Croissance économique, mondialisation - premiereslfc
Sujet, titre + nature + auteur et source + unités utilisées + bornes chronologiques
+ espace concerné. ..... 4 (Graphique), page 25. ..... Comment se manifeste la
domination britannique de l'économie mondiale sur le dynamisme du port de ...
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Thème 1
Croissance économique, mondialisation et mutation des sociétés depuis le milieu du XIXe siècle (9-10h)
A consulter : Un site intéressant danalyses des grandes tendances mondiales depuis 1945 :
HYPERLINK "http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/BMEncyclopedie/BMPresentation.jsp" http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/BMEncyclopedie/BMPresentation.jsp
Chap. I - Croissance et mondialisation
DÉFINITIONS, PROBLÉMATIQUES ET MISES AU POINT
Dans ce chapitre, seront traitées les mutations profondes de léconomie mondiale depuis le milieu du XIXème siècle. Tandis que sur la longue durée simpose un grand mouvement caractérisé par la croissance et par les étapes successives de la mondialisation ; sur le temps plus court ces deux phénomènes sont marqués lun par des crises et lautre par des « économies monde » successives :
TEMPS LONG (Structure)TEMPS COURT (Conjoncture)Croissance économiqueCroissanceFluctuations du rythme de la croissance : alternance de périodes de criseIntégration mondialePhénomène de mondialisation« économies-monde » successives
La CROISSANCE ECONOMIQUE et ses différentes phases depuis 1850.
La croissance est définie comme laccroissement durable de la production globale de léconomie. Cest donc un phénomène quantitatif mesurable (PNB). Cette croissance résulte de variables de nature extensive (augmentation de la main duvre, des équipements, des matières premières) et de nature intensive (utilisation plus efficace des facteurs de production, innovations technologiques).
PARTICULARITÉS DE LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE DEPUIS 1850 :
A partir de 1850, la croissance résulte de la généralisation du processus de production industrielle.
Cependant, lhistoriographie actuelle ne parle plus de Révolution Industrielle, mais préfère une approche plus systémique et privilégiant une logique de long terme sans négliger les ruptures, qui prend en compte à la fois louverture et la diversification des marchés, lessor des transports rapides, linnovation technique et celle des modes de production.
Par ailleurs, tandis que lhistoriographie ancienne privilégiait le rôle joué par lévolution des techniques de production comme moteur pour expliquer lentrée dans la société industrielle, lhistoriographie actuelle a montré plutôt que cest le marché qui commande : une innovation devient opérationnelle dans le champ de la fabrication seulement si elle compense un manque de main duvre ou permet la réduction des coût face à la concurrence (par exemple, le retard pris par lAmérique latine dans le processus dindustrialisation est attribué en partie au fait que le maintien de la main duvre esclave ou quasi esclave ne rendait pas nécessaire une industrialisation des modes de production).
Les recherches actuelles mettent aussi davantage en évidence le rôle les différents acteurs et des rapports de force entre eux (dont limportance et les rapports de force varie selon les périodes et les pays dans les mutations structurelles des sociétés occidentales, à savoir :
Grands groupes industriels
Masse des petites entreprises
Etat
Entreprises paternalistes
Mouvements coopératifs
Syndicats
Mouvements ouvriers
Idéologues et partis politiques (libéralisme, interventionnisme de lEtat, Socialisme)
Haute finance (acteur privilégié par Karl Polanyi)
Il faudra tenir compte aussi du fait que la croissance nest pas un processus continu et constant. Il agit par cycles successifs interrompus par des crises et des ralentissements.
La MONDIALISATION et les ECONOMIES-MONDE successives.
Elle est définie par le processus de mise en relation et dinteraction de territoires éloignés.
Bien quelle se soit accélérée au cours de la seconde moitié du XXeme siècle, la mondialisation a des racines lointaines et résulte dun processus cumulatif et lent dexpansion de lespèce humaine à la surface de la terre et dintensification des relations entre Etats au sein ou entre Empires et aires de civilisation.
Tous les acteurs de ce processus ne sont pas sur un pied dégalité : il existe une hiérarchie entre eux. Ainsi, la mondialisation a été structurée par des centres de puissance qui varient dans le temps qui dominent des systèmes économiques intégrés et autonomes fondés sur des faisceaux de flux humains et de marchandises, des relations militaires et culturelles entre un centre et des périphéries dépendantes.
Noter que la problématique privilégie la succession de 3 économies-monde au cours de lhistoire récente de la mondialisation, centrées successivement sur la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et laire multipolaire actuel intégrant les EUA, lEurope et laire asiatique.
La croissance économique et ses différentes phases depuis 1850
- La croissance peut se définir comme un processus
global daugmentation de la production et du niveau
de vie. Mesurable (PIB-PNB)
- Cycles productifs successifs :
- de 1850 à la Seconde Guerre mondiale (1ère et 2ème industrialisations*) ;
- après 1945, les pays occidentaux bénéficient dune croissance exceptionnelle qualifiée par léconomiste Jean Fourastié de « Trent Glorieuses ».
- De fortes variations dans le temps et dans lespace :
- phases de crises (Grande dépression de 1873 à 1896, crise de 1929) ;
- crises survenues depuis le milieu des années 1970 (1er choc pétrolier de 1973, crise des subprimes en 2007).Les économies-monde successives (britannique, américaine, multipolaire)
- La mondialisation, qui a des racines lointaines, est un processus dextension progressive des échanges (biens, services, capitaux, personnes, et plus récemment idées et informations) à léchelle de la planète.
- Economie-monde (Fernand Braudel, Immanuel Wallerstein) :
Ce terme désigne un ensemble géographique constitué de plusieurs Etat et formant un système à lintérieur duquel les échanges lui permettent dêtre économiquement autonome et lui confèrent une certaine unité.
Cest un espace hiérarchisé. La notion déconomie-monde évoque donc un espace dominé par une puissance économique : le Centre exerce sa domination sur la Périphérie.
« Si la mondialisation (terme apparu dans les années 1980 aux Etats-Unis pour désigner la libéralisation des échanges sur la planète) caractérise la dernière décennie du XXe siècle, le phénomène prend ses racines dés la fin du XVIIIe siècle.
A cet égard, les historiens saccordent à considérer le XIXe siècle comme le premier âge dor de la mondialisation. Mise en sommeil entre 1914 et 1945, période de cloisonnement du marché mondial marquée par le retour au protectionnisme, la mondialisation est relancée pendant les Trente Glorieuses, le GATT contribuant à développer les échanges. Le refus soviétique dintégrer le marché mondial et la guerre froide la limitent cependant.
Il faut donc attendre la rupture des années 1990 pour que saffirme un nouvel âge dor de la mondialisation [
] ».
Daprès le Dictionnaire dhistoire contemporaine,
La France, l'Europe et le Monde de 1848 à nos jours, Nathan 2008.
* Industrialisation : Processus dextension et dintensification des activités industrielles durant lequel la production industrielle dépasse la production agricole.
º% Quelles sont les fluctuations de la croissance dans le temps des différentes
économies- mondes ?
I - Quelles sont les différentes phases et les caractéristiques de la croissance économique de 1850 à nos jours ?
Document introductif :
Les grandes phases de la croissance économique mondiale depuis 1850
ANALYSE DUN DOCUMENT
Voir Fiche Méthode sur lanalyse de données statistiques pages 58-59.
Attention! :
Lorsque les données présentées sont en valeurs absolues, il peut être nécessaire pour répondre à certaines questions de les convertir en valeurs relatives. Ici, notamment pour évaluer le rythme de croissance du PIB.
Ce document est accompagné de questions destinées à attirer votre attention sur certains aspects du document. Toutefois, lépreuve du Bac « Analyse dun ou deux documents » ne comporte aucune question (cest à vous de vous les poser !), mais seulement un titre et une consigne.
La consigne : Elle vous invite en général à développer votre analyse en 4 temps, à savoir :
Présenter le document (Nature, auteur, date et contexte, public, espace concerné, unités utilisées
)
Montrer en quoi le document traduit ou rend compte dun aspect de lhistoire.
Mettre en évidence lintérêt historique du document
Dégager les limites de ce document.
Dans le cas de ce premier document, la consigne est la suivante :
Après avoir présenté le document, montrez en quoi il traduit lévolution générale de léconomie mondiale entre 1820 et 2000 ; mettre en évidence lintérêt historique de ce document ainsi que ses limites.
Doc. 1 Croissance des richesses et des revenus dans le monde (1820-2000)
SHAPE \* MERGEFORMAT
Angus Maddison, LEconomie mondiale 1820-1992, OCDE, 1995.
Questions :
Première partie : Présenter le document
Sujet, titre + nature + auteur et source + unités utilisées + bornes chronologiques + espace concerné.
Seconde partie : Mettre en évidence lévolution générale de léconomie mondiale depuis 1820
La croissance économique et ses différentes phases
1. Que sert à évaluer le PIB (déf. p.367) ? Le PIB par habitant ? Daprès ce tableau, donnez une définition de
la croissance économique.
2. [Dans le cas de documents statistiques, il convient de dégager dabord la tendance globale, puis de repérer des ruptures et des périodes à lintérieur de cette grande tendance. Pour cela, il peut être nécessaire de réaliser quelques calculs] Comment évolue la richesse mondiale entre 1820 et 2000 ? Comment évolue la richesse mondiale entre 1820 et 1913, puis entre 1913 et 2000 ? Que constatez-vous ? Comment lexpliquez-vous ?
3. Montrez que la période 1950-1973 est « lâge dor » de la croissance.
4. Que se passe-t-il depuis 1973 ?
5. Proposez un bilan sur lévolution de la croissance économique depuis 1820.
Le bouleversement de la hiérarchie des puissances
1. Calculez la part de la richesse européenne dans le monde en 1913 et celle des Etats-Unis en 1950.
2. Quelle évolution a connu léconomie américaine ?
3. Comment se recompose la hiérarchie économique mondiale au début du XXIe siècle ?
Troisième partie : Dégager lintérêt historique du document
Cette question permet de dresser un bilan des différents apports du document en rapport au sujet qui nous intéresse.
Quatrième partie : Mettre en évidence les limites du document
Cette dernière question, qui permet de conclure lanalyse, vise à identifier les informations essentielles qui manqueraient au document pour mieux comprendre le sujet.
Une première phase de croissance portée par lindustrialisation (1850-1945)
º% A partir de la seconde ½ du XIXe siècle, l Europe connaît une phase prolongée de croissance qui est portée par la seconde industrialisation ! Quels sont les moteurs de cette première phase de croissance ?
Doc. - Les usines Krupp à Essen, dans la Ruhr, en 1912. Lithographie de Otto Bollhagen et Fritz Jacobsen. Lentreprise sidérurgique Krupp devient au début du XXe siècle, le principal producteur dacier, de trains,
de navires et darmement dAllemagne.
DEFINITIONS
*Croissance extensive, croissance intensive :
« La croissance extensive est fondée sur lutilisation de nouveaux facteurs de production, capital et travail, cest-à-dire sur la mise en valeur de nouvelles terres, la création de nouvelles usines, lembauche de personnel supplémentaire.
La croissance intensive découle dune meilleure utilisation des facteurs existants.
Elle privilégie le progrès technique et lorganisation du travail pour augmenter la productivité de lentreprise et produire plus à moindre frais.»
Daprès Régis Bénichi (dir.), Les mutations de léconomie mondiale au début du XXe siècle, Nathan, 2010.
Selon Patrick Verley, au cours de la période qui va de 1850 à 1945 et au cours de laquelle se succèdent deux phases dindustrialisation (la 1ere basée sur le charbon et la vapeur, le textile et lacier ; la 2nde basée sur le pétrole, lélectricité et lautomobile, lavion et la chimie), le fait économique majeur réside dans le passage dune croissance extensive à productivité constante, à une croissance intensive marquée par une accélération de laccroissement de la productivité.
Réponses :
Sur le lien entre H. Ford et Hitler :
HYPERLINK "http://www.monde-diplomatique.fr/2007/04/LOWY/14601" http://www.monde-diplomatique.fr/2007/04/LOWY/14601
1. Le processus dindustrialisation, commencé en Angleterre au XVIIIe s, saccélère à partir des années 1880 grâce à de nouvelles innovations techniques dans les domaines de la P° agricole (moissonneuse-batteuse) et industrielle (convertisseur Bessemer qui permet de produire de lacier à moindre coût), des transports (moteur à explosion de Daimler en 1885, avion en 1890
) et des communications (téléphone Bell en 1876, radio téléphone).
2. Paysage symbole de la 2e industrialisation, celle de l acier, de l électricité et du pétrole.
- 1er plan : de vastes bâtiments d usine (la forge et les ateliers de construction) ! la taille des machines et la nécessité de regrouper de nbx travailleurs pour les faire fonctionner impose un nouveau cadre de travail.
- 2ème plan : les hauts fourneaux qui produisent de la fonte ou de l acier à partir du minerai de fer et du charbon ! sidérurgie.
- Au 3ème plan, on distingue les logements ouvriers bien alignés.
3. Grand patron qui inspire autorité (les poings sur la table, ton impératif des phrases), qui représente le pouvoir de largent (cigare et la fumée qui semble dessiner le symbole du dollar, le costume).
Ford utilise la publicité pour vendre en masse une voiture produite en série au prix abordable.
Il sadresse à tous les Américains, même les ouvriers qui travaillent à la chaîne (doc.2 p.26), mais qui grâce au fordisme* (qui inclut une politique salariale) peuvent se permettre dacheter une voiture.
4. Parmi les moteurs de la croissance, on peut citer par ordre chronologique :
- Les innovations (doc.2) de la seconde industrialisation (1880-début du XXe siècle) associées à de nouvelles énergies (électricité, pétrole). Elles sont les moteurs de la croissance économique de lEurope occidentale dans la seconde ½ du XIXe siècle. LEurope est alors le centre de ces innovations qui se diffusent en Amérique du Nord et dans les colonies grâce à des moyens de communication performants. Cest le premier âge dor de la mondialisation*.
- Les grandes entreprises, qui se multiplient à la fin du XIXe siècle, notamment en Allemagne (doc.3) et aux Etats-Unis (doc.4), sont aussi les fers de lance de la croissance économique.
- Au début du XXe siècle, de nouvelles méthodes de travail comme le Taylorisme (voir chap. suivant) et le Fordisme* (v.schéma) sont mises au point aux Etats-Unis. Elles permettent daugmenter la productivité* (déf. p.366) des ouvriers et, dans le cas du fordisme, la consommation (doc.4) ! naissance de la société de consommation.
Le Fordisme reprend les méthodes de Taylor (OST) en y associant le travail à la chaîne et la standardisation afin d abaisser encore le temps et les coûts de fabrication et au final les prix de vente.
A cela s ajoute le versement de « hauts salaires » dans le but de motiver les ouvriers et de leur permettre de devenir à leur tour des consommateurs potentiels. Il sagit donc dencourager à la fois une production et une consommation de masse. Ces nouveaux procédés sont appliqués dans les usines, en particulier dans lindustrie automobile.
Henry Ford, est le 1er à les mettre en uvre à Détroit où il fabrique la 1ère voiture en série, la Ford T : 15 millions dexemplaires sortent de ses usines entre 1908 et 1927.
º% Une croissance ponctuée de crises (v. chrono p. 20).
Cette croissance est cependant ralentie pendant la « Grande dépression» entre 1873 et 1896 où la France et la GB sont durablement touchées. Surtout la crise* (déf. p.364) de 1929 marque la fin de cette période de croissance. Krach bousier (effondrement de la valeur du cours des actions) au départ, elle se transforme en longue dépression* (déf. p.364) qui sétend à lensemble des pays développés.
Aux Etats-Unis, le président Roosevelt met en place une politique de grands travaux (New Deal) inspirée des théories économiques de Keynes (bio p.360) pour lutter contre la crise. Mais la dépression ne sachève quavec la Seconde Guerre mondiale.
INTERPRÉTATION DE. HOBSBSAWM SUR LA CRISE DE 1929 ET SON IMPACT DANS LE MONDE :
Outre ces conséquences économiques bien connues, la crise de 1929 a eu un impact très fort sur lhistoire politique du XXème siècle : sans elle, pas de Hitler, pas de Roosevelt et de New Deal (Politique interventionniste de type Keynésien). Cest aussi grâce à cette crise que le système soviétique apparaît comme un rival économique sérieux susceptible de remplacer le capitalisme.
En effet, lhistoire des deux derniers tiers du XXème siècle nest compréhensible que si lon mesure à leur juste valeur les effets de la crise de 1929. Même si on connaissait déjà très bien lu succession de cycle dexpansion et de récession de léconomie décrits par léconomiste russe Kondratiev, pour la 1ere fois dans lhistoire du capitalisme, une crise semblait menacer le système capitaliste lui-même.
(« Lâge des Extrêmes », pp.124-137)
Outre les effets déjà connus de la crise : contraction du commerce mondial, chute des prix, faillites, inflation, chômage extrême, accroissement des la pauvreté etc, loriginalité de cette crise réside dans le fait que pour la première fois, les économistes et politiciens ne trouvaient aucune solution à cette crise dans le cadre de lancienne économie libérale qui avait régi le monde capitaliste depuis le début de lère industrielle. Ils ne percevaient aucune manière de faire front à la crise et à ses manifestations sans compromettre les bases de léconomie mondiale. En dautres termes, la crise de 1929 semblait remettre en question le capitalisme et léconomie libérale. Ainsi, afin de protéger leurs marchés nationaux et leurs devises, les Etats dressèrent des barrières douanières, ce qui mettait en danger le système international de commerce multilatéral. De fait, la clef de voûte de ce système commercial international, à savoir la « clause de la nation la plus favorisée » disparut de 60% des 510 accords commerciaux signés entre 1931 et 1939. Dailleurs, symbole très fort de repli protectionniste, la GB abandonna le libre-échange en 1931 alors que depuis le début de lindustrialisation, sa prospérité sétait construite sur la base de ce principe.
Dans leur prise de décision, les Etats devaient tenir compte dune double pression contradictoire : dune part, les considérations économiques les incitaient à tenter de respecter les principes du libéralisme économique ; dautre part, des considérations sociales à caractère urgent les encourageaient à privilégier les mesures protectionnistes et de protection sociale (Ex. barrières douanières , subvention des prix agricoles, mesures keynésiennes) afin freiner deux dangers de plus en plus menaçants, la radicalisation de la gauche ou celle de la droite comme en France et surtout en Allemagne national-socialisme).
Ce qui troubla dautant plus les décideurs politiques et les économises libéraux étaient que lURSS fut préservée de cette crise. En effet, lURSS était engagée dans une industrialisation massive et ultra rapide, si bien quentre 1920 et 1940, sa production industrielle fut au moins multipliée par 3. De 5% des produits manufacturés du monde en 1929, elle passa à 18% en 1938, et elle ne connaissait pas le chômage.
Les Trente Glorieuses : l âge d or de la croissance (1945-1973)
º% Après 1945, les pays occidentaux bénéficient d une croissance exceptionnelle par sa durée et son intensité (plus de 5 % par an en moyenne de 1945 à 1973), qualifiée par léconomiste Jean Fourastié de « Trente Glorieuses ». Cest le triomphe de la société de consommation de masse.
Après 1945, la croissance sera tirée par la hausse progressive du niveau de vie des sociétés industrielles développées qui favorisent une consommation de masse de biens déquipement des ménages, BTP et équipements structurels liés à la reconstruction. Cest le début des Trente Glorieuses (jusquà 1973) marquées par des taux de croissance supérieurs à 5% dans les pays occidentaux (10% au Japon).
En Europe et au Japon, la priorité absolue après la guerre était de reconstruire. Dans les premières années, le succès se mesurait avant tout en référence au passé (rattraper la capacité de production avant guerre par exemple). Lurgence de la reconstruction était liée à la peur dune progression communiste, héritage de la guerre et de la Résistance. Dans la plupart des pays (sauf lAllemagne et le Japon), les niveaux davant guerre furent retrouvés en 1950, toutefois, les bénéfices matériels de la croissance mirent encore du temps à se manifester. Ils sont visibles en GB à partir du milieu des années 1950, et en Europe continentale à partir du début des années 1960.
Aux EUA, les bénéfices matériels sont visibles plus tôt. Le développement et la diffusion des modes de production industriels dans lautomobile (OST) permettent délargir laccession à lautomobile. Les principes fordistes sétendent à dautres formes de production, du logement au fast-food (succès de Mc Do). Des biens et des services, jusque là accessibles seulement à des minorités sont désormais produits pour un marché de masse : cest par exemple le cas du tourisme et des voyages moyens et longs courriers. Ainsi, avant la guerre, le nombre dAméricains du Nord à se rendre en Amérique Centrale et dans les Caraïbes navaient jamais dépassé 150 000/an ; puis entre 1950 et 1970 il passe de 300 000 à 7 millions par an.
En Europe, ces chiffres sont encore plus spectaculaires : le tourisme de masse sy développe à partir du début des années 1960, au bénéfice surtout des pays méditerranéens (dans lordre, Italie, Espagne, Grèce). Tandis quelle naccueillait pratiquement pas de touristes à la fin des années 1950, lEspagne accueille plus de 54 millions de touristes étrangers à la fin des années 1980.
Sur lévolution du taux déquipement des ménages entre 1955 et 1975, voir DOC. 4 (Graphique), page 25.
Au cours des Trente Glorieuses, les pays capitalistes développés assurent 75% de la production mondiale et plus de 80% des exportations de produits manufacturés.
COMMENT INTERPRÉTER CETTE PÉRIODE DE CROISSANCE EXTRAORDINAIRE ?
Au début des années 1970, les économistes et analystes de lOCDE analysait cette période comme un mouvement de fond durable dans la continuité de la croissance économique depuis la fin du XIXème siècle : « Il ny a aucune raison particulière de douter que les tendances de fond de la croissance au début et au milieu des années 1970 ne resteront pas largement ce quelles étaient dans les années 1960 [
] On ne peut prévoir aucune influence particulière qui changerait du tout au tout lenvironnement extérieur des économies européennes » (OCDE, 1972).
Toutefois, avec le recul, ce grand boom mondial est aujourdhui interprété comme un phénomène de rattrapage en Europe (dont le taux déquipement des ménages avant la 2nde guerre mondiale était bien inférieur à celui des Etats-Unis) et comme la poursuite de tendances anciennes aux Etats-Unis.
Ce qui fait loriginalité de cette période de croissance, cest le fait que la révolution technologique alimente cette poussée économique, révolution technologique qui a largement été stimulée par les innovations relatives à lindustrie de larmement développées pendant la 2nde guerre mondiale. Ainsi, le radar, le moteur à réaction et dautres techniques préparent le terrain à lélectronique et à linformatique de laprès guerre Ils permettent lapparition du transistor dès 1947 ainsi que des premiers ordinateurs civils la même année. Dautre, part, des matériaux synthétiques (appelés « plastiques ») conçus pendant lentre deux guerre entrent après la guerre dans la production commerciale. Cest le cas par exemple du nylon conçu dès 1935.
Plus quaucune autre période antérieure, la croissance économique sest nourrie de la recherche scientifique qui trouvait des applications pratiques en lespace de peu de temps, tant dans lindustrie que dans lagriculture.
Cette révolution technologique est marquée par 3 particularités :
Elle a transformé radicalement la vie dans le monde riche et dans une moindre mesure dans le monde pauvre. Cf. la radio transforme laccès à linformation. La « révolution verte » a bouleversé la culture du riz et du blé, notamment en Inde. Le réfrigérateur transforme radicalement la façon de salimenter, laccès à lautomobile transforme les modes de consommation (-> développement des supermarchés), les rythme de vie, les types de loisirs. La télévision enter dans les foyers avec tous les changements que cela suppose.
Plus la technologie impliquée était complexe, plus létait aussi la route menant de la découverte à linvention et à la production et plus létait aussi le coût. En conséquence, la Recherche-Développement devenant centrale dans la croissance économique, lavantage déjà acquis des pays industrialisés développés sur les pays non-industrialisés se renforça davantage. En moyenne, les pays développés comptaient plus de 1000 scientifiques et dingénieurs pour un million dhabitants dans les années 1970, tandis que le Brésil en avait 250, lInde 130, le Pakistan 60 et le Nigéria et le Kenya une trentaine (Source, UNESCO, 1985).}
En outre, le processus dinnovation est devenu si continu que le coût de lélaboration de nouveaux produits constituait une part de plus en plus importante du coût de production.
Les technologies nouvelles ont été de technologies à forte intensité de capital et ont eu pour effet déconomiser et même de remplacer la main duvre (chaînes de production robotisées).
ANALYSE DUN DOCUMENT ARTISTIQUE
Remarque : Dans les nouveaux programmes les uvres dart prennent une nouvelle place et leur étude est privilégiée. Par conséquent, il ne faut pas négliger leur analyse.
Voir Fiche Méthode pages 196-197.
En tant que production sociale, luvre dart constitue aussi pour lhistorien un document historique qui léclaire sur une période et une société. Pour cela, son analyse nous permet de mettre en évidence des aspects de cette société (interprétation). Toutefois, comme à légard de tout autre document historique, lhistorien doit exercer son esprit critique.
Dans le cas de « Supermarket Lady » par exemple, et en relation avec la consigne, il faudra montrer à la fois que cette sculpture reflète et critique certains aspects des sociétés occidentales des Trente Glorieuses, mais aussi quelle omet de monter dautres aspects de ces sociétés.
Consigne : Après avoir présenté cette uvre, montrez en quoi elle reflète la société occidentale pendant les Trente Glorieuses.
Première partie : Présenter luvre
Titre, thème, nature de luvre, technique(s), dimensions, genre, description rapide, auteur, date et contexte, lieu de conservation.
Seconde partie : Analyser luvre
Composition, couleurs
Aspect du personnage, son expression, son attitude.
Le caddie, sa place dans luvre
Troisième partie : Interpréter luvre
La femme au supermarché comme reflet de la société de consommation
Quel rôle joue le caddie dans la sculpture de Duane Hanson ?
En quoi la sculpture reflète t-elle les changements du rôle des femmes dans les sociétés occidentales ? Quel aspect de ces changements lauteur a-t-il choisi de mettre en valeur ?
Une critique des sociétés occidentales
Quest-ce que lartistique cherche à dénoncer ?
Par quels moyens ?
Quatrième partie : Dégager les limites de luvre pour lhistorien
A quel aspect lartiste réduit-il les sociétés occidentales des Trente Glorieuses ?
Quels aspects de ces sociétés choisit-il docculter ?
º% Cette nouvelle phase de croissance est favorisée par la mise en place d Etats-providence (ou Welfare State en anglais) (Prise en charge par l Etat des tâches de couverture sociale) dans les pays développés.
En effet, la mise en place de mesures et d institutions de protection sociale systématise les mécanismes de redistribution des revenus et de la sorte favorise le développement dune importante classe moyenne, qui elle-même stimule la demande et donc la croissance économique tout en réduisant les inégalités sociales.
La mise en place de lEtat-Providence marque le passage dune solidarité subjective (charité privée en mon âme et conscience) à une solidarité objective fondée sur des droits. De la sorte, lorsque les solidarités primaires (familiales, par exemple) sont défaillantes, les citoyens (qui deviennent alors des ayant-droit) peuvent compter sur lintervention de la puissance publique comme émanation de la solidarité nationale.
Au cur de la notion dEtat-Providence se trouve celle de « citoyenneté sociale » qui vient compléter celles de « citoyenneté civile et politique ».
Les instruments de cet Etat-providence sont variables et plus ou moins perfectionnés selon les pays. Ils sont aussi plus développés en Europe occidentale que dans le monde anglo-saxon. Il s agit de la Sécurité Sociale, de l Assurance chômage &
C. Ralentissement de la croissance et mutations de l économie mondiale depuis 1973
º% A partir des années 1970 (chocs pétroliers de 1973 et 1979), les pays occidentaux connaissent une croissance faible et sont confrontés à la montée régulière des chiffres du chômage.
Ils doivent aussi faire face à lémergence de nouveaux pôles de croissance.
Le choc pétrolier déclenche la crise en 1973
Doc. 3, page 27 : Courbe de lévolution du prix du pétrole en 1900 et 2008
Questions :
Comment évolue le prix du pétrole pendant les Trente Glorieuses ?
Que se passe t-il au cours des 10 années suivantes ?
A partir des années 1990, comment les hausses des prix du pétrole sont-elles interrompues ?
La crise pétrolière de 1973 transforma le marché mondial de lénergie. Sous la pression de lOPEP, le cartel mondial des producteurs de pétrole, le prix du baril qui était faible et, en termes réels avait baissé depuis la guerre, allait être plus ou moins multiplié par 4 en 1973, puis à nouveau par 3 à la fin des années 1970, au lendemain de la révolution iranienne de 1979.
Les deux conséquences immédiates de cette hausse fut, dans les pays industrialisés développés, de ralentir significativement la croissance et daccroître le chômage. Soudain, les problèmes qui avaient dominé la critique du capitalisme entre les deux guerres (Pauvreté, chômage, misère) et que les Trente Glorieuses avaient largement éliminés, ressurgirent.
En Europe occidentale, le chômage passa dune moyenne de 1,5% dans les années 1960 à 4,2% dans les années 1970. A la fin des années 1980, il avoisinait 9,2% dans la CEE pour atteindre 11% en 1993.
EVOLUTION DU TAUX DE CHOMAGE EN EUROPE OCCIDENTALE DEPUIS LES ANNEES 1960Années 19601,5%Années 19704,2%Fin des années 19809,2%199311%
La situation était dautant plus grave que le chômage de longue durée semblait sinstaller. En effet, en 1986-1987 la moitié des chômeurs était sans travail depuis plus dun an et un tiers depuis plus de deux ans.
Outre le chômage et malgré les indemnisations prévues par les régimes dassurance contre le chômage, la misère et la pauvreté se développèrent même dans les pays riches. Ainsi, à New York en 1993 chaque nuit 23.000 hommes et femmes dormaient sur la voie publique. Au Royaume-Uni en 1989, on comptait officiellement 400.000 sans-abri fixes.
Cette situation révèle une autre réalité de cette période de dépression qui se poursuit encore aujourdhui, à savoir laccroissement des inégalités socio-économiques que la mise en place dEtats-Providence était destinée à faire disparaître. Ainsi, les extrêmes de la richesse et de la pauvreté saccrurent. Aux EUA, entre 1967 et 1990, le nombre de personnes gagnant moins de 5000$ par an et le nombre de ceux gagnant plus de 50.000$ se sont accrus, aux dépens des revenus intermédiaires.
La dépression sinstalle dans la durée
Très vite, il apparu que cette crise ne pouvait se réduire à une conséquence conjoncturelle et immédiate du choc pétrolier. Cependant, les mesures prises par les responsables politiques ignoraient le caractère durable de cette dépression et contribuèrent à accroître la dette des pays développés riches.
En effet, pour corriger les effets de la crise et éviter la multiplication de mouvement de protestation sociale, les finances publiques se trouvèrent comprimées par dénormes dépenses sociales, qui augmentaient plus vite que les recettes de lEtat dans des économies dont la croissance était plus lente quavant 1973.
Parallèlement, à partir des années 1990, sinstalle dans les pays riches un climat dinsécurité et de rancur alimenté par le sentiment dimpuissance face à leffondrement des modèles politiques traditionnels.
Une autre caractéristique qui marque cette période est, sous leffet de laccélération de la mondialisation et des processus dintégration économique internationale, la perte par les Etats nationaux de leurs pouvoirs économiques.
En revanche, la prise de conscience politique que cette situation a un caractère durable est relativement récente. Pendant ce temps, les mesures palliatives prises, qui étaient de vielles recettes inadaptées à ces changements structurels et toujours destinées à « relancer par la demande », nont fait quaggraver lendettement des Etats et les problèmes environnementaux qui ont mis plus récemment à la mode la notion de « développement durable ».
Les décideurs politiques se trouvent aujourdhui pris en tenaille entre la nécessité de gérer lurgence (court terme) et celle de trouver des solutions durables.
Les explications à cette crise
Documents 4 à 6, page 27
Ce qui rend les problèmes économiques de ces années de crise particulièrement aigus et troublants et accroît le sentiment dimpuissance, est que les fluctuations conjoncturelles coïncident avec des bouleversements structurels (que lon a su voir que plus récemment).
Depuis la fin des Trente Glorieuses, léconomie mondiale a subi une série de transformations structurelles, ce qui explique limpuissance des vieilles recettes. Ces changements structurels sont les suivants :
La révolution technologique a transformé profondément le système de production tout en le « transnationalisant », avec de conséquences sociales, culturelles et environnementales durables. Dans le processus de production, les compétences humaines ont été progressivement remplacées par celle des machines. Ce processus accrut durablement le chômage structurel et fut précipitée par la nouvelle division internationale du travail.
La nouvelle division internationale du travail transféra les industries à forte intensité de main duvre des régions à fort coût de main duvre vers de nouveaux pays industriels à main duvre moins exigeante et moins chère. Ce phénomène eut pour effet de désindustrialiser les vieux centres industriels au profit des NPI. Signe de ce bouleversement, au milieu des années 1980, sept NPI (Chine, Corée du Sud, Inde, Mexique, Venezuela, Brésil et Argentine) consommaient à eux seuls 24% de lacier mondial et en produisait 15%, ce qui constitue un indice de ce processus dindustrialisation.
REFLEXION DIM. WALLERSTEIN SUR LA CRISE ACTUELLE : HYPERLINK "http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/11/le-capitalisme-touche-a-sa-fin_1105714_1101386.html" http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/11/le-capitalisme-touche-a-sa-fin_1105714_1101386.html
II - Quelles aires de puissance dominent successivement léconomie mondiale depuis le milieu du XIXe siècle ?
DEFINITIONS
Notions : Economie-monde, système-monde, mondialisation.
Ces deux notions ont principalement été théorisées par lhistorien français Fernand BRAUDEL et le sociologue nord-américain Immanuel WALLERSTEIN.
Selon Fernand Braudel et telle quil la définie dans La dynamique du capitalisme en 1985, une économie-monde se définit par une triple réalité :
Elle est circonscrite à un espace géographique dont les limites varient au fil de lHistoire. Son développement nest pas continu, il est sujet à des ruptures et à des accélérations. Tandis que dans lAntiquité léconomie-monde est centrée sur la Méditerranée et sétend autour du bassin méditerranéen, à partir des Grandes Découvertes au XVIème siècle, ce entre se déplace vers lOcéan Atlantique. Actuellement, avec le développement des économies asiatique, il sest déplacé vers le Pacifique et sétend quasiment au monde entier.
Une économie-monde est un espace hiérarchisé qui comprend un Centre représenté le plus souvent par une ville dominante (appelée ville-mondiale), des zones intermédiaires et une périphérie. Cette hiérarchisation est étroitement liée à la Division Internationale du Travail et la place de chacun la DIT détermine largement la place dans léconomie-monde.
Le Centre est le lieu où se concentrent les prises de décision, notamment politiques et économiques. Il exerce sur le reste de lespace une domination qui revêt souvent plusieurs natures (économique, politique, culturelle). Il peut arriver quil y ait deux Centres. Braudel appelle le cur, la région qui sétend autour du centre. Par exemple, lAngleterre lorsque le centre était Londres. De même que lespace géographique de léconomie-monde sest déplacé au cours de lHistoire, les Centre ont changé : Rome et Alexandrie au temps dAuguste, Venise et Gênes au XIVème siècle, Londres et Amsterdam au XVIIème siècle. Ainsi, au cours des années 1920 le Centre est passé de Londres à New York.
Autour du cur se trouvent les zones intermédiaires relativement bien intégrées à léconomie-monde.
Enfin, aux marges se trouvent les zones périphériques qui ans la DIT occupent une place subordonnée, fortement dépendante et dominée.
Cette définition de Braudel a aussi été complétée par I. Wallerstein dans The Modern World-System paru en trois volumes en 1974, 1980 et 1989. Sa recherche subit trois influences : le marxisme, Braudel et la théorie de la dépendance. Wallerstein situe lorigine du « système-monde » dans lEurope du Nord-Ouest du XVIème siècle : Ce qui était initialement une simple avance sur laccumulation du capital en GB et en France dû à des circonstances spécifiques à la fin de la période féodale, déclencha un processus dexpansion graduelle qui aboutit lá un unique réseau mondial déchanges économiques et culturels qui existe encore aujourdhui. Au cours du XIXème siècle, lère de limpérialisme mit le monde entier en contact avec léconomie capitaliste européenne.
Wallerstein met également en évidence les inégalités au sein du système-monde qui se manifestent par une inégale distribution du pouvoir politique, du capital et du développement culturel et social. Tandis que dautres théoriciens considèrent que ces inégalités vont seffacer à mesure que saccroît le niveau dintégration du système-monde, selon Wallerstein la division actuelle du monde en centre, zone intermédiaire et périphérie est une caractéristique propre et inhérente au système-monde. En effet, la marginalisation de la périphérie est une conséquence directe de la DIT, elle-même propre au système-monde. Dans cette DIT, le centre a un niveau de développement technique et technologique de haut niveau et produits des biens manufacturés de haute complexité, tandis que le rôle de la périphérie se limite à lui apporter les matières premières, des produits agricoles et de la main duvre bon marché. De ce fait, les échanges entre le centre et la périphérie sont inégaux.
ECONOMIE MONDE IM. WALERSTEIN : HYPERLINK "http://www.revue-interrogations.org/article.php?article=140" http://www.revue-interrogations.org/article.php?article=140
Léconomie-monde britannique (1850-1914)
Comment le Royaume-Uni affirme-t-il son statut de première puissance mondiale au XIXe siècle ?
LE PORT DE LIVERPOOL, VITRINE DE LA PUISSANCE MONDIALE BRITANNIQUE (1850-1914)
INTRODUCTION
Document 1 : Liverpool, une ville portuaire de rayonnement mondial
Alors que les navires dépendaient de l'énergie éolienne, l'entreposage des marchandises était essentiel, et les entrepôts devinrent une composante à part entière du paysage de Liverpool, particulièrement de la fin du XVIIIe siècle au milieu du XIXe siècle, avec par exemple Goree Warehouses (1793), d'autres à King's Dock (1795-1812), les entrepôts d'Albert Dock (1847) pour les importations, et Waterloo Warehouse (1868) pour le grain.
Le charbon gagna en importance avec le lancement généralisé de l'utilisation de la vapeur pour les machines de production et les transports. Le premier bateau à vapeur fut lancé sur la Mersey en 1815, et le premier bateau à vapeur transatlantique au départ de Liverpool fut le Royal William en 1833, amorçant une nouvelle ère de transport et entraînant des augmentations des tonnages qui transitaient par Liverpool.
Un comité d'hommes d'affaires de Liverpool encouragea l'idée d'un chemin de fer entre Liverpool et Manchester. La ligne fut achevée en juin 1830 ; ce fut le premier chemin de fer au monde à transporter régulièrement des passagers aussi bien que des marchandises. [
]
Jusqu'au début du XIXe siècle, les marchands de Liverpool travaillaient essentiellement depuis leur domicile. [
] L'accroissement des bénéfices du commerce justifia la construction de grands édifices commerciaux, exclusivement réservés à cet usage, de trois ou quatre étages tout d'abord et plus hauts ensuite. Parallèlement, des programmes de rénovation urbaine étaient mis en uvre, de nouvelles rues et de nouveaux quartiers construits dans la ville. [
] Au début du XXe siècle, Liverpool se proclamait « deuxième ville de l'Empire ».
La Première Guerre mondiale, cependant, ralentit le développement et généra du chômage.
Source : HYPERLINK "http://whc.unesco.org/fr/list/1150" http://whc.unesco.org/fr/list/1150
Document 2 : Lessor du port de Liverpool entre le milieu du XIXème siècle et le début du XXe siècle
Le trafic du port en millions de tonnes b. Importations en millions de Livres Sterling
c. Exportations en millions de Livres Sterling
Document 3 : Vue aérienne de Pier Head en 1923. Pier Head est le cur des installations portuaires de Liverpool, second port de lEmpire britannique au XIXème siècle.
The Royal Liver Building (1911) : Le plus grand immeuble du RU en 1911, siège dune compagnie dassurances.
Cunard Building (1916) : Siege social de la Cunard Line, la plus importante compagnie maritime de liaisons transatlantiques.
The Port of Liverpool Building (1907) : Bureau des docks de la Mersey et du comité portuaire.
Albert Dock (1847) : Un des premiers exemples au monde de quai en construction fermée.
Document 4 : Les premières liaisons transatlantiques au départ de Liverpool (Affiche de la Cunard Line, 1875)
Questions
Exploiter et confronter les informations
1. Comment évolue le trafic du port de Liverpool entre le milieu du XIXe et le début du XXe siècle ? Pour quelles raisons ? (doc. 1, 2a)
2. Quels sont les principaux produits importés et exportés par les marchands de Liverpool en1906 ? Que peut-on en déduire sur lorientation de léconomie britannique ? (doc. 2b, 2c)
3. A quelle date la première liaison transatlantique New York-Liverpool est-elle établie ? Avec quels autres pays le port de Liverpool entretient-il des liaisons maritimes régulières ?(doc. 1, 4)
4. En quoi le paysage urbain de Liverpool témoigne-t-il de la prospérité du port et de la puissance commerciale du Royaume-Uni ? (doc. 1, 3)
Organiser et synthétiser les informations
Rédigez un texte argumenté dans lequel vous montrerez que le dynamisme du port de Liverpool est le reflet de la domination britannique sur léconomie mondiale entre 1850 et 1914.
Questions
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1. Comment évolue le trafic du port de Liverpool entre le milieu du XIXe et le début du XXe siècle ? Pour quelles raisons ? (doc. 1, 2a)
2. Quels sont les principaux produits importés et exportés par les marchands de Liverpool en1906 ? Que peut-on en déduire sur lorientation de léconomie britannique ? (doc. 2b, 2c)
3. A quelle date la première liaison transatlantique New York-Liverpool est-elle établie ? Avec quels autres pays le port de Liverpool entretient-il des liaisons maritimes régulières ?(doc. 1, 4)
4. En quoi le paysage urbain de Liverpool témoigne-t-il de la prospérité du port et de la puissance commerciale du Royaume-Uni ? (doc. 1, 3)
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Rédigez un texte argumenté dans lequel vous montrerez que le dynamisme du port de Liverpool est le reflet de la domination britannique sur léconomie mondiale entre 1850 et 1914.
Questions
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1. Comment évolue le trafic du port de Liverpool entre le milieu du XIXe et le début du XXe siècle ? Pour quelles raisons ? (doc. 1, 2a)
2. Quels sont les principaux produits importés et exportés par les marchands de Liverpool en1906 ? Que peut-on en déduire sur lorientation de léconomie britannique ? (doc. 2b, 2c)
3. A quelle date la première liaison transatlantique New York-Liverpool est-elle établie ? Avec quels autres pays le port de Liverpool entretient-il des liaisons maritimes régulières ?(doc. 1, 4)
4. En quoi le paysage urbain de Liverpool témoigne-t-il de la prospérité du port et de la puissance commerciale du Royaume-Uni ? (doc. 1, 3)
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Rédigez un texte argumenté dans lequel vous montrerez que le dynamisme du port de Liverpool est le reflet de la domination britannique sur léconomie mondiale entre 1850 et 1914.
COMPOSITION
Sujet : Monter que le dynamisme du port de Liverpool est le reflet de la domination britannique sur léconomie mondiale entre 1850 et 1914.
Proposition de plan :
INTRODUCTION
A partir de 1850, lactivité industrielle sappuie sur des innovations techniques et sur la découverte de nouvelles sources dénergie. Au même moment, la croissance économique est stimulée par une révolution des transports (développement des chemins de fer, progrès des transports maritimes, ouverture des canaux de Suez et de Panama) qui élargissent les marchés, favorisent les échanges et internationalisent davantage léconomie mondiale. Dans ce contexte et profitant de son avance technologique, la Grande-Bretagne se retrouve au centre et domine ce système intégré et hiérarchisé déchanges internationaux que lhistorien Fernand Braudel a appelé « économie-monde ». Tandis que très tôt, sa capitale, Londres, devient le centre financier mondial et développe les activités tertiaires, un autre port britannique symbolise lui aussi la domination britannique de léconomie mondiale à la charnière du XIXe et du XXe siècle : Situé au Nord-ouest de la GB, le port marchand de Liverpool devient lun des principaux centre du commerce mondial et joue un rôle important dans lessor de lEmpire britannique.
Comment se manifeste la domination britannique de léconomie mondiale sur le dynamisme du port de Liverpool ?
Apres avoir montré que le rayonnement mondial du port de Liverpool témoigne de la puissance commerciale de la Grande-Bretagne, nous analyserons la structure des exportations et importations qui reflètent la place dominante de ce pays dans la Division International du Travail, tandis que les mouvements migratoires dans le port renvoient à la domination coloniale britannique.
Laire dinfluence du port de Liverpool est le reflet de la puissance commerciale de la Grande-Bretagne.
Par ailleurs, si lon analyse la structure des exportations et des importations dans le port de Liverpool, il apparaît clairement que la Grande-Bretagne sest engagée très tôt dans une logique de spécialisation de ses activités et quelle occupe une position dominante dans la Division Internationale du Travail.
Enfin, lampleur des mouvements migratoires dans le port de Liverpool témoigne de la domination de lEmpire britannique.
Une économie-monde qui repose sur une puissance industrielle, financière et impériale
Une domination de léconomie-monde qui repose sur une puissance industrielle, financier et impériale.
Lacier et la houille (une variété de charbon) sont de bons indicateurs pour rendre compte de la puissance industrielle du Royaume-Uni au XIXe siècle. Tout au long du XIXe (jusquen 1897) le Royaume-Uni est le 1er producteur de houille au monde et dacier (53% de la production mondiale dacier en 1960, doc.1). En outre, sa consommation de coton (49% de la production mondiale) monte quelle domine lindustrie textile, fleuron de lindustrie au XIXème siècle. Finalement, grâce à sa flotte marchande (34% de la flotte mondiale, elle domine le commerce international.
A la veille de la 1ere guerre mondiale, la domination économique de la GB se manifeste également par la présence de ses capitaux dans le monde entier, puisquelle est en mesure de dominer les investissements directs étrangers en Amérique du Nord (34% des investissements sont britanniques), en Amérique latine (19%), en Afrique, en Asie. Il ny a que dans lEurope continentale quelle ne domine pas les investissements.
Elle domine les finances mondiales : la moitié es transactions internationales seffectuent en livres Sterling.
LAngleterre est au XIXe siècle la « manufacture du monde » : elle est leader dans les secteurs clés de la 1ère industrialisation (construction mécanique, textile et sidérurgie).
Le Royaume-Uni est la 1ère puissance commerciale au monde au XIXe siècle avec près dun ¼ des exportations mondiales en 1870 contre 12 % pour lAllemagne. En effet, à la fin du XIXème siècle, non seulement léconomie britannique est la plus développée, mais son processus de développement a été dès lorigine étroitement lié à lexpansion coloniale et au commerce maritime :
REPARTITION PAR PAYS DU COMMERCE MONDIAL (en %)GBFranceAllemagneEtats-UnisReste de lEuropeReste du monde1800
1820
1840
186033
27
25
25
9
9
11
11
10
11
8
95
6
7
925
29
30
2417
19
20
21
Très tôt aussi, la Grande Bretagne sengage dans la logique de la spécialisation et de la division internationale du travail, comme latteste la structure de ses exportations et de ses importations. En effet, entre 1854 et 1956 par exemple, les matières premières et les produits alimentaires représentent respectivement 8 et 7% de ses exportations tandis que pour les produits manufacturés ce chiffre atteint 85%. De même, pour les importations, aux mêmes dates les matières premières et produits alimentaires constituent 61 et 33% de ses importations tandis que les produits manufacturés, seulement 6%.
Le développement économique de la GB repose donc principalement sur la conquête de marchés extérieurs pour lindustrie britannique.
Léconomie britannique tient alors le rôle dentrepôt de redistribution à léchelle mondiale grâce à la puissance de sa marine marchande (steamers), à la livre sterling (la monnaie de paiement international) et aux accords de libre-échange comme celui signé avec la France en 1860.
La domination britannique sappuie aussi sur le 1er Empire colonial du monde (400 millions de personnes n 1914). LEmpire fournit non seulement des travailleurs (et des soldats), mais aussi des matières 1ères à faible coût (coton dEgypte, laine dargentine, thé des Indes
) et offre des débouchés aux productions de la métropole.
La domination britannique est aussi de nature culturelle : Les classes aisées européennes cherchent par exemple à imiter la mode britannique qui sert de référence (élégance masculine, sports comme le rugby, le foot-ball, le tennis). La présence des touristes britanniques sur les cotes méditerranéennes est de plus en plus visible. La littérature anglaise est à la mode : Rudyard Kipling, Conan Doyle et son personnage Sherlock Holmes. Baden Powel fonde la scoutisme en 1908.
Bâtiment dacier et de verre conçu pour abriter les plus grandes innovations technologiques de lépoque. Il accueille 14 000 exposants principalement originaires de lEmpire colonial britannique.
LExposition Universelle de 1851 fut la première des Expositions universelles. Elle eut lieu à Londres du 1er mai au 15 octobre 1851 et marqua le sommet de la puissance britannique de lépoque victorienne.
On construisit pour abriter cet événement une immense bâtisse avec des matériaux qui symbolisaient lessor industriel au milieu du XIXème siècle et par conséquent la supériorité industrielle de la GB: 400 tonnes de verres et 4000 tonnes de métal
! Londres : centre de l économie-monde britannique
Libre-échange* : politique économique qui vise à supprimer les barrières douanières entre les Etats afin de faciliter la circulation des marchandises et des capitaux.
Une économie-monde contestée et fragilisée au début du XXe siècle
Pourquoi peut-on parler dun déclin de léconomie britannique au début du XXe siècle ?
Quels sont alors les principaux pays concurrents du Royaume-Uni ?
En 1913, la Grande Bretagne nassure plus que 17% des exportations mondiales contre 22 % en 1870.
! Cette baisse traduit le ralentissement de la croissance britannique à partir de la Grande dépression (1873-1896).
! Elle doit faire face aussi à la concurrence de l Allemagne et des Etats-Unis, les nouvelles puissances industrielles de la seconde industrialisation. Ces nouvelles puissances se développement grâce à la croissance des chemins de fer, du charbon et de lacier, de la construction navale, de la chimie.
Ce lent déclin britannique se manifeste entre autres choses par le déclin relatif de sa production industrielle :
PART DANS LA PRODUCTION INDUSTRIELLE MONDIALE Grande-Bretagne Etats-Unis187032%23%191314%38%19299%42%
Ce déclin se manifeste également par le recul dans le commerce mondial : tandis que la GB réalisait 25% du commerce mondial en 1880, elle nen réalise plus que 16% en 1913 et 12% en 1948.
La Première Guerre mondiale ne fait que renforcer le lent déclin de léconomie-monde britannique qui sest fortement endettée auprès des Etats-Unis pour financer son effort de guerre.
Ce déclin sexplique à la fois par lessor de nouveaux Etats industriels comme les Etats-Unis et lAllemagne fondé sur le développement de nouveaux secteurs industriels (automobile, chimie, électricité par exemple. En outre, tandis que les capitalistes allemands et étasuniens sont dynamiques et innovants, le dynamisme des industriels britanniques se fléchit et une mentalité de rentier se développe.
Léconomie-monde américaine (1914-années ?)
Comment les Etats-Unis sont-ils devenus une superpuissance dans la seconde ½ du XXe siècle ?
VOIR AUSSI PAGES 362 ET SUITE DE LAGE DES EXTREMES
La 1ère puissance économique mondiale
LA VILLE DE NEW YORK, REFLET DE LA PUISSANCE DES ETATS-UNIS DANS LE MONDE (1914-ANNÉES 1970)
Document 1 : Quartier de Manhattan, cur économique de New-York dans les années 1930.
American international Building (compagnies pétrolières)
Bourse de Wall Street
Port de Manhattan
Port de Brooklyn
Woolworth Building (siège dune chaîne de grands magasins)
City Bank Farmers Trust Building Compagny (siège détablissements bancaires)
Doc 2 : Plan de Manhattan dans les années 1970 Doc 3 : Coca-cola, un produit mondialisé vecteur de lAmerican way of Life.
Doc. 4 : Les Data-center dans le monde
Doc. 5 : La domination étasunienne pendant la 2nde moitié du XXe S.
Questions
Exploiter et confronter des informations
1. Dans le tableau suivant, relevez les différentes fonctions présentes à New York selon les périodes. (docs.1 et 2)
New York dans les années 1930New York dans les années 1970
2. Montrez que la reconversion des activités de la ville permet de maintenir la domination mondiale. (doc.2)
3. En quoi cette couverture du magazine Time montre la diffusion de lAmerican Way of life ? de léconomie américaine à travers le monde ? (doc.3)
4. Où sont localisés les principaux centres de données ? Quel rôle joue les Etats-Unis dans ce cadre ? (doc.4)
5. Quels éléments géographiques et économiques confortent les Etats-Unis dans une position centrale dans léconomie-monde ? (doc. 5)
Organiser et synthétiser des informations sous la forme dun schéma
A partir des informations issues des documents (principalement du document 5), concevez un schéma montrant léconomie-monde américaine.
Questions
Exploiter et confronter des informations
1. Dans le tableau suivant, relevez les différentes fonctions présentes à New York selon les périodes. (docs.1 et 2)
New York dans les années 1930New York dans les années 1970
2. Montrez que la reconversion des activités de la ville permet de maintenir la domination mondiale. (doc.2)
3. En quoi cette couverture du magazine Time montre la diffusion de lAmerican Way of life ? de léconomie américaine à travers le monde ? (doc.3)
4. Où sont localisés les principaux centres de données ? Quel rôle joue les Etats-Unis dans ce cadre ? (doc.4)
5. Quels éléments géographiques et économiques confortent les Etats-Unis dans une position centrale dans léconomie-monde ? (doc. 5)
Organiser et synthétiser des informations sous la forme dun schéma
A partir des informations issues des documents (principalement du document 5), concevez un schéma montrant léconomie-monde américaine.
Les Etats-Unis sont la 1ère puissance économique mondiale dès 1914 et le 1er créancier de la planète dés lentre-deux-guerres. Lindustrie sest renforcée, acquérant une prédominance mondiale dans de nombreux domaines, comme lextraction de minerai de fer, lextraction de pétrole (2/3 de la production mondiale en 1920), une production délectricité équivalente à celle de lEurope entière. Dans les industries modernes, son avance est significative : automobile, électricité, chimie.
Le commerce des EUA a profité des besoins et des difficultés des pays européens après la Grande Guerre pour atteindre en 1920 un nouveau record : plus de 5 millions de $ dimportations et plus de 8 millions de $ dexportations.
En 1944, les accords de Bretton Woods* font du $ la nouvelle monnaie internationale. Leur hégémonie mondiale devient alors incontestable : en 1945, ils détiennent 60 % des réserves mondiales dor.
Après la Seconde guerre mondiale, les Etats-Unis financent la reconstruction du Japon et de lEurope Occidentale (plan Marshall). Ils favorisent aussi la libération et le développement des échanges mondiaux en promouvant la mise en place des accords du Gatt* en 1947.
Accords de Bretton Woods* : les monnaies internationales ont désormais une valeur fixe (plus ou moins 1 %), liée au $ qui lui même est convertible en or.
*GATT (General Agreement on Tarrifs and Trade) : signés à Genève en octobre 1947 par 23 pays assurant à eux seuls 80 % du commerce mondial, ces accords interdisent toute mesure visant à protéger les marchés nationaux. LOMC a succédé au GATT en 1995.
Une superpuissance au rayonnement mondial
Les Américains cumulent alors tous les atouts de la puissance (superpuissance) :
- un territoire vaste et unifié, une population jeune et mobile ;
- une industrie puissante et innovante (en 1950, leur industrie fournit 51 % de la P° mondiale) couplée à une force militaire sans égale (le complexe militaro-industriel) ;
- une place stratégique dans toutes les grandes organisations internationales (ONU, FMI*, BIRD*) qui mettent les Etats-Unis au cur du processus de mondialisation.
- une domination culturelle qui se manifeste par la diffusion dans tout le monde capitaliste des produits culturels nord-américains : cinéma hollywoodien, musique (jazz, rock, rythm n blues), restauration rapide (Mc Do), tenues vestimentaires (jeans). La diffusion de ces produits contribue à répandre le style de vie américain (American way of life).
Enfin, les firmes multinationales américaines (FMN) diffusent à léchelle du monde capitaliste leurs produits, leurs méthodes de production (fordisme) et les valeurs de l American Way of life.
Une superpuissance contestée et concurrencée à la fin du XXe siècle
º% Depuis la chute de l URSS en 1991, les Etats-Unis sont la seule superpuissance mondiale.
Mais la puissance américaine est aujourdhui contestée (les attentats du 11 sept 2001) et confrontée à la concurrence des pays émergents, en particuliers asiatiques. Les Etats-Unis doivent aussi faire face à un déficit commercial qui sest fortement creusé ces dernières années pour atteindre 711 milliards de $ en 2007.
*FMI (Fonds monétaire international) : créé en 1944, il a pour objectif de veiller à la stabilité monétaire et financière. Il peut aider par des crédits des Etats en difficulté.
*BIRD (Banque internationale pour la reconstruction et le développement).
Vers une économie-monde multipolaire (1973- à nos jours)
HYPERLINK "http://www.voyages-virtuels.eu/voyages/term/term/tgeo.html" http://www.voyages-virtuels.eu/voyages/term/term/tgeo.html
Un monde de plus en plus interconnecté
Entre 1975 et 2002, la part de la P° mondiale exportée augmente dans tous les pays passant de 14 à plus de 20 % à léchelle mondiale. La Chine, le Mexique et les NPIA enregistrent la progression la plus spectaculaire, ce qui témoigne dune ouverture croissante de leur économie.
Leffondrement du bloc communiste (1989-1991) a permis la diffusion de léconomie de marché (capitalisme libéral) à lensemble de la planète. De fait, à partir des 1990 le processus de mondialisation sest tellement accéléré que les sociétés ont immédiatement perçu des changements au point que le terme « mondialisation » a soudain fait partie du vocabulaire courant tant dans la vie quotidienne que dans les discours politiques. Il nourrit aussi désormais de nombreux débats politiques.
Ce phénomène est lié au fait que depuis les années 1990, les effets de la mondialisation sont beaucoup plus visibles dans la vie quotidienne et ont fait émerger des réalités nouvelles : la globalisation financière et lextension planétaire des crises financières, les effets des changements climatiques
// la réduction des droits de douane (OMC) associée à la conteneurisation* et à la réduction des coûts du transport aérien ont permis un essor considérable des flux de marchandises.
Enfin lessor dinternet après 1990 sest traduit par une accélération sans précédent des flux dinformations et de capitaux. Les Firmes multinationales (FMN) sont les acteurs majeurs de cette économie mondialisée.
*Conteneurisation : processus qui généralise lusage du conteneur dans le transport de marchandises, principalement dans le transport maritime.
b.
qui voit émerger de nouvelles puissances économiques
Quelles sont les informations qui montrent lémergence de nouvelles puissances économiques au début du XXe siècle ? (Dossier pages 34-35)
Lexpression économie-monde multipolaire désigne lorganisation politico-économique du monde depuis la disparition de lURSS en 1991. Avant cette date, on parlait de monde bipolaire, ce qui désignait en fait un monde dominé politiquement par la Guerre Froide et dominé économiquement par la puissance étasunienne. Après 1991, de nouvelles puissances surgissent, comme lUE, la Chine, le Japon et la Russie, ainsi que des puissances régionales comme lInde, le Brésil, la Turquie, lIran, lAfrique du Sud et lArgentine.
En réalité, plus que des Etats, les véritables acteurs de cette économie multipolaire sont des mégalopoles. Ce sont des espaces (réseaux de villes) dans lesquels se concentrent les décisions politiques et économiques. Lémergence de nouvelles puissances économiques se caractérise donc par la multiplication de ces mégalopoles. Actuellement, on en recense 6 :
La mégalopole du NE des EUA entre Baltimore et Boston domine. Elle concentre des lieux de domination politique (Maison Blanche à Washington), économique (Banque Mondiale et FMI à Washington ; Wall Street à NY) et culturelle (Centre universitaire de 1er plan à Boston).
Arc européen : réseau de métropoles sur 1500 km, qui rassemble Bruxelles (siège de lexécutif e lUE), capitales politiques de 1er plan (Londres, Paris, Berlin), centres financiers importants (Londres, Paris, Luxembourg, Francfort, Genève).
La mégalopole japonaise est surtout une puissance économique. Elle sétend sur 1000km et elle est aujourdhui raccordée à une mégalopole asiatique émergente qui va de Séoul à Hong Kong, en passant par Shanghai et Pékin.
Deux mégalopoles secondaires : celle de la côte ouest des EUA (L.A. à San Francisco) et celle de la côte est sud-américaine (Buenos Aires à Sao Paolo).
Le géographe Olivier Dollfus parle dun archipel mégalopolitain mondial (voir carte « Larchipel mondial des lieux de pouvoir »). Cette expression désigne la mise en réseau des grands pôles urbains qui commandent léconomie et la politiques mondiales.
Au cur du réseau des lieux de pouvoir se trouvent les 3 grandes mégalopoles de la Triade qui concentrent lessentiel des interactions économiques et politiques internationales. Chacune de ces trois grandes mégalopoles entretient des liens privilégiés avec des mégalopoles secondaires (voir carte).
Toutefois, cette hiérarchie semble de plus en plus remise en question, notamment depuis linclusion de Pékin, New Dehli et Brasilia au sein du G20.
En effet, pendant longtemps un club très fermé de nations occidentales se réunissaient périodiquement pour coordonner leurs politiques économiques (G7 puis G8*). Cependant, le Forum social de Porto Alegre* et les revendications des pays émergents, Inde et Brésil en tête, ont ouvert le jeu de la politique globale. Le G8 est devenu le G20*. La carte des pouvoirs planétaires sest alors progressivement étendue à lensemble de la planète (voir Carte («Pouvoirs et contre-pouvoirs planétaires »).
DEFINITIONS
G7 et G8 : rassemble 7 puis 8 des pays les plus puissants économiquement, à savoir les EUA, le Japon, lAllemagne, la France, le RU, lItalie, le Canada et la Russie. Créé en 1976 dans un contexte de crise économique mondiale, le G7 est devenu le G8 avec lintroduction de la Russie en 1998.
G20 : Créé en 1999 à la suite des crises monétaires en chaîne des années 1990. Il rassemble, outre les membres du G8, lUE à 27 membres, ainsi que lArgentine, lAfrique du Sud, lArabie Saoudite, lAustralie, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, lInde, lIndonésie, le Mexique et la Turquie. Suite lá la crise financière globale de 2008-2009, le G20 a définitivement remplacé le G8 lors du sommet de Pittsburgh de septembre 2009.
Forum Social de Porto Alegre (Brésil): Cette rencontre sest tenue pour la première fois en 2001, comme contrepoint au Forum Economique Mondial de Davos, réunion des grandes entreprises mondiales. Ce grand rassemblement altermondialiste a été reconduit en 2002, 2003 et 2005. Il sest délocalisé à Mumbay en 2004 et à Nairobi en 2007 après avoir été organisé simultanément à Bamako, Caracas et Karachi en 2006. Plusieurs dizaines de forums sociaux régionaux ont été organisés dans tous les continents.
Le poids de plus en plus important des mégalopoles dites secondaires dans « larchipel mondial des lieux de pouvoirs » est lié au poids croissant des pays émergents (que lon a appelés aussi NPI) ou BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) dans léconomie mondiale. Il sagit de pays dont le PIB/hab. est inférieur à celui des pays développés, mais qui connaissent une croissance économique rapide et dont le niveau de vie ainsi que les structures économiques convergent vers ceux des pays développés. Certains géographes et économistes contestent cependant linclusion de la Russie dans ce groupe (pays en transition).
Bien que la définition demeure assez floue, les économies émergentes se caractérisent par un certains nombre de changements structurels tels que la rénovation juridique et institutionnelle, le passage dun type de production agraire à un type industriel, louverture au marché mondial des biens et services, louverture aux flux internationaux de capitaux et laccroissement de leurs investissements à létranger (17% du total mondial en 2005 conter 10% en 1982).
HYPERLINK "http://www.scienceshumaines.com/points-de-reperes-emergence-d-un-monde-multipolaire_fr_24656.html" http://www.scienceshumaines.com/points-de-reperes-emergence-d-un-monde-multipolaire_fr_24656.html
CONCLUSION : LA MONDIALISATION EST-ELLE Á LORIGINE DE LA CRISE ACTUELLE ?
Doc .6 - La mondialisation : un processus englobant mais inégalitaire
Prix Nobel déconomie en 2001, Joseph Stiglitz développe une critique des modalités de la mondialisation et des inégalités qui en résultent.
« La transition du communisme à léconomie de marché a été si mal gérée que partout sauf en Chine, au Vietnam et dans quelques rares pays dEurope de lEst, la pauvreté est montée en flèche et les revenus se sont effondrés. Pour certains, la solution est simple : abandonnons la mondialisation. Ce nest ni possible, ni souhaitable. La mondialisation a apporté aussi dimmenses bienfaits. Cest sur elle que lAsie orientale a fondé son succès, notamment sur les échanges commerciaux et le meilleur accès aux marchés et aux technologies. Cest elle qui a permis de grands progrès en matière de médecine, et qui crée une société civile mondiale dynamique luttant pour plus de démocratie et de justice sociale. Le problème nest pas la mondialisation. Cest la façon dont elle a été gérée. En particulier par les institutions économiques internationales, le FMI, la Banque mondiale et lOMC qui contribuent à fixer les règles du jeu. Elles lont fait trop souvent en fonction des intérêts des pays avancés et non de ceux du monde en développement. »
Joseph Stiglitz, La Grande désillusion, Fayard, 2002.
Questions :
1. Quels Etats se sont ouverts au commerce international à partir des années 1990 ?
2. Quel nouveau pôle économique a émergé ?
3. Quels sont les effets dune mauvaise gestion de la mondialisation ?
4. Qui est responsable selon lauteur ?
5. Comment lauteur propose-t-il datténuer ces inégalités ?
Réponses :
1. On est passé du monde de laprès-guerre, polarisé par les EU, à un monde multipolaire après louverture du commerce à la quasi-totalité des Etats à partir des années 1990. Les anciennes républiques socialistes dEurope de lest mais aussi asiatiques (Russie, Chine, Vietnam) participent aux échanges internationaux.
2. LAsie orientale devenant un pôle important de léconomie mondiale.
3. Cette globalisation de léconomie saccompagne dune déréglementation des flux et dune multiplication des crises ce qui suscite de nombreuses inquiétudes et une remise en question de la mondialisation, processus englobant mais inégalitaire.
4 et 5. De nombreux acteurs militent pour une meilleure régulation de la mondialisation : « En particulier par les institutions économiques internationales, le FMI, la Banque mondiale et lOMC qui contribuent à fixer les règles du jeu. Elles l ont fait trop souvent en fonction des intérêts des pays avancés et non de ceux du monde en développement. »
º% La mondialisation rend les économies de plus en plus interdépendantes et oblige les Etats à trouver des solutions communes aux crises qui secouent le capitalisme comme celle des subprimes en 2007-2008 ou actuellement celle de la dette.
Face aux conséquences du réchauffement climatique et aux pollutions de toutes sortes, les Etats cherchent également à concilier croissance et respect de lenvironnement.
Chap. 2 Mutations des sociétés
La population active, reflet des bouleversements économiques et sociaux : lexemple de la France depuis les années 1850.
Problématique :
Comment passe t-on dune société rurale et agricole à une société urbaine et industrielle ?
Affirmation dune société industrielle de 1850 aux années 1970.
Au cours du XIXème siècle: le développement capitaliste de lindustrie donne naissance à une nouvelle structure sociale.
FILM :
Germinal.
Une nouvelle structure de classes
En Europe occidentale comme aux EUA, lindustrialisation conduit aux mêmes mouvements de fonds, mais à des degrés variables : développement de lemploi industriel, urbanisation, développement du salariat. Cest en GB que ces changements sont les plus avancés.
TRANSFORMATIONS DE LA POPULATION ACTIVE
EN GB, EN FRANCE ET AUX EUA
AU XIXème SIECLE. (en%)GBAgricultureIndustrieServices1811
1841
187135
20
1445
43
5520
37
31FranceAgricultureIndustrieServices1851
186664,5
5027,5
378
13EUAAgricultureIndustrieServices1820
1850
187073
65
5412
17,5
22,515
17,5
23,5
Laccroissement de la main duvre industrielle est alimenté par lexode rural et par les flux dartisans ruinés par lindustrialisation. Ce processus suscite la formation dune masse de main duvre misérable.
En France, le monde paysan décline lentement et subit quelques mutations. Entre 1850 et la fin du XIXème siècle, les régions agricoles les plus riches (Bassin parisien) sont marquées par un début de mécanisation. Les paysans les plus pauvres ou les ouvriers agricoles dont le travail a été remplacé par des machines quittent les campagnes pour se faire embaucher à lusine.
Cependant, beaucoup dentre eux, les ouvriers-paysans, préfèrent rester sur leurs terres et compléter leurs revenus en travaillant à lusine pendant les mois difficiles, ou en faisant du travail à domicile. Au début du XXème siècle, la multiplication des grandes usines, lurbanisation et les crises agricoles entraînent une augmentation de lexode rural.
Lindustrialisation saccompagne en outre du développement de lurbanisation et du mode de vie urbain. Là encore au XIXème siècle, cest en GB que ce processus est le plus avancé.
RÉPARTITION DE LA POPULATION URBAINE ET RURALE
DANS LES PRINCIPAUX PAYS INDUSTRIALISÉS VERS LE MILIEU DU XIXème S.Population totale (en millions)Répartition (en %)RuraleUrbaineGB (1851)
France (1851)
Russie (1851)
EUA (1850)
Allemagne (1871)18
36
59
23
4148
75
93
87
6452
25
7
13
36
Quant au développement du salariat, cest aussi en GB quil est le plus avancé. Ce phénomène est à rapprocher du recul du travail informel.
PART DES SALARIÉS DANS LA POPULATION ACTIVE
DANS 4 PAYS INDUSTRIALISÉS
AU XIXème Siècle. GB186575%France1851
1866
188255%
57,5%
57%EUA188063%Allemagne188264%
Hétérogénéité de la classe ouvrière
Au XIXème siècle, la classe ouvrière européenne se caractérise par sa grande diversité, notamment en ce qui concerne ses origines : on trouve en effet, des artisans ayant dû renoncer à leur métier et une masse de paysans produits de lexode rural. Beaucoup douvriers sont des femmes et des enfants sous-payés. Ainsi, en 1834, les enfants de moins de 13 ans représentent 13% des effectifs de lindustrie cotonnière anglaise ; ce chiffre tombe à 5% vers 1850, mais remonte avec les crises à 14% en 1874.
En outre, le système industriel est dune grande diversité aussi, ce qui entraîne une grande hétérogénéité du travail ouvrier. Tandis que quelques artisans subsiste, certains ouvriers travaillent à domicile (sweating system en GB) et dautres dans des manufactures. Le sweating system consiste pour un industriel à faire exécuter des tâches à domicile par des familles pauvres. Cest souvent le prolongement du travail en usine, notamment dans la confection et la chaussure, puisque les matières premières préparées en usine son envoyées au domicile des ouvrières afin quils y réalisent certaines opérations. La rémunération est aux pièces, ce qui permet de forcer ces travailleurs à de très longues journées de travail.
Au XIXème siècle, lindustrie se développe sur la base dune extrême exploitation des ouvriers : règlements dune extrême sévérité, journées de 13 à 15 heures, répression par amendes, insalubrité des locaux, vulnérabilité face aux accidents et à la maladie.
A cela sajoute une législation qui assure la subordination des ouvriers. Ainsi, en France la Loi Le chapelier, qui interdit les grèves et coalitions ouvrières, est reprise et aggravée dans le Code pénal de 1811.
Les conditions de vie et de travail des ouvriers est par conséquent misérable.
Cette situation et la grande hétérogénéité de la classe ouvrière ne favorisent pas la formation dune conscience de classe parmi ce groupe social. Pour désigner ce groupe, Marx parle de « Lumpen-proletariat » (Sous-prolétariat), dont il faudrait se méfier car il est susceptible de servir de force dappoint à la bourgeoisie, justement à cause de son manque de conscience de classe.
Affirmation de la bourgeoisie
Outre la constitution dune classe ouvrière, lessor du capitalisme industriel fait aussi surgir une nouvelle classe dirigeante. Ce groupe comporte aussi des origines relativement hétérogènes, cependant la convergence des intérêts et des modes de vie favorise la naissance dune conscience de classe, et dune conception de la vie et de la société relativement homogène.
Fin XIXème siècle-début XXème siècle : affirmation des classes ouvrières.
A la fin du XIXème siècle, le capitalisme industriel entre dans une nouvelle ère : la taille des entreprises augmente et les industries de la première industrialisation entrent en concurrence les unes contre les autres. La meilleure organisation ouvrière oblige les industriels à faire des concessions et à accepter des lois sociales.
En effet, la fin du XIXème siècle se caractérise par laffirmation des classes ouvrières devenues plus homogènes, ce qui favorise lémergence dune conscience de classe dans le monde ouvrier. Ce phénomène est dû au fait que la classe ouvrière nest plus constituée de paysans déracinés, dépendants et asservis. En prenant conscience de sa force, en sorganisant, la classe ouvrière est désormais en mesure dimposer un nouveau rapport de forces. Parallèlement, la classe ouvrière se dote de ses partis, de ses syndicats et dune culture propre.
Cette affirmation se développe dans le cadre dune transformation plus large de la société provoquée elle-même par le développement de lindustrie capitaliste et qui prend les formes suivantes :
Accentuation du processus de salarisation (80% de la PA en GB fin XIXème s. ; 63% aux EUA en 1880 ; 66% en Allemagne en 1902 ; 58% en France en 1911) ; ce qui signifie un recul du travail informel.
Accentuation de lurbanisation.
Lessor du capitalisme industriel accroît la part des ouvriers dans la PA. Les ouvriers sont plus nombreux et prennent conscience de la force.
Ces transformations favorisent laction collective ouvrière : développement des organisations ouvrières : syndicats, bourses du travail (à lorigine, bureau de placement des ouvriers, assuré par les syndicats. Devenu par la suite un lieu présent dans la majorité des grandes villes françaises où sont réunis les différents syndicats de salariés. Ce lieu permet aux syndicats de posséder des locaux pour exercer leurs activités), mutuelles, partis.
Tandis que dans la plupart des pays européens, les organisations ouvrières avaient jusque là été réprimées ; partout, le nombre douvriers syndiqués augmente entre la fin du XIXème siècle et le début du XXème siècle :
EVOLUTION DU NOMBRE DOUVRIERS SYNDIQUÉSGRANDE BRETAGNE1876
1900
19131,1 million
2,2 millions
4,1 millionsFRANCE1895
1905
1912419.000
750.000
1 millionALLEMAGNE1890
1900
1913300.000
680.000
2,5 millions
DEVOIR MAISON :
ANALYSE DUN DOCUMENT
Document 1, page 54 : La Charte dAmiens adoptée le 13 octobre 1906 au IXème Congres de la CGT.
MÉTHODE : Voir pages 88 à 91, méthode danalyse dun texte.
Vous répondrez à la consigne à la lumière de vos connaissances.
CONSIGNE : Apres avoir présenté ce document, montrez en quoi il témoigne du changement des rapports de forces entre patronat et ouvriers au début du XXème siècle.
Effet de masse et poids électoral ; manifestations de rues, grèves, sang versé, organisations syndicales, partis, mouvements etc., lensemble fait que dans les pays industrialisés, les rapports de forces se modifient.
La classe ouvrière pèse désormais dans la vie locale et nationale. Cest ce nouveau rapport de force qui explique les conquêtes, les avantages nouveaux du monde du travail entre la fin du XIXème siècle et le début du XXeme :
Documents 5 et 6 page 43.
Ce nouveau rapport de force amène aussi lEglise à sintéresser à la question sociale : Léon XIII publie en 1891 lencyclique Rerum Novarum dans laquelle il sadresse aux « riches et aux patrons » : « Ils ne doivent point traiter louvrier en esclave ». Mais il sadresse également à louvrier qui doit servir fidèlement son patron, et condamne lusage de la violence dans les revendications ouvrières.
Lexpansion du tertiaire
Lindustrialisation entraîne aussi lapparition de nouveaux métiers dans le secteur tertiaire. La Poste engage des employés pour leurs standards téléphoniques, les compagnies de chemins de fer, des contrôleurs et des guichetiers, le commerce, des vendeurs et des représentants, tandis que lEtat recrute des fonctionnaires.
Lécole, obligatoire jusquà 13 ans permet dobtenir le Certificat de fin détudes avec lequel on eut se faire embaucher dans les métiers du tertiaire qi demandent peu de qualification.
Les grandes entreprises ont besoin de personnel dencadrement. Employés, comptables, gestionnaires, ingénieurs constituent les « cols blancs ».
Le développement du tertiaire favorise linsertion des femmes dans le monde du travail : institutrices, secrétaires.
.
Les bouleversements de la Grande Guerre et de la crise des années 1930.
La guerre a durci les nationalismes et brisé lélan du mouvement ouvrier international.
Par ailleurs, la guerre accélère les bouleversements des méthodes de travail en précipitant lintroduction de lOST à la quelle les organisations ouvrières sétaient opposées à la veille de la guerre (Cf. grèves chez Renault en 1912-1913).
Dautre pat, la guerre a particulièrement décimé la classe ouvrière, très présente sur le front avec les paysans (10% des actifs de lindustrie en 1913 sont morts pendant la guerre ; auxquels il faut ajouter les invalides).
En France et en Allemagne le mouvement socialiste est affaibli : révolution communiste noyée dans le sang en Allemagne en 1919 ; scission entre communistes et socialistes en France au Congres de Tours de 1920.
A cela, sajoutent les effets de la crise des années 1930.
ANALYSE DUNE OEUVRE ARTISTIQUE/HISTOIRE DES ARTS
FILM : Les temps modernes de Charlie Chaplin.
LES LIENS :
HYPERLINK "http://www.youtube.com/watch?v=DrC_1HCKvuA" http://www.youtube.com/watch?v=DrC_1HCKvuA
HYPERLINK "http://www.youtube.com/watch?v=blSwjqx2y5I" http://www.youtube.com/watch?v=blSwjqx2y5I
HYPERLINK "http://www.youtube.com/watch?v=Jk4YSDj73z0" http://www.youtube.com/watch?v=Jk4YSDj73z0
CONSIGNE : Après avoir présenté cette uvre, vous montrerez en quoi elle reflète la condition ouvrière du début du XXème siècle dans les pays industrialisés.
Première partie : Présenter luvre
Titre, thème, nature de luvre, technique(s), genre, description rapide/synopsis, auteur, date et contexte.
Seconde partie : Analyser luvre
Comment expliquez-vous le titre du film ?
Utilisez le vocabulaire du langage cinématographique pour analyser différents aspects des extraits du film, tels que les ouvriers allant à lusine, la place de louvrier face à la machine (voc : OST, travail à la chaîne), les relations des ouvriers entre eux, les rapports entre le pouvoir et les ouvriers (chef dentreprise, le chef de haine, le contremaître, la police).
Analyser le rôle de la « matière sonore » (musique, sonneries, voix du président) dans le film.
Troisième partie : Interpréter luvre
Quels critiques formule Ch. Chaplin dans ce film ?
Interprétez la place des deux individualités du film (louvrier-Ch. Chaplin, la « gamine », Paulette Goddard) par rapport aux groupes ?
Comment interprétez-vous le regard de Paulette Goddard dans la scène du vol de bananes dans le port ?
Quatrième partie : Dégager les limites de luvre pour lhistorien
Un film à visées politiques.
Quels aspects des sociétés industrielles au début du XXeme siècle, Ch. Chaplin choisit-il docculter ?
LE LANGAGE DE LA PHOTOGRAPHIE ET DU CINEMA
Echelle des plans
AppellationCadrageSignificationPlan généraldécor + paysagesituer le décor dans le contextePlan d'ensembledécor + le personnage parmi d'autresle personnage dans la société. Les silhouettes ne sont plus anonymes.Plan moyenpersonnage de la tête aux piedsLe personnage est en action, il prend de limportance.Plan américainPersonnage mi-cuissesMe en évidence le jeu de lacteur, ses expressions.Plan rapproché (poitrine)visage et busteExpression des idéesGros planvisagefonction psychologique, sentiments. Insiste sur un fait, une expression.Très gros planune partie du visageIntimité. Intensité dramatique accrue.
Angles de prise de vue
Contre-plongéeobjectif placé au-dessous du personnagele personnage = une impression de supériorité monument = grandit le personnage. Les puissants sont souvent filmés en contre-plongée.Plongéeobjectif placé au-dessus du personnagele personnage est diminué
le paysage est écraséNiveau frontalobjectif à l'horizontalvision qui se veut neutre
Axes de prise de vue
Ils précisent la place de la camera ou de l'appareil photo par rapport à un personnage :
de face, de dos, de profil, de ¾ avant, de ¾ arrière
Mouvements d'appareils
La caméra est mobile :
1 - le panoramique : elle pivote autour d'un de ses axes permettant de découvrir le paysage ou le décor
2 - les travellings : la caméra se déplace sur un chariot ; ces mouvements permettent de suivre, d'accompagner un déplacement (travelling latéral ou vertical) ou de se rapprocher (travelling avant) ou de s'éloigner (travelling arrière) d'un personnage
Ou bien la caméra reste fixe,
3 - le zoom : l'objectif permet de s'approcher (zoom avant) ou de s'éloigner (zoom arrière) du personnage, modifiant l'angle de vue.
Lamélioration des conditions de vie après la 2nde guerre mondiale.
DOSSIER DOCUMENTAIRE PAGES 44-45 : « Des progrès dans la qualité de vie »
Contexte de croissance économique + Croissance des salaires réels + Développement de lEtat Providence + Développement de laccès au crédit = Essor des classes moyennes, démocratisation du confort, du temps libre.
Apparition dune société postindustrielle à partir du milieu des années 1970.
Mort de la paysannerie lié à laccroissement de la productivité du travail agricole + urbanisation croissante.
// Essor des activités professionnelles nécessitant des études supérieures, doù lexplosion de la population étudiante. Cela nest pas étranger du fait que la population étudiante pèse désormais davantage dans la vie politique, doù les explosions mondiales de radicalisme estudiantin en 1968. Plus que jamais, lenseignement universitaire est un moyen dascension socio-économique, dabord dans les classes moyennes supérieures, puis se démocratise peu à peu au cours des années 1980.
Au cours des années 1960, mais surtout des années 1970, se produisent dans les pays industrialisés développés, des changements majeurs aussi bien dans la nature de la main duvre que dans celle de la production, sur fond de mutations des pratiques culturelles. Théoriciens : Sociologues Daniel Bell et Alain Touraine, économiste Daniel Cohen.
Il sagit dune économie de services, définis comme des besoins subsidiaires liés à la production, à savoir les services de santé, denseignement, de recherche, dadministrations, dassurance, bancaires
Peu à peu, le secteur tertiaire occupe plus de 50% de la population active. La majorité de ces emplois nécessitent une formation universitaire poussée, bien que lon trouve parmi ces emplois tertiaires de nombreux « services à la personne » liés au développement du travail salarié féminin et au vieillissement de la population.
Le savoir théorique est placé au cur de la société post-industrielle : en effet, la connaissance devient la ressource stratégique par excellence.
Alain Touraine insiste davantage sur les transformations culturelles et sociales relatives à la société post-industrielle. Limportance de plus en plus grande prise par léducation, la consommation et linformation sans la société modifie profondément la nature de la domination et du conflit social : les mouvements sociaux sont de plus en plus de nature culturelle (mai 1968).
ANALYSE DUNE UVRE CINÉMATOGRAPHIQUE :
Play Time, de Jacques Tati
CONSIGNE : En quoi le film de Jacques Tati, Play Time, constitue une critique de la société postindustrielle ?
Développement du salariat féminin
Tout au long de la période étudiée (de 1850 à aujourdhui), le développement du salariat féminin est lié à la maîtrise de la fécondité, à laccès des filles à léducation et à lévolution progressive des mentalités de moins en moins réticentes à linsertion des femmes mariées dans le marché du travail.
Femmes et hommes à lâge industriel (1850-1939)
[Principe de départ : la pensée de la différence des sexes est une idéologie à part entière].
Le libéralisme économique a eu une incidence sur la division sexuée du travail :
Tandis que dans un premier temps, la recherche de meilleurs coûts de production a ébranlé la division traditionnelle des tâches entre hommes et femmes en insérant les femmes dans le marché du travail, le capitalisme a finalement reproduit la hiérarchie entre les sexes. En effet, dans lindustrie, les femmes ont été cantonnées à des tâches subalternes, répétitives et moins bien rémunérées.
Linsertion des femmes dans le marché de lemploi (marqué par laccroissement de lemploi salarié féminin dans lindustrie, puis dans le tertiaire) sest accompagnée dun renforcement de la division sexuée du travail fondée sur des représentations naturalisées de la différence des sexes. A lintérieur de cette division, les travaux dits masculins sont plus valorisés et valorisants (travaux techniques, dadresse, de force), tandis que les emplois dits féminins (minutie, patience) sont moins valorisés et moins valorisants car considérés comme naturels.
Secteurs considérés comme masculins :
Métallurgie mines, industrie du livre
Secteurs considérés comme féminins :
Industrie textile, alimentaire et des tabacs.
La technologie a ensuite eu tendance à renforcer cette division : on donne aux hommes les nouvelles machines. Dans le secteur tertiaire, si elles sont nombreuses, elles sont plutôt assignées aux tâches subalternes et encadrées par du personnel masculin.
Femmes et hommes dans les guerres
La Première Guerre mondiale, en donnant aux femmes une place plus importante sur le marché du travail, bouleverse les rapports entre les hommes et les femmes, sans toutefois émanciper les femmes.
Tandis que la guerre de position sinstalle, la perspective dune guerre courte disparaît et le conflit réclame toujours plus de combattants. En France, en 4 ans et demi, plus de 60% des actifs sont mobilisés. Cest pourquoi, on compte sur larrière pour assurer le ravitaillement et faire tourner léconomie. Dès lors, les femmes constituent une force de travail indispensable tant dans les travaux agricoles que dans lindustrie. Cette mobilisation féminine permet aux femmes de faire leur entrée dans des secteurs professionnels considérés jusque là comme masculins, comme lindustrie de larmement.
De ce fait, lexpérience de la guerre nest pas du tout la même pour les hommes et pour les femmes et les deux populations vivent une chronologie décalée de la guerre, ce qui va contribuer à bouleverser les relations hommes-femmes au lendemain du conflit.
Hommes et femmes vivent une chronologie décalée du conflit :
PériodeHommesFemmesEtatAoût-Déc. 1914On croit à une guerre courte. Guerre de mouvement. Les hommes passent à loffensive contre lennemi.Les femmes sont mises au chômage par la désorganisation de léconomie et attendent la fin de la guerre. Elles contribuent à la guerre par des tâches « féminines » (marraines de guerre).Les familles sont prises en charge par lEtat qui se substitue au mari mobilisé (allocations).1915-1918Guerre de position : les hommes sont dans les tranchées.
Tandis que la virilité des hommes est mise à lépreuve
..Les femmes accèdent à lespace public en travaillant dans lindustrie.
les femmes découvrent de nouvelles opportunités.LEtat appelle les femmes à remplacer les hommes sur le marché du travail afin de répondre aux nécessités de la guerre.
Bien que les femmes aient toujours travaillé, la guerre les rend plus visibles, notamment à des fonctions nouvelles : à la ville, elles sont employées de banques, ramoneuses, conductrices de tramway, ouvrières dans lindustrie de larmement (1 million de « munitionnettes » au RU en 1918, 400.000 en France).
Dautres sont infirmières, bénévoles de la Croix Rouge ou infirmières militaires.
Dans le commerce et lindustrie, la croissance de la main duvre féminine est de 20% et le taux de féminisation est de 40%.
Elles sont recrutées en dernier recours dans les usines de guerre et partout les nouvelles travailleuses sont perçues comme des remplaçantes assurant lintérim pendant labsence des hommes. Tandis que les féministes saluent ces « combattantes de larrière », une grande partie de la société craint la « masculinisation » des femmes et dénoncent la confusion des sexes et danarchie morale. Les syndicats ouvriers font partie de cette arrière garde conservatrice et manifestent leur attachement à lidéal de la femme gardienne du foyer et sont très méfiants face à la présence de femmes dans les métiers masculins.
Les femmes travailleuses, quant à elles, vivent cette expérience de manières tres diverses, selon leur âge, leur résidence, leur fonction. Pour les plus jeunes et les filles de la bourgeoisie, engagées comme infirmières à la Croix Rouge et les munitionnettes bien rémunérées, cette expérience est vécue comme émancipatrice. Pour les mères de familles de milieux populaires, en revanche, cela est vécu comme un surmenage.
En 1917, les femmes se joignent aux contestations contre la guerre. Tandis que les hommes sont de plus en plus nombreux à se mutiner, les femmes multiplient les mouvements de grève.
La crise des années 1930 aggrave les discriminations.
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, malgré la contribution des femmes à leffort de guerre, celles-ci nont pas obtenu de négocier de nouveaux rapports avec les hommes.
Ainsi, elles nobtiennent pas le droit de suffrage malgré les actions des suffragettes.
Pourtant, dans les années 1920, dans un contexte de pénurie de main duvre, on continue de recourir à la main duvre féminine qui ne cesse de progresser dans le marché du travail. Les veuves et les célibataires ne sont pas les seules à sinsérer dans le marché de lemploi. En effet, la part des femmes mariées progresse : en 1920, 50% et en 1936 55% des salariées sont mariées.
Par ailleurs, les femmes sont de plus en plus nombreuses dans les secteurs industriels traditionnellement considérés comme masculins comme les industries mécaniques, chimiques, électriques.
Dans ce contexte de pénurie de main duvre et de déficit de naissances, lEtat met en uvre une politique encourageant la natalité et réactive le modèle de la femmes-mère au foyer sans profession. Cela se traduit par les mesures suivantes : primes à la natalité pour les familles de 3 enfants et plus, création de la fête des mères (1926), allocations familiales en 1932. A cela sajoute un arsenal de répression de lavortement et de la contraception.
Malgré cette politique nataliste, les familles résistent davantage à la pression nataliste de lEtat. Par conséquent, la natalité chute et les femmes cherchant à limiter le nombre de naissances sont de plus en plus nombreuses, notamment en pratiquant des avortements clandestins. Ainsi, la natalité atteint son niveau le plus bas dans les années 1930 et il arrive que le nombre de décès dépasse celui des naissances (en 1937 le nombre de décès dépasse de 11.000 celui des naissances et en 1938 ce chiffre est de 35.000).
Les hommes et les femmes ne subissent pas la crise de la même façon et les discriminations hommes-femmes saggravent. Ainsi, non seulement elles subissent davantage le chômage, mais en plus les femmes mariées nont pas le droit à lassurance-chômage et ne sont inscrites nulle part.
En outre, les programmes de travaux publics destines à relancer léconomie et à atténuer le chômage concernent surtout lindustrie lourde et le bâtiment et par conséquent profitent essentiellement aux hommes.
Par conséquent, dans ce contexte de crise la pression sociale et de lEtat est très forte pour les renvoyer au foyer. Ainsi, en novembre 1938 est instituée une allocation mensuelle pour les mères au foyer. Les femmes alors considérées sur e marché de lemploi comme concurrentes des hommes.
Les femmes ne sont plus alors considérées ni comme salariées, ni comme chômeuses.
A partir de 1936, larrivée du Front Populaire au pouvoir réveille les revendications spécifiques aux femmes (multiplication des grèves pour demander une amélioration des conditions de travail) dans le monde du travail, toutefois, les réformes engagées par le Front Populaire ont entériné les inégalités salariales. En effet, si les Accords Matignon (7 et 8 juin 1936) ont amélioré les conditions salariales et de travail des ouvriers et garanti les droits syndicaux, ils ne prévoient pas légalité salariale entre hommes et femmes. Une enquête réalisée en 1938 montre même que les écarts de salaires entre hommes et femmes se sont accrus dans lindustrie et les services.
La seconde guerre mondiale.
Comme pendant la Première guerre mondiale, les femmes ont participé activement à leffort de guerre, mais cette fois à une échelle plus importante.
Dabord, elles remplacent les hommes dans les métiers traditionnellement considérés comme masculins.
La propagande invite les femmes à rejoindre les services auxiliaires de larmée (transport, communications, médicaux).
Bien quil soit difficile de les comptabiliser en raison de leurs actions clandestines, la participation des femmes aux mouvements de Résistance est attestée.
Par ailleurs, la condition des femmes va subir une régression pendant le gouvernement de Vichy qui glorifia le rôle maternel. Cette idéologie conservatrice se manifeste par de nombreuses mesures qui font reculer les droits des femmes. Parmi elles, on trouve :
La loi du 11 octobre 1940 interdisant lembauche de femmes mariées, les excluait de la fonction publique et prévoyait la mise à la retraite des femmes de plus de 50 ans.
Le projet constitutionnel de Vichy prévoyait le vote familial.
Renforcement de la répression de lavortement et de ladultère.
Restriction du droit au divorce.
Pénalisation de lhomosexualité.
Il est important également de signaler la participation active de certaines femmes dans la Résistance. Toutefois, elles sont sous-représentées dans les postes de pouvoir. Ainsi, aucune femme ne siège au Conseil National de la Résistance.
+ problème des femmes tondues à la Libération.
Femmes et hommes en France depuis 1945
CONTEXTE :
Baby-boom daprès-guerre.
Développement du Welfare State (Etat-providence).
Libération sexuelle et maîtrise de la maternité: moindre influence de la religion, accès aux moyens de contraception, à lavortement (1975 en France)
FEMMES ET EVOLUTION DU MARCHÉ DU TRAVAIL.
Laccroissement du salariat féminin constitue un phénomène social majeur de la 2nde moitié du XXème siècle dans le monde occidental.
Ainsi, en 1940, les femmes mariées exerçant une activité rémunérée formaient moins de 14% de la population féminine totale aux EUA. En 1980, elles étaient plus de 50% et cest entre 1950 et 1970 qua été enregistrée laugmentation la plus rapide.
Cette évolution alla de pair avec le développement du secteur tertiaire.
EN France, le nombre de femmes actives est passé entre 1962 et 2005 de 6,7 millions à 12,1 millions (hommes : de 12,6 à 14,2). Le taux dactivité des femmes de 25 à 49 ans est passé de 40 à plus de 80%. Ni la baisse de la croissance, ni lapparition dun chômage massif et structurel nont arrêté cette progression. Elle résulte de la salarisation de la main duvre féminine et du fait que les femmes continuent désormais à exercer une activité professionnelle même quand elles ont des enfants.
Toutefois, les inégalités entre les hommes et les femmes nont pas disparu.
CONCLUSION.
Les Trente Glorieuses marquent lapogée de la société industrielle, avant une remise en cause et une affirmation des sociétés postindustrielles caractérisée par une accélération des mutations.
Limmigration et la société française au XXème siècle
EXPLOITATION DU FILM SUR LHISTOIRE DE LIMMIGRATION EN FRANCE DEPUIS LA FIN DU XIXème SIECLE.
HYPERLINK "http://www.histoire-immigration.fr/histoire-de-l-immigration/le-film" http://www.histoire-immigration.fr/histoire-de-l-immigration/le-film
Vous allez visionner sur le site Internet de la CNHI, un film documentaire réalisé par des historiens à partir de documents authentiques.
A laide des titres et des commentaires, vous répondrez aux questions suivantes :
Séquence No1 : Avant 1914
Relevez qui sont les principaux groupes dimmigrés en France avant 1914.
Quelles sont les raisons qui ont poussé ces migrants à quitter leurs pays ?
Combien la France compte t-elle dimmigrés à la veille de la Première Guerre Mondiale ?
Pourquoi limmigration sest-elle développée dans la France de cette époque ?
Comment évolue alors la politique française dimmigration ?
Comment sexpliquent les tensions de la fin du siècle entre les immigrés et les autres travailleurs ?
Séquence No2 : De 1914 à 1939
Pourquoi les auteurs du film ont-ils consacré une séquence entière à la 1ere guerre mondiale ? (Il sagit ici de montrer que ce conflit constitue une étape importante de lhistoire de limmigration)
Comment évolue limmigration en France dans les années 1920 ? (Souligner les différences par rapport à la période précédente)
Pour quels migrants la France est-elle une terre dasile entre les deux guerres et pourquoi ?
Quel est limpact de la crise ?
Séquence No3 : De 1939 à 1945 (2nde guerre mondiale)
Ressources :
Film : Indigènes
Livre : Jorge Semprun, Quel beau dimanche.
Quelle est la particularité de limmigration pendant la 2nde guerre mondiale (en termes de provenance des immigrés et de causes de limmigration) ?
Comment évolue la politique migratoire pendant le gouvernement de Vichy ?
Qui sont les étrangers qui sengagent dans la Resistance et pour quelles raisons ?
Séquence No4 : De 1945 à 1974 (Trente Glorieuses)
Comment sexplique les nouveaux besoins en population immigrée après la guerre ?
Quels moyens utilise lEtat français pour organiser limmigration après la guerre ?
Pourquoi peut-on dire que limmigration échappe malgré tout au contrôle de lEtat français ?
Comment évolue lorigine nationale des immigrés au cours de cette période ?
Pourquoi peut-on dire que la population immigrée a contribué à la prospérité de la France pendant les Trente Glorieuses ?
Séquence No5 : De 1974 à aujourdhui.
Comment évolue la politique migratoire française au cours de cette période ?
Quels nouveaux immigrés entrent en France après 1974 ?
Quest-ce qui a rendu difficile lintégration des populations immigrées dans la population française dès 1945 ?
Montrez que limmigration est à la fois source de diversité culturelle et de tensions dans la société française ?
Sujet de composition :
A laide des informations de ce documentaire et des réponses aux questions, rédigez une réponse organisée et argumentée au sujet suivant : Comment a évolué limmigration en France depuis la fin du XIXème siècle ?
Fiche méthode pages 60-61 : Comprendre un sujet de composition et présenter une composition.
Fiche méthode pages 92-93 : Rédiger une introduction.
INTRODUCTION.
Définition du sujet
Plus tôt que ses voisins européens, la France doit recourir à limmigration dès la fin du XIXème siècle à cause dun taux de natalité plus faible quailleurs. Puis, tout au long du XXème siècle, la France saffirme comme pays dimmigration, tandis quau cours de la période lorigine géographique des immigrés évolue. Plutôt européenne au début du XXème siècle, limmigration est de plus en plus originaire des anciennes colonies françaises dAfrique, surtout depuis les Trente Glorieuses. Pendant, les périodes de crise, cette arrivée détrangers sur le sol français, suscite des réactions xénophobes.
Problématique
Comment a évolué la place des immigrés dans la société française au cours du XXème siècle ?
Annonce du plan
La France connaît une immigration précoce et peine à intégrer ses immigrés au début du XXème siècle. Pourtant, dans le contexte des Trente Glorieuses, le pays doit encourager larrivée de nouveaux étrangers, mais maîtrise mal ces nouveaux mouvements migratoires. Enfin, face à lampleur du phénomène, limmigration devient un débat central de la vie politique du pays au cours des trois dernières décennies du XXeme siècle.
Immigration précoce et intégration difficile dès la première moitié du XXeme siècle
Une immigration massive et de proximité.
La France, qui manque de main duvre pour son industrie, en raison dune croissance démographique et dun exode rural trop faibles, recourt à limmigration dès les années 1880. Tandis que des populations européennes migrent vers le continent américain, la France connaît une pénurie dactifs. Dès 1891, le pays compte plus dun million dimmigrés.
Les compagnies minières et industrielles recrutent directement la main duvre étrangère. Les immigrés sinstallent notamment dans les grands bassins industriels du Nord et de lEst de la France. Lagriculture les emploie comme journaliers ou saisonniers.
Cette vague dimmigrants est principalement composée dEuropéens : Italiens, Espagnols, Belges et à partir des années 1920, Polonais.
Une participation active des immigrés à la vie économique et aux combats des deux guerres.
La majorité de ces immigrés fuient la pauvreté, les persécutions politiques et religieuses.
La loi de 1889 facilite leur intégration en accordant la nationalité française à tous les enfants nés en France de parents étrangers (droit du sol).
Pour son régime démocratique et républicain stabilisé, la France est devenue un pays attractif.
Nombreux sont ceux aussi qui sengagent dans la Première guerre mondiale, puis dans la Resistance à lOccupation allemande pendant la 2nde Guerre mondiale. Dès la 1ere Guerre mondiale, lEtat organise le recrutement de la population dorigine étrangère. Il signe des conventions avec des pays étrangers afin dassurer légalité de traitement aux immigrés ainsi que des contrats de travail.
Durant lentre-deux-guerres, la France devient lun des premiers pays dimmigration. La loi sur la nationalité de 1927 encourage ces mouvements migratoires car elle facilite les naturalisations. En 1911, on compte 1,1 million détrangers, en 1931, ils sont près de 3 millions (7% de la population française).
Un climat dhostilité aux étrangers
Lintégration de la population immigrée se fait en plusieurs étapes : dans un premier temps les immigrés conservent leur nationalité dorigine, vivent entre eux, ont leurs propres associations et journaux et pratiquent leur langue dorigine. Mais, après avoir fondé une famille en France, ils finissent par sintégrer.
Lhostilité aux étrangers se manifeste dès le XIXème siècle. Elle résulte dune rivalité économique au sein de la population ouvrière qui sexacerbe en temps de crise. La xénophobie cimente aussi la construction de lidentité nationale.
La crise des années 1930 contraint plusieurs centaines de milliers dimmigrés à quitter la France, tandis que lEtat prend des mesures discriminatoires à légard des immigrés (expulsions). La population étrangère passe alors de 2,7 à 2,4 millions entre 1931 et 1936. En 1939, les décrets Daladier sont le point de départ des camps dinternement qui annoncent les futures lois dexpulsion du régime de Vichy.
Immigration encouragée mais mal maîtrisée pendant les Trente Glorieuses.
Relance de limmigration à partir de 1945 et diversification des origines des immigrés.
A partir de 1945, limmigration est relancée par nécessité de reconstruire le pays et de soutenir lactivité économique. Ce mouvement saccélère même dans les années 1950 car la croissance économique accroît les besoins de main duvre, dautant plus que la guerre dAlgérie amplifie le manque dhommes (environ 500.000 jeunes sont partis combattre en 1956). LEtat gère a venue dimmigres par lintermédiaire de lOffice National dImmigration qui signe des accords avec de nombreux pays (Espagne, Portugal, Maroc, Algérie après 1962).
Même si les Européens (parmi lesquels surtout des Espagnols) constituent toujours la majorité des immigres (61% en 1975), la répartition par nationalités se transforme : les Portugais connaissent la progression la plus spectaculaire (20.000 en 1954 760.000 en 1974). Mais surtout, la nouveauté repose sur larrivée massive de Maghrébins a partit des années 1960 : ce sont le plus souvent des hommes seuls. Ils représentent près de 39% des migrants en 1975. Au total, les étrangers sont 3,4 millions en France en 1975, soit 6,5% de la population française.
Une insertion difficile
Les immigrés vivent dans des conditions difficiles alors que le reste de la société est en pleine croissance et voit ses conditions de vie saméliorer grâce à cette croissance. La pénurie de logements et la conviction quils ne sont que de passage favorisent le développement des habitats précaires : foyers de travailleurs, baraquements, bidonvilles.
Apres 1960, ces faits sont dénoncés : une politique sociale dinsertion se met en place et la construction de grands ensembles permet de loger une partie dentre eux.
Le réveil des réactions xénophobes
Une figure négative de limmigré se dessine à mesure quune ségrégation sociale sinstalle. La division du travail a lintérieur du pays cantonne les immigrés aux travaux pénibles et sous-payés. Les immigrés se retrouvent très majoritairement dans lindustrie ou ils occupent des postes peu qualifiés (manuvres OS dans lautomobile), parfois dangereux (dans les BTP). Ils sont aussi présents dans les services (petit commerce, personnel de service comme femmes de ménage) et lagriculture (Cf. Espagnols dans le Sud de la France)
Larrivée massive des Algériens (711.000 en 1974), puis après 1958 des Marocains et des Tunisiens, dans le contexte dune décolonisation qui sest parfois déroulée violemment (Guerre dAlgérie) réveille des réactions xénophobes.
Immigration en débat à la fin du XXeme siècle
Augmentation du nombre dimmigrés malgré la crise.
A partir de 1974, avec la montée du chômage, lEtat français (Valery Giscard dEstaing) président) suspend officiellement limmigration. Cependant, au même moment le gouvernement met en place la politique du regroupement familial (1976) qui permet larrivée des familles des immigrés déjà présents sur le territoire français.
Dans les années 1980, sous la présidence du socialiste François Mitterrand, la régularisation des travailleurs sans-papier encourage aussi larrivée de nouveaux immigrés. En outre, les refugies politiques sont toujours autorisés à sinstaller dans le pays.
Les gouvernements successifs tentent a la fois de réguler les mouvements migratoires, de lutter contre limmigration clandestine et de faciliter lintégration des immigrés réguliers. Les immigrés, majoritairement ouvriers sont particulièrement touchés par le chômage et la pauvreté. En 1993, ils forment 5,8% des salariés mais représentent 12% des chômeurs. Leur isolement dans la société française se manifeste aussi par la situation de leur logement : en effet, la plupart dente eux se concentre dans des quartiers défavorisés dans les banlieues des zones urbaines.
Débats autour de limmigration, lintégration et lidentité nationale.
Au cours des années 1970, les immigrés originaires dAfrique noire, du Maghreb ou dAsie sont de plus en plus nombreux, tandis que la part des immigrés européens recule. Le nombre global détrangers augmente peu a partir de 1974, mais un grand nombre deviennent français par mariage ou naturalisation.
Le problème qui se pose désormais est celui de lintégration. Les immigres dorigine maghrébine et africaine sont souvent confrontés a la discrimination, ce qui oblige la société française à réfléchir a la condition des minorités dorigine étrangère.
Par ailleurs, le déclin de la natalité ajouté au vieillissement de la population relance le débat sur la nécessité dune immigration de travail.
Les tensions provoquées a la fois par les difficultés dintégration et par le déclin démographique accroît laudience de mouvements dextrême droite et se manifeste par le poids électoral accru du Front National. La crise économique alimente dautant plus le fond électoral de ce parti dextrême droite. On peut dire quà partir des années 1980, limmigration devient un enjeu politique et médiatique.
Les difficultés dint
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