Td corrigé 1923 - La Sainte Bible pdf

1923 - La Sainte Bible

Le sujet fut encore repris dans ''Les aventures du capitaine Hatteras'' et ...... à surprendre Cortz et Orfanik occupés à d'étranges préparatifs : ayant réussi à ...... La nouvelle, alors intitulée ''Pierre-Jean'', datait de la jeunesse de Jules Verne.




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LE




MESSAGER ÉVANGÉLIQUE








Feuille d'édification chrétienne






Que le Seigneur incline vos cœurs à l'amour de Dieu et à la patience du Christ!
2 Thessaloniciens 3, 5.





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SOIXANTE-QUATRIÈME ANNÉE






1923



LE MESSAGER ÉVANGÉLIQUE
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LA PIERRE DE SECOURS

1 Samuel VII, 2-14.

U
ne nouvelle année commençait. Vingt ans s'étaient écoulés depuis que l'Éternel, prenant en main sa propre cause, après le péché de son peuple, avait ramené sur le territoire d'Israël son arche, gardien de sa loi et signe de sa présence au milieu des siens. Hélas! pendant ces vingt années de grâce, le cœur du peuple n'avait pas changé; il était encore asservi aux Philistins, ce type du monde établi dans les limites .du pays de la promesse ; Israël se prosternait encore devant les faux dieux des nations. Cependant il avait la conscience douloureuse du joug que Ce peuple hostile et idolâtre faisait peser sur lui.
Cet état du peuple ne nous fournit-il pas une leçon sérieuse ? Au milieu de toutes nos infidélités, Dieu a eu pitié de nous qu'il avait appelés à être ses témoins en face du monde qui nous environne. Il n'a pas permis que sa présence ail milieu de ceux qui sont réunis il son nom pût être oubliée; et en même temps il n'a pas permis que sa Parole, jadis ignorée pendant des siècles de ténèbres, fût de nouveau enterrée et enfouie, Á cet égard la Réforme d'autrefois subsiste encore. Mais qu'avons-nous fait, nous chrétiens, d'une telle grâce? Avons-nous, pour la reconnaître, abandonné nos misérables idoles, pour nous attacher uniquement à la parole divine? Avons-nous résolument secoué le joug du monde qui nous opprime? Répondons à cette question au seuil d'une année nouvelle, où l'occasion sérieuse et solennelle nous est offerte de le faire.
Aujourd'hui, comme au temps de Samuel à Mitspa, la voix de Celui que Dieu nous a donné pour Chef et pour Conducteur, s'adresse à nous. Celui qui nous avait rassemblés autrefois pour lui rendre témoignage au milieu du monde, nous rassemble encore sur le terrain même qui jadis avait été le témoin de notre affranchissement (Genèse XXXI, 45-54). Et dans quel but? Est-ce pour nous faire prendre de nouvelles résolutions qui ne seront pas plus exécutées que les anciennes ? Non, il s'agit d'actes. Le Seigneur attend de nous des actes.
C'est ce qu'Israël comprit alors. D'un commun accord ils ôtèrent du milieu d'eux les Baals et les Ashtoreths. Mais, remarquez-le, cet acte, quelque absolument nécessaire qu'il fût, ne changea rien à la condition du peuple. Abandonner extérieurement les choses qui sont pour nous des idoles, ne remédie pas à notre ruine. Il faut que, réunis de nouveau autour du Seigneur, au lieu même où la délivrance a été réalisée autrefois, nous sentions, dans le fond de nos consciences, que nous avons «péché contre l'Éternel» ; il faut que nous en exprimions l’humiliation, comme le fit Israël « en jeûnant ce jour-là»; il faut enfin, qu'ayant perdu toute confiance en nous-mêmes, nous ayons confessé devant Lui que notre condition est celle d'une extrême faiblesse, que nous sommes sans aucune force. C’est ce que firent les Israélites en ce jour-là, quand ils « puisèrent de l'eau et la répandirent devant l'Éternel.»
Ah ! Si c'est dans cet esprit que le premier jour d'une nouvelle année nous rassemble, quel en sera le résultat ? Précisément parce que, ayant rompu avec nos idoles, nous confesserons, dans l'humiliation, n'être rien et ne rien pouvoir vis-à-vis de la puissance de l'Ennemi, nous ferons l'expérience que cette puissance qui veut se servir du monde pour nous asservir de nouveau, n'a aucun effet, sur Celui autour duquel nous sommes rassemblés. Nous l'entendrons de nouveau nous dire: « Vous aurez de la tribulation dans le monde, mais, ayez bon courage, moi j'ai vaincu le monde. »
Alors nos ennemis n'entreront plus dans nos confins; alors nous pourrons dresser «la pierre de secours » dans la conscience que, s'il «nous a secourus jusqu'ici» il nous secourra encore et le fera jusqu'au bout. N'a-t-il pas dit: « Voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la consommation du siècle » (Matthieu XXVIII, 20.)
H. R.
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LETTRE AUX JEUNES FRÈRES

1er Janvier 1923.

Chers jeunes frères,

Un frère âgé qui attend journellement le Seigneur, mais réalise aussi chaque jour que le temps de son départ est proche, désire vous écrire encore quelques paroles affectueuses d'exhortation et d'encouragement.
J'ai connu certains vieillards pieux qui, voyant approcher la fin de leur carrière, ont adressé des conseils aux jeunes frères avec la pensée que ces derniers auraient à leur succéder dans le témoignage. Á vue humaine, une telle éventualité était possible, disons même probable, mais ils oubliaient que des conseils, basés sur la durée du témoignage, supposent toujours que la venue du Seigneur n'est pas très prochaine.
Ce n'est donc pas pour vous entretenir du rôle qui vous incombera quand le Seigneur aura retiré vos conducteurs, que je tiens à vous adresser ces lignes, mais, au contraire, pour insister sur le fait que le temps où il vous est possible de rendre témoignage arrive à son terme et que nous nous trouvons à «la dernière heure ». Je suis persuade que vous serez convaincus de cette vérité si vous avez la Parole de Dieu pour guide habituel.
Or la négligence de cette Parole est le grand danger que courent les jeunes frères de la génération présente. Je voudrais avant tout que les jeunes chrétiens ne se contentassent pas d'une lecture hâtive de leur Bible, comme pour se libérer d'un devoir, ce qui est autant que de ne pas la lire du tout. Mais, bien plus, je voudrais les voir étudier leur Bible avec prière et avec le désir ardent d'être enseignés par le Saint Esprit pour la comprendre.
Dans ce but, quelques conseils pourraient vous être utiles : commencez par vous attacher à l'étude de la partie du saint Livre que le Seigneur placera devant vous. Lisez cette partie. Et la relisez plusieurs fois d'un bout à l'autre. Notez pour vous mêmes les quelques vérités qui vous auront frappés. Vous les recevrez directement de Celui qui veut que vous écoutiez son enseignement. Sans doute votre provision ne manquera pas d'être d'abord fort petite, mais elle vous sera d'autant plus précieuse que vous l'aurez reçue du Seigneur lui-même, tout en s'entant votre pauvreté spirituelle, expérience qui vous est profitable.
Ayant terminé ce travail et constaté ses maigres résultats, consultez les «Études sur la Parole », ou aussi quelque ouvrage de moindre importance; vous serez alors frappés des flots de lumière qu'ils ajouteront à vos faibles connaissances, Beaucoup de ces écrits ont une valeur incomparable pour vous édifier, et dites-vous bien que le Seigneur ne vous les a pas donnés pour que vous les ignoriez ou vous passiez de les lire. Ceux qui s'en passent demeurent généralement très ignorants des pensées de Dieu. Pour les uns, il y a paresse coupable qui craint l'effort requis pour s'approprier ces écrits ; ils méprisent ainsi ces dons de Dieu, comme s'Il les avait envoyés pour eux. D'autres, plus orgueilleux, pensent pouvoir acquérir pour eux-mêmes et sans y être aidés, les connaissances que ces écrits leur apportent. J'ai souvent remarqué que cet orgueil reçoit sa punition judiciaire dans l'ignorance où ces chrétiens se trouvent de vérités élémentaires familières à de très jeunes enfants dans la foi.
Vos devanciers, chers jeunes frères, se sont nourris de ces écrits et ont été affermis par eux dans la connaissance des vérités que la Parole nous présente, car la Parole est la sauvegarde par excellence de ceux qui traversent les temps heureux actuels. Lisez, étudiez, méditez pour vous en convaincre, toute la seconde épître à Timothée.
Chers jeunes frères, vous êtes-vous assez approprié les vérités capitales sans lesquelles le témoignage qui vous est confié n'existerait pas? Avez-vous senti l'immense importance de ces vérités du commencement, que vous êtes responsables de maintenir vis-à-vis de toutes les sectes de la chrétienté protestante qui vous entoure? Le Seigneur vous a accordé le privilège de faire partie de son témoignage jusqu'à Sa venue, car c'est maintenant le dernier témoignage et il n'y en aura pas d'autre; mais e'est un fait solennel que, si vous n'y appartenez que d'une manière extérieure, vous en perdrez le bénéfice et la récompense. C'est en effet, une immense bénédiction d'être lié à un témoignage suscité pour ces derniers temps, mais c'est en même temps, une immense responsabilité. Si nous la traitons légèrement, elle peut entraîner, à la fin de notre carrière, la perte de toute récompense ; une couronne perdue qui ne sera jamais retrouvée!
Seriez-vous assez peu versés dans la vérité présente, pour ignorer en quoi consiste le témoignage actuel dont vous faites partie? En vous le confiant, Dieu n'a pas d'autre but que de remettre en lumière les vérités, encore ignorée alors du grand réveil de la réforme, mais communiquées jadis par le ministère des apôtres. Ces vérités comprennent la position céleste et l'affranchissement du chrétien, la possession du: Saint Esprit, les dons envoyés du ciel par le Seigneur à son Église ; cette Église, un corps dont Christ est la Tête glorieuse; la venue prochaine du Seigneur, espérance constante de l'Épouse ; et enfin les vérités prophétiques qui opèrent chez les croyants, une vraie séparation du monde en leur annonçant les terrible jugements qui fondront sur la chrétienté apostate.
Si vous ignorez ces choses, vous aurez peut-être encore le temps de vous en enquérir: c'est« la onzième heure» ; mais dire: « Je les connais », ne suffit pas à contenter Celui qui vous les a confiées.
Ce que je viens de vous dire m'amène à vous parler de vos autres lectures. Il n'est pas étonnant que la jeunesse, ayant le besoin de s'instruire, s'adonne dans ce but, à la lecture. Mais la lecture est souvent nuisible eu ce qu'elle remplace la Parole des aliments auxquels le cœur naturel trouve plus de goût qu'à là nourriture, céleste. Vous pouvez éviter cet écueil en recherchant les nombreux écrits qui, par l'histoire, les découvertes archéologiques, les voyages, les mémoires, la géographie, les sciences naturelles, etc., vous mettent en rapport plus ou moins direct avec les Écritures.
Quelques-uns de mes jeunes frères, sérieux, désireux de servir fidèlement le, Seigneur, et se nourrissant de la Parole, pourraient exprimer leur découragement en entendant dire parmi nous que ce témoignage lui-même a été ruiné par notre faute, et qu'il n'a jamais été selon les voies de Dieu de rétablir, dans sa puissance et sa fraîcheur primitive, un témoignage ruiné par l'homme. Á ces frères nous pouvons dire avec l'apôtre écrivant au jeune homme Timothée: «Dieu ne nous a pas donné un esprit de crainte, mais de puissance, d'amour et de conseil. N'aie donc pas honte du témoignage de notre Seigneur » (2 Timothée I, 7-8.)
Notre infidélité n'a rien changé à ce témoignage. Je le répète: Lisez souvent la seconde épître à Timothée, cette épître du témoignage de la fin et des ressources infaillibles que Dieu nous donne quand tout est ruiné. Vous verrez que rien n'est changé du côté de Dieu et que le Seigneur peut être aussi honoré aujourd'hui qu’aux premiers jours de l'histoire de son Église. Que dit l'apôtre ? « Toutefois le solide fondement de Dieu demeure, ayant ce sceau: «Le Seigneur connaît ceux qui sont siens,» et: «Que quiconque prononce le nom du Seigneur, se retire de l'iniquité» (II, 19.)
Chers jeunes frères sérieux et fidèles, ne vous découragez pas; persévérez dans le chemin de la foi, du dévouement à Christ, de la séparation du mal sous toutes ses formes. Soyez-en assurés, et nous qui vous avons devancés dans la carrière, pouvons le certifier : vous ne trouverez que dans ce chemin le repos, la joie, la paix, l'assurance et la force.
Et vous, mes jeunes amis, sur lesquels le monde a déjà exercé son influence, sans que, peut-être vous vous doutiez encore du terrible danger:qui vous menace, hâtez-vous de secouer les chaînes dont Satan cherche à vous lier: «le péché qui enveloppe si aisément» ; fuyez «les convoitises de la jeunesse », afin que vous aussi vous soyez des témoins fidèles du Seigneur, de sa grâce et de sa vérité.
Enfin, n'oubliez pas que tout, christianisme pratique s'appuie sur deux piliers: la Parole et la Prière. Sans là prière vous ne pouvez avoir de communion avec le Seigneur, sans la prière la Parole sera pour vous lettre morte; mais aussi sans la Parole vous ne pouvez connaître ni Dieu, ni Christ, ni le monde, ni vous-mêmes, ni le passé, ni le présent, ni l'avenir, ni le moyen de plaire à Dieu et de glorifier votre Sauveur dans ce monde de ténèbres
Votre affectionné vieux frère.
H.R.
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RECUEIL D'EXHORTATIONS ET D'APPELS ¹

N° 1

Deuxième épître de Jean.

Il est frappant de voir que cette épître, d'une si grande valeur malgré sa brièveté, ne soit adressée ni à une assemblée, ni même, à un serviteur de Dieu, occupé de l'œuvre, mais à une dame. L'Esprit de Dieu voulut montrer par là que les recommandations, les exhortations du Seigneur s'adressent à chacun de nous individuellement, et qu'elles mettent la femme à laquelle sied, la modestie (chacun de nous le sait, mais c'est trop souvent oublié de nos jours) dans une position de responsabilité relativement à la vérité et à l'erreur. Ceci n'est pas seulement le cas des frères; chaque sœur est aussi responsable.

¹ Les Méditations que nous publions sous ce titre ont été recueillies, il y a une quarantaine d'années, par un jeune frère, A. J., dont la courte carrière fut marquée par un grand zèle pour le service de son Maître. On me rapporte de lui cette parole caractéristique: « Il ne vaut pas la peine de vivre, si ce n'est pour servir le Seigneur. » Que l'exemple de sa foi encourage beaucoup de frères, jeunes comme lui, à suivre le même chemin. H. R.

Il est donc important de considérer ce que cette épître nous enseigne.
Trois choses y sont présentées spécialement et reviennent fréquemment sous la plume de l'apôtre ; ces trois choses sont: la vérité, l'amour et l'obéissance; elles sont intimement unies ; impossible de les séparer; elles se déduisent pour ainsi dire, et dépendent l'une de l'autre.
Jean s'adressait à une personne chrétienne, à une personne qui était dans la relation d'enfant de Dieu. Je pense que nous tous, ou du moins une grande majorité de ceux qui sont ici, nous sommes dans cette position, et savons que nous sommes enfants de Dieu. C'est un immense privilège, non pas seulement de savoir que nous sommes pardonnés, mais de savoir d'une manière consciente et ferme que nous sommes enfants de Dieu. Il y a là infiniment plus que la relation de la créature avec le Créateur, car c'est une relation profonde qui résulte de l'œuvre du Seigneur: Jésus. Et ce n'est pas seulement une œuvre de pardon, qui a pour effet d'ôter le fardeau de nos péchés; mais une œuvre qui nous introduit dans la même relation que le Seigneur Jésus avec son Père. C'est pourquoi Jean s'exprime ainsi, dans la première épître, au chap. II : «Je vous écris, enfants, parce que vos péchés vous sont pardonnés par son nom.» Après cela, l'apôtre s'adresse a trois classes de chrétiens: aux jeunes gens, aux petits enfants, et aux frères. Mais ce qui était dit aux petits enfants, c'est qu'ils connaissaient le Père. C'est le privilège du plus petit enfant de Dieu, de jouir de la relation avec Dieu comme Père.
Eh bien, c'est des enfants que parle la deuxième épître de Jean, de ceux qui savent que leurs péchés sont pardonnés. Pour eux, il est fait mention des trois choses citées plus haut, auxquelles ils doivent être attentifs.
Des séducteurs, des hommes qui ne recherchent pas la gloire de Dieu sont survenus; l'apôtre exhorte la dame élue et ses enfants à ne pas saluer ces hommes-là, à ne pas les recevoir dans leur maison, de peur de participer à leurs mauvaises œuvres. Il n'est pas question ici du monde et d'hommes du monde, mais d'un mal qui a surgi dans l'Église, qui monte comme une marée de fausses doctrines, d'inventions humaines, au lieu de la Parole de Dieu. Et nous savons combien c'est le cas de nos jours. Être séparés de tout cela, n'avoir aucune relation avec ces hommes, de peur de participer à leurs mauvaises œuvres, voilà ce qui est important pour nous. Et pour cela, ces trois choses, la vérité, l'amour et l'obéissance sont absolument nécessaires.
La vérité; combien ce mot revient souvent dams les trois premiers versets de cette épître! Qu'est-ce donc que la vérité? C'est de connaître les choses telles, qu'elles sont en réalité aux yeux de Dieu. Par où pouvons-nous arriver à cette connaissance ? Pas par notre esprit, assurément; pas par les raisonnements de la science et de l'intelligence humaines; mais seulement par Dieu, seulement par la lumière de Dieu. Et où la trouverai-je, la vérité? Dieu n'a pas voulu nous laisser ignorants, ni rendre cette connaissance si élevée qu'il n'y ait que les savants qui puissent y atteindre. Au contraire, elle est à la portée des plus petits, des plus faibles. Elle a pris un corps, un corps d'homme, en la personne du Seigneur Jésus venu sur cette terre. Lui-même a dit: « Je suis la vérité» ; si donc je connais Jésus, je connais la vérité; mais il s'agit d'une connaissance intime, réelle, profonde, connaissance que nous pouvons acquérir seulement dans la Parole de Dieu, où Dieu nous fait connaître le Seigneur Jésus.
Chacun de nous, le plus petit enfant d Dieu, a le privilège de connaître la vérité, quoique pas dans toute son étendue; cependant il la possède. Connaître Jésus comme son Sauveur, voilà le secret pour arriver à la connaissance de la vérité. Ah ! Cela ne demande pas de longues études; nous n'avons qu'à aller à la croix où s’est révélé en Jésus tout l'amour du cœur de Dieu. La sainteté, la justice, ces deux caractères de Dieu, l'œuvre de Jésus les montre à la croix. Mais e'est avant tout à la croix que je connais l’amour du Père, cet amour insondable qui a livré son propre Fils pour que nous ayons la paix par Son sang, et pour que nous puissions dire à Dieu : Père..
Il va encore une chose: la vérité, cette lumière précieuse de Christ nous fait connaître ce qu’est l'homme. Tous les livres des hommes, toutes ses maximes de morale, si sages, si parfaites qu'elles puissent paraître, ne peuvent pas nous révéler le cœur de l'homme, notre cœur comme la Parole de Dieu le fait. Cette lumière brillante qui pénètre partout, nous fait connaître toute la grandeur de notre péché, toute la profondeur de notre ruine. La vérité, Christ, nous révèle Dieu, et nous révèle à nous-mêmes. Pierre, quand Jésus le rencontre pour la première fois, pêchant dans le lac de Génésareth, et qu'i1 lui fait faire cette pêche miraculeuse, Pierre tombe à genoux, tout effrayé, disant: «Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur. » Ainsi il apprend à connaître Dieu et à se connaître ; il apprend à la fois la vérité quant à Dieu et quant à lui-même.
Mais encore la vérité quant au monde, qui nous la fera connaître ? Jésus Christ. Le monde a manifesté toute sa haine contre Lui en le crucifiant ; aussi Dieu considère le monde comme une race condamnée qui attend le jugement qu'elle a mérité.
La vérité me fait donc connaître Dieu, moi-même et le monde. En connaissant Jésus; nous avons cette connaissance. Si donc, nous avons été amenés aux pieds du Seigneur, comme pécheurs ruinés ; si nous avons vu la justice et la sainteté de Dieu à la croix ; Si nous avons fait la découverte que cette œuvre est pour nous; pour chacun individuellement, si, d'une part, nous avons entrevu tout l'amour de Dieu pour nous et toute l'inimitié, l'état moral affreux du monde, d'autre part, alors une chose est mise dans nos cœur par le Saint Esprit: c'est l'amour. Oui l'amour est la conséquence naturelle de la vérité quand celle-ci est connue en réalité par l'âme.
Quand nous avons vu cet amour pour nous, misérables pécheurs, ce qui se produit, c'est que nous aimons Jésus en retour, parce qu'Il nous a aimés le premier. C'est seulement ainsi que nous pouvons l'aimer réellement. Lorsque les deux disciples allaient à Emmaüs, leurs cœurs étaient attristés; pourquoi ? Parce qu'ils avaient perdu de vue la vérité, c'est-à-dire les paroles du Seigneur Jésus, que le troisième jours il ressusciterait. Mais pendant que Jésus leur parle des choses que les prophètes avaient annoncées, leurs coeurs brûlent au dedans d'eux. La vérité avait désormais toute sa puissance sur leurs cœurs. C'est que la vérité n'est pas cette lumière froide qui ne répand aucune chaleur autour d'elle ; c’est un soleil ardent, qui réchauffe puissamment.
Chers amis, connaissons-nous cet amour auquel la vérité nous conduit ? Connaissons-nous quelque chose de ce cœur qui brûlait au-dedans des deux disciples ? « Tu sais que je t’aime », disait Pierre au Seigneur, quand il lui demandait par trois fois ; et nous, connaissons-nous Jésus, de manière à pouvoir lui dire, quelque faible que soit notre cœur : Toi qui sait toutes choses, tu sais qu’il contient quelque chose pour toi. L’amour ne peut se séparer de la vérité, rappelons-le-nous bien.
Si je possède un ami, je l’aime tel qu’il est, tel que je le connais, et plus je l’aime plus j’ai le désir de la connaître davantage. Il doit en être de même quant au Seigneur Jésus ; aimons-le de manière à n’abandonner aucune des vérités que son caractère nous a révélées ; aimons-le d’un amour réel, comme son amour à Lui pour nous est réel.
Une troisième chose découle des deux premières : c’est l’obéissance. L’amour pour le Seigneur Jésus ne se manifeste pas dans des accès de tendresse, ni dans de grands transports, mais dans l’obéissance à ses commandements. Ceux-ci ne sont pas les commandements de la loi, qui ont retenti avec le Sinaï, ils étaient pour un peuple terrestre. Ce qui nous est commandé, c’est de marcher comme il a marché ici-bas, c’est de suivre en tous points sa précieuse Parole. L’obéissance ne consiste pas à trier, dans sa Parole, ce qui nous convient ; à dire : ceci je le ferai ; cela est moins important ; je le ferai avec moins de soin. Non ; tout ce que Dieu nous commande a une égale importance. Dieu parle-t-il de notre état de péché par nature, et de l’œuvre qu’il a fallu pour nous en retirer, de ses éternels conseils d’amour envers nous et du Seigneur Jésus qui les a pleinement accomplis ; parle-t-il de notre responsabilité actuelle, et de notre gloire à venir, tout a une importance égale. Nous n’avons nullement à dire: ceci est important, cela est secondaire. La vraie obéissance est de se conformer en tout au désir de notre Maître. Elle ne consiste pas seulement à ne pas faire telles choses qui sont défendues, mais à faire ce qui nous est enseigné. Tous les commandements de Dieu sont également précieux et divins.
Quant à notre salut, quant à notre relation avec Dieu, quant à notre marche au milieu d'une génération perverse, en séparation d'avec tout mal, tout fait partie de son commandement. Nous sommés invités à nous aimer les uns les autres, à ne pas négliger le rassemblement de nous-mêmes, à ne nous inquiéter d'aucun souci matériel ; tontes ces choses sont ses commandements. Rien n'est sans importance on n'a moins de valeur parmi ces instructions de Dieu; retenons-le bien. En rapport avec cela, nous trouvons la recommandation sérieuse de ne point pactiser avec ceux qui ont abandonné le témoignage, et qui sont ici nommés séducteurs.
Ah ! Comme on aimerait souvent ne pas abandonner ceux qui se sont écartés de la vérité! Mais la Parole de Dieu est formelle: «celui qui le salue participe à ses mauvaises œuvres ». Nous avons la ressource de prier pour ceux-là, nous pouvons certainement continuer à les aimer. Mais est-ce une raison, si de bien-aimés enfants de Dieu ont fait fausse route, pour que je les suive ? Marcher dans l'amour et dans la vérité, selon Christ, et ne pas m'en écarter, voilà ce que je dois faire. L’obéissance est le critère, la marque à laquelle on reconnaît le véritable amour. Nous avons à faire bien attention. Que Dieu nous donne de connaître, d'aimer toujours plus le Seigneur Jésus et d'en rendre témoignage par une marche séparée de tout ce qui n'est pas en rapport avec Dieu: de vivre toujours plus dans l’obéissance et de savoir aussi aimer dans la vérité comme il est dit ici.
A. L.
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ÉTUDE SUR LA PREMIÈRE ÉPÎTRE Á TIMOTHÉE

Introduction

Avant d’entreprendre une étude détaillée de cette épître, il nous semble utile de rappeler en quelques mots ce qu’est l’Église (ou Assemblée) telle que l’épître aux Éphésiens et quelques autres passages nous la présentent, et ce qu’est cette même Assemblée dans les trois épîtres (1 ; 2 Timothée et Tite) appelées avec plus ou moins de raison les « épîtres pastorales. »
L’Épître aux Éphésiens nous présente l’assemblée sous tous ses aspects, sauf un ; les trois épîtres en question sous le seul aspect qui manque dans l’épître aux Éphésiens. Voici comment l’Assemblée nous est présentée dans cette dernière.
1° Elle est, avant tout, le Corps de Christ sur la terre (I, 23), composé de tous les croyants vivants, formés en unité. Cette unité abolit toute distinction entre Juifs et Gentils et forme un ensemble indissolublement lié par le Saint Esprit avec Christ, tête glorifiée dans le ciel. C’est un « mystère » dont l’apôtre seul est l’administrateur. Malgré la ruine actuelle de l’Assemblée, nous pouvons encore, et ne fussions-nous que deux ou trois, manifester cette unité à la table du Seigneur, selon 1 Corinthiens X, 17 ; immense privilège pour ceux qui en ont compris la portée !
2° L’Église est l’Épouse de Christ (V, 24-27). Le Seigneur s’en occupe pour la purifier par la Parole, pendant sa marche ici bas, avant de la recueillir auprès de Lui dans la gloire. Ici encore, malgré la ruine de l'Église, quiconque réalise, comme une chose actuelle, l'amour sans bornes de Christ par lequel il s'est livré lui-même pour son Épouse, comprendra, dans les fibres les plus intimes de son cœur, qu'il en fait partie, en jouira comme d'une réalité profonde qui s'adresse à ses affections, et s'écriera avec elle, dans la puissance du Saint Esprit qui l'anime: «Viens, Seigneur Jésus! » (Apocalypse XXII, 17.)
3° L’Assemblée est un temple saint que le Seigneur lui-même édifie sur le fondement des apôtres et prophètes et dont Jésus Christ lui-même est la maîtresse pierre du coin, un édifice en croissance jusqu'à ce que son divin architecte, y ait ajouté la dernière pierre. Ainsi, construite par Lui, cette maison de Dieu est lin édifice parfait (Éphésiens II, 19-21.)
La même vérité nous est présentée en Matthieu XVI, 16-18. C'est sur la confession de Christ, déclaré, par sa résurrection, Fils du Dieu vivant, que le Seigneur bâtit son Assemblée. Pierre est une des pierres de cet édifice contre lequel les portes du hadès ne peuvent rien. Ici encore l'œuvre toute entière dépend de Christ seul et Satan lui-même est impuissant pour la détruire. En 1 Pierre II, 5, nous trouvons quelque chose d'analogue. Christ y est la pierre vivante, rejetée des hommes, mais choisie et précieuse aux yeux de Dieu; Nous nous approchons de lui comme des pierres vivantes et sommes édifiés sur lui comme une maison spirituelle. Qu'il y ait des instruments pour apporter ces pierres ne fait aucun doute, mais ici la Parole, faisant abstraction de toute instrumentalité humaine, nous montre que l'édifice n'est composé que de pierres vivantes.
4° Nous sommes édifiés ensemble dans le Seigneur pour être une habitation de Dieu par l'Esprit (Éphésiens II, 22.) Il y a donc dans ce monde une chose telle qu'un lieu où Dieu lui-même habite par son Esprit. Ici, de nouveau rien n'est laissé à la responsabilité de l'homme. Ce n'est pas lui qui édifie, c'est Dieu lui-même qui veut avoir une habitation ici-bas. Ce grand fait s'est réalisé par l'effusion du Saint Esprit à la Pentecôte et a été complété par l'introduction des Gentils dans l'Assemblée chrétienne.

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Tels sont 1es divers aspects offerts jusqu'ici par l'Assemblée. C'est Dieu lui-même qui fait l'ouvrage, aussi n'existe-t-il proprement pas de différence entre ce qui constitue le corps, l'Épouse, l'édifice, ou la maison. Tous, lors de leur formation, sont composés des mêmes éléments. L'œuvre qui les réunit en un est parfaite, parce qu'elle est divine.
Mais il est vrai aussi que Dieu confie l'édification de sa maison dans ce monde à la responsabilité de ceux qui en font partie. L'ouvrage de l'homme y entre alors pour une part ; et c'est ce que nous présente d'une manière évidente le troisième chapitre de la première épître aux Corinthiens. Paul avait posé, comme un sage architecte, le fondement qui est Christ, et personne ne peut poser d'autre fondement que celui-là. Chacun avait à voir comment il édifierait sur ce fondement. Dieu avait d'abord, comme pour toute création, fait tout cela, fort bon, mais le moment vient où il confie son œuvre à l'homme. Comment ce dernier va-t-il s'acquitter de son travail ? En dépit de ce qui pourrait arriver, Dieu continue son œuvre et l'achèvera ; mais, confiée à l'homme, il est prouvé que, si certains ouvriers sont de bons ouvriers, faisant de bon ouvrage, d’autres, hélas! tout en étant de bons ouvriers, font de mauvais ouvrage, et qu'enfin une troisième classe est composée de mauvais ouvriers qui corrompent et détruisent le temple de Dieu. L'œuvre des ouvriers peut consister dans l'introduction de bonnes ou mauvaises personnes, de bonnes de mauvaises doctrines. Il reste cependant toujours vrai que, même considéré sous cet aspect, l'édifice n'en est pas moins le temple de Dieu, la maison de Dieu. Il en était ainsi du temple de Jérusalem quand le Seigneur disait: « Il est écrit: Ma maison est une maison de prière; mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs» (Luc XIX, 46.) Cependant, comme telle, e1le n'avait pas cessé d'être appelée la maison de Dieu. Cette maison est au fond toujours l'ouvrage de Christ : malgré les éléments impurs que l'homme y a introduits; malgré les mauvais matériaux qui la déparent, le fondement en a été posé «par un sage architecte », l'apôtre Paul, qui n'a pas manqué à sa tâche. Aussi, quelle que soit sa corruption, cette maison subsiste aussi longtemps que Dieu y habite par son Esprit. Mais il arrivera un moment où elle ne contiendra plus de bons matériaux, lorsque l'Esprit remontera au ciel avec l'Épouse, et que le Seigneur vomira de sa bouche, comme une chose dégoûtante, ce qui avait porté son nom.
Toutefois n'oublions pas qu'appartenir à la maison de Dieu, même responsable ici-bas, est un immense privilège. Quelle que soit la condition morale de cette maison, elle reste un lieu où Dieu habite par son Esprit. On ne trouve pas ce lieu partout dans le monde; Dieu n'habite par son Esprit ni dans le Mahométisme, ni même dans le Judaïsme. C'est dans ce lieu-là qu'on rencontre la vie unie à la profession chrétienne; mais, hélas! aussi la profession chrétienne sans la vie, devenant pour ceux qui n'ont que la profession la cause même de leur condamnation. Christ là que l'on trouve, d'autre part, l'Esprit et ses manifestations diverses; la vérité, la parole inspirée, l'Évangile du salut, le témoignage. En séparant la profession de la vie, Satan a fait une œuvre de destruction. Cette œuvre néfaste, basée sur la mondanité qui s'est introduite dans l'Église, et accompagnée de fausses doctrines et de légalisme, a commencé de bonne heure, du temps des apôtres, comme nous le voyons dans les épîtres et dans les Actes. N'est-il pas frappant que ces choses, soient annoncées aux anciens d'Éphèse, assemblée où les vérités les plus élevées du christianisme avaient été proclamées et appréciées (Actes XX, 29-30) et que ce soit encore à Éphèse que Timothée ait à les réprimer? (1 Timothée I, 3.) En 2 Timothée le mal progressant, la maison de Dieu est devenue une grande maison contenant des vases à déshonneur dont il faut se purifier, car le chrétien ne peut sortir de la maison elle-même. C'est donc sur le terrain de la maison de Dieu responsable, que nous introduisent les épîtres à Timothée et celle à Tite; seulement, dans la première épître à Timothée nous trouvons encore la maison de Dieu, comme «Assemblée du Dieu vivant, colonne et appui de la vérité» ; les chrétiens responsables de son ordre et de son fonctionnement; le mal existant et cherchant à se faire valoir dans l'Assemblée; une digue mise par le Saint Esprit à son débordement, par l'activité du fidèle Timothée, délégué de l'apôtre. En 2 Timothée nous trouvons une grande maison avec un mélange profondément attristant de vases à honneur et à déshonneur, mais en même temps, chose infiniment consolante, un chemin révélé pour le jour actuel, jour de ruine irrémédiable, au milieu de ces décombres; un chemin dans lequel le Seigneur peut être glorifié par les fidèles comme aux plus beaux jours de l'édification de la maison de Dieu. Il est évident que les épîtres à Timothée ne nous transportent pas, comme celle aux Éphésiens dans les lieux célestes. Il s'agit ici d'un témoignage rendu au Seigneur sur la terre, et caractérisé par l'ordre et la discipline selon Dieu, ordre que les anges sont appelés à contempler, de manière à voir le Dieu invisible dans l'assemblée de ceux qu'il a sauvés.
(Á suivre.)
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CHERCHEZ LES CHOSES QUI SONT EN HAUT

OU

EXHORTATIONS PRATIQUES

Colossiens III, 1-17.

Les exhortations qui sont adressées aux croyants dans ce chapitre découlent des vérités exposées auparavant. Le grand fait qui caractérise notre position devant Dieu, c'est que la croix de Christ a mis fin, pour la foi, à notre vie d'hommes dans la chair; et que sa résurrection nous a introduits dans une nouvelle sphère, nouvel ordre de choses dans lequel, possédant la vie de Celui qui a triomphé de la mort, nous trouvons un glorieux objet auquel nos cœurs peuvent s'attacher. Nous sommes appelés à explorer, pour ainsi dire, ce précieux domaine en cherchant les choses qui sont en haut: «Si (ou puisque) vous avez été ressuscités avec le Christ, cherchez» etc. Dans cette épître, la position chrétienne n'est pas envisagée dans toute sa hauteur céleste comme dans celle aux Éphésiens : nous n'y sommes pas vus, comme assis en Christ dans les cieux (Éphésiens I, 3), mais comme étant encore sur la terre, quoique ressuscités ensemble avec lui.
La mort de Christ a rompu nos liens avec ce monde et à mis fin judiciairement à notre position d'hommes dans la chair. Comme le Seigneur ressuscité, durant les quarante jours qui ont précédé son ascension, nous attendons la gloire et pouvons y entrer d'un instant à l'autre. C'est pourquoi nos pensées et nos affections doivent être tournées de ce côté-là. Nous avons encore la chair en nous, avec toutes ses terribles tendances: aussi nous avons besoin de l'énergie et de l'activité de la foi qui saisit Christ dans la gloire et marche sur ses traces. Le Seigneur s'est sanctifié lui-même, c'est-à-dire qu'il est entré dans la gloire, pour devenir un objet d'attraction pour les cœurs des siens, afin qu'ils «soient sanctifiés par la vérité» (Jean XVII, 19), et revêtent ainsi un caractère céleste ici-bas. Dans l'épître aux Colossiens, tout est attribué à Christ: la puissance formative de la vérité dans les cœurs des siens découle de lui. En rapport avec le grand but de l'épître qui est d'exalter la Personne de Christ, toute bénédiction nous est présentée comme venant de lui...,
Notre vie est « cachée avec le Christ en Dieu» (v. 4), C'est Lui qui en est la source et qui donne son caractère céleste, sa puissance et son objet. C'est dans la gloire qu'elle a son chez-soi: les aspirations, les désirs et les espérances du croyant sont tous concentrés en Lui. Les choses «qui sont sur la terre» (v. 2) conviennent à la chair et répondent à ses convoitises, à celles du vieil homme en nous, mais le nouvel homme n'y trouve rien qui puisse le satisfaire. En manifestant la vie divine dans nos corps, nous ne serons pas compris des hommes, mais le jour vient où le monde connaître que nous avons été aimés du Père comme Christ lui-même (Jean XVII, 23). Nous serons «manifestés avec lui en gloire» (v. 4), comme ses compagnons qui ont eu part à Son opprobre et qui partageront sa gloire.
« Nous sommes morts» (v. 3) à cette vie de la chair et à tous les objets que celle-ci poursuit. Cette vérité essentielle est déjà présentée avec force dans le chapitre précédent. Nous devons la réaliser en mortifiant les membres qui composent le vieil homme (v. 5). Ce n'est pas celui-ci qu'il faut mettre à mort: il a été crucifié avec Christ et a pris fin pour la foi (Romains VI, 6). Dieu ne reconnaît plus l'homme en Adam comme vivant devant lui; il l'a jugé et mis de côté. Toutefois ce qui le caractérise moralement, la chair est encore en nous. Aussi nous devons appliquer, à ces tendances mauvaises de la chair nos «membres qui sont sur la terre » (v. 5),) le jugement de la croix. Il faut les mortifier dams nos cœurs, afin qu'elles ne se manifestent pas en actes de péché dans notre vie. Le jardinier qui a greffé un arbre sauvage ne laisse pas ensuite bourgeonner le vieux tronc. Dès qu'il aperçoit le moindre bourgeon, il l'enlève avec l'ongle. Si ce travail est négligé, il faut quelquefois le sécateur, et c'est une opération douloureuse qui laisse une plaie dans l'arbre. Il en est ainsi pour le croyant. Si, nous jugions dans nos cœurs les membres du vieil homme, nous n'aurions pas à le faire dans notre vie, souvent avec angoisse et dans les larmes. Les tristes caractères moraux de la chair, énumérés au v. 5, sont toujours prêts à se manifester en nous, et il est nécessaire que nous nous en rendions bien compte pour veiller sans cesse et nous juger sérieusement devant Dieu. La convoitise est le désir insatiable du cœur déchu de posséder les choses contraires à la volonté sainte de Dieu.
Par la communication de la vie de Christ reçue dans nos âmes par la foi, nous avons « dépouillé le vieil homme» et revêtu le nouveau (v. 9-10). Nous en avons fini avec notre ancien état adamique, en vertu de la mort et de la résurrection de Christ, saisies par la foi dans leur application à notre position devant Dieu. Nous sommes morts avec lui : c'est ainsi que nous avons dépouillé le vieil homme; ce qui doit en résulter, c'est que ses actions soient aussi jugées et mises de côté. En outre, nous sommes ressuscités avec Christ et par ce fait, nous avons revêtu le nouvel homme, qui est Christ en nous. Son caractère moral est tout autre que celui d'Adam déchu. Il est « renouvelé en connaissance» (v. 10), c'est-à-dire qu'il a de nouvelles affections, en harmonie avec la volonté révélée de Dieu Tel est le caractère intrinsèque de la nouvelle vie que nous avons reçue par le déploiement de la puissance divine. Elle connaît ce qui lui est agréable et elle y trouve ses délices. L'entendement, cette partie de notre être par laquelle nous pouvons entrer en relation avec Dieu, avait été «obscurci» par le péché (Éphésiens IV, 18), doit être « renouvelé» (Éphésiens IV, 23) par la communication de la vie divine et du Saint Esprit. L'effet qui en résulte est une transformation pratique dans la vie, de sorte que nous ne nous conformions pas à ce présent siècle (Romains XII, 2).
Le nouvel homme possède les caractères moraux de celui, qui l'a créé en nous: comme toujours dans cette épître, c'est à christ qu'est attribuée cette opération bénie; c'est lui qui est tout comme objet, et en tous comme vie (v. 11). La grâce qui nous a amenés dans cette nouvelle, création a effacé toute distinction de nationalité «Grecs et Juif»; de privilèges selon la nature «circoncision et incirconcision»; d’éducation, de position sociale et de préjugés (v. 11). En un mot : elle a fait disparaître toutes les barrières qui séparaient les croyants avant leur conversion, en donnant a tous une même vie et un même objet glorieux: Christ. S'il y a des choses mauvaises à dépouiller, nous avons à revêtir pratiquement et à manifester dans notre vie les caractères moraux du nouvel homme. C'est dans la puissance de l'amour de Dieu manifesté envers nous qui sommes ses «élus, saints et bien-aimée» (v. 12), choisis et appelés à la position nouvelle que nous occupons en Christ, que nous pouvons répondre aux exhortations de la Parole et manifester autour de nous les caractères de la vie de Christ. Il y a en celle-ci une tendresse et une sensibilité profondes exprimées par ces termes: «entrailles de miséricorde, etc. » Ces sentiments sont produits dans nos âmes par la communion avec le Seigneur qui nous amène à penser et à agir comme lui, avec bonté, miséricorde, humilité, douceur et longanimité.
Le pardon que nous sommes exhortés à exercer les uns envers les autres est selon la mesure de celui de Christ envers nous (v. 13.) Les opérations divines dans les cœurs des saints ou envers eux, qui dans l'épître aux Éphésiens, sont attribuées au Saint Esprit ou à Dieu le Père, le sont à Christ dans les Colossiens : le pardon, la vie, là paix, tout nous vient de lui. La Parole qui doit habiter richement en nous (v. 16) est la sienne. La qualité morale qui doit couronner toutes les autres manifestations de la vie divine, c'est « l'amour, qui est le lien de la perfection» (v. 14). Il donne à toutes les autres vertus chrétiennes un caractère selon Dieu et les empêche de dégénérer en simples qualités humaines.
Le « seul corps» (v. 15) est mentionné pour la première fois dans ce chapitre. Jusqu'ici il s'agissait de la marche individuelle des saints et de la jouissance de leur part céleste personnelle.
Nous avons aussi à nous souvenir des liens qui nous unissent les uns aux autres comme membres du corps de Christ, et à réaliser la communion: fraternelle qui en découle dans nos relations ici-bas. « La paix du Christ» qui résultait de sa communion parfaite avec le Père dans le chemin de l'obéissance sera la part des saints, s'ils marchent: ensemble dans la manifestation de l'unité du seul corps dans l'amour. Cette vie de communion avec le Seigneur, et les uns avec les autres, produit encore d'autres fruits bénis: la joie, la louange, la soumission du cœur à la volonté de Dieu, la gratitude, la dépendance. Puissions-nous les réaliser dans les jours mauvais, en attendant la gloire dans laquelle nous serons manifestés avec Christ; alors la vie qu'il nous a communiquée aura son plein épanouissement à sa louange et pour notre joie éternelle.
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LETTRES DE J. N. D.

N° 462.

... Vous parlez de fausses expériences... Je ne sais pas pourquoi on introduit ainsi le mal quand il n'en est pas question; cela ne fait qu embroun1er les âmes simples. Je ne crois guère à cette fausse expérience: aucune expérience ne saurait être fausse parce qu'elle est ce qu’elle est; c'est une contradiction dans les termes mêmes... Vous avez appris cela dans vos livres puritains qui n'ont pas fait de bien par ce moyen, mais passablement de mal selon moi. Satan peut se déguiser: en ange de lumière; il faut le montrer tel qu'il est, et, non pas troubler l’âme qui en souffre, mais la délivrer. Il y a, des hypocrites, mais alors il ne s'agit pas d'expériences ; il y a des personnes qui reçoivent la parole avec joie; en cela il n'y a rien de faux, seulement il n'y a pas toujours de racine, c'est-à-dire que la joie ne dure pas parce que la vie n'y est pas. Je le répète, parler de fausses expériences nuit à la simplicité, et j’aime et recherche la simplicité. Que des âmes se trompent, je ne le nie pas; mais je ne vois pas le bien qu'on peut faire en poussant toutes les âmes simples à douter si elles ne se trompent pas et à leur faire faire un retour sur elles-mêmes pour analyser d'une manière spirito-chimique tous leurs sentiments au sujet de penser au Sauveur. L'âme qui n’est pas assez simple pour l’aimer, n'est pas capable de porter un jugement sain sur elle-même. Qu'on y passe malgré soi, cela arrive; mais qu'on doive y amener les âmes, c'est ce que je ne vois nulle part dans la Bible... Conviction de péché, angoisse de s'y trouver, je comprends cela; ce n’est pas une fausse expérience : on juge l'arbre par les fruits. Des tromperies de Satan, je sais qu'il y en a, et je juge les choses qui les accompagnent en cherchant à en délivrer les âmes. Mais venir parler de fausses expériences parmi les chrétiens, je ne crois pas que cela fasse du bien.

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PENSÉE

Christ a pris notre place et nous a été substitué. Est-il dans le sépulcre ? Non! La chose à laquelle le péché était attaché a cessé d'être, est annulée, car Christ est mort. Il a attaché le péché; à Lui, à la croix; il y a mis fin pour la foi; il l’a annulé pour toujours, l'arbre et son fruit, les choses que je hais.

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COURTES MÉDITATIONS

N° 25

La paresse.

Il y aurait lieu de s'étendre longuement sur la paresse. C'est une chose méprisable, que Dieu réprouve et qui, partout où elle domine, a les conséquences les plus désastreuses. Les Proverbes ne peuvent assez faire ressortir combien elle est blâmable, car elle n'est pas stigmatisée moins de vingt fois au cours de ce livre. Le Nouveau Testament nous en entretient aussi à plus d'une reprise et je désire citer les quatre passages qui, dans ce livre, nous en parlent au point de vue de la vie chrétienne.
Hébreux V, 11. Les Hébreux étaient devenus paresseux à écouter. Ce n'était pas qu'ils l'eussent toujours été. Il y avait eu un temps où, sortis du Judaïsme, par la foi au Seigneur Jésus Christ, ils avaient été illuminés de sa gloire qui éclipsait toute autre gloire - un temps où la loi, tout en demeurant inébranlable, avait perdu sa valeur d'autrefois à leurs yeux, puisqu'ils avaient trouvé en Christ « la fin de la loi, pour justice à tout croyant» - un temps où ils avaient souffert avec joie pour Son nom. Mais la fraîcheur des premières impressions s'était perdue, ce qui avait amené un certain sommeil; ils étaient devenus, à la longue, paresseux à écouter, fruit de la distraction et de quelque indifférence à l'égard de la personne du Seigneur. Les impressions reçues s'étaient émoussées dans le cœur et l'esprit des auditeurs, car un homme distrait s'intéresse difficilement à l'objet qui est devant lui. Ils avaient ainsi perdu de vue un Christ céleste, glorifié à la droite de Dieu, proclamé, par Lui, « sacrificateur pour .toujours, selon l'ordre de Melchisédec ». Peu à peu la personne même du Sauveur ressuscité leur devenait étrangère; ils n'étaient plus à cette hauteur et il était dès lors difficile de leur expliquer les choses qui concernent un Christ céleste. Ce qui les réjouissait au commencement était maintenant l'abaissé à des principes, vrais peut-être, mais qui ne les élevaient pas au-dessus de l'atmosphère terrestre. Tout l'effort de l'apôtre consistait donc à les ramener à la nourriture des hommes faits, à la contemplation d'un Christ ressuscité.
Cette paresse à écouter ne caractérise-t-elle pas aujourd'hui Un grand nombre d'entre nous ? Qu'est devenue la soif de le connaître, l'ardeur, le zèle d'autrefois à entendre parler de Christ? Qu'est devenu le premier amour? L'apôtre ne nous dirait-il pas aujourd'hui, avec plus de raison que jadis aux Hébreux: «Lorsque vous devriez être des docteurs, vu le temps, vous avez de nouveau besoin qu'on vous enseigne quels sont les premiers rudiments des oracles de Dieu?»
Hébreux VI, 12. Il est un autre genre de paresse tout aussi pernicieux que celui dont nous venons de parler. C'est la paresse au sujet de l'espérance chrétienne: «Nous désirons» dit l'apôtre, « que chacun de vous montre la même diligence pour la pleine assurance de l'espérance jusqu'au bout: afin que vous ne deveniez pas paresseux. » Demandons-nous si cette espérance est aussi vivante dans nos cœurs que lorsque nous avons cru? La paresse à espérer reporte nos pensées aux intérêts d'en bas; nous prive de la réalisation des choses qui sont « au dedans du voile» où l'espérance pénètre comme une ancre de l'âme; nous empêche de voir Jésus notre précurseur céleste, «devenu souverain sacrificateur pour l'éternité selon l'ordre de Melchisédec. »
La paresse à écouter et la paresse à espérer conduisent donc au même résultat: à perdre la jouissance présente de la personne de Christ.
Matthieu XXV, 26. Ici la paresse consiste à ne pas faire valoir le don que le Seigneur nous a confié. C'est proprement le caractère du monde, car, sous ce rapport, tout homme a reçu un don; mais combien il est sérieux d'enfuir ce don et de ne pas s'en servir pour plaire an Maître ! Celui qui, placé dans le cep, est un sarment sans fruit sera bientôt jeté dehors et brûlé au feu. Il en sera ainsi du professant; mais combien cet exemple est fait pour atteindre notre conscience à nous, chrétiens, afin que nous n'entendions pas ces paroles : «Méchant et paresseux esclave ! »
Romains XII, 11. « Quant à l'activité, pas paresseux; fervents en esprit; servant le Seigneur.» Il s'agit ici de la paresse, du manque d'activité dans le service. Marie était «fervente en esprit ». Marthe avait dû apprendre d'abord il ne pas être distraite de Lui par son activité même; mais elles servaient le Seigneur l'une et l'autre. La ferveur d'esprit rendait le service de Marie supérieur à celui de sa sœur, mais chacune était active à sa manière et selon ses dons. Marthe servait Christ à table dans la personne de ses disciples; Marie le servait dans le culte, la plus haute fonction qui soit confiée au chrétien ici-bas. Les services peuvent être très divers, mais doivent tous se résumer dans cette parole : «servant le Seigneur ».
Que ces exemples nous apprennent à haïr la paresse, et à travailler chacun, selon la mesure de foi que Dieu lui a départie!
H.R.
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RECUEIL D'EXHORTATIONS ET D'APPELS

N° 2

Luc V, 1-11.

Il est frappant de voir, en lisant cette portion de la Parole, comment de grandes foules se réunissaient autour du Seigneur Jésus, et quel empressement elles montraient à écouter la Parole de Dieu. Il serait fort à désirer que le même zèle et le même empressement se manifestassent maintenant aussi. Mais, chose plus frappante encore: nous ne voyons pas qu'il y ait quelque effet produit chez ceux qui se pressaient pour entendre la Parole de Dieu, que le Seigneur Jésus semait si abondamment. Et quel prédicateur pareil n’a-t-on jamais vu ? Avec quelle puissance il apportait la vérité et la lumière! Il n'était pas comme ceux qui reçoivent et qui communiquent ensuite ce qu'ils ont reçu; non, car lui était la source.
Eh bien, de grandes foules entendaient le Seigneur Jésus, si grandes que lui était obligé de monter sur une nacelle pour leur parler de là. Mais plus tard, quand le ministère du Seigneur Jésus eut pris fin, étaient-ils un grand nombre, ceux qui s'étaient réunis dans la chambre haute pour prier? Non, chers amis; ils étaient quelques-uns. C'est qu'il ne faut pas venir seulement pour entendre, il ne suffit pas de trouver un certain plaisir à une parole de grâce qui touche le cœur; il faut que la parole soit mêlée avec la foi dans ceux qui l'entendent ; et de plus, il faut que le cœur soit saisi personnellement par la Parole. Quelquefois, quand on est mêlé aux foules, on ressent une espèce d'excitation en entendant, la Parole. Ce qu'il faut, c'est que l'âme, soit amenée à Jésus, seule à. seul, pour connaître la vérité et saisir par elle-même ce qu'est la grâce de Dieu.
Nous voyons encore ici, que le Seigneur Jésus avait quelqu'un auquel il avait affaire en particulier ; et nous trouvons dans ces versets un exemple des entrevues personnelles du pécheur avec Jésus. Je le répète donc, il faut une entrevue personnelle avec le Seigneur pour être amené au salut.
Jésus entre donc dans la nacelle de Simon. Il le connaissait déjà ce Simon, comme nous le voyons au chap. 1er de Jean. André, après qu'il eut demeuré un jour avec Jésus, vient trouver son frère Simon, et lui dit: Nous avons trouvé le Messie. Puis il l'amène à Jésus, qui lui dit: « Tu es Simon, le fils de Jonas; tu seras appelé Céphas. » Pierre croyait certainement que Jésus était le Messie; il l'avait vu et le connaissait comme tel. Il était, lui, Pierre, un bon et honnête homme, un brave et probe pêcheur; il connaissait la loi et ce que la Parole de Dieu exigeait ; il était un Juif orthodoxe. Que lui fallait-il de plus? Remarquez que l'honnêteté de Pierre, son orthodoxie, sa première entrevue avec le Seigneur Jésus comme Messie, ne lui avaient rien fait quitter. Il restait toujours le même pêcheur; au fond de son cœur il n'y avait pas de changement, ni d'objet pour son âme, pour sa conscience et son cœur. En un mot, il manquait quelque chose à Pierre, et ce quelque chose Jésus voulait le lui donner. Il ne suffit pas d'avoir la connaissance de la Parole, d’y donner son assentiment, d'avoir des sentiments religieux ; il faut ce qui manquait à Pierre, et ce que le Seigneur Jésus veut lui donner, comme il veut le donner à chacun de nous: Il se fait mener en pleine eau pour s'entretenir avec lui dans la solitude, loin du bruit de la foule. Ce n'est pas au milieu du tumulte de ce monde que la voix du Seigneur Jésus se fait entendre à l'âme; le brouhaha du monde empêche d'entendre la voix du Seigneur Jésus. Beaucoup d'âmes, hélas, n'en tendent pas les appels qui leur sont adressés, parce qu'elles sont distraites par les affaires et l'agitation du monde. Le Seigneur dit à Pierre: Viens, que nous soyons seuls ensemble... je te tes filets. Pierre obéit, et c'est là ce qui montre qu'il avait une âme droite. Il aurait eu une objection à faire; il aurait pu dire à Jésus: Nous avons pêché là toute la nuit en vain; comment pourrions nous trouver du poisson maintenant? Mais il dit: «Sur ta parole, je lâcherai le filet » ; il obéit aussitôt. C'est ainsi qu'il nous faut faire. Le point capital est d'obéir à Dieu dans ce qu'il nous fait connaître; c'est de faire le pas qu’il demande de nous, quand même nous ne savons pas ce qui se trouve après. Pierre venait de dire: «Nous avons travaillé toute la nuit, et nous n'avons rien pris. » Cela ne nous parle-il pas ? Le travail de l'homme naturel, dans la nuit de ce monde, que produit-il? Quel en est le résultat ? Nous n'avons rien pris. C'est en vain que l'esprit travaille et que la pensée s'agite dans la nuit; tout cela est pour néant. On ne peut trouver un résultat que dans l'obéissance et dans la lumière que la Parole de Dieu répand. Rappelons-nous donc que la première chose, c'est l'obéissance; Si nous sommes soumis, nous apprenons de lui ce qu'il faut à nos âmes, à nos consciences et à nos cœurs. Pierre a obéi, et a jeté le filet. Chose merveilleuse! Cet endroit-là est le même où la nuit précédente il a jeté le filet, dans un moment bien plus favorable pour la pêche que le jour. Et maintenant il retire une grande quantité de poissons. D'où cela venait-il? Qui était là dans cette barque, pour qu'un pareil miracle eût lieu ? Ah ! qui est là, et qui peut commander à la création, sinon celui par qui toutes choses ont été faites ? C'est bien plus que le Messie, c'est l'Éternel qui est là. Pierre savait bien que le Messie était venu, et qu'il était Fils de Dieu. Mais il n'avait pas encore appris que celui qui était là si simple, sans aucune apparence, qui se mêlait aux plus petits du peuple, et, aux plus humbles, c'était Jéhovah, le Créateur de toutes choses, celui qui est toujours le même. Pierre est ainsi pénétré de la lumière divine que Dieu projette sur celui qui est en sa présence. C'est là ce que toute âme a besoin d'éprouver. Il n'y a pas, il ne peut y avoir de conversion réelle si notre âme n'est pas amenée dans la présence de Dieu, pour le voir dans sa puissance, sa majesté et sa sainteté. C'est ainsi que Saul a été arrêté sur le chemin de Damas, et que la lumière de Jésus a resplendi pour lui.
(Á suivre).
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ÉTUDE SUR LA PREMIÈRE ÉPÎTRE À TIMOTHÉE

(Suite)

CHAPITRE I

Vers. 1-2. - Paul, apôtre de Jésus Christ, selon le commandement de Dieu notre Sauveur, et du Christ Jésus, notre espérance, à Timothée, mon vrai enfant dans la foi: Grâce, miséricorde, paix, de la part de Dieu, notre Père, et du Christ Jésus, notre Seigneur!

Les versets que nous venons de citer commencent par établir les seules bases selon lesquelles l'homme entre en relation avec Dieu, et qui seront détaillées dans la suite de ce chapitre. Ces bases étaient le sujet du ministère de l'apôtre. Dieu se présente ici avec un titre qu'ont ne lui voit que dans les « épîtres pastorales. » Non pas qu'il ne soit appelé autre part (comme par exemple, en Luc I, 47) «Dieu mon Sauveur», ou « notre Sauveur », mais nous le rencontrons ici avec un titre pour ainsi dire unique et primordial: ce qui caractérise, dans ce passage, sa divinité en elle-même, c'est le salut. Ce salut est présenté selon sa portée universelle. En nous approchant de Dieu, nous ne le rencontrons que dans ce caractère. Sans doute il est le Juge, le Dieu souverain, le Créateur, le Saint, etc., mais, dans le jour actuel, il se révèle seulement comme Dieu Sauveur. Quel titre précieux! Quelle grâce incomparable!
Il faudra que les pécheurs le rencontrent une fois comme Juge, mais actuellement il ne revêt qu'un titre, celui du Dieu qui fait grâce. Quand les hommes d'aujourd'hui devront paraître devant Lui, pourront-ils s'excuser de ne pas avoir été sauvés quand il ne s'était révélé au monde sous aucun autre titre?
Paul était apôtre selon son commandement. Comme Dieu éternel, il lui avait donné un commandement, une mission spéciale en vue de la révélation du mystère de l'Église (Romains XVI, 25-26), mais ici le commandement était en vue de faire connaître au monde que le Dieu Sauveur s'est révélé en Jésus Christ et que le salut ne peut être obtenu que par Lui. Ce commandement exige l'obéissance de la foi; il est inséparable de la personne du Christ Jésus, «notre espérance », le seul auquel un pécheur puisse se confier, la seule et unique planche de salut offerte à l'homme perdu.
Mais ces choses ne peuvent être proclamées que par un homme qui a commencé par les recevoir pour lui-même; et c'est ainsi que Paul les avait reçues directement du Seigneur et que son « vrai enfant» Timothée les avait reçues par son canal. Aussi trouvons-nous dans ces deux versets les éléments sur lesquels sont fondées les relations de tout individu avec Dieu. Pour Paul, comme pour Timothée le Dieu Sauveur est « notre Dieu Sauveur », leur Dieu Sauveur à tous d'eux; le Christ Jésus est «notre espérance» ; Dieu est « notre Père» en vertu du salut, Christ notre Seigneur comme ayant acquis tous les droits sur Paul et sur Timothée. Ces bénédictions étaient acquises à tous deux par la foi et c'est par elle que Timothée était devenu l'enfant de l'apôtre.
La salutation de Paul à Timothée apporte à celui-ci grâce et paix, mais, en outre, «miséricorde », terme qui ne se trouve que dans les épîtres adressées à un individu ¹. C'est, en effet, ce dont nous ne pouvons nous passer pour notre vie de chaque jour. L'apôtre lui-même, appelé par Dieu à sa mission, que serait-il devenu sans la miséricorde (v. 13.)

¹ Dans l'épître à Tite la leçon est douteuse.

Vers. 3 7. - Comme je t'ai prié de rester Éphèse lorsque j'allais en Macédoine, afin que tu ordonnasses à certaines personnes de ne pas enseigner des doctrines étrangères et de ne pas s'attacher aux fables et aux généalogies interminables qui produisent des disputes plutôt que l'administration de Dieu, qui est par la foi... Or la fin de l'ordonnance, c'est l'amour qui procède d’un cœur pur et d'une bonne conscience et d'une foi sincère, dont quelques-uns s'étant écartés, se sont détournés à un vain babil, voulant être docteurs de la loi, n'entendant ni ce qu'ils disent, ni ce sur quoi ils insistent.

Le service confié à Timothée est plus élevé et plus étendu que celui de Tite. D'abord, quant à la sphère où elle se déploie, l'activité de Timothée s'exerce à Éphèse, lieu où les doctrines les plus élevées quant à la Position céleste de l'Assemblée avaient été proclamées et reçues dans la puissance du premier amour. Par contre, le lieu d'activité de Tite est la Crète, dont l'état moral habituel est suffisamment caractérisé dans l'épître qui lui est adressée.
Quant au mandat lui-même, ce qui de Tite est l'établissement des anciens, mais avec insistance particulière sur le sain enseignement que soit eux, soit les jeunes gens, devaient retenir et garder.
Le mandat de Timothée va plus loin. L'ordonnance qui lui est confiée a pour but, avant tout, la conduite de chacun dans la maison de Dieu, et non pas seulement ce qui convient à ceux qui exercent des charges dans cette maison. Au reste nous ne voyons pas qu'il soit ordonné à Timothée d'établir des anciens, mais nous trouvons l’énumération des qualités qui doivent distinguer les anciens, ainsi que les diacres.
Mais c'est avant tout la bonne et la saine doctrine, la doctrine selon la piété, qui est le devoir du délégué de l'apôtre. Tout l'ordre de la maison de Dieu est basé sur elle; disons plutôt sur la foi (v. 4) qui est ici l'ensemble de la doctrine chrétienne reçu par la foi. On apprend ainsi comment il faut se conduire dans cette maison afin que le témoignage de Christ qui lui est confié ait toute sa valeur devant le monde.
Mais voici qu'à peine confié à la responsabilité des saints, ce témoignage était en danger de périr par les ruses ou sous les attaques ouvertes de l'Ennemi. «Certaines personnes» opposaient un enseignement, basé sur autre chose que sur Christ, à la saine doctrine de l’apôtre. C'est ce que ce dernier qualifie d'un seul mot grec: «Enseigner des doctrines étrangères ², Il s'agissait de leur résister avec autorité. « L'ordonnance» (v. 3, 5) était confiée à Timothée pour cela ; tout droit lui était conféré de commander à ces gens. Tant que subsistait l'autorité apostolique, cette mission était nécessaire pour que l'Assemblée pût subsister comme témoignage extérieur dans ce monde et que des âmes simples, incapables de discerner entre la vraie et la fausse doctrine; fussent mises à l'abri. Ces « doctrines étrangères» n'étaient pas des « saines, paroles», « celles de notre Seigneur Jésus Christ» ; elles n'avaient pas pour base et pour origine les paroles de Christ telles qu'elles sont contenues dans les Écritures; elles n'avaient pas pour but « la piété» (VI, 3). Elles devaient donc être réprimées avec autorité.

² Hêtérodidaskaleô, traduit aussi «enseigner autrement », au chap. v, 3,

Enseigner autrement (v. 4) conduit nécessairement aux fables qui sont nommées en Tite I, 14 les fables judaïques ³. Au chap. IV, 7 de notre épître elles sont qualifiées de «fables profanes et qui ne sont que des histoires de vieilles femmes ». Les Évangiles apocryphes, les livres talmudiques en sont remplis.

³ Voyez étude sur l’épître à Tite, par H. R, pages 82 et 83.

Ces doctrines qui n'ont pas Christ pour source et pour objet n'ont aucunement et n'auront jamais pour résultat « l'administration», c'est-à-dire la gérance, l'ordre de la maison de Dieu. Au lieu d'édifier cette maison, elles la détruisent, la livrent au désordre et à la ruine. Cela se passe encore tous les jours sous nos yeux. C'est le foin et le chaume, introduits dans cette construction et qui seront finalement brûlés avec la maison qu'iLs prétendent édifier.
« L'administration» basée sur la révélation de la grâce de Dieu et le mystère de l'Église avait été confiée à Paul (Éphésiens III, 2, 9). Il fallait maintenant qu'il fût bien manifeste qui édifiait sur ce fondement ou sur des doctrines étrangères, car« l'administration de Dieu est par la foi», c'est-à-dire par une doctrine divine qui s'adresse à la foi pour être reçue et cela en contraste avec la loi, comme nous allons le voir.
Mais auparavant l'apôtre s'interrompt pour montrer (v. 5) « la fin », le but final de l'ordonnance confiée (v. 3) à Timothée. Ce but est entièrement moral. C'est l'amour, mais l'amour inséparable d'un bon état d'âme devant Dieu, et l'on ne pourrait faire en quelques mots une description plus complète de cet état. L'amour s'appuie sur trois piliers, et, s'il en est ainsi, jamais on ne se a trompé par de fausses apparences si fréquentes dans le monde, et qui devraient être étrangères à la maison de Dieu. Ces trois piliers sont le cœur, la conscience et la foi. «Un cœur pur» ne signifie pas un cœur exempt de souillure, parce que pur par lui-même, mais un cœur purifié par le lavage de la Parole (Jean XIII, 8-10 ; XV, 3 ; 1 Pierre I, 22 ; 2 Timothée II, 22.)
« Une bonne conscience» est une conscience qui, à la suite de la purification de nos cœurs n'a rien à cacher à Dieu et, conséquemment, rien à se reprocher. (Hébreux X, 22.)
(Á suivre).
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PENSÉE

Rien n'est plus petit que le cœur de l'homme, mais il n'y a pas d'instrument sur lequel Dieu, par sa grâce, puisse faire une plus merveilleuse musique, parce que l'homme est l'objet de la rédemption par Christ.

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COURTES MÉDITATIONS

N° 26

Les révélations et la vie secrète.

JEAN XX-XXI.

Il y a pour moi quelque chose d'infiniment encourageant dans ces deux derniers chapitres de l'évangile de Jean. Dieu ne tient pas compte de notre insuffisance, de notre pauvreté spirituelle et de nos manquements pour nous favoriser de ses révélations. Voyez les disciples: Ils ont peur des Juifs et ferment soigneusement leur porte pour les empêcher d'entrer; Thomas est incrédule; Pierre, quoique repentant, n'est pas encore restauré; tous retournent à leurs filets, depuis longtemps abandonnés; et cependant, quelle abondance de révélations ils reçoivent ! Dieu ne tient compte de leur état, semble-t-il, que pour leur apporter une plénitude de bénédictions nouvelles. Ils reçoivent, comme conséquence de la mort et de la résurrection de Christ, des révélations merveilleuses quant à leur position céleste, quant à leurs relations avec le Père et le Fils, quant à la perfection de cette œuvre qui leur apporte la paix et, en mystère, quant à l'avenir prophétique du Résidu d'Israël. Ces révélations, en dépit de leur faiblesse, ils sont appelés à les communiquer à d'autres.
Ne pourrions-nous pas dire la même chose de nous-mêmes, nous que le Seigneur appelle à un témoignage spécial dans ces derniers temps de l'histoire du monde? Quel est notre état moral pour que nous soyons les dépositaires, non pas, sans doute, de révélations nouvelles, mais de tant de vérités cachées et comme ensevelies sous les ruines de la chrétienté professante ? Cet état est, hélas, si misérable que le monde méprise notre témoignage à cause, en partie du moins, de l'insuffisance de ceux auxquels il est confié.
Mais n'allons pas penser que le Seigneur soit indifférent à ce que nous mettions notre état moral d'accord avec ce qu'Il nous a confié. À côté des révélations si précieuses qui nous ont été faites, le Seigneur apprécie chez les siens un état d'âme d'un prix supérieur même au privilège d'être choisi comme dépositaire des vérités de la Parole, c'est la vie secrète avec Jésus.
L'apôtre Jean nous en offre l'exemple au chap. XXI ème. Ce cher disciple est si peu occupé de lui-même, qu'il semble avoir perdu jusqu'au souvenir de son propre nom. Il ne pense, ni à son indignité, ni à son insuffisance, ni à quoi que ce soit d'autre qu'à l'amour du Seigneur pour lui. Un frère demandait une fois dans sa prière: « Donne-nous de ne penser à nous, ni en bien, ni en mal.» Jean réalisait cela. L'amour de Christ l'étreignait, il avait déjà vu cet amour à l'œuvre lors de la première pêche miraculeuse (Luc V, 9). La répétition d'un miracle auquel Pierre devait sa conversion, n'ouvrait pas même les yeux de ce dernier, tandis que Jean, rempli de Jésus seul, le reconnaît aussitôt et dit: «C'est le Seigneur ! » Pour lui, ce miracle ne peut être que le fruit de la puissance et de l'amour, et où les trouver, si ce n'est en Christ
Ainsi, vivre dans Son amour nous ouvre les yeux et la mémoire, bien plus que les vérités dont nous sommes dépositaires, et nous rend capables de les communiquer à d'autres. Pierre, qui l'a appris de Jean, pourra être plus ardent que lui, se jeter à la mer pour atteindre plus vite le Seigneur, mais Jean l'a reconnu. Tout ce qu'a été le Seigneur, dès le début de Sa carrière s'est déroulé, comme tout de nouveau, devant les yeux de son disciple à la vue de la pêche miraculeuse. Jésus parle beaucoup à Pierre pour le restaurer; il ne parle pas plus à Jean qu'aux autres disciples assemblés, mais nous pouvons dire avec certitude que sa présence suffit parfaitement au cœur du disciple bien-aimé, et qu'il ne quitte pas son Maître des yeux. La preuve nous en est donnée, car à peine Jésus se met-il en marche que Jean marche après lui. Il ne dit pas comme Pierre peu de jours auparavant: « Je te suivrai; je laisserai ma vie pour toi. » Non, il ne dit pas une parole; il suit le Seigneur. Et il en a la récompense: c'est à lui qu'il est donné d'embrasser d'un coup d'œil tout le temps qui nous sépare encore de la venue du Seigneur en gloire. Il en a personnellement, une révélation si claire que, par inspiration, il peut la consigner pour nous dans l'Apocalypse. Pierre a des questions, Jean a un objet, et cet objet est devenu, pour lui, le point de départ de tout progrès dans les choses révélées.
Il ne suffit donc pas d'avoir reçu des révélations. L'attachement sans réserve à la personne de Christ et l'oubli de nous-mêmes, nous rendent capables de les communiquer à d'autres d'une manière efficace. La pauvreté des résultats ne dépend donc ni de la valeur des révélations, ni de l'insuffisance des vases qui les contiennent, mais du degré d'intensité de notre vie secrète avec le Seigneur.
H.R.
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RECUEIL D'EXHORTATIONS ET D'APPELS

N°2

LUC V, 1-11. (Suite)

Et remarquez l’effet de cette entrevue avec le Seigneur Jésus. Jusqu'alors, sans doute, Pierre s'était estimé être un homme honnête, un Juif orthodoxe, qui faisait ce que la loi commandait. Peut-être même avait-il entendu Jean-Baptiste, et s'était-il fait baptiser par lui, du baptême de la repentance. Ce n'est pas qu'il prétendît n'être pas un pécheur, mais enfin, il ne s'était jamais encore trouvé dans la présence de Dieu, pour voir ce qu'il était. Je l'ai dit: il faut être amené dans cette lumière de Dieu, qui pénètre jusqu'au plus profond de notre être et qui nous montre ce que nous sommes. Il n'est pas dit ici quels étaient les sentiments de Pierre; mais il s'écrie à ce moment: «Seigneur, retire-toi de moi; car je suis un homme pécheur.» Il y a deux choses à remarquer dans cette parole: Pierre reconnaît d'abord que Jésus est Jéhovah, Dieu lui-même ; puis, dans cette présence de Dieu, il est saisi par la pensée qu'il est un pécheur. Toute son honnêteté disparaît devant la présence de Dieu. Il ne voit plus qu'une seule chose, c'est qu'il est un pécheur. Voilà ce qui est nécessaire pour tout pécheur: se trouver dans la lumière qui nous dépouille de tout ce que nous sommes, et coupe tous les arbres derrière lesquels nous voudrions nous cacher. Saul de Tarse, le Juif sans reproche, avait eu besoin de cette présence. Ésaïe, devant l'Éternel, s'écriait: Je suis un homme aux lèvres impures. Et Job, l'intègre Job, dit la même chose, Pierre, quand il a vu toute la puissance de Jésus, lui dit: Retire-toi de moi. C'est le sentiment d'une âme qui se juge et qui sent devoir être à jamais éloignée de la présence d'un Dieu juste et saint. Maintenant, je désire, chers amis, vous demander une chose : Avez-vous déjà été dans la présence de Dieu ? Vous êtes-vous jugés, devant Lui ? Avez-vous compris que tout ce que vous méritez, ce que nous méritons, c'est de n’être à jamais loin de Dieu ? Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu, Pierre avait son esprit occupé de tout cela. C'est pour cela que le Seigneur était monté avec lui sur la nacelle. Cette leçon si nécessaire pour lui, il l'avait apprise dans la présence de Jéhovah le Sauveur. Il est précieux de voir ce que la parole du Seigneur Jésus avait produit chez Pierre. Chers amis, ne nous cuirassons pas contre cette épée de Dieu; laissons-la entrer librement en nous, car c'est le seul moyen de connaître la grâce divine. Plus nous avons compris notre ruine, notre misère, plus nous comprenons l'amour de Dieu.
Pierre ne voulait pas que Jésus le touchât, car il se sentait souillé. La puissance de Jésus lui avait été pleinement révélée; il la connaissait maintenant; mais en face d'elle, il voyait son état. Il se disait: Tu es un pécheur; tu es perdu. Ce n'était pas là ce qui pouvait le sauver ; il lui fallait autre chose. Et cette autre chose lui est maintenant révélée: c'est l'amour de Dieu. Ce n'était pas le miracle qui l'avait manifesté, mais une parole sortie de la bouche du Seigneur. Maintenant Pierre ne cherche plus à s'en aller. Il y a dans le cœur de Jésus quelque chose qui attire et retient auprès de Lui. Connaissons-nous, mes amis, cette attraction du Seigneur ? Il parle; et quelle parole! L'amour s'y révèle: «Ne crains pas. » Celui qui dit: «Ne crains pas» est le même qui avait dit à Pierre: «Lâche tes filets », et avait manifesté sa puissance; maintenant il fait connaître son amour qui ôte toute crainte. Ce n'est pas dans nos cœurs qu'il faut regarder pour trouver cet amour qui bannit la crainte. Celui qui a dit : Ne crains pas, est monté à la croix par amour pour nous; comment aurions-nous encore l'ombre d'une crainte ? Une paix parfaite remplira au contraire nos cœurs si nous avons la foi. La foi en quoi ? En un Christ mort pour nos fautes et ressuscité pour notre justification.
Maintenant, il ne suffit pas au cœur de Jésus d'avoir banni la crainte de son disciple, il se l’associe; il lui dit: «Suis-moi» (Marc I, 16.) L'amour de Christ a saisi Pierre. Auparavant il avait pour objets: ses filets, sa nacelle, sa pêche, ses affaires, maintenant tout est changé: Christ est son objet; il voit devant lui constamment celui qui a banni toute crainte de son cœur; et Pierre, la conscience en paix, gagné par l'amour de Jésus, quitte tout pour le suivre.
Tel est le nouveau sentier dans lequel il marche, et il le suit jusqu'à la fin. Pierre a manqué, sans doute. Il y eut bien des choses que le Seigneur Jésus dut reprendre en lui ; il le renia, il broncha plus d'une fois; mais cependant, il demeura dans le sentier de Christ. Et, où ce sentier l'a-t-il mené ? Pierre est maintenant auprès du Seigneur. Il attend là, avec Jésus, le moment où sur le signal de son Chef, l'Église tout entière sera ravie dans les nuées, auprès de Jésus, pour ne plus jamais le quitter. Êtes-vous entrés dans ce sentier de souffrances où Christ vous a précédés ? Pierre a souffert ici-bas, jusqu'à la mort, en suivant le Seigneur Jésus. Et nous, est-ce que nous avons fait notre compte que le sentier où nous sommes engagés est un sentier d'opprobre
Voilà ce que c'est que d'être chrétien. Il est facile de dire que nous sommes sauvés; mais est-ce que nous le réalisons ? Puissions-nous faire l'expérience de l'amour de Christ envers nous, tellement que, ayant connu Christ, nous quittions tout pour le suivre. Le sentier est étroit; on y rencontre de la peine, des difficultés: Est-ce que nous désirons faire comme Pierre ? Que Dieu nous le mette à cœur, à nous tous; et il nous donnera la force nécessaire pour suivre le sentier du renoncement aux choses de ce monde.
A.L.
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ÉTUDE SUR LA PREMIÉRE ÉPÎTRE À TIMOTHÉE

CHAPITRE I (Suite)


v. 3-7. « Une foi sincère» est une foi exempte de toute hypocrisie. Ce mot de foi qui revient 17 fois dans cette épître y a deux acceptions un peu différentes, comme on a déjà pu s'en apercevoir. D'abord, dans son sens habituel, la foi est l'acceptation, par grâce, de ce que Dieu a dit au sujet de son Fils ; en un mot, la réception du Sauveur. Ensuite elle est l'ensemble de la doctrine chrétienne reçue par la foi. Ainsi, au v. 19 dû notre chapitre on «garde lai foi» ; au chap. III, 9, là foi est l'ensemble des choses jusqu'ici cachées, mais maintenant révélées et que la foi saisit au chap. IV, 1, «apostasier de la foi» c'est abandonner ce que la doctrine chrétienne nous révèle; au chap. V, 8, on la renie.
La foi est souvent mentionnée comme associée à une bonne conscience (I, 5, 19 ; III, 9). C'est une chose très dangereuse, pour le chrétien, de n'avoir pas, pour quelque raison que ce soit, une bonne conscience devant Dieu et l'on ne saurait trop sérieusement insister là-dessus. Elle nous fait nous écarter de la foi et nos discours ne sont plus désormais qu'un «vain babil» sans aucune portée pour les âmes.
L'amour donc, but de toute l'activité de Timothée, devait s'appuyer sur le cœur, la conscience et la foi. Si cet amour était réellement actif, il ne serait plus nécessaire de faire des efforts pour entraver le mal, et il n'y aurait plus besoin de lutte pour maintenir ou rétablir l'ordre dans l'Assemblée. Mais, au lieu de cela, l'ordre était troublé à Éphèse par certaines personnes qui étaient étrangères à l’état pratique du cœur et de la conscience dont nous venons de parler. Quelle en était la conséquence ? Ces gens, au lieu de chercher le bien des âmes, ne songeaient qu'à eux-mêmes et à se faire reconnaître comme docteurs de la loi. De telles prétentions, sans l'état moral qui pourrait les faire accepter, ne font que mettre en lumière l'extrême pauvreté spirituelle et l'ignorance de ceux qui les affichent. Leurs paroles n'ont aucune valeur: elles sont un « vain babil ». À quoi sont-elles utiles ? Ceux qui les prononcent ne comprennent pas eux-mêmes le sens de ce sur quoi ils insistent. Ce tableau frappant de la prétention à enseigner la Parole sans la foi, sans un cœur purifié, sans une bonne conscience, a tout autant d'actualité aujourd'hui que du temps de l'apôtre, L'action de telles gens aura du reste toujours un caractère légal; mais comprennent-ils, même ce que la loi signifie?

Vers. 8-11. - Mais nous savons que la loi est bonne si quelqu'un en use légitimement, sachant ceci, que la loi n’est pas pour le juste, mais pour les iniques et les insubordonnés, pour les impies et les pécheurs, pour les gens sans piété et les profanes, pour les batteurs de père et les batteurs de mère, pour les homicides, pour les fornicateurs, pour ceux qui abusent d'eux-mêmes avec des hommes, pour les voleurs d'hommes, les menteurs, les parjures, et s'il y a quelque autre chose qui soit opposée à la saine doctrine suivant l'évangile de la gloire du Dieu bienheureux qui m'a été confié.

Ici l'apôtre établit le contraste le plus complet entre la loi, à laquelle ces soi-disant docteurs voulaient ramener les chrétiens, et l'Évangile. Le premier point sur lequel il insiste, c'est que la loi est bonne. Nous trouvons cette même affirmation absolue en Romains VII, 16. Toute la question revient donc à en user légitimement, à savoir l'emploi qu'on en doit faire. Elle ne s'adresse pas aux justes, car comment condamnerait-elle un juste ? Elle est donnée pour condamner le mal. Ici l'apôtre passe brièvement en revue les personnes auxquelles la loi s'adresse et contre lesquelles elle sévit légitimement. En quelques mots, il caractérise leur état moral: la propre volonté, la désobéissance, l'impiété et l'esprit profane à l'égard de Dieu, l'absence de tout respect vis-à-vis des parents et les sévices contre eux, la violence et le meurtre, la souillure de la chair, les paissions infâmes, le mensonge et le parjure et bien d'antres vices encore, tombent sous la condamnation de la loi.
Ici, l'apôtre revient au sujet principal de son épître: La loi sévit contre tout ce qui s'oppose à la saine doctrine, à l'ensemble des vérités qui constitue le christianisme ou la doctrine qui est selon la piété (VI, 3.) Or l'Évangile est conforme à cette doctrine. Il ne contredit nullement la loi, mais introduit une chose toute nouvelle qui n'a absolument aucun point de contact avec la loi. Il est l'Évangile de la gloire du Dieu bienheureux, confié à l'apôtre. Ces quelques mots nous .ouvrent une sphère de bénédictions dans laquelle l'esprit et le cœur peuvent se mouvoir librement sans jamais en trouver les limites. Jugez-en: l'Évangile est la bonne nouvelle qui annonce aux hommes que la gloire de Dieu a été pleinement manifestée en Christ. La gloire de Dieu, c'est-à-dire l'ensemble des perfections divines: justice, sainteté, puissance, lumière et vérité et par-dessus tout son amour et sa grâce - cette gloire a été pleinement révélée et mile à notre portée dans la personne d'un homme, le Christ Jésus, notre Sauveur. Elle a été manifestée en notre faveur et c'est la merveille de l'Évangile. Toute cette gloire ne se cache ni ne se voile; nous la voyons resplendir dans la face d'un homme, mais, bien plus, elle est pour nous, elle nous appartient, L'œuvre de Christ nous la confère; tout ce qu'Il est devant Dieu, ceux qui croient en Lui, le sont désormais. Oui, la gloire de Dieu ne trône plus dans sa solitaire et inabordable perfection; elle est devenue, dans un homme, la part de tous ceux qui croient en Lui. Nous sommes, en vertu de son sacrifice qui a aboli le péché, parfaits devant Dieu comme Lui-même. Il nous est fait, de la part de Dieu, sagesse, justice, sainteté et rédemption. Nous sommes lumière dans le Seigneur. L'amour de Dieu a été versé dans nos cœurs par le Saint Esprit qui nous a été donné. Tout cela est le libre don de la grâce à de pauvres pécheurs justifiés par la foi,
Mais notez que cet Évangile est celui de la gloire du Dieu bienheureux. En nous le faisant connaître, Dieu veut nous rendre heureux comme Lui-même ; le bonheur dont il jouit est devenu notre bonheur ! Y a-t il un contraste plus complet que celui-ci entre la loi qui maudit le pécheur et la grâce qui le transporte dans la jouissance de la gloire et du bonheur de Dieu, en attendant qu’il en jouisse dans la perfection d'une éternité sans nuage?

Vers. 12-14. - Et je rends grâces nu Christ; Jésus, notre Seigneur, qui m'a fortifié, de ce qu'il m'a estimé fidèle, m'ayant établi, dans le service, moi, qui auparavant étais un blasphémateur, et un persécuteur, et un outrageux; mais miséricorde m'a été faite, parce que j'ai agi dans l'ignorance, dans l'incrédulité; et la grâce de notre Seigneur a surabondé avec la foi et l'amour qui est dans le Christ Jésus.

Or qui était ce Paul auquel un Évangile d'un tel prix avait été confié? Chose étonnante! C'était un homme qui violait le premier commandement: «Tu aimeras Dieu.» Il haïssait Dieu en croyant le servir, car il le haïssait dans la personne de son Fils. Ce Christ, il le blasphémait en contraignant les saints de le blasphémer (Actes XXVI, 11) ; il le persécutait dans son Église bien-aimée; il le couvrait d'outrages dans ceux qui croyaient en Lui et le servaient fidèlement.
Une telle attitude n'aurait pu être pardonnée si Paul n'avait fait ces choses «par ignorance dans l'incrédulité», la foi n'étant autre chose que la réception dans le cœur de Christ, comme Fils de Dieu. C'est pour cela que miséricorde lui avait été faite, sinon il aurait été condamné sans rémission. Quant aux Juifs, cette miséricorde n'avait pu leur être continuée. Sur la croix, Jésus, intercédant pour le peuple avait dit: « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font.» Il avait invoqué la miséricorde de son Père à cause de leur ignorance. C'est aussi ce que Pierre leur disait en Actes III, 17. Mais ensuite, quand ils lapidaient Étienne, ils savaient ce qu'ils faisaient; ils rejetaient le Saint Esprit qui leur était envoyé par Jésus Christ ressuscité (Actes VII, 51.) Ce péché ne pouvait leur être pardonné. Saul de Tarse qui consentait à la mort d'Étienne (Actes VII, 58; VIII, 1) n'était-il pas sur le même pied que son peuple? Quelle ressource lui restait-il donc? Aucune! Et cependant une restait encore: «la grâce surabondante» qui pouvait estimer fidèle un tel homme, et l’établir dans le service! Il n'y avait que la foi par laquelle pût être anéantie son incrédulité précédente. Il n'y avait que «l’amour » qui est dans le Christ Jésus » qui pût remplacer la haine dont son cœur avait été rempli jusque-là et cet amour ne pouvait être connu que par la foi. Ce verset 14 est donc la preuve de ce que la grâce donne quand elle s'occupe même du «premier des pécheurs». Elle le retire d'entre les pécheurs par une grâce surabondante, lui donne la foi, et, par elle, lui fait connaître l'amour qui est en Lui.
(A suivre).
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PENSÉES

Dieu a placé le témoignage de son amour à la croix, dans le lien même où mon péché était devant Lui. Il s'est montré pour moi, dans le lieu même où se trouvait ce que j'avais contre moi: la mort et le jugement.
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* *

La prophétie est l'intervention de Dieu en témoignage par sa Parole, lorsque le peuple étant devenu infidèle les rapports de Dieu avec lui sont brisés.

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CHRIST ET L'ÉGLISE

Éphésiens V, 22-33.

L'apôtre, chose remarquable, tout en entrant dans les relations de la vie ordinaire, maris et femmes, parents et enfants, maîtres et esclaves, ne peut toucher un de ces sujets sans qu'il lui rappelle Christ et le transporte dans toute l'étendue de la grâce. Alors, de l'abondance de son cœur, sa bouche parle. Il est impossible qu'il existe une relation naturelle dans laquelle le chrétien ne puisse servir le Seigneur et lui plaire. La réalité de notre affection pour lui se montre dans toute notre conduite et, plus les détails en sont insignifiants en apparence, plus ils prouvent que nous pensons continuellement à Lui.
Mais ici l'apôtre parle avant tout de Christ et de l'Église. Ce n'est pas seulement le fait que Dieu nous a sauvés, mais il a formé des relations entre nous et Christ et cela est très important, car il s'agit de nos affections. Aussi l'apôtre prend ici la relation d'époux et d'épouse, la plus intime qui existe, et l'applique à celle de Christ avec l'Église. Toute notre vie chrétienne se ressent de nos relations avec Lui. Il ne s'agit pas du fait sec et froid que nous ne sommes pas perdus, qu'il nous faut une conscience nettoyée; ce n'est pas même le tout, de posséder la vie éternelle, d'avoir une nature capable de jouir de Dieu, d'aimer la sainteté, la justice ; mais Dieu nous place dans des relations d'affection, selon le bon plaisir de sa volonté. Sans doute il ne peut pas avoir devant lui quelqu'un qui ne soit pas saint, mais il veut que nous soyons ses enfants, relation où les affections se développent par la puissance de l'Esprit de Dieu. Le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, est notre Dieu et notre Père. Quand l'âme vit dans cette relation, elle manifeste la vie qui y appartient. Si un homme aime l'argent, il est avare; si c'est le pouvoir, il est ambitieux. L'objet qui nous gouverne forme notre caractère. On est l'objet que l'on poursuit. Si Christ est l'objet que l'on poursuit, on est chrétien. 
Nos relations sont si précieuses, parce que leur valeur dépend du fait que Christ y est lui-même. C'est ce qui forme nos cœurs; nous l'aimons parce qu'il nous a aimés le premier. Toute la vie chrétienne est le retour du nouvel homme à Dieu, au Père, à Christ, selon l'amour qu'Il a révélé et qui a attiré nos cœurs. Le Saint Esprit qui a créé des affections répond en nous à la bonté qui les attire; le cœur répond d'une manière vitale aux impressions produites par la révélation de ce que le Père est pour nous. Le nouvel homme est renouvelé en connaissance selon l'image de Celui qui l'a créé. Cette image est en Christ: «Soyons imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants.» «Pardonnons-nous les uns aux autres, comme Dieu, en Christ, nous a pardonné.» « Soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait.» Notre vie est donc le reflet de la manifestation de Dieu qui l'a produite.
Tel est le grand principe, mais ici nous trouvons, non la relation avec le Père, mais celle de Christ et de l'Église.
Il y a dans l'Écriture une telle variété de sujets, que la difficulté est plutôt de savoir duquel il faut parler et que la proportion manque entre les richesses qui nous appartiennent et la capacité d'en jouir. Le cœur de l'homme est trop grand pour le monde; rien ne peut satisfaire un cœur ambitieux; mais quand on a les choses de Dieu, elles surpassent toute intelligence; alors nos cœurs sont tellement petits qu'ils ne peuvent saisir les richesses insondables de Christ. Dans la mesure dans laquelle nous sommes détachés des choses d'ici-bas et quand le Saint Esprit a plein jeu dans notre cœur, nous sommes capables d'entrer en pratique dans la jouissance des choses qui nous sont données et dont le Saint Esprit dispose e et plus je suis rempli du Saint Esprit, plus je saisis les choses qu'il me présente.
La source de tout est ici l'amour de Christ pour l'Église. Christ n'est pas en relation avec le monde qui l'a rejeté et ne veut pas de lui; il n'est pas dit de Christ qu'il a aimé le monde, mais que Dieu l'a aimé. Christ aime l'Église, c'est une relation spéciale; l'amour de Christ lui-même est la source de tout. Pour mesurer notre bonheur, il nous faut mesurer cet amour. Un père peut aimer beaucoup d'enfants; un berger a des brebis ; c'est un amour individuel; mais dans l'amour de Christ pour l'Église, il y a concentration complète. Chacun de nous peut dire aussi: «Il n'a aimé »; mais ici : «Il a aimé l'Église. » C'est un ensemble; l'Église est l'objet spécial de ses affections. Il veut l'avoir pour lui-même et se la présenter bien autrement qu'Ève ne le fut à Adam. Adam donne des noms à tous les êtres vivants de la création, mais n'a pas de compagne. Qu'and Dieu lui en donne une: «Cette fois,» dit-il, « celle-ci est os de mes os et chair de ma chair. »
Lorsque Christ possède cet objet-là, il ne se réserve rien et se donne lui-même. Ce n'est ni sa vie, ni son sang seulement, c'est lui-même qu'il donne. Tout ce qui se trouve en lui est à moi; c'est la mesure et le caractère propre de son affection pour l'Église. Il est tout entier à elle. Quand mon cœur saisit cela par la foi, je comprends qu'il n'y a rien en Christ qui ne soit à moi. Je compte sur son cœur; ses pensées sont toutes à moi: le jugement, il le porte; la coupe de la colère il la boit à ma place; pas une affection qui ne soit en exercice à mon égard; pas un obstacle qui puisse l'arrêter. T'out est consacré au salut de l'Église; c'est lui-même qui se donne sans réserve.
Dans quel état était l'Église quand il s'est donné lui-même ? Dispersée parmi les pécheurs. Comme objet, elle n'existait pas de fait, et n'existait que dans Son cœur. Il rachète, il obtient, il acquiert l'Église, afin que, lorsqu'elle devient sienne, elle comprenne l'amour dont elle a été l'objet, quand elle n'en savait rien. Il veut l'avoir telle qu'il la désire, selon sa pensée et selon son cœur. Il l'a aimée - c'est la source; il l'a rachetée - c'est le moyen; il la sanctifie - c'est ce qu'il veut. Nous avons toute la valeur, aux yeux de Dieu, de ce don de Jésus et de tout ce qu'il est. Si je pense au caractère de Celui qui s'est donné, je vois la valeur du don, mais si je considère la personne de Celui qui s'est donné, je vois la source et le principe de tout. Il sanctifie l'Église; il la veut selon son cœur; il s'est mis à part, comme homme glorieux dans le ciel, afin que le Saint Esprit prenne ce qui est à Lui et nous le communique. Il nettoie l'Église par le baptême d"eau, par la Parole. Nous sommes si pauvres, dites-vous ? Oui, mais il s'occupe de cela aussi. C'est lui qui s'occupe de l'Église, pour la rendre telle qu'il la veut; il lui montre ce qu'Il est lui-même, pour former l'image de Dieu en elle. «De sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce sur grâce» (Jean XIII, 10.) «Celui qui est baigné n'a besoin que de se laver les pieds» (Jean I, 16.) Il s'occupe de nous constamment; il nous veut tels. Quel bonheur! Plus je lui suis semblable, plus je suis capable de le connaître davantage. Combien peu nous saisissons de ce que Christ est ! Mais il agit en moi et pour moi, selon les désirs de sa perfection. Il désire nous avoir tels qu'il nous veut en sa présence, et peut-être il nous broiera si nous voulons résister à ses desseins, Souvent il faut que la volonté soit brisée. Je puis compter que la grâce de Jésus me rendra tel qu'il me veut. Il forme l'Église d'après l'image de sainteté, d'excellence qui se trouve en lui. Si je place la joie avant le fait qu'il est donné pour moi, c'est renverser l'ordre. Il s’est donné quand nous n'étions que pécheurs – Il s’est donné pour l’Église, quand elle était dans le monde, pas meilleure qu'un brigand, qu'une Marie de Magdala. Puisqu'il l'a prise pour lui-même, il faut qu'il la rende ce qu'il veut qu'elle soit en sa présence. Il se donne lui-même et il la sanctifie; il ne peut l’avoir impure devant lui. Quand elle n'avait pas une qualité pour être l'épouse de Christ, il s'est donné pour elle. Quand j'ai saisi que Christ m'a aimé premièrement, je me dis: il va me rendre tel qu'il me veut. Quel bonheur! Je rends grâces à Dieu de ce que Jésus a cette pensée de sanctification. Nous sommes prédestinés à être conformes à l'image du Fils de Dieu. Le cœur est plein de reconnaissance et d'actions de grâces; il a appris à aimer la sainteté et la justice, la perfection de Jésus. Celui-ci nous lés donnera; je compte sur Christ qui veut m'avoir près de lui et qui chaque jour me fera faire des progrès en détail. Tout s'adresse au cœur. Si je suis convaincu de péché, si ma conscience est réveillée, je sentirai la nécessité d'être purifié; je trouverai les instructions qui me font voir la valeur de l'œuvre de Christ laquelle donne la paix à la conscience. Je viens alors pour étudier ce qu'il est lui-même, sa personne, ses voies, ses pensées. J'apprends tout ce qu'il est, et je jouis de cette relation. C'est là que commencent toutes les affections. Le cœur se nourrit de Christ lui-même quand il a la paix, Christ est le pain de vie; celui qui mange de ce pain vivra éternellement. Il nourrit l'âme et produit dans le cœur les affections qui s'attachent à lui. C'est ce dont nous avons besoin pendant notre passage ici-bas, mais voici son but final: «Afin qu'il se présentât: l’Assemblée à lui-même, glorieuse, n'ayant ni tache, ni l'ide, ni rien de semblable, mais afin qu'elle fût sainte et irréprochable.» Aux yeux de qui ? Aux yeux de l'Époux qui l'a prise; il faut qu'il se la présente ainsi.
On voit ici la divinité du Seigneur aussi bien que son humanité. Christ était Dieu ; il accomplit cette œuvre et se présente l'Église à lui-même. Dieu présente Ève à Adam; c'est le fruit de la Création et la responsabilité de la créature; Christ se présente l'Assemblée; c'est le fruit de la Rédemption. Nous avons quelqu'un qui sait ce que sont nos tentations, qui connaît le bien, car il est Dieu, et les difficultés du chemin, car il est homme, qui comprend les choses par lesquelles nos cœurs ont à passer et qui applique sa grâce à tous nos besoins. «Il verra du fruit du travail de son âme et sera satisfait. » Quel bonheur! Il sera satisfait en moi! Une âme qui sent sa faiblesse, qui traverse les difficultés et les tentations peut se dire: Quoi qu'il en soit, il sera satisfait. Il exerce une grâce parfaite pour que je la comprenne dans tous ses détails, dans la hauteur de la position à laquelle il m'appelle, dans la petitesse de toutes les misères de mon cœur qu'il connaît. Quel bonheur de connaître un Christ qui nous aime de la sorte!
Il aime l'Église, se donne pour elle, la sanctifie par la Parole. Tel est le résultat glorieux et béni, mais il montre sous une autre figure tons les détails de sa sollicitude journalière.
Personne n'a en haine sa propre chair, mais il la nourrit et la chérit, comme le Seigneur nourrit et chérit l’Assemblée pendant tout le temps qu'elle est ici-bas. C'est lui qui le fait à ses dépens. Pourrait-on trouver parmi les « gousses » de ce monde de quoi nourrir une âme qui a goûté ce que Christ est? Le nouvel homme trouvera-t-il sa satisfaction dans les choses qu'il a abandonnées ? Non, sa satisfaction est en Christ. Il a mangé du veau gras et n'a pas de goût pour les gousses des pourceaux. Il n'est pas besoin, en un sens, de les lui interdire, car, en savourant ce que Christ est, il ne cherche nulle part ailleurs sa nourriture. L'âme ne peut être nourrie d'autre chose, mais elle peut en être empoisonnée. Elle s'amaigrit, devient chétive, pauvre, quand elle ne se nourrit pas. Impossible de trouver une nourriture ailleurs qu'en Christ. En se laissant entraîner vers les choses légères, le cœur s'étiole; quand je me nourris d'autre chose, Christ n'a plus pour moi le même prix. La vie a sa nourriture à elle, selon sa nature. Si ma chair se nourrit, ma vie spirituelle est affaiblie, et quand je reviens à Christ, je ne jouis plus de lui. Combien d'excuses on se fait à soi-même, et combien de choses on fait sans excuse aucune, choses futiles qui ne servent qu'à nous détourner de Christ !
Le secret de la joie, comme de la sainteté, est d'être beaucoup occupé de Christ, d'être familier avec son amour. En lui, j'ai l'objet qui me satisfait ; on me prendrait tout, on ne peut me prendre Jésus, et par lui je puis toutes choses. En lui j'ai l'objet qui satisfait mon cœur, et la force qui le soutient.
Tel est le progrès pratique, quand nous goûtons la puissance de la relation dans laquelle Jésus nous a placés. Si j'ai appris à aimer la sainteté, les choses célestes, je les aurai, je les serai, pour ainsi dire, pratiquement; je serai formé selon ce que Christ est. Il s'est donné pour moi ; si j'ai le goût des choses divines, le besoin de mon cœur sera d'être formé d'après ces choses, et Celui qui m'en a donné le goût fera cela.
C'est à Lui que je pense, quand j'e pense à ce que je serai, si j'aime à lui être redevable de tout Ce que j'aurai dans la gloire, car, devant Lui, on aime à être dépouillé de soi.
Que Dieu nous donne de croire à sa grâce, de penser à Lui. Si vous pensez beaucoup à Lui, vous ne sentirez pas le besoin d'autre chose.
J. N. D.
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ÉTUDE SUR LA PREMIÊRE ÉPÎTRE À TIMOTHÉE

CHAPITRE I (Suite)

Vers. 15-17. - Cette parole est certaine et digne de toute acceptation, que le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont moi, Je suis le premier. Mais miséricorde m'a été faite, à cause de ceci, savoir, afin qu'en moi, le premier, Jésus Christ montrât toute sa patience, afin que je fusse un exemple de ceux qui viendront à croire en lui pour la vie éternelle. Or, qu'au roi des siècles, l'incorruptible, invisible, seul Dieu, soit honneur et gloire aux siècles des siècles! Amen!

Dès que cette œuvre de l'Esprit de Dieu a eu lieu dans son cœur, Paul peut annoncer Christ et le salut. Ce que nous trouvons ici, c'est l'Évangile dans sa plus simple expression. « Cette parole est certaine et digne de toute acceptation. » Il y a beaucoup de « paroles certaines» dans les épîtres à Timothée et à Tite. Nous nous en sommes expliqués dans notre « Étude sur Tite », page 85-86, mais ici l'apôtre ajoute ces mots: «et digne de toute acceptation », afin de montrer les résultats immenses de cette parole pour toute âme qui la reçoit. Nous y reviendrons au chap. IV, 9. La simple vérité qui est à la hase de toute relation entre l'homme pécheur et le Dieu Sauveur est exprimée ici de la manière la plus solennelle: «Le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs. » Dieu fait homme, dans la personne de Jésus, et venant ici-bas pour sauver les pécheurs, non pas des pécheurs, mais pour accomplir une œuvre d'une portée universelle, offerte à tous et dont nul pécheur, même le plus indigne, n'est exclu d'avance. Le but de Dieu en venant dans le monde était de sauver les pécheurs ; au chap. II, 4, nous voyons que c'est aussi sa volonté. Du côté de Dieu il n'y a donc aucun obstacle; tout concourt en Lui à ce dessein arrêté; mais l'homme, chose terrible à constater, méconnaît le but de Dieu et s'oppose de lu manière la plus formelle à sa volonté. Au milieu de cette révolte de l'homme contre Lui, sa « grâce surabondante» peut seule contraindre l'homme et faire d'un Saul de Tarse l'agent pour présenter le salut à d'autres.
Nous avons vu, au v. 11, le côté de Dieu dans l'Évangile; nous voyons ici, au v. 15, le côté de Christ, son abaissement pour accomplit ce glorieux résultat: le salut. Or ce salut est, non seulement la délivrance du péché et du joug de Satan, mais l'introduction de l'homme en des relations éternelles avec le Dieu de gloire. La délivrance du péché, nous l'avons ici dans toute sa simplicité, quand l'apôtre nous parle d'une chose certaine et digne de toute acceptation; les relations nouvelles nous les 'trouvons dans la proclamation de l'Évangile de la gloire au v. 11.
Ici Paul s'intitule «le premier des pécheurs ». Aucun autre homme ne peut s'appeler de ce nom. Paul, n'étant encore que Saul de Tarse, s'était mis à la tête d'une armée dont Satan était, sans qu'il s'en doutât, le Chef occulte, avec le but d'extirper, de ce monde le peuple de Dieu et, le nom même de on Chef et Seigneur, pour le triomphe de la religion juive. Avec toute son énergie charnelle, avec toute sa conscience religieuse, et elle était fort grande, Saul voulait anéantir et ôter du monde le nom de Christ, car il était entièrement incrédule quant à sa résurrection. Oui, cette triste place prépondérante, il l'occupait à la tête des ennemis de Christ, ce qui lui fait dire : « dont moi je suis le premier».
Depuis que, dans l'évangélisation courante, beaucoup d'orateurs ont pour habitude de raconter leur conversion, en exagérant à plaisir le tableau de leur propre misère (ce qui faisait dire à Spurgeon que ces confessions publiques lui faisaient l'effet de la sonnette annonçant le passage du char des balayures), on les entend s'écrier: «Je suis le premier des pécheurs. » Ce mot n'est pas vrai, et de fait, chose triste à dire: pas un le ceux qui parlent ainsi ne le croit réellement. Cette parole leur offre même un moyen de s'enorgueillir et leur fournit l’occasion d'occuper leurs auditeurs d'eux-mêmes et de leur propre humilité, plutôt que de n'en rien, dire. Mais ce que l'apôtre disait ici de lui-même, comme dans ses trois discours des Actes, était une frappante réalité et avait pour but d'expliquer la portée immense de la mission qui lui avait été confiée: Si, dans cet état d'affreuse révolte contre Christ, il avait été fait miséricorde à Saul de Tarse, c'était, dit-il, «à cause de ceci, afin qu'en moi, le premier) Jésus Christ montrât toute sa patience, afin que je fusse un exemple de ceux qui viendront à croire en Lui pour la vie éternelle. » Dieu choisissait Saul de Tarse comme un .exemple de Ses voies envers ceux qui viendraient à croire par son ministère. S'il pouvait agir ainsi envers un blasphémateur et un persécuteur, y avait-il un seul homme qui pût dire: Jésus Christ n'aura pas patience envers moi? Non, car déjà Jésus Christ avait montré toute sa patience envers Paul. Ainsi, comme le salut était pour tous les pécheurs, la patience était pour tous. Et certes cette patience avait une valeur immense. Il suffisait maintenant de croire en Lui, et l'on obtenait ainsi la vie éternelle. Arrivé à ce mot final qui introduit l'âme dans la possession d'une félicité sans fin, un hymne de louange s'élève du cœur de l'apôtre et monte jusque dans les profondeurs du troisième ciel.
Cet hymne est adressé au Dieu Souverain de qui descend le don suprême de, la vie éternelle sur tous ceux qui croient. Leur âme est, par la vie éternelle, mise en rapport direct avec Lui. Il est le roi des siècles, le seul devant qui le temps et l'éternité n'ont pas de limite et qui les domine. Il est l'incorruptible, le seul qui soit au dessus de tout ce qui est livré à la corruption et ne puisse être atteint par elle, comme l'ont été la Création, les hommes et même les anges. Il est l'invisible, Celui qui est au dessus de toute chose visible et que nul œil ne peut voir. Il est seul Dieu!
C'est autour d'un tel Dieu que monteront éternellement nos hommages. Il ne s'agit pas ici du Dieu Sauveur, ni du Christ Jésus, venu pour sauver les pécheurs. Un trait manquerait à sa gloire, s'il n'était encore exalté d'une autre manière. Il est le Dieu qui, de sa gloire inaccessible, a daigné abaisser ses regards sur sa créature déchue, pour lui donner la vie éternelle, une vie capable de le connaître et de le comprendre, une vie qui réponde à sa propre nature! À Lui soit honneur et gloire aux siècles des siècles ! Amen!
Il est bien remarquable qu'au chap. VI, 15-16 de cette même épître noue retrouvions un passage qui a une portée analogue à celui-ci, tandis que nous n'en trouvons nulle autre part de semblable. Au reste, l'expression de la louange spontanée devant les mystères de la grâce revient plue d'une fois dans les épîtres; ainsi en Romains XI, 32-36; en Hébreux XIII, 21 ; en Éphésiens III, -21.
(À suivre)
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FRAGMENTS

Avec la patience, on est calme, on est tranquille, et cet état conduit à l'expérience, non de soi-même, mais de toute la bonté de Dieu au travers des tribulations.

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De nos jours, on court grandement le risque de compromettre la vérité pour l'amour de l'union, et nous devons nous en garder avec soin. On n'obtient pas de véritable union aux dépens de la vérité. Maintenir la vérité à tout prix, telle doit être la devise du chrétien.

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Combien nous sommes loin d'être affligés au sujet des fautes de nos frères autant que s'il s'agissait de nos fautes à nous. Avons-nous vraiment, comme sentant le mal, supplié le Seigneur selon l'intercession de la grâce ? Cela ne nous arrive que bien rarement; et nous ne nous tenons guère à la brèche, pour ainsi dire. Nous avons tous failli gravement, quant à ces choses. Nous ne sentons pas assez que Christ s'identifie avec ses saints. Cette pensée nous placerait dans la position d'intercesseurs. »
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COURTES MÉDITATIONS

N° 27.

L'ÉPÉE A DEUX TRANCHANTS

Hébreux IV, 12-13.

Je désire insister sur un certain caractère de la Parole, en tant qu'arme de combat: l'épée à deux tranchants, caractère dont nous sommes loin de faire un usage constant. Sans doute la Parole est, pour nous, bien plus encore qu'une épée: elle est une lampe et une lumière, une eau rafraîchissante et une nourriture; elle est une source de salut, de vie, de joie, de puissance et de connaissance; la révélation de la grâce et de la gloire, la révélation de Christ à nos âmes. Mais, en outre, nous sommes appelés à manier cette Parole et à en faire divers usages, ou plutôt, à combattre par elle de diverses manières.
Pour apprendre à nous eu servir, nous n'avons qu'à considérer la manière dont le Seigneur l'a employée, l'emploie et l'emploiera.
Dès qu'il entre dans son ministère (Matthieu IV, 1-10) il prend cette Parole, comme épée de l'Esprit, pour combattre Satan. Seul, au désert, sans appui, sans ressource aucune, sauf cette arme, il réduit l'Ennemi au silence et l'oblige à se retirer. Il nous laisse cette épée pour la manier après Lui contre ce même Adversaire. En Apocalypse II, 12-16, c'est avec la Parole, épée aiguë à deux tranchants, sortant de sa bouche, que le Seigneur combat le mal dans l'Église responsable, dont Satan a réussi à faire le siège de son royaume en y introduisant des doctrines perverses, la souillure, et l'union sacrilège avec le monde. Nous aussi, nous avons à combattre le mal par le même moyen, comme Antipas, le fidèle témoin, et nous en recevrons la récompense. Nous avons, dans la chrétienté qui nous entoure, à combattre avec l'épée de l'Esprit qui est la parole de Dieu, contre les artifices du Diable qui y a son trône.
En Apocalypse XIX, 15, c'est avec l'épée aiguë il deux tranchants, sortant de sa bouche, que le Seigneur exercera le jugement sur les nations et établira son règne. Comme il a été seul sur la croix pour établir le règne de la grâce, il sera seul pour établir le règne de la justice. Mais, nous le voyons dans ce passage, il associera tous les saints avec Lui pour partager les fruits de sa victoire, comme il les associe maintenant avec Lui-même dans la jouissance des résultats de son œuvre rédemptrice.
Ceci m'amène au sujet proprement dit de ma méditation, au chap. IV de l'épître aux Hébreux. Nous trouvons dans ce passage (v. 12-16) deux choses indispensables pour arriver au bout de la traversée du désert. Ces deux choses sont la parole de Dieu et la sacrificature de Christ.
La Parole, dont le Seigneur est la souveraine expression, est «vivante et opérante, et plus pénétrante qu'aucune épée à deux tranchants.» Elle n'est pas dirigée contre les ennemis du dehors, mais contre nous-mêmes. Si elle pénètre, ce n'est pas pour une action momentanée ou superficielle. Cette épée est sortie de l'arsenal divin; elle est souverainement intelligente; rien ne lui échappe; elle sait s'insinuer dans les parties les plus secrètes et les plus subtiles de notre être, à nous croyants. Tout ce qui est animal, car elle« atteint la division de l'âme et de l’esprit », alors même que ce serait revêtu des formes et des couleurs les plus captivantes, ne peut lui en imposer. La Parole fait une distinction des plus tranchées entre ce qui appartient à la chair et ce qui appartient à l'Esprit, distinction que nous sommes incapables de faire nous-mêmes, tant elle est subtile, pas plus que nous ne pouvons séparer nos jointures et nos moelles.
Notre désir est, par exemple, de faire le bien, de soutenir matériellement l'œuvre de Dieu. Dans quelle mesure cherchons-nous à accroître par là notre influence. Nous pensons aider aux nécessiteux. Dans quelle mesure y poursuivons-nous la satisfaction de nous-mêmes et cherchons-nous l'approha1rion de nos frères ou du monde ? Nous voici engagés activement dans le ministère. Dans quelle mesure y donnons-nous une part à notre « moi:», en faisant valoir notre éloquence, en essayant de paraître plus spirituels que nous ne le sommes réellement? Laissons-nous à l'Esprit toute sa place en n'en gardant aucune pour nous-mêmes? Si nous n'agissons pas ainsi, l'épée à deux tranchants, maniée d'une main sûre, nous pénétrera et nous atteindra. Ne l'évitons pas. Notre orgueil, notre vanité, notre suffisance, en souffriront. La blessure sera souvent cruelle. Parfois nous aurons de la peine à pardonner aux instruments que Dieu emploie pour manier l'épée... Le moyen d'éviter toute déconvenue, c'est de prendre nous-mêmes l'épée à deux tranchants et de nous en percer les entrailles. Nous l'avons entre nos mains; si nous savons l'appliquer à d'autres, commençons par l'appliquer à nous-mêmes. Voyons en quoi elle nous condamne, pour savoir en quoi elle nous approuve. Ne cherchons pas à excuser notre froideur, notre préoccupation de nous-mêmes, notre mondanité, les apparences dont nous nous parons hypocritement, quand la vie intérieure n'y correspond plus.
Telle est donc la Parole, appliquée à l'enfant de Dieu qui porte et porter jusqu'au bout de la course la chair en lui. L'effet de cette Parole est de nous placer en présence de Christ devant lequel tout est découvert sans rien de caché. Lui disons-nous: «Sonde-moi et connais mon cœur; éprouve-moi et connais mes pensées» (Psaume CXXXIX, 23), ou cherchons-nous à éviter la Parole qui veut mettre à nu tout motif charnel dont notre marche serait entravée Laissons-la venir à nous sans lui faire obstacle. 
Notre peu de succès réel dans la prédication de la Parole dépend souvent de ce que nous prétendons l'appliquer aux âmes, des autres, avant de l'avoir laissée pénétrer en nous pour nous apprendre à faire la différence entre l'âme et l'Esprit. Soyons sincères, soyons vrais, soyons attentifs à ce côté du combat qui est le combat contre nous-mêmes, le jugement de nous-mêmes, et non pas seulement le combat contre les puissances de ténèbres en dehors de nous!
H. R.
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ÉTUDE SUR LA PREMIÈRE ÉPÎTRE À TIMOTHÉE

CHAPITRE I (Suite)

Vers. 18-20. – Je te confie cette ordonnance, mon enfant Timothée, selon les Prophéties qui ont été précédemment faites à ton sujet, afin que par elles tu combattes le bon combat, gardant la foi et une bonne conscience, que quelques-uns ayant rejetée, ils ont fait naufrage quant à la foi, du nombre desquels sont Hyménée et Alexandre que j’ai livrés à Satan, afin qu ils apprennent à ne pas blasphémer.

L'apôtre revient maintenant à « l'ordonnance », au mandat qui avait été confié à Timothée et dont il avait parlé aux vers. 3 et 5 de ce chapitre.
Il entre dans le sujet propre de l'épître, après avoir terminé comme nous l'avons vu, par un chant de triomphe et un Amen! Le magnifique exposé qui se déroule du v. 5 au v. 17.
Nous allons trouver les détails de ce mandat dans les chapitres qui suivent. Au chap. I, 3-4, l'apôtre n'avait encore parlé que du danger immédiat qui menaçait les saints d'Éphèse et auquel Timothée devait parler avec l'autorité qui lui était conférée. Ce danger ne se résumait encore que dans l'activité de «certaines personnes». Mais auparavant Paul place devant son fidèle disciple et enfant dans la foi, l'importance, aux yeux de Dieu, de l'ordonnance qui lui avait été confiée (1 Timothée IV, 14; 2 Timothée I, 6.) Des prophéties avaient été faites auparavant au sujet du don que devait recevoir ce fidèle collaborateur de l'apôtre. Il l'avait donc reçu par prophétie, mais il lui avait été communiqué par l'imposition des mains de Paul. Ce don avait été accompagné de l'imposition des mains du corps des anciens. Ce dernier fait signifiait l'identification des anciens avec Timothée dans son service et la sanction qu'ils y apportaient, car ils ne lui communiquaient rien (Nombres VIII, 10.) Il appartenait à l'autorité apostolique et à nulle autre de transmettre occasionnellement le don, qu'il fût un «don de grâce» ou le «don du Saint Esprit », don qui, du reste, le plus souvent était envoyé directement d'en haut par le Seigneur, mais jamais on ne voit les anciens le communiquer.
Les prophéties, faites précédemment au sujet de Timothée, annonçaient que celui-ci était désigné de Dieu pour «combattre le bon combat », un combat nécessaire, destiné à soutenir la saine doctrine dans la maison de Dieu et à déjouer les ruses de l'Ennemi. Cette victoire ne pouvait avoir lieu que si Timothée gardait la foi, c'est-à-dire l'état de l'âme qui est fermement attachée à l'ensemble de l'enseignement de Dieu dans sa Parole. La foi n'est plus sincère (v. 5), quand la conscience n'est plus bonne et cherche à se soustraire, en quelque manière que ce soit, au contrôle de Dieu. Alors il y a de la fraude dans le cœur. Cet état est des plus dangereux. L'âme s'habitue à éviter la lumière de la présence du Seigneur et de sa Parole.
Rejeter une bonne conscience amène tôt ou tard l'âme à abandonner la foi. Toutes les hérésies ont leur source dans un mauvais état de la conscience qui, fuyant l'occasion de rencontrer Dieu, est livrée à elle-même et, dans cet état, abandonne la vérité telle que Dieu nous l'a enseignée dans sa Parole. Hyménée et Alexandre en étaient arrivés là. Il ne nous est pas dit ce qu'ils enseignaient, mais la Parole a soin de nous dire que c'étaient des blasphèmes, sans doute des blasphèmes contre Christ, peut-être en rapport avec la loi, car Paul a soin de nous dire, en décrivant son état d'inimitié contre Christ, qu'il était un «blasphémateur» (v. 13). On voit en Actes XXVI, 11, de quelle manière cela avait lieu. Au chap. IV, 1 de notre épître, l'apôtre nous dit que « quelques-uns apostasieront de la foi », c'est-à-dire rejetteront entièrement la doctrine chrétienne. Ici, le mal n'étant pas encore arrivé à son apogée, c'était plutôt qu'au lieu d'employer leur activité pour le maintien de la foi, ils avaient fait personnellement naufrage et que, n'ayant plus de boussole pour se diriger, ils avaient perdu tout sentiment de la valeur, de la dignité, de la sainteté du Seigneur. 
Il est possible que l'on retrouve ce même Hyménée en 2 Timothée II, 17, mais associé à Philète et soutenant une doctrine qui fermait le ciel aux rachetés, et les établissait définitivement sur la terre. On pourrait aussi supposer, mais sans plus de preuves, qu'Alexandre, en 2 Timothée IV, 14, est devenu l'ennemi acharné de l'apôtre. L'acte de livrer à Satan avait eu lieu effectivement dans notre passage. En 1 Corinthiens V, 5, il nous est présenté comme étant l'intention de Paul qui n'eut pas besoin de le mettre à exécution. Cet acte d'autorité apostolique n'était nullement assimilable à celui de l'assemblée dont le devoir était d'ôter le méchant de son sein.
Les deux hommes dont il est parlé ici, ayant été abandonnés entre les mains de Satan, étaient désormais hors de l'assemblée, privée de son contrôle et de son influence dont ils avaient joui jusqu'alors, devenus, par ce fait, comme la propriété de l'Ennemi qui n'avait désormais d'autre but que de les séparer à tout jamais de Christ, sans espoir de retour. Cependant, là encore, au milieu de ce terrible jugement, Dieu avait une intention de grâce. La misère, probablement morale et physique, où ils étaient plongés pouvait «leur apprendre à ne plus blasphémer », rendant ainsi leur restauration possible.
(À suivre)
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RECUEIL D'EXHORTATIONS ET D'APPELS

N° 3.

Jean XV, 8-17 ; Jacques II, 20-23.

La série de chapitres de l'évangile de Jean qui commence au XIII ème et va jusqu'au XVII ème, présente des choses qui ont pour point de départ ces paroles, au commencement du chap. XIII : «Jésus, sachant que son heure était venue pour passer de ce monde au Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'à la fin.» On peut dire que ces mots sont comme le point de départ du christianisme. Jésus était venu de la part de Dieu, lui le Fils du Père, pour révéler le Père dans ce monde; ayant accompli son œuvre jusqu'au bout, il s'en allait, et le temps était venu pour cela. Il laisse les siens dans ce monde, comme il le leur dit au chapitre XVI: «Il vous est avantageux que moi, je m'en aille», et au chap. XX, dans son premier message après la résurrection: «Je monte vers mon Père, et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu... » Je monte... Il s'en allait auprès de Dieu comme Fils de l'Homme et Fils du Père; c'est dans cette double relation qu'il prend sa place en haut. Puis le Saint Esprit est envoyé sur la terre afin que nous apprenions tout ce que Dieu est pour nous et afin d'opérer en puissance dans nos cœurs pour en rendre témoignage. Il en résulte une chose évidente, c'est que si Dieu se révèle comme Père, tous ceux qui reconnaissent cette relation sont des fils. Telle est la base du christianisme. Il n'y avait rien de pareil avant la venue de Jésus. Dieu s'était révélé d'abord comme Dieu tout-puissant aux patriarches, puis comme l'Éternel, à Moïse. Mais pour se révéler comme Père, il fallait qu'il envoyât le Fils, comme il est dit dans le premier chapitre de Jean: «Personne ne vit jamais Dieu; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l'a fait connaître.» Donc, si une âme le connaît réellement, elle jouit de la relation d'enfant.
Une chose importante à remarquer, c'est que l'on ne peut pas avoir une pleine révélation de la vérité, en dehors de la révélation du Seigneur Jésus comme Fils de Dieu. Le simple fait d'être enfants de Dieu n'est pas toute la vérité. C'en est une partie, il est vrai; mais ce n'est pas le tout. Il est dit en 1 Jean III, 2 : «Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu », mais l'apôtre n'en reste pas là ; il ajoute immédiatement : «et ce que nous serons n'a pas encore été manifesté» ; mais quand il sera manifesté, nous lui serons faits semblables, parce que nous le verrons tel qu'il est.» Et comment apparaîtra-t-il à nos yeux «Tel qu'il EST» non pas, « tel qu'il était», c'est-à-dire glorifié auprès du Père, comme Fils de l'Homme et Fils de Dieu. C'est ainsi que nous le verrons et que nous lui serons faits semblables.
Dans les épîtres, L'adoption s'applique aussi bien au corps qu'à l'âme. Voyez, par exemple, Romains VIII, 23 où c'est au corps qu'elle s'applique; et Galates IV, 5, où c'est entendu d'une manière générale : c'est pour cela, pour l'adoption, que Dieu a envoyé son Fils. Il ne dit pas qu'il l'a envoyé pour faire son œuvre en nous, ou bien pour fonder quelque chose de tout nouveau; mais pour accomplir la rédemption de ceux qui étaient sous la loi, afin qu'ils reçoivent l'adoption. Ces deux choses vont ensemble ; la rédemption n'est pas le dernier mot, mais nous attendons l'adoption, par laquelle le corps de notre abaissement sera changé en la conformité de sou corps de gloire (Philippiens III, 21.) C'est pour cela qu'il est encore dit dans l'épître aux Éphésiens que le Seigneur Jésus est le Sauveur du corps. Les deux choses, rédemption et adoption, ai-je dit, vont ensemble, et cela parce qu'Il est, comme Fils de l'Homme et Fils de Dieu l'expression de toutes les pensées de Dieu au sujet de ceux qu'il a rachetés.
Rappelons-nous encore une chose. Le premier jour de la semaine, quand les disciples étaient réunis dans la chambre haute, dont ils avaient soigneusement fermé les portes, par crainte des Juifs, le Seigneur Jésus apparaît au milieu d'eux, et leur dit: « Touchez-moi et voyez, car un esprit n'a pas de la chair et des os comme vous voyez que j'ai. Il n'était pas là seulement en esprit, comme plusieurs le pensaient, mais comme homme, ayant de la chair et des os, portant les marques des clous, et de la lance du soldat. Il est là, dans cette chambre haute, un homme ressuscité des morts, parfaitement homme, mais ayant un corps supérieur à toutes les choses matérielles, car les portes étant fermées, il entre et se trouve au milieu d'eux, puis il disparaît exactement de la même manière. C'est là un mystère pour nous; mais c'est un fait, et un fait sur lequel le Seigneur Jésus a insisté. C'est comme cela qu'il est monté sur les nuées, comme cela qu'il a pris place dans la gloire ; comme cela qu'il reviendra, comme cela que nous le verrons et que nous lui serons rendus semblables.
En attendant nous sommes appelés à marcher ici-bas dans cette relation avec Dieu: comme notre Dieu et notre Père.
Mais j'en reviens au chapitre XIII de Jean. Dieu avait remis, toutes choses entre les mains de son Fils; et celui-ci, sachant qu'il s'en allait au Père, commence à laver les pieds de ses disciples, pour les placer dans la pleine jouissance de sa Personne quand il serait, comme Fils de l'Homme, dans la gloire. Pierre, lui, ne comprenait rien à cette œuvre du Seigneur Jésus, non plus qu'à ses paroles; et, pensant à l'humiliation du Seigneur, il ne voulait pas qu'il lui lavât les pieds.
Ensuite, il lui demande de lui laver non seulement les pieds, mais aussi tout le corps. Pierre avait évidemment des pensées tout à fait fautives; alors le Seigneur. Lui explique que, puisqu'ils croyaient en lui, ils étaient déjà tout nets, mais qu'ils avaient besoin d'être maintenus dans la sainteté. C'est une chose bien précieuse de savoir que Dieu veut que nous demeurions en communion avec Lui et que pour nous y maintenir, il y a cette œuvre sacerdotale du Seigneur Jésus comme notre Avocat. Vous ne comprenez pas, dit Jésus, pourquoi je vous lave les pieds ; mais moi je sais pourquoi, et j'y tiens; et, sans vous demander si vous le voulez ou ne le voulez pas, je le fais pour vous.
Mais remarquons bien que ce lavage des pieds n’est pas fait une fois pour toutes; il se continue aussi longtemps que les disciples restent ici-bas. Bien plus, c'est une chose à laquelle eux-mêmes devaient prendre part : «Vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. » Le cœur des disciples est ainsi engagé dans l'œuvre que le Seigneur Jésus opère par le moyen de sa Parole pour nous maintenir dans la sainteté devant Dieu.
Maintenant, au chapitre XV, nous avons un autre côté de la vérité, après avoir insisté sur le fait qu'il s"en allait, le Seigneur annonce aux siens qu'il les a aimés et qu'il les a choisis, afin qu'ils portassent du fruit. Le secret pour cela, c'est de demeurer en Lui, le vrai cep. Mais de quelle manière est-il possible que le fruit que le Père recherche puisse se produire, dans ce monde, en présence des tentations, des pièges de Satan, du cœur de l'homme toujours si traître et si méchant, de l'opposition au dedans de nous, que nous ne connaissons pas en présence, enfin, des difficultés immenses que nous rencontrons ici-bas ? (Car c'est ici-bas, nous le savons tous, que ce fruit doit être produit). Eh bien, je dis, chers amis, que cette chose est possible. Et voici un verset qui donne la clé pour comprendre de quoi il s'agit: «C'est ici mon commandement, que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés» (v. 12). Et encore: «Je vous donne un commandement nouveau, que vous vous aimiez l'un l'autre» (XIII, 34). Qu'est-ce donc que ce nouveau commandement ? Évidemment ce ne pouvait être l'ancien, par conséquent, il est superflu de le chercher parmi les dix donnés aux Israélites. Ce nouveau commandement ne peut être l'amour du prochain, qui fait partie de l'ancien: «Tu aimeras ton prochain comme toi-même.» Aimer son prochain, c'est la responsabilité de tout homme dans ce monde. Mais le nouveau commandement est: « Aimez-vous...» qui, vous ? Judas n'y était pas. Il n'y avait là que ceux que le Seigneur Jésus considérait comme siens. À ceux auxquels il avait dit: «Vous êtes déjà nets par la parole que je vous ai dite», et qui sont dans la nouvelle relation avec Dieu, que le Seigneur avait révélée, à ceux-là le Seigneur dit: « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Personne n’a un plus grand amour que celui-ci, qu'il laisse sa vie pour ses amis.» L’amour du prochain n'est pas possible si l'on n'a pas de prochain; et l'amour des frères n'est pas possible s'ils ne sont pas enfants du même Père. Cela suppose donc la connaissance du Père, cela suppose la vie éternelle; et la mesure de notre amour, les uns pour les autres, est : «comme je vous ai aimés.» Il a donné sa vie pour nous. Et maintenant qu'Il est dans la gloire, il nous donne la capacité de mettre en pratique son nouveau commandement (lisez chap. XIII, 31-32.)
(À suivre).
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PENSÉE

Si la grâce est le remède d'un esprit légal; la vérité, celui d'une conscience maladive; la réunion de la grâce et de la vérité, savoir Christ lui-même, est le remède d'un cœur occupé de lui-même.

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COURTES MÉDITATIONS

N° 28

TROIS DEMEURES

Psaumes LXXI, LXXXIV, XXVII

Aussi longtemps qu'il est dans ce monde, le chrétien a trois demeures fixes et inébranlables. Nous disons «fixes », parce que ce qui caractérise son pèlerinage, c'est une tente dressée jour après jour, dans le désert. Dans ce sens, la tente nous suffit, comme aux patriarches. Nous savons qu'elle n'est pas durable, qu'elle peut être détruite d'un moment à l'autre, mais nous savons aussi que déjà notre domicile éternel est préparé dans les cieux, dans la personne d'un Homme ressuscité et assis, comme tel, à la droite de Dieu.
Les trois demeures dont nous parlons sont tout autre chose. Pendant qu'il traverse le monde, le chrétien a un lieu de refuge, un lieu de repos, un lieu de délices, lieux entièrement en dehors des limites de cette création, et par conséquent célestes; or c'est de ces demeures là que nous désirons dire quelques mots.
Le Psaume LXXI ème nous parle de la première. Comme le croyant dans ce Psaume, nous chrétiens, nous sommes menacés, pendant le voyage, de dangers de toute espèce, dangers suscités par Satan, et dont il cherche à faire usage pour nous perdre. Ces dangers sont une menace de chaque instant pour notre vie spirituelle. Au dehors, les ennemis nous environnent, prompts à nous assaillir: la haine, la tribulation, les obstacles; au dedans, d'autres ennemis nous assaillent, par le moyen des convoitises que le monde nous offre pour nous faire succomber, si nous prêtons l'oreille à ses appels. Ces ennemis sont de tous les instants. Comment leur échapper ? «Viens, mon peuple, dit 1e Seigneur; entre dans tes chambres et ferme tes portes sur toi; cache-toi pour un petit moment» (Ésaïe XXVI, 20.) Il nous faut avoir un refuge assuré contre le danger. C'est ce que nous voyons dans ce Psaume LXXI ème. Ce refuge est Dieu lui-même: «Sois pour moi un rocher d'habitation, afin que j'y entre continuellement ; tu as donné commandement de me sauver, car tu es mon rocher et mon lieu fort.» Quelle sécurité! Du moment que nous nous réfugions dans cette forteresse, nous pouvons être certains d'y trouver une consigne absolue donnée en notre faveur, une délivrance, un salut inébranlable, Ce rocher nous offre une habitation; il nous faut y «entrer continuellement ». Dès qu'un danger surgît, il nous faut courir à Dieu lui-même, notre refuge. Il garde toujours la même valeur, depuis notre naissance spirituelle, à travers toute notre jeunesse et jusqu'aux cheveux blancs (v, 5-6, 17-18.)
Il y a sans doute, outre un refuge à chercher, un combat à livrer à ciel ouvert, et pour lequel nous avons à revêtir l'armure complète de Dieu ; mais ce dont nous parlons ici, c'est des ennemis embusqués, nous guettant pour nous faire tomber dans la fosse, et non pas du combat en rase campagne. Résistons à l'ennemi quand il se démasque; fuyons devant les ennemis embusqués, pour nous réfugier en Dieu dans la forteresse qui nous offre une sécurité absolue. Le danger passé, nous pourrons en sortir pour vaquer à d'autres devoirs, mais le moment d'après il nous faudra peut-être en reprendre le chemin. Ne nous est-il pas dit: «afin que j’y entre continuellement»? Cette entrée est pour nous la confiance, la prière, un recours continuel à Celui qui est notre gardien et notre force.
Le refuge nous offre ainsi une sécurité de chaque instant.
Au Psaume LXXXIV, nous trouvons la seconde demeure. Ce n’est plus la forteresse ; c'est le temple qui n’est pas un lieu de refuge, après lequel soupire une pauvre âme craintive et que le moindre souffle agite. Dans le temple, dans les parvis de Dieu, le croyant trouve une double source de repos: D'abord le repos fondés sur la personne du Fils du Dieu vivant qui, après avoir achevé sou œuvre en notre faveur, nous a devancés et s'est assis à la droite de Dieu - ensuite le repos fondé sur l'œuvre elle-même, sur le sacrifice de Christ, sur les autels de Dieu. À cette œuvre il ne reste rien à ajouter, puisque Dieu lui-même y a trouvé Son repos.
Le résultat de l'habitation dans ces aimables demeures et du repos dont l'âme y jouit, c’est l'adoration ou le Culte: «Bienheureux ceux qui habitent dans ta maison; ils le loueront incessamment ! » (v. 4.)
Au Psaume XXVII ème, nous trouvons la troisième demeure. Ce n'est plus le temple et ses sacrifices, mais le lieu secret du temple, la « loge» de la maison de l'Éternel, le lieu très saint. C'est une demeure beaucoup plus intime que les «parvis» de l'Éternel: une merveilleuse habitation! Le croyant ne demande qu'une seule chose, c'est d'y habiter tous les jours de sa vie, et non pas de s'y réfugier à l'occasion. Il veut y contempler « la beauté de l'Éternel» et «s'enquérir diligemment de Lui dans son temple. » Il faut pour cela un travail soigneux et continuel, une étude heureuse, une activité spirituelle constante, mais qui n'a rien de difficile ni de décourageant. L'âme est abreuvée an fleuve des délices de Dieu qui est Christ.
C'est plus que le repos, c'est la communion, un état dans lequel l'âme est pleinement à l'unisson de tous les sentiments, de tous les désirs, de toutes les joies du Père et du Fils. Rien n'est plus élevé dans la vie chrétienne. Nous en avons parlé longuement ailleurs ¹.
Remarquez que, lorsque vous avez la communion, vous avez aussi tout le reste. La communion nous donne un refuge assuré coutre tontes les entreprises de l'ennemi: «Car, au mauvais jour, il me mettra à couvert dans sa loge, il me tiendra caché dans le secret de sa tente, il m'élèvera sur un rocher. Et maintenant ma tête sera élevée par-dessus mes ennemis qui sont à l'entour de moi » (v. 5-6.) De même la communion est à la base du culte et de l'adoration: «Et je sacrifierai dans sa tente des sacrifices de cris de réjouissance; je chanterai et je psalmodierai à l'Éternel» (v. 6.)
Les ennemis, les dangers de la route, ne pourront jamais abattre celui qui est en communion avec le Seigneur et demeure dans le lieu secret de son tabernacle - son repos ne pourra jamais être troublé et son culte sera digne de son Objet!
H. R.
¹ Communion et Psaumes de Communion, par H. R.
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RECUEIL D'EXHORTATIONS ET D'APPELS

(Suite et fin)

JEAN XV, 8-17 ; JACQUES II, 20-23.

J'en viens maintenant à un exemple pratique. Il s'agit d'aimer tous nos frères, n'est-ce pas? Eh bien, je prendrai le cas d'un frère qui a un caractère peu aimable. Cependant c'est un frère. Quand je pense à lui, qu'est-ce qui m'occupe? Sont-ce les choses dans lesquelles il montre son peu d'amabilité? Vous savez tous qu'il en est ainsi; vous n'avez qu'à y réfléchir quelques instants, et vous trouverez bien quelqu'un qu'il vous est difficile d'aimer, parce qu'il a si peu d'amabilité.
Si maintenant vous pensez au Seigneur Jésus dans la gloire, tout change, même vos pensées à l'égard de ce frère que vous avez de la peine à aimer. C'est un homme, direz-vous, que le Seigneur Jésus a aimé, jusqu'à donner sa vie pour lui, un homme auquel il a donné une part dans sa gloire. Y aura-t-il encore quelque chose de peu aimable en lui Est-ce que le Seigneur dira de lui le jour où il l'amènera à Dieu son Père: Voici un enfant, mais quel enfant ! N’en a-t-on jamais vu un pareil! Si malingre, si difforme! Il ne semble pas même qu'il ait une ressemblance de famille. Le Seigneur dira-t-il tout cela Chers amis, il n'aura qu'une satisfaction pleine; et entière dans ceux que le Père lui a donnés; et il les présentera au Père en disant : « Me voici, moi et les enfants que tu m'as donnés.» Si c'est là l'œuvre du Seigneur Jésus, si vous le considérez dans la gloire où il se trouve, et si vous pensez à tout ce qu'il fait pour chacun de ses rachetés, comment est-ce que vous verrez votre frère Est-ce dans les choses où il se montre peu aimable ? Ou bien, est-ce dans ce qui a été fait pour lui par le Seigneur Jésus ? Non, chers amis, vous ne penserez plus à la difficulté que vous avez d'aimer ce frère; mais vous direz: Voici quelqu'un en qui Dieu travaille de jour en jour; un témoin et un objet de l'amour de Dieu ; vous direz: Je trouve qu'il n'est pas facile de l'aimer; mais je sais que Dieu redressera en lui tout ce qui est tortu, et changera ce qu'il y a de désagréable à voir chez lui. La fidélité, la bonté et l'amour de Dieu, voilà ce qui ressortira de son œuvre envers votre frère, et envers, vous aussi. Mais le point de départ, c'est de considérer Christ dans la gloire ; le Saint Esprit aime à occuper nos cœurs de Lui, afin que nous soyons «transformés en la même image, de gloire en gloire» (2 Corinthiens III, 18.)
Une autre chose se présente maintenant, c'est l'œuvre du Seigneur dans nos âmes. Que dit-il ? II nous donne le nom d'amis: «Je ne vous appelle plus esclaves, car l'esclave ne sait pas ce que son maître fait, mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j'ai ouï de mon Père.» Voici ce qui distingue un ami: Je lui ai fait connaître tout. Avez-vous un ami, quelqu'un à qui vous donniez ce titre? Sans doute, vous connaissez beaucoup de personnes que vous affectionnez, que vous entourez de soins; mais, parmi ces personnes, il y en a, tout au plus une ou deux auxquelles vous donnez le titre d'amis; pourquoi cela? C'est que Notre ami est quelqu’un en qui vous avez une confiance telle qu'il n'y a rien que vous lui cachiez, quelqu'un qui, vous en avez l'assurance, n'abusera pas de votre confiance et gardera toutes les choses que vous lui avez confiées dans l'intimité. S'il vous trahissait, alors, c'en serait fait de votre amitié; votre cœur serait d'autant plus sensible à cela que votre amitié aurait été plus réelle et plus vive, S'il est une chose que nous ne puissions pas supporter, c'est l'amitié trahie. Oh! Alors, c'en est fini de l'amitié. Eh bien, le Seigneur Jésus nous place dans la relation d'amis avec lui, et cette relation est la plus étendue possible. À certains de vos amis, vous ne direz que certaines choses; à d'autres un peu plus; mais il faut que l'amitié n'ait pas de limites pour que nous puissions nous abandonner à quelqu'un. C'est là ce qui caractérise notre relation avec le Seigneur Jésus: «je vous ai fait connaître tout ce que j'ai ouï de mon Père». Mais, comme nous le savons bien, il faut que la relation soit mutuelle ; c'est pourquoi Jésus dit au v. 14: « Vous êtes mes amis, si vous faites tout ce que je vous commande.» Il faut que l'obéissance nous caractérise, comme la fidélité le caractérise lui. Qui sont donc ceux que le Seigneur choisit pour en faire ses amis ? Ah! Il nous faut nous abaisser dans la poussière, en pensant à cela! Ceux que Dieu prend pour en faire ses amis étaient sans intelligence, plongés dans le péché, sous la puissance de. Satan, ruinés au point d'avoir perdu la connaissance morale de Dieu et de ne pouvoir discerner ce que Dieu fait dans ce monde comme créateur! Où est l'intelligence ? Où est la science de l'homme ? Les choses qu'il devrait connaître, puisqu'il a été créé par Dieu, dont celles dans lesquelles il est le plus dégradé! Mais il faut, cela va sans dire, une longue éducation pour nous amener à jouir de ce titre d'ami.
L’histoire d'Abraham nous présente quelque chose de cette éducation par laquelle Dieu fait passer les croyants. Remarquez en passant qu'il n'y a, dans toute la Parole, qu'une personne dont il soit dit que sa foi lui fut comptée à justice. Et c'est dans la Genèse que nous trouvons cela. La chose, une fois dite, Dieu ne la répète pas pour d'autres, sauf qu'il la rappelle dans l'épître aux Hébreux.
Quel était le nom que Dieu donnait à Abraham ? L’homme béni de Dieu ? Il l'était. L’homme qui a reçu des promesses ? L’homme qui a connu le Dieu Tout-puissant ? Tout cela était vrai; mais tel n'est pas là le titre que Dieu lui donne. Il l'appelle son ami. Pour l'amener là, il a fallu des années, expérience après expérience. Dieu avait dit: Il faut faire de cet homme mon ami; il ne le comprend pas; mais il le faut. Alors il commence par lui dire: Sors de ton pays et de ta parenté; il voulait le bénir; c'était une chose précieuse, et l'on comprend que le cœur d'Abraham s’attachât à ce mot. Était-ce là ce que Dieu voulait ? Abraham le croyait ; mais Dieu voulait lui faire comprendre que lui se chargeait de tout. Dieu, pense Abraham, m'appelle à quitter la maison de mon père; mais pourquoi ne pas emmener avec moi ceux qui la composent ? Et ils partent tous ensemble. Dieu ne dit rien. Si l’on prend son père avec soi, il est évident que c'est le père qui conduira l'expédition; il est dit que «Taré prit Abraham », etc. (Genèse XI, 31), il n'est pas dit: «Abraham prit Taré... » Eh bien cela ne s'accordait pas avec le plan de Dieu. Taré n'ayant pas reçu d'appel de Dieu, marche jusqu'à ce qu'il soit fatigué et ne va pas plus loin. Quand il s'arrête, toute la caravane s'arrête.
Voilà le premier faux pas d'Abraham. Quand le cœur se confie dans la bénédiction, il n'a pas de direction pratique, et la bénédiction n'empoche pas Abraham de faire ce faux pas. Il reste donc à Charan, il y acquiert beaucoup de richesses, il devient grand, ses troupeaux se multiplient. Nous jouissons, pensait Abraham, de la bénédiction de Dieu. Son père meurt. Alors Abraham prend un parti, celui de quitter Charan, et d'aller au pays que Dieu lui avait promis. Il avait 75 ans; c'est alors que Dieu commence à nous raconter son histoire. Abraham marche dans la dépendance de Dieu, et va en avant jusqu'à ce qu'il atteigne Canaan.
C'est alors que le moment est venu de régler ce qui s'était passé à Charan. Abraham s'y était amassé beaucoup de biens. Une famine survient et toutes ces richesses sont un embarras pour lui!
Combien de fois cela arrive. Quand on jouit de la bénédiction de Dieu dans une mauvaise position, toutes ces choses deviennent un embarras. Il faut que Dieu mette ses pensées dans nos cœurs pour nous diriger; et si nous y ajoutons les nôtres, nous avons à nous juger.
Combien d'âmes en font l'expérience et en arrivent à dire: Ah ! Je me rappelle le temps où il me semble que je jouissais davantage des choses de Dieu, et où tout allait mieux. Ces âmes ne comprennent pas que ce n'était pas là que. Dieu voulait les avoir, mais qu'il voulait leur faire juger toutes les choses dans lesquelles elles avaient marché jusqu'alors.
La famine arrive. Abraham envisage la difficulté avec ses propres pensées: Y a-t-il un pays où il ne soit pas besoin de pluie pour fertiliser la terre? C'est ainsi qu'il raisonne; puis il part pour l'Égypte, où il est sur le point de perdre sa femme. Que seraient devenues alors les promesses de Dieu? Ce que c'est que d'agir sans Dieu! On risque tout pour avoir une meilleure position! Abraham était en train de tout perdre ; alors Dieu le reprend et le remet sur le bon chemin. Il remonte à Béthel, où il dresse un al tel, exactement au même endroit que précédemment. Le moment vient ensuite où Abraham et Lot doivent se séparer. Abraham, cette fois, ne regarde plus à la bénédiction extérieure, tandis que Lot choisit le seul endroit de Canaan qui ressemble un peu à l'Égypte, et s'établit à Sodome. C'était rechercher une bénédiction tangible au lieu de rester dans le chemin du Seigneur. Aussi, quelle triste fin! Il perd tout, là où il était allé avec beaucoup de biens. Abraham, lui, reste seul, dans une contrée où il n'y avait rien qui attirât extérieurement les sens. Alors l'Éternel lui dit: « tout le pays que tu vois, je te le donnerai, et à la semence.» Il y avait quelque chose de plus que dans la promesse de le bénir. Dieu voulait empêcher Abraham de faire le faux pas qu'il avait fait une fois déjà; Dieu avait gardé jusqu'alors cette promesse de postérité, afin de diriger les pensées d'Abraham vers Lui-même, et non vers la bénédiction dont il était l'objet. Ensuite Dieu lui fait rencontrer Melchisédec, et le place ainsi plus près de lui. Il lui dit ensuite: « Je suis ton bouclier et ta très grande récompense. » Abraham répond: «Seigneur, que me donneras-tu?» Est-ce là la question d'un ami? Non, le cœur du patriarche s'attache encore à la bénédiction. Dieu lui fait entendre alors une chose nouvelle : «Regarde vers les cieux, et compte les étoiles, si tu peux les compter (XV, 5.) Et il lui dit: Ainsi sera ta semence. » Il lui avait dit d'abord que sa postérité serait comme la poussière de la terre (XIII, 16) ; dans les deux cas, il s'agit d'un nombre immense; seulement quand il est question d'une postérité jouissant de bénédictions ici-bas, elle est comparée il la poussière de la terre ; tandis que, s'il s'agit d'une postérité ayant son héritage dans le ciel, Dieu se sert des étoiles pour point de comparaison. Ce peuple-là jouira d'une bénédiction selon le cœur de Dieu.
Cependant, les mois s'écoulent, les années se passent sans qu'Abraham voie l'accomplissement des promesses de son Dieu. Aucun changement ne se produit. Chaque soir, quand il sortait devant sa tente, et qu'il levait les yeux au ciel, les étoiles innombrables semblaient lui dire: «Ta semonce sera comme les étoiles des cieux. » Et dans cette longue attente, sa foi faillit-elle ? Non, car il est dit: «Abraham crut Dieu et cela lui fut compté à justice. »
Longtemps après, car Abraham avait joui de son fils Isaac pendant bien dos années, l'Éternel lui dit: «Prends ton fils, ton unique.... et offre-le en holocauste.» Remarquez cette expression: ton unique; Dieu ne tenait aucun compte d'Ismaël; mais il demande à Abraham de remettre entre ses mains tout ce qu'il lui avait donné jusqu'alors, celui sur qui reposaient toutes les promesses de Dieu. Abraham avait demandé à Dieu: «Que me donneras-tu ?» Maintenant c'est Dieu qui lui demande: Donne-moi tout, Que lui reste-t-il? Dieu seul! Voilà le point où Dieu l'avait conduit, pas à pas, pour l'amener à se confier absolument en Lui. Abraham obéit. Mais Dieu l'arrête au moment même où il allait frapper son fils. «L'Éternel y pourvoira,» avait dit Abraham ; et il en reçoit l'assurance complète. Dieu se réserve de donner l'explication de tout ce qu'il avait dit.
Après cela, l'ange de l'Éternel dit à Abraham: « J'ai juré par moi-même: Parée que tu as fait cette chose-là, et que tu n'as pas refusé ton fils, ton unique, certainement je te bénirai; et je multiplierai abondamment ta semence comme les étoiles des cieux, et comme le sable qui est sur le bord de la mer.» Abraham était enfin amené à cette position d'ami où Dieu voulait l'avoir (Jacques II, 23.) Cela n'était pas venu tout de suite, mais pas à pas; ç'avait été l'œuvre d'un grand nombre d'années. Dieu l'avait conduit à s'abandonner complètement à lui. Alors, Dieu et Abraham peuvent regarder tous deux au même objet; pensez, chers amis, à ce qu'il y avait de précieux pour Abraham de jouir de tout ce que renfermait le cœur de Dieu!
Tu n'as pas épargné ton fils, dit Dieu; eh bien! Moi, je n'épargnerai pas non plus mon Fils, mon Unique (Romains VIII, 32). Il nous a donné son Fils, et ne nous donnera-t-il pas toutes choses avec lui? Quand Abraham est entré dans le pays de la promesse, Dieu parle de lui donner une semence comme la poussière de la terre, puis lui fait entrevoir une semence céleste..., «nombreuse comme les étoiles des cieux ». Enfin, une fois qu'Abraham est sur la montagne de Morija, Dieu lui parle encore d'une semence semblable au sable du bord de la mer. Il s'agit ici des nations qui seront bénies en son nom. De sorte que nous avons Israël, l'Église de Dieu, et les Gentils. Tout cela est amené peu à peu.
Mais remarquez bien une chose, c'est que la révélation que Dieu nous donne de ses pensées dépassa entièrement les nôtres ; et que la bénédiction dépasse aussi toujours tout ce que nous attendons.
Quelle chose précieuse de savoir que Dieu agit de cette manière!
W. J. L.
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L'ÉPÉE ET LA TRUELLE

NÉHÉMIE IV

Nous trouvons au chapitre III de ce livre le tableau béni de l'activité du peuple remonté de la captivité de Babylone, pour la reconstruction de la muraille de Jérusalem, symbole et garantie de sa séparation des nations idolâtres qui l'entouraient. La portion que nous avons sous les yeux nous présente l'opposition acharnée de l'ennemi contre ce travail. Satan sait que la force du peuple de Dieu se trouve dans sa séparation du monde et son rassemblement autour du centre que Dieu a établi dans sa maison. Aussi tous ses efforts tendent-ils à l'empêcher de prendre cette place, en abattant le mur de séparation qui doit exister entre les croyants et le monde. Il suscite les instruments nécessaires pour s'opposer au travail des témoins de Dieu, et ce livre nous présente les moyens variés qu'il emploie pour arriver à ses fins. Il en fera ainsi jusqu'à ce qu'il soit précipité du ciel, puis lié dans l'abîme.
Dans la guerre que faisait l'ennemi au faible résidu des temps d'Esdras et de Néhémie, les instruments qu'il employait étaient surtout des descendants d'Ismaël et de Lot (Néhémie II, 10, 19 ; IV, 1-2, 7), par conséquent, apparentés selon la nature au peuple de Dieu. Aujourd'hui encore, ceux qui professent être en relation avec les croyants par le manteau religieux fiant ils sont revêtus, tout en reniant la puissance de la vérité, sont souvent les plus grands ennemis des fidèles qui s'appliquent à marcher dans le chemin de l'obéissance à la Parole.
En apprenant la construction de la muraille, Sanbal1at le Horonite ¹ se mit dans une grande colère, puis il se moqua des Juifs (v. 1).

¹ Originaire de Horonaïm, ville de Moab,

Le mépris que Tobija l'Ammonite et lui expriment pour ce travail (v. 2 et 3), n'était pas sincère, car pourquoi en être si irrité s'il était si fragile et misérable ? Le fait est que l'ennemi en comprenait l'importance; aussi faisait-il mouvoir tous les ressorts du méchant cœur de l'homme pour s'y opposer et l'arrêter. Il en est encore ainsi aujourd'hui. Si quelques croyants fidèles se réunissent dans la séparation du mal sur le terrain de l'unité du corps de Christ, ils seront méprisés à cause de la faiblesse de leur rassemblement, et cependant leur témoignage suscitera la haine particulière de Satan, parce qu'il en comprend l'importance, et il fera tout ce qui est en son pouvoir pour le détruire.
Il y a ici une gradation frappante dans l'expression de la haine de l'ennemi: le mépris, la colère, puis le déploiement de la puissance pour arrêter l'œuvre de Dieu. Quelles étaient les ressources du résidu fidèle dans l'épreuve? Le v. 4 nous le dit: Néhémie se tourna vers Dieu dans la réalisation de sa dépendance de Lui, dans le sentiment de sa faiblesse profonde et dans l'assurance que l'oreille de son Dieu était attentive à ses supplications. Telle est la part de la foi dans tous les âges. Elle fait intervenir Celui pour qui il n'y a pas de difficultés et s'attend paisiblement au déploiement de sa puissance et de son amour.
Néhémie ne s'attaque pas à ses ennemis; il les laisse entre les mains de Dieu, en lui demandant d'intervenir en jugement contre eux. Ézéchias avait fait de même, en déployant devant l'Éternel la lettre qu'il avait reçue de Sankhérib (2 Rois XIX, 19). Si nous laissons Dieu agir, nous verrons sa gloire et sa puissance : «Nous sommes méprisés» dit Néhémie (v. 4.) Le peuple de Dieu est précieux pour son cœur. Aussi, en l'outrageant, c'est Dieu lui-même qu'on outrage. «Celui qui vous touche, touche la prunelle de son œil » (Zacharie II, 8.) En persécutant les saints. Saul de Tarse persécutait Christ lui-même (Actes XI, 4-5.)
Le travail des bâtisseurs était l'œuvre de Dieu, et c'était lui faire la guerre que de s'y opposer. À première vue, on pourrait trouver étrange que Néhémie appelât le jugement de Dieu sur ses ennemis. Remarquons, à ce propos, la différence fondamentale entre l'économie de la loi sous laquelle il vivait et celle de la grâce. Maintenant nous sommes appelés à être les témoins de l'amour du Dieu Sauveur pour tous les hommes (1 Timothée II, 3-4), et si nous souffrons de leur part, nous devons bénir ceux qui nous maudissent et prier pour ceux qui nous persécutent (Matthieu V, 44), en demandant à Dieu leur conversion. La loi, par contre, prononçait le jugement contre les transgresseurs et les ennemis de Dieu et de son peuple. C'est pourquoi Néhémie appelle la vengeance de Dieu sur ceux qui couvraient de mépris et d'outrages le peuple de sa pâture. Quand le jour de la grâce sera terminé, les saints apocalyptiques demanderont aussi le jugement sur leurs ennemis, car ce sera le jour de la rétribution et de la colère contre les méchants. La foi est enseignée de Dieu à parler et à agir d'une manière qui soit en harmonie avec le caractère sous lequel Il se révèle aux siens. Ainsi, tandis que Néhémie demande que l'iniquité de ses ennemis, ne soit pas couverte où effacée (v. 5), nous devons leur annoncer l'Évangile par lequel la grâce et le salut leur sont offerts, en vertu de l'œuvre de la rédemption.
L'opposition de l'adversaire ne décourage pas Néhémie et ses compagnons et ne les empêche nullement de continuer leur travail. Avec la puissance de la foi qui compte sur Dieu, ils persévèrent d'un commun accord dans la construction de la muraille, car « le peuple avait le cœur au travail» (v. 6.) Quand le cœur est engagé dans l'œuvre du Seigneur, les obstacles suscités par l'ennemi ne peuvent arrêter les serviteurs. Remarquons aussi l'unité pratique des ouvriers engagés dans la bâtisse sous les ordres de Néhémie, unité produite par la communion avec Dieu. L'unité extérieure peut être le résultat d'un accord humain duquel Dieu est exclu, mais si elle est le fruit de l'opération de l'Esprit dans les cœurs, elle est de Dieu: c'est cette « unité de l'Esprit» que nous avons à garder dans «le lien de la paix» (Éphésiens IV, 3).
Les progrès de l'œuvre amènent un redoublement d'énergie de la part de l'ennemi pour s'y opposer. Ce ne sont plus seulement quelques individus, mais un rassemblement de peuples hostiles, formant une armée qui veut user de violence pour arrêter ce travail (v. 7). La persécution ouverte est un des moyens favoris et habituels de l'adversaire, mais elle manque son but, car Dieu s'en sert pour réveiller les cœurs des siens et leur faire rechercher sa présence et son secours avec plus d'ardeur, et ainsi sont répandues sur eux d'abondantes bénédictions. C'est ce qui eut lieu dans cette circonstance, car, dit Néhémie: « Nous priâmes notre Dieu et nous établîmes une garde contre eux» (v. 9.)
«Veillez et priez,» nous dit la Parole (Matthieu XXVI, 41 ; Éphésiens VI, 18). La vigilance découle du sentiment d'un danger constant que nous courons sur le terrain du combat avec un Ennemi puissant et rusé, et la prière est le fruit de notre dépendance de Dieu, dont nous connaissons l'amour et les ressources, En outre, il n'y avait aucune interruption dans l'exercice de la foi des fidèles combattants: «Jour et nuit» (v. 9), ils étaient sur leurs gardes, « Priez sans cesse,» nous dit Paul (1 Thessaloniciens V, 17). Dans ce sens-là, il n'y a pas de repos pour le chrétien ici-bas. S'il cherche ses aises dans l'indolence, comme le fit David quand il abandonna le théâtre de la guerre, il tombe sous le pouvoir de l'ennemi (2 Samuel XI.)
Nous trouvons ensuite nouvel effort de Satan pour compromettre l'œuvre du résidu (v. 10). Ce n'est plus l'opposition extérieure, mais un mal intérieur qui menace de ruiner tout le témoignage du peuple. Tant que celui-ci avait le cœur au travail, l'hostilité des adversaires n'avait fait que le rejeter sur Dieu, en l'amenant ainsi à la source même de la force; mais il se décourage en face des difficultés du chemin. On vient dire à Néhémie: 1° que «les forces des porteurs de fardeaux faiblissent» ; 2° qu'« il y a beaucoup de décombres» et qu'il est, par conséquent, impossible de continuer le travail (v. 10.) 1° Juda avait oublié que sa force était dans le Seigneur et qu'il devait penser sans cesse à cette source pour continuer son service. Dans l'Assemblée, il arrive fréquemment que ceux à qui le Seigneur a confié une responsabilité spéciale faiblissent sous le poids des fardeaux qui leur incombent. Qu'ils se souviennent de l'exhortation de Paul à Timothée: «Toi donc, mon enfant, fortifie-toi dans la grâce qui est dans le Christ Jésus» (2 Timothée II, 1.) Ésaïe nous encourage aussi en nous présentant le même secret de force et de joie. « Les jeunes gens », en qui se trouve la force naturelle, «seront las et se fatigueront, mais ceux qui s'attendent à l'Éternel renouvelleront leur force..., ils courront et ne se fatigueront pas» (Ésaïe XL, 30-31.) 2° La foi ayant diminué chez Juda, les genoux chancelaient et les obstacles leur apparaissaient infranchissables. Les «décombres» amenés par la ruine du peuple de Dieu, représentent pour nous la mondanité et le désordre qui règnent dans l'Église. Beaucoup d'âmes en viennent dire: «Il y a trop de mal dans le corps professant pour que nous puissions y porter remède. Il est inutile de nous en retirer, en bâtissant le mur de séparation.» C'est ainsi qu'on arrive à justifier le mal au lieu de s'en purifier.
L’ennemi s'efforçait en outre de lasser la persévérance de Néhémie et de ses compagnons par la crainte continuelle d'une attaque soudaine, dont les avertissaient également ceux des Juifs qui habitaient la campagne (v. 11-12). Mais, en vrai homme de Dieu revêtu de l’armure complète d'en haut, Néhémie organise la défense en mettant chaque ouvrier à sa place et en veillant à ce que chacun soit bien armé (v. 13.) Pour vaincre l'ennemi, il faut deux choses: 1° être à la place que Dieu nous a assignée; 2° être revêtu di; «l'armure complète de Dieu» (Éphésiens VI, 13).
Néhémie exhorte ensuite le peuple à persévérer dans le service et le combat. Il l'engage à se souvenir du Seigneur (v. 14), à l'avoir constamment devant les yeux dans sa puissance, ses droits et son amour. De même, Paul exhorte Timothée à se souvenir de Jésus Christ «ressuscité d'entre les morts» (2 Timothée II, 8). Nous servons un Maître vivant, glorieux, victorieux de la mort. Puis ces fidèles devaient combattre pour leurs frères, comme nous pour la famille de Dieu, chère au Seigneur, et qui doit nous être chère aussi. Pour nous, le combat a lieu pour la défense des intérêts de Christ dans ce monde et le bien de son Église ; ces objets de notre activité spirituelle doivent occuper la première place dans nos cœurs et nous encourager à combattre joyeusement et fidèlement. «Résistez au diable et il s'enfuira de vous» (Jacques IV, 8.) En fixant nos regards sur le Seigneur, nous sommes fortifiés et délivrés de la crainte de l'ennemi. La foi mesure ce dernier à la puissance de Celui qui l'a vaincu et se fortifie en Lui pour résister à l'adversaire. Si la crainte s'empare de nos âmes, c'est parce que nous ne réalisons pas que le Seigneur est pour nous et avec nous. Cette crainte, résultat de l'incrédulité, est le signe avant-coureur de la défaite. Le résultat de la vigilance de Néhémie est de décourager les ennemis: ils cessent leurs attaques ouvertes contre le peuple, Dieu ayant dissipé leur conseil, de sorte que la bâtisse de la muraille peut se continuer en paix. Mais le fidèle serviteur du Seigneur ne se relâche pas dans sa vigilance (v. 15-16.) Il sait que Satan ne se tient pas pour battu et, qu'après avoir tout surmonté, il faut «tenir ferme» (Éphésiens VI, 13), pour être prêt à faire face à de nouvelles attaques. Aussi, ceux qui bâtissaient devaient avoir chacun l'épée à son côté pour être toujours en mesure de repousser l'ennemi. Nous pouvons recueillir de ce fait deux leçons importantes: 1° Dans les jours mauvais, caractérisés par des attaques spéciales de l'Ennemi contre la vérité de Dieu, soit contre la Personne de Christ, soit contre d'autres parties du témoignage à la vérité, confié aux saints, le danger pour les ouvriers du Seigneur est de se laisser absorber par la lutte contre l'erreur et les assauts de l'adversaire et d'oublier les besoins des âmes. On ne peut nourrir ni soi-même, ni les autres, de controverses et, en se laissant absorber par la lutte contre le mal, on tombe dans la sécheresse spirituelle. Il faut continuer à bâtir la muraille, tout en veillant aux attaques de Satan. Nous avons besoin de nous édifier nous-mêmes, et les uns les autres, sur « notre très sainte foi» (Jude 20), en nous occupant de la personne de Christ, et en nous nourrissant diligemment de Sa Parole pour être enseignés et rendus «accomplis pour toute banne œuvre» (2 Timothée III, 17). Rappelons-nous que la truelle doit toujours être dans la main de celui à qui le Seigneur l'a confiée, aussi bien que l'épée sur son côté.
2° Un autre danger consiste à refuser de participer au combat pour la défense de la vérité menacée par les attaques de l'ennemi. Jude aurait désiré s'occuper avec les saints de leur « commune foi» et de toutes les glorieuses vérités qui s'y l'attachent, mais, vu les temps périlleux, il avait jugé nécessaire d'exhorter les saints à combattre pour la foi. Si, pour échapper à des luttes pénibles, on s'y refuse, on devient la proie de l'ennemi.
Remarquons aussi les diverses catégories d'ouvriers placés sous les ordres de Néhémie: les uns bâtissaient, d'autres veillaient sur les armes, d'autres portaient les fardeaux (v. 17). Le secret de la bénédiction et de la réussite dans le travail se trouvait dans la coopération de cœur de tous les ouvriers, tous demeurant bien unis sous la direction du chef que Dieu leur avait suscité, et n'ayant qu'un seul but: la gloire de Celui qui les avait appelés à cette œuvre bénie pour le bien de son peuple. Nous trouvons, dans l'Église, un ordre de choses identique. En 1 Corinthiens XII, nous sont dépeints les divers services que doivent accomplir les membres du corps, sous la dépendance du Saint Esprit et selon les dons divers qu'Il a départis pour l'accroissement du corps, produisant ainsi la diversité dans l'unité. Chaque ouvrier étant à sa place, assignée par Néhémie, il n'y avait aucun sujet de frottement ni de jalousie, tant que chacun travaillait sous le regard de Dieu et pour sa gloire. La confusion qui règne dans l'Église est la conséquence de l'abandon de cet ordre divin, mais notre devoir est de retourner à ce qui était dès le commencement et de nous conformer à la Parole, afin que notre service puisse être béni et approuvé du Seigneur.
Quant aux divers services énumérés ici, nous retrouvons ces différences dans l'Église. Certains ouvriers sont tout spécialement qualifiés pour s'occuper des armes, pour lutter contre les attaques de l'Ennemi et défendre la vérité de Dieu. Combien fut précieuse aux jours de David l’énergie d'un Shamma, vaillant compagnon de l'oint de l'Éternel qui défendit seul, contre une troupe de Philistins, «une portion de champ pleine de lentilles », «et l'Éternel opéra une grande délivrance» (2 Samuel XXIII, 11). Image frappante de la Parole, nourriture du peuple de Dieu, attaquée par l'ennemi, cette portion de champ avait un grand prix pour le fidèle Shamma. Puissions-nous combattre comme lui sous les yeux de notre glorieux Chef pour cette Parole qu'Il nous a confiée en son absence, afin qu'Il puisse nous dire: « Tu as gardé ma. Parole, tu n'as pas renié mon nom» (Apocalypse III, 8.)
D'autres ouvriers sont plus qualifiés pour s'occuper de l'enseignement ou de la prédication de l'Évangile. C'est ainsi que les uns «bâtissaient la muraille», que d'autres «portaient les fardeaux», ou «les chargeaient» (v. 7). Tous, quelles que fussent leurs fonctions particulières, «faisaient le travail d'une main, et, de l'autre main, tenaient une arme» (v. 17). Ainsi l'activité était unie à la vigilance. Nous aussi, nous devons revêtir «les armes de la lumière» (Romains XIII, 12); « l'armure complète de Dieu» (Éphésiens VI, 13), pour combattre le bon combat de la foi. La responsabilité de chaque ouvrier est de demeurer dans la sphère d'activité que le Seigneur lui a assignée et de s'appliquer au travail qui lui a confié, eu ayant toujours une main sur l'épée, «les armes de la justice de la main droite et de la main gauche» (2 Corinthiens VI, 7).
Nous avons à considérer maintenant le service spécial de celui qui sonnait de la trompette (v. 18) : il devait se tenir près de Néhémie. Il ne devait pas sonner l'alarme de son propre chef, lorsqu'il jugeait lui-même que le peuple courait un danger quelconque qui nécessitait son rassemblement. En agissant à sa guise, il n'aurait amené que la confusion et le désordre et aurait fait l'œuvre de l'ennemi en arrêtant les ouvriers dans leur travail. Il devait dépendre absolument des ordres de Néhémie, et ne sonner l'alarme que lorsqu'il en recevait l'injonction de sa part. Pour cela, il devait se tenir dans une constante proximité de son chef. Quelle leçon importante pour ceux que le Seigneur appelle à une action publique dans l'assemblée ou ailleurs! Notre témoignage ne peut être efficace, nos louangés acceptables et bénies, que si nous nous tenons à ses pieds et recevons de lui, par son Esprit, force, lumière et direction: «Tous ses saints sont dans ta main, et ils se tiennent à tes pieds; ils reçoivent tes paroles» (Deutéronome XXXIII, 3.)
Rappelons ici que, les sacrificateurs seuls pouvaient sonner des trompettes d'argent (Nombres X, 8) qui servaient à rassembler le peuple pour les fêtes solennelles et pour le combat contre l'ennemi, car, pour faire retentir les notes de la louange et du témoignage, il fallait jouir de la proximité dans laquelle se trouvait la famille sacerdotale. Il en est ainsi dans l'Assemblée. Tout témoignage rendu à Christ, toute expression publique de louange, lorsque les saints sont réunis autour de Lui doivent découler de la communion avec Lui dans la puissance du Saint Esprit.
Néhémie donne ensuite aux ouvriers les instructions nécessaires pour le cas où ils entendraient la trompette (v. 19). C'était le signal du rassemblement autour du chef pour le combat.
C'eût été une infidélité et une désobéissance positives à l'Éternel de la part d'un ouvrier de continuer à bâtir, après que la trompette avait retenti. Il s'agissait maintenant de faire face il l'ennemi et, pour cela, de se réunir sous les ordres de Néhémie. Nous voyons ainsi que, dans le service du Seigneur, rien n'est laissé au choix et à la volonté propre de l'homme, et que nous avons besoin d'être exercés sans cesse pour savoir ce qu'Il attend de nous. Néhémie était l'instrument dont Dieu se servait pour diriger tous les mouvements du peuple et, quel que fût le service spécial de chaque ouvrier, tous devaient reconnaître l'autorité qui lui était confiée et s'y soumettre implicitement. C'est ainsi que dans l'Église, tous les serviteurs du Seigneur, quelle que soit la sphère de leur activité, sont appelés à la soumission à l'autorité du Maître.
Dans l'assurance de la foi aux promesses divines, Néhémie peut ensuite encourager le peuple, en lui l'appelant la fidélité immuable de Celui qui les avait mis à part pour son service. « Notre Dieu combattra pour nous », dit-il (v. 20). La foi compte sur lui et demeure tranquille. Qu'il est précieux de réaliser aujourd'hui comme alors la relation bénie dans laquelle nous sommes avec Lui! Mieux que ces fidèles d'un autre âge, nous pouvons nous glorifier en Lui, car nous le connaissons comme le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ qui, sur le terrain de la rédemption, nous a amenés dans sa faveur et dans une relation filiale avec lui-même comme ses enfants bien-aimé.
Ainsi, tant que le jour durait, Néhémie et ses serviteurs travaillaient, donnant l'exemple de la fidélité, de l'activité et de la vigilance (v. 21-22). Pour la nuit, tous devaient se rassembler à Jérusalem pour veiller (v. 22). La nuit est le moment favorable à l'accomplissement des desseins de l'adversaire; car il est le prince des ténèbres (Éphésiens VI, 12) ; aussi, pour lui résister, nous avons besoin des «armes de la lumière» (Romains XIII, 12 ; Voir Cantique des Cantiques III, 7-8.)
En cela encore, Néhémie et ses serviteurs étaient en exemple à tous, car, pendant que la muraille se construisait, aucun d'eux n'ôta ses vêtements: «chacun avait son arme à sa droite» (v. 23). La Parole est une épée aiguë à deux tranchants qui pénètre notre être intérieur et discerne les pensées et les intentions de nos cœurs, en nous amenant au jugement de nous-mêmes et de nos voies, en la présence de Celui aux yeux duquel « toutes choses sont nues et découvertes» (Hébreux IV, 12-13). En considérant ainsi nos voies à la lumière de la Parole et en nous laissant sonder et juger par elle, notre communion avec le Seigneur est maintenue ou rétablie et nous pouvons alors nous servir de cette Parole comme étant «l'épée de l'Esprit» (Éphésiens VI, 17), seule arme offensive de l'armure complète de Dieu. Ayons-la sans cesse à notre droite, comme les compagnons de Néhémie, pour être toujours prêts à repousser par son moyen tous les assauts de l'Ennemi et à combattre le bon combat de la foi. Ainsi nous pourrons servir fidèlement et joyeusement le Seigneur, en attendant qu'Il vienne: «Prends ta part des souffrances, comme un bon soldat de Jésus Christ, (2 Timothée II, 3.)
P.F.
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PENSÉE

Au Jourdain, je ne trouve pas, comme à la mer Rouge, la figure de Christ mort pour le croyant, mais celle du croyant mourant et ressuscitant avec Christ,

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ÉTUDE SUR LA PREMIÈRE ÉPÎTRE À TIMOTHÉE

(Suite)

CHAPITRE II

Vers. 1-7. - J'exhorte donc, avant toutes choses, à ce qu’on fasse des supplications, des prières, des intercessions, des actions de grâces pour tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui sont haut placés, afin que nous puissions mener une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté, car cela est bon et agréable devant notre Dieu Sauveur, qui veux que tous les hommes soient sauvés et viennent à la, connaissance de la vérité ; car Dieu est un, et le Médiateur entre Dieu et les hommes est un, l'homme Christ Jésus, qui s'est donné lui-même en rançon pour tous, témoignage qui devait être rendu en son propre temps, pour lequel moi, j'ai été établi prédicateur et apôtre, (je dis la vérité, je ne mens pas), docteur des nations dans la foi et dans la vérité.

Nous entrons ici dans le sujet propre de cette épître qui est l'administration et l'ordre de la maison de Dieu basée sur la doctrine qui est selon la piété.
N'est-il pas frappant que la première exhortation adressée aux gens de la maison de Dieu soit la prière? C'est à elle qu'on peut reconnaître à première vue l'Assemblée du Dieu vivant, ou, quand elle est une maison ruinée, ce qui la représente. Son ordre est lié aux rapports habituels des saints avec Dieu par la prière. La prière elle-même a divers caractères: 1° Les supplications. Ce sont des prières instantes montant vers Dieu de cœurs qui sentent profondément l'importance vitale de ce qu'ils demandent. 2° Les prières sont une forme plus habituelle et reflètent les désirs, les besoins, les préoccupations journalières du cœur. 3° Les intercessions sont plus intimes. Elles proviennent d'un commerce personnel de proximité et de confiance avec Dieu. Nous retrouvons ce même mot au chap. IV, 5, traduit par « la prière ». 4° La dernière forme de la prière consiste en actions de grâces, car celui qui s'adresse à Dieu par la foi, sait qu'il a les choses qu'il a demandées.
Ces demandes s'adressent à Dieu pour tous les hommes. Aucun n'est excepté. On voit ici quel rôle l'Évangile doit occuper dans le fonctionnement de la maison de Dieu. N'est-ce pas, en effet, le premier caractère de l'Évangile, qu’il s'adresse à tous, par la bouche de ceux qui font partie de cette maison et que le Seigneur envoie dans ce but ? Non pas que ce soit l'Assemblée elle-même qui évangélise ; le Seigneur a confié cette fonction aux dons qu'Il y a suscités, mais l'Assemblée participe par les prières à toute l'œuvre précieuse que le Dieu Sauveur fait dans le monde par l'Esprit Saint.
Quel vaste champ d'activité pour nos âmes ! Toutes les formes de l'intercession y sont employées. S'il y a beaucoup d'autres bonnes œuvres, toute prière adressée à Dieu pour le salut des âmes, en est une. Combien de fois prions-nous dans la journée, ayant ce but devant-nous? Dans quelle mesure réalisons-nous ce mot : «Priez sans cesse» quand il s'agit de «prier pour tous les hommes ?» - «Pour les rois et pour ceux qui sont haut placés, » dit l'apôtre, Les autorités du monde ne font que trop rarement partie des prières de l'Assemblée, et pourtant elles sont placées ici au premier rang quand il est parlé de tous les hommes. N'est-ce pas à elles que nous devons, par l'intervention divine en grâce, de pouvoir mener une vie paisible et tranquille, dans laquelle nous puissions faire connaître au monde ce qu'est « la piété» envers Dieu, et «l'honnêteté» envers les hommes, qualités qui ne pourront se développer que dans une atmosphère tranquille. En des temps de persécution, ce témoignage paisible est entravé ou perdu. La foi et la fidélité qui peuvent aller jusqu’à la mort, sont alors mises à l'épreuve par la tribulation. Dieu qui dirige comme il veut l’esprit des hommes (et d'hommes qui sont souvent pareils aux bêtes féroces) peut réprimer leurs instincts les plus cruels pour donner la paix à son peuple et favoriser l’extension normale de l'Évangile dans une atmosphère de tranquillité.
Il est bien remarquable que la recommandation de prier pour ceux qui sont en dignité soit faite aux chrétiens sous le règne de Néron, le plus odieux, le plus cruel ennemi des saints, celui sous lequel tant de témoins de Christ, et Paul lui-même, ont subi le martyr. Pas un mot de blâme contre cet homme ne sort de la bouche de l'apôtre, qui ne le nomme même pas. Il ne proteste point contre sa violence dont à l'occasion Dieu s'est servi pour remplir d’assurance le cœur de ses bien-aimés (Apocalypse II, 8-10) et les encourager par la récompense de la couronne, de vie, en les préservant, pour un moment du moins, des dangers du déclin.
Mais ce n'est pas seulement en vue de jouir de la paix pour eux-mêmes ou pour rendre témoignage an monde de l'ordre qui régit la maison de Dieu, que les chrétiens sont exhortés à prier pour tous les hommes. L'apôtre ajoute: « car cela est bon et agréable devant notre Dieu Sauveur.» C'est aussi en vue d'obtenir son approbation à Lui que les saints font ces demandes. «Notre Dieu Sauveur» le veut ainsi. L'apôtre ne dit pas : Le Dieu Sauveur. Il est celui qui a commencé par se faire connaître à nous comme tel; c'est à Lui que nous appartenons; Il est entièrement pour nous, nous avons donc toute hardiesse pour lui faire ces demandes. Quand nous demandons le salut pire d'entre les pécheurs, nous savons que nous demandons une chose parfaitement agréable à notre Dieu. Il veut que tous les hommes soient sauvés. Il ne s'agit pas ici de ses conseils et de son propos arrêté, mais de ses voies d'amour envers tous les hommes sous l'Évangile. Il veut. Nous l'avons déjà dis, le seul obstacle au salut de tous les hommes n'est pas du côté de Dieu, mais provient, chez l'homme, d'une volonté qui repousse résolument celle de Dieu et s'y oppose. (Luc XIII, 34 ; Jean V, 40.) Dieu veut, non seulement que tous soient sauvés, mais arrivent à la connaissance, de la vérité. Connaître la vérité, c'est à la fois, connaître Christ, connaître la Parole qui nous le révèle, connaître ce que Dieu est, connaître ce que nous sommes. Cette connaissance nous force à nous jeter dans ses bras, comme de pauvres êtres perdus, et à trouver en Lui notre seule ressource comme Dieu Sauveur.
Or cette vérité était, dans une mesure, déjà connue sous la loi qui proclame un seul Dieu. C'est à ce Dieu-là que le pécheur doit venir; mais comment venir à Lui ? L'homme pécheur est incapable de s'approcher de Dieu. Ici intervient la vérité chrétienne, proclamant qu'il y a « un seul médiateur entre Dieu et les hommes, l'homme Christ Jésus. ». Il est venu ici-bas comme homme pour rendre Dieu accessible à tous. Cet arbitre, Job déclarait qu'il n'existe pas: «Il n'y a pas entre nous un arbitre (ou médiateur) qui mettrait sa main sur nous deux» (Job IX, 33.) Mais il faut que Job apprenne, en type du moins, que cet arbitre existe: «S'il y a pour lui un messager,» dit Élihu, «un interprète, un entre mille, pour montrer à l'homme ce qui, pour lui, est la droiture, Il lui fera grâce, et il dira : Délivre-le pour qu'il ne descende pas dans la fosse : J'ai trouvé une propitiation» (Job XXXIII, 23-24.) Or ce Médiateur est venu dans la personne de Christ, l'homme Christ Jésus qui a entrepris la cause des pécheurs et a trouvé une propitiation, s'étant «donné en rançon pour tous ».
Il était le seul qui pût remplir les conditions requises pour nous réconcilier avec Dieu, car 1° Il est devenu homme pour rendre le «seul Dieu» accessible à tous. 2° Il est devenu homme pour se donner lui-même en rançon pour tous, et c'est la propitiation. 3° Il a laissé sa vie en rançon pour plusieurs (Matthieu XX, 28) et c'est l'expiation. Quant à la propitiation, elle est faite pour tous. Tous peuvent s'approcher de Dieu. Christ a donné une rançon, une somme entière, totale, égale en nombre et en valeur à la dette qu'il s'agit de payer. Tous peuvent venir et s'en prévaloir. Dieu a accepté la rançon. Il ne s'agit plus pour le pécheur que de venir et de le croire. Quant à l'expiation, elle n'est la part que des plusieurs qui ont cru. Dans ce cas, la rançon est considérée comme ayant été payée pour chaque croyant individuellement, ce qui l'assimile à, l'expiation et à la substitution.
Cette vérité (v. 4), Dieu l'avait confiée à l'apôtre (v. 7) qu'Il avait établi pour cela. Elle est ensuite appuyée et soutenue par la conduite de l'Assemblée dans ce monde (III, 15). Le temps était venu pour rendre ce témoignage au milieu des nations et Paul avait été établi comme prédicateur, apôtre et docteur, pour proclamer que ces choses pouvaient être acquises par la foi et que la vérité, toutes les pensées de Dieu avait maintenant été révélée en Christ.
(À suivre).
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QUELQUES REMARQUES AU SUJET DES RÉUNIONS DE PRIÈRES

Chers frères,

Je désire ajouter quelques remarques pratiques, fruit d’une longue expérience, à la brochure sur «Les Réunions de prières» dont vous trouverez l'annonce dans le numéro d'aujourd'hui.
Nos prières en commun, soit pour les assemblées de Dieu dans le monde entier, soit pour l'évangélisation en tout pays, soit pour l'œuvre missionnaire en pays païen - nos prières, dis-je, acquières beaucoup plus de réalité, lorsque le Seigneur nous fournit, soit par lettres, soit par d'autres écrits, des renseignements sur les faits encourageants ou sur les dangers que traverse l'œuvre du Seigneur. Je me suis efforcé, dans un temps où j’avais le privilège d'assister à ces réunions, de communiquer à l'assemblée les divers renseignements que des lettres particulières m'apportaient sur l'œuvre. Ces lettres, étant souvent confidentielles, ne pouvaient passer de main en main et, depuis mon abstention forcée, telle a été la raison qui m'a souvent empêché de les communiquer à d'autres. Dorénavant je serais heureux de fournir à quelque frère pour la lire à l'Assemblée, une copie des passages d'un intérêt général ; ils pourront être joints à ceux que d'autres recevront sans doute, et communiqués avant que l'Assemblée se mette à genoux pour la prière.
Chaque fois que le Seigneur nous envoie ces renseignements, nous pouvons conclure que c'est ce côté de son œuvre qu'il recommande à nos intercessions. Il va sans dire que je ne prétends nullement limiter les prières aux renseignements fournis, mais je crois que les frères éviteraient de cette manière ce que leurs prières ont eu souvent d'imprécis et de vague.
Un autre manquement qui m'a souvent péniblement frappé est celui-ci: Quand un besoin pressant vient à notre connaissance, de la part du Seigneur, dans un des domaines susnommés de son œuvre, comment arrive-t-il qu'on ne présente à Dieu qu'une seule demande à ce sujet ? Je m'explique en citant un fait auquel, parmi cent autres, il m'a été donné d'assister: L'œuvre en Crète était en butte à des assauts réitérés de l'Ennemi. De fausses doctrines étaient propagées par des hommes sans conscience qui avaient réussi, par là, à troubler et à diviser les saints. Un seul frère tenait bon contre des attaques qui menaçaient de détruire ce que l'Esprit de Dieu avait édifié. Dans ces circonstances, un frère eut à cœur; de supplier le Seigneur qu'il voulût maintenir son témoignage établi dans ce pays au milieu de tant de difficultés. Un autre demande que les âmes, en danger de se laisser entraîner, eussent les yeux ouverts et fussent ramenées en arrière à la simplicité de la foi. Un troisième pria afin que ceux qui égaraient les autres fussent amenés à la repentance, sinon, qu'il fût donné à l'assemblée de se purifier de ce mal. Un quatrième présenta des supplications pour que le frère fidèle qui avait tenu bon jusque-là fût soutenu, encouragé, doué de la puissance d'en haut pour surmonter les difficultés et tenir ferme pour le bien de tous. Dieu nous répondit par une complète délivrance. C.es intercessions diverses prouvaient que le cœur de tous était unanime devant le besoin présenté.
Encore une remarque, chers frères. Sur ce terrain pratique, elles sont innombrables, et le pourrais-je, je n'ai nullement la pensée de les multiplier.
Prions-nous assez pour nos frères engagés dans l'œuvre du Seigneur ? Je ne parle pas de prier pour eux d'une manière générale, mais de les présenter personnellement au Seigneur selon qu'Il en fournit l'occasion. Chacun d'eux a souvent un champ d'action fort différent, des obstacles très divers, des travaux, des fatigues où les forces pourraient s'épuiser. Plusieurs d’entre eux sont souvent obligés pour de longs mois d'abandonner femme et enfants. Sans parler des soins particuliers que nous sentons sans doute tous le besoin de prodiguer à ces familles privées de leurs chefs, songeons-nous que cela ne suffit pas et qu'à part les prières individuelles, celles des assemblées doivent les entourer sans cesse.
Ce sujet m'amène à ce que j'estime être un sérieux manquement dans beaucoup de nos réunions de prières. Je l'illustrerai par un exemple: Disons que nous ayons parmi nous deux frères et deux sœurs. Le premier, un vieillard isolé, retenu au logis par des infirmités croissantes; le second, dans la force de l'âge, soutien de famille, obligé, par une grave maladie, d'interrompre tout gagne-pain; la troisième, mère de plusieurs petits enfants, en danger de mort à la naissance du dernier; la quatrième, une sœur âgée, veuve, ayant employé sa vie entière et toutes ses ressources au service de la famille de Dieu et qui se trouve maintenant elle-même dans le besoin. Sans parler de nos devoirs individuels envers ces membres de la famille de Dieu, pouvons-nous, dans nos réunions de prières, nous borner à la demande vague et générale que le Seigneur veuille se souvenir des malades et des indigents ?
Ne devons-nous pas les présenter, chacun à tour de rôle, au trône de la grâce Est-ce trop de quatre et même de huit prières, pour présenter au Seigneur tant de besoins divers ? Eh bien, j'ai souvent été douloureusement frappé de voir que l'on semble reculer devant la nécessité de prononcer même le nom, de chacun d'entre eux.
Cela devrait-il être? Et comment vos frères peuvent-ils se joindre à vous dans la prière, s'ils ne sont pas même certains de la personne que vous mentionnez? Ah ! Comme Marthe et Marie étaient plus près du cœur du Seigneur quand elles lui envoyaient dire: «Voici, celui que tu aimes est malade !»
N'oublions pas que, dans la prière, nous sommes réunis en Assemblée, tous membres, par conséquent, de la famille de Dieu et que mentionner leurs noms est une preuve du lien indissoluble, aussi bien que de l'amour qui nous unit, et bien plus encore une, preuve de la certitude, que nous savons que le Seigneur porte chacun d'eux tout près de son cœur. Ne disait-il pas: «Marie» à celle qui pleurait près du sépulcre vide?
Une dernière remarque avant de terminer. Il est nécessaire, dans une réunion nombreuse, que les voix des frères agenouillés, déjà considérablement amorties par l'attitude qu'ils prennent, soient entendues, sinon, comment l'Assemblée dira-t-elle Amen à leur supplication et s'y joindra-t-elle, en sorte que la prière soit bien celle de l'Assemblée et non pas celle d'un frère isolé?
Là aussi l'amour fraternel trouve occasion de s'exercer de la part de celui qui prie.
Je m'arrête ici, chers frères, ayant uniquement pour but aujourd'hui de faire ressortir que tout ce qui donnera plus de réalité à nos réunions de prières nous attirera des bénédictions plus abondantes de la part du Seigneur.
Le monde peut imiter ces choses jusqu'à un certain point, mais ne peut connaître la prière par l'Esprit, car il lui est étranger, non plus que les précieuses réponses données à la foi qu'il ne possède pas.
H. R.
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ÉTUDE SUR LA PREMIÈRE ÉPÎTRE À TIMOTHÉE

(Suite)

CHAPITRE II

Vers. 8-15. - Je veux donc que les hommes prient en tout lieu, élevant des mains saintes, sans colère et sans raisonnement. De même aussi, que les femmes se parent d'un costume décent, avec pudeur et modestie, non pas de tresses et d'or ou de perles, ou d'habillements somptueux, mais, par de bonnes œuvres, ce qui sied à des femmes qui font profession de servir Dieu. Que la femme apprenne dans le silence, en toute soumission; mais je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni d'user d'autorité sur l'homme, mais elle doit demeurer dans le silence; car Adam a été formé le premier, et puis Ève; et Adam n'a pas été trompé, mais la femme, ayant été trompée, est tombée dans la transgression; mais elle sera sauvée en enfantant, si elles persévèrent dans la foi et l'amour et la sainteté, avec modestie.

En disant: «Je veux donc», l'apôtre revient à ce qu'il a dit d'une manière générale au premier verset. Il ne demande plus « qu'on fasse des supplications », mais il spécifie qui doit les faire, c'est-à-dire les hommes et non pas les femmes. Ces dernières ne peuvent pas se produire au dehors. Leur attitude est tout autre; celle des hommes par contre est publique. La prière n'est pas l'exercice d'un don, car beaucoup d'hommes ne possèdent pas ce dernier et Dieu ne leur en recommanderait pas l'exercice. La prière est une attitude et l'expression d'un état d'âme devant Dieu, lequel peut s'exercer en présence de tous, mais seulement de la part des hommes. Ces mots: «en tout lieu» indiquent qu'il s'agit bien ici de prières en public, et (comme le sujet, de cette épître est l'ordre divin de la maison de Dieu quand il était encore, comme au temps des apôtres, dans sa plénitude originelle) qu'il s'agit de prières dans tous les lieux où cette maison se rassemble. Il va sans dire qu'il n'est aucunement question ici de la maison, foyer et abri de la famille, car les prières de l'homme aussi bien que celles de la femme y ont une entière liberté de s'exercer, la femme gardant du reste en cela, comme en toutes choses, la position de dépendance que Dieu lui a assignée vis-à-vis de son mari. Il va sans dire, encore, qu'une telle prescription n'a rien à faire avec les «églises» d'aujourd'hui, ainsi nommées par les hommes, et où la «volonté» de l'apôtre exprimée ici ne serait ni tolérée, ni même d'exécution possible.
L'apôtre ajoute: «Élevant des mains saintes, sans colère et sans raisonnement.» Ces paroles indiquent qu'il est certains états d'âme qui sont incompatibles avec la prière dans la maison de Dieu qui est l'assemblée du Dieu vivant. La sainteté de Dieu ne pourrait admettre de telles prières, car tout ce qui est en contradiction avec la pureté, la paix et la foi dans le cœur, rend inapte à la prière et ne peut trouver accès devant Dieu.
L'apôtre en vient maintenant au rôle des femmes dans la maison de Dieu. La pudeur et la modestie doivent être représentées chez elles par un costume décent et non par les ornements luxueux que recherchent les femmes du monde. Ainsi la tenue de la femme chrétienne la fait reconnaître aussitôt et ce témoignage est bien autrement important que des paroles. À cette attitude, pour ainsi dire négative s'ajoute le témoignage actif des «bonnes œuvres ». Sur ce dernier sujet nous en référons à ce qui en est dit dans notre « Étude sur l'épître à Tite, » p. 34-37. Bornons-nous à répéter qu'une bonne œuvre peut être faite envers Christ, envers les saints, ou envers tous les hommes et que les bonnes œuvres sont exclusivement le fait du nouvel homme, des membres de la famille de Dieu. Toute œuvre accomplie par l'homme inconverti ne peut être qu'une «œuvre morte» ou une «mauvaise œuvre ».
La tenue et les bonnes œuvres conviennent donc «à des femmes qui font profession de servir Dieu». C'est ici que l'on peut saisir un des côtés du grand sujet de cette épître. Il s'agit de la profession chrétienne ; seulement dans la première épître à Timothée elle n'est nullement séparée comme dans la seconde épître de la réalité de la vie divine dans l'âme. La réalité de cette profession doit se montrer chez la femme dans sa tenue et dans son activité. Nous trouvons en 1 Pierre III, 1-6, un tableau et des exhortations semblables. Ici, au v. 11, nous trouvons d'autres recommandations adressées à la femme chrétienne; elle est appelée à faire des progrès dans la connaissance de la Parole: «Que la femme apprenne dans le silence, en toute soumission.» Beaucoup de femmes chrétiennes manquent aujourd'hui à cette injonction, préférant une activité extérieure plus ou moins agitée à l'attitude silencieuse d'une Marie, assise aux pieds de Jésus pour l'écouter. Marthe parlait et se faisait reprendre, Marie apprenait en toute soumission. Ah ! Combien peu ces choses sont réalisées à mesure que le mal qui aboutira à l'apostasie finale, gagne et s'étend comme une lèpre dans la maison de Dieu! Des femmes chrétiennes «parlent en tout lieu », s'enorgueillissent d'enseigner au lieu de s'en humilier comme d'une coupable usurpation et d'une désobéissance positive au commandement du Seigneur. Pour qui est soumis à la parole de Dieu, c'est la plus audacieuse violation par la femme de l'ordre prescrit pour la maison de Dieu. Nous ne parlons ici, cela va sans dire, que de la femme chrétienne ou tout au moins de la femme professant le christianisme et, par conséquent, responsable de se soumettre à la Parole. Quant à la femme du monde, comment songer à l'astreindre à une règle divine qu'elle ignore et ne peut suivre La femme «doit demeurer dans le silence»; c'est son devoir et son obligation. L'apôtre en donne deux raisons péremptoires. La première est la prééminence d’Adam sur Ève. Il a été «formé le premier». Ensuite est venue la femme, tirée de lui, et formée comme une aide qui lui corresponde, car, dit l'Éternel Dieu, «il n'est pas bon que l'homme soit seul ». Ainsi la femme est devenue os des os et chair de la chair d'Adam.
La seconde raison, c'est que ce n'est pas Adam qui a été trompé, mais Ève, et que cette dernière est tombée dans la transgression. Au lieu d'être une aide pour l'homme, elle a été l'instrument de Satan pour le séduire et l'amener à désobéir.
Mais, ajoute l'apôtre, la femme (non les femmes croyantes) sera sauvée en enfantant. Il y a salut pour elle, quoiqu'elle porte, dans le travail et les douleurs de l'enfantement, une conséquence perpétuelle de sa faute. Mais les douleurs de l'enfantement ne sont pas un arrêt prononcé sur la vie de la femme. En mettant un enfant au monde, cette vie, loin d'être condamnée, est plutôt préservée. Mais il y a des promesses positives pour les femmes chrétiennes (de là ce mot: « si elles persévèrent), une vie de persévérance dans la foi qui se prévaut des promesses de Dieu; dans l'amour qui est le caractère même de Dieu montré dans notre vie pratique; enfin dans la sainteté qui est la séparation pour Dieu de tout mélange avec le caractère du monde ; une vie présentant les caractères précieux de modestie qui sont dépeints dans ce passage, est une garantie donnée par Dieu lui-même que la femme chrétienne sera préservée au milieu des dangers de l'accouchement. Toutefois n'oublions pas que, si les femmes chrétiennes ne persévèrent pas dans ces choses, il peut y avoir envers elles une discipline qui les prive des avantages que Dieu leur accorde en vue des dangers de l'enfantement.
(À suivre).
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RECUEIL D'EXHORTATIONS ET D'APPELS

N° 4

Luc V, 12-39.

Dans cette partie du chapitre V de Luc, il y a trois choses sur lesquelles je désire m'arrêter quelques instants.
Les versets 12 à 14 nous racontent la guérison d'un lépreux; nous savons tous quelle est cette terrible maladie qu'on appelle la lèpre ; elle envahissait, chez ceux qui en étaient atteints, tout le corps, peu à peu, graduellement, et n'avait de fin que dans la mort, à moins que la puissance de Dieu n'intervînt et n'apportât la guérison. Les pauvres lépreux étaient tenus à distance du camp, séparés de leurs frères israélites, seuls, complètement privés de toute communion avec le peuple de Dieu, et cela, parce que la lèpre était une souillure. Nous savons aussi que la lèpre est la représentation matérielle d'une chose terrible qui nous entache tous, comme descendant d'Adam: le péché. La lèpre représente le péché sous ce point de vue: que c'est la souillure imprimée sur l'âme, par conséquent en contraste avec la sainteté de pieu. Dieu est parfait. Il est saint le pécheur, lui, est souillé. Non seulement la lèpre rendait l'homme malheureux, mais elle l'éloignait de Dieu. De même, le péché, envisagé au point de Vue de la sainteté de Dieu, rend l'homme souillé, incapable de subsister devant Celui dont les yeux sont trop purs pour voir le mal; et, par conséquent, éloigné de Dieu. Mais l'homme n'est heureux et ne peut l'être que lorsqu'il est en communion avec Dieu.
Eh bien! Le lépreux rait la rencontre du Seigneur Jésus. Il a entendu parler de celui qui chasse les démons; et il pense que .cette puissance divine est bien capable de délivrer aussi de la lèpre. Il reconnaît cette puissance, mais il ne sait rien des dispositions du cœur de Jésus, qui était l'amour. Souvent il arrive qu'un pécheur reconnaît son état de péché devant Dieu; mais, il est retenu loin de Lui précisément par le sentiment de son péché, parce qu'il ne connaît pas la profondeur de l'amour de Dieu. Le lépreux s'approche donc du Seigneur, et il montre, par ses paroles, qu'il reconnaît sa puissance : «Si tu veux, tu peux me rendre net. » Le« si tu veux» indique bien qu'il ne connaissait pas le cœur du Sauveur; mais Jésus, lui, déploie toute l'étendue de son amour. Il ne parle pas à distance au lépreux; il ne dit pas comme Élisée à Naaman : « Va, et te plonge sept rois au Jourdain» ; Élisée ne touchait pas la lèpre, la souillure; il était homme; mais ici ce n'est pas un homme que nous voyons; c'est Dieu. Il s'approche du lépreux, étend la main et la met sur lui. Dieu, descendu de la gloire du ciel, venir toucher un être impur, souillé, dégoûtant! C'est l'amour! Cet attouchement du Seigneur Jésus manifeste à la fois sa puissance, sa sainteté et son amour. Pour le lépreux lui-même, c'était le fait que le Seigneur Jésus manifestait sa puissance ; mais il y avait plus; sa souillure était totalement effacée. Pour nous aussi, la souillure du péché est effacée; mais il a fallu pour cela que le Seigneur Jésus prît nos péchés sur Lui; nous trouvons dans le sang qui coula du côté percé du Sauveur la purification parfaite du péché qui pesait sur nous.
Maintenant, le lépreux va se présenter au souverain sacrificateur afin d'accomplir la cérémonie ordonnée par Moïse (Lévitique XIV, 49-53) : Un passereau vivant était plongé dans le sang d'un autre passereau avec trois objets: une branche d'hysope, du bois de cèdre et de l'écarlate. Puis le sacrificateur faisait sept aspersions sur le corps du lépreux guéri, avec ce sang; et il laissait aller en liberté le passereau vivant. Le détail de cette cérémonie est très instructif. Que représentent ce sang et ce passereau, que l'on y plonge ? C'est l'image de la mort de Jésus ; et l’hysope, l'écarlate, le fragment de cèdre représentent les choses de ce monde qui entrent pour ainsi dire dans la mort, qui prennent fin pour le chrétien. Puis le passereau s'envole, image frappante de la résurrection ; espérance qui doit remplir nos cœurs, de quitter ce triste monde, pour vivre à. toujours devant le Seigneur, dans un bonheur sans mélange. Nous trouvons ensuite la guérison du paralytique, qu'il est bon d'examiner avec quelque attention.
Dieu, n'est pas seulement Dieu saint, offensé par la souillure ; il est aussi un Dieu juste, qui ne peut pas passer par-dessus le péché. Sa justice doit intervenir, en punissant le coupable.
Le paralytique avait péché; et son châtiment était qu'il ne pouvait pas marcher. Il pouvait donc comprendre ce qu’il lui fallait : le pardon de ses péchés ; mais, du moment qu'il a obtenu, ce pardon, il a la puissance pour marcher.
C'est toujours la même personne du Fils de Dieu, que nous trouvons ici : Celui qui rend net le lépreux est le même qui pardonne au paralytique ses péchés; nous voyons en Lui ce qui répond pleinement à la justice de Dieu. Il faut que la justice de Dieu soit satisfaite; or ce qui répond à cette justice se trouve dans la: mort de Jésus. Le symbole de la purification de la souillure est l'eau qui sort de son côté percé; pendant que le sang qui en coule est ce qui satisfait la justice de Dieu. À cause de ce sang, Dieu peut nous pardonner avec justice. Ainsi la sainteté et la justice de Dieu ont trouvé complète satisfaction dans cette mort.
Remarquons bien que le Seigneur dit qu'il a le pouvoir sur la terre de pardonner. Nous avons, en effet, besoin de savoir ici-bas que nos péchés sont pardonnés, que notre souillure est effacée, sinon nous vivrons dans la crainte, dans une incertitude terrible et incessante. Je sais bien que les hommes appellent cela de la présomption; ils voudraient renvoyer au moment du jugement la question de connaître leur sort. Mais c'est maintenant que nos péchés nous sont pardonnés; «je vous écris, enfants», disait l'apôtre Jean, «parce que vos péchés vous sont pardonnés par son nom ». Quel bonheur de savoir que c'est une chose actuelle et que nous n'avons pas besoin d'attendre le moment où les morts seront devant le grand trône blanc pour savoir que nos péchés ont été lavés dans le sang de l'Agneau. Si le lépreux n'avait pas été guéri, aurait-il pu paraître devant le souverain sacrificateur Si le paralytique n'avait eu ses péchés pardonnés, aurait-il pu marcher ? Pour nous, le principe reste le même : la purification et la justification nous donnent la possibilité d'entrer dans la présence de Dieu, avec le sentiment d'un plein pardon et de marcher d'une manière qui le glorifie.
(À suivre).
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COURTES MÉDITATIONS

N° 29

LE JUGE INIQUE

Luc XVIII, 1-8.

La parabole du Juge inique, bien quelle présente, comme au Chap. XVII, là condition du Résidu juif de la fin, est pleine d'instruction pour nous, chrétiens. Le juge inique ne possède pas les premiers éléments de la connaissance de Dieu, semblable en cela à beaucoup de dignitaires dans la chrétienté actuelle: « Il ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes.» Pour celui qui n'a pas cette crainte de Dieu, la Sagesse divine est lettre morte; sans cette mainte, le caractère d'un Dieu qui a en horreur le mal, sous toutes ses formes, n'est pas même soupçonné. L'âme est sans Dieu. Le résultat, pour cet homme, est qu'ayant, non pas Dieu, mais lui-même pour point de comparaison, il se constitue juge de tous les hommes, sauf de lui-même, car, sans Dieu, l'homme naturel est incapable de se juger: il se fait centre, à la place de Dieu, et, ne se jugeant pas, il juge les autres. Ce jugement le portera toujours à ne pas respecter les hommes, à les mépriser. Il se dresse une statue, au milieu de la faillite et de la ruiné morale de l'humanité, et reste seul, à son sens, intact sur ces débris.
Le caractère de la pauvre veuve qui, comme nous le verrons, est le tableau fidèle du Résidu juif de la fin, offre cependant un important point de contact avec le nôtre. Hâtons-nous de le constater, car il sert de thème à l'exhortation du Seigneur à ses disciples, «Ils devaient », comme cette veuve, «toujours prier et ne pas se lasser.» Il y a devant nous une infinité de besoins, soit en ce qui nous concerne, soit en ce qui a rapport au peuple de Dieu, soit en ce qui a trait au monde: Sujets de prières, d'intercessions, de supplications continuelles auprès du Dieu de grâce. Voilà ce que nous avons à faire, mais dans de tout autres circonstances que la veuve. Elle invoque le .juge ; nous, chrétiens, nous ne le pouvons jamais, car nous invoquons le Père. «Père, pardonne-leur,» dit le Seigneur entre les mains de ses bourreaux. Elle dit: « Venge-moi de mon adversaire» et nous ne pouvons qu'implorer la pitié de Dieu à leur égard. Cependant, au milieu de l'épreuve, suscite par le monde contre les saints, nous savons que Dieu «use de patience avant d'intervenir pour nous». Nous savons que Dieu jugera, mais que sa promesse est certaine et que s'il use de patience, c'est qu'il «ne veut pas qu'aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance. »
Le Seigneur fait allusion ici aux «élus qui crient à lui jour et nuit» pour que «justice leur soit faite» comme au Psaume LXXXI, 1. Cette pauvre veuve est donc l'image du Résidu juif, traversant la tribulation à la fin des jours, et pouvant invoquer instamment la vengeance du Juge; parce que cette vengeance sera pour ces croyants-là, le seul moyen de délivrance. Toute cette scène n'a donc pas trait à nous directement, mais outre qu'elle nous engage à toujours prier et à ne pas nous lasser, elle veut nous convaincre que Dieu use de patience avant d'intervenir pour les siens en jugement. De son côté, rien ne manquera: « Je vous dis que bientôt il leur fera justice. » Ces mots sont prophétiques, mais ont pu, par anticipation, se réaliser historiquement .et partiellement pour les disciples du Seigneur lors de la destruction de Jérusalem.
Jésus ajoute: « Mais, quand le fils de l'homme viendra, trouvera-t-il de la foi sur la terre?» De fait, le Résidu juif qui «crie à Lui nuit et jour », ne sera convaincu de l'intervention en délivrance du «fils de l'homme» que lorsqu'il le verra. Il faudra donc qu'Il paraisse aux yeux de ces fidèles pour qu'ils croient. Ce fut le cas de Thomas. Le Seigneur lui dit: «Parce que tu m'as vu, tu as cru, Bienheureux ceux qui n'ont point vu et qui ont cru.» - «Ne sois pas incrédule, mais croyant» (Jean XX, 27-29.) Donc, sous ce rapport seul, le Résidu sera incrédule et ne croira à la réalité de la délivrance par le fils de l'homme en personne, par Celui que le peuple avait jadis crucifié, que quand ils l'auront vu de leurs yeux. Ce n'est donc pas de cette foi-là, de la foi qui accompagne la vue, que le Seigneur parle ici, quand il dit: « Le fils de l'homme trouvera-t-il de la foi sur la terre?» mais de la foi, de ceux qui ont cru à l'intervention du fils de l'homme sans le voir. La rencontrera-t-on peut-être chez l'un ou l'autre du Résidu qui, sous l’influence de réminiscences chrétiennes, aura attendu le Christ, comme fils de l'homme, au lieu d'espérer seulement dans l'intervention céleste de l'Éternel? C'est la question que le Seigneur laisse ouverte ici et à laquelle il ne nous est pas donné de répondre. Mais il est de fait que, jusqu'à ce qu'ils le voient, ceux du Résidu seront incrédules par rapport à cette intervention personnelle. Jusque-là leur foi sera en Dieu (v. 7), à qui, dans leur détresse, ils crient nuit et jour. De plus, ils savent, par cette même foi en Dieu», qu'il interviendra un jour, puisqu'ils disent: «Jusques à quand?» Mais la foi, notre foi au Fils de l'homme maintenant invisible, et venant personnellement se manifester, par le jugement, pour établir son règne, leur manquera. Ils seront incrédules jusqu'à ce que l'Homme crucifié leur montre ses blessures.
H. R.
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RECUEIL D'EXHORTATIONS ET D'APPELS

LUC V, 12-39

(Suite et fin)

Nous arrivons maintenant à la dernière partie du chapitre, à l'histoire touchante de Lévi. Il entend les paroles, du Seigneur Jésus; et il n'y en avait pas beaucoup; seulement deux petits mots, mais pleins de puissance: « Suis-moi ». Ces paroles pénètrent le cœur de Lévi; il y sent l'autorité de celui qui a guéri le lépreux, qui a pardonné au paralytique; mais surtout, il y sent l'amour qui vient le prendre au milieu de ses livres, de sa caisse, de toutes ses occupations matérielles. Il quitte tout; car ces paroles l'ont touché dans sa conscience et dans son cœur. Il se lève et mit Jésus. Pour lui, les choses vieilles sont passées, toutes choses sont faites nouvelle. Voilà bien le résultat de la grâce qui s'adresse à tous, sans distinction, Lévi était un homme méprisé, mal vu des hommes; aucun pharisien n'aurait voulu manger à la même table que lui; mais la grâce va chercher tous les pauvres pécheurs. Le cœur de Dieu n'a pas de limites. La loi s’adresse à un petit peuple; elle a été donnée à une petite portion de l'humanité; mais la grâce est pour tous, s'étend à tous, c’est le cœur même de Dieu, apportant partout la joie, le bonheur et la paix.
Nous sommes heureux, nous chrétiens, d'avoir la purification de nos péchés; sommes-nous aussi heureux d'abandonner tout pour suivre Jésus ? La propre justice ne comprend pas cela; aussi Jésus dit qu'il n'est venu que pour ceux qui ont besoin d'un médecin, qui sont malades; c'est l'œuvre de l'amour. Ce n'est pas que Jésus ne voulût pas sauver les pharisiens. Mais c'est eux qui ne voulaient pas aller à lui. Pas de joie, pas de bonheur pour les pharisiens, ni même pour les disciples de Jean; les uns travaillant toujours pour se justifier par leurs œuvres, les autres étant, dans un perpétuel état de repentance qui les maintenait dans le doute, dans l'incertitude. Impossible qu'il y ait une joie réelle dans ces conditions-là !
Quelquefois, on trouve chez les âmes, la joie du «vin vieux» (v. 39) ; il se peut que l'on soit l'auteur d'une œuvre philanthropique, ou de quelque autre œuvre humaine que l'on contemple avec orgueil, et sur laquelle on arrête ses pensées avec satisfaction... Mais c'est une joie factice; les propres œuvres, le «vin vieux» ne peuvent procurer une joie véritable. Les pharisiens jeûnaient, de même que les disciples de J eau, et ils s'étonnaient ou plutôt se scandalisaient de ce que les disciples de Christ ne fissent pas comme eux. Mais ceux-ci possédaient la source de toute paix, de tout pardon, de la vie; ils avaient au milieu d'eux, Jésus, la vie éternelle, le ciel même; pouvaient-ils alors jeûner et mener deuil? Les amis de l'époux jeûnent-ils quand l'époux est avec eux N'y avait-il pas lieu, au contraire, à ce qu'ils eussent une joie véritable? Certainement; et il en est de même pour nous. L’Époux n'est plus avec nous, il est vrai; la méchanceté des hommes l'a chassé de ce monde... Après sa crucifixion, les disciples furent frappés de crainte, de terreur, et s'enfermèrent dans la chambre haute, tout éplorés; mais cela dura peu de temps. Le Seigneur sort victorieux du tombeau; il va trouver les disciples, et leur apporte une joie nouvelle. Ce n'était plus la crainte qui faisait battre le cœur des disciples quand Jésus leur dit: «Voyez mes mains et mes pieds ». Et lorsque, quelques jours plus tard, le Seigneur quitte cette terre, nous savons quelle grande joie remplit leurs cœurs. Il en fut de même quand le Saint Esprit descendit sur eux tous. Tout cela, c'est le «vin nouveau ». Le vin vieux est la joie d'avoir accompli soi-même, de certaines œuvres ; le vin vieux est pour de vieilles outres.
La grâce est introduite ; elle remplace la loi, représentée par les vieilles outres. C'est elle, la grâce, qui apporte la joie, le pardon, la vie nouvelle; et ces trois choses sont communiquées à l'âme qui croit au Seigneur Jésus. Une vie nouvelle rend l'homme capable de jouir de l'amour de Jésus dans le ciel; il appartient à la sphère céleste; sa vie st celle du Seigneur Jésus, dans le ciel, son espérance est d'être pour toujours avec Lui. Voilà ce qu'est le vin nouveau. Ainsi l'homme nouveau n'a de bonheur qu'en Christ. « Christ est ma vie », disait l'apôtre Paul.
Remarquons encore un petit détail, mais d'une grande portée: Il ne faut pas mettre du drap neuf à un vieil habit. On ne peut raccommoder le vieil homme; souvent, on cherche à s'améliorer ; on peut en effet réprimer certains défauts, certains penchants, mais le vieil homme est toujours là. Pour le chrétien, c'en est fait du vieil homme; celui qui croit a la vie éternelle, et par elle seule on peut jouir des choses merveilleuses de Dieu. 
Combien il est doux et précieux de voir la perfection de la Parole de Dieu, et combien tout répond d'une manière parfaite aux besoins de nos âmes. Nous avons besoin de pardon, de justification: Le sang de Christ nous les a acquis. Nous avons besoin d'une vie nouvelle, afin de pouvoir marcher d'une manière qui glorifie Dieu, et jouir des choses célestes: Eh bien cela aussi nous est accordé, à nous qui croyons au Fils de Dieu.
Et maintenant, avons-nous, tous ce pardon, cette purification actuelle? Sommes-nous tous des «Lévi ? » qui ont répondu joyeusement à l'appel du Seigneur? Ces questions sont personnelles; elles sont bien sérieuses. Répondons tous comme Lévi, au «Suis-moi» que nous adresse le Sauveur!
Pour nous chrétiens, posons-nous cette question, et pesons-la bien: «Est-ce que je vis dans la réalité de ces choses? » Hélas, on voit trop souvent chez le chrétien, des retours au vin vieux; la vieille nature en nous demande du vin vieux: nous faiblissons et nous donnons satisfaction nos propres cœurs. Puissions-nous laisser tout cela, et n'avoir qu'une seule pensée dans nos cœurs: suivre le Seigneur Jésus, Alors nous serons remplis d'une joie ineffable et glorieuse.
A. L.
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LE FILS DE L'HOMME

Le titre de Fils de l'homme a une très vaste portée, Il exprime ce qu'est l'homme dans sa perfection, l'homme selon Dieu. Il nous dit qu'en Jésus, l'homme est maintenant dans une position toute nouvelle, orné de toutes les beautés possibles, humaines ou morales.
Mais ce titre de Fils de l'homme donné à Jésus n'exprime pas seulement toute sa perfection morale, car toutes ses souffrances et toutes ses dignités s'y rattachent.
Comme Fils de l'homme il fut humilié (Psaume VIII), mais comme tel, il est aussi exalté à la droite de la Majesté dans les cieux (Psaume LXXX). Comme Fils de l'homme il n'avait pas où reposer sa tête (Luc IX, 58), mais comme tel il vient vers l'Ancien des jours pour recevoir de ses mains le royaume (Daniel VII, 13). C'est comme Fils de l'homme que le jugement lui est donné (Jean V, 27) ; c'est comme tel qu'il est prophète, sacrificateur et Roi, héritier de toutes choses, Seigneur sur toutes choses, Chef du corps, Époux de l'Église.
Comme Fils de l'homme il a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés (Matthieu IX, 6) ; comme tel il est Seigneur du Sabbat (Marc II, 28), et cependant, en cette même qualité il a été trois jours et trois nuits dans le sein de la terre. (Matthieu XII, 40.)
Comme Fils de l'homme il était le Semeur infatigable qui allait répandant sa semence; comme tel il sera le glorieux moissonneur qui récoltera sa moisson dans les greniers célestes.
Comme Fils de l'homme il avait sa place propre dans le ciel; comme tel il fut crucifié et ressuscita. (Jean III, 13-14.) Enfin, comme Fils de l'homme il est le centre de toutes choses, soit célestes soit terrestres (Jean I, 52).
C'était dans l'homme que le Dieu créateur avait au commencement placé son image, et lorsque le premier Adam qui était de la terre l'eut brisée, le Fils de Dieu entreprit de la restaurer, d'accomplir par l'homme le conseil divin, en le mettant, dans sa personne, à la place d'honneur et de confiance que Dieu lui avait jadis assignée.
Ce titre, ce nom de Fils de l'homme a, comme on le voit, une immense portée et se rattache à la personne du Seigneur, à tonte son affliction, à toutes ses dignités, sauf, cela va sans dire, celles qui lui appartiennent en propre comme Dieu, béni éternellement, au-dessus de toutes choses.
Il est l'homme oint le temple humain sans souillure, édifié d'abord par le Saint Esprit, puis rempli par Lui (Luc I, 35; IV, 1). Il est l'homme humilié, l'homme de douleurs qui descendit, s'anéantit, s'abaissa jusqu'à la mort de la croix (Philippiens II). Il est enfin l'homme exalté, couronné de gloire et d'honneur, en attendant que toutes choses lui soient assujetties! (Hébreux II.)
J. G. B.
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ÉTUDE SUR LA PREMIÈRE ÉPÎTRE À TIMOTHÉE

(Suite)

CHAPITRE III

Vers. 1-7. - Cette parole est certaine, que si quelqu'un aspire à la surveillance, il désire une bonne œuvre : il faut donc que le surveillant soit irréprochable, mari d'une seule femme, sobre, sage, honorable, hospitalier, propre à enseigner, non adonné au vin, non batteur, mais doux, non querelleur, n'aimant pas l'argent, conduisant honnêtement sa propre maison, tenant ses enfants soumis en toute gravité. (Mais si quelqu'un ne sait pas conduire sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l'assemblée de Dieu?) Qu’il ne soit pas nouvellement converti, de peur qu’étant enflé d'orgueil, il ne tombe dans la faute du diable. Or il faut aussi qu’il ait un bon témoignage de ceux de dehors, afin qu’il ne tombe pas dans l'opprobre et dans le piège du diable.

Tandis que le chap. II traitait d'une manière générale de la conduite des hommes et des femmes dans la maison de Dieu, le chapitre que nous avons sous les yeux entre dans le détail de son organisation proprement dite. Il n:e faut pas oublier que Timothée n'avait pas comme Tite, pour mission spéciale d'établir des anciens, mais devait veiller sur l'ordre et sur la doctrine. Or la doctrine avait affaire à toute la conduite de ceux qui composaient cette maison. L'apôtre n'enseigne pas d'abord à Timothée comment lui, Timothée, doit se conduire, maie comment il faut (1 Timothée III, 15) que les divers éléments qui constituent la maison se conduisent, Timothée lui-même en faisant partie et ayant, comme nous le verrons, par le fait qu'il possède un don, certains devoirs et certaines responsabilités dans ce milieu.
Au sujet de la «parole certaine» du vers. 1 nous renvoyons le lecteur à l'« Étude sur Tite », p. 85 à 87. Il est incontestable que celui qui aspire à la surveillance de la maison de Dieu « désire une bonne œuvre». (v. 1.) Le surveillant ou évêque (episcopos) est identiquement le même homme que l'ancien (presbyter). En Actes XX, dans cette même assemblée d'Éphèse où l'apôtre laissait Timothée dans notre épître, ce même apôtre convoque les «anciens» et les appelle «surveillants » au v. 28. Ici, «celui qui aspire à la surveillance désire une bonne œuvre, » une œuvre qui a l'approbation de Dieu, une œuvre faite pour Dieu et pour Christ et accomplie dans l'intérêt des saints ¹. Toutefois elle n'a ce caractère qu'en

¹ À ce sujet il peut être utile de remarquer que le grec a deux termes pour désigner les bonnes œuvres, là où nos versions n'en ont qu'un. C’est le « ergon agathon» et le « ergon kalon ». Ces deux termes ne sont pas identiques. Le premier (ergon agathon) désigne toutes les choses bonnes qui découlent de l'état moral du cœur purifié par le Seigneur: amour pour les frères, sympathie, support, tact, etc. Le second (ergon kalon) est un acte louable et visible aux yeux des hommes: aumônes, visites, soins aux malades, etc.
Citons pour les lecteurs que ce sujet intéresse tous les passages où se trouvent ces deux termes:
Ergon agathon: Actes. IX, 36; 2 Corinthiens IX, 8; Éphésiens II, 10 ; Colossiens I, 10; 2 Thessaloniciens II, 17; 1 Timothée II, 10 ; V, 10; 2 Timothée II, 21; III, 17 ; Tite I, 16; III, 1 ; Hébreux XIII, 21 ; 1 Thessaloniciens V, 15.
Ergon kalon: Matthieu V, 16: XXVI, 10; Marc XIV, 6; Jean X, 32; 1 Timothée III, 1 ; V, 10, 25 ; VI, 18; Tite II, 7, 14; III, 8, 14; Hébreux X, 24 ; 1 Pierre II, 12.

Toutefois elle n'a ce caractère qu’en tant qu'elle répond aux qualités détaillées ici. On pourrait aspirer à cette position par ambition, par orgueil, comme nous le voyons dans ce passage même et, dans ce cas, cette aspiration, n'ayant pour but que la satisfaction de la chair serait, non pas une bonne, mais une mauvaise œuvre.
Dans notre «Étude sur Tite », page 24, nous avons fait remarquer que l'épître à Timothée mentionne quatorze qualités requises de l'ancien ou surveillant. Ce chiffre 14, chiffre de double plénitude, semble insister doublement sur les qualités morales requises de l'ancien quand la maison de Dieu est en ordre. L'apôtre reviendra plus tard (V, 17) sur certaines qualités accessoires du surveillant, qui sont aussi mentionnées dans Tite (1, 9).
Ici le mot «irréprochable» est, comme en Tite, mis en tête de la liste, parce qu'il résume toutes les autres qualités. Nous trouvons ensuite: «mari d'une seule femme» que Tite ne mentionne pas. Cette phrase fait allusion à la coutume d'avoir plusieurs femmes, reçue parmi les païens, tolérée par la loi de Moïse, non sanctionnée par la loi divine, mais qui, si elle n'empêchait pas l'introduction du nouveau converti dans l'Assemblée chrétienne, le disqualifiait néanmoins d'une manière absolue pour l'administration de cette maison. Le trouble introduit dans la conduite de la famille par la présence de deux femmes est assez souvent rapporté dans l'Écriture pour que l'on puisse comprendre cette interdiction. Pour les autres qualités requises de l'ancien, le lecteur se référera à l'«Étude sur Tite», pages 19-28. L'épître à Timothée met un accent particulier sur le fait que le surveillant devait « conduire honnêtement sa propre maison» et « tenir ses enfants soumis en toute gravité» ; puis elle ajoute: «Mais si quelqu'un ne sait pas conduire sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l'Assemblée de Dieu? » Devant cette tâche auguste : les soins à donner à l'Assemblé de Dieu, qu'est-ce que ma propre maison ? Mais si, dans ce dernier cas, et dans ce domaine petit et restreint, je n'ai pas su montrer mes aptitudes d'administrateur, comment les montrerais-je dans le premier? Ce passage montre en même temps l’immense importance qu'a pour Dieu sa maison ici-bas. Elle est le témoignage de toutes les vertus chrétiennes devant un monde qui nous ignore. C'est ainsi qu'elle met en lumière l’ordre, la discipline, la dépendance, la soumission, l’obéissance, l'humilité, mais avant tout la vérité divine.
Il faut donc que le surveillant ou ancien tienne d'abord sa propre famille dans la discipline du Seigneur. Et quelle négligence de ces principes élémentaires de la Parole, ne voit-on pas là où, contrairement à la Parole, les anciens sont établis par la congrégation. Il lui arrive, entre autres actes de désobéissance, de se choisir, comme anciens, des gens non mariés ou des gens sans enfants qui, par conséquent, n'ont jamais eu l’occasion de prouver qu'ils étaient accrédités de Dieu pour cet office!
(À suivre).
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COURTES MÉDITATIONS

N° 30

LE PHARISIEN ET LE PUBLICAIN

Luc XVIII, 9-14.

Cette parabole, comme celle du «Juge inique» (v. 1-9), nous parle de la prière, en prenant pour exemples le Pharisien, propre juste, et le publicain, conscient de son état de péché. Le Juge inique «ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes,» le Pharisien, sans craindre Dieu davantage, se donnait toute l'apparence de le craindre, et priait dans le temple, quoique, de fait, il ne se confiât pas en Dieu, mais en lui-même. Du moment qu'il s'estimait «juste», qu'avait-il besoin de Dieu? Voici donc un homme qui, tout en professant publiquement avoir des relations avec Dieu, lui est complètement étranger, ignore Son caractère, s'attribue un caractère de justice que Dieu seul possède, fait de lui-même, sans s'en douter peut-être, un centre qu'on ne trouve qu'en Dieu, et, en réalité, se passe entièrement de Lui. Cela porte à prononcer audacieusement son panégyrique devant Dieu! En vertu de son excellente opinion de lui-même, il prend, vis-à-vis des hommes, Une attitude pire encore que celle du juge inique qui «ne les respectait pas» ; il « tient le reste des hommes pour rien » La propre justice c'est que l'orgueil sous une forme religieuse, orgueil plus haïssable que celui de l'incrédulité. Elle se dresse, comme le juge inique, une statue au milieu de la ruine du reste des hommes, qu'elle considère avec un souverain mépris.
Le pauvre publicain, réalisant qu'il était devant Dieu, le craignait. Cette crainte qui est la haine du péché est le commencement de la sagesse. Il se mettait de lui-même, sans qu'il fût nécessaire de l'y forcer, à la dernière place, place qui lui était assignée par l'orgueil du pharisien. «Il se tenait loin, » réalisant pleinement son éloignement de Dieu par le péché; « il ne voulait même pas lever ses yeux vers le ciel », car il réalisait sa complète indignité pour s'adresser à Dieu ; « il se frappait la poitrine », dans le sentiment de sa culpabilité, mais pénétré de la repentance qui l'accompagne. Dans cet état, il reconnaissait n'avoir que deux alternatives: ou la colère de Dieu qui lui était due, ou bien la miséricorde dont il se sentait indigne, mais qui, seule, était capable de le sauver.
Il «descendit dans sa maison, justifié plutôt que le Pharisien,» bien que n'ayant pas encore reçu la réponse à son appel douloureux. Mais il emportait, de la présence de Dieu, la conviction que la grâce seule pouvait le mettre à l'abri de la colère, et que grâce et jugement provenaient de la même source.
Cette parabole, tout en ne décrivant aucunement l'état dans lequel la grâce nous a placés, nous chrétiens, n'a-t-elle pas aussi quelque chose à nous dire ? Les deux personnages dont elle nous parle ne sont ni l'un, ni l'autre, une image de ce que nous sommes. Un propre juste, dans le sens du pharisien, peut être un professant, mais n'est pas un chrétien du tout. Le publicain ne représente pas non plus le chrétien, dont le caractère propre est d'être justifié de tout péché par la foi en Christ; mais nous trouvons ici une instruction pratique qui souvent nous échappe et se résume, au v. 14, par cette parole: «Quiconque s'élève sera abaissé; et celui qui s'abaisse sera élevé.» Le pharisien s'élève et tient les autres pour rien; le publicain s'abaisse. Demandons-nous lequel de ces deux états est le miroir du nôtre. Aucun homme, réellement chrétien, ne parlera comme ce pharisien; mais, rencontrera-t-on peut-être des chrétiens qui, confiants dans leurs propres dons ou leurs capacités spirituelles, regardent de haut ceux qu'ils estiment moins capables qu'eux-mêmes ? Ils ne sont pas propres justes comme le pharisien, mais ils partagent son orgueil religieux qui, comme nous l'avons montré, est à la base de la propre justice; orgueil de l'homme, conscient de sa propre valeur et n'estimant aucunement que les autres soient supérieurs à lui-même. Le publicain, lui, n'estime pas être quelque chose et ne se compare pas à d'autres, parce qu'il a pris Dieu pour point de comparaison et qu'il sait être le néant même devant la perfection du Dieu juge.
Telle est la leçon que le Seigneur nous apprend aujourd'hui. Nous jugeons très facilement le Pharisien, mais songeons-nous qu’il y a quelque chose de très assimilable à la propre justice, l'orgueil religieux, se trahissant par la bonne opinion de nous-mêmes. Le publicain en était exempt et telle est la leçon qu'il nous donne, à nous qui sommes, par l'Évangile, beaucoup plus avancés que lui dans la connaissance de la faveur du Dieu d'amour.
Il est très frappant que la conclusion de cette parabole soit exactement la même que celle des conviés qui choisissaient les premières places à table. Comme dans notre chapitre, il est dit au v. 11 du chap. XIV: « Quiconque s'élève sera abaissé; et celui qui s'abaisse sera élevé. » Dans ce chap. XIV il s'agit de l'orgueil mondain, dans notre chapitre, de l'orgueil religieux. L'orgueil mondain cherche à acquérir la première place aux dépens des autres, jusqu'à ce que Celui qui nous a conviés nous humilie en nous mettant à la dernière place. L’orgueil religieux s'élève dans ses pensées en usurpant la place due à Dieu et, par ce fait, estime ses frères pour rien, jusqu'à ce que Dieu lui montre qu'un pauvre pécheur repentant a plus de valeur à ses yeux que celui qui croit occuper une place éminente parmi le peuple de Dieu.
Prenons donc à cœur cette instruction, car le pharisaïsme s'insinue facilement dans nos rapports avec nos frères. Celui qui s'estime très haut est toujours en danger de tenir ses frères pour rien et de tomber très bas.
H. R.
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ÉTUDE SUR LA PREMIÈRE ÉPÎTRE À TIMOTHÉE


CHAPITRE III

(Suite)

Vers. 8-13. - De même aussi, que les serviteurs soient graves, non doubles en paroles, non adonnés à beaucoup de vin, non avides d'un gain honteux, gardant le mystère de la foi dans une conscience pure, et que ceux-ci aussi soient premièrement mis à l'épreuve; ensuite, qu'ils servent, étant trouvés irréprochables. De même aussi que les femmes soient graves, non médisantes, sobres, fidèles en toutes choses. Que les serviteurs soient maris d’une seule femme, conduisant bien leurs enfants et leurs propres maisons; car ceux qui ont bien servi, acquiert un bon degré pour eux et une grande hardiesse dans la foi qui est dans le Christ Jésus.

Il est digne de remarque que dans l'épître à Tite, délégué de l'apôtre pour établir des anciens, il ne soit fait aucune mention des serviteurs de l'assemblée, ou diacres. La raison en est simple. En Actes VI, nous voyons les serviteurs choisis, non par un délégué des apôtres, mais par les frères, et ensuite établis par les douze. Ils ne rentraient donc pas dans le mandat confié à Tite. Dans la première épître à Timothée il s'agit, non pas tant de l'établissement des anciens, que des qualités requises de ceux qui remplissent des charges dans la maison de Dieu, aussi les serviteurs et les servantes ou diaconesses y trouvent largement leur place.
Ces qualités ont trait avant tout à leur tenue morale. Les serviteurs doivent être graves. Le serviteur doit être connu comme représentant, dans son service, la dignité de son maître et pénétré lui-même de sa responsabilité à cet égard. Il ne doit pas être double en paroles, car il fait partie d'un ensemble destiné à témoigner de la vérité et à la soutenir. Il ne doit pas être adonné à beaucoup de vin qui lui ferait perdre l'attention soutenue qu'il doit vouer à son service. Il ne doit pas être «avide d'un gain honteux », car il est honteux de convertir le service du Seigneur en un moyen de gagner de l'argent. Il doit enfin «garder le mystère de la foi dans une conscience pure ». Un mystère est toujours une chose jadis cachée, mais maintenant révélée. Le mystère de la foi est l'ensemble des vérités qui constituent le christianisme, et qui ont été pleinement mises en lumière par la mort et la résurrection de Christ. Toutes les vérités relatives à la position céleste du chrétien, révélées pour la première fois à Marie de Magdala; toutes les vérités dépendant d'un Christ glorieux et assis à la droite de Dieu, vérités confiées à Paul, concernant l'Église, son union en un seul corps avec Christ, sa Tête glorieuse dans le ciel, sa dignité d'Épouse de Christ et l'espérance de la venue du Seigneur, toutes ces vérités, et d'autres encore constituent «le mystère de la foi ». Combien les chrétiens qui occupent des places, dirions-nous subalternes, dans la maison de Dieu, sont loin de ce qui est exigé ici des serviteurs (ou diacres) dans l'assemblée ! Il n'en avait pas été ainsi d'Étienne, ni de Philippe, qui étaient d'entre «les sept» choisis pour le service par les frères de Jérusalem (Actes VI.) Tous deux avaient acquis dans leur service «un bon degré et une grande hardiesse dans la foi qui est dans le Christ Jésus» ; le premier, rendant témoignage de tout l'enseignement donné par le Saint Esprit envoyé du ciel, le second annonçant puissamment dans le monde l'Évangile du salut. Ainsi la prédication de l'ensemble de la Révélation divine fut remise à deux serviteurs qui s’étaient acquis un bon degré dans les humbles fonctions qui leur avaient été confiées.
Ce n'est pas seulement du reste la connaissance des vérités célestes et du mystère de l'Église qui leur est demandée, mais ils doivent la garder «dans une conscience pure». Il faut qu'un état irréprochable devant Dieu corresponde à cette connaissance et qu’elle ne soit pas affaire d'intelligence, mais soit inséparable d'une conscience exercée devant Dieu. Il faut un état moral qui recommande la vérité que l'on présente.
Les serviteurs, comme les surveillants, devraient être « premièrement mis à l'épreuve ». Il ne s'agit pas ici, je pense, d'une certaine période d'initiation après laquelle les diacres ou les anciens pouvaient être révoqués, mais d'une épreuve et enquête minutieuse et pratique au moment où ils entrent dans leur service, afin que toutes les qualités requises soient reconnues correspondre au tableau que la Parole nous fait ici dès charges dans la maison de Dieu. Après cette enquête, les serviteurs pouvaient entrer dans leur service. L'apôtre passe ensuite aux traits qui doivent caractériser les femmes. Il ne dit pas leurs femmes, car, d'un côté, toutes les femmes des «diacres» pouvaient ne pas être des «diaconesses» ; de l'autre il comprend peut-être aussi sous cette appellation les femmes des anciens ou surveillants. Il leur est comparativement peu demandé, mais il s'agit surtout de choses dans lesquelles la femme serait plus que d'autres en danger de faillir. Leur gravité doit s'accorder avec celle de leur mari. Combien souvent le désaccord entre mari et femme, quant au sérieux à apporter dans la vie habituelle, a nui au témoignage qu'ils étaient appelés à rendre! La «médisance» est devenue chez les femmes la conséquence de leur tendance à un vain babil, mais peut dépendre aussi du fait qu'étant peut-être présentes aux confidences que leurs maris reçoivent, elles ne savent pas s'imposer une réserve doublement nécessaire dans un service qu'elles partagent avec leur époux. La sobriété peut avoir trait aux aliments vers lesquels une certaine gourmandise pourrait porter la femme, mais plutôt à la retenue qui l'empêche de se livrer à ses impressions. Enfin les «servantes» doivent être «fidèles en toutes choses» ; elles doivent montrer dans leur service une stricte fidélité, ne profitant de rien pour elles-mêmes et n'avantageant pas l'un au détriment de l'autre.
Après avoir parlé des femmes, l'apôtre revient aux serviteurs dans leurs rapports avec leur famille. Leur devoir à l'intérieur de la maison est le même que celui des anciens ou surveillants. Il faut que l'ordre de la maison de Dieu soit représenté dans le domaine restreint de nos propres demeures. Quelque subalterne que soit en apparence l'office du diacre, il a une grande importance dans le témoignage. On voit, en Actes VI, le prix que les apôtres mettaient à ce service. Il fallait que ces hommes eussent «un bon témoignage » et qu'ils fussent « pleins de l'Eprit saint et de sagesse ». Il en sera des serviteurs comme il en fut d'Étienne et de Philippe. S'ils servent bien «ils acquièrent un bon degré pour eux (autrement dit, ils montent en grade) et un grande hardiesse dans la foi qui est dans le Christ Jésus. »
(À suivre).
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LETTRES DE J. N. D.

N° 463

à M.P.S. Elberfeld, Décembre 1869.

Bien cher frère,

Depuis longtemps, je pensais vous écrire, mais en effet, je suis occupé du matin jusqu'au soir, souvent jusqu'à minuit.
J'avais écrit pour qu'on vous envoyât mes notes manuscrites, mais il paraît que, par ci, par là, on ne pouvait pas déchiffrer ces remarques minutieuses sur les leçons, aussi m'attendent-ils en Angleterre pour commencer l'impression de la nouvelle édition ¹ qu'ils avaient pensé entreprendre avant mon retour. Je suis déjà fort avancé dans mon travail ici ² et j'espère en avoir fini au bout de deux mois ou deux mois et demi, pour ce qui concerne ma part dans ce travail. Ésaïe, Jérémie, Ézéchiel, Daniel, Osée, puis les Psaumes, sont terminés. Les livres historiques sont beaucoup plus faciles; Job et les Proverbes nous donneront un peu plus de fil à retordre. Aussitôt qu’à mon retour en Angleterre je serai à même d'agir, je vans enverrai, D. v., les trois premiers évangiles ³ et le reste à mesure qu'il sera prêt.

¹ Du Nouveau Testament en Anglais.
² Traduction de la Bible en Allemand.
³ Nouveau Testament annoté en Français.

Quant à Romains V, 19, la position tout entière me semble indiquée: séparation d'avec Dieu, mais je pense que amartôloi (pécheurs) ne peut être considéré comme purement relatif. Les plusieurs qui sont en relation avec Adam sont dans sa condition. Toutefois c'est sa position devant Dieu. Le parakoè (désobéissance) donne la position « pécheurs », la condition d'Adam. De fait diakaioi (justes) est plus simplement une position judiciaire. Or la question est précisément soulevée si cela signifie qu'on est de telle sorte juste relativement qu'on peut vivre dans le péché. Le chap. VI est la réponse. Amartôlos (pécheur) est un fait, notre condition devant Dieu, ce que nous sommes et sommes devant Dieu, par le péché d'Adam. Par l'obéissance de Christ nous sommes « justes» devant Dieu. Est-ce que cela implique que nous pouvons vivre dans le péché ? Amartôlos ist an und für sich ein Zustand eben so viel als eine stellung.
Il ne s'agit pas ici d'association avec le Chef; nous ne sommes pas ressuscités avec Christ dans l'épître aux Romains. Au chap. VIII on est bien envisagé comme «en Christ », seulement l'union et l'association avec Lui ne sont pas le sujet de l'épître, mais ce qu'Il a fait pour nous, et notre mort avec Lui. «Constitués pécheurs» n'est pas, me semble-t-il, judiciaire, mais un fait. Mais quand il dit: «constitués justes », il faut que je m'en rapporte à Dieu. Un Amartôlos est éloigné et aliéné de Dieu, il a sa volonté propre et ses convoitises; mais, quand on est «juste» par l'obéissance d'autrui, la question demeure: «Que suis-je, moi? » Puis, ainsi que je l'ai dit, le chap. VI répond par la vérité que nous sommes morts, vivants à Dieu par Christ.
Le « corps de péché» est, je crois, le péché comme un tout, l'ensemble; mais appelé ainsi parce que le corps est censé en être le siège, comme il est dit aussi «la chair ». Mais un homme mort est justifié du péché (non des péchés), car on ne peut l'accuser d’une volonté propre, ni d'avoir des convoitises.
Le chap. VI est la doctrine: on est mort au péché. Le chap. VII applique cette vérité à la loi qui ne domine sur un homme qu'aussi longtemps qu'il vit.
Ce que nous avons, Abel, je pense, comme fait historique, et en figure, l'a compris par l'Esprit. Nous savons que c'est par la foi qu'il a offert le sacrifice. Quand l'Esprit agit, la conscience devient intelligente. Ce que nous avons par la Parole, ils l'ont eu par des faits et quelques paroles de Dieu. Ce n'était pas une révélation publique par écrit, ou annoncée pour être conservée; enseignée de Dieu, la conscience avait su ce que c'était que d'être un pécheur devant Dieu-; que a mort était entrée, et qu'elle avait été le moyen de couvrir la nudité. L'âme avait appris ce que Dieu faisait. Je ne pense pas qu'il y ,eût une révélation explicite du tout, mais, avec des faits divins et l'opération de l'Esprit de Dieu, je crois que l'homme était, quant à ses pensées naturelles, beaucoup plus près de Dieu, dans ce temps-là, que maintenant. Le monde est maintenant plein de l'homme et des hommes dont les propos arrêtés remplissent le cœur. Alors, on avait perdu Dieu, mais le Dieu qu'on avait perdu avait plus de place; l'homme isolé sentait qu'il était hors du Paradis. Il est remarquable que les communications les plus explicites que nous possédions, se rapportent à Caïn. Je lis en Genèse IV, 7 : «Le péché (ou un sacrifice pour le péché) est couché à la porte.» Il y a eu davantage: Dieu n'a pas voulu, dans la révélation qui nous a été faite, que nous le sachions. Il a voulu que nous le sachions de cette manière. Mais je crois que jadis l'Esprit de Dieu agissait davantage dans les fidèles, comme un Esprit d'intelligence en relation avec Dieu, que maintenant. Il en est un peu de même d'Abraham. Je ne crois pas qu'il ait eu une révélation explicite, mais, n'ayant rien de ce qui lui avait été promis, et assuré de la fidélité de Dieu, il comptait sur Lui. Ainsi, avec Isaac, Abraham a appris la résurrection, puisque sa postérité devait être dans la ligne d'Isaac. Il a donc dû le recevoir de nouveau. Son espérance était probablement vague, pas plus définie que n'était la résurrection d'Isaac, mais, pour lui-même, cette espérance n'était pas de cette vie; c'était une patrie céleste dans sa nature, en contraste avec Canaan, quand même sa relation était avec. Pieu pour la terre. Le cas d'Énoch, un de ces faits divins, devait être un texte pour l'Esprit de Dieu dans le cœur des fidèles, comme plus tard celui d'Élie, non pour détruire l'idée de leurs relations actuelles avec Dieu en gouvernement, mais pour réveiller une espérance secrète, des aspi;rations célestes, des relations antérieures avec Dieu qui ne se traduisaient pas dans les relations religieuses de la vie d'ici-bas, sauf comme source de fidélité et de spiritualité (comme le fut, d'une autre manière, le troisième ciel pour Paul), autrement la mort aurait été, pour eux, une chose bien plus terrible. Mais ils connaissaient Dieu, non par cette vie seulement.
Je ne vois pas une preuve en Actes IX, 17-18, que le don du Saint Esprit ait précédé le baptême, quoique cela soit possible puisqu'il dit: «Le Seigneur Jésus m'a envoyé pour... que tu sois rempli de l'Esprit Saint », mais ce n'est pas une preuve. L'ordre régulier, ordinaire, était le baptême, puis l'Esprit (Actes II, 38), mais le cas de Corneille nous fait voir que le Seigneur pouvait déroger à cet ordre pour donner la preuve de son acceptation de la personne. 
Je crois que «le Hadès» n'est que l'expression pour l'inconnu au delà de la mort. Mais maintenant, et déjà du temps du Seigneur, ce n'est plus l'inconnu. Il pouvait faire voir la différence entre le lieu de tourment et de bénédiction pour les âmes, et son arrivée dans le Paradis a rendu cela parfaitement clair...
J'écris à la hâte et je serai heureux de m'entretenir avec vous sur les points dont vous me parlez. J'ai lu et écrit un brouillon sur les Hébreux en vue de la question de la sanctification de Christ pour les chrétiens et trouvé beaucoup de lumière sur la structure et la nature de l'épître.
Saluez tous les frères. Que Dieu les garde et le bénisse.
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PENSÉES

La loi convient à l'homme parce qu'elle l'exalte lui-même ainsi que ses capacités; la grâce lui est désagréable parce qu'elle le réduit à néant et qu'elle exalte Dieu.

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Pauvre Adam! Homme misérable! Il croyait au mensonge de Satan; il pensait que, jaloux de son bonheur, Dieu voulait garder pour Lui quelque chose sans le lui donner! Et Dieu qui semblait refuser un fruit à l'homme innocent a donné son Fils à l'homme pécheur! Mais le cœur de l'homme est si perverti que, même devant ce fait, il se défie de Dieu!

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Tout ce qui est près de nous nous paraît bien plus grand et plus important que ce qui est éloigné. L'arbre défendu étant près d'Ève, et la sentence de Dieu étant éloignée, Ève prit du fruit et en mangea.

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COURTES MÉDITATIONS

N° 31

TRIOMPHE FINAL DE LA GRÂCE

Matthieu XXIII, 37-39.

Au commencement de son ministère Jésus monte sur une montagne et prononce les béatitudes (Matthieu V.) Elles s'adressent à ceux qui ont le cœur brisé, à ceux qui, sont dans le deuil, aux humbles, à ceux qui haïssent le mal et recherchent ce qui plaît à Dieu, mais tout cela ne va pas sans des persécutions et des souffrances de toute espèce, de la part des hommes. Quel sombre tableau! Eh bien! Ceux-là qui souffrent sont déclarés bienheureux parce qu'ils endurent toutes ces peines et ces tribulations à cause de Christ. L'Évangile, la bonne nouvelle, leur a été apportée parce qu'ils étaient des pauvres. C'est pour des pauvres que le Seigneur a été envoyé (Luc IV, 18). Ce sont eux qui sont l'objet et le couronnement de sa mission (Matthieu XI, 5 ; Luc VII, 22). Comme cela nous encourage à garder un caractère de pauvreté, de justice pratique, de petitesse, de souffrance de la part du monde! Le bonheur appartient à ceux qui sont tels. Avons-nous soif d'un autre bonheur, car le monde croit qu'il existe? Il se trompe. Contrairement à la voie de la justice, le bonheur dont le monde parle ne peut être cherché que dans le péché qui conduit invariablement à la misère, à la mort et au jugement.

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Mais arrivons maintenant à la fin du ministère du Seigneur. Il avait apporté une plénitude de bénédiction aux pauvres et à tous ceux qui souffrent, il avait répandu ses guérisons tout le long du chemin, il avait consolé, rassuré, soulagé, il dépose maintenant son mandat et quitte la scène, mais à vide! «Pourquoi,» s'écrie-t-il, « suis-je venu et il n'y .a eu personne. » Il lui faut assister à la faillite de sa mission. Sauf quelques isolés qui, trouvant auprès de lui, par la foi, les paroles de la vie éternelle, se sont attachés à ses pas, tous l'abandonnent. Désormais la haine relève la tête et se donne libre carrière contre lui. Tous les principaux complotent ensemble pour le faire mourir. Les pharisiens, les scribes, les docteurs de la loi s'entendent pour se débarrasser de Dieu dans cet homme. Mais c'est par la sentence même prononcée contre Lui qu'il va accomplir l'œuvre de la rédemption. Toutefois il faut, avant la proclamation du salut accompli, qu'une malédiction définitive soit prononcée sur cette race impie: «Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! » Au lieu, des neuf «béatitudes» du 'Commencement de sa carrière, il prononce les sept « malheur! » de la fin. Ce refrain terrifiant sort de la bouche de Celui qui avait au commencement prononcé la plénitude divine, de la grâce et de la bénédiction. Il: prononce maintenant une sentence définitive dont rien ne sera jamais retranché. Le fouet brandi sept fois frappe le dos de tous ces infâmes, le déchire et y laisse ses marques sanglantes (Matthieu XXIII, 13-36.) Ils ont beau grincer des dents ou chercher à éviter ses coups; ils ne peuvent échapper. Les sept «Malheur! » du chap. XXIII ne sont que l'exécution du jugement qui avait suivi la malédiction du figuier stérile au chap. XXI, 18-20. «Que jamais aucun fruit ne naisse plus de toi! » avait dit le Seigneur. Ce figuier est l'homme comme tel, sous 1'emblême du peuple le plus favorisé de Dieu, mais devenu, par le rejet du Sauveur, un arbre inutile dont toute sève s'est à jamais retirée sous la malédiction, avant qu'il soit coupé et jeté au feu.

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Mais le Seigneur ne peut s'arrêter au jugement. Quand tout est perdu du côté de l'homme, il reste encore le salut opéré par les souffrances de la croix, un salut éternel, la grâce et la gloire, libre don de Dieu aux pauvres pécheurs (Psaume LXXXIV, 11.) Combien est touchante cette fin de Matthieu XIII, inscrite en tête de notre méditation ! «Jérusalem, Jérusalem, la ville qui tue les prophètes et qui lapide ceux qui lui sont envoyés, que de fois j'ai voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l'avez pas voulu! » C'est le cri d'un cœur divin, navré devant l'endurcissement de sa ville bien-aimée. Ses ailes représentaient la douce chaleur de l'amour, la protection, la sûreté absolue, mais tous Ses appels à la ville bien-aimée avaient été vains et s'étaient heurtés à une volonté obstinée qui ne voulait pas de la grâce. « Vous ne l'avez pas voulu! » Telle est la cause du jugement de l'homme: une volonté absolument opposée à toutes les offres, à tons les appels de la grâce! Leur « maison déserte» ; telle est la conséquence de leur obstination jusqu'à ce jour. La seule ressource qui leur fût offerte leur est maintenant retirée; mais, chose merveilleuse, Dieu va leur donner mille fois plus que ce qu'ils ont refusé! Il n'est pas selon son caractère de finir par le jugement; Il est, avant tout le Dieu d'amour. Il avait commencé par les béatitudes ; les hommes n'en ont pas voulu et le jugement est prononcé contre eux, mais un jour viendra où ils diront: «Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur! » Alors ce qui leur avait été offert et qu'ils n'ont pas voulu leur sera donné.
Leur histoire se terminera par la grâce triomphante qui introduira le règne de la gloire dans ce monde comme, au ciel. Alors se réalisera cette parole: «L'Éternel donnera la grâce et la gloire! »
H. R.
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ÉTUDE SUR LA PREMIÈRE ÉPÎTRE À TIMOTHÉE

CHAPITRE III

(Suite)

vers. 14-16. - Je t'écris ces choses, espérant me rendre bientôt auprès de toi ; mais si je tarde, afin que tu saches comment il faut se conduire dans la maison de Dieu qui est l'assemblée du Dieu vivant, la colonne et le soutien die la vérité. Et, sans contredit, le mystère de la piété est grand : Dieu a été manifesté en chair, a été justifié en Esprit, a été vu des anges, a été prêché parmi les nations, a été cru au monde, a été élevé dans la gloire.

Après avoir montré quels doivent être le caractère moral et .la conduite des surveillants, des serviteurs et des servantes dans la maison de Dieu: dans ce milieu dont, à l'origine, les principes sont absolument opposés à ceux du monde; dans ce domaine de la foi et de la profession chrétienne, dont les habitants sont appelés à manifester devant le monde un bel ordre moral selon Dieu - après avoir, dis-je, exposé ces choses, la pensée de l'apôtre revient à son cher fils Timothée. Quoique Timothée soit appelé à. surveiller l'ordre de la maison de Dieu jusqu'an retour de l'apôtre, et au milieu de tous ceux qui sont appelés à observer cet ordre, il doit savoir, lui-même aussi, comment il doit se conduire dans cette maison, et quel rôle il doit y tenir. Or c'est la conduite individuelle de Timothée que nous présentera particulièrement le chap. IV qui va suivre.
Il y eut un moment, décrit dans les premiers chapitres des Actes, où, par suite de l'effusion du Saint Esprit à la Pentecôte, il n'existait pas de différence entre les matériaux dont Dieu édifiait sa maison, et ceux avec lesquels l'homme la bâtissait, Dieu ayant confié ces matériaux à la responsabilité de l'homme, qu'il s'agît de personnes ou de doctrines, ce moment fut de peu de durée. Au début la foi vivante et la profession étaient inséparables. Tous les membres de la famille chrétienne avaient part aux privilèges de la maison de Dieu, de l'assemblée du Dieu vivant. Mais à peine fut-elle confiée à la responsabilité de ceux qui en faisaient partie, que le déclin commença et qu'elle fut gâtée de mille manières. Les exemples d'Ananias et de Saphira, mentant au Saint Esprit qui habite cette maison, ensuite les murmures, les divisions, les sectes, l'impureté, le légalisme, les mauvaises doctrines, furent les éléments de ce déclin. Plus tard vinrent «les loups redoutables », «les doctrines perverses» et graduellement, même du temps des apôtres, l'état mentionné dans la seconde épître à Timothée, en Jude, en 2 Pierre, état que nous avons aujourd'hui sous les yeux, seulement beaucoup plus développé et qui aboutira à l'apostasie finale sous la forme de «la grande prostituée» de l'Apocalypse.
En 1 Timothée et Tite, la force pour combattre le mal, ainsi que la fidélité chrétienne, se trouvent encore là chez le grand nombre, et ceux qui s'opposent à la saine doctrine dans l'assemblée ne sont que quelques-uns (1 Timothée I, 3; IV, 1). L'apôtre peut enseigner à son fidèle disciple «comment il faut se conduire dans la maison de Dieu». Ce terme caractérise de fait tout le contenu de la première épître à Timothée.
Cependant il ne faut pas penser que, parce que le mal a tout envahi et que la maison de Dieu est devenue« une grande maison» (2 Timothée II, 20), le chrétien ne puisse pas réaliser ce que « la maison de Dieu, qui est l'assemblée du Dieu vivant », doit être, malgré l'abandon général de la vérité qui la caractérise aujourd'hui. Le conseil de Dieu est immuable; ce qu'il a décrété, il l'établira pour toujours. Qui pourra détruire l'Unité de l'Église, corps de Christ? Qui pourra empêcher l'Église d'être l'Épouse de Christ? Si l'unité de l'Église n'est plus visible dans ce monde, elle peut y être manifestée par deux ou trois, réunis à la table du Seigneur. Si l'Église, comme Épouse de Christ, lui est devenue infidèle, ces mêmes deux ou trois peuvent réaliser par la foi cette parole: « L'Esprit et l'Épouse disent: Viens! » Si l'Église, habitation de Dieu par l'Esprit, est en ruines, quelques-uns peuvent réaliser son bon ordre, comme Dieu l'a établi, et continuer à rendre témoignage à la vérité dont elle est la colonne et le soutien.
De cette manière, les exhortations contenues ici sont aussi réalisables qu'aux plus beaux jours de l'Église. Appliquons-nous-en donc sérieusement le contenu. Répondons au vœu de l'apôtre qui désire que nous sachions comment nous conduire dans cette maison. Grâce à Dieu, elle existe; l'Esprit de Dieu y habite; la vérité s'y trouve; la parole de Dieu y est prêchée; ceux qui maintiennent ces vérités sont bienheureux et éprouvent ce que c'est d'avoir la puissance de Dieu comme secours au milieu de leur extrême faiblesse. Détournons nos regards de ce que l'homme en a fait; contemplons-la avec les yeux de Dieu; voyons comment il l'établira quand tous ses conseils à son égard seront réalisés. Nous apprenons par la Parole de Dieu comment nous devons nous y conduire. Suivons scrupuleusement, consciencieusement, chacune de ces instructions et, quand même nous ne serions que deux ou trois pour les mettre en pratique, nous resterions encore, semblables à Philadelphie, le témoignage, devant le monde, de ce qu'est cette maison.
Elle est «la maison de Dieu.». La maison de Dieu est bâtie et établie ici-bas, car il n'est pas question ici, comme nous l'avons dit en commençant, du corps de Christ et de sa position céleste en union avec sa Tête g1orieuse dans le ciel. La maison de Dieu est établie afin que le monde qui l'entoure apprenne ce que Dieu est, en voyant cet organisme fonctionner normalement selon les pensées de Dieu.
Elle est « l'Assemblée du Dieu vivant ». C'est de cette assemblée, formée de pierres vivantes, que le Fils du Dieu vivant est «la pierre angulaire ». C'est là que la puissance de la vie divine agit par le Saint Esprit; c'est là qu'il habite. Christ qui bâtit cette assemblée l'a fait en vertu de sa résurrection d'entre les morts, comme Fils du Dieu vivant.
Elle est « la colonne et le soutien de la vérité ». Cette maison a un témoignage public à rendre devant le monde. Ce témoignage est la vérité, non pas certains côtés de la vérité, mais la vérité tout entière. Donc ces deux choses, la présence du Dieu vivant, dans la personne de Christ, par le Saint Esprit, et la vérité sont ce qui la caractérise. Notons encore une fois que c'est l'Église, telle que Dieu l'a établie ici-bas pour rendre témoignage devant le monde, dont' il est question ici, et non pas l'Église corrompue et travestie telle que l'homme l'a faite. Dieu a donné cette mission à son assemblée, et cette mission subsiste. Il veut, par elle, faire connaître ses pensées dans le monde. Cette maison est donc l'endroit où la vérité est proclamée et où sa «profession» est maintenue, et nulle part ailleurs. Tout ce que l'Ennemi a fait pour ébranler la vérité ne sert qu'à la mettre en lumière.
La vérité est la pensée de Dieu sur toutes choses, sur ce qu'Il est Lui-même, sur ce qu'est l'homme, sur ce qu'est le ciel, la terre et l'enfer, et Satan, et le monde. En un mot la vérité embrasse toutes choses aux yeux et dans les pensées de Dieu. Cette vérité nous est pleinement révélée dans la personne de Christ, par sa Parole et par son Esprit. C'est pourquoi Christ, la Parole, et l'Esprit, sont appelés « la vérité », mais la vérité se résume dans cette personne, proclamée et révélée (Voyez Jean XIV, 6 ; XIII, 17 ; 1 Jean V 7.) Le monde doit voir dans et par l'assemblée tout ce que celle-ci connaît de Christ, tout ce qui fait d'elle son témoin.
L'assemblée est la colonne sur laquelle le nom de Christ, la vérité, est écrit, pour le faire connaître au monde entier. Quelle vaste mission! C'est .en cela que consiste le témoignage de l'Église. Même au cas où la Parole serait entièrement inconnue, l'Assemblée devrait, par toute sa conduite, faire resplendir la vérité, Christ, à tous les yeux. L'assemblée est le soutien de la vérité. Elle est la plateforme sur laquelle la vérité est édifiée, la base sur laquelle Dieu l'a placée.
Comme est l'ensemble, l'Assemblée du Dieu vivant, tel est aussi l'individu. Si le Christ habite par la foi dans nos cœurs, nous devenons individuellement ses témoins dans le monde, une lettre de Christ, connue et lue de tous les hommes, en sorte que, comme disait un frère, celui qui s'approche de cette habitation voie, au premier coup d'œil, Christ à la fenêtre. L'apôtre, parlant de lui-même, dit: «Nous recommandant nous-mêmes à toute conscience d'homme devant Dieu, par la manifestation de la vérité» (2 Corinthiens IV, 2.)
Après avoir parlé de la vérité qui, comme nous l'avons vu, est concentrée dans la personne de Christ, de sa Parole et de son Esprit et qui est proclamée par l'assemblée du Dieu vivant sur laquelle la vérité est écrite et établie, l'apôtre aborde un sujet qui se lie intimement au sujet précédent, c'est-à-dire celui de la piété, des relations de l'âme avec Dieu, et montre ce qui produit ces relations et ces entretient. Car ce n'est pas tout que d'appartenir à cette maison de Dieu, colonne et soutien de la vérité ; il faut aussi chez ceux qui composent cette maison la piété, c'est-à-dire les rapports individuels de leur âme avec Dieu. Comment ces rapports peuvent-ils être produits et maintenus? C'est là le mystère ¹ ou secret de la piété. Notez que, dans le Nouveau Testament un mystère n'est jamais une chose cachée, mais, au contraire, un secret pleinement révélé.

¹ Ceux qui désireraient étudier ce sujet: le mystère, en trouveront tous les éléments dans les passages suivants: Matthieu XIII, 11 ; Romains XI, 25; XVI, 25; 1 Corinthiens II, 7; IV, 1 : XIII, 2; XV, 51; Éphésiens I, 9; III, 3; IV, 9; V, 32; VI, 19; Colossiens I, 26-27; II, 2; IV, 3: 2 Thessaloniciens II, 7; 1 Timothée III, 9, 16; Apocalypse I, 20; X, 7; XVII, 5 7.

La piété est un composé de deux sentiments qui vont grandissant dans l'âme, à mesure que ses relations avec Dieu deviennent plus habituelles et plus intimes; aussi le chrétien est-il tenu de «s'y exercer» (IV, 7). Ces sentiments sont, en premier lieu, la crainte de Dieu ². L'âme, dès qu'elle est admise dans la pleine lumière de Sa présence, apprend à haïr le mal, parce que Dieu le hait, et à aimer le bien, parce que Dieu l'aime. Cette crainte, loin de nous faire fuir la présence de Dieu, nous rapproche de Lui et nous remplit de confiance, car nous savons que Lui seul est capable de nous conduire et de nous maintenir jusqu'au bout dans cette voie. Toutes les bénédictions de notre marche chrétienne dépendent de la piété; de là l'importance d'en connaître le secret et de quelle manière elle peut être produite et s'accroître chez les siens.

² Voyez Hébreux V, 7 l'identification de la piété avec la crainte de Dieu.

Ce secret consiste à n'être occupé que d'un seul objet, de Dieu « venu en chair », de Christ homme.
La doctrine qui est selon la piété (VI, 3) contient beaucoup de choses, et il est à désirer que nous n'en négligions aucune; mais la piété elle-même n'a qu'un objet: l'homme Christ Jésus, connu personnellement; elle découle de cette connaissance.
Nous avons déjà vu ce qu'est « le mystère de la foi» (III, 9). Malgré son immense étendue et sa richesse, ce dernier n'est pas appelé grand comme celui de la piété. Il est composé de toutes les vérités qui sont la conséquence de la rédemption. Le mystère de la piété n'est pas un ensemble de doctrines; c'est la révélation d'une personne, la révélation de Dieu, autrefois le Dieu invisible, mais maintenant rendu visible dans la personne d'un homme.
Ce mot: « la piété» se rencontre, d'une manière presque exclusive dans la seconde épître de Pierre et dans les épîtres pastorales, mais, avant tout dans l'épître que nous étudions. La piété ne peut se former que sur ce qui a été révélé dans la personne de Christ: Dieu, lumière et amour, a été manifesté en chair, c'est-à-dire dans la personne d'un homme. Dieu, manifesté de cette manière, a été justifié en Esprit. D'abord l'évidence de l'absence, chez lui, de tout péché a été démontrée pendant sa vie par la puissance du Saint Esprit; ensuite Il a été justifié, selon ce même Esprit, par sa résurrection d'entre les morts.
S'agit-il pour moi de connaître Dieu, d'apprendre ce qu'est sa justice, de le voir, de l'entendre, de croire en Lui, je trouve tout cela en Christ homme; c'est sur cet homme que sont fondées toutes les relations entre Dieu et les hommes.
«A été vu des anges». Dieu a été rendu visible aux anges quand Il s'est manifesté en chair, dans un homme. Les anges ne peuvent voir le Dieu invisible. Du moment qu'Il est venu ici-bas, comme petit enfant dans une crèche, ils le voient. Étendu dans le sépulcre, les anges le contemplent. Ils sont les premiers à sa naissance, les premiers à sa résurrection.
«Prêché parmi les nations.» Dieu venu en chair est le sujet du témoignage, non seulement parmi les Juifs, mais dans le monde entier.
« Cru au monde », ce Dieu manifesté en chair est un objet de foi, non de vue, dans ce monde.
« Élevé dans la gloire». Venu comme homme ici-bas, il est monté comme homme dans la gloire. C'est maintenant là que la piété le voit, le connaît, s'entretient avec Lui, cherche à lui plaire, s'adresse à Lui. Tous les sentiments de la piété tournent autour de Lui qui en est le centre.
Le secret de la piété, des relations de l'âme avec Dieu, basées sur la crainte de Dieu et la confiance en lui, nous le trouvons donc dans la connaissance de la personne de Christ. En 2 Thessaloniciens II, 7, on trouve, terrible contraste, le mystère d'iniquité qui est précisément la négation de Jésus Christ, venu en chair, auquel Satan substituera l'Antichrist (1 Jean IV, 12).
Dans les trois premiers chapitres de notre épître, nous avons trouvé en I, 15, l'œuvre de Christ pour les croyants; en II, 4 son œuvre pour tous les hommes; en III, 15 sa personne comme étant la vérité elle-même; en III, 16, sa personne comme base unique de toute piété
(À suivre)
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PENSÉES

La chute a rendu l'homme beaucoup plus intelligent relativement au bien et au mal; seulement Satan lui cachait qu'il allait être séparé de Dieu et qu'il aurait une mauvaise conscience.

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L'homme prend des feuilles de figuier pour couvrir sa nudité; il fait son possible pour se cacher à lui-même le mal qui lui est arrivé; mais tout change lorsque Dieu entre en scène; il s'approche comme si rien n'avait eu lieu. Alors la présence de Dieu qui aurait été une joie pour l'homme innocent, devient en vertu du péché une source de terreur insupportable.

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Dieu s'adapte, d'une manière merveilleuse aux circonstances de son peuple. Quand les fils d'Israël sont plongés dans la servitude en Égypte, Il vient à eux comme un Libérateur. Quand ils sont dans le désert, demeurant sous des tentes, il dresse sa tente au milieu d'eux et se fait leur guide. Quand ils arrivent en Canaan, ils le rencontrent, une épée nue dans sa main, comme leur capitaine, pour les conduire au combat. Quand enfin, ils sont définitivement établis dans le pays, il bâtit une maison magnifique et demeure au milieu d'eux.

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Dans la loi nous avons une règle parfaite des devoirs de l'homme enfant d'Adam selon la chair, soit envers son prochain, soit envers Dieu lui-même; règle imposée par l'autorité de Dieu avec menace de malédiction si l'on y manque.

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LE MONDE ET LES CROYANTS

GENÈSE XIX, 15-29

Prédication faite à Genève en avril 1866

Chers auditeurs, je me propose de vous dire quelques mots sur quatre catégories de personnes.
Deux d'entre elles tombent sous les coups du jugement de Dieu; les deux autres sont épargnées, mais il y a une grande différence entre ces deux dernières. Peut-être se trouve-t-il ici des personnes qui ressemblent aux une ou aux autres.
Les habitants de Sodome forment la première catégorie. Sodome nous rappelle d'exécrables abominations, mais ce n'est pas le seul fait qui caractérise cette ville, car voici ce qu'ailleurs la Parole nous dit d'elle : «C'est ici l'iniquité de Sodome: orgueil, abondance de pain, et insouciant repos » (Ézéchiel XVI, 49.) Il semble qu'à part ses mœurs abjectes; Dieu nous fait dans ce passage le tableau de l'iniquité qui dominait à Sodome. C'était, accompagnées de hautes prétentions, la richesse et le bien-être, l'oisiveté et l'égoïsme; Ce portrait n'a-t-il aucun rapport avec l'état du monde qui nous entoure, avec la grande majorité de ceux qui portent le nom de chrétiens? De nos jours l'abondance de pain et l'insouciant repos ne sont-ils pas ce que les hommes recherchent, ce à quoi ils aspirent, ce dont ils espèrent jouir aussi vite que possible ? Combien était différent le désir d'Agur : « Ne me donne ni pauvreté, ni richesse; nourris-moi du pain qui m'est nécessaire, de peur qu je ne sois rassasié et que je ne te renie » (Proverbes XXX, 8.) Il est vrai que dans notre siècle, on déploie plutôt une activité dévorante, mais dans le but d'arriver plus vite à cet «insouciant repos» dont parle le prophète. On voudrait pouvoir dire: «Mon âme, tu as beaucoup de biens assemblés pour beaucoup d'années, repose-toi, mange, bois, et fais grande chère. Mais Dieu dit: Insensé ! Cette nuit même ton âme te sera redemandée ; et ces choses que tu as préparées, à qui seront-elles » (Luc XII, 19-20.) On ne voit que trop, n'est-ce pas, de telles choses au milieu de nous.
N'oublions pas que, dans le chap. XI de Matthieu, le Seigneur reproche aux villes d'Israël sur lesquelles le nom de l'Éternel était invoqué, de n'avoir pas profité des miracles qu'il avait faits au milieu d'elles. Il ajoute: «S'ils eussent, été faits dans Sodome, elle serait demeurée jusqu'à aujourd'hui» (v. 23.) Or ici, à Genève, que pourrait dire le Seigneur à ceux qui ont en main la parole de Dieu, au milieu desquels la croix de Christ a été prêchée, et où l'évangile du salut a retenti et retentit encore ? L'avez-vous écouté ? L'avez-vous rejeté ? Prenez garde de ne pas continuer à le faire! «Le sort du pays de Sodome sera plus supportable au jour du jugement que le vôtre» (v. 24.)
En Luc XVII, 29, le Seigneur annonce de la manière la plus explicite que ce qui arriva à Sodome arrivera à la venue du Fils de l'homme : « Au jour où Lot sortit de Sodome, il plut du feu et du soufre du ciel, qui les fit tous périr; il en sera de même au jour où le fils de l'homme sera manifesté. » Ce ne fut pas la masse des habitants de cette ville qui fut délivrée. Ne pensons pas non plus que, lors de l'apparition du Seigneur des multitudes seront épargnées. Les hommes se bercent de l'illusion que le règne de Christ sera établi par la conversion du monde chrétien; mais que voyons-nous aujourd'hui, et qu'est-ce que la conversion de quelques personnes auprès de l'endurcissement du cœur chez les masses ? Nous voyons au Psaume II, v. 9, que le Seigneur mettra les nations «en pièces comme un vase de potier». Ainsi le mal ira croissant, à travers la grande tribulation de la fin, jusqu’à l'apparition de Christ en jugement pour établir son royaume. Dans ce jour futur de jugement, mentionné en Luc XVII, et semblable à celui de Sodome, il n'est pas parlé de grands crimes comme ce qui amena la destruction de cette ville impie, mais il nous est dit qu'il en sera aux jours du fils de l'homme comme aux jours de Sodome et du déluge: «On mangeait, on buvait, on achetait, on vendait; on plantait, on bâtissait» ; la vie allait son train habituel, jusqu'au jour de la catastrophe. Aujourd'hui, comme alors, On rencontre aussi des moqueurs qui se bercent d'une illusion mortelle en prétendant que « toutes choses demeurent au même état dès le commencement de la création» (2 Pierre III, 4;) ; mais «quand ils diront paix et sûreté, une subite destruction viendra sur eux, comme les dou1eurs sur celle qui est enceinte, et ils n'échapperont point» (2 Thessaloniciens V, 3). C'est ce qu'on cherche à nier au jour d'aujourd'hui.
Chers auditeurs, soyez convaincus qu’il y a de l'amour dans l'annonce du jugement. Diriez-vous qu'il n’y en a pas à réveiller quelqu'un qui dort quand le feu a pris à sa maison (Jude 22-23.) Où serait la pitié si on laissait ce malheureux dormir tranquille ?
La femme de Lot appartient à la seconde des catégories que j'ai mentionnées en commençant. Malgré l'affreuse culpabilité de Sodome et de ses habitants, qui insultaient son mari, elle était attachée à cette ville, à ses propres gendres ; elle regrettait sa maison, les trésors qu'elle était obligée d'abandonner. Cette femme n’estimait pas même la conduite, ni la foi de son mari. Peut-être que certaines personnes ici sont dans son cas. Elles sont pareilles à la femme de Lot, l'apparence de marcher avec ceux qui, malgré leur extrême faiblesse ont, néanmoins, obéi à l'appel divin ; elles semblent même avoir comme Lot, fait des sacrifices et quitté beaucoup de choses, et cependant, malgré ces apparences, elles sont tout aussi bien perdues que ceux qui étaient restés dans la ville. Le cœur de la femme de Lot y tait resté avec eux. Ah ! Ce n'est pas pour rien que le Seigneur nous dit avec emphase : «Souvenez-vous de la femme de Lot ! » (Luc XVII, 28.)
Quant à Lot lui-même, sa position était différente de celle de sa femme, parce qu'il avait la foi et qu'il était juste. Il est dit de lui qu'il était «accablé par la conduite débauchée de ces hommes pervers; car ce juste qui habitait parmi eux, les voyant et les entendant, tourmentait de jour en jour son âme juste, à cause de leurs actions iniques» (2 Pierre Il, 7,) Malgré cela, il est le type d'un chrétien mondain qui porte les conséquences de son alliance avec le monde. Son histoire est pour nous, très solennelle. À l'époque de la conversion tout est joie et bonheur pour l’âme ; on marche facilement avec la foi de ses proches, comme Lot avec celle d’Abraham ; mais ensuite, hélas ! On retourne en détail au monde, par les convoitises qu'il nous présente et qui attirent notre cœur naturel. La déchéance d. Lot commença lorsque Abraham dut se séparer de lui. (Genèse XIII, 11.) Il choisit la plaine du Jourdain et alla dresser ses tentes jusqu’à Sodome, car il songeait avant tout à la prospérité de ses troupeaux. Trop souvent les chrétiens ne regardent qu'à des choses de cette nature, sans s'informer s'ils seront là avec Dieu et s'ils y auront la communion fraternelle. La guerre survient. Lot est fait prisonnier ; Abraham le délivre; mais ensuite on le trouve assis à la porte de Sodome, parmi les principaux de la ville. Il reçoit les anges et les loges sans les connaître. Sa participation au monde était un obstacle pour annoncer à ce dernier le jugement de Dieu, car la position, prise par lui, aurait détruit tout l'effet de sa prédication. N'est-ce pas ce qui nous arrive souvent?
Combien de choses Lot n'avait-il pas perdu de vue! L'autel d'Abraham, son caractère d'étranger et de voyageur! Et cependant Dieu l'épargne et le délivre, mais non pas sans lui avoir fait traverser, sous sa discipline, les conséquences humiliantes et désastreuses de sa conduite!
Quelle différence entre un pareil état et celui d'Abraham qui, vivant dans une entière séparation du monde, intercédait cependant pour les villes coupables. Sans, doute, aucun de nous ne pensera qu'il doive prendre pour modèle un Lot qui n'a que sa vie pour butin. Si Lot fut délivré pour la terre, quel privilège pour nous d'appartenir à l'Église dont l'appel est céleste, et combien, par là, nos cœurs devraient être plus détachés de ce monde, que ceux des saints de l'Ancien Testament dont nous parlons!
Le témoignage d'Abraham était sa tente et son autel. Il était étranger et adorateur. Quant à la terre, le renoncement lui était facile. «Choisis, » dit-il à Lot. S'agit-il du roi de Sodome, il n'en veut rien recevoir, pas même «une courroie de sandale.» L'obéissance, la séparation pour, Dieu, la communion avec Lui, le caractériserait. Aussi Abraham est-il appelé «ami de Dieu », et Dieu, de son côté, lui révèle ses pensées.
Chers amis, y en a-t-il parmi vous qui aient, à cœur de suivre les traces du fidèle Abraham? On ne les suit que par la foi. Votre bonheur est-il d'avoir les pensées de Dieu, de vivre avec Lui? Par là même vous serez placés en dehors du mal. Quel doux privilège d'être, comme Abraham, en position de pouvoir intercéder pour les autres.
Mais, d'autre part, quelle sécurité tout croyant, qu'il soit faible ou fort, ne possède t-il pas? Dieu ne permet jamais qu'aucun d'entre eux soit perdu. Il n'entreprend pas la destruction de Sodome avant que Lot en soit sorti. La mer Rouge ne se referme pas avant que tout le peuple de Dieu ait passé. De même encore, Jéricho ne tombe pas avant que le cordon écarlate ait flotté à la fenêtre de Rahab !
C. F. RECORDON.
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RÉPONSE D'UN ANCIEN PASTEUR

à quelques questions au sujet du témoignage des chrétiens désignés sous le nom de Frères.

St-Agrève, 11 avril 1861.

Je répondrai avec plaisir aux questions que tu m'as présentées - mais tu comprends que je ne puis le faire que d'une manière très générale, et sans entrer dans les détails, car sans cela ce ne serait pas une lettre, mais un traité complet qu'il me faudrait écrire ¹. Si tu trouves que je suis trop bref à certains égards, envoie-moi tes questions, et tu me trouveras toujours disposé à y répondre du mieux que je pourrai.

¹ Il est bon que le lecteur retienne ceci. Cette lettre est une réponse à des questions et par conséquent ne mentionne pas la vérité capitale de l'Assemblée corps du Christ et de son unité.
Éditeur.

Il y a tout d'abord un point de la plus haute importance, et qui est la base fondamentale de tout le sujet; un point qu'il faudrait avoir compris d'une manière expérimentale, pour pouvoir comprendre les motifs de la position que nous avons prise au milieu de la chrétienté. Cette question est celle-ci:
« Qu’est-ce qu'un enfant de Dieu? Et comment peut-on le devenir ?»
La Sainte Écriture est très explicite sur un sujet aussi capital, et duquel dépend notre sort éternel. Elle nous dit que tout enfant d'Adam, toi et moi, par conséquent, nous sommes dans le péché et sous le jugement de colère qui en est la suite. Il n'y eût eu aucun; moyen pour nous, de sortir jamais de cette affrel1se condition, sans la grâce parfaite de Dieu, qui a envoyé ici-bas son fils Jésus, pour faire l'expiation de nos péchés, et pour nous donner, par sa mort et sa résurrection, une vie nouvelle et éternelle, et un sort tout nouveau.
C'est au moyen de cette vie, placée en nous par le saint Esprit, que nous comprenons l'amour de Dieu envers nous dans l'œuvre de Jésus ; que nous y croyons, et que nous y trouvons notre plaisir et notre joie, ainsi que notre repos et notre parfaite paix. C’est par le don de cette vie, que nous devenons enfants de Dieu que nous sommes nés de Dieu, de nouvelles créatures, ayant des affections et des pensées d'un genre tout nouveau dans ce nouvel état, le Saint Esprit nous scelle et nous donne l'assurance de notre salut, comme de notre participation avec Christ à ce beau jour de gloire et de félicité éternelle qui est proche.
Le moyen puissant et béni qui produit ces grandes choses en nous, c'est la foi: « car à tous ceux qui ont reçu Jésus, il a donné le droit d'être faits enfants de Dieu, savoir à ceux qui croient en son nom» (Jean I, 12).
Voilà donc un enfant de Dieu heureux dans son âme, jouissant du salut, aimant Christ qui l'a aimé le premier, et servant le Seigneur dans une vie de foi. Ce n'est que lorsque nous sommes au clair et en règle au sujet de notre avenir éternel, que nous pouvons nous occuper avec fruit de notre marche ici-bas comme chrétiens, ou de notre service dans l'Église de Christ. En supposant cela compris et expérimenté, le reste devient facile.
Voici donc quelques-uns des principes les plus essentiels, qui servent de hase à nos réunions, et qui feront comprendre la différence qu'il y a entre elles et les autres réunions de la chrétienté.
1° Et d'abord nous n'admettons comme faisant partie de nos assemblées que les enfants de Dieu, les vrais chrétiens; non pas ceux qui simplement professent le christianisme, mais ceux qui par une conversion réelle et sincère, sont régénérés et participants de l'Esprit saint. Ceci est un principe essentiel de nos réunions. Nous pouvons heureusement nous tromper quelquefois dans l'application; quelquefois des hypocrites se glissent parmi nous et cela est bien fâcheux et bien triste; toutefois le principe demeure, et il demeure malgré nos erreurs ou notre inadvertance comme la hase de notre rassemblement. Notre intention est de recevoir, non pas tout le monde, ni même les professants, mais les seuls croyants, parce que c'est à eux seuls que les privilèges de l'Église appartiennent, et que ce sont eux seuls qui peuvent célébrer la fête de la rédemption.
Il n'en est pas de même dans les congrégations de la chrétienté. Le protestantisme, par exemple, reçoit tout le monde, convertis ou inconvertis. À l'âge de 12 à 16 ans, les jeunes gens reçoivent une instruction religieuse quelconque, puis ils sont reçus en masse, quel que soit le véritable état de leur âme, On leur fait faire leur première communion, qu'ils en soient capables ou non, et ainsi sont reçues toutes les générations mondaines, les unes après les autres. On fait passer dans l'église ceux qui ne devraient pas en être, ceux qui n'y ont aucun droit, et on fait peser ainsi sur eux une responsabilité qu'ils ne sauraient porter. On donne le pain et le vin de la cène à ceux qui ne sont point participants de la rédemption que ce repas rappelle, et ainsi la table sacrée est profanée. Voilà ce que nous désirons ne pas faire, pour notre part. Il ne nous suffit pas non plus, qu'on professe des doctrines évangéliques; nous voulons pouvoir regarder comme de vrais enfants de Dieu, ceux avec lesquels nous rompons le pain de la cène, au moins selon un jugement d’amour et consciencieux.
2° Une autre différence essentielle, c’est que tandis que généralement, les congrégations susnommées se réunissent sous la présidence de l’homme, nous ne nous réunissons que sous la présidence du Seigneur. Nous croyons que Jésus ne peut jamais manquer à la promesse qu’il a laissée à ses disciples, savoir que : « là où deux ou trois sont assemblés en son nom, Il se trouve au milieu d'eux» (Matthieu XVIII, 20.) «Voici»r a-t-il dit, «je suis avec vous jusqu'à la consommation du siècle» (Matthieu XXVIII, 20.) «Personne n'a jamais haï sa propre chair, mais il la nourrit et la chérit comme aussi le Christ l'Assemblée» (Éphésiens V, 29.) Et avant de quitter ce monde, Il promit à ses disciples d'envoyer du ciel le Saint Esprit, le Consolateur, cette personne divine qui n'est pas seulement une influence, pour remplacer sa présence corporelle ici-bas, et pour accomplir au milieu des disciples, jusqu'à son retour, tous les offices que réclameraient leurs besoins si divers. Nous croyons cela. Nous croyons que quand nous nous réunissons au nom du Seigneur, Il est là présent personnellement au milieu de nous; que son Esprit de lumière, de vie, de force, de consolation, est là. Nous croyons cela, car il s'agit ici de la foi et non de la vue. C'est en conséquence de cette persuasion que nous nous réunissons, nous attendant à Lui pour tous nos besoins spirituels auxquels il ne manque jamais de répondre selon sa riche grâce. Et ainsi, marchant par la foi, nous sommes débarrassés du souci et de la responsabilité de nous choisir un président, de l'établir sur nous, pour qu'il nous édifie, nous parle, nous guide, nous gouverne, etc. Si Jésus était corporellement présent au milieu de nous, chercherions-nous une autre présidence que la sienne? Eh bien! S’il est présent parmi nous personnellement et spirituellement, cela aussi est sa présence, la présence de Dieu lui-même et cela nous suffit. C'est l'Esprit divin qui dirige notre culte, formera nos prières, guidera nos lectures, nos chants, et qui suggérera à tel ou tel frère, les vérités ou les sentiments que nous avons besoin d'entendre, pour notre instruction ou notre bénédiction. C'est ce qui fait que nous n’avons pas de clergé parmi nous, quoique nous ayons des frères doués de diverses manières, qui selon l'appel de Dieu, et l'amour qui est dans leurs cœurs, travaillent à l'œuvre de Dieu, sans avoir reçu aucun appel de la part des hommes. Il faut certainement de la foi pour tout cela; mais si quelqu'un ne cherche pas le Seigneur lui-même, et n'a pas la foi en ses promesses, il recevra sans doute peu de profit parmi nous, aussi bien que partout ailleurs.
Je dois ajouter que comme nous sommes faibles, il peut arriver que plusieurs parmi nous oublient le principe, et qu'ils agissent par conséquent charnellement, Ce qui ne tournera pas à l'édification. Toutefois ce que je viens de dire est la règle, le principe essentiel, directeur de tout l'ordre spirituel parmi nous.
3° Quant à nos réunions, nous en avons de deux sortes: dans les unes, Dieu s'approche de nous par sa Parole, pour nous instruire des vérités qu'elle contient; dans les autres, nous nous approchons de Dieu pour lui rendre, notre culte.
Les premières sont les réunions d'édification et d'instruction pour les frères; celles d'évangélisation pour les inconvertis ou le monde; celles de catéchisation pour les jeunesse. Parmi nous, il n'y a point de clergé mis à part par les hommes, pour accomplir ces importantes fonctions: elles sont laissées aux soins et à l'activité des frères, qui sont doués de la capacité de l'Esprit pour, cela, qui ont l'appel de Dieu et l'amour des âmes.
Quant aux secondes, les réunions pour le culte, elles forment encore une des différences qui existent entre nous et beaucoup de congrégation dans la chrétienté. Chaque dimanche matin nous nous réunissons pour le culte, non pour écouter des discours ou assister à des instructions ou méditations sur la Parole, quelque bonnes que ces choses soient à leur place; mais pour nous présenter devant Dieu, pour chercher le regard de sa face, pour placer nos âmes devant lui, et pour lui rendre nos louanges, nos actions de grâces, nos adorations, suivant le sentiment plus ou moins profond que chacun de nous peut avoir de Sa grâce en Jésus. Et comme c'est le sacrifice de Jésus qui est le fondement de notre paix, la base de notre salut ; que c'est là le fait qui dévoile à nos yeux tout ce que Dieu est dans sa parfaite sainteté, et dans sa grâce infinie, nous aimons à pratiquer ce que notre adorable Sauveur a recommandé à ses disciples de faire en son absence, en mémoire de Lui, jusqu’à ce qu'il vienne (1 Corinthiens XI), c'est-à-dire nous prenons ensemble la cène, qui est un tableau émouvant de ce que Christ a fait pour nous, et de la rédemption éternelle qu'il nous a procurée par sa mort. En un mot, c'est comme des gens que la grâce a rendus heureux par Jésus, que nous nous approchons de Dieu.
Naturellement le bonheur du Culte dépend essentiellement de l'état d'âme où chacun se trouve: il peut y avoir de grandes inégalités dans le culte d'un dimanche à l'autre, suivant les distractions du cœur, les péchés, les chutes, les tentations, les occupations, etc. Quelquefois le culte est bien pauvre ; d'autrefois il abonde en jouissances intérieures. Ainsi le culte se trouve être le thermomètre de l'état spirituel de l'assemblée, et s'il y a de la langueur, chacun est averti par cela seul, qu'il doit y avoir chez lui ou chez d'autres, quelque chose de mauvais à juger.
Quant à ceux qui agissent dans le culte, je répète encore que nous n’avons pas clergé pour le diriger, Dieu nous en préserve ! Mais il nous suffit de savoir que Jésus est là par son Esprit. Cet Esprit est celui: qui doit diriger et produire tout ce qui s'y passe. n n'y a que ce qui provient de Dieu qui soit digne de Dieu. Le fruit de là sagesse humaine n'est pas une chose meilleure que le feu étranger des fils d'Aaron (Lévitique X.)
4° Comment se font les réceptions parmi nous, et quel ordre suivons-nous à cet égard?
Je réponds d'abord que c'est le Seigneur Jésus qui est le Maître et non pas nous. Il ouvre les portes de sa maison à qui bon lui semble, nous n'avons pas à nous en mêler, sinon à reconnaître le droit qu'il confère et à recevoir ceux qu'Il a reçus à Lui. Le seul titre pour prendre place parmi nous, c'est d'être enfant de Dieu. Si quelqu'un est reconnu comme tel par l'assemblée, cela suffit pour que nous soyons heureux de le recevoir.
Quant à la manière dont cela se passe, c'est tout simple. Si quelqu'un désire être admis à la Cène du Seigneur, il demande à un frère quelconque de la réunion, de préférence sans doute à celui par le moyen duquel il a été converti, ou bien. à tel autre qui possède sa confiance. Ce frère en parle aux autres frères de la réunion; ils se consultent ensemble sur le cas qu'on doit faire de cette demande; ils prennent des informations s'il y a lieu, et si la demande est agréée par l'assemblée, on le fait savoir au postulant qui, sans aucune autre formalité, prend place avec les autres frères pour la Cène du Seigneur. Comme tu le vois, une admission est tout ce qu'il y a de plus simple et de moins bruyant.
C'est une chose bien sérieuse qu'une telle réception qui ne s'accomplit qu'à la suite de prières si l'assemblée est spirituelle, et qu'avec la conviction que le Seigneur agrée un tel acte.. Tout ce que nous désirons, c'est que, devant Dieu, nous puissions considérer comme un frère celui qui se présente pour être reçu; que nous soyons édifiés sur la sincérité de sa foi en Jésus, et sur le caractère de sa conduite comme confirmant, ou du moins ne démentant pas sa profession d'être à Christ. Du reste, nous n'exigeons pas du tout, naturellement, qu'il soit parfait, personne ne l'étant ici-bas dans ce sens. Nous ne l'exigeons pas non plus qu'il ait les mêmes convictions que nous sur les points ecclésiastiques. Tant mieux si nous nous accordons sur beaucoup de points, l'unité et l'harmonie en seront plus grandes. Mais enfin ce ne sont pas des manières de voir ou des manières de faire différentes des nôtres, qui sont un motif d'exclusion. On peut n'avoir pas entièrement renoncé à tel ou tel système de la chrétienté ; nous ne voyons en cela que de la faiblesse dans le jugement spirituel ou de l'ignorance. Mais quiconque est enfant de Dieu a DROIT de prendre place parmi nous. L'Église est la maison de Dieu, et la table n'est pas notre table, ni la table d'un parti, c'est la table du Seigneur. C'est pourquoi quiconque est du Seigneur, y a sa place: celui que Jésus a reçu à Lui, doit à plus forte raison être reçu par ses frères. Nous sommes donc tout à fait opposés à cet esprit sectaire, qui ne veut recevoir que les gens de son parti et qui prétend faire passer tous les frères par la même filière.
Enfin pour compléter ce sujet, j'ajoute que selon l'ordre de la Parole, nous faisons usage du retranchement, lorsqu’un membre persévère dans une conduite irrégulière, malgré les avertissements qui peuvent lu avoir été adressés par l’assemblée, ou bien encore lorsque quelqu'un tombe dans des fautes qui le qualifient de méchant et exposent au blâme la gloire du Seigneur.
5° Tu désires encore savoir comment ceux qui travaillent à l'œuvre du Seigneur, sont salariés parmi nous?
Il est juste que je te renseigne aussi sur ce point. Lorsqu'on est envoyé par les hommes, c'est aux hommes à soutenir leurs envoyés. Mais si c'est le Seigneur qui appelle à s'occuper de son œuvre, c'est à Lui aussi à pourvoir aux besoins de celui qu'il emploie - ne le crois-tu pas? et non seulement cela, mais à l'entretenir, à lui fournir ce qui lui sera nécessaire, non seulement pour le spirituel, mais aussi pour la vie matérielle. Or comment le Seigneur s'y prend-il pour cela ? Rien de plus simple pour celui qui est humble et qui marche par la foi : l’ouvrier travaille suivant la direction, que l'Esprit de Dieu, obtenue par la prière, lui fournit jour après jour. Puis le Seigneur incline le cœur de ceux au milieu desquels ce frère travaille, à fournir à son entretien matériel, suivant leur situation. On ne demande rien à personne: personne n'est obligé de contribuer ; il n'y a de taxe imposée à qui que ce soit; c'est l'amour seul qui agit avec une pleine liberté, et qui engage celui qui le peut, à faire un don pour le soutien de l'œuvre. Si l'ouvrier a des besoins, il les présente au Seigneur, et les frères aussi sont responsables devant le Seigneur seulement, de la manière dont ils répondent à ses appels.
Et puis quand on part pour le nom de Jésus, qu'on travaille selon ses intentions, le Seigneur sait faire venir les secours d'où que ce soit, Il les ferait même venir du bout du monde, s'il le fallait. De cette manière, il n'y a absolument pas de traitement fixe, rien de déterminé à l'avance. Si l'œuvre plait au Seigneur, il saura très bien l'encourager ; mais il faut chez l'ouvrier un dévouement entier, de toute sa personne, de tout son temps, de toutes ses facultés, et même de tout son bien temporel. C'est l'amour de Jésus qui fait qu'on entre dans cette voie, et non la pensée d'avoir une vocation honorable et lucrative. Malheur à celui, qui en 'occupant de l'œuvre de la Parole ne serait mû que par le désir de gagner du pain ou de l'argent ! Il ne marcherait pas longtemps dans ce chemin. « Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu ? Pais mes brebis, dit le Seigneur» (Jean XXI.) Tel est le seul mobile vrai pour travailler, et on fait l'expérience ensuite que, quant au temporel (comme j’en suis un témoin vivant, moi, et ma nombreuse famille, et cela depuis près de 40 ans), celui qui se confie en Dieu, en faisant ce que Dieu approuve, n'est jamais confus. En ceci, comme en tout le reste, on ne peut marcher sans foi sur le chemin de la foi.
6° Enfin, quel est notre nombre, demandes-tu?
Mon cher, nous n'en savons rien, et nous n'avons pas besoin de le savoir. Nous ne désirons pas tomber dans la faute du roi David, quand il voulut faire le dénombrement de son peuple. Dieu nous préserve de faire des dénombrements! Beaucoup de chrétiens marchent avec nous, mais nous ne tenons pas à en avoir le nombre et comme le catalogue. Nous sommes heureux sans doute, s'Il y en a un grand nombre qui servent le Seigneur selon la vérité de sa Parole, mais que nous soyons peu ou beaucoup, l'important n'est pas le nombre, mais la vérité, la fidélité et la bénédiction. Si ces trois choses sont vues et senties parmi nous, c'est-à-dire si Dieu est vu au milieu de nous, nous sommes plus qu'heureux.
Quant à la dénomination de Darbystes qu'on nous donne depuis quelque temps, nous ne l'acceptons, que comme les protestants acceptent le terme de huguenots ; comme en certains lieux on cherche à flétrir les chrétiens par l'appellation de momiers, etc. M. Darby, sans doute, est un frère respectable et que nous estimons beaucoup comme chrétien et comme docteur; nous avons pu recevoir par son moyen de précieuses lumières sur la Parole de Dieu. Mais nous sommes loin de le considérer comme notre maître ou notre chef spirituel. Nous sommes heureux de profiter des beaux dons spirituels qu'il a reçus. pour l'Église de Christ. Ses avis sont d'un grand poids parmi nous; une grâce d'En haut très marquée, l'a accompagné jusqu'ici. Mais un seul est notre maître, notre chef, c’est Jésus, notre précieux Sauveur, c'est Lui qui est notre docteur infaillible, le Seigneur, à l'autorité duquel nous désirons toujours savoir nous soumettre. Pour nous, nous sommes tous frères, des frères plus ou moins doués, plus ou moins utiles (plus ou moins fidèles) mais rien que des frères. Il ne faut pas s'imaginer que parmi nous, tous aient les opinions de M. Darby, il s'en faut de beaucoup. Comme notre principe d'admission est de recevoir quiconque est né de Dieu, sans avoir égard à ses opinions ecclésiastiques, il en résulte qu'il peut y avoir parmi nous, des gens qui n'ont presque aucun aperçu des doctrines de M. Darby, et qui n'ont jamais lu ses ouvrages. On en rencontre qui participent au culte avec nous, et qui cependant suivent encore plus ou moins les systèmes ecclésiastiques dans lesquels ils ont été élevés. Le terme de Darbyste n’est donc pas celui qui nous convient, c’est celui de frères ; nous sommes la réunion des frères, parce que, en principe, tout frère a sa place parmi nous, s'il juge à propos de s'y rendre.
7° Que répondrai-je maintenant à ta question: «Pourquoi sommes-nous si peu aimés des autres congrégations religieuses ?»
Je ne sais que te dire à cet égard. Peut-être est-ce parce que les vérités que nous proclamons ne sont pas du goût des autres et condamnent leur manière d'agir. Peut être est-ce l'effet de préventions fâcheuses qu'on ne se donne pas la peine d'examiner. Seulement, voici ce que je trouve dans la Bible, c’est que la lumière a eu beau venir dans le monde, «les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, parce que leurs œuvres sont mauvaises» (Jean III, 19.) Je vois aussi que les apôtres et les premiers chrétiens éprouvaient un traitement de la part du monde semblable au nôtre «car », leur disait-on, «quant à cette secte, il nous est connu qu’on la contredit partout » (Actes XXVIII, 22.) Je trouve aussi cette parole de Jésus, qui est de la plus haute importance pour celui qui est sincère dans la recherche de la vérité: «Si quelqu'un veut faire la volonté de Dieu, il connaîtra de la doctrine, si elle est de Dieu, ou si je parle de par moi-même» (Jean VII, 17.) Sans doute aussi les préventions peuvent provenir de nous-mêmes, de notre infidélité ; si nous manquons de douceur, d'humilité, d'amour, de patience; quelquefois peut-être nous nous montrons roides, présomptueux dans certains cas, ou orgueilleux. Il y a quelquefois de l'étroitesse ou du relâchement, mais qui n'est pas exposé à manquer ? Il faudrait quand nous jugeons les autres, être animé de cet esprit de justice, qui fera que nous ne jugeons pas tout un corps de chrétiens par les fautes de quelques-uns, et surtout, qui fera que nous ne rejetterons pas sur la vérité, ou sur les principes, les torts de quelques-uns qui les professent. Ce serait injuste.
La vérité de Dieu demeure éternellement et, malgré tout ce que l’esprit des ténèbres fera pour l’obscurcir ; bienheureux sera celui qui aura reçu la vérité dans un cœur honnête et droit, et qui l’aura suivie malgré toute l’opposition parce qu’elle est la vérité révélée. Les hommes pourront, ici-bas, le mépriser, le rejeter à cause de Christ, mais à la fin, il se trouvera qui a eu raison, et le fidèle moissonnera une douce récompense. C’est toujours à celui qui vaincra les difficultés particulières à son temps et à sa situation ou à sa position, que sont faites les promesses dans les épîtres aux sept églises. Et le Seigneur de gloire daigne ajouter ces paroles encourageantes : « Voici, je viens bientôt, tient ferme ce que tu as, afin que personne ne ravisse ta couronne » (Apocalypse III, 11).
A.D.
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ÉTUDE SUR LA PREMIÈRE ÉPÎTRE À TIMOTHÉE

(Suite)

CHAPITRE IV

Vers. 1-5. - Or l'Esprit dit expressément qu'aux derniers temps quelques-uns apostasieront de la foi, s’attachant à des esprits séducteurs et à des enseignements de démons, disant des mensonges par hypocrisie) ayant leur propre conscience cautérisée, défendant de se marier, prescrivant de s'abstenir des viandes que Dieu; a créées pour être prises avec action de grâces par les fidèles et par ceux qui connaissent la vérité; car toute créature de Dieu est bonne, et il n'y en a aucune qui soit à rejeter, étant prise des actions de grâces, car elle est sanctifiée par la parole de Dieu et par la prière.

Ces versets sont la contrepartie des v. 15 et 16 du chapitre précédent. Ils nous font entrevoir ce qui se passera aux derniers temps dans cette maison établie comme la colonne et le soutien de la vérité. Non pas que ce passage nous décrive là dernière phase de l’apostasie qui nous est révélée dans le mystère d'iniquité de 2 Thessaloniciens II, 7-12: La ruine de l'Église responsable, déjà commencée, comme nous l'avons vu, au temps des apôtres, ira en s’accentuant de plus en plus, et ce passage n’en donne pas la période ultime, mais nous décrit ce que nous voyons se dessiner de plus en plus au milieu de la chrétienté professante.
C'est pour cela que l'apôtre nous parle ici, d'une manière générale, des «derniers tempe» et de « quelques-uns» qui « apostasieront de la foi ». Cet abandon complet de la vérité n'est donc pas encore devenu général, mais il était « expressément» annoncé, déjà du temps des apôtres. Il n'est pas nécessaire de chercher cette prophétie du Saint Esprit dans un passage spécial de la Parole; nous croyons qu'ici l'Esprit; le dit expressément par la bouche des apôtres.
Mais, s'il ne s'agit encore que ces quelques-uns, leur condition n'en est pas moins épouvantable : Ils «apostasieront de la foi ». Sous ce terme la Parole décrit l’abandon public d'un ensemble de doctrines confié à la foi et reçu par elle. Cela implique, contrairement à ce que d'autres ont avancé, quelque chose de bien plus étendu en gravité que la défense de se marier et la prescription de s'abstenir de viandes. C'est, en premier lieu, l'attachement à des «esprits séducteurs » et à «des enseignements de démons ». Les esprits de démons se substitueront à l'Esprit de Dieu tout en professant en dépendre et s'imposent aux âmes pour leur faire abandonner Christ. Ceux qui enseignent leurs malheureuses victimes «disent des mensonges par hypocrisie ». Ils se donnent une apparence de piété qu'ils n’ont pas pour mentir et assujettir les âmes à Satan. Sur cette voie de mensonge leur conscience ne les arrête ni ne les entrave, parce qu'elle est «cautérisée », dépourvue de tout sentiment dû bien et du mal, du juste et de l'injuste. Nous trouvons ici une progression dans le mal. Au chap. I, 19, ces faux docteurs avaient simplement «rejeté une bonne conscience » ; ici, ils l'ont détruite et réduite définitivement au silence en l'endurcissant, ce qui les rend absolument insensibles à tout appel que cette conscience aurait pu leur adresser. Chose terrible ! Quand la conscience a perdu toute sensibilité et est définitivement endurcie, il y a plus d'espoir, l'Esprit de Dieu ne pouvant plus se servir du seul levier qu'il puisse employer pour amener un pécheur devant Dieu,
Toutes les manifestations spirites présentées sous forme religieuse par des trompeurs, ne son telles pas aujourd'hui comme le commentaire vivant de ces paroles.
Ajoutez à cela certaines prescriptions ascétiques sorties des erreurs gnostiques et qui n'ont pas tardé à s'infiltrer, partiellement du moins, dans le catholicisme, Les gnostiques enseignaient qu'il y avait deux principes divins, un mauvais résidant dans le corps et un bon dans l'âme. Les pratiques de l'ascétisme pouvaient seules affranchir du premier. On sait à quels abîmes de corruption ces pratiques ont donné lieu, Revenant particulièrement au sujet de l’abstention des viandes, l'apôtre fait ressortir que ceux qui «connaissent la vérité», dont l'assemblée du Dieu vivant est le soutien et la colonne, ne peuvent se laisser tromper par ces mensonges sataniques. Comment les chrétiens pècheraient-ils en se nourrissant des créatures de Dieu, quand ils le font avec actions de grâces ? «Toute créature de Dieu est bonne» (1 Corinthiens X, 25-26), puisqu'elles deviennent, en les prenant, des occasions d'exprimer à Dieu la reconnaissance du fidèle ? Aucune créature n'est à rejeter, car elle nous est apportée par la parole de Dieu. Si la loi déclare certaines créatures pures et d'autres impures, la parole de Dieu, sous le régime de la liberté et de la grâce, cette parole adressée jadis à Pierre, nous enseigne à ne pas tenir pour impur ce que Dieu a purifié et que nous pouvons manger de tout, quadrupèdes, et reptiles de la terre, et oiseaux du ciel (Actes IX, 12-15.) Toutes ces choses sont des dons de Dieu; nous en rendons grâces en les prenant, et ainsi nous, sommes mis en rapport, par la prière, avec Dieu qui nous les a données. Ce mot «prière» traduit «intercession» au chap. II, 1 signifie plutôt les rapports personnels d'intimité avec Dieu. La Parole nous donne ces aliments, la prière les reçoit comme mis à part pour nous et nous en rendons grâces. Nous voyons dans ces aliments un des innombrables exemples de la bonté de Dieu envers nous en faisant servir ses créatures à notre usage. C'était, du reste, ce que Dieu avait dit à Noé après le déluge (Genèse IX, 3.)
(À suivre.)
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AUJOURD'HUI, SI VOUS ENTENDEZ SA VOIX,

N'ENDURCISSEZ PAS VOS CŒURS

Ce dut être, parmi les rangs choisis des pharisiens, comme un coup de tonnerre, lorsque, par la voix de Jean Baptiste, retentit cet ordre et cet appel divins: « Repentez-vous, car le royaume des cieux s'est approché.» Ce ne pouvait être qu'avec une grande répugnance qu'ils entendaient un tel message. Le Seigneur nous dépeint plus tard leur état moral dans la parabole du pharisien et du péager. Le premier priait en ces termes: « O Dieu, je t'e rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes» (Luc XVIII, 11.) Nous lisons aussi que, dans leur sanhédrin, ils disaient, en parlant des pauvres et des ignorants de leur propre nation: «Cette foule qui ne connaît pas la loi est maudite» (Jean VII, 49.) Ils se trouvaient maintenant en face du prophète qui mettait à nu leur état moral et ils ne pouvaient s'opposer à son témoignage qui produisait une impression profonde parmi le peuple. Tous se demandaient si Jean ne serait point le Christ (Luc III, 15.) La secte la plus importante de Jérusalem ne pouvait feindre d'ignorer ce qui se passait. Les chefs envoyèrent des messagers, pour s'enquérir auprès de lui de l'origine de sa mission (Jean I, 19) ; quelques-uns même vinrent à son baptême (Matthieu III, 17), et amenèrent avec eux leurs adversaires acharnés, les sadducéens, pour examiner ce mouvement et se rendre compte par eux-mêmes des mesures à prendre pour l'arrêter.
Près de huit générations avaient passé sur la scène de ce monde depuis que Malachie avait prononcé son grave réquisitoire contre le peuple rebelle. Sa voix s'était éteinte, après avoir jeté le cri d'alarme et annoncé le jugement à venir: «le feu de l'affineur et la potasse des foulons» (Malachie III, 2). Bien faible était le résidu fidèle qui saluait avec joie l'espérance de voir se lever l'aube de ce jour glorieux dans lequel resplendira le Soleil de justice, apportant la santé dans, ses ailes (Malachie IV, 2.) Les ténèbres morales dans lesquelles était plongé le peuple l'empêchaient de se réjouir à la clarté de «la lampe ardente et brillante» (Jean V, 35), précurseur de la vraie Lumière qui allait briller de tout son éclat (Jean l, 8-9.) Mais, à l'arrivée des chefs hypocrites qui cherchaient à le surprendre, cet homme de Dieu, qui était le plus grand des prophètes, ne fut pas trompé. Il leur adressa une solennelle réprimande qui dut sonner étrangement aux oreilles de ceux qui s'étaient complu dans leur propre justice: «Race de vipères », s'écria-t-il, qui vous a avertis de fuir la colère qui vient» (Matthieu III, 7.) Il ne semblait pas que celle-ci pût foudre sur des hommes qui, par leurs phylactères élargis et par l'observation stricte de la loi et de la tradition montraient leur caractère religieux. Toutefois, le même message de repentance adressé à tous s'appliquait à eux aussi et Jean ajoute avec force: «Produisez donc du fruit qui convienne à la repentance» (Matthieu III, 8), qui en soit la manifestation dans votre vie, et cela pour trois raisons solennelles. Examinons-les, car elles nous concernent tous aujourd'hui.
1° D'abord le temps était arrivé où une position privilégiée sans réalité, ne servirait de rien pour échapper au jugement: «Ne pensez pas de dire en vous-mêmes : Nous avons Abraham pour père» (Matthieu III, 9.) Le fait d'appartenir à la lignée de la promesse selon la chair ne pouvait, sans une foi individuelle et l'obéissance à la Parole dé Dieu, mettre à l'abri du jugement. Le fait d'occuper une place extérieure de bénédiction n’introduit pas à lui seul dans une relation vivante avec Dieu, si le cœur et la conscience demeurent fermés à ses appels. Assurément, il n'y eut jamais un temps où il soit aussi nécessaire qu'aujourd'hui d'insister sur cette vérité solennelle. Le judaïsme a été mis de côté; l'avantage des Juifs était «grand de toute manière» (Romains III, 1), surtout en ce que «les oracles de Dieu leur avaient été confiés». Comme témoignage, le christianisme a remplacé le judaïsme, et l'on doit reconnaître que c'est une grande faveur de vivre dans cette sphère de bénédiction. Avoir la précieuse Parole de Dieu, la pleine révélation de lui-même et de son amour en Christ, être dans l'enceinte où habite le Saint Esprit et où il agit encore pour la gloire de Christ, et vivre dans un temps où Dieu a remis en lumière, d'une manière si merveilleuse, des vérités longtemps ensevelies dans les ténèbres du papisme, tels sont quelques-uns des privilèges de beaucoup de chrétiens professants dans nos pays si favorisés. Le mépris de bénédictions si grandes, est-il sans importance devant Dieu? Son œil ne voit-il pas la différence entre ceux qui les possèdent, sans y attacher aucune importance, et le cas d'un païen plongé dans la dégradation et les ténèbres, mais qui n'a jamais entendu la vérité? « Sache, dit l'Ecclésiaste, que pour toutes ces choses, Dieu t'amènera en jugement» (Ecclésiaste XI, 9-10.) Lecteur, avez-vous compris que le fait d'appartenir à une famille chrétienne, de suivre régulièrement les services religieux et d'accomplir des actes de dévotion ne vous amène pas dans la relation d'enfant de Dieu, si vous n'avez jamais reconnu votre état de péché devant lui, et que malgré tous ces privilèges extérieurs du christianisme dont vous jouissez, votre cœur est encore loin de lui? (Matthieu XV, 8.)
2° Nous avons ensuite une seconde raison solennelle pour que la repentance soit prêchée à tous: «Déjà la cognée est mise à la racine des arbres» (Matthieu III, 10.) Ces paroles nous montrent combien était imminent le danger que courait le peuple et quelle destinée attendait les impénitents. Depuis la chute d'Adam et notamment sous la loi, les voies de Dieu avaient pour but de cultiver l'homme: il émondait l'arbre, afin de voir quel en serait le fruit. Il est vrai qu'il n'en ignorait nullement le vrai caractère, et le commandement: « Tu ne convoiteras point,» montrait clairement la connaissance parfaite qu'il avait de la nature indomptable de la volonté de l'homme et de sa disposition à préférer l'indépendance à l'obéissance. Toutefois, en général, c'étaient les actes que la loi défendait et condamnait, cette loi à laquelle Israël s'attachait avec tant de ténacité et qu'aujourd'hui encore notre nature déchue cherche toujours avec ardeur à maintenir. Jean annonçait maintenant que le jugement allait atteindre «la racine de l'arbre.»
La sentence de la justice divine était prononcée: «Coupe-le, pourquoi aussi occupe-t-il inutilement la terre?» (Luc XIII, 7.) Bien que, dans sa miséricorde, le Maître de la vigne eût accepté de le laisser encore pour un peu de temps, en vue d'une dernière épreuve (v. 8-9) la cognée était prête à accomplir son œuvre de jugement, eu plaçant l'homme responsable sous la sentence de mort, comme un être coupable et perdu.
Si quelque pauvre pharisien eût compris et reçu le message de Jean, quelle bénédiction en fût résultée pour lui! Le soin scrupuleux avec lequel tous ces hommes religieux nettoyaient le dehors de la coupe et du plat les empêchait de discerner leur état intérieur. Comme lès sépulcres blanchis des prophètes que leurs pères avaient tués, ils étaient extérieurement sans tache, mais étaient au dedans remplis de ténèbres et de corruption (Matthieu XXIII, 25-33.) C'est en considérant cet état que Jean leur adresse un appel à la repentance, pour que la sentence de jugement ne fût pas exécutée. Hélas! sa voix ne rencontra que des « oreilles pesantes» et des cœurs «engraissés » (Ésaïe VI, 10). Comme ils refusaient d'ouïr et demeuraient durs et impénitents, ils comblèrent la mesure de leur iniquité, en mettant à mort le Juste (Matthieu XIII, 15 ; Actes VII, 52.) Aussi l’arbre a-t-il été maintenant coupé et l'homme gît dans la mort, sans une étincelle de vie spirituelle. (Éphésiens II, 1 ; Colossiens II, 13.) Toutefois, le pécheur vit encore ici-bas et il est responsable d'écouter l'appel qui lui est adressé en ce jour. La Parole dit à tous: (Repentez-vous et croyez à l'Évangile» (Marc I, 15 ; Actes II, 38 ; III, 19.) De plus: «Dieu ordonne maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent» (Actes XVII, 30-31), parce que le jugement va fondre sur le monde qui a crucifié son Fils. La preuve qui est donnée de ce jugement, c'est que Dieu a ressuscité Jésus d'entre les morts, Sa justice ayant ainsi complètement annulé l'inique sentence des hommes. Vous êtes-vous, cher lecteur, soumis à cet ordre divin, en reconnaissant, par la repentance, la méchanceté de l'acte accompli par la main des hommes et aussi la justice de l'acte par lequel Dieu; a placé Jésus dans la gloire suprême, à la droite de Sa puissance. «Revenez à ma répréhension» (Proverbes I, 23), dit l'Éternel. La vie est incertaine et le jugement s'approche. Ceux qui auront méprisé l'avertissement n'ont devant eux que l'« attente terrible du jugement » (Hébreux X, 27), et devront à la fin, entendre cette parole redoutable: «Allez-vous-en loin de moi... je ne vous ai jamais connus» (Matthieu VII, 23 ; XXV, 41).
3° Oui! Le jugement s'approche. Tel était le troisième motif de l'appel à la repentance de Jean le Baptiseur : «Tout arbre qui ne produit pas de bon fruit est coupé et jeté au feu» (Matthieu III, 10). C'est à Christ lui-même que, dans ce passage pénétrant, Jean attribue cette œuvre de jugement par laquelle la balle sera brûlée au feu inextinguible, tandis qu'il assemblera «son froment dans le grenier» (v. 12). C'est lui qui baptise de l'Esprit Saint et de feu. Le jugement est à la porte, parce qu'Il va venir. Ces paroles nous font connaître les deux parties de son œuvre : d'abord comme Sauveur, il baptise de l'Esprit et dispense ainsi, la bénédiction à ceux qui croient, puis, comme Celui auquel tout jugement est remis, il baptisera de feu ceux qui n'ont pas cru.
Au moment où Jean prêchait, Christ devait être manifesté comme Roi des Juifs et Sauveur du monde et répandre la bénédiction sur les hommes par la puissance du Saint Esprit, par lequel seul ils peuvent en jouir. Mais Jean savait que le rejet de ce baptême du Saint Esprit serait, pour la nation d'Israël, le signal d'un terrible baptême de feu venant de la même Personne. Pour nous, gentils, le mépris par les Juifs. de cette précieuse bénédiction, qu'apportait le Saint Esprit a été l'occasion où Dieu nous a révélé des conseils cachés eh lui-même et a manifesté la puissance de l'Esprit, dont la foi de Jean ne pouvait saisir toute l'étendue: «Car aussi nous avons tous été baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps.» Christ est la Tête glorifiée de ce corps (Éphésiens I, 22 ; l Corinthiens XII, 13.) En vue d'une bénédiction aussi élevée que Dieu offre encore au monde, malgré tant de siècles de mépris de son Évangile, les hommes sont invités à la repentance et à la foi. Mais le refus de ce don que la grâce divine présente toujours aux pécheurs entraînera le jugement inexorable du feu inextinguible, dans le lieu des pleurs et des grincements de dents!
Demandons à Dieu qu'il accompagne sa Parole de la puissance de son Esprit, afin que, dans ce jour de grâce et de salut, beaucoup d'âmes reçoivent le message de l'Évangile. Ceux qui le reçoivent «ne viendront point en jugement » (Jean V, 24). Par le témoignage assuré, de la Parole, ils avent qu'ils ont été rendus, « capables de participer au lot des saints dans la lumière » (Colossiens I, 12). Si l'on rejette ce que Dieu dit, on le fait menteur (1 Jean V, 10), méconnaissant sa bonté qui pousse l'homme à. la repentance, et l'on amasse pour soi-même «la colère dans le jour de la colère et du juste jugement de Dieu» (Romains II, 4-10.)
F. L.
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PENSÉES

La gloire divine consiste à donner toujours, à bénir toujours, à faire jaillir les richesses d'une plénitude inépuisable. Sous la loi, Dieu voulait recevoir de l'homme, mais sous la grâce il nous donne et le Seigneur Jésus dit: «Il est plus heureux de donner que de recevoir.» Cette place il l'occupera à. jamais, car, « sans aucun doute le moindre est béni par le plus grand ». C’est certain que de tout ce qui respire, la louange montera à Lui; mais de Lui et du siège de sa gloire sortira le courant ininterrompu des bénédictions, la lumière qui réjouit, les eaux qui rafraîchissent, les feuilles de l'arbre qui guérissent. Notre .Dieu goûtera sa propre joie et manifestera sa propre gloire en étant un Donateur éternel!

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Toute religion mondaine évite la confession réelle et complète, soit du péché, soit du Sauveur. Elle se contente de généralités et de formes. Elle reconnaît les péchés et un Sauveur dans une certaine mesure, mais ce «chemin moyen» si précieux dans les choses de ce monde est fatal dans les choses de Dieu.
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RELATIONS DOMESTIQUES

Colossiens III, 18 ; IV, 1.

Comme nous l'avons déjà remarqué ¹ le point de départ de toutes les exhortations de ce chapitre est le fait capital que nous sommes morts avec Christ (II, 20), morts à notre état et à notre vie adamiques, de sorte que Dieu ne reconnaît plus l'existence du vieil homme qui a pris fin à la croix. Aussi nous sommes exhortés à mortifier les membres moraux qui le composent (v. 5), afin de manifester la vie de Christ que nous possédons sur le terrain de la résurrection. Dans les versets qui nous occupent, nous trouvons la manifestation et les caractères de cette vie dans les diverses relations dans lesquelles nous pouvons nous trouver, soit qu'elles aient été établies de Dieu, soit que, comme c'était le cas de l'esclavage, elles soient la conséquence du péché qui règne dans le monde. Si nous sommes fidèles dans ces diverses relations, nous manifestons « Christ en nous l'espérance de la gloire» (Colossiens I, 27). Dans le ciel, Il sera vu et admiré dans les saints, car leurs corps mêmes seront faits à sa ressemblance et nous porterons son image. En mettant, dès ici-bas, en évidence les caractères moraux de la vie de Christ, nous pouvons anticiper la gloire qui sera manifestée plus tard en nous. Combien les fruits de cette vie sont précieux au cœur de Dieu et le glorifient, en magnifiant sa grâce et sa puissance, qui les produisent dans des êtres dont l'état naturel était caractérisé par les ténèbres et la mort. Par contre, si ces fruits de la vie divine font défaut, par suite de l'activité non jugée de la chair en nous, quel déshonneur fait au nom du Seigneur invoqué sur nous!

¹ Voir page 22 Messager 1923.

On a remarqué que, dans ses exhortations pratiques, l'apôtre s'adresse d'abord à ceux qui sont dans une relation d'infériorité, de subordination et de dépendance et qui, en raison même de leur position, ont le plus besoin des encouragements et des exhortations de la Parole: c'est ainsi qu'il parle aux femmes (v. 18) avant de le faire aux maris, aux enfants avant les pères, aux esclaves avant les maîtres. Outre le fait qu'il n'eût pas été à propos d'exhorter le supérieur avant l'inférieur, la tendre sollicitude de Dieu pense d'abord aux faibles et leur donne les encouragements dont ils ont besoin pour le glorifier dans les diverses relations dans lesquelles ils se trouvent. Le motif donné à la femme chrétienne pour marcher dans la sOumission à Bon mari est que cela «convient dans le Seigneur» (v. 18). Elle reconnaît, dans l'autorité de son mAri, c%lle du Seigneur auquel elle appartient, qui est sa vie, Celui qu'elle connaît, qu'elle aime, qu'elle désire suivre et servir: combien la jouissance d'un tel objet l'encourage à marcher dans le sentier souvent si difficile de la soumission et du renoncement à sa propre volonté! Remarquons que les exhortations de la Parole Visent toujours un danger que nous courons à cause des tendances de la chair en nous. Pourquoi, par exemple, nous dit-elle: «Priez sans cesse» (1 Thessaloniciens V, 17) ? C'est parce que Dieu sait que la disposition de nos cœurs est de marcher dans l'indépendance, en nous éloignant de lui, alors que notre sécurité et notre force se trouvent uniquement dans le chemin de la dépendance qui se réalise dans la prière et la vigilance. Il en est ainsi dans les avertissements de notre chapitre.
Naturellement portée à vouloir se soustraire à l'autorité de son mari, la feMme est exhortée à la soumission, tandis, qu'au mari, doNt le cœur est souvent dur Et égoÏste le Seigneur rappeLle qu'il doit témoigner à sA compagne l'amour et la tendresse qui lui sont dus. L'apôtre ajoute une parole bien sérieuse: « Ne vous aigrissez pas contre elles» (v. 19). Si de l'aigreur de cœur, se manifestant paR des paroles dures, une conduite tyrannique et sans égards, caractérise un mari chrétien, au lieu de l'amour qu'il est appelé à répandre autour de lui, comment s'étonner si, de son côté, la femme est portée à oublier ce que le Seigneur attend d'elle? Quel triste tableau une maison où l'on se réclame de Lui, tout en marchant dans une telle voie, ne présente-t-elle pas, et quel exemple pour les enfants!
Dans le passage de l'épître aux Éphésiens où l'apôtre traite le même sujet, les exhortations qu'il adresse aux saints sont davantage que dans celle aux Colossiens rattachées au grand sujet de l'épître, le mystère de l'union de Christ et de l'Assemblée. Ici c'est la Personne du Seigneur qui est mise en relief, comme devant être l'objet possédant et absorbant tous les cœurs, de sorte que la vie tout entière soit gouvernée par Lui. Tout doit être fait en vue de Lui pour lui plaire, le servir, lui obéir et manifester ainsi la vie de résurrection que nous avons reçue de Lui et que nous avons à faire briller ici-bas. La limite de la soumission de la femme, de l'enfant et de l'esclave est indiquée par les mots « dans le Seigneur» (v. 18, 20). Si le supérieur exigeait quelque chose qui fût contraire à la Parole et incompatible avec les droits du Seigneur sur celui qui est appelé à l'obéissance, ce dernier devrait refuser, en se l'appelant qu'il est juste d'obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes (Actes IV, 19).
(À suivre).
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ÉTUDE SUR LA PREMIÈRE ÉPÎTRE À TIMOTHÉE

CHAPITRE IV

(Suite)

Vers. 6-8. - En proposant ces choses aux frères, tu seras un bon serviteur du Christ Jésus, nourri dans les paroles de la foi et de la bonne doctrine que tu as comprise. Mais rejette les fables profanes et qui ne sont que des histoires de vieilles femmes, et exerce-toi toi-même à la, piété, car l'exercice corporel est utile à peu de chose, mais la piété est utile à toutes choses, ayant la promesse de la vie présente et de la vie qui est à venir.

Timothée avait à proposer ces choses aux frères. On voit ici ses fonctions comme serviteur de Jésus Christ qui avait appris par l'apôtre comment se conduire dans la maison de Dieu. Il avait à mettre les frères en garde contre les enseignements sataniques, et l'effort de les ramener à la loi, en disant: «Ne prends pas, ne goûte pas, ne touche pas. » En faisant ainsi il était un bon serviteur (diakonos) dans l'assemblée du Dieu vivant, nan pas avec un titre officiel comme les diacres et les diaconesses (serviteurs et servantes), mais avec un service général, le don qui lui avait été conféré par prophétie. « Nourri dans les paroles de la foi et de la bonne doctrine que tu as comprise (ou suivie avec exactitude) ». Ces paroles de la bonne doctrine faisaient sa nourriture et c'est ainsi qu'il était un bon serviteur. Or la bonne doctrine et la foi qui la saisit ne doivent jamais être séparées et l'on voit quel but vital a l'enseignement de la vérité présenté de cette manière. Cela contredit de la manière la plus formelle les tendances actuelles de la chrétienté professante qui sépare l'étude de la Parole de la foi, ou qui prêche la pratique chrétienne sans la doctrine sur laquelle elle est basée et établie, et sans la connaissance de la personne de Christ seul secret de cette pratique. Or cette doctrine était confiée à Timothée ¹.

¹ Je citerai tous les passages qui, dans les épîtres pastorales, se rapportent à la doctrine et à l'enseignement:
1 Timothée I, 10; IV, 1, 6, 11, 13, 16; V, 7; VI, 1, 2, 3; 2 Timothée II, 2; III, 10, 16; IV, 3; Tite I, 9; II, 1, 7, 10.

En enseignant la bonne doctrine, Timothée devait rejeter «les fables profanes et qui ne sont que des histoires de vieilles femmes,» du radotage, dont il y avait non seulement à ne tenir aucun compte, mais qu'il fallait résolument mépriser et bannir, comme corrompant, par son intrusion, la précieuse vérité de Dieu. Timothée, dans son enseignement, avait montré quel rôle immense jouait la piété pratique, les rapports de crainte et de confiance de l'âme avec Dieu, dans la doctrine chrétienne et comme but de cette doctrine. Aussi avait-il à s’y exercer lui-même) à pratiquer habituellement les rapports de communion entre son âme et Lui. La piété exige qu'on s'y exerce habituellement. Constamment la chair nous sollicite à cultiver des rapports avec le monde et les choses visibles au lieu d'en entretenir avec le Seigneur.
Il en est de même de «l'exercice corporel.» Je ne pense pas qu'il s'agisse ici de macérations, comme quelques-uns l'ont dit, mais de cultiver les exercices du corps par lesquels non seulement la santé est maintenue, mais qui sont utiles aussi à l'équilibre de l'esprit. Ces choses ne sont donc point défendues au chrétien, mais leur utilité est bien restreinte, contrairement à l'opinion qui prévaut aujourd'hui dans le monde. La piété, par contre, est utile à toutes choses. Elle a une promesse. Elle peut nous amener à négliger l'exercice du corps, afin de ne rien perdre des relations de notre âme avec Dieu; mais ce qui est bien plus important, Dieu a soin de la vie présente des siens; c'est une promesse de sa part, et il ne permettra pas que leur vie soit raccourcie par le manque, s'il le faut, d'exercice corporel.
Paul prisonnier est un exemple de ce principe. Bien plus que cela, la piété, l'exercice spirituel, est utile à toutes choses, ayant la promesse d'une vie qui est au-delà de la vie présente; et n'ouvre-t-elle pas des horizons mille fois plus précieux que la vie passagère d'ici-bas? Cette vie, nous le verrons, Timothée était appelé à la saisir (VI, 12.)

Vers. 9-10. Cette parole est certaine et digne de toute acceptation; car c'est pour cela que nous travaillons et que nous sommes dans l'opprobre, parce que nous espérons dans le Dieu vivant, qui est le conservateur de tous les hommes, spécialement des fidèles.

«Cette parole est certaine et digne de toute acceptation. » Nous avons vu ce même terme au chap. I, 15 relativement à l'œuvre de Christ et au salut qui est la part de la foi. Une telle vérité est d'une certitude absolue et doit être pleinement acceptée. L'apôtre attache ici la même certitude à la piété qui est utile «à toutes choses». La foi et la piété ont la même importance quant à leurs conséquences éternelles : la première, le salut par Christ, la seconde, la vie à venir, C'était pour cela; pour que la piété fût réalisée par les chrétiens, que Paul travaillait et supportait l'opprobre. Il était au chap. I, 16 l'exemple de ceux qui viendraient à croire en Christ pour la vie éternelle; il est ici l'exemple de ceux qui ont mis leur espoir dans le Dieu vivant. À travers toutes ses souffrances il ne pensait qu'à maintenir les rapports bénis de l'âme avec Dieu, soit pour lui, soit pour ses frères, et il savait que ce Dieu, conservateur de tous les hommes et spécialement des fidèles, ne lui manquerait pas pour conserver sa vie à travers tous les dangers qui la menaçaient. Comme il est le Créateur, il est le Conservateur de tous les hommes, sans distinction de leur état moral, mais ce Dieu Conservateur, comme l'apôtre vient de le montrer, l'est particulièrement des fidèles, car le monde n'a ni la promesse de la vie présente, ni celle de la vie à venir.
Je désire ajouter encore ici quelques mots sur le sujet si important de la piété. Nous l'avons déjà dit: elle est le maintien habituel des relations de l'âme avec Dieu. Chose tout à fait remarquable, la piété est mentionnée et recommandée seulement dans les trois épîtres pastorales et dans la seconde épître de Pierre. Ce mot revient 9 fois en 1 Timothée, 2 fois en 2 Timothée, 2 fois en Tite, 4 fois en 2 Pierre. Dieu y insiste pour le temps où le danger du déclin de l'Église, puis son déclin avéré, puis la ruine qui précède son apostasie finale, sont le sujet, dont le Saint Esprit nous occupe. Dans tous ces cas la sauvegarde se trouve dans les relations individuelles des âmes avec Dieu. En 1 Timothée, où la maison de Dieu n'est pas encore en ruine, la piété est mentionnée comme la sauvegarde pour le maintien de cette maison et des individus qui la composent. En Tite, la connaissance de la vérité doit produire la piété (I, 1.) En 2 Timothée III, 5, la ruine étant complète, la piété n'est plus qu'une formule dont la puissance est désormais absente. En 2 Pierre qui envisage les temps de la fin, elle est un don de Dieu que le fidèle doit maintenir précieusement ¹.

¹ Je cite ici tous les passages qui ont trait à la piété:
1 Timothée II, 2; III, 16; IV, 7, 8; VI, 3, 5, 6, 11; 2 Timothée III, 5, 12; Tite I, 1; II, 12; 2 Pierre I, 3, 6; 7; III, 11.

Vers. 11-16: - Ordonne ces choses et enseigne-les. Que personne ne méprise ta jeunesse; mais sois le modèle des fidèles en parole, en conduite, en amour, en foi, en pureté. Jusqu'à ce que je vienne, attache-toi à la lecture, à l'exhortation, à l'enseignement. Ne néglige pas le don de grâce qui est en toi, et qui t'a été donné par prophétie avec l'imposition des mains du corps des anciens. Occupe-toi de ces choses et sois-y tout entier, afin que tes progrès soient évidents parmi tous. Sois attentif à toi-même et à l'enseignement; persévère dans ces choses, car, en faisant ainsi, tu te sauveras toi-même et ceux qui t'écoutent.

« Ordonne ces choses et enseigne-les.» Ordonner était le propre du mandat confié à Timothée. C'était pour cela que l'apôtre l'avait prié de rester à Éphèse (I, 3); mais il lui était enjoint de réaliser (I, 5) que le but de l'ordonnance était l'amour. Cette ordonnance lui avait été confiée par prophétie (I, 18). Il était donc tout à fait selon le caractère de Timothée d'ordonner ces choses. Cependant sa mission était elle-même subordonnée à l'autorité de l'apôtre dont il était le délégué, aussi ce dernier lui dit-il au chap. VI, 13. « Je t'ordonne devant Dieu... que tu gardes ce commandement. »
Dans les versets que nous venons de lire nous trouvons, comme nous l'avons remarqué plus haut, les recommandations personnelles de l'apôtre à Timothée. Le point principal de ces recommandations est dans toute cette épître la doctrine ou l'enseignement. Ce dernier est mentionné trois fois dans les quelques versets cités plus haut. Timothée avait à enseigner les choses que l'apôtre lui avait confiées; il avait à s'attacher à l'enseignement quant à son action publique (v. 13); il avait à y être attentif pour lui-même (v. 16.)
Mais ce passage comporte beaucoup d'autres points et les exhortations qu'il contient sont très précieuses comme s'adressant il chacun de ceux qui sont engagés dans l'œuvre du Seigneur.
La jeunesse de Timothée, engagé dans de si graves et importantes fonctions, surtout dans l'enseignement parmi les saints, pouvait l'exposer au mépris des mal intentionnés. Le moyen pour lui de commander le respect était d'être un modèle pour tous, d'être à la tête des fidèles comme objet il imiter. Tel avait été l'apôtre. Lui-même, quand il disait: «Soyez tous ensemble mes imitateurs, frères, et portez vos regards sur ceux qui marchent ainsi, suivant le modèle que vous avez en nous» (Philippiens III, 17.) Et ici: «Sois le modèle des fidèles, en parole, en conduite,» deux choses trop souvent dissociées dans la vie du chrétien et qui devraient être le reflet l'une de l'autre. Quant il l'état intérieur, il devait avant tout se manifester par «l'amour». C'est « la fin de l'ordonnance », le grand but, le vrai résultat de son activité, mais l'amour est inséparable de « la foi, » cette énergie de l'âme qui saisit les promesses de Dieu; enfin Timothée avait il se distinguer par la «pureté », qu'elle se montrât dans les pensées, les paroles ou la conduite. Mais revenons encore, il ce sujet, sur la signification du mot foi dans cette épître. Elle peut être comme nous venons de le dire, et comme généralement partout ailleurs, l'énergie de l'âme produite par la grâce et qui saisit Christ comme objet du salut (I, 5, 16 ; III, 9, 13, 16 ; IV, 6.) Cette foi est souvent, dans la Parole, associée à l'amour (l, 14 ; II, 15 ; IV, 12 ; VI, 11.)
En d'autres passages la foi est considérée comme l'ensemble de la doctrine chrétienne reçue par la foi (I, 4, 18 ; II, 7.)
Enfin, dans plusieurs passages l'état de l'âme et l'ensemble de la doctrine chrétienne ne peuvent se séparer l'un de l'autre (I, 19 ; V, 12 ; VI, 10, 21.)
En l'absence de l'apôtre, Timothée devait s'attacher à ce qui pouvait avancer la vie spirituelle des saints et avoir pour but les progrès de la maison de Dieu: la lecture, l'exhortation, l'enseignement. Par la lecture il fallait avant tout mettre les âmes en rapport direct avec la Parole, en dehors de toute autre action. À part le fait qu'en ce temps-là un très grand nombre de fidèles ne possédaient pas les Écritures, cette injonction: « la lecture» était et est encore très importante parce qu'elle n'admet aucune possibilité de mélange comme les deux recommandations suivantes. Les ouvriers du Seigneur ont-ils assez à cœur de nos jours cette recommandation de l'apôtre ? Notez qu'il s'agit uniquement ici de la lecture publique dans l'assemblée. Sommes-nous assez convaincus de la puissance inhérente à la Parole, sans aucune immixtion du don, pour amener, par elle, les âmes en contact direct avec le Seigneur. L'auteur de ces lignes qui avait fait, devant l'Assemblée, une lecture prolongée des Écritures, sans la faire suivre d'aucune parole, s'est entendu dire par un frère expérimenté: Vous ne nous avez jamais fait une exhortation pareille! Dieu veuille que nous prenions plus souvent exemple sur le Seigneur, lors de la scène de Luc IV, 16-21, dans la synagogue de Nazareth! Certes, l'exhortation et l'enseignement ne devaient pas être absentes du ministère de Timothée et ce n'était pas sans raison qu'il avait reçu pour cela un don de grâce; il devait ne pas le négliger (v. 14), comme il devait plus tard «le ranimer» alors que le découragement était sur le point de s'emparer de lui (2 Timothée I, 6). Nous avons vu que ce don lui avait été annoncé par prophétie, communiqué par l'imposition des mains de l'apôtre et accompagné de l'imposition des mains du corps des anciens. Cette dernière ne conférait, ni ne communiquait rien à Timothée; elle était comme toujours dans l'Écriture, le signe de l'identification, la sanction de la mission, l'expression de la bénédiction implorée sur elle; tandis que le don de grâce, et aussi l'Esprit, étaient communiqués exceptionnellement par l'imposition des mains des apôtres, mais seulement par elle (Actes VIII, 17.) Tout cela contredit de la manière la plus absolue les vues ecclésiastiques sur les dons, sur les charges, sur l'ordination, sur l'imposition des mains et sur tant d'autres pratiques cléricales dont un peu d'obéissance à la Parole aurait vite fait justice ¹.

¹ Qu'il nous soit permis à l'appui de ce que nous avançons, de transcrire ici le commentaire d'un théologien pieux et respectable sur ce passage. Jamais plus de contrevérités n'out été accumulées sur un plus petit espace:
«C'était Paul lui-même qui avait choisi Timothée pour son compagnon d'œuvre, qui l'avait introduit dans sa charge (Actes XVI, 1-3). Et cependant il avait voulu que cette charge fût confirmée par l'imposition des mains des anciens, probablement à Lystre même d'où partit le jeune disciple. Les représentants de l'église, de concert avec l'apôtre (2 Timothée I, 6), reconnaissant en Timothée le don de la grâce pour le ministère, consacrent ce don entièrement au service du Seigneur et implorent sur lui par ce même acte, l'Esprit et la bénédiction de Dieu. Bien plus, Paul lui-même, appelé directement par le Seigneur, reçoit à Antioche l'imposition des mains pour sa première mission parmi les païens (Actes XIII, 3.) D'où il résulte clairement que, si l'institution du ministère évangélique repose sur l'autorité de Jésus Christ qui l'a établi (Éphésiens IV, 11), et si les dons qui y rendent propre viennent de Dieu seul, la charge en est conférée par l'Église. En général, le Nouveau Testament entier prouve jusqu'a l'évidence que tout gouvernement et toute autorité au sein de l'ÉgliSe reposent dans les mains de l'Église elle-même ».

Les recommanDations de Paul à TimothÉe se font de plus en plus p2essantes: Ordonne ces choses. Enseigne-les. Occupe-toi de ces choses. Sois-y tout entier. Les deux dernières devaient avoir pour résultat que les progrès de Timothée seraient « évidents parmi tous ». En effet, il n'est pas possible que les ouvriers du Seigneur fassent des progrès notables dans la connaissance des choses de Dieu s'ils ne s’en occupent pas d'une manière exclusive. Il faut que le don soit accompagné d'une extrême diligence; qu'on soit l'homme d'une seule chose, avec un cœur non partagé.
«Sois attentif à toi-même et à l'enseignement.» On pourrait être occupé de l'enseignement pour d'autres sans être attentif pour soi-même aux choses qu on prêche ou qu'on enseigne.
Timothée avait à veil1er sur lui-même, en sorte que son état moral correspondit à son enseignement. Ainsi la position privilégiée de Timothée, entraînait une immense responsabilité pour lui-même. Mais de plus il aurait pu être occupé de ces choses avec un grand zèle plus ou moins temporaire ; non: il fallait y persévérer, et c'est le point souvent, le plus difficile dans la réalisation de l'activité chrétienne. En faisant ainsi, Timothée se sauverait lui-même, c’est-à-dire atteindrait l’entrée finale, dans la gloire, après en avoir montré le chemin à ceux auxquels s'adressait son ministère.
Ce chapitre est donc rempli d'exhortations à Timothée pour qu'il fût fidèle en toutes choses, car de sa fidélité dépendaient les bénédictions futures de ceux auxquels il s'adressait.
(À suivre).
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PENSÉE

La chose la plus difficile pour un pécheur c'est de confesser son péché complètement, sans arrière-pensée. Se juger soi-même en vérité ne peut être que le fruit de la grâce et l'œuvre de la foi. Une mauvaise conscience a trop peur de Dieu pour faire une confession complète et d'autre part elle connaît trop bien son péché pour le nier.
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RELATIONS DOMESTIQUES

(Suite)

Le terme obéissez (v. 20) employé dans l'exhortation adressée aux enfants est absolu que celui qu exprime la responsabilité des femmes : «Soyez soumises » (v. 18). L'obéissance des enfants à leurs parents chrétiens doit être réalisée «en toutes choses». Ceux-ci ont à se rappeler que leurs enfants naissent avec une nature rebelle qui n'est capable d'aucun bien et qui a besoin d'être réprimée sans cesse et dès l'entrée de leur voie (Proverbes XXII, 6). Les Proverbes abondent en exhortations à cet égard. Un des traits moraux qui distinguent «les derniers jours» est exprimé dans ces paroles de l'apôtre à Timothée: «Désobéissants à leurs parents» (2 Timothée III, 2). Comme il se manifeste de plus en plus, nous devons veiller d'autant plus à ce que nos familles soient des sanctuaires où la Parole est respectée; et où tout porte l'empreinte de la crainte de Dieu.
Les pères doivent toutefois veiller à ne pas décourager leurs enfants par une sévérité excessive (v. 21). Ce sont des plantes délicates qui ont besoin d'être soignées avec tendresse et fermeté.
Luther a dit que chaque coup de verge donné à un enfant devrait être enveloppé d’une prière. Il faut que les enfants trouvent une atmosphère d’amour et de piété, pour qu’ils ne cherchent pas dans le monde un bonheur qu’ils ne trouvent pas au sein de leurs familles.
L’apôtre s’adresse ensuite aux esclaves et leur consacre quatre versets d’exhortations et d’encouragement, montrant ainsi la tendre sollicitude de Dieu pour ceux des siens qui étaient dans cette pénible condition. La grâce ne renverse pas l’ordre de choses qu'elle rencontre dans le monde de péché où elle agit, mais elle y apporte des principes divins et célestes qui élèvent l'âme au-dessus des misères et des souffrances amenées par la désobéissance de l'homme. Ceux qui reçoivent le salut qu'elle apporte sont ainsi rendus capables de glorifier Dieu au milieu des circonstances éprouvantes qu'ils peuvent être appelés à traverser. Combien la connaissance du Seigneur ennoblissait la condition abjecte de l'esclave, en lui montrant que Dieu l'aimait et veillait sur lui, et qu'une glorieuse récompense attendait le service le plus humble accompli pour lui! L'esclave n'avait à espérer aucun salaire de son labeur, de la part de son maître, mais il servait «le Seigneur Christ» et, s’il était fidèle il recevrait de lui « la récompense de l’héritage» (v. 24). Ce passage nous présente trois motifs propres à encourager l'esclave chrétien à obéir à son maître «en toutes choses» (v; 22): 1° la mainte du Seigneur (v. 22), 2° l'amour pour ce divin Maître qui engage le cœur des siens à le servir, et à lui plaire (v. 24), 3° la perspective de l’héritage glorieux qui est devant nous, car « si nous souffrons avec lui, nous régnerons aussi avec lui» (Romains VIII, 17 ; 2 Timothée II, 12).
On pouvait mépriser la condition et le service d'un esclave, comme c'était le cas dans la société antique, mais le Seigneur relève et console ceux des siens qui étaient sous ce joug douloureux, en leur montrant combien lui était précieuse leur fidélité dans le chemin qu'ils avaient à parcourir à travers le désert. Bien que nous ne soyons plus dans les circonstances du monde d'alors, les principes et les avertissements de cette portion de la Parole s'appliquent à tous ceux qui sont dans une position de dépendance où ils doivent servir les autres. Ils ont aussi à s'approprier les précieux encouragements qui s’y trouvent pour ceux qui marchent dans l’obéissance à la Parole. Nous avons tous à nous souvenir que nous avons un Maître dans les cieux qui prend connaissance du service fidèle et saura le récompenser Un jour. En attendant cette heureuse délivrance, Il donne à l'âme qui s'attache à le suivre la conscience de son approbation et la jouissance de sa communion.
C'est ainsi que nous sommes fortifiés pour le combat et rendus capables de glorifier le Seigneur et d'accomplir la tâche qu’il nous a départie. Soyons bien convaincus qu’en servant «le Seigneur Christ », nous ne serons pas désappointés, car saura reconnaître tout ce qui aura été fait par amour pour son Nom, C'est la pure grâce de Dieu qui nous donnera l'héritage, quoiqu'il soit présenté ici comme une récompense promise à la fidélité : « À toi, Seigneur, est la bonté, car toi tu rends à chacun selon son œuvre » (Psaume LXII, 12)
L'héritage, comprend tout ce qui est donné à Christ dans les cieux et sur la terre. Le propos de Dieu est « de réunir en un toutes choses dans le Christ» (Éphésiens I, 10). L'univers entier sera placé sous ses pieds et Il a associé l'Église à lui-même dans cette suprématie sur toutes choses. Les compagnons de David qui l'avaient: suivi dans son rejet ont eu leur place marquée à ses côtés dans la gloire du royaume ; tous les actes de valeur qu’ils accomplirent par amour pour l’oint de l’Éternel dans son temps de souffrances furent soigneusement rappelés et récompensés au jour de sa gloire. La pieuse Abigaïl appréciait si hautement la position élevée qui appartenait à David selon les conseils de Dieu, qu’elle aurait accepté avec joie de laver les pieds des serviteurs de son seigneur, pour être associée à lui-même au jour de sa gloire.
Quel bonheur que celui de servir «le Seigneur Christ » au temps de son rejet ! Avec ceux qui l'ont suivi dans l'opprobre et ont été fidèles dans le chemin de son témoignage, Il partagera «tous ses biens» (Matthieu XXIV, 47), tout ce qui appartient comme l'Homme obéissant qui a vaincu 1'adversaire et recouvré l'héritage usurpé par lui. Les saints régneront avec Christ et jugeront le monde.
L'apôtre termine ses exhortations aux esclaves par une parole solennelle : « Celui qui agit injustement recevra ce qu'il aura fait injustement; et il n'y a pas d'acception de personnes» (v. 25). Il s'agit ici du juste et saint gouvernement de Dieu: selon lequel « ce qu'un homme sème, cela aussi il le moissonnera» (Galates VI, 7). Si Dieu se montre plein de tendresse et de condescendance envers ceux qui sont dans des circonstances difficiles et douloureuses, comme l'était l'esclavage dans l'antiquité, Il ne saurait approuver l'injustice de leur part. Si l'esclave craignait le Seigneur et reconnaissait ses droits sur lui, il était gardé de toute désobéissance et montrait «toute bonne fidélité» (Tite II, 10.) S'il oubliait sa responsabilité, il s'exposait aux châtiments du Seigneur, principe immuable de ses voies envers nous « qui sommes châtiés par le Seigneur, afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde» (1 Corinthiens XI, 32). Le Seigneur adresse une courte exhortation aux maîtres chrétiens, leur montrant la ligne de conduite qu'ils doivent suivre à l'égard de leurs esclaves, sachant qu'ils avaient aussi «un maître dans les cieux» (IV, 1). Un maître injuste aura affaire avec ce dernier et recevra la récompense de son iniquité. Au lieu d'abuser de l'autorité illimitée que la loi accordait à celui qui possédait des esclaves, le maître chrétien devait se souvenir qu'il aurait à rendre compte un jour au Seigneur, ce qui, du reste, est vrai de tout homme. Le serviteur infidèle qui aura méconnu ses droits de son Maître sera «coupé en deux et aura sa part avec les hypocrites: là seront les pleurs et les grincements de dents» (Matthieu XXIV, 51).
Rappelons nous que les exhortations adressée aux esclaves et aux maîtres sont applicables à tous les temps, bien que les circonstances ne soient plus les mêmes. Nous terminerons en citant les paroles d'un cher frère sur ce sujet: «Les esclaves, bien que dans cette condition d'infériorité, étaient des hommes; ils avaient comme tels des besoins de corps de cœur et de conscience. Les maîtres avaient à leur accorder à ces différents égards, ce qui était juste et équitable. Il y avait des limites à leurs forces et à leurs capacités; les maîtres devaient veiller à ne point les dépasser. Ils avaient besoin de patience, de douceur et d'indulgence, comme aussi d’encouragement ; il était juste de ne pas les en laisser manquer: Il ne fallait pas que le service fût comme celui des Israélites en Égypte «avec dureté » (Exode I, 14). Et, si les exhortations de l’apôtre aux esclaves conviennent aux serviteurs, n’en est-il pas de même de son injonction aux maîtres ?
Que le Seigneur nous donne à tous, jeunes et vieux, de marcher dans sa crainte et dans l’obéissance à sa Parole, en attendant de la voir face à face !
P.T.
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PENSÉE

À la Pâque, le sang sur les deux poteaux et sur le linteau des portes mettait Israël à l'abri du jugement en tenant le Juge dehors, car si Dieu, était entré dans leurs maisons il les aurait détruits ; à la mer Rouge, Dieu vient à eux en puissance comme Sauveur, les prend sur des ailes d'aigle et les amènes à Lui.
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ÉTUDE SUR LA PREMIÈRE ÉPÎTRE À TIMOTHÉE

(Suite)

CHAPITRE V

Vers. 1-2. - Ne reprends pas rudement l'homme âgé, mais exhorte-le comme un père, les jeunes gens comme des frères, les femmes âgées comme des mères, les jeunes comme des sœurs, en toute pureté.

Nous avons noté, depuis le v. 6 du chapitre précédent les instructions spéciales données par l'apôtre à Timothée. Ces instructions se continuent jusqu'au bout de l'épître. Je les résumerai ici en quelques mots : Tout du long, Paul exhorte Timothée à tenir sincèrement compte des choses qu'il lui recommande. Ainsi (IV, 6), Timothée doit proposer aux frères les choses qui ont trait à la liberté d'user des aliments que Dieu a créés pour les siens, en les sanctifiant par Sa parole et par la prière. Au v. 11, il lui faut ordonner et enseigner les choses qui ont trait à la piété. Au: v. 15 il doit s'occuper de ces choses et y être, tout entier. Ces choses sont une conduite irréprochable et l'exercice du don qui lui a été confié. Au v. 16, il lui faut persévérer dans la surveillance de lui-même et dans l'enseignement. Au chap. V, 21, il doit garder l'ordre et la discipline dans la maison de Dieu. Au: chap. VI, 2, il doit enseigner les choses qui ont trait aux surveillants et aux rapports des esclaves avec leurs maîtres. Enfin au chap. VI, 11, il doit fuir, les intérêts terrestres et toutes les choses qui pourraient le détourner de la marche de la foi.
De quel sérieux Timothée ne devait-il pas faire preuve pour suivre toutes les directions qu'il recevait de l'apôtre sur la conduite qui lui convenait, à lui, dans la maison de Dieu!
Il devait lui, jeune homme, dont les fonctions dans l'assemblée du Dieu vivant étaient d'enseigner et de reprendre, avoir égard à l’homme âgé (et non, d'après le contexte, à l'ancien, désigné par le même mot). L'âge est accompagné de l’incapacité de soutenir des paroles rudes sans en être écrasé, surtout si la répréhension est justifiée. Il peut arriver qu’avec les meilleures intentions un jeune homme, doué pour la conduite de l’assemblée, produise un mal considérable en reprenant un vieillard sans ménagement. J’ai vu un jeune frère donner un coup de mort à un vieillard sans ménagement, en le reprenant rudement au sujet de fautes de conduite qui exigeaient une répréhension légitime. L’exhortation respectueuse est à sa place et non la rude répréhension. Les mêmes égards sont dus aux jeunes gens et aux femmes âgées. L’amour qui considère les uns comme frères. Les autres comme mères, ôte tout caractère blessant à l’exhortation. Quant aux femmes jeunes, l’apôtre ajoute au caractère des sœurs qu’elles devaient avoir aux yeux de Timothée, ces mots: «en toute pureté ». Facilement les sentiments charnels pouvaient entrer en ligne de compte chez un jeune homme que l’obligation d'exercer, la discipline mettait en contact avec l'élément féminin. Une vie passée dans la communion avec le Seigneur, dans la sainteté et la pureté était une garantie suffisante contre toute convoitise charnelle. Combien ces recommandations si détaillées doivent en tout temps être un objet de méditation pour les jeunes gens que le Seigneur rappelle à son service!

Vers. 3-6. - Honore les veuves qui sont vraiment veuves mais si quelque veuve a des enfants ou des descendants, que ceux-ci apprennent premièrement à montrer leur piété envers leur propre maison et à rendre à ceux dont ils descendent les soins qu'ils en ont reçus, car cela est agréable devantDieu. Or celle qui est vraiáent veuve et qui est laissée seule, a mis son espérance en Dieu, et persévère dans les supplications et dans les prières nuit et jour. Mais celle qui vit dans le plaisir est morte en vivant.

Ces versets traitent des veuves dans l'Assemblée etconsidèrent ce sujet jusquà la fin du vers. 6ème. Celles qui sont dig.es de toute sohlicitude, quant à l'assist!nce de l'assemblée, que ce soit en les entourant de soins respectueux, que ce soit en pourvoyant à leurs besoins ¹ sont celles qui sont vraiment veuves (voyez encore v. 5, 16), qui, non seulement ont perdu leur mari, maie qui sont sans enfants et sans descendants.

¹ Ce même terme est employé au v. 17 par rapport aux anciens, ainsi qu'en d'autres passages (Voyez Actes XXVIII, 10 ; Matthieu XV, 4, 5) et ne signifie nullement une paye, un gage, des émoluments réguliers.

Dans le cas où elles en ont, un devoir incombe à ceux-ci: ils doivent «apprendre premièrement à montrer Leurpiété envers leur propre mAison et à rendre à ceux dont ils descendent les soins q5'ils en ont reçus. » Une telle prescription n'est pas un ordre légal ; ce qui engage à la suivre, c'est que «cela est agRéable devant Dieu ». Il en est de même au chap. II, 3, quant à nos rapports avec tous les hommes et avec les autorités. Ainsi la «piété », c'est-à-direla crainte de Dieu et le désir de Lui plaire, se montrent non seulement dans, les soins de l'Assemblée, mais dans les rapports de famine, et sont à la base de l'ordre dans la maison de Dieu, même quand il s'agit de soins matériels.
Au v. 5, l'apôtre fait un portrait du caractère de la femme vraiment veuve, telle que Dieu là considère et l'apprécie. N'ayant ici-bas qui que ce soit sur qui s'appuyer, elle «a mis son espérance en Dieu ». Elle n'espère rien des hommes; elle est entièrement rejetée sur Dieu. Quelle sécurité ! Quel trésor ! Dieu est riche pour répondre à sa pauvreté! Mais, dépendaNt de Lui seul, elle est, par là même, en rapport continuel avec Lui et «persévère dans les sUppliCatiOns et Dans lEs Prières nuit et Jour›. Elle réalise cette prImordialE recOmmaNdatioN à la prière du chAp. Il, 1. L'immense bénédiction d’une position sans eSpoir du, côté de l'homme, c'est qu'on est rejeté jour et nuit Sur les ressources inépuisables qui sont en Dieu.
En contraste avec la vraie veuve, la veuve « qui vit dans le Plaisir est morte elle vivant.» Selon le monde sa vie est assurée et facile; elle vit au point de vue de la terre, elle est morte au point de vue du ciel. Quel triste spectacle! 

Vers.7-8. - Aussi ordonne ces choses, afin qu'elles soient irrépréhensibles. Mais si quelqu'un n'a pas soin des siens, et spécialement de ceux de sa famille, il a renié la foi et il est pire qu'un incrédule.

Timothée avait à ordonner ces choses, car l'apôtre désirait que les veuves, si sympathiques par leur position, n'encourussent aucun reproche. Il désirait de même que les enfants ou desce.dants dEs veuves ne Fussent pas exposés à l'accusation d'avoir «renié la fOi», c'est
à-dire l’ensemble de la doctrine chrétienne, reçue par la foi et basée sur l’amour et à être taxés d'être pires que les incrédules. Au moins ces derniers ne sont pas insensibles aux liens de la parenté. Ce qui nous est dit ici est extrêmement sévère, mais nous montre l'importance aux yeux de Dieu du dévouement de ses enfants dans les choses matérielles.
La Famille a pour Lui une importance particuLière. Et cependant, ne l’oublions pas, les devoirs les plus élémentaires de famille ne peuvent entrer en ligne de compte quand il s’agit de suivre le Seigneur. Seulement ici ces devoirs sont en rapport avec la conduite du chrétien dans l’assemblée qui est la maison de Dieu.

Vers. 9-10. - Que la veuve soit inscrite n'ayant pas moins de soixante ans, ayant été femme d'un seul mari, ayant le témoignage d'avoir marché dans les bonnes (kalos) œuvres, si elle a élevé des enfants, si elle a logé des étrangers, si elle a lavé les pieds des saints, si elle a secouru ceux qui sont dans la tribulation, si elle s'est appliquée à toute bonne œuvre (agathos) ¹

¹ Voyez Messager du 30 avril, page 126, note.

On trouve ici d'autres prescriptions au sujet des veuves, en vue du bon ordre dans la maison de Dieu. La veuve ne devait être inscrite au registre des veuves remises aux soins de l'assemblée, que si sont âge était avancé, inclinant vers la vieillesse et excluant une union nouvelle. Elle ne devait pas avoir été mariée deux fois, ce qui indiquait plus d’une préoccupation terrestre dans sa vie passée, où la satisfaction de ses désirs (v. 11). Il fallait qu'elle eût le témoignage d'avoir été active dans les œuvres bonnes et ayant l'approbation de Dieu, ce qui devait caractériser les saintes femmes (II, 10), et disons, en général, la femme selon Dieu. Ces bonnes œuvres sont détaillées ici.
Elle consiste dans l'éducation des enfants. En cela la femme a toute liberté d’enseigner ; c’est la famille ; dans l’hospitalité ; ce sont les bonnes œuvres envers les étrangers ; dans les services les plus humbles envers les saints ; dans les secours prodigués aux persécutés ; dans l’application à toute oeuvre charitable, car il en est beaucoup que l’apôtre n’énumère pas. Ces choses, ce service, cette abnégation de soi-même, ce don de ses propres ressources aux autres, caractérisent la femme selon Dieu qui a appris à vivre pour le prochain.

Vers. 11-13.- Mais refuse les veuves, qui sont jeunes, car quand elles s'élèvent contre le Christ en s’abandonnant à leurs désirs, elles veulent se marier, étant en faute parce qu'elles ont rejeté leur première foi; et en même temps elles apprennent aussi à être oisives; aillant de maison en maison; et non seulement oisives, mais aussi causeuses, se mêlant de tout, disant des choses qui ne conviennent pas.

Ces versets, jusqu'au 16ème, nous présentent le portrait opposé à celui des «vraies veuves», celui des veuves que Timothée, remplaçant l'apôtre dans l'administration de la maison de Dieu, devait refuser comme objets des soins de l'assemblée. Il s’agit de jeunes veuves. Il y a chez elles des désirs ; désirs de chair, désirs d'un établissement sur la terre et de jouissances terrestres, auxquelles elles s'abandonnent, et qui sont, de fait, «s'élever contre Christ », car elles ont «rejeté leur première foi ». Cette première foi, comme nous le voyons au chap. I, 19, les avait attaché à Christ et, par conséquent, séparés de tous ce que le monde pouvait leur offrir. Nous verrons au chap. VI qu'il en est, de même, de ceux qui aiment l'argent: ils «s'égarent de la foi» ; mais il s'agit ici de la «première foi» qui les avaient caractérisées au commencement, de leur vie matrimoniale. Ce début de leur carrière, le Seigneur était loin de le désapprouver. Il en est de la première foi comme du premier amour. La première foi abandonnée, ces jeunes veuves, n'ayant plus un cœur entier pour les bonnes œuvres et le service du Seigneur, doivent remplir par quelque chose le vide qui s'est produit dans leur cœur. L'activité pour Christ et les saints leur manquant, elles se créent une activité factice par laquelle elles cherchent à peupler le désert de leur existence. Allant de maison en maison, elles se livrent au babillage, se mêlent des circonstances du prochain; rapportent des choses qu'elles devraient taire. Ce tableau est sévère, mais c'est la vérité, et Dieu ne la cache jamais.
(À suivre).
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PENSÉES

Le fils prodigue revient à lui-même (Luc XV, 17) avant qu'il soit trop tard; l'homme riche après que tout est terminé. Le fils prodigue avait été dissolu et débauché et quand: il revient à lui-même il se souvient de ses péchés; l'homme riche revient à lui-même dans l'au delà du jugement et ne pense pas à ses péchés, mais à sa misère. Le fils prodigue revient à lui-même au milieu de sa misère ici-bas, l'homme riche au milieu des tourments dans l'autre monde, il était mort en dissipateur respectable, entouré de biens et d'honneurs. Il n'avait pas ici-bas de misères qui pussent le rappeler à lui-même: Quand il les sent, il est trop tard.
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 Des hommes ont été et seront encore enlevés au ciel; des anges ont été envoyés du ciel 3ur la terre, mais iL n'appartenait qu'à Jésus sEul de monter au ciel, comme aussi il n'appartenait qu'à lui s%ul de descendre du ciel sur la terre (Jean III, 13.)
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COURTES MÉDITATIONS

N° 32

TROIS BONHEURS

Il y a pour l'homme un bonheur initial. Avant de le connaître tout était pour lui misère et malheur. Je ne dis pas qu'il ne cherche, en sa qualité de pécheur, à atteindre le bonheur, mais, ne le connaissant pas, comment saurait-il où le chercher? Il poursuit, l'une après l'autre toutes les formes de bonheur que son ignorance lui suggère, sans même parler des mauvaises convoitises et des souillures que le monde et son prince lui offrent comme un appât. Toujours déçu, le malheureux finit, s'il est sincère, ce qu'il est, du reste, très rarement, par tomber dans l'indifférence d'un effort inutile, ou dans un amer dégoût suivi d'un sombre désespoir.
Mais, dès que l'âme du pécheur commence à être travaillée et que la conscience le force à se présenter devant Dieu, repentant, confessant ses péchés,et réalisant pour la première fois ce qu'est la crainte de Dieu, le voilà qui, pour la prem)ère fois aussi, a trouvé le bonheur. Il peut dire: « Bienheureux celui dont la transgression est pardonnée et dont le péché est couvert! Bienheureux l'homME à 1ui l'Éternel ne compte pas le péché! » Il ne cherche plus, comme il le faisait précédemment, à rien cacher à Dieu, car il n'y a plus de « fraude» dans son cœur, comme quand il prétendait s'approcher de Dieu, dans son état d'inconversion (Voyez Psaume XXXII, 1-2). Le poids énorme qui pesait sur sa conscience, a disparu; la paix, la faveur de Dieu lui sont acquises. Tel est le premier bonheur.
Le deuxième bonheur peut être défini ainsi : le bonheur actuel dans la marche. Il commence après la conversion et nous accompagne jusqu'au moment où nous quittons ce monde pour être auprèsdu SeIgneur. L'interval1e entre ces deux moments, qui comprend de fait tout notre vie chrétienne, la Parole nous le dépEint comme un bonheur perpétuel. Ah! Direz-vous, rien n'est moins vrai que ce que vous dites-là! Ne trouvons-nous pas dans ce monde des tristesses, des deuils, des pertes, des SOUffrances perpétuelles, des désillusions, des tent!t)ons /ù nouS succombons, des combats où nous sommes vaincus Appelez-vous cela le bonheur ? Oui, certes, si vous vous mettez en route avec votre bonheur initial; non, à coup sûr, si vous marchez en reniant votre origine. D'où vient que l'épître aux Philippiens, dont le sujet est précis ment l'expérience chrétienne dans la marche; ne nous parle que de joie, jamais de malheur, et nous décrive le racheté comme capable de marcher «sans broncher jusqu'au jour de Christ»? D'où vient que l'épître aux Hébreux ne nous parle jamais du péché que comme aboli, et du chrétien, que comme capable de le rejeter et d'aboutir victorieusement au terme de son témoignage (Voyez aussi Jude 24).
Telle est la marche chrétienne. Idéal direz-vous ? Non pas, mais normale ! Comprenez-vous maintenant pourquoi elle peut être une marche bienheureuse d'un bout à l'autre. ?
C'est ce que Dieu attend de nous; il a tout préparé pour cela; il a ôté tout obstacle à la réalisation de ce bonheur. Ne sommes-nous pas entièrement purifiés par le sang de Christ, justifiés par la foi, scellés du Saint Esprit ? N'avons-nous, pas la vie éternelle et la puissance de cette vie ? Ne sommes-nous pas ressuscités avec Christ, assis en Lui dans les lieux célestes ? L'amour de Dieu n'est-il pas versé dans nos cœurs ? Sans doute, nous avons la chair, le péché, le vieil homme en nous, mais nous ne sommes plus dans la chair. Dieu nous donne le droit de nous tenir pour morts au péché, parce que le péché dans la chair a été condamné en Christ sur la croix. Christ est mort une fois pour toutes au péché et il vit à Dieu; et moi aussi je puis me tenir moi-même pour mort au péché et vivant à Dieu dans le Christ Jésus. Toute raison pour être malheureux dans la chair m'est donc ôtée; et, Christ vivant en moi, toute raison d'être bienheureux m'est fournie.
Voyons maintenant, après avoir accentué l'entière capacité du nouvel homme pour être heureux, où et comment Se montre le bonheur chez le chrétien. Avez-vous remarqué que les Psaumes qui nous présentent toutes les sortes de souffrances pouvant assaillir et accabler les saints, sont le livre où il nous est plus souvent parlé de bonheur que dans tout le reste de la Bible ? Pourquoi ? C'est que la souffrance est le moyen employé pour nous faire jouir du bonheur dans la manifestation de toutes les qualités du nouvel homme: dans la dépendance, dans la confiance, dans l'humilité, dans la sainteté, dans le repos, dans la force, trouvée en Lui seul et nous permettant de marcher de force en force, dans la liberté des relations ininterrompues avec Dieu, même dans la discipline quia pour but de nous faire rentrer dans ce chemin bienheureux si nous nous en écartons.
Ces qualités morales du fidèle représentent, sauf la dernière, les caractères de Christ lui-même. Comment ne trouverions-nous pas notre bonheur à les réaliser dans le développement journalier de toutes les perfections du parfait serviteur: dévouement, débonnaireté, justice, sainteté, paix, vérité, sympathie, miséricorde, amour ? Comment ne pas être heureux si, dans la mesure où nous manifestons ces choses, nous souffrons de la part du monde ? Christ a traversé ces souffrances dans une paix parfaite et dans une joie accomplie qu'il nous a laissées et données. Nous pouvons donc les traverser de la même manière, nous qui avons reçu de Lui la nature divine, la vie éternelle et le Saint Esprit, puissance de cette vie.
Et comment, en outre, ne jouirions-nous pas de notre bonheur, quand, au milieu des tribulations nous sommes puissamment soutenus par l'espérance ?
Or maintenant, demandons-nous d'où vient que tant de chrétiens ne sont pas heureux C'est que, d'un côté, tout en ayant le pardon de leurs péchés, ils n'en ont pas fini avec eux-mêmes, qu'ils ne sont pas affranchis. Ils n'usent pas eu privilège de se tenir pour morts au péché et pour vivants à Dieu. Ils ne peuvent pas dirent : «Je suis crucifié avec Christ, et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi» ; et : «J'e n'ai aucune confiance en la chair» (Galates II, 20 ; Philippiens III, 3).
C'est que, d'un autre côté, ils n'ont pas rompu avec, le monde et ne peuvent dire: «Qu'il ne m'arrive pas à moi de me glorifier, sinon en la croix de notre Seigneur Jésus Christ, par laquelle le monde m’est crucifié, et moi au monde » (Galates VI, 14).
Tel est le secret du bonheur actuel dans la marche. Un chrétien, vraiment affranchi du vieil homme et du monde, sera, à travers tout et en toute occasion, un homme pratiquement bienheureux. Ayant la chair en lui, il est toutefois continuellement en danger de retourner aux choses qu'il avait abandonnées. De là les châtiments et la discipline du Père qui ont pour but de nous ramener au bonheur que notre folie nous avait fait abandonner. Il va sans dire «qu'aucune discip1ine, pour le présent, ne semble être un sujet de joie, mais de tristesse; mais, plus tard, elle rend le fruit paisible de la justice à ceux qui sont exercés par elle» (Hébreux XII, 11).
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Considérons maintenant le troisième bonheur. Ici nous ne parlons pas du bonheur éternel, mais du bonheur final dans lequel le chrétien entre au bout de sa course. C'est ce qui est appelé dans la Parole: «l'entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ » (2 Pierre I, 11.) Cette entrée peut nous être richement ou pauvrement donnée. Et de quoi cela dépendra-t-il? De la manière dont nous aurons réalisé notre second bonheur dans notre marche ici-bas. À ce sujet, l'une des expériences les plus solennelles de ma vie a été la suivante:
Un chrétien de ma connaissance avait pleinement joui du premier bonheur qui accompagne la conversion. Peu de temps après il avait marché selon les convoitises du vieil homme et avait dû être retranché de la communion de l'Assemblée. De longues années s'écoulèrent. Le jour de sa mort il me fit appeler et me dit: Je désire que vous parliez sur ma tombe et que vous disiez publiquement à tous les assistants, à mes frères en Christ et aux gens du monde qui seront présents, que je ne doute pas un seul instant de mon salut, mais que je quitte cette terre sans aucun bonheur et dans une profonde tristesse que ne diminue pas même la pensée de voir le Seigneur, parce que toute ma vie à été inutile pour Lui. Ce message d'outre-tombe, communiqué à une nombreuse assistance, eut, je pus m'en convaincre, un effet salutaire sur quelques-uns. Ainsi, sur les trois bonheurs du chrétien, cet homme en avait à jamais perdu deux pour satisfaire ses convoitises.
Si, jour après jour, nous réalisons notre second bonheur ici-bas, nous pourrons dire du troisième, notre course terminée, au moment d’entrer en Sa présence : « Ta face est un rassasiement de joie; il y a des plaisirs à ta droite pour toujours! » (Psaume XVI, 11.)
H. R.
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ÉTUDE SUR LA PREMIÈRE ÉPÎTRE À TIMOTHÉE

(Suite)

CHAPITRE V

Vers. 14-16. - Je Veux donc que les jeunes veuves se Marient, aient des enfants, gouvernent leur maIson, ne donnent aucune occasion à l'adversaire à cause des mauvais propos ; car déjà 1Uelque3-unes se sont détournées après Satan. Si un fIdèle ou une fidèle a des veuves, qu’Il les assiste, et que l'assemblée n'en soit pas charGée, afin QU'elle vienne au secours de celles qui sont vraiment veuves.

Tout ce passage nous montre qu'en se remariant une jeune veuve peut faire sa propre volonté et abandonner Christ et les intérêts célestes pour les choses de la terre; mais qu'elle peut aussi, par le même acte, faire la volonté de Dieu et, par conséquent, ne pas perdre la communion avec le Seigneur. Si la position de la jeune veuve la disqualifie pour être inscrite comme méritant la sollicitude de l'assemblée, laquelle n'admet ni les jeunes veuves, ni les veuves ayant eu plus d'un mari, elles n’en sont pas moins dans lechemin de la volonté de Dieu, si elles se marient, non pas pOur être agréables à elles-mÊmes mais par soumissioN àcette volon4É. LE remèdE indiQué au v. 14 est pratique et selon Dieu. Il est très rEma2quable de voir comment Dieu, quand il s'agit de lordrE de sa maison, indique minUtieusement ce qui peut parer à tout désordre. Ici l’apôtre exprime la volonté du Seigneur comme son mandataire. Pour les jeunes veuves, le mariage, des enfants, le gouvernement de leur propre -aison, sans quoi, le gouvernement de la maison de Dieu serait exposé à en souffrir. La jeune veuve éviterait ainsi, comme au chap. III, 7, le piège du diable qui, si elle donne prise aux mauvais propos, s'en servira pour ruiner le témoignage et s'emparer des âmes qui lui en ont fourni l'occasion par une mauvaise conscience. Déjà quelques-unes s'étaient «détournées après Satan ». C'était la conséquence fatale de s'être «élevées contre christ».
Au v. 16 nous trouvons une dernière recommandation au sujet des veuves, celle-ci adressée aux fidèles hommes ou femmes. Ils doivent les assister en vue des intérêts de l'assemblée. Il fallait que les Charges de celle-ci fussent diminuées, non pas afin qu'elle pût se soulager d'un fardeau, mais afin que les secours à celles qui étaien4 « vraiment veuves» (et nous avons vu ce que la Parole entend par ce te2me) pussentêtre plus abondants.

Vers. 17-21. - Que les ancIens qui président dûment, soient estimés dignes d’un double honneur, spécialement ceux qui travaillent dans la Parole et dans l'enseignement; car l'Écriture dit: « Tu n'emmuseleras pas le bœuf qui foule le grain» et : « L'ouvrier est digne: de son salaire. » Ne reçois pas d'accusation contre un ancien, si ce n'est sur la déposition de deux ou de trois témoins. Ceux qui pèchent, convaincs-les devant tous, afin que les autres aussi aient de la crainte. Je t'adjure devant Dieu, et le Christ Jésus, et les anges élus, que tu gardes ces choses sans préférence, ne faisant ri:n avec partialité.

L'apôtre revient maintenant aux anciens dans les instructions qu'il adresse à Timothée. Il s'agit de l'honneur à leur rendre, sans qu'il soit question de la forme qu'il doit revêtir, qu'il s'agisse de respect ou d'ide matérielle ou de soins de quelque autre sorte. Ce même mot «honneur » est employé comme verbe pour les soins que méritent les veuves au v. 3 de notre chapitre, et comme substantif pour les honneurs rendus par les esclaves à leur maître. La manière dont les anciens s'acquittent de leur charge, en «présidant dûment », est mentionnée ici. Ce même mot est traduit au chap. III 4 par «conduisant honnêtement » quand il s’agit de surveiller leur propre maison. La manière dont les anciens s'acquittaient de leurs fonctions de surveillants devait être reconnue digne d'un « double honneur ». Il ne s'agit nullement ici d’un double appointement, car n'est pas plus fait mention d'appointements pour les charges que pour les dons. Au chap. VI, 1, ce même mot n'a que le sens de tout le respect que les esclaves doivent à leur maître, soit en soumission, soit en dévouement, sait en services rendus. Ici le double honneur est surtout rendu aux anciens quand ils s'acquittent à la fois de deux tâches: la surveillance, et le service de la Parole et de la doctrine, double fonction qui n’était pas le fait de tous les anciens, quoique tous dussent être capables d'enseigner et de réfuter les contredisants (Tite I, 9. Voyez « Étude sur Tite », page 27).
L'apôtre cite (vers. 18) Deutéronome XXV, 4 à l'appui de sa recommandation, passage mentionné aussi en 1 Corinthiens VIII, 9 pour montrer qu'en donnant une prescription pareille Dieu parle « entièrement pour nous». Il cite ensuite les paroles de Jésus lui-même à ses disciples: «L’ouvrier est digne de son salaire» (Luc X, 7), ce qui place l'inspiration des écrits du Nouveau Testament au même niveau que celle des écrits de l'Ancien.
Timothée devait être sur ses gardes au sujet d'accusations portées contre un ancien. Une charge en vue porte facilement à la jalousie, par conséquent aux mauvais propos et à la calomnie. Il faut être prémuni contre tout cela et suivre les instructions de la Parole: «Par la bouche de deux ou trois témoins, toute affaire sera confirmée» (Deutéronome XIX, 15 ; Matthieu XVIII, 16; 2 Corinthiens XIII, 1).
Mais, d'autre part, chacun étant faillible, il ne fallait pas de partialité en faveur de ceux qui  étaient en vue ou en dignité. O'était ainsi que Paul s'était conduit à l'égard de Pierre qui s'intitule lui-même «ancien» (1 Pierre V, 1). Il l'avait repris devant tous (Galates II, 14 ; 1 Timothée V, 20). Le cas d'un ancien qui péchait était doublement sérieux, car il pouvait, par son influence et son autorité, en entraîner d’autres dans le même chemin. Jadis Barnabas avait été entraîné de cette manière dans la dissimulation. Aussi fallait-il que, la conviction étant publique, d'autres anciens ne fussent pas tentés d'imiter le péché du premier. Paul adjurait Timothée de garder ces choses, et cela, de la manière la plus solennelle, car la maison était celle de Dieu, et du Seigneur Jésus Christ, chef sur sa maison, et elle était offerte en exemple aux « anges élus» qui pouvaient ainsi voir Christ dans l'assemblée des saints. Quelle exhortation pratique et combien importante pour celui qui est appelé à un service dans la maison de Dieu!
(À suivre)
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PENSÉE

L'onction, c'est-à-dire la présence du Saint Esprit dans le croyant est le sceau de la valeur du sang qui l'a purifié.
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MÉDITATIONS DE J. N.-D.

LE REPOS N° 222 ¹

HÉBREUX IV

Deux choses nous sont particulièrement présentées dans ce chapitre.
1° Le caractère du repos qui appartient au peuple de Dieu et en quoi il consiste.
2° Le moyen que Dieu emploie pour que nous arrivions à ce repos.
Il est évident que le repos est la suite du travail. Pour l:homme le travail comporte la fatigue d'esprit et de corps .et la conscience qu'un changement est bien désirable. C'est un besoin dont le repos est la réponse. Il n'en est pas ainsi pour Dieu, et cela dit beaucoup. Pour nous la pensée de chercher un repos suppose un état de chute, tandis que le repos de Dieu a pour cause un travail par lequel il sort de lui-même. Il se Repose de ses œuvres, non desa fatigue.
Nous avons été créés dans un état qui répondait à la volonté de Dieu; aussi Dieu vit «que ceLa était bOn ». Il ne sAgissait pas pour l'homme de trouver un repos; il aurait dû rester où Dieu l'avait placé et jouir en Éden des bénédictions que l'Étern%l, dans sa bonté lui avait procurées. L'homme n'avait aim3iaucùne part au travail, ni par conséquent au repos de Dieu. Il jouissait, il était innocent, très heureux et béni, avec un cœur sans reproche, sans un seul besoin pénible, mais aussi, sans aucune part au repos de Dieu.

¹ Après un intervalle de plusieurs années (1918-1922) nous inaugurons avec ce N°222 une nouvelle série de Méditations de J. N. D. Elle diffèrera de la première série en ce que, pour venir en aide au lecteur, chaque Méditation sera pourvue d'un titre. Il sera tenu compte plus habituellement que par le passé, du lieu et de lA date où ces discours ont été prononcés. (Edit.)

Maintenant ce c'est plus le cas. La chute est survenue, la misère, le péché. On ne trouve personne qui puisse dire: Je suis satisfait, pas même le chrétien. En un sens il doit être parfaitem%nt heureux, toujours joyeux, mais il n'est pas satisfait de rester où il est, parce qu'il a goûté des choser céLestes. Pour le monde, iln'y a que travaiL, sOuci, inquiéTude et personne qui soit heureux. On cherche à expliquer cela par le besoin d'activité, de progrès, de civilisation, mais où est le bonheur, le contentement? Une génération succède à l'autre et cherche mieux que la précédente, mais n'arrive jamais au repos. La civilisation ne peut pas rendre le cœur heureux. On rencontre aujourd'hui plus de chagrins, d'inquiétudes, de malaise intérieur, qu lorsque la vie était plus rude et plus simple. Même quand tous ses désirs sont satisfaits, Vous trouverez l'homme malheureux. La famine est dans ce pays-là; on n'y mange que les gousses Des pourceaux. Il est clair que cela n'est ni le repos de Dieu, ni même le chemin de ce repos. Il est bon que lhomme soit convaincu de ne pas être dans le chemin du bonheur.
Nous sommes en chute, dans un état de péché, subissant la conséquence de notre élo)gnEment de Dieu, cherchant dans le pays de satan de quoi satisfaire des besoins qui renaissent sans cesse. Si même nous sommes convertis, nous n'avons pas le repos dont ce chapitre nous par,e. Les effets de la chute demeurent et la connaissance de la grâce Ne nous permet pas d'être dans le repos. Christ lui-même ne l'avait pas ici-bas. L'amour et la sainteté ne peuvent se reposer au milieu du péché et cela misère. Pour nous, la lutte de la chair coutre l'Esprit n'est pas le repos. Nous n'avons pas même le repos de Dieu dans Le cœur avant que le travail ait cessé et que tout en nous corresponde à la pensée de Dieu lui-même. La vie de Dieu dans le cœur a besoin d'être avec Dieu, semblable à Lui et que son image y soit formée, sans rien de contraire.Cette vie ne peut se contenter de trouver, Soit en nous, soit autour de nous des chose3 contraires à Dieu. Dans ce sens, l'effet de la vie de Dieu est de rendre le repos impossible. Le besoin d'être avec Jésus, de lui Être semblable, de se trouver dans la pleine lumière de l'amour du Père, empêche le repoS. Jésus n'y est entré que lorsqu'il est remonté au ciel. La vie que Dieu nou3 a donnée a ses goûts, et ses délices dans ce que Dieu aime; elle a Dieu personnellement comme objet suprême de ses affections. « Mon âme, » est-il dit, « a soif de Dieu, dans une terre déserte et désire voir Sa gloire dans le sanctuaire.» Elle a besoin d'y être et d'en jouir. Il est impossible qu'on ait cette vie dans le cœur, sans le besoin d'être avec Dieu et comme Lui.
Il y a un double genre de travail:
1° Le travail du nouvel homme qui soupire après un monde où nous seront semblables à Christ, et qui court vers 1e but en vue duquel Dieu nous a pris. Mais nous rencontrons des obstacles continuels sur la route. La vie spirituelle, abstraction faite de la chair et du péché, tend à ne plus se trouver au milieu du mal et à posséder définitivement le bien. Le chrétien est peiné de voir tout le mal qui l'entoure; il en est navré, de manière à être en un certain point homme de douleur et sachant ce que c'est que la langueur.
2° L'autre genre de travail est la lutte en soi.
(À suivre).
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PENSÉE

Le lieu à travers lequel il me faut passer est le monde en tant que désert, mais quant à ma position, je suis dans les lieux célestes et je dois marcher en conséquence.
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COURTES MÉDITATIONS

N° 33

LE SUBSTITUT

PSAUME LI - Psaume XXII - PSAUME XXXII.

Il fallait la chute affreuse de David dans l'affaire d'Urie, pour nous enseigner ce qu'est, livré à lui-même, l'homme le plus favorisé de Dieu, un racheté, un croyant, même un homme inspiré dont la bouche a prononcé les hymnes d'adoration les plus élevés de la Bible; mais aussi pour nous apprendre ce qu'est la grâce, dans laquelle Dieu sait allier à la fois son horreur du péché et les conséquences du péché sous son gouvernement, avec son amour sans bornes pour le pécheur.
Nous trouvons, au Psaume LI ème, le premier résultat du fait que David, après son péché, est placé en présence de Dieu, au moyen de la Parole qui lui est adressée par le prophète. Ce résultat est la repentance.
Nous voyons un homme convaincu de péché jusque dans les profondeurs de son être. Je ne crois pas que la parole de Dieu nous présente une horreur du péché plus absolue, une repentance plus complète que celle-là. Le péché est jugé jusque dans ses racines: « Voici, j'ai été enfanté dans l'iniquité, et dans le péché ma mère m'a conçu» (v. 5) ; le péché est continuellement devant les yeux et dans la mémoire du transgresseur (v. 3) ; le sang répandu pèse sur sa conscience (v. 14) ; c'est contre Dieu, contre Dieu seul qu'il a péché et il sait avoir affaire à un Dieu juste qui ne peut supporter l'iniquité (v. 4.) Sa seule, son unique ressource est donc la grâce (v. 1). Le Dieu qu'il a offensé peut seul lui pardonner, le purifier (v; 7) ; il faut que ses péchés ne soient plus, qu'ils soient effacés pour toujours de la mémoire de Dieu (v. 1).
Mais plus encore, car, quelque grandes que soient ces grâces, elles ne lui suffisent pas: il lui faut devenir une nouvelle créature: il faut qu'un nouveau cœur, un cœur pur, lui soit donné (v. 10.)

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Cependant la repentance, sans laquelle il n'y a point de salut, ne suffit pas pour rendre heureux. Le «cœur brisé et humilié» (v. 17) trouve le chemin du bonheur au Psaume XXII ème et le Psaume XXXII ème nous montre où ce chemin' aboutit. Le pécheur découvre qu'un autre s'est substitué à lui, a fait siens tous ses péchés et en a porté toutes les conséquences, afin de l'en décharger à toujours.
Le coupable dit au Psaume XXXII, 3 : «Quand je me suis tu, mes os ont dépéri » - « tous mes os se déjoignent» répond le substitut (Psaume XXII, 14). «Je rugissais tout le jour» (XXXII, 3), dit le coupable, et ce substitut répond: «Te tenant loin des paroles de mon rugissement:» (XXII, 1). Le coupable dit: «Jour et nuit ta main s'appesantissait sur moi» (XXXII, 1) ; et le substitut répond: « Je crie de jour, mais tu ne réponds point jet de nuit, et il n'y a point de repos pour moi» (XXII, 2), «Ma vigueur s'est changée en une sécheresse d'été» dit le coupable: (XXXII, 4) j et le substitut s'écrie : «Ma vigueur est desséchée comme un têt, et ma langue est attachée à mon palais ; et tu m'as mis dans la poussière de la mort! » (XXII, 15.)
Ah ! Désormais le coupable sait que « sa transgression est pardonnée et que son péché est couvert» (XXXII, 1) et peut se dire bienheureux! Son substitut s'est chargé de cet immense fardeau, mais le transgresseur a dû traverser tous les stages de la repentance avant de réaliser la puissance de la rédemption. Il a fallu que « dans son esprit il n'y eût pas de fraude» (XXXII, 2), qu'il ne couvrît en quoi que ce soit son iniquité devant Dieu, et cela avait eu lieu au Psaume LI ème. Alors. Dieu peut la .recouvrir. Telle est la dispensation par laquelle le croyant connaît, comme nous l'avons Dit dans la Méditation précédente, le bonheur initial de sa carrière.
H. R.
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ÉTUDE SUR LA PREMIÈRE ÉPÎTRE À TIMOTHÉE

CHAPITRE V

(Suite)

Vers. 22-25. - N'impose: les mains pRécipitamment à perSonne, et ne participe pas aux péchés d'autrui; garde-toi pur toi-même. Ne bois plUs de l'eau seulement, mais use d'un peu de viN, à cause de ton estomac et dE tes Fréquentes indispositions. Les péchés de quelques hommes sont manifestes d'avance, et vont devant pour le jugement; mais ceux d'autres hommes aussi, les suivent après. De même aussi les bonnes œuvres (kala erga) sont manifestes d'avance, et celles qui sont autrement ne peuvent être cachées.

Timothée est exhorté maintenant à n'imposer les mains précipitamment à personne. L'imposition des mains, quand elle ne venait pas de l'apôtre lui-même qui avait qualité pour le faire, ne conférait ni un don de grâce, ni le don du SAintEspri4 ( Timothée I, ; Actes VIII,1). AU Chap.IV 4, les anciens n'aVaiEnt rIen conféré à imothée par cet acte. L'imposition deleuRs maInS exprimait la bénédiction, la sanction, et une identification publique avec ce qui était conféré à Timothée parl'apôtre. En imposant les mains, probablement, aux anciens, quoique ce ne soit pas dit ici; en tout caS à qui que ce soit, au Sujet d'une mission oUd'un seRvice quelconque, Timothée se déclarait solidaiRe avec eux, s’identifiait aVec leur service ou leur mission et apposait sa sanction sur leur charge, leur appel ou leur œuvre. S'ils péchaient, il s'exposait ainsi à participer aux péchés qu'ils auraient commis dans l’exercice de leurs fonctions. En évitant ce piège tendu sur ses pas, Timothée se gardait pur lui-même. Il devait ne pas donner la moindre prise à un blâme qu'il aurait mérité par sa précipitation, car il se serait souillé en participant ainsi au péché d'autrui.
La recommandation du vers. 23, d'user d'un peu de vin, me semble se lIer à ce qui précède en ce que la précipitation pouvait provenir de l'excitAtion de la ChaIrTIMothéEaurait cRu Devoir s'ab3teniR d'autAnt plus de toute boisson excItante. L'apÔtre montre son souCi de la santé de son cher enfant Dans la foi,mais, de plus, il connaissait combien la conscience délicaTe et peut-être un peu maladive de Timothée (Voyez 2 Timothée I, 6) pouvait s'alarmer facilement des dangers auxquels ses fonctions l'exposaient. Ces petits détails sont très touchants et montrent à la fois la sollicitude de l'apôtre pour son bien-aimé compagnon d'œuvre et la sollicitude du Seigneur pour son cher disciple en la consignant dans l'écrit inspiré de l'apôtre.
Ayant parlé des péchés d'autrui, l'apôtre mentionne deux caractères de ces péchés. Il y en a qui «sont manifestes d'avance, et vont devant pour le jugement ». On les connaît, ils proclament d'avance le jugement de ces hommes, en sorte que personne ne peut les ignorer. D'autres péchés sont cachés maintenant, mais suivront ces hommes ci-Après. Ils leS retrouveront au grand jour du jugement. Ce n'était pas seulemeNt lE faiT depéchés manifestEs qui devait mettre Timothée Sur ses gardes au sujet de l'imposition des mains, mais aussi le fait de péchés qui ne viendraient en -émoire que plus tard, afin qu'il ne fûT pas «couvert de honTe à Sa venue» (1 Jean II, 28).
Il s'agit donc pour TiMothéE de ne pas impOser les mains à un homme qui pèche secrètement. Le moyen de Reconnaître cet homme, ce sont les bonnes œuvres. Elles sont manifestes d'avance et celles qui ne le sont pas maintenant le seront nécessairement plus tard. De là la nécessité de n'user d'aucune précipitation dans la sanction à donner à un ouvrier du Seigneur.
(À suivre).
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MÉDITATIONS DE J. N. D. LE REPOS

HÉBREUX IV
(Suite)

Si je désire être saint pratiquement, je trouve quelque chose en moi qui veux m'empêcher de l'être. Le monde m'entoure, cherche à me faire perdre l'équilibre et ce n'est pas difficile, à moins que la puissance de Dieu n'intervienne. Un chrétien vivant voit Christ clairement, jouit de lui, et devant cette jouissance les choses du monde deviennent des ordures. S'il ne voit pas Christ clairement, c'est parce que les choses de chaque jour ont pris pour lui de l'importance. Ce n'est plus: «Christ est mon tout» : beaucoup d'autres choses font partie du tout du chrétien et se le partagent. Si Christ ne le relève, il perdra toujours, plus de sa valeur pour son cœur. Le jugement spirituel étant faussé, on ne trouve plus un discernement suffisant du mal. Peut-être la conscience n'est-elle pas: mauvaise, mais la clarté de la vue spirituelle est perdue et cela ne donne pas le repos.
Tous les objets que le monde contient tendent à cacher Christ. Il en était ainsi pour ces Hébreux auxquels l'apôtre écrivait. Les choses terrestres et visibles qui, dans la pensée de Dieu, représentaient les célestes et les invisibles, comme par exemple les offrandes, la sacrificature et le temple, reprenaient de fa valeur du moment que Christ n'avait plus toute la place devant leurs yeux. L'apôtre appelle cela un «'endurcissement arrivé il Israël» (Romains XI, 25.) En sortant d'Égypte, Canaan était tout pour le peuple. Quel bonheur de se rendre dans le lieu que Dieu leur avait préparé! Mais le chemin était long; il n'y avait pas d'eau, pas de pain. Alors leur cœur perd de vue la grâce qui les a rachetés ainsi que le pays désirable et la manne même devient à leurs yeux «un pain léger» (Nombres XXI, 5). Leur cœur s'était endurci.
N'est-ce pas aussi un endurcissement de cœur, quand, Dieu nous ayant donné son Fils et toutes choses avec Lui, ces choses n'ont plus la même valeur pour nous, et que nous sommes aveuglés quant à celles qui ont une valeur ineffable aux yeux de Dieu? La toilette, les journaux, les devoirs dé société, toutes les distractions journalières, prouvent que le cœur ne répond pas à l'affection que les bénédictions célestes méritent, qu'il a perdu la conscience de la valeur de son objet. Ce dernier est peu apprécié et nous ne l'aimons pas comme nous devrions l'aimer. La cause de tout cela est la chair en nous. Convoitises de l'esprit ou de la chair, tout se place entre moi et ce que Dieu a fait pour prendre possession de mon cœur, et tend il obscurcir ma vue.
Ce qui nous est présenté ici, c'est le repos de Dieu lui-même. L'apôtre tient à faire comprendre aux Hébreux qu'ils n'avaient pas le repos et qu'il était encore devant eux. S'il s'agit du repos de la conscience, il est atteint et aussi parfait ici-bas que dans le ciel, le sang de Jésus Christ ayant autant de valeur maintenant que dans l'éternité. Je suis aussi bien sans péché quant à la justice de Dieu que je le serai dans le ciel. Le sang de Jésus Christ me purifie de tout péché. J'ai la même justice, le même Christ que dans le ciel. Le repos est donc parfait, même avec peu d'activité chrétienne et de travail. Il peut y avoir, ce qui est autre chose, un travail pour arriver au repos de la conscience. Ainsi Romains VII me place devant la loi et aboutit à la misère. La conscience dit: «La loi est bonne et je ne l'accomplis pas », aussi ne peut-elle avoir de repos. En Romains VIII c'est autre chose: Je suis aussi agréable à Dieu que Christ lui-même et je n'aurai pas dans le ciel une autre justice que celle que j'ai maintenant. N'ayant aucune conscience de péché, j'ai le repos de la conscience.
L'activité de la vie chrétienne est autre chose. Lorsque le cœur lui-même sera comme le cœur de Dieu quant à ses joies et possèdera son Objet sans qu'il puisse y avoir quoique ce soit pour l'empêcher d'en jouir, ce sera le repos. Le chrétien ne l'a pas encore, mais il a la conscience d'avoir confié son bonheur à Christ. En attendant il travaille pour Lui.
Hélas! Le chrétien ne se repose que trop. Il se contente facilement du désert, tandis que son cœur est en Égypte. Si Canaan ne s'est pas emparé du cœur, le désert ne vaudra rien, puisqu'on y trouve l'occasion de retourner en Égypte. On a souvent à insister là-dessus. Il reste un repos, sans cela on éprouve le besoin d'en trouver un ici-b!S. On se contente de choses qui ne sont pas selon lE cœur de Dieu et de ne posséder que très peu de Christ. Le cœur s'endurcit; on abaisse le niveau de ce qu'oN devrait atteindre; on se Mondanise ; On oublie qu'une promesse nous est laissée d'entrer dans Son repos et qu'il reste un repos pour le Peuple De Dieu.
CoNsidéron3 les traits de ce repos et les moyens que. Dieu emploie pour nous faire aller en avant avec bo. courage.
Dieu veUt que vous compreniez qu'il reste un repos et que vous n'y êtes pas. Christ ne peut pas vous le donner ici-bas où tout est souillé. Si le cœur peut trouver du repos au milieu de la souillure, il n'aura .jamais de repos avec Dieu. Une pleine confiance dans l'amour de Dieu est un repos pour le cœur, car on sait que Dieu nous aime comme il aime Jésus. En ce sens le cœur s'y repose. Il sait de plus que cet amour aura tout son effet et que Celui qui a commencé en nous une bonne œuvre, l'achèvera jusqu'au jour de Christ.
Considérons maintenant le caractère du travail et de l'absence de repos!
Pourquoi le travail ? Pourquoi ne s5is-je pas dans le repos ? Parce que j'ai les mjmes pensées, les Mêmes goûts que Dieu: sainteté, bonh%ur. Je n'Ai pas de repos, non parce que ma conscience n'est pas en pAix, ni parce que je ne suis pas sûr de l'amour de Di%u, mais parce que j'ai les mjmes pensées, les mêmes affections que Dieu lui-m, me. Je ne puis pas jtre dans le repos, juSqu'à ce qu'Il se repose dans s/n aMOur (Sophonie III, 17.) C'est là un repos satisfait du fruit de Son travail. Le cœur a les mêmes goûts, la même nature que Dieu, et ne peut avoir du repos tant que Dieu ne se repose pas dans un état de choses parfaitement conforme à ses perfections. À ceux qui l'accusaient de ne pas observer le sabbat, Jésus dit: «Mon Père travaille jusqu'à maintenant et moi je travaille. » Pas de repos dans la misère et le péché; telle est la pensée de Christ.
Nous serons dans le repos, et Dieu lui-même y sera, quand nous serons parfaits, selon son cœur. Comme Église, glorieuse, sans tacheni ride, posséDant enfin l'Objet de nos cœUrs renouvelés, nous serons daNs le repos, avec les mêmes peNsées que Christ.
PoUrquoi est-ce que je travaille maintenant ? Parce que j&ai les mêmes pensées que Dieu. Il verra du fruit du traVail de son âme et se reposera pArce que tout sera bon et parfait (ÉsAoe LIII).
Le travail n'a pas cessé. Il reste que 1uelq5es-uns entreNt dans le repos de Dieu (v. 6.) «Celui quiest entré dans son repos, celui-là s'Est r%Posé de ses œuvres, comme Dieu s'est reposé des siennes propres» (v. 10). Il ne s'agit pas pour nous de nous reposer de nos œuvres mauvaises, mais de nos bonnes œuvres. Ce ne sera plus un effort continuel pour raccommoder ce que le péché gâte toujours.
Qu'est-ce qui nous empêche de jouir de ce repos et de faire des progrès pour l'atteindre? Le péché, la chair, les pensées qui retournent en Égypte, Alors, qu'est-ce que Dieu fait à notre égard? Il a une Parole (v, 12-13) qui pénètre jusqu'à la division de l'âme et de l'esprit, qui discerne les pensées et leS intentions Du cœur: Il juge, dans le désert, toutes les choses qui tendent à nourrir l'inc2Édulité et ce qui nous obscurcit l'Objet de notre foi. J'insiste beaucoup là-dessus. Si vos cœurs ont goûté d'avance ce repos, c'est en ayant vos pensées, et vos affe#tions conforme au8 pensées de Dieu. Repos de deux amis, bonheur, privilège immense d'être rendus participants de sa sainteté! Tout ce qui nourrit la chair et tend à détourner le cœur de la pureté de Dieu, tend à ôter son importance à Canaan pour en donner à l'Égypte, et à faire de Christ un « pain méprisable.» L'homme apprécie tout selon son Objet. S'il est ambitieux, il juge de la valeur des choses selon le but dé son cœur. Si vous avez goût le bonheur d'être avec Dieu, vous jugerez de tout comme Dieu. Des choses innocentes, un devoir qui cache Christ rie sont ni innocentes, ni un devoir pour le chrétien. Je parle du cœur du principe, du ressort de toute la vie, Si, j'ai vu Christ, si je l'ai contemplé, tout ce qui m'empêche de le voir est une perte. Celui qui ne hait pas père, mère, et jusqu'à sa propre vie, ne peut être son disciple. Quand je fais un sacrifice, c'est que j'aime la chose que j'abandonne; c'est donc toujours moi-même que je sacrifie. Si un lien avec le monde est rompu, c'est le cœur qui est rompu, brisé, et je souffre ; mais Dieu, fait cela parce qu'il a un but pour nous. Il emploie la Parole, la perfection de la révélation de Christ, Christ lui-même, dans ce but. Cela encourage la vie spirituelle et nous fait voir que tout n'est qu'ordures en comparaison, de Lui. Mais ce n'est pas tout. Christ m'est présenté et me dit: Tu recherches quelque chose d'aimable ? Ce n'est pas moi, cela ; c'est toi-même. J'aurais voulu garder cela sans en rien dire; filais la Parole est inexorable; elle fait des ravages, mais, ne craignez pas, d'heureux ravages. Si nos cœurs étaient ce qu'ils devraient être, il n'y aurait que du bonheur. Christ ne veut pas conclure la paix avec ce qui est un obstacle ; la Parole de Dieu est vivante et efficace ; c'est Dieu lui-même qui y est. Elle vient à nous comme l'œil de Dieu qui se fixe sur quelque chose que nous aurions voulu nous cacher à nous-mêmes. Alors il y a lutte dans nos cœurs entre ces choses et Christ et il nous faut savoir si elles sont jugées. La Parole n'épargne rien, pas même la vie, pourvu que l’on gagne Christ.
C'est une joie parfaite pour nos âmes quand notre cœur est purifié, tandis qu'il y a danger d'endurcissement par la séduction du péché. Tel est le remède que l'apôtre applique à l'état religieux des Hébreux. Il emploie la Parole pour le juger. Il ne veut faire la paix avec aucune chose dans nos cœurs, qui les empêcherait d'être heureux avec Dieu. Quand on emploie la Parole pour se juger, on ne trouve que du bonheur et de la joie dans cette fidélité qui ouvre le cœur à la lumière. La volonté est détruite, le but est atteint. Notre volonté se mêle à tout. Prenez l'affection pour un enfant; voilà, une idole dans le cœur. Dieu voit cela et retranche l'enfant. On souffre, mais avec la conscience que Dieu nous aime, et la douceur dans le cœur remplace l'amertume causée par le combat de notre volonté avec celle de Dieu.
Je suppose la volonté brisée par la Parole qui l'a jugée. Je trouve alors le «grand souverain sacrificateur» - «Jésus, le fils de Dieu» (v. 14). Aussitôt qu'il ne s'agit plus de ma volonté, je suis dans sa compagnie. Il sait introduire dans le cœur qui souffre, plus de consolations que s'il n'y avait jamais eu de souffrance. L'affection de Jésus est devenue une force divine pour won cœur; Il a la langue des savants pour soutenir par une parole celui qui est accablé de maux.
Jésus sait par expérience, non parce qu'il avait une volonté, mais parce qu'il avait celle de son Père, comment Dieu consoler un cœur brisé, de quelle manière Sa grâce s applique aux besoins d'un cœur d'homme. Et ainsi il sait consoler nos cœurs et les lier au cœur de Dieu, n'ayant aucune autre volonté que la sienne. S'agit il de notre volonté, il faut l'épée à deux tranchants et ce n'est pas la paix. S'agit-il de nos besoins, nous avons le trône de la grâce qui répondit à tout nous console et nous vient en aide. Jésus a tout rencontré dans ce monde et sympathise avec nous, sauf avec la volonté mauvaise et les mauvaises convoitises. Même s'il s’agit d'une chute il est là pour nous relever. Il est, miséricordieux pour tous nos besoins, mais la Parole n'épargne rien en nous, afin que nous trouvions, par nos infirmités même, ce qui nous fait jouir de Christ.
Le trône de la grâce (v. 16) nous parle des difficultés du chemin.
Encore un mot: On ne peut être chrétien sans que Christ soit l'objet de nos cœurs, le but de notre vie. « L'œil simple» n'est pas simplement l'œil, Car si l'homme n'a pas l'œil, la foi, il n'est pas chrétien ; mais Dieu veut que notre œil soit simple, que Christ seul soit au fond du cœur. C'est l'entre-deux qui est la difficulté. Il ne s'agit pas seulement de ne pas déshonorer par une vie mauvaise le nom .que nous portons. Les affaires de toute espèce nous trompent en dominant notre cœur, obscurcissent la vue, et pendant les trois quarts du temps la chair occupe nos pensées. Christ est là, mais c'est un Christ gâté dans la manifestation de notre vie, un mélange qui n'étant ni eau ni terre, devient boue.
Où en êtes-vous, bien-aimés? Votre œil est-il simple? Si vous avez des besoins, tant mieux! Que je serais heureux d'entendre les chrétiens dire : Je suis faible, j'ai besoin de Christ. Cherchez-vous peut-être d'autres choses qui ne sont rien pour Christ? Y gagnez-vous maintenant, et qu'y aurez-vous gagné quand vous le rencontrerez! On n'a pas l'œil simple, on ne voit pas Christ clairement, et ce sont ces choses là qui empêchent de le voir. Plus d'un d'entre vous n'est pas heureux; il cherche en vain à parler de Christ, dont il ne goûte pas l'amour avec des chrétiens plus spirituels que lui. S'il se trouve seul, Christ est éloigné de sa pensée et il n'est occupé que de sa campagne ou de ses affaires. Sans Christ un chrétien mort peut être à son aise!
Si nous voulons être joyeux et avoir les affections heureuses du cœur, comprenons qu'il ne s'agit pour nous que de Christ, que de le gagner, que de croire à son amour, et la Parole qui juge tout en nous est encore l'action de son amour afin que nous puissions le glorifier dans notre marche.
S'il en est ainsi, notre désir sera de le voir, de lui être semblables, et nos cœurs savoureront d'avance ce repos qui reste pour le peuple de Dieu. Bientôt Il viendra nous prendre pour nous y introduire!
J. N. D.
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COURTES MÉDITATIONS

N° 34.

LA NOURRITURE ET LA MARCHE.

Pour entreprendre une longue marche, il est nécessaire d'avoir pris de la nourriture et ensuite de renouveler ses forces avec les aliments dont on a fait provision. Je désire aujourd'hui montrer en quelques mots, l'influence de la nourriture sur la marche du chrétien.
Après la Pâque et la mer Rouge (types de la Rédemption qui, d'un .côté, nous met à l'abri du jugement de Dieu, de l'autre nous délivre de l'esclavage de Satan et nous amène à Dieu), le peuple d'Israël est appelé à entreprendre la marche à travers le désert. Ici il n'a qu'une seule nourriture, nourriture uniforme sans doute aux yeux de l'homme, mais contenant tous les éléments qui entretiennent la vie et pourvoient aux obstacles de la route; de même il n'a qu'une boisson, l'eau vive, sortant du rocher frappé. Dans la nuit mémorable qui précéda sa sortie d'Égypte, le peuple s'était nourri, une fois pour toutes, en figure, d'un Christ mort, et n'avait plus désormais qu'à célébrer le mémorial de la Pâque. Dans le désert il se nourrit en figure d'un Christ vivant, descendu du ciel, d'un Christ homme venu pour faire la volonté de Dieu, pour le glorifier dans la soumission d'une humble dépendance pour servir son Dieu et pour servir ceux qu'il venait sauver.
En décrivant les vertus de cet homme sans apparence qui était le pain vivant descendu du ciel et n'a pas cessé d'être ce pain vivant, puisqu'il est «la manne cachée » dans le sanctuaire, combien je suis humilié de savoir si peu proclamer ses vertus, si peu les réaliser dans la marche journalière ! C'est qu'il est nécessaire, pour les faire valoir, d'imiter le peuple, c'est-à-dire de récolter la manne chaque matin, pour la, manger chaque jour, Un jour sans manne était un jour sans force, un jour où la défaillance atteignait en chemin celui qui avait négligé de se pourvoir de cette nourriture. La fatigue de l'Israélite n'avait aucun rapport avec la qualité de l'aliment céleste, car il y avait dans ce dernier, jour après jour, une force suffisante pour chaque étape du voyage. De même pour nous: un chrétien qui se nourrit journellement des perfections de Christ homme, qui le suit dans son service, dans Bon dévouement, dans son parfait oubli de lui-même, dans son inlassable activité, dans ses sympathies, ses miséricordes et son amour, dans sa sainteté et sa pureté absolues, dans une vie où chaque instant était consacré à Dieu et aux hommes... Aux hommes? Quand pas un instant de cette vie ne passait sans souffrir de leur part! Mais comment connaître cette vie? Nous l'avons dans la Parole qui n'en est pas un reflet affaibli, mais l'expression vivante elle-même. C'est par la Parole qu'elle se communique à nous. Jamais si, cherchant Christ dans la Parole, nous le récoltons chaque jour, nous ne sentirons aucune lassitude de la marche! Dans cette manne est la force de nos âmes. «Bienheureux» est-il dit, «celui dont la force est en toi!» (Psaume LXXXIV, 5.)
Mais, prenons-y garde, dès que le désir des aliments de l'Égypte s'est emparé de nos cœurs, la manne a perdu sa valeur: «Il n'y a rien, si ce n'est cette manne, devant nos yeux, » dit le peuple infidèle (Nombres XI, 6.) En nous nourrissant de Christ, tel qu'Il s'est manifesté comme homme ici-bas et tel que sa Parole nous le fait connaître, nous arriverons victorieusement et sans entrave au bout de la course.
Telle est la nourriture du chrétien pour sa vie journalière, alimentée par la vie divine manifestée dans l'homme Christ Jésus; vie qui nous amènera finalement en Canaan où la manne cessera et où nous serons rassasiés du blé du pays. Mais nous, chrétiens, nous avons le privilège de jouir à la fois, déjà ici-bas, de la nourriture du désert et de la nourriture de Canaan.
Le Psaume XXIII ème, tout en nous menant dans le désert, nous parle de cette autre nourriture. En effet la nourriture d'une brebis n'est pas la même que celle d'un voyageur. Mais, en tout premier lieu la brebis a le Berger avec elle pour la conduire, et rien que Sa présence lui fait dire: «Je ne manquerai de rien.» À sa suite elle est nourrie dans le désert de tout ce que le pays céleste offre de meilleur: Repos au milieu de l'abondance, âme désaltérée en buvant aux eaux courantes de la vie et de l'Esprit. Ce sont les bénédictions spirituelles et célestes que le Berger connaît bien et vers lesquelles il dirige nos pas. Avec ce rassasiement de joie qui comble tous nos désirs et répond à tous nos besoins, le voyage à travers la vallée où règne l'ombre de la mort nous est facile. L'âme pleine de repos est maintenant pleine d'assurance. «Je ne craindrai aucun mal,» dit-elle; «tu es avec moi.» Les pâturages herbeux ne sont pas toujours là, mais tout va bien si tu es là. Tu as des ressources pour toutes les circonstances.
Mais voilà que l'aspect désolé d'un monde où la mort jette ses ombres lugubres fait place à l'aspect nouveau, bien autrement angoissant, d'un désert plein de dangers, rempli à chaque pas d'ennemis et d'embûches. Ici la brebis a besoin d'un renouvellement de provisions, d'une nourriture appropriée au caractère de la contrée sauvage qu'elle doit traverser. La table dressée ne rappelle-t-elle pas le grand souper de la grâce ?
La tête ointe d’huile, la connaissance par le saint Esprit d'un Christ céleste. La coupe comble n'est-elle pas la joie dans Sa communion et dans la louange ? Ainsi, du commencement à la fin, cette nourriture-là est céleste et acquiert toujours plus de prix à mesure que nous approchons du terme du voyage. Ce terme, la brebis peut en dire avec une pleine assurance: «Mon habitation sera dans la maison de l'Éternel pour toujours ! »
H. R.
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ÉTUDE SUR LA PREMIÈRE ÉPÎTRE À TIMOTHÉE

CHAPITRE VI

(Suite)

Vers. 1-2. - Que tous les esclaves qui sont sous le joug estiment leurs propres maîtres dignes de tout honneur, afin que le nom de Dieu et la doctrine ne soient pas blasphémés; et que ceux qui ont des maîtres croyants ne les méprisent pas parce qu'ils sont frères, mais qu'ils les servent d'autant plus que ceux qui profitent de leur bon et prompt service sont des fidèles et des bien-aimés. Enseigne ces choses et exhorte.

Ces versets contiennent les instructions aux esclaves. Il est d'abord question de leurs rapports avec des maîtres incrédules, tandis qu'en parlant à tous les esclaves, l’apôtre ne s'adresse qu'à ceux qui font partie de la maison de Dieu. Il les décrit comme semblables à des bêtes de somme, dans une position d'entière dépendance et d'infériorité vis-à-vis des hommes libres. Loin de s'insurger contre leurs maîtres, même si leur conduite est tyrannique; ils doivent les estimer dignes de tout honneur. Nous avons vu plus haut (V, 17), ce que ce mot signifie. Une telle recommandation a une grande portée. Il ne s'agit pas ici d'une sujétion forcée sous un joug impatiemment subi mais l'esclave chrétien reconnaît à son maître, quel qu'il soit, toute dignité, et lui rend moralement et effectivement tout service. Dans quel but ? C'est afin que le nom de Dieu dont ces esclaves sont les porteurs, et la doctrine, signe distinctif de la maison de la foi dont ils font partie, ne soient pas blasphémés par ces maîtres incrédules. Ces esclaves chrétiens étaient placés par Dieu chez de tels maîtres pour faire connaître à ces derniers et Son nom et la doctrine de Christ, confiée, comme témoignage, à la maison de Dieu ici-bas; doctrine sur laquelle est fondée toute la vie pratique du chrétien.
L'apôtre s'adresse ensuite aux esclaves qui ont des maîtres croyants. Ils seraient peut-être en danger de se comporter envers eux à l'inversé de leur attitude envers les maîtres incrédules, c'est-à-dire de les mépriser. Un tel sentiment dénoterait la chair s’élevant contre l'autorité établie de Dieu et contredirait tous les principes de la saine doctrine. L'esclave, au lieu de s'élever au niveau de son maître chrétien ou de le rabaisser à son propre niveau, doit être heureux de le servir et aimer à le faire, parce qu'un tel maître est un fidèle quant à son témoignage envers le Seigneur, et un bien-aimé pour le cœur de Dieu au milieu de la famille chrétienne.
Cette exhortation incombait à Timothée, ainsi que l’enseignement qu'elle comporte, car l'une et l’autre faisaient partie du don de ce cher fils de l'apôtre (IV, 13.)

Vers. 3-5. Si quelqu’un enseigne autrement, et ne se range pas à de saines paroles, savoir à celles de notre Seigneur Jésus Christ et à la doctrine qui est selon la piété, il est enflé d'orgueil ne sachant rien, mais ayant la maladie des questions et des disputes de mots, d’où naissent l'envie, les querelles, les paroles injurieuses, les mauvais soupçons, les vaines disputes d'hommes corrompus dans leur entendement et privés de la vérité, qui estiment que la piété est une source de gain.

Voilà donc ce que Timothée avait à enseigner en exhortant les esclaves. Celui qui enseigne autrement et ne se range pas aux saines paroles de Christ, ainsi qu'à sa doctrine, est un orgueilleux et un ignorant, car la doctrine a la piété vue, a pour but de produire des relations de crainte et de confiance entre l'âme et Dieu et tout ce qui n'a pas ce caractère ne peut être la doctrine de Jésus Christ. Toujours la doctrine doit nous ramener à cultiver nos relations avec Dieu, à en jouir et à faire ressortir son caractère devant le monde. Celui qui ne suit pas ce chemin est, comme nous l'avons dit, un orgueilleux, entièrement ignorant du but et des pensées de Dieu. On dispute sur les mots, preuve d'un triste déclin dans la maison de Dieu. Le résultat ne peut être ni la paix, ni l'amour, mais de tristes querelles d'où naissent les mauvais sentiments qui remplissent les cœurs d'aigreur, de haine et d'amertume. État haïssable, issu de la corruption, état d'esprits complètement étrangers à la vérité, et, plus encore, qui cherchent à tirer un profit matériel de cette apparence de piété qu'ils se donnent, en entrant dans des disputes religieuses qui n'ont point affaire à la doctrine de la piété. La haine, le mécontentement produit par ces disputes, l'oubli complet des relations avec Dieu, caractérisent ces hommes.

Vers. 6-8. - Or la piété avec le contentement d'esprit est un grand gain. Car nous n'avons rien apporté dans le monde; il est évident que nous n'en pouvons rien emporter. Mais ayant la nourriture et de quoi nous couvrir, nous serons satisfaits.

Quel contraste entre l'homme des v. 3-5 et le croyant fidèle des vers 6-8 ! Il y a, en effet, un grand gain dans ces deux choses; la piété qui a la promesse de la vie présente et de la vie qui est à venir (IV, 8), et le contentement d'esprit qui ne cherche pas son gain dans les choses d'ici-bas. Le chrétien content d'esprit sait fort bien qu'il n'emportera rien de ces choses, dont il pourrait lui être donné de jouir pour un temps ; il se gardera par conséquent d'y mettre son cœur. Ce chrétien-là est simple. Ayant tout son intérêt dans les choses à venir qui lui sont promises, il est amplement satisfait que Dieu lui assure ici-bas la nourriture et le vêtement et il en jouit avec actions de grâces. Toute autre chose est plutôt une entrave pour lui, car il sait qu'il ne peut rien emporter de ce monde où il n'a rien apporté (Psaume XLIX, 17 ; Ecclésiaste V, 15), et s'il s'était attaché à ces choses, ce seraient des liens qu'il lui faudrait briser un jour. Vivant dans les choses éternelles où la piété trouve son compte, et sachant que la possession des choses visibles partagerait Bon cœur entre ces deux milieux, la terre et le ciel, sa piété préfère les choses invisibles qui sont éternelles, car des premières il ne restera rien et nous n'en emporterons rien dans l'éternité.
Le gain réel de la piété n'est pas celui que les hommes ambitionnent en se livrant à leurs vaines disputes et discussions religieuses par lesquelles ils pensent s'acquérir réputation, gain et profit; la vraie piété introduit toujours davantage l'âme du fidèle dans la jouissance de ses relations avec Dieu et trouvera son couronnement quand nous jouirons de ces relations sans aucun nuage.
(À suivre).
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LA POSITION CHRÉTIENNE ET LE SAINT ESPRIT

Il est de la plus haute importance pour nous, croyants, de savoir si le Saint Esprit est retourné au ciel depuis la Pentecôte et doit être envoyé de nouveau sur la telle à chaque réveil de l'Église, ou s'il est demeuré avec nous ici-bas depuis ce grand événement.
Il y a près de dix-neuf siècles, un petit nombre de disciples du Seigneur Jésus se réunissaient dans une chambre haute pour prier dans l'attente de «la puissance d'En Haut» qui devait, selon la promesse de leur Maître, les revêtir à bref délai. Ils étaient faibles et craintifs (Jean XX, 19, 20), et dans l'ignorance, relativement aux conseils de Dieu au sujet des nations et de l'Assemblée. Pour la plupart, ils avalent encore des préjugés et des sentiments juifs que l'action puissante du Saint Esprit pouvait seule dissiper (Actes I, 6 ; X, 45-47 ; XI, 15-18). De plus, ils n'avaient pas encore la puissance nécessaire pour annoncer la Parole de Dieu et avaient reçu l'ordre formel du Seigneur lui-même d'attendre qu'elle leur eût été donnée par le baptême du Saint Esprit (Actes I, 4-5, 8). Ce ne fut qu'alors qu'ils formèrent le corps de Christ ou l'Assemblée, dont l'ordre, l'organisation et les privilèges leur étaient inconnus jusqu'à ce moment-là.
Cet état de choses continua jusqu'à la descente du Saint Esprit le jour de la Pentecôte, dont nous avons le récit en ces termes: « Comme le jour de la Pentecôte s'accomplissait, ils étaient tous ensemble dans un même lieu. Et il se fit tout à coup du ciel un son comme d'un souffle violent et impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Et il leur apparut des langues divisées, comme de feu; et elles se posèrent sur chacun d'eux» (Actes II, 1-3). Ainsi fut accomplie la promesse de Christ : « Je prierai le Père, et il vous donnera un autre Consolateur pour être avec vous éternellement, l'Esprit de vérité» (Jean XIV, 16).
Aux termes de cette promesse, le Consolateur devait venir et demeurer toujours avec eux. Aussi, le jour de la Pentecôte, non seulement des langues divisées, comme de feu, leur apparurent, demeurant sur chacun d'eux, symboles des dons et de la puissance du Saint Esprit qui leur étaient conférés, mais «il se fit du ciel un son, comme d'un souffle violent et impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis», ce qui était le témoignage de sa présence personnelle au milieu d'eux. C'est ainsi que, d'une manière éclatante, leur fut annoncée la venue de ce puissant et divin Consolateur. Son habitation avec nous et nous éternellement nous annonce 1a gloire dans laquelle Dieu a placé son Fils, et qu'il nous donnera avec lui.
La présence du Saint Esprit changea complètement l'aspect des choses pour les, disciples. Au lieu de la crainte qui remplissait leurs cœurs, ils furent caractérisés par le courage et la confiance; là faiblesse fit place à la puissance et, avec une sainte hardiesse, ils rendirent publiquement témoignage à Christ, tandis qu'auparavant ils fermaient soigneusement les portes du lieu où ils étaient assemblés (Jean XX, 19.) «Ils furent tous remplis de l'Esprit Saint, et commencèrent à parler d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'énoncer» (Actes II, 4.) De plus, pour la première fois, l'Assemblée est mentionnée comme existant sur la terre et comme étant le rassemblement auquel s'ajoutaient les croyants (Actes II, 47). L'unité et l'amour caractérisaient, aux yeux de tous, ceux qui en faisaient partie (v. 44, 45, 46) ; la puissante opération du Saint Esprit en eux les rendait capables de persévérer « dans la doctrine et la communion des apôtres, dans la fraction du pain et les prières» (v 42.) Ces quatre traits de leur témoignage sont de la plus haute importance et montrent la puissance spirituelle et l'intelligence des pensées de Dieu que leur communiquait le Saint Esprit. Un autre fruit de son opération était le grand nombre d'âmes ajoutées au Seigneur. Par le ministère de la Parole, confié à Pierre, environ trois mille personnes furent converties ce jour-là (v, 41.) Nous lisons encore: «Plusieurs de ceux qui avaient ouï la parole crurent ; et le nombre des hommes se monta à environ cinq mille» (Actes IV, 4.) Ces conversions n'étaient pas l'effet des manifestations extraordinaires qui accompagnèrent la venue du Saint Esprit (Actes II, 2, 3), mais les fruits bénis de sa présence dans les cœurs de ceux dans lesquels il opérait avec puissance. Aussi, avant que les conversions se fussent produites, Pierre, s'adressant aux foules attirées par le don des langues, leur dit: «Ayant donc été exalté par la droite de Dieu .et ayant reçu de la part du Père l'Esprit Saint promis, il a répandu ce que vous voyez et entendez» (Actes II, 33). Ceci nous montre clairement que l'apôtre voyait la réalisation de la promesse dans le don qui avait été fait du Saint Esprit à ceux qui, tout en croyant au nom de Jésus, ne l'avaient pas reçu jusqu'à ce jour-là. Puis vinrent les conversions opérées par sa puissance, par le moyen de la Parole prêchée par Pierre. Celui-ci parle du Saint Esprit comme ayant été répandu (v. 33, même mot qu'au v. 17) et comme étant manifesté par les fruits que les disciples devaient porter par sa puissance. Il s'agit donc de l'effusion du Saint Esprit répandu en abondance sur les croyants, après l'ascension de Christ à la droite de Dieu. Les disciples étaient déjà dans la foi, mais ils attendaient de recevoir, par le Saint Esprit, la puissance nécessaire pour rendre témoignage à Christ (Actes I, 8).
Il ne faut pas confondre ces deux choses: la première était la descente du Saint Esprit et la seconde en était un des résultats bénis. Il vint ici-bas pour demeurer avec les saints et en eux, et montrer sa puissance. Il agit selon celle-ci dans l'Assemblée et aussi dans le monde, par le moyen d'un témoignage rendu par ceux dans lesquels il habitait, à savoir d'abord les apôtres, puis tous ceux dont il s'est servi dès lors.
Une scène d'une grande importance se déroule à nos yeux en Actes IV. Les chefs de la nation juive s'efforcent d'arrêter l'œuvre de Dieu, en défendant aux apôtres avec menaces de parler davantage .au nom de Jésus. Cette opposition de l'ennemi conduit les saints à la prière en commun. Ils demandent à Dieu de continuer son œuvre, de convertir, de sauver, de bénir les âmes, comme nous le désirons aujourd'hui encore. Il semble que nous avons là la première grande réunion de prières depuis la venue du Saint Esprit, quoiqu'elle n'eût pas été convoquée d'avance. Que demandent les croyants réunis ? Non pas que le Saint Esprit soit envoyé sur eux, car ils savent qu'ils l'ont déjà reçu, mais que, en face de toute l'opposition qu'ils rencontrent, toute hardiesse leur soit donnée pour annoncer la Parole de Dieu, afin que le nom de Jésus soit magnifié par le déploiement de sa puissance parmi les hommes. La réponse leur fut immédiatement donnée: «Et comme ils faisaient leur supplication, le lieu où ils étaient assemblés fut ébranlé, et ils furent tous 1'emplis du Saint Esprit, et annonçaient la parole de Dieu avec hardiesse» (v. 31.) Nous lisons encore: «Et les apôtres rendaient avec une grande puissance le témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus; et une grande grâce était sur eux tous» (v. 33.) «Et la multitude de ceux qui avaient cru était un cœur et une âme... toutes choses étaient communes entre eux» (v. 32.) L’unité de cœur et de pensée, le renoncement à leurs propres intérêts pour le bien de ceux qui étaient dans le besoin les caractérisaient: «Et des croyants d'autant plus nombreux se joignaient au Seigneur, une multitude tant d'hommes que de femmes» (V, 14). Ceux qui tentent l'Esprit du Seigneur, en apportant le mensonge en sa présence, sont immédiatement frappés par le jugement divin (Actes V, 1 11.) Par tous ces faits, nous apprenons ce que doivent être nos prières, soit pour nous-mêmes, soit pour les pécheurs qui nous entourent.
(À suivre).
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PENSÉE

Marthe, en recevant le Seigneur, ne faisait pas honneur à Lui seulement; elle pensait aussi à elle-même. Marie avait choisi la bonne part qui était d'estimer Christ et sa parole, et ne pensait pas à œ que Marie pouvait faire pour le Seigneur, mais à ce que le Seigneur faisait pour Marie. Pour elle, il n'était besoin que d'une chose, de Christ lui-même et cette bonne part ne lui sera point ôtée, car elle est éternelle. La communion avec Jésus, le bonheur en Lui, l'humilité devant Lui, caractérisent un amour réel et profond.
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COURTES MÉDITATIONS

N° 35.

LA OOMMUNION, BASE DU TÉMOIGNAGE.

Apocalypse III, 20.

Les titres que prend le Seigneur en s'adressant aux sept églises de l'Apocalypse sont comme le reflet de ce qu'il a à blâmer et parfois à louer dans chacune de ces églises. De fait, ces titres ne sont élogieux que deux fois: dans l'épître à Smyrne et dans celle à Philadelphie; je veux dire que, dans ces deux cas l'état de l'assemblée correspond aux caractères que le Seigneur prend vis-à-vis d'elle. À Smyrne il est «le premier et le dernier, qui a été mort et qui a repris vie », quand l'Assemblée est encouragée à être fidèle jusqu'à la mort dans les persécutions, pour obtenir la couronne de vie. À Philadelphie il est le Saint et le Véritable qui a la clef de David, la puissance, quand l'Assemblée a peu de force, a gardé la parole du Véritable et n'a pas renié le nom du Saint. Dans les cinq autres épîtres, et d'une manière toute particulière dans la dernière, celle à Laodicée dont nous venons de lire un verset, les titres du Seigneur forment le contraste le plus absolu et expriment le jugement le plus complet sur l'état moral de chaque assemblée.
Nous ne pouvons nous dissimuler qu'à mesure que nous avançons vers l'apostasie finale, dernière période de la chrétienté représentée par Laodicée, le témoignage collectif des saints, si impressionnant au commencement des Actes, quand le don du Saint Esprit à la Pentecôte avait formé les croyants en un seul corps sur la terre, s'est perdu de plus en plus. Or c'est précisément après l'abandon de œ témoignage initial par le mélange de l'Église avec le monde, que sont écrites les épîtres aux sept assemblées. Néanmoins, un témoignage collectif se retrouve à Philadelphie, lorsque Sardes, l'église issue de la Réformation, n'a plus que le nom de vivre, mais est morte. Hélas! Philadelphie, à son tour, a aussi perdu ce caractère collectif, en tant qu'elle donnait pour ainsi dire son nom à une période distincte de l'histoire de l'Église responsable, et nous assistons bien plutôt aujourd'hui à l'état de « tiédeur» de Laodicée qui précède le moment où elle sera« vomie de la bouche» du Seigneur, comme un objet qui excite son dégoût.
En parlant ainsi nous ne voulons nullement dire que, si ces divers états de l'Église se suivent historiquement, ils ne puissent coexister dans une mesure. Nous ne doutons pas que les quatre dernières églises: Thyatire (le catholicisme), Sardes (le protestantisme), Philadelphie (un réveil du témoignage collectif chez les fidèles de nos jours), et Laodicée (la tiédeur générale et l'abandon final de ce témoignage) n'existent jusqu'à la fin (comme l'attestent les chap. II, 26-28 et III, 11), avec leurs caractères respectifs, seulement c'est surtout de leur succession historique que l'Esprit de Dieu se propose de nous entretenir dans ce livre prophétique.
Revenons maintenant à Laodicée. Tout témoignage à Christ, (car c'est Lui qui est le seul objet du témoignage chrétien) y est complètement absent et, chose encore plus aggravante, il est remplacé par le témoignage que Laodicée se rend à elle-même. Que dit-elle en effet? « Je suis riche et je n'ai besoin de rien.» L'exaltation du vieil homme, les mérites de l'ancienne créature, dont Dieu n'avait pu faire autre chose, après l'avoir éprouvée de toute manière depuis la chute, que de la condamner définitivement en la clouant à la croix, sont venus remplacer à Laodicée Celui qui est déclaré, en résurrection, «le commencement de la création de Dieu », cette condamnation absolue du vieil homme, la nécessité d'une nouvelle naissance, d'une nouvelle création, y sont entièrement ignorées. Au milieu de ce naufrage définitif, Christ reste seul comme «le témoin fidèle et véritable». Cherchez un témoignage collectif au milieu de cet abandon radical de la vérité, vous n'en trouverez pas même une trace. Cherchez un témoignage individuel, vous le trouvez dans la personne du «témoin fidèle et véritable ». Où se tient-il, ce témoin ? À la porte. C'est la seule place qui lui convienne, la seule qu'il ait choisie. Oui, mais chose infiniment précieuse, c'est de là qu'il fait appel à la piété individuelle. Il frappe à la porte ; Il parle. La brebis entend la voix du bon Berger et lui ouvre. Il entre ; il vient faire domicile chez celui qui le reçoit. Bien plus encore, il dit: « Je souperai avec lui et lui avec moi. » Ces paroles sont l'expression de la communion individuelle la plus complète entre Christ et le fidèle, entre le fidèle et Christ, Elles assimilent le croyant isolé au témoignage de Philadelphie elle-même, dont le caractère, malgré sa grande faiblesse, est avant tout la communion avec le Saint et le véritable. Cette Communion fait du saint isolé à Laodicée un témoin à son tour.
Tout en regrettant les temps heureux d'autrefois où, dans l'Église naissante, tous, les croyants avaient communion les uns avec les autres (1 Jean I, 3-4), le croyant d'aujourd'hui ne se plaint, ni ne se lamente. Il trouve dans le souper avec le Seigneur une communion plus précieuse, plus intime que celle de Philadelphie, si même la communion avec les saints venait à lui manquer totalement; ce qui, grâce à Dieu, n'est pas le cas et ne le sera jamais tant que la venue du Seigneur n'aura pas enlevé tous ses bien-aimés auprès de lui, sans qu'il en manque aucun !
H. R.
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ÉTUDE SUR LA PREMIÈRE ÉPÎTRE À TIMOTHÉE

CHAPITRE VI

(Suite)

Vers. 9-10. - Or ceux qui veulent devenir riches tombent dans la, tentation et dans un piège et dans plusieurs désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine, et la perdition; car c'est une racine de toutes sortes de maux que l'amour de l'argent: ce que quelques-uns ayant ambitionné, ils se sont égarés de la foi et se sont transpercés eux-mêmes de beaucoup de douleurs.

Or d'une manière générale, car l'apôtre parle aussi, au vers. 10, des gens de la maison de Dieu, ceux qui cherchent à acquérir la richesse tombent dans toute sorte de maux. Il parlera plus tard de ceux qui sont riches selon les dispensations du gouvernement de Dieu envers eux et les traitera d'une toute autre manière (v. 17). Ce désir et cette recherche de l'argent plongent les hommes dans la ruine et dans la perdition. On peut détailler toutes les misères qui sont pour le monde et pour les chrétiens la conséquence de l'amour de l'argent. 1° la tentation et un piège dans lequel ils tombent; 2° plusieurs désirs insensés et pernicieux quand ils peuvent s'accorder l'objet de leurs convoitises, désirs que leur mauvaise nature cherchera nécessairement à réaliser; 3° la ruine matérielle et morale, puis la perdition éternelle en sont la conséquence. L'homme a cru se satisfaire par les richesses et voici qu'il est englouti, loin de Dieu, dans l'abîme!
Quelques-uns de ceux qui appartiennent à la maison de Dieu ont ambitionné cette part. La  conséquence a été pour eux plus que des ruines matérielles: ils se sont transpercés eux-mêmes de beaucoup de douleurs, douleurs incessantes par les menaces de ruine, par les soucis perpétuels. Mais bien plus; ils se sont égarés de la foi. Cet état n'est ni le naufrage quant à la foi (I, 19), ni l'apostasie de la foi (IV, 1), ni même le reniement de la foi (V, 8), ou le rejet de la première foi (V, 12), étaient moins graves peut-être que les précédents, mais qui plonge l’âme du chrétien dans une misère sans nom. Ils se sont éloignés, écartés, égarés de la foi pour ne jamais la retrouver. Elle a perdu pour eux sa saveur, tout son intérêt (il s'agit ici de l'ensemble des vérités qui la constituent), car les chrétiens l’ont remplacée par l'intérêt pour les choses les plus accaparantes, bien que les plus viles de ce monde. La foi reste le bonheur, la sauvegarde, les délices de ceux qui lui sont restés fidèles et qui sont les porteurs du témoignage de Dieu ici-bas. Quand ceux-là seront au moment de quitter ce monde pour paraître devant Dieu, seront-ils trouvés vêtus? Question pleine d'angoisses! Où sera la réponse? Où sera leur couronne ? Perdue, donnée à d'autres! Qui d'entre nous chrétiens oserait souhaiter le bien-être des richesses en l'échangeant contre la joie, la certitude et la paix que donne la possession des choses célestes?

Vers. 11-12. – Mais toi, ô homme de Dieu, fais ces choses et poursuis la justice, la piété, la foi, l'amour, la patience, la douceur d'esprit, combat le bon combat de la foi, saisi la vie éternelle pour laquelle tu as été appelé et tu as fait la belle confession devant beaucoup de témoins.

L'apôtre revient maintenant à son cher Timothée. «Mais toi, homme de Dieu» lui dit-il. Ce terme, si souvent employé dans l'Ancien Testament, y est toujours appliqué à des hommes ayant une mission spéciale de la part de Dieu, mission qui a un caractère prophétique comme émanant directement de Dieu lui-même. Tels étaient les prophètes Élie et Élisée, le vieux prophète de 1 Rois. XII): tel aussi Moïse, prophète législateur, ou David, le roi prophète. Tous reçoivent avec le titre de prophète celui d'homme de Dieu (cf. 2 Pierre I, 21).
Dans le Nouveau Testament ce titre ne se rencontre que deux fois, ici et en 2 Timothée III, 17 où il s’applique aussi tout d'abord à Timothée, puis à celui qui, nourri de la Parole, est chargé comme Timothée d'une mission spéciale dans ce monde. On voit l'importance de la mission de ce dernier, car elle lui avait été confiée avec une solennité particulière comme en témoignent ces deux épîtres. Timothée avait à veiller sur la doctrine en enseignant comment il fallait se conduire dans l'assemblée du Dieu vivant, mais il avait à s'y 0ünduire en premier lieu lui-même de manière à servir de modèle aux autres. O'est ainsi que; représentant Dieu devant ses frères, Timothée avait à déployer un caractère qui le fit reconnaître comme tel. Ce caractère se montrait en ce que Timothée devait fuir les choses dont l'apôtre venait de parler et poursuivre celles qu'il allait énumérer.
Et que devait-il poursuivre ? 1° La justice, cette justice pratique qui renie le péché et lui défend de s'introduire dans nos voies. 2° La piété, les rapports d'intimité avec Dieu, basés sur la crainte et la confiance, rapports impossibles sans la justice. 3° La foi, cette puissance spirituelle par laquelle on tient pour vraie toute parole sortie de la bouche de Dieu et par laquelle on saisit les choses invisibles. 4° L'amour, le caractère même de Dieu, connu en Jésus Christ, et manifesté par ceux qui sont participants de la nature divine. 5° La patience qui fait traverser et supporter toutes les difficultés en vue du but glorieux à atteindre. 6° La douceur d'esprit, l'incorruptibilité d'un esprit doux et paisible qui est d'un grand prix devant Dieu. (1 Pierre III, 4.)
À toutes ces choses l'apôtre ajoute deux recommandations instantes. D'abord: «Combats le bon combat de la foi.» Il s'agit ici du combat dans l’arène (1 Corinthiens IX, 25), auquel nous sommes appelés pour remporter le prix qui est le maintien de la vérité. C'était de ce combat que l'apôtre pouvait dire au moment d'achever sa carrière: «J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi» (2 Timothée IV, 7).
La seconde recommandation qui se lie à la première est : « Saisis la vie éternelle.» La vie éternelle n'est pas ici cette vie que nous possédons en possédant Christ, «le Dieu véritable et la vie éternelle », cette vie divine qui nous est communiquée par la foi en Lui et qui nous introduit, dès ici-bas, dans la communion du Père et du Fils. Elle nous est présentée dans ce passage comme la jouissance finale et définitive de toutes les bénédictions célestes, récompense du «bon combat de la foi ». Toutefois ce n'est pas comme en Philippiens III, 12 un «but, non encore atteint que le chrétien poursuit et qu’il cherche à saisir». L'apôtre veut que, pendant l'action même du combat, ce but ait été saisi comme une grande et absolue réalité: la possession et la jouissance actuelles par la foi de toutes les choses qui appartiennent à la vie éternelle. Quelle grâce quand la vie éternelle a été saisie de cette manière!
C'est pour de telles bénédictions que Timothée avait été appelé. L'apôtre nous fait remonter au début de la carrière de son cher enfant dans la foi. À peine cette perspective d'une vie n'ayant qu'un but et qu'un objet, celui que l'apôtre s'était posé lui-même (2 Timothée IV, 7), avait-elle été placée devant lui qu'il en avait rendu témoignage et « fait la belle confession devant beaucoup de témoins ». Sa confession avait trait à la vie éternelle, saisie comme étant le tout de l'appel chrétien. L'appel faisait de Timothée le champion de cette vérité. Les nombreux témoins n'étaient pas le monde, mais ceux qui faisaient partie de l'assemblée du Dieu vivant au milieu de laquelle son ministère allait se dérouler par son enseignement et ses exhortations.
(À suivre)
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PENSÉE

La conscience de l'homme étant mauvaise, tout son effort tend à se cacher à lui-même sa nudité devant Dieu. Il voudrait bannir du monde le péché grossier et extérieur, l'ivrognerie, la prostitution, les meurtres, les vols, etc. Il cherche par des lois et des efforts philanthropiques à effacer les effets extérieurs du péché qui choquent tout le monde. Mais ces efforts ne sont pas autre chose que des ceintures de feuilles de figuier qui n'effacent rien du tout, mais qui servent un moment à nous cacher à nous-mêmes notre nudité et notre misère et nous empêchent de penser combien .est juste la condamnation que Dieu a prononcée sur notre état de péché dès le jour de la chute.
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LA POSITION CHRÉTIENNE ET LE SAINT ESPRIT.

(Suite)

Si le Saint Esprit était retourné au ciel, nous pourrions bien demander qu'il nous soit envoyé de nouveau et qu'il redescende jusqu'à nous: mais, dans ce cas, à quelle condition de faiblesse et de désolation l'Église ne serait-elle pas réduite! Comment pourrait-elle encore rendre témoignage au monde, et défendre le nom de Christ et la vérité de Dieu sur la terre ? Sans un Consolateur qui fût une Personne divine pour les soutenir ici-bas, les croyants seraient en vérité des orphelins. Or le Seigneur leur déclare qu'il ne les laissera pas dans cet état (Jean XIV, 18.) Mais il n'en est rien: notre position n'est pas celle des disciples, lorsqu'ils attendaient la venue du Saint Esprit, étant dans toute la faiblesse qui, comme nous l'avons vu, résultait du fait qu'il n'avait pas encore été donné (Actes 1). Nous le possédons et devrions être caractérisés par la puissance déployée au chap. IV : nous avons à prendre exemple sur la foi manifestée par les apôtres et les saints dans cette circonstance, et à adresser à Dieu la même prière qu'eux, à savoir que nous soyons remplis de l'Esprit pour annoncer la Parole avec hardiesse, que la grâce soit sur nous, afin que l'amour abonde comme il le faisait alors, et que le nom de Jésus soit glorifié dans le salut de beaucoup de pécheurs demeurés jusqu'ici loin de lui.
Dieu soit béni, le Saint Esprit n'est pas retourné au ciel et nous n'avons pas à demander qu'il en revienne. Il habite toujours dans l'Assemblée et dans le cœur de chaque croyant. Il est évident qu'il en est ainsi, selon la promesse de notre précieux Sauveur: «Moi je prierai le Père, et il nous donnera un autre consolateur pour être avec vous éternellement » (Jean XIV, 16.) Ce dernier mot doit nous assurer qu'il n’est pas possible qu’il ne nous quitte jamais. Aussi longtemps que l'Assemblée est sur la terre, le Saint Esprit est son compagnon de route, son appui et son guide. Il lui a été donné pour la conduire dans toute la vérité, pour prendre les choses de Christ et les lui révéler, et pour le glorifier dans les cœurs de ceux qui lui appartiennent,
De plus, en Jean XVI, nous trouvons Sali action relativement au monde, dans ces paroles du Seigneur : «Quand celui-là sera venu, il convaincra le monde de péché, et de justice et de jugement: de péché, parce qu'ils ne croient pas en moi; de justice, parce que je m'en vais au Père, et que vous ne me voyez plus ; de jugement, parce que le chef de ce monde est jugé (XVI, 8-11). Ici la venue du Consolateur nous est présentée comme le résultat du fait que Jésus est monté en haut; de plus, il n'est pas envoyé au monde, mais aux disciples: «Si je ne m'en vais, le Consolateur ne viendra pas à vous, mais si je m'en vais, je vous l'enverrai » (v. 7.) Étant venu habiter avec les saints, il convainc le monde de sa condition devant Dieu, à savoir du péché dont il s'est rendu coupable en rejetant Christ, de la Justice manifestée dans la position glorieuse donnée à l'Homme obéissant qui a quitté le monde et s'en est allé auprès du Père et du Jugement qui tombera sur le monde et son prince.
N'est-ce pas le témoignage qui a été rendu ici-bas depuis le jour de la Pentecôte? N'est-ce pas le résultat de la présence de l'Esprit de vérité que ce travail divin se soit poursuivi en grâce et que des multitudes d'âmes aient été converties et amenées à croire en Christ comme étant leur justice devant Dieu ? C'est là ce que le Seigneur annonçait lui-même à ses disciples, et la conversion des âmes, qui a continué dès lors sans interruption, est la conséquence de sa demeure constante ici-bas et de:son action bénie dans les cœurs. À quoi faut-il donc attribuer les temps de réveil qui ont eu lieu à différentes périodes de l'histoire de l'Ég1ise ? À cela nous répandons, en nous fondant sur les passages déjà citée, que non seulement l'existence de l'Église, mais toutes les bénédictions qu'elle a reçues depuis le jour de la Pentecôte, les directions qui lui ont été données pour traverser les difficultés et les dangers du chemin, sont toutes dues à la présence du Saint Esprit ici-bas sur la terre. C'est par lui que les saints sont soutenus contre la puissance et les artifices de. l'Ennemi, qu'ils sont édifiés dans la foi, que se poursuit le ministère de la Parole, soit pour l'affermissement des croyants, soit pour le salut des âmes et le maintien de la vérité de Dieu sur la terre, que le témoignage est rendu à l'efficace du sang de Christ et à la valeur de son nom devant Dieu, que tous les réveils ont eu lieu dans l'Église et toutes les conversions opérées comme un réservoir alimente de son eau bienfaisante toutes les fontaines qui en dépendent, ainsi l'Esprit de Dieu, présent ici-bas, maintient toutes les fonctions de la vie spirituelle des saints et leur fournit une provision abondante de ressources répondant à tous les besoins, comme à ceux des pécheurs qui en sentent la nécessité. Il répond ainsi à la foi qui s'adresse à Dieu.
Le fait que nous avons cette Personne divine et bénie avec nous, comme source vivante de force et de consolation, devrait certainement nous encourager. Il ne peut manquer dans ses soins envers l'Église; il manifeste sa puissance et l'œuvre s’accomplit. Dieu veuille stimuler nos âmes pour que nous nous attendions à lui afin que cette puissance soit manifestée pour notre bénédiction et le salut des pécheurs.
Comme nous l'apprenons par les paroles du Seigneur en Jean VII, 37-39, le Saint Esprit .ne pouvait être donné, avant que Jésus fût glorifié: «En la dernière journée de la fête, Jésus se tint là et cria disant ; Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive. Celui qui croit en moi, selon ce qu'a dit l'Écriture, des fleuves d'eau vive couleront de son ventre. (Or il disait cela de l'Esprit qu'allaient recevoir ceux qui croyaient en lui; car l'Esprit n'était pas encore, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié» (Jean VII, 37-39). Nous apprenons ainsi que le Saint Esprit est venu ici-bas demeurer dans les croyants pour être la source de leur joie et de la puissance de leur témoignage, parce que Christ a pris sa place à la droite de Dieu, après l'avoir glorifié par sa mort. (Jean XIII, 31-32 ; XVII, 4.) L'Esprit vient habiter dans le croyant comme témoin et sceau de l'efficacité de l'œuvre bénie que Jésus a accomplie à la croix. Sa présence en nous, prouve que le péché a été ôté par le sang de Christ, que nous en sommes délivrés, parce qu'il a été jugé dans la personne de Celui qui l'a pris sur lui à la croix et qu'aux yeux de Dieu, nous en sommes aussi justifiés que lui-même. (Romains IV, 25 ; VIII, 34 ; Colossiens II, 10). Il n'aurait pu être ressuscité d'entre les morts, si le péché qu'il avait pris sur lui à la croix n'avait pas été entièrement effacé: le fait que notre Substitut a été élevé dans la gloire est la déclaration solennelle, de la part de Dieu, que toute condamnation est passe pour les croyants et qu'ils sont agréés de Lui comme Christ lui même. Ils sont unis à Christ par le Saint Esprit comme membres de son corps et, par lui, ils ont part à sa position et à ses gloires (Éphésiens I, 6, 13, 9, 22-23 ; 1 Corinthiens VI, 17 ; 2 Corinthiens I, 21-22.)
(À suivre.)
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MÉDITATIONS de J. N. D

N° 223
Lausanne, 4 juillet 1850.

QUELQUES PENSÉES SUR ROMAINS VIII

Nous trouvons dans ce chapitre, si riche sur tant de points, deux bénédictions spéciales que la présence du Saint Esprit nous apporte: 1° une intimité avec Dieu telle qu'on ne peut souvent démêler si l'apôtre parle du Saint Esprit ou de l'état de notre cœur. 2° La force de Dieu lui-même, et dans ce cas le Saint Esprit est distingué de notre état intérieur.
S'agit-il de communion, le Saint Esprit est nous-mêmes, en un certain sens, mais nous avons tout autant besoin de la puissance de Dieu agissant en Jésus et opérant indépendamment de nous.
Ce qui distingue le chrétien, c'est la conscience de ses rapports avec Dieu. L'Esprit produit en lui des affections qui montent vers Dieu comme les prémices du cœur: l'amour, la joie, la paix. En parlant ainsi, je suppose un chrétien qui a compris sa position en Christ. 
Rappelons-nous toujours que l'œuvre de Christ n’est pas seulement de nous sauver, mais de nous placer dans une position où nous jouissions de la présence de Dieu lui-même: «Christ a souffert, lui juste pour les injustes, afin de nous amener à Dieu. »Dès lors nous sommes en Sa présence, non dans la servitude, ni pour trembler devant Lui, mais avec des affections découlant de la grâce infinie qui nous a amenés en cette présence. Nous connaissons Dieu comme Celui qui nous a amenés à Lui; le Saint Esprit, qui nous est donné agit en nous et y habite. C'est lui qui produit dans nos cœurs les affections convenables à la position où l'amour de Dieu nous a placés.
Le Saint Esprit nous donne non pas seulement l'assurance que nous pouvons y être, mais que nous y sommes. À cela se rattache nécessairement la jouissance de cette position. Dieu est pour moi un ami, non plus un juge ; je vais à lui, je suis avec lui, et par conséquent je jouis de sa présence, Il ne s’agit pas ici de la valeur du sang de Christ, base invariable de nos relations avec Dieu, mais de l'état où nous sommes, en vertu de l'œuvre de Christ,
«Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus.» Son œuvre en a détruit la possibilité, Il n'y a pas de condamnation, non pas parce que Christ est mort, mais parce que je suis en lui. C'est une position dans laquelle je me trouve. Le pécheur a besoin d'être introduit devant Dieu par le sang de Christ, mais dans ce passage, les croyants ont leur place devant Dieu en Christ, tel qu'il est. L'apôtre ne dit pas: Il n'y a aucune condamnation parce que Christ est mort, mais parce que «la loi de l'Esprit de vie, dans le Christ Jésus m'a affranchi de la loi du péché et de la mort. » Si Dieu satisfait son cœur en nous amenant à Lui, est-ce pour nous condamner ? Ces deux choses sont incompatibles et s'excluent l'une l'autre,
C'est là le secret de l'assurance, de la tranquillité d'esprit, de la joie que le chrétien devrait avoir, même au milieu des combats. La foi fait cela: elle juge comme Dieu juge, d'après ses pensées et ses affections; et voici comment il juge: «Voyez de quel amour le Père, nous a fait don, que nous soyons appelés des enfants de Dieu! » Il y a des conséquences pratiques à tirer de ce fait: Si nous sommes en Christ, la vie de Christ, son caractère, se trouvent là. La pensée de la chair et la pensée de l'Esprit sont antagonistes. La chair ne peut point plaire à Dieu, mais dès que vous êtes venus à Lui, vous trouvez une telle intimité entre l'Esprit et notre état, que ce dernier est à la fois moi et l'Esprit. On ne peut séparer la vie en moi, d'avec l'Esprit qui agit dans cette vie. J'aime Dieu ; le Saint Esprit produit ces affections en moi. Les choses que l'Esprit révèle sont la sphère de ces affections. La chair a ses convoitises; c'est le monde et les choses qui s'y trouvent, mais il y a les pensées de l'Esprit qui sont vie et paix et les choses de l'Esprit qui sont un monde entièrement à part de ce monde-ci.
L'opération vitale du Saint Esprit produit ces affections qui sont à la fois miennes et siennes. Nous avons les pensées de l'Esprit; nous pouvons jouir de Dieu et nous glorifier en Lui, trouver notre plaisir et nos affections en Christ dans lequel Dieu a son plaisir et ses affections.
Aux vers. 9-11, nous trouvons trois caractères des opérations de l'Esprit en nous. 1° Vous n'êtes pas dans la chair, mais dans l'Esprit. L'Esprit de Dieu est mis en contraste avec la chair; il produit ce qui plaît à Dieu, ses affections et ses pensées. Christ est le modèle de ces affections : « Si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Christ, celui-là, n'est point de Lui.» L'Esprit de Christ est la forme que prend la manifestation de l'Esprit de Dieu. Nous avons en Christ lui-même cet Esprit, comme forme et affections de l'homme en Christ. 2° Si Christ est en nous, le corps est bien mort à cause du péché, mais l'Esprit est vie à cause de la justice. 3° Si l'Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en nous, Dieu vivifiera aussi nos corps mortels à cause de son Esprit qui habite en nous.
Vers. 12-14. La grande, la seule pensée de Dieu quant à nous, est toujours Christ. Dieu a fait toutes choses pour Christ. Quand sa pensée est une pensée de grâce elle est de nous rendre conformes à l'image de son Fils pour qu'il soit premier-né entre plusieurs frères. Cette pensée est-elle trop élevée pour vous ? Rappelez-vous que Dieu ne peut penser autre chose. Si... Christ a ses délices dans les fils des hommes, Dieu ne peut les vouloir moindres que l'image de son Fils. Il opère déjà en nous pour nous rendre conformes à Christ; il veut que nous jouissions de Lui, et que nous lui donnions gloire comme ayant cette jouissance. Cela nous encourage, nous humilie, nous donne de la force, nous inspire de la confiance en l'amour infini de Dieu.
« Car tous ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu.» Telle est notre place, notre position; nous sommes fils et filles du Dieu Tout Puissant qui nous conduit ainsi sur les traces de Jésus.
Vers. 15-16. L'effet nécessaire de la présence du Saint Esprit est de nous donner conscience de notre adoption et de nous placer, quant à nos cœurs, dans cette relation. Ce n'est pas seulement une doctrine, que l'on pourrait posséder avec un cœur très froid, mais, sans cette assurance, point de joie. Dieu ne veut pas nous sauver tout juste pour que nous entrions dans le ciel; il a des intentions en vue de sa propre gloire. L'Esprit, agissant dans nos cœurs, devient en nous un Esprit d'adoption, l'esprit des enfants. Il n'est pas seulement un Esprit d'amour, mais nous donne conscience et jouissance de la relation dans laquelle Dieu nous a placés. S'il n'en est pas ainsi, c'est que vous avez contristé le Saint Esprit. Il ne peut être témoin d'autre chose que des conseils de Dieu; il ne peut, comme habitant dans un enfant de Dieu, produire autre chose que les affections qui découlent de cette relation. L'âme peut en jouir à tel autre, comme un enfant jouit de son père, mais il a le sentiment d'être enfant: «L'Esprit lui-même rend témoignage avec notre esprit que nous sommes enfants de Dieu.» C'est le Saint Esprit lui-même; il ne varie pas, ne rend pas deux témoignages ; il est toujours là, constamment le même, source de nos pensées, puissance qui rend témoignage que nous sommes enfants de Dieu. Il est impossible de le changer; cet Esprit est Dieu lui-même.
Au vers. 17, l'apôtre tire les conséquences de l'adoption, sur lesquelles je ne m'étendrai pas. Aux vers. 18-29, ayant par le Saint Esprit conscience de la gloire qui nous attend, connaissant parfaitement la bonté de Dieu, jouissant du bonheur de ceux qui l'entourent et mesurant l'étendue du malheur de ceux qui sont loin de Lui, nous soupirons, non de la peine dont nous souffrons, mais en sympathie et avec la pensée que nous nous trouvons au milieu de ces choses. Ce n'est pas de l'égoïsme. Ayant l'Esprit, je connais la misère de ce qui m'entoure, je soupire sur le malheur, parce que j'ai le bonheur. Mais je ne suis pas dans la condition où Dieu me veut. Les misères, l'angoisse, les maladies, la mort ne sont pas ce que Dieu veut, sa pensée définitive pour moi. Dieu s'entoure de bonheur. Je vois Christ dans cette gloire; tout reluit dans la splendeur de cette béatitude. Je soupire, parce que je traverse dans un corps mortel, un monde qui est sous le joug de la mort. Je soupire, parce que j'ai l'Esprit de vie qui m'a fait comprendre ce que Dieu veut pour moi. Je parle en tant que chrétien. Mes souffrances même découlent de la certitude que ce qui est loin de Dieu doit souffrir. Christ avait ta conscience infinie du bonheur qui entourait Dieu, la jouissance de l'amour de son Père, mais il était l'homme de douleur; il souffrait, et dans quelle mesure ? De la misère de l'homme. Telle est aussi notre position selon l'Esprit. Nous soupirons en nous-mêmes, attendant l'adoption, la délivrance de notre corps. L'Esprit nous est en aide dans notre infirmité (v. 26). Il intercède lui-même par des soupirs inexprimables; il prend connaissance de ces choses. Celui qui sonde les cœurs connaît la pensée de l'Esprit; il mélange ma pensée avec celle de l'Esprit qui intercède pour les saints selon Dieu. Quelle pensée! Ces soupirs sont ce que le Saint Esprit produit et non l’expression de la misère qui est en nous. Seulement nous ne savons pas demander comme il convient, et quoi qu'il en soit l'Esprit intercède.
Tout le reste du chapitre (v. 29-39) se passe en dehors de nous: «préconnus, prédestinés, appelés, justifiés, glorifiés ». Il ne dit pas: «sanctifiés» parce qu'il parle de ce que Dieu fait hors de nous; c'est entièrement l'aide de Dieu. Qui sera plus fort que Lui Qui nous séparera de son amour ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Impossible que ce qu'il a voulu manque jamais, et c'est pourquoi la sanctification est laissée de côté.
Dieu nous ayant placés dans la relation d'enfants pour nous rendre conformes à l'image de son Fils, le Saint Esprit devient la puissance de ces affections et cette puissance est telle, qu'elle va jusqu'à la résurrection de nos corps.
Que Dieu nous donne de savoir que nous possédons une telle grâce, mais demeurons avec Dieu, dans la douce et paisible conscience de la position dans laquelle nous sommes par l'Esprit de Dieu qui habite en nous.
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PENSÉE

Un cœur divin qui reflète l'entière certitude d'un amour dont la perfection n'est nullement en question: C'est la paix.
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ÉTUDE SUR LA PREMIÈRE ÉPÎTRE À TIMOTHÉE

CHAPITRE VI

(Suite et fin)

Vers. 13-16. - Je t'ordonne devant Dieu qui appelle toutes choses à l'existence, et devant le Christ Jésus qui a fait la belle confession devant Ponce Pilate, que tu gardes ce commandement, sans tache et irrépréhensible, Jusqu'à l'apparition de notre Seigneur Jésus Christ, laquelle le bienheureux et seul Souverain, roi des rois et Seigneur des seigneurs, montrera au temps propre, Lui qui seul possède l'immortalité, qui habite la lumière inaccessible, lequel aucun des hommes n'a vu, ni ne peut voir, auquel soit honneur et force éternelle. Amen!

Ces versets sont comme un résumé du but de toute l'épître. «Je t'ordonne» dit l'apôtre. Timothée avait reçu une ordonnance de sa part et devait s'y conformer. Étant établi pour représenter l'apôtre en son absence, il avait à ordonner lui-même. (I, 3, 5, 18 ; IV, 11; V, 7 ; VI, 17,) Ce que Paul ordonnait à Timothée, il le faisait des plus solennellement devant le Dieu Créateur, qu'il invoquait comme Celui qui a tout amené à l'existence quand il n'y avait encore aucune de ses œuvres, et qui s'est fait connaître à des êtres infimes comme nous par un acte qui dénote tout son bon plaisir dans les hommes. N'est-ce pas un motif souverain pour obéir? Mais, ce que l'apôtre ordonne, il le fait aussi « devant le Christ Jésus » devenu homme, «qui a fait la belle confession devant Ponce Pilate ». Il pouvait être indifférent au gouverneur romain que Jésus fût roi des Juifs .et il le prouve d'un côté en disant: « Suis-je Juif, moi ? » De l'autre en écrivant: «Jésus, le Nazaréen, le Roi des Juifs» sur l'écriteau de la croix. Par contre, il n'est pas indifférent à Pilate, ami de César, qu'à côté de l'empereur un autre homme ait des prétentions à la royauté. Rejeté des Juifs, comme roi, le Seigneur attribue, devant Pilate, une toute autre extension à son royaume quand il dit: « Mon royaume n'est pas de ce monde », c'est-à-dire qu'il a pour domaine exclusif une sphère entièrement céleste. Mais il ajoute: «Maintenant mon royaume n'est point d'ici.» Il parle de revendiquer plus tard ici-bas une royauté plus vaste que celle de roi des Juifs et c'est ce qui inquiète Pilate 'et lui fait dire : «Tu es donc roi » À cette question Jésus répond: «tu le sais; que je suis roi.» C'était rendre témoignage à la vérité, coûte que coûte, en maintenant à tout prix le caractère de sa royauté, car il ajoute: « Moi, je suis né pour ceci. Et c'est pour ceci que je suis venu dans le monde afin de rendre témoignage à la vérité. » Devait déclarer sa royauté par naissance (Matthieu II, 1-2) devant Pilate, ami de César, mais une royauté qui dépassait de beaucoup les limites juives, s'était signer lui-même son arrêt de mort. Cette confession était la «belle confession devant Ponce Pilate» dans notre passage. Cette belle confession, nous l'avons vu, le Seigneur ne pouvait pas ne pas la faire sans être infidèle à la vérité à laquelle il était venu rendre témoignage dans ce monde, Lui qui était venu ici-bas pour la faire connaître. Sa royauté en faisait partie et s'il avait hésité un instant devant cette confession, il n'aurait plus pu ajouter: «Quiconque est de la vérité écoute ma voix. » La confession qu'il était roi se liait donc intimement au tait qu'il était venu dans le monde afin de rendre témoignage à la vérité.
La belle confession de Timothée devant beaucoup de témoins chrétiens qui pouvaient la certifier ne mettait pas sa vie en danger. Elle n’était pas non plus le témoignage à la vérité, à la vérité toute entière. Elle était la belle confession des bénédictions immenses de la fidélité, bénédictions saisies par Timothée dans le témoignage chrétien auquel il vouait désormais sa carrière. La belle confession de Christ devant Ponce Pilate était le témoignage à la vérité dont la royauté actuel1e et future de Christ, bien plus importante que la royauté juive, faisait partie, car «la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ ». Rien ne pouvait détourner le Seigneur de la confession de la vérité tout entière, pas même la mort.
Mais quel immense privilège pour Timothée d'être associé comme Confesseur avec le Seigneur Jésus, l'un confessant avoir saisi un but que rien ne pouvait lui arracher, l'autre confessant la vérité tout entière que la mort même ne pouvait lui faire abandonner!
Au v. 14 l'apôtre ordonne à Timothée de «garder, ce commandement» c'est-à-dire ce qu'il venait de lui commander: «Fuis, poursuis, combats, saisis.» Il était placé comme réalisant ces choses devant des témoins fidèles et devant le monde. Il devait les garder « ans tache et irrépréhensible». Par contre l'apôtre dit au v. 20 : «O Timothée, garde ce qui t'a été confié. » C'est le résumé du contenu de toute l'épître. L'apôtre avait déjà dit, mais au sujet d'une partie restreinte de la mission de Timothée, c'est-à-dire de sa conduite à l'égard des anciens: «Garde ces choses sans préférence» (V, 21.)
Quant au commandement, Timothée devait le garder «sans tache», sans aucune altération ; et «irrépréhensible», sans que personne eût occasion de le reprendre ou de l’accuser de ne pas garder le dépôt qui lui était confié; mais avant tout dans le but de recevoir «l’approbation de notre Seigneur Jésus Christ à son apparition ». Il est toujours parlé de l'apparition et non de la venue du Seigneur, quand il est question de la responsabilité dans le service. C'est pourquoi il peut être parlé « d'aimer son apparition» qui est cependant toujours accompagnée de « l'exercice de la vengeance» sur le monde (2 Thessaloniciens I, 8). La raison en est que, si la «venue» du Seigneur est le «jour de grâce », son apparition est le jour des couronnes, la récompense dé la fidélité pour les serviteurs de Christ.
Cette apparition sera montrée au temps propre par le bienheureux et seul Souverain, déjà appelé le «Dieu bienheureux» au chap. I, 11. Alors le seul Souverain, Roi des rois et Seigneur des seigneurs manifestera cette gloire. De qui l'apôtre parle-t-il ? De Dieu, sans aucun doute, mais impossible de séparer une des seigneuries divines de l'autre. Dieu est tout cela quand il« montre» l'apparition de Christ; Christ sera tout cela, quand il paraîtra comme Roi des rois et Seigneur des seigneurs. Voici la seconde fois dans cette épître (cf. I, 17) que la louange suprême s'élance devant Dieu dans les 1ieux éternels. Dans le premier cas, à la suite de la venue dans ce monde de Christ homme comme Sauveur; dans le deuxième cas, à la suite de son apparition comme Seigneur et homme victorieux. «À celui qui seul a l'immortalité en Lui-même, qui habite la lumière inaccessible, lequel aucun des hommes n'a vu ni ne peut voir, soit honneur et force éternelle, Amen!» C'est bien le Dieu personnel, éternel, inabordable, invisible, dont il est question ici, mais nous le connaissons dans son Fils Jésus Christ: «lui est le Dieu véritable et la vie éternelle ».

V ers. 17-19. - Ordonne à ceux qui sont riches dans ce présent siècle, qu ils ne soient pas hautains et qu'ils ne mettent pas leur confiance dans l'incertitude des richesses, mais dans le Dieu. qui nous donne toutes choses richement pour en jouir, qu'ils fassent du bien; qu'ils soient riches en bonnes œuvres; qu'ils soient prompts à donner, libéraux, s'amassant comme trésor un bon fondement pour l'avenir, afin qu'ils saisissent ce qui est vraiment la vie.

Il reste encore une ordonnance à ajouter au sujet de ceux que, parmi les siens, Dieu favorise des biens de ce monde. Il s'agit ici de leur position, (dans ce présent siècle », position qui n'a rien a faire, ou plutôt qui est en contraste avec celle du siècle à venir (v. 13-16.) Cette position ne doit pas les exalter à leurs propres yeux, car l'orgueil de la richesse est un des vices les plus fréquents parmi les hommes. Il ne faut pas que les chrétiens se laissent entraîner à se fonder sur l'incertitude des richesses qui peuvent s'effondrer en un moment; mais ils doivent se confier en Celui qui les a richement favorisés en leur donnant la jouissance de ces choses. Qu'ils emploient leurs richesses à faire du bien, qu'elles consistent en richesses, de bonnes œuvres, en promptitude à donner, en libéralité. Tel est le but de la fortune qui leur est dispensée; elle doit développer dans leur témoignage des vertus qui ne pourraient se montrer que là où Dieu donne des biens terrestres. «S'amassant comme trésor un bon fondement pour l'avenir.» Il s'agit de l’abandon des choses visibles, quoiqu'elles soient le fruit de la bonté de Dieu, mais données par lui aux siens dans le but d'acquérir «un trésor dans les cieux qui ne défaille pas » et aussi de «saisir ce qui est vraiment la vie». Telle devait être l'attitude des riches. Cette attitude, Timothée, qui ne possédait aucun de leurs avantages, leur en donnait l’exemple en ayant lui-même « saisi la vie éternelle ».

Vers. 20-21. – O Timothée, garde ce qui t'a été confié, fuyant les discours vains et profanes et l'opposition de la connaissance faussement ainsi nommée, de laquelle quelques-uns faisant profession, ils se sont écartés de la foi. Que la grâce soit avec toi.

Timothée est exhorté à garder ce qui lui a été confié. D'autre part, nous voyons Paul confier ce qu'il a au Seigneur qui a la puissance de garder son dépôt. En Lui est la vie, la puissance pour la soutenir et pour garder dans le ciel l'héritage de gloire qui nous est destiné. Paul savait qui il avait cru. Il n'avait pas mis sa confiance dans l’œuvre, mais en Christ, qu'il connaissait bien (2 Timothée I, 12.) Ici, c'est Timothée qui garde le dépôt que le Seigneur lui a confié. Le dépôt est l'administration de la maison de Dieu par la Parole, par la doctrine, par l'exemple qu'il avait à fournir lui-même. Son rôle n'était pas de discuter avec ces gens-là; il avait à fuir leurs discours vains et profanes et les raisonnements opposés à la doctrine de Christ par ces discoureurs qui prétendaient avoir de la connaissance. Déjà quelques-uns qui professaient la posséder s'étaient écartés de la doctrine chrétienne. Le dernier mot de l'apôtre à Timothée est « grâce », faveur divine, sur son fils dans la foi, comme son premier mot était grâce! (1, 2.)
H. R.
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LA POSITION CHRÉTIENNE ET LE SAINT ESPRIT.

(Suite et fin)

De plus le voile que la sainteté de Dieu avait placé entre lui et les pécheurs et qui le cachait à leurs yeux, les empêchait de s'approcher de lui et ne permettait pas la manifestation de son amour dans toute sa plénitude: or ce voile a été déchiré par la mort de Jésus. Le Saint Esprit est venu témoigner que cette mort a rompu toutes les barrières qui existaient entre Dieu et l'homme, et que le sang ayant été porté ans le sanctuaire, le chemin est maintenant ouvert jusqu'au trône de Dieu. De plus, le Saint Esprit proclame, par l'Évangile, que l'amour de Dieu ne peut supporter aucune distance entre lui et les hommes, le sang de Christ étant le moyen de la réconciliation pour tous ceux qui croient. Le voile du temple fut déchiré en deux «depuis le haut jusqu'en bas» (Marc X:V, 38 ; Hébreux IX, 8, 11-12 ; X, 19, 20).
À la lumière de ces passages, nous comprenons le sens de ces paroles de Jean: «L'Esprit n'était pas encore, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié » (Jean VII, 39.) Il ne pouvait venir ici-bas pour la bénédiction des hommes, tant que Christ n'était pas glorifié, ce qui eut lieu à la suite de l'accomplissement de son œuvre. Le Seigneur dit aussi : « Si je ne m’en vais, le Consolateur ne viendra pas à vous mais si je m'en vais, je vous l'enverrai» (Jean XVI, 7.) Dans ce chapitre, le Saint Esprit nous est présenté comme agissant au nom du Père et du Fils, par qui il a été envoyé et dont il a entrepris d'accomplir les desseins d'amour. C'est pourquoi le Seigneur dit de lui: «Il ne parlera pas de par lui-même; mais il dira tout ce qu'il aura entendu.» Et encore: «Celui-là me glorifiera; car il prendra de ce qui est à moi, et vous l'annoncera» (Jean XVI, 13-14.)
Nous voyons ainsi que l'Écriture parle de la présence du Saint Esprit ici-bas à deux points de vue, d'abord comme ayant fait sa demeure dans l'Assemblée et ensuite dans chaque croyant individuellement. C'est à ce dernier fait béni que s'applique la seconde partie de la promesse du Seigneur: « Il sera en vous» (Jean XIV, 17).
Nous n'insistons pas sur cette vérité qui est plus généralement admise que la première, bien que la manière dont on parle souvent de son «influence », montre clairement que beaucoup de chrétiens comprennent peu la réalité de son habitation dans le corps du croyant qui est « le temple du Saint Esprit» (1 Corinthiens VI, 19).
Il est évident pour tout fidèle que le sentiment de la présence immuable de ce Consolateur béni doit être un puissant encouragement à marcher par la foi, dans un esprit de prière et de consécration à son service. Par contre, combien décourageante est la supposition erronée qu'il est retourné au ciel et que, en vue de bénédictions spéciales, nous devons demander son retour! De telles prières ne sont pas en harmonie avec la vérité de son habitation avec nous et en nous et montrent que ceux qui les font n'ont pas conscience de cette vérité. On demande aussi quelquefois une nouvelle « effusion» du Saint Esprit: c'est aussi une pensée fautive, car ayant été «répandu richement sur nous» (Tite III, 6), il ne peut plus l'être dans le sens indiqué par ce mot.
En résumé, nous croyons que si les chrétiens se rassemblent, comme le faisaient les premiers disciples (Actes IV), pour demander la bénédiction de Dieu et l'extension de son œuvre, au nom de Christ et dans la dépendance de son Esprit, celui-ci sera présent avec eux pour les conduire dans leurs prières et les enseigner à tous égards. En outre, n'oublions pas que le Seigneur lui-même a promis sa présence à ses saints rassemblés en son Nom, c'est-à-dire dans l'obéissance à sa Parole (Matthieu XVIII, 20). Si nous avons conscience de la réalité bénie de l'habitation du Saint Esprit avec nous, nous le laisserons diriger toutes choses dans l'Assemblée, pour la gloire de Dieu et le bien de tous (1 Corinthiens XII, 11). En outre, la conviction de sa demeure dans chaque croyant, fortifie nos âmes dans l'exercice dé la prière; car, dit l'apôtre: « Nous ne savons pas ce qu'il faut demander comme il convient; mais l'Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables » (Romains VIII, 26). C'est dans nos cœurs qu'il opère ainsi, selon qu'il est encore écrit: Celui qui sonde les cœurs sait quelle est la pensée de l'Esprit, Car il intercède pour les saints selon Dieu» (v. 27), c'est-à-dire selon Sa volonté.
J. G. B.
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RECUEIL D'EXHORTATIONS ET D'APPELS

N° 5.

Jean V, 1-9.

Je désire vous présenter une vérité excessivement simple, mais que le cœur de l'homme a de la peine à saisir et à accepter ; c'est qu'il n'y a absolument qu'une chose qui puisse mettre l'homme pécheur en rapport avec Dieu; cette chose est ses besoins. C'est une vérité de toute importance. Tous, tant que nous sommes, nous ne pouvons être en relation avec le Seigneur que par nos besoins. Je ne dis pas «le sentiment de nos besoins» ; ce serait aller trop loin; ce serait demander quelque chose de l'homme. Tant mieux, si ce sentiment existe. Mais, y a-t-il une seule âme qui n'ait pas de besoins ? Je puis répondre sans hésitation: aucune, pas une seule dans le vaste monde. Seulement il arrive que l'homme voudrait se mettre en rapport avec Dieu d'une autre manière et n'y réussit jamais; on en voit une foule d’exemples dans la Parole.
En Luc XVIII, nous voyons deux hommes, montant au temple pour prier. L'un exposait ses œuvres sa propre justice; il pensait se mettre en rapport avec Dieu sur ce pied là, l'autre, que faisait-il? Il se tenait éloigné, n'osant lever ses yeux au ciel; il avait des besoins et en avait aussi le sentiment; il les présentait à Dieu; et il descend en sa maison, justifié plutôt que l'autre, comme il nous est dit.
Autre exemple: les petits enfants (Luc XVIII, 15) ; les douze cherchaient à empêcher les petits enfants d'être amenés à Christ; est-ce que de petits enfants étaient faits pour le Seigneur ? Il faut des hommes revêtus d'une certaine dignité, pour s'approcher de Jésus: c'est ainsi que les disciples raisonnaient; mais ils ignoraient la seule chose qui était nécessaire pour entrer en rapport avec Dieu. Qui est-ce qui a plus de besoins qu'un petit enfant ? Il ne peut marcher seul; il ne sait pas même ce qui lui est convenable; il est absolument dépendant; sans les bras de sa mère, que ferait-il? Voilà ce qu'il faut, dit Jésus; et il les bénit.
Un peu plus loin, c'est un des chefs du peuple qui s'approche du Seigneur; il lui dit: «Bon maître, que faut-il que Je fasse pour hériter de la vie éternelle?» Pour se mettre en règle avec Dieu, il se fonde sur son activité. Le Seigneur lui répond de la même manière, sur le même pied: Sois beaucoup plus actif; abandonne tout ce que tu as... Cet homme était riche; il part, il n'a pas trouvé le moyen de se mettre .en rapport avec Dieu.
À la fin du chapitre II de Jean, les foules sont émerveillées à la vue des miracles que faisait le Seigneur Jésus; beaucoup croient à cause de ces prodiges. Mais les foules, les mêmes foules l'abandonnent ensuite. Elles s'étaient mises en rapport avec Jésus, non par leurs besoins, mais par ses miracles. Alors le Seigneur s'adressant à ses disciples leur demande: «Et vous, voulez-vous aussi vous en aller?» Pierre répond pour eux tous; Ah ! Lui, il avait trouvé quelque chose: « Seigneur, vers qui nous en irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle.» Il répondait à tous leurs besoins.
Les huissiers envoyés pour le prendre, viennent à Jésus; ils entendent ses paroles; alors il n'est plus question pour eux de mettre les mains sur lui: «Jamais homme, disent-ils, ne parla comme cet homme. » Les paroles étaient une musique pour leurs oreilles, mais cela ne suffisait pas. Quelques jours se passent; ces mêmes hommes, conduits par un traître, sortent avec des flambeaux et des bâtons pour s'emparer de Jésus. Une seule parole du Seigneur les fait reculer et tomber à la renverse. C'est que ces hommes n'étaient pas entrés en rapport avec le Seigneur par leurs besoins, mais par leur admiration et leur enthousiasme. On ne peut donc entrer en rapport vital avec le Seigneur à la manière des hommes; alors comment faut-il le faire? Voyez Jean VII, 37. Le grand jour de la fête, Jésus dit aux foules: Si quelqu'un a soif. C'est à ceux qui ont des besoins que l'Évangile s'adresse, en tout temps, car ce n'était pas seulement quand Jésus était dans ce monde qu'il était la source qui désaltère ; il l'est encore dans le ciel (Apocalypse XXII, 17; Ésaïe LV, 1) ¹ ; il ne parle pas d'avoir très soif, d'avoir de grands besoins... Y a-t-il ici quelqu'un qui ait soif ? La Parole dit: Venez à Christ; vous trouverez l'eau vive qui désaltère votre soif.

¹ Et de fait en Jean VII, 37, il l’est au 8ème jour de la fête, c'est-à-dire en résurrection.

Mais ce n'est pas le tout que d'avoir des besoins, il faut beaucoup plus encore. Il y a un proverbe étranger qui dit: «L'extrémité de l'homme est pour Dieu le moment opportun.» C'est quand l'homme est à l'extrémité que le moment est exactement arrivé, où il peut rencontrer Dieu. Voilà dans notre passage, en Jean V, un homme qui était depuis 38 ans devant un réservoir où se trouvait l'eau salutaire qui guérissait quand l'ange descendait pour l'agiter. Cet homme était paralytique. Les jours, les mois, les années s'étaient écoulés sans qu'il y eût rien de changé dans son état; une vie d'homme se passe, une vie plus longue peut-être que celle de beaucoup d'entre nous, et qu'a-t-il trouvé Ah! Il est bien à l'extrémité; mais, remarquez-le, il ne s'en rend pas compte. Qui lui fait connaître cet état désespéré Est-ce lui-même; Non, c'est le Seigneur Jésus quand il demande à l'homme paralytique: « Veux-tu être guéri ?» Celui-ci répond: «Seigneur, Je n’ai personne... etc.» C'est la simple question du Seigneur qui lui dévoile cela; cette question fait monter des profondeurs à la surface de son coeur toute Sa misère; elle lui fait répondre: Je n'ai personne et je ne puis pas. Est-ce que cette parole s'adresse à vous: «Veux-tu être guéri; que répondrez-vous ? Direz-vous: Je veux. Le pauvre malade de Béthesda n'avait pas la force de vouloir ² ; mais le Seigneur Jésus lui dit: Tu n'as personne; moi, j'ai des ressources; et une seule de ses paroles le guérit; cet homme peut marcher. Eh bien, cette parole «Veux-tu être guéri » manifeste l'état désespéré de chacun; mais Lui a de puissantes ressources pour y répondre. Ce paralytique put marcher; il vécut encore un certain temps, et puis tout fut fini. Le. Seigneur a quelque chose d'infiniment meilleur pour nous : «Quiconque croit au Fils a la vie éternelle.» Chers amis, êtes-vous, arrivés à cette extrémité dans vos âmes, avez-vous cette conscience de vos besoins avec une totale incapacité d'y répondre ? La parole de Christ: Veux-tu être guéri ? Vous y amène et quand elle vous y a amenés, il vous dira: «Lève-toi» et aussitôt vous serez guéris. Ainsi, du commencement à la fin, tout vient de lui.

² Il avait des besoins, mais aucun moyen de les satisfaire. Il ne connaissait pas le seul moyen, le Seigneur lui-même.

Cette vérité, que l'extrémité de l'homme est pour Dieu, le moment opportun, vous la trouverez tout du long de l'Évangile; j'en citerai quelques exemples : Luc VIII, nous raconte l’histoire d'un démoniaque. Cet homme était réellement à l'extrémité ; il était horriblement tourmenté par la légion de démons qui le remplissait; personne n'avait pu le lier; il rompait chaînes et liens, et était la terreur de tous. Mais il se trouve sur le chemin du Seigneur, ou plutôt; le Seigneur le trouve sur son chemin, et il en remporte une délivrance complète.
Le même chapitre nous parle de cette femme qui, ayant pendant 12 ans dépensé tout son Bien en médecins, vient toucher le vêtement du Seigneur. Elle était à l'extrémité et le sentait; sa vie s'en aillait avec son sang ; niais c'était le moment opportun pour rencontrer Dieu. Alors elle le rencontre par la foi. Voyez aussi l'enfant prodigue. C'est quand il est affamé, misérable, réduit à désirer la nourriture dégoûtante des pourceaux, que vient à lui comme un rayon de la maison paternelle. À ce moment-là, avait-il l'idée que son père le presserait contre son cœur? Qu'il aurait la première place dans sa maison? Ah ! Certes non! Mais l'extrémité de sa misère le mot en rapport avec Dieu, et Dieu agit dans sa conscience.
Et l'histoire au bon Samaritain! Pas une âme ne venait au secours du pauvre blessé; il est dépouillé de tout, et de plus, incapable de faire un pas; mais tout ce qu'il avait perdu, et au delà, il le trouve dans les bras pleins de compassion de cet étranger qu'il ne connaissait pas, mais qui se trouvait là juste à point pour le sauver. Cette vérité se rencontre partout dans l'Écriture... Lazare était mort, enseveli; c'est bien là l'extrémité des extrémités; le voile sombre et noir de la mort était tiré pour toujours semblait-il ; mais le Seigneur Jésus vient, et tout dépend de Lui. Il ne lui faut pas pour le ressusciter un grand déploiement de puissance; un seul mot suffit: «Lazare, sors dehors.» Oui, une seule parole de Christ a la puissance de manifester cette extrémité de chacun et de donner la vie, comme une seule parole de Dieu peut répondre aux besoins qu'elle a créés dans l'âme. Il y a quelque chose de pareil au Psaume CXLII : «Regarde à droite, et vois; il n'y a personne qui me reconnaisse; tout refuge est perdu pour moi; et il n'y a personne qui s'enquière de mon âme.» C'est bien là le langage d'une âme à l'extrémité; et Dieu veuille qu'il y en ait beaucoup ici de ces âmes angoissées. S'il y a des besoins dans vos âmes, avez-vous essayé les remèdes des hommes? L'un dit: «Lisez beaucoup la Parole de Dieu », l'autre: «Priez beaucoup»; un troisième: Faites ceci ; un autre: Faites cela... Avez-vous essayé? Alors vous direz avec le Psalmiste: « Il n'y a personne, etc.» C'est l'extrémité. Mais il ajoute: « Éternel! J'ai crié vers toi; j'ai dit: Tu es mon refuge, etc. »Puisse le sentiment de vos besoins s'être emparé de vos âmes: vous écouterez Christ, vous attendrez de Lui seul la délivrance, et vous accepterez avec joie le salut qu'il vous apporte! 
H. R.
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«ENDURE LES SOUFFRANCES»

2 Timothée IV, 5.

 Il est évident, pour toute personne qui s'occupe sérieusement de la Parole et de ses effets sur les âmes, qu'il y a de nos jours une œuvre de Dieu spéciale, quoique dans soin étendue et dans son caractère elle diffère de celle qui, au commencement de l'ère chrétienne, était poursuivie par Paul et par ceux qui travaillaient avec lui. Jeter les fondements du christianisme, poser les assises de l'édifice était une chose; être appelé à travailler au milieu des ruines de cet édifice en est une autre. Toutefois le Saint Esprit est à l'œuvre agissant dans une direction particulière, c'est-à-dire préparant les saints pour la venue du Fils de Dieu; leur communiquant des vérités, longtemps enfouies dans la poussière, mais aussi élevées que précieuses, et, par ce moyen, les séparant du monde christianisé avant que les derniers et terribles jugements tombent sut lui. Ici se présente une question adressée à ceux qui, par la grâce de Dieu, ont reçu ces vérités: question pleine d'intérêt puisqu'elle se rapporte à la puissance donnée pour les maintenir sur le chemin où ces mêmes vérités les ont placés.
Quoique chaque chrétien ait sa place assignée, nul ne saurait nier que, dans tous les temps, Dieu ne se soit servi, pour poursuivre son œuvre, des dons qu'il a lui-même formés pour son service ; et quoique nous traversions des jours de grande faiblesse, et que le niveau spirituel soit bien bas, vu surtout les vérités que nous possédons, nous ne gagnerions rien à ignorer ces dons ou à considérer l'œuvre comme moins réelle ou moins importante, parce qu'elle est poursuivie à travers des jours de déclin et de ruine. Nous avons grand besoin d'être gardés de toute fausse honte à ce sujet.
La question revient donc à ceci: l'exhortation «endure les souffrances» - «prends ta part des souffrances », peut-elle de nos jours être appliquée avec justesse ? Le sujet n'est pas nouveau, mais il est de telle importance et semble si peu compris, qu'il est très opportun de l'examiner sérieusement une fois de plus.
Quoique nous ayons manqué et que nous manquions encore à bien des égards, il semble cependant que le Seigneur produit maintenant une énergie réelle chez ceux qui doivent être ses témoins jusqu'à la fin: Il forme les âmes à endurer. Quelle que soit la nature des souffrances qui se présentent, le fait qu'on est maintenu sur le même chemin - qu'on y reste parce qu'on a l'assurance que c'est le seul que le Seigneur ait ouvert aux siens, qu'on y persévère quand des forces agressives surgissent de toutes parts ; ce fait, dis-je, est la preuve d'une action dont on ne saurait méconnaître sa puissance. L'histoire a placé Fabius Cunctator au nombre des hommes supérieurs de son époque, parce qu'il poursuivait des plans habiles et sages au milieu de tout ce qui pouvait éprouver sa patience de la part de ses amis et de ses ennemis; et pourtant combien lui est supérieure la patience chrétienne que nous sommes appelés à montrer. Or quelle est la vraie signification de cette parole: «Endure les souffrances ?»
Il est hors de doute que de nos jours beaucoup de chrétiens se font une vie facile, évitant tout ce qui pourrait les faire souffrir ou même les troubler, quoique en théorie ils sachent fort bien qu'ils sont appelés à partager les souffrances, de Christ pendant sa vie ici-bas; beaucoup d'autres ont aussi une certaine perception de la vérité, peut-être même ont-ils reçu des dons, mais ils n'ont aucune pensée sérieuse de prendre leur place dans les rangs de ceux qui désirent avant tout rester dans la vérité pour servir le Seigneur.,
On pourrait encore signaler les cas où le confort et le luxe sont recherchés par ceux qui professent être les témoins de Christ ici-bas: dans ces divers cas, il est évident que ce n'est pas à de telles personnes que l'exhortation est adressée.
Toutefois, en nous occupant de ceux qui prennent place avec un Christ rejeté, il est bon de distinguer ceux qui cherchent à faire quelque grande action, à accomplir quelque chose d'extraordinaire et ceux qui simplement endurent. Cette expression signifie supporter, subir patiemment, non pas rechercher activement les difficultés. Entreprendre de bonne volonté, avec un vrai renoncement, un travail pénible, est un acte tout à fait distinct de celui que Paul appelle endurer.
Plus d'une fois on a vu telle personne s'exposer à des fatigues réelles qui a murmuré ou peut-être s'est arrêtée dans son entreprise quand elle a rencontré des obstacles ou même quelques légères souffrances. C'est d'ailleurs une opinion généralement répandue dans le monde que ceux qui conçoivent de grandes entreprises possèdent rarement la patience nécessaire pour les amener, pas à pas, à bonne fin; et s'il s'agit de l'œuvre du Seigneur, on peut dire que ceux qui cherchent à briller par quelque action d'éclat sont exposés, vu surtout l'état actuel du témoignage, à taire plus d'une amère expérience. Il était sans doute très difficile pour ce Fabius dont nous parlions, de fatiguer un ennemi prudent et avisé, mais combien supérieur il apparaît dans la suite du temps, à son imprudent collègue dont la bouillante ardeur avait tout compromis.
De nos jours, nous n'avons pas à attendre une série d'exploits extraordinaires, mais nous avons à marcher avec patience, sur une route difficile où nous serons mis à l'épreuve jusqu'à la fin: car si nous y trouvons les plus pures joies, nous y rencontrons aussi la plus humiliante discipline. On a remarqué, de tout temps' que, dans les périodes de persécutions, les chrétiens les plus faibles qui n'avaient aucune confiance en eux-mêmes, enduraient la torture avec plus de constance que ceux qui croyaient pouvoir hardiment tenir tête au bûcher.
Aujourd'hui notre témoignage est d'une nature différente, nous ne sommes pas appelés à endurer des tortures, mais à retenir la vérité jusqu'au bout, même au milieu des plus amères déceptions. Que chacun de nous se demande sérieusement s'il est préparé à «endurer les souffrances» ou s'il est tenté d'abandonner son poste, le témoignage paraissant sombrer sous l'indifférence et le mépris, et étant en outre attaqué par le pouvoir corrupteur de l'ennemi.
On a dit de Paul qu'un homme ordinaire même en restant fidèle aux vérités que Dieu lui avait révélées n'aurait pu continuer son service avec la vigueur et l'élasticité dont il fit preuve à travers ses longues souffrances physiques et morales. C'est qu'il «endurait les souffrances», car endurer n'est pas simplement supporter, mais persévérer dans son témoignage et son service avec une confiance inébranlable dans le Seigneur, qui fournira le pouvoir et l'énergie nécessaires jusqu'à la fin. L'esprit de l'homme naturel, après de longues années de privations, d'emprisonnement, de tourments de tout ordre, ne manquerait pas d'être affaibli, ou peut-être découragé, même si la personne était restée fidèle à la cause pour laquelle elle avait souffert; mais Paul nous présente dans son service la même sérénité, les mêmes soins, le même dévouement, la même grâce, comme en fait foi sa seconde épître à Timothée. Or c'est une puissance extraordinaire du chrétien, que le Saint Esprit seul peut lui communiquer, selon la mesure de sa foi.
C'est à nous maintenant que s'adresse la parole d'exhortation: «Endure les souffrances », à nous qui ne sommes pas appelés à traverser de violentes persécutions, mais à persévérer simplement dans le chemin de la fidélité, quoique tout semble nous porter au découragement. Si seulement nous apprenons, à mesure que la route devient plus fatigante, il endurer plus patiemment et les mépris du monde religieux et les désappointements divers, le témoignage ne perdra rien de sa valeur. Mais ce fait suppose une communion constante avec le Seigneur Jésus dans le ciel, et rien d'autre ni nulle autre personne ne peut nous donner le pouvoir réel de persévérer. Soutenus par Celui qui nous aime et qui veille sur les siens mieux que ses pauvres serviteurs ne savent le faire, nous pouvons considérer avec une joie inexprimable le moment où chacun d'entre eux sera présenté au Père.
La lutte ne peut manquer d'atteindre une heureuse terminaison: la victoire et le triomphe final sont certains, la couronne de gloire est proche; jusque-là, l'exhortation : «Endure les souffrances» doit résonner à nos oreilles comme le dernier ordre qui nous est adressé dans le champ du travail.
Que cette glorieuse perspective, ainsi que la miséricorde, le pouvoir, l'amour de Celui qui nous a appelés et nous a accordé le privilège de le servir, gardent tellement nos cœurs que nous n'ayons jamais honte ni de Lui, ni le son service!
Puissent ces pensée inspirer nos âmes et nous porter avec une ardeur nouvelle il estimer son œuvre et son témoignage et il chercher en Lui la force et la patience de tout endurer jusqu'à la fin!
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L'ÉTAT ÉTERNEL

«Et je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre; car le premier ciel et la première terre s'en étaient allés, et la mer n'est plus. Et je vis la sainte cité, la nouvelle Jérusalem, descendant du ciel d'auprès de Dieu, préparée comme une épouse ornée pour son m:ari. Et j'entendis une grande voix venant du ciel, disant: Voici, l'habitation de Dieu est avec les hommes, et il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux, leur Dieu. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux; et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni peine, car les premières choses sont passées» (Apocalypse XXI, 1-4.)

Depuis le chap. XIX de l'Apocalypse, les événements se succèdent dans leur ordre chronologique: 1° les noces de l'Agneau dans le ciel; 2° la sortie de Jésus du ciel, pour détruire les adversaires; 3° Satan lié; 4° le mil1énium ou règne des saints; 5° la dernière révolte; 6° le grand trône blanc, ou jugement des morts. Bien d'autres événements, rapportés dans les prophètes, ne sont pas mentionnés dans l'Apocalypse; mais ce qui caractérise la période qui suit le jugement des adversaires, c'est l'établissement du royaume du Fils de l'homme.
C'est de ce règne médiatorial qu'il est question en 1 Corinthiens XV, 24-28, et c'est à ce règne que les saints sont associés : « Ils vécurent et régnèrent avec le Christ mille ans» (Apocalypse XX, 4.) Jésus, comme Messie, était venu pour son peuple; c'était le royaume pour Israël. Mais il fut rejeté. Alors il prend le titre de Fils de l'homme. Comme tel il doit mourir, mais c'est pour posséder une domination plus étendue. Dieu le fait asseoir à sa droite et met toutes choses sous ses pieds; l'Église lui est associée. Toutefois cet assujettissement de toutes choses n'est pas encore réalisé (Hébreux II, 8). Il le réalisera à son apparition, quand il aura «ses ennemis pour marchepied de ses pieds » (Psaume CX, 1:) Le royaume du Fils de l'homme, de Christ, régnant comme homme sur toutes choses, est annoncé dans les prophètes. Daniel parle du royaume qui succède à tous les autres (Chap. II), qui détruit tous les royaumes et ne passe pas à un autre peuple, mais il ne mentionne pas le Roi. Telle est la révélation de la succession des empires, faite au grand monarque Chaldéen. Au chap. VII, la vision est pour Daniel et son peuple, et là apparaît le Roi. Un Fils d'homme vient avec les nuées des cieux et se tient devant 1'Ancien des jours. «Et on lui donna la domination et l'honneur et la royauté pour que tous les peuples, les peuplades et les langues le servent. Sa domination est une domination éternelle qui ne passera pas, et son royaume, un royaume qui ne sera pas détruit. » Les saints lui sont associés.
Le Psaume II nous présente le Fils comme engendré sur la terre. Contre lui se soulèvent les rois de la terre, mais l'Éternel lui donne les nations pour héritage et pour possession les bouts de la terre. Les saints, de nouveau, lui sont associés (Comparez Psaume II, 9 avec Apocalypse II, 26-27). Le Fils, comme homme, possède donc ce royaume, qui ne lui est pas donné à cause de sa déité, mais par ce qu’il a été le Fils de l'homme obéissant et rejeté du monde. Dans le Psaume II il est oint en Sion et Israël est le centre de son royaume. Au Psaume VIII, comme Fils de l'homme, il est établi sur toutes les œuvres de ses mains. La gloire universelle est célébrée au Psaume LXXII ème.
Voilà donc le royaume du Fils de l'homme, Fils de David, qui est établi pour durer les mille années. Il ne passe pas à un autre. Son existence dure aussi longtemps que la terre actuelle. C'est la portée du terme «éternel » en Daniel. Le fils de l'homme, sans jamais cesser d'être le Fils éternel, subjugue toute autorité et puissance, détruit celle des hommes, celle de Satan, et enfin, après le jugement du grand trône blanc, détruit la mort, le dernier ennemi, selon 1 Corinthiens XV; et ensuite, ayant achevé son règne de justice. Il remet au Père, comme homme, le royaume qu'Il a reçu comme homme.
Alors commence l'état éternel, où, comme homme, le Seigneur est assujetti à Celui qui lui avait assujetti toutes choses. (1 Corinthiens XV, 28). Toujours Homme parfait, l’humanité qu'Il a prise, Il la conserve, mais il est toujours, en même temps, Fils de Dieu, Dieu lui-même. Dans l'état éternel, il n'y a que Dieu; tous les titres de relation ont disparu; l'Agneau n'est plus mentionné ; c'est la Déité, Dieu Père, Fils et Saint Esprit.
(À suivre).
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PENSÉES

Le voyage des Israélites de la mer Rouge au Sinaï (Exode XV-XVIII) n'est pas proprement le désert. Cette partie de leur histoire est pleine de la grâce et va, en figure, jusqu'au Millénium, lorsque Moïse, Aaron et les anciens sont en fête et se réjouissent avec les Gentils (Jéthro). Ces chapitres nous présentent en réalité toute l'histoire de la grâce jusqu'à son terme. D'abord le don de la manne: Christ descendu du ciel; puis, le Sabbat: le repos de Dieu, trouvé; l'eau de Rephidim: le Saint Esprit donné en vertu, du Rocher frappé ; Amalek (Satan) vaincu ; Juifs et Gentils mangent ensemble; le gouvernement mis en ordre; la femme de Moïse, l'épouse ramenée.
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Satan persuade à l'homme que Dieu est trop bon pour nous condamner comme pécheurs, et l'homme, malgré ses péchés et sa conscience, espère et se persuade à lui-même qu'il ne sera pas condamné.

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NE SOYONS PLUS DE PETITS ENFANTS

«Et lui a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs; en vue de la perfection des saints, pour l'œuvre du service, pour l'édification du corps de Christ; jusqu'à ce que nous parvenions tous à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature de la plénitude du Christ ; afin que nous ne soyons plus des petits enfants, ballottés et emportés ça et là par tout vent de doctrine dans la tromperie des hommes, dans leur habileté à user de voies détournées pour égarer; mais que, étant vrais dans l'amour, nous croissions en toutes choses jusqu'à lui qui est le chef, le Christ; duquel tout le corps bien ajusté et lié ensemble par chaque jointure de fournissement, produit, selon l'opération de chaque partie dans sa mesure, l'accroissement du corps pour l'édification de lui-même en amour» (Éphésiens IV, 11-16.)

Les petits enfants dont l'apôtre Jean parle au chap. II de sa première épître sont des membres de la famille de Dieu dans son état normal, et le Seigneur, dans les Évangiles, peut souvent offrir en modèle à ses disciples ceux qui sont tels. Ils sont aussi nécessaires, pour constituer cette famille, que les jeunes gens et les pères. Néanmoins ces petits enfants sont appelés à croître, et, si cette croissance n'a pas lieu, ils subissent un arrêt de développement, n'arrivent jamais à l'état d'hommes faits et n'ont pas les sens exercés à discerner le bien et le mal (Hébreux V, 12-16.)
Dans le passage des Éphésiens qui nous occupe le chrétien, entravé dans sa croissance, est, par cela même, exposé à être «ballotté et emporté ça et là par tout vent de doctrine, dans la tromperie des hommes, dans leur habileté à user de voies détournées pour égarer ». Outre la perte irréparable qui résulte pour le chrétien de cet état anormal, il y a aussi une perte pour le corps de Christ tout entier, car chaque croyant, étant un membre de ce corps, y a une fonction en vue de l'accroissement de ce dernier. La perte individuelle d'un membre entraîne une perte collective quand, au lieu de se développer normalement, le chrétien reste à l'état de « petit enfant ».
Si chaque membre ne fonctionne pas à la place qui lui est assignée, le préjudice pour le corps tout entier sera incalculable. C'est afin qu'il n'en soit pas ainsi que le Seigneur a donné des dons dans le corps. Il savait que nous ne pouvions être développés spirituellement sans le secours que ces dons nous apportent. Posséder la vie éternelle ne doit pas nous suffire. La possession de cette vie nous rend capables de profiter des ressources que le Seigneur nous a données; elles sont donc indispensables. Si nous n'en profitons pas, nous demeurerons dans une enfance spirituelle anormale.
Le chap. IV de l'épître aux Éphésiens nous apprend comment le Seigneur a pourvu jusqu'à son retour à tout 'ce qu'il fallait pour l'édification de son corps. Au verset 7, il a, selon sa sagesse, donné à chaque membre dans une mesure parfaitement appropriée à chacun, la grâce voulue pour le bon fonctionnement du corps tout entier. Et pour que chaque membre puisse fonctionner à sa place, et produise «selon l'opération de chaque partie dans sa mesure, l'accroissement du corps pour l'édification de lui-même en amour, » (v. 16) il a donné tous les dons nécessaires. Cela est exposé dans les versets 8 à 15. Le but est donc l’édification du corps de Christ; mais pour que ce but soit atteint, il faut que chaque membre se développe et progresse en profitant des dons que le Seigneur a donnés à cet effet.
Au verset 12, nous voyons que les sons ont été donnés en vue du « perfectionnement des saints ». Sans l'action de la Parole sur le cœur et la conscience, ce perfectionnement ne peur avoir lieu. Combien n'y a-t-il pas de choses à corriger eh nous après la conversion, combien de choses à apprendre! Si ce travail ne se fait pas, le nouvel homme ne se développe pas et nous sommes impropres à accomplir le service que chacun de nous a reçu du Seigneur. Il faut que ce perfectionnement ait lieu pour que «l'œuvre du service» de chaque membre du corps, comme de chaque don, s'accomplisse, et si cette œuvre ne se fait pas, comment l'édification du corps de Christ pourrait-elle avoir lieu?
Après qu'une âme a été amenée au Seigneur par le don de l'évangéliste, elle se trouve en rapport avec les doits de pasteurs et docteurs. Il faut qu'elle apprenne à connaître les gloires de la personne de son Seigneur et Sauveur, la position merveilleuse qu'elle a en lui et la marche qui en découle. Tous doivent arriver «à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, » et non pas seulement à la connaissance du Sauveur. La foi a pour objet le Fils de Dieu dans la gloire. L'apôtre Jean dit: «Qui est celui qui est victorieux du monde, sinon celui qu croit que Jésus est le Fils de Dieu ?» (1 Jean V, 5.)
 Le Fils de Dieu est l'objet de notre cœur dans le monde qui l'a rejeté. Le cœur est là où est son trésor. Lorsque Jésus eut trouvé l'homme auquel il avait rendu la vue, ayant appris qu'il avait été chassé de la synagogue, il lui dit: «Crois-tu au Fils de Dieu?» Il lui fallait, pour sa vue nouvelle, un objet nouveau.
Après sa conversion, Saul prêche Jésus dans la synagogue, disant que «lui est le Fils de Dieu ». C'est donc la connaissance du File de Dieu qui nous détache du monde et nous forme à sa ressemblance. Il y a plus encore: Le Fils de Dieu dans la gloire, tel que Paul le présente dans ses écrits, est non seulement le Sauveur, le Seigneur, objet du cœur; il est l'expression de la position de tout croyant dans l'économie actuelle. Un croyant qui ne connaît du Seigneur que sa mort à la croix est sauvé; mais il n'est pas parfait. Le Seigneur veut qu'il parvienne «à l'état d'homme fait» ; telle est la signification de ce terme. Le Seigneur n'est plus sur la croix où il a expié le péché, ni dans le tombeau; il est, dans la gloire, l'expression de ce que sont tous ceux qui croient en lui. L'état d'homme fait, ou parfait, est donc l'état du croyant qui a saisi que non seulement Christ est mort pour lui, mais que lui, croyant, est en Christ dans la gloire, où Dieu le voit selon toutes les perfections de la personne et de l'œuvre de Christ. Il est parfait; que pourrait-on ajouter à une telle position? L'état d'homme fait a pour conséquence une marche et une vie pratique qui sont à la hauteur de cette glorieuse position. À cette condition seulement notre marche peut être céleste, étant celle d'un homme qui est en Christ dans le ciel et qui reproduit ses caractères ici-bas. Non seulement, sous l'enseignement du Saint Esprit par les dons, nous arrivons à l'état d'hommes faits, mais nous arriverons aussi «à la mesure de la stature de la plénitude du Christ ». Cela aura lieu, lorsque nous lui serons semblables dans la gloire. Ce n'est pas que les dons puissent nous rendre semblables à Christ dans la gloire; mais, par leur moyen, nous avons à progresser dans la marche pratique, dans la ressemblance morale avec le Seigneur, de manière que notre glorification se soude, pour ainsi dire, aux progrès que nous aurons faits ici-bas.
Demandons-nous quel usage nous avons fait de ces dons, quels progrès nous avons réalisés? Si .nous n'avançons pas dans la connaissance du Fils de Dieu et de notre position en Christ, dans l'état d'homme fait, si nous n'avons pas pour but d'arriver à la mesure de la stature du Christ, nous demeurerons à l'état de «petits enfants», sans développement spirituel, sans capacité de discerner les voix trompeuses de docteurs qui cherchent à entraîner des disciples après eux; nous serons ballottés et emportés çà et là partout vent de doctrine et trompés par l'habileté des hommes à user de voies détournées pour égarer. La voix du Bon Berger étant peu connue, sera confondue avec la voix des étrangers. Dans cet état il n'y a plus de frein, plus de règle; une doctrine nouvelle se présente-t-elle, on abandonne pour l'adopter ce que l'on avait reçu de la part du Seigneur. D'antre part, on ne peut rien enseigner, en dehors de Christ, à celui qui jouit de la connaissance du Fils de Dieu, et on ne peut rien ajouter à celui qui est parfait. Qu'on vienne l'entretenir de l'accomplissement d'événements prophétiques prochains ou arrivés, de guérisons par la foi, de production de miracles, de l'observation du sabbat, d'ordonnances s'appliquant à l'homme dans la chair, ou de tant d'autres fausses doctrines qui pullulent aujourd'hui, dans la chrétien té; si son cœur est satisfait de Christ, s'il cherche à lui ressembler et à «le gagner», s'il ne peut vivre que de Lui, il comprendra bien vite que toutes ces doctrines, «diverses et étrangères», malgré leurs apparences bibliques et les douces paroles qui les présentent, détournent du seul moyen par lequel il soit possible de croître à sa ressemblance; du seul objet qui puisse satisfaire les affections renouvelées.
L'apôtre oppose au verset 14, le verset 15 : «Mais que, étant vrais dans l'amour, nous croissions en toutes choses jusqu'à Lui qui est le chef, le Christ.» Ce mot «vrais » est en contraste avec la tromperie des hommes, et leurs voies détournées. Nous possédons en Christ la vérité à l'égard de toutes choses; il est la mesure par laquelle nous pouvons juger de tout ce que nous voyons et entendons. En lui, nous n'avons pas seulement la vérité, mais l'amour parfait, l'Amour dont nous sommes les objets. Cet amour est le mobile de tout ce que nous faisons, la mesure de toute notre marche.
Étant ainsi pratiquement: «vrais dans l'amour,» nous croîtrons sous l'action de la Parole, dans toutes les perfections de Christ ; nous ne nous contenterons pas de manifester certains de ses caractères, bien imparfaitement sans doute, parce que les autres sont obscurcis par nos caractères naturels non jugés; mais, nous chercherons à croître en «toutes choses jusqu'à Lui ».
Croître jusqu'à Christ est le but à atteindre avec l'aide du ministère de la Parole. L'évangéliste amène à Christ comme Sauveur. Le pasteur et le docteur nourrissent l'âme de Christ, font connaître tout ce qui concerne sa personne, enseignent les résultats merveilleux de son œuvre. Le croyant, nourri de Lui, abreuvé à cette source divine et céleste, maintenu pratiquement en rapport avec le chef, la tête, sera comme le canal qui de la tête portera dans le corps l'énergie nécessaire pour son édification, et son développement normal. Alors se réalisera ce qui est dit au verset 16 : «Duquel, (du chef) tout le corps, bien ajusté et lié ensemble par chaque jointure du fournissement; produit, selon l'opération de chaque partie dams sa mesure, l'accroissement du corps pour l'édification de lui-même en amour.»
Le but du ministère selon la Parole est donc de mettre les croyants en rapport avec Christ, au contraire des hommes dont l'apôtre parle en Actes XX, 3; «qui annonceront des doctrines perverses pour attirer des disciples après eux.» Ainsi, nourri de Christ, chaque membre, quelle que soit sa fonction, «opèrera dans sa mesure l'accroissement du corps pour l'édification de lui-même en amour.» L'amour imprégnera de sa nature l'activité de chaque membre et l'accroissement du corps tout entier.
Souvenons-nous que chacun de nous, croyants, est un membre du corps de Christ et que nous avons tous une fonction dans cet organisme divin, mais qu'elle ne peut s'accomplir sans que nous soyons nourris de Lui, attachés à lui pratiquement et l'ayant comme objet de nos cœurs. Dans ce but, il ne nous faut pas demeurer à l'état de «petits enfants» sans développement normal.
En général nous souffrons, dans les assemblées, d’affaiblissement spirituel. Il ne peut en être autrement si les membres du corps ne sont pas nourris des choses excellentes qui découlent de la tête, s'ils sont affaiblis, s'ils ne se développent pas. Le Seigneur est peu connu; il n'a pas la place qui lui appartient dans nos cœurs. Le monde et les choses qui sont dans le monde y occupent cette place. On peut connaître, par l'intelligence, sa position en Christ, mais la marche n'y correspond pas. La vérité n'a pas le prix qu'elle doit avoir pour le cœur, On cherche ce qui plaît à soi-même, plutôt que ce qui plaît au Seigneur, et si une voix étrangère parait agréable on l'écoute.
Le remède à tout cela est près de nous, puissant et souverain. C'est la Parole; étudions-la, mettons-la en pratique, et nous pourrons remonter le courant au lieu de nous laisser entraîner par lui.
Lorsque le Seigneur fit entendre le cri de minuit, au cours du siècle passé: «Voici l'époux, sortez à sa rencontre », il manifesta des dons remarquables par lesquels l'Église réveillée de son sommeil pouvait être édifiée et croître à la ressemblance de son Chef en attendant Sa venue. Aujourd'hui nous possédons tout ce que le Seigneur a donné dans de nombreux écrits par lesquels nous pouvons recevoir les précieux enseignements de la Parole de Dieu, apprendre à connaître le Fils de Dieu, arriver à l'état d'homme fait. Mais quel usage en faisons-nous Dieu veuille développer, en nous tous, le besoin d'être instruits dans les Écritures, de connaître mieux notre modèle, de l'imiter plus fidèlement, de vivre de lui et pour lui. Bientôt nous serons arrivés au but et nous n'aurons plus l'occasion de lui rendre témoignage au milieu d'un monde qui l'a rejeté.
Le Seigneur est proche! «Connaissant le temps que c'est déjà l'heure de nous réveiller du sommeil, car maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru: la nuit est fort avancée, et le jour s'est approché; rejetons donc l'es œuvres des ténèbres, et revêtons les armes de la lumière» (Romains XIII, 11-12.)
S. P.
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PENSÉE


L'Assemblée est le corps de Christ. Rien ne peut lui tenir de plus près. L'Assemblée est l'épouse de Christ. Rien ne peut lui être plus cher.
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L'ÉTAT ÉTERNEL

(Suite et fin)

Occupons-nous maintenant du passage cité en tête de cet article; mais, avant de l'examiner, il est nécessaire de prévenir l'erreur qu'on pourrait commettre en confondant «le nouveau ciel et la nouvelle terre» du v. 1 avec « les nouveaux cieux et la nouvelle terre» d'Ésaïe LXV, 17. Les expressions, dans ce dernier passage, ont une portée morale et figurée. C'est bien la même terre que nous habitons, car on y bâtit, on y plante, on y meurt (v. 18-25) ; la vie y est longue comme celle des arbres, mais tout y annonce un état terrestre et qui prend fin. La terre y prend une face nouvelle, car Jésus règne et le diable est, pour mille ans, enfermé dans l'abîme. Toutes sortes de bénédictions y sont le partage des hommes; la paix, la justice répandues partout; point de frayeurs, plus de larmes. La mer existe encore, ainsi que la distinction de Juifs et de nations. C'est un état nouveau que la terre n'avait pas connu. Le ciel aussi est nouveau; il répand ses ondées bienfaisantes ; mais il s'ouvre aussi, et une relation bénie existe entre lui et la terre.
Mais le v. 1 d'Apocalypse XXI annonce un état tout différent de celui que nous voyons actuellement et même de celui qui caractérisera le règne de mille ans. Premièrement, de devant Celui qui est assis sur le trône se sont enfuis le ciel et la terre, le système du ciel atmosphérique et de la terre (Apocalypse XX, 11.) Cela répond à ce que dit l'apôtre Pierre: «Les cieux en feu seront dissous et les éléments embrasés se fondront. Mais, selon sa promesse, nous attendons de nouveaux cieux et une nouvelle terre, dans lesquels la justice habit» (2 Pierre III, 12-13.) Les cieux passent avec un bruit sifflant, les éléments embrasés sont dissous, et la terre et les œuvres qui sont en elle, sont brûlées entièrement (v. 10.) Il y a une dissolution complète des cieux et de la terre, et, par conséquent, pour recevoir les hommes sauvés, il faut une terre nouvelle et un ciel nouveau.
Que sera cette terre ? Elle sera propre à être l'habitation de Dieu et celle des hommes nouveaux avec une vie nouvelle et un corps nouveau incorruptible. Mais, quant à sa description, elle nous manque; ces choses dépasseraient, sans doute, nos conceptions actuelles. Que sera ce ciel ? Sans doute, sans nuages qui en voilent la splendeur, sans orages ni tempêtes; une atmosphère propre à être respirée par des corps spirituels et incorruptibles. Plus de miasmes funestes, plus de corruption d'aucune sorte, plus de déclin. Mais le trait le plus remarquable est que « la mer n'est plus ». C'est un changement complet dans les conditions d'existence et qui nous fait voir immédiatement qu'elles seront toutes différentes de celles où nous nous trouvons, car, sans mer il n'y a pas d'atmosphère comme celle qui nous enveloppe, plus d'air comme nous le respirons. Mais, dans ce mot: «la mer n'est plus », il y a sans doute aussi un sens mora1. La mer, sépare; elle est changeante; elle est tumultueuse. Plus de séparation entre les hommes, plus de changement, ni d'agitation. C'est un état stable, la terre en étant le symbole. Le ciel et la terre nouveaux sont, pour ainsi dire, l'état de résurrection dé l'ancien ciel et de l'ancienne terre. 
La seconde chose est la réalisation éternelle de ce qui a toujours été dans la pensée de Dieu, manifesté en figure en Israël. C'est l'habitation de Dieu avec les hommes. Nous savons que Dieu n'habita point avec les patriarches. Ce n'est qu'a près la rédemption qu'Israël bâtit à Dieu un tabernacle et que l'Éternel vint habiter ail milieu d'Israël. Christ, sur la terre, était le temple de Dieu; et maintenant l'Église, céleste dans son origine et dans son association, venant de Dieu, portant son caractère divin, formée par Lui, l'Église, composée de tous les croyants de cette économie, est le tabernacle de Dieu par l'Esprit; et elle ne perd jamais son caractère. Mais en même temps ses relations avec Christ et avec la terre millénaire sont rappelées. Elle est la sainte cité, nouvelle Jérusalem, comme métropole céleste de l'univers, et elle est l'Épouse, parée de toutes ses grâces pour son Époux. Remarquons donc que Dieu habite là ; privilège éternel, position partie culière ; Dieu, du ciel, le déclare. Et cette habitation de Dieu, ces saints, mis à part de tous est avec les hommes, non plus avec un peuple particulier, comme Israël, mais avec les hommes. Plus de nations; ils seront son peuple, et Dieu sera avec eux, leur Dieu à tous. Plus de paganisme, ni d'idoles «avec eux» dans une relation intime. «Et j'habiterai, disait-il, au milieu des fils d'Israël, et je serai leur Dieu,» mais ici plus rien de semblable ; ce sont« les hommes ». Autrefois Israël était autour du tabernacle, demeure de Dieu; maintenant les hommes sont autour de la sainte cité, demeure de Dieu.
Que peut-on ajouter à cela? Dieu est au milieu des hommes! Le Dieu bienheureux peut se trouver au milieu de ceux qui ont été lavés dans le sang de l'Agneau; ce sont des hommes nouveaux sur une terre nouvelle. Mais ce tabernacle .au milieu d'eux, qu'est-il? Qu'est cette sainte cité, nouvelle Jérusalem, l'Épouse de Christ? C'est l'ensemble des saints de cette économie; c'est l'Assemblée, composée aussi d'hommes nouveaux, qui, par avance, ont été formés pour la nouvelle création. Dieu y habite d'une manière spéciale, déjà maintenant, mais Sa gloire l'illuminera. Il n'y a point là de temple. Dieu et l'Agneau en sont le temple!
A. L.
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PENSÉES

Hébreux IV. Le repos de Dieu n'est ni le repos de l'âme, ni le repos de la conscience, ni le repos du cœur; c'est le repos de Dieu, le repos de sa propre satisfaction. Au septième jour Dieu se reposa de ses œuvres, non pas dans ses œuvres. Y avait-il là quoi que ce soit pour satisfaire Dieu et bénir l'homme d'une manière permanente ? Tout était bon, très bon même, mais est-ce que Dieu pouvait se reposer dans son amour? Certainement pas avant que tout fût fondé, non pas sur la base de la Création, mais sur celle de la Rédemption. La Rédemption seule pouvait introduire dans Son propre repos. Le cœur et la pensée de Dieu ne pouvaient être satisfaits, d'un repos sujet à être gâté et qui exigeait dans ce cas, que tout fût à recommencer. La Création n'est donc pas le repos de Dieu; elle en est le témoin et le signe, mais rien de plus. «S'appliquer à entrer dans ce repos-là », ce n'est pas se reposer de ses œuvres au contraire. La raison pour laquelle nous travaillons c'est que l'amour (que ce soit en Dieu, en Christ ou dans les enfants de Dieu) ne peut jamais se reposer tant que le péché et la misère existent.

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Les Anciens dans l'Apocalypse parlent avec intelligence; ils voient toujours la raison des choses; ils ont la pensée de Christ; ils comprennent les conseils et les voies de Dieu.

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LETTRE AU SUJET DES RÉUNIONS À L'OCCASION D'UN MARIAGE

Cher frère,

Je serai très heureux de répondre à votre invitation en assistant à la réunion qui aura lieu au sujet de votre mariage. Mais je tiens, comme je le fais d'habitude, à vous exprimer ma pensée à ce sujet. Quand les époux sont tous deux en communion avec l'Assemblée, une telle réunion a lieu pour implorer sur eux la bénédiction du Seigneur. C'est donc, avant tout, une réunion de prières qui, nous le savons tous, est une réunion d'assemblée. Ayant ce caractère, elle a lieu sous la dépendance du Seigneur; les frères sont exercés en .sa présence, afin qu'il mette au cœur de tous des demandes correspondant à la circonstance qui les réunit. En effet, lui seul connaît les besoins des deux époux, besoins qui peuvent varier à l'infini, selon la position, les relations, les caractères, la piété, etc.
L'Assemblée, comme famille de Dieu, ne pouvant que s'intéresser à ceux des siens qui entrent dans cette nouvelle voie, désire leur bien à tous égards; aussi, sera-t-elle heureuse de se réunir pour présenter au Seigneur ses requêtes en leur faveur.
Le peu d'empressement que l'on met souvent à assister à. ces réunions-là, montre le 'peu d'intérêt que l'on se porte mutuellement. On en fait une affaire privée, n'intéressant que la famille des époux; l’on oublie que la grande famille de Dieu a des liens spirituels plus puissants et plus intimes que ceux de la famille selon la chair. Ceux qui méconnaissent leur responsabilité dans ces circonstances-là perdent la jouissance d'un grand privilège. Plusieurs se rendent à ces réunions pour entendre une prédication de circonstance, ou même pour des motifs plus futiles. On parle, et les époux eux-mêmes, du frère qui a béni notre mariage, comme si celui que l'on a appelé à officier possédait le pouvoir que l'on attribue à tort au clergé. C'est imiter le inonde. Quel bien peut-il résulter d'une conception aussi fausse, dans une occasion aussi importante. Je ne veux pas dire que la faute soit seulement du côté des assistants ; elle se trouve aussi chez les intéressés eux-mêmes. On fait de cette réunion une chose privée; on décide même que la réunion aura lieu chez soi, dans l'intimité de famille qui exclut naturellement ceux qui sont en dehors de ce cercle. Vous dites que chacun est libre. On doit toujours être libre pour bien faire. L'apôtre dit: «N'usez pas de la liberté comme d'une occasion pour la chair, mais par amour servez-vous l'un l'autre » (Galates V, 13.) Si nous voulons, et nous devons réaliser ce que nous sommes en tant que famille de Dieu, pénétrés de l'amour du Père pour ses enfants, nous nous garderons d'agir contrairement à cette loi d'amour.
Que l'Assemblée se réunisse comme telle, sous la dépendance du Seigneur, pour implorer sa bénédiction sur les époux, n'exclut nullement le service de la Parole; bien au contraire. Ce service peut être accompli par un ou plusieurs frères. L'Esprit de Dieu donnera à l'un quelque passage relatif à la circonstance, à l'autre, une citation suggérée par les besoins, sujets des prières; un troisième aura une parole d'encouragement, d'exhortation; avec les cantiques appropriés tout s'accomplira sous l'action de l'Esprit de Dieu.
Que ces réunions aient le caractère de réunions d'Assemblée, n'empêchera 'nullement d'inviter un frère ami de la famille, ce frère fut-il même, comme on dit, « un frère à l'œuvre ». Il sera heureux de répondre à cette invitation et de se joindre à l'assemblée qui demande au Seigneur sa bénédiction sur les nouveaux mariés, comme tout autre frère peut se joindre à une réunion d'assemblée, pour le culte, la prière ou l'édification, sans en changer le caractère par sa présence. Chaque fois que ce genre de réunion a été réalisé, tous ceux qui y ont assisté en ont reçu une grande bénédiction, cela n'étonne pas, dès qu'on réalise la présence du Seigneur et que l'on n'entrave pas l'action de l'Esprit par des formes semblables à celles qui ont cours dans le monde.
Je sais; cher frère, que ce que je vous écris est la pensée de tous les frères avec lesquels j'ai eu l'occasion de m'en entretenir, même en dehors de notre pays. Je crois aussi, jusqu'à preuve du contraire, que ce te manière d'agir est selon le Seigneur.
Nous avons à lutter contre l'indifférence qui nous gagne et nous fait perdre de vue notre solidarité avec la famille de Dieu et l'intérêt que nous devons apporter à tout ce qui la concerne.
Notre amour se refroidit; nous oublions que nous sommes «chacun individuellement membres les uns, des autres» (Romains XII, 5.) Toutes les circonstances des uns doivent éveiller notre intérêt. L'égoïsme isole et détache de l'ensemble. L'amour divin, au contraire, cherche toujours le profit d'autrui, à plus forte raison lorsqu'il s'agit des membres du même corps. Cette indifférence provient de notre affaiblissement spirituel, de notre peu de communion avec le Seigneur. Il est impossible d'aimer le Seigneur sans aimer tous les siens et le leur témoigner à toute occasion, d'autant plus qu'aimer les frères est un moyen de montrer au Seigneur notre amour pour lui.
J'ajouterai encore, ce que j'ai souligné au commencement de ma lettre, qu'une réunion d'assemblée à l'occasion d'un mariage ne peut avoir lieu que si les deux époux sont en communion avec l’assemblée. Dans les autres cas, un ou plusieurs frères seraient libres d'aller lire la Parole et prier avec les époux; mais ce ne saurait être un acte de l'assemblée, car il pourrait arriver peut-être que l'assemblée se solidarisât ainsi avec un acte de grave désobéissance au Seigneur. Chaque cas doit être examiné devant Lui; nous n'avons pas de règles à établir, car nous ne devons agir que d'après des principes divins. Les réunions dont je vous parle ont trait aux cas où les choses se passent d'une manière normale. Alors tout devient simple quand on suit les directions de la Parole; sinon tout est compliqué. L'apôtre Paul, en disant que la femme est libre de se remarier, ajoute : «Seulement dans le Seigneur» (1 Corinthiens VII, 39). Pour qu'il en soit ainsi, il faut avoir son approbation, et y a-t-il un cas où cette approbation soit plus nécessaire Il faut pouvoir compter sur lui pour s'engager dans une voie où, plus que dans toute autre, on a besoin de son aide. Comment compterait-on sur lui si l'on avait agi contre sa volonté dans une chose aussi importante que le mariage Pour demander à Dieu sa bénédiction sur un acte, il faut avoir bonne conscience. L'apôtre Paul dit: «Priez pour nous, car nous croyons que nous avons une bonne conscience, désirant de nous bien conduire en toutes choses» (Hébreux XIII, 18.)
Excusez mes longueurs, cher frère, et croyez-moi votre dévoué en Christ.
S. P.
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COURTES MÉDITATIONS

N° 36.

LA MARCHE

Actes II l, 4.

Je suis toujours plus frappé du grand nombre d'enfants, appartenant à des familles chrétiennes, dont on ne peut mettre en doute qu'ils connaissent le Seigneur, mais chez lesquels ne se manifeste aucun besoin de Lui rendre un témoignage public. Ils se contentent d'être corrects dans leur conduite, de ne pas prendre part aux divertissements du monde où ils savent que leurs parents ne se rendraient pas, de ne pas se laisser entraîner dans des voies qui renieraient L'enseignement scripturaire dont les principes leur ont été inculqués dès leur tendre jeunesse... et ils s'en tiennent là.
En admettant qu'il n'y ait pas à discuter sur la réalité de leur vie ou de leurs convictions chrétiennes, qu'est-ce donc qui leur manque ? Une chose essentielle sans laquelle on ne peut prétendre porter le nom de chrétien. Cette chose essentielle est la marche.
Que dirait-on d'un enfant qui à sept ans (je m'exprime par un chiffre symbolique) n'aurait pas encore fait un seul pas ? Avec quelle angoisse ses parents, pendant ces sept ans qui étaient pour eux d1àrnterminables années, n'ont-ils pas attendus quelque manifestation de vie dans les membres jusqu'ici inertes de leur enfant ? En toute autre chose. Ce jeune être semble normal, sa vue est bonne, son intelligence développée; il entend, parle, lit, écrit, s’occupe de ses mains, comme tout autre enfant. Seulement il ne se tient pas debout et ne marche pas!
Faut-il conclure à une paralysie des membres inférieurs qui laissera ce pauvre être impotent toute sa vie Quelle perte -immense pour lui, quel chagrin profond pour ceux qui l’entourent ! N'y a-t-il donc pas d'espoir ? Y a-t-il chez lui une simple insolence qui craint l’effort ? Serait-ce, peut-être, que, ne voulant pas rompre avec les objets qu'il aime et dont il s'est entouré, il reculerait devant l'obligation de se mettre, par l’activité extérieure, en contact avec de nouveaux objets qui ne l'attirent pas, et regretterait ceux qui l'entourent dans sa chambre d'infirme, et qu'il a disposés autour de lui, depuis tant d'années selon son goût
Hélas! Quel qu'en soit le motif, un pareil état est une perte immense pour celui qui s'en contente, et un grand chagrin pour ses parents qui voient un membre de leur famille empêché de déployer autour de lui une activité normale et réduit à ne s'occuper que de lui-même au lieu de vivre pour les autres!
Si, continuant à parler en figure, nous admettons, non plus une coupable et condamnable indolence, mais l'incapacité totale de se mouvoir, supposant l'absence de vie dans un point de cet organisme, que faut-il pour rendre ce malade capable de marcher ?
Deux choses: un médecin et un remède. Or l'un et l'autre sont à la disposition de telles âmes. «Veux-tu être guéri » dit le médecin. «Je n'ai personne,» répond le malade. Voilà le besoin créé ! «Lève-toi, prends ton petit lit et marche,» réplique le médecin. Une seule parole appliquée en puissance à son état; voilà le remède trouvé ! Le malade qui avait perdu courage, marche maintenant et peut par là constater lui-même qu'il est guéri (Jean V, 6-11.)
Souvent, quelle ineffable grâce de Dieu, l'existence d'un besoin n'est pas même nécessaire. On s'attend, comme le mendiant à la belle porte du temple, à recevoir quelque aumône (Actes III). Cela n’a aucun rapport avec l'état d'un pauvre être boiteux dès le sein de sa mère et qui n'a pas même l'idée de la possibilité d'une guérison. Le voilà, mis en rapport immédiat avec la parole de Dieu. Cette parole lui apporte un nom: «Jésus Christ le Nazaréen.» Du côté de Dieu, une seule chose était nécessaire, la grâce .et la puissance contenues dans le nom de Jésus. Au mendiant, une seule chose est demandée: de « regarder ceux qui lui parlent.» Il les regarde attentivement: Soyez certain que si, sur le conseil des apôtres, les yeux de votre âme sont fixés attentivement sur le Christ révélé dans la parole de Dieu, vous serez rendus capables de «marcher, de sauter et de louer Dieu! »
H.R.
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RECUEIL D'EXHORTATIONS ET D'APPELS

N° 6.

Philippiens III

On l'a dit souvent: les quatre chapitres de cette épître aux Philippiens ont chacun un caractère particulier. Tous ont rapport, non pas à la doctrine, mais à la vie chrétienne. Le premier par le de la vie; le second montre le modèle que nous devons suivre; le troisième a rapport au but vers lequel marche le chrétien ; dans le quatrième enfin, on voit la puissance pour marcher. Cette épître contient donc, en résumé, le tableau de tout ce qu'est le chrétien, quant à sa conduite.
J'ai dit que le chap. III a rapport au but du chrétien; on remarque dans ce chapitre trois caractères distincts qu'il est de la plus grande utilité d'observer.
Le premier est le caractère d'un homme dans la chair, attrayant, remarquable, et tel que les hommes pouvaient l'admirer. Il n'y avait rien à reprendre dans la manière dont Saul de Tarse marchait, comme homme; il n’y avait rien à redire non plus à la manière dont il observait la loi. On pouvait dire de lui: Voilà un Juif excellent! Et même, il y avait un certain renoncement dans la vie de Saul ; zélé, observateur de la loi, il avait été élevé aux pieds des docteurs; on devait sans doute dire de lui: C'est un jeune homme parfait! Et quel était le but de ses efforts, de sa vie? La vie éternelle, comme ce jeune homme qui demandait au Seigneur par quels moyens il l'obtiendrait.
L'apôtre Paul avait été très religieux; mais quand il est amené à la foi en Christ, il regarde toutes ces choses comme des ordures, et il a fait la perte à cause du Seigneur Jésus. AVant sa conversion, son but n'était pas de s'enrichir; il ne cherchait pas à avoir un nom comme homme de science ou comme homme de lettres; non, il avait les plus grandes aspirations qu'un homme puisse avoir; il cherchait à obtenir la vie éternelle. Quandilest sur la route de Damas, et qu'il a vu le Seigneur Jésus dans la gLoire, il n'y a plus qu'une chose pour lui: «Et je regarde même toutes choses comme étant une perte à cause de l'excellence de la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur, à cause duquel j'ai fait la perte de toutes; et je les estime comme des ordures, afin que je gagne Christ, et que je sois trouvé en lui, n'ayant pas ma justice qui est de la loi, mais celle qui est par la foi en Christ, la justice qui est de Dieu, moyennant la foi. »
Voilà donc le premier caractère : Un homme moral selon la loi, parfait suivant les hommes, cherchant à gagner le ciel: Il voulait établir la justice de la loi, à l'égard de laquelle il était sans reproche. Mais il faut qu'il fasse la perte de tout et nous aussi.
Passons maintenant au second caractère, celui que revêt Paul une fois qu'il a vu l'inutilité de tous ses efforts pour arriver à la vie éternelle. Il a trouvé quelque chose valant infiniment mieux que .tout cela; c'est la Personne du Seigneur Jésus dans la gloire, mais s'y trouvant, parce qu'il s'est abaissé sur la terre, parce qu'il s'est fait homme pour sauver les hommes, tout en souffrant de leur part l'inimitié et l'opprobre. Chaque rayon de la gloire qui couronne Sa tête répond à une honte, à une ignominie, qu'il a soufferte ici-bas. Nous ne pouvons pas séparer la gloire actuelle du Seigneur de ce qu'il a souffert sur cette terre; et sa gloire comme Fils de l'homme est plus grande que sa gloire de Fils de Dieu. Cela avait gagné le cœur dé Paul; il voulait «gagner Christ». Il ne cherchait pas à se rendre meilleur; il ne désirait pas acquérir une sanctification, selon la mesure des hommes. L'apôtre n'avait devant les yeux qu'une seule personne, Jésus Christ, qui avait brisé toutes ses fausses espérances et sa fausse justice; il faisait une chose, il n'en faisait qu'une: «oubliant les choses qui sont derrière, et tendant avec effort vers celles qui sont devant, je cours droit au but, etc.» Qu'est-ce que c'est que tendre avec effort? Je vois une personne que j'aime, que j'affectionne tendrement; je veux aller à elle; mais une foule m'en sépare ; j'écarte cette foule sans tarder; je réunis mes efforts pour arriver au plus vite auprès de cette personne aimée. C'est ce que Paul faisait; il n'avait pas besoin des choses qui l'entouraient; il ne les voyait même pas, il voyait Jésus.
Ah ! Chers amis, si nous avions seulement quelque chose de cela dans le cœur: tendre avec effort vers Christ; nous avons besoin de ne faire qu'une seule chose, comme l'apôtre Paul; nous ne devrions avoir qu'un but !
Voyons la troisième catégorie de personnes dont ce chapitre nous entretient.
« Plusieurs marchent, dont je vous ai dit souvent et dont maintenant je le dis même en pleurant, qu'ils sont ennemis de la croix; de Christ. »L'apôtre ne désignait pas des païens par ces paroles; il s'occupait d'eux quand il leur présentait Christ ; il s'agit de personnes qui faisaient la profession d'être des chrétiens. Cela affligeait le cœur de Paul; tout ce qui obscurcissait la gloire de Christ brisait son cœur. Qu'est-ce qui caractérisait ces personnes: «Ils étaient ennemis de la croix de Christ» Ils avaient leurs pensées aux choses de la terre. Ces choses se lient étroitement; si je recherche les choses de ce monde, je ne serai pas ami de la croix de Christ; si je vais avec le monde, je ne porte pas l'opprobre de la croix. Si nous voulons être des chrétiens fidèles, et avoir nos pensées aux choses d"en haut, nous serons certainement méprisés du monde. Mais il n'y a pas seulement cela; la croix de Christ sépare le chrétien des choses du monde. Nous sommes crucifiés avec Christ; par la croix j'arrive à être dans un nouvel état. Christ est dans la gloire; il a dû passer par la croix, cette croix terrible, où il expia nos péchés; eh bien, si je suis ennemi de cette croix, je ne puis pas aimer Christ.
Ces personnes ne voulaient pas être mortes à la terre; elles ne possédaient pas Christ; ce qu'elles poursuivaient, c'était l'approbation, la gloire des hommes. Nous avons vu, en commençant, un homme qui a tout rejeté, afin d'avoir la justice par la foi; nous voici maintenant, hélas, en présence de gens qui professent de croire au Seigneur Jésus, et qui ont leurs désirs aux choses de cette terre! E bien, chers amis, que désirons-nous pour nous-mêmes? Ah ! Soyons les imitateurs de Christ; puissions-nous -avoir des cœurs saisis, non par Paul, mais par Christ. L'apôtre avait le désir d'arriver où Christ est; si nous avons ce même désir, qu'est-ce qui nous occupera? Qu'est-ce qui, réjouira nos âmes? Qu'est-ce qui nous aidera pendant les petites et les grandes occupations de la journée? Et pendant les épreuves, qu'est-ce qui soutiendra nos cœurs? Ce sera la pensée de voir bientôt le Seigneur Jésus.
Après avoir regardé au mal, et après en avoir gémi, Paul est consolé en élevant ses regards vers le ciel: «Car notre bourgeoisie est dans les cieux, d'où aussi nous attendons le Seigneur...» Autrefois, comme aujourd'hui, chaque ville avait ses registres de bourgeoisie, où le nom de chaque bourgeois était inscrit, et donnait droit à certains avantages; il en est ainsi pour nous-mêmes; nos noms sont écrits dans les registres du ciel; quelle chose douce et précieuse pour le chrétien .!
Le Seigneur va venir du ciel; comment j'attendons-nous? Nous avons la justice par la foi; mais notre corps est encore dans la misère; nous attendons, comme Sauveur, celui« qui transformera le corps de notre abaissement en la conformité du corps de sa gloire ».
Il y a un commencement dans notre course vers le ciel; pour Paul, ce commencement fut sur le chemin de Damas; auparavant, il poursuivait le chemin qui mène à l'enfer; mais le Seigneur l'arrête; et il commence sa course vers le ciel. La première chose que Paul voit en commençant cette course, c'est Christ dans la gloire, la dernière chose qu'il voit en la terminant, c'est Christ dans la gloire. Si nous ne voyons que Christ sur la croix, nous ne voyons pas tout, car la croix conduit à la gloire. Il faut que nous voyions Dieu recevant le Fils de l'homme dans la gloire; et, voyant cela, avons-nous le désir d'être transformés à son image ?
Bientôt, nous le verrons tel qu'il est. Cela nous empêche d'être abattus; nous avons sans doute à souffrir en voyant tant de chrétiens marcher d'une manière contraire à la croix et à la gloire qui en est inséparable. Quand nos cœurs sont dégagés de la terre, quand ce que Dieu cherche, nous le cherchons, alors notre course glorifie Dieu. Elle sera terminée, cette course, dans le ciel même. Il ressuscitera nos corps; il nous transformera pour être à son Image.
Par l'œuvre de Christ, le chrétien répond moralement à la nature de Dieu, à sa justice; mais pour être dans ce séjour de gloire, il faut que nos corps aussi soient glorifiés. Pour finir notre course, ayons un seul but; regardons en haut; apportons à Lui seul nos requêtes et tout ce qui nous charge: «rejetons tout fardeau,» comme nous dit la Parole de Pieu, et déchargés ainsi, poursuivons notre course, ne désirant rien des choses de cette terre, et ayant à cœur la gloire du Seigneur. Dans ce but, regardons à Lui seul.
A.L.
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PENSÉE

La justification a deux parties: la justification des péchés et la justification de vie. La première me débarrasse de mon vieil état; la seconde, me place dans une nouvelle position devant Dieu.

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RÉPONSE À UN FRÈRE

Au sujet des principes du rassemblement ¹

¹ Cette lettre contient une ou deux additions à la lettre originale. H. R.

Cher frère,

J’ai lu avec intérêt votre lettre du 13 juillet. Malheureusement les éléments me manquent sur bien des points pour juger votre cas et vous répondre. Quelle est cette assemblée qui vous a refusé votre place à la table du Seigneur? Comment et par qui avez-vous été présenté? Quelle objection les frères (ou l'un d'entre eux, dites-vous) ont-ils faite à votre réception à la table? Je ne pourrais donc nullement juger de ce qui a été fait à votre égard.
Mais voici comment les choses se passent d'ordinaire chez les frères : Vu les difficultés croissantes suscitées par l'Ennemi au milieu d'eux pour ruiner le témoignage que Dieu leur a confié, soit par de fausses doctrines, soit par des divisions (et il n'y a que trop bien réussi) il a été nécessaire d'insister toujours davantage sur l'usage des «lettres de recommandation », que la Parole nous prescrit (2 Corinthiens III, 1). Quand un frère étranger et inconnu de nous se présente sans une lettre de l'Assemblée où il réside et avec laquelle nous sommes en communion, nous l'engageons à s'en procurer une pour être reçu. Mais il arrive aussi qu'un chrétien, en passage dans la localité, lequel, sans faire partie de l'Assemblée, est connu de l’un d'entre nous comme chrétien, demande à prendre sa place à la table du Seigneur. Dans ce cas, le frère auquel il s'est adressé, qui le connaît, et qui, en même temps, à la confiance de l'Assemblée, prendra sur lui de l'annoncer, sous sa propre responsabilité, quitte à se faire blâmer par l'assemblée s'il a commis une erreur. Il n'est jamais question, en cas pareil, de poser une condition quelconque à celui qui demande à prendre sa place à la table du Seigneur, sinon d'être un enfant de Dieu et de ne pas être un cas de discipline. Jamais il ne lui est demandé, pour être admis, de renoncer à la secte à laquelle il appartient, sauf quand cette secte, comme il y en a tant aujourd'hui est, par ses doctrines, en opposition ouverte avec la doctrine de Christ et avec la parole de Dieu. En recevant un tel frère, l'Assemblée lui donne l'occasion de s'éclairer sur la marche .et le témoignage, de s'associer à elle sur la base scripturaire qui la réunit et de se rendre compte de la vérité du rassemblement selon la parole de Dieu. Il va sans dire qu'en prenant sa place celui qui est reçu accepte la discipline scripturaire de l'Assemblée qui le retrancherait à l'occasion, si sa conduite devenait une souillure pour la table du Seigneur. Si, comme cela s'est vu, un tel chrétien, en prenant sa place parmi nous, voulait le faire en nous posant la condition qu'il soit libre de retourner ensuite à sa secte, nous lui répondrions que, ne lui posant nous-mêmes aucune condition, nous ne pouvons admettre que lui nous en pose une. Ce chrétien restera peut-être longtemps ainsi dans une position indéfinie vis-à-vis de l'assemblée, mais il arrivera toujours un moment où la question se posera pour lui, s'il peut marcher à la fois dans deux chemins, dont l'un est fondé sur la Parole, tandis que l'autre ne l'est pas, car nous ne reconnaissons pour les chrétiens qu'un seul chemin, celui que trace l'Écriture. Dans ce cas il sera obligé, tôt ou tard, s'il est honnête et droit, ou de quitter le terrain de la Parole qui nous rassemble, ou de quitter la secte qui est en contradiction positive avec ce terrain.
Pour ce qui vous concerne, cher frère, vous vous trouvez, je le suppose, dans un cas pareil. La question est celle-ci: Par qui votre introduction a-t-elle été demandée? Ayant beaucoup voyagé en France, je sais qu'il se trouve, ici et là, comme vous le dites, quelque assemblée dont certaines pratiques sont plus ou moins étroites ou sectaires, mais j'ai toujours vu qu'elles se laissent enseigner par des frères capables de leur présenter la vérité quant aux détails dont je viens de parler. C'est par obéissance stricte à la Parole que nous refusons toute communion avec des partis sortis du milieu de nous, soit pour cause d'hérésies, ou de blasphèmes, soit pour refus de les juger, soit enfin pour fonder de nouvelles assemblées sur un principe d'indépendance ecclésiastique en contradiction avec l'unité du corps de Christ que nous proclamons à la table du Seigneur. Ceci me fait arriver au sujet important du témoignage que le Seigneur nous a confié.
Au milieu de la ruine de la maison de Dieu ici-bas, telle que la seconde épître à Timothée la décrit, nous croyons que Dieu, ne fussions-nous que deux ou trois, nous a. confié un témoignage à l'unité du corps dont Christ est la Tête. La, Cène, tout en étant le mémorial de la mort du Sauveur, est aussi la table au Seigneur, c'est-à-dire l'endroit où le témoignage est rendu, selon l Corinthiens X, 17. Ce témoignage consiste en outre, selon 2 Timothée a nous purifier, sans, pour cela, sortir de la maison de Dieu, des vases à déshonneur dont, devenue une «grande maison», elle est remplie, ce qui nous sépare de toutes des sectes de la chrétienté, et à nous réunir à ceux qui invoquent le Seigneur d'un cœur pur, c'est-à-dire d'un cœur purifié du mal qui remplit cette maison.
À ce témoignage se rattachent toutes les vérités enseignées dès le commencement par la parole de Dieu et que la chrétienté renie, ignore ou a perdues. Ces vérités rendent nécessairement notre marche très étroite quant aux diverses sectes de la chrétienté, tandis que nous tenons à garder un cœur aussi large que possible envers tous les enfants de Dieu.
Je prends encore la liberté de vous signaler, l'erreur que vous semblez commettre à l'égard d'un article, inséré le 15 juin 1923 dans le «Messager évangélique» et intitulé: «Réponse d'un ancien pasteur à quelques questions au sujet du témoignage des chrétiens, désignés sous le nom de «frères». Cet article, comme son titre l'indique, n'est nullement un exposé complet de doctrine et la note qui en accompagne le texte en fait la remarque. Le frère qui l'a écrit est resté, jusqu'à la fin de sa carrière, le 21 juin 1872, un modèle de fidélité pour la défense de tous les principes scripturaires auxquels les «frères» rendent témoignage,
Permettez-moi, en terminant, de toucher un point capital sur lequel, me semble-t-il, vous n'êtes pas au clair : ce n'est pas l’évangélisation qui caractérise le rassemblement des frères autour du Seigneur, malgré l'immense importance de l'Évangile pour la conversion des âmes. C'est en effet, par l'Évangile qu'elles deviennent membres du corps de Christ, et sont amenées à jouir des bénédictions de la maison de Dieu ici-bas et des bénédictions éternelles. On ne peut assez insister sur l'évangélisation, sur l'amour qui pousse le chrétien à chercher les âmes pour les amener à Christ et faire partie du peuple de Dieu et de l'assemblée. Nous prions pour tous les chrétiens, quels qu'ils soient, que le Seigneur envoie dans le monde pour y porter l'Évangile: nous prions pour toutes les âmes qui sont amenées par leur moyen; nous prions aussi pour les frères évangélistes avec lesquels nous sommes en communion et qui, connaissant, peut-être, mieux que d'autres chrétiens, l'étendue de la grâce et du salut, sont plus à même de présenter aux âmes l'Évangile dans sa puissance et sa plénitude. Nous savons que l'a promesse du Seigneur de mettre une porte ouverte devant ceux qui, ayant peu de force, ont été fidèles à garder sa parole et n'ont pas renié son nom, est une réalité; nous savons que les chrétiens qui réaliseront les caractères de Philadelphie, bénéficieront d'une telle promesse, mais le témoignage de Philadelphie diffère de l'Évangélisation, c'est un témoignage à l'intégrité de la parole de Dieu et à la sainteté du nom de Christ au milieu de l'incrédulité générale (Apocalypse III, 8). C'est par conséquent un témoignage à toutes les vérités confiées à l'Église dès le commencement, vérités dont une bomme partie a été perdue ou reniée par le fait de la ruine et que Dieu remet en lumière pour les temps de la fin. En contraste avec l’évangélisation, l’Assemblée est une épître de Christ au milieu du monde, connue et lue de tous les hommes. ElIe se réunit en unité autour de la table du Seigneur. Le pain qui s’y trouve est le symbole de cette unité. La Cène n'est pas seulement, immense privilège, le mémorial de la mort du Sauveur, mais le signe qui proclame qu'il n'y a qu’un corps de Christ et que nous ne pouvons ni ne devons faire partie d'un second corps. Ce rassemblement autour de la table du Seigneur est en même temps celui d5 Culte, dont la Cène est le centre.
Vous trouverez, cher frère, plus d'une de ces vérités dans les nombreux traités que nous publions.
Votre frère affectionné en Christ,
H.R.
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LE CANTIQUE NOUVEAU

Cette expression: Le Cantique nouveau aplusd'Une fois occupé ceux Qui étudient la Parole et, plus spécialement, peut-Être, ceux qui s'occupent des questions prophétiques. Leurs pensées à ce sujet ne nous ont jamais entièrement satisfaits. L'idée dominante chez quelques-uns, et qui, toute incomplète qu'elle soit, se rapprocherait le plus de notre conclusion, c'est que le Cantique nouveau célèbre le caractère du Seigneur comme triomphateur. Il sera aisé de montrer que cette interprétation manque de précision et qu'elle est loin de répondre entièrement à la pensée que le mot «Cantique nouveau» veut exprimer. L'examen des divers passages où nous trouvons ce terme nous amènera, je le pense, à une interprétation plus précise. Il serait contre la pensée de l'auteur d'offrir, dans ce petit travail, un aliment à l'intelligence; il désire, au contraire, le voir servir à l'édification des âmes en leur faisant apprécier davantage les gloires multiples de notre adorable, Seigneur et Sauveur.
Avant de présenter notre conclusion, nous examinerons aussi brièvement que possible tous les passages où ce terme se rencontre:
Apocalypse V

« Et ils chantent un Cantique nouveau disant: Tu es digne de prendre le livre et d'en ouvrir les sceaux» (v. 9.)

Nous commençons notre examen par ce chapitre, parce que nous y trouvons, très clairement exprimés: 1° le milieu dans lequel le Cantique nouveau est chanté ; 2° les personnes qui le chantent. 3° Le contenu du Cantique et l'Objet qu'il célèbre. Si l'on ose parler de la sorte, nous avons donc ici «le Cantique nouveau modèle », c'est-à-dire qui contient à la fois tous les éléments de la louange qu'il a mission a'exprimer.
En premier lieu donc, la scène dans laquelle il est entonné est le ciel. C'est là qu'est établi le trône même de Dieu, au milieu duquel on voit l'Agneau immolé.
Ensuite, ceux qui entonnent le Cantique nouveau sont les saints glorifiés, envisagés par anticipation lorsque leur nombre sera complet, ayant le ciel pour domicile éternel et établis eux-mêmes sur leurs propres trônes. Ces saints, avec les quatre animaux, comprennent l'ensemble des rachetés céleste ressuscités et glorifiés, c'est-à-dire tous ceux qui, depuis la chute, ont hérité du salut, jusqu'au moment où s'ouvriront les événements prophétiques de la fin. Ces saints glorifiés peuvent célébrer, avec intelligence, Celui qui est mort pour eux et dont la résurrection leur a acquis la place glorieuse qu'ils occuperont à jamais. Ils sont rois et sacrificateurs, compagnons de Celui qui exerce la royauté et la sacrificature suprêmes. Si leur règne céleste est le sujet proéminent, le règne auquel ils auront part (et d'autres encore avec eux) n'est pas omis: «Ils règneront sur la terre» (v. 10.) Cette part est encore future ; les anciens n'occupent pas encore, dans ce passage, le département terrestre du royaume, mais ils en tiennent déjà, ce qui est de beaucoup supérieur, le département céleste.
En troisième lieu, l'Objet du Cantique nouveau, c'est Lui, Lui seul, l'Agneau immolé, établi publiquement comme le Centre éternel de toutes choses. Quant à son Contenu le Cantique nouveau célèbre le Christ, comme ayant, par son sacrifice, remporté la victoire sur toute la puissance de l'Ennemi, afin d'acheter pour Dieu, par son sang, une multitude d'adorateurs. Cependant, comme nous l'avons dit, le Cantique nouveau qui exprime tant de choses, n'exprime pas ici la relation définitive des rachetés avec: la sphère terrestre, car il se borne à dire: «Ils règneront sur la terre. » Christ lui-même a vaincu pour ouvrir le livre et en briser les sceaux, c'est-à-dire pour donner libre cours aux jugements qui délivreront la terre, mais, au Chap. V, son règne, pas plus que celui des saints qui en dépend, n'est établi ici-bas. Il ne peut l'être que par les jugements qui vont avoir lieu. Ce n'est pas ici, mais au chap. XIX de ce livre que nous le voyons apparaître personnellement, sur la terre comme juge. Sa relation comme Roi avec son peuple Israël est caractérisée ici par ces mots: «le lion de Juda, la racine de David» (v. 5), mais ce triomphateur royal nous est présenté sous des traits bien plus élevés, qui donnent essor au Cantique nouveau, c'est-à-dire comme ayant droit à toute domination dans le ciel et sur la terre par un sacrifice qui a brisé la puissance de Satan et a fait échapper pour toujours les saints glorifiés à leur cruel ennemi.
Nous, les saints qui sommes aujourd'hui, sur la terre, attendant la venue du Seigneur et ne participant à cette scène qu'en espérance, nous pouvons déjà entonner par anticipation le Cantique nouveau d'Apocalypse V, parce que, tout en étant encore dans notre état d'imperfection, nous sommes ressuscités avec Christ et que nous appartenons, par l'Esprit, à la scène occupée par notre Sauveur glorifié.

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* *

Considérons maintenant le Cantique nouveau, tel que les Psaumes nous le présentent. Une première remarque de toute importance, c'est que, dans les Psaumes, le Cantique nouveau n'est pas chanté dans le ciel, mais sur la terre où le règne de Christ est établi ou sur le point de s'établir. Je veux dire que, lorsqu'il est entonné sur la terre il est près de revêtir ou a déjà revêtu un nouveau caractère. La terre n'est plus la scène du mal ou de l'éloignement de Dieu, que nous habitons, le royaume dont Satan est le prince et où il domine. Elle est une terre renouvelée, semblable à un tapis secoué de ses impuretés, balayé de ses souillures par le jugement pour devenir le marchepied des pieds de l'Éternel, délivrée, en un mot, du pouvoir de Satan, lié pour mille ans. Il faut que, ce grand fait ayant eu lieu, la création actuelle soit digne de saluer le Roi entrant dans son règne. Historiquement, le Cantique nouveau des Psaumes vient donc après celui d'Apocalypse V qui célèbre dans le ciel le jour encore futur où le Seigneur prend le livre et en rompt les sceaux pour donner essor aux jugements qui prépareront Son règne sur la terre.

Psaume XXXIII.

«Exultez en l'Éternel, vous justes ! Aux hommes droits sied la louange. Célébrez l'Éternel avec la harpe, chante ses louanges avec le luth à dix cordes; chantez-lui un Cantique nouveau » (v. 1-3.)

Ce Psaume fait suite au Psaume XXXII ème où, en vertu de l'œuvre de la croix, appliquée à des coupables qui viennent confesser leurs péchés devant Dieu, nous entendons des chants de triomphe de la délivrance» (v. 7.) L'âme est délivrée de toute sa culpabilité; Dieu lui-même a «pardonné l'iniquité de son péché» (v. 5). Il n’y a plus que joie pour elle; le pécheur est devenu un «juste», en vertu de la rédemption, un «homme droit» en vertu de la confession des péchés (Voyez XXXII, 1, 11; XXXIII, 1). Alors retentit le Cantique nouveau (XXXIII, 3). Le Psaume dont nous nous occupons a une certaine analogie avec Apocalypse V. Dans ces deux passages, la rédemption est à la base de tout, mais, dans l'Apocalypse, la scène est céleste, ici terrestre. En vertu de la rédemption, l'heureux racheté est introduit sur une scène qui sera la terre millénaire, témoin « de la justice et du jugement et pleine de la bonté de l'Éternel» (v. 5), bonté qui repose sur les rachetés « selon qu'ils se sont attendus à lui» (v. 22) ; sur une scène où l'Éternel est craint universellement (v. 8), où « tous les cœurs sont formés par lui» (v. 15) ; où tous les siens « s'attendent à sa bonté» (v. 18) et se réjouissent en lui (v. 21). En vertu de la rédemption, l'Éternel s'est choisi un peuple pour son héritage (v. 12). Lui, le Créateur, l'introduit en pleine bénédiction sur la terre, après avoir dissipé le conseil des nations (v. 10).
Ce Psaume nous présente donc trois choses déjà signalées au chap. V de l'Apocalypse: une scène nouvelle: la terre, pleine de la bonté de l'Eternel - un peuple nouveau, juste et droit de cœur - un Cantique nouveau célébrant les résultats d'une œuvre reçue par la foi: le rachat, la transgression pardonnée, le péché couvert, la conscience purifiée, qui est à la base de toutes les bénédictions futures.

Psaume XL.

« Il a mis dans ma bouche un Cantique nouveau, la louange de notre Dieu» (v. 3.)

Ce Psaume ne nous parle pas proprement de la mort de Christ, c'est-à-dire de l'œuvre rédemptrice accomplie sur la croix. Nous y voyons Christ, venant comme homme, en parfaite obéissance, pour faire la volonté de Dieu, se substituant aux sacrifices de la loi dont Dieu n'a pas voulu, devenant lui même le sacrifice, et atteint, jusqu'à les faire siennes, par les iniquités de ceux qu’il venait sauver. Aussi Dieu lui a répondu par la résurrection: «Il m'a fait monter hors du puits de la destruction, hors d’un bourbier fangeux; et il a mis mes pieds sur un roc» (v. 2.) Cette position d'homme ressuscité, il la partage avec les siens. C'est Lui-même qui entonne un Cantique nouveau, approprié à la position nouvelle qu'il occupe par sa résurrection, un Cantique dont Dieu est l'objet. La résurrection est donc la victoire célébrée, plutôt que l'œuvre rédemptrice accomplie à la croix dont nous parlent Apocalypse V et les Psaumes 32 et 33. Les saints participent à cette victoire, c'est pourquoi il est dit que le Cantique nouveau, entonné par Christ homme, est «la louange de notre Dieu.» Le thème du cantique est l'exaltation du nouveau caractère de Dieu qui a triomphé de la mort en puissance, en ressuscitant l'homme Christ Jésus et en donnant la même position à ceux qu'il était venu sauver en prenant leur place.
Au Psaume XL ème, les saints ne sont pas sur la nouvelle terre, comme au Psaume XXXIII ème, mais Christ est transporté par la résurrection dans une nouvelle scène et y introduit les siens.
Ceux-ci ont part à une vie toute nouvelle, à une vie de résurrection à laquelle convient un Cantique nouveau. C'est Christ qui est entré dans cette nouvelle scène et y a rendu participants ceux qu'il a rachetés. Ceux-ci se trouvent dans une condition nouvelle, amenée par la résurrection de Christ.
Il en est de même aujourd'hui pour le chrétien. La scène dans laquelle il se trouve corporellement n'a pas changé. Cependant Christ est là, au milieu des siens, les ayant associés à Sa vie de résurrection devant son Dieu et leur Dieu, dans les relations toutes nouvelles dans lesquelles il est entré Lui-même, comme homme. Ce Psaume fait penser en quelque mesure aux quarante jours de la résurrection de Christ sur la terre. 1° La scène va changer pour Lui, elle va aussi changer pour nous. 2° Le caractère dei Dieu est exalté comme ayant mis fin par la résurrection à notre ancienne position. 3° C'est cette victoire, accordée par Dieu à l'Homme obéissant jusqu'à la mort, que le Cantique nouveau célèbre. Seulement, dans ce Psaume, c'est Dieu, que Christ exalte (non pas le Père, sujet propre au Nouveau Testament) et qu'Israël célèbre avec lui.
(À suivre).
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LE DISCIPLE ANANIAS

Actes IX, 10-18.

La Parole nous dit peu de chose du pieux disciple, Ananias, qui fut envoyé vers Saul de Tarse pour qu'il recouvrât la vue; mais le peu que nous savons de lui, est si précieux, et si plein d'enseignements, qu'il vaut la peine de nous y arrêter. Cela nous fera comprendre pourquoi le Seigneur l'a honoré, dans ce service, en faveur du vase d'élection qui devait porter son nom devant les nations, et les rois, et les fils d'Israël.
« Il y avait à Damas un disciple nommé Ananias; et le Seigneur lui dit en vision: Ananias! Et il dit: Me voici, Seigneur. » Que cette parole est simple, mais belle! Ananias était un disciple. Il ne nous est pas dit qu'il fût un croyant; cela est vrai de tous les rachetés du Seigneur; mais un disciple est celui qui écoute l’enseignements du Maître, qui apprend de lui et marche selon ses enseignements. Il se tenait là à ses pieds et avait fait son profit de ce qu'on apprend à une pareille école. La preuve en était qu'il ressemblait à son divin Maître et Seigneur : «Me voici, Seigneur,» dit Ananias. «Me voici, pour faire ô Dieu, ta volonté» disait le Seigneur. Quelle conformité entre le disciple et son parfait modèle! «Me voici! » c'est l'entière mise de côté de toute propre volonté. Je ne dis pas un cœur soumis à la volonté divine, mais un cœur qui trouve son bonheur dans l'accomplissement de cette volonté: je suis à ta disposition, fais de moi ce que tu trouveras bon ; tu es mon Seigneur, je n'ai d'autre désir que de faire ce qui t'est agréable. Nous trouvons déjà, dans l'Ancien Testament, quelques exemples de ce genre, quelques rayons de la gloire de Christ qui brillent dans les saints d'autrefois: «Me voici, car tu m'as appelé », dit Samuel. Il servait l'Éternel dès sa jeunesse, son oreille était attentive à la voix du représentant de l’Éternel. Celui-ci lui apprend à dire: «Parle, Éternel, car ton serviteur écoute. » En conséquence, l'Éternel allait pouvoir se faire connaître à son serviteur, car «il ne connaissait pas encore l'Éternel, et la parole de l'Éternel ne lui avait pas encore été révélée» (1 Samuel III, 1-7). C'était un : Me voici, pour apprendre !
«Me voici, envoie-moi », répond Ésaïe quand Celui dont il venait d'apprendre à connaître la gloire et la grâce dit: Qui enverrai-je ? (Ésaïe VI, 1-9.) Aussi l'Éternel put mettre dans sa bouche les paroles adressées à son peuple. C'était un : Me voici, pour servir!
«Me voici,» disait Joseph à son père (Genèse XXXVII, 11) ; et Jacob l'envoie vers ses frères qui, le haïssent et le jettent dans la fosse. Comme il ressemblait, n'est-ce pas à Jésus venu chez les siens qui ne l'ont pas reçu, à Jésus mis dans la poussière de la mort. C'était un: Me voici, pour refléter les gloires de Christ !
Peut-être le Seigneur nous met-il à l'écart pour écouter sa voix et apprendre de lui; ou veut-il nous confier un service quelconque; ou encore veut-il montrer par nous les rayons de sa gloire devant le monde qui l'a crucifié. Sachons dire, nous aussi: « Me voici.» Dans Ananias nous trouvons les trois choses réunies: il avait appris du Seigneur, il allait accomplir son service, et la gloire de Christ brillait dans sa personne. Quand un saint est dans dE telles dispositions, le Seigneur peut l'employer d'une manière utile, bénie. « Lève toi et va da.s la rue appelée la Droite, et cherche dans la maison de Juda3 un nommé Saul, $e Tarse; Car voici, il pRie, et il a Vu en vision un homme nommé Ananias, entrant et lui imposant la main pour qu'il recouvrât la vue.» COmme l'étonnement d'Ananias devait être grand en entendant cette parole; sans parler de la crainte, bien légitime, qui devait s'emparer de lui, en pensant à la haine, bien connue, de ce Saul de Tarse, pour tous ceux qui invoquaient le nom du Seigneur et voici que le Seigneur l'envoyait vers cet homme! Mais quelle sainte liberté et quelle confiance chez ce pieux disciple! Il parle au Seigneur de ses craintes comme il l'aurait fait à son plus intime ami. Nous trouvons chez lui une grande intimité jointe à une sainte révérence. Il connaît celui qui est son Seigneur, qui a toute autorité sur lui, il est prêt à lui obéir; mais il connaît aussi son cœur et il lui parle librement de tout ce qui peut le préoccuper. Celui qui est dans la gloire est. aussi l'humble Jésus qui était dans le monde, accessible à tous, et qui n'a jamais repoussé personne, le même Jésus qui était au milieu de ses disciples, plein de tendresse et de miséricorde. Ce Sauveur et Seigneur, souvenons-nous-en, est le même aujourd'hui, que lorsqu'il était ici-bas. Sa séance de bientôt deux mille ans à la droite du Père n'a changé en rien son amour envers nous. Il est avec nous comme il était avec Ananias; comme il était avec ses disciples sur la mer orageuse. Si nous le connaissions mieux, si nous vivions plus près de son cœur, comme nous lui parlerions de toutes nos peines, de toutes nos craintes, de toutes nos détresses, au lieu de nous fatiguer nous-mêmes à porter des fardeaux trop lourds pour nos épaules. Ananias fait part au Seigneur de ce qui était dans son cœur; celui-ci le rassure et même lui confie ses secrets au sujet de l'homme vers lequel il l'envoie. Qu'il est précieux de rencontrer un cœur, vivant si près du Seigneur, et n'ayant d'autre désir que de lui obéir, de faire tout ce qui lui est commandé! Ananias va; le Seigneur l'avait envoyé et lui, avait répondu: Me voici, «Saul frère, dit-il, le Seigneur, Jésus qui 4’estapparu dans lE chemin par où tu venais, m'a envoyé pour que tu recouvresla vue, et que tu soIs rempli de l'Esprit Saint.» Dès les premiers Mots, iL lui présente une personne connue et précieuse à son cœur, le Seigneur Jésus, un objet béni capable de remplir le cœur de Saul, comme il remplissait le sien. Il le lui présente dans sa seigneurie et dans sa grâce. Saul avait déjà dit: Que dois-je faire, Seigneur ? (Actes XXII, 10), mais cela ne suffisait pas; il fallait qu'il le connût comme Jésus le Sauveur. Il lui annonce le Seigneur Jésus et immédiatement le voilà tiré des ténèbres dans lesquelles il était plongé et amené dans la lumière, les yeux sont ouverts.
Quelle grandeur et quelle beauté dans cet humble disciple, qui aura éternellement la gloire d'avoir été envoyé- pour annoncer le Seigneur Jésus à celui qui devait être le grand apôtre Paul, un instrument si puissant dans la main du Seigneur pour la bénédiction de tant de milliers de rachetés. Le Saint Esprit ne nous parle, au sujet d'Ananias, ni de dons merveilleux, ni de zèle pour annoncer l'Évangile, ni d'activité dans l'assemblée ; mais il nous le présente comme un disciple qui, vivant près du Seigneur, était prêt à lui obéir, et pouvait parler de Lui. Qu'il nous accorde les mêmes grâces; nous en avons d'autant plus besoin aujourd'hui où l'on rencontre tant d'activité avec si peu d'obéissance, et où la personne du Seigneur est peu connue, peu présentée et a peu de prix pour les cœurs.
Alf. G
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«PRÊCHE LA PAROLE»

2 Timothée IV, 1-8.

L'apôtre Paul allait terminer sa carrière. Il avait combattu le bon combat; il avait soutenu la lutte contre l'ennemi pour établir l'Assemblée, le témoignage du Seigneur; sa course était achevée ; de Damas à la cour de Rome il avait pleinement accompli son service (v. 17) ; il sortait du combat, ayant gardé dans ses mains la foi intacte, l'ensemble de toutes les vérités qui lui avaient été confiées .et que la foi saisit: il avait « gardé la foi ». Mais, avec une perspicacité selon Dieu, il se rendait compte du déclin de la mai son de Dieu. Cet édifice, élevé si fidèlement par lui, commençait à se lézarder; et il savait quels progrès le mal ferait jusqu'aux derniers jours.
Il sentait douloureusement le relâchement de ceux qui travaillaient à l'œuvre du Seigneur. Dans sa première défense, tous l'avaient abandonné. Peu d'années auparavant, en écrivant aux Philippiens, il disait que «tous cherchaient leurs propres intérêts, non pas ceux de Jésus Christ ». Un fidèle serviteur restait avec lui; un seul qui fût animé d'une sincère sollicitude à l'égard de ce qui les concernait. Il s'agit de Timothée qui «servait avec lui dans l'Évangile, comme un enfant sert son père.» C'était vers lui, son enfant dans la foi que, dans ces jours sombres, il portait ses regards. Il aurait été connu dans les épreuves en travaillant avec l'apôtre. Mais désormais ce n'était plus avec Paul que Timothée allait travailler, mais seul, au milieu d'un état de choses fâcheux qui s'aggravait encore. Mais comment Timothée, jeune, craintif, faible, pourrait-il accomplir un tel service et faire face aux difficultés qui étaient au devant de lui? Dans la ruine, pas plus que dans les beaux jours de l'Église, Dieu ne prend en considération la valeur de l'homme.
L'apôtre en avait fait lui-même l'expérience. « Quand je suis faible, dit-il, alors je suis fort. » C'est j'arme placée entre les mains de celui que le Seigneur fortifie pour accomplir son œuvre qui a de la valeur. Paul avait dit à Timothée: « Aie un modèle des saines paroles que tu as entendues de moi, dans la foi et l'amour qui est dans le Christ Jésus» (Chap. I, 13). Il devait «exposer » justement la parole de la vérité. » Il avait pleinement compris la doctrine de Paul, sa conduite, son but constant. Il avait été pleinement convaincu des choses qu'il avait apprises; sachant qu'il les avait apprises de Paul auquel le Seigneur les avait révélées. Dès son enfance, il connaissait les saintes lettres qui pouvaient le rendre sage à salut par la foi qui est dans le Christ Jésus. Armé de cette manière, ayant en mains l'Écriture inspirée de Dieu, et propre a accomplir toute Son œuvre, il pouvait aller en avant, quoi qu'il en fût de sa personne. Cette Parole opérerait au milieu de la ruine comme elle l'avait fait aux plus beaux jours de l'Assemblée à son début. Cette même Parole nous la possédons encore et nous avons à l'écouter et à la faire valoir dans les jours fâcheux que nous traversons.
L'apôtre, dans la conscience que sa fin est proche, recommande à Timothée de la manière la plus solennelle l'usage de la Parole. Il remet, pour ainsi dire entre ses mains, l'arme avec laquelle il avait combattu lui-même.
Il est intéressant de remarquer que Timothée personnifie, en quelque sorte, le ministère dans les dernierS jourS. Il Était faible, #raintif, timide ; mais il avait reçu un don, et devait le faire valoir. Les croyants étant privés d'un grand nombre de dons qui ne fonctionnaient pas à la place q5e Dieu leur avait assignée, Timothée devait faire l'œuvre d'un docteur, d'un pasteur, d'un évangéliste, étant nourri dans les paroles de la foi et de la bonne doctrine qu'il avait pleinement comprise (1 Timothée IV, 6). Il en est de la ruine actuelle, de l'Église, comme des sombres jours de la ruine d'Israël: Dieu peut se servir d'un Éhud, d'un gaucher, n'ayant qu'une courte épée sous son vêtement, ou d'un Shamgar, avec un aiguillon à bœufs, pour accomplir son œuvre (Voyez Juges V, 15 et 31.) Mais la Parole, exposée au mépris du monde, et représentée par ces armes, a la même efficace dans tous les temps; elle ne la perd pas plus que Celui dont elle est la voix.
L'apôtre adjure Timothée «devant Dieu et le Christ Jésus, qui va juger vivants et morts ». Le sentiment de la présence de Dieu et du Christ Jésus auquel tout service doit s’adresser; la pensée que le jugement est proche, dans lequel tout sera manifesté; l'apparition de Christ, quand tout œil le verra, quand personne ne pourra se soustraire à l'éclat de sa lumière; son règne où tout correspondra à la pensée de Dieu en vue de la terre; tous ces faits solennels, présents à l'esprit de Paul et dont dix-neuf siècles nous ont approchés, dès lors, devaient engager Timothée à prêcher «la Parole ». Combien plus devons-nous aujourd'hui la prêcher et l'écouter! « Car la parole de Dieu est vivante et opérante, et plus pénétrante qu'aucune épée à deux tranchants, et atteignant jusqu'à la division de l'âme et de l'esprit, des jointures et des moelles ; et elle discerne les pensées et les intentions du cœur» (Hébreux IV, 12.)
Aux jours de Timothée on écoutait encore la Parole. Tant que cette disposition existait, il devait en profiter pour la prêcher. Il devait insister en temps et hors de temps, convaincre, reprendre, exhorter avec toute longanimité et doctrine. On sent ici que l'on avait déjà affaire à l'indifférence spirituelle ou aux raisonnements humains, puisqu'il fallait insister en saisissant toute occasion. Timothée devait convaincre ces auditeurs afin qu'ils ne se contentassent pas d'une connaissance superficielle qui, à la première occasion cèderait aux enseignements provenant d'autres sources. Il devait reprendre et exhorter; corriger ce qui était défectueux, encourager à marcher dans le bien, et cela avec longanimité et doctrine, usant de patience et de support en présence d'une ignorance souvent coupable; mais ne se départant jamais de la doctrine de la vérité dans toute sa pureté. En un mot, il lui fallait présenter la Parole pour qu'elle combatte le mal décrit aux versets 16 et 17 du chap. II. « Car il y aura un temps - dit l'apôtre, qu’ils ne supporteront plus le sain enseignement; mais, ayant des oreilles qui leur démangent, ils s’amasseront des docteurs selon leurs propres convoitises, et ils détourneront leurs oreilles de la vérité et se tourneront vers les fables. »
Nous sommes dans ce« temps» où les hommes détournent leurs oreilles de la vérité, et mettent de côté l'enseignement de la Parole de Dieu; parce qu'elle le juge en plaçant la lumière et la vérité devant eux. Ils veulent des choses plus agréables, ayant même un caractère religieux, pourvu qu'elles flattent la chair et laissent dormir la conscience. Dans ce but, ils s'amassent des docteurs qui répondent à leurs désirs. Au lieu de laisser la saine doctrine venir à eux et opérer en eux, ce sont eux qui cherchent les docteurs qui leur plaisent, sachant que, si même ils parlent de la Parole, ils éviteront son tranchant pour la chair. Ces docteurs, il leur en faut un grand nombre pour répondre à tous les goûts variés de leurs publics divers.
Nous vivons dans un temps où les prédictions de l'apôtre se réalisent pleinement. Nom sommes donc exposés à en subir l'influence et malheureusement nous ne la subissons que trop. La Parole de Dieu est le remède efficace pour lutter contre ce courant d'indépendance et d'erreur. Moins que jamais il ne nous faut en négliger la lecture, individuellement, en famille, en assemblée. Elle doit habiter richement en nous. Un contact habituel avec elle produira tout naturellement ses effets, parce qu'elle est vivante,opérante et pénétrante; mais il faut la lire avec attention, respect et prières; non par acquit de conscience, ou superficiellement; il faut se laisser convaincre et corriger par elle en la recevant comme d'autorité divine. Il ne faut pas en lire une partie pour reprendre aussitôt une lecture plus agréable à nos goûts naturels, ou livrer notre esprit à d'autres sujets qui, comme les oiseaux de la parabole, enlèveraient la bonne semence pour l'empêcher de produire du fruit.
Nous avons à lutter contre le besoin d'entendre des paroles agréables à l'oreille, car il nous expose à chercher nos jouissances en dehors du terrain de la vérité. Ceux qui font ainsi paraissent n'être pas étroits, voudraient prouver que l'on peut s'associer à tout ce qui est bon sur quelque terrain que ce soit. Ils prétendront aussi qu’ils vont entendre prêcher l'Évangile, plus clairement, plus à la portée de chacun que dans le cercle restreint où l'obéissance à la Parole les aurait placés.
Un autre moyen dont l'Ennemi se sert efficacement pour faire perdre le goût de la Parole de Dieu et la capacité de la comprendre, ce sont les lectures religieuses diverses qui foisonnent de nos jours. Elles usurpent souvent, dans nos maisons, la place des Écritures, et des précieux écrits par lesquels nous pouvons être développés spirituellement, en apprenant à connaître mieux la pensée de Dieu sur les gloires du Seigneur pour nous transformer à son image, sur la position élevée du chrétien et de l'Église, sur la vérité du rassemblement des enfants de Dieu selon la Parole. N'est-il pas remarquable que le Seigneur ait pourvu à ce qu'un ministère pareil à celui de Timothée puisse avoir lieu dans les temps de la fin auxquels nous sommes arrivés.
On trouve, il est vrai de bonnes publications que l'on est heureux de voir répandre et qui font du bien en détournant les âmes des lectures mauvaises qui abondent. On est heureux de voir travailler à l'endiguement du mal, à retenir quelque peu la marée montante d'immoralité et d'iniquité qui envahit de plus en plus la chrétienté. M:ais il ne faut pas confondre l'œuvre que l'on cherche à accomplir dans le monde pour enrayer les progrès du mal, avec l'œuvre qui s'adresse aux enfants de Dieu. Il faut à la famille de Dieu le pain de la maison paternelle, et c'est le Christ que la Parole nous présente. «Prêche la Parole. »
Cette Parole nous montre à quelle distance nous sommes du modèle parfait, mais elle ne nous fait pas seulement mesurer cette distance, elle juge ce qui en est la cause; elle nourrit, et donne la force d'accomplir ce qu'elle nous enseigne; elle convainc, corrige, instruit dans la justice, afin que l'homme de Dieu soit accompli et parfaitement accompli pour toute bonne œuvre. Il faut que Christ soit formé en nous pratiquement, pour que nous revêtions ses propres caractères et soyons dignes de porter son nom. Cette œuvre ne peut s'accomplir que par la Parole présentée dans sa pureté. Elle apporte la mort à ce qui est de la chair, et elle développe la vie de Christ dans le nouvel homme. Telle lecture, ou tel discours, ont-ils formé en nous quelque caractère de Christ? Nous ont-ils fait accepter la mort du vieil homme, ou ont-ils cherché à le cultiver? Une chrétienne disait un jour que chaque fois qu'elle avait entendu prêcher, un des plus grands prédicateurs populaires du jour, elle était remplie de bonnes intentions, mais que ces dernières disparaissaient vite. Si la Parole de Dieu avait été prêchée et avait atteint sa conscience, elle au rait non seulement produit chez elle le désir de mieux faire, mais elle lui aurait montré son incapacité pour y arriver, et plaçant le Modèle devant ses yeux, elle lui aurait communiqué la force de marcher sur ses traces, dépendant de Lui seul pour vaincre ce qui s'y opposait. Il est facile, par l'éloquence, de faire vibrer les sentiments pour un moment mais l'œuvre est superficielle, et n'a pour résultat que d'illusionner l'âme et de la conduire ensuite à de tristes déceptions. Au contraire, la Parole de Dieu opère et pénètre; elle est l'œil de Dieu qui nous conduit au dedans de nos cœurs et de nos consciences pour nous montrer ce qui nous empêche de manifester les caractères de Christ.
Si nous sommes au milieu de ceux qui ne supportent pas le sain enseignement et qui se cherchent des docteurs qui chatouillent leurs oreilles, n'oublions pas que nous avons aussi affaire à la « tromperie de hommes et leur habileté à user de voies détournées pour égarer.» Dans ce but, ils se servent de moyens très divers. Satan sait se déguiser en ange de lumière et ses serviteurs en ministres de justice. Il sait distribuer l'erreur en dilutions et la présenter sous des formes très attrayantes, à l'insu même des instruments qu/il emploie, et dans lesquels on ne soupçonnerait ni mauvaise intention, ni mauvaise doctrine. Il ne commence jamais par présenter ouvertement sa pensée. Il prépare le terrain en l'arrosant de bonté, d'amour fraternel large, d'une charité qui admire le bien où qu'il se fasse, d'une indulgence qui se cont%nte d'intentions louables là où les procéDés ne seraieNt pas scripturaires. On nous dira: N'est-ce pas ces qualités que le SeigNeur a manifestées dans sa marche ici-bas? Certainement, et nous avons tous à les pratiquer mieux que nous ne l'avons fait jusqu'ici ! Mais si nous voulons être de vrais disciples de Christ, soumis à la Parole, nous discernerons ce qui manque dans le bien que nous pouvons admirer, non pas avec la satisfaction de juger et de blâmer, mais afin de marcher nous-mêmes dans toute la vérité et d'aider ensuite nos frères à y marcher.
La vérité, la sainteté, la justice sont inséparables de l'amour. L'apôtre exhorte à «être vrais dans l'amour » pour croître jusqu'à Christ: «L'amour se réjouit avec la vérité.» Nous sommes exhortés à «poursuivre la paix avec tous et la sainteté sans laquelle nul ne verra le Seigneur.» Le maintien de la vérité et de la sainteté est une condition essentielle du témoignage rendu au Seigneur. L'ennemi fait son possible pour nous faire passer légèrement sur des choses aussi importantes. Tous admettent cependant que la vérité doit être maintenue, mais le désir d'union parmi les chrétiens, l'œuvre de l'évangélisation, l’amour entre tous, la font considérer comme chose secondaire.
Aujourd'hui, le grand but de l'Ennemi est d'affaiblir le faible témoignage que le Seigneur s'est suscité jusqu'à son retour prochain. Hélas! Nous rendons à l'Adversaire son œuvre facile, par notre mondanité, notre affaiblissement spirituel, l'indifférence qui nous fait traiter d'étroitesse et de manque d'amour le maintien de la vérité.
Après avoir affaibli le témoignage par de nombreuses divisions, il veut le ruiner davantage encore; c'est pourquoi il cherche à réunir ceux qu'il a divisés, non pas sur le terrain de la vérité, ce qui certes serait à désiRer, mais en niant ou en atténuant les erreurs qui ont causé ces divisions, erreurs avec lesquelles ne peuvent marcher ceux qui désirent être fidèlesau Seigneur en gardant sa Parole et en ne reniant pas son nom. Pour réunir des chrétiens hors du terrain de la vérité, l'ennemi insinue qu'il fAut revenir en arrière et revoir si les erreurs étaIent tellEs qu'il aitfallu s'en séparer. Hélas! Dans bien Des cas, cette séparation n'aurait pas été nécessaire avec plus de patience et moins de volonté propre. Mais sommes-nous plus spirituels que ceux qui étaient alors à la brèche et qui avaient un jugement plus sûr que le nôtre, parce qu'ils vivaient plus que nous dans la séparation du mal et du monde ! Au contraire, en vertu de notre affaiblissement, nous nous laissons influencer par les circonstances; ce n'est qu'avec des mains tremblantes que nous retenons la vérité qui nous a été enseignée par ceux qui nous ont précédés, et qui étaient doués d'une manière toute spéciale pour remettre en lumière les vérités fondamentales de l'Assemblée, méconnues durant des siècles. Mais si nous n'avons pas qualité pour juger de nouveau ce que de plus spirituels que nous ont fait sous le regard du Seigneur, nous avons la responsabilité d'agir selon les principes scripturaires dans les circonstances où nous nous trouvons aujourd'hui.
Pour marcher sûrement au milieu d'un état de choses, si compliqué, si travaillé par l'ennemi, si semé d'écueils de tous genres, nous avons la Parole que Paul recommandait à Timothée de prêcher; la Parole de la grâce à laquelle Paul: recommandait l'Église d'Éphèse. C'est sur elle qu'il faut insister, à elle qu'il faut prêter une oreille attentive afin d'être accomplis et parfaitement accomplis pour toute bonne œuvre, et non pour quelques-unes seulement.
Le jour est proche où tout sera manifesté, où Paul recevra la couronné de justice que le Seigneur juste juge lui donnera, ainsi qu'à tous ceux qui' aiment son apparition, qui vivent avec la pensée qu'un jour tous les résultats de leur marche seront manifestés. L'apôtre Paul n'attendait pas même ce jour-là pour être dans la lumière. Après avoir parlé du tribunal de Christ, il dit: « Mais nous avons été manifestés à Dieu. » Il vivait dans la présence de Dieu, dans laquelle toutes ses pensées, tous les motifs de ses actions étaient jugés.
Puissions-nous tous, en attendant son apparition, vivre pratiquement dans cette présence, et n’avoir besoin d'autres motifs pour marcher d'une manière qui lui soit agréable que l'amour pour lui, qui ne peut se manifester que dans l’obéissance à ses commandements.

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RECUEIL D'EXHORTATIONS ET D'APPELS

N° 7.

Jean IV.

Dans l'évangile de Jean, nous trouvons le Seigneur Jésus comme le Fils de Dieu venu du sein du Père et comme étant le .seul qui puisse nous le révéler d'une manière parfaite. Dieu avait parlé aux pères par les prophètes, mais un seul pouvait révéler ce qui était dans son cœur, c'était Jésus son Fils. Dieu est amour et lumière, nous dit Jean, et le Seigneur nous l'a fait connaître sous ces deux caractères. Jésus était la lumière brillant au sein, des ténèbres, et Il a projeté la lumière sur tout homme; mais cette lumière manifesta le péché et la méchanceté du cœur de l'homme, qui n'a pu supporter cette lumière et n'a eu aucun repos qu'il n'ait crucifié le Seigneur de gloire. Mais en mettant à nu le cœur de l'homme, le Seigneur Jésus a montré le cœur de Dieu. Sur la croix il fut démontré que Dieu ne pouvait tolérer le mal: Christ nous a en même temps révélé que Dieu est amour.
On trouve souvent la bonté et la miséricorde de Dieu dans l'Ancien Testament, mais l'amour divin ne pouvait être manifesté dans sa plénitude que par Jésus, Nous voyons ici une pauvre pécheresse qui était si misérable qu'elle n'osait pas sortir avec les autres gens, à cause de la honte qu'elle avait de sa vie. Cette femme est surprise qu'un Juif parle à une Samaritaine, et qu'il veuille  lui donner de l'eau sans avoir de quoi puiser. Elle soulève des objections pour échapper à ce qui, dans les paroles du Seigneur, atteint sa conscience. L'homme né d'Adam est toujours le même: il veut échapper à la présence de Dieu. Lorsque la lumière divine brille devant lui et vient sonder les replis cachés de son cœur, Adam cherche à se cacher derrière les arbres du jardin. C'est ainsi qu'aujourd'hui encore, l'homme craint tellement de se trouver en présence du Dieu saint, qu'il voudrait lui échapper en se plongeant dans les plaisirs et les distractions de ce monde.
La Samaritaine s'efforce de détourner le tranchant de la Parole du Seigneur, en discutant avec lui de questions religieuses, mais la grâce de Dieu s'occupait d'elle et Jésus fait pénétrer dans son âme les traits de la vérité. Ce n'était pas pour la troubler inutilement, mais pour lui faire du bien; sa grâce est toujours la même: si vous êtes encore loin, Il veut vous attirer, afin que vous soyez à Lui. Quels soins le Seigneur prend de cette âme! Que de patience et d'amour de sa part! Il veut nous amener à ne rien lui cacher et ensuite produire de l'amour dans, nos cœurs pour sa Personne bénie. Il faut que nous soyons seuls avec lui, afin qu'Il nous dévoile ce que nous sommes, pour nous faire du bien. Il y avait des besoins chez cette femme: que n'aurait-elle pas donné pour que la faute fût oubliée! On trouve chez tous les hommes le désir d'être heureux, une soif inassouvie de bonheur. Cette femme était dans ce cas et Dieu le savait. Il connaît notre état de misère et nous révèle ce qui nous attend, si nous ne venons pas à lui. Il est ému de compassion 'envers nous.
Jésus éveille d'abord l'attention de la Samaritaine (v. 7). Celui qu a tout créé était là assis au bord de la fontaine, dépendant d'une pécheresse pour un peu d'eau: Il voulait lui révéler ce qui pouvait la rendre heureuse. Il se présente à elle comme étant le don de Dieu. C'est le don qu'il a fait que Dieu vous présente encore. Il amène l'âme devant Lui, afin de la dépouiller de tout ce qu'elle croit avoir et, quand elle se sent misérable et indigne, Il lui rivèle tout son amour.
ésus s'est donné lui-mjme et nous communique la vie qui nous rend capables de comprendre l'amour de Dieu. Christ nous révèle le Père: c'est une source qui désaltère l'âme et qui jaillit jusqu'en vie éternelle; Jésus la donne gratuitement pour rafraîchir l'âme altérie. Si savant qu'il puisse jtre, aucun homme n'a jamais révélé Dieu; le Fils unique qui est dans le sein du Phre, lui l'a fait connantre. Cherche-t-oN encOre à se cacher après avoir appris ce qu'est le Sauveur ? Quand on le possède, on a tout en Lui et l'on n'a plus d'autre besoin.
Quelles sont les pensées de Dieu envers les hommes? Non seulement Il a voulu les rendre heureux, mais il cherche des adorateurs: Il veut avoir des enfants, nue famille bien-aimée. Dans le tabernacle, Dieu se tenait derrière le voile, mais Il est maintenant complètement révélé. Il est notre Père, comme Il est celui du Seigneur Jésus. Il nous a approchés de Lui et nous a donné le droit d'être ses enfants, dans une intimité parfaite avec Lui. C'est Lui que nous adorons, et nous pouvons bien dire: «À Celui qui nous aime et qui nous a lavis dans son sang » (Apocalypse I, 5.) Seul le sang de l'Agneau nous purifie et nous rend propres ` être dans la présence de Dieu. Par la foi, nous connaissons «la grbce de notre Seigneur J)sus Christ» (2 Corinthiens VIII, 9).
La Samaritaine à laquelle Il se révèle reconnaît qu'Il est Celui qui devait voir et nous faire + connaître toutes choses » (Jean IV, 25). Le connaissez-vous et vous a-t-il enseigné le moyen d'être approchés de Dieu ? Et nous qui avons reçu cette grâce, et qui possédons cette source jaillissant en vie éternelle, nous suffit-il de connaître le Fils de Dieu? N'avons-nous qu'un désir, celui de marcher avec Lui seul et de délaisser les plaisirs et les distractions du monde? Dès qu'elle le connaît, cette femme n'a qu'une pensée, celle de suivre le Seigneur. Elle n'a plus de honte, car elle le possède, et Il lui suffit pleinement.
Le Seigneur Jésus vient bientôt, perspective bénie pour ceux qui l'attendent, solennelle pour ceux qui ne le connaissent pas et qui n'auront que le jugement en partage. Puisse chacun de nous goûter pour soi-même le don de Dieu et posséder Jésus comme son Seigneur et son Sauveur.
A.L
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LE CANTIQUE NOUVEAU

(Suite)

Psaume XCVI.

«Chantez à l'Éternel un Cantique nouveau; chantez à l'Éternel, toute la terre» (v. 1.)
Remarquons d'abord que les Psaumes XCIII à C, ont trait à l'établissement du règne de Christ sur la terre. Les mots: « L'Éternel règne» sont comme le « Leit motif» de toute cette série de Psaumes (Voyez XCIII, 1 ; XCVI, 10 ; XCVII, 1 ; XCIX, 1). Ce règne est basé sur les jugements des ennemis de Christ (Psaume XCIV, XCVII, 2-5), car le mal devra disparaître pour faire place à l'établissement d'un règne de paix et de justice sous le sceptre du Messie.
Au Ps. XCV le Résidu qui est le nouvel Israël va avec joie et .louange au devant de Lui qui est le Roi entrant dans son règne. Le cœur des fidèles est changé, mais ils sont exhortés à ne plus faire comme jadis le peuple désobéissant à Massa et Mériba et ne pas endurcir leur cœur comme lui.
Dans le Psaume XCVI qui nous occupe, le Résidu fidèle a déjà vu la gloire quand le Seigneur s'est manifesté à son peuple en posant ses pieds sur la montagne des Oliviers (Zacharie XIV, 4) ; alors les messagers d'Israël vont raconter cette gloire parmi les nations (v. 3), afin qu'elles se hâtent d'abandonner leurs idoles et de se soumettre à Celui dont les envoyés proclament, l'entrée dans son règne (v. 10). Le règne n'est pas encore établi, mais le Seigneur vient pour l'établir comme il est dit au v. 13 : «L'Éternel vient, il vient pour juger la terre ; il jugera le monde avec justice et les peuples selon sa fidélité. » C'est le Cantique nouveau des nations.
Au Psaume suivant (Psaume XCVII), le règne s'établit. Ce n'est plus le Résidu qui «raconte Sa gloire parmi les nations », mais «tous les peuples voient sa gloire (v. 6.) Leur idolâtrie est abandonnée (v. 7) pour servir « le Très Haut, fort élevé par dessus tous les dieux» (v. 9.)
Les Psaumes 96 et 97 célèbrent donc l'inauguration du Règne. Rien désormais ne pourra lui être opposé. C'est le moment merveilleux du lever du soleil de justice. Il y a changement complet de scène pour tous. L'apparition de la lumière remplace la nuit pour l'Israël de Dieu, ainsi que pour les nations, et pour toute la terre. Désormais on ne peut revenir au Cantique ancien, quelque précieux qu'il ait pu être, comme par exemple le Cantique de Moïse à la mer. Rouge. Ce dernier célébrait la victoire de l’Éternel sur l'Égypte, pour amener le peuple à Lui-même, au moment d'entreprendre le voyage du désert qui devait l'introduire dans la terre promise. Ici, le cortège triomphal, après la victoire remportée, va au devant du vainqueur qui vient. Le roi ne s'est pas encore assis sur son trône, mais il va le faire dans la Majesté de son pouvoir et dans la grandeur de sa délivrance. Les nations, cette grande foule d'Apocalypse VII que personne ne peut dénombrer, ont entendu l'Évangile du royaume.

Psaume XCVIII.

« Chantez à l'Éternel un Cantique nouveau ! Car il a fait des choses merveilleuses: sa droite et le bras de sa sainteté l'ont délivré» (v. 1.)
Ici le Cantique nouveau ne célèbre pas, comme au Psaume XCVI ce qui va se faire, mais ce que l'Éternel a fait: « Il a fait des choses merveilleuses » ; « il a fait connaître son salut; il a révélé sa justice aux yeux des nations» (v. 1-2.) Il est le Roi, l'Éternel; il vient pour établir son gouvernement: «Il jugera le monde avec justice et les peuples avec droiture» (v. 9.)
Aux Psaumes suivants (Psaume XCIX et C), il est assis sur son trône entre les Chérubins, en Sion. Il aime la justice; il établit la droiture; il exerce le jugement et la justice en Jacob. Ce n'est plus Lui qui vient, mais toute la terre vient devant Lui (Psaume C, 2) avec chants de triomphe. Alors retentit cet hymne que j'ai appelé «l'Hymne d'inauguration du règne»: «Célébrez-le, bénissez son nom! Car l'Éternel est bon; « sa bonté demeure à toujours! » (Psaume C, 5.)
En somme, si la scène millénaire n'est pleinement établie qu'aux Psaumes XCIX et C, la scène est déjà toute nouvelle aux Psaumes XCVI et XCVIII où le Cantique nouveau est célébré. Déjà le jugement a eu lieu; déjà la gloire a paru aux yeux du vrai Israël; déjà les nations ont reçu l'Évangile du royaume; déjà Christ a un peuple bien disposé; déjà Il paraît en sainte magnificence ; déjà la rosée de ses jeunes hommes lui vient du sein de l'aurore. Si la scène est nouvelle, elle est peuplée d'être nouveaux qui exaltent la sainteté du vrai Roi au moment où il va s'asseoir entre les Chérubins sur 1a montagne de la sainteté de Dieu!
Psaume CXLIV.

«O Dieu, je te chanterai un Cantique nouveau ; je te célébrerai sur le luth à dix cordes! » (v. 9.)
Ce Psaume n'est que le désir, exprimé du sein de la tribulation (Voyez Psaume CXXXVII à, CXLIII), d'en être délivré et d'arriver enfin la bénédiction millénaire sous le règne glorieux du Messie. L'Éternel interviendra en vengeance et en jugement; il sera reconnu de tout son peuple et la paix et la prospérité seront proclamées sur une terre renouvelée. « Bienheureux le peuple pour qui il en est ainsi ! Bienheureux le peuple qui a l'Éternel pour son Dieu! » (v. 15)

Psaume CXLIX

« Louez Jah ! Chantez à l'Éternel un Cantique nouveau! Chantez sa louange dans la congrégation des saints! » (v. 1.)

Ce Psaume est, pour ainsi dire, l'Alléluia du Cantique nouveau. Ce ne sont pas les nations, c’est l'Israël de Dieu qui seul l'entonne ; il retentit uniquement dans la congrégation des saints (Khasidim), dans la bouche des fils de Sion sur la terre, comme en Apocalypse V dans la bouche des saints célestes, ressuscités et glorifiés. Comme à l'Église dans l'Apocalypse, il est donné à ces saints d'Israël une place d'intimité et de communion spéciale avec le Roi. Cela est très beau, comme suprême expression du Cantique nouveau dans les Psaumes. Israël ayant été l'objet spécial des voies de Dieu, de ses jugements gouvernementaux et de ses délivrances, a droit à l'expression la plus élevée et à l'accord le plus intime de la louange sur la terre: «Que les saints se réjouissent de la gloire !» (v. 5.) Mais n'oublions pas que la différence entre ce Cantique-ci et celui d'Apocalypse V est aussi grande que la différence entre la terre et le ciel. . Nous n'avons pas ici l'Agneau immolé, ayant opéré la rédemption et fait de ses bien-aimés des rois et des sacrificateurs pour régner sur la terre - mais nous voyons le Seigneur de gloire, resplendissant dans son règne et ayant armé les siens de l'épée à deux tranchants pour combattre et anéantir toute puissance qui voudrait s'élever contre lui.
Tout ce que nous venons de voir prouve, comme nous l’avons dit, que le Cantique nouveau a des caractères différents, non seulement selon que la scène est céleste ou terrestre, non seulement selon qu'il est proféré par les saints ressuscités, ou par Israël, ou par les nations; mais encore selon qu'il s'adresse à l'Agneau immolé, vainqueur de Satan sur la croix, ou au Fils de l'homme ressuscité, introduisant les siens dans la même gloire que Lui ou enfin au Fils de David établissant son règne sur là terre. A Israël appartient d'exercer le jugement comme peuple terrestre, tandis que le peuple céleste l'exercera aussi, mais d'une manière bien plus élevée qu'Israël, dont il n'est pas dit, comme il est dit à l'Église : « Je lui donnerai autorité sur les nations, et il les paîtra avec une verge de fer, comme sont brisés les vases de poterie, selon que moi aussi j'ai reçu de mon Père» (Comparez Psaume II, 9 avec Apocalypse II, 26-27.)

Ésaïe XLII.

«Chantez à l'Éternel un cantique nouveau, sa louange du bout de la terre» (v. 10.)

Dans ce chapitre nous voyons en premier lieu Christ homme et serviteur, venu ici-bas dans l'humiliation, mais pleinement approuvé de Dieu.
Il ne s'arrêtera pas dans l'œuvre entreprise au milieu du mal, jusqu'à ce qu'il ait «fait valoir le jugement en faveur de la vérité» et « établi le juste jugement sur la terre» (v. 1, 4). Il sera de la part de l'Éternel, «une alliance du peuple et une lumière des nations ». Ce qu'il a commencé ici-bas dans l'humiliation, il l'achèvera en gloire, cette gloire de l'Éternel qu'Il ne donnera pas à un autre (v. 8.) Les premières choses sont arrivées lors de son séjour sur la terre; les chosés nouvelles commencent (v. 9.)
Alors retentit des bouts de la terre, sur la mer et les îles, dans le désert et ses villes, dans les villages de Kédar, clans les rochers, sur le haut des montagnes, en un mot, partout dans le monde habité, le Cantique nouveau. C'est le Cantique de la délivrance; le jugement s'exécute; les ténèbres sont changées en lumière ; les chemins tortueux sont redressés (v. 16.) C'est la réalisation universel1e de ce que Jean Baptiste avait annoncé pour le peuple au chap. XL de ce même prophète. C'est aussi la réalisation de ce qui nous est donné en détail dans les Psaumes. Mais la scène est plus générale. Ce n'est plus le Roi entrant dans son règne. La scène nouvelle est le monde habité, délivré du joug de Satan - le caractère de tous c'est d'être amenés des ténèbres à la lumière, de l'esclavage à la liberté et à une joie qui remplit tous les cœurs - le caractère nouveau de Christ, c'est que lui, le fils de l'homme autrefois humilié, le fidèle serviteur, est maintenant élevé au siège de la gloire et de la puissance divine, et reconnu comme Libérateur universel par tous les peuples, par la terre entière, par son peuple qui d'aveugle est devenu voyant, de prisonnier a été mis en liberté, le sourd a les oreilles ouvertes, d'objet de colère est devenu objet de miséricorde.
Tout cela est très beau, comme contraste entre un Christ jadis humilié, maintenant élevé au siège de l'empire universel. Mais nous n'y trouvons pas Christ victime comme au Psaume XXXIII, 1, ou Christ l'Agneau immolé comme en Apocalypse V. C'est plutôt l'humble serviteur ayant enfin achevé sa tâche et dominant le monde entier dont il a fait une scène de lumière et de vérité, de justice et de liberté, pour la gloire de l'Éternel !
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Avant d'arriver à notre conclusion, examinons encore le second passage où le Cantique nouveau est mentionné dans le Nouveau Testament.
(À suivre).
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RECUEIL D'EXHORTATIONS ET D’APPELS

N° 8

Psaume VIII

Plusieurs passages du Nouveau Testament sont des citations ou des allusions à ce Psaume et nous en font comprendre la portée: Dieu avait établi le premier Adam sur les œuvres de ses mains et, comme il a failli, nous portons maintenant nos regards sur le second Adam, en qui s'accomplissent tous les conseils de Dieu. Lorsque le Seigneur Jésus fut rejeté ici-bas, Il fut connu comme le Fils de l'homme, nom sous lequel il nous est présenté dans ce Psaume. Comme tel, et à la suite de ses souffrances, il est établi sur toutes les œuvres des mains de Dieu (Psaume VIII, 6). Ce passage est cité trois fois dans le Nouveau Testament (1 Corinthiens XV, 27 ; Éphésiens I, 22 ; Hébreux II, 6-8).
Au Psaume LXXX, 17, on trouve également cette expression: «Que ta main soit sur l'homme de ta droite, sur le fils de l'homme que tu as fortifié pour toi.» Le Résidu pieux, aux prises avec les ennemis, élève ses yeux vers l'Homme de la droite de Dieu et demande que Sa puissance soit manifestée pour sa délivrance: il se confie en lui, sachant qu'Il est puissant pour sauver ceux qui s'attendent à lui. En Daniel VII, 13-14, nous voyons encore le Fils de l'homme s'avançant vers l'Ancien des jours et recevant la domination sur toutes les nations: «Sa domination est une domination éternelle qui ne passera point, et son règne ne sera pas détruit» (v. 14.)
Tout ce qui est confié à l'homme manque entre ses mains, mais tout .est assuré glorieusement dans le second Adam, établi sur toutes les œuvres de Dieu. (Psaume VIII.) Israël ayant été choisi comme peuple de Dieu, et .ayant reçu la sacrificature et la loi, a complètement failli et le trône de Dieu fut retiré de Jérusalem. Ensuite commencèrent les temps des nations, dont l'histoire se terminera par une apostasie complète. Alors toute l'autorité confiée à l'homme sera remise entre les mains du second Homme obéissant et victorieux de la mort (Daniel II ; VII, 13, 14).
Dans le Nouveau Testament, le Fils de l'homme est envisagé sous un aspect tout différent. Il naît dans une humble condition sans apparence, ni gloire extérieure: «Il est méprisé et délaissé des hommes, homme de douleur et sachant ce que c'est que la langueur» (Ésaïe LIII, 2, 3.) Mais, dans cet abaissement profond, sa gloire morale fut pleinement manifeste, car Il était le Saint, le Véritable, Dieu manifesté en chair. Il n'est pas sorti un instant de cette condition d'humble dépendance et d'obéissance parfaite. Il était le Fils de Dieu et le Roi d'Israël, et c'est ainsi que Nathanaël le reconnaît (Jean I, 50), mais « le monde ne l'a pas connu» et « les siens ne l'ont pas reçu» (I, 10-11). Ses droits de Messie étant méconnus, Il prend le titre de Fils de l'homme. Comme tel, que doit-il lui arriver ? Il faut qu'Il souffre beaucoup et qu'il soit mis à mort et qu'il ressuscite le troisième jour (Matthieu XVI, 21.) Au tombeau de Lazare sa gloire de Fils de Dieu est manifestée (Jean XI), puis, au chap. XII, Il est proclamé Fils de David à son entrée à Jérusalem (v. 13). Puis, quand des Grecs désirent le voir, Il dit: «L'heure est venue pour que le fils de l'homme soit glorifié » (v. 23). Mais, pour la manifestation de cette gloire, et l'accomplissement des conseils de la grâce divine envers nous, il fallait sa mort. Aussi le Seigneur ajoute: «À moins que le grain de blé tombant en terre ne meure, il demeure seul; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit (Jean XII, 24).
Le fruit de ses souffrances s'étend bien au delà du peuple d'Israël (Genèse XLIX, 22) : pour avoir un peuple céleste le Fils de l'homme devait descendre dans la mort et en sortir victorieux. Comment sera-t-il manifesté quand Il apparaîtra ? Il est maintenant couronné de gloire et d'honneur selon le Psaume VIII cité en Hébreux II, et c'est ainsi qu'Il reviendra pour prendre possession de son héritage. Il a dû être abaissé et prendre une place inférieure à celle des anges, afin qu'Il pût souffrir et mourir pour les hommes (Hébreux II, 9). Il a été ici-bas le Fils de Dieu dans toute la grâce et la vérité de sa Personne et, comme tel, il était un Homme parfait dans l'abaissement et le mépris. Puis, par sa mort, il nous a frayé le chemin du sanctuaire dans lequel Il est entré comme l'Homme obéissant qui a tout accompli pour la gloire de Dieu. Les Évangiles nous le présentent comme un Homme de douleurs qui n'a pas où reposer sa tête et comme Celui qui donne la vie éternelle. Pour cela Il devait laisser sa vie et, comme le grain de blé, la retrouver en résurrection en portant beaucoup de fruit.
Quand le Seigneur Jésus nous est présenté comme Fils de l'homme, il l'est pour tous les hommes. Ainsi Il dit: «Si je suis élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi-même» (Jean XII, 32 ; voir, aussi III, 14-17). Il a été élevé sur la croix pour l'accomplissement de l'œuvre de la rédemption, afin qu'Il pût sauver sans distinction tous ceux qui croient en lui.
En Hébreux II, 6-11 nous trouvons aussi le témoignage rendu à ses souffrances et à ses gloires. Pour arriver à celles-ci, le Fils de l'homme devait être consommé par la souffrance. Non seulement Il a été méprisé et rejeté, mais, en subissant la croix, Il attire par son œuvre tous les hommes et donne la vie éternelle à quiconque croit en lui. Toutes choses sont placées sous ses pieds selon le témoignage du Psaume VIII, mais nous n'en voyons pas encore la réalisation (Hébreux II, 8). Une autre gloire lui est attribuée encore: Dieu «lui a donné autorité de juger aussi parce qu'il est Fils de l'homme» (Jean V, 22, 27). Le même témoignage est rendu en Matthieu XVI, 27 et XXV, 31, 32. Le caractère de ce jugement nous est indiqué en Apocalypse XIV, 14-16.
Nous voyons donc le Fils de l'homme naître dans l'humilité et la pauvreté les plus profondes, puis traverser ce monde dans la souffrance et le mépris, et enfin mourir sur le bois maudit : mais quelle gloire que celle dont Il est revêtu comme fruit de son abaissement et de son obéissance, consommée dans le sacrifice de sa vie à la croix! Ayant été glorifié, Il s'est assis à la droite de Dieu, et Il reviendra en puissance sur les nuées du ciel (Matthieu XXVI, 64) pour juger et exercer l'autorité sur toutes choses, car elles lui seront assujetties. Il reviendra dans la gloire du Père et rendra à chacun selon ses œuvres (Matthieu XVI, 27). « Il vient avec les nuées et tout œil le verra, et ceux qui l'ont percé; et toutes les tribus de la terre se lamenteront à cause de lui. Oui, amen! » (Apocalypse I, 7.) Dans l'intervalle qui sépare son départ de cette terre (Actes I, 9) et son apparition en gloire (Matthieu XXV, 30), Étienne le vit « debout à la droite de Dieu» (Actes VII, 55-56).
Par le moyen de son fidèle témoin, le Seigneur adressait un dernier appel aux Juifs, qui répondirent par le meurtre de ce messager du Maître de la vigne: «Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous» (Luc XIX, 14.) Dès lors Il s'est assis, en attendant que Dieu mette ses ennemis pour le marchepied de ses pieds (Psaume CX, 1). Tout est fini pour son peuple terrestre jusqu'à ce qu'Il redescende pour accomplir les promesses. Il demeure assis à perpétuité à la droite de Dieu (Hébreux X, 14), c'est-à-dire qu'Il n'a plus à se lever pour accomplir son œuvre, car «il a été offert une fois pour porter les péchés de plusieurs », et lorsqu'Il apparaîtra une seconde fois, ce ne sera plus pour souffrir et mourir, mais pour amener à la gloire ceux qui le connaissent et l'attendent. (Hébreux IX, 28.) Sa gloire de Fils de l'homme victorieux de la mort est encore mentionnée en Apocalypse I, 12-16, et nous le voyons apparaître en jugement en Apocalypse XIV, 14, 15.
Nous devons être profondément intéressés par la gloire de notre précieux Sauveur qui va apparaître dans toute sa splendeur: alors tous les royaumes de la terre lui seront assujettis. Nous pouvons tressaillir de joie en pensant que .bientôt nous le verrons et contemplerons sa beauté. Mais nous ne resterons pas étrangers à cette gloire: Il veut que les siens y soient avec lui, qu'ils participent à la gloire qu'Il a reçue comme Homme obéissant et victorieux de la mort, et qu'ils contemplent celle qu'Il avait quittée en venant ici-bas et dans laquelle Il est rentré comme Homme et Fils du Père, cette gloire qu'Il avait avant que le monde fût (Jean XVII, 5, 24). Il aura une famille dans la gloire et sera le premier-né entre plusieurs frères. C'est par sa mort qu'Il l'a acquise (Jean XII, 24). Nous sommes son ouvrage, «le fruit du travail de son âme» (Ésaïe LIII, 14). Unis à Lui et ayant part à tout ce qu'il est et à tout ce qu'il a actuellement dans la gloire, nous lui serons bientôt semblables (1 Jean III, 2). En Éphésiens I, 20-23, nous voyons que Dieu l'a établi sur toutes choses et l'a donné pour être la Tête de l'Assemblée qui est son corps. Il est dans la gloire comme le Chef de l'Assemblée et celle-ci participe à toute la, gloire de sa Tête, à laquelle elle est unie dès maintenant.
Comment attendons-nous le Seigneur? Est-ce comme le Fils de l'homme qui vient pour juger? Non, car il n'y a plus aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus (Romains VIII, 1). Nous l'attendons pour la rédemption de nos corps (Philippiens III, 23, 24). Nous appartenons déjà à ce nouvel état de choses dans lequel Il est entré en résurrection. Nous sommes morts à tout ce qui appartient à l'ancien système jugé à la croix, et nous sommes ressuscités avec Christ. Pour ce qui caractérise sa vie et sa position devant Dieu, le chrétien est une nouvelle création (2 Corinthiens V, 17) ; toutes choses sont faites nouvelles et il attend le Seigneur Jésus comme Sauveur qui «descendra du ciel» (1 Thessaloniciens IV, 16-18.) Voilà ce que nous possédons en Lui; notre foi le contemple couronné de gloire et quel bonheur de le connaître ainsi! Qu'Il nous donne de nous attacher toujours plus fermement à Lui et de le servir en l'attendant du ciel. Ce que nous apprenons de sa Personne adorable est bien propre à réjouir nos cœurs. L'attente de son retour doit avoir pour effet de nous séparer de la scène présente, sur laquelle tomberont les jugements exercés par le Fils de l'homme lorsque nous aurons été mis à l'abri par sa venue et notre enlèvement à sa rencontre.
A. L.
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PENSÉE

Non, on ne peut pas servir le Seigneur Jésus à moitié! Du sel sans saveur est impropre pour son service; il n'est propre ni pour la terre, ni pour, le fumier. Quiconque veut allier les choses du monde avec celles du ciel n'est bon qu'à être jeté dehors (Matthieu V, 13 ; Marc IX, 50-51.)

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LE CANTIQUE NOUVEAU

(Suite et fin)

Apocalypse XIV.

«Et ils chantent un Cantique nouveau devant le trône, et devant les quatre animaux et les ancien» (v. 3.)

Ici, une scène toute nouvelle, mais essentiellement juive quant à son caractère donne essor au Cantique nouveau. Ce n'est plus le ciel ouvert, comme au Chap. V de ce même livre, ni la terre purifiée, comme dans les Psaumes, pour l'établissement du royaume de Christ, mais nous trouvons ici la liaison intime des scènes terrestre et céleste, présentée par anticipation, c'est-à-dire avant le moment de son accomplissement historique. Ces deux scènes constituent par leur jonction une scène nouvelle et justifient ainsi l'introduction du cantique nouveau. Elles ont en outre comme trait distinctif de nous montrer une partie du peuple élu, c'est-à-dire du Résidu de Juda, dans le ciel, tandis que l'autre partie de ce même Résidu est établie sur la terre. Ces deux compagnies ne sont, ni le Résidu des douze tribus, ni la grande foule des nations sauvées, que le chap. VII nous à présentés, mais les deux parties du Résidu de Juda. L'une céleste, sans doute celle qui a souffert le martyre pendant la grande tribulation, est entièrement distincte de l'Église jointe aux saints ressuscités et glorifiés de l'Ancien Testament, représentés, tous ensemble, par les Anciens et les quatre animaux entourant «l’Agneau immolé» dans la gloire. C'est en effet devant le trône et devant les quatre animaux et les anciens, que le Cantique nouveau sort de la bouche de cette compagnie céleste ressuscitée. L’autre, la compagnie terrestre, est considérée comme faisant cortège à l'Agneau sur la montagne de Sion, selon qu'il est dit au Psaume II : « Et moi, j'ai oint mon Roi sur Sion, la montagne de ma Sainteté» avant que son Règne, avec la nouvelle Jérusalem et le temple, soit officiellement reconnu et établi. Ces 144.000 sont ce qu'étaient en type les hommes forts de David.
De ces deux compagnies la première chante dans le ciel un Cantique nouveau et apprend à la seconde à le chanter sur la terre. Ces deux sphères où le Cantique est chanté se relient ainsi l'une à l'autre. Il y a unanimité pour célébrer le règne du Fils de David, du Messie d'Israël, soit dans le ciel, soit sur la terre. Cette scène nous prouve la grande place qu'Israël occupe dans les pensées de Dieu, comme, du reste, en témoigne tout le livre de l'Apocalypse; mais ce qui ressort avant tout de ce passage, c'est que l'Agneau immolé au milieu du trône, dans la gloire céleste, et le Fils de David sacré sur la montagne de Sion, sont le même personnage, digne des mêmes louanges.

Conclusion.

Après cet exposé, trop long peut-être, mais qui, nous l'espérons, n’aura pas été sans profit ni édification pour nos lecteurs, certaines observations nous semblent évidentes.
1° Le contenu du Cantique nouveau ne nous est donné en propres termes, qu'en Apocalypse V, 9-10: Les saints glorifiés y reconnaissent l'Agneau immolé comme seul digne de donner essor aux voies finales de Dieu envers le monde, pour établir un royaume où toutes choses, dans les cieux et sur la terre seront réconciliées avec Dieu.
Ils célèbrent le rachat, par le sang de l'Agneau, de toute tribu, peuple, langue et nation. Ils proclament le titre de rois et sacrificateurs célestes que l'Agneau donne à ses bien-aimés, et le règne terrestre qui sera la part des rachetés.
2° Le Cantique lui-même n'est pas identique dans les diverses occasions où il est chanté, et son caractère est déterminé par la scène qui en est l’occasion. C'est ainsi qu'au Psaume XXXIII il est basé sur l'œuvre de la Rédemption, comme en Apocalypse V ; qu'il est basé au Psaume XL sur la résurrection de Celui qui nous associe à sa propre louange. C'est ainsi encore que, dans les Psaumes dont l'énumération vient ensuite, le Cantique nouveau célèbre l'aube et enfin l'établissement définitif du règne personnel de Christ, auquel il associe ses bien-aimés.
3° En tenant compte de ce que nous venons de dire, nous constatons qu'il y a à proprement parler, plusieurs Cantique nouveaux, dans ce sens qu'ils ne sont que des reproductions partielles du Cantique nouveau que tous les rachetés entonnent dans la gloire au Chap. V de l'Apocalypse.
Enfin, quant à la signification du terme lui-même, voici quelles sont nos conclusions:
1° Le Cantique nouveau est toujours en rapport avec la nouvelle scène dans laquelle sont entrés ceux qui le chantent. C'est ainsi qu'au Chap. V de l'Apocalypse il est chanté par les saints ressuscités transportés dans le ciel et dans la gloire. C'est ainsi que, dans les Psaumes et en Ésaïe il est chanté soit par le Résidu d'Israël, sait par les nations sur une terre renouvelée et purifiée par les jugements.
2° Le Cantique nouveau est toujours en rapport avec le nouveau caractère de ceux qui le chantent. Il sort de la bouche des saints célestes de tous les âges, ressuscités et glorifiés. Il sort de la bouche du Résidu terrestre d'Israël, amené par la repentance à la restauration finale. Il sort de la bouche des nations qui, ayant reçu, l'Évangile du royaume et abandonné leurs idoles, ont été sauvées par la réception de cet Évangile. Nous ajouterons, pour être complet, qu'il sort de la bouche des martyrs du Résidu, ressuscités et glorifiés, en liaison avec le Résidu de Juda vivant sur la terre autour du Messie, sacré Roi sur Sion (Apocalypse XIV.)
3° Mais le Cantique nouveau célèbre avant tout les nouveaux caractères de Christ et les nouvelles gloires dont Il est revêtu. Il célèbre sa victoire et son triomphe, ses dignités, son règne dans le ciel et sur la terre, ses droits et ses gloires, manifestés publiquement, et auxquels il associe ses rachetés; les résultats éternels de son sacrifice; ceux enfin de sa résurrection qui termine l'ancien ordre de choses pour introduire un ordre de choses tout nouveau.
Donc c'est Lui qui est le seul objet du Cantique nouveau, Lui, que ce dernier célèbre sous tous ses glorieux aspects, Lui, dans son triomphe final sur tout ce qui s'oppose à Son règne! Mais de plus, au Psaume XL ème, dans la bouche de Christ homme, le Cantique nouveau célèbre le Dieu qui l'a ressuscité d'entre les morts.
Si donc le cantique nouveau, vu sous ces différents aspects, n'a ni la même scène pour se déployer, ni le même chœur pour le chanter, nous trouvons qu'il est toujours le Cantique de la Victoire de Christ : Victoire par la mort, par la Résurrection, par le jugement, par l'établissement du Règne!
H.R.
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Être crucifié est une terrible chose; être crucifié avec Christ, c'est la joie et la délivrance. L'opprobre est une chose cruelle; l'opprobre de Christ est plus précieux que tous les trésors de l'Égypte.
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RECUEIL D'EXHORTATIONS ET D'APPELS

N° 9

Ésaïe XLIX

La personne adorable du Seigneur Jésus remplit toute la Parole de Dieu; c'est Lui qui est l'objet de toutes ses pensées révélées dans le saint Livre. Ainsi, en Ésaïe VI, nous lisons que le prophète vit « le Seigneur assis sur un trône haut et élevé» (v. 1) et, après avoir cité les paroles de ce chapitre, en Jean XII, l'Esprit Saint ajoute : « Ésaïe dit ces choses quand il vit sa gloire et qu'il parla de lui» (Jean XII, 41.) En Ésaïe VII, le Seigneur lui-même, le Messie est en cause ; Il est présenté comme signe à Achaz: Emmanuel, «Dieu avec nous» (VII, 14). De même au chap. VIII, il est introduit comme la ressource de la foi aux derniers jours, lorsque l'ennemi «remplira la largeur du pays» (v. 8).
Au chap. XI, le Seigneur nous est présenté comme «le rejeton du tronc d'Isaï », sur lequel reposera l'Esprit de l'Éternel et quelle scène de gloire que celle qu'Il remplira par la manifestation de sa puissance. Ainsi que nous l'annonce 2 Thessaloniciens II, 8-12, son apparition en jugement mettra fin au pouvoir du Méchant qui périra «par le souffle de ses lèvres» (Comparez Ésaïe XI, 4 et 2 Thessaloniciens II, 8). La bénédiction du règne millénaire est ensuite développée avec beaucoup de détails dans les chap. XI et XII de notre prophète. Son livre se divise en deux parties principales: dans la première (I-XXXIX), le Seigneur Jésus nous est présenté comme Emmanuel; dans la seconde (XL-LXVI), il est vu comme le Serviteur de l'Éternel rejeté par son peuple. Au commencement du chap. XLIX, Dieu adresse un appel aux «îles,» et aux «peuplades lointaines» (v. 1), ce qui nous montre l'importance de ce message. Puis, le prophète parle du peuple d'Israël qu'Il a appelé et de ce qu'il devrait être pour Lui, comme son serviteur et son témoin ici-bas. Il a complètement failli et a été mis de côté: aussi le Seigneur Jésus le remplace comme serviteur de l'Éternel. Israël avait été tiré hors d'Égypte et Jésus l'a été aussi (Matthieu II, 15). En Jean XII, Il dit qu'il est le vrai cep, en contraste avec Israël, la vigne de Dieu qui n'a produit que « des grappes sauvages» (Ésaïe V, 2).
Nous voyons ensuite le Seigneur dans l'exercice de son ministère d'amour, toujours actif dans la dépendance du Père, cherchant à ramener Jacob, comme une poule: rassemble ses poussins sous ses ailes. Tout ce long travail de grâce fut sans résultat apparent, et Il dut dire: «J'ai travaillé en vain » (v. 4), ils n'écoutèrent pas la voix du parfait Serviteur. Quel tableau que celui de l'aboutissement du Fils de Dieu qui condescend à supplier sa créature de se repentir! Quelle méchanceté que celle du cœur de l'homme, notre cœur, manifestée en présence d’une telle lumière! Dans les Évangiles, nous voyons Jésus gémissant, allant de lieu en lieu faisant du bien (Actes X, 38), mais comment saurons-nous ce qui se passait dans son cœur à ce moment-là ? Ce sont les Psaumes et les prophètes qui nous le révèlent. Il se remettait entièrement entre les mains de son Père et il savait que, si son travail était sans fruit en ce qui concernait le rassemblement d'Israël, il ne serait pas vain pour l'accomplissement de ses desseins et la manifestation de sa gloire (v. 4-6). Notre travail nous paraît souvent inutile si nous regardons à nous-mêmes; mais Paul dit aux Corinthiens : «Votre travail n'est pas vain dans le Seigneur» (1 Corinthiens XV, 58). Nous avons à le suivre et à nous reposer entièrement sur Lui, car Il voit tout et conduira tout à bonne fin pour ceux qui se confient en Lui (2 Timothée I, 12.) Est-ce que Dieu a abandonné ses desseins à l'égard de ce peuple, au milieu duquel le Messie a travaillé en vain? Nullement. Qu'est-il arrivé? L'Homme de douleurs a été « élevé dans la gloire» (1 Timothée III, 16.) Il a glorifié Dieu sur la croix, et là sa gloire a brillé dans l'abaissement suprême, aussi Dieu l'a couronné de gloire à sa droite (v. 5). Puis, Dieu accomplit par Lui une œuvre merveilleuse: « Je te donnerai aussi pour être une lumière des nations» (v. 6). La bénédiction est répandue sur nous qui étions « sans Dieu dans le monde» (Éphésiens II, 12), et c'est là ce qu'attendaient de saints hommes de Dieu (Luc II, 28-33). Israël n'ayant pas voulu écouter ; Jésus est mis de côté pour un temps, et nous marchons à la lumière de cette grâce que ce peuple a méprisée. Nous avons des bénédictions plus excellentes que les siennes, non seulement le pardon et la vie éternelle, mais l'union avec Christ glorifié par le Saint Esprit. Le prophète ne nous parle pas ici de la part du peuple céleste de Dieu, mystère caché jusqu'à ce que l'œuvre de la rédemption fût accomplie. Le rejet d'Israël a eu pour conséquence le salut des nations «jusqu'au bout de la terre» (v. 6). Cette introduction des nations dans la présence de Dieu ne met pas de côté les desseins de sa grâce envers Israël car «Dieu n'est pas un homme pour mentir, ni un fils d'homme pour se repentir» (Nombres XXIII, 19). Si le peuple d'Israël a rejeté le Fils de Dieu venu dans l'humiliation, il reconnaîtra bientôt Celui qu'il a percé (Zacharie XII, 10) et sera délivré. Toutefois la masse incrédule et apostate sera livrée auparavant à un aveuglement judiciaire et tombera sous le jugement, avec l'Antichrist qui sera anéanti par l'apparition de Sa gloire (2 Thessaloniciens II, 8). Le Résidu pieux qui traversera la grande tribulation sera affiné comme l'or et comme l'argent (Malachie III, 2, 3) et deviendra la nation bénie et rachetée (Romains XI, 26). Le Messie longtemps rejeté sera donné «pour être une alliance du peuple pour rétablir le pays» (v. 8). Il redescendra sur la terre pour amener la pleine et entière bénédiction de son peuple Israël. Alors « des rois verront et se prosterneront» (v. 7) devant Lui. Lorsque Dieu a promis quelque chose, Il le tient, et c'est ce qui aura lieu pour la bénédiction de la création tout entière. Il paîtra son peuple Israël (v. 9) et le comblera de bénédictions (v. 10-12). Le prophète nous donne beaucoup de détails sur ce sujet qui a tant d'importance pour le cœur de Dieu. Les exilés de son peuple « viendront de loin », les uns « du nord et de l'ouest », les autres « du pays de Sittim» (v. 12). Comme Nathanaël, ils reconnaîtront leur Messie et lui diront: «Tu es le Fils de Dieu, tu es le Roi d'Israël» (Jean I, 50). Durant le temps de sa tribulation, le peuple pensera que Dieu lui a voilé sa face (v. 14), mais que répond l'Éternel à son cri d'angoisse? «Une femme oubliera-t-elle son nourrisson... moi je ne l'oublierai pas» (v. 15). Dieu ne retire jamais les yeux de dessus son peuple; Il ne nous délaisse pas; rien ne peut nous séparer de l'amour de Christ (Romains VIII, 35). Quand ces promesses sont rappelées au peuple affligé, il s'écrie: «Ce qu'il a pris sera-t-il enlevé à l'homme fort ?» (v. 24) etc. La réponse nous fait connaître la grandeur de la victoire de Christ: «Même le captif de l'homme fort lui sera enlevé », etc (v. 25). Tout cela est accompli pour nous: nous appartenons à Celui qui a vaincu l'homme fort et nous jouissons déjà des fruits de sa victoire (Luc XI, 21, 22.)
Ce qui a trait aux gloires futures de notre Sauveur et à la bénédiction de son peuple terrestre peut-il nous intéresser? Ah ! Si nous aimons ce Maître adorable, nous nous réjouirons à la pensée de son triomphe et des bénédictions de son règne. Nous aimerons à parler des joies qu'Il trouvera dans son peuple devenu «un peuple de franche volonté au jour de sa puissance» (Psaume CX, 3), après avoir été un peuple rebelle et contredisant (Romains X, 21). Plus nous lirons la Parole, plus nous connaîtrons notre Dieu et plus nous désirerons croître dans la grâce et dans sa connaissance.
A. L.
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N° 10

Éphésiens IV

Il est frappant de voir comment, par la Parole, le Saint Esprit nous introduit dans la jouissance de l'amour et des pensées de Dieu, et nous montre en même temps ce que nous sommes. Il nous fait connaître à la fois ce qu'il fait pour nous, les dangers auxquels nous sommes exposés, et la manière dont Satan s'y prend pour nous faire tomber. Nous sommes toujours exposés à ses embûches, mais Dieu nous garde. La puissance se trouve en Lui pour nous et le secret de notre force réside dans la réalisation de notre faiblesse et dans notre dépendance du Seigneur. Nous aimons par nature avoir nos propres pensées, mais si nous demeurons dans sa présence, nous sommes gardés dans le jugement de nous-mêmes, et c'est là le secret de notre sécurité.
Paul nous explique dans cette épître le mystère du Christ, en nous en dévoilant les richesses; puis, à la fin de ses exhortations, il prie pour que nous soyons gardés dans la jouissance de nos privilèges. Le chapitre IV nous montre comment nous devons nous conduire pour glorifier le Seigneur. Nous avons un appel de Dieu et sommes ensemble son habitation par l'Esprit. Ce fait est très important et demande toute notre attention. Le privilège, d'être le temple de Dieu ici-bas nous montre la dignité de notre position: que pourrions-nous trouver de plus grand Dieu avait fait construire un tabernacle dans le désert, afin d'habiter au milieu de son peuple. Il avait racheté Israël et voulait le conduire en Canaan: c'était sa présence avec Dieu qui déterminait la mesure de sa séparation du monde. Ce qui donne aux exhortations de l'apôtre dans notre chapitre un caractère aussi solennel, c'est qu'elles sont adressées à ceux qui habitent dans la maison de Dieu: sa présence met le cœur en repos. Cette maison est l'édifice dans lequel Il habite; aussi vaut-il la peine de savoir comment l'on doit s'y conduire, et ce qui convient à sa gloire qui y est manifestée. Le désir de nos cœurs doit être de répondre à une grâce aussi merveilleuse et de rencontrer le Seigneur d'une manière digne de sa présence, en toute humilité, sans avoir la pensée de nous comparer les uns aux autres, comme le font les hommes entre eux. Rien ne rend humble comme le sentiment de la présence de Dieu. Il ne faut pas avoir une haute idée de l'homme, ni rechercher ce qui est grand à ses yeux, mais s'attacher aux choses qui conviennent à la gloire du Seigneur. C'est ainsi que l'égoïsme disparaît et fait place à l'amour et au support envers les autres.
Nous passons souvent bien légèrement sur une offense faite à Dieu, mais en est-il de même lorsque c'est à nous qu'elle s'adresse ? Les exhortations de ce chapitre n'auront plus de raison d'être dans le ciel, car là il n'y aura rien il supporter, ni à pardonner; mais, en attendant, nous sommes sur la terre, et nous avons à exercer l'amour et la longanimité les uns envers les autres, non à fermer les yeux sur les manquements de nos frères, mais à nous intéresser sans cesse à eux en amour. L'apôtre exhorte les chrétiens à garder «l'unité de l'Esprit par le lien de la paix» (v. 3). Cette unité n'est pas à faire, mais à garder; les hommes ont voulu en former une et ont méconnu celle qui existe. «Il y a un seul corps et un seul Esprit» (v. 5.) L'unité de l'Esprit est la réalisation pratique de celle du seul corps; nous avons à la garder par le lien de la paix, pour éviter le trouble et la division parmi nous.
L'Église a oublié qu'elle est une, mais ce n'est pas l'Esprit qui a manqué en cela. Paul ne dit pas: Gardez l'unité de l'Esprit, afin que vous soyez un seul corps, mais parce que «vous êtes le corps de Christ et ses membres chacun en particulier» (1 Corinthiens XII, 27.) Or, je dois être en pratique ce que je suis de fait. Si je suis un membre de Christ comment puis-je associer son nom au péché et à la souillure? Ces vérités sont négligées et traitées comme étant secondaires de nos jours, mais est-il sans importance pour nous de savoir qu'il y a un seul corps, un seul Esprit et que nous sommes membres du corps de Christ? Que le Seigneur nous donne de le réaliser en pratique. Puissions-nous le suivre, afin que, jouissant de son amour, et réalisant notre position collective, nous gardions l'unité de l'Esprit par le lien de la paix. « Au reste, frères, toutes les choses qui sont vraies... faites ces choses et le Dieu de paix sera avec vous» (Philippiens IV, 8-9.)
On peut faire partie de la maison de Dieu responsable sans être membre du corps de Christ. Les hommes bâtissent cette maison, et il peut arriver qu'ils se servent de bois, de foin ou de chaume que le feu détruira, c'est-à-dire qu'ils introduisent des éléments impurs dans l’édifice (1 Corinthiens III 10-15) ; mais, pour la formation du corps, le Saint Esprit seul travaille; les hommes ne sont jamais appelés à former le corps. Tous les croyants, depuis la Pentecôte, sont membres du corps de Christ, et aucun de ces membres ne peut être amputé. Quand l'Église est envisagée comme maison de Dieu ici-bas, il y a des si, mais non comme corps de Christ (Éphésiens IV, 3 ; Hébreux III, 6). Nous n'avons pas à parvenir à l'unité de l'Esprit, mais à l'unité de la foi (v. 13). Nous avons à peser soigneusement ces choses et à bien comprendre, avec l'aide du Seigneur, ce qu'est son corps, dont Il est la Tête glorifiée. Quand je rencontre un membre du corps de Christ, avec quel bonheur je le reçois comme tel et combien mon cœur lui sera ouvert. Les plus hautes vérités ont leur effet pratique.
Que Dieu nous donne d'être simples et de penser à son témoignage ici-bas, comme Il y pense lui-même. Le corps est appelé à dépendre de Celui qui en est la Tête, le Chef glorieux, Christ, qui lui donne la vie et la croissance.
A. T.
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PENSÉE

Quand Paul fut ravi au troisième ciel, la seule chose que sa chair pût faire, sa seule manière de prendre connaissance de ce fait, aurait été, si elle avait eu sa liberté d'action, de s'enorgueillir au sujet de la merveilleuse révélation qu'il avait reçue. L'incurable nature de sa chair n'était nullement changée par ce privilège éclatant. Il fallait que Paul lui-même l'apprît pratiquement, Quand il fut redescendu, Dieu ne permit pas à la chair d'agir, mais il dut apprendre réellement à la juger en lui-même.
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MÉDITATIONS DE J. N. D.

N° 224.

LES PROMESSES, LA LOI ET CHRIST

Galates III

Lausanne, le 12 septembre 1850.

Ce qui est à craindre dans l'usage de la loi, ce n'est pas tant qu'on la considère comme l'unique moyen de justification, mais qu'on la mélange, en quelque manière, avec la grâce. L'homme inconverti veut ajouter un peu de grâce à la loi: il compte sur la bonté de Dieu pour suppléer à ce qui lui manque. Inversement, beaucoup de chrétiens sincères, tout en proclamant la valeur de la grâce, veulent ensuite y ajouter la loi. Ils portent en cela une atteinte plus grave à la vérité de Dieu, car au fond il est plus raisonnable d'ajouter la grâce à la loi que la loi à la grâce. «Êtes-vous si insensés? dit l'apôtre aux Galates dont c'était précisément l'erreur. Ayant commencé par l'Esprit, achevez-vous maintenant par la chair?» Une fois le fondement de la grâce posé, on veut introduire ensuite la loi. Les Galates ne prétendaient pas que la loi seule pût suffire pour s'approcher de Dieu, mais leurs docteurs plaçaient devant eux la loi des Juifs comme nécessaire pour les rendre parfaits. C'est là ce que l'Esprit de Dieu dans cette épître dénonce comme venant de l'ennemi, et Il nous révèle de la façon la plus claire quelle est à cet égard la volonté de Dieu en Christ. Pour ce1a, Il met ici, en contraste la doctrine de la promesse et celle de la loi.
On voit la promesse intervenir dès que l'homme est tombé. Avec la chute d'Adam, l'innocence est à tout jamais perdue dans ce monde. Mais la grâce de Dieu fait une promesse. Sa fidélité exigera que cette promesse soit accomplie. Il faut qu'elle le soit, puisqu'il y aura désormais dans ce monde des êtres qui accepteront, croiront cette promesse, et qui attendront de Dieu sa réalisation. Or l'effet de la promesse sur l'âme et le cœur de ceux qui seront ainsi mis en rapport spirituellement et d'une manière intelligente, avec son accomplissement, sera de produire une marche selon Dieu. C'est là ce qui fait l'harmonie de l'Écriture. Puissent nos âmes être vraiment intelligentes, pour que nous comprenions dans leur ensemble les voies de Dieu. Nous sommes mis ainsi en rapport avec ce que Dieu est; et pour le connaître, Lui, le Dieu saint, il faut que le cœur soit renouvelé par la puissance du Saint Esprit.
Autrement dit, il faut que le cœur soit amené à la connaissance du péché pour apprécier Dieu dans toutes ses voies.
Aussi la loi est-elle ensuite introduite, d'une façon occasionnelle pour ainsi dire, entre le péché et la promesse, comme par-dessus les voies de Dieu. Cette loi est d'une perfection telle que l'homme est entièrement incapable de l'accomplir, parce qu'il est pécheur, loin de Dieu, adonné à de mauvaises convoitises, alors que la loi demanderait pour être accomplie qu'il fût sans péché.
Ainsi viennent d'abord les promesses, puis la loi qui ne donne pas sa vie; enfin vient l'accomplissement de la promesse en Christ. L'ordre de ces révélations est merveilleux: la promesse est donnée avant la loi, pour qu'en tout temps la foi ait un appui; la loi vient ensuite, pour que l'homme comprenne que seule sa volonté mauvaise l'empêche de profiter de la promesse; l'accomplissement vient enfin montrer, malgré la transgression de l'homme, la parfaite fidélité de Dieu. Suivons de plus près les voies de Dieu La désobéissance d'Adam ayant tout gâté, Dieu donne une promesse. Il révèle un événement futur, résultat de sa grâce, par lequel doit être détruit le mal que l’homme a fait: le jugement est prononcé sur Satan. Mais la promesse n'est pas faite à Adam: la victoire qui sera le moyen de rétablissement est promise à la semence de la femme. Adam, comme chef de sa race, est totalement exclu : il n'est en aucune manière la postérité de la femme. C'est de Christ qu'il s'agit, Christ, seul centre où aboutissent toutes les voies de Dieu depuis la chute.
Une fois le Libérateur promis, l'homme est d'abord laissé à lui-même, sans loi, sans rien même de semblable au commandement qu'il avait reçu en Éden et qu'il n'avait pas su garder. Il tombe dans l'idolâtrie. C'est du sein de cette idolâtrie que Dieu appelle Abraham, et aussitôt Il lui donne des promesses; mais ces promesses, elles aussi, dépassent Abraham, elles vont à sa semence, c'est-à-dire à Christ (v. 16.) Isaac, en qui est appelée la semence, est enfant de promesse. Plus tard, David à son tour reçoit des promesses, pour lui et pour sa famille, et c'est encore Christ qui est l’héritier. Ainsi, toutes les fois que je retrouve les promesses, j'ai Christ devant moi, et Il est présenté d'une façon toujours plus précise à mesure que l’homme poursuit son histoire et que le péché envahit tout. La sphère de la révélation se rétrécit sans cesse, pour conduire à Christ avec Adam, la promesse est faite à la semence de la femme, avec Abraham, à sa semence, enfin c'est la famille de David qui en devient dépositaire. Dieu n'a pas renoncé à ses intentions en grâce, mais, quant à l’administration des promesses l'homme a tellement manqué que Dieu a dû restreindre la sphère de la bénédiction.
Les promesses sont faites sans conditions à Abraham, c'est le fruit de la grâce de Dieu, du cœur même de Dieu, dans un monde où le péché est entré; elles sont «la bonne nouvelle» du pardon de Dieu, embrassant d'avance tous les croyants (v. 8), Celles faites au peuple d'Israël ont un autre caractère: Dieu amène un peuple dans sa présence, après l'avoir l'acheté et lui avoir montré sa puissance, et Il lui donne une loi, de l'observation de laquelle dépend la bénédiction. Mais comment donc, dans ces conditions, l'homme obtiendrait-il celle-ci ? Il est perdu: d'avance, dès qu'il y a une responsabilité. Aussi, il a beau avoir été délivré d'Égypte, avoir vu couler l'eau du rocher pour se désaltérer, la manne descendre pour le nourrir, du moment qu'il est placé vis-à-vis de Dieu dans une alliance dépendant de la fidélité de l'homme aussi bien que de celle de Dieu, Israël faillit: Moïse n'était pas descendu de la montagne que le peuple avait fait le veau d'or! La loi sous laquelle il est placé entraînera toujours pour lui la condamnation et la mort.
Quel est donc le but de la loi ? Ôter les promesses, En aucune manière. Mais, en provoquant les transgressions, faire éclater le péché, le montrer «excessivement pécheur»; donc montrer l'homme indigne des promesses. La loi n'a pas été donnée pour sauver, ni pour fournir une force quelconque à l'homme; elle ne donne pas la vie, elle ne pardonne rien. Elle manifeste ce qu'est l'homme devant Dieu. Si je commets un acte mauvais alors qu'il est défendu, j'ai montré et la convoitise qui est dans mon cœur et ma volonté, assez forte pour m'entraîner malgré la défense; celle-ci n'a fait que forcer cette volonté à se dévoiler. Mettez une barrière devant un enfant, il s'acharnera dessus, il essaiera de prouver qu'il est assez fort pour la renverser. Il faut que le cœur soit entièrement mis à nu devant Dieu, que l'âme sente la force du péché sur elle. La loi montre que le péché est là, et cette volonté mauvaise qui veut passer outre à ce que veut la loi. Et sur ces choses elle prononce la malédiction et la mort.
Dans ces conditions, quel recours reste-t-il à l'homme? L'intervention de Dieu seule, en grâce pour le sauver. Elle a eu lieu en Celui qui est l'accomplissement de la promesse, Christ. Il est venu dans ce monde pour l'accomplir. Qu'y a-t-il trouvé? On lui a craché au visage et on l'a crucifié; l'homme n'a pas voulu de l'accomplissement des promesses, il a entièrement méconnu celles-ci. Christ était là, ayant dans sa main toutes les promesses, on n'a pas voulu les recevoir. Le peuple voulait être digne des bénédictions divines, et c'est au nom de la loi que les violateurs de la loi rejettent les promesses. L'homme sera-t-il donc privé de celles-ci ? Non, avant de les accomplir en Christ, Dieu fait une autre chose. Christ est placé sous le péché où l'homme se trouvait, et né d'une femme, né sous la loi, il a porté la malédiction de la loi avant de prendre les promesses pour Lui. De même qu'Isaac, qui a dû être présenté en sacrifice sur Morija pour hériter des promesses, Christ les reçoit comme homme ressuscité. Dieu avait dit à Abraham: «Parce que tu as fait cette chose-là, et que tu n'as pas refusé ton fils, ton unique... toutes les nations de la terre se béniront en ta semence, parce que tu as écouté ma voix» (Genèse XXII, 16-18.) Et la bénédiction d'Abraham nous parvient dans un Christ mort et ressuscité (Galates III, 14.)
Ainsi Jésus, rejeté comme l'accomplissement des promesses dans ce monde, se place sous l'effet de la violation de la loi pour expier le péché même de ceux qui l'avaient rejeté. Mais après la résurrection d'un tel Rédempteur qui a satisfait aux exigences de la loi, étant devenu malédiction pour nous, nous entrons dans la jouissance des promesses qui lui appartiennent. «Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi» (v. 13.) Par la foi à l'œuvre de Christ, nous recevons l'Esprit promis et nous sommes rachetés pour entrer dans la jouissance de tout ce dont Christ est héritier.
Remarquez que cette nécessité absolue de la grâce s'applique à tous, même à ceux qui estiment ne pas avoir violé la loi. Car quiconque se place sur le terrain des œuvres de la loi est toujours condamné; il faut les accomplir toutes «maudit est quiconque ne persévère pas dans toutes les choses qui sont écrites dans le livre de la loi pour les faire » et l'homme, pécheur, en est incapable. Vous ne pouvez pas être justifiés par la loi. Mais, dites-vous, si je ne puis être justifié par la loi, du moins, après avoir été objet de grâce, je veux accomplir la loi pour arriver à la perfection; je prendrai la loi non pour ma justification, mais pour ma sanctification. Ce n'est pas à vous de choisir ce qu'il vous faut prendre. Dieu seul en décide, or son témoignage est formel: «Maudit est quiconque ne persévère pas... » Dieu vous veut parfait. Si vous n'êtes pas ce que la loi exige, elle ne vous changera pas, mais elle vous demandera impitoyablement la justice. Si donc vous voulez être observateur de la loi, vous vous placez sous la malédiction. Et si, ayant connu la grâce, vous prenez ensuite la loi, vous êtes déchu de la grâce (v. 4.) «Si la justice est par la loi, Christ est mort pour rien.»
Au contraire, si j'ai saisi que tout ce qui était entre moi et Dieu, le péché, est ôté pour l'éternité par la mort de Christ, je suis entièrement délivré de la loi. Ma part est de jouir des promesses qui appartiennent à Christ, et à Lui seul. « Autant il y a de promesses de Dieu, en Lui est le oui et en lui l'amen.» Il y en avait pour les Juifs, mais ils y ont manqué; quant à nous, nous étions gentils, étrangers. Mais « si je suis de Christ, je suis la semence d'Abraham, héritier selon la promesse» (v. 29.) Toute la bénédiction de Dieu, selon son dessein .envers son Fils, tout ce par quoi Dieu veut glorifier son Fils, voilà ce dont je suis héritier.
J'ai même beaucoup plus que des promesses, je bénéficie de leur réalisation en Christ. Je me tiens pour la semence d'Abraham, je puis parler de choses accomplies. Je puis venir à tout pécheur ce soir et lui dire: «Es-tu sous le péché? Eh bien, tu seras sauvé par le sang de Christ. Ce sang a tout expié.» J'annonce l'efficace de ce sang. Il ne s'agit plus seulement de promesses, mais de réalités. Dieu n'a pas fait une simple promesse de salut, mais Il a tant aimé le monde qu'Il a donné son Fils unique.
S'il s'agit de l'affranchissement, de la paix, je ne compte plus sur les promesses, mais je me fonde sur l'œuvre accomplie; la paix est faite par le sang de la croix. Dieu ne m'impute plus rien, Il tient compte du sang qui a été versé. Les promesses que j'ai, c'est d'être aidé tout le long du chemin; dans ce sens, il y en a une foule. Mais je possède la paix, parce qu'elle a été faite par le Seigneur Jésus Lui-même.
S'il s'agit de la marche, «je suis crucifié avec Christ, et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi. » On ne peut plus me replacer sous le joug d'une loi que je ne saurais garder, mais dont Christ a porté la malédiction. C'est Christ Lui-même qui est notre modèle. Lui a accompli la loi, Il a aimé Dieu, aimé son prochain. Ma part maintenant c'est de montrer la vie de Jésus manifestée dans mon corps mortel, et, comme Lui, d'aimer Dieu de tout mon cœur, et mon prochain comme moi-même. Mais la chair n'y a aucune part, elle est condamnée. Je suis crucifié au monde; au lieu de penser à être condamné par les choses du monde, je les condamne. «Je suis crucifié avec Christ, et je ne vis plus, ruai, mais Christ vit en moi.» Cette vie est dans la puissance du Saint Esprit, et c'est là quelque chose d'infiniment plus précieux que la loi. C'est la force pour marcher dans la réalisation de la perfection de l'œuvre rédemptrice accomplie par Christ.
Nous devrions, chacun de nous, manifester ainsi constamment Christ, agir en toute circonstance de la vie comme Il aurait agi. Pour cela, que Dieu nous donne de comprendre les merveilles de son œuvre de grâce envers nous. Retenons bien que la loi est seulement une phase des voies de Dieu, où Dieu a montré la condamnation et la mort appliquées au péché qui est en nous. Délivrés maintenant par Christ, gardons-nous de tout mélange entre la grâce qu'Il nous a apportée et la loi. Christ est notre force, notre vie, et le modèle d'après lequel nous devons marcher.
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QUELQUES PENSÉES SUR LA PREMIÈRE PAGE DU LIVRE DES ACTES

« Or nous, nous espérions qu'il était celui qui doit délivrer Israël» ; disaient les deux disciples qui étaient sur le chemin d'Emmaüs. Ces paroles nous dépeignent bien l'état du résidu fidèle à la mort du Seigneur Jésus. Ce résidu, formé au milieu du peuple rentré de la captivité des soixante-dix années, nous est dépeint d'une manière très précieuse en Malachie: « Ceux qui craignent l'Éternel ont parlé l'un à l'autre, et l’Éternel a été attentif et a entendu, et un livre de souvenir a été écrit devant lui pour ceux qui craignent l'Éternel, et pour ceux qui pensent à son nom. Et ils seront à moi, mon trésor particulier, dit l'Éternel des armées, au jour que je ferai; et je les épargnerai comme un homme épargne son fils qui le sert» (Malachie III, 16-17.) Nous retrouvons, au commencement de l'évangile de Luc, ce même résidu. Pendant longtemps ces âmes pieuses avaient attendu la délivrance, elles avaient enfin trouvé, dans .la personne du Seigneur, l'objet de leur espérance, s'étaient attachées à lui et avaient tout quitté pour le suivre. Bien connue est la joie des bergers, de Siméon et d'Anne. Les prophéties allaient enfin avoir leur accomplissement. La nation allait être délivrée de ses ennemis. Le trône de David allait être relevé, pour toujours; les âmes pieuses pourraient enfin servir l'Éternel sans crainte, en sainteté et en justice tous leurs jours; la lumière allait briller sur ceux qui étaient assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort. La paix après laquelle tant d'âmes soupiraient allait régner: Nous avons trouvé le Messie, disait André. Nous avons trouvé celui, duquel Moïse a écrit dans la loi et duquel les prophètes ont écrit, disait Philippe. Heureux moment! Mais voici: le Christ est rejeté, les chefs du peuple l'ont livré aux nations et il a été mis à mort par la main d'hommes iniques. Il semblait que tout était perdu: «Nous espérions qu'il était celui qui doit délivrer Israël! » Il devait régner éternellement, et voici qu'il est mort! Qu'en est-il maintenant de lui ? Comment les prophéties s'accompliront-elles ? Que va-t-il advenir de nous, ses disciples ? Trois grandes questions qui se posent brûlantes, angoissantes, dans le cœur des disciples.
La réponse à tout cela se trouve dans la première page des Actes. Ce livre nous donne les grandes vérités fondamentales du nouvel ordre de choses qui va commencer. D'abord, ce Christ que les hommes ont mis à mort n’est plus un Christ mort, mais un Christ vivant. Les sacrificateurs et les anciens, avaient donné une bonne somme d'argent aux soldats qui avaient gardé le sépulcre, en leur enjoignant de dire: «Ses disciples sont venus de nuit et l'ont dérobé pendant que nous dormions. » Et eux, ayant pris l'argent, firent comme ils avaient été enseignés. Depuis lors, pour les uns, il est un certain Jésus mort, pour les autres, un Christ vivant, car il se présenta lui-même vivant, aux apôtres qu'il avait choisis, avec plusieurs preuves assurées, étant vu par eux durant quarante jours. Ils avaient eu de la tristesse ; maintenant ils le voient et leur tristesse est changée en joie : il est un Christ vivant. Telle est donc la première grande vérité concernant la personne de ce Christ rejeté qui a souffert et qui est mort. Nous en comprenons toute l'importance, car il est dit: « Si Christ n'est pas ressuscité, votre foi est vaine et vous êtes encore dans vos péchés. » - « Il est mort pour nos fautes, et il est ressuscité pour notre justification.» - «Si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur, et que tu croies, dans ton cœur, que Dieu l'a ressuscité d'entre les morts, tu seras sauvé. » La justice de Dieu est satisfaite, le péché est ôté de devant ses yeux; la mort est un ennemi vaincu. Jusqu'à ce jour les sombres portes de la mort s'ouvraient, s'ouvraient toujours, pour recevoir les milliers qui y entraient, souvent la détresse dans l'âme, mais jamais ces portes ne s'étaient ouvertes pour laisser sortir personne. Mais le Christ y est entré en vainqueur, et en est sorti vainqueur. Il a brisé les portes d'airain et a mis en pièces les barres de fer; il a emmenée captive la captivité; les prisonniers se sont échappés. Où est, ô mort, ton aiguillon? Où est, ô mort, ta victoire? C'est le triomphe de la vie sur la mort.
Une seconde vérité c'est que le Seigneur est monté au ciel: «Et ayant dit ces choses, il fut élevé de la terre comme ils regardaient et une nuée le reçut et l'emporta de devant leurs yeux. Et comme ils regardaient fixement vers le ciel, tandis qu'il s'en allait, voici, deux hommes en vêtements blancs se tinrent là à côté d'eux, qui aussi dirent: Hommes galiléens, pourquoi vous tenez-vous ici regardant vers le ciel Ce Jésus, qui a été élevé d'avec vous dans le ciel... » Il est donc dans le ciel. Ce n'est plus un Messie sur la terre qui est l'objet de la foi des disciples, mais un Christ que le ciel a reçu. Quelle satisfaction Dieu a trouvée dans cet homme qui l'a glorifié sur la terre, glorifié dans sa vie et dans sa mort. Les hommes l'avaient élevé de la terre sur une croix et Dieu l'a élevé dans le ciel. Le monde ne verra plus cet humble Jésus qui allait de lieu en lieu faisant du bien et délivrant tous ceux que le diable avait asservis à sa puissance: il a perdu son Sauveur; mais nous, nous voyons Jésus couronné de gloire et d'honneur dans la maison du Père où il est allé nous préparer une place, car dans son amour il veut nous ravoir avec lui. «Père, je veux, quant à ceux que tu m'as donné, qu là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi. »
Cela nous amène à une troisième grande et importante vérité concernant celui que le monde a rejeté: Il reviendra, lui-même. « Ce Jésus qui a été élevé d'avec vous dans le ciel viendra de la même manière que vous l'avez vu s'en allant au ciel. » Nous avons donc un Christ qui, après avoir souffert, est vivant, qui est monté au ciel, et qui vient! Précieuse espérance pour eux qu'il a laissés ici-bas, pensée solennelle pour le monde qui l'a mis à mort. Ici nous n'avons pas de détails concernant cette venue: il nous est dit simplement de quelle manière il viendra. Dans l'évangile de Luc, dont le livre des Actes est en quelque sorte la continuation, il est dit: qu'en les bénissant il fut séparé d'eux et élevé dans le ciel. Il bénissait dans ce moment-là un résidu d'Israël qui s'était attaché à lui et quand il reviendra il apportera la bénédiction à un résidu qui l’attendra. Il n'est pas question ici de sa venue pour l'Église, car nous apprenons par l'apôtre Paul, en 1 Thessaloniciens IV, que nous irons dans les nuées à Sa rencontre dans une précieuse conformité avec celui que nous attendons: conformité quant à nos corps (Philippiens III, 21) et conformité quant à la manière dont il a lui même quitté la terre.
Une seconde question se présente encore à nous: Comment les prophéties à l'égard du royaume s'accompliront-elles, puisque le roi a été mis à mort? «Est-ce en ce temps-ci que tu rétablis le royaume pour Israël? » demandent les disciples (v. 6.) « Ce n'est pas à vous, » répond le Seigneur, « de connaître les temps ou les saisons que le Père a réservés à sa propre autorité. » Une chose nouvelle va commencer, personne n'en connaît, ni la durée, ni le caractère, si ce n'est le Père seul. Nous savons, maintenant, que c'est dans l'intervalle qu'a été révélé le mystère caché dès les siècles en Dieu, et que le Saint Esprit est allé chercher une épouse pour le Fils. Il n'est pas parlé de ces choses ici, mais elles vont être mises en lumière, après que le peuple aura rejeté dans la personne du Saint Esprit, le dernier ambassadeur envoyé par le Roi rejeté. Les temps prophétiques sont donc maintenant interrompus, le Père se réserve de déterminer le moment où ils recommenceront. Vouloir comprendre le temps actuel dans les événements prophétiques, c'est n'avoir compris ni la chose nouvelle qui commençait, ni les prophéties elles-mêmes. Ce temps pouvait finir aux jours des apôtres ou peut durer deux mille ans, comme nous le voyons aujourd'hui. Il est caractérisé par une attente continuelle. Jusqu'à ce que les temps et les saisons recommencent et que le royaume soit établi pour Israël, le Seigneur fait connaître à ses disciples « les choses qui regardent le royaume de Dieu», à l'autorité duquel sont soumis et ce résidu fidèle et tous ceux qui participent à la bénédiction apportée par le nouvel ordre de choses.
Nous arrivons enfin à une troisième question, qui concerne les disciples: Le Seigneur s'en est allé au ciel et eux sont laissés sur la terre; ils vont recevoir la promesse du Père, le Consolateur, l'Esprit saint que le Père enverra en son nom; et ainsi, revêtus de puissance d'en haut, ils seront les témoins du Seigneur. Ils s'en retournent à Jérusalem, de la montagne des Oliviers où le Seigneur rejeté se retirait avec ses disciples, où il reçut la coupe des mains du Père, d'où il est monté au ciel et où il reviendra quand ses pieds se tiendront sur cette montagne. Ils se réunissent dans la chambre haute pour la prière, qui est en tout temps à la disposition des disciples pour maintenir leur témoignage.
Nous sommes à la fin du temps qui commençait alors, mais nous avons à rendre le même témoignage qu'eux. Nous connaissons ce Christ qui a souffert, qui est ressuscité, qui est monté au ciel et qui vient (qu'il nous soit accordé d'être, non pas de ceux qui savent qu'il vient, mais qui attendent sa venue). Son Esprit, que les disciples allaient recevoir, est maintenant en nous. C'est un esprit de puissance, et d'amour, et de conseil. Ne le contristons pas, afin qu'il ait en nous toute sa puissance, et qu'un vrai témoignage soit rendu à celui que le monde a rejeté, mais qui vient. Enfin que tous les rachetés sachent, comme ces premiers disciples, trouver « la chambre haute », un lieu où, séparés du monde, ils puissent jouir de la présence du Seigneur et se présenter ensemble devant le trône de la grâce. Bientôt il apparaîtra en gloire; Quelle joie pour ceux qui lui auront obéi pendant son absence!
A. G.
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DES CLOCHETTES D'OR ET DES GRENADES

Exode XXVIII, 31-35.

Nous lisons au v. 31 : « Tu feras la robe de l'éphod entièrement de bleu. » Le bleu est la couleur du ciel et nous rappelle que notre grand souverain Sacrificateur, dont Aaron était le type, est l'Homme «venu du ciel» (1 Corinthiens XV, 47), mais qui est maintenant dans le ciel. Ailleurs nous lisons: « Si donc il était sur la terre, il ne serait pas sacrificateur, puisqu'il y a ceux qui offrent des dons selon là loi» (Hébreux VIII, 4).
À l'égard de l'éphod, il était enjoint ce qui suit: « Il y aura une bordure à son ouverture, tout autour, en ouvrage de tisserand; elle l'aura comme l'ouverture d'une cotte de mailles: elle ne se déchirera pas» (v. 32.) En Lévitique XXI, 10, il était ordonné au sacrificateur de ne pas déchirer ses vêtements. C'est ainsi qu'Aaron devait être le type de Celui dont les vêtements sacerdotaux ne seront jamais déchirés et qui demeure sacrificateur à perpétuité. À cet égard, Caïphe, le souverain sacrificateur, fut désobéissant à la Parole en déchirant ses vêtements (Matthieu XXVI, 65), et se rendit impropre à l'exercice de sa fonction. Combien, par contre, il est précieux pour nous de savoir que notre souverain Sacrificateur est « toujours vivant pour intercéder pour nous » (Hébreux VII, 25.)
« Tu feras sur ses bords des grenades de bleu et de pourpre et d'écarlate, sur ses bords, tout 'autour, et des clochettes d'or entre elles, tout autour» (v. 33.) Il est digne de remarquer que le fruit est mentionné en premier lieu, avant les clochettes qui nous parlent du témoignage: il devrait toujours en être ainsi dans la vie du chrétien; les fruits de la grâce devraient être vus clairement dans notre marche, avant que nos lèvres s'ouvrent pour exhorter les autres en public. Les bords de la robe du sacrificateur en étaient la partie la plus rapprochée du sol et nous l'appellent que, pour tout témoignage rendu ici-bas, et pour tout le fruit que nous sommes appelés à produire dans notre marche à travers le désert, nous dépendons de notre grand souverain Sacrificateur dans Les cieux. De plus, quel soin minutieux l'Auteur divin de ces instructions n'a-t-il pas pris pour nous montrer que, dans notre vie, le témoignage et le fruit devraient toujours être intimement associés, car nous lisons: « Une clochette d'or et une grenade, une clochette d'or et une grenade, sur Les bords de la robe tout autour» (v. 34.)
N'arrive-t-il pas quelquefois que, dans nos prières et nos cantiques, nous manifestons en public une spiritualité que nous ne possédons pas à la maison? Qu'il est triste qu'un membre de nos familles ou de notre intérieur doive dire de nous: « C'est un tout autre homme à la réunion qu'à la maison. ». Combien il est à désirer qu'une sincérité sans réserve nous caractérise dans toute notre action publique, soit dans la prière, soit dans le culte, ou dans toute autre manifestation extérieure de piété, afin que tous les cœurs simples puissent ressentir que ce que nous exprimons devant le Seigneur et devant les hommes est le résultat d'un exercice caché et réel de communion avec Lui. Puissions-nous dire avec le psalmiste : « Mets, ô Éternel ! Une garde à ma bouche, veille sur l'entrée de mes lèvres» (Psaume CXLI, 3). Le danger de contrister l'Esprit par de longues prières est très réel; celles-ci le sont souvent d'autant plus que nous négligeons la prière dans notre particulier. Si nous prions beaucoup à la maison, nos demandes au Seigneur en public en deviendront plus courtes et précises; nous saurons ce dont nous aurons besoin et nous ne nous en égarerons pas.
Les clochettes d'or ne devaient contenir aucun mélange. La semaine dernière, nous avons retrouvé dans notre jardin une pièce d'or qui y avait été ensevelie pendant une dizaine d'années au moins. Elle était aussi brillante et en bon état que le jour où elle avait été mise en circulation. Le grand objet du témoignage de l'Esprit, typifié par la clochette d'or, est la personne de Christ. Sommes-nous aussi vigilants que nous devrions l'être pour qu'aucun mélange de pensées humaines, ne vienne ternir la vérité que Dieu a fait sortir des décombres sous lesquelles elle était ensevelie et qu'Il a rappelée à ses saints au milieu des ruines de la chrétienté, en les ramenant à l'obéissance à sa Parole ! N'oublions pas que, dès le commencement de l'histoire de l'Église, l'ennemi a travaillé à ruiner son témoignage, en ajoutant à la Parole, et en voulant expliquer ce que Dieu n'a pas expliqué, et cela surtout en ce qui concerne la glorieuse Personne de notre Seigneur.
Christ était un Homme réel, possédant toutes les tendres sympathies et les compassions d'un cœur humain parfait. Il pouvait dire: «Mon esprit» (Luc XXIII, 46), «mon âme» (Jean XII, 27) ; « mon corps» (Matthieu XXVI, 12). Cependant il pouvait dire aussi: «Avant qu'Abraham fût, je suis » (Jean VIII, 58). Jean Baptiste disait de lui: «Après moi vient un homme qui prend place avant moi, car il était avant moi » (Jean I, 30.) La foi saisit très facilement cette vérité de la Personne de Christ, vrai Dieu, vrai Homme, Personne divine descendue ici-bas. Combien nous sommes heureux quand nous pensons à Lui, tel que Dieu nous le dépeint dans sa Parole ; mais combien nous sommes stériles et desséchés dans nos âmes, si nous écoutons ceux que l'ennemi envoie déguisés en «ministres de justice» (2 Corinthiens XI, 15), pour expliquer ce que Dieu n'a pas révélé!
La grenade est un fruit contenant plusieurs compartiments, dans chacun desquels se trouve une semence accompagnée d'un jus rafraîchissant. Le «fruit de l'Esprit» (Galates V, 22) se compose aussi de diverses manifestations de sa présence et de son opération dans les saints; l'apôtre eu énumère neuf dans ce passage; neuf est un nombre divin (trois fois trois, chiffre de la plénitude divine). Les «œuvres de la chair» (v. 19) sont au nombre de seize et forment un contraste absolu avec le «fruit de l'Esprit ». En parlant de ce dernier, nous pourrions nous attendre à la mention de vertus héroïques et d'œuvres remarquables : elles le sont en vérité, mais non aux yeux des hommes. Celles que mentionne le v. 22 ne recevraient aucune récompense de leur part, mais elles sont précieuses aux yeux de Celui qui était «doux et humble de cœur» (Matthieu XI, 29), car elles sont l'expression de sa nature: «l'amour, la joie, la paix, la longanimité, la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur, la tempérance ». Sûrement il n'est pas nécessaire de considérer l'une après l'autre, ces vertus précieuses qui forment ensemble le fruit de l'Esprit. Nous devons les étudier toutes pour les réaliser dans la vie de chaque jour et cela par le cœur plutôt que par l'intelligence. Un enfant peut les comprendre, et cependant le chrétien le plus âgé a besoin de les sonder jusqu'au terme de sa course. Ce n'est que dans le Seigneur lui-même que toutes ces gloires morales ont été vues dans leur perfection. Toutefois, en demeurant dans sa dépendance, et sous l'enseignement de son Esprit, nous pouvons aller à sa rencontre, en nous appliquant à lui ressembler toujours davantage.
Puissions-nous apprendre de plus en plus à défendre avec zèle la pureté du témoignage qui nous est confié, mais n'oublions jamais «la douceur et la débonnaireté du Christ» (2 Corinthiens X, 1). Il est douloureux de constater combien souvent l'ennemi réussit à endurcir nos cœurs envers les autres, lorsque nous cherchons à être zélés pour la vérité. Combien il réussit aussi à nous persuader parfois d'oublier la sainteté qui convient à la maison de Dieu, lorsque nous cherchons à marcher dans l'amour, la joie et la paix avec tous les chrétiens. Le Seigneur seul peut nous accorder la grâce de maintenir une juste balance et de garder la vérité dans l'amour, en montrant ainsi toujours dans une étroite intimité la clochette d'or et la grenade qui ne doivent jamais être séparées.
T. W. B.
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RECUEIL D'EXHORTATIONS ET D'APPELS

N°11

Ésaïe L

Nous avons vu dans le chapitre XLIX l'introduction et le rejet du Messie, puis les voies de Dieu envers son Serviteur parfait. Dieu n'abandonne pas ses desseins vis-à-vis d'Israël, malgré sa rébellion, car la grâce lui donnera des bénédictions beaucoup plus grandes que celles qu'il a perdues par sa faute. Le chapitre L nous présente le Seigneur de gloire descendu en grâce dans le chemin de l'humiliation et de la souffrance. Au premier verset, Dieu s'adresse à Israël, objet principal de ses voies prophétiques. Il n'a pas vendu son peuple et ne l'a pas renvoyé malgré ses infidélités. Il est jugé pour un temps à cause de son crime: le rejet du Messie; mais l'amour permanent de Dieu et sa fidélité n'ont pas changé. Le Messie est venu et Il a été rejeté; c'est le témoignage constant des Écritures (Jean I, 11). C'était l'Éternel lui-même qui était là dans la:personne de cet Homme humble et débonnaire. C'est lui qui avait conduit son peuple hors d'Égypte et l'avait dirigé à travers toutes ses difficultés : venu en grâce ici-bas, il n'y eut personne pour le recevoir (v. 2). Il était l'Homme dépendant qui avait reçu du Père « la langue des savants» pour « soutenir par une parole celui qui est las» (v. 4). «Oint de l'Esprit Saint et de puissance» (Actes X, 38), Il entra dans la synagogue à Nazareth et lut ce passage du prophète Ésaïe : «L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint », ajoutant: «Aujourd'hui, cette écriture est accomplie, vous l'entendant» (Luc IV, 16-21). Quelle gloire morale que celle de cet Homme abaissé ! Nous trouvons ensuite sa soumission parfaite au Père. Il ne disait rien de par lui-même. « Chaque matin », son oreille était ouverte pour recevoir la communication de ses pensées et de sa volonté (v. 4). L'oreille ouverte pour ouïr les paroles du Père (v. 5), était l'expression de sa parfaite dépendance de lui. C'est l'organe qui caractérise essentiellement son humanité: « Tu m'as creusé des oreilles» (Psaume XL, 6.) Cette parole citée en Hébreux X, 5 d'après la version grecque des Septante est ainsi traduite: «Tu m'as formé un corps:» Puis, selon la belle ordonnance de l'esclave hébreu qui, par amour pour son maître, pour sa femme et ses enfants, ne voulait pas user de son droit de sortir libre après ses six années de service, et était conduit au poteau où il avait l'oreille percée en signe de servitude perpétuelle (Exode XXI, 2-6), le parfait serviteur donna sa vie à la croix pour la gloire de Dieu et notre délivrance éternelle. Il fut l'objet de la haine de ses créatures rebelles et put dire par l'Esprit prophétique: «J'ai donné mon dos à ceux qui frappaient, je n'ai pas caché ma face à l'opprobre et aux crachats» (v. 6.)
C'est ainsi que, dans une grâce infinie, Dieu se présente aux hommes et comment fut-il reçu? S'il y avait eu la moindre étincelle d'amour pour leur Créateur Clans le cœur de ces êtres que Dieu avait comblés de tant de bienfaits, ne se seraient-ils pas prosternés devant son saint Fils venu à eux pour les bénir? Rien de semblable n'eut lieu, et le prophète rend ici témoignage à la méchanceté incurable de leur cœur. L'«opprobre », les « rachats» (v. 6), la haine implacable, telle fut la part de l'Homme de douleurs ici-bas, mais rien ne :put le détourner du chemin de l'obéissance: Il dressa sa face «comme un caillou » (v. 7) pour aller à Jérusalem (Luc IX, 51), Il supporta non seulement le mépris et la souffrance de la part de ses créatures, mais, pour l'accomplissement de la volonté de Dieu et de son conseil d'amour envers nous, Il endura sa colère et fut consommé par les souffrances pour être l'Auteur de notre salut (Hébreux II, 10). Ayant en vue la gloire de Dieu, Il fut « amené comme un agneau à la boucherie et comme une brebis muette devant ceux qui la tondent» (Ésaïe LIII, 7). C'est ainsi qu'Il amènera «plusieurs fils à la gloire ». Dieu l'a fait sortir de la mort: «Il est ôté de l'angoisse et du jugement» et nous partageons sa délivrance: «Celui qui me justifie est proche» (v. 8). Ces paroles qui expriment la confiance parfaite de l'Homme obéissant en face de la mort, nous sont appliquées lorsque nous croyons en lui, et nous les trouvons dans la bouche des enfants de Dieu en Romains VIII, 28-35. «Qui plaidera contre moi en jugement?» (v. 8) peut dire le pécheur repentant qui met sa confiance en Celui qui est mort et ressuscité «et qui est aussi à la droite de Dieu» (Romains VIII, 34).
Le chapitre se termine par le jugement des méchants et la délivrance du Résidu pieux qui craint l'Éternel et qui se repose sur Lui (v. 10-11). Ceux qui allument un feu et marchent à sa lumière en rejetant Christ auront pour leur part les ténèbres éternelles.
Que le Seigneur nous donne d'avoir des oreilles ouvertes pour entendre sa voix d'amour et un cœur docile pour écouter sa Parole. Qu'il nous accorde la grâce de marcher après lui, en restant fermes malgré l'opposition et l'opprobre. Puissions-nous, en, fixant les yeux sur Lui, manifester sans crainte ce que nous sommes. La mesure de notre marche c'est Christ lui-même, et nous sommes appelés à le suivre: «Celui qui dit demeurer en lui, doit lui-même aussi marcher comme Il a marché» (1 Jean II, 6). Demeurons attachés à Lui et la puissance ne nous manquera pas.
A. L.
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N° 12

Ésaïe LI

Nous avons vu dans le chapitre XLIX l'introduction et le rejet du Messie, puis les voies de Dieu envers son peuple, le Seigneur étant vu là comme le parfait Serviteur. Au chap. L, nous avons trouvé le tableau de son humiliation, ainsi que celui de la gloire de sa Personne. Plus loin, au chap. LIII, Il est vu subissant à la croix le jugement de Dieu pour les péchés de son peuple. Au chap. LII, ce sont des appels adressés à celui-ci par l'Esprit prophétique l'invitant à la repentance; les gloires futures du royaume nous y sont aussi dépeintes en termes remplis de grandeur.
Jérusalem n’a pas encore revêtu la splendeur qu'elle aura lorsque le temps de la bénédiction sera arrivé pour elle (LII, 1). Pour le moment, il y a donc trois sujets d'encouragement pour le résidu pieux dans la détresse: 1° Il n'a pas à se décourager à cause de son petit nombre (v. 2) ; 2° le temps du jugement des nations va venir; alors celui des bénédictions du peuple de Dieu sera arrivé. Toutes les choses muables passeront, afin que celles qui sont immuables, le salut, la justice et la gloire demeurent (v. 5-6). 3° Il faut donc supporter l'opprobre des hommes qui vont être consumés par le jugement (v. 7-8.)
Puis vient un cri du Résidu à l'Éternel et la réponse qu'Il donne à son peuple (v. 9-11). Le Résidu rappelle ce qui a eu lieu dans les temps passés, les délivrances de l'Éternel à l'égard de son peuple, le passage de la Mer Rouge, le voyage à travers le désert. Puis il anticipe les bénédictions à venir: «Ceux que l'Éternel a délivrés retourneront et viendront à Sion avec des chants de triomphe; et une joie éternelle sera sur leurs têtes» (v. 11.) Ce sera une bénédiction qui ne finira pas et qui les rassemblera tous à Sion, la ville du grand Roi, la cité de la grâce et de la gloire, qu'Il a choisie pour y habiter, et dont Il a dit: « C'est ici mon repos à perpétuité; ici j'habiterai, car je l'ai désirée» (Psaume CXXXXII, 13-14.)
Nous aussi nous avons été rachetés par le Seigneur Jésus et nous avons la certitude de notre délivrance éternelle. Nous anticipons le moment où noue entrerons dans notre patrie céleste, la montagne de Sion à laquelle nous sommes «venus» par la foi (Hébreux XII, 22) ; nous y serons avec Celui qui a payé notre rançon. La douleur et le gémissement s'enfuiront (v. 11) pour nous aussi, quand nous serons arrivés au but. Tandis que sur la terre, la gloire du Roi sera manifestée pour la bénédiction et la délivrance de la création tout entière, l'Église aura sa part céleste avec l'Époux et régnera avec Lui.
L'Éternel restait-il insensible à cet appel plein de confiance de son peuple affligé ? Non, jamais, aussi Il répond: «C'est moi, c'est moi qui vous console!» (v. 12.) Puis Il assure Israël de son salut, de sa rédemption. Nous entendons les mêmes paroles sortir de la bouche de notre Dieu Sauveur. C'est en Lui que nous avons à chercher la consolation dans nos peines. Si nous sommes troublés, abattus, cela vient-il de Lui? Non, mais de ce que nous regardons à nous-mêmes, à notre misère et à nos circonstances. Nous oublions ce que Dieu a fait pour nous et il y a du découragement dans nos cœurs. Si nous élevons nos regards vers Lui, nous l'entendons nous dire: «C'est moi, c'est moi qui vous console. »
Puis vient un appel à Jérusalem à se réveiller de sa torpeur (v. 17.) Nous savons que cette malheureuse cité a déjà été exposée à maintes tribulations ; elle a subi des .sièges effroyables, celui de Nebucadnetsar; celui des Romains par Titus, etc. ; mais ce qui arrivera bientôt à cette vine surpassera en horreur toutes les scènes passées; les prophètes décrivent la «détresse de Jacob» qui attend ce peuple coupable. Ce sera « la coupe d'étourdissement» (v. 17). Mais quand la colère de Dieu aura passé sur elle, elle deviendra la ville de l'Éternel; elle ne boira plus le calice de la coupe de sa fureur (v. 22), et c'est sur les nations qui l'affligent que sera répandue Son indignation.
Un nouvel appel est adressé à la cité sainte: «Réveille-toi, réveille-toi... revêts-toi de tes vêtements de parure» (LII, 1). Puis, ceux qui veillent pour attendre l'accomplissement de la parole divine, 1es sentinelles « élèvent la voix », exu1tant ensemble avec «chants de triomphe» (v. 8). Les sentinelles veillent pendant 1a nuit et attendent impatiemment la clarté du jour. Sommes-nous dans cette attitude et pouvons-nous dire avec le psalmiste: «Mon âme attend le Seigneur plus que les sentinelles n'attendent le matin»? (Psaume CXXX, 6.) Nous qui avons été délivrés du jugement qui va tomber sur ce monde et qui serons avec notre Maître en ce jour-là, attendons-le comme des sentinelles vigilantes, ayant nos reins ceints et nos lampes allumées (Luc XII, 35.)
Jérusalem est appelée à se revêtir de vêtements de parure (v. 1), mais par la foi le chrétien possède «la plus belle robe» (Luc XV, 22). Étant l'objet d'une telle grâce, il doit marcher dans la jouissance de la communion du Père et l'obéissance à sa Parole, en montrant les fruits de la vie qu'il a reçue, et non demeurer dans la misère et l'éloignement de sa présence.
Lorsque le jugement aura eu son cours sur le peuple coupable, le désert fleurira comme une rose et «les lieux déserts de Jérusalem» exulteront ensemble (v. 9). Lorsque les Israélites sortirent d'Égypte, ce fut à la hâte, comme un peuple pressé de fuir le jugement (Exode XII, 33-34). À la fin, ce ne sera pas une fuite: «Car vous ne sortirez pas avec précipitation et vous n'irez pas comme des fugitifs» (v. 12.) Nous sommes aussi appelés à sortir du milieu d'un monde souillé et impie (2 Corinthiens VI, 17), car on ne peut associer le nom du Seigneur à l'iniquité.
Écoutons donc le message du prophète à son peuple: il s'applique à nous avec force. Nous n'avons pas à nous décourager à cause de notre faiblesse et de notre petit nombre. Il nous dit aussi que notre délivrance est éternelle et que nous n'avons pas à craindre l'opprobre du monde (Ésaïe LI, 1, 4, 7.) Nous avons ensuite à nous réveiller du sommeil, à manifester les caractères de la vie de Christ, et à nous purifier de toute souillure de chair et d'esprit, achevant la sainteté dans la crainte de Dieu. (2 Corinthiens VII, 1.)
A. L.
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TABLE DES MATIÈRES

de la soixante - quatrième année.

Aujourd'hui, si vous entendez sa voix 173
Aux jeunes frères (Lettre) 5
Cantique nouveau (Le) 310 +
Cherchez les choses, qui sont en haut 22
Christ et l'Église 53
Clochettes d'or et des grenades (Des) 53
Courtes Méditations:
Communion (La) 241
Épée à deux tranchants (L') 65
Juge inique (Le) 117
Marche (La) 297
Nourriture et la marche (La) 229
Paresse (La) 29
Pharisien et le publicain (Le) 129
Révélations et la vie secrète (La) 41
Substitut (Le) 217
Triomphe final de la grâce 141
Trois bonheurs 205
Trois demeures 77
Disciple Ananias (Le) 316
Endure les souffrances 272
Épée et la truelle (L') 88
État éternel (L') 277 +
Fils de l'homme (Le) 123
Fragments 64
Lettre au sujet des réunions de mariage 293
Lettres de J. N. D. 27 +
Monde et les croyants (Le) 153
Méditations de J. N. D. :
N° 222 Le Repos 214 +
N° 223 Quelques pensées sur Romains VIII 253
N° 224 Les promesses, la loi et Christ 357
Ne soyons plus de petits enfants 281
Pensées. 28 +
Pensées (Quelques) sur la première page du livre des Actes 364
Pierre de secours (La) 3
Position chrétienne et le Saint Esprit (La) 236
Prêche la Parole 320
Première épître à Timothée (Étude sur la) 17 +
Quelques remarques au sujet des réunions de prières 105
Recueil d'exhortations et d'appels:
Deuxième épître de Jean 10
Éphésiens IV 353
Ésaïe XLIX 349
Ésaïe L 374
Ésaïe LI 377
Jean IV 329
Jean V, 1-9 267
Jean XV ; Jacques II 71 + Luc V, 1-11 32 + Luc V, 12-39 113 + Philippiens III 299
Psaume VIII 339
Relations domestiques 181 +
Réponse à un frère 305
Réponse d'un ancien pasteur 158

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