Facteurs de l'Intégration des Marchés Boursiers Internationaux : une ...
Determinants of International Stock Markets Integration: A Panel Data Analysis.
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nancières, nous avons estimé le modèle aussi bien conjointement pour tous les marchés que séparément pour les marchés développés et les marchés émergents. Nos résultats montrent que louverture au commerce mondial exerce un effet positif sur lintégration financière de tous les marchés, que les facteurs globaux influent sur le niveau dintégration des marchés développés alors que les facteurs liés à la stabilité économique et politique influent plutôt sur lintégration financière des marchés des pays émergents.
Determinants of International Stock Markets Integration: A Panel Data Analysis.
Abstract
The aim of this paper is to identify the determinants of international stock markets integration. Intuitively we selected a great number of factors linked to financial integration. Then, we developed an international asset-pricing model with time-varying degree of integration. This model is estimated for 30 countries (10 developed countries and 20 emerging countries) using panel data econometrics. In order to investigate whether the financial integration in emerging markets and that in developed markets react differently to the economic and financial innovations, we estimated the model as well jointly for all markets as separately for developed markets and emerging markets. Our results show that trade openness exerts a positive effect on financial integration across all markets, the global factors drive integration in developed markets whereas the factors related to economic and political stability affect financial integration in emerging markets.
Introduction
La notion dintégration financière a connu un intérêt grandissant ces dernières années. Son appréhension est utile aux entrepreneurs, aux investisseurs et aux opérateurs de marché. Pour les entrepreneurs, lintégration financière présente notamment lavantage de réduire le coût de capital grâce à un meilleur partage des risques, voir, entre autres, Bekaert et Harvey (2000) et Henry (2000). La baisse du coût de capital augmente la valeur actuelle nette des projets dinvestissement et donc la profitabilité des entrepreneurs. Pour les investisseurs en portefeuilles, au fur et à mesure que le degré dintégration financière internationale augmente, le poids relatif des facteurs globaux de risque devient plus important. Ainsi, lintégration financière affecte aussi bien la structure de rentabilité que la structure de corrélations des actifs financiers. Il sensuit que les stratégies dinvestissement en portefeuilles sont intimement liées au degré dintégration des marchés financiers, voir entre autres, Longin et Solnik (2001), Karolyi et Stulz (2002) et Arouri (2004). De même dans le contexte actuel de globalisation et de concurrence accrue des places financières internationales, létude de lintégration financière internationale intéresse les autorités économiques et monétaires. Pour être bref, il suffit de signaler que lefficacité de toutes les actions de ces autorités dépend du niveau dintégration financière.
Les travaux empiriques concernant lintégration financière internationale sont nombreux, mais cette dernière demeure une variable difficile à définir, à mesurer et à en identifier les déterminants. Les études les plus récentes montrent que lintégration financière est un processus dynamique évoluant au cours du temps en fonction des innovations économiques, financières et socio-politiques. Afin de pouvoir contrôler et tirer pleinement profit du processus dintégration financière, il importe den identifier les déterminants. Malheureusement, il ny a pas de théorie permettant didentifier les facteurs affectant le degré dintégration financière dun marché. Lidentification de ces facteurs incombe aux économistes économètres. Néanmoins, dans la littérature empirique des marchés financiers internationaux, on ne trouve pas de travaux ayant pour objectif lidentification des facteurs de lintégration financière. Des travaux comme ceux de Bekaert et Harvey (1995,1997), Hardouvelis et al. (2002), Bhattacharya et Daouk (2002) et Adler et Qi (2003) ont arbitrairement retenu quelques variables financières et macroéconomiques dans la modélisation du degré dintégration, mais nont pas formellement testé leur impact sur le degré dintégration. Par ailleurs, dans ces travaux la notion dintégration financière a toujours été étudiée dun point de vue strictement individuel : le niveau dintégration dépend des caractéristiques spécifiques à chaque pays. Or, lintuition économique ne peut pas exclure lexistence des facteurs communs affectant conjointement lintégration financière internationale de tous les marchés nationaux ou dun groupe de marchés. Cet article vise lidentification à la fois des facteurs propres et des facteurs globaux à lorigine des variations spatiales et inter-temporelles des degrés dintégration financière internationale.
Lidentification des facteurs déterminants de lintégration internationale des marchés boursiers nécessite la conception dun modèle dévaluation des actifs financiers permettant la distinction des sources systématiques globales et locales de risque. En effet, les marchés sont dits parfaitement intégrés si et seulement si les risques systématiques sont rémunérés de la même façon dans tous les pays. En dautres termes, si les marchés sont complètement intégrés, les actifs ayant le même risque doivent avoir le même prix même sils sont traités sur des marchés différents. Sur des marchés parfaitement intégrés, les investisseurs courent des risques communs et des risques spécifiques à leurs pays ou secteurs dactivité, mais ils ne sont rémunérés que pour les sources communes de risque car les risques spécifiques sont totalement diversifiables. En revanche, si les marchés sont strictement segmentés, les investisseurs courent seulement des risques spécifiques. Dans ce cas, le même projet dinvestissement dans deux pays différents peut avoir des rendements différents car les sources de risque et/ou leurs prix peuvent être différents. Toutefois, lintégration parfaite et la segmentation stricte ne sont que des cas théoriques. En réalité, les marchés financiers se trouvent entre ces deux situations extrêmes, i.e. ils sont partiellement intégrés. Sur un marché partiellement intégré, les investisseurs courent et les risques communs et les risques spécifiques et le marché apprécie les deux sources de risque.
Dans la littérature des marchés financiers, les modèles dévaluation des actifs financiers font lune des deux hypothèses polaires suivantes : segmentation financière stricte ou intégration financière parfaite. Dans les modèles à segmentation stricte, les rentabilités anticipées des actifs financiers sont déterminées par les sources locales de risque. On peut par exemple citer les modèles domestiques de Sharpe (1964), Lintner (1965), Black (1972) et de Merton (1987). Dans le cadre international, les modèles dévaluation supposent généralement que les marchés sont parfaitement intégrés. Dans ce cas, seules les sources internationales de risque sont pertinentes. Pour donner des exemples de modèles à intégration financière parfaite, on peut citer Harvey (1991), De Santis et Gérard (1997,1998), De Santis et al. (2003). Cependant, peu sont les travaux consacrés au cas plus réaliste des marchés partiellement segmentés.
La segmentation des marchés financiers a souvent été imputée à des facteurs dordres institutionnels: contrôle de capitaux, traitement fiscal, coûts de transaction, etc. Dans les modèles dintégration financière partielle, ces barrières directes aux mouvements de capitaux ont souvent été traitées comme des coûts additionnels supportés par les investisseurs. Si ces coûts sont supérieurs aux gains attendus de la diversification internationale, les investisseurs préfèrent acquérir les actifs domestiques. On peut, entre autres, citer les travaux de Black (1974), Stulz (1981), Cooper et Kaplanis (1994,2000) et Errunza et Losq (1985,1992). Dans ces travaux, les modèles étudiés sont souvent mal-spécifiés car techniquement il est difficile voire impossible de tenir compte simultanément de plus de deux ou trois barrières. Or ces barrières directes aux mouvements internationaux de capitaux manifestent une très grande diversité inter-pays et inter-temporelle, voir Bekaert (1995). Toutefois, il importe de noter que ces barrières directes se sont considérablement réduites dans les deux dernières décennies par la suite aux vastes mouvements de déréglementation et de libéralisation quont connus les marchés financiers, voir Bekaert et Harvey (2000) et Henry (2000). Néanmoins, les portefeuilles des investisseurs continuent à être déséquilibrés en faveur des actifs financiers domestiques, voir Lewis (1999). Si lon croit les résultats des études les plus récentes, des barrières indirectes (risque de change, instabilités économiques et monétaires, risque pays, asymétries, etc.) privent les investisseurs globaux de profiter pleinement des opportunités offertes par les marchés étrangers.
Dans ce papier et dans lobjectif didentifier les facteurs affectant le niveau dintégration dun marché boursier dans le marché international, nous développons un modèle international dévaluation des actifs financiers à degré dintégration variable au cours du temps en fonction des variables dinformation liées à la conjoncture économique et financière nationale et internationale. Nous estimons ce modèle en faisant recours à léconométrie des données de panel, i.e. séries individuelles-temporelles. Lutilisation des données de panel présente de nombreux avantages par rapport aux analyses traditionnelles en séries temporelles et en coupes instantanées. Une double dimension de linformation est disponible : une dimension individuelle (les marchés étudiés diffèrent les uns des autres) et une dimension temporelle (la situation de chaque marché varie dune période à une autre). Ces données individuelles-temporelles constituent une source dinformation extrêmement riche permettant détudier les phénomènes dans leur diversité comme dans leur dynamique. Estimer un modèle sur un panel accroît la taille de léchantillon et apporte ainsi une richesse dinformation importante comparativement à celle dont on dispose en économétrie des séries temporelles. En outre, les données de panel de pays permettent de rendre compte de linfluence des spécificités sociales, politiques et religieuses des pays (supposées non mesurables) sur leur de degré dintégration financière internationale. En particulier, lutilisation des données de panel permet denrichir considérablement la démarche économétrique et ce en testant la validité du modèle dans les dimensions individuelles et temporelles et en recherchant la conciliation des résultats obtenus dans ces deux dimensions.
Le reste du papier est organisé ainsi : la deuxième section présente un modèle international dévaluation des actifs financiers à segmentation partielle avec déviations de la PPA ainsi que la méthodologie destimation retenue, la troisième section présente les données et quelques analyses préliminaires, la quatrième section expose les résultats empiriques et la cinquième section en tire les principales conclusions.
2- Méthodologie
Dans un premier temps, nous présenterons un modèle dévaluation des actifs financiers à segmentation partielle et à degré dintégration variable suivant les dates. Ensuite, nous exposerons la stratégie que nous allons emprunter afin destimer le modèle et étudier les facteurs déterminants de lintégration internationale des marchés boursiers.
2.1- Le modèle
Dans un marché strictement segmenté, la prime de risque est déterminée par les facteurs locaux de risque. Dans le cadre du modèle déquilibre des actifs financiers (MEDAF) de Sharpe (1964) et Lintner (1965), la prime de risque du titre (ou du portefeuille) A est reliée au risque du marché national i:
EMBED Equation.3 (1)
où EMBED Equation.3 la rentabilité du titre A (dans le pays i), EMBED Equation.3 est la rentabilité du portefeuille du marché du pays i, EMBED Equation.3 est la rentabilité de lactif sans risque et EMBED Equation.3 est le prix local de risque. Toutes les anticipations sont faites conditionnellement au vecteur informationnel EMBED Equation.3 disponible aux investisseurs à linstant (t-1). La prime de risque est alors égale au prix unitaire du risque domestique multiplié par lexposition de lactif considéré au risque du portefeuille du marché local.
Au niveau national, la relation (1) devient :
EMBED Equation.3 (2)
Dans lautre cas polaire dintégration parfaite des marchés financiers internationaux, les rentabilités des actifs financiers sont générées par la version internationale conditionnelle du MEDAF :
EMBED Equation.3 (3)
où EMBED Equation.3 est la rentabilité du portefeuille du marché mondial et EMBED Equation.3 est le prix mondial de risque. Ainsi, si le marché est parfaitement intégré, la prime de risque attendue sur un actif donné est égale au prix unitaire du risque mondial multiplié par lexposition de cet actif au risque du portefeuille du marché international.
Si on suppose en plus que la parité des pouvoirs dachat (PPA) nest pas vérifiée, le modèle doit inclure des primes liées au risque des taux de change. Dans ce cas, un modèle de type Adler et Dumas (1983) à L+1 pays peut décrire les rentabilités attendues :
EMBED Equation.3 (4)
où EMBED Equation.3 est la rentabilité du taux de change de la monnaie du pays k contre la monnaie du pays de référence c, EMBED Equation.3 est le prix du risque de change de la monnaie k. Toutes les rentabilités sont exprimées dans la monnaie du pays de référence c.
Toutefois, lintégration parfaite et la segmentation stricte (intégration zéro) sont deux cas purement théoriques. En réalité, les marchés financiers nationaux expérimentent des cas intermédiaires, i.e. sont partiellement intégrés. Econométriquement, les deux cas extrêmes peuvent être combinés pour donner naissance au modèle à changement de régime probabiliste décrit par la relation (5) :
EMBED Equation.3 (5)
où EMBED Equation.3 sinterprète comme une mesure conditionnelle du degré dintégration financière du marché i dans le marché international. Le niveau dintégration est supposé varier dans le temps. EMBED Equation.3 est compris entre 0 et 1. Si EMBED Equation.3 =1, alors on est dans le premier régime où seuls les facteurs globaux de risque sont rémunérés. Lhypothèse de segmentation est alors rejetée. Si EMBED Equation.3 =0, alors on est dans le second régime où seul le risque spécifique au marché i est rémunéré. Cette situation correspond à celle dun marché strictement segmenté. Pour EMBED Equation.3 , on est entre les deux régimes. Le marché étudié est donc partiellement intégré. Les rentabilités des actifs financiers y sont alors déterminées par une combinaison des facteurs globaux et locaux de risque. Le degré dintégration est modélisé grâce à une fonction de transition logistique :
EMBED Equation.3
où EMBED Equation.3 est le vecteur de variables dinformation sur le niveau dintégration du marché i dont dispose les investisseurs à linstant (t-1). Le choix de la forme logistique répond à une intuition économique claire: lintégration financière nécessite au début beaucoup defforts. Une fois lancée, lintégration devient souple et rapide. Toutefois, les marchés peuvent instantanément redevenir segmentés.
Enfin, notons que le modèle décrit par la relation (5) doit être estimé simultanément pour tous les pays étudiés. Toutefois, cette tâche savère très difficile étant donné que nous étudierons simultanément 10 pays développés et 20 pays émergents. Afin de réduire le nombre de paramètres à estimer, nous utilisons des indices composites des taux de change au lieu des taux de change bilatéraux. Dans la littérature des marchés financiers internationaux, les indices composites des taux de change ont été utilisés dans de nombreuses investigations empiriques. On peut, entre autres, citer les travaux de Ferson et Harvey (1993), Choi et al. (1998) et Carrieri et al. (2005). Nous utilisons deux indices composites: lindice taux de change-pays développés et lindice taux de change-pays émergents. Ces indices sont obtenus en fréquence mensuelle de la Federal Reserve Bank of St Louis FRED DataBase. Il sensuit que les primes de change obtenues sont des primes agrégées. En outre, afin de tenir compte du fait que contrairement à ce qui est souvent observé dans les marchés des pays développés, les variations des taux dinflation dans les pays émergents ne sont pas toujours négligeables par rapport aux variations des taux de change, nous utilisons des indices des taux de change réels. Ce passage permet lestimation du modèle aussi bien pour les marchés développés que pour les marchés émergents, voir Arouri (2005). En effet, seule linflation dans le pays de référence (Etats-Unis) est supposée non-aléatoire.
La figure 1 en annexes compare les indices de change réels et nominaux pour les deux groupes de pays. Pour les pays développés, les deux indices présentent des dynamiques similaires. Ce qui justifie le choix des études antérieures de supposer que les variations de linflation sont négligeables et de travailler directement sur des taux de changes nominaux. Cependant, pour les pays émergents, les deux indices présentent des différences significatives. Cela sexplique par le fait que lindice taux de changepays émergents inclut des taux de change des pays à fort taux dinflation ayant expérimenté de nombreuses dépréciations de leur monnaie nationale. Supposer que linflation locale est négligeable et approximer les déviations de la PPA par les taux de change nominaux conduirait à des erreurs considérables et affecterait les résultats des estimations. Cela dit, nous utiliserons des indices de change réels. Le modèle à estimer sécrit alors comme suit :
EMBED Equation.3 (6)
où EMBED Equation.3 et EMBED Equation.3 sont les rentabilités des indices de change composites réels respectivement des pays développés et des pays émergents.
2.2- Méthodologie empirique
Dabord nous présentons la spécification économétrique, ensuite nous exposons la stratégie destimation que nous adopterons dans notre recherche des facteurs déterminants de lintégration internationale des marchés financiers nationaux.
2.2.1- Spécification économétrique
Sous lhypothèse danticipations rationnelles, le modèle décrit par (6) peut sécrire :
EMBED Equation.3 (7)
où EMBED Equation.3 , EMBED Equation.3 , EMBED Equation.3 et EMBED Equation.3 sont les colonnes de la matrice des covariances-variances EMBED Equation.3 mesurant respectivement les expositions au risque du marché mondial, au risque de lindice des taux de change-pays développés, au risque de lindice des taux de change-pays émergents et au risque du marché local. La matrice EMBED Equation.3 de taille EMBED Equation.3 des variances-covariances est modélisée par le processus GARCH(1,1) multivarié asymétrique suivant :
EMBED Equation.3 (8)
où EMBED Equation.3 est une matrice triangulaire inférieure de taille EMBED Equation.3 , a, b, s et z sont des vecteurs de taille EMBED Equation.3 de paramètres constants
avec :
EMBED Equation.3 où EMBED Equation.3 si EMBED Equation.3 et 0 sinon, EMBED Equation.3 où EMBED Equation.3 si EMBED Equation.3 et 0 sinon.
La relation (8) implique que les variances dans EMBED Equation.3 dépendent asymétriquement du carré des innovations passées et dun terme autorégressif, alors que les covariances dépendent asymétriquement du produit croisé des résidus passés et dun terme autorégressif. En particulier, cette spécification garantit que la matrice des variances-covariances est définie et positive.
2.2.2- Stratégie destimation
Lestimation simultanée du modèle décrit par les relations (7) et (8) pour tous les marchés couverts par cette étude savère techniquement infaisable. Dans notre recherche des facteurs déterminants de lintégration financière internationale, nous adopterons, à linstar de Bhattacharya et Daouk (2002), la démarche à deux étapes suivante :
1ère étape
Dabord, le système suivant est estimé pour chaque marché i :
EMBED Equation.3
EMBED Equation.3 (9)
EMBED Equation.3
EMBED Equation.3
avec :
EMBED Equation.3
et
EMBED Equation.3
Lestimation de ce système par la méthode du quasi-maximum de vraisemblance permet de récupérer pour chaque marché national i la variance conditionnelle et les covariances conditionnelles avec le marché mondial et avec les taux de change.
2ème étape
Ensuite, une fois on dispose pour tous les marchés étudiés des séries des variances et des covariances, la relation (7) est alors estimée simultanément en données de panel pour tous les marchés en considérant successivement dans la fonction de transition EMBED Equation.3 lun des facteurs candidats à lexplication des variations de lintégration financière internationale. Le modèle à estimer est alors le suivant :
EMBED Equation.3 (10)
EMBED Equation.3
EMBED Equation.3
Le modèle décrit par (10) constitue une extension du modèle de Bhattacharya et Daouk (2002) au cas où la PPA ne serait pas vérifiée et le risque des taux de change est internationalement rémunéré. Pour estimer ce modèle, la méthode des moindres carrés non-linéaires sera employée.
Cette deuxième étape permet didentifier les facteurs qui contribuent significativement à lexplication de lintégration financière internationale. Afin de pouvoir comparer les facteurs déterminants de lintégration financière, la deuxième étape sera conduite en premier lieu conjointement pour tous les marchés et en second lieu séparément pour les marchés des pays développés puis pour les marchés des pays émergents.
Toutefois, le modèle de Bhattacharya et Daouk (2002) souffre dune insuffisance majeure : le prix du risque domestique est supposé le même pour tous les pays. En dautres termes, laversion au risque du portefeuille du marché domestique est la même pour tous les marchés nationaux indépendamment de leur degré dintégration dans le marché mondial et de leurs spécificités individuelles. Cependant, des facteurs, souvent non-observables et/ou non-mesurables, peuvent affecter systématiquement laversion des investisseurs dun marché donné au risque de leur portefeuille domestique. Il peut par exemple sagir des préférences pour les produits nationaux, des réticences à certains instruments financiers pour de raisons religieuses et socioculturelles, de léloignement géographique, etc. Ces facteurs agissent sur laversion au risque domestique, sur le degré dintégration du marché i et par conséquent sur la relation dévaluation internationale donnée par le modèle (10). Lun des avantages essentiels des données de panel sur les autres types de données (séries temporelles et coupes instantanées) est de permettre la prise en compte de certaines caractéristiques individuelles non-observables. Afin de prendre en considération cette hétérogénéité des comportements des investisseurs représentatifs, nous autoriserons au prix du risque domestique de différer dun marché national à lautre, alors que le prix du risque mondial et les prix des risques des taux de change sont les mêmes pour tous les marchés étudiés. Le modèle ainsi défini est celui décrit par la relation (11) :
EMBED Equation.3 (11)
EMBED Equation.3
Lintroduction dans lécriture du modèle (11) des variables indicatrices permet de rendre plus explicite le fait que les aversions individuelles aux risques locaux sont des coefficients à estimer :
EMBED Equation.3 (12)
EMBED Equation.3
où :
EMBED Equation.3
Dans le reste du papier, nous qualifions le modèle (10) de modèle sans effets individuels et le modèle (12) de modèle avec effets individuels.
3- Données et analyse préliminaire
En premier lieu, nous présentons les séries de rentabilités boursières des pays étudiés ainsi les séries des taux de change. En second lieu, nous présentons les facteurs déterminants éligibles de lintégration financière internationale. En suivant un raisonnement intuitif sinspirant de la théorie économique et des résultats des travaux antérieurs, nous discutons les liens qui peuvent exister entre ces facteurs et lintégration financière internationale. Les statistiques descriptives de ces données sont reportées dans le Tableau 1.
3.1- Rentabilités boursières et taux de change
Cette étude couvre les marchés boursiers de 30 pays : 10 pays développés (Allemagne, Australie, Canada, Espagne, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni et la Suisse) et 20 pays émergents (Argentine, Afrique du Sud, Brésil, Chili, Corée, Egypte, Grèce, Hong Kong, Indonésie, Jordanie, Malaisie, Maroc, Mexique, Pologne, Singapour, Thaïlande, Turquie, Tunisie et Venezuela). Les observations utilisées sont les rentabilités mensuelles de fin de période de janvier 1973 à mai 2003. Les données proviennent de Morgan Stanley Capital International (MSCI), de International Finance Corporation (IFC) et de Datastream. Les rentabilités boursières sont calculées avec réinvestissement des dividendes et en excès du taux des eurodollars à 30 jours issu de Datastream. Elles sont toutes exprimées en dollar américain.
Les marchés des pays émergents présentent des rentabilités en moyenne plus élevées que celles des pays développés. Toutefois, elles sont en moyenne nettement plus volatiles. Les coefficients dasymétrie et daplatissement sont significatifs pour la quasi-totalité des marchés et lhypothèse de normalité est rejetée. Lestimation de la version asymétrique du modèle par la méthode de quasi-maximum de vraisemblance rend compte de ces faits. Le test de Ljung-Box dordre 12 montre labsence dautocorrélation sérielle pour la plupart des séries boursières. Cependant, la première autocorrélation est significative pour la moitié des pays émergents étudiés.
Les statistiques descriptives des indices composites réels des taux de change issus de la Federal Reserve Bank of St Louis FRED DataBase sont résumées dans le Panel B du Tableau 1. Les rentabilités moyennes sont égales à 0.19% pour lindice pays-développés et 0.53% pour lindice pays-émergents. Lhypothèse de normalité est rejetée pour les deux indices.
3.2- Facteurs de lintégration des marchés boursiers
Dans cette sous-section, il est question de discuter et présenter les variables susceptibles dêtre des facteurs déterminants propres et communs de lintégration financière internationale. Comme nous lavons déjà mentionné, la théorie économique ne permet pas lidentification de ces variables. Le choix des variables résulte des études antérieures et dun raisonnement intuitif. Contrairement aux travaux antérieurs qui se sont arbitrairement limités à quelques facteurs susceptibles dinfluencer le degré dintégration dun marché boursier donné (voir, entre autres, Bekaert et Harvey (1995,1997), Bhattacharya et Daouk (2002), Carrieri et al. (2003) et Adler et Qi (2003)), nous ne retenons pas de facteurs a priori et tous les facteurs sont éligibles. Ainsi, nous considérerons un grand nombre de facteurs susceptibles daffecter le degré dintégration internationale des marchés boursiers et nous testerons leur significativité. Les variables sélectionnées sont liées aux conjonctures économiques et socio-politiques nationales et internationales. En effet, de nombreux travaux aussi bien théoriques quempiriques montrent que les interactions entre le marché financiers et le reste de léconomie sont permanentes et que les marchés financiers réagissent rapidement et même anticipent les modifications de léconomie, voir notamment Prat (1982) et Fontaine (1987).
Pendant très longtemps, les barrières directes ont été considérées comme les principaux facteurs se trouvant dernière la segmentation financière. Par barrières directes on entend lensemble des barrières et contraintes imposées par les différents gouvernements tels que les taxes, les contrôles des capitaux, les coûts de transaction, etc. Cependant, nous pensons que le rôle de ces facteurs directs sest considérablement estompé dans les dernières années et ce pour de nombreuses raisons. Dune part, les restrictions directes aux mouvements internationaux de capitaux se sont grandement réduites dans les deux dernières décennies. En fait, aussi bien les marchés développés que les marchés en développement ont connu des vastes mouvements de libéralisation. Lobjectif était daller vers une plus grande ouverture des marchés financiers nationaux afin de tirer pleinement profit de lintégration financière internationale (meilleure diversification des risques, réduction du coût de capital, croissance économique, etc.). Dautre part, de nombreuses études montrent que les investisseurs globaux peuvent toujours contourner les restrictions directes aux mouvements internationaux de capitaux en faisant notamment recours aux innovations financières et aux produits alternatifs, voir Bekaert (1995) et Glassman et Riddick (1996). Par ailleurs, pour affecter le degré dintégration financière, ces barrières directes doivent être asymétriques cest-à-dire elles doivent affecter de manière asymétrique les investisseurs nationaux et les investisseurs étrangers. Enfin, il faut signaler aussi que les barrières directes présentent une très grande hétérogénéité inter-pays et intertemporelle, ce qui rend difficile leur intégration dans un modèle dévaluation des actifs financiers.
Toutefois, même après lélimination progressive des barrières directes, certaines barrières indirectes peuvent persister et décourager les investisseurs étrangers. Bien quelles puissent être liées aux barrières directes, les barrières indirectes ne sont pas imposées par les gouvernements. Il peut par exemple sagir des asymétries dinformation, des instabilités macroéconomiques et des risques des changes. Si les nouvelles technologies dinformation et de communication ainsi que la standardisation internationale des produits financiers et des normes comptables ont réduit considérablement tant les sources dasymétrie dinformation que les coûts de transaction et de traitement de linformation, les instabilités économiques et monétaires semblent sintensifier avec la mondialisation. Nishiotis (2004) compare les effets des barrières directes et indirectes sur lévaluation des fonds de pension. Il trouve que leffet des barrières indirectes est grandement plus significatif que celui des barrières directes. Outre, ces barrières directes et indirectes, il ne faut pas ignorer le rôle quexercent les facteurs globaux sur larchitecture financière internationale. La restructuration financière internationale peut à son tour influencer lintégration des marchés financiers nationaux.
Cela dit, dans ce travail, trois groupes de facteurs sont considérés : les facteurs locaux, les facteurs globaux et les mesures synthétiques de risque. Les statistiques descriptives de ces facteurs sont résumées dans le Panel C du Tableau 1 aussi bien conjointement pour tous les pays étudiés que séparément pour les pays développés et les pays émergents.
3.2.1- Les facteurs locaux
Nous retenons ici des variables nationales susceptibles dinfluer sur le niveau dintégration internationale des marchés boursiers locaux. Ces variables sont censées refléter les cadres opérationnels et réglementaires, les niveaux de développement des marchés nationaux et les instabilités macroéconomiques et monétaires les caractérisant. Bien quelles soient propres aux marchés nationaux étudiés, ces variables sont le plus souvent liées à dautres variables internationales. Toutefois, les coefficients de corrélation sont généralement faibles. Par exemple, Harvey et Ferson (1993) étudient les corrélations entre certaines variables internationales et des variables nationales des pays disponibles dans la base MSCI et trouvent des corrélations de moins de 40%.
3.2.1.1- Degré douverture commerciale
Le ratio commerce extérieur (importations+exportations) sur PIB dun pays donné traduit son intégration dans léconomie mondiale et son développement macroéconomique, voir notamment Henry (2000) et Carrieri et al. (2003). Une économie avec une bonne conduite économique et une bonne ouverture au commerce extérieur acquiert la confiance des décideurs et des investisseurs internationaux et attire plus de fonds étrangers. Ainsi, les économistes financiers pensent quune meilleure intégration économique conduirait à une meilleure intégration financière. Bekaert et Harvey (1997,2000) montrent que louverture au commerce extérieur augmente lexposition du marché local aux facteurs globaux de risque. Ainsi, plus le marché est ouvert au commerce extérieur, plus son degré dintégration attendu est élevé. Nous retenons ainsi à linstar de Bekaert et Harvey (1995,1997,2000), Rajan et Zingales (2000), Carrieri et al. (2003) et Bhattacharya et Daouk (2002) cette variable dans notre modélisation du degré dintégration financière internationale. Notre hypothèse de base est la suivante : bien quelle suive un rythme différent, lintégration économique favorise lintégration financière.
Les données sont obtenues de la base de données International Financial Statistics (IFS) du Fonds Monétaire International. Le PIB est semestriel pour quelques pays et annuel pour dautres. Pour dériver le PIB mensuel, nous divisons le PIB par 6 dans le premier cas et par 12 dans le second.
Le degré douverture commerciale moyen est de 63.21%. Les pays développés sont en moyenne légèrement plus ouverts internationalement que les pays émergents (65.35% contre 61.08%). Le degré douverture est plus volatile dans le cas des marchés développés que dans celui des marchés émergents.
3.2.1.2. Développement du marché boursier
Le développement du marché boursier est approximé par la variable capitalisation boursière sur PIB. Le développement du marché boursier est susceptible daffecter les caractéristiques des rendements des titres à travers deux canaux. Le premier, le plus direct, est lié aux fonctions même du marché boursier qui doit faciliter les échanges, la diversification des risques, la fourniture de liquidité, le contrôle des firmes, etc. Plus la taille dun marché augmente, plus sa capacité à mobiliser les fonds et diversifier les risques augmente. En outre, plus le marché est développé et liquide, plus les asymétries, en particulier lasymétrie dinformation, se réduisent, voir Levine et Zervos (1996). La réduction des asymétries, la liquidité et les possibilités de diversification des risques attirent les investisseurs étrangers, et donc agissent positivement sur le niveau dintégration financière. Le second canal, indirect, passe par linfluence du marché financier sur les fondamentaux de léconomie qui affectent à leur tour la structure de rentabilités des titres financiers. Cette variable a été utilisée notamment par Bekaert et Harvey (1995,1997) et Carrieri et al. (2003) dans leur modélisation de degré dintégration variable dans le temps, mais son effet sur le niveau dintégration na pas été examiné. Le signe attendu sur cette variable est positif.
Cette variable est construite à partir des données issues de MSCI, IFC et DataStream. La moyenne du ratio capitalisation boursière sur PIB est de 26.35%. Les marchés des pays avancés sont en moyenne trois fois plus développés que ceux des pays émergents (35.10% contre 11.10%).
3.2.1.3- Flux de capitaux étrangers
Les flux de capitaux étrangers reflètent en même temps la possibilité (barrières directes) et la volonté (barrières indirectes et facteurs globaux) des investisseurs globaux dinvestir dans un marché donné. Ces flux de capitaux étrangers peuvent affecter la dynamique des marchés boursiers. Outre les phénomènes de contagion observés à court terme, louverture à la prise de participation et au contrôle étranger a fait beaucoup pour promouvoir lefficience du système financier et une gestion efficace des risques. On peut en outre penser que louverture aux capitaux internationaux améliore dautant plus lefficacité du système financier quelle permet larrivée dinvestisseurs étrangers (fonds dinvestissement notamment). Larrivée dinvestisseurs et darbitragistes étrangers augmente la sensibilité du marché local aux facteurs globaux de risque et permettent une réduction des écarts des prix à la suite des opérations darbitrages. Bien évidemment, les possibilités darbitrage entre places financières ouvertes aux investisseurs globaux sont soumises aux contraintes définies par les dispositions légales et réglementaires en matière de mouvements de capitaux. De ce point de vue, lintégration financière internationale est un processus graduel dont la vitesse dépend du cadre réglementaire et de la situation particulière de chaque marché national.
Nous considérons deux variables pour apprécier linfluence des actifs étrangers sur le processus dintégration financière internationale : le ratio actifs étrangers sur PIB et le ratio actifs étrangers nets sur PIB. Ces données sont obtenues des bases IFS et U.S Treasury International Capital. Le ratio actifs étrangers nets sur PIB a une moyenne de 1.44%. Il est plus grand pour les marchés développés que pour les marchés émergents. Le ratio actifs étrangers sur PIB est égal en moyenne égal à 4.08%. Il est deux fois plus grand pour les marchés développés que pour les marchés émergents (5.22% versus 2.88%).
3.2.1.4- La volatilité des taux de change
Selon certains économistes, la volatilité des taux de change constitue un frein au développement du commerce international et aux mouvements de capitaux, dans la mesure où elle rend très aléatoire les calculs économiques des entreprises importatrices ou exportatrices et des investisseurs globaux. Certes, il existe des techniques de couverture du risque de change qui permettent aux firmes et aux investisseurs effectuant des opérations à l'étranger de s'assurer contre une éventuelle variation du change. Mais ces techniques assurancielles ont évidemment un coût pour les entreprises et les investisseurs qui y ont recours, et sont donc susceptibles, au même titre que les variations de change elles-mêmes, de décourager des transactions internationales. Notre hypothèse de base est quune forte volatilité des taux de change peut entraîner la segmentation du marché boursier.
Les taux de change sont issus de la Federal Reserve Bank of St Louis FRED DataBase et de IFS Plusieurs mesures de volatilité ont été retenues (la variance glissante, la variance des douze derniers mois et la variance issue dune modélisation GARCH). Les résultats les plus significatifs sont ceux obtenus avec les modèles à effets GARCH(1,1). Seuls ces résultats seront reportés. La volatilité des taux de change bilatéraux avec le dollar américain est en moyenne de 0.27 (0.37 pour les marchés développés contre 0.19% pour les marchés émergents).
3.2.1.6- Taux dintérêt
Nous considérons quatre variables : le taux dintérêt local à court terme, la variation du taux dintérêt court, la prime de terme et enfin la convergence du taux dintérêt local vers les standards internationaux.
Les variations des taux dintérêt à court terme affectent les mouvements internationaux de capitaux et peuvent donc agir sur le degré dintégration financière internationale. La convergence des taux dintérêt nationaux est utilisée dans les modèles macro-économique, comme mesure dintégration financière internationale. Plus cette écart est faible, plus le niveau dintégration est élevée. Quant à la prime de terme, elle a été utilisée par, entre autres, Hardouvelis et al. (2002) et Adler et Qi (2003) comme indicateur dintégration des marchés financiers nationaux. Selon Adler et Qi (2003), cet écart mesure le risque souverain de chaque pays. Ce risque affecte lengouement des investisseurs globaux et par conséquent les mouvements internationaux de capitaux. Ces mouvements de capitaux influent sur le degré dintégration des marchés boursiers. Si lécart des taux dintérêt à terme augmente, le degré dintégration diminue. Le signe attendu sur cette variable est donc négatif.
Les taux dintérêt sont issus de la base IFS. Le taux dintérêt à court terme présente une moyenne égale à 10.12% avec un écart-type de 12.03. Les taux dintérêt sont clairement plus élevés pour les marchés de pays émergents que pour ceux des payés développés. La variation des taux dintérêt courts à une moyenne de 0.05%, signalant une tendance générale à la baisse des taux dintérêt. Lécart des taux dintérêt courts par rapport à la moyenne des pays du G7 est égale à 4.22%. Cet écart est 7 fois plus grand dans le cas des pays émergents (8.19% versus 1.10%). La prime de terme est mesurée par lécart entre le taux dintérêt à court terme et le taux dintérêt à long terme (souvent le rendement des obligations de lEtat). Elle est en moyenne égale à 1.52%. Comme attendu, elle est plus grande pour les marchés émergents (2.69% versus 0.92%).
3.2.1.6-Linflation
Les économistes saccordent généralement à considérer que la stabilité monétaire et macro-économique est une condition importante pour le développement financier dun pays. Outre la volatilité des taux de change bilatéraux, nous retenons deux autres variables : le taux dinflation locale et la convergence des taux dinflation. Selon Adler et Dumas (1983), Cooper et Kaplanis (1994) et Lewis (1999), les investisseurs investissent plus proportionnellement dans les actifs domestiques afin de se couvrir contre le risque dinflation locale. Plus les taux dinflation sont élevés, moins les investisseurs investissent internationalement. Ainsi, un lien négatif est attendu entre linflation et lintégration financière internationale.
De même, la convergence des taux dinflation locaux vers les taux internationaux incite les investisseurs à tirer profit des opportunités dinvestissement offertes dans les marchés étrangers. Ces stratégies actives de diversification internationale des portefeuilles permettent de réduire les écarts de rentabilités ajustées des risques et donc favorisent lintégration internationale des marchés boursiers. Ainsi, notre hypothèse est que le degré dintégration financière internationale augmente avec la convergence des taux dinflation. Nous considérons comme benchmark le taux dinflation pondéré des pays industrialisés.
Enfin, notons aussi que nous étudions la significativité de la variation mensuelle du taux dintérêt à court terme. Cette variable reflète les révisons danticipations de linflation locale, voir Gérard et al. (2003).
Le taux dinflation est calculé à partir des indices des prix à la consommation issus de la base IFS. Le taux dinflation moyen est de 8.48% (5.66% pour le pays développés versus 11.36% pour les marchés émergents). Linflation est beaucoup plus forte et plus volatile dans les marchés émergents que dans les marchés développés. Lécart entre le taux dinflation de chaque pays avec le taux dinflation des pays industrialisés présente une moyenne annuelle de 2.85%. Cet écart est nettement plus faible dans le cas des pays développés (-0.20% versus 6.02%).
3.2.1.7. Croissance de la production industrielle
La production industrielle rend compte de létat de lactivité du secteur industriel. Nous construisons deux variables : la croissance de la production industrielle et la convergence des taux de croissance nationaux vers les standards mondiaux.
En ce qui concerne la première variable considérée, de nombreux travaux tant théoriques quempiriques montrent lexistence dun lien positif entre la croissance économique et la performance des marchés financiers. Ainsi, dans leur recherche de nouvelles opportunités dinvestissement, les investisseurs globaux visent les pays qui enregistrent des taux de croissance élevés. La présence des investisseurs globaux sur un marché donné permet de réduire les écarts des prix et donc daméliorer son intégration dans le marché mondial. Le signe attendu du lien entre la croissance de la production industrielle nationale et lintégration financière internationale est donc positif.
Pour la deuxième variable retenue (convergence des taux de croissance), lhypothèse que nous testons est très simple : si les marchés nationaux deviennent plus intégrés économiquement, les corrélations des cash-flows augmentent. En effet, dans la mesure où la synchronisation de ces mouvements pour plusieurs pays joue en faveur dune synchronisation des mouvements de leurs marchés financiers (Phylaktis et Ravazzolo (2002)), une convergence des cycles économiques peut constituer un facteur sous-jacent à lapparition dune tendance commune dans lévolution des prix des actifs financiers.
Pour étudier leffet de cette synchronisation des cycles économiques, nous utilisons les indices mensuels de la production industrielle corrigés des effets saisonniers. Nous utilisons comme benchmark lindice de production industrielle du G7. Nous calculons lécart entre le taux de croissance de lindice de production industrielle de chaque pays et celui du benchmark. Nous nous attendons à ce quune baisse de lécart des taux de croissance se traduise par une augmentation du niveau dintégration financière. Le signe attendu sur cette variable est donc négatif.
Nos variables sont construites à partir des données obtenues de la base IFS. La croissance moyenne de la production industrielle est de 0.98% (1.24% pour les pays développés contre 0.63% pour les pays émergents). Lécart moyen des taux croissance de la production industrielle est 0.10% (0.12% pour les pays développés contre 0.06% pour les pays émergents).
3.2.1.8- Autres facteurs
Outre les facteurs précédents dont le lien avec les marchés boursiers a été mis en lumière par plusieurs travaux théoriques et empiriques, nous retenons les 3 facteurs suivants :
3.2.1.8.1- Le déficit courant
Le déficit des comptes courants se traduit généralement par une entrée de capitaux finançant ce déficit.
Cependant, la persistance dun déficit entame la confiance des investisseurs. Le déficit courant moyen en pourcentage du PIB est 2.14% (-3.18% pour les marchés développés versus 1.10% pour les marchés émergents). Les données sont issues de la base IFS.
3.2.1.8.2- Le chômage
Le taux de chômage est un indicateur économique qui sest parfois révélé plus significatif que la production industrielle. Nous testons lhypothèse suivante : la croissance du taux de chômage dun pays donné est de nature à accroître le risque des titres de ce pays et donc à réduire son attractivité. Le singe attendu de cette variable est donc négatif.
Les données sont issues de la base IFS. Le taux de chômage moyen est égal à 7.54% (7.49% pour les pays développés versus 7.73 pour les pays émergents). Toutefois, il est utile de signaler que les taux de chômage ne sont pas disponible pour 75% des pays émergents couvets par cette étude.
3.2.1.8.3- La volatilité des exportations
De nombreux travaux mettent en évidence le risque de change et le risque de défaut qui peuvent se déclencher dans les pays ayant une forte volatilité des exportations. Un pays dont les exportations sont volatiles fait recours aux capitaux étrangers pour lisser la consommation à travers les périodes de la variation du revenu afin de maintenir un bon rapport de crédit.
Les données sont issues de la base IFS. La volatilité moyenne des logarithmiques de exportations est égale à 10.85%. Les exportations sont plus volatiles dans les cas des pays émergents (6.97% pour les marchés développés versus 13.67 pour les marchés émergents).
3.2.2- Les facteurs globaux
Outre les facteurs spécifiques aux marchés étudiés présentés dans la sous-section précédente, nous étudierons leffet de quelques facteurs globaux sur le niveau dintégration internationale des marchés boursiers nationaux. On entend par facteur global dintégration tout facteur susceptible dinfluencer conjointement lintégration financière de plusieurs marchés nationaux. De nombreux travaux empiriques ont montré que les facteurs globaux affectent lévaluation internationale des actifs financiers notamment pour les marchés développés, voir par exemple Harvey et Ferson (1993). Néanmoins, les travaux antérieurs nétudient pas explicitement le lien entre ces facteurs globaux et lintégration financière.
3.2.2.1- Taux intérêt internationaux
Les travaux empiriques et théoriques montrent que dans le cas des marchés ouverts, les taux dintérêt internationaux affectent lévaluation des actifs financiers et les mouvements internationaux de capitaux, voir entre autres, Chinn et Forbes (2003) et Kose et al. (2003). Ces taux dintérêt affectent lallocation internationale des capitaux et motivent les opérations darbitrage international. Une baisse des taux dintérêt internationaux augmente les mouvements de capitaux vers les marchés des pays émergents, voir par exemple Bekaert, Harvey et Lumsdaine (2002). On sattend alors à une relation négative entre lévolution des taux dintérêt mondiaux et lintégration financière : plus les taux dintérêt internationaux sont faibles, plus les investisseurs globaux accèdent aux marchés des pays émergents et plus leur niveau dintégration dans le marché international augmente.
Nous considérons deux variables : le taux dintérêt international et les variations du taux dintérêt international. Nous prenons comme proxy du taux dintérêt mondial, le taux dintérêt pondéré des pays du G7. Les données proviennent de la base IFS. Notre proxy du taux dintérêt mondial a une moyenne annuelle de 6.505% avec un écart-type de 2.91. La variation du taux dintérêt mondial est de 0.01% en moyenne.
3.2.2.2- La croissance mondiale
De nombreux travaux récents établissent des liens entre la croissance économique mondiale et la performance des marchés financiers. Dune part, une croissance économique mondiale soutenue augmente le moral des investisseurs et leur confiance dans les marchés boursiers et donc permet une meilleure mobilisation internationale de lépargne. La recherche dopportunités profitables dinvestissements intensifie les arbitrages internationaux et conduirait une meilleure intégration financière internationale. De ce point de vue, un lien positif est attendu entre la croissance mondiale et lintégration financière internationale. Dautre part, une faible croissance de la production industrielle des pays développés augmente les mouvements internationaux de capitaux en destination des pays émergents. De ce point de vue, la relation entre la croissance dans les pays industrialisés et lintégration des marchés boursiers des marchés émergents est négative. Nous approximons la croissance économique mondiale par la croissance de lindice mensuel de production industrielle des pays industrialisés. Les données sont issues de la base IFS. Notre proxy de la croissance mondiale présente une moyenne de 0.137% avec un écart-type de 0.642.
3.2.3- Mesure synthétique de risque : le risque pays
Lanalyse du risque-pays est incontournable dans un contexte de mondialisation particulièrement suite à lintensification accrue des phénomènes de rupture dans la sphère financière émergente et lindissociabilité entre risque et investissement. Selon Clei (1998), le risque-pays peut être appréhendé comme étant "l'ensemble des paramètres macroéconomiques, financiers, politiques et sociaux qui peuvent contribuer à la formation d'un risque autre que strictement commercial lors d'une opération avec un pays émergent". De ce fait, le risque-pays peut englober deux composantes interdépendantes: d'une part, une composante « risques politiques et sociaux », résultant soit d'actes ou de mesures prises par les autorités publiques locales ou du pays d'origine, soit d'événements internes ou externes ; d'autre part, une composante « risques économiques et financiers », qui recouvre aussi bien une dépréciation monétaire qu'une absence de devises se traduisant, par exemple, par un défaut de paiement. Ainsi, la notation risque-pays passe par l'évaluation de multiples critères d'origine économique, financière, politique et sociale. Plus généralement, le risque-pays désigne souvent la probabilité de survenue dévénements modifiant le résultat des entreprises et la valorisation des actifs dans un pays. Erb et al. (1996) illustrent ce type danalyse et confirment que le risque-pays est pris en compte sur les marchés des actions des économies émergentes.
Dans le présent travail, les notations risque-pays sont obtenues de lInstitutional Investors Survey of Bankers. A partir dun panel dune centaine de banquiers, Institutional Investors fournit des scores entre 100 et 0 en tenant compte des différents éléments dincertitude qui se matérialisent par une volatilité spécifique du retour sur investissement international par rapport à un investissement domestique (défaut, suspension, rééchelonnement de paiement ; dévaluation, inconvertibilité des monnaies locales ; répudiation, contrôle des capitaux, illiquidité, corruption, risque politique, etc). Généralement, cinq catégories sont distinguées : risque très élevé (0-49.5), risque élevé (50-59.5), risque moyen (60-69.5), risque faible (70-84.5) et risque très faible (85-100). Ces données, à quelques exceptions près, commencent à partir de septembre 1979. Dans les estimations, nous utilisons le logarithme de ces indices à linstar de Erb et al. (1996). Enfin, notons quun risque pays élevé décourage les investisseurs étrangers. On sattend alors à ce quun niveau élevé de risque pays (indice faible) saccompagne dun faible degré dintégration financière. Le signe attendu sur cette variable est donc positif.
Les risque pays en mars 2005 des marchés couverts par cette étude sont représentés dans la Figure 2. Cette figure montre bien que ce risque est plus élevé dans les pays émergents. Ceci est confirmé par les statistiques descriptives. La moyenne du risque pays est de 65.88. Les pays émergents sont de loin plus risqués que les pays développés (49.82 pour les pays émergents versus 86.11 pour les pays développés). De plus, les indices risque pays présentent une plus grande disparité dans le cas des pays émergents (un écart-type de 16.12 pour les pays émergents contre 8.36 pour les pays développés).
4- Résultats
Les résultats des estimations sont reportés dans le Tableau 2. Pour chaque facteur de lintégration, les modèles sont estimés aussi bien conjointement pour tous les pays que séparément pour les pays émergents et les pays développés. Comparativement aux méthodologies retenues par les études antérieures, cet exercice permet détudier si les marchés émergents et les marchés développés réagissent différemment aux variations des facteurs susceptibles daffecter leur degré dintégration financière internationale. Les résultats de lestimation du modèle avec effets individuels (relation (12)) sont résumés dans le Panel A du Tableau 2 et ceux de lestimation du modèle sans effets individuels (relation (10)) sont reportés dans le Panel B du même tableau.
Les estimations du prix du risque du portefeuille du marché international et des prix des risques des taux de change et des marchés domestiques ne sont pas reportés dans le Tableau 2. Le prix du risque mondial est significativement positif dans la quasi-totalité des cas étudiés. Ce qui montre que le facteur risque du portefeuille du marché mondial contribue significativement à lexplication des primes de risque dans les différents marchés. Les prix des risques des taux de change sont significatifs dans la plupart des cas. Ce résultat confirme les résultats des études précédentes et montre que les risque de change est rémunéré aussi bien pour les marchés développés que pour les marchés émergents. Des valeurs significatives des prix des risques domestiques sont trouvées notamment dans le cas des pays en développement couverts par cette étude. Ce résultat suggère la présence dune segmentation partielle dans certains marchés.
Nous nous intéressons au signe et à la significativité de chacun des facteurs déterminants potentiels de lintégration financière internationale. Commençons par le degré douverture commerciale. Le développement des relations commerciales, vecteur dintégration économique internationale, représente une source significative dintégration financière. Le signe positif obtenu pour le degré douverture commerciale est conforme à lintuition économique : lintégration financière est positivement liée à lintégration économique. Cette variable est significative à 1% aussi bien pour tous les marchés que pour les marchés émergents et développés pris séparément. Le même résultats est obtenu dans les deux spécifications du modèle (avec ou sans effets individuels). Ce résultat confirme ceux dautres investigations empiriques. Par exemple, Carrieri et al. (2003) et Bhattacharya et Daouk (2002) reportent des liens significatifs entre lintégration financière internationale et lintégration économique approximée par le degré douverture commerciale. Chinn et Forbes (2003) montrent que le commerce bilatéral contribue significativement à lexplication des co-mouvements des marchés des actions et des obligations. Enfin, Bracker et al. (1999) étudient les co-mouvements bilatéraux de 9 marchés boursiers nationaux en utilisant une méthode destimation en deux étapes. Ils trouvent que ces co-mouvements bilatéraux sont affectés par certaines variables macroéconomiques liées à la compétitivité internationale et à louverture commerciale des pays étudiés.
La variable développement du marché boursier approximée par le rapport capitalisation boursière sur PIB a un signe positif. La taille dun marché améliore sa liquidité et sa capacité à mobiliser les fonds et diversifier les risques. Ainsi, un marché bien développé a plus de chance davoir un bon niveau dintégration financière internationale. Toutefois, le coefficient de cette variable nest statiquement différent de zéro aux niveaux conventionnels de risque que pour les marchés émergents dans le cas du modèle avec effets individuels. Carreiri et al. (2003) utilisent une méthode différente et trouvent que cette variable est positivement corrélée à un indice pré-estimé dintégration financière internationale.
Considérons maintenant les flux de capitaux étrangers. Les variables actifs étrangers et actifs étrangers nets ont les signes attendus suggérant que lintégration financière est positivement liés aux parts des titres étrangers. Cependant, les coefficients obtenus sur ces variables ne sont pas statistiquement différents de zéro exception faite du cas des pays émergents pour le modèle sans effets individuels à 10%. Dans leur étude des effets de la libéralisation des marchés financiers, Bekaert, Harvey et Lumsdaine (2002) trouvent que cette dernière augmente les mouvements nets des capitaux en moyenne seulement dans les trois premières années qui suivent louverture des marchés. Leffet de cette ouverture sestompe à long terme. Nos résultats suggèrent que les mouvements de capitaux constituent un mauvais proxy de lintégration internationale des marchés de capitaux. Dans les investigations empiriques antérieures, les résultats sont mixtes. Par exemple, Bordo et Helbling (2003) trouvent que les flux financiers naffectent pas le degré de synchronisation des cycles économiques. Par contre Imbs (2003) et Kose et al. (2003) trouvent que ces flux internationaux des capitaux étrangers influent positivement sur les co-mouvements des cycles économiques. Enfin, Lane et Milesi-Ferretti (2003) montrent que le ratio actifs étrangers sur PIB est significativement corrélé au degré douverture économique et financière.
La volatilité des taux de change reflète généralement des incertitudes se reportant à la situation économique du pays en question et à lefficacité des actions entreprises ou envisagées. Si le coût de couverture du risque des taux de change est supérieur aux gains attendus de la diversification ou nest pas complètement compensé par la prime de change, les investisseurs globaux naccèderont pas au marché considéré, ce qui conduirait à sa segmentation. Selon Hardouvelis et al. (2002), une forte volatilité des taux de change restreint les investisseurs à investir plus généreusement dans leurs marchés domestiques, et agit ainsi comme une barrière aux mouvements internationaux des capitaux. Les résultats de nos estimations confirment cette hypothèse. En effet, pour les deux spécifications retenues du modèle (avec ou sans effets individuels), le coefficient de la volatilité des taux change est négatif et significatif à 10%. Quand on étudie séparément les pays développés et les pays émergents, on trouve que la volatilité des taux de change nest pas significative pour les marchés des pays développés et quelle est significative à 1% pour les marchés émergents. Ainsi, la volatilité des taux de change paralyse lévolution de lintégration financière internationale des marchés émergents. Ces résultats confirment ceux de Bodart et Reding (1999) et Bracker et al. (1999) qui étudient le rôle des taux de change dans les co-mouvements des marchés financiers et trouvent que les corrélations entre ces marchés dépendent négativement de la variabilité des taux de change.
Pour le facteur inflation, les signes obtenus sont mixtes mais sont tous non significativement différents de zéro. En ce qui concerne la convergence des taux dinflation, le signe obtenu est positif indiquant une corrélation positive entre la convergence des taux dinflation et lintégration financière internationale. Cependant, les coefficients obtenus ne sont pas statistiquement différents de zéro.
Considérons maintenant le facteur taux dintérêt. Le signe obtenus pour les pays développés est négatif, mais non significatif. Pour les marchés émergents, on obtient un signe positif indiquant que la hausse des taux dintérêt augmente leur niveau dintégration internationale. Toutefois, les coefficients obtenus ne sont pas significatifs aux niveaux habituels de risque. La variation des taux dintérêt court est significativement positive à 10% pour les marchés émergents et développés étudiés conjointement dans le cas du modèle avec effets individuels, mais elle nest pas statistiquement différente de zéro dans les autres cas. Contrairement à ce que nous attendions, le coefficient de la prime de terme est positif pour tous les marchés. Cependant, la prime de terme nest en aucun cas significative. Lécart des taux dintérêt, souvent utilisé comme mesure dintégration financière internationale, ne semble avoir aucun effet significatif sur le degré dintégration des marchés boursiers nationaux.
En ce qui concerne la croissance de production industrielle, le coefficient de cette variable est négatif mais non significatif pour les marchés développés. Pour les pays émergents, le coefficient de cette variable est positif suggérant quune forte croissance économique dans un pays émergent attire les investisseurs étrangers et améliore le niveau dintégration de son marché. Toutefois, cette variable nest significative que dans le cas du modèle sans effets individuels et ce à 10%. Récemment, Dumas, Harvey et Ruiz (2003) montrent pour certains marchés émergents lexistence dune relation positive significative entre les corrélations des taux de croissance des PIB et celles des marchés financiers. En ce qui concerne la convergence des taux de croissance de la production industrielle, aucun résultat significatif na été obtenu.
Un déficit des comptes courants se traduit généralement par une entrée de capitaux étrangers et donc devrait agir positivement sur lévolution de lintégration financière internationale. Toutefois, ce déficit sil persiste entame la confiance des investisseurs et peut entraîner une sortie massive de capitaux et donc agir négativement sur lintégration financière. Les résultats de nos estimations montrent un lien positif entre le déficit courant et lintégration financière internationale. Cependant, ce lien nest pas significatif aux niveaux conventionnels de significativité.
Dans le cas du modèle avec effets individuels, la variable chômage nest pas significative aussi bien pour tous les marchés étudiés conjointement que pour les marchés développés et émergents étudiés séparément. Dans le cas du modèle sans effets individuels, le facteur chômage est négativement significatif à 10% pour tous les marchés et pour les marchés de pays développés. Ainsi, la hausse du chômage détend le climat socio-économique et affecte négativement lintégration financière des marchés nationaux.
Le facteur volatilité des exportations présente un signe négatif indiquant un lien négatif entre les fortes variabilités des exportations et lintégration financière internationale. Toutefois, ce lien nest pas significatifs aux seuils conventionnels.
Considérons maintenant les facteurs globaux de risque. Le taux dintérêt mondial a un signe négatif. Ce qui suggère que lintégration financière internationale est une fonction décroissante des taux dintérêt mondiaux. Une baisse des taux dintérêt dans les pays industrialisés amène les investisseurs à chercher des opportunités dinvestissements plus rentables et donc accroisse les mouvements internationaux de capitaux, ce qui conduirait finalement à réduire les écarts de rémunération entre les différents marchés. Cependant, ce facteur global de risque nest pas significatif pour les marchés émergents bien quil ait le signe attendu. Quant à la variation du taux dintérêt mondial, on trouve pratiquement des résultats similaires. Ces résultats confirment ceux de Chinn et Forbes (2003) et Kose et al. (2003) qui ont reporté que les taux dintérêt internationaux jouent un rôle significatifs dans lexplication des co-mouvements des marchés financiers des pays développés.
La croissance de la production industrielle des pays développés a un signe positif suggérant ainsi que la croissance économique mondiale favorise lintégration financière internationale. Toutefois, cette variable nest significative que dans un seul cas sur six : le cas des pays développés pour le modèle sans effets individuels.
Pour le risque pays, le coefficient estimé est positif. Selon Oetzel et al. (2001) et Borio et Packer (2004), le risque pays est le résultat de linterdépendance des sphères dordre économique, financier et politique. Un niveau élevé de lindice correspond à un marché à faible risque pays, ce qui attire les investisseurs étrangers et devrait donc conduire à une meilleure intégration. Cette hypothèse semble bien être vérifiée. En effet, dans le cas du modèle avec effets individuels, le risque pays est significativement positif à 10% pour tous les marchés étudiés conjointement et pour les marchés des pays émergents. Ces résultats confirment ceux des travaux empiriques antérieurs bien que ces derniers naient pas explicitement étudié le lien entre le risque pays et lintégration financière. Par exemple, Bekaert (1995) et Nishiotis (2004) montrent le risque pays influe sur les mouvements internationaux de capitaux. Erb et al. (1996) et Bilson et al. (2002) trouvent que le risque politique permet dexpliquer une partie de la structure de rentabilités des actifs financiers dans les marchés des pays émergents. Toutefois, bien quil ait le signe pertinent, le risque pays nest pas significatif dans le cas du modèle sans effets individuels.
Pour conclure, les facteurs globaux influent plutôt sur le degré dintégration financière internationale des marchés des pays développés, mais ils nont pas deffets significatifs sur lintégration des marchés des pays émergents. Cette dernière est plutôt affectée pour les facteurs locaux liés à la stabilité économique et politique notamment la volatilité des taux de change bilatéraux et le risque pays. En outre, louverture commerciale internationale favorise lintégration financière de tous les pays.
5- Conclusion
Dans ce papier, nous avons adopté une démarche intuitive et simple afin didentifier les facteurs déterminants de lintégration financière internationale. Dans un premier temps, nous avons identifié les variables qui pouvaient nous renseigner sur le degré dintégration. Ensuite, nous avons développé et estimé un modèle international dévaluation des actifs financiers à degré dintégration variable au cours du temps en fonction des variables dinformation liées à la conjoncture nationale et internationale. Nous avons estimé ce modèle en faisant recours à léconométrie des données de panel. Lutilisation des données de panel présente notamment les trois avantages suivants : accroître la taille de léchantillon, tenir compte des effets des spécificités individuelles sur le degré dintégration financière et tester la validité du modèle dévaluation dans les dimensions individuelles et temporelles. Nous avons considéré 30 marchés boursiers : 10 marchés développés et 20 marchés émergents. Afin détudier si les marchés émergents et les marchés développés réagissent différemment aux innovations économiques et financières, nous avons estimé le modèle aussi bien conjointement pour tous les marchés que séparément pour les marchés développés et les marchés émergents.
Nos résultats principaux peuvent se résumer dans les points suivants. Le risque du portefeuille du marché mondial et les risque des taux de changes sont significatifs pour la quasi-totalité des marchés étudiés, alors que le risque local nest significatif que pour quelques marchés émergents. Louverture au commerce mondial exerce un effet positif sur lintégration financière de tous les marchés. Les facteurs globaux influent sur le niveau dintégration des marchés développés. Les facteurs liés à la stabilité macro-économique et politique influent sur lintégration des marchés financiers des pays émergents. Dès lors, si les pays émergents veulent tirer pleinement profit du processus dintégration financière internationale des leurs marchés, ils doivent accompagner la libéralisation de ces derniers par des changements structurels visant plus de stabilité économique, monétaire et politique. Ces mesures doivent améliorer lattractivité de ces pays comme destinations dinvestissements étrangers.
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.
Annexes
Figure 1 : Indices de change
Figure 2 : Risque Pays mars 2005.
EMBED Excel.Sheet.8
Table 1
Statistiques descriptives
Panel A- Séries de rentabilités boursières
Pays développés
DébutMoyenneEcart-TypeSkewnessKurtosisJ.B.1ère auto.Q(12)Allemagne1973 :015.67876.618-0.2221.415*33.462*-0.02815.629Australie1973 :015.50986.227-0.802*5.136*440.394*-0.0295.976Canada1973 :013.44968.607-0.429*1.835*62.428*0.02812.664Espagne1973 :014.24481.9740.0071.399*29.794*0.06324.603**Etats-Unis1973 :014.92755.665-0.279**1.662*46.763*0.00110.815France1973 :016.2381.189-0.0341.301*25.804*0.0559.454Italie1973 :014.63993.4570.2480.528**8.016*0.04317.099Japon1973 :015.99379.2710.316**0.581*11.201*0.07022.168**Royaume-Uni1973 :016.61982.7941.414*11.597*2167.303*0.08313.159Suisse1973 :016.61366.993-0.0481.334*27.214*0.0669.211
Pays émergents
Amérique latine
DébutMoyenneEcart-TypeSkewnessKurtosisJ.B.1ère auto.Q(12)Argentine1988 :0115.679213.6611.940*8.137*626.490*0.0525.954Brésil1988 :0127.794207.3220.404**3.481*98.471*-0.120**15.748Chili1988 :0114.44690.176-0.0061.130*9.856*0.187*16.700Mexique1988 :0121.361122.032-0.372**0.985*11.754*0.07417.356Venezuela1993 :0114.085181.0110.4262.533*37.215*-0.191*16.331
Asie
DébutMoyenneEcart-TypeSkewnessKurtosisJ.B.1ère auto.Q(12)Corée 1988 :016.246146.9041.249*5.642*293.4940.00810.832Hong Kong1973 :0110.694133.3410.991*10.978*1892.637*0.06217.921Indonésie1988 :0113.617200.0981.853*8.801*703.004*0.133*23.666**Malaisie1988 :015.912116.7540.605*4.590*173.729*0.127**24.917**Philippines1988 :011.344121.3550.556*2.260*48.913*0.242*20.176Singapour1973 :013.266104.1490.308**5.153*409.730*0.05816.429Thaïlande1988 :016.372148.3470.2061.479*18.170*0.04031.413
Europe Orientale
DébutMoyenneEcart-TypeSkewnessKurtosisJ.B.1ère auto.Q(12)Grèce1988 :0111.668133.1301.618*5.589*318.166*0.03318.612Pologne1993 :0124.011203.2582.622*16.428*1548.862*0.109**21.338**Turquie1988 :0121.340226.6630.764*1.493*36.632*0.09213.441
Moyen-orient et Afrique
DébutMoyenneEcart-TypeSkewnessKurtosisJ.B.1ère auto.Q(12)Afrique du Sud1973 :019.214101.134-0372*1.445*40.235*0.0696.583Egypte1995 :013.466100.2631.188*2.790*56.564*0.225*16.411Jordanie1988 :01 -1.71353.755-0.1391.428*16.335*0.141**10.947Maroc1995 :014.17257.9090.3710.4483.1750.160**24.209**Tunisie1998 :019.05884.7290.527**2.084*14.776*-0.08518.899
Monde
DébutMoyenneEcart-TypeSkewnessKurtosisJ.B.1ère auto.Q(12)Monde1973 :013.89851.933-0.376*1.187*30.027*0.05914.259* significatif au seuil de 1%, ** significatif au seuil de 5%, (1) centré sur 3, Q(12) test de Ljung-Box dordre 12 et J.B. test de normalité de Jarque-Bera.
Panel B- Indices des taux de change
DébutMoyenneEcart-TypeSkewnessKurtosisJ.B.1ère auto.Q(12)Pays développés1973 :01-0.18724.0690.593*5.004*402.278*0.08317.445Pays émergents1973 :01 0.53114.4621.025*4.452*364.453*0.184*46.340** significatif au seuil de 1%, ** significatif au seuil de 5%, (1) centré sur 3, Q(12) test de Ljung-Box dordre 12 et J.B. test de normalité de Jarque-Bera.
Panel C - Facteurs de lintégration
Tous les paysPays développésPays émergentsFacteursMoyenneEcart-typeMoyenneEcart-typeMoyenneEcart-typeDegré douverture commerciale (%)63.2167.0465.3568.5361.0858.87Développement du marché boursier (%)26.34528.36935.05637.45511.08818.566Actifs étrangers (%)4.0817.5565.2249.3152.8844.822Actifs étrangers nets (%)1.4422.7782.0853.4870.7841.524Volatilité des taux de change0.2720.2730.3660.2780.1860.241Inflation (%)8.47514.0305.6575.13911.36318.844Ecart des taux dinflation (%)2.84914.033-0.1985.2936.01918.789Taux dintérêt court (%)10.12012.0317.6014.43612.91815.685Variation du taux dintérêt court (%)-0.0533.890-0.0081.198-0.0625.607Prime de terme (%)1.5195.6120.9222.2492.6899.019Ecart des taux dintérêt courts (%)4.21611.4471.1003.6648.18617.119Croissance de la production industrielle (%)0.98313.2951.24316.3840.6317.258Ecart des taux de croissance (%)0.0961.5840.1201.9560.0600.864Déficit courant (%)-2.1388.501-3.1786.539-1.1009.981Chômage (%)7.5443.3927.4872.5797.7295.235Volatilité des exportations (en Log)10.84723.9656.9658.60413.66629.462Taux dintérêt mondial (%)6.5052.912----Variation du taux dintérêt mondial (%)-0.0110.452----Croissance de la production industrielle mondiale (%)1.7717.833----Risque pays65.8822.3886.118.3649.8216.12
Tableau 2 : Facteur de lintégration internationale des marchés boursiers
Panel A- Modèle avec effets individuels
Tous les paysPays développésPays émergentsFacteurs EMBED Equation.3 Nbre obs.Nbre pays EMBED Equation.3 Nbre obs.Nbre pays EMBED Equation.3 Nbre obs.Nbre paysDegré douverture commerciale (%)0.044*
(0.016)7482300.039*
(0.012)3650100.043*
(0.017)383220Développement du marché boursier (%)0.598
(0.390)7306300.213
(0.553)3602100.454***
(0.246)370420Actifs étrangers (%)2.504
(2.781)7026302.317
(5.114)3433102.874
(2.205)359320Actifs étrangers nets (%)0.026
(0.098)62572815.135
(47.144)3094100.066
(0.118)316318Volatilité taux change-0.616***
(0.363)708829-0.486
(0.736)32769-1.571*
(0.489)381220Inflation (%) 0.787
(1.335)649029-0.780
(1.067)328590.081
(0.112)320520Ecart des taux dinflation (%)0.017
(0.075)6490290.087
(0.082)328590.025
(0.054)320520Taux dintérêt court (%)0.303
(0.435)687630-0.078
(0.210)3584100.349
(0.623)329220Variation du taux dintérêt court (%)3.409***
(1.875)6846301.678
(1.229)3574102.503
(1.655)327220Prime de terme (%)0.262
(0.292)5317220.836
(1.386)3522100.364
(0.849)179512Ecart des taux dintérêt courts (%)0.525
(0.714)685630-0.283
(0.748)3584100.048
(0.089)327220Croissance de la production industrielle (%)0.553
(1.235)518223-0.059
(0.070)297890.707
(3.790)220414Ecart des taux de croissance (%)48.254
(65.337)5182235.870
(7.158)2978917.65
(64.790)220414Déficit courant (%)0.064
(0.126)4667210.058
(0.506)233380.071
(0.380)233413Chômage (%)0.140
(0.327)170013-1.074
(0.739)130280.163
(0.439)3985Volatilité des exportations (en Log)-0.785
(1.005)746930-0.254
(0.558)365010-0.025
(0.115)381920Taux dintérêt mondial (%)-0.100
(0.074)748230-0.126**
(0.064)365010-0.129
(0.159)383220Variation du taux dintérêt mondial (%)59.805
(64.276)7482302.005**
(0.939)36501067.931
(76.635)383210Croissance de la production industrielle mondiale (%)0.433
(0.664)7482300.405
(0.312)3650100.604
(0.883)383220Risque pays (log)1.730***
(1.012)6442301.526
(2.413)2850101.964***
(1.122)359220* significatif au seuil de 1%, ** significatif au seuil de 5%, *** significatif au seuil de 10%, lécart-type corrigé de lautocorrélation-hétéroscédasticité (méthode de Newey et West (1987)) est reporté entre parenthèses.
Panel B- Modèle sans effets individuels
Tous les paysPays développésPays émergentsFacteurs EMBED Equation.3 Nbre obs.Nbre pays EMBED Equation.3 Nbre obs.Nbre pays EMBED Equation.3 Nbre obs.Nbre paysDegré douverture commerciale (%)0.046*
(0.018)7482300.033*
(0.014)3650100.053*
(0.007)383220Développement du marché boursier (%)0.621
(0.387)7306300.388
(0.733)3602100.356
(0.235)370420Actifs étrangers (%)2.547
(1.863)7026301.903
(4.358)3433103.453***
(2.001)359320Actifs étrangers nets (%)0.338
(1.017)62572813.149
(35.389)3094101.608
(3.501)316318Volatilité taux change-0.524***
(0.309)708829-0.674
(0.662)32769-2.063*
(0.371)381220Inflation (%)-0.021
(0.157)649029-0.730
(1.675)328591.679
(1.580)320520Ecart des taux dinflation (%)0.156
(0.207)6490290.118
(0.604)328590.078
(0.093)320520Taux dintérêt court (%)0.073
(0.060)687630-0.068
(0.177)3584100.061
(0.332)329220Variation du taux dintérêt court (%)2.563
(1.936)6846301.662
(1.109)3574101.987
(1.488)327220Prime de terme (%)0.308
(0.378)5317220.865
(1.193)3522102.359
(4.926)179512Ecart des taux dintérêt courts (%)0.609
(1.411)685630-0.236
(0.708)3584100.029
(0.109)327220Croissance de la production industrielle (%)0.389
(0.726)5182230.057
(0.064)297890.194***
(0.114)220414Ecart des taux de croissance (%)123.357
(78.357)5182230.001
(0.005)2978919.705
(72.85)220414Déficit courant (%)0.079
(0.271)4667210.021
(0.443)233380.073
(0.487)233413Chômage (%)-1.031***
(0.590)170013-0.869***
(0.520)130280.169
(0.442)39820Volatilité des exportations (en Log)-0.028
(0.152)746930-0.204
(0.396)3650100.276
(0.455)381920Taux dintérêt mondial (%)-0.136
(0.089)748230-0.110**
(0.054)365010-0.203
(0.188)383220Variation du taux dintérêt mondial (%)51.314
(39.696)7482301.817***
(1.021)36501081.051
(83.902)383210Croissance de la production industrielle mondiale (%)0.476
(0.513)7482300.420***
(0.248)3650100.772
(1.008)383212Risque pays (log)1.806
(1.390)6442301.592
(2.134)2850101.952
(1.815)359220significatif au seuil de 1%, ** significatif au seuil de 5%, *** significatif au seuil de 10%, lécart-type corrigé de lautocorrélation-hétéroscédasticité (méthode de Newey et West (1987)) est reporté entre parenthèses.
A chaque point du temps, le modèle (5) ressemble à la formulation statique du modèle à segmentation partielle de Errunza et Losq (1985) et de Cooper et Kaplanis (2000). Ces derniers interprètent EMBED Equation.3 comme la partie de la prime de risque expliquée par les facteurs globaux de risque.
Lindice de change-pays développés est lindice « Major Paterns » qui est une moyenne pondérée des taux de change de 16 pays développés : Allemagne, Australie, Autriche, Belgique-Luxembourg, Canada, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Japon, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Suède et Suisse. Lindice de change-pays émergents est lindice « Other Important Trading Paterns » qui est une moyenne pondérée des taux de change de 19 pays émergents : Arabie-Saoudite, Argentine, Brésil, Chili, Chine, Colombie, Corée, Hong Kong, Inde, Indonésie, Israël, Malaisie, Mexique, Philippines, Russie, Singapour, Taiwan, Thaïlande et Venezuela. Ces indices sont disponibles en termes réels et nominaux. Pour plus de détails sur la construction de ces indices, se reporter à la « Federal Reserve Bulletin», octobre 1998, à ladresse suivante : HYPERLINK "http://www.federalreserve.gov/pubs/bulletin/1998/1098lead.pdf" http://www.federalreserve.gov/pubs/bulletin/1998/1098lead.pdf.
Dans la quasi-totalité des tests empiriques des modèles internationaux dévaluation des actifs financiers, linflation domestique est supposée non-stochastique ou nulle. Ainsi, les taux de change nominaux sont utilisés afin dapproximer le terme inflation exprimée en monnaie de référence dans le modèle de Adler et Dumas (1983), voir par exemple Solnik (1974), De Santis et Gérard (1998), Hardouvelis et al. (2002), De Santis et al. (2003) et Phylaktis et Ravazzolo (2004). Toutefois, pour de nombreux pays émergents la variation de linflation locale est importante, ce qui complique davantage les tentatives de validation empirique du modèle de Adler et Dumas (1983). Le recours aux taux de change réels permet de surmonter cette difficulté, voir Arouri (2005) et Carrieri et al. (2005). En outre, le recours aux taux de change réels permet de dépasser certaines difficultés liées aux régimes des changes fixes fréquents dans les pays émergents.
Pour les 31 marchés étudiés (30 marchés nationaux plus le marché mondial) on a 558 paramètres à estimer pour la matrice des covariances-variances.
Voir aussi Marois (1990).
Pour le modèle avec effets individuels, on a un prix du risque mondial, 2 prix des risques de change et 30 prix des risques domestiques pour chaque facteur de lintégration. Pour le modèle sans effets individuels, on a un prix du risque mondial, deux prix des risques de change et une moyenne des prix des risques domestiques pour chaque facteur de lintégration. Ces prix des risques ne sont pas reportés dans le Tableau 2 pour des raisons de clarté de lexposé des résultats.
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