siéger mais sans participer à son travail... Ce délégué fit ensuite son rapport au syndicat avec un embarras visible : « Mais il faut bien le reconnaître [...], nous plaçant du point de vue justice [sic], aucun reproche ne peut être fait contre les jurés. »
Cette lutte fut sans effet, mais continua jusquà la Première Guerre mondiale. Pendant lentre-deux-guerres, ce foyer contestataire disparut complètement : la marginalisation de lindustrie lithographique avait fait disparaître lactivisme du syndicat ouvrier.
Dans la presse syndicale typographique, lécole Estienne fit de moins en moins lobjet darticles doù la difficulté de préciser la position des ouvriers typographes, notamment après la ratification du règlement sur lapprentissage. Or, il y eut des conflits entre la F.F.T.L. et la direction de lécole, bien que nous en ignorions précisément les objets. En 1905, J.-B. Angelé XE "Angelé, Jean-Baptiste" parla de « relations un peu tendues qui existent entre le directeur de lécole et la Chambre syndicale » et de son souhait de « voir en ce directeur un plus chaud partisan de principes syndicaux ». Le contentieux entre la Chambre syndicale typographique parisienne et lécole a probablement porté sur deux points : dune part, les organisations syndicales navaient aucun moyen légal dobtenir que la direction limitât le nombre des élèves; dautre part, la formation des élèves durait quatre ans et non trois et la direction estimait probablement quà leur sortie les anciens élèves pouvaient revendiquer létat douvrier, avec le salaire correspondant, alors que daprès le réglement de 1900 on ne pouvait le faire quaprès deux années en tant que « petit ouvrier ». Lentrée de la composition mécanique dans lenseignement de lécole provoqua peut être des motifs de conflit supplémentaires. Il est en effet assez curieux que les premières linotypes aient été installées dans latelier de fonderie, et non de composition. Par ailleurs, Victor Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" démissionna en 1905 du comité central de la F.F.T.L., « ayant cru voir, à certain moment, une incompatibilité entre son mandat électif et ses fonctions de professeur à Estienne ».
La venue de A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" à la distribution des prix de lécole en 1901 aurait pu être le signe dune bonne entente entre létablissement et la Fédération du Livre. En fait, A. Keufer fit un discours à la promotion sortante qui nétait pas un panégyrique de lécole comme cétait lusage. Il parla aux élèves de la lutte du syndicat contre le travail des femmes dans limprimerie. Ceci lui permit de ne pas soutenir lécole, sans pourtant rompre totalement, et de faire une instruction syndicale à des jeunes gens qui, à ses yeux, en étaient forcement dépouvus.
Lattitude de H. Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" vis-à-vis des organisations professionnelles ne pouvait quheurter la F.F.T.L. Il avait beau affirmer la neutralité syndicale de lécole, ses relations privilégiées avec lUnion des maîtres imprimeurs étaient visibles. En témoigne Eugène Sédard XE "Sédard, Eugène (1857-1930)" , directeur de lIntermédiaire des imprimeurs,qui sen offusqua plusieurs fois : « Mais est-ce bien à lUnion des maîtres imprimeurs que M. Fontaine doit communiquer ses projets réformateurs ? »
De même que le patronat déplaça la question de la formation professionnelle sur les cours, la F.F.T.L. simpliqua également dans les débats provoqués par le projet de loi du ministère du Commerce. Il est ainsi très révélateur de constater que lécole Estienne fit lobjet dune question dans un congrès pour la dernière fois en 1900. Elle fut posée par E. Dreyfus XE "Dreyfus, E." , délégué de la Fédération lithographique, qui voulait que le congrès prit une position claire à légard des écoles professionnelles. En vain. Non pas quil ny eut aucune position officielle hostile de la F.F.T.L. à légard de lécole Estienne : il ny eut aucune position du tout. Laction de A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" fut particulièrement significative au sein du Conseil supérieur du Travail XE "Conseil supérieur du Travail" dont il était membre. En 1902, le Conseil supérieur du Travail consacra ses travaux au projet de loi, qui devait remplacer la loi du 22 juin 1851. Les écoles professionnelles nétaient pas considérées comme des modèles à suivre, à linverse des cours. De surcroît, la création du certificat daptitude professionnelle en 1911 permit à la F.F.T.L. délargir ses ambitions : la délivrance de ce diplôme par un jury était la possibilité de contrôler de lapprentissage.
Ceci montre que le règlement sur lapprentissage fut moins un aboutissement quun point de départ pour la corporation dans lorganisation de lapprentissage. Il rendit possible une réflexion sur linstauration de cours et sur les sanctions des formations. De fait, patrons et ouvriers sinvestirent très rapidement dans le débat provoqué par le ministère du Commerce où chacun voyait une possibilité de contrôler la formation professionnelle avec la bénédiction de lÉtat. Lécole Estienne qui était née de lidée que les pouvoirs publiques devaient contrôler la formation était de fait marginalisée. H. Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" avait cru pouvoir faire de lécole Estienne un lieu de collaboration corporative et un modèle. Le congrès de Roubaix XE "Roubaix" sur lapprentissage en 1911 fut le symbole de son échec.
3 - Le congrès de Roubaix XE "Roubaix"
Ce congrès, organisé par lA.F.D.E.T. XE "Association française pour le développement de lEnseignement technique" , participa à ces débats sur une nouvelle loi sur lapprentissage. Il se tint à Roubaix XE "Roubaix" du 2 au 5 octobre 1911. Les travaux du congrès furent répartis en sections. Les industries du Livre appartenaient à la 6e section qui était présidée par A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" , assisté de Burgard XE "Burgard" (F.F.T.L.), Carel XE "Carel" (président de lécole professionnelle de la Chambre syndicale du Papier XE "École professionelle de la Chambre syndicale du papier et des industries qui le transforme" ), E. Dreyfus XE "Dreyfus, E." (Fédération lithographique), A. Damy XE "Damy, Alfred" (ancien président de lAssociation des anciens élèves XE "Association des anciens élèves de lécole Estienne" de lécole Estienne), Masson XE "Masson" (Chambre syndicale typographique de Lyon XE "Lyon" ), Georges Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" (Société des gens de lettres), Bigo-Danel, de Malherbe XE "Malherbe (de)" , Plateau XE "Plateau" (maîtres imprimeurs) et H. Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" .
E. Dreyfus XE "Dreyfus, E." tenta de discréditer lécole Estienne, accusée de ne se soucier « en aucune façon des besoins des corporations pour lesquelles elles ont mission de former des ouvriers ». Il proposa donc de grever le budget de lécole de façon à dispenser plus largement des subventions aux cours professionnels contrôlés par la corporation. A. Damy XE "Damy, Alfred" prit bien évidemment une position opposée, considérant que lécole avait accompli sa mission. Elle devait dorénavant devenir un modèle : « Nous voudrions quelle soit le modèle de lenseignement professionnel au dehors et comme le phare qui projette au loin sa lumière. »
Lampué devait initialement présenter un rapport sur les écoles professionnelles de la Ville de Paris. En fait, son intervention fut consacrée à une défense vigoureuse lécole Estienne. Il interpella ses détracteurs : « Est-ce un crime de sélever ? » Certes, létablissement était coûteux mais il permettait de « former des ouvriers capables de maintenir les traditions du goût, délégance et de solidité qui ont placé si haut lindustrie de France. » Quant aux initiatives des groupements professionnels, la Ville de Paris ne les empêchait pas, au contraire elle les encourageait.
Si lécole Estienne était omniprésente dans les travaux de cette 6e section, il en resta peu de choses dans les vux. Burgard XE "Burgard" en donna lexplication : lécole Estienne ne concerne quun nombre infime dapprentis et ne peut conduire à une multiplication détablissements de ce genre, en raison de son coût; le législateur ne doit donc pas sen préoccuper mais faciliter la création de cours de formation, dit de perfectionnement, placés sous lautorité des groupements professionnels concernés. Lors des débats, H. Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" tenta de défendre ses idées en flattant quelque peu la profession et en proposant le vu selon lequel toutes les parties concernées (État, enseignants, patrons et ouvriers) sentendraient pour créer des cours professionnels, en précisant quils pourraient avoir lieu « soit dans les écoles professionnelles ou pratiques, soit dans les écoles primaires ou primaires supérieures, soit même dans les usines et manufactures. ». Cette idée était une tentative pour réintégrer lécole Estienne dans le dispositif des cours professionnels du Livre que la profession réclamait : la greffe ne prit pas. Pour A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" , les écoles professionnelles navaient dans la réalité aucune légitimité dans lorganisation dun apprentissage de masse, le plus important à ses yeux : « Il reste la question de création décoles professionnelles. Cest là un gros problème que je ne veux pas aborder. Je persiste à penser quil est impossible de créer des écoles partout et pour toutes les professions. Cest une uvre trop onéreuse au point de vue matériel, téméraire au point de vue moral, insuffisante au point de vue technique. »
Le départ de H. Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" ne semble pas sêtre déroulé dans de bonnes conditions comme tendrait à le prouver le témoignage de son successeur, Georges Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" . G. Lecomte avait participé au congrès de Roubaix XE "Roubaix" . Cest à cette occasion quil rencontra trois membres de la 4e commission du Conseil municipal, dont Lampué XE "Lampué" . Ils lui demandèrent sil serait intéressé par le poste de directeur de lécole Estienne « qui, depuis quelques années, ne donne plus tout à fait les résultats que nous étions habitués à en obtenir... » Nous sommes alors en octobre 1911 et H. Fontaine ne devait partir à la retraite que deux ans plus tard.
Ce départ navait évidemment rien de semblable à celui de M. Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" , mais il symbolisa léchec de H. Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" . Il navait pas réussi à maintenir le budget de lécole ni à faire accepter lidée que lécole Estienne pouvait être un modèle à suivre.
Lécole Estienne à la veille de la Grande Guerre était donc condamnée à la modestie : modestie relative des moyens en raison de la politique municipale; modestie face au patronat qui certes y trouvait une main duvre qualifiée mais peu enclin à la considérer comme une élite; modestie face à des ouvriers qui affirmaient la supériorité de latelier dans la formation des hommes. Toutes les tentatives de H. Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" de transformer limage de lécole échouèrent.
En 1880 comme en 1914, la formation professionnelle dans les industries du Livre restait une question corporative donc syndicale où lÉtat ne pouvait être quun arbitre lointain et un distributeur de subventions. Après les frayeurs provoquées par lingérence de lÉtat ou des autorités locales dans les années 1880, la corporation fut rassurée de voir que le ministère en charge de lEnseignement technique revenait à de meilleurs dispositions : lÉtat serait un soutien non un acteur direct.
La profession privilégiait désormais un apprentissage alternant le travail en atelier et une instruction technique complémentaire dans des cours professionnels. Cette idée, apparut vers 1880, était désormais largement défendue. Néanmoins, lexclusion dune formation accomplie uniquement dans un cadre scolaire nempêchait pas que ce type de formation, symbolisé par lécole Estienne, existait bel et bien. Fallait-il faire comme si elle nexistait pas, comme le préconisait A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" ? Fallait-il la considérer comme un moyen comme un autre pour former des ouvriers, comme le pensait en fait le patronat ? Or lécole Estienne avait prouvé quil était effectivement possible de former une main duvre de qualité hors du cadre technique et culturel de latelier.
Son statut, son élitisme, sa neutralité syndicale faisait delle une réussite à linfluence inexistante.
Quatrième partie
1914-1934
LÉcole Estienne, lindustrie et lÉtat
Pour les anciens élèves, cette période fut terne et sans dynamisme. Par ailleurs, la presse professionnelle qui était notre source principale ne traite quépisodiquement de lécole Estienne : était-ce le signe de lindifférence de la profession à son égard ? Cette période fut en effet particulièrement riche en événements en ce qui concerne lapprentissage des métiers du Livre, laissant lécole Estienne dans sa « marginalité » corporative. Le nouveau directeur, Georges Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" , nétait pas a priori lhomme de la situation, pourtant son uvre est plus intéressante quil ny paraît.
Ce silence relatif sur lécole Estienne est peut-être le signe de son intégration définitive dans la vie de la corporation. Pendant lentre-deux-guerres, les conflits spectaculaires ne sont plus de mise. Ces bonnes relations avec la profession contrastent de plus en plus avec celles quelle entretient avec le Conseil municipal : la Ville de Paris laisse lécole à elle-même avec de lourdes conséquences sur sa politique déquipement. G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" fut donc dabord chargé de gérer la misère.
A - 1913-1923 : Georges Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" , la corporation et la crise de lapprentissage
Jamais un directeur de lécole Estienne ne fut aussi éloigné de la corporation du Livre. Ces années de guerre et daprès-guerre, particulièrement difficiles à tous points de vue, pour lécole comme pour la profession, inaugurèrent les relations que nous qualifierons de surréalistes entre cet intellectuel mondain et la corporation. G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" réussit, malgré son ignorance des usages corporatifs, et peut-être grâce à elle, à établir des relations franches et fructueuses avec la profession. Mais cette réussite était le pendant des relations désormais inexistantes avec le Conseil municipal.
I - Les projets de 1913 et la guerre
Objectivement, la nomination de G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" à la tête de lécole en 1913 paraît être le fruit dune absence totale dintérêt pour lécole. Pourquoi les conseillers municipaux ont-ils jeté leur dévolu sur un homme de lettres étranger à la fois à la fonction publique, à lenseignement et aux industries du Livre ? Or, G. Lecomte montra pendant la guerre et limmédiate après-guerre une capacité peu commune à défendre létablissement dont il avait la charge.
1 - La nomination dun profane
Sur cette nomination plutôt étrange nous navons que le seul témoignage de G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" . Pourtant, la préparation de la succession de H. Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" avait mobilisé des professionnels et les membres du comité de surveillance qui avaient sur le sujet des idées bien arrêtées.
Georges Degaast XE "Degaast, Georges (1884-1940)" , membre de lAssociation des anciens élèves XE "Association des anciens élèves de lécole Estienne" et du comité de surveillance, et V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" menèrent campagne pour que le futur directeur fut un homme de métier. Ils souhaitaient que soit nommé Edmond Rocher XE "Rocher, Edmond" , graveur illustrateur et chef des travaux de lécole depuis 1906.
Le comité de surveillance voulait en effet à tout prix que soit nommé un professionnel du Livre, tout candidat étranger à la profession étant soupçonné de chercher une sinécure dans ce poste. H. Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" qui assistait à ces séances quitte donc lécole Estienne dans une indifférence un peu blessante, comme le montre son discours dadieu : « Jaime à croire que cette collaboration naura pas été inutile au développement, à la prospérité et au bon renom de lécole Estienne, bien que, en ma qualité dancien universitaire, je me sois le plus souvent renfermé dans un rôle de directeur administratif et éducatif, conception qui tend, il est vrai, aujourdhui à faire place à celle de directeur technique. »
Nous ignorons quels furent les motifs qui portèrent le Conseil municipal à choisir un journaliste, critique dart et écrivain. Le dossier de Georges Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" provenant des archives de la direction de lenseignement de la Seine nous éclaire assez peu : « M. Lecomte par sa valeur personnelle et sa notoriété dans le monde des lettres et des arts, pourra rendre de réels services à lécole ».
G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" était alors journaliste au Matin, écrivain et critique dart. Il était connu à plusieurs titres. Né en 1867 à Mâcon, il monta à Paris et fut employé au ministère des Postes. Sa carrière littéraire commença vers 1890. Il prit la défense des impressionnistes, à qui il consacra la première étude densemble en 1892, et des romanciers naturalistes À partir de 1891, il écrivit de nombreuses pièces de théâtre, encouragé par Antoine. Il devint alors un homme de salons littéraires particulièrement assidu, où il déployait tout son talent dans lart dexploiter les relations. En 1908, il devint président de la Société des gens de lettres.
Mais cet intellectuel mondain était aussi très intéressé par les arts appliqués et était à lépoque ce quon appellerait un homme de gauche, particulièrement sensible aux questions sociales dont lapprentissage. Cest à ce titre quil se déplaça en 1911 à Roubaix XE "Roubaix" pour assister au congrès sur lapprentissage organisé par lA.F.D.E.T. XE "Association française pour le développement de lEnseignement technique" À cette occasion, il rencontra trois conseillers municipaux qui lui proposèrent le poste de directeur de lécole Estienne. Craignant de devoir sacrifier sa carrière littéraire à cette tâche, il demanda un temps de réflexion. Finalement, il accepta. Devenu directeur, il tint salon dans son appartement de fonction, tous les dimanches...
2 - Le plan de bataille de 1913
Il est difficile de dire quelle fut la politique de G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" à légard de lécole. Néophyte, il était sans doute convaincu de la supériorité de la formation professionnelle en milieu scolaire mais sans esprit militant. LEnseignement technique était probablement pour lui dun intérêt lointain; ce qui lui importait cétait lécole Estienne seule.
Dès 1913, on a quelques éléments sur sa méthode de travail. Tout dabord, il navait absolument aucun goût pour le travail administratif, et se reposa largement sur le surveillant général Francisque Decour XE "Decour, Francisque" . Il privilégiait les relations directes avec tous les acteurs de lécole, en particulier avec les représentants de lAssociation des anciens élèves XE "Association des anciens élèves de lécole Estienne" , lUnion des maîtres imprimeurs de France et la F.F.T.L. Nous avons limpression que le monde du Conseil municipal lattirait très peu, le jeu politique semblant lui être totalement étranger, doù des discussions apparemment beaucoup plus fructueuses avec personnes notables » du comité du surveillance. Il neut de cesse daffirmer à la Fédération du Livre et à lUnion des maîtres imprimeurs « que lécole Estienne était neutre, où ils seraient toujours les bienvenus, où les critiques et leurs conseils seraient toujours accueillis avec attention. » Il ajoute : « Je mefforçait de faire comprendre aux uns et aux autres quil y avait avantage pour eux à ne point sen désintéresser. » Comme H. Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" , il adhéra à lUnion des maîtres imprimeurs de France en octobre ou novembre 1913. Il ny avait dans son esprit aucune arrière pensée, puisque il était apparemment totalement dénué didées préconçues sur lapprentissage dans lindustrie du Livre.
À son arrivée à lécole, il demanda à lAssociation des anciens élèves XE "Association des anciens élèves de lécole Estienne" quinze rapports (un par atelier) afin de « participer à une progressive modernisation de son enseignement ». Nous nen avons pas retrouvé trace. Le seul rapport que nous avons retrouvé est celui commandé à Eugène Grasset XE "Grasset, Eugène (1845-1917)" , illustrateur et graphiste de renom, sur lenseignement de la lettre, qui nexistait pas dans le programme de létablissement. E. Grasset avait été nommé au comité de surveillance peu avant larrivée de G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" . Dans son rapport, il y présenta les principes et le contenu de cet enseignement quil estimait nécessaire. Au niveau pédagogique, linnovation était limitée car il sagissait essentiellement de cours magistraux sur lhistoire de la lettre et non de réflexion sur la création typographique, même si E. Grasset voulait aborder le sujet des équilibres typographiques et de la relation entre lespace (les blancs) et le caractère typographique. Il créa néanmoins ce cours en 1917.
Le principal changement dans lenseignement fut une nouvelle réduction du circulus, qui passa de deux mois en 1913 à trois semaines environ en 1920.
À la veille de la Première Guerre mondiale, G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" se préoccupa surtout de la modernisation des équipements de lécole. Dans ses souvenirs, il énumère un certain nombre dacquisitions : deux presses à platines pour latelier dimpression typographique; une presse lithographique Voirin; une Linotype et une Monotype. Seules les presses à platines furent achetées, les autres équipements ayant été donnés par les constructeurs pour qui cétait un moyen de familiariser les élèves à leurs machines et donc de faire une publicité indirecte mais efficaces dans les entreprises. Néanmoins, limportance des dons est également révélatrice de létat du budget de lécole. Dailleurs, ces acquisitions ne suffisaient pas. G. Lecomte écrit : « Puis, en prenant conseil de mes collaborateurs et de la société des anciens élèves XE "Association des anciens élèves de lécole Estienne" , jétablis tout un plan dachats nécessaires pour compléter notre matériel, plan que nous aurions progressivement réalisé, année par année, selon nos ressources. Malheureusement, la guerre de 1914 contraria mes projets. »
3 - La guerre
La guerre surprit lécole alors que la direction était venue visiter lexposition internationale des arts graphiques à Leipzig XE "Leipzig" . La grande famille européenne du Livre était divisée pour un temps; la corporation française devint nationaliste attaquant ses confrères allemands avec qui elle avait auparavant des relations nourries.
Lécole Estienne, comme le reste de la société française, participa au conflit. Plusieurs professeurs furent mobilisés; les élèves avaient un père ou un frère au front; la direction senquérait de létat de santé physique et moral des stéphanois mobilisés. G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" a peut-être joué un rôle particulier dans la participation « livresque » de lécole au conflit. Toujours président de la Société des gens de lettres, il fut représentatif des intellectuels français, fort nombreux, qui participèrent à ce quon appela péjorativement le « bourrage de crâne », cest-à-dire à la propagande nationaliste. Précisons de cet engagement navait rien de superficiel pour G. Lecomte : il perdit son fils aîné, Marcel, mort au front en 1915, décès dont il ne se remit jamais tout à fait.
La première forme de la participation de lécole à leffort de guerre fut un geste en direction de la corporation. G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" , avec le soutien du Conseil municipal, proposa aux apprentis du Livre de Paris de venir suivre des cours à lécole Estienne. En effet, la guerre en mobilisant les hommes et en contingentant le papier avait provoqué la fermeture de nombreux ateliers.
La seconde forme de cette participation fut la publication de plaquettes patriotiques, la publication de livres étant rendue plus difficile par le manque de papier. Ces textes peuvent paraître bien excessifs aujourdhui mais ils étaient alors lexpression de la culture nationaliste de lépoque. Par exemple, Marius-Michel XE "Michel, Victor-Paul" participa à sa manière au conflit, par un poème LÉpée de la France, dédié à Pierre Boudreaux XE "Boudreaux, Pierre" , en 1915 qui se termine ainsi :
Histrion couronné, casque-toi Lohengrin
Hier cétait la Marne et demain cest le Rhin
Telle est la Destinée
Fous dorgueil assoiffés de haine
Malheur à ceux qui dans sa gaine
Lont réveillée
La publication la plus spectaculaire fut un grand in-folio de quatre page Lettre du soldat Georges Belaud, cuisinier, à sa femme, texte imprimé à la demande de la Société des gens de lettres en 1915. Outre la taille de cette « plaquette », son intérêt est surtout graphique. Imprimé en quatre couleurs, le décor est particulièrement original et techniquement réussi car il consiste en une simple écharpe tricolore qui court sur les trois premières pages sans discontinuer.
Les distributions des prix furent également loccasion de manifester cette solidarité patriotique. Les discours des conseillers municipaux traitaient auparavant du Livre et du progrès humain; désormais ils dissertaient sur les liens entre lart du Livre français, la Pensée française dans le monde, le sacrifice des soldats et la barbarie de lagresseur. Lors de lannonce du décès dun ancien élève mobilisé, lécole imprimait une plaquette lui rendant hommage, qui était ensuite affichée dans la cour de récréation et envoyée aux organisations professionnelles. Cette pratique navait rien que de très banale. Les revues professionnelles qui avaient réussi à continuer de paraître pendant la guerre publiaient également la liste des ouvriers et patrons du Livre tombés au front. Dans ces listes, on précisait quand il avait lieu que le défunt était un ancien élève de lécole Estienne. Les anciens élèves mobilisés gardaient des relations entre eux grâce au Bulletin de lAssociation des anciens élèves XE "Association des anciens élèves de lécole Estienne" de lécole Estienne : « Quelques nouvelles des uns et des autres, recueillies, furent publiées, puis arrêtées par la censure. » La centaine de morts, parmi les anciens élèves et professeurs, fut honorée en 1921 par lapposition dune plaque dans le vestibule de lécole. Tous les 11 novembre lécole célébra ses morts.
Mais la guerre ne fut pas une simple parenthèse pour lécole. La mobilisation et leffort de guerre navaient pas fait disparaître les sujets de friction entre la corporation et létablissement.
II - 1917-1920 : le congrès national du Livre
Il y eut deux congrès. Le premier eut lieu du 11 au 17 mars 1917 à Paris. Il aborda tous les aspects de léconomie du Livre, de sa production à sa diffusion et avait vocation daffirmer les ambitions internationales des industries françaises dans léconomie mondiale et les ambitions culturelles du pays. Lapprentissage des métiers du Livre fut une des questions inscrites au programme. Comme à Roubaix XE "Roubaix" , lécole Estienne fut « accidentellement » placée au centre du débat.
1 - Un assaut manqué contre lécole Estienne
Lapprentissage ne devait officiellement faire objet que dun seul rapport, celui de A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" . Or, il fut également traité par dautres intervenants dont les rapports nauraient dû laborder quindirectement et succinctement : la Chambre des maîtres imprimeurs typographes, la Société fraternelle des protes et lAmicale des protes et correcteurs. G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" avait été convié au congrès, mais au seul titre de président de la Société des gens de lettres.
La presse professionnelle du Livre rendit compte à ses lecteurs des travaux du congrès mais, pour ce qui est de lapprentissage, édulcora ce qui sy est dit. Les débats qui furent publiés sous forme de procès verbaux constituent un document passionnant.
A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" , six ans après le congrès de Roubaix XE "Roubaix" , na pas varié dans sa position. Il considérait que ce dernier congrès navait pas donné lieu à de solides réalisations, et dabord à une nouvelle loi sur lapprentissage, destinée à remplacer celle de 1851. La cause était la suivante : « Laccord nexiste même pas sur la meilleure méthode de formation des apprentis. Parmi tous ceux qui ont fait de cette grave question lobjet de leurs études il en est qui préconisent lapprentissage dans les écoles professionnelles; ce sont surtout des théoriciens. Dautres sont partisans de lapprentissage à latelier, et nous sommes franchement de ceux-là. » Pour lui ce débat est dautant plus stérile que les écoles ne sont en aucun une solution pour la formation du plus grand nombre. Elles ne touchent pas limmense majorité des apprentis, ne concernent que les jeunes gens destinés à devenir des cadres, cest-à-dire les « enfants des familles aisées, qui auront la faculté de fréquenter les cours jusquà lâge de dix-huit ou dix-neuf ans. » A. Keufer napporta rien de neuf au débat : il sen tenait au règlement de 1900 et à linstauration de cours professionnels. Mais cette déclaration négative à légard des écoles professionnelles apportait néanmoins un changement dans la perception par la corporation des les écoles professionnelles : non seulement elles étaient « bourgeoises » mais elles dispensaient une formation supérieure, elles formaient non des ouvriers mais des cadres... Lécole Estienne était donc doublement particulière.
Ce changement dans la mission de lécole fut également perçu et souligné par les maîtres imprimeurs mais surtout par les organisations de cadres de limprimerie et fut cause dune attaque virulente contre lécole Estienne. Les anciens élèves de lécole en accédant visiblement rapidement aux postes dencadrement bouleversaient la hiérarchie interne des entreprises, qui fonctionnaient jusqualors avec un système de promotion interne. Cétait inadmissible dadmettre que des jeunes gens de moins de trente ans puissent obtenir de tels postes. Dans lintervention des maîtres imprimeurs et des protes, on retrouve les traditionnelles attaques sur la prétention et lincompétence des élèves. Mais les arguments paraissent dautant plus contradictoires : réfuter la capacité de lécole à former des cadres cétait admettre que cétait déjà le cas, puisque elle avait pour mission initiale de former des ouvriers qualifiés. Ces organisations réclamaient donc un contrôle corporatif fort sur la direction et les enseignements de lécole. La violence de ces attaques a amené à un débat dont justement A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" ne voulait à aucun prix. Le modus vivendi professionnel de lavant-guerre avait placé lécole Estienne hors de lapprentissage tel que le considérait alors lensemble de la profession. Les organisations patronales et de protes venaient accidentellement de rompre ce principe en replaçant une nouvelle fois lécole Estienne au centre du débat sur lapprentissage.
Ce débat ne pouvait avoir lieu sans opposant : ce fut G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" dont lindignement fit des merveilles, à la surprise des détracteurs de lécole qui ne sattendaient apparemment pas à que cet homme de lettres puisse être capable de leur tenir tête. Ils sattendaient sans doute plus à un discours couramment pratiqué par ses prédécesseurs : un mea culpa et des promesses de collaboration toujours plus étroites et fructueuses. Rien de tout cela narriva.
G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" exigea quon lui laissa la parole afin de répondre à des propos « qui peuvent avoir pour résultat, demain, dempêcher deux cent cinquante élèves dont [il a] la garde de gagner leur vie. » Laccusation selon laquelle la direction de lécole restait volontairement indifférente à la vie de la profession était fausse : aucun membre des organisations professionnelles nétait venu le voir depuis quatre ans. Dautre part, il leur dénia le droit de juger la formation des élèves puisque les anciens élèves des dernières promotions étaient partis au front. Sur ce sujet, il ajouta sans diplomatie : « Du haut de quoi jugez-vous la formation des élèves de lécole Estienne, puisque cest la seule chose qui existe, puisque vous navez rien à lheure actuelle ? Si un ou deux dentre vous ont dans leurs ateliers une école dapprentis, une école qui donne de bons résultats, cest tout ! Et les autres ? » Il balaya les reproches traditionnels sur les taux élevés dabandon dans son établissement : « étant donné le peu que vous avez aujourdhui de votre côté, cest-à-dire rien du tout, jestime que, sil ne sortait de lécole Estienne que deux élèves complets, ayant fait leur quatrième année, ce serait mieux que rien. Et ce vous que avez à offrir pour linstant, cest rien ! » Et de remercier A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" , qui nen demandait pas tant, de la modération de ses propos.
Philippe Renouard XE "Renouard, Philippe (1862-1934)" , surpris et gêné, demanda à ce que « cet incident » ne figurât pas au procès-verbal, ce quon lui refusa...
La discussion du rapport de A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" eut lieu quelques jours plus tard après lincident. Premiers à prendre la parole, les maîtres imprimeurs, en la personne de de Malherbe XE "Malherbe (de)" , affirmèrent que jamais ils navaient eu lintention de nuire à lécole. Mais de Malherbe ne put sempêcher de louer la qualité de lécole patronale anglaise, la Saint Bride Foundation XE "Saint Bride Foundation" . Ce ne fut pas dun effet très heureux puisquun participant demanda alors pourquoi lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" avait disparu. Pour A. Keufer, visiblement exaspéré, cette discussion avait assez duré : « En ce moment, nous étudions la situation des enfants qui iront à latelier. Nous ne nous occupons pas des enfants qui iront dans une école professionnelle spéciale, ni dans une école supérieure; nous nous occupons de la masse des enfants qui sont obligés dapprendre un métier dans un atelier, parce que cest le lieu où lensemble des enfants pourra seulement avoir une formation professionnelle. »
Les vux du congrès furent en très grande partie inspirés par le rapport de A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" , vux qui eux-mêmes reprenaient certaines propositions du congrès de Roubaix XE "Roubaix" : préapprentissage et orientation professionnelle; âge dadmission de lapprenti fixé à 14 ans; organisation des cours professionnels par des commissions mixtes aidées par les pouvoirs publics. G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" participa à lélaboration de ces vux et arracha à A. Keufer une concession qui lui coûta sans doute beaucoup. A. Keufer voulait que lapprentissage devienne obligatoire à latelier; G. Lecomte a obtenu que lexpression « à latelier » soit supprimée, considérant quelle laissait entendre que lapprentissage ne pouvait pas se faire à lécole.
Mais le congrès ne sarrêtait pas à ces simples vux. Il fut décidé quune commission interprofessionnelle serait constituée pour élaborer un programme denseignement professionnel propre aux industries du Livre.
2 - 1917-1919 : La commission interprofessionnelle
Les objectifs de cette commission correspondaient en grande partie à ceux des organisations syndicales. Il était hors de question de ne pas y participer même si le scepticisme était de règle : le congrès de Roubaix XE "Roubaix" navait pas été suivi de réalisations concrètes. Par ailleurs le respect du règlement de 1900 posait encore de gros problèmes.
Le congrès national du Livre se termina le 17 mars; son comité exécutif commença ses travaux le 28 mars 1917 en mettant en place la commission interprofessionnelle. Les organisations syndicales des industries du Livre appréciaient peu dêtre noyées dans des structures de ce genre. Le 8 mais 1917 sur linitiative de P. Renouard, le comité exécutif du congrès accepta que ces organisations des industries du Livre se rencontrent dans une « commission mixte qui comprendrait deux patrons et deux ouvriers pour chacune des branches de limprimerie. ». Elle était présidée par Chaix, A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" en étant le vice-président, les branches étant représentées par des sous-commissions. Mais le lien avec le comité exécutif du congrès nétait pas rompu : « Le comité du congrès y serait représenté par M. Georges Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" et serait mis au courant des résolutions auxquelles elles aboutiraient. »
Mais la guerre puis la crise sociale des années 1918-1919 retarda la remise des conclusions de la commission. Le 18 février 1919, P. Renouard XE "Renouard, Philippe (1862-1934)" annonce que « les patrons et ouvriers sont arrivés à des accords complets dans toutes les sous-commissions ». En fait cette réussite fut très relative.
La crise sociale de limmédiate après-guerre a été vécue de manière particulière par la F.F.T.L. Si linflation et le chômage touchaient les ouvriers du livre, la Fédération défendit une position modérée et ne participa pas aux mouvements de grève de 1918 à 1919. En juin 1919, une convention nationale fut signée avec lUnion des maîtres imprimeurs de France sur la durée du travail et sur les salaires. Ces accords furent remis en cause en 1920 par le patronat. LUnion était en effet un syndicat patronal trop peu représentatif et laccord quelle avait ratifié allaient à lencontre de lintérêt de la majorité des maîtres imprimeurs. Cette dénonciation unilatérale des accords provoqua une vive réaction chez les ouvriers du Livre et donc des mouvements de grève en 1920.
Les travaux de la commission des industries du Livre du comité exécutif furent donc considérablement ralentis par cette crise. En 1919, les sous-commissions avaient élaboré chacune un programme denseignement et un règlement par branche. Mais aucun règlement général navait vu le jour, et les règlements par branches imposaient une ratification par les deux organisations syndicales. Lorque commença le second congrès national du Livre en 1921, aucun accord officiel nétait sorti des travaux de la commission mixte.
Le second congrès eut lieu du 13 au 18 juin 1921. Le rapporteur sur lapprentissage dans les industries du Livre fut E. J. Jacob XE "Jacob, E. J." , délégué de la F.F.T.L. Son rapport napporta rien de neuf. À ses yeux, jamais la crise de lapprentissage navait été aussi aiguë. Les vux quil proposa furent identiques à ceux de A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" quatre ans plus tôt et à ceux du congrès de Roubaix XE "Roubaix" : « Ce ne sont malheureusement que des vux renouvelés pour la troisième fois et nous osons espéré que [les patrons et les ouvriers] sentendront facilement pour arriver à élever le niveau professionnel de ces jeunes gens et en faire des ouvriers capables de gagner leur vie et susceptibles de devenir des artistes donnant un nouvel éclat à notre belle industrie du Livre. »
Cette période de la guerre et de limmédiate après-guerre nouvrit sur aucune perspective et évolution. Au début des années vingt, le seul accord légitime en matière dapprentissage restait le règlement de 1900. Loptimisme des années 1900-1910 nétait plus de mise. Or les organisations patronale et ouvrière étaient conscientes que le règlement de 1900 était totalement insuffisant : il était peu respecté, notamment dans les petites et moyennes entreprises et les cours professionnels connaissaient une existence chaotique, principalement en raison dun manque de moyens. À ceci, il faut ajouter que les maîtres imprimeurs se heurtaient à une raréfaction de la main duvre qualifiée, phénomène qui toucha toutes les branches de léconomie française après la Première Guerre mondiale. Les seules structures de formation qui avaient fait leur preuve dans la continuité étaient les écoles publiques, lécole dAlembert XE "École dAlembert" , lécole Baggio XE "École Baggio" et lécole Estienne. Le fait que lécole Estienne continuait à déchaîner les passions était tout à fait révélatrice des frustrations dune profession qui avait toujours autant de difficultés à construire une organisation de lapprentissage solide. Pour une corporation avare de son indépendance vis-à-vis de lÉtat, ce constat était redoutable. Pour éviter de sen remettre aux pouvoirs publics, les organisations syndicales étaient condamnées à reprendre le chemin des négociations.
B. - La loi Astier et ses effets dans lindustrie du Livre
Ce constat déchec était largement partagé. Le manque de main duvre qualifiée touchait alors largement léconomie française après 1918. Par ailleurs, le projet de loi que désirait élaborer le ministère du Commerce avant la guerre navait pas été oublié. LÉtat se devait dintervenir. Lalternative restait cependant identique à celle qui existait avant 1914 : fallait-il se substituer aux acteurs privés ou les laisser agir dans un cadre réglementaire incitatif ? Cest la seconde voie qui fut choisie, mais lÉtat prenait une place de plus en plus importante dans lEnseignement technique. Les années vingt virent une nouvelle fois la rencontre entre les pouvoirs publics et la corporation du Livre.
I - La loi Astier
Le projet de loi sur lapprentissage voulu par le ministère du Commerce avant la Première Guerre mondiale aboutit finalement par le vote dune loi le 25 juillet 1919, dit loi Astier, relative à lorganisation de lenseignement technique industriel et commercial. Comme toute loi en la matière, elle provoqua espoirs et craintes parmi les acteurs économiques et sociaux pour qui lÉtat devait se contenter du rôle darbitre mais qui avaient parfaitement conscience de léchec de lapprentissage régi par les seuls professionnels.
1 - Les principes de la loi Astier
Cette loi fut un compromis entre les partisans dun apprentissage scolarisé et lapprentissage traditionnel en atelier. Le Conseil supérieur du travail, dont A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" était membre, avait soutenu une position médiane, justifiée par le principe suivant : tout adolescent de moins de 18 ans a droit à une solide formation professionnelle. Faisant le deuil de lapprentissage traditionnel quavait fait disparaître lindustrialisation de la production, les cours professionnels étaient devenus indispensables mais devaient rester un complément à lapprentissage en atelier. La difficulté majeure de cette conclusion était que ces cours, pour être efficaces, devaient avoir lieu pendant la journée de travail, et non après, ce qui pour le patronat était inacceptable puisque cela constituait un manque à gagner.
Un projet de loi avait été déposé à la Chambre des députés le 13 juillet 1905. Ce texte innovait par laffirmation du caractère obligatoire de la fréquentation de ces cours. Il naboutit pas. Le ministère du Commerce continua délaborer malgré tout le cadre réglementaire de lEnseignement technique. Le décret du 24 octobre 1911 institua des comités départementaux de lEnseignement technique, composé de représentants de ladministration, délus et de professionnels. Un second décret édicté le même jour créa un diplôme spécifique à lEnseignement technique, le certificat de capacité professionnelle, ancêtre du certificat daptitude professionnelle (CAP), que tout apprenti de moins de 18 ans pouvait obtenir après trois années de formation.
Placide Astier XE "Aster, Placide (1856-1918)" , député puis sénateur radical-socialiste, avait ardemment soutenu le projet de loi de 1905, et le reprit en 1913. La loi fut finalement votée le 4 juillet 1919 et promulguée le 25. Elle était laboutissement de vingt années de débats. Elle affirmait pour la première fois le caractère obligatoire de lenseignement professionnel, dans une école ou dans des cours, publics ou privés. Le cadre de fonctionnement de ces cours fut précisé par loi. Leur fréquentation était désormais obligatoire pour tous jeunes gens de moins de 18 ans, à raisons dau moins quatre heure par semaine, et devait se faire pendant la journée de travail. Lapprentissage professionnel devait durer trois ans, au terme desquels la formation était sanctionnée par un certificat daptitude professionnelle (CAP) obtenu après un examen.
LEnseignement technique en tant quinstitution connut également des changements importants. Le 20 janvier 1920 fut créé un sous-secrétariat détat de lEnseignement technique qui était placé sous lautorité du ministère de lInstruction publique. De fait, lécole Estienne, comme les autres écoles professionnelles, était sous la tutelle de ce ministère. La direction de lEnseignement technique, appelée désormais direction générale de lEnseignement technique (D.G.E.T.), créée sous le Second Empire, eut néanmoins un statut administratif particulier. Placée sous lautorité du ministère de lInstruction publique, elle gardait des liens avec le ministère du Commerce. En réalité son autonomie était large : alors que la durée de vie des gouvernements étaient courte, la D.G.E.T. neut que deux directeurs de 1920 à 1944 : Edmond Labbé XE "Labbé, Edmond" de 1920 à 1934 auquel succéda son adjoint Hippolyte Luc XE "Luc, Hippolyte (1883-1946)" de 1934 à 1944. De fait, cette stabilité fit que la D.G.E.T. était la principale autorité en la matière et surtout le principal interlocuteur pour les acteurs concernés par lapprentissage.
Au niveau local, les comités départementaux de lEnseignement technique furent maintenus. La loi Astier leur donna un pouvoir de contrôle sur les écoles et cours professionnels privés (article 40 de la loi). Ils étaient placés sous lautorité du conseil supérieur de lEnseignement technique (C.S.E.T.). Le C.S.E.T., composé des différentes parties concernées (patrons, ouvriers, enseignants, agents de lÉtat), pouvait être saisi pour avis sur différentes décisions à prendre sur lEnseignement technique. Cet organisme consultatif était important car il était habilité à reconnaître à un établissement de formation privé le droit dobtenir des subventions.
La loi Astier et laction de la D.G.E.T. pendant toute lentre-deux-guerres tentèrent donc une synthèse entre les approches interventionnistes et incitatives. Cette politique ne fut donc pas une réelle rupture par rapport à lavant guerre. Cette évolution par paliers imposa aux organisations syndicales du Livre de définir une nouvelle fois leurs propres impératifs en matière dapprentissage et surtout le rôle de lÉtat dans leurs actions.
2 - Les réactions dans les métiers du Livre
Les problèmes posés par le projet de loi étaient connus et débattus dans la profession depuis 1900. Le patronat qui admettait la nécessaire fréquentation des cours professionnels était divisé sur leur déroulement pendant la journée de travail. Pour A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" , lessentielle vertu de la loi à venir était de remplacer la loi de 1851 et en particulier de rendre obligatoire le contrat écrit dapprentissage. Imposée par le règlement de 1900, lapplication de lobligation du contrat était très inégale.
Préparé et débattu de longue date, le vote de la loi Astier ne provoqua de réactions immédiates dans la presse professionnelle. Chacune des parties pouvait pourtant y trouver des sujets de plainte. Pour le patronat, la fréquentation de cours pendant la journée était une véritable contrainte. Pour les ouvriers, le contrat dapprentissage nétait toujours pas rendu obligatoire. La loi Astier a été votée lors de la tenue des travaux de la commission mixte dont le but principal était délaborer un nouveau règlement général sur lapprentissage avec des règlements spécifiques à chaque branche. La loi correspondait donc en partie à leurs ambitions. Les cours et une sanction de fin dapprentissage nécessitaient donc un programme de formation et un examen devant un jury composé de patrons et douvriers. La loi confirmait donc leurs intentions mais elle ne se substituait pas véritablement à un réglement corporatif.
Les résolutions provisoires de la commission mixte allaient bien plus loin que la loi Astier. Ainsi, les cours professionnels devaient certes se dérouler pendant la journée de travail, mais la profession voulait instituer une année de préapprentissage et les syndicats ouvriers restaient vigoureusement attachés à une limitation du nombre dapprentis. Léchec de la commission mit fin à lindifférence relative à légard de cette loi qui constituait une référence solide.
Claude Liochon XE "Liochon, Claude (1880-1941)" succéda à A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" en 1920 au poste de secrétaire générale de la F.F.T.L. En 1920, il invita toutes les sections qui organisaient des cours professionnels à solliciter « la subvention prévue par la loi du 25 juillet 1919 ». Faute daccord avec le patronat, la Fédération montrait ainsi quelle avait plus que jamais les moyens, par ces cours, de contrôler en partie lapprentissage. Du côté patronal, on semblait peu disposé à accepter un contrôle de lapprentissage de la part des ouvriers comme de lÉtat dans un contexte où on avait de plus en plus de difficulté à trouver des ouvriers. La loi Astier était un carcan de plus à la liberté dembauche.
Un événement est tout à fait révélateur de cet état desprit. La Chambre des maîtres imprimeurs de Paris tenta de reprendre une offensive contre lécole Estienne avec des arrières pensées précises. Elle était un établissement qui échappait officiellement au règlement de 1900 sur la limitation du nombre des apprentis, mais cétait insuffisant aux yeux des maîtres imprimeurs : quatre ans de formation cétait bien trop long pour des employeurs qui manquaient douvriers. Le syndicat régional des patrons imprimeurs de Paris et de la région parisienne demanda alors à un confrère, René Fiquet XE "Fiquet, René (1879-1964)" , maître imprimeur et conseiller municipal de Paris, dattaquer lécole au Conseil municipal en novembre 1920. René Fiquet attaqua létablissement sans précaution aucune et avec des arguments modernisés mais peu originaux. À ses yeux, la loi Astier était condamnée à être inefficace, lécole Estienne en était la preuve. Seule lindustrie privée pouvait résoudre la crise de lapprentissage, car elle connaissait les besoins et les méthodes. R. Fiquet proposa donc au Conseil municipal de réformer lécole en confiant son administration aux patrons du Livre, en réduisant la formation à deux ans au lieu de quatre et en dispensant ces formations aux seuls apprentis de lindustrie. Lécole Estienne deviendrait ainsi uncentre de formation pour apprentis, où le patronat aurait pu aisément trouver des ouvriers avec une qualification munimum. Cétait la revanche posthume de lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" . Bien quune partie des conseillers ne demandât pas mieux que de laisser ainsi ce fardeau financier, le Conseil municipal apprécia très modérément ce projet dont les inspirations étaient trop visibles. Des conseillers, membres du comité de surveillance, contre-attaquèrent avec G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" et lAssociation des anciens élèves XE "Association des anciens élèves de lécole Estienne" . Les arguments des défenseurs de lécole Estienne nétaient pas plus originaux que ceux de R. Fiquet. On en resta donc là.
Les revues professionnelles patronales choisirent de ne pas envenimer les choses, ce qui laissa R. Fiquet XE "Fiquet, René (1879-1964)" un peu marri. En effet, nétait-ce pas ses confrères qui lavait encouragé à produire ce rapport ? Une fois de plus, le patronat constatait que les attaques frontales envers lécole Estienne restaient des coups de glaives dans leau.
Revenir à la table des négociations était la seule solution à leurs problèmes de main duvre. Mais la F.F.T.L. était alors en position de force puisque désormais elle avait la loi pour elle, même si ni la limitation du nombre des apprentis ni lobligation du contrat ny figuraient, et que létat du marché du travail bénéficiait aux employés.
II - 1920-1923 : Le second règlement sur lapprentissage
Daprès Paul Chauvet, cest le patronat qui sollicita la Fédération du Livre pour la reprise des négociations sur lapprentissage. Ce fut loin dêtre aussi simple. Si on compare le règlement de 1900 et celui obtenu en 1923, les changements principaux concernent dabord et avant tout linclusion des cours professionnels dans cette formation. Bien que peu précis, cet accord est le résultat dune vingtaine dannées de réflexions.
1 - Les enjeux
La crise sociale qui fit échouer les travaux de la commission mixte issue du premier congrès national du Livre correspondait à une grave crise syndicale dans le patronat. LUnion des maîtres imprimeurs de France regroupant dabord et surtout des dirigeants des entreprises les plus importantes, les négociations sur le tarif, le temps de travail et lapprentissage ne pouvaient quavoir des effets limités. Les petits maîtres imprimeurs ne se sentaient ni concernés ni tenus dappliquer les décisions qui en résultaient. La crise de 1920 avait montré que la légitimité de lUnion était infondée. En 1921, elle se saborda.
Le 5 juillet 1920 naquit la Fédération des syndicats des maîtres imprimeurs de France. Comme son titre lindique, il sagissait dun regroupement de syndicats locaux et nationaux par branche dactivité. Si, comme lUnion en son temps, le Fédération de maîtres imprimeurs souffrait dun manque dadhérents, sa vocation de représenter la profession au niveau national correspondait désormais à une certaine réalité.
Au sortir de cette crise syndicale, la Fédération patronale parle désormais moins de crise de lapprentissage que de pénurie de main duvre. Ce phénomène concernait autant les grandes que les petites entreprises. Cette situation entraîna une hausse des salaires et parallèlement lemploi de nombreux jeunes gens, sans qualification en tant quapprentis dont la formation était probablement bâclée, et des femmes. Par ailleurs, il est probable que cette pénurie fut importante pour les branches les plus modernes, à savoir la photogravure et loffset. Ce manque douvriers qualifiés entraînait donc des effets multiples dont le principal était de rendre de plus en plus caduques les accords de 1900.
Parmi les maîtres imprimeurs, on trouve cependant un noyau « moderniste » qui était apparu pendant la Belle Époque. Ce petit groupe était composé de responsables de grandes imprimeries pour qui la formation professionnelle nétait pas seulement une question de salaires et de limitation du nombre dapprentis. Dans les années 1900, certains avaient souligné limportance de la qualité de la formation. Ce sujet prit dans les années vingt une importance croissante. G. Delmas XE "Delmas, Gabriel" en faisait naturellement partie et militait plus jamais pour linstauration de cours professionnels, avec des programmes unifiés. Son expérience à Bordeaux XE "Bordeaux" avant la guerre lavait convaincu que la réussite en la matière dépendait dune collaboration étroite entre patrons, ouvriers et élus locaux, ces derniers ne devant être que des bailleurs de fonds. À ses yeux, la limitation du nombre dapprentis nétait pas le plus important : patrons et ouvriers devaient surtout sentendre sur le contenu de la formation. Henri-Lambert Motti XE "Motti, Henri-Lambert (1863-1931)" fut également de ceux-là. Peu progressiste dans ses idées, il accorda une importance croissante à lapprentissage. Formé à lécole Chaix XE "École Chaix" , il fut remarqué et employé dans les bureaux de lentreprise. Il devint un des principaux responsables de la Fédération patronale et directeur de limprimerie de Vaugirard XE "Imprimerie de Vaugirard" . Hostile à une formation professionnelle uniquement scolarisée, et donc à lécole Estienne, il défendit ardemment une formation alternant cours et ateliers. Mais il milita surtout pour le préapprentissage et lorientation professionnelle : pour lui, entrer dans limprimerie se méritait. À la fin de ses études primaires, lenfant devait être initié aux métiers du Livre afin que lon teste ses aptitudes. Ce noyau « moderniste » a beaucoup fait pour la politique patronale sur lapprentissage, alors que les résistances culturelles étaient particulièrement fortes. Il lui fallait combattre de vieux réflexes comme ceux de ce maître imprimeur qui réclamait en 1920 une réduction de la durée de lapprentissage à deux ans afin davoir « plus tôt de bons ouvriers »...
Il faut noter que la Fédération patronale ne se reconnaît nullement dans lA.F.D.E.T. XE "Association française pour le développement de lEnseignement technique" qui entretient pourtant des relations privilégiées avec les organisations patronales. Elle est membre de lA.F.D.E.T. mais sans implication réelle dans luvre de lassociation.
Du côté ouvrier, on semble sûr de bénéficier du rapport de force créé par la pénurie de main duvre et on désire renforcer cette position. Cest pourquoi les seules négociations envisageables dans limmédiat étaient celles que la F.F.T.L. devait mener avec E. Labbé XE "Labbé, Edmond" , directeur général de lEnseignement technique. La Fédération du Livre avait ainsi obtenu un siège au sein du C.S.E.T., occupé dabord par A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" puis par C. Liochon XE "Liochon, Claude (1880-1941)" . Lorganisation syndicale avait immédiatement compris tout le bénéfice quelle pouvait tirer de la loi Astier. Elle exigea de la D.G.E.T. une subvention globale que le comité fédéral voulut ensuite répartir entre les sections qui organisaient des cours professionnels. En 1925, elle a ainsi obtenu une subvention globale de 13 250 francs.
Mais la direction de la F.F.T.L. connaissait les limites de la loi Astier. Ce texte légiférait sur les cours professionnels en général, quel que soit le secteur dactivité. Or, le principal texte touchant à lapprentissage dans le Livre restait le règlement de 1900 qui, lui, ne traitait pas des cours professionnels. En raison de la crise du début des années vingt, ce règlement devenait lettre morte. Pour le patronat comme pour les ouvriers, un nouvel accord corporatif était indispensable.
2 - Le règlement de 1923
Léchec de la commission de 1917-1919 ne fut pas suivi dune rupture totale entre les organisations patronale et ouvrière.
Le second congrès national du Livre en 1921 fut loccasion pour la F.F.T.L. dadresser à la Fédération des syndicats des maîtres imprimeurs de France un message tout à fait clair. E. J. Jacob XE "Jacob, E. J." , rapporteur lors du congrès sur lapprentissage dans le Livre, demanda « à la jeune Fédération patronale dentrer en relations avec la vieille Fédération ouvrière du Livre afin darriver à un résultat, car la pénurie dapprentis se fait sentir dans toutes les branches de notre industrie. » Les vux proposés dans ce rapport, nous lavons déjà dit, étaient les mêmes que ceux de A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" , mais sur un ton qui montre que la Fédération ouvrière estimait indispensable un retour à la négociation paritaire. E. J. Jacob insistait dans son rapport sur une rétribution correcte de lapprenti et sur la fréquentation obligatoire des cours professionnels, auxquels les maîtres imprimeurs devaient, dans leur propre intérêt, fournir le matériel indispensable pour fonctionner normalement : « Largent dépensé pour une telle uvre est bien placé, conclut-il, les ouvriers lont compris depuis longtemps; que les maîtres imprimeurs les suivent et les aident, ce sont eux qui en tireront le plus de profits. »
Un an plus tard, le 8 avril 1922, une commission paritaire était réunie. Apparemment, la profession désirait sortir du cadre technique imposé par le premier congrès national du Livre et revenir à un cadre strictement corporatif. Cependant, lexpérience de la précédente commission ne fut pas totalement dénuée dintérêt. En effet, la commission de 1922-1923 reprit à son compte une organisation des discussions qui comportait également des négociations par branches. Le but était donc délaborer un nouveau règlement général et des règlements spécifiques à des métiers, ce qui était une innovation importante. Lors de la première réunion, on décida donc de la constitution de trois sous-commissions techniques qui devaient « reprendre le travail effectué à Paris pendant la guerre par les syndicats parisiens. » Elles concernaient les imprimeurs lithographes, les compositeurs et les imprimeurs typographes. Malgré tout, les ambitions de la commission étaient moins vastes que celle de 1917-1919. Lélaboration dun nouveau règlement général restait la priorité : il fallait mettre au point un contrat-type et un règlement qui précisât dans quelles conditions lapprenti devait suivre des cours professionnels. Contrairement à 1917, on ne sattacha pas dans limmédiat à définir le contenu de la formation, bien que cela fût un des aspects du travail des sous-commissions.
Les négociations arrivèrent à leur terme en juin 1923. Le nouveau règlement fut ratifié et déclaré valable à compter du 1er octobre 1923, et concernait les compositeurs et imprimeurs typographes et les lithographes. On ne revint pas sur la limitation du nombre dapprentis qui resta de un pour cinq ouvriers. Le règlement de 1923 innovait principalement dans lintégration des cours dans la formation : lapprenti devait suivre des cours professionnels et au terme de sa formation subir un examen devant un jury (art. 9). Ne pouvait être embauché comme apprenti quun adolescent âgé dau moins 13 ans et muni de son certificat détudes primaires (art. 3); lapprentissage devait durer quatre ans (art. 1). Lapprenti devait avoir un carnet de contrôle sur lequel étaient indiqués son salaire, ses notes obtenues dans les cours et les appréciations de lemployeur sur son travail (art. 7 et 12). Le changement principal concernait la durée de lapprentissage et la suppression du statut de « petit ouvrier ». Ce règlement, qui faisait office de contrat-type, comportait des articles particuliers, entre autres sur le contenu et la rétribution de lapprentissage, pour le métier de lithographe et dimprimeur typographe.
Ce texte avait dévidentes faiblesses, dont ses auteurs avaient probablement conscience. Dune part, ce nétait quun contrat-type et navait donc aucun caractère obligatoire. Dautre part, sa nouveauté était de rendre centrale la fréquentation de cours professionnels. Or, il nen existait pas partout.
La ratification du règlement de 1900 paraît donc beaucoup plus spectaculaire, car elle émanait de la seule corporation qui se heurtait à un relatif vide législatif, la loi de 1851 étant inadaptée. Le contrat-type de 1923 paraît quant à lui à la fois plus timide et plus moderne. En effet ce texte, qui résumait pourtant les débats professionnels depuis une vingtaine dannées, ne pouvait sappliquer que grâce à lexistence de la loi Astier. Mais en même temps, il allait plus loin que cette loi en précisant lexercice de lapprentissage dans un secteur économique particulier. Enfin, il avait une valeur de symbole : la profession affirmait par ce texte que lapprentissage traditionnel dans le Livre était bel et bien mort. La valeur du règlement de 1923 ne se mesure pas en fait par son contenu mais plutôt par son effet dentraînement sur lensemble de la profession, parmi les patrons comme les ouvriers.
III - 1923-1928 : Un nouveau souffle dans lapprentissage des métiers du Livre
Le règlement de 1923 avait pour principal défaut dêtre général et facultatif. De fait, les cours professionnels nétaient pas encore soumis à une autorité et à un cadre précis. Or, ce fut justement labsence de cadre contraignant qui permit à la profession dadopter une totale liberté daction. Par ailleurs, lÉtat joua un rôle croissant dans la vie de la corporation et involontairement fit apparaître une stratégie ambiguë dalliances et doppositions qui légitimait de fait le rôle des pouvoirs publics dans la formation professionnelle des industries du Livre.
1 - Préapprentissage et cours professionnels
La loi Astier permit de confirmer lEnseignement technique comme institution, par une architecture administrative cohérente. Même si la politique de la D.G.E.T. voulait laisser aux acteurs privés une marge de manuvre la plus vaste possible, elle nen devenait pas moins linterlocuteur le plus important pour les acteurs économiques et sociaux pendant lentre-deux-guerres. Pour ce qui est des industries du Livre, on peut affirmer que cette loi réussit lexploit de légitimer la présence de lÉtat dans lorganisation de leur formation professionnelle.
Dès le début des années vingt, la F.F.T.L. négocia avec la D.G.E.T. pour les subventions et réussit à obtenir un siège au C.S.E.T. Du côté patronal, on semble avoir privilégié les instances de base quétaient les comités départementaux. Ainsi , G. Delmas XE "Delmas, Gabriel" devint inspecteur départemental de lEnseignement technique en Gironde et H. L. Motti XE "Motti, Henri-Lambert (1863-1931)" , en 1922, inspecteur départemental pour la Seine.
Désormais unis par la conviction que lavenir de la formation professionnelle dans le Livre passait par la création de cours de formation, patrons et ouvriers sattelèrent à cette tâche, sachant que les patrons accusaient un retard important en ce domaine.
La première uvre de H.-L. Motti XE "Motti, Henri-Lambert (1863-1931)" fut la création de cours de préapprentissage, inaugurés le 24 avril 1922, dans une école primaire du Ve arrondissement, au 5, rue Madame XE "Cours de préapprentissage de la rue Madame" . Ces cours étaient le fruit dune collaboration entre la Ville de Paris, le sous-secrétariat de lEnseignement technique et lUnion syndicale des imprimeurs de Paris. Ils sadressaient à des adolescents dau moins 12 ans munis de leur certificat détudes primaires, et devaient leur donner des rudiments sur les métiers de compositeur, dimprimeur typographe et de relieur. Si des élèves présentaient des dispositions pour ces professions, ils étaient alors autorisés à se placer comme apprentis.
Mais la profession portait évidemment lessentiel de ses efforts sur les cours professionnels proprement dit. Mises à part les écoles dentreprise et lécole Estienne, il y avait en définitive assez peu de cours à Paris pour les métiers du Livre. Nous estimons que seul le syndicat patronal de la reliure avait réussi à organiser des cours de ce type. Cependant, ce syndicat dut faire évoluer ses cours. Après une interruption due à la guerre, ils réapparaissent en 1920. En 1922, le syndicat patronal sassocia avec lUnion syndicale des imprimeurs de Paris pour organiser les cours de préapprentissage de la rue Madame XE "Cours de préapprentissage de la rue Madame" . En 1927, il rompit en partie cette association en regroupant le cours de préapprentissage et le cours professionnel dans un même local, place des Vosges XE "Cours professionnels du syndicat patronale de la reliure" et sassocia avec la Chambre de commerce. Ce nest quen 1929 quun nouveau règlement sur lapprentissage dans cette branche fut ratifié.
Les cours de la Chambre syndicale typographique parisienne ne reprirent quen 1923, lorsque la Chambre réussit à obtenir du sous-secrétariat dÉtat de lEnseignement technique une subvention de 10 000 francs. Cependant, ces cours avaient le défaut de sadresser surtout aux adultes. Les responsables de ces cours durent faire évoluer cet enseignement en réservant des cours aux seuls apprentis.
La Société amicale des protes et correcteurs de France jugeait sévèrement les effets de la loi Astier dans limprimerie, mais son analyse ne manquait pas de pertinence : elle « est loin davoir été lanimatrice dun mouvement général en faveur de lenseignement professionnel. Son beau fleuron aura seulement été de donner une sorte de consécration officielle aux uvres dinitiatives privées pour la plupart syndicales, qui avaient été créées avant sa promulgation ». Par ailleurs, lauteur de cet article remarque que les cours qui ont réussi à durer sont le fruit dune entente entre patrons et ouvriers. Le modèle lyonnais avec lécole Jean-de-Tournes, qui fonctionna pendant toute lentre-deux-guerres, était donc en train de sétendre.
Toulouse XE "Toulouse" est cependant un contre-exemple particulièrement intéressant. Les cours professionnels organisés par la section ouvrière étaient toujours actifs, et les syndiqués demeuraient fortement attachés au contrôle ouvrier exclusif de ses cours. Edouard Privat XE "Privat, Edouard (1876-1934)" en fit lexpérience et sen plaignit auprès de la Fédération patronale : « À Toulouse, le syndicat ouvrier a fondé une école dapprentissage qui marche très bien. Jai demandé aux ouvriers de bien vouloir admettre les patrons au fonctionnement de cette école. Ils avaient mis 10 000 francs. Je leur en ai offert autant pour que les patrons puissent faire partie du conseil dadministration. Ils ont refusé. » Finalement, en 1933, les ouvriers acceptèrent la participation patronale et les cours furent dirigés par une commission paritaire.
Bordeaux XE "Bordeaux" fut en revanche un modèle du genre. En 1899, patrons et ouvriers ont organisé conjointement des cours professionnels, qui se tenaient à la Bourse du travail. Après la guerre, les cours ont rouvert en 1923 grâce à une aide de la ville et furent organisés par une direction intersyndicale. Afin dassurer correctement des cours pour apprentis et pour adultes on décida dagrandir les locaux mis à disposition par la ville. Le 8 janvier 1928, ce fut linauguration de la nouvelle école baptisée école Auguste-Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" ...
En 1923, il aurait existé des cours professionnels dans une vingtaine de villes. Dix ans plus tard, on dénombrait 26 cours professionnels contrôlés officiellement par des syndicats ouvriers. Si on tient compte des cours organisés par les maîtres imprimeurs, il ne devait y avoir quune trentaine de cours pendant dentre-deux-guerres. En effet, la loi Astier na pas provoqué une augmentation significative de leur nombre. Mais les subventions publiques leur ont sans aucun doute permis de les maintenir dans la durée.
Les maîtres imprimeurs ne paraissent pas avoir comblé leur retard. On trouve des cours qui sont placés sous leur seule autorité à Nantes XE "Nantes" , mais de toute évidence on ne peut les compter que sur les doigts dune seule main. Il y eut peu de patrons comme G. Delmas XE "Delmas, Gabriel" prêts à simpliquer réellement dans lorganisation de ces cours. Il y avait néanmoins une raison structurelle à cela : pour ces créations, il fallait que les syndicats patronaux locaux soient suffisamment unis et déterminés, ce qui était rarement le cas. Le syndrome de lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" était en quelque sorte toujours dactualité. Nous pensons quils furent en revanche relativement nombreux à passer des accords avec les syndicats ouvriers; on ne peut donc parler dindifférence mais dadaptation.
2 - Taxe et contrat dapprentissage
Le bilan morose de la loi Astier que fit la Société amicale des protes et correcteurs de France était largement partagé par la D.G.E.T. : le patronat français était désormais accusé dêtre le principal responsable de la crise de lapprentissage. On décida alors de passer de lincitation à lincitation-sanction. La loi de finance du 13 juillet 1925 créa la taxe dapprentissage. Cette taxe correspondait à 0,20 % du montant global des salaires versés par lentreprise, le produit de la taxe devant être affecté au financement des cours et écoles professionnelles. Les entreprises qui pouvaient prouver quelles formaient des apprentis correctement, soit en atelier soit en aidant financièrement des structures de formations pouvaient espérer une exonération.
On aurait pu sattendre à une hostilité forte de la part des maîtres imprimeurs, cette loi étant le symbole de lingérence de lÉtat dans leurs affaires. Ce ne fut pas tout à fait le cas. Ce que la Fédération des syndicats des maîtres imprimeurs de France contestait cétait limportance de cette taxe et lutilisation qui en serait faite. Dès quils eurent connaissance du projet de loi, les maîtres imprimeurs présentèrent leurs doléances auprès de la D.G.E.T. et du sous-secrétariat dÉtat de lEnseignement technique. LÉtat nétait plus lennemi de la profession, il était devenu un interlocuteur légitime. En loccurrence, la Fédération patronale avait mené une campagne auprès des confrères pour que tous fassent un réel effort pour former correctement des apprentis, au point quen 1923 certains patrons avaient réclamé que soit instituée une taxe variable selon la taille de lentreprise afin darriver à financer les cours professionnels.
Outre le niveau de la taxe, son utilisation fit lobjet de revendications précises. Il était inacceptable de laisser à des fonctionnaires le choix de la répartition de son produit. Les maîtres imprimeurs acceptaient donc de la payer à condition dobtenir des garanties selon lesquelles ce quils verseraient serait attribué en retour aux seules industries du Livre. Ils exigeaient donc que le produit de la taxe soit « exclusivement consacré aux institutions dapprentissage et que les représentants autorisés du commerce et de lindustries exerceraient un contrôle sur son emploi. » Une conférence patronale des industries du Livre, qui eut lieu en décembre 1925, leur permit de préciser leur pensée : la taxe dapprentissage ne doit financer que la formation des ouvriers qualifiés et non des cadres, dont la profession navait pas besoin (contrairement à la loi qui unissait les deux formation).
Cette relative tolérance vis-à-vis de la taxe dapprentissage nétait exprimée que dans le discours officiel de la Fédération patronale. Dans la pratique ce fut bien différent : bon nombres de patrons ne virent dans la loi de finance que le volet exonération. La direction fut donc placée entre deux feux : ses dirigeants étaient convaincus que si trop peu de patrons se soumettaient à la taxe, son niveau serait augmenté; mais elle devait défendre également ses adhérants.
Le principal sujet de conflit entre les maîtres imprimeurs et lÉtat fut donc la fixation du barème dexonération, barème qui variait en fonction de la branche dactivité et du degré de qualification des employés. La Fédération exigeait une exonération de 90 % du volume de la taxe pour les ouvriers qualifiés et cadres moyens; la D.G.E.T. ne leur accorda que 80 %. De toutes les branches répertoriées, limprimerie fut une des moins favorisées. Pour obtenir une exonération, les maîtres imprimeurs comme le reste du patronat devait faire la preuve quils participaient à un apprentissage « méthodique et complet », mais aussi « que les dépenses engagées pour ce chef soient trois fois supérieures au montant de la taxe dapprentissage. » De toutes les branches, limprimerie était celle où le volume des dépenses exigées était le plus important.
Par ailleurs, la question des exonérations était rapidement devenue un sujet de discorde entre la Fédération patronale et la Fédération ouvrière. La taxe dapprentissage était le moyen rêvé pour les ouvriers syndiqués de contrôler lapprentissage. C. Liochon XE "Liochon, Claude (1880-1941)" lavait bien entendu ainsi : les accords de 1923 nétant pas respectés, il demanda aux fédérés, notamment aux membres des comités départementaux de lEnseignement technique, de contrôler toutes les demandes dexonérations qui seraient déposées. H.-L. Motti XE "Motti, Henri-Lambert (1863-1931)" , qui par ses responsabilités assistait au séance du comité départemental de la Seine, constata les demandes abusives dexonérations de ses confrères et les vétos non moins abusifs des délégués ouvriers. Il essaya dobtenir un accord avec la F.F.T.L. sur ce point, défendant le principe suivant : que paie celui qui ne forme pas dapprentis. Cependant la F.F.T.L. nétait pas totalement éloignée des positions patronales sur lutilisation qui serait faite du produit de la taxe : « Le produit de la taxe nirait-il pas dans certaines officines qui échappent à tout contrôle ouvrier ?, déclarait-on. Dans certains cas, peut-être; mais, en ce qui nous concerne, nous ne manquerons pas de protester contre le concours de lÉtat qui serait accordé, par ignorance, à certaines institutions qui sintitulent cours professionnels, écoles dapprentissage, et qui sont incapables de former des ouvriers véritables. »
Les relations du patronat du Livre avec la D.G.E.T. devinrent de plus en plus tendues. En 1927, E. Labbé XE "Labbé, Edmond" provoqua une crise lorsquil proposa dinclure dans les conditions dexonération le respect du règlement de 1923. H.-L. Motti XE "Motti, Henri-Lambert (1863-1931)" semporta : « Ces contrats sont une excellente formule pour faire de lapprentissage, mais on peut néanmoins atteindre le même but en employant dautres moyens. » E. Labbé arriva à ses fins par la loi du 20 mars 1928 qui faisait totalement disparaître la loi de 1851 : tout apprenti doit bénéficier dun contrat écrit, fréquenter des cours professionnels et passer un examen de fin dapprentissage.
La F.F.T.L. exultait. La Fédération patronale se résigna : le règlement de 1923 nétait-il pas son uvre ? En juin 1928, le contrat-type de 1923 est désormais obligatoire et étendu à toute lindustrie du Livre. Or ce contrat avait été élaboré à lorigine pour trois branches (composition, impression typographique, lithographie). Il fallut donc reprendre les négociations pour la reliure-brochure (qui aboutit en 1929), la clicherie et la papeterie. Surtout, en rendant obligatoires des examens, la profession dut élaborer des programmes dapprentissage, dont les premiers virent le jour en 1932. Mais lapplication de la loi se heurtait au même obstacle que cinq plus tôt : que faire sil ny a pas de cours à proximité de lentreprise ?
Bon gré mal gré, lapprentissage des métiers du Livre fut placé sous la loi commune. Non seulement, la profession considèrait la D.G.E.T. comme un interlocuteur privilégié mais devenait partie prenante dans le fonctionnement administratif de lEnseignement technique. Dans la Seine, le sous-secrétariat dÉtat de lEnseignement technique mêla la loi à lesprit paritaire de la profession en nommant en 1929 six inspecteurs départementaux des industries du Livre, trois patrons et trois ouvriers.. Au premier abord le corporatisme a perdu de sa vigueur; sur le terrain on peut en douter. La condition des apprentis restait peu enviable et très inégale dune entreprise à lautre. Celle des élèves de lécole Estienne était incontestablement celle de privilégiés.
C. - 1918-1934 : Un établissement dans lombre ?
Après les attaques dont elle fut la cible en 1917 et en 1920, lécole Estienne nest plus au centre des préoccupations de la profession. Le débat semble définitivement concentré sur une réglementation nationale de lapprentissage et les cours professionnels. Les positions de A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" connaîtraient-elle une victoire posthume ?
I - Une école pour apprentis, ouvriers et cadres
La mise à lécart de lécole Estienne dans les négociation de 1922-1923 confirmait à nouveau son statut à part. Cette indifférence avait au moins pour avantage de détourner ses détracteurs habituels vers dautres préoccupations. G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" nétait pas H. Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" , il ne fit rien pour présenter son établissement comme un modèle à suivre. Cependant, en soulignant limportance des cours professionnels, donc dune formation hors atelier, la profession fut amenée à son corps défendant à le reconnaître comme tel.
1 - Les cours dapprentis de lécole Estienne
Lindifférence corporative ne fut en réalité quune façade. Loffensive ratée de R. Fiquet XE "Fiquet, René (1879-1964)" ne sinscrivait pas seulement dans une tradition de conflit entre lécole et la profession, elle était aussi lexpression dune frustration des maîtres imprimeurs parisiens qui depuis 1902 navaient toujours pas réussi à organiser leurs propres cours. Peu avant la remise de son rapport au Conseil municipal, R. Fiquet avait promis de faire admettre au comité de surveillance ses confrères Joseph Bourdel XE "Bourdel, Joseph" , H.-L. Motti XE "Motti, Henri-Lambert (1863-1931)" , Charpentier XE "Charpentier" et Léopold Hardy XE "Hardy, Léopold" , membres du syndicat régional des patrons imprimeurs de Paris et de la région parisienne. Leur ambition à légard de lécole était claire : « limprimerie, lindustrie du Livre nont pas décole de métier qui leur soit propre. Servons-nous donc de celle-là. »
La charge de R. Fiquet XE "Fiquet, René (1879-1964)" , ô combien caricaturale, fut efficace sur un point : elle convainquit les conseillers municipaux, de moins en moins intéressés par lenseignement professionnel, quil fallait laisser ce domaine aux mains des professionnels. Léopold Hardy XE "Hardy, Léopold" , président du syndicat régional des patrons imprimeurs de Paris et de la région parisienne, devint président du comité de surveillance de lécole. En outre, le rattachement de lécole Estienne au ministère de lInstruction publique conduisit à une modification de son organisation administrative. Le décret du 20 septembre 1924 changea la composition du comité de surveillance (art. 14), dont la grande majorité des membres était choisie par le sous-secrétariat dÉtat de lEnseignement technique. Le comité de surveillance de lécole Estienne fut ainsi largement ouvert aux maîtres imprimeurs. Lintérêt du patronat parisien pour lécole municipale navait pas changé de nature et les maîtres imprimeurs profitèrent du désengagement du Conseil municipal pour « annexer » lécole.
En août 1914, G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" , par charité, avait accueilli des apprentis parisiens dont les employeurs avaient fermé leurs ateliers. Lexpérience avait sans doute pris fin en 1918. E. L. Jacob XE "Jacob, E. J." fut le seul à notre connaissance à souligner limportance de cette expérience : pour la première fois des cours dapprentis avaient été organisés pendant la journée et non le soir comme cétait lusage. Cette expérience avait motivé le syndicat régional patronal pour faire de lécole Estienne un centre de formation pour apprentis. Lattaque de R. Fiquet XE "Fiquet, René (1879-1964)" en 1920 ayant échoué, le syndicat contourna la difficulté. Le principal problème de G. Lecomte après la guerre était de continuer leffort de modernisation dont il avait fait son programme en 1913. En 1923, lécole a obtenu du Conseil municipal 300 000 francs pour renouveler son matériel, budget qui devait être réparti sur trois ans, et 50 000 francs supplémentaires pour la seule année 1923. G. Lecomte devait ce miracle à la pugnacité du comité de surveillance, cest-à-dire des nouveaux venus, les patrons parisiens. Ce soutien inattendu était en réalité le résultat dun « troc ». Cet apport budgétaire salvateur avait pour principal objectif déquiper correctement les cours pour apprentis voulus par le syndicat régional des patrons imprimeurs. À partir de 1923, lécole Estienne devient la plus grande école du Livre du monde dans la presse patronale... Les maîtres imprimeurs parisiens ont désormais leurs cours. Dans lassemblée général du syndicat régional le 4 juillet 1927, le bilan paraît positif : « LEnseignement technique a su reconnaître et apprécier nos efforts; non seulement il met à notre disposition les ateliers de lécole Estienne, mais encore il nous accorde tous les ans une subvention. » Seul litige entre eux et linstitution, le comité départemental refuse dexonérer les membres du syndicat régional de la taxe dapprentissage.
Les cours dapprentissage de lécole Estienne commencèrent en 1924. Il sagissait de cours de typographie et de lithographie. En 1929, le syndicat patronal de la reliure, suite à lélaboration du nouveau règlement, passa un accord avec lécole Estienne pour y adjoindre un cours de reliure. Ces cours, assurés par les professeurs de létablissement, avaient lieu le matin deux à trois fois par semaine. En 1924, 55 apprentis fréquentèrent ses cours; en 1925, 109; en 1926, 170. Ce succès ne se démentit pas par la suite.
2 - Les premiers CAP
Lécole Estienne était volontairement placé hors de toute négociation professionnelle. Cette indifférence officielle était difficilement tenable en réalité. Depuis 1917, un des objectifs de la profession était délaborer des programmes dapprentissage. Le contrat-type de 1923 précisait dans son article 9 : « Des examens auront lieu chaque année et en fin dapprentissage. Lapprenti qui passera avec succès lexamen de fin dapprentissage sera reconnu ouvrier et payé au salaire minimum de louvrier. » Or qui dit examen, dit programme. Jusqualors, cétait lemployeur qui délivrait le certificat dapprentissage à la fin de la formation de lapprenti.
lécole Estienne existait depuis une trentaine dannées, avec un programme qui avait largement fait ses preuves. Une des barrières qui séparait lécole de la profession était la durée de lapprentissage. En 1900, le règlement national avait fixé cette durée à trois ans; en 1923, elle était de quatre ans, soit celle établie à lécole Estienne. Dès lors, la différence entre lapprentissage réglementé par la corporation et lécole Estienne était la formation totalement scolarisée. Cette différence était de taille mais sur le principe de la formation technique le fossé était presque totalement comblé.
Le vote de la loi Astier, les exigences formulées à lencontre de la formation professionnelle (un « apprentissage méthodique et complet »), lobligation de fréquenter des cours formulée dans le règlement corporatif et à terme la nécessité délaborer des programmes dapprentissage, tout cela faisait de lexpérience de lécole Estienne une référence. Ainsi, la création de cours professionnels en son sein par les maîtres imprimeurs était une reconnaissance sans ambiguïté dun savoir-faire pédagogique...
Cette reconnaissance nest jamais formulée telle quelle dans la presse professionnelle. On juge lécole Estienne comme un établissement brillant, exceptionnel, mais la formation entièrement accomplie dans un cadre scolaire constitue la base des critiques. Pourtant, nous sommes convaincue quelle joua un rôle déterminant dans lapprentissage en raison de sa trentaine dannées dexpérience pour tous les métiers du Livre, exception faite de la papeterie. Deux détails nous paraissent aller en ce sens : la « bible » des apprentis compositeurs pendant lentre-deux-guerres était le manuel de V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , qui était le fruit de ses cours dispensés à lécole; lUnion parisienne des syndicats des imprimeurs avait déclaré que, en créant des cours dapprentis à lécole Estienne dispensés par ses enseignants, les patrons parisiens espéraient bien que leur contenu et leur méthode pédagogique seraient diffusés au niveau national.
En aucun cas il ne sagit dune reconnaissance officielle. Dans les négociations sur les programmes, la seule organisation à être admise, outre les syndicats patronal et ouvrier, fut la Société amicale des protes et correcteurs de France.
La première session des examens du certificat daptitude professionnelle à Paris, pour la profession de compositeur, imprimeurs typographe et imprimeurs lithographe, eut lieu du 18 au 21 juillet 1932 à lécole Estienne. Ces examens étaient ouverts à tous les apprentis de Paris et de la Seine, à partir de 16 ans, ayant accompli leur quatre années dapprentissage et fréquenté un cours professionnel, public ou privé. Il y avait trois épreuves, écrite, pratique et orale. Le jury était composé dun inspecteur départemental de lEnseignement technique, dun professeur de lécole Estienne, et dun nombre égal de patrons et douvriers.
Lexamen des CAP est grande partie le résultat dune tradition professionnelle que sont les concours dapprentis, qui existaient depuis le xixe siècle. Après la Première Guerre mondiale, ces concours dapprentis furent le seul moyen de contrôler la formation. Ils existaient à Lyon XE "Lyon" , Paris, Marseille XE "Marseille" et probablement à Bordeaux XE "Bordeaux" . Par ailleurs, on organisait des distributions des prix pour un certain nombre de cours professionnels. À Paris, lannée « scolaire » de la profession était rythmée par trois cérémonies : distribution des prix pour les apprentis de cours de la Chambre syndicale typographique parisienne; concours des apprentis parisiens; distribution des prix pour les élèves de lécole Estienne. Le concours des apprentis parisiens était également appelé « concours dapprentis de lécole Estienne ». Il se déroulait à lécole municipal et lexamen se passait devant un jury composé de la même manière que ceux des futurs CAP. Maurice Ruffin passa ce concours en 1928 à 18 ans en tant quapprenti compositeur. Ce concours était considéré comme un « diplôme de fin dapprentissage », même sil « nintéressait guère les patrons imprimeurs » : « Jai simplement passé ce concours sous limpulsion de mon maître dapprentissage qui voulait mettre son poulain en face de ceux de son ami Valette, alors professeur de typo à Estienne ». Mais le diplôme «permettait daccéder au tarif syndical de louvrier qualifié. » Apparemment, le concours dapprentis de lécole Estienne a servi dessai pour les examens de CAP.
Hors de toute réglementation corporative, lécole Estienne était donc pourtant présente dans les grandes manifestations de lapprentissage dans le Livre. Son apport logistique aux sessions des CAP à Paris navait rien dun service rendu au nom des bonnes relations à entretenir avec la profession : ce choix simposait de lui-même. Les trois CAP avait été reconnus par lÉtat, lécole Estienne était une école publique, ses enseignants étaient des fonctionnaires et des professionnels de valeurs. Personne ne pouvait plus contester quelle formait correctement des ouvriers qualifiés. Mais la carrière de ses anciens élèves avait cependant déplacé sa mission.
3 - Vers une école de cadres
Les attaques contre lécole lors du premier congrès national du Livre avaient pour la première fois fait entrer les groupements de cadres dans le clan des pourfendeurs de lécole. Lécole ne formait plus des ouvriers prétentieux et incompétents mais des cadres prétentieux et incompétents.
Pendant lentre-deux-guerres, la profession dut compter désormais avec lAssociation des anciens élèves XE "Association des anciens élèves de lécole Estienne" , qui jusqualors se contentait dune simple action dentraide. Lors de lattaque de R. Fiquet XE "Fiquet, René (1879-1964)" au Conseil municipal en 1920, lAssociation manifesta publiquement son indignation : « À notre avis, lécole Estienne ne doit pas être détournée de son rôle primitif, celui de préparer pour lavenir des ouvriers délite, celui de former de futurs contremaîtres, voir même des chefs dindustrie. Elle ne doit pas devenir une vaste école de préapprentissage, une manufacture douvriers, ce but il nous semble na jamais été envisagé. » R. Fiquet aurait dû sattendre à pareilles réactions, qui nétaient pas envisageables avant la guerre : la première promotion, sortie en 1893, compte désormais des hommes âgés dune quarantaine dannées dont la carrière fait la preuve de la qualité de leur formation initiale. R. Fiquet avait sans doute conscience du caractère contradictoire de ses propos, comme le montre une de ses déclarations le 24 octobre 1920 : « Le Syndicat régional des imprimeurs compte en son sein danciens élèves de lécole Estienne. »
Contrairement à G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" , lAssociation des anciens élèves XE "Association des anciens élèves de lécole Estienne" ne cherchait pas à convaincre les organisations patronales ou ouvrières, mais celles des cadres. Il existait deux organisations de cadres, qui étaient des sociétés dentraide : la Société fraternelle des protes des imprimeries typographiques de Paris (dite la Fraternelle) et la Société amicale des protes et correcteurs dimprimerie de province, puis de France (dite lAmicale). Ouvriers sortis du rang, les protes étaient dans une situation socioprofessionnelle particulière, ce qui explique quils se soient regroupés en association amicale et non en syndicat. Hostiles à lécole Estienne mais préoccupés par la crise de lapprentissage, leur statut les ont empêchés de participer pleinement au débat avant guerre. En 1898, les associations de protes furent cependant contrariées de ne pas avoir été consultées dans les négociations pour le premier règlement. En 1917, elles ne furent pas invitées à participer aux travaux de la commission du Livre, ni en 1920-1923, alors quelles lavaient demandé. Avant 1914, les protes justifiaient leur souhait dêtre consultés dans ces négociations en disant quils étaient les principaux responsables des apprentis dans les ateliers. Après la guerre, ils légitimaient leur présence dans les commissions au titre de « techniciens ».
Il ny avait pas encore de leur part de volonté de se constituer en syndicat mais ils désiraient que les cadres de limprimerie soient désormais reconnus en tant que tels. Après lintervention brutale de Société fraternelle des protes des imprimeries typographiques de Paris au premier congrès national du Livre, lAssociation des anciens élèves XE "Association des anciens élèves de lécole Estienne" de lécole Estienne comprit tout lintérêt quelle aurait à sen rapprocher : défendre la mission de lécole à former des cadres correspondait à la revendication de ces groupements sur une reconnaissance pleine et entière du statut de cadre dans limprimerie. Ce rapprochement était grandement facilité par la fait que Edmond Bienner XE "Bienner, Edmond" , ancien élève de lécole Estienne, présidait alors la Fraternelle. LAssociation des anciens élèves, présidée par René Texier XE "Texier, René (1887-1933)" depuis 1914, lAmicale et la Fraternelle sunirent pour quelques actions plus ou moins importantes. La plus significative fut lélaboration dun rapport ayant pour titre « Du rôle des techniciens dans lindustrie du Livre ». Elles organisèrent également deux expositions des arts du Livre à Paris dont la première eut lieu en 1923. Mais cétait surtout sur la reconnaissance professionnelle des cadres que portèrent leurs actions, avec pour objectif à terme de fonder une « Union des Associations des techniciens du Livre ». La ratification du nouveau règlement sur lapprentissage en 1923 fut loccasion pour les trois groupements de manifester leur volonté commune de participer à lorganisation de lapprentissage en tant que « techniciens ». En 1925, lAssociation amicale des anciens élèves de limprimerie Chaix XE "Association amicale des anciens élèves de limprimerie Chaix" XE "Imprimerie Chaix" se joignit à cette association informelle.
De tous ces efforts, il ne resta que peu de choses. Seule lAmicale joua un rôle dans les négociations sur lapprentissage lorsquil fallut élaborer des programmes de CAP à partir de 1928, mais à titre consultatif. Pourtant, le bilan pour lécole Estienne fut positif. On ne retrouve aucune trace danimosité de la part des organisations de cadres dans leurs revues pendant lentre-deux-guerres. À leurs yeux, lécole Estienne constituait dorénavant une école modèle, apte à former les cadres de lindustrie.
À ce titre, R. Texier XE "Texier, René (1887-1933)" fut sans aucun doute un des plus grands présidents de lAssociation des anciens élèves XE "Association des anciens élèves de lécole Estienne" . Son décès prématuré en 1933 fit grand bruit. Il permit un revirement spectaculaire de limage de lécole auprès des professionnels : avant guerre on lui reprochait sa prétention à former des « ouvriers délite »; après la guerre, ceci incarnait sa légitimité. Linfluence indirecte de létablissement sur les programmes dapprentissage était également le signe de la reconnaissance de sa valeur.
Mais, cette auréole ne réglait pourtant pas les difficultés matérielles de létablissement. Laccord passé entre la direction de lécole et le syndicat régional des patrons imprimeurs était autant un gage de bonnes relations et dentraide quune impasse. Lécole Estienne restait une école publique, sensée être soutenue par la Ville de Paris...
II - Une école darts graphiques
La direction de G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" est jugée surtout sur sa politique de modernisation technique de létablissement. Certes lapport financier des maîtres imprimeurs fut une aubaine, mais sa capacité à obtenir de la part du Conseil municipal les moyens indispensables fut sans doute faible. Sa direction fut pourtant déterminante pour lavenir, puisquil transforma nettement lesprit de lenseignement de lécole.
1 - Tradition et création
Avant de devenir directeur de lécole, G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" était notamment critique dart. Cest surtout à ce titre quil avait jugé létablissement. Ses discours étaient pleins dapologie sur le « Beau » et le « bon goût ». Ce fut un des aspects de sa personnalité qui compliqua un peu ses relations avec la profession. Par exemple, G. Lecomte a participé aux travaux de la commission paritaire de 1917, en tant que président de la Société des gens de lettres, et ses interventions sur lart du Livre finirent par agacer P. Renouard XE "Renouard, Philippe (1862-1934)" : « M. Renouard pense que cette commission sera surtout utile pour étudier les questions sociales et pour réaliser lentente entre les patrons et les ouvriers. Il croit que les questions dart ou de goût ne viendront que plus tard. » Il lui restait cependant lécole Estienne pour défendre ses conceptions esthétiques.
G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" déclara en 1934 : « Je me suis toujours efforcé dappliquer, dans ma direction, ces deux principes : développer au maximum lesprit de recherche des élèves, étant entendu que lon ne peut chercher heureusement de neuf que si lon connaît bien lancien; apporter le maximum de goût, de soin, damour du beau, dans nimporte quel travail. » Il na pas bouleversé le programme de lécole, mais il lui a donné une direction plus moderne. Le seul cours quil a créé fut celui du dessin de la lettre en 1917, inauguré par E. Grasset XE "Grasset, Eugène (1845-1917)" qui mourut peu après et qui fut remplacé par Georges Auriol XE "Auriol, Georges (1863-1938)" , illustrateur et créateur de caractères. Il fut probablement à lorigine de lembauche du nouveau professeur de composition décorative Georges Bonfils XE "Bonfils, Robert (1886-1972)" . Il était illustrateur, affichiste et créateurs de reliure et très représentatif de lesthétique « Art déco ». Son enseignement à lécole fut très important pour des générations délèves en faisant entrer lart moderne dans lécole. Il fut le seul à qui Robert Doisneau, qui détestait lécole Estienne où il fut élève graveur lithographe de 1926 à 1930, rendit grâce : « En composition décorative, Robert Bonfils était un prof moins con que les autres. Tout ce quil disait me semblait génial. Il faut dire que cétait le seul à nous parler de lart dit moderne. Pour les profs techniques, lart sarrêtait à Meyssonnier, et Cézanne était un voyou. »
Limportance que G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" accordait à lart du Livre sincarna surtout dans la production éditoriale. Lécole imprimait toujours des notices sur létablissement ou sur luvre scolaire de la Ville. Les ouvrages de fiction étaient une minorité mais gagnèrent en qualité. G. Lecomte, élu à lAcadémie française en 1924, ne porta pas son dévolu sur des auteurs contemporains; il était un homme du xixe siècle. La seule trace de modernité était graphique : après linfluence de lArt nouveau, les ouvrages de lécole devinrent « Art déco » en assagissant le style. Ces ouvrages avaient une vocation purement bibliophilique, avec une mise en page recherchée et un grand soin porté à lexécution, dans le plus grand respect de la tradition typographique : symétrie constante, décor floral stylisé, impression en quadrichromie. Les illustrations sont encore rares, largement supplantées par le souci du décor qui se résume souvent à un bandeau imprimé en couleurs. Si illustration il y a, elle se résume à la couverture cartonnée avec des figures géométriques ou stylisées. La production de lécole est sobre et élégante.
Mais le travail des élèves apparaît plus intéressant grâce aux Typographes dEstienne, né en 1919. Cest une publication annuelle que lon doit très certainement à G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" et G. Valette XE "Valette, Georges" . Elle publiait quelques articles techniques et des discours moralisateurs sur lapprentissage mais surtout des travaux délèves présentés pleine page. Sa vocation était de « présenter aux patrons éventuels de[s] apprentis un ensemble de travaux de ville entièrement conçus et exécutés par eux daprès leurs maquettes. » Comme son titre lindique, cette publication sert dabord les élèves de latelier de composition typographique. On y retrouve les traditionnels « travaux de ville », tableaux, menus, lettres à entête, cartes de visites qui ne tranchent pas par leur originalité. En revanche, les travaux publicitaires prennent de plus en plus de place et surtout sont le signe dun véritable souci de recherche graphique. Si on trouve encore des annonces agglutinées en pavés, les travaux en pleine page sont les plus intéressants : le décor typographique devient de plus en plus sobre jusquà faire disparaître les traditionnels filets et donc laisser jouer la seule force des caractères. Les publicités illustrées sont peu nombreuses mais assez intéressantes. En général, signe dun manque réel doriginalité de la part des enseignants, le sujet publicitaire est celui de limprimerie, mais on trouve parfois des pages consacrées aux grands magasins ou au jazz. Cette évolution est timide mais se renforce dannée en année.
En reliure et dorure, elle est similaire. Comme dans le reste de la création en reliure, Marius-Michel XE "Michel, Victor-Paul" na plus quune influence limitée et il fut remplacé, à sa mort en 1925, au comité de surveillance par René Kieffer XE "Kieffer, René (1875-1964)" , ancien élève qui avait travaillé pour Doucet et Legrain. La reliure « Art déco » fait donc son entrée à lécole et se manifeste de manière spectaculaire lors de lexposition internationale des arts décoratifs en 1925, même si la sobriété est toujours la règle.
Lécole Estienne est devenue une école darts graphiques, mais pas de création graphique. Pour lexposition internationale des arts décoratifs, laffiche choisie par la Ville de Paris pour le pavillon de ses écoles professionnelles a été élaborée par lécole des Arts appliqués et exécutée par lécole Estienne. Néanmoins en analysant ces publications, nous constatons chez les élèves un désir de modernité. Lenseignement du dessin, depuis larrivée de R. Bonfils XE "Bonfils, Robert (1886-1972)" , doit dorénavant développer « lesprit de recherche et de création », préoccupation totalement absente avant-guerre.
2 - La situation matérielle
Cette ouverture relative sur la création graphique contemporaine fut la principale innovation de la direction. Car, pour ce qui est des équipements, lécole subit le désintérêt des conseillers municipaux.
Pendant lentre-deux-guerres, le budget évolua en dents de scie. Il seffondra en 1913 (après que le nouvel atelier de photogravure fut terminé), retrouva son niveau davant-guerre en 1919, chuta à nouveau, remonta en 1923 grâce à la pression du comité de surveillance pour retomber ensuite. Le budget de 1926 représentait la moitié de la valeur de celui de 1913. Le poste « matériel » connut la même évolution.
Ceci prouve que le soutien des maîtres imprimeurs ne pouvaient pas inverser la tendance. Leur objectif était déquiper correctement les nouveaux cours pour apprentis; leur soutien nallait pas au-delà. Nous ignorons quelles machines ont été acquises pour ces cours.
Le budget et surtout le poste « matériel » augmentèrent à partir de 1926. Suite aux décrets du 7 et du 20 septembre 1924, lécole fut placée sous la double tutelle du sous-secrétariat dÉtat de lEnseignement technique et de la Ville de Paris. Le traitement du directeur et des professeurs datelier fut à la charge de lÉtat. Le programme de lécole devait être approuvé par lui. Un comité consultatif des écoles professionnelles de la Ville de Paris fut créé. Les crédits déquipement restaient à la charge de la Ville, mais il semble que cette tutelle de lÉtat permit à lécole Estienne de trouver un soutien auprès de la D.G.E.T. De fait, il était désormais possible pour la direction de lécole de compter sur une aide financière de lÉtat, alors que le Conseil municipal cherchait tous les moyens déchapper à sa responsabilité budgétaire.
Rétrospectivement, on peut reprocher à G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" de ne pas avoir pu ou su obtenir les crédits nécessaires. On ne peut en revanche lui reprocher de ne pas avoir essayé. Un procès-verbal dune séance du comité de surveillance en 1931 permet de saisir les difficultés dont souffrait létablissement. Il était ainsi dusage de former des linotypistes non dans latelier de composition mais de fonderie. Si lécole possédait une Monotype, elle était réservée aux cours du soir qui sadressaient aux adultes. En conclusion, pour des raisons sans doute syndicales, lenseignement de lécole ne formait pratiquement pas à la composition mécanique. Le comité déclara vouloir revoir de fond en comble cet enseignement, ce qui signifiait agrandir les ateliers et acquérir de nouvelles machines. Emile Demichel XE "Demichel, Émile" , président de la chambre syndicale de la photogravure et membre du comité de surveillance, consacra un rapport sur tous les aspects de lenseignement de loffset. Lenseignement de loffset était limité à la formation des conducteurs, donc à latelier dimpression lithographique. Or étendre cet enseignement nécessitait de revoir complètement le matériel et lorganisation des ateliers de photogravure, dimpression lithographique et de clicherie.
Outre lacquisition de nouvelles machines, le principal obstacle à ce projet de modernisation était le manque de place : il fallait dans cette réorganisation des ateliers de la section industrielle (B) agrandir lécole, cest-à-dire construire de nouveaux ateliers. Ne pouvant compter sur le soutien de la Ville de Paris, le comité de surveillance se tourna alors vers le ministère de lInstruction publique. Or linspecteur général de lEnseignement technique Druot XE "Druot" tenta de modérer cet élan moderniste : « La réalisation de ce projet va nécessiter une très forte dépense, laquelle lEnseignement technique ne se refuse pas à envisager pour sa part. Mais il demande que dabord les bâtiments soient construits et quon établisse le plus tôt possible leurs plans très précis et le coût exact de leur édification. »
Avec diligence, G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" fit établir un plan des nouveaux bâtiments, qui devaient être installés derrière lécole. Il obtint laccord de principe de la D.G.E.T. et de la Ville de Paris en 1932. Puis ce fut la crise : « lère des vaches maigres commençaient ! » Il est possible que G. Lecomte, qui nétait pas un administrateur, commença à se lasser. Lors de sa dernière année à la tête de létablissement, il adressa un tableau statistique sur lécole à la direction de lenseignement de la Seine. En 1933, sur un budget de 280 000 francs, 23 000 provenaient de dons des chambres syndicales : « Ces sommes sont consacrées à lachat et à lentretien du matériel et de loutillage. » LÉtat allouait alors 6 000 francs pour cette même fin. Dans les vux, G. Lecomte indique :
Il est demandé que le crédit de 94 000 F accordé pour le matériel et loutillage en 1934 soit relevé au chiffre de 1932.
Cette somme est apparue insuffisante en 1933 pour assurer dans de bonnes conditions lentretien et le fonctionnement des machines et matériel en service, de même que le renouvellement de loutillage hors dusage et lachat de matériel nécessaire pour le cours de composition mécanique.
Par manque de volonté ou par manque de persuasion, G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" ne réussit pas à inverser la politique de la Ville à légard de lécole, politique amorcée en 1900... LÉtat pallia un peu à ce manque de moyens, mais la crise économique des années trente limita ses réalisations. G. Lecomte se résigna à gérer la misère.
3 - Lécole Estienne et la profession : entre bienveillance et indifférence
Lécole Estienne accueillait les apprentis parisiens, organisait des concours, puis les examens des CAP. Jamais les professionnels ne furent aussi nombreux dans le comité de surveillance. G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" dès son arrivée à lécole Estienne comptait sur les bonnes relations entretenues avec la profession pour soutenir sa politique. Dans ses souvenirs, jamais il ne fit allusion aux conseillers municipaux, si ce nest à Emile Deslandres XE "Deslandres, Emile (1866-1935)" et à René Fiquet XE "Fiquet, René (1879-1964)" , conseillers et surtout hommes de métier qui siègeaient au comité. Pourtant, ce soutien quil ne cessa de réclamer fut nul dans ses effets.
Lécole Estienne reste en effet à bien des égard une école « exceptionnelle » : ses élèves sont formés hors de latelier; la part de lenseignement général est importante dans le programme; elle est riche au regard des cours professionnels qui ne doivent leur existence quà des subventions et au dévouement dune poignée douvriers. De surcroît, elle passe désormais pour une école de cadres : ses anciens élèves ne sont destinés à passer quun temps dans latelier pour gravir ensuite des échelons de la hiérarchie de lentreprise. Admettre quun jeune homme de moins de trente ans puisse diriger un atelier a sans doute provoqué un certain malaise.
Cette image dune école de futurs cadres aurait pu provoquer contre elle des attaques. Pourtant, rien de cela narriva. La question des cadres (statut, droit syndical, formation) est omniprésente dans la presse professionnelle à la fin des années vingt. Et parler de la formation des cadres revenait en partie à parler de lécole Estienne. René Texier XE "Texier, René (1887-1933)" consacra lessentiel de son action à la tête de lAssociation des anciens élèves XE "Association des anciens élèves de lécole Estienne" en ce sens. Sadressant aux patrons, il déclara : « Quand [les anciens élèves] seront restés quelques temps dans vos ateliers, quand il auront acquis la pratique, vous trouverez en eux, soyez-en persuadés, des auxiliaires dont la bonne volonté et la valeur technique vous rendront les plus grands services. »
Cette déclaration de R. Texier XE "Texier, René (1887-1933)" ne choqua pas son auditoire. En 1925, les maîtres imprimeurs reconnaissaient à mot couvert que lécole formait des cadres. Cependnt les besoins en ouvriers qualifiés étaient largement prioritaires. En 1928, la Fédération des syndicats patronaux de limprimerie tint une assemblée générale. Léopold Hardy XE "Hardy, Léopold" y fit un exposé sur lapprentissage en trois points : lapprentissage; la taxe dapprentissage; les cadres. Et de préciser : « Ces cadres que lévolution de nos industries rend de plus en plus nécessaires, comment les former ? » Il conclut quen effet lécole Estienne y pourvoit mais en nombre insuffisant... Il nest donc plus possible de nier que lécole Estienne dispense « un enseignement technique dun ordre supérieur ». Mais cette reconnaissance ne pouvait pas aller au-delà de dons, financiers ou en matériels, faits à létablissement. Par ailleurs, les patrons réfléchissaient aux moyens de former ces cadres et ,à leurs yeux, lécole Estienne nétait quune possibilité parmi dautres.
Du côté de la F.F.T.L., on navait que faire de telles considérations. Pourtant la réussite pédagogique de létablissement troubla des ouvriers du Livre, comme cet ouvrier compositeur, Lemoine, qui réclama au congrès national de la Fédération en 1924 que lÉtat fut chargé de « léducation professionnelle en developpant et en créant des écoles nationales ». La réponse de C. Liochon XE "Liochon, Claude (1880-1941)" vallait bien celle de A. Keufer avant la guerre :
Le fait de prévoir lapprentissage de tous les métiers dans les écoles professionnelles de lÉtat est un problème qui ne peut être discuté ici, et javoue que la solution quil [Lemoine] nous propose na jamais fait lobjet daucune étude au sein du comité fédéral. Le vu de notre camarade de Paris présente deux obstacles. Il y en a peut-être davantage, mais il ne sen présente que deux à mon esprit. Je crois, en effet, quil serait plus difficile de faire de la propagande syndicale auprès de la jeunesse des écoles professionnelles quauprès des apprentis qui sont entourés de nos fédérés. Dautre part, laccord intervenu avec la Fédération patronale précise le paiement dun salaire aux apprentis pendant toute la durée de leur contrat. Cest là une aide pour les parents et un stimulant pour les jeunes gens, que vous ne pouvez plus obtenir si vous envoyez les apprentis dans une école de lÉtat. Étant donné létat des choses actuel, jestime que le vu de Lemoine sera sans effet.
Les contacts entre lécole Estienne et la Fédération du Livre étaient dautant plus cordiaux quils étaient rares. Reprenant peut-être à son compte les idées de A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" , C. Liochon XE "Liochon, Claude (1880-1941)" ne confondait pas lécole Estienne avec limmense majorité des apprentis. En 1931, il adressa à la direction un compliment qui souligne bien la priorité de sa politique en la matière : lécole « forme à la fois de véritables professionnels et des hommes ayant une valeur sociale et humaine qui élève la personnalité humaine ».
Les représentants ouvriers dans le comité de surveillance sont très minoritaires et la F.F.T.L. naccorde à lécole quun intérêt syndical très limité. Ceci a placé Henri Bouisse XE "Bouisse, Henri" dans une situation quil jugea incompréhensible. Syndicaliste actif, militant communiste, il devint professeur de clicherie en 1922. Comme V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , il estimait que son devoir social était de former ses élèves à devenir de bons ouvriers conscients de leurs devoirs vis-à-vis de leurs futurs confrères. La première chose qui le choqua fut ce désintérêt des syndicats ouvriers :
Mais ce que je retiens, cest quà lépoque où jétais entré à Estienne, le mouvement syndical du Livre ne sintéressait absolument pas aux enseignants; particulièrement à la clicherie, à la fonderie, à limpression typo. Cependant chez les « typos », Largentier XE "Largentier, Auguste (1887-1969)" assistait, lui, aux réunions du comité général et au comité de perfectionnement composé dune large fraction dofficiels, conseillers municipaux et généraux, députés (chargés plus spécialement de lenseignement), de certains techniciens des sciences et de beaucoup de patrons mais de très peu douvriers. Sur le nombre douvriers admis à ce conseil, trois ou quatre sen désintéressaient.
Lorsque je suis entré, mon premier souci a été rétablir la liaison. Jai, du reste, toujours eu cette liaison avec le syndicat du Livre. Jy allais voir mes camarades.
Je fis part de la carence à Poëncin XE "Poëncin, Emile (1889-1967)" (qui était lui aussi un ancien élève dEstienne). Il intervint et des liens furent rétablis.
Légalement, chaque métier de lindustrie du Livre avait droit à un représentant au conseil de perfectionnement. On sest alors occupé de concours dapprentissage et cela a changé quelque peu lactivité parmi le syndicat vis-à-vis de lécole Estienne.
« Quelque peu », en effet, car lactivisme de H. Bouisse XE "Bouisse, Henri" ne changea pas radicalement la situation. La Fédération du Livre se consacra, avec succès nous lavons vu, à la formation des ouvriers qualifiés : lavenir de lécole ne la touchait pas de près.
Reconnue ou acceptée, lécole Estienne en 1900 se serait fort bien accommodée de cette situation. En 1934, cela nétait plus suffisant. Elle était une école publique et subissait une nouvelle fois mais dune manière différente les conséquences de son statut. Son enseignement était reconnu pour sa valeur, mais dans des domaines techniques importants cet enseignement allait à terme se dégrader au regard des besoins de lindustrie. Lors du départ de G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" en 1934, le prestige lécole Estienne sappuyait sur sa renommée et le savoir-faire de ses enseignants à défaut dune politique de modernisation.
III - Elèves et professeurs datelier
La vie quotidienne de lécole ne fut pourtant pas marquée par ces préoccupations. Son enseignement permet toujours à létablissement de résister aux changements et aux évolutions extérieures. La figure de lélève et du professeur datelier continue dévoluer en confortant lécole dans sa supériorité.
1 - Les élèves
Alors que les conditions dentrée navaient pas changé, l élève type admis à lécole Estienne continua dévoluer. Il ny eut pas de rupture par rapport à ce que nous avions constaté avant la guerre, mais une confirmation forte des tendances que nous avions dégagées.
Lâge moyen dentrée de lélève passa ainsi de 13 à 14 ans, ce qui confirme que les élèves admis ont souvent leur certificat détudes primaires, suivi dune ou deux années de cours complémentaires, voire leur brevet élémentaire. Comme avant la guerre, près de 70 % des élèves sont fils demployés et douvriers qualifiés, les fils demployés représentait entre 30 et 50 % des effectifs. Mais parmi les ouvriers qualifiés une part notable étaient des ouvriers du Livre. La part des enfants de professionnels du Livre représentant au minimum 10 % des effectifs. À partir de 1931, cette part ne descendit pas en dessous de 15 %.
Lorigine géographique des élèves connut une évolution sensible. En vingt ans, le triangle formé par les Ve, XIIIe et XIVe arrondissements perdit beaucoup de son importance. En 1914, 35 % des élèves habitaient ces lieux; en 1934 ils nétaient plus que 15 %. Surtout, les élèves parisiens étaient de moins en moins nombreux : ils venaient de tous les arrondissements, et en particulier des arrondissements périphériques. En fait, il y eut un phénomène centrifuge qui déplaça les caractéristiques du recrutement de la fin du xixe siècle vers la périphérie de la capitale. Les élèves de banlieue représentaient 20 % des effectifs en 1914, puis 35 % en 1933, alors que la scolarité des élèves de banlieue était toujours payante (300 francs par an). Plus de la moitié dentre eux venaient de la banlieue de sud de Paris.
Les motivations des parents qui envoyaient leur fils dans cette école ont été sans doute différentes suivant leur degré de connaissance de la profession. Pour les « enfants de la balle », cette orientation allait de soit. Daniel Mangeot, fils et petit fils de typographes, pouvait difficilement contester le choix de sa famille. De même que Pierre Le Pont, fils de typographe membre de la chambre syndicale typographique parisienne, qui explique : « Mon père ayant été typographe, il était évident que je devais être typographe. » André Brunel, fils et petit-fils dimprimeurs, témoigne : « Mon père et mon grand-père pensaient quil fallait faire une école pour essayer de grimper plus haut. Pour eux, cétait des études supérieures. Pourtant, dans lindustrie de limprimerie, elle navait pas très bonne presse. » Il est possible que ce qui motivait le choix familial dentrer à lécole Estienne était non seulement la qualité de lenseignement technique mais aussi la possibilité de continuer un enseignement général, qui étaient déterminantes dans la carrière des anciens élèves.
Mais les autres élèves nétaient pas forcement entrés à lécole Estienne par hasard. Souvent, les parents choisissaient cette école sur le conseil de parents, de voisins, de collègues de travail, damis, travaillant dans le Livre ou connaissant ce milieu professionnel. Par ailleurs, les ouvriers du Livre avaient la réputation, qui nétait dailleurs pas usurpée, dêtre fort bien payés et bénéficiaient dun relatif prestige social qui faisait deux des ouvriers « pas comme les autres ». La mère de Julien Guérin, veuve de guerre, est tout à fait représentative de cet état desprit. Tenant un café, elle avait pour clients des ouvriers de la presse, et notamment des clicheurs, et sétait rendu compte que ces hommes avaient une qualification qui leur permettait de gagner tout à fait correctement leur vie, alors que sa situation matérielle sétait considérablement dégradée après la guerre. Ceci joua en grande partie dans lorientation professionnelle de son fils qui, admis à lE.P.S. Turgot, préféra entrer à lécole Estienne.
La profession ou les relations des parents jouaient également dans le choix de latelier, parfois avant même la fin du circulus. Deux groupes dateliers étaient particulièrement demandés : la typographie et la lithographie. Latelier « noble » était la composition typographique, « réservé » aux premiers admis lors du concours dentrée. Les élèves qui avaient montré de grandes aptitudes au dessin lors du concours étaient en général orientés vers latelier de lithographie. Les élèves les moins bien classés devaient alors se répartir dans les ateliers les moins demandés et les moins prestigieux : la reliure, la dorure, la gravure, la fonderie et la clicherie. Ces métiers souffraient souvent dun manque de débouchés professionnels mais surtout dune image peu valorisante. « A cette époque, se souvient Pierre Lucien Martin, lapprentissage de la reliure souffrait dune certaine sous-estimation, à tel point que parfois les familles dirigeaient de préférence vers cette spécialité les jeunes gens infirmes ou de faible constitution. » Les clicheurs étaient également des ouvriers à limage peu prestigieuse alors quils étaient fort bien rétribués. Le choix professionnel de Julien Guérin est exceptionnel quoique tout à fait logique : « Jai choisi latelier de clicherie, je suis allé à Estienne pour latelier de clicherie. En principe, tous ceux qui allaient en clicherie avaient choisi autre chose. Nayant pas été reçus dans les autres ateliers, où il y avait un nombre de places limité, on leur proposait des ateliers où il ny avait pas de candidats. Dailleurs, quand jai choisi latelier de clicherie, quelques jours après, le professeur, Henri Bouisse XE "Bouisse, Henri" , ma appelé dans son bureau en me disant : Depuis que je suis à lécole, cest la première fois que je rencontre un élève qui a choisi la clicherie. »
Les effectifs des ateliers sont révélateurs de la hiérarchie interne de lécole. La composition typographique représentait entre 10 à 20 % des effectifs. Limpression typographique continuait daccueillir environ 10 % des élèves. Un atelier connut une évolution importante, celui de la photogravure, qui de 10 % des effectifs avant 1914 passa à 20 % en 1934. Cette hausse était dû à la conjonction de trois facteurs : la modernisation des ateliers dans les années 1910; la demande de lindustrie; limage positive de la profession de photograveur auprès des familles.
Le nombre dadmis resta variable suivant les années, cest-à-dire suivant la conjoncture économique : il allait de 50 à 100 élèves par an. Au début de la Première Guerre mondiale, il était difficile de se placer comme apprenti, de nombreux ateliers ayant dû fermer. À la fin de la guerre, la situation des familles qui était devenue de plus en plus difficile poussait les enfants à se placer comme apprentis ou comme ouvriers non qualifiés dès que possible et lindustrie manquait de plus en plus de bras. Le recrutement fut plus important à partir de 1921. Les effectifs baissèrent à nouveau avec la crise économique, les familles préférant placer leurs enfants. Mais les effectifs en première année furent rarement inférieurs à 80 pendant lentre-deux-guerres, ce qui permet de dire que lécole avait réussi à stabiliser son recrutement autour de ce chiffre.
La proportion dabandons restait toujours importante. Elle fut de 70 à 80 % pendant la guerre, et de 60 à 70 % de 1918 à 1925. Les mécanismes qui conduisaient au départ de lenfant étaient les mêmes quavant-guerre : le décès, la maladie ou la perte demploi du chef de famille. Cette évolution sexplique là encore par la variation de la conjoncture économique qui provoqua autant de motifs de départ précoce : le départ du père au front; linflation; la facilité de trouver du travail au début des années vingt. La fin de la crise économique de limmédiate après-guerre coincida ainsi à une stabilisation du taux dabandons entre 60 et 50 % environ. Cette importance des départs était vécue par la direction comme une fatalité; on se contentait daccuser les « mauvais parents » dans les discours de fin dannée.
2 - Les professeurs datelier
Les revues professionnelles continuèrent dannoncer lorganisation des concours denseignants et leur résultats. Ces concours ne firent plus lobjet de contestations. Pourtant, lévolution du corps des professeurs datelier aurait pu provoquer en dautres temps des réactions hostiles.
Sous la direction de G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" , 29 nouveaux professeurs intégrèrent létablissement. Cinq dentre eux remplacèrent provisoirement des titulaires mobilisés pendant la Première Guerre mondiale. Lâge moyen des 29 autres enseignants étaient de 38 ans, ce qui fait supposer quils avaient approximativement 25 ans dexpérience professionnelle derrière eux. Mais surtout, la moitié était des anciens élèves, venant de professions très différentes : composition typographique, impression typographique, clicherie, fonderie, impression lithographique, dessin lithographique, dorure, écriture en taille-douce, gravure en taille-douce, impression en taille-douce, gravure en relief. Par ailleurs, le nombre denseignants a augmenté dans la section B (industrielle), où désormais on trouve un chef datelier et au moins un adjoint.
Robert Doisneau ne garda pas un bon souvenir de ces enseignants comme du reste : « En dehors de lécole nos maîtres vivaient dans une demi-retraite. Chaque jour le prof nous dispensait un enseignement qui était totalement périmé ». Ce reproche était parfois justifié, certains enseignants voyaient dans lenseignement un refuge et leur cours restait accroché à une tradition qui dans lindustrie avait en partie disparu : « Je savais fabriquer une étiquette pour une bouteille de vin, se souvient Robert Doisneau, en y dessinant les médailles remportées au concours agricole de 1900, mais nous étions en 1929... » Néanmoins, son professeur, Albert Sauvigny XE "Sauvigny, Albert" , se chargea de le placer à la sortie de lécole, ce qui montre que les enseignants continuaient à se sentir responsables de leurs « apprentis ». Lorsque Robert Doisneau lui montra ses premières photographies, A. Sauvigny sexclama : « Vous savez comment je les appelle, moi, les photographes ? Les foutugraphes ! » Son ancien élève était perdu pour le métier.
Limportance donnée à la qualité au détriment de la rapidité dexécution, et à la tradition au détriment de la production contemporaine, pouvait être frustrante pour les élèves, notamment de la section « A » qui semblent avoir plus souffert de la « tradition » que ceux de la section « B ». Pierre Lucien Martin, élève relieur de 1927 à 1931, modère le jugement de Robert Doisneau :
Latelier de reliure de lécole Estienne donnait, en quatre ans, un bon métier, solide, honnête mais assez lourd, tel quon le pratiquait alors en général. [...].
[...] Lenseignement nétait pas conçu en fonction de toutes les exigences de la profession. Ainsi ny figuraient pas létude de la lettre, pourtant indispensable, ni lhistoire de la reliure. Mais, je le répète, il était honnête et lon quittait lécole avec des connaissances générales et surtout manuelles, libre ensuite à qui le voulait de les parfaire. »
Pour beaucoup, lenseignement de Robert Bonfils XE "Bonfils, Robert (1886-1972)" était donc une bouffée dair frais.
Pourquoi ces ouvriers du Livre se présentaient-ils comme candidat au poste de professeur ? Nous navons que le témoignage de H. Bouisse XE "Bouisse, Henri" , qui nest sans doute pas représentatif mais fort intéressant sur ce sujet. Ancien élève, qui navait dailleurs pas achevé sa formation, il se présenta au concours de professeur de clicherie en 1922. Militant communiste et syndicaliste, ayant activement participé au mouvement de grèves de 1920, il lui était de plus en plus difficile de trouver un emploi, les employeurs se méfiant de lui. Poussé par des amis, il se présenta à ce concours à contre cur. « En entrant à Estienne, jétais vraiment naïf pour faire un pédagogue », se souvient-il. Il y resta pourtant jusquà sa mise à la retraite en 1946 et fut une des grandes figures du corps enseignant de lécole.
Les anciens élèves ne se souviennent pas de convictions politiques ou syndicales ouvertement exprimées par leur professeur, mais H. Bouisse XE "Bouisse, Henri" se faisait de sa fonction la même idée que V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" en son temps :
Pour moi, ces jeunes gens qui étaient en assez grand nombre des fils de la petite bourgeoisie (qui avaient plutôt un esprit réactionnaire) si on ne les avait pas amené au syndicalisme auraient été perdus pour le progrès social. Au contraire, apprenant un métier et bien que sortis généralement dun milieu aisé, beaucoup dentre eux nétaient pas destinés à être des cadres (ils resteront ouvriers). Mais le côté qui me semblaient le plus intéressant, cest que pour faire un bon militant, il est nécessaire davoir un petit bagage social et de connaissances générales. Bagage que ces jeunes-là ont eu lorsquils quittèrent lécole. »
En fait, aucun de ses anciens élèves ne souvient davoir subi des séances dagit-prop. Ladhésion à un syndicat na pas été motivée directement pas son enseignement. Lapprentissage dun métier était en réalité la base de tout, de la vie professionnelle comme de la vie syndicale dans le Livre. H. Bouisse XE "Bouisse, Henri" savait que sil formait de mauvais ouvriers, ils nauraient aucune accointance avec la culture syndicale des ouvriers du Livre : cétait dabord lhomme de métier qui faisait le syndiqué.
De même que lon accusait les élèves de lécole dêtre lents et prétentieux, on accusa les professeurs datelier de vivre isolés de lindustrie et donc de se complaire dans un enseignement soupçonné dêtre dépassé. R. Fiquet XE "Fiquet, René (1879-1964)" utilisa cet argument lors de son attaque contre lécole en 1920. Son projet de réforme fut combattu avec la même efficacité que lors du projet de réforme des nationalistes au début du siècle. Cette accusation était-elle fondée ? Pour ceux qui étaient enseignants depuis longtemps peut-être, mais comme lavait constaté H. Bouisse XE "Bouisse, Henri" la profession ne cherchait pas non plus à rester en relation avec eux. Les principales occasions de rencontre étaient les jurys de concours dapprentis et des CAP. Par ailleurs, des professeurs comme Georges Chandauzel XE "Chandauzel, Georges" ou Georges Valette XE "Valette, Georges" continuaient la tradition dédition de manuels pour apprentis. En 1933, G. Valette fut lauteur du premier manuel pour la préparation du CAP.
Le corps enseignant navait sans doute rien de sclérosé, mais il savait inscrire lenseignement professionnel dans le respect de la tradition, du savoir-faire, du souci de la qualité. La réputation de lécole Estienne reposait sur leur travail. Les deux procès verbaux du comité de surveillance en 1931 montrent que les enseignants qui assistaient à ces séances étaient les premiers à réclamer une modernisation du matériel. Beaucoup se sentaient probablement responsables de lavenir professionnel de leurs élèves et navaient nul envie de les mener dans une impasse. Les professeurs datelier plus artistique ou plus artisanal étaient dans une position beaucoup plus difficile. Les débouchés de ses métiers étaient rares, mais lécole restait une école du Livre. Fallait-il faire disparaître lart au profit de lindustrie ? Pour G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" , il nen a jamais été question. Or la majorité des élèves se dirigeait vers la section « B », les moins brillants étaient orientés vers la section « A ».
Le caractère de « conservatoire » des arts et industries du Livre a permis à létablissement de résister aux réformes les plus radicales, mais elle létait devenue aussi faute de mieux. Le manque de moyens, sans handicaper totalement lenseignement de lécole, risquait à terme de la confiner dans ce rôle. Lécole Estienne était à la fois un établissement prestigieux et marginal. Les progrès dans lorganisation de lapprentissage étaient réels sans que lécole fût prise à partie ni partie prenante. Les relations entre elle et la profession étaient donc importantes mais informelles. Le modèle de la formation professionnelle en milieu scolaire toujours était impossible à faire admettre, même si lexistence de cours professionnels devenait centrale.
Cette période est donc tout à fait paradoxale. Lexistence et la mission de lécole Estienne ne sont plus contestées alors que les moyens matériels dont elle dispose sont de plus en plus ténus par rapport à ses besoins. École de futurs cadres, elle en avait « seulement » les capacités pédagogiques. G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" fut donc un directeur inégal. Sans révolutionner lenseignement, il inscrit la création dans la mission de lécole. Le résultat fut timide mais essentiel pour lavenir. Il ne réussit pas à attirer sur lécole la bienveillance du Conseil municipal. LÉtat aurait pu prendre le relaie si la crise économique nétait pas intervenue. Du côté des pouvoirs publics comme des syndicats professionnels, G. Lecomte ne put obtenir quun soutien moral.
Cinquième partie
1934-1949
Lécole Estienne et lI.N.I.a.g.
La profession lécole Estienne devaient compter maintenant sur laction de lÉtat, chacune pour des raisons différentes. Les professionnels du Livre étaient obligés de se reposer sur les pouvoirs publics pour légitimer et appuyer leur politique en matière dapprentissage et lécole municipale considérait à juste titre la D.G.E.T. comme sa bouée de sauvetage. Mais la politique publique laissait encore une large marge de manuvre aux acteurs privés pour organiser lapprentissage en France. Ceci permit la naissance de lInstitut national des industries et arts graphiques (I.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" ) qui allait contrôler lapprentissage dans le Livre pendant plus de quarante ans. À lécole Estienne, on avait également tout lieu de se réjouir de la politique de la D.G.E.T. Les projets de modernisation, dont les bases avaient été posées par G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" , prirent un tour plus ambitieux encore avec son successeur à la tête de lécole. Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , le nouveau directeur, a obtenu le soutien désormais indispensable de lÉtat pour faire de létablissement une école supérieure des arts et industries du Livre.
La guerre fut une parenthèse pour les ambitions de chacun. Mais la Libération fut une indéniable rupture pour la corporation. LÉtat providence fit de lEnseignement technique un de ses champs daction privilégiés : désormais, cétait lÉtat qui contrôlerait lenseignement. Cette évolution fut brutale mais ne profita que très indirectement à lécole Estienne, dont lentrée dans les Trente Glorieuses se fit apparemment discrète. Le désir de devenir officiellement une écoles de cadres, une école supérieure des arts et industries du livre, ne fut pas suivi deffet. Pourtant, elle restait le seul établissement à pouvoir fournir à lindustrie les cadres dont elle avait besoin.
A - LInstitut national des industries et arts graphiques
Depuis 1918, le bilan de lorganisation de lapprentissage dans le Livre était indéniablement positif, du moins sur le papier. Les accords de 1923, modernisant lapprentissage, étaient devenus obligatoires depuis 1928. Mais leur application était plus problématique. Aux yeux de beaucoup de patrons, les apprentis restaient une main duvre bon marché. En outre, ces accords se basaient sur lexistence de cours professionnels, qui auraient été autant de relais pour des programmes de formation unifiés donc nationaux. Or, de ces cours, il nen existait quune trentaine et donc la formation restait locale et empirique.
Pour remédier à cela, il fallait que la profession organisât un contrôle accru sur les entreprises tout en leur donnant les moyens de créer des cours. Tandis que la F.F.T.L. continuait à privilégier laction syndicale « pure », le patronat choisit une autre voie : sallier avec le ministère de lÉducation nationale pour créer une organisation de contrôle.
I - Une alliance entre les maîtres imprimeurs et lÉtat
Cette alliance, presque contre-nature, fut le résultat dintérêts bien compris de part et dautre. Pour la D.G.E.T., lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" devait être le symbole de la réussite de sa politique incitative. Pour une partie du patronat, il était un moyen de contrôle moderne et rationnel de la formation, pour toutes les qualifications.
1 - Les origines
Lorigine logique de lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" serait les commissions paritaires de lapprentissage dans le Livre. Sans exclure totalement cette hypothèse, le projet de ses fondateurs fut influencé par des expériences bien différentes, bien que toujours corporatives dans lesprit.
En 1923, le sous-secrétariat dÉtat de lEnseignement technique sintéressa apparemment aux négociations en cours. Elles avaient lavantage de laisser à une profession la responsabilité de ses actions en matière dapprentissage, mais elles avaient le défaut de se placer hors de larbitrage de lÉtat. Le sous-secrétariat commit alors un « rapport tendant à la création dun Institut chargé de coordonner les efforts de tous les industriels et de tous les groupements professionnels des industries du papier, de limprimerie et du Livre, afin de chercher les remèdes à cette situation [la crise de lapprentissage], déplorables pour elles ». Cet appel ne fut pas entendu car lidée paraissait inopportune : les négociations paritaires, en aboutissant à un accord, avaient une nouvelle fois fait leur preuve sans que lÉtat eut à sen préoccuper.
Ce projet resta donc dans les cartons du ministère. Les résultats des accords de 1923 furent cependant bien minimes au regard de ce quils annonçaient dans les textes. Seules trois branches bénéficiaient dun programme denseignement et apparemment ils nétaient appliqués que dans la Seine. Or, les rédacteurs des accords leur avaient donné des ambitions nationales. Lorsque ces accords devinrent obligatoires, le patronat était moins attaché à ce quils fussent respectés. La crise économique avait transformé le marché du travail à leur avantage. Cependant, les accords de 1923 faisaient silence sur un point qui paraissait de plus en plus important pour les responsables de grandes entreprises du Livre : la formation des cadres. En 1931, une des priorités de la Fédération des syndicats des maîtres imprimeurs de France était de créer un brevet professionnel.
En septembre 1932, lUnion parisienne des imprimeurs en association avec lAssociation des anciens élèves XE "Association des anciens élèves de lécole Estienne" de lécole Estienne créa lOffice technique du Livre (O.T.I. XE "Office technique de limprimerie" ). Cet organisme avait trois fonctions : constituer un centre de documentation internationale sur les industries graphiques; créer un centre de recherche industrielle; organiser des « cours destinés à la formation des cadres dans limprimerie ». LO.T.I. était dirigé par un ingénieur et constructeur de machines dimprimerie, Alain Bargilliat XE "Bargilliat; Alain" . Ces cours étaient placés sous la responsabilité de lAssociation des anciens élèves de lécole Estienne et débutèrent le 18 janvier 1933.
Dès lors, le syndicat des maîtres imprimeurs parisiens pouvait se targuer davoir organisé lapprentissage à tous les degrés : le préapprentissage avec lécole de la rue Madame XE "Cours de préapprentissage de la rue Madame" , les cours pour apprentis à lécole Estienne, les cours pour cadres avec lO.T.I. XE "Office technique de limprimerie" Les responsables de lO.T.I. songèrent alors quil serait intéressant de regrouper sous un même organisme ces trois structures.
La D.G.E.T., qui avait apparemment une bonne mémoire administrative, ne voulut pas laisser passer une telle occasion. Le 21 novembre 1936, Hippolyte Luc, directeur général de lEnseignement technique depuis 1934, fit part à la profession de son désir de voir se créer un Institut de lImprimerie lors du banquet annuel de lAssociation des anciens élèves XE "Association des anciens élèves de lécole Estienne" de lécole Estienne : « Mon rêve est de faire un institut des arts et métiers graphiques, afin que toute cette famille de métiers et dindustries sunisse pour dessiner, non pas simplement pour Paris et pour la région parisienne, mais pour la France toute entière, la carte de lapprentissage et de lenseignement professionnel des arts et industries graphiques. »
2 - LI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" : statut, but, structure
Deux mois après le discours de H. Luc XE "Luc, Hippolyte (1883-1946)" , en janvier 1937, lInstitut national des industries et arts graphiques fut créé sous forme dassociation loi 1901, sous le patronage officiel de la D.G.E.T. LI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" est chargé dorganiser lenseignement professionnel au niveau national en prenant pour modèle les réalisations du syndicat patronal parisien.
Le conseil dadministration comprend trente membres, dont douze de droit et dix-huit élus. Le bureau permanent est composé de neuf personnes, appartenant toutes au patronat du Livre. Parmi les douze membres de droit du conseil dadministration, seuls deux personnes sont des délégués ouvriers : Claude Liochon XE "Liochon, Claude (1880-1941)" , secrétaire général de la F.F.T.L. A. Journeau XE "Journeau, Auguste" , secrétaire adjoint de la Fédération du Livre. LI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" est dirigé par Émile Maulde XE "Maulde, Emile" , président de lUnion syndicale des maîtres imprimeurs de France. Détail révélateur, la revue de lO.T.I devint le bulletin officiel de lI.N.I.A.G. Nous sommes donc loin des traditionnelles commissions paritaires : lI.N.I.A.G. fut dabord un organisme patronal.
Émile Maulde XE "Maulde, Emile" lança un appel à ses confrères : « Pour la première fois en France, un plan densemble est né qui prévoit le regroupement des efforts denseignement technique. Pour la première fois aussi on envisage de porter ces études sur le plan national. Paris ne restera plus le centre privilégié. Une intelligente décentralisation fera à la province la place à laquelle elle a droit dans lorganisation corporative nationale. » LI.N.I.A.G. doit fédérer et coordonner toutes les initiatives afin de réorganiser lapprentissage. Un an plus tard, lorganisation de lInstitut fut terminée. La France du Livre doit être découpée en zones : en treize régions, représentées chacune par un délégué, et en département, les délégués régionaux étant chargés de coordonner laction des délégués départementaux. Ce découpage faisait de lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" une organisation pyramidale qui permettrait « un double courant descendant et remontant dinformation et dinstruction. »
La D.G.E.T. a sans aucun doute défini la mission de lInstitut. Il sagissait détablir « un statut de lapprentissage commun à tous les apprentis des métiers graphiques en France et où les exigences spéciales à chaque catégorie formeraient des chapitres différents. » LI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" était donc organisé aussi par branches. Trois groupes détudes furent constitués : Imprimerie; Industries connexes; Papier. Le groupe « Imprimerie » était organisé en trois commissions : Typographie; Lithographie; Rotogravure. Le groupe « Industries connexes » était organisé en deux commissions : Procédés photomécaniques; Travaux artisanaux (dont la reliure). Ces commissions étaient elles-mêmes divisées en sous-commissions, qui avaient pour mission détablir des programmes de CAP pour chaque spécialité. Il était également prévu par la suite détablir des programmes pour les brevets professionnels et les brevets de maîtrise.
À la fin de lannée 1938, lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" fut habilité par la D.G.E.T. à bénéficier du produit de la taxe dapprentissage perçue dans le département de la Seine, et une partie de celle perçue dans les autres départements : « Ces moyens financiers, déclara É. Maulde XE "Maulde, Emile" , nous permettront désormais de réaliser ce que, faute de crédits, nous ne pouvions jusquà présent que projeter. » En 1939, lI.N.I.A.G. attendait sa reconnaissance détablissement dutilité publique.
Présenté ainsi, lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" paraît être une organisation à la fois administrative et professionnelle parfaite, symbole de lalliance harmonieuse entre le patronat du Livre et lÉtat, faisant des traditionnelles structures paritaires des organisations « démodées ». La D.G.E.T. se fit incontestablement des illusions sur lefficacité dune telle organisation qui rompait violemment avec ce paritarisme à une époque, le Front populaire, où les ouvriers nétaient pas les derniers à défendre leurs intérêts.
II - 1937 - 1939 : La F.F.T.L. et lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre"
La constitution dun organisme, né de la volonté de lÉtat, non paritaire et disposant du produit de la taxe dapprentissage, ne pouvait logiquement que provoquer lhostilité farouche de la Fédération du Livre. Ce fut en fait beaucoup plus ambigu. La F.F.T.L. restait fortement attachée aux formes traditionnelles dactions et de négociations, mettant lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" dans une situation inconfortable et lobligeant à devenir une simple organisation patronale.
1 - La convention collective et lapprentissage.
Le Front populaire fut dabord pour les organisations syndicales ouvrières le temps de la réunification de la C.G.T. et de la C.G.T.U. En 1921, la Fédération du Livre avait été la victime de la scission syndicale, qui avait abouti à la naissance de la Fédération unitaire du Livre et du Papier, rattachée à la C.G.T.U. Mais la Fédération unitaire avait des effectifs bien inférieurs à ceux de la Fédération du Livre. La réunification fut applaudie par lensemble des syndiqués, attachés à la solidarité ouvrière.
Le contexte économique et politique entraîna un gonflement du nombre des syndiqués dans le Livre. La F.F.T.L. passa de 27 000 adhérents en 1936 à 58 000 en 1938. Mais cette montée en force fut parallèle à celle que connurent les syndicats patronaux. La Fédération patronale regroupait 85 syndicats en 1936 contre 41 en 1933. Le rapport de force avait gagné en intensité. Par ailleurs, le Front populaire fit de lÉtat un arbitre important dans la tenue des négociations sociales.
Lenjeu pour la Fédération réunifiée était de garantir à tous les ouvriers du Livre les acquis sociaux antérieurs, voire de les développer. Mais ladhésion en masse de nouveaux ouvriers posa un problème dont la F.F.T.L. a toujours eu conscience sans pouvoir réellement le résoudre. Une partie de ces nouveaux syndiqués qui était des « ouvriers spécialisés », sans réelle qualification. Or, lessentiel de laction syndicale était basé sur les prérogatives sociales douvriers de métiers, légitimées par la détention dune qualification réelle. Il fallait désormais tenir compte de ces ouvriers peu ou pas qualifiés en les intégrant dans la grille de revendication de la Fédération.
Les acquis sociaux antérieurs avaient été obtenus dans le cadre de négociations paritaires, ce qui plaçait les industries du Livre dans une position originale par rapport à dautres secteurs dactivité. Cet héritage fut « légitimé » par la loi du 11-12 juin 1936 qui imposait à toutes les branches de léconomie française lélaboration dune convention collective. De plus, la loi du 24 juin 1936 obligeait le patronat et les ouvriers à inclure la formation professionnelle dans ces conventions.
La convention collective de la Presse fut adoptée le 2 août 1936, celle du Labeur le 7 septembre. La convention collective du Labeur, la plus importante économiquement, comportait un chapitre sur lapprentissage (chapitre VI). Ce chapitre déclarait que la limitation du nombre des apprentis restait de un sur cinq ouvriers. Les accords de 1923 restaient valable jusquà nouvel ordre, mais il fallait les renégocier. Si les négociations naboutissaient pas, les comités départementaux de lEnseignement technique seraient chargés de les arbitrer. Par ailleurs, lâge de la scolarité obligatoire fut fixé à 14 ans, ce qui était une des revendications ouvrières depuis le congrès de Roubaix XE "Roubaix" . Mais la F.F.T.L. dut batailler dans ses propres rangs pour que la limitation du nombre dapprentis ne fut pas aggravée : le chômage avait fait renaître de vieux réflexes malthusianistes parmi les ouvriers.
En 1937, on se trouve donc en présence dune part dune convention collective qui confirme le traitement paritaire de lapprentissage, et dautre part dun nouvel organisme largement dominé par le patronat et soutenu par la D.G.E.T. chargé de ce même apprentissage. Dans les deux cas, lÉtat est en position darbitre. Par ailleurs, lannée 1937 fut celle de la contre-offensive patronale. Or, pour ce qui est de lapprentissage, léquilibre des forces fut total.
À lannonce de la création de lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" , il ny eut aucune réaction dans la presse syndicale ouvrière. En fait, pour la F.F.T.L., comme lavait rappelé la convention collective de 1936, le seul règlement légitime restait les accords de 1923. Aucun règlement, aucun contrôle, aucune décision émanant de lI.N.I.A.G. ne pouvaient devenir effectifs sans laval de la Fédération du Livre. En mai 1937, on annonça la reprise des négociations sur lapprentissage.
Cette stratégie de lindifférence ne fut cependant pas toujours comprise. Un membre du syndicat des correcteurs, Robert Ranc XE "Ranc, Robert (1905-1984)" , dénonça violemment lapathie apparente du comité fédéral vis-à-vis de lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" , fruit dune « initiative avant tout patronale », où « la Fédération ne compte que deux délégués ». C. Liochon XE "Liochon, Claude (1880-1941)" , membre de droit de lI.N.I.A.G., nen avait cure : il savait que lI.N.I.A.G. nétait rien sans la Fédération du Livre. Le traitement paritaire de lapprentissage dans le Livre était toujours de rigueur.
2 - Retour aux négociations
Le 6 juin 1937 devant le comité fédéral, « Journeau XE "Journeau, Auguste" rend compte dune réunion du conseil dadministration de lInstitut national des arts graphiques [sic], qui fonctionne sous légide de lEnseignement technique. La question de la modification du contrat dapprentissage y a été abordée; lorsque dans les réunions ultérieures le sujet sera traité à fond, les délégués des professions seront nécessaires pour examiner les conditions dapprentissage dans chacune delles. » De fait, les commissions de lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" furent tripartites, composées de patrons, douvriers et pour la première fois de cadres. Les organisations de cadres sétaient en effet constituées en syndicats en 1936. Les travaux des commissions commencèrent en septembre 1937. Leurs conclusions devaient être remises non au conseil dadministration de lI.N.I.A.G. mais à la commission nationale permanente de lapprentissage reconstituée, qui avait fonctionné de 1922 à 1923 puis de 1928 à 1932. Comme lI.N.I.A.G., la commission permanente fut organisée en comités régionaux et départementaux. Elle était en outre composée de représentants de lÉtat, du patronat, de la F.F.T.L. et des cadres. Sa mission était la suivante : faire en sorte que tout apprenti puisse « trouver sur le sol où il vit les moyens détudier le programme du certificat dapprentissage de sa profession, et, par conséquent, de recevoir la même instruction que son camarade le plus éloigné. » Pour ce faire, la commission permanente se chargerait des conclusions des commissions techniques dont elle tirerait un « projet complet de statut de lapprentissage avec annexes spéciales à chaque catégorie. » Ce statut navait autorité que sil était adopté par les syndicats puis approuvé par la D.G.E.T. On espérait aboutir à ce nouveau règlement en octobre 1938. De toute évidence, la commission permanente était ce que lI.N.I.A.G. nétait pas : un organisme professionnel représentatif. Cependant, la D.G.E.T. fit apparemment en sorte que ces négociations furent placées sous lautorité symbolique de lInstitut.
Le 9 mai 1938, É. Maulde XE "Maulde, Emile" annonce que « le projet de règlement général dapprentissage est achevé et doit être soumis à la fin de ce mois à la commission nationale permanente de lapprentissage. » Les commissions de la typographie et de la lithographie achevèrent leurs travaux à la date prévue : elles avaient défini un programme des compétences à acquérir à latelier, des connaissances à acquérir dans les cours professionnels et le contenu de lexamen du CAP. Deux projets élaborés par les commissions chargées de la photogravure et de lhéliogravure furent remis à la commission permanente au printemps 1939. Le règlement général fut mis au point mais la F.F.T.L. prit son temps pour le ratifier. En avril 1939, la commission permanente navait reçu de sa part aucune réponse.
Même si lapprentissage avait toujours nécessité des négociations longues et difficiles, certains sinquiétèrent de la lenteur de celle menée par lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" , ce qui faisait douter du caractère véritablement novateur de lInstitut : « Comment lInstitut national des industries et arts graphiques remplira-t-il le rôle qui lui a été confié, en avril 1937, par la direction de lEnseignement technique ? En ces deux années qui viennent de sécouler au milieu dun mouvement social non encore stabilisé, bien de peu de choses ont été réalisées par les Fédérations patronale et ouvrière. » Néanmoins, lauteur de cet article reconnaît que cette situation sexplique par « les difficultés qui viennent de sélever à propos du contrat dapprentissage entre la Fédération patronale et la Fédération ouvrière. »
En effet, du côté ouvrier, on était loin de chercher la conciliation en raison du contexte dans lesquelles ces négociations se déroulaient. Le 15 septembre 1938, le patronat dénonça la convention nationale établie le 1er novembre 1936, qui demeurait valable jusquau 31 décembre 1938. Toutes les négociations en cours, dont celles chapeautées par lI.N.I.A.G., furent donc interrompues. La dernière réunion de la commission nationale dapprentissage eut lieu le 8 novembre 1938, pendant laquelle on présenta les nouvelles revendications patronales. Le texte de la nouvelle convention proposé par le patronat concernant lapprentissage fut inacceptable pour les syndicalistes ouvriers. En 1936, il avait été établi que seule une commission paritaire serait habilitée à modifier le règlement de 1923; en 1938, le patronat déclara que lapprentissage devra désormais être soumis au décret-loi du 24 mai 1938 et réglementé par lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" seul. Par ailleurs, les patrons souhaitaient rétablir deux années dessais après lobtention du CAP, ce qui leur permettrait dembaucher de jeunes ouvriers qualifiés sans avoir à les payer au tarif pendant deux ans.
Fin mai ou début juin 1939, É. Maulde XE "Maulde, Emile" demanda à C. Liochon XE "Liochon, Claude (1880-1941)" de le rencontrer pour faire redémarrer le processus de ratification du règlement général. C. Liochon rencontra ainsi É. Maulde en compagnie de H. Luc XE "Luc, Hippolyte (1883-1946)" . Le 3 juin 1939, il annonça à ses confrères : « Après avis conforme du bureau de la Fédération des maîtres imprimeurs, il est entendu que lEnseignement technique convoquera la réunion dune commission mixte composée des représentants des deux fédérations pour arriver à une conclusion sur les conditions générales de lapprentissage. » Les négociations furent interrompues par la guerre.
En septembre 1939, le seul règlement valable restait celui de 1923. Pour R. Ranc XE "Ranc, Robert (1905-1984)" , lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" était le symbole de « laccaparement exclusif, ou presque, de lenseignement des arts graphiques » par les maîtres imprimeurs. En réalité, lI.N.I.A.G. fut un échec patronal. Le problème est de savoir sil fut aussi celui de la D.G.E.T. Elle avait certes fait de lInstitut le cheval de Troie de sa politique dans les industries du Livre, mais elle avait été aussi capable de sadapter aux circonstances. Le fait quelle pût convoquer une réunion paritaire montre la nouvelle capacité de lÉtat à intervenir dans les affaires de la corporation.
Léchec de lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" fut aussi celui de lécole Estienne, car dans lesprit des fondateurs et notamment de H. Luc XE "Luc, Hippolyte (1883-1946)" , elle devait devenir le modèle de la formation professionnelle à venir au titre décole supérieure des industries et arts graphiques.
B - 1934-1948 : Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" et lécole supérieure du Livre
Le Front populaire mit un terme aux incertitudes de la direction de lécole, soutenue par le patronat et le ministère de lEducation nationale. Le nouveau directeur de lécole Estienne, Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" réussit en partie à réaliser le projet de modernisation de G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" , mais la Seconde Guerre mondiale brisa nette ces ambitions, laissant à son successeur un héritage apparemment décevant.
I - La modernisation
Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" est connu dabord des bibliophiles comme illustrateur-graveur. Il fut donc le premier directeur de lécole Estienne à appartenir au monde du Livre. Sa profession pouvait laisser penser quil ne se soucia que de lenseignement artistique de lécole. Il est vrai que sa direction correspondit à une évolution de cet enseignement. Pourtant, comme G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" , la modernisation des ateliers industriels lui tenait également à cur.
1 - Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , artiste du Livre
De son vrai nom Félix Roy, S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" était un ancien élève de lécole des Beaux-Arts en architecture. Il se consacra cependant au dessin dillustration et à la gravure. Sa carrière commença véritablement pendant les années vingt et son travail fut particulièrement remarqué lors de lexposition internationale des arts décoratif à Paris en 1925. Il avait un goût prononcé pour la littérature française du xviiie siècle et le romantisme. Ceci correspondait à son style, fin et précieux.
Sa candidature au poste de directeur de lécole Estienne fut en partie le fruit du hasard. Lédition bibliophilique connut probablement son âge dor des années 1880 à la Première Guerre mondiale, en raison de lexistence dun marché véritable. Or, ce marché fut frappé par la crise de 1929. Sur les conseil dun ami proche, Eric Bagge XE "Bagge, Eric" , S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , qui avait de plus en plus de mal à vivre de lillustration, se résolut à déposer sa candidature au poste de directeur de lécole Estienne. Ce poste lui laissait espérer de pouvoir continuer à travailler pour son compte pendant les congés scolaires. Nous ignorons ce qui a conduit le Conseil municipal et le ministère de lEducation nationale à le choisir.
Les conditions dans lesquelles G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" quitta létablissement furent particulières. En juillet 1934, ladministration décida que seraient mis à la retraite le directeur, le surveillant général et le chef des travaux, cest-à-dire les trois personnes sur lesquelles reposait le fonctionnement de létablissement. Il est vrai que les trois titulaires occupaient ces fonctions depuis un certain temps : G. Lecomte, âgé de 67 ans, dirigeait lécole depuis vingt et un an; Francisque Decour XE "Decour, Francisque" , 62 ans, y était surveillant général depuis trente quatre ans; Edmond Rocher XE "Rocher, Edmond" , 61 ans, était chef des travaux depuis vingt huit ans.
Il est difficile de dire si ces mises à la retraite furent des sanctions, mais elles furent sans aucun doute un moyen de réformer létablissement. Par ailleurs cette décision permit à ladministration de faire des économies car elle avait décidé que le poste de chef des travaux, adjoint technique du directeur, serait supprimé. On attendait du nouveau directeur quil se chargeât de cette fonction. Il fallait donc quil eût un minimum de compétence pour un y parvenir. La D.G.E.T. semble avoir attendu beaucoup du nouveau directeur : « [...] la nomination de Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , le nouveau directeur de lécole Estienne, devait être le point de départ dune réorganisation presque totale de cette école. »
S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" navait rien dun militant de lenseignement technique. Pourtant, on ne peut pas dire quil considéra sa charge comme une sinécure. Il continua à travailler sur des livres illustrés, à la demande déditeurs ou pour son propre compte, se précipitant à sa table de travail au moindre temps libre, mais il avait parfaitement conscience de ses responsabilités vis-à-vis de lécole.
2 - De lart du Livre au graphisme
La profession de S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" pouvait laisser présager que lenseignement artistique lintéressait beaucoup plus que lenseignement industriel. Cette présentation de la double mission de lécole navait à ses yeux pas grand sens. Il fut à ce titre plus moderne de G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" dans ses conceptions esthétiques et pédagogiques. Par sa formation, par sa culture, il estimait que les arts graphiques ne sarrêtaient pas à la bibliophilie et aux productions de luxe. Limprimé, catalogue, publicité ou livre, était un moyen de communication auquel il fallait porter un soin particulier dans sa conception esthétique, comme il lécrivit en 1935, « la décoration, la beauté, dun livre de luxe nétant pas spécifiquement différente de la beauté dun livre dun prix moyen. »
Une de ses principales décisions alla à contresens de ce quil appréciait sans aucun doute dans lenseignement de lécole. En 1934, la direction décida de ne pas remplacer Léon Jouenne XE "Jouenne, Léon" , professeur de gravure sur bois, qui partait à la retraite. En 1935, elle décida de supprimer latelier dimpression en taille-douce. Ces décisions, quoique difficiles à prendre, simposaient delles-mêmes. Aucun nouvel élève ne sétait inscrit à latelier de gravure sur bois en 1933 et à latelier dimpression en taille-douce en 1935. Les débouchés pour ces professions étaient en effet pratiquement inexistants. La gravure en relief et la gravure en taille-douce se portaient à peine mieux : ces ateliers accueillaient quatre nouveaux élèves par an... les années fastes. La logique administrative aurait dû conduire à la disparition de ces deux ateliers, mais la direction considéra sans doute quon ne pouvait pas élaguer à ce point le programme de lécole qui restait toujours une école du Livre.
La suppression des ateliers de gravure sur bois et dimpression en taille-douce fut bien sûr fort bien accueillie par ladministration centrale et préfectorale qui voyait là dutiles économies en ces temps difficiles. Mais S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" ne sy était pas résolu sans arrière-pensée : il exigea en retour que fût rétablie la fonction de chef des travaux, indispensable pour le suivi correct du travail des ateliers. Il fut soutenu par le directeur de lenseignement de la Seine : « Ladjonction dun auxiliaire technique simpose, si lon veut que lécole réalise, grâce à la compétence exceptionnelle du nouveau directeur, le programme que lui ont tracé ladministration de lEnseignement technique et le conseil de perfectionnement. » Paul Haasen fut ainsi nommé en février 1936 « maître auxiliaire technique attaché à la direction ». Cétait un ancien élève de lécole Estienne, imprimeur en taille-douce, qui avait dailleurs quitté lécole au bout de deux ans. Il avait son propre atelier et était président de la chambre des maîtres imprimeurs en taille-douce.
Outre sa capacité à se faire entendre de ladministration, S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" a surtout développé la mission « créatrice » de lécole quavait inaugurée G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" . En 1935, il fonda une nouvelle publication annuelle, les Cahiers dEstienne, qui paraissait à la fin de lannée scolaire. Les Cahiers étaient composés de la même manière que les Typographes mais rassemblaient les travaux de tous les ateliers. En décembre 1935, parut le premier numéro de lAlmanach dEstienne, qui avait la même vocation mais se présentait dans un format et une pagination plus réduits. Les Cahiers comme les Almanach publiaient des textes littéraires, laissant aux Typographes les textes techniques. Ces trois revues montrent lévolution de lenseignement de lécole. La principale revue et foyer de création graphique de lentre-deux-guerres Arts et Métiers graphiques, fondée par Charles Peignot XE "Peignot, Charles" et Maximilien Vox XE "Vox, Maximilien (1894-1974)" , se sy trompa pas :
Directeur de lécole Estienne depuis quelques mois, Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , le graveur bien connu, a déjà montré quil entendait « infuser un sang nouveau » à lenseignement de cette école destinée à nos futurs typographes. Les réels progrès que lédition, dite de luxe, et la publicité avaient fait faire dans ces dernières années à la typographie, navaient pas trouvé déchos sensibles dans les ateliers du boulevard Blanqui. Les travaux des élèves montraient une tendance fâcheuse au respect des traditions fausses, nées aux environs de 1880, et qui nétaient quune déformation du style romantique mis à la mode des manches à gigot et de la tournure.
Sans tomber dans certaines outrances, mais tout de même avec le désir doser beaucoup, le nouvel enseignement cherche à développer chez les jeunes « typos » le goût de la recherche raisonnée et non pas celui du facile plagiat, si réussi puisse-t-il être. On trouve dans ces publications encore pas mal derreurs. Il traîne des préjugés mêlés à la poussière des casses. Mais déjà le progrès accompli est considérable et Arts et Métiers graphiques ne peut que se féliciter de voir, enfin, propager dans lenseignement officiel les idées qui sont en partie, siennes. »
Ce satisfecit (mêlé dautosatisfaction) de la part des célèbres AMG était en réalité un couronnement à la fois tardif et excessif. Lévolution graphique des travaux des élèves avait commencé dès les années vingt et il sagissait dune évolution esthétique progressive. Cen est presque fini des textes et publicités encadrés de ces éternels filets noirs ou rouges, bien que Pierre Faucheux, élève compositeur de 1940 à 1944, se rappelle du « règne du filet » dans sa formation. Lesthétique « Art déco » règne mais toujours contrebalancée par une tradition où léquilibre de la mise en page passe toujours par la symétrie. Le plus novateur fut la tendance à saffranchir de plus en plus souvent de lespace délimité par le gabarit de la page imprimée. Désormais, le blanc de la feuille dimpression a autant dimportance que lespace imprimé. La mise en page typique de cette période fut la composition de ligne justifiée sur toute la largeur de la page, faisant disparaître lespace rassurant des marges.
La publicité fut lexercice le plus prolifique pour la création graphique des élèves. En ce domaine, S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" eut probablement un rôle important. À ses yeux létude de la lettre devait être primordiale dans lenseignement des élèves, non comme sujet historique mais comme sujet « plastique ». Jusqualors, le cours denseignement de lhistoire de la lettre était une série de conférences sur son histoire à travers les âges. Le décès de G. Auriol XE "Auriol, Georges (1863-1938)" en 1938 amena la direction à nommer un professeur capable de renouveler complètement cet enseignement. Ce fut René Henry Munsch XE "Munsch, René Henry" . Il soccupa en particulier des élèves lithographes dont lenseignement navait jusque là pas brillé pas le souci de la création. R. H. Munsch sappuya sur le nouveau professeur décriture lithographique, René Paris XE "Paris, René" : ce dernier soccupa de lacquisition parfaite de la technique du métier dans le dessin de la lettre proprement dit. Lévolution fut telle que R. H. Munsch rebaptisa son cours « Petite publicité ». Depuis 1918, la recherche graphique était plutôt limitée aux élèves compositeurs typographes qui bénéficiaient du cours de R. Bonfils XE "Bonfils, Robert (1886-1972)" . À partir de la fin des années trente, la section lithographique fut le second foyer de création de lécole. Cette évolution fut couronnée avec le numéro des Cahiers de 1949 où pour la première fois on utilisa le terme « Graphisme » comme titre de présentation des travaux des « lithos ».
Cette modernisation de lenseignement de lécole fut facilitée par lattirance de plus en plus grande des élèves pour un nouveau métier dans le Livre : le maquettiste. Devenir maquettiste constituait désormais un objectif professionnel en soi, alors quauparavant faire une maquette nétait quun élément de leur métier à venir. Pierre Faucheux témoigne de cette évolution professionnelle : « Javais choisi latelier de composition et rapidement joptais pour la maquette. Je sortis de lécole comme typographe, mais essentiellement maquettiste. »
La publicité nétait pas seulement typographique mais aussi dessinée. Lécole Estienne rattrapa apparemment un retard important dans son enseignement. Les travaux des élèves typographes et lithographes bénéficièrent de lapport dun nouveau professeur de dessin, Jean Raoult XE "Raoult, Jean" , dont les méthodes pédagogiques rompaient totalement avec létude des plâtres. Le dessin académique ne dominait plus lenseignement. Il débordait sur la publicité avec laffiche, lannonce et les emballages.
En 1949, lécole Estienne était devenue une école darts graphiques tout à fait respectable. Elle nétait cependant pas devenue un foyer davant-garde. Lart du Livre tel quon le considérait à la fin du xixe siècle était bel et bien mort, même si létablissement restait fortement attaché à ce que les élèves aient acquis la base de leur métier, la tradition. Mais cette évolution importante contrastait avec létat des équipements de lécole.
3 - La modernisation technique
Adapter la formation de lécole Estienne aux dernières techniques modernes utilisées par lindustrie a toujours été le serpent de mer de lhistoire de cet établissement. Mais, au milieu des années trente, cette inquiétude était justifiée. La direction de S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" correspond à un élan réformateur dont G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" avait posé les principes en 1931. Mais S. Sauvage y ajouta ses propres préoccupations.
En mars 1935, S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" termina un rapport général sur létat de lécole, quil remit le 14 juin au comité de surveillance, présidé par René Fiquet XE "Fiquet, René (1879-1964)" . Les mesures quil y proposait nétaient pas seulement justifiées par le souci de moderniser lécole :
Les bâtiments sont assez vastes mais, dans lensemble (sauf le vestibule dentrée), dans un état de délabrement accentué. Toutes les peintures sont à refaire; les parquets, imbibés dhuile de pin, sont dun aspect désagréable; les ateliers, largement vitrés, nont pas de moyen de protection contre le soleil. Quelques classes et le réfectoire nont pas dinstallation électrique, linstallation téléphonique intérieure est inexistente. Les ateliers de lithographie et de gravure ont comme lavabos des fontaines quon emplit à la main et qui nécessitent pour lécoulement des eaux usés un jeu de seaux quil est difficile de tenir propres. Le pavillon de photogravure a besoin de réparations importantes et urgentes. Latelier de composition typographique est trop petit pour son nombre délèves. Latelier de clicherie est obscur. Les ateliers dimpression sont à létroit. Le sol de ces ateliers est extrêmement défectueux.
Quant aux modernisations proprement dites, S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" reprit à son compte les projets de la direction précédente : développer les cours de composition mécanique, mais surtout les cours de photomécanique qui intégreraient lhéliogravure dont lenseignement était absent à lécole. Dans lesprit du directeur, il ne sagissait pas seulement de rattraper le retard technique de lécole mais de la doter de moyens techniques suffisants pour créer des cours supérieurs afin de former des « directeurs artistiques » et des « chefs de fabrications ». Ces cours auraient lieu après les quatre années de formation et dureraient deux ans, ouverts aux élèves et à des « collaborateurs des industriels désireux de se perfectionner ». Ils auraient notamment comme objectif de donner aux élèves une parfaite connaissance de la chaîne graphique : « Préparés de la sorte, et après un stage de quelques années dans lindustrie pour sinitier à la pratique des affaire, ils trouveraient place dans les maisons importantes dédition ou dimpression comme directeurs artistiques ou chefs de fabrication. » En conclusion, S. Sauvage écrit : « On réaliserait ainsi à lécole un centre complet des études graphiques. »
Le rapport du directeur fut précédé par celui du président de lAssociation des anciens élèves XE "Association des anciens élèves de lécole Estienne" et membre du comité de surveillance, Maurice Bonard XE "Bonard, Maurice (1879-1938)" . Dans son rapport, il militait clairement pour « la création dune école dArts et Métiers du Livre, ou plus exactement la promotion de lécole Estienne actuelle à ce titre plus large et à cette mission plus générale. » Pour cela, les réformes proposées par le comité de surveillance étaient indispensables. Lécole Estienne, une école supérieure ? H. Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" , convaincu de la supériorité de lécole, avait déjà exprimé ce souhait, alors utopique compte tenu des circonstances. Pendant lentre-deux-guerres, elle létait devenue officieusement par rapport à lensemble des structures de formation du Livre. Pour M. Bonard et S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , cette supériorité de fait devait devenir officielle. M. Bonard reconnaissait que lécole Estienne formait déjà des cadres, pourtant il estimait nécessaire lui aussi de réformer son enseignement en ajoutant deux ans de formation supérieure au cursus normal de lécole, cours destinés à former non des « ouvriers délites » mais des cadres et ouverts à un petit nombre. Le contenu de ces cours supérieurs était directement inspiré de lexpérience de lAssociation des anciens élèves dans la direction des cours de lO.T.I. XE "Office technique de limprimerie"
Lobjectif de S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" serait resté dans les tiroirs de lécole si la D.G.E.T. ny avait pas accordé de crédit. Le 21 novembre 1936, H. Luc XE "Luc, Hippolyte (1883-1946)" exprimant son vu de voir se créer le futur I.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" déclara en outre : « Nous voulons que lécole Estienne soit à sa place; sa place est dêtre lécole supérieure des arts et métiers graphiques de France [...] »; « Lécole Estienne doit être, parmi les écoles des métiers du Livre en France, la plus haute, le sommet, la flèche de la cathédrale [...] ». La D.G.E.T. napporta pas son aide par simple vanité institutionnelle : H. Luc savait que le patronat accordait une importance de plus en plus grande à la formation de son personnel dencadrement, et compte tenu des bonnes relations entre son administration et les patrons au sein de lI.N.I.A.G., ce projet avait toutes les chances dêtre fort bien accueilli.
Tout ceci ne pouvait se concrétiser quà une seule condition : que les « nouveaux bâtiments » soit construits. S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" sadressa à son ami Eric Bagge XE "Bagge, Eric" pour en établir les plans. Ce quon appela les « nouveaux bâtiments » devait être une construction située derrière lécole, sur un terrain en pente récemment acquis par la municipalité, entre lécole et la rue des Reculettes. Il sagissait dune construction en béton faite dun rez-de-chaussée, qui remplaçerait lancien hall des machines, et de plusieurs niveaux en sous-sol. Les travaux étaient donc dimportance.
À la fin de 1937, les crédits nécessaires furent votés par le conseil municipal de Paris. Les travaux commencèrent en 1938 et le gros uvre fut achevé en août 1939. Il ne restait donc plus quà acquérir le matériel et aménager les locaux qui auraient dû être prêts à accueillir les élèves en octobre 1940. La guerre interrompit les travaux.
S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" était donc sur le point de réussir à faire de lécole Estienne une école « supérieure » et modernisée. Le soutien de la D.G.E.T., qui avait en grande partie manqué à G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" , fut déterminant. Les moyens comme la caution politique apportée au projet pédagogique et architectural devaient permettre datteindre cet objectif. Ce ne fut donc pas auprès de la profession que lécole trouva ses partisans les plus efficaces, mais auprès de lÉtat.
II - Lécole Estienne et la profession
À partir de 1937, il y eut indéniablement un changement de perspective qui aurait pu, sans la guerre, faire de lécole le modèle officiel dans la formation professionnelle du Livre. Fondamentales, les relations entre létablissement et la corporation évoluèrent peu, mais le soutien apporté par la D.G.E.T., qui patronnait lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" , modifia sensiblement le sens de ces relations.
1 - Lécole de la D.G.E.T et lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre"
Depuis la création des cours dapprentis, les relations entre lécole et le syndicat patronal parisien étaient excellentes. En 1934, lUnion parisienne des syndicats de limprimerie et industries connexes fit à nouveau installer à lécole pour 300 000 francs de matériel, provenant de chez Marinoni, Edouard-Lambert et Foulon. Il est vrai que lUnion parisienne en avait les moyens. En 1937, les organisations du Livre ayant reçus des subventions provenant du produit de la taxe dapprentissage étaient les suivantes :
La Chambre syndicale des maîtres graveurs (4 376,70 francs);
La Chambre syndicale de la photogravure (37 856,40 francs);
LUnion parisienne des syndicats de limprimerie et des industries connexes (316 466,55 francs).
Lécole Estienne pour sa part bénéficiait de « seulement » 26 900 francs de crédits supplémentaires provenant de cette même source. Cours de préapprentissage de la rue Madame, cours dapprentis à lécole Estienne, cours de lO.T.I., le patronat parisien était satisfait de luvre accomplie. Mais, comme par le passé, le poids financier de cette organisation lui pesait. Rappelant à la D.G.E.T. que lUnion parisienne « na pas reculé devant de lourds sacrifices pour doter Estienne dun matériel moderne », L. Hardy XE "Hardy, Léopold" déclare le 30 novembre 1935 quil espére voir lÉtat prendre le relais. La D.G.E.T. et les moyens dont elle disposait permettraient de « couronner notre uvre éducative en contribuant, de toutes nos forces, à élever lécole Estienne à la dignité détablissement dEnseignement technique supérieur du Livre ». Le 13 mars 1937, Émile Kapp XE "Kapp, Emile" déclara : « LUnion parisienne, que jai lhonneur de présider depuis peu de temps, veut créer de nouvelles sections pour lextension du CAP. Le développement incessant des procédés de reproductions photomécaniques montre lurgence, la nécessité impérieuse, dorganiser des cours doffset et dhéliogravure. » La crise économique avait sans doute réduit les moyens de lorganisation patronale. Dailleurs, lUnion parisienne céda la direction des cours dapprentis de lécole Estienne à lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" Le budget nécessaire était tel que le patronat sestimait obligé de se tourner plus que jamais vers lécole Estienne pour assurer en partie ces nouvelles formations. Les crédits de lécole étant insuffisants, il fit pression sur lÉtat, en tant quorganisation syndicale et membre du comité de surveillance.
LÉtat, cest-à-dire la D.G.E.T., prenait en main lavenir de lécole et de lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" , et allia les deux établissements. Le directeur de lécole Estienne fut ainsi nommé membre de droit du conseil dadministration de lInstitut. Les réunions de lI.N.I.A.G. avaient lieu au 18, boulevard Auguste-Blanqui. Parmi les projets de lInstitut, il fut décidé quil fallait éditer des manuels dapprentissage pour la préparation du CAP : on sadressa notamment au corps enseignant de lécole Estienne pour rédiger ces ouvrages.
Ce lien cachait une ambiguïté qui ne sera pas levée : lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" avait-il autorité sur lécole Estienne ? Pour H. Luc XE "Luc, Hippolyte (1883-1946)" , cétait presque linverse : « Lavenir de lécole, je crois quil ne consistera pas simplement dans des pierres, dans des ateliers nouveaux, dans des agrandissements. Je voudrais en effet que lécole fut le sommet de la pyramide de toutes les uvres denseignement qui, répandues à travers la France, donneront enfin à notre pays cette pléiade de centres professionnels dont il a besoin dans les industries et dans les arts que vous représentez. » Et lI.N.I.A.G. devait être le tremplin pour cette ascension.
Nous navons pas relevé de propos hostiles de la part des maîtres imprimeurs sur cette politique. Pour les patrons, lécole Estienne était considérée comme le principal lieu de formation professionnelle. Mais la guerre fit que lidée de prééminence institutionnelle de lécole sur lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" ne fut jamais réellement débattue par la profession. Il est vrai que si elle avait été acceptée par le patronat, il nen aurait pas été de même pour les ouvriers : en 1900 comme en 1939, lapprentissage en alternance, avec le passage obligatoire par latelier, restait le seul mode de formation légitime.
2 - La F.F.T.L.
Claude Liochon XE "Liochon, Claude (1880-1941)" et Auguste Largentier XE "Largentier, Auguste (1887-1969)" étaient membres du comité de surveillance de lécole Estienne. Comme lavait remarqué H. Bouisse XE "Bouisse, Henri" , cette représentation, au demeurant limitée, nempêchait pas une indifférence sur le sort de létablissement. Les distributions des prix, à lécole et à la Chambre syndicale typographique parisienne, et les sessions des CAP étaient les seules occasions de rencontre officielle entre les syndicats ouvriers et la direction.
Les ouvriers du Livre navaient pas en effet les mêmes motifs que le patronat parisien de se sentir liés à lécole. Les principaux cours ouvriers de Paris étaient ceux organisés par la Chambre syndicale typographique parisienne, dont lexistence dépendait en grande partie de loctroi de subventions publiques.
La formation professionnelle dispensée complètement dans un cadre scolaire leur restait étrangère, même si celle de lécole Estienne avait fait ses preuves. Jusquà preuve du contraire, ni lÉtat ni les communes ne voulaient créer des écoles professionnelles sur tout le territoire et sadressant à tous les apprentis. Malgré limplication sensible de la D.G.E.T. dans les négociations paritaires, lorganisation de lapprentissage restait un sujet corporatif et dépendait encore des syndicats. Pourtant, la réussite de lécole Estienne jeta un certain trouble dans les rangs de la Fédération du Livre. La position exprimée en 1924 par C. Liochon sur les écoles professionnelles publiques évolua pendant le Front populaire. Lallongement de la scolarité, la prise de conscience quil fallait non seulement assurer une formation technique de qualité mais aussi quelle reposait sur une solide formation générale, inspira des revendications particulières qui dépassait le cadre corporatif. Il était courant de trouver dans LImprimerie française des articles réclamant cet allongement de la scolarité ainsi quun recrutement sévère des apprentis sur leur niveau de connaissances. Lécole Estienne avait sans doute fait la preuve du lien inséparable entre la formation professionnelle et la culture générale. Ce nétait pas chose nouvelle, les syndicalistes depuis le xixe siècle pensaient assurer cet enseignement général en encourageant les ouvriers à la lecture. Mais, cet appel à une formation permanente individuelle devait être difficilement entendu, compte tenu des contraintes de la vie quotidienne. Malgré cette préoccupation, faire de lécole Estienne, ou de lécole Baggio XE "École Baggio" , un modèle se heurtait à la conception syndicale de la formation qui était autant technique quun moyen dintégration syndicale : latelier restait le centre de tout.
Pourtant, lefficacité de latelier comme lieu de formation était largement remise en cause par les syndicalistes ouvriers eux-mêmes. En 1937, les autorités publiques constatèrent que lapprentissage était toujours en crise non seulement en raison dabus multiples mais aussi parce que les adolescents eux-mêmes avaient des difficultés à trouver un employeur prêt à les former. Cette crise aurait pu être imputable à laction de lÉtat; au contraire ce fut vers lÉtat que C. Liochon XE "Liochon, Claude (1880-1941)" se tourna en faisant le deuil de manière spectaculaire de la formation en atelier : « Les écoles de métiers publiques et privées ne peuvent recevoir quun nombre infime de jeunes gens, et encore se sélectionnent-ils parmi ceux dont les parents peuvent subvenir à leur entretien pendant toute la durée de lapprentissage. [...]. Il semble donc que le remède immédiat à envisager, cest laugmentation du nombre des écoles pratiques pour tous les métiers et des cours de perfectionnement pour les jeunes gens occupés comme apprentis par les employeurs. »
Cette déclaration, surprenante, ne rapprocha pourtant pas la Fédération du Livre de lécole Estienne. La F.F.T.L. avait laissé se creuser un fossé dont le patronat avait largement profité. De plus, il ne semble pas que S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" ait cherché du côté ouvrier un soutien particulier. Aidé par le patronat, par les syndicats de cadres (que la Fédération ne voyait pas dun bon il) et surtout par la D.G.E.T., il estimait peut-être que cela nétait plus aussi nécessaire que par le passé. Chez les ouvriers du Livre, la prise de conscience davoir laissé lécole Estienne à dautres mains ne vint pas du sommet de la F.F.T.L., mais de quelques syndicalistes parisiens particulièrement troublés par le lien unissant lécole du Livre et lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" Nous retrouvons ainsi Robert Ranc XE "Ranc, Robert (1905-1984)" qui adressa une lettre au comité intersyndical du Livre parisien le 27 mars 1937 :
Chers camarades,
Depuis quelques semaines, je voulais appeler votre attention sur un sujet qui a aujourdhui une très grande importance et que les occupations syndicales de tous les jours (mouvements, conventions, etc.) ne vous ont peut-être pas permis dapprécier suffisamment.
Je veux parler de la réorganisation de lécole Estienne. Jen avais lu le projet dans le discours du directeur général de lEnseignement technique, M. Luc XE "Luc, Hippolyte (1883-1946)" , au banquet des anciens élèves [...]. Lécole Estienne, ayant les fonds nécessaires (de lÉtat et) de la Ville de Paris, se transforme en École supérieure des arts et métiers graphiques de France et, à un deuxième stade, en Institut des arts et métiers graphiques. Les nouvelles machines, renouvelées, vont y être installées, ainsi que les laboratoires, bibliothèques, etc., etc. Voilà en gros. Mais vous devez le savoir, tout particulièrement ceux dentre vous qui sortent dEstienne.
Personnellement, javais aussitôt vu dans les déclarations du directeur de lEnseignement technique la nécessité pour les organisations syndicales du Livre parisien de tenter de prendre très sérieusement pied dans lécole Estienne. Loccasion que fournit cette transformation est excellente et le moment ou le climat politique sy prête aussi...
Vous en comprendrez les raisons sans que je my attarde, car elles découlent de nos préoccupations syndicales : [...] contrôle de léducation et essai de formation sociale. Ce dernier point est très important vu que beaucoup des ouvriers formés à Estienne deviennent par la suite « la maîtrise ». Il nest jamais trop tôt pour contrebalancer linfluence patronale future. Dautre part, le poids du comité intersyndical du Livre parisien doit pouvoir maintenant sopposer avec succès au poids des patrons sur lécole Estienne.
Malade, je remettais tous les jours de vous écrire quand le numéro dhier de Presse-Publicité mapporte la confirmation de toute cette réorganisation; on y annonce la création de lInstitut national des industries et arts graphiques, avec le concours de lEtat et de la Ville; le président du conseil est ... Maulde XE "Maulde, Emile" , et le vice-président un de ses confrères. Ce qui confirme les différentes données du problème que je viens de vous soumettre.
Superficiellement dailleurs, et sans apporter de solution. Je ne saurais me le permettre, nétant pas dEstienne. Mais lintérêt que je porte aux questions techniques et sociales du Livre et aux problèmes déducation ouvrière me permettait toutefois de soulever devant vous ce sujet. Il mérite que vous vous y arrêtiez afin dexaminer dans quelles conditions il est possible de faire pénétrer et prévaloir une certaine influence ouvrière et syndicale à lécole Estienne.
Si je puis vous être utile dans ce travail - auquel jai déjà réfléchi, car il mintéresse mon aide vous est acquise.
Avec mes saluts fraternels.
Cet appel ne fut pas entendu, mais des ouvriers prirent acte dune partie des affirmations de R. Ranc XE "Ranc, Robert (1905-1984)" lorsque les premiers projets de CAP furent connus. Celui de la commission « lithographie » en fit bondir quelques uns tant il paraissait « semblable en beaucoup de points à celui appliqué actuellement dans les écoles spécialisées, telles que lécole Estienne. » Et de conclure : « Il est désormais prouvé, en prenant en exemple lécole la plus officielle quest lécole Estienne, que le comité de patronage de lécole est exclusivement constitué par des patrons. [...]. Notre devoir le plus impérieux est de participer activement à la direction des comités de patronage des écoles professionnelles, parce que nous ne pouvons plus nous contenter dêtre présents le jour de lexamen, sans avoir même été prévenus à temps du déroulement de lexamen. »
Mais comment rattraper presque vingt ans dindifférence ? Pour la direction de la F.F.T.L. qui avait fait de lorganisation de lapprentissage sa priorité, rien de ce qui concernait lécole Estienne ne semblait véritablement lintéresser. Lentrée de la D.G.E.T. dans la vie syndicale ne troubla pas sur le moment cette stratégie, et comme pour le patronat, la guerre fit que le rôle de lécole dans la formation professionnelle des métiers du Livre ne fut pas débattu.
Une chose était néanmoins certaine, S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" avait en partie rompu avec lhabitude de réclamer à la profession un soutien moral ou matériel. Faisant désormais pleinement partie de la politique du directeur général de lEnseignement technique, lécole Estienne ne doutait plus de lavenir. Létablissement pouvait devenir officiellement lécole supérieure des arts et métiers du Livre, unique en France, avec des moyens matériels correspondants. S. Sauvage était sur le point dy parvenir quand la guerre fut déclarée, ce qui mettait fin pour une durée indéterminée à cet objectif.
III - La guerre
Paradoxalement lessentiel des archives de lécole qui ont pu être sauvegardés correspond à cette période. Elles décrivent sans surprendre un établissement essayant de fonctionner plus ou moins normalement dans une période difficile.
Lécole Estienne était devenue, de part son statut administratif qui la plaçait sous la double tutelle de la Ville de Paris et de la D.G.E.T., un établissement public sous le contrôle de lÉtat français. Son histoire à cette période nest pas seulement un cas des méandres de la collaboration passive. Elle est bien plus révélatrice du problème de la mission de la direction vis-à-vis de la profession et surtout de ses élèves, avec un directeur attaché à ses responsabilités immédiates et à venir.
De la même manière, cette époque trouble a entraîné la profession sur les chemins assez tortueux de la collaboration économique et politique. En matière dapprentissage, lhéritage du gouvernement de Vichy fut assez ambigu, car bien que baigné dans une pensée particulièrement marquée politiquement, le résultat à la Libération fut déterminant, pour les métiers du Livre comme pour les autres branches.
1 - 1939-1940 : Paris Nîmes Paris
Comme pendant la guerre précédente, lécole Estienne se mit au service de la patrie. Le jardin servit de halte pour la 2e compagnie dartillerie du 23e régiment colonial; on avait attaché les brides des chevaux aux grilles; les munitions furent déposées autour du buste dAbel Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" dans le vestibule. La troupe quitta les lieux le 4 septembre 1939. Lécole publia un bulletin, Liaison, pour les anciens élèves et enseignants mobilisés.
En 1914, G. Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" avait décidé de sa propre initiative daccueillir les apprentis du Livre parisien. En 1939, cétait désormais laffaire de lÉtat. La mobilisation entraîna la fermeture dateliers mais aussi un manque de main duvre qualifiée. Le ministère du Travail et celui de lÉducation nationale signèrent un décret le 21 septembre 1939 créant des centres de formation accélérée, placés sous lautorité de la D.G.E.T. Le 10 mars 1940, lécole Estienne créa ainsi des cours pour adultes destinés à former des photograveurs et offsetistes, qui sadresseraient aux hommes comme aux femmes. Ces cours, organisés en trente séances, devaient permettre de « suppléer, le cas échéant, les spécialistes des ateliers de la Défense nationale ainsi que des imprimeries ou des photogravures, qui seraient appelés aux armées. »
Loffensive allemande du 10 mai 1940, le départ du gouvernement pour Bordeaux XE "Bordeaux" le 6 juin, celui du ministère de lEducation nationale pour Toulouse XE "Toulouse" , la direction de lécole choisit de prendre elle aussi le chemin de lexode. S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" écrit : « un jour de juin, cest exode vers Nîmes où nous pensons reformer lécole », Nîmes étant alors le « centre de ralliement indiqué par lÉducation nationale ». Puis ce fut la demande darmistice de Philippe Pétain le 17 juin, qui fut signé le 21. Le 10 juillet, lAssemblée nationale lui votait les pleins pouvoirs. En août 1940, S. Sauvage revenait à Paris.
Dans lAlmanach de 1941, imprimé en décembre 1940, S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" sadresse aux élèves de lécole :
Oui, voilà notre pays, notre pays aujourdhui dans le deuil, et que nous entourons de plus damour à cause de ses douleurs. Oui, nous laimons à présent dun amour plus profond, plus anxieux, plus vigilant, mais cet amour serait vain sil nétait pas agissant et si nous ne commencions pas aujourdhui une nouvelle vie.
Comme nous la dit M. le maréchal Pétain, il nest plus de regard vers le passé ! Cest vers lavenir, lavenir dont vous êtes vous-mêmes partie intégrante, enfants, quil faut regarder sous limpulsion dun cur plus volontaire, plus aguerri. Nous repartons vers notre idéal de beau et de bien avec une âme nouvelle. Nous nous efforcerons déviter les erreurs anciennes. Vous travaillerez plus ardemment dans une discipline plus exacte, car rien ne se fait sans ordre, sans méthode, sans organisation, nous serons plus stricts, moins distraits, moins désireux de bien être, moins facilement satisfaits.
Ainsi, nous referons la France, nous en sommes certains, car la France est éternelle.
Propos dun homme dérouté, comme les autres, par lécroulement du pays ou dun pétainiste convaincu ? Il nous semble néanmoins que S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" estima que la priorité était moins idéologique que celle de préserver à tout prix lécole de lextérieur, cest-à-dire de Paris occupée par larmée allemande.
Son statut administratif devait ly aider quelque peu. Le gouvernement de Vichy « voyait dans la formation professionnelle le moyen dun encadrement idéologique de la jeunesse ouvrière : il sagissait dobtenir son adhésion aux valeurs présentées comme fondamentales pour la révolution nationale prônée par Philippe Pétain. » Ainsi, les centres de formation professionnelle créés en 1939 furent maintenus mais ouverts aux adolescents et placés sous lautorité du secrétariat général à la Jeunesse. En avril 1941 ils furent placés sous lautorité de la D.G.E.T. En effet, la direction générale fut maintenue ainsi que son directeur H. Luc XE "Luc, Hippolyte (1883-1946)" . Dans cette période troublée, S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" pouvait donc se raccrocher à une autorité administrative quil connaissait fort bien et supposer que son établissement pouvait espérer une protection : H. Luc nétait-il pas lhomme qui avait permis la modernisation de lécole ?
La permanence de la D.G.E.T., en tant quautorité administrative et interlocuteur, paraît dautant plus forte que le conseil municipal de Paris nest plus que lombre de lui même. Dès le printemps 1939, ses pouvoirs furent à nouveau remis en cause par le gouvernement au profit de ceux du préfet de la Seine. Dans Paris occupé, le préfet devint lautorité principale et chargé du contrôle des commissions municipales, dont la 4e commission chargée de lenseignement à Paris, dont les membres étaient nommés par lui. Cependant deux personnes restèrent dans ce qui restait du Conseil municipal et avec qui lécole avait eu des relations importantes avant la guerre : Georges Contenot XE "Contenot, Georges" et surtout René Fiquet XE "Fiquet, René (1879-1964)" . Il nous est difficile de dire quel rôle jouèrent ces deux hommes dans la (sur)vie de lécole pendant la guerre.
La première mesure prise à lécole qui appartenait à la politique du gouvernement de Vichy fut la création dun centre de formation professionnelle à la rentrée 1940. S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" sadressa à un ancien élève, Pierre Le Pont, pour le diriger. S. Sauvage lui présenta la mission du centre comme étant un « centre professionnel pour les jeunes gens de lindustrie privée qui ne peuvent pas être repris dans leur maison parce que les maisons périclitent. » Institution pétainiste ? Dans lesprit de S. Sauvage et de son entourage, laspect politique et propagandiste vichyssoise était en réalité assez lointain. Il était pratiquement dans la tradition de lécole, depuis la Première Guerre mondiale dorganiser des cours sadressant aux apprentis de lindustrie. Le centre de formation professionnelle fut plutôt perçu comme un nouveau service rendu à la profession en ces temps difficiles.
La rentrée 1940 fut donc presque vécue comme une rentrée comme les autres. Lécole Estienne ne devait pas changer, en dépit de lextérieur. Cette illusion fut savamment entretenue par la direction, mais aussi par les professeurs, et peut-être par les élèves eux-mêmes. Cest sans doute pendant cette période sombre que lon mesure à quel point létablissement était capable de se nourrir de sa propre identité et tradition.
2 - 1940-1944 : Diriger Estienne...
Peu importaient les idées politiques du directeur : cétait bien lexistence de lécole quil fallait défendre en priorité. Lallégeance au gouvernement de Vichy ne posa a priori aucun cas de conscience : la direction pratiqua une collaboration passive dautant moins gênante moralement et politiquement quelle restait sous la même autorité quavant-guerre.
Former des ouvriers qualifiés capables de devenir à terme des cadres, continuer à faire de son enseignement le gage de la pérennité dun savoir-faire basé sur la qualité dexécution et le souci du bon goût, sur ce point, la direction de lécole et le corps enseignant se rejoignaient parfaitement. Et les élèves ne demandaient pas mieux que cette transformation de lécole en un cocon fictif.
Eugène de Verbizier, élève doreur de 1940 à 1944, décrit parfaitement lambiance de lécole pendant la guerre : « Lécole devint un rempart de paix. Quatre corps de bâtiments entourant une cour sécurisante nous permettait des études hors du temps. » Passées les grilles donnant sur le boulevard Auguste-Blanqui, la seule autorité à laquelle les élèves devaient se soumettre était le surveillant général.
Aucun ancien élève ne se souvient de propagande pétainiste ou nazie dans lenceinte de létablissement. Le portrait du maréchal était accroché dans les ateliers, parfois à côté de celui de Gutenberg, et dans le réfectoire, mais pour les élèves il ne représentait rien ou presque : être à lécole Estienne signifiait uniquement apprendre un métier pour gagner sa vie, même sils avaient conscience que lavenir demeurait incertain. Les élèves continuaient donc, comme avant guerre, dorganiser des chahuts et de faire preuve dindiscipline, la seule crainte de la direction était que cela ne déborde hors de lécole. De lindiscipline à la contestation politique, pour beaucoup délèves la frontière était particulièrement floue. Barbouiller le portrait du maréchal à lencre de chine, était-ce un graffiti comme les autres réalisé par des adolescents pleins dimagination et dénergie ou un acte politique ? Un épisode est particulièrement révélateur à ce sujet : Abel Bonnard XE "Bonnard, Abel (1883-1968)" , nommé ministre de lÉducation nationale en avril 1942, vint faire une visite à lécole Estienne qui devait se clore par un discours. Maurice Lemaire, élève écrivain lithographe de 1940 à 1944, se souvient : « À cette occasion, le directeur et le surveillant général, connaissant lamour que lon portait à ce genre de numéro, nous rassemblèrent pour nous demander la plus grande retenue pendant le discours que le zigoto devait prononcer dans la cour. Il ny eu pas dincidents, pas dapplaudissements non plus... » Pour les uns, A. Bonnard était un homme politique, pour les autres un « collabo », pour limmense majorité, un homme qui nétait pas du métier et qui navait rien à faire à lécole Estienne et donc rien à leur dire.
Les élèves avaient parfaitement conscience du caractère illusoire de cette situation. Ils savaient que la protection de lécole était fictive. Ils parlaient entre eux de tout sauf de politique. Ils vécurent évidemment cette période différemment suivant leur situation : enfant de milieu modeste ou aisé, fils de prisonniers, de résistants, de déportés, fils de parents étrangers, élèves juifs... Sortis de lécole, la direction ne pouvait rien pour eux.
Robert Bonfils XE "Bonfils, Robert (1886-1972)" écrivit que S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" essaya d « empêcher le plus possible lenvoi délèves en Allemagne ». Bien que probable, cela navait rien dorganisé et de systématique. Le sort des élèves juifs de létablissement relevait plus de la providence. Certains terminèrent leur scolarité, dautres disparurent. E. de Verbizier se souvient : « Tragique matin, où en classe, je vis une étoile jaune marquée du nom juif au revers de la veste de mon camarade de table. [...]. Personne ne dit mot, personne ne dira mot mais tout le monde a vu. Le lendemain, la place de mon camarade est restée vide à jamais. » Christian Guisnet, élève compositeur de 1940 à 1944, perdit un ami datelier qui ne sétait pas représenté à la rentrée de 1942. Il est persuadé quil fut prit dans la rafle du Vélodrome dhiver. Aucun élève déporté ne figure sur le monument aux morts de lécole. La protection de lécole a été sans doute plus efficace pour les élèves menacés du S.T.O.
Laccès à des presses, au papier, à lencre, aux plombs na pas fait de lécole Estienne un centre de résistance. La principale activité illégale des élèves fut la confection de faux tickets dalimentation. Ces tickets servaient en règle générale à acheter du pain à la boulangerie située en face de lécole, à langle de la rue des Cinq-Diamants et du boulevard Auguste-Blanqui. La quantité de faux tickets était telle que la boulangère devait forcement être un peu complice. Pour beaucoup délèves, cette activité était un jeu, pour certains une question de survie, pour quelques uns une activité lucrative. Les actes de résistances étaient distincts de la vie de létablissement. Henri Bouisse XE "Bouisse, Henri" fabriquait à lécole de faux timbres en caoutchouc tout en essayant de se cacher de ses élèves, qui nétaient dailleurs pas dupes. Lengagement de certains élèves ne fut connu que lors de lannonce de leur arrestation et exécution. Pierre et Paul Toussain XE "Toussain, Pierre (1920-1943)" XE "Toussain, Paul (1925-1943)" furent fusillés au Mont Valérien en 1943, pour avoir organisé une imprimerie clandestine. Pierre Toussain était un ancien élève compositeur sorti de lécole en 1937; Paul était toujours élève de 4e année. Pascal de Brunhoff XE "Brunhoff; Pascal (de) (1924-1944)" , élève libre en lithographie, mourut dans les mêmes conditions le 10 juin 1944.
Les conditions matérielles se dégradèrent évidemment pendant toute cette période. Il est possible que lécole ait pu obtenir de certaines entreprises des apports en papier, encre et produits chimiques, mais ce fut sans doute insuffisant. École du Livre, lécole Estienne continua cependant dimprimer des ouvrages soignés. Robert Bonfils XE "Bonfils, Robert (1886-1972)" parlait du continu « prosélytisme [...] pour le bel ouvrage » du directeur. Il se réalisa cependant aussi par des commandes douvrages « de circonstance », comme un hommage au maréchal Pétain commandé par la Ville de Paris, ou limpression de discours dinauguration de lexposition des uvres dArno Breker. La production de lécole à cette époque est un mélange curieux de textes purement littéraires, de manuels techniques, dauteurs vichyssois comme Jean de la Varende et de textes de dignitaires du gouvernement de Vichy. Les Typographes et les Cahiers firent de même : les travaux des élèves étaient parfois des exercices sur des thèmes de propagande de Vichy. Dans tous les cas, le soin porté à la mise en page et à lexécution était les mêmes, quels que soient les textes ou les sujets. Parfois, les élèves samusaient à détourner ces exercices par pure esprit de provocation. Dans le numéro de juillet 1942 des Typographes, on retrouve les traditionnelles compositions de menus : cette fois, les élèves y ajoutèrent un commentaire sur lequel on lit : « Ah, ce marché noir... ». Les élèves de latelier de composition décidèrent en 1942 déditer leur propre journal, sans contrôle de la direction, La Casse aux aguets, dont le premier numéro parut en janvier 1943. Le sous-titre précisait : « Étant limité à latelier de composition, dame Anastasie nest pas autorisée à y mettre son nez indiscret. »
Et la Libération vint. LAlmanach imprimé en décembre 1944 arbora une croix de Lorraine en première page. Dans les Cahiers dEstienne imprimé la rentrée 1944 on publia un texte du général De Gaulle. Le numéro des Typographes dEstienne fut dune thématique très anglo-saxonne.
Lécole Estienne avait survécu. LI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" également. Mais S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" avait essayé aussi pendant lOccupation de poursuivre sa politique davant-guerre.
3 - LI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" pendant la guerre
Logiquement lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" aurait dû disparaître. Mais la pérennité de la D.G.E.T. a sans doute permis quil en fût autrement, alors que normalement lapprentissage dans les industries du Livre aurait dû être pris en charge par un autre organisme.
Le gouvernement de Vichy mena une politique sociale qui sinscrivait dans une idéologie strictement corporatiste. La loi du 16 août 1940 créa les comités dorganisation, comités organisés par secteurs et branches économiques, qui devaient notamment élaborer et appliquer la Chartes du travail de 1941 et gérer les problèmes dapprovisionnement de matières premières, de production et de main duvre. Le comité spécifique aux industries du Livre fut créé par décret du 3 mai 1941. Le comité dorganisation des industries, arts et commerces du Livre était dirigé par Marcel Rives XE "Rives, Marcel" , conseiller à la Cour des comptes. Le comité était divisé en quatre groupes, dont celui de limprimerie, dirigé par Émile Kapp XE "Kapp, Emile" , et celui des industries graphiques, dirigé par Charles Peignot XE "Peignot, Charles" . Des membres de ces groupes ont eu pour la plupart des responsabilités professionnelles importantes pendant les années trente, comme Robert Bonfils XE "Bonfils, Robert (1886-1972)" , Fernand Lefort-Lavauzelle, Maximilien Vox XE "Vox, Maximilien (1894-1974)" , Victor-Paul Michel XE "Michel, Victor-Paul" , André Prache XE "Prache, André" ...
Des commissions interprofessionnelles furent mises en place dont celle de lenseignement professionnelle le 22 août 1941. Elle était présidée par Charles Peignot XE "Peignot, Charles" assisté de H. Maillet, S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" et A. Bargilliat XE "Bargilliat; Alain" , directeur de lO.T.I. XE "Office technique de limprimerie" La commission denseignement professionnelle fut étoffée en 1942, mais semble avoir disparu en 1943. Elle faisait sans doute double emploi avec lI.N.I.A.G., dont les travaux avaient abouti et dont des responsables étaient également membres du comité dorganisation du Livre.
Les négociations entre lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" et la F.F.T.L., qui avaient été interrompues par la déclaration de guerre, reprirent à la fin de lannée 1939 ou au début de 1940. Le règlement général fut mis au point en juin 1940 et homologué par la D.G.E.T. le 24 mars 1941. LI.N.I.A.G. est alors présenté comme un « organisme privé [...] dont le rôle est précisément de contrôler et de coordonner, en accord, avec la direction de lenseignement technique, avec la Fédération des syndicats patronaux et la Fédération ouvrière et avec le concours des groupements dagents de maîtrise, toutes les organisations publiques ou privées existant en France, pour la formation professionnelle dans les industries du Livre et des arts graphiques ».
Le règlement général posait les règles suivantes : lapprenti ne peut être admis que sil a 14 ans révolu, son certificat détudes primaires plus une année de scolarité supplémentaire et si la commission départementale de lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" le juge apte. Les commissions régionales doivent délivrer aux entreprises qui désirent embaucher des apprentis une habilitation. Sil nexiste pas de cours professionnels à proximité de sa résidence ou de lentreprise, lapprenti devra utiliser des manuels édités par lI.N.I.A.G. Lexamen du CAP est organisé par la commission départementale et le jury doit être composé de représentants du patronat, des ouvriers et des cadres. Le CAP obtenu après examen, le jeune ouvrier devra se soumettre à deux années probatoires avant de pouvoir être payé au tarif. De plus, le nombre dapprentis était toujours limité mais calculé non sur le nombre demployés de lentreprise mais sur celui des ouvriers ayant leur CAP ou exerçant leur métier depuis plus de deux ans. Les écoles professionnelles, soumises aux commissions départementales, sont intégrées dans ce dispositif et ont « pour mission dassurer et délargir les connaissances générales de lapprenti ».
Comme le prévoyaient les statuts de lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" et la base des négociations depuis 1937, des règlements spécifiques par branches furent mis au point entre 1941 et 1944, la plupart des CAP correspondants semblent avoir été homologués par la D.G.E.T. en 1944 : procédés photomécaniques (photogravure); lithographie (reporteur et conducteur); imprimeur héliograveur; compositeur typographe; imprimeur typographe; brochure-reliure-dorure. Sil est possible queffectivement la F.F.T.L. ait ratifié le règlement général, quen était-il des règlements par branches ? La mauvaise connaissance de lhistoire de la Fédération du Livre, comme du reste de limprimerie française à cette période, empêche pour linstant de répondre à cette question. Néanmoins, le contenu du règlement général montre que des revendications patronales de 1938 y ont été intégrées, notamment le rétablissement des deux années dessai et lapplication du décret-loi du 24 mai 1938 qui modifiait le critère de limitation du nombre dapprentis.
Dans ces règlements, S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" joua activement son rôle. LI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" avait toujours pour projet dorganiser deux degrés de formation, celui des apprentis et ceux des agents de maîtrise pour qui il fallait durgence élaborer un programme amenant au brevet professionnel. Au sein du comité dorganisation du Livre comme de lI.N.I.A.G., il fut apparemment considéré comme le représentant du premier centre de formation professionnelle du Livre. En 1941, il participa à la création du centre de formation professionnelle des industries du Livre de Colombes XE "Lycée professionnel des industries du Livre de Colombes" avec la D.G.E.T. En 1941, il adressa deux rapports au comité dorganisation du Livre, le premier remis en août intitulé « Lécole Estienne & lenseignement professionnel », le second coécrit avec Louis Dufour XE "Dufour, Louis" , maître imprimeur, membre de la commission denseignement professionnel et du comité dorganisation du Livre. Ces deux rapports vont dans le sens de laction de lI.N.I.A.G. mais surtout S. Sauvage continue de revendiquer le rôle central de lécole Estienne dans lorganisation de lenseignement, qui doit être le modèle à suivre. Il réclame toujours que lécole soit reconnue comme un établissement supérieur et, chose nouvelle, quelle devienne nationale. Mais il réclame aussi, en vain, la reprise des travaux nécessaire à ses ambitions.
Sans vouloir faire le procès du directeur, on peut néanmoins constater que S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" a fait abstraction des circonstances politiques pour défendre son établissement. Aux dires de R. Bonfils XE "Bonfils, Robert (1886-1972)" , cette attitude nétait pas forcement facile à défendre :
Il savait quau lendemain dune guerre la France appauvrie ne se suffirait pas à elle-même, que ses produits de qualités seuls procureraient des échanges, quenfin élever les masses par une culture de goût, cétait les destiner à une vie plus heureuse et à des joies saines. Sa nature patiente et sa diplomatie lui permirent duser à la longue ses adversaires, ceux dont les intérêts immédiats ou les préoccupations trop personnelles nenvisageaient que la main duvre de série, celle qui fait les chômeurs en période de crise, celle qui est utile, certes, pour servir une production abondante parce quéconomique, mais monotone. Il pensait que, sans renoncer à ces conceptions dordre industriel, la France avait besoin douvriers habiles et quun homme cultivé se tire toujours daffaire.
Le risque de voir lécole transformée en centre de formation pour apprentis était peut-être réel, les employeurs manquant de main duvre et le régime de Vichy nétant pas particulièrement attaché à la promotion sociale par lenseignement. Mais la protection de H. Luc XE "Luc, Hippolyte (1883-1946)" pouvait être suffisante pour éviter de telles dérives. La transformation des écoles professionnelles de la Ville de Paris en « collèges techniques » municipaux en 1942-1943 devait normalement lempêcher.
Lécole Estienne avait échappé aux bombardements, à la fermeture, à une remise en cause de son programme. Cette période fut pour lécole comme pour lI.N.I.A.G. celle de lattente de jours meilleurs et de consolidation de ces réalisations précédentes. S. Sauvage sorti usé de ces années de guerre et pourtant toujours aussi déterminé à réaliser ce quil avait annoncé en 1935. Mais la Libération ne fut pas la période du renouveau attendu.
C - 1945-1949 : lapprentissage et lÉtat providence
Cette courte période na a priori rien de spectaculaire. S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" décéda prématurément en 1948 et fut remplacé par R. Ranc XE "Ranc, Robert (1905-1984)" , qui laissa dans lhistoire de lécole Estienne limage de lhomme providentiel. En 1949, les industries du Livre aboutirent à leur quatrième règlement de lapprentissage. Comme pour le reste de la société et de léconomie française, ce fut pour la profession et lécole du Livre une période de reconstruction. Elles entraient brutalement toutes deux dans lapogée de la société industrielle, en cherchant à préserver leurs privilèges et leur culture propre.
I - Lécole Estienne : lentrée dans « lère Ranc XE "Ranc, Robert (1905-1984)" »
Dans la mémoire collective de lécole et même de la profession, Robert Ranc XE "Ranc, Robert (1905-1984)" a fait lécole Estienne. Or faire le bilan de la direction de S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" impose de nuancer loriginalité de luvre de son successeur. Cet exercice impose également de connaître le contexte dans lequel se trouvait lécole à cette époque.
1 - Lhéritage de Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)"
A priori on serait tenté de dire quil ne reste de la direction de Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" que des discours. La guerre puis les restrictions de la fin des années quarante empêchèrent sa politique de prendre forme. Il mourut le 7 janvier 1948 dune leucémie foudroyante. Jusquà la fin il participa activement à lorganisation des CAP, jusquà la fin il mendia les crédits nécessaires pour lachèvement des « nouveaux bâtiments ».
Le 30 novembre 1946, il prononça un discours lors de la célébration du cinquantenaire de lAssociation des anciens élèves XE "Association des anciens élèves de lécole Estienne" qui commençait ainsi : « Malgré les difficultés actuelles, et peut-être même en raison de ces difficultés, le moment nest-il pas venu denvisager pour notre collège la réalisation de son programme dextension ? » Le reste de ce texte nétait que la énième présentation de son projet de 1935.
Ce qui avait été construit en 1938-1939 était à refaire en partie. Le directeur avait demandé en vain à la préfecture que lon surveillât les nouveaux bâtiments. En effet, les vitres furent brisées, les bâtiments victimes de déprédations multiples qui se poursuivirent après la guerre. La reprise des travaux fut tardive. Les autorités avaient en effet dautres priorités et lécole navait pas été touchée par les bombardements. Par ailleurs, la préparation du budget de rénovation avait été laborieuse. Les sérieuses difficultés économiques et financières, en particulier linflation, ralentirent considérablement cette reprise des travaux, qui commencèrent en 1947.Dans le cadre dun plan déquipement, la Ville de Paris obtint un crédit de près de 600 millions de francs en 1946, dont 12 550 000 (cest-à-dire 4 392 500 francs en francs constants) furent attribués à lécole Estienne le 11 juillet 1946. En 1949, les travaux nétait pas terminés comme en témoigne cet élève compositeur :
Eh bien, ça y est ! nous naurons plus ce véritable calorifère quest la verrière au-dessus de nos têtes.
Plus de carreaux branlants qui au moindre choc seffondrent à la clicherie.
Plus descalier si dangereux et si poussiéreux.
Plus de mauvaises odeurs (fonderie).
Plus besoin enfin de risquer la noyade en allant se laver les mains.
Compositeurs, réjouissez-vous ! Vous allez avoir un atelier où vous pourrez travailler dans des conditions mieux que favorables.
Il est tout naturel chers lecteurs, que je vous fasse une description sommaires de ces nouveaux bâtiments déjà vieux de dix ans.
À première vue ce nest pas très joli. Mais en voyant lintérieur, ah ! je suis surpris ! quel modernisme ! (1939). Le façade entière fut en verre, qui maintenant est pilé. À part ce détail, tout est splendide, mirifique, immense, il faut vous dire quune dizaine de personnalités sen occupent sérieusement.
[...]
En un mot, cest lidéal de la perfection. Cependant, il me reste un aveu à vous faire; la cage de verre existe, mais sur le papier il ny a encore ni eau, ni gaz, ni carreaux, et les escaliers sont à peine finis. Pour achever la nouvelle école, il faudrait des millions et des millions de crédit, alors...
En 1947, S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" accorda un entretien à la revue France Graphique où il continua à défendre son idée de transformer lécole Estienne en un « Conservatoire des Arts Graphiques quelle peut et doit être. » À partir du milieu des années trente, lenseignement de loffset de lhéliogravure avait été organisé à lécole. Mais, ne voulant plus attendre indéfiniment que tous ses projets denseignements se réalisent avec lachèvement des nouveaux bâtiments, il décida de mettre en place un partie des enseignements pour les cadres. En 1945, il créa donc une série de conférences, appelé « cours supérieurs darts et de techniques graphiques », qui sadressaient à des « ouvriers déjà en possession de leur métier contremaîtres, chefs dateliers, fils de patrons désireux de se perfectionner. » Ces cours étaient la seule partie du programme « réalisable puisquelle nengageait que peu de frais ».
Il est vrai que les soutiens que la direction avait réussi à obtenir avant la guerre avaient en partie disparu à la Libération. La France de 1945 nétait plus celle de 1937 : à nouveau tous les débats relatifs à lenseignement professionnel concernaient principalement la formation de base des ouvriers, dont la pénurie était forte. Les industries du Livre, comme les autres branches de léconomie française, devaient participer à la reconstruction du pays. Désormais pour le patronat, il fallait en revenir à lessentiel cest-à-dire la formation douvriers : le désir de S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" dobtenir un statut décole supérieure navait donc plus rien de nécessaire et durgent. Par ailleurs, les relations relativement privilégiées quentretenait S. Sauvage et la D.G.E.T. ont été probablement plus difficiles à la Libération. H. Luc XE "Luc, Hippolyte (1883-1946)" , suspecté de collaboration, fut limogé. Il fut remplacé par Paul Le Rolland XE "Le Rolland, Paul" , communiste, de 1945 à 1947 puis par Albert Buisson XE "Buisson, Albert" de 1948 à 1960. Il est certain quà partir de 1945, la politique de la D.G.E.T. à propos de la formation professionnelle dans le Livre ne repose plus sur le pôle dexcellence que représentait lécole Estienne avant guerre. Le gouvernement, soutenu par les organisations ouvrières et en premier lieu la C.G.T., avait décidé de donner la priorité aux centres dapprentissage. En effet, les centres de formation professionnelle créés par le régime de Vichy ont été repris par la IVe République. Le gouvernement provisoire de la République à Alger en 1943 avait dessiner les grandes lignes de la formation professionnelle : elle serait désormais scolarisée et placée sous la seule autorité de lÉtat. Lapprentissage est désormais une question nationale et publique.
Cependant, les écoles professionnelles municipales, devenues collèges techniques, de la Ville de Paris étaient considérées comme dun « niveau supérieur à celui des collèges techniques ordinaires ». Il nétait pas dans les intentions de la D.G.E.T. de laisser les collèges techniques parisiens de côté dans sa réorganisation de lEnseignement technique. Lors de la célébration du cinquantenaire de lAssociation des anciens élèves XE "Association des anciens élèves de lécole Estienne" de lécole Estienne, un délégué de la D.G.E.T., Vergnolle, annonça quil était dans les intentions de la Direction générale de « nationaliser » les collèges techniques de Paris. Pour S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" qui considérait ce statut municipal comme étant un blocage pour lévolution technique de lécole, ce fut une bonne nouvelle. Or le conseil municipal à la Libération ne lentendait pas ainsi.
À la Libération : la capitale restait sous tutelle de lÉtat. Les édiles parisiens reprirent donc à leur compte la longue tradition dopposition avec le pouvoir central, et firent preuve dun attachement nouveau pour les écoles professionnelles municipales. Le conseil municipal exigeait dune part le maintien en létat du statut municipal de ces établissements, et dautre part une participation financière de lÉtat sans aucun droit de contrôle sur ces établissements. Cette opposition fut probablement une des causes de la lenteur de la reprise des travaux de lécole Estienne.
Le décès de S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" en janvier 1948 ne provoqua aucune émotion particulière dans la profession. Il est certain que ce qui domina sa politique à la tête de lécole fut la malchance : la guerre, les problèmes économiques de la France à la Libération, les conflits politiques entre la Ville de Paris et lÉtat furent autant de causes qui empêchèrent lessentiel de ses projets de se réaliser.
2 - Robert Ranc XE "Ranc, Robert (1905-1984)" , « homme providentiel »
Après le décès de S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , le chef des travaux fut désigné directeur intérimaire. Ce chef des travaux était Robert Ranc XE "Ranc, Robert (1905-1984)" , ce même homme qui de 1937 à 1939 mena campagne pour que la F.F.T.L. contrebalança le pouvoir des maîtres imprimeurs dans le comité de surveillance. Comment ce syndicaliste était-il arrivé à ce poste ?
R. Ranc XE "Ranc, Robert (1905-1984)" fut une personnalité tout à fait exceptionnelle et très difficile à saisir. Il était né à Paris en 1905 dune famille de petits commerçants. Il dit de lui même quil fut au sortir de la Première Guerre mondiale un « homme révolté ». Cette révolte le conduisit, comme dautres jeunes gens de sa génération, à adhérer au Parti communiste français. Obligé dinterrompre ses études secondaires, il devint correcteur dimprimerie. Il adhéra en 1923 à la F.F.T.L. et en 1926 au syndicat des correcteurs, dont il fut membre du comité syndical à plusieurs reprises de 1932 à 1943. Ses liens avec le P.C.F. se rompirent en 1929 et il intégra le mouvement trotskyste français naissant. Là encore, sa trajectoire nest pas vraiment originale puisquelle a concerné certains membres fondateurs du P.C.F. pendant la période dite de la « bolchévisation ». En 1930, après avoir été le secrétaire de Léon Trotsky, il prit ses distances avec ce courant politique et se consacra surtout à laction syndicale. Ses atermoiements politiques firent quil connut lessentiel des mouvements dextrême-gauche de lentre-deux-guerres.
En 1939, il sinscrivit comme élève libre à lécole Estienne où il suivit des cours de photogravure et de chromolithographie, pour des raisons que nous ignorons. Ce fut à cette époque quil fit connaissance de S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" . Mobilisé, il quitta lécole Estienne le 13 avril 1940. Prisonnier, il resta en Allemagne jusquau 1er mars 1941. À partir de cette date, son parcours devient plus difficile à suivre. Il fut sollicité par S. Sauvage en 1941 qui lui demanda de remplacer Pierre Le Pont à la tête du centre de formation professionnelle, ce quil aurait refusé. De 1941 à 1944, on le retrouve à Lyon XE "Lyon" puis à Paris.
Il est possible quen 1943 ou 1944 il accepta finallement le poste de directeur du centre de formation professionnelle de lécole Estienne. Le 4 mars 1944, Paul Haasen décède et il fut remplacé par R. Ranc XE "Ranc, Robert (1905-1984)" au titre de maître auxiliaire technique attaché à la direction, cest-à-dire chef des travaux, le 1er octobre 1944. Dans une revue professionnelle, on lit quil « se consacra entièrement non seulement à son travail, mais en général à la vie de lécole. Pendant ces années, où les conditions matérielles rendaient difficile le fonctionnement des classes et des ateliers, M. Ranc aida de toutes ses forces M. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" à maintenir lactivité de lécole, tout en préparant lavenir. » Ami, adjoint, dauphin dun S. Sauvage présenté comme affaibli ? Cet extrait pose déjà la base de limage de R. Ranc qui se diffusera dans la mémoire collective de lécole et de la profession.
R. Ranc XE "Ranc, Robert (1905-1984)" avait a priori peu de chances de devenir directeur. Dune part, il navait pas les titres universitaires requis daccéder à ce poste puisquil navait que la première partie de son baccalauréat. Dautre part, son passé politique pouvait déplaire aux autorités dans une période où la guerre froide commençait à sinstaller. Son charisme, ses amitiés, ont-ils suffis à aplanir ces obstacles ? En juin 1948, le concours de directeur du collège Estienne fut ouvert et il fut autorisé à y participer. Il le réussit. Membre du jury de ce concours, Edouard Ehni XE "Ehni, Edouard (1900-1963)" , ancien résistant et secrétaire général de la F.F.T.L. depuis la Libération, dit à ses confrères sa satisfaction de voir nommer un professionnel du Livre et de surcroît un fédéré.
R. Ranc XE "Ranc, Robert (1905-1984)" et S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" avaient peu de points communs dans leur vision que ce que devait être la mission de lécole. Cest tout à fait frappant à la lecture de lentretien quaccorda S. Sauvage en 1947 et celui de R. Ranc en 1949 à France Graphique. Pas une seule fois le nouveau directeur ne fit allusion à la possibilité pour lécole de devenir un établissement supérieur. Pour lui, elle devait seulement préparer des adolescents « à devenir des ouvriers hautement qualifiés ». Plus spectaculaire encore fut la rupture quil provoqua avec les discours de ses prédécesseurs sur la place de lécole Estienne dans la formation professionnelle des métiers du Livre. À la question « Mais voulez-vous nous parler de lapprentissage en général problème vaste, complexe et urgent ou simplement du travail que vous comptez effectuer à Estienne ? », il répond brutalement : « Je pense quil ny a pas lieu pour moi de parler des apprentis formés en atelier; je laisse à ceux qui en ont la charge le soin den juger avec la même objectivité que japporte à juger nos élèves. » R. Ranc plaça donc pour la première fois lécole hors de la profession, ou plutôt hors des joutes syndicales professionnelles. Lécole nétait plus présentée comme un modèle ou comme un établissement cherchant à rendre service à la corporation : elle était un établissement particulier et son directeur entendait bien quelle le restât.
Cette position était surprenante compte tenu de son passé politique et syndical, mais nous pensons que cest son expérience en la matière qui la conduit à ladopter. En effet, ce nest pas son passé de correcteur qui fut déterminant dans sa manière de diriger lécole Estienne. S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" était lui aussi un homme du métier. La parfaite connaissance de R. Ranc XE "Ranc, Robert (1905-1984)" des milieux syndicaux, patronaux et ouvriers, lui permit de manière certaine de diriger lécole sans crainte de froisser les uns ou les autres, au mieux des intérêts de létablissement.
Telle est, selon nous, ce qui caractérisa le mieux ce directeur, car pour le reste, on peut légitiment sinterroger sur loriginalité de sa politique. Lhéritage de S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" fut parfaitement assimilé par son successeur, dautant que R. Ranc XE "Ranc, Robert (1905-1984)" ne sest pas heurté aux mêmes difficultés conjoncturelles. Il fut nommé à la tête de lécole lorsque les problèmes économiques de laprès-guerre commençaient à sestomper. Les nouveaux bâtiments furent achevés sous sa direction, au milieu des années cinquante. Lambition de S. Sauvage de créer un deuxième degré de formation fut également réalisée par lui. Il créa une cinquième année détude en 1957, dont la mission fut de préparer « aux fonctions de maîtrise ». Létude du budget de lécole montre dailleurs que la nomination de R. Ranc correspondait à une nette augmentation des crédits.
Lécole Estienne connut une crise à la Libération, mais qui fut plus conjoncturelle que le résultat dune inadaptation de la direction. R. Ranc XE "Ranc, Robert (1905-1984)" fut dautant plus « lhomme providentiel » quil neut pas à connaître les mêmes difficultés que son prédécesseur. La modernisation de lécole fut son uvre, le plan de cette modernisation celui de S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" . De plus, la qualité incontestable de lenseignement de lécole Estienne constituait son atout le plus précieux.
II - Elèves et professeurs
La crise de laprès-guerre fut-elle visible également dans le recrutement des élèves et celui des enseignants ? Il est vrai que la situation de lenseignement devenait plus incertaine tant les difficultés matérielles se sont accumulées pendant près de dix ans, en ce qui concerne laccès aux matières premières et au vieillissement des équipements et des locaux.
1 - Les élèves
Il ny eut pas de franche rupture avec les années précédentes, mais une confirmation dun niveau relativement élevé du recrutement socioprofessionnel des élèves.
Les deux-tiers voire les trois-quarts des élèves étaient toujours fils douvriers qualifiés et demployés, mais les fils demployés confirmaient leur supériorité numérique, car ils représentaient près de 40 % des effectifs. Mais à cette prépondérance de la classe moyenne sajoute un phénomène nouveau : près dun élève sur dix pendant cette période est fils de cadres ou dun père exerçant une profession libérale. Variable avant la guerre, cette proportion se stabilise à partir de 1942, dépassant progressivement la part des enfants dartisans et de petits commerçants.
Les « enfants de la balle » ne sont en revanche pas plus nombreux quavant, ils représentent toujours entre 10 à 15 % des effectifs. De 1932 à 1944, cette part fut plus élevée, représentant 18 % en moyenne. La cause fut probablement conjoncturelle : la crise économique des années trente puis la guerre découragea sans doute les parents à placer leur fils en apprentissage dans lindustrie; lécole Estienne fit figure de palliatif honorable en attendant des jours meilleurs.
Lorigine géographique des élèves connut une évolution plus sensible à partir de la Libération. Les Parisiens représentaient désormais moins de la moitié des effectifs à partir de 1946. Cette évolution profita bien sûr aux élèves de banlieue, et en particulier de la banlieue sud, puisque 50 % des élèves de banlieue venaient du sud de Paris. Ceci confirme donc la tendance qui se dessinait pendant les années vingt. Mais un phénomène nouveau et important apparut pendant la direction de S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" . Celui-ci, désirant faire de lécole un établissement supérieur au rayonnement national, modifia les conditions du concours dentrée en élargissant laccès au concours aux élèves de Seine-et-Oise et Seine-et-Marne. Avant 1935, il y avait des élèves de province qui auraient dû logiquement être admis au titre délèves libres, mais sur ce point les registres des élèves ne sont pas très claires. À partir de 1935, près de 10 % des élèves nhabitaient pas le département de la Seine. Cet élargissement géographique est dautant plus étonnant que les élèves non parisiens, habitant ou non le département de la Seine, devaient payer leur scolarité.
Lâge moyen des élèves à leur entrée dans létablissement passa de 14 ans en 1934 à 15 ans en 1949. Cette augmentation sexplique par la modification du concours dentrée, toujours dans le but de confirmer la supériorité de létablissement. À partir du concours de 1935, lâge minimum exigé fut de 15 ans. On exigeait également le certificat détudes primaires et une année de cours complémentaire. Il est probable que le niveau scolaire le plus courant parmi les élèves entrés à lécole Estienne était celui du brevet détudes.
Le nombre dadmis se stabilisa dans les années quarante, entre 85 et 90 élèves par promotion. La crise économique puis la guerre fit évidemment fluctuer les effectifs vers le bas, cest-à-dire autour de 70 élèves. Mais on peut affirmer que le recrutement nétait plus un problème pour létablissement. Daprès les anciens élèves de lépoque, le nombre de candidats au concours dentrée était de 300 environ.
En revanche limportance des abandons reste un phénomène chronique, bien que de plus en plus relatif. Il est désormais courant pendant les années quarante de voir des élèves se présenter à lexamen du CAP (qui se déroulait à lécole Estienne), et de le réussir, après avoir quitté létablissement. Depuis 1925, les abandons sétait stabilisès autour de 50 à 60 % délèves par promotion. La Seconde Guerre mondiale modifia ces taux : 28 % des élèves de la promotion 1939-1943 abandonnèrent, 41 % pour la promotion 1940-1944, 44% pour la promotion 1941-1945; 39 % pour la promotion 1942-1946. Puis ces taux augmentèrent pour revenir à 50 %. Nous avons conscience de ambiguïté du terme « abandon » pendant cette période. Outre les départs de Paris pour la zone libre et les disparitions dramatiques, laggravation des conditions de vie des familles et linstauration du S.T.O. en février 1943 furent des causes sans doute importantes. Le S.T.O. joua un rôle indirect mais non négligeable. Peu délèves y furent astreints mais il entraîna une pénurie de main duvre dans les entreprises françaises, dont les demandes étaient dautant plus attirantes que la situation matérielle des familles était de plus en plus difficile. Il était donc particulièrement facile de trouver un emploi. André Cressot, élève clicheur entré en 1941, quitta prématurément lécole en 1943 : « Les imprimeurs demandaient de petites mains, raconte-t-il. En juin 1943, javais seize ans, je nétais pas soumis au S.T.O. » Il entra ainsi chez Brodard et Taupin, où il ne restait comme ouvriers que « les plus âgés et les plus jeunes comme moi. » À la Libération, les entreprises françaises continuaient à manquer de main duvre et donc cette période fut autant de possibilité de trouver du travail pour les élèves qui ne voulaient ou ne pouvaient pas rester plus longtemps à lécole. Ainsi, Roger Dédame, élève clicheur entré en 1947, quitta lécole avant la fin de sa quatrième année, la situation matérielle de sa famille sétant brusquement dégradée. Contre lavis de ses parents, il trouva une place chez Larousse grâce à son professeur datelier. Mais il revint à lécole Estienne en juillet 1951 pour passer son CAP.
Le recrutement des élèves se stabilisait donc au niveau quantitatif et qualitatifCe recrutement devait être supérieur, du point de vue scolaire et socioprofessionnel; à celui des apprentis de lindustrie. Mais le CAP était devenu pour les uns et les autres le diplôme de louvrier du Livre, même si par la suite la plupart des anciens élèves de lécole Estienne accèdaient à des postes dencadrement.
2 - Les professeurs dateliers
Le corps des enseignants névolua guère. Lâge moyen des enseignants lors de leur entrée dans létablissement était de 37 ans. Pendant la direction de S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , sur les 33 nouveaux enseignants, 14 étaient des anciens élèves. Cest parmi ces derniers que se trouvent les enseignants les plus jeunes dont certains avaient seulement une dizaine dannées dexpérience professionnelle derrière eux. Les premiers enseignants ayant leur CAP apparaissent en 1939.
Nous ne pensons pas que la direction ait privilégié un système de cooptation, donnant un avantage aux anciens élèves. Cependant, la période de la guerre a poussé à cette pratique de manière à remplacer rapidement les professeurs manquants et à aider certains anciens élèves provisoirement sans emploi ou risquant dêtre astreints au S.T.O. Cest ainsi que Pierre Le Pont, responsable du Centre de formation professionnelle de 1940 à 1941, ou Georges Leclerc, chef du matériel pendant la guerre, furent employés. Lécole Estienne fit également appel à Georges Cretté XE "Cretté, Georges (1893-1969)" , ancien élève, doreur et créateur de reliures renommé, pour soccuper de latelier de dorure, ce quil fit de 1941 à 1942. Parmi les nouveaux enseignants, une nomination fut remarquable : pour la première fois une femme fut nommée responsable dun atelier. Madeleine Lefranc XE "Wolf-Lefranc, Madeleine (1901-1996)" succéda en 1940 à Ferdinand Giraldon XE "Giraldon, Ferdinand" , professeur de reliure. Cest dautant plus surprenant que le CAP, la « reliure-main », préparé à lécole était réservé aux garçons...
Lappartenance syndicale des professeurs datelier nest pas mieux connue que dans les périodes précédentes. Le successeur de G. Valette XE "Valette, Georges" en 1941, Edmond Bausinger, professeur de composition typographique, appartenait à la Chambre syndicale typographique parisienne, et avait été membre du comité fédéral de la F.F.T.L. pendant lentre-deux-guerres. La tradition syndicale de latelier de clicherie fut préservée avec la nomination de Louis Salomon XE "Salomon, Louis" en 1946.
Les relations avec la profession se maintenaient par la force des choses, les professeurs de lécole Estienne étant présents dans les jurys de CAP. Les trois premiers manuels édités par lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" en typographie et en clicherie furent écrits par G. Valette et Maurice Frémy; il est donc probable que pour certaines spécialités lenseignement dispensé par lécole restât une référence pour la profession.
Mais le groupe des professeurs dateliers devint probablement moins homogène que par le passé. Si S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" avait encouragé la modernisation de lenseignement artistique, lessentiel des efforts financiers concernait les sections industrielles. La séparation entre les « artistes » et les « techniciens » avait toujours existé dans létablissement, mais elle sétait considérablement renforcée. Si on excepte les imprimeurs lithographes qui se transformaient en offsetistes, latelier de lithographie formait en réalité aux métiers de maquettiste et de dessinateur pour la presse ou lédition, ce qui lui avait permis sans aucun doute de maintenir ses effectifs. Les ateliers de reliure, dorure et gravure en taille-douce et en relief étaient à part, formant à ce quon appelle aujourdhui les métiers dart. Il est frappant de constater que latelier de reliure continuait une formation très traditionnelle, et que la reliure industrielle était totalement absente dans létablissement. Cette distinction entre les métiers dart et les autres branches nétait pas propre à lécole, puisque dans le comité dorganisation du Livre pendant la guerre ces métiers étaient représentés par un groupe particulier et à la Libération furent constitués les premiers syndicats dart du Livre. En 1889, les effectifs entre ateliers étaient relativement équilibrés. Soixante ans plus tard, les différences étaient sensibles.
Pour la profession, lécole Estienne restait le « Conservatoire du beau livre français, un endroit privilégié où se maintiennent et saffinent les traditions ». Le point commun des différents enseignements de lécole était le souci de privilégier la qualité dexécution plutôt que la rapidité, ce quon continuait à reprocher à lécole dailleurs. La production éditoriale de lécole montrait une union de pensée à ce sujet. Mais à terme, cette cohabitation pouvait poser problème.
S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" affirmait en 1947 que « sortir de lécole Estienne est une référence qui classe son homme », « une valeur qui fait prime sur le marché ». Pierre Faucheux le confirme lorsquil parle de Cassandre XE "Cassandre, Adolphe Mouron, dit (1901-1968)" qui lembaucha en 1946 : « Pour lui jétais déjà un professionnel : je sortais dEstienne, cétait important, cétait une référence. » Malgré les difficultés matérielles, le niveau des élèves sétait maintenu. Limportance du nombre de candidats au concours dentrée, la sélection accrue sur le niveau scolaire, le savoir-faire pédagogique des enseignants, tout cela y participa. La crise passagère que connut lécole à la Libération ne concerna pas vraiment le niveau des élèves à leur sortie, même si la tardive modernisation des ateliers industriels risquait de le remettre en cause.
Larrivée de R. Ranc XE "Ranc, Robert (1905-1984)" ne bouleversa pas vraiment la vie de lécole puisquil continua la politique inaugurée par S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" avec des moyens autrement plus importants. Il utilisa les plans qui avaient été établis avant lui et sappuya sur une réputation qui nétait pas usurpée. Son originalité principale fut son choix non pas de séparer lécole Estienne de la profession mais de refuser quelle soit placée au centre du débat professionnel sur lapprentissage. Il est vrai quà cette époque vouloir imposer létablissement comme un modèle à suivre aurait été fort dangereux.
III - Les syndicats du Livre contre lÉducation nationale
À la Libération, les bonnes relations entre les industries du Livre et la D.G.E.T. font désormais partie du passé. Les conditions dans lesquelles fut établi le règlement de 1941 obligeaient les syndicats à revenir à la table des négociations dautant plus rapidement quon manquait à nouveaux de main duvre qualifiée. Pour la première fois les négociations en elles-mêmes semblent sêtre fort bien déroulées, mais pour la première fois lÉtat quitta son rôle de simple arbitre.
1 - La « reconstitution » de lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre"
La profession « reconstitua » lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" en 1946, faisant apparemment mine de considérer que depuis 1939 lInstitut avait cessé de fonctionner. Cette attitude sexplique sans aucun doute par le contexte qui aurait dû logiquement conduire à lépuration dans les rangs professionnels. Tout comme il nexiste aucune étude sur limprimerie pendant la Seconde Guerre mondiale, il nen existe pas pour lépuration. Néanmoins nous nous permettons davancer quelques hypothèses.
Limprimerie ne produit pas seulement des livres et des journaux. Une part sans doute importante correspond aux activités du Labeur, de la carte de visite à lemballage. De fait, il faut sans doute considérer que les industries du Livre furent impliquées dans une collaboration économique, à des degrés divers comme les autres entreprises française, allant de la collaboration forcée au zèle. Lépuration la plus spectaculaire fut celle qui frappa les entreprises de presse, les journaux ayant traditionnellement leur propre imprimerie, dont les biens étaient désormais gérés par la Société nationale des entreprises de presses créée le 11 mai 1946. Quen fut-il pour le Labeur ? Nous lignorons.
De toute évidence, la profession, le patronat comme les organisations ouvrières, préférait que lépuration fût une affaire interne. Au sein de la F.F.T.L., on résista aux sanctions à légard des syndiqués dont les contacts avec le gouvernement de Vichy parurent par trop prononcés. Nous supposons que du côté patronal lattitude fut similaire. Dans la presse professionnelle à la Libération ce sujet est peu abordé.
Le comité dorganisation du Livre ne disparut pas en tant que tel. Transformé en Office professionnel du Livre XE "Office professionnel du Livre" en 1944, il continuait dassurer la répartition des matières premières. Georges Rageot XE "Rageot, Georges" remplaça Marcel Rives XE "Rives, Marcel" à qui il rendit hommage : « Luvre de mon prédécesseur fut considérable. je sais quelle est discutée sur certains points, mais dans lensemble on ne peut contester quelle ait jeté les bases solides dune organisation corporative. » LOffice sarrogea le droit dessayer dorganiser lépuration dans la profession. À lautomne 1944, furent constituées une commission dépuration pour les industries graphiques, dirigée par Maximilien Vox XE "Vox, Maximilien (1894-1974)" (qui fut membre du comité dorganisation du Livre) et une commission pour limprimerie sur linitiative des syndicats patronaux. Ces deux commissions navaient aucune autorité légale. De toute évidence la profession dut se soumettre à la loi commune, à savoir lautorité des commissions interprofessionnelles dépuration. LOffice professionnel du Livre fut dissous le 30 septembre 1946.
Lactivité de lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" se fit discrète de 1944 à 1946. En octobre 1945, ses « cours supérieurs des cadres des industries graphiques » furent rouverts. Par ailleurs, les sessions pour les nouveaux CAP, dont les programmes avaient été élaborés sous son autorité pendant la guerre, se sont tenus comme prévus à Paris, à partir de 1941 pour la photogravure et de 1944 pour la reliure et la dorure.
Le statu quo à son égard était dû probablement à deux facteurs. Dune part le règlement général de 1941, avait sans doute été ratifié par la F.F.T.L. en juin 1940. Si les règlements par spécialités ne lavaient peut-être pas été dans le même esprit paritaire, le règlement général devait avoir une certaine valeur. Dautre part, lexistence de lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" devait protéger du zèle de lÉtat, pour qui lapprentissage devait être placé sous son autorité. En 1945, le Conseil supérieur de lEnseignement technique fut supprimé et remplacé en 1946 par des commissions nationales professionnelles consultatives. Elles étaient des organismes paritaires chargés délaborer les programmes denseignement professionnel à valeur nationale et les contenus des examens. Le ministère de lÉducation nationale avait seul lautorité de valider ses programmes.
Aux yeux du gouvernement, pour qui la pénurie de main duvre était un des obstacles à la reconstruction du pays, les industries du Livre navaient légalement aucune réglementation pour leur apprentissage. LI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" nétait pas légalement une commission nationale dapprentissage. Le patronage de la D.G.E.T. dont bénéficia lInstitut à sa création navait plus aucune valeur. La profession décida sans doute de court-circuiter la politique de la nouvelle D.G.E.T. en faisant de lI.N.I.A.G. le seul organisme légitime à ses yeux. Le 22 juin 1946, lI.N.I.A.G. fut rétabli dans sa mission initiale. Le comité fédéral de la F.F.T.L. annonça : « LInstitut national des arts graphiques [sic] a demandé à la Fédération de reprendre son ancienne collaboration. Le Conseil dadministration serait composé de six patrons, quatre ouvriers et deux représentants de cadres. » Le statut de lInstitut fut le principal objet de cette rencontre car il fallait désormais en faire un organisme réellement représentatif : « Il sagissait de remplacer la notion de la représentation dindividualités par celle de la représentation dorganisations syndicales, dune part, et par ailleurs de limiter, dans la plus large mesure possible, sinon même de supprimer, lingérence de lEnseignement technique cet organisme. » Lennemi est clairement désigné.
2 - Les accords de 1949
LÉtat devint la bête noire de la corporation. Louis Dufour XE "Dufour, Louis" , alors président des syndicats des maîtres imprimeurs parisiens et ancien membre du comité dorganisation du Livre, semporte : « Avons nous intérêt à laisser à lÉtat un nouveau monopole : celui de lenseignement technique ? Avons-nous intérêt à laisser former spirituellement nos apprentis contre nous ? Les projets communistes, cégétistes, M.R.P. trouvent leur justification dans linorganisation de la formation professionnelle en ce pays depuis de longues années. » Pour L. Dufour, il faut maintenir « contre vent et marée les droits dinitiatives des professions organisées comme le sont les nôtres au sein de lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" (comité bipartite réunissant dans une atmosphère cordiale délégués ouvriers et patrons). À notre sens, le gouvernement na quun rôle secondaire à tenir dans ces sortes daffaire. Sa tâche doit se borner à rendre légales par décrets les règles élaborées par les gens de métiers, à les coordonner suivant les besoins et à surveiller leur bonne application. » Cette position fut apparemment largement partagée par la Fédération du Livre.
En 1947, le différent entre la corporation et la D.G.E.T. se transforma en rupture. Le conseil dadministration de lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" refusa que la D.G.E.T. y soit représentée. Ceci signifiait quaucune des décisions de lInstitut ne serait reconnue officiellement par le ministère de lÉducation nationale. De son côté la D.G.E.T. constitua une commission nationale consultative dapprentissage du papier, carton et arts graphiques. La F.F.T.L. refusa dy siéger et annonça quelle « ne répondrait plus à ses convocations tant quun accord naura pas été réalisé » à propos du statut de lI.N.I.A.G. Ce fut également le cas pour les syndicats patronaux. Un compromis fut trouvé et lI.N.I.A.G. fut reconnu officiellement par lÉtat. Son nouveau statut fut voté le 16 décembre 1947. Le Conseil dadministration était composé de douze membres : six délégués par la Fédération française des syndicats patronaux de limprimerie et des industries graphiques, quatre désignés par la F.F.T.L., un par le Syndicat national des cadres (C.G.T.), un par le Syndicat national des Cadres de direction et de maîtrise. Mais lI.N.I.A.G. était placé sous le patronage de la D.G.E.T.
La D.G.E.T. ayant accepté que ses représentants nauraient dans lInstitut quune voix consultative, la corporation accepta de siéger à la commission nationale consultative dapprentissage du papier, carton et arts graphiques. Mais la méfiance règne : « LI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" pense quil est souhaitable pour avoir une unité daction que ce soit les mêmes représentants qui siègent à la commission nationale. » Les syndicats patronaux et ouvriers continuaient de défendre les principes corporatifs : ils se désignaient comme les seuls habilités, au sein de lInstitut, à réglementer lapprentissage dans le Livre.
Il ny eu aucun signe de discorde entre le patronat, les ouvriers et les cadres. En 1949, lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" remit au ministère de lÉducation nationale le texte du règlement général. Au bout de six mois, aucune ratification officielle ne vint. La D.G.E.T. exigeait lintroduction de nouveaux éléments dans le règlement, qualifiés d « inadmissibles » par la profession. Mais lI.N.I.A.G. fut obligé de céder. Le règlement général fut homologué le 1er septembre 1950. LInstitut pouvait alors travailler sur les règlements par spécialités, mais le conflit resta permanent.
Cette domination des autorités publiques sur lapprentissage dans le Livre sincarna aussi dans la transformation de cours professionnels préexistants en établissements publics. En 1944, le centre de formation professionnelle de Colombes devint un centre dapprentissage des métiers du Livre. En 1942, le cours de préapprentissage de la rue madame est transformé en cour complémentaire industriel du Livre par la Ville de Paris. Devenu établissement public denseignement technique, lécole de la rue Madame XE "Cours de préapprentissage de la rue Madame" préparait aux CAP de relieur, doreur, imprimeur et compositeur typographe. Elle devint en 1956 un collège technique et en 1987 lycée du Livre et Arts Graphiques Maximilien-Vox XE "Vox, Maximilien (1894-1974)" . Le même phénomène de transformation a dû jouer pour les cours de la chambre patronale de la reliure, place des Vosges XE "Cours professionnels du syndicat patronale de la reliure" , qui furent probablement transformés en centre de formation professionnelle pendant la guerre, puis à la Libération en centre dapprentissage. Ils sont à lorigine de lactuel lycée professionnel Tolbiac, spécialisé dans la reliure, brochure industrielle et cartonnage. Un ancien cours privée de dessin créé en 1941 devint un centre de formation professionnelle pendant la guerre puis centre dapprentissage formant aux arts graphiques puis aux industries graphiques, avant de devenir le lycée professionnel Corvisart.
À la Libération, certains cours créés par des syndicats ouvriers ont repris leurs activités toujours sous contrôle des sections. Ainsi les cours professionnels de la Chambre syndicale typographique parisienne reprirent en 1945, et gardèrent leur statut syndical malgré leur dénomination de « centre de formation professionnelle ». À Toulouse XE "Toulouse" , le statut paritaire et corporatif des cours professionnels resta tel quil fut défini en 1933 jusquen 1978 où il devint un établissement public. À Saint-Étienne, après une tentative avortée avant la guerre de 1914, un cours professionnel de typographie puis de lithographie, fut créé en 1927 par la section ouvrière. En 1943, il devint une association loi 1901, dirigée par les ouvriers, cadres et maîtres imprimeurs. En 1972, létablissement intégra lÉducation nationale.
LÉducation nationale nétait pas seulement omniprésente dans lorganisation de lapprentissage des métiers du Livre, elle lavait placée sous son seul contrôle. Un certain nombre de créations corporatives était devenu des établissements publics. Certaines structures de formation étaient restées privées, mais sous contrôle de ladministration. À partie de 1946, une résistance sorganisa contre le ministère, ce qui donna à lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" une autorité quelle navait pas avant la guerre. On comprend beaucoup mieux la volonté de R. Ranc XE "Ranc, Robert (1905-1984)" de ne pas mêler lécole Estienne à ce conflit, dont elle aurait plus à perdre quà gagner, tant les susceptibilités syndicales étaient exacerbées.
Lannée 1949 permet de constater la pérennité et la force de la culture corporative dans le Livre. Lintérêt des accords de 1949 ne se trouve pas dans le contenu du texte, qui apportait peu de changements. Cela ne signifie pas que lattitude des syndicats patronaux, ouvriers et de cadres avait peu évolué. Ces accords étaient, comme les précédents, le fruits danciens débats dont laboutissement était lexigence de la fréquentation de cours professionnels, de programmes et dexamen de fin dapprentissage à valeur nationale. Sur le fond, peu de choses séparaient les objectifs de la D.G.E.T. de ceux de la profession. Ce fut sur la forme que la confrontation fut et resta vive : par essence, les « fonctionnaires » navaient aucune légitimité à singérer dans des négociations professionnelles de ce type.
Dans le conflit entre lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" et le ministère de lÉducation nationale, la presse professionnelle du Livre ne fit pas allusion à lécole Estienne. Cest dautant plus remarquable quelle représentait non seulement lÉtat mais aussi un mode dapprentissage considéré comme la norme à partir de 1945.
Lécole Estienne dépendait de plus en plus du ministère de lÉducation nationale, et malgré les velléités du conseil municipal de Paris, son statut municipal lui était dun faible secours. Labsence dengagement massif de lÉtat fut pour létablissement un handicap important avant guerre puisquil fallut attendre 1938 pour que soit entrepris des travaux prévus depuis 1931. La direction de S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , marquée par la malchance, fut dominée par des problèmes strictement budgétaires, alors que le directeur sut parallèlement rénover lenseignement graphique de lécole. R. Ranc XE "Ranc, Robert (1905-1984)" eut la chance de trouver à ses côtés un ministère à la fois volontaire et doté de moyens suffisants pour que lécole du Livre resta le premier centre de formation professionnelle de France.
Conclusion
Lapprentissage dans les industries du Livre est centrale. Il nest pas seulement un enjeu social, économique ou technique, il est aussi le garant dune culture professionnelle et syndicale forte, même si la tendance au malthusianisme professionnel est le revers de limportance quon lui donne. Cette certitude navait cependant pas fait lobjet détudes précises, et bien que cette thèse donne un aperçu biaisé de ce sujet, elle permet de le confirmer.
Lapprentissage des métiers du Livre a été souvent résumé à des négociations entre patrons et ouvriers, dont un des résultats les plus spectaculaires était la limitation du nombre des apprentis. Or, il y eut une évolution dans lapproche de cette question. Le malthusianisme professionnel ne fut pas toujours dominant dans les débats. Si limmense majorité des ouvriers et des patrons demeurent fortement attachés à une formation traditionnelle, une minorité active a indéniablement orienté les débats sur le contenu et la qualité de cette formation, et dès le début des années 1880. Lattitude de Auguste Keufer est tout à fait représentative : extrêmement conservateur sur ce que devait être lapprentissage dans lidéal, il fut cependant un des artisans de ladoption du principe de la formation professionnelle en alternance. Dès les années 1880, on reconnaissait que latelier nétait plus le meilleur lieu de formation. La lenteur avec laquelle lobligation de fréquenter des cours, le soir puis pendant la journée de travail, sest imposée dans les textes, sexplique moins par des réticences internes à la corporation que par lhistoire sociale et économique en général. Les accords de 1923, même si leur application fut tardive, officialisent ladoption par la profession dun apprentissage obligatoire hors de latelier, admis en fait dès la fin du xixe siècle.
Mais les débats corporatifs durent tenir compte du rôle de plus en plus important de lÉtat. La profession fut totalement hostile à toute ingérence des pouvoirs publiques dans lorganisation de lapprentissage jusquà la Première Guerre mondiale. Pendant cette période, la vieille culture corporative récusait aux fonctionnaires et aux hommes politiques, qui « ne sont pas du métier », toute compétence en ce domaine. Il est vrai que les négociations paritaires avaient depuis longtemps fait leurs preuves. Mais cest dabord et surtout la crainte de devoir se soumettre à des règles qui risqueraient de mettre en cause leurs pratiques sociales, économiques et syndicales qui mobilisa les ouvriers et patrons, alors que leurs motivations étaient différentes, contre les pouvoirs publics.
Cette hostilité de principe ne disparaît pas après 1918 mais elle sest sensiblement émoussée. La loi Astier sans déchaîner lenthousiasme na pas été combattue comme on aurait pu sy attendre : sans se sentir liés par le texte de la loi, ouvriers et patrons en approuvaient lesprit. Mais cest surtout à cette période que la profession inaugura une stratégie où lÉtat faisait figure dallié ou dennemi selon les cas et les acteurs. La Direction générale de lEnseignement technique, avec Edmond Labbé puis Hippolyte Luc, profita de cette situation nouvelle en devenant un interlocuteur légitime voire dans certain cas, comme en 1939, indispensable.
Cet équilibre fut rompu à la Libération. La IVe République imposa une réglementation nationale où désormais seul le ministère de lÉducation national était responsable du contrôle de lapprentissage en France. Pour le patronat et les ouvriers, ce fut inacceptable. Les industries du Livre ne furent pas la seule branche où la confrontation avec le ministère fut difficile, mais elles déployèrent une énergie remarquable quoique peu efficace pour défendre leur autonomie. LInstitut national des industries et arts graphiques, créé initialement par la D.G.E.T., devint alors linstrument de défense de la profession contre lÉtat.
Lécole Estienne devient dans cette chronologie bien plus quune des premières écoles de formation aux métiers du Livre. Symbole de lingérence de lÉtat dans la vie de la profession à sa naissance, elle fut en 1949 considérée comme faisant partie de la vie de corporation. Certes, soixante années furent largement suffisantes pour calmer les esprits. Mais la reconnaissance dont elle bénéficie à la fin des années quarante est cependant singulière.
Lécole Estienne est dabord une école professionnelle publique comme dautres créées à la même époque. Elle est présentée comme le symbole du Progrès face à un apprentissage moribond. La politique denseignement des conseillers municipaux était à la fois le signe de lingérence de plus en plus grande des pouvoirs publiques dans lorganisation de la formation professionnelle et la manifestation de lindépendance municipale contre le pouvoir central. La crise que lécole Estienne traversa en 1891 montre à quel point la profession nétait pas prête à admettre de telles initiatives. Cependant, même à ce moment, rares furent ceux dans la corporation qui exigèrent sa disparition.
Lexistence de lécole Estienne navait pas remis en cause lapprentissage traditionnel. La profession elle-même considérait que lon ne pouvait laisser lorganisation de lapprentissage en létat. Mais elle avait troublé brutalement le débat en cours sur lefficacité à la fois technique et sociale dune formation hors de latelier. Si le passage par latelier était décrié, il présentait toujours un certain nombre de vertus : une meilleure formation technique, une meilleure intégration sociale. Une partie des élèves de lécole eux-mêmes reflétaient cette culture de latelier en écourtant leur scolarité : entrer sur le marché du travail restait le plus court chemin vers lautonomie. En réalité, on ne reprochait pas à lécole Estienne de vouloir former des élèves hors de latelier, mais de le faire uniquement dans un cadre scolaire dont le contrôle échappait par essence à la corporation.
Pendant lentre-deux-guerres, limage du jeune homme fraîchement sorti de lécole Estienne, lent, incompétent et prétentieux, ne disparut jamais tout à fait. Mais de même que larbitrage de lÉtat était désormais toléré, lécole Estienne était acceptée comme lieu de formation légitime. Pour le patronat parisien, elle devint surtout un centre commode qui lui permettait dorganiser lapprentissage à moindre frais. La Fédération française des travailleurs de Livre sembla plus indifférente et plus conservatrice. Une formation uniquement scolarisée restait lexception et nétait tolérée que dans quelques cas (lécole dAlembert, lécole Estienne, lécole Baggio), car on nimaginait pas que ce « modèle » put sétendre. Par ailleurs, lévolution des carrières des anciens élèves montrait que lécole Estienne formait en réalité des cadres, ce qui faisait de lécole un établissement supérieur. Pour ces deux raisons, la profession reconnaissait quelle était exceptionnelle mais refusait de lui reconnaître le droit de se poser comme un modèle dans lorganisation de lapprentissage des métiers du Livre.
Mais lhistoire de lécole Estienne nest pas seulement marquée par ses relations avec les organisations syndicales. Dès les années 1900, les crédits commencèrent à baisser et le soutien quelle aurait pu attendre du Conseil municipal devint de plus en plus aléatoire. Cette situation fut commune aux autres écoles municipales professionnelles de Paris. Les conséquences furent graves, poussant Hippolyte Fontaine puis Georges Lecomte à solliciter le patronat du Livre, qui répondit plus ou moins à cet appel. Il faut attendre les années trente pour que lÉtat, avec la Direction générale de lEnseignement technique, prenne la place quaurait dû occuper le conseil municipal de Paris. Ainsi, la Direction générale devenait à la fois de plus en plus présente dans la vie de la profession et dans celle de lécole. Cet appui fut dautant plus spectaculaire que Hippolyte Luc fit sien le projet de Sylvain Sauvage, directeur de lécole depuis 1934, de faire de létablissement une école supérieure, imposée comme modèle à la profession du Livre. Faute de moyens financiers, le projet naboutit pas.
Lécole Estienne fut au cur du débat sur lapprentissage dans les industries du Livre jusquen 1918, ensuite un établissement qui bénéficia dune relative reconnaissance professionnelle. De fait, si son histoire est un miroir qui permet détudier celle de lorganisation de lapprentissage dans le Livre, cest aussi un miroir déformant. Ainsi, lévolution des formations quelles dispensent sont révélatrices des modifications des qualifications, comme loffset ou la photogravure, mais avec des distorsions, comme le maintien difficile de métiers plus « artisanaux » ou artistiques ou labsence de véritable cours de composition mécanique. Lécole Estienne connaît à la fois les préoccupations de la profession et celle dun établissement publique « comme les autres ».
Limage de lécole Estienne, comme un des principaux lieux de formation par la profession du Livre, se confirma par la suite. Lhistoire de la formation professionnelle dans le Livre après 1949 se résume principalement par les conflits entre la profession, représentée par lI.N.I.A.G., et le ministère de lÉducation nationale qui devinrent monnaie courante, faisant parfois de lécole Estienne un intermédiaire et de sa bibliothèque un lieu de réunion.
Les nouveaux CAP, homologués par les autorités en 1953, continuèrent de provoquer des conflits entre la profession et le ministère de lÉducation nationale. Pour le ministère, il faut non seulement que les CAP dune spécialité soit de valeur nationale, mais que les CAP dans leur ensemble aient un maximum de points communs, dont celle de la durée. Ainsi, au début des années soixante, la profession défendit les quatre années de formation au lieu des deux ans exigés par le ministère. Lautre motif de conflit, plus grave dans ses conséquences, fut lextension du modèle de formation scolarisée. Pour lÉtat, la norme est celle des écoles professionnelles, assurant un enseignement général et technique. Face à ce mouvement de création détablissements publics, la profession fut beaucoup plus démunie. Comme lécole Estienne, ces établissements publics échappaient donc à la réglementation corporative de lapprentissage et notamment rendaient complètement caduque la limitation du nombre des apprentis. En 1956, une nouvelle convention nationale de lapprentissage comportait à nouveau un article précisant la proportion dapprentis tolérés, cest-à-dire entre 20 et 30 % du nombre des ouvriers. Le rapport de force étant inégal, lI.N.I.A.G. et les organisations syndicales durent se résigner à la fondation de ces écoles professionnelles mais en donnant leur avis, symbolique, sur la carte scolaire. Ceci plaçait plus que jamais la F.F.T.L. dans une situation inconfortable puisque la C.G.T. depuis 1945 défendait quant à elle la formation des adolescents dans les collèges techniques dont elle réclamait la multiplication.
Du côté patronal, on sembla de moins en moins arc-bouté sur ces principes et on considéra que la prise en charge de la formation par lÉtat était somme toute assez commode. Cependant, en 1956, la Fédération française des syndicats patronaux de limprimerie créa lInstitut professionnel des recherches et détudes des industries graphiques (I.P.R.E.I.G.), qui était en fait le successeur de lOffice technique de limprimerie. Lécole Estienne passa un accord avec lI.P.R.E.I.G. pour organiser des cours de formations. Parallèlement, lécole Estienne continuait dassurer les cours pour apprentis, dits « cours Astier », en association avec lI.N.I.A.G.
Lunion entre patrons et ouvriers au sein de lI.N.I.A.G. devint de plus en plus difficile à maintenir et éclata avec la crise économique et surtout technologique dans les années 1970, qui bouleversa totalement les formations beaucoup fortement que les innovations techniques du xixe siècle. De fait, il fallait revoir les qualifications mais aussi savoir ce quallaient devenir les nombreux ouvriers de lindustrie typographique. LI.N.I.A.G. ne survécut pas à cette crise sociale que ces bouleversements techniques avaient provoquée. En 1983, il déposait son bilan. Depuis, les syndicats patronaux et ouvriers ont leurs propres organismes de formation professionnelle.
Dans ce contexte, lécole Estienne fit figure détablissement stable, auprès duquel la profession pouvait éventuellement trouver un allié dans ses conflits avec le ministère de lÉducation nationale.
Outre la modernisation de lécole, Robert Ranc réussit surtout à faire de létablissement un lieu neutre, où la profession pouvait se faire entendre mais non imposer ses vues. Ceci a peut-être permis à lécole Estienne de maintenir sa supériorité en créant de nouveaux diplômes. En 1957, les conditions dadmissions furent modifiées, les candidats étant admis après la classe de 3e ou sur possession du B.E.P.C., et la direction créa une section supérieure. Cette section servit de laboratoire pour la création des premiers brevets de techniciens en 1962, puis en 1970 la création du premier brevet de technicien supérieur. Ces créations de diplômes se poursuivirent en 1983 avec le diplôme supérieur des arts et techniques de communication.
La personnalité extrêmement forte du directeur saccompagnait de méthodes de travail que daucun jugeait un peu autoritaires mais efficaces. Il réussit à obtenir des machines de la part du patronat et des constructeurs et organisa de manière extrêmement efficace le placement des élèves. Mais son uvre ne fut pas seulement industrielle. Il préserva et mit en valeur la formation artistique de lécole. Il continua la tradition éditoriale, en créant une nouvelle collection, Les Inédits. Il participa en 1952 à la création des rencontres de Lure, avec Maximilien Vox, Jean Giono et Jean Garcia, bien que ses relations avec Maximilien Vox eussent toujours été très difficiles. Érudit, brillant, volontaire jusquà lautoritarisme, Robert Ranc marqua lensemble de la profession. En mai 1968, ce fut le drame : il considéra les manifestations des élèves comme étant des attaques directes contre sa personne, lui qui pensait avoir fait de lécole un établissement majeur. En 1969, il quitta ses fonctions.
Ce départ brutal constitue une rupture symbolique dans lhistoire de lécole. Son successeur André Barre, un graveur, décéda un an plus tard. Depuis, trois proviseurs se sont succédés : Roland Depretto en 1971, Gérard Patenotte en 1987, et Christiane Loisel en 1995. En 1971, lécole Estienne devenait lécole supérieure des arts et industries graphiques, alors que la crise économique et technologique remettait brutalement en cause des pans entiers de son enseignement. Lécole supérieure Estienne se trouva devant lalternative de continuer à préserver la tradition du Livre ou de la bouleverser au profit de lindustrie moderne. On choisit de supprimer la typographie de lenseignement de lécole. Comme par le passé, lenjeu de létablissement est de sadapter au mieux aux évolutions techniques afin dassurer aux élèves de véritables débouchés professionnels. Mais on choisit également de modifier considérablement les niveaux de qualification : on ne prépare plus de CAP à Estienne. La disparition de lI.N.I.A.G. ne remit pas fondamentalement en cause la tradition de formation pour les élèves de « lextérieur ». Désormais, lécole Estienne nassure plus la formation des adolescents mais des adultes dans le cadre de la formation continue.
Aujourdhui lécole Estienne recrute de plus en plus au niveau du baccalauréat et la formation douvriers qualifiés nest plus quun lointain souvenir. Lécole Estienne continue dêtre un des principaux centres de formation des industries du Livre, mais avec un glissement dans deux directions. Dune part, elle forme surtout des techniciens supérieurs (avec un niveau équivalent au baccalauréat plus deux à cinq années détude) et dautre part, aux métiers dits de la « communication », où le support quest le papier tendrait à perdre en importance. Toutefois, les métiers plus artisanaux, comme la reliure et la gravure, demeurent.
De sa fondation à aujourdhui, lécole Estienne reflète à sa manière les changements et bouleversements de la profession. Mais, la multiplication relative des lycées professionnels formant aux métiers graphiques depuis la Libération a ôté en partie à lécole du boulevard Blanqui son caractère de quasi exception. Cependant, aujourdhui encore, lécole Estienne reste un établissement particulier aux yeux de la profession qui sest résignée à lexistence des écoles professionnelles, collèges ou lycées. Les Centres de formation dapprentis, héritiers des cours professionnels créés à partir de la fin du xixe siècle, sont aujourdhui peu nombreux.
Lécole Estienne a sans aucun doute influencé les syndicats du Livre dans lorganisation de la formation professionnelle. Elle a notamment servi de modèle dans le contenu des programmes et des examens des CAP. Mais, curieusement, elle na pas conduit la profession à admettre quil était possible et surtout souhaitable de former en France des ouvriers qualifiés hors de latelier. De ce point de vue, lécole Estienne fut un échec. Mais cest justement cet échec qui a fait delle un établissement à part aux yeux de la profession et qui la protégé des conflits entre les industries du Livre et lÉtat.
INDEX INDEX \c "2" \z "1036" Bargilliat, 230, 258
Alary, Jacques, 80, 155
Allemane, Jean (1843-1935), 101, 103, 105
Angelé, Jean-Baptiste, 133, 171
Assistance publique, 67, 77, 150
Association amicale des anciens élèves de limprimerie Chaix, 212
Association des anciens élèves de lécole Estienne, 158, 162, 173, 178, 179, 180, 181, 183, 193, 210, 211, 212, 218, 230, 244, 261, 264
Association française pour le développement de lEnseignement technique, 152, 154, 173, 179, 195
Association Gutenberg, 76, 77, 99, 121
Aster, Placide (1856-1918), 190
Audoux, Marguerite, 307
Auriol, Georges (1863-1938), 213, 242
Bagge, Eric, 238, 245
Balzac, Honoré (de), 304
Barthelet, Edmond, 168, 169
Baudelaire, Charles, 305
Benoist-Méchin, Jacques, 309
Béraldi, Henri, 156, 157
Besançon, 149
Bienner, Edmond, 211
Blondel, 135
Bonard, Maurice (1879-1938), 244
Bonfils, Robert (1886-1972), 213, 215, 225, 242, 245, 252, 255, 256, 258, 260, 262, 308, 311
Bonnard, Abel (1883-1968), 255, 256
Bordeaux, 149, 170, 194, 200, 209, 252, 275, 309, 310
Bouché, Louis (1837-1891), 113, 115
Boudreaux, Pierre, 182
Bouisse, Henri, 161, 164, 165, 219, 220, 223, 225, 226, 248, 256
Bourdel, Joseph, 196, 205
Breton, Victor (1844-1916), 104, 105, 113, 115, 116, 117, 118, 122, 126, 130, 133, 139, 142, 143, 144, 145, 148, 149, 150, 162, 163, 165, 167, 172, 178, 208, 219, 221, 225, 298, 299, 300, 301, 302, 304, 339, 345, 346, 347, 348, 349, 350, 361
Broin, 88, 89, 90, 91, 92, 93, 94, 100, 110
Bruxelles, 72
Buisson, Albert, 263
Burgard, 173, 174
Bussière, Fernand, 311
Carabin, R., 305
Carcopino, Jérôme, 309
Carel, 173
Carriot, H., 125, 126, 127
Cassandre, Adolphe Mouron, dit (1901-1968), 272
Cendrars, Blaise, 309
Chaix, Alban, 61, 72, 146
Chamerot, Georges., 144, 145, 147, 168
Champenois, Ferdinand, 76, 77, 99, 102, 109, 114, 124, 133
Chandauzel, Georges, 226, 306, 308, 310
Charpentier, 205
Chauvière, 111
Conseil supérieur du Travail, 148, 173, 189
Contenot, Georges, 253, 264, 308
Cours de préapprentissage de la rue Madame, 199, 230, 277
Cours professionnels du syndicat patronale de la reliure, 199, 277
Cretté, Georges (1893-1969), 178, 270
Cusset, Joseph, 109, 114, 118, 121
DEsparbès, Georges, 307, 377
Da Costa, Gaston (1850-1909), 115, 122, 123, 126, 298
Damy, Alfred, 158, 162, 173, 174
Daudet, Alphonse, 307, 372
Dausset, Louis, 155, 157, 302
Davanne, 110
Decour, Francisque, 160, 161, 163, 179, 239
Degaast, Georges (1884-1940), 178
Delmas, Gabriel, 170, 194, 198, 200, 201
Demichel, Émile, 216
Depasse, Hector (1842-1911), 89, 90, 91, 92, 93, 94, 96, 98, 109, 110, 119
Dérué (lieutenant colonel), François-Jules, 303
Deslandres, Emile (1866-1935), 217, 243, 305
Desormes, Emile (1850-1923), 145
Distribué, Eugène, 305
Donnay, Maurice, 309
Douay, Paul, 300
Dreyfus, E., 94, 172, 173, 174
Druot, 216
Duchêne, Jules (1839-1913), 141, 170
Dufour, Louis, 260, 275
Eberlé, 309
École Baggio, 150, 188, 249
École Chaix, 72, 73, 111, 147, 194
École dAlembert, 67, 150, 188
École des dessinateurs lithographes, 88, 95, 99, 106, 107, 116, 123
École française du papier, 76
École Gutenberg, 73, 77, 81, 91, 95, 97, 98, 99, 104, 110, 121, 126, 138, 139, 140, 144, 146, 147, 156, 158, 168, 169, 186, 193, 201
École professionelle de la Chambre syndicale du papier et des industries qui le transforme, 99, 173
École typographique de Bruxelles, 72
Ehni, Edouard (1900-1963), 266
Engel, Jean (1811-1892), 53, 75
Faure, Félix (1841-1899), 120
Féry, Charles, 307
Fiquet, René (1879-1964), 192, 193, 205, 206, 210, 217, 226, 243, 253
Flaubert, Gustave, 308
Fontaine, Charles, 304
Fontaine, Hippolyte, 130, 150, 151, 152, 154, 157, 166, 167, 168, 169, 170, 172, 173, 174, 175, 178, 180, 205, 244
frayssinet, Pierre, 130, 132, 133, 137, 139, 140, 143, 148, 150, 151
Frémy, Maurice, 310
Gambetta, Léon (1838-1882), 87
Gentier, G., 301
Gervais, Théophile, 298
Giraldon, Ferdinand, 270
Godard, 305
Grappe, Georges, 307
Grasset, Eugène, 305
Grasset, Eugène (1845-1917), 180, 213
Gréard, Octave (1828-1904), 62, 67, 86
Grenoble, 76, 149
Guernier, Louis, 111, 299, 302
Hardy, Léopold, 205, 206, 218, 246
Haurigot, Paul, 311
Haussmann, Georges, baron (1809-1891), 84, 85, 154
Haustont, Jean, 303
Hémon, Louis, 309
Hénaffe, Jules (1897-1921), 155
Hersent, 131
Hovelacque, Abel (1843-1896), 87, 88, 89, 90, 96, 98, 101, 103, 105, 106, 109, 110, 111, 118, 124, 132, 136, 251
Humbert, Alphonse (1844-1922), 134
Imprimerie Chaix, 212
Imprimerie Claye, 61, 62
Imprimerie de Vaugirard, 194
Imprimerie Dupré, 61
Imprimerie Godchaux et Cie, 61
Imprimerie Gras, 61
Imprimerie Oberthur, 61
Institut national des industries et arts du Livre, 228, 229, 231, 232, 233, 234, 235, 236, 237, 244, 246, 247, 249, 257, 258, 259, 271, 272, 274, 275, 276, 278
Jacob, E. J., 51, 80, 188, 196, 206
Janneau, Guillaume, 308
Jouenne, Léon, 163, 240
Journeau, A., 307
Journeau, Auguste, 231, 235, 271
Jousset, Gabriel (1829-1896), 73, 74, 95, 98, 104, 121, 140, 144, 145, 146
Kapp, Emile, 246, 257
Kern, Emile, 299
Keufer, Auguste (1851-1924), 80, 81, 100, 101, 102, 104, 105, 113, 114, 142, 145, 148, 150, 170, 172, 173, 174, 175, 176, 183, 184, 185, 186, 187, 188, 189, 191, 192, 195, 196, 200, 205, 219
Kieffer, René (1875-1964), 215
La Fontaine, Jean (de), 301
La Rochefoucauld, François (duc de), 305
La Varende, Jean, 310
Labbé, Edmond, 190, 195, 204
Labouret, André, 299, 313, 318, 345, 346, 347, 348, 349, 350, 361
Labouret, André Sylvain (1844-1909), 144
Lalou, Georges, 305
Lambeau, Lucien, 303
Lampué, 111, 125, 132, 133, 134, 135, 139, 158, 159, 163, 174, 175
Lanier, 113
Laporte, Antoine, 122
Largentier, Auguste (1887-1969), 220, 248
Larivière, Pierre, 165
Laval, Pierre, 310
Lavedan, Henri, 306, 365
Lavisse, Ernest, 304
Le Havre, 67, 86, 149
Le Rolland, Paul, 263
Lecomte, Georges (1867-1958), 173, 175, 177, 178, 179, 180, 181, 182, 184, 185, 186, 187, 193, 205, 206, 210, 212, 213, 214, 216, 217, 220, 224, 226, 227, 228, 238, 239, 240, 243, 245, 252, 306
Leipzig, 166, 181
Lemale, Jules, 75
Lemale, Jules (1853-1933), 75
Lequatre, Georges, 299
Letouzey, V., 311
Lille, 60, 85, 86, 149, 154, 219, 248
Limoges, 132, 149
Liochon, Claude (1880-1941), 192, 195, 197, 203, 219, 231, 234, 237, 248, 249
Londres, 72, 169
Lorilleux, Charles, 146
Lortic, 109, 133
Luc, Hippolyte (1883-1946), 190, 231, 237, 239, 244, 247, 249, 253, 260, 263
Lucas, Charles (1838-1905), 89, 109, 119
Lycée professionnel des industries du Livre de Colombes, 260
Lyon, 71, 81, 141, 148, 149, 173, 209, 265
Magnuski, Marcel (1841-1930 ?), 87, 88, 89, 90, 97, 102, 106, 111, 112, 114, 122, 123, 124, 125, 127, 128, 131, 135, 136, 137, 175
Malherbe (de), 173, 186
Mangeot, Alexis, 113, 221
Marius-Michel, Henri, 305
Marseille, 82, 142, 148, 149, 209
Martignon, A., 310
Masson, 113, 173
Maulde, Emile, 231, 232, 236, 237, 250, 258, 259
Mauler, Eugène (1850-1906), 114
Mayeur, 307
Menjot de Dammartin, Samuel (1836-1920), 120
Michel, Victor-Paul, 63, 64, 87, 109, 119, 120, 133, 156, 157, 164, 167, 182, 215, 258, 260, 267
Michelet, Jules, 304, 360
Milan, 72
Mincel, Jean, 311
Montpellier, 61
Morane, 111
Morin, Edmond (1859-1937), 104, 105, 109, 114, 115, 122, 126, 133, 138, 141, 143
Motteroz, Claude, 110, 113
Motti, Henri-Lambert (1863-1931), 194, 195, 198, 199, 203, 204, 205
Munsch, René Henry, 242, 311
Nancy, 73, 191
Nantes, 149, 201
Néret, Jean-Alexis, 310
Nerval, Gérard (de), 310
Noblet, Charles, 73, 74
Office professionnel du Livre, 273
Office technique de limprimerie, 230, 244, 258
Pannemaker, Stéphane (1847-1930), 163
Paris, René, 242
Brunhoff, 256
Patenne, 111
Peignot, Charles, 241, 257, 258
Pierret, 171
Pingrenon, Renée, 302
Plateau, 173
Plon, Eugène, 146
Plurdau, Alexandre, 114, 163, 164
Poëncin, Emile (1889-1967), 220
Poitiers, 61
Ponsot, Georges, 309
Prache, André, 125, 128, 258
Privat, Edouard (1876-1934), 200
Rageot, Georges, 263, 273
Ranc, Robert (1905-1984), 234, 237, 249, 250, 261, 265, 266, 267, 272, 278
Raoult, Jean, 242
Rennes, 61
Renouard, Philippe (1862-1934), 147, 158, 168, 186, 187, 213
Ricci, Seymour (de), 309
Rives, Marcel, 257, 273
Rocher, Edmond, 178, 239, 308
Roger, Ernest, 305
Roubaix, 173, 174, 175, 179, 183, 184, 186, 188, 234
Rousset, Camille, 155, 156, 157, 159, 168
Roy, L., 309
Roy, P. A., 309
Saint Bride Foundation, 72, 169, 186
Saint-Exupéry, Antoine (de), 311
Salomon, Louis, 271
Sanier, Gustave (1827-1890), 76, 77, 81, 82, 88, 95, 96, 99, 106, 107, 123, 144
Sauvage, Sylvain (1888-1948), 228, 238, 239, 240, 241, 242, 243, 244, 245, 249, 251, 252, 253, 255, 256, 257, 258, 259, 260, 261, 262, 263, 264, 265, 266, 267, 268, 270, 271, 272, 278, 309, 310
Sauvigny, Albert, 224
Say, Léon, 86
Schiller, Charles, 299, 300
Scize, Pierre, 308
Sédard, Eugène (1857-1930), 144, 158, 172
Spuller, Eugène (1835-1896), 88, 90, 91, 92, 94, 100
Stevenson, Robert Louis, 310
Texier, René (1887-1933), 211, 212, 218
Theureau, E, 310
Thierry, Maurice (de), 300
Tilly, 110
Toulouse, 81, 132, 148, 200, 204, 252, 277
Tours, 61, 149
Toussain, Paul (1925-1943), 256
Toussain, Pierre (1920-1943), 256
Turin, 72
Valéry, Paul, 310
Valette, Arthur (18..-1912), 141, 150
Valette, Georges, 162, 214, 215, 226, 245, 251, 270, 271, 307, 308, 309, 310
Verlaine, Paul, 305
Vieuchange, Michel, 308
Villain, Georges, 128
Vox, Maximilien (1894-1974), 241, 258, 273, 277
Weiss, René, 307, 366
Wolf-Lefranc, Madeleine (1901-1996), 270
Graphiques
Graphique 1 : Nombre délèves entrés en première année, par promotion, de 1889 à 1949.
Graphique 2 : Pourcentage délèves qui ont abandonné en cours de scolarité, par promotion, de 1889 à 1949.
Graphique 3 : Origine géographique des élèves, par promotion, en pourcentage, de 1889 à 1949.
Graphique 4 : Origine socioprofessionnelle des élèves, en fonction de la profession du chef de famille, par promotion, en pourcentage, de 1889 à 1949.
Graphique 5 : Pourcentage des élèves dont le chef de famille travaille dans les industries du Livre, par promotion, de 1889 à 1949.
Graphique 6 : Budget de lécole Estienne en francs constants (daprès les Comptes de la Ville de Paris) de 1889 à 1949.
Graphique 7 : Poste « Matériel » du budget de lécole Estienne en francs constants (daprès les Comptes de la Ville de Paris) de 1889 à 1949.
Catalogue
Éditions de lécole Estienne
1889-1949
suivi des
Éditions de lI.N.I.A.G.
1943-1949
Livres et brochures
1889-1949
Présentation
Ce catalogue est sans aucun doute incomplet. Nous avons utilisé les fichiers et collections de bibliothèques parisiennes : bibliothèque de lécole Estienne, Bibliothèque des Arts graphiques, Bibliothèque administrative de la Ville de Paris, Bibliothèque de lInstitut national de recherche pédagogique, Bibliothèque nationale de France. Certains ouvrages sont présentés avec des références incomplètes : ils ont été signalés dans la presse professionnelle de lépoque mais nous ne les avons pas retrouvés.
1889
Da Costa, Gaston XE "Da Costa, Gaston" , Cours dadultes pour les apprentis et ouvriers du livres. Conférence dinauguration. Paris, École municipale Estienne-Imprimerie Motteroz, Imprimeries réunies, 1889, in-16, 15 p.
1890
Breton, Victor XE "Breton, Victor" , Cours élémentaire de composition typographique à lusage des élèves de première année (année dessai préparatoire), Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1890, in-8°, X-104 p.
1891
Catalogue de la bibliothèque de lécole, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1891, in-8°, 127 p.
Distribution solennelle des prix faite aux élèves de lécole le 26 juillet 1891, à lamphithéâtre de la Vieille Sorbonne, sous la présidence de M. Stupuy, conseiller municipal, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1891, in-8°, 68 p.
Hygiène du compositeur, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1891, in-8°, 8 p.
Programme de lenseignement de lécole Estienne adopté par le Conseil de surveillance, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1891, in-8°, 47 p.
Breton, Victor XE "Breton, Victor" , Petit cours de mise en pages et dimpositions à lusage des apprentis de 3e et de 4e année, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1891, in-8°, IX-215 p.
1892
Gervais, Théophile XE "Gervais, Théophile" , Précis sur les rouleaux typographiques, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1892, in-8°, 8 p.
1893
Le Livre, appréciations quen font les écrivains et les philosophes, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1893, in-16, 35 p.
Breton, Victor XE "Breton, Victor" , Essais progressifs de composition typographique des tableaux et travaux de ville divers, avec un appendice sur la composition des langues orientales par M. A. Labouret XE "Labouret, André" . Ouvrage destiné aux élèves de 2e, 3e et 4e années, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1893, in-4°, VIII-290 p. et IV-50 p.
Kern, Émile XE "Kern, Emile" , Choix de maximes des anciens, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1893, in-8°, 20 p.
Labouret, André XE "Labouret, André" , Notions de typographie orientale. Appendice aux essais progressifs de composition typographique de M. Victor Breton, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1893, in-4°, IV-50 p.
Schiller, Charles XE "Schiller, Charles" , Esquisses typographiques. Les compositeurs, Paris, imprimerie de lécole Estienne, 1893, in-8°, 23 p.
1894
École municipale de Physique et de Chimie industrielle. Programme dadministration et denseignement intérieur de lécole, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1894, in-12, 43 p.
Notice sur lécole Estienne. École municipale des Arts et Industries du Livre, Paris, Imprimerie Estienne, 1894, in-8°, 20 p.
Notice sur lécole Estienne. École municipale professionnelle des Arts et Industries du Livre, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, mai 1894, in-8°, 15 p.
Breton, Victor XE "Breton, Victor" , Notice sur la coupe des filets. 1894. (na pas été retrouvé)
Guernier, Louis XE "Guernier, Louis" , Règles générales pour la composition des titres et des couvertures. Conférences faites aux cours du soir de lécole Estienne, Paris, Typographie de lécole Estienne (cours du soir), 1894, in-8°, 22 p.
Lequatre, Georges XE "Lequatre, Georges" , Exposition internationale du Livre et des Industries du papier (extrait de la Revue des arts décoratifs, août 1894), Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1894, in-16, 18 p.
1895
Notice sur lécole Estienne. École municipale professionnelle des Arts et Industries du Livre, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1895, in-8°, 16 p.
1896
Lenseignement à lécole municipale Estienne. Programme adopté par le conseil de surveillance, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1896, in-8°, 46 p.
Notice sur lécole Estienne. École municipale professionnelle des Arts et Industries du Livre, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1896, in-8°, 15 p.
Règlement intérieur relatif au personnel de lécole Estienne, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1896, in-8°, 19 p.
Souvenir de linauguration, Paris, le 1er juillet 1896. Déclaration des droits de lhomme et du citoyen. Lois constitutionnelles. Assemblée nationale du 17 janvier 1895. Notice sur lécole Estienne, [Paris], [École Estienne], [1896], in-folio, IV-67 p.
Douay, Paul XE "Douay, Paul" , Allocution prononcées par le président du syndicat M. Paul Douay à loccasion du passage à Amiens des élèves de lécole Estienne en tournée scolaire le 27 juillet 1896 au syndicat typographique dAmiens, [Paris], [École Estienne], 1896, 15 p.
Schiller, Charles XE "Schiller, Charles" , Esquisses typographiques. Les compositeurs dimprimerie. Étude extraite des Annales de la typographie du 1er décembre 1838, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1896, in-8°, 26 p.
1897
Les Fêtes de la municipalité de Paris. Les sauveteurs des victimes du Bazar de la charité à lHôtel de Ville, le 3 juin 1897, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1897, in-4°, 34 p.
Petit guide du visiteur à lécole Estienne, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1897, in-8°, 9 p.
Bigeon, Henri, Société scientifique et littéraire des instituteurs de France. École Vauquelin. Lart au moyen-âge. Éducation artistique et industriel au moyen-âge et aujourdhui. Conférence faite devant la société, le 23 janvier 1896, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1897, in-8°, 44 p.
Breton, Victor, Notice, Notice sur la coupe des filets. Deuxième édition réservée aux élèves compositeurs de lécole Estienne, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1897, in-8°, 67 p.
Thierry, Maurice (de) XE "Thierry, Maurice (de)" , Société scientifique et littéraire des instituteurs de France. École Vauquelin. Le Mont Blanc. Conférence faite devant la société, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1897, in-8°, 84 p.
1898
Cérémonie dinauguration le 1er juillet 1896 par la municipalité de Paris des nouveaux bâtiments de lécole Estienne, 18, boulevard dItalie, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1898, in-folio, 44 p.
Les Fêtes de la municipalité de Paris. Inauguration de la rue Réaumur, le 7 février 1897, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1898, in-4°, 40 p.
Les Fêtes de la municipalité de Paris. Réception de M. le docteur Friedtjof Nansen, le 27 mars 1897, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, in-4°, 40 p.
Notice sur lécole Estienne. École municipale professionnelle des Arts et Industries du Livre, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1898, in-8°, 15 p.
Breton, Victor XE "Breton, Victor" , Petite notice sur la composition de lalgèbre et la composition du grec à lusage des élèves compositeurs de 3e et de 4e année. Extraits des Essais progressifs sur la composition typographique, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1898, in-8°, 52 p..
Breton, Victor XE "Breton, Victor" , Petite notice sur la composition des tableaux et la composition des accolades à lusage des élèves compositeurs de 2e, 3e et de 4e année. Extraits des Essais progressifs sur la composition typographique, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1898, in-8°, 52 p.
S. Pace, S. Tienne, Voyage scolaire 1898. Lécole Estienne à La Rochelle, récit véridique de notre excursion, suivi dune chanson sortière par S. Tienne, élèves de lécole Estienne, promotion 1898. Préface dHippolyte Fontaine, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, in-8°, 30 p.
1899
Excursion scolaire du 26 septembre 1899 de lécole Estienne à Corbeil, visite de limprimerie Ed. Crété, visite de la papeterie Darblay, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1899, in-8°, 16 p.
Les Fêtes de la municipalité de Paris. Fête des Beaux-Arts, le 11 juin 1898, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1899, in-4°, 1899, 40 p.
Les Fêtes de la municipalité de Paris. Inauguration du musée Henri Cernuschi, le 26 octobre 1898, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1899, in-4°, 30 p.
Les Fêtes de la municipalité de Paris. Inauguration du Musée historique de la Ville de Paris et de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris (hôtel Carnavalet et hôtel Lepelletier de Saint-Fargeau), le 23 juin 1898, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1899, in-4°, 34 p.
Breton, Victor XE "Breton, Victor" , Petite notice sur la composition des tableaux, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1899, in-8°, 16 p.
Gentier, G. XE "Gentier, G." Petit Traité dimpression typographique à lusage des élèves des quatre années détudes, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, Paris, 1899, in-8°, 43 p.
1900
Monographie de lécole Estienne. École municipale professionnelle des Arts et des Industries du Livre, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1900, in-4°, 228 p.
Ville de Paris. Exposition universelle de 1900. Salon central des écoles professionnelles. Pavillon de la Ville de Paris, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1900, in-4°, 16 p.
La Fontaine, Jean (de) XE "La Fontaine, Jean (de)" , Fables, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1900, grand in-folio, 25 planches.
1901
Breton, Victor XE "Breton, Victor" , Essais progressifs sur la composition typographique des travaux de ville classiques et modernes, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1901-1906, in-folio, VI-309 p.
1902
Les Fêtes de la municipalité de Paris. Réception à lHôtel de Ville des membres de lAssociation internationale des académies, le 20 avril 1901, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1902, in-4°, 40 p.
1903
Les Fêtes de la municipalité de Paris. Délégation du conseil municipal de Paris aux fêtes fédérales de Prague en 1901 (29-30 juin 1901), Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1903, in-4°, 55 p.
Les Fêtes de la municipalité de Paris. Réception à lHôtel de Ville de Paris des membres du parlement anglais et du groupe parlementaire français de larbitrage international, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1903, in-4°, VIII-24 p.
Les Fêtes de la municipalité de Paris. Réception à lHôtel de Ville des délégués de The City of London International and Commercial Association, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1903, in-4°, VIII-16 p.
Inauguration du buste dAbel Hovelacque, ancien député, ancien président du conseil municipal, le dimanche 9 mars 1902, à lécole Estienne, sous la présidence de M. Bouquet, conseiller dÉtat, au ministère du Commerce, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1903, in-4°, 24 p.
Voyage scolaire de 1900 de lécole Estienne en Allemagne (Paris, Leipzig, Berlin, Postdam, Aix-la-Chapelle, Paris), Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1903, in-4°, 53 p.
Guernier, Louis XE "Guernier, Louis" , Conseils pratiques sur la composition typographique, conférences faites aux cours du soir de lÉcole Estienne, Paris, Typographie de lécole Estienne (cours du soir), 1903, in-8°, 147 p.
1904
Les Fêtes de la municipalité de Paris. Réception de la Conférence sanitaire internationale de Paris, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1904, in-4°, X-17 p.
Pierre-François Ricand, président dhonneur de la Société des conducteurs de Gutenberg, [Paris], [École Estienne],1904, in-8°. (na pas été retrouvé)
Breton, Victor XE "Breton, Victor" , Cours élémentaire de composition typographique à lusage des élèves de première année (année dessai préparatoire), Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1904, in-16, 103 p.
Pingrenon, Renée XE "Pingrenon, Renée" , Les Livres ornés et illustrés en couleur, conférence faite au Cercle de la Librairie, le 20 février 1903, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1904, in-4°, 28 p.
1905
École Estienne. Enseignement professionnel des Arts et des Industries graphiques. Notice. Règlement et programme, dix-septième année, 1905-1906, [Paris], [École Estienne], [1905], in-12, 16 p.
Note sur les écoles professionnelles et sur lenseignement du dessin et du travail manuel. Catalogue des objets exposés, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1905, in-8°, 33 p.
Dausset, Louis XE "Dausset, Louis" , Extrait du rapport de M. Dausset sur les écoles professionnelles de la Ville de Paris. Rapport adopté par le Conseil municipal. Lécole Estienne, règlement et programme, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1905, in-8°, 58 p.
Guernier, Louis XE "Guernier, Louis" , Règles à suivre pour limposition, 1905. (na pas été retrouvé)
1906
Les Fêtes de la municipalité de Paris. Réception des parlementaires scandinaves, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1906, in-4°, IV-63 p.
Dérué, François-Jules (lieutenant colonel) XE "Dérué (lieutenant colonel), François-Jules" , Enseignement de la gymnastique dans les écoles primaires supérieures publiques de la Ville de Paris. Mouvement densemble les mains libres, Paris, École Estienne, 1906, in-16, 20 p.
1907
Les Fêtes de la municipalité. Compte rendu officiel de la fête des écoles organisée au Pré-Catelan par la municipalité de Paris, le 18 juin 1905, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1907, in-4°, 43 p. et 4 p.
Haustont, Jean XE "Haustont, Jean" , Notation musicale autonome basée sur la classification des sons daprès le nombre de leurs vibrations § létat actuel du développement physiologique de lorgane de louïe, supprimant toutes les difficultés de la notation diatonique et répondant aux besoins, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1907, in-folio, 39 p.
1908
Discours prononcés aux distributions de prix de 1890 à 1907 à lécole municipale Estienne, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1908, in-8°, 103 p.
Lambeau, Lucien XE "Lambeau, Lucien" , LHôtel de Ville de Paris, Paris, École municipale Estienne, 1908, in-16, 52 p.
1909
Les Impressions en couleurs, 1909. (na pas été retrouvé)
1910
Le Livre. Fragment. Choix de petits chefs-doeuvre qui lui sont consacrés. Les manuscrits, les poètes, les belles pages en prose de lantiquité à nos jours, Paris, École municipale Estienne, 1910, in-4°, 62 p.
Le Monument de Paul Saïn à Saint Cénéry, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1910, in-4°, 24 et 40 p.
Tableau généalogique et héraldiques de la famille Estienne, 1910. Réédition dun ouvrage de 1852 (na pas été retrouvé).
Fontaine, Hippolyte, LApprentissage dans lenseignement technique. Rapport du Congrès de lAssociation amicale du personnel des Écoles publiques de lenseignement technique, Paris, Imprimerie Estienne, 1910, in-8°, 34 p.
1911
À M. Emile Garçon, ses élèves, ses amis, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, [1911], in-8°, 11 p.
Association syndicale des graveurs sur bois, 1895-1905. Fête commémorative du 10e anniversaire de la fondation du syndicat, sous la présidence de M. Dujardin-Beaumezt, sous-secrétaire dÉtat aux Beaux-Arts. Relation, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1911, in-8°, 23 p.
Les Écoles professionnelles de la Ville de Paris à lexposition internationale de Turin. Catalogue, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1911, in-folio, V-9 p.
Les Écoles professionnelles de la Ville de Paris. Notice 1911, 1911. (na pas été retrouvé)
Breton, Victor XE "Breton, Victor" , Notice sur la coupe des filets, 1911. (na pas été retrouvé)
1912
Association amicale des anciens élèves de lécole municipale, 10 avenue de la Motte-Picquet, Paris, 7e arrondissement, société agréée par le Ministre de la guerre pour la préparation militaire, Statuts, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, in-8°, 8 p.
Recueil dautographes de nos écrivains modernes reproduits et imprimés par les soins de lécole Estienne, Paris, [École Estienne], 1912, grand in-folio, 109 planches.
Fontaine, Charles XE "Fontaine, Charles" , Une croix dhonneur bien placée, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1912, in-8°, 51 p.
1913
École Estienne, Arts et Industries du Livre, Paris, Typographie de lécole Estienne, [1913], in-8°, 8 p.
École Estienne, Arts et Industries du Livre. Programme, Paris, Ecole Estienne, 1913, in-8°, 35 p.
Les Écoles professionnelles de la Ville de Paris à lexposition internationale de Gand. Catalogue 1913, [Paris], [École Estienne], [1913], in-8°, 20 p.
Les Écoles professionnelles de la Ville de Paris. Notice 1913, [Paris], Typographie de lécole Estienne, 1913, in-8°, 19 p.
1914
Enseignement du dessin. Dimanche 30 novembre 1913 à 2 heures et demie. Distribution des prix dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne sous la présidence de M. Miniot vice président du Conseil municipal, Paris, École Estienne, [1914], in-8°, 2 p.
Salut dune jeune quinette à celui dont la baïonnette na certes pas plus de mordant que la plume et lesprit, [Paris], Typographie de lécole Estienne, 1914, in-8°, 4 p.
Stadt Paris, Estienne-Schule der Graphitchen Künste, 18, bd Auguste-Blanqui, [1914], in-8°, [École Estienne], 16 p.
Balzac, Honoré (de) XE "Balzac, Honoré (de)" , LÉlixir de longue vie, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1914, in-4°, 22 p.
Lavisse, Ernest XE "Lavisse, Ernest" , Ma famille. Extrait des « Souvenirs », Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1914, in-4°, 24 p.
Michelet, Jules XE "Michelet, Jules" , Pages choisis de « La Mer » (extraits), Paris, Typographie de lécole Estienne, 1914, in-folio, 31 p.
Roger, Ernest XE "Roger, Ernest" , Conférence sur la Clicherie et la galvanoplastie, 1914. (na pas été retrouvé).
1915
Hôtel de Ville, 20 décembre 1914. Réception solennelle par la municipalité de Paris de monsieur Carton de Wiart, vice président du conseil des ministres du royaume de Belgique et des conseillers communaux belges présents à Paris, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, [1915], in-4°, 40 p.
Lettre du soldat Georges Belaud, cuisinier à sa femme, [Paris], [École Estienne], 1915, grand in-folio, 4 p.
Godard XE "Godard" , Discours prononcé le 2 août 1915 à la distribution des prix de lécole Emile-Dubois par M. Gogard directeur administratif des services de lenseignement, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, Paris, septembre 1915, 9 p.
Marius-Michel, Henri XE "Marius-Michel, Henri" , LÉpée de la France, [Paris], [École Estienne], 1915, in-8°, 4 p.
Lalou, Georges XE "Lalou, Georges" , Allocution prononcée le 1er août 1915 à la distribution des prix de lécole Estienne par M. Georges Lalou, conseiller municipal, membre du comité de patronage de lécole, Paris, École Estienne, [1915], in-8°, 12 p.
1916
Remise dune médaille commémorative à M. Lampué, doyen dâge du Conseil municipal, [Paris], École municipale Estienne, [1916], in-4°, 15 p.
Carabin, R XE "Carabin, R." ., Rapport sur lexposition des travaux des mutilés de la guerre. Rééducation professionnelle, [Paris], [École Estienne], juin 1916, in-8°, 11 p.
Deslandres, Émile XE "Deslandres, Emile" , Discours prononcé le 27 juillet 1916 à la distribution des prix aux élèves de lécole Estienne par M. Deslandres conseiller municipal, membre du comité de patronage de lécole, [Paris], [École Estienne], [1916], in-4°, 8 p.
Grasset, Eugène XE "Grasset, Eugène" , Rapport présenté par M. Grasset sur lenseignement de lhistoire et du dessin de la lettre à lécole du Livre, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, in-8°, 1916, 14 p.
1917
Baudelaire, Charles XE "Baudelaire, Charles" , Douze poèmes, publiés en fac-similé sur les manuscrits originaux avec le texte en regard, Paris, Editions Georges Crès et Cie-École Estienne, 1917, in-8°.
1918
Distribué, Eugène XE "Distribué, Eugène" , Résumé des conseils pratiques donnés dans les cours professionnels de la métallographie, précédé de la conférence faite par M. Paul Robert à la distribution des certificats dassiduité le 7 juillet 1918, Paris, École Estienne, [1918], in-8°, 20 p.
La Rochefoucauld, François (duc de) XE "La Rochefoucauld, François (duc de)" , De lair et des manières, Paris, École municipale Estienne, 1918, in-4°, 20 p.
Verlaine, Paul XE "Verlaine, Paul" , Rops, Félicien, Correspondance Verlaine-Rops à propos de Parallèlement, Édition de lécole Estienne, 1918, in-8°, 16 p.
1920
École Estienne. Arts et Industries du Livre. Notes sur les professions, Paris, Typographie de lécole Estienne, [1920], 22 p.
École Estienne. Arts et Industries du Livre. Programme, 1920, [Paris], [École Estienne], [1920], in-12, 19 p.
Hommage du conseil municipal de Paris à la mémoire du président Adrien Mithouard et des conseillers Pierre Quentin Bauchart, Charles Fillion morts pour la France, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1920, in-8°, 55 p.
Lavedan, Henri XE "Lavedan, Henri" , LHabit vert par M. Henri Lavedan, délégué de la lAcadémie française lu dans la séance publique annuelle des cinq académies du mardi 25 octobre 1910, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1920, in-folio, 12 p.
1921
Commémoration des vingt-cinq années de mandats de MM. Léopold Bellan, Chausse et Ernest Gay, conseillers municipaux, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1921, 8°, 29 p.
Écoles professionnelles de la Ville de Paris, [Paris], Typographie de lécole Estienne, 1921, in-8°, 18 p.
1922
Remise à M. Dausset dune médaille commémorative de ses fonctions de rapporteur général du budget de la Ville de Paris, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1922, in-4°, 36 p.
1923
École Diderot, 1873-1923. Fête du cinquantenaire, Paris, Typ[ographie] de lécole Estienne, [1923], in-16, 11 p.
1925
Arts et Industries du Livre. École Estienne, 1889-1925, [Paris], [École Estienne], [1925] grand in-folio, 32 p. et planches.
LEnseignement artistique et professionnel de la Ville de Paris en 1925, Paris, [École Estienne], in-8°, 1925, 189 p.
LEnseignement manuel et professionnel à Paris, [Paris], Typographie de lécole Estienne, 1925, in-12, 30 p.
Lecomte, Georges XE "Lecomte, Georges" , Société des gens de lettres de France. Discours de M. Georges Lecomte de lAcadémie française, président de la Société des gens de lettres à la réception offerte par elle le 8 juin 1925 à la fondation Salomon de Rothchild, Paris, Éditions de lécole Estienne, 1925, in-8°, 18 p.
1926
Chandauzel, Georges XE "Chandauzel, Georges" , Résumé pratique des différents réglages enseignés dans les cours de métallographie pour limpression sur roto-calco, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1926, in-8°, 15 p.
Grappe, Georges XE "Grappe, Georges" , Discours prononcé par M. Georges Grappe au nom de la Fédération française des artistes le 17 février 1925 à loccasion de la réception de MM. Albert Besnard, Georges Lecomte à lAcadémie française, Paris, École Estienne, 1926, in-8°, 12 p.
Mayeur XE "Mayeur" , Le Mont Saint-Michel et ses abords, dix eaux fortes originales, Paris, Typographie de lécole municipale Estienne, 1926, in-folio, 7 p. et planches.
Weiss, René XE "Weiss, René" , La Ville de Paris et lenseignement professionnel. Sa participation à lexposition des arts décoratifs et industriels modernes, Paris, Typographie de lécole municipale Estienne, 1926, in-4°, VIII-78 p.
1927
Cours spéciaux, 1927-1928, in-8°. (na pas été retrouvé).
1930
Centenaire du romantisme, Paris, École Estienne, 1930, in-folio, 63 p.
Audoux, Marguerite XE "Audoux, Marguerite" , Le Chaland de la Reine, Paris, Éditions Estienne, 1930, in-8°, 10 p.
Daudet, Alphonse XE "Daudet, Alphonse" , La Chèvre de monsieur Seguin, Paris, Éditions Estienne, 1930, in-8°, 14 p.
1931
Exposition de travaux délèves, à loccasion du centenaire de lécole laïque, 1881-1931, Paris, Typographie de lécole Estienne de Paris, 1931, in-4°, 14 p.
Paris. 1931. École Estienne. Programme, Paris, École Estienne, 1931, in-8°, 23 p.
Journeau, A. XE "Journeau, A." , La Fédération des travailleurs du Livre : son cinquantenaire. Des dates. Des faits, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1931, in-4°, 124 p.
1932
Esparbès, Georges (D) XE "DEsparbès, Georges" , Le Papillon, Paris, Éditions Estienne, 1932, in-4°, 14 p.
1933
École Estienne des arts et industries du livre. 1933. Programme, [Paris], [École Estienne],1933, in-8°, 24 p.
Daudet, Alphonse XE "Daudet, Alphonse" , La Diligence de Beaucaire, Paris, Éditions Estienne, 1933, in-4°, 10 p.
Féry, Charles XE "Féry, Charles" , Titres et travaux de Ch. Féry et description des principaux appareils exposés à loccasion du cinquantenaire de lÉcole de physique et de chimie industrielle, 1882-1933, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1933, in-8°, 113 p.
Valette, Georges XE "Valette, Georges" , Typographie : cours de perfectionnement à lusage des candidats au certificat daptitude professionnelle, préfacé de Georges Lecomte, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1933, in-8°, 264 p.
1934
Chandauzel, Georges XE "Chandauzel, Georges" , Les Différentes réglages enseignés dans les cours de métallographie pour limpression sur roto-calco, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1934, 8°, 30 p.
Rocher, Edmond XE "Rocher, Edmond" , Toast dadieu et de revoir, Paris, École Estienne, 1934, in-12, 14 p.
Valette, Georges XE "Valette, Georges" , Typographie : cours de perfectionnement à lusage des candidats au certificat daptitude professionnelle, préfacé par Georges Lecomte, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1934. (na pas été retrouvé).
Vieuchange, Michel XE "Vieuchange, Michel" , Smara. Chez les dissidents du sud marocain et du Rio de Oro. Carnets de route, Paris, Estienne Éditeur, 1934, in-folio, 46 p.
1935
École Estienne. Arts et Industries du Livre. Programme. 1935, Paris, École Estienne, 1935, in-12, 24 p.
Chandauzel, Georges XE "Chandauzel, Georges" , Imprimeurs lithographes. Questionnaire à lusage des cours de perfectionnement, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1935, in-8°, 19 p.
Contenot, Georges XE "Contenot, Georges" , Discours prononcés par M. Georges Contenot, président du conseil municipal de Paris, 1934-1935, Paris, Typographie de lécole Estienne, s.d., in-8°, 254 p.
1937
Introduction à une nouvelle flore, Paris, Éditions Estienne, 1937, in-folio, 33 planches.
Flaubert, Gustave XE "Flaubert, Gustave" , Légende de saint Julien lHospitalier, Paris, École Estienne, 1937, in-folio, 37 p.
Janneau, Guillaume XE "Janneau, Guillaume" , Conférence faite le 17 décembre 1936 par M. Guillaume Janneau, administrateur du Mobilier national et des manufactures nationales de tapisserie des Gobelins et de Beauvais à loccasion du cinquantenaire de lécole Boulle, Paris, Typographie de lécole Estienne, [1937], in-8°, VII-14 p.
Scize, Pierre XE "Scize, Pierre" , Gens des Cimes, Paris, École Estienne, 1937, in-folio, XI-12 p.
1938
Bonfils, Robert XE "Bonfils, Robert" , La Gravure et le livre, préfacé par Sylvain Sauvage, Paris, Éditions Estienne, 1938, in-4°, XXXI-243 p.
Valette, Georges XE "Valette, Georges" , À lécole Estienne, suivez le guide, [Paris], [École Estienne], [1938], in-4°, 43 p.
1939
Le Sourire de madame de Sévigné, Paris, Éditions Estienne, 1939, in-4°, 35 p.
Luc, Hippolyte, Les Problèmes actuels de lenseignement technique, Paris, Typographie de lÉcole Estienne, 1939, in-12, 44 p.
Morgan, Claude, Un peuple en fermentation ou Beograd, cité moderne, choses vues, Paris, Éditions Estienne, [1939]. (na pas été retrouvé).
Ricci, Seymour (de) XE "Ricci, Seymour (de)" , Petite suite à une exposition de lécriture. A propos dune exposition sur lhistoire de lécriture. Celle-ci, organisée par les soins de M. Landau, membre du Syndicat des antiquaires parisiens, eut lieu au Grand-Palais, du 26 janvier au 12 février 1939, [Paris], [École Estienne], [1939], in-4°, 16 p.
Roy, P. A. XE "Roy, P. A." , P.A. Roy, officier dinfanterie. Avec les honneurs de la guerre. Souvenirs du Fort de Vaux, Paris, Éditions Estienne, [1939], in-4°, 53 p.
Valette, Georges XE "Valette, Georges" , « La Coloniale » à lécole du Livre, Paris, École Estienne, [1939], in-4°, 23 p.
1940
Hémon, Louis XE "Hémon, Louis" , La Vieille, Paris, Éditions Estienne, 1940, in-12, 18 p.
Ponsot, Georges XE "Ponsot, Georges" , Le Roman de la rivière, Paris, Éditions Estienne, [1940], in-4°, 22 p.
Reymond, Ladislas, Une noce polonaise, [Paris], [École Estienne], [1940], in-4°, 58 p.
Roy, L. XE "Roy, L." , Le Remords de M. de La Fontaine, Paris, [École Estienne], [1940], in-12, 15 p.
1941
Carcopino, Jérôme XE "Carcopino, Jérôme" , La Fraternité française. Discours prononcé par M. J. Carcopino, secrétaire dÉtat à lÉducation nationale et à la Jeunesse radiodiffusé le 16 mars 1941, Paris, École Estienne, 1941, in-4°, 16 p.
Donnay, Maurice XE "Donnay, Maurice" , Le Vingt-troisième, par Maurice Donnay, de lAcadémie française, Paris, École municipale Estienne, 1941, in-12, 16 p.
Eberlé XE "Eberlé" , Concert de chant choral, sous la direction de M. Eberlé, Paris, Typographie de lécole Estienne, [1941], in-8°, 50 p.
Sauvage, Sylvain XE "Sauvage, Sylvain" , Notre France, [Paris], [École Estienne], [1941], in-12, 8 p.
1942
Paris au Maréchal, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1942, in-folio, V-157 p.
Benoist-Méchin, Jacques XE "Benoist-Méchin, Jacques" , Hommage à Arno Breker. Exposition des uvres du sculpteur Arno Breker inaugurée le 15 mai 1942 au musée de lOrangerie, Paris. Discours adressé à monsieur Arno Breker par le baron Benoist-Méchin, secrétaire dÉtat auprès du chef du gouvernement, Paris, École Estienne, 1942, in-4°, 10 p.
Bonnard, Abel XE "Bonnard, Abel" , Hommage à Arno Breker. Exposition des uvres du sculpteur Arno Breker inaugurée le 15 mai 1942 au musée de lOrangerie, Paris. Discours adressé à monsieur Arno Breker par Abel Bonnard de lAcadémie française, ministre secrétaire dÉtat à lÉducation nationale, Paris, École Estienne, 1942, in-4°, 4 p.
Cendrars, Blaise XE "Cendrars, Blaise" , Comment les blancs sont danciens noirs, Paris, École Estienne, [1942], in-4°, 48 p.
Frémy, Maurice XE "Frémy, Maurice" , Aide-mémoire à lusage des compositeurs candidats au CAP, Paris, École Estienne, 1942. (na pas été retrouvé).
Laval, Pierre XE "Laval, Pierre" , Hommage à Arno Breker. Exposition des uvres du sculpteur Arno Breker inaugurée le 15 mai 1942 au musée de lOrangerie, Paris. Discours adressé à monsieur Arno Breker par monsieur Pierre Laval chef du gouvernement, Paris, École Estienne, 1942, in-4°, 5 p.
1943
Les Arts et métiers du Livre, Paris, Collège technique Estienne, 1943, in-8°. (série de brochures rédigées par tous les enseignants de lécole Estienne de lépoque).
Spécimen de caractères. École Estienne. Atelier de composition typographique, Paris, Ecole Estienne, 1943, in-4°, 117 planches.
Bonnard, Abel XE "Bonnard, Abel" , Des jeunes gens ou une jeunesse ? par Abel Bonnard, ministre secrétaire dÉtat à lÉducation nationale, Paris, Collège technique Estienne, 1943, in-4°, 20 p.
Carrel, Alexis, La Construction des hommes civilisés, discours prononcé en 1937 à Dartmouth College, Hanover (New Hampshire), Paris, Typographie du collège Estienne, [1943], in-16, 33 p.
Chandauzel, Georges XE "Chandauzel, Georges" , Différents réglages enseignés dans les cours de métallographie pour limpression sur roto-calco, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1943. (na pas été retrouvé).
Néret, Jean-Alexis XE "Néret, Jean-Alexis" , Chants du marin dépossédé, Paris, Collège technique Estienne, 1943, in-4°, 15 p.
Stevenson, Robert Louis XE "Stevenson, Robert Louis" , Les Gais Lurons, Paris, École Estienne, 1943, in-4°, 106 p.
Theureau, E XE "Theureau, E" ., Essais sur lenseignement du dessin dans les écoles de la Ville de Paris et le métier de professeur, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1943, in-16, 41p.
1944
Martignon, A. XE "Martignon, A." , Un promeneur à pied, Paris, Éditions Estienne, [1944], in-4°, 22 p.
Sauvage, Sylvain XE "Sauvage, Sylvain" , Adieu à Paul Haasen, 1887-1944, [Paris], [Collège technique Estienne], [1944], in-4°, 13 p.
Valéry, Paul XE "Valéry, Paul" , LArt italien, par Paul Valéry de lAcadémie française, Paris, Collège technique Estienne, 1944, in-8°, 26 p.
La Varende, Jean XE "La Varende, Jean" , Le Sancy diamant, Paris, [Collège technique Estienne], [1944], in-4°, 32 p.
1945
Nerval, Gérard (de) XE "Nerval, Gérard (de)" , Sylvie. Souvenirs du Valois, Paris, École Estienne, 1945, in-8°, V-97 p.
Valette, Georges XE "Valette, Georges" , À lécole Estienne, suivez le guide, [Paris], Collège technique Estienne, [1945], in-4°, 43 p.
1946
Letouzey, V. XE "Letouzey, V." , Une conférence technique aux cours supérieurs darts graphiques, Paris, Collège technique Estienne, 1946, in-4°, 14 p.
1947
Guy Robert du Costal, 1887-1945, préface de Jean Texcier, Paris, Collège technique Estienne, 1947, in-12, X-82 p.
Munsch, René-Henry XE "Munsch, René-Henry" , Antiqua ou variations sur un thème éternel, Paris, Collège technique Estienne, 1947, in-4°, 35 p.
1948
Bonfils, Robert XE "Bonfils, Robert" , Sylvain Sauvage, artiste du livre, directeur du collège technique Estienne, 1888-1948, Paris, Collège technique Estienne, 1948, in-4°, 27 p.
Saint-Exupéry, Antoine (de) XE "Saint-Exupéry, Antoine (de)" , Le Petit Prince, Paris, Éditions Estienne, 1948, in-8°, 87 p.
1949
Denise Billotey, directrice de lécole normale dinstitutrices de la Seine, Paris, École Estienne, 1949, in-8°, 44 p.
Bussière, Fernand XE "Bussière, Fernand" , Arts et techniques graphiques aux USA, Paris, École Estienne, 1949, in-8°, 16 p.
Mincel, Jean XE "Mincel, Jean" , Les Clichés non métalliques, conférence faite à lécole Estienne, Paris, 1949, École Estienne, in-4°, 16 p.
Ouvrages non datés
Haurigot, Paul XE "Haurigot, Paul" , Radio-Paris, causerie sur lécole Estienne, Paris, École Estienne, s.d., in-8°, 15 p. Cet ouvrage date peut-être de la fin des années trente.
Ouvrages par ordre alphabétique
À M. Emile Garçon, ses élèves, ses amis, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, [1911], in-8°, 11 p.
Arts et Industries du Livre. École Estienne, 1889-1925, [Paris], [École Estienne], [1925] grand in-folio, 32 p. et planches.
(Les) Arts et métiers du Livre, Paris, Collège technique Estienne, 1943, in-8°.
Association amicale des anciens élèves de lécole municipale, 10 avenue de la Motte-Picquet, Paris, 7e arrondissement, société agréée par le Ministre de la guerre pour la préparation militaire, Statuts, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, in-8°, 8 p.
Association syndicale des graveurs sur bois, 1895-1905. Fête commémorative du 10e anniversaire de la fondation du syndicat, sous la présidence de M. Dujardin-Beaumezt, sous-secrétaire dÉtat aux Beaux-Arts. Relation, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1911, in-8°, 23 p.
Audoux, Marguerite, Le Chaland de la Reine, Paris, Éditions Estienne, 1930, in-8°, 10 p.
Balzac, Honoré (de), LÉlixir de longue vie, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1914, in-4°, 22 p.
Baudelaire, Charles, Douze poèmes, publiés en fac-similé sur les manuscrits originaux avec le texte en regard, Paris, Éditions Georges Crès et Cie-École Estienne, 1917, in-8°.
Benoist-Méchin, Jacques, Hommage à Arno Breker. Exposition des uvres du sculpteur Arno Breker inaugurée le 15 mai 1942 au musée de lOrangerie, Paris. Discours adressé à monsieur Arno Breker par le baron Benoist-Méchin, secrétaire dÉtat auprès du chef du gouvernement, Paris, École Estienne, 1942, in-4°, 10 p.
Bigeon, Henri, Société scientifique et littéraire des instituteurs de France. École Vauquelin. Lart au moyen-âge. Éducation artistique et industriel au moyen-âge et aujourdhui. Conférence faite devant la société, le 23 janvier 1896, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1897, in-8°, 44 p.
Bonfils, Robert, Sylvain Sauvage, artiste du livre, directeur du collège technique Estienne, 1888-1948, Paris, Collège technique Estienne, 1948, in-4°, 27 p.
Bonnard, Abel, Des jeunes gens ou une jeunesse ? par Abel Bonnard, ministre secrétaire dÉtat à lÉducation nationale, Paris, Collège technique Estienne, 1943, in-4°, 20 p.
Bonnard, Abel, Hommage à Arno Breker. Exposition des uvres du sculpteur Arno Breker inaugurée le 15 mai 1942 au musée de lOrangerie, Paris. Discours adressé à monsieur Arno Breker par Abel Bonnard de lAcadémie française, ministre secrétaire dÉtat à lÉducation nationale, Paris, École Estienne, 1942, in-4°, 4 p.
Breton, Victor, Cours élémentaire de composition typographique à lusage des élèves de première année (année dessai préparatoire), Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1890, in-8°, X-104 p.
Breton, Victor, Cours élémentaire de composition typographique à lusage des élèves de première année (année dessai préparatoire), Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1904, in-16, 103 p.
Breton, Victor, Essais progressifs de composition typographique des tableaux et travaux de ville divers, avec un appendice sur la composition des langues orientales par M. A. Labouret XE "Labouret, André" . Ouvrage destiné aux élèves de 2e, 3e et 4e années, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1893, in-4°, VIII-290 p. et IV-50 p.
Breton, Victor, Essais progressifs sur la composition typographique des travaux de ville classiques et modernes, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1901-1906, in-folio, VI-309 p.
Breton, Victor, Notice sur la coupe des filets. 1894.
Breton, Victor, Notice sur la coupe des filets, 1911.
Breton, Victor, Petit cours de mise en pages et dimpositions à lusage des apprentis de 3e et de 4e année, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1891, in-8°, IX-215 p.
Breton, Victor, Petite notice sur la composition de lalgèbre et la composition du grec à lusage des élèves compositeurs de 3e et de 4e année. Extraits des Essais progressifs sur la composition typographique, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1898, in-8°, 52 p..
Breton, Victor, Petite notice sur la composition des tableaux et la composition des accolades à lusage des élèves compositeurs de 2e, 3e et de 4e année. Extraits des Essais progressifs sur la composition typographique, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1898, in-8°, 52 p.
Breton, Victor, Petite notice sur la composition des tableaux, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1899, in-8°, 16 p.
Breton, Victor, Notice sur la coupe des filets. Deuxième édition réservée aux élèves compositeurs de lécole Estienne, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1897, in-8°, 67 p.
Bussière, Fernand, Arts et techniques graphiques aux USA, Paris, École Estienne, 1949, in-8°, 16 p.
Carabin, R., Rapport sur lexposition des travaux des mutilés de la guerre. Rééducation professionnelle, [Paris], [École Estienne], juin 1916, in-8°, 11 p.
Carcopino, Jérôme, La Fraternité française. Discours prononcé par M. J. Carcopino, secrétaire dÉtat à lÉducation nationale et à la Jeunesse radiodiffusé le 16 mars 1941, Paris, École Estienne, 1941, in-4°, 16 p.
Carrel, Alexis, La Construction des hommes civilisés, discours prononcé en 1937 à Dartmouth College, Hanover (New Hampshire), Paris, Typographie du collège Estienne, [1943], in-16; 33 p.
Catalogue de la bibliothèque de lécole, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1891, in-8°, 127 p.
Cendrars, Blaise, Comment les blancs sont danciens noirs, Paris, École Estienne, [1942], in-4°, 48 p.
Centenaire du romantisme, Paris, École Estienne, 1930, in-folio, 63 p.
Cérémonie dinauguration le 1er juillet 1896 par la municipalité de Paris des nouveaux bâtiments de lécole Estienne, 18, boulevard dItalie, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1898, in-folio, 44 p.
Chandauzel, Georges, Imprimeurs lithographes. Questionnaire à lusage des cours de perfectionnement, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1935, in-8°, 19 p.
Chandauzel, Georges, Les Différentes réglages enseignés dans les cours de métallographie pour limpression sur roto-calco, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1934, 8°, 30 p.
Chandauzel, Georges, Les Différents réglages enseignés dans les cours de métallographie pour limpression sur roto-calco, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1943.
Chandauzel, Georges, Résumé pratique des différents réglages enseignés dans les cours de métallographie pour limpression sur roto-calco, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1926, in-8°, 15 p.
Commémoration des vingt-cinq années de mandats de MM. Léopold Bellan, Chausse et Ernest Gay, conseillers municipaux, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1921, 8°, 29 p.
Contenot, Georges, Discours prononcés par M. Georges Contenot, président du conseil municipal de Paris, 1934-1935, Paris, Typographie de lécole Estienne, s.d., in-8°, 254 p.
Cours spéciaux, 1927-1928, in-8°.
Da Costa, Gaston, Cours dadultes pour les apprentis et ouvriers du livres. Conférence dinauguration. Paris, École municipale Estienne-Imprimerie Motteroz, Imprimeries réunies, 1889, in-16, 15 p.
Daudet, Alphonse, La Chèvre de monsieur Seguin, Paris, Éditions Estienne, 1930, in-8°, 14 p.
Daudet, Alphonse, La Diligence de Beaucaire, Paris, Éditions Estienne, 1933, in-4°, 10 p.
Dausset, Louis, Extrait du rapport de M. Dausset sur les écoles professionnelles de la Ville de Paris. Rapport adopté par le Conseil municipal. Lécole Estienne, règlement et programme, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1905, in-8°, 58 p.
Denise Billotey, directrice de lécole normale dinstitutrices de la Seine, Paris, École Estienne, 1949, in-8°, 44 p.
Dérué (lieutenant colonel), François-Jules, Enseignement de la gymnastique dans les écoles primaires supérieures publiques de la Ville de Paris. Mouvement densemble les mains libres, Paris, École Estienne, 1906, in-16, 20 p.
Deslandres, Émile, Discours prononcé le 27 juillet 1916 à la distribution des prix aux élèves de lécole Estienne par M. Deslandres conseiller municipal, membre du comité de patronage de lécole, [Paris], [École Estienne], [1916], in-4°, 8 p.
Discours prononcés aux distributions de prix de 1890 à 1907 à lécole municipale Estienne, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1908, in-8°, 103 p.
Distribué, Eugène, Résumé des conseils pratiques donnés dans les cours professionnels de la métallographie, précédé de la conférence faite par M. Paul Robert à la distribution des certificats dassiduité le 7 juillet 1918, Paris, École Estienne, [1918], in-8°, 20 p.
Distribution solennelle des prix faite aux élèves de lécole le 26 juillet 1891, à lamphithéâtre de la Vieille Sorbonne, sous la présidence de M. Stupuy, conseiller municipal, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1891, in-8°, 68 p.
Donnay, Maurice, Le Vingt-troisième, par Maurice Donnay, de lAcadémie française, Paris, École municipale Estienne, 1941, in-12, 16 p.
Douay, Paul, Allocution prononcées par le président du syndicat M. Paul Douay à loccasion du passage à Amiens des élèves de lécole Estienne en tournée scolaire le 27 juillet 1896 au syndicat typographique dAmiens, [Paris], [École Estienne],1896, 15 p.
Eberlé, Concert de chant choral, sous la direction de M. Eberlé, Paris, Typographie de lécole Estienne, [1941], in-8°, 50 p.
École Diderot, 1873-1923. Fête du cinquantenaire, Paris, Typ[ographie] de lécole Estienne, [1923], in-16, 11 p.
École Estienne des arts et industries du livre. 1933. Programme, 1933, [Paris], [École Estienne], in-8°, 24 p.
École Estienne, Arts et Industries du Livre, Paris, Typographie de lécole Estienne, [1913], in-8°, 8 p.
École Estienne, Arts et Industries du Livre. Programme, Paris, École Estienne, 1913, in-8°, 35 p.
École Estienne. Arts et Industries du Livre. Notes sur les professions, Paris, Typographie de lécole Estienne, [1920], 22 p.
École Estienne. Arts et Industries du Livre. Programme, 1920, [Paris], [École Estienne], [1920], in-12, 19 p.
École Estienne. Arts et Industries du Livre. Programme. 1935, Paris, École Estienne, 1935, in-12, 24 p.
École Estienne. Enseignement professionnel des Arts et des Industries graphiques. Notice. Règlement et programme, dix-septième année, 1905-1906, [Paris], [École Estienne], [1905], in-12, 16 p.
École municipale de Physique et de Chimie industrielle. Programme dadministration et denseignement intérieur de lécole, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1894, in-12, 43 p.
(Les) Écoles professionnelles de la Ville de Paris à lexposition internationale de Turin. Catalogue, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1911, in-folio, V-9 p.
(Les) Écoles professionnelles de la Ville de Paris à lexposition internationale de Gand. Catalogue, 1913, [Paris], [École Estienne], [1913], in-8°, 20 p.
Ecoles professionnelles de la Ville de Paris, [Paris], Typographie de lécole Estienne, 1921, in-8°, 18 p.
(Les) Écoles professionnelles de la Ville de Paris. Notice 1911, 1911.
(Les) Écoles professionnelles de la Ville de Paris. Notice 1913, [Paris], Typographie de lEcole Estienne, 1913, in-8°, 19 p.
(L) Enseignement à lécole municipale Estienne. Programme adopté par le conseil de surveillance, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1896, in-8°, 46 p.
(L) Enseignement artistique et professionnel de la Ville de Paris en 1925, Paris, [École Estienne], 1925, in-8°, 189 p.
Enseignement du dessin. Dimanche 30 novembre 1913 à 2 heures et demie. distribution des prix dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne sous la présidence de M. Miniot vice président du Conseil municipal, Paris, École Estienne, [1914], in-8°, 2 p.
(L) Enseignement manuel et professionnel à Paris, [Paris], Typographie de lécole Estienne, 1925, in-12, 30 p.
Esparbès, Georges (D), Le Papillon, Paris, Éditions Estienne, 1932, in-4°, 14 p.
Excursion scolaire du 26 septembre 1899 de lécole Estienne à Corbeil, visite de limprimerie Ed. Crété, visite de la papeterie Darblay, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1899, in-8°, 16 p.
Exposition de travaux délèves, à loccasion du centenaire de lécole laïque, 1881-1931, Paris, Typographie de lécole Estienne de Paris, 1931, in-4°, 14 p.
Féry, Charles, Titres et travaux de Ch. Féry et description des principaux appareils exposés à loccasion du cinquantenaire de lÉcole de physique et de chimie industrielle, 1882-1933, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1933, in-8°, 113 p.
(Les) Fêtes de la municipalité de Paris. Délégation du conseil municipal de Paris aux fêtes fédérales de Prague en 1901 (29-30 juin 1901), Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1903, in-4°, 55 p.
(Les) Fêtes de la municipalité de Paris. Fête des Beaux-Arts, le 11 juin 1898, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1899, in-4°, 1899, 40 p.
(Les) Fêtes de la municipalité de Paris. Inauguration de la rue Réaumur, le 7 février 1897, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1898, in-4°, 40 p.
(Les) Fêtes de la municipalité de Paris. Inauguration du musée Henri Cernuschi, le 26 octobre 1898, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1899, in-4°, 30 p.
(Les) Fêtes de la municipalité de Paris. Inauguration du Musée historique de la Ville de Paris et de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris (hôtel Carnavalet et hôtel Lepelletier de Saint-Fargeau), le 23 juin 1898, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1899, in-4°, 34 p.
(Les) Fêtes de la municipalité de Paris. Les sauveteurs des victimes du Bazar de la charité à lHôtel de Ville, le 3 juin 1897, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1897, in-4°, 34 p.
(Les) Fêtes de la municipalité de Paris. Réception à lHôtel de Ville des membres de lAssociation internationale des académies, le 20 avril 1901, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1902, in-4°, 40 p.
(Les) Fêtes de la municipalité de Paris. Réception à lHôtel de Ville de Paris des membres du parlement anglais et du groupe parlementaire français de larbitrage international, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1903, in-4°, VIII-24 p.
(Les) Fêtes de la municipalité de Paris. Réception à lHôtel de Ville des délégués de The City of London International and Commercial Association, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1903, in-4°, VIII-16 p.
(Les) Fêtes de la municipalité de Paris. Réception de la Conférence sanitaire internationale de Paris, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1904, in-4°, X-17 p.
(Les) Fêtes de la municipalité de Paris. Réception de M. le docteur Friedtjof Nansen, le 27 mars 1897, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, in-4°, 40 p.
(Les) Fêtes de la municipalité de Paris. Réception des parlementaires scandinaves, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1906, in-4°, IV-63 p.
(Les) Fêtes de la municipalité. Compte rendu officiel de la fête des écoles organisée au Pré-Catelan par la municipalité de Paris, le 18 juin 1905, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1907, in-4°, 43 p. et 4 p.
Flaubert, Gustave, Légende de saint Julien lHospitalier, Paris, École Estienne, 1937, in-folio, 37 p.
Fontaine, Charles, Une croix dhonneur bien placée, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1912, in-8°, 51 p.
Fontaine, Hippolyte, LApprentissage dans lenseignement technique. Rapport du Congrès de lAssociation amicale du personnel des Écoles publiques de lenseignement technique, Paris, Imprimerie Estienne, 1910, in-8°, 34 p.
Fontaine, Hippolyte (préf.), S. Pace, S. Tienne, Voyage scolaire 1898. Lécole Estienne à La Rochelle, récit véridique de notre excursion, suivi dune chanson sortière par S. Tienne, élèves de lécole Estienne, promotion 1898. Préface dHippolyte Fontaine, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, in-8°, 30 p.
Frémy, Maurice, Aide-mémoire à lusage des compositeurs candidats au CAP, Paris, École Estienne, 1942.
Gentier, G., Petit Traité dimpression typographique à lusage des élèves des quatre années détudes, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, Paris, 1899, in-8°, 43 p.
Gervais, Théophile, Précis sur les rouleaux typographiques, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1892, in-8°, 8 p.
Godard, Discours prononcé le 2 août 1915 à la distribution des prix de lécole Emile-Dubois par M. Gogard directeur administratif des services de lenseignement, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, Paris, septembre 1915, 9 p.
Grappe, Georges, Discours prononcé par M. Georges Grappe au nom de la Fédération française des artistes le 17 février 1925 à loccasion de la réception de MM. Albert Besnard, Georges Lecomte à lAcadémie française, Paris, École Estienne, 1926, in-8°, 12 p.
Grasset, Eugène, Rapport présenté par M. Grasset sur lenseignement de lhistoire et du dessin de la lettre à lécole du Livre, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, in-8°, 1916, 14 p.
Guernier, Louis, Conseils pratiques sur la composition typographique, conférences faites aux cours du soir de lécole Estienne, Paris, Typographie de lécole Estienne (cours du soir), 1903, in-8°, 147 p.
Guernier, Louis, Règles à suivre pour limposition, 1905.
Guernier, Louis, Règles générales pour la composition des titres et des couvertures. Conférences faites aux cours du soir de lécole Estienne, Paris, Typographie de lécole Estienne (cours du soir), 1894, in-8°, 22 p.
Guy Robert du Costal, 1887-1945, préface de Jean Texcier, Paris, Collège technique Estienne, 1947, in-12, X-82 p.
Haurigot, Paul, Radio-Paris, causerie sur lécole Estienne, Paris, École Estienne, s.d., in-8°, 15 p.
Haustont, Jean, Notation musicale autonome basée sur la classification des sons daprès le nombre de leurs vibrations § létat actuel du développement physiologique de lorgane de louïe, supprimant toutes les difficultés de la notation diatonique et répondant aux besoins, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1907, in-folio, 39 p.
Hémon, Louis, La Vieille, Paris, Éditions Estienne, 1940, in-12, 18 p.
Hommage du conseil municipal de Paris à la mémoire du président Adrien Mithouard et des conseillers Pierre Quentin Bauchart, Charles Fillion morts pour la France, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1920, in-8°, 55 p.
Hôtel de Ville, 20 décembre 1914. Réception solennelle par la municipalité de Paris de monsieur Carton de Wiart, vice président du conseil des ministres du royaume de Belgique et des conseillers communaux belges présents à Paris, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, [1915], in-4°, 40 p.
Hygiène du compositeur, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1891, in-8°, 8 p.
(Les) Impressions en couleurs, 1909.
Inauguration du buste dAbel Hovelacque, ancien député, ancien président du conseil municipal, le dimanche 9 mars 1902, à lécole Estienne, sous la présidence de M. Bouquet, conseiller dÉtat, au ministère du Commerce, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1903, in-4°, 24 p.
Introduction à une nouvelle flore, Paris, Éditions Estienne, 1937, in-folio, 33 planches.
Janneau, Guillaume, Conférence faite le 17 décembre 1936 par M. Guillaume Janneau, administrateur du Mobilier national et des manufactures nationales de tapisserie des Gobelins et de Beauvais à loccasion du cinquantenaire de lécole Boulle, Paris, Typographie de lécole Estienne, [1937], in-8°, VII-14 p.
Journeau, A, La Fédération des travailleurs du Livre : son cinquantenaire. Des dates. Des faits, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1931, in-4°, 124 p.
Kern, Emile, Choix de maximes des anciens, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1893, in-8°, 20 p.
La Fontaine, Jean (de), Fables, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1900, grand in-folio, 25 planches.
La Rochefoucauld, François (duc de), De lair et des manières, Paris, École municipale Estienne, 1918, in-4°, 20 p.
La Varende, Jean, Le Sancy diamant, Paris, [Collège technique Estienne], [1944], in-4°, 32 p.
Labouret, André, Breton, Victor, Essais progressifs de composition typographique des tableaux et travaux de ville divers, avec un appendice sur la composition des langues orientales par M. A. Labouret XE "Labouret, André" . Ouvrage destiné aux élèves de 2e, 3e et 4e années, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1893, in-4°, VIII-290 p. et IV-50 p.
Lalou, Georges, Allocution prononcée le 1er août 1915 à la distribution des prix de lécole Estienne par M. Georges Lalou, conseiller municipal, membre du comité de patronage de lécole, Paris, École Estienne, [1915], in-8°, 12 p.
Lambeau, Lucien, LHôtel de Ville de Paris, Paris, École municipale Estienne, 1908, in-16, 52 p.
Laval, Pierre, Hommage à Arno Breker. Exposition des uvres du sculpteur Arno Breker inaugurée le 15 mai 1942 au musée de lOrangerie, Paris. Discours adressé à monsieur Arno Breker par monsieur Pierre Laval chef du gouvernement, Paris, École Estienne, 1942, in-4°, 5 p.
Lavedan, Henri, LHabit vert par M. Henri Lavedan, délégué de la lAcadémie française lu dans la séance publique annuelle des cinq académies du mardi 25 octobre 1910, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1920, in-folio, 12 p.
Lavisse, Ernest, Ma famille. Extrait des « Souvenirs », Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1914, in-4°, 24 p.
Lecomte, Georges, Société des gens de lettres de France. Discours de M. Georges Lecomte de lAcadémie française, président de la Société des gens de lettres à la réception offerte par elle le 8 juin 1925 à la fondation Salomon de Rothchild, Paris, Éditions de lécole Estienne, 1925, in-8°, 18 p.
Lecomte, Georges (préf.), Valette, Georges, Typographie : cours de perfectionnement à lusage des candidats au certificat daptitude professionnelle, préface de Georges Lecomte, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1933, in-8°, 264 p.
Lecomte, Georges (préf.), Valette, Georges, Typographie : cours de perfectionnement à lusage des candidats au certificat daptitude professionnelle, préfacé par Georges Lecomte, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1934.
Lequatre, Georges, Exposition internationale du Livre et des Industries du papier (extrait de la Revue des arts décoratifs, août 1894), Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1894, in-16, 18 p.
Letouzey, V, Une conférence technique aux cours supérieurs darts graphiques, Paris, Collège technique Estienne, 1946, in-4°, 14 p.
Lettre du soldat Georges Belaud, cuisinier à sa femme, [Paris], [École Estienne], 1915, grand in-folio, 4 p.
(Le) Livre, appréciations quen font les écrivains et les philosophes, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1893, in-16, 35 p.
(Le) Livre. Fragment. Choix de petits chefs-doeuvre qui lui sont consacrés. Les manuscrits, les poètes, les belles pages en prose de lantiquité à nos jours, Paris, École municipale Estienne, 1910, in-4°, 62 p.
Luc, Hippolyte, Les Problèmes actuels de lenseignement technique, Paris, Typographie de lEcole Estienne, 1939, in-12, 44 p.
Marius-Michel, Henri, LÉpée de la France, [Paris], [École Estienne], 1915, in-8°, 4 p.
Martignon, A., Un promeneur à pied, Paris, Éditions Estienne, [1944], in-4°, 22 p.
Mayeur, Le Mont Saint-Michel et ses abords, dix eaux fortes originales, Paris, Typographie de lécole municipale Estienne, 1926, in-folio, 7 p. et planches.
Michelet, Jules, Pages choisis de « La Mer » (extraits), Paris, Typographie de lécole Estienne, 1914, in-folio, 31 p.
Mincel, Jean, Les Clichés non métalliques, conférence faite à lécole Estienne, 1949, in-4°, 16 p.
Monographie de lécole Estienne. École municipale professionnelle des Arts et des Industries du Livre, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1900, in-4°, 228 p.
(Le) Monument de Paul Saïn à Saint Cénéry, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1910, in-4°, 24 et 40 p.
Morgan, Claude, Un peuple en fermentation ou Beograd, cité moderne, choses vues, Paris, Éditions Estienne, [1939].
Munsch, René-Henry, Antiqua ou variations sur un thème éternel, Paris, Collège technique Estienne, 1947, in-4°, 35 p.
Néret, Jean-Alexis, Chants du marin dépossédé, Paris, Collège technique Estienne, 1943, in-4°, 15 p.
Nerval, Gérard (de), Sylvie. Souvenirs du Valois, Paris, École Estienne, 1945, in-8°, V-97 p.
Note sur les écoles professionnelles et sur lenseignement du dessin et du travail manuel. Catalogue des objets exposés, Paris, Typographie de lEcole Estienne, 1905, in-8°, 33 p.
Notice sur lécole Estienne. École municipale des Arts et Industries du Livre, Paris, Imprimerie Estienne, 1894, in-8°, 20 p.
Notice sur lécole Estienne. École municipale professionnelle des Arts et Industries du Livre, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1894, in-8°, 15 p.
Notice sur lécole Estienne. École municipale professionnelle des Arts et Industries du Livre, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1895, in-8°, 16 p.
Notice sur lécole Estienne. École municipale professionnelle des Arts et Industries du Livre, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1896, in-8°, 15 p.
Notice sur lécole Estienne. École municipale professionnelle des Arts et Industries du Livre, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1898, in-8°, 15 p.
Paris au Maréchal, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1942, in-folio, V-157 p.
Paris. 1931. École Estienne. Programme, Paris, École Estienne, 1931, in-8°, 23 p.
Petit guide du visiteur à lécole Estienne, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1897, in-8°, 9 p.
Pierre-François Ricand, président dhonneur de la Société des conducteurs de Gutenberg, [Paris], [École Estienne],1904, in-8°.
Pingrenon, Renée, Les Livres ornés et illustrés en couleur, conférence faite, au Cercle de la Librairie, le 20 février 1903, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1904, in-4°, 28 p.
Ponsot, Georges, Le Roman de la rivière, Paris, Éditions Estienne, [1940], in-4°, 22 p.
Programme de lenseignement de lécole Estienne adopté par le Conseil de surveillance, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1891, in-8°, 47 p.
Recueil dautographes de nos écrivains modernes reproduits et imprimés par les soins de lécole Estienne, Paris, [École Estienne], 1912, grand in-folio, 109 planches.
Règlement intérieur relatif au personnel de lécole Estienne, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1896, in-8°, 19 p.
Remise à M. Dausset dune médaille commémorative de ses fonctions de rapporteur général du budget de la Ville de Paris, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1922, in-4°, 36 p.
Remise dune médaille commémorative à M. Lampué, doyen dâge du Conseil municipal, [Paris], Ecole municipale Estienne, [1916], in-4°, 15 p.
Reymond, Ladislas, Une noce polonaise, [Paris], [École Estienne], [1940], in-4°, 58 p.
Ricci, Seymour (de), Petite suite à une exposition de lécriture. A propos dune exposition sur lhistoire de lécriture. Celle-ci, organisée par les soins de M. Landau, membre du Syndicat des antiquaires parisiens, eut lieu au Grand-Palais, du 26 janvier au 12 février 1939, [Paris], [École Estienne], [1939], in-4°, 16 p.
Robert, Paul, Distribué, Eugène, Résumé des conseils pratiques donnés dans les cours professionnels de la métallographie, précédé de la conférence faite par M. Paul Robert à la distribution des certificats dassiduité le 7 juillet 1918, Paris, École Estienne, [1918], in-8°, 20 p.
Rocher, Edmond, Toast dadieu et de revoir, Paris, École Estienne, 1934, in-12, 14 p.
Roger, Ernest, Conférence sur la Clicherie et la galvanoplastie, 1914.
Rops, Félicien, Verlaine, Paul, Correspondance Verlaine-Rops à propos de Parallèlement, Édition de lécole Estienne, 1918, in-8°, 16 p.
Roy, L, Le Remords de M. de La Fontaine, Paris, [École Estienne], [1940], in-12, 15 p.
Roy, P. A, P.A. Roy, officier dinfanterie. Avec les honneurs de la guerre. Souvenirs du Fort de Vaux, Paris, Éditions Estienne, [1939], in-4°, 53 p.
S. Pace, S. Tienne, Voyage scolaire 1898. Lécole Estienne à La Rochelle, récit véridique de notre excursion, suivi dune chanson sortière par S. Tienne, élèves de lécole Estienne, promotion 1898. Préface dHippolyte Fontaine, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, in-8°, 30 p.
Saint-Exupéry, Antoine (de), Le Petit Prince, Paris, Éditions Estienne, 1948, in-8°, 87 p.
Salut dune jeune quinette à celui dont la baïonnette na certes pas plus de mordant que la plume et lesprit, [Paris], Typographie de lécole Estienne, 1914, in-8°, 4 p.
Sauvage, Sylvain, Adieu à Paul Haasen, 1887-1944,[Paris], [Collège technique Estienne], [1944], in-4°, 13 p.
Sauvage, Sylvain, Notre France, [Paris], [École Estienne], [1941], in-12, 8 p.
Sauvage, Sylvain (préf.), Bonfils, Robert, La Gravure et le livre, préfacé par Sylvain Sauvage, Paris, Éditions Estienne, 1938, in-4°, XXXI-243 p.
Schiller, Charles, Esquisses typographiques. Les compositeurs, Paris, imprimerie de lécole Estienne, 1893, in-8°, 23 p.
Schiller, Charles, Esquisses typographiques. Les compositeurs dimprimerie. Etude extraite des Annales de la typographie du 1er décembre 1838, Paris, imprimerie de lécole Estienne, 1896, in-8°, 26 p.
Scize, Pierre, Gens des Cimes, Paris, École Estienne, 1937, in-folio, XI-12 p.
(Le) Sourire de madame de Sévigné, Paris, Éditions Estienne, 1939, in-4°, 35 p.
Souvenir de linauguration, Paris, le 1er juillet 1896. Déclaration des droits de lhomme et du citoyen. Lois constitutionnelles. Assemblée nationale du 17 janvier 1895. Notice sur lécole Estienne, [Paris], [École Estienne], [1896], in-folio, IV-67 p.
Spécimen de caractères. École Estienne. Atelier de composition typographique, Paris, École Estienne, 1943, in-4°, 117 planches.
Stadt Paris, Estienne-Schule der Graphitchen Künste, 18, bd Auguste-Blanqui, [1914], [École Estienne], in-8°, 16 p.
Stevenson, Robert Louis, Les Gais Lurons, Paris, École Estienne, 1943, in-4°, 106 p.
Tableau généalogique et héraldiques de la famille Estienne, 1910.
Texcier, Jean (préf.), Guy Robert du Costal, 1887-1945, préface de Jean Texcier, Paris, Collège technique Estienne, 1947, in-12, X-82 p.
Theureau, E., Essais sur lenseignement du dessin dans les écoles de la Ville de Paris et le métier de professeur, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1943, in-16, 41p.
Thierry, Maurice (de), Société scientifique et littéraire des instituteurs de France. Ecole Vauquelin. Le Mont Blanc. Conférence faite devant la société, Paris, Imprimerie de lécole municipale Estienne, 1897, in-8°, 84 p.
Valéry, Paul, LArt italien, par Paul Valéry de lAcadémie française, Paris, Collège technique Estienne, 1944, in-8°, 26 p.
Valette, Georges, « La Coloniale » à lécole du Livre, Paris, École Estienne, [1939], in-4°, 23 p.
Valette, Georges, À lécole Estienne, suivez le guide, [Paris], [École Estienne], [1938], in-4°, 43 p.
Valette, Georges, À lécole Estienne, suivez le guide, [Paris], Collège technique Estienne, [1945], in-4°, 43 p.
Valette, Georges, Typographie : cours de perfectionnement à lusage des candidats au certificat daptitude professionnelle, préface de Georges Lecomte, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1933, in-8°, 264 p.
Valette, Georges, Typographie : cours de perfectionnement à lusage des candidats au certificat daptitude professionnelle, préfacé par Georges Lecomte, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1934.
Verlaine, Paul, Rops, Félicien, Correspondance Verlaine-Rops à propos de Parallèlement, Édition de lécole Estienne, 1918, in-8°, 16 p.
Vieuchange, Michel, Smara. Chez les dissidents du sud marocain et du Rio de Oro. Carnets de route, Paris, Estienne Éditeur, 1934, in-folio, 46 p.
Ville de Paris. Exposition universelle de 1900. Salon central des écoles professionnelles. Pavillon de la Ville de Paris, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1900, in-4°, 16 p.
Voyage scolaire de 1900 de lécole Estienne en Allemagne (Paris, Leipzig, Berlin, Postdam, Aix-la-Chapelle, Paris), Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1903, in-4°, 53 p.
Weiss, René, La Ville de Paris et lenseignement professionnel. Sa participation à lexposition des arts décoratifs et industriels modernes, Paris, Typographie de lécole municipale Estienne, 1926, in-4°, VIII-78 p.
Périodiques et albums
1889-1949
Journaux
Ces journaux sont des numéros, en général, uniques, imprimés par les promotions sortantes de latelier de compositions typographiques.
LÉcho typographique, n°1,2, 3, 1892
Le Livre, 1894
Le Narrateur, 1896
Typo fin-de-cycle détudes à lEcole Estienne, 1898
Le(s) Jeunes Typographes dEstienne, 1899
Le Grand Hall dEstienne, 1903
LÉcole de typographie, 1906
La Gazette des typos, 1929
La Gazette des typos dEstienne, 1933
Casse aux aguets, journal de latelier de composition typographique, 1943-1958.
Publications annuelles
Les Typographes dEstienne, créé 1919.
Cahiers dEstienne, créé en 1935.
Almanach dEstienne, créé en 1936.
Album
Hommage au Conseil municipal de la Ville de Paris, grand in-folio, format à litalienne, 1891. Bibliothèque du Conseil de Paris : E 1206.
École Estienne, arts et industrie. Travaux délèves, 1914-1920, [Paris], [École Estienne], [1920]. Bibliothèque de lécole Estienne.
Arts et Industries du Livre. École Estienne, 1889-1925, [Paris], [École Estienne], [1925] grand in-folio, 32 p. et planches. Bibliothèque de lécole Estienne, Bibliothèque des arts graphiques.
Publications de lAssociation des anciens élèves dEstienne
Le Livre, 1899-1901.
Livre-Gazette, 1902-1903.
Bulletin de lassociation amicale [ou de la Société] des anciens élèves de lÉcole Estienne, 1912-191?. (na pas été retrouvé).
Bulletin des Anciens dEstienne, 1936 (rédacteur en chef : Maurice Bonard). (na pas été retrouvé).
Annuaire des arts et industries graphiques. Estienne, 1949, Paris, SEDI, 1949, 654 p.
Les manuels de lINIAG
1943-1949
1943
Bargilliat, Alain, Typographie, impression. Cours de perfectionnement à lusage des candidats au certificat daptitude professionnelle. Préface dÉmile Maulde. Conforme aux programme de lInstitut national des industries et arts graphiques homologués le 24 mars 1941, Paris, Ministère de lÉducation nationale-I.N.I.A.G., in-16, XII-404 p.
Valette, Georges, Typographie, composition. Cours de perfectionnement à lusage des candidats au certificat daptitude professionnelle. Préface de Sylvain Sauvage. Conforme aux programme de lInstitut national des industries et arts graphiques homologués le 24 mars 1941, Paris, Ministère de lÉducation nationale-I.N.I.A.G., in-16, IX-270 p.
1944
Demichel, E., Villemaire, L., Typographie, photogravure. Cours de perfectionnement à lusage des candidats au certificat daptitude professionnelle. Préface dAlain Bargilliat, directeur de lINIAG. Conforme aux programme de lInstitut national des industries et arts graphiques homologués le 24 mars 1941, Paris, ministère de lÉducation nationale-I.N.I.A.G., 1944, X-367 p.
1945
Bargilliat, Alain, Offset Litho, procédés manuels. Cours de perfectionnement à lusage des candidats au certificat daptitude professionnelle. Préface de Marcel Rives, directeur du Commerce intérieur au ministère de la Production industrielle. Conforme aux programme de lInstitut national des industries et arts graphiques homologués le 24 mars 1941, Paris, ministère de lÉducation nationale-I.N.I.A.G., 1945, XI-367 p.
Bargilliat, Alain, Typographie, impression. Cours de perfectionnement à lusage des candidats au certificat daptitude professionnelle. Préface dÉmile Maulde. Conforme aux programme de lInstitut national des industries et arts graphiques homologués le 24 mars 1941, Paris, ministère de lEducation nationale-I.N.I.A.G., 1945, XII- p.
Valette, Georges, Typographie, composition. Cours de perfectionnement à lusage des candidats au certificat daptitude professionnelle. Préface de Sylvain Sauvage. Conforme aux programme de lInstitut national des industries et arts graphiques homologués le 24 mars 1941, Paris, -INIAG, 1945, IX-270 p.
1947
Baudry, Georges, Hélio gravure et tirage. Cours de perfectionnement à lusage des candidats au certificat daptitude professionnelle. Préface de Rouillon, secrétaire du Syndicat général du Livre. Conforme aux programme de lInstitut national des industries et arts graphiques homologués le 24 mars 1941, Paris, Ministère de lEducation nationale-I.N.I.A.G., 1947, X-268 p.
Demichel, E., Villemaire, L., Typographie, photogravure. Cours de perfectionnement à lusage des candidats au certificat daptitude professionnelle. Préface dAlain Bargilliat, directeur de lINIAG. conforme aux programme de lInstitut national des industries et arts graphiques homologués le 24 mars 1941, Paris, ministère de lEducation nationale-I.N.I.A.G., 1947, X-367 p.
1948
Valette, Georges, Typographie, composition. Cours de perfectionnement à lusage des candidats au certificat daptitude professionnelle. Préface de Sylvain Sauvage. Conforme aux programme de lInstitut national des industries et arts graphiques homologués le 24 mars 1941, Paris, Ministère de lÉducation nationale-I.N.I.A.G., 1945, IX-278 p.
1949
Frémy, Maurice, Aide-mémoire du CAP et du CQP du compositeur-typographe, Paris, Ministère de lÉducation Nationale-I.N.I.A.G., 1949, 261 p.
Documents et illustrations
Vue générale de lécole Estienne, années 1890, Bibliothèque de lécole Estienne.
Plan de lécole Estienne, Monographie de lécole Estienne. École municipale professionnelle des Arts et des Industries du Livre, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1900, in-4°, 228 p.
Cour intérieure de lécole Estienne, Monographie de lécole Estienne. École municipale professionnelle des Arts et des Industries du Livre, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1900, in-4°, 228 p. Service de reproduction de la Bibliothèque nationale de France.
Hall des machines, années 1890, Bibliothèque de lécole Estienne.
Plan des nouveaux bâtiments, années 1940, W 40125/79/1/80, Archives de Paris.
Plan des nouveaux bâtiments, années 1940, W 40125/79/1/80, Archives de Paris.
Pierre Frédéric Frayssinet.
Hippolyte Fontaine.
Georges Lecomte (1867-1958).
Sylvain Sauvage (1888-1948).
Stéphane Pannemaker, Le Typographe : Victor Breton, s.d., coll. particulière. Reproduction photogravée antérieure à 1914. Nous remercions Daniel Mangeot de nous avoir fourni ce document.
Couverture. Victor XE "Breton, Victor" Breton, Cours élémentaire de composition typographique à lusage des élèves de première année (année dessai préparatoire), Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1890, in-8°, X-104 p.
Spécimen de travaux de composition, Hommage au Conseil municipale de la Ville de Paris. Album des travaux exécutés par les élèves de lécole municipale Estienne, 1891, album, grand in-folio, Bibliothèque du Conseil de Paris. Nous remercions M. Roch-Olivier Maistre, secrétaire général du Conseil de Paris et son secrétaire général adjoint, M. Régis Boissièras, pour nous avoir autorisée à reproduire ce document.
Spécimen de travaux de photogravure, Hommage au Conseil municipale de la Ville de Paris. Album des travaux exécutés par les élèves de lécole municipale Estienne, 1891, album, grand in-folio, Bibliothèque du Conseil de Paris. Nous remercions M. Roch-Olivier Maistre, secrétaire général du Conseil de Paris et son secrétaire général adjoint, M. Régis Boissièras, pour nous avoir autorisée à reproduire ce document.
Spécimen de travaux de lithographie, Hommage au Conseil municipale de la Ville de Paris. Album des travaux exécutés par les élèves de lécole municipale Estienne, 1891, grand in-folio , Bibliothèque du Conseil de Paris. Nous remercions M. Roch-Olivier Maistre, secrétaire général du Conseil de Paris et son secrétaire général adjoint, M. Régis Boissièras, pour nous avoir autorisée à reproduire ce document.
Spécimen de travaux de gravure sur bois, Hommage au Conseil municipale de la Ville de Paris. Album des travaux exécutés par les élèves de lécole municipale Estienne, 1891, grand in-folio, Bibliothèque du Conseil de Paris. Nous remercions M. Roch-Olivier Maistre, secrétaire général du Conseil de Paris et son secrétaire général adjoint, M. Régis Boissièras, pour nous avoir autorisée à reproduire ce document.
Spécimen de travaux de chromolithographie, Hommage au Conseil municipale de la Ville de Paris. Album des travaux exécutés par les élèves de lécole municipale Estienne, 1891, grand in-folio, Bibliothèque du Conseil de Paris. Nous remercions M. Roch-Olivier Maistre, secrétaire général du Conseil de Paris et son secrétaire général adjoint, M. Régis Boissièras, pour nous avoir autorisée à reproduire ce document.
Victor XE "Breton, Victor" Breton XE "Breton, Victor" , Essais progressif de composition typographique des tableaux et travaux de ville divers, avec un appendice sur la composition des langues orientales par M. A. Labouret XE "Labouret, André" . Ouvrage destiné aux élèves de 2e, 3e et 4e années, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1893, in-4°, p. 87.
Victor XE "Breton, Victor" Breton XE "Breton, Victor" , Essais progressif de composition typographique des tableaux et travaux de ville divers, avec un appendice sur la composition des langues orientales par M. A. Labouret XE "Labouret, André" . Ouvrage destiné aux élèves de 2e, 3e et 4e années, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1893, in-4°, p. 117.
Victor XE "Breton, Victor" Breton XE "Breton, Victor" , Essais progressif de composition typographique des tableaux et travaux de ville divers, avec un appendice sur la composition des langues orientales par M. A. Labouret XE "Labouret, André" . Ouvrage destiné aux élèves de 2e, 3e et 4e années, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1893, in-4°, p. 119.
Victor XE "Breton, Victor" Breton XE "Breton, Victor" , Essais progressif de composition typographique des tableaux et travaux de ville divers, avec un appendice sur la composition des langues orientales par M. A. Labouret XE "Labouret, André" . Ouvrage destiné aux élèves de 2e, 3e et 4e années, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1893, in-4°, p. 185.
Victor XE "Breton, Victor" Breton, Essais progressif de composition typographique des tableaux et travaux de ville divers, avec un appendice sur la composition des langues orientales par M. A. Labouret XE "Labouret, André" . Ouvrage destiné aux élèves de 2e, 3e et 4e années, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1893, in-4°, p. 205.
Victor XE "Breton, Victor" Breton XE "Breton, Victor" , Essais progressif de composition typographique des tableaux et travaux de ville divers, avec un appendice sur la composition des langues orientales par M. A. Labouret XE "Labouret, André" . Ouvrage destiné aux élèves de 2e, 3e et 4e années, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1893, in-4°, p. 257.
Souvenir de linauguration, Paris, le 1er juillet 1896. Déclaration des droits de lhomme et du citoyen. Lois constitutionnelles. Assemblée nationale du 17 janvier 1895. Notice sur lécole Estienne, [Paris], [École Estienne], [1896], in-folio, IV-67 p., Bibliothèque de lécole Estienne.
Souvenir de linauguration, Paris, le 1er juillet 1896. Déclaration des droits de lhomme et du citoyen. Lois constitutionnelles. Assemblée nationale du 17 janvier 1895. Notice sur lécole Estienne, [Paris], [école Estienne], [1896], in-folio, IV-67 p., Bibliothèque de lécole Estienne.
Guillaume Fatio, La Campagne genevoise daprès nature, Genève, 1899, Bibliothèque de lécole Estienne, photographie deYves Devaux.
Frontispice. Monographie de lécole Estienne. École municipale professionnelle des Arts et des Industries du Livre, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1900, in-4°, 228 p. Service de reproduction de la Bibliothèque nationale de France.
Jean de La Fontaine, Fables, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1900, grand in-folio, 25 planches. Service de reproduction de la Bibliothèque nationale de France.
Le Monument de Paul Saïn à Saint Cénéry, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1910, in-4°, 24 et 40 p. Bibliothèque de lécole Estienne.
Spécimen de travaux de ville, 1911. Service de reproduction de la Bibliothèque Forney.
Distribution des prix, Programme, 1913. Service de reproduction de la Bibliothèque Forney.
Stadt Paris, Estienne-Schule der Graphitchen Künste, 18, bd Auguste-Blanqui, [1914], in-8°, [École Estienne], 16 p. Service de reproduction de la Bibliothèque Forney.
Jules XE "Michelet, Jules" Michelet, Pages choisis de « La Mer » (extraits), Paris, Typographie de lécole Estienne, 1914, in-folio, 31 p.
Reliure, 1915. Victor XE "Breton, Victor" Breton XE "Breton, Victor" , Essais progressif de composition typographique des tableaux et travaux de ville divers, avec un appendice sur la composition des langues orientales par M. A. Labouret XE "Labouret, André" . Ouvrage destiné aux élèves de 2e, 3e et 4e années, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1893, in-4°, VIII-290 p. et IV-50 p. Bibliothèque de lécole Estienne, photographie de Yves Devaux.
École Estienne, Album, 1900-1925, Travaux délèves, Bibliothèque de lécole Estienne.
« Imprimerie Plantin à Anvers », gravure en taille-douce. École Estienne, Album, 1900-1925, Travaux délèves, Bibliothèque de lécole Estienne.
Lettres ornées.
XE "Lavedan, Henri" LHabit vert par M. Henri Lavedan, délégué de la lAcadémie française lu dans la séance publique annuelle des cinq académies du mardi 25 octobre 1910, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1920, in-folio, 12 p.
René XE "Weiss, René" Weiss, La Ville de Paris et lenseignement professionnel. Sa participation à lexposition des arts décoratifs et industriels modernes, Paris, Typographie de lécole municipale Estienne, 1926, in-4°, p. 6
René Weiss, La Participation de la Ville de Paris à lExposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes, Paris, Imprimerie nationale, 1925, p. 112.
Typographes dEstienne, 1925.
Typographes dEstienne, 1925.
Discours prononcé par M. Georges Grappe au nom de la Fédération française des artistes le 17 février 1925 à loccasion de la réception de MM. Albert Besnard, Georges Lecomte à lAcadémie française, Paris, École Estienne, 1926, in-8°, 12 p.
Typographe dEstienne, 1929.
Alphonse XE "Daudet, Alphonse" Daudet, La Chèvre de monsieur Seguin, Paris, Éditions Estienne, 1930, in-8°, p. 8-9.
Typographes dEstienne, 1931.
Typographes dEstienne, 1931.
Typographes dEstienne, 1931.
Typographes dEstienne, 1931.
Georges dEsparbès, XE "DEsparbès, Georges" Le Papillon, Paris, Éditions Estienne, 1932, in-4°, p. 8-9.
Modèles de couverture. Raymond Cogniat, « Lécole Estienne », Art et décoration, t. XIV, 1935, p. 50-58.
Affiches. Raymond Cogniat, « Lécole Estienne », Art et décoration, t. XIV, 1935, p. 50-58.
Reliures. Raymond Cogniat, « Lécole Estienne », Art et décoration, t. XIV, 1935, p. 50-58.
Lithographie. Introduction à une nouvelle flore, Paris, Éditions Estienne, 1937, in-folio, 33 planches.
Typographes dEstienne, 1937.
Cours de dessin de H. L. Beaumont. Cahiers dEstienne, 1939.
Plats de reliures exécutées par Pierre Lécuyer, élève relieur de 1935 à 1939. Photographies de Pierre Lécuyer.
Typographes dEstienne, 1939.
Typographes dEstienne, 1942.
Typographes dEstienne, 1942.
Almanach dEstienne, 1942.
Typographes dEstienne, 1945.
Almanach dEstienne, 1945.
Cahiers dEstienne, 1946.
Pierre Caspard, « Un chantier déserté : lhistoire de lenseignement technique », Formation-Emploi, n°27-28, juillet-décembre 1989, p. 193-197.
Thérèse Charmasson, Anne-Marie Lelorrain et Yannick Ripa, LEnseignement technique de la Révolution à nos jours. tome 1 : 1789-1926, Paris, INRP - Économica, 1987, p. 72.
Arlette Farge, « Lhistoire sociale », Lhistoire et le métier dhistorien en France, 1945-1995, Paris, Éditions de la Maison des sciences de lhomme, 1995, p. 281-300.
Alain Plessis, « Lhistoire économique », Lhistoire et le métier dhistorien en France, 1945-1995, Paris, Éditions de la Maison des sciences de lhomme, 1995, p. 271-280, Sylvie Schweitzer, « Industrialisation, hiérarchies au travail et hiérarchies sociale eu 20e siècle », Vingtième-Siècle, revue dhistoire, n°54, avril - juin, 1997, p. 103-115.
Jean-Michel Chapoulie, « Deux expériences de création détablissements techniques au xixe siècle », Formation-Emploi, n°27-28, juillet-décembre 1989, p. 15-39.
Jean-Pierre Briand et Jean-Michel Chapoulie, Les Collèges du peuple : lenseignement primaire supérieur et le développement de la scolarisation prolongé sous la Troisième République, Paris, INRP - CNRS, 1992, 544 p.; Vincent Troger, « Histoire des Centres dapprentissage, 1939-1959. Les enjeux économiques, politiques et culturelles de la constitution de lenseignement technique court », thèse de doctorat dhistoire, sous la direction de François Caron, Paris-IV, 1990, 383 p.
Guy Brucy, « Histoire des diplômes de lenseignement technique (1880-1965) », Thèse de doctorat dhistoire, sous la direction dAntoine Prost, Paris-I, 1993, 2 volumes, 443 p.
Yves Lequin, « Lapprentissage en France au xixe siècle : rupture ou continuité ? », Formation-Emploi, n°27-28, juillet-décembre 1989, p. 91-100.
Yves Lequin « Le métier », Les Lieux de mémoire, t. 3 : Les France, sous la direction de Pierre Nora, Paris, Gallimard, coll. « Quarto », 1997, p. 3351-3384.
Daniel Renoult, « Les nouvelles possibilités techniques : le triomphe de la mécanique », Histoire de lédition française, sous la direction de Roger Chartier et Henri-Jean Martin, tome 4 : Le Livre concurrencé, 1900-1950, Paris, Fayard - Cercle de la Librairie, 1991, p. 28-50.
Sophie Malavieille, Reliures et cartonnages déditeurs en France au xixe siècle (1815-1865), Paris, Promodis, 1985, 253 p.
Corinne Bouquin-Chupeau, « Recherches sur limprimerie lithographique à Paris au xixe s. : limprimerie Lemercier (1803-1901) », thèse de doctorat dhistoire de lart, sous la direction dHenri-Jean Martin, 2 volumes, Paris-I, 1993, 572 p.
Evelyne Péloille, « LImprimerie parisienne de 1881 à 1914. Aspects des mutations dans lorganisation de la production », thèse de doctorat dhistoire, sous la direction dAlain Plessis, Paris-I, 1994.
Paul Chauvet, Les Ouvriers du livre en France, de 1789 à la Constitution de la Fédération du livre, Paris, Marcel Rivière, 1964, 717 p.; Les Ouvriers du livre et du journal : la Fédération française des travailleurs du Livre, Paris, Editions ouvrières, 1971, 346 p.
Yves Blondeau, Le Syndicat des correcteurs de Paris et de la région parisienne (1881-1973), préfacé par Fernand Bernier et Jean Maintron, Paris, Bourse du Travail, 1973, 411 p.
Madeleine Rebérioux, Les Ouvriers du livre et leur fédération, 1881-1981, préfacé par Georges Séguy et Jacques Piot, Paris, Temps actuels - Messidor, 1981, 241 p.
Hubert Sales, Les Relations industrielles dans limprimerie française, Paris, éditions Cujas, 1967, 210 p.
Yves Lequin « Le métier », Les Lieux de mémoire, t. 3 : Les France, sous la direction de Pierre Nora, Paris, Gallimard, coll. « Quarto », 1997, p. 3351-3384.
Yves Legoux, Du compagnon au technicien. Lécole Diderot et lévolution des qualifications, 1871-1971, Lille, Service de reproduction des thèse - Lille III, 1973, 743 p.
Stéphane Laurent; « Art et industrie. La question de lenseignement des arts appliqués (1851-1940). Le cas de lécole Boulle », thèse de doctorat dhistoire de lart, sous la direction de Gérard Monnier, Paris-I,
Monographie de lécole Estienne. École municipale professionnelle des Arts et des Industries du Livre, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1900, 228 p.
Nous remercions très chaleureusement lAssociation amicale des personnels et lAssociation des anciens élèves de lécole Estienne pour nous avoir permis daccéder à leur fichier. Nous avons également passé des annonces dans la presse professionnelle qui donnèrent des résultats inégaux. Nous remercions Caractère, Industries Graphiques et le Courrier du retraité (de limprimerie) davoir accepté de publier nos annonces à titre gracieux.
Le catalogue des publications de lécole Estienne (livres, brochures, périodiques) se trouve dans le volume des Annexes.
René Ponot, « La création typographique des Français », Histoire de lédition française, sous la direction de Roger Chartier et Henri-Jean Martin, tome 4 : Le Livre concurrencé, 1900-1950, Paris, Fayard - Cercle de la Librairie, 1991, p. 367-399; Daniel Renoult, « La mise en page », op. cit., p. 400-418; Antoine Coron, op. cit., p. 425-464.
Richard Hollis, Le Graphisme au xxe siècle, Paris, Thames & Hudson, coll. «LUnivers de lart », 1997, 224 p.; Marc Martin, Trois siècle de publicité, Paris, éditions Odile Jacob, 1992, p
Bruno Delmas, « Linflation de limprimé administratif », Histoire de lédition française, sous la direction de Roger Chartier et Henri-Jean Martin, t. 3 : Le Temps des éditeurs. Du romantisme à la Belle Époque, Paris, Fayard - Cercle de la Librairie, 1990, p. 39-41.
Marc Martin, Trois siècles de publicité en France, Paris, éditions Odile Jacob XE "Jacob, E. J." , 1992, p. 62-83.
Frédéric Barbier, « Une production multipliée », Histoire de lédition française, sous la direction de Roger Chartier et Henri-Jean Martin, t. 3 : Le Temps des éditeurs. Du romantisme à la Belle Époque, Paris, Fayard - Cercle de la Librairie, 1990, p. 105-127.
Sophie Malavieille, Reliures et cartonnages déditeurs en France au xixe siècle (1815-1865), Paris, Promodis, 1985, 253 p.
Corinne Bouquin-Chupeau, « Recherches sur limprimerie lithographique à Paris au xixe siècle : limprimerie Lemercier (1803-1901) », Thèse de doctorat dhistoire de lart, sous la direction dHenri-Jean Martin, Paris-I, 1993, 572 p.
Frédéric Barbier, « Les ouvriers du Livre et la révolution industrielle en France au xixe siècle », Revue du Nord, t. LXIII, n°248, janvier-mars 1981, p. 189-205.
Daniel Renoult, « Les nouvelles possibilités techniques : le triomphe de la mécanique », Histoire de lédition française, sous la direction de Roger Chartier et Henri-Jean Martin, t. 4 : Le livre concurrencé, 1900-1950, Paris, Fayard - Cercle de la Librairie, 1991, p. 28-50.
Annie Parent, Les Métiers du Livre à Paris au xvie siècle (1535-1560), Genève, Droz, 1974, p. 175; Paul Chauvet, Les Ouvriers du Livre en France des origines à la révolution de 1789, Paris, PUF, 1959, p. 475-479.
Paul Chauvet, Les Ouvriers du Livre en France des origines à la révolution de 1789, Paris, PUF, 1959, p. 257.
Henri-Jean Martin, Livre et société à Paris au xviie siècle (1598-1701), Genève, Droz, 1969, p. 700.
Paul Chauvet, Les Ouvriers du Livre en France des origines à la révolution de 1789, Paris, PUF, 1959, p. 329-330 et 356.
Paul Chauvet, Les Ouvriers du Livre en France de 1789 à la constitution de la Fédération du livre, Paris, Marcel Rivière, 1964, p. 654.
Paul Chauvet, Les Ouvriers du Livre en France de 1789 à la constitution de la Fédération du livre, Paris, Marcel Rivière, 1964, p. 662.
Ministère du Commerce et de lindustrie, des postes et des télégraphes. Direction du travail. Office du travail, LApprentissage industriel. Rapport sur lapprentissage dans limprimerie, 1899-1901, Paris, Imprimerie nationale, 1902, p. lxxxix.
Paul Chauvet, Les Ouvriers du Livre en France de 1789 à la constitution de la Fédération du livre, Paris, Marcel Rivière, 1964, p. 580-582.
Frédéric Barbier, « Les ouvriers du Livre et la révolution industrielle en France au xixe siècle », Revue du Nord, t. LXIII, n°248, janvier-mars 1981, p. 189-205. Serge Bouffange a dressé un tableau des employés de Castermann très éclairant sur le processus de déqualification : Pro deo et patria. Castermann : librairie, imprimerie, édition (1776-1919), Genève, Droz, 1996, p. 129-132.
Paul Chauvet, Les Ouvriers du Livre en France de 1789 à la constitution de la Fédération du livre, Paris, Marcel Rivière, 1964, p. 582-583.
Paul Chauvet, Les Ouvriers du Livre en France de 1789 à la constitution de la Fédération du livre, Paris, Marcel Rivière, 1964, p. 583; Louis Radiguer, Maîtres imprimeurs et ouvriers typographes, Paris, Société nouvelle de librairie et dédition, 1903, p. 421-430.
« Sarrasin » signifie « jaune » dans le jargon des ouvriers du Livre.
Serge Bouffange, Pro deo et patria. Castermann : librairie, imprimerie, édition (1776-1919), Genève, Droz, 1996, p. 130-132.
Jeanne Gaillard, Paris, la ville. 1852-1870, Lille XE "Lille" , Service de reproduction des thèses - Lille-III, 1976, 401-411.
Chambre des imprimeurs de Paris, Rapport sur les travaux de lannée 1880, Paris, s.d., p. 6.
François Jacquet-Francillon, Naissances de lécole du peuple, 1815-1870, Paris, éditions de lAtelier, 1995, p. 205-244 et p. 275-298.
Elle est une des seules à notre connaissance à être mixte.
Sylvie Belnard, « Limprimerie Chaix (1815-1881). Étude économique, politique, sociale », maîtrise dhistoire sous la direction de Jean-Yves Mollier, Paris-X-Nanterre, 1989, p. 97-99.
Octave Gréard XE "Gréard, Octave (1828-1904)" , Linstruction primaire à Paris et dans le département de la Seine (1871-1872). Notes, mémoires et rapports, Paris, Imprimerie de la préfecture de la Seine, 1872, p. 140. Limprimerie Claye XE "Imprimerie Claye" accueillait à la même date 8 élèves.
Pierre Pierrard, Enfants et jeunes ouvriers en France (xixe - xxe siècle), Paris, Éditions ouvrières, 1987, p. 78.
Jean-Michel XE "Michel, Victor-Paul" Chapoulie, « Lenseignement primaire supérieur, de la loi Guizot aux écoles de la IIIe République », Revue dhistoire moderne et contemporaine, t. XXXVI, octobre-décembre 1989, p. 413-437.
Christophe Charle, Histoire sociale de la France au xixe siècle, Paris, Le Seuil, coll. « Point histoire », 1991, p. 129.
Jean-Michel XE "Michel, Victor-Paul" Chapoulie, « Lenseignement primaire supérieur, de la loi Guizot aux écoles de la IIIe République », Revue dhistoire moderne et contemporaine, t. XXXVI, octobre-décembre 1989, p. 413-437.
Noë Richter, Introduction à lhistoire de la lecture publique, Bernay, À lenseigne de la queue du chat, 1995, p. 34-38 et p. 46-47; Maurice Dommanget, Les Grands Socialistes et léducation, Paris, Armand Colin, coll. « U », 1970, 470 p.
Gérard Noiriel, Les Ouvriers dans la société française, xixe - xxe siècle, Paris, Le Seuil, coll. « Point histoire », 1986, p. 56-59.
François Jacquet-Francillon, Naissances de lécole du peuple, 1815-1870, Paris, éditions de lAtelier, 1995, p. 164-167.
Le cas de lindustrie lithographique à Paris est très représentatif de linefficacité de cette loi. Corinne Bouquin-Chupeau, « Recherches sur limprimerie lithographique à Paris au xixe siècle : limprimerie Lemercier (1803-1901) », Thèse de doctorat dhistoire de lart, sous la direction dHenri-Jean Martin, Paris-I, 1993, p. 68.
Pierre Pierrard, Enfants et jeunes ouvriers en France (xixe - xxe siècle), Paris, Éditions ouvrières, 1987, p. 55-71.
Pierre Pierrard, Enfants et jeunes ouvriers en France (xixe - xxe siècle), Paris, Éditions ouvrières, 1987, p. 73.
Nous remercions lInstitut national des jeunes sourds pour ces renseignements.
Ministère du Commerce et de lindustrie, des postes et des télégraphes. Direction du travail. Office du travail, LApprentissage industriel. Rapport sur lapprentissage dans limprimerie, 1899-1901, Paris, Imprimerie nationale, 1902, p. xci-xciii.
1882-1982, centenaire de lécole dAlembert XE "École dAlembert" , Montévrain, École dAlembert, 1982, 28 p.
Thérèse Charmasson, Anne-Marie Lelorrain et Yannick Ripa, LEnseignement technique de la Révolution à nos jours. tome 1 : 1789-1926, Paris, INRP - Économica, 1987, p. 23.
Gérard Monnier, LArt et ses institutions en France, de la Révolution à nos jours, Paris, Gallimard, coll. « Folio histoire », 1995, p. 79-87.
Claude Lelièvre et Christian Nique, Bâtisseurs décoles. Histoire biographique de lenseignement en France, Paris, Nathan, coll. « Repères pédagogique », 1994, p. 317-319.
Thérèse Charmasson, Anne-Marie Lelorrain et Yannick Ripa, LEnseignement technique de la Révolution à nos jours. tome 1 : 1789-1926, Paris, INRP - Économica, 1987, p. 30.
Hubert Sales, Les Relations industrielles dans limprimerie française, Paris, éditions Cujas, 1967, p. 33.
« Le Cercle de la Librairie », Histoire de lédition française, sous la direction de Roger Chartier et Henri-Jean Martin, tome 3 : Le Temps des éditeurs. Du romantisme à la Belle Époque, Paris, Fayard -Cercle de la Librairie, 1990, p. 49-50.
Évelyne Peloille, « LImprimerie parisienne de 1881 à 1914. Aspects des mutations dans lorganisation de la production », thèse de doctorat dhistoire, sous la direction dAlain Plessis, Paris-I, 1994, p. 405-421.
Évelyne Peloille, « LImprimerie parisienne de 1881 à 1914. Aspects des mutations dans lorganisation de la production », thèse de doctorat dhistoire, sous la direction dAlain Plessis, Paris-I, 1994, p. 419.
Évelyne Peloille, « LImprimerie parisienne de 1881 à 1914. Aspects des mutations dans lorganisation de la production », thèse de doctorat dhistoire, sous la direction dAlain Plessis, Paris-I, 1994, p. 421-422.
Cette faiblesse fut manifeste lors des grèves de 1906; Évelyne Peloille, « LImprimerie parisienne de 1881 à 1914. Aspects des mutations dans lorganisation de la production », thèse de doctorat dhistoire, sous la direction dAlain Plessis, Paris-I, 1994, p. 424; Hubert Sales, Les Relations industrielles dans limprimerie française, Paris, éditions Cujas, 1967, p. 33-34.
G. B., « Lenseignement professionnel et le dessin », Bulletin de limprimerie, n°49, septembre 1880, p. 1146-1147; « La loi sur les écoles dapprentissage », Bulletin de limprimerie, n°53, janvier 1881, p. 1241-1242.
« Fin dannée », Bulletin de limprimerie, n°64, décembre 1881, p. 1499.
« Lécole professionnelle typographique », Bulletin de limprimerie, juillet 1882, p. 97-98.
« La loi sur les écoles dapprentissage », Bulletin de limprimerie, n°53, janvier 1881, p. 1241-1242.
« Nouvelles », Bulletin de limprimerie, octobre 1883, p. 291.
« Une école modèle dapprentis », Gutenberg-journal, n°27, 2 juillet 1884, p. 1-2.
E. L., « Lenseignement technique en province », LImprimerie, journal de la typographie et de la lithographie, n°495, 31 janvier 1895, p. 21-22.
Évelyne Peloille, « LImprimerie parisienne de 1881 à 1914. Aspects des mutations dans lorganisation de la production », thèse de doctorat dhistoire, sous la direction dAlain Plessis, Paris-I, 1994, p. 316.
« Nouvelles », Bulletin de limprimerie, novembre 1883, p. 325.
Chambre des imprimeurs de Paris, Rapport sur les travaux de lannée 1880, Paris, s.d., p. 6.
Chambre des imprimeurs de Paris, Rapport sur les travaux de lannée 1881, Paris, s.d., p. 11.
« Nouvelles. Chambre des imprimeurs. Assemblée générale du 22 février 1882 », Bulletin de limprimerie, mai 1882, p. 38-39.
« Actes et documents des associations », Bulletin de limprimerie, n°97, 19 juillet 1884, p. 209.
« Les travaux de la Chambre des imprimeurs en 1884 », Gutenberg-journal, n°30, 23 juillet 1884, p. 1-2.
Sophie Malavieille, Reliures et cartonnages déditeurs en France au xixe siècle (1815-1865), Paris, Promodis, 1985, 253 p.
Paul Chauvet, Les Ouvriers du Livre en France de 1789 à la constitution de la Fédération du livre, Paris, Marcel Rivière, 1964, p. 662.
Article 1, paragraphe 7 des statuts : « Rapport lu par M. L. Gruel, président, au nom du Conseil syndical, à lassemblée générale du 25 janvier 1892 », La Reliure, n°6, février 1892, p. 7-10.
Jules Lemale XE "Lemale, Jules (1853-1933)" XE "Lemale, Jules" , « Apprentissage », Revue de la reliure française, n°2, 5 juin 1890, p. 2.
Enquête sur lenseignement professionnel ou recueil des dépositions faites en 1863 et 1864 devant la commission de lenseignement professionnel, sous la présidence de son excellence M. Béhic ministre de lAgriculture, du commerce et des travaux publics, t. 2, Paris, Imprimerie impériale, 1864, p. 611.
Sophie Malavieille, Reliures et cartonnages déditeurs en France au xixe siècle (1815-1865), Paris, Promodis, 1985, p. 50-51.
F. Champenois XE "Champenois, Ferdinand" était le président de la Chambre patronale depuis 1886.
« Chambre des lithographes », Gutenberg-journal, n°26, 26 juin 1883, p. 1.
« Chambre des lithographes », Gutenberg-journal, n°12, 25 mars 1885, p. 1-2.
LEnseignement technique en France. Étude publiée à loccasion de lexposition de 1900, Paris, Imprimerie nationale, 1900, t. 4, p. 375-389.
« Nouvelles », Bulletin de limprimerie, mars 1884, p. 69. Les papetiers ont organisé relativement tôt la formation dans leur industrie. Lécole rue de Lancry, dite parfois École professionnelle du Papier, fut reconnue dutilité publique en 1894. Au début du xxe siècle, elle accueillait environ 200 élèves. En 1907, fut fondée lÉcole française du Papier XE "École française du papier" à Grenoble XE "Grenoble" , qui nadmettait que des bacheliers.
Gustave Sanier XE "Sanier, Gustave (1827-1890)" , , École professionnelle dapprentissage de dessinateurs-lithographes appliquée aux arts et à lindustrie, 4, rue Restaut (place Gerson, Sorbonne). Rapport adressé à M. Pierre Legrand, ministre du Commerce et de lindustrie, en réponse au questionnaire pour ladmission des écoles professionnelles à lexposition de 1889, 10 juin 1888, Paris, E. de Soye et fils imprimeurs, 1888, p. 2-6.
Corinne Bouquin-Chupeau, « Recherches sur limprimerie lithographique à Paris au xixe siècle : limprimerie Lemercier (1803-1901) », Thèse de doctorat dhistoire de lart, sous la direction dHenri-Jean Martin, Paris-I, 1993, p. 70.
« Deux questions importantes concernant la lithographie », LImprimerie, n°237, 30 avril 1884, p. 131-132.
« Deux questions importantes concernant la lithographie », LImprimerie, n°237, 30 avril 1884, p. 131-132.
Chambre des imprimeurs lithographes, Rapport sur les travaux de lannée 1888. Procès verbal de la séance générale du 20 février 1889, Paris, s.d., p. 16-17.
Guy de Maupassant, Bel Ami, Paris, Le Livre de Poche, 1983, p. 23.
Madeleine Rebérioux, « Les ouvriers du Livre », Histoire de lédition française, sous la direction de Roger Chartier et Henri-Jean Martin, t. 3 : Le temps des éditeurs. Du romantisme à la Belle Époque, Paris, Fayard - Cercle de la Librairie, 1990, p. 92-104; Madeleine Rebérioux, Les Ouvriers du Livre et leur fédération. Un centenaire, 1881-1981, préfacé par Georges Séguy et Jacques Piot, Paris, Temps actuels - Messidor, 1981, 239 p.
Hubert Sales, Les Relations industrielles dans limprimerie française, Paris, éditions Cujas, 1967, p. 82.
A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" , « Il ny a plus de bons ouvriers », La Typographie française, n°28, 1er décembre 1882, p. 5-7.
« Deuxième congrès typographique. III. Les écoles professionnelles dapprentis », La Typographie française, n°46, 1er septembre 1883, p. 6.
« Communication du Comité central. Séance extraordinaire du 14 janvier », La Typographie française, n°152, 1er février 1888, p. 2.
« Fédération lithographique », La Typographie française, n°133, 16 avril 1887, p. 3-4.
Fédération française des travailleurs du Livre, Septième congrès national tenu à Marseille XE "Marseille" du 9 au 15 septembre 1895, Paris, Imprimerie nouvelle, 1895, p. 27-40 et p. 57.
Paul Chauvet, Les Ouvriers du livre et du journal : la Fédération française des travailleurs du Livre, Paris, Éditions ouvrières, 1971, p. 256.
Nous nous sommes très largement inspirée dun chapitre de la thèse de Philippe Nivet : « Les institutions municipales de Paris depuis la Révolution française jusquen 1940 », Le Conseil municipal de Paris de 1944 à 1977, Paris, Publications de la Sorbonne, coll. « Histoire de la France aux xixe et xxe siècles », volume 34, 1994, p. 15-28.
Jeanne Gaillard, « Le Conseil municipal et le municipalisme parisien (1871-1890) », Bulletin de la Société dhistoire moderne, XVIe série, n°13, 1982, p. 7-16.
Jeanne Gaillard, Paris, la ville. 1852-1870, Service de reproduction des thèses - Lille XE "Lille" -III, 1976, p. 263-303 et p. 415-429.
Claude Lelièvre et Christian Nique, Bâtisseurs décoles. Histoire biographique de lenseignement en France, Paris, Nathan, coll. « Repères pédagogique », 1994, p. 317-319.
Octave Gréard XE "Gréard, Octave (1828-1904)" , LInstruction primaire à Paris et dans le département de la Seine (1871-1872). Notes, mémoires et rapports, Paris, Imprimeurs de la préfecture de la Seine, 1872, p. 113-212.
Yves Legoux, Du compagnon au technicien. Lécole Diderot et lévolution des qualifications, 1871-1971, Lille XE "Lille" , Service de reproduction des thèse - Lille III, 1973, 743 p.
Bruno Delmas, « Ladministration centrale du département de la Seine et de la Ville de Paris dans le nouvel Hôtel de Ville », Centenaire de la reconstruction de lHôtel de Ville, 1882-1982, Paris, Bibliothèque administrative de la Ville de Paris, 1982, p. 103-114.
Philippe Nivet, Le Conseil municipal de Paris de 1944 à 1977, Paris, Publications de la Sorbonne, coll. « Histoire de la France aux xixe et xxe siècles », volume 34, 1994, p. 15-28.
Thérèse Charmasson, Anne-Marie Lelorrain et Yannick Ripa, LEnseignement technique de la Révolution à nos jours. tome 1 : 1789-1926, Paris, INRP - Économica, 1987, p. 42; Jean-Pierre Briand, Jean-Michel XE "Michel, Victor-Paul" Chapoulie, LEnseignement primaire et ses extensions, 19e - 20e siècles. Annuaire statistique. Écoles maternelles, primaires, primaires supérieures et professionnelles, Paris, INRP - Économica, 1987, p. 207.
« Notice historique sur lécole Estienne », manuscrit, 1891, 4 p., dossier personnel de Marcel Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" , D1T1 98, Archives de Paris.
Notice dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, sous la direction de Jean Maitron, t. 13, Paris, Éditions ouvrières, 19 , p. 62.
Dossier personnel de Marcel Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" , D1T1 98, Archives de Paris.
« Rapport de M. Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" , professeur de mathématiques, au nom de la sous-commission du Livre, sur linstallation de loutillage, des ateliers, léclairage et les modifications à apporter à laménagement de lécole du Livre », 26 janvier 1888, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 399.
Eugène Spuller XE "Spuller, Eugène (1835-1896)" , Procès verbaux de la commission chargée de faire une enquête sur la situation des ouvriers de lindustrie et de lagriculture en France et de présenter un premier rapport sur la crise industrielle à Paris. Rapport, Paris, Imprimerie du journal officiel, 1885, p. 389.
« Mémoire de M. le préfet de la Seine relatif à la création dune école professionnelle de dessinateurs lithographes », 30 décembre 1884, LEnseignement professionnel à Paris, t. 1 : 1871-1886, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 1299-1302.
Le boulevard dItalie fut rebaptisé boulevard Auguste-Blanqui en 1905.
La rue de Gentilly fut rebaptisée rue Abel-Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" en 1899.
« Proposition de M. Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" tendant à linstallation dune école professionnelle du Livre », procès-verbal de la séance du 3 juin 1887, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 134.
« Lécole municipale du Livre », Gutenberg-journal, n°1, 6 juillet 1887, p. 2.
« Discussion du rapport de M. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" sur la création dune école du Livre », procès-verbal de la séance du 22 juillet 1887, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 165-170.
« Discussion du rapport de M. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" sur la création dune école du Livre », procès-verbal de la séance du 22 juillet 1887, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 165-170.
Eugène Spuller XE "Spuller, Eugène (1835-1896)" , Procès verbaux de la commission chargée de faire une enquête sur la situation des ouvriers de lindustrie et de lagriculture en France et de présenter un premier rapport sur la crise industrielle à Paris. Rapport, Paris, Imprimerie du journal officiel, 1885, p. 389.
« Discussion du rapport de M. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" sur la création dune école du Livre », procès-verbal de la séance du 22 juillet 1887, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 165-170.
« Discussion du rapport de M. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" sur la création dune école du Livre », procès-verbal de la séance du 22 juillet 1887, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 165-170.
Ministère du Commerce et de lindustrie, des postes et des télégraphes. Direction du travail. Office du Travail, LApprentissage industriel. Rapport sur lapprentissage dans limprimerie, 1899-1901, Paris, Imprimerie nationale, 1902, p. lxviii.
« Discussion du rapport de M. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" sur la création dune école du Livre », procès-verbal de la séance du 22 juillet 1887, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 165-170.
« Discussion du rapport de M. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" sur la création dune école du Livre », procès-verbal de la séance du 22 juillet 1887, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 165-170.
Eugène Spuller XE "Spuller, Eugène (1835-1896)" , Procès verbaux de la commission chargée de faire une enquête sur la situation des ouvriers de lindustrie et de lagriculture en France et de présenter un premier rapport sur la crise industrielle à Paris. Rapport, Paris, Imprimerie du journal officiel, 1885, p. 389.
« Discussion du rapport de M. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" sur la création dune école du Livre », procès-verbal de la séance du 22 juillet 1887, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 165-170.
Eugène Spuller XE "Spuller, Eugène (1835-1896)" , Procès verbaux de la commission chargée de faire une enquête sur la situation des ouvriers de lindustrie et de lagriculture en France et de présenter un premier rapport sur la crise industrielle à Paris. Rapport, Paris, Imprimerie du journal officiel, 1885, p. 389.
« Discussion du rapport de M. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" sur la création dune école du Livre », procès-verbal de la séance du 22 juillet 1887, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 165-170.
« Discussion du rapport de M. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" sur la création dune école du Livre », procès-verbal de la séance du 22 juillet 1887, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 165-170.
« Discussion du rapport de M. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" sur la création dune école du Livre », procès-verbal de la séance du 22 juillet 1887, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 165-170. Souligné par nous.
« Discussion du rapport de M. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" sur la création dune école du Livre », procès-verbal de la séance du 22 juillet 1887, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 165-170.
Eugène Spuller XE "Spuller, Eugène (1835-1896)" , Procès verbaux de la commission chargée de faire une enquête sur la situation des ouvriers de lindustrie et de lagriculture en France et de présenter un premier rapport sur la crise industrielle à Paris. Rapport, Paris, Imprimerie du journal officiel, 1885, p. 389.
Conseil municipal de Paris, Rapport présenté par MM. Desmoulins et Dreyfus XE "Dreyfus, E." , au nom de la commission chargée, par le Conseil, douvrir une enquête sur la crise industrielle. Annexe au procès-verbal de la séance du 2 novembre 1883, s.l., s.d., imprimé n°94, 94bis, 94ter, 25, 126 et 50 p.
Évelyne Peloille, « LImprimerie parisienne de 1881 à 1914. Aspects des mutations dans lorganisation de la production », thèse de doctorat dhistoire, sous la direction dAlain Plessis, Paris-I, 1994, p. 405/
« Les écoles professionnelles. Lithographie-typographie », Gutenberg-journal, n°4, 28 janvier 1885, p. 1-2.
« Discussion du rapport de M. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" sur la création dune école du Livre », procès-verbal de la séance du 22 juillet 1887, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 165-170.
Il semblerait que les seuls cours ouvriers existants étaient ceux du syndicat des fondeurs en caractères, qui avaient une très bonne réputation.
200 000 francs en francs constants.
« Subventions municipales aux écoles et sociétés typographiques », Gutenberg-journal, n°40, 4 avril 1888, p. 2.
« Ouverture dun crédit pour linstallation provisoire de lécole du Livre dans les bâtiments situés 14, rue Vauquelin », extrait du procès-verbal de la séance du 15 mars 1888, LEnseignement professionnel à Paris[...], t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 702-704; « Notes de la semaine », Gutenberg-journal, n°92, 3 avril 1889, p. 1-3.
« Concours pour la création de poinçons pour lécole du Livre », extrait du procès-verbal de la séance du 11 mars 1888, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 695-700.
« Faits divers », LImprimerie, n°356, 15 avril 1889, p. 417-418.
« Faits divers », LImprimerie, n°356, 15 avril 1889, p. 417-418.
« Lécole du Livre et le Conseil municipal », Bulletin de limprimerie, n°21, 15 août 1887, p. 161.
« Lécole du Livre et le Conseil municipal », Bulletin de limprimerie, n°21, 15 août 1887, p. 161.
« Les travaux de la Chambre des imprimeurs », Gutenberg-journal, n°11, 14 septembre 1887, p. 1-4.
« Affectation dune somme de 900 000 francs à prélever sur les fonds demprunt pour lécole professionnelle du Livre », extrait du procès-verbal du 24 décembre 1887, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 252-260. Ceci correspond à 18 millions de francs en francs constants.
« Subventions municipales aux écoles et sociétés graphiques », Gutenberg-journal, n°40, 4 avril 1988, p. 2.
Chambre des imprimeurs lithographes, Procès-verbal de la séance générale du 20 février 1889. Rapport sur les travaux de lannée 1889, s.l., s.d., p. 16-17.
Chambre des imprimeurs lithographes, Procès-verbal de la séance générale du 19 février 1890. Rapport sur les travaux de lannée 1890, s.l., s.d., p. 12-13.
À la veille de la Première Guerre mondiale, un tiers des fédérés étaient parisiens.
Eugène Spuller XE "Spuller, Eugène (1835-1896)" , Procès verbaux de la commission chargée de faire une enquête sur la situation des ouvriers de lindustrie et de lagriculture en France et de présenter un premier rapport sur la crise industrielle à Paris. Rapport, Paris, Imprimerie du journal officiel, 1885, p. 394.
Madeleine Rebérioux, Les Ouvriers du livre et leur fédération, 1881-1981, préfacé par Georges Séguy et Jacques Piot, Paris, Temps actuels - Messidor, 1981, p.106.
« Une école municipale du Livre », La Typographie française, n°138, 1er juillet 1887, p. 3.
Madeleine Rebérioux, Les Ouvriers du livre et leur fédération, 1881-1981, préfacé par Georges Séguy et Jacques Piot, Paris, Temps actuels - Messidor, 1981, p.101.
« Communication du Comité central », séance ordinaire du 3 décembre 1887, La Typographie française, n°150, 1er janvier 1888, p. 1.
« Proposition de M. Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" relative à la commission de patronage de lécole du Livre », extrait du procès-verbal de la séance du 7 décembre 1887, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 216.
E. Bories, « Lécole Estienne et les apprentis », La Typographie française, n°192, 1er octobre 1889, p. 3.
Un frondeur, « Correspondance parisienne », LIntermédiaire des imprimeurs, n°31, 15 août 1889, p. 2.
M. Lek, « Tribune libre. Lécole Estienne », Le Réveil typographique, n°134, 10 septembre 1889, p. 3.
Un frondeur, « Chronique parisienne », LIntermédiaire des imprimeurs, n°6, 15 juillet 1887, p. 2.
A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" , « Lenvahissement des apprentis », La Typographie française, n°165, 16 août 1888, p. 3-4.
Un frondeur, « Chronique parisienne », LIntermédiaire des imprimeurs, n°6, 15 juillet 1887, p. 2.
« Faits divers », LIntermédiaire des imprimeurs, n°10, 15 novembre 1887, p. 6.
M. Lek, « Tribune libre . Lécole Estienne », Le Réveil typographique, n°134, 10 septembre 1889, p. 3.
Madeleine Rebérioux, Les Ouvriers du livre et leur fédération, 1881-1981, préfacé par Georges Séguy et Jacques Piot, Paris, Temps actuels - Messidor, 1981, p.101.
« Le Cercle typographique au 8e Congrès de lUnion Fédérative du Centre. De lenseignement professionnel », Le Réveil typographique, n°86, 10 septembre 1887, p. 3-4.
V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , « Causerie typographique. Un entretien avec le président de la Chambre des maîtres imprimeurs », La Typographie française, n°48, 1er octobre 1883, p. 4.
V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , « Causerie typographique. À propos des écoles professionnelles », La Typographie française, n°42, 1er juillet 1883, p. 2-3.
V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , « Causerie typographique. Le Moniteur de la librairie et ses deux articles », La Typographie française, n°47, 15 septembre 1883, p. 5.
V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , « Causerie typographique. À propos des écoles professionnelles », La Typographie française, n°42, 1er juillet 1883, p. 2-3.
V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , « Tribune libre. Lapprenti et la femme dans limprimerie », Le Réveil typographique, n°36, 10 août 1885, p. 4.
E. Morin XE "Morin, Edmond (1859-1937)" , « Lécole Estienne », Le Réveil typographique, n°10 novembre 1889, p. 1-2.
V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , « Quelques mots sur lenseignement typographique », LIntermédiaire des imprimeurs, n°24, 15 janvier 1889, p. 2-3.
E. V., « Lécole du Livre », Le Réveil typographique, n°96, 10 février 1888, p. 1-2.
Corinne Bouquin-Chupeau, « Recherches sur limprimerie lithographique à Paris au xixe s. : limprimerie Lemercier (1803-1901) », thèse de doctorat dhistoire de lart, sous la direction dHenri-Jean Martin, 2 volumes, Paris-I, 1993, p. 68.
« Mémoire de M. le préfet de la Seine relatif à la translation de lÉcole des dessinateurs lithographes XE "École des dessinateurs lithographes" de M. Sanier XE "Sanier, Gustave (1827-1890)" dans les bâtiments de lancien collège Rollin, 31 mars 1888 », extrait du procès-verbal de la séance du 27 juillet 1888, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 534-535.
« Transfert de lÉcole des dessinateurs lithographes XE "École des dessinateurs lithographes" à lancien collège Rollin », extrait du procès-verbal de la séance du 6 juillet 1888, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p.512-514.
« Ouverture dun crédit pour linstallation provisoire de lécole du Livre dans les bâtiments situés rue Vauquelin », extrait du procès-verbal de la séance du 15 mars 1888, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 702-704.
« Allocation supplémentaire de 6 500 francs à lécole Estienne pour lannexion de lÉcole des dessinateurs lithographes XE "École des dessinateurs lithographes" », extrait du procès-verbal de la séance du 5 mars 1890, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 1126.
La Fédération lithographique, n°2, février 1890, p. 4.
Lithos, « Écoles professionnelles », La Fédération lithographique, n°4, avril 1890, p. 3-4.
G. B., « Écoles professionnelles », La Fédération lithographique, n°3, mars 1890, p. 2-3.
Un frondeur, « Correspondance parisienne », LIntermédiaire des imprimeurs, n°31, 15 août 1889, p. 2.
Ce comité fut aussi appelé de différents noms suivant les époques : comité ou commission de patronage ou de perfectionnement ou de surveillance. Par commodité, nous avons adopté lexpression comité de surveillance tout au long de ce travail.
Fichier biographique dEdmond Morin XE "Morin, Edmond (1859-1937)" , Bibliothèque des Arts graphiques.
« Discussion du rapport de M. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" sur la création dune école du Livre », procès-verbal de la séance du 22 juillet 1887, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 165-170.
Dictionnaire par noms darchitectes des constructions élevées à Paris aux xixe et xxe siècle. 1876-1899, sous la direction de Michel XE "Michel, Victor-Paul" Fleury, t. 3, Paris, Service des Travaux historique, 1993, p. 75.
« Modification de la délibération », extrait du procès-verbal de la séance du 25 juillet 1887, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 183-185.
« Proposition de M. Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" relative à la commission de patronage de lécole du Livre », extrait du procès-verbal de la séance du 7 décembre 1887, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 216.
Monographie de lécole Estienne. École municipale professionnelle des Arts et des Industries du Livre, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1900, p. 8.
Il réintégra la Chambre syndicale en 1894 : Madeleine Rebérioux, Les Ouvriers du livre et leur fédération, 1881-1981, préfacé par Georges Séguy et Jacques Piot, Paris, Temps actuels - Messidor, 1981, p. 106.
E. V., « Lécole du Livre », Le Réveil typographique, n°96, 10 février 1888, p. 1-2.
« Rapport présenté par M. L. Delhomme, au nom de la 4e commission, sur la nomination des membres du Conseil appelés à faire partie des commissions de surveillance des écoles professionnelles », extrait du procès-verbal de la séance du 23 juillet 1890, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 1277-1278 et 1286-1301.
« Rapport présenté par M. L. Delhomme, au nom de la 4e commission des membres du Conseil appelés à faire partie des commissions de surveillance des écoles professionnelles », extrait du procès-verbal de la séance du 9 juillet 1890, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 1246-1265.
« Rapport présenté par M. L. Delhomme, au nom de la 4e commission, sur la nomination des membres du Conseil appelés à faire partie des commissions de surveillance des écoles professionnelles », extrait du procès-verbal de la séance du 23 juillet 1890, LEnseignement professionnel à Paris[...], t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 1277-1278 et 1286-1301.
Monographie de lécole Estienne. École municipale professionnelle des Arts et des Industries du Livre, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1900, p. 9.
« Présentation de trois candidats au poste de directeur de lécole municipale Estienne », extrait du procès-verbal de la séance du 30 décembre 1889, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 1070-1071.
Lettre de M. Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" au directeur de lenseignement primaire, ministère de lInstruction publique, du 16 novembre 1883, dossier personnel de Marcel Magnuski, F17 23415, Archives nationales.
Lettre de M. Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" au chef du personnel du ministère de lInstruction publique, du 7 janvier 1884, dossier personnel de Marcel Magnuski, F17 23415, Archives nationales.
: Dossier personnel de Marcel Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" , D1T1 98, Archives de Paris.
Mission de Marcel Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" à létranger, F17 2986 B, Archives nationales.
Commission de surveillance de lécole Estienne, extrait du procès-verbal de la séance du 8 juin 1889, dossier personnel de Marcel Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" , D1T1 98, Archives de Paris.
Programme de lenseignement de lécole Estienne adopté par le Conseil de surveillance, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1891, 47 p.
Écoles municipales professionnelles de la Ville de Paris (1890-1900), F17 14364, Archives nationales.
Monographie de lécole Estienne. École municipale professionnelle des Arts et des Industries du Livre, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1900, p. 8.; « Petit bulletin », Gutenberg-journal, n°47, 23 mai 1888, p. 4.
Un frondeur, « Correspondance parisienne », LIntermédiaire des imprimeurs, n°34, 15 novembre 1889, p. 4.
« Notes de la semaine », Gutenberg-journal, n°92, 3 avril 1889, p. 1-3.
Dossier personnel de Louis Félix Bouché XE "Bouché, Louis (1837-1891)" , D1T1 93, Archives de Paris.
Raclette, « Un comble », La Fédération lithographique, n°2, février 1890, p. 4.
Rouleau, « Lettre ouverte », La Fédération lithographique, n°4, avril 1890, p. 1.
Registre du personnel, Archives du lécole Estienne; fichier biographique dEdmond Morin XE "Morin, Edmond (1859-1937)" , Bibliothèque des Arts graphiques.
« Les professeurs de lécole Estienne. Alexandre Plurdau XE "Plurdau, Alexandre" », LIntermédiaire des imprimeurs, 15 juillet 1899, p. 125-127.
Chambre des imprimeurs lithographes, Procès verbal de la séance du 19 février 1890. Rapport des travaux de lannée 1889, s.l., s.d., p. 12-13.
« Faits divers », LIntermédiaire des imprimeurs, 15 août 1899, p. 157.
Archives de lécole Estienne.
Un vieux typo, « Je suis professeur à lécole Estienne », Le Réveil typographique, n°143, 25 janvier 1890, p. 2. Lauteur est probablement Edmond Morin XE "Morin, Edmond (1859-1937)" .
Fichier biographique dEdmond Morin XE "Morin, Edmond (1859-1937)" , Bibliothèque des Arts graphiques.
Gaston Da Costa XE "Da Costa, Gaston (1850-1909)" , Cours dadultes pour les apprentis et ouvriers du Livre. Conférence dinauguration, Paris, Imprimerie Motteroz - Imprimeries réunies, 1889, p. 15.
V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , « À lécole Estienne », La Typographie française, n°194, 1er novembre 1889, p. 2-4.
« Lécole municipale Estienne », LImprimerie, n°72, 1er octobre, 1889, p. 246-247.
Évelyne Peloille, « LImprimerie parisienne de 1881 à 1914. Aspects des mutations dans lorganisation de la production », thèse de doctorat dhistoire, sous la direction dAlain Plessis, Paris-I, 1994, p. 307.
Victor Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , Cours élémentaire de composition typographique à lusage des élèves de première année (année dessai préparatoire), Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1890, p. viii. Cet ouvrage qui comporte plus de cent pages est sorti des presses de lécole le 15 juillet 1890.
Victor Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , Cours élémentaire de composition typographique à lusage des élèves de première année (année dessai préparatoire), Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1890, p. x.
Victor Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , Cours élémentaire de composition typographique à lusage des élèves de première année (année dessai préparatoire), Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1890, p. 104.
Discours prononcés aux distributions de prix de 1890 à 1907 à lécole municipale Estienne, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1908, p. 3-11.
« Proposition de M. Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" relative à linstallation dune école dapprentis dans les immeubles de la rue Oudinot », extrait du procès-verbal de la séance du 9 mai 1883, LEnseignement professionnel à Paris, t. 1 : 1871-1886, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 898.
« Discussion du rapport de M. Depasse XE "Depasse, Hector (1842-1911)" sur la création dune école du Livre », procès-verbal de la séance du 22 juillet 1887, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 165-170.
Dictionnaire par noms darchitectes des constructions élevées à Paris aux xixe et xxe siècle. 1876-1899, sous la direction de Michel XE "Michel, Victor-Paul" Fleury, t. 3, Paris, Service des Travaux historique, 1993, p. 75.
Construction dun groupe scolaire et de lécole Estienne (1881-1888), VM72, Archives de Paris.
« Modification de la délibération », extrait du procès-verbal de la séance du 25 juillet 1887, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 183-185.
Construction dun groupe scolaire et de lécole Estienne (1881-1888), VM72, Archives de Paris.
Monographie de lécole Estienne. École municipale professionnelle des Arts et des Industries du Livre, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1900, p. 12-15.
« Rapport présenté par M. Navarre, au nom de la Commission du Livre, sur les malfaçons constatés dans les travaux en cours dexécution », extrait du procès-verbal de la séance du 15 mars 1889, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 705-725.
« Rapport présenté par M. Navarre sur les fraudes et les malfaçons constatés dans les travaux de terrasse et de maçonnerie », extrait du procès-verbal de la séance du 28 juin 1889, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 845-885.
Dictionnaire par noms darchitectes des constructions élevées à Paris aux xixe et xxe siècle. 1876-1899, sous la direction de Michel XE "Michel, Victor-Paul" Fleury, t. 3, Paris, Service des Travaux historique, 1993, p. 75.
« Travaux complémentaire à lécole Estienne », extrait du procès-verbal de la séance du 8 juillet 1891, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 1651-1658.
LÉcole primaire à Paris, 1970 - 1914, Paris, Délégation à laction artistique de la Ville de Paris, 1985, 104 p.
Voir le volume des Annexes, Documents et illustrations, n°1 à 4.
Discours prononcés aux distributions de prix de 1890 à 1907 à lécole municipale Estienne, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1908, p. 3-11.
« Les écoles professionnelles », Gutenberg-journal, n°132, 7 janvier 1890, p. 2-3.
« Notes de la semaine », Gutenberg-journal, n°149, 7 mai 1890, p. 1-2.
« Assemblée annuelle de la Chambre syndicale des imprimeurs typographes », Gutenberg-journal, n°150, 14 mai 1890, p. 1-4.
« Lécole Gutenberg », Gutenberg-journal, n°162, 6 août 1890, p. 1-2.
« Notes de la semaine », Gutenberg-journal, n°180, 10 décembre 1890, p. 1-2.
V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , « Distribution des prix de lécole Estienne », Le Réveil typographique, n°156, 10 août 1890, p. 2-3.
E. Bories, « Lécole Estienne. À mon confrère et ami Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" », La Typographie française, n°195, 16 novembre 1889, p. 2.
Paris, Imprimerie Henri Noirot, 1890, 31 p.
G. Da Costa XE "Da Costa, Gaston (1850-1909)" , « Une brochure à sensation », Le Réveil typographique, n°154, 10 juillet 1890, p. 2-3.
« De quoi sinstruire », La Fédération lithographique, n°9, septembre 1890, p. 3-4.
Lithos, « Écoles professionnelles », La Fédération lithographique, n°4, avril 1890, p. 3-4.
« Un mot sur lécole Estienne et son administrateur délégué », La Fédération lithographique, n°5, mai 1890, p. 1-2.
« Pétition de la Fédération lithographique française tendant à faire nommer lun de ses membres à la commission de surveillance de lécole du Livre », extrait du procès-verbal de la séance du 28 novembre 1890, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 1375.
« Rapport », La Fédération lithographique, n°13, janvier 1891, p. 2-3.
« Notice historique », dossier personnel de Marcel Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" , D1T1 98, Archives de Paris.
Un surveillant.
« Budget de 1891. Rapport présenté par M. Delhomme », extrait du procès-verbal de la séance du 26 décembre 1890, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 1512-1513 et p. 1526-1529.
« Questions de M. Prache XE "Prache, André" sur certains faits de mauvaise gestion à lécole Estienne », extrait du procès-verbal de la séance du 16 novembre 1891, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 1824.
« Notice historique », dossier personnel de Marcel Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" , D1T1 98, Archives de Paris.
Lettre de H. Carriot XE "Carriot, H." au ministère de lInstruction publique du 19 mai 1891, dossier personnel de Marcel Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" , F17 23415, Archives nationales.
Dossier personnel de Marcel Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" , D1T1 98, Archives de Paris.
E. Morin XE "Morin, Edmond (1859-1937)" , « Lécole Estienne », Le Réveil typographique, n°172, 10 avril 1891, p. 2.
Lettre de V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" à J. Maynier-Michelland, du 17 avril 1891, Le Réveil typographique, n°173, 25 avril 1891, p. 1.
E. Morin XE "Morin, Edmond (1859-1937)" , « Lécole Estienne », Le Réveil typographique, n°174, 10 mai 1891, p. 1.
« Notes de la semaine », Gutenberg-journal, n°201, 6 mai 1891, p. 1-2.
Rapport du 11 août 1891 du directeur de lenseignement primaire de la Seine au ministre de lInstruction publique, dossier personnel de Marcel Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" , D1T1 98, Archives de Paris.
Rapport du directeur de lenseignement primaire de la Seine au ministre de lInstruction publique, 11 août 1891, dossier personnel de Marcel Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" , D1T1 98, Archives de Paris.
« Questions de M. Prache XE "Prache, André" sur certains faits de mauvaise gestion à lécole Estienne », extrait du procès-verbal de la séance du 16 novembre 1891, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 1797-1845.
« Questions de M. Prache XE "Prache, André" sur certains faits de mauvaise gestion à lécole Estienne », extrait du procès-verbal de la séance du 16 novembre 1891, LEnseignement professionnel à Paris, t. 2 : 1887-1891, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1898, p. 1843.
Rapport du préfet de la Seine au ministre de lInstruction publique, 22 novembre 1891, dossier personnel de Marcel Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" , D1T1 98, Archives de Paris.
Dossier personnel de Marcel Magnuski XE "Magnuski, Marcel (1841-1930 ?)" , D1T1 98, Archives de Paris.
Dossier personnel de Marcel Magnuski, F17 23415, Archives nationales.
Thérèse Charmasson, Anne-Marie Lelorrain et Yannick Ripa, LEnseignement technique de la Révolution à nos jours. tome 1 : 1789-1926, Paris, INRP - Économica, 1987, p. 771.
« Assemblée générale des industries du Livre », La Fédération lithographique, n°23, novembre 1891, p. 3-4.
« Réunions des délégués des chambres syndicales des industries du Livre », La Fédération lithographique, n°24, décembre 1891, p. 1-2.
« Mémoire de M. le préfet de la Seine relatif aux dépenses faites en 1889 et 1890 », délibération du 21 mars 1892, LEnseignement professionnel à Paris, t. 3 : 1892-1895, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1899, p. 375-379.
« Rapport présenté par M. Hattat au nom de la 4e commission relative à la présentation dune liste de trois candidats à M. le ministre de lInstruction publique en vue de la nomination du directeur de lécole Estienne », extrait du procès-verbal de la séance du 11 mars 1892, LEnseignement professionnel à Paris, t. 3 : 1892-1895, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1899, p. 8-34.
Dossier personnel de Frédéric Frayssinet XE "frayssinet, Pierre" , D1T1 389, Archives de Paris.
Abel Hovelacque XE "Hovelacque, Abel (1843-1896)" quitta le comité de lécole Estienne à cette époque. Il se retira de la vie politique en raison de problèmes de santé. Il décède en 1896.
« Rapport sur le renouvellement des conseils de surveillance des écoles primaires supérieures et professionnelles », délibération du 7 juillet 1893, LEnseignement professionnel à Paris, t. 3 : 1892-1895, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1899, p. 766 et p. 772-778.
« Renvoi à la 4e commission dune proposition tendant à la nomination dun membre de la Chambre syndicale typographique parisienne », extrait du procès-verbal de la séance du 10 juillet 1893, LEnseignement professionnel à Paris, t. 3 : 1892-1895, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1899, p. 799-800.
« Ordre du jour sur les propositions de M. Louis Lucipia et Faillet relatives à lécole du Livre », extrait du procès-verbal de la séance du 16 mars 1894, LEnseignement professionnel à Paris, t. 3 : 1892-1895, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1899, p. 1212.
Gros-Serpent, « Petit portrait à la plume », Le Livre, n°4, septembre 1900, p. 8-11. Gros-Serpent était le pseudonyme de V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" .
« Lécole Estienne. Distribution des prix », LImprimerie, n°532, 15 août 1896, p. 228-229.
Anne-Laure Marie, « La politique culturelle du conseil municipal de Paris au début de la Troisième République, 1874-1884 », maîtrise dhistoire, sous la direction dAlain Plessis, Paris-X-Nanterre, 1991, p. 105.
« Rapport présenté par M. Hattat relative à la présentation dune liste de trois candidats à M. le ministre de lInstruction publique en vue de la nomination du directeur de lécole Estienne », extrait du procès-verbal de la séance du 11 mars 1892, LEnseignement professionnel à Paris, t. 3 : 1892-1895, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1899, p. 22-27.
« Rapport présenté par M. Lampué XE "Lampué" sur le budget de lécole Estienne », extrait du procès-verbal de la séance du 23 décembre 1895, LEnseignement professionnel à Paris, t. 3 : 1892-1895, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1899, p. 2124- 2149.
« Rapport de M. Lampué XE "Lampué" sur les dépenses de lécole Estienne », extrait du procès-verbal de la séance 24 décembre 1896, LEnseignement professionnel à Paris, t. 4 : 1896-1898, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1900, p. 406-416.
« Rapport présenté par M. Hattat relative à la présentation dune liste de trois candidats à M. le ministre de lInstruction publique en vue de la nomination du directeur de lécole Estienne », extrait du procès-verbal de la séance du 11 mars 1892, LEnseignement professionnel à Paris, t. 3 : 1892-1895, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1899, p. 15-34
Durassier, Léon, Lenseignement professionnel à lécole municipale Estienne, Extrait du Bulletin de la Société de protection des apprentis et des enfants employés dans les manufactures, Paris, Au siège de la Société, 1894, p. 7 ;. Notice sur lécole Estienne. École municipale professionnelle des Arts et Industries du Livre, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, mai 1894, p. 5; Discours prononcés aux distributions de prix de 1890 à 1907 à lécole municipale Estienne, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1908, p. 45-48.
Notice sur lécole Estienne. École municipale professionnelle des Arts et Industries du Livre, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, mai 1894, p. 12-13.
Notice sur lécole Estienne. École municipale professionnelle des Arts et Industries du Livre, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1895, p. 8.
Lenseignement à lécole municipale Estienne. Programme adopté par le conseil de surveillance, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1896, p.19-41.
Notice sur lécole Estienne. École municipale professionnelle des Arts et Industries du Livre, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1895, p. 8.
Voir le volume des Annexes, graphique 4.
Voir le volume des Annexes, graphique 5.
Voir le volume des Annexes, graphique 1.
Écoles municipales professionnelles de la Ville de Paris (1890-1900), F17 14364, Archives nationales.
Voir le volume des Annexes, graphique 3.
Durassier, Léon, Lenseignement professionnel à lécole municipale Estienne, Extrait du Bulletin de la Société de protection des apprentis et des enfants employés dans les manufactures, Paris, Au siège de la Société, 1894, p.15.
E. Morin XE "Morin, Edmond (1859-1937)" , « Les écoles professionnelles. II. Lécole Gutenberg », LIntermédiaire des imprimeurs, 15 septembre 1894, p. 3.
Larivière, « Pour le progrès », Le Livre, n°4, septembre 1900, p. 3-4.
Voir le volume des Annexes, graphique 2.
« Assemblée générale du 27 avril 1892 », Bulletin de la Chambre syndicale des Imprimeurs typographes, n°15, avril 1892, p. 243-244.
Chambre des imprimeurs lithographes, Procès verbal de la séance générale du 21 février 1894, s.l., s.d., 1894, p. 10.
« Notes de la semaine », Gutenberg-journal, n°246, 16 mars 1892, p. 1.
« Petites nouvelles », Gutenberg-journal, n°210, 18 avril 1896, p. 7.
Eugène Granger, « Lécole Estienne », Le Siècle typographique, n°5, mars-avril 1892, p. 5-6.
Larticle 1 du règlement syndical des graveurs sur bois était fort clair : « Tous graveurs syndiqués ou directeurs décoles ne pourront faire de nouveaux élèves sans lautorisation du syndicat », sans quoi « leurs élèves ne trouveraient à la fin de leurs études aucun travail chez les graveurs syndiqués ». Cet avertissement sadressait à lécole Estienne et également aux écoles religieuses comme lInstitu Saint-Nicolas : « Règlement intérieur », La Gravure sur bois, n°1, septembre 1894, p. 3.
Pincefort, « Causerie », La Fédération lithographique, n°36, décembre 1892, p. 2.
« 2e Congrès national des ouvriers lithographes, Lyon XE "Lyon" , septembre 1894 », La Fédération lithographique, n°58, octobre 1894, p. 1.
Fichier biographique dEdmond Morin XE "Morin, Edmond (1859-1937)" , Bibliothèque des Arts graphiques, Paris.
Lettre de A. Valette XE "Valette, Arthur (18..-1912)" , La Fédération lithographique , n°35, novembre 1892, p. 2.
A. Valette XE "Valette, Arthur (18..-1912)" , « Rapport sur lexposition du centenaire de la lithographie », La Fédération lithographique, n°82, octobre 1896, p. 3-4.
Paul Mongin, « Aux écrivains, dessinateurs et graveurs », La Fédération lithographique, n°94, octobre 1897, p. 2-3.
« École Estienne. Distribution des prix », LImprimerie, n°532, 15 août 1896, p. 228-229.
Fédération française des travailleurs du Livre, Septième congrès national tenu à Marseille XE "Marseille" du 9 au 15 septembre 1895, Paris, Imprimerie nouvelle, 1895, p. 37.
E. Morin XE "Morin, Edmond (1859-1937)" , « Un peu de tout », LIntermédiaire des imprimeurs, 15 août 1893, p. 9-10.
E. Morin XE "Morin, Edmond (1859-1937)" , « Les écoles professionnelles. I : Lécole Estienne », LIntermédiaire des imprimeurs, 15 juillet 1894, p. 5; « M. P. Frayssinet XE "frayssinet, Pierre" , directeur de lécole Estienne », LIntermédiaire des imprimeurs, 15 juillet 1894, p. 6-8.
Lenseignement à lécole municipale Estienne. Programme adopté par le conseil de surveillance, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1896, p. 21.
V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , « Concours à lécole Estienne », Le Courrier du Livre, , n°233, 1er décembre 1908, p. 854-855.
E. Morin XE "Morin, Edmond (1859-1937)" , « Bravo ! », Circulaire des protes, n°189, novembre 1911, p. 178-180.
Anciennement le Gutenberg-journal.
« Chronique », Revue des arts graphiques, n°222, 11 juillet 1896, p. 1-4.
Eugène Sédard XE "Sédard, Eugène (1857-1930)" , « Une visite à lécole Estienne », LIntermédiaire des imprimeurs, 15 avril 1894, p. 76-78.
Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , Victor, Cours élémentaire de composition typographique à lusage des élèves de première année (année dessai préparatoire), Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1890, X-104 p. Voir le volume des Annexes, Documents et illustrations, n° 12.
Victor Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , Essais progressif de composition typographique des tableaux et travaux de ville divers, avec un appendice sur la composition des langues orientales par M. A. Labouret XE "Labouret, André Sylvain (1844-1909)" . Ouvrage destiné aux élèves de 2e, 3e et 4e années, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1893, VIII-290 p. et IV-50 p. Voir le volume des Annexes, Documents et illustrations, n° 18 à 23.
Eugène Sédard XE "Sédard, Eugène (1857-1930)" , « Un livre de Victor Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" », LIntermédiaire des imprimeurs, 15 avril 1894, p. 6-7.
« Bibliographie », LImprimerie, n°476, 15 avril 1894, p. 106.
V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , « À propos de lécole Estienne », Le Réveil typographique, n°203, 25 juillet 1892, p. 3.
V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , « À lécole Estienne », Le Réveil typographique, n°213, 25 décembre 1892, p. 2.
La Typographie française, n°311, 16 septembre 1894, p. 4.
La Typographie française, n°312, 1er octobre 1894, p. 1.
V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , « Concours à lécole Estienne », Le Courrier du Livre, n° 233, 1er décembre 1908, p. 854-855.
« M. G. Jousset XE "Jousset, Gabriel (1829-1896)" », Revue des arts graphiques, n°210, 18 avril 1896, p. 2-4.
« Séance du 9 novembre 1892 », Bulletin de la chambre syndicale des imprimeurs typographes, n°23, novembre 1892, p. 467; Notice sur lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" fondée sous le patronage de la Chambre des imprimeurs le 1er janvier 1886, Paris, École professionnelle Gutenberg, 77, rue Denfert-Rochereau, 1893, 40 p.
G. J. « Le budget de lécole Estienne », Gutenberg-journal, n°235, 30 décembre 1891, p. 2-3.
« Petites nouvelles », Revue des arts graphiques, n°210, 18 avril 1896, p. 7.
« Séance du 4 novembre 1891 », Bulletin de la chambre syndicale des imprimeurs typographes, n°11, 5 novembre 1891, p. 96.
« Petites nouvelles », Revue des arts graphiques, n°221, 4 juillet 1896, p. 7-8.
LEnseignement technique en France. Étude publiée à loccasion de lexposition de 1900, t. 5, Paris, Imprimerie nationale, 1900, p. 419-421.
Chambre des imprimeurs typographes, Rapport et compte rendu financier, 1898-1899, Paris, 1899, p. 12.
« Chronique. La fermeture de lécole Gutenberg XE "École Gutenberg" », La Revue des industries du Livre, n°495, 21 septembre 1901, p. 1-2.
LEnseignement technique en France. Étude publiée à loccasion de lexposition de 1900, t. 5, Paris, Imprimerie nationale, 1900, p. 745-746.
Nous avons consulté en particulier deux documents imprimés : Ministère du Commerce et de lIndustrie, des postes et des télégraphes. Direction de lEnseignement technique, Cours professionnels. Subventions pour lannée 1914, Paris, Imprimerie nationale, s.d., 112 p.; Briat, Conseil supérieur du Travail XE "Conseil supérieur du Travail" , Lenseignement professionnel, rapport de M. Briat au nom de la commission permanente. Procès verbaux des séances de la commission. Enquête récente sur lenseignement professionnel en France, Paris, Imprimerie nationale, 1905, 159 p.
Fédération française des travailleurs du Livre, Septième congrès national tenu à Marseille XE "Marseille" du 9 au 15 septembre 1895, Paris, Imprimerie nouvelle, 1895, p. 27-34.
« Inauguration du cours professionnel de typographie à Toulouse XE "Toulouse" (le 15 août 1895) », La Typographie française, n°335, 16 septembre 1895, p. 2-3.
V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , « Cours professionnels du soir », La Typographie française, n°342, 1er janvier 1896, p. 4.
V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , « Inauguration du cours professionnel de la rue de Savoie », La Typographie française, n°346, 1er mars 1896, p. 3.
Il sagit du Bulletin des cours professionnels de la Chambre syndicale typographique parisienne, n°1, mai 1904. En 1956, le Bulletin des cours fut rebaptisé et devint la revue Graphê.
A. K., « Un exemple à suivre », La Typographie française, n°257, 16 juin 1892, p. 2.
Ministère du Commerce et de lindustrie, des postes et des télégraphes. Direction du travail. Office du Travail, LApprentissage industriel. Rapport sur lapprentissage dans limprimerie, 1899-1901, Paris, Imprimerie nationale, 1902, p. 270.
Fédération française des travailleurs du Livre, Septième congrès national tenu à Marseille XE "Marseille" du 9 au 15 septembre 1895, Paris, Imprimerie nouvelle, 1895, p. 39.
V. Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , « Cours professionnel typographique pour les apprentis », LIntermédiaire des imprimeurs, 15 octobre 1894, p. 10.
V. F., « Inauguration du cours professionnel de typographie de la section lyonnaise », La Typographie française, n°315, 16 novembre 1894, p. 5.
A. Valette XE "Valette, Arthur (18..-1912)" , « École Jean-de-Tournes », La Fédération lithographique, n°108, décembre 1898, p. 3.
Ministère du Commerce et de lindustrie, des postes et des télégraphes. Direction du travail. Office du Travail, LApprentissage industriel. Rapport sur lapprentissage dans limprimerie, 1899-1901, Paris, Imprimerie nationale, 1902, p. 269-270.
Dossier personnel dHippolyte Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" , F17 26149, Archives nationales.
Dossier personnel dHippolyte Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" , D1T1 389, Archives de Paris.
Dossier personnel dHippolyte Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" , F17 26149, Archives nationales.
Patrice Pelpel et Vincent Troger, Histoire de lenseignement technique, préfacé par Claude Lelièvre, Paris, Hachette, coll. « Pédagogie pour demain », 1993, p. 55.
Hippolyte Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" , LApprentissage dans lenseignement technique. Rapport du Congrès de lAssociation amicale du personnel des Écoles publiques de lenseignement technique, Paris, Imprimerie Estienne, 1910, 34 p.
Dossier personnel dHippolyte Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" , D1T1 389, Archives de Paris.
Thérèse Charmasson, Anne-Marie Lelorrain et Yannick Ripa, LEnseignement technique de la Révolution à nos jours. tome 1 : 1789-1926, Paris, INRP - Économica, 1987, p. 31-53.
Valérie Szylowicz, « Le Conseil municipal de Paris de 1900 à 1904 », mémoire de maîtrise dhistoire, sous la direction de Ronald Hubscher et Jean El Gammal, Paris-X-Nanterre, 1992, p. 127.
Thérèse Charmasson, Anne-Marie Lelorrain et Yannick Ripa, LEnseignement technique de la Révolution à nos jours. tome 1 : 1789-1926, Paris, INRP - Économica, 1987, p. 344-345.
Thérèse Charmasson, Anne-Marie Lelorrain et Yannick Ripa, LEnseignement technique de la Révolution à nos jours. tome 1 : 1789-1926, Paris, INRP - Économica, 1987, p. 52-53.
Yves Legoux, Du compagnon au technicien. Lécole Diderot et lévolution des qualifications, 1871-1971, Lille XE "Lille" , Service de reproduction des thèse - Lille-III, 1973, p. 233.
Bernard Marchand, Paris, histoire dune ville xixe - xxe siècle, Paris, Le Seuil, coll. « Point histoire », 1993, p. 185-186.
Yves Legoux, Du compagnon au technicien. Lécole Diderot et lévolution des qualifications, 1871-1971, Lille XE "Lille" , Service de reproduction des thèse - Lille-III, 1973, p. 235.
Il appartenait au Grand Orient de France, loge des Amis de la Tolérance : archives du Grand Orient de France.
Témoignage de madame Colette Kiénast.
Valérie Szylowicz, « Le Conseil municipal de Paris de 1900 à 1904 », mémoire de maîtrise dhistoire, sous la direction de Ronald Hubscher et Jean El Gammal, Paris-X-Nanterre, 1992, p. 119-121.
L. Dausset XE "Dausset, Louis" , « Rapport au nom de la 4e commission sur le renouvellement des comités de patronage », Rapports et documents, n°44, 26 juin 1900, 12 p.
« La commission de surveillance de lécole Estienne », La Fédération lithographique, n°128, août 1900, p. 2.
« Écoles professionnelles de la Ville de Paris », Bulletin de lenseignement technique, n°11, 1er juin 1901, 4e année, p. 196-199.
Camille Rousset XE "Rousset, Camille" , « Rapport au nom de la 4e commission sur le chap. XIX, art. 78 et 79 du projet de budget de la Ville de 1901 (école Estienne) », Rapports et documents, n°135, 1900, 9 p.
Camille Rousset XE "Rousset, Camille" , « Rapport au nom de la 4e sous commission du budget et du contrôle du projet de budget pour lexercice 1902 relatif à lécole Estienne », Rapports et documents, n°168, 1901, 13 p.
« Chronique. La transformation de lécole Estienne », Revue des arts graphiques, n°457, 12 janvier 1901, p. 1-6.
Gravure en relief.
H. Marius-Michel XE "Michel, Victor-Paul" , « Lécole Estienne et lenseignement du Livre », La Reliure, n°158, octobre 1904, p. 186-187.
Henri Béraldi XE "Béraldi, Henri" , Exposition de la reliure moderne au musée Galliera (mai-juin 1902). Rapport général présenté au nom du jury, Paris, Librairies-Imprimeries réunies, 1902, p. 15.
Louis Dausset XE "Dausset, Louis" , « Rapport au nom de la 4e commission sur les écoles professionnelles », Rapports et documents, n°2, 21 mars 1904, p. 141.
Louis Dausset XE "Dausset, Louis" , « Rapport au nom de la 4e commission sur les écoles professionnelles », Rapports et documents, n°2, 21 mars 1904, p. 70-78.
École Estienne. Enseignement professionnel des Arts et des Industries graphiques. Notice. Règlement et programme, dix-septième année, 1905-1906, [Paris], [École Estienne], [1905], 16 p.
Valérie Szylowicz, « Le Conseil municipal de Paris de 1900 à 1904 », mémoire de maîtrise dhistoire, sous la direction de Ronald Hubscher et Jean El Gammal, Paris-X-Nanterre, 1992, p. 225.
Voir le volume des Annexes, graphiques 5 et 6.
« Rapport de M. Lampué XE "Lampué" sur les dépenses de lécole Estienne », extrait du procès-verbal de la séance 24 décembre 1896, LEnseignement professionnel à Paris, t. 4 : 1896-1898, par Lucien Lambeau, Paris, Imprimerie municipale, 1900, p. 406-416.
« À lécole Estienne. Pose de la première pierre des ateliers de reproductions photomécaniques (9 décembre 1908) », Le Procédé, n°1, janvier 1908, p. 10-11.
Discours prononcés aux distributions de prix de 1890 à 1907 à lécole municipale Estienne, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1908, p. 91-93.
E. Sédard XE "Sédard, Eugène (1857-1930)" , « Chronique », LIntermédiaire des imprimeurs, octobre 1905, p. 177-179; « À lécole Estienne », LIntermédiaire des imprimeurs, décembre 1905, p. 215-217.
Lampué XE "Lampué" , « Rapport au nom de la 4e commission du comité du budget », Rapports et documents, n°147, 1907, 8 p.
Lampué XE "Lampué" , « Rapport au nom de la 4e sous commission du budget », Rapports et documents, n°124, 1910, 4 p.
Henri Galli et Pierre Morel, « Rapport au nom de la 4e commission sur la situation des écoles municipales professionnelles », Rapports et documents, n°121, 1909, 8 p.
Voir le volume des Annexes, graphique 4.
Voir le volume des Annexes, graphique 5.
Voir le volume des Annexes, graphique 3.
Voir le volume des Annexes, graphique 1.
Il faut préciser que cette séparation était très révélatrice de limage de certains métiers. Ainsi, les compositeurs faisaient partie des A et les relieurs des B.
Voir le volume des Annexes, graphique 2.
Pour cette période, les registres de élèves furent relativement bien tenus, grâce à Francisque Decour XE "Decour, Francisque" , professeur de lettres et surtout surveillant général de 1900 à 1934.
Michelle Perrot, « La jeunesse ouvrière : de latelier à lusine », Histoire des jeunes en occident, tome 2 : Lépoque contemporaine, sous la direction de Giovanni Levi et Jean-Claude Schmitt, Paris, Le Seuil, coll. « LUnivers historique », p. 85-142.
« Lhéritage dHenri Bouisse XE "Bouisse, Henri" », Chronique de la photogravure et de la clicherie, 1981, p. 73-77.
Registre des élèves, Archives de lécole Estienne.
« Le nouveau correcteur de lécole Estienne », Livre-Gazette, n°4, septembre 1902, p. 3.
Voir la série darticles publiés par le Journal des imprimeurs typographes et lithographes, n°82 à 93, en 1912.
Lampué XE "Lampué" , « Rapport au nom de la 4e sous commission sur le budget de lécole Estienne pour 1908 », Rapports et documents, n°107, p. 6.
Gesai-Gévu, « Les professeurs de lécole Estienne : Alexandre Plurdau XE "Plurdau, Alexandre" , professeur dimpression lithographique », LIntermédiaire des imprimeurs, 15 juillet 1889, p. 125-127.
« Lhéritage dHenri Bouisse XE "Bouisse, Henri" », Chronique de la photogravure et de la clicherie, 1981, p. 73-77.
« La défense de lécole Estienne », Revue des arts graphiques, n°460, 2 février 1901, p. 2-3.
H. Marius-Michel XE "Michel, Victor-Paul" , « Lécole Estienne et lenseignement professionnel », La Reliure, n°158, octobre 1904, p. 186-187.
École Estienne. Enseignement professionnel des Arts et des Industries graphiques. Notice. Règlement et programme, dix-septième année, 1905-1906, [Paris], [École Estienne], [1905], p. 13.
École Estienne, Arts et Industries du Livre. Programme, Paris, École Estienne, 1913, p. 28.
René Vilnet, « Ce que doit à être à latelier un élève sortant de lécole Estienne », Le Jeune typo dEstienne (numéro unique), 1899, p. 1.
Yves Blondeau, , Le Syndicat des correcteurs de Paris et de la région parisienne (1881-1973), préfacé par Fernand Bernier et Jean Maitron, Paris, Bourse du Travail, 1973, p. 344.
« Lhéritage dHenri Bouisse XE "Bouisse, Henri" », Chronique de la photogravure et de la clicherie, 1981, p. 73-77.
G. Sergent, « Le cas Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" », Bulletin de la Chambre syndicale typographique parisienne, n°64, 15 janvier 1912, p. 2-3; Lalande, « Qui veut trop prouver », Bulletin de la Chambre syndicale typographique parisienne, n°64, 15 janvier 1912, p. 3.
Le Livre, appréciations quen font les écrivains et les philosophes, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1893, 35 p.
« La Façade de principale de lécole Estienne (composition typographique) », Le Siècle typographique, n°44, juillet 1895, p. 1-3 et 5. Voir la couverture de la thèse.
Jean de La Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" , Fables, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1900, grand in-folio, 25 planches. Voir le volume des Annexes, Documents et illustrations, n°28.
Cérémonie dinauguration le 1er juillet 1896 par la municipalité de Paris des nouveaux bâtiments de lécole Estienne, 18, boulevard dItalie, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1898, in folio, 44 p. Voir le volume des Annexes, Documents et illustrations, n°27.
Jules Michelet, Pages choisis de « La Mer » (extraits), Paris, Typographie de lécole Estienne, 1914, in folio, 31 p. Voir le volume des Annexes, Documents et illustrations, n° 33.
Voir le volume des Annexes, Documents et illustrations, n° 24 à 26, 29 et 34.
Victor Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" , Essais progressifs sur la composition typographique des travaux de ville classiques et modernes, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1901-1906, in folio, p. 178-197.
« Bibliographie », Bulletin officiel des maîtres imprimeurs de France, n°7, juillet 1906, p. 209.
Dans lindustrie de la reliure-brochure, un règlement similaire fut adopté en 1905 : Mémoire de la Chambre syndicale nationale de la reliure-brochure-dorure, 1891-1991, Paris, Association du Centenaire de la Chambre syndicale nationale de la reliure-brochure-dorure, 1991, p. 100-102.
Congrès des maîtres imprimeurs de France, Évreux, Charles Herissey et fils, 1907, p. 169.
Septième congrès des maîtres imprimeurs, 18 - 22 juin 1900, Paris, Paris, Imprimerie Chamerot XE "Chamerot, Georges." et Renouard XE "Renouard, Philippe (1862-1934)" , 1900, p. 168-176; Huitième congrès des maîtres imprimeurs, 17 - 20 juin 1901, Dijon, Dijon, Imprimerie Jobard, 1901, p. 268-269.
Onzième congrès des maîtres imprimeurs, 20 - 22 juillet 1905, Rouen, Réunion plénière extraordinaire du 3 février 1906 et Assemblée générale, 15 - 17 octobre 1906, Évreux, Imprimerie Ch. Hérissey et fils, 1907, p. 116-117.
Hippolyte Fontaine XE "Fontaine, Hippolyte" , LApprentissage dans lenseignement technique. Rapport du Congrès de lAssociation amicale du personnel des Écoles publiques de lenseignement technique, Paris, Imprimerie Estienne, 1910, 34 p.
« Neuvième congrès des maîtres imprimeurs de France », Bulletin officiel des maîtres imprimeurs de France, n°8, août 1902, p. 1-6.
Thérèse Charmasson, Anne-Marie Lelorrain et Yannick Ripa, LEnseignement technique de la Révolution à nos jours. tome 1 : 1789-1926, Paris, INRP - Économica, 1987, p. 57-63.
Évelyne Peloille, « LImprimerie parisienne de 1881 à 1914. Aspects des mutations dans lorganisation de la production », thèse de doctorat dhistoire, sous la direction dAlain Plessis, Paris-I, 1994, p. 425.
« 12e congrès de lUnion des maîtres imprimeurs de France à Bordeaux XE "Bordeaux" (juin 1907) », Bulletin officiel des maîtres imprimeurs de France, n°6, juin 1907, p. 254-256.
Gabriel Delmas XE "Delmas, Gabriel" , « Lapprentissage et lorganisation rationnelle dune profession », Bulletin officiel des maîtres imprimeurs de France, n°10, octobre 1909, p. 378-379.
« Repiquage. Les élèves de lécole Estienne », La Fédération lithographique, n°186, 20 juin 1904, p. 4.
Pierret XE "Pierret" , « Rapport sur le concours ouvert à lécole Estienne pour lemploi de professeur de chromolithographie », La Fédération lithographie, n°264, 20 septembre 1907, p. 3.
« Renseignement et nouvelle », Revue des arts graphiques, n°711, 2 décembre 1905, p. 474.
E. Sédard XE "Sédard, Eugène (1857-1930)" , « Chronique », LIntermédiaire des imprimeurs, octobre 1905, p. 177-179.
Amicus, « Les collaborateurs de la Typologie », La Typologie, journal des arts graphiques, 1906, p. 283-285.
A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" , « Distribution des prix aux élèves de lécole Estienne », La Typographie française, n°477, août 1901, p. 5-6.
Onzième congrès des maîtres imprimeurs, 20 - 22 juillet 1905, Rouen, Réunion plénière extraordinaire du 3 février 1906 et Assemblée générale, 15 - 17 octobre 1906, Évreux, Imprimerie Ch. Hérissey et fils, 1907, p. 116-117.
E. Sédard XE "Sédard, Eugène (1857-1930)" , « Le réveil du lion », LIntermédiaire des imprimeurs, novembre 1905, p. 197-198.
Fédération française des travailleurs du Livre, Huitième congrès national tenu à Paris du 27 août au 1er septembre 1900, Paris, Imprimerie nouvelle, 1900, p. 144-158.
Briat, Conseil supérieur du Travail XE "Conseil supérieur du Travail" , Lenseignement professionnel, rapport de M. Briat au nom de la commission permanente. Procès verbaux des séances de la commission. Enquête récente sur lenseignement professionnel en France, Paris, Imprimerie nationale, 1905, 159 p.
E. Dreyfus XE "Dreyfus, E." , « Rapport sur lapprentissage dans la lithographie », Congrès national de lapprentissage, Roubaix XE "Roubaix" , 1911, Section VI : Industrie du Livre, Paris, s. d., p. 42-56.
A. Damy XE "Damy, Alfred" , « Rapport sur lapprentissage dans la gravure », Congrès national de lapprentissage, Roubaix XE "Roubaix" , 1911, Section VI : Industrie du Livre, Paris, s. d., p. 35-41.
Lampué XE "Lampué" , « Les écoles professionnelles de la Ville de Paris », Congrès national de lapprentissage, Roubaix XE "Roubaix" , 1911, compte rendu des travaux, Paris, s. d., p. 409-411.
Burgard XE "Burgard" , « Rapport sur lapprentissage dans limprimerie », Congrès national de lapprentissage, Roubaix XE "Roubaix" , 1911, Section VI : Industrie du Livre, Paris, s. d., p. 1-26.
Congrès national de lapprentissage, Roubaix XE "Roubaix" , 1911, compte rendu des travaux, Paris, s. d., p. 409-411, p. 208. Souligné par nous.
A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" , « Le Congrès de lapprentissage », La Typographie française, n°729, 1er février 1912, p. 56.
Georges Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" , « Vingt et un an à lécole Estienne », Annuaire des arts et industries graphiques. Estienne. 1949, Paris, SEDI, 1949, p. 7-15.
G. Degaast XE "Degaast, Georges (1884-1940)" , « La direction de lécole Estienne », Journal de limprimerie, n°104, 23 mars 1913, p. 4.
Madame Paule-Cretté XE "Cretté, Georges (1893-1969)" Lobstein a eu lextrême gentillesse de nous communiquer deux procès verbaux du comité de surveillance de lécole. Il sagit des séances du 13 et 27 juin 1913.
Procès verbal de la séance extraordinaire du 27 juin 1913 du comité de surveillance de lécole Estienne, p. 3, archives personnelles de Paule Cretté XE "Cretté, Georges (1893-1969)" -Lobstein. Souligné par nous.
« Notes signalétiques. 1913 », dossier personnel de Georges Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" , D1T1 700, Archives de Paris.
Dossier biographique, Bibliothèque administrative de la Ville de Paris.
Témoignage dOdile Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" .
Georges Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" , « Vingt et un an à lécole Estienne », Annuaire des arts et industries graphiques. Estienne. 1949, Paris, SEDI, 1949, p. 7-15.
Témoignage dOdile Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" .
Georges Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" , « Vingt et un an à lécole Estienne », Annuaire des arts et industries graphiques. Estienne. 1949, Paris, SEDI, 1949, p. 7-15.
« Comité central. Admissions », Bulletin officiel de lUnion des maîtres imprimeurs de France, n°11, novembre 1913, p. 490.
Ceci pouvait conduire à des déclarations à lemporte-pièce comme lors de la grève des commis libraires en 1919 qui laissa la profession médusée, hésitant entre la colère et le rire; J. Laugerotte, « Les homélies de M. Georges Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" . À propos de la crise du Livre », La Typographie française, n°874, 1er juin 1920, p. 6-7.
Georges Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" , « Vingt et un an à lécole Estienne », Annuaire des arts et industries graphiques. Estienne. 1949, Paris, SEDI, 1949, p. 7-15.
Eugène Grasset XE "Grasset, Eugène (1845-1917)" , Rapport présenté par M. Grasset sur lenseignement de lhistoire et du dessin de la lettre à lécole du Livre, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1916, 14 p.
Les Arts français. Arts, métiers, industries, n°1, 1917, p. 64.
École Estienne. Arts et Industries du Livre. Programme, 1920, [Paris], [école Estienne], [1920], 19 p.
Georges Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" , « Vingt et un an à lécole Estienne », Annuaire des arts et industries graphiques. Estienne. 1949, Paris, SEDI, 1949, p. 7-15.
On a un bon exemple de son action avec louvrage suivant : Georges Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" , Les Lettres au service de la Patrie, Paris, E. Fasquelle, 1917, 334 p.
Témoignage dOdile Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" .
Georges Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" , « Vingt et un an à lécole Estienne », Annuaire des arts et industries graphiques. Estienne. 1949, Paris, SEDI, 1949, p. 7-15; « Comité permanent. Lécole Estienne », Bulletin officiel de lUnion des maîtres imprimeurs de France, n°8-12, août-décembre 1914, p. 293.
Henri Marius-Michel XE "Michel, Victor-Paul" , LÉpée de la France, [Paris], [école Estienne], 1915, 4 p.
Georges Lalou, Allocution prononcée le 1 er août 1915 à la distribution des prix de lécole Estienne par M. Georges Lalou, conseiller municipal, membre du comité de patronage de lécole, Paris, École Estienne, [1915], 12 p.
« À lécole Estienne. Hommage aux anciens élèves morts pour la France », Bulletin officiel de lUnion des maîtres imprimeurs de France, n°9, septembre 1921, p. 354-360.
Georges Frichot, « Nos présidents », Annuaire des arts et industries graphiques. Estienne. 1949, Paris, SEDI, 1949, p. 19-24.
Cette cérémonie disparut pendant les années soixante, apparemment en raison de la non reconnaissance du statut danciens combattants aux anciens élèves qui participèrent à la guerre dAlgérie.
A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" , « Lapprentissage dans lindustrie du Livre », Congrès national du Livre, Paris, 11-17 mars 1917, tome 1 : Rapports et vux, Paris, Cercle de la Librairie, 1917, p. 171-189.
« Rapport présenté [...] par le syndicat patronal des imprimeurs typographes »; « Rapport présenté [...] par la Société fraternelle des protes des imprimeries de Paris »; « Rapport présenté [...] au nom de la section parisienne de lAmicale des protes et correcteurs dimprimerie de France par M. L. Rivet », Congrès national du Livre, Paris, 11-17 mars 1917, tome 1 : Rapports et vux, Paris, Cercle de la Librairie, 1917, p. 74, p. 86-90 et p. 108.
« Discussion du rapport Limpression par le syndicat patronal des imprimeurs typographes », Congrès national du Livre, Paris, 11-17 mars 1917, tome 2 : Compte rendu des travaux du Congrès, Paris, Cercle de la Librairie, 1917, p. 67-83.
« Lapprentissage dans lindustrie du livre », Congrès national du Livre, Paris, 11-17 mars 1917, tome 2 : Compte rendu des travaux du Congrès, Paris, Cercle de la Librairie, 1917, p. 304-362.
Congrès national du Livre. Comte rendu des travaux du comité exécutif du congrès, 1917 - 1919, Paris, Cercle de la Librairie, 1919, p. 2.
Congrès national du Livre. Comte rendu des travaux du comité exécutif du congrès, 1917 - 1919, Paris, Cercle de la Librairie, 1919.
Madeleine Rebérioux, Les Ouvriers du livre et leur fédération, 1881-1981, préfacé par Georges Séguy et Jacques Piot, Paris, Temps actuels - Messidor, 1981, p. 129-139.
Contrairement au premier congrès, seuls les rapports furent publiés.
E. J. Jacob XE "Jacob, E. J." , « Lapprentissage dans les industries du Livre », Deuxième Congrès national du Livre, Paris, 13-18 juin 1921, Paris, Imprimerie J. Dumoulin - Cercle de la Librairie, 1922, p. 87-90.
Briat, Conseil supérieur du Travail XE "Conseil supérieur du Travail" , Lenseignement professionnel, rapport de M. Briat au nom de la commission permanente. Procès verbaux des séances de la commission. Enquête récente sur lenseignement professionnel en France, Paris, Imprimerie nationale, 1905, 159 p.
Patrice Pelpel et Vincent Troger, Histoire de lenseignement technique, préfacé par Claude Lelièvre, Paris, Hachette, coll. « Pédagogie pour demain », 1993, p. 62.
Thérèse Charmasson, Anne-Marie Lelorrain et Yannick Ripa, LEnseignement technique de la Révolution à nos jours. tome 1 : 1789-1926, Paris, INRP - Économica, 1987, p. 63-69.
Fédération française des travailleurs du Livre, Onzième congrès national tenu à Nancy XE "Nancy" du 8 au 13 septembre 1919, Paris, Imprimerie nouvelle, 1919, p. 40-43.
C. L. « Pour nos cours professionnels », LImprimerie française, n°6, 1er octobre 1920, p. 3.
Philippe Nivet, Les Assemblées parisiennes de la déclaration de la guerre à la libération de Paris (1939-1944), Paris, Fédération des sociétés historiques et archéologiques de Paris et de lIle-de-France, coll. « Études et Documents », vol. 3, 1996, p. 166-168.
« La fête du groupe de lAmical », Journal des imprimeurs typographes et lithographes, n°142, novembre 1920, p. 18-22.
René Fiquet XE "Fiquet, René (1879-1964)" , « Observations relatives aux cours denseignement technique à lécole Estienne et propositions de modifications à apporter au fonctionnement de ladite école », Rapports et documents, n°119, 1920, 17 p.
Florent-Matter, « Rapport au nom de la 4e commission sur le fonctionnement de lécole Estienne », Rapports et documents, n°132, 1920, 14 p.
René Fiquet XE "Fiquet, René (1879-1964)" , « Lapprentissage à travers lenseignement technique », Journal des imprimeurs typographes et lithographes, n°147, avril 1921, p. 14.
Paul Chauvet, Les Ouvriers du livre et du journal : la Fédération française des travailleurs du Livre, Paris, Éditions ouvrières, 1971, p. 259.
Hubert Sales, Les Relations industrielles dans limprimerie française, Paris, éditions Cujas, 1967, p. 34 et 69-70.
G. Delmas XE "Delmas, Gabriel" , « Éducation professionnelle dans les industries des arts graphiques », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs, juillet 1922, p. 303-306.
H.-L. Motti XE "Motti, Henri-Lambert (1863-1931)" , « Lapprentissage », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, n°7, juillet 1921, p. 259-263.
Un imprimeur parisien, « Lettre dun imprimeur. Labréviation de lapprentissage », Journal des imprimeurs typographes et lithographes, n°139, août 1920, p. 13-14.
Leydier, « Lapprentissage », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, juillet 1922, p. 292-293.
A. Keufer XE "Keufer, Auguste (1851-1924)" , « La conscience professionnelle et la valeur technique », LImprimerie française, n°65, 16 mars 1923, p. 5-6; « Communications du comité fédéral », LImprimerie française, n°120, 1er juillet 1925, p. 1.
« Communications du comité fédéral », LImprimerie française, n°107, 16 décembre 1924, p. 1
« Conseil national des 5, 6 et 7 novembre 1920 », LImprimerie française, n°10, 1er décembre 1920, p. 1.
E. J. Jacob XE "Jacob, E. J." , « Lapprentissage dans les industries du Livre », Deuxième Congrès national du Livre, Paris, 13-18 juin 1921, Paris, Imprimerie J. Dumoulin - Cercle de la Librairie, 1922, p. 87-90.
Bourdel XE "Bourdel, Joseph" , « Apprentissage », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, mai 1922, p. 205-207.
« Communications du comité fédéral. Séance du 23 avril 1922 », LImprimerie française, n°45, 16 mai 1922, p. 1.
C. Liochon XE "Liochon, Claude (1880-1941)" , « Lapprentissage », LImprimerie française, n°71, 16 juin 1923, p. 2-3; « Apprentissage : contrats et règlements », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, juin 1923, p. 223-230.
« Contrat-type réglementant lapprentissage », LImprimerie française, n° 72, 1er juillet 1923, p. 3.
Paul Chauvet, Les Ouvriers du livre et du journal : la Fédération française des travailleurs du Livre, Paris, Éditions ouvrières, 1971, p. 259.
« Informations et nouvelles. Enseignement technique », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs, novembre 1922, p. 511-512.
« Glanes dun fureteur. Cours de préapprentissage », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs, mars 1923, p. 119.
Il semble que des cours existaient pour les techniques de gravure dans les écoles des beaux-arts et arts décoratifs.
Mémoire de la Chambre syndicale nationale de la reliure-brochure-dorure, 1891-1991, Paris, Association du Centenaire de la Chambre syndicale nationale de la reliure-brochure-dorure, 1991, p. 183-187.
Mémoire de la Chambre syndicale nationale de la reliure-brochure-dorure, 1891-1991, Paris, Association du Centenaire de la Chambre syndicale nationale de la reliure-brochure-dorure, 1991, p. 236-237.
« Glanes dun fureteur. Subventions aux cours dapprentissage », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs, juin 1923, p. 250.
E. Grenet, « La loi Astier dans lindustrie du Livre », La Circulaire des protes, n°272, avril 1923, p. 57-59.
« Conseil directeur de la Fédération. Contrats dapprentissage », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs, mars 1923, p. 191-192.
Renseignements fournis par le Centre de formation dapprentis Jolimont. Nous remercions Jean Gellibert pour ces renseignements.
G. Delmas XE "Delmas, Gabriel" , « Lapprentissage à Bordeaux XE "Bordeaux" », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs, février 1926, p. 48-50.
« Inauguration de lagrandissement des locaux des cours professionnels de lindustrie du Livre à Bordeaux XE "Bordeaux" », La Circulaire des protes, n°329, janvier 1928, p. 115; Gabriel Delmas XE "Delmas, Gabriel" , Comment est organisé à Bordeaux lapprentissage dans lIndustrie du Livre, année 1930-1931, Bordeaux, s.d., 77 p.
« La crise de lapprentissage en France. La loi Astier et lobligation des cours professionnels », Revue des industries du Livre, n°225, octobre 1923, p. 12-13.
Paul Chauvet, Les Ouvriers du livre et du journal : la Fédération française des travailleurs du Livre, Paris, Éditions ouvrières, 1971, p. 260.
« Lapprentissage », Journal des imprimeurs typographes et lithographes, n°220, mai 1927, p. 1790.
Thérèse Charmasson, Anne-Marie Lelorrain et Yannick Ripa, LEnseignement technique de la Révolution à nos jours. tome 1 : 1789-1926, Paris, INRP - Économica, 1987, p. 69-70.
« Comité permanent de lUnion. Taxe dapprentissage », », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs, décembre 1924, p. 358-360.
E. Grenet, « La loi Astier dans lindustrie du Livre », La Circulaire des protes, n°272, avril 1923, p. 57-59.
Leydier, « Taxe dapprentissage », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs, juillet 1925, p. 212.
« Conférence patronale sur lapprentissage », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs, janvier 1926, p. 10-13.
« Comité permanent. Taxe dapprentissage », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs, mars 1926, p. 68-71.
« Exonération de la taxe dapprentissage », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, mars 1927, p. 71-73; « Barème adopté par la commission permanente du Conseil supérieur de lEnseignement technique », s.d., p. 3, F17 17910, Archives nationales. Le barème définitif était le suivant : pour les ouvriers qualifiés et les cadres moyens, 80 %; pour les cadres supérieurs, 10 %.
« Barème adopté par la commission permanente du Conseil supérieur de lEnseignement technique », s.d., p. 3, F17 17910, Archives nationales.
C. Liochon XE "Liochon, Claude (1880-1941)" , « La taxe dapprentissage », LImprimerie française, n°135, 16 février 1926, p. 3-5.
« Fédération des syndicats des maîtres imprimeurs de France. Taxe dapprentissage », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs, août 1926, p. 249-250.
Fédération française des travailleurs du Livre, Treizième congrès national tenu à Toulouse XE "Toulouse" du 12 au 17 août 1929, Paris, LÉmancipatrice, p. 34-35.
« Comité permanent de lUnion. Exonération de la taxe dapprentissage », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, avril 1927, p. 103.
« Recrutement. Apprentissage », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, juillet 1928, p. 207-209.
« Comité permanent de lUnion. Contrat dapprentissage », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, décembre 1928, p. 388-389.
« Nomination dinspecteurs de lEnseignement technique », Journal des imprimeurs typographes et lithographes, n°251, décembre 1929, p. 2870-2871.
« La fête du groupe Amical », Journal des imprimeurs typographes et lithographes, n°142, novembre 1920, p. 18-22.
« Apprentissage », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, n°9, septembre 1921, p. 335-336; « Syndicat régional des patrons imprimeurs de Paris et de la région parisienne », Journal des imprimeurs typographes et lithographes, n°149, juin 1921, p. 18-21.
E. J. Jacob XE "Jacob, E. J." , « Lapprentissage dans les industries du Livre », Deuxième Congrès national du Livre, Paris, 13-18 juin 1921, Paris, Imprimerie J. Dumoulin - Cercle de la Librairie, 1922, p. 87-90.
« Les prix à lécole Estienne », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, août 1923, p. 306-307.
« Syndicat régional des patrons imprimeurs de Paris et de la périphérie parisienne », Journal des imprimeurs typographes et lithographes, n°173, juin 1923, p. 182-184.
« Syndicat régional », Journal des imprimeurs typographes et lithographes, n°222, juillet 1927, p. 1844-1849.
« Variétés », Revue des industries du Livre, n°303, octobre 1927, p. 14.
« Contrat-type réglementant lapprentissage », LImprimerie française, n° 72, 1er juillet 1923, p. 3.
« Conseil directeur de la Fédération », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, février 1924, p. 51.
Leydier, « Recrutement. Apprentissage », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, juillet 1924, p. 202-204.
« Informations diverses. Certificat daptitude professionnelle », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, juin 1932, p. 178.
« Enseignement technique. Examen pour lobtention du certificat daptitude professionnelle (CAP) », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, février 1932, p. 33-34.
« Un concours dapprentis des industries du Livre », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, janvier 1924, p. 10-13.
« Distribution des récompenses », Revue des industries du Livre, n°324, août 1924, p. 12-14.
Témoignage de Maurice Ruffin.
Florent-Matter, « Rapport au nom de la 4e commission sur le fonctionnement de lécole Estienne », Rapports et documents, n°132, 1920, p. 14.
« La fête du groupe de lAmical », Journal des imprimeurs typographes et lithographes, n°142, novembre 1920, p. 18-22.
Madeleine Rebérioux, Les Ouvriers du livre et leur fédération, 1881-1981, préfacé par Georges Séguy et Jacques Piot, Paris, Temps actuels - Messidor, 1981, p. 129-139.
« Questionnaire sur lapprentissage », Circulaire des protes, n°26, avril 1898, p. 2-3.
« Tribune de lapprentissage », Circulaire des protes, n°270, février 1923, p. 25-26.
Grenet, « Le nouveau règlement de lapprentissage dans limprimerie », Circulaire des protes, n°276, août 1923, p. 119-121.
Georges Frichot, « Nos présidents », Annuaire des arts et industries graphiques. Estienne. 1949, Paris, SEDI, 1949, p. 19-24.
« Exposition des Arts du Livre », Circulaire des protes, n°256, décembre 1921, p. 176.; Georges Frichot, « Nos présidents », Annuaire des arts et industries graphiques. Estienne. 1949, Paris, SEDI, 1949, p. 19-24.
« Réunion du conseil dadministration du 20 mai 1923 », Circulaire des protes, n°274, juin 1923, p. 83-89.
« La campagne de lAmicale pour lenseignement professionnel et lorganisation de lapprentissage », Circulaire des protes, n°277, septembre 1923, p. 127-128.
« Code typographique », Circulaire des protes, n°296, avril 1925, p. 54-58.
Congrès national du Livre. Comte rendu des travaux du comité exécutif du congrès, 1917 - 1919, Paris, Cercle de la Librairie, 1919, p. 4.
Marius Richard, « Le bilan moral de lécole Estienne », Toute lédition, juillet 1934.
Amond Fields, , Georges Auriol XE "Auriol, Georges (1863-1938)" , Leyton, Utah, Gibbs M. Smith inc., Pellegrine Smith Books, 1985, p. 114-117.
« Ma rien, et ma tout appris, entretien avec Robert Doisneau et Edouard Boubat », propos recueillis par James Boutet et Raphaël Douin, Contact Estienne, juin 1986, p. 20-27.
Voir le volume des Annexes, Documents et illustrations, n°45.
Voir le volume des Annexes, Documents et illustrations, n°38.
Feuillet inséré dans les Typographes dEstienne, 1927, exemplaire de la Bibliothèque des Arts graphiques, Paris.
Voir le volume des Annexes, Documents et illustrations, n°42.
Voir le volume des Annexes, Documents et illustrations, n°44.
Voir le volume des Annexes, Documents et illustrations, n°47 et 48.
Voir le volume des Annexes, Documents et illustrations, n°40.
René Weiss, La Ville de Paris et lenseignement professionnel. Sa participation à lexposition des arts décoratifs et industriels modernes, Paris, Typographie de lécole municipale Estienne, 1926, p. 7. Voir le volume des Annexes, Documents et illustrations, n°39.
G. Valette XE "Valette, Georges" , « Formation professionnelle de la jeunesse ouvrière », Typographes dEstienne, nouvelle série, n°3, 1931, p. 3-8.
Voir le volume des Annexes,graphiques 6 et 7.
« Vu de M. Lefebure tendant à obtenir une subvention de lÉtat pour les écoles professionnelles de la Ville de Paris sur les recettes de la taxe dapprentissage », Bulletin municipal officiel, séance du 4 avril 1930, p. 300-302.
« Conseil de perfectionnement, séance du vendredi 13 mars 1931 », dact., 6 p., Mémoires. École Estienne (1931-1935; 1950), W 40125/79/1/15, Archives de Paris.
Georges Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" , « Vingt et un an à lécole Estienne », Annuaire des arts et industries graphiques. Estienne. 1949, Paris, SEDI, 1949, p. 7-15.
Il sagit de la Chambre syndicale des maîtres fondeurs et de la Chambre syndicale de la photogravure.
« Fonctionnement de lécole Estienne. Renseignement fourni à la direction de lenseignement en avril 1934 », manuscrit, Archives de lécole Estienne.
« Banquet annuel de lAssociation amicale et de secours mutuels des anciens élèves de lécole Estienne », Journal des imprimeurs typographes et lithographes, n°226, novembre 1927, p. 1977-1979.
« Conférence patronale sur lapprentissage », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, janvier 1926, p. 10-13.
L. Hardy XE "Hardy, Léopold" , « Apprentissage », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, juillet 1929, p. 264-268.
« Apprentissage », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, octobre 1930, p. 460-469.
Fédération française des travailleurs du Livre, Douzième congrès national tenu à Lille XE "Lille" du 4 au 9 août 1924, Paris, LÉmancipatrice, Paris, 1924, p. 223.
« Lenseignement technique », LImprimerie française, n°266, 1er août 1931, p. 3-4.
Auguste Largentier XE "Largentier, Auguste (1887-1969)" fut secrétaire de la Chambre syndicale typographique parisienne de 1914 à 1952; Madeleine Rebérioux, Les Ouvriers du livre et leur fédération, 1881-1981, préfacé par Georges Séguy et Jacques Piot, Paris, Temps actuels - Messidor, 1981, p. 168.
Emile Poëncin XE "Poëncin, Emile (1889-1967)" , promotion 1902-1906, était relieur de formation.
Il sagit du concours des apprentis de lécole Estienne qui se transforma en examens des CAP.
« Lhéritage dHenri Bouisse XE "Bouisse, Henri" », Chronique de la photogravure et de la clicherie, 1981, p. 73-77.
Voir le volume des Annexes, graphique 4.
Voir le volume des Annexes, graphique 5.
Voir le volume des Annexes, graphique 3.
Il était le petit-fils de Victor Breton XE "Breton, Victor (1844-1916)" et dAlexis Mangeot XE "Mangeot, Alexis" , et fils de Lucien Mangeot, ancien élève; témoignage de Daniel Mangeot.
Témoignage de Pierre Le Pont.
Témoignage de André Brunel.
Témoignage de Julien Guérin. Voir également À la santé des confrères, sous la direction de Roger Dédame, t. 1 : 1935 à 1950, Paris, AFPPI - AFIG, 1992, p. 84.
Pierre Lucien Martin, « Notes & souvenirs sur la création en reliure », Bulletin de la librairie ancienne et moderne, n°159, décembre 1973, p. 189-193.
Témoignage de Julien Guérin.
Voir le volume des Annexes, graphique 1.
Voir le volume des Annexes, graphique 2.
Peter Hamilton, Robert Doisneau, la vie dun photographe, Paris, Hoebeke, 1995, p. 22.
Il existait un cours dhistoire de la lettre, sous forme de conférences. Les seuls à avoir bénéficié dun cours de dessin de la lettre était les élèves de la section lithographique.
Pierre Lucien Martin, « Notes & souvenirs sur la création en reliure », Bulletin de la librairie ancienne et moderne, n°159, décembre 1973, p. 189-193.
« Lhéritage dHenri Bouisse XE "Bouisse, Henri" », Chronique de la photogravure et de la clicherie, 1981, p. 73-77.
« La fête du groupe Amical », Journal des imprimeurs typographes et lithographes, n°142, novembre 1920, p. 18-22.
Georges Valette XE "Valette, Georges" , Typographie : cours de perfectionnement à lusage des candidats au certificat daptitude professionnelle, préfacé de Georges Lecomte XE "Lecomte, Georges (1867-1958)" , Paris, Typographie de lécole Estienne, 1933, 264 p.
Présidence du Conseil. Conseil national économique, La situation des principales branches de léconomie nationale. Industrie. 8e série de rapports. Limprimerie et les industries du Livre, extrait du Journal officiel de la République française, 27 mai 1934, p. 10-11.
« La crise de lapprentissage en France. La loi Astier et lobligation des cours professionnels », Revue des industries du Livre, n°225, octobre 1923, p. 12-13.
« Conseil directeur de la Fédération. Institution dun brevet professionnel. », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, mai 1931, p. 144-145.
« Informations diverses », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, janvier 1933, p. 15.
« Les Instituts denseignement technique », Technologie de limprimerie, n°38, août - septembre 1936, p. 967-968. Technologie de limprimerie était la revue de lO.T.I. XE "Office technique de limprimerie"
A. B. « LInstitut des arts et métiers graphiques », Technologie de limprimerie, n°42, janvier 1937, p. 1055-1056.
« Institut national des industries et arts graphiques », Technologie de limprimerie, n°44, mars 1937, p. 1103-1104.
« Les travaux de lInstitut national des industries et arts graphiques », Technologie de limprimerie, n°46, mais 1937, p. 1147-1150.
« Création de lInstitut national des industries et arts graphiques », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, juin 1937, p. 130-134.
« Institut national des industries et arts graphiques », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, février 1938, p. 25-27.
« Institut national des industries et arts graphiques », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, février 1938, p. 25-27.
« I.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, février 1939, p. 24-25.
Madeleine Rebérioux, Les Ouvriers du livre et leur fédération, 1881-1981, préfacé par Georges Séguy et Jacques Piot, Paris, Temps actuels - Messidor, 1981, 157 p.
Hubert Sales, Les Relations industrielles dans limprimerie française, Paris, éditions Cujas, 1967, p. 69.
Madeleine Rebérioux, Les Ouvriers du livre et leur fédération, 1881-1981, préfacé par Georges Séguy et Jacques Piot, Paris, Temps actuels - Messidor, 1981, 158-160 p.
« Convention collective du Travail dans limprimerie », LImprimerie française, 1er novembre 1936, p. 1-4.
Hubert Sales, Les Relations industrielles dans limprimerie française, Paris, éditions Cujas, 1967, p. 82 et 105-106; Paul Chauvet, Les Ouvriers du livre et du journal : la Fédération française des travailleurs du Livre, Paris, Éditions ouvrières, 1971, p. 260-261.
« Bulletin de la quinzaine », LImprimerie française, n°404, 2 mai 1937, p. 1.
R. Ranc XE "Ranc, Robert (1905-1984)" , « Technique », LImprimerie française, n°418, 1er décembre 1937, p. 5-6.
« Communications du comité fédéral », LImprimerie française, n°408, 1er juillet 1937, p. 1-2.
« LInstitut national des industries et arts graphiques », Circulaire des protes, n°443, juillet 1937, p. 222.
Madeleine Rebérioux, Les Ouvriers du livre et leur fédération, 1881-1981, préfacé par Georges Séguy et Jacques Piot, Paris, Temps actuels - Messidor, 1981, p. 229.
« Institut national des industries et arts graphiques. Son organisation et ses travaux », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, février 1938, p. 25-27.
« Comité central de lUnion. Séance du 9 mai 1938. Travaux de lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, mai 1938, p. 97-98.
« LInstitut national des industries et arts graphiques », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, octobre 1938, p. 214-216.
« Institut national des industries et arts graphiques », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, mai 1939, p. 99-100.
L. B., « Lapprentissage », Le Courrier du Livre, n°624, mai 1939, p. 221-222.
Elisabeth Devriendt, « La Chambre syndicale typographique parisienne de 1919 à 1939 », maîtrise dhistoire, sous la direction de Droz et Jacques Girault, Paris-I, 1979, p. 107.
Institut national des industries et arts graphiques, Règlement général concernant la formation professionnelle et lapprentissage dans les industries du Livre, juin 1940 (homologation de lEnseignement technique le 24 mars 1941), Paris, Imprimerie Maulde XE "Maulde, Emile" et Renou, 1941, p. 6.
« Apprentissage », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, mars 1939, p. 54-55.
« La nouvelle convention patronale », Le Livre parisien, n°68, novembre 1938, p. 7-11.
R. Ranc XE "Ranc, Robert (1905-1984)" , « Sur lapprentissage », LImprimerie française, n°455, 16 juin 1939, p. 6-7.
« Communications du comité fédéral. Séance du 3 juin 1939 », LImprimerie française, n°457, 16 juillet 1939, p. 2-3. Souligné par nous.
R. Ranc XE "Ranc, Robert (1905-1984)" , « Sur lapprentissage », LImprimerie française, n°455, 16 juin 1939, p. 6-7.
Dossier personnel de Félix Roy dit Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , D1T1 708, Archives de Paris.
Antoine Coron, « Livres de luxe », Histoire de lédition française, sous la direction de Roger Chartier et Henri-Jean Martin, tome 3 : Le Livre concurrencé, 1900-1950, Paris, Fayard - Cercle de la Librairie, p. 425-463.
Témoignage de Monique Roy-Gaubert. Eric Bagge XE "Bagge, Eric" était architecte, rencontré à lécole des Beaux-Arts.
Rapport de H. Luc XE "Luc, Hippolyte (1883-1946)" au ministre de lÉducation nationale, 26 juillet 1934, dossier personnel de Félix Roy dit Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , F17 26456, Archives nationales.
Rapport du directeur de lenseignement de la préfecture de la Seine, 1935, Mémoires. École Estienne (1931-1935; 1950), W 40125/79/1/15, Archives de Paris.
Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , École Estienne, Rapport du directeur, 1935, p. 3, Archives de lécole Estienne.
Extrait du procès verbal du comité de perfectionnement, séance du 24 octobre 1935, Mémoires. École Estienne (1931-1935; 1950), W 40125/79/1/15, Archives de Paris.
Rapport du directeur de lenseignement de la préfecture de la Seine, 1935, Mémoires. École Estienne (1931-1935; 1950), W 40125/79/1/15, Archives de Paris.
Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , Adieu à Paul Haasen, 1887-1944,[Paris], [Collège technique Estienne], [1944], 13 p.; registre du personnel, Archives de lécole Estienne.
« Arts et Métiers graphiques », Art & Métiers du Livre, n°188, novembre-décembre 1994.
« Bibliographie. Cahiers 1936 et autres publications de lécole Estienne », Arts et Métiers graphiques, n°54, 15 août 1936, p. 67-68.
Pierre Faucheux, le magicien du livre, préfacé par François Catadec, propos, textes et témoignages recueillis par Marie-Christine Marquat, Paris, Cercle de la Librairie, 1995, p. 8.
Voir le volume des Annexes, Documents et illustrations, n°51,55 et 59.
Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , École Estienne, Rapport du directeur, 1935, p. 3, Archives de lécole Estienne.
« Allô ! Ici... lécole Estienne », Les Typographes dEstienne, 1938, p. 6-9; « Le maquettiste », Les Typographes dEstienne, 1942, non paginé.
Pierre Faucheux, le magicien du livre, préfacé par François Catadec, propos, textes et témoignages recueillis par Marie-Christine Marquat, Paris, Cercle de la Librairie, 1995, p. 7.
Voir le volume des Annexes, Documentations et illustrations, n°52, 62 et 64.
René Fiquet XE "Fiquet, René (1879-1964)" succéda à Émile Deslandres XE "Deslandres, Emile (1866-1935)" à la présidence du comité de surveillance en 1935.
Les élèves y avaient rarement accès.
Notamment le grand hall qui abritait les ateliers de composition, dimpression, de clicherie et de fonderie.
Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , École Estienne, Rapport du directeur, 1935, p. 2, Archives de lécole Estienne.
Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , École Estienne, Rapport du directeur, 1935, p. 4, Archives de lécole Estienne.
Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , École Estienne, Rapport du directeur, 1935, p. 5, Archives de lécole Estienne.
Maurice Bonard XE "Bonard, Maurice (1879-1938)" , Le développement de lenseignement technique dans les industries du Livre. LÉcole Estienne, son rôle dans lavenir. Rapport présenté à la Direction générale de lEnseignement technique et à la 4e commission de la Ville de Paris, février 1934, s.l., s.d., 16 p., Bibliothèque du Cercle de la Librairie, Institut Mémoire de lÉdition Contemporaine.
Maurice Bonard XE "Bonard, Maurice (1879-1938)" , Le développement de lenseignement technique dans les industries du Livre. LÉcole Estienne, son rôle dans lavenir. Rapport présenté à la Direction générale de lEnseignement technique et à la 4e commission de la Ville de Paris, février 1934, s.l., s.d., 16 p., Bibliothèque du Cercle de la Librairie, Institut Mémoire de lÉdition Contemporaine.
« LInstitut des arts et métiers graphiques », Technologie de limprimerie, n°42, janvier 1937, p. 1055-1056.
Robert Bonfils XE "Bonfils, Robert (1886-1972)" , Hommage à Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , Cahiers dEstienne, n°14, 1948, p. 5-24.
Plans postérieurs à 1945, Collège Estienne (agrandissement), W 40125/79/1/80, Archives de Paris. Voir le volume des Annexes, Documents et illustrations, n°5 et 6.
« LInstitut national des industries et arts graphiques et la nouvelle école Estienne », Technologie de limprimerie, n°51, novembre 1937, p. 1272-1274.
« Ça et là. À propos de lécole Estienne », Courrier du Livre, n°616, 1er septembre 1938, p. 437-438.
« Actualités graphiques », Circulaire des protes, n°468, août 1939, p. 220.
Georges Valette XE "Valette, Georges" , A lécole Estienne, suivez le guide, [Paris], Collège technique Estienne, [1945], p. 17.
« À lécole du Livre. Projets et réalisations », Technologie de limprimerie, n°17, novembre 1934, p. 471-472.
Taxe dapprentissage, F17 17913, Archives nationales.
« Pour le développement de lécole Estienne », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, février 1936, p. 31-33.
« Distribution des prix aux élèves des cours professionnels », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, avril 1937, p. 81-83.
« Institut national des industries et arts graphiques », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, mai 1939, p. 99-100.
« LInstitut national des industries et des arts graphiques et la nouvelle école Estienne », Technologie de limprimerie, n°51, novembre 1937, p. 1272-1274.
Elisabeth Devriendt, « La Chambre syndicale typographique parisienne de 1919 à 1939 », maîtrise dhistoire, sous la direction de Droz et Jacques Girault, Paris-I, 1979, p. 330-332.
Le peu de contact entre les cours de la « Chambre typo » et lécole Estienne était dautant plus paradoxal quils se déroulaient alors au 94, boulevard Auguste-Blanqui, à quelques centaines de mètres de lécole municipale.
Fédération française des travailleurs du Livre, Douzième congrès national tenu à Lille XE "Lille" du 4 au 9 août 1924, Paris, LÉmancipatrice, Paris, 1924, p. 223.
Liochon XE "Liochon, Claude (1880-1941)" , « À la radio. Lapprentissage », LImprimerie française, 15 décembre 1937, n°419, p. 4.
A. B. « LInstitut des arts et métiers graphiques », Technologie de limprimerie, n°42, janvier 1937, p. 1055-1056. Discours de H. Luc XE "Luc, Hippolyte (1883-1946)" qui annonçait la création de lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre"
Lettre du 27 mars 1937 au Comité intersyndical du Livre parisien, 1 f. dact., dossier « Centres et écoles de formation », Bibliothèque du Cercle de la Librairie, Institut Mémoire de lÉdition Contemporaine.
J. P. « Sur un projet dapprentissage professionnel », Le Livre parisien, n°74, juin 1939, p. 7.
Georges Valette XE "Valette, Georges" , « La Coloniale » à lécole du Livre, Paris, École Estienne, [1939], 23 p.
Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , Adieu à Paul Haasen, 1887-1944, [Paris], [Collège technique Estienne], [1944], p. 23; « Un nouveau confrère », La Tribune des industries graphiques, n°200, février 1940, p. 13.
« Informations diverses. Cours à lécole Estienne : rééducation professionnelle photocopistes offsetistes (hommes et femmes) », Bulletin officiel de lUnion syndicale et de la Fédération des maîtres imprimeurs de France, mars 1940, p. 44.
Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , Adieu à Paul Haasen, 1887-1944, [Paris], [Collège technique Estienne], [1944], p. 11.
Robert Bonfils XE "Bonfils, Robert (1886-1972)" , Hommage à Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , Cahiers dEstienne, n°14, 1948, p. 5-24.
S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , « Aux élèves de lécole Estienne. Notre France », Almanach des amis dEstienne pour 1941, p. 3-7.
Patrice Pelpel et Vincent Troger, Histoire de lenseignement technique, préfacé par Claude Lelièvre, Paris, Hachette, coll. « Pédagogie pour demain », 1993, p. 77.
Philippe Nivet, Les Assemblées parisiennes de la déclaration de la guerre à la libération de Paris (1939-1944), Paris, Fédération des sociétés historiques et archéologiques de Paris et de lIle-de-France, coll. « Études et Documents », vol. 3, 1996, 293 p.
Témoignage de Pierre Le Pont.
Eugène de Verbizier, « Lécole Estienne sous loccupation », manuscrit, 4e f., 1991, Bibliothèque de lécole Estienne.
Nous ignorons la date précise de cette visite. Nous pensons quelle a eu probablement lieu pendant le printemps 1943.
Témoignage de Maurice Lemaire, manuscrit, 4e f., 1996, Bibliothèque de lécole Estienne.
Robert Bonfils XE "Bonfils, Robert (1886-1972)" , Hommage à Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , Cahiers dEstienne, n°14, 1948, p. 5-24.
Eugène de Verbizier, « Lécole Estienne sous loccupation », manuscrit, 6e f., 1991, Bibliothèque de lécole Estienne.
Témoignage de Christian Guisnet.
Paul Chauvet, La Résistance chez les fils de Gutenberg dans la Deuxième Guerre mondiale. Témoignages, préfacé par Jacques Debû-Bridel, Paris, à compte dauteur, 1979, p. 46-47.
Registre des élèves.
Témoignage de Pierre Le Pont.
Robert Bonfils XE "Bonfils, Robert (1886-1972)" , Hommage à Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , Cahiers dEstienne, n°14, 1948, p. 5-24.
Paris au Maréchal, Paris, Imprimerie de lécole Estienne, 1942, in-folio, V-157 p.
Série dhommages à Arno Breker, écrit par Jacques Benoist-Méchin, Abel Bonnard XE "Bonnard, Abel (1883-1968)" et Pierre Laval, en 1943.
Voir le volume des Annexes, Documents et illustrations, n°63.
Général De Gaulle, « Les morts, ces humbles morts, ces morts glorieux », Cahiers dEstienne, n°10, 1944, 4 p.
Jean-Pierre Le Crom, Syndicats, nous voilà ! Vichy et le corporatisme, Paris, éditions de lAtelier, 1995, p. 352-355.
Pascal Fouché, LÉdition française sous loccupation, 1940-1944, t. 1, Paris, Bibliothèque de littérature française contemporaine de luniversité Paris-VII, p. 99-105.
Note dinformation du comité dorganisation des industries, arts et commerces du Livre, n°1, 25 septembre 1941, p. 5-11.
Archives de lécole Estienne.
Circulaire du comité dorganisation des industries, arts et commerces du Livre, n°2, 25 novembre 1941, p. 7.
Circulaire du comité dorganisation des industries, arts et commerces du Livre, n°6, 30 mars 1942, p. 5.
Circulaire du comité dorganisation des industries, arts et commerces du Livre, n°16, 30 janvier 1943, p. 10.
« Communications du comité fédéral », LImprimerie française, n°469, 16 janvier 1940, p. 2.
Institut national des industries et arts graphiques, Règlement général concernant la formation professionnelle et lapprentissage dans les industries du Livre, juin 1940 (homologation de lEnseignement technique le 24 mars 1941), Paris, Imprimerie Maulde XE "Maulde, Emile" et Renou, 1941, p. 3.
Institut national des industries et arts graphiques, Règlement général concernant la formation professionnelle et lapprentissage dans les industries du Livre, juin 1940 (homologation de lEnseignement technique le 24 mars 1941), Paris, Imprimerie Maulde XE "Maulde, Emile" et Renou, 1941, p. 6-22.
Institut national des industries et arts graphiques, Annexe VIII du règlement général. Série de brochures, pagination et datation diverses.
Pour la reliure, brochure et dorure, il faut parles des CAP : on distingue les certificats daptitude pour lartisanat (dite aussi reliure-main) et lindustrie, et également les certificats spécifiques aux jeunes filles. Cette séparation entre les diplômes de filles et de garçons fut maintenue apparemment jusquaux années 1980.
Madeleine Rebérioux, Les Ouvriers du livre et leur fédération, 1881-1981, préfacé par Georges Séguy et Jacques Piot, Paris, Temps actuels - Messidor, 1981, p. 166-171.
Institut national des industries et arts graphiques, Règlement général concernant la formation professionnelle et lapprentissage dans les industries du Livre, juin 1940 (homologation de lEnseignement technique le 24 mars 1941), Paris, Imprimerie Maulde XE "Maulde, Emile" et Renou, 1941, p. 4.
Témoignage de Pierre Le Pont.
Dact, 7 et 4 p., Archives de lécole Estienne.
« Rapport à la commission denseignement professionnel du comité dorganisation du Livre », dact. 3 p. et annexes, Archives de lécole Estienne.
Robert Bonfils XE "Bonfils, Robert (1886-1972)" , Hommage à Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , Cahiers dEstienne, n°14, 1948, p. 5-24.
Jean-Pierre Briand, Jean-Michel XE "Michel, Victor-Paul" Chapoulie, LEnseignement primaire et ses extensions, 19e - 20e siècles. Annuaire statistique. Écoles maternelles, primaires, primaires supérieures et professionnelles, Paris, INRP - Économica, 1987, p. 207; Patrice Pelpel et Vincent Troger, Histoire de lenseignement technique, préfacé par Claude Lelièvre, Paris, Hachette, coll. « Pédagogie pour demain », 1993, p. 82.
Correspondance entre S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" et les syndicats patronaux, 1944-1948, Archives de lécole Estienne.
S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , « Lavenir de lécole », Almanach, 1947, p. 155-162.
Robert Bonfils XE "Bonfils, Robert (1886-1972)" , Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , artiste du livre, directeur du collège technique Estienne, 1888-1948, Paris, Collège technique Estienne, 1948, 27 p.
Collège Estienne (agrandissement), W 40125/79/1/80, Archives de Paris.
Riottor, « Enfin ! », La Casse aux aguets, n°12, novembre 1949, p. 1.
« Lécole Estienne fournira-t-elle les techniciens nécessaires aux industries du livre ? », entretien de Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" avec Pierre Herbin, France Graphique , n°1 janvier 1947, p.19-21.
« Cours supérieurs darts et de techniques graphiques », Office professionnel des industries, arts et commerces du Livre, n°6, 15 octobre 1945, p. 14-15.
« Lécole Estienne fournira-t-elle les techniciens nécessaires aux industries du livre ? », entretien de Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" avec Pierre Herbin, France Graphique , n°1 janvier 1947, p.19-21.
S. Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" , « Lavenir de lécole », Almanach, 1947, p. 155-162.
Georges Rageot XE "Rageot, Georges" , « Entre nous », Office professionnel des industries, arts et commerces du Livre, n°1, 15 janvier 1945, p. 2-3.
Patrice Pelpel et Vincent Troger, Histoire de lenseignement technique, préfacé par Claude Lelièvre, Paris, Hachette, coll. « Pédagogie pour demain », 1993, p. 81.
Patrice Pelpel et Vincent Troger, Histoire de lenseignement technique, préfacé par Claude Lelièvre, Paris, Hachette, coll. « Pédagogie pour demain », 1993, p. 87-88.
Présidence du Conseil. Secrétariat général du gouvernement. Direction de la Documentation, Lenseignement technique, La Documentation française, Notes documentaires et études, 21 octobre 1948, dact., p. 11.
« Question de Georges Contenot XE "Contenot, Georges" au préfet sur les conditions dans lesquelles sont faites actuellement les nominations des professeurs spéciaux dans les collèges techniques de la Ville de Paris », Bulletin municipal officiel, 27 décembre 1946, p. 760-765.
« Discours de M. Robert Ranc XE "Ranc, Robert (1905-1984)" », Bulletin des anciens élèves de lécole Estienne, n°11, février 1959, p. 35-36.
« Le nouveau directeur du collège Estienne », Industries et techniques graphiques, septembre - octobre 1948, p. 39.
Registre des élèves, Archives de lécole Estienne.
Registre du personnel, Archives de lécole Estienne.
Témoignage de Pierre Le Pont.
Notice biographique, par Jean-Louis Panné, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, 1914-1939, t. 39, Paris, Editions ouvrières, p. 381-382.
Registre du personnel, Archives de lécole Estienne.
« Le nouveau directeur du collège Estienne », Industries et techniques graphiques, septembre - octobre 1948, p. 39.
E. Ehni XE "Ehni, Edouard (1900-1963)" , « Le nouveau directeur de lécole Estienne », LImprimerie française, n°513, novembre 1948, p. 4.
Michel XE "Michel, Victor-Paul" Lombard, « Problèmes actuels dans lenseignement technique. Une interview de M. Robert Ranc XE "Ranc, Robert (1905-1984)" , directeur de lécole Estienne. », France Graphique, n°24, décembre 1949, p. 28-29 et 34.
« Le Collège technique Estienne », Recueil des actes administratifs, bulletin officiel dinformation de la préfecture de la Seine et de la préfecture de police, n°17, 20 juin 1958, p. 405-406.
École Estienne. Arts et Industries du Livre. Programme. 1935, Paris, Ecole Estienne, 1935, p. 12.
Louis Goulhot, « Lécole Estienne », LInformation pédagogique, n°3, 1948, p. 69-71.
Témoignage dAndré Cressot.
Témoignage de Roger Dédame.
Registre du personnel, Archives de lécole Estienne; témoignage de Paule Cretté XE "Cretté, Georges (1893-1969)" -Lobstein.
A. Journeau XE "Journeau, Auguste" , La Fédération des travailleurs du Livre : son cinquantenaire. Des dates. Des faits, Paris, Typographie de lécole Estienne, 1931.
Georges Valette XE "Valette, Georges" , Typographie, composition. Cours de perfectionnement à lusage des candidats au certificat daptitude professionnelle. Conforme aux programme de lInstitut national des industries et arts graphiques homologués le 24 mars 1941, Paris, Ministère de lEducation nationale-I.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" , [1943], IX-270 p.
Maurice, Frémy, Aide-mémoire du CAP et du CQP du compositeur-typographe, Paris, Minisitère de lÉducation nationale-I.N.I.A.G., 1949, 261 p.
« Lécole Estienne fournira-t-elle les techniciens nécessaires aux industries du livre ? », entretien de Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" avec Pierre Herbin, France Graphique , n°1 janvier 1947, p.19-21.
« Lécole Estienne fournira-t-elle les techniciens nécessaires aux industries du livre ? », entretien de Sylvain Sauvage XE "Sauvage, Sylvain (1888-1948)" avec Pierre Herbin, France Graphique , n°1 janvier 1947, p.19-21.
Pierre Faucheux, le magicien du livre, préfacé par François Catadec, propos, textes et témoignages recueillis par Marie-Christine Marquat, Paris, Cercle de la Librairie, 1995, p. 60.
Madeleine Rebérioux, Les Ouvriers du livre et leur fédération, 1881-1981, préfacé par Georges Séguy et Jacques Piot, Paris, Temps actuels - Messidor, 1981, p. 171-173.
Marcel Rives XE "Rives, Marcel" fut nommé directeur du commerce intérieur au ministère de la Production industrielle.
Georges Rageot XE "Rageot, Georges" , « Entre nous », Office professionnel des industries, arts et commerces du Livre, n°1, 15 janvier 1945, p. 2-3.
« Fonctionnement de lOffice », Office professionnel des industries, arts et commerces du Livre, n°1, 15 janvier 1945, p. 4-5; « Lépuration dans limprimerie et les arts graphiques », Office professionnel des industries, arts et commerces du Livre, n°2, 15 mars 1945, p. 33.
« Le comité dorganisation des industries, arts et commerces du Livre », Annuaire des arts et industries graphiques. Estienne. 1949, Paris, SEDI, 1949, p. 43-46.
« Cours techniques de lI.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" », Office professionnel des industries, arts et commerces du Livre, n°6, 15 octobre 1945, p. 15.
« CAP de la région parisienne », Industries et techniques graphiques, novembre - décembre 1948, p. 36-37.
De 1946 à 1948, elles furent appelées commissions consultatives nationales dapprentissage.
Patrice Pelpel et Vincent Troger, Histoire de lenseignement technique, préfacé par Claude Lelièvre, Paris, Hachette, coll. « Pédagogie pour demain », 1993, p. 88-90.
« Comité fédéral », LImprimerie nationale, n°491, août 1946, p. 3.
Fédération française des travailleurs du Livre, Dix-septième congrès national tenu à Bordeaux XE "Bordeaux" du 15 au 18 avril 1949, Paris, Imprimerie centrale de la Presse, p. 36-37. Souligné par nous.
Louis Dufour XE "Dufour, Louis" , « Lapprentissage », France Graphique, n°9, septembre 1947, p. 23-24. Ce extrait fait allusion au fait que la C.G.T. et le P.C.F. appuyaient fortement la politique du gouvernement à propos de lapprentissage.
Louis Dufour XE "Dufour, Louis" , « Sur la formation professionnelle », France Graphique, n°11, novembre 1947, p. 16-17.
« Au comité fédéral », LImprimerie française, n°498, juin 1947, p. 2.
« Au comité fédéral », LImprimerie française, n°500; août 1947, p. 3.
« Le conseil national des 24 et 25 octobre 1947 », LImprimerie française, n°503, novembre - décembre, p. 3-5.
I.N.I.A.G. XE "Institut national des industries et arts du Livre" , Statut modifié par les assemblées générales extraordinaires du 25 avril 1939 et du 16 décembre 1947, 1947, Paris, 14 p.
« Au comité fédéral », LImprimerie française, n°521, septembre 1949, p. 3.
« Rapport sur la gestion du comité fédéral », n°234, octobre 1950, p. 4-6.
Renseignements fournis par le lycée Maximilien Vox.
Renseignements fournis par le lycée Tolbiac.
Renseignements fournis par le lycée Corvisart.
« Cours professionnels de typographie », Office professionnel des industries, arts et commerces du Livre, n°6, 15 octobre 1945, p. 15.
Renseignements fournis par le centre de formation dapprentis Jolimont. Nous remercions Jean Gellibert pour ces renseignements.
Renseignements fournis par les Cours professionnels dimprimerie de la Loire. Nous remercions René Danti pour ces renseignements.
Guy Brucy, « CAP et certificats de spécialité : les enjeux de la formation au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale », Formation-Emploi, n°27-28, juillet-décembre 1989, p. 131-146.
Par les décrets du 7 janvier 1958 et du 3 août 1963, la formation des apprentis doit être assurée dans des collèges et lycées techniques.
Paul Chauvet, Les Ouvriers du livre et du journal : la Fédération française des travailleurs du Livre, Paris, Editions ouvrières, 1971, p. 261-268.
Les jeunes filles furent admises à se présenter au concours dentrée de lécole en 1970.
PAGE
Introduction
PAGE 19
PAGE 20
Sources et bibliographie
PAGE
PAGE 49
Lindustrie du Livre et la « crise de lapprentissage »
PAGE 83
1883-1891 : Naissance de lécole du Livre
PAGE 115
PAGE 83
1914-1934 : LEcole Estienne, lindustrie et lEtat
PAGE 130
1934-1949 : Lécole Estienne et lI.N.I.A.G.
PAGE 291
PAGE 228
Conclusion
PAGE 301
PAGE 299
PAGE
PAGE 411
Graphiques
PAGE 310
Graphiques
Graphiques
Catalogue
Documents et illustrations