Td corrigé la mobilite sociale - Free pdf

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TD 6 TES, Février 09 ... Ni les relations, ni la naissance ne doivent conditionner la réussite sociale. .... C. Rebière, « La mobilité sociale », Écoflash, janvier 1993, CNDP. Annexe .... et les capacités financières de la famille à prendre en charge les études des enfants (cours particuliers, études supérieures, .... Comment faire ?




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Jules Ferry (1832-1893), ministre de l'instruction publique, rend l'enseignement primaire gratuit, laïc et obligatoire. L'école a pour but d'assurer l'égalité des chances : idéal méritocratique qui tend à briser le modèle de reproduction sociale.
L'idéal méritocratique repose sur le principe suivant : "à chacun selon ses dons et ses mérites". Ni les relations, ni la naissance ne doivent conditionner la réussite sociale. Aujourd'hui, les sociétés modernes sont fondées sur l'idéal méritocratique. (C'est l'avis de Tocqueville)
La démocratisation quantitative est la massification. C'est une condition nécessaire mais pas suffisante à la démocratie réelle de l'enseignement.
La démocratisation qualitative concerne l'égalité des chances.





Travail proposé. A l’aide du travail préparatoire, faites le plan détaillé de la question de synthèse.


Travail préparatoire

1- Donnez une preuve pertinente dans chacun des doc 12, 14, 15 p 171, 172, montrant la massification de l’enseignement.
2- Quelles explications le doc annexe 1 apporte-t-il sur cette massification ? (Organisez votre réponse argumentée sans paraphraser)
3- Donnez une preuve pertinente dans chacun des doc 12, 14, 15 p 171, 172, relativisant la démocratisation de l’enseignement.
4- Montrez que les caractères sociaux du milieu familial jouent non seulement dans la réussite scolaire mais aussi dans la réussite professionnelle. (utilisez les doc 1 p 185, 24 p 177 et annexe 2)
5- En quoi la détention d’un capital économique familial influe-t-elle sur la réussite scolaire et professionnelle (connaissances)
6- L’école a-t-elle une responsabilité dans la reproduction sociale ? (annexe 3)






Question de synthèse : après avoir analysé la massification de l’enseignement, vous montrerez qu’elle n’a pas forcément permis une plus grande égalité des chances.

I - Une démocratisation quantitative de l'enseignement : la massification
A - Constat.
B - Explications
II - La massification n'a pas accru l'égalité des chances
A– Constat.
B – Explications.









Annexe 1 :
Les raisons d'un tel bouleversement sont multiples. Il faut sans doute ne pas négliger des facteurs externes à l'institution scolaire et propres aux années 1960: l'époque est à la croissance économique et à l'augmentation des revenus réels. Or l'éducation est un bien « supérieur», c'est-à-dire que sa « consommation » augmente de façon plus que proportionnelle au revenu. De fait, la scolarisation s'allonge. Les années 1980 sont quant à elles marquées par l'émergence d'un taux de chômage massif. [ ... ] Sans être des experts, les familles ont une connaissance intuitive de cette situation de l'emploi et plus généralement des difficultés grandissantes d'insertion sur le marché du travail : la poursuite des études constitue logiquement une alternative pertinente à la recherche incertaine d'un emploi. L'importance croissante des reprises d'études après une première sortie de l'institution scolaire constitue un autre indicateur de l'attrait nouveau que constitue la formation scolaire.
Sans aucun doute, ces facteurs externes à l'institution scolaire n'auraient eu qu'un effet limité sur l'allongement de la scolarité si l'institution scolaire n'avait pas, parallèle-nient, recherché activement l'émergence d'un tel mouvement. On en trouvera des indices multiples, parfois anciens d'ailleurs, notamment dans l'analyse de la gratuité de l'enseignement secondaire mise en œuvre dans les années 1930. [ ... ] L’offre quantitativement croissante d'éducation se double d'une modification des formations offertes. [ ... ] L'allongement de l'obligation scolaire en 1959 et la création des CES [Collèges d'enseignement secondaire] va également favoriser cette poursuite d'études des élèves antérieurement scolarisés dans les cours complémentaires et les collèges d'enseignement général. Il en sera de même de la création des nouvelles classes de quatrième et troisième technologiques à partir de 1986. Cette modification de la définition du collège unique va en effet limiter sensiblement les effectifs scolarisés dans les filières professionnelles courtes qui commençaient dès la quatrième, et contribuer de façon décisive à la scolarisation complète des 11-17 ans dans un premier cycle formellement unifié.
Pierre Merle, « Les transformations de l'enseignement secondaire français», La Découverte, 2000.



Annexe 2 :
Les individus sont des acteurs qui cherchent à rentabiliser leur investissement scolaire en choisissant la combinaison « coût-risque-bénéfice » la plus utile. Les faits d'ensemble constatés en matière d'éducation : le choix des filières, la réussite, l'augmentation de la scolarisation, etc., résultent de l'agrégation de multiples décisions individuelles au sein de l'espace social défini par l'école. Les motivations des individus, leurs attentes et leurs décisions sont distinctes suivant la catégorie sociale. Par exemple, l'ambition des milieux aisés se fonde sur deux convictions : l'importance déterminante des réussites scolaires pour obtenir une position élevée, et la multiplicité des remèdes pour aider les élèves. Dans les milieux populaires, l'obstacle est l'idée que la scolarisation n'est pas toujours utile. Ainsi, financer une formation de coiffeuse parait rentable puisque c'est un métier. C. Rebière, « La mobilité sociale », Écoflash, janvier 1993, CNDP.


Annexe 3 : Le rôle de l’école.
Dans une société démocratique, l’école apparaît comme le moyen de permettre à tous l’accès à tous les statuts sociaux dans la mesure où les diplômes qu’elles confèrent sont ouverts à tous et ne sont pas décernés selon l’origine sociale. Seuls les résultats aux examens et concours, c’est à dire les mérites de chacun, permettent de les obtenir. Or les diplômes jouent un rôle majeur, en particulier en France, dans l’attribution des statuts sociaux. L’école est-elle le lieu de l’égalité des chances, comme on le souhaiterait ?

Pour Pierre Bourdieu (courant holiste ou macrosociologique), l’école reproduit et légitime les inégalités sociales de départ.
(L’école reproduit les inégalités : elle traite tous les enfants également mais les enfants sont différents selon leur origine sociale. Et la culture qui est transmise et réclamée à l’école se rapproche beaucoup de la culture transmise par les milieux favorisés à leurs enfants. Résultat : ces enfants vont retrouver dans les exercices proposés les mêmes exigences ou les mêmes contenus que ce que l’on exige au sein de leur famille. Ils vont donc plus facilement, plus « naturellement » peut-on presque dire, réussir à l’école.
(L’école légitime ces inégalités : en donnant le vernis du diplôme à ces inégalités, l’école les rend légitimes, acceptables, puisque pour tout le monde, réussir (ou ne pas réussir) traduit des mérites scolaires différents et non des inégalités sociales de départ.



L'école et la mobilité sociale (correction)

TRAVAIL PREPARATOIRE :

Q1 : doc 13 p 171 : Le taux d’accès à l’enseignement supérieur a été multiplié par 2 entre 1984 et 2002 (+ de 50% des jeunes ont accès à l’enseignement supérieur en 2002). L’accès des enfants d’ouvriers a été X3.
Doc 14 p 172 : Le taux d’obtention du bac est passée de 5% de la génération née avant 1929 plus de 80% pour la génération née entre 1974 et 1978.
Doc 15 p 172 : Les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur se sont réduites entre jeunes de milieu supérieur et jeunes de milieu populaire. La génération née entre 1959 et 1968 des jeunes de milieu populaire ont 2 fois moins de chance que celle née entre 1919 et 1928 de ne pas avoir de diplôme d’enseignement sup/ aux enfants de milieux supérieur.
On assiste donc à une hausse quantitative du nombre de jeunes accédants aux études => démocratisation quantitative car massification scolaire.


Q2 : annexe 1
l’école est un service non marchand qui ( plus que proportionnellement au revenu (= bien supérieur).
Demande de la famille en période de chômage ( plus facile de trouver un emploi quand on est diplômé.
L’offre d’éducation ( et se diversifie : de plus en plus de formations sont proposées ( les transformations économiques structurelles demandent un niveau plus élevé de formation.


Q3 : doc 13 : le taux d’accès au sup est 2 fois plus élevé pour les des catégories en haut de la hiérarchie sociale que pour les enfants d’ouvriers en 2002.
Doc 14 : Même si part des enfants d’ouvriers obtenant le bac n’a cessé d’augmenter, l’écart avec les enfants de cadres (même s’il s’est réduit) reste conséquent puis que le taux d’obtention du bac est 2 fois + élevé pour les enfants de cadres.
Les inégalités se situent également quant au type de bac obtenu.
Doc 15 : plus le niveau d’étude s’élève et plus l’écart se creuse entre enfants de milieux supérieur et enfants de milieu populaire : 40X pour l’obtention d’un diplôme d’une très grande école.

=> La démocratisation quantitative existe mais celle qualitative n’a pas vraiment eu lieu.


Q4 : Rôle de la famille (origine sociale) dans la réussite scolaire :
Selon Pierre Bourdieu (Il est  HYPERLINK "http://www.skyminds.net/economie/05_homme_etre_social.php" holiste comme Emile Durkheim et pense que la société agit sur l'individu, les pratiques des individus étant socialement déterminées.), chaque individu dispose de ressources, largement léguées par l’origine sociale, assimilables à des capitaux. Il peut les utiliser dans les divers domaines de la vie sociale : l’école comme l’emploi (ou même les loisirs). Ces ressources sont inégalement réparties, ce qui explique l’inégale capacité des individus à occuper telle ou telle position sociale. Ainsi, pour cet auteur les familles transmettent à leurs enfants 3 types de capitaux :
Le capital économique : montant et composition des revenus ainsi que du patrimoine. Par exemple, il permet la transmission d’une entreprise, il facilite la réussite scolaire (conditions de travail, cours suppl…).
Le capital social : ensemble des relations (offrant un réseau d’informations quant aux choix des options, des filières… par exemple) dont un individu dispose en raison de son appartenance à un groupe social.
le capital culturel: en plus d’un capital culturel matériel (les livres, les œuvres d’art, l’accès aux voyages, aux médias, …) les enfants des catégories favorisées disposent avant tout d’un capital culturel hérité ou plus largement d’un habitus (ensemble des ressources culturelles et symboliques, des manières de penser, de sentir et d’agir inculquées et transmises par la famille (ex : culture générale avec goût pour la culture savante, mais aussi maîtrise de la langue, de la syntaxe, du vocabulaire, information sur l’orientation, aide pour le travail scolaire, transmission d’une ambition…)). Ce capital culturel (« culture libre ») est utilisable en particulier à l’école.

Pour Raymond Boudon (partisan de  HYPERLINK "http://www.skyminds.net/economie/05_homme_etre_social.php" l'individualisme méthodologique, tout comme Max Weber, il part du comportement des individus, de leurs choix, de leur motivation, compte tenu des contraintes), l’école est « ponctuée de choix d’orientation ». L’individu, étant un être rationnel, va mettre en place une stratégie pour prendre une décision à chaque pallier d’orientation : continuer, arrêter. Il va alors comparer les coûts et les risques aux avantages (des coûts : finances, livres ; des avantages : revenu correspondant au diplôme, mobilité sociale ; des risques : réussite aléatoire)
Les choix dépendent de l’origine sociale :
Dans les familles favorisées on surestime les avantages par rapport aux coûts et aux risques ( on veut maintenir l’enfant dans un enseignement long en dépit d’un coût élevé car l’avantage retiré en sera bien plus important.
Dans les familles populaires, on surestime, au contraire les coûts et les risques par rapport aux avantages ( l’investissement dans des études longues et générales est jugé trop important pour un résultat trop aléatoire. Le problème se pose surtout (dans ces catégories) lorsque le niveau de l’élève est moyen ou faible.

Rôle de la famille (origine sociale) dans la réussite professionnelle: L'effet de dominance ou la différence dans les trajectoires post-scolaires. Est-ce que le fils de cadre et le fils d'ouvrier, titulaires d'un même diplôme, sont enfin à égalité sur le marché du travail ? Non : le groupe familial agit en aval de l'école sur le rendement social du diplôme. C'est l'effet de dominance selon les sociologues : l'origine sociale joue comme une force de rappel et continue à faire sentir ses effets. Tout au long de la vie professionnelle, le milieu social d'origine a de l'importance. Les sociologues emploient le terme de qualification sociale ou de savoir être. Cette qualification sociale s'acquiert ailleurs qu'à l'école.


Q5 : La détention d’un capital économique familial influe sur la réussite scolaire et professionnelle :
Le niveau de revenu détermine les conditions de vie (taille du logement, quartier…) et les capacités financières de la famille à prendre en charge les études des enfants (cours particuliers, études supérieures, logement, transport…), tout autant d’éléments qui participent à la réussite scolaire, à la poursuite d’études, même coûteuses, longues et éloignées du domicile familial. A l’inverse, le défaut de capital économique génère des conditions d’apprentissage et des choix de poursuite d’étude limités. Les étudiants, qui doivent, pendant leurs études, avoir une activité professionnelle subissent davantage l’échec scolaire.
Q6 : Bourdieu s’attache à démontrer que le système scolaire est l’un des instruments que les familles des groupes sociaux les mieux dotés en capital culturel utilisent pour assurer leur reproduction sociale. En effet, les pratiques pédagogiques valorisent et légitiment une culture savante qui est acquise par les enfants des classes dominantes essentiellement en dehors de l ‘école (culture libre). L’école sélectionne les élèves selon leur connaissance de la culture savante, celle que maîtrisent les classes favorisées et dont sont éloignées les classes populaires. Ceci explique que les enfants issus de milieux favorisés, dotés d’un fort capital culturel aient une meilleure réussite scolaire que les enfants issus de milieux sociaux défavorisés ( La classe dominante reproduit sa domination sur les classes dominées grâce à l ‘école.
Ainsi, selon P. Bourdieu le système donne l’impression de l’égalité des chances, tout en faisant de l’école un instrument de sélection sociale (traiter tous les élèves comme égaux ne permet pas une réelle égalité des chances puisque les enfants sont différents selon leur origine sociale).


SYNTHESE :
I/ Une démocratisation quantitative de l'enseignement : la massification
A - Constatations (utiliser Q1) Le système scolaire s'est démocratisé sur le plan quantitatif.
Tous les enfants, quelle que soit leur PCS, ont davantage accès au bac. Les années 1980 ont vu le développement d'une politique d'enseignement secondaire de masse, couplé avec un objectif de 80% d’élèves au bac.

Cette explosion scolaire a profité aux filles (ce sont les filles des classes moyennes qui ont été les premières bénéficiaires de ce mouvement d’expansion) et bien entendu aux enfants des classes populaires qui ont su tirer profit de la démocratisation pour améliorer leurs performances scolaires.


B– Explications (utiliser Q2)
Le diplôme joue un rôle déterminant dans l'ascension sociale. L'école accompagne donc l'évolution structurelle comme vecteur de la mobilité nette. L'économie française se modernise et a besoin de plus en plus de main d'oeuvre qualifiée.
Il y a une volonté de la part des parents de voir leurs enfants réussir ainsi qu'une volonté de l'Etat : Obligation scolaire jusqu'à 16 ans, création de différents bacs, zones d'éducation prioritaires (ZEP), bourses, livres gratuits jusqu'en 3ème, créations de filières courtes dans l'enseignement supérieur.

=> L'idéal méritocratique repose sur le principe suivant : "à chacun selon ses dons et ses mérites". Ni les relations ni la naissance ne doivent conditionner la réussite sociale. Aujourd'hui, les sociétés modernes sont fondées sur l'idéal méritocratique. Et pourtant…




II/ La massification n'a pas accru l'égalité des chances
A – Constatations (utiliser Q3)
- Le système scolaire s'est hiérarchisé en de multiples niveaux, de valeurs différentes : bac général, bac pro, bac technique, choix de langues vivantes et de langues mortes, filières courtes et filières longues, gratuit et payant, établissement privé ou public, centre et banlieue... Le système scolaire continue à hiérarchiser et à différencier les élèves.
- Les grandes écoles ne sont quasiment fréquentées que par les classes dominantes. Les inégalités diminuent pour polytechnique mais un enfant de cadre a 36 fois plus de chance d’intégrer polytechnique qu’un enfant d’ouvrier !
( Les classes prépa donc les grandes écoles aussi montrent toujours un recrutement très fermé.
Les jeunes issus des classes populaires s’orientent vers des formations supérieures généralement plus courtes (BTS, IUT) ou certaines filières de l’université (lettres, sciences humaines).
- L’échec scolaire prend de nouvelles formes : redoublements, filières moins prestigieuses, octroi de diplômes dévalués sur le marché du travail.



B - Explications
- Le poids de l'origine sociale : (utiliser Q4 et 5)
La situation qu'atteint un individu dépend largement de sa position sociale d'origine. L'idéal méritocratique n'est pas respecté. Ce qui joue beaucoup dans la réussite scolaire, ce sont les caractères sociaux du milieu familial. Dans les familles aisées, la réussite scolaire est perçue comme un impératif : l'enfant est maintenu le plus longtemps possible à l'école (même au prix de plusieurs redoublements). Dans les familles populaires, c'est vraiment si l'enfant est bon sinon il cherche un emploi.

- La responsabilité de l’école : (utiliser Q6)
Pour Bourdieu, l'école favorise le capital culturel. La culture légitimée est celle de la classe dominante. Les enfants de la classe populaire doivent apprendre une autre culture, réaliser un véritable processus d'acculturation. Par le jeu de l'habitus, le système scolaire reproduit ces divisions et ces classements.
Pour Boudon, les classes populaires choisissent les filières les moins valorisantes : phénomène d'auto-exclusion. D'après lui, l'école n'est pas responsable. A chaque bifurcation, un choix est effectué. Ce sont ces stratégies qui sont génératrices d'inégalités car elles dépendent du milieu social.



Conclusion : L'école peut être facteur de mobilité sociale : elle y participe mais imparfaitement. D'un côté, elle doit sélectionner et, de l'autre, elle doit assurer l'égalité des chances. Comment faire ? Le système éducatif semble avoir réussi dans son rôle de faciliter la mobilité structurelle. Par contre il peut largement mieux faire dans sa mission initiale : donner à tous les mêmes chances de réussite. Les politiques de discrimination positive ont-elles une efficacité  en la matière ?







"L'acquisition d'un diplôme scolaire supérieur à celui de son père n'assure pas au fils une position sociale plus élevée". Le diplôme est comme une monnaie : il connaît aussi une inflation qui entraîne une baisse de la valeur des diplômes. Le lien entre le diplôme et le statut social se relâche. Le paradoxe d'Anderson s'explique par le décalage entre la croissance forte du nombre de diplômes élevés et la croissance faible du nombre de positions sociales correspondant à ces diplômes.
Eléments de correction sur le CHP2.
Question 1.
Dans les sociétés industrielles, l'évolution de la structure sociale est génératrice de mobilité sociale. Par exemple, l'exode rural lié aux évolution combinée de la demande et de la productivité a contraint les fils de paysans a quitté la terre.
Les facteurs de la mobilité sont :
- l'évolution des PCS. (cf question 2) L'exode rural, la salarisation, la tertiairisation et le développement des emplois qualifiés expliquent ces mutations.
- la féminisation de la population active. Les femmes favorisent la mobilité des hommes. Occupant des postes au bas de la hiérarchie, elles laissent aux hommes les emplois les plus élevés dans cette hiérarchie. A terme, l'augmentation du taux d'activité féminine risque de devenir un frein à la mobilité ascendante des hommes, les femmes leur faisant concurrence y compris sur ces emplois qualifiés.
- la fécondité différentielle. Les catégories qui ont plus d'enfants que le nombre de postes à pourvoir force la mobilité sociale (ex: les paysans). A l'inverse celles qui ont moins d'enfants que le nombre de postes à pourvoir sont consommatrice de main d'œuvre...venue des autres PCS. Le malthusianisme des classes moyennes les favorise donc. De plus avoir peu d'enfants permet un surinvestissement des parents.

Question 2
On constate :
- une baisse considérable de la part du nombre des agriculteurs exploitants. Commencée après la 1ère GM, elle s'accélère après la 2è GM.
- Le déclin des "artisans, commerçants que l'on croyait inéluctable est enrayé à partir de 1975.
- la nette diminution de la part des ouvriers (et du nombre) à partir de 1975 alors que leur part avait augmenté dans l' après 2è GM. Leur déclin numérique commence seulement en France dans les années 80.
- une augmentation considérable de la part des cadres supérieurs, cadres moyens et employés.2 explications:
- l'augmentation des "cols blancs", quelque soit leur qualification quand les "cols bleus" voient leur part se réduire signe le passage d'une société industrielle à une société postindustrielle.
- on peut aussi se contenter d'opposer l'augmentation du nombre des employés et la diminution de celui des ouvriers en estimant qu'il n'y a là que la substitution d'une catégorie d'exécution à une autre.
Les changements observés depuis la 2è GM sont d'importance et parfois rompent avec les évolution de longue période. Par exemple alors que la montée du salariat semblait sans limite, le maintien voir le développement des artisans, commerçants et surtout des autres indépendants pose problème.

Question 3.
Si l'on admet que les employés et les ouvriers constituent le "bas" de la structure sociale et les cadres "le haut", les changements constatés montrent l'atténuation de l'aspect pyramidal de la structure sociale par glissement vers le haut de celle ci. (même si les cadres ne sont pas les mêmes que ceux de 1960)
Au total le "statut social moyen " de la population s'est amélioré. Les catégories intermédiaires et supérieures se sont développées. Le centre de gravité centré autrefois sur le groupe ouvrier s'élève.
Cela ne signifie pas pour autant que tous ont eu une mobilité sociale ascendante.

Question 4.
Alors que dans les années 70 l'attention des sociologues se portait sur les catégories ouvrières (la classe ouvrière existe-t- elle encore, s'embourgeoise-t-elle ?...), elle se porte aujourd'hui sur le milieu de la hiérarchie sociale.
On parle de moyennisation de la société française au sens de sa centration progressive sur les classes moyennes.( les professions intermédiaires, une partie des cadres supérieur - les enseignants par exemple - les employés.
Mais aujourd'hui ce diagnostic semble remis en cause. D'une part ce ne sont plus les échelons intermédiaires qui se développent le plus rapidement mais les échelons supérieurs et d'autre part le nombre des "outsiders" augmente.
Donc l'idée se fait jour d'une polarisation entre un haut et un vas de la hiérarchie (des revenus en particulier)
Ce constat est plus réel aux Etats Unis qu'en France. Mais avec le développement des inégalités, l'éclatement de la "classe moyenne" n'est pas une idée en l'air.

Question 5.
La mobilité sociale ascendante a donc été grande après guerre. On a pu alors avoir le sentiment que la société s'ouvrait et que les enfants avaient plus de chance que leurs parents. Est ce la réalité ? Qu'en est-il aujourd'hui ?











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TD 6 TES, Février 09