le Dernier jour - Free
B2i : Faire des recherches sur Internet et mettre en page les informations .... Et/
ou p.168-169 manuel 3ème Bordas .... Ils sont suivis d'un attribut du sujet qui est
un adjectif, un pronom, parfois un infinitif ou un GN. .... Exercices p.127, n°4 et 5
.... Il venait de déjeuner copieusement et de bon appétit » (l.120), « avec un
sourire ...
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Lire une oeuvre argumentative du XIXe siècle contre la peine de mort:
Le Dernier jour dun condamné, de Victor Hugo
Gabrielle PHILIPPE-SAUVILLERS, professeur agrégé de Lettres modernes,
Collège Pierre Mendès-France, Paris 20ème
En introduction :
- problématique : repérer les enjeux dune uvre engagée, analyser les procédés décriture au service de largumentation et construire ses propres arguments sur les thèmes de la peine de mort, de la pénalité et de léducation.
- public visé : classe de 3ème très hétérogène de ZEP. L ouvrage a l avantage d être très court, et très peu onéreux : l édition à laquelle nous nous référons est l édition Classiques Hachette, mais les élèves ont majoritairement fait l acquisition de l édition Librio à 2¬ .
- insertion dans la progression annuelle : cette séquence est étudiée en décembre, après une séquence consacrée à la littérature de la première guerre mondiale, et avant une séquence consacrée à la lecture intégrale de Inconnu à cette adresse, de Kressmann-Taylor. Les élèves ont lu en amont, de manière cursive, La Nuit du Renard de Mary Higgins Clark, et effectué un relevé des arguments pour et contre la peine de mort développés dans le premier chapitre et dans lensemble du roman. Cette période de lannée est donc essentiellement concentrée sur létude de textes argumentatifs de genres très variés.
Objectifs :
Lecture : Comprendre les enjeux et lintérêt dune lecture du Dernier jour, Analyser le premier chapitre dune uvre ; Lévocation poétique et satirique de la sentence ; Evaluer ses capacités de lecture analytique ; Comprendre un projet décriture ; Repérer la théâtralité dun récit et ses enjeux; Lannonce de lexécution ; Observer lorganisation spatio-temporelle du récit ; le récit des dernières heures, le titre et la notion duvre argumentative / engagée ;
Ecriture : Imaginer une lettre dadieu réinvestissant les différents procédés décriture étudiés, et développant des arguments construits ; Rédiger un dialogue argumentatif opposant un partisan de la peine de mort et un partisan de son abolition ; Rédiger une lettre argumentative proposant un scénario inspiré du roman à un réalisateur.
Outils de la langue : Repérer les procédés de caractérisation et de description dun sentiment : a-La caractérisation du nom b-Les procédés poétiques permettant de décrire un sentiment ; La voix active et la voix passive ; Découvrir une autre langue: largot ; Les registres de langue
Oral : exercices théâtraux, improvisations.
Analyse de limage : analyser des photographies ou illustrations de presse dénonçant la peine de mort aux Etats-Unis ; analyser une illustration de LAssiette au beurre.
B2i : Faire des recherches sur Internet et mettre en page les informations trouvées pour constituer un dossier.
Objectif(s)support(s)activité(s)Séance 1
Lecture
Introduction: Comprendre les enjeux et lintérêt dune lecture du Dernier jour Chapitres I à IIIDistribuer Tableau sur lOrganisation spatio-temporelle du récit, pour la séance 12.
Séance 2
Lecture
Analyser le premier chapitre dune oeuvre Chapitre ISéance 3 a
O.L.Repérer les procédés de caractérisation et de description dun sentiment : a-La caractérisation du nom
Chapitre ISéance 3 b
O.L.b-Les procédés poétiques permettant de décrire un sentimentSéance 4
LectureLévocation poétique et satirique de la sentence
Ou : Evaluer ses capacités de lecture analytiqueChapitre IICours à compléterDictée et contrôle O.L.
Séance 5
O.L.La voix active et la voix passiveExtraits des chapitres XIII et XIVCours à compléterSéance 6
EcritureImaginer une lettre dadieu adressée par le condamné à sa fille Marie, et destinée à être lue par celle-ci lorsquelle aura seize ans. En ayant recours aux différents procédés décriture étudiés en cours, vous y exprimerez les sentiments et regrets dun père, et vous y développerez quelques arguments construits dans lesquels il justifiera sa situation de condamné. Séance 7
LectureComprendre un projet décriture
Chapitres VI, VII, XLVI, XLVIIAvoir lu Ch. IV à XIIContrôle de lecture: questions sur les Chapitres III à XIII
Avoir lu Ch. III à XIII
Séance 8
O.L.Découvrir une autre langue: largot
Ou : Les registres de langueChapitres V et XVI
Questions de compréhension sur des extraitsAvoir lu Ch. XIII à XVII (et si possible XXI)
Séance 9
LectureRepérer la théâtralité dun récit et ses enjeux: Ch. XIII: Le ferrement des forçatsChapitre XIIIAvoir lu Ch. XXII à XXIV
Séance 10
LectureLannonce de lexécutionContrôle de lecture: questions sur les Chapitres XIV à XLVII
Avoir lu Ch. XXV à XLVII
Séance 11
Oral
Improvisations théâtrales sur le thème de la tête,
dans Le Dernier jour dun condamné, de Victor HugoPhrases extraites de lensemble de luvre, comportant toutes le mot « tête ».Exercices inspirés de pratiques proposées dans louvrage remarquable : Coups de théâtre en classe entière, de Chantal DULIBINE et Bernard GROSJEAN, ed. CRDP de Créteil.
Séance 12
LectureObserver lorganisation spatio-temporelle du récit (à laide du tableau complété par les élèves au fil de leur lecture)
(Et/ou : Mettre en scène (jouer) les rencontres avec dautres personnages
Le Prêtre Ch. XXVII, XXX - Larchitecte: Ch. XXXI - Le gendarme: Ch. XXXII
cf. Repères Hachette p64 &sqq + p96 à 109
O.L.: Insertion du dialogue dans le récit (révision))Tableau à compléter distribué à la fin de la séance 1Avoir lu toute loeuvreSéance 13
LectureConclusion : le récit des dernières heures, le titre et la notion duvre argumentative / engagéeAvoir relu les Ch. XLVIII et XLIX
Séance 14
ImageAnalyser un montage photographique et des illustrations de presse dénonçant la peine de mortIllustration de Steinlen pour lAssiette au beurre
NRP p.15 + couverture
Et/ ou p.168-169 manuel 3ème BordasObservation et réponse à un questionnaire.Séance 15: Recherches (B2I) / ExposésVictor Hugo et son engagement contre la peine de mort
La peine de mort hier et aujourdhui, en France et dans le monde
Les conditions de vie des ouvriers au XIXe siècleEvaluation finaleEvaluation finale de type Brevet
sur le Dernier jour dun condamné, p.98-99 du Manuel Français livre unique 3ème, Hatier (ou sujet Grèce 2000)
Ecriture: 2 sujets au choix :
Imaginez un dialogue dune vingtaine de ligne dans lequel vous prendrez parti contre la peine de mort, face à un interlocuteur qui la défend farouchement. En repensant aux descriptions des tourments du condamné de Victor Hugo, vous inviterez votre un interlocuteur, en soignant votre expression (figures de style, rythme des phrases, ponctuation du dialogue...) à se mettre un moment à la place de celui qui va mourir, quels que fussent les crimes quil a commis.
Ou :
Vous êtes scénariste et vous avez écrit, daprès la nouvelle de Victor Hugo, le scénario dun film. Vous adressez une lettre à un réalisateur pour lui présenter votre projet. Vous vous attachez, dans cette lettre, à le convaincre de réaliser ce film en mettant en évidence les qualités cinématographiques de ce lhistoire, et la nécessité de produire un film sur la peine de mort.
Et / Ou : questions sur la préface du Dernier jour, sur un extrait de Claude Gueux, et sur la Nuit du Renard.
Prolongement 1: Analyser le film Dancer in the dark, de Lars Von Trier.
Séance 3 : Repérer des procédés de caractérisation et de description dun sentiment
Support: Ch I, Dernier jour
Manuel: p.113..., p.121..., p.176...
Séance 3 a : La caractérisation du nom (Manuel Gramm&Comm, p.113-114)
1) Les expansions du nom
a- Lépithète liée et détachée
Ecrire les deux extraits suivants au tableau, et demander aux élèves de souligner les mots caractérisant «cette pensée», en donnant la nature et la fonction de ces mots.
Ex: «(...)cette pensée infernale, comme un spectre de plomb à mes côtés, seule et jalouse(...)»
«(...)cette fatale pensée écrite dans lhorrible réalité qui mentoure (...)»
Le nom peut être caractérisé à lintérieur du GN par une épithète. Celle-ci est un adjectif, un participe passé, ou une proposition subordonnée relative.. On distingue lépithète liée, placée directement avant ou après le nom; et lépithète détachée, qui est séparée du groupe nominal par une virgule ou par dautres mots.
NB : Souligner le cas particulier de la proposition subordonnée relative, dont la fonction est complément de lantécédent.
Faire écrire les exemples en précisant les natures/fonctions à laide de flèches.
b-Le CDN
idem: Ex: «(...) la dalle mouillée et suante de ma cellule», le condamné à mort
Le CDN est un groupe prépositionnel généralement introduit par: de, à, en; sans est plus rare.
Le noyau du CDN peut être un nom, mais aussi un infinitif (la peur de mourir), un pronom (la confiance en soi), ou un adjectif (une idée pleine dangoisse).
c- Lapposition
Ex: «Cette fatale pensée (...): -Condamné à mort!», le roi Charles X
Lapposition est un nom ou un GN qui est séparé du GN quil caractérise par une virgule à lécrit, et une pause à loral. Parfois, il en est séparé par une préposition (la ville de Paris).
Lapposition est reconnaissable au fait quil y a une identité entre elle et le GN quelle caractérise: le roi = Charles X, la ville = Paris.
2) Lattribut
a- Lattribut du sujet
Ex: «Maintenant je suis captif».
Cette idée devenait obsédante, et elle allait le rester.
Son angoisse paraissait être de mourir.
Le narrateur est un condamné à mort.
Les verbes être, devenir, rester, sembler, paraître, demeurer...sont des verbes attributifs. Ils sont suivis dun attribut du sujet qui est un adjectif, un pronom, parfois un infinitif ou un GN.
NB: Lattribut fait partie du groupe verbal: il ne peut donc être ni supprimé, ni déplacé.
b-Lattribut du COD
Ex: Il se considère comme un damné. Il trouve cette idée abominable.
Les verbes rendre, faire, trouver, croire, juger, considérer, appeler... permettent de construire des attributs du COD. Lattribut du COD est parfois précédé des prépositions comme ou pour.
Lattribut du COD caractérise le COD. Il fait partie du GVerbal, et donc, contrairement à lépithète, il ne peut pas être supprimé.
(Il trouve cette idée abominable = Il la trouve abominable: lattribut ne disparaît pas si on remplace le COD par un pronom)
(Cette idée abominable lobsédait = adj épithète de «cette idée»: Elle lobsédait)
Exercices dapplication, p.115-117
Séance 3b : Procédés poétiques permettant de décrire des sentiments
Support: Ch I ou II du Dernier jour
1) Le rythme des phrases
La variation du rythme des phrases peut créer différentes impressions:
- un rythme binaire produit une impression de stabilité, déquilibre, ou a au contraire un caractère tranchant: «Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée.»
- le rythme ternaire produit inversement une impression dinstabilité, de malaise, ou au contraire de majesté dans certains poèmes (cest le rythme de la valse). Ce rythme omniprésent dans le premier chapitre du Dernier jour, et dans les chapitres suivants, donne de lélan au texte, et convient bien à lexpression du malaise du condamné.
2) Des Images (p.244):
a- comparaison (p.120...)
Pour décrire un sentiment, il est parfois difficile de le caractériser, cest pourquoi lon a parfois recours à la comparaison. Comparer, cest mettre en rapport deux choses (deux personnes, une chose et une personne, deux idées...) et insister sur leurs ressemblances ou leurs différences, leur égalité ou leur inégalité (infériorité ou supériorité).
Cette mise en relation se fait grâce à des moyens lexicaux ou grammaticaux
-(mots comme: ressembler à, semblable à, pareil à, tel...;
-propositions juxtaposées: Plus jy pense, et plus cela meffraie.;
-le comparatif et le superlatif: plus effrayant que, le plus effrayant;
-le complément circonstanciel de comparaison: «elle est toujours là, cette pensée infernale, comme un sceptre de plomb à mes côtés». Il peut être introduit par des locutions prépositives: à la manière de, à la façon de, en comparaison de; des locutions conjonctives: ainsi que, de même que, la conjonction: comme )
Exercices p.123-125
b- métaphore
La métaphore est une figure de style qui consiste à souligner une analogie (des points communs) entre deux réalités dont les ressemblances ne sont pas toujours évidentes à saisir. Le comparé et le comparant sont identifiés lun à lautre, sans outil de comparaison (contrairement à la comparaison).
Lorsque la métaphore se poursuit sur plusieurs phrases, on parle de métaphore filée. Dans le ChI, §2: métaphore qui assimile lidée de la mort à une chape de plomb ou à un fantôme - métaphore filée qui se poursuit dans le §5.
c- personnification (à travers lemploi de la voix active/passive) (p.177)
La personnification est un cas particulier de la métaphore ou de la comparaison, dans lequel le comparé est une chose, un être non humain, ou une idée (§5 du ChI), et le comparant une personne.
Les verbes employés, pour décrire lidée de la mort, dans ce §5 du ChI, décrivent des actions humaines (celles dune personne harcelante: «Cette pensée infernale (...). Elle se glisse (...), se mêle (...), se colle (...); mobsède (...), épie mon sommeil (...), et reparait (...)». Cette idée est aussi décrite comme «seule et jalouse».
Exercices p.127, n°4 et 5
d- antithèse
Lantithèse met deux antonymes en relation logique. Leffet produit est lopposition vigoureuse de deux idées ou de deux termes: «Je pouvais penser à ce que je voulais, jétais libre. Maintenant je suis captif.» + antithèse: ombre/lumière.
3) Le choix des adjectifs: utilisation dun champ lexical (cours + ex: p.119)
Le champ lexical est un ensemble de mots (trois ou plus) qui appartiennent à un même domaine:
-champ lexical de la captivité: captif, aux fers, cachot, prison, qui soppose au mot «libre»;
-champs lexicaux de la laideur: horrible (x3), hideuses, suante, grossière, et de la cruauté: sanglante, implacable, infernale, qui contrastent avec la vie rayonnante quil décrit au §3.
Repérer les champs lexicaux dominants dans un texte permet den déterminer les thèmes. Ainsi, V.Hugo souligne le caractère odieux et cruel de lemprisonnement de lêtre qui se sait condamné à mort, sentiment dautant plus douloureux, lorsque ce dernier songe à son bonheur passé.
Exercices p.119
Conclusion
La présence dun très grand nombre de procédés grammaticaux et poétiques, dès la première page du Dernier jour, nous prouve que ce texte est extrêmement travaillé, plus que ne le serait un simple journal. Largumentation contre la peine de mort nen aura que plus de poids, et ces différents procédés contribueront sans aucun doute à émouvoir le lecteur.
Séance 4 : Evaluer ses capacités de lecture analytique
Support: Chap II, §1-2-3
Le §3 aura au préalable servi de dictée.
Grammaire de phrase
1-Quel est le rythme de la première phrase du paragraphe 2? Quel procédé, quels mots créent ce rythme?
Grammaire de texte
2-A quoi sont comparés les spectateurs de la salle daudience?
3-Quelles sont la nature et la fonction des mots «sombre et fatale»? Quel autre mot auraient-ils pu permettre de décrire?
Vocabulaire
4-Le mot fantasmagorie signifie: «spectacle fantastique, surnaturel, reposant sur des fantasmes». Quel champ lexical ce mot pourrait-il introduire?
5-Relevez dans les §2 et §3 les mots appartenant au champ lexical du sommeil?
Compréhension
6-Quelle phrase met un terme à ce champ lexical du sommeil? Quel effet cette expression produit-elle?
7-Relevez dans le §3 les termes renvoyant à louïe du prisonnier. Quels autres sens sont présents dans ce paragraphe? Justifiez votre réponse en relevant les mots renvoyant à chacun de ces sens.
8-Diriez-vous, pour chacun de ces sens, quil est agréable ou désagréable? Justifiez votre réponse.
9-Le prisonnier voit-il réellement le soleil? Comment qualifieriez-vous la manière dont il le perçoit?
Conclusion
10-Daprès vos réponses aux questions précédentes, que pouvez-vous dire de la manière dont le prisonnier vit les choses quand il est réveillé? Quel effet la description de cet état produit-elle sur le lecteur?
Correction
1-Cette phrase est construite sur un rythme ternaire, produit par la répétition de «trois jours».
2-Les spectateurs de la salle daudience sont comparés à des corbeaux.
3- «sombre et fatale» sont des adj épithètes détachées de «fatasmagorie. Ces adj auraient pu permettre de décrire des corbeaux.
4- «Fantasmagorie» pourrait introduire le champ lexical du rêve.
5-Chp lex du sommeil: «nuits, dormir, sommeil, léthargie».
6-La phrase exclamative: «-Levez-vous donc!» met un terme à ce champ lexical, en produisant un effet de brutalité.
7-Ouïe: «pas lourds et des souliers ferrés», «cliquetis», «grincement rauque», «sa rude voix».
«-Levez-vous donc!»
Toucher: «sa main rude sur mon bras»
Vue: «-Jouvris les yeux... je vis... entrevoir... ténèbres... reconnaître (le soleil)»
8-Le choix des adjectifs permet de faire ressentir louïe et le toucher comme profondément désagréables, et la vue comme très agréable.
9-Le prisonnier ne voit que des reflets du soleil: vision indirecte, artificielle.
10-Quil soit éveillé ou endormi, tout ce que le prisonnier perçoit ressemble à un cauchemar, et même le soleil quil se réjouit de reconnaître nest pas un vrai soleil. Sa vie sest mue en un véritable cauchemar, et le lecteur se sent entraîné dans cette confusion des sens, qui paraît absurde.
Séance 4 : Lévocation poétique et satirique de la sentence
On peut sappuyer, pour élaborer ce cours, sur le questionnaire précédent. Il est préférable de lire en classe le chapitre II, en commentant les passages qui nécessitent une explication.
La phrase sur laquelle souvre le chapitre : « Cétait par une belle matinée daoût » laisse augurer un récit paisible, mais dès la 3ème ligne, le lecteur comprend quil nen est rien. « Mon crime » indique demblée que le prisonnier ne nie pas sa culpabilité (dans un crime dont nous ne connaîtrons jamais la nature). Face à lui, se dresse une nuée de personnages odieux, tous les acteurs du tribunal, présentés sur un ton satirique: « une nuée de spectateurs », « cette fantasmagorie des juges, des témoins, des avocats, des procureurs du roi », « les jurés ».
Au fil du texte, la caractérisation de ces personnes, très péjorative, en dit long sur ce que le narrateur (et lauteur) pense des acteurs dune salle daudience :
La salle daudience : heure et atmosphère« au mois daoût, à huit heures du matin, un si beau jour » (l.136)LaccuséQue dire de son état desprit (le jour et la nuit) ?Relever ses sentiments successifs.
Il oscille entre la contemplation du peu déléments naturels qui soffrent à lui, et les visions fantasmagoriques du jour qui entraînent ses cauchemars nocturnes.
« un cadavre » (p.14).
Il faiblit, à son retour dans la salle daudience, et est sur le point de défaillir. « mes dents claquaient, mes mains tremblaient [
] mes jambes étaient faibles. »(p.15)
« lespérance vient rayonner en moi comme le jour autour de moi » (l.116)
Il est scandalisé par les propos de son avocat, qui pense le rassurer en lui disant que si on ne retient pas la préméditation, il ne sera condamné quaux travaux forcés à perpétuité !
« Une sueur froide sortit de tous mes membres ; je mappuyai au mur pour ne pas tomber » (l.146)
« lindignation [
] les mille émotions qui se disputaient ma pensée » (l.158) Il préfère la mort aux travaux forcés.Les spectateurs« une nuée de spectateurs », « comme des corbeaux autour dun cadavre »
« les têtes de la foule fourmiller », « le souffle de la foule » (p.15), « deux masses de peuple murées de soldats », « toutes ces faces béantes et penchées » (p.16), « par un mouvement électrique, toute lassemblée fut debout au même instant » (l.143)
La foule le poursuit et samasse autour de lui jusquà lextérieur :
« tout ce peuple se rua sur mes pas avec le fracas dun édifice qui se démolit. » (l.170), « Ces hommes, ces femmes, ces enfants se pressaient sur mon passage, je leur trouvais des airs de fantômes » (l.180), « les passants en courant vers la voiture » (l.186), « deux jeunes filles qui me suivaient avec des yeux avides. » (l.188)Les soldats« une rumeur darmes » » (l.68), « murées de soldats » (p.16), « la troupe porta les armes » (l.141)Le présidentIl « avait quelque chose de calme et de bon » (l.97)Les juges« cette fantasmagorie [
], tantôt grotesque, tantôt sanglante, toujours sombre et fatale » (=qui annonce en tous points la mort)
« le fer à cheval des juges chargé de haillons ensanglantés » (p.15)
« lair satisfait, probablement la joie davoir bientôt fini » (p.16)Les témoins« cette fantasmagorie [
], tantôt grotesque, tantôt sanglante, toujours sombre et fatale » (=qui annonce en tous points la mort)
« aux faces stupides », Les avocats« cette fantasmagorie [
], tantôt grotesque, tantôt sanglante, toujours sombre et fatale » (=qui annonce en tous points la mort)
« les robes noires sagiter »Le procureur généralIl « combattit lavocat » (l.165 »Les procureurs du roi« cette fantasmagorie [
], tantôt grotesque, tantôt sanglante, toujours sombre et fatale » (=qui annonce en tous points la mort)Le greffier« une figure insignifiante et nulle » (l.143)Les jurés« délibérant » (p.14), « le regard fixe » (p.15), « blêmes et abattus » (p.16)Les deux gendarmesIls le conduisent menotté du cachot à la salle daudience.Lavocat de laccusé« Il venait de déjeuner copieusement et de bon appétit » (l.120), « avec un sourire »
Les sens du prisonnier sont en éveil constant, tout au long du chapitre, relevez §3 à 7 (l.18-38), des expressions renvoyant à chacun deux :
louïe : « pas lourd », « souliers ferrés », « cliquetis de son nud de clefs », « grincement rauque des verrous », « sa rude voix »
le toucher : « sa rude main sur mon bras »
La vue : « jouvris les yeux », « je vis », ce reflet jaune », « des yeux habitués aux ténèbres », « le soleil ». « cette douce réverbération qui diaprait le plafond »
(Idem, lignes 57 à 118.)
Au grotesque des personnes présentes dans la salle daudience soppose constamment le sublime : « tant de gracieuses sensations » (l.114). Lesthétique hugolienne repose essentiellement sur cette opposition, ce rapprochement (= oxymore : alliance des contraires) et cette tension entre le grotesque et le sublime.
Lorsque la sentence (ou le verdict) tombe : « -Condamné à mort ! », cest de la bouche du peuple que le condamné lentend, car lémotion le submergeait tant quil na pas entendu le juge. Il observe une dernière fois la nature, mais celle-ci est dépouillée de son charme, et préfigure désormais la mort : « tout cela était blanc et pâle, de la couleur dun linceul. » (l.179). Il nest déjà plus de ce monde : « je distinguais clairement comme une clôture entre le monde et moi » (l.175), « le nuage qui me semblait sêtre interposé entre les choses et moi » (l.187)
La foule poursuit le condamné à mort et samasse autour de lui jusquà lextérieur, se réjouissant du spectacle (voir le premier mot par lequel il désigne la foule dans ce chapitre) à venir : « - Bon, dit la plus jeune en battant des mains, ce sera dans six semaines ! »
Vocabulaire :
1-Donnez une définition des mots : fantasmagorie, grotesque, satire, linceul.
2-Expliquez si cest nécessaire le rôle joué par les différentes personnes présentes dans une salle daudience.
Séance 4 : Lévocation poétique et satirique de la sentence
La phrase sur laquelle souvre le chapitre : « Cétait par une belle matinée daoût » laisse augurer un récit paisible, mais dès la 3ème ligne, le lecteur comprend quil nen est rien. « Mon crime » indique demblée que le prisonnier ne nie pas sa culpabilité (dans un crime dont nous ne connaîtrons jamais la nature). Face à lui, se dresse une nuée de personnages odieux, tous les acteurs du tribunal, présentés sur un ton satirique: « une nuée de spectateurs », « cette fantasmagorie des juges, des témoins, des avocats, des procureurs du roi », « les jurés ».
Au fil du texte, la caractérisation de ces personnes, très péjorative, en dit long sur ce que le narrateur (et lauteur) pense des acteurs dune salle daudience :
La salle daudience : heure et atmosphère« au mois daoût, à huit heures du matin, un si beau jour » (l.136)LaccuséQue dire de son état desprit (le jour et la nuit) ?
Relever ses sentiments successifs, depuis son réveil jusquau verdict final.
« une nuée de spectateurs », « comme des corbeaux autour dun cadavre »
« les têtes de la foule fourmiller », « le souffle de la foule » (p.15), « deux masses de peuple murées de soldats », « toutes ces faces béantes et penchées » (p.16), « par un mouvement électrique, toute lassemblée fut debout au même instant » (l.143)
La foule le poursuit et samasse autour de lui jusquà lextérieur :
« tout ce peuple se rua sur mes pas avec le fracas dun édifice qui se démolit. » (l.170), « Ces hommes, ces femmes, ces enfants se pressaient sur mon passage, je leur trouvais des airs de fantômes » (l.180), « les passants en courant vers la voiture » (l.186), « deux jeunes filles qui me suivaient avec des yeux avides. » (l.188)« une rumeur darmes » » (l.68), « murées de soldats » (p.16), « la troupe porta les armes » (l.141)Il « avait quelque chose de calme et de bon » (l.97)« cette fantasmagorie [
], tantôt grotesque, tantôt sanglante, toujours sombre et fatale » (=qui annonce en tous points la mort)
« le fer à cheval des juges chargé de haillons ensanglantés » (p.15)
« lair satisfait, probablement la joie davoir bientôt fini » (p.16)« cette fantasmagorie [
], tantôt grotesque, tantôt sanglante, toujours sombre et fatale » (=qui annonce en tous points la mort)
« aux faces stupides », « cette fantasmagorie [
], tantôt grotesque, tantôt sanglante, toujours sombre et fatale » (=qui annonce en tous points la mort)
« les robes noires sagiter »Il « combattit lavocat » (l.165 »« cette fantasmagorie [
], tantôt grotesque, tantôt sanglante, toujours sombre et fatale » (=qui annonce en tous points la mort)« une figure insignifiante et nulle » (l.143)« délibérant » (p.14), « le regard fixe » (p.15), « blêmes et abattus » (p.16)Ils le conduisent menotté du cachot à la salle daudience.« Il venait de déjeuner copieusement et de bon appétit » (l.120), « avec un sourire »
Les ________ du prisonnier sont en éveil constant, tout au long du chapitre, relevez §3 à 7 (l.18-38), des expressions renvoyant à chacun deux:
louïe : _____________________________________________________________
______________________________________________________________________
le toucher : _________________________________________________________
La vue : ____________________________________________________________
_____________________________________________________________________
_____________________________________________________________________
(Idem, lignes 57 à 118.)
Au ____________ des personnes présentes dans la salle daudience soppose constamment le ___________ : « tant de gracieuses sensations » (l.114). Lesthétique hugolienne repose essentiellement sur cette __________, ce rapprochement (= oxymore : alliance des contraires) et cette tension entre le grotesque et le sublime.
Lorsque la ___________ (ou le ________) tombe : « -Condamné à mort ! », cest de la bouche du peuple que le condamné lentend, car lémotion le submergeait tant quil na pas entendu le juge. Il observe une dernière fois la nature, mais celle-ci est dépouillée de son charme, et préfigure désormais __________ : « tout cela était blanc et pâle, de la couleur dun linceul. » (l.179). Il nest déjà plus de ce monde : « je distinguais clairement comme une clôture entre le monde et moi » (l.175), « le nuage qui me semblait sêtre interposé entre les choses et moi » (l.187)
La foule poursuit le condamné à mort et samasse autour de lui jusquà lextérieur, se réjouissant du __________ (voir le premier mot par lequel il désigne la foule dans ce chapitre) à venir : « - Bon, dit la plus jeune en battant des mains, ce sera dans six semaines ! »
Vocabulaire :
1-Donnez une définition des mots : fantasmagorie, grotesque, satire, linceul.
2-Expliquez si cest nécessaire le rôle joué par les différentes personnes présentes dans une salle daudience.
Séance 5: O.L. : La voix active et la voix passive
Questions sur des extraits du Dernier jour dun condamné (chapitres XIII et XIV):
« Le tout aux acclamations railleuses des prisonniers, dont la voix nétait dominée que par les rires bruyants des forçats pour qui cela se préparait
(p.42 l.89
)
« Quand ces apprêts furent terminés, un monsieur brodé en argent, quon appelait monsieur linspecteur, donna un ordre au directeur de la prison ; et un moment après, voilà que deux ou trois portes basses vomirent presque en même temps
des nuées dhommes hideux
» (p.42, l.95
)
« Ceux-là étaient plus applaudis encore. » (p.42).
« Il est heureux ! il sera rogné ! » (p.46 l.249).
« Les verrous étaient tirés en dehors. » (p.47 l.265)
« Je compris quon mavait transporté à linfirmerie. » (p.47 l.4)
1-Relevez dans le tableau toutes les phrases (ou passages) à la voix passive, puis celles à la voix active. Quelles formes sont facilement repérables comme étant à la voix passive? Pourquoi?
Voix passiveVoix active
2-La présence de lauxiliaire être est-elle suffisante pour reconnaître un passif? Illustrez votre réponse dun exemple du texte. _________________________________________________________________
3-Relevez les compléments dagent. Sont-ils toujours présents? Dans le cas contraire, pourriez-vous les retrouver? ___________________________________________________________________________
___________________________________________________________________________________
4-Transformez, dans le tableau, les phrases passives à la voix active, et vice versa. Que constatez-vous sur les manipulations? Avec quel type de verbe peut-on construire la voix passive?
____________________________________________________________________________________
____________________________________________________________________________________
5-Dautres moyens dexprimer des idées passives :
a-Quelle catégorie de verbe permet dexprimer une action passive, sans complément dagent ?
____________________________________________________________________________________
b-Quelle figure de style, employée dans le 2ème exemple, exprime une idée passive, bien que le verbe ait une construction active ? ________________________________________________________________
1-Voix active et voix passive
a) Dans la phrase active, le sujet accomplit laction, le COD la subit.
Ex a: _____________________________________________________________________________
b) Dans la phrase passive, le sujet subit laction, le Complément dagent laccomplit.
Ex b: _____________________________________________________________________________
2-La transformation à la voix passive
a) Dans la phrase passive (ex b), le sujet naccomplit pas laction, mais la subit. Le verbe est conjugué avec lauxiliaire être et le Complément dagent, introduit par la préposition par, indique qui fait laction.
b) Pour passer de la phrase active à la phrase passive:
Phrase active: sujet verbe conjugué au temps X COD
SHAPE \* MERGEFORMAT
Phrase passive: sujet être conjugué au temps X Complément dagent
+ participe passé de verbe
(-Le COD de la phrase active devient le sujet de la phrase passive.
-Le verbe est employé sous la forme dun participe passé précédé de lauxiliaire être conjugué au temps et au mode de la phrase active.
-Le sujet de la phrase active devient le Complément dAgent de la phrase passive.)
N.B.: Seul un verbe transitif direct (=qui admet un COD) peut être employé à la voix passive.
c) Le Complément dAgent, dans les phrases passives, indique qui accomplit laction. Il est introduit par les prépositions par et de.
Ex: Je suis surpris de leur réaction.
N.B.: Certaines phrases passives nont pas de C. Agent, car il est considéré comme évident ou sans importance. Elles sont équivalentes à une phrase active qui aurait pour sujet on.
Ex: Passif: ____________________________________ Actif: _________________________________
3-Le temps des verbes passifs
Lorsquon passe dune voix à lautre, il faut veiller à conjuguer les verbes au temps qui convient. Pour cela, il faut connaître léquivalence entre un temps actif et un temps passif.
Relevez dans le tableau les verbes employés, et indiquez les temps auxquels ils sont conjugués, puis donnez leur équivalent actif, ou passif :
Temps :Temps passif :Temps actif :
4-Les tours impersonnels
Définition: On appelle tour impersonnel lassociation dun verbe conjugué à la 3ème personne du singulier et dun pronom sujet il sans signification précise.
Ex: Il venait de se passer un spectacle effrayant, digne des enfers. / « Il faisait petit jour. » (p47, l.18)
Il existe deux types de tours impersonnels:
-Les verbes et locutions verbales impersonnels qui semploient uniquement avec un sujet impersonnel.
Ex: Il pleut, il neige... Il y a, il faut, il sagit de... (Verbes défectifs).
-Les formes impersonnelles sont obtenues à partir des verbes pouvant être conjugués à toutes les personnes.
Ex: Quelque chose deffrayant venait de se passer. / Il venait de se passer quelque chose deffrayant.
Contrôle de lecture sur les chapitres III à XIII
du Dernier jour dun condamné, de V. Hugo
NB : Les chapitres I et II sont lus et analysés en classe.
Ch III: Que le condamné a-t-il lu à propos de la mort (ou de la condamnation à mort) ?
Ch IV: Où le condamné est-il transféré ? Quétait cet édifice autrefois ?
Ch V: a- Combien de temps le condamné doit-il attendre avant dêtre exécuté ?
b- Expliquez la phrase : « Les égards dun guichetier sentent léchafaud ».
c- Quelle langue parlent les détenus ?
Ch VI: Quel genre douvrage le condamné sapprête-t-il à écrire ? Quel type de souffrances va-t-il y décrire ?
Ch VII: Pourquoi le condamné est-il découragé à lidée décrire pour sauver dautres hommes ?
Ch VIII : Quest-ce que le pourvoi en cassation ? Depuis combien de temps le condamné est-il à Bicêtre ? Combien de temps lui reste-t-il à vivre ?
Ch IX : De qui est constituée la famille du condamné ? Qui le préoccupe le plus ? Pourquoi ?
Ch X : Décrivez en une phrase précise le cachot du condamné. Que voit-il à travers la petite lucarne ?
Ch XI : Quy a-t-il sur les murs du cachot ? Quel dessin bouleverse le condamné ?
Ch XII : Dites, sans entrer dans les détails, qui sont Dautun, Poulain, Jean Martin et Castaing.
Ch XIII : A quel « spectacle » assiste le condamné ? En quoi consiste ce « spectacle » ? Comment se comportent les forçats ? Que crient-ils à la fin de la scène ?
Contrôle de lecture sur les chapitres III à XIII
du Dernier jour dun condamné, de V.Hugo
NB : Les chapitres I et II sont lus et analysés en classe.
Ch III: Que le condamné a-t-il lu à propos de la mort (ou de la condamnation à mort) ?
Ch IV: Où le condamné est-il transféré ? Quétait cet édifice autrefois ?
Ch V: a- Combien de temps le condamné doit-il attendre avant dêtre exécuté ?
b- Expliquez la phrase : « Les égards dun guichetier sentent léchafaud ».
c- Quelle langue parlent les détenus ?
Ch VI: Quel genre douvrage le condamné sapprête-t-il à écrire ? Quel type de souffrances va-t-il y décrire ?
Ch VII: Pourquoi le condamné est-il découragé à lidée décrire pour sauver dautres hommes ?
Ch VIII : Quest-ce que le pourvoi en cassation ? Depuis combien de temps le condamné est-il à Bicêtre ? Combien de temps lui reste-t-il à vivre ?
Ch IX : De qui est constituée la famille du condamné ? Qui le préoccupe le plus ? Pourquoi ?
Ch X : Décrivez en une phrase précise le cachot du condamné. Que voit-il à travers la petite lucarne ?
Ch XI : Quy a-t-il sur les murs du cachot ? Quel dessin bouleverse le condamné ?
Ch XII : Dites, sans entrer dans les détails, qui sont Dautun, Poulain, Jean Martin et Castaing.
Ch XIII : A quel « spectacle » assiste le condamné ? En quoi consiste ce « spectacle » ? Comment se comportent les forçats ? Que crient-ils à la fin de la scène ?
Séance 7 : Repérer la théâtralité dun récit et ses enjeux:
Chapitre XIII: le ferrement des forçats
Lecture, à haute voix, par les élèves.
Demander aux élèves de résumer ce chapitre: Le condamné raconte un spectacle auquel il a assisté: le ferrement, dans la cour de la prison, des forçats prêts à partir pour le bagne de Toulon. Toutes les étapes sont décrites: larrivée des gardiens et des chaînes, larrivée des forçats, la visite médicale, le ferrement. Les forçats sapprochent de lui, lacclament, et il sévanouir.
Amener les élèves, en les questionnant pour les aider à résumer le chapitre, à dire quil sagit dune véritable parenthèse théâtrale, assez longue (7 pages1/2), dans le récit. Sappuyer pour cela sur les mots appartenant au champ lexical du théâtre: scène, spectateur...
1-Le ferrement des forçats: véritable mise en scène
Bien que ce chapitre se présente sous la forme dun récit, comme lensemble du roman, et bien quil exclue le dialogue, il se déroule, dans son intégralité, à la manière dune pièce de théâtre. Les éléments faisant allusion à ce genre littéraire sont omniprésents, et font du chapitre XIII du Dernier jour une métaphore filée du théâtre.
Cette métaphore est construite à laide:
- du vocabulaire appartenant au champ lexical du théâtre: «spectacle» (l.21), «loge» (l.29), «spectateurs» (l.42), «acteurs» (l.43), «acclamations et dapplaudissements» (l.104), «cela nétait pas dans le programme» (l.177), «Trois actes à ce spectacle» (l.208)
-de la description du décor: les cours de la prison; les accessoires: les grilles, les bancs de pierre, les chaînes...; et les costumes: «en uniformes bleus, à épaulettes rouges et à bandoulières jaunes» (l.62-64)
-des expressions qui encadrent le début et la fin de la représentation: «Midi sonne» (=les trois coups qui annoncent le début dune pièce) ... «Trois actes à ce spectacle», qui conclue cette première partie, avant le renversement de situation où le spectateur prend conscience du fait quil sera bientôt à son tour acteur. Puis dénouement: évanouïssement.
-des personnages faisant leur apparition comme des acteurs qui entrent en scène: «Cétait la chiourme et les chaînes.» (l.65), «Cétaient les forçats.» (l.101)
2-De la comédie à la tragédie: la descente aux enfers
Tout commence dans lallégresse, comme dans une comédie, avec la joie des «spectateurs» qui se manifeste par le bruit. Ce champ lexical du bruit est dailleurs très développé:
§2: «bruit... on entendait... grincer... carillonner les trousseaux de clefs entre-choqués... des voix sappeler et se répondre... rire...chanter...»
§3: «muet...ce tumulte...jécoutais.»
§9: «vous entendrez»
§12: «tous regardaient en silence»
§15 (l.64): «avec un bruit de ferraille»
§16: «comme si ce bruit réveillait tout le bruit de la prison... silencieux... éclatèrent en cris de joie, en chansons, en menaces, en imprécations mêlées déclats de rire poignants à entendre.... toutes les voix hurlèrent»...etc.
§19: «acclamations... applaudissements»
Puis, un élément vient rompre cette gaîté des spectateur, pour mettre un terme à cette comédie burlesque, et la transformer en tragédie: cest la pluie, le déluge qui sabat soudain sur les corps nus des forçats.
Les forçats étaient déjà comparés, avant ce bouleversement, à des «démons» (l.71), derrière leurs barreaux: «On eût dit des âmes en peine aux soupiraux du purgatoire qui donnent sur lenfer.» (l.43-45). Mais avec la pluie, cette descente aux enfers se concrétise, et le ferrement des forçats, effectué par les forgerons de la chiourme (figure symbolique des enfers) qui assène des coups de marteaux prêts à leur faire «sauter le crâne» (=squelettes), au milieu de la boue, paraît encore plus odieux et tragique. (l.191 et sqq)
La fête à laquelle se livrent alors les forçats enchaînés, qui forment une ronde convulsive, en chantant et poussant des cris sinistres (observer le champ lexical du tintamarre: ) ressemble à un «sabbat». (l.210-223).
3- «La Grève est soeur de Toulon»: le spectateur mu en acteur
Pendant tout le déroulement de cette tragédie, le condamné reste en position dobservateur, à lécart, et constate que «les prisonniers, [sont] spectateurs de la cérémonie en attendant leur jour dêtre acteurs.» (l.41) Il ne songe pas alors que lui aussi jouera à son tour un rôle dacteur, le jour où on le guillotinera sur la place de Grève.
Alors quil venait déprouver «Un profond sentiment de pitié» pour les condamnés (l.235), mais aussi pour lui même, au moment où les prisonniers linterpellent: «- Le condamné! le condamné!», il prend conscience que cette euphorie tragique nétait que la répétition générale du moment où serait à son tour «rogné».
«La Grève est soeur de Toulon» signifie que le spectacle de la guillotine, acclamé par les spectateurs sur la place de Grève, à Paris, ressemble beaucoup à celui du ferrement des forçats, prêts à partir pour le bagne de Toulon. Cette prise de conscience est si violente et douloureuse, pour le condamné, qui se voit mis dans le même sac que ces démons qui le répugnaient, quil sévanouit.
Conclusion:
Le fait davoir présenté le témoignage historique du ferrement des forçats, scène la plus terrible et la plus pathétique des moeurs de Bicêtre, sous une forme théâtrale, permet de rendre plus fort cet argument supplémentaire contre la peine de mort. En effet, la représentation de la délectation odieuse de la foule pour un événement aussi tragique que celui du ferrement des forçats, qui préfigure celui de la décapitation publique du condamné, est plus vivante et plus forte. Le fait que le condamné ait été spectateur de cette scène a particulièrement bien mis en évidence latrocité de la douleur quun tel moment peut lui faire éprouver.
Séance 8: Comprendre un projet décriture
Support: Dernier jour chap. VI, VII, XLVI et XLVII
Objectifs: -comprendre un projet décriture
-repérer des arguments implicites ou explicites
Tout auteur, dans une préface, ou au coeur de son ouvrage, doit présenter un projet décriture, afin de justifier la raison pour laquelle il a choisi décrire, et afin de convaincre les lecteurs de lutilité de son acte de création.
Tout projet décriture implique que lauteur se pose quatre questions essentielles:
Ecrire quoi? Pour qui? Comment? (=sous quelle forme/ genre?) Pourquoi?
Les chapitres VI, VII, XLVI et XLVII, comme une préface, y répondent.
Demander aux élèves, après une lecture (silencieuse, ou à la maison) de ces 4 chapitres, de relever des passages dans le texte, ou de synthétiser des réponses à ces 4 questions.
1-Ecrire quoi?
Ch VI:
l.16: Description, par le condamné/narrateur, de la «tempête» qui lanime, de son «idée fixe», et l.25: de «ses angoisses», «terreurs», «tortures» des dernières heures qui précèdent son exécution.
l.31: «Ce journal de mes souffrances» (Revenir sur la def du genre ds question: Comment?) l.38-41: «Ce procès-verbal de la pensée agonisante, cette progression toujours croissante de douleurs, dans une espèce dautopsie intellectuelle dun condamné[...]»
(Faire souligner en rouge les mots appartenant au chp lex de la souffrance, et demander aux élèves de quelle nature est cette souffrance: morale ou physique?)
l.62: «ces mémoires, derniers confidents dun misérable»
Louvrage que nous lisons sera donc, daprès son narrateur (auteur fictif) un genre de journal, ou de mémoire, dans lequel il décrira la souffrance morale dun condamné à mort qui égraine ses dernières heures.
2-Ecrire pour qui?
Ch.VI
-pour soi: «[...] ces angoisses, le seul moyen den moins souffrir, cest les observer, et les peindre men distraira.» Ecrire pour lui-même permet au condamné dalléger ses souffrances et de penser à autre chose quà la mort qui le guette.
-«pour ceux qui condamnent» l.41: juges ou autres
-pour les lecteurs (cf l.55: «Ces feuilles [...]. Publiées peut-être un jour [...]») qui sont confrontés au problème de la peine de mort (ou qui sintéressent à cette question)
Ch.XLVI:
-pour sa fille Marie, la seule famille que nous lui connaissions: «Peut-être aurais-je encore le temps décrire quelques pages pour elle, afin quelle les lise un jour, et quelle pleure dans quinze ans pour aujourdhui.
Oui, il faut quelle sache par moi mon histoire, et pourquoi le nom que je lui laisse est sanglant.» (p.114)
N.B.: Lémotion est là au service de largumentation: pour convaincre avec succès: argumenter + émouvoir.
3-Pourquoi écrire?
«Pourquoi écrire? » sinterroge à plusieurs reprises le prisonnier, puisquil est condamné à mort. Qui sait sil sera lu ou publié, et si cétait le cas, à quoi bon chercher à convaincre ses lecteurs de labomination de la peine de mort, puisquil ne sera plus là et quil naura pas pu se sauver?
Le condamné cherche alors plusieurs arguments justifiant son projet décriture. Il écrit ce «journal»:
-pour argumenter contre la peine de mort, en témoignant de ses émotions
-pour remédier à sa souffrance: Ch VI, l.28-29: «- Dailleurs, ces angoisses, le seul moyen den moins souffrir, cest de les observer, et les peindre men distraira.» et pour donner un sens aux derniers instants quil lui reste à vivre.
-pour donner «un grand et profond enseignement», «plus dune leçon pour ceux qui condamnent» (l.37) en les amenant à y réfléchir à deux fois, en prenant conscience de lhumanité de tout condamné.
-pour faire évoluer les mentalités, mais aussi les lois (l.61)
-pour «être utile à dautres, que cela arrête le juge prêt à juger, que cela sauve des malheureux, innocents ou coupables, de lagonie.»
Mais sa réflexion du ch.VII, qui consiste à se demander à quoi bon écrire pour sauver les autres alors quil est lui-même perdu, fait preuve dégocentrisme. Ce sentiment égoïste est toutefois compréhensible, et constitue un argument de plus contre la peine de mort: que le condamné à mort soit sympathique ou non importe peu, ce qui compte, cest sa situation dhomme pensant et souffrant.
4-Comment écrire?
Dès linstant où lon choisit décrire, il faut opter pour le genre littéraire le plus adapté: quel genre Victor Hugo a-t-il choisi pour argumenter contre la peine de mort: essai? roman? autobiographie? journal? mémoires? (ou autre: le monologue intérieur?) Quelles seront alors les conventions décriture pour rendre le genre choisi le plus vraisemblable possible ?
Caractéristiquesautobiographiemémoiresjournal
intimeromanDernier jourrécit à la 1ère personne du singulier++++/-+Auteur = narrateur++++/--récit à la 3ème personne---+/--récit au passé++-+/--récit au présent--++/-+événement réellement vécus++++/--événements fictifs---+/-+rédaction heure/h, Jour/j--+-+langage parlé--+-+
Autre caractéristique essentielle: tout le récit est guidé par le perso. qui commente ce qui lui arrive, qui décrit, qui médite ou qui livre ses impressions sans interlocuteur. Le condamné ne sadresse quà lui même: cest un monologue intérieur. Ce genre relève du langage parlé.
Il sagirait donc dune sorte de journal romanesque, ou de long monologue intérieur, nouveau genre littéraire, qui sépanouïra à la fin du XIXème siècle.
Pour donner à ce genre de journal plus de vraisemblance, le narrateur nous explique que les geôliers lui ont fourni de quoi écrire, et lui laissent du temps pour écrire. Pour paraître plus authentique, Hugo fait dire au narrateur quil ignore sil sera lu ou publié un jour: ChVI: «[ces feuilles] Publiées peut-être un jour» , «A moins quaprès ma mort le vent ne joue dans le préau avec ces morceaux de boue [...]».
Ch XLVII, une «Note de léditeur» fictive, concernant des feuillets qui se seraient perdus, est une convention décriture de plus, pour nous laisser penser que ce roman est le véritable journal dun condamné.
Hypothèse de lecture: le prisonnier aura-t-il toujours le temps et la possibilité de poursuivre son projet décriture?
Préciser cela à la fin de la séquence:
N.B.: la seule invraisemblance qui subsiste est le côté artificiel de cette situation décriture: il est fort peu probable quun prisonnier puisse obtenir de ses geôliers la permission et le temps, jusquà la dernière seconde, de rédiger autant de pages en une journée.
Séance 8: Comprendre un projet décriture (chapitres VI, VII, XLVI et XLVII)
Tout auteur, dans une _________, ou au coeur de son ouvrage, doit présenter un _________décriture, afin de justifier la raison pour laquelle il a choisi décrire, et afin de convaincre les lecteurs de lutilité de son acte de création.
Tout projet décriture implique que lauteur se pose quatre questions essentielles:
____________________________________________________________________________________
Les chapitres VI, VII, XLVI et XLVII, comme une préface, y répondent.
1-Ecrire quoi? (Ch. VI):
l.16: Description, par le condamné/narrateur, de la «tempête» qui lanime, de son «idée fixe», et l.25: de «ses angoisses», «terreurs», «tortures» des dernières heures qui précèdent son exécution.
l.31: «Ce __________ de mes souffrances»?) l.38-41: «Ce procès-verbal de la pensée _____________, cette progression toujours croissante de ________, dans une espèce dautopsie intellectuelle dun condamné[...]». Ligne 62: «ces ________________, derniers confidents dun misérable»
Louvrage que nous lisons sera donc, daprès son narrateur (auteur fictif) un genre de journal, ou de ______________, dans lequel il décrira la souffrance ___________ dun condamné à mort qui égraine ses dernières heures.
2-Ecrire pour qui? (Ch.VI)
-pour ____: «[...] ces angoisses, le seul moyen den moins souffrir, cest les observer, et les peindre men distraira.» Ecrire pour lui-même permet au condamné dalléger ses souffrances et de penser à autre chose quà la mort qui le guette.
-«pour ceux qui ________________» l.41: juges ou autres
-pour les ____________ (cf l.55: «Ces feuilles [...]. Publiées peut-être un jour [...]») qui sont confrontés au problème de la peine de mort (ou qui sintéressent à cette question)
Ch.XLVI:
-pour __________________, la seule famille que nous lui connaissions: «Peut-être aurais-je encore le temps décrire quelques pages pour elle, afin quelle les lise un jour, et quelle pleure dans quinze ans pour aujourdhui. Oui, il faut quelle sache par moi mon histoire, et pourquoi le nom que je lui laisse est sanglant.» (p.114)
N.B.: Lémotion est là au service de l__________________: pour _____________ avec succès: argumenter + émouvoir.
3-Pourquoi écrire?
«______________________? » sinterroge à plusieurs reprises le prisonnier, puisquil est condamné à mort. Qui sait sil sera lu ou publié, et si cétait le cas, à quoi bon chercher à convaincre ses lecteurs de labomination de la peine de mort, puisquil ne sera plus là et quil naura pas pu se sauver?
Le condamné cherche alors plusieurs _______________ justifiant son projet décriture. Il écrit ce «journal»:
-pour _______________ contre la peine de mort, en témoignant de ses ___________
-pour remédier à sa ________________: Ch Vi, l.28-29: «- Dailleurs, ces angoisses, le seul moyen den moins souffrir, cest de les observer, et les peindre men distraira.» et pour donner un sens aux derniers instants quil lui reste à vivre.
-pour donner «un grand et profond enseignement», «plus dune leçon pour ceux qui condamnent» (l.37) en les amenant à y ___________ à deux fois, en prenant conscience de l________________de tout condamné.
-pour faire évoluer les _________________, mais aussi les ______ (l.61)
-pour «être _________ à dautres, que cela arrête le juge prêt à juger, que cela sauve des malheureux, innocents ou coupables, de lagonie.»
Mais sa réflexion du ch.VII, qui consiste à se demander à quoi bon écrire pour sauver les autres alors quil est lui-même perdu, fait preuve d___________________. Ce sentiment égoïste est toutefois compréhensible, et constitue un argument de plus contre la peine de mort: que le condamné à mort soit sympathique ou non importe peu, ce qui compte, cest sa situation dhomme __________ et __________.
4-Comment écrire?
Dès linstant où lon choisit décrire, il faut opter pour le _______ littéraire le plus adapté: quel genre Victor Hugo a-t-il choisi pour argumenter contre la peine de mort: essai? roman? autobiographie? journal? mémoires? (ou autre: le monologue intérieur?) Quelles seront alors les conventions décriture pour rendre le genre choisi le plus vraisemblable possible ?
Caractéristiquesautobiographiemémoiresjournal
intimeromanDernier jourrécit à la 1ère personne du singulierAuteur = narrateurrécit à la 3ème personnerécit au passérécit au présentévénement réellement vécusévénements fictifsrédaction heure/h, Jour/jlangage parlé
Autre caractéristique essentielle: tout le récit est guidé par le perso. qui commente ce qui lui arrive, qui décrit, qui médite ou qui livre ses impressions sans interlocuteur. Le condamné ne sadresse quà lui même: cest un _____________ intérieur. Ce genre relève du langage ________.
Il sagirait donc dune sorte de journal romanesque, ou de long monologue intérieur, nouveau genre littéraire, qui sépanouira à la fin du XIXème siècle.
Pour donner à ce genre de journal plus de __________________, le narrateur nous explique que les geôliers lui ont fourni de quoi écrire, et lui laissent du temps pour écrire. Pour paraître plus authentique, Hugo fait dire au narrateur quil ignore sil sera ___ ou __________ un jour: ChVI: «[ces feuilles] Publiées peut-être un jour» , «A moins quaprès ma mort le vent ne joue dans le préau avec ces morceaux de boue [...]».
Ch XLVII, une «Note de léditeur» _______, concernant des feuillets qui se seraient ______, est une _________________ décriture de plus, pour nous laisser penser que ce roman est le véritable journal dun condamné.
Hypothèse de lecture: le prisonnier aura-t-il toujours _____________________________ de poursuivre son projet décriture?
N.B.: la seule _______________ qui subsiste est le côté _____________ de cette situation décriture: il est fort peu probable quun prisonnier puisse obtenir de ses geôliers la permission et le temps, jusquà la dernière seconde, de rédiger autant de pages en une journée.
Séance 9: O.L. Découvrir une autre langue: largot
Support: chapitres V et XVI Les élèves auront lu les chap IV à XVII pour cette date.
Lisez dabord dans leur intégralité les chapitres V et XVI du Dernier jour, puis répondez aux questions qui suivent. (les trois premières questions ne portent que sur les extraits encadrés).
«Ils [les détenus] mapprennent à parler argot, à rouscailler bigorne, comme ils disent. Cest toute une langue entée sur la langue générale comme une espèce d excroissance hideuse, comme une verrue. Quelquefois une énergie singulière, un pittoresque effrayant [...]. Quelquefois de lesprit de vaudeville [...]; et puis partout des mots bizarres, mystérieux, laids et sordides, venus on ne sait doù [...]. On dirait des crapauds et des araignées. Quand on entend parler cette langue, cela fait leffet de quelque chose de sale et de poudreux, dune liasse de haillons que lon secouerait devant vous.» (Ch.V, §3)
«[...] Le patois de la caverne et du bagne, cette langue ensanglantée et grotesque, ce hideux argot [...] tous ces mots difformes et mal faits [...].» (Ch.XVI, après chanson, §2)
1-Soulignez (en bleu), puis relevez les noms servant à décrire largot. A quoi renvoie chacun de ces mots?
Les noms servant à décrire largot renvoient à la maladie ou à la difformité (excroissance, verrue), au goût du peuple (pittoresque, esprit de vaudeville), à la bestialité (crapauds et araignées), à la misère (liasse de haillons)
2-Soulignez (en vert), puis relevez les adjectifs servant à caractériser largot, en les regroupant par champs lexicaux de: la laideur effrayante, la saleté, létrangeté, cruauté).
Les adj quemploie Hugo pour décrire largot renvoient à différents thèmes:
- laideur effrayante: hideuse, effrayante, laids, grotesque, hideux, difformes, mal faits
- saleté: sordides, sales, poudreux
- étrangeté: singulière, bizarres, mystérieux
- cruauté: ensanglantée
3-Victor Hugo parvient-il à décrire cette langue avec facilité et avec précision? Relevez (en rouge) les mots, expressions ou images vous permettant de justifier votre réponse.
La langue quHugo essaie de décrire paraît insaisissable, cest pourquoi il tente de la décrire par le biais de comparaisons («comme...») ou de périphrases («une espèce de..., on dirait..., cela fait leffet de...») qui soulignent la difficulté à la définir avec précision.
4-Victor Hugo explique lexpression «épouser la veuve». Expliquez à votre tour, à votre manière, les mots ou expressions argotiques suivants: «du raisiné sur le trimar», «la tronche», «la menteuse», «la placarde».
5-Que signifie lexpression: «lui faire danser la danse où il ny a pas de plancher». Est-ce selon vous de largot, une périphrase, une métaphore ou une comparaison? Justifiez votre réponse.
6-Où parle-t-on généralement argot, daprès Hugo? Pourquoi choisit-il de faire chanter la jeune fille dans cette langue, au chapitre XVI?
7-Savez-vous comment on appelle la figure de style qui consiste à mettre en relation deux idées contraires comme: «On eût dit la bave dune limace sur une rose.»? Cherchez-en deux autres exemples dans les deux derniers paragraphes du chapitre XVI.
Antithèse: «tous ces mots difformes et mal faits, chantés, cadencés, perlés», «Vous y trouvez un oiseau, il y a de la boue sur son aile; vous y cueillez une jolie fleur, vous la respirez: elle pue.»
8-Conclusion: Dans quel but Hugo introduit-il des mots dargot dans son récit? Que cherche-t-il à démontrer, en décrivant cette langue, et en la faisant chanter à un jeune fille angélique?
Largot, décrit comme une langue effrayante et repoussante, est un moyen de plus dargumenter contre lemprisonnement. Cette langue, qui est celle des détenus, des bagnards et des misérables, est aux antipodes du français recherché dans lequel sexprime le condamné à mort. En soulignant cette différence de culture, tout en nous donnant un petit cours dhistoire de la langue, Hugo veut émouvoir le lecteur en lui prouvant que le condamné na pas sa place dans cet enfer quest le monde carcéral. La prison salit tout, et dégrade tout, jusquà la voix qui paraissait intouchable dune jeune fille angélique.
SAVOIR EN PLUS:
Dans le Dernier jour, V. Hugo est sans doute le premier à avoir intégré largot des forçats dans la fiction. Il sinspire pour cela des Mémoires de Vidocq, un ancien voleur devenu chef de la police. Hugo est à la fois horrifié et séduit par ce jargon imagé et précis, qui est chargé de la souffrance de toute une communauté. (Héritage de Villon, avec largot des Coquillards (malfaiteurs) et de Rabelais.)
Contrôle de lecture sur les chapitres XIV à XLII
du Dernier jour dun condamné, de V. Hugo
Ch XIV: Doù le condamné entend-il le départ des forçats?
Ch XV: Le condamné pense-t-il et souhaite-t-il obtenir une grâce?
Ch XVI: Qui chante la chanson dargot? Quel effet cela produit-il sur le condamné?
Ch XVII: Lorsque le condamné imagine son évasion, où se rend-il en esprit?
Ch XIX: Quand le directeur de la prison appelle le condamné «Monsieur», que ce dernier comprend-il? A quoi dautre comprend-il cela?
Ch XXI: Qui demande au condamné: «-Mon fils (...) êtes-vous préparé?»? Comment comprenez-vous sa réponse: «-Je ne suis pas préparé, mais je suis prêt.»?
Ch XXII: Doù à où le condamné est-il transféré? Au passage de sa voiture, comment réagissent les passants? Que sont daprès vous les «feuilles imprimées» quils se disputent?
Ch XXIII: Dans sa nouvelle cellule de la Conciergerie, que le «friauche» raconte-t-il au condamné? Quéchangent-ils et pourquoi? Où le friauche est-il emmené ensuite?
Ch XXVI: Quand il évoque sa fille, que le condamné reproche-t-il aux jurés?
Ch XXVII-XXVIII: A quoi le condamné fait-il allusion lorsquil écrit: «Limage que jy attache, à ce mot hideux, est vague, indéterminée, et dautant plus sinistre. Chaque syllabe est comme une pièce de la machine. Jen construis et jen démolis sans cesse dans mon esprit la monstrueuse charpente.»? Dans quelle circonstances en avait-il déjà vu, et quel effet ce souvenir produit-il sur lui?
Ch XXX: Comment se termine lentretien avec le prêtre? Comment le condamné aurait-il aimé que ce personnage se comporte avec lui?
Ch XXXII: Lorsquil comprend que le nouveau gendarme qui le garde est bête et crédule, quel marché le condamné lui propose-t-il? Dans quel but? Obtient-il ce quil voulait?
Ch XXXIII: Qui est la Pepita dont le condamné se souvient?
Ch XXXIV: Expliquez les paroles suivantes: «Javais plus de remords avant ma condamnation; depuis, il me semble quil ny ait plus de place que pour des pensées de mort. Pourtant, je voudrais bien me repentir beaucoup.» ?
Ch XXXVII: Quelles sont les caractéristiques de lHôtel de Ville décrit par le condamné? Pourquoi est-il présenté ainsi?
Ch XXXVIII: Que traduisent les douleurs physiques du condamné? Quand en sera-t-il soulagé?
Ch XL: De qui le condamné parle-t-il en ces termes: «Il y a bien dans cette même ville, à cette même heure, et pas loin dici, dans un autre palais, un homme qui a aussi des gardes à ses portes, un homme unique comme toi dans le peuple, avec cette différence quil est aussi haut que tu es bas. (...) il suffirait quil écrivît avec cette plume les sept lettres de son nom au bas dun morceau de papier (...)»? Que cet homme pourrait-il pour lui.
Ch XLI: a) Dans quel lieu le condamné pense-t-il quil se retrouvera après sa mort, lorsquil parle de «gouffre hideux» où sécoulent «des mares et des ruisseaux dun liquide inconnu et tiède»?
b) A quel genre de spectacle pense-t-il pouvoir assister après se mort, sur la place de Grève? c) Quelle question fondamentale en vient il à se poser, au sujet de la mort?
Ch XLII: Que le condamné rêve-t-il? Que symbolise la vieille femme? Qui appelle-t-il en se réveillant?
Séance 10 : Le Dernier jour dun condamné, V. Hugo
Organisation spatio-temporelle du récit
Situation dans le temps par rapport au jour J de lexécutionChapitresNombre de
pagesEvénements rapportésLieux où se trouve le condamnéXXXVIXXXIIIIIIVVI et IVVI et VIIXIII et XIVXVIXVIII, XIX et XXXXIXXIIXXIIIXXVXXVIXXVIIIXXXXXXIXXXIIXXXIVXXXVIIIXLIIXLIIIXLVIIIXLIX
Séance 10 : Le Dernier jour dun condamné, V. Hugo
Organisation spatio-temporelle du récit
Situation dans le temps par rapport au jour J de lexécutionChapitresNombre de
pagesEvénements rapportésLieux où se trouve le condamnéEnfanceXXXVI1/2Le condamné se souvient du bourdon de N.DameCellule à la ConciergerieEnfance/AdolescenceXXXIII2Souvenirs denfance, premier amour avec PepaCellule à la ConciergerieJ - 6 semainesII5 1/2Souvenir du jour du verdict.BicêtreJ - 6 semainesIV1/2Transfert vers BicêtreVoitureDe J - 6 sem à J - 1 semV1 1/2Evénements qui rythment la vie à Bicêtre.Cellule de BicêtreJ - 7 joursI et IV2Pensée obsessionnelle de sa mort. BicêtreJ - 7 joursVI et VII2 1/2Projet décriture.BicêtreJ - 2 joursXIII et XIV10Ferrement des forçats, et nuit à linfirmerie.BicêtreJ - 1 jourXVI3 1/2La chanson dargot, entendue depuis linfirmerie.BicêtreJ à 6 heuresXVIII, XIX et XX1 1/2«Cest pour aujourdhui!». Visite du directeur.BicêtreJ à 6 heures 15XXI2Visite du prêtre et de lhuissier.BicêtreJ à 7 heures 30XXII7Départ pour la Conciergerie.VoitureJ vers 8 heures 30XXIII6Rencontre avec le friauche, échange de la redingote.Un petit cabinet à la ConciergerieJ vers 9 heures 30XXV1/3Transfert dans une cellule.Cellule à la ConciergerieJ à 10 heuresXXVI1 1/2Adresse à sa fille Marie.Cellule à la ConciergerieJ à 11 heuresXXVIII1 1/2Retour en arrière sur un souvenir de guillotine.Cellule à la ConciergerieJ vers midiXXX3 1/3Retour du prêtre.Cellule à la ConciergerieJXXXI1Visite de larchitecte de la prison.Cellule à la ConciergerieJXXXII2 1/3Le gendarme et la loterie.Cellule à la ConciergerieJ à 13 heuresXXXIV1Réflexions diverses.Cellule à la ConciergerieJ à 13 heures 15XXXVIII1/2Douleurs liées à langoisse de la mort.Cellule à la ConciergerieJ (sieste)XLII2 1/2Rêve de la vieille femme: symbole de mort.Cellule à la ConciergerieJ vers 14 heuresXLIII2 1/2Visite de Marie, la fille du condamné.Cellule à la ConciergerieJ à 15 heuresXLVIII6 1/2Toilette du condamné et transfert au milieu de la fouleTransfert dans une chambre de lHDVJ vers 16 heuresXLIX2/3Demande de grâce et silence.Chambre de lHôtel de Ville.
Séance 10 : Organisation spatio-temporelle du récit
Support : le tableau rempli au fil de la lecture de luvre.
Distinguer : temps de lécriture (du récit) et temps des événements racontés.
Nombre de pages total : 84 ; nombre de chapitres : 49, soient en moyenne 2 petites pages par chapitre. Les écarts seront à analyser à la lueur de leur contenu.
Repérer les chapitres les plus longs, et essayer de justifier leur longueur, en fonction de ce quils relatent :
Ch II : jour du verdict : 5 ½ p.
Ch XIII et XIV : ferrement des forçats : 10 p.
Ch XXII : départ pour la Conciergerie : 7 p.
Ch XXIII : rencontre avec le forçat condamné à mort. Omniprésence de la mort. Récit en argot qui fait horreur au narrateur. Echange de la redingote = passation : le forçat sera bientôt exécuté à son tour : 6 p.
Ch XLVIII : toilette du condamné et transfert au milieu de la foule : 6 ½ p. = avant-dernier chapitre.
Problème de la vraisemblance : Comment aurait-on pu laisser tant de temps au condamné pour rédiger ses dernières pensées, à quelques minutes de son exécution ?
Dans combien de lieux le condamné séjourne-t-il ? Quels sont ces lieux ? 3 lieux = 3 décors :
cellule de Bicêtre,
cellule au Palais de Justice (Conciergerie)
chambre de lHôtel de Ville (Grève)
Combien de pages sont consacrées à chacun de ces lieux ? Quel effet cette répartition de lécriture produit-elle ? Trois moments différents = 3 actes :
Bicêtre : 29 p.
Palais de Justice : 31 p.
Hôtel de Ville : 7 p. (= 4 fois+) : le fait que cette partie soit quatre fois plus courte que les autres accroît la tension dramatique, créant une brusque accélération à limage du couperet prêt à tomber.
Chacun de ces actes sachève sur un événement pathétique. Sauriez-vous dire lesquels ?
Fin de lépisode à Bicêtre : annonce par un prêtre et un huissier que la mort aura lieu le jour même.
Fin de lépisode au Palais de Justice : visite de la petite Marie, qui ne reconnaît pas son père, et qui lui fait comprendre quil est déjà mort pour les siens.
Fin du roman : arrivée du bourreau, et exécution.
Chaque transfert en voiture : espace interdit, monde où le condamné ne peut pas retourner.
Le rythme de lécriture et ses effets :
44 pages pour la nuit jusquà 7 h 30 (début chapitre XXII) = 8 à 10 heures, soient 4 à 5 pages par heure.
36 pages de 7h30 à 13h15 (début du chapitre XXXVIII) = 5 heures 45, soient 6 pages par heure.
21 pages de 13h15 à 16h (fin) = 2 heures 45, soient 8 pages par heure.
Conclusion :
Plus on sapproche de la fin, plus le temps compte, et plus lécriture tente de lui donner de lépaisseur, en produisant un effet de ritardando (comme en musique) : nouvelle dimension poétique de ce roman dHugo.
Le temps, qui joue un rôle capital dans ce roman, en accroît la tension dramatique, au service de largumentation.
Séance 11 : Le récit de la dernière heure et la conclusion sur luvre
Lecture commentée des chapitres XLVIII et XLIX
Questions :
Pourquoi le récit du crime du condamné nest-il pas inclus dans le roman ? Le crime du condamné na aucune importance, car V. Hugo veut abolir la peine de mort en général. Il ne veut pas lancer un faux débat sur le sort à réserver à « son » condamné. Le condamné est coupable, il lavoue (il reconnaît avoir versé du sang), mais son crime importe peu.
Connaît-on enfin lidentité du narrateur ? Nous ne saurons jamais vraiment qui est le narrateur, car V. Hugo entend donner à son récit une portée symbolique, universelle : le héros anonyme incarne le sort de tout prisonnier condamné à mort.
Comment apparaît la foule à travers la description du condamné ? Quel effet cette description produit-elle ? La foule est hurlante comme une bête : « la foule hurlait haut au-dehors », « une clameur furieuse », « les mille têtes hurlantes »
Le peuple est joyeux à lidée du spectacle qui se prépare : l.143 : « spectateurs heureux de leurs belles places ». Ce tableau odieux qui torture le condamné au point de le faire défaillr est culpabilisant. Cette description de la foule en liesse, dans un moment tragique, dont lintensité dramatique est préparée depuis la première ligne, confère dautant plus de poids à largumentation, tant elle contraste avec ce que ressent le condamné. Le lecteur ne peut pas sidentifier à cette foule assoiffée de sang.
Comment sachève le roman ? Le condamné na pas obtenu sa grâce. Ses derniers mots, en lettres capitales, sont explicites : « QUATRE HEURES ». Il sagit de lheure prévue pour lexécution. Elle sonne avec des accents tragiques et laisse le lecteur à ses pensées. A lui de prendre parti pour ou contre la peine de mort. Cest le rôle de toute uvre engagée, de pousser le lecteur à réfléchir, et à réagir.
Séance 12 : Improvisations théâtrales sur le thème de la tête,
dans Le Dernier jour dun condamné, de Victor Hugo
Exercice inspiré de pratiques proposées dans louvrage remarquable : Coups de théâtre en classe entière, de Chantal DULIBINE et Bernard GROSJEAN, ed. CRDP de Créteil.
Fixer les règles du jeu.
Délimiter lespace scénique.
Le secret.
Constituer 3 à 4 groupes, par tirage au sort.
1- Cercle de profération :Chaque élève doit trouver un synonyme de tête, et loffrir aux autres de manière expressive, en accompagnant son mot dun geste, que les autres reprennent en chur. (caboche, tronche, gueule, boule, trogne, face, citrouille, mine, chef, caillou, trombine, figure, bouille, binette, fiole, crâne
) Si les élèves manquent dinspiration, embrayer sur des mots en rapport avec la tête.
2- Vivre la phrase : Distribution dune phrase par élève, extraite de Claude Gueux, et comportant le mot « tête »
Dire la phrase en la chuchotant
Dire la phrase en insistant sur les consonnes
Passer sa phrase au voisin
Dire la phrase sur un ton amusé, puis en colère, puis avec gravité
Dire la phrase en marquant une pause artificielle avant le mot tête.
Dire sa phrase à la criée
3- Théâtralisation de la phrase (Changement de phrase)
Choisir un objet, se costumer autant que possible, essayer de mémoriser sa phrase.
Musique.
Se cacher par groupes de 6 derrière une longue table drapée, et apparaître progressivement, en musique, avec une feuille (de journal, que lon froisse, que lon déchire, que lon triture). Dire sa phrase en fixant le secret
4-Produire une scène qui sachèvera en tableau vivant, par groupes de 3 ou 4, pour illustrer les expressions :
Musique dambiance
Répertoire de 27 phrases sur la tête extraites du Dernier jour dun condamné
1-La tête dun voleur a deux noms : la sorbonne, quand elle médite, raisonne et conseille le crime ; la tronche, quand le bourreau la coupe. (ch V)
2-Quand ma tête aura été coupée, quest-ce que cela me fait quon en coupe dautres ? (ch VII)
3-Ô Dieu ! lhorrible idée à se briser la tête au mur de son cachot ! (Ch VII)
4-Jaimerais [
] rendre le sens [
] à ces mots tronqués, corps sans tête comme ceux qui les ont écrits. (Ch XI)
5-Je suis revenu masseoir précipitamment sur ma paille, la tête dans les genoux. (Ch XII)
6-Il est heureux ! Il sera rogné ! Adieu, camarade ! (Ch XIII)
7-Je crus voir leurs têtes hideuses paraître déjà au bord de ma fenêtre, je poussai un [
] cri dangoisse, et je tombai évanoui. (Ch XIII)
8-On entendait bruire leurs fers, et, à chaque secousse de la voiture, on voyait sauter leurs têtes et ballotter leurs jambes pendantes. (Ch XIV)
9-Le moindre mouvement davant en arrière lui ferait sauter le crâne comme une coquille de noix. (Ch XIII)
10-Jétais là, ma tête pesante et embrassée dans mes deux mains, qui en avaient plus quelles nen pouvaient porter
(Ch XVI)
11-Je levai la tête comme en sursaut, jécoutai avidement la chanson quelle chantait. (Ch XVI)
12- [Le prêtre] sest assis en face de moi avec un sourire bienveillant, puis a secoué la tête et levé les yeux au ciel. (XXI)
13-Le taule jouera au panier avec ma sorbonne dans six semaines, comme il va faire avec ta tronche dans six heures. (Ch XXIII)
14-Pauvre petite ! ton père qui taimait tant, ton père qui baisait ton petit cou blanc et parfumé, qui passait la main sans cesse dans les boucles de tes cheveux comme sur de la soie, qui prenait ton joli visage rond dans sa main [
] (Ch XXVI)
15-Ah ! mes cheveux blanchiront avant que ma tête ne tombe ! (Ch XXVII)
16-Je mis la tête à la portière. Une populace encombrait la Grève et le quai, et des femmes, des hommes, des enfants étaient debout sur le parapet. (Ch XXVIII)
17-Un condamné devait être exécuté le jour même, et lon bâtissait la machine. Je détournai la tête avant davoir vu. (Ch XXVIII)
18-Ah ! cette fois, malheureux, je ne détournerai pas la tête. (Ch XXVIII)
19-Nos têtes se touchaient, nos cheveux se mêlaient, nos haleines peu à peu se rapprochèrent, et nos bouches tout à coup. (XXXIII)
20-Voici ce que jéprouve maintenant : Une violente douleur de tête. [
] Encore deux heures et quarante-cinq minutes, et je serai guéri. (XXXVIII)
21-Et puis, on ne souffre pas, en sont-ils sûrs ? Qui le leur a dit ? Conte-t-on que jamais une tête coupée se soit dressée sanglante au bord du panier, et quelle ait crié au peuple : Cela ne fait pas de mal ! (XXIX)
22-Monsieur ! Il y a bientôt un an quelle ne ma vu, la pauvre enfant. Elle ma oublié, visage, parole, accent [
] (XLIII)
23-Cette lugubre place de Grève, qui pourrait être pavée des têtes quelle a vu tomber. (XLIV)
24-Quand jai vu au-dessus des têtes ces deux bras rouges avec leur triangle noir au bout, dressés entre les deux lanternes du quai, le cur ma failli. (XLVIII)
25-
Au saisissement de lacier qui touchait mon cou, mes coudes ont tressailli, et jai laissé échapper un rugissement étouffé. (XLVIII)
26- -Chapeaux bas ! criaient mille bouches ensemble. [
] Eux les chapeaux, moi la tête. (XLVIII)
27-Des marchands de sang humain criaient à tue-tête : -Qui veut des places ? (XLVIII)
Répertoire de phrases de Claude Gueux sur la tête
1-Cétait une belle tête. On va voir ce que la société en a fait.
2-Lil dun homme est une fenêtre par laquelle on voit les pensées qui vont et viennent dans sa tête.
3-Il dit les choses comme elles étaient, simplement, sérieusement, sans changer ni amoindrir, convint de tout, regarda larticle 296 en face, et posa sa tête dessous.
4-Cest bien, je suis un monstre, jai tué cet homme, je nai pas été provoqué, vous me coupez la tête.
5-Le huitième coup nétait pas encore sonné que cette noble et intelligente tête était tombée.
6-Nous avons cru devoir raconter en détail lhistoire de Claude Gueux, parce que, selon nous, tous les paragraphes de cette histoire pourraient servir de têtes de chapitre au livre où serait résolu le grand problème du peuple du dix-neuvième siècle.
7-Messieurs, il se coupe trop de têtes par an en France.
8-Or, de ces pauvres têtes mal conformées, le premier tort est à la nature, le second à léducation.
9-Développez de votre mieux ces malheureuses têtes afin que lintelligence qui est dedans puisse grandir.
10-La tête de lhomme du peuple, voilà la question. Employez pour la faire mûrir et venir à bien ce quil y a de plus lumineux et mieux tempéré dans la vertu.
11-Cette tête de lhomme du peuple, cultivez-la, défrichez-la, arrosez-la, fécondez-la, éclairez-la, moralisez-la, utilisez-la ; vous naurez pas besoin de la couper.
12-Tout condamné à mort aura la tête tranchée.
Répertoire dexpressions sur la tête
(à utiliser comme titres dimprovisations ou de tableaux, ou à glisser dans de petites formes)
1-Tête à claque
2-Je nai vraiment pas la tête à ça.
3-Tu en fais, une tête !
4-Avoir la tête sur les épaules
5-De la tête aux pieds
6-La tête lourde
7-La tête qui tourne
8-La tête basse
9-Partir la tête haute
10-Tête à tête
11-Faire une tête au carré
12-Faire tourner la tête
13-En avoir par-dessus la tête
14-Tenir tête à quelquun
15-Chercher des poux dans la tête de quelquun
16-En donner sa tête à couper
17-Faire dresser les cheveux sur la tête
18-Se jeter tête baissée
19-Sur la tête de ma mère
20-A la tête du client
21-Se payer la tête de quelquun
22-Tête de Turc
23-Faire la tête
24-Coup de tête
25-Tête en lair
26-Tête de cochon
27-Tête de c
28-Forte tête
29-Perdre la tête
30-Se taper la tête contre les murs
Séance 15: Recherches (B2I) / Exposés
Prévoir un questionnaire, à laide des p.6 et 7 du livret du professeur de Claude Gueux + des dossiers situés dans les ouvrages sur la peine de mort, ou les dictionnaires de littérature)
- Victor Hugo et son engagement contre la peine de mort (son action politique, ses oeuvres engagées, et résumé du Dernier jour dun condamné)
- La peine de mort hier et aujourdhui, en France et dans le monde. (son histoire, les procédés dexécution, du Moyen-Âge à nos jours, son abolition en France quand, et grâce à qui, les pays qui la pratiquent encore, les organismes qui luttent contre elle).
-Les conditions de vie des ouvriers au XIXe siècle (voir les manuels dHistoire, encyclopédies sur les ouvriers, un résumé de Germinal)
Evaluation finale de type Brevet
Sujet sur le Dernier jour dun condamné, p.98-99 du Manuel Français livre unique 3ème, Hatier
Ou : Sujet de Brevet : Grèce 2000.
Ou Sujet proposé sur le site : HYPERLINK "http://didactik.free.fr/Claude%20Gueux%20s%E9quence.htm" http://didactik.free.fr/Claude%20Gueux%20s%E9quence.htm
Ecriture:
Vous êtes scénariste et vous avez écrit, daprès la nouvelle de Victor Hugo, le scénario dun film. Vous adressez une lettre à un réalisateur pour lui présenter votre projet. Vous vous attachez, dans cette lettre, à le convaincre de réaliser ce film en mettant en évidence les qualités cinématographiques de ce lhistoire, et la nécessité de produire un film sur la peine de mort.
Ou : voir page suivante : questions sur la préface du Dernier jour, sur un extrait de Claude Gueux, et sur la Nuit du Renard.
Evaluation finale de létude du Dernier jour dun condamné,
de Victor Hugo
I-Le projet décriture du Dernier jour
1°) Lisez attentivement ces extraits de la Préface de 1832 du Dernier jour:
ll
«[Lauteur] déclare donc, ou plutôt il avoue hautement que Le Dernier jour dun condamné nest autre chose quun plaidoyer, direct ou indirect, comme on voudra, pour labolition de la peine de mort. Ce quil a eu dessein de faire, ce quil voudrait que la postérité vît dans son oeuvre, si jamais elle soccupe de si peu, ce nest pas la défense spéciale, et toujours facile, et toujours transitoire, de tel ou tel criminel choisi, de tel ou tel accusé délection; cest de la plaidoirie générale et permanente pour tous les accusés présents et à venir [...].»
«Il le déclare donc, et il le répète, il occupe, au nom de tous les accusés possibles, innocents ou coupables, devant toutes les cours, toutes les cours, tous les prétoires, tous les jurys, toutes les justices. Ce livre est adressé à quiconque juge.»
[A propos dUlbach, un bourreau qui a rédigé un livre dans lequel il exprime ses remords, Hugo écrit ensuite:] «Toutefois, cela ne suffit pas. Se laver les mains est bien, empêcher le sang de couler serait mieux.»
2°) Reformulez le ou les principaux arguments développés dans chacun de ces extraits, puis dites pour chacun de ces arguments comment le roman vous paraît avoir répondu à chacun de ces projets.
3°) Dans lextrait b., pourquoi Hugo répète-t-il ladjectif indéfini «tout»? Quel effet cherche-t-il à produire à travers cette répétition? Quelle justice désigne-t-il?
4°) Quel genre de littérature ou quel genre daction lextrait c. invite-t-il à produire ou à mener?
5°) Quel projet décriture Victor Hugo formulait-il à lintérieur de son roman? (Ch VI, VII et XLVI). Vous répondrez avec précision aux 4 questions que se pose tout auteur dans son projet décriture.
II-Largumentation contre la peine de mort:
1°) Quels sont, daprès vous, les arguments les plus forts développés contre la peine de mort, dans le Dernier jour?
2°) Quels passages vous ont le plus marqué, et pourquoi? Formulez des réponses précises illustrées dexemples.
III-Extrait de Claude Gueux, de Victor Hugo, 1834.
1°) Lisez attentivement cet extrait de la fin de Claude Gueux, court récit inspiré dun fait divers réel, et suivi dun plaidoyer universel contre la peine de mort, adressé par Victor Hugo à tous les députés de France, en 500 exemplaires, le 25 août 1834:
«Messieurs, il se coupe trop de têtes par an en France. Puisque vous êtes en train de faire des économies, faites-en là-dessus. Puisque vous êtes en verve de suppressions, supprimez le bourreau. Avec la solde de vos quatre-vingt bourreaux, vous paierez six cents maîtres décole.
«Songez au gros du peuple. Des écoles pour les enfants, des ateliers pour les hommes.Savez-vous que la France est un des pays de lEurope où il y a le moins de natifs qui sachent lire? [...] Cest une honte.
«Allez dans les bagnes. Appelez autour de vous toute la chiourme. Examinez un à un tous ces damnés de la loi humaine. Calculez linclinaison de tous ces profils, tâtez tous ces crânes. Chacun de ces hommes tombés a au-dessous de lui son type bestial; [...]. Or, de ces pauvres têtes mal conformées, le premier tort est à la nature sans doute, le second à léducation. La nature a mal ébauché, léducation a mal retouché lébauche. Tournez vos soins de ce côté. Une bonne éducation au peuple. Développez de votre mieux ces malheureuses têtes afin que lintelligence qui est dedans puisse grandir. Les nations ont le crâne bien ou mal fait suivant leurs institutions. Rome et la Grèce avaient le front haut. Ouvrez le plus que vous pourrez langle facial du peuple.
«Quand la France saura lire, ne laissez pas sans direction cette intelligence que vous aurez développée. Ce serait un autre désordre. Lignorance vaut encore mieux que la mauvaise science. Non. Souvenez-vous quil y a un livre plus philosophique que le Compère Mathieu, plus populaire que le Constitutionnel, plus éternel que la charte de 1830. Cest lécriture sainte. Et ici un mot dexplication. Quoi que vous fassiez, le sort de la grande foule, de la multitude, de la majorité sera toujours relativement pauvre, et malheureux et triste. A elle le dur travail, les fardeaux à pousser, les fardeaux à traîner, les fardeaux à porter. Examinez cette balance: toutes les jouissances dans le plateau du riche, toutes les misères dans le plateau du pauvre. Les deux parts ne sont-elles pas inégales? La balance ne doit-elle pas nécessairement pencher, et lEtat avec elle? Et maintenant dans le lot du pauvre, dans le plateau des misères, jetez la certitude dun avenir céleste, jetez laspiration au bonheur éternel, jetez le paradis, contrepoids magnifique! Vous rétablissez léquilibre. La part du pauvre est aussi riche que la part du riche. Cest ce que savait Jésus, qui en savait plus long que Voltaire.
«Donnez au peuple qui travaille et qui souffre, donnez au peuple, pour qui ce monde-ci est mauvais, la croyance à un meilleur monde fait pour lui. Il sera tranquille, il sera patient. La patience est faite despérance.
«Donc ensemencez les villages dEvangiles. Une Bible par cabane. Que chaque livre et chaque champ produisent à eux deux un travailleur moral.
«La tête de lhomme du peuple, voilà la question. Cette tête est pleine de germes utiles. Employez pour la faire mûrir et venir à bien ce quil y a de plus lumineux et de mieux tempéré dans la vertu. Tel a assassiné sur les grandes routes qui, mieux dirigé, eût été le plus excellent serviteur de la cité. Cette tête de lhomme du peuple, cultivez-la, défrichez-la, arrosez-la, fécondez-la éclairez-la, moralisez-la, utilisez-la; vous naurez pas besoin de la couper.»
2°) Résumez, en vos propres termes, la thèse essentielle développée ici par V. Hugo.
3°) Que pensez-vous de cette thèse?
4°) Expliquez la dernière phrase de ce texte (et du livre): donnez son sens, précisez sur quels procédés décriture elle repose, et dites quel effet elle produit sur vous.
5°) A quel récit, fait par lun des personnages que rencontre le condamné, dans Le Dernier jour, la thèse développée dans cet extrait de Claude Gueux, pourrait-elle répondre? Que ce personnage reprochait-il à la société? (Ch XXIII).
IV-Argumenter pour ou contre la peine de mort
1°) Ecrivez, dans deux colonnes distinctes les principaux arguments développés pour ou contre la peine de mort dans le premier chapitre de La Nuit du Renard, de M. Higgins Clark.
2°) Ecriture: Imaginez un dialogue dune vingtaine de ligne dans lequel vous prendrez parti contre la peine de mort, face à un interlocuteur qui la défend farouchement. En repensant aux descriptions des tourments du condamné de Victor Hugo, vous inviterez votre un interlocuteur, en soignant votre expression (figures de style, rythme des phrases, ponctuation du dialogue...) à se mettre un moment à la place de celui qui va mourir, quels que fussent les crimes quil a commis.
V-Conclusion
1°) Que pensiez-vous de la peine de mort avant la lecture du Dernier jour, et quen pensez-vous maintenant?
2°) En quoi loeuvre de Victor Hugo a-t-elle, ou non, modifié votre point de vue sur la question? Justifiez vos réponses.
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