Accompagnement de programmes 2de et 1ère (programmes ...
Voilà, pour faire court, nous disions : c'est un réseau sémantique de 200.000
mots, ...... du calcul sémantique si l'on ne sait pas corriger automatiquement
chevaus, .... L'examen de nos principales sources de référence montre que
celles-ci sont ...... océan comporte un trait sémantique immense, vaste, cette
isotopie[36] dans ...
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donner priorité aux fondamentaux de la discipline, doù létablissement de la liste des fondamentaux. La nouveauté princ des programmes 2002 réside en cela : ils proposent une liste des conn et compétences à acquérir par les élèves, là où sétait établie depuis 20 ans, lhabitude que les prog constituent un cadre très diversement interprétable. Cette liste saccompagne de la proposition dune progression concertée, où les pts essentiels seront, à un moment du cursus, analysés méthodiquement (faire de tout un peu chaque année empêche les anal approfondies et ne garantit pas que lélève puisse stabiliser certains acquis). Cependant, la liberté pédago des profs est respectée : si les objets détude sont répertoriés précisément, la lib des profs est entière dans le choix des uvres, des méthodes et des progressions en cours dannée. Qqls uvres sont données à titre indicatif : il ne sagit pas de fixer, ni de figer une doctrine, cela serait contraire à lesprit des prog, qui refuse tt dogmatisme (sic)
Létude de la langue : les préc prog avaient déjà marqué limportance de létude de la langue, mais elle nétait pas pour autant entrée dans les pratiques effectives. Comme les lycéens en ont grandement besoin, une section précise les contenus à lui assigner et les façons de les intégrer dans un ensgnt qui se doit dêtre décloisonné.
Les perspectives détude : les préc prog insistaient sur les méthodes : ce souci légitime induisait en pratique bien des formalismes et des technicismes. Le choix est de revenir au sens 1er de « méthode » et de privilégier le terme de « démarche ». Le fç doit donner des conn et des comp que les élèves puissent ensuite réinvestir. Le fç est une discipline cruciale, puisquelle est à la fois une matière de conn et la condition daccès réel aux autres conn. Il faut donc donner aux élèves des démarches intellectuelles qui construisent leur jgt, tant le jgt exercé pour comprendre et connaître que le jgt perso et civique.
Lhistoire litté et culturelle : les préc prog indiquaient comme cadre les siècles de lhistoire litt de France, cadre large, généreux et pbmatique. Désormais, lhistoire litt et culturelle est un enjeu majeur, donc une construction à réaliser progressivement avec les élèves et de façon problématique. A lissue des 2 années, ils doivent disposer dune persp densemble pour les scansions majeures de cette histoire, mais il ne saurait être question ni de limiter son extension, ni de la transformer en prêt-à-penser.
La lecture : en relation direxte avec ce souci, et aussi avec celui de donner une culture à ceux et celles que leurs milieux sociaux ne favorisent pas, laccent est mis sur les lectures, aussi nombreuses et diversifiées que possible.
Lécriture : si les élèves produisent des explications et commentaires, écrits et oraux, et des dissertations, ces productions, pour nécessaires quelles sont, ne sauraient être suffisantes : il est bon que les élèves, à leur modeste échelle, aient à produire des textes qui relèvent de la litt didées et de représentation, à explorer par eux-mêmes le langage, lesidées et les images et pas seulement comme objets de glose. Cest ce que propose, humblement, lentrée dans les prog de lécriture dinvention : elle nest cependant ni le sujet libre, ni la confidence obligée, mais une initiation à lart décrire.
Perspectives détude
Le fç a un rôle important à jouer dans la formation de la pensée. La lecture des uvres litt et lécriture dinvention nourrissent la sensibilité, lanalyse et largumentation nourrissent le jgt. Eduquer, c'est-à-dire donner les moyens de ne pas rester pris dans les réactions premières, de conquérir la distance de la réflexion critique, exige que ce second aspect soit progressivement pris en charge de façon plus consciente par les ados. Un des rôles spécifiques du lycée consiste à nourrir cette conscience critique, par la mise en uvre de plus en plus réflexive des démarches intellectuelles, qui sont désignées comme des perspectives détudes au nombre de quatre :
1. persp historique, condition de la compréhension des textes dans leur contexte, mais aussi de leur relation au présent
2. persp générique, pour comprendre que les textes relèvent de codes sociaux (les genres) indispensables aux échanges
3. persp argumentative ou pragmatique
4. persp intertextuelle, qui prend en compte lélaboration des textes et les échos multiples qui les parcourent.
Ces persp ne sont pas à enseigner de manière théorique aux élèves : leur conquête passe avant tout par la pratique. On les met en uvre sans en donner de formulation théorisée, en introduisant les notions indispensables (genre, registre, argumentation, style) à mesure que le besoin sen fait sentir. En 1ère, leur compréhension peut devenir plus notionnelle et faire lobjet dune présentation simple qui permette le retour réflexif sur ces démarches fondamentales.
Ces persp sont utiles pour tout texte et leur mise en uvre simultanée et constante. Tout texte tient à une situation, relève dun genre, tend à produire un effet sur les lecteurs ou auditeurs, fait écho à dautres textes, sen marque ou démarque et met en jeu des registres démotion et dexpression. Ce sont des modes dapproche des faits langagiers, textuels et culturels. Leur hiérarchisation est indiquée pour chaque objet détude et les lycéens doivent être capables de saisir leut nécessité en fin de scolarité.
I. Histoire litt et culturelle
Objectifs
Lun des rôles spécifiques du lycée, par rapport au collège, est de proposer une démarche plus réflexive des textes et des uvres. Lhistoire litt et culturelle est donc envisagée de pls façons :
- par la mise en contexte de tous les txs et de toutes les uvres étudiées
- par létude méthodique de données historiq, esthétiques et sociales essentielles pour construire la notion de mouvement litté et culturel, autour de la lecture duvres majeures
- par létude des changements qui adviennent pour les princpx genres
- par la constitution progressive des repères essentiels de lhistoire litt et cult, au fil des 2 années.
Les mouvements littéraires et culturels
Si une saisie panoramique des mouvements de lhistoire litt constitue un résultat souhaitable, elle impose un survol trop superficiel pour être profitable. On privilégie donc un nombre réduit de mouvements et des moments-clés de lhéritage culturel. Le prog prescrit détudier chq année au moins un de ces mvts litt majeurs en tant que tel, pour saisir la pbmatique de lhistoire litt, et den envisager dautres à travers létude dautres objets. Ainsi, en 2 ans, se constitueront progressivement les références historiq indispensables.
En seconde, la nouvelle notion de mouvement littéraire est définie, et on lélargit à celle de mouvement litt et culturel en 1ère. Les domaines envisagés sont le domaine fç et francophone en seconde et en 1ère le domaine fç dans ses relations avec des phénomènes internationx, et surtt européens.
La progression de la 2de à la 1ère se fait comme suit :
- en seconde, les mvts qui ont un rôle structurant dans lhist litt fçse : Pléïade, classicisme, romantisme, art pour lart, réalisme/naturalisme, litt engagée
- en 1ère, des mvts et phénomènes de dimension euro : humanisme, baroque, Lumières, symbolisme, surréalisme
Contextualiser
Le rôle de lhist litt est de donner des éléments de contextualisation néc à la compréhension des uvres étudiées. Par « contextualisation » on entend la démarche par laquelle les élèves apprennent à situer les txs quils lisent, à sinterroger sur les info nécessaires à leur compréhension et à discerner les relations que ces txs enrtetiennent avec dautres. Il sagit dune démarche : un exposé des données contextuelles convient moins bien que la réflexion et la recherche des élèves eux-mêmes.
Il faut quils comprennent quun contexte ne consiste pas en un rapprochement arbitraire ou vague, mais dans létablissement de relations précises : celles quun texte entretient avec dautres txs, contemporains et antérieurs, et sa situation historiq (quand il présente une dimension argumentative) par ex. Les contextes sont aussi des conn à acquérir peu-à-peu : elles concernent les évolutions de sensibilités, didéologies et desthétiques. A cet effet, les txs litt seront mis en rapport avec dautres txs et avec des docs icono.
II. Genres
Objectifs et genres étudiés
Létude des genres est une part importante de lenseignement du fç au lycée. Cette étude devient méthodique et a pour buts la conn de la litt, la comparaison entre le litt et le non-litt, la compréhension de la notion même de genre, la mise en place de relations entre la lecture et linterprétation des txs dune part et les exos de commentaire, de dissertation et décriture dinvention dautre part. Les genres offrent un cadre didentification et de classement des txs et des uvres selon les princ catégories qui les caractérisent. Le but est de faire acquérir aux élèves une conn analytique des princpx genres de la litt occidentale. Le prog prescrit la répartition suivante :
- en seconde : tragédie et comédie (théâtre), roman et nouvelle (narratif), portrait en relation avec « léloge ou la blâme »
- en 1ère : étude dautres formes du langage théâtral, poésie, genres biographiques ; lessai, le dialogue et les formes de lapologue (dans le cadre de largumentation) et lépistolaire (pour la série L)
Mise en uvre
Si létude méthodique de la poésie est prévue en 1ère, les txs poétiques ont quand même leur place en seconde. Inversement, il est utile de faire en seconde une réflexion sur les caractéristiques du dialogue (lors de létude du théâtre), même si le genre ne figure quau prog de 1ère, à titre de prolégomènes. En seconde, il faut donner des analyses qui permettent aux élèves de construire la notion même de genre et les initier seulement aux cas de mixité et de subversion des codes, cette étude plus complexe sera réservée à la 1ère
Létude dune uvre significative doit être au centre de létude dun genre : pour la comédie, la tragédie, le roman, la nouvelle, on partira dune étude duvre intégrale. Lassocier avec la lecture cursive dune 2ème uvre ou avec un grpt de txs permet de faire voir les évolutions ou modulations du genre. Il faut surtt veiller à la mise en situation historiq, car les genres ne se comprennent pleinement quen fonction des contextes où ils trouvent leurs expressions les plus abouties.
Létude des genres donne matière de dissertation et se réinvestit dans lécriture de commentaire et dans lécriture dinvention : pour le commentaire, la catégorie générique est un élement-clé de lanalyse des txs, car lanal dun texte conduit à soulever les questions de sa conformité avec les lois du genre et à sinterroger, éventuellement sur la façon dont il sen écarte, les modules, ce qui ouvre la voie à une réflexion sur son originalité.
III. Registres
Objectifs et définition
La notion de registre est pbmatique car elle est à la fois dusage courant et peu théorisée dans les travaux récents. Depuis Aristote, un pcpe de convenance sétait établi entre un type de sujet et une manière de composer qui manifestait elle-même une attitude. On désigne par registres ces attitudes qui correspondent à des façons fondamentales de ressentir. Historiquement, le prcpe de concordance entre sujet, manière et attitude a été dominant jusqu'au XVIIIe siècle. Le système classiq distinguait ainsi des sujets graves, impliquant des perso de rang élevé et employant un langage soutenu pour le tragiq et des perso ordinaires confrontés à des situations ordinaires et employant un langage ordinaire pour le comique. Le romantisme est le moment où cela est remis en cause.
Les registres sont la manifestation par le langage des grandes catégories démotions et de mvts de sensibilité que sont la joie, la colère, langoisse, lindignation, ladmiration, la compassion
Dans un travail réflexif, les élèves ont à acquérir des conn sur ces regsitres, à devenir capables de les reconn et de les analyser, mais aussi dexprimer eux-mêmes ce quils éprouvent, dune façon consciente et pertinente.
Registres et genres litt
On retient comme prcpx registres manifestes dans le langage et ayant donné lieu à des productions littéraires majeures : le tragique, le comique, le polémique, lépique, le lyrique, le didactique, lépidictique, le satirique, le pathétique, le fantastique, le délibératif. Pour une part, ils sont associés dans la tradition litt à des genres (le tragiq à la tragédie, le comiq à la comédie) mais ne sy enferment toutefois pas : le tragiq se manifeste ailleurs que dans la tragédie et réciproquement, il existe à la^ge classique des tragédies sans tragique. Si lépopée a disparu, le registre épique continue à être productif, etc. En fait, le registre ne recoupe que partiellement le genre. On abordera les principx registres en partant de ce qui est le plus manifeste (lassoc dun registre et dun genre) pour aller vers des formes plus complexes, doù la répartition suivante :
- en seconde : tragique, comique, épidictique (admiration ou blâme), épique, fantastique, didactique
- en 1ère : lyrique/élégiaque, polémique, satirique/ironique, pathétique, délibératif
Mises en uvre avec les objets détude
En seconde, lapproche des registres prend appui sur les faits de langues et de forme des genres étudiés, surtout la tragédie et la comédie. En les rapprochant de txs qui relèvent des mêmes genres, les élèves sont conduits à identifier les caractéristiques de chq genre. Si la perception des registres se fait par lémotion, elle est réussie : donc donner une place entière aux réactions émotives des élèves face à leurs lectures. Les exos décriture dinvention permettent de favoriser ces acquisitions : des travx de réécriture font voir comment les chgts dans le langage entraînent des chgts de registres et donc de signification. Réciproqmt, pour réécrire un texte dans un registre différent, les élèves prennent csce des moyens langagiers nécessaires (syntaxe, voca, approche des fig de style se font ainsi par lécriture en liaison avec la lecture).
La découverte des registres se fait en sappuyant sur les genres et les catégories de lhistoire litt, selon les combinaisons suivantes en seconde :
- approche du tragique en prolongement du travail sur la tragédie
- approche du comique en relation au travail sur la comédie
- app de lépidictique en relation avec léloge et le blâme dans lart du portrait
- app de lépique pdt létude du roman (réalisme = héritage épique associé à du didactique)
- app du fantastique lors de létude de la nouvelle
- lors du travail sur largumentation, initiation au didactique et au polémique
En première, on met laccent sur les mélanges possibles de registres dans une même uvre. On étudie aussi les registres en fonction des genres :
- le polémique et le délibératif (registre qui correspond au sentiment dincertitude) avec létude de largumentation et de la délibération (satirique et ironique aussi)
- le lyrique avec le travail sur la poésie et le biographique
- le pathétique lors de létude du langage théâtral - voir aussi les cas de mélanges -
En première L, les objets spécifiques à cette série, lépistolaire et les réécritures offrent matière à des anal de mélanges et variations de registres. Le travail sur les registres est un élément important des pratiques de réécriture : en effet, un pastiche respecte le registre du texte pastiche, alors quune parodie va opérer un chgt contrasté.
IV. Intertextualité, production et singularité des textes
Objectifs
Il sagit déviter deux écueils : le psittacisme qui consiste à croire quun texte aurait un seul sens, fixé une fois pour toutes par la volonté de lauteur, que le prof connaîtrait et redirait et que lélève devrait à son tour mémoriser et répéter ; les interprétations abusives qui consistent à croire que toutes les interprétations dun texte se valent (relativisme absolu). Lenjeu est triple :
- comprendre que les txs et les uvres sont le fruit dun travail de lécriture, qui est une élaboration du sens
- améliorer la capacité dexpression des élèves
- accéder à la perception des singularités des txs, donc des qualités de style et doriginalité des uvres littéraires
Il ne sagit pas damener les élèves à faire de la critique génétique pour autant. La progression vise à faire assimiler peu à peu les notions de singularité, doriginalité et dimplication des chx décriture. Les observations sur les relations intertextuelles font saisir que le travail de lécriture ne se fait pas ex nihilo, mais en relation avec dautres textes. Cette démarche apporte des éléments de contextualisation de luvre et une perception de sa singularité par les lycéens (au moyen des comparaisons précises). Comprendre quune uvre est le fruit dun travail amène à voir quelle résulte dune série de chx faits par lauteur, jusque dans le détail de lexpression : les élèves accèdent ainsi à la question du style. Montrer ainsi que loriginalité nest pas leffet dune spontanéité mais lacquis de chx assumés dans un travail en continuité.
En retour, les élèves apprendront que, dans leurs productions écrites, ils ont à élaborer méthodiquement le sens quils veulent transmettre, y compris dans des écrits dinvention. Partir de lobservation du parcours suivi par un auteur, faire apparaître les étapes de lécriture du texte étudié (élaborer le pjt, rechercher des infos, tracer le canevas, rédiger enfin), que les élèves réinvestiront dans leurs propres écrits. Ainsi pour les écrits dimitation, on ne leur demande pas slt dimiter la forme du texte, mais aussi de reprendre le protocole décriture adopté par lauteur qui leur est donné comme modèle.
Mise en oeuvre
Cette persp détude est constante en seconde et 1ère, mais le terme d« intertextualité » est introduit en 1ère seulement. Cette persp détude sapplique particulièrement en seconde aux objets détude suivants : étude du travail de lécriture et des conditions de publication, roman, nouvelle. Il sagit de prendre en considération les étapes de lélaboration dun texte, ainsi que, plus largement, les conditions de la création litt, les habitudes dun public, les exigences dune collection ou les contraintes de la censure (cas de censure subies par Molière, observation des étapes de lélaboration dun passage chez Flaubert ou Zola). En 1ère, les questions dintertex sont approfondies ; pour la série L, lanalyse des réécritures appelle de façon logique que la réflexion sur les intertxs soit dévlpée à cette occasion. On ne consacre donc pas une séquence à cette persp détude, mais on lassocie à dautres objets détude au cours de lannée : « un objet détude peut être abordé à lintérieur dune ou pls séquences », rappelle le prog officiel.
V. Argumentation et délibération
Objectifs et définition
Linitiation à largumentation forme lun des axes directeurs des progs de 3ème. La notion dargumentation est envisagée comme une forme de disc qui vise à obtenir ladhésion dun auditeur ou dun lecteur aux thèses quon présente à son assentiment. Elle a pour but de modifier les savoirs, croyances, opinions dautrui. Poursuivie au lycée, létude de largum vise à :
- faire maitriser son enjeu fondamental : donnant à la parole une chance contre la violence, elle permet la régulation des conflits
- conduire les élèves à prendre conscience de la dimension dialogique de largum : elle implique la présence de lautre, elle suppose lécoute et le travail de reformulation > elle conduit à la capacité de délibérer et est donc essentielle à la formation du jgt
- les amener à reconn les grandes opérations de réflexion (affirmer, douter, réfuter, admettre) et les postures cognitives quelles impliquent (ex : laffirmation va de la certitude dune conviction à lentêtement du péremptoire, la réfutation va du refus raisonné de la position adverse à lobstination du contradicteur)
- leur faire saisir la double dimension rationnelle et affective, de largu (la différence entre convaincre et persuader)
Le travail sur largu est lié à létude raisonnée de la langue, il exige la maîtrise progressive des moyens linguistiques :
- perception précise de lénonciation, des stratégies énonciatives, de la modalisation
- anal du rôle de limplicite et du présupposé
- capacité de convoquer les disc dautrui, de la citation directe aux formes de reformulation
- capacité darticuler argu et exemple
- initiation aux différents modes dorganisation du disc argumentatif
Contenus et mise en uvre
Largumentatif est omniprésent. En seconde, le but est den voir la variété, en 1ère, on spécifie 2 dimensions majeures : la délibération (la confrontation didées et de prises de position débouche sur un jgt) et largumentation indirecte.
En seconde, les élèves abordent les gdes formes du raisonnement : déductif, inductif, critique (réfuter une thèse opposée à celle quon veut défendre), par concession (suppose la reconnaissance partielle de la thèse adverse). Les élèves sont ainsi préparés au débat et à la dissertation. On les pousse à sinterroger sur larticulation entre les dimensions rationnelle et affectives de largu, et à tenir compte aussi bien de limage (sincérité, modestie, vertu
) que le disc donne de celui qui le prononce (ethos), que des émotions quon cherche à produire chez le récepteur : indignation, compassion, admiration, enthousiasme (pathos). Ils abordent les 3 grands domaines de largu :
- le délibératif concerne la discussion sur lavenir, sur ce qui nest pas encore réalisé, dès quon se trouve confronté, seul ou collectivement, à une décision. Le travail sur le théâtre - monologue intérieur, sc de confrontation dopinions sur une décision à prendre - permet daborder cette réflexion.
- le judiciaire vise la conn effective de ce qui sest passé. Travailler cet aspect en relation avec les séances conscrées au récit.
- lépidictique vise à émouvoir le récepteur à partir dune réalité connue, soit quon valorise une action, perso
sous la forme de léloge, soit quon la dénigre par le blâme, la critique et la satire. En littérature : oraison funèbre, apologie, dithyrambe, panégyrique, blason, portrait # pamphlet, diatribe, satire
A aborder lors de létude de « léloge et le le blâme », du théâtre, des récits.
Le travail de largu en seconde a pour but dapprendre à présenter des idées, à programmer son disc, à faire un plan. On développe la capacité de rédiger des txs argu fondés sur les raisonnements déductif et inductif ou sur la critique de la thèse adverse. Faire rédiger des txs concessifs dans le cadre dune approche de la dissertation. Le libellé des sujets doit préciser les situations dénonciation et en diversifier les pratiques : justification dune opinion sur un texte, interprétations, commentaires, lettres, éloges, critiques, entretiens, débats, travaux de groupes
Largu est analysée à divers moments de lannée et un temps spécifique lui est consacré.
En 1ère, largu doit être abordée à pls reprises et faire lobjet dun temps propre. Etude de genres proprement argumentatifs : txs qui montrent un jgt qui prend forme, a pris forme et saffirme (essais, dialogues), txs où le jgt est en suspens, cas dargu indirecte (apologues, part de lapologie dans le biographique). Montrer aux élèves que les écrits de commentaire doivent aussi être argumentés. Un enjeu majeur : la délibération, qui désigne les situations où sont pris en compte pls points de vue afin de construire un jgt (Stances du Cid par ex.). Le lien avec la formation du jgt et le respect des opinions dautrui est ici capital pour la formation personnelle et civique. Le débat et le dialogue à loral, la dissertation sont des expressions de ce jgt critique. Létude des essais et dapologues prennent en compte la dimension affective.
Dans les séries STT-STI, lapproche de largu fait une place importante à des txs pratiques, en invitant les élèves à comparer litt et non-litt. En L, les deux objets détude propres à cette série, les réécritures et lépistolaire, offrent de nbrx cas dapprofondissement de largu (dans lépisto, jonctions entre argu et jx de registre, avec le lyrisme comme moyen de persuader).
Objets détude (contenus des prog)
Ces objets détude sont obligatoires (optionnels pour certains, ou propres à la série L). Leur liste est un des apports essentiels des nvx progs, qui indiquent les fondements de la culture nécessaire et partagée des lycéens et futurs citoyens. La progression entre la sde et la 1ère ne repose pas slt sur des seuils de difficultés et dexigences croissantes dans lanalyse des txs et dans les exos dexpression écrite et orale, mais dans une répartition des contenus. Dune classe à lautre, règne la complémentarité et non létanchéité.
I. Mouvements littéraires en seconde
Corpus : un ensemble de textes littéraires (poésie ou prose) et de documents (y compris iconographiques) et une uvre au choix du professeur. Perspective dominante : histoire littéraire et culturelle. Perspective complémentaire : étude des genres et des registres.
Le terme de « mouvement litt » désigne un ensemble dauteurs et duvres présentant des traits communs affichés, inscrits dans des txs ayant valeur de prog voire de manifeste. Il peut sagir dune école avec sa doctrine, ses signes de ralliement, ses chefs de file, ou dun courant, plus souple, qui forme une unité idéologique et esthétique forte.
Objectifs
Les élèves ont abordé au collège des ensembles de lectures de txs porteurs de références culturelles majeures, dans un ordre chronologique, mais ils nont pas eu dapproche réflexive des périodes de la litt, ni réfléchi sur ce quest un mouvement litt. La compréhension de la notion même de mouvement littéraire, notion inconnue jusque-là des élèves, constitue donc un des acquis à établir en seconde. Le prog propose dinterroger le passé à partir du présent. Il sagit de permettre quapparaissent peu à peu les scansions majeures de lhistoire littéraire, à partir de phénomènes et de questions toujours sensibles aujourdhui (plutôt que de dérouler mécaniquement un ordre chronologique). On donne aux lycéens des repères précis, on les fait réfléchir sur ce quest un mouvement litt et on veille à leur fournir des conn sur le contexte des uvres étudiées et lues, conn néc à leur compréhension. Les élèves doivent comprendre que létude dun mouvement litt permet de contextualiser correctement les txs étudiés et de contribuer à la compréhension des mentalités, des idéologies et des goûts.
Contenus et mise en oeuvre
En seconde, on étudiera :
- Pléiade puis classicisme (temps où saffirment des modèles litt fç)
- romantisme (qui les remet en question)
- réalisme et naturalisme
- lart pour lart
- littérature engagée
Un des mvts sera étudié en tant que tel : comme on donne la place princ à des txs des 19 et 20e siècles, de lecture plus accessible aux élèves de seconde, on étudiera comme mouvement en tant que tel le romantisme, le réalisme et le naturalisme, la littérature engagée. Létude du roman ou de la nouvelle sassortit asément avec le réalisme et le naturalisme, la litt engagée avec le travail sur largumentation et lart pour lart avec le travail sur lécriture.
On placera au centre du travail létude dune uvre intégrale et la lecture de txs. Lobjectif est dapprendre aux lycéens à tenir compte des contextes pour lire, comprendre et interpréter les txs. La lecture de txs contemporains de luvre étudiée et leur comparaison sont indispensables à la mise en contexte et à lidentification dune période et dun état de pensée et de sensibilité. Toujours mettre en relation les txs littéraires avec dautres txs et docs, y compris musique et images. Il ne sagit surtout pas de figer lhistoire litt en un répertoire de formules toutes faites, mais de former les élèves à la démarche de lhistoire littéraire en leur apprenant à discerner les lacunes de leurs conn, à construire des questionnements et à se livrer à des recherches (exposé en nbre limité, travail de groupe).
Sinon les autres mvts sont étudiés en relation avec dautres objets :
- dans létude du genre théâtral, étude du classicisme autour de Molière, Racine, Corneille et de la littérature engagée (autour des Mouches de Sartre par ex)
- dans létude du genre romanesque, approche du réalisme et du naturalisme
- etc
II. Mouvements litt et culturels en 1ère
Corpus : un ensemble de textes littéraires, complété par des documents (y compris des images), et une uvre littéraire au choix du professeur. Perspective dominante : histoire littéraire et culturelle. Perspective complémentaire : étude des genres et des registres.
En 1ère, on élargit à lidée de « mouvement litt et culturel », c'est-à-dire que la notion de mouvement litt est approfondie dans ses liens avec les autres aspects de la vie artistique, intellectuelle, idéologique. On envisage des phénomènes dampleur géographique plus vaste, de dimension internationale, surtt européenne, mais ayant eu en France un fort retentissement :
- humanisme
- baroque
- Lumières
- symbolisme
- réalisme
On étudie en tant que tel un mouvement littéraire et culturel français et européen du XVIème au XVIIIème siècle, au chx du prof. Cependant, lhumanisme et le symbolisme paraissent devoir être plutôt réservés, pour une étude en tant que telle, à la série L. Les autres mvts sont abordés avec dautres objets détude : létude de la poésie peut être liée à celle du baroque, du symbolisme ou du surréalisme, la réflexion sur lhumanisme (Essais de Montaigne par ex) et les Lumières se rattachent à largumentation, etc.
III. Le récit : le roman et la nouvelle en seconde
Corpus : une uvre littéraire du XIXème ou du XXème siècle, au choix du professeur, accompagnée de textes complémentaires. Perspective dominante : étude des genres et des registres. Perspectives complémentaires : réflexion sur la production et la singularité des textes ; approche de l'histoire littéraire
Objectifs
Comme les élèves ont lu beaucoup de txs narratifs au collège, il sagit de leur faire lire des uvres significatives et, en prenant appui sur ces acquis, de les conduire au lycée à maîtriser la notion de genre. Non pas théoriser sur cette notion, mais comprendre en quoi les genres sont des codes sociaux nécessaires.
Contenus et mise en uvre
Le roman et la nouvelle sont des genres souples, multiformes, qui présentent néanmoins des traits distinctifs forts : structure narrative, fiction, inscription dans une temporalité. Ils permettent une transition mesurée avec les acquis du collège et sont un domaine où la notion de genre peut être élaborée et problématisée de préférence. En montrant aux élèves que les récits litt ont des propriétés communes avec les autres txs narratifs, on leur fait voir que létude des récits litt permet dacquérir les compétences utiles pour toute lecture de récit.
Pour que les élèves se familiarisent avec la lecture duvres litt de quelque longueur sans être trop gênés par des difficultés de langue et de références culturelles, la Sde privilégie la lecture de romans des 19 et 20e siècles (y compris duvres immédiatement contemporaines), du domaine fç, francophone ou étranger. De préférence, on fera lire des txs présentant des cas de registres qui nauront pas été abordés par ailleurs.
Létude dune uvre romanesque intégrale (ou nouvelle longue ou recueil de nouvelles) peut constituer le centre dune séquence ou sassocier avec un travail sur un mouvement litt. Un travail sur le roman ou la nouvelle sorganisera à partir de la lecture dune uvre intégrale ; une seconde uvre sera lue en cours dannée (en lecture cursive), ainsi que des extraits, de façon à rendre possibles des comparaisons nécessaires pour faire percevoir les constantes du genre, mais aussi loriginalité de luvre étudiée. Faire des comparaisons entre récits litt et non-litt pour faire saisir la différence entre le narratif en général et la codification des genres litt du roman ou de la nouvelle. Eviter dêtre trop techniciste en narratologie.
IV. Le théâtre en seconde : comédie et tragédie, comique et tragique
Corpus : une pièce au choix du professeur (comédie ou tragédie) accompagnée de textes et documents complémentaires. Perspective dominante : étude des genres et registres. Perspectives complémentaires : approche de l'histoire littéraire ; étude des effets sur les destinataires.
Objectifs
Il sagit de compléter et denrichir létude du théâtre abordée au collège (comédies de Molière) par la lecture duvre significatives relevant de la tragédie ou de la comédie, de façon à faire apparaître les propriétés du genre correspondant, par lapproche des registres tragique et comique, par la lecture duvres complémentaires permettant de saisir les évolutions du genre et les cas où les grandes lois du genre sont transformées et détournées et par une introduction aux spécificités de la création théâtrale, à la fois texte et spectacle.
Comédie et tragédie offrent une possiblité optimale de définir la notion complexe de genre, car ces genres dramatiques ont fait lobjet, surtt à lépoque classique, de débats et de codifications fortes. Ils offrent aussi un espace opportun pour aborder la notion de registre nouvelle pr les élèves. Lidée du rôle cathartique de la tragédie et des rôles de comique de divertissement et/ou satirique de la comédie sert de point de dpéart à cette approche. La seconde introduit également lidée de léventuelle transgression des codes génériques.
Mise en uvre
Létude dune uvre intégrale dramatique constitue un bon objet central pour une séquence. Genre scénique, le théâtre impose un travail sur loral : mises en voix de scènes, lectures à haute voix, récitations. Engager une réflexion sur les conventions de représentation : ces analyses se fondent sur létude dimages, de décors et de costumes, ainsi que sur la mise en image que constitue une mise en scène vue. Létude du théâtre doit en effet pouvoir associer le travail sur le texte et sur linterprétation scénique (visionner la réalisation dune uvre étudiée en classe est souhaitable). Enfin, les uvres de théâtre (notamment classiques) incluent des sc de dialogues comportant une dimension argumentative : on peut ainsi initier les élèves aux pbmatiques du dialogue.
V. Le théâtre en 1ère : art et langage dramatique
Corpus : une pièce au choix du professeur accompagnée de textes et de documents complémentaires (en particulier de caractère visuel). Perspective dominante : étude des genres et des registres. Perspectives complémentaires : étude de l'histoire littéraire et culturelle ; étude de l'intertextualité et de la singularité des textes.
Objectifs
Sensibiliser les élèves à la place singulière quoccupe le théâtre dans la litt parce quil est à la fois texte et spectacle et présente à cet égard une part doralité fondamentale. Cest cette spécificité du théâtre qui est en jeu en 1ère : il faut sinterroger sur les liens entre écrit et oral, verbal et visuel et les concordances et discordances éventuelles entre les 2 sortes de langage, ainsi que sur les pbs dinterprétation. Le but est de faire comprendre aux élèves que luvre dramatique prend toute sa signification dans sa réalisation sur scène et de leur faire déc les ressources de signification que permet lassociation du verbal et du non-verbal (langage visuel et sonore). Après létude de cas en seconde où il y a essentiellement concordance entre un genre et un registre - tragédie/tragique - il sagit en 1ère de prendre en compte des uvres présentant des mixités génériques complexes et détudier dautres registres ; le pathétique, ironique et satirique.
Contenus et mise en uvre
Les genres préconisés sont : la tragi-comédie, le drame et le théâtre moderne à genre indéfini. Associer létude dune uvre intégrale et la lecture dextraits en diversifiant les époques (une uvre ancienne et des extraits modernes ou linverse). Notions-clés :
- mixité des genres
- registre pathétique et/ou ironique, satirique
- double énonciation.
Létude du théâtre sassocie à la construction des éléments dhistoire litt : après létude des formes classiqs de comédie et tragédie en seconde, elle montre lévolution vers des formes modernes mixtes ; pour lépoq classiq, elle montre quà côté de formes unifiées et régulières, existaient des formes complexes (tragi-comédie, comédie-ballet).
Le théâtre peut faire lobjet dune séqce en propre ou être intégré à une séq orientée par un autre objet détude. Dans tous les cas, faire une remise en mémoire des acquis de seconde. La lecture (cursive ou analytique) dune uvre intégrale est néc. Si le théâtre est lobjet central dune séq, alors 3 possibilités :
- étude dune uvre ancienne non classiq et comparaison avec des txs plus récents
- étude dun drame romantique (pour remémorer le rom étudié en sec)
- étude dune uvre du 20e siècle et recherche dex en amont duvres offrant les mêmes mixités de genres et registres et le même souci de faire une large part aux effets visuels.
Dans lanalyse des txs simposent pls préoccupations : la visualisation associée au texte (vision de la pièce sur scène ou en vidéo) ; faire des analyses comparatives au sein dune même uvre entre le verbal et le visuel, et entre des uvres diff. Recourir à des docs icono (reprod de costumes, musiques, enregistrements). Prendre un temps de réflexion sur le rôle des interprètes - comédien et metteur en scène - accompagnée de lanalyse dun extrait du Paradoxe de Diderot et dune Soirée perdue de Musset.
VI. La poésie (obj détude en 1ère)
Corpus : un recueil poétique et/ou un groupement de poèmes, choisis par le professeur. Perspective dominante : étude des genres et des registres. Perspectives complémentaires : approche de l'histoire littéraire et culturelle ; réflexion sur l'intertextualité et la singularité des textes.
Objectifs
Si la poésie ne constitue pas un objet détude en seconde, elle est toutefois présente, abordée à travers létude de mvts litt et culturels où la poésie joue un rôle central (romantisme par ex) et dans la pbmatique de lengagement. En 1ère, la poésie est un objet détude commun à toutes les séries denseignement, selon deux dirextions : la spécificité du travail poétique sur le langage / continuités et évolutions dans les conceptions de la poésie (autour des représentations de la modernité). Les objectifs sont :
- prendre clairement conscience de ce qui fait la particularité de lexpression poétique par rapport aux grandes formes litt, doù un accent à mettre sur loralité et la musicalité de la langue, les relations étroites entre les formes prosodiques et les contenus, la question des images et des figures, les grandes formes du vers et de la prose poétiq, les princpx genres de poésie, la présence singulière de la subjectivité.
- conn des uvres poétiques dans leur intégralité (pas slt par extraits) > étude dun rec poétique entier préconisée
- contextualiser la lecture de la poésie et conn ses grands mmts (continuités, évolutions, ruptures) dans lhistoire litt.
Contenus
a) La matière poétique
La matière poétique : faire comprendre aux élèves que les qualités poétiqs dun texte, liées aux manières de percevoir, sentir et de faire ressentir par les mots, ne sont pas du seul ressort de la poésie. La prose, romanesque ou pas, a aussi des qualités prosodiques -sonores et rythmiques- à caractère poétiq (gueuloir de Flaubert, vers racinien, phrase de Chateaubriand, rythme de Céline
)
Loralité de la poésie : de la matière phonique dun mot aux enjeux des silences et des variations prosodiques, loralité de la poésie fait corps avec sa signification. Dire la poésie est essentiel : cette activité prendra la forme de récitations, dun travail de comparaison sur les diff dictions dun même poème.
Le texte et limage du texte : la poésie marque son ancrage dans la matérialité de la langue par limpression sur le papier : dispo typo sur lespace de la page, rôle des blancs, figuration plastiq du texte poétiq (travail mis en relation avec létude de limage)
Les relations entre formes prosodiques et contenus : le travail sur la poésie concerne les relations entre les sons et la signification. Les jeux rythmiques et sonores marquent laction réciproq des formes de lexpression et du contenu, caractéristique de lexercice poétiq du langage. Les élèves doivent apprendre à reconn les alliances entre les sons et les surgissements de sens. Pour les analyser, les instruments de létude prosodiq sont néc : rime, allitération, accentuation, assonance, enjbt, mètre, rythme, strophe, vers, vers libre, verset. Afin quils ne se limitent pas à des identifications formelles, il faut montrer aux él que ces notions sont mobilisées en vue dune saisie du sens. « Le sens - le mouvement incontrôlé subi par lêtre humain - réside dans la matière du texte - les sons - en même temps que dans la sémantique des mots. »
Poésie et langage figuré : mettre en relation les fig de la poésie avec leur usage dans lexercice ordinaire du langage, pour faire sentir la spécificité de la poésie. Pour que les élèves comprennent comment se fait limage, les amener à envisager la métaphore non slt comme une fig de substitution et un élément déco, mais comme une mise en tension et en compétition de pls niveaux de signification. La fig est à envisager dans ses fonctions sémantiques et pas seulement dans sa technique.
La présence de la subjectivité, les registres : la subj de la poésie intervient du côté de la voix qui parle dans le poème et de la réception : lanalyse de la personne « je » (et « tu ») est centrale et permet aux élèves de reconn certaines propriétés de registres (épiq, tragiq, lyriq, élégiaq, ironiq. Le lyriq et lironiq occupent une place centrale dans létude de la poésie en 1ère. Faire comprendre surtout que la caracétristiq fondatrice du registre lyriq est que le « je » y occupe à la fois la position du sujet (il parle), de lobjet (il parle de lui-même) et souvent du destinataire (il sadresse à lui-même). Faire percevoir enfin que les registres des txs sont des invitations au partage de ces perceptions sensorielles quexplore et interroge la parole poétique.
b) Luvre poétique
La conn des grandes formes et des pcpx genres poétiques : conn les grandes formes de lécriture, de lalexandrin au verset, du vers codifié au vers libre et à lavènement du poème en prose. Approche des pcpx genres à formes fixes (sonnet, ode, ballade) et de leurs transformations. Conn les grandes thématiques de signification (dire lamour, dire la mort, dire la révolte, dire la guerre
) qui correspondent svt à des genres (ode, épopée, élégie, satire) et à des registres.
Le texte poétique : le poème est un objet privilégié de lecture anlytique en 1ère. Veiller aux limites de lexercice : ne pas être minutieux à lexcès. Une simple observation permettra délucider les raisons de lémotion et du plaisir esthétique. Etudier les variantes dun poème offre de riches possibilités. Lanalyse doit être enfin au service de la diction des txs (le lien oralité de la langue / sens sert la mémoire).
Le recueil poétique : il est néc au lycée dappréhender une uvre poétiq dans son intégralité : Fleurs du mal, Romances sans paroles, Une saison en enfer, Alcools, La nuit remue, Feuillets dHypnos
Lanthologie : à faire circuler dans la classe, les élèves peuvent sen constituer une. Avantage : on perçoit ce que la mémoire culturelle a sélectionné et retenu et ce quelle a occulté. Permet de réfléchir au statut du chef-duvre.
c) Lhistoire poétique dans lhistoire litt et culturelle
Mettre au premier plan les mvts qui marquent les grandes étapes dans la revendication de la modernité :
- le baroque fç (DAubigné, Théophile, Tristan lHermite, Saint-Amant) et européen
- le symbolisme (en rupture avec le romantisme)
- la cassure surréaliste (en lien avec les arts)
Mise en uvre
La poésie doit faire lobjet dune séq en cours dannée de 1ère. Elle intervient aussi à dautres moments : à propos de lapologue, dans létude dun mouvement litt et culturel, du langage théâtral, du bio, voire de lépistolaire.
On travaille des txs dans des pratiques diversifiées : lectures oralisées, récitations, lect analytiques, confrontations de txs, écriture dinvention, rech documentaires
Dans la séq sur la poésie, lire un recueil et un grpt de txs (lect analytique et cursive) et mettre en relation avec dautres arts (arts plastiques, arts du spectacle, musique). Mettre en relation avec létude raisonnée de la langue, non pr faire du poème un prétexte à une question de grammaire, mais au contraire pour faire comprendre que la poésie relève dune interro sur le langage et ses contraintes.
Faire place à des poètes hors de France et européens (Dante, Goethe, romtiqs allds, Rilke), contemporains (Bonnefoy) et chanteurs.
VII. Largumentation en seconde : démontrer, convaincre et persuader
Corpus : un groupement de textes et de documents (éventuellement iconographiques) au choix du professeur. Perspective dominante : étude de l'argumentation et des effets sur le destinataire. Perspectives complémentaires : étude des genres et des registres (en particulier le polémique) ; approche de l'histoire littéraire
Objectifs
Le travail sur largu en seconde se réalise par lintroduction à la litt didées, par la comparaison entre des txs litt et non-litt et en mettant en uvre lexpression argumentée dans des exos écrits et oraux.
Les formes de largumentation
Les élèves sont sollicités par largu dans diff disciplines : fç, hist, maths, sc physiques, ECJS. Largu constitue donc un objet détude interdisciplinaire. Le prog invite à en préciser les opérations princ, à travers les verbes qui les désignent : démontrer/argumenter # convaincre/persuader.
Démontrer et argumenter
démontrer consiste à dév, à partir dune affirmation initiale admise comme vraie, un raisonnement déductif qui tend à prouver, par des opérations logiques, la vérité de sa conclusion. Elle peut être vérifiée par des preuves indiscutables et être déclarée correcte ou incorrecte. Elle se déroule hors de tout autre contexte que celui de son propre système : la logique est sa méthode. La latitude laissée aux partenaires de ce type déchange est faible : cest la cohérence du raisonnement qui impose, de manière impersonnelle, une vérité qui doit être admise par tous. Le résultat est indépendant des personnes, de leurs croyances et convictions.
argumenter au contraire concerne le monde des opinions. Les arguments sont alors des raisons plus ou moins fortes autour dune thèse proposée. Dès quil sagit de raisonner autour de valeurs touchant le bien/mal, la justice/injustice, argumenter consiste à justifier la préférence que lon accorde à telle ou telle façon de voir, que lon cherche à faire partager, ce qui met donc en jeu les sujets parlants eux-mêmes et modifie leurs relations.
Argumenter peut se faire deux façons : convaincre et persuader tiennent à leffet produit sur celui à qui on sadresse : ils constituent deux grandes visées de largu et concernent le destinataire dont on cherche à conquérir ladhésion.
celui qui cherche à convaincre sattache au cheminement des raisons qui conduiront au résultat espéré : ladhésion réfléchie de son auditoire. Il dév une démarche intellectuelle pour faire triompher les valeurs quil défend et obtenir que son interloc accepte ses raisons et les partage. Les démarches de la conviction relèvent de la raison, du dialogue, de léchange ; elle sollicitent le savoir.
celui qui veut persuader cherche à obtenir une adhésion spontanée et affective de son destinataire. La persuasion vise un destinataire particulier (ind ou coll) dont on sollicite les attentes, les rêves ou les émotions. La persuasion relève davantage de la suggestion, de la séduction, de la tentation ; elle sollicite moins le savoir que le désir ou la crainte.
Introduction à la litt didées
Les pbmatiques sont liées au rapport de lindividu à la collectivité et tournées vers les 19e et 20e siècles :
- litt et altérité (txs sur la déc du Nouveau Monde, sur la colonisation/francophonie)
- litt et éducation (histoire des débats sur léducation du 16ème au 20ème siècle)
- litt et politique (txs portant sur le débat démocratique - Zola, Hugo)
- litt et guerre (txs romanesques, pamphlets, lettres, art de presse, docs visuels et cinématographiques portant sur les gds conflits des 19ème et 20ème siècles)
Mise en uvre
Létude de largu peut donner lieu à une séq centrée sur une pbmatique abordée par létude dun gpt raisonné de txs. Avec la lecture et lanalyse des txs, létude donne lieu à des productions orales (débats, exposés) et écrites (analyses de pts de vue contradictoires, essais, initiation à la dissertation) qui impliquent de plus en plus lélève dans le contenu de la pbmatique étudiée.
VIII. Largumentation en 1ère : convaincre, persuader et délibérer
Corpus : une uvre littéraire et un groupement de textes, complété par des documents (pouvant inclure des articles de presse et des images) au choix du professeur. Perspective dominante : étude de l'argumentation et des effets sur le destinataire. Perspective complémentaire : étude des genres et des registres.
Objectifs
Dans la continuité de la seconde, les objectifs en 1ère sont :
- la formation du jgt critique
- lanalyse des diff formes de largumentation
- laccès à la capacité de délibérer
Contenus et mise en uvre
En 1ère, on privilégie :
- la délibération (cas le plus abouti, où la confrontation didées et de prises de positions débouche sur un jgt)
- largum indirecte (la prise de position se manifeste par des voies visant à susciter une adhésion par lagrément, au lieu dun débat ouvert).
Létude de largu est présente tout au long de lannée dans des travaux diversifiés et intervient dans diff séqces. Mais pour permettre aux élèves de saisir formes et enjeux de largu, il faut lui consacrer une séquence pleine dans lannée.
Lien avec létude raisonnée de la langue : en 1ère, laccent est mis sur la syntaxe du raisonnement logique, sur la modalisation, et sur le voca du jgt (verbes et substantifs).
Le prog de 1ère prévoit létude des genres de largu :
lessai : texte qui se caractérise par lusage dun « je » qui sadresse à ses contemporains dans un disc argumenté. Les idées et lexpérience perso de lauteur sont liés. Lauteur ne vise ni lexhaustivité, ni la systématisation, mais propose une réflexion fondée sur son pt de vue particulier. Genre indéterminé, lessai se distingue dautres txs argu puisque ici le langage ne sert pas quà transmettre une pensée, il la donne à saisir dans son élaboration même : le mot, étymologiquement, se rattache à lexercice de la pensée (Montaigne)
lapologue : fictions ayant une visée argu, fables, contes, exempla, aboutissant à une leçon morale.
le dialogue didées : transcription litt au style direct dune conversation réelle ou fictive, le dialogue didées met en scène un déabt qui a vocation à être lu plus que représenté (dialogue, conversations, entretiens, colloque)
la lettre ouverte : litt didées fondée sur lusage de la lettre dans un débat didées, elle se caractérise par une double énonciation : lépistolier et son destinataire en constituent le 1er plan, la totalité de léchange reçue par un public en constitue le second.
Pour ce qui est de la litt didées, les pbmatiques de 1ère seront ancrées dans une dimension plus conceptuelle quen seconde et sur les 16e-18e siècles :
- litt et tolérance (txs sur les rapports entre litt, religion et sciences, étusiés dans le cadre de lhumanisme et des Lumières)
- litt et utopie (convient bien au cadre de lhumanisme et des Lumières)
- litt et égalité (lesclavage, les relations homme-femme, les rapports patrons-ouvriers, les conflits coloniaux)
- litt et savoirs
- les conceptions de la litt (ttes périodes)
La délibération, capacité à former son propre jgt après avoir pris en compte et et examiné des pts de vue divers, divergents et opposés, est un but essentiel de la 1ère. Il sagit de donner aux élèves la maîtrise du raisonnement et du jgt critique. Lécriture dinvention sassocie à largumentation, ainsi que lanalyse darticles de presse, de discours oraux ou audiovisuels.
IX. Le biographique (obligatoire en 1ère pour toutes les séries)
Corpus : une uvre littéraire accompagnée de textes et de documents complémentaires ou un groupement de textes et des documents complémentaires, au choix du professeur. Perspective dominante : étude des genres et des registres. Perspectives complémentaires : étude de l'argumentation et des effets sur le destinataire ; étude de l'histoire littéraire et culturelle.
Objectifs
Les genres du biographique ont donné des ouvrages qui ont marqué lhistoire de la culture. Leur étude répond à 3 objectifs :
- faire prendre conscience aux élèves de lomniprésence et de limportance du biog
- leur faire lire et conn des uvres de 1er plan qui en relèvent
- leur faire saisir des similitudes et diff entre le litt et le non-litt en ce domaine (ie entre les usages courants et les vraies créations littéraires)
Contenus
Le biog désigne toutes les formes qui constituent un récit de vie, sans se limiter à la biographie ou à lautobiographie (en incluant donc journaux intimes, mémoires, autofictions, romans autobiographiques
) Donc, il englobe une très large part de txs et duvres picturales ou cinématographiques. Ce mode décriture sest largement dévpé bien avant le roman dailleurs (cf. Vies de Diogène Laërce, Vies de Plutarque et la vogue des vies de Jésus) ; par ailleurs, cest une forme de représentation constante et quotidienne, employée par la presse et dans les CV.
Evolution historique : dans lAntiquité et au Moyen-Age, emploi abondant des bio pour des saints ou des héros. A partir de la Renaissance, apparition des mémoires, forme autobiographique tournée vers le monde plus que vers lintrospection. Suite aux Confessions de Rousseau, dévlpt de lautobiographie dintrospection. Au 20e, prolifération du biographique, apparition de nvx genres (journal, autofictions, romans biographiques). Deux faits sont à noter : les bio et autobiographies sont très lues, ce qui tombe bien, puisque les récits bio ou autobiographiques paraissent en foule.
Envisager un corpus diversifié : étudier une uvre, accompagnée de 4 txs étudiés analytiquement et de 2/3 txs/docs envisagés cursivement, lidéal étant de représenter les formes et fonctions principales de lécriture biog. Recourir aussi à des docs iconographiques (tableaux, bas-reliefs sur la vie des saints, films mettant en sc les moments dune vie
).
Mise en uvre
Comme cest un objet détude obligatoire pour toutes les séries, il faut lui consacrer une séquence spécifique au cours de lannée. Présent dans les pratiques usuelles, le biog est familier aux élèves, mais comme il nest pas au prog du collège ni de la seconde, cest aussi un nouvel objet détude qui mérite à ce titre dêtre considéré à part et en soi. Cela dit, il sinscrit dans la logique de létude du portrait abordée en seconde dans le cadre de léloge et du blâme. Placer cet objet détude tôt dans lannée, car le biog permet daborder les liens entre récit et argumentation (un récit de vie est svt un réquisitoire, un plaidoyer ou un aveu pour demander une rédemption) ; son étude préparera à celle des essais et du dialogue didées, tout en sinscrivant dans la lignée des txs narratifs vus en seconde (bonne transition seconde/1ère). En outre, en faisant lire une autobiographie du 19e ou 20e (Vallès ou Sartre) en uvre intégrale, on poursuit létude des mvts litt abordés en seconde (naturalisme, litt engagée), et en complétant avec des txs qui élargissent la persp vers lamont, en remontant dans le temps, on introduit les mvts que lon souhaite étudier en 1ère (humanisme, Lumières). Dans la mesure du possible, voir un texte et un doc iconographique de lAntiquité ou du Moyen-Age.
Le biog permet daborder deux registres notamment : le lyrique (parce que les mémoires et lautobiographie sont le lieu dun retour sur soi et de la confidence, pouvant aller jusquà lélégiaque) et le polémique (le récit de vie est svt le lieu de critique de celui dont on relate lexistence par ex).
Le biog permet daborder de façon très parlante les rapports entre litt et argumentation. Lanalyse peut porter sur les rôles des registres dans les txs litt biographiques : suscitant ladmiration ou le rejet, donc lidentification ou la mise à distance davec celui dont la vie est relatée, ils peuvent induire un sentiment de sympathie/empathie dans le lyrisme, ou de colère dans le polémique. Ces perceptions, dabord sensibles lors de la lecture cursive, pourront être analysées en examinant les ressources stylistiques qui les produisent : comparaisons/métaphores, interventions du narrateur, chx de tonalités > on saisira comment largumentation intervient dans linterprétation des faits relatés, mais surtout dans lart de persuader en suscitant des émotions chez le lecteur.
Les txs biog donnent matière à des lectures analytiques, commentaires de passages, sujets de dissertation. Comme exos : comparaison en relevant les étapes-clés dune bio réelle et en la comparant avec celles que donne le récit de vie litt ; exos dinvention (rédiger une bio brève à partir dune doc donnée).
X. Le travail de lécriture (spécifique à la seconde)
Corpus : un groupement de textes littéraires et de documents au choix du professeur. Perspective dominante : réflexion sur la production et la singularité des textes. Perspectives complémentaires : étude de l'argumentation et des effets sur le destinataire ; genres et registres
Objectifs
Sinscrivant dans la persp détude « intertextualité, production et singularité des txs », il sagit de :
- faire comprendre aux élèves, par lobservation dexemples, que lécriture exige un ensemble de démarches et ne sélabore pas sous limpulsion dune inspiration soudaine, ni par leffet dun don réservé à qqs-uns. Apporter des éléments de philologie qui donnent aux élèves une vue claire du fait que le texte est un objet produit par un travail et donc analysable comme tel.
- les sensibiliser aux questions de style, donc à la dimension spécifique des uvres litt (par rapport au non-litt)
Contenus
élaboration de la matière-même dune uvre (genèse dune uvre litt) : pratiques dimitation et variations par rapport à un modèle ; pratiques de documentation sur un sujet donné.
chx qui président à la structure de luvre, dictés par des contraintes dues au genre pratiqué ou liés à des mvts de goût et didéologie (représentation du réel réaliste ou non par ex.)
options stylistiques, qui interviennent à deux moments de la genèse dun texte : lors de sa conception (canevas fait en prose et texte final présenté en vers), lors des modifications par rapport à une première version (rééditions : examen des variantes)
Mise en uvre
Nétant pas envisagée comme une formation à la génétique textuelle en soi, létude de lécriture ne constitue pas le centre dune séquence, mais intervient à titre dapport dans diverses séquences.
Ainsi, dans le cadre de létude sur le naturalisme, on peut suivre les brouillons, notes, canevas, recueils de docs quun auteur collecte pour passer de lidée du livre à la constitution de son dossier (Zola, La débâcle par ex). On peut aussi étudier un même sujet dans des genres différents et distinguer derrière le lieu commun, les effets esthétiques différents qui résultent des différences de structure et des choix opérés (ex : Racine revendique lhéritage de Tacite dans Britannicus ; on peut étudier les modifications quil apporte à la matière, les sélections, ajouts, retranchements quil opère par rapport à sa source). Enfin, on dispose de nbrx docs qui permettent daborder la question du style par comparaison entre les 1ères versions (Racine élaborait ses pièces sous forme de canevas en prose, Flaubert procédait par précisions successives) et les formulations retenues dans la version finale réalisée par le même écrivain. Cela permet aux élèves de voir que les images ne sont pas de simples techniques à nantir dun nom, mais bien des éléments-clés de signification, qui décident de lémotion que suscite un texte. Un examen des variantes permet de faire percevoir comment un auteur souligne, infléchit ou nuance certains effets (cf le vers célèbre dOreste 1ère version : « je me livre en aveugle au transport qui mentraîne » devient au final « je me livre en aveugle au destin qui mentraîne », en quoi sopère un glissement riche de sens.
Dans les exos décriture dinvention, les txs étudiés peuvent donner des modèles de contenus et de forme et apporter surtout des exemples de démarches > réinvestissement. Au niveau des analyses de txs, lobservation du travail de lécrivain est un apport considérable à la compréhension et à linterprétation : en faisant voir les chx opérés, on discerne mieux lorientation que lauteur a voulu donner à son texte. Ceci sera réemployé en commentaire de texte.
XI. Léloge et le blâme (obj détude optionnel pour la seconde)
Corpus : une uvre ou un groupement de textes (poésie ou prose), accompagnés de documents complémentaires (en particulier d'images, mais aussi de textes de presse), au choix du professeur. Perspective dominante : étude de l'argumentation et des effets sur le destinataire. Perspective complémentaire : étude des genres (en particulier le portrait) et des registres
Objectifs
Ces deux grandes formes de lépidictique, léloge et le blâme, sont des notions carrefours, à la croisée des genres et des registres. Elles autorisent une approche des façons de persuader, en montrant la part des affects dans largumentation et sont loccasion daborder des txs divers et des références culturelles importantes (par ex La Bruyère). Le lien est fort avec lécriture dinvention, lors dun travail sur le portrait. Cet objet détude peut être privilégié pour analyser des uvres visuelles (caricatures, dessins, peintures). Le prof peut avec profit choisir dy consacrer une séquence ou bien ne laborder quà loccasion dactivités consacrées à dautres objets détude, dans le cadre dun uvre narrative si elle comporte des portraits, par ex.
Genres et formes de léloge et du blâme
- genre de léloge : ode, oraison funèbre, apologie, panégyrique, hagiographie, critique, plaidoyer, consolation, compliment, toast (sic)
- genre du blâme : pamphlet, satire, réquisitoire, libelle, critique, autocritique, diatribe, caricature, raillerie et persiflage
Lintérêt avec ces genres est quon peut bien faire percevoir aux élèves la différence entre le litt et le non-litt (le toast par ex). En outre, cet objet détude se prête à lanalyse des registres de lépidictique, du polémique, du pathétique ainsi quà linitiation au satirique et à lironique.
Il est utile de réaliser tôt dans lannée une séqce sur léloge et le blâme organisée autour de létude du genre du portrait. Elle permet dinitier les élèves aux notions de genre, registre, persuasion, style litt et non-litt ; elle se prête à des écrits dinvention, dans lesquels les élèves reprennent des acquis du collège (description), permet aussi des exos brefs et létude de txs courts avant daborder des uvres plus longues. Dans le domaine verbal, on peut retenir les blasons et contre-blasons du 16ème, des extraits des Caractères, la scène des portraits du Misanthrope, des extraits de romans, le genre du portrait de presse ; dans le domaine visuel, penser aux portraits en majesté (Napoléon, Louis XIV), aux photos officielles des présidents de la République, à lopposé aux caricatures (Daumier), aux monuments à visée de glorification, aux photos dartistes (Nadar)
Létude du portrait fait discerner des choix : le perso est montré sous un certain angle, dans une pose suggérant un sentiment, offrant une émotion au destinataire. A partir de là, les élèves peuvent percevoir comment léloge ou le blâme jouent sur le point de vue, lamplification/réduction de certains traits du modèle et donc sur laffectif : ils saisissent alors le rôle de laffectif dans les effets exercés sur les destinataires.
XII. Ecrire, publier, lire (objet détude optionnel en seconde)
Corpus : un ou plusieurs ouvrages, au choix du professeur, et divers documents et extraits (incluant des articles). Perspective dominante : approche de l'histoire littéraire et culturelle. Perspective complémentaire : réflexion sur la production et la singularité des textes
Objectifs
En liaison avec les persp détude « histoire litt et culturelle » et « production et singularité des textes », une approche des conditions de la création, de la publication et de la lecture poursuit 3 objectifs :
- aider les élèves à dév des habitudes de lecture
- les aider à mieux mettre en contexte les txs quils lisent
- contribuer à létude de lhistoire litt et à la réflexion sur ses apports
En gros, il sagit de leur apporter des conn et de contribuer à dév leur comportement de lecteurs, en leur faisant percevoir quels sont les cadres dans lesquels se déroule la vie litt.
Contenus
Comme les élèves ont tendance à assimiler la litt et le passé lointain, +- étranger à leurs yeux, il importe de leur montrer que la culture comtemporaine est nourrie de litt et abonde en création litt : les médias audiovisuels font le lien entre une culture tenue pour passéiste et la modernité, car ils ont multiplié les adaptations duvres litt du passé : un travail sur les adaptations ou les reprises théâtrales duvres du passé relève de cet objet détude. Observant la culture actuelle, les élèves comprennent lintérêt quil y a à en étudier les antécédents, lhéritage dans lequel elle sinscrit.
Mise en uvre
Il peut être profitable de laborder tôt dans lannée de seconde, car cet objet détude a un rôle dinitiation : il met en place la construction de la conscience historique (intéressant dans le cadre de lhistoire litt), des éléments de contexte et des pbmatiques (sur les genres, la notion de litt et la lecture de limage). Il peut être étudié en tant que tel ou comme corollaire de létude dun autre objet. Les classes qui participent au Goncourt des lycéens ont mené cette réflexion lors des lectures duvres romanesques contemporaines appelées par cette participation : les questions relatives aux prix litt, aux académies et jurys, à lédition, au rôle des médias et de la critique
se sont inscrites dans ce cadre. Autres démarches :
- observer les « seuils » (Genette) qui manifestent dans le livre même, lacte de publication et les rapports auteur/public ; le va-et-vient entre texte/péritexte enrichit la lecture déléments danalyse tenant à la mise en situation du texte (4ème de couverture, illsutrations
)
- encourager à la lecture, à la fréquentation des bibliothqs et des librairies, des théâtres et salles de cinéma ; faire pratiquer un journal de lecture, organiser des débats et échanges entre élèves sur les uvres lues
- en travail décriture dinvention, leur faire rédiger des txs de compte rendu critique ou de 4ème de couverture les initie à lanalyse des traits essentiels dune uvre
- observer les pratiques contemporaines décriture, de publication (collection où prend place le texte, séries) et de réception des uvres forme la conscience critique des élèves : comprenant que lécriture se fait en situation, ils renoncent au mythe de linspiration comme pouvoir absolu et incompréhensible, ce qui pouvait bloquer leur curiosité et leur réflexion.
XIII. Lépistolaire (objet détude propre à la 1ère L)
Corpus : une uvre littéraire ou un groupement de textes, au choix du professeur. Perspective dominante : étude des genres et des registres. Perspectives complémentaires : étude de l'argumentation et des effets sur le destinataire ; étude de l'histoire littéraire et culturelle.
Objectifs, définitions et historique sommaire
Donner accès à un pan particulièrement riche de la litt et de la culture. Les diverses formes de lépisto sont à considérer : lettre, épître en vers, lettre familière/privée, lettre ouverte, roman par lettres. Un texte épisto se signale par une adresse explicite et se présente comme un disc tourné vers une personne absente, afin de suppléer à cette absence. Cest une pratique à fonction sociale qui recouvre toutes les variétés de notre rapport à lautre (rapport professionnel ou intime) : la lettre répond à une codification sociale et, dans le cas de la lettre fictive inscrite dans un genre déjà établi (roman, essai, pamphlet
), à une codification littéraire. La pratique épisto instaure dans son usage litt une double énonciation (ex : publication dune correspondance privée)
Eléments dhistorique sommaires : dans lAntiquité, les lettres de Pline, Cicéron, Sénèque ont un rôle considérable. Au Moyen-Âge, il existe slt des missives dordre officiel, rédigées par des clercs en fonction de canevas établis. Au 16ème, la lettre devient un moyen déchange entre des milieux savants qui communiquent en latin à travers toute lEurope humaniste. Les débats entre théologiens favorisent lapparition de lettres polémiques jouant sur des destinataires fictifs. Aux 17ème et 18ème siècles, la lettre devient ainsi une forme privilégiée du débat didées (lettre ouverte des Provinciales, Lettres philosophiques, au 19ème Jaccuse de Zola). Au 17ème, un plus large accès de la population à lécriture et à la lecture fait de lépistolaire une pratique sociale étendue : la lettre devient alors un substitut de la conversation mondaine, en quoi elle devient plus familière, reflétant lesthétique mondaine et galante de lépoque, dans laquelle lessentiel est de plaire et de piquer lintérêt par la façon de raconter. Elle devient vite un art (Lettres publiées posthumes de Voiture, Corresp de Mme de Sévigné). Au 18ème, lémergence de la sensibilité individuelle donne à la corresp un caractère intime (confidences et effusions lyriques). Inauguré au 17ème par Guilleragues (Lettres portugaises), le roman par lettres connaît au 18ème une grande fortune (Nouvelle Héloïse, Liaisons dangereuses). Noter le dévlpt des éditions de correspondances décrivains ou dartistes ou de perso plus obscures ayant vécu des circonstances exceptionnelles (correspondance de poilus). Si la corresp privée a été concurrencée par le tél, elle connaît avec le mail une seconde vie (nvx contenus et nouvelles formes aussi).
Perspectives détude
approfondissement des notions de genre et de registre
La lettre sert svt un autre genre. Un enjeu de son étude consistera à montrer comment les particularités de lécriture épisto se mettent au service dun genre ou dun registre et les renouvellent. Quelle soit fictive ou authentique, une corresp se donne pr vraie : réfléchir au contrat de lecture qui en découle et aux csqces quant aux genres et registres, surtout le polémique et le lyrique. Le lecteur est un peu voyeur quand il lit un roman par lettres : la lettre que nous lisons, alors quelle porte ladresse dun autre destinataire repose aussi sur une situation de double énonciation propice au surgissement de lironie.
argumentation et effets sur le destinataire
Ecrite à un destinataire, la lettre est aussi écrite pour lui ; elle tient compte de ses sentiments, valeurs, cadres de pensée, soit pour sy conformer soit pour sy confronter. la relation à lautre se fait dans un espace +- intime, sur tous les modes de la connivence à laffrontement. Parler à lautre, cest sefforcer dagir sur lui, pour le convaincre, le séduire ou le persuader. Le roman par lettres permet détudier comment le disc se fait action ou manipulation parfois. La lettre joue sur lidée dauthenticité vraie ou feinte dun « je » quon surprend. Aussi la matérialité même du courrier produit-elle des effets dont on joue : délais de réception, silences, lettres perdues, lettres-objets
étude des mvts litt et culturels
Cest dans la litt épisto que se sont dévlpés les grands débats didées des 17e et 18e siècles : polémiques entre jésuites et jansénistes, plaidoyer pour la tolérance, débats sur la valeur du luxe ou sur la moralité du théâtre, essais sur une nouvelle conception philosophiq de lhomme : les liens avec les mvts litt et culturels de lhumanisme, du baroque et des Lumières sont patents. On associera donc létude de lépisto avec ces éléments dhistoire litt.
étude du style
Dans sa forme la plus courante, lépisto tient lieu de conversation. Tous les procédés par lesquels sétablit une interaction appellent donc une attention particulière : apostrophes, incises, interrogations, reprises de la parole dautrui, relations avec le pr perso, pour faire entrer le destinataire dans une sphère commune dintérêt. Analyser les formes de déclaration expressive, les effets demphase (utilisation du mode impératif, effets dinsistance par la construction syntaxique ou les répétitions). Svt, la lettre familière sefforce à la spontanéité de léchange oral par une composition où laffectivité lemporte sur la construction logique : les effets de rupture dans une progression thématiq et la parataxe se veulent le signe dune plus grande liberté.
Démarches
En L, lépisto peut faire lobjet dune séquence propre ou bien être réparti sur plusieurs séquences en rapport (largumentation ou le biographique). Dans les autres séries, une approche de la lettre est recommandée, sans quelle fasse lobjet dune séquence propre. Le roman ayant été étudié en seconde, on peut réinvestir en 1ère les conn acquises en montrant la mixité entre deux genres (lettre/récit fictif) dans létude dun roman épistolaire, au centre dune séquence. La variété du genre entraîne une multiplicité dapproches ; la lettre peut être étudiée dans le combat philosophique, dans la représentation de la passion amoureuse, par des correspondances décrivains, dans lapproche de lécrivain et de lartiste, leur place de la société (cf. « travail de lécriture » et « écrire, lire, publier »).
Les lettres litt appellent des exos de commentaire ou peuvent faire lobjet de dissertations. Lépisto est surtout propice à lécriture dinvention :
- écriture narrative en faisant intervenir un correspondant supplémentaire dans un roman par lettres ou en faisant relater un même évént par deux correspondants différents
- écriture argumentative (rédaction dune lettre ouverte, participation à un courrier des lecteurs à loccasion dun débat dopinion, lettre adressée à un écrivain pour dév lintérêt ressenti à une lecture)
- pour montrer que le litt apporte des savoirs et compétences qui se réinvestissent ailleurs, placer les élèves dans des situations décriture liées aux nécessités de la vie courante (écrire une lettre de motivation amènera lélève à prendre conscience des codes de civilité dont il ignore svt lusage). Lamener à comprendre que parler de soi nest pas céder à une spontanéité sans retenue.
XIV. Les réécritures (objet détude propre à la 1ère L)
Corpus : un groupement de textes littéraires au choix du professeur. Perspective dominante : réflexion sur l'intertextualité et la singularité des textes. Perspectives complémentaires : étude des genres et des registres ; étude de l'argumentation et des effets sur le destinataire
Objectifs et définitions
Alors que les élèves de seconde ont été sensibilisés à la notion d« écriture » pour comprendre quun texte évolue depuis le projet initial et les brouillons jusquà la version définitive, en 1ère L, laccent porte sur la réécriture : cette pratique suppose un texte de référence adapté par un nouvel auteur à de nouvelles situations, de nvx publics, de nouvelles intentions. Cest loccasion de réfléchir sur le processus de création et le rôle de la culture comme source dinspiration. Elle doit faire saisir ce qui fournit le point dorigine à partir duquel une filiation sétablit ; elle sassocie donc aux persp détude des genres/registres et de lintertextualité. Objectifs :
- faire comprendre aux élèves, grâce à des ex, que lécriture suppose des modèles, des références, quon imite, déforme, sapproprie (donc que pr écrire, il faut disposer dune culture préalable)
- les rendre sensibles aux questions de style : loriginalité dune écritue sur un thème donné relève des choix dun auteur en termes de lexique, syntaxe, images, genres/registres
- améliorer la maîtrise de la langue écrite par la pratique dexos de réécriture
- prolongements : activités de traduction en collaboration avec les profs de langue
La réécriture couvre 3 domaines proches : limitation, la transposition, la parodie/pastiche. Limitation a longtemps été une règle dans la création litt, avec limitation des Anciens. Ladaptation ou transposition est très active aujourdhui par suite de la présence de domaines litt entre lesquels peut sopérer le transfert (du théâtre notamment) mais aussi de lexistence de médias qui dialoguent avec le litt (cinéma). Cepdt, les formes les plus caractéristiques de la réécriture sont le pastiche et la parodie. Genette propose dans Palimpsestes cette définition : « ôdè, cest le chant ; para « le long de », « à côté » ; parodein, doù parodia, ce serait le fait de chanter à côté, donc de chanter faux, ou dans une autre voix, en contre-chant - en contrepoint - ou encore de chanter dans un autre ton : déformer ou transposer la mélodie. » Quant au pastiche, il vient de litalien pasticcio, « mélange, imbroglio ». En musique, le pastiche est ladaptation de certains airs dopéra dans la langue du pays où est donnée la représentation, tds que dautres parties du texte reste en langue original. Cest donc une pièce musicale composée par diff auteurs à partir dun morceau servant de référence. Le pastiche et la parodie renvoient donc à lidée dune production « à partir de » et « le long de » : on prend appui, on accompagne tout en gardant des distances (distance de la lgue, du ton, distance imposée par le chgt de lieu/public)
Mise en uvre
Le travail sur les réécr peut se joindre à dautres objets détude, comme la poésie et lapologue. Il vaut mieux lintégrer à la progression annuelle plutôt que de lui consacrer une séquence propre. Deux types de démarches soffrent dans le travail avec les élèves. Lors de lanal des uvres litt, on compare diff extraits duvres pour mettre en évidence les raisons des chx opérés lors des transpositions (vision de la litt donnée dans son historicité). Ou bien, partant de lanal dun texte de référence, on propose des réécriture aux élèves selon des critères définis (chgts de destination, deffets visés, de registres) : passage de limitation à linvention. Les consignes doivent être précises ; les élèves peuvent réécrire pour renvoyer au disc dautrui :
citer, faire allusion, se référer de manière implicite : dans le cadre des travaux sur largu, il est commode de faire travailler les élèves sur les pages « rebonds » de Libération ou les colonnes « débats », « points de vue » du Monde, en mettant en rapport des articles qui se répondent à qlqs jours dintervalle. On peut aussi travailler dans les dialogues philosophiques, théâtraux ou épisto sur les sytèmes de reprise de la parole dautrui. Cette approche sintègre aussi à une séquence sur les débats didées des Lumières.
résumer : pour résumer il faut savoir sélectionner en fonction dun projet déterminé, réorganiser sans trahir la logique initiale, reformuler de manière à sadapter à son récepteur : cette acticité met en uvre des compétences décisives. On peut faire résumer une uvre en 4ème de couv ou au dos dune K7 vidéo pour donner un aperçu accrocheur tout en préservant le suspens (résumé au service de luvre), on peut résumer une uvre au milieu dune argumentation, auquel cas seul un aspect de luvre est mis en avant (résumé au service de largumentation). Apprendre à résumer, cest apprendre à formuler en fonction de linterlocuteur quon se donne.
ou réécrire pour construire leur propre discours :
traduire, adapter : exos de traduction envisageables en collaboration avec les profs de langue. Cela sensibilise les élèves aux difficultés du passage dun code linguistique à un autre. Les exos de réécr peuvent jouer sur les chgts de lgue, mais aussi sur les chgts de code. La transposition de limage au texte est un exo formateur (description dun tableau, dune architecture) et accompagner létude duvres qui affirment leur dette aux arts plastiques (Stèles de Segalen, Fêtes galantes dans le cadre dun travail sur le rec poétique). Inversement, on peut traiter la transposition du texte à limage lors dune adaptation cinématographique ou par létude déditions illustrées.
recréer : les formes de réécr litt sont nombreuses (Molière réécrit Plaute, Phèdre est la réécr de Hippolyte porte-couronne dEuripide). La période contemporaine préfère la réécr parodique ou les pastiches, en quoi elle bouleverse les frontières des genres (version de Macbeth de Ionesco, Macbett est une reprise tragique et comico-cynique qui associe des registres que la tradition shakespearienne ne répugnait pas à mêler. On notera que létude de lapologue est propice à la réflexion sur la réécr (dEsope, Phèdre à La Fontaine et à ses pasticheurs et parodistes, comme Anouilh). Enfin, faire travailler les élèves sur des txs dauteurs identiques, qui reprennent à plusieurs années dintervalle un texte qui semblait achevé (beaucoup dex dans le genre biographique : préface testamentaire des Mémoires doutre-tombe (1833) > avant-propos de 1846, manuscrit de Neufchâtel des Confessions > préambule de la version définitive)
Etude raisonnée de la langue
La maîtrise de la langue constitue un enjeu essentiel du fç au lycée, car la langue est un élément constitutif de lidentité, tant à léchelle individuelle où elle donne accès aux conn, à lexercice de la pensée et lexpression de la sensibilité (finalité « formation de la personne »), quà léchelle collective où elle définit notre appartenance culturelle commune et notre inscription dans la société (« formation du citoyen »). Le travail sur la langue doit donc être effectif au lycée, aussi bien en classe entière quen module et en aide individualisée.
Les programmes actuels ne font pas de létude de la langue un objet détude distinct, mais une démarche transversale aux diff objets détude. Le travail sur la langue nest ainsi jamais séparé de sa mise en uvre dans les textes décrivains ou textes des élèves ; il nest jamais séparé des enjeux pragmatiques et esthétiques de sa réalisation concrète. Dans la ligne des démarches mises en uvre au collège, on ne traite pas des questions grammaticales pour elles-mêmes, mais toujours de partir du sens effectif, reconnu et interprété par les élèves dans les textes étudiés ou rédigés, pour aller vers lanalyse des moyens qui permettent de lexprimer. Le but nest pas de proposer aux élèves des conn techniques de formes plus complexes mais de les faire réfléchir sur les formes quils connaissent déjà plus ou moins précisément, pour quils passent de leur pratique à leur maîtrise.
Objectifs & principes
On met laccent en seconde sur la consolidation des acquis, en 1ère sur lapprofondissement. Les objectifs pratiques communs sont :
- dév le voca
- consolider les acquis du collège en grammaire, remédier aux ignorances morphosyntaxiques et orthographiques qui limitent lexercice de la langue
- renforcer le lien entre la grammaire, les anal de txs, les pratiques orales et les réalisations écrites
Le travail sur la langue ne fera pas lobjet dune séquence séparée, mais lobjet dune séance, en tout cas dun temps spécifique au sein de séquences consacrées à dautres objets. Létude de la langue étant intégrée à la démarche densemble, son évaluation entre dans les évaluations densemble et ne consiste pas en exos de grammaire isolés. Lévaluation vise à vérifier des acquisitions fondées sur les contenus enseignés, non à pénaliser les lacunes (tout au plus permet-elle de repérer ces lacunes pour ensuite y remédier). Létude se fait en trois étapes : collecte des faits langagiers correspondant au point à étudier, analyse, synthèse. Lefficacité du travail sur le voca tient à sa mise en uvre lors dexos décriture et de lecture : collecte des mots essentiels dans lobjet détude en cours danalyse, examen de leurs sens, des liens et hiérarchies entre eux, réinvestissement dans les exos décriture.
Etant inséré dans des séquences consacrées à dautres objets, le travail sur la langue est associé à la réflexion sur les genres décriture : bien que lensemble des faits de langue soient présents dans chq genre, le prof privilégiera ceux dont la manifestation entre particulièrement dans la caractérisation du genre quil étudie (ex : marques de la subjectivité dans le dialogue théâtral, modalisations de la vérité dans lessai). De même, le prof mettra le travail sur la langue en relation avec les registres : ils se manifestent en effet par des modes dénonciation et des agencements spécifiques à certains dentre eux (ex : multiplication des rôles du sujet, à la fois énonciateur, objet et destinataire du discours dans le registre lyrique, variétés de lantiphrase ou de lanti-discours dans le registre ironique, syntaxe exclamative dans le pathétique). Le travail de la langue doit enfin être mis en relation étroite avec les travaux décriture : dans le commentaire il est à la fois moyen et objet ; dans lécriture dinvention, les choix dénonciation, de registre, de structuration textuelle et de lexique déterminent la réalisation des exos - ce sont les contraintes de départ -
I. Vocabulaire
Objectifs
On constate que nbre de lycéens ne disposent que dun bagage lexical limité, quil faut enrichir car leur méconn lexicale entrave leur accès aux txs, les dégoûte de la lecture et appauvrit leurs productions écrites. Il faut dévlper chez les élèves la curiosité et le plaisir du mot et accroître leur voca :
- dév le voca abstrait du savoir, du raisonnement et du jgt (rôle spécifique au lycée, correspondant aux formes décriture argumentatives nouvelles pour les élèves, que sont dissertation et commentaire de texte)
- enrichir le voca figuratif, concernant lunivers des perceptions concrètes (indispensable pour la lecture autonome des uvres litt et pour le dévlpt de lécriture dinvention)
- accroître le voca de laffectivité, des émotions et des passions
- comprendre de manière mieux contextualisée la signification des mots et leur utilisation (souci de la justesse de la définition et des emplois dépendant du contexte et des usages)
- appréhender le lexique dans sa dimension historique (étymologie, formations popul/savantes) et sociale (lusage)
Domaines lexicaux à enrichir
Le voca abstrait
Le lycée est une étape décisive dans laccès à labstraction. Le lexique de la réflexion et de largumentation, étant transversal à toutes les disciplines, est un savoir majeur à dévlper. Les élèves doivent dabord acquérir le voca notionnel propre à la discipline (termes de grammaire et termes qui définissent les objets détude), puis acquérir les termes généraux qui forment le fond commun de la réflexion : verbes et noms désignant les opérations intellectuelles (observation/description, analyse/synthèse, maîtriser les diff entre démontrer/argumenter/convaincre/persuader
) Etudier les princpx mécanismes de formation de labstraction dans le lexique : nominalisation (préfixation + radical + suffixation), hiérarchie sémantique des hyponymes aux hyperonymes, formation savante par recours aux racines grecques pour former des concepts (ex : aquaphobe). Les élèves doivent pouvoir analyser en seconde les vbes qui désignent les opérations (démontrer, argumenter, convaincre, persuader) et le lexique du jugement (apprécier, récuser, preuve, exemple, rejeter
). En 1ère, leffort doit porter sur les modalités du jgt (penser, croire, concéder, estimer, admettre
)
Le voca figuratif
Au centre des activités de lecture et décriture depuis lécole primaire, encore au collège, ce domaine lexical désigne tout ce qui renvoie à la perception du monde concret et en donne limage verbale. Son enrichissement doit être poursuivi au lycée, essentiellement grâce à la lecture et à létude des txs. En seconde, il occupe une place centrale dans lanalyse du portrait et létude des récits réalistes et fantastiques ; en 1ère, ce travail concerne surtout le poétique, le biographique, lapologue et lépisto. Lécriture dinvention, en tant que recherche du mot juste « pour le dire » contribuera à lenrichissement en ce domaine.
Le voca de laffectivité et les valeurs
Lexpression de la sensibilité concerne aussi le voca affectif, lieu des émotions et des passions. Cet univers du vécu psychologique, parce quil est intériorisé par chacun, ne donne pas souvent lieu à des explorations lexicales méthodiques en classe car il est svt traité comme un supposé connu. Il faut pourtant montrer aux élèves que cest à travers le lexique et les txs que notre culture donne forme aux valeurs, définit laimable et le haïssable (ex : passions négativement puis positivement thématisées, entre la classicisme et le romantisme). Les uvres litt sont un vivier en ce domaine : la honte et le remords vont clore le parcours passionnel très riche de Phèdre, qui de lamour incestueux pour son beau-fils est passée aux affres de la jalousie et de la vengeance criminelle, etc. Une même passion est traitée différemment selon lépoque et le genre dans lesquels elle apparaît : lavarice dépargne dHarpagon est comique au 17ème, mais lavarice davidité du père Grandet relève du tragique au 19ème.
En seconde, étudier les dispositions, tempérament et caractère, et la gradation entre émotion, sentiment, pulsion et passions en lien avec le théâtre, le récit et le portrait et donc avec les registres épique et tragique. En 1ère, articuler à la poésie, au biographique, au lyrique, à lélégiaque, au pathétique.
Le développement de la conscience sémantique
Limprécision du sens des mots constitue un handicap pour beaucoup délèves, dans les lectures où elle entraîne une compréhension incertaine, dans lécriture ou à loral où elle entraîne une expression parfois erronée. Parallèlement à laccroissement quantitatif du vocabulaire, il faut développer lenrichissement qualitatif, cest-à-dire le souci de la précision sémantique. On pourra :
- apprendre à inscrire le sens dun mot dans une catégorie qui permet de définir son acception particulière en contexte
- sensibiliser les élèves à la para-synonymie en leur montrant que, dévlpés dans diff contextes, deux termes apparemment synonymes ne le sont en fait que rarement et obéîssent à des contraintes denvironnement phraséologique
- inscrire les mots dans des chaînes sémantiques hiérachisées allant du terme générique aux termes spécifiques
- mettre en relation sens propre/figuré (faire découvrir la créativité sémantique du lexique, regarder les catachrèses, voir les métaphores et métonymies
)
Au final, la recherche de la précision sémantique fait ressortir limportance de la contextualisation : les mots signifient moins par la chose quils désignent que par les réseaux de leur mise en rapport : habituer les élèves à raisonner de manière non-référentielle.
Lusage : les élèves doivent apprendre à mieux maîtriser ces sédimentations de lusage qui déterminent largement la qualité de lécrit. Ils ont déjà été sensibilisés à lusage au collège : dimension qui dépose et sédimente, au-delà du mot, des blocs préfabriqués dans le langage usuel (genre « prendre un malin plaisir », « se bercer dun rêve »). Il faut les sensibiliser au fait que les « mots sont en liberté surveillée » sic
Lhistoire : une connaissance, même modeste, des formations populaires issues du latin populaire et des formations savantes introduites au cours du 16e siècle à partir du latin classique (cheval